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Au détour d'une collision

 
Dim 24 Oct 2021 - 23:35 Message

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Greeley Street
Mardi 26 octobre 21
En route pour les logements étudiants.






« Ça va...ça va !! » ronchonna Sylvestre en réponse aux coups de klaxon.

Qu’ils étaient enragés, ces gens-là, à lui reprocher sa lenteur au passage au feu vert. Le véhicule derrière lui répliqua d’une embardée et le dépassa dans un rugissement de moteur agressif. Trois jeunes, à bord, venaient de le gratifier de doigts d’honneur au voyage.

« Pouvez vous mettre la réduc où j’pense !! » contre-attaqua Sylvestre en passant sa tête par la fenêtre.

Le véhicule des jeunes freina brusquement. Le crissement des pneus montaient comme une promesse de violences et de représailles. Angoissé à l’idée, Sylvestre enfonça sa tête dans ses épaules et tourna au hasard dans le carrefour.
Sa voiture était vieille, en bout de course, et elle peinait à tracter la roulotte.
Heureusement, les jeunes n’avaient manifestement pas le coeur à le pourchasser. Ils le laissèrent s’en aller.

« C’est ça. Filez, vilaine graine... » bafouilla-t-il par pure blessure à l’égo.

D’un coup d'œil, il vérifia que l’ondulation de sa caravane n’était pas trop marquée. Il allait finir par se faire arrêter par un policier à cause de ça. Il tirait une surcharge, son véhicule n’était pas assez puissant. A l’époque, c’était une vieille caravane de voyage bien amorti par un couple âgé. A leur mort, les enfants en avaient fait une baraque à frites. L’affaire avait coulé et Sylvestre pensait la racheter pour une bouchée de pain.
Pensait…
Il s’en était tiré au prix d’un bras, d’un œil et...le pensait-il...de ses deux reins. Pas de quoi faire appel aux professionnels, le Sylvestre s’était retroussé les manches. Il avait tout fait !
Enfin...pas que lui, c’est vrai. Mais il s’était démerdé pour reconditionner la baraque à frites. Tuto après tuto, il avait fait disparaître l’odeur de friture rance et la crasse collante des parois.

Maintenant, c’était sa fierté et son seul bien : sa caravane de vente de BD.
Et pas n’importe lesquelles, monsieur, s’il vous plaît !!!

Il avait beau être sans domicile fixe, perdu dans une ville dantesque bourrée de Supers et de Vilains. Ce qui le faisait tenir, c’était son projet. Il fixait donc sa caravane oscillante, depuis le rétro, avec le même air qu’une maman envers sa progéniture. Un fin sourire sur le visage, Sylvestre brancha la radio tout en poursuivant sa route.

On lui avait dit qu’Hamelin était l’endroit de la technologie. Les grosses têtes y habitaient. Des cerveaux. Donc de potentiels férus de BDs ! Sylvestre comptait bien faire ses premiers essais de vente sur les trottoirs. Il allait devoir faire attentions aux flics mais, s’il se débrouillait bien, il aurait une bonne idée de la clientèle du quartier.
Son corps vibrait d’impatience. Il reprenait son job.
Il était heureux. Et donc il chantait. Il chantait avec la radio.

« El unico fruto del amor... »
Il laissa passer un couple sur le passage piéton et les gratifia d’un sonore :
« EL LA BANANAAAAAA….. »

Depuis l’extérieur, on voyait un homme corpulent qui s’excitait tout seul dans l’habitacle de son véhicule. Son volant servait de tam tam. Les amortisseurs jouaient le rythme de ses rebondissements. Et transporté par le côté humoristique d’El la Banana, Sylvestre dansait. Il vit quelques personnes le pointer du doigt mais il s’en fichait. Aujourd’hui, il fêtait la reprise de son activité, la reprise de sa vie.
Accompagné par la radio qui reprenait le refrain, quatre mexicains sortirent d’une boutique proche pour emprunter le passage piéton. Ils se dandinaient au rythme de la chanson sous les regards ébahis de quelques témoins. Leurs maracas s’agitaient sans faire de bruit…
Il était content de sa petite blague. Les mexicains disparurent plus loin.

« El unico fruto del amor...El la bananaaaa... »
Feu vert. Il engagea la première. Pied sur l’accélérateur.
« El la bananaaaa... »
Sylvestre s’engagea dans le carrefour et beugla à tue-tête la fin :
« Es la banana del mio cuor !!!!!!!! »


BAMMMMMMMMM !!!!!


Qu’est-ce qui venait de lui rentrer dedans ?
Un camion de marchandise ?
Un train sans rail ?!?

Le temps que Sylvestre reprenne ses esprits, il se découvrit sur le trottoir. La caravane s’était repliée vers le flanc de sa voiture comme un portefeuille. Du verre brisé, le moteur couinant sa détresse, une fumée rémanente finissait de disparaître.
Il avait le sentiment d’avoir fait des têtes à queue, d’être passé dans une essoreuse. On aurait ensuite répandu les restes sur le trottoir avant de les piétiner. Puis il en ressortirait comme ça, secoué.

Le cœur battant et le regard hagard, Sylvestre poussa sa portière d’un air machinal et sortit de son véhicule. Des gens commençaient à se regrouper de l’autre côté de sa caravane. Il fit le tour, pris d’une angoisse légitime qui ne cessait de grimper.
Ce serait rien, n’est-ce pas ? Un petit coup de peinture et puis…
Non…NOOOONNN...
Il y avait un gros trou à l’endroit où se déployait sa vitrine de BD. On aurait cru qu’une comète s’était encastrée dedans. Le métal tordu et déchiqueté partait vers l’intérieur. Quelques endroits fumaient encore et ses BDs...SES BDs !!!!!!! Les pages virevoltaient ici et là !!!!

Son visage se contrit. Il était horrifié.
« Ma...ma...ma baraque à BDs !!!! » lâcha-t-il d’une supplique plaintive.

La situation le poussait à constater les dégâts. Il entra par la crevasse, les bras ballants. Sa vitrine était morte ! L’armoire à figurine aussi ! Tous ces efforts foutus...ces heures de labeurs partis en une seconde. Il ne pouvait pas en croire ses yeux !!!

Soudain, du bruit, là ! Au niveau de la cabine !!!
Sylvestre attrapa le premier bibelot venu. Un goodies de “Max Crevaison”, la batte en chêne de ce Super d’Atlanta. Bon...la sienne était en plastique...mais tant pis. Il approcha doucement de la cabine. On gigotait à l’intérieur, il y avait de la vie. C’était le train qui avait pulvérisé sa caravane !

Tant bien que mal, Sylvestre agrippa la porte tordue et parvint à l’ouvrir. Le battant céda, sortit de ses gonds, et tomba sur le côté. Dedans, il s’y trouvait une silhouette humaine, en costume de Super, assis sur le trône de ses toilettes.
Une femme manifestement. Est-ce qu'elle était en train de...
de...

« OH ! OHHH !!! » s’écria Sylvestre en se sentant soudainement coupable.
Il se retourna comme le ferait un adolescent qui ne voulait pas voir sa sœur à poil.

Alors c’était pour ça, l’accident ?
Parce que les Supers, c'est vrai, ils pouvaient eux aussi avoir quelques ennuis gastriques. Un truc pas frais, au mauvais moment...
Elle devait être très mal en point, cette fille, pour avoir fait ça.

Les rôles s’étaient inversés. C'est Sylvestre qui culpabilisait.
Gêné par la situation, par ce qu'il pensait voir, il restait tourné de dos tout en bafouillant :
« Désolé, heu….je voulais pas... »
Le rouleau de papier toilette était à ses pieds. Il se baissa pour le récupérer et, toujours de dos, les yeux fermés, le tendit vers l’arrière.
« Je comprends, vous savez ! Parfois...ça...peux pas attendre. »
 
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Jeu 28 Oct 2021 - 12:27 Message

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Après son aventure un peu particulière dans une autre dimension, sur une autre Terre située dans un plan parallèle, Tessa voulait réitérer. Elle était arrivée un peu par hasard sur cette autre réplique de la Terre Prime en vibrant sur une fréquence totalement aléatoire. Chose vraiment étonnante, elle avait rencontré quelqu'un d'ici, qui l'avait embarqué dans une Cavalcade, un jeu qui consistait à chasser.... la Tessa. Autant dire qu'elle était tombée des nues de se retrouver dans une dimension où c'était le sport national ! Il semblait que toutes les Tessa Carter des autres dimensions faisaient leur premier voyage interdimensionnel sur Carmines, et qu'une tradition s'était donc installée chez les habitants. Vraiment, il fallait le faire ! Il n'y avait qu'elle pour se mettre dans ce genre de pétrin.

Toujours est-il que loin d'être traumatisée Tessa voulait remettre ça. Elle s'était drapée de son costume et elle sillonnait les rues de Star City. La dernière fois, elle était au Danemark quand elle avait tenté sa chance. Elle espérait qu'en prenant une dimension parallèle depuis Star City, elle trouverait une Terre où déjà, ils parleraient anglais ! C'était un peu tiré par les cheveux, mais au fond, elle n'y connaissait rien encore, en voyage dimensionnel.
Musique dans les oreilles, Dragster portait le masque de Raven sur le visage. Il ne dissimulait pas la totalité de ses traits, masquant tout le bas de son faciès jusqu'à son nez. Il laissait ses yeux libres et ses cheveux au vent. Le masque lui permettait de respirer dans n'importe quelle atmosphère, ce qui n'était pas déconnant quand on sautait d'une planète à une autre au petit bonheur la chance.

Première bourre et hop, elle sentit la réalité se distendre et elle phasa sur une fréquence élevée. Elle déchira le tissu dimensionnel pour émerger sur une nouvelle planète. Le petit "bip" de son système embarqué lui indiqua que la fréquence était mémorisée, mais elle n'eut pas vraiment le temps de regarder autour d'elle qu'elle traversa à toute vitesse une épaisse végétation. Elle entrait en résonance avec le bois, les plantes, tout ce qu'elle considérait comme trop dur à traverser, tout en ralentissant progressivement.
Ce fut à ce moment qu'une énorme mâchoire se referma juste derrière elle. Elle put presque sentir le courant d'air du coup de dent de la bête monstrueuse qui venait d'émerger des fougères immenses. Les yeux de la jeune femme s'écarquillèrent tandis que l'espèce de dinosaure pivotait déjà vers elle pour essayer de la mettre vraiment à son petit déjeuner.

« Mais putain pourquoi est-ce que tout le monde veut me faire la peau à chaque fois que je me pointe quelque part ??!! » beugla-t-elle en esquivant le coup de dent en accélérant de nouveau. Elle se retrouva bien vite sur un lac, accélérant encore un peu pour ne pas couler.

Nouveau coup de stress alors qu'un énorme poisson émergea sur sa trajectoire pour essayer de l'attraper en passant. Elle se serait crue dans un Jurassik Park ! Cette fois, elle était un peu juste pour esquiver, surtout que sur l'eau, ses appuis n'étaient pas aussi bon. Alors elle lui passa au travers littéralement, traversant sa cavité buccale pour ressortir de l'autre côté de la tête, complètement couverte de sang et de morceau de barbaque. Elle en perdit l'équilibre et se vautra dans l'eau, ce qui eut le mérite de chasser de son visage tous les fluides. Cependant, elle ne voulait pas rester là à barboter dans une marre de sang sans doute infestée d'autres monstres. Ce fut un calvaire, mais elle réussit à repartir sur ses deux jambes après avoir nagé de plus en plus vite.

Décidée à ne pas rester dans le coin, elle phasa de nouveau totalement aléatoirement. L'environnement changea radicalement. A nouveau, le petit bip enregistra la fréquence, continuant d'alimenter la petite banque de données qu'elle se fabriquait. C'était une étendue aride, complètement désertique. Deux minutes de courses à pieds dans le sable chaud eut le mérite de la faire sécher. Dix minutes de plus eurent le mérite de la fatiguer. Elle ne trouva personne.
Un brin dépitée, elle tenta une troisième planète.

« Qu'est-ce que.... ?? » hurla-t-elle alors qu'elle arrivait... dans le vide. C'était la chute libre, littéralement. Aucun appuis, que de l'air. Le petit bip était parfaitement ridicule tandis qu'elle tombait. L'avantage, quand on était une coureuse comme elle, aguérie et expérimentée, c'était que le temps défilait plus vite même si la vitesse augmentait. Aussi, elle n'irait pas plus vite que la puissance gravitationnelle de la planète. Si elle pouvait se rapprocher d'un support avant de heurter le sol, elle pourrait s'en sortir.
Et ce fut le cas !! Elle récupéra un arbre, un genre de séquoia immense, mais elle n'eut pas vraiment le temps de se pencher sur ses feuilles qu'elle déboulait à toute vitesse vers le sol. Elle devait repartir dans une autre dimension toute de suite sinon elle allait finir comme une crêpe !! Elle passait au travers des branches mais pouvait-elle passer au travers du sol tout cours ? Impossible sans creux derrière, elle serait prisonnière de la matière... Elle ne préférait ne pas y penser, et elle se concentra pour essayer de chopper une fréquence, la fréquence de Star City.

