Années d'illusion } Jonas Bouton_vote_off
AccueilFAQRechercherMembresGroupesS'enregistrerConnexion

Années d'illusion } Jonas Categorie_1Années d'illusion } Jonas Categorie_2_bisAnnées d'illusion } Jonas Categorie_3
 

Années d'illusion } Jonas

 
Message posté : Lun 10 Oct 2016 - 7:55 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

Invité
Invité

Anonymous
Invité

Invité
Personnage
Joueur
Pour la vingt-cinquième fois depuis qu’elle avait mis les pieds dans ce café, Cait vérifia son reflet dans la vitre de son téléphone. Elle replaça la sempiternelle mèche rebelle qu’elle tripotait nerveusement, vérifia que son khôl ne s’était pas fait la malle – alors qu’elle n’avait pas bougé d’un iota depuis plusieurs minutes – et qu’il n’y avait toujours rien de coincé entre ses dents. Ce petit rituel devait intriguer le serveur qui lui jeta un coup d’œil amusé tout en continuant à essuyer sa rangée de verre. La jeune femme n’eut pas la foi de lui rendre son sourire et continua à tournicoter sa serviette entre ses doigts, qu’elle tenait toujours occupés.

Elle savait qu’elle n’aurait jamais dû arriver en avance.
C’était toujours pareil quand elle se pointait comme ça, une bonne vingtaine de minutes avant son « rencard », elle poireautait et se mettait à stresser plus que de raison, se passant dans sa tête le film des premières minutes décisives. Surtout maintenant, depuis qu’elle n’utilisait plus son pouvoir pour rattraper ses potentielles bourdes, elle s’angoissait encore plus. Elle avait beau savoir pertinemment que ce n’était pas une attitude rationnelle, elle n’arrivait pas à s’en empêcher. C’était sans doute encore au pire au vu de la personne qui devait la rejoindre.

Caitlyn avait encore du mal à se remettre de son audace. Elle aurait dû attendre encore un peu. Elle avait été embauchée au Daily Herald pendant l’été et depuis, elle n’avait fait que croiser son éditeur sans jamais échanger plus que quelques mots polis avec lui – et bredouiller comme une gourde, en ce qui la concernait. Elle voulait le remercier en personne pour son embauche, même si elle se doutait que Heather y était pour beaucoup et avait probablement appuyé sa demande auprès de son jumeau. Jusque là rien de terrible, mais elle espérait aussi évoquer avec lui quelques autres projets et puis… Et puis tout simplement lui parler, à lui.

Ils se connaissaient depuis tellement longtemps et pourtant, ils n’avaient jamais été particulièrement intimes. Heather était une amie très chère, pour qui elle était prête à tout – même à faire des choses abominables mais ce n’était pas le moment, pas du tout le monde d’y penser – et elle avait passé de nombreux weekends et vacances en sa compagnie, partant de temps à autres avec la famille Cooper toute entière. Elles n’étaient que des gamines, des adolescentes encanaillées et inséparables quand elle avait rencontré pour la première fois son frère, Jonas.

Elle ne savait strictement rien de lui hormis sa parenté avec Heather et pourtant, elle tomba instantanément sous son charme. Un coup de foudre de jeune fille qui ne reposait sur pas grand chose, mais vint à grossir avec les années : Jonas, elle le fantasmait à la folie. Joli garçon, il gagna la stature, la carrure et l’autorité de son père, tout en ayant le contact agréable et facile de sa mère. Il y avait de la force en lui, une sorte de certitude inébranlable, il était sûr et avec des convictions, toujours élégant, il parlait bien, il écrivait bien, il avait ce petit sourire et ses yeux bleus perçants et en même temps insondables… Cait n’était en rien objective quand elle le décrivait, elle en oubliait presque qu’elle représentait plein de facettes qu’il devait détester chez une femme.

Avec un peu de chance, malgré tout, il ne devait pas savoir qu’elle avait été Légionnaire. Il ne l’aurait jamais embauché autrement, pas vrai ? Heather avait certainement de l’influence sur lui, mais à ce point… ? Ses parents, ses sœurs et son frère n’avaient probablement rien dit non plus aux Cooper, avec qui ils étaient néanmoins relativement proches. Ils étaient tous plus ou moins contre sa carrière d’héroïne, mais cela faisait partie de l’intimité familiale et les Cunningham ne viendraient pas dénigrer les leurs auprès d’autrui. Heather était au courant, mais elle avait certainement « omis » ce détail. Cait avait fait de même durant son entretien d’embauche. Elle ne voulait pas déplaire à Jonas, même si s’acoquiner avec l’UNISON et prendre sous son aile un mercenaire ne devaient pas jouer en sa faveur… Avec un peu de chance, il ne saurait rien de tout cela, n’est-ce pas ?

D’un geste machinal elle baissa sa jupe jusqu’à ce qu’elle caresse ses genoux. Elle s’était habillée de manière plus classique qu’à l’accoutumée, ce qu’elle faisait toujours quand elle travaillait au journal. Elle avait simplement un peu sophistiqué sa tenue en rajoutant une veste blanche de smoking, qui tranchait avec sa robe noire indémodable. Elle portait également des escarpins, même si ses pieds échauffés s’en échappaient tant que Jonas n’était pas encore arrivé. Cait ne savait plus définir avec précision ses sentiments à son égard : il restait son coup de cœur de jeune fille, mais il était aussi le frère impitoyable qui avait « puni » Heather, l’exilant hors de Star City. Savoir qu’elle était responsable ne l’aidait pas à mieux vivre la situation, et elle s’en voulait de vouloir être proche de lui alors même que… Son père… Elle ferma les yeux quelques secondes. Il ne fallait pas songer à Bruce Cooper.

Caitlyn pouvait se voiler la face autant qu’elle le voulait, néanmoins. La fébrilité la gagnait à chaque fois que Jonas se trouvait dans les parages, alors qu’elle était maintenant une femme plus aussi écervelée qu’à l’époque. Elle se tenait, mais quand elle avait demandé rendez-vous avec lui auprès du secrétariat, elle avait bien cru que ses jambes la lâcheraient. Elle avait proposé qu’il la rejoigne dans un joli café, assez chic, à quelques pas du bâtiment et après les heures de bureau, aux alentours de dix-huit heures. Elle savait qu’il viendrait, Jonas honorait toujours ses engagements. S’il avait envie de le faire, elle l’ignorait… Et c’était peut-être ce qui l’inquiétait le plus.
 
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Lun 10 Oct 2016 - 14:16 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

Invité
Invité

Anonymous
Invité

Invité
Personnage
Joueur
Jonas n'avait pas oublié l'existence de Caitlyn Cunningham, bien au contraire. Assez étrangement, son prénom était très régulièrement venu émailler les discussions qu'il avait avec ses sœurs pour la bonne et simple raison que la jeune femme avait toujours été amie avec elles deux. Cependant, il ne s'était pas davantage rapproché d'elle qu'à l'époque où elle passait des week-ends à l'appartement des Cooper. Pour lui, c'était simplement une jeune femme que ses sœurs appréciaient et qui semblait motivée et capable, point barre.

Il devait toutefois admettre qu'Heather avait beaucoup influencé ses décisions assez récentes. Même à plusieurs milles de Star City, la demoiselle continuait d'avoir une influence sur son jumeau, bien que ce dernier restait et resterait toujours très méfiant depuis qu'il y avait eu cette trahison. Mais lorsqu'elle avait suggéré qu'il puisse embaucher Caitlyn lorsque celle-ci postulerait, il n'avait vu qu'une raison de refuser, même si une rapide enquête sur elle avait semblé faire état d'accointances avec l'UNISON. Une chance que la politique du Daily Herald soit en constante évolution et que l'organisme gouvernemental avait trouvé grâce aux yeux de l'éditeur depuis qu'ils enquêtaient sur la mort de Bruce Cooper ! Jonas attendait donc de voir jusqu'à où sa « confiance » pourrait bien aller.

Depuis l'été, période à laquelle elle avait été embauchée, la jeune femme avait fait profil bas. Elle le croisait parfois, mais restait très professionnelle et polie, bien qu'il la trouvait assez... stressée ? Un comportement assez logique si l'on partait de l'idée qu'elle n'avait jamais été spécialement à l'aise avec lui, même durant leurs années de jeunesse et il n'avait donc pas cherché à la dérider. Il fut toutefois surpris d'apprendre qu'elle avait demandé à converser avec lui à l'extérieur des locaux du Daily Herald, mais ne déclina pas le rendez-vous pour autant. D'une part, il savait que cela aurait ennuyé Heather et malgré leur relation tendue, la blesser lui procurait toujours le même sentiment de malaise impossible à fuir, puis d'autre part il n'avait aucune raison logique de refuser. Même sans compter le fait qu'ils étaient « de vieux amis », Jonas répondait simplement à la demande d'une employée jusque là très modèle.

C'est pour cette raison qu'il avait demandé à sa secrétaire de ne pas prendre de nouveau rendez-vous à partir de dix-sept heures de manière à ce qu'il ait le temps d'expédier le dernier et de rejoindre la jeune femme aux alentours des dix-huit heures ! Arriver à l'heure était primordial pour un homme digne de confiance et le trentenaire ne comptait pas changer cette habitude sous prétexte qu'il connaissait plutôt bien l'autre personne. C'est donc avec une vingtaine de minutes d'avance qu'il quitta son bureau et se dirigea vers le café sélectionné par Caitlyn. Il fut bien inspiré de partir en avance puisqu'un journaliste en profita pour le harponner lorsqu'il passa dans les escaliers et le retint une dizaine de minutes. Il arriva finalement sur place avec seulement deux ou trois minutes d'avance et trouva une Caitlyn apparemment en pleine attente, déjà installée à une table.

S'approchant de la jeune femme, traînant son habituelle pochette à la main, l'éditeur la salua dès qu'il se retrouva face à elle – le tout d'un ton poli et amical comme à l'accoutumée.

« Bonjour Caitlyn, j'espère que je ne vous ai pas trop fait attendre. J'avais prévu d'arriver plus tôt, mais quelqu'un m'a retenu à la dernière seconde. »

Ce n'était pas un mensonge et même s'il n'était pas en retard – il avait vérifié sa montre avant d'entrer – l'américain préférait commencer sur une note positive en essayant de la détendre un peu ! S'installant face à elle, Jonas jeta un coup d'oeil machinal aux environs avant de finalement reporter ses prunelles bleues sur la jeune femme. Elle avait l'air étrangement stressée, mais présentait bien. Il n'avait jamais eu à lui reprocher une tenue trop décontractée, mais gardait pourtant le souvenir d'un style vestimentaire très différent lorsqu'elle était adolescente. Comme quoi, les gens changeaient avec l'âge !
Arborant un léger sourire tout à fait machinal et factice, le Cooper joignit ses mains devant lui avant de reprendre :

« Alors, j'espère que vous ne vouliez pas me voir pour m'annoncer que finalement vous préférez démissionner ? Les autres employés ont l'air très satisfaits de votre travail, ce serait dommage. » Ce qui était encore une fois véridique. Après une légère pause, il reprit. « Et je crois qu'on pourrait passer au tutoiement puisque nous sommes hors des locaux du Daily Herald, non ? C'est toujours bizarrement de vouvoyer de vieilles connaissances. »

Ce qu'elle était assurément.
 
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Lun 10 Oct 2016 - 20:06 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

Invité
Invité

Anonymous
Invité

Invité
Personnage
Joueur
Elle n’arrivait même plus à se souvenir de ce qu’elle voulait lui dire exactement. Ce n’était pourtant pas faute d’avoir ressassé encore et encore le dialogue dans sa tête ! Allongée sur le dos dans son lit 140 – dont elle n’occupait que les côtés, la faute à un gros affaissement du matelas au centre – dans le noir et seulement bercée par les ronronnements de Sire Wellington, qui dormait paisiblement sur son ventre, elle avait réfléchi et retourné toutes les possibilités jusqu’à l’épuisement. Pourtant, ce n’était rien. Juste un échange avec Jonas Cooper autour d’un café, bien gentiment. Jonas, le frère jumeau d’une de ses meilleures amies. Son patron. Son coup de cœur d’adolescente. Son fantasme avéré depuis des années. Le beau, souriant, et si parfait Jonas.

Elle se serait giflée.

Parfois, elle en voulait à ses parents de l’avoir gavée durant toute son enfance de ces histoires de prince charmant, d’amour pour la vie, de mariage à l’église sous l’œil bienveillant du Seigneur, de l’importance primordiale de la famille et des enfants. Cela faisait partie d’elle, désormais, et elle n’était pas capable de se libérer de ce carcan dans lequel elle n’entrait jamais entièrement, pas en étant elle-même, et dans lequel aucun homme avait bien voulu s’enfermer avec elle. C’est comme ça qu’on se retrouvait à trente-trois ans dans un appart’ minable, à cumuler les jobs précaires comme une princesse tombée brutalement du nid, avec des envies noueuses qu’elle n’était pas sûre de véritablement ressentir – est-ce qu’elle voulait vraiment des enfants, ou c’était ses parents, le cercle familial, la société qui le désirait ? – et, en ce qui nous concernait en ce lundi 10 octobre, amoureuse de l’idée d’un homme plus que de sa réalité.

Parce qu’au final, elle ne connaissait Jonas que superficiellement, ou à travers les yeux de quelqu’un d’autre. Elle le voyait à travers un prisme et l’adorait avec les reflets d’un filtre – celui d’Heather, des Cunningham qui trouvait en lui un excellent parti, et des « autres » qui, même chez les détracteurs du journal, reconnaissaient le professionnalisme de Jonas. Caitlyn soupira longuement et songea pendant un quart de seconde à s’enfuir, elle aurait appelée le secrétariat et prétextée avoir eu un empêchement de dernière minute… Trop tard. Elle glissait à peine les pieds dans ses escarpins que la porte du café s’ouvrit pour laisser passer l’éditeur du Daily Herald.

Elle avait choisi ce lieu parce que la société y était connue et toujours bien accueillie, et puis, cela éviterait à Jonas de faire du trajet… Toutefois, quand tous les regards se tournèrent vers leur table, elle trouva soudainement que c’était vraiment une idée stupide. Par réflexe elle avait bondi sur ses jambes lorsqu’il approcha, sur ressort et campée sur ses talons qui ne faiblirent pas malgré le choc. Elle ne savait pas s’il fallait lui serrer la main. Ca se faisait, dans le milieu professionnel… Mais ils n’étaient pas dans les bureaux, ils se connaissaient depuis longtemps. Elle n’allait quand même pas l’embrasser non plus… Et comment elle allait lui parler ? Elle l’avait tutoyé et vouvoyé indifféremment dans sa tête. Bêtises, elle n’avait pas tranché un problème aussi évident en amont !

La foule de ses sentiments, de l’incertitude à l’inquiétude, en passant par la phase où elle se maudissait elle-même, pour finir par lui sourire largement, sincèrement ravie de le voir : tout était lisible et évident sur son visage. Comme elle ne savait pas comment agir, elle décida dans l’urgence de se calquer sur ce qu’il faisait. Aussi, elle se réinstalla sur sa chaise quand il fit mine de prendre place également.

« Bonjour Jonas, et ne vous en faîtes pas ! Je sais que vous êtes occupé. C’est déjà un plaisir… Un honneur ! Un honneur que vous ayez pu libérer du temps pour me voir. »

Elle avait fermé les yeux en se reprenant, rouvrant ses yeux en amande et pétillants sur lui pour reprendre comme si de rien n’était. Même si elle avait rosi. Cait accueillit la plaisanterie avec soulagement, elle avait grand besoin de se détendre, et d’urgence. Un rire passa ses lèvres corail tandis qu’elle secouait la tête.

« Non, rien de cela. Et merci… » Ce n’était qu’un job de tri, de scan et d’ouverture du Courrier, mais elle l’avait quand même pris à cœur. Ne serait-ce que pour ne pas décevoir Jonas et Heather… Ce serait définitivement le pire qui puisse arriver.

Elle croisa les jambes puis, quand il décréta qu’ils étaient de vieilles connaissances et que cela les autorisait à se tutoyer dans le privé, elle eut une expiration soulagée. Voilà qui la confortait dans l’illusion de proximité, même si elle avait tiqué sur le terme de « connaissance ». N’étaient-ils pas… Plus ? Non, ne pas y penser.

« Oui, bien sûr, volontiers. Je n’osais pas le faire avant que tu… Enfin, tu es le patron, le phare, je suis aveuglément ton comportement. » Elle avait dit ça d’un ton amusé et presque malicieux, cela restait vrai malgré tout. Le serveur aux verres et torchon avait bien sûr remarqué l’arrivée de son compagnon de table, et arriva donc à leur abord pour prendre leur commande avant qu’elle ne puisse enchaîner.

« Un café gourmand, s’il vous plaît. »

Il y avait le mot ‘café’ dedans, elle était donc tout à fait dans le ton de l’entretien informel mais quand même avec le boss, non ? En vérité, c’est surtout la partie ‘gourmande’ qui l’intéressait : éclair au chocolat, tartelette au citron meringuée, et autres joyeusetés la détendraient à coup sûr ! Une fois le jeune homme partit avec les commandes, Cait reposa ses yeux quasi noirs sur celui en face d’elle. Elle lui sourit puis glissa son regard le long de son col de chemine avant de reprendre.

« Je tenais à te remercier en personne. Je sais que tu as d’autres choses à penser et à faire que de te pencher sur les demandes d’une fille que tu as déjà dû supporter pendant plusieurs vacances. Tu n’étais pas obligée, mais tu l’as fait, alors merci, ça compte beaucoup pour moi. » Elle glissa dans un geste instinctif et machinal l’une de ses mèches brunes derrière son oreille. « Je le savais, mais être à l’intérieur, ce n’est vraiment pas la même chose. Toi, et, ton père, » Le mot était sorti un peu difficilement. Comme tous les Cunningham elle avait présenté ses condoléances à Jonas et sa famille, et participé aux obsèques officielles. L’épreuve avait été horrible. « Vous avez vraiment réussi à bâtir quelque chose de solide et d’impressionnant. Ça me fait d’autant plus plaisir, » Merde, c’était ressorti. Tant pis. « Que tu ais pu dégager du temps pour moi, je sais qu’il est précieux. »

Elle croisa et décroisa ses jambes, frottant un peu nerveusement ses cuisses entre elles. Jonas devait se douter qu’elle ne l’avait pas invité à venir ici seulement pour lui dire à quel point elle était reconnaissante – même si elle aurait pu – mais elle ne savait pas comment aborder la suite de l’entretien.

« Tu le sais sûrement déjà, mais j’ai passé du temps avec Heather cet été. » Un mois, entre juin et juillet, en Louisiane. « Tu lui manques vraiment beaucoup. » Elle n’était pas exactement au fait de tous les détails, bien qu’elle sache ce que lui reprochait Jonas. Ce n’était pas vraiment ses affaires, même si elle avait la fâcheuse tendance à vouloir y mettre le nez… La dernière fois, avec pertes et fracas.

« Désolée, je tourne un peu autour du pot. Ça fait longtemps qu’on se connait, mais, nous n’avons jamais vraiment parlé posément, non ? J’ai l’impression de te connaître depuis toujours, mais, tu as toujours été un peu mystérieux, aussi. » Ah, le beau brun..blond ténébreux. « Alors, je ne sais pas si je peux te parler franchement. Je ne devrais pas me sentir aussi nerveuse mais je le suis, c’est bizarre. » Confessa-t-elle finalement, avec un petit sourire presque intimidé.
 
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Lun 10 Oct 2016 - 22:39 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

Invité
Invité

Anonymous
Invité

Invité
Personnage
Joueur
Elle avait l'aie extrêmement stressée et s'en était presque amusant, sauf que Jonas ne voulait pas la mettre mal à l'aise et se contenta d'un sourire poli tandis qu'elle bafouillait. Au final, la proposition qu'il fit de se tutoyer sembla sincèrement la soulager et le Cooper songea qu'elle parviendrait peut-être à offrir une discussion normale. Ou pas. Ils n'avaient jamais été spécialement proches et même si Heather avait glissé quelques allusions durant leur jeunesse – qui pouvait laisser croire que Caitlyn l'appréciait à sa manière – il n'avait jamais cherché à savoir ce qu'il en était vraiment. Au lieu de cela, il préféra rester sur ses acquits et attendre qu'elle déballe la raison de cette réunion inhabituelle.

Mais il dût patienter le temps que le serveur vienne prendre leur commande et Jonas se contenta d'un café bien noir – même s'il en avait déjà bu une certaine quantité – avant de reporter son attention sur la jeune femme lorsqu'ils se retrouvèrent tous seuls. Son entrée en matière ne l'étonna guère : il s'attendait à des remerciements. Caitlyn devait se douter qu'Heather avait certainement plaidé en sa faveur pour qu'elle intègre plus rapidement l'équipe du Daily Herald – le tout sans avoir besoin de se coltiner les teste habituels – mais il doutait que ce soit la véritable raison de leur discussion. Ça, elle aurait parfaitement pu le faire en demandant un rendez-vous dans son bureau, si elle l'avait fait sortir du cadre du travail c'était sans aucun doute parce qu'elle avait un sujet plus personnel à aborder.... ou alors il la connaissait encore plus mal qu'il ne le croyait.

Mais non, même si elle tourna autour du pot en parlant du Daily Herald et de ce que ça représentait réellement – des paroles qui lui firent sincèrement plaisir d'ailleurs – la jeune femme en arriva finalement au cœur du sujet. Jonas voyait bien qu'elle était très agitée et se doutait que cette conversation ne lui venait pas naturellement, mais si elle le faisait, c'était certainement pour une bonne raison, non ? Il doutait qu'Heather lui ait demandé de plaider en sa faveur, même si elle avait d'ores et déjà exprimé son désir de revenir à Star City. C'était certainement de son propre chef que la brune tentait de régler les choses et rabibocher les jumeaux jadis inséparables. Il resta toutefois obstinément silencieux, la fixant avec calme et patience jusqu'à ce qu'elle commence à s'empêtrer et ne s'arrête. Très bien, il allait devoir prendre un peu les choses en main avant qu'ils ne puissent réellement parler du nœud du problème ! C'est donc avec une aisance qui témoignait d'une habitude que Jonas reprit la parole :

« Non, je crois que ça n'a rien de bizarre. Je ne suis pas naïf ou aveugle tu sais, j'ai parfaitement conscience que mon comportement général et ma manière de faire peut mettre les gens mal à l'aise. » Il haussa légèrement les épaules. « Et ce n'est pas qu'avec toi que je suis... mystérieux ou cachottier, comme tu préfères, c'est une habitude. Même Casey ne peut pas se targuer d'avoir droit à mes confidences en fait, alors, tu n'as pas à le prendre pour toi. C'est simplement mon éducation qui m'a forgé ce caractère. Heather est un peu pareille, mais elle est beaucoup plus sociable que moi, c'est la principale différence. »

Il était de notoriété publique que Bruce Cooper, pourtant éditeur d'un journal, était un maniaque de l'anonymat. Il refusait que la moindre information privée ne filtre et avait seriné pendant des années à ses enfants qu'ils devaient veiller à ne jamais rien laisser transparaître. L'espace d'un instant, le trentenaire se demanda comment Caitlyn réagirait si elle savait qu'il allait jusqu'à faire signer des contrats interdisant de divulguer la moindre information, à toutes les petites amies qu'il avait pu avoir – et aurait. Mais ce n'était pas le genre de sujet qu'il abordait avec la meilleure amie de sa jumelle, aussi enchaîna-t-il sur la suite :

« Mais je sais pour cet été, oui. Ça lui a fait beaucoup de bien de ce qu'elle m'a dit. » Cette fois-ci, malgré tous ses efforts, le ton de sa voix fut un peu plus amer. « Elle me manque aussi, mais ce n'est pas le problème. Les sentiments ne doivent pas diriger une vie et même si je préférerais amplement qu'elle soit là avec nous, ce n'est malheureusement pas possible. » Il sonda le regard de Caitlyn, l'observant d'un air inquisiteur. « Et vu comme elle me parle toujours de toi, j'imagine que tu as eu droit à sa version et non à l'officielle ? »

Afin de ne pas semer de rumeur dérangeante, les Cooper avait prétendu que l'éloignement de la jeune femme n'était pas lié aux fiançailles rompues après l'accident de Bruce, mais bel et bien à l'insécurité croissante de Star City. Casey était restée, mais les gens connaissaient son côté « tête brûlée » tandis qu'Heather avait toujours joué le rôle de la bonne petite fille obéissante. Alors la thèse de la jumelle éloignée pour sa sécurité était passée comme une lettre à la poste ! Mais quelques personnes – dont les concernées – savaient que la belle s'était envolée parce que son frère jumeau désapprouvait l'une de ses fréquentations. Restait à savoir si c'était la raison qui avait poussé Caitlyn à demander cette entrevue.
Le serveur revint vers eux au même moment, apportant leurs commandes avant de s'éloigner. Dès qu'ils furent à nouveau seuls, le trentenaire conclut :

« Alors ne te gêne pas, parle comme tu le sens. »
 
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Mar 11 Oct 2016 - 20:39 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

Invité
Invité

Anonymous
Invité

Invité
Personnage
Joueur
Jonas s’exprimait toujours avec une clarté impeccable et déroutante. Si elle n’était pas aussi sensible à ses charmes, elle se sentirait probablement frustrée et gourde, gauche, face à quelqu’un qui semblait bien peser la moindre de ses paroles. Non, pire. L’éditeur paraissait ne même pas réfléchir à ce qu’il disait, alors que tout lui venait limpidement, clairement, comme une évidence. Il énonçait des vérités sur son comportement comme s’il s’agissait de considérations factuelles, c’était une prise de recul et un détachement qu’elle lui enviait réellement. Elle qui était tout bonnement incapable de prendre de la distance avec ce qui lui tenait à cœur, aurait bien besoin de quelques stages – approfondies et en tête-à-tête, seul à seule… Non. Cait secoua la tête, balayant négligemment ses pensées qu’elle aurait sûrement gloussées à un autre interlocuteur. Mais certainement pas au premier concerné, qui posait sur elle ses belles prunelles glacées.

Dans sa vie la jeune femme s’était facilement déclarée, franche et incapable de séduire subtilement, néanmoins Jonas bénéficiait d’une exception. Il n’était pas n’importe qui, et elle était à peu près certaine qu’il réagirait mal à une approche directe. Sans compter qu’elle aurait franchement du mal à se regarder dans le miroir si elle essayait de charmer le fils de… Enfin. Voilà. De toute manière, elle ne l’avait jamais intéressée et ce n’est pas maintenant qu’elle lui triait son courrier qu’il allait la remarquer.

Cela dit, lui rentrer dans le lard à propos de sa sœur jumelle n’était sûrement pas la bonne technique non plus pour se faire bien remarquer. Elle ne l’avait même pas fait exprès. A dire vrai, Caitlyn n’avait pas été sûre d’aborder le sujet en entrant dans ce café mais… Voilà, maintenant, elle n’avait plus le choix. Jonas n’avait pas fait semblant d’ignorer la perche et lui posa même une question. Toutefois, c’est sur sa déclaration précédente qu’elle tiqua, « Elle me manque aussi, mais ce n’est pas le problème ». Pour la jeune femme, cela n’avait absolument aucun sens ! Cela se vit encore une fois physiquement : elle grimaça et s’agita légèrement sur sa chaise, repliant ses jambes en arrière et fuyant le regard de son compagnon de table. Il fallut mordre sa langue au moins deux fois pour conserver un silence poli et une attitude digne. Jonas, consciemment ou non, ouvrit les vannes lorsqu’il annonça qu’elle n’avait pas à se gêner.

« Je ne comprends pas. » Non pas qu’elle fut bécasse – ou en tout cas Jonas le tairait certainement s’il le pensait – cependant elle butait sur sa façon de penser. « Tu l’aimes et elle t’aime, c’est ta sœur. Même si tu considères qu’elle a fait une erreur, pourquoi tu te fais souffrir et tu la fais souffrir autant pour une histoire… Qui ne s’est pas passée, en plus. » Elle avait bien entendu sa remarque sur les sentiments, aussi elle enchaîna directement. « On est d’accord ce n’est pas bon de se laisser porter par ses sentiments sans garde-fous, » ce qu’elle faisait exactement, mais passons. « Mais de là à tout repousser, juste, pourquoi ? »

Elle restait relativement soft, puisqu’elle n’abordait pas le fond qui la tracassait plus encore. Pour le moment.

« Apparemment, tu n’as pas apprécié la personne qu’elle fréquentait. Votre père non plus… » Elle déglutit doucement. « Il se trouve que je connais le garçon en question. » Précisa-t-elle par souci de transparence. Ses prunelles balayèrent la tête et remontèrent prudemment vers le visage de Jonas. Quand elles s’arrêtèrent dans son regard clair, elle eut un sursaut. « Ce n’est pas moi qui les ai fait se rencontrer ! Ce n'est pas ce que je suis venue dire ! »

Toutefois, si elle avait dû associer mentalement des personnes dans ses connaissances, elle aurait certainement fini par mettre Heather avec Adrian. Sur bien des points ils se ressemblaient et elle demeurait persuadée qu’ils seraient… Heureux, ensemble. Elle se demandait si Jonas avait été jaloux. Inquiet. Possessif ? Elle n’en savait trop rien.

« Il la respectait, beaucoup. C’est quelqu’un qui a des défauts bien sûr, mais il est raisonnable et intelligent. » Et bien plus que benêts que Bruce avait voulu foutre dans les pattes de sa fille cadette – enfin, selon les critères et l’avis terriblement subjectif de Caitlyn. « On ne peut pas réécrire l’histoire. » Enfin, on ne peut plus, pas vrai ? « Tant pis pour ces événements, mais tu vas vous punir encore combien d’années avant de passer à autre chose ? »

A force de déblatérer, elle en avait presque oublié le café fumant sous son nez. Généreusement accompagné, Caitlyn le dédaigna et avisa plutôt un chou richement garni de crème. Après un instant d’hésitation, elle renonça à croquer dedans : c’était un coup à foutre de la crème partout, et Jonas n’aurait même pas la merveilleuse idée de venir lécher. Donc, elle l’enfourna entièrement dans sa bouche. Heureusement qu’il était miniature. Pendant qu’elle mâchait en tentant – ah – de rester classe, il aurait tout le temps de la rudoyer pour avoir dépasser les limites. C’est ce à quoi elle s’attendait, en tout cas. Il n’allait pas être facile de lui causer de ses projets après ça, mais qu’est-ce qu’on ne ferait pas pour sa meilleure amie ?
 
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Jeu 13 Oct 2016 - 21:00 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

Invité
Invité

Anonymous
Invité

Invité
Personnage
Joueur
En voyant l'expression qui se dessina sur le visage de son interlocutrice, Jonas ne fut pas spécialement étonné. Il s'attendait à ce qu'elle ne comprenne pas. Malgré les années passées auprès des Cooper, Caitlyn restait une amie et non un membre à part de leur famille. Elle ignorait totalement qu'ils avaient été élevés dans l'idée que leurs idéaux passaient avant l'amour qu'ils avaient pour leur propre famille et Bruce l'avait parfaitement montré au cours de toutes ces années. Ainsi donc, Jonas aurait pu laisser sa jumelle faire sa vie avec ce type et bafouer tout ce que les Cooper – et le Herald – disaient à propos des Légionnaires, mais cela aurait réduit à néant tous leurs efforts pour les remettre à leur place. Il avait donc fait ce qu'il avait appris : il avait mis Heather sur la touche en s'assurant qu'elle ne ferait pas de bêtise, puis avait assuré la pérennité du Daily Herald.
Caitlyn ne comprendrait pas.

Il resta donc silencieux alors qu'elle prenait la parole pour exprimer ce qu'elle pensant, semblant marcher sur des œufs à chaque mot qui sortait de sa bouche. D'ailleurs, lorsqu'elle indiqua qu'elle connaissait le type en question, l'espace d'un instant le Cooper se demanda si c'était elle qui les avait présentés et qu'Heather lui avait menti sur ce point, mais elle sembla deviner ses pensées puisqu'elle s'en défendit. Soit, il la croyait volontiers et surtout, les deux jeunes femmes ne lui auraient certainement pas menti pour une telle histoire.

Jonas resta silencieux le temps qu'elle lâche tout ce qu'elle avait sur le cœur avant d'enfourner un chou à la crème en entier. Assez impressionnant il fallait l'avouer, ça n'avait presque pas touché les bords ! Caitlyn n'avait pas vraiment changée depuis tout ce temps et même s'il ne se voyait effectivement pas vivre à ses côtés, il appréciait son caractère et le côté rafraîchissant de sa spontanéité. La regardant avec sérieux, il répondit :

« J'ai toujours pensé que tu avais une grande bouche, ça ne fait donc que le confirmer. » Il esquissa un sourire sincèrement amusé. « Je parle du chou. » Pas de ses remarques. « Plus sérieusement, je ne m'attendais pas à ce que tu comprennes. Tu sais, même si tu as beaucoup participé à notre vie de famille, tu n'as jamais été la fille de Bruce Cooper, tu ne sais pas ce que ça signifie vraiment. » Il inspira profondément. « Mon père n'a pas eu des enfants parce qu'il voulait en avoir, il en a eu parce qu'il avait besoin de descendants pour prendre la suite. Heather et Casey étaient là pour permettre des mariages qui offriraient des avantages aux Cooper, pas pour qu'elles soient heureuses. »

Il avait conscience que ça devait être horrible à entendre, mais c'était la plus pure vérité. Bruce n'avait jamais été affectueux et la jeune femme avait dû le remarquer au cours de ses visites. Il n'y avait que la mère de famille qui s'était vraiment montrée affectueuse, même si elle n'avait pas de véritable volonté qui lui était propre. Les yeux du Cooper se reposèrent sur le minois de son interlocutrice après avoir observé les environs.

« Au début, je lui ai donné ma bénédiction, même si je savais que Bruce n'aimerait pas. Et puis... j'ai réfléchi. Je me suis dit que si la propre fille de Bruce Cooper commençait à fréquenter un Légionnaire, tous ses arguments n'auraient plus aucune valeur. » Il soupira. « J'admets qu'il a eu l'honnêteté de lui avouer ses liens avec eux et l'UNISON, il n'était pas obligé. Mais Heather m'a clairement dit que c'était... sérieux entre eux. Elle a annulé ses fiançailles pour lui, je ne suis pas naïf, je me doute qu'elle espérait que ça arrive avec lui. »

Elle ne l'avait jamais dit aussi clairement, mais c'était assez facile à deviner. Il n'y avait qu'à voir la manière dont elle parlait de lui ! Oh, bien sûr, la jeune femme avait toujours expliqué qu'elle ne le ferait jamais passer avant lui et Jonas la croyait sur parole, mais ce n'était pas une question de jalousie, bien au contraire. Il l'aimait suffisamment pour tout faire passer avant elle. Sauf qu'elle avait avoué ne plus être sûre de tenir le même discours après ça... et qu'il avait eu à subir la déconfiture de son histoire Ginger. Deux défaites successives qui l'avaient obligé à agir sur le moment. Ses prunelles ne quittaient pas le visage de la jeune femme alors qu'il reprenait :

« Il peut être aussi parfait qu'il veut, il reste lié à la Légion. Je n'ai pas envoyé Heather en Louisiane pour la punir, mais pour qu’elle puisse recommencer sa vie. Je lui souhaite de rencontrer quelqu'un et de fonder sa famille, mais ça n'arrivera pas à Star City. Pas avec lui. » Et il était sûr de lui en disant ça. « Le Daily Herald est trop la cible des détracteurs du CODE, je ne leur donnerais pas d'armes. Même si ça signifie que je ne verrai plus Heather autant que je le souhaiterais. Elle a des amis là-bas, on a de la famille, elle n'est pas seule. Je suis certain qu'avec son caractère elle saura s'y faire. » Après tout, c'était la sociable du duo. « Je me doute que ce n'est pas ce que tu espérais entendre, mais en acceptant de reprendre le Daily Herald, je savais que j'aurais des choix très drastiques à faire. Et elle le savait aussi. »

Elle aurait pu lui mentir, prétendre qu'elle n'avait aucune amourette et que ce n'était qu'un ami... voire ne jamais lui dire que ce type avait des affaires avec la Légion et l'UNISON. Jonas n'avait toutefois pas demandé à en savoir plus, il savait simplement son nom et son prénom, mais ignorait tout de ses capacités ou de son identité de Super et il ne comptait pas s'y intéresser davantage. Cette histoire faisait partie du passé comme Caitlyn l'avait souligné, mais il ne l'oublierait pas pour autant.
 
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Sam 15 Oct 2016 - 19:24 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

Invité
Invité

Anonymous
Invité

Invité
Personnage
Joueur
Mâchant lentement pour s’assurer que pas la moindre once de crème pâtissière n’allait s’échapper de sa bouche, Caitlyn arborait le minois concentré à la hauteur de sa mission. Mission que Jonas fut à deux doigts de foutre par terre avec sa première remarque, qui enflamma littéralement les joues de la gourmande. Elle était lisible depuis toujours, il n’aurait aucun mal à comprendre les sentiments qui la traversèrent brusquement, du « oh mon dieu il a remarqué ma bouche est-ce qu’il me fait du gringue ? » à « merde en fait il trouve que je parle trop », en passant par du « je crois que je vais m’étouffer et mourir au milieu d’un café aux pieds de Jonas Cooper ». Heureusement, elle déglutit et avala en posant son poing fermé devant ses lèvres, toussotant pour s’offrir un semblant de prestance.

« Ravie de voir que tu notes ma dignité naturelle. » Elle répondit à son sourire, cette fois moins timidement. Elle remarquait qu’il faisait des efforts pour la détendre, malgré le sujet délicat dans lequel elle avait foncé tête baissée. C’était déjà beaucoup d’égard… Toutefois, elle ne put s’empêcher de froncer les sourcils et d’arborer un air buté quand il évoqua l’éducation que les filles Cooper avaient reçue. Cela l’avait toujours grandement offusqué et déçu. « C’est complètement d’une autre époque comme façon de penser. Tu ne peux pas être d’accord avec ça… Pas vrai ? »

Elle était capable de comprendre que Jonas n’ait pas voulu entacher l’image du Daily Herald – toutefois ça ne voulait pas dire qu’elle acceptait, mais elle était en mesure de l’entendre – en revanche ce serait un gros choc d’entendre dire de sa bouche à lui, que ses sœurs existaient pour assurer des alliances au journal. Elle fut soulagée de percevoir entre les lignes que Jonas avait réagi comme il l’avait fait à cause de l’appartenance d’Adrian à la Légion des Etoiles. Que dirait-il en apprenant que Cait y avait aussi mis les pieds ? Est-ce qu’il interdirait à sa sœur de la revoir ? Elle supputait que Heather n’avait jamais lâché le morceau sur le sujet justement pour éviter cette situation… Mais elle pouvait se tromper.

« Bien sûr que c’était sérieux. Heather n’est pas du genre à papillonner… Je lui ai toujours dit qu’elle était trop sérieuse. » Elle avait parlé trop vite. Sa langue frotta contre l’intérieur de sa joue tandis qu’elle passait une main nerveuse à l’arrière de sa tête, balayant ses cheveux sombres. « Enfin, c’est elle qui a raison, je suppose… »

Voilà qui était convaincant comme rattrapage ! Certes Caitlyn n’était pas une accumulatrice d’amants, encore moins une collectionneuse de dragouilles en tout genre, mais il serait mentir de prétendre qu’il ne lui était pas arrivée de finir un peu vite dans le lit de quelqu’un. Elle ne pouvait même pas blâmer seulement l’alcool, même si ça avait joué, parfois. Jonas n’était certainement pas au courant de ces détails, même si elle venait plus ou moins de vendre la mèche. Avec ses yeux bleus qui la fixaient toujours, elle se sentait scannée et craignait qu’il anticipe la moindre de ses pensées. Est-ce qu’elle parvint, avec cela en tête, à cacher son indignation ? Pas le moins du monde. Lorsqu’il annonça de but en blanc que sa meilleure amie n’avait pas le choix, et qu’elle ne finirait jamais sa vie avec Adrian même si elle le voulait, elle fut incapable de dissimuler ce qu’elle ressentait. Ses yeux brillèrent d’une lueur colérique et sa mâchoire se contracta, en même temps que ses doigts qui pressèrent un peu trop le macaron qu’elle avait chopé entre deux répliques. La coque craquela et elle le reposa au bord de son assiette, inspirant pour ne pas parler trop vite.

« Tu parles juste comme lui, mais tu n’es pas Bruce Cooper. » Terrain glissant. « Tu as repris le Daily Herald mais tu n’es pas devenu lui, et tu ne trahiras pas sa mémoire ni le journal en agissant différemment. Le jeune garçon que j’ai connu n’aurait jamais choisi la facilité et exclu sa sœur parce que la situation ne l’arrangeait pas. » Elle mordilla ses lèvres, jaugeant s’il allait lui jeter son café au visage, puis poursuivit avec le même aplomb. « Tu ne faisais pas attention à moi, mais moi je me souviens de toi. Tu te serais battu pour Heather ! Tu aurais montré que le Daily Herald a des positions affirmées mais que ceux qui y travaillent ne voient pas les choses en noir ou en blanc. Que le monde est plus nuancé que de dire que tout ce qui a trait à la Légion doit être évité. Je sais pas. Peut-être que tu aurais convaincu ce type de quitter la Légion pour être avec elle ! Mais tu aurais fait quelque chose pour que Heather soit libre de ses choix, tout en la protégeant. »

Elle serra ses bras autour d’elle, son excitation retomba aussi vite qu’elle était montée. Son regard caressa le visage de Jonas et elle hésita, avant de souffler doucement.

« Je ne dis pas que c’est simple, je n’aurais pas aimé être à ta place et je sais que tu as fais ce que tu pensais devoir faire. Je… Je t’admire beaucoup, mais je crois que tu devrais revenir sur ta décision. Je le crois vraiment et ça me coûte de te le dire, mais ça me semblait être la bonne chose à faire. »

Elle enfourna, à nouveau, la pâtisserie toute entière dans sa bouche. La ganache avait un bon goût de framboise, réconfortant. Elle ne pensait pas recueillir une remarque amusée cette fois-ci, toutefois, elle espérait que le ton ne changerait pas drastiquement.
 
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Dim 16 Oct 2016 - 21:32 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

Invité
Invité

Anonymous
Invité

Invité
Personnage
Joueur
Jonas savait bien que Bruce avait une manière de penser qui était plus que primitive aux yeux de bien des gens, mais il n'allait pas dénigrer son père pour leur faire plaisir. Et cela même s'il avait toujours désapprouvé la manière dont il utilisait Heather et Casey. Le trentenaire avait sincèrement songé à changer cela du tout au tout le jour où il hériterait du Daily Herald, mais disons qu'il avait imaginé que ce serait bien plus tard. Même si Bruce l'avait éduqué pour qu'il soit son héritier, Jonas n'avait jamais pensé que l'homme décéderait aussi rapidement, ni aussi brutalement. La perte de son géniteur ne lui avait guère causé de déception étant donné qu'ils n'étaient pas très proches, mais il avait eu du mal à assimiler le fait que des criminels puissent l'avoir réduit au silence. Abandonner ses idéaux et laisser Heather mener sa vie comme elle l'entendait aurait été une sorte de victoire pour ces barbares et Jonas ne pouvait pas s'y résoudre.

Silencieux, il l'observa alors qu'elle reprenait la parole pour souligner que sa jumelle n'était pas du genre à papillonner et il ne put s'empêcher de relever qu'elle la trouvait visiblement trop sage. Fronçant légèrement les sourcils, le trentenaire se demanda si elle n'avait pas cherché à la pousser dans les bras de ce type et cela même si elle prétendait le contraire. Ses prunelles se teintèrent d'un peu de méfiance avant qu'il ne réponde calmement.

« Oui, être sérieuse est une bonne chose pour ne pas finir en tête des magazines à potins. »

Ce n'était pas un reproche, mais il se demandait si Caitlyn était du genre à papillonner auprès de tous les types qui lui plaisaient un minimum. Elle n'en avait pas l'air, mais bon... ils ne se connaissaient pas vraiment après tout. Il n'avait aucune raison d'avoir accès à ce genre d'information. Cependant, il semblait que toute cette histoire irritait beaucoup la jeune femme vu la lueur de contrariété qui brillait dans son regard. Un léger soupir lui échappa tandis qu'il se demandait si elle laissait son rôle de meilleure amie d'Heather prendre le pas sur le reste. Au fond, il ne pouvait pas lui reprocher, n'avait-il pas laissé entendre qu'ils parlaient comme deux amis et non comme un patron et son employée ?

Avec difficulté, il l'écouta débiter tout ce qu'elle avait sur le cœur, puis baissa les yeux sur la tasse de café posée devant lui alors qu'elle dégustait une nouvelle pâtisserie. Franchement, il ne savait pas trop quoi lui répondre. S'énerver et lui faire comprendre qu'elle dépassait les limites ? Rester sage et calme et attendre qu'elle comprenne qu'il ne changerait pas d'avis juste pour lui faire plaisir ? Quelques longues secondes passèrent avant qu'il ne relève les yeux vers la jeune femme pour répondre d'un ton posé :

« Je ne choisis pas la facilité, bien au contraire vois-tu. Si c'était le cas, je me serais contenté de la laisser vivre sa vie, se marier avec son Légionnaire et bafouer tout ce que Bruce voulait et imaginait pour ses enfants. » Parce que c'était ainsi qu'il le voyait. « Tu sais qu'avant sa mort, j'étais en froid avec lui ? J'imagine qu'Heather t'a expliqué que je l'ai soutenue avec son Légionnaire, je l'avais même accompagnée en voiture jusqu'à son manoir pour qu'elle ne prenne pas le taxi. J'avais insisté auprès de Bruce pour qu'il annule le mariage arrangé et qu'elle vive sa vie comme elle le veut, alors je peux t'assurer que ce n'était pas la solution de facilité. »

Elle comprendrait certainement ce qu'il voulait dire par là, mais il ignorait jusqu'à quel point Heather avait parlé de sa vie à son amie. Oh, il soupçonnait qu'elle soit au courant des moindres détails, mais rien n'était moins sûr. Les secondes s'égrainèrent avant qu'il ne reprenne :

« J'étais décidé à prendre le chemin opposé à celui de Bruce... et puis il est mort. Je n'étais vraiment pas préparé à ça, je pensais avoir encore le temps de prendre des décisions sans me soucier de l'impact que ça aurait sur la suite... je me disais même qu'il pourrait trouver un autre héritier si je choisissais de changer de vie. Mais il est mort avant que ça n'arrive, alors si je ne veux pas trahir sa mémoire, je suis obligé de suivre la route qu'il voulait pour moi. Pour nous. » Il ignorait si elle comprendrait ou approuverait ce qu'il voulait dire. « Ce n'est ce que je voulais, mais quelqu'un d'autre en a décidé ainsi. Ces criminels ont interrompu les projets que j'avais et Heather l'a compris. Elle a aussi compris que si je continuais sur la même voie, le Herald ne s'en relèverait jamais, c'est pour cette raison qu'elle a accepté ma décision sans broncher. » Il soupira profondément. « Alors, à moins que tu ne connaisses un homme idéal pour me remplacer sans faire perdre sa crédibilité au Daily Herald, je ne vais pas pouvoir changer cette décision. »

Terminant ses paroles, il saisit la tasse de café posée devant lui et en avala une gorgée. Il était étonnamment doux, un drôle de contraste avec l'amertume qui s'installait doucement dans sa bouche.
 
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Lun 17 Oct 2016 - 19:32 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

Invité
Invité

Anonymous
Invité

Invité
Personnage
Joueur
Le silence s’égrenait avec les secondes et jetait sur eux son manteau d’angoisse et de non-dits, il laissait la place à tous les fantasmes et à toutes les craintes, ouvrait les vannes du quiproquo et les jetait dans ce bassin sans fond. Jonas n’était pas sûr qu’elle comprenne ce qu’il voulait exprimer et Caitlyn n’était pas certaine de le comprendre, ni même qu’il souhaite réellement qu’elle entende sa version. Et cette version, était-elle la vraie ?

Alors qu’il rompait le mutisme et que ses paroles fluèrent jusqu’à son oreille, avec une aisance et un calme qu’elle jalousait, Cait avait envie de hurler. Et pourquoi tu ne l’as pas laissé vivre sa vie ? Pourquoi s’opposer à ton père pour faire au final exactement ce qu’il désirait ? Pourquoi honorer sa mémoire. Bruce était un salaud. Pourquoi honorer un salaud ? Pourquoi changer d’avis, pourquoi ne pas suivre tes sentiments ? Pourquoi se battre pour le Daily Herald ? Qu’on l’enterre avec son géniteur.

Pas une de ces questions, plus brutales les unes que les autres, ne franchit les lèvres difficilement scellées de la jeune femme. Il n’y a pas si longtemps que cela – et pourtant elle avait envie de dire « autrefois » – elle aurait balancé tout ce qu’elle avait sur le cœur et aurait jaugé la réaction de son interlocuteur. Si la situation tournait mal, ou devenait incontrôlable, elle se serait contentée de rembobiner jusqu’à l’instant de sa prise de parole. Elle avait usé et abusé de cette capacité pour tester la phrase ayant le plus d’impact sur son interlocuteur, ou même juste pour se défouler, mais ce biais avait manqué de la rendre inapte à une conversation normale. Aujourd’hui, elle devenait assumer ce qu’elle disait – elle s’était interdit d’utiliser ses pouvoirs, et voulait s’y tenir. Elle n’était plus habituée.

« Oui, je savais… » Souffla-t-elle avec précaution. Elle n’avait pas l’intention de désavouer Heather, même si elle supposait qu’elle n’avait que peu de secrets pour son jumeau. « Ça a tout rendu encore plus confus. Toi, tu comprenais Heather, tu l’as toujours… »

Elle se tut et préféra boire à nouveau dans sa tasse. Le café était toujours aussi brûlant, pourtant il paraissait presque fade dans sa bouche pleine de sucre. Pourtant, pas une douceur ne viendrait atténuer la claque qui se préparait. Peu à peu la réalisation se dessina sous ses yeux, et la vérité, brutale, lui flanqua un coup dans l’estomac. Quand elle avait décidé, pleine de colère et d’indignation, de faire peur à Bruce Cooper elle avait voulu qu’il lâche la bride sur ses principes, qu’il laisse ses enfants en paix, qu’il arrête sa mainmise sur l’existence de Heather. Elle voulait la protéger de lui.

Rien ne s’était passé comme prévu, mais la suite tragique d’événements n’avait pas provoqué l’éloignement de la jeune femme et la fin de son idylle avec Adrian… Non, elle avait seulement été incapable de l’en empêcher. C’est, du moins, ce qu’avait toujours cru Caitlyn. Or, ce que Jonas lui expliquait, c’était que si elle n’était pas intervenue… Si elle avait trouvé la force de s’abstenir, non seulement leur père serait en vie, mais Heather coulerait probablement des jours heureux avec son Légionnaire. Jonas serait un homme différent également, avec moins de poids sur les épaules. Bouleversée, elle s’était réconfortée en songeant qu’elle avait échoué et tué accidentellement un homme pour améliorer la vie de ses enfants… Est-ce qu’en vérité, elle avait détruit leurs vies ?

« Non… »

Le choc fut tel que la tasse lui échappa et le reste de son contenu se répandit sur la table et ses cuisses, les brûlant au passage. Elle frappa le sol et se brisa sur le coup, alors que le talisman que Cait portait contre son sein s’activait pour lui épargner la douleur de la brûlure. Celle-ci ne lui marquerait pas moins la peau, mais au moins, elle n’en souffrirait pas pour le moment. Néanmoins, ce sont des larmes qui bordèrent ses prunelles sombres. Comment est-ce qu’elle allait pouvoir le supporter ?

« Je… Je suis désolée, tellement désolée… » Le malheureux Jonas devait la trouver bien émotive – ce qu’elle était, assurément – mais ne pouvait pas songer que son émotion n’était pas sincère. Son visage s’auréola de taches rouges qu’aucun pleur forcé ne saurait provoquer, et elle sanglota. « Je ne savais pas, je n’avais jamais compris… J’ai cru… » Une large noire s’écrasa sur sa main, et elle réalisa avec dépit que son khôl devait avoir maquillé toutes ses joues. Elle devait être ridicule au mieux, pitoyable au pire, et n’arrivait même plus à s’en inquiéter. Elle ne lui plaisait pas, et comment oserait-elle essayer de changer cela maintenant ? S’il savait, s’il savait… Est-ce qu’il se jetterait sur elle ? Est-ce qu’il essaierait de l’étrangler à mains nues, pour qu’elle paie ? Est-ce qu’il appellerait la police ? Elle serait foutue d’essayer – encore – de s’en tirer, et cette lâcheté qu’elle connaissait bien lui donna la nausée. « Je ne savais pas que tu vivais tout ça. Je m’excuse pour tout ce que je t’ai dit… Je ne réfléchis pas assez, je ne réfléchis jamais assez. »

Elle renifla doucement, consciente qu’il pouvait trouver ça malpoli ou sale, mais ses serviettes étaient trempées de café. Caitlyn n’osait pas le regarder. Elle ne voulait pas l’embarrasser – pas davantage.

« Est-ce que tu penses… Qu’il y a un moyen d’arranger les choses ? » Les défauts et les vieux réflexes avaient la dent dure. « Je ne connais personne qui saurait faire ce que tu fais… Je n’ai pas menti en disant que j’admirais ton travail. » Elle serra un peu ses bras autour d’elle, macula ses mains de café. La chaleur mouillée avait quelque chose d’étrangement réconfortant. « Mais il y a bien quelque chose que je pourrais faire… ? Tu n’as qu’à demain, tout, n’importe quoi. »
 
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Sam 22 Oct 2016 - 20:32 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

Invité
Invité

Anonymous
Invité

Invité
Personnage
Joueur
Jonas s'était attendu à ce que la jeune femme ne soit pas enchantée de l'entendre dire tout cela, mais de là à la voir expédier sa tasse de café par terre en redécorant au passage ses vêtements, il y avait une marge ! Malgré lui, il sursauta en la contemplant d'un air étonné, puis sa bouche s'entrouvrit de surprise en voyant qu'elle pleurait. Elle pleurait ? Très franchement, c'était certainement la première personne qui agissait ainsi depuis bien longtemps. Heather ne pleurait jamais, Casey non plus, quant à ses collègues... inutile d'envisager qu'un homme d'affaires allait fondre en larmes devant lui ! Non, la dernière fois que Jonas avait vu quelqu'un pleurer, c'était sa mère lors de l'enterrement de Bruce, mais c'était on ne peut plus normal. Là... disons qu'il avait du mal à comprendre ce qui pouvait la faire réagir ainsi, tout simplement ! Le trentenaire la dévisageait, un peu inquiet en voyant qu'elle s'était renversé le contenu de la tasse sur les cuisses. Elle allait encore se récolter une brûlure bien douloureuse ! Par sa faute ? Il l'ignorait encore.

Les explications arrivèrent, approximatives et le Cooper se demanda si c'était le fait de savoir qu'il se forçait ainsi qui la faisait pleurer, ou le fait qu'elle avait compris que sa meilleure amie ne reviendrait jamais vivre à Star City. Peu doué pour consoler quelqu'un, Jonas resta silencieux et immobile alors qu'elle pleurait encore pour finalement glisser une main vers sa poche et en tirer un paquet de mouchoirs qu'il tendit à la demoiselle.

« Tiens. » Ses yeux restèrent posés sur le minois de la jeune femme. « Il ne faut pas te mettre dans cet état-là Caitlyn, vraiment. Tu sais, ce n'est pas si catastrophique que ça. Je n'ai pas à me plaindre même si ce n'est pas exactement ce que je voulais, je m'en sors tout de même mieux que la majorité des habitants de cette ville. » Il eut un sourire indéfinissable. « Surtout que comme certains l'ont souligné, la mort de mon père m'a mis à la tête de la famille Cooper alors qu'il m'aurait certainement déshérité si je lui avais tenu tête. »

Pourtant, connaissant Heather, Caitlyn devait savoir que l'argent n'était pas réellement important pour les enfants Cooper. Il aurait été prêt à travailler à la chaîne dans le fast-food du coin si cela avait été la seule solution pour que sa sœur jumelle ait la vie qu'elle souhaitait. Mais les choses s'étaient déroulées autrement et le trentenaire n'était pas homme à rester accroché au passé. C'était le meilleur moyen d'avoir des regrets, par conséquent il préférait songer à l'avenir et oublier ces détails.

« Quant à Heather, même si je sais qu'elle regrette son Légionnaire, elle est encore jeune. Elle trouvera un autre coup de foudre plus intéressant pour elle. Sans vouloir te vexer. » Vu qu'elle avait dit connaître ce type. « Tu n'as pas besoin de te mettre dans des états pareils, même si tu aimes Heather, rien ne vous empêchera de continuer à vous voir après tout. »

Peut-être même qu'elle finirait par déménager pour se rapprocher de Star City ? Du moment qu'elle ne revenait pas pour ce type, Jonas s'en fichait – il en serait même heureux ! Mais il savait que sa jumelle ne défierait pas ses « ordres » et qu'elle ne ferait rien sans sa permission. Ce qui rendait cette décision entre plus difficile d'ailleurs.
Le jeune homme se pencha légèrement pour jeter un coup d’œil au sol.

« Tu t'es brûlée, on devrait aller à l'hôpital pour vérifier que tu n'as rien. Je t'aurais bien suggéré d'aller passer ça sous l'eau, mais je doute que tu réussisses à le faire avec le lavabo vu l'endroit en question. » Il essayait de changer un peu de sujet pour la rassurer. « Mais vraiment Caitlyn, tu n'as pas à être désolée ou quoi que ce soit, tu n'y peux rien et de toute manière, personne d'autre qu'Heather n'est au courant si ça te rassure. Tu n'aurais pas pu deviner, même si tu l'avais souhaité tu sais. »

Il soupira doucement, posant ses avant-bras sur la table – le côté propre – avant de joindre ses mains en observant toujours le minois de la jeune femme. Il ne semblait pas dérangé ou indisposé par le maquillage qui décorait ses joues et pour une bonne raison : Jonas s'en moquait. Pour la première fois depuis bien longtemps, il avait ressenti une sorte de pincement au cœur en la voyant aussi triste. Même s'ils n'avaient jamais été très proches, elle n'en restait pas moins une amie pour ses sœurs et rien que pour cette raison, Jonas avait une forme d'affection pour elle.
Dans un sourire encourageant, il conclut :

« Les choses sont arrangées autant que possible. Heather a peut-être été expatriée, mais elle pourra mener une vie tranquille là-bas et c'est tout ce qui importe. Encourage-là à refaire sa vie avec quelqu'un et elle pourra certainement revenir s'installer en ville. »

Une manière d'expliquer que le problème majeur restait donc cette amourette. Mais, étrangement, il doutait qu'elle change quelque chose compte tenu de ses liens avec le type concerné.
 
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Lun 24 Oct 2016 - 19:47 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

Invité
Invité

Anonymous
Invité

Invité
Personnage
Joueur
« Je suis désolée. » Répéta-t-elle, le plus sincèrement du monde, alors qu’elle tendait la main pour récupérer le paquet de mouchoirs.

Aussi triste qu’embarrassée, Caitlyn aurait voulu se cacher pour lui épargner ses larmes mais elle n’aurait alors pas été en mesure de l’écouter… Jonas ne pouvait pas comprendre complètement son émotion, toutefois il paraissait compatir à sa détresse avec honnêteté et c’était, déjà, extrêmement précieux. Bien qu’elle s’en voulut de ressentir ce sentiment-là, maintenant. Elle n’avait pas le droit de désirer l’affection d’un Cooper.

Elle masqua un nouveau sanglot irrépressible dans le tissu et s’y moucha, dans une tentative de dissimulation habile. Un second mouchoir vint lui essuyer les joues et ramasser le maquillage qu’elle s’était appliquée à poser quelques heures plus tôt, pour paraître sous son meilleur jour. Elle n’était toujours pas convaincue que Jonas n’ait pas à se plaindre, ou que Heather trouve quelqu’un d’autre à aimer… L’éditeur pouvait le penser, mais était-ce pour la rassurer, se rassurer, ou un peu les deux ? Les tissus serrés en boule dans son poing, elle leva des yeux presque timides en sa direction.

« Je… J’ai quelque chose à te dire. » Les mots, tremblants, s’étaient échappés tout seuls d’entre ses lèvres, rougies, qu’elle avait mordues. Il avait le droit de savoir, après tout ça… Peut-être qu’il verrait les choses autres, peut-être que ça le soulagerait ? Il la détesterait sûrement… Trouverait-il la force et la volonté de lui pardonner ? Et puis, Heather… Adrian… Comment réagiraient-ils ? « Je voulais te faire la surprise, et à Heather aussi, mais vu les circonstances… Enfin, c’est bientôt votre anniversaire, tu as peut-être prévu quelque chose, mais je voulais organiser… Pas forcément à Star City, si tu préfères. » Elle s’en voulait d’être aussi faible. Elle tenta malgré tout de lui sourire. Cait avait dès le début de la conversation eu l’intention de parler du 26 octobre, mais ce n’est évidemment pas ce qu’elle avait été sur le point d’avouer. « Qu’est-ce que tu en penses… ? »

Il remarqua qu’elle avait pu être brûlée, et Cait baissa ses prunelles sur ses cuisses à peine protégées par un fin collant noir. Le spectacle ne devait pas être très beau à voir là-dessous. Elle n’avait pour rien au monde envie d’aller à l’hôpital – sans voiture qui plus est, le trajet était long et pénible – néanmoins elle avait conscience que Jonas proposait sûrement par politesse, mais qu’il avait certainement autre chose à faire que de perdre du temps à cause de sa maladresse.

« Merci, c’est gentil, mais je ne vais pas t’embêter avec ça. J’irai plus tard… » Mensonge, elle déglutit. Elle essaya à nouveau de sourire, ce qui n’était pas aisé face aux mots doux qu’il souffla. « J’aurais pu essayer de comprendre, encore plus… Ou te demander sans tirer de conclusions toute seule. » Chose qu’elle avait tendance à faire également. A la tête du Daily Herald, il devait avoir l’habitude d’être jugé par des personnes ne comprenant rien à rien, il n’avait pas besoin qu’on lui sorte le même discours en privé. « On te juge assez comme ça, je peux pas prétendre être une sorte de… » Elle était quoi ? L’amie proche de sa jumelle, mais c’est autre chose qui vint. « D’amie, et moi aussi te juger en croyant tout savoir. Je n’aurais pas dû, et je suis vraiment désolée. »

Elle esquissa un nouveau sourire, cette fois moins forcée, qui s’accentua un peu quand il évoqua un possible nouvel amour pour Heather… Peut-être. Eldoth semblait avoir tourné la page, même s’il était difficile de présumer de ce qui se passait dans cette tête trop pleine, Heather pourrait sans doute faire de même ?

« J’essaierai… Mais ça n’a jamais été mon domaine de prédilection, les hommes. » Elle eut un rire discret, soufflé par le nez. Cait se pencha ensuite vers son sac et constata, avec un profond dépit, qu’il avait également été arrosé par le café. Un serveur s’était précipité pour éponger et leur donner des serviettes pour se tamponner, mais ça avait été trop tard pour sauvegarder le contenu de son bagage. Avec malgré tout un mince espoir, elle tira une pochette maculée de tâches brunes. « C’est pas vrai… » Quelle idée de ne pas investir pour avoir du matériel en plastique, aussi ! L’enveloppe cartonnée n’avait pas été déçue du voyage. Elle l’ouvrit avec précaution et ne put que regretter de voir les dessins qu’elle avait faits, humidifiés et brunis par le café. Elle sortit quand même la première feuille et la déposa sur la surface, nettoyée par le serveur, de la table. D’un geste elle le tourna en direction de Jonas, qui put discerner et reconnaître sans difficultés l’élaboré croquis d’une robe de bal.

« Heather m’a parlé plusieurs fois d’un grand gala de charité qui aura lieu fin novembre… J’ai compris que la cause lui tenait à cœur, en tout cas. Elle s’est lamentée plusieurs fois de ne pas avoir de vêtement qui convienne à l’événement, élégant et original. Je me suis dit que ça pouvait faire une idée de cadeau… » Elle n’aurait pas les moyens de la lui faire confectionner cela dit, à moins d’aller emprunter de l’argent à sa famille – ce qu’elle avait l’intention de faire. « Je n’ai pas beaucoup d’idées, cette année. » Leurs anniversaires avaient toujours été l’occasion de joutes d’originalité, à laquelle des deux ferait le présent le plus étonnant et juste. L’éloignement, la peine de cœur de Heather et les nombreux problèmes de Cait avaient quelque peu endommagé la tradition.

Elle serra un peu les jambes et un frisson la parcourut des pieds au bas de l’échine. Le talisman n’avait pas une durée illimitée, et la brûlure commençait à être douloureuse. Par réflexe elle passa la main sur la cuisse, grimaça fugitivement avant de sourire à Jonas, à nouveau. « Je voulais avoir ton avis. »
 
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Mar 25 Oct 2016 - 11:49 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

Invité
Invité

Anonymous
Invité

Invité
Personnage
Joueur
Il prit garde à ne pas la dévisager alors qu'elle essuyait ses larmes et le maquillage qui maculait ses joues. Elle n'avait certainement pas envie d'être observée alors qu'elle « s'épanchait » pour la première fois depuis qu'ils se connaissaient ! C'était assez surprenant, mais pas forcément en mal. Jonas avait toujours pensé que Caitlyn était une fille assez émotive sous ses airs assez « durs » et il était plutôt content de ne pas s'être trompé. Mais il aurait tout de même préféré que ce soit à une autre occasion, même sans être sentimental ou sensible, le Cooper n'était jamais content de faire pleurer une amie à ses sœurs.

Lorsqu'elle reprit en annonçant qu'elle avait quelque chose à lui dire, Jonas la regarda d'un air interrogateur, se demandant ce qu'elle pouvait bien avoir en tête. L'idée de la surprise pour leur anniversaire le toucha plus qu'il ne l'aurait pensé, peut-être parce que c'était l'une des rares personnes – en dehors de Casey – à avoir cherché à les réunir depuis qu'Heather s'était rendue en Louisiane. Il ne répondit pas immédiatement, un peu hésitant sur le choix à faire. Fort heureusement, l'état de ses cuisses lui offrit un petit répit avant de répondre – pour une fois que les cuisses d'une femme lui sauvaient la mise ! Il secoua légèrement la tête comme si elle disait une bêtise, ce qui était un peu le cas.

« Ne sois pas ridicule, tu ne m'embêtes pas si je te le propose. » Il soupira légèrement. « Et tu as bien fait. Si ça te rassure, tu es la première personne à essayer de ramener Heather à Star City et ça me fait plaisir de voir que tu tiens autant à elle. Au moins tu connais toute l'histoire et tous les points de vue maintenant, ce n'est pas plus mal. Au final, tu es aussi concernée vu ton amitié avec mes sœurs. »

Il était toutefois loin de se douter qu'elle était concernée d'une autre manière, sans quoi ses sourires n'auraient pas été aussi sincères ! Il aurait même pu essayer de la tuer de ses propres mains. Non pour venger la mort de Bruce qui, au final, n'avait jamais été un vrai père pour lui – plutôt un géniteur – mais pour lui faire payer ce qu'elle avait involontairement fait subir à Heather. Une action qui avait fait effet papillon et chamboulé les vies de tous les Cooper, Casey y comprit. Même si elle et Jonas s'étaient considérablement rapprochés depuis le départ d'Heather, elle avait aussi beaucoup subi maintenant que son frère était en première ligne.

Mais il ignorait tout et lorsqu'elle parla des hommes, il se demanda durant quelques secondes si elle essayait de lui faire comprendre qu'elle préférait les femmes. À ce moment, se relation avec Heather pourrait être totalement différente et même s'il essayait de se souvenir si elle avait eu des amourettes durant leur jeunesse, Jonas ne s'en souvenait plus. Non, ce n'était peut-être qu'une formulation étrange ? Au fond, ça ne le regardait pas, il s'abstint donc de poser la question et attendit qu'elle sorte une pochette tachée de café d'où elle tira une feuille de papier qu'elle ouvrit sur la table. C'était un beau croquis représentant une robe relativement jolie. Levant les yeux sur elle en se demandant ce qu'il était censé comprendre, Jonas fit le lien avec l'anniversaire et le cadeau qu'elle devait vouloir faire à la Cooper. Heather n'avait jamais collectionné les vêtements, elle n'était pas superficielle, mais lorsqu'elle en achetait de nouveaux, c'était toujours des pièces uniques réalisées par des jeunes talents en devenir. Alors, porter la robe dessinée par une amie serait certainement une chose qui lui ferait sincèrement plaisir.
Un sourire ourla ses lèvres alors qu'il répondait :

« Je crois que c'est une excellente idée. Heather n'est pas du genre à collectionner les vêtements, alors je crois que ça lui ferait sincèrement plaisir d'avoir un modèle dessiné par sa meilleure amie. C'est d'autant plus vrai si elle en a besoin pour ses galas de charité. Elle te fera certainement de la publicité d'ailleurs. » Mais le ton de sa voix montrait bien qu'il plaisantait. « Tu te débrouilles très bien, je suis étonné que tu ne te sois pas lancé dans une carrière de styliste plutôt que de trier le courrier au Daily Herald. »

Il n'essayait pas de la flatter grossièrement pour la persuader qu'il était le gentil frangin attentionné, c'était sincère. D'ailleurs, il ne lui avait toujours pas répondu au sujet de l'anniversaire surprise et de la potentielle venue d'Heather à Star City. Jonas avait très envie de dire oui, mais il craignait vraiment que d'anciens démons ne se manifestent – qu'au sens figuré fort heureusement. Cependant, avait-il le droit de priver sa jumelle, sa sœur et Caitlyn d'une occasion pareille ? Au pire des cas, ils s'arrangeraient pour que ça reste discret.
Après quelques instants de silence, il reprit donc :

« Et pour la surprise... je pense que c'est là aussi une bonne idée. Je ne vais pas te cacher que je suis un peu inquiet à l'idée de la voir revenir à Star City, surtout que les responsables de l'accident n'ont pas été retrouvés.... » Celui de Bruce, donc. « … mais d'un autre côté j'ai envie de la revoir et je ne peux pas m'absenter pour aller en Louisiane. On se débrouillera pour que ça reste assez discret, même si vous voulez inviter d’autres amis, ça ne sera pas un problème. Considère que vous avez ma bénédiction. »

Elle pourrait même voir pour organiser ça avec Casey, laquelle serait ravie de pouvoir préparer une fête réjouissante plutôt qu'un enterrement ou le départ d'une sœur.
 
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Jeu 27 Oct 2016 - 20:04 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

Invité
Invité

Anonymous
Invité

Invité
Personnage
Joueur
Caitlyn ne savait pas comment il pouvait réagir. Même si elle avait désormais compris que Jonas souffrait sincèrement de l’absence de sa jumelle, elle n’était pas certaine qu’il souhaite pour autant se confronter à elle de visu. Ne serait-ce que parce que cela rendrait la distance qui les séparait à présent encore plus évidente et douloureuse… Son hésitation lui fit craindre un refus, alors que ses prunelles sombres le fixaient et le suppliaient silencieusement. Il semblait tout de même heureux de sa tentative – même si cela ne lui disait pas s’il était d’accord pour autant. De but en blanc et sans réfléchir, elle souffla dans la foulée :

« Oui. » Elle tenait énormément à Heather, c’était une amie, comme une sœur, un point de repère, une confidente et quelqu’un à qui elle avait toujours tout dit. Seule les circonstances de la mort de son père restaient un secret. « Et c’est aussi pour toi. » Elle avait enchaîné si vite et l’avait inclus avec tant de naturel qu’elle songea, un peu trop tard, qu’il risquait de finir par la trouver collante, voire déplacée. Elle finit de se sécher les yeux avec le mouchoir et referma le paquet contenant les épargnés, qu’elle lui tendit avec un petit sourire reconnaissant. « Merci. »

Cait avait beau connaître extrêmement bien Heather, et être également proche de Casey, elle ne serait jamais de taille en la matière avec le jumeau de la première et frère de la seconde – les Cooper étaient peut-être moins démonstratifs que les Cunningham, mais pas moins une fratrie très unie. Aussi elle lui faisait entièrement confiance pour déterminer si cette idée de cadeau en était une bonne, et fut soulagée d’entendre son avis en la matière.

« Ouf, tant mieux. Je n’étais pas sûre de mon coup… Tu sais quoi offrir, de ton côté ? » Elle rangea soigneusement le dessin dans un feuillet plastifié, histoire de ne pas aggraver davantage son état. Il ne lui restait plus qu’à trouver un couturier suffisamment doué pour réaliser une création s’inspira au mieux de ce qu’elle avait tracé. Lorsqu’il la complimenta, des rougeurs s’étirèrent immédiatement sur ses joues pleines et elle haussa les épaules par réflexe.

« C’est gentil, mais je n’ai pas de diplôme, ou de talent particulier. » Elle ne savait pas si Jonas se souvenait seulement qu’elle avait, tout comme lui, entrepris des études de droit jamais terminées. Elle n’avait pas poursuivi à l’université, dans quelques domaines que ce soit, se concentrant sur sa carrière sportive et ses missions en tant que Légionnaire. En revanche, ses perspectives actuelles étaient quelque peu différentes et elle avait également espéré pouvoir faire ses preuves autrement au Daily Herald… Elle était chanceuse d’être entrée dans le journal, même par la petite porte, mais elle aspirait à une évolution. Elle était modeste, mais également ambitieuse. « J’ai déjà beaucoup de chance de travailler pour toi. » Sans être passée par la case du recrutement, qu’elle n’aurait peut-être jamais réussie. De plus, elle se demandait si le poste n’avait pas été créé pour elle : l’équipe de trieurs était déjà nombreuse avant son arrivée. « Je saisirai les occasions d’évoluer quand elles se présentent. J’aimerais devenir illustratrice au journal, mais je sais que je ne suis pas seule. » La promotion interne n’était pas une chose facile dans les entreprises, ça se bousculait souvent au portillon – même si le fond de commerce des Cooper avait le vent en poupe.

Finalement, Jonas accepta l’idée de l’anniversaire surprise à Star City qui le réunirait avec Heather. Un large, très large sourire orna alors les lèvres de Caitlyn qui eut un gloussement de plaisir. Ravie, et pas du tout encline à le cacher, elle en avait presque oublié le tourment qui l’avait saisi un peu plus tôt. Elle imaginait déjà la maison décorée, les banderoles, les cotillons, les gâteaux – plein de gâteaux – les cadeaux, la musique et la joie de se retrouver tous ensemble. Si bien que lorsque Jonas fit toutefois part de son inquiétude, Cait répondit du tac au tac et avec une assurance renversante :

« Je vous protégerai. »

Sans même s’en rendre compte, elle se détachait des criminels dont elle avait fait partie. Pas sûr non plus que Jonas la prenne au sérieux, bien qu’elle le soit complètement.

« Merci Jonas, elle sera tellement contente. » Même si elle n’était pas seule et désœuvrée en Louisiane, Heather serait certainement heureuse de repasser dans une ville qu’elle connaissait si bien, et d’être entourée d’amis de longue date. J’appellerai Casey demain pour voir comment elle veut procéder. Elle a peut-être déjà plein d’idées, elle-aussi. » Une risette marqua la supposition. « J’imagine que tu as d’autres choses à faire, mais si tu as envie de quelque chose, tu le diras n’est-ce pas ? » Elle inclina légèrement la tête sur le côté, le jaugeant. « Même si tu seras aussi surpris… C’est ton anniversaire, après tout. »

Trouver un cadeau pour Jonas serait une autre paire de manches, même si quelques idées lui trottaient également en tête. Casey l’aiderait certainement à voir plus clair parmi elles.

« Tu verras, ce sera un joyeux moment. » Elle fit un signe discret à l’adresse du serveur pour qu’il vienne leur apporter l’addition. C’est, qu’à force, elle commençait vraiment à sentir le frottement douloureux du collant contre sa peau brûlée. « J’ai hâte de voir ta tête quand je sortirai du gâteau avec des oreilles de lapine et des bas. »

Il devait mieux la reconnaître avec cette attitude taquine et emballée – même s’il ne pensait peut-être pas gagner au change !

« Si tu es toujours d’accord pour m’emmener… Sinon, j’appelle un taxi. J’ai embouti ma moto il n’y pas longtemps. » Dans la voiture d’une nana qui ne le lui avait pas pardonné, aux portes du Pandémonium !
 
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Mer 2 Nov 2016 - 12:08 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

Invité
Invité

Anonymous
Invité

Invité
Personnage
Joueur
Il se contenta de lui offrir un sourire lorsqu'elle annonça que ses paroles étaient aussi valables pour lui. Jonas n'était pas homme à demander de l'aide à autrui, du moins pas dans sa vie personnelle. Pour les articles, c'était différent, bien évidemment ! Mais lorsqu'elle reprit la parole pour lui demander ce qu'il comptait offrir pour l'anniversaire de Heather, le trentenaire marqua quelques secondes de silence. Il n'avait pas vraiment songé à ce détail pour la bonne et simple raison qu'Heather avait toujours refusé qu'il apporte quelque chose lorsqu'il venait la voir pour leur anniversaire, mais cette fois-ci ce serait différent. Si elle venait à Star City, il devait marquer le coup !
Soupirant légèrement, il répondit :

« Je ne sais pas encore. En général, elle n'aimait pas que je lui fasse de cadeau alors on se réservait simplement une journée sans travail. Mais je vais y réfléchir un peu, je te demanderai conseil si tu le veux bien. »

Il esquissa un léger sourire. Au fond, Jonas connaissait certainement Heather mieux que personne, mais Caitlyn avait vu sa jumelle plus fréquemment que lui au cours des derniers mois, elle pourrait donc l'aider. D'ailleurs, lorsqu'elle fit référence à son absence de diplôme ou de talent, il secoua la tête avant de reprendre la parole :

« Il n'y a pas besoin d'un diplôme pour savoir faire quelque chose tu sais. Ce n'est pas les études qui font quelqu'un. »

Ce discours pouvait avoir l'air stéréotypé, mais la vérité c'était qu'il le pensait réellement. Ils avaient eu le même passé à ce niveau, alors Caitlyn devait comprendre qu'il ne parlait pas pour combler les silences ! Tandis qu'il la contemplait, la jeune femme enchaîna en lui expliquant qu'elle rêvait visiblement de devenir illustratrice au journal, mais qu'elle se doutait qu'elle n'était pas la seule sur le coup. Ce n'était pas faux, il y avait toujours beaucoup de postulants dans les diverses sections du journal, mais compte tenu de leur relation, Jonas n'était pas vraiment ennuyé par l'idée de lui faire une fleur. Il savait qu'Heather en serait contente, mais il n'irait pas sacrifier une bonne recrue à son profit cela dit.

« Tu sais, si tu espères aller dans cette direction, tu pourrais faire quelques formations avec eux, histoire de voir quelles sont tes capacités et ensuite on verra si on peut te proposer quelque chose ou non. Je ne vais pas te répéter qu'on veut permettre à tout le monde de progresser au sein du Daily Herald. »

Une fois de plus, ce n'était pas un discours qu'il inventait juste pour elle. Le journal avait toujours pris garde à ce que ses employés puissent bénéficier de toutes les formations possibles, voire de réorientations s'ils décidaient de changer de branche – et cela même s'ils quittaient le Daily Herald ensuite. Bien évidemment, c'était calculé puisque de nombreuses personnes décidaient d'entrer dans le journal simplement pour bénéficier de ces avantages avant de postuler ailleurs, mais choisissaient finalement d'y rester.
Comme elle lui déclarait qu'elle se chargerait de les protéger, un sourire ourla ses lèvres.

« On aura des gardes du corps pour ça tu sais, mieux vaut éviter de sacrifier ton café ou tes pâtisseries ce jour-là. »

Il pouvait avoir l'air macho à parler ainsi, laissant entendre qu'elle ne saurait pas les protéger, mais compte tenu du ton léger et du fait qu'il considérait toujours que seuls les professionnels pouvaient assurer ce genre de service, il était aisé de comprendre le sens de ses paroles. D'ailleurs, lorsqu'elle reprit pour avancer le fait que c'était aussi son anniversaire avant de parler d'une éventuelle surprise pour le moins originale, il ne se gêna pas pour sourire franchement :

« Le simple fait que tu fasses venir Heather sera mieux que tout ce que tu pourrais faire d'autre. » Ce qui était vrai. « Et même si l'idée de te voir sortir d'un gâteau ainsi vêtue est amusante, je crois que tu risquerais surtout d'attraper froid, autant rester plus traditionnel. »

Ce n'était pas habituel qu'il plaisante de la sorte et le ton de sa voix le montrait bien : même s'il avait l'air léger, il n'était certainement pas aussi détendu que celui d'un certain Légionnaire avec son major préféré ! Cela dit, l'intention y était et Caitlyn ne manquerait pas de le remarquer.
Lorsqu'elle changea de sujet pour déclarer que, finalement, elle ne serait pas contre l'idée de faire un tour à l'hôpital, il s'empressa de hocher la tête. Tirant son porte-feuille pour régler la note – et cela même si elle protestait – le trentenaire se redressa finalement avant de lui faire signe de le suivre.

« Bien sûr. Si je te l'ai proposé, ce n'est pas pour changer d'avis deux minutes après. Et puis c'est préférable d'y aller en voiture qu'en moto pour le coup. »

Elle était tout de même bien touchée, même si ce n'était certainement pas aussi grave qu'une blessure au troisième degré ! Quoi qu'il en soit, Jonas attendit de savoir ce qu'elle préférait faire, quitte à l'aider à marcher si ses jambes l'élançaient trop, puis ils se dirigèrent vers la sortie du bar. Fort heureusement, sa voiture n'était pas garée très loin ! Il avait hésité à venir à pieds, mais avait opté pour l'autre solution comme il devait rendre visite à une vieille connaissance de son père plus tard dans la soirée. Après avoir laissé la demoiselle s'installer à l'avant, il contourna le véhicule puis s'installa sur le siège passager. Sans perdre davantage de temps, ils prirent la direction de l'hôpital où elle pourrait faire examiner ses brûlures. Il bavarda assez peu pendant le trajet, mais le fit tout de même avant de stationner sa voiture non loin de l'entrée, puis de sortir de la voiture pour lui ouvrir la portière.

« Tu veux que je t'accompagne au cas où tu dois attendre ? Que tu ne sois pas seule. »

Et, pour le coup, ça ne le dérangerait pas du tout !
 
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Mer 9 Nov 2016 - 0:47 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

Invité
Invité

Anonymous
Invité

Invité
Personnage
Joueur
« Merci Jonas ! Tu ne sais pas à quel point c’est important pour moi. »

Elle aurait pu susurrer gentiment, timidement ses remerciements et espérer en silence que l’éditeur du Daily Herald ne survendait pas son organisation et sa prétendue générosité. Néanmoins Caitlyn n’était pas une donzelle timorée et hésitante prompte à l’acceptation passive, elle prit donc aussitôt les devants.

« Dès demain, avec ton autorisation, j’irai voir le service RH pour connaître les offres de formation… Je prendrai des cours du soir s’il faut. » A concilier avec son travail au Pandémonium ainsi que son suivi d’un charmant texan ! Son pauvre matou allait râler à force de moins la voir traîner sur son canapé et ses plaids. « J’ai beaucoup de chance. Et si ça ne fonctionne pas… Je pourrai toujours devenir ton garde-du-corps. » Sourit-elle finalement, et avec malice.

C’était un poste qui lui conviendrait, au final, même si elle était certainement trop impulsive, franche, sensible et empathique pour tenir la fonction sur la durée. Elle pourrait toujours se reconvertir en lapin de gâteau, même si Jonas n’était pas partant pour assister à sa première représentation !

« Tu es trop gentil. » Elle lui parlait de sortir en bas et pompon de lapine pour orner ses fesses et lui se souciait de sa santé, c’était adorable, mignon, même si cela lui indiquait également que Jonas n’était toujours pas le genre d’homme à saisir la première perche venue et à s’engouffrer dans le tunnel des sous-entendus. « Mais je te trouverai quand même quelque chose, tu n’as pas le choix ! »

Là-dessus ils quittèrent leur table, non sans que Caitlyn ait froncé le nez lorsque son patron sortit le premier son portefeuille. Glissant son sac sur son épaule, elle le remercia d’un mot et d’un large sourire chaleureux puis elle rejoignit la sortie. Le frottement des mailles du collant contre sa peau blessée fut d’abord désagréable, irritant, et devint au fil des pas franchement douloureux. Elle avait l’impression d’avoir les jambes en feu et que les fils resserrés découpaient consciencieusement des tranches dans sa chair à chaque passage. Songeant que la douleur passerait elle serra les dents et fit bonne figure jusqu’à la voiture qui, fort heureusement, ne les attendait pas trop loin. Elle crut pourtant être à deux doigts de défaillir lorsqu’après un trottoir, une marche lui fit face. Plier la jambe pour la gravir lui paraissait être un effort insoutenable et c’est par réflexe qu’elle saisit le bras de Jonas dans ses mains, s’appuyant sur lui pour franchir l’obstacle. La suite se déroula sans encombre et elle s’installa sur le siège passager, sans gémir !

Avec naturel Caitlyn papota durant tout le trajet, d’une part par plaisir d’échanger avec Jonas, d’autre part pour éloigner son esprit de la douleur qui l’élançait. Elle était tentée d’utiliser à nouveau le pendentif, mais elle craignait qu’en se soulageant elle en vienne à se blesser encore plus par accident. Aussi elle s’abstint, et bavassa en évoquant des souvenirs d’adolescence communs. Au détour d’une phrase anodine, d’un rieur « Tu te souviens quand Wendy » Sa sœur cadette. « A fait tout un caprice quand elle a su que je partais en vacances avec vous, et qu’elle a dit que c’était elle qui t’épouserait ? », Cait fourragea sous son jupon et sans en relever le tissu, glissa son collant au bas de ses cuisses. Rouges, quadrillées par les fibres et gonflées, la situation n’était pas grave mais le coup d’œil d’un médecin ne serait effectivement pas de trop ! Se tortillant sur le siège de l’honorable Cooper fils, Caitlyn fit tomber le collant à ses chevilles, l’enleva et le fourra dans un coin de son sac avec un soupir soulagé. « Fiou, c’est beaucoup mieux comme ça ! » Une large risette accompagna la déclaration, alors qu’elle se tint sage pour le reste du parcours.

Se sentant très princesse lorsqu’il vint lui ouvrir la portière, elle en eut les joues rosées. Elle avait beau savoir, ou en tout cas se doutait, qu’il s’agissait pour lui d’un geste coutumier mais l’attention était agréable, autant que les mots qui suivirent sa sortie de la voiture. Elle avait envie qu’il reste avec elle, pour sa compagnie et parce qu’elle avait une sainte horreur d’être seule, mais elle ne savait pas si elle était en droit de le demander. Il avait mieux à faire, et vu que son état n’était pas grave, elle risquait d’attendre longtemps. L’hésitation se lut sur son visage et dans ses yeux d’une affligeante limpidité.

« Je préférerais que tu restes avec moi, mais je ne suis pas une urgence et ça risque de traîner… Tu ferais peut-être mieux de repartir de ton côté. » Avoua-t-elle finalement avec franchise. Et plus pour le rassurer qu’autre chose, elle ajouta dans un sourire malicieux. « L’une de mes sœurs me prendra bien en pitié pour venir jusqu’ici et me ramener chez moi. » Plus vraisemblablement, elle rentrerait en taxi discrètement ou Alexander, moins occupé que les frangines surbookées, se fendrait de la secourir.

« Merci pour tout, Jonas. Pour la discussion, ton soutien, ta compréhension… Je n’oublierai pas. »

Et ça lui fendait le cœur de dire une chose pareille, dans les circonstances encore inconnues de lui.
 
Revenir en haut Aller en bas

 
Années d'illusion } Jonas
 
Page 1 sur 1Revenir en haut 
Années d'illusion } Jonas Categorie_6Années d'illusion } Jonas Categorie_8


Années d'illusion } Jonas Categorie_1Années d'illusion } Jonas Categorie_3

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Années d'illusion } Jonas Categorie_6Années d'illusion } Jonas Categorie_8

Sauter vers: