Ta maison est ma maison - PV Frida  Bouton_vote_off
AccueilFAQRechercherMembresGroupesS'enregistrerConnexion

Ta maison est ma maison - PV Frida  Categorie_1Ta maison est ma maison - PV Frida  Categorie_2_bisTa maison est ma maison - PV Frida  Categorie_3
 

Ta maison est ma maison - PV Frida

 
Message posté : Sam 15 Juin 2019 - 18:14 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

Invité
Invité

Anonymous
Invité

Invité
Personnage
Joueur
Charlie avait passé l’après-midi, assise en tailleur, à la sortie d’une station de métro relativement fréquentée, plus occupée à griffonner dans ses précieux carnets –et à garder un œil sur son gobelet, qu’à interpeler les passants, qui, fidèles à eux même passaient devant elle sans la voir ou en feignant de ne pas la voir.

Quelques-uns s’arrêtèrent quand même pour lui donner une pièce et une jeune femme aux cheveux turquoise lui souhaita même « bon courage » avec un sourire timide, qu’elle lui rendit de bon cœur.

Ce n’était pas forcément la meilleure façon de faire la manche, mais elle n’était pas d’humeur à regarder simplement les gens passer avec un air de chien battu et rien dans les environs ne sollicitait vraiment l’intérêt des amis qu’elle avait en commun avec Ray.

Ray qu’elle devait retrouver après son service, soit bien après la tombée de la nuit. Elle aurait donc pu rester encore un peu, sauf qu’elle n’en avait plus envie. Un rapide coup d’œil vers ses gains du jour lui indiquèrent par ailleurs qu’elle avait assez pour manger ce soir –ce qui ne serait pas nécessaire, vue que Ray devait amener de quoi manger pour deux, mais aussi pour le lendemain matin. C’était plus qu’il lui en fallait. Charlie leva donc le camp, fourra pêle-mêle toutes les affaires qu’elle avait sorties dans son sac et quitta l’entrée de la station pour s’enfoncer dans ses boyaux. Elle décida ensuite, sur une impulsion, de se rendre au sanctuaire du culte de l’Aube et emprunta rapidement la ligne adéquate pour se faire.

Comme elle ne connaissait pas encore Sœur Frida très bien, elle ne savait pas trop si elle aurait dû prévenir avant. Peut-être que oui. C’eut été sans-doute mieux, ne serait-ce que pour s’assurer qu’elle soit bien là, mais ce n’était pas vraiment le genre de Charlie.

Elle savait le faire quand elle y était obligée, mais s’en passait aussi la plupart du temps allant et venant simplement dans la vie des autres aux grés de ses envies, sans forcément se soucier de ce qu’ils en pensaient.

Il lui semblait par ailleurs qu’elle n’avait pas forcement beaucoup de soucis à se faire de ce côté. Après tout, Sœur Frida lui avait déjà dit qu’elle serait la bienvenue là-bas si elle le voulait et quand elle le voulait. Elle ne risquait donc rien.

Elle sentait par ailleurs qu’elle avait besoin de parler. Depuis son réveil, certaines idées, principalement liées aux rêves qu'elle avait fait pendant sa convalescence la préoccupaient beaucoup, sans qu'elle n'ait réellement eu l'occasion d'en parler à qui que ce soit. Elle n’était pas encore sûre d’oser le faire dès à présent, parce qu'elle n’était pas sûre de savoir quoi penser de tout cela et aurait préféré se faire sa propre idée avant d'aborder le sujet avec un tiers. Et dans le même temps ... cela faisait un moment maintenant qu'elle ruminait tout ça sans rien en faire. Il était donc peut-être temps qu'elle cherche à avancer en se tournant vers l'extérieur. Et, sait-on jamais, peut-être qu’une occasion se présenterait aujourd'hui ? Charlie sourit à cette idée tout en voyant se dessiner la silhouette de l’ancien couvent devant elle.

Elle ne tarda ensuite pas à gravir les quelques marches qui conduisaient à l’intérieur du sanctuaire, rabaissa sa capuche, puis se renseigna sur l’endroit où elle pouvait trouver « Mère Frida ».

Elle se rappela ensuite qu’ils devaient éteindre leurs portables en passant devant l’encart sur lequel les règles du lieu étaient affichées, fit le nécessaire en ce sens puis se dirigea vers la pièce qu’on lui avait indiqué.

Une fois arrivée au lieu-dit, elle passa par ailleurs une petite timide par l’entrebâillement de la porte.

- Bonjour, *Bonsoir ?* passée une certaine heure, elle ne savait jamais lequel choisir, j’espère que je ne dérange pas, dit-elle ensuite en franchissant la porte d’un pas peut-être encore hésitant.

Elle ponctua toutefois sa phrase avec un petit sourire, avant d’enchaîner.

- J’étais dans le quartier et…, elle haussa légèrement les épaules, je me suis dit que je pourrais peut-être passer. Pour une petite conversation ou quelque chose dans ce genre.

Sa mise était par ailleurs très semblable à ce qu’elle était d’habitude : elle portait principalement des couleurs sombres, avec un côté grunge qui ne venait que renforcer ses airs d’ado un peu paumée et n’avait rien de découvert hormis ses mains et son visage et ce même si le thermomètre affichait les vingt degrés à l’ombre.
 
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Dim 16 Juin 2019 - 19:01 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

Invité
Invité

Anonymous
Invité

Invité
Personnage
Joueur
Une journée plutôt chaude aujourd'hui, heureusement le sanctuaire était toujours plongé dans une certaine obscurité (hormis le jardin) et fait de pierres, ainsi la fraîcheur était toujours plus ou moins présente et c'était au mieux pour Frida qui portait toujours des vêtements assez amples la couvrant beaucoup. Elle devait aller chercher quelques vivres avec le frère Paul aujourd'hui et les distribuer aux miséreux ce soir, mais avec cette chaleur elle avait demandé à la sœur Lucie de la remplacer. Cette dernière avait gentiment accepté bien entendu.

Finalement, elle avait passé la majeure partie de la journée dans sa chambre à écrire, armée de feuilles cartonnées d'une ardoise et d'un stylet. C'était un peu compliqué de devoir d'abord écrire en braille pour ensuite faire ré-écrire de manière classique par quelqu'un, mais cela devait être fait un jour ou l'autre. Le culte était ridiculement petit donc elle pouvait (et même devait) se permettre de répéter ces dires de les transmettre directement, mais si elle voulait un jour qu'il grandisse de manière significative, il fallait qu'elle écrive tout ce qui concernait sa croyance sur papier.

Comme une bible ? Pas réellement, elle ne voyait pas son culte comme quelque chose de sacré ou divin, après tout les Ombres Primordiale était l'entité de la création de toutes choses, pas quelque chose de spécialement réfléchi qui attendait des prières. Enfin, elles avaient un représentant direct en la personne qui dirigeait le SHADOW, mais c'était tout. Bien sûr, elle ne pouvait pas empêcher les gens de vouloir vénérer ou prier les Ombres, mais ce n'était pas le but du sanctuaire et du culte.

Passée une certaine heure Frida releva la tête de son travail, elle avait besoin de faire une pause, écrire en braille n'était pas facile et assez fastidieux aussi. Elle se releva donc de son bureau et sortie de sa chambre pour aller à la salle à manger, elle ne cracherait pas sur un bon thé pour se revigorer, peut-être même qu'elle pourrait grignoter quelque chose, il devait certainement rester des fruits. Sœur Lucie était dans la salle d'ailleurs, les deux femmes parlèrent un petit moment avant que Lucie ne prenne ses affaires pour rejoindre frère Paul et commencer leur travail du début de soirée, le sanctuaire allait donc être vide pour les prochaines heures. A moins qu'un curieux ne vienne ou un fidèle, mais elle n'y croyait pas trop.

Peu de temps après le départ de Lucie, Frida sentit quelqu'un approcher et bientôt une voix s'éleva, Soeur Amélia était là, ou Charlie cela dépendait des fois. Lucie lui aura certainement dit ou trouver Frida avant de partir, tant mieux. Un doux sourire s'afficha sur le visage de la matriarche de l'endroit, elle finie de se servir son thé, puis se tourna vers la jeune femme.


Soeur Amélia. Bien sûr que tu ne gênes pas, tu as bien fait de passer cela me fait toujours plaisir. Veux-tu du thé, du café ? Ou autre chose ?

D'un simple geste de la main, ample et doux elle invita la jeune femme à entrer dans la salle à manger et à s'asseoir si elle le désirait. Elle attendit de savoir ce que la jeune femme voulait pour le lui servir avant de s’asseoir tranquillement, toujours lentement et gracieusement, cultivant cette impression d'être sur un nuage constamment.

Tu voulais me parler de quelque chose en particulier ? Ne t'inquiète pas, il n'y a que nous deux ici à présent.
 
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Dim 16 Juin 2019 - 21:00 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

Invité
Invité

Anonymous
Invité

Invité
Personnage
Joueur
Charlie sourit légèrement en entendant Frida –sœur Frida- lui donner le même titre de « sœur » en utilisant son vrai prénom… Même si ce n’était pas la première fois, elles ne se voyaient pas assez souvent pour qu’elle se soit habituée.

Elle ne la reprit pas néanmoins. Ca n’avait pas plus d’importance que ça, dans le fond, et si Sœur Frida était plus à l’aise en s’exprimant ainsi... Ça lui allait aussi.

Elle plissa ensuite brièvement les yeux comme pour mieux réfléchir à sa proposition *Smoothie ou chocolat ?*. Allez savoir pourquoi, elle n’était pas sûre qu’elle ait les premiers en réserve.

- Oui, si tu as du chocolat, j'en veux bien un, s'il-te-plait, dit-elle ensuite.

Oui, même par ce temps, elle adorait ça. De même qu’elle était aussi capable de manger des glaces en hiver.

Elle regarda ensuite un moment Frida s’affairer dans la cuisine tout en gardant le silence, admirant au passage la grâce et la légèreté de ces mouvements. Cette grâce malheureusement lui faisait défaut. Elle savait ses mouvements fluides, mais ils n’avaient pas ce charme aérien et elle trouva le sien d’autant plus remarquable qu’elle évoluait juste dans une cuisine pour préparer leur boisson.

Elle la remercia ensuite quand elle lui tendit sa tasse et la suivit dans la salle à manger où elle s’adossa à la table. Elle se serait bien assise, mais si elle avait dû se laisser complètement aller c’est sur la table que son popotin aurait atterri et pas sur une chaise. Elle s’abstint donc dans un premier temps tout en soufflant sur le contenu de sa tasse, pendant que Sœur Frida reprenait la parole.

- Tu voulais me parler de quelque chose en particulier ? Ne t'inquiète pas, il n'y a que nous deux ici à présent.

Elle sourit à nouveau sur la fin. Elle n’était pas inquiète. Pas sur ce point en tout cas. Ensuite, elle comprit qu’elle disait peut-être ça par rapport à Shadow, bien que cela ne soit pas la raison première de sa visite.

Elle hésita ensuite un instant en regardant sa tasse, ses lèvres se tordant légèrement comme souvent quand elle hésitait à dire quelque chose.

Il lui semblait qu’elle avait déjà l’occasion qu’elle cherchait un peu plus tôt, mais elle avait du mal à embrayer directement là-dessus sans s’échauffer un peu avant. Or, elle avait aussi du mal à penser à autre chose et ne trouva pas grand-chose d’autre à dire.

- Peut-être ? Hasarda-t-elle alors. C’est probablement pas important, mais…

Charlie s’arrêta. De toute évidence, sa dernière phrase n’était pas honnête. Ce n’était peut-être rien et ça n’avait peut-être pas le sens qu’elle craignait de devoir lui donner, mais c’était au moins suffisamment important pour que cela la préoccupe.

- C’est juste que, pendant ma « convalescence », j’ai disons … J’ai fait certains rêves que j’ai du mal à gérer. C’est probablement rien ou rien de plus que, Charlie désigna sa tête d’un léger signe de la main, ça qui travaille, mais.

Elle s’arrêta là en buvant une gorgée de son chocolat. Est-ce qu’elle ne devrait pas plutôt parler de tout ça à un psy ? *Mais, oui ! Et avec quel argent ?* Et puis, les derniers psys qu’elle avait vu n’avait jamais accepté d’entendre sa version de son histoire. Ils vivaient dans un monde régulièrement envahi par tout un tas de trucs plus flippants les uns que les autres, mais qu’une gamine égarée vienne d’ailleurs… Elle soupira. Peut-être que c’était ça le truc ? Peut-être qu’il fallait des gros bras, une cape ou une horde de larbins monstrueux collés à vos basques pour être pris au sérieux dans cette ville ?

Elle poussa un léger soupire.

- Mais assez parlé de moi, dit-elle alors avec un nouveau sourire, plus joyeux. Comment vous vous en sortez ici ? Les choses avancent comme tu veux ?


 
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Lun 17 Juin 2019 - 17:17 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

Invité
Invité

Anonymous
Invité

Invité
Personnage
Joueur
Ho, bien sûr, il doit m'en rester.

Un sourire s'afficha sur son visage, un chocolat chaud pour la jeune Charlie. Elle ne pouvait pas voir avec précision les traits juvéniles de la jeune femme, mais on lui en avait parlé déjà, elle ne pouvait s'empêcher de trouver cela mignon, étrange que l'on associe cela à une simple boisson, mais bon, c'était plus fort qu'elle, peut être ce côté maternelle qu'elle possédait. Ainsi donc, la gardienne du sanctuaire s'affaira à faire la boisson de sa collègue des ombres, faisait chauffer du lait et y ajoutant quelques carrés de chocolat noir. Elle n'avait pas de cacao en poudre au sanctuaire, mais cela n'en serait que meilleur en vérité. Après quelques petites minutes, quelques coups de fouet et une goutte de crème pour rendre le tout encore plus onctueux elle put donner à Amélia la boisson qu'elle avait demandée.

Les deux femmes allèrent ensuite dans la salle à manger où Frida s'assit tranquillement, puis, après avoir posée sa question, elle souffla légèrement sur sa tasse pour faire refroidir son contenu, elle ne la porta pas tout de suite à ses lèvres et préféra attendre d'avoir la réponse de Charlie à sa question. Elle était venue ici pour parler selon ses dires et elle ne devait pas avoir peur de se confier à elle, enfin Frida aurait voulu qu'elle n'ait pas peur de le faire ou à défaut de peur, qu'elle ai assez confiance pour le faire. Ainsi Charlie lui confia qu'elle avait fait des rêves, même si elle disait que ce n'était pas si important et que c'était certainement son esprit qui lui jouait des tours. Frida souffla sur son thé une nouvelle fois avant d'en boire quelques gorgées.


Je vois. Quels genres de rêves ? C'est peut-être rien en effet, mais ça peut vouloir dire quelque chose de plus important aussi.


A nouveau elle but sa boisson, savourant le parfum de cette dernière, elle ne voulait pas se montrer intrusive, mais le statut d'Amélia pouvait laisser penser, qu'en effet, ses rêves n'étaient pas à prendre à la légères, peut-être était-ce de simples voyages oniriques, mais ils pouvaient être une résurgence de la déesse à laquelle elle était lié, les forces divines n'étaient pas à ignorer ou à sous-estimer.

Seulement, Charlie voulait visiblement passé à autre chose en terme de discussion et Frida n'essayerait pas d'en savoir plus si la jeune femme ne voulait pas plus en parler, elle n'était pas là pour lui forcer la main, elle était là pour l'aider et l'accompagner, comme le voulait le sanctuaire, le culte et le SHADOW, enfin dans son esprit.


C'est lent. Nous œuvrons envers les miséreux pour le moment, même s'ils sont rarement assez intéressés pour venir régulièrement. Mais je ne veux pas forcer la main ou le destin. Nous devons nous implanter tranquillement, j'espère qu'un jour le culte attirera l’œil d'une personnalité connue, cela aiderait à le faire connaître sans forcer les choses.

Ils ne devaient pas paraître agressifs dans leur communication et à cette époque, il ne suffisait pas de captiver un puissant dirigeant comme lors de la Rome antique, à présent les célébrités étaient le meilleur moyen de faire connaître et accepter le culte et ça elle le savait. La patience était de mise.

Après tout, je n'ai jamais espéré voir le culte devenir mondial de mon vivant. Mais nous verrons à l'avenir, qui sait...
 
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Lun 17 Juin 2019 - 20:40 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

Invité
Invité

Anonymous
Invité

Invité
Personnage
Joueur
Charlie comprenait pourquoi Frida voulait que les autres membres de Shadow l’appellent « Sister ». Elle n’était pas très axée « religion », quoi qu’elle se soit fortement intéressée à la spiritualité et à la mythologie depuis que cette histoire de prophétie lui avait été révélée, mais elle le comprenait. Pourtant, quand elle repensa à la façon dont sœur Frida s’était affairée pour lui préparer son chocolat, elle ne pouvait s’empêcher de se dire que le titre de Mère lui allait certainement mieux.

Frida avait par ailleurs eu raison et son chocolat était délicieux.

- Merci pour le chocolat, dit-elle alors, il est vraiment super bon.

Elle sourit ensuite en savourant une nouvelle portion du liquide. Elle adorait ces petits moments de douceur et de quiétude et se demanda un instant si elle serait toujours capable de les apprécier autant si elle avait choisi un autre mode de vie. Noyée dans le confort d’un cocon modern plus classique, réussirait-elle encore à les voir ? *Peut-être que oui* se dit-elle en observant un instant sa compagne.

Sœur Frida semblait apprécier ce qu’elle avait à sa juste valeur et elle n’était pas aussi démunie qu’elle, bien au contraire. En même toutefois, elle avait eu peut-être eu son lot de malheurs et surement aussi d’épreuves.

Charlie quitta ensuite ses pensées pour écouter plus attentivement les réponses et les remarque de sa consœur sur ses rêves comme sur son propre projet.

- J’aimerais bien pouvoir t’aider, répondit alors Charlie avec un enthousiasme aussi impulsif que sincère. Mais j’ai peur qu’on reste dans le registre des miséreux, nuança-t-elle ensuite, une intonation vaguement navrée dans la voix.

Pas qu’elle n’avait que ça comme amis, mais, sauf erreur de sa part, aucun d’entre eux n’étaient vraiment des célébrités. Pas qu’elle le sache du moins. Elle ne se voyait par ailleurs pas vraiment prêcher directement pour le culte auquel elle n’adhérait pas toute-à-fait. Elle commençait à le comprendre et elle admirait le fait que Frida ait le courage d’aller jusqu’au bout de ses idées en se lançant dans une entreprise aussi audacieuse, mais elle n’avait jamais pensé Shadow comme un culte avant de rencontrer Frida et, bien que cela ne la dérangeait pas outre mesure, cela ne cadrait pas assez avec sa vision des choses pour qu’elle s’y retrouve complètement.

Elle connaissait en revanche des gens qui pourraient avoir besoin de son aide et qu’elle pourrait peut-être orienter subtilement vers elle. Sans même avoir l’air de faire du racolage mystique, juste en parlant d’une femme qui l’avait aidée et continuait parfois à le faire. C’était d’ailleurs la plus stricte vérité et, même si leur relation était un peu particulière de par leur allégeance commune, elle imaginait mal Sœur Frida contraindre quiconque de rester auprès d’elle contre leur volonté.

- Peut-être avec internet ? suggéra-t-elle ensuite, comme cette idée germait dans son esprit. Nos propos peuvent vite y être déformés, mais ça pourrait toucher plus de monde.

Elle-même s’en tenait plutôt éloignée. Elle naviguait parfois quand elle en avait l’occasion et c’était très pratique, mais elle avait moins grandi avec que les autres jeunes de sa génération. Le monde où elle avait grandi avait disons quelques années de retard sur celui de Star City et quand il avait cessé de fonctionner correctement son père venait tout juste de récupérer un ordinateur et de prendre un abonnement de quelque chose comme 10 heures d’internet par mois -qu’elle n’avait jamais vraiment utilisé car elle préférait déjà passer la majeure partie de son temps libre dehors.

- Le plus bizarre, reprit-elle ensuite, avec ces rêves, c’est que je les trouve presque trop clairs. C’est aussi un peu comme si on me disait des choses que j’avais envie d’entendre, mais en en impliquant d’autres, beaucoup moins plaisantes.

Frida ne pourrait peut-être pas le percevoir, mais en prononçant ces mots, le regard de Charlie s’était comme perdu et avait brièvement trahi une tension qu’elle exprimait rarement que ce soit avec son expression et les traits de son visage ou avec des mots. Cela contrastait par ailleurs aussi un peu avec son apparence juvénile et fit partie de ces rares moments où l’on pouvait comprendre qu’elle était un peu plus vieille que ce que son apparence laissait généralement croire.

Elle-même n’aurait toutefois pas su dire si elle était davantage elle-même dans ces moments-là ou dans les autres.
 
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Mar 18 Juin 2019 - 13:02 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

Invité
Invité

Anonymous
Invité

Invité
Personnage
Joueur
Je suis heureuse que tu apprécies. C'est fait avec amour après tout.

Une nouvelle fois, un doux sourire ce dessina sur les lèvres de la cheffe de culte. C'était vrai en plus, tout comme tout ce qu'elle faisait en réalité, oui, même tuer des gens. Elle n'était pas de ces agents qui étaient froids et voyait réellement le SHADOW comme une organisation qui allait sauver le monde, parce qu'elle savait que sauver le monde n'était pas incompatible avec le fait de tuer des gens, notamment ceux qui essayeraient de l'empêcher d'accomplir son devoir.

Un air compatissant, mais aussi qui semblait vouloir remercier la jeune femme se dessina sur le visage de la quadragénaire, elle trouvait cela très gentil qu'Amélia veuille l'aider de cette manière, cela semblait si spontané surtout qu'elle ne lui avait jamais rien demandé en vérité. C'était donc agréable de se voir proposé cela par la jeune femme.


Je n'ai rien contre cela. Parles-en à tout ces miséreux que tu peux côtoyer, nous somme là pour aider après tout. Mais si tu le désires, tu peux nous aider aux soupes populaires que nous organisons par moment ou aux sorties que nous organisons pour des enfants défavorisés ou d'orphelinat.

Elle n'ajouta pas qu'elle n'y était pas obligé, pour elle cela semblait couler de source en réalité et elle se doutait que Charlie le savait déjà. La nouvelle idée qu'elle proposa, Frida y avait déjà pensée, mais pour le moment elle préférait attendre avant de ce lancer là-dedans. Déjà, elle n'y connaissait rien, et même si elle pouvait être aidée par le SHADOW à ce sujet, elle ne voulait pas mettre cela en place trop tôt.

J'y ai pensé, mais pour le moment, je préfère mettre cela de côté. Si nous venons à être plus connu en ville, je peux espérer avoir les fonds pour ouvrir un deuxième endroit pour le culte et je pourrais me concentrer sur Internet. Pour le moment je préfère que le sanctuaire reste déconnecté de ce genre de choses.

On pouvait dire que cette tirade prouvait que Frida n'était clairement pas adepte de ce genre de chose, car le sanctuaire pouvait bien avoir un site, sans forcément qu'il soit géré d'ici. Ou peut-être qu'elle ne voulait pas mêler quelqu'un d'extérieur à ce dit site et donc le gérer elle-même (enfin autant que faire se peux avec sa cécité).

Elle but une nouvelle gorgée de son thé alors que Charlie repassa sur ses rêves. Frida était assez curieuse, il fallait bien l'avouer et elle se demandait à quoi pouvait bien ressembler les rêves de la jeune femme en vérité, car cette dernière lui en parlait sans tout lui dire non plus.

Hum... comme une mise en garde ? Ou comme une menace ? Ces rêves sont plus ''clairs'' que ceux que tu peux faire habituellement ?

Frida était très absorbée par ce que lui disait la jeune femme actuellement et elle voulait réellement l'aider.
 
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Mer 19 Juin 2019 - 6:57 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

Invité
Invité

Anonymous
Invité

Invité
Personnage
Joueur
- Je suis heureuse que tu apprécies. C'est fait avec amour après tout.


Charlie sourit doucement en entendant ces mots et n’en doutait absolument pas. Elle avait par ailleurs effectivement cru comprendre qu’elles avaient rejoint Shadow avec des motivations à peu près semblables. Charlie, contrairement à ce qu’on pourrait croire, n’avait rien d’amoral. C’était même tout le contraire. Elle était persuadée qu’en œuvrant pour Shadow, elle œuvrait pour le bien. Elle ne savait pas forcement s’ils sauveraient le monde, sauf de lui-même peut-être et de sa propre déchéance, mais elle était aussi convaincue qu’ils ouvraient pour le changer en bien, pour en gommer les défauts et réparer ce qui devait l’être, qu’elle était désireuse d’apporter sa contribution, si modeste lui paraissait-elle parfois, à ce vaste projet.

Elle déplorait par ailleurs l’usage de certaines méthodes qui ne cadraient initialement pas avec son propre code de conduite, mais elle avait aussi fini par les accepter et par comprendre que leur emploi était parfois nécessaire. Les enjeux, même si elle ne les appréhendait pas tous, étaient trop importants pour que la fin ne justifie pas les moyens.

Elle comprenait par ailleurs la froideur de certains agents. Après tout, ils étaient un peu comme des Jedis : l’attachement était prohibé ou du moins peu recommandé. Question de sécurité. Au combien logique. Ça les protégeait eux et, quand on y parvenait, ça protégeait aussi les autres, ceux qu’on aurait pu prétendre aimer et chérir aux risques de les voir en payer le prix.

Ça aussi Charlie avait fini par le comprendre. A son propre détriment mais surtout à celui de son oncle. A l’époque où cela s’était produit, elle leur en avait même voulu. Elle s’en était voulue aussi et puis elle avait compris l’aspect nécessaire de la chose et l’acceptait désormais sans ciller.

Elle ne pouvait par conséquent pas blâmer les plus froids et les plus distants d’entre eux. Chacun se protégeait comme il le pouvait. En revanche, il lui arrivait parfois de rêver à ce que leurs relations, au moins en interne, soient plus détendues. Plus familières et pourquoi pas plus affectueuses. Un peu comme une famille et, curieusement, Sœur Frida lui donnait parfois l’impression que la chose était possible.

Elle gardait toutefois habituellement ses idées pour elle. Certains agents n’étaient pas seulement froids, ils pouvaient se montrer durs voir méprisants à l’égard de ce qu’ils auraient surtout pris pour de la faiblesse. Du moins le croyait-elle. Elle se taisait donc et gardait ses rêveries pour elle.

Elle sourit par ailleurs en entendant la réponse de Frida à sa proposition de "parler du culte aux misireux" et acquiesça d’un léger signe de tête. « Ok » dit-elle ensuite.

Elle n’en parlerait peut-être pas à tout le monde, par soucis de discrétion plus que tout autre chose, mais elle le ferait surement si l’occasion devait se présenter.

Elle hésita en revanche davantage pour l’histoire des soupes populaires. Elle n’aimait pas prendre ce type d’engagement, ce qu'elle ne pouvait s'empêcher de voir comme tel, même en tant que bénévole et, malgré le fait qu’elle ne travaillait pas, elle avait souvent beaucoup à faire : trouver de quoi manger et un endroit où dormir, surtout en l’absence de sa structure, demandait du temps, sans compter qu’elle en passait beaucoup dans les égouts où elle espérait recréer une partie de ce qu’elle avait perdu. Et c’était sans compter sur ce qu’elle aurait surement à faire pour Shadow et dont Ray lui parlerait surement ce soir.

- Je vais réfléchir pour les soupes populaires, dit-elle finalement sur un ton décidé et non dénué d'entrain.

L’idée curieusement lui plaisait, mais ça lui ferait aussi bizarre de se retrouver de l’autre côté de l’étal. Il faudrait en outre aussi qu’elle réfléchisse aux autres implications que cela pourraient avoir. Parmi ses connaissances, certains lui faisaient confiance (dans une certaine mesure) surtout parce qu’elle était dans la rue, comme « eux », ou pas loin et elle n’était pas sûre de conserver ces contacts si elle passait de l’autre côté de la barrière. A voir donc… Une fois ou deux, peut-être ?

Dans tous les cas, elle saurait venir la trouver si elle avait décidé de l’aider aussi de cette manière-là.

Elle écouta ensuite Frida sur la question d’internet et hocha légèrement la tête, en signe d’approbation, même si cela ne servait peut-être pas à grand-chose.

En un sens, elle avait l’impression de la comprendre. Internet se révélait souvent être un outil à double tranchant qu’il fallait manipuler avec précautions et puis, malgré sa remarque sur la célébrité, elle semblait vouloir construire quelque chose de durable, pas juste lancer une nouvelle mode qui passerait toujours trop vite.

- Hum... comme une mise en garde ? Ou comme une menace ? Ces rêves sont plus ''clairs'' que ceux que tu peux faire habituellement ?

Charlie sourit et eu presque envie de rire en repensant à ses rêves habituels.

- Carrément, répondit-elle alors. En général, mes rêves sont du genre incohérents.

Mais c’était le propre des rêves, non ?

- Et puis, ils sont souvent assez insignifiants aussi. Genre je croise un super en train de poser dans la rue et je me demande pourquoi il a changé la couleur de son costume ou je me retrouve enfermée avec un loup garou dans une fusée qui se rend sur la Lune en me demandant s’il va finir par se transformer vue qu’une fois dans l’espace elle sera comme pleine.

Spoiler alerte : dans le rêve il se transforme. Pas la meilleure de ses expériences oniriques...

- Ceux dont je parle ne sont pas comme ça, dit-elle alors, en redevenant plus sérieuse. Ils sont plus linéaires, plus cohérents aussi au moins dans leur déroulé. Et c’est plus comme un avertissement. On m’y dit que quelque chose de terrible est sur le point d’arriver et que si j’agis d’une certaine façon je peux l’empêcher. Mais c’est aussi un peu comme si mon inconscient me fournissait une excuse sur un plateau d’argent pour me permettre de faire ces choses et c’est comme ça que j’ai envie de le voir. Sauf qu’il y a aussi une petite partie de moi qui me dit : et si c’était vrai ?

Charlie s’arrêta un temps. Raconter tout ça l’avait un peu agitée et elle avait peur de passer pour une folle. Elle en avait toutefois déjà beaucoup dit, aussi continua--t-elle.

- Et si je pouvais vraiment empêcher cette chose terrible d’arriver et que j’ignorais ces rêves ? Je n’arrive pas à m’ôter cette idée de la tête.

Elle savait aussi que c’était compréhensible et explicable à plus d’un titre : bien qu’elle n’aurait alors rien pu faire pour l’en empêcher quelque chose de terrible était déjà arrivée une fois dans un monde où elle avait vécu et l’invasion du Terminus avait certainement comme réactivé une peur de voir celui-ci subir le même sort. Mais pourquoi Durga ? Pourquoi cette clarté ? Et cette insistance ? Et, encore une fois, et si c'était vrai ?
 
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Jeu 20 Juin 2019 - 15:21 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

Invité
Invité

Anonymous
Invité

Invité
Personnage
Joueur
Tout l'avantage du fanatisme de Frida résidait dans ce simple mot, l'amour. Elle passait certainement pour une hypocrite aux yeux de certains, pour une folle même, mais tout ce qu'elle faisait, même les choses les plus atroces, elle les faisait avec cette douceur et ce calme qui la caractérisait, ce qui la rendait dangereuse, mais aussi très effrayante par moment. Mais c'était ainsi et certaines personnes, comme Amélia, n'avaient pas encore vu cet aspect de sa personne, d'ailleurs, personne dans cette branche de SHADOW ne l'a connaissait réellement pour le moment. Comme Amélia finalement.

Frida hocha doucement la tête lorsque la jeune fille lui confirma qu'elle continuerait de faire tourner le mot, mais aussi qu'elle réfléchirait aux soupes populaires et c'était tant mieux, même si Frida la voyait finalement plus pour aider lors des sorties pour les enfants. Elle pourrait être un réel exemple pour eux, cette jeune fille qui s'en sortait pas si mal à présent, enfin, elle vivait dans la rue donc pour le commun des mortels, elle s'en sortait mal, ou pas du tout, mais Frida savait qu'on ne pouvait pas la juger ainsi. Pour la vie qu'elle avait vécue, Amélia pouvait être un très bon exemple pour de jeunes enfants.

Elle laissa échapper un petit rire, légèrement retenu par sa bouche fermée, lorsque la jeune femme parla de ses rêves. En effet, c'étaient là des rêves bien classiques. Elle les trouvait amusant, même si certains devaient se transformer en cauchemar, mais cela restait bon enfant et assez classique, enfin aussi classique que des rêves pouvaient l'être.


Les rêves ne sont pas cohérents en effet, mais il reste signifiant, sur ce que tu fais, ce que tu vis.

Quand on se concentrait dessus les rêves et les cauchemars nous en apprenais toujours plus sur nous-même, sur notre vie du moment, sur nos ressentit, ils changeaient en fonction de ce que l'on voit, de ce que l'on lit ou écoutes. C'était toujours intéressant d'analyser les rêves, même les plus insignifiants, cela permettait de mieux se connaître.

Frida fût bien plus attentive à ce que lui racontais Amélia à présent, cette dernière tente de lui expliquer les rêves qui la chamboulait un peu en ce moment, elle l'écouta patiemment tout en finissant son thé, toujours aussi tranquillement, la jeune femme avait réellement un soucis, un questionnement sur ces rêves étranges et il fallait bien avouer que Frida ne pouvait pas lui répondre avec exactitude, le monde onirique n'était pas une chose qu'elle connaissait bien.


Si ces rêves sont bien différents et si c'est ainsi que tu les ressens, ils ne sont donc pas à prendre à la légère. Et c'est là que le SHADOW peut t'aider. Je ne sais pas si tu la connais, mais sœur Thalia à une condition qui te ressemble un peu et peut-être qu'elle pourrait mieux t'aider que moi à ce propos. Et si tu penses qu'il y a une chance, même infime que tout ceci soit vrai, alors il faudrait en parler à nos supérieurs.

Elle finit finalement son thé et reposa sa tasse sur la table avant de continuer.

L'organisation peut mettre des moyens pour étudier tes rêves, ou même pour redoubler de vigilance, peut-être que la menace que tu ressens à déjà été mise en lumière par le SHADOW après tout. Et même si tout cela n'est pas véridique cela peut nous montrer quelque chose sur toi, peut-être une peur refoulée, ou une bribe du passé qui remonte.
 
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Jeu 20 Juin 2019 - 17:16 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

Invité
Invité

Anonymous
Invité

Invité
Personnage
Joueur
Charlie écouta Sœur Frida avec une intention plus soutenue que celle qu’elle avait l’habitude de fournir, même en présence d’un allié.

Elle n’aimait pas ce qu’elle entendait pourtant.

Elle eut en effet l’impression que Sœur Frida la confortait dans ses doutes. Elle allait réellement dans le côté du et si c’était vrai… or Charlie se rendit compte qu’elle aurait aimé qu’on prenne le contre-pied de sa position. Que Frida continue à rire ou qu’elle joue les psychanalystes de comptoir. Qu’elle mette en cause sa santé et sa solidité mentale, comme elle pensait qu’elle le craignait, aurait même finalement été plus rassurant.

Son dernier conseil lui donna par ailleurs la chaire de poule et fut loin de raviver son entrain.

Lui parler de tout ça était une chose –déjà difficile en soi, mais s’ouvrir sur ce point à un … supérieur ?

Charlie songea un instant à son chef d’équipe, puis à leur officier, mais elle ne parvint pas à savoir lequel de ces deux entretiens serait le moins inconfortable.

*Eh boss, je suis peut-être en train de perdre la boule en accordant trop d’importance à des rêves qui ne devraient pas en avoir. C’est ça ou on va tous bientôt mourir. Vous n'auriez pas des infos là-dessus par hasard ? *

Charlie pinça à nouveau les lèvres, toujours contrariée et particulièrement tendue.

Le pire était que Sœur Frida avait raison. Elle devrait leur en parler. Elle aurait peut-être même déjà dû le faire au lieu de chercher à résoudre seule se problème.

Elle avait néanmoins du mal à demander de l’aide ; elle préférait de loin se débrouiller seule et frissonna en repensant aux conséquences qui avaient suivi sa dernière vraie tentative à ce sujet : plus de nid, plus de créatures. N’apprendra-t-elle jamais ? Etait-elle orgueilleuse à ce point pour refuser systématiquement d’envisager ce genre de démarche ?

- Tu as surement raison, admit-elle néanmoins, à contrecœur, même si je crois que j’aurais aimé entendre le contraire.

Et qui sait, en tant que mystique, peut-être que Sœur Frida surestimait l’importance des rêves ? Peut-être que ces supérieurs n’y verraient pas le même intérêt qu’elle ?

Elle connaissait par ailleurs Thalia, au moins de nom, mais connaissait aussi son alter-égo, au moins de réputation, or la déesse était typiquement le genre de créature surnaturelle qui lui faisait horreur, ce qui était surement l’une des raisons pour laquelle elle n’était pas spécialement pressée de voir ce qui se passerait si Durga finissait par sortir de son trou, prophétie ou non.

Elle n’était pas certaine que Frida puisse entendre ou comprendre cela. De même qu’elle n’était pas certaine que ses envies aient une quelconque importance dans l’histoire.

- Et même si tout cela n'est pas véridique cela peut nous montrer quelque chose sur toi, peut-être une peur refoulée, ou une bribe du passé qui remonte.

Charlie reporta à nouveau son regard sur Frida lorsqu’elle prononça ces mots, avec, à nouveau, son petit regard durci par le souci et la contrariété.

C’était, là encore, quelque chose de foncièrement déplaisant à entendre.

Charlie n’en avait parfois pas conscience elle-même, mais elle était profondément attachée au secret. Par déformation professionnelle peut-être, mais peut-être aussi parce que ça la faisait se sentir plus en sécurité. Pour vivre heureux, vivons cachés. Elle aurait pu en faire sa devise. Elle n’était donc pas certaine d’avoir envie qu’ils identifient l’une de ses peurs refoulées, même si… soyons honnête cinq minutes, il était très probable qu’ils la connaissent aussi bien qu’elle se connaissait elle-même. Mieux peut-être, même si cette idée la heurtait encore dans un orgueil qui continuait à se montrer plus solide et plus coriace qu’elle ne l’aurait voulu.

Avec cette phrase toutefois, Sœur Frida repassait au moins sur un sujet disons plus confortable.

- Je ne suis pas sûre qu’il y ait grand-chose de refoulé là-dedans, répondit-elle alors d’un ton plus doux et moins amer qu’elle ne l’avait craint.

- Après ce qui est arrivé dans le monde où j’ai grandi, je ne pense pas qu’il soit étonnant que je redoute que la même chose ne se produise ici, pas après ce qui vient de se passer.

L'invasion datait en réalité de l'année dernière, mais, Charlie ayant passé plusieurs mois dans son cocon après la fin de celle-co, dans son esprit, la chose était encore très récente.

Elle marqua ensuite une pause, replongeant dans ses pensées. Cette réponse était-elle complètement honnête ? Ou n’était-ce qu’un paravent, suffisamment évident pour que se cacher derrière soit à la fois facile et confortable ?

- Mais je ne crois pas que ces rêves aient pour but de révéler cette peur. Je pense plutôt qu’ils s’en servent, dit-elle après avoir fait quelques pas dans la salle en réfléchissant comme si cela pouvait les aider. Je ne suis juste pas sûre de savoir pourquoi.

Etait-ce Durga qui essayait réellement de la contacter pour faire avancer cette histoire de prophétie ? Ou son inconscient qui voulait la convaincre de passer à la vitesse supérieure dans un certain domaine de sa vie ?

Dans un cas comme dans l’autre, elle n’avait pas forcément envie que ses supérieurs s’en mêlent. Comme elle l’avait dit plus tôt toutefois, sœur Frida avait surement raison. Il fallait juste qu’elle se le mette dans le crâne et arrête de se comporter comme une gamine qui a peur d’être gronder. Un comble pour qui commençait parfois à se sentir lasse d'en avoir l'apparence.

- Du coup, tu ne penses pas que je débloque ? demanda-t-elle quand même, plus pour se divertir en coupant court au fil de ses pensées que pour être rassurée sur ce point.

Même si les psys ne voyaient pas forcement les choses sous cet angle, elle pensait qu’ils débloquaient tous un peu chacun à leur façon. Elle blâmait parfois aussi les Supers et toutes les choses étranges qui rôdaient parfois dans la nuit pour ça. Comment rester sain d’esprit quand vous pouviez mourir à tout moment emporté par la folie d’un super dont la puissance dépasse celle que vous n’atteindrez jamais même dans vos rêves les plus fous ? Comment rester serein quand vous pouviez être à l’origine de ce genre de drame ?

Vue le contexte, en un sens, elle ne s’en sortait pas trop mal. Elle s’en sortait même bien. Charlie sourit alors, de son petit sourire habituel qui sembla chasser les nuages qui planaient au-dessus d’elles quelques instants plus tôt.

- Je vois Ray ce soir, dit-elle alors, surement désireuse de changer de sujet après cette petite traversée des ombres.

Elle n'était pas sûre non plus qu'ils se soient déjà rencontrés, mais Ray était son partenaire habituel et historique dans l'organisation et Charlie l'avait déjà mentionné à une ou deux reprises. C'était aussi un flic un peu ripoux avec un côté "mauvaise vie" que Charlie avait fini par apprécier. Sa fidélité à Shadow n'avait jamais faillie et il avait activement contribué à son intégration, à plus d'un titre.

- Je ne me souviens plus si vous vous connaissez ?
 
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Lun 24 Juin 2019 - 14:41 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

Invité
Invité

Anonymous
Invité

Invité
Personnage
Joueur
Oui, parfois, et même souvent, Frida pouvait dire ce que l'on ne voulait pas entendre, mais elle parlait rarement pour plaire aux gens, sauf dans le cas de son culte, pour le moment il fallait brosser dans le sens du poil. Aussi, un nouveau petit sourire presque malicieux vint s'afficher sur son visage lorsque la jeune Amélia lui confirma qu'elle aurait aimé entendre quelque chose d'autres. Malgré tout cela, malgré le mal-être que pouvait avoir Charlie, Frida gardait son côté souriant et calme, comme si peu importait tout cela, tout irait toujours bien. C'était en quelque sorte une philosophie de son culte, finalement rien ou presque n'avait d'importance ici-bas.

Si cela peut te rassurer, je ne pense pas que tu ais besoin de craindre ces rêves, s'ils sont réels SHADOW saura écarter les menaces pesant sur notre monde, avec ou sans tes informations et s'ils ne le sont pas et bien il y a encore moins de raisons de les craindre. Tant qu'ils ne sont pas traumatiques pour toi, tu devrais les laisser venir, qui sait, peut-être qu'ils t'en apprendront plus sur toi-même.


Après tout l'organisation ne laisserait jamais quelqu'un ou quelque chose venir nuire à sa future hégémonie, la planète leur appartenait et de ce fait, il ne laisserait rien entraver le bon fonctionnement de cette dernière. Surtout, qu'avant le rempart que pouvait être Shadow, il y avait les Légionnaires, les héros indépendants et encore une multitude de personnes pour protéger leur monde.

Et comme elle le disait, tant que ces rêves ne faisaient pas de mal à la jeune femme elle devrait (selon elle) les laisser venir, s'il s'agit d'un avertissement elle en saurait plus et s'il s'agissait de la présence de cette déesse elle pourrait en apprendre bien plus sur elle et sur sa propre personne.

Charlie passa ensuite sur la deuxième proposition qu'avait énoncée Frida, le refoulement des peurs, des angoisses. La matriarche fut agréablement surprise de voir que Charlie était très consciente d'elle-même, elle semblait bien se connaître, assez pour pouvoir parler de ce genre de choses sans trop de problèmes. Cela pouvait paraître idiot, mais ce n'était finalement pas donné à tout le monde de pouvoir faire de telles introspections. La moniale suivait du non-regard, la jeune femme faire quelques pas dans la salle, toujours avec cet air doux et cette posture gracieuse, les mains posées l'une sur l’autre sur ses cuisses.


Penser que tu débloques ? Bien sûr que non mon enfant, tu me sembles même extrêmement réfléchie dans cette situation. En tout cas, sache que si tu ne désires pas en parler à d'autres que moi je respecterais ton choix.

Frida préféra ne pas en rajouter à ce sujet, cela n'était pas nécessaire et Charlie avait peut-être envie, et besoin de sujets plus léger après s’être ouverte ainsi. C'est d'ailleurs elle qui lança le nouveau sujet, à savoir son partenaire Ray. Elle fit un non de la tête à la question de la jeune femme.

Je ne l'ai jamais rencontré, mais tu en à déjà parlé, ton partenaire, c'est ça ? Vous partez en mission ? Ou une rencontre plus simple ?

Elle se leva pour prendre sa tasse et la poser sur un petit plateau sur une table à côté, son sourire s'élargit alors qu'elle continua dans ses questions.

Vous vous entendez bien ? C'est un bel homme ?

Plus pour la taquiner pour que pour avoir une réelle réponse à la dernière question, elle voulait aussi voir comme Charlie réagirait à ce genre d'interrogation.
 
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Mar 25 Juin 2019 - 15:56 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

Invité
Invité

Anonymous
Invité

Invité
Personnage
Joueur
- Si cela peut te rassurer, je ne pense pas que tu ais besoin de craindre ces rêves, s'ils sont réels SHADOW saura écarter les menaces pesant sur notre monde, avec ou sans tes informations et s'ils ne le sont pas et bien il y a encore moins de raisons de les craindre. Tant qu'ils ne sont pas traumatiques pour toi, tu devrais les laisser venir, qui sait, peut-être qu'ils t'en apprendront plus sur toi-même.

Charlie sourit en acquiesçant légèrement de la tête –bien qu’elle ait intégrée que sa consœur ne voyait pas ou du moins pas comme elle, certains réflexes ne suivaient pas encore.

C’était le bon sens même, mais ça faisait du bien de l’entendre.

Son sourire s’élargit ensuite à nouveau tandis qu’elle repensait au côté très maternel de Sœur Frida ou du moins à ce qu’elle interprétait comme tel.

Si elle avait été contrariée par ses précédents propos, elle était toutefois loin de lui en tenir rigueur : elle savait faire la part des choses et ce que l’on avait envie d’entendre, n’était pas forcement ce dont on avait besoin.

Son sourire resta par ailleurs affiché sur ses lèvres quand elle répondit à sa question sur la façon dont son esprit semblait fonctionner à ses yeux.

Elle était sincèrement heureuse qu’elle la juge « réfléchie ». Une partie d’elle essayait parfois, souvent, de ne pas accorder d’importance à ce que les autres pouvaient bien penser d’elle, mais elle était parfois aussi rassurée d’entendre ce genre de chose. Comme pour la conforter dans l’idée qu’elle ne s’égarait pas. A force de jouer les gamines et de leur ressembler, il lui arrivait en effet parfois de craindre de finir par faire preuve d’une certaine… immaturité et elle était soulagée à l’idée que le personnage, s’il en était bien un, n’avait pas trop contaminé l’acteur.

- En tout cas, sache que si tu ne désires pas en parler à d'autres que moi je respecterais ton choix.

Cette dernière phrase la fit en revanche légèrement tiquer, tandis qu'elle plissait les yeux, comme pour mieux cerner ce que sœur Frida avait réellement voulu dire.

Malgré sa naïveté, Charlie avait un petit côté méfiant qui avait tendance à être particulièrement développé dès que Shadow était concerné. Elle savait combien le groupe aimait garder un œil sur ses agents. Elle savait aussi que certains agents aux dents longues profitaient parfois de certaines faiblesses passagères de leurs pairs pour se mettre en valeur ou se faire bien voir. Elle imaginait mal sœur Frida entrer dans cette catégorie, mais… comme nous l’avons dit, elle avait un côté méfiant, aussi crut-elle presque entendre le contraire dans la phrase de Sœur Frida.

Si tu ne fais pas le nécessaire rapidement. Je m’en chargerais.

- Je te remercie, lui dit-elle alors, mais ce ne sera pas nécessaire. Je me vois mal aborder l’un de nos supérieurs avec cette histoire ou même me rendre là-bas uniquement pour ça, mais je leur signalerais l’existence de ces rêves, au moins par écrit.

Ils sauront après revenir vers elle pour lui en parler s’ils désiraient approfondir le sujet.

D’aucun aurait pu juger ça lâche, mais avec le recul il lui semblait que c’était la meilleure chose à faire.

La conversation dériva ensuite sur Ray, son partenaire, sujet plus léger et plus agréable, au moins pour Charlie.

- Je ne l'ai jamais rencontré, mais tu en as déjà parlé, ton partenaire, c'est ça ? Vous partez en mission ? Ou une rencontre plus simple ?

- C’est ça, confirma-t-elle à haute voix après avoir encore hoché la tête, alors que cela ne servait peut-être pas à grand-chose.

- Ça devrait plus être un genre de briefing / débriefing, poursuivit-elle ensuite.

Ils collaboraient étroitement c’était vrai et parfois, ils agissaient de concert, physiquement parlant, mais il arrivait aussi fréquemment qu’ils agissent en parallèle, Ray se servant de sa casquette de flic pour avoir accès plus facilement à certaines informations, Charlie de sa situation pour surveiller des lieux ou des gens en passant inaperçue. Ils avaient toutefois souvent besoin de recroiser leurs informations, sans compter qu’il fallait parfois aussi mouiller un peu plus sa chemise.

Selon toute vraisemblance néanmoins, cela n’arriverait pas ce soir.

- Vous vous entendez bien ? C'est un bel homme ?

Alors qu’elle s’apprêtait une nouvelle fois à hocher la tête en entendant sa première question, elle suspendit son geste en entendant la seconde tandis qu’un sourire surpris se peignait sur ses lèvres.

Sa curiosité attira par ailleurs celle de la jeune femme : bêtement, peut-être, à cause de son statut de religieuse, Charlie pensait qu’elle était plus ou moins soumise aux mêmes règles de célibat et d’abstinence, mais elle n’avait jamais cherché à se faire confirmer ce point et se demandait donc à présent si c’était bien le cas.

- A sa façon, répondit-elle alors, peut-être un peu énigmatique, tandis qu'elle réfléchissait à la meilleure façon de le décrire physiquement. Il a surtout beaucoup de charisme, je trouve, précisa-t-elle. Après les goûts et les couleurs…

Elle haussa les épaules. Heureusement, il ne l’intéressait pas sur ce plan là. Elle l’appréciait et aimait travailler avec lui, mais il ne l’avait jamais particulièrement attiré et dans le cas contraire… disons que ces histoires-là commençaient à devenir compliquées pour Charlie.

La dernière fois qu’elle s’était fait draguée, elle était presque sûre que le gamin était encore au lycée. Il était très sympa, mais elle avait l’impression que ce genre de relation aurait eu un côté immoral qu’elle ne voulait pas dans sa vie, sans compter que ça ne l’attirait pas. Elle préférait les hommes plus âgés qui eux préféraient les femmes qui ressemblaient à des femmes. Pas à des ados, même déjà formées. Évidemment, il devait y avoir quelques exceptions, mais elle préférait rappeler son petit jeune plutôt que de se frotter à cette catégorie d’hommes.

- Il est plutôt cool sinon et on s’est toujours bien entendu. Je sais aussi qu’il est réglo.

Ce dernier point allait peut-être de soi, mais c’était précisément ce mélange là qui lui plaisait chez lui : le fait qu’il prenne leur mission au sérieux, mais pas sa propre personne et qu’il soit capable de plaisanter de temps en temps pour détendre l’atmosphère était un plus intéressant qui rendait les choses plus agréables et qu’elle ne boudait pas. Oui, ce qu'ils faisaient était important, mais devaient-ils se la raconter pour autant ? Ray comme Charlie auraient tous les deux facilement répondu non à cette question avant de hausser les épaules et elle pensait que c'était en grande partie pour ça que leur collaboration marchait si bien.

- Enfin, réglo. Au moins avec nous.

En tant que flic, les choses avaient été disons plus compliquées, même si Shadow faisait actuellement son possible pour qu’il donne l’impression d’être rentré dans le rang et revenu dans le droit chemin un flic trop suspect, même avec un maire à leur solde, pouvant vite devenir embarrassant.

- Je crois que je n’ai jamais demandé … reprit-elle ensuite, comme sœur Frida avait piqué sa curiosité avec sa dernière question, mais les… euh religieuses (?) du culte…

Elle n’était pas certaine que ce soit le bon mot et en même temps… elle ne savait pas comment les appeler autrement sans compter que l’usage des titres de « mère » et de « sœur » l’empêchaient de ne pas faire un parallèle avec la religion catholique.

- … quelles règles doivent-elles suivre exactement ?

Elle se rendit ensuite compte que Frida était peut-être la seule vraie religieuse du dit culte, Charlie ne sachant pas exactement quel était le statut de la jeune femme qui vivait avec elle, et que cela revenait un peut-être un peu à lui demander quelles étaient ses propres règles, mais c’était trop tard pour revenir sur sa question. Et puis, sait-on jamais, sœur Frida faisait peut-être encore le distinguo entre les deux.
 
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Mer 26 Juin 2019 - 17:50 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

Invité
Invité

Anonymous
Invité

Invité
Personnage
Joueur
La religieuse préféra ne rien rajouter à toute cette histoire de rêves. Charlie avait fait son choix et lui avait dit qu'au pire elle ferait cela par écrit, ce qui n'était clairement pas une mauvaise idée en réalité. De toute manière, elle était grande et elle pouvait s'occuper d'elle-même, elle n'avait pas à la pousser dans un sens ou dans l'autre ou même à s'occuper de ce genre de choses. C'était à Charlie de voir ce qu'elle voulait et ce qu'elle devait faire.

La discussion embraya donc sur son partenaire Ray, Frida n'avait rien contre en apprendre plus sur lui, c'était un frère aussi après tout. Elle sourit aux dires de la jeune femme, ainsi, ils se voyaient aussi pour parler travail, et certainement pour s'arranger entre eux pour les prochaines missions à venir ou celles qui était en cours. Mine de rien l'un avait des informations officielles de la police et elle avait des yeux dans les rues, finalement comme un flic et son indic sauf que cette fois, les deux étaient sur un pied d'égalité au sein de l'organisation. Même si Ray devait se démarquer étant donné qu'il était plus vieux et expérimenté qu'elle.


Je vois, vous semblez avoir une bonne relation, cela me fait plaisir de voir que vous vous entendez bien.

C'était sincère, il y avait parfois trop de concurrence et de coup bas au sein de l'organisation, heureusement, c'était toujours assez rare, mais elle avait déjà vu des partenaires devenir ennemis au sein de l'organisation, chacun voulant tirer la couverture sur lui. Et puis la jeune femme n'était pas dans cette dernière depuis si longtemps que cela, donc c'était un partenaire parfait pour elle, du moins à ce qu'elle en savait.

Comme elle s'y attendait, il n'y avait pas de réaction particulière à sa question, si ce n'est un petit sourire, enfin ce qu'il lui semblait être un sourire, elle n'était pas sûr ce genre de mouvement de visage était difficile à sentir pour elle, même si finalement c'était le genre d’expression qu'elle pouvait le mieux interpréter, deviner chez les autres. Physiquement parlant bien entendu.


Bon, c'est une bonne chose. Tu devrais l'inviter un jour, ici ou ailleurs ça doit être quelqu'un d'intéressant.

Comme pratiquement tout le monde en vérité, au moins pour elle. Mais c'était un membre de l'organisation et il avait un peu de l'affection de Charlie, donc il serait certainement très intéressant d'en apprendre plus sur lui à l'avenir. Du moins, c'est ce qu'elle voulait. Après elle comprendrais si Charlie ne voulait pas forcément faire se rencontrer les deux personnes.

Elle se retourna alors qu'Amélia posa sa question sur les religieux du culte. C'était une bonne question en vérité, beaucoup voyait dans leur accoutrement une ressemblance avec la religion catholique et ce qui était affilié à cela et c'était normal. Frida s'en inspirait grandement après tout, même s'il y avait pas mal de différence d'un point de vue vestimentaire. Les mains croisées au niveau de son ventre, elle pencha la tête pour réfléchir un peu.


Il y a peu de règles. Au sanctuaire, ils se doivent de respecter et de faire respecter ces quelques règles, aidez les autres. Les fonds dont nous disposons servent à entretenir l'endroit, nous faire vivre et aider les miséreux et les fidèles autour de nous, donc cela demande à ceux qui officient avec moi à plein temps, comme frère Paul et sœur Lucie, de se contenter du minimum en terme de confort. Mais s'il l'un deux veux travailler autre part à mi-temps, c'est possible, tout comme le fait de ne pas forcément vivre ici tout le temps.

Le minimum de confort était plus dut au fait de ne pas gaspiller l'argent qu'ils avaient, et qui venait de l'organisation, dans des choses inutiles ou peu importantes.

Pour le reste, ils sont libres, ils peuvent avoir une femme ou un homme, une famille, il n'y a pas de réelle interdiction à ce niveau. J'ai fait partie de l'Eglise catholique dans ma jeunesse les principes de célibats et d’abstinence provoquent généralement plus de frustration et de méconnaissance qu'autre chose à mon humble avis. En tout cas, je n'ai pas régressée en m'ouvrant à ce genre de choses, bien au contraire.

Elle reprit son sourire et dit alors d'un air malicieux.

Pourquoi ? Tu souhaiterais devenir une religieuse à part entière ?

C'était plus une petite remarque amusante et amusée qu'autre chose.
 
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Mer 26 Juin 2019 - 20:45 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

Invité
Invité

Anonymous
Invité

Invité
Personnage
Joueur
- Je vois, vous semblez avoir une bonne relation, cela me fait plaisir de voir que vous vous entendez bien.

Charlie sourit à nouveau en acquiesçant d’un signe de tête. Elle était parfaitement d’accord.

Ray n’était pas parfait. Il avait même un côté un peu « salopard » comme il le disait lui-même, mais il était peut-être moins prononcé qu’il ne le laissait croire. Oui, il tirerait la couverture à lui s’il le pouvait, mais elle savait aussi qu’elle pouvait compter sur son soutien, d’une certaine façon, et c’était le principal.

Elle partageait par ailleurs sans le savoir l’opinion de sœur Frida concernant les disons luttes intestines qui grevaient parfois l’organisation ou plutôt les querelles d’égo entre agents, puisqu’il lui paraissait peu probable qu’il y ait de réelles dissidences en son sein.

Elle fut légèrement plus embarrassée en revanche quand elle lui proposa de l’inviter ici.

Ce n’était pas qu’elle ne voulait pas mais…

- Je pense aussi qu’il l’est, dit-elle en rebondissant sur sa dernière remarque et elle le pensait : comme la plupart des êtres humains si ce n’est pas tous, il était fait de plusieurs couches et derrière l’enveloppe du flic tendancieux à la morale douteuse se cachaient d’autres aspects de sa personnalité plus posée et plus studieuse –comme sa passion de jeunesse pour l’histoire ou son engagement à l'égard de Shadow, qui contribuait à lui donner un relief, dont elle-même n’avait pas fini et ne finirait peut-être jamais de cerner l’ensemble des contours. Mais je ne suis pas sûre qu’il accepte de venir ici.

Ou même de rencontrer sœur Frida, sauf instructions directes de leurs supérieurs.

- Il a… disons qu’il n’aime pas trop tout ce qui touche au religieux, au mysticisme ou au spirituel. Je crois qu’il y a touché pourtant ou qu’il s’y est intéressé à un moment, mais…

Elle tordit légèrement sa bouche. Elle ne savait pas trop ce qui s’était passé en fait, mais il devait s’être passé quelque chose. Quelque chose de grave. De sérieusement grave. Suffisamment pour le le crisper et le transformer en tombe encore aujourd’hui quand on semblait même effleurer le sujet.

- … aujourd’hui c’est plus vraiment son truc.

C’en était d’ailleurs arrivé à un point où même cette histoire de Durga et de prophétie pouvait le crisper. Il n’aimait pas ça et c’était peut-être la principale raison pour laquelle Charlie avait collaboré avec d’autres agents quand elle avait commencé ses recherches sur le sujet, même si officiellement, Ray n’avait simplement pas été jugé suffisamment compétent –et disponible, pour l’accompagner dans cette tâche.

Charlie écouta ensuite sœur Frida lui répondre à propos des règles suivies par les membres de son culte.

Le minimalisme et l'aide apportée à autrui, mais sans l’abstinence semblait en être le noyau… après tout, pourquoi pas ?

Elle rougit et sourit aussi par la suite quand la cheffe de culte lui demanda si elle voulait entrer dans les ordres, un peu gênée par sa question, parce que la réponse n’était pas oui, tout en partageant l’amusement de sa consœur.

- Non, pas vraiment, lui répondit-elle alors en reprenant un instant son sérieux ou l’illusion du sérieux.

Elle tordit ensuite sa petite bouche, comme elle le faisait souvent quand elle hésitait à dire quelque chose, puis poursuivit :

- C’est juste que, avec ta question sur Ray, je me suis demandé si tu pouvais être intéressée de cette façon-là par quelqu’un ou même par ce dernier.

Après tout, ne lui avait-elle pas plus ou moins demandé de le lui présenter ?

Charlie tenta toutefois de chasser rapidement cette idée de sa tête. En un sens, Ray et elle tenaient un peu de l’incarnation de figure parentale pour Charlie et celle-ci n’avait aucune envie de les imaginer ensemble. Dans le même temps pourtant, elle réalisa aussi qu'elle avait plus sérieusement émis cette hypothèse qu'elle ne l'avait d'abord imaginé, fort curieusement d'ailleurs, puisque les deux agents ne s'étaient jamais rencontrés.

Dans l’histoire, elle avait par ailleurs un peu oublié que l’on pouvait être « intéressé » par quelqu’un sans pour autant avoir le droit d’écouter son inclinaison. A sa décharge toutefois, ce type d’intérêt naissait rarement chez elle et, quand il le faisait, il était plus romantique qu’autre chose. On ne pouvait pas réellement dire qu’elle n’avait jamais connu les affres du désir, mais ce dernier semblait sonner moins souvent à sa porte qu’à celle des autres et elle avait aussi l’impression qu’il était moins violent.

Peut-être était-il seulement occulté ? Peut-être était-ce une bonne chose ?

Peut-être. Dans le fond, Charlie n’était toutefois pas de cet avis. Elle craignait en effet parfois que cette situation soit plus liée à sa mutation qu’à autre chose. Elle n’avait plus besoin d’avoir un rapport sexuel pour donner la vie après tout aussi pourquoi son corps s’encombrerait-il de désirs dans ce domaine avec tout ce que cela conduisait parfois à faire ? Le hic, c’était qu’elle avait parfois aussi l’impression qu’on lui avait comme rogné une partie de son humanité au profit de la partie « alien » qui se trouvait désormais dans son génome.

- Ce n’est pas plus mal, j’imagine, reprit-elle alors rebondissant sur les règles du culte énoncées par sœur Frida, après être restée un instant silencieuse. Ça fait partie de la palette des expériences humaines après tout.

Le sujet était glissant, pour les raisons évoquées plus haut plus que pour toute autre chose, mais cela ne voulait pas dire qu’il ne fallait pas l’aborder… avec modération.

 
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Jeu 27 Juin 2019 - 18:49 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

Invité
Invité

Anonymous
Invité

Invité
Personnage
Joueur
La prêtresse alla se rasseoir tranquillement tandis que Charlie continuait de lui parler. Elle lui expliquait qu'il y avait peu de chance que son partenaire veuille venir au sanctuaire. Cela n'étonnait pas Frida, peu de membre de l'organisation acceptait ce qu'elle disait, même les plus fanatiques ne l'étaient pas assez pour voir l'organisation comme un culte et l'Ombre comme un être dont l'essence venait des Ténèbres Primordiales qui ont enfanter toutes choses dans le multivers. Pour le moment seule Frida y croyait fermement, enfin non pas que. Elle espérait d'ailleurs pouvoir rapatrier la deuxième personne à y croire à ses côtés à Star City.

Donc oui, elle pouvait comprendre qu'il ne veuille pas venir, même si elle aurait certainement répondu à Charlie que si les gens ne viennent pas à elle, elle viendra à eux, elle ne voulait pas s'imposer. C'était assez ironique en réalité, elle ne voulait pas forcer l'arrivée du Culte, mais cela obligeait ce dernier à progresser lentement.


Je comprends tout à fait. C'est finalement assez représentatif de beaucoup de membres de l'organisation et du mal que nous avons à progresser en tant que culte. Difficile de convaincre des civils, quand même les personnes liées à l'organisation ne voient pas le culte comme moi.

Ce n'était pas totalement faux, hormis un autre agent, personne ne voyait le culte et shadow comme elle, ils se disaient que c'était sa vision personnelle de l'organisation, mais pour elle c'était l'unique et seule vérité dans ce bas monde et pour le moment personne n'avaient réussi à argumenter contre ses mots. Même si certains avançaient qu'on ne pouvait prouver ce qu'elle disait, elle s'en fichait, elle avait vu la vérité, une telle vérité que cela provoqua sa cécité, même si là encore le mot était mal choisit.

Ho ! Et bien je dirais que oui et non. Disons que je n'ai aucune préférence pour ce genre de choses, je pense aimer sincèrement chaque êtres, amis ou ennemis, peu importe le genre ou sa nature. Mais je sais ce que pense la société de ce genre de liberté de pensée et même si c'est l'une des choses que j'essaye de changer, un dogme social que je voudrais voir disparaître, comme tant d'autre, je me dois de rester ''respectable'' au sein de cette société. Donc oui, je peux être intéressée par tout le monde, mais je préfère limiter la chose bien entendu. Le but du culte est d'accompagner les gens, de les apaiser, les préparer et même leur faire voir la vie en les libérant des règles de la société, le sexe n'est pas une chose obligatoire ou nécessaire, juste un plaisir de plus et ce n'est certainement pas une raison pour y venir.

Elle avait lâché un petit rire délicat à la fin de sa tirade, elle parlait de cela avec une réelle légèreté sans aucune gêne, avec ses mots tout ceci pouvait même ne pas paraître choquant pour un sous. Elle n'avait pas parlé de ce sujet depuis un moment maintenant et elle aimait bien l'aborder, enfin, elle aimait autant l'aborder que n'importe quel autres sujet en vérité, il s’agissait d'un parmi tant d'autres après tout. Elle hocha la tête aux derniers dires de Charlie.

Tu as compris le principe, je suis heureuse que tu le prennes ainsi.


Encore une fois, son doux sourire apparut sur son visage. Bien qu'elle aimait le sujet et qu'elle n'avait, visiblement, aucun mal à en parler, elle en avait un autre en tête au sujet du pouvoir de Charlie, pouvoir qui la fascinait, mais elle ne connaissait pas tout à son propos.


C'est un sujet fascinant, mais si tu me permets, j'aimerais une aborder un autre. Celui de ton pouvoir. Je ne l'ai jamais sentit en action et je le connais peu, du coup j'aurais quelques questions si tu le veux bien.
Elle attendit l'accord de Charlie pour continuer. Les créatures que tu fais naître, tu les contrôles toi-même n'est-ce pas ? Ainsi qu'en est-il de leur habilité à se battre ? Elle vient de toi, de ta manière de les contrôler ou savent-elles se battre par instinct ?
 
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Jeu 27 Juin 2019 - 20:58 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

Invité
Invité

Anonymous
Invité

Invité
Personnage
Joueur
Je comprends tout à fait. C'est finalement assez représentatif de beaucoup de membres de l'organisation et du mal que nous avons à progresser en tant que culte. Difficile de convaincre des civils, quand même les personnes liées à l'organisation ne voient pas le culte comme moi.

Charlie comprenait et, dans le même temps, elle eut d’abord du mal à trouver quelque chose de réconfortant à lui dire. Elle ne pouvait nier qu’elle appréciait la femme présente à ses côtés et elle souhaitait réellement qu’elle rencontre le succès qu’elle espérait, mais elle devait aussi reconnaître qu’elle n’avait pas tort, au moins en ce qui concernait les autres agents. Elle la première, d’ailleurs. Elle avait tendance à voir Shadow comme une organisation ayant des visées politiques et sociales et ce malgré son côté clandestin pas comme un culte et surtout pas comme un culte où leur leader serait une sorte de Dieu ou d’élu. C’était paradoxal en un sens vue qu’ils étaient déjà complètement dévoués à son œuvre et en même temps pas tant que ça. Il s’assurait lors de leur recrutement de la fermeté de ce dévouement, c’était vrai, il créait peut-être aussi parfois les conditions pour qu’il apparaisse ou se renforce si nécessaire, mais Charlie restait convaincue qu’ils agissaient tous comme ils le faisaient par choix, pas à cause d’une forme d’embrigadement, et elle avait la sensation que les choses risquaient de basculer dans le mauvais sens du terme si ces croyances se propageaient à l’intérieur du groupe, comme s’ils risquaient de sombrer dans une forme de fanatisme. Toujours aussi paradoxalement, peut-être que les agents pensaient défendre leur liberté en refusant de suivre sœur Frida. A moins qu'il y ait autre chose ? Comme une histoire de prérogatives à sauvegarder ? Car qu'adviendrait-il de l'organisation interne du groupe si le culte dont Sœur Frida était la cheffe se diffusait en son sein ?

- Peut-être que tu rencontreras plus de succès avec les civils, dit-elle alors, malgré tout désireuse de rebondir sur une note positive autant que de laisser à d'autres le soin de répondre aux questions vers lesquelles ses réflexions l'avaient menées. L’ombre, le chaos primordial, toutes ces choses, ce n’est pas la première fois qu’on en entend parler. Je crois même que ça existe d’une façon ou d’une autre dans beaucoup de culte, même si ces derniers y sont rarement montrés sous un bon jour.

Elle faisait plus que le croire en fait, elle le savait. Durga, à sa façon avait une part d’ombre, même avant qu’on la juge « déchue » et même si cette dernière était l’autre facette de son versant lumineux. Quant à Echidna avec laquelle elle avait été confondue… ne disait-on pas qu’elle était une entité issue et représentant le chaos primordial ?

Charlie était comme ça néanmoins, elle avait du mal à faire l’étalage de ce qu’elle savait, même quand elle était à peu près sûre de ses informations.

- J’imagine toutefois que ça pourrait plaire à certains.

Surtout s’ils ne connaissaient pas Shadow et ignorait qu’il y avait peut-être derrière une espèce d’élu divin qui arpentait le monde en chair et en os. Elle imaginait que ce genre de choses, vue l’attitude qu’avait parfois eu d’autres « divinités » ou champions de ce genre risquaient de passer moins bien ou d’éveiller les soupçons des mauvaises personnes, mais, après, peut-être qu’elle se faisait juste des films.

Elle écouta ensuite la tirade de Frida sur le thème de la sexualité et des relations interpersonnelles romantiques ou charnelles.

La façon dont elle abordait les choses resta néanmoins suffisamment soft pour que cela ne la gêne pas outre mesure. Elle ne fut par ailleurs pas choquée par le fond de ses propos. Malgré son inexpérience et le fait qu’elle avait du mal à se projeter dans un couple, cela n’avait pas toujours été le cas et elle s’était parfois demandé comment choisir, puis s’ils devaient réellement choisir.

Un autre agent lui avait par ailleurs déjà tenue des propos un peu similaire : Julia. Cette dernière était un succube, bien qu’également attachée, en tant qu’agent, à la nécessité de mener une vie relativement normale en apparence, elle lui avait déjà servi un petit plaidoyer sur la plus grande « liberté de mœurs » dont leur société, pourtant déjà bien débridée aux yeux de certains, avait besoin. Le discours passait néanmoins mieux dans la bouche de sœur Frida que dans celle d’une démone dont le fond de commerce restait la luxure, plus que l’amour des autres et le respect mutuel.

Elle n’émit toutefois aucun commentaire sur le sujet et sœur Frida lui demanda alors si elle pouvait aborder la question de ses capacités.

Charlie baissa alors un instant les yeux sur le contenu de sa tasse alors à moitié vide, même si elle esquissa aussi un léger sourire.

C’était étrange, mais elle était toujours partagée quand on abordait ce sujet : elle en avait généralement diablement envie, elle se sentait flattée aussi de l’intérêt qu’on lui portait alors, mais éprouvait aussi une certaine gêne, un peu comme si on lui avait demandé de se déshabiller, sachant qu’elle était aussi très pudique…

Elle donna toutefois à sœur Frida le consentement qu’elle semblait vouloir en hochant presque timidement la tête.

- Qu’est-ce que tu voudrais savoir ? demanda-t-elle ensuite d’une voix, plus petite qu’elle ne l’aurait voulu.

- Les créatures que tu fais naître, tu les contrôles toi-même n'est-ce pas ? Ainsi qu'en est-il de leur habilité à se battre ? Elle vient de toi, de ta manière de les contrôler ou savent-elles se battre par instinct ?

Charlie sourit alors à nouveau gentiment, même si en réalité Sœur Frida n’y était pas.

- Je ne contrôlais pas vraiment mes créatures, dit-elle alors, j’arrivais à les influencer grâce aux liens psychiques qui me reliaient à leur esprit, mais elles ne fonctionnaient pas comme des pantins. Elles allaient et venaient à leur guise selon leur bon vouloir et, oui, j’imagine aussi selon leur propre instinct.

Charlie marqua une légère pause. C’était étrange de parler de tout ça maintenant qu’elles n’étaient plus là et que la nouvelle génération de créatures qu’elle espérait créer n’avait pas encore commencé à voir le jour.

- Je sais aussi qu’elles savaient ou sentaient toutes grâce à ce même instinct que j’étais comme, disons, leur créatrice. Je suppose que ça m'a un peu aidé à en faire des alliées. Elles avaient également une façon particulière de se reconnaître entre elles, même quand elles ne se ressemblaient pas physiquement et je les ai rarement vu s’opposer les unes aux autres.

Cela arrivait quand même, toutes les espèces avaient leurs luttes pour le pouvoir après tout, mais, à sa connaissance, cela n’était jamais vraiment été au-delà de manœuvre d’intimidation.

- Quant à leur aptitude aux combats, Charlie eu un léger mouvement d’épaules, cela dépendait un peu de la créature en fait. Les fées n’étaient vraiment pas douées pour ça, précisa-t-elle en ayant un léger mouvement des lèvres entre le sourire et le gloussement, même si les choses étaient en réalité loin d’être drôles. Même un rat pouvait avoir le dessus sur elles.

Elle marqua une nouvelle pause, puis enchaîna.

- Je ne choisis pas réellement quand je créé quelque chose. Mon corps fait ça tout seul, comme il fabrique de la graisse quand il dispose d’un apport supplémentaire en sucres ou qu’il la brûle quand il en a besoin, sauf que je crois qu’il ne s’arrête jamais vraiment dans ce domaine. Ni pour l’aspect créature, ni pour le reste.

C’était aussi pour ça que Charlie restait rarement longtemps au même endroit : une dizaine de jours suffisaient généralement pour que le premier stade de ce qu’elle appelait la « nidification » s’enclenche et pour que les parois des endroits où elle passait le plus de temps commence à se couvrir de tâches ressemblant à de la moisissure magenta. Pas vraiment la façon la plus sympas de remercier les gens pour leurs hospitalités.

- Pourquoi est-ce que ça t’intéresse ? lui demanda-t-elle alors, simplement curieuse d’entendre la réponse.
 
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Lun 1 Juil 2019 - 14:13 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

Invité
Invité

Anonymous
Invité

Invité
Personnage
Joueur
Charlie se voulait réconfortante visiblement. Oui, Frida espérait bien qu'elle rencontrerait plus de popularité avec les civils, de toute manière, c'était là le but du culte, toucher la population. Elle n'aurait pas craché sur le fait de convaincre aussi les frères et sœurs du shadow, mais le plus important était de toucher la population, de convaincre des gens hauts placés dans le gouvernement, des célébrités, des gens influents. Si ces derniers venaient à parler aux membres du culte de leurs petits problèmes et si les membres du culte pouvaient les aiguiller dans certaines direction, c'était la réussite pour Frida. Cela ne se ferait pas rapidement, toute nouvelle chose mettait du temps à s'implanter durablement et pour de bon.

C'est mon but après tout. Il est vrai que de nombreuses religions ou croyances en parlent, mais pas de la même manière, c'est notre vision de la chose que je veux faire comprendre et accepter aux gens, ainsi l'organisation n'en sera que plus puissante.

Transformer les ombres, les ténèbres en quelque chose de rassurant pour les gens, ce serait là une très grande réussite pour le shadow, assurément, tout comme le fait de rendre le concept de bien et de mal plus floue. Mais comme dit, cela prendrait du temps.

Charlie était quelqu'un de secret, de réservé même pour certains sujets et Frida ne voulait pas qu'elle se ferme, car les pouvoirs de la jeune femme la fascinaient, même si elle ne les connaissait que très peu finalement. Et le début d'explication ne fit que plaire encore plus à la religieuse de l'ombre. Cette manière de créer la vie, mais une vie consciente, intelligente en quelque sorte, c'était un pouvoir assez unique, de mémoire elle n'avait jamais connu de personne capable de faire ce genre de chose. Cela devait être tellement magnifique à voir, à ses yeux bien entendu, et ce, peu importe la tête et l'aspect de ces créatures. Frida continua d'écouter attentivement les paroles de la jeune femme.

Visiblement, l'aspect combatif des créatures de Charlie était dépendant de leur type et elle avait même des noms pour les différencier, il y avait donc plusieurs types de créatures, plusieurs capacités associés. Frida gardait son sourire alors que la jeune femme parlait, elle ne savait pas tout d'elle, mais la manière d'en parler au passé montrait clairement qu'elle n'avait plus, ou plus trop, de créatures sous le coude et vu comment ces dernières semblaient être, perdre ces créations devait être douloureux pour elle, un peu comme une mère qui perdrait ses enfants. Mais bientôt la jeune femme lui demanda pourquoi cela l'intéressait.


Parce que c'est fascinant sœur Charlie. Je n'ai jamais vu un tel pouvoir, et même si je mets de côté le potentiel pour l'organisation, je trouve tes capacités absolument magnifiques. Pouvoir créer la vie, une vie consciente et potentiellement indépendante, c'est quelque chose que je trouve beau et fascinant. Serait-il possible de rencontrer l'une de tes créations un jour ? J'aimerais beaucoup en faire la connaissance. De plus, si je comprends bien il y a plusieurs styles de création à faire ? Tu me parlais des fées ?
 
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Lun 1 Juil 2019 - 19:11 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

Invité
Invité

Anonymous
Invité

Invité
Personnage
Joueur
C'est mon but après tout. Il est vrai que de nombreuses religions ou croyances en parlent, mais pas de la même manière, c'est notre vision de la chose que je veux faire comprendre et accepter aux gens, ainsi l'organisation n'en sera que plus puissante.

La dernière phrase de l’autre agent la laissa un instant songeuse. L’organisation n’en serait que plus puissante, mais Sœur Frida aussi, non ?

Elle avait du mal à la voir comme quelqu’un qui recherchait ce genre de chose, pas pour elle-même en tout cas, mais les apparences n’étaient-elles pas parfois trompeuses ?

Elle-même sous ses airs de ne pas y toucher le désirait aussi. Pour de bonnes raisons bien entendu, du moins, c’est ce qu’elle se disait quand certaines parties d’elle s’inquiétaient trop à ce sujet. Si elle devenait plus forte, Shadow aussi. Cela ne pouvait donc qu’être bien. Pourtant, elle savait aussi qu’une partie d’elle ne pensait pas forcement à Shadow quand elle nourrissait ce désir. C’était sa propre impuissance à elle et sa trop grande vulnérabilité aussi qui lui faisaient horreur, pas celle de l’organisation. Son influence dépendait peut-être dans une certaine mesure de la leur, mais dans une certaine mesure seulement. Elle était bien plus résiliente qu’eux en réalité, un peu comme une hydre dont les têtes repousseraient plus nombreuses après chaque décapitation. Or Frida et Charlie n’étaient que ça : des têtes, remplaçables en cas de chute, même inopportune. Ou bien n’étaient-elles que des neurones ? Une partie de la tête, une partie de la cellule qui pouvait s’éteindre sans que cela perturbe son bon fonctionnement ?

Quelque part pourtant, Charlie voulait aussi devenir une hydre. Pour Shadow, évidement et la supplanter ou la concurrencer ne l’intéressait pas le moins du monde et pas uniquement parce qu’elle était persuadée de ne pas avoir l’intelligence requise pour, mais elle enviait cette résilience et y aspirait aussi. Etait-ce le cas de Sœur Frida ? Ne voulait-elle pas, à sa façon, elle aussi une part d’éternité en façonnant un culte dont on se souviendrait encore après sa mort ?

Elle n’osa pas poser la question. Bien qu’elle sache qu’elle n’avait rien à se reprocher, elle savait aussi qu’il s’agissait d’un terrain glissant et n’avait pas envie de s’y aventurer.

- Parce que c'est fascinant sœur Charlie. Je n'ai jamais vu un tel pouvoir, et même si je mets de côté le potentiel pour l'organisation, je trouve tes capacités absolument magnifiques. Pouvoir créer la vie, une vie consciente et potentiellement indépendante, c'est quelque chose que je trouve beau et fascinant.

Charlie esquissa un léger sourire, en entendant ces propos, mais son humeur resta relativement sombre. En un sens, elle savait déjà tout ça et une partie d’elle roucoula intérieurement comme le corbeau entendant les flatteries du renard, mais elle avait parfois l’impression que ces idées avaient quelque chose de dangereux. Si un scientifique capable de cloner une brebis avec une éprouvette pouvait finir par perdre tout sens commun, que risquait quelqu’un qui n’avait ni besoin d’éprouvette ni d’un appareil reproducteur classique pour faire encore mieux ? C’était magnifique, c’était vrai, mais elle ne voulait pas prendre le melon.

Il n’y avait pas forcement de quoi en outre à l’heure actuelle, puisqu’elle était pathétiquement revenue à la case départ il y a quelques temps. Sans toucher 20 000 francs évidement. La vie, après tout, était aussi fragile qu’elle soit son œuvre ou celle d’un Autre.

- Serait-il possible de rencontrer l'une de tes créations un jour ? J'aimerais beaucoup en faire la connaissance. De plus, si je comprends bien il y a plusieurs styles de création à faire ? Tu me parlais des fées ?

- Un jour peut-être, répondit-elle alors.

Elle hésita ensuite à continuer mais… après tout ce n’était pas vraiment un secret. Elle en avait plus d’un pourtant et pour beaucoup de monde, mais très peu sinon aucun pour Shadow.

- Mais ce n’est pas possible pour le moment.

Elle marqua une nouvelle pause, pendant laquelle elle eut la sensation de ne pas avoir envie de prononcer les mots qui se trouvaient déjà dans sa tête et peut-être même dans sa gorge.

Comme si ça rendrait les choses plus réelles. Ce qui était ridicule puisqu’elle avait déjà clairement conscience de leur disparition. A moins que ce ne soit une histoire d’échec ? Car c’était un échec, clairement. Charlie soupira légèrement.

- Elles sont mortes pendant l’invasion, dit-elle alors.

C’était une Charlie à nouveau plus dure et plus sérieuse qui s’exprimait alors et plus la gentille gamine un peu paumée et trop émotive pour son propre bien.

- J’imagine que c’est comme ça qu’on apprend, dit-elle ensuite sur un ton moins léger qu’elle ne l’aurait voulu.

Sœur Frida avait vu juste et leur perte avait été douloureuse, dans une certaine mesure. La peine n’était toutefois pas les sentiments qui la dominaient aujourd’hui à propos de cet incident. Elle n’en avait pas complètement conscience mais la colère et la frustration étaient beaucoup plus présentes. Elles étaient aussi refoulées toutefois et, quand cette idée effleurait son esprit, Charlie estimait parfois que c’était une bonne chose. Elle était assez vulnérable comme ça sans qu’elle se mette en plus à partir en cacahouète parce qu’elle ne contrôlait plus ses émotions.

- Je crois sinon que je peux théoriquement créer à peu près tout ce que je veux à condition que ça stimule un minimum mon imagination.

Son corps était une fabrique de monstres ou du moins de créatures bizarres, pas de clones sans saveur.

- Pas que je m’y sois jamais risquée évidement.

Non. Elle avait choisi de se montrer raisonnable. Mais n’avait-ce pas été là son erreur ? A trop se refréner n’avait-elle pas fini par créer une bande de créatures faiblardes, au moins selon les critères de ce monde, et finalement peu capables de se défendre ?

Elle était surement dure avec elle-même, même s’il y avait aussi une part de vérité dans ses pensées.

Malgré ça, Charlie n’était pas forcement encore prête à laisser réellement libre cours à ses véritables envies dans ce domaine. Elle était encore gênée par la peur et par des pensées paralysantes comme que penseraient les autres si… Même si son esprit était aussi souvent capable de créer un scénario catastrophe où elle avait ses réponses et où ses créatures étaient finalement les victimes de l’histoire. Encore.

- Tes capacités à toi sont magiques, c’est bien ça ? demanda-t-elle alors.

Elle avait « oublié » de parler des fées, mais elle éprouvait pour le moment le besoin de changer, au moins temporairement de sujet. Elle connaissait mal en outre les capacités de sa consœur. Malgré ses recherches, elle s'en mêlait par ailleurs encore les pinceaux quant il s'agissait du monde "surnaturel" et son esprit débordait de questions auxquelles elle n'avait pas encore pris le temps de chercher de réponses.
 
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Lun 1 Juil 2019 - 20:08 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

Invité
Invité

Anonymous
Invité

Invité
Personnage
Joueur
Comme elle le pensait, elle avait perdu ses créations, c'était donc lors de l'invasion, ce même moment où elles c'étaient rencontré finalement. Frida avait une vision différente de la mort, une vision que ne partagerait certainement pas Charlie malheureusement. Elle hésitait à lui en parler, lui partager sa vision des choses quant à la destruction de ses créatures. Elle ne voulait pas la blesser plus que de raison, mais une part d'elle-même ne voulait pas la laissé ainsi. Les paroles de sa sœur laissaient à supposer qu'elle s'en voulait, même si elle cachait cela derrière des mots qui semblaient dire qu'elle voulait apprendre de ses erreurs. 

Frida se leva à nouveau de son siège, il lui était venu à l'idée d'étendre ces bras ou de prendre les mains de Charlie pour lui apporter un peu de réconfort, mais elle se ravisa, ce n'était pas ce qui aiderait la jeune femme. C'est ainsi qu'elle la voyait en tout cas, pas le genre de personne à qui on propose ce genre de chose. Au lieu de cela, elle garda ses mains jointes devant elle au niveau de son ventre et s'inclina légèrement devant sa collègue.

Je ne peux imaginer ce que cela peut faire. Mais si elles ont disparu, c'est qu'elles ont existé. C'est une raison de s'en souvenir, la prochaine génération n'en sera que plus forte j'imagine.

Pour la suite de l'explication sur les possibilités offertes par son pouvoir de création sœur Frida ne fit que hocher la tête, gardant le silence pour ne pas ajouter à l'humeur de Charlie, elle n'avait pas réellement besoin de cela et la religieuse pouvait sans peine se rendre compte que ce sujet ne serait pas le plus joyeux pour elle. Elle gardait également un petit sourire et une expression douce en écoutant la jeune femme.

Cette fois-ci, c'est elle qui changea de sujet, pour parler de Frida, elle voulait en savoir plus sur les pouvoirs de la religieuse et à sa question Frida releva légèrement la tête vers le plafond en réfléchissant. Puis elle reprit sa position initiale.


Oui, en quelque sorte. J'imagine que pour t'en parler plus spécifiquement, je me dois de te partager une partie de ma vie.

Elle eut un petit rire discret à moitié masqué par sa main serré contre ses lèvres dans une posture très délicate comme à son habitude.

Mon pouvoir me vient à la base de ma mère. Elle m'a appris à maîtriser ce qu'elle appelait la Flamme Divine. Pouvoir qui n'était de nature divine contrairement à ce que l'on peut penser, mais bénéfique tout de même. Parfait pour soigner et châtier certaines forces obscures. Mon père lui, fut mon mentor pour le combat. La flamme divine est un pouvoir personnel qui brûle à l'intérieur de son détenteur.

Elle faisait quelques pas tout en parlant, utilisant ses mains dans des geste lent pour mimer ce qu'elle disait.

Lorsque j'ai quitté les rangs pour entamer mes recherches, mon mentor de l'époque m'apprit à maîtriser la magie des ombres, mais après mes découvertes, mes théories sur les Ombres Primordiales, la magie des ombres me semblaient trop porté sur le côté maléfique pour en être une digne représentante.

Elle gardait son sourire pendant ces explications et son air doux et chaleureux.

J'ai donc, à nouveau, fait des recherches et travailler sur mon idée. Me servir de la magie des ombres pour corrompre la flamme divine et la flamme divine pour purifier la magie des ombres. J'ai été aidée par un technomancien pour cela. L'opération m'a fait contempler ce que j'avais mis à jour, mes yeux, ma conscience à vu ces Ombre Primordiale et à fait naître en moi mon pouvoir d'aujourd'hui, la Flamme Noire. Cela m'a ôté ma vue, pour la remplacer par autre chose, on peut voir les volutes de la flamme qui brûle en moi aujourd'hui.

Elle se posa devant Charlie pour ouvrir les yeux, dévoilant son regard voilé de noir, mais un voile qui n'était pas statique, qui semblait se mouvoir telle une fumée.

Donc pour résumer, mon pouvoir et la modification d'un pouvoir et d'une magie et leur association par technomancie et vient également de cette révélation. Aujourd'hui encore, j'en expérimente les possibilités et ce pouvoir se montre... assez polyvalent, sans être particulièrement bénéfique ou maléfique, parfaitement à l'image des Ombres.
 
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Mer 3 Juil 2019 - 14:14 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

Invité
Invité

Anonymous
Invité

Invité
Personnage
Joueur
- C'est une raison de s'en souvenir, la prochaine génération n'en sera que plus forte j'imagine.

Charlie n’ajouta rien sur ce chapitre et les deux femmes quittèrent finalement le sujet temporairement douloureux de ses pouvoirs et créatures pour s’intéresser à celui de son ainée.

La jeune femme l’écouta alors lui parler de l’évolution de ses pouvoirs ce qui lui confirma malheureusement qu’elle était effectivement très vite larguée dès que l’on abordait les questions relatives à la magie et à son fonctionnement… Elle fut par ailleurs réellement perdue quand Sœur Frida parla d’ombre corruptrice et de flamme divine purificatrice. Elle avait en effet eu l’impression que Sœur Frida tenait les ombres en haute estime, presque davantage peut-être que ce qui relevait du divin, voir que les ombres lui apparaissaient finalement comme une force « bienfaitrice » ou qu’elle voulait s’abstraire de cette dualité bien/mal ? A moins que tout cela ne soit que des mots sensés lui permettre de mieux comprendre de quoi il retournait ?

Elle garda d’abord ses questions pour elle toutefois, désireuse de ne pas interrompre son consœur dans son récit.

- Cela m'a ôté ma vue, pour la remplacer par autre chose, on peut voir les volutes de la flamme qui brûle en moi aujourd'hui.

Charlie parvint à conserver un calme apparent quand sœur Frida s’approcha d’elle pour la laisser contempler son étrange regard et parvint aussi à ne pas avoir un mouvement de recul qui aurait été des plus malvenus.

Elle s’en voulu aussi de son soudain malaise. Ses yeux à elle aussi, après tout, avaient parfois un drôle d’aspect et elle n’avait jamais aimé l’idée de rejeter les gens pour ce qu’ils sont, même s’ils le sont devenus plus ou moins volontairement, comme dans le cas de sœur Frida et non suite à un genre d’accident comme c’était son cas à elle.

Elle la laissa ensuite conclure notamment sur la polyvalence de ses capacités.

- C’est bien, j’imagine, la polyvalence, précisa-t-elle ensuite. Même si tout ça reste encore un peu opaque pour moi.

Et c’était sans parler de cette histoire de techno-mancie dont elle venait plus ou moins de découvrir l’existence ou plutôt la réalité de celle-ci puisqu’elle l’avait déjà rencontrée au cours de ses lectures.

Elle n’aurait pas dû être surprise néanmoins et, dans le fond, elle ne l’était pas vraiment, mais tout ça la perturbait malgré tout toujours un peu. Dans le monde où elle avait grandi les choses étaient plus cartésiennes et cette débauche de miracles et de choses aussi insensées qu’incroyables lui donnaient parfois l’impression que la réalité qui l’entourait manquait de stabilité. Ça la rendait presque irréelle un peu comme si elle avait quitté la « vraie » réalité pour se retrouver dans l’un des comics qu’elle avait toujours aimé dévorer.

- Toutes ces choses n’existaient pas chez moi.

Elle marqua ensuite un temps d’arrêt en entendant ses deux derniers mots. Chez elle. Puis soupira légèrement. Malgré ses efforts et malgré ce qu’elle savait, une partie d’elle continuait à considérer le monde où elle avait grandi comme tel et celui de Star City comme une sorte de terre d’accueil. Une terre d’accueil importante puisqu’elle s’imaginait mal retourner dans ce chez elle désormais vide de toute forme d’humanité consciente, mais une terre d’accueil malgré tout et un endroit qui continuait parfois encore à lui demander quelques efforts d’adaptation. C’était surement une chance, en un sens, car combien de personnes même à Star City pouvaient prétendre sans affabuler avoir vécu dans deux mondes différents ?

Quelques-unes surement… Mais probablement pas des millions non plus.

- Pas vraiment en tout cas, reprit-elle, comme si elle ne s’était jamais arrêtée. Sauf dans les livres.

Elle se demanda ensuite si ça n’était pas mieux d’ailleurs. Chose au combien paradoxalement pour une personne qui à l’époque où elle était gamine aurait donné beaucoup pour recevoir sa lettre pour Poudlard ou son passeport pour la cité des milles planètes.

- Je me souviens d’ailleurs que le monde me paraissait parfois un peu morne en comparaison à ceux dépeints dans ces derniers.

Sauf quand elle était dehors, dans les bois ou face à la mer, ces derniers ayant toujours eu à ses yeux, même chez elle, leurs propres magies.

A côté toutefois, quand elle était d’humeur maussade, les couleurs de celui de Star city lui paraissaient presque trop criardes, même si, derrière les strasses et les collants, ce dernier possédait son lot de laideur répugnante.

En pensant teinte et couleur, elle se demanda ensuite un temps si l’ombre dont avait parlé Sœur Frida avait réellement corrompu sa flamme divine ou si les deux choses s’étaient simplement mélangées pour devenir autre chose, un peu comme le font les couleurs sur une palette de peinture.

Elle avait en effet cru comprendre que sœur Frida ne voyait pas forcement les ombres comme quelque chose de négatif et parvenait ainsi mal à percevoir comment celles-ci auraient pu corrompre quelque chose, littéralement parlant, si tel était bien le cas.

Elle n’était pas sûre de vouloir lui poser la question néanmoins, peut-être parce que tout ça lui semblait trop compliqué à moins que cela ne la renvoyait d’un peu trop près à des questions qui la touchaient plus personnellement et qu’elle n’avait pas envie de se poser.
 
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Jeu 4 Juil 2019 - 15:27 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

Invité
Invité

Anonymous
Invité

Invité
Personnage
Joueur
Frida oubliait souvent que Charlie n'était pas d'ici, enfin elle l'était, mais en même temps elle ne l'était pas, c'était compliqué à comprendre, tout comme cela devait être compliqué à expliquer. Donc il était normal qu'elle trouve ces différentes tirades assez indigeste, heureusement la femme de foi semblait savoir ce qui devait la rebuter le plus, certainement toutes ces informations en terme de pouvoir, de divin et mêler et cette histoire d'Ombre Primordiale, de toute manière elle pouvait perdre tout le monde avec cela. Il allait falloir qu'elle revoit un peu sa manière d'aborder ce genre de choses, elle ne pouvait pas laisser de zones d'ombres dans ces histoires au risque de perdre trop de monde en chemin.

Je comprends, je suis parfois trop prompte à perdre les gens.
Dit elle avait un doux sourire encore une fois. Pour faire plus simple ces Ombres Primordiales dont je parle depuis tant d'années ne sont pas la même chose que l'ombre que projette ton corps ou que la magie que l'on nomme magie des ombres. Il s'agit du point de départ de l’existence et des univers. Tu as certainement déjà entendu cette phrase ''Au départ il n'y avait rien'', qui sert souvent pour expliquer le début des temps.

Elle se releva pour se saisir d'une bouteille d'eau et se servir une lampée dans sa tasse.

Et bien au départ, il y avait ces ombres, d'où est sortit l'énergie qui à enfanté les univers et l'existence. J'ai donc voulu associer ma flamme bénéfique à la magie maléfique des ombres, pour créer un pouvoir qui s'approcherait plus de ces Ombres Primordiales. Et ainsi est née mon pouvoir, la flamme noire. Qui peut créer d'une certaine manière.

Elle reposa sa tasse et tendit la main, une flamme noire apparue dans sa paume et grandit pour prendre la forme de sa faux qui finit par apparaître physiquement dans sa main. Tenue par sa main droite, sa main gauche effleura doucement sa lame, avant que l'arme ne disparaisse comme si elle fut consumée par ses flammes sombres.

Et qui peut me soigner, et même me permettre de voir malgré ma cécité. Enfin, je ne vois pas vraiment, c'est plus une sorte de ressentit précis.

Elle fini sa nouvelle tirade par un nouveau petit sourire en espérant que les choses seraient plus claires pour la jeune femme, même si elle pouvait comprendre que cela ne soit pas le cas en vérité. Déjà, il n'était pas simple de comprendre la croyance de Frida, mais de plus le pouvoir qu'elle possédait était réellement capable de faire plusieurs choses bien différentes et il n'était donc là aussi, pas simple à comprendre. Elle écouta alors Charlie lui parler de son monde qui lui semblait bien morne comparer à celui dans lequel elle évoluait à présent. Un monde sans magie, sans créatures magiques, sans super-pouvoirs et ce genre de choses. En réalité de nombreuses personnes dans le monde vivait sans cela, si ce n'étaient les quelques invasions dont la planète était victime et les informations qui parlait de tout cela, de nombreuses personnes ne voyait pas non plus le monde de la même manière, même ici.

Morne... ce monde à l'air plutôt calme et tranquille à mon avis. Je ne l'ai pas connu comme toi bien entendu, mais parfois notre planète, notre univers peut me sembler bien trop foisonnant, je dois bien l'avouer.

C'était aussi pour cela qu'un endroit comme le sanctuaire pouvait être important pour certaines personnes, une manière d'échapper à ce monde qui allait vite et surtout qui allait loin, parfois trop loin comme avait put le démontrer les invasions ou certains crimes commis par des sur-humains. Il y avait fort à parié que certaines personnes aimerait vivre dans le monde qu'avait été celui de Charlie.
 
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Sam 6 Juil 2019 - 16:11 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

Invité
Invité

Anonymous
Invité

Invité
Personnage
Joueur
Charlie écouta à nouveau les explications de sœur Frida qui cette fois parvinrent davantage à atteindre leur but : une expression signifiant qu’elle avait compris le truc se peignit même à un moment sur le visage de Charlie. Ainsi donc pour Frida, le terme « ombre » désignait bien deux choses différents : le néant des origines d’une part et cette magie sombre dont elle s’était servi pour refaçonner ses pouvoirs d’autre part.

Elle sourit par ailleurs après avoir saisi et intégré tout ça, re-boostée par le fait d’avoir compris et par la sensation, peut-être un peu illusoire, d’être soudainement devenue plus intelligente.

- Merci, c’est plus clair maintenant, lui dit-elle alors, sans se départir de son sourire. Ça fait sens aussi.

Elle eut ensuite comme un léger frisson. Sœur Frida, en un sens, avait certes plus ou moins cherché ce qui lui était arrivée en « jouant » ainsi avec la magie et ces forces primaires de la nature. Ces dernières explications, en lui laissant entrevoir clairement le lien entre ces expérimentations et sa foi lui donnèrent toutefois aussi le sentiment qu’il y avait aussi quelques choses de très courageux chez elle. Sœur Frida du reste était tout sauf bête ou ignare à ses yeux, elle semblait également maîtriser son sujet, aussi devait-elle avoir conscience des risques ou du moins du fait qu’il y en avait. Mais elle y était allée malgré tout, parce qu’elle était persuadée que c’était la chose à faire. Voilà qui pouvait peut-être lui servir d’exemple et lui donner à réfléchir… dans le bon sens du terme !

- C’est courageux, je trouve, ce que tu as fait.

- Est-ce que… est-ce que tu as eu peur en cours de route ? Est-ce que tu as parfois douté ou est-ce que tu as eu l’impression de te sentir guidée sur ce chemin par ta foi ou ton intuition ?

Elle avait déjà entendu ce genre de choses à plusieurs reprises. Se laisser guider par son intuition. Suivre le flow, vivre le moment présent. C’était des conseils qui revenaient souvent, mais est-ce que cela marchait vraiment ? Y compris avec leurs pouvoirs ?

Sœur Frida fit ensuite apparaître cette fameuse flamme et cette fois Charlie se perdit dans la contemplation de celle-ci un instant, presque attirée par elle, malgré sa nature ambigüe, un peu comme un papillon avec une ampoule, puis la flamme pris la forme d’une faux sans que Charlie ne cherche à cacher sa surprise qui se mua rapidement en approbation.

Une faux… comme la faucheuse. C’était stylé ! Bon, ce n’était peut-être pas le plus important, c’est vrai, mais ça restait cool quand même, non ?

- C’est impressionnant, commenta-t-elle, sincèrement emballée, même si elle se fit aussi, en s’entendant, l’effet d’être un genre de fan, un peu comme les cruches qui se pâmaient dès qu’elles voyaient un héros connu ou poussait de petits cris aigus dans leur sillage dans l’espoir d’obtenir un autographe.

- Et la faux est très stylée. Tu l’as choisi toi-même ou, je ne sais pas, ça c’est fait un peu comme ça ?

- Et qui peut me soigner, et même me permettre de voir malgré ma cécité. Enfin, je ne vois pas vraiment, c'est plus une sorte de ressentit précis.

- Est-ce que ça te manque, de voir ? lui demanda-t-elle ensuite, sur un ton plus posé de circonstance.

La question était certes personnelle et la réponse pouvait paraître évidente, mais elle avait aussi appris à ne pas tenir les évidences pour acquises et puis sœur Frida avait une façon bien à elle de voir les choses qui aurait peut-être une influence non négligeable sur sa réponse.

- Morne... ce monde à l'air plutôt calme et tranquille à mon avis. Je ne l'ai pas connu comme toi bien entendu, mais parfois notre planète, notre univers peut me sembler bien trop foisonnant, je dois bien.

La tête de Charlie oscilla légèrement presque en signe d’assentiment.

- En un sens tu n’as pas tort, lui répondit-elle alors, mais la gamine que j’étais à l’époque avait un tout autre avis sur le sujet. Nous avions aussi notre lot de problèmes sinon. La pollution, la pauvreté et même certaines organisations criminelles, elles existaient là-bas aussi et j’ai l’impression que tous nos supers ou leur absence n’a pas une grande incidence sur leur existence.

Bon. Les supers rendaient quand même tout ce qui relevait du milieu du crime beaucoup plus flippant, au moins pour ceux qui ne possédaient pas des habilités surhumaines capables de les défendre… et encore. Leurs capacités étaient tellement nombreuses et tellement différentes qu’il lui semblait pratiquement impossible qu’un pouvoir puisse offrir un moyen de se défendre et de se protéger contre tout ce qui traînait dans la nature dans ce domaine.

- Mais ma vie à moi était tranquille et heureuse aussi.

Elle marqua une petite pause, regarda ses mains, puis revint chercher sœur Frida du regard.

- Je te rejoins sinon sur le foisonnement de notre monde. Tout ce que l’on peut y croiser le rend incroyable, mais c’est parfois presque trop. Un peu comme cette histoire de musée en Europe.

Charlie faisait allusion au syndrome de Stendhal ou syndrome de florence, un trouble rare qui entraîne certaines perturbations chez un individu lorsque son œil est exposé à un trop grand nombre d’œuvre d’art. Elle avait lu un jour quelque chose à ce sujet, un article parlant de touristes faisant une overdose à force de voir des œuvres d’art partout et mentionnant le dit syndrome. Elle en avait toutefois oublié le nom et ne chercha pas à s’en rappeler.
 
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Lun 8 Juil 2019 - 15:55 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

Invité
Invité

Anonymous
Invité

Invité
Personnage
Joueur
Frida était contente d'avoir réussie à mieux s'exprimer pour expliquer son pouvoir et sa provenance, certaines personnes aimaient garder des cartes dans leur mains, mais Frida n'avait aucun problème à se dévoiler faces aux autres agents de shadow, elle n'avait rien à leur cacher, bien entendu ce n'était pas la même pour les gens en dehors, elle ne pouvait pas tout leur révéler. Mais elle pensait que ne rien cacher aux membres de l'organisation lui donnait un statut assez transparent et que cela pourrait aider à ce qu'ils se confient eux aussi. Cela ne marchait pas aussi bien qu'elle le voudrait, mais ce n'était pas bien grave.

Merci ma sœur. Je pense que tous les membres du shadow le sont par définition. Que ce soit par ce qu'il ont vécu comme toi, ou ce qu'ils ont fait ou simplement parce qu'il en faut du courage pour entrer dans cette organisation.

Le courage d'accepter d'être le ''méchant'' de l'histoire aux yeux de tous (même si l'organisation était secrète), le courage de faire des choses parfois atroces pour réussir leur objectif et pouvoir amener l'humanité plus loin encore après le contrôle de leur monde. C'était ça le shadow pour elle, un organisme qui mettra fin à une multitude d'horribles choses de leur monde et de l'humanité, mais qui devra verser le sang pour y arriver. C'était cela, un mal nécessaire à l'élévation de la race humaine.

La réaction de Charlie face à son arme de prédilection fit sourire la moniale, c'était une réaction normale, les victimes en avaient peur, les autres trouvaient cela très cool et impressionnant et elle ne pouvait pas les contredire. Déjà petite le symbole de la grande faucheuse avait un aspect cool à ses yeux, même si ces parents lui avait appris à la craindre. Tellement de symbolique dans une telle arme et c'était quelque chose de très spéciale à manipuler en plus de cela, mais qui se montrait très mortelle une fois maîtrisée, la forme de la lame permettait au combattant de passer outre certaine protection, lorsqu'un coup est lancé, c'est toujours surprenant pour l'ennemi, même s'il y faisait face.


N'est-ce pas ? Cela s'est fait tout seul, je n'ai pas le choix de la forme de l'arme. J'ai été un peu surprise au début, mais mon entraînement m'avait apprit à manier la lance et j'imagine que cela a été décider en partit par ma mentalité également, j'avoue ne pas être totalement sûre là-dessus. Les symboliques ne manque pas, la mort, l'univers rurale, mais aussi pour certains, l’exil, la solitude. Je ne sais pas ce qui me correspond le plus.

La question suivante la laissa pensive un bref instant. C'était une très bonne question à poser à Frida. La majorité des gens ayant perdu la vue dirait que oui sans hésitation, mais pour elle, c'était différent. Après tout, elle voyait toujours, à sa manière uniquement, et c'était une façon de faire très difficile à expliquer en vérité, heureusement la question ne portait pas là-dessus.

Non. Je vois grâce aux ombres, à travers elle. Certes certaines choses me seront inaccessible, comme un paysage, un coucher ou lever de soleil ou le détail d'un visage ou d'un tableau. Mais je suis fier de la manière dont le voix à présent et pour rien au monde, je ne changerais cela.

Fier, c'était bien le mot, même si elle qui était féru d'art savait qu'elle ne pourrait plus observer un tableau ou une statue en détail, il lui restait la musique pour cela et de toute manière ces goûts et ses envies n'entraient pas ne ligne de compte, pour elle cette vue lui à été donné par les Ombres et c'était le plus important. Elle écouta ensuite Charlie parler un peu plus de son monde, ce dernier n'était pas parfait comme le pensait Frida bien entendu, mais il était imparfait comme le leur, avec moins de supers dans les parages. Elle commenta simplement les dires de Charlie.

On peut voir cela comme sorte d'échelle. Plus ceux qui luttent contre le crime sont équipés et fort, plus le crime le sera. Les sur-humain du bien appellent les sur-humain du mal et vice-versa.

Elle eu un nouveau sourire chaleureux quand Charlie lui parla de sa vie heureuse sur cette autre planète. Frida espérait que la jeune femme s'accrochait à cela dans les moments difficiles, plutôt que de regretter d'avoir perdu cette tranquillité et ce bonheur qui semblait plus simple et donc peut-être plus fort. Elle eut un petit rire contenu avec sa main lorsque Charlie parla de l'histoire des musées en Europe. Elle était très cultivée mine de rien, pour quelqu'un vivant actuellement dans les rues.

Le syndrome de Stendhal. J'avoue avoir ressentit quelque chose de similaire lorsque j'ai appris pour la première fois qu'il existait des êtres d'autres planètes et d'autres dimension. La jeune moniale que j'étais a vu ces croyances voler en éclats.

Encore une fois, en plaçant sa main devant sa bouche elle rigola un peu de son propre passé, c'était ce mal-être qui l'avait construit comme elle était à présent.
 
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Lun 8 Juil 2019 - 22:01 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

Invité
Invité

Anonymous
Invité

Invité
Personnage
Joueur
Les deux femmes discutèrent encore un moment des pouvoirs de sœur Frida et Charlie fut ravie de voir que celle-ci partageait son avis concernant la faux, sans penser une seconde à ceux qui la voyait dans des circonstances plus obscures et moins heureuses.

Sœur Frida lui répondit ensuite sur la façon dont la faux l’avait trouvée plus qu’elle ne l’avait choisi et Charlie esquissa un léger sourire en entendant cela.

- Les symboliques ne manque pas, la mort, l'univers rurale, mais aussi pour certains, l’exil, la solitude. Je ne sais pas ce qui me correspond le plus.

Son sourire ne diminua pas, mais la fin de sa phrase la surprit quelque peu l’exil et la solitude n’étant pas des mots qu’elle aurait spontanément associés à sœur Frida. Mais bon… Cela prouvait peut-être simplement qu’elle avait encore de nombreuses choses à découvrir sur sa consœur et sur son histoire.

Elle faillit par ailleurs l’interroger sur l’entraînement à la lance qu’elle avait évoqué, mais elle s’inquiéta ensuite de s’enquérir de l’heure qu’il était et la question lui sortit de l’esprit, bientôt remplacée par celle sur sa vision à laquelle elle fut heureuse d’entendre que sœur Frida répondait avec sa transparence habituelle.

Le sujet changea ensuite à nouveau pour se porter sur le monde où elle avait grandi et, d’une façon plus générale sur la façon dont les forces du bien et du mal paraissaient s’équilibrer, partout avec ou sans super.

- On peut voir cela comme sorte d'échelle. Plus ceux qui luttent contre le crime sont équipés et fort, plus le crime le sera. Les sur-humain du bien appellent les sur-humain du mal et vice-versa.

Charlie hocha silencieusement la tête. L’idée lui parlait, un peu comme cette histoire, physique ou métaphysique, elle ne savait plus trop, de force qui ne pouvait exister sans qu’il existe quelque part dans l’univers une force contraire d’égale puissance.

- Toute force à son contraire, j’imagine, dit-elle alors pour résumer cette idée, tout en se demandant s’il en était de même pour elle et, le cas échéant, à quoi pourrait bien ressembler sa Némésis naturelle, même dans les mondes dépourvus de magie.

Elle préféra ne pas rebondir sur ces réflexions néanmoins parce qu’elle les sentait… peu propices à provoquer la moindre forme de joie chez elle et continua donc à écouter son ainée.

- Le syndrome de Stendhal. J'avoue avoir ressenti quelque chose de similaire lorsque j'ai appris pour la première fois qu'il existait des êtres d'autres planètes et d'autres dimensions. La jeune moniale que j'étais a vu ces croyances voler en éclats.

Charlie eu un léger sourire un peu triste. Elle pouvait cette fois sans peine imaginer ce qu’elle voulait dire, sauf que c’était avec sa propre identité et celle de sa mère que Charlie s’était heurtée à ce genre de découvertes et révélations chamboule-tout.

- Ca a dû être… déstabilisant, dit-elle alors faute de trouver remarque plus pertinente. Mais j’imagine aussi que sans cela tu ne serais pas devenue celle que tu es aujourd’hui.

N’était-ce pas ce que l’on pouvait d’ailleurs se dire de toutes les expériences déstabilisantes ou même désagréables ? Qu’elles nous aidaient à nous construire, à nous rendre plus fort ou à nous faire envisager de prendre une autre direction vers laquelle nous n’aurions jamais pu regarder sans ces changements parfois perçus comme indésirables de prime abord ?

- De mon côté, j'ai toujours aimé ces histoires de planètes et je crois parfois que j'aimerais pouvoir voyager à ma guise d'une réalité à une autre.

Dans son monde d'origine, déjà, elle avait caressé ce désir et le fait qu'il puisse presque devenir une réalité ici faisait partie des choses grisantes qu'elle aimait dans la réalité de Star city, qu'elle voyait parfois un peu comme un immense carrefour bigarré et unique dont seuls les créateurs de comics de son monde avaient osé rêvé à sa connaissance, même si ce dernier pouvait parfois aussi paraître presque "trop".

Le mince filait de lumière qui parvenait jusqu'à elles depuis l'extérieur la tira toutefois de ses réflexions en lui indiquant que le jour commençait à décliner et donc qu'il était temps pour elle de plier bagage, surtout si elle voulait être à l'heure à son rendez-vous.

- Je ne sais pas quelle heure il est exactement, dit-elle par conséquent, mais je crois que je vais devoir y aller.

- Ça m’a fait plaisir de pouvoir discuter un peu avec toi, dit-elle ensuite. Et je te remercie encore pour le chocolat, il était vraiment délicieux.

Elle se redressa ensuite légèrement et marqua une légère pause le temps de laisser à Sœur Frida le soin de lui répondre avant de prendre plus physiquement congé d’elle dès à présent ou après avoir été raccompagnée à la porte, selon ce que préférait sœur Frida.
 
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Lun 8 Juil 2019 - 22:53 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

Invité
Invité

Anonymous
Invité

Invité
Personnage
Joueur
Frida aimait toujours discuter avec cette jeune femme, elle savait écouter et n'hésitait pas quand elle pensait quelque chose, elle le disait. Elle pouvait être un peu renfermée, elle n'avait certainement pas la même transparence que Frida concernant sa vie, mais c'était quelque chose que la moniale pouvait comprendre assez aisément en vérité. Tout le monde n'aimait pas abattre ses cartes trop rapidement et c'était aisément compréhensible, même si dans le cas de la jeune femme, il s'agissait certainement plus de pudeur où c'était simplement son caractère qui jouait.

A son tour Frida hocha la tête aux dires de la jeune femme concernant les forces et leur contraire. C'était une base dans certaines sciences, quelque chose de vérifié et d'acquis, cela ne s'appliquait pas à tout et à tout le monde, mais cela marchait. Même un monde sans magie ou qui en avait plus qu'ici était soumis à ce genre de choses. C'est aussi pour cela qu'elle voulait voir les projets de Shadow se concrétiser, pouvait-il mettre les humains sur un pied d'égalité à tel point qu'il n'y aurait plus de criminels ou de héros, simplement des gens ? Elle était certaine que oui et travaillait dur pour que ce genre de chose arrive un jour.

Une fois encore, elle ne put empêcher un petit sourire de naître sur son visage, la jeune femme comprenait bien les choses définitivement, et comprenait bien la vie, ou du moins elle la comprenait un peu comme Frida surtout. Ainsi donc après avoir simplement hocher la tête silencieusement elle compléta la pensée de Charlie, ou elle parla comme si.


C'est pour cela qu'il est important de s'aimer soi-même. Ainsi il n'y a pas à être triste ou avoir des regrets, car notre passé nous aura menés à ce que nous somme actuellement.

C'était une petite conclusion à la chose qui pouvait paraître idiote, mais que Frida appréciait. Combien de fois elle était tombé sur des gens qui avaient des regrets et à qui elle avait simplement demandé s'ils aimaient ce qu'ils étaient ou qui ils étaient. Ceux qui répondaient oui comprenaient ensuite pourquoi il était inutile d'avoir des regrets. Après avoir entendu la volonté de voyager de Charlie Frida souri à nouveau.

Alors tu es dans la bonne ville pour faire de cet envie une possibilité, je pense.

Tout était possible à Star City et plus encore grâce au shadow, même si ces derniers ne lui fournirait rien juste pour son plaisir personnel, mais il est vrai que dans cette ville, on pouvait rencontrer tout un tas de magicien ou de génie qui pourraient l'aider à faire ce qu'elle voulait. Mais l'heure était à présent à la séparation, après tout, comme l'avait dit Charlie plus tôt : Elle avait rendez-vous avec son partenaire. Ainsi Frida se leva doucement et écarta l'une de ses mains comme pour l'inviter à la suivre.


Je te raccompagne ma sœur.
Puis sur le chemin vers la sortie elle ponctua la conversation de son côté par quelque chose que Charlie aurait put deviner. Passe une bonne soirée et n'hésite pas à revenir pour dormir ou parler, la porte du sanctuaire est toujours ouverte.
 
Revenir en haut Aller en bas

 
Ta maison est ma maison - PV Frida
 
Page 1 sur 1Revenir en haut 
Ta maison est ma maison - PV Frida  Categorie_6Ta maison est ma maison - PV Frida  Categorie_8


Ta maison est ma maison - PV Frida  Categorie_1Ta maison est ma maison - PV Frida  Categorie_3
 Sujets similaires
-
» Discussion à la maison (pv: Aisuru) (Hentaï)

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Ta maison est ma maison - PV Frida  Categorie_6Ta maison est ma maison - PV Frida  Categorie_8

Sauter vers: