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Catch me before I drown - Caitlyn Cunningham

 
Message posté : Sam 1 Oct 2016 - 19:30 Message
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Dès qu’elle fermait les yeux, ou plutôt, son seul oeil valide, elle se retrouvait toujours confronter à ces quelques mêmes images qui l’avaient amener à se retrouver entre ces quatre murs blancs et cette salle trop aseptisée.

L’explosion avait été violente et avait enlever la vie de trois de ses frères d’arme.

Mais pire encore, cette explosion, qui n’avait pourtant que légèrement blesser Meghan, lui avait enlever toute raison de vivre alors qu’un des débris d’elle ne savait trop quoi était venu s’attaquer à sa cornée, handicapant de façon définitive sa vision.

Et si beaucoup s’entendraient pour dire qu’elle avait été chanceuse, avec seulement quelques cicatrises sur son bras et le haut de son épaule et qu’une blessure à l’oeil, pour elle, c’était un univers qui s’écroulait, sa vie qui perdait toute raison alors que plus rien ne la retenait accrocher à ce monde qui n’avait plus de saveur.

Si l’armée l’avait mis en arrêt forcer à cause de sa blessure, ce n’était pas tant pour qu’elle se repose et qu’elle récupère des derniers événements.

Elle n’était pas dupe.

Ce congé lui était imposer pour qu’elle considère les autres options qui s’offraient à elle. Car plus jamais elle ne pourrait tenir d’arme entre ses mains abîmées, ce qui signifiait qu’après six ans de loyaux services, elle se devait de ranger son uniforme au placard et de jeter ses plaques au fin fond d’un tiroir.

Sa vision ainsi affectée, il était tout simplement impossible qu’elle réussisse à nouveau les tests de tir exigés par l’armée.

Toutefois, il était tout simplement hors de question qu’elle finisse sa vie dans un bureau à signer des papiers et à trier des dossiers. Son mode de vie ne lui permettrait pas. Elle était une femme d’action, une femme de terrain.

Cette jeune femme âgée de vingt-quatre ans ayant la vie devant elle venait de perdre toute motivation alors que plus rien l’incitait à avancer.

- Vous allez finalement pouvoir rentrer, mademoiselle Leroys. Le docteur a signé votre congé. C’est une bonne nouvelle, non ?

L’infirmière se voulait trop aimable. Sa voix trop mielleuse. Comme si elle avait entendu les cris du coeur de la militaire. Comme si elle avait vu au fin fond de ce regard cette détresse d’une femme qui ne savait plus quoi faire de sa vie.

Quoi faire de ce temps qui lui était encore accordé.

Meghan lui adressa toutefois un sourire. Un faible sourire, mais il s’agissait tout de même d’un sourire. Elle hocha doucement de la tête avant de se relever et d’attraper les quelques effets personnels qui lui avaient été amener au cours des derniers temps.

Une partie d’elle aurait voulu mourir, cette journée-là. Si elle avait été plus proche, seulement de quelques pas, l’explosion de la mine aurait pu lui être fatale.

Et une part d’elle aurait préféré un tel scénario à celui qu’elle vivait actuellement.

Elle eut une dernière discussion avec le médecin et l’infirmière pour finalement quitter cette salle beaucoup trop blanche et descendre les escaliers pas à pas, hésitante quant à savoir si elle était prête à affronter le monde extérieur.

Une main se posa devant ses yeux pour les préserver des rayons du soleil qui se voulaient bien trop lumineux pour l’orage qui s’abattait sur son coeur.

Elle ne remarqua donc pas tout de suite la silhouette qui s’était approchée d’elle pour finalement lui adresser un faible sourire lorsqu’elle entendit sa voix.

Caitlynn.

Toujours fidèle au poste.

Une lumière qui chassait tant bien que mal l’obscurité qui s’était saisie de son âme alors que la militaire n’était plus que l’ombre de ce qu’elle était. Elle, pétillante et positive, qui affrontait la vie à pleine dent, semblait presque être reculée bien des années en arrière.

Septembre 1989

Meghan venait tout juste de commencer l’école primaire que déjà ses parents furent forcés de quitter l’État du New Jersey pour se rendre à Washington, au plus grand damne de la gamine qui hurlait et braillait, effrayée à l’idée d’intégrer une nouvelle école où elle ne connaîtrait personne.

Bien malheureusement pour elle, son enfance serait ponctuée de déménagement forcer où, à chaque fois, elle allait simplement devoir s’y faire et s’adapter sans ne jamais rien dire.

Cela faisait quelques jours, voir quelques semaines, que les cours avaient repris alors que Meghan fut introduite à la classe comme étant une nouvelle élève qui arrivait de l’autre côté complètement du pays. La gamine n’avait jamais autant eut envie de s’enfoncer dans le plancher.

Elle se trouvait dehors, un bouquin entre ses petits doigts, à défaut d’avoir des amis à qui discuter entre les cours alors qu’elle prenait un peu d’air frais.

Meghan était une grande timide. Plus que ça, même. La peur de ne pas être en mesure de s’intégrer au sein du groupe la tétanisait et l’amenait à ne rien leur dire et à se cacher dans son coin, seule.

Cependant, cette journée-là ne suivit pas la routine quotidienne qui s’était installée dans la vie de la jeune enfant tout juste âgée de sept ans alors que l’une de ses camarades de classe eut l’idée qu’elle méritait peut-être qu’on lui accorde une certaine attention, aussi légère était-elle.

Ce fut donc des prunelles claires qui quittèrent les pages de son livre pour se poser sur la silhouette de cette jeune fille d’un an sa cadette, gardant cependant toujours ce silence qui lui était bien connue.

Les interactions sociales n’étaient décidément pas son fort.

2006

Elle avait perdu horriblement trop de poids, sa peau lui tombant sur les os alors que ses bras avaient perdu de leur muscle et se trouvait à être beaucoup trop maigre.

- Merci, d’être venue me chercher.

Parlait-elle d’en ce moment même alors que sa présence rassurante venait calmer la tempête qui venait faire ravage dans son coeur ?

Ou alors peut-être parlait-elle du jour de leur rencontre, où cette femme qui se trouvait sous ses yeux, sa meilleure amie, était venue la sauver de cette solitude pesante qui l’accompagnait au quotidien, elle, nouvelle élève venue de l’autre côté du pays.

- Je, ehh...

Tellement s’était passé qu’elle ne savait par où commencer et elle abandonna donc l’idée de dire quoique ce soit, sombrant dans un silence qui se voulait presque réconfortant alors que son coeur saignait et appelait à l’aide.

Il y en avait trop à dire. Tellement de détresse à exprimer.

Une peur de l’avenir tellement immense qu’elle envahissait la militaire et l’empêchait d’avancer, comme elle l’avait faite bien des années plus tôt.

Au final, elle n’avait jamais vraiment changé.

L’avenir lui était toujours aussi terrifiante.
 
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Message posté : Dim 2 Oct 2016 - 19:09 Message
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Être confronté à ses limites n’a jamais été une expérience agréable, pour personne.
Qu’elles soient physiques, intellectuelles ou morales, elles marquent une fin, une zone de non-droit, une défaillance. Se rendre compte de l’épuisement de ses capacités, c’était un peu comme toucher l’essence de sa propre fin. Un petit goût de mort avant l’heure. C’est en tout cas ce qu’avait ressenti Caitlyn sur le ring, alors que les coups de poing claquaient invariablement et de plus en plus brutalement dans sa direction. Trop vite, trop fort, elle n’avait pas tenu deux minutes avant de s’effondrer, sous les cris d’un public en émoi. Elle avait fanfaronné comme à son habitude avant le combat, toute sourire pour les caméras et les journalistes sportifs contrairement à son adversaire, terriblement concentrée. Armstrong n’avait qu’une bouchée d’elle, et anéanti en un battement de cils tous les rêves de grandeur de Shiva. Il lui avait fallu plusieurs jours pour s’en remettre, physiquement. En termes de moral, c’est plusieurs semaines ainsi le soutien de sa famille, de ses sœurs et de son frère et aussi de Meghan, son amie la plus chère, qui furent nécessaires pour qu’elle reprenne de l’aplomb. Malgré tout, la cicatrice demeurait. Elle n’avait pas encore digéré d’avoir perdu.

Alors, et même si sa vie n’avait jamais été en danger, Cait croyait percevoir, ne serait-ce qu’un peu, les sentiments qui devaient animer Meghan. Elle avait appris par le biais de ses parents que leur fille allait être rapatriée d’Irak de toute urgence et la question, abrupte et bouleversée, avait franchi ses lèvres : « Est-ce que Meg va mourir ? » Non. Non, Meghan n’allait pas mourir. Mais elle avait pris un sacré coup. Elle avait une blessure à l’œil dont elle ne se remettrait jamais complètement. Elle serait sans doute réformée de l’armée. Caitlyn savait pertinemment ce que ça signifiait pour la jeune femme, qui avait dédié sa vie à sa mission. Protéger. C’était tellement injuste. Comment quelqu’un d’aussi bon pouvait être continuellement repoussé par la vie et ses aléas ?

L’arbitraire de l’existence avait un goût cruel, et laissait sur le carreau les gens plein de bonnes intentions. Les yeux sombres de Caitlyn cherchait la silhouette de son amie sur le parvis de l’hôpital, on lui avait dit à l’accueil que la miss Leroys venait de vider sa chambre. Est-ce qu’elles se seraient ratées ? Impossible… Cait n’avait jamais raté celle qui était devenue son amie.

Septembre 1989

Petite fille boulotte engoncée dans ses collants noirs et sa jupe plissée, Cait avait des airs d’enfant modèle. Un mirage qui ne durait jamais trop longtemps : les Cunningham avaient beau être une bonne famille de Washington et de fervents catholiques, ils avaient engendré dans leurs rangs un petit diable au grand sourire, qui ne ratait jamais une occasion de faire des bêtises. Vivace, dissipée mais également sociale et câline, la demoiselle n’avait aucun mal à se faire des amis. Sans doute en lien au fait qu’elle avait quatre sœurs et un frère ! Un peu plus grande que la moyenne, et largement plus haute que les garçons encore menus à cet âge-là, elle dissuadait facilement les roublards de la cour de récré. Roublards qui avaient la tendance aisée de s’en prendre aux plus faibles, ou aux plus isolés. Leurs regards s’étaient portés sur une petite blonde, qui lisait seule, mais Cait fut la plus rapide à l’approcher.

« Coucou ! Je m’appelle Caitlyn. Tu peux m’appeler Cait. Je ne t’ai jamais vu ici ! » Sans demander une permission, elle s’installa dans un petit bond sur le banc de pierre qu’occupait sa camarade. Elle lui souriait, et se pencha en avant pour voir la couverture du livre. « Qu’est-ce que tu lis ? Tu veux jouer ? »

2006

Enfin, son regard embrassa la silhouette de Meghan. Elle avait failli ne pas la reconnaître. Depuis sa formation militaire, Meghan et elle avaient pu comparer leurs physiques de combattantes aguerries et se faire la guerre des biceps, maintenant, maintenant…

Cait pressa le pas et trottina en direction de son amie, et sitôt à son niveau, elle lança ses bras autour de son cou et l’enlaça. Si elle fit attention à ne pas trop la presser, consciente qu’elle pouvait avoir des hématomes et autres contusions, ça ne l’empêcha de couiner et de poser un baiser sur sa joue.

« Tu m’as manqué ! » C’était vrai. Voilà des mois que les permissions de Meghan s’étaient raréfiées, et l’inquiétude de Cait avait gonflé en retour. Leurs conversations téléphoniques régulières lui manquaient également. « Ne pars plus. »

Juillet 1991

« Qu’est-ce que tu veux dire ? Comment ça « tu vas déménager » ? »

En train de s’exercer à la contrebasse dans sa chambre, elle regarda Meghan assise sur son lit, les yeux remplis d’incompréhension. Presque depuis le premier jour d’il y a déjà trois ans, les jeunes filles ne s’étaient plus quittées. Cait avait cru que ce serait pour toujours, et voilà que les parents de sa meilleure amie voulaient partir.

« Tu ne peux pas partir ! »

2006

Caitlyn consentit à se décaler pour laisser respirer Meghan et, sans lui demander son avis, lui chipa son sac pour lui porter ses affaires.

« On va au café de l’autre côté de la rue ? Ils servent des gaufres ! » Rien ne pouvait entamer l’enthousiasme d’une gourmande, non ? « Tu dois en rêver, avec cette bouffe moisie d’hosto. Viens ! Tu as plein de choses à me raconter. D’abord ! » Elle désigna de l’index le pansement qui ornait l’œil de son amie. « Tu dois me dire combien de temps tu vas te trimbaler cette tête de pirate guerrière. Y manque plus qu’à te raser les cheveux sur le côté, et tu pourras faire la couverture de ces comics steampunk qui déchirent. » Là-dessus, elle prit doucement le bras de Meghan et la conduisit en direction du café, arborant toujours un large sourire.
 
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Message posté : Mar 4 Oct 2016 - 21:26 Message
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Septembre 1989

Le regard de l’enfant se leva sur celle qui venait de prendre place à ses côtés, sans se soucier de si elle dérangeait ou non celle qui lisait tranquillement, à défaut d’avoir des amis avec qui passer son temps.

Elle en avait, des amis. Plusieurs, mêmes.

Or, ils étaient tous à Star City et aucun d’eux n’avait pu la suivre jusqu’à Washington, la laissant donc seule à devoir affronter sa nouvelle école et tous ceux s’y trouvant. Seule à devoir essayer de se faire une place parmi eux pour, au final, préférer rester dans son coin plutôt que d’importuner quiconque.

- Meghan.

Ses prunelles d’un bleu tirant vers le gris se posèrent sur la nouvelle venue, une expression surprise sur le visage alors qu’elle la détaillait, se demandant ce qu’elle pouvait bien lui vouloir.

- Je suis nouvelle. Et ça, c’est le Petit Prince.

Elle désigna le livre qu’elle tenait entre ses doigts avec un léger sourire aux lèvres alors que ce n’était pas la première fois qu’elle lisait le bouquin. Elle appréciait toutefois beaucoup l’histoire, encore plus maintenant qu’elle se trouvait seule parmi tous ces gens, en quête d’amis qu’elle ne savait où trouver.

Son regard se porta de nouveau sur le sol, intimidée par cette gamine venue interrompre sa lecture.

- Jouer à quoi ?

2006

Un sourire, le premier sincère depuis un petit moment déjà, se dessina sur ses lèvres alors que la silhouette de sa plus chère amie se dessinait devant son seul oeil encore valide.

Elle en vint cependant à grimacer alors que la jeune femme enroulait ses bras autour de son cou. Elle ne s’était pas tout à fait remise de l’explosion et si son oeil fut la seule véritable blessure qu’elle eut, ces quelques semaines à l’hôpital semblaient avoir atrophier ses membres et affaiblis son physique qui n’était désormais plus que l’ombre de ce qu’elle avait été, à une certaine époque, lorsqu’elle s’entraînait longuement et durement pour rejoindre les critères de l’armée.

- Tu m’as manqué aussi.

Sa voix était faible, ne semblant n’être qu’un souffle, alors que voilà déjà un certain moment que ses seuls interlocuteurs n’étaient que des docteurs, n’ayant même plus la force de répondre aux appels de sa meilleure amie, se contentant de quelques messages lui signifiant qu’elle se portait bien.

Quel éhonté mensonge cela avait-il été.

- Je ne partirai plus.

Parce qu’elle ne pouvait plus partir.

Qu’elle le veuille ou non, cela en était fini de l’armée. Elle ne se remettra jamais complètement de sa blessure et si, des années plus tard, sa vision et son acuité visuelle s’étaient améliorées, elle gardait tout de même des séquelles et il n’était pas rare que sa vision se recouvre à nouveau de ce voile blanc qu’elle allait supporter au cours des trois prochaines années.

Elle eut envie de s’opposer alors que son amie lui vola son sac pour finalement laisser tomber, comme elle savait qu’elle ne gagnerait pas.

- Je n’ai pas très f...

Encore une fois, elle ne lui laissait pas en placer une, décidée qu’elles iraient à ce café au coin de la rue. Et si Caitlyn décidait qu’elles allaient quelque part, et ce, avec autant d’enthousiasme, Meghan ne pouvait bien malheureusement pas s’opposer.

C’était comme ça, qu’elles étaient devenues amies, après tout.

Décembre 1989

Meghan venait d’annoncer à sa nouvelle meilleure amie, celle qui était toujours à ses côtés depuis leur rencontre quelques mois plus tôt, qu’elle passerait sûrement Noël seule, ses parents n’étant pas en mesure de rentrer à temps pour cet événement qu’elle avait pourtant toujours passé en famille.

- Mais ne t’en fais pas, j’imagine que je...

Pas moyen d’en placer une de plus, Caitlyn venait de lui exiger de venir séjourner chez elle ces quelques jours, car il était tout simplement hors de question qu’elle passe ses vacances seule. Et sans qu’elle ne puisse s’y opposer, par crainte d’embêter quiconque, les plans étaient déjà fait et voilà, elle n’avait plus le choix, pas moyen de s’enfuir.

Et, au final, elle en était bien heureuse.

2006

- Encore au minimum un mois. La cornée a été sévèrement endommagée et ils veulent éviter les infections.

Elle lui adressa cet éternel sourire reconnaissant alors qu’elle savait faire des pires situations quelque chose de presque drôle.

Parce que voilà qu’elle avait manqué de perdre son oeil, que sa carrière militaire venait de tomber à l’eau après six ans de loyaux services et elle, elle commentait l’apparence pirate qu’elle devait bien avoir, l’oeil recouvert.

- Et toi, tu deviens quoi ? La famille se porte bien ?

Il avait été décidée que Meghan logerait un certain temps chez elle, et donc, avec les parents de la demoiselle, qu’elle connaissait depuis longtemps déjà.

Voilà plus d’une quinzaine d’années qu’elle avait rencontré la famille Cunningham et voilà plus d’une quinzaine d’années qu’elle allait les voir fréquemment, ne serais-ce que pour garder contact avec ceux qu’elle considérait comme sa famille d’adoption, ses parents étant trop souvent parti elle ne savait trop où un peu partout autour du globe.

Elles arrivèrent finalement au petit café pour que les regards se posent sur sa silhouette bien trop maigre et son oeil caché d’un bandage. Elle détestait devenir le centre d’attention et elle pressa donc son amie à ce qu’elles se trouvent une table un peu en retrait.

- Ais-je vraiment une gueule qui fait si peur ?

Elle soupira.

Juillet 1991

Assise sur le lit de la jeune Cunningham, Meghan fixait ses doigts tout en écoutant sa meilleure amie jouer de la contrebasse. Elle attendit quelques instants avant de jeter la bombe, à savoir qu’elle partirait d’ici la fin du mois.

- Mes parents bougent beaucoup, avec le travail.

Et encore, trois ans, c’était le plus longtemps qu’elle était restée un endroit. Suite à cela, elle allait parfois partir seulement après quelques mois.

Elle devait donc se considérer chanceuse, d’avoir eut la chance de passer autant de temps aux côtés de Caitlyn, les deux devenant même inséparables, toujours ensemble et ne faisant jamais rien sans que l’autre n’y soit pas aussi impliquée.

- Et ils doivent partir pour la base militaire de la Caroline du Nord.

Ses yeux s’emplirent d’eau.

- Je suis tellement désolée.

Comme si c’était de sa faute. Or, elle se sentait cruellement coupable de laisser derrière elle Caitlyn, craignant plus que tout qu’une fois qu’elle serait partie, plus jamais elle ne la reverrait.
 
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Message posté : Mer 5 Oct 2016 - 8:20 Message
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« Tu finis toujours par t’envoler quelque part. » Répliqua Caitlyn d’un ton légèrement buté, mais qui ne transportait aucun reproche. « C’est dans ton ADN, maintenant. » Combien de fois Meghan avait-elle déménagé ? Que ce soit du fait de ses parents, ou de son activité ? Son amie ne restait jamais longtemps en place, elle se demanda même si les trois ans de leur rencontre, il y a presque trente ans – ouah ! – n’était pas le temps le plus long qu’elle ait passé au même endroit.

« Ce n’est pas ton allure de corsaire qui va t’empêcher de crapahuter partout, au contraire même ! Ton œil guéri, les médecins rassurés, tu auras à nouveau la bougeotte… Une fois remplumée tu vas sillonneras le monde, je te connais. » Malgré la distance les deux jeunes femmes avaient toujours gardé contact, il était quasiment devenu impossible de garder un secret inconnu de l’autre. « Tant que tu m’appelles, je consens à accepter et à te laisser faire. Mais à cette seule condition ! »

Comme si elle avait droit au chapitre, mais c’était plus pour la taquiner qu’autre chose. A son niveau Cait avait toujours soutenu son amie dans ses choix de vie, même si elle avait parfois du mal à suivre ses allers et venues. Ainsi, leur conversation commençait souvent par…

Avril 2004

« Où est-ce que tu es en ce moment ? »

Étendue dans sa baignoire et pendue au téléphone, les Cunningham pouvaient toujours frapper à la porte de la salle de bains : ils savaient tous pertinemment que Caitlyn en avait pour un moment à bavasser avec Meghan. Quand elles arrivaient à s’avoir, ça pouvait durer longtemps !

« Dis-moi que c’est un endroit près de la mer et que tu as les pieds enfouis dans le sable. » Peu de chance, cela dit. Malheureusement la jeune femme finissait rarement dans les lieux les plus charmants du globe, mais traversait plutôt les zones de conflit. « Ah… Pardon, c’est sûrement de mauvais goût. J’espère que ça va ? Quand tu reviendras, on ira se faire dorer sur les plages d’Australie. »

Elle soupira en s’enfonçant dans l’eau.

« Je sais que c’est pour le travail… »

Juillet 1991

« …Mais ce n’est pas juste ! C’est leur travail à eux, pas le tien, ils peuvent pas t’obliger à partir d’ici ! » S’obstina la petite Cait, les prunelles déjà bordées de larmes.

La Caroline du Nord c’était loin, beaucoup trop loin pour espérer se voir ne serait-ce que tous les weekends de l’année. Et les goûters surprises, n’en parlons pas. Si Meghan commençait à avoir les yeux humides, ceux de l’émotive Caitlyn coulaient déjà abondamment.

« Tu n’as qu’à rester ici, avec moi ! Papa et maman seront d’accord, j’en suis sûre. On est déjà six, il y a la place pour quelqu’un de plus et puis, mes parents t’aiment beaucoup ils s’occuperont bien de nous. » Sous-entendu que ceux de Meghan ne le faisaient pas. C’était un jugement dur et sans doute un peu hâtifs, mais aux yeux de Cait qui avait des parents très – trop ? – présents, ceux de son amie brillaient avant tout par leur absence au quotidien. « Tu n’as pas à faire ce que tu veux pas… Tout le monde t’aime ici. »

2006

« Tout le monde va bien. Ils vont être super contents de te revoir. » Bien sûr la maison familiale avait bien changé depuis qu’elles étaient petites : les meubles et le papier-peint avaient été bougés et remplacés plusieurs fois, les visages avaient vieilli, mais Meghan s’y retrouverait sans mal. Elle y était la bienvenue depuis toujours. « Jo file le parfait amoureux avec son jeune juge, ils sont toujours en Europe à profiter de leur lune de miel. » Cait leva les yeux au ciel avec un petit sourire. Avec Johanna ça n’avait jamais été facile, même si elles ne se souhaitaient que du bonheur. « Timothy et Louis, » Les deux fils de sa grande sœur Elizabeth. « Ont bien grandi, tu vas à peine les reconnaître ! Ils sont mignons, en plus, ils m’appellent tatinette, ils ont tout compris. »

Un rire ponctua ses paroles alors qu’elles entrèrent dans le café où quelques clients profitaient d’un moment tranquille. Aveugle à l’impression qu’elles donnèrent, Cait ne réagit qu’à la remarque de Meghan. Ses prunelles sombres balayèrent les autres tables alors qu’elles s’installaient à la leur, défiant les impudents de continuer à les fixer.

« Nan. T’es toujours aussi mignonne. C’est Alex qui va pas s’en remettre. »

Décembre 2000

« Jo…Joy…Joyeux Noël Me..Meghan… » Balbutia, rouge comme une pivoine, le jeune Alexander.

Adolescent complexé et plein d’hésitation, c’était aussi un garçon très doux et gentil, qui appréciait beaucoup l’amie de sa sœur, devenue rapidement celle de toute la famille Cunningham. Meghan avait passé quelques Noël avec eux depuis l’année 1989, et elle avait toujours des cadeaux pour elle sous le sapin. Alexander lui tendait le sien, qu’il avait emballé lui-même (pouvait en témoigner les trois rouleaux de papier cadeau qu’il avait gaspillé jusqu’à réussir un paquet qui lui convienne), la main moite et les yeux un peu fuyants. A l’intérieur un ancien recueil de contes arabes qu’il avait déniché en sillonnant tous les vieux libraires de Star City, ainsi qu’une bouteille d’un parfum à la touche orientale marquée, Shalimar.

2006

« Je vais prendre un café gourmand, merci ! Et toi Meg ? » Sourit Cait, une fois que la serveuse se fut approchée d’elles. « Je te conseille la tarte au citron meringuée, c’est une tuerie. Ou le thé matcha avec de la crème chantilly maison ! » On pouvait faire confiance à Cait quand il était question de sucreries, c’était une certitude.
 
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Message posté : Mer 5 Oct 2016 - 18:19 Message
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Elle n’avait pas tort. Ce n’était pas pour rien qu’elle était sa meilleure amie, après tout. Elle la connaissait sur le bout des doigts et la réciproque était vraie. Malgré la distance et les innombrables voyages de Meghan, elles avaient toujours été inséparables. Elle ne se souvient même pas du nombre de fois où ses parents lui avaient hurler de raccrocher car ils avaient un appel important à faire. Ni même du nombre de vols qu’elle avait pu faire au cours de ses vingt-quatre années d’existence, que ce soit avec ses parents, elle seule qui partait quelques temps à Washington ou encore elle qui voyageait avec l’armée, depuis qu’elle avait intégré les forces américaines, six ans plus tôt.

Elle en avait vu, du pays. Et quand bien même Caitlyn avait-elle raison, qu’elle n’était jamais restée longtemps à la même place, elle avait besoin de se ressourcer. De rester à la même place plus que quelques mois. Et que cette place ne soit pas constamment bombarder ou sous attaque, de préférence.

- J’ai besoin de me poser, Cait. Et peut-être que tu as raison, que je ne sais pas tenir en place. Mais j’aimerais au moins, pour les prochaines années, restée ici.

Ce fut un doux sourire qu’elle adressa à sa meilleure amie.

- Tu sais, je suis presque surprise d’être restée trois ans à Washington. Depuis aussi loin que je me souviens, je ne suis jamais restée aussi longtemps à la même place.

Il ne s’agissait plus tant d’une envie de rester un moment à la même place mais d’un besoin viscéral de ne plus partir tous les quelques mois pour un nouvel état ou un nouveau pays. Pour sa propre santé mentale, elle se devait de rester ici, quelques temps. De savoir ce que c’était, d’avoir une endroit qu’elle pouvait qualifier comme chez elle.

Elle suivit donc sa meilleure amie jusqu’au café au coin de la rue, ignorant tant bien que mal les regards qui s’étaient posés sur elle, mal à l’aise.

- Je suis ravie de savoir que la famille va bien.

Certes n’était-elle pas une Cunningham, or, elle avait passé tellement de temps chez eux, notamment lors de ses voyages ponctuels alors qu’elle venait voir sa meilleure amie, qu’elle faisait presque partie de la famille. Il s’agissait d’un second chez soit, pour elle, alors que ses parents parcouraient toujours le globe, toujours à la quête d’une nouvelle aventure.

À force d’être toujours avec Caitlyn, ils avaient fini par la considérer un peu comme de la famille, allant même jusqu’à l’inviter à passer Noël avec eux lorsque ses parents s’absentaient.

- Alex ? Je dois donc en comprendre qu’il n’est toujours pas décidé à quitter le nid familial ? Il va bien ? Il s’est finalement fait une copine ?

Elle eut un léger rire moqueur alors que des souvenirs du cadet lui revenait en mémoire.

Il avait toujours été trop timide et trop réservé pour adresser la parole à une fille. C’était à peine s’il lui adressait quelques mots lorsqu’elle était chez les Cunningham !

Novembre 2003

La militaire venait de rentrée au pays après six mois passés en Irak. Elle avait de lourdes cernes sous les yeux et le corps couvert de cicatrices. S’il ne s’agissait pas de sa première guerre, ayant passé près d’un an en Afghanistan un an et des poussières auparavant, chaque expérience était toujours aussi traumatisante.

Ses valises dans sa voiture, elle avait quitté l’aéroport de Star City pour le seul endroit où elle avait envie d’être en ce moment : chez les Cunnungham, auprès de sa meilleure amie. Or, ce ne fut pas sa meilleure amie qui lui ouvrit la porte.

- Me-Meghan, mais que...

Ce fut donc Alex qui eut le droit d’assister à l’une des scènes les plus pathétiques de la vie de la militaire. Elle s’effondra en larme sous les yeux désemparés de ce dernier, qui se contenta de la faire rentrer à l’intérieur et de l’amener vers le salon où elle la fit prendre place, maladroit et incertain de la démarche à suivre alors que la militaire n’en finissait plus de pleurer, accrocher à son épaule, que ce soit des visions horribles qui passaient encore devant ses yeux ou bien du soulagement d’être rentrer en lieu rassurant.

2006

Alors qu’elle parcourut le menu des yeux, elle écouta d’une oreille attentive ce qu’avait à lui conseiller sa gourmande de meilleure amie.

Et ça, ce fut jusqu’à ce que le mot tuerie vienne s’infiltrer dans la conversation, amenant la militaire à serrer les poings plus fort et nécessaire et son regard s’ancrer dans le vie, son corps tout entier étant désormais figer.

Elle eut l’impression d’entendre de trop nombreux coups de feu alors que, sous ses yeux, des enfants en paniques s’enfuyaient, d’un côté comme de l’autre, et ce, malgré les forces militaires qui étaient arrivés, certes, un peu trop tard, mais faisaient leur possible pour contrôler la foule. La petite école primaire venait d’être bombarder et était assaillie par les forces ennemies qui, de leur côté, avaient commencer à fuir en voyant les forces américaines arrivées.

Des enfants étaient morts. Et elle n’avait rien pu faire pour les sauver.

- Je vais prendre ehh... Je...

Il fallait qu’elle arrive à s’ancrer dans le moment présent alors que son esprit l’amenait toujours plus loin dans ses souvenirs, la forçant à revivre d’atroces moments.

- Ce qu’elle dit.

Meghan s’en voulait d’être aussi faible. De ne pas avoir la force de se tenir droite et fière comme elle l’avait toujours fait. D’affronter ces fantômes qui revenaient inlassablement la hanter et qui le feraient pour les années à venir. Certes tout ça était encore bien frais dans sa mémoire. Mais ce n’était pas elle, celle qui marmonnait doucement quelques paroles alors que la terreur de la guerre animait toujours son regard.

Elle cligna quelques fois des yeux avant de soupirer. Ce n’était plus un champs de bataille mit à feu et à sang qu’elle avait devant elle mais sa meilleure amie.

- Et toi, tu attends quoi pour te trouver un homme ?

Changer de sujet.

- Je suis certaine que tes parents s’attendent à ce que, d’ici les cinq prochaines années, tu ais à ton tour des enfants, non ?

Un léger rire horriblement faux.

- Je suis certaine qu’il doit au moins y avoir un mec intéressant dans ton entourage !

Belle tentative d’essayer d’être enthousiaste.

Février 1992

- Je déménage encore. Le Colorado, cette fois-ci.

Allongée sur son lit, elle était au téléphone pour la énième fois cette semaine avec sa meilleure amie. Car quand bien même étaient-elles désormais séparées par un pays entier, jamais rien ni personne ne pourrait se mettre entre elles !

Et personne ne prendrait jamais la place que Cait avait dans le coeur de la jeune Meghan.

- Je n’ai pas envie de partir... En milieu d’année scolaire, en plus, cette fois-ci ! J’ai envie de rentrer à Washington...
 
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Message posté : Jeu 6 Oct 2016 - 8:24 Message
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« Tu sais que tu es la bienvenue autant de temps que tu voudras. »

Il n’y avait pas de déclaration plus sincère que celle-ci, d’ailleurs, Caitlyn n’avait pas hésité une seconde avant que les mots ne franchissent ses lèvres. Son amie avait toujours été chaleureusement accueillie sous leur toit sans que ça ne suscite d’agacement chez les Cunningham, il n’y avait aucune raison pour que cela change. D’autant plus que Meghan avait combattu pour les Etats-Unis, et s’était retrouvée blessée sur le champ d’honneur. Des patriotes comme Margaret et Abraham ne pouvaient que soutenir une telle héroïne, autant que cela leur était possible.

En revanche c’était pour de tout autres motifs qu’Alexander serait ravi de voir Meghan dans leurs murs, même s’il ne l’avouerait jamais de manière aussi limpide. D’ailleurs un œil non averti pourrait croire que ça le gênait qu’elle soit là, alors que c’était tout le contraire. Oh bien sûr ça le rendait anxieux et il y aurait des moments où il serait mal-à-l’aise… Mais globalement, il s’habituait toujours peu à peu à la présence de la jeune femme et savait se montrer avec elle aussi naturel qu’avec les siens. Bon, il restait Alex, avec son humour décalée, sarcastique et maladroit comme pas deux. Sa gentillesse et sa générosité finissaient de balayer tous ses travers.

« Hé ! Moi aussi, j’ai pas quitté le nid familial. » Répliqua Cait d’un ton faussement boudeur. Ils étaient très famille chez elle, ses sœurs n’avaient d’ailleurs quitté la maison qu’une fois en couple et sur le point de s’engager sérieusement. « Mais oui, égal à lui-même. Et non, il faudrait déjà qu’il arrive à draguer une fille sans dire des âneries. L’autre jour, il a paniqué et dit à une qui lui plaisait qu’elle avait de belles dents. Tu le crois ça ? »

Oh, elle pouvait bien se moquer de son petit frère ! Il le lui rendait bien, et ne prenait jamais mal – ou presque – ses remarques. En l’occurrence, il était nettement moins susceptible qu’elle.

Novembre 2003

Quand elle rentra de la fac, où elle traînait quand même parfois, pour trouver sa meilleure amie en larmes contre l’épaule de son frangin, Cait avait tout de suite vu rouge et était montée au créneau. Celui-ci frottait maladroitement le bras de la jeune femme pour la consoler, et sursauta à l’irruption de la tornade.

« Qu’est-ce que tu as fait ?!
_Quoi ? R..Rien ! J’ai ouvert la porte et elle…
_Oh, me l’a fait pas à moi ! »


Pointant un index accusateur sur Alex qui referma la bouche de stupeur, elle avala en quelques pas la distance qui la séparait d’eux pour venir prendre Meghan dans ses bras. Le regard noir, elle n’avait pas besoin de parler pour faire des reproches au malheureux.

« Tu lui as dit quoi ?
_Mais rien… ! »


Quand la situation vint à s’éclaircir et qu’elle comprit enfin qu’Alex n’était en rien responsable des pleurs de Meghan, qu’elle berçait doucement, elle ne se radoucit pas pour autant à l’égard de son cadet.

« Pourquoi tu me regardes comme ça… ? Je n’ai rien fait… !
_Justement ! Tu peux pas faire un câlin ??
_Si… Désolé… »


Son air de chaton penaud dégonfla la colère de Cait, qui avait secoué doucement la tête avant de reporter toute son attention sur la jeune femme dans ses bras.

2006

Si elle pouvait parfois être obtus, Caitlyn n’en était pas moins empathique et particulièrement attentive à son amie, malgré le flot de paroles qui quittait ses lèvres – principalement pour occuper l’esprit de Meghan. Aussi, elle remarqua tout de suite sa crispation même si elle ne comprit pas pourquoi elle venait de réagir. Son front se barra de souci tandis qu’elle commandait la même chose qu’elle, puis changea précipitamment de sujet. Cait choisit d’abord de jouer le jeu.

« Pff. Je devrais déjà être fiancée selon les critères de mes parents. » Elle haussa les épaules exagérément et se joignit au rire de Meghan, dans l’espoir de l’aider à se détendre. « Mais nan, rien de réjouissant. En plus je m’entraîne beaucoup ces derniers temps. Si on met de côté le fait que j’ai, du coup, souvent la gueule ravagée, » Le Muay-Thaï n’étant pas une discipline douce, les coups au visage étaient souvent portés avec violence. « J’ai aussi pas beaucoup de temps. J’ai plus envie de m’occuper de moi. »

Décembre 2002

« Il m’a largué la veille de Noël tu te rends compte ?! Cet enfoiré de merde devait venir à la maison, mes parents l’attendent avec la plus grosse dinde du siècle, et ce connard me dégage par téléphone. » Encore pendue au fil avec Meghan, Cait déversait toute sa colère. Ça lui permettait au moins de ne pas être triste. « J’en ai marre. C’était qu’un gros lâche, bon débarras. » Ah, il lui fallait pas beaucoup pour se faire une idée ! « Dis-moi que tu as eu ta perm’, s’il te plaît… »

2006

« Et de toi. Je nous ai prévu tout plein de trucs tu vas voir ! SPA, jacuzzi, massages, ballades en forêt, parc d’attractions… On va bien s’amuser ! »

Cait avait besoin d’activités et d’agitation, et ça lui permettait d’autant plus d’apprécier la farniente qui suivait invariablement ces gros pics de sorties. Rapidement on leur apporta leurs cafés, accompagnés d’un généreux plateau de gourmandises et de pâtisseries. Elle jeta directement son dévolu sur une forêt noire, tâchant rapidement ses doigts et la commissure de ses lèvres de chocolat.

« Et si t’as envie de faire quelque chose, tu dis et on organise ça ! »
 
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Message posté : Jeu 6 Oct 2016 - 9:31 Message
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Il était difficile pour la militaire de s’accrocher au moment présent et ne pas se laisser envahir par le flot de souvenirs qui remontaient à la surface. Car, après tout, tout était encore trop frais dans sa mémoire. Les horreurs qu’elle avait vu. Les attentats. Les explosions. Ces enfants morts, tués alors qu’ils n’avaient pourtant rien demander, si ce n’était que de vivre paisiblement leur vie.

Et elle, tellement impuissante face à toute cette horreur. Elle qui n’avait pu que regarder tous ces petits corps s’écroulés au sol avec tellement de culpabilité dans les yeux. Et elle n’avait eut d’autres choix que celui de continuer. Parce qu’une telle scène n’était qu’une réalité de la guerre.

La guerre menait à la mort, peu importe ce que d’autres pouvaient bien dire.

Et si Meghan était fière de ce qu’elle était et de ce qu’elle représentait, si elle était heureuse de pouvoir apporter de l’aide à d’autres et de changer les choses autour d’elle, elle n’avait pas signé pour ça, lorsqu’elle était entrée dans l’armée.

Elle n’avait pas signé pour tous ces enfants qui viendraient la hanté continuellement.

La jeune femme eut un léger sourire alors que sa meilleure amie lui annonçait avec enthousiasme tout ce qu’elle avait prévu faire, maintenant qu’elle était rentrée, et ce, certainement plus que pour quelques mois. Car elle devait avant toute chose faire le point sur sa vie. Se ressourcer. Et la présence de Cait lui serait bénéfique, elle en était certaine.

- Pour le moment, j’ai surtout besoin de me reposé. Les derniers mois ont été difficiles.

Les dernières années, surtout.

Décembre 2001

- Je ne pourrai pas être là pour Noël, cette année.

Suite aux attentats terroristes survenus au mois de septembre de cette année, l’armée américaine avait déployée des forces supplémentaires en Afghanistan pour lutter contre ces derniers et se lancer dans une chasse à l’homme et Meghan fut parti de ceux y étant envoyé. Et si elle se trouvait à être nerveuse comme il s’agissait de sa première fois en territoire inconnue, elle essayait de rester confiante. Car, après tout, elle avait été formée pour cela.

Ou, tout du moins, le croyait-elle.

- Et je ne pense pas rentrer de sitôt. Ils parlent de quelques mois encore.

Elle entendait déjà sa meilleure amie s’insurger à l’autre bout du fil, qu’il était injuste qu’elles passent plus d’un an sans se voir, ce qui arracha un sourire à Meghan alors que même si elle se trouvait à l’autre bout du monde au beau milieu d’un territoire en guerre, Caitlyn arrivait à ensoleiller ses journées.

Novembre 2003

Caitlyn venait de faire monter sa meilleure amie à sa chambre après avoir injustement accusée son petit frère d’être la raison de l’état misérable de sa meilleure amie.

- Je suis contente d’être rentrée.

Les nuits qui suivirent, sa meilleure amie fut réveillée plusieurs fois par la militaire alors que cette dernière avait le sommeil agité et se réveillait en sanglotant. Si elle était rentrée d’Afghanistan pas trop amochée, mentalement, l’Irak venait de l’enfoncer bien bas.

Avril 2004

La militaire eut un léger sourire en entendant la voix de sa meilleure amie au téléphone.

- Ne t’en fait pas, tu as presque raison. Je suis en Haïti.

Un conflit politique où les forces américaines furent réclamées sur place pour représenter les États-Unis. Et si Meghan fut parfois prise aux centres de bagarres ou d’attaques au détour d’une ruelle, elle devait admettre que c’était bien moins difficile sur le moral que ses précédentes expériences. Et cela s’entendait dans le ton de voix et les paroles qu’elle adressait à Cait.

Décembre 2004

- Je ne pourrai pas être là encore cette année.

Or, cette fois-ci, la voix de Meghan était étouffée par l’émotion alors qu’elle manquait d’éclater en sanglot. Elle se devait toutefois de rester forte. Elle y arriverait. Si ses parents avaient pu le faire, alors elle aussi, elle le ferait.

- Je veux rentrer à la maison...

Des larmes roulèrent sur ses joues alors que la maison qu’elle désignait n’était pas celle de ses parents mais celle des Cunningham.

2006

Meghan attrapa la tasse de café entre ses fines mains désormais abîmées par la guerre pour profiter de la chaleur et de l’arôme qui s’en dégageait. Elle avait trop souvent bu du café instantané tiède ces derniers mois que cette simple odeur venait la rassurer.

- Peut-être que tu devrais demander des cours à Alex ?

La blonde eut un sourire amusé, voir même un peu moqueur, alors que si l’aînée agaçait son petit frère pour son manque cruel de tact lorsqu’il devait s’adresser à une fille, elle n’était pas spécialement meilleure avec les hommes de son côté.

Sûrement trop agressive et brutale, elle avait certainement dut en faire fuir plus d’un.

- Je suis sure que si tu complimentes un homme en lui disant qu’il a de belles dents, il va devenir raide dingue de toi.

Un léger rire pour accompagner la petite pique destinée au malheureux qui n’était même pas présent, et, par conséquent, ne pouvait même pas se défendre.

Elle se fit la promesse d’aller faire savoir à Alex qu’il avait de belles dents. Et peut-être deviendrait-elle la source d’une énième querelle entre eux alors qu’il n’apprécierait certainement pas que sa soeur se moque (gentiment) de lui avec celle qui lui plaisait (mais ça, c’était un secret).

- Mais sinon, pour en revenir à ce que tu as prévu, j’ai besoin de tranquillité. Ne penses-tu pas que tu peux changer nos plans pour simplement regarder quelques films, enrouler dans nos couvertures avec d’innombrables paquets de bonbons ?

Et elle était certaine de gagner sa meilleure amie alors qu’elle évoquait l’idée de s’empiffrer encore et encore de sucre artificiel.

- Et je me demande...

Elle attrapa l'éclair au chocolat qui se trouvait au milieu du plateau de pâtisserie.

- Tu ne m'as jamais expliqué réellement pourquoi tu as arrêté de combattre.

Il était évident que la jeune demoiselle s'en voulait alors que ses traits laissaient transparaître un sentiment de culpabilité. Car si Cait avait toujours été là pour elle, la réciproque aurait dut être vraie. Or, alors qu'elle faisait des allers et retours en Irak, sombrant toujours un peu plus à chaque fois, la mort devenant son quotidien, il y avait quelques événements de la vie de sa meilleure amie qui lui avait filé entre les doigts.

Et maintenant qu'elle était rentrée, et ce, pour un long moment l'espérait-elle, elle comptait bien rattraper le temps perdu et se concentrer sur son amie d'enfance plutôt que sur elle-même.
 
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Message posté : Ven 7 Oct 2016 - 21:55 Message
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Février 2001

Sa meilleure amie la regardait avec des yeux ronds. Elle était venue rendre visite à la famille Cunningham pour les vacances de février et Caitlyn venait tout juste de lui raconter qu’elle s’était retrouvée à plaquer au sol et faire une clé de bras au mec qui lui plaisait, en plein milieu d’un couloir du bahut. À son « mais pourquoi ? », Cait n’avait rien à répliquer de logique. Les yeux humides et un peu honteux, les joues rougies, elle s’était exclamée :

« J’ai paniqué ok ! Il m’a demandé de venir au cinéma avec lui, je m’y attendais pas du tout et j’ai juste réussi à bredouiller un ‘oui’ minable… Et là, d’un coup, il a voulu poser sa main sur son épaule et… Merde j’ai réagi par réflexe quoi, ça peut arriver !! »

Même Meghan aurait sans doute du mal à ne pas railler cette énorme maladresse. Enfin, ce serait toujours mieux que ses sœurs qui l’avaient moqué une bonne semaine avec cette histoire. Surtout après la convocation de leurs parents au lycée par le directeur. Ils n’avaient pas décoché un seul mot pendant qu’on leur expliquait les faits, Caitlyn entre eux deux, et son père avait seulement ouvert la bouche à la fin pour se fendre d’excuses relativement sèches. Humiliant.

2006

Alors, certes, Caitlyn n’avait pas trop de cours à donner en matière de séduction. Ce qui ne l’empêcha pas une seconde de s’insurger contre cette assomption.

« Je suis meilleure que lui ! » Contrairement à ce qu’on pourrait croire, Alexander ne se vexait pas quand on lui faisait remarquer sa gêne, ou son étrangeté. Et même quand Cait l’engueulait, il était souvent trop gentil pour répliquer – il avait horreur de blesser ses sœurs. Dès que l’une d’elle pleurait, il se mettait toujours en quatre pour les aider. Ça l’avait conduit dans ses situations particulièrement bizarres et problématiques. Comme quand il s’était retrouvé à aller confronter le premier mari d’Elizabeth, un grand balèze de deux mètres, pour lui balancer qu’il traitait mal sa sœur. Il n’avait pas été déçu du voyage. « Il finira quand même bien par trouver une fille qui est fière de ses dents. Et ça aura intérêt à être un amour… Pas question qu’une autre fille que moi abuse de sa gentillesse. »

Meghan lui expliqua ensuite qu’elle préférait un programme plus détente et farniente, ne serait-ce que dans un premier temps. Très loin de s’en formaliser, Cait hocha vigoureusement la tête et lui offrit une large risette.

« Pas de problèmes ! Tes désirs seront mes instructions, cara mia ! » En quelques coups de fil elle annulerait discrètement les réservations. « Surtout si ça implique des bonbons, du nougat, des pâtes de fruit et du pop corn ! » En voilà un de programme, déjà reconstitué.

Tout ça devait la faire saliver parce qu’elle lorgna sur l’éclair en chocolat qui venait de s’éloigner loin, bien trop d’elle. C’était bien parce que c’était Meghan qu’elle n’allait pas faire sa petite crise pour récupérer le trésor… A la place, elle chopa un mini-fondant au chocolat qu’elle glissa tout entier entre ses lèvres. Alors qu’elle essayait d’avaler convenablement sans s’étouffer, elle eut tout le temps de repenser à son arrêt de la compétition… Elle s’en souvenait parfaitement. Enfin, du début, en tout cas.

Juillet 2004

Cela faisait trois ans que Shiva survolait la compétition. Combattante énergique, haute en couleurs et d’une impressionnante brutalité, elle finissait presque tous ses affrontements par des KO. Elle était en confiance. On lui avait pourtant dit que cette Armstrong était redoutable. Ses entraineurs lui avaient conseillé de la prendre au sérieux, elle avait fait une ascension fulgurante dans le classement et risquait de la mettre en difficulté. Caitlyn avait fait semblant d’écouter.

Et maintenant elle se retrouvait là, un voile blanc au-dessus des yeux, étendue sur le dos, à même le sol plastifié du ring. Les sons ne lui parvenaient pas, il y avait seulement un bourdonnant entêtant qui lui donnait mal au crâne. Elle n’arrivait pas à bouger ses jambes, ni ses bras. Entre ses cils entrouverts, ses paupières tellement lourdes, elle aperçut la silhouette de l’arbitre. Penché sur elle, il comptait. Elle lui demanda d’arrêter mais cracha une gerbe de sang. Il mit fin au combat.

Deux minutes.

Il avait seulement fallu deux minutes pour qu’elle perde son titre de championne.

2006

« Et bien… C’est tout con. Je me suis faite rétamée par une fille. » Elle haussa les épaules en démembrant doucement une pauvre madeleine innocente. « Elle était moins technique que moi, mais elle tapait fort, et vite. Elle m’a frappé trois fois dans la tête et je suis tombée. » Ce n’était pas le moment le plus glorieux de sa carrière. « J’ai eu un peu de mal à me remettre. Ça pique l’ego, autant être honnête… Mais je suis pas finie ! J’ai décidé d’y retourner. Je vais lui faire ravaler ses dents. » Un sourire orna le visage de la jeune femme. Si elle était une incroyable mauvaise perdante, elle avait la compétition dans le sang. « J’ai repris l’entraînement sérieusement. Gary et Scott, » Ses entraîneurs. « Ont dit que je devais mettre le holà sur la junk food et la clope. C’est la partie la moins marrante… Mais, hé, ça m’a jamais empêché de gagner ! Tu viendras me voir ? »

Un peu anxieuse dans l’attente de sa réponse, Cait glissa ses jambes sous ses fesses, tordant le malheureux siège qui protesta sous elle.

« Entre deux séances sous la couette… » Elle papillonna des cils exagérément, ajouta un clin d’œil puis ricana. Vous voyez bien qu’elle faisait mieux qu’Alex ! « Tu vas vite te détendre, tu verras. »
 
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Message posté : Mer 12 Oct 2016 - 19:12 Message
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La blonde était bien soulagée d’apprendre que sa meilleure amie ne semblait pas particulièrement embêtée à l’idée de devoir annuler les quelques plans qu’elle avait pour elles alors que la militaire préférait encore se détendre et se prélasser alors que les derniers mois avaient été éprouvants pour elle, tant physiquement qu’émotionnellement.

Mai 2005

C’était la panique. Son unité venait d’être envoyer dans un camp ennemi avec comme objectif de libérer les soldats américains qui furent saisit comme prisonniers de guerre par l’ennemi. La mission était simple et possédait peu de règles. Ils pouvaient lever les armes sans problème et tuer si l’ennemi s’opposait à ce qu’ils reprennent les prisonniers, quelques uns étant même des hauts gradés au sein de l’armée américaine.

La situation avait cependant dérapée et nombreux furent tués ou encore blessés. Forcés de se replier, ils regagnèrent leur point de contact, plusieurs kilomètres plus loin. L’homme à la tête de l’équipe et Meghan furent cependant retarder, arrivant en retard au rendez-vous, l’hélicoptère ayant décollé sans eux.

N’ayant d’autres choix que de parcourir la distance entre le camp ennemi et le leur, ce qui correspondait à plus d’une journée de marche, ils entreprirent donc leur marche, déjà éreintés de leur journée et encore plus fatigués à l’idée du défi qui s’offrait à eux. Ils ne s’arrêtèrent que quelques instants pour manger et boire, ne pouvant se permettre de se reposer en territoire ennemis.

Ils avaient espoir d’arriver à bon port jusqu’au moment où Meghan s’était arrêtée pour s’hydrater et que son supérieur avait décidé de poursuivre la route. Il activa une mine enfoncée profondément dans le sol qui explosa sous ses pieds.

Miraculeusement encore vivant, Meghan accourut à son secours et, gardant son sang froid, lui fit un garrot en arrachant un morceau de ses propres vêtements alors que la jambe de son supérieur manquait à l’appel. Elle le traîna ensuite sur son dos, en plus de son propre sac, sur une demi-journée, celui-ci étant tantôt inconscient, tantôt hurlant de douleur pour finalement sombrer de nouveau dans l’inconscience. Une terrible souvenir qui avait marqué la mémoire de la militaire et lui avait valu de nombreux éloges.

2006

Cherchant à changer de sujet, n’appréciant pas être toujours au centre de l’attention, elle s’intéressa à la carrière de sa meilleure amie, qui semblait avoir arrêté quelques mois plus tôt, ce qui était assez étonnant pour la blonde.

Après tout, dans ses souvenirs, Shiva était une championne et une combattante de talent.

De nombreuses choses s’étaient passées au cours des dernières années alors qu’elle avait été trop loin pour être réellement présente pour sa meilleure amie. Or, elle était soulagée de réaliser que même après tout ce temps et toute cette distance entre elles, jamais elle n’avait cherché à la remplacer.

Car, effectivement, cette horrible pensée lui avait souvent effleurer l’esprit alors qu’elle pouvait passer des jours sans la téléphoner, sa vie étant en danger au sein du territoire ennemi.

Un léger rire s’échappa de mes lèvres.

- Je doute qu’il y ait quelconque séance entre les draps, pour ma part.

Elle soupira.

- Mais tu peux bien t’amuser avec qui tu le veux bien ! Et puis, il parait que ça donne la forme. Un entraînement supplémentaire pour toi.

Elle lui adressa un clin d’oeil, signe qu’elle se moquait gentiment d’elle.

Tandis qu’elle... Elle ne s’imaginait pas avec un homme. Car, après tout, qu’avait-elle à offrir ? Elle s’imaginait sa vie terminée alors que l’armée n’était plus une option. Elle était mentalement désabusée par la guerre et physiquement abîmée par cette dernière. Il suffisait de la regarder, avec ses cicatrices, ses bras entaillés et le bandage qu’elle portait à l’oeil pour comprendre qu’elle en avait beaucoup vécu et sûrement trop vu.

Et puis, elle n’avait pas eut les meilleures relations amoureuses qu’il puisse y avoir, au cours des dernières années.

Août 2003

- Oui, je te le promet, je te le présente une fois que nous sommes rentrés à Star City.

Si la place n’était pas la plus propice pour les rapprochements aux yeux de la population moyenne, la militaire n’était pas de cet avis. Car, après tout, avec l’horreur qu’ils pouvaient voir, loin de leur famille et de leurs amis, ils n’avaient qu’eux.

Et c’est ainsi qu’au détour d’un café, la blonde s’était rapprochée d’un autre militaire et qu’ils avaient terminé la soirée dans le même lit (et ce, quand bien même n’étaient-ils pas supposé).

Ils en vinrent donc à se fréquenter, discrètement, s’envoyant quelques lettres et se promettant que cela ne nuirait pas à leur travail. Tout comme ils se promettaient de rendre la chose un peu plus officielle lorsqu’ils seraient de retour à Star City.

Or, il fut ramené d’urgence, un mois plus tôt que Meghan, à Star City. Une blessure, rien qui menaçait sa vie qu’elle avait sut.

Et lorsqu’il fut son tour à elle de rentrer, elle eut le malheur d’apprendre qu’il souffrait désormais d’amnésie, n’ayant plus aucun souvenir de sa jeunesse ou bien de son temps dans l’armée.

Elle avait toujours eut bien de la chance.

2006

Croquant dans l’éclair au chocolat, elle eut presque un gémissement satisfait alors que voilà longtemps qu’elle n’avait pas mangé telle pâtisserie au goût aussi divin.

- Promis, je viendrai te voir. À tous tes match même ! Je serai ta plus grande fan.

Elle lui adressa de nouveau un sourire amusé.

- Je porterai un t-shirt avec ton visage imprimé dessus même, si tu veux.

De quoi se moquer de nouveau gentiment de sa meilleure amie alors qu’elle était désormais impatiente de voir sa meilleure amie sur le ring à s’en prendre à ses adversaires et les envoyer valser au sol.

Elle savait Cait douée dans ce qu’elle faisait et elle n’eut par le passé que quelques occasions de la voir à l’oeuvre. Or, elle se faisait désormais la promesse qu’elle ne manquerait plus aucune occasion d’assister sa meilleure amie dans ce qu’elle aimait faire.

C’était son rôle, après tout.

Et Caitlyn l’avait si souvent soutenue et supporter. C’était à son tour de lui rendre la pareille.

- Ce n’est donc toujours pas dans tes plans de retourner à l’école ?

Il ne s’agissait pas là d’une critique mais bien d’une simple constatation alors qu’elle avait sut qu’elle avait entrepris des études en droit sans jamais s’y intéresser en outre mesure.

Après tout, elle-même n’avait jamais fait plus que le secondaire, s’étant immédiatement enrôlée dans l’armée.

Elle ne pouvait donc décidément pas juger.
 
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Message posté : Lun 17 Oct 2016 - 8:12 Message
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Caitlyn était toujours demandeuse de nouvelles de son amie, et plus encore de sa présence, elle avait toutefois dû se résigner à la voir moins souvent qu’elle l’aurait voulu. Si aujourd’hui elle était capable de le formaliser sereinement dans son esprit, cela n’avait pas toujours le cas. Et il arrivait encore que la jeune femme accepte mal cette réalité : elle avait pu avoir des mots durs à l’adresse de la militaire, lui reprochant ses absences et ses choix de vie.

Juillet 2005

« Mais sors-toi de ce guêpier, bordel de merde ! »

Après des semaines de silence, en raison des opérations qui avaient déchiré le pays où Meghan officiait, Cait recevait enfin des nouvelles de sa meilleure amie. Elle avait parfaitement conscience qu’elle faisait au mieux, qu’elle l’avait prévenu au plus vite mais… Savoir qu’elle avait échappé à la mort de si peu, qu’elle était traumatisée et ne serait jamais plus pareille, lui donnait un terrible sentiment d’impuissance. Elle était inquiète, elle était en colère, elle voulait rattraper un passé depuis longtemps évanoui entre ses doigts crispés. L’envie de remonter le temps, des années en arrière, au premier jour où son amie lui avait exprimé son intention de s’engager, la hantait souvent. Elle avait essayé. Jusqu’) s’en rendre malade. Elle était néanmoins incapable de revenir aussi loin.

« Pourquoi tu veux pas ? Pourquoi tu insistes ? Ça te fait tellement plaisir de te pourrir la vie ?! » Sitôt le mot prononcé elle le regrettait, mais elle n’arrivait pas à arrêter le flux. « Tu fais chier ! » Et elle avait raccroché.

Sitôt dit, sitôt regretté.
Elle rembobina.
Au moment précis où elle avait décroché le téléphone pour entendre la voix bouleversée de Meghan, qui ne savait plus rien de la dureté de ses paroles. Des larmes plein les yeux, c’est d’un ton chevrotant et tremblant qu’elle avait finalement répondu :

« Je suis tellement désolée… » Elle avait pressé ses lèvres, barrant la route à un sanglot. « Il faut que tu rentres, tu sais.. ? Tu as besoin de repos. Tu as le droit. On t’attend, tu nous manques… »

2006

Et elle était finalement rentrée. Aussi abimée et abattue que Cait le craignait, mais elles avaient de la ressource. Elles trouveraient des solutions. L’œil pétillant de malice, elle tira la langue à son amie.

« Que tu dis ! Tu vas vite te remettre en selle, c’est moi qui te le dis. Star City regorge de beaux hommes musclés et vertueux qui n’attendent qu’une Meghan pour parfaire leur vie. »

S’il avait su, à cet instant, que cet homme-là serait Alexander ! Pas musclé ni vertueux, mais plus amoureux qu’aucun autre.

« Quant à moi, tu crois que c’est quoi, la vraie pour laquelle je remonte sur le ring ? »

Elle plaisantait, bien sûr. Si sa carrière en tant que Shiva lui avait attiré des histoires amoureuses, ça se saurait ! D’autres combattants à la rigueur, mais Cait se montrait plutôt sauvage dans le milieu. Elle avait toujours la sensation bizarre qu’on la jugeait, ou qu’on cherchait à la piéger.

Toujours est-il qu’elle se sentirait forcément plus soutenue et entourée si Meghan prenait la décision de l’accompagner à chaque événement qui ponctuerait son retour sur le ring !

« Deal ! J’ai hâte de te voir avec ma trombine sur les seins. » Caitlyn pouffa, ses yeux en amande étirés en deux fentes rieuses. « Si avec ça je ne fais pas un retour en fanfare… ! »

Là-dessus elle termina sa pâtisserie et l’arrosa d’un peu de café, elle en avait bien besoin pour repenser à sa – courte et chaotique – vie d’étudiante. Cait n’avait jamais été particulièrement studieuse, elle avait poursuivi ses études seulement parce que son père avait longuement insisté pour que chacun de ses enfants poursuive jusqu’au supérieur. Elle n’avait pas eu le cœur de s’opposer. Pour ne pas décevoir Abraham, mais aussi – et peut-être surtout ? – parce que pendant un temps elle y avait vu l’occasion de se rapprocher de Jonas, le frère jumeau d’Heather Cooper. Son coup de cœur de jeune fille… Enfin. Au final, cela avait été une totale perte de temps : elle n’avait pas attiré ne serait-ce que la curiosité du jeune homme et elle n’avait même pas validé sa première année, après deux tentatives. Une catastrophe. Elle aurait surement eu plus de chances de réussir en allant effectivement en cours, cela dit…

« Nan. C’est pas pour moi. » On aurait pu croire qu’une sportive dans son genre aurait la discipline pour s’astreindre à suivre sérieusement le rythme de l’université, mais à voir comment elle fumait et buvait, on pouvait en douter… « J’ai fais n’importe quoi et je n’ai pas la motivation de faire mieux. Je ne saurais même pas quoi reprendre comme études, en fait… Le droit c’est pas mon truc. »

Elle haussa les épaules avec une certaine nonchalance. Caitlyn évitait soigneusement de trop s’interroger sur son avenir – un mauvais réflexe qui lui jouerait des tours, puisqu’à trente-trois ans, elle ne saurait toujours pas quoi faire de sa petite existence.

« Et toi ? Une fois que tu auras un peu retouché terre… Tu as des idées pour la suite ? »
 
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Message posté : Mar 18 Oct 2016 - 6:50 Message
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Il y avait quelque chose de rassurant de se retrouver dans ce café avec sa meilleure amie. Quelque chose de familier. Ce petit quelque chose qui lui avait manqué toutes ces années, que ce soit alors qu’elle déménageait constamment avec ses parents ou alors qu’elle-même s’envolait dès que l’occasion se présentait pour un pays d’outre-mer.

Pour la première fois depuis bien longtemps, Meghan avait l’impression de se sentir chez elle. Quelque part où elle pouvait dire appartenir. Et cet endroit ne pouvait être qu’auprès de sa meilleure amie, qui, peu importe où elle pouvait se trouver autour du globe, avait toujours été une source de réconfort pour elle, un pilier dans sa vie tumultueuse. Son ancre, celle à qui elle s’accrochait lorsqu’elle se sentait partir à la dérive.

Caitlyn ne pouvait même pas imaginer ne serais-ce que le centième de tout ce qu’elle pouvait représenter pour Meghan et de l’importance qu’elle avait dans la vie de la militaire.

- En fait, c’est ça, tu veux juste une raison pour pouvoir me mater. Et cette fois-ci, tu aurais comme excuse que tu fixes ta tête, c’est ça ?

La grimace qui suivit fut parfaitement puérile mais arracha un franc rire à la blonde. Il y avait longtemps qu’elle ne s’était pas sentie aussi bien. Aussi légère. Car certes sa vie, à ses yeux, venait presque de s’arrêter, alors qu’elle devait abandonner tout ce qu’elle avait jamais connu.

Cependant, elle profitait de ce sursis accorder pour ne plus se soucier de rien, si ce n’était que l’instant présent. Elle aurait tout le temps de pleurer sa détresse, de panser ses blessures et d’essayer de réfléchir à l’avenir. Mais aujourd’hui, alors qu’elle était auprès de Caitlyn et qu’il n’y avait ni son d’explosions, ni son de coup de feu, elle comptait bien en profiter.

Juillet 2005

Elle n’avait pas pu communiquer avec l’extérieur depuis quelques semaines déjà. Si elle savait que ses parents s’en remettraient, ils connaissaient la réalité qu’elle confrontait, elle n’était toutefois pas certaine que Caitlyn, elle, lui pardonne un si long silence. Certes Meghan avait-elle des arguments pouvant atténuer la sentence que lui réservait sa meilleure amie, ne serais-ce qu’alors qu’elle s’était retrouvée en temps de guerre intense et qu’elle avait vécu plusieurs événements traumatisants, tant mentalement que physiquement, notamment alors qu’elle avait dut transporter son supérieur sur de trop nombreux kilomètres et que, miraculeusement, il s’en est sorti.

Cependant, elle savait que cette dernière lui en voudrait. Elle savait qu’elle ne le ferait pas de mauvaise foi. Qu’elle était sûrement morte d’inquiétude, à l’autre bout du monde et que ses soeurs avaient sûrement dut l’empêcher de sauter dans le premier avion pour l’Irak alors qu’elle chercherait à pied toutes les bases militaires américaines du pays.

Composant le numéro de sa meilleure amie alors qu’elle se trouvait désormais en lieu sur et que les lignes étaient rétablies, elle n’eut pas à attendre plus d’une demi-seconde que Caitlyn répondit.

- Cait... Si tu savais comment cela fait du bien d’entendre ta voix.

Elle s’était attendu à une crise de nerf alors qu’elle devait sûrement être soulager de l’entendre. Or, elle ne fit que s’excuser pour une raison qui lui était inconnue tout en lui ordonnant presque de rentrer, ce qui manqua de la faire éclater en sanglot.

- Je rentre bientôt. Je te le promets.

Elle aussi, elle s’ennuyait, de là où elle était.

- Dans six jours, normalement, je devrais être à la maison.

2006

Meghan écoutait avec attention ce que Caitlyn pouvait lui raconter, comme elle l’avait toujours fait. Elle avait toujours été de ces gens qui écoutent plus qu’ils ne parlent. Certes, avec elle, elle se sentait assez à l’aise pour discuter de tout et n’importe quoi, qu’il s’agisse de ses démons intérieurs ou encore du beau temps, cela dit, elle avait toujours été une personne attentive. Cela lui venait sûrement de sa timidité frappante de quant elle était jeune, se refusant à parler et d’adresser ses pensées et idées aux autres, se plongeant dans un silence que seule Caitlyn savait l’en faire sortir. Il n’y avait qu’à elle qu’elle parlait. Qu’à elle qu’elle se confiait. Car elle savait qu’elle serait là, à ses côtés, même lorsqu’elle souhaitait ne rien dire. Ou encore lorsqu’elle parlait beaucoup trop.

Août 1996

Ses parents lui avaient laisser la chance de passer le mois complet chez les Cunningham, comme elle avait obtenu des résultats scolaires excellents l’année précédente. Voilà donc une adolescente de quatorze ans qui put passer une grande majorité de ses vacances auprès de sa meilleure amie.

- Hey Cait ? Tu veux faire quoi dans la vie toi ?

La jolie blonde était étendue sur le lit de sa meilleure amie alors que cette dernière se trouvait aussi étendue à ses côtés, comme elles aimaient bien le faire.

- Tu veux aller à l’université ?

Meghan pensait souvent à ce qu’elle souhaitait devenir. Ce qu’elle voulait faire. Et ce, même si son idée était fixée depuis déjà longtemps, alors qu’elle vouait une admiration sans borne à ses parents et à ce qu’ils faisaient.

- Moi, je pense pas. Je pense m’enrôler à mes dix-huit ans, en fait.

Parce qu’elle, elle voulait aider les autres et protéger le plus de personnes qu’elle pouvait.

2006

Meghan se mordilla la lèvre inférieure. Si jeune, parler du futur ne l’avait jamais effrayé, alors qu’elle s’était imaginée sa vie dans l’armée alors qu’elle épouserait un autre militaire et qu’ils auraient deux jolis enfants, aujourd’hui, l’histoire était bien différente.

- Non.

La réponse était honnête et était venue à ses lèvres sans réfléchir.

Elle sentit toutefois ses mains trembler alors que le futur l’effrayait, tout comme elle sentit les larmes lui monter aux yeux. Elle tenta tant bien que mal de les retenir alors qu’au final, elle ne put qu’enfouir son visage humide entre ses mains tremblantes.

Elle se sentait pathétique.

- Je ne sais pas ce que je vais faire Cait. Mes parents sont militaires. Mes grands-parents l’étaient aussi. J’ai des oncles et tantes dans l’armée. Des cousins. Des cousines. Et moi aussi, j’y étais. Je me voyais faire ma vie à servir mon pays.

Un patriotisme qu’elle avait peut-être bien un peu perdue avec le temps, avec les traumatismes et les horreurs, mais qui se trouvaient tout de même toujours bien présent alors que ses parents lui avaient inculquer très jeune des sentiments de fierté vis-à-vis de son pays. Elle se battait pour la liberté de celui-ci et de la protection des citoyens.

Tel fut la motivation de la militaire, quand bien même sa naïveté touchante avait-elle faite place à une réalité plus difficile à regarder et assumer.

- Je suis née pour être militaire. C’est dans mon sang, dans mon coeur, dans mes gênes.

Elle ne pouvait plus s’arrêter de pleurer alors qu’évidemment, les regards de certains curieux se posèrent sur leur table. Déjà qu’elle avait attiré l’attention avec son magnifique bandage de pirate, elle se voyait désormais fondre en larme dans un lieu public.

Et pire, elle ne semblait pas pouvoir arrêter ses sanglots qui lui venaient d’une crainte horrible du futur et de l’idée de ne plus être ce qu’elle avait toujours été, se définissant avec les lourds habits qu’elle avait toujours portée et aux plaques qui étaient restées enfoncées dans un des sacs qu’elle avait laissé à la base militaire, n’étant plus digne de les avoir.

- Je ne sais pas Cait. Je ne sais tellement pas. Je ne sais même pas si j’ai encore envie d’être en vie, demain matin.

Les paroles avaient dépassé sa pensée alors qu’elle réalisait que c’était la première fois qu’elle évoquait l’idée à sa meilleure amie qu’elle préférait encore être morte que de se retrouver dans une telle situation où elle était tellement démunie et dépassée.

- Vivre servirait à quoi si je ne suis plus moi ?

Elle avait mal. Terriblement mal. Une détresse sourde qui l’envahissait alors qu’elle s’était définie, toute sa jeunesse, comme une militaire en devenir, puis tout le reste de sa vie comme la militaire qu’elle était.

Et aujourd’hui, elle n’était plus rien.
 
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Message posté : Jeu 20 Oct 2016 - 20:19 Message
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En pleine dégustation de sucrerie, Caitlyn en aurait presque perdu le sens de l’instant présent, et la gravité de la situation. Elle savait pourtant qu’à un moment ou un autre il serait question de confronter son amie aux événements terribles qu’elle avait traversé, elle devrait la faire parler, recueillir ce qu’elle avait à dire et éponger ses larmes. Cait ne fuyait pas cette perspective, elle était prête. Elle l’avait été dès lors que Meghan lui avait annoncé son retour… Ce serait dur, mais ce n’était pas un problème. Elle soutiendrait son amie d’enfance coûte que coûte.

En revanche elle ne s’était pas attendue à ce que cela survienne si vite, si brusquement et en plein milieu du café. Les dents plantées dans un gâteau, c’est impuissante qu’elle remarqua la dégringolade des premières larmes sur les joues creusées de la jeune femme. Pour que Meghan, si forte, s’effondre ainsi au milieu d’inconnus c’est qu’elle était réellement et profondément bouleversée. Perdue. L’impact laissa d’abord Caitlyn muette, désemparée face à la détresse de celle à qui elle tenait tant. Que dire, que faire ? Comment consoler, trouver les mots justes, et ne pas blesser quand la blessure est encore à vif ? Elle ne voulait pas mentir à Meghan. Toujours, elle ne cherchait qu’à être sincère en sa compagnie. Mais était-ce la vérité, dont l’égarée avait besoin ?

Les regards échouaient sur elle et des murmures emplirent bientôt la salle, telle une rumeur vrombissante prenant de l’envergure. Parfois l’empathie piquait tel individu ou tel autre, mais c’est surtout la curiosité malsaine et vile de la foule qui se manifestait, elle se repaît sans fin du malheur des autres pour adoucir sa propre existence. Cait frappa brusquement son poing fermé sur la table.

« Hé ! Vous avez pas autre chose à faire ?! » Une sommation grondante destinée à tous et à personne, qui eut le mérite de détourner les têtes, ou de rendre la contemplation plus discrète.

Caitlyn ne s’y attarda pas, car c’était Meghan et avant tout elle qui la préoccupait et obnubilait son attention. Elle voulait la prendre dans ses bras, l’y serrait très fort et lui promettre avec toute la conviction dont elle était capable que tout irait bien. Qu’elle la protégerait et que le monde n’était pas si vide et si froid, que le bonheur attendait là, tapi quelque part, et qu’il n’y avait plus qu’à partir à sa recherche. Ces mots-là tournaient dans son esprit comme autant d’assurances de meilleurs lendemains, et Cait les pensait réellement.

Aussi s’empara-t-elle des mains de Meghan pour les presser dans les siennes, parée à tout lui dire lorsque la sentence tomba comme une chape de plomb sur son cœur naïf. La dépression n’était donc pas un risque qu’il fallait éviter, mais une réalité glaçante. La réaction de Cait ne fut plus réfléchie, mais épidermique. De sa main ornée de bagues, elle saisit le menton et la mâchoire de la militaire et la contraignit à la regarder dans les yeux. Dans la détresse de l’instant, elle s’était retenue pour ne pas la gifler, de justesse. Meghan avait peut-être besoin d’un électrochoc, mais la violence qu’elle soit physique ou morale ne l’aiderait pas dans son état.

« Meghan. Tu n’as pas le droit de dire ça, de parler comme si tu étais finie ! » Elles n’avaient pas trente ans, leur vie ne faisait que commencer ! « Ecoute-moi bien. La Meghan que j’ai connu n’a toujours voulu qu’une seule chose : servir. Aider son prochain. Et tu sais quoi ? Cette Meghan là n’a pas besoin de l’armée. » Le regard ferme, Cait ne relâcha pas sa prise sur son amie et poursuivit, en retenant les perles d’eau qui menaçaient le coin de ses yeux. « Tu n’es pas une militaire, tu es Meghan. Et il y a des centaines de façons de servir où tu serais tout aussi utile, même si tu devais garder un bandeau de pirate sur l’œil. »

Elle se leva pour se rapprocher et poser une fesse sur la chaise de Meghan – de toute manière, la malheureuse ne prenait plus beaucoup de place – qu’elle serra alors dans ses bras dans une étreinte tendre et enveloppante.

« Tu as beaucoup donné à l’armée. Tu as servi et bien servi. Tu aurais le droit de vouloir changer, et de faire autre chose, même si ça fait peur. » Qui ne craignait pas l’inconnu en ce bas monde ? Certainement pas Cait, qui avançait pourtant au radar depuis des années. « Mais il y a des voies où tes convictions seraient intactes, tu serais toujours toi. Tu n’as pas besoin d’avoir l’arme au poing et de courir au milieu des bombes pour servir notre pays… Tu es d’accord ? » Elle posa un baiser sur le front de la jeune femme. « Pourquoi ne pas envisager une carrière dans la diplomatie ? Dans une association ? Il y a bien des manières de combattre pour la paix sans faire la guerre. »

D’une main elle farfouilla dans sa poche et jeta quelques billets sur la table, avant d’attirer Meghan à elle et de se lever. Son bras libre autour de l’échine de son amie, l’autre souleva son sac puis elle la mena à l’air libre.

« Rentrons à la maison, mh ? On aura tout le temps d’en discuter. Parce que rien n’est fini, et certainement pas toi. »
 
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Message posté : Ven 21 Oct 2016 - 1:52 Message
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Mourir. C’était une éventualité qui avait tant effrayé la militaire pendant des années. Elle avait vu de nombreux soldats tombés au combat. Elle avait entendu d’horribles histoires de ses parents. Elle en avait vu elle-même d’horribles choses. La mort avait toujours été une menace présente, pesante, au-dessus d’elle-même, lui écrasant sa cage thoracique à un tel point qu’à certains moments, elle était certaine de ne plus pouvoir respirer. Elle avait tellement craint la mort. L’absolu. Le néant. Elle avait toujours craint ne pas être en mesure de rentrer à Star City. De ne pas pouvoir dire adieu à Caitlyn.

Elle aurait presque pu sourire à cette pensée. Parce qu’elle savait pertinemment que si elle était morte sur le champ de bataille sans dire adieu à sa meilleure amie, elle aurait trouvé un moyen, n’importe lequel, pour la ramener d’entre les morts et lui hurler à la figure qu’elle n’avait pas le droit de partir comme ça.

Cependant, alors que la mort l’avait toujours effrayé, allant même jusqu’à la figer sur place, l’empêchant de bouger, le souffle court alors que l’air passait mal jusqu’à ses poumons, désormais, elle avait la sensation qu’elle n’avait plus rien à perdre. Qu’il s’agirait sûrement là d’un soulagement plus que d’un fardeau. Elle n’aurait plus à vivre avec ce vide qu’elle ressentait alors qu’on venait de lui arracher une partie d’elle-même.

Une partie de ce qu’elle était et ce à quoi elle s’était raccrochée avec tant de détermination et de désespoir ces dernières années.

Elle tremblait, elle pleurait et elle n’était même pas en mesure de mettre des mots sur cette souffrance qui venait lui tordre le coeur. Cette détresse qui venait la secouer jusque dans ses os, résonnant au plus profond d’elle-même.

Elle sentit sa meilleure amie lui prendre les mains dans un geste qui se voulait rassurant alors qu’elle, toujours trop fière, aurait préféré pouvoir garder son visage caché et blessé entre ses mains, sachant qu’elle attirait sans doute les regards curieux des autres clients de la place et qu’elle entendait sans peine les chuchotements derrière elle.

Elle était d’un tel pathétisme.

Sa meilleure amie, de son côté, ne semblait pas d’accord avec le discours qu’elle tenait.

De son côté, elle ne pouvait que comprendre. Sûrement se serait-elle elle-même emporter si sa meilleure amie, lors de sa défaite qui marqua la pause de sa carrière, lui avait déclaré que sa vie était finie et qu’elle ne valait plus la peine d’être vécue. Oh, Meghan se serait très certainement fâché en essayant de la ramener sur Terre et de la remettre sur pied.

Or, alors qu’elle était celle en détresse, cela lui semblait être la solution la plus facile, mais certainement la plus égoïste.

- J’aurais pu rester dans l’armée. Dans les bureaux.

Elle avait cependant refusé et ses supérieurs lui avaient laissé un peu plus de temps pour réfléchir. Elle était blessée et bouleversée et elle pourrait leur donner une réponse plus éclairé lorsqu’elle aurait pris la peine de se reposer et de prendre soin d’elle.

- Mais Cait ! Je ne suis pas une employée de bureau ! Je ne suis pas faite pour être assise à signer des papiers et trier des dossiers ! Ce n’est pas moi !

Elle ne devait cependant pas trop monter le ton, compte tenu qu’elle savait déjà bien des regards tournés vers elles. En ce moment, si elle cherchait la discrétion, ce n’était pas gagné.

- J’ai besoin d’action. De bouger. Dans le temps de le dire, je vais faire trois cent livres assis sur une chaise qui va menacer de se fracturer dans les minutes suivantes !

Elle n’était pas faite pour une vie de sédentaire. Pour bien se sentir, dans sa carrière, elle devait bouger, faire quelque chose et non pas être assise sur une chaise pendant près de huit heures par journée pour discuter de la pluie et du beau temps sur son heure du repas.

Non, ce n’était définitivement pas une vie pour elle.

Elle préféra cependant ne pas renchérir et suivit simplement sa meilleure amie hors du petit café, marmonnant quelques remerciements alors qu’elle venait de payer pour leur consommation. Elle était plus que ravie de quitter le public pour un endroit plus calme, mais surtout plus privé, où elle se sentirait moins juger alors que sa souffrance en était déchirante.

- Je suis désolée, Cait... Je ne voulais pas dire ça. C’est juste que...

Elle tenta de ravaler ses sanglots alors qu’elle venait de monter dans la voiture et que sa meilleure amie les reconduirait chez elle, là où elle allait vivre pour les mois, voir même les années à venir, troquant sa chambre d’invité pour celle d’Alexander.

- L’armée, c’est finit. Ma blessure ne me permettra jamais de réintégrer les rangs. Et, en fait, pour tout ce qui est physique, qui me permettrait de beaucoup bouger... Ma blessure vient m’handicaper.

Elle soupira.

- Il est hors de question que je finisse ma vie dans un bureau...

L’idée lui était atroce alors qu’elle sentait déjà ses membres la démanger de faire quelque chose de plus physique et de plus actif. Sans compter qu’elle ne se voyait pas travailler comme commis d’épicerie et qu’elle n’avait bien malheureusement aucun diplôme à son curriculum vitae. Ce qui réduisait beaucoup ses options.

Un soupire plus tard et voilà qu’elle avait bien hâte de rentrer chez Caitlyn. Ce serait un décor familier et particulièrement rassurant, où elle se sentirait tranquille.

- J’ai vraiment besoin d’une bonne douche. Et de sentir autre chose que ces salles aseptisées.

L’odeur d’hôpital la rendrait presque malade !

- Tu nous as prévu quelque chose pour aujourd'hui ?

Elle cherchait à se changer les idées. Oublier le futur qui se rapprochait de plus en plus vite. L'idée que sa vie était terminée s'était imposée à son esprit comme une évidence, cependant, elle était prête à faire des efforts. Pas pour elle-même, mais bien pour Caitlyn.

Cette dernière ne pouvait décidément pas s'imaginer l'importance qu'elle avait pour sa vie et le support incroyable qu'elle lui offrait au moment où elle avait le plus besoin de quelqu'un. Des années plus tard, Meghan repenserait à ces temps difficiles et n'aurait aucune difficulté à admettre que sa meilleure amie fut celle lui ayant sauvé la vie.
 
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Message posté : Lun 24 Oct 2016 - 19:41 Message
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Que pouvait-elle répondre à ça ?
Non, Meghan n’était effectivement absolument pas faite pour passer sa journée dans un bureau, et ce même si l’activité se révélait particulièrement intéressante. Elle était trop énergique et vive pour supporter d’être dans un bâtiment toute la journée, elle finirait par arpenter les lieux de long en large, dissipée et dissipant ses collègues parce qu’elle était façonnée et née pour l’action, et le terrain, même celui brutalisé par les bombes.

Caitlyn n’était pas certaine de mieux le supporter si c’était elle, mais pour d’autres raisons. Légèrement feignante sur les bords, cela ne la gênerait pas forcément de rester assise – tant qu’elle avait l’occasion de cogner régulièrement dans un sac ou la trombine de quelqu’un. En revanche, elle ne pensait pas avoir le bagage intellectuel et la concentration suffisante pour mener à bien ce genre de missions, surtout qu’elle aurait tendance à se déconcentrer au contact d’une équipe.

Il n’était de toute manière pas question de disserter sur le sujet dans le café, aussi Cait abandonna à regrets les quelques pâtisseries qu’elle n’avait pas eu le temps de manger. Toutefois elle sentait que les regards, même devenus plus discrets, deviendraient trop pesants pour sa meilleure amie – or son bien-être était l’absolue priorité. Elles mirent de la distance entre elles et l’établissement, elles se dirigeaient vers l’emplacement de parking où était rangée la petite voiture de Cait quand Meghan reprit la parole.

« L’armée, c’est fini. » Répéta-t-elle d’un ton doux, tranquille, mais ferme. « Et alors ? Entre elle et du 8h par jour à signer des trucs dans un bureau, y a tout un monde Meghan ! » C’était sans doute une évidence, mais il lui semblait que dans l’émotion et la panique, son amie devenait binaire. « Il y a des activités de service qui ne demandent pas d’être une soldate, on les cherchera et on les trouvera. Mais pas maintenant, pas aujourd’hui. Là, ce dont tu as besoin, c’est du repos, du repos, manger, et encore du repos. » Et pour rajouter sur la remarque qu’elle avait eu, elle ajouta avec un sourire taquin. « Et d’une bonne douche. Tu voudras que je te frotte le dos ? » L’innocence qui passa sur son visage malicieux n’était absolument pas crédible. « Tu n’as qu’à demander. »

Là-dessus, elle lui ouvrit la portière du côté passager dans un geste ample et s’inclina légèrement pour l’y inviter avec une certaine classe exagérée.

« La voiture de madame est avancée. »

Elle referma soigneusement derrière elle et prit ensuite place derrière le volant, quand Meghan l’interrogea sur le programme de la journée.

« J’avais prévu un ciné et une promenade, mais je te propose un changement de dernière minute : et si on avançait l’activité « sous la couette, devant une bonne série et avec un grand bol de chocolat chaud » ? Je crois, qu’en plus, Alex a acheté des marshmallow. Quand il a su que tu venais. » Un sourire amusé plana sur ses lèvres tandis qu’elle démarrait la voiture dans la foulée.

« On va profiter de notre temps ensemble Meghan. Tu as besoin de te ressourcer et prendre du recul, ça fait combien de mois, d’années que tu as le nez dans le guidon ? » Elle ne disait pas du tout ça de manière agressive. Au contraire, elle avait toujours été admirative de la véritable dévotion de son amie. « L’armée, résoudre les conflits, tu y as passé toutes ces dernières années. Tu as mis le devoir en avant et ta vie entre parenthèses… C’est honorable, mais tu as aussi le droit, et l’occasion, de te recentrer un peu sur toi. Si tu culpabilises, dis-toi que tu ne seras qu’encore plus efficace après, quand tu seras plus fraîche et reposée ! »

Mais où ? Cette question obsédait sans doute la jeune femme. « Quant à savoir où tu mettras ton énergie au service du pays… Tu as le temps de voir. Tu sais ce qu’on dit, dans les grands projets ? C’est moi père qui m’a rapporté ça… ‘Il est urgent d’attendre’. Ca veut dire que parfois, pour mieux mener à bien de gros projets, des chantiers personnels d’importance, il est nécessaire de se donner le temps de voir. De se tester, de s’habituer. Ce sera ton défi personnel ! Attendre. Et c’est urgent pour toi. » De sa main droite qui ne tenait pas le volant, elle lui tapota gentiment la cuisse. « Tu es au bout du rouleau, là. Même si ça te plaît peut-être pas, je te le dis. Tu frôles tes limites, et si je dois te saucissonner au lit pour que tu te reposes, je le ferai. C’est mon devoir envers toi. On est d’accord ? » Elle tourna la tête quelques secondes pour lui sourire.

« Laisse-moi prendre un peu soin de toi, Meghan. Accorde-toi du temps, et tu verras, tout se mettra en place et tu seras bien. » Pour conclure l’accord elle lui présenta son petit doigt pour qu’elle le serre avec le sien. Comme quand elles étaient petites, et qu’elles scellaient une promesse.
 
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Message posté : Jeu 27 Oct 2016 - 22:20 Message
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Aussi censée pouvaient être les paroles de sa meilleure amie, elles ne semblaient pas atteindre l’esprit de la militaire, qui semblait se débattre pour garder la tête hors de l’eau alors qu’au plus profond d’elle-même, elle espérait presque pouvoir se laisser couler et ainsi laisser les profondeurs lui engourdir les membres et bourdonner dans ses oreilles.

- Je t’avouerais vouloir peut-être profiter d’un peu d’intimité.

Elle venait tout juste d’être rapatrier d’Irak où les douches étaient communes et qu’elle partageait ainsi l’endroit avec plusieurs autres filles. Il n’y avait pas de temps pour l’attente interminable lorsque l’endroit où elle résidait pouvait à tout moment être attaquer par elle ne savait quoi.

Une bonne douche chaude (ce dont elle s’était vue privée trop longtemps) et un peu de moment seule avec elle-même lui ferait le plus grand bien.

Pour peu qu’elle ne restait pas trop longtemps seule avec ses propres pensées.

Elle se laissa donc guider jusqu’à la voiture où elle pris place, son regard fixer droit devant elle. Il y avait quelque chose de bien différent entre les routes de Star City et celles d’Irak. Puis, cherchant à chasser ces idées noires de son esprit, elle s’enquit quant aux plans de la journée. Certes commencerait-elle par une bonne douche, cependant, elle savait que sa meilleure amie avait très certainement un agenda pour les semaines à venir.

Elle se laissa bercer par le moteur du véhicule, mais aussi par les paroles de sa meilleure amie. Souvent, elle se demandait ce qu’elle avait pu faire pour mériter une personne aussi formidable dans sa vie.

Sûrement avait-elle été une sainte ou quelque chose dans le genre lors d’une de ses vies antérieurs, autrement, elle ne comprenait pas pourquoi elle avait eut la chance d’avoir une amie à ses côtés comme Caitlyn. Elle avait toujours été présente, dans les hauts comme dans les bas, et ce, malgré les kilomètres qui les séparaient l’une de l’autre.

- Je... Tu sais que j’ai horreur d’attendre. Comme tu dois sûrement savoir que mes parents n’ont cesser de me répéter que je me devais de prendre ma vie en main, car personne autre que moi ne pourrait le faire à ma place.

Si le père à Cait avait eut de sages paroles, les parents de Meghan aussi. Et si beaucoup répétaient que tout venait à point à qui savait attendre, la militaire était plus d’avis que la fortune venait aux plus audacieux et que, de ce fait, elle ne pouvait se permettre d’attendre indéfiniment que les choses lui tombe sous le nez.

Et donc, attendre était quelque chose de presque douloureux pour celle dont la vie avait toujours été en mouvement, constamment à train de bouger.

Meghan ne savait pas rester sage ni même plus que quelques instants à la même place, son esprit se lançant à droite et à gauche alors qu’elle ne savait comment se poser. Et si elle souhaitait rester calme les mois, voir même les années suivantes, il y avait une partie d’elle qui se débattait à la simple idée que de ne pas se lancer dans une nouvelle aventure d’ici quelques semaines tout au plus.

Son état physique, tout comme son état mental, ne lui permettait cependant pas. Elle avait besoin de repos, mais surtout, de réconfort.

- C’est bien juste parce que tu insistes. Tu sais combien j’ai horreur qu’on s’occupe de moi.

Elle leva le bras pour venir serrer le petit doigt de sa meilleure amie, comme elles l’avaient longtemps faits lorsqu’elles étaient gamines.

Dans un soupire, Meghan venait d’accepter que sa meilleure amie s’occupe d’elle et prenne soin d’elle pour les semaines, voir même les mois à venir.

Il serait difficile pour elle de la laisser ainsi faire, sachant qu’elle avait horreur de se sentir comme un boulet. Cependant, elle savait que cela ferait même plus que plaisir à Caitlyn de la remettre sur pied. Elle avait le temps, certes, de s’en remettre, sachant qu’elle avait bien plus qu’une blessure à l’oeil à panser. Tout en elle était meurtri et sembler crier au désespoir et il lui faudrait du temps avant qu’elle ne parvienne à se redresser et faire face à l’avenir avec le même aplomb qu’autrefois.

- J’ignore l’image qu’Alex doit avoir de moi. À chaque fois que je le vois, je suis dans un état misérable.

Elle rigola, légèrement, alors que son regard se porta sur la route droit devant elle. Car il ne lui servait à rien de paniquer concernant ce que le futur lui réservait.

Le moment présent n’était pas si mal.
 
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