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Rappelle-toi Falkenberg.

 
Message posté : Sam 29 Aoû 2015 - 15:28 Message
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La Moisson était ancienne. Fondée durant l’Antiquité, ayant traversé les âges. Mais le poste qu’y occupait Anton était quant à lui particulièrement récent. Il était le second lieutenant de chair à jamais avoir existé, le premier n’ayant été nul autre que son père, Victor Faust, que la légende retiendra sous le pseudonyme de Victor Frankenstein. Avant cela, les lieutenants d’esprit, de sang et d’os s’occupaient personnellement de créer de nouveaux monstres. Tout particulièrement les lieutenants de sang d’ailleurs. Sûrement parce qu’il s’agissait bien souvent de vampires et que leur malédiction avait engendré un grand nombre de bêtes mort-vivantes au cours des siècles. Jusqu’à ce que la science prenne le pas sur la sauvagerie.
 
Force était de constater pour Anton que plusieurs problèmes se posaient actuellement avec sa mission. Cancer, l’abomination la plus monstrueuse qu’il ait jamais créé était une merveille, mais aussi sûrement qu’elle était l’égale de certains héros, Anton n’avait pas réussit à la créer seule. Plus le temps passait, plus il voyait à quel point ses connaissances de la science et de la médecine étaient limitées et surtout à quel point les sciences modernes le limitaient. On ne jouait pas aussi facilement avec la chair morte qu’avec celle des vivants. Cancer n’aurait jamais été aussi magistral sans l’aide de Shahren. C’était bien décidé à s’améliorer, à être à la hauteur des espérances de sa sœur que le sarkomancien avait pris la route du Jardin du Dragon.
 
Il possédait d’autres motifs plus personnels bien sûr. Habillé tout de noir, comme le voulait apparemment la tradition Faust, il avait un sourire moqueur sur les lèvres et des lunettes de soleil. L’été n’arrivait pas encore à sa fin et l’Automne était encore loin. Alors que les nuits se feraient plus longues et que la mort s’installerait sur Star City pour l’hiver, les pouvoirs des jumeaux Faust ne feraient que croître. En attendant, Anton avait mis la main sur certains livres, parlant d’homoncules. Des êtres artificiels créés par magie noire. Loin d’être de la nécromancie de haut niveau, cela pourrait lui permettre une nouvelle approche pour ses monstres : créer des êtres ex-nihilo. Seulement à partir d’herbes, de cuir et d’autres éléments peu ragoutants. Heureusement pour lui, le Jardin du Dragon était probablement le meilleur endroit pour trouver certains des ingrédients les plus exotiques du livre. Ce dernier était d’ailleurs sous le bras d’Anton lorsqu’il entra dans le magasin, inspirant aussitôt les senteurs végétales du lieu.
 
« Et bien, voilà une belle boutique. » Lâcha-t-il à la cantonade. Difficile de rater son entrée. Surtout que pour tous ceux qui se trouvaient là et qui pouvaient sentir les auras magiques, Anton empestait la mort, tout comme sa sœur d’ailleurs. Les jumeaux comptaient bien devenir une force avec laquelle compter à Star City et si la Moisson était discrète pour le moment, cela risquait d’évoluer un jour. Il avisa un homme avec des lunettes et avec l’air moribond. « Vous n’auriez pas vu un fier animal ? Du genre couvert d’écailles et crachant du feu ? » Des flammes capables de détruire le corps physique nouveau-né du Dévoreur. D’ailleurs Anton repensa à la seconde raison de sa visite. Il voulait des herbes méditatives, de quoi contrôler la part la plus sinistres de son être. « Ne vous inquiétez pas, je vais le chercher moi-même. » D’une démarche assurée comme n’en étaient capable que ceux qui avaient déjà affronté et vaincu la mort, Anton se glissa dans les profondeurs du magasin à la recherche du Mage-Dragon et expert en la matière d’herbes à Star City, entre autres.
 
A se demander s’il n’avait pas quelques plantations illégales au fond de son jardin.
 
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Message posté : Mar 1 Sep 2015 - 23:40 Message
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Maigre comme la patte d'un poulet échappé des entrepôts Doux, cireux comme les cierges de Provence, chauve comme l’œil des Moires, Owen Calthrop n'était pas homme à se laisser impressionner par la vermine grossière de Star City. Derrière ses petites lunettes aux branches trop larges pour son long visage, il arborait fièrement son âge et des yeux aux couleurs effacées. Quatre-vingt treize ans et peu d'articulations en bon ordre, ça vous dessine son homme ! Toutefois, l'assurance et la sûreté de caractère de cet ancien fonctionnaire des impôts parurent faiblir subitement à la vue de ce nouveau-venu qui apostrophait à la ronde et professait d'incompréhensibles propos. Owen, qui tenait entre ses mains un petit bocal de verre, où sommeillaient des feuilles de gingko, ne sut quoi répondre. Les feuilles lui parurent soudain très intéressantes, il les observa avec insistance, espérant que le trop effrayant importun passerait son chemin. Il n'en prenait pas pour les propriétés historiques de ce végétal pour le traitement des toux, des bronchites et des maladies pulmonaires, mais bien parce que le propriétaire de la boutique lui avait suggéré les feuilles de l'arbre aux quarante écus pour traiter les difficultés de mémoire et de concentration qui parasitent le grand âge. Il finit par balbutier quelques mots que nul ne comprit et qui, du reste, n'étaient probablement pas des plus intéressants. Le mâle Faust avait toutefois déjà passé son chemin.

Dante se trouvait là, dans un coin du magasin, à disposer sur des étagères les derniers arrivages. Feuilles de petite catapuce, graines de bonnet-de-pêtre, graines de staphisaigre. Sans magie, ces trois éléments étaient hautement nocifs : une cuillère d'un mélange du tout suffirait à tuer un homme de bonne constitution et dans la force de l'âge. Associé au rituel alchimique adéquat, ce cocktail empoisonné devenait une arme de destruction terrible, donc une soupière serait capable de terrasser un troupeau d'éléphants. Ces ingrédients-là, Dante ne les vendait pas souvent. Pas à sa clientèle profane, en tout cas ! Les initiés, en revanche, voyaient là d'excellents outils pour propager la mort. Cela allait bien sûr du sorcier soucieux d'éliminer les créatures magiques parasites au mage noir désireux d'empoisonner tout un orphelinat. Bien entendu, à le voir, ce jeune homme d'à peine, peut-être, plus de vingt ans, de haute stature et vêtu d'après des critères originaux, pour son ethos, il était difficile de se figurer le propriétaire du magasin, et le conseiller avisé de la plupart des mystiques qui, à Star City, touchaient de près ou de loin à la magie des potions et des philtres. Tout occupé qu'il était, Dante n'en avait pas moins perçu l'odeur de ce nouveau-venu tout de noir vêtu qu'il aurait reconnu entre mille... à un détail près. Il s'attendait à voir venir à lui Abigaïl Faust, et voilà qu'il se retournait sur la pâle mais rayonnante figure d'un homme dont les traits indiquaient une nette parenté avec la nécromancienne. Il lui fut assez facile de faire le lien gémellaire qui manquait à sa compréhension.

« Anton Faust. Je me doutais bien que nous nous reverrions. C'était j'imagine une question de temps, mais qu'est-ce que le temps pour quelqu'un comme vous ? » Dante ne s'adressait pas à n'importe quel magicien de pacotille, il connaissait très bien le rapport de toute la maison Faust à la Mort, et comme ce rapport, précisément, déterminer un rapport au temps en dehors des clous ordinaires, il cédait à la tentation de cette remarque somme toute banale, somme toute cousue de fils blancs. « Votre sœur ne m'a pas évoqué votre retour, quand je l'ai vue plus tôt dans l'année. Vos affaires familiales semblent très compliquées. Venez-vous pour me tuer ? » La première phrase exprimait sa curiosité. La deuxième exprimait son amusement. La troisième agrémentait la conversation comme elle jetait à l'eau les fils pour ferrer les poissons – les informations. Il s'étonnait de voir Anton Faust ici-bas et se demandait si ce dernier venait le voir pour lui parler de Falkenberg. À l'époque, le frère Faust avait vu Dante sous son jour écailleux et leur entretien s'était montré musclé, dans une large mesure. « Si vous venez pour récupérer vos anciens habits, votre sœur vous a devancé. Mais j'imagine que vous le savez. »

Il faisait naturellement référence à la carcasse du Dévoreur, et devinait à l'étroitesse de la coïncidence que le frère et la sœur s'était retrouvés à Star City, cette fois moins pour se chamailler que pour s'entendre. Il était donc peu probable qu'Anton fût venu pour le tuer et Dante avait épuisé l'ensemble des motifs qu'il supputait à cette visite imprévue. Plus détendu que jamais, il se fendit d'un sourire intrigué : « Si vous êtes venus par nostalgie pour nos anciens ébats, j'ai bien du temps à consacrer aux souvenirs des feux qui nous unirent autrefois. »

C'était bien là ce que Dante préférait dans ses rapports à la fratrie Faust : traiter avec la puissance brutale et féroce de la Mort vous donne le goût du risque et de l'aventure en toutes occasions.
 
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Message posté : Mer 2 Sep 2015 - 14:50 Message
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Anton n'avait que faire d'avoir terrorisé un petit vieillard en train de chercher des herbes. Il s'était plus attendu à trouver un employé du magasin capable de le renseigner. Et puis bon, des deux, il restait le plus vieux, à moins que le client soit bicentenaire. Quoiqu'il en soit, c'était véritablement de peu d'importance par rapport au véritable individu qui intéressait le nécromancien. Dante Visconti, ou comme les jumeaux Faust l'appelaient désormais : le Mage-Dragon.
 
Un titre particulièrement incongru quand on observait la dégaine de l'animal en question. Anton se remémorait surtout la bête écailleuse et ailée qui avait détruit son enveloppe charnelle précédente et récupéré les ouvrages de démonologie qui appartenaient aux Faust. D'ailleurs il se demandait s'il ne chercherait pas à les récupérer un jour. D'après Abigaïl, Dante était friand d'échanges et d'affaire en bon reptile habitué à se prélasser sur un tas d'or. Ah, les Faust eux préféraient se prélasser sur des tas d'ossements, en ajoutant même quelques uns à leurs carcasses quand l'envie leur en prenaient.
 
"Le temps... Le temps. Quelle notion abstraite. Après tout ce n'est qu'une unité arbitraire instaurée par nos prédécesseurs. Car si je vous demande l'heure, le temps que vous ne regardiez votre montre et me donniez l'heure en question, cela ne serait déjà plus celle que je vous avais demandé." Il souriait, comme à son habitude. Mais là où les sourires de la soeur étaient plus doux et réservés, ceux d'Anton évoquaient ceux d'un prédateur dont la gueule était prête à vous engloutir.
 
Le nécromancien en profita pour jauger du regard son adversaire. Dante devait être probablement le plus puissant mage de sa connaissance. Si on omettait bien entendu quelques entités extradimensionnelles qu'il ne désirait pas évoquer pour tout l'or du monde. Pourtant, il avait l'allure d'un jeune homme, trop grand pour son propre bien. Les traits du dragon se trouvaient-ils dans son allure élancée, comme un serpent fait homme ? En tout cas, il faisait plus l'impression à Anton d'un adolescent qui se donnait des airs que d'un véritable mage aux pouvoirs dévastateur. Ah les apparences.
 
"Ma soeur n'a pas jugé bon de vous informer de mon retour lors de sa dernière visite tout simplement parce que je n'étais pas de retour à ce moment là. Pourquoi croyez-vous qu'elle ai cherché à récupérer mes ossements ? Ce n'était pas pour les déposer dans une crypte familiale à Falkenberg, loin de là, mais simplement pour me ramener parmi les vivants." Bien entendu, Abigaïl n'avait pas prévu de ramener le Dévoreur par la même occasion. Mais il était trop tard pour revenir en arrière et Dante ne devait même pas soupçonner que la créature démoniaque vivait toujours à l'intérieur de son hôte lui bien humain en apparence.
 
"Et non, je ne viens pas pour vous tuer. Même si je n'ai pas particulièrement apprécié de mourir par vos flammes, je dois dire que vous avez respecté notre accord par la suite et que de fil en aiguille j'ai obtenir ce que je voulais." Il ouvrit les bras comme pour se présenter. "Je suis de retour parmi les vivants. Une terrible nouvelle pour Star City je n'en doute pas."
 
Son sourire se maintint toujours alors que le dragon évoquait la façon dont il avait vaincu le Dévoreur ! Ah, pauvre petit lézard. Anton ne dénigrait pas sa puissance, mais la créature qu'il avait abattu n'avait été qu'un nouveau né maladroit, à peine sortie du berceau de douleur et d'ombres qui lui avait donné naissance. Du berceau au tombeau, à une telle vitesse, restait exceptionnel toutefois. Peut-être qu'un jour le dragon et la bête s'affronteraient à nouveau. Peut-être.
 
"Votre humour est un tantinet déplorable, j'en ai bien peur. Je ne suis comme ma soeur à raffoler de sous-entendus. Non, je suis venu pour des raisons personnelles." Il présenta alors à Dante le grimoire qu'il avait amené. "Un traité sur les homoncules, ou comment créer la vie à partir de... Rien. Ce qui est un peu le but de nombreuses recherches, redonner la vie à l'inorganique, ou plutôt au mort. Quoiqu'il en soit, il me manque plusieurs herbes pour réaliser la création de mon premier homoncule et je me suis mis en tête que vous pourriez m'aider. Contre compensation financière bien entendu, je sais à qui j'ai à faire."
 
Abigaïl avait échangé son sang de faë contre les ossements du Dévoreur. Anton aurait bien lui aussi quelques ingrédients plutôt rares qui pourraient intéresser le mage-dragon. Après tout, il avait un portail vers l'Abîme en la personne de son autre personnalité : le Dévoreur.
 
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Message posté : Mer 2 Sep 2015 - 16:08 Message
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Les explications d'Anton parurent convaincre le dragon et ce n'était pas une mince affaire. Il était assez déconcertant de voir comme Dante sautait parfois, avec toute l'habileté d'une springbok, d'un bout à l'autre du gouffre qui sépare l'extrême confiance de l'extrême méfiance, d'ailleurs très souvent dans le même sens, comme si le vent inclinait toujours de la première à la seconde. En découvrant le retour du Dévoreur, Dante s'était ému d'avoir été peut-être floué par la sœur de ce dernier. Il s'y était attendu, toutefois : une explication rationnelle ou presque délimitait les contours d'un mystère désormais résolu.

Abigaïl s'était toutefois bien gardée de préciser ce qu'elle comptait faire des ossements récupérés, et si Dante n'avait imaginé une seconde qu'elle pût nourrir l'intention de ramener son défunt frère à la vie, c'était qu'il voyait entre eux trop d'objets de discorde et de haine. Mais la gémellité d'Anton et d'Abigaïl, ainsi que la forte histoire de leur famille, pétrie de la leur, définissait sans doute entre tous deux une relation de fraternité dissemblable à toutes les autres. Il était d'ailleurs presque regrettable que la clandestinité dût couvrir leurs activités : l'un et l'autre donnaient corps à deux personnages dramatiques d'une profondeur rarissime. D'eux, Verdi aurait composé la brillante musique de l'opéra des amours utérins. D'eux, Mozart aurait composé la subtile musique d'une déchirure tragique de la vie et de la mort, de la chair et de la nécrose. D'eux encore, Wagner aurait écrit la puissante et antédiluvienne épopée, en quatre opéras, de la lutte du frère contre la sœur et de du frère et de la sœur contre le monde. Veuillez pardonner la pensée furibonde d'un jeune homme qui fut autrefois musicien – il y a des déterminismes culturels et sociaux qui échappent même à la Mort, quand renaît l'esprit dans la chair d'un autre.

Dante osa un sourire tout en inclinant la tête de côté. Il voyait très bien où Anton conduisait la conversation, si bien qu'il se fendit d'un commentaire inopiné : « Terrible nouvelle pour les vivants, c'est sûr. » Toutefois le magicien perdit de sa bonne humeur quand son interlocuteur évoqua son humour un tantinet déplorable. Son sourire s'élargit comme son visage se ferma et Dante laissa libre cours, dans sa tête, aux crispations de sa vanité – sensible créature toujours impressionnable comme la plus chétive des pucelles. Il opta néanmoins pour une réponse plus sérieuse que furieuse, moins enjouée que polie.

Anton lui présentait un grimoire et Dante posa sur l'ouvrage l’œil curieux du fromager qui observe le bidon de lait qu'on lui apporte au petit matin. Il tendit la main. « Ne soyez pas grossier, voyons, je suis un homme d'affaire, et un homme sensible. Puis-je ? » Jeter un œil à ce traité sur les homoncules l'intéressait. « Vous êtes au bon endroit pour trouver des herbes, des graines, des racines, bref toutes sortes de plantes sous toutes sortes de formes. Il vous suffit de me dire ce qu'il vous faut et je vous fournirai le nécessaire, ou vous orienterai vers la zone de notre planète où vous trouverez ce qui ne sera pas vendu ici – hélas. » C'est que le magicien regrettait presque de ne point disposer d'une pharmacopée qui s'étendrait à l'intégralité des plantes et végétaux terrestres.

Néanmoins, il se fit la réflexion qu'il n'avait pas encore mis sur le marché ou plutôt sur ses étals les plantes ramenées à lui d'autres dimensions par l'étonnant Noctis : avec le temps, peut-être que la surface de la boutique se ferait trop étroite et qu'il lui faudrait sérieusement songer à une extension de la surface de vente. Mais ces problèmes de boutiquier le désintéressaient, voire l'ennuyaient. « Vous allez rire – peut-être – mais il se trouve que j'ai vendu il y a quelques jours une fraction de la tête d'un des homoncules créés par le comte Kueffstein. » Il songea à cet instant à pénétrer un vieux débat, dans la communauté magique, autour des notions de vie et de mort, mais s'abstint. Difficile de considérer qu'il existe le vivant, le mort et le non-vivant, quand on peine à distinguer le mort et le non-vivant ; mais à considérer que le mort succède au vivant quand le non-vivant existe concomitamment...

Mais laissons donc ces débats sémantiques aux sages et aux infirmes de la pensée qui n'ont rien de mieux à faire que d'enfiler des perles dans le cul des mouches. « Pourquoi chercher à créer des homoncules ? Ces raisons sont peut-être trop personnelles. Dans tous les cas, je ne vois pas pourquoi je devrais refuser de vous vendre toutes les herbes que vous voudrez bien acheter. Nous ne sommes pas au bureau des douanes magiques, ici, et je peux bien vous vendre des racines de navet-du-diable. Elles sont utiles pour tuer les rats, voyez... » Le visage rayonnant du magicien annonçait clairement qu'il connaissait déjà quelques-unes des herbes que le Faust allait lui demander, et qu'ils n'étaient pas vraiment, là, face à face, entre hommes scrupuleux. Anton créerait des homoncules à des fins terribles, cela ne faisait aucun doute, et Dante n'avait aucun remord à l'idée d'être pour un temps la main-courante sur l'escalier de ses succès. Il ne se sentirait ni responsable des ravages occasionnés, à long-terme, et tout contraire il se stimulait de savoir qu'il participait, même accessoirement, peut-être à quelque projet terrible et fascinant. La morale est parfois si contraignante !

C'est d'ailleurs pour cette raison qu'elle ne passait jamais le seuil de sa boutique.
 
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Message posté : Jeu 3 Sep 2015 - 13:05 Message
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Grossier ? Ansi donc Anton venait simplement de verxer un mage capable de prendre la forme d'un dragon (à moins que cela ne soit un dragon capable de prendre la forme d'un mage) en critiquant simplement son sens de l'humour ? Abigaïl l'avait prévenu que l'individu était susceptible, mais à ce point ! Enfin, cela n'empêcha pas le nécromancien de conserver son sourire malsain. De toute façon, ce n'était pas comme s'il comptait ménager les états d'âmes de son interlocuteur, ni de personne en fait. Sauf peut-être Shahren, mais c'était surtout parce qu'elle pouvait se révéler pénible quand il ne faisait plus l'éloge de son intelligence.

"Je dois dire que je ne vous aurais pas pris pour un homme sensible, pour un homme non plus d'ailleurs. Lors de notre dernière rencontre vous m'évoquiez plus la bête que l'humain. Mais tout le monde peut se tromper. Surtout que vous étiez une bête plus civilisée que celle que j'étais à ce moment." Après tout, Anton n'avait pas hésité à se glisser dans l'enveloppe charnelle de sa soeur juste pour pouvoir survivre. Malheureusement il était toujours une bête. Le Dévoreur était anormalement calme. Se souvenait-il de son dernier affrontement contre le dragon ? Enfin, ce n'était pas comme si Dante pouvait le tuer à nouveau désormais. Pas à moins qu'il n'arrive à tuer Abigaïl elle-même. "Je vois que je suis venu au bon endroit. Il existe donc toujours des herbes que vous n'avez pas ? Moi qui aurait pensé que vous auriez eu suffisamment de ressources pour réussir à acquérir tout ce qui poussait sur cette pauvre planète."

Enfin, il était sans dire que les nécromanciens n'avaient pas vraiment la main verte. Le Darach, druide nécromants décédé pendant l'antiquité était une exception bien entendu. Et il y avait quelques plantes, plus mortes que vivantes qui appréciaient le contact des Faust, mais pour le reste. Flétrissure et décomposition était tout ce qui se trouvait dans leur sillage. "Enfin, vous vous doutez que je ne suis pas très féru des plantes et la création d'homoncules se rapproche dangereusement de l'alchimie."

Anton écouta calmement le vendeur lui parler de l'homoncule du conte. Dont il n'avait jamais entendu parler. Il fallait dire que le nécromancien avait possédé des préoccupations bien particulières autant depuis sa première mort, devenir l'avatar d'un Dieu-Ver souhaitant dévorer le monde n'était pas donné à tout le monde, que depuis sa renaissance. Lieutenant de la Moisson, il devait créer des monstres, constamment. "Intéressant, je dois dire n'avoir jamais rencontré ce conte, donc j'ignore beaucoup de choses sur la qualité de ses homoncules. Enfin, je suppose que j'aurais pu apprendre quelques choses intéressantes en l'étudiant. Une autre fois peut-être." Ou les fantômes d'Abigaïl traqueront le malheureux acheteur pour lui s'il en avait la nécessité.

"Il y a un bureau des douanes magiques ?" Lâcha Anton en haussant un sourcil. Ce siècle était tellement étrange et en fait, il ignorait complètement ce que faisaient les mages qui vivaient dans la légalité. Les Faust faisaient ce qu'ils faisaient, quand ils le voulaient en essayant de rester discrets. Certains voyaient Abigaïl comme une figure montante de la scène nécromantique. D'autres voyaient Anton comme un gamin avec un bidon d'essence et une boîte d'allumettes. Sûrement n'avaient-ils pas tort. "Disons que j'ai découvert les progrès que la science avait fait à cette époque. La génétique, ce genre de choses... J'ai bien peur que mes créations, bien qu'élégantes par bien des aspects, manquent de certains aspects surnaturels pour atteindre les objectifs qu'on m'a fixé." Créer une force de frappe mort-vivante capable de rivaliser avec la Légion. Il était loin d'avoir terminé. "Les homoncules sont des êtres animés, ni morts, ni vivants, qui naissent bien souvent à partir de rien. Enfin, du cuir, des herbes, peut être quelques ossements. Je me demandais si je ne pourrais pas trouver dans leur étude et leur création des éléments intéressants pour mes propres travaux. Dans le pire des cas, cela me fera une main d'oeuvre supplémentaire."

Surtout que la pauvre Irina était quelque peu dépassée. L'infirmière avait subit une réanimation forcée en tant que chose d'Anton Faust après son retour. Il l'avait utilisé de toutes les manières possibles. Mais Anton ne pouvait pas se permettre de libérer toutes ses créations pour le moment. La puissance magique nécessaire pour les contrôler serait trop importante. "Enfin, je n'ai pas encore les détails. On va dire que j'aimerais créer un nouveau type de morts-vivants. Des épouvantails par exemple. Un squelette-homoncule, ce genre de choses. Et puis un homoncule étant vide, peut-être pourrais-je demander à ma chère soeur d'y attacher une âme. Il y a beaucoup de possibilités, mais bien entendu, il me faut des herbes." Il ouvrit la page du livre qui listait les ingrédients de base pour la création des serviteurs artificiels.
 
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Message posté : Jeu 3 Sep 2015 - 17:57 Message
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Anton refusa de remettre entre ses mains le livre, mais Dante ne s'en formalisa guère : c'était la solution que dictait, sans doute, la sagesse élémentaire au pays des truands de la magie. Plus les insinuations d'Anton s'ajoutaient aux autres fils de la grande tapisserie d'avanies qu'il tissait par la bouche, plus Dante s'interrogeait sur la véritable nature de sa visite. Il se contenta de sourire à la manière d'un furet à chaque remarque. S'il n'avait dans la boutique toutes les plantes disponibles sur la planète Terre, c'était moins par manque de ressources que de place. Inutile, cependant, de relever ce qui n'était qu'un détail de leur conversation. Par ailleurs Anton se définit lui-même comme peu féru de plantes et de botanique, il était donc vain d'essayer de l'intéresser aux stupides vicissitudes de l'administration d'une réserve d'ingrédients que définissaient moins son contenu que son contenant. Toutefois Dante comprit aux propos du jumeau Faust que la personnalité de celui-ci l'inclinait à la saillie abrasive. Il prit soin d'écarter la question de sa nature de la discussion : homme, dragon, quelle importance ? Anton n'était pas venu pour lui, mais pour ce qu'il espérait de lui, aussi les présentations plus intimes devraient attendre. Il s'étonna néanmoins que le possesseur d'un traité sur les homoncules ne connût pas le comte Kueffstein. Ignorait-il aussi Zosime de Panopolis, Paracelse ? Intrigué par cet aveu, Dante se demanda jusqu'où s'étendait la connaissance théorique et historique de cette discipline, la création d'homoncule, qu'Anton se proposait de reprendre à son compte. Il retint un ricanement quand on l'interrogea sur l'existence d'un bureau des douanes magiques ; était-il bien sérieux, plaisantait-il ?

Ce visage trop pâle et trop acéré manquait d'expressivité ou au contraire se révélait trop expressif – dans tous les cas il était difficile au dragon de savoir si la question de son interlocuteur était véritable ou badine. Les motivations d'Anton lui parurent bien plus compréhensibles, et très claires. Dante se surprit d'ailleurs à considérer son visiteur avec étonnement : il ne s'attendait pas à ce que ce dernier fût si net et authentique dans ses explications. La plupart de ses clients initiés ne mentionnaient qu'avec pudeur et réserve leurs sombres projets. Il était évident qu'Anton Faust n'avait pas tout dit, mais il se montrait ouvert à la grande surprise d'un dragon aux oreilles échauffées. Il posa ses yeux sur la liste qu'on lui découvrait et hocha la tête en reconnaissant la plupart des ingrédients. Quelques-uns se nichaient là, comme autant de surprises, mais il fut dans l'ensemble assez content : d'une part Anton ne faisait pas fausse route en suivant ce traité, d'autre part Dante se confirmait pour lui-même qu'il connaissait son affaire en matière de plantes. « Cette liste me paraît sûre. Ce sont les ingrédients de base, et si j'en crois ces éléments, il y en a qu'il vous faudra acquérir ailleurs qu'ici. » Son doigt pointa successivement « cuir », « os », « métal ». Il y en avait d'autres, mais il retint sa main et la ramena autour de lui.

« Pour le reste, voyez par exemple... » Il saisit, dans le coin d'une haute étagère toute proche, un large bocal de verre, dont le cœur s'assombrissait d'une centaine de fleurs séchées. Bleutées, irrégulières, leurs cinq pétales retroussés. « Staphisaigre ou dauphinelle. Indispensable, c'est écrit sur votre liste. Cadeau de la maison. » Il fit tourner dans sa main le bocal et le conserva : Anton Faust partirait avec. « Venez, s'il vous plaît. » Il s'avança dans les rayonnages, pour gagner l'autre salle de la boutique, là où ils pourraient parler tranquillement sans craindre les oreilles distraites et innocentes. C'était une salle plus sombre, où l'on vendait moins d'herbe à chat et bien plus d'objets curieux, insolites et dangereux. De toute évidence, ce n'était pas là qu'Anton pourrait faire son marché, mais il y pourrait traiter avec le dragon plus sûrement et plus sérieusement. Là, sur un guéridon que soutenait les épaules voûtées d'un petit personnage joufflu, Dante posa le bocal et se tourna vers cette vieille connaissance en passe de devenir son client.

« Je peux vous fournir une grande partie des ingrédients végétaux dont vous aurez besoin. Passons les détails farfelus : livraison régulière, quantités déterminées, prix de gros. En revanche, songez qu'il y a des ingrédients qui ne sont pas entre mes mains et qu'il vous faudra trouver ailleurs. Je peux aussi m'en procurer spécialement pour vous – et accessoirement accroître mon fonds de commerce. » Il observa le bocal et son regard se posa plus loin, sur un comptoir où un registre prenait la poussière. « Pour les autres éléments dont vous aurez besoin, je suppose que vous avez déjà vos fournisseurs ? » Il pensait aux métaux, ossements, cuirs... C'est qu'un homoncule, ça ne se fait pas n'importe comment !
 
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Message posté : Jeu 3 Sep 2015 - 19:56 Message
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Anton laissa le dragon regarder la liste des ingrédients. Bien entendu certains étaient déjà en possession du nécromancien. Notamment tous ceux qui pouvaient se récupérer sur des humains. Les cadavres arrivaient toujours de plus en plus nombreux au Necropolitan. Tous ne périssaient pas aux mains des membres de la Moisson. Des goules s'occupaient de jouer les charognards, mais au lieu de dévorer les cadavres directement, elle les apportaient là où ils pourraient être proprement découpés et utilisés. De nombreux ingrédients sinistres, ou en tout cas bien plus sinistres que ceux proposés par le dragon se trouvaient dans les caves du bar. Contrairement à Dante, Abigaïl n'avait pas pour objectif de vendre quoique ce soit aux magiciens classiques de Star City. Uniquement ceux qui versaient dans l'art de la magie noire.

"Evidemment. Je suis principalement venu pour dégrossir la liste. Finalement certains des éléments ne sont pas très différents de ceux utilisés en nécromancie. Enfin, pour ceux qui n'ont pas la même affinité pour la nécromancie que ma soeur ou moi."

Les deux jumeaux étaient presque nés avec des pouvoirs. Bien entendu ils avaient dû apprendre comme n'importe quel sorcier, mais la facilité avec laquelle ils utilisaient les sortilèges leur avait toujours permis de se passer de la plupart des composants et des formules nécessaires à d'autres. Par contre, si vous demandiez à l'un des deux de projeter une boule de feu, il n'y avait aucune chance qu'ils n'y parviennent. Tout simplement car leur affinité mystique allait vers la mort avant d'aller vers la magie elle-même. Ils étaient bien incapable de faire de choses basiques pour des mages, mais pouvaient accomplir des miracles avec la magie de la mort.

"Notamment tout ce qui est organique comme vous vous en doutez. Le Necropolitan a une bonne réserve de ces choses. Mais je suppose que vous aussi. Après tout je n'ai pas oublié que vous avez récupéré mon ancien corps. Je me demande ce que vous en avez fait par ailleurs. Une potion pour vous ouvrir l'appétit ? Je ne peux que vous mettre en garde face aux dangers que constituent les substances qui me constituaient." Il sourit. "Mais vous ne devez pas être lézard à vraiment vous préoccuper des mises en garde des autres ?"

Tout en parlant, Anton suivait le mage-dragon, sans même se soucier de contredire ses choix de plantes. En fait il ne s'y intéressait qu'à moitié. Son premier objectif serait bien entendu de s'affranchir des objets les moins pratiques. Des vers pourraient se révéler utile. De récentes aventures lui avaient montré que ces petites créatures possédaient des propriétés magiques formidables quand ils étaient en assez grand nombre et qu'on savait les utiliser.

"Pour ce qui est des détails, cela dépend si vous désirez obtenir certains ingrédients moins végétaux et plus sinistres que ceux vous avez ici. Notamment nous avons au Necropolitan une variété de champignons qui ne poussent que sur des tombes, ou d'autres uniquement sous les aisselles de goules." Choses qu'il ne récolterait pas lui-même. Après tout, personne n'aimait racler des fongus sous les bras de cadavres ambulants nécrophages. "Et oui, j'ai la plupart des autres ingrédients. Le cuir, pas de problème, j'en ai même de l'humain. Même chose pour les ossements, ce genre de choses. Finalement ce n'est pas très différent de la nécromancie. C'est d'ailleurs ce qui m'intéresse, réussir à isoler cette étincelle qui permet de passer de l'inanimé à l'animé. Enfin, ce n'est qu'un ersatz de vie, mais n'est-ce pas la même chose pour la nécromancie de toute façon ?" Et Anton avait pour objectif ultime de créer sa propre race avec Shahren. Ce qui impliquait de développer un peu mieux sa nécromancie, surtout s'il voulait engendrer des créatures qui pourraient fabriquer leurs semblables par la suite.

"Vous avez des conseils au passage ?"
 
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Message posté : Jeu 3 Sep 2015 - 23:53 Message
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Le premier conseil qui lui vint impliquer de bannir le mot lézard du vocabulaire du Faust. Il s'abstint de le partager, il s'abstint même de commenter cette énième saillie. Les affaires primaient le reste. « Je n'ai pas vraiment de conseils à vous donner. Je n'ai jamais touché moi-même à la création d'homoncules. J'ai souvenir d'une hybridation alchimique ratée, à la fin du seizième siècle, dont le protocole était approchant, et de toute évidence insuffisant. » D'ailleurs, il procéderait peut-être à nouveau à l'expérience histoire de transformer le souvenir de l'échec en promesse de succès.

Mais Anton avait proposé un échange en quelque sorte, une forme de troc dont l'objet lui parut intéressant : il n'avait mentionné que des champignons aux conditions d'existence assez restrictives, mais il y avait fort à parier que la faune du Necropolitan couvrait un microcosme assez riche, curieux et surprenant. « Vous allez manipuler des ingrédients d'une rare dangerosité pour certains d'entre eux. Inutile de vous dire qu'il faudra éviter de les goûter. Certains d'entre eux, dans un dé à coudre, tuerait un Légionnaire dans le bel âge en moins d'un quart d'heure. Sur vous les effets seraient moins rapides et définitifs, néanmoins douloureux et désagréables. » Dante ne prenait pas trop de risque en embrassant si large spectre de possibilités : il n'avait aucun moyen de connaître la réaction du métabolisme d'un immortel tel qu'il devinait Anton Faust et ne pouvait donc que professer le principe de précaution. Il n'était même pas sûr qu'Anton fût proprement toujours immortel, il n'était même pas certain de connaître avec exactitude les causes de l'immortalité d'Abigaïl ou de son frère dans l'hypothèse où ce dernier serait tout comme elle inscrit en dehors de la liste de la Faucheuse. Mais l'intérêt théorique de la question ne dépareillait point.

« Il va de soi que les premiers homoncules seront moins réussis que les suivants. Travaillez, prenez de la peine... Cent fois sur le métier remettez votre ouvrage... bref, il faut plusieurs essais pour parvenir à un aboutissement dans ces domaines. Une potion n'est jamais parfaite à la première épreuve, n'est-ce pas ? Il faut polir son art. » Une nécessité trop souvent mal comprise : la perfection n'était que rarement immédiate. Les prodiges sont rares, et bien souvent ennuyeux. Le travail bien fait, le labeur utile, c'était là toute l'essence de ces pratiques magiques à la marge des autres, qui tenaient moins du miracle ésotérique que de l’œuvre d'un maître artisan.

Il y avait sans doute bien plus de talent et de recherche dans la fabrication du parfait homoncule que dans l'expression d'une boule de feu par le plat des deux mains. Il sourit avec bienveillance. Anton était l'archétype même du sorcier qui se hausse du col et veut impressionner par tous moyens. Comment donc se positionnait sa sœur par rapport à lui désormais ? Entretenaient-ils une romance incestueuse ? D'après la sommaire chronologie qu'il avait déduite des informations du pâlot, Anton n'était pas responsable de la grossesse qui avait rendu inutile le rituel préparé en été par Dante. Ces homoncules participaient-ils d'ailleurs d'un plan dont elle était l'initiatrice ? S'agissait-il d'une initiative ? « En dehors de ces conseils d'usage, je ne peux que vous encourager à expérimenter. Création d'homoncule, hybridation, séquestre partielle ou totale, unique ou multiple d'âme... la matière est riche. Il ne faut pas vous limiter. » Lui-même avait longtemps cru devoir se limiter, en matière de créations magiques, à la seule compagnie des sylvins, les élémentaires végétaux de sa création. Pour autant, par le plus curieux des hasards, au gré des expérimentations, il s'était découvert capable de donner vie aux fuzons, aux scoriacés, aux élémentaires de feu en quelque sorte. S'il n'avait pas pris l'initiative d'expérimenter et de mettre à l'épreuve ses capacités, il n'aurait jamais pu s'entourer de si parfaits et utiles serviteurs.

« Par ailleurs, je ne puis que vous inviter aussi à la vigilance. On n'a pas vu d'homoncules dans ce coin-là du continent depuis longtemps, mais c'est quelque chose que je crois susceptible d'intéresser voire d'attirer l'attention si d'aventure une vilaine publicité venait entourer vos travaux. Mais je suppose que le Necropolitan couvrira vos travaux n'est-ce pas ? » Peut-être qu'Anton disposait de son propre laboratoire, mais il n'en avait pas parlé. Dante lui-même veillait à ne jamais trop ébruiter ce qu'il faisait dans ses ateliers, dans ses laboratoires, aux heures où il travaillait. La discrétion offrait ce qu'il fallait de quiétude aux œuvres réussies.
 
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Message posté : Ven 4 Sep 2015 - 15:30 Message
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Une hybridation à la fin du seizième siècle. Il était vrai qu'Anton ne connaissait pas le véritable âge de ce cher mage-dragon. Le nécromancien n'en avait que faire, peut-être qu'Abigaïl aurait des idées plus précises de ce qu'était véritablement la relation de cet homme avec la mort. Après tout, depuis peu, elle savait directement qui avait du sang sur les mains, qui était immortel, qui était un mort-vivant... Tous ceux qui avaient une relation plus ou moins particulière avec la faucheuse. Plutôt utile, surtout dans un cimetière. Anton n'était pas jaloux, il n'aimait juste pas les commentaires quand elle lui faisait remarquer qu'il avait déjà tué la plupart de ses cobayes. Comme si se faire espionner par des fantômes ne suffisait pas. Enfin, la nécromancienne avait des sentinelles partout. Il en avait même croisé une qui devait surveiller le Jardin du Dragon, de loin.

"Seizième siècle... Vous y avez personnellement participé ? Ou bien vous tenez tout cela de vos livres ? Je dois dire que votre siècle ne favorise pas trop la lecture. Je me suis trouvé occupé par plus de travaux manuels que d'érudition depuis mon retour." Il eut un léger sourire en pensant à ce qu'il faisait avec ses sujets d'expérimentation au lieu de vraiment se concentrer sur un apprentissage intensif des méthodes de médecine moderne. "Enfin, je suppose que vous avez pu profiter pleinement des ouvrages de démonologie de mon père. Je suis d'ailleurs surpris que ma soeur n'ait pas cherché à les récupérer. Enfin, je sais qu'elle vous avait promis une partie de mes richesses, mais je pense qu'elle s'attendait à de l'or sans valeur affective. Pas des livres."

Lui les avait déjà parcourus intensément par le passé. Il avait même été un démonologue accompli lorsqu'il était encore le Dévoreur, soumettant à sa volonté plusieurs démons abyssaux qu'il n'avait pas hésité à lancer aux trousses de sa soeur. Bon, il déléguait la plupart de ses ouvrages, laissant les Navart s'occuper des invocations. La belle époque. Cela ne faisait que lui faire réaliser à quel point il avait perdu en puissance. Bon, au moins ne mourrait-il pas sous les flammes du dragon à l'avenir. Tous savaient maintenant, les Faust étaient une infection dont on ne pouvait pas se débarrasser.

"Ne vous inquiétez pas pour moi. J'ai manipulé des choses bien plus dangereuses que quelques herbes toxiques ou des cocktails nocifs." Un culte fanatique par exemple, il avait manipulé ce qui devait s'approcher de la plus puissante nécromancienne de Star City en la personne de sa soeur. Non, ce n'était pas la création d'homoncules qui lui faisait peur, loin de là. "Je devrais m'en sortir sans trop mal, au besoin je prendrais mes précautions pour en pas être exposé directement." Comme par exemple laisser faire les manipulations à Irina. L'infirmière était une mort-vivante, sûrement qu'elle ne serait pas trop gênée par quelques poisons. Enfin, non. Elle ne le serait pas.

Anton partit toutefois d'un éclat de rire lorsque Dante commença à lui parler des futurs homoncules. "Par tous les enfers... Vous me prenez pour qui ? Une sorte d'élève ? De gamin qui ne sait pas ce qu'il fait ? Je ne suis pas à mon premier rodéo, mon cher Dante. Vous devriez essayer d'arrêter de m'infantiliser. C'est assez ennuyeux, je suis venu pour des conseils, pas pour qu'on enfonce des portes ouvertes." Une question subsistait toutefois. Jusqu'à quel point pourrait-il parler avec un ton cavalier avec un être aussi susceptible que le dragon sans l'offenser ? "Mon premier golem n'avait rien de bien réjouissant. Mais j'ai de l'entraînement dans l'art de créer des monstres." Surtout qu'il était enfin décidé à mêler plus de magie à son ouvrage et de laisser la science à ceux qui la comprenaient vraiment. Comme Shahren par exemple. Bien entendu, il ne pouvait pas nier que l'éthéréum avait des capacités formidables une fois qu'il recouvrait le corps de l'un de ses monstres.

"Surtout que je doute qu'il s'agisse là de véritable sollicitude. Vous aimez vous faire encenser, non ? Je suis moins doué pour les mots doux que ma soeur malheureusement." Autrement dit, s'il voulait quelqu'un pour lui polir les écailles, il ferait mieux de s'adresser à Abigaïl. Elle était plus inclinée à faire des efforts pour ménager les anciens. Anton lui savourait pleinement ce nouveau siècles. Son verni de gentleman était réservé à quelques personnes seulement, mais son franc parler prenait rapidement le dessus. Sûrement au plus grand désespoir de son interlocuteur. Peut-être parce que son état frôlait la schizophrénie. Après tout, entre le Docteur Faust et le Dévoreur se trouvait un précipice. "Je ne suis pas homme à me limiter en quoique ce soit. Je compte bien expérimenter tout mon saoul." Ce qui allait coûter cher en cadavres. Mais Abigaïl s'en occuperait.

"Oh mais le fait que personne n'en ait vu rend les choses encore plus intéressantes. Star City est une gigantesque boîte de pétri. Je compte bien y déposer quelques petites créations de ma part et les observer à distance. Les gens auront bien du mal à remonter jusqu'à la Moisson, j'en suis certain." Après tout, il avait réussit à cacher son existence en tant que fantôme infernal pendant des siècles. "Mais oui, mes travaux sont liés au Necropolitan et à la Moisson bien entendu. Je ne suis que le fidèle Lieutenant de ma soeur." Chargé de créer des armes, pouvant rivaliser avec la Légion. Il avait encore du travail. "Ce qui me laisse une question d'ailleurs... Vous savez ce que je vais faire, quelles aspirations délétères me poussent à créer mes monstruosités. Mais qu'est-ce qu'un être tel que vous fait prostré derrière son étal d'herbes ? Je me serais attendu à vous voir habité d'une ambition un peu plus... Et bien, voyante."
 
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Message posté : Ven 4 Sep 2015 - 21:10 Message
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Dante avait haussé les épaules et nié du chef : il n'avait pas participé à l'hybridation et n'en avait été que le témoin très indirect, puisqu'il tenait ce souvenir d'une mémoire qui n'était pas la sienne en pratique, mais qu'il avait stricto sensu fait sienne. Dans tous les cas, il n'avait fait qu'assister en spectateur à cette expérience, et n'était lui-même que le réceptacle du souvenir d'un fiasco auquel il n'avait guère pris une part active. Mais ce bien lointain souvenir n'allait guère le préoccuper bien longtemps. « Mes conseils tiennent à ce que je sais de vos activités, c'est-à-dire à peu près rien. J'ignore quelles portes vous avez déjà enfoncées vous-même. Ne prenez pas mes précautions de boutiquier pour autre chose. Je sais où trouver la myrrhe et l'encens quand il en faut pour me griser. » Contrairement à ce que sa susceptibilité laissait entendre, Dante n'était guère sensible aux compliments, aux flatteries et aux prévenances des autres comme le sont la plupart des vaniteux et des orgueilleux de ce monde. Tout fier qu'il était et tout adouci qu'il pouvait être par le moyen de quelques louanges polies, ce dragon ne se laissait jamais trop émouvoir et mouvoir par la pommade sociale que le joli verbiage peut servir. En revanche, il goûtait fort peu la discourtoisie de ces formules que seule une relation de proximité faisaient passer pour de la connivence ; en tout autre cas, ces incivilités le gênaient et l'agaçaient, d'autant plus qu'elles parasitaient le plus souvent ces liens obscurs qu'il tissait parfois malgré lui.

Le couple des jumeaux Faust était un bel exemple de ces personnes de son entourage qu'il voyait circuler autour de lui sans pour autant parvenir à définir la vraie nature de la liaison qui le nouait à eux. Le temps briserait ces incertitudes, cela ne faisait aucun doute, ce qui expliquait par ailleurs que le dragon se montrât insensible aux récriminations de ses démons d'orgueil qui réclamaient justice. Quand Anton ajouta qu'il comptait bien expérimenter tout son saoul, Dante inclina poliment la tête. « Je m'en réjouis. » Il était sincère. Quoiqu'il fût un magicien en concurrence directe avec nombre de ses pairs, et qu'il comptât à son actif un grand nombre de victimes parmi la gens Magica, Dante n'en demeurait pas moins un féru admirateur de nombre de ses confrères, dont les hauteurs de vue et les ambitions lui semblaient à la mesure de ce qu'il aimait à voir, à découvrir et à comprendre. S'il avait d'ailleurs pris l'initiative de créer cette boutique, c'était en grande partie pour s'offrir une vitrine sur la pratique magique à Star City. Depuis le mois d'avril, l'opération était à ce titre un grand succès. Anton s'était décrit comme le fidèle lieutenant de sa sœur. Dante ne décela dans ses propos nulle ironie. Il haussa donc un sourcil étonné mais respectueux.

« Cette réconciliation est une grande et bonne nouvelle. » Ce n'était pas là qu'une formule de politesse : d'abord, sans Anton pour lui nuire, Abigaïl serait libre de poursuivre ses grands projets, ce que Dante plébiscitait ; ensuite, avec Anton à ses côtés, nul doute qu'Abigaïl profiterait de cette collaboration très enrichissante avec son propre jumeau. Autant dire qu'il ne mentait pas, ce dragon, en évoquant une grande et bonne nouvelle. Tel un diable boiteux, Dante eut le regard fuyant quand Anton questionna son ambition. Prostré derrière son étal d'herbes ? L'image était parfaite. C'était, au moins partiellement, la couverture qu'il s'était choisie. Nul doute que le vieil Owen Calthrop n'y voyait que du feu, ainsi que la majorité de ses clients, même les plus initiés, même les plus puissants. Et en un certain sens, aucun des deux Faust ne savaient véritablement ce que ce dragon-là menait comme affaires en dehors de celles-ci, évidentes. Sans doute la sœur comme le frère s'étaient-ils même demandés, à Templeuve, à Falkenberg, en cette boutique par deux fois même, pour quelles raisons le dragon-mage s'intéressait à eux ou, en tout cas, à la réussite de leur(s) projet(s). à Templeuve, puis à Falkenberg, il y avait eu bien sûr une question précise qui nécessitait une réponse précise.

Mais même à cette époque, au-delà de cette surface fragile, Abigaïl avait vu le mystère sous le verni des évidences. La question d'Anton résumait en quelque sorte le nœud d'une relation désormais triangulaire. Il avait fui du regard et fui des deux jambes, sans pour autant l'intention d'abandonner la compagnie décapante du frère Faust. Il s'était rapproché d'une haute vitrine dont les étagères débordaient de petits objets aux usages insoupçonnables de cruauté. Ces chandelles de cruauté de cruauté, par exemple, à offrir à ses ennemis et dont la flamme vacillante dispersait dans tout une maisonnée des vagues de magie mortifère – l'arme du crime parfaite, si l'empoisonnement n'était pas détectable aux résidus bilieux qui gonflaient l'estomac des défunts d'une substance similaire à celle de la cire des bougies. « Le secret est l'allié de mon ambition, j'en ai peur, car je n'ai pas les mêmes garanties que vous. Mais on ne peut rien vous cacher, ces étals sont à la fois une distraction et un outil au service de projets plus importants. Guérir les rhumatismes de la vieille bourgeoise du centre-ville ou atténuer les vergetures de la première bimbo venu n'est qu'une piteuse nécessité. Que puis-je vous dire de plus... » Dans la vitrine, il saisit une griffe de dragon, dont la noirceur d'obsidienne semblait luire. Il la présenta sous l’œil de son visiteur.

« J'ai découvert un œuf de dragon qui va bientôt éclore. J'ai trouvé un monde où les dragons dominent et vivent à l'état sauvage. Je réfléchis à une possible réintroduction de l'espèce sur notre planète. » La griffe provenait d'ailleurs d'un dragon de ce monde-là. Il la reposa et referma la vitrine, puis reprit, dans un sourire : « Et il semble que, faits à l'appui, je brigue malgré moi le poste de Gaïa. C'est assez amusant, quand on y réfléchit, et assez frustrant, car il me semble que j'ai trop de projets. » En cela sa rencontre avec Noctis avait était déterminante, tout comme l'était encore la proximité intime d'un certain Olympien qui lui donnait accès à la puissance magique d'artefact divin dont les pouvoirs demeuraient encore vifs et donc exploitables. Hélas, Dante n'était pas dragon à n'avoir qu'une idée : il les avait toutes.
 
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Message posté : Sam 5 Sep 2015 - 14:27 Message
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Il ne devait donc voir Dante que comme un boutiquier. Voilà qui était étonnant, surtout quand on savait qu'il pouvait se transformer en dragon, pratiquait l'alchimie et même la démonologie. Une combinaison particulièrement dévastatrice mais apparemment piètre au conseil en homoncules. Mais si le Visconti voulait plus de détails sur les projets du nécromancien il pouvait aller se brosser. Dante était pour le moment considéré comme un allié de la Moisson et plus particulièrement d'Abigaïl. Anton ne pouvait que désapprouver. Après tout, le mage-dragon n'avait pas à savoir ce que les jumeaux nécromanciens préparaient dans les détails. C'était une source d'information, mais leur relation se portait avant tout sur l'échange et Anton ne pouvait que voir d'un oeil douteux tous les cadeaux qui pouvaient arriver de la part de ce dernier. Rien de plus sournois qu'un cadeau. Au moins quand on achetait, quand on échangeait, on savait que l'autre y trouvait son compte.
 
"Ah une telle passion pour le secret." Il la retrouvait autant chez le mage-dragon que chez sa soeur apparemment. "Abigaïl a la même stratégie je suppose vu qu'elle se fait passer pour la simple propriétaire d'un bar." Enfin, certains en la voyaient que comme une serveuse. Il fallait beaucoup fouiller pour voir qu'elle était vraiment la propriétaire. Encore plus pour savoir qu'elle possédait Gallows End, une demeure ancienne qui avait dû coûter cher. Heureusement, avec l'aide des morts, facile de rédiger des testaments et des lettres d'héritage inattendues par les familles des trépassés. De quoi justifier l'apparente aisance financière de la famille Faust. Tesla avait aussi aidé, notamment en fournissant des papiers aux différents agents de la nécromancienne pour justifier tout cela.
 
"Cela reste toute de même surprenant. Surtout si on prend en compte votre apparente prestance. Je sais que ma soeur n'apprécie pas particulièrement d'être une servante moderne envers ses clients. Je m'étais attendu à ce que vous fassiez la même chose. Notamment en déléguant les tâches les plus basiques. Ou alors les commandes des Faust sont elles suffisamment rares pour que vous vous y consacriez personnellement ?"
 
Ce qui pouvait être le cas. Anton ne savait pas vraiment avec quelle fréquence les pratiquants de la magie noire venaient ici. Mais sûrement moins qu'ils ne venaient hanter les cryptes du Necropolitan. Après tout, l'endroit n'affichait pas clairement des têtes réduites et des poupées vaudous dans sa devanture. Ce qui aurait rendu le lieu plus charmant selon les critères d'Anton. Mais cela attirerait aussi des attentions néfastes. Comme celles de la Légion ou plus particulièrement de l'Archimage.
 

Enfin, la surprise apparut sur le visage du nécromancien lorsque Dante lui parla effectivement de ses projets. Bon, il n'alla pas dans les détails. Ce qui était parfaitement normal. Anton lui-même n'était pas allé lui détailler le processus de création de ses monstres. Il se contenta donc d'hausser un sourcil, un léger sourire sur les lèvres. Ah les choses qu'il pourrait faire s'il avait un cadavre de dragon à sa disposition. "Un monde de dragons, intéressant." Anton savait d'expérience qu'il existait d'autres dimensions. Une multitude même. Certaines très différentes, d'autres extrêmement proches. L'Abîme était reliée à la plupart d'entre elles. Après tout la mort était universelle. Enfin, réintroduire des lézards volants cracheur de feu n'était pas forcément discret. "Vous comptez cacher vos semblables de quelle manière exactement ? J'ai peur qu'ils soient encore moins discrets que mes créations." Et si Dante lui intimait la discrétion vis à vis des homoncules. "Le poste de Gaïa... Vous allez ouvrir une chaîne de magasins de jardinage ? Enfin, je suis heureux de voir que vous avez des projets. J'espère que notre accord tiens toujours et que nous ne viendrons pas, vous et ma soeur, à devoir nourrir quelques contentieux. Enfin, nous vous tiendrons au courant. Je pense qu'Abigaïl prépare quelque chose de gros."
 
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Message posté : Sam 5 Sep 2015 - 16:16 Message
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De toute évidence, Dante manœuvrait sur un échiquier d'une toute nature nature que le plateau où les Faust bougeaient ensemble pions, cavaliers, fous et tours. S'il jouait la comédie humaine de son âge et de ses fantaisies, c'était non seulement pour dissimuler ses affiliations pratiques comme pour cacher ses projets dont l'exécution s'étalait sur plusieurs générations. Mais un sourire étrange vint déformer son visage. Était-ce de l'impatience qu'il décelait dans les propos d'Anton Faust ? De l'impatience, ou la fièvre d'un caprice insoupçonné ? Cette découverte lui ouvrit des portes inattendues sur la conversation thébaine qu'Anton lui servait avec une rare vivacité. « J'ai à cœur de voir le succès des entreprises de votre sœur. Il est donc normal pour moi de me consacrer personnellement aux commandes des Faust. » Dante avait ensuite poursuivi et exposé ses projets pour éclairer les questions d'Anton de réponses qu'il lui servit en résumé et la réaction du mage noir fut à peu de choses près ce que Dante attendait de sa part. Il fit la moue et secoua la tête avec désolation. « Je ne compte pas cacher mes semblables. »

Ce n'était pas son but. Il avait bien parlé de réintroduction de l'espèce sur la Terre Prime. On conservait bien des prédateurs dangereux à travers le monde, parfois dans des réserves, parfois dans les étendues sauvages : il comptait bien que le même traitement fût réservé aux dragons quand ceux-ci feraient leur réapparition. Ce ne serait que la première étape, toutefois, confronter le public à cette présence inattendue et surprenante. Les premières réactions seraient très certainement terribles et même hostiles à ce soubresaut de la diversité écologique. Toutefois, depuis qu'il avait rencontré Noctis, Dante avait découvert en l'esprit de l'homme une matière aussi malléable que les ingrédients dans le creuset alchimique, peut-être même davantage, et son plan couvrait ensuite un volet manipulatoire qu'il confierait aux soins de personnes mieux armées que lui pour y réussir, sauf à se découvrir lui-même d'adéquates affinités magiques. Quand les dragons seraient enfin acceptés comme espèce protégée, confinée peut-être à certains endroits du globe, où ils pourraient s'implanter, se reproduire et proliférer, Dante n'aurait plus qu'à attendre son heure pour faire usage de cette belle armée de réserve que les gouvernements du monde entier, manipulés, auraient laissé tranquille sur leurs arrières. Un bien joli projet que le puissant Neutron-Grey lui avait bien malgré lui suggéré.

Habitué désormais aux sarcasmes d'Anton, Dante ne releva guère le mépris dont ce dernier couvait manifestement l'activité de jardinage. Il se contenta de hausser les épaules et de se frotter les cheveux distraitement. « L'accord tient toujours, c'est évident. » Il était clair que les Faust n'avaient pas jusque-là eu à se plaindre de lui, considérant la générosité prévenante dont le dragon avait fait preuve à leur égard, depuis Templeuve et jusqu'à Star City. « Et j'espère bien que ce qu'elle prépare, c'est gros. À vrai dire votre sœur ne m'a pas paru être femme à se contenter du peu. S'il y a bien quelque chose qui frappe le spectateur, chez elle, c'est son goût du grandiose. Par chance, elle a les moyens de ses ambitions. » Dante ignora volontairement la mention d'éventuels contentieux, hésitant à y voir une nouvelle insinuation douteuse ou un avertissement. Ce Faust-là semblait bien plus sec et agressif que ne l'était sa sœur. C'était un peu comme s'il cherchait la bagarre, de prime abord. Mais en y réfléchissant, il n'y avait là sans doute que les signes visibles d'une personnalité mouillée d'acide. Dante alla s'asseoir à un bureau. D'un tiroir il sortit de quoi écrire. « Je vous fais la liste de tous les ingrédients que vous ne trouverez pas ici et l'indication du lieu où vous pourrez en trouver. J'ôte ceux que je vais acquérir pour l'occasion, bien entendu. »

Sa main grattait le papier et comme s'en rendrait compte le sarkomancien, il ne resterait que très peu d'ingrédients que Dante ne pourrait lui fournir. La liste mentionnait d'abord le cœur d'un individu touché par la magie noire : le cœur d'un sorcier noir, d'un hôte démoniaque, etc. Dante aurait été en temps normal tout à fait disposé à fournir ce genre d'ingrédients mais il considérait ses propres affaires avec un certain archidémon et se refusait à fragiliser un édifice en voix de construction. D'autres ingrédients de cette même nature s'ajoutaient sur le papier, jusqu'au dernier. « Ne reste enfin que cette plante, la langue-noire. Rarissime, on ne la trouve nulle part ailleurs qu'en Angleterre, et encore, nulle part ailleurs que dans les ruines du prieuré de Llanthony. Il faut les cueillir, bien sûr, et les conditionner sur place, parce qu'elles ne survivraient pas au voyage. » Évidemment, avec lui, elles survivraient au voyage. Briguer le poste de Gaïa n'avait pas que des désavantages.
 
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Message posté : Sam 5 Sep 2015 - 23:11 Message
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Réintroduire des dragons sur la Terre Prime. Probablement que la connaissance du monde d'Anton n'était pas suffisante pour qu'il puisse comprendre comment est-ce que Dante comptait s'y prendre sans les cacher. Si ces bêtes étaient capables de prendre forme humaine comme lui, encore l'aurait-il compris. Ils auraient pu ainsi fonder une formidable famille comme les Faust en fondaient une en ce moment même avec tous les morts-vivants dignes d'intérêt qui rejoignaient le sillage d'Abigaïl. Ainsi que les deux rejetons infernaux qui grandissaient dans son ventre d'ailleurs. Mais Anton avait du mal à imaginer que tous les dragons soient aussi civilisés que son interlocuteur. De la même façon, de tels prédateurs auraient un peu de mal à se faire au milieu urbain et les zones dénués d'humains étaient plutôt rares.
 
"Vous ne comptez pas les cacher... Qu'est-ce que vous allez en faire ? Les placer dans un zoo ou une réserver et le touriste moyen pourra venir les caresser ? Bizarrement j'ai du mal à vous imaginer faire ça." Anton s'autorisa un léger sourire. Un tel parc à thème aurait sûrement plus de succès avec les créatures ailées qu'avec les morts-vivants des Faust. Quoique qui n'aurait pas aimé pouvoir voir son grand-papy transformé en goule en train de se faire les crocs que quelques ossements d'origine douteuse ? Peut-être qu'Anton devrait donner une seconde pension à ce projet là. Quoiqu'il n'avait pas spécialement envie de copier les projets du mage-dragon.
 
Il en avait déjà propres. Dont la création d'homoncules. Mais de la même façon, il avait aussi ceux d'Abigaïl auxquels il devait prêter main forte. Quelque chose de gros, oui. Cela avait été un infâme avant-goût qu'il avait offert à Dante. Car le nécromancien ne pouvait pas en révéler beaucoup plus. Notamment parce qu'il n'en savait pas plus. Abigaïl préparait ses plus grand plans seule, ou uniquement avec l'aide du Darach, ce dernier devenant de plus en plus tel l'ombre de la nécromancienne. Est-ce que ce dernier faisait toujours des rapports à leur grand-mère ? Impossible à savoir. Mais Abigaïl devait savoir ce qu'elle faisait.
 
"Vous avez remarqué aussi ? Abigaïl n'a jamais su se contenter de ce qui contentait le commun des mortels. Enfin, nous non plus je suppose, nous ne serions pas où nous en sommes juste en étant de piètres victimes du destin." Anton savait même jusqu'où sa soeur était prête à aller pour conserver son pouvoir, sa puissance. Dans la dimension factice où elle s'était retrouvée elle avait choisi de sacrifier son enfant illusoire pour s'en échapper, pour redevenir la nécromancienne toute puissante qu'elle espérait être. "Enfin, préparez-vous. Normalement cela ne devrait pas vous gêner. Si c'était le cas... Je pense qu'Abigaïl aurait la décence de vous prévenir."
 
Anton laissa le mage-dragon lui faire la liste de ce qu'il manquerait. Ils n'avaient pas encore évoqué le prix. La générosité de Dante aurait forcément une limite et il espérait que ce dernier ne déciderait pas de facturer son insolence à sa soeur. "Merci pour la liste. Je vois que vous êtes bien fourni. Enfin, je n'en doutais pas. Ce n'est pas comme s'il existait une boutique chez vous capable de rivaliser avec votre échoppe." En tout cas, pas qui voudraient vendre leurs ingrédients à deux mages noirs tels que les Faust.  "Vous pourrez envoyer la note au Necropolitan si vous voulez, en même temps que quelques demandes particulières pour des ingrédients d'origine plus sinistre."
 
Bien entendu, tout ne pouvait pas fonctionner parfaitement et il manquait forcément un ingrédient. "La langue-noire... C'est rarissime et nécessaire pour créer des homoncules de base. Quelle déception." Créer la vie ne pouvait jamais être simple de toute façon. "Enfin, je suppose que je pourrais demander à Abigaïl de zombifier un botaniste. Quoique cela ne sentirait pas la rose sur un vol international... Retourner en Angleterre ne me déplaît pas, je n'y ai pas remis les pieds de mon vivant. Une expédition formidable. Vous savez que je n'ai jamais visité ma propre tombe ? Ah cela doit être une vue magnifique. Quoique je crois qu'on a jeté ma dépouille dans la fosse commune. Et puis mes os ont été utilisés pour me ressusciter de toute façon. Vous ne connaîtriez pas un expert pour m'accompagner sinon ?" Il fit une pause, dévisageant le mage-dragon. "Enfin, à moins que vous ne désiriez m'accompagner." 
 
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Message posté : Dim 6 Sep 2015 - 0:20 Message
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Placer les dragons dans des zoos n'était pas une si mauvaise idée, au moins temporairement, tant qu'il pourrait, en fin de compte, les appeler tous à lui pour en être obéi au doigt et à l’œil. S'il n'était pas victime du destin, Dante en était l'agent et ce monde connaîtrait l'apocalypse des dragons un jour ou l'autre. Ce n'était qu'une question de temps et de préparation. Par chance, il s'était trouvé dernièrement des alliés de taille sans lesquels ce projet n'aurait pas même trouvé grâce à ses yeux – comme la plupart des idées folles qu'il avait nourries et conçues ces dernières années pour favoriser la cause de l'Ombre, avant de finalement comprendre qu'une approche bien plus indirecte de la question s'imposait.

Dante se préparerait donc et approuva du chef quand Anton mentionna la note. Il l'enverrait au Necropolitan et Abigaïl aurait une fois de plus l'occasion de constater que la modestie des prix pratiqués par le dragon tranchait toujours avec la vanité de ses apprêts, parfois. Elle confondrait certainement d'ailleurs ce gage de respect avec une forme suspecte de générosité, mais quelle importance ? Dante remit la liste entre les mains d'Anton et compléta ses remarques d'informations utiles – et passablement vantardes au demeurant, comme le Faust allait le constater. « En vérité, il faudrait zombifier un herboriste de très haut niveau. Moi-même, par exemple, mais me zombifier n'est pas envisageable. » Pour d'évidentes raisons d'abord, il tenait à son libre-arbitre. Pour de plus obscurs motifs ensuite, puisqu'il était virtuellement impossible d'obtenir un cadavre pensant de lui : par principe, sa nature le faisait échapper à ses propres cadavres, comme il avait par exemple échappé à la mort en échappant au défunt corps de Louis d'Ax. Il serait d'ailleurs très intéressant de soumettre la question à l'épreuve.

Qu'arriverait-il vraiment à sa dépouille, quand il mourrait, si d'aventure un nécromancien, pourquoi pas Abigaïl, cherchait à le zombifier ? Ce serait très certainement l'occasion d'un cas d'école qui ferait date dans l'histoire de la sorcellerie. Hélas, son élixir de longue vie et son propre instinct de survie priveraient le public d'un tel spectacle de dialectique intellectuelle magique. « En matière de plantes, pour ce qui est des spécimens rares, il n'y a que des incapables à Star City. » Il aurait pu ajouter « au monde ». Ce n'était pas le hasard qui avait fait se tourner Anton Faust vers lui ce jour, ou Noctis tantôt, quand ce dernier avait eu besoin de son expertise alors qu'il aurait pu trouver dans tout le Multivers un apothicaire peut-être plus compétent que lui. L'un comme l'autre étaient venus à lui pour son expertise et son affinité hors du commun avec les choses de la flore.

Dante ne fanfaronnait donc pas, il énonçait des vérités : aussi sûrement qu'Abigaïl était spécialiste de la magie de la mort, ce dragon était le plus qualifié pour la cueillette des langues-noires et leur conditionnement. « Je connais des experts mais j'aurais des scrupules à vous les recommander. D'une part, ils n'ont pas vraiment le talent sûr, pour ce cas précis à Llhantony, d'autre part ils seraient bien trop peu discrets. Enfin, je ne suis même pas sûr qu'ils fassent de compétents serviteurs dans votre horde de cadavres. » Pour ainsi dire, Dante n'était pas vraiment certain qu'il ferait le nécessaire, lui, pour s'entourer de semblables charlatans dont les talents réels n'excédaient pas les supercheries.

C'est que Star City était une ville hirsute qui offrait son lot de héros et vilains illusoires, aux aptitudes rayonnantes et inégales. « C'est moi qu'il vous faut. Et à vrai dire, c'est parfait, ce sera l'occasion d'arracher les langues-noires à l'exclusivité anglaise, détestable pour le commerce. Si vous le pouvez, nous allons nous en occuper dès la semaine prochaine, à partir du huit septembre. Je serai sur place jusqu'au quinze. Cela devrait vous laisser le temps de m'y rejoindre, sauf si vous souhaitez faire le voyage avec moi dès le huit. Des affaires m'appellent à Londres dans tous les cas. » En effet, la société des amis d'Isaac Newton s'y réunissait comme tous les ans et cette troupe de joyeux notables et de joyeux alchimistes n'attendaient que lui, cette fois, pour une sorte de colloque des plus informels et des plus essentiels, puisque l'événement, très britannique, donnait à voir un peu ce que le monde offrait de nouveautés et de curiosités en matière d'alchimie et de magie ésotérique. Il n'était toutefois guère astreint par de trop contraignants horaires, aussi aurait-il tout loisir de s'éclipser quelques jours en pays de Galles pour investir les ruines d'un prieuré, y récolter quelques plantes et préparer leur extraction vers les États-Unis. Une fois les plantes dans son jardin, les Faust seraient assurés d'une livraison régulière et rapide.
 
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Message posté : Dim 6 Sep 2015 - 15:52 Message
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Voilà qui compliquait considérablement la tâche que s'était fixé Anton. Un individu un peu plus paresseux se serait sûrement découragé à l'idée de devoir voyager dans un autre pays, ce qui coûterait une quantité d'argent non négligeable, pour aller récupérer une plante. Surtout qu'il faudrait un botaniste de génie apparemment, enclin à aider les Faust. Ce qui ne se trouvait pas partout à moins que, comme le nécromancien l'avait suggéré, qu'il ne fasse usage de ses pouvoirs pour transformer l'être en mort-vivant servile. Donc soit qu'il passe devant Abigaïl, soit qu'il passe sur la table d'opération d'Anton. Que de pertes de temps diverses et variées, tant de contraintes.

Mais on ne s'amusait pas à faire un doigt à la faucheuse et à diverses divinités ténébreuses tout en lacérant la ligne entre la vie et la mort à grand coup de scalpel si on s'arrêtait là. Anton était déjà en train de planifier son voyage, son retour vers la terre de son enfance. Pas sa terre natale, non. Enfin, il savait déjà dans quel état se trouvait Falkenberg après le passage du dragon. Il avait des faux papiers qui lui permettraient de faire le voyage. De la même façon qu'il en avait aussi pour Irina. Ce qui ne changeait pas que ramenait un botaniste zombie serait tout aussi compliqué. Surtout que d'après le dragon, il n'y avait pas de bon expert de disponible pour un sujet aussi délicat.

Enfin si. Il y en avait un. Qui se trouvait exactement en face d'Anton. Ce dernier réfléchit un instant. Le dragon avait été une source de conseils et d'aides diverses non négligeable. Mais cette propension à aider. Cela ne faisait qu'agiter la paranoïa rampante de leur famille. Mourir vous faisait cela, tout comme leur propension à se trouver des ennemis immortels et quasi-divins lors de leurs pérégrinations. "Vous pensez donc être capable de les faire pousser ici ?" Peut-être qu'un jour il demanderait au dragon de venir leur créer un petit potager maléfique à Gallows End, il y avait suffisamment de place pour cela.

"Dès le huit, voilà qui pourrait se révéler quelque peu compliqué pour moi... Des gens dépendent de moi et je dépends des bonnes volontés de ma soeur." Après tout, il était son lieutenant. "Mais je pense que nous pouvons miser sur une date ultérieure pour nous retrouver directement au pireuré de Llanthony. De cette manière cela me permettrait d'être prêt pour une telle expérience. Je n'ai pas autant de force brute que ma soeur dans la paume de ma main." Pas autant, mais il en possédait tout de même grâce à sa capacité à se changer en Dévoreur. Chose qu'il en souhaitait pas révéler pour le moment. "Le temps pour moi de réunir des outils et une aide adéquat. J'en profiterais sûrement pour faire quelques visites à Londres." Et peut-être récupérer quelques fragments de l'héritage de la Moisson qui devaient encore se trouver à la capitale. "Et puis peut-être faut-il mieux rapprocher le moment de la cueillette de votre départ ? Par des soucis de fraîcheur. Pourquoi pas le 13 ? Cela me semble être un bon jour. Je pourrais vous mener dans les parties les plus sombres de Londres par la suite si vous le désirez. Pour avoir hanté la ville un bon moment, j'en connais un rayon sur sa face souterraine. Alors, qu'en dites-vous ?"

Anton allait devoir acheter des vêtements un peu moins voyant à Irina s'il voulait qu'elle passe sans problème les tests de sécurité. Heureusement, il pourrait toujours placer des armes à l'intérieure de son corps, même chose pour d'autres objets sinistres. La contrebande via golems de chair. Voilà qui se révélerait intéressant.

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