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You've got a friend in me - Ezio

 
Message posté : Lun 17 Fév 2020 - 16:38 Message
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Malgré l’épuisement et la perte de sang, Jia Li était parvenue à se réveiller à cinq heures et demie, comme d’habitude. Elle avait rapidement passé les vêtements prêtés par Hakon, ramassé sa tunique déchirée et raidie par le sang séchée, puis elle s’était éclipsée le plus vite possible. Vu son état, ça n’avait probablement pas été si efficace que cela, mais elle était parvenue à se traîner jusqu’au temple en un seul morceau.

Là, la moniale avait enfilé un pyjama et s’était recouchée après avoir prévenu sa supérieure, au fait de ses activités nocturnes, qu’elle ne serait pas à même d’assurer ses tâches quotidiennes aujourd’hui. Excusée même pour une semaine, malgré ses protestations virulentes, Jia Li avait recouvré son lit dans sa cellule avec soulagement. Elle était si lessivée qu’elle n’eut même pas le temps de recommencer à penser avant de s’endormir.

La Chinoise s’était réveillée sur les coups de dix-sept heures. Une douche brûlante plus tard, qui avait donné lieu à des moments difficiles puisqu’il fallait prendre garde à ses sutures, aux plaies simplement recouvertes d’un pansement, et que chaque mouvement, même infime, la faisait souffrir, elle était vêtue de la tenue traditionnelle de sa fonction et prête à faire… Absolument rien, étant donné qu’elle avait été remerciée pour le moment.

Elle s’était donc assise dans la cour intérieure avec l’intention de méditer pour apaiser un peu ses pensées. Et la moniale avait échoué, pour la première fois depuis bien longtemps. Un peu déboussolée, avec l’impression de se trahir elle-même, elle avait fini par abandonner et par aller chercher une cape à jeter par dessus sa mise, désireuse de dissimuler ses bras et ses épaules qui portaient eux aussi plusieurs stigmates de morsures, et relevée la capuche pour mettre son visage dans l’ombre. Son oeil droit, comme prévu par Hakon, était entouré d’un bleu conséquent. Sa lèvre inférieure était aussi discrètement fendue.

Jia Li avait pris la décision, perdue et ne sachant pas à qui s’adresser, de retrouver Ezio. Elle était inquiète à l’idée de le déranger à l’improviste, mais depuis la veille, la seule personne qui lui venait à l’esprit, c’était lui. Elle voulait lui parler. Elle avait besoin de lui parler. A pieds, il lui fallut un temps infini pour rejoindre Little Italy et pousser la porte de l’église. Là, la moniale demanda à parler à celui qu’elle était venue quérir.

Sitôt que celui-ci approcha, elle s’inclina pour le saluer, et demanda, la voix un peu tremblante et mal assurée.

« Pourrions-nous parler en privé ? J’ai besoin de vos conseils. »

S’il le fallait, le fait qu’elle en oublie de saluer proprement le prêtre était un signe de plus de sa détresse intérieure. Lorsqu'elle se redressa, son capuchon glissa vers l'arrière, dévoilant ses traits défaits ainsi que certaines des marques de son combat de la veille. Ses bras restaient eux bien dissimulés, malgré le fait que la trentenaire avait entrecroisé ses mains l'une contre l'autre.
 
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Message posté : Lun 17 Fév 2020 - 20:15 Message
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Depuis le temps qu'ils travaillaient ensemble, Ezio avait bien compris que Jia Li était une femme d'une extrême timidité. Parfois, il se demandait même si quelque chose ne l'avait pas traumatisée dans sa jeunesse au point qu'elle craigne autant de déranger, de parler sans en avoir demandé l'autorisation, ou tout simplement d'exister. Il avait beau tenter de rassurer la demoiselle à chaque fois, d'insister sur le fait qu'ils étaient désormais amis et qu'elle pouvait compter sur lui, l'Italien avait toujours l'impression d'avoir échoué.

Patient, il attendait donc les visites de sa collègue ou lui rendait parfois visite afin qu'elle finisse par comprendre qu'elle avait le droit de se rendre à son église dès qu'elle le souhaitait, même lorsqu'elle n'avait besoin de rien. Pour le moment, cette attente n'avait pas été particulièrement comblée, aussi fut-il un peu étonné lorsqu'une sœur vint le chercher pour lui annoncer que la « religieuse bouddhiste » demandait à le voir. Il remercia la nonne avant de rejoindre la zone où Jia Li se trouvait et fut interpellé par la tenue qu'elle arborait. Elle ne se présentait jamais ainsi en temps normal. Quant à sa démarche et son attitude, le prêtre croyait relever des signes de blessure. Lorsqu'on avait mal quelque part, on compensait inconsciemment, notre attitude, notre démarche et même notre comportement en étaient changés. Il se demanda donc si la demoiselle n'avait pas trouvé une nouvelle piste au sujet de leur cible principale.

Se portant à sa hauteur, Ezio fut accueilli par une Jia Li qui semblait totalement perturbée. Lorsque le capuchon glissa et dévoila son visage et son expression, il comprit que quelque chose coinçait. Un léger froncement de sourcils s'invita sur son visage avant qu'il ne réponde.

« Bien sûr, suivez-moi. »

Il leva le bras pour l'inviter à passer devant, puis glissa son autre main dans le dos de la demoiselle, mais sans la toucher. C'était un geste destiné à la rassurer, même s'il doutait que ce soit suffisant pour chasser son trouble au vu de son état.

Cette fois-ci, le quadragénaire décida d'opter pour un endroit parfaitement sécurisé : le presbytère. Il n'y avait rien d'inconvenant à inviter une collègue là-bas, même si Ezio savait que certaines nonnes ne s'en priveraient sans doute pas pour y aller de leur commentaire. Disons qu'il préférait risquer ça plutôt que de surprendre l'une d'elles à écouter derrière les portes trop mal isolées des pièces de l'église. Lorsqu'ils arrivèrent dans le presbytère et plus précisément dans la petite pièce qui servait de cuisine, salle à manger et salon, Ezio tira une chaise de la petite table pour inviter la jeune femme à s'installer. Dès qu'elle fut assise et prête à parler, il lança ses interrogations.

« Jia Li, que s'est-il passé ? Vous avez l'air épuisée. Et vous avez aussi l'air d'avoir lutté contre quelque chose de particulièrement puissant. Je connais vos capacités, pour que vous soyez dans un tel état, c'est que votre adversaire a dû vous surprendre. »

Ce n'était pas une flatterie grossière, c'était la plus pure vérité. Ils avaient suffisamment collaboré ensemble pour qu'il sache de quoi elle était capable et qu'il s'inquiète de ce qui avait pu lui arriver. Silencieux, il s'installa sur la chaise en face de son amie, désireux de la mettre à l'aise et surtout, de ne pas la prendre de haut en restant debout à ses côtés pendant qu'elle lui contait son histoire.
 
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Message posté : Mar 18 Fév 2020 - 0:26 Message
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Jia Li fut soulagée qu’Ezio ne proteste pas. Lorsqu’il glissa une main dans son dos, même sans l’y déposer, elle qui aurait sans doute raidit un peu la ligne de ses épaules habituellement n’y réagit pas. Elle le laissa la guider vers un endroit calme, sa démarche quelque peu poussive et chancelante - entre la marche depuis le temple et le côté récent de ses blessures, elle fatiguait grandement - mais sans se plaindre une seule fois.

La moniale remarqua avec un temps de retard qu’il lui avait dégagé une chaise et s’approcha doucement. Ses gestes pour dégrafer la cape qu’elle avait jeté sur son dos furent lents et précautionneux, mais elle parvint finalement à s’en défaire et à la déposer correctement pliée sur le dossier. Alors seulement, elle s’assit. Elle cherchait vainement par où commencer, mais le prêtre décida de l’interroger. Loin de la flatter ou de la rassurer, ce qui était voulu comme… Un compliment, une assurance de ses compétences fit trembler légèrement ses lèvres. Baissant la tête vers la table, Jia Li chercha ses mots.

Elle était venue jusqu’ici, mais ouvrir la bouche lui paraissait soudain insurmontable. Elle avait honte de sa conduite, honte de son échec, honte des doutes qui l’écartelaient de plus en plus à chaque seconde qui passait. Elle regrettait d’être venue s’afficher dans un tel état. Finalement, de toute ce qu’elle aurait pu dire, ce fut la seule chose qu’elle parvint à prononcer.

« Je n’aurais sûrement pas dû venir. Je ne suis pas… Présentable. »

Elle ne parlait pas là de ses blessures, même si son épaule éraflée et l’intérieur de son bras recousu auraient pu prêter à confusion. Mais plutôt du fait qu’elle avait de nouveau l’impression d’avoir les yeux plus humides qu’il n’aurait dû. Jia Li ferma obstinément les paupières, inspira puis expira un souffle tremblant, réitérant son manège jusqu’à tant qu’elle soit à peu près certaine de parvenir à dire plus que quelques mots.

« J’ai rencontré… Vous vous souvenez de l’homme dont je vous avais parlé, commença-t-elle d’une voix où s’entendait un mélange de lassitude et de désarroi. Celui que je souhaitais.. Aider ? »

Elle marqua une pause, baissant le regard pour ne plus le relever. Elle ne se sentait pas le droit de soutenir celui du prêtre. Lui était droit. Fort.

« Hier soir, je l’ai surpris sur un toit. Dans Chinatown. Il visait… Une fenêtre. Quelqu’un. Pour le tuer. J’ai voulu l’arrêter. Je me sentais… Je me suis sentie… »

Une pause. Une larme coula doucement le long de sa joue, qu’elle s’empressa d’essuyer aussitôt.

« Je me sens tellement stupide. Je croyais… Je voulais aider un assassin, tout ce temps. J’étais tellement en colère contre lui, alors que tout ça n’est que ma faute. Je me suis laissée aveugler par ses mots et j’en ai oublié de voir. Je voulais l’arrêter mais il a dit… Des choses… Des choses terribles… »

Elle frissonna longuement, crispa plus encore ses mains l’une contre l’autre sous la table. Jia Li se fit violence. Elle devait continuer. C’était important.

« A mon sujet. Au sujet de votre… Sa religion. Je crois… Je le tenais, je le tenais, je le tenais, et j’ai… J’ai hésité et cette enfant a surgi de nulle part, elle et son chien infernal. C’est lui qui m’a… C’était… J’ai hésité, répéta-t-elle d’un ton plat. Quand cela importait plus, quand j’aurais dû montrer ma force, j’ai hésité. Bon sang, je suis tellement désolée Ezio. »

Sur une impulsion, elle se leva, chancelant à peine, et se laissa tomber, d’abord à genoux, puis le front au sol. Elle n'avait même pas remarqué qu'elle avait utilisé son prénom, alors qu'elle le faisait si rarement.

« J’ai échoué. Je suis tellement, tellement, tellement désolée, répéta-t-elle encore, en anglais puis en mandarin, revenant à sa langue natale malgré elle. »

Sa réaction était très certainement excessive. Mais Jia Li n’avait toujours vécu que pour sa tâche, son combat. Elle se levait chaque matin en sachant pourquoi et pour qui elle se battait, en sachant qu’elle était capable de protéger un peu le monde des forces maléfiques qui le rongeaient. C’était sa plus grande certitude, peut-être un peu aussi une fierté pour elle. Alors échouer dans cette tâche, de cette façon, par sa propre faute et non car elle avait été simplement dépassé par plus nombreux ou plus fort qu’elle… La Chinoise ne savait plus quoi faire d’autre que de s’excuser, sans se rendre compte que son récit était si incomplet qu’Ezio ne pourrait que commencer à comprendre.
 
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Message posté : Mar 18 Fév 2020 - 15:56 Message
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Ezio avait compris que la jeune femme était particulièrement troublée dès que son regard s'était posé sur elle, mais il était loin de se douter à quel point elle avait été touchée. Pas physiquement, car les blessures guérissaient, mais mentalement, ce qui était bien pire. Lorsqu'elle commença par s'excuser de son état de présentation, Ezio secoua légèrement la tête.

« Ne vous souciez pas de cela, la seule chose qui m'importe, c'est que vous alliez bien. »

Le ton était fermé, mais pas au point de la mettre mal à l'aise. L'Italien voulait simplement lui faire comprendre qu'elle avait droit de pleurer parfois, que ce n'était pas un tort. Elle reprit finalement la parole, commençant son récit afin de lui expliquer ce qui s'était passé pour qu'elle soit dans un tel état. Il hocha la tête lorsque c'était nécessaire, confirmant qu'il se souvenait de qui elle voulait parler. Sa révélation au sujet du métier de l'homme l'étonna, un peu, mais pas trop. Il savait qu'à Star City, de drôles de choses pouvaient se passer et qu'un assassin professionnel soit aussi un fervent croyant n'était pas si surprenant.

Le prêtre attendit donc qu'elle continue, se demandant malgré lui quelles pouvaient être les choses terribles auxquelles elle faisait référence, mais il ne l'interrompit pas. À plusieurs reprises, Jia Li fut troublée et ses sentiments se dévoilèrent physiquement, mais il tint bon et ne chercha pas à la rassurer jusqu'à ce qu'elle termine en s'excusant. Lorsqu'elle se redressa pour s'agenouiller complètement, le quadragénaire se leva à son tour et s'accroupit aux côtés de son amie pour poser une main rassurante sur son épaule, prenant garde à ne pas toucher les zones qui lui semblaient blessées.

« Ne dites pas une chose pareille ma sœur, relevez-vous. » Il la poussa gentiment à se redresser, ne voulant pas qu'elle se fasse mal. « Vous n'avez pas échoué, vous n'avez pas à vous excuser, cessez d'être aussi dure avec vous mon amie. »

Le ton était ferme, mais plein de compassion et de compréhension. L'Italien attendit qu'elle daigne se laisser raccompagner à sa chaise, puis s'éloigna de quelques pas afin de s'approcher du meuble qui accueillait de quoi préparer à boire pour ses rares invités. Jia Li n'avait rien demandé, mais il savait qu'elle ne le ferait pas et quelque chose lui disait qu'un thé lui ferait du bien. Tout en préparant le nécessaire, il reprit la parole, lui tournant le dos, comme s'il songeait que la fixer dans les yeux tout en parlant risquait de la mettre mal à l'aise.

