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Witches in the city - Sio

 
Lun 8 Fév 2021 - 20:28 Message

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Elle n’aurait su dire si le bruit était plus dérangeant que l’odeur. Le premier comme la seconde ne s’arrêtaient jamais. Les premières nuits après son réveil, elle s’était imaginée que le ronronnement des véhicules cesseraient à la tombée de la nuit, que les cris cesseraient, mais Ann avait vite réalisé qu’elle se trompait. Quant aux odeurs… disons que les déchets ne disparaissaient pas magiquement, que ce qu’ils appelaient des voitures sentaient étrangement forts pour une personne tout juste sortie du passé et, qu’en dépit des progrès de la société pendant son absence, certains ne semblaient toujours pas avoir assimilé le concept d’hygiène.

Elle admettait qu’il y avait un mieux. Plus exactement, elle était ici depuis assez longtemps pour que la circulation des voitures, la musique trop forte des voisins et tous les autres bruits urbains ne soient rien de plus qu’un fond sonore, pour qu’elle ne sente plus vraiment les odeurs désagréables.

La nuit était tombée, Star City était toujours aussi animée. Ann avançait d’un pas vif, un sac sur une épaule, vêtue d’un pantalon, d’un blouson de cuir. C’était l’un des changements qu’elle appréciait particulièrement. Si elle aimait les robes et les jupes, elle aurait été la première à dire que ce genre de tenue n’était pas toujours pratique. A cette époque, personne ne se souciait de voir une femme portant un pantalon. Les fermetures éclairs, les boutons, sans parler des tissus comme le jean… tout cela était très certainement une amélioration.

Mais il n’était pas l’heure de parler chiffon. Ann n’était pas sortie au hasard dans les rues de Star City, tout comme elle ne s’était pas éloignée sans raison de la chambre d’hôtel du Quartier des Théâtres où elle avait établi son quartier général. Ses talents lui avaient permis d’éviter d’avoir à payer une note quelconque en plusieurs nuits passées là-bas. Aussi l’argent extorqué à la jeune Megan n’avait quasi pas été entamé.

Ah, Megan… parfois, la jeune femme lui manquait. Ensuite, la sorcière se rappelait que si elle ne l’avait pas sacrifiée, elle aurait eu beaucoup plus de difficultés à gérer la police. Ce soir, la britannique tournerait définitivement la page sur l’étudiante puisqu’elle allait vérifier la dernière piste fournie par cette dernière.

Quand Ann lui avait demandé où trouver des sorcières, Megan avait fait part de son ignorance. Elle savait que la magie existait, elle savait vaguement qu’on pouvait l’apprendre mais aurait été incapable de dire avec qui ou par où commencer. Quant à trouver des sorcières… à part de vieilles légendes, des noms de héros ou de grands vilains qu’elle n’aurait pas su où chercher… La seule information vaguement utile portait sur l’Eclipse. Elle connaissait des étudiants qui y allaient et, d’après eux, des sorcières traînaient là-bas. Entre autres.

N’ayant guère d’autre piste, Ann se contentait de celle-ci. Le club n’était plus très loin; elle remonta sans s’arrêter la file d’attente qui se pressait jusqu’à l’entrée de celui-ci jusqu’à s’arrêter devant un homme gardant la porte.

Tu vas me laisser entrer.
-Hey! Faites la queue, comme tout le monde!

Sans un regard pour le concert de protestations déclenchés par cette demande, l’homme s’écarta pour laisser passer Ann. Avec son jean, son blouson, ses bottines, la sorcière réalisa qu’elle détonnait sans doute dans ce décor. Elle n’avait guère eu le temps de se pencher sur la question du maquillage depuis son arrivée à cette époque. Bien, comment allait-elle procéder?

Elle arrêta une jeune femme en lui prenant le poignet quand elle passa près d’elle. Elle portait une robe à corset noire, des bottes à semelles épaisses. Ses cheveux noirs encadraient un visage particulièrement pâle, qu’Ann était même tentée de qualifier de maladif.

Es-tu une sorcière ou sais-tu où en trouver?
-Quoi?” rigola la jeune femme. “Ton accent est bizarre”.

Oui, la sorcière était au courant. Initialement, elle sonnait britannique. Puis elle avait émigré de l’autre côté de l’Atlantique, son accent avait changé, mais il sonnait étrangement. Elle avait passé trois mois à s’entraîner mais elle sonnait toujours… étrangère. Comme une touriste cherchant à imiter l’accent de la ville.

Es-tu une sorcière ou sais-tu où en trouver” répéta Ann.

Sa poigne se raffermit sur le poignet de la jeune femme, sa voix sembla plus directive. Depuis qu’elle s’était réveillée, sa connexion avec le collier de sa famille s’était affaiblie. Elle avait parfois quelques ratés avec celui-ci. Un voile passa dans les yeux de la jeune femme, elle cligna des yeux.

Non. Non, je ne sais pas où en trouver.
-Oublie mon visage, oublie ma question et va t’amuser”.

Une expression perdue habilla le visage de la jeune femme dans le très court laps de temps entre sa réponse et la consigne d’Ann… puis son sourire revint, elle s’éloigna comme si de rien n’était pour retrouver des amis. Ann, pour sa part, lâcha un soupir. Y avait-il seulement des sorcières ici ce soir?
 
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Jeu 11 Fév 2021 - 1:58 Message

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Le temps avait passé, l’eau avait coulé sous les ponts et le sang dans ma gorge. J’avais appris à me contrôler petit à petit. Je n’avais presque plus de ratés, et jamais dans des circonstances qui auraient pu me porter préjudice. Lorsque j’étais suffisamment motivée, je savais me montrer plus qu’efficace, et je n’avais jamais compté devenir une idiote sans cervelle obnubilée par son prochain repas. En quelques semaines, j’étais fonctionnelle. Une poignée d’autres, et j’arrivais à faire illusion.

Ceci dit, il était parfois difficile de contenir quelques réflexes malencontreux, liés à ma vitesse ou ma force toutes neuves. Disons que j’avais déjà été plus que la moyenne humaine avant mais qu’actuellement, c’était bien plus… Intense. Bah. Si ce n’était que ça. Une fois n’était pas coutume, j’étais montée donner un coup de main à une de mes employées face à un idiot qui abusait de mon hospitalité. Je me retins fortement de lui apprendre à se tenir d’une façon très définitive, mais une fois ce déchet mis à la porte, je tombais face à plus intéressant.

Mon ouïe avait encore une bonne marge de progression, mais j’entendais bien mieux qu’avant, et j’avais des yeux pour voir. La femme avait l’air d’avoir quoi… La quarantaine ? Elle puait la magie, probablement pas très sympathique. J’observais l’expression perdue sur le visage d’une gamine, son sourire qui étirait de nouveau ses lèvres et haussais un sourcil surpris. Alors comme ça, on cherchait une sorcière ? Hm. Super. Encore une idiote qui ne savait pas respecter quelques règles. Je n’hésitais pas vraiment avant de rattraper l’intéressée par le poignet. Avant qu’elle ne disparaisse je ne savais où.

« Pas de magie ici, lâchais-je d’un ton sec, assez fort pour qu’elle puisse entendre malgré la musique, pas suffisamment pour que les voisins immédiats ne puissent profiter de l’info. Ou en tout cas, pas à cet étage. Si c’est ça que vous cherchez, descendez comme tout le monde. Sinon, je vous fous dehors. »

Je la relâchais avec une moue agacée et tournais les talons sans lui laisser le temps de répliquer. Un signe de la main attira Keïra, à qui je murmurais quelques instructions. Sans être une sorcière elle-même, la jeune femme saurait si l’inconnue jouait les idiotes une fois de trop dans mon établissement. Pour ma part, j’allais cette fois prêter main forte à la barmaid du sous-sol, prenant la place avec une aisance née de l’habitude.

Dans ma tête, l’incident était d’ores et déjà réglé. Soit l’inconnue se tiendrait, soit ce ne serait pas le cas, et je m’occuperais d’elle. Pas trop violemment. Tout le monde avait le droit à l’erreur une première fois.
 
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Jeu 11 Fév 2021 - 16:56 Message

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La sorcière retint un soupir après ce premier échec et poussa un peu plus avant son exploration. Dans cette foule, elle trouverait bien quelqu’un pour l’aider, non? Avant, à son époque, elle aurait su reconnaître une sorcière sans avoir besoin qu’elle ne le lui dise. Elle l’aurait vu dans une posture, un regard, une attitude. Une façon de préparer un thé ou de cueillir certaines plantes. Les choses étaient très différentes à cette époque.

Ann n’avait pas fait trois pas qu'une main attrapa son poignet. Elle se retourna à demi, aperçue une rousse, mais celle-ci venait de terminer son avertissement et filait déjà, non sans tirer un haussement de sourcils à la britannique.

D’autres qu’elle auraient peut-être ignoré cet avertissement et persévéré ici, mais Ann n’était pas idiote. Elle était déjà isolée, sans coven, dans une époque inconnue, elle n’allait pas en prime se faire des ennemis. Puisqu’on lui avait indiqué le sous-sol, elle s’y dirigea, non sans quelques regards pour la rousse au passage. Était-elle la propriétaire? Sans doute une employée, au minimum, pour s’être fendue d’un tel rappel aux règles.

Le sous-sol n’était pas aussi peuplé. A défaut de reconnaître des sorcières, Ann aurait juré que certains n’étaient pas seulement humains. A défaut de sorcières, les créatures magiques pouvaient être utiles. La rousse se tenait derrière le bar. Elle ne l’avait qu’à peine aperçu à l’étage et profita du trajet pour la regarder d’un peu plus près.

Bonsoir. Je vous présente mes excuses, j’ignorais les règles de votre établissement. Je viens d’arriver en ville”.

Ce qui n’était pas totalement un mensonge. Son réveil ne remontait qu’à trois mois en arrière et Star City n’avait rien en commun avec Providence.

Quant à savoir si Ann était réellement désolée… Pas vraiment. Elle considérait l’erreur comme innocente, née de l’ignorance plutôt que d’une volonté de nuire. Cela dit, elle ne comptait pas être vindicative pour être vindicative, pour affirmer une quelconque supériorité au risque de s’aliéner ce qui semblait être une source possible. A son époque aussi, il y avait eu des règles pour dissimuler la magie. Elle ne les avait pas toujours respectées. Les pouvoirs de son pendentif étaient relativement discrets. Pas de grandes incantations grandiloquentes avec des torrents de flammes ou autre expression extravagante, simplement une voix à laquelle on ne pouvait désobéir. Pour autant, elle savait s’en passer quand c’était nécessaire.

Je cherche des sorcières” ajouta-t-elle pour la rousse. “Ai-je une chance d’en trouver ici?

Ann n’aurait pas juré qu’elle en était une elle-même, mais sa remarque laissait entendre qu’elle était au moins consciente de leur existence. C’était plus que ce que la britannique n’avait réussi à trouver ces derniers jours.
 
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Lun 15 Fév 2021 - 12:54 Message

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Je fis passer un verre à l’un de nos habitués. Dans ma tête, l’incident de la sorcière était déjà classé. Rien de bien grave. Cela arrivait régulièrement, et même si cela m‘agaçait profondément que l’on se montre incapable de suivre des règles pourtant basiques, je n’allais pas pour autant m’y attarder des heures durant. J’avais averti qui de droit de garder un oeil sur elle, et j’avais de toute façon aisément conscience de la magie qui était pratiquée ici.

Je me retournais pour prendre la commande suivante et fronçais légèrement les sourcils. En effet, je venais de tomber sur la femme que j’avais sèchement repris à l’étage. Comment elle était parvenue à entrer dans un espace qui n’était pas supposé être accessible à n’importe qui était un mystère. Je n’avais pas donné de consignes spécifiques à son égard, tablant sur le fait qu’on viendrait me prévenir qu’elle voulait descendre. Et qu’il serait toujours temps d’aviser. Enfin, peu importait. Je ne refusais pas l’accès à grand monde. Même dans cette salle, d’un point de vue extérieur, tout était parfaitement normal et légal. L’inconnue avait un étrange… Accent ? Ou peut-être était-ce la façon de parler.

« Vraiment ? »

Je l’observais de haut en bas. Je ne la connaissais pas. L’odeur de son sang ne me disait rien non plus. Je voulais bien croire qu’elle était nouvelle en ville. Qu’elle était désolée, un peu moins. Généralement, c’était le genre d’excuses qu’on prononçait sans trop y croire, juste pour se faire bien voir. Que l’on me traite de cynique, mais c’était un état de fait que j’avais constaté plus d’une fois. Sa question suivante me tira un sourire narquois.

« Vous cherchez des sorcières… Ici ? »

Un rire me parcourut doucement. Mon sourire se fit amusé. Généralement, j’avais droit à des jeunes gens avides de tenter le Diable - sans se douter à quel point c’était le cas - et tenter de trouver un des fameux vampires qui hantaient soit disant le sous sol. Oh, il y en avait plus d’un depuis que j’avais repris le club, même si aucun que j’ai transformé. Mais des sorcières, c’était beaucoup plus rare et exotique, comme demande.

« Je pourrais peut-être vous renseigner. Mais peut-on savoir ce que vous voulez à ces sorcières que vous cherchez ? »

Je croisais les bras, l’air impérieux. Je ne comptais pas dire à n’importe qui qui j’étais, mais j’étais curieuse. Autant essayer d’en savoir un peu plus, pour commencer. Ce serait un excellent début.
 
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Lun 15 Fév 2021 - 17:38 Message

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Ann se fendit d’un sourire charmant. Elle savait être charmante, une chose facilitée par une apparence physique généralement jugée agréable. Une apparence physique qui n’avait pas joué en sa faveur lors de son procès en sorcellerie. Les femmes du Diable n’étaient-elles pas supposées belles et désirables, afin de mieux séduire les hommes, de mieux les traîner vers le péché?

“Oui” confirma la sorcière, sans se formaliser du rire. “La rumeur veut que j’ai une chance d’en dégoter une ou deux ici”.

La rumeur se trompait peut-être, si l’idée faisait rire la rousse. D’un autre côté, elle ne l’avait pas traité de folle, n’avait pas cherché à nier l’existence de la magie… Ann était plutôt partisane qu’à défaut de la pratiquer elle-même, elle en connaissait au minimum l’existence.

Tout dépend des sorcières”.

La réponse n’en était pas vraiment une. Ann était aussi prudente que son interlocutrice. Elles jouaient à un jeu que l’anglaise connaissait bien. L’art d’obtenir des informations sans en avoir l’air. Dans d’autres circonstances, elle ne se serait pas encombrée de tant de simagrées et aurait envisagé de se servir des pouvoirs de son collier. Seulement, depuis son réveil, elle réalisait que sa connexion avec le bijou familial s’était considérablement affaiblie. Elle se trouvait incapable de lire la moindre pensée autour d’elle, ce qui lui servait généralement à déterminer si sa victime potentielle était dotée d’un bouclier mental qui l’aurait immunisé à son contrôle mental.

Quand bien même, le contrôle ne durait généralement pas plus de quelques heures après son départ. Elle ne tenait guère à se faire une ennemie de celle-ci. Quelque chose dans son regard et sa posture lui disaient qu’elle n’était pas une enfant de coeur.

Je cherche des gens que j’ai pu connaître, des alliées, des renseignements”.

Ce qui n’était pas un mensonge. Pas totalement. Elle cherchait effectivement des alliées et des renseignements sur cette ville complètement changée pendant son long sommeil. Quant à des gens qu’elle avait pu connaître… A défaut d’avoir l’espoir de retrouver ses filles ou son mari, peut-être pourrait-elle croiser une descendante? Les restes d’un coven qui aurait entendu parlé d’elle? Peut-être pourrait-elle croiser un visage du passé. Plus d’une sorcière savait prolonger sa vie.

A défaut, je prendrais un Bloody Mary”.

La boisson ne lui disait rien, mais puisqu’elle était là, autant en profiter pour boire quelque chose, non? En plus, elle avait le souvenir que certains taverniers déliaient plus facilement la langue quand le client consommait.
 
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Mar 16 Fév 2021 - 0:22 Message

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Le sourire que la femme m’offrit me mena juste à me demander si elle comptait me séduire au passage. Mais peut-être que je projetais simplement la fausseté de mes propres sourires sur elle. Quoique j’en doutais.

« Première fois que j’entends cette rumeur-ci. Quoique Skye l’avait peut-être bien mentionné. »

Je haussais les épaules d’un air désintéressé. Dans les faits, je songeais qu’il faudrait que je vérifie ce qu’il en était plus précisément. En attendant j’allais me contenter de chercher à comprendre pourquoi et comment cette femme cherchait des sorcières. Surtout qu’avec un tel avis de recherche, j’aurais pu lui en trouver un certain nombre. Pas forcément performantes pour autant.

« Avec ce genre de réponses, je risque d’avoir du mal à vous aider. »

Je me fendis d’un sourire poli, cette fois. Mon employée vint me chuchoter quelques mots à l’oreille, un instant, et je lui répondis sur le même ton, avant de revenir à notre nouvelle venue.

« Des gens que vous avez pu connaître. Vous êtes de Star City ? »

Je la détaillais de nouveau, dans l’espoir de l’identifier, peut-être. Skye ne la connaissait sans doute pas plus que moi. Après tout, elle était arrivée après moi à Star City, et ses contacts avaient été relativement restreints dans le milieu, contrairement à moi qui y trempait depuis mon emménagement sur place ou presque.

« Des alliées. Un coven ? »

Je haussais un sourcil. Je supposais que je pouvais bien lui en conseiller un, si elle avait l’estomac assez accroché pour ça. J’eus presque envie de rire. A tort ou à raison, j’avais du mal à imaginer celle qui semblait tout simplement débarquer faire mumuse aux côtés de Lady Satan.

Le dit rire finit par sortir quand elle commanda un Bloody Mary. J’acquiesçais d’un signe de tête et m’employais à le préparer, non sans le doubler. Quoique le mien était agrémenté légèrement différemment. L’alcool donnait un goût étrange mais pas vraiment désagréable au sang, d’après mon expérience. Je lui tendis un des deux verres - le bon, évidemment - attrapais le mien et passais de l’autre côté du bar après avoir fait signe à l’autre jeune femme que je l’abandonnais.

« Venez. »

Puis je guidais l’inconnue vers ma table personnelle, zigzaguant entre les danseurs sans en effleurer un seul et sans renverser une goutte de mon verre. Etre vampire avait du bon pour une petite tonne de raisons. J’étais née pour ça. Je me laissais tomber d’un geste tranquille sur la banquette, de telle sorte que je puisse surveiller la salle, puis fis signe à la femme de faire de même.

« Bien. Maintenant que nous sommes installées, et si vous vous montriez un tantinet plus descriptive dans vos demandes ? Je déteste jouer aux devinettes et ma bonne volonté à des limites, qui que vous soyez. »
 
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Mar 16 Fév 2021 - 21:34 Message

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Ann pencha la tête sur le côté. Si elle entendait cette rumeur pour la première fois, elle voulait bien se débarrasser de son pendentif. Elle n’était pas surprise de l’existence de la magie. A défaut de sorcières, quelques créatures magiques devaient passer par ici.

Cela dit, elle voulait bien lui donner raison sur un point. Si elle ne lui donnait guère plus de détails, elle ne risquait guère de pouvoir l’aiguiller. Depuis son réveil, Ann était partagée entre son besoin de discrétion et la nécessité de se dévoiler pour avancer. Pouvait-elle faire confiance à cette femme? La prudence lui disait que non, mais la prudence lui disait de ne faire confiance à personne.

En quelque sorte. J’y ai vécu quelque temps, il y a longtemps”.

Bien plus longtemps que ne se l’imaginerait sans doute la rousse. si le regard de la sorcière glissa sur l’employée qui lui murmura quelques mots à l’oreille, elle n’avait fait aucune remarque. Elle ne se sentait pas en danger, pas encore, et dans le cas où elle l’aurait été, elle se serait défendue bec et ongles.

Si l’on veut de moi”.

Et si elle voulait du coven en question. Il y avait plus d’une philosophie dans ce genre de groupes, des pratiques plus ou moins réprouvées par la morale. Ann ne se considérait pas comme une sainte. Elle avait tué, manipulé, contrôlé. Ses propres limites se situaient ailleurs.

Pour une raison qui lui échappait, sa commande tira un rire à la barmaid. Rien ne semblait indiquer qu’elle avait corsé la boisson d’autre chose que d’une double dose d’alcool. Aurait-elle vraiment tenté de l'empoisonner ici, devant autant de gens? Sans doute que non. Ann trempa les lèvres dans le liquide, la regarda faire le tour du bar. Comme elle n’avait détecté aucun goût étrange, elle avala une gorgée et lui emboîta le pas. La foule de danseurs et de clients lui donnaient envie de les écarter d’un ordre mais par égard pour la rousse, elle n’en fit rien. Elle semblait disposée à lui donner quelques informations. Elle n’allait pas gâcher ses chances en utilisant la magie à tout va.

Puisqu’on lui indiqua la banquette, Ann s’y installa, gardant son verre à la main, laissant son regard se perdre dans la foule de gens. Les coutumes de ce temps étaient véritablement étranges. Sans doute l’auraient-elles moins été si elle les avait vu naître… mais aurait-elle été encore en vie après autant de temps? La remarque de la rousse la fit tourner la tête vers elle pour un regard en coin. Elle allait devoir se lancer à un moment ou à un autre. Elle ne pouvait vouloir et la connaissance et la discrétion, elle devait lâcher du lest sur l’une pour avoir l’autre.

J’ai passé un peu plus de deux siècles emprisonnés par un coven. Je cherche à les identifier pour les tuer et à déterminer si ma branche familiale a perduré jusqu’à ce siècle”.

Les mots avaient été soigneusement pesés pour en révéler tout en gardant certains détails pour elle. Elle avait aussi fait en sorte d’être directe: l’histoire pouvait paraître folle, mais elle ne l’aurait pas été tant que ça pour quelqu’un d’impliquer avec la magie, d’une façon ou d’une autre.
 
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Ven 19 Fév 2021 - 0:47 Message

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« Je vois. Bon retour parmi nous, j’imagine. »

Je l’observais un instant, vaquais à mes occupations tout en discutant avec elle. Enfin, en lui arrachant quelques informations. La sorcière était bien décidée à ne pas se montrer trop descriptive, apparemment. Et à mettre involontairement les deux pieds dans les plats, avec sa commande. J’avouais ne pas avoir retenu un rire. Bloody Mary était assez connue dans le milieu, et tout autant par la police, mais c’était loin d’être la coqueluche des médias. Pendant un temps, quelques-uns de mes meurtres avaient fait jaser de par leur inexplicabilité - des gens qui semblaient déchirés de l’intérieur, ça laissait quelques marques - mais depuis, Kincaid avait trouvé réponse à ces questions. Dommage.

J’entraînais finalement la nouvelle venue derrière moi, jusqu’à m’asseoir la première à ma table. Une fois l’autre installée, je ne perdis pas de temps à jouer aux devinettes. J’étais d’une patience relativement peu limitée. Soit elle voulait quelque chose et elle passait aux aveux, soit elle irait demander des renseignements ailleurs. Je voulais bien être gentille et lui filer l’adresse du Pandémonium, dans ma grande sympathie.

Contre toute attente, pourtant, elle ne se fit pas plus prier. Je haussais un sourcil tout en agitant mon cocktail à l’aide de la paille que j’y avais planté. Ce faisant, je détaillais la femme d’un oeil intéressé avant de dire d’une voix presque… Douce.

« Vous ne faites pas votre âge, dites moi. »

Je me relevais et relâchais le rideau qui permettait de couper l’alcôve du reste de la pièce. Ça ne faisait pas de miracle, mais ça permettait d’être un peu plus au calme quoi qu’il en soit.

« Là. Nous voilà entre nous. Quel genre de coven ? Vous avez un nom ? Un type de magie ? Des sorciers, des sorcières, et des mages, je peux vous en trouver à la pelle dans cette ville. Et dans le monde. Il y a au moins trois lignées staropolitaines, sans compter les covens liés à l’une ou l’autre puissance mystique, et ainsi de suite. Avec des informations aussi vagues, je risque d’avoir du mal à vous aider. »

J’avais l’avantage d’avoir fait partie d’une lignée qui était en contact avec un certain nombre d’autres. Je me souvenais encore de certaines de nos rencontres. Certaines d’entre elles comportaient une partie de mes cousins et cousines, pour ce que j’en savais. Quelques personnes ne juraient que par la pureté du sang. Qui ne servait à rien, sauf cas très particuliers. La magie n’était pas héritée. On l’apprenait. J’étais issue d’une des rares familles où le sang avait un sens, parce que nous descendions de deux créatures mystiques peu recommandables.

« Oh, et je ne travaille pas gratuitement. »

Autant poser les choses dès le départ, non ?
 
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Ven 19 Fév 2021 - 19:10 Message

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Ann leva son verre, comme pour célébrer la remarque de la rousse, puis but une gorgée. La boisson était… inhabituelle, en tout cas en comparaison de ce qu’elle avait pu boire à son époque, mais pas mauvaise. Le goût épicé cachait un peu trop l’alcool à son goût. Mieux valait ne pas en abuser.

Rien ne vaut une prison magique pour garder une peau hydratée et souple”.

Et l’information devait avoir accroché l’intérêt de son interlocutrice puisqu’elle se leva pour fermer le rideau et isoler un peu plus l’alcôve. Ann ne commenta rien, préférant reprendre une gorgée de son verre en la regardant faire. Derrière le bar, cela n’avait pas forcément été évident, mais la rousse… elle était dangereuse. Ann ne savait pas exactement comment, mais elle avait certainement une attitude de prédatrice.

Je n’ai pas de nom”. Ses recherches auraient été bien plus faciles dans le cas contraire. “Il y avait des hommes et des femmes”. La précision semblait idiote, mais Ann avait appartenu à deux covens. L’un en Angleterre, l’autre en Amérique. Le premier avait été exclusivement féminin. Pour elle, les événements étaient relativement récents - ils étaient arrivés moins de six mois plutôt - mais deux siècles s’étaient écoulés. “Ils étaient installés dans un manoir aux abords de la ville, remplis de protections magiques qui ont fini par s’effondrer. Le rituel qui m’a emprisonné… Ils m’ont enfermé dans un cercueil d’une substance étrange. Comme du miel ou de l’ambre liquide. J’ignore pourquoi ils ne m’ont pas tué aussitôt”.

Ce qui aurait été plus simple, la sorcière en convenait. Oh, elle avait une hypothèse. Ils avaient sans doute voulu son pendentif. La chose était d’autant plus probable qu’à son réveil, elle avait eu des marques caractéristiques autour du cou : ils avaient voulu le lui arracher, sans réussir. Peut-être avaient-ils voulu simplement la désarmer, ou peut-être désiraient-ils le collier pour eux-même. Personne ne pouvait le lui retirer, à part elle, et quand bien même elle l’aurait enlevé, elle devait le céder volontairement pour qu’il offre ses dons à un autre. Était-ce tout ce qu’ils avaient voulu? C’était un mystère qu’elle cherchait à éclaircir.

Ann se fendit d’un sourire. Elle ne perdait pas le Nord, cela, elle voulait bien le reconnaître à la rousse. Heureusement, la sorcière n’était pas dénuée de ressources. Megan avait eu son utilité jusqu’au bout et, en vidant ses comptes en banque autant que possible, elle avait permis à Ann de se constituer un pécule honnête que la sorcière entamait à peine. Un ensorcellement régulier du gérant de son hôtel lui permettait d’avoir un logement gratuit, et la même pirouette lui permettait d’obtenir nourriture et vêtements gratuitement.

Combien?
 
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Dim 21 Fév 2021 - 23:28 Message

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« Ça garde l’inconvénient d’être une prison, rétorquais-je d’un ton amusé. Je préfèrerais encore utiliser d’autres méthodes. »

Certains auraient dit que la laisse qui me reliait à la fille du Diable n’était jamais qu’une autre sorte de prison. Je l’aurais prétendu, avant. Aujourd’hui, j’étais capable d’être plus raisonnable : mieux valait des liens de ce genre qu’un collier d’esclave. Avoir porté le dit collier vous aidait à relativiser vos petites pensées délétères.

Je l’écoutais me répondre en silence. Des hommes et des femmes. Soit. Un coven mixte. Ce qui était la norme aujourd’hui ne l’avait pas toujours été. Je réfléchis un instant et éliminais un certain nombre de clans spontanément. Dont le mien. Les hommes exerçaient généralement de leurs côtés. La lignée était résolument matriarcale et seules les femmes étaient de véritables sorcières du sang, chez nous. Non pas que j’imaginais que ma famille puisse être à l’origine de ce genre de maléfices. Nous avions des méthodes plus expéditives pour ça.

« Quel manoir ? Une adresse, peut-être ? Un coven assez puissant pour lancer un sort de stase qui résisterait à deux siècles aura forcément laissé des traces dans l’histoire. »

Pas forcément l’histoire la plus publique qui soit, mais dans l’histoire quoi qu’il en soit.

« Oh, ça peut avoir un certain nombre de raisons. Peut-être qu’ils n’avaient pas les tripes pour vous tuer. On se raisonne toujours en se disant que c’est moins terrible d’enfermer quelqu’un sans se rendre compte de la cruauté de la chose. Maintenant, ça reste l’option la moins probable. Soit ils voulaient votre pouvoir, soit ils voulaient quelque chose que vous saviez et pas eux… Ou un artefact, un objet quelconque, un grimoire de valeur. Vous devez bien avoir une idée. »

Je ne la quittais pas du regard, les doigts enroulés autour de mon verre. Mes yeux s’illuminaient parfois, dans le noir, paraissant plus brillants qu’ils n’auraient dû, ou porteurs d’un vague reflet rougeâtre, mais ils semblaient se tenir jusque là. Et je préférais surveiller mon invitée de près.

« Cinq cent pour le temps que j’y passe, peu importe le résultat. En fonction de la qualité des renseignements que je vous obtiens, le double ou le triple au total. Et c’est assez raisonnable. »

Elle ne me demandait que quelques renseignements, après tout. Si elle voulait plus, je me montrerais plus gourmande, mais pour le moment… J’étais prête à négocier ce tarif, mais je visais plus haut que je n’aurais pu le faire habituellement afin de jauger de sa détermination. Peut-être aussi de la connaissance qu’elle avait du milieu. Pas si étendue que ça pour certains points, en tout cas : elle ne savait apparemment pas précisément à qui elle parlait, après tout.
 
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Lun 22 Fév 2021 - 16:02 Message

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Certes. A choisir, si Ann avait voulu poursuivre son existence au-delà des siècles, elle s’y serait également prise autrement. Il existait plus d’un sortilège, plus d’une malédiction pour s’assurer un tel résultat, sans l’inconvénient de louper le cours du monde pendant plus de deux siècles.

Il est sur la Colline aux Lanternes”. Elle fouilla la poche intérieure de son blouson en cuir. Megan lui avait trouvé l’adresse. L’étudiante maintenant disparue lui avait été particulièrement utile à bien des égards, notamment pour lui apprendre les rudiments de l’usage d’un ordinateur ou de google maps. Elle le tendit à la rousse. “Et pourtant, je n’en ai pas trouvé. En tout cas, je n’ai pas trouvé de copie des actes de propriété aux archives de la ville”.

Ni de l’actuel propriétaire, ni de ceux qui l’avaient précédés. Quelqu’un avait donc tout fait pour dissimuler ses traces, mais Ann avait tout à fait conscience qu’elle ne connaissait pas assez cette époque pour s’en sortir seule. D’où sa présence ici.

Quant à la puissance du coven en question… elle ne se serait pas prononcée. La bataille entre elle et eux avaient été rudes. Elle avait tenu tête une douzaine de sorciers puissants pour couvrir la fuite des siens. Mais à ce moment-là, sa symbiose avec son pendentif avait été parfaite, ce qui n’était plus le cas aujourd’hui.

A leur place, je m’aurais tué. Peu importe ce qu’ils voulaient de moi, cela ne valait certainement pas les souffrances que j’aurais pu leur causer”.

Ann était… inventive. Elle avait massacré tout un village par vengeance, en poussant chaque habitant au meurtre ou à la mort en fonction des griefs qu’elle avait contre eux. Celui qui s’était montré ingrat quand elle avait aidé à sauver sa femme et son nouveau-né d’un accouchement difficile avait ouvert sa femme en deux par le ventre et pendu son garçon de quelques années.

Un réflexe voulut la faire porter la main à son collier, mais elle se contint. Inutile de laisser entrevoir la valeur de l’objet à une parfaite inconnue. Elle préféra plutôt reprendre une gorgée de son verre.

Quelques artefacts auraient pu attirer leurs convoitises. Peut-être ai-je tué l’un de leur proche…

Elle haussa les épaules. Elle avait cessé d’être une enfant à quatorze ans, quand tout un village avait participé au procès de sa famille, quand sa mère et sa soeur avaient été traînées au bûcher par les cheveux, quand on avait noyé sa grand-mère. En Amérique, elle s’était débarrassée de ses ennemis dès qu’elle en avait eu l’occasion.

Elle contempla la rousse. Si elle avait remarqué l’éclat particulier de ses yeux, elle ne savait pas encore à quoi l’attribuer. Quant aux tarifs qu’elle lui réclamait… elle ne savait qu’en penser non plus. Elle avait questionné Megan à ce sujet, mais la jeune femme venait d’un milieu plutôt modeste. Cent dollars représentaient une somme des plus conséquentes pour elle. Cinq cents? C’était une grosse somme sans en être une. Elle en avait plusieurs dizaines de milliers à sa disposition, mais elle ne tenait pas à épuiser vainement son pécule. Que faire? Négocier? Refuser? Accepter? Elle opta finalement pour un entredeux. Du tréfond d’une poche, elle déterra des billets qu’elle compta et glissa vers la sorcière? Autre chose? Assise en face d’elle.

A ce tarif-là, j’espère au moins que vous êtes efficace”.
 
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Jeu 25 Fév 2021 - 15:17 Message

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Je regardais l’adresse avec attention. Elle ne me disait rien. Mais ça ne voulait pas dire qu’il n’y a rien à trouver. Je rendis son téléphone à la femme. La Colline aux Lanternes. Je pourrais déjà demander à Abby si cette propriété lui a laissé une sale impression. Je ne crois pas que ça ait été le cas, mais je ne prêtais généralement pas une attention démesurée aux manifestations magiques du quartier. Il y avait un certain nombre de mages là-dedans, et la plupart n’était qu’inoffensifs.

« Vous n’avez peut-être pas chercher aux bons endroits. Notre histoire a connu un certain nombre de… Purges. La plupart des covens cultivent le secret comme si c’était leur bien le plus précieux. Même aujourd’hui, certaines personnes ne savent pas vraiment à quel point la magie est ancrée dans notre monde. »

Les O’Reilly n’étaient pas une famille de sorcières, officiellement. Personne dans notre ville n’en était au courant. Par contre, nous avions été connus des autres groupes familiaux et autres covens du coin, et même d’autres pays, au gré de nos échanges et alliances. Se marier et tisser des liens entre nous permettaient d’obtenir des sortilèges d’autres familles, d’enrichir nos propres savoirs.

« Aurais pu. Vous n’avez pas pu le faire. J’aurais tendance à dire que le pari n’était donc pas mauvais. Peu importe l’ennemi que vous avez en face de vous, si vous avez un plan viable, autant s’y tenir. Vous avez passé assez de temps enfermée dans votre petit manoir pour admettre qu’ils avaient relativement bien joué leur coup vis-à-vis de vous. Reste à savoir ce qui leur a causé du tort, à eux. »

Je haussais négligemment les épaules.

« Des artefacts, alors. Si c’était une histoire de vengeance, ils vous auraient tué. Peut-être pas sans vous torturer avant, soit, mais ça n’a pas été le cas, si ? »

Pas de ce qu’elle décrivait, du moins. Et je doutais que qui que ce soit exerce sa vengeance en lançant un sort de stase. Ils voulaient quelque chose. Quelque chose qu’ils avaient été en mesure d’identifier. Donc, la femme qui me faisait face savait pertinemment de quoi il s’agissait. Ou était une idiote, ce dont je doutais sincèrement.

« Je me moque de savoir ce qu’il cherchait, je veux juste savoir si vous savez ce que c’était. Vos petits secrets ne m’intéressent absolument pas, je cherche juste de quoi commencer à chercher. »

J’eus un rire amusé lorsqu’elle conclut sur une touche… Intéressante, ramassant les billets pour les glisser dans une des poches de mon pantalon.

« Je peux vous donner mes références, si ça vous chante. Je ne doute pas que vous en serez satisfaite. »

La tête légèrement inclinée sur le côté, je l’observais en silence l’espace d’un instant, mon sempiternel sourire aux lèvres.

« J’ai des relations et du pouvoir. C’est amplement suffisant pour déterrer votre coven. Vous pouvez m’emmener à votre manoir ? Là où vous étiez enfermée ? »
 
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Jeu 25 Fév 2021 - 18:05 Message

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Ann grimaça. Non pas qu’elle était offensée des commentaires de la rousse, plutôt qu’elle n’était pas particulièrement enchantée de se voir confirmer l’existence d’autres purges, ou d’apprendre que, pour survivre, les pratiquants de la magie devaient le faire en secret.

Outre le fait que cela ne facilitait nullement ses recherches, cela la mettait en rage. Les hommes étaient donc toujours aussi idiots, à condamner ce qu’ils ne comprenaient pas?

Son visage se décrispa à peine quand la rousse souligna qu’il était inutile de s’intéresser à des futurs hypothétiques. Elle ne s’était pas libérée, elle ne les avait pas écrasées d’un coup de talon mental. Elle était seule, en 2021, dans une ville qu’elle ne connaissait plus et qu’elle ne comprenait pas beaucoup plus.

Ils n’en ont pas eu le temps. Pas d’après mes souvenirs, en tout cas, et je doute qu’ils auraient pris la peine de les effacer”. Ou qu’ils en auraient été capables. A l’époque, elle était en symbiose quasi parfaite avec son pendentif. Rien n’aurait pu modifier ses esprits. Outre le fait que cela n’aurait eu aucun sens, stratégiquement parlant. Pourquoi lui faire oublier quand ils pouvaient lui donner de quoi la torturer pendant qu’elle était enfermée? “Ce qui veut dire que leur extermination a suivi de peu mon emprisonnement”.

Encore que tout était relatif. Elle n’avait aucun moyen de savoir combien de temps ce coven comptait la garder enfermée avant de tenter sa chance une première fois. Un an? Cinq ans? Dix ans? Difficile à dire.

J’ai des théories” nuança Ann, peu disposée à révéler ses secrets à une parfaite inconnue. “J’avais plus d’un objet de valeur qui aurait pu attirer l’attention d’un coven rival”.

Son collier en était un, mais il n’était pas le seul. Elle avait dissimulé des artefacts dans la forêt de Watson, en avait d’autres dans sa maison. Tant de choses auraient pu intéresser un groupe rival… Ann avait appris qu’il ne fallait jamais cracher sur un artefact magique. Même peu puissant, même aux effets étranges. Il pouvait toujours s’avérer utile à un moment ou à un autre.

Quel serait l’intérêt? Je n’en connais sans doute pas le quart” nota Ann avec un haussement d’épaules.

Un quart aurait été généreux. Elle aurait eu de la chance de ne reconnaître ne serait-ce qu’un nom sur une éventuelle liste.

