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Ta maison est ma maison - PV Frida

 
Message posté : Sam 15 Juin 2019 - 18:14 Message
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Charlie avait passé l’après-midi, assise en tailleur, à la sortie d’une station de métro relativement fréquentée, plus occupée à griffonner dans ses précieux carnets –et à garder un œil sur son gobelet, qu’à interpeler les passants, qui, fidèles à eux même passaient devant elle sans la voir ou en feignant de ne pas la voir.

Quelques-uns s’arrêtèrent quand même pour lui donner une pièce et une jeune femme aux cheveux turquoise lui souhaita même « bon courage » avec un sourire timide, qu’elle lui rendit de bon cœur.

Ce n’était pas forcément la meilleure façon de faire la manche, mais elle n’était pas d’humeur à regarder simplement les gens passer avec un air de chien battu et rien dans les environs ne sollicitait vraiment l’intérêt des amis qu’elle avait en commun avec Ray.

Ray qu’elle devait retrouver après son service, soit bien après la tombée de la nuit. Elle aurait donc pu rester encore un peu, sauf qu’elle n’en avait plus envie. Un rapide coup d’œil vers ses gains du jour lui indiquèrent par ailleurs qu’elle avait assez pour manger ce soir –ce qui ne serait pas nécessaire, vue que Ray devait amener de quoi manger pour deux, mais aussi pour le lendemain matin. C’était plus qu’il lui en fallait. Charlie leva donc le camp, fourra pêle-mêle toutes les affaires qu’elle avait sorties dans son sac et quitta l’entrée de la station pour s’enfoncer dans ses boyaux. Elle décida ensuite, sur une impulsion, de se rendre au sanctuaire du culte de l’Aube et emprunta rapidement la ligne adéquate pour se faire.

Comme elle ne connaissait pas encore Sœur Frida très bien, elle ne savait pas trop si elle aurait dû prévenir avant. Peut-être que oui. C’eut été sans-doute mieux, ne serait-ce que pour s’assurer qu’elle soit bien là, mais ce n’était pas vraiment le genre de Charlie.

Elle savait le faire quand elle y était obligée, mais s’en passait aussi la plupart du temps allant et venant simplement dans la vie des autres aux grés de ses envies, sans forcément se soucier de ce qu’ils en pensaient.

Il lui semblait par ailleurs qu’elle n’avait pas forcement beaucoup de soucis à se faire de ce côté. Après tout, Sœur Frida lui avait déjà dit qu’elle serait la bienvenue là-bas si elle le voulait et quand elle le voulait. Elle ne risquait donc rien.

Elle sentait par ailleurs qu’elle avait besoin de parler. Depuis son réveil, certaines idées, principalement liées aux rêves qu'elle avait fait pendant sa convalescence la préoccupaient beaucoup, sans qu'elle n'ait réellement eu l'occasion d'en parler à qui que ce soit. Elle n’était pas encore sûre d’oser le faire dès à présent, parce qu'elle n’était pas sûre de savoir quoi penser de tout cela et aurait préféré se faire sa propre idée avant d'aborder le sujet avec un tiers. Et dans le même temps ... cela faisait un moment maintenant qu'elle ruminait tout ça sans rien en faire. Il était donc peut-être temps qu'elle cherche à avancer en se tournant vers l'extérieur. Et, sait-on jamais, peut-être qu’une occasion se présenterait aujourd'hui ? Charlie sourit à cette idée tout en voyant se dessiner la silhouette de l’ancien couvent devant elle.

Elle ne tarda ensuite pas à gravir les quelques marches qui conduisaient à l’intérieur du sanctuaire, rabaissa sa capuche, puis se renseigna sur l’endroit où elle pouvait trouver « Mère Frida ».

Elle se rappela ensuite qu’ils devaient éteindre leurs portables en passant devant l’encart sur lequel les règles du lieu étaient affichées, fit le nécessaire en ce sens puis se dirigea vers la pièce qu’on lui avait indiqué.

Une fois arrivée au lieu-dit, elle passa par ailleurs une petite timide par l’entrebâillement de la porte.

- Bonjour, *Bonsoir ?* passée une certaine heure, elle ne savait jamais lequel choisir, j’espère que je ne dérange pas, dit-elle ensuite en franchissant la porte d’un pas peut-être encore hésitant.

Elle ponctua toutefois sa phrase avec un petit sourire, avant d’enchaîner.

- J’étais dans le quartier et…, elle haussa légèrement les épaules, je me suis dit que je pourrais peut-être passer. Pour une petite conversation ou quelque chose dans ce genre.

Sa mise était par ailleurs très semblable à ce qu’elle était d’habitude : elle portait principalement des couleurs sombres, avec un côté grunge qui ne venait que renforcer ses airs d’ado un peu paumée et n’avait rien de découvert hormis ses mains et son visage et ce même si le thermomètre affichait les vingt degrés à l’ombre.
 
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Message posté : Dim 16 Juin 2019 - 19:01 Message
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Une journée plutôt chaude aujourd'hui, heureusement le sanctuaire était toujours plongé dans une certaine obscurité (hormis le jardin) et fait de pierres, ainsi la fraîcheur était toujours plus ou moins présente et c'était au mieux pour Frida qui portait toujours des vêtements assez amples la couvrant beaucoup. Elle devait aller chercher quelques vivres avec le frère Paul aujourd'hui et les distribuer aux miséreux ce soir, mais avec cette chaleur elle avait demandé à la sœur Lucie de la remplacer. Cette dernière avait gentiment accepté bien entendu.

Finalement, elle avait passé la majeure partie de la journée dans sa chambre à écrire, armée de feuilles cartonnées d'une ardoise et d'un stylet. C'était un peu compliqué de devoir d'abord écrire en braille pour ensuite faire ré-écrire de manière classique par quelqu'un, mais cela devait être fait un jour ou l'autre. Le culte était ridiculement petit donc elle pouvait (et même devait) se permettre de répéter ces dires de les transmettre directement, mais si elle voulait un jour qu'il grandisse de manière significative, il fallait qu'elle écrive tout ce qui concernait sa croyance sur papier.

Comme une bible ? Pas réellement, elle ne voyait pas son culte comme quelque chose de sacré ou divin, après tout les Ombres Primordiale était l'entité de la création de toutes choses, pas quelque chose de spécialement réfléchi qui attendait des prières. Enfin, elles avaient un représentant direct en la personne qui dirigeait le SHADOW, mais c'était tout. Bien sûr, elle ne pouvait pas empêcher les gens de vouloir vénérer ou prier les Ombres, mais ce n'était pas le but du sanctuaire et du culte.

Passée une certaine heure Frida releva la tête de son travail, elle avait besoin de faire une pause, écrire en braille n'était pas facile et assez fastidieux aussi. Elle se releva donc de son bureau et sortie de sa chambre pour aller à la salle à manger, elle ne cracherait pas sur un bon thé pour se revigorer, peut-être même qu'elle pourrait grignoter quelque chose, il devait certainement rester des fruits. Sœur Lucie était dans la salle d'ailleurs, les deux femmes parlèrent un petit moment avant que Lucie ne prenne ses affaires pour rejoindre frère Paul et commencer leur travail du début de soirée, le sanctuaire allait donc être vide pour les prochaines heures. A moins qu'un curieux ne vienne ou un fidèle, mais elle n'y croyait pas trop.

Peu de temps après le départ de Lucie, Frida sentit quelqu'un approcher et bientôt une voix s'éleva, Soeur Amélia était là, ou Charlie cela dépendait des fois. Lucie lui aura certainement dit ou trouver Frida avant de partir, tant mieux. Un doux sourire s'afficha sur le visage de la matriarche de l'endroit, elle finie de se servir son thé, puis se tourna vers la jeune femme.


Soeur Amélia. Bien sûr que tu ne gênes pas, tu as bien fait de passer cela me fait toujours plaisir. Veux-tu du thé, du café ? Ou autre chose ?

D'un simple geste de la main, ample et doux elle invita la jeune femme à entrer dans la salle à manger et à s'asseoir si elle le désirait. Elle attendit de savoir ce que la jeune femme voulait pour le lui servir avant de s’asseoir tranquillement, toujours lentement et gracieusement, cultivant cette impression d'être sur un nuage constamment.

Tu voulais me parler de quelque chose en particulier ? Ne t'inquiète pas, il n'y a que nous deux ici à présent.
 
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Message posté : Dim 16 Juin 2019 - 21:00 Message
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Charlie sourit légèrement en entendant Frida –sœur Frida- lui donner le même titre de « sœur » en utilisant son vrai prénom… Même si ce n’était pas la première fois, elles ne se voyaient pas assez souvent pour qu’elle se soit habituée.

Elle ne la reprit pas néanmoins. Ca n’avait pas plus d’importance que ça, dans le fond, et si Sœur Frida était plus à l’aise en s’exprimant ainsi... Ça lui allait aussi.

Elle plissa ensuite brièvement les yeux comme pour mieux réfléchir à sa proposition *Smoothie ou chocolat ?*. Allez savoir pourquoi, elle n’était pas sûre qu’elle ait les premiers en réserve.

- Oui, si tu as du chocolat, j'en veux bien un, s'il-te-plait, dit-elle ensuite.

Oui, même par ce temps, elle adorait ça. De même qu’elle était aussi capable de manger des glaces en hiver.

