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Quia Ego Sic Dico

 
Message posté : Jeu 26 Juil 2018 - 0:33 Message
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Andrei suivit Dante dans l’atelier et la présence des machines rassura le pharmacien, il y aurait de quoi façonner quelques runes portables, armes de jets, et autres curiosités dont le jeune hongrois raffolait. Cependant, quelque chose qui n’avait rien à faire là piqua sa curiosité. Là sur son piédestal de bois, le fixaient deux yeux d’un bleu infini et terriblement profond.

Andrei s’approcha de la structure et contempla la représentation du hérisson. Un travail propre et soigné. La bête était enroulée sur elle-même et le regardait la tête en bas, cela lui donnait un air touchant qui n’attendrit pas pour autant le pharmacien qui s’était couvert de son air interdit. Son œil droit s’était légèrement plus ouvert que le gauche, sa narine frémissait par intermittence, son échine s’était inclinée, incurvée et ses lèvres pincées le tenaient dans un mutisme religieux. Cette attitude de profonde analyse lui valait nombre de railleries et il espérait que Dante ne s’y prêterait pas, même si Andrei reconnaissait que ses expressions spontanées face à l’étrange et l’inconnu avaient de quoi surprendre. Il n’avait par exemple jamais pu regarder un mutant dans les yeux de peur que ce dernier n’intercepte un regard scrutateur trop prononcé, et ces créatures là n’aimaient pas être traitées comme des rats de laboratoire. Ce qui n’avait pas davantage causé d’état d’âme aux associés de son père en son temps…

Le pharmacien tourna autours du guéridon, mémorisant l’objet dans son aspect visuel, quand il leva son regard analytique sur Dante avant de revenir au hérisson. C’est alors qu’il l’entendit, un croisement entre un bruit agaçant de mouche et le geignement d’un chien aux abois. Cela provenait de l’artefact, Andrei le comprit instantanément, à moins que l’enclume ait été munie d’une conscience propre… Le pharmacien s’arrêta un bref instant et nota qu’il n’avait pas connaissance de transfert de conscience humaine dans un objet, il classa l’idée en se disant que cela serait surement profondément inutile, une conscience sans système neuronal et nerveux. Autant donner une poule à un couteau… Ou l’inverse, peu importait à ce stade de bizarrerie.

« Ça demande à sortir… » répondit Andrei dont la mélodie lancinante de la statuette rappelait les gémissements des otages coincés dans le sous-sol de la maison familiale à Budapest, lorsqu’il n’y avait pas d’autre choix que de les faire dormir sur place avant de les expédier vers les marchés d’esclave de Russie, ces gens d’infortunes ne se privaient pas pour leur pourrir la nuit en larmoyant contre les canalisations.

Un ami de Samarcande… Pressé de se débarrasser d’un objet trop encombrant pour sa conscience, au point d’espérer le voir prendre le large et ne pas regretter qu’il soit entreposé dans son propre atelier, à l’autre bout du monde. Ou bien Dante ne lui disait pas toute la vérité, après tout, lorsque le besoin s’en fait sentir, on se trouve des amis de tous horizons pour servir sa cause. L’artefact pouvait avoir été volé au Moyen-Orient, l’objet d’un marchandage occulte… Une chose était certaine on n’avait pas tenu à garder cette chose. A mesure qu’il le fixait, Andrei comprenait et un peu de lumière illuminait ses hypothèses : si le bourdonnement était bien un appel, il y avait donc effectivement une sorte de conscience dans l’affaire, qui, si elle ne se trouvait pas dans l’enclume, pouvait très bien avoir été placée dans cette statuette. Puis le pharmacien observa l’argile qui servait de base à l’objet, ce hérisson pouvait être également une espèce de golem donc les légendes orientales étaient remplies. Il faudrait qu’il se renseigne plus avant sur tout cela…

Andrei se relâcha et resta attentif aux propos de Dante. Ils restaient pertinents dans le sens que cet artefact présentait plusieurs questions dont celle qui frappait à première vue plus qu’à première écoute : pourquoi diable un hérisson… « Je me ferais une joie d’étudier ce petit bonhomme, ses artisans ont accompli une œuvre saisissante, si tant est que qui que ce soit ait fabriqué notre hôte… » Le pharmacien personnifiait l’objet à dessein, s’il était effectivement doté d’une conscience propre, l’artefact serait sûrement plus à l’aise de savoir que leurs intentions étaient pures.

Le pharmacien se tourna vers Dante, un éclair d’inquiétude traversa son regard. Il n’était pas vraiment à l’aise à l’idée que la statuette repose ainsi dans son laboratoire, cela promettait des soirées en tête à tête oppressantes, surtout si ce machin abritait un esprit néfaste… « J’aurais besoin de lait, de miel, et de savoir qui précisément t’a confié notre compagnon ici présent. » Andrei ne fermait aucune porte, mais sa méfiance envers les intelligences non-humaines le travaillait. Il devrait se procurer plusieurs ouvrages sur la question et poser plusieurs runes de protection avant de commencer à étudier quoi que ce soit. La statuette pouvait n’être qu’un bibelot bruyant, comme tout autre chose.

Andrei revint à son hôte : « Le labo se constitue donc de ces deux pièces seulement ? C’est très généreux de ta part, et je comprends que l’endroit ne donne pas envie de s’y éterniser, j’ai mes quartiers à la pharmacie après tout. Très bien, je prendrais soin de l’artefact. Maintenant dit moi cher ami, aurais-je le loisir d’être plus qu’un collaborateur enfermé dans sa cave ? J’ai déjà donné à Venise et j’avoue avoir peur de retomber dans cette situation, en plus d’être seul dans la cave cette fois, ou pas suivant ce que renferme l’artefact d’ailleurs, mais ce n’est pas fait pour me rassurer pour autant. »

Le pharmacien détestait devoir en dire autant, il haïssait la solitude qui était pour lui la mère de tous les vices, s’il s’endormait seul dans ce laboratoire après une longue étude tardive, Dieu seul sait ce qu’il pourrait arriver.
 
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Message posté : Ven 27 Juil 2018 - 21:03 Message
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 « Un ami de Samarcande. Shavkat Solih. Tu auras accès à toutes les informations nécessaires à son sujet, bien sûr. »

Dante n'entendait rien dissimuler. Shavkat Solih, mort à l'âge de soixante-treize ans, était natif de Samarcande. Il y avait vécu près de sept décennies sans en partir durablement, sinon pour fourrager dans les steppes de l’Ouzbékistan. Jamais il ne quitta la ville et la magie de son nom devait le poursuivre toute sa vie, lui qui n'était qu'un modeste céramiste des faubourgs.

Il prit femme, eut deux enfants, mais ceux-ci moururent en 1993 lors d'un séisme dans l'Est du pays. Il fut veuf en 2008. Shavkat reçut le hérisson en héritage d'un ermite venu d'aussi loin que les montagnes du Hazaran ; ce dernier ne fournit aucune explication, en tout cas Shavkat l'emporta dans la tombe.

Son testament laissait peu de choses en partage à ses quelques héritiers, mais la Rose des vents devait acquérir au début de l'année 2018 cette statuette si singulière. Voilà en substance ce que Dante confia aux oreilles d'Andrei, qui pourrait vérifier toutes ces informations à son gré.

 « Il y a le laboratoire, l'atelier, et des pièces à vivre, ainsi qu'un ensemble de pièces dont la fonction n'est pas définie. Tu en feras bien ce que tu voudras. »

Dante se contenta de cette première réponse et savoura sans rien cacher de son amusement les réactions qu'il observa sur le visage d'Andrei. Ce dernier lui donnait l'impression que font ces lapins coincés dans le halo des phares aux yeux du conducteur qui s'arrête.

