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Et pour une poignée de cookies - Barrett

 
Message posté : Mar 9 Mai 2017 - 11:33 Message
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De toute évidence, Raphaël ne partageait pas le souci du détail et de l'organisation de Barrett. Du moins pas dans le registre matériel à proprement parler. Ce n'était sans doute pas si étonnant que ça. Le muté était du genre à établir une liste de choses à faire avant même d'aller sortir les poubelles. Le traducteur avait des protocoles, plus ou moins simples, pour tout et n'importe quoi et plus l'activité concernée était importante, plus les protocoles qu'il mettait en place étaient complexes et longs. L'opposé de la spontanéité de son interlocuteur... mutant ? Était-ce d'ailleurs l'origine de ses pouvoirs ? Statistiquement, c'était probable, mais Barrett était bien placé pour savoir qu'il ne s'agissait pas de la seule cause de super-pouvoirs possible.

– Ton organisation est... absolument affolant. fit-il remarquer, mi-sérieux mi-amusé Tu as l'air d’avoir sacrément confiance en tes capacités... Ça fait longtemps que tu les utilises ?

C'était aberrant. Lui-même serait incapable de faire preuve d'une telle assurance avec ses capacités. Pourtant, elles généraient naturellement un certaine confiance lorsqu'il se retrouvait confronté à son domaine de prédilection. Mais il y avait une différence entre la confiance d'une démarche et celle qu'on pouvait montrer aux autres. Du moins il y en avait une pour Barrett qui décidément aimait bien se compliquer la vie – mais avait-il vraiment le choix ? Ce fut donc avec une certaine admiration qu'il écouta Raphaël lui assurer qu'il ne se tromperait pas de destination.

Et ce fut avec une fébrilité bien visible que le jeune homme revint, après sa course au Brett Building, auprès de Raphaël qui lui confirma cette nécessité du minimum de discrétion. Élémentaire. Encore que, à Star City où il n'était pas rare de voir quelqu'un voler entre les buildings, une téléportation surprise avait moins de chance de surprendre les passants qu'ailleurs. Enfin s'il pouvait éviter d'attirer l'attention, Barrett s'en porterait très bien. On ne changeait pas sa nature profonde, même si certains s'y essayaient, comme Bishop... ou comme Raphaël, de toute évidence. Le jeune homme suivit donc volontiers son guide vers une ruelle isolée et malodorante. Ce dernier détail fut rapidement évincé par l'aspect étrange de la situation. Suivre quelqu'un dans une ruelle déserte, il paraissait que c'était déconseillé. Pourtant, ce fut avec un œil intrigué et brillant qu'il vit Raphaël faire apparaître un portail spatial en un claquement de doigt, littéralement. Un « o » muet se dessina sur la bouche du traducteur pour exprimer son admiration tandis qu'il s'approchât avec révérence et curiosité du phénomène, les yeux rivés sur l'objet de son intérêt.

– Wow... souffla-t-il. Parfois, le jeune Anderson avait des réactions tout à fait ordinaires Et jusqu'à quelle distance tu peux te téléporter ? demanda Barrett avec un intérêt tout scientifique.

Ce qui ne l'empêcha pas d'apprécier les détails les plus émotifs. La destination que lui décrivit Raphaël éveilla en lui tout un panel d'émotions allant de l'excitation à l'émerveillement.

– Non, c'est... enfin oui j'aimerais beaucoup aller là-bas aussi mais c'est... Paris c'est très bien ! assura-t-il. Au moins quand on avait autant de curiosité, on n'était pas difficile. Comment ça marche ? demanda-t-il.

Très simplement au final. Après avoir écouté les explications du téléporteur, il continua d'observer le portail tout en s'en approchant et en en faisant le tour pour l'examiner. Il hésitait un peu, moins pas crainte que par manque d'information technique sur le sujet. Mais la curiosité était bien présente. Pour le coup, il avait l'impression d'être Alice devant le terrier du lapin blanc... un livre qui l'avait pas mal perturbé à l'époque. Finalement, un énième regard sur le visage de Raphaël lui fournit une réponse silencieuse et surtout le rassura. Barrett finit donc par traverser le portail et se retrouver dans Paname. Il resta devant le portail pendant quelques instant, paralysé par l'émerveillement et l'incrédulité avant d'avancer, les yeux levés vers le ciel, grands ouvert sous l'effet de l'euphorie. Déjà le fait qu'il fasse nuit avait de quoi l'amuser, même si son esprit avait parfaitement conscience que c'était normal. Mais l'architecture des lieux, les lumières qui éclairaient la rue et qui, pour le coup, donnèrent au spectacle des airs féeriques de manière tout à fait subjectives, et surtout les petits détails tels que les panneaux d'indication de rue et tous les noms français qu'il trouvait lui collèrent un grand sourire digne d'un enfant déballant des cadeaux de Noël tant attendus.
 
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Message posté : Mar 9 Mai 2017 - 15:15 Message
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Merci” Ce manque d’organisation n’était sûrement pas un compliment pour commencer, mais c’était ainsi que l'Olympien choisissait de prendre cette remarque. “Est-ce une manière subtile de me demander mon âge?” fit-il semblant de s’offusquer.

Il pouvait difficilement lui répondre “trois millénaires et des poussières”. Lui-même n’était même pas sûr de son âge. Il avait compté, au début, mais avait arrêté un bon paquet de siècles en arrière. Quant au temps passé à utiliser ses pouvoirs… là aussi c’était difficile à évaluer. Lui avait ce sentiment qu’il avait toujours été capable de toutes ces choses, même si ce n’était probablement pas le cas. Il était certes une divinité, mais cela ne voulait pas pour autant dire que ses capacités avaient toujours été aussi développés. Pour prendre l’exemple du vol, il n’avait pas toujour été capable de voler à une telle vitesse. Arrivait un moment où les siècles se mêlaient, et où il ne savait plus dans le détail quelle capacité était apparu avant l’autre.

Le mode de transport semblait trouvait plus de grâce aux yeux du jeune traducteur que leur précédent moyen de locomotion. Et il semblait tout aussi fasciné par le portail, que par la destination promise. Raphaël se fit un plaisir de répondre à ses interrogations… dans une certaine mesure.

Hum… à peu près partout sur Terre maintenant”.

Plus quelques plans d’existences plus ou moins éloignés. La distance était secondaire quand on parlait de portails dimensionnels.

Et tu as juste à traverser le portail. Ca peut paraître effrayant, mais c’est indolore”.

Lui-même était bien placé pour le savoir. Il avait emprunté ses portails plus d’une fois au cours de sa vie. Une dernière hésitation, et sans doute aussi de la curiosité, et Barrett passa le portail. L’Olympien lui emboîta le pas, et retrouva l’agent de l’UNISON dans la capitale française, un air émerveillé sur le visage. Le portail se referma derrière eux - inutile de le laisser ouvert, à part pour gâcher de l’énergie - et Raphaël ouvrit aussitôt la marche.

Bienvenue à Paris”.

Il sortit de la petite ruelle qui leur avait servi de piste d’atterrissage improvisé et entraîna le jeune homme derrière lui. Les rues étaient loin d’être désertes, mais pas aussi animées qu’elles avaient pu l’être dans la journée. Les boutiques de souvenirs étaient fermées, mais pas les terrasses des restaurants, et un joyeux brouhaha de conversations, autant en français que dans d’autres langues, s’élevaient des tables. L’Olympien était plus intéressé par la butte. Tout en haut, le Sacré-Coeur était illuminé, sa façade blanche se distinguant d’autant plus nettement sur le bleu d’encre du ciel. La vue sur Paris promettait d’être somptueuse… mais avant ça, il fallait la mériter.

Deux-cent-vingt-deux marches très précisément” expliqua l’Olympien, d’humeur à jouer les guides touristiques, quand ils arrivèrent au pied du premier escalier. “J’avais l’habitude de les monter en courant, mais on peut tout aussi bien le faire en marchant”.

Impossible de visiter la basilique à cette heure, mais ça n’avait pas pour autant fait fuir les touristes. Une petite dizaine de personnes s’étaient réparties sur les marches, profitant d’un moment entre amis, et un peu plus haut, on pouvait entendre la guitare d’un musicien de rue avec une voix plutôt décente.

J’espère que tu es motivé”.
 
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Message posté : Mar 9 Mai 2017 - 18:46 Message
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– Heu... pas vraiment mais... pourquoi ? C'est le genre de question qui ne se pose pas ?

Cela ne le surprendrait pas plus que ça. Parfois, on lui disait qu'il posait de drôle de questions, voire même des questions gênantes. Souvent, dans ces cas-là, le linguiste n'en comprenait pas trop la raison mais il essayait de les retenir pour ne pas renouveler la même erreur. Et puis ce n'était pas non plus comme s'il était du genre à mettre son nez partout sans pudeur... Sauf quand un sujet intéressant était sur le tapis. Comme c'était le cas à présent. Ainsi, il nota au passage que Raphaël ne lui avait même pas répondu. Décidément, comment un personnage aussi direct et spontané pouvait autant entretenir le mystère autour de sa personne ? Cet homme était une pelote de paradoxes à lui tout seul. Enfin, il y avait assez de matière pour que Barrett ait de quoi s'occuper avant de se consacrer à démêler tout ça.

– Wow, c'est... impressionnant. Vraiment.

De fait, même si Barrett ne s'y connaissait pas trop, Raphaël devait facilement être un des téléporteurs les plus puissants de la planète. D'après ce que le jeune homme savait, la moyenne, dans ce domaine, était beaucoup moins importante que la distance maximale qui semblait être celle de cet homme. Et forcément, curieux comme il l'était, le traducteur ne put s'empêcher de se demander si cette limite provenait d'un lien particulier avec la Terre, la gravité ou une force spatiale similaire. Ou bien si cette limite était tout simplement pratique. Après tout, risque de se téléporter en dehors de la Terre était plutôt risqué d'un point de vue... sanitaire. La raison et le bon sens empêchèrent donc le jeune Anderson de parler de cette perspective. Et puis l'heure était venue de passer à la pratique et de traverser le portail de téléportation. Rassuré par les informations supplémentaires données par Raphaël, le traducteur se lança.

De l'autre côté, non pas du miroir, mais de l'océan, tout était sujet à l'admiration. Y compris la clôture du portail que Barrett ne manqua bien évidemment pas, même si les mécanismes physiques à l’œuvre lui échappaient un peu. L'expérience était tellement grisante et riche que l'étudiant ne songea même pas à s'embarrasser de cette question.

[Français] – Merci ! répondit-il avec sincérité.

Par la suite, il s'employa à suivre Raphaël aussi promptement que possible, mais ce n'était pas aisé quand le moindre détail venait l'inciter à faire des pauses appréciatives. Pour le coup, si on oubliait la tenue, Barrett avait tout du touriste typique. Le fait que les boutiques soient fermées ne le chagrinait pas le moins du monde, il arrivait toujours à trouver de quoi poser son regard avide de découverte. Et ses oreilles n'étaient pas en reste car les conversations qui leur parvenaient étaient tout aussi exotiques que le reste. Certes Star City n'était pas la ville la plus chauvine au monde, mais on parlait tout de même de Paris qui se posait là en matière d'aimant à touristes. Au final, à peu de choses près, Barrett avançait en donnant l'impression d'être sous l'effet d'une drogue qui perturbait ses perceptions pour qui rendait tout beau. Même le nombre impressionnant de marches qui les séparaient du Sacré-Cœur.

– Ça devrait aller. La motivation était au rendez-vous. Mais je suppose que c'est fait exprès sinon tu aurais crée ton portail un peu plus loin. commenta Barrett avec un sourire.

Une manière d'essayer de lui tirer quelques vers du nez au sujet de ses pouvoirs. Mais c'était un thème devenu secondaire à côté du reste du voyage en cours. Au final, ce ne fut pas la difficulté physique qui vint retarder leur ascension, mais la curiosité du jeune homme qui s'arrêtait régulièrement. Cela ne l'empêcha cependant pas de continuer la conversation.

– J'imagine donc que tu ne comptes plus les fois où tu es venu dans cette ville. Surtout que Raphaël n'avait pas eu l'air fatigué du tout d'avoir crée le portail qui les avait menés ici Du coup, techniquement, tu pourrais vivre n'importe où, rien ne t'en empêcherait... quelques détails administratifs, éventuellement. Et encore, Barrett n'était pas certain que Raphaël soit du genre à laisser ce genre de chose l'arrêter Du coup, pourquoi vivre à Star City ? Il y a une raison particulière ?

Mais c'était que mine de rien la conversation commençait à ressembler à celles qui pouvaient avoir lieu lors d'un rencard. Non pas que le jeune homme soit conscient de ce genre de chose.
 
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Message posté : Mar 9 Mai 2017 - 21:34 Message
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S’il trouvait le traducteur adorable en temps normal, il était présentement en train d’exploser tous les compteurs. Cerise sur le gâteau, il ne s’en rendait probablement même pas compte, ce qui ne faisait qu’ajouter au charme projeté par son enthousiasme. Pour autant, l’Olympien ne se laissa pas berner. Il était certes de bonne humeur, et vu ses intentions à son égard, il n’allait pas s’en plaindre, mais cela ne voulait pas pour autant dire que toutes ses phobies s’étaient envolées.

Aussi garda-t-il sagement ses mains dans ses poches au moment d’entamer l’ascension de la butte. Il accordait sagement son pas à l’allure plutôt lente du jeune homme, trop occupé à regarder partout autour de lui à la fois pour vraiment se préoccuper de lui, mais cela ne le dérangeait pas outre mesure. Il était le dieu voyageur, et l’émerveillement faisait parti de tout bon voyage. Quel était, sinon, l’intérêt de voyager?

Evidemment. Crois-moi, tu n’aurais pas apprécié la vue autant si tu n’avais pas grimpé ces marches”.

Et puis, d’un point de vue plus pratique, ouvrir un portail sur le sommet de la colline, sans endroit vraiment discret, n’était pas vraiment une bonne idée. Il préférait encore sa petite ruelle entre deux poubelles de restaurants. Qu’importe. Le jeune homme avait assuré que la motivation n’était pas un problème, et Raphaël était bien tenté de le croire. Il était tellement fasciné par tout ce qu’il voyait qu’il ne réalisait même pas qu’il avalait marche après marche.

Un paquet de fois oui”. Et pas juste à cette époque. Il avait connu cette butte avant qu’une basilique ne se tienne dessus. Il avait connu Paris sans la Tour Eiffel, inimaginables pour les humains d’aujourd’hui. “Et j’imagine que je pourrais oui… sauf qu’il me faut quand même un endroit où rester de temps en temps”. Quant à son choix de Star City… il choisit de lui donner la vérité. Ou tout du moins une partie de la vérité, qu’il assortit d’un haussement d’épaules. “Eh bien… ça va peut-être te paraître idiot mais… j’adore voler, sauf que ce n’est pas forcément réalisable partout. A Star City par contre, personne ne se soucie d’une personne volante de plus ou de moins. D’un point de vue plus pratique, il y avait aussi des opportunités professionnelles intéressantes dans cette ville. De vieux amis y vivaient, ça ne gâchait rien”. Et il voulait dire vieux, dans tous les sens du terme… “Et puis je viens de New York, ce n’est vraiment pas le bout du monde quand on y pense”. En tout cas, si on se fiait à la version officielle donnée par sa carte d’identité. “J’ajouterais que si j’avais choisi de m’installer ailleurs, j’aurais raté des rencontres plus qu’intéressantes”. Et au regard qu’il lança au jeune homme, il ne faisait aucun doute qu’il le classait parmi les rencontres intéressantes, autant pour son physique que pour ses capacités remarquables. “Et toi alors? Né à Star City ou tu viens d’ailleurs?