Je peux vous indiquer où il est. Je vous déconseille de vous laisser conduire par mes soins” s’amusa la sorcière. Elle avait emprunté une voiture plus d’une fois, mais jamais sans son chauffeur. Elle n’avait pas le temps d’apprendre le maniement de ces machines et ne considérait pas que c’était là particulièrement urgent. “Maintenant?
 
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Dim 28 Fév 2021 - 13:00 Message

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Nous avions donc un coven qui avait voulu jouer au plus malin avec la sorcière qui me faisait face, et qui s’était heurté dans la foulée à plus fort que soi. Ce n’était pas spécialement incroyable. Des histoires comme celle-ci, on en trouvait à la pelle dans le passé comme maintenant. Néanmoins, c’était une information en soi.

« Vous avez une idée de la date à laquelle ils vous ont enfermée ? »

Ils n’auraient probablement pas attendu dix ans pour la ressortir de son trou pour lui soutirer des informations. Je supposais donc qu’il fallait chercher une attaque à cette époque. Je vérifierais les archives de la famille. Et les souvenirs d’Evelyn. Elle aurait peut-être une piste et je ne voyais pas pourquoi elle refuserait de me la donner. C’était toujours aussi étrange de côtoyer de près la démone. Mais je n’avais pas eu à me plaindre une seule fois depuis ma transformation.

« Je vois. »

Elle ne me dirait rien qui me soit réellement utile, en somme. Mais c’était bien la convoitise qui avait dû attirer ses ennemis. Soit ça, soit ils avaient fait d’une pierre deux coups. Vu ce qu’elle disait, elle n’avait pas dû être la femme la plus aimable qui soit. Pour ce que j’en savais, l’attaque du coven sur elle était amplement justifiée. Sauf que le dit coven ne me payait pas pour fouiner pour lui et que je me moquais que ses restes se prennent une sorcière en colère au coin du nez, le cas échéant.

« Vous prouver que je ne rechigne pas à faire état de mes compétences. »

Je haussais les épaules.

« Ceci dit, vous n’avez pas non plus cinquante choix possibles, pour vous pointer ici à la recherche de sorcières. »

J’esquissais un sourire amusé avant de retrouver tout mon sérieux et me redressais d’un geste, après avoir vidé mon verre d’une traite.

« Venez. Je vais conduire. Suivez-moi et ne parlez pas à quelqu’un que vous ne connaissez pas. »

Je n’attendis pas de réponses pour faire demi-tour, et l’entraîner vers la porte de service. Je récupérais ma veste dans laquelle se trouvait mes clés de voiture, puis relevais mes cheveux en une queue de cheval haute, comme toujours lorsque je pouvais attendre un peu de grabuge. En remontant une volée de marches, on se retrouvait dans mon parking privé. Je déverrouillais ma voiture et m’installais côté conducteur avant de prendre la direction de la Colline aux Lanternes dès que l’autre fut installée. Nous n’allions pas tourner autour du pot des heures durant.
 
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Dim 28 Fév 2021 - 15:24 Message

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Ann esquissa un sourire sans joie. Elle n’avait pas simplement une idée, elle avait une idée particulièrement précise et elle le fit savoir à la rousse.

Le 12 Novembre 1814”. Elle fit passer la date d’une longue gorgée de son verre. “Nous devions réunir notre coven, ce soir-là”.

Pour le treizième anniversaire de son aînée. Elle devait être initiée. Pour le coven d’Ann, cela voulait dire qu’elle avait la permission d’étudier des sorts plus poussés que ceux qu’elle maîtrisait déjà. La sorcière comptait lui remettre un collier doté de pouvoir, peut-être même le sien. Finalement, elle n’avait même pas eu l’occasion de rejoindre la clairière où ils se réunissaient. Personne n’avait eu l’occasion de le faire.

Les documents de cette époque sont… plutôt pauvres, quant à un éventuel massacre de sorciers et de sorcières”.

Aucune surprise dans le ton, seulement une pointe de sarcasme. Pour avoir vécu à ce siècle, Ann savait à quel point il était facile de faire disparaître un document. Ce n’était pas comme à cette époque, avec leur internet. Maintenant, il suffisait d’un appui sur un bouton pour envoyer un message à l’autre bout du monde. A son époque, une simple lettre pouvait mettre un an à arriver à bon port. En admettant qu’elle ne se perde pas en route, que le bateau qui l’emmenait à l’autre bout du monde ne fasse pas naufrage.

Certes. J’aurais espéré que les nôtres n’auraient pas eu besoin de vivre cachés. Ceci étant dit… je n’ai pas besoin de votre liste de contacts pour décider si vous êtes compétente ou non”.

Non, les critères d’Ann étaient tout autres. Si elle parvenait à lui trouver une piste, n’importe quoi, alors la sorcière la jugerait compétente. Dans le cas contraire, elle supposerait qu’elle ne l’avait pas tant que ça et que ses billets avaient été bien mal dépensés. Elle semblait dangereuse, Ann voulait bien lui reconnaître cela. Mais qu’elle soit capable de la tuer sans effort ne voulait pas dire qu’elle saurait trouver ceux qu’elle cherchait.

Ann prit le temps de vider son verre à son tour avant de se lever pour lui emboîter le pas. Le temps qu’elle repose son verre, la rousse s’était déjà éloignée, mais la britannique n’eut pas besoin de beaucoup de temps pour la rejoindre. Elle monta sans trop d’hésitation côté passager - ce n’était pas la première fois qu’elle montait en voiture - et attacha même sa ceinture

Le trajet se déroula dans un silence relatif. Cette ville n’était jamais silencieuse. Le bruit des voitures, les klaxons, les rires des passants dans la rue… Elle n’était jamais plongée dans les ténèbres non plus. Il y avait toujours de la lumière, à chaque instant du jour ou de la nuit, le soleil était aussitôt remplacé par leurs lampadaires avec leurs ampoules jaunâtres.

Parfois, Ann se demandait si elle parviendrait réellement à se faire à tout ceci. Pour l’instant, la question ne revenait que rarement au premier plan. Elle voulait une vengeance, elle vivrait au moins jusqu’à l’avoir obtenue. Ensuite, elle supposait qu’elle aviserait.

C’est ici” indiqua Ann, assortissant l’indication d’un index pointé dans la direction d’un mur en pierre et d’un portail en fer forgé.

Le portail était fermé, des rubalises de police étaient passées entre les barreaux. Après le spectaculaire suicide de Megan, ils étaient venus enquêter jusqu’ici, avaient trouvé les corps de ses deux camarades. Ann avait erré dans le coin, quelques temps en arrière, le temps d’intercepter quelques policiers, d’établir ce qu’ils savaient. Pas grand chose, semblaient-ils. La scène correspondait aux explications de Megan, ce ne serait pas la première fois qu’une petite jeune dans son genre péterait un plomb avec la fac et la frustration d’avoir un mec qui ne la regardait pas.

Il y a des protections magiques, mais rien ne fonctionne. Sur le mur extérieur, sur les façades de la maison...”.

Et encore, Ann admettait n’avoir eu qu’une vue sommaire de celle-ci. Elle avait évité de trop traîner dans le coin. Ca aurait été un peu trop suspicieux.
 
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Jeu 11 Mar 2021 - 22:30 Message

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1814. Je réfléchis brièvement. Je pouvais citer la succession qui s’était faite dans mon clan. Nous avions combattu une famille ennemie, venue tenter de voler nos grimoires familiaux. Mais je n’avais pas en tête l’histoire américaine de la sorcellerie. J’étais la première O’Reilly pratiquante à avoir mis le pied sur le continent pour y vivre. Je connaissais les grands noms sorciers qui venaient d’ici, les familles qui avaient quitté l’Europe pour prospérer sur ce sol, mais pas leurs petits conflits.

« Je vois. Je demanderais à une de mes connaissances. Elle saura peut-être quelque chose. »

Est-ce que la princesse des Enfers était déjà aux Etats-Unis à cette époque ? Bah. Sûrement.

« Ce n’est pas le genre de documents que vous trouverez dans nos archives actuelles. Mais j’ai plusieurs moyens d’obtenir vos informations quoiqu’il en soit. »

Si la piste de Lady Satan ne fonctionnait pas, je pourrais demander à lui emprunter la petite groupie de Vlad, Cassandra. Ou payer Abigaïl pour me donner un coup de main, supposais-je. Encore fallait-il la convaincre. Depuis qu’elle filait le parfait amour avec sa petite amie, la nécromancienne avait changé.

« Oh, certains se révèlent. La plupart ne préfère pas. »

Je haussais les épaules. Ce n’était pas un inconvénient, à mon sens. C’était une façon de protéger nos affaires du commun des mortels. Sur ce point de vue, je savais très bien que tout le monde n’était pas d’accord, mais j’avais eu une famille qui flirtait parfois avec l’illégalité. Etre cachés était plus raisonnable. Je l’embarquais avec moi dans la voiture et le laissais me guider jusqu’au manoir où elle avait été enfermée. Je n’avais pas vraiment discuté pendant le trajet. Je garais ma voiture non loin et descendais avant de me rendre jusqu’à la limite du domaine. Je tentais d’ouvrir le portail. Fermé à clé. Soit. Une pression un peu plus violente suffit à casser le mécanisme, et je me glissais entre les montants en silence. De fait, je ne sentais aucune magie active ici. Soit. Je m’approchais de la façade, à la recherche de symboles qui pourraient m’évoquer quelque chose, d’informations quelles qu’elles soient. Je finis par m’arrêter devant la porte et suivre du bout des doigts les gravures discrètes qui en dessinaient le contour. Pour un novice, ce n’était rien d’autre que des artifices décoratifs. Les sigles qui tissaient le sortilège étaient si bien fondus dans le reste qu’on n’y aurait vu que du feu.

« Joli travail. »

Je poussais le battant du bout des doigts et entrais dans l’édifice sans mot dire. Il faisait sombre, mais mes yeux n’avaient aucun mal à discerner les moindres contours de l’endroit. La nyctalopie était un de mes nouveaux avantages préférés, assez étrangement.

« Amenez-moi à l’endroit où vous étiez enfermée, pour commencer. »

Je pivotais vers Ann.
 
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Ven 12 Mar 2021 - 17:42 Message

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Ann n’aurait su dire ce qu’elle pensait de la jeune femme à l’heure actuelle. Valait-elle le prix qu’elle lui avait réclamé? Elle parlait de ses contacts mais n’avait guère d’informations elle-même. Pour l’heure, la sorcière se décida à lui laisser le bénéfice du doute, d’autant qu’elle avait daigné l’accompagner jusqu’au manoir où elle avait été retenue prisonnière.

Pour avoir vécu l’époque en question, je ne m’attendais guère à trouver quoi que ce soit d’intéressant”.

Pas dans les archives publiques, en tout cas. Seulement, pendant les deux siècles où elle avait été mise sur le banc, Ann n’avait pas eu l’occasion de garder une trace des pérégrinations des archives plus… officieuses. A son époque, elle se rappelait d’une salle d’archives de sorcières, dissimulée à la vue des simples humains. Où était passé cette salle? Elle la cherchait encore, se basant sur les plans de son époque jusqu’à celle-ci pour essayer de déterminer le bon quartier. Le tout, avec de maigres souvenirs et une ville qui avait beaucoup changé.

Elle avait laissé la rousse ouvrir la route, une fois descendue de sa voiture, et le reste des événements lui donna raison. Le portail verrouillé ne résista pas à ce qui avait tout l’air d’être une force augmentée, confirmant les doutes d’Ann. La jeune femme était beaucoup plus dangereuse qu’elle n’en avait l’air.

Elle démontra un peu plus ses compétences en remarquant presque aussitôt les marques autour de la porte. Pour un ignorant de la magie, pour un amateur de belles pierres, ce n’était là que quelques marques sans intérêt, peut-être même simplement de l’usure. Ann savait qu’il n’en était rien, qu’elles étaient les traces de sortilèges puissants de protection.

Par ici”.

Ann reprit la tête, non sans fouiller ses poches à la recherche de son téléphone. Elle ignorait que la rousse voyait parfaitement dans la pénombre, mais ce n’était de toute façon pas son cas. A la lueur de la lampe de son téléphone, elle traversa le rez-de-chaussée vers l’accès à la cave.

Connaissez-vous un dénommé Elijah?

La question perça le silence des lieux, alors que les deux femmes avançaient jusqu’à retrouver l’escalier plongeant dans les profondeurs. La lumière de son téléphone peinait à percer véritablement les ténèbres, à éclairer au-delà des quelques premières marches.

J’ai été libérée par des étudiants. Enfin… par un étudiant, je suppose. Des trois, seul celui-ci semblait avoir quelques notions de magie Il aimait explorer les lieux abandonnés comme celui-ci et il semble être celui qui a… neutralisé certains des sorts de protection ici. Y compris ceux du cercueil d’ambre qui me retenaient prisonnière”.

Tout cela, elle le tenait de Megan, la fidèle petite étudiante manipulée par ses pouvoirs. Ann l’avait bombardée de questions, avait essayé de tout apprendre des circonstances de sa libération. Les réponses de la jeune femme lui avait fait comprendre qu’elle avait eu beaucoup de chance.

L’apprenti sorcier participait à… un coven virtuel”. Elle grimaça sur cette expression, tant elle désacralisait la notion même de coven à ses yeux. Le principe était de se réunir, de se rencontrer, de s’entraider. Pas de s’amuser sur internet. Des familles entières avaient péri pour leurs pratiques de la sorcellerie, et d’autres s’amusaient à se faire peur avec celle-ci. “Aucun des membres ne paraissait qualifié, à part cet Elijah”.

Qu’elle avait essayé, tant bien que mal, de retrouver, mais sans succès. Megan lui avait permis d’apprendre que son profil était devenu inactif quelques jours après la mort de Carter, mais ses compétences moyennes en informatique ne lui permettaient aucun piratage.

J’ignore s’il s’agit de son vrai nom”.

Cela aurait très bien pu être un pseudonyme ou autre chose. La sorcière n’ajouta rien de plus. Sa voix avait résonné contre les murs à chaque mot, alors que les deux femmes s’enfonçaient un peu plus sous terre. Ann était revenue quelques fois, assez pour ne pas hésiter dans les tours et les détours à prendre. Enfin, après quelques minutes de marche, elles débouchèrent sur la salle. Le piédestal n’avait pas bougé, contrairement au reste du sarcophage. Ann supposait que la substance s’était évaporée, d’une façon ou d’une autre, au bout de quelques jours. Elle n’avait pas eu l’occasion de récolter un échantillon pour en apprendre plus.

L’endroit n’avait guère changé. Toujours autant de poussières, de toiles d’araignées, de pierres descellées du mur. Les corps des deux étudiants qu’elle avait tué avaient été évacués, bien sûr. La lettre de suicide de Megan indiquait où les trouver et SCPD et UNISON étaient intervenus rapidement ensuite.
 
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Dim 14 Mar 2021 - 23:39 Message

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« Vous avez regardé à tout hasard, alors ? »

Peut-être parce qu’elle n’avait pas trop de piste. J’observais un bref instant la femme qui m’accompagnait. Il y avait de quoi être déboussolé, avec tous ces changements. Se réveiller à une autre époque n’avait rien d’une promenade de santé. C’était aussi ce qu’avait vécu Abigaïl, des années plus tôt. Au moins, je n’avais pas eu à souffrir cet affront là. C’était déjà un déboire de moi à ma collection.

« Elijah ? »

J’en connaissais au moins trois. Mais à ma connaissance, pas un qui vivait aux Etats-Unis.

« J’en connais plusieurs, mais delà à savoir duquel on parle ? »

Et s’il s’agissait d’une de mes connaissances. Les explications d’Ann, toutefois, me font m’arrêter pour observer son dos. La lumière de son téléphone me fatiguait plus qu’elle ne m’aide à me diriger, mais c’était surtout ces propos qui me font tiquer. Un coven virtuel et un Elijah. Bah. Ça me rappelait une de mes connaissances. Tout à fait son genre d’aller manipuler des gosses sans cervelle pour son profit, ou de lorgner sur le pouvoir d’une sorcière ancienne…. Mais cela impliquerait donc qu’il sache ce qu’elle savait faire.

« Je vois. Alors je connais peut-être votre homme. Mais il n’est pas ici. C’est un européen, je reniflais d’un air dédaigneux. Et une vraie tête de con, si vous voulez mon avis. »

Je lui emboîtais le pas de nouveau, songeuse. Si c’était bien lui, le retrouver ne serait pas si facile que cela, mais cela restait faisable. Et il n’avait au moins rien à voir avec Evelyn ou le Coven Noir, ce qui était un avantage non négligeable. Je ne voulais pas froisser ma bienfaitrice, après tout. Ceci dit, ce genre de profil aurait pu correspondre à deux ou trois autres personnes que je connaissais et aurais utilisé un pseudo. Comme nous arrivions dans la salle où elle avait été enfermée, toutefois, je recentrais mes pensées sur l’immédiat. Je m’accroupis le temps d’analyser les glyphes gravés sur le piédestal, puis arpentais la salle, notant la façon dont ils s’articulaient entre eux.

« Reculez deux minutes ? »

Je commençais machinalement à lier les glyphes les uns aux autres, en les recouvrant de mon sang, qui ruisselait le long de mes mains ouvertes. Quelques mots en gaélique vinrent tisser le sortilège pas à pas, jusqu’à ce que finalement, un semblant de sarcophage commence à se matérialiser. J’interrompis le tout rapidement. Ce n’était pas de la magie de sang qui avait été utilisée à proprement parler, mais je connaissais ce genre de sorts.

« C’est votre jour de chance, il faut croire. Je pense que je sais qui a créé ce sort. Enfin, quel clan aurait pu le faire, au moins. »

Je relâchais le pouvoir dans une expiration douce et rappelais mon sang à moi d’une pensée.
 
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Lun 15 Mar 2021 - 16:15 Message

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Ann dodelina de la tête. Son premier instinct aurait été de répondre d’un ton sarcastique et de suggérer à la rousse qu’elle la prenait pour une idiote incapable si elle pensait qu’elle n’avait pas songé d’elle-même à regarder, mais cela aurait été laisser sa frustration s’exprimer. Les derniers mois avaient été difficiles. Une nouvelle époque, loin des siens, dans une ville si différente de la sienne…

La sorcière était aussi assez âgée pour ne pas se laisser emporter par ce genre de sentiments. La rousse ne lui avait rien fait, aussi n’avait-elle aucune véritable raison de lui sauter à la gorge. Au contraire, cela aurait été prendre le risque de se l’aliéner.

J’ai cherché l’emplacement d’un endroit que je savais être des… archives de sorcières, mais la ville a beaucoup changé depuis. Sans parler du fait qu’il était protégé par divers sortilèges”.

Comprendre qu’elle aurait très bien pu passer mille fois devant sans le trouver pour autant. Elle avait donc mis cette piste de côté pour l’instant. Le problème qui se posait à Ann était simple. Toutes ses pistes finissaient par tomber à l’eau, d’une façon ou d’une autre.

Je n’ai pas plus d’informations que celles-là. Ses messages sont… pauvres. Il ne parle pas de lui et les connaissances magiques dont il fait étalage sont… ma foi, plutôt communes”.

Plutôt communes pour un magicien en tout cas. Une bonne connaissance des runes, des herbes, de choses qui constituaient des bases de la magie, que beaucoup de praticiens connaissaient de plus ou moins près.

Vraiment?

Aurait-elle enfin un peu de chance? Cela aurait été un changement appréciable. Aussi utile qu’ait pu lui être Megan, elle n’avait pas non plus été une panacée. Ignorante de la magie, incapable de l’aider à dénicher une sorcière, elle lui avait surtout servi à ne pas se faire arrêter pour meurtre et à s’adapter à cette nouvelle époque. La question sur Elijah avait été posée sans trop y croire, sans trop d’espoir.

Vit-il toujours en Europe?

La sorcière avait du mal à s’imaginer que son pays natal était si proche. La traversée en bateau avait pris presque six mois, quand elle avait émigré. Désormais, il suffisait d’une douzaine d’heures de voyage en avion. L’humanité avait encore une fois réussi l’exploit d’évoluer et d’empirer. Pour chaque progrès, il y avait autant de choses abjectes.

Sans poser plus de questions ni protester, Ann recula pour s’écarter du chemin de la sorcière, la laissant examiner les runes de plus près. Elle-même l’avait déjà fait, mais sans rien en tirer de remarquable, sans quoi elle n’aurait pas fait appel à du renfort. Elle comprenait la structure du sortilège mais n’aurait su dire qui l’avait créé.

Un coven toujours en exercice? Pourriez-vous m’en dire plus?

Ou bien allait-elle négocier ces quelques informations à prix d’or? Ann n’aurait pas été surprise que les quelques billets cédés un peu plus tôt ne servent que de mise en bouche et que chaque information conséquente soit à échanger contre une somme plus ou moins importante.
 
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Lun 15 Mar 2021 - 20:15 Message

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« Je vous crois sur parole. Je suis irlandaise, je ne connais pas si bien le passé de Star City. »

Je n’avais donc aucune idée de la façon dont leurs archives avaient été tenues. Encore une fois, une certaine Evelyn aurait sans doute eu plus d’informations, puisqu’elle avait pris racine dans cette ville des siècles plus tôt, semblait-il. Mais je ne comptais pas le signifier à voix haute.

« Il se contentait probablement d’attirer l’attention de gamins crédules. Leur donner quelques informations sans importance pour gagner leur confiance. La seule question serait de savoir pourquoi il a aidé à vous libérer sans être dans le coin… Ou s’il l’était et n’a pas osé intervenir. »

Je jetais un oeil nouveau sur Ann. Une sorcière assez puissante pour que l’on se méfie d’elle à ce point méritait d’être surveillée.

« Aux dernières nouvelles, oui. C’est un anglais. Hautain au possible. Il fait partie d’une de ces vieilles familles qui s’imaginent être au sommet de l’humanité par leur puissance. Et qui croit encore à des anneries comme la pureté du sang alors qu’il a été démontré il y a des années que la sorcellerie n’avait pas de facteur génétique. »

Sauf dans quelques cas précis. Celui de notre famille, par exemple. Pendant très longtemps, nos alliances avaient pour but de conserver au maximum le sang de la Morrigan. Mais cela faisait des siècles que cela s’était arrêté. Je m’employais à tester les sortilèges à l’aide de ma propre magie - j’en avais reconnu le tracé, par pure chance.

« Excellentes questions. »

Je m’appuyais nonchalamment contre un mur. Comme souvent, ma main entrouverte devant moi abritait des glyphes que je formais et déformais d’une pensée, sans vraiment avoir besoin de me concentrer. C’était un véritable tic, à ce stade. Mais je m’en moquais. Tout en observant, donc, le tracé mouvant de mon propre sang, je repris à haute voix :

« Je ne sais pas s’ils ont des descendants encore en vie. Plusieurs familles en faisaient partie, et ils ont longtemps eu des chapitres sur plusieurs continents. Je connais une famille qui en a fait partie jusqu’au siècle dernier, mais ils sont devenus indépendants. Ceci dit, elle pratique toujours cette forme de magie. C’est un sortilège relativement reconnaissable. »

Je marquais une pause tout en réfléchissant.

« Ces gens ne sont en rien responsables de votre passé et ont été alliés des miens un long moment malgré… Des dangers liés à mon héritage. J’aimerais autant ne pas leur lancer une sorcière assoiffée de revanche sur les talons. Mais je peux arranger une rencontre si vous prêtez serment de ne pas leur faire de mal. »

Je n’étais peut-être pas un modèle de probité, mais je ne comptais pas non plus vendre d’anciens alliés. Surtout ceux-ci. Cela faisait bien longtemps que nous n’avions plus aucun rapport, mais ce n’était pas la question. Même morte, même reine d’un clan disparu, je restais la gardienne du sang des O’Reilly.
 
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