 « Considère ces lieux comme une base d'opération. Ce n'est pas une cage, Andrei. Je n'ai aucune envie de t'enfermer ici pour t'y oublier et t'y laisser pourrir. Comme tu l'as dit, Venise est l'écrin idéal pour planquer les bijoux qu'on veut voir s'enfoncer dans l'eau du marécage. »

C'était le lot des Vénitiens, des palais de la Sérénissime, et de trop des merveilles de l'ancienne République.  « Tu seras seul tant que tu voudras rester seul. Je peux mettre à ta disposition mes réseaux et même te faire rencontrer certains de mes amis. Il faut le vouloir. Je ne t'obligerai à rien. Je n'ai pas ce pouvoir. Star City est une ville très intéressante. Elle offre de belles opportunités à quiconque se donne les moyens de ses ambitions. Tu veux n'y pas être seul ? Sors, fais-toi des amis et rien ne t'obligera jamais à croupir dans cette cave. »

Dante n'aurait pu être plus clair : Andrei tenait entre ses mains son destin ; nul autre que lui ne pourrait décider de son futur, et choisir parmi toutes les options qui s'offraient à lui.

Le vieux dragon n'accordait aucune vérité intrinsèque au concept trop humain de « liberté » mais il convenant malgré tout pour désigner tant bien que mal la présente situation du jeune homme.

De toute évidence, Dante veillerait sur Andrei et veillerait aussi sur ses intérêts, pour éviter de futiles et néfastes collisions ; si nécessaire, il ferait comprendre au jeune hongrois qu'aucun bienfait ne viendrait jamais d'une trahison et qu'il valait mieux toujours compter le dragon parmi ses amis.

Certes, Andrei ignorait tout de la nature originelle de Dante... mais ces choses-là seraient révélées en temps utile. À quoi bon l'accabler d'informations trop nombreuses, trop pesantes ? On ne charge pas la mule au milieu du gué.
 
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Message posté : Lun 30 Juil 2018 - 22:15 Message
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Andrei écouta l’historique du vieil homme qui avait confié l’artefact à Dante. Il jura intérieurement : dit comme ça il n’avait aucune information utile pour étudier le hérisson. Il lui faudrait ruser, se procurer des informations sur les bibelots connus dans la région de Samarcande, et par bibelot il entendait artefact magique. Il leva des yeux brillants de curiosité sur le hérisson. Il sortait de nulle part, pour échouer dans les mains subtiles de Dante, ce hérisson lui ressemblait un peu en cela, même si une histoire, Andrei et sa famille en avait une, et non des moindres, il devrait coucher un jour sur papier ce que sa mère lui avait raconté sur les vénitiens de Hongrie.

Le pharmacien prit note de l’existence des autres pièces, cet endroit rescellait décidément bien des surprises, une bonne planque assurément. Il observa Dante ne sachant que dire ou que faire, il lui avait déjà fait part de sa gratitude et de ses angoisses, si son ancien collaborateur s’amusait à le torturer plus longtemps avec ses silences mesquins, Andrei perdrait de son précieux flegme. Pas de quoi le mettre en rogne, et dieu sait que si l’ancien fabriquant de drogues tenait une chose de son père, c’était ses colères. Damján Velencei était un volcan qui n’attendait qu’un désagrément suffisamment pour exploser et vomir sa haine des autres et de l’inaptitude de ses hommes et associés à faire leur travail. Combien de fois le bureau du paternel avait été mis à sac par ses crises de fureur. Grâce à Esmeralda il avait également reçu une patience relativement grande, aussi, rares étaient ses crises de colère. La dernière remontait à sa fuite de Venise, son appartement local ressemblait à une ruine alors même que les mafieux n’y avaient pas encore posé un pied. Tout ceci pour dire que si Dante ne tirait pas Andrei rapidement du silence dans lequel il cogitait, il finirait en cocotte-minute en stade terminal.

Mais Dante devait connaître les travers de son ami, car ses propos rassurèrent effectivement le jeune hongrois qui acquiesça et agita la main comme si les choses allaient de soi. « Tant mieux, je m’en doutais, mais bon, tu sembles très important ici ! Et que vaudrait un alchimiste moderne aux côtés d’un homme aussi renommé que toi à Star City, on pourrait penser, mais ce serait me dévaluer et tu m’as déjà indiqué que je devais être plus sûr de moi et mon pouvoir, mais merde, je suis paumé moi, et j’ai besoin de toi, en personne. » débitait Andrei à toute vitesse en tournant autour du guéridon, tout en bougeant ses mains pour se donner une contenance sous l’air amusé de Dante.

« J’entends bien que pour se faire des amis, il suffit de sortir de ce labo, mais mon ami, ma seule crainte est de te voir repartir pour les hautes-sphères, laissant ton ancien collaborateur traiter avec les intermédiaires, et je me doutes bien que cette crainte est vaine, mais n’oublie pas, et je me répète, dans quelle situation je me trouve aujourd’hui. » Andrei fixait Dante, la vodka maison facilitant son discours et brisant toute gêne, à moins que ce ne fut son antique confiance en Dante, qui sait.

Andrei était attaché à ce phénomène, il serait le dernier à le trahir, et encore même, il ne devrait pas avoir le choix, car si on est libre de ce que l’on est et devient, on est libre également de s’attacher à des partenariats fructueux. Dante lui avait trop apporté pour qu’Andrei le laisse tomber, et d’une certaine manière, Dante lui avait trop apporté pour se permettre de s’évanouir dans la nature. Le pharmacien chercha sa bouteille de vodka et se souvint qu’elle était rangée dans un bâtiment bien plus éloigné, sa main frôla son tube d’acide sulfurique et il se dit que ce n’était probablement pas une bonne idée de l’ingérer. Il commença donc à tourner sa bague d’argent sur les symboles alchimiques les uns à la suite des autres pour terminer sur celui de l’eau.

« Écoute Dante, je te fais confiance, je sais que tu tiens à ma sécurité autant qu’à la prunelle de tes yeux et j’en suis touché, alors s’il te plait…» Andrei avança sous le nez de son ami et plongea son regard dans le sien : « Protège moi de moi, et ne me lâche pas. »

Le pharmacien recula lentement, leva la tête vers le faux plafond et respira un bon coup, l’alcool le faisait décidément trop parler. Il se retourna pour observer le hérisson, et quelque chose dans sa complainte l’apaisa. Après tout il avait un toit, de quoi se nourrir, un commerce opérationnel, des talents, la situation pouvait être bien pire, et ce ne devait pas être les chimères qui avançaient sous son crâne qui ruinerait le tableau. Pour ces dernières un psy et quelques somnifères en béton devraient régler le problème. Andrei sourit ainsi plus serein au reflet de Dante dans la cloche de verre qui protégeait l’artefact : « En un mot comme en cent, j’ai hâte de reprendre les affaires à tes côtés. »
 
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Message posté : Jeu 2 Aoû 2018 - 23:44 Message
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Dante était-il important ? Cette remarque attira sur ses lèvres un sourire en coin, ce sourire qu'il ne réservait qu'aux moments les plus importants de sa vie, quand l'existence approchait d'un cap, d'un pivot, d'un virage. L'avenir dépendait-il de cet entretien ? L'avenir d'Andrei, sûrement. L'avenir de Dante, c'était moins sûr. Le dragon voyait si loin ; à Star City ne pouvait rien se produire qui entravât ses projets, ceux-ci touchaient l'ensemble des mondes à plusieurs siècles en avant.

La Légion, le Cartel Rouge, l'UNISON, la Triade... même la Rose des vents, tous ces groupements n'étaient qu'un ramassis de sociétés quelconques, un agrégat divers d'insectes à peine signifiant sous l'ombre de ses ailes étendues déjà au loin. Dante se retint de rire quand Andrei se déclara « paumé » et dit avoir « besoin » de lui. Qu'il se montrait touchant et vulnérable ! Le vieux mage connaissait les hommes depuis des millénaires, et pourtant il ne se ferait jamais tout à fait aux trésors d'émotivité que les yeux et les mots dissimulent.

Comme si la nature humaine conserverait toujours pour lui quelques secrets ! Il n'en finirait jamais de s'étonner à leurs côtés, et cette raison seule justifiait qu'il eût pour la Terre Prime et les Hommes l'affection particulière qu'il nourrissait depuis des siècles. «  J'aurais pu te donner simplement l'adresse de cet endroit. Ou confier à Nicodémus la tâche de te présenter ce refuge. Et pourtant je suis là.  » Dante s'était déplacé en personne, il n'avait pas délégué, il avait lui-même endossé le rôle du guide pour introduire Andrei auprès de son nouveau laboratoire.

Les faits le rappelleraient à la juste mesure des événements et, sans doute, tempéreraient ses angoisses – celles-ci étaient amusantes, Dante aurait sûrement pu trouver utile de se jouer d'elles, mais il préférait s'abstenir, car les travaux d'Andrei sur le hérisson d'argile comptaient pour lui.

«  Ressaisis-toi. Tu n'es plus en Europe. Tu n'as rien à craindre ici. Ton nom est au clair. J'ai fait le nécessaire et je regarderai d'un œil prudent tes activités à Star City. Il ne pourra rien t'arriver. Je ne serai jamais bien loin et qui sait, toi et moi nous aurons peut-être l'occasion de travailler ensemble régulièrement.  » Dante avait depuis longtemps nourri le dessein de reprendre quelques travaux alchimiques laissés en suspens. Entre autres choses, la mort de Nicolas Flamel avait interrompu leur collaboration.

L'arrivée d'Andrei à Star City, comme un vent frais qui souffle sur le lac endormi, donnerait au dragon l'occasion de reprendre ces recherches laissées en sommeil, avec la perspective d'une progression intéressante et, peut-être, de résultats nouveaux. L’œuvre qu'il poursuivait depuis trois mille ans ne connaîtrait aucune fin, cependant les participations connexes enrichissaient chaque fois la densité de ses travaux.

«  Quand l'heure sera venue pour toi de voler de tes propres ailes, quand tu n'auras plus besoin de mon aile protectrice, quand tu seras pleinement l'Interdit, je n'en serai pas moins toujours présent, attentif, et toujours partant pour l'aventure. Il y a quelque chose chez vous, les Magyars, qui vous y incline plus que les autres. C'est rafraîchissant.  » Dante observa l'heure à sa montre et parut froncer les sourcils. Un dernier sourire s'épancha sur ses lèvres quand il prit congé.

«  Il me faut retourner à la fête. Personne ne remarquera ta disparition, si tu veux te reposer ici et prendre tes marques... N'hésite pas à me contacter, si tu as besoin de quoi que ce soit. Tu sais où me trouver...  » Dante inclina la tête avec douceur, considérant Andrei quelques instants. Un portail apparut derrière lui et il disparut. On vit alors Dante reparaître parmi ses invités de la « Galerie Visconti », se joindre à quelques conversations, acheter à prix d'or une œuvre et une autre, recommander à tel magnat des télécommunications tel autre magnat des réseaux sociaux.

Enfin il présida la grande vente aux enchères et conclut la soirée sur un discours à la gloire des héros de Star City, héros des grands jours comme des petits matins. Il vanta les mérites de tous ceux qui luttèrent activement contre l'Invasion Terminus. Il loua la détermination de tous ceux qui, depuis la bataille du Centenaire, s'appliquaient à rendre à la ville ses couleurs ordinaires.
 
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Message posté : Ven 3 Aoû 2018 - 13:16 Message
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« Nicoqui ? » balbutia Andrei, tout en hochant la tête face aux paroles justes de Dante. C’est vrai après tout, il était là avec lui et pas à sa soirée, s’il voulait se débarrasser de lui il s’y serait effectivement pris autrement. « Merci Dante, je vais me réfugier derrière l’excuse de l’alcool pour justifier mes inquiétudes insensées, et je suis très reconnaissant de pouvoir discuter avec toi, ici en privé, comme au bon vieux temps. » Andrei sourit en repensant à l’Italie et ses charmes qu’il avait exploré pour une partie en compagnie de son ancien collaborateur, une partie émouvante et riche en expériences de ses études.

« Que de protection promise, cela me touche mon ami ! Et ce serait avec plaisir ! Je suis la preuve vivante que l’union de nos talents est productive. Cependant, je resterai vigilant, les nouvelles d’Europe n’arrivent pas et je reste inquiet des mouchards des bratvas qui pourraient remonter ma piste »

Avec ce nouveau laboratoire, Andrei aurait de quoi préparer la réception des emmerdeurs d’Orient, quelques pièges savoureux, poisons mortels, philtres de protection… Tout un arsenal chimique couvert de symboles biohazard en perspective… Mais cela nécessiterait également d’échanger avec la femme au nom français, pour obtenir les solutés, solvants, et autres joyeusetés de la chimie moderne, sans oublier les runes particulières et formules nécessaires à l’exploitation de son savoir alchimique. Ce genre de choses qu’on ne pouvait pas faire soi-même, à moins d’être une éminence de cet art, et si Andrei se défendait dans son domaine, il ne faisait que gratter la surface. D’autres, dont les alchimistes de l’Uranverein en personne, savaient toucher le cœur des matières, et créer des runes supérieures… Andrei regarda Dante en se disant que ce dernier devait faire partie de cette élite, il suffisait de voir l’immense rune constante et stable posée dans le laboratoire, du travail de maître.

Les joues d’Andrei se tintèrent au compliment sur ses origines. Il est vrai que les Hongrois, le peuple Magyar était un des plus téméraire et tumultueux d’Europe, il n’y avait qu’à jeter un œil à leur histoire sanglante et remplie de couronnes renversées, substituées, restaurées pour faire pâlir de jalousie George R. R. Martin. Le pharmacien avait le tempérament de son père et l’éloquence de sa mère dont le sang vénitien était celui qui alimentait les veines de son fils. S’il était Magyar, il était bâtard, ce qui paradoxalement pouvait renforcer son origine hongroise, car en Hongrie, les familles de souche étaient rares, tandis que les familles allemandes, italiennes, vénitiennes, soviétiques, baltiques, se mélangeaient dans ce pays qui se faisait un carrefour ethnique de l’Europe. Sans oublier les descendants d’Attila, car les fils de l’Asie eux-mêmes vivaient dans cette mer d’origines variées.

« Et je sais que je pourrai compter sur toi pour achever mon apprentissage, je suis un peu là pour ça. La catastrophe de Venise n’est qu’un prétexte, j’aurais pu fuir en Asie pour continuer à exercer mes talents de fabricant d’opiacés, mais je suis venu ici pour répondre à une invitation en suspens depuis trop longtemps.» Andrei ne se doutait certainement pas que pour Dante le temps était une notion toute relative…

Andrei regarda son ancien collaborateur et certainement futur associé ouvrir un nouveau portail. « Tu as raison Dante, retournons à la fête, je t’accompagne, je me dois de retrouver le trio que j’ai laissé sur mes charmantes boutades, avant qu’ils ne se trouvent un autre touriste à torturer !» Le pharmacien n’ajouta pas que s’il préférait revenir d’où il était venu, c’est qu’il serait bien paumé une fois en dehors du bâtiment, autant rentrer par la voie rapide, même si ce genre de portail lui retournait les viscères.

Il disparut avec Dante laissant le hérisson seul dans le laboratoire dont les lumières s’éteignirent faute de présence humaine…
 
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