Tout était dans la tête.

Accepter d'accélérer en se dirigeant vers le sol. Accepter de finir écraser comme une crêpe. Elle fonça. Le sol se rapprocha à toute berzingue mais elle réussit à fracasser encore la réalité. Elle déboula en pleine rue de Star City. Devant elle, une caravane qui venait de prendre un virage.

« CARAVANE !! » s'intima-t-elle mais elle était déjà bien à bout de ses émotions et elle ne parvint pas à la traverser par réflexe. Non, elle s'écrasa en plein dedans en freinant des quatre fers. Le choc fut terrible. La carrosserie se plia sous l'impact et elle pénétra l'habitacle jusqu'à heurter l'autre côté. La collision sembla durer une éternité pour elle, mais en réalité, tout s'arrêta très vite.

Assise sur ce qui était un chiotte, elle tenait une BD dans ses mains, sans trop savoir comment elle l'avait récupéré. Il y avait des pages qui virevoltaient de partout, ainsi que des petits arcs électriques liés au circuit endommagé... Elle pouvait presque voir la rue depuis sa position, par l'endroit où elle était entrée bien malgré elle. C'était la première fois qu'elle avait un accident de la route.

Des morceaux de verres étaient fichés dans sa combinaison. Heureusement, cette dernière était conçue pour absorber une partie de l'énergie cinétique qu'elle brassait avec elle en cas de collision, sinon elle serait passée de l'autre côté en éclatant purement et simplement la caravane. Cependant, la combinaison avait dispersé le trop plein autour d'elle, ravageant les alentours un peu plus. Le bruit avait été terrible. Elle se rendit compte qu'elle saignait abondamment du front et que certains morceaux de verres étaient bien plantés sur toute la hauteur de son corps. Elle avait encore de la chance de ne pas avoir une barre en métal en travers...

L'arrivée, sans doute, du propriétaire, tira Tessa de son introspection. Elle leva une main devant elle pour s'excuser non sans laisser glisser la BD sur le côté, tandis que le bonhomme bedonnant prenait conscience de sa présence et des dégâts. Le gars se retourna en bafouillant. Qu'est-ce qui se passait ? Ok, son costume était super moulant, mais c'était une obligation pour qu'elle ne subisse pas les effets inflammables du nitro méthane. La moindre petite couche d'air entre sa peau et le tissu pouvait représenter un danger pour elle.

« Qu... quoi ? bafouilla-t-elle alors qu'il lui tendait un rouleau de PQ sans se tourner. Il pensait qu'elle était entrée dans sa caravane pour se soulager ? Machinalement, elle attrapa le rouleau et baragouina un : Merci... »

Elle se sentait parfaitement ridicule, mais elle se servit du rouleau pour le plaquer contre son front meurtri qui ne tarderait pas à cicatriser.

« Je vous ai vu au dernier moment, je suis tellement, tellement, tellement désolée !! Ça n'a rien à voir avec une envie pressante... Bon d'accord j'ai une petite vessie, mais je sais me retenir... J'arrivais si vite, d'habitude j'arrive toujours à éviter les collisions, mais là... Et elle n'avait pas d'assurance pour ça ! Comment est-ce qu'elle allait faire pour lui rembourser les réparations ?! Elle s'était levée du trône. Olalalala j'ai vraiment tout bousillée.... C'est... C'est la première fois que ça m'arrive... Je suis désolée, désolée, désolée... Vous, vous n'êtes pas blessés au moins ? Il n'y avait personne dans la caravane ? Olalalalala.... »

Le mode pipelette était activée. Par contre, les gens qui approchaient pour filmer, elle n'aimait pas du tout, mais alors pas du tout. Son costume était secret, personne ne la connaissait, ce n'était pas le moment de se retrouver sur les réseaux sociaux.
Le rouleau de papier toilette s'imbibait de sang, et elle le maintenait plaqué sur sa tête, alors qu'elle se rasseyait sur le trône en se lamentant, manifestement un peu déboussolée par l'étendue des dégâts. Pour se préserver, elle se mit à vibrer sur elle-même, rendant son image... complètement floue.

« Je ne veux pas qu'on me filme comme ça... » dit-elle d'une voix chevrotante liée à ses micros déplacements corporels. Et oui, les supers avaient une image à tenir !
 
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Mar 2 Nov 2021 - 12:00 Message

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Sylvestre l’écoutait.
Et plus il l’écoutait, plus il se tournait pour la regarder.
Donc ce n’était pas un problème de fuite ?
Comment ça, elle l’avait vu “au dernier moment” ?!?

Fidèle à son tempérament peureux et docile, il s’apprêtait à lui dire que tout allait bien, que ça s’arrangerait, alors que ce n’était absolument pas le cas.
C’est avec un air de chien battu, les épaules voutées, qu’il la laissa constater le massacre. Le jeune homme abandonna son goodie en plastique et se mit immédiatement en quête des pages volantes.

« S’il y avait du monde dans ma caravane ? Vous rigolez ? » gémit-il, la gorge serrée de douleur.
Il agita une feuille arrachée devant elle, d’une main, tendit qu’il en récupérait d’autres.
« Black Pada. Le Pisteur. Kid Vespp. Captain Vily ! Morathin ! BLUE ONE !!!! »
Sylvestre poussa une longue plainte. La page qu’il tenait valait de l’or au vu de sa gestuelle très soignée.
« Oh non !!! Pas l’aventure de Madna contre Le Réseau ! Il n’y en a que trois !!! »

Il souffrait tellement de ces pertes qu’il était fermé au mitraillage de “désolé” que lui envoyait sincèrement l’accidentée. Ce n’est que lorsqu’elle se tut qu’il remarqua que quelque chose n’allait pas.
Une super-héros qui ne voulait pas être filmée ?!?
C’est étrange ça.

« Mais pourquoi vous... »
Il fronça les sourcils. La jeune femme était désormais toute floue avec une voix bizarre.
Sylvestre fit le lien avec les gens qui braquaient tous leurs portables dans sa direction. Ou plutôt celle de la fille. Il le devinait déjà sur les réseaux sociaux : « La pro de la course emboutit ENCORE une caravane ! Pas d’assurance cette fois ! »
Et ça s’accompagnerait des lamentables commentaires « Looool » ; « J’y étais !! » ; « C’est ma caravane, je veux 20000 dollars dommage et intérêt !! »

« Allez, allez, ça suffit... » déclara Sylvestre en balayant des bras, les pages toujours en main. « Oust ! C’est pas un spectacle !!! Ca va faire suraccident !! »
Mais comme d’habitude, on ne l’écoutait pas. Il souffla du nez, signe de nervosité et d’une colère grandissante. Cette dernière surpassa son anxiété et son appréhension. Lassé du comportement des gens, il posa ses pages sur ce qu’il restait de sa vitrine (quasi rien). Puis il empoigna la poignée de porte d’une armoire dans son dos.
« Je vous aurai prévenu... »
Et il l’ouvrit.

Depuis le meuble, un barbu à turban jaillit comme un diable de sa boite. Parfaite caricature du terroriste en haillons. Il avait le torse cerné de tubes. On discernait les boulons et les clous qui serviraient d’éclats. Le modèle s’excita vivement, sortant de la caravane en sautant au milieu des gens, son détonateur en main. Sa gorge se déploya en un rire sadique mais rien n’en sorti. Il était muet. Original.
C’était comme ça depuis Juneau.

Sylvestre était ressorti handicapé de son dernier combat. Maintenant, ses créations ne parlaient plus et lui obéissaient au doigt et à l'œil. Il regrettait amèrement tout ce qu’il avait perdu. Il ne pouvait plus faire grand chose de son pouvoir maintenant.
Heureusement, la culture populaire suffisait à faire le reste du boulot. Les badauds s’enfuirent du lieu de l’accident, terrifiés, en se faisant courser par un faux terroriste en haillon. Ils ne l’avaient donc jamais vu dans cette parodie pourtant Américaine ?
Tant pis. Sylvestre envoya deux jumeaux supplémentaires écarter les plus braves et détourner la patrouille de police qui était en train d’arriver sur eux. Le véhicule fit un tête à queue avant de poursuivre le troisième modèle, les pneus crissant sur le bitume.

« C’est bon...ils sont partis. » affirma Sylvestre après avoir observé l’extérieur.
Son regard se tourna vers la silhouette floue.
« A mon avis, on ferait mieux de faire pareil. Et puis vous saignez. Vous en mettez partout en bougeant comme ça. Il vous faut des soins. »
Il l’observa une dernière fois et haussa des épaules.
« M’enfin, ce que j’en dis... »
Il reprit son ramassage de feuilles de BDs, la mort dans l’âme.

Pourvu que sa voiture redémarre...
 
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Mer 17 Nov 2021 - 19:06 Message

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Tous les noms que le propriétaire de la caravane était en train de citer ne disaient rien à Tessa. Parlait-il de véritable personnes ou des morceaux de papiers qui volaient dans l'habitacle défoncé ? C'était certainement la dernière option au regard de sa remarque sur le nombre d'exemplaire qu'il y avait de "Madna contre le Réseau". Sans parler du fait qu'il tenait ça comme s'il s'agissait d'un organe vital. Putain... Elle avait défoncé la caravane d'un collectionneur et elle avait bousillé sa collection. Elle était fichue. Ruinée. Elle avait pas mal d'argent de côté avec l'héritage de son père, une maison avec un beau garage plein d'outils. Si elle vendait tout ça, peut-être qu'elle pourrait rembourser ? Encore qu'une caravane, ça ne devait pas valoir trop chère... Mais les BD's ?

L'essentiel, c'était qu'il n'y ait pas de préjudices physiques. Ça n'aurait pas été la même limonade du tout en terme d'indemnisation.
Certes, elle aurait très bien pu aller voler de l'argent pour rembourser, ce n'était pas la question, tout comme elle pourrait le laisser en plan en se tirant rapidement. Bientôt, elle ne serait qu'un mauvais souvenir pour ce jeune homme, mais elle venait quand même de lui ruiner une bonne partie de sa vie, elle ne pouvait donc pas se résoudre à s'enfuir lâchement de cette façon. D'autres qu'elle l'aurait fait, mais elle n'était pas foncièrement mauvaise. Et si un jour le lien était fait entre elle et son costume, entre la personnalité publique qu'elle était en train de devenir, et son costume secret, le scandale serait grand. D'un côté... Si on découvrait ce genre de chose à son sujet, ce genre de scandale serait bien le cadet de ses soucis.

Le jeune homme tenta de faire fuir les badauds qui s'attroupaient là pour contempler le carnage. Volontairement floutée, elle allait passer à l'étape suivante si jamais ils n'obtempéraient pas : elle aurait volé tous leur téléphone à vitesse grand V.
Mais le propriétaire du véhicule accidenté ne l'entendait pas de cette oreille, et il alla ouvrir une armoire pour libérer... non pas une bande de chiens baveux et agressifs, mais un putain de taliban ! Puis deux autres !! Merde, il avait pourtant dit qu'il n'y avait personne dans la caravane ! Un collectionneur de BD terroriste ? Elle était vernie.

Je... Oui c'est vrai. Elle en mettait effectivement partout. Essayez d'agiter un ballon couvert d'une pellicule de flotte pour voir si l'eau restait collée dessus. Le sang s'échappait par gouttelettes. Elle arrêta de vibrer pour reprendre une consistance plus normale. Pour ce qui était de la plaie, d'ici quelques minutes, ce ne serait plus qu'un vilain souvenir.

Je suis d'avis qu'on se barre rapidement d'ici, surtout après avoir lâché trois terroristes dans la nature... rala-t-elle et de se lever pour venir se planter devant le jeune homme : Sérieusement, des talibans dans votre caravane ? Mais c'est quoi ce merdier ? Vous êtes contre l'Amérique ? Une main sur une hanche, l'autre qui tenait toujours son rouleau de PQ, si on mettait son costume de côté qui n'était pas très impressionnant surtout qu'il moulait à la perfection le corps qu'il engonçait, elle n'était pas très crédible dans sa "pseudo" colère.

Si y en a d'autre, je vous laisse en plan, je ne me mouille pas avec ces conneries là moi ! Non, elle ne pouvait pas se permettre, mais alors pas du tout. C'était un coup à rameuter un vrai super-héros de la Légion ça !

Et sinon, vous pensez qu'elle roule encore ? Je connais une amie qui habite pas loin, elle a un petit garage dans sa maison, on pourrait se servir des outils, évaluer les dégâts... Je suis vraiment navrée, dit-elle plus docilement, en observant les alentours, et en se penchant pour ramasser une BD indemne et lui tendre non sans avoir lu le titre qu'elle lui donna :

Les aventures de Cross et Timber : Seuls dans l'espace.
 
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