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You've got a friend in me - Ezio

 
Message posté : Dim 23 Fév 2020 - 22:07 Message
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Apparemment, Jia Li n'était pas prête à admettre qu'elle avait un problème avec la notion de « détente ». Le prêtre laissa un sourire amusé et compatissant gagner ses lèvres tandis que la demoiselle essayait de comprendre. Le pire ? Il voyait bien qu'elle ne concevait même pas l'idée de faire autre chose que de travailler et de se détendre d'une manière qui serait considérée comme un travail par bien des gens.

Il attendit qu'elle termine de parler avant de se décider à répondre. Mais avant, l'Italien laissa planer quelques longues secondes de silence.

« Puisque nous sommes amis, je vais me permettre de vous dire le fond de ma pensée. N'y voyez aucune offense, ni aucune volonté de vous gêner. Je veux juste... Vous aider à comprendre. »

Le silence revint, il chercha comment lui expliquer ça de manière claire et surtout, sans l'embarrasser. Jia Li était ainsi faite : elle ne comprendrait pas qu'il ne la dénigrait pas ou qu'il ne cherchait pas à lui forcer la main, à moins d'y mettre les formes. Il était donc primordial qu'elle comprenne qu'il faisait ça pour l'aider et non pour la coincer ou la mettre sous pression.

« Je crois que malgré le fait que vous soyez une femme très compétente, aussi bien dans son métier que dans son rôle de justicière, vous vous considérez comme une personne... De moins importance. Voire de moindre qualité. Vous pensez sans doute que vous n'êtes bonne qu'à faire ce que vous faites actuellement et que vous ne pouvez pas vous lancer dans... Une autre forme de loisir. » Il soupira légèrement. « Sans doute pensez-vous aussi que vous n'avez aucune raison de vouloir autre chose. Peut-être n'osez-vous pas le faire parce que vous craignez de ne pas être à la hauteur, ou alors que vous avez tout simplement peur de l'inconnu. » Ses yeux clairs se plongèrent dans ceux de la jeune femme. « Le fait est que vous pourriez très bien vous découvrir une nouvelle passion, constater que vous avez un don pour telle danse ou encore que vous possédez le talent de Leonardo Da Vinci à la peinture. » Un sourire ourla ses lèvres. « Mais vous ne le saurez pas si vous ne sortez pas de votre zone de confort. Vous êtes une femme courageuse et pleine de compétences, mais vous refusez de l'admettre. »

Le silence retomba entre eux alors que le quadragénaire cherchait à vérifier que la jeune femme n'était pas vexée par ses paroles, ni qu'elle puisse se sentir insultée. Ce n'est qu'après quelques longues secondes de mutisme qu'il brisa à nouveau le silence pour reprendre d'un ton toujours aussi paisible.

« Je vous le demande donc : êtes-vous certaine que vous ne vous contentez pas de ces loisirs parce que vous craignez d'en découvrir de nouveaux ? »

Il lui avait dit qu'il la savait courageuse, elle comprendrait donc qu'il n'était pas en train de l'insulter ou de sous-entendre qu'il croyait qu'elle était peureuse. Ezio espérait simplement qu'elle allait accepter de réfléchir à ce qu'il venait de dire.
 
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Message posté : Lun 24 Fév 2020 - 12:00 Message
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La moniale mit à profit le silence qui s’installa un court instant pour se recentrer tant bien que mal. Si elle n’était pas certaine de réussir à reprendre le contrôle parfait de ses émotions aujourd’hui, elle voulait au moins apaiser un peu la tempête qui couvait dans son esprit. Elle avait trop de choses à traiter, comprendre, assimiler. C’était fatigant, un peu. Lorsque Ezio reprit, la gêne s’invita aussitôt, toutefois.

Même s’il n’avait pas envie de la gêner, commencer un discours de cette façon la mettait aussitôt dans un état de stress. Pendant que le prêtre cherchait comment formuler ses propos, Jia Li paniquait donc gentiment dans son coin, se demandant ce qu’elle avait pu faire de mal, si elle avait dit quelque chose de stupide… Et ainsi de suite.

Finalement, il s’avéra qu’il ne s’agissait pas d’une nouvelle catastrophe, même si ce que lui disait Ezio n’était pas à proprement parler des plus gais. La Chinoise avait effectivement tendance à se dévaloriser, mais elle ne s’en sentait pas… Malheureuse, ou consternée, ou quoi que ce soit de ce genre. Au contraire. C’était plutôt quelque chose d’établi, qu’elle ne discutait pas. Et Jia Li peinait à s’imaginer faire autre chose que son métier.

Malgré les précautions oratoires du prêtre, la moniale se sentit un peu vue comme une femme en retrait et peureuse. Il lui fallut donc s’accrocher au fait qu’il avait aussi affirmé qu’elle était courageuse et compétente.

« Je n’ai pas… Il est vrai que je ne me lance pas souvent en dehors de mes habitudes. Mais c’est simplement que je… Enfin, cela me convient. Je suis plus heureuse dans ce que je connais. »

Pourtant, elle connaissait bien assez de choses pour pouvoir se lancer. Lorsqu’on dédiait sa vie à l’étude, on apprenait nombre d’éléments. Ainsi, la moniale avait des connaissances solides en physique, se débrouillait largement dans divers domaines scientifiques, aurait pu apprendre une langue supplémentaire, et possédait une culture générale plus qu’étendue lorsqu’on venait à parler d’histoire - celle de la Chine, mais aussi des Etats-Unis, d’une partie de l’Europe - ou d’art sous toutes ses formes.

« Je pourrais apprendre, je sais, ce n’est pas que j’ai peur de progresser, mais... murmura-t-elle, mais ça implique… Hm… De… De communiquer avec autrui. Dans un domaine que je ne connais pas. Vous savez bien que je… Ce n’est pas… Je n’y arrive pas. J’ai… Vous ne… Ma timidité me bloque. Je ne sais pas… »

Elle s'empêtrait dans des explications qui n’éclairaient guère la situation. Introvertie et timide comme elle l’était, elle perdait tous ses moyens lorsqu’elle n’était pas dans ce qu’il appelait sa zone de confort. Jia Li y mettait toute la bonne volonté du monde, pourtant, mais à force, elle avait plus ou moins laissé tomber. Sans trop de regrets. Se faire violence pour aller contre sa nature était épuisant.

« Je ne saurais même pas quoi faire. Ce dont j’ai envie, je l’ai déjà. »

Et elle était habituée à ne pas envier grand chose, qui plus était.
 
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Message posté : Lun 24 Fév 2020 - 20:23 Message
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Ezio était assez rassuré de voir que son amie ne s'était pas sentie insultée par ses paroles... À moins qu'elle ne refuse de le montrer par timidité ? Non. Il ne le pensait pas. Ils venaient d'aborder des sujets autrement plus compliqués, lui dire qu'il l'avait blessée aurait été un jeu d'enfant à côté de ce qu'elle venait de lui avouer. Ezio attendit donc que la jeune femme réponde à ce qu'il avait dit avant de hocher la tête. Les mains toujours jointes, il décolla légèrement son dos du dossier de la chaise afin de se pencher un peu en avant.

« Ce n'est pas grave. C'est même normal. Vous n'avez jamais songé à ce que vous pourriez faire, il est plus que logique que vous n'ayez aucune idée. » Il lui offrit un sourire aimable. « Vous pourriez laisser le hasard choisir. Ou le destin. Regrouper plusieurs idées sur des papiers et tirer quelque chose au sort ? En commençant doucement, avec des activités proches de ce que vous aimez faire. Par exemple la méditation en groupe, avec des civils ? »

Il existait de nombreux groupes de ce type, Ezio avait entendu certaines de ses fidèles en parler. D'ailleurs, il y avait été convié un jour, mais avait poliment décliné l'invitation. Bien sûr, le plus gros problème de la jeune femme restait sa timidité comme elle le reconnaissait elle-même. Après une petite et courte pause, le quadragénaire reprit donc la parole, abordant ce point.

« Votre timidité vous bloque, ou est-ce vous qui vous bloquez à cause de votre timidité ? » Il demandait ça pour la pousser à s'interroger, elle n'avait pas besoin de répondre immédiatement. « Au début de notre relation, vous osiez à peine m'adresser la parole. Je crois bien avoir pensé que vous étiez muette pendant plusieurs semaines. » Il exagérait, le ton était amusé, c'était pour la détendre. « Et ce soir, vous m'avez confié vos craintes, vous m'avez fait confiance. Vous m'avez appelé par mon prénom. » Un changement agréable qu'il avait aussitôt relevé. « Est-ce que vous auriez pensé en être capable avant ? »

Sans doute pas. Ezio trouvait vraiment dommage que la demoiselle se pose de telles barrières alors qu'elle avait une personnalité plus qu'intéressante. Les gens gagneraient à devenir ses amis, ou même simplement à la côtoyer en dehors de son rôle de religieuse. Elle méritait aussi de penser un peu à elle, bien que le prêtre savait que c'était parfois considéré comme étrange dans leur milieu.

« Je tiens à vous rassurer : vous n'êtes pas seule. Moi aussi je ne me bornais qu'à mon travail et la simple idée de m'aventurer dans autre chose ne m'intéressait pas ou me semblait source d'ennui. Je sais que je peux encore faire des efforts de ce côté-là, mais je suis heureux d'avoir poussé plus loin et d'avoir dépassé mes réticences. Les craintes se sont transformées en plaisir. » Il parlait bien de crainte, peut-être comprendrait-elle qu'ils se ressemblaient plus qu'elle ne le pensait ? « Je peux toujours vous proposer de vous accompagner dans certaines activités si vous le souhaitez, même si j'ignore si ma présence vous rendrait plus confiante. » Il eut un sourire d'excuse. « Mais si vous craignez surtout de communiquer, vous pouvez choisir une activité qui intime le silence. »

Il se recula à nouveau dans sa chaise, ne sachant pas trop s'il devait encore pousser plus loin. Peut-être allait-elle en avoir ras-le-bol de l'entendre la conseiller alors qu'elle voulait simplement s'en aller d'ici et regagner son temple pour avoir la paix. Il choisit donc de conclure de manière à lui offrir la possibilité de boucler cette discussion si elle l'ennuyait réellement.

« Mais vous êtes seule maîtresse de votre vie bien évidemment, c'est à vous de décider ce qu'il convient de faire. »

Et à ses Dieux bien sûr, mais ils se comprenaient.
 
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Message posté : Lun 24 Fév 2020 - 23:21 Message
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Le hasard était une notion que Jia Li n’appliquait que très peu au quotidien. Elle avait des plannings millimitrés, suivait toujours les recettes d’un bout à l’autre, et au gramme près, les consignes de sécurité, et ainsi de suite. L’éternelle bonne élève, qui ne s’en remettait pas à des choses aussi triviales que le hasard. Autant dire que la proposition d’Ezio lui valut un regard, sinon sidéré, au moins extrêmement perplexe.

« Je ne… Le hasard ? Vous croyez ? »

Sa voix était presque piteuse, comme si elle avait espéré secrètement qu’Ezio se reprenne et lui annonce que ce n’était qu’une blague, pas très drôle au demeurant. Cela faisait sans doute un peu trop d’habitude ou de certitudes.

« Je médite déjà en… Euh, groupe, en quelque sorte. Avec mes consoeurs ? »

L’avantage, c’était que les considérations que le prêtre avait amené habilement sur le tapis la distrayait plus qu’efficacement de ses débats moraux et déboires passés. La pauvre moniale n’arrivait plus à penser à grand chose d’autre qu’au fait que tout cela était… Manquait… N’allait pas. Non ?

« Je ne… Je suis désolée de vous avoir… Je ne… Oui, je n’en aurais pas été capable, mais ce n’est pas pareil, nous avons… Vous avez… Nous avons vécu beaucoup de choses, et je vous connais depuis des années. Justement, même avec vous, j’ai un mal fou à… A être… Amicale ? Pas parce que je ne vous considère pas comme un ami, juste parce que… j’ai tellement peur de déranger ou de dire ce qu’il ne faut pas. »

A nouveau empêtrée dans des explications, Jia Li rougissait de plus en plus, ce qui commençait à faire un peu trop de couleur sur son visage habituellement doux et égal en toutes circonstances. Au moins, Ezio avait fait face aux mêmes questionnements et problèmes, en quelque sorte. Disons qu’il partageait l’amour un peu trop grand pour son sacerdoce avec la Chinoise, à défaut de pouvoir le faire de sa timidité extrême.

« Je ne sais pas… Cela fait beaucoup de choses à penser. Je ne sais pas si votre présence aiderait. Cela pourrait. Ou peut-être que je serais tellement… Inquiète à l’idée de me ridiculiser devant vous que je… Je ne sais pas. Vous m’en demandez beaucoup, Ezio », avoua la moniale du bout des lèvres, vaguement gênée de ce constat.

Elle imaginait volontiers que son compagnon ne croyait pas qu’elle se lèverait et irait aussitôt s’inscrire à l’une ou l’autre activité, mais elle avait peur de le décevoir si elle finissait par ne pas le faire, à présent. Ce qui était tout aussi délétère, mais ça n’était pas à l’Italien de la sortir constamment de cet abîme là. Aussi préféra-t-elle s’arrêter à des considérations plus… Pratiques.

« Comment avez-vous fait ? Pour commencer. Auriez-vous… Des suggestions pratiques ? »
 
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Message posté : Lun 2 Mar 2020 - 15:14 Message
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Ezio n'était guère étonné d'entendre la réponse de Jia Li. Elle cherchait « des excuses » pour se justifier et montrer qu'elle avait déjà des activités qui remplissaient les critères cités par le prêtre. En vérité, ce dernier avait tendance à penser que sa collègue cherchait plutôt à se justifier auprès d'elle-même qu'auprès de lui. Il attendit donc patiemment alors qu'elle bafouillait, oscillant entre excuses, crainte et hésitation. C'était un cheminement plutôt logique vu le caractère de Jia Li, il attendit donc qu'elle termine de parler et pose une question pour reprendre la parole.

« J'ai commencé par des activités qui se rapprochaient de ce que je fais dans mon travail. Par exemple en aidant à des repas organisés par les gens du quartier, mais je l'ai fait en tant qu'Ezio et non que Père Ezio. Les gens ont eu un peu de mal à assimiler l'idée au début, mais ça a fini par passer. Puis j'ai changé de quartier, je suis allé dans des endroits où mes fidèles ne se rendent pas forcément et j'ai participé à d'autres activités qui m'intéressaient, comme des lectures, ce genre de choses. » Il marqua une légère pause. « Je vous avoue que je reste dans l'optique de l'aide. Je ne vais pas aller m'inscrire dans un cours de danse par exemple, j'ai choisi des domaines qui collent à ce que j'ai l'habitude de faire. Et à ce que j'aime faire. »

Il ne voyait pas quoi dire d'autre, l'idée générale était cernée, mais Ezio ne savait pas si la jeune femme comprendrait où il voulait en venir. Sa timidité était encore plus ancrée qu'il ne l'avait imaginé, c'était presque effrayant ! Parfois, il se demandait ce qui pouvait bien l'avoir poussée à faire un métier qui la rapprochait autant des gens... Car ils étaient en première ligne en ce qui concerne leurs rôles respectifs.

Le quadragénaire marqua une légère pause avant de reprendre la parole afin de rassurer la jeune femme sur plusieurs points cités un peu plus tôt dans ses réponses.

« Jia Li, je tiens à préciser un point. Je ne peux pas vous trouver ridicule, car pour le faire, il faudrait que je vous juge. Or, ce n'est pas le cas. Vous êtes mon amie et rien de ce que vous pourrez faire ne vous mettra dans cette position. » Il lui offrit un sourire conciliant. « Ensuite, je ne vous demande pas de renier votre personnalité, ni même de faire quelque chose contre votre volonté. C'est simplement que je pense que vous ne tentez pas de nombreuses choses, car vous craignez le résultat. Ou plutôt, vous craignez de ne pas être à la hauteur, mais vous pourriez être agréablement surprise je crois. »

L'Italien l'observa quelques secondes avant de baisser les yeux comme pour éviter de la mettre sous pression alors qu'il avait conscience d'avoir déjà poussé le bouchon assez loin. Un léger haussement d'épaules plus tard, Ezio esquissa un sourire, puis reprit.

« En tous les cas, que vous décidez de vous lancer ou non ne regarde que vous. Je ne vous force pas la main et je ne serai pas déçu quoi que vous décidiez de faire. Promettez-moi simplement d'y réfléchir ? »

Ce serait déjà un grand pas en avant de son point de vue.
 
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Message posté : Sam 7 Mar 2020 - 17:22 Message
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Après les explications d’Ezio, Jia Li laissa le silence s’installer un bon moment. Elle ne savait pas trop qu’en penser. Elle n’était pas certaine non plus de bien saisir la différence entre ce que faisait le prêtre pour lui-même et ce qu’il faisait dans le cadre de sa charge. Néanmoins, malgré sa timidité et ses quelques réticences, s’il jugeait que cela pourrait lui faire du bien, elle essaierait. D’y réfléchir dans un premier temps, mais aussi et surtout d’appliquer ses conseils.

La moniale était venue demander son aide pour y voir plus clair. Il n’y aurait eu aucun intérêt à ignorer ce qu’on lui avait répondu parce que cela l’effrayait ou l’angoissait, à minima. Même s’il ne lui forçait aucunement la main, même si sa déception n’entrait pas en ligne de compte, elle aurait considéré cela comme un manque de respect que de ne pas se conformer à ces conseils. Soupirant légèrement, Jia Li finit par reprendre la parole d’une voix douce bien que fatiguée.

« Je ne vous ai pas demandé de l’aide pour la renier, articula-t-elle lentement. Si vous êtes persuadé que cela pourrait me faire… Du bien, je veux bien essayer. Même si je suis… Moins… Convaincue que vous ? »

Les mains jointes, ses yeux fixés sur celle-ci, la Chinoise prit sur elle de poursuivre :

« Je ne me suis jamais vraiment souciée de moi-même. J’ai la chance de pouvoir mener un chemin qui me convient, même si, il est vrai, celui-ci m’a demandé beaucoup de sacrifices… Enfin… Vous comprenez, évidemment, excusez-moi. C’est juste que… J’ai encore tant de choses à apprendre, tant de choses à faire, qu’y occuper le plus clair de mon temps m’a toujours semblé… Normal ? »

La trentenaire n’avait jamais vraiment eu à travailler autrement que dans sa voie, pour s’élever jour après jour. Physiquement autant que psychologiquement et moralement. Elle aimait très sincèrement évoluer ainsi. Sa charge en tant que combattante de l’Opus Dei lui pesait plus, parfois, parce qu’elle n’avait rien de très violent au départ. Mais elle comprenait le bien-fondé de l’usage adéquat de l’entraînement qu’elle s’était imposée depuis son adolescence. Aussi même cela lui semblait tout à fait souhaitable, agréable en définitive. C’était son devoir.

Jia Li aurait aimé pouvoir prétendre qu’elle avait le coeur et l’esprit tranquilles après cette discussion. Mais le fait était que les propos de Mikhaïl tournaient et retournaient encore sous son crâne, qu’elle s’en voulait de ce qu’elle-même avait pu lui dire un peu plus à chaque seconde qui passait.

« Croyez-vous que nous pourrions… Aller marcher un peu ? Discuter plus ? Je n’ai pas envie… Je ne crois pas… Je n’ai pas envie de rentrer. »

Le tout était dit sur un ton d’excuse.

« Je n’ai pas envie d’être seule immédiatement. Je ne pourrais sans doute pas suivre trop longtemps, mais je crois que cela me ferait du bien. »

Et ce malgré les morsures plus ou moins cicatrisées, de-ci et de-là. Chaque pas lui était difficile, mais bouger avait le mérite d’occuper intelligemment ses pensées, chassant les souvenirs et les regrets. Elle n’était simplement pas une inconsciente, et n’y aurait pas été seule. Si elle se sentait mal, il fallait bien que quelqu’un l’aide. Et Ezio était sans doute le seul en qui elle avait suffisamment confiance pour accepter de dévoiler aussi sa faiblesse. Ses faiblesses, actuellement.

« Vous dormez bien, la nuit, Ezio ? »

La question semblait sortie de nulle part, mais il y avait d’autres choses qui venaient s’ajouter à ses tracas actuels. D’autres choses qu’elle aurait aimé traiter.

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Message posté : Sam 7 Mar 2020 - 20:34 Message
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« Je pense que vous méritez aussi de penser un peu à vous surtout. »

Il ne savait pas si le fait de sortir, de rencontrer d'autres gens lui ferait forcément autant de bien qu'à lui, mais il était toutefois certain qu'elle gagnerait à se montrer plus égoïste par moment. En ne dédiant sa vie qu'à autrui, elle passait à côté de belles choses qui lui seraient autorisées même en raison de son statut de religieuse. Et, Ezio avait tendance à penser qu'une personne complète, qui s'autorisait donc des moments pour elle-même, était toujours plus efficace et plus en accord avec ses convictions qu'une personne qui ne pensait qu'à faire plaisir aux autres. Bien sûr, Jia Li était exemplaire dans son rôle, mais elle souffrait d'un évident manque de confiance en elle. Peut-être que franchir le pas et s’accorder des moments pour elle lui permettrait de gommer ça à force ? Ça ne pourrait que lui faire du bien, la timidité pouvait parfois devenir handicapante.

Il garda toutefois toutes ces pensées pour lui pour des raisons évidentes, il ne pouvait pas la mettre dans l'embarras plus qu'il ne l'avait déjà fait. Au lieu de cela, l'Italien se contenta d'offrir un sourire rassurant à son amie avant de répondre une nouvelle fois.

« C'est normal de vouloir toujours apprendre, mais plusieurs vies ne vous suffiraient pas à tout savoir, je pense donc que vous pouvez vous accorder quelques moments de répit pour autre chose que pour vous perfectionner. Vous êtes déjà bien avancée sur ce chemin d'ailleurs. »

Elle s'approchait de la perfection, du moins du point de vue du quadragénaire. La jeune femme était sa meilleure collègue, il était toujours content de travailler à ses côtés... Ou même de passer simplement un moment en sa compagnie. Quoi qu'elle puisse en penser, la jeune femme était clairement intéressante et amicale.

Lorsqu'elle demanda s'ils pouvaient aller marcher un peu, Ezio hocha aussitôt la tête, mais ne se leva pas immédiatement. Comme elle posait une question relativement compliquée, le prêtre préféra prendre le temps de réfléchir avant de lui répondre. Après quelques secondes, il inspira profondément et décida de lui répondre avec une franchise totale.

« Oui, certains soirs. Il m'arrive de m'endormir avec l'impression d'avoir fait les bons choix. Mais il m'arrive aussi de passer la nuit à me tourner et retourner dans mon lit, sans réussir à trouver le sommeil. Je doute. J'ai longuement réfléchi après notre dernière discussion d'ailleurs. » Il parlait de celle sur l'obligation de tuer ou non. « Et ne vous excusez pas, c'était une réflexion bienvenue. » Retombant dans le silence, il changea finalement de sujet. « Allons marcher un peu, il fait bon dehors, profitons-en. »

Ezio se redressa, puis laissa Jia Li l'imiter avant de se diriger vers la porte donnant sur l'extérieur. Il ne prévint pas les sœurs de son absence, elles le verraient toutes seules si jamais elles venaient le chercher. Refermer la porte derrière eux, il marcha jusqu'à la petite ruelle tranquille qui bordait l'église. Cette dernière se trouvait près d'un parc et même s'il y avait d'autres promeneurs, ils étaient relativement tranquilles et l'atmosphère était légère, surtout avec le léger soleil qui venait les réchauffer par moments. Glissant ses mains dans son dos, Ezio marcha d'un pas tranquille avant de reprendre la parole.

« Avez-vous du mal à dormir ? »

Il se doutait que oui, mais c'était une invitation à se confier si elle le souhaitait.
 
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Message posté : Dim 8 Mar 2020 - 0:38 Message
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Jia Li ne voyait pas les choses en termes de mérite, là était sans doute le problème. A ses yeux, elle ne faisait que son devoir et c’était là une pure évidence. Dans cette optique, elle ne méritait donc pas d’être distinguée particulièrement, n’attendait ni récompenses ni dédommagements. C’était sans doute une partie de ce qui faisait d’elle une véritable héroïne, même si elle-même ne se serait jamais appelée ainsi. Au contraire. Quand on la qualifiait de la sorte, elle se dédouanait aussitôt et en concevait une gêne certaine.

« Peut-être ? »

Elle était bien loin des considérations optimistes d’Ezio. La moniale n’aurait sans doute jamais imaginé un monde où elle avait confiance en elle. Disons au moins qu’un monde où elle aurait été moins persuadée de sa propre médiocrité eut été un bon début, dans un premier temps. C’est ainsi que la Chinoise se surprit à rougir une fois de plus lorsqu’elle reçut les généreux compliments de son allié et ami.

« Ne dites… Ne dites pas cela, voyons, Ezio. J’ai encore énormément de chemin devant moi, et c’est bien normal. Comme vous le dites, plusieurs vies n’y suffiraient pas. »

Jia Li était parvenue à retrouver un tant soit peu d’assurance sur la fin de sa phrase, mais on ne pouvait passer à côté de son embarras. A croire que c’était le thème de la soirée. Malgré tout, elle avait osé s’informer de l’état du sommeil de son compagnon. Sa réponse eut le mérite de la rassurer : leur mode de vie déclenchait fatalement des questionnements et pouvait donc les garder éveillés au coeur de la nuit.

« J’aurais préféré que notre discussion ne vous empêche pas de dormir, au moins», souffla-t-elle, l’air un peu dérangée par l’idée.

Même si pour le coup, elle était d’accord avec lui : de cela, elle ne s’excuserait pas. Jia Li savait qu’elle avait eu raison de parler de ces limites qu’il dépassait à ses yeux. Même si cela n’avait rien changé, il savait au moins où elle se positionnait. Quoique depuis, la moniale avait résolu d’ignorer soigneusement les meurtres d’Ezio. Elle ne pouvait accepter l’idée de l’arrêter pour ces crimes, alors qu’il les commettait pour faire le bien. A sa façon.

A ses yeux, la fin ne justifiait pas les moyens. Mais à cette heure, après sa rencontre avec Mikhaïl, aussi, elle commençait au moins à comprendre que l’on puisse penser ainsi. La Chinoise se leva précautionneusement à la suite d’Ezio puis prit avec lui la direction de l’extérieur. Elle marchait d’un pas lent et précautionneux, gênée par certaines plaies. Néanmoins, l’exercice ne lui était pas trop douloureux, probablement grâce au bon soin d’Hakon. Attrapant ses poignets du bout des mains, Jia Li se trouva vite les bras croisés. Songeuse, elle hésita à évoquer plus avant ses soucis de sommeil.

« Depuis Budapest. J’avais eu un mieux quelques temps et puis… Tout est revenu. A diverses occasions. »

Quand elle avait descendu Ezio de sa croix, par exemple. Mais elle était trop délicate pour réinvoquer ce souvenir particulier une seconde fois.

« Je ne m’endors pas, parfois pas du tout. C’est fatigant, mais malgré les méditations… les morts me poursuivent. J’ai peur qu’avec cet épisode, cela empire. Une fois que j’ai réussi… Que je dors, cela s’arrange, mais fixer le plafond des heures durant m’est… Assez… Fréquent. »

Doux euphémisme que celui-ci. Mais elle ne voulait pas l’inquiéter démesurément.
 
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Message posté : Dim 8 Mar 2020 - 10:18 Message
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Ezio ne fut pas très étonné de la réponse de sa collègue et amie. Elle était du genre à se reprocher éternellement les mêmes fautes, à ne pas savoir se pardonner et comprendre que l'erreur était humaine – et qu'elle l'était, humaine. Il attendit tout de même qu'elle termine de parler, regardant tranquillement devant lui afin de ne pas imposer de regard inquisiteur ou trop curieux à la jeune femme. Elle se livrait, ce qui était suffisamment inhabituel pour qu'elle mérite toutes les attentions dont il pouvait l'entourer. Par moments, la guerrière entraînée lui faisait penser à un oisillon tombé du nid et dans ces moments, il regrettait que la Chinoise ait rejoint leurs rangs. Elle aurait été tellement plus paisible dans un temple, chez elle. Mais il ne servait à rien d'avoir des regrets, un leitmotiv qu'il devait apprendre à la demoiselle à ses côtés.

Marchant tranquillement et veillant à ce que Jia Li ne s'épuise pas, l'Italien répondit enfin à ses aveux.

« Je comprends. Je crois que vous êtes incapable de vous pardonner vos erreurs et je dois avouer que cela ne m'étonne pas particulièrement venant de vous. Vous êtes très rude et très sévère avec vous Jia Li, ce qui est d'autant plus surprenant que vous faites preuve d'une grande tolérance vis-à-vis de vos semblables. » Il parlait de l'humanité de manière générale, pas forcément des religieux. « Vous refusez d'admettre que vous ayez pu faillir à un moment ou à un autre et cette culpabilité vous étouffe et vous empêche d'avancer, de vous pardonner. »

Ezio parlait d'un ton calme et posé, attentionné aussi. Il ne voulait pas qu'elle se sente coupable de quelque chose, mais simplement qu'elle entende ce qu'elle savait déjà. Car il était certain qu'elle avait conscience de la rudesse dont elle faisait preuve vis-à-vis d'elle-même. Un très léger soupir échappa au prêtre catholique qui risqua un coup d’œil vers son ami avant d'en revenir au chemin qui s'étalait devant eux.

« Et je crains malheureusement que cela ne s'arrange pas avant que vous n'ayez été capable de vous pardonner. Vous avez pris une vie, c'est vrai, mais vous ne l'avez pas fait parce que vous le vouliez. Je sais que ça n'excuse rien, mais vous ne pouvez rien y changer. La seule chose qu'il vous reste, c'est de culpabiliser et de vous reprocher vos erreurs. » Il marqua une légère pause. « Je ne dis pas que vous devez tout oublier et faire comme si cela n'avait jamais existé, mais vous devez... Accepter l'idée que vous n'êtes pas infaillible. Transformer vos regrets en force. »

Il savait que c'était plus facile à dire qu'à faire, mais Ezio ne voyait pas quoi dire d'autre. Il était aussi passé par là, mais avec le temps, il avait fini par accepter l'idée qu'il n'était pas infaillible et que se reprocher ses échecs ne changerait rien à la situation. Enfin si, cela le rendrait moins compétent et plus craintif, car il aurait peur de refaire les mêmes fautes. Après quelques nouveaux pas en silence, le quadragénaire poursuivit le fil de ses pensées.

« Vous devez accepter cette faute et vous en servir pour ne jamais plus la refaire. Ces doutes que vous avez, elles font autant d'armes pour l'adversaire. Un démon sentirait vos peurs et vos regrets et saurait comment les exploiter pour vous forcer à vous rendre. » Il ne disait pas cela d'un ton de reproche, mais d'un soucieux pour qu'elle comprenne qu'il s'inquiétait pour sa sécurité. « C'est un très long travail, mais il faut transformer vos erreurs en force. Apprendre de ces échecs, savoir comment réagir la prochaine fois. Vous avez suffisamment potassé cet épisode de Budapest pour savoir comment vous auriez voulu réagir je paris, n'est-ce pas ? » Il lui jeta un rapide coup d’œil. « Dans ce cas, n'oubliez pas ce que vous avez imaginé et servez-vous en la prochaine. Mais ne vous reprochez pas vos actes passés, cela n'y changera rien et ne fera qu'accentuer votre manque de confiance. »

Une fois de plus, Ezio ne lui parlait pas sur le ton du reproche ou du jugement, mais avec une attention sincère. Il voulait simplement lui expliquer comment lui-même s'était tiré de cette situation et il espérait bien que Jia Li comprendrait son intention et ne s'imaginerait pas – encore une fois – qu'il l'accablait de reproches sur son incompétence.
 
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Message posté : Dim 8 Mar 2020 - 11:33 Message
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A nouveau, Ezio avait raison. Jia Li n’était pas prompte à se pardonner. Elle pardonnait les autres sans y penser à deux fois. En tant et en heure, même Mikhaïl, tout blessant qu’il ait été, y aurait sans doute droit. La moniale ferait ce douloureux travail qui consistait à chercher les explications et circonstances atténuantes et un jour, elle ne lui en voudrait tout simplement plus. Paradoxalement, ça ne l’empêcherait pas pour autant de croire chaque mot qu’il avait pu lui lancer.

Mais lorsqu’il s’agissait de faire preuve de la même sympathie envers elle-même, la Chinoise coinçait. Oh, elle était capable d’oublier de petites fautes, mais il était des choses qu’elle ne pouvait ni ne voulait oublier. C’était sans doute cette seconde partie qui posait réellement problème. Elle ne désirait pas s’absoudre de cette erreur là. Sa religion lui disait de n’avoir ni mauvaises pensées, ni mauvais actes envers autrui. Et pourtant, elle avait pris une vie de ses mains. Si elle acceptait de bannir les démons, c’est parce qu’ils n’étaient ni humains, ni animaux, mais à côté de cela, Jia Li se refusait à faire de mal à une mouche. Lorsqu’elle agissait en tant que Karma, elle prenait toujours garde à ne pas causer d’irrémédiables dégâts. Souvent elle se contentait de coincer les coupables et d’appeler les forces de l’ordre, agissant avec la même douceur dans ses actes héroïques que dans son quotidien. Ceux qui avaient fait appel à elle n’avaient pas peur de recommencer car ils étaient certains, et à juste titre, qu’elle n’abuserait pas de son pouvoir et de ses forces. Elle s’était parfois mise en danger plus que de raison à cause de cette véritable dévotion à des nuées de principe.

Parce qu’elle était certaine que si chacun les avait appliqué avec autant de soin qu’elle, l’humanité aurait vécu dans un monde infiniment meilleur que ce qu’il était aujourd’hui. Tout en marchant et en assimilant les propos d’Ezio, toutefois, Jia Li cherchait donc comment expliquer cela. On ne parlait pas d’avoir… Renverser le thé, casser le bras d’un criminel par erreur, ou tout autre acte. Elle avait détruit une vie. Etait-ce vraiment pardonnable ?

« Je… Je vous l’ai dit. Je ne crois pas que prendre une vie puisse jamais se justifier, dit-elle, embarrassée de ramener ce sujet devant le tapis au vu de certaines décisions d'Ezio. A cet instant, je n’ai vu que cette option, mais c’était… Une erreur. Ne pas faire de mal, ne pas tuer, c’est une des fondations de ce en quoi je crois et… Je n’ai pas accepté de servir pour le faire de cette façon. »

La moniale en était si troublée qu’elle trébucha sur le pas suivant, se rattrapant tant bien que mal.

« Je n’ai pas envie de pardonner ça. Même si… Même si c’était pour de bonnes raisons ? Je ne crois pas… Ce n’est pas… Je préfère encore ne plus jamais fermer l’oeil de la nuit », avoua-t-elle d’un ton piteux.

Avoir ce funeste épisode à l’esprit lui rappelait aussi de prendre garde à chaque instant. Ses talents guerriers venaient avec la plus importante des responsabilités : celle de s’en servir pour faire le bien, et seulement le bien. Cruel dilemme. Comme ils l’avaient évoqué, il lui était arrivée d’intervenir pour découvrir qu’à cause de la justice humaine et ses manquements, un drame était arrivé malgré tout. Elle s’était sentie malheureuse. Diminuée. Jamais coupable, alors. Jia Li avait pleuré les morts et les blessés, les hommes et les femmes brisés par un système qui leur avait tourné le dos. Parfois, elle avait dû essuyer de vives critiques. Et malgré tout, elle avait continué. On ne pouvait pas agir correctement uniquement lorsque c’était facile.

« Je n’ai plus peur de déraper parce que j’ai… Tout de même appris ? Ce que vous dites, je l’ai fait. J’ai décidé de ne plus faillir de cette façon et je m’y tiens. Mais comme je refuse… Aussi d’oublier. Parfois, j’y songe de nouveau. Souvent. »

Un doux soupir lui échappa. Elle ne savait pas comment faire vraiment comprendre à Ezio qu’elle avait tout de même appris de cette erreur, mais qu’elle ne se la pardonnerait pas pour autant. Pas plus qu’elle ne comprenait qu’il était plus que temps de le faire, pourtant.
 
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Message posté : Dim 8 Mar 2020 - 12:58 Message
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Il s'attendait à la réponse de Jia Li et ne voyait malheureusement pas quoi lui dire d'autre. Si elle refusait de se pardonner ses erreurs, ma foi, il ne pouvait pas l'y forcer, ni même la persuader. C'était un travail qu'elle devait faire d'elle-même, sinon il serait totalement inutile. Ezio comprenait ce que son amie voulait lui expliquer, mais il estimait que c'était « insuffisant » pour elle et qu'il était plus que temps d'accepter qu'elle n'était pas parfaite et qu'elle pouvait faire des erreurs. Bien sûr, du fait que Jia Li pensait qu'il pardonnait la mise à mort dans certaines situations, elle en déduisait forcément qu'il minimisait son geste. Mais ce n'était pas le cas. Il avait bien compris que ce n'était pas son genre et ne se permettrait pas une pareille excuse.

L'Italien attendit qu'elle eut terminé de parler, esquissant un léger geste pour la retenir lorsqu'elle manque de trébucher, puis répondit après avoir légèrement secoua la tête.

« Je ne minimise pas la gravité de votre geste Jia Li et je sais que vous considérez qu'on ne peut pas justifier le faire de prendre une vie. Ce n'est pas ce que je voulais dire. » Il inspira profondément. « Ce que je veux dire, c'est que je pense qu'il est temps de vous pardonner. Vous vous traînez ce boulet depuis si longtemps, vous avez oublié ce que c'est que de vivre sans le traîner. Mais ce n'est pas sain. Vous allez sans doute commettre d'autres erreurs au cours de votre vie, si vous les ajoutez à chaque fois à ce que vous traînez, vous allez finir par ne plus pouvoir avancer. »

Le prêtre n'était pas certain qu'elle voit où il voulait en venir. Mais c'était compliqué, il n'avait pas de solution miracle, il ne pouvait pas lui dire de faire de telle ou telle manière pour se libérer de ce poids. C'était à elle de comprendre comment s'y prendre et surtout, de vouloir le faire.

« J'ai longtemps culpabilisé de ne pas avoir su sauver ces fidèles le soir où vous m'avez sauvé la vie. » Il faisait référence à la fois où elle l'avait décroché de sa croix. « Il m'a fallu plusieurs années avant de comprendre que je ne pouvais pas changer la situation, mais que si je me laissais envahir par cette culpabilité, je n'arriverais plus à rien. Je suis heureux de l'avoir fait, même si je n'oublie pas pour autant. Je me suis juste détaché de la culpabilité. »

Un groupe de jeunes du quartier arriva face à eux, bruyant et agité, mais se montra respectueux en saluant les deux religieux. Ils venaient parfois à l'église et Ezio les connaissait pour les avoir rencontrés lors de journée de la jeunesse dans le quartier. Les regards curieux des jeunes gens s'attardèrent brièvement sur Jia Li, puis ils reprirent leurs discussions et passèrent à côté du duo. Ezio attendit qu'ils soient suffisamment éloignés avant de poursuivre ses explications du même ton patient qu'habituellement.

« J'aimerais pouvoir vous donner une solution miracle mon amie, mais je ne le peux pas. C'est à vous de trouver comment vous pardonner et vous seule pouvez le vouloir. Mais, je suis sincère en disant que je pense vraiment qu'il est temps de vous pardonner. Si vous en êtes incapable, vous en souffrirez toute votre vie et vous finirez par ne plus pouvoir aider autrui. Il faut être capable de vous aider vous-même avant tout. »

Et il le pensait sincèrement. C'était d'autant plus difficile pour lui de ne pas pouvoir la tirer de cette situation, de l'aider à retrouver des nuits plus paisibles et surtout, à comprendre qu'elle devait arrêter d'être aussi sévère et tenace vis-à-vis d'elle-même.
 
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Message posté : Dim 8 Mar 2020 - 21:34 Message
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A nouveau, Jia Li prit le temps de la réflexion au fur et à mesure qu’Ezio lui répondait. La moniale écoutait tout avec la plus grande attention, et tentait tant bien que mal de s’en débrouiller. Ceci dit, malgré sa concentration marquée, elle ne put s’empêcher de rougir après avoir salué les jeunes qui étaient passés à côté d’eux, vaguement gênée de leurs regards curieux. Elle savait qu’avec son apparence actuelle - entre son habit religieux et ses bleus, notamment l’oeil au beurre noir - elle offrait un étrange tableau.

Néanmoins, elle se remit vite de cette attention malvenue et reprit le fil de la discussion comme si de rien n’était. Elle n’arrivait pas réellement à mettre en comparaison les fautes du prêtre et les siennes. Dans son cas à lui, il avait simplement échoué à les protéger. Il avait été dépassé par plus puissant que lui et nul n’aurait su le lui reprocher. Dans son cas, elle avait fait preuve d’une force excessive. Par peur. Pour elle, pour l’autre survivant de cette macabre chasse aux démons. Tout cela pour que son compagnon périsse des suites de ses blessures. Si au moins elle avait eu conscience d’avoir sauvé une vie, les choses auraient peut-être été différentes pour elle, en soi.

Ceci étant, elle arrivait à comprendre que dans les deux cas, ils avaient dû faire face à la cruelle maîtresse qu’était la culpabilité. Là où l’Italien avait fini par s’en défaire et lui rendre sa place - celle d’une bonne leçon qui ne méritait pas non plus qu’on s’y ruine la santé mentale - la Chinoise ne pouvait totalement se libérer. Et ne voulait.

Au moins, à la lueur de ce qu’on lui avait expliqué, elle comprenait que cela pourrait certainement lui faire grand bien. La répétition faisait effet. Elle se demandait juste si elle arriverait à persuader son inconscient de lâcher prise. Jia Li était réaliste : ça n’avait jamais été son fort. Elle était sa juge la plus sévère et le serait toujours, jusqu’à l’heure de sa mort. La moniale n’espérait guère changer cet aspect d’elle. Peut-être, tout au plus, l’améliorer un peu ?

« Je crois que… Enfin, je suis… D’accord avec vous ? »

Elle prononça ses mots avec un certain étonnement.

« Je veux dire, je conçois… Le bien-fondé de vos conseils ? Et ce que cela peut me faire en mal de ne pas parvenir à lâcher prise. Je crois. J’ai l’impression. Mais je ne sais pas si je peux. Je sais que ce n’est pas à vous de me trouver une solution miraculeuse, je suis désolée, et moi qui vous… Enfin. »

Jia Li s’interrompit, songeuse. Elle en avait même ralenti le pas, pourtant peu rapide au départ. Inconsciemment, elle s’adaptait à ses muscles douloureux et au reste. La réflexion, elle aussi, la ralentissait un peu.

« Je sais que vous comprenez. Que vous avez... Que vous avez vécu le poids de cette culpabilité. Je vous admire. Vous êtes plus sage que moi. »

Mais il l’avait toujours été. Ezio était plus sûr de lui comme de ses choix. Jia Li aurait aimé lui ressembler un peu plus, au fond. Elle aurait sans doute eu moins de questions à tourner et retourner dans sa tête si ça avait été le cas.
 
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Message posté : Dim 8 Mar 2020 - 22:42 Message
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Le quadragénaire fut plutôt content d'entendre la réponse de son amie, comprenant qu'elle comptait essayer de travailler sur elle-même pour régler ce problème de culpabilité. Bien sûr, ce serait long et laborieux, mais le simple fait qu'elle envisage de débuter était un bon signe. Il n'y aurait plus qu'à rester tenace et à persister jusqu'à atteindre son objectif. Enfin, c'était ainsi qu'il voyait les choses.

L'Italien attendit patiemment qu'elle termine de parler, ralentissant l'allure pour s'adapter à celle de la demoiselle, mais il ne lui proposa pas de s'asseoir. Après tout, c'était elle qui avait demandé à marcher, elle devait avoir ses raisons. Le prêtre posa un regard légèrement amusé sur elle lorsqu'il l'entendit évoquer sa prétendue sagesse. Avait-elle conscience de ce qu'elle disait ? Sans doute pas. C'est donc d'un ton amusé qu'il souligna ce qu'il venait de voir.

« Bien sûr que non. Vous êtes encore plus impitoyable avec vous-même que je ne le pensais. Jia Li, je ne suis pas plus sage que vous, au contraire. Si je suis aussi prompt à passer à autre chose, c'est parce que je n'ai pas la sagesse de me remettre autant en question que vous. Si je le faisais, sans doute mes actions seraient-elles plus bénéfiques. J'ai tenté d'y arriver, mais je ne vous arrive pas à la cheville. » Et comme il se doutait qu'elle allait protester, le prêtre leva la main pour lui intimer de ne pas protester. « Ne dites rien, ne refusez pas ce que je vous dis, parce que je pense sincèrement. N'en parlons plus, passons à autre chose. »

Un sourire conciliant et sincère ourla ses lèvres alors qu'il glissait à nouveau sa main derrière son dos, attrapant son autre poignet et se redressant pour se tenir bien droit. C'était une position presque militaire qui lui avait déjà valu des questions orientées dans ce sens. Apparemment, certains de ses fidèles pensaient qu'ils venaient de l'armée à cause de son maintien ! Mieux valait qu'ils ignorât la vérité.

Les prunelles du prêtre se détournèrent finalement de son amie pour s'orienter vers l'horizon qui se dressait au loin. La ville avait retrouvé un peu de quiétude, même si l'invasion du Terminus n'était pas encore totalement oubliée. Après quelques pas effectués dans un silence parfait, il soupira un peu et lâcha quelques mots d'un ton amical.

« Ce travail que vous allez devoir faire sur vous-même, il va être très compliqué, mais sachez que vous n'êtes pas seule. Ce n'est pas parce que je ne peux pas vous guider que je ne peux pas vous soutenir. Lorsque vous aurez des doutes, que vous aurez besoin de parler ou alors que vous voudrez simplement de la compagnie, n'oubliez pas que je suis là. » Ses prunelles se posèrent sur le minois de la Chinoise. « Et chassez définitivement de votre esprit l'idée que vous allez me gêner si vous venez me voir. Vous êtes mon amie et je suis content d'être là quand vous en avez besoin. »

Il espérait qu'à force de le marteler, elle allait admettre l'idée et parviendrait un jour à venir le voir sans avoir l'impression de le déranger.
 
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Message posté : Lun 9 Mar 2020 - 13:50 Message
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A ce stade de la conversation, Jia Li marqua une pause dans sa marche, le regard visiblement… Surpris. Elle ne s’attendait pas vraiment à se voir retourner de telles affirmations, bien au contraire. Elle reprit son avancée, les joues brûlantes. La moniale ne voyait pas tout à fait en quoi elle était plus sage que lui, mais elle n’avait pas loisir de protester puisqu’il l’avait enjoint à ne pas le faire. Respectant ce souhait, elle s’accrocha à son sourire pour tenter de calmer son coeur battant et sa timidité qui galopait à vive allure.

Elle n’aurait jamais songé à voir les choses sous cette angle, pas plus qu’elle n’aurait osé imaginer être aussi sage - si ce n’était plus - que son compagnon. S’il était vrai qu’elle analysait jusqu’à ses moindres gestes avec beaucoup de soin, pour s’éviter de refaire encore et encore les mêmes erreurs, il était tout aussi véridique que Jia Li usait d’une grille de critères bien trop sévère. Mordant nerveusement l’intérieur de sa joue pour retenir les dénégations qui lui montaient naturellement aux lèvres, la trentenaire se sentait étrangement… Plus légère. Elle n’était pas vraiment vaniteuse et détestait les compliments, mais il fallait être honnête : puisqu’elle n’était pas capable de voir nombre de ses qualités, elle avait besoin qu’on les lui pointe du doigts.

La Chinoise suivit le pas en silence, plus apaisée à chaque seconde qui passait. Les rues n’étaient pas trop animées, par ici, si bien qu’elle se ressourçait à faire cet exercice simple. Cela la détendait, voilà tout. Comme les propos d’Ezio dénouèrent quelque chose en elle. Cela faisait longtemps qu’elle était seule, avec la conscience de l’être. Pouvoir compter sur quelqu’un changeait les choses. Sa perspective d’avenir aussi. C’était réconfortant.

« J’ai l’impression de ne plus être seule », souffla-t-elle par ailleurs.

Le constat était relativement hésitant, mais elle avait ressenti le besoin de le faire malgré tout.

« J’ai de la chance d’avoir un homme tel que vous à mes côtés. »

Songeuse, Jia Li se dit momentanément qu’elle pourrait peut-être bâtir une relation avec l’homme un peu trop à l’aise qui l’avait secourue la veille au soir. Il lui avait paru être un homme de bien, après tout, lui aussi. Ceci étant, elle faillit rougir une fois de plus en repensant à la honte extrême qui entourait leur rencontre, si bien qu’elle rangea vite cette idée au placard. D’autant que Hakon avait eu l’air d’être du genre à ne pas comprendre son mode et ses choix de vie.

Après cela, la moniale reprit sa marche plus paisiblement, le coeur sans doute moins lourd qu’auparavant. Malgré sa timidité et ses hésitations, elle se força à évoquer des sujets plus anodins avec Ezio, entretenant une conversation entrecoupée de silences confortables, et ce jusqu’à ce qu’elle n’en puisse plus et demande à rentrer. Il était certain que cette rencontre marquerait un tournant dans leur relation future. Un tournant souhaitable, qui avait été long à venir.

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