Leur discussion les avait mené au sommet de la colline sans qu’ils s’en rendent vraiment compte. Un dernier effort leur permis de monter le dernier escalier, menant juste à l’entrée du Sacré-Coeur - impossible à visiter à cette heure - mais Raphaël ne doutait pas que la vue de Paris ferait autant d’effet au jeune homme que celle du bâtiment.

La prochaine fois, il faudra prendre en compte le décalage horaire si tu veux visiter le Louvre. Ou le musée d’Orsay. Ou Versailles…” énuméra l’Olympien.

Il donnait l’impression de faire cette liste sans y penser, mais le geste était un peu calculé. Peut-être qu’il parviendrait à tenter Barrett, et à le convaincre de l’accompagner une prochaine fois pour une nouvelle escapade. Par forcément parisienne.
 
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Message posté : Mer 10 Mai 2017 - 21:16 Message
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– Un peu comme un peintre ou un photographe qui choisit son angle de vue... commenta Barrett sans vraiment attendre de réponse.

On touchait là au domaine de l'art auquel il n'avait jamais vraiment été sensible. Mais là, c'était le cas. Bon, ce n'était pas vraiment de l'art, mais quand même ! Et puis, d'après ce qu'il en savait, l'effet qu'il ressentait était à peu près similaire à celui recherché dans une dimension artistique. Donc, on pouvait dire que Raphaël était un artiste, par A + B... Ouais, il compliquait vraiment les choses. La conversation resta simple, cependant. Sauf peut-être pour ce qui était de ses répercussions dans l'esprit de Barrett.

– Ça doit être pratique, de pouvoir s'en aller, comme ça, d'un coup, et aller ailleurs, au moins pour un temps... fit-il remarquer sur un ton pensif.

Le genre de discours qui ne lui ressemblait pas vraiment car cela impliquait un certain recul émotionnel. Pour quelqu'un qui n'affichait pas beaucoup ses émotions (qui n'en n'avait pas, diraient même certaines mauvaises langues), c'était peu banal. Il fallait dire que sa vie avait pris une tournure inattendue. Le début de l'année 2017 avait été riche en événements. Et pas des plus reposants. De fait, le jeune homme commençait à reconnaître l'importance de la mise en place d'une bulle de récupération morale. Même s'il était plus « croyant » que « pratiquant ». Les habitudes ont la vie dure. Cependant, il ne s'étala pas sur ce sujet, fort théorique, finalement, et se concentra plutôt pour écouter les autres réponses de Raphaël. Notamment sur la raison pour laquelle il vivait à Star City.

– Je comprends. C'est vrai qu'on l'appelle la ville des Supers... C'est rassurant de savoir qu'on peut y trouver des personnes comme nous.

Même s'il n'y avait pas vraiment rencontré des personnes avec des capacités similaires aux siennes, Barrett en avait croisées qui pouvaient le comprendre. C'était déjà beaucoup, plus qu'à Seattle. Une raison largement suffisante pour y rester lui-même. En plus de ses perspectives professionnelles avec l'UNISON. Mais approfondir la question du « nous », il enchaîna avec New-York, puisque son compagnon de voyage avait mentionné la « Grande Pomme ».

– J'aime bien New-York... mais il n'y a pas vraiment de rue comme ici, je crois. Sans parler de ce genre de bâtiment. Je comprends pourquoi certains considèrent que l'Histoire de l'Europe est plus riche que celle des États-Unis. D'un point de vue architectural, c'est assez vrai.

Le genre de détail qui n'intéressait pas forcément tout le monde, mais Raphaël ayant été rencontré dans un musée... qui sait ? En tout cas, Barrett n'ajouta rien sur le fait de rencontrer des personnes « intéressantes » à Star City. Le terme n'était pas assez neutre pour correspondre à sa réalité. En effet, le linguiste n'était pas certain de pouvoir classer le Docteur Otaku dans cette rubrique. D'autres en revanche comme Dante ou même Raphaël méritaient une classification plus positive. Assurément, le muté n'aurait pas rencontré de tels profils à Seattle.

– Je suis né à Star City, techniquement. Mais j'ai grandi à Seattle où j'ai vécu jusqu'à ce que je parte faire mes études à Star City. Une réponse complète comme il aimait en faire.

Cependant, arrivé en haut, il ne reprit pas la parole tout de suite, trop absorbé par le spectacle qui l'y attendait. Le jeune homme dut fournir de sérieux efforts pour ne pas ouvrir la bouche sous l'effet de la contemplation. Cependant, il ne parvint pas à se défaire de son sourire ému. Pour le coup, on n'était pas si loin de ses rêves d'enfant.

– Le Louvre, peut-être... répondit-il un peu gêné par toutes ces possibilités. Idéalement, il voudrait tout voir, mais avec le menu qui lui était proposé, il faudrait sans doute prioriser. Enfin si ça ne te dérange pas, évidemment. J'imagine que tu connais tous ça déjà très bien. Tu as sans doute autre chose à faire que passer ton temps à montrer aux autres ce que tu connais par cœur.

Loin de lui l'envie d'être une gêne ou une source d'ennui. Comme à son habitude, Barrett conservait un esprit innocent. Bien que conscient des désirs qu'il inspirait chez Raphaël, il ignorait encore à quel point ceux-là pouvaient être mêlés ou non à ces invitations. Et puis il pensait en pragmatique, toujours. Quoique, ce soir, après avoir longuement observé le Sacré-Cœur, ce ne fut peut-être pas par pur pragmatisme qu'il demanda :

– Est-ce qu'on est du bon côté pour voir la Tour Eiffel ? Remarque, elle n'est peut-être pas éclairée...

Un intérêt typiquement touristique, on le remarquera. De même que sa naïveté. Faire des économies d'électricité ? Mais enfin, pourquoi faire ?
 
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Message posté : Mer 10 Mai 2017 - 22:35 Message
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Si tu as besoin de vacances, tu sais qui appeler pour partir à moindre frais. Qui sait, peut-être que si tu demandes gentiment, je viendrais avec toi”.

Il le taquinait, évidemment, et n’imaginait pas vraiment le jeune homme en train de se prélasser en maillot de bain sur la plage ou au bord d’une piscine. Il le voyait plutôt comme un touriste culturel, comme ici, à Paris, en train d’explorer les monuments, les musées, les petites rues, à prévoir tout un programme pour la journée, et à se rendre compte qu’avec le temps de transport, il n’aurait jamais le temps de toute faire.

Les Etats-Unis sont un pays jeune. L’Ancien Monde a du charme, je te l’accorde… Peut-être qu’une virée dans les châteaux de la Loire s’imposera un jour prochain, je suis sûr que tu adorerais Chambord. Léonard de Vinci y a construit un escalier à double révolution, sans colonne centrale. Et personne ne sait comment il s’est débrouillé. Une merveille architecturale”.

A croire qu’il y avait de la magie là-dessous, et c’était peut-être le cas. Quoique… il avait rencontré De Vinci, il l’avait même plus que connu, si on partait sur le terrain des allusions. Nul doute que le type était un génie. S’il s’était associé avec un autre génie, d’un autre temps, un certain Dédale, il aurait pu faire des merveilles… de là à imaginer tout ce qu’il aurait pu faire au XXIe siècle…

Barrett répondit poliment à sa question sur son lieu de naissance, pour être aussitôt mal à l’aise au moment d’accepter une autre de ses invitations. Parfaitement adorable. Et dire qu’il ne pouvait pas - encore - le toucher. Presque une torture.

C’est un plaisir, au contraire. J’y ai déjà été, plus d’une fois, j’en serais presque blasé… toi en revanche, tu découvres… je trouve ça assez excitant. Et cette fois, ce n’est même pas sexuel”.

Mais avec cette remarque, il allait certainement le faire rougir, et c’était complètement le but. Oh, allez, ça faisait longtemps qu’il se retenait.

J’ajouterais que je n’emmène pas souvent des passagers. Je n’ai pas envie d’être considéré comme le seul type avec une voiture. Tu sais, celui qui emmène tout le monde partout”.

Une manière de lui signifier qu’il lui faisait là un honneur, qu’il espérait des plus flatteurs. Si sa remarque précédente ne la faisait pas rougir, celle-ci y parviendrait sûrement. Lui, de son côté, pouffa franchement à la demande de Barrett.

La Tour Eiffel? Eteinte? Mon cher, tu apprendras que les français sont tellement fiers de cette tour qu’ils ne l’éteindraient pour rien au monde. Si tu veux mon avis, elle apparaît dans tous les films qui se passent à Paris pour une excellente raison : le complot!

Il plaisantait, évidemment, mais si son invité voulait admirer la tour Eiffel brillant de mille feux, alors il admirerait la tour Eiffel. Il l’entraîna avec lui d’un mouvement de tête, à l’écart de la place. Il aurait pu l’y emmener en volant, mais doutait que Barrett soit rassuré par l’expérience. Lui qui n’aimait pas les contacts n’aurait jamais osé s’accrocher à lui. Une fois à l’écart d’éventuels regards curieux, il claqua des doigts pour ouvrir un portail.

Le métro de monsieur est avancé” annonça Raphaël en se fendant d’une révérence, et d’un geste du bras pour l’inviter à passer devant.

De l’autre côté du portail se trouvait un toit parisien - plat, précisons-le, quoiqu’un peu pentu - qui offrait une vue quasi directe sur la dame de fer illuminée. Et on parlait ici toujours de la Tour Eiffel, pas de Margaret Tatcher.

La tour Eiffel” annonça Raphaël, décidé à faire honneur à son rôle de Monsieur Loyal.

Il s’assit sans plus attendre pour profiter du spectacle, comme s’il avait fait ce genre de choses toute sa vie. Et ne nous leurrons pas, c’était probablement le cas.

Il manque peut-être une bonne bouteille de vin et de quoi grignoter, mais en dehors de ça, ce n’est pas si mal, si?
 
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Message posté : Jeu 11 Mai 2017 - 19:38 Message
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– Je ne voudrais vraiment pas t'embêter. assura poliment Barrett, toujours inconscient des subtilités de la proposition de Raphaël.

Mais il ne pouvait pas dire qu'il refusait totalement cette généreuse offre. Après tout, son désir de voyager avait toujours été important et une adroite combinaison d'événements marquants n'avait rien fait pour diminuer ce rêve. Le voir réaliser aussi rapidement et radicalement à travers les capacités de Raphaël ne calma pas non plus ces aspirations. De même que leur présence à Paris... et les discours merveilleux du téléporteur qui ne manquaient pas de mettre des étoiles dans les yeux du traducteur.

– J'admire beaucoup le travail de de Vinci, j'avoue. Bon, en amateur, bien sûr, je n'ai rien d'un ingénieur. encore que, avec un peu d'effort et de volonté... Mais je dois avouer que je ne suis pas non plus insensible aux originalités de l'architecture moderne. Elle peut faire preuve d'une créativité passionnante en jouant avec les principes élémentaires de la géométrie... même si elle est moins chargée d'histoire.

Ce que les amateurs d'architecture lu reprochait parfois, mais qui était finalement assez secondaire pour Barrett. Comme l'était sans doute cette conversation pour Rapaël, mais celui-ci lui répondait avec une sincérité assez spontanée qui rassurait le muté. Et puis surtout, le voyageur confirmait ce qu'il avait déjà exposé au musée : il disposait d'une culture générale étonnante et variée. C'était assez exceptionnel pour être mentionné et mériter l'appréciation du jeune Anderson. Dommage que d'autres aspects de sa personnalité viennent contrebalancer ces qualités.

– Oh... rouge tomate, le retour Non mais je ne pensais pas que tu faisais référence à ça... je... même si tu en parles souvent. Ce n'est pas ce à quoi je pense, en général... jamais, pour tout dire.

Même si certaines sensations venaient parfois troubler ses hormones. Notamment, d'ailleurs, depuis sa rencontre avec Raphaël. Un fait qui laissait le jeune homme troublé, ignorant la signification de tout ce remue-ménage interne. Ainsi, il fit de son mieux pour ne pas rester sur ce sujet qui le mettait toujours mal à l'aise.

– Oui, je comprends, c'est justement ce que je voulais éviter. Je n'ai pas envie que tu te sentes obligé à cause de moi.

Une précision qui prouvait bien que le jeune homme n'avait pas compris l'ampleur de l'attention dont il était l'objet de la part de son guide personnel. Et accessoirement, qu'il était très poli, mais ça, ce n'était plus vraiment une surprise. Afin de gérer toute cette gêne, le traducteur se concentra sur son environnement, ce qui n'était pas difficile car le sujet l'intéressait de près. Et ce n'était pas comme si l'endroit où ils se trouvaient était en manque de détails ou même d'intérêt. N'empêche que Barrett lançait quelques coups d’œil plus ou moins discrets mais certainement inquiets vers Raphaël pour s'assurer que ce dernier ne se forçait pas trop et que lui aussi était content d'être là. Oui parce que Paris ou pas Paris, avec ou sans téléportation, le jeune homme n'était pas un expert en sorties amicales. En sachant que cette sortie était même, au moins du point de vue de l'un d'entre eux et peut-être même inconsciemment pour l'autre, plus qu'amicale, cette hésitation était tout à fait compréhensible.

– Le « complot » ? Il ne comprenait pas la blague, ce qui n'était pas nouveau pour lui. Tu veux dire que la tour est... une sorte d'arme de propagande ? il cherchait où il pouvait C'est assez extrême comme interpré... oh... éclair de génie suivi par un sourire gêné et même par un rire … je vois, second degrés, sa kryptonite, parmi tant d'autres Désolé.

Oui, il s'excusait quand il ne comprenait pas les blagues des autres. C'était un réflexe. Le jeune homme tâcha ensuite d'oublier cet épisode peu glorieux (impossible avec sa mémoire, certes) et se concentra sur la suite qui impliquait une nouvelle téléportation. Ce fut avec le même regard fasciné qu'il vit Raphaël ouvrir un nouveau portail et l'inviter à le traverser.

– Tu as conscience qu'à cause de tes capacités, ma tolérance aux métros se retrouvera terriblement réduite ? plaisanta-t-il avant de passer le portail.

Ils se retrouvèrent alors sur un toit, en face de la tour en question. La stupéfaction causée par la vision grandiose ainsi que le changement de hauteur et la légère inclinaison du toit sur lequel ils se tenaient donna une petite perte d'équilibre à Barrett qui vacilla légèrement avant de retrouver son centre de gravité. Son souffle était coupé, moins par sa petite hésitation gravitationnelle que par le spectacle.

– C'est vrai qu'ils ont de quoi être fiers. affirma-t-il avec enthousiasme.

Sans s'en empêcher, il s'amusa aussitôt à compter les poutres métalliques qu'il arrivait à distinguer et calculer les autres, sans parler de la hauteur du monument et de la distance qui les séparaient. Un petit jeu typiquement Barretien, diraient certains, mais silencieux et pas méchant. Le jeune homme se rappela ensuite qu'il n'était pas seul quand Raphaël reprit la parole. Il baissa la tête et vit que son accompagnateur s'était assis, une position qu'il finit par imiter.

– J'imagine, enfin je ne suis pas un grand consommateur d'alcool. avoua-t-il. Ce qui était un euphémisme. Ce qui n'était pas étonnant de sa part. Du coup, je pense que c'est parfait comme ça. C'était sans doute le plus beau compliment que le linguiste était capable de faire. Enfin ce n'est peut-être pas légal, finalement. On a le droit de s'installer comme ça sur un toit à Paris ?

Chassez le naturel et... non, attendez, Barrett n'essayait même pas de chasser son naturel. Oubliez.

– Par simple curiosité, où se situe la Tour Eiffel dans ton classement des plus beaux monuments au monde ?

Houlà, c'est que la conversation prenait une direction très personnelle. Et les choses ne manqueraient pas de continuer en ce sens pour peu que son interlocuteur arrivait à modérer ses sous-entendus.
 
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Message posté : Ven 12 Mai 2017 - 13:06 Message
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Raphaël n’arrivait pas à déterminer si Barrett était un humain particulièrement timide, ou particulièrement poli. La réponse la plus simple aurait probablement été de penser qu’il était les deux.

Il y a une chose que tu dois savoir sur moi : je ne propose jamais de faire les choses qui m’ennuient”.

Il avait beau avoir l’éternité devant lui, il n’avait pas de temps à perdre pour les activités désagréables. Toutes les activités qu’il s’astreignait avaient au moins un attrait à ses yeux. Pourtant, parfois, cela lui arrivait encore d’exécuter des tâches, mais pas par besoin ou par envie. Les joies d’être le messager des dieux.

Sa plaisanterie n’atteignit pas tout de suite la partie dédiée à l’humour du cerveau du traducteur, mais il n’en remit pas pour autant en cause son propre sens de l’humour. Il côtoyait le jeune homme depuis assez longtemps pour savoir que l’humour ne faisait pas forcément parti de sa nature.

Oh, intéressant” releva Raphaël. “Est-ce que tu sous-entends que nous allons nous voir très souvent?

Il ne voyait aucun inconvénient à servir de chauffeur au jeune homme, au contraire. Il voyait ça comme une manière de le travailler au corps. En plus, le traducteur lui-même donnait des excuses ! Bon, d’accord, Raphaël extrapolait peut-être un peu sur cette dernière partie.

Il plaça un doigt sur sa bouche quand Barrett mentionna la possibilité que cette activité soit illégale. Elle était très certainement déconseillée, mais illégal? Difficile à dire. Raphaël ne s’intéressait que vaguement à ces questions de légalité et son sens de la morale était pour le moins personnel. Si ça n’avait tenu qu’à lui, il se serait installé en plein milieu du Louvre pour une visite privée nocturne.

Hum… heureusement que nous avons un peu de temps devant nous”. La question que lui posait le jeune homme était pour le moins compliqué. L’Olympien ne faisait pas parti des personnes qui oubliaient aussitôt tous les livres qu’elles avaient pu lire dès l’instant où on leur demandait leur préféré. Disons plutôt qu’un foisonnement de merveilles architecturales envahissaient son esprit, se battant presque pour être classée numéro un. “Assez loin je dirais. Je ne placerais probablement pas la dame de Fer dans mon trio de tête des monuments français pour être honnête”. Loin de lui de critiquer l’aspect architectural du monument, mais il fallait tout de même reconnaître que d’un point de vue esthétique, cet assemblage de poutrelles n’était pas non plus la plus belle chose du monde. “Si je devais te donner mon monument français préféré… je dirais la Sainte-Chapelle”. Impossible à visiter à cette heure, et cela perdait de toute façon tout son intérêt. Il fallait choisir son moment pour visiter cette église aux vitraux colorés. “À l’échelle du monde… je mentionnerais peut-être le Parthénon dans le groupe de tête”.

Le temple ne lui était certes pas dédié, mais d’un autre côté, très peu de temples l’avaient été, à l’Antiquité. Son culte était plutôt… itinérant. Chaque borne sur la route était un autel dédié à son nom.

Je te retourne la question. Quel est le monument que tu as toujours rêvé de voir?

Il devait bien y en avoir une petite dizaine, vu les envies de voyages du jeune homme. Sans doute beaucoup trop pour tous les voir en quelques heures, et surtout, pour les admirer dans les meilleurs conditions. L’Olympien les garderait dans un coin de sa tête pour tenter le jeune homme à un second rendez-vous. Il n’avait aucun scrupule, et était parfaitement prêt à utiliser les monuments terrestres pour séduire.
 
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Message posté : Sam 13 Mai 2017 - 12:29 Message
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– C'est noté, répondit Barrett qui nota surtout que lui-même devrait peut-être employer une telle philosophie pour éviter de perdre du temps avec certaines tâches.

Il fallait dire que son emploi du temps ne cessait de gonfler et qu'il avait parfois du mal à accomplir tout ce qu'il voudrait accomplir en une journée. Encore une fois, c'était un trait de personnalité qu'il pourrait presque admirer chez Raphaël. Enfin le muté ne savait pas trop s'il devait l'admirer ou le trouver irresponsable. A bien des égards, le téléporteur semblait être un électron libre, peu désireux d'accomplir autre chose que ce qu'il désirait. Et à le voir, on avait du mal à croire qu'il y avait quoique ce soit qui lui soit impossible. Oui, Barrett hésitait vraiment entre l'envier et le critiquer. Un raisonnement qu'il ne put cependant mener à terme à cause des pièges que son compagnon de voyage ne cessait de lui poser. Sans doute une stratégie parfaitement consciente. Ce fut donc pour éviter une de ces « mines » que le jeune Anderson cafouilla à nouveau.

– Je, je ne sais pas... et puis « souvent », c'est très relatif. Comme le temps qui peut avoir un rythme subjectif, paraître trop long ou trop court... Je ne dis pas que... Enfin rien dans notre conversation ne m'incitais à penser que ceci soit notre dernière rencontre, si ?

La question était sincère. Il était tout à fait possible que l'agent junior n'ait pas capté un tel signal. Ne sous-estimons pas ses incapacités psycho-sociables. Pourtant, il y avait un peu de progrès. Barrett ne se laissa pas complètement absorber par ses problématiques qui ne le noyaient plus, du moins présentement, dans des raisonnements complexes et chaotiques. Le fait qu'ils soient à Paris, que la Tour Eiffel lui fasse de l’œil et qu'il soit en compagnie de Raphaël, qu'il appréciait réellement, de manière croissante, même si discrète, l'aidèrent à ne pas perdre pied et à se raccrocher au présent et au réel. Un regard sur le monument illuminé calma ses inquiétudes et un sourire gêné se posa sur ses lèvres. Il comprit qu'il se prenait la tête pour rien. Ce qui était en soit un exploit. De même, son sourire s'étira, amusé, en voyant la réponse de Raphaël sur le sujet de la légalité de leur localisation. Là, s'ils étaient à Star City, le jeune homme aurait sans doute été incapable de se départir de ce genre de considération terre à terre. Là, ils étaient dans un autre pays, l'exotisme le frappait de plein fouet, même lui ne pouvait résister à l'appel de la détente et du lâcher prise. Probablement parce qu'il en avait inconsciemment terriblement besoin. Aborder un sujet tel que les monuments, simple et agréable, était d'ailleurs une manière d'inciter ses pensées à ne pas se tourner vers tout ce qu'il y avait de compliqué dans le monde et dans sa vie. Étrangement, sur ce toi, avec Raphaël, l'esprit de Barrett n'était plus accaparé et épuisé par tous les problèmes qu'il rencontrait : Otaku, sa haptophobie, la situation de Zola, ses projets avec Dante, aussi excitants (en tout bien tout honneur) soient-ils. Parler des merveilles du monde avait quelque chose d'assez reposant et libérateur. Sans doute parce que le sujet lui semblait beaucoup moins théorique à côté d'un téléporteur de classe planétaire.

– Je vois, c'est assez symbolique comme monuments. Je veux dire, ça touche au sacré plus qu'à la politique ou encore l'Histoire. C'est assez significatif, je suppose.

Une analyse bien sérieuse, mais dont Barrett ne disposait pas toutes les clés. Encore une fois, la psychologie était loin d'être son domaine de prédilection. Il ne pouvait donc pas savoir ce que cela pouvait bien vouloir dire au sujet de Raphaël. Juste que c'était significatif. Et que cela confirmait le goût du voyageur pour la Grèce Antique.

– Moi ? Oh j'ai bien peur que ce ne soit pas un monument à proprement parler. même s'il correspondait à un tel titre J'ai toujours rêvé de visiter le Phare. Donc je ne crois pas qu'une téléportation soit possible. Mais j'ai bon espoir de pouvoir y aller un jour. Après tout, son emploi à l'UNISON améliorait significativement ses chances Sinon, en toute honnêteté, tous les autres m'intéressent. Plus, peut-être les œuvres architecturales que celles d'origine naturelles. car celles-ci remportaient parfois le titre de monument, même si, linguistiquement parlant, elles ne correspondaient pas vraiment au profil Mais je crois que les pyramides me font plus d'effet que les autres. confessa-t-il avec le sourire.

Et peut-être, sans doute même, que son voyage avec Dante y avait contribué. Mais ce serait là une introspection trop délicate à mener pour Barrett. Ce qui ne l'empêcha cependant pas de rester sur un sujet tout aussi personnel.

– Mais toi, j'imagine que tu as vu tout ce que tu as jamais eu envie de voir, non ? Il te reste beaucoup d'endroits et de monuments à explorer ?

Après tout, s'il avait l'air plus âgé que lui, Raphaël restait assez jeune, il lui restait peut-être quelques pépites sur sa liste des lieux à visiter. Sinon, Barrett se demandait bien ce qui pouvait se passer « après ». Une fois qu'on a vu tout ce qu'il y avait à voir. Quid de la suite ?
 
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Message posté : Sam 13 Mai 2017 - 16:50 Message
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C’était une constatation qu’il avait déjà pu faire, et à de nombreuses reprises, mais Barrett avait décidément un don pour s’enliser sur les questions les plus simples dès qu’il s’agissait de se montrer sociable. Le voila qui se lançait dans un débat presque philosophique sur le temps qui passait.

Oh, non, ce n’est que la première d’une longue série”.

Il s’amusait follement en compagnie du jeune agent. Le taquiner en le faisant rougir occupait agréablement son ennui, et il avait une conversation aussi intéressante qu’il était mignon à regarder. Tout pour lui plaire. Certes, il avait contre lui d’être un humain, à l’espérance de vie aussi courte que celle d’un papillon ou presque… mais Hermès était partisan de vivre l’instant présent. Sans compter que s’il avait dû limiter sa vie sociale aux seuls immortels ou personnes avec une espérance de vie accrue, elle aurait été bien triste.

Tu trouves? Je ne pensais pas en révéler autant en mentionnant cette préférence”.

Est-ce qu’un jour, le jeune homme allait relier les petits indices entre eux? Sa ressemblance avec la statue d’Hermès, ses dons de voyageurs, son attrait pour la culture grecque, et son bilinguisme parfait dans une langue pourtant morte depuis belle lurette ? Même le nom qu’il avait choisi pour sa vie terrestre était un indice, de même que la date de naissance qu’il s’était choisi.

Il prit soin de grimacer quand Barrett mentionna le Phare comme sa destination rêvée absolue. Oh, ce n’était pas tant son pouvoir qui lui imposait une limite. Plutôt que même lui, le téméraire, voyait bien à quel point il était idiot de se téléporter en plein coeur du repaire de la Légion des Étoiles pour flirter. Surtout quand d’autres options se présentaient à lui.

En parlant des pyramides…” Il se remit debout avec une belle énergie, et pivota vers son compagnon. Il alla même jusqu’à lui tendre la main pour l’aider à se remettre debout, tout en sachant qu’il y avait une possibilité que Barrett la refusa. “J’en connais trois qui nous attendent”. Mais Barrett avait l’air d’avoir une dernière question pour lui, avant de le laisser ouvrir un nouveau portail. Sa question contenait d’ailleurs une certaine ironie, et aussi une part de vérité. Oui, Hermès pouvait affirmer qu’il avait tout vu, et plus d’une fois, à plus d’une époque. Il avait connu Paris avant la Tour Eiffel et le Sacré-Cœur, il avait vu la tour s’élever poutrelle par poutrelle. Se lassait-il de revoir les mêmes décors? Pas une seule seconde. “Pas vraiment” avoua-t-il franchement. “Parfois, je suis un peu blasé, mais dans le fond… je suis toujours un peu émerveillé”. Il désigna la Dame de Fer illuminée sur le ciel parisien d’un geste du menton. “Je me suis assis là une bonne douzaine de fois”. Plutôt une bonne centaine, mais il en était encore à disperser de maigres indices ici et là. “Chacune de ces fois a été différente des précédentes. La compagnie, l’éclairage, l’heure de la journée… C’était peut-être le même monument, mais j’en ai eu à chaque fois un souvenir différent. C’est un peu la même chose qu’embrasser vingt fois la même personne. Aucun baiser ne ressemblera au précédent”.

Une perche tendue, évidemment. Cela faisait trop longtemps qu’il ne l’avait pas taquiné, et il afficha clairement son humeur joueuse avec un sourire malicieux. Il fit suivre cette déclaration d’un nouveau claquement de doigts, qui précéda l’apparition d’un nouveau portail. Le claquement de doigts était en réalité très optionnel, mais il trouvait cette façon de faire beaucoup plus théâtrale.

Prêt à admirer les pyramides?
 
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Message posté : Lun 15 Mai 2017 - 15:49 Message
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– Oh, d'accord. On dirait que tu as tout un programme de prévu, commenta Barrett avec une certaine incertitude.

Sa tolérance naturelle aux surprises étant assez basse et surtout, il se demandait quels pouvaient être les projets « cachés » de Raphaël. A ce niveau, il pouvait y avoir du bon comme du mauvais. Enfin mauvais, c'était subjectif, et surtout ça n'avait rien de réellement horrible. Cela dit, il y avait une certaine curiosité enthousiaste dans le cœur de Barrett. Sans doute stimulée par l'effet voyage extraordinaire. Le téléporteur faisait fort en comblant les envies du traducteur. En plus, il le trouvait personnellement très intéressant. Intriguant, même.

– Ne t'inquiète pas, c'était juste une remarque, comme ça. Je serais bien incapable d'en tirer les bonnes conclusions. La psychanalyse, c'est pas trop mon truc.

Même s'il avouait que c'était une science assez intéressante et qu'une maîtrise faciliterait grandement ses rapports avec les autres. Bon, peut-être pas, parce qu'il y avait du boulot et ce dans plusieurs domaines, mais au moins peut-être qu'avec cet outil, le linguiste serait moins à côté de la plaque dans ses échanges. Par exemple, ça lui permettrait peut-être de ne pas être à la ramasse quand son compagnon lui formula une invitation pyramidale.

– Comment ?

Tout penaud, il regarda Raphaël se relever puis baissa les yeux sur la main qui lui fut tendue. Avec un sourire confus et désolé mais reconnaissant, il se releva par lui-même, s'extirpant encore une fois à ce contact physique tout simple. Le jeune homme pouvait se faire violence quand il s'agissait de serrer la main de quelqu'un, pour une raison « officielle » ou encore pour Zola qui, dans son esprit, ne représentait pas une menace – un point que sa psy avait pris soin de souligner – mais dans le cas de Raphaël, au passif tactile des plus chargés, Barrett exprimait ses réserves. Cela ne l'empêcha pas d'écouter sa réponse concernant sa potentielle lassitude quant à ces voyages récurrents. Apparemment, il n'y en avait pas et Raphaël arrivait à dissocier chacune de ses visites pour en générer un souvenir bien spécifique. Voilà le genre de perspective qui sonnait très optimiste dans les oreilles d'un homme doté d'une mémoire comme celle du muté. Condamné à enregistrer toutes les informations que son esprit captait et à observer avec plus ou moins de surprise les variables souvent infimes qui pouvaient survenir. Parfois, le pouvoir de Barrett générait une certaine lassitude. Celle-ci était encore tempérée par sa jeunesse mais elle revenait de plus en plus souvent. Au final, c'était peut-être pour cette raison qu'il avait essayé de changer un peu son quotidien en intégrant l'UNISON. Pour le coup, c'était plutôt réussi.

– Je crois que je vois ce que tu veux dire. s'arrêter justement sur les variables, les détails qui changeaient les choses pour en former des souvenirs inédits Par contre, je ne suis pas sûr de vraiment comprendre ta comparaison, ce n'est pas le genre d'expérience dont je dispose.

Un aveu que certains qualifieraient sans doute d'étrange, mais encore une fois, c'était un sujet que Barrett abordait à sa manière. Et sans s'étendre dessus, il se concentra sur l'offre de Raphaël.

– Tu es sûr ? Je veux dire ? Ça va aller d'enchaîner tous ces voyages comme ça ?

C'est qu'ils avaient encore le voyage à faire pour aller au Japon pour y dîner, si ce projet était toujours d'actualité, puis il y avait encore le voyage du retour... ça ferait peut-être beaucoup. Encore une fois, Barrett ignorait les détails sur le fonctionnement des pouvoirs de Raphaël, mais il se disait juste que cela devait coûter une incroyable quantité d'énergie. Une question qu'il ne manquerait pas de poser dès qu'il en aurait l'occasion mais la perspective de se retrouver, d'un instant à l'autre, devant les pyramides qu'il n'avait vues qu'en photographies, le rendait trop fébrile pour être aussi rigoureux et neutre qu'à son habitude.

– Je suis prêt. assura-t-il donc avec détermination.

Et avec le sourire. Un détail qui avait son importance.
 
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Message posté : Lun 15 Mai 2017 - 21:49 Message
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Pas de programme en tête, mais une imagination débordante. Et puis le jeune homme ne cessait de lui tendre des perches à chaque fois qu’il ajoutait quelque chose à la longue liste de monuments qu’il voulait voir. La liste paraissait même un peu trop longue pour le jeune homme puisqu’il sembla le premier surpris quand il lui mentionna une nouvelle fois les pyramides. Serviable, il précisa sa pensée.

Khéops, Khephren et Mykérinos, pas celle du Louvre”.

Quoique… à cette heure de la journée, le spectacle devait valoir le coup d’oeil. Une autre fois, peut-être. Hermès avait voyagé assez longtemps pour savoir qu’on pouvait visiter trente fois Paris sans jamais voir les mêmes choses.

En parlant d’expériences sans cesse différente, l’histoire des baisers passa très loin au-dessus de la tête du jeune homme. Pas étonnant de la part de quelqu’un qui avait préféré se remettre debout seul plutôt que d’accepter sa main tendue. Cette phobie rendait l’Olympien pour le moins curieux...

Un jour peut-être” le taquina l’Olympien.

Car lui ne doutait pas qu’un jour, il sentirait les lèvres du jeune homme sur les siennes. La patience était l’une de ses vertus, certains pouvaient en témoigner. Son compagnon du jour avait déjà chassé cette préoccupation de son esprit pour s’inquiéter d’autre chose, et pas des moindres : son état de fatigue. Autant dire que ça n’était pas arrivé depuis… enfin ça n’était jamais arrivé pour être honnête.

Ne t’en fais pas pour moi, en plus, le portail est déjà ouvert. Je ne peux plus changer la destination maintenant”. Il grimaça exagérément et ajouta : “J’imagine que tu n’as pas d’autres choix que de voir les pyramides d’Egypte”. Barrett avait démontré qu’il n’était pas aussi imperméable à l’humour qu’au premier abord. Sans doute comprendrait-il ce trait d’humour. Il y avait tout de même une inquiétude réelle dans sa demande, et il était sans doute mieux de les adresser. Un Barrett stressé ne répondrait sans doute pas beaucoup plus à ses avances. “Je t’assure que je saurais te ramener chez toi, ce n’est pas la première fois que je fais ce genre de trajet”.

Il l’invita à passer devant lui d’un geste de la main, et suivit aussitôt. Il faisait tout aussi nuit en Egypte qu’à Paris. Peut-être un peu plus frais, ils resteraient peut-être moins longtemps. Face à eux, se trouvaient les trois pyramides précédemment citées par Raphaël. L’Olympien ne les avait pas téléporté dans l’enceinte même de la zone archéologique protégée, mais à l’extérieur, pour avoir une vue d’ensemble des trois monuments. La plus proche était celle de Khéops. La vue sous les étoiles n’était peut-être pas la meilleure pour qui voulait observer les trois géantes de pierre en détail, mais elle apportait certainement une touche poétique à l’ensemble. Certains auraient même dit “romantique”.

Est-ce aussi beau que ce que tu espérais?” interrogea Raphaël.

Il y avait eu un sourire sur le visage du jeune homme, avant qu’il ne franchisse le portail, il n’aurait pas aimé le voir disparaître. Mais sa curiosité était titillée depuis leur première rencontre, et il décida de l’écouter.

Tu n’es pas obligé de répondre… mais d’où vient cette aversion pour le contact physique?

La demande était tout aussi intéressée que désintéressée. Enfin disons que dans le premier cas, elle visait à éliminer un obstacle important à une tentative de séduction réussie, et que dans le second cas, elle remplissait le vide laissé par une question sans réponse.
 
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Message posté : Mar 16 Mai 2017 - 16:32 Message
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– Oh, lâcha un Barrett un peu surpris.

Même si, en toute objectivité, il avait bien compris qu'ils ne parlaient pas de la pyramide du Louvre. N'empêche que Raphaël était tellement direct et spontané que cela ne faisait pas que générer de l'admiration de la part du traducteur, il y avait aussi un peu de surprise et peut-être de la gêne. Parce que lui, on l'aura compris, n'avait pas l'habitude d'agir ainsi, et aussi parce qu'il s'en voulait un peu d'être aussi lent à la détente. Ainsi, quoique le registre fût assez différent, le jeune homme ne répondit rien à la taquinerie du téléporteur au sujet des baisers. Un des sujets les plus abstraits qui soient dans l'esprit du muté. Il n'empêche qu'il rougit, mais très légèrement. Sans doute à cause d'une petite partie de son inconscient. Pauvre garçon confus... Allez, passons à quelque chose de plus simple. Comme une blague qu'il parvint à saisir (en plein vol), ô miracle !

– Je vois, ça va être un terrible sacrifice pour moi, ironisa-t-il avec humour.

Comme si la perspective d'aller en Égypte, en soit, pouvait le chagriner. Cela dit, l'aspect technique de la réponse de Raphaël.

– Intéressant, alors comme ça, tu ne peux pas modifier la destination d'un de tes portails une fois que tu l'as crée... Je suppose que ce n'est pas étonnant. Il paraît que les énergies nécessaires pour générer ce genre de dislocation spatiales ne sont pas très... souples.

Sans aucun sous-entendu, bien évidemment. Ce discours était 100% scientifique. Et peut-être plus proche du monologue que du discours vu que Raphaël n'avait pas l'air de trop rebondir sur ce genre de sujet. Non pas que cela dérange Barrett, il lui arrivait régulièrement de réfléchir à voix haute, cela s'y apparentait un peu. Et oui, le traducteur pouvait à la fois procéder à un échange conversationnel tout en menant un raisonnement personnel. Ben quoi ? C'est pas mal surprenant de sa part, non ? Peut-être pas tant que ça en fait, son super cerveau rendait l'évaluation délicate. Bref, au niveau conversationnel :

– Ah non, mais je ne pensais pas à ça. Enfin si, un peu, en second plan, mais je m'inquiétait surtout pour ta santé. Je n'ai pas envie que tu t'écroules pour moi.

En voilà une sollicitude toute mignonne. Cela dit, ça, ce n'était pas si étonnant de la part de Barrett. Il était ce qu'il était mais il n'était pas du genre à ne pas se soucier des autres. Les horreurs dont il avait été témoin ces derniers mois n'avaient pas manqué de renforcer cette sollicitude. Ainsi, il ne savait pas trop s'il devait prendre l'insouciance de Raphaël comme étant dangereuse pour lui-même ou comme étant fondée. La deuxième hypothèse semblait la plus plausible, encore que le traducteur n'arrivait toujours pas à bien lire en son interlocuteur. Mais ce détail là ne l'alarma toujours pas, c'était une facette de ses pouvoirs qu'il ne maîtrisait pas vraiment. Et puis peut-être que le fait que Raphaël soit un Super contribuait à le rendre inopérant. S'il savait.

– Alors là, c'est un style tout à fait différent ! s'exclama-t-il devant le spectacle qu'offraient ces trois pyramides une fois arrivés en Egypte.

Évidemment, il savait déjà que les pyramides, ce n'était pas la même chose qu'une cathédrale ou une Tour Eiffel, mais passer de l'un à l'autre aussi brièvement et simplement, même avec un esprit rapide comme le sien, ça faisait son petit effet.

– C'est... très beau. J'avoue que je n'ai pas vu beaucoup d'images nocturnes et... ça donne une autre vision de la chose. De là à ce que le traducteur parle de romantisme, il y avait toute une muraille de Chine C'est vraiment un spectacle dépaysant.

Ou comment énoncer des évidences. Mais Barrett n'aimait pas trop se répéter alors dire qu'il trouvait la vue magnifique lui semblait superflu. Cependant ce problème de vocabulaire fut relégué à un plan très lointain lorsque Raphaël lui posa une question personnelle. Mais une question légitime, le muté le savait bien. Il ne répondit pas tout de suite, néanmoins, laissant son regard caresser les pyramides, leur géométrie parfaite et leur emplacement pendant de longues secondes avant de se décider à ouvrir la bouche, sans pour autant tourner la tête vers son compagnon. C'est que le sujet était délicat. Non pas qu'il cherche à l'éviter... La fuite n'étant pas une solution des plus saines.

– C'est pas tant que je déteste ça... Le problème, c'est que les contacts physiques font ressurgir un traumatisme que j'ai vécu en janvier. Quelqu'un m'a plaqué au sol et immobilisé pendant pour me scarifier à l'acide.

Voilà, c'était dit. C'était déjà pas mal parce que Barrett n'en parlait pas non plus à tout le monde. Rares étaient ceux à être au courant en dehors des personnes directement concernées et de ses collègues à l'UNISON. Accessoirement, le jeune homme ne savait pas du tout quoi ajouter à ça. Il se demandait aussi ce que Raphaël allait dire et craignait de l'avoir mis dans une position embarrassante.
 
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Message posté : Mar 16 Mai 2017 - 21:47 Message
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Il devait reconnaître ça au jeune homme. Il n’avait jamais eu de passager plus intéressé par le moyen de transport que par la destination. De là à finir comme un cobaye, il n’y avait qu’un pas, que Raphaël n’était pas prêt de franchir. Certains secrets devaient rester secrets.

C’est gentil de ta part, mais rassure-toi, j’ai une santé de fer”.

L’un des avantages à téter le sein de la mère des dieux, Héra. Sa marâtre à lui. Elle avait certes des raisons d’avoir un caractère exécrable, mais cela ne pouvait pas tout justifier. Inutile de penser à sa belle-mère, d’autant que la situation n’était pas la meilleure. Il était en Egypte, autant profiter du spectacle.

Ravi de te ravir”.

Au vu du caractère de son compagnon, l’Olympien ne s’était pas réellement attendu à une réponse. Plutôt quelque chose d’évasif, une excuse pour ne pas en parler. Comme quoi, il pouvait encore être surpris.

Désolé de l’apprendre”.

La compassion était peut-être légère, elle était pourtant sincère. L’Olympien avait eu plus que quelques rejetons. Certains avaient connu des sorts moins enviables que d’autres, et cette forme de torture, sans être un copié-collé de la situation qu’avait pu vivre l’un de ses enfants, faisait indéniablement vibrer une corde sensible. C’est peut-être cela qui le poussa à exprimer à voix haute l’un de ses rares accès de sincérité, une envie de dire la vérité pleine et entière. Enfin presque pleine et entière.

Quand j’étais… eh bien… plus jeune”. De quelques siècles, tout au plus. “J’ai fait l’erreur de perdre quelque chose. Les… conséquences ont été pour le moins désastreuses. Au début, j’ai réussi à le cacher à mon père, ce qui a bien sûr rendu les choses bien pires quand il l’a découvert”. Autant dire que les colères du paternel n’était pas à prendre à la légère, et que les conséquences, pour lui en tout cas, avaient été douloureuses. “Et il se trouve que mon père est un muté au caractère légèrement irascible”. Euphémisme de l’année pour décrire Zeus, le maître du ciel, mais Barrett n’avait pas le privilège de connaître son identité réelle, et ce n’était pas essentielle pour la suite du récit. “Un muté irascible qui peut lancer des éclairs, et il n’a pas hésité. Il a visé juste ici”. Il plaça ses doigts dans son dos, sur sa colonne vertébrale. Il se souvenait encore du choc et de la brûlure qui lui avait parcouru le corps pendant des années. “La décharge n’était pas assez forte pour me tuer mais je peux t’assurer que c’était douloureux. Je ne pouvais plus bouger. Prisonnier de mon propre corps. Probablement la pire expérience de mon existence”. Enfin, après la mort successive de sa progéniture humaine, mais il aimait encore moins abordé ce sujet. Quant à mourir lui-même... la possibilité que le dieu des dieux ne l'achève lui avait effleuré l'esprit sur le coup. “Ca m’a pris des mois avant de sentir mes orteils, encore plus avant de pouvoir me remettre à bouger”. Et dans la réalité, il fallait multiplier ces mois pour obtenir des années. Il avait passé une bonne décennie allongé avant de pouvoir se remettre à bouger. “Mais avec le temps, j’ai fini par guérir. Et je ne doute pas une seconde qu’avec le temps, ce problème que tu as finira par n’être qu’un mauvais souvenir”. L’ambiance, sans s’être refroidie, s’était en tout cas faite beaucoup moins joyeuse. Hermès ne pouvait décemment pas laisser passer ça. “Qui sait, peut-être que dans quelques années, tu en riras en tenant la main de quelqu’un qui t’est cher”.

Il avait raconté cette histoire sans quitter des yeux les pyramides, mais avait tourné la tête vers Barrett pour ce dernier commentaire. Il était temps de repartir sur une note plus joyeuse.

Je te proposerais bien un survol des pyramides, mais compte tenu de ta phobie, cela risque d’être compliqué".

Enfin, il laissait tout de même l’idée, au cas où.
 
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Message posté : Mer 17 Mai 2017 - 18:06 Message
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Hum, se dit Barrett. Une santé de fer... était-ce en rapport à ses pouvoirs ? Peut-être. Ou peut-être pas. Quoi qu'il en soit, si Barrett se posait ces questions, c'était pas pur curiosité scientifique et celle-ci n'impliquait aucunement la moindre expérimentation sur Raphaël. Ce qui était sans doute plus innocent que ce que ce dernier pouvait avoir en tête. Mais comme d'habitude, le téléporteur se montra assez évasif sur le sujet de ses pouvoirs, même s'il affichait un entrain bien perceptible. Barrett s'interrogea brièvement sur les raisons de cette pudeur, somme toute contradictoire avec le reste du caractère du personnage. Forcément, le muté commença à mettre en place certains scénarios-hypothèses. Une de plus probable impliquait une découverte traumatique de ses pouvoirs ou encore des expérimentations sadiques. Une possibilité assez peu probable, statistiquement, encore que très répandue dans la fiction. Elle pourrait correspondre à la situation. Mais il était impossible de la vérifier pour le moment. D'abord à cause de l'attitude joviale de Raphaël dont le dernier commentaire sur sa satisfaction à voir Barrett satisfait fit sourire ce dernier. Et ensuite, parce que vint un sujet un peu plus grave et que l'ambiance changea un peu.

Le traducteur hocha la tête en entendant son compagnon de voyage dire qu'il était désolé. Il le crut sans problème. Le fait était que le traumatisé ne savait pas trop quoi dire ni comment agir à présent. Son psy lui avait certes conseillé de s'ouvrir mais pour ce qui était de l'après « révélation » aucune stratégie bien précise n'avait été élaborée. Heureusement, Raphaël décida de lui raconter une anecdote, si bien que Barrett n'eut pas grand-chose à faire d'autre que de l'écouter et de le regarder, attentif à ce récit, le regard attentif, quoique accentué d'une légère émotion, de par le thème de la discussion. Ses yeux s'écarquillèrent même lorsque Raphaël lui parla d'une torture que son paternel lui avait infligé, un scénario encore plus choquant, aux oreilles de Barrett, que le sien. Il n'imaginait pas une seconde qu'un père puisse faire ça à son enfant. Mais bien sûr, cette considération était grandement altérée par son propre lien avec son père. Sa surprise et son indignation furent un peu tempérée par le recul qu'avait Raphaël sur cette portion de son passé et aussi par l'espoir qu'il formula. Un sourire timide vint recueillir ce dernier alors que le visage de Barrett ce tourna à nouveau vers les pyramides.

– Ça risque de prendre du temps, j'ai une sacrée bonne mémoire. avoua-t-il avec une petite amertume.

Par la suite, Raphaël tenta de revenir à une ambiance plus festive. Cela arracha tout de même un bref sourire amusé de la part du muté.

– En rire, peut-être pas, mais je vois le principe.

L'ensemble de cet événement horrible était trop tragique, pas même seulement pour lui, pour qu'il se prête à l'amusement. Barrett doutait de ne jamais pouvoir en rire, il y avait des choses qui ne pouvaient pas être considérées de la sorte, sans doute. Cependant, pour la proposition que le téléporteur volant lui fit, la légèreté pouvait être de mise.

– Ouais, c'est un peu du niveau 3 comme difficulté, pour moi. J'en suis à peine au niveau 1, là. répondit-il en bon geek.

Merci à Lou de ne pas avoir modéré cet aspect des hobbys du linguiste.

Cela dit, toute cette discussion, et même cette proposition loufoque fit réfléchir Barrett qui planta de nouveau son regard sur les belles pyramides toutes grandioses. Il était en Égypte après avoir fait un détour en France le tout en un temps record. Il venait de réussir à parler de son traumatisme avec Raphaël qui en retour avait partagé une histoire intime similaire. Toutes les conditions étaient réunies pour qu'il fasse de nouveaux efforts pour aller plus loin encore.

– Mais puisqu'on en est à se dévoiler comme ça... faudrait que j'en profite tant que l'élan y est. Sinon... je ne sais pas quand la prochaine occasion se présentera. annonça-t-il avant de s'employer à baisser la fermeture de son blouson.

Puis à déboutonner sa chemise avec des doigts fébriles. La nervosité était bien présente mais la volonté de Barrett la repoussait avec autant de force. Il finit par écarter un peu sa chemise, dévoilant son torse et ses terribles cicatrices formant un kanju, œuvre artistique sadique d'Otaku. « Traître » disait-il, inspiré par la mégalomanie de ce cinglé. Lentement, le traducteur se tourna vers Raphaël pour qu'il la contemple de près. Lui détourna le regard, honteux, même si la nuit n'était pas très propice à une bonne visibilité, il avait déjà l'impression d'être plus exposé que s'il avait été nu. Après une petite seconde d'hésitation, il finit par bafouiller :

– Tu... tu peux toucher... si tu veux bien sûr... je ne veux pas te forcer... hum... doucement, par contre... s'il te plaît... ne put-il s'empêcher de préciser.

Un petit pas pour l'homme, un grand pas pour un traumatisé.
 
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Message posté : Mer 17 Mai 2017 - 22:37 Message
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Eh bien j’imagine que ça veut dire que je vais devoir t’emmener dans plein d’endroits aussi beaux que celui-ci pour noyer ce souvenir négatif”.

Il fallait reconnaître ça à Raphaël, il ne perdait pas le Nord. En même temps, ça aurait été ironique de la part du dieu des voyageurs. Sa proposition - qui partait peut-être d’un bon sentiment sincère après tout - n‘était tout de même pas totalement innocente.

Si le traducteur refusa, sans surprise, un petit vol, il devait se sentir suffisamment en confiance pour commencer à se déshabiller. Dans le désert, au pied des pyramides, ce n’était pas l’endroit le plus original du côté de Raphaël - même s’il devait avouer ne pas être un grand fan du sable qui s’infiltrait partout - mais l’Olympien tirait sans doute des plans sur la comète. Le jeune traducteur n’avait probablement pas en tête la moitié du quart des idées qu’avait Raphaël, et la suite le prouva. Ce déshabillage ne se voulait pas sensuel, mais plutôt une illustration de la précédente confession du jeune homme.

Il ne lisait pas l’alphabet japonais - en tout cas il supposa que c’était du japonais - mais doutait que le caractère soit un compliment. Et même si c’en était un, l’avoir gravé ainsi dans la peau en diminuait la portée. Il tendit les doigts vers la peau du jeune homme, lentement, sans geste brusque, histoire de lui donner le temps de changer d’avis si jamais il le souhaitait. Il toucha sa peau marquée du bout des doigts, à peine quelques secondes.

Hum…”.

Il se redressa, après s’être penché pour mieux voir, et considéra longuement la cicatrice. Il allait probablement la garder un moment, probablement à vie.

De la façon dont je le vois… tu as deux solutions. Tu peux utiliser la magie ou la science pour faire disparaître ta cicatrice… mais je pense que ce serait une mauvaise idée”. Principalement car cela ferait disparaître la partie visible de la blessure sans en guérir les conséquences psychiques, ce qui n'était jamais bon. “Ou tu peux envisager une deuxième option, pour l’assumer, et la faire tienne. Par exemple un tatouage. Je suis sûr qu’un trait ou deux en plus pourrait changer le mot complètement. En plus les tatouages sont sexys”.

Ceci dit, beaucoup de choses trouvaient grâce aux yeux du dieu voyageur. On aurait pu le dire peu difficile, mais il avait en réalité des standards très élevés.

Tu sais, je crois que tu vas finalement avoir le droit à ton baptême de l’air. Ca” dit-il en pointant le torse nu de Barrett. “C’est du niveau 2. Une fois qu’on est niveau 2, le niveau 3 est en vue. Alors voilà ce qu’on va faire. Tu vas grimper sur mes pieds, poser tes mains sur mes épaules, et te laisser porter”.

De la manière dont il présentait les choses, l’Olympien donnait l’impression de ne pas lui laisser le choix, et il lui laissait une petite marge de manoeuvre pour refuser. Disons qu’il croyait en la capacité du jeune homme à faire des progrès. Indépendamment du fait qu’il voulait le tripoter allegrement.

Je garderais mes mains sagement cachées dans mes poches. Et je te promets que tu ne regretteras pas l’expérience. Enfin… sauf si tu es sujet au vertige. Tu n’es pas sujet au vertige?

Autant s’en inquiéter maintenant, plutôt que dans les cieux.
 
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Message posté : Sam 20 Mai 2017 - 11:37 Message
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Un léger sourire vint répondre à la proposition de Raphaël. Barrett n'allait pas répéter la même chose, mais il n'était pas certain que même cette méthode pourrait lui faire passer ces mauvais souvenirs. Au mieux, elle pourrait les adoucir. Ce serait sans doute déjà pas mal... Dans tous les cas, le traducteur voyait bien que c'était l'intention qui comptait et il en fut assez touché. Très touché, même, vu que la « thérapie » en question était composée de voyages. Il en ignora même les potentiels risques d'exposition tactile qui allait avec les tentatives du téléporteur. Un détail certes ennuyeux, mais qui ne faisait pas non plus le noyau de sa personnalité. La preuve étant qu'il ne profita pas de l'invitation du traumatisé pour le tripoter à outrance. Même si les contacts générés suffisaient à hérisser le poil du linguiste. Et pas vraiment en bien. Mais le jeune homme serra les dents et se concentra sur sa respiration pour supporter ces contacts. Leur légèreté et leur douceur aidèrent beaucoup, néanmoins, et il y fut assez sensible, si bien qu'il finit par regarder le visage de Raphaël. La pénombre le rendait plus ou moins invisible, cependant. Était-ce une bonne ou une mauvaise chose, dans ce cas ? Barrett serait incapable de le dire. Tout ce qu'il pouvait conclure, c'était que l'expérience fut moins éprouvante et douloureuse que ce qu'il aurait cru. Mais elle ne fut pas moins difficile et accompagnée de sueurs froides.

Lorsque Raphaël eut terminé sa contemplation visuelle et tactile, le jeune homme s'empressa de recouvrir son torse, moins encouragé par le froid que par nervosité. Et ce fut d'ailleurs un rire nerveux et très bref qui répondit aux suggestions de son compagnon de voyage.

– Je vais plutôt choisir l'option 2.bis, la garder comme telle. son insensibilité artistique étant soulignée par son esprit pratique : des aiguilles de tatoueur s'approchant d'un haptophobe, c'était un bon scénario catastrophe en perspective Mais je garde un peu la partie « assurance psychologique », précisa-t-il ensuite.

Parce que l'idée, c'était de garder cette cicatrice tant que son traumatisme et ses effets psychologiques étaient encore actifs. Sans quoi, Raphaël aurait totalement raison. Barrett se voyait bien devant une glace, fixant son torse en y voyant encore la cicatrice qui aurait été prématurément effacée. De là à ce qu'il s'en refasse une à l'identique sous l'effet de la psychose, il n'y aurait qu'un pas. Et puis l'argument « sexy » n'était pas forcément valide pour le jeune Anderson. Cela dit, la nouvelle proposition de Raphaël mélangeait un peu les deux thèmes, même si ce mélange était confus dans l'esprit du muté. Il ne répondit pas tout de suite et se contenta de rester planté là, debout, les yeux baissés et les doigts occupés à vérifier qu'il avait bien fermé tous les boutons de sa chemises comme il faut. Un geste nerveux, à n'en pas douter. Parce que la réflexion en court l'était tout autant. Barrett se demandait s'il pouvait le faire, ou plutôt si une autre stratégie géométrique lui serait plus simple. Peut-être que s'il grimpait sur le dos de Raphaël... non, décidément, ça n'allait pas le faire.

– Désolé, je... je ne crois pas que je pourrais le faire. Il va déjà me falloir au moins une journée pour me remettre de ça. à noter que « ça » ne fut pas mentionné comme si on parlait d'un gros cafard écœurant, c'était encourageant Plus tard, peut-être... le plus tard possible, aurait-il envie de dire sous l'effet de la peur, mais avec du recul, peut-être qu'il finira par accepter cette offre un peu plus tôt que ça. Et puis... je t'avoue que je commence à avoir faim, les émotions et tout. En plus, c'était ptet déconseillé de voler le ventre vide, et on ne plaisantait pas avec la sécurité aérienne. Ce n'est pas trop tard au Japon, pour manger, là ? Ou trop tôt, peut-être ?

Cette question là avait uniquement pour but de faire la conversation. Barrett pouvant très facilement réaliser le calcul du décalage horaire. C'était une manière d'apaiser son esprit. Encore que, et là aussi, on soulignera le progrès, le traducteur choisit de se remettre de ses émotions non pas avec les mathématiques mais avec une conversation « banale ». Serait-il sur la bonne voie pour devenir pleinement sociable ? Il fallait bien trouver un avantage à un traumatisme...
 
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Message posté : Sam 20 Mai 2017 - 14:55 Message
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Barrett rejeta poliment ses idées. Dommage. Raphaël n’était pas contre les tatouages, au contraire. Il avait connu certaines personnes qui en portaient des plutôt originaux. Et bien cachés. On ne pouvait pas nier l’aspect ludique d’une telle chasse au trésor n’est-ce pas ? Il refusa aussi un baptême de l’air, mais ne fermait pas complètement la porte à un tel exploit. Qu’il le réalise ou non, le jeune homme faisait indéniablement des progrès… même si on était probablement loin d’un tripotage en règle assorti d’un roulage de patin. Raphaël, ce grand romantique.

Un peu tôt, effectivement, mais j’ai pris soin de réserver notre table tout à l’heure”.

Autant dire qu’ils étaient attendus. Alors si Barrett avait faim… Un claquement de doigt, et un nouveau portail s’ouvrit. Destination cette fois : le Japon, où la matinée commençait à peine, là où Paris et les pyramides étaient plongées dans le noir… Et que Star City n’avait pas encore fini sa journée de la veille. Hermès avait personnellement toujours trouvé fascinant cette course du soleil, et avait plus d’une fois fait la course avec son aîné. Il avait gagné, évidemment, ce à quoi Apollon, passablement vexé, avait rétorqué qu’il ne pouvait pas aller plus vite que le cours des jours pour ne pas perturber les humains. Le dieu-soleil était du genre mauvais perdant.

Ce n’était pas vraiment le moment de songer à un autre Olympien. Leur destination, l’île d’Honshū. Pas Tokyo, trop peuplée, et beaucoup trop loin du Fuji Yama pour pleinement apprécier la vue. La destination retenue par l’Olympien n’était pas un village, plutôt un hameau isolé de maison, pas très loin du lac Motosu, l’une des cinq étendues d’eau qui bordaient le point culminant du Japon. Autant dire qu’ils ne se rendaient pas dans un restaurant, mais chez l’habitant. La grand-mère qu’ils allaient visiter était tout de même la meilleure cuisinière du Japon. La vieille femme donnait parfois l’impression de venir dans un autre temps, à vivre dans sa demeure traditionnelle et à ne porter que des kimonos, pourtant, Hermès savait qu’il n’en était rien. Un concours de circonstance avait fait qu’il avait été présent le jour de sa naissance, quelques sept ou huit décennies plus tôt.

Et c’était maintenant sur le pas de sa porte qu’il se tenait, avec une vue imprenable sur le Fuji Yama, juste en face d’eux. Il se pencha vers Barrett :

Si tu préfères, je peux t’emmener dans un autre endroit du Japon, bien sûr”.
 
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Message posté : Lun 22 Mai 2017 - 13:42 Message
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Sans le savoir, ou alors inconsciemment, Barrett venait d’échapper à un piège constitué de mains baladeuse et de langue audacieuse. Ce fut donc en toute innocence et naïveté qu'il oublia le sujet. Surtout qu'au final, pour lui, voler, ce n'était pas si féerique que ça. Surtout après avoir procédé à deux voyages par portail spatial. Il y avait des priorités dans cet esprit pragmatique. Cela dit, la perspective de voler lui plaisait assez bien, juste qu'il n'était pas aussi excité que la moyenne des gens. En revanche, on pouvait retrouver chez lui un état similaire avec l'émerveillement que ces simples constats de décalages horaires généraient en lui. C'était très perturbant et donnait l'impression de voyager dans le temps... voire même dans de nouveaux monde tant les paysages et même l'air y étaient différents. Autant dire que le traducteur fut très sensible à l'exotisme japonais. Tout comme il fut sensible, en garçon organisé qu'il était, aux préparatifs que Raphaël avait réalisé avant leur voyage. Cela prouvait que le téléporteur était vraiment habitué à ce genre de chose. Il devait probablement prendre ses repas d'une même journée dans plusieurs pays différents. Barrett n'était pas facilement impressionnable par les démonstrations de richesse, mais là, c'était quand même la classe.

– Non c'est... c'est vraiment parfait ici. répondit-il, un peu époustouflé par le mont qui lui faisait de l’œil au loin. Tu, hum, tu es sûr qu'on peut manger ici ? Ça n'a pas l'air d'être un restaurant. s'inquiéta le traducteur qui, sans être un habitué du Japon, se sentait capable de faire la différence entre un établissement de restauration et une propriété privée.

D'ailleurs, les portes de cette propriété ne tardèrent pas à s'ouvrir devant eux, comme si leurs voix les avaient réveillés. Et vu la position du soleil, c'était peut-être le cas. Pourtant, la femme qui les accueillit semblait tout à fait éveillée. Barrett laissa son regard admirer l'apparence de la Japonaise, fasciné par ces détails et cette rigueur vestimentaires alliés aux valeurs traditionnelles qui l'accompagnaient. Il y avait tellement de noblesse chez cette femme que Barrett ne put s'empêcher d'être impressionné et de vouloir exprimer son respect. Ou essayer.

[Japonais] – Bonjour, enchanté de vous rencontrer. déclara-t-il d'une voix un peu timide.

Le jeune homme avait même amorcé un geste bizarre comme s'il était sur le point d'effectuer un salut de la tête mais il hésita et se désista au dernier moment, ignorant quel geste il devait effectuer, précisément. Il n'avait pas assez de contexte pour connaître la position de cette femme et encore moins la sienne. Oui, il se prenait bien la tête pour rien. Encore une fois. D'un air un peu gêné, timidement, il tourna la tête vers Raphaël pour l'interroger du regard et savoir ce qu'il convenait de faire à présent.

Mais malgré toute cette gêne, Barrett était plutôt heureux. Très même. C'était assez rare pour être noté. Ça n'était peut-être pas une balade en plein ciel, mais ça avait à peu près le même effet sur les tripes du muté : des papillons de satisfaction y dansaient allègrement.
 
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Message posté : Lun 22 Mai 2017 - 22:10 Message
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L’Olympien était évidemment fier de lui. Trois destinations, enfin trois et demi puisque Paris avait eu l’honneur de dévoiler son Sacré-Coeur et sa Tour Eiffel, et trois airs parfaitement émerveillés sur le visage de Barrett. Sa question avait de toute façon été rhétorique. Il ne s’était pas sérieusement attendu à devoir ouvrir un autre portail.

Ce n’est pas un restaurant” confirma Raphaël. “Mais c’est tout de même la meilleure table du Japon”.

Il se retourna en entendant la porte coulisser derrière lui, et afficha aussitôt un grand sourire en apercevant leur hôtesse. Il s’approcha et prit soin de lui adresser une profonde révérence. On aurait pu trouver la situation ironique, de voir aussi un dieu s’abaisser à une révérence, mais le dieu des voyageurs savait l’importance de respecter les coutumes de l’autre quand on était en voyage. Il l’avait toujours saluer ainsi, et continuerait à le faire. Comme il était beaucoup plus grand que la petite vieille dame qui lui faisait face, il en était presque réduit à se courber en deux, mais gardait néanmoins une aisance à toute épreuve.

Mes respects Yuriko-Chan” salua-t-il en japonais.

L’un des avantages à souvent voyager, c’est qu’on finissait toujours à grapiller quelques informations, des morceaux de langue, par-ci par-là. Quand on faisait ça depuis aussi longtemps que lui, on oubliait une langue dès qu’on en apprenait une autre ou qu’on ne la pratiquait pas en un siècle. Autant dire que son japonais était passablement rouillé.

C’est un honneur Raphaël-Sama, mais pourquoi tes cheveux sont-ils bleus ?

Elle ne l’avait pas toujours appelé comme ça, et cela se ressentait dans sa façon d’écorcher le prénom. Une instruction de dernière minute quand il l’avait appelé, un peu plus tôt. En revanche, elle n’avait jamais pu se défaire du -Sama. Quoique… elle l’avait appelé Sensei, pendant un temps. Ravie de retrouver un visage du passé qu’elle n’avait pas vu depuis longtemps, la vieille dame n’hésita pas à prendre les mains du jeune homme dans les siennes. A tel point qu’elle sursauta presque en entendant la timide salutation de son invité.

Yuriko le regarda avec de grands yeux noirs étonnés, et regarda ensuite Raphaël.

Ton ami parle japonais Raphaël-Sama?” demanda-t-elle dans un anglais bon quoiqu’un peu écorché sur certaines syllabes.

Elle se désintéressa aussitôt de la divinité pour s’intéresser au jeune inconnu, qu’elle salua d’une profonde révérence. Un peu trop profonde pour son âge d’ailleurs, mais ce n’était pas tous les jours qu’on recevait Raphaël-Sama, et un étranger qui parlait sa langue.

Je suis Yuriko, c’est un grand honneur de vous avoir pour inviter, venez, entrez, ma demeure est modeste, mais elle vous est grande ouverte” débita-t-elle à toute vitesse en japonais.

Yuriko-Chan, j’ai bien peur que mon japonais ne soit plus aussi bon qu’il ne l’était” plaida Raphaël avec une grimace légèrement exagérée.

Et mon anglais n’est plus aussi bon Raphaël-Sama, je ne vais pas parler grec devant ton ami” répliqua la vieille dame.

La familiarité de ceux qui se connaissaient depuis longtemps reprirent vite le dessus, et elle se dépêcha de retourner à l’intérieur. Non sans gratifier Raphaël d’un signe sec quand elle s’aperçut qu’il n’avait pas bougé, pas plus que Barrett.

Meilleure cuisinière du pays” assura l’Olympien, alors qu’il en était à enlever chaussures et chaussettes dans le hall d’entrée.
 
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Message posté : Mer 24 Mai 2017 - 21:43 Message
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Ce n'était donc pas un restaurant mais ils allaient quand même y manger. Barrett fronça un peu les sourcils, assez ennuyé à la perspective de squatter la table de quelqu'un si tôt le matin. Même si pour lui, ce n'était pas vraiment le matin. Et aussi, il se demandait bien comment Raphaël pouvait se permettre de mobiliser de telles faveurs. Mais avec ses pouvoirs, il devait certainement s'être forgé un solide réseau de relations. Ce devait toujours être profitable d'avoir, dans son carnet d'adresses, un ami capable de couvrir d'aussi grandes distances en si peu de temps. Encore une fois, y trouvant des raisons logiques et évidentes, Barrett ne s'amusa pas à chercher une explication plus extraordinaire, alors que la vérité s'y rapprochait plus. Le jeune homme fut ensuite positivement surpris d'entendre Raphaël saluer celle qui s'avérait être leur hôtesse dans la langue locale. Une attention évidente, diraient certains, mais toujours fortement appréciable, et pas toujours à la portée de tous. Le jeune Anderson en ayant pleinement conscience, il y fut presque aussi sensible que la principale concernée. En plus le japonais de Raphaël était assez bon.

Par la suite, le traducteur resta assez discret, respectueux des retrouvailles qui prenaient place. Cela ne l'empêcha naturellement pas d'écouter et de comprendre ce qui se disait. Il nota par exemple que Raphaël avait gagné le suffixe de « sama », un haut signe de respect qui méritait totalement d'être remarqué. Il nota également que la Japonaise avait eu un peu de mal à prononcer le nom de Raphaël... à moins que ce soit autre chose... mais il ne trouva pas d'autre explication car la femme asiatique porta vite son attention sur lui et s'exprima même en anglais. Il fut tout penaud de la voir s'incliner de la sorte pour la saluer et tenta (avec succès, grâce à ses pouvoirs) de l'imiter, le rose sur les joues, pour changer.

[Japonais] – Entendu, et merci pour votre accueil. répondit-il chaleureusement avant d'entendre Raphaël préciser que ses facultés linguistiques étaient rouillées Oh, désolé, je croyais que tu pratiquais aussi cette langue.

Le combo anglais, grec ancien et japonais était assez particulier mais il aurait été plutôt justifié de par les capacités de Raphaël. Et puis lui voir un intérêt particulier pour la culture japonaise ne choquait pas particulièrement le muté. Par contre, c'était assez étonnant d'apprendre que leur hôtesse pouvait parler grec, même si elle ne développa pas ses compétences dans cette langue.

[Grec] – Oh mais vous savez, ça ne me dérange pas non plus de parler Grec. se permit-il avec un sourire poli.

Cela lui valut un coup d’œil assez admiratif mais ne l'exempta pas du geste sec qu'elle utilisa pour inciter ses deux invités à entrer. Le traducteur jeta un œil intrigué à Raphaël qui lui assura qu'ils allaient bien manger. Ce n'était pourtant pas la priorité absolue de Barrett en cet instant, même si l'odeur qu'il commençait à sentir venait réveiller son estomac. L'étudiant suivit l'exemple du téléporteur et se déchaussa avant de le suivre. L'intérieur était somme tout très modeste, mais c'était justement ce qui en faisait son charme et le muté y voyait là une élégance que bon nombre de décorateurs d'intérieur « modernes » auraient été incapables de reproduire. C'était une chose d'observer un paysage, mais le chez soi d'un habitant, c'était infiniment plus intime.

– Comment est-ce que vous vous êtes rencontrés ? demanda-t-il en anglais, avec une voix qui n'aurait pas été plus respectueuse dans une bibliothèque ou une église.

La question l'intéressait vraiment, pourtant, lorsqu'ils arrivèrent devant une table basse japonaise recouverte de mets, elle fut reléguée au second plan, poussée de force par un estomac qui gronda bruyamment, provocant ainsi la gêne de Barrett qui rougit de plus belle et se massa le ventre d'un air honteux.

[Japonais] – Désolé...
 
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Message posté : Jeu 25 Mai 2017 - 21:32 Message
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Était-ce étonnant d’entendre le jeune homme s’exprimer ainsi en japonais et flatter son hôtesse par la même occasion? Pas le moins du monde. A peine quelques heures plus tôt - et vu la journée bien remplie qu’il venait d’avoir, on pouvait s’étonner que c’était tout juste quelques heures plus tôt - n’avait-il pas traduit un texte ancien pour le plaisir de Raphaël ?

Yuriko était aux anges, évidemment. Lui, plus autant. Et une démonstration de grec ne fit que l’emmener un peu plus haut dans le ciel. C’était Raphaël qui lui avait appris le grec, quelque chose qui surprenait toujours les gens puisqu’elle était japonaise, et elle n’avait pas souvent l’occasion de le pratiquer.

Je suis un peu rouillé” confia-t-il, avec une sincérité désarmante, mais peut-être pas tout à fait réel, au jeune homme. Quoique… il n’avait effectivement pas mis les pieds ici depuis longtemps, ni pratiqué le japonais depuis ce qui semblait être une éternité. “Mais je ferais un effort pour toi” signifia-t-il à son amie dans sa langue maternelle.

Dûment déchaussé, Raphaël entra plus avant dans la demeure de Yuriko. Il se fendit même du “ojama shimasu”, la formule d’usage quand on entrait chez quelqu’un. A Rome, faire comme les romains, et Hermès respectait les traditions chères à Yuriko. Cette dernière n’avait pas chômé puisque la table était dressée, et remplie de mets succulents. Pour ajouter un peu plus à l’atmosphère, elle avait ouvert le panneau de la pièce qui servait de salle à manger - pour l’instant en tout cas - et qui offrait une vue imprenable sur la montagne.

Oh, une longue histoire” soupira l’intéressé.

Il se ferait bien évidemment un plaisir de la lui raconter autour d’un bon repas. Enfin… de lui raconter une histoire, qui ne serait probablement pas la vérité, autour d’un bon repas. Yuriko, dans son kimono, ne semblait pas décidé à ménager le suspense :

Raphaël-Sama a sorti l’un de mes fils du pétrin. Un idiot, mon fils, embourbé jusqu’au cou!

Yuriko-Chan, tu me retires tout le plaisir”.

A le voir rebondir aussi aisément, difficile de croire qu’il était en train de suivre une histoire inventée de toute pièce par la japonaise. L’aisance avec laquelle celle-ci mentait était d’ailleurs incroyable. Enfin, peut-être pas si incroyable que ça. Elle avait été à bonne école, la disciple d’Hermès en bien des choses, aussi bien pour raconter des histoires que pour délester quelques poches. Aucun des deux ne pouvait se permettre de raconter la vérité, du temps où c’était Hermès qui paraissait être le plus âgé des deux. Leur histoire avait quatre-vingt six ans maintenant, loin des millénaires d’amitié qu’il pouvait entretenir avec d’autres… mais ce n’était pas tout à fait la même chose.

Tu as dit que tu parlerais japonais Raphaël-Sama”.

Excuse-moi. Et ton fils est un idiot, mais il a bon goût non?

Cette remarque lui valut une tape sèche sur le bras et l’ordre de s’asseoir. Sans plus attendre, l’Olympien s’installa à genoux, un sourire malicieux aux lèvres, comme s’il avait dîné à une table japonaise toute sa vie. Dîner au petit matin… voilà qui était un peu étrange, mais pas totalement inhabituel pour un dieu tel que lui.

Tous des idiots, mes fils. J’en ai eu cinquante, pas un pour rattraper l’autre…” maugréa la japonaise. “Heureusement que j’ai des filles. Vous ne voulez pas épouser l’une d’entre elles ?” proposa-t-elle à Barrett sans détour.

Elle s’était installée à genoux elle aussi, et ramassait déjà ses baguettes. Raphaël l’imita, et plaça ses baguettes à l’horizontal entre pouce et index de ses mains jointes et avant de ponctuer ce geste d’un “itadakimasu”. Il n’avait pas encore entrepris de se servir que Yuriko remplissait le gobelet de Barrett.

Si tu veux, Yuriko-chan peut t’apporter des couverts occidentaux. D'accord, d'accord je parle japonais!” se reprit-il aussitôt quand elle lui donna une nouvelle tape.
 
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Message posté : Sam 27 Mai 2017 - 17:15 Message
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Barrett écoutait attentivement les échanges entre Raphaël et Yuriko. Non pas pour faire les indiscrets ou même espérer grappiller des informations croustillantes sur le téléporteur mais tout simplement pour essayer de comprendre la relation qui unissait ces deux personnes. Tout cela pour qu'il sache comment se comporter au milieu de tout ça. Oui parce qu'on était censé agir différemment face à une connaissance personnelle, une autre professionnelle, une autre familiale... et tous les paramètres « secondaires » qui entraient en compte. Et après on s'étonnait que le traducteur ait du mal avec les interactions sociales, c'était d'un compliqué. Certes, la plupart du temps, c'était lui qui se compliquait les choses, mais quand même. Enfin, dans l'exemple d'aujourd'hui, le cadre japonais, avec ses règles sociales strictes mais claires, aidait beaucoup Barrett à prendre confiance en lui et à choisir ses gestes sans crainte d'offenser les autres. Accessoirement, suivre l'exemple de Raphaël aidait beaucoup... sauf pour ce qui était de sa familiarité avec leur hôtesse, bien sûr.

– On peut dire que tu es quelqu'un de très discret. Ce qui est paradoxal avec la couleur de tes cheveux, fit remarquer Barrett après l'énième réponse évasive que lui servit Raphaël Tu sais qu'à force d'entretenir le mystère, je vais finir par croire que tu es un agent secret.

Une théorie qui se tenait avec le peu d'infos dont disposait Barrett. Un homme qui voyageait beaucoup, qui parlait plus ou moins vaguement plusieurs langues et qui connaissait du monde, c'était un profil très « James Bondien ». Sauf pour les cheveux bleus, tout de même, mais c'était peut-être pour une couverture secrète. L'agent Sydney Bristow mettait bien des perruques alors pourquoi ne pas aller plus loin dans la mascarade ? Bon ok, peut-être que le jeune Anderson se faisait trop de films. Excusez son imagination prolifique, elle était bien stimulée par tous ces voyages enchaînés et surtout par tous ces mystères. Heureusement qu'il pouvait compter sur la sincérité de leur hôtesse.

– Vraiment ? C'est impressionnant et très généreux de ta part, complimenta le traducteur.

Il ne voyait pas trop pourquoi Raphaël ne lui avait pas dit. Par modestie ? C'était l'explication gentille. Sinon, il était possible que les ennuis en question soient de nature particulièrement louche et que Raphaël ne souhaite pas y être associé. Ça, c'était la théorie « sombre ». La question était légitime mais Barrett s'abstint de la poser par égard pour Yuriko-san. L'aisance de cette dernière ainsi que ses airs respectables n'attirèrent aucune suspicion chez le jeune homme qui ne mobilisait pas toute son attention analytique sur elle. Dommage pour lui, il aurait pu comprendre qu'elle mentait.

[Japonais] – Cinquante ? commença-t-il à demander, franchement étonné tout en s'installant à table à son tour. C'était avant de manquer de s'étouffer à cause de la proposition de la Japonaise [Japonais] Comment ? Non, je... je ne cherche pas à me marier, désolé... ajouta-t-il pour tenter de s'expliquer avec le plus de délicatesse possible.

C'est qu'il ne voulait pas offenser Yuriko. Et du coup, donc, le rouge revint en force sur ses joues. Heureusement que des préoccupations gastronomiques vinrent les occuper. Barrett laissa la cuisinière remplir son bol en observant ses gestes.

[Japonais] – Non merci, ça va aller, je sais me servir de baguettes. il avait peut-être l'air complètement à l'ouest sur bien des sujets mais il était habitué à la nourriture asiatique ainsi qu'à son mode de consommation Enfin ma technique n'est peut-être pas parfaite comme la vôtre, précisa-t-il à Yuriko J'espère qu'elle ne vous exaspérera pas, déclara-t-il en toute humilité.

Au pire, il pourra la rectifier en observant les gestes des deux autres. C'était dans ses cordes. Plus qu'il ne le croyait, encore inconscient de certaines facettes de ses pouvoirs... Ainsi, pour commencer, ce fut avec une technique « occidentale » qu'il entama son repas, un peu gêné mais pas aussi embarrassé qu'il aurait pu l'être. Au final, il était plus à l'aise que ce qu'il aurait crû. Mais est-ce que cela venait du cadre serein dans lequel il était ? De Raphaël ? De Yuriko ? De tout cela à la fois ?
 
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Message posté : Sam 27 Mai 2017 - 21:28 Message
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Discret? Voilà un adjectif dont on n’affublait pas souvent Raphaël. Celui de mystérieux aurait peut-être été plus approprié, mais pour la défense du jeune homme, il n’avait pas encore l’honneur de le connaître depuis longtemps.

Et bien entendu, si j’en étais un, je serais contraint de te dire que cette information est confidentielle”.

Ce nouvel accès d’anglais lui valut un regard réprobateur là où Barrett n’avait même pas droit à un battement de sourcils. L’inconvénient d’être un proche de la japonaise. Et puis elle n’avait pas tout à fait tort, il lui avait dit qu’il ferait un effort, et ne cessait de passer à l’anglais, qui n’était même pas sa langue maternelle, par habitude.

Très friand de la nourriture préparée par Yuriko, Raphaël piocha dans tous les plats et n’oublia pas de servir à boire à son hôte selon une coutume toute japonaise.

Yuriko-Chan” lui reprocha Raphaël.

J’ai beaucoup de filles à marier Raphaël-Sama, et il parle japonais! Je pourrais presque lui pardonner d’être un gaijin”.

J’en suis un aussi” lui rappela doucement l’Olympien. “Et Yuriko-Chan est trop modeste pour t’expliquer d’où lui vient sa centaine d’enfants. Ce ne sont pas les siens, elle les a adopté, en quelque sorte. Quand il y a eu Hiroshima, elle avait treize ans. Ca ne l’a pas empêché d’aller explorer la ville à la recherche de survivants. Elle a trouvé des enfants, à peine plus âgé qu’elle, et les a pris sous son aile. Elle a fini par fonder un orphelinat. Certains de ces enfants sont maintenant parents eux-mêmes, voir grands-parents. Je suis sûr que Yuriko serait ravi de te montrer ses albums si tu le souhaites”.

Tu me fais trop d’honneur Raphaël-Sama et je ne veux pas déranger ton ami avec les souvenirs d’une vieille dame”.

Au contraire, je ne t’en fais pas assez”.

Il n’insista pas, bien conscient que la japonaise n’aimait pas se rappeler de l’atrocité des jours qui avaient suivi l’explosion de la bombe atomique, a raison. Il avait bien évidemment omis de préciser qu’il avait été présent ce jour-là aussi, qu’il avait aidé Yuriko parmi les décombres, l’orpheline prête à aider les autres. Il l’avait toujours considéré comme son élève, sa protégée, mais avait réalisé, ce jour-là, qu’il s’était peut-être trompé en lui apprenant à voler. Elle n’était pas une voleuse, mais un guide des enfants perdus. Le destin les avait poussé l’un vers l’autre. Pour un peu, on aurait presque pu sentir une fierté toute paternelle dans la voix de l’Olympien alors qu’il apportait ces quelques précisions.

Et tu te débrouilles très bien” assura Raphaël à son invité.

Et vous, comment vous-êtes vous rencontrés?

Raphaël aurait bien répondu, bien sûr, mais elle s’était adressée à Barrett. Il n’était pas fou au point de voler la parole à quelqu’un devant une japonaise qui n’hésiterait pas à lui adresser une tape sur l’épaule.
 
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Message posté : Lun 29 Mai 2017 - 18:56 Message
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Barrett se contenta de sourire à la réponse du téléporteur sans rien ajouter, conscient que leur hôtesse préférerait qu'ils parlent en japonais. Il ne réalisa pas au passage que son propre sourire pourrait, d'une certaine manière s'apparenter à celui d'une midinette qui aurait reçut l'incroyable honneur d'un regard du quarterback de l'équipe du lycée. A peu près, j'exagère un peu. En revanche je n'exagère pas en disant que ce pauvre Barrett était gêné d'être le sujet d'une conversation aussi délicate que ses fiançailles potentielles. Et il ne savait pas trop si le fait qu'on ne lui demande pas vraiment son avis était une bonne chose ou non. D'un côté, ça allait à l'encontre des libertés personnelles, d'un autre, ça le débarrassait d'une discussion beaucoup trop délicate pour lui. Pourtant, la conversation prit un tour assez différent en se concentrant sur l'histoire de leur hôtesse.

[Japonais] – En effet, c'est très honorable ce que vous avez fait, commenta le jeune homme, sincèrement impressionné et peu habitué de côtoyer quelqu'un ayant fait preuve d'une telle générosité. Et je ne trouve absolument pas ça ennuyeux, au contraire, je vous assure, ajouta-t-il par la suite, conscient que la Japonaise cherchait surtout à éviter de « casser l'ambiance ».
[Japonais] – Vous êtes bon public, Barrett-san.

Là, il comprit également, même s'il s'en était douté un peu, qu'elle ne tenait pas particulièrement à approfondir le sujet. Ce n'était pas si étonnant que ça. Quand il a appris le japonais, Barrett a compris que cette partie de leur Histoire était encore douloureuse, plus encore pour ceux qui y ont été, directement. Ainsi, l'admiration et la fascination qu'il avait à cet égard restèrent visibles sans s'imposer et le traducteur rebondit volontiers sur autre chose.

[Japonais] – Merci. répondit-il, rassuré par le compliment de Raphaël.

Même si, au passage, Barrett rectifia légèrement sa prise sur ses baguettes pour gagner en fluidité, collant ses gestes à ceux de son guide touristique personnel qui, de toute évidence, était un habitué de ce mode de repas. Yuriko remarqua d'ailleurs ce petit changement dans sa gestuelle et le trouva assez intriguant. Mais en bonne Japonaise, elle évita de se faire indiscrète, du moins pas plus que ce que la bienséance permettait. De fait, elle se contenta d'une interrogation jugée sûre et légitime. A laquelle le jeune Anderson répondit en toute sincérité.

[Japonais] – Dans un musée. On s'est trouvés tous les deux devant une frise avec des inscriptions en Grec ancien. Aussi, on s'est amusés de la ressemblance de Raphaël avec la statue du dieux Hermès.

C'est que qui s'appelait mettre les pieds dans le plat sans en avoir conscience. Mais attendons de voir comment Yuriko (et non Yukiko, faut que j'arrête avec Persona 4, moi!) allait réagir en apprenant cette heureuse coïncidence. Qui sait, peut-être que Barrett commencera enfin à se poser les bonnes questions sur ce téléporteur du mystère.
 
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Message posté : Lun 29 Mai 2017 - 21:48 Message
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La sincérité de la réponse de Barrett était évidente tout comme le trouble, bien dissimulé derrière le masque de la politesse toute japonaise de Yuriko. La vieille dame accepterait peut-être de partager ses souvenirs avec lui, plus tard, de lui nommer les foules de visages souriants sur les photos et les anecdotes qui constituaient l’histoire de sa vie.

Pour l’instant, la conversation avait dévié sur un autre sujet, et les iris noires de Yuriko passèrent du jeune homme à son illustre invité, qu’elle dévisagea. Bien sûr, elle connaissait l’identité cachée de l’Olympien, elle ne l’appelait pas Raphaël-Sama pour rien. En grandissant, elle l’appelait Sensei, puisqu’il était celui qui lui avait appris tout ce qu’elle savait, et l’avait pris sous son aile au lieu de la laisser dans la rue. Quand elle avait appris sa nature divine, elle était passée au -sama, accolé derrière le prénom qui lui servait d’identité.

Je ne savais pas que tu ressemblais à un dieu Raphaël-Sama”.

Moi non plus” s’amusa l’Olympien. “Une amusante coïncidence. Peut-être qu’il existe, quelque part, un portrait ou une statue de toi” ajouta-t-il pour le jeune traducteur. “J’imagine quelque chose d’italien. Peut-être au plafond de la chapelle Sixtine, au milieu des anges”.

La japonaise tourna la tête vers Barrett, puis revint vers Raphaël. Ah, elle comprenait mieux pourquoi ce dernier avait défendu son invité contre ses velléités maritales !

Je t’emmènerais en Italie la prochaine fois. Rome, Florence, Venise…” énuméra-t-il, cherchant évidemment à tenter le jeune homme.

Vu son attrait affiché pour les voyages, ce n’était pas difficile. Il y avait de quoi faire, avant d’être contraint de l’emmener sur d’autres plans d’existence pour lui montrer quelque chose de plus… exotique. Peut-être pas l’Olympe en revanche. Ne serait-ce que parce qu’il n’avait pas encore compris qui il était. Et aussi parce que certaines divinités, son père, en premier lieu, n’apprécierait pas.

Raphaël porta ses baguettes à sa bouche, et interrompit son geste en entendant un bruit à l’étage. Un coup d’oeil à la propriétaire des lieux lui indiqua que cela ne l’inquiétait pas, et devait donc être normal. A moins qu’elle ne devienne sourde… Un second bruit, des pas, la fit lever la tête, renseignant Raphaël sur sa supposée surdité. Elle se remit debout et se fendit aussitôt d’une profonde révérence.

Pardonnez-moi, appréciez votre repas, je serais de retour bientôt”.

Raphaël hocha la tête, mais surveilla son ascension dans les escaliers. Un réflexe acquis depuis qu’il avait vu ses enfants grandir, et surtout vieillir, et souvent tomber. Rassuré sur la montée de sa vieille amie, il reporta son attention sur Barrett.

Qu’est-ce que tu en penses? C’est autre chose qu’un simple restaurant japonais à Star City, non?

Et il parlait autant de la qualité de la nourriture que de la vue imprenable sur la montagne. Il tourna d’ailleurs la tête pour admirer la vue. Il regrettait un peu plus, face à une telle vision, d’avoir mis si longtemps à revenir. Enfin, une autre vision, tout aussi agréable à l’oeil, l’attendait en la personne de Barrett, aussi reporta-t-il son attention sur lui, et retint un sourire.

Ne te retourne pas” souffla-t-il, avec des airs de conspirateur. “Tu es observé”.

Par une tête brune coiffée en chignon aux yeux noirs et bridée, plus ou moins habilement caché derrière une porte coulissante entrouverte. La propriétaire de la tête et des yeux qui allaient avec n’avait pas l’air d’avoir plus de six ou sept ans, était encore en pyjama, et regardait les invités de la maisonnée avec de grands yeux curieux.
 
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Message posté : Jeu 1 Juin 2017 - 17:55 Message
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Barrett était en train de déguster un poisson qu'il n'arriva pas à clairement identifier mais qui était très goûteux quand Yuriko commenta le récit de la rencontre entre les deux garçons. Les papilles gustatives du traducteur furent alors perturbées par quelque chose d'étrange. Il ne mit pas vraiment le doigt dessus (et pour cause : il tenait ses baguettes) mais en posant les yeux sur leur hôtesse, de nouveaux éléments lui apparurent. Ou plutôt des bouts d'éléments. Sa capacité de compréhension des langages corporels n'était pas une science exacte, mais elle lui disait à présent qu'on lui cachait des choses. Il ne savait pas vraiment si Yuriko venait de lui mentir mais il se demandait si ce qu'elle disait était totalement vrai. Ce qui était assez étrange vu le propos en question. Malgré ces questionnements, Barrett ne fit aucun commentaire et ne gratifia pas ses voisins de table de froncements de sourcils. Il ne rit pas non plus vraiment à la réponse de Raphaël qui était fidèle à lui-même. Mais ça, c'était parce que le muté était un pragmatique et que certaines blagues lui passaient malheureusement loin au-dessus de la tête.

[Japonais] – Cela demanderait beaucoup de temps pour être vérifié, mais effectivement, il est possible que l'on retrouve ton visage dans d'autres représentations artistiques. La théorie de la coïncidence est un peu trop facile. De plus, il est possible que la symétrie de ton visage et ses autres spécificités correspondent aux canons esthétiques d'anciennes époques. De la même manière que l'on retrouve des points communs entre plusieurs cultures, ça me semble potentiellement possible.

Une tirade énoncée avec un grand sérieux, n'en doutons pas. Ne doutons pas non plus sur le fait que Raphaël allait plus que probablement remarquer qu'elle pouvait vaguement signifier que Barrett le trouvait beau. Mais aussi que le jeune homme avait continué à penser à cette étrange ressemblance qui l'avait tant étonné au musée. Même si ce n'était pas non plus une de ses grandes priorités intellectuelles. L'agent junior avait eu d'autres sujets à traiter. C'était son sens des priorités, par exemple, qui l'empêcha de voir ce que Yuriko avait compris via l'invitation que le téléporteur lui fit.

[Japonais] – Tu sais bien que je ne vais pas dire non à des propositions, même si l'Italie n'est pas spécialement mon premier choix. répondit Barrett qui avait déjà indiqué ses goûts à Raphaël mais qui n'allait pas non plus faire la fine bouche.

Et puis les Italiens généraient un mythe qui l'intriguait pas mal : celui selon lequel ils ne pouvaient pas s'exprimer sans les mains. Cliché ou fait avéré, la question méritait certainement une investigation sur le terrain. Barrett serait sans doute plus sensible à ces exotismes-ci qu'aux peintures romantiques. La conversation fut toutefois interrompue par le départ annoncée de leur cuisinière de haut rang. Le jeune linguiste tourna aussitôt la tête vers Raphaël pour voir si ce départ devait être accompagné d'un protocole particulier de leur part, mais apparemment non. Barrett resta don assis en regardant lui aussi leur hôtesse s'en aller jusqu'à ce qu'elle quitte leur champ de vision.

– Je t'avoue que c'est vraiment délicieux et je pense même que tous les restaurants japonais auxquels je me suis rendu seront bien incapables de tenir la comparaison. répondit-il en anglais, par réflexe.

Sans doute pour s'économiser un peu. Il ne savait pas trop si tous ces voyages, décalages horaires et autres pouvaient altérer ses performances alors il ne voulait pas prendre de risque. Saigner du nez sur la nourriture de Yuriko était une perspective qui ne l'enchantait pas spécialement.

Puis, Raphaël lui fit remarquer qu'ils étaient observés. Une enfant. Barrett l'observa sans rien dire pendant un moment. Si le traducteur avait du mal à sociabiliser avec les adultes, c'était sans doute pire avec les mini-humains. Ainsi, il la regarda et elle le regarda en retour. Lui n'avait pas des yeux aussi ronds que ceux de la petite mais ils n'auraient sans doute pas été différents devant une biche sauvage.

[Japonais] – Bon... bonjour, finit-il par dire, non sans hésitation. Une hésitation qui s'exprima une nouvelle fois lorsque le jeune homme tourna la tête vers son voisin, comme à la recherche d'un tutoriel Est-ce que tu la connais ? demanda-t-il ?

Mais avant que Raphaël ne lui donne de réponse, un bruit indiqua que la porte coulissante venait de s'ouvrir pour laisser passer la petite observatrice. L'agent junior tourna la tête vers cette dernière et la vit s'approcher de lui à petit pas timides, les yeux baissés et à lui tendre quelque chose. Il ouvrit sa main pour recevoir l'objet en question : un petit origami en forme de grue fait d'un papier rose pâle très agréable à l’œil. Le traducteur observa l'ouvrage un peu plus longtemps que nécessaire avant de récupérer ses « moyens » et de relever la tête vers celle qui venait de lui donner cette offrande.

[Japonais] – Merci. déclara-t-il avec maladresse mais sincérité.

Le remerciement encaissé, la petite japonaise hocha la tête avant de renouveler sa démarche mais cette fois auprès de Raphaël.
 
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Message posté : Jeu 1 Juin 2017 - 22:10 Message
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Rêvait-il ou bien le jeune homme venait-il de lui faire un compliment? On pouvait le pardonner, il y avait de quoi douter puisque le linguiste venait de complimenter la symétrie de son visage. En soi, pas explicitement un compliment donc, quoique… vu son attrait pour les calculs arithmétiques, peut-être que c’était la géométrie qui l’attirait ?

Je note que tu ne dis pas non” s’amusa le dieu.

Autant dire qu’ils étaient déjà parti ! Et puis l’Italie ou ailleurs… L’Olympien n’était pas difficile. Au contraire, plus Barrett aurait des envies de voyage, et plus il serait amené à le revoir. Il n’allait certainement pas s’en plaindre.

Yuriko sera ravie de l’apprendre”.

Même si bien sûr, elle affirmerait le contraire. On ne pouvait pas reprocher à la japonaise son manque de modestie, au contraire. Pour l’heure, leur hôtesse était toujours absente, et l’Olympien assistait au duel de regards le plus pacifique du monde. La petite fille fixait Barrett avec de grands yeux, et si l’expression du jeune homme était un peu plus contrôlé, il n’en pensait sans doute pas moins.

Je n’ai pas eu cet honneur” répondit-il en tout honnêteté. “Peut-être l’une des petites-filles de Yuriko. Ou une petite qu’elle a adopté”.

Il n’aurait été surpris d’aucune de ces options, au contraire, au vu de la générosité de la japonaise. La petite fille, de son côté, devait juger que les deux étrangers ne devaient lui vouloir aucun mal puisqu’elle tenta une approche. Si elle se montra timide au début, elle se détendit quand elle réalisa que son cadeau avait été bien accepté par chacun des deux étrangers. Si son regard curieux alternait entre les deux visages, elle semblait surtout fasciné par les yeux bleus de Raphaël. Pas étonnant, elle n’avait jamais dû en voir d’aussi près de sa vie.

Il est très joli” commenta l’Olympien en lui montrant le pliage. “Je suis Raphaël” se présenta-t-il. “Et voici mon ami, Barrett. Je suis une connaissance de Yuriko-Chan”.

La petite ne se présenta pas - de la timidité peut-être - mais ne s’éloigna pas non plus, comme fasciné par la présence de deux étrangers dans sa maison. Elle ne fit pas mine de toucher aux plats sous son nez, mais s’assit en tailleur, son regard passant toujours de l’un à l’autre.

Tu veux voir un tour de magie?” proposa Raphaël.

Toujours pas de réponse, mais un regard définitivement curieux. Avec des airs de conspirateur, il plaça le pliage en papier au creux de sa main et souffla. Pas un souffle tout à fait humain en revanche. Parmi ses très - trop - nombreuses casquettes, il y avait celui de dieu des vents. S’il avait fini par confier cette tâche à d’autres, il pouvait, de temps en temps, se fendre d’un souffle un peu plus puissant que la moyenne. L’effet fut immédiat. La grue en papier s’envola et traversa la pièce pour passer par l’ouverture qui donnait sur la montagne, le tout, sous le regard émerveillé de la fillette. Elle se redressa pour suivre le papier des yeux, et se précipita à l’extérieur pour aller le chercher quand il s’écrasa au sol. Elle revint en courant et s’agenouilla devant Raphaël, à peine essoufflée, le pliage entre ses petites mains. Elle avait beau ne pas être bavarde, difficile de mal interpréter sa demande.

Naoko, laisse Raphaël-Sama tranquille!

Yuriko était revenue, mais pas seule. Elle tenait par la main un autre enfant, un garçon cette fois, un peu plus jeune que Naoko. Cette dernière obéit, et se leva, mais elle fit demi-tour pour rendre l’oiseau de papier à son propriétaire, et fila ensuite comme une flèche.

Je ne serais pas absente longtemps. Continuez à manger”.

Elle tira le panneau derrière elle, juste assez pour laisser de l’intimité à ses invités, mais pas assez pour se couper totalement d’eux. Si Raphaël et Barrett en étaient au dîner, les petits japonais eux, en étaient au lever.

Tu ferais mieux d’obéir” indiqua Raphaël, en anglais aussi, quand ils furent de nouveau seuls. “Sinon, c’est à moi qu’elle va s’en prendre”. Lui-même n’hésita pas à se resservir dans plusieurs plats, et à remplir le verre de Barrett. Il avait laissé la grue en papier bien en évidence pour ne pas l’oublier. “Je n’oublie pas non plus ton couvre-feu”. Une manière de lui indiquer qu’il pouvait le ramener chez lui à tout moment, s’il le souhaitait. Il avait peut-être remarqué que le jeune homme était un peu tendu face à Naoko.
 
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Message posté : Dim 4 Juin 2017 - 18:03 Message
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– Évidemment que je ne dis pas non. affirma Barrett avec le sourire.

Encore une fois, le jeune homme serait prêt à aller à Tombouctou, rien que pour découvrir de nouvelles contrées. Raphaël devait certainement s'en douter à présent. Tout comme il devait réaliser que le traducteur était, finalement, assez facile à combler, comme le prouvait le repas de Yuriko. Même si les mets en questions avaient été trois fois moins divins, il aurait été enchanté. Comme quoi, il avait beau être compliqué à bien des niveaux, sur certains autres, il était quelqu'un de très « simple ». Sauf quand il s'agissait des gens, en général. Surtout des gens qui ne correspondaient pas aux profils qu'il avait l'habitude de côtoyer. Et à ce niveau, les enfants figuraient certainement au sommet des « inconnues ». Quoique, les bébés devaient certainement être encore au-dessus dans ce classement. De fait, Barrett ne fut pas spécialement à l'aise devant la nouvelle venue. Et apprendre que Raphaël ne la connaissait pas non plus ne le rassura pas beaucoup. Qu'allaient-ils faire s'ils étaient tous deux incapables d'agir comme il fallait avec cette enfant ?

Heureusement, le téléporteur était infiniment plus à l'aise et sociable que l'agent junior. Ce dernier resta prudent, retenant presque sa respiration, mais il fut rassuré de voir son compagnon de voyage savoir à peu près quoi faire ou dire. Cependant, décidément les relations humaines étaient de vraies montagnes russes, la petite ne fut pas très expressive. Et comment ils allaient faire, du coup ? Allez Barrett, on se calme.Tu peux le faire, observer cette petite et laisse ses mouvements, ses mimiques et ses gestes te donner les informations dont tu as besoin.

Bien.

Il ne restait plus qu'à savoir quoi faire de ces informations.

La simplicité de l'équation rendait paradoxalement la chose assez compliquée pour notre linguiste. Il pouvait toutefois compter sur Raphaël pour le mettre dans la bonne direction. Ainsi, sans comprendre véritablement les intentions initiales de leur nouvelle camarade, Barrett réalisa qu'elle désirait simplement jouer. C'était peut-être là l'angle général pouvant expliquer sa présence. Bref, toutes ces réflexions firent que le jeune Américain ne participa pas beaucoup à l'échange. Il ne s'attarda pas non plus sur le tour de magie de Raphaël qui devait sans doute être lié à sa capacité à voler. Sans avoir l'air complètement ennuyé par ces échanges, le muté les observait avec curiosité. Jusqu'à ce que Yuriko revienne avec un autre enfant. Houlà, ça commençait à faire beaucoup. Néanmoins, leur présence ne serait pas imposée et les deux visiteurs gagnèrent même une petite intimité.

– Entendu... mais je doute qu'on soit capable de finir tout ce qu'il y a sur la table. répondit Barrett, toujours un peu stressé par sa rencontre avec Naoko, même si le calme lui revenait Merci, c'est gentil. Je crois que ça pourra attendre la fin du repas. Avec les voyages et les discussions qu'on a eu, j'ai un peu forcé sur mes capacités et je pense qu'il vaudrait mieux éviter que je me mette à avoir des migraines ou à saigner du nez. Ça ne serait pas très respectueux pour Yuriko-san.

Son endurance mentale aurait pu être un peu plus performante si le jeune homme ne s'était pas laissé entraîné dans plusieurs paniques successives. Entre le métro, les dangers de contacts, leurs voyages et l'effort qu'il avait fait pour laisser Raphaël le toucher, le muté avait dépensé pas mal d'énergie. Et la délicieuse nourriture de Yuriko ne suffirait malheureusement pas à recharger ses batteries convenablement. D'habitude, Barrett était assez précautionneux avec l'usage de ses pouvoirs, mais aujourd'hui, il s'était un peu laissé aller. Inconscient, encore, que Raphaël était en grande partie responsable de cela. Un morceau de poisson raffiné entre les baguettes, le jeune homme relança la conversation :

– Tu as l'air habitué d'interagir avec les enfants. Tu en côtoie souvent ? J'avoue que je n'ai pas trop l'habitude. Mais tu as dû le remarquer. il s'était montré moins nerveux qu'en cas de contact physique imminent, mais ça s'était bien remarqué tout de même Je ne sais jamais quoi leur dire ni même comment. avoua-t-il ensuite.

Pourtant, s'il avait conscience de la nature de ce repas, assimilable à celle d'un repas romantique, peut-être qu'il ne parlerait pas d'enfants... Plus encore s'il était au courant de la situation de son interlocuteur sur le sujet.
 
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Message posté : Lun 5 Juin 2017 - 12:56 Message
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Le plus simple serait sans doute de prévoir une date, dans un futur proche, pour un petit séjour italien. Ou dans tout autre pays bien sûr, Raphaël n’était pas particulièrement regardant. Il avait parcouru le monde assez de fois pour savoir qu’il y avait de la beauté partout. Cela expliquait sans doute - ah et aussi pour toutes les pertes humaines provoquées - son dédain pour la guerre. Tant de destruction de lieux absolument fabuleux. Troie par exemple, n’avait pas son pareil à son époque. Et elle avait été complètement détruite…

Ses préoccupations actuelles étaient certes moins lugubres, et Barrett s’était visiblement détendu avec le départ de l’enfant. Avait-il seulement remarqué qu’il était seul avec un homme peu discret sur ses intentions à son égard?

Hum… elle ne nous laissera sûrement pas partir avant que chacun des plats soient parfaitement propres”.

Il exagérait à peine. La fin du repas pouvait donc intervenir dans un certain temps. Surtout que la japonaise était capable de remplir les plats entre-temps, si jamais ses invités s’avisaient de faire une pause digestive. Quant à cette histoire de saignements de nez, ce n’était pas tellement le côté respectueux de la chose qui aurait inquiété Yuriko si cette mésaventure était arrivée au traducteur.

Il se resservit généreusement en sushi, et avait la bouche pleine quand Barrett lui posa une nouvelle question. Ah, Hermès et les enfants. Toujours une question délicate. Ne serait-ce qu’à cause de ce qui était arrivés aux innombrables rejetons qu’il avait engendré ou à ceux qu’il avait pu adopter, comme Yuriko. L’un des inconvénients à être un dieu éternel.

Eh bien… j’ai des frères et soeurs. Et le nombre de neveux et nièces pour aller avec”. Ce qui, sans être une vérité complète, n’était tout de même pas un mensonge. Il oubliait juste de préciser que certains de ces neveux étaient aussi ses frères, ou ses cousins, voir même ses fils. Et pareil pour les filles. “Et j’ai été père moi-même”. Cette confession aussi était tout à fait honnête. En fait presque tout à fait. Il omettait juste de préciser combien de fois il avait été père. Il n’avait pas de chiffre exact en tête, mais il se souvenait encore de tous ses enfants. Pourquoi avait-il fait cette révélation? Difficile à dire. Pas pour le séduire. Malgré sa détermination à le mettre dans son lit, il n’était pas du genre à utiliser ses enfants depuis longtemps décédés pour ça. Il lui restait encore un peu de sens moral disons. Peut-être parce qu’il n’avait pas souvent l’occasion d’évoquer cette partie de sa vie. “Et tu seras probablement surpris d’apprendre que ce n’est vraiment pas si difficile. Les enfants sont des humains tu sais, et certains sont très intelligents. Enfin d’un autre côté, je suis un grand enfant moi-même, ça aide certainement”. Il haussa les épaules et ajouta, juste avant d’enfourner une nouvelle bouchée : “La plupart ont des plaisirs simples. Un tour de magie, et tu es assuré de leur mettre des étoiles dans les yeux pour la journée. Alors qu’un adulte, il faut d’abord l’emmener à Paris, puis en Egypte, et enfin au Japon. Et encore, je ne suis même pas sûr que ça suffise” se moqua gentiment Raphaël.
 
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