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Miss Mégalo et Cadavre Gentleman

 
Message posté : Jeu 30 Juil 2015 - 12:37 Message
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Shahren sourit. Anton ne manquait décidément pas de ressource lorsqu’il s’agissait d’expériences étranges. Le voilà disposé à lui greffer un sexe d’homme pour lui permettre d’essayer d’en être un, mais est-ce qu’un pénis pourrait suffire ? Shahren ne pensait pas tant au sexe qu’au fait d’être un homme de manière générale, mais elle n’était pas étonnée que son comparse songe à cela avant toute chose.

Pourquoi pas ? Je ne suis pas étonnée que vous le proposiez, mais j’aurais préféré coucher avec vous plutôt qu’avec Irina. Je n’ai pas beaucoup de goût pour les cadavres. Enfin, ceux qui ne sont que des poupées animées…

Parce qu’Irina n’était que cela. Elle n’avait aucune âme, aucune intelligence, elle était comme ces premiers robots fabriqués des années auparavant. Si Shahren avait su que cela existait, elle l’aurait comparée à une vulgaire poupée gonflable. Etait-ce vraiment ainsi que l’on pouvait se prendre pour un homme ?

Moins impressionnable… Oui on peut dire cela. Disons que je n’ai aucun des codes sociaux en vigueur, du coup je ne vois pas en quoi vos pratiques sont étranges, même si elles me sont totalement inconnues. Mais c’est un peu comme cette histoire de nourriture, il faut expérimenter pour savoir ce que l’on aime. Et j’aime ce que vous me faites, même si nos caractères nous poussent tous les deux à vouloir dominer l’autre ce qui, un jour, je pense, finira par poser problème.

Elle était pragmatique, ce n’était même pas une menace ou un sous-entendu, simplement une déduction logique.

C’est vous qui avez voulu d’un long repas, non ? Il faut donc prendre un dessert, et un café, et je ne sais pas ce qu’il y a ensuite, mais il faudra le prendre également.

Tel est pris qui croyait prendre ? En tous cas, Shahren souriait, un peu provocatrice, tandis qu’elle commandait une montagne de dessert. Dans l’immédiat, elle n’avait plus faim mais quand elle les vit arriver, elle eut très envie de les manger, au point d’hésiter. Anton régla son problème en mélangeant les deux sur sa cuiller, autour de laquelle Shahren referma sa bouche. La glace était plus froide qu’elle ne l’aurait cru, et la mousse au chocolat plus onctueuse qu’elle ne le laissait paraître. Contente d’avoir goûté les deux, elle se choisit finalement une préférence pour le chocolat et picora dans la coupe.

Et bien oui j’aime le vin, enfin… Je crois ? Disons que le goût est moins désagréable que je ne l’aurais cru et ces plats m’avaient donné soif. Mais je ne me laisserais pas saouler aussi facilement…

Mêmesi c’était un peu tard pour ça. Elle avait bu la moitié de la bouteille à elle seule et Shahren ne buvait absolument jamais. La rougeur de ses joues indiquait clairement son état d’ébriété, même si elle n’en était pas au stade du babillage et du vomissement. Par contre, elle avait faim et elle s’enfila la moitié de la coupe de mousse au chocolat.

Vous devriez goûter. Je crois que ça va devenir mon dessert préféré. Quoi qu’il faut encore tester ces glaces.

Et elle essaya chacune d’elle, mais même si c’était relativement bon, elle préférait la mousse. Ils terminèrent du mieux qu’ils le purent. Shahren, qui ne mangeait jamais autant, avait l’impression de peser dix kilos de plus mais savait que ce n’était qu’une impression, justement. Anton finit son café et demanda l’addition, qui fut apportée par la serveuse qui les couvait toujours d’un regard effrayé. Elle devait être soulagée qu’ils s’en aillent et ça pouvait se comprendre. Le duo de psychopathe quitta donc l’établissement et Shahren fut bien contente d’avoir le bras d’Anton pour la tenir. Assise, c’était facile. Debout, par contre, son sens de l’équilibre était un peu plus mis à l’épreuve.

C’est assez agaçant… releva-t-elle en observant le sol, se concentrant pour retrouver un état plus ou moins normal. Heureusement, le monde ne tournait pas non plus au point qu’elle perde l’équilibre.

Mais toute à son observation des pavés, Shahren percuta quelqu’un dont le torse était aussi dur qu’un mur et tomba sur les fesses, son bras glissant de celui d’Anton. Elle poussa une exclamation douloureuse.

Eh connasse tu peux pas faire attention où tu mets les pieds ?

Elle leva lentement les yeux vers l’homme qui l’avait insultée.

Connasse ? Non mais dites donc, demi cerveau dégénéré, tu te prends pour qui ? Tu sais à qui tu t’adresses ? s'exclama-t-elle, visiblement outrée.
Non et j’en ai rien à branler, tu peux pas dire pardon comme tout le monde ?
Pardon ? Je crois pas non, je ne me suis jamais excusée de ma vie, je ne vais pas commencer ce soir pour un être inférieur, en plus.
Comment tu m’as appelé ?
Un être inférieur. La preuve, la surdité commence.
Eh les gars, vous avez vu la princesse comme elle se la joue ? Et lui c’est qui, ton pti prince avec un gros compte en banque ? T’es quoi, sa poule de luxe ? Avec sa gueule de cadavre…

Ils étaient trois et ils ricanèrent en chœur. Shahren toujours sur les fesses, jugea qu’il était temps de se relever et le type l’y aida puisqu’il l’attrapa par le bras, la tira sur ses pieds et la poussa contre un poteau. Heureusement (ou pas ?) la rue était relativement déserte à cette heure-ci, à peine quelques passants pressés.

Tu prends combien hein ? Que j’me marre, poufiasse.
Ton corps suffira.
Ouuuuh elle fait la chaudasse en plus.

Elle sourit.

Non, tu m’as mal comprise. Je voulais dire : ton cadavre.
 
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Message posté : Jeu 30 Juil 2015 - 23:26 Message
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Coucher avec lui ? Peut-être que Shahren avait la mémoire courte, mais Anton n'appréciait que modérément qu'on s'intéresse à ses orifices. Sûrement que c'était là un blocage venant de l'époque où il avait été élevée. Le sexe entre deux hommes avait quelque chose de plutôt humiliant, de contre-nature. Bien entendu, c'était particulièrement hypocrite de la part d'un nécromancien et d'un scientifique de son acabit. Mais imaginer une femme munit d'un membre supplémentaire en train de lui faire subir cela... Non, il n'y trouvait aucun plaisir, aucun désir. Peut-être que les appétits du Dévoreur avaient une limite après tout.

"Non, vous m'avez interdit l'accès à cette zone là de votre corps. Après tout, si je me dois de respecter cet interdit, j'en attendrais de même pour vois." C'était après tout leur accord tacite de la dernière fois. "Mais je pourrais projeter dans le corps d'Irina si vous désirez qu'il y ait une présence." Voilà que le peu de tenue qu'il possédait disparaissait déjà dans les affres de la débauche. Entre leurs déviances sexuelles et leurs banquets à venir, Anton et Shahren étaient définitivement en marge de la société. Après tout, ils n'avaient presqu'aucune limite.

Ce qui les rendait tellement supérieurs aux autres représentants de leur race. Ils transcendaient la chair, l'espèce, la chaîne alimentaire, le genre maintenant. C'était formidable. Rien n'échappait à leurs expérimentations. Même simplement traîner la psychopathe avec lui dans le restaurant faisait d'Anton un de ces hommes prêt à tout tenter. Il avait fait avancer la science, à sa manière.

"J'ai bien qu'il y ait toujours un dominant et un dominé dans une relation. Mais cela n'a pas à être la même personne dans chaque situation justement." Anton croyait même en une sorte de Darwinisme social, où toujours, une personne en dominait une autre ou bien était dominée par une autre. Tout simplement parce qu'il n'y avait pas d'égaux. Que ce soit à cause de normes sociales, de traits de caractères, même simplement de génétique. "Vous avez l'ascendant sur moi quand il est question de technologie, de génétique et même de médecine je dois l'avouer. Laissez-moi l'ascendance sur les plaisirs de la vie que je vous inflige. Qu'ils soient culinaires ou autre."

Il se fendit d'un sourire, portant sa tasse de café à ses lèvres. Il était heureux de voir qu'elle se prêtait au jeu. En fait, Shahren devait être la seule personne au monde qu'il appréciait voir manger. Pas que regarder Abigaïl se nourrir avait quelque chose de répugnant, mais il était le Dévoreur. Son pseudonyme ne l'avait jamais rendu partageur. Mais rien que voir cette scientifique à l'esprit si exceptionnelle se comporter presque comme une enfant émerveillée face à de la mousse au chocolat... Cela lui donnait presque foi en la vie.

"Je ne vous reproche pas d'aimer le vin, loin de là. Mais l'alcool est traître pour ceux qui n'y sont pas habitués. Même si à ce rythme là, vous m'aurez bientôt rejointe dans la catégorie de ceux qui apprécient grandement de boire leurs dîners."

Même si c'était là une sombre habitude qu'il tentait d'écarte de son quotidien. Abigaïl n'appréciait pas du tout les épisodes d'ivresse de son frère. Irina non plus d'ailleurs, si elle avait pu émettre un avis... Quand aux autres créatures. Il y avait eu des êtres bien misérables qui s'étaient échappés de son laboratoire alors qu'Anton travaillait avec une bouteille de whisky. Mais cela faisait surtout longtemps qu'il n'avait pas bu en charmante compagnie. Peut-être que la prochaine fois, il emmènerait Shahren dans un bar plutôt qu'un restaurant. Mais pas le Necropolitan, il devait y avoir d'autres lieux intéressants en ville.

Il plongea sa cuillère dans la mousse au chocolat. Qui était-il pour contredire une dame de toute façon ? Non, définitivement il aimait bien ce genre de situations. Même si l'ébriété évidente de Shahren risquait bien de leur poser des problèmes. Sauf que le repas touchait de toute façon à sa faim et Anton pensait déjà aux réjouissances qui allaient suivre. Il paya l'addition. En liquide. Ce qui ne faisait qu'ajouter à l'étrangeté de leurs personnages. Ils en avaient presque pour aussi cher en dessert qu'en plats. Ce qui ne le surprenait pas. La prochaine fois ils essaieraient d'égaliser avec les dépenses en vin. Comme le voulait l'odieuse tradition américaine, il laissa un pourboire plus que généreux. Après tout ce que la serveuse venait de subir.

Shahren au bras, Irina suivant plusieurs mètres derrière, ils purent plonger  à nouveau dans la nuit illuminée de Star City. Un peu d'air frais lui faisait du bien après un repas fastueux, même si la chaleur de la journée continuait de s'attarder dans l'air nocturne. Anton se sentait vivant et cela faisait du bien.

"Les effets de l'alcool. Mais ne vous inquiétez pas, les..." Il allait lui parler de la façon étrange qu'avaient les gens ivres de toujours retrouver le chemin de leur maison, mais Shahren était par terre. Un homme venait de la bousculer et Anton sentit aussitôt une noirceur bien familière l'envahir. Il le sentait, le Dévoreur. Il pouvait revoir son faciès munit de dents aiguisés, ses griffes acérées. Il pouvait revoir ses mâchoires déchiquetant la chair de ses ennemis.

Le nécromancien allait protester, allait s'interposer, mais Shahren et l'individu venaient déjà de copieusement s'insulter. Pendant que le rustre soulevait la scientifique pour la plaquer contre le mur, les deux autres venaient encadrer Anton, comme pour le mettre au défi d'intervenir. Le nécromancien baissa les yeux, comme s'il venait d'être vaincu, comme s'il allait assister au viol de sa compagne impuissant.

Mais pour qui le prenaient-ils ? A qui pensaient-ils avoir affaire ? Il était Anton Faust ! Fils de Frankenstein, créateur de monstres défiant l'imagination et surtout il avait été le Dévoreur. Ces individus n'étaient que des êtres inférieurs, des résidus de basse-fausse, des cul-de-sac évolutifs qui ne méritaient même pas de lever les yeux sur lui. Alors toucher SA femme ? Encore moins. Un sourire mauvaise se dessina sur les lèvres du nécromancien, presque invisible dans la pénombre de la ruelle. Les gens autour d'eux s'éloignaient comme pour éviter de se retrouver mêlés à un des énièmes crimes de Star City.

"Vous avez parlé de cadavre ?" Il releva la tête et l'un des hommes hésita en voyant la folie qui habitait les yeux du sarkomancien. Les mains d'Anton plongèrent dans son torse et l'homme hurla. Sa masse musculaire s'était mise à ramper, comme de longs serpents de chairs, ou plutôt des limaces qui se déplaçaient sous la peau, le long des os, pour venir s'ajouter aux muscles d'Anton. L'homme pleurait, urinait et s'écroula lorsque le nécromancien le relâcha. Il n'avait plus suffisamment de forces pour se tenir debout. Par contre, Anton venait de subir une sinistre modification. Avec sa masse musculaire doublée, il en devenait presque difforme, plus grand, plus fort. Monstrueux. Une sorte de Quasimodo des temps modernes.

Sa main saisit la gorge du second. "Vous fumez. Cancer de la gorge. Bénin. Si vous allez voir un docteur, je suis certain que vous pourrez vous faire opérer assez rapidement et que vous survivrez. Oh, quoique..." Une masse de cellules cancérigènes venait de connaître une croissance incongrue dans la gorge de l'homme. Sa trachée était écrasée et il continua de suffoquer alors qu'Anton l'avait relâché, se tournant dans toute l'horreur qu'il était devenu vers le dernier homme, celui qui faisait face à Shahren, celui qui avait bousculé sa précieuse scientifique. Irina fit un pas en avant, mais Anton leva la main pour l'empêcher d'approcher.

"Non, non, non... Celui-là a besoin d'une véritable leçon de politesse." Il frappa Anton au visage, la douleur fut fulgurante, mais le nécromancien se contenta de sourire, empli de folie qu'il était. Un crochet dans l'estomac de son adversaire lui fit évacuer l'air de ses poumons. "La politesse est une chose très importante." Les muscles supplémentaires du nécromancien venaient faire craquer sa chemise. Quel dommage. Il aimait cette chemise. "Les bonnes manières font l'homme, pas l'inverse." Il saisit la langue de l'homme et l'arracha. Il ne la découpa pas par sarkomancie, il l'arracha complètement. "Si vous n'êtes pas capable de parler correctement à une femme, vous n'avez pas besoin de ça."

Il était à genou, tentant vainement d'arrêter l'hémorragie dans sa bouche. Heureusement les passants s'étaient écartés. Car Anton venait lui-même de fausser son expérimentation. Toutefois, ceux qui l'avaient aperçu de loin parleraient sûrement d'une sorte de colosse difforme qui avait pris la défense d'une femme qui s'était faite agressée. Bien entendu, ce serait avant qu'ils ne trouvent ses trois victimes. L'un atteint d'une tumeur hypertrophiée, un autre dénuée de muscles et incapable de se mouvoir lui-même et le dernier s'étant fait arracher la langue.

"Nous devons y aller ma chère. J'ai bien peur de ne trop avoir attiré l'attention. Irina va les finir. De toute façon, elle n'a pas peur d'attirer l'attention elle." La lame d'un couteau brilla dans la paume de l'infirmière. Anton soutint Shahren et l'entraîna dans des ruelles obscures, où ils n'attireraient pas l'attention et où il pourrait se débarrasser de son allure de gorille difforme. Voilà longtemps qu'il n'avait pas laissé libre cours à sa rage de cette manière.

C'était jouissif. Mais ils l'avaient totalement mérité.
 
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Message posté : Ven 31 Juil 2015 - 9:49 Message
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La déclaration de Shahren avait provoqué l’hilarité des trois hommes, bien que l’éclat de son regard teinta ce rire d’un malaise. Il ne reflétait pas la folie comme celui d’Anton, mais plutôt une froideur de glace, l’absence d’émotions humaines, de sentiments et pire : de compassion. Car Shahren en était dépourvue, et cela couplé aux pulsions destructrices de son amant, condamnaient les trois crétins qui auraient mieux fait de passer leur chemin sans relever le pseudo affront de la scientifique. Ils allaient l’apprendre à leur dépend, et probablement y laisser la vie, elle en était convaincue. Lorsqu’elle avait prononcé sa phrase, elle avait croisé le regard d’Anton et elle y avait lu les milles tourments qui attendaient ses agresseurs. Elle n’avait pas été présomptueuse au point de croire qu’il se mettrait en danger pour elle, et pourtant…
Même si, stricto sensu, aucun d’eux n’avait été en danger une seule seconde. Même sans savoir se battre, Anton était une arme mortelle et Shahren avait de l’ethereum dans son sac. Elle aurait pu le faire entrer dans la bouche de ce connard et le transformer en lame pour le découper de l’intérieur sans que ses deux copains ne comprennent d’où venait le piège. Et au moment où ils auraient entrevus la vérité, il aurait été trop tard…
Mais la scientifique n’eut pas l’occasion de faire usage de ses pouvoirs, c’était tant mieux, car cela l’aurait privée d’un très beau spectacle.

Le type qui la tenait ouvrit la bouche pour répliquer, mais c’est le moment que choisit Anton pour intervenir. La vue en partie cachée par celui qui la gardait captive, la scientifique manqua une partie du spectacle et ne vit pas exactement ce qu’il fit pour gagner autant de force. L’homme près de lui s’écroula comme si plus rien ne le tenait debout, se laissant aller à en juger par l’odeur, pleurnichant, gémissant, il avait l’air soudainement plus mou. Quant à Anton, il avait opéré une transformation monstrueuse sur sa personne, se rendant difforme mais aussi plus grand. Fascinée, Shahren ne le quitta pas des yeux tandis qu’il semblait faire un sort sinistre à la gorge du second homme, qui avait eu la charge de le garder au pas.
Echec critique.
Ainsi, il pouvait créer un cancer ou en accélérer un déjà présent ? Affreux et magnifique.

Puis il s’intéressa enfin à celui qui avait agressé la scientifique. Elle sursauta quand l’homme mit une droite au sarkomancien après l’avoir lâchée, mais cela ne sembla pas le sonner le moins du monde. Que du contraire, il souriait, et Shahren se mordit la lèvre inférieure, toute à son impatience de voir ce qu’il allait faire. Elle ne fut pas déçue : A mains nues, aidé par ses nouveaux muscles, il arracha la langue trop bien pendue du dernier homme encore debout, éclaboussant de sang la robe rouge de la scientifique. Quelques gouttes giclèrent sur son visage et elle prit une seconde pour graver ce tableau dans son esprit. Il la gâtait décidément beaucoup.

Anton l’entraina dans les ruelles du quartier des théâtres, tandis que Shahren réfléchissait –très vite, comme à son habitude. Jamais personne ne l’avait défendue de son plein gré. Adam avait été conditionné à réagir de la sorte, donc ça ne comptait pas vraiment. Oh il y avait bien cette fois, au Cirque des Damnés, où Renan était intervenu pour empêcher ce loup alpha d’abuser d’elle mais son cousin ne l’avait pas fait par bonté d’âme ou par intérêt quelconque pour son bien-être voir son honneur. Il ne voulait juste pas qu’on puisse l’accuser de quoi que ce soit puisque son animosité envers elle était connue de tous. Dans cette rue, Anton n’avait même pas hésité une seule seconde à user de ses pouvoirs devant tout le monde, au risque de compromettre leur identité secrète, pour la tirer de ce mauvais pas. L’autre gars allait-il vraiment abuser d’elle ou cherchait-il juste à la bousculer un peu ? Elle n’en savait rien, ce n’était pas important. Toujours en marchant vite, pour s’éloigner le plus possible, elle porta la main à sa joue et retira ses doigts un peu tâchés. C’était la première fois qu’elle assistait à un massacre de ce genre en public. Généralement, elle était protégée par son écran, dans la sécurité de son laboratoire secret et pourtant, cela l’excitait. Ici, elle avait ressenti le danger lui caresser la peau et la décharge d’adrénaline qui en avait découlé n’était toujours pas redescendue. Pas à cause de la peur, non, mais plutôt de l’excitation. Les cris de douleur, les gémissements inarticulés, la peau qui gonfle et se détend, le gargouillis sinistre d’une plaie déversant son sang… Tout cela lui avait plu. Son cœur battait la chamade (et pas parce qu’ils marchaient vite), elle avait chaud et envie de frotter ses cuisses l’une contre l’autre pour atténuer la sensation d’excitation qui la tenait, sachant que ce serait inutile.
Pendant une seconde, elle le soupçonna d’avoir mis tout cela en scène. Puis se dit que c’était beaucoup de mal et de danger pour la culbuter et qu’il pouvait s’en passer. Quoi qu’avec Anton Faust, qui pouvait se targuer de savoir à quoi s’attendre ?

Ils s’arrêtèrent finalement dans une ruelle à plusieurs pâtés de maison d’où avait eu lieu l’accident. Au loin, elle entendit des sirènes de police. Reprenant son souffle en appui contre le mur, elle se mit à rire, grisée par son restant d’ivresse et l’adrénaline.

C’était magnifique ! Sublime ! J’ai rarement vécu quelque chose d’aussi exceptionnel, d’aussi excitant. Vous aviez raison, y assister fait un tout autre effet. C’était…

Il était déjà en train de se débarrasser du surplus de muscles mais elle l’arrêta en posant sa main sur son bras, cherchant son regard. Le sien était presque fiévreux.

Attendez. Gardez le encore un peu.

Le, les, quoi que ce soit, au pluriel ou au singulier : ce qui le rendait ainsi. La main de Shahren descendit le long du bras qu’elle touchait, jusqu’à lui faire relever la main. C’était celle qu’il avait utilisé pour arracher la langue de l’autre type et, ironiquement, c’est avec sa langue qu’elle lécha un peu du sang qu’elle y trouva.

Ca m’a vraiment plu, souffla-t-elle. Je n’avais jamais vu un massacre d’aussi près, vous êtes vraiment un artiste exceptionnel.

Elle l’attira contre lui, s’emprisonnant elle-même contre le mur de cette ruelle plutôt sale, et l’embrassa brutalement.
 
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Message posté : Ven 31 Juil 2015 - 14:44 Message
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Anton pouvait sentir les muscles étrangers courir sous sa peau. Il avait été négligeant, il avait agi par instinct, sans se soucier des conséquences. Il s’en rendait compte maintenant que Shahren était en sécurité, qu’ils étaient de retour dans la pénombre des ruelles étroites de Star City, de celles qui s’étalaient entre les bâtiments, entre les théâtres et les restaurants. Qui n’étaient côtoyées que par les rats, les cuistots pendant leurs pauses cigarettes et quelques clochards.
 
Il avait été négligeant, il avait tué trois individus en pleine rue. Tués. Non, il les avait amochés, blessés, torturés. Mais cela ne changerait rien à la colère d’Abigaïl, à la colère de la Porte-Mort. Bien entendu il n’avait pas agi à l’encontre de la Moisson, mais il avait attiré l’attention, même brièvement. Ou il allait finir par attirer l’attention. Bien entendu, les choses allaient être compliquées pour les forces de l’ordre. Certaines personnes parleront d’un homme de taille normale, d’autres d’une sorte de colosse difforme, les derniers d’une jeune femme blonde munie d’un couteau. Certains parleront de Shahren, d’autres non. Certains verraient les trois hommes comme des agresseurs, d’autres comme des victimes.
 
Un véritable casse-tête pour le SCPD offert par Anton Faust. Mais cela ne changeait pas que cela donnait à sa présence à Star City une consistance qu’elle n’avait pas. Il deviendrait seulement une légende, une rumeur, un murmure, mais c’était déjà plus que d’être simplement inexistant. Il ne pouvait même pas organiser la disparition des cadavres. S’il avait eu plus de temps il les aurait transformés en chiens creux pour les faire disparaître dans les ruelles sombres à leur tour. Ou bien il aurait appelé les goules d’Abigaïl, voir même le Darach. De la viande gâchée. Tout ça car il n’avait pas pu se retenir.
 
Son regard se posa sur Shahren alors qu’il avait commencé à expulser les organes étrangers. Oh elle l’aimait ainsi ? Ce n’était pas une surprise. Elle se souvenait très bien comment elle avait réagi face à ses six bras la dernière fois. Alors qu’il était devenu une sorte de monstre presque bossu et à la musculature torturée ? Elle devait adorer, surtout qu’il était beaucoup plus fort, plus puissant. Il la laissa saisir son bras, lécher ses doigts. Elle était telle une chatte en chaleur et un sourire mauvais se dessina sur les lèvres du monstre qu’était devenu Anton Faust. Pour une fois, c’était lui la créature et non le créateur d’ailleurs. Lui qui s’était sali les mains, même si Shahren semblait bien décidée à les lui nettoyer.
 
Sa chemise était déchirée à bien des endroits. On aurait vraiment dit qu’il était une sorte d’erreur de la nature, un monstre qui s’était échappé d’un centre d’expérimentation. Sauf qu’il conservait son intellect, qu’il conservait ses pensées malsaines. « Je suis heureux que la prestation vous ait plu. » Ces individus l’avaient mérité de toute façon. Ils avaient mérité de mourir, de souffrir. Ce n’étaient que des vermisseaux sans valeurs. De la viande ambulante qui ne savait même pas utiliser sa matière grise. "Ils ont eu ce qu'ils méritaient, ils n'auraient jamais dû vous toucher." Sous-entendu, il était le seul à en avoir le droit.

Anton pouvait sentir l’odeur du sang, mêlée à celle de la scientifique venir envahir ses narines. Il poussa une sorte de grognement, son corps lui faisait mal, mais il pouvait sentir la pression à l’intérieur de son pantalon alors qu’elle l’amenait à lui, qu’elle l’embrassait.
 
S’il était le seul homme prêt à l’emmener au restaurant, elle devait être la seule femme prête à lui faire l’amour quand il révélait sa véritable nature de monstre. Si faire l’amour n’était pas un terme trop tendre pour décrire ce qui se passa ensuite.
 
 
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Message posté : Ven 31 Juil 2015 - 22:00 Message
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Nous devrions nous faire agresser plus souvent… Enfin, moi. C’était instructif.

Même plus que cela d’ailleurs. Assez guillerette, que ce soit à cause de l’orgasme, du vin, d’un tout, elle remarqua :

Votre chemise est abîmée… Il faudrait vous changer pour continuer la soirée, non ? Parce qu’elle n’est pas terminée, je suppose. Nous n’allions pas nous contenter d’un restaurant et d’un coup vite fait dans une ruelle à la propreté plus que douteuse.

Il faudrait qu’elle pense à analyser son sang pour s’assurer de n’avoir rien contracté comme maladie. Evidemment, l’enthousiasme de la scientifique pouvait paraître suspect, surtout en miroir avec ses réticences de début de soirée, mais elle se sentait pousser des ailes. Peut-être que, secrètement, elle désirait un nouveau combat violent pour elle. Le sang sur sa robe passait presque inaperçu, mais elle regretta de ne pas avoir pris un manteau. Même en plein été, la soirée était parfois un peu fraîche. Pourtant, elle ne dit rien sur le sujet.

Emmenez-moi boire encore… Son regard glissa vers le bout de la rue où, d’ici, elle distinguait les lumières du Cirque des Damnés. Mais l’image de l’archidémon s’imposa dans son esprit, lui qui ne manquerait pas d’aller balancer à Renan qu’il avait aperçu sa cousine avec un homme autre qu’Adam. Dommage… Buvez avec moi, j’ai envie de vous voir ivre. Dansez avec moi, éloignez les importuns. Elle caressa sa joue. Lancez leur votre regard fou. Elle gémit. Je crois que j’y prends goût.

Elle l’entraina au grand jour, dans les lumières éblouissants la nuit dans le quartier des théâtres, où les établissements se succédaient, tous différents. Les bars à thème, les bars normaux, les salles de spectacle, les concerts, elle sentait vaguement des basses courir dans sa poitrine, elle entendait une succession de musiques venant d’un côté, de l’autre, sans parvenir à décider où elle voulait se rendre. Elle ne connaissait rien, elle était totalement perdue, mais elle tenait le bras d’Anton, s’appuyant là où sa chemise avait été déchirée, plaquant sa poitrine contre son avant-bras.

Alors, lequel ? Jusqu’où pousse-t-on l’expérience sociale ? Avez-vous déjà été dans une boîte de nuit ? Moi oui, celle-là. Elle pointa du doigt le Cirque, au loin. Vous savez à qui elle est ? A nouveau, elle gloussa. Un bruit qu’elle aurait normalement trouvé agaçant, mais elle était grisée par plein de choses. En partie l’adrénaline. Au fond, cette partie de jambe en l’air, loin de l’apaisée, l’avait plus ou moins déchainée. C’est rien, mieux vaut pas. Et si on en choisissait une, n’importe laquelle, et qu’on se trouvait de quoi… Passer le temps ? Vous sentirez un magicien, non ? Alors trouvons en un, vous aviez dit que ce serait le plus compliqué. Autant commencer les courses tout de suite !

Elle observa un à un les bars et leurs enseignes, mais rien ne l’inspirait. Elle se sentait irrésistiblement attirée par le Cirque, un terrain connu où elle ne croiserait certainement pas son cousin puisqu’il haïssait l’endroit mais surtout, terrain de chasse adéquat. Shahren l’entraina finalement par la main jusqu’à l’entrée que Kell gardait jalousement. Il l’observa quelques secondes puis la pièce finit par tomber.

Tu t’es arrangée avec le patron pour la tenue ?
Oh zut…J’avais oublié…
Note si tu déchires un peu ta robe avec du sang tu fais victime, ton copain a une bonne tête de psychopathe.
Ah oui ? Ça se voit tant que ça alors ? Elle rit. J’ai un peu de sang sur ma robe déjà…
Moi je dis pas non, surtout que tu connais la maison, mais s’il te tombe dessus à l’intérieur… Rajoute un peu de sang, vaut mieux. De toute t’a pas tes fringues en métal comme l’autre fois, pour la Origine ?

De fait, Shahren avait de l’ethereum dans son sac pour le retour. Alors elle n’hésita pas à prendre la lame tendue généreusement par Kell et à se tourner vers Anton, le bout pointu contre sa poitrine.

Fichue pour fichue…Je vous en offrirais une autre. Elle déchira le tissu à l’aide du poignard et entailla la peau du sarkomancien au passage. Du sang coula, un peu. Elle tourna la garde du poignard vers Anton. A vous, agressez-moi.

Dis comme ça…
 
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Message posté : Sam 1 Aoû 2015 - 0:01 Message
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Les muscles supplémentaires rampèrent en dehors de son corps. C'était douloureux mais il n'en montra rien. Sa langue reprit une taille normale et il en fut de même pour sa mâchoire qu'il remit en place avec un claquement sinistre. Cela faisait mal, mais qu'est ce qu'il s'était délecté de cet instant. Le nécromancien observa l'état de sa chemise et eut une moue dépitée.

"Vous avez raison... C'est dommage, je l'aimais bien. Mais bon, je ne regrettes rien pour autant." S'il avait laissé Irina s'occuper de leurs agresseurs, sûrement que la conclusion aurait été moins plaisante pour Anton. Il tenta tout de même en vain de remettre son vêtement en place. C'était peine perdue. Les coutures avaient éclatées ainsi que quelques boutons. Décidément. Heureusement que son pantalon n'était pas dans le même état.  "Et non, la soirée n'est évidemment pas terminée."

Il lui offrit son bras alors qu'ils s'apprêtaient à s'enfoncer une nouvelle fois dans les ruelles nocturnes de Star City. Il se demandait si l'ivresse du vin lui était passée, mais pas totalement apparemment. Il ne s'en plaignait pas, surtout alors qu'elle lui déclamait son amour soudain pour la boisson. Un amour qu'il ne connaissait que trop bien lui-même. "Croyez-vous vraiment que vous êtes prête à supporter une telle vision ? Vous avez eu de la chance de ne jamais me voir ivre jusqu'à présent." Ceux qui l'avaient vu pouvaient parler de quelque chose de ne pas très beau à voir. La dernière fois il avait copieusement insulté le fantôme de son père. Qui n'était pas présent dans la salle bien entendu, cela aurait été trop simple. "Mais bien, allons-y, la nuit est encore jeune." Et en tout bon gentleman, il passa sa main dans le dos de Shahren, cette fois-ci, se faisant à l'époque moderne, allant même jusqu'à lui saisir la croupe.

De cette manière, les passants voyaient bien qu'elle était à lui. Avec leur dégaine, ils devaient être beaucoup à penser qu'ils avaient abusé de la bouteille ou bien qu'ils devaient faire partie d'un des spectacles d'un des théâtres locaux et qu'ils étaient sortis en costume. Ou bien avec ce qu'il restait de leurs costumes. Après tout avec sa chemise déchirée et sa peau pâle Anton pouvait passer sans mal pour un mort-vivant, quant à Shahren... Elle était elle-même et cela suffisait.

"J'ai déjà été dans une boîte de nuit. Mais pas avec ce corps." Cela ne lui avait pas laissé un souvenir inoubliable d'ailleurs. Sûrement n'y était-il pas allé en bonne compagnie. Mais pour toucher l'argent dont il avait besoin il avait dû se résoudre à jouer les greluches. "Et même si j'ai très envie de dévorer de la chair de mystique avec vous, nous devons tout de même nous montrer prudents..."

Mais il était déjà trop tard et elle le menait jusque devant un club. Le Cirque des Damnés, le nom était plaisant. Anton observa le videur qui connaissait évidemment Shahren. Est-ce qu'elle se rendait compte de ce qu'elle faisait ? Non, probablement pas. Mais traîner Anton dans un lieu où se trouvaient alcools et femmes était risqué. Il ne doutait pas toutefois qu'elle parvienne à concentrer ses attentions, pour si peu qu'elle y mette du sien. Ce qui était certain c'est qu'il ne laisserait personne la toucher. Il en regrettait presque d'avoir abandonné sa masse musculaire surnuméraire. Peut-être aurait-il dû se munir d'une autre paire de bras aussi.

"Donc l'automutilation est un rite de passage pour entrer ici ?" Il dévisagea un instant le videur avant d'observer les gens déguisés qui attendaient pour rentrer. Il était prêt à quelques sacrifices, après tout, il avait déjà perdu sa chemise cette soirée. Il se saisit de la lame, la faisant tourner habilement entre ses doigts. Il appuya la pointe entre les seins de Shahren, au niveau de son décolleté. Qu'il descende la lame et il pourrait la dénuder devant tout le monde, déjà que sa culotte gisait dans une ruelle mal famée. Il se contenta seulement de trois traits, se rejoignant au milieu, comme une sorte de miniature des incisions qu'on pratiquait pour les autopsies. "Un bon début d'autopsie, ou de vivisection, je n'ai pas encore décidé. Vous n'aurez pas besoin de me racheter une chemise d'ailleurs."

Il saisit le bas de la robe de Shahren et tout en lui souriant, le découpa pour raccourcir considérablement la longueur du vêtement, pour son plus grand plaisir. Il n'y avait pas de raison pour qu'il soit le seul à se trouver dénudé cette nuit. Et elle restait suffisamment habillée pour que le taxi au retour ne se pose pas trop de questions. "Voilà qui est parfait." Il tendit le couteau par la lame au videur. "Je suppose que tout est bon maintenant." La main du nécromancien glissa une nouvelle fois jusqu'au postérieur de la scientifique.

Mieux valait qu'il marque sa propriété en entrant non ? Pour éviter que les gens ne se fassent trop d'idées. Il n'avait pas non plus envie de passer la soirée à se battre avec tout le monde. La sarkomancie était douloureuse et fatigante. Il laissa la scientifique le mener à l'intérieur. Après tout c'était son territoire. Elle ne pourrait pas se plaindre qu'il cherchait toujours à diriger et à la dominer.
 
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Message posté : Sam 1 Aoû 2015 - 13:06 Message
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Shahren avait à peine écouté ses protestations. Pour une fois, elle estimait qu’il n’avait pas son mot à dire. Si elle s’était farcie son restaurant alors ne pouvait-il pas lui faire plaisir en l’accompagnant dans une boîte de nuit afin qu’ils se trouvent un nouveau jouet ? Elle y tenait, encore grisée par les évènements survenus un peu plus tôt. Si elle avait pu se poser tranquillement et s’observer d’un œil extérieur, sans mauvaises influences, sans doute se serait-elle mise trois gifles avant de se ramener au laboratoire par la peau des fesses. Mais heureusement (ou malheureusement ?) toutes ces idées qui auraient cassé l’ambiance ne lui traversèrent pas l’esprit. Elle l’entraina donc à l’entrée du Cirque des Damnés, où Kell lui rappela la règle en vigueur, qu’elle expliqua à Anton.

Non il n’est pas spécialement question d’auto mutilation, en fait il faut être déguisé dans le thème de la boîte pour entrer donc plutôt l’horreur freaks, le cirque, les choses malsaines de manière générale, sauf pour les soirées à thème où il faut vraiment coller au genre spécifique. Comme nous n’avons pas de costume, on pourrait jouer les tueurs en série, ou vous le psychopathe et moi la victime, ou quelque chose comme ça, chacun interprètera. D’où l’intérêt de se blesser.

Et, calmement, elle lui tendit le couteau pour qu’il lui rende la pareille, ce qu’il ne manqua pas de faire. Elle sursauta en sentant la vague de douleur irradier sa poitrine mais y trouva une certaine satisfaction. Un filet de sang coula dans son décolleté, imbibant le devant de sa robe, qui fut atrocement raccourcie par Anton. Heureusement, il ne tarda pas à poser une main possessive sur ses fesses, même si la scientifique était certaine que cela ne cachait pas grand-chose, que du contraire.

Ils pénétrèrent dans le club qui s’étendait sur deux niveaux. Le premier était composé par une piste de danse et un bar contre le mur du fond. Au centre de la piste se trouvait une scène ronde où jouait ce soir un groupe de musicien qui ressemblaient à des créatures tirées d’un folklore fantasy que Shahren n’aurait pas su nommer puisqu’elle n’avait jamais lu d’œuvres de ce genre ni même vu de films en rapport (ou de film tout court). Elle trouva l’esthétique à son goût, et la musique, différente de d’habitude, lui donnait envie de danser. Si elle avait eu les mots pour la décrire, elle aurait utilisé le terme de folk metal et y aurait vu une sorte d’hommage à Siobhan, si pas Morrigan. Le chanteur avait une voix gutturale et plusieurs personnes, collées à la scène centrale, sautaient dans tous les sens, dansant parfois à deux ou plusieurs en tournoyant. Beaucoup de garçons étaient torses nus avec des motifs tribaux, sans doute de faux tatouages, sur le torse. Quant aux filles, ça variait mais Shahren se dit que l’archidémon aurait dû prévoir une maquilleuse à l’entrée.

Tiens c’est différent d’habitude… Elle haussa les épaules et se dirigea vers le bar, en entrainant Anton. Elle commanda deux Bloody Mary, elle vit la serveuse hésiter, puis l’autre serveur avisa Shahren, chuchota quelque chose à l’oreille de la fille, qui acquiesça avant de finalement sourire à la scientifique et de lui tendre les verres. Le malentendu tenait au fait qu’il existait deux Bloody Mary : un avec du vrai sang et l’autre avec la recette traditionnelle. Ils eurent droit à la recette traditionnelle, parce que le deuxième barman l’avait reconnue et savait qu’il valait mieux éviter qu’il lui arrive quelque chose.

Elle ne paya pas sa consommation et donna son verre à Anton, contre lequel elle était collée depuis le début vu le monde présent dans la boîte et surtout, autour du bar. Elle but une gorgée du cocktail, se rendant compte qu’elle avait la gorge sèche et, même dans ses habits qui ne laissaient plus grand chose à l’imagination, assez chaud.

Je n’avais jamais entendu de la musique comme ça, dit-elle en élevant la voix contre son oreille pour se faire entendre. Enfin je n’écoutais jamais de musique avant de venir ici et je découvre toujours de nouvelles choses. Parfois c’est effrayant, à d’autres moments c’est plutôt amusant. Ici je n’ai pas encore décidée.

Elle haussa les épaules et but une autre gorgée, se surprenant à suivre le rythme de la musique avec son bassin, qui se trouvait justement contre Anton, mais sans idée spécialement lubrique. Elle renversa sa tête pour l’observer d’en bas.

C’est dans le carré VIP qu’on trouve les spécimens les plus intéressants. Ici, on a surtout des mutants, mais sans les provoquer ou un peu de sang, difficile de savoir quel est le pouvoir de qui et donc ce qui serait intéressant pour mes recherches. Il faut que je me débrouille toute seule depuis que Renan a décidé qu’Abigaïl et Raphaël étaient plus importants que moi. Enfin, c’est pas comme si ça changeait de d’habitude, mais c’est en partie à cause de cela que j’ai dû m’implanter mes puces. Sans ça, j’aurais été coincée dans mon laboratoire à étudier du cobaye de moindre qualité. Ici, je peux faire mon marché…

Et, techniquement, envoyer Adam lui obtenir ce qu’elle voulait. Mais ça, c’était avant… Depuis que le cyborg désapprouvait son rapprochement avec Anton, il se faisait rare au laboratoire et étrangement plus dévoué à SHADOW, ce qui ne lui plaisait pas. Avait-elle gagné au change ? A voir.
 
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Message posté : Sam 1 Aoû 2015 - 14:33 Message
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Une boîte de nuit où il fallait venir costumé. Peut-être devrait-il parler du principe à Abigaïl pour le Necropolitan. La majorité des gens qui venaient au bar du dessus étaient des humains normaux, qui ne cherchaient là qu'un endroit à thème. C'étaient des filles gothiques, des fans de films d'horreur, ou bien ceux qui travaillaient dans le cimetière et qui venaient principalement parce que la nourriture n'était pas mauvaise et qu'Abigaïl leur faisait des prix. Après tout elle avait tout intérêt à être dans leurs bonnes grâces. Personne ne venait l'embêter quand elle allait faire son jogging à trois heures du matin, en pleine nuit, dans le cimetière. S'ils savaient ce qu'elle faisait vraiment plutôt que de courir, elle repérait les tombes fraîches.
 
Quoiqu'il en soit, il devait admettre que l'idée de se déguiser était plutôt amusante. Cela pourrait aussi éviter les crises cardiaques dans le cas où un des clients de la Crypte ne s'égare en cherchant les toilettes et arrive malencontreusement jusqu'au bar du dessus. Ce n'était jamais arrivé, le Darach et Silence veillaient à ce qu'aucun humain ne descende et qu'aucun mort-vivant ne remonte. Il fallait des règles après tout. Ici la règle était de venir déguisé. Il aurait mieux fait de venir dans son attirail de Dread Doctor. Il aurait pu vêtir Shahren de son ancien habit d'infirmière, il était certain qu'il lui manquait.
 
"La prochaine fois nous viendrons mieux préparé. J'ai quelques petits idées en tête." Murmura-t-il à l'oreille de Shahren alors qu'ils pénétraient dans ce qu'était le Crique des Damnés. L'endroit ne manquait pas de classe, il pouvait l'admettre. Et Anton possédait plusieurs éléments de comparaison. Le Necropolitan notamment, même si ce dernier possédait surtout une atmosphère calme contrairement à ici. Mais il y avait aussi les boîtes où l'avait traînée Anna Leblanc. Il préférait celle-ci. Peut-être parce qu'il avait encore sa main sur la croupe de Shahren. Il foudroya d'ailleurs du regard un individu qui osa lorgner sur elle. S'il avait découpé sa robe c'était pour son propre plaisir, pas pour celui des autres.
 
Anton se laissa guider. C'était le territoire de la scientifique, jusqu'à ce qu'il retrouve ses marques en tout cas. Si Abigaïl n'avait jamais été douée pour repérer les auras des créatures magiques et des mystiques, Anton était encore pire. Dans sa pseudo-science, il n'avait jamais pris le temps de développer ses sens magiques. Et de toute façon, son attention avait une malheureuse tendance à glisser sur la gente féminine présente. Heureusement qu'il avait encore le goût de Shahren sur sa langue pour le maintenir à ses côtés. Il grimaça en buvant une gorgée de son verre. Anton était un homme avec des goûts simples. Se contentant généralement de bière, de vin et de whisky. Les cocktails un peu trop colorés ? Pas vraiment ce qu'il préférait. Même s'il devait avouer que ce n'était pas mauvais malgré tout.
 
"Et bien, voilà une boisson surprenante. Vous avez décidé de modifier l'expérimentation ? Tester mes réactions au monde moderne plutôt que moi testant vos capacités sociales ?" Ils avaient laissé l'expérience derrière eux clairement. Depuis l'agression en fait. Quand Anton avait lui-même tout faussé en s'attaquant à ses individus. En théorie il aurait dû jouer les humains normaux. Probablement se faire tabasser, en amocher un ou deux s'il avait été chanceux. Alors Shahren aurait peut-être écopé de seulement quelques insultes ou carrément d'un viol. Difficile de savoir. Mais il préférait clairement la tournure actuelle des évènements.
 
"Je ne sais pas... Vous vous doutez bien que c'est une musique à laquelle je ne suis que peu habitué encore. Ma soeur a été beaucoup plus efficace que moi dans ses tentatives d'apprentissage de la culture moderne." Même si Anton trouvait dans certains genre une sorte de fureur animale, une puissance lourde qu'il appréciait. A son époque toutefois, on écoutait la musique, on ne s'en servait pas en bruit de fond constant alors qu'on faisait d'autres choses. Mais il appréciait ce qu'il entendait. Peut-être parce qu'il sentait les fesses de la scientifique contre son pantalon et qu'il avait clairement encore de la virilité à revendre.
 
"Le carré VIP. Je vois." Le Necrpolitan en avait aussi, réservés aux membres de la Moisson ou a des clients exceptionnels. Abigaïl les affectionnait tout particulièrement car cela lui permettait de garder un oeil sur tout ce qui se passait en bas et par la même occasion sur ceux qu'elle considérait comme ses suivants, son peuple. Anton n'avait pas tant de considérations. Il aimait simplement être au-dessus de la foule. "Comment est-ce que nous nous y rendons ? Vous êtes à ce point une habituée ? " Il se demandait toutefois comment elle se débrouillait pour obtenir le sang des spécimens qu'elle voulait acquérir. Quelque chose lui disait que les provoquer n'était pas un problème.
 
Anton ne rebondit pas sur la mention de sa soeur et de Raphaël. Il savait vaguement qui il était. Une sorte de démon plus puissant que la moyenne et qui avait apparemment baisé l'amant de sa soeur par le passé. Cela ressemblait atrocement à un cercle amoureux plutôt macabre cette histoire. Tant qu'Abigaïl savait ce qu'elle faisait... Le nécromancien lui se demandait comment mettre de la viande sur le menu sans risquer de se faire avoir. Il abandonna la paille de cocktail pour en ingurgiter la moitié d'une traite. L'ambiance commençait à l'atteindre et elle voulait le voir ivre, non.
 
"Alors, alors... Qu'allons-nous faire ? Est-ce que je dois vous charmer une petite sorcière, l'amener dans les toilettes et lui prélever une côte que nous ferions cuire avec des oignons ? Je n'aimerais pas fâcher notre hôte, enfin, le ou les propriétaires de ce club en boulotant ses invités. Pourquoi vous ne me montreriez pas comment vous faites votre marché sinon ? Une petite démonstration ?" Une lueur sombre venait de se dessiner dans son regard alors qu'il se faisait très tactile, comme à l'accoutumée. Il avait presque envie de reprendre une forme monstrueuse et de la prendre devant tout le monde. Est-ce que l'alcool lui faisait tant d'effet ?
 
Non, c'était plutôt l'endroit. Après tout il était dans un lieu parfait pour un esprit malade tel que lui. D'ailleurs il finit son cocktail d'une traite, adressa un clin d'oeil à la barmaid avant d'entraîner Shahren sur la piste de danse. Danser ne demandait aucune grâce à cette époque, seulement de vaguement se mouvoir en rythme. Même lui pouvait le faire. Il devait admettre un avantage à la danse du vingt et unième siècle, elle permettait de se coller à son partenaire. "Alors, est-ce que vous voyez quelqu'un qui vous semble digne d'être dévoré ? Ou bien vous préférez que nous tentions de nous éclipser dans un carré VIP ? J'ai quelques idées sur ce que je pourrais vous faire en privé."
 

Le gentleman fondait complètement pour laisser place au Dévoreur. Et ce dernier n'était jamais rassasié. Alors qu'il l'avait baisée quelques dizaines de minutes plus tôt dans une allée sombre, il la voulait à nouveau.
 
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Message posté : Dim 2 Aoû 2015 - 12:56 Message
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Et pourquoi pas ? Il n’y a pas de raisons que je sois la seule à expérimenter de nouvelles choses…

Elle lui sourit et passa sa langue sur sa lèvre inférieure. Elle ignorait énormément de choses sur sa vie d’avant. Pour elle, il n’était revenu que depuis quelques semaines, même s’il avait possédé un temps le corps d’Abigaïl. Aussi découvraient-ils ensemble ce que le monde avait à offrir et c’était beaucoup plus amusant que de s’y livrer toute seule.

Et bien je n’y connais rien non plus mais nous devrions voir si on ne peut pas mettre la musique à profit pour quelque chose. Qui sait après tout…

Shahren était sincère. Les seuls échantillons musicaux qu’elle avait entendu étaient ceux d’Adam, quand il utilisait son mp3 et ceux du Cirque. Sa culture musicale était très pauvre, elle était à peine capable de nommer les instruments utilisés par le groupe dont le chanteur était en train de presque rouler une pelle à son micro. Perplexe, la tête penchée sur le côté, la scientifique se surprit à éprouver un petit intérêt pour ce qu’elle voyait, alors même que ça n’avait aucun rapport avec la science. Quoi que… pourrait-elle créer une mélodie capable de laver les cerveaux ? Quand elle voyait la posture du public, quasiment extatique, se laissant envoûter comme sous l’emprise d’un sortilège, elle était presque certaine que l’on pouvait creuser de ce côté-là. Et cela lui ferait économiser un temps précieux…

Je ne sais pas, je n’y suis jamais allée. Je pense qu’il faut avoir l’aval de Raphaël mais je n’ai jamais songée à le lui demander… Et je ne le vois pas, dit-elle en scrutant la pièce. Tant mieux pour nous d’un côté. Je ne pense pas que vous vous entendriez… Il a tendance à être très tactile, il risque de laisser trainer ses mains et si l’odeur de votre magie lui plait, alors la… Elle roula des yeux. Je vous passe les détails, je l’ai déjà vu faire une fois dans mon labo avec un cobaye.

Le fameux Kitsune. Shahren avait pris grand soin de rester dans la pièce d’à côté pendant que l’archidémon se laissait aller à ses élans malsains mais elle n’avait pas pu s’empêcher de jeter quelques coups d’œil, par pur intérêt scientifique. Elle n’avait pas trop envie que son compagnon subisse le même sort, il n’apprécierait pas… Pas après sa réaction de rejet complet quand elle avait voulu lui rendre la pareille avec l’ethereum. Se mordillant la lèvre inférieure, elle réfléchit en imaginant toute une série de scénarios possibles de rencontre et se rendit compte qu’elle ne connaissait pas assez Anton pour être certaine de sa réaction devant un être comme Raphaël. Elle-même ne réagissait pas toujours bien devant lui.
En même temps, il était envahissant au possible.

Elle se laissa un peu plus aller contre lui, collant son dos contre son torse.

J’ai l’impression de vous avoir mis en appétit plus qu’autre chose, tout à l’heure ? Elle sourit. Si on continue de bien s’amuser, j’écarterais volontiers les cuisses. Il faudra vous démener. En se tordant le cou, elle parvint à déposer un baiser léger sur ses lèvres. Je vais vous montrer…

Elle laissa son regard courir dans la foule.

Toucher aux créatures du carré VIP ne peut pas se faire sans l’accord de Raphaël. J’en ai récupéré un ou deux depuis qu’on se connaît mais uniquement parce qu’ils l’avaient contrarié, dont le loup-garou dont je vous ai parlé, qui est encore dans ma réserve. En vie, mais pas dans un très bon état. Du coup le jeu, c’est d’en trouver un dans la fosse, comme il l’appelle. Parfois je m’assois au bar et j’attends que ça vienne, mais quand je ne suis pas toute seule j’essaie en dansant. Je ne sais pas pour quelle raison mais les gens semblent croire que la danse est une bonne excuse pour se coller aux gens et essayer de les toucher.

Elle avait l’air sincèrement décontenancée devant ce phénomène étrange et c’était le cas. Elle n’avait toujours pas compris en quoi s’avancer sur la piste donnait l’autorisation à tout le monde de se coller dans son dos mais cela ferait sans doute à jamais partie de ces mystères sociaux qu’elle était incapable d’aborder. Elle observa Anton vider son verre d’un trait et décida de l’imiter, ce qui n’était pas la meilleure des idées. Elle toussa un peu et se sentit prise d'un vertige, qui la poussa à passer ses bras autour du cou d’Anton. Elle avait chaud mais paradoxalement envie de le coller.

Vous êtes certain qu’on ne peut pas vous manger, vous ? demanda-t-elle, l’œil brillant. L’idée c’est de déceler une particularité physique qui ne devrait pas être présente chez un humain normal. Le souci c’est qu’on peut aussi tomber sur un mutant, en général je découvre un peu en faisant des analyses, sauf quand l’autre est honnête. Ici ils ont quand même tendance à l’être parce que normalement, ils ne tombent que sur des gens comme eux.

On ne venait pas au Cirque des Damnés si on ne voulait pas voir de monstres.

J’ai une idée ! s’exclama-t-elle finalement en se déhanchant contre Anton. Faisons un jeu. Chacun se trouve un cobaye potentiel, en suivant son instinct. Et on se rejoint dans la ruelle de l’autre côté de l’entrée d’ici… Une demi-heure ? Pour comparer et voir qui va tirer le meilleur lot. Et celui qui l’emporte fait ce qu’il veut à un orifice de l’autre ?

Elle n’attendit pas sa réponse ou son approbation, se contentant d’un regard brûlant (dont elle n’eut que vaguement conscience) avant de se perdre dans la foule, se glissant entre les corps surchauffés par le concert. Elle observait tout le monde mais se sentait comme un tout petit poisson perdu dans un grand océan. Aucune crise d’angoisse à l’horizon, simplement le sentiment d’être une inconnue dans la foule alors même qu’elle était si brillante. Elle sentit quelque chose qui lui frôla la cheville mais ne vit rien en baissant la tête. Elle haussa les épaules au moment où elle se cognait dans Raphaël. C’était la soirée…

On profite de la soirée ? demanda l’Archidémon, torse nu, dévoilant ses tatouages à tout le monde.
Mmoui, je cherche un sorcier à manger.

Il y eut une seconde de battement, puis la créature éclata de rire.

Par tous les satans de l’Enfer, parfois tu devrais t’entendre parler. Qu’est-ce qui te fait croire que tu peux mangerla clientèle.

Elle haussa les épaules.

Aucune raison particulière, simplement c’est ici qu’on trouve le plus grand rassemblement de mutants et sorciers en ville du coup….
Mais pourquoi manger ?
Pourquoi pas ?

Il inclina la tête pour lui donner raison.

Tu es saoule, ma petite scientifique.
Un peu. Mais j’ai un pari à gagner, le truc c’est que je ne sais pas du tout distinguer un sorcier d’un autre humain.
Un pari avec Renan ?

Elle occulta la question et il choisit d’y voir une affirmation. Il glissa sa main autour de ses hanches et souffla à son oreille :

Le petit blond contre qui tu te déhanches depuis tout à l’heure, mais je suppose que tu le sais déjà. Il gloussa en la voyant faire la moue. Je suis trop occupé ce soir mais je n’oublierais pas son visage, crois-moi. Alors alors, en sorcier que tu as le droit de mangeeeeer…

Il lui en désigna un, près du bar, habillé comme un druide.

Il t’a fait quoi celui-là ? demanda-t-elle, sincèrement curieuse. Le visage de l’archidémon se ferma.
Dragué la mauvaise personne.

C’était donc un jeu dangereux que de flirter dans ce club. Fière d’avoir obtenu un petit avantage sans qu’il ne demande de contrepartie (mais elle connaissait Raphaël, cela viendrait) Shahren se dirigea vers l’homme qu’on lui avait désigné. D’abord elle ne le regarda pas, essayant d’attirer l’attention du barman pour avoir un autre verre. A moitié appuyée sur le bar, le bas de sa robe remontait en dévoilant un bout de ses fesses. Ce n’était absolument pas fait exprès, Shahren ne se rendait tout simplement pas compte, mais le mec lui dit à l’oreille :

 
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Message posté : Dim 2 Aoû 2015 - 16:28 Message
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Ce fameux Raphaël, le démon qu'Anton n'avait pas le droit d'approcher. Notamment parce qu'Abigaïl n'avait pas le droit de l'approcher en théorie. Enfin, que ce n'était vraiment pas recommandé. Bien entendu cela n'arrêterait pas la nécromancienne. Surtout qu'Anton savait très bien qu'elle ne résisterait pas à l'idée d'aller se confronter à un être supposément plus puissant qu'elle. Surtout qu'elle utiliserait l'excuse de la collaboration pour faire plaisir à son amant. Quelle blonde idiote quand elle s'y mettait. Heureusement Anton avait plus de jugeote. Ou toutefois était-ce ce qu'il pensait. S'il devait jouer sur le terrain de chasse d'un tel être, il garderait un profil bas.

"Donc, pas de carré VIP. Je suppose que nous allons chasser dans la fosse, c'est entendu." Et puis il était un nécromancien, il était habitué à creuser des fosses pour en déterrer sa matière première. Bien entendu, ici ce serait purement métaphorique. Il n'aurait pas besoin de pelle. Quoique... En tout cas, il se demandait comment ils feraient tous deux pour réussir à attirer quelqu'un dehors pour s'en servir comme repas. Et qu'est-ce qu'ils feraient ensuite ? Se faire un petit barbecue au milieu de la rue et enjoindre les passants à les joindre ? "Alors monsieur le Légionnaire, vous voudrez du blanc ou une cuisse ? Les deux ailes ont déjà été mangées désolé, mais je peux vous mettre le foie de côté pour ramener à votre épouse." Il avait déjà largement raté son objectif de discrétion de la soirée, mais tout de même.

"La danse est une excuse, mais nous n'en avons pas besoin pour nous coller l'un à l'autre, non ?" Il donna du poids à ses paroles en se rapprochant du corps de la scientifique. Laissant ses mains courir dans son dos jusqu'à agripper fermement ses fesses. Il échangea un regard avec un autre type qui bavait sur Shahren depuis un petit moment. Il avait presque envie de lui proposer un bol à mettre sous sa bouche pour qu'il ne se déshydrate pas trop.

"Je suis comestible, comme presque n'importe qui dans cette pièce. Mais honnêtement, si vous me mangez avec vos dents. Je ne m'en remettrais que difficilement. Je ne peux pas mourir et je n'ai pas peur d'un peu de douleur. Mais si vous me retirez des morceaux trop importants de mon anatomie, je devrais les remplacer. Probablement avec des morceaux de moindre qualité que je devrais récupérer sur nos cobayes."

Chose à laquelle il ne tenait pas. Surtout qu'Abigaïl lui ferait probablement une scène. "Le beau corps que je t'ai recréé avec mon sang et ton fils mort-né ! Comment oses-tu l'abîmer ainsi ? Pour nourrir cette pauvre fille ?" Oui, ce serait quelque chose comme cela. Plus alambiqué, plus élégant, mais quelque chose comme ça.  "Et ne vous inquiétez pas, mes sens sont peu affûtés, mais je saurais reconnaître une sorcière si j'en croise une." Oui, une sorcière. Parce qu'Anton était lui-même avant tout.

Et voilà qu'elle partait sur son projet de jeu. Anton n'eut même pas le temps de protester, d'émettre la moindre doute sur la discrétion d'un tel projet, ou encore sur ce qu'il arriverait au perdant. Elle en était encore sur ça ? Il était passé à autre chose. La preuve dans la ruelle il avait totalement délaissé l'orifice qui faisait tant débat. Est-ce qu'elle cherchait à se venger de lui ? Ou bien est-ce qu'elle essayait de l'appâter avec la possibilité de lui faire tout ce qu'il voulait ? Une chose était certaine, Anton ne pouvait pas se permettre de perdre. Il se retourna vers le bar alors que Shahren disparaissait dans la foule. Il eut un léger frisson. Pas de plaisir, mais plutôt son instinct de prédateur qui reprenait le dessus. "Un whisky."

On lui apporta le verre qu'il paya en cash et en ingurgita le contenu d'une traite, un sourire carnassier sur les lèvres. Heureusement qu'ils avaient bien mangé avant, car l'alcool commençait à faire son effet. Un douce chaleur irradiait son corps, il sentait ses capacités de réflexions s'amenuiser, mais aussi toutes ses inhibitions se défaire. Décontracté, il balaya le bar du regard, à la recherche des proies les plus faciles, celles qui n'essayaient pas d'attirer l'attention sur la piste de dance en faisant gigoter leurs parties corporelles les plus alléchantes. Il y avait toujours des vilains petits canards, mais Anton comptait bien trouver le cygne à l'intérieur. Après tout, ils avaient déjà mangé du canard avant de venir.

"Je vous offre un verre ? " Est-ce qu'il y avait vraiment une autre manière de commencer. C'était une petite sorcière, plutôt jolie, mais loin d'être aussi jolie que Shahren. Anton sentait une certaine présence magique... Du Wicca. Mon dieu, est-ce qu'il y avait vraiment plus pathétique ? Aucun sens des grandeurs, aucun risque, juste un équilibre médiocre et totalement surréaliste. Mais il se fendit d'un large sourire. Elle le regarda, avec un mélange de surprise et de méfiance. Est-ce qu'elle sentait sa magie de la mort ? Oh, il espérait bien.

"Avec plaisir."

"Un Bloody Mary !" Lâcha le sarkomancien à l'attention d'une nouvelle barmaid.

"Vous ne buvez pas ?"

"Voyons, je ne veux pas laisser l'alcool inhiber mes sens quand je côtoie une femme aussi magnifique."

"Cette phrase marche vraiment ?" Il eut un léger rire.

"Je ne sais pas. Est-ce qu'elle marche sur vous ?"

"Pas vraiment."

"Quel dommage." Le verre arriva et elle commença à siroter sa boisson sans détacher son regard d'Anton, observant son torse et sa chemise déchirée. Oh il n'avait pas la carrure d'un athlète, c'était certain. "Vous êtes déguisé en quoi ?"

"Psychopathe. Mais j'ai perdu ma victime, cela vous dirait de la remplacer ?"

"Je ne suis qu'une remplaçante ?"

Son sourire s'élargit. "Pas si je me suis débarrassé de ma victime pour vous voyons."

Quelques minutes plus tard et ils étaient dans l'allée. Même s'il avait mis beaucoup plus de temps que Shahren avant de convaincre la sorcière de le suivre dehors. Voilà qu'elle l'embrassait en essayant apparemment de lui retirer ce qu'il restait de sa chemise. Allons-bon, elle n'avait pas demandé beaucoup de force de conviction. Sûrement l'atmosphère du Cirque des Damnés en général. C'était un peu le seul endroit où une sorcière déguisée en une sorte d'elfe pouvait s'envoyer en l'air avec un nécromancien déguisé en psychopathe. Enfin, même si dans le cas d'Anton, le déguisement était involontaire. Il lui attrapa les mains, elle le regarda, une once de doute dans les yeux.

"Vous savez ce que je suis ?"

Elle hocha la tête lentement. "Un nécromant." Son sourire à lui s'élargit. "Pas exactement." Il la lâcha et elle se laissa faire lorsqu'il passa un doigt sur ses lèvres. Ce ne fut qu'après qu'elle se rendit compte qu'elles étaient scellées. Mais avant qu'elle ne puisse réagir, il lui avait attrapé les mains et avait fait fusionner les paumes comme lors de sa première rencontre avec Shahren. Elle tentait de se débattre, mais il était plus fort qu'elle. "Allons, allons, vous vous y attendiez, non ? Je dois puer la mort pour quelqu'un comme vous. Mais pour revenir à un peu de sémantique. Je ne suis pas vraiment un nécromancien. Mais un sarkomancien. Je sais, le nom est plutôt ridicule. Disons qu'au lieu d'utiliser les morts, j'utilise la chair. Ce qui revient un peu au même, je l'admets. Vous pouvez considérer que la sarkomancie est une sous discipline de la nécromancie." Qui était née bien tardivement. Sarkomancie, ostéomancie, sangromancie. Que de noms barbares pour désigner les magies qui utilisaient les diverses parties du corps. Un bras passé sur les épaules de la jeune femme qui avait commencé à pleurer, il la mena dans l'allée. Il avait vu Shahren le devancer avec un homme. Il fut bien content de voir que ce dernier était bien bâillonné par l'éthéréum. S'il avait vu ce qu'il avait fait juste avant, sûrement qu'il lui aurait fait subir ce qu'il avait infligé aux individus précédents qui avaient touché la scientifique. Au bout de la ruelle, il devina la silhouette d'Irina. Son brave petit chien était de retour. Bien, cela pourrait se révéler utile pour la suite. Anton plaça la sorcière juste à côté de l'homme.

"Alors, qu'est-ce que vous fait dire que c'est un sorcier ? Moi je suis certain de ce qu'elle est. Par contre... Je me pose une autre question."

Il plaça son bras le long de la taille de Shahren, observant les deux individus qui avaient l'air d'être à deux doigts de paniquer. "Qu'est-ce que nous faisons d'eux ? Ce n'est vraiment pas le bon endroit pour allumer un barbecue si vous voulez mon avis. Et il faudrait laisser la viande faisander un peu dans tous le cas, pour qu'elle soit un peu tendre. Je peux appeler le cavalier sans tête si vous voulez et nous pourrions les préparer dans la cuisine du Necropolitan. A moins que vous ne préfériez que nous ne retournions à votre laboratoire ?" Il craignait surtout que ses ustensiles de cuisine se résument à une cuillère, une fourchette et un micro-onde aux vues des ses habitudes alimentaires. En tout cas, Anton en avait presque l'eau à la bouche.
 
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Message posté : Dim 2 Aoû 2015 - 20:14 Message
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Après des minutes qui lui parurent être des heures, Anton la rejoignit finalement à leur lieu de rendez-vous accompagné d’une jeune fille au sort peu enviable. Shahren se souvenait très bien de la sensation d’avoir sa chair collée, scellée, du picotement et de la douleur. Si elle en avait été capable, elle aurait éprouvé de la compassion. Au lieu de cela, elle la fixa d’un air presque vide, observant la proie du sarkomancien de haut en bas. Avait-il fait exprès de prendre une femme avec la même couleur de cheveux qu’elle ? La scientifique ne put s’empêcher de sourire.

C’est mon petit doigt qui me l’a dit. J’espère qu’il ne m’a pas trompée…

Elle l’aurait eu mauvaise mais connaissant Raphaël, on ne pouvait être certain de quoi que ce soit. Après tout, il y avait peut-être vu une manière originale de se débarrasser d’un type gênant, sachant qu’il souffrirait et que le détachement clinique de Shahren dans le cadre de son emploi serait pire que la passion morbide qu’il mettait dans la torture. Si ça se trouve, le seul crime de l’homme saucissonné par terre avant été de jeter une œillade un peu trop appuyée à Siobhan. Pour ce qu’elle en savait et que ça lui importait, de toute manière…Elle préféra se pencher sur sa question, qui avait le mérite de la faire réfléchir.

En toute honnêteté, j’aurais préféré rentrer au laboratoire. Ils y étaient tranquilles, personne ne risquait de venir les y ennuyer, surtout qu’elle désactivait les accès de Renan quand Anton était là. Evidemment, l’attitude était suspecte mais au moins il ne risquait pas de tomber sur certaines…Scènes. Mais il me faut avouer que je n’ai pas le matériel nécessaire pour allumer un barbecue, comme vous dites. Après nous pourrions nous introduire dans une grande surface et voler ce dont nous avons besoin, mais ce serait s’encombrer pour pas grand-chose. Et prendre beaucoup de risques pour rien. Après tout, avec deux otages, mieux valait ne pas tomber sur un légionnaire trop zélé. Je pense donc qu’on n’a pas le choix. Va pour le Necropolitan.

Non pas que Shahren ait quelque chose contre l’endroit en lui-même, simplement elle s’amusait tellement jusqu’ici qu’elle n’avait pas envie de croiser Abigaïl. Son ébriété la rendait joyeuse, elle voulait en profiter avant que tout cela ne retombe, que la migraine n’arrive avec les souvenirs épars, et qu’elle se regarde dans le miroir en se faisant la leçon.

Une fois que la décision fut prise, Anton appela le fameux cavalier sans tête qui ne mit pas longtemps à apparaître dans la ruelle. Il s’agissait d’un carrosse dont le conducteur était, on l’aura compris, dépourvu de tête et vêtu d’un ensemble qui semblait à du cuir. Il portait un manteau ainsi qu’un fouet à la ceinture, servant à motiver les deux étalons noirs qui tiraient l’attelage. Shahren ne savait pas ce qui lui plaisait le plus : le fait que le fouet soit manifestement fait avec des vertèbres, que ces chevaux aient l’air mort avec leur aspect squelettique, les morceaux de chair manquants et leurs yeux rouges (qui n’étaient pas sans rappeler ceux de leur hôte de la soirée) ou que le véhicule soit d’un genre qu’elle n’avait jamais vu avant. Ils chargèrent leurs victimes avant de monter à leur tour, s’installant côte à côte sur les banquettes après avoir entassé leur nourriture sur le sol face à eux. D’ailleurs, Shahren se servit du sien pour étendre ses jambes, lui offrant une vue sous ce qu’il restait de sa robe. Mais elle s’en moquait, le seul homme dans l’habitacle qui avait le droit de la toucher avait déjà une main sur sa cuisse.

Pour Shahren, c’était une première et elle s’en émerveilla comme si elle avait sept ans et qu’on l’amenait dans un magasin de bonbons. Le carrosse volait, elle s’en rendit compte quand il démarra. Il se déplaçait à vitesse normale mais semblait être capable de traverser les murs et il n’attirait pas l’attention des gens, un phénomène qui étonna la scientifique.

Comment cela fonctionne-t-il exactement ? demanda-t-elle, à la fois curieuse et frustrée d’être incapable de l’expliquer avec ses propres connaissances. On dirait une espèce de fantôme…Je parie que c’est à votre sœur ?

A ses pieds, la sorcière ramenée par Anton gémissait en pleurant, son nez coulait en même temps que ses yeux, offrant un ensemble pas du tout attirant et plutôt agaçant pour Shahren qui ne supportait pas ce genre de bruits. Elle-même ne pleurait jamais, en étant sentimentalement incapable. Elle roula des yeux.

Ne pourriez-vous pas être un amour et lui arracher ses cordes vocales ? Qu’elle se taise, elle gâche l’ambiance. S’il va à vitesse normale on a encore un peu de temps avant d’arriver…

Visiblement, l’alcool (et la perspective d’un arrachage de cordes vocales) lui donnait une libido endiablée qui risquait de contrarier Abigaïl, s’ils se laissaient aller dans son beau carrosse…
 
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Message posté : Dim 2 Aoû 2015 - 21:54 Message
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Son petit doigt ? Non. Il ne voulait pas savoir qui ou quoi elle appelait comme ça. Parfois, il fallait savoir dire non aux connaissances. Savoir ce qu'il fallait mieux ne pas savoir en fait. Et sur ces torticolis intellectuels, Anton fit appel à ses pouvoirs pour invoquer le Dullahan. Le cocher sans tête appartenait à Abigaïl. Mais d'un côté, il avait le même héritage qu'elle. Il était aussi le descendant de la Duchesse du Crépuscule et donc avait autorité sur les spectres et les fées de la cour Unseelie.

Mais surtout, elle acceptait de la lui prêter. Surtout qu'Abigaïl ne l'utilisait plus que pour faire le trajet entre Gallows End et le Necropolitan. Toute la gestion de la Moisson lui demandait un temps fou et elle ne sortait quasiment plus. D'ailleurs, Anton regarda brièvement l'heure. Oui, aller au Necropolitan n'allait pas être une bonne idée. "En fait, je ne crois pas que nous irons au bar de ma soeur. Que diriez-vous plutôt de nous rendre à ma demeure ?"

Bien entendu, Shahren devait croire qu'il vivait dans les étages supérieurs de l'établissement d'Abigaïl. Mais ce n'était plus le cas depuis peu. Abigaïl avait fait rénover un manoir à l'extérieur de la ville. A leur qu'il était, ils n'y trouveraient que les serviteurs morts-vivants qu'elle y avait laissé et personne d'autre. La nécromancienne serait au Necropolitan en train de s'assurer que tout se passait à la perfection. Tandis qu'eux pourraient profiter d'un peu de calme et de la vaste cuisine du manoir. La bâtisse avait été construite pour abriter un grand nombre d'invités à l'époque. Les ustensiles présents seraient suffisamment grands pour qu'ils puissent cuisiner leurs deux plats. Et puis dans le pire des cas ils pourraient faire appel au cuisinier mort-vivant qui se trouvait là lui aussi.

Sans plus attendre, Anton invita la scientifique à monter dans le carrosse, lui tenant la porte et l'aidant à monter la marche comme si elle était une princesse. "Si vous permettez." Il en profita aussi pour avoir une vue imprenable sous sa robe. Mais il n'y avait là rien qu'il n'eut déjà aperçu. Mais c'était toujours plaisant. Puis avec l'aide du Dullahan, il plaça les deux individus au sol et prit place aux côtés de la scientifique. Quelques instants plus tard, un claquement de fouet retentissait et ils décollaient.

"C'est de la magie. Et oui, c'est un fantôme appartenant à ma soeur. L'un de ses serviteurs favoris. Il peut voler, passer au-travers de la matière et se fondre dans le ciel nocturne de manière à ce que personne ne puisse l'apercevoir tant que nous voyageons. C'est très utile, surtout que tous ceux qui se trouvent à l'intérieur peuvent profiter de ses capacités."

Bon, il ne parlait pas des inconvénients. Le Dullahan était incapable de franchir une barrière en fer et de la même façon, le sel pouvait le forcer à disparaître. Les faiblesses des fantômes. Cela ne changeait pas qu'une fois dans les cieux de Star City, avec les chevaux lancés au galop, c'était une vision magnifique. Il leur faudrait toutefois un peu de temps pour rejoindre Gallows End. Le manoir se trouvait en dehors de la ville, dans les bois.

"Nous avons un peu de temps oui. Gallows End est encore un peu loin. C'est au milieu des bois. Vous verrez, la vue est charmante. Impossible d'être déranger par qui que ce soit." En même temps il faudrait pour cela passer les mors-vivants enterrés dans le jardin. Abigaïl aimait les systèmes de sécurité un peu rustiques, mais efficaces. Anton se pencha sur la sorcière qui était allongée au sol. Sa main passa au-travers de sa peau et de ses muscles. Il effleura les cordes vocales du doigt et ces dernières se découpèrent. Voilà qui leur offrirait un peu de silence. Ce qui était presque étrange après le vacarme du Cirque.

 
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Message posté : Lun 3 Aoû 2015 - 18:27 Message
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Non, jamais… avoua-t-elle sans savoir si c’était ou non une tare.

Elle était née et avait grandis à Washington où elle avait subi l’invasion Terminus tandis qu’elle travaillait dans les locaux de la CIA. Ensuite, quand Devon avait simulé sa mort pour la soustraire à l’influence du gouvernement, ils avaient fait la route jusque Star City en voiture, ce afin d’éviter d’être trop facilement repérables, juste au cas où quelqu’un, à la CIA, aurait eu un doute. Ensuite, la scientifique n’avait plus bougé de ses locaux sur les docks ou très peu. Ce n’était que récemment, au fond, qu’elle avait commencé à explorer la ville autrement que par caméras interposées. Nombres de ses premières fois s’étaient d’ailleurs déroulées en compagnie d’Anton et celle de voler (mais pas pour le septième ciel, enfin pas tout de suite) en faisait partie. Un œil sur l’extérieur, Shahren trouvait cela absolument grisant, ne ressentant aucune peur grâce au dispositif cérébral dont elle s’était munie.

J’aime voler. Je me demande ce que ça ferait, sans le carrosse. Pas vous ?

Mais la question trouverait probablement une réponse un peu plus tard…

Elle descendit de ses genoux pour le laisser sortir et fut prise d’une certaine langueur. Ses yeux se fermaient tout seul mais elle s’obligea à ne pas céder à cet impératif biologique. Ils avaient un peu de cuisine à faire et elle devait encore gagner son pari, même si elle soupçonnait Anton d’être capable de tricher sur la préparation du plat exprès pour la faire perdre. C’était bien son genre…

Shahren finit par s’extirper du fiacre pour observer la bâtisse, négligeant de remettre sa robe correctement. Elle était imposante, mais bonne ignorante en architecture qu’elle était, la scientifique n’aurait pu dire à quel style elle appartenait exactement. L’endroit était plutôt lugubre, à l’image des deux jumeaux en réalité. Le manoir était posé sur le sommet d’une falaise et elle entendait le bruit de l’eau en contrebas. Absolument pas touchée par le charme romantique gothique du lieu, elle se fendit d’un :

Alors c’est ici que vous vivez ? Ça a l’air plus tranquille que votre bar… Est-ce mieux équipé ?

Une taquinerie, rapport à son goût pour les instruments rustiques qui avait induit Shahren en erreur.

Faites-moi visiter votre antre, que je jauge votre style en matière de décoration…

Elle voulait surtout voir son cabinet de travail et ses appartements privés, poussée qu’elle était par la curiosité…Le reste ne l’importait que peu.
 
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Message posté : Lun 3 Aoû 2015 - 20:26 Message
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Il descendit du carrosse et le vent nocturne l'accueillit comme une caresse. Quoique moins agréable que celles de Shahren. Devenait-il mièvre ? Non, c'était sûrement le romantisme gothique du lieu. Qui devait passer à des lieues au-dessus de la tête de Shahren par ailleurs. Après tout, elle n'avait jamais vu de films, de tableaux, elle en connaissait que son laboratoire. C'était à lui de lui faire apprécier tout ce que le monde a de lugubres. Il passa son bras autour de ses épaules, comme pour chasser la fraîcheur de la nuit. "Cela dépend en quoi... C'est un lieu de vie à la base. Mais j'ai un laboratoire. Sûrement mieux équipé que celui du Necropolitan. J'ai un ordinateur maintenant. Mais après, la demeure à d'autres avantages. Vous ne le voyez pas, mais il y a plusieurs morts qui sont en train de nous observer en ce moment même."
 
Le Dullahan chargea le sorcier sur son épaule, tandis qu'Irina faisait de même avec la victime d'Anton, toujours inconsciente. "Emmenez-les aux cuisines voulez-vous ? Et réveillez Alex. Je sais qu'elle ne va pas apprécier, surtout qu'Abigaïl l'a punie. Mais elle serait la plus apte à nous préparer tout ça."
 
Il se tourna ensuite vers Shahren et commença à l'entraîner vers la vaste demeure. "Alex est une rougarou. Une sorte de femme anthropophage. Ce n'est pas vraiment une mort-vivante, mais on s'approche de la limite. Elle a mordue la mauvaise personne, donc Abigaïl l'a punie. Elle est dans un cercueil depuis trois jours. Normalement je ne suis pas autorisé à la faire sortir, mais elle a commencé à s'entraîner auprès du cuisinier du Necropolitan. Elle sait préparer la viande humaine."
 
Un squelette vêtu en majordome leur ouvrit les portes. Puis il y eut des claquements de griffes sur le sol et deux chiens creux vinrent accueillir leur créateur. "Ah, voilà les frères de Jack. " Il caressa l'une des bêtes. "Comment va-t-il d'ailleurs ? Je ne confis pas mes créations à n'importe qui vous vous en doutez bien." Abigaïl les lui empruntaient. Mais à Shahren il lui avait offert le chien creux. Un moment il avait hésité à offrir les deux autres à quelqu'un d'autre. Mais finalement, il préférait les garder pour lui. Et cela donnait encore plus de valeur à Jack. Le seul chien creux au monde qui n'était pas dans le sillage de son créateur.
 
"Voilà la salle à manger !" La pièce était bien entendue vaste, avec une gigantesque table et de multiples chaises. Bien entendu, à cette heure de la nuit elle était complètement vide. Mais parfois, généralement une fois par semaine, Abigaïl se plaisait à jouer à la maîtresse de maison et à inviter du monde. En général ses lieutenant de la Moisson, Sally, Alex quand elle n'était pas punie... Si Shahren prenait goût à la viande humaine, elle pourrait venir un jour. Il la placerait entre la rougarou et le wendigo, ce serait magnifique, il n'en doutait pas. "Que diriez-vous de boire un verre dans le salon ?"
 
Il la mena dans une pièce plus petite, l'un des multiples salons. Il y avait une cheminée, des fauteuils confortables, des canapés, une petite table... Puis bien entendu, un bar. Quelques minutes après eux, Irina fit son entrée, ayant troqué son sweet ample pour une tenue de servante. Anton adressa un sourire coupable à Shahren. "Vous vous attendiez à quoi ? Peut-être voudriez-vous vous changer ? Je suis certain que je peux vous trouver des vêtements plus confortables. Ou alors vous voulez prendre un bain le temps que le dîner soit prêt ?"
 
Irina venait de poser une bouteille de vin rouge sur la table ainsi que deux verres. Cela faisait maintenant un petit moment qu'ils n'avaient pas bus. Quoique... Pas suffisant pour qu'ils aient complètement dessoulés c'était évident. "A moins que vous ne désireriez participer activement à la cuisine ? Je pourrais renvoyer Alex dans son cercueil et nous aurions la cuisine pour nous tous seuls." Il l'embrassa au même moment. Ah, il avait décidément du mal à se passer de cette femme. C'était à se demander s'il la laisserait quitter Gallows End.
 
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Message posté : Mar 4 Aoû 2015 - 19:37 Message
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Shahren fut très attentive à la suite, écoutant ce que lui expliquait Anton