Elle regarda ensuite un moment Frida s’affairer dans la cuisine tout en gardant le silence, admirant au passage la grâce et la légèreté de ces mouvements. Cette grâce malheureusement lui faisait défaut. Elle savait ses mouvements fluides, mais ils n’avaient pas ce charme aérien et elle trouva le sien d’autant plus remarquable qu’elle évoluait juste dans une cuisine pour préparer leur boisson.

Elle la remercia ensuite quand elle lui tendit sa tasse et la suivit dans la salle à manger où elle s’adossa à la table. Elle se serait bien assise, mais si elle avait dû se laisser complètement aller c’est sur la table que son popotin aurait atterri et pas sur une chaise. Elle s’abstint donc dans un premier temps tout en soufflant sur le contenu de sa tasse, pendant que Sœur Frida reprenait la parole.

- Tu voulais me parler de quelque chose en particulier ? Ne t'inquiète pas, il n'y a que nous deux ici à présent.

Elle sourit à nouveau sur la fin. Elle n’était pas inquiète. Pas sur ce point en tout cas. Ensuite, elle comprit qu’elle disait peut-être ça par rapport à Shadow, bien que cela ne soit pas la raison première de sa visite.

Elle hésita ensuite un instant en regardant sa tasse, ses lèvres se tordant légèrement comme souvent quand elle hésitait à dire quelque chose.

Il lui semblait qu’elle avait déjà l’occasion qu’elle cherchait un peu plus tôt, mais elle avait du mal à embrayer directement là-dessus sans s’échauffer un peu avant. Or, elle avait aussi du mal à penser à autre chose et ne trouva pas grand-chose d’autre à dire.

- Peut-être ? Hasarda-t-elle alors. C’est probablement pas important, mais…

Charlie s’arrêta. De toute évidence, sa dernière phrase n’était pas honnête. Ce n’était peut-être rien et ça n’avait peut-être pas le sens qu’elle craignait de devoir lui donner, mais c’était au moins suffisamment important pour que cela la préoccupe.

- C’est juste que, pendant ma « convalescence », j’ai disons … J’ai fait certains rêves que j’ai du mal à gérer. C’est probablement rien ou rien de plus que, Charlie désigna sa tête d’un léger signe de la main, ça qui travaille, mais.

Elle s’arrêta là en buvant une gorgée de son chocolat. Est-ce qu’elle ne devrait pas plutôt parler de tout ça à un psy ? *Mais, oui ! Et avec quel argent ?* Et puis, les derniers psys qu’elle avait vu n’avait jamais accepté d’entendre sa version de son histoire. Ils vivaient dans un monde régulièrement envahi par tout un tas de trucs plus flippants les uns que les autres, mais qu’une gamine égarée vienne d’ailleurs… Elle soupira. Peut-être que c’était ça le truc ? Peut-être qu’il fallait des gros bras, une cape ou une horde de larbins monstrueux collés à vos basques pour être pris au sérieux dans cette ville ?

Elle poussa un léger soupire.

- Mais assez parlé de moi, dit-elle alors avec un nouveau sourire, plus joyeux. Comment vous vous en sortez ici ? Les choses avancent comme tu veux ?


 
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Message posté : Lun 17 Juin 2019 - 17:17 Message
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Ho, bien sûr, il doit m'en rester.

Un sourire s'afficha sur son visage, un chocolat chaud pour la jeune Charlie. Elle ne pouvait pas voir avec précision les traits juvéniles de la jeune femme, mais on lui en avait parlé déjà, elle ne pouvait s'empêcher de trouver cela mignon, étrange que l'on associe cela à une simple boisson, mais bon, c'était plus fort qu'elle, peut être ce côté maternelle qu'elle possédait. Ainsi donc, la gardienne du sanctuaire s'affaira à faire la boisson de sa collègue des ombres, faisait chauffer du lait et y ajoutant quelques carrés de chocolat noir. Elle n'avait pas de cacao en poudre au sanctuaire, mais cela n'en serait que meilleur en vérité. Après quelques petites minutes, quelques coups de fouet et une goutte de crème pour rendre le tout encore plus onctueux elle put donner à Amélia la boisson qu'elle avait demandée.

Les deux femmes allèrent ensuite dans la salle à manger où Frida s'assit tranquillement, puis, après avoir posée sa question, elle souffla légèrement sur sa tasse pour faire refroidir son contenu, elle ne la porta pas tout de suite à ses lèvres et préféra attendre d'avoir la réponse de Charlie à sa question. Elle était venue ici pour parler selon ses dires et elle ne devait pas avoir peur de se confier à elle, enfin Frida aurait voulu qu'elle n'ait pas peur de le faire ou à défaut de peur, qu'elle ai assez confiance pour le faire. Ainsi Charlie lui confia qu'elle avait fait des rêves, même si elle disait que ce n'était pas si important et que c'était certainement son esprit qui lui jouait des tours. Frida souffla sur son thé une nouvelle fois avant d'en boire quelques gorgées.


Je vois. Quels genres de rêves ? C'est peut-être rien en effet, mais ça peut vouloir dire quelque chose de plus important aussi.


A nouveau elle but sa boisson, savourant le parfum de cette dernière, elle ne voulait pas se montrer intrusive, mais le statut d'Amélia pouvait laisser penser, qu'en effet, ses rêves n'étaient pas à prendre à la légères, peut-être était-ce de simples voyages oniriques, mais ils pouvaient être une résurgence de la déesse à laquelle elle était lié, les forces divines n'étaient pas à ignorer ou à sous-estimer.

Seulement, Charlie voulait visiblement passé à autre chose en terme de discussion et Frida n'essayerait pas d'en savoir plus si la jeune femme ne voulait pas plus en parler, elle n'était pas là pour lui forcer la main, elle était là pour l'aider et l'accompagner, comme le voulait le sanctuaire, le culte et le SHADOW, enfin dans son esprit.


C'est lent. Nous œuvrons envers les miséreux pour le moment, même s'ils sont rarement assez intéressés pour venir régulièrement. Mais je ne veux pas forcer la main ou le destin. Nous devons nous implanter tranquillement, j'espère qu'un jour le culte attirera l’œil d'une personnalité connue, cela aiderait à le faire connaître sans forcer les choses.

Ils ne devaient pas paraître agressifs dans leur communication et à cette époque, il ne suffisait pas de captiver un puissant dirigeant comme lors de la Rome antique, à présent les célébrités étaient le meilleur moyen de faire connaître et accepter le culte et ça elle le savait. La patience était de mise.

Après tout, je n'ai jamais espéré voir le culte devenir mondial de mon vivant. Mais nous verrons à l'avenir, qui sait...
 
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Message posté : Lun 17 Juin 2019 - 20:40 Message
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Charlie comprenait pourquoi Frida voulait que les autres membres de Shadow l’appellent « Sister ». Elle n’était pas très axée « religion », quoi qu’elle se soit fortement intéressée à la spiritualité et à la mythologie depuis que cette histoire de prophétie lui avait été révélée, mais elle le comprenait. Pourtant, quand elle repensa à la façon dont sœur Frida s’était affairée pour lui préparer son chocolat, elle ne pouvait s’empêcher de se dire que le titre de Mère lui allait certainement mieux.

Frida avait par ailleurs eu raison et son chocolat était délicieux.

- Merci pour le chocolat, dit-elle alors, il est vraiment super bon.

Elle sourit ensuite en savourant une nouvelle portion du liquide. Elle adorait ces petits moments de douceur et de quiétude et se demanda un instant si elle serait toujours capable de les apprécier autant si elle avait choisi un autre mode de vie. Noyée dans le confort d’un cocon modern plus classique, réussirait-elle encore à les voir ? *Peut-être que oui* se dit-elle en observant un instant sa compagne.

Sœur Frida semblait apprécier ce qu’elle avait à sa juste valeur et elle n’était pas aussi démunie qu’elle, bien au contraire. En même toutefois, elle avait eu peut-être eu son lot de malheurs et surement aussi d’épreuves.

Charlie quitta ensuite ses pensées pour écouter plus attentivement les réponses et les remarque de sa consœur sur ses rêves comme sur son propre projet.

- J’aimerais bien pouvoir t’aider, répondit alors Charlie avec un enthousiasme aussi impulsif que sincère. Mais j’ai peur qu’on reste dans le registre des miséreux, nuança-t-elle ensuite, une intonation vaguement navrée dans la voix.

Pas qu’elle n’avait que ça comme amis, mais, sauf erreur de sa part, aucun d’entre eux n’étaient vraiment des célébrités. Pas qu’elle le sache du moins. Elle ne se voyait par ailleurs pas vraiment prêcher directement pour le culte auquel elle n’adhérait pas toute-à-fait. Elle commençait à le comprendre et elle admirait le fait que Frida ait le courage d’aller jusqu’au bout de ses idées en se lançant dans une entreprise aussi audacieuse, mais elle n’avait jamais pensé Shadow comme un culte avant de rencontrer Frida et, bien que cela ne la dérangeait pas outre mesure, cela ne cadrait pas assez avec sa vision des choses pour qu’elle s’y retrouve complètement.

Elle connaissait en revanche des gens qui pourraient avoir besoin de son aide et qu’elle pourrait peut-être orienter subtilement vers elle. Sans même avoir l’air de faire du racolage mystique, juste en parlant d’une femme qui l’avait aidée et continuait parfois à le faire. C’était d’ailleurs la plus stricte vérité et, même si leur relation était un peu particulière de par leur allégeance commune, elle imaginait mal Sœur Frida contraindre quiconque de rester auprès d’elle contre leur volonté.

- Peut-être avec internet ? suggéra-t-elle ensuite, comme cette idée germait dans son esprit. Nos propos peuvent vite y être déformés, mais ça pourrait toucher plus de monde.

Elle-même s’en tenait plutôt éloignée. Elle naviguait parfois quand elle en avait l’occasion et c’était très pratique, mais elle avait moins grandi avec que les autres jeunes de sa génération. Le monde où elle avait grandi avait disons quelques années de retard sur celui de Star City et quand il avait cessé de fonctionner correctement son père venait tout juste de récupérer un ordinateur et de prendre un abonnement de quelque chose comme 10 heures d’internet par mois -qu’elle n’avait jamais vraiment utilisé car elle préférait déjà passer la majeure partie de son temps libre dehors.

- Le plus bizarre, reprit-elle ensuite, avec ces rêves, c’est que je les trouve presque trop clairs. C’est aussi un peu comme si on me disait des choses que j’avais envie d’entendre, mais en en impliquant d’autres, beaucoup moins plaisantes.

Frida ne pourrait peut-être pas le percevoir, mais en prononçant ces mots, le regard de Charlie s’était comme perdu et avait brièvement trahi une tension qu’elle exprimait rarement que ce soit avec son expression et les traits de son visage ou avec des mots. Cela contrastait par ailleurs aussi un peu avec son apparence juvénile et fit partie de ces rares moments où l’on pouvait comprendre qu’elle était un peu plus vieille que ce que son apparence laissait généralement croire.

Elle-même n’aurait toutefois pas su dire si elle était davantage elle-même dans ces moments-là ou dans les autres.
 
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Message posté : Mar 18 Juin 2019 - 13:02 Message
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Je suis heureuse que tu apprécies. C'est fait avec amour après tout.

Une nouvelle fois, un doux sourire ce dessina sur les lèvres de la cheffe de culte. C'était vrai en plus, tout comme tout ce qu'elle faisait en réalité, oui, même tuer des gens. Elle n'était pas de ces agents qui étaient froids et voyait réellement le SHADOW comme une organisation qui allait sauver le monde, parce qu'elle savait que sauver le monde n'était pas incompatible avec le fait de tuer des gens, notamment ceux qui essayeraient de l'empêcher d'accomplir son devoir.

Un air compatissant, mais aussi qui semblait vouloir remercier la jeune femme se dessina sur le visage de la quadragénaire, elle trouvait cela très gentil qu'Amélia veuille l'aider de cette manière, cela semblait si spontané surtout qu'elle ne lui avait jamais rien demandé en vérité. C'était donc agréable de se voir proposé cela par la jeune femme.


Je n'ai rien contre cela. Parles-en à tout ces miséreux que tu peux côtoyer, nous somme là pour aider après tout. Mais si tu le désires, tu peux nous aider aux soupes populaires que nous organisons par moment ou aux sorties que nous organisons pour des enfants défavorisés ou d'orphelinat.

Elle n'ajouta pas qu'elle n'y était pas obligé, pour elle cela semblait couler de source en réalité et elle se doutait que Charlie le savait déjà. La nouvelle idée qu'elle proposa, Frida y avait déjà pensée, mais pour le moment elle préférait attendre avant de ce lancer là-dedans. Déjà, elle n'y connaissait rien, et même si elle pouvait être aidée par le SHADOW à ce sujet, elle ne voulait pas mettre cela en place trop tôt.

J'y ai pensé, mais pour le moment, je préfère mettre cela de côté. Si nous venons à être plus connu en ville, je peux espérer avoir les fonds pour ouvrir un deuxième endroit pour le culte et je pourrais me concentrer sur Internet. Pour le moment je préfère que le sanctuaire reste déconnecté de ce genre de choses.

On pouvait dire que cette tirade prouvait que Frida n'était clairement pas adepte de ce genre de chose, car le sanctuaire pouvait bien avoir un site, sans forcément qu'il soit géré d'ici. Ou peut-être qu'elle ne voulait pas mêler quelqu'un d'extérieur à ce dit site et donc le gérer elle-même (enfin autant que faire se peux avec sa cécité).

Elle but une nouvelle gorgée de son thé alors que Charlie repassa sur ses rêves. Frida était assez curieuse, il fallait bien l'avouer et elle se demandait à quoi pouvait bien ressembler les rêves de la jeune femme en vérité, car cette dernière lui en parlait sans tout lui dire non plus.

Hum... comme une mise en garde ? Ou comme une menace ? Ces rêves sont plus ''clairs'' que ceux que tu peux faire habituellement ?

Frida était très absorbée par ce que lui disait la jeune femme actuellement et elle voulait réellement l'aider.
 
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Message posté : Mer 19 Juin 2019 - 6:57 Message
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- Je suis heureuse que tu apprécies. C'est fait avec amour après tout.


Charlie sourit doucement en entendant ces mots et n’en doutait absolument pas. Elle avait par ailleurs effectivement cru comprendre qu’elles avaient rejoint Shadow avec des motivations à peu près semblables. Charlie, contrairement à ce qu’on pourrait croire, n’avait rien d’amoral. C’était même tout le contraire. Elle était persuadée qu’en œuvrant pour Shadow, elle œuvrait pour le bien. Elle ne savait pas forcement s’ils sauveraient le monde, sauf de lui-même peut-être et de sa propre déchéance, mais elle était aussi convaincue qu’ils ouvraient pour le changer en bien, pour en gommer les défauts et réparer ce qui devait l’être, qu’elle était désireuse d’apporter sa contribution, si modeste lui paraissait-elle parfois, à ce vaste projet.

Elle déplorait par ailleurs l’usage de certaines méthodes qui ne cadraient initialement pas avec son propre code de conduite, mais elle avait aussi fini par les accepter et par comprendre que leur emploi était parfois nécessaire. Les enjeux, même si elle ne les appréhendait pas tous, étaient trop importants pour que la fin ne justifie pas les moyens.

Elle comprenait par ailleurs la froideur de certains agents. Après tout, ils étaient un peu comme des Jedis : l’attachement était prohibé ou du moins peu recommandé. Question de sécurité. Au combien logique. Ça les protégeait eux et, quand on y parvenait, ça protégeait aussi les autres, ceux qu’on aurait pu prétendre aimer et chérir aux risques de les voir en payer le prix.

Ça aussi Charlie avait fini par le comprendre. A son propre détriment mais surtout à celui de son oncle. A l’époque où cela s’était produit, elle leur en avait même voulu. Elle s’en était voulue aussi et puis elle avait compris l’aspect nécessaire de la chose et l’acceptait désormais sans ciller.

Elle ne pouvait par conséquent pas blâmer les plus froids et les plus distants d’entre eux. Chacun se protégeait comme il le pouvait. En revanche, il lui arrivait parfois de rêver à ce que leurs relations, au moins en interne, soient plus détendues. Plus familières et pourquoi pas plus affectueuses. Un peu comme une famille et, curieusement, Sœur Frida lui donnait parfois l’impression que la chose était possible.

Elle gardait toutefois habituellement ses idées pour elle. Certains agents n’étaient pas seulement froids, ils pouvaient se montrer durs voir méprisants à l’égard de ce qu’ils auraient surtout pris pour de la faiblesse. Du moins le croyait-elle. Elle se taisait donc et gardait ses rêveries pour elle.

Elle sourit par ailleurs en entendant la réponse de Frida à sa proposition de "parler du culte aux misireux" et acquiesça d’un léger signe de tête. « Ok » dit-elle ensuite.

Elle n’en parlerait peut-être pas à tout le monde, par soucis de discrétion plus que tout autre chose, mais elle le ferait surement si l’occasion devait se présenter.

Elle hésita en revanche davantage pour l’histoire des soupes populaires. Elle n’aimait pas prendre ce type d’engagement, ce qu'elle ne pouvait s'empêcher de voir comme tel, même en tant que bénévole et, malgré le fait qu’elle ne travaillait pas, elle avait souvent beaucoup à faire : trouver de quoi manger et un endroit où dormir, surtout en l’absence de sa structure, demandait du temps, sans compter qu’elle en passait beaucoup dans les égouts où elle espérait recréer une partie de ce qu’elle avait perdu. Et c’était sans compter sur ce qu’elle aurait surement à faire pour Shadow et dont Ray lui parlerait surement ce soir.

- Je vais réfléchir pour les soupes populaires, dit-elle finalement sur un ton décidé et non dénué d'entrain.

L’idée curieusement lui plaisait, mais ça lui ferait aussi bizarre de se retrouver de l’autre côté de l’étal. Il faudrait en outre aussi qu’elle réfléchisse aux autres implications que cela pourraient avoir. Parmi ses connaissances, certains lui faisaient confiance (dans une certaine mesure) surtout parce qu’elle était dans la rue, comme « eux », ou pas loin et elle n’était pas sûre de conserver ces contacts si elle passait de l’autre côté de la barrière. A voir donc… Une fois ou deux, peut-être ?

Dans tous les cas, elle saurait venir la trouver si elle avait décidé de l’aider aussi de cette manière-là.

Elle écouta ensuite Frida sur la question d’internet et hocha légèrement la tête, en signe d’approbation, même si cela ne servait peut-être pas à grand-chose.

En un sens, elle avait l’impression de la comprendre. Internet se révélait souvent être un outil à double tranchant qu’il fallait manipuler avec précautions et puis, malgré sa remarque sur la célébrité, elle semblait vouloir construire quelque chose de durable, pas juste lancer une nouvelle mode qui passerait toujours trop vite.

- Hum... comme une mise en garde ? Ou comme une menace ? Ces rêves sont plus ''clairs'' que ceux que tu peux faire habituellement ?

Charlie sourit et eu presque envie de rire en repensant à ses rêves habituels.

- Carrément, répondit-elle alors. En général, mes rêves sont du genre incohérents.

Mais c’était le propre des rêves, non ?

- Et puis, ils sont souvent assez insignifiants aussi. Genre je croise un super en train de poser dans la rue et je me demande pourquoi il a changé la couleur de son costume ou je me retrouve enfermée avec un loup garou dans une fusée qui se rend sur la Lune en me demandant s’il va finir par se transformer vue qu’une fois dans l’espace elle sera comme pleine.

Spoiler alerte : dans le rêve il se transforme. Pas la meilleure de ses expériences oniriques...

- Ceux dont je parle ne sont pas comme ça, dit-elle alors, en redevenant plus sérieuse. Ils sont plus linéaires, plus cohérents aussi au moins dans leur déroulé. Et c’est plus comme un avertissement. On m’y dit que quelque chose de terrible est sur le point d’arriver et que si j’agis d’une certaine façon je peux l’empêcher. Mais c’est aussi un peu comme si mon inconscient me fournissait une excuse sur un plateau d’argent pour me permettre de faire ces choses et c’est comme ça que j’ai envie de le voir. Sauf qu’il y a aussi une petite partie de moi qui me dit : et si c’était vrai ?

Charlie s’arrêta un temps. Raconter tout ça l’avait un peu agitée et elle avait peur de passer pour une folle. Elle en avait toutefois déjà beaucoup dit, aussi continua--t-elle.

- Et si je pouvais vraiment empêcher cette chose terrible d’arriver et que j’ignorais ces rêves ? Je n’arrive pas à m’ôter cette idée de la tête.

Elle savait aussi que c’était compréhensible et explicable à plus d’un titre : bien qu’elle n’aurait alors rien pu faire pour l’en empêcher quelque chose de terrible était déjà arrivée une fois dans un monde où elle avait vécu et l’invasion du Terminus avait certainement comme réactivé une peur de voir celui-ci subir le même sort. Mais pourquoi Durga ? Pourquoi cette clarté ? Et cette insistance ? Et, encore une fois, et si c'était vrai ?
 
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Message posté : Jeu 20 Juin 2019 - 15:21 Message
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Tout l'avantage du fanatisme de Frida résidait dans ce simple mot, l'amour. Elle passait certainement pour une hypocrite aux yeux de certains, pour une folle même, mais tout ce qu'elle faisait, même les choses les plus atroces, elle les faisait avec cette douceur et ce calme qui la caractérisait, ce qui la rendait dangereuse, mais aussi très effrayante par moment. Mais c'était ainsi et certaines personnes, comme Amélia, n'avaient pas encore vu cet aspect de sa personne, d'ailleurs, personne dans cette branche de SHADOW ne l'a connaissait réellement pour le moment. Comme Amélia finalement.

Frida hocha doucement la tête lorsque la jeune fille lui confirma qu'elle continuerait de faire tourner le mot, mais aussi qu'elle réfléchirait aux soupes populaires et c'était tant mieux, même si Frida la voyait finalement plus pour aider lors des sorties pour les enfants. Elle pourrait être un réel exemple pour eux, cette jeune fille qui s'en sortait pas si mal à présent, enfin, elle vivait dans la rue donc pour le commun des mortels, elle s'en sortait mal, ou pas du tout, mais Frida savait qu'on ne pouvait pas la juger ainsi. Pour la vie qu'elle avait vécue, Amélia pouvait être un très bon exemple pour de jeunes enfants.

Elle laissa échapper un petit rire, légèrement retenu par sa bouche fermée, lorsque la jeune femme parla de ses rêves. En effet, c'étaient là des rêves bien classiques. Elle les trouvait amusant, même si certains devaient se transformer en cauchemar, mais cela restait bon enfant et assez classique, enfin aussi classique que des rêves pouvaient l'être.


Les rêves ne sont pas cohérents en effet, mais il reste signifiant, sur ce que tu fais, ce que tu vis.

Quand on se concentrait dessus les rêves et les cauchemars nous en apprenais toujours plus sur nous-même, sur notre vie du moment, sur nos ressentit, ils changeaient en fonction de ce que l'on voit, de ce que l'on lit ou écoutes. C'était toujours intéressant d'analyser les rêves, même les plus insignifiants, cela permettait de mieux se connaître.

Frida fût bien plus attentive à ce que lui racontais Amélia à présent, cette dernière tente de lui expliquer les rêves qui la chamboulait un peu en ce moment, elle l'écouta patiemment tout en finissant son thé, toujours aussi tranquillement, la jeune femme avait réellement un soucis, un questionnement sur ces rêves étranges et il fallait bien avouer que Frida ne pouvait pas lui répondre avec exactitude, le monde onirique n'était pas une chose qu'elle connaissait bien.


Si ces rêves sont bien différents et si c'est ainsi que tu les ressens, ils ne sont donc pas à prendre à la légère. Et c'est là que le SHADOW peut t'aider. Je ne sais pas si tu la connais, mais sœur Thalia à une condition qui te ressemble un peu et peut-être qu'elle pourrait mieux t'aider que moi à ce propos. Et si tu penses qu'il y a une chance, même infime que tout ceci soit vrai, alors il faudrait en parler à nos supérieurs.

Elle finit finalement son thé et reposa sa tasse sur la table avant de continuer.

L'organisation peut mettre des moyens pour étudier tes rêves, ou même pour redoubler de vigilance, peut-être que la menace que tu ressens à déjà été mise en lumière par le SHADOW après tout. Et même si tout cela n'est pas véridique cela peut nous montrer quelque chose sur toi, peut-être une peur refoulée, ou une bribe du passé qui remonte.
 
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Message posté : Jeu 20 Juin 2019 - 17:16 Message
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Charlie écouta Sœur Frida avec une intention plus soutenue que celle qu’elle avait l’habitude de fournir, même en présence d’un allié.

Elle n’aimait pas ce qu’elle entendait pourtant.

Elle eut en effet l’impression que Sœur Frida la confortait dans ses doutes. Elle allait réellement dans le côté du et si c’était vrai… or Charlie se rendit compte qu’elle aurait aimé qu’on prenne le contre-pied de sa position. Que Frida continue à rire ou qu’elle joue les psychanalystes de comptoir. Qu’elle mette en cause sa santé et sa solidité mentale, comme elle pensait qu’elle le craignait, aurait même finalement été plus rassurant.

Son dernier conseil lui donna par ailleurs la chaire de poule et fut loin de raviver son entrain.

Lui parler de tout ça était une chose –déjà difficile en soi, mais s’ouvrir sur ce point à un … supérieur ?

Charlie songea un instant à son chef d’équipe, puis à leur officier, mais elle ne parvint pas à savoir lequel de ces deux entretiens serait le moins inconfortable.

*Eh boss, je suis peut-être en train de perdre la boule en accordant trop d’importance à des rêves qui ne devraient pas en avoir. C’est ça ou on va tous bientôt mourir. Vous n'auriez pas des infos là-dessus par hasard ? *

Charlie pinça à nouveau les lèvres, toujours contrariée et particulièrement tendue.

Le pire était que Sœur Frida avait raison. Elle devrait leur en parler. Elle aurait peut-être même déjà dû le faire au lieu de chercher à résoudre seule se problème.

Elle avait néanmoins du mal à demander de l’aide ; elle préférait de loin se débrouiller seule et frissonna en repensant aux conséquences qui avaient suivi sa dernière vraie tentative à ce sujet : plus de nid, plus de créatures. N’apprendra-t-elle jamais ? Etait-elle orgueilleuse à ce point pour refuser systématiquement d’envisager ce genre de démarche ?

- Tu as surement raison, admit-elle néanmoins, à contrecœur, même si je crois que j’aurais aimé entendre le contraire.

Et qui sait, en tant que mystique, peut-être que Sœur Frida surestimait l’importance des rêves ? Peut-être que ces supérieurs n’y verraient pas le même intérêt qu’elle ?

Elle connaissait par ailleurs Thalia, au moins de nom, mais connaissait aussi son alter-égo, au moins de réputation, or la déesse était typiquement le genre de créature surnaturelle qui lui faisait horreur, ce qui était surement l’une des raisons pour laquelle elle n’était pas spécialement pressée de voir ce qui se passerait si Durga finissait par sortir de son trou, prophétie ou non.

Elle n’était pas certaine que Frida puisse entendre ou comprendre cela. De même qu’elle n’était pas certaine que ses envies aient une quelconque importance dans l’histoire.

- Et même si tout cela n'est pas véridique cela peut nous montrer quelque chose sur toi, peut-être une peur refoulée, ou une bribe du passé qui remonte.

Charlie reporta à nouveau son regard sur Frida lorsqu’elle prononça ces mots, avec, à nouveau, son petit regard durci par le souci et la contrariété.

C’était, là encore, quelque chose de foncièrement déplaisant à entendre.

Charlie n’en avait parfois pas conscience elle-même, mais elle était profondément attachée au secret. Par déformation professionnelle peut-être, mais peut-être aussi parce que ça la faisait se sentir plus en sécurité. Pour vivre heureux, vivons cachés. Elle aurait pu en faire sa devise. Elle n’était donc pas certaine d’avoir envie qu’ils identifient l’une de ses peurs refoulées, même si… soyons honnête cinq minutes, il était très probable qu’ils la connaissent aussi bien qu’elle se connaissait elle-même. Mieux peut-être, même si cette idée la heurtait encore dans un orgueil qui continuait à se montrer plus solide et plus coriace qu’elle ne l’aurait voulu.