« Vous semblez l'oublier, mais j'ai fait bien pire que vous. Peu de temps après votre arrivée à Star City, vous rappelez-vous m'avoir trouvé crucifié dans cette église, au milieu de tous ces cadavres ? J'avais échoué face à une nécromancienne qui a sacrifié tous ces innocents. De nombreuses vies ont été perdues par ma faute, alors ne pensez pas être la seule à ne pas réussir à atteindre vos objectifs. » Il n'avait pas parler d'échouer, une subtilité importante. « Vous, vous avez décidé de ne pas agir face à quelqu'un qui vous inspirait de la pitié et de la compassion. Ça n'a rien à voir. » Il jeta un coup d’œil dans sa direction. « Vous avez agi comme une humaine, voilà tout. Et vous l'êtes, ne l'oubliez pas. » Il eut un regard plein d'amitié pour elle. « Qui était cette enfant ? Était-elle son alliée ? »

L'eau chauffait doucement après que le quadragénaire eût allumé la bouilloire. Ce n'était pas l'idéal pour du thé, mais il faisait avec les moyens du bord. En attendant que tout soit prêt, il se retourna suffisamment pour pouvoir voir Jia Li et que cette dernière comprenne bien qu'il était totalement à son écoute.

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Message posté : Mer 19 Fév 2020 - 13:21 Message
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Jia Li ne se sentait pas réellement bien. Physiquement, elle survivrait - et une toute petite partie d’elle en concevait presque un regret, mais elle était bien trop tenace pour s’y laisser aller pour autant - mais mentalement… Elle se sentait en miettes. Néanmoins, elle n’avait rien à répondre à cela et n’était pas du genre à étaler ses états d’âme plus que nécessaire.

Aussi la moniale préféra tenter de s’expliquer tant bien que mal. Si son récit comprenait plusieurs blancs qu’il aurait été bon de combler, il dévoilait toutefois l’essentiel, ne serait-ce que parce qu’elle montrait malgré elle les blessures psychologiques qui avaient résultées de son combat. En définitive, elle finit par s’agenouiller devant le prêtre, incapable de se retenir de répéter des excuses où transparaissait le remord qu’elle éprouvait. Sa main sur son épaule la fit à peine sursauter. A vrai dire, pour une fois, le contact lui paraissait… Réconfortant. Elle se redressa sur son impulsion, se releva péniblement, et se laissa rasseoir.

Dans le plus parfait silence. Elle avait échoué, et personne ne pourrait lui faire croire le contraire. Qu’elle soit trop dure avec elle-même était une possibilité, même si Jia Li avait bien du mal à y croire. Tandis que son compagnon préparait du thé, lui tournant le dos sans se rendre compte du soulagement qu’elle en ressentait, la moniale pinça les lèvres lorsqu’il lui remémora l’un de ses épisodes parmi les plus sombres. Elle s’en souvenait probablement trop parfaitement. Même si à l’époque, leurs relations étaient bien plus… Professionnelles que maintenant, elle avait senti son coeur sombrer en découvrant la scène.

« Ce n’était pas votre faute, murmura-t-elle automatiquement. »

Elle était sincère dans son affirmation. Ezio s’était simplement trouvé face à plus puissant et mieux préparé que lui. Cette nécromancienne avait fait l’oeuvre du mal, ce jour là. L’Italien avait fait de son mieux pour l’arrêter, mais qu’aurait-il pu faire seul ?

« Je suis supposée essayer de dépasser… Mes faiblesses. C’est ce à quoi je me suis entraînée toute ma vie, mais j’ai… Je n’ai pas su agir convenablement. Je l’ai blessé. Je l’ai sans doute détourné à jamais de sa foi. J’étais tellement en colère. Je ne suis jamais en colère.»

Dessinant machinalement des symboles familiers du bout du doigt sur la table toute proche, le regard dans le vide, Jia Li semblait distante. Pas parce qu’elle fuyait le prêtre, cette fois. C’était une façon plus aisée d’exposer sans se décomposer totalement. Si elle l’avait regardé, si elle avait laissé ses émotions s’exprimer, elle aurait fondu en sanglots.

« Sans doute autant contre moi que contre lui. Je me suis sentie trahie alors que ce n’était… Je n’aurais pas dû. Je l’ai laissé partir et maintenant, il peut continuer à travailler pour ce monstre. Les morts qu’il aura sur les mains seront aussi les miennes. Comment ai-je pu permettre ça, souffla-t-elle, désabusée. »

La trentenaire se tut un instant. Finalement, elle ajouta d’une voix tremblante :

« Il m’a dit qu’il avait plus de respect pour elle, pour l’Antéchrist, que pour moi et ce que je représentais. »

Même répétés, les mots faisaient toujours aussi mal. Jia Li releva soudain la tête et se confondit en excuses une fois de plus. Elle parlait dans le vide, alors qu’Ezio lui avait posé une question. Quelle idiote, se morigéna-t-elle intérieurement. Incapable de faire les choses les plus simples.

« Je ne sais pas qui elle était. Elle avait l’air tellement jeune mais… Touchée par l’Enfer. Je l’ai senti. Elle avait une cicatrice sur son oeil gauche, assez fine. Les yeux bleus. Très clairs, presque… Effrayants. Elle avait l’air de le connaître. Elle a dit quelque chose quand elle est arrivée… On ne touche pas à ce qui est nôtre, je crois. »

Jia Li retint un frisson. Qui que soit cette jeune femme, elle lui avait semblé… Dangereuse.
 
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Message posté : Mer 19 Fév 2020 - 15:06 Message
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Jia Li avait un don certain pour se rendre coupable de la plus petite bourde. Même lorsqu'elle ne l'était pas. Ezio lui offrit un sourire conciliant lorsqu'elle argua qu'il n'était pas responsable de ce qui lui était arrivé. Bien sûr que non et elle non plus. Mais elle refusait de le comprendre, il le voyait bien.

L'Italien attendit tout de même avant de répondre, lui laissant l'occasion de vider son sac, détournant son regard pour se concentrer sur la tasse vide posée à côté de la bouilloire qui sifflait. Elle avait besoin de se changer les idées et surtout, de ne pas se sentir jugée. Comme elle parlait encore, le prêtre finit par saisir la bouilloire et la retira de son socle afin de verser l'eau chaude dans la tasse où se trouvait un sachet de thé apporté par l'une des nonnes. Lorsqu'il revint auprès de son amie, elle terminait ses explications sur un frisson. Il posa la tasse devant elle avant de s'installer à nouveau sur la chaise qui lui faisait face, joignit ses mains, puis répondit enfin.

« Ce qui est nôtre ? Sans doute fait-elle partie du groupe dirigé par l'Antéchrist. Il est logique de penser qu'elle a décidé d'intervenir car vous étiez en train de remporter la bataille qui vous opposait à cet homme. » Il analysait les informations avec calme et tranquillité. « Ils se connaissent forcément s'ils servent la même créature. J'imagine qu'elle a dû s'inquiéter de ce qu'il pourrait nous dire si vous arriviez à le faire arrêter. »

Ce qui le poussait à songer qu'il avait sans doute déjà rencontré cette jeune femme. Les yeux clairs, la cicatrice, l'air très jeune... Ezio avait d'ores et déjà rencontré quelqu'un qui correspondait à cette description. La jeune femme s'était présentée dans l'église un beau jour, s'en était suivi une conversation aussi étrange qu'inquiétante, puis elle avait disparu. Il l'avait sentie touchée par l'Enfer, mais uniquement lorsqu'elle avait disparu, pas avant. Sans doute avait-il refusé de la croire mauvaise avant d'avoir compris à qui il avait réellement affaire ?

Ezio fronça légèrement les sourcils en réalisant tout cela, mais il repoussa ces pensées. L'affaire de Jia Li était plus importante. Il releva les yeux vers elle, songeant que si la jeune femme était intervenue, c'était peut-être parce qu'ils avaient quelque chose à tirer de cet homme. Mais vu la tournure des événements, ils ne pouvaient plus forcément compter sur son aide. Le prêtre essaya donc d'en apprendre davantage.

« Jia Li, vous ne devez pas accorder autant d'importance à ce que cet homme vous a dit. Vous me dites que vous étiez en colère, sans doute l'a-t-il senti et a-t-il éprouvé la même chose. Nous savons tous les deux que les mots dépassent la pensée lorsqu'on est habité par la colère. Surtout lorsqu'elle est dirigée vers quelqu'un. Il a dû vouloir vous faire mal et s'est douté que de tels mots vous toucheraient de plein fouet. »

Il n'était pas difficile de comprendre qu'elle serait forcément blessée par une telle comparaison, elle qui se dévouait corps et âme à la race humaine. Elle avait voulu l'aider et si cet homme avait un minimum de bonté, ce qui semblait être le cas d'après la religieuse, il avait dû se sentir honteux d'être pris en faute. Et il s'était défendu en la mordant pour se venger de ce sentiment qu'elle éveillait en lui.

« Vous êtes humaine mon amie. La colère est un sentiment humain, nous pouvons y être sujet. » Il lui offrit un sourire plein de compassion. « Le sentiment de trahison est logique vu ce que vous me décrivez, vous avez voulu faire votre possible pour le sauver de son sort alors que ce dernier était bien pire que ce qu'il a daigné vous dire. » Il inspira profondément. « Mais vous n'êtes pas responsable des morts qu'il pourra faire. Vous avez fait preuve de pitié envers un homme qui vous était amical. Vous avez agi avec votre cœur, c'est normal. Si vous ne le faisiez pas, c'est là qu'il faudrait vous poser des questions. Peut-être avez-vous sauvé bien des vies en retenant votre main ce soir-là, mais vous ne le saurez jamais. »

Si l'homme était aussi religieux qu'elle le disait, il ne pouvait pas tuer par simple plaisir, il devait donc le faire pour des raisons qu'il estimait bonnes. De là à penser que Jia Li avait sauvé des vies en épargnant la sienne – ou plutôt sa liberté – il n'y avait qu'un pas. Après un instant de silence, l'Italien reprit la parole d'un ton précautionneux.

« Vous connaissez son identité, n'est-ce pas ? Est-ce que... Est-ce que vous désirez contacter la police ? »

Et le dénoncer bien évidemment, elle pourrait donc régler ce qu'elle estimait être une erreur. Mais quelque chose lui disait qu'elle refuserait. Et il ne pouvait pas lui en vouloir, il ferait sans doute le même choix si les rôles étaient inversés.
 
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Message posté : Jeu 20 Fév 2020 - 10:27 Message
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Machinalement et avec un remerciement murmuré, Jia Li avait refermé ses mains sur la tasse, même si celle-ci était un peu trop chaude pour cela. Le mouvement familier la réconfortait. Le calme de l’Italien aussi, si elle devait être honnête. Elle se sentait aussi coupable de se reposer sur lui que de ces actions précédentes, mais d’un autre côté… D’un autre côté, elle savait qu’elle pouvait lui faire confiance, et discuter avec lui l’apaisait bien mieux que ne l’avait fait ses tentatives solitaires de se calmer.

« Peut-être. Vous avez certainement raison. Je me demande ce qu’elle était. Ça ne ressemblait pas à une possession. »

Son sabre aurait sans doute pu la blesser, mais il avait d’abord vocation à exorciser. Séparer ce qui était infernal de ce qui ne l’était pas dans la jeune femme aurait peut-être été jusqu’à la tuer.

Soupirant lourdement, Jia Li eut une moue attristée. Les propos d’Ezio étaient plus que censés. Mikhaïl avait eu l’air en colère, à raison sans doute. Mais elle se sentait blessée malgré tout. D’autant plus trahie aussi qu’il l’avait abandonnée à son sort. Elle ne s’était pas attendu à ce qu’il intervienne, pas après leurs échanges et leur combat, mais… Le voir partir sans se soucier qu’un chien infernal la déchiquète, après toute la compassion et la volonté de l’aide qu’elle avait démontrée par le passé, cela plus que le reste lui avait fait comprendre à quel point il la détestait.

« Il avait raison. Ça fait horriblement mal. D’être comparée à cette… Créature, rabaissée en dessous d’elle. Je ne suis pas vaniteuse, Ezio, je vous le promets, c’est simplement… Simplement intolérable. J’ai toujours tenté de faire passer l’intérêt d’autrui avant le mien, et je le fais avec joie, évidemment, mais tout ça… Tout ça me fait douter. D’être à la hauteur. »

Elle ferma les yeux, prit une gorgée hésitante de son thé, puis reposa la tasse.

« Mes parents, commença-t-elle doucement, mes parents étaient terriblement colériques. Leurs mots et leurs gestes pouvaient être… Terribles lorsqu’ils se laissaient emporter. Je me suis toujours jurée que je ne voulais pas suivre leur voie, même si j’étais un peu comme eux au départ. J’ai beaucoup travaillé pour juguler ma colère, puis à ne plus en ressentir. »

La moniale avait voulu être meilleure que ses géniteurs. Elle avait surtout refusé de blesser autrui sur un coup de tête. Et la veille au soir, elle avait sauté à pieds joints dans le piège qu’était la rage déraisonnable. Elle se sentait honteuse.

« Hier, j’ai trahi une partie de moi. J’ai honte, Ezio. Ce n’est pas seulement que s’il tue encore, je me sentirais responsable - que j’ai agi par compassion ne me suffit pas à me pardonner - c’est que je l’ai poussé à renier sa foi parce que j’étais en colère. Il s’est passé exactement ce que je craignais quand j’étais adolescente. J’ai laissé mes sentiments m’empêcher d’être raisonnable. »

Jia Li baissa la tête, retrouvant la silence. Elle savait où il vivait, qui il était. Elle savait ce qu’il lui restait à faire. Intellectuellement, cela coulait de source. Emotionnellement parlant…

« C’est mon devoir. De prévenir la police. Mais je n’ai pas pu m’y résoudre, murmura-t-elle, la gorge serrée. J’ai l’impression de trahir tout ce que je suis. Après le sermon que je vous ai servi la dernière fois… Je suis vraiment désolée, Ezio. Je ne crois pas que je peux. »

Pour la première fois, elle releva le regard, en quête d’un peu de soutien et de réconfort, plutôt que de le baisser. Les épaules basses, elle avait l’air un peu désespérée et perdue. Elle commençait seulement à se rendre compte qu’elle aurait dû partager les doutes, les cauchemars, et tout le reste avec Ezio des lustres auparavant. Il avait toujours été doux et patient avec elle, ouvert d’esprit. Mais, par peur de déranger, par timidité, à cause de sa réserve, elle n’avait jamais pu se décider. Elle l’appréciait mais avait continué à fuir toute amélioration de leur relation. Parce qu’avec le rapprochement venait la possibilité de se parler à coeur ouvert, de se soutenir, et que Jia Li n’avait plus fait cela depuis ses jeunes années. Afin de devenir la plus sage possible, elle avait petit à petit intériorisé tout ce qu’elle ressentait à l’extrême. Jusqu’à ce que cela déborde.
 
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Message posté : Jeu 20 Fév 2020 - 15:56 Message
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Ezio se doutait que les paroles de l'homme avaient dû blesser profondément la jeune femme. Elle était sensible sous sa force et chaque mot habilement dirigé faisait de gros dégâts. Une compassion sincère étreignit le quadragénaire qui resta malgré tout silencieux tandis qu'elle poursuivait ses explications, prenant parfois une longue pause avant de continuer d'un ton hésitant. Durant tout son discours, le prêtre la regarda d'un air sincèrement intéressé et lorsqu'elle daigna relever le regard vers lui, Ezio lui offrir un sourire plein de sincérité et de compassion. Il était content qu'elle accepte un peu de son aide, car il semblait évident qu'elle ne parviendrait pas à s'en sortir en se débrouillant seule. Ou plutôt en cherchant à le faire.

« Ne soyez pas désolée. Je comprends votre position. Souhaitez-vous que je me charge de prévenir la police ? Ou préférez-vous que nous en restions là ? Il sera toujours possible de le faire plus tard si vous changez d'avis. »

Ezio se rangerait à sa décision. Si elle refusait de dire qui était l'homme et ne souhaitait pas que quelqu'un prévienne la police, il ne le ferait pas. Lui-même avait déjà laissé des assassins en liberté, notamment après avoir compris qu'ils avaient davantage aidé la société en agissant ainsi. En fin de compte, lui-même était dans ce cas, même s'il ôtait des vies au nom du Seigneur et non pour de l'argent. Le prêtre resta silencieux quelques instants avant de reprendre.

« Vous n'avez trahi personne Jia Li. Je comprends que la colère vous répugne, mais ce n'est pas parce que vous vous êtes mise en colère et que vous avez eu des mots durs que vous êtes comme vos parents. Ce n'est pas parce que vous vous battez que vous êtes comme ces combattants des rues, n'est-ce pas ? » Il esquissa un léger sourire. « Votre colère était légitime. Vous avez compris que cet homme avait abusé de votre gentillesse, qu'il a cherché à vous rouler pour s'en tirer, n'importe qui aurait été en colère. Vous avez pensé à ce qui aurait pu arriver si vous l'aviez aidé davantage. »

Il n'était pas au courant de tous les détails, mais avait compris l'essentiel, du moins le pensait-il. Une chose était certaine : son amie n'était pas une femme colérique, par conséquent, si elle s'était énervée, c'était pour une « bonne » raison. Il n'y avait pas le moindre doute là-dessus.

« Je veux que vous compreniez que les mots qu'il a pu prononcer n'étaient absolument pas justifiés. Il a été pris en faute, il vous a dénigrée autant qu'il l'a pu pour se donner bonne conscience, voilà tout. Si vous vous laissez convaincre par ses mots, il aura gagné, il aura réussi à vous ébranler et à servir le Mal en affaiblissant l'un des meilleurs soldats du Bien, voilà tout. » Un léger soupir lui échappa. « Je ne pense pas que vous vous soyez trompée sur lui cela dit. Il a sans doute été bon comme vous l'avez pensé, mais il s'est enfoncé trop loin. Le Mal l'a souillé et l'empêche de revenir vers la lumière. Vous avez vu ces restes de bonté qui subsistaient. Mais rien n'aurait pu les sauver je le crains. Il y a fort à parier qu'ils se sont liés plus étroitement que nous ne l'avions soupçonné. »

Ils avaient déjà parlé de cela. Le Diable savait séduire comme personne. Cet homme s'était sans doute laissé charmer par les atouts de sa fille et la simple idée de la trahir lui devenait insupportable. Peut-être même que cette dernière avait parlé à travers sa bouche ? Si elle possédait son âme, c'était une possibilité. Ezio eut un nouveau sourire réconfortant à l'égard de son amie.

« Parler de vos doutes est une bonne chose mon amie. Ce n'est pas un signe de faiblesse que de douter, au contraire. Ce sont ces épreuves qui nous permettent de renforcer notre foi et notre assurance. Il faut simplement apprendre à ne pas se laisser abattre par les échecs, mais à grandir avec eux. Et je suis là pour vous soutenir si vous le souhaitez. »

Il ne lui imposerait jamais sa présence, ni même son aide, c'était à elle de décider ce qu'elle souhaitait faire et surtout avec qui elle le désirait.
 
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Message posté : Jeu 20 Fév 2020 - 21:47 Message
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Le sourire d’Ezio fit cette fois du bien à cette chère Jia Li. Un peu rassurée, elle osa même lui répondre de même, quoique avec une hésitation perceptible et sans que le coeur n’y soit parfaitement. La situation lui paraissait peu naturelle, et en même temps, ses émotions tumulteuses à l’heure actuelle cherchaient désespérément une échappatoire. A force de parler, la trentenaire allait finir par éclater en sanglots à un moment ou à un autre. En l’occurrence, elle prit surtout son courage à demain pour adresser une dénégation dont elle se sentait honteuse à son compagnon :

« Non. Je… je vais y réfléchir. Si je décide de le faire, je dois le faire moi-même. »

Elle ne reporterait ni ses devoirs, ni l’échec sur les épaules d’autrui, et surtout pas celles d’un homme qu’elle estimait plus qu’il ne l’imaginait sans doute.

« Je me suis trahie moi même, asséna-t-elle, rougissant violemment lorsqu’elle réalisa qu’elle avait même coupé la parole à Ezio. Excusez moi, ajouta la Chinoise avec précipitation. »

Tant de précipitation que les mots avaient semblé fusionner. Elle comprenait la justesse des arguments du prêtre sans y adhérer tout à fait. C’était d’autant plus malheureux qu’elle aurait poussé n’importe qui à ne pas se flageller à cause de ses erreurs. Seul celui qui ne vivait pas n’échouait jamais, après tout. Rater quelque chose, c’était bâtir la réussite du lendemain. Mais elle-même se jugeait toujours si durement, à l’aune de critères quasiment inhumains, qu’elle n’arrivait pas à s’adresser une quelconque bienveillance.

« Peut-être avez vous raison. Vous avez certainement raison. Vous êtes quelqu’un de bien plus sage et avisé que moi à bien des niveaux. Je suis certaine qu’il y a du bon… Qu’il y a eu du bon en lui. Peut-être même qu’il y en a toujours. Il protège des gens par ses actions, de ce que j’ai pu comprendre. Sans doute ses proches. Mais ça n’excuse rien. Est-ce de l’intolérance de considérer que vouloir sauver à n’importe quel prix n’a pas de sens ? »

Si on l’avait mise dans ce genre de situations, Jia Li aurait eu un mal fou à savoir comment agir. Elle avait réfléchi. Les mauvaises actions pour de bonnes raisons restaient mauvaises. Si elle devait tuer une fois pour protéger cent autres personnes, peut-être le ferait-elle. Mais elle n’accepterait jamais, ô grand jamais, d’avoir pu s’y résoudre. Dans les faits, ce genre de dilemme ne laissait de toute façon que la culpabilité derrière lui.

« Je crois que j’ai… Donné le dernier coup qui l’aura poussé au bord du précipice, au lieu de lui tendre la main pour l’en sortir, soupira profondément Jia Li. Je n’ai jamais voulu ça. Je n’ai jamais voulu ça. »

La moniale reprit un peu de thé, expira un soupir un peu tremblotant, les yeux de nouveau humides de larmes difficilement contenues.

« J’ai besoin de votre soutien. Je m’excuse de me reposer ainsi sur vous mais depuis hier, depuis que je me suis réveillée et que j’ai compris que je n’étais malheu… Que je n’étais pas morte, je ne peux que me dire que j’ai besoin de vous parler, à vous. »

Jia Li rougit de plus belle, espérant que ses mots ne comportaient pas la moindre ambiguité.

« Mais c’est simplement… Simplement parce que j’ai confiance en vous, que je vous connais de mieux en mieux, enfin, vous voyez, il n’y a pas de… Je ne… »

Elle retomba dans le silence, consternée.
 
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Message posté : Jeu 20 Fév 2020 - 22:56 Message
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Ezio ne répondit pas lorsqu'elle décida de se débrouiller seule pour ce qui était de l'arrestation de l'homme, il hocha simplement la tête et le sujet fut clos. Lorsqu'elle s'excusa une nouvelle fois, Ezio posa un regard conciliant, mais destiné à lui faire comprendre qu'elle n'avait aucune raison de s'excuser. C'était maladif chez elle. Patient, le quadragénaire observa un nouveau silence alors que son amie déversait tout ce qu'elle avait gardé sur le cœur durant tout ce temps et il était bien content qu'elle s'en sente capable. Peut-être était-ce le signe qu'elle se sentait suffisamment « son amie » pour le faire ? Il l'espérait.

Le quadragénaire ne sortit de son silence que lorsqu'elle commença à s'empêtrer, cherchant vainement comment en sortir. C'était comme de la voir se débattre dans des sables mouvants en vérité. Volant à son secours, l'Italien esquissa un sourire à la fois amusé et rassurant.

« Oui, je vois. C'est ce qu'on appelle « amitié » en général et je suis content que vous me considériez comme cela. C'est réciproque. Pouvoir vous aider en vous écoutant et en vous parlant me fait grandement plaisir. »

C'était sincère, il espérait qu'elle le comprendrait et, par la même occasion, qu'elle comprendrait aussi qu'elle n'était pas qu'un nom ou qu'un numéro, mais une véritable amie. Ils avaient leurs désaccords bien évidemment, mais ça existait dans toutes les amitiés, non ? Le prêtre recula pour s'appuyer au dossier de sa chaise, puis reprit la parole pour revenir sur ce qu'elle avait dit précédemment.

« Je crois qu'il y a deux possibilités qui s'offrent à vous Jia Li. La première, c'est de tirer un trait sur cet homme, de vivre avec la culpabilité et le regret de l'avoir poussé dans ce gouffre. Même si ce n'est pas le cas, je sais que vous ne vous sortirez pas cette idée de la tête. » Elle avait une tendance à l'auto-flagellation. « L'autre solution, c'est de prendre le problème à bras-le-corps et d'essayer de le retrouver pour tirer cette affaire au clair. Quitte à faire ce que vous vous êtes refusé à faire l'autre soir. » Il soupira profondément. « Je ne trouve pas que vous soyez intolérante. Nous avons déjà eu cette discussion sur la nécessité de tuer. Et je peux vous dire que si j'avais été à votre place, j'aurais eu la même hésitation. Je ne pense pas que cet individu soit mauvais, mais il est sans aucun doute influençable et s'il s'entoura davantage de personnes mauvaises, il sombrera. Il ne reste qu'à voir si vous souhaitez peser dans la balance ou non. »

Il ne savait pas si son discours lui serait d'une grande aide, mais c'était ce qu'il pensait. Et Ezio était bien évidemment prêt à l'aider si elle le souhaitait ! Après tout, ils formaient une équipe, ils étaient amis et cet homme était apparemment lié à l'Antéchrist. De quoi faire une piste intéressante pour l'Italien.

« Je crois avoir déjà rencontré la jeune fille dont vous avez parlé. Une demoiselle similaire est un jour entrée dans l'église. Elle était très hostile au Seigneur et à son culte, mais elle n'a pas été dérangée par les protections de l'église, alors elle n'est pas possédée comme vous l'avez suggéré. Nous pourrions enquêter de ce côté-là si vous le souhaitez. Aussi bien pour tenter de sauver cet homme que pour finir ce que vous avez débuté. »

Ce sera à elle de choisir ce qu'elle souhaitait réserver comme sort à cet homme. La prison et la fin de ses méfaits, ou lui tendre une nouvelle fois la main pour lui permettre de reprendre le bon chemin ? Lui-même ne trancherait pas, Jia Li était trop concernée pour qu'il lui fasse un tel affront.

« Quoi qu'il en soit, je vous répète une dernière fois : cessez de vous excuser pour être venue me parler. Je suis votre ami, votre collègue et quelqu'un qui comprend ce que vous vivez. Je me sentirais navré que vous ne soyez pas venue me voir. Rien ne me fait plus plaisir que de voir la confiance que vous m'accordez. C'est plutôt à moi de vous remercier. »

Et il était parfaitement sincère, elle le comprendrait aussitôt. Bien sûr, il avait relevé son hésitation, comprit qu'elle regrettait de ne pas être morte, mais quelque chose lui disait qu'elle ne voudrait pas forcément en parler immédiatement. Il gardait toutefois ce détail – important – dans un coin de son esprit pour le remettre sur le tapis s'il sentait que le bon moment était arrivé.
 
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Message posté : Ven 21 Fév 2020 - 12:58 Message
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Considérait-elle Ezio comme un ami ? Probablement. Jia Li avait eu des personnes dont elle se sentait plus proche au fil des ans, dans le monastère où elle avait fait sa formation comme ici, au temple. Néanmoins, elle n’avait jamais laissé personne l’approcher réellement. Maladivement timide, elle pouvait apparaître froide et distante involontairement, si bien que la plupart des gens abandonnaient rapidement. Elle-même, plutôt solitaire par essence, ne recherchait pas particulièrement la compagnie de ses semblables.

Aussi n’avait-elle personne à appeler un ami, dans son passé ou son présent. C’était quelque chose de nouveau pour elle, un peu effrayant aussi mais dans lequel elle trouvait un réconfort certain.

« Je ne sais comment vous remercier, balbutia-t-elle finalement. »

Elle avait encore quelques petites choses à apprendre et comprendre concernant la notion d’amitié, certes.

Attentive et tentant de ravaler son émotion assez vainement, Jia Li écouta attentivement et sans souffler mot les propositions apportées par Ezio concernant Mikhaïl. La possibilité de lui reparler déclenchait chez elle des sentiments mitigés. Elle n’avait pas envie de rester passive et elle savait que si elle ne faisait rien, elle regretterait toute sa vie d’avoir manquer à son devoir et trahit les valeurs auxquelles elle croyait. Le Slave rejoindrait probablement les causes de ses insomnies qui la gardaient éveillée, parfois jusqu’au petit matin. Mais Jia Li était effrayée. Combien de coups pourrait encaisser son ego fragile et sa confiance en elle virtuellement inexistante ? Perdue dans ses pensées, elle ne réalisa qu’à moitié qu’elle avait recommencé à pleurer dans le plus grand des silences, jusqu’à qu’une larme ne goutte sur sa main. Un énième “désolée” franchit aussitôt ses lèvres.

« Je ne sais plus si j’ai le courage… D’encaisser plus. Parfois, je me sens usée par cette existence, comme si… Je portais une charge trop lourde pour moi. Je n’ai pas votre assurance, Ezio. »

C’était un constat établi sans la moindre amertume, bien que sa voix vacille occasionnellement.

« Je ne suis même pas certaine qu’il accepte de m’écouter une seule seconde après hier. »

La moniale soupira, espérant sincèrement qu’elle n’avait pas gâché toutes ses chances. Si elle s’y résolvait, Ezio avait raison : elle ne pouvait pas s’arrêter là et baisser les bras. Ce qui les amena à la question de la jeune femme et son lien avec l’Enfer.

« La jeune fille. Je crois qu’elle a rappelé son chien. Je ne vois pas d’autres explications au fait qu’il m’a laissée en vie. Nous pourrions peut-être la retrouver. J’ai l’impression de tomber sur des envoyés du mal de plus en plus souvent, dans cette ville. »

La sensation lui laissait une impression de malaise instinctif, comme si chaque rencontre de ce type avait été un aveu d’un échec sans cesse répété.

« Vous êtes bien trop bon avec moi, Ezio. J’ai de la chance de pouvoir compter sur vous, ajouta-t-elle avec un petit sourire. »

Autant à destination d’Ezio que parce qu’elle en ressentait sincèrement l’envie, pour une fois.
 
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Message posté : Ven 21 Fév 2020 - 21:07 Message
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Voir Jia Li pleurer était compliqué. Ezio avait envie de la rassurer, de la consoler aussi bien évidemment, mais il savait que toutes ses tentatives seraient vouées à l'échec. La jeune femme était bien trop dure avec elle-même et elle devait apprendre à se laisser un peu plus de marge et à lâcher du leste avant qu'ils ne puissent faire quoi que ce soit pour alléger ses peines. C'était une martyre, même si elle ne se rendait compte de rien et la Chinoise était bien plus digne de figurer parmi les plus dévoués que lui-même, contrairement à ce qu'elle semblait penser.

Il resta silencieux tandis qu'elle lui expliquait ne pas être certaine de pouvoir à nouveau faire face à cet homme, se rabaissant encore. Comme toujours. Il patienta jusqu'à ce qu'elle termine de parler, esquissant un sourire qui fit chaud au cœur du prêtre. Peut-être que cette discussion allait servir à quelque chose finalement ?

« Bien sûr que non, c'est le comportement naturel d'un ami et vous auriez fait la même chose si les rôles avaient été inversés. »

Il parlait avec assurance et cela même s'ils n'étaient pas amis depuis longtemps. Jia Li avait toujours maintenu une certaine distance entre eux, mais Ezio espérait que cet échange représenterait une sorte de palier qu'ils venaient de franchir et qui permettrait à la moniale de comprendre qu'elle n'était pas seule. Il y avait une différence entre « savoir » et « comprendre » après tout.

« Star City est sous la coupe de l'Antéchrist, nous en avons désormais la confirmation. Je suis certain que cette jeune femme lui est liée, nous pourrions en apprendre davantage en la retrouvant, mais ce faisant, nous risquons aussi d'attirer son attention sur nous. C'est à double tranchant. » Il soupira légèrement, entrelaçant ses doigts alors qu'il joignait ses mains entre elles. « Vous avez Jia Li, vous êtes vraiment trop dure avec vous-même. Vous avez bien plus de force et d'assurance que vous ne semblez le penser. Mais, je vous rappelle aussi que vous n'êtes pas seule. Les amis et les alliés sont là pour vous aider. Si vous le souhaitez, je pourrai vous accompagner à une rencontre avec cet homme. Rester à vos côtés, ou attendre à distance et veiller que tout se passera bien. Après tout, s'il a des alliés pour assurer ses arrières, vous le pouvez aussi. »

Ses prunelles claires détaillèrent celles de la jeune femme. Très sincèrement il ignorait si elle devait ou non revoir cet homme. S'il avait sombré, il était évident qu'il n'en valait pas la peine et qu'Ezio le passerait sans doute au fil de sa lance un de ces soirs. Mais sinon... Qui plus est, le prêtre était certain que cet « échec » allait hanter la jeune femme pendant des années si elle ne faisait rien pour le gommer ou pour l'oublier. Il était donc préférable qu'elle tente le coup, même si le prêtre pouvait parfaitement comprendre ses réticences. Une chose était certaine : il ne lui forcerait jamais la main.

« Vous êtes seule juge et vous avez le temps de vous décider. Réfléchissez à tout cela, pesez le pour et le contre et choisissez ce qui est bon pour vous et pour cet homme. Mais principalement pour vous. » Même s'il savait qu'elle ne le ferait pas. « Une dernière chose Jia Li. » Il la regarda avec sérieux. « Vous devriez vous accorder des moments pour vous. Des moments pour vous changer les idées. Je sais que c'est difficile et que vous refusez l'idée de perdre votre temps, mais voyez cela comme un investissement. En étant plus équilibrée dans votre vie et en vous offrant des moments de tranquillité ou de plaisir personnel, c'est ainsi que vous gagnerez en assurance. Croyez-moi sur parole. »

Il ne s'agissait ni d'un cours, ni d'un ordre, mais simplement d'un conseil d'ami. Elle serait la seule à pouvoir décider de ce qu'elle ferait.
 
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Message posté : Ven 21 Fév 2020 - 22:55 Message
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Complètement inconsciente des pensées et inquiétudes d’Ezio, Jia Li était concentrée sur le fait que, oui, elle aurait fait la même chose, mais que c’était très certainement différent car le prêtre le méritait. Lui. Par opposition à elle. Difficile de nier, en l’état, une forte tendance à l’auto-flagellation. Sous la force qu’elle présentait aux autres lorsqu’elle était Karma, la moniale dissimulait un océan de fragilité.

Elle se retint de le remercier malgré tout une fois de plus. C’était un réel effort sur elle-même, mais il fallait bien qu’elle commence quelque part, non ? La Chinoise préféra se concentrer sur des sujets moins… Sensibles. Encore que la présence de l’Antéchrist à Star City n’avait rien de gai ou de léger.

« Je suis ici pour vous assister avant toute chose. Si vous préférez vous abstenir, je suivrais, évidemment. »

Jia Li n’avait jamais travaillé seule ou que ce soit, depuis qu’elle avait rejoint l’Opus Dei. Elle était l’éternel renfort, en partie parce qu’elle était d’une foi étrangère, en partie parce qu’elle n’avait jamais eu l’âme d’une leader et n’en voulait pas. Elle préférait amplement prêter ses capacités et sa force de combat à autrui.

« Je crois que… Je crois qu’à un moment ou à un autre, j’aurais besoin de régler la question. J’ai juste peur de m’effondrer pour de bon. »

Après tout, les récents évènements l’avaient suffisamment atteinte pour qu’au moment de perdre connaissance, elle soit soulagée. Parce qu’elle s’était dit qu’elle périrait une bonne fois pour toute. La moniale, outre la peur de l’échec, ne se faisait pas confiance. Pas dans ce cas précis.

« Peut-être que vous avoir avec moi m’aiderait … ? »

Et cela lui éviterait les mauvaises surprises telles que la visite d’un chien infernal ou d’un nouvel allié aussi providentiel pour Mikhaïl que dangereux pour elle. S’il fallait en arriver là, la Chinoise bénéficierait à n’en pas douter du soutien d’un allié. Au moins savait-elle à quoi songer lors de ses prochains temps de réflexion. Parlant de quoi… La proposition, non, plutôt le conseil d’Ezio la laissa profondément perplexe. A tous points de vue. Jia Li aimait sa vie au temple et s’y consacrait jour et nuit, ne la quittant que pour revêtir ses atours de Karma et combattre. Elle cuisinait, cultivait, étudiait, par plaisir. Très sincèrement. Evidemment, elle ne se rendait pas compte qu’à partir du moment où ces tâches faisaient partie de ses rôles, cela n’était pas de la détente pour de bon. Pas à cent pour cent, du moins.

« Je ne… Je ne suis pas sûre de comprendre ce que vous dites. Lorsque je médite, ou que je cuisine, ou… Je m’accorde déjà ces instants, non ? J’aime mon quotidien, vous savez. »
 
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Message posté : Sam 22 Fév 2020 - 20:29 Message
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« Non, je pense qu'il faut intervenir. Et ne pensez pas que vous êtes ici simplement pour m'assister. Nous sommes sur un pied d'égalité, vous pouvez prendre des décisions vous aussi. »

Il était sincère. Le prêtre était habitué à travailler seul, mais il devait avouer qu'il appréciait d'avoir une amie et collègue à ses côtés. Toutefois, si jamais Jia Li décidait de mener une enquête toute seule et lui présentait ensuite les résultats en lui disant qu'elle avait besoin qu'il fasse telle ou telle chose, le quadragénaire s'exécuterait aussitôt. Obéir ne le gênait pas, surtout qu'il le faisait puisqu'il obéissait aux ordres de ses supérieurs – même s'il les rencontrait rarement. Bien évidemment, l'Italien savait que ce n'était pas dans la nature de la Chinoise que de prendre des décisions sans lui en référer avant, mais cela ne l'empêchait pas de l'y encourager. Peut-être qu'un jour, sa vision des choses changerait et qu'elle déciderait de modifier son mode de fonctionnement... Pas qu'il soit mauvais, bien au contraire. C'est juste qu'elle méritait elle aussi de prendre des décisions.

Comme Jia Li répondait au sujet de l'homme responsable de son état actuel, Ezio hocha gravement la tête. Il le pensait aussi : elle allait forcément devoir régler la question un jour ou l'autre. Battre le fer tant qu'il était chaud lui semblait plus prudent, mais il savait aussi que la demoiselle devait faire attention à elle. Elle était plus fragile que jamais après cette « défaite ». Il lui offrit donc un sourire sincère.

« Je viendrai avec vous dans ce cas. Vous n'aurez qu'à me dire lorsque vous voudrez vous lancer et je viendrai pour vous soutenir. Je resterai en arrière si vous le souhaitez, mais j'interviendrai au moindre signe d'hostilité de cet homme. Ou de qui que ce soit d'autre. »

Hostilité physique comme verbale. Ezio ne comptait pas laisser cet homme détruire son amie, surtout parce qu'il savait à quel point elle se sous-estimait. Il n'était pas tellement étonné qu'elle se soit laissée aussi durement touchée par des mots lancés lors d'une dispute : sa confiance en elle était quasiment inexistante, il suffisait simplement de la dénigrer pour qu'elle y croit dur comme fer.

Cet état de fait chagrinait beaucoup le prêtre qui savait que son amie méritait bien mieux. Il aurait parfois aimé la mettre en contact avec « les bonnes personnes » pour qu'elle apprenne à sortir un peu de sa coquille, mais il ne savait pas s'il le pouvait vraiment. Détruire l'amitié naissante qu'ils partageaient n'était vraiment pas au programme. Alors, il attendait, espérant que l'illumination finirait par venir un jour ou l'autre.

En attendant, Jia Li ne comprenait apparemment pas ce que son collègue voulait dire en parlant de s'accorder du temps. Il lui offrit un sourire compatissant.

« Mais je n'en doute pas. Moi aussi j'aime mon rôle, tout comme j'apprécie tout ce que je fais pour les fidèles de l'église à côté. Mais ce n'est pas réellement... Des moments à moi. Parfois, j'ai besoin de couper avec tout ce monde de religion et de combat, alors je vais me promener en forêt, je pense à d'autres choses. » Il haussa les épaules. « La méditation vous fait du bien, mais elle fait partie de votre métier de religieuse ou encore de votre entraînement. Vous ne coupez pas réellement avec ce qui vous accapare en permanence. Vous avez besoin... D'un changement de temps en temps. » Il marqua une pause. « Vous n'êtes pas obligée d'aller à Las Vegas jouer au casino, mais vous pouvez par exemple vous rendre à un concert, au cirque, ou encore aller voir des animaux au zoo, que sais-je. L'essentiel, c'est de vous offrir des moments sans aucun lien avec vos autres occupations. »

Mais il ne savait pas si elle s'en sentirait capable ou si elle allait encore décréter qu'elle n'était bonne qu'à faire ce pour quoi elle avait été formée.
 
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Message posté : Sam 22 Fév 2020 - 23:14 Message
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Qu’elle le puisse ne signifiait pas qu’elle le désirait. Jia Li eut un petit sourire malgré ses airs toujours… Un peu défaits, accentués par son oeil au beurre noir.

« Je préfère suivre que décider, vous le savez. Je me sens plus… A ma place. »

La moniale finit machinalement son thé tout en réfléchissant. Elle avait acquiescé et murmuré des remerciements - pas très étonnant - quand Ezio avait réitéré sa décision de l’accompagner. Elle en était réconfortée, un tout petit peu moins paniquée et plus confiante en l’avenir. A peine, mais ce petit rien du tout était un progrès immense, pour elle.

« Vous savoir avec moi aidera beaucoup », affirma Jia Li après une courte hésitation.

Malgré la fermeté de ses propos, elle ne put s’empêcher de rougir. Elle avait l’impression de faire montre d’un peu trop de confiance en parlant comme cela. Les seules occasions où elle s’y laissait aller sans y repenser à deux fois, c’était lorsqu’elle était en mission, que ce soit pour la Légion des Etoiles ou l’Opus Dei par ailleurs. Ou dans ses rôles officiels de moniale. En fait, la Chinoise, dans une situation où elle savait pertinemment être compétente et fiable, renouait avec un semblant de confiance en elle.

Malheureusement, après l’épisode de la veille avec Mikhaïl, ces exceptions risquaient de ne plus avoir lieu d’être, ou au moins pas immédiatement ou en toutes circonstances. Elle tenta de ne pas y penser, essayant plutôt de comprendre ce que lui expliquait son ami et collègue. C’était assez compliqué pour elle, à vrai dire. Prendre du temps pour elle. Depuis quand ne l’avait-elle pas vraiment fait ? Quand en avait-elle seulement eu l’idée pour la dernière fois ? Cela lui semblait remonter à une éternité, peut-être même une autre vie. Tant et si bien qu’elle n’aurait probablement pas su quoi faire si on l’avait forcée à prendre du temps libre. Se sentant quelque peu stupide, ce fut d’ailleurs ce qu’elle rétorqua d’un air intrigué, pour le bénéfice du prêtre.

« Je ne… Enfin, je comprends l’idée, je crois, mais je ne… Je ne saurais même pas quoi faire, avoua-t-elle d’une toute petite voix, gênée. Je n’ai pas pour habitude de me détacher de cela. Je suis… Je n’aime pas vraiment m’éloigner de mes charges. »

Jia Li n’aurait pas voulu partir alors qu’il s’avérait qu’on avait urgemment besoin d’elle. Qui savait ce qui pouvait advenir en ne serait-ce qu’une heure de temps.

« Tout ce que je sais faire, tout ce que j’aime faire, est lié à ma vie actuelle. »

Voilà que la moniale fixait Ezio d’un air à mi chemin entre la perplexité et le doute. Peut-être avait-il raison, encore une fois ? Mais elle ne savait pas l’envisager.
 
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