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La colonie retrouvée

 
Message posté : Sam 8 Oct 2016 - 13:43 Message
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Neuf heures, cinq cents quarante minutes, trente-deux mille quatre-cents secondes… C’était à peu près le temps qu’Anton devait passer dans la voiture en compagnie de Solveig avant qu’ils ne puissent atteindre leur destination, bien au sud de Star City. Un trajet qui leur prendrait la journée, surtout s’ils devaient rajouter une petite étape histoire de pouvoir manger un morceau, ou plus probablement se soulager. Car il n’était pas inconnu au nécromancien que les femmes étaient réputées pour avoir une vessie plus petite que celle des hommes. Bien sûr, il savait que c’était aussi une rumeur, pour avoir extirpé des vessies masculines et féminines de cadavres plusieurs fois. L’hypothèse la plus probable était que cette région de l’organisme étant plus chargée du fait de leur utérus chez les femmes, une vessie pleine leur serait plus désagréable. Enfin, il n’autoriserait pas non plus un arrêt toutes les heures, le voyage allait déjà durer assez longtemps ainsi sans qu’ils n’aient besoin de visiter la totalité des lieux d’aisance qui pourraient se trouver entre Star City et leur destination : l’île de Roanoke.

« Abigaïl a visité l’île en novembre dernier… En compagnie de son… Consort. » Pour ne pas dire parasite dont la virilité protubérante et dérisoire était une insulte totale à la Moisson, à la famille Faust et bien sûr à Abigaïl elle-même. Ah, il était d’accord que sa sœur avait des besoins, comme toutes les femmes, surtout que de tels besoins allaient et venaient quand elle se sentait plus vivante. Avec Samhain qui approchait, la nécromancienne se sentirait plus en phase avec le monde des vivants que jamais alors que le voile qui séparait les morts des vivants s’amenuisaient. « Ils ont trouvé une marque qui les a téléporté sur une autre île et qui aurait été dressée par un psychopompe de nature inconnue. Ils ont découvert le Nécronomicon original sur cette île… Enfin, Nécronomicon. C’est un raccourci de langage, je suis surpris que ma sœur se résolve à une telle bassesse sémantique. Le livre qu’elle a récupéré est beaucoup plus ancien. Peut-être qu’il appartenu même au premier… »

Anton poussa un léger soupir à la pensée de cette illustre ancêtre. Qui devait aussi être un ancêtre lointain de Solveig par ailleurs. Cela remontait à une époque où l’humanité était toute autre et il y avait peu d’information sur cet individu, si ce n’était qu’il aurait été le premier humain à dompter l’art de la nécromancie. C’était ce que murmuraient certaines entités immémoriales dans l’Abysse, des dieux de la morts plus anciens que même ceux de l’antiquité. Tellement oubliés qu’ils n’avaient même plus personne pour les vénérer. Et surtout pas Anton, il en avait eu assez avec l’Abysse, le Culte du Ver et le Dévoreur. Déjà que cette mission l’ennuyait au plus haut point… Mais voilà, il avait des choses à tester sur le terrain. C’était d’ailleurs pour cela qu’ils se trouvaient dans une voiture, appartenant officiellement à sa société et conduite par un chauffeur qui était plus mort que vif. Un golem qui avait conservé des capacités intellectuelles suffisantes pour ne pas avoir d’accident. Impossible de faire voyager le bâton nécro-galvanique ou son canon à geist dans un avion. Puis bien sûr, il y avait Solveig. Qu’il avait revu quelques fois comme suivi de ses blessures causées par le cancer nécroplasmique, qu’Anton avait réussit à transformer en entité à part entière appelée le Nécropolasme, ou Cancer. Il n’y avait perdu que quelques assistants.

« Abigaïl pense que les colons initiaux sont quelques parts… Enfin, si ce n’est pas eux, ce seront leurs cadavres ou leurs âmes. Elle ne les a pas retrouvés lorsqu’elle a récupéré le livre mais elle pense que tout est lié. Un nécromancien avait amené le livre jusqu’à la colonie puis le livre finit aux mains des amérindiens, caché dans un sanctuaire tandis que tous les colons disparaissent. Toute une colonie, cela pourrait constituer une petite ressource supplémentaire pour lutter contre les impérissables. Mais elle aimerait surtout savoir si l’un d’entre eux pourrait lui donner d’autres renseignements sur le livre… Je suppose que c’est à ce moment là que vous interviendrez ? »

Il feuilleta quelques uns de ses notes, passant des dessins et des croquis.

« Ah non, elle avait été attaquée par des chasseurs de sorcière appartenant aux Impérissables. Si nous les croisons c’est là que vous devez intervenir, donner des coups de hache un peu partout, invoquer vos machins, ne pas vous faire infecter par une morsure de rat. » Il eut un petit sourire. « Enfin, vous devez me laisser tester quelques objets que j’ai amené. C’est la raison officielle. Mais je pense que vous connaissez la raison officieuse. Ma sœur ne fait confiance qu’à nous deux pour nous occuper de quelque chose qui touche son précieux grimoire de près ou de loin. Même au sein de la cour pâle. Ah, ce climat de confiance et de bonne entente chez les morts, qu’est-ce que c’est stimulant… Ah et si vous avez envie d’aller aux toilettes, retenez vous un peu, sinon nous ne sommes pas près d’arriver. »
 
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Message posté : Sam 8 Oct 2016 - 16:13 Message
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Solveig haïssait les voyages en voiture. Et ce n’était pas que la compagnie du Dread Maker lui soit désagréable, loin de là ! C’était simplement que l’idée de devoir passer plusieurs heures enfermée dans un véhicule avec pour seule compagnie un savant fou et un chauffeur réanimé ne l’enchantait guère. Par chance, elle avait son téléphone et sa batterie était pleine. Par chance, elle n’avait que peu dormi et avait, par conséquent, des heures de sommeil à rattraper. Oh, elle ne faisait que peu de cas du manque de loquacité de son homologie masculin, ou encore de ses remarques acerbes. À dire vrai, elle appréciait les deux et s’y était même presque habituée. Presque ? Il fallait dure qu’elle avait eu l’occasion de goûter à son humour douteux lors des nombreuses fois où ils s’étaient revus au cours des semaines précédentes, tandis qu’il s’occupait de la blessure dont elle avait écopé lors de leur dernière escapade. Un penchant pour la verve noire qui ne manquait pas de trancher avec la douceur et la qualité de ses soins, si bien qu’elle avait fini par apprendre à faire impasse de l’un pour mieux apprécier l’autre. Et inversement. Finalement, leurs échanges étaient piquants à souhait, et la norvégienne aurait menti si elle avait affirmé qu’elle avait le Faust en horreur.

La Lieutenante avait été informée la veille au soir que sa présence était requise pour une mission de la plus haute importance, et qu’Anton serait son compagnon pour le voyage qui la mènerait dans une destination aussi lointaine que réputée. L’Île de Roanoke avait fait couler beaucoup d’encre et même elle, pourtant issue d’un pays étranger à ces légendes américaines, n’était pas sans savoir qu’au sein de leur organisation on la tenait pour un haut-lieu de manifestation nécromantique. Ainsi, ce serait la seconde fois que la Moisson se rendrait sur place ; La première fois la Porte-Mort y avait déniché un ouvrage recelant un potentiel incommensurable, la seconde visait à retrouver la colonie perdue pour en faire d’implacables serviteurs de l’organisation. Et en ces temps troublés par une montée en puissance fulgurante des Impérissables, ce n’était pas une force de frappe qu’il fallait négliger. Evidemment, elle n’était pas sans savoir qu’il existait une autre raison à la présence des deux officiers les plus proches de la Reine et d’aucun autre faucheur…

Bien sûr, elle avait accepté en un battement de cœur lorsqu’un messager mort était venu taper à sa porte pour la réveiller au beau milieu de la nuit, et elle n’avait pas rechigné lorsqu’il avait fallu se lever aux aurores pour embarquer aux côtés du jumeau Faust pour une escapade qui leur prendrait certainement plusieurs jours. Avec cynisme, Solveig avait pensé que cette mission n’était pas sans lui rappeler celle qu’elle avait eue avec Abigaïl à l’autre bout du Texas, et elle espérait sincèrement que cela ne se terminerait pas comme à Annville. Ce qui n’était pas pour la rassurer, c’est qu’elle se trouvait aux côtés d’Anton, et qu’il y avait de fortes chances que ça soit pire. Oh elle était mauvaises langue ? Peut-être bien. Mais qu’est-ce que ça l’amusait… Détournant son regard de la vitre impeccablement teintée derrière laquelle se mettait à défiler le paysage urbain d’une ville anonyme – ils avaient quitté Star City depuis bien longtemps – la norvégienne darda ses prunelles dans celles du Dread Maker, alors qu’un sourire amusé ourlait sa lippe.

« Je vais faire ce que je peux mais je ne promets rien. C’est tellement agréable quand vous vous occupez de moi ! Elle n’avait pas manqué d’ajouter ça sur un petit éclat de rire, et l’aurait même auréolé d’un clin d’œil si elle avait su le faire. Il ne faut pas trop tenir compte des vipères de la Cour Pâle. Beaucoup des langues qui parlent n’oseront jamais agir, et les seuls individus vraiment nuisible sont déjà sous surveillance, et je n’attends qu’un faux pas pour agir. À force d’élagage, nous finirons bien par n’avoir que les branches les plus prometteuses. »

Ça, la Lieutenante de Sang le tenait pour acquis. Elle avait d’ores et déjà placé certain de ses hommes au sein de l’organe central de la Moisson, et ils étaient ses yeux et ses oreilles au cœur de la défiance de ses paires. Et ce n’était pas qu’elle ne faisait pas confiance au Lieutenant d’Esprit et à ses acolytes, c’était simplement qu’elle avait une plus grande confiance en ses propres hommes. Et c’était d’autant plus vrai que son homologie avait un peu trop tendance à faire cavalier seul ces derniers temps ; Au sein d’une organisation comme la Moisson ce n’était jamais une bonne chose et l’avidité, tout comme son amante la soif de pouvoir, avaient quelque chose d’inexpugnable.

« Oh ne vous inquiétez pas, mon périnée se porte très bien. Musclé, comme le reste de sa personne. Son sourire ne s’élargit que plus. Donc si je résume : on se rend dans un lieu, qui va nous conduire sur une île où il n’y aura rien sinon de possibles chasseurs de tête, où on va devoir retrouver la trace d’une colonie perdue pour en faire de fidèles alliés de la Moisson et trouver des informations sur un grimoire antique ? Ma foi, ça m’a tout l’air d’un rendez-vous galant. Vous n’être pas obligé de faire tout ça pour m’inviter à sortir, vous savez. Elle appuya ses propos d’un regard taquin. Balayant la blague d’un revers de mains, elle reprit néanmoins après quelques instants : c’est tout ce dont nous disposons, comme informations ? Je vous demande parce que… Si la Porte-Mort n’a pas pu les retrouver malgré sa présence sur les lieux, c’est probablement qu’ils ne se trouvent pas sur l’île en elle-même. »

Ce n’était qu’une simple supposition, mais une possibilité tout de même et personne n’était mieux placé qu’Anton pour l’aider à y réfléchir.
 
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Message posté : Sam 8 Oct 2016 - 16:50 Message
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Anton laissa un léger sourire naître sur ses lèvres à la remarque de Solveig. Oh elle faisait partie de ses patientes préférées. Probablement parce qu’elle était consentante ? Ce qui changeait de la plupart des pauvres âmes qui étaient emprisonnées dans son asile. De la même façon elle était aussi vivante. Ce qui faisait deux paramètres qu’il rencontrait rarement chez ses sujets. Enfin, Solveig n’avait jamais eu à subir des procédures aussi invasives que la plupart des autres patients de la Moisson. Il n’avait récolté aucun tissu marquant, n’avait pas essayé d’utiliser ses ovaires pour faire pousser des monstruosités ou de découper des parties de son corps pour améliorer ses créations. Pourtant il l’avait vu son corps. Bon, pas tout en entier, mais suffisamment pour s’en faire une idée. Distrait d’ailleurs, il avait laissé ses doigts prendre le contrôle du crayon entre ses mains, esquissant sur son carnet de notes une silhouette féminine, peut-être trop fine… Heureusement que son esprit macabre rattrapa son œuvre en y ajoutant un détail des muscles présents. Il réalisait ce genre de croquis pour chacune de ses créations, y compris ses infirmières blondes de toute façon.

« J’ai bien peur que vous n’ayez vu qu’une partie des soins que je pourrais vous apporter et que vous n’apprécierez pas la suite. » Mais lui, oui, comme le révéla son sourire qui prit un aspect plus macabre. « Vous risquez aussi de vous retrouver avec plus aucune branche du tout. Ce qui n’est pas des plus pratiques. Parfois il faut savoir ménager un peu de défiance pour que l’arbre se porte bien. Enfin, cette métaphore vous va bien, le côté bûcheronne sûrement. »

Après tout il n’était pas difficile d’imaginer la jeune femme en salopette dans les bois en train d’abattre des arbres à coups de hache ? Bon, il exagérait. Il avait une imagination fertile, mais cela frôlait la dérision à ce moment là. Surtout qu’il avait vu la maîtrise martiale dont était capable de faire preuve Solveig. Une maîtrise martiale qu’il débutait seulement à pouvoir inculquer à ses golems à grand renfort de mémoire musculaire et de nécromancie. Décidément il pourrait faire de gros progrès si Abigaïl le laissait découper sa lieutenante de sang. Malheureusement ce n’était pas à l’ordre du jour. Même s’il ne doutait pas qu’un jour ou l’autre, d’une manière ou d’une autre, la norvégienne les rejoindrait dans la morte-vie. Il échangea un regard dénué de toute expression, si ce n’était cette légère folie qui l’habitait toujours à travers le rétroviseur avec elle.

« Ne vous méprenez pas, si cela avait été un rendez-vous galant vous seriez enchaînée dans le coffre pour le restant du voyage, vous vous en doutez bien. » Une idée qui ne lui déplaisait pas totalement. Pas parce que la compagnie de la lieutenante de sang était une torture, ce qui était faut. Elle était aussi tolérable que n’importe laquelle de ses infirmières, bien que moins obéissantes. Mais cela lui donnait un peu de piquant. Peut-être comme un animal à dompter… Métaphore qu’il n’utiliserait pas forcément devant elle. Ce genre d’idées venait plutôt de sa réputation et de ses désirs macabres qui alliées à sa volonté de contrôle pouvaient donner lieu à des situations… Originales. Pour lui comme ses partenaires éventuelles. Il repensa d’ailleurs à la jeune Casey Cooper. Non, aucune chance qu’une fille comme ça n’accepte la camisole. « Mais oui, les informations que nous avons sont assez maigres et le fait qu’Abigaïl n’ait pas réussi est loin d’être rassurant. » Il tourna les pages de son carnet, jusqu’à obtenir ce qu’il voulait, un dessin de l’île qu’il avait reproduit.

« Il y a beaucoup de théories sur la disparition des gens de Roanoke. Certains pensent qu’ils ont simplement été tués par les indiens, qu’ils ont été assimilés ou ce genre de choses. Ils n’ont laissé que le mot Croatoan sur leur île. Sachant qu’en fait, il s’agit d’une autre île apparemment. Même si les gens lui ont donné des significations assez excentriques. Il peut juste s’agir un moyen d’indiquer aux autres où ils se rendaient. Sauf qu’en touchant ce mot, Abigaïl a été transportée non loin de l’endroit où était caché le Nécronoimcon. Un endroit qu’elle n’a pas fouillé de fond en comble par manque de temps. Apparemment elle y aurait affronté l’esprit d’un shaman amérindien, des animaux possédant des runes annulant sa magie… Dont un serpent géant. » Il poussa un profond soupir. « Vous allez définitivement vous faire mordre avec toutes ces choses pointues qui courent. Vous êtes un challenge constant envers la sélection naturelle. »

Encore une fois il exagérait. Mais la norvégienne devenait quelque peu la proie préférentielle de ses piques verbales. Elle avait été blessée lors de chacune de ses missions avec les Faust. Bon, pour sa défense elle était vivante et considérablement fragile comparée à d’autres membres de la Moisson. Pour le moment en tout cas. Certaines rumeurs laissaient entendre qu’elle avait fait des progrès. Ce qui n’empêchait pas Anton de se demander si Solveig ne parviendrait pas à se blesser même si sa mission était juste de jouer à la poupée avec Evilyn. La présence des Faust était peut-être ce qui causait sa malchance.
 
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Message posté : Dim 9 Oct 2016 - 18:32 Message
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Le sourire amusé qui ourlait la lippe de Solveig s’élargit à la remarque d’Anton. La norvégienne devait être des rares vivantes à fouler le parvis d’Erehwon, et certainement la seule qui ait jamais occupé un rôle d’officier au sein de la Moisson. Par ailleurs, elle était proche de la Porte-Mort et cette dernière lui avait explicitement exprimé son souhait de la garder vivante à ses côtés ; Elle était son lien au monde des vivants, à l’instar d’Evilyn, quand tout la rapprochait de celui des morts dont elle faisait maintenant partie intégrante. Elle avait un pied dans chaque monde, un visage dans chaque univers. Et sa tâche, en tant que Lieutenante, était aussi de s’assurer qu’elle n’oublie pas les responsabilités qu’elle avait dans chacune des dimensions où la vie et mort s’entremêlaient dans une valse infinie. C’est pourquoi elle ne prit pas la peine de réagir à la pique du Dread Maker non. Elle savait que le jour où elle finirait sur sa table d’opération serait le jour où la Moisson n’aurait plus besoin de ses services. Et ce jour-là, que lui importait d’avoir encore une conscience propre ? Si sa fille était en mesure de prendre sa place et qu’elle n’avait plus d’autre but que de servir l’organisation dans l’après-vie ? Ce jour-là arriverait forcément. Mais ce jour-là, elle n’en aurait plus rien à faire.

« J’ai tendance à croire que faire un exemple permet d’instaurer une forme de discipline, rétorqua-t-elle en détournant ses yeux vers le paysage qui défilait à vive allure. C’était ce qu’elle faisait avec ses acolytes et les résultats étaient probants. Mais de toute façon je n’agis pas sans le consentement d’Abigaïl, je me contente de lui transmettre les informations que je glane et d’exécuter ses ordres. »

Bête et disciplinée ? Pas vraiment. L’Infuse-fiel savait conseiller sa Reine, lui obéir, mais elle savait aussi s’opposer à ses décisions quand cela s’avérait nécessaire. C’était également ce qui la différenciait des pantins qui étaient sous les ordres de la Porte-Mort, tremblant devant elle, infusant leur poison au sein de la Cour lorsqu’elle avait le dos tourné. Solveig n’était pas ainsi : sa fidélité et sa franchise envers Abigaïl étaient proprement absolues, et c’était pour cela qu’elle avait gagné sa confiance et que son avis lui importait. Ceci étant dit, le jumeau Faust marquait un point : ils ne savaient pas vraiment dans quelle mesure la Moisson était infestée par les traîtres et les parjures. En réalité, Solveig commençait tout juste à mettre en évidence l’ampleur des liens que tissaient ceux qui désiraient se dresser en lieu et place d’Abigaïl.

« Arrêtez, vous allez me faire rougir. » Ses prunelles scintillaient d’une lueur malsaine, lorsqu’elle tourna de nouveau ses prunelles vers Anton.

Peut-être qu’en d’autres circonstances, elle l’aurait pensé. Mais non, Solveig avait eu sa dose de relation glauque pour le moment. Sa dernière aventure ne remontait pas à si longtemps que ça et elle en avait encore des séquelles, aussi n’était-elle pas prête de retenter l’expérience dans l’immédiat. La seule pensée de Damnation fit courir un frisson de dégoût le long de sa colonne vertébrale, comme si elle pouvait encore sentir son appendice réticulé fouiller au plus profond d’elle. Ecœurée, elle balaya rapidement ces pensées pour se concentrer sur ce que son compagnon lui expliquait à propos de la colonie perdue de Roanoke, dont le sort – disait-il – avait été incertain. Ainsi elle avait vu juste en envisageant que l’objet de leur mission ne se trouvait pas exactement au lieu où ils se rendaient ? C’était déjà une bonne chose à savoir même si ça ne les avançait pas vraiment ; Encore restait-il à déterminer s’ils allaient en retrouver la trace une fois là-bas. Au fond, ce qu’elle craignait, c’était que les Impérissables aient fait le ménage derrière la Reine et son consort.

« Je vois, ajouta-t-elle d’un air circonspect. On ne saura rien de plus avant de se rendre sur place, donc. Elle éclata d’un rire léger, plongeant son regard dans le reflet de celui du Lieutenant de Chair. Allons cher Anton, nous savons tous les deux que vous n’en avez rien à faire que je me blesse… Tant que mon cadavre reste entier. Maintenant, si vous n’y voyez pas d’inconvénients, je vais rattraper mes heures de sommeil. Réveillez-moi s’il y a quoi que ce soit. »

Elle auréola sa remarque d’un sourire amusé, puis cala sa tête entre l’appui-tête et la vitre, continuant d’observer le Dread Maker à travers ses paupières à demi-closes. Elle ne sut pas bien à quel moment elle s’oublia dans la torpeur, bercée par le rugissement du moteur et la conduite étrangement douce du revenant. Tout ce dont elle se souvint, c’est d’avoir songé à sa réponse, sans être bien sûr qu’il y en eut une. Mais pouvait-il seulement réfuter son affirmation ? Il était convenu depuis longtemps que s’il lui portait un intérêt quelconque, c’était dans l’idée qu’elle rejoigne un jour sa collection d’infirmières blondes. Tel un enfant à qui l’on refuserait de partager son jouet favori, ainsi était Solveig déchirée comme une poupée de chiffon entre les jumeaux Faust. C’était trop imagé ? Peut-être. De toute façon elle dormait déjà.
 
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Message posté : Lun 10 Oct 2016 - 18:54 Message
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Oh oui, la fidélité de Solveig envers Abigaïl ne faisait aucun doute. Ce qui était même le fondement du problème pour Anton. Car il avait du mal à comprendre pourquoi elle était à sa position si elle n’était qu’un pantin parmi les autres. A ses yeux, un lieutenant devait toujours se trouver sur le fil discret de la rébellion, non pas parce qu’il devait se dresser contre la Porte-Mort, ce qui était impossible de toute façon, mais parce que l’on ne faisait pas plein usage de sa valeur sans faire preuve d’initiative… Et les initiatives avaient toujours le don de venir froisser les gens qui commandaient. Est-ce qu’Abigaïl avait su pour certaines de ses expérimentations avant qu’elles ne soient terminées ou qu’elles ne se soient échappées ? Non. Bien sûr, pour des projets plus gros, comme la création de son asile, il avait dû voir avec elle. Mais elle n’était pas au courant de tout ce qui se faisait dans son laboratoire, elle ignorait certaines choses et c’est ce qui lui permettait de progresser.

« Je sais, je sais. Vous êtes une parfaite petite soldate. »

Mais pourrait-elle prendre le commandement d’une armée si Abigaïl n’était pas là ? Difficile à dire. Bien sûr, il savait que la faction du sang, même si elle ne voyait généralement pas beaucoup plus loin que dans le fait d’infliger la mort, avait son utilité. Il savait que Solveig avait fait de grandes choses pour la Moisson, et qu’elle en ferait d’autre. C’était une femme de confiance et Abigaïl en avait peu autour d’elle. Mais il n’appréciait pas la déférence dont elle faisait preuve envers sa sœur jumelle alors même qu’elle s’amusait toujours à lui échapper. Peut-être que finalement, ce qui le frustrait le plus, était qu’elle était hors de sa portée. Il ne pouvait pas en faire son jouet, ne pouvait pas la faire sienne, ne pouvait pas en faire sa créature. Car elle était avant tout à sa sœur. Hum, il allait sûrement beaucoup trop dans l’introspection et s’en rendit compte à cet instant, échangeant un nouveau regard avec l’objet de ses interrogations.

« Qui sait, je pourrais peut-être avoir aussi utilité de votre esprit si jamais vous veniez à mourir. Je pourrais m’en servir pour alimenter mon canon, pourquoi pas… Au moins vous servirez à quelque chose. »

Il eut un dernier sourire, mais il savait très bien que cette conversation était terminée. Ce qui ne le gênait pas le moins du monde. Il avait à penser. Autant sur ce qu’ils allaient faire à Roanoke que sur certains projets professionnels. La Corpse Squad ne serait pas disponible avant quelques temps et la guerre contre les Impérissables s’approchait. Les pouvoirs d’Abigaïl atteindraient un sommet à Halloween, puis durant les nuits les plus longues de l’année. L’hiver était la saison des morts, et elle était plus puissante durant cette période. Lui n’avait jamais été lié à ces changements de saison, son travail étant bien moins dépendant des forces mystiques. La puissance d’Abigaïl et de la Moisson commencerait à décroître une fois le printemps venu. Ce qui laissait deux possibilités. Soit les Impérissables attaqueraient avant la nuit des morts, soit ils attaqueraient une fois que la vie aurait repris le dessus sur la mort. Ou tout du moins était-ce ce que beaucoup de gens pensaient et prévoyaient. Mais si les fanatiques voulaient prendre les morts-vivants au dépourvu, ils n’auraient qu’à attaquer quand ils s’y attendraient le moins. Donc quand leurs pouvoirs étaient à leur maximum. Restait à savoir si l’effet de surprise valait le risque encouru.

Anton passa la plupart de la première partie du voyage à griffonner sur son carnet, pendant que la lieutenante de sang roupillait à l’arrière. Typique. Il avait même repris son croquis d’elle, finissant de la dessiner, pour ensuite la découper symboliquement alors qu’il détaillait ses muscles et ses ossements. C’était purement théorique, mais il devinait sans mal où chaque organe pouvait se trouver. Bien sûr rien n’aurait valu une approche directe… Finalement, il abandonna ces recherches vaines pour se concentrer sur quelque chose de plus concret et intéressant, Roanoke. Il avait compilé de nombreuses informations rapportées par les récits d’Abigaïl mais aussi les agents du lieutenant d’esprit. Il avait une reproduction des glyphes et des runes utilisées pour repousser les morts-vivants. Il ignorait encore si elles fonctionnaient contre ses golems, mais il aurait sûrement la possibilité de le découvrir. Il y avait aussi le serpent géant qu’il avait dessiné. Abigaïl l’avait tué, mais cet animal n’avait appartenu à aucune espèce normale de la terre, c’était probablement une créature magique, dont les ossements devaient toujours se trouver sur l’île abandonnée. La voiture ne s’arrêta finalement qu’après midi, pour qu’ils puissent tout de même profiter d’un peu de temps pour manger. Anton lança un regard maussade à tout ce qui l’entourait.

« Bon. C’est votre occasion d’assouvir vos pulsions physiques. Uriner, déféquer, manger vous savez quoi. » Il eut un sourire en coin. « Si vous pensez à une autre vous pouvez toujours me demander un coup de main. Je vais aller voir si je trouve quelque chose à manger pour le reste du voyage. Vous pouvez aussi continuer de dormir dans la voiture. Vous êtes très douée pour ça apparemment. »
 
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Message posté : Mer 12 Oct 2016 - 11:27 Message
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Solveig avait pu jouir d’un sommeil sans rêve. Elle s’était simplement assoupi, emportant avec elles ses pensées les plus profondes et les piques d’Anton, pour s’oublier dans une torpeur qui ne souffrit d’aucun tressaillement. Bien sûr, elle avait de temps à autre ouvert les yeux pour s’assurer de l’endroit où ils se trouvaient, de leur progression sur le trajet, mais les images rémanentes étaient si lointaines, tellement irréelles, qu’elle n’était pas bien sûre qu’il ne s’agisse pas tout simplement du fruit de son imagination. Et qu’elle n’était, en définitive, pas certaine de l’endroit où ils se trouvaient. Anton ne l’avait pas dérangée durant sa phase de sommeil, probablement parce qu’il avait lui-même des choses à penser ; Il fallait dire que leur entreprise, si elle s’avérait risquée, était d’une importance capitale et nécessitait un minimum de réflexion. Une démarche qu’elle lui avait volontiers laissé, en ce que la raison de sa présence sur les lieux était tout autre et en ce que c’était de toute façon lui qui disposait de toutes les informations nécessaires.

Elle avait émergé quelques minutes avant que la voiture ralentisse, puis ne s’arrête, ayant profité un moment du frémissement irrégulier du véhicule sous ses membres assoupis. Lorsqu’il fut finalement à l’arrêt, elle daigna enfin ouvrir les yeux, jetant un regard éteint par la fenêtre teinté. Une aire de repos ? Elle devait en conclure qu’ils n’étaient pas encore arrivés, mais qu’ils ne se trouvaient pas non plus bien loin du lieu de leur destination. Une fois qu’elle eut émergé, la norvégienne passa la parka qui lui avait jusque-là servi de couverture et sortit hors du véhicule. Aussitôt, elle fut frappée par les embruns océaniques, qu’elle respira à plein poumons, et le froid piquant qui n’était pas sans lui rappeler sa Norvège natale. Ils longeaient la côte atlantique. Frissonnant de plaisir, la jeune femme passa ses mains dans ses cheveux pour arranger les mèches blondes qui se distendaient en épis anarchiques autour de son visage. Puis elle s’étira de toute sa longueur pour se dégourdir, coulant un regard amusé vers Anton qui ne semblait pas aussi ravi qu’elle d’être pratiquement parvenu à destination.

« Vous semblez presque aussi mort à l’intérieur qu’à l’extérieur, peut-être que dormir vous ferait du bien. Vous devriez essayer, s’exclama-t-elle dans un grand sourire. Mais allez savoir, c’était peut-être le cas ? Je vais aller assouvir autant de… pulsions physiques que possible. Elle jeta un regard dépité autour d’elle, avant de répéter : autant que possible. Si jamais vous trouvez des Krumkake, pensez à moi, sinon n’importe quoi qui soit comestible fera l’affaire. » Ah s'il en trouvait... Elle pourrait bien faire presque tout ce qu'il voulait d'elle. Presque. Mais par chance (pour elle !), ce n'était pas exactement le genre de mets qui se trouvaient à tous les étalages américains.

Et sur ces mots, elle se dirigea vers l’une des bicoques qui agrémentaient l’air de repos, une station-service d’un autre âge mais qui – par chance – disposait de toilettes dans un état plus que correct. Après avoir fait ses petites affaires, elle sortit de la station-service et dégaina son téléphone portable, dans l’espoir qu’il y ait assez de réseau pour passer un coup de fil à la nounou de sa fille, et envoyer un SMS qu’elle devait depuis longtemps rédiger. Lorsque ce fut fait, elle se dirigea vers le véhicule où l’attendait le revenant qui n’avait pas bougé. Pas d’un centimètre. Avec amusement, elle songea à quel point il était pratique de pouvoir faire se relever les morts, et à quel point la vie humaine serait facilitée si la nécromancie était une norme et non un tabou. Finit les travaux dégradants, les morts sur les chantiers, les enfants dans les usines,…

S’adossant à la voiture, la jeune femme sortit de son sac une carte de la Caroline du Nord et estima à combien de temps de route ils se trouvaient encore de l’île de Roanoke. Lorsqu’Anton fut revenu, elle ne manque pas de l’interpeller à ce propos.

« On se trouve à moins d'une heure de route. Son regard coula dans celui du Lieutenant de Chair. Je ne sais pas encore ce que vous avez envisagé, mais peut-être devrions-nous nous rendre sur l’île en bateau ? Il y a un port de plaisance à Manns Harbor où nous pourrions embarquer. On pourrait rejoindre directement le côté de l’île qui nous intéresse et ça nous éviterait de nous faire remarquer par les habitants. »

C’était le genre d’endroit où les rumeurs circulaient vite, et elle n’était pas enjouée à l’idée que leur présence soit notée sur les lieux, en particulier si les choses venaient à tourner au vinaigre et que leur venue fasse plus de vagues que ce qu’ils l’avaient envisagé.

« Mais peut-être que vous aviez déjà prévu quelque chose ? »

Un dirigiste comme Anton Faust ? Jamais.
 
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Message posté : Mer 12 Oct 2016 - 19:42 Message
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Les longues nuits de sommeil, ou même les phases de somnolence comme venait de le faire Solveig, n’avaient jamais vraiment fait partie de la vie d’Anton. Probablement parce que son cerveau était toujours en activité, toujours à la recherche de nouvelles idées, de solutions pour ses expérimentations et multiples créatures. Il avait aussi été un avide consommateur de nombreuses substances diverses et variées durant ses jeunes années. Certaines avaient d’ailleurs pour objectif de le maintenir éveiller même en plein cœur de la nuit. Après tout on ne s’amusait pas à déterrer des cadavres ou même en acheter en pleine journée. Il fallait être parfaitement discret et même aujourd’hui il avait gardé l’habitude de nuits courtes, voir même inexistante. Son statut étrange, entre la vie et la mort, l’aidait particulièrement dans ces moments là. Puis il devait concilier sa vie civile et les projets toujours plus prenants du Dread Maker.

« Je dormirais quand je serais mort, pour de bon. Vous savez, quand vous passez plus de deux siècles à ne pas pouvoir agir directement sur le monde, dormir vous semble être une perte de temps considérable. Vous comprendrez peut-être un jour… »

Quand Abigaïl n’aurait plus besoin d’elle… Ou plutôt quand Solveig aurait obtenu tout ce qu’elle pouvait obtenir du monde des vivants. Car Anton était convaincu que c’était ce que voulais Abigaïl, que Solveig puisse s’épanouir dans la vie pour le moment, développer de nouvelles capacités, puis quand elle sera moissonnée à son tour, elle serait une guerrière parfaite pour leur cause. Qui sait, elle conserverait même son libre arbitre et pourrait rester lieutenante de sang.

Enfin, pour le moment Anton était toujours vivant. Il ne prêtait plus attention à la fatigue depuis longtemps. L’un des effets secondaires de son sérum d’intelligence. Ce dernier avait toujours tendance à le maintenir éveillé. Le nécromancien marcha négligemment dans les rayons de la station service. Il observa quelques nourritures particulièrement peu recommandables mais dont il s’était délecté quand il avait récupéré un corps. Il y avait aussi de fameuses boissons énergisantes et il décida d’en prendre une par curiosité. Il attrapa quelque nourriture qui devrait leur fournir suffisamment de nutriments pour réaliser leur mission. Lorsqu’il arrive en caisse il se dit qu’un peu de politesse ne lui coûtait rien.

« Est-ce que vous auriez des krumkake ? »

« Des quoi ? » L’homme le dévisagea un instant, voyant bien à la tenue soignée d’Anton qu’il était un homme de la ville. Ce qui devait lui attirer une pointe de dédain. Encore un de ces types qui allait lui demander du jus de goyave ou des cigarettes électroniques qui se rechargeaient à l’énergie solaire.

« Krumkake. »

« C’est quoi ? »

« Honnêtement, je n’en ai aucune idée. » Il lança un coup d’œil par la vitrine pour voir Solveig. « Une lubie passagère, vous connaissez les femmes. »

« Ah les envies, elle est enceinte ? »

« Pas aux dernières nouvelles, je ne manquerais pas de lui demander. »

Sans guère plus de mots, Anton paya et se dirigea avec ses courses en main jusqu’à la voiture où attendait toujours le revenant qui jouait les parfaits chauffeurs. Ce dernier n’allait pas être très discret pour la suite. Mais ils en avaient encore besoin pour le retour. Abigaïl voulait qu’il ramène la voiture, pour une fois… S’ils arrivaient à rentrer à Star City normalement et sans que Solveig ne soit mourante, cela serait un exploit.

« Ils n’avaient pas de vos krumkakes. » Il se demanda un instant si elle n’avait pas inventé ce mot pour le lancer sur une chasse au dahu. Cela ne le surprendrait même pas. Anton tendit à la jeune femme le sac qui contenait encore un assortiment de chips, sandwichs et autres choses, ainsi bien sûr que sa boisson énergisante. Il lança un coup d’œil sur la carte. Ainsi donc elle avait déjà sa petite idée sur la marche à suivre.

« Je ne sais pas combien de temps durera l’exploration, mais il existe la possibilité que cela nous prenne plusieurs jours. C’est pour cela que je pensais qu’il pourrait être utile de nous installer dans un hôtel de l’île, puis de commencer notre inspection par où ma sœur a commencé. Il y aurait un passage près du mémorial activable par ceux qui connaissent la magie de la mort et qui devrait nous emmener sur l’autre île, celle où elle a trouvé le livre et dont nous devrions réaliser l’inspection à la recherche d’indices. » Il leva les yeux vers elle. « Je ne sais pas trop quoi penser de l’idée d’y aller en bateau pour le moment. Surtout que sortir nos outils de la voiture serait plus risqué que de les y laisser enfermé jusqu’à ce que nous soyons sûrs d’en avoir besoin. » Il pensait surtout à la hache de la jeune femme, quoiqu’elle devait l’avoir empaquetée dans quelque chose. « Sauf si vous vouliez que nous demeurions dans l’intimité d’un bateau, mais je ne sais pas naviguer et cela risquerait de bien plus attirer l’attention à mon sens. Au fait, rassurez-moi. Vous n'êtes pas à nouveau enceinte ? »
 
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Message posté : Mar 18 Oct 2016 - 0:16 Message
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Anton n’avait pas mis longtemps à revenir de sa course, ce qui n’avait pas laissé beaucoup de temps à Solveig pour apprécier son absence, ni la démarche à suivre pour la suite de leur excursion. Oh non que cela s’annonce complexe ; Un large pont permettait à l’île d’être ralliée en voiture, ce qui impliquait qu’ils passent au-travers du centre-ville, mais ils pouvaient tout aussi bien y aller en bateau. Tout dépendrait en vérité de ce qu’avait décidé Anton et de la façon dont leur séjour sur l’île s’annonçait ! Deux choses dont elle n’était pas encore certaine, mais que le Dread Maker n’allait sans doute pas tarder à lui faire partager. Alors qu’il s’était approché d’elle, lui tendant le sachet de papier contenant ses quelques mets pour le voyage, la jeune femme se figea un instant avec un léger sourire aux lèvres. Ainsi il l’avait réellement demandé ? Elle ne l’aurait pas cru. D’un autre côté, si l’on replaçait l’individu dans le contexte social qui l’avait vu naître, cela n’avait rien d’étonnant ; Anton avait vu le jour à une époque où la galanterie était une norme et non une exception. Ce qui n’empêchait pas la jeune femme de ressentir une pointe de culpabilité à l’idée de l’avoir envoyé à la recherche de quelque chose qu’il ne pouvait fondamentalement pas trouver dans un tel bouge. Et d’être touchée par son attention. Parfois, elle en venait à oublier son âge…

« Dommage… Je suis sûre que vous les auriez appréciés. » Marmonna-t-elle en jetant un œil dans le sachet qu’il lui avait ramené. De toute évidence, pas de krumkakes… Chips, sandwich, confiseries et boisson énergisante. Le cocktail parfait pour l’empêcher de dormir ! Se languissait-il de sa compagnie ? Amusée, elle coula son regard vers lui tandis qu’il la contournait pour jeter un œil à la carte qu’elle avait étalé sur le toit du véhicule.

Visiblement, le jumeau Faust avait déjà sa petite idée de la façon dont ils allaient procéder, et cela n’incluait définitivement pas un bateau. Attentive, elle prit note de chacune des informations qu’il lui transmettait, en tirant rapidement les conclusions qui s’imposaient. Ainsi, il prévoyait qu’ils demeurent sur l’île plusieurs jours, le temps de mener des recherches convenable au sujet de la colonie perdue. Pour cela, l’homme préconisait qu’ils s’installent en ville le temps de leurs recherches, prennent une chambre d’hôtel pour s’assurer un point de chute et d’avoir ainsi tout loisir d’entreposer leurs outils dans la voiture le temps de s’assurer qu’ils en aient réellement besoin. Donc le temps d’être sûrs de tenir une piste sérieuse concernant la disparition des colons de l’île de Roanoke. Ça tombait sous le sens… Croquant dans son sandwich, la jeune femme mâchonna quelques instants d’un air pensif, estimant que c’était en effet la meilleure démarche à suivre.

En l’espace d’un battement de cœur, ses prunelles avaient retrouvé celles d’Anton. Qu’avait-il dit ? La jeune femme manqua de s’étouffer, toussotant et larmoyant jusqu’à ce que son souffle – et le rire qui l’accompagnait – ne fut plus court.

« D’où vous est venue une telle idée ? Elle s’arrêta un instant. Ah, les biscuits c’est ça ? Un sourire ourla ses lèvres : bien sûr, que c’était ça. J’en mangeais tout le temps en Norvège, c’est typique de chez moi. Des fois ça me manque. Elle haussa les épaules. Alors non, rassurez-vous, je ne suis pas enceinte. »

Elle passa sur le fait qu’elle ne voyait pas en quoi le fait qu’elle n’attende pas d’enfant pouvait le rassurer pour croquer une nouvelle bouchée de son sandwich. Il aurait été fort peu probable qu’elle soit enceinte étant donné que ses dernières relations n’impliquaient pas d’individus de sexe masculin, et même si elle n’avait pas encore vraiment identifié ce qu’avait été Damnation, elle supposait qu’il s’agissait d’un être qui s’apparentait à une femelle. Elle songeait aussi que si la directrice du Hellfire Club avait voulu faire d’elle une incubatrice pour son engeance démoniaque, son entourage aurait rapidement remarqué l’empreinte occulte qui ne lui appartenait pas et que la situation aurait été réglée aussitôt. Mais non, la Moisson disposait maintenant d’une élite vampirique et elle n’avait pas enflé. Tout s’était donc passé pour le mieux. À peu de choses près.

« Cela aurait ses avantages mais vous avez raison, c’est vrai que ce serait plus pratique de procéder à votre manière. D’autant que je n’ai pas navigué depuis des années, et que nous ne sommes même pas sûrs d’avoir accès à un bateau une fois arrivés à Manns Harbor. Elle marqua quelques instants de pause. Il nous faudra juste espérer qu’ils ne soient pas complets et trouver un prétexte à notre venue sur l’île, parce que je persiste à croire qu’il faut vraiment que nous puissions assurer notre anonymat une fois sur place, en particulier si les lieux sont surveillés par les Impérissables. »

Ce qui était tout à fait probable, vu qu’Abigaïl les avait elle-même combattu lors de sa venue sur l’île. Elle ne vit pas l’intérêt de préciser que son visage était connu des colombes, les espions de la congrégation mystique, Anton le savait très bien. D’ailleurs, elle se demandait même si lui aussi n’avait pas été confronté aux immortels.

« Il faudra aussi trouver quoi faire lui… » La norvégienne désigna le chauffeur d’un coup d’œil. Inutile de préciser qu’ils pouvaient difficilement se permettre de le laisser dans le véhicule, au risque que quelqu’un le découvre. Ce qui ne manquerait pas de mettre leur discrétion à rude épreuve. Alors qu’une goutte s’écrasait sur sa pommette et roulait sur sa joue, la jeune femme darda son compagnon. « Nous devrions reprendre la route, on en parlera pendant le trajet. »

Et elle de contourner le véhicule pour prendre place à l’avant, aux côté de leur sinistre chauffeur.
 
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Message posté : Mer 19 Oct 2016 - 20:36 Message
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Anton ne savait toujours pas à quoi pouvait bien ressembler des Krumkakes. Aussi il ne faisait pas vraiment confiance à Solveig quand au fait qu’il pourrait les « apprécier ». Le nom en lui-même n’avait rien d’élégant ou de raffiné… Après c’était du norvégien. Il savait aussi que les suédois, des voisins, étaient réputés pour leur surstromming. Quelque chose qu’il n’avait pas spécialement envie de goûter non plus par ailleurs. Qui sait… Peut-être que les krumkakes étaient une spécialité à partir de panse de brebis farcie au hareng fermenté et arrosé copieusement de sang d’élan faisandé. Cela l’aurait à peine surpris. Bon, il faisait probablement le difficile, mais depuis son retour à Star City, il faisait attention à ce qu’il mangeait. Surtout histoire de ne pas reprendre ses mauvaises habitudes cannibales. Elles attiraient trop l’attention et pouvaient le rendre quelque peu… Instable.

« Si vous le dites. »

Par contre, il était plutôt rassuré de savoir qu’elle n’était pas enceinte. Il n’aurait pas un tôt d’hormones féminines trop élevé à supporter lors de leur mission. Puis s’ils s’attardaient, l’idée de voir Solveig la tête dans la cuvette en train de rendre ce qui pouvait probablement être assimilé à des krumkakes, dans son imaginaire en tout cas, ne l’enchantait guère. Enfin, il avait fait preuve d’un beau manque de professionnalisme avec cette question. Après tout, ne l’avait-il pas ausculté ? Il n’avait rien vu qui laissait entendre qu’elle serait pleine. Toutefois, il se posait des questions sur l’étrange soulagement qu’il ressentait à cette réponse, bien qu’il soit camouflé par l’irritation qu’il éprouvait à la voir rire. Le nécromancien avait refermé sa main sur l’un des sandwiches qu’il mangeait sans appétit. Ah, les krumkake étaient donc des biscuits. Ce qui n’excluait pas totalement le hareng fermenté de l’équation, ni le reste d’ailleurs.

« Simple question de routine, après tout, je suis votre médecin, non ? » Il eut un léger sourire. « En fait cette idée m’a été suggérée par le vendeur dans notre station service. Maintenant que j’y pense, ce n’est pas vraiment cohérent avec mes dernières observations vous concernant. » Après tout, Solveig, aux vues de sa taille fine, devait gonfler de manière eu harmonieuse quand elle avait un marmot qui grandissait en elle tel un cancer. Anton était bien content d’être un homme et de pouvoir faire pousser sa marmaille dans d’autres individus, ou simplement dans une cuve rempli d’un sérum nécro-alchimique de sa conception. Il avait d’ailleurs des petits embryons à surveiller avec attention ces prochains jours. Il devait compter sur ses assistants pour s’occuper de tout cela pendant son absence. Décidément, Abigaïl devrait revoir ses priorités, il était le lieutenant de chair, pas une vulgaire paire de bras.

« Je doute qu’ils soient complets à cette saison… Après tout ce n’est pas celle que tous préfèrent pour prendre des vacances. Puis je ne doute pas une seule seconde que nous trouverons bien un bouge infâme pour nous abriter. Quand à une raison de notre visite… Le tourisme est toujours une excuse valable. Si les impérissables se montrent, je ne doute pas une seule seconde qu’ils nous reconnaîtront et ce malgré de fausses identités. Surtout vous. Après tout vous étiez à Annville. »

Et Abigaïl avait laissé une sérieuse impression là-bas. La lieutenante de Sang aussi probablement. Mais étrangement, Anton s’était un peu concentré sur le fait qu’elle était revenue blessée. Puis elle s’était blessée à nouveau dans la mission à ses côtés. Les vivants étaient définitivement si fragiles, si terriblement fragiles... Parfois il ne comprenait vraiment pas la décision d’Abigaïl de ne pas le laisser opérer la blonde. Surtout quand elle avait le culot de prendre sa place ! Il l’observa s’installer devant comme si c’était son droit, arrêtant un instant de mâcher son sandwich avant de froncer les sourcils. Heureusement pour elle, il n’avait pas de scalpel sous la main.

« Le macchabée, va dans le coffre. »

Anton avait ouvert la portière conducteur et le revenant ne se fit pas prier pour obéir. Il ne restait pas beaucoup de temps avant qu’ils n’arrivent à Roanoke et c’était une façon comme une autre de cacher la présence de leur chauffeur. Puis même si Anton n’était pas de ce siècle, il avait déjà conduit des voitures. Avec plus ou moins de succès. Il s’installa donc à côté de Solveig, prenant bien soin de régler le siège à sa hauteur et de vérifier que tout était parfaitement en place avant de mettre le contact.

« Vous avez bien mis votre ceinture ? Ma sœur serait embêtée si vous mourriez bêtement. »

Puis sans le moindre avertissement, il démarra à toute vitesse, faisant crisser les pneus et envoyant le véhicule à toute allure sur la route. Un léger sourire se dessina sur ses lèvres. Il n’était pas bon conducteur, mais cela ne signifiait pas qu’il n’appréciait pas l’expérience. Puis, la belle mécanique lui rappelait parfois celle du corps humain.

« J’espère que vous n’avez pas prévu de vous installer à l’avant pour roupiller. Vous avez des idées quand à notre alibi ? Si les impérissables nous reconnaîtront, les habitants de l’île n’ont pas besoin de découvrir l’existence de la Moisson.»

 
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Message posté : Sam 22 Oct 2016 - 14:11 Message
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L’explication de Solveig concernant les biscuits qu’elle chérissait tant n’avait pas vraiment eu l’air de convaincre son compagnon de voyage, et elle ne pouvait vraiment pas l’en blâmer. Les mets scandinaves, s’ils lui paraissaient d’une banalité exceptionnelle, étaient pour le moins exotiques aux yeux des autres européens et des américains. C’était tout juste s’ils ne rivalisaient pas avec les asiatiques en termes de bizarreries culinaires, même si ces derniers les menaient toujours d’une bonne longueur d’avance. Tout le Gammelost de Norvège ne savait rivaliser avec un seul œuf de cent ans, et pourtant ce fromage était réputé pour son caractère. Mais qu’importait qu’Anton n’apprécie guère les traditions de son pays natal, ce n’était pas comme s’il comptait y séjourner un jour ! Elle balaya rapidement ces considérations, pour d’autres qui ne manquèrent pas de lui arracher un sourire. Ainsi, son intérêt pour une possible grossesse était purement médical et lui avait été suggéré par un employé de station-service ? Voilà qui manquait de sérieux.

« Et un médecin pour le moins attentionné. » Probablement aux attentions de ce qui servaient ses intérêts, ceux de sa sœur ou ceux de l’organisation. Mais c’était déjà ça de pris, non ?

À bien y réfléchir, Solveig n’était pas certaine de la démarche qu’elle suivrait dans le cas où elle tombait enceinte. Bien sûr, elle prenait toutes les précautions qu’il était possible pour que cela n’arrive pas, mais elle était bien consciente du fait que le risque zéro n’existait pas. Si elle voyait la possibilité d’un nouvel enfant comme une chance, elle savait aussi que cela remettrait en cause sa place au sein de la Moisson, que certains décriaient déjà en raison de sa… vivacité. Etrangement, elle ne craignait pas vraiment la réaction d’Abigaïl ; Après tout, c’était elle qui avait choisi de la garder vivante à ses côtés, et vie rimait bien souvent avec la procréation. En revanche, il était des proches de la Porte-Mort qui voyait d’un mauvais œil la nomination d’une jeune vivante à un poste tel que le sien. Et si elle avait déjà prouvé qu’elle en était digne, elle savait aussi qu’elle n’était pas infaillible, ni immortelle, et c’était une faiblesse qui pesait dans la balance de la Cour Pâle. Fallait-il y rajouter une grossesse ? Fallait-il priver la Moisson d’une engeance qui lui était vouée ?

La jeune femme secoua doucement la tête. Non, la question ne se posait pas pour le moment, et elle n’avait pas à l’envisager. Reportant son attention sur Anton, Solveig lui coula un regard de côté tandis qu’il lui expliquait que, à son sens, ils n’auraient pas à se préoccuper d’une éventuelle surpopulation de l’île, la période ne s’y prêtant pas. Pourtant, elle n’était pas sans savoir que Roanoke hébergeait régulièrement des célébrations de la colonisation américaine et que ces dernières étaient réputées dans les villes alentours. Par ailleurs, une affluence de touristes ne les desservirait pas forcément, bien au contraire ! On ne se cachait jamais mieux qu’en plein jour, au milieu d’une foule venue fêter la stupéfiante capacité américaine à écraser les populations locales et à s’emparer de ce qui ne lui appartient pas.

« Ils ne connaissent pas mon identité, j’étais maculée de sang. La Colombe m’a aperçue, mais rien ne dit qu’elle m’a reconnue. S’ils ne tiennent leurs renseignements que de ce qu’ils ont vu à Annville, je doute qu’ils puissent m’identifier en pleine rue. Rien ne ressemble plus à une blonde qu’une autre blonde. » Ajouta-t-elle avec un sourire presque amusé. Oh, elle ne prenait pas la situation à la légère, loin de là, mais elle pensait sincèrement qu’il aurait été difficile de savoir qui elle était. Cependant, ne sachant pas de quoi étaient faites les sentinelles des Impérissables, la norvégienne prenait toute mesure de ses affirmations. Surtout si les Impérissables avaient cherché des renseignements à son sujet. Aussitôt, elle songea à Anja et cette simple possibilité lui glaça les sangs, préférant la reléguer au rang de ses craintes les plus enfouies. Mais pas pour autant irrationnelle. « De toute façon je passerai un coup de fil, ça ne coûte rien. »

Ils avaient de faux papiers d’identité, pouvaient très bien se faire passer pour un couple de touristes venus assister aux commémorations et s’assurer ainsi d’un alibi parfaitement cohérent. Sans mot dire, la jeune femme observa le Lieutenant de Chair ordonner à leur chauffeur de sortir du véhicule pour monter dans le coffre. D’un regard circonspect, elle balaya les lieux autour d’elle, espérant que personne n’ait vu ce qui venait de se produire et fit rassurer de constater qu’ils se trouvaient seuls sur le parking. Intérieurement, elle espérait aussi qu’ils ne se feraient pas contrôler par les forces de police et surtout que personne ne viendrait se demander ce qui pouvait bien se cacher dans le véhicule pour dégager une odeur aussi pestilentielle en leur absence. Oh que ce serait ennuyeux.

Sans prendre la peine de lui répondre, la jeune femme attacha sa ceinture et observa Anton quelques instants avant qu’il ne mette le contact, se demandant si il savait seulement conduire. La suite ne manqua pas de lui faire savoir qu’il n’en était rien. Les mains crispées sur son siège, la jeune femme serra les dents alors qu’ils prenaient un virage serré qui fit de nouveau crisser les pneus du véhicule. « Ralentissez bon dieu, vous allez nous faire arrêter ! S’exclama-t-elle les yeux rivés sur la route, puis sur le rétroviseur. Au retour je conduirai sinon Abigaïl ne récupérera jamais sa voiture. » La conduite d’Anton était terrible, probablement pire que toutes celles qu’elle avait connu, et pourtant Solveig s’était rendue en zone de guerre. « Je suis pas sûre de survivre jusqu'à Roanoke, alors si je dois mourir, autant que je sois réveillée pour le voir. Un sourire amusé éclipsa néanmoins ses traits. Après quelques instants, elle répondit à sa question : couple, frère et sœur, les deux,… Dans cette partie des Etats-Unis, ce ne devait pas être si rare non ? …Venus visiter les mémoriaux de l’île ou assister aux éventuelles célébrations. Je pense que n’importe quoi fera l’affaire du moment qu’on s’en tient à une seule histoire et qu’on la rend factuelle. »
 
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Message posté : Dim 23 Oct 2016 - 14:05 Message
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Un médecin attentionné. Bizarrement ses patients évitaient d’utiliser de tels termes habituellement. Sûrement parce qu’ils se seraient bien passés de ses attentions. Mais Solveig était un cas particulier, elle était l’une de ses rares patientes qui étaient vivantes. Et surtout qu’il devait garder en vie. Les rares fois où Anton Faust travaillait sur la chair vivante, c’était bien souvent pour la rendre mort-vivante justement. Chose qu’il n’avait pas le droit de faire subir à la blonde, pour le moment tout du moins. Il continuait de fantasmer sur le jour où Abigaïl n’aurait plus besoin de la carcasse vivante de la guerrière nordique et où il pourrait la faire sienne, d’une manière ou d’une autre.

« Je me dois de protester sur ce point. Toutes les blondes ne se ressemblent pas. Certaines sont toutefois plus banales que d’autres, je peux l’admettre. » Il restait à savoir s’il considérait que Solveig en faisait partie. Bien entendu, pour lui il était clair que ce n’était pas le cas. Les blondes dont il s’entourait avaient quelque chose de plus… Qu’il s’agisse de ses douces infirmières, ses créations, d’Abigaïl ou encore finalement de Solveig. Après tout, il avait vu peu de filles aux cheveux clairs manier la hache de la même manière. « Donc c’est ça votre costume maintenant ? Vous barbouiller le visage de sang ? Ma foi, c’est original, même si je serais surpris que vous ne finissiez pas par attraper quelque chose de cette façon. Vous devez être un foyer infectieux ambulant. »

Ce qui était assez ironique venant de lui. Après tout Anton avait côtoyé son lot de maladie, sans jamais tomber malade lui-même. Peut-être parce que la majorité du temps il était comme mort ? C’était une possibilité. Il savait que lorsqu’un corps se décomposait, une partie de son ADN pouvait donner naissance à de nombreux virus, sans parler de tous les autres microorganismes qui allaient venir le digérer. C’était quelque chose que la nécromancie, ou tout du moins sa nécro-alchimie stoppait. C’était pour cela que ses infirmières étaient toujours fraîches et fringantes. Même certains des morts-vivants de sa sœur.

Concentré sur la route et ce malgré les heures qu’il avait passé à ne pas dormir, contrairement à sa collègue du moment, Anton soupira quand elle le houspilla à propos de sa conduite. Décidément, il se demandait parfois où prenait fin leur petit jeu de se marcher continuellement sur les pieds ! Il jeta un coup d’œil à l’aiguille qui lui indiquait la vitesse. Bon, il était légèrement au-dessus, mais pas de quoi dramatiser ! Mais en effet, se faire arrêter par un agent des forces de l’ordre pourrait se révéler quelque peu gênant.

« Vous n’aviez qu’à rester à votre place. J’ai besoin de visualiser l’endroit où nous allons pour réfléchir. Les gestes mécaniques de la conduite peuvent mener à un état où notre esprit s’élève, comme lorsque nous répétons une même tâche physique pendant un long moment. C’est un moment propice à la découverte de nouvelles idées… » Est-ce qu’elle avait seulement des idées ? Pas comme lui, il en était certain ! Ses idées étaient uniques. « Etat que je ne pourrais pas atteindre en conduisant si vous vous crispez comme une chatte échaudée. »

Il imaginait bien l’animal perché sur un quelconque promontoire, loin d’un bassin rempli d’eau froide par exemple. Anton n’avait pas imaginé autre chose avec cette remarque évidemment.

« Si nous sommes un couple, cela impliquerait que nous partagions la même chambre et peut-être le même lit. Enfin, tout dépend du degré de réalisme que vous êtes prête à donner à la situation. Frère et sœur, nous pourrons avoir des lits jumeaux ou bien des chambres séparées. Nous avons les ressources pour les deux de toute façon. Je n’ai littéralement aucune préférence. Après tout, si j’avais voulu profiter de vous, je l’aurais fait alors que vous étiez attachée sur ma table d’opération. » Mais il ne l’avait pas fait. Peut-être parce qu’il avait été plus absorbé par le cancer nécrotique qu’il avait extirpé du corps de la guerrière. « D’ailleurs, vous seriez surprise de la façon dont a grandi votre petit bébé. Je parle du cancer bien entendu, mais de votre fille. » Qui n’avait littéralement aucun intérêt pour lui en fait. Il n’en connaissait que vaguement l’existence.

La voiture s’engagea sur le pont qui franchissait la mer et les menait jusqu’à l’île. Roanoke. L’un des plus grands mystères de l’époque coloniale ! Même si pour Anton, cela n’en était pas vraiment un jusqu’à peu. Lors de son apprentissage de l’internet, il avait bien lu que les habitants étaient sûrement simplement repartis pour l’île de Croatoan plus au sud. Jusqu’à ce qu’Abigaïl vienne fouiner et montre qu’il y avait sûrement plus à tout cela.

« Alors, vous vous êtes décidée sur ce que nous devons être l’un pour l’autre ? Soyez certaine que quelle que soit votre décision, je ne vous prêterais pas mes jouets. » Il parlait de son bâton nécro-galvanique et de son canon. Elle ne saurait probablement pas les utiliser de toute façon. Ils étaient bien plus complexes d’utilisation qu’une hache. « L’hôtel n’est pas loin. J’espère qu’il n’est pas trop miteux. » En tant que nécromancien, Anton avait connu son lot de bouges infâmes et autres cryptes humides. Mais ce qu’Abigaïl lui avait dit sur l’endroit ne le rassurait pas beaucoup.
 
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Message posté : Dim 23 Oct 2016 - 15:37 Message
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Solveig ne se fit pas l’affront de lui demander s’il parlait d’elle lorsqu’il affirmait que certaines blondes étaient plus banales que d’autres, aussi se contenta-t-elle de considérer que cette pique lui était adressée et de l’ignorer. Comme bien d’autres avant elle. Bien entendu, la norvégienne savait qu’elle était loin d’être banale ; Après tout, peu de blondes, vivantes, pouvaient se targuer de maîtriser l’impie comme elle le faisait, et toute ne partageaient pas leur existence avec une arme runique buveuse de vie. Mais elle savait aussi que la danse qu’elle menait avec le nécromancien depuis qu’ils s’étaient rencontrés ne savait se satisfaire de repos, c’était une lutte incessante entre leurs esprits, leurs fiertés et leurs désirs de dominer l’autre. C’était entre autre pour cela qu’elle appréciait la compagnie d’Anton. Il était piquant, leurs échanges étaient pleins d’une saveur aigre-douce qu’elle appréciait tout particulièrement. Et qu’elle ne troquerait pour aucune relation de complaisance.

« Vous l’avez dit, je suis un challenge constant pour la sélection naturelle. Remarquez, ça me fait des économies de chemise, et ça vous évite d’avoir à découper quoique ce soit. »

Ceci étant dit, ça relevait une question que Solveig s’était déjà posé à plusieurs reprises. Comment n’attrapait-elle jamais rien ? Ses afflictions étaient certes d’origine mystique, mais elles restaient contagieuses et n’étaient jamais entièrement sous son contrôle. Après tout, ç’eut été comme vouloir endiguer une épidémie, quelque chose de particulièrement complexe et qui exigeait une concentration qu’elle ne pouvait pas fournir lorsqu’elle dansait sous une pluie de sang pour dispenser la mort autour d’elle. Mais ce n’était pas seulement ça, c’était aussi les morts qu’elle côtoyait, les lieux où elle se rendait, les infections qu’elle contractait. Peut-être que son organisme s’était adapté de façon à la protéger ? Peut-être était-ce dû à la barrière fantomatique qui, valsant autour d’elle, la préservait des maux qu’elle propageait ? Elle n’en avait aucune idée. Et c’était lui le médecin, de toute façon.

« Puissent-elles être fulgurantes, vos idées ! » Lâcha-t-elle en jetant un nouveau coup d’œil dans le rétroviseur, soulagée de constater que l’éclat des gyrophares n’illuminait pas l’horizon.

Par chance, le véhicule avait déjà commencé à ralentir pour adopter une allure moins vive. Sans attendre de lui qu’il roule à vitesse minimum – car après près de dix heures passées en sa compagnie, elle était pour le moins pressée de poser pied à terre –, ils ne pouvaient prendre le risque de se faire arrêter par les forces de police. Bien entendu, ils n’auraient aucun mal à éliminer l’agent qui oserait venir les importuner, et encore moins de mal à faire disparaître son cadavre. Mais ils n’avaient vraiment pas besoin d’attirer l’attention sur eux en ces temps troublés.

« Il faudra que je vienne voir ça. » Elle n’avait pas mis les pieds dans son laboratoire depuis son opération, étant donné que c’était lui qui tenait à se déplacer jusqu’à ses appartements. Mais la façon dont il laissait sous-entendre que l’oncoplasme avait grandi ne laissait guère de doute quant à son devenir : il avait rejoint la galerie des horreurs d’Anton Faust. « Allons, j’étais attachée et droguée. Sans possibilité de vous résister, ça ne représentait aucun challenge. » Elle agrémenta ses propos d’un sourire taquin, sans prendre la peine d’en ajouter plus sur les questions qu’il lui avait posé. De toute façon elle avait une idée très claire ce que qu’ils devaient être l’un pour l’autre.

Ils n’eurent aucun mal à trouver l’hôtel, étant donné que l’île n’en comptait que deux, et que l’un d’entre eux se trouvait de l’autre côté de Roanoke. En moins de quelques minutes, ils étaient garés sur le parking et sortaient leurs affaires du coffre, assez large pour que le revenant qui s’y trouvait les aide à décharger avec obéissance. Une fois qu’ils se furent assurés de n’avoir rien oublié, ils verrouillèrent le véhicule et se dirigèrent vers l’entrée où une jeune femme les accueillit avec un large - et commercial - sourire.

«
- Bienvenue à l’hôtel Overlook, que puis-je pour vous ? Sans attendre, la norvégienne prit la parole.
- Une chambre pour trois nuits, s’il vous plaît. Avec lit double et formule petit-déjeuner.
- Bien sûr, à quel nom s’il vous plaît ?
- Stinger, répondit-elle en sortant sa fausse carte d’identité, qu’elle posa sur le comptoir.
»

La jeune femme glissa la carte entre ses doigts manucurés et nota consciencieusement le nom d’emprunt sur son registre et encaissa le montant pour les trois nuits, ne manquant pas de leur préciser que le petit-déjeuner était servi de sept heures à onze heures et que la femme de ménage passait après cet horaire. Puis, elle les laissa seuls, s’absentant pour aller chercher leur pass. Solveig profita des quelques instants dont ils disposaient pour tourner son regard vers son compagnon.

« Ne me regardez pas comme ça. Vous l’avez dit, vous ne dormez pas et moi j’aurai un lit deux places. On y gagne tous les deux, mon amour. »

Son sourire carnassier se mua en risette presque sincère lorsque la réceptionniste revint quelques instants plus tard, tenant entre ses mains un dépliant au sein duquel se trouvaient toutes les informations nécessaires à leur séjour sur l’île ainsi que leur clé magnétique. Elle le leur tendit, avec le reçu et des chocolats de bienvenue. Détournant son regard vers le Lieutenant de Chair, la jeune femme lui indiqua les escaliers d’un coup d’œil où lui sait un amusement certain.

« On y va ? »
 
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Message posté : Lun 24 Oct 2016 - 21:12 Message
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Anton ne s’était jamais plaint d’avoir eu à découper quoique ce soit ! Surtout pas la tenue d’une belle blonde… Enfin, pas à ses souvenirs en tout cas. Il passait pourtant un temps assez important de sa vie à se plaindre en effet. Surtout depuis qu’il était de retour parmi les vivants et entouré de gens qui ne comprenaient pas totalement son génie. Ou alors c’était le fait qu’il avait perdu en puissance brut. Il n’était plus le Dévoreur. Ce qui lui avait permis de retrouver son intellect, de ne plus être perturbé par des pulsions parasites. Mais il était moins fort, plus vulnérable. Etait-ce pour cela qu’il se plaignait constamment ? Enfin, s’il avait plus de mal à déchirer des vêtements, cela ne signifiait pas qu’il en était incapable.

« Voyons, vous dites ça simplement pour cacher le fait que vous aimez être dans votre plus simple apparat en ma compagnie. Je suis convaincu qu’une partie de vous fantasme sur le fait d’être mon cobaye et de devenir ma chose. » Lâcha-t-il sur un ton parfaitement neutre.

Alors que lui-même fantasmait en effet sur le fait de faire d’elle sa chose. Depuis qu’il l’avait vue combattre, qu’il avait pu admirer en quelque sorte la mécanique parfaite d’un corps forgé par la bataille. Ses infirmières étaient fortes physiquement, tout comme ses golems, mais elles n’avaient pas la même fluidité, elles n’étaient pas des guerrières, elles étaient des monstres. Jamais on ne leur avait appris à se battre. Contrairement à Solveig. Puis il y avait son lien étrange avec cette hache, qui devenait une extension de son être. Comme aucune arme ne l’avait jamais été pour l’une de ses créations. Pas même la tronçonneuse qui servait de main à Irina.

« Détendez-vous un peu. Les chances qu’on nous arrête sont minimes. Puis la Moisson est influente maintenant. Je ne doute pas un seul instant que vous n’auriez pas à passer plus d’une nuit en cellule. »

Il n’aurait pas été surpris qu’avec son caractère la jeune femme ait déjà eu quelques ennuis avec la loi d’ailleurs. Quand on apprenait à se battre, ce n’était pas forcément pour être un citoyen lambda ! Lui-même, en tant qu’Anton Faust et non que Dread Maker avait failli avoir quelques ennuis. Quand il buvait encore beaucoup, trop, même pour être exact. Une phase comme une autre. Sa renaissance avait définitivement été bien plus complexe qu’il ne l’avait espéré. Il ralentit alors qu’ils arrivaient enfin à Roanoke et que le paysage se faisait surtout de plus en plus urbain. Il y aurait des touristes, probablement plus que ce que lui-même avait imaginé. Le fait d’avoir vécu à travers de nombreuses époques l’empêchait quelque peu de comprendre pourquoi tant de gens étaient si attachés au passé. Lui ne l’idolâtrait pas, ce qui comptait était le progrès. Un léger sourire se dessina sur les lèvres du nécromancien alors qu’il se remémorait l’opération de Solveig. Quand il avait dû extirper le cancer nécroplasmique par lequel elle avait été infectée. Cela avait été une expérience enrichissante.

« Qu’est-ce qui vous dit que ce n’est pas exactement ainsi que je vous aime ? Quoique j’aurais probablement pris le soin de vous bâillonner la prochaine fois, ou de coudre vos lèvres… Hum, nous avons déjà eu cette conversation, non ? » Elle lui avait même demandé de lui coudre les yeux le cas échéant et son sourire ne fit que s’élargir. « J’ose espérer que vous n’êtes pas totalement un cas désespéré et que je ne vous reverrais pas tout de suite sur ma table d’opération toutefois. Sinon je vais vraiment finir par me demander si ma sœur n’aurait pas besoin de l’avis opéré d’un psychiatre. » Pourquoi faire d’une femme incapable de survivre à une simple mission son bras droit et la cheffe de ses assassins ? Sa générale même quand la guerre éclaterait ! Et elle éclaterait.

Anton se gara avec une précision chirurgicale sur la place de parking, sans prendre son temps pour autant. Il sortit du véhicule et posa son œil circonspect sur l’hôtel qui leur faisait face. Le vent chargé d’embruns venait lui fouetter le visage et il regretta de ne pas avoir pris ses gants et un chapeau. Il serait beaucoup plus à l’aise dans son costume. Mais malheureusement, ce n’était pas le moment pour cela. Il fallait apparaître comme parfaitement normal… Même si en faisant d’eux un couple, Solveig venait probablement de les faire passer pour des membres d’une fratrie Aryenne, ou bien d’une famille consanguine du Wisconsin, quelque chose dans ce genre. Il se garda bien de dire quoique ce soit à leur hôtesse, mieux valait ne pas révéler son accent britannique trop reconnaissable pour le moment. Quelques sourires suffiraient. On le prendrait peut-être pour un demeuré, mais bon.

« Je ne dors pas toujours. Mais en ce moment, je suis aussi vif que vous. » Il glissa un regard dans sa direction. « Ce qui signifie que je pourrais avoir besoin de dormir, de manger… Mais aussi d’assouvir d’autres pulsions. Le corps exige ce que le corps exige je suppose. Chez les vivants, ces exigences sont beaucoup plus impérieuses que chez les morts. » Il eut un léger sourire. « Mais je ne doute pas une seule seconde que vous serez à la hauteur de la relation que vous nous avez choisi. »

Surtout que s’il ressentait le besoin de dormir, il ne se priverait pas de le faire dans un meuble qui y était dédié ! Il n’allait pas risquer un sommeil léger dans un fauteuil inconfortable juste pour conserver la pudeur éventuelle d’une femme qui finirait sous son scalpel, un jour ou l’autre. Il hocha tranquillement la tête pour se diriger vers l’escalier et bien entendu vers la chambre. Il faudrait qu’ils prennent le temps d’apporter leurs bagages par ailleurs. Dont certains objets qui se trouvaient camouflés grossièrement pour qu’on ne devine pas leur nature. Le nécromancien observa calmement la chambre qui était banale, comme dans tous les hôtels de toute façon. Aussi aseptisée qu’une salle d’hôpital.

« En déplaçant quelques meubles je devrais pouvoir ouvrir un passage jusqu’à l’hôpital et récupérer ainsi des assistants digne de ce nom si le besoin s’en fait sentir. Je pense aussi qu’après un tel voyage, une douche ne serait pas de trop. » Il jeta un coup d’œil au dépliant qui avait fini entre les mains de sa partenaire du week end. « Quelque chose d’intéressant pour la suite de nos recherches, chérie ? » Lui aussi pouvait jouer.
 
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Message posté : Sam 29 Oct 2016 - 15:53 Message
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Les échanges avec Anton étaient toujours ce qu’il y avait de plus rafraîchissants, ne manquant jamais de faire flotter sur ses lèvres un sourire satisfait. Il la tenait en alerte, vive, et prête à répondre du tac-au-tac aux piques acerbes qu’il lui envoyait, dans une danse à laquelle ils s’adonnaient dès qu’ils étaient ensembles. Y prenait-il du plaisir tout comme elle ? Elle espérait, et n’en doutait pas vraiment. S’il ne l’appréciait pas, il se contenterait de lui servir une indifférence non-feinte. Alors elle aimait à croire que leur comportement n’était que le manifeste d’un attachement bien à eux. Mais ce n’était pas seulement ce qu’elle appréciait chez lui, pas non plus pour son intelligence ou ses qualités comme médecin. Non. Elle savait que le Lieutenant de Chair, malgré ce qu’il pouvait dire sur elle, était de son côté ce qui faisait de lui un allié précieux, une chance inestimable en ces temps troublés. Et de la même manière, probablement sans qu’il en soit conscient, il pouvait compter sur elle. Une chose qu’elle ne viendrait jamais à lui dire, même pas à demi-mot. Ils avaient tous les deux une fierté exacerbée qui les poussait à constamment se marcher sur les pieds.

« Je ferai la concubine dévouée, et je fermerai les yeux. Littéralement. Et je mettrai de la musique. Son sourire s’élargit un peu plus. Ou bien j’irai faire un tour du côté du bar le temps que vous fassiez vos affaires, je n’ai pas encore décidé. »

Autant dire qu’elle ne participerait guère aux orgies qu’il avait envie de mener pendant son séjour à Roanoke. La chambre était à sa disposition, puisse-t-il être libre d’en user comme bon lui semble tant qu’elle ne se trouvait dans les parages. Oh elle était même prête à aller dormir dans la voiture s’il le fallait. Non… Non, elle se connaissait. Elle préférerait encore rester dans le lit et goûter à une nuit de sommeil au son d’un de ses groupes de musique préféré pendant qu’il culbuterait qui bon lui semble à ses côtés, et sans que ça ne la gêne le moins du monde. S’il était assez régulier dans ses coups de reins, ça la bercerait peut-être même.

Sur son indication, ils empruntèrent les escaliers pour se rendre à la chambre qu’ils avaient louée en tant que couple, une fantaisie qui amusait la norvégienne bien plus qu’il ne l’aurait fallu. Au bout de quelques minutes, et au détour d’un certain nombre de couloirs, ils finirent par trouver leurs appartements ; La chambre 237 leur ouvrit ses bras, arborant une décoration pittoresque dont les couleurs et les motifs des tentures n’étaient pas sans rappeler les images qu’on attribuait aux indiens d’Amérique. L’ironie était douce, et ne manqua pas de titiller la critique acerbe de la société américaine qui était tapie au fond de Solveig.

La pièce en elle-même était modeste d’apparence. Un lit double trônait au centre, ceint d’une armature de bois sombre et paré de draps propres. Il était bordé de part et d’autre de tables de chevet ornée de lampes qui répondirent lorsqu’elle posa le doigt sur l’interrupteur de l’entrée. En leur sein, une bible bien entendu. En dehors de cela, la chambre était composée d’une armoire, d’une commode et d’une table qui servait tout à la fois de bureau et de table de salon. L’accès à la salle de bain se faisait tout près du lit, celui des toilettes se faisait dans l’entrée. Une chambre américaine tout ce qu’il y avait de plus typique, dans un bouge comme celui dans lequel ils se trouvaient. Elle eut un reniflement dédaigneux, puis fut aussitôt agressée par une odeur de désinfectant.

« Faisons cela tout de suite, au moins nous serons tranquilles. » S’exécutant et sans même prendre le temps d’ôter son manteau, la jeune femme entreprit de pousser la commode dans un coin de la pièce, dégageant un espace assez large pour y faire tenir Malaria. Donc assez large pour y ériger un portail si le besoin s’en faisait ressentir. Néanmoins, afin d’en être certaine, elle coula un regard interrogatif à Anton. Qui avait vraisemblablement décidé de rentrer dans son jeu. « Maintenant qu’on en parle mon cœur, il y a bien un lieu où j’aimerais me rendre. Elle tendit le dépliant ouvert à l’endroit qu’elle désirait lui indiquer. Un vieux mémorial creusé à même la roche en l’honneur des colons disparus, il se trouve dans un lieu d’ordinaire interdit de libre accès en raison de la précarité des falaises où il se trouve. Mais ce mois-ci, des visites sont organisées une fois par jour, en début de soirée. »

Et il n’était pas sans savoir que les mémoriaux étaient réputés pour attirer les âmes errantes qu’ils représentaient, comme un phare dans les ténèbres de la mort, un lien ultime entre leur monde et celui des vivants.

« On pourrait y faire un tour, qu’en pensez-vous ? »

Elle avait commencé à se dévêtir, autant son blouson qu’elle prit soin de pendre et ses chaussures qu’elle plaça près de l’entrée. Puis elle s’étira, longuement, et considéra la proposition que lui avait faite son compagnon de voyage quelques instants plus tôt. Et c’était vrai qu’une douche ne serait clairement pas de trop.

« Vous voulez utiliser la salle de bains d’abord, ou je peux m’en servir ? »

Une question de politesse.
 
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Message posté : Mar 1 Nov 2016 - 15:12 Message
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« Si vous étiez une concubine dévouée, vous ne me laisseriez pas m’occuper de ce genre de distractions physiologiques seul voyons. Surtout qu’aux vues de l’existence de votre progéniture… » Qu’il n’était pas pressé de rencontrer. Bizarrement, Evilyn était la seule enfant qu’il n’ait jamais toléré. Et ce malgré son ascendance à moitié discutable. « … Vous ne devez pas être étrangère au domaine. Sauf si votre populace forme une fraction de l’humanité au mode de reproduction particulier. Peut-être que vous naissez dans la neige ou par parthénogénèse qui sait. » Commenta-t-il calmement.

Il s’était intéressé à la vie de Solveig. Comment aurait-il pu ne pas le faire alors qu’elle vivait à Gallows End et qu’elle était l’une de ses patientes ? Il avait remarqué que le père de sa fille était absent du joli petit tableau qu’elle tentait de créer avec sa vie et bien… De vivante. Il n’avait jamais spéculé sur la chose, mais après avoir envisagé une possible nouvelle grossesse, il était vrai que cela pouvait soulever des questions. Aux dernières nouvelles, cet ancien partenaire ne faisait pas partie de la Moisson. Ce qui n’avait rien de surprenant, après tout l’organisation nécromantique n’existait plus à l’époque de la conception de l’engeance Dødbarn.

De toute façon, il était concentré sur d’autres choses que la satisfaction de sa curiosité mal avisée vis-à-vis de la blonde ou la satisfaction de ses besoins primaires. Pour un scientifique il les considérait moins comme une sorte de gêne que comme quelque chose qu’il se devait d’assouvir, comme le simple fait de respirer. Un état de non-mort constant pouvait neutraliser une partie de ces pulsions. Mais aussi en faire naître de nouvelles, plus morbides. La mort et l’amour charnel n’étaient pas aussi séparés que pouvait le laisser penser le tabou qui entourait la nécrophilie dans la société occidentale moderne. Il n’y avait qu’à regarder certains des films de morts-vivants, ou zombies, qui avaient été réalisés au cours du siècle précédent. Anton les avait tous vus, dans un but purement scientifique. On ne travaillait pas sur la non-mort sans savoir comment elle était perçue dans la société. A vraie dire, cela l’avait beaucoup inspiré pour ses infirmières. La fréquence avec laquelle les personnages féminins centraux se retrouvaient face aux monstres avait quelque chose d’assez excitant, quoiqu’encore une fois primitif. Le nécromancien avait aidé sa partenaire du moment à pousser la commode. Même si elle aurait pu le faire sans lui.

Après tout, malgré sa taille fine, il ne se faisait que peu d’illusions sur la capacité de Solveig à lui « en coller une » si elle le voulait. Ou simplement à le maîtriser d’un point de vue martial. Elle était les bras, lui le cerveau. Mais elle pouvait aligner deux neurones parfois à son tour, comme le prouvait le dépliant qu’elle lui tendit.

« Un rendez-vous le long d’une falaise précaire… Ma foi, je pourrais presque croire que vous essayez de m’assassiner. Ce qui demandera un peu plus d’efforts vous vous en doutez. » Il eut un léger sourire à la pensée de la blonde en train de le lancer du haut des falaises. Combien de temps mettrait-il pour rejoindre la rive si ses os se brisaient dans la chute ? Difficile à dire. Puis s’il se faisait happer par des courants, il pourrait bien se retrouver en Europe au lendemain matin. « Cela me semble être une bonne piste en effet. Abigaïl avait trouvé le morceau de bois utilisé par un psychopompe pour se téléporter sur une autre île et mettre le nécronomicon en sûreté, mais ce mémorial pourrait être un autre passage. Qui sait, Roanoke pourrait être une passoire dimensionnelle. Les esprits ont cette mauvaise habitude de toujours vouloir changer de monde. C’est exaspérant, mais c’est notre meilleure piste pour retrouver les colons. »

Il était toujours en train d’observer le dépliant en réfléchissant, ne prêtant aucune attention au fait que sa partenaire retirait sa veste et ses chaussures. Sinon il aurait probablement eut un commentaire acerbe à émettre sur la chose.

« Oui, allez-y. Je vais aller récupérer certaines affaires en attendant. Je prends la guitare au passage je suppose ? » Housse de guitare, ou quoi que puisse être la chose dans laquelle la blonde avait pu ranger sa hache. Il n’avait pas vraiment fait attention à ce qu’elle avait chargé dans la voiture. Son esprit avait d’autres préoccupations et il laissait ce genre de détails à d’autres. Lui-même allait surtout avoir besoin de quelques éléments au cas où et surtout pour ouvrir un passage vers son asile un peu plus tard.

Une fois qu’il eut sa réponse, le nécromancien put aller charger de récupérer leurs affaires. Leurs valises et sacs les plus normaux notamment, et non pas leur ancien chauffeur qui était toujours à la place du mort. Anton n’était pas sportif pour deux sous, mais parvint quand même sans mal à tout porter jusqu’à leur chambre. Il ouvrit sa propre valise sur le lité, révélant ses vêtements soigneusement pliés, mais aussi d’autres accessoires plus originaux. Des fioles et surtout une seringue, sans oublier un scalpel. Sa trousse de secours personnelle.

« Nous partons tout de suite je suppose ? Avec de la chance ils auront encore de la place pour deux retardataires pour la visite. Enfin, si vous vous sentez assez propre pour cela. » Finit-il en levant les yeux pour les poser sur Solveig. Il était quant à lui toujours vêtu de son éternel costume noir d’employé de pompes funèbres, ou plutôt de directeur d’un funérarium.
 
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