Avec cette phrase toutefois, Sœur Frida repassait au moins sur un sujet disons plus confortable.

- Je ne suis pas sûre qu’il y ait grand-chose de refoulé là-dedans, répondit-elle alors d’un ton plus doux et moins amer qu’elle ne l’avait craint.

- Après ce qui est arrivé dans le monde où j’ai grandi, je ne pense pas qu’il soit étonnant que je redoute que la même chose ne se produise ici, pas après ce qui vient de se passer.

L'invasion datait en réalité de l'année dernière, mais, Charlie ayant passé plusieurs mois dans son cocon après la fin de celle-co, dans son esprit, la chose était encore très récente.

Elle marqua ensuite une pause, replongeant dans ses pensées. Cette réponse était-elle complètement honnête ? Ou n’était-ce qu’un paravent, suffisamment évident pour que se cacher derrière soit à la fois facile et confortable ?

- Mais je ne crois pas que ces rêves aient pour but de révéler cette peur. Je pense plutôt qu’ils s’en servent, dit-elle après avoir fait quelques pas dans la salle en réfléchissant comme si cela pouvait les aider. Je ne suis juste pas sûre de savoir pourquoi.

Etait-ce Durga qui essayait réellement de la contacter pour faire avancer cette histoire de prophétie ? Ou son inconscient qui voulait la convaincre de passer à la vitesse supérieure dans un certain domaine de sa vie ?

Dans un cas comme dans l’autre, elle n’avait pas forcément envie que ses supérieurs s’en mêlent. Comme elle l’avait dit plus tôt toutefois, sœur Frida avait surement raison. Il fallait juste qu’elle se le mette dans le crâne et arrête de se comporter comme une gamine qui a peur d’être gronder. Un comble pour qui commençait parfois à se sentir lasse d'en avoir l'apparence.

- Du coup, tu ne penses pas que je débloque ? demanda-t-elle quand même, plus pour se divertir en coupant court au fil de ses pensées que pour être rassurée sur ce point.

Même si les psys ne voyaient pas forcement les choses sous cet angle, elle pensait qu’ils débloquaient tous un peu chacun à leur façon. Elle blâmait parfois aussi les Supers et toutes les choses étranges qui rôdaient parfois dans la nuit pour ça. Comment rester sain d’esprit quand vous pouviez mourir à tout moment emporté par la folie d’un super dont la puissance dépasse celle que vous n’atteindrez jamais même dans vos rêves les plus fous ? Comment rester serein quand vous pouviez être à l’origine de ce genre de drame ?

Vue le contexte, en un sens, elle ne s’en sortait pas trop mal. Elle s’en sortait même bien. Charlie sourit alors, de son petit sourire habituel qui sembla chasser les nuages qui planaient au-dessus d’elles quelques instants plus tôt.

- Je vois Ray ce soir, dit-elle alors, surement désireuse de changer de sujet après cette petite traversée des ombres.

Elle n'était pas sûre non plus qu'ils se soient déjà rencontrés, mais Ray était son partenaire habituel et historique dans l'organisation et Charlie l'avait déjà mentionné à une ou deux reprises. C'était aussi un flic un peu ripoux avec un côté "mauvaise vie" que Charlie avait fini par apprécier. Sa fidélité à Shadow n'avait jamais faillie et il avait activement contribué à son intégration, à plus d'un titre.

- Je ne me souviens plus si vous vous connaissez ?
 
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Message posté : Lun 24 Juin 2019 - 14:41 Message
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Oui, parfois, et même souvent, Frida pouvait dire ce que l'on ne voulait pas entendre, mais elle parlait rarement pour plaire aux gens, sauf dans le cas de son culte, pour le moment il fallait brosser dans le sens du poil. Aussi, un nouveau petit sourire presque malicieux vint s'afficher sur son visage lorsque la jeune Amélia lui confirma qu'elle aurait aimé entendre quelque chose d'autres. Malgré tout cela, malgré le mal-être que pouvait avoir Charlie, Frida gardait son côté souriant et calme, comme si peu importait tout cela, tout irait toujours bien. C'était en quelque sorte une philosophie de son culte, finalement rien ou presque n'avait d'importance ici-bas.

Si cela peut te rassurer, je ne pense pas que tu ais besoin de craindre ces rêves, s'ils sont réels SHADOW saura écarter les menaces pesant sur notre monde, avec ou sans tes informations et s'ils ne le sont pas et bien il y a encore moins de raisons de les craindre. Tant qu'ils ne sont pas traumatiques pour toi, tu devrais les laisser venir, qui sait, peut-être qu'ils t'en apprendront plus sur toi-même.


Après tout l'organisation ne laisserait jamais quelqu'un ou quelque chose venir nuire à sa future hégémonie, la planète leur appartenait et de ce fait, il ne laisserait rien entraver le bon fonctionnement de cette dernière. Surtout, qu'avant le rempart que pouvait être Shadow, il y avait les Légionnaires, les héros indépendants et encore une multitude de personnes pour protéger leur monde.

Et comme elle le disait, tant que ces rêves ne faisaient pas de mal à la jeune femme elle devrait (selon elle) les laisser venir, s'il s'agit d'un avertissement elle en saurait plus et s'il s'agissait de la présence de cette déesse elle pourrait en apprendre bien plus sur elle et sur sa propre personne.

Charlie passa ensuite sur la deuxième proposition qu'avait énoncée Frida, le refoulement des peurs, des angoisses. La matriarche fut agréablement surprise de voir que Charlie était très consciente d'elle-même, elle semblait bien se connaître, assez pour pouvoir parler de ce genre de choses sans trop de problèmes. Cela pouvait paraître idiot, mais ce n'était finalement pas donné à tout le monde de pouvoir faire de telles introspections. La moniale suivait du non-regard, la jeune femme faire quelques pas dans la salle, toujours avec cet air doux et cette posture gracieuse, les mains posées l'une sur l’autre sur ses cuisses.


Penser que tu débloques ? Bien sûr que non mon enfant, tu me sembles même extrêmement réfléchie dans cette situation. En tout cas, sache que si tu ne désires pas en parler à d'autres que moi je respecterais ton choix.

Frida préféra ne pas en rajouter à ce sujet, cela n'était pas nécessaire et Charlie avait peut-être envie, et besoin de sujets plus léger après s’être ouverte ainsi. C'est d'ailleurs elle qui lança le nouveau sujet, à savoir son partenaire Ray. Elle fit un non de la tête à la question de la jeune femme.

Je ne l'ai jamais rencontré, mais tu en à déjà parlé, ton partenaire, c'est ça ? Vous partez en mission ? Ou une rencontre plus simple ?

Elle se leva pour prendre sa tasse et la poser sur un petit plateau sur une table à côté, son sourire s'élargit alors qu'elle continua dans ses questions.

Vous vous entendez bien ? C'est un bel homme ?

Plus pour la taquiner pour que pour avoir une réelle réponse à la dernière question, elle voulait aussi voir comme Charlie réagirait à ce genre d'interrogation.
 
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Message posté : Mar 25 Juin 2019 - 15:56 Message
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- Si cela peut te rassurer, je ne pense pas que tu ais besoin de craindre ces rêves, s'ils sont réels SHADOW saura écarter les menaces pesant sur notre monde, avec ou sans tes informations et s'ils ne le sont pas et bien il y a encore moins de raisons de les craindre. Tant qu'ils ne sont pas traumatiques pour toi, tu devrais les laisser venir, qui sait, peut-être qu'ils t'en apprendront plus sur toi-même.

Charlie sourit en acquiesçant légèrement de la tête –bien qu’elle ait intégrée que sa consœur ne voyait pas ou du moins pas comme elle, certains réflexes ne suivaient pas encore.

C’était le bon sens même, mais ça faisait du bien de l’entendre.

Son sourire s’élargit ensuite à nouveau tandis qu’elle repensait au côté très maternel de Sœur Frida ou du moins à ce qu’elle interprétait comme tel.

Si elle avait été contrariée par ses précédents propos, elle était toutefois loin de lui en tenir rigueur : elle savait faire la part des choses et ce que l’on avait envie d’entendre, n’était pas forcement ce dont on avait besoin.

Son sourire resta par ailleurs affiché sur ses lèvres quand elle répondit à sa question sur la façon dont son esprit semblait fonctionner à ses yeux.

Elle était sincèrement heureuse qu’elle la juge « réfléchie ». Une partie d’elle essayait parfois, souvent, de ne pas accorder d’importance à ce que les autres pouvaient bien penser d’elle, mais elle était parfois aussi rassurée d’entendre ce genre de chose. Comme pour la conforter dans l’idée qu’elle ne s’égarait pas. A force de jouer les gamines et de leur ressembler, il lui arrivait en effet parfois de craindre de finir par faire preuve d’une certaine… immaturité et elle était soulagée à l’idée que le personnage, s’il en était bien un, n’avait pas trop contaminé l’acteur.

- En tout cas, sache que si tu ne désires pas en parler à d'autres que moi je respecterais ton choix.

Cette dernière phrase la fit en revanche légèrement tiquer, tandis qu'elle plissait les yeux, comme pour mieux cerner ce que sœur Frida avait réellement voulu dire.

Malgré sa naïveté, Charlie avait un petit côté méfiant qui avait tendance à être particulièrement développé dès que Shadow était concerné. Elle savait combien le groupe aimait garder un œil sur ses agents. Elle savait aussi que certains agents aux dents longues profitaient parfois de certaines faiblesses passagères de leurs pairs pour se mettre en valeur ou se faire bien voir. Elle imaginait mal sœur Frida entrer dans cette catégorie, mais… comme nous l’avons dit, elle avait un côté méfiant, aussi crut-elle presque entendre le contraire dans la phrase de Sœur Frida.

Si tu ne fais pas le nécessaire rapidement. Je m’en chargerais.

- Je te remercie, lui dit-elle alors, mais ce ne sera pas nécessaire. Je me vois mal aborder l’un de nos supérieurs avec cette histoire ou même me rendre là-bas uniquement pour ça, mais je leur signalerais l’existence de ces rêves, au moins par écrit.

Ils sauront après revenir vers elle pour lui en parler s’ils désiraient approfondir le sujet.

D’aucun aurait pu juger ça lâche, mais avec le recul il lui semblait que c’était la meilleure chose à faire.

La conversation dériva ensuite sur Ray, son partenaire, sujet plus léger et plus agréable, au moins pour Charlie.

- Je ne l'ai jamais rencontré, mais tu en as déjà parlé, ton partenaire, c'est ça ? Vous partez en mission ? Ou une rencontre plus simple ?

- C’est ça, confirma-t-elle à haute voix après avoir encore hoché la tête, alors que cela ne servait peut-être pas à grand-chose.

- Ça devrait plus être un genre de briefing / débriefing, poursuivit-elle ensuite.

Ils collaboraient étroitement c’était vrai et parfois, ils agissaient de concert, physiquement parlant, mais il arrivait aussi fréquemment qu’ils agissent en parallèle, Ray se servant de sa casquette de flic pour avoir accès plus facilement à certaines informations, Charlie de sa situation pour surveiller des lieux ou des gens en passant inaperçue. Ils avaient toutefois souvent besoin de recroiser leurs informations, sans compter qu’il fallait parfois aussi mouiller un peu plus sa chemise.

Selon toute vraisemblance néanmoins, cela n’arriverait pas ce soir.

- Vous vous entendez bien ? C'est un bel homme ?

Alors qu’elle s’apprêtait une nouvelle fois à hocher la tête en entendant sa première question, elle suspendit son geste en entendant la seconde tandis qu’un sourire surpris se peignait sur ses lèvres.

Sa curiosité attira par ailleurs celle de la jeune femme : bêtement, peut-être, à cause de son statut de religieuse, Charlie pensait qu’elle était plus ou moins soumise aux mêmes règles de célibat et d’abstinence, mais elle n’avait jamais cherché à se faire confirmer ce point et se demandait donc à présent si c’était bien le cas.

- A sa façon, répondit-elle alors, peut-être un peu énigmatique, tandis qu'elle réfléchissait à la meilleure façon de le décrire physiquement. Il a surtout beaucoup de charisme, je trouve, précisa-t-elle. Après les goûts et les couleurs…

Elle haussa les épaules. Heureusement, il ne l’intéressait pas sur ce plan là. Elle l’appréciait et aimait travailler avec lui, mais il ne l’avait jamais particulièrement attiré et dans le cas contraire… disons que ces histoires-là commençaient à devenir compliquées pour Charlie.

La dernière fois qu’elle s’était fait draguée, elle était presque sûre que le gamin était encore au lycée. Il était très sympa, mais elle avait l’impression que ce genre de relation aurait eu un côté immoral qu’elle ne voulait pas dans sa vie, sans compter que ça ne l’attirait pas. Elle préférait les hommes plus âgés qui eux préféraient les femmes qui ressemblaient à des femmes. Pas à des ados, même déjà formées. Évidemment, il devait y avoir quelques exceptions, mais elle préférait rappeler son petit jeune plutôt que de se frotter à cette catégorie d’hommes.

- Il est plutôt cool sinon et on s’est toujours bien entendu. Je sais aussi qu’il est réglo.

Ce dernier point allait peut-être de soi, mais c’était précisément ce mélange là qui lui plaisait chez lui : le fait qu’il prenne leur mission au sérieux, mais pas sa propre personne et qu’il soit capable de plaisanter de temps en temps pour détendre l’atmosphère était un plus intéressant qui rendait les choses plus agréables et qu’elle ne boudait pas. Oui, ce qu'ils faisaient était important, mais devaient-ils se la raconter pour autant ? Ray comme Charlie auraient tous les deux facilement répondu non à cette question avant de hausser les épaules et elle pensait que c'était en grande partie pour ça que leur collaboration marchait si bien.

- Enfin, réglo. Au moins avec nous.

En tant que flic, les choses avaient été disons plus compliquées, même si Shadow faisait actuellement son possible pour qu’il donne l’impression d’être rentré dans le rang et revenu dans le droit chemin un flic trop suspect, même avec un maire à leur solde, pouvant vite devenir embarrassant.

- Je crois que je n’ai jamais demandé … reprit-elle ensuite, comme sœur Frida avait piqué sa curiosité avec sa dernière question, mais les… euh religieuses (?) du culte…

Elle n’était pas certaine que ce soit le bon mot et en même temps… elle ne savait pas comment les appeler autrement sans compter que l’usage des titres de « mère » et de « sœur » l’empêchaient de ne pas faire un parallèle avec la religion catholique.

- … quelles règles doivent-elles suivre exactement ?

Elle se rendit ensuite compte que Frida était peut-être la seule vraie religieuse du dit culte, Charlie ne sachant pas exactement quel était le statut de la jeune femme qui vivait avec elle, et que cela revenait un peut-être un peu à lui demander quelles étaient ses propres règles, mais c’était trop tard pour revenir sur sa question. Et puis, sait-on jamais, sœur Frida faisait peut-être encore le distinguo entre les deux.
 
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Message posté : Mer 26 Juin 2019 - 17:50 Message
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La religieuse préféra ne rien rajouter à toute cette histoire de rêves. Charlie avait fait son choix et lui avait dit qu'au pire elle ferait cela par écrit, ce qui n'était clairement pas une mauvaise idée en réalité. De toute manière, elle était grande et elle pouvait s'occuper d'elle-même, elle n'avait pas à la pousser dans un sens ou dans l'autre ou même à s'occuper de ce genre de choses. C'était à Charlie de voir ce qu'elle voulait et ce qu'elle devait faire.

La discussion embraya donc sur son partenaire Ray, Frida n'avait rien contre en apprendre plus sur lui, c'était un frère aussi après tout. Elle sourit aux dires de la jeune femme, ainsi, ils se voyaient aussi pour parler travail, et certainement pour s'arranger entre eux pour les prochaines missions à venir ou celles qui était en cours. Mine de rien l'un avait des informations officielles de la police et elle avait des yeux dans les rues, finalement comme un flic et son indic sauf que cette fois, les deux étaient sur un pied d'égalité au sein de l'organisation. Même si Ray devait se démarquer étant donné qu'il était plus vieux et expérimenté qu'elle.


Je vois, vous semblez avoir une bonne relation, cela me fait plaisir de voir que vous vous entendez bien.

C'était sincère, il y avait parfois trop de concurrence et de coup bas au sein de l'organisation, heureusement, c'était toujours assez rare, mais elle avait déjà vu des partenaires devenir ennemis au sein de l'organisation, chacun voulant tirer la couverture sur lui. Et puis la jeune femme n'était pas dans cette dernière depuis si longtemps que cela, donc c'était un partenaire parfait pour elle, du moins à ce qu'elle en savait.

Comme elle s'y attendait, il n'y avait pas de réaction particulière à sa question, si ce n'est un petit sourire, enfin ce qu'il lui semblait être un sourire, elle n'était pas sûr ce genre de mouvement de visage était difficile à sentir pour elle, même si finalement c'était le genre d’expression qu'elle pouvait le mieux interpréter, deviner chez les autres. Physiquement parlant bien entendu.


Bon, c'est une bonne chose. Tu devrais l'inviter un jour, ici ou ailleurs ça doit être quelqu'un d'intéressant.

Comme pratiquement tout le monde en vérité, au moins pour elle. Mais c'était un membre de l'organisation et il avait un peu de l'affection de Charlie, donc il serait certainement très intéressant d'en apprendre plus sur lui à l'avenir. Du moins, c'est ce qu'elle voulait. Après elle comprendrais si Charlie ne voulait pas forcément faire se rencontrer les deux personnes.

Elle se retourna alors qu'Amélia posa sa question sur les religieux du culte. C'était une bonne question en vérité, beaucoup voyait dans leur accoutrement une ressemblance avec la religion catholique et ce qui était affilié à cela et c'était normal. Frida s'en inspirait grandement après tout, même s'il y avait pas mal de différence d'un point de vue vestimentaire. Les mains croisées au niveau de son ventre, elle pencha la tête pour réfléchir un peu.


Il y a peu de règles. Au sanctuaire, ils se doivent de respecter et de faire respecter ces quelques règles, aidez les autres. Les fonds dont nous disposons servent à entretenir l'endroit, nous faire vivre et aider les miséreux et les fidèles autour de nous, donc cela demande à ceux qui officient avec moi à plein temps, comme frère Paul et sœur Lucie, de se contenter du minimum en terme de confort. Mais s'il l'un deux veux travailler autre part à mi-temps, c'est possible, tout comme le fait de ne pas forcément vivre ici tout le temps.

Le minimum de confort était plus dut au fait de ne pas gaspiller l'argent qu'ils avaient, et qui venait de l'organisation, dans des choses inutiles ou peu importantes.

Pour le reste, ils sont libres, ils peuvent avoir une femme ou un homme, une famille, il n'y a pas de réelle interdiction à ce niveau. J'ai fait partie de l'Eglise catholique dans ma jeunesse les principes de célibats et d’abstinence provoquent généralement plus de frustration et de méconnaissance qu'autre chose à mon humble avis. En tout cas, je n'ai pas régressée en m'ouvrant à ce genre de choses, bien au contraire.

Elle reprit son sourire et dit alors d'un air malicieux.

Pourquoi ? Tu souhaiterais devenir une religieuse à part entière ?

C'était plus une petite remarque amusante et amusée qu'autre chose.
 
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Message posté : Mer 26 Juin 2019 - 20:45 Message
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- Je vois, vous semblez avoir une bonne relation, cela me fait plaisir de voir que vous vous entendez bien.

Charlie sourit à nouveau en acquiesçant d’un signe de tête. Elle était parfaitement d’accord.

Ray n’était pas parfait. Il avait même un côté un peu « salopard » comme il le disait lui-même, mais il était peut-être moins prononcé qu’il ne le laissait croire. Oui, il tirerait la couverture à lui s’il le pouvait, mais elle savait aussi qu’elle pouvait compter sur son soutien, d’une certaine façon, et c’était le principal.

Elle partageait par ailleurs sans le savoir l’opinion de sœur Frida concernant les disons luttes intestines qui grevaient parfois l’organisation ou plutôt les querelles d’égo entre agents, puisqu’il lui paraissait peu probable qu’il y ait de réelles dissidences en son sein.

Elle fut légèrement plus embarrassée en revanche quand elle lui proposa de l’inviter ici.

Ce n’était pas qu’elle ne voulait pas mais…

- Je pense aussi qu’il l’est, dit-elle en rebondissant sur sa dernière remarque et elle le pensait : comme la plupart des êtres humains si ce n’est pas tous, il était fait de plusieurs couches et derrière l’enveloppe du flic tendancieux à la morale douteuse se cachaient d’autres aspects de sa personnalité plus posée et plus studieuse –comme sa passion de jeunesse pour l’histoire ou son engagement à l'égard de Shadow, qui contribuait à lui donner un relief, dont elle-même n’avait pas fini et ne finirait peut-être jamais de cerner l’ensemble des contours. Mais je ne suis pas sûre qu’il accepte de venir ici.

Ou même de rencontrer sœur Frida, sauf instructions directes de leurs supérieurs.

- Il a… disons qu’il n’aime pas trop tout ce qui touche au religieux, au mysticisme ou au spirituel. Je crois qu’il y a touché pourtant ou qu’il s’y est intéressé à un moment, mais…

Elle tordit légèrement sa bouche. Elle ne savait pas trop ce qui s’était passé en fait, mais il devait s’être passé quelque chose. Quelque chose de grave. De sérieusement grave. Suffisamment pour le le crisper et le transformer en tombe encore aujourd’hui quand on semblait même effleurer le sujet.

- … aujourd’hui c’est plus vraiment son truc.

C’en était d’ailleurs arrivé à un point où même cette histoire de Durga et de prophétie pouvait le crisper. Il n’aimait pas ça et c’était peut-être la principale raison pour laquelle Charlie avait collaboré avec d’autres agents quand elle avait commencé ses recherches sur le sujet, même si officiellement, Ray n’avait simplement pas été jugé suffisamment compétent –et disponible, pour l’accompagner dans cette tâche.

Charlie écouta ensuite sœur Frida lui répondre à propos des règles suivies par les membres de son culte.

Le minimalisme et l'aide apportée à autrui, mais sans l’abstinence semblait en être le noyau… après tout, pourquoi pas ?

Elle rougit et sourit aussi par la suite quand la cheffe de culte lui demanda si elle voulait entrer dans les ordres, un peu gênée par sa question, parce que la réponse n’était pas oui, tout en partageant l’amusement de sa consœur.

- Non, pas vraiment, lui répondit-elle alors en reprenant un instant son sérieux ou l’illusion du sérieux.

Elle tordit ensuite sa petite bouche, comme elle le faisait souvent quand elle hésitait à dire quelque chose, puis poursuivit :

- C’est juste que, avec ta question sur Ray, je me suis demandé si tu pouvais être intéressée de cette façon-là par quelqu’un ou même par ce dernier.

Après tout, ne lui avait-elle pas plus ou moins demandé de le lui présenter ?

Charlie tenta toutefois de chasser rapidement cette idée de sa tête. En un sens, Ray et elle tenaient un peu de l’incarnation de figure parentale pour Charlie et celle-ci n’avait aucune envie de les imaginer ensemble. Dans le même temps pourtant, elle réalisa aussi qu'elle avait plus sérieusement émis cette hypothèse qu'elle ne l'avait d'abord imaginé, fort curieusement d'ailleurs, puisque les deux agents ne s'étaient jamais rencontrés.

Dans l’histoire, elle avait par ailleurs un peu oublié que l’on pouvait être « intéressé » par quelqu’un sans pour autant avoir le droit d’écouter son inclinaison. A sa décharge toutefois, ce type d’intérêt naissait rarement chez elle et, quand il le faisait, il était plus romantique qu’autre chose. On ne pouvait pas réellement dire qu’elle n’avait jamais connu les affres du désir, mais ce dernier semblait sonner moins souvent à sa porte qu’à celle des autres et elle avait aussi l’impression qu’il était moins violent.

Peut-être était-il seulement occulté ? Peut-être était-ce une bonne chose ?

Peut-être. Dans le fond, Charlie n’était toutefois pas de cet avis. Elle craignait en effet parfois que cette situation soit plus liée à sa mutation qu’à autre chose. Elle n’avait plus besoin d’avoir un rapport sexuel pour donner la vie après tout aussi pourquoi son corps s’encombrerait-il de désirs dans ce domaine avec tout ce que cela conduisait parfois à faire ? Le hic, c’était qu’elle avait parfois aussi l’impression qu’on lui avait comme rogné une partie de son humanité au profit de la partie « alien » qui se trouvait désormais dans son génome.

- Ce n’est pas plus mal, j’imagine, reprit-elle alors rebondissant sur les règles du culte énoncées par sœur Frida, après être restée un instant silencieuse. Ça fait partie de la palette des expériences humaines après tout.

Le sujet était glissant, pour les raisons évoquées plus haut plus que pour toute autre chose, mais cela ne voulait pas dire qu’il ne fallait pas l’aborder… avec modération.

 
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Message posté : Jeu 27 Juin 2019 - 18:49 Message
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La prêtresse alla se rasseoir tranquillement tandis que Charlie continuait de lui parler. Elle lui expliquait qu'il y avait peu de chance que son partenaire veuille venir au sanctuaire. Cela n'étonnait pas Frida, peu de membre de l'organisation acceptait ce qu'elle disait, même les plus fanatiques ne l'étaient pas assez pour voir l'organisation comme un culte et l'Ombre comme un être dont l'essence venait des Ténèbres Primordiales qui ont enfanter toutes choses dans le multivers. Pour le moment seule Frida y croyait fermement, enfin non pas que. Elle espérait d'ailleurs pouvoir rapatrier la deuxième personne à y croire à ses côtés à Star City.

Donc oui, elle pouvait comprendre qu'il ne veuille pas venir, même si elle aurait certainement répondu à Charlie que si les gens ne viennent pas à elle, elle viendra à eux, elle ne voulait pas s'imposer. C'était assez ironique en réalité, elle ne voulait pas forcer l'arrivée du Culte, mais cela obligeait ce dernier à progresser lentement.


Je comprends tout à fait. C'est finalement assez représentatif de beaucoup de membres de l'organisation et du mal que nous avons à progresser en tant que culte. Difficile de convaincre des civils, quand même les personnes liées à l'organisation ne voient pas le culte comme moi.

Ce n'était pas totalement faux, hormis un autre agent, personne ne voyait le culte et shadow comme elle, ils se disaient que c'était sa vision personnelle de l'organisation, mais pour elle c'était l'unique et seule vérité dans ce bas monde et pour le moment personne n'avaient réussi à argumenter contre ses mots. Même si certains avançaient qu'on ne pouvait prouver ce qu'elle disait, elle s'en fichait, elle avait vu la vérité, une telle vérité que cela provoqua sa cécité, même si là encore le mot était mal choisit.

Ho ! Et bien je dirais que oui et non. Disons que je n'ai aucune préférence pour ce genre de choses, je pense aimer sincèrement chaque êtres, amis ou ennemis, peu importe le genre ou sa nature. Mais je sais ce que pense la société de ce genre de liberté de pensée et même si c'est l'une des choses que j'essaye de changer, un dogme social que je voudrais voir disparaître, comme tant d'autre, je me dois de rester ''respectable'' au sein de cette société. Donc oui, je peux être intéressée par tout le monde, mais je préfère limiter la chose bien entendu. Le but du culte est d'accompagner les gens, de les apaiser, les préparer et même leur faire voir la vie en les libérant des règles de la société, le sexe n'est pas une chose obligatoire ou nécessaire, juste un plaisir de plus et ce n'est certainement pas une raison pour y venir.

Elle avait lâché un petit rire délicat à la fin de sa tirade, elle parlait de cela avec une réelle légèreté sans aucune gêne, avec ses mots tout ceci pouvait même ne pas paraître choquant pour un sous. Elle n'avait pas parlé de ce sujet depuis un moment maintenant et elle aimait bien l'aborder, enfin, elle aimait autant l'aborder que n'importe quel autres sujet en vérité, il s’agissait d'un parmi tant d'autres après tout. Elle hocha la tête aux derniers dires de Charlie.

Tu as compris le principe, je suis heureuse que tu le prennes ainsi.


Encore une fois, son doux sourire apparut sur son visage. Bien qu'elle aimait le sujet et qu'elle n'avait, visiblement, aucun mal à en parler, elle en avait un autre en tête au sujet du pouvoir de Charlie, pouvoir qui la fascinait, mais elle ne connaissait pas tout à son propos.


C'est un sujet fascinant, mais si tu me permets, j'aimerais une aborder un autre. Celui de ton pouvoir. Je ne l'ai jamais sentit en action et je le connais peu, du coup j'aurais quelques questions si tu le veux bien.
Elle attendit l'accord de Charlie pour continuer. Les créatures que tu fais naître, tu les contrôles toi-même n'est-ce pas ? Ainsi qu'en est-il de leur habilité à se battre ? Elle vient de toi, de ta manière de les contrôler ou savent-elles se battre par instinct ?
 
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Message posté : Jeu 27 Juin 2019 - 20:58 Message
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Je comprends tout à fait. C'est finalement assez représentatif de beaucoup de membres de l'organisation et du mal que nous avons à progresser en tant que culte. Difficile de convaincre des civils, quand même les personnes liées à l'organisation ne voient pas le culte comme moi.

Charlie comprenait et, dans le même temps, elle eut d’abord du mal à trouver quelque chose de réconfortant à lui dire. Elle ne pouvait nier qu’elle appréciait la femme présente à ses côtés et elle souhaitait réellement qu’elle rencontre le succès qu’elle espérait, mais elle devait aussi reconnaître qu’elle n’avait pas tort, au moins en ce qui concernait les autres agents. Elle la première, d’ailleurs. Elle avait tendance à voir Shadow comme une organisation ayant des visées politiques et sociales et ce malgré son côté clandestin pas comme un culte et surtout pas comme un culte où leur leader serait une sorte de Dieu ou d’élu. C’était paradoxal en un sens vue qu’ils étaient déjà complètement dévoués à son œuvre et en même temps pas tant que ça. Il s’assurait lors de leur recrutement de la fermeté de ce dévouement, c’était vrai, il créait peut-être aussi parfois les conditions pour qu’il apparaisse ou se renforce si nécessaire, mais Charlie restait convaincue qu’ils agissaient tous comme ils le faisaient par choix, pas à cause d’une forme d’embrigadement, et elle avait la sensation que les choses risquaient de basculer dans le mauvais sens du terme si ces croyances se propageaient à l’intérieur du groupe, comme s’ils risquaient de sombrer dans une forme de fanatisme. Toujours aussi paradoxalement, peut-être que les agents pensaient défendre leur liberté en refusant de suivre sœur Frida. A moins qu'il y ait autre chose ? Comme une histoire de prérogatives à sauvegarder ? Car qu'adviendrait-il de l'organisation interne du groupe si le culte dont Sœur Frida était la cheffe se diffusait en son sein ?

- Peut-être que tu rencontreras plus de succès avec les civils, dit-elle alors, malgré tout désireuse de rebondir sur une note positive autant que de laisser à d'autres le soin de répondre aux questions vers lesquelles ses réflexions l'avaient menées. L’ombre, le chaos primordial, toutes ces choses, ce n’est pas la première fois qu’on en entend parler. Je crois même que ça existe d’une façon ou d’une autre dans beaucoup de culte, même si ces derniers y sont rarement montrés sous un bon jour.

Elle faisait plus que le croire en fait, elle le savait. Durga, à sa façon avait une part d’ombre, même avant qu’on la juge « déchue » et même si cette dernière était l’autre facette de son versant lumineux. Quant à Echidna avec laquelle elle avait été confondue… ne disait-on pas qu’elle était une entité issue et représentant le chaos primordial ?

Charlie était comme ça néanmoins, elle avait du mal à faire l’étalage de ce qu’elle savait, même quand elle était à peu près sûre de ses informations.

- J’imagine toutefois que ça pourrait plaire à certains.

Surtout s’ils ne connaissaient pas Shadow et ignorait qu’il y avait peut-être derrière une espèce d’élu divin qui arpentait le monde en chair et en os. Elle imaginait que ce genre de choses, vue l’attitude qu’avait parfois eu d’autres « divinités » ou champions de ce genre risquaient de passer moins bien ou d’éveiller les soupçons des mauvaises personnes, mais, après, peut-être qu’elle se faisait juste des films.

Elle écouta ensuite la tirade de Frida sur le thème de la sexualité et des relations interpersonnelles romantiques ou charnelles.

La façon dont elle abordait les choses resta néanmoins suffisamment soft pour que cela ne la gêne pas outre mesure. Elle ne fut par ailleurs pas choquée par le fond de ses propos. Malgré son inexpérience et le fait qu’elle avait du mal à se projeter dans un couple, cela n’avait pas toujours été le cas et elle s’était parfois demandé comment choisir, puis s’ils devaient réellement choisir.

Un autre agent lui avait par ailleurs déjà tenue des propos un peu similaire : Julia. Cette dernière était un succube, bien qu’également attachée, en tant qu’agent, à la nécessité de mener une vie relativement normale en apparence, elle lui avait déjà servi un petit plaidoyer sur la plus grande « liberté de mœurs » dont leur société, pourtant déjà bien débridée aux yeux de certains, avait besoin. Le discours passait néanmoins mieux dans la bouche de sœur Frida que dans celle d’une démone dont le fond de commerce restait la luxure, plus que l’amour des autres et le respect mutuel.

Elle n’émit toutefois aucun commentaire sur le sujet et sœur Frida lui demanda alors si elle pouvait aborder la question de ses capacités.

Charlie baissa alors un instant les yeux sur le contenu de sa tasse alors à moitié vide, même si elle esquissa aussi un léger sourire.

C’était étrange, mais elle était toujours partagée quand on abordait ce sujet : elle en avait généralement diablement envie, elle se sentait flattée aussi de l’intérêt qu’on lui portait alors, mais éprouvait aussi une certaine gêne, un peu comme si on lui avait demandé de se déshabiller, sachant qu’elle était aussi très pudique…

Elle donna toutefois à sœur Frida le consentement qu’elle semblait vouloir en hochant presque timidement la tête.

- Qu’est-ce que tu voudrais savoir ? demanda-t-elle ensuite d’une voix, plus petite qu’elle ne l’aurait voulu.

- Les créatures que tu fais naître, tu les contrôles toi-même n'est-ce pas ? Ainsi qu'en est-il de leur habilité à se battre ? Elle vient de toi, de ta manière de les contrôler ou savent-elles se battre par instinct ?

Charlie sourit alors à nouveau gentiment, même si en réalité Sœur Frida n’y était pas.

- Je ne contrôlais pas vraiment mes créatures, dit-elle alors, j’arrivais à les influencer grâce aux liens psychiques qui me reliaient à leur esprit, mais elles ne fonctionnaient pas comme des pantins. Elles allaient et venaient à leur guise selon leur bon vouloir et, oui, j’imagine aussi selon leur propre instinct.

Charlie marqua une légère pause. C’était étrange de parler de tout ça maintenant qu’elles n’étaient plus là et que la nouvelle génération de créatures qu’elle espérait créer n’avait pas encore commencé à voir le jour.

- Je sais aussi qu’elles savaient ou sentaient toutes grâce à ce même instinct que j’étais comme, disons, leur créatrice. Je suppose que ça m'a un peu aidé à en faire des alliées. Elles avaient également une façon particulière de se reconnaître entre elles, même quand elles ne se ressemblaient pas physiquement et je les ai rarement vu s’opposer les unes aux autres.

Cela arrivait quand même, toutes les espèces avaient leurs luttes pour le pouvoir après tout, mais, à sa connaissance, cela n’était jamais vraiment été au-delà de manœuvre d’intimidation.

- Quant à leur aptitude aux combats, Charlie eu un léger mouvement d’épaules, cela dépendait un peu de la créature en fait. Les fées n’étaient vraiment pas douées pour ça, précisa-t-elle en ayant un léger mouvement des lèvres entre le sourire et le gloussement, même si les choses étaient en réalité loin d’être drôles. Même un rat pouvait avoir le dessus sur elles.

Elle marqua une nouvelle pause, puis enchaîna.

- Je ne choisis pas réellement quand je créé quelque chose. Mon corps fait ça tout seul, comme il fabrique de la graisse quand il dispose d’un apport supplémentaire en sucres ou qu’il la brûle quand il en a besoin, sauf que je crois qu’il ne s’arrête jamais vraiment dans ce domaine. Ni pour l’aspect créature, ni pour le reste.

C’était aussi pour ça que Charlie restait rarement longtemps au même endroit : une dizaine de jours suffisaient généralement pour que le premier stade de ce qu’elle appelait la « nidification » s’enclenche et pour que les parois des endroits où elle passait le plus de temps commence à se couvrir de tâches ressemblant à de la moisissure magenta. Pas vraiment la façon la plus sympas de remercier les gens pour leurs hospitalités.

- Pourquoi est-ce que ça t’intéresse ? lui demanda-t-elle alors, simplement curieuse d’entendre la réponse.
 
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