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Au nom du Ver

 
Message posté : Lun 7 Sep 2015 - 15:50 Message
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Un monde où sa science était caduque ? La scientifique n’était pas certaine d’apprécier l’endroit, finalement. Ni même de concevoir que cela pouvait être possible. Un peu boudeuse, probablement frustrée et agacée surtout, elle accepta de monter sur le dos du Dévoreur et même de se farcir la leçon de géographie. Y avait-il besoin de davantage de preuves de sa bonne volonté ? Rapidement (mais ce terme perdait tout son sens ici) ils arrivèrent devant une demeure imposante qui tenait debout par une sorte de miracle magique vu la manière dont elle était penchée. Au passage, elle en apprit davantage sur l’histoire des Faust, leur origine, la manière dont Anton était devenu l’hôte du Dévoreur et pourquoi tout le monde semblait avoir si peur d’Abigaïl ou du moins, la traiter comme si elle était terriblement puissante. Shahren n’en avait jamais eu conscience jusqu’ici, en même temps elle n’avait vu la nécromancienne que deux fois dans sa vie et ça ne s’était pas si mal passé que ça.
Enfin, mieux que d’habitude lorsqu’elle rencontrait un autre être humain, surtout une femme.

Je comprends les mots que tu utilises mais pas ce que ça signifie exactement.

Enfin dans les grandes lignes, elle avait retenu le principal. Merci sa super intelligence et sa mémoire hors du commun. Elle n’eut cependant pas droit à plus d’explications que cela car le Dévoreur utilisa sa patte pour frapper à la porte et une femme leur ouvrit. Si Shahren avait eu des notions de beauté, elle aurait pu complimenter sa belle-mère à ce sujet mais cela lui passait au-dessus. Tout ce qu’elle remarqua fut que le Dévoreur semblait étrangement…Aimable avec elle ? Et cela l’agaça un peu (beaucoup). Shahren descendit de son dos et tendit la main à la mère d’Anton et Abigaïl quand on lui demanda de se présenter.

Shahren Matvieiv, scientifique, généticienne et ingénieure en robotique. Anton est mon partenaire de recherche, nous créons des monstres ensemble.

Cela lui semblait être un assez bon résumé de la situation.

Ah et il dit que je suis sa femelle, je ne sais pas si c’est important ? demanda-t-elle en s’adressant surtout au Dévoreur puisqu’elle tourna la tête vers lui. Pour le reste je dois avouer que je n’y comprends pas grand-chose. Enfin, je comprends l’intérêt de voler des corps, je fais ça tout le temps, mais je ne vois pas pour quelle raison ce type translucide a agi ainsi avec Anton. Surtout qu’il n’avait pas vraiment besoin de toute cette mise en scène pour le subtiliser après l’avoir poignardé. A mon avis les créatures surnaturelles sont trop préoccupées par des histoires de mise en scène…

L’image de l’archidémon lui vint à l’esprit, mais ce n’était pas le moment de pester sur l’agaçante créature. Ils avaient plus important à faire, comme retrouver Anton, comprendre pourquoi le monstre habituellement si hautain et dominateur se comportait comme un gentil garçon devant elle… Les apparences étaient-elles encore une fois trompeuses ?

Ou elles surestiment grandement mes capacités martiales. Quand ils comprendront que je me sers de mon cerveau…. Elle roula des yeux. Bref, vous savez comment retrouver Anton ? J’aimerais rester le moins possible dans un monde dépourvu de logique et de science. Je dirais bien « ça m’angoisse » mais ce serait mentir.

Après tout, elle avait configuré son cerveau pour annihiler la peur et l’angoisse donc, par extension. Du coup, elle était principalement agacée et cela se voyait à la manière dont elle croisait les bras sur sa poitrine et à la façon dont elle fronçait les sourcils. Tout cela n’avait aucun sens, si elle avait un jour rêvé ou même cauchemardé, elle aurait pu comparer son aventure à un songe totalement illogique mais ce n’était pas le cas. Ou du moins ne s’en souvenait-elle plus. Son aventure mettait à mal bon nombre de ses croyances et de ses certitudes et cela ne lui plaisait pas. Anton comme le Dévoreur avaient intérêt à se montrer conciliant quand ils rentreraient sur la Terre Prime (parce qu’elle ne doutait pas une seconde qu’ils rentreraient, dans le cas contraire elle irait faire scandale chez le maître des lieux) pour obtenir son pardon.
 
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Message posté : Mar 8 Sep 2015 - 0:19 Message
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Shahren ne se rendait probablement pas compte du choc générationnel qui avait lieu à cet instant. Anton malgré ses pratiques barbares en terme de chirurgie avait pu observer le monde moderne et son évolution en temps que fantôme pendant un long moment et surtout il y avait vécu par intermittence. Ce n’était pas le cas d’Elisabeth Faust. Cette dernière était morte en 1784 en donnant naissance à deux jumeaux aux cheveux blancs qui marqueraient probablement l’histoire de la nécromancie. Si tant est qu’il reste des gens pour l’écrire après leur passage sur Terre. Mais Elisabeth était en vérité morte bien avant la naissance des enfants et Victor avait utilisé un mélange de science et de nécromancie pour la maintenir en vie.
 
Quoiqu’il en soit, elle ne comprenait pas les mots que prononçait Shahren pour la plupart, de la même façon que la scientifique ne comprenait pas tout ce qu’évoquait le Dévoreur. Un véritable choc culturel, Shahren plongée dans un monde de magie et de fantômes. Finalement, Elisabeth ne comprit que le terme de scientifique et le fait que cette jeune femme à l’aspect non humain créait des golems de chairs avec Anton. Et bien entendu, elle comprit le mot femelle, ce qui lui fit automatiquement froncer les sourcils, le Dévoreur se passant une griffe sur le visage par la même occasion.
 
« Mon fils vous a qualifié en ces termes ? » Question purement rhétorique, Elisabeth ne mettait pas en doute la parole de Shahren. Elle était plus choquée qu’autre chose. « Enfin, entrez. Je vais vous dire ce que je sais et ce que nous allons faire. »
 
L’intérieur de la bâtisse était comme l’extérieur, quoique moins sombre grâce à la présence d’étranges torches. Il y avait un couloir démesuré avec de nombreux tableaux aux murs. Mais Elisabeth, comme si elle se repérait dans ce qui devait être un nouveau labyrinthe architectural les mena dans un salon. Il n’y avait pas de feu dans la cheminée et pourtant des ombres se dessinaient sur les murs. Des ombres qui n’appartenaient à aucun des trois individus présents. Comment le Dévoreur avait-il réussit à se glisser dans la salle ? C’était un mystère.
 
« Méphistophélès n’a probablement aucune utilité précise du corps de mon fils, ou de son âme. Mais il sait que vous par contre et moi-même souhaitons son intégrité physique. C’est suffisant pour qu’il puisse nous proposer un pacte. Enfin c’est le seul cas de figure où il nous laissera récupérer Anton, à moins d’en avoir fini avec lui. » Mais le nécromancien était déjà l’avatar du Dieu-Ver. Quoique plus maintenant avec l’essence du Dévoreur qui se trouvait face à eux. « Comment se fait-il que tu ne sois pas redevenu une fraction du Ver ? Une bête sans intellect ? »
 
« Bonne question. Je suppose que le fait que j’ai été créé à partir de l’âme d’Anton, comme un cancer, fait que je garde une partie de sa psyché. Mais je sens que cela risque de ne pas durer. »
 
Elisabeth hocha la tête. « Méphistophélès hérite ici de toutes les âmes des Faust. Il a fait un pacte avec le grand-père d’Anton. J’y ai échappé parce que je ne suis pas une Faust de naissance et que Méphisto sait qu’il ne vaut pas mieux s’en prendre à moi. Je peux localiser sans mal Anton. J’ai des informateurs dans le Monde Souterrain et un vivant ne passerait de toute façon pas longtemps inaperçu. Ce que je pense toutefois, c’est qu’il se trouve dans la Citadelle de Méphistophélès, enfin, la version de la Citadelle où nous pouvons actuellement entrer. » Car comme toute partie de l’Abîme, il en existait une partie au-delà de la compréhension de l’humanité, un océan de ténèbres gelées que seules les créatures ayant abandonné toute santé d’esprit, toute logique, pouvaient arpenter. Ni le spectre d’Elisabeth, ni le Dévoreur infecté par la psyché d’Anton n’étaient prêts à ça. Alors Shahren.
 
« Je peux lancer un sortilège pour tous nous téléporter auprès de mon fils. Mais pour ce qui est de la suite… Vos compétence martiales, quelles qu’elles soient seront peu utiles. Vous êtes une vivante, les âmes des morts vont se précipiter sur vous, vous harceler jusqu’à ce que vous vous ôtiez vous-même la vie et que vous puissiez les rejoindre. Il n’y a pas eu de vivants ici depuis si longtemps. » Quoi de plus normal au pays de la mort ? Mais on pouvait sentir une pointe de lassitude dans la voix d’Elisabeth. « J’aimerais avoir plus de temps, mais je suppose que vous êtes en train d’agoniser dans le monde des mortels. »
 
Aussitôt, la silhouette d’Elisabeth changea. Ses cheveux laissèrent place à des flammes vertes tandis que sa peau évoquait de l’écorce noire. Ses traits s’étaient allongés et ses yeux étaient des puits laissant apercevoir une lueur verdâtre elle aussi. Une faë de l’Abîme dans toute sa splendeur. Ou une hybride tout du moins. Les flammes les entourèrent brouillant les frontières de la pièce. Quand elles se dissipèrent ils étaient autre part.
 

Méphistophélès, sous sa forme humaine était là, souriant. De même qu’Anton. Nu. Ses yeux et sa bouche avaient disparus et il était recroquevillé par terre. Une âme égarée et torturée par le maître des lieux. « Et bien et bien… Quelle douce vision. Le Dévoreur, Elisabeth Faust et bien entendu, Shahren Matviev. Vivante arpentant le pays des morts. Je me demande comment va se conclure ce petit voyage pour toi ma chère. Enfin, je suppose que vous êtes là pour le corps et l’âme d’Anton. » Le Dévoreur grogna, faisant un pas en direction de Méphisto. « Arrête-toi là, où je te retire le peu d’humanité qu’il te reste. Affamé tu dévoreras ces deux femmes et tu n’auras plus qu’à rejoindre le Dieu-Ver pour les éternités à venir, redevenir une fraction d’une divinité, perdre l’identité que tu as appris à savourer au fil des siècles. Enfin… Commençons les enchères, non, nous sommes là pour marchander. Que me proposez-vous pour l’âme d’Anton ? » 
 
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Message posté : Mar 8 Sep 2015 - 16:16 Message
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Shahren n’avait évidemment aucune conscience du choc générationnel qui venait de se produire. Pour cela, elle aurait dû posséder des notions de culture, une éducation correcte, quelques connaissances en mœurs historiques, bref des compétences dans des domaines qui l’ennuyaient et qu’elle trouvait parfaitement inutile. Aussi elle se contenta de confirmer d’un signe de tête que oui, Anton l’appelait bien ainsi avant de la suivre à l’intérieur en compagnie du Dévoreur. Ce dernier semblait bien calme en comparaison de d’habitude et il le justifia en affirmant qu’une partie de l’âme d’Anton avait servi à le créer. La scientifique aurait bien relevé d’un « Justement… » totalement pensé mais elle s’en abstient, principalement parce que Elisabeth Faust donnait des explications auxquelles elle prêtait attention.

Inutile de préciser que Shahren se sentait totalement perdue dans ce monde et effectuait de réels efforts pour en comprendre les règles ainsi que les principes de base. Néanmoins, il lui manquait des éléments, c’était un terrain inconnu, comme si elle avait demandé à Elisabeth de pratiquer une opération du cerveau en lui expliquant qu’il ne fallait pas toucher la matière grise : Ça lui faisait une belle jambe. Heureusement, sa super intelligence lui permettait de mettre bout à bout toute une série d’éléments pour former un panorama plus ou moins compréhensible : Elle n’était pas vraiment une Faust, Anton se trouvait dans la citadelle de Méphisto, elle pouvait les téléporter jusque-là et une fois que ce serait fait, il était probable que des âmes viennent la harceler pour la pousser au suicide.
Autant dire que, pour ne pas changer, Shahren avait quelques questions à poser mais elle n’en eut pas l’occasion. Elisabeth décida pour elle que c’était une excellente idée de se rendre là-bas pour affronter le type qui se prenait pour un dieu (mais n’était-elle pas une déesse elle aussi ? Au moins dans sa tête) et récupérer Anton. Sur le papier, ça semblait simple mais Adam lui manquait cruellement. Si on parlait de compétences martiales, c’était sur lui qu’il fallait compter…

Elisabeth se changea en une créature qui attisa la curiosité de Shahren. Elle nota dans un coin de sa tête qu’elle devrait lui poser quelques questions tandis qu’un brouillard sortit de nul part les entourait. Ah, la magie. Tellement rassurant, tellement prévisible, tellement logique.

Quand ils apparurent dans l’endroit où se trouvait Méphisto et Anton, ce dernier, non sans surprise, était encore nu. Shahren le classa définitivement dans la catégorie des exhibitionnistes et s’alarma un peu (à sa manière, c’est à dire qu’elle nota scientifiquement sur son calepin mental) du fait qu’il n’avait plus ni yeux, ni bouche, ce qui risquait de compromettre leur partenariat. S’il ne pouvait voir leurs créations, il ne pouvait lui donner son avis ou ses idées et s’il n’avait pas de bouche, il ne pouvait pas lui parler.
Oui, c’était le seul problème qu’elle notait suite à l’absence de l’orifice buccal.

Méphisto partit alors dans un discours, moins long que ceux de tout à l’heure. Shahren regarda Elisabeth, puis le Dévoreur, qui semblaient tout deux réfléchir à la question posée, puis elle fit ce qu’elle faisait le mieux : En rajouter une couche.

Si je peux me permettre, quoi que vous soyez vraiment : Vous avez organisé toute une mise en scène relativement complexe, parié sur des personnes que vous ne contrôliez pas, tout cela pour vous emparer du corps et de l’âme d’Anton Faust. Votre plan semble relativement compliqué pour que le but soit uniquement de marchandé avec nous. Je ne sais pas ce qu’Elisabeth Faust peut vous offrir ou même le Dévoreur puisque manifestement, vous avez tout pouvoir sur eux. Quant à moi, j’ai bien compris que vous faisiez partie de ces étroits d’esprit incapables de comprendre l’intérêt de la science et même mieux, de la science couplée à la magie. Bref, de vous tous, seul Anton et moi-même en avons vu le potentiel. Je doute donc que vous ayez quelque chose à me demander et si vous êtes vraiment la créature puissante que vous prétendiez, vous seriez venu me trouver dans mon laboratoire, comme le font tous les autres. J’aurais même probablement accepté sans rien vous demander tant que c’était intellectuellement stimulant.

Pour une fois, le monologue était pour elle ! Toujours en fixant Méphistophélès dans les yeux, elle ajouta :

Si on utilise la logique, aucun d’entre nous n’a, a priori, quelque chose capable de vous intéresser. Elle leva son pouce. Donc soit vous vous adonnez à un petit jeu supposé provoquer notre désespoir à tous, ce qui ne fonctionnera pas. Enfin pas sur moi en tous cas, je suis une détraquée émotionnelle, et madame Faust ne me semble pas être du genre sensible. Quant à Dévoreur, il le dit lui-même, il n’est qu’appétits, alors il se consolera autrement. Elle leva son index, comptant le deux. Soit vous voulez quelque chose de l’un d’entre nous mais vous ne voulez pas l’avouer, probablement pour qu’on ne puisse pas le retourner contre vous, et vous espérez que l’on trouvera tout seul. Dans ce cas, faites gagner du temps à tout le monde en crachant le morceau, histoire qu’on puisse récupérer et le corps et l’âme de ce cher Docteur. Alors, laquelle des deux options ?

Sans lui laisser le temps de répondre, Shahren crut bon d’apporter une dernière précision :

Des créatures millénaires qui s’ennuient, j’en connais justement une et il s’entendrait très bien avec vous. Je vous présente si vous voulez, je suis sure qu’il adorerait et au moins tant que vous serez occupés ensemble, aucun de vous ne viendra m’empêcher d’annihiler l’humanité en compagnie d’Anton.
 
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Message posté : Mar 8 Sep 2015 - 18:57 Message
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Méphisto se contenta de sourire pendant tout le discours de Shahren sur l’accord qui était en train de se dérouler. Il ne perdit pas son calme une seule fois malgré les accusations que faisait la scientifique et pendant un temps, on aurait dit que le temps lui-même s’était suspendu pour laisser la femme parler. Elisabeth Faust ne disait rien, observant son fils, ou plutôt ce qu’il en restait, une âme muselée et aveuglée, complètement soumise à l’étreinte de la créature Abyssale. Le Dévoreur lui devait lutter chaque instant pour conserver le peu d’humanité qu’il lui restait, car s’il perdait son calme, alors cela serait probablement une catastrophe.

« Ah ma chère… Moi qui croyais qu’Anton vous avait choisi pour votre cerveau, je me rends compte qu’il a quelque peu exagéré. Vous avez fait plusieurs erreurs notamment dans votre petit exposé. L’Abîme est régit par des règles assez strictes, notamment pour ce qui est de l’acquisition des âmes des vivants. Enfin, je ne vais pas détailler, mais disons que si je le désirais, je pourrais déchiqueter votre être, vous  réduire à néant et votre corps physique se contenterait de pourrir. Dommage pour tous vos projets, non ? »

Il fit un geste de la main et les os du Dévoreur se brisèrent, ce dernier poussa un rugissement avant que Méphistophélès ne renvoie la créature contre un des murs éloignés de la pièce, sans se départir de son sourire. « Je ne suis pas un dieu. Mais le Dévoreur non plus. Quand à Elisabeth Faust et bien, elle ne m’appartient pas. Si je prenais son âme, alors je devrais probablement affronter la Duchesse du Crépuscule. Enfin, je comprends très bien ce que vous avez voulu dire et vous avez essentiellement raison. J’ai quelques offres à faire. Mais une seule compte vraiment finalement. Pour l’âme d’Anton Faust, je veux celle d’Elisabeth Faust. »

Son regard se posa sur la femme en question. « Je sais que tu es prête à te sacrifier pour ton fils ma chère. Et j’ai besoin de toi pour ma collection d’âmes damnées. Ta mère peut m’empêcher de te prendre de force, mais tu as ton libre arbitre, tu peux toujours vendre ton âme librement. »

« Je sais. Tout comme tu sais que j’accepte. A condition de savoir ce que tu veux en échange de son corps. »

« Bien sûr, bien sûr… » Il sourit, commençant à marcher autour de Shahren, lentement, la jaugeant du regard. « Je vais demander quelque chose à cette enfant là. Quelque chose qu’elle trouvera intellectuellement stimulant. Vous ne voyez pas tout ce qu’implique mon plan, j’en suis certain, mais vous le découvrirez bien assez tôt, notamment ce que j’attends de vous en échange du corps mortel d’Anton Faust. Car sans corps, avoir récupérer son âme ne servirait à rien. Je veux dire… Je la libère dans le monde des vivants elle finira forcément par revenir à moi, sauf si Anton vit.  Aussi, j’ai besoin d’un service, d’une faveur ma chère Shahren. Je suis certaine qu’une femme aussi dénuée d’empathie et de morale que vous n’aurez aucun problème à accomplir la tâche que je vais vous confier. » Il sourit, une nouvelle fois. Sauf que ses yeux étaient complètement noirs et qu’une sombre puissance semblait émaner de lui. « En échange du corps d’Anton Faust, auquel je rattacherais son âme et l’essence du Dévoreur pour qu’il soit vivant et complet je vous demande de faire une chose pour moi. »

Il y eut un silence. Comme toute bonne créature millénaire qui se respectait, Méphistophélès savait garder son public captif de ses excentricités. Il claqua des doigts et Elisabeth Faust fut aussitôt prisonnière de tentacules ténébreux. Au loin le Dévoreur était brisé, incapable de bouger son corps de nécroplasme, pas tant qu’il ne se serait pas régénéré.

« Je veux que vous vous arrangiez pour qu’Abigaïl Faust fasse une fausse-couche. »
 
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Message posté : Mer 9 Sep 2015 - 11:38 Message
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Très dommage, oui. Méphisto n’avait pas l’air de saisir que le cerveau de Shahren était exceptionnel, mais pas pour toutes les futilités qui touchaient à la magie. La scientifique n’était pas une chercheuse pour rien : elle laissait aux autres les intrigues politiques, les manipulations et les ronds de jambes. De toute façon, incapable de comprendre les émotions humaines puisqu’elle n’en ressentait que très peu et plutôt vaguement, Shahren aurait été exécrable dans ce rôle. Elle savait que beaucoup de sociopathe étaient d’excellents acteurs mais ce n’était pas son cas. Elle vivait en parallèle de la réalité sociale, et s’en contentait parfaitement.

Néanmoins, la créature finit par admettre qu’il avait déjà une idée du prix qu’il comptait réclamer. Quand il demanda l’âme d’Elisabeth Faust, Shahren ne put s’empêcher de se tourner vers elle en voyant qu’elle était prête à se sacrifier pour une autre personne. Que ce soit son enfant ou pas n’y changeait rien aux yeux de la jeune femme. Ce geste était illogique, pourquoi ne pas se préserver ?
Et pourquoi t’es-tu poignardée pour venir dans une dimension aussi chaotique ?

Avant qu’elle ne puisse se poser davantage de questions, le Dévoreur finit totalement brisé et elle observa le spectacle avec une macabre fascination. Pourrait-elle un jour le mettre dans un état semblable ? C’avait quelque chose de tragique, de voir une créature qu’elle avait toujours considéré comme terrible, se faire terrasser par un type étrange, excentrique et porté sur le monologue. Il ne payait pourtant pas de mine, mais elle songea que c’était un peu le lot de toutes les créatures millénaires. A croire qu’ils jouaient sur les apparences exprès.

Puis la fascination laissa place à de l’agacement. Même si elle n’en avait techniquement aucun droit, Shahren considérait que le Dévoreur lui appartenait à partir du moment où elle avait décidé qu’il ferait un parfait sujet d’étude. Le briser ainsi, c’était contrarier ses plans et cela fit passer Méphisto dans la liste des gens qu’elle n’appréciait pas (et oui, elle aura mis le temps). Cela dit, elle daigna le regarder quand il s’adressa à elle, lui exposant avec moult fioritures inutiles ( de son point de vue) le prix qu’il exigeait pour le corps d’Anton. N’y avait-il pas là une certaine ironie, que ce soit à elle de le payer ? Elle leva les yeux au ciel, tandis que l’âme d’Elisabeth Faust se faisait capturer.

Vraiment ? C’est tout ce que vous vouliez ? Une personne qui fasse faire une fausse couche à Abigaïl Faust ? Tout ça… Elle agita vaguement la main. Pour une pilule versée dans un verre d’eau ?

Ou une tasse de café.
Ou un bol de lait.
Enfin, un récipient contenant du liquide consommable.

Shahren n’éprouvait aucun remord et pas même une once de scrupule à tuer les enfants d’Abigaïl alors même qu’ils allaient être ses petits neveux, plus ou moins vaguement. Ce qui la gênait le plus, c’était la réaction de Renan mais puisqu’il avait déjà deux autres enfants pour palier à cela et qu’il avait l’air très énervé contre Abigaïl ces derniers temps, il ne lui en voudrait certainement pas dans le cas très improbable où il serait au courant. Cela allait-il à l’encontre de leurs nouvelles règles ? Pas dans l’esprit de la scientifique, surtout lorsqu’il lui avait affirmé haut et fort que le seul enfant qu’il considèrerait comme le sien serait celui qu’il avait eu avec son humaine. Et même si elle ne comprenait pas pourquoi, cela excluait d’office toute autre descendance.

C’est vexant, mais si ça peut vous faire plaisir, je m’en occupe en échange du corps d’Anton et de son retour complet, Dévoreur compris.

Parce que c’était tout de même important.

Et la prochaine fois, sérieusement, venez me le demander directement, ça évitera à tout le monde de perdre son temps, ajouta-t-elle, terriblement cassante.

Puis elle attendit qu’on daigne lui rendre Anton et surtout, qu’on les fasse tous sortir d’ici. D’ailleurs, sans se départir de son pragmatisme, elle demanda :

La sortie, c’est gratuit ou il faut mettre une autre pilule quelque part ?
 
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Message posté : Jeu 10 Sep 2015 - 15:59 Message
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Méphistophélès se mit à applaudir à la réplique de Shahren. "Ah, une pilule, rien qu'une petite pilule, c'est parfait. C'est cela, ça c'est avoir de l'esprit. J'aime ça. Pas une once de conscience, de morale, de compréhension de la détresse humaine que tu vas causer." Il ouvrit les bas, souriant encore. "C'est magnifique. Vraiment, je n'ai jamais rien vu de tel. Même Anton est moins cruel. Enfin, il lui reste un certain sens moral et même s'il ne veux pas l'avouer, la seule chose qui le motive est qu'il a envie de détrôner son papa. N'est-ce pas ?"
 
Il s'était relevé, empoignant les cheveux de l'âme du nécromancien pour le forcer à relever la tête. Toujours pas d'yeux ou de bouche par contre. Méphitsophélès soit ne voulait pas qu'il sache ce qui était en train de se passer ou c'était de la torture gratuite. "Hein, le grand méchant Victor Faust qui a créé le premier golem de chair ? Qui a créé pour la première fois un monstre en pièces détachées et a imité la vie ? Toujours à vouloir faire mieux. Enfin, complexe d'Oedipe, je parle de la partie assassinat du père. Quoique quand on observe la mère, ma foi, difficile de se retenir, non ?" Elisabeth Faust était d'ailleurs dans une bien titre position. Toujours soumise aux tentacules de nécroplasme de Méphistophélès, ces derniers étaient apparemment assez insistants. "Je marque ma propriété, qu'elle ne croit pas pouvoir retourner dans le giron de sa mère, elle est à moi maintenant. Ah... Mais je suppose que ça doit être dur. Vendre son âme pour sauver son fils et savoir ce qui va arriver à sa fille, à ses petits enfants."
 
Les appendices monstrueux l'avaient approché de lui et il lui caressa la joue en souriant. Puis l'âme d'Elisabeth Faust et les tentacules disparurent dans les ombres du Monde Souterrain. "Bien sûr, tu te dois de taire mon implication. Mais je doute que cela soit un problème pour toi, non ? Mentir ce n'est pas si compliqué. Considère que c'est le prix pour ton retour dans le monde des vivants. Il aurait été dommage d'être coincée ici, non ? Enfin, voilà comment cela va se passer, tu as... Un mois. Pour faire jouer tes petits miracles. Si au bout de ce temps tu n'as pas rempli ta part du marché, je viendrais prendre ce qui me revient de droit. Maintenant retourne auprès de ton Adam, j'ai du travail à faire. Ce fut un plaisir de faire affaire avec vous." Il se fendit d'une révérence.
 
Tout devint sombre autour de Shahren et elle eut l'impression qu'on la tirait vers le haut, comme si des milliards de griffes venaient de pénétrer sa peau pour l'emmener vers le ciel. Sauf qu'il n'y avait que son corps. La dague gisait à ses côtés et elle n'aurait même pas de cicatrice. Le puits de l'Abîme avait complètement disparu lui, il n'en restait plus rien.
 

Dans la salle où était censé se trouver le futur laboratoire, Anton Faust ouvrit les yeux. Son corps était douloureux comme jamais. Il avait l'impression qu'on lui avait brisé chaque os et pourtant il était entier. Si ce n'était pour ses vêtements qui avaient disparu. Pas de traces non plus du passage de la dague. D'ailleurs il toucha son torse. Son dernier souvenir était la morsure du métal noir dans son coeur. Le sourire de Tommy, ses serviteurs, les hommes-vers. Mais il n'y avait plus rien, aucune trace des combats ou de ce qui s'était passé. Il était bien loin de s'imaginer que Shahren avait voyagé jusque dans l'Abîme pour son âme. "Shahren ?" Lança-t-il, cherchant du regard la scientifique.
 
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Message posté : Sam 12 Sep 2015 - 20:38 Message
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Non, Shahren ne comprenait pas. Elle n’avait aucune idée de la douleur que pouvait endurer une mère venant de perdre son enfant, du choc psychologique, de la tristesse ou même de l’attachement que l’on pouvait éprouver. Non seulement pour une chose qui ne vivait pas (encore) mais surtout, pour un autre être humain. Pour la scientifique, tout cela n’étaient que d’abstraites notions. Au mieux, Abigaïl serait contrariée d’avoir supporté une grossesse tout ce temps pour aucun résultat mais dans le pire des cas, elle s’arrangerait pour tomber enceinte à nouveau. Shahren ignorait les problèmes de fertilités inhérents aux Faust et ne comprenait de toute façon pas l’intérêt de se reproduire. Elle comptait annihiler l’espèce humaine et malgré ses fabuleux pouvoirs, Abigaïl (à l’instar d’Anton) était humaine.

Le geste ne lui coûterait rien, elle n’en éprouverait aucun remord. Le plus difficile, dans toute cette histoire, serait de garder le secret. Shahren n’avait jamais été bonne menteuse, d’ailleurs, elle le dit à Méphisto.

Je suis plutôt mauvaise menteuse, vous devriez le savoir. Mais je ferais de mon mieux, je ne tiens pas franchement à rester ici.

Sincère, pragmatique, peut-être que cela suffit à convaincre la créature puisqu’elle se sentit aspirée vers le haut, comme accrochée par un millier d’aiguilles. Elle revint là où se trouvait auparavant le puit, désormais disparu. Il n’y avait rien ni personne en dehors d’Adam et d’Anton. La dague gisait à ses côtés et elle la prit, sans savoir pour quelle raison exactement. Le cyborg darda sur elle un regard teinté d’une émotion qu’elle ne comprit pas, puis tourna la tête vers le corps du sarkomancien. Visiblement, il respirait. Sans un mot de plus, il s’en alla aussi vite et improbablement qu’il était venu. Hélas pour lui, Shahren ne sut pas déceler la douleur dans ses yeux, ni la blessure profonde qu’elle venait d’infliger à son ego.

Elle l’observa s’en aller, avant de reporter son attention sur Anton quand il l’appela. Encore au sol, elle se mit à genoux sans même ressentir la moindre courbature de son étonnant voyage.

Vous êtes encore nu, soupira-t-elle. Même pour mourir, vous n’arrivez pas à garder vos vêtements. Vous êtes impossible.

Ce n’était même pas un trait d’humour, simplement la première chose qu’elle avait remarqué. Cela, et le fait qu’aucun d’entre eux ne portait de blessure infligée par la dague. Que pouvait-elle dire ? Méphisto avait parlé de taire son implication, mais des questions sur l’Abîme lui brûlaient les lèvres. Seulement, comment expliquer son retour, elle qui n’y connaissait rien en magie… Agaçant. Le Dévoreur se souvenait-il de leur escapade ? Serait-il capable de la renseigner sans qu’Anton soit au courant ? Etait-ce bien judicieux de lui dissimuler tout cela ? Méphisto n’avait, après tout, aucun pouvoir dans ce monde, de son propre aveu. Pourrait-il vraiment venir la chercher si elle trahissait sa parole ? Elle devrait enquêter.

Je ne sais pas de quoi vous vous souvenez exactement mais un certain Tommy vous a poignardé pour vous voler l’essence du Dévoreur, j’ai même combattu des vers géants.

Et comme pour se rappeler à son bon souvenir, Shahren remarqua enfin qu’elle était toujours blessée au bras et au flanc, une brûlure assez grave, noircissant sa chair redevenue humaine tandis qu’elle parlait à Anton. Elle grimaça, des larmes lui piquants le bord des yeux.

D’ailleurs, comment vous sentez-vous ? Je veux dire…Êtes-vous entier ? Enfin… Double ? Enfin… Vous voyez ?

Comment disait-on ce genre de choses ? Shahren l’ignorait, elle s’inquiétait surtout de savoir si Méphisto avait bien respecté sa parole en rendant non seulement le corps d’Anton, son âme, mais aussi celle du Dévoreur. Pour cela, la scientifique cherchait un indice dans son regard.
 
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Message posté : Mer 16 Sep 2015 - 14:36 Message
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Anton ne put émettre qu’une sorte de grommèlement désapprobateur quand elle mentionna son habitude à finir déshabillé. Elle pouvait parler ! Après tout c’était elle qui avait le plus tendance à perdre ses vêtements lors de leurs rencontres. Bon, c’était lui qui les lui retirait la plupart du temps. Enfin il avait l’excuse de se changer en monstre. Il faudrait définitivement qu’il trouve un moyen de conserver ses vêtements quand il se changeait en Dévoreur.

« Merci de m’apprendre de cette manière que je suis mort. Je vois que vous avez toujours un petit problème avec le sens des priorités. »

Il se redressa, il avait mal. Rien d’insurmontable. Surtout quand il se rappelait s’être transformé. Sentir votre corps exploser pour en former un autre n’était jamais agréable et le laissait souvent quelque peu endolori, comme lorsqu’il se rajoutait des membres ou des muscles pour satisfaire ses perversions. Il se massa tranquillement l’épaule, se demandant comme il allait faire pour rejoindre Gallows End sans se faire remarquer. Le Dullahan encore une fois.

« Tommy… Cette raclure. Je n’aurais jamais dû le ressusciter à Falkenberg. Enfin le Dévoreur n’aurait jamais dû le ressusciter. Tout ça pour le soustraire à l’influence d’Abigaïl, voilà où j’en suis. Des vers géants vous dites ? »

Seulement sa concentration fut happée par un autre fait. Shahren était blessée. Une brûlure comme il en avait rarement vu. Ce n’était pas Tommy qui avait fait cela, ni les hommes vers. Ces derniers avaient plutôt tendance à mordre. Mais vu qu’apparemment des vers disproportionnés avaient fait leur apparition à un moment de l’aventure. Difficile d’imagine qu’il puisse s’agir d’autre chose.

« Vous êtes blessée… Et oui je vais bien. Il est toujours là si c’est ce dont vous vous inquiétez. » Il pouvait le sentir au fond de son être, le Dévoreur, comme des braises qui n’attendaient que de repartir. Quoiqu’assez étonnamment la bête était calme, se manifestant à peine. « Il est calme… Etrange. Je suis mort donc ? Abigaïl ne va pas aimer ça. Enfin, je suppose qu’elle dû le sentir. Comment est-ce que mon corps s’est régénéré par contre ? Normalement il ne peut pas le faire seul. » Il devait attendre qu’on l’aide suffisamment pour qu’il puisse remplacer ses organes par ceux d’autres personnes. Heureusement il ne mourrait pas souvent, sinon il ne resterait plus grand-chose ayant vraiment appartenu à Anton Faust chez lui.

Le son des sabots retentit une fois de plus alors que le Dullahan faisait son apparition. Le nécromancien invita Shahren à monter à l’intérieur alors que le cavalier sans tête lui lançait des vêtements au passage. Juste un jean noir et un t-shirt de la même couleur. Les Faust n’aimaient pas la couleur décidément. Comment est-ce que le spectre avait su ? Soit il se doutait qu’Anton finissait toujours nu, soit quelqu’un les avait espionné. Probablement l’un des fantômes d’Abigaïl. « Nous allons passer au Necropolitan pour bander votre plaie, puis je vous déposerais à l’entrée de votre laboratoire ? Il va falloir que vous me racontiez plus en détail ce qu’il s’est passé. »
 
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Message posté : Mer 16 Sep 2015 - 21:32 Message
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Et bien techniquement vous êtes en vie puisque votre cœur bat, donc vous n’êtes pas mort ou du moins, vous ne l’êtes plus si vous l’avez été, alors en quoi est-ce si grave de vous ne le dire qu’après ?

Les sourcils froncés, l’air réellement perdu, Shahren ne comprenait pas le problème auquel il faisait allusion. Sans doute était-il encore sonné par son décès et son séjour dans l’Abîme même s’il ne s’en souvenait pas, comme le lui avait dit Méphisto. Enfin comme elle l’avait déduit, puisque la scientifique n’était pas supposée parler de son implication dans toute cette affaire. Elle espérait qu’Anton n’allait pas lui poser des questions mais c’était un espoir bien vain, elle en avait conscience.

Ne vous inquiétez pas pour Tommy, Adam l’a tué avec une barre en fer, apparemment ça fonctionne contre ce type de créatures. Heureusement qu’il a eu la présence d’esprit de trouver une arme de ce genre, sinon nous aurions été bien ennuyés…

Et heureusement qu’il y avait eu une créature tordue pour leur souffler les réponses à l’oreille, sans quoi jamais Shahren n’aurait pensé au fer. Ses lacunes en matière de magie avaient failli tuer Anton et la condamner à rester dans une dimension sans la moindre logique, où les murets essaient de vous manger les fesses. Mais ils en étaient sortis, certes uniquement parce qu’elle avait accepté un travail ridicule pour le compte de Méphisto… Cela dit, il n’avait pas menti. Selon Anton, le Dévoreur était encore la et la crispation des épaules de la scientifique se détendit immédiatement à cette annonce. Qu’il soit calme ne l’étonnait pas vu l’état dans lequel l’avait mis leur pseudo-sauveur. Elle n’oublierait pas de sitôt le bruit des os brisés.

Vous me demandez ça à moi, comme si j’en avais la moindre idée.. Je vous rappelle que je n’ai aucune notion de magie, c’est un coup de chance que la base de données d’Adam soit connectée à Internet et qu’il ait pu faire quelques recherches. Bon pour les vers géants par contre, ça a été de l’improvisation… C’est en les taillant en pièce avec mes griffes que leur acide m’a blessé je pense. C’est assez désagréable comme sensation. On a enlevé le plus gros mais les tissus étaient déjà attaqués.

D’ailleurs elle commençait à frissonner sans en comprendre la raison. Heureusement, leur voiture était avancée, sortie de nulle part et elle ne fut plus forcée de supporter les courants d’air de l’égout sur sa plaie fraîche. Une fois Anton rhabillé, il la rejoignit à l’intérieur et s’installa au même endroit que la dernière fois où ils avaient emprunté le Dullahan, les corps des deux sorciers en moins.

Vous ne pouvez pas juste refermer mes chairs avec votre sarkomancie et me déposer au laboratoire directement ? demanda-t-elle un peu précipitamment.

Non pas qu’elle n’avait pas envie de rester avec lui, que du contraire même (et ce constat était étrange pour elle) mais Shahren se savait peu douée en mensonges et s’il exigeait qu’elle lui raconte tout ce qui était arrivé, elle risquait à 90% de gaffer quelque part. Surtout que son cyborg n’était pas là pour l’en empêcher…Autant essayer de passer sur le sujet et de trouver de quoi le distraire la prochaine fois qu’ils se reverraient.

Comme je vous l’ai dit il n’y a pas grand-chose à raconter. Tommy vous a poignardé, puis il a essayé de s’enfuir. Par chance, Adam était dans le coin alors il m’a aidé à les rattraper pour récupérer le poignard. Elle se rendit compte que si Méphisto ne lui avait pas donné les instructions, elle n’aurait rien pu faire aussi dut-elle improviser en parlant de plus en plus vite. Parce que Tommy disait qu’il allait y enfermer l’essence du Dévoreur et je me suis dit… Elle réfléchit rapidement en fixant le sol. Que ça devait fonctionner comme pour les démons, que si on l’enlève d’un hôte, ça le tue, mais si on le remet dans un corps assez vite alors tout va bien. Un peu bancal, ceci dit elle ne pouvait faire mieux. J’ai déjà vu ça une fois. Presque un an auparavant, quand son cousin n’avait pas encore compris qu’elle avait mis des caméras dans son bureau. J’ai demandé à Adam d’analyser nos adversaires et on a fait au mieux, je ne m’étais jamais battue avant mais avec des griffes comme les miennes il m’a plus ou moins suffit d’agiter les bras devant moi pour tuer des gens. Enfin je ne sais pas s’ils étaient des gens puisqu’ils se transformaient en tas de vers. Tommy a eu le temps d’invoquer deux vers géants avant de se faire détruire par Adam, et on a réussi à y mettre le feu avec un briquet. C’était visiblement très inflammable, un coup de chance vu leur taille, malheureusement le feu a tout détruit. Quel gâchis…

Et oui, maintenant qu’elle y pensait, c’était une perte considérable ! Shahren aurait adoré pouvoir se pencher sur leur physiologie et recopier leur acide particulièrement corrosif. Si seulement elle avait eu du temps devant elle…Mais l’essence du Dévoreur n’avait pas cessé de la presser, et c’était pire encore après.

Une fois que j’eus récupéré le poignard, j’entendais le Dévoreur dans ma tête et c’est lui qui m’a expliqué quoi faire.

Ce qui n’était pas un mensonge, simplement elle occultait toute la partie voyage dimensionnel, rencontre avec sa mère, sacrifice de cette dernière et assassinat des enfants de sa sœur.
Les détails quoi.

C’est à dire le replanter dans votre poitrine. De là à comprendre pourquoi vous vous êtes régénéré, je ne sais pas. Vous avez peut-être développé un nouveau pouvoir magique ? tenta-t-elle, toujours en parlant très vite. Vous devriez vous pencher là-dessus. Et moi il faut que je rentre au labo, je prendrais une dose de sérum là-bas si vous ne voulez pas utiliser votre sarkomancie. Votre sœur doit s’inquiéter, elle voudra sûrement vous voir seul. Elle ne m’apprécie pas vraiment, on travaille juste ensemble parfois, je sais que les gens normaux s’inquiètent quand quelqu’un de leur famille est blessé, alors…

Elle allait devoir réfléchir à un moyen de faire ingérer son poison à Abigaïl, mais seulement une fois que ses blessures auraient cessé de la tourmenter.
 
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Message posté : Jeu 17 Sep 2015 - 19:03 Message
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Mourir revêtait une importance toute particulière pour Anton. Principalement parce qu'il avait déjà été mort, plus longtemps qu'il ne l'aurait voulu. Son humanité s'était effritée pour disparaître jusqu'à ce qu'il ne reste plus de lui qu'un fantôme inhumain, le Dévoreur. Aussi, oui, il s'inquiétait quelque peu de l'état dans lequel il pouvait bien se trouver après être mort. Quelque chose clochait, quelque chose n'était pas normal. Mais Shahren ne pouvait rien lui apporter de plus. Elle n'était pas une nécromancienne, ignorait tout de l'Abîme. Après tout, il ne savait pas qu'elle s'y était rendue. Pendant un instant, il alla de nouveau sonder son être à la recherche des traces du Dévoreur. La bête y était, mais était particulièrement calme. Surprenant.
 
"Une barre de fer ?" Il avait relevé les yeux sur Shahren. "Vous n'avez donc pas tué Tommy. De toute façon je suppose qu'il ne peut pas être tué, pas aux vues du nombre de fois où il a été ramené. Je pense plus que vous avez dissout un temps l'énergie qui le constituait. Son esprit doit errer, incapable de revenir dans le monde physique tant qu'il n'aurait pas dévoré suffisamment de peur. Enfin, je suppose que cela nous a fait gagné un certain temps."
 
Anton ne pouvait pas laisser le croque-mitaine devenir une menace à nouveau. Heureusement il avait plusieurs idées sur comment s'en débarrasser. La première chose à faire serait de mettre une fin à l'existence du Culte du Ver. Cela avait été un outil puissant lorsqu'il avait été le Dévoreur, mais maintenant ? Ce n'était qu'une gêne comme venaient de le démontrer les évènements du moment. Le nécromancien aperçut le visage du Dévoreur au lieu de son reflet sur les fenêtres du carrosse. Une illusion qu'il était le seul à voir.
 
Oui, il était plus que le monstre qu'il avait été. Ah, Shahren avait cherché à repousser les limites de son humanité et avait été si heureuse de sa mutation. Voilà que le nécromancien se retrouvait lui bien humain, à renier son passé de monstre et à s'inquiéter pour les blessures de la scientifique. Il sentait toutefois une certaine frustration en lui. Avoir dû être secouru ne lui plaisait pas le moins du monde. Sa concentration était divisée entre ses considérations pour Shahren et celles d'un ordre plus mystique.
 
"Ma sarkomancie fonctionne sur les organes entiers plus que les tissus, mais je peux essayer. Quoique je doute que cela soit aussi efficace que votre sérum." Encore une fois la science venait illustrer ses performances en comparaison à la magie. Que c'était frustrant. Il se mit tout de même au travail, refermant grossièrement la plaie de Shahren. Il travaillait beaucoup plus facilement sur la chair morte une fois encore. Le Dullahan avait changé de direction pour se diriger vers le laboratoire de Shahren. Anton n'y entrerait pas. Après tout il n'y avait plus rien à y faire.
 
"Je vois." Il avait calmement écouté tout ce que Shahren avait à lui dire, croisant les mains, réfléchissant à toutes les implications. L'histoire tenait la route et il n'imaginait pas que la scientifique fut capable de mentir. "La dague était faite pour absorber une partie de mon âme, le Dévoreur et non pas pour blesser la chair. De la magie donc, ce qui explique pourquoi elle n'a pas laissé de blessures physiques." Ni spirituelles d'ailleurs car il se sentait bien. Enfin, éreinté, mais il avait tous ses moyens, toutes ses facultés mentales. Encore plus maintenant que le Dévoreur était calme. L'humeur du nécromancien était sombre. Il avait été faible, prit par surprise par un ancien serviteur. A Falkenberg, il avait ressuscité Tommy d'un claquement de doigts. Il avait invoqué un démon abyssal, créé plusieurs golems de chairs, mais maintenant ?
 
Il n'était que l'ombre de lui-même, malgré les créatures auxquelles il avait donné naissance. A sa plus grande colère, il se rendait compte une fois de plus qu'il vivait dans l'ombre d'autres êtres. Dans l'ombre de son père, dans l'ombre d'Abigaïl, dans l'ombre de Shahren, dans l'ombre du Dévoreur. Non, Anton Faust allait devoir remédier à cela. "Enfin, je vous remercie de m'avoir reconstitué. J'ai quelques recherches à faire pour comprendre de manière plus précise ce qu'il s'est passé. Je vous recontacterais pour voir la suite de nos expérimentations." Il lui sourit, se fendant même d'un bref baiser, plus par habitude que par passion, son esprit était ailleurs.
 
Lorsqu'elle fut sortie du carrosse, le cocher sans tête entreprit de mener le véhicule vers Gallows End. Les doigts du nécromancien venaient frapper régulièrement le bois. Anton Faust réfléchissait. Il allait avoir besoin de faire un pas en dehors des sentiers battus, en dehors de toutes ces ombres.
 

Anton Faust allait devoir faire quelque chose de grand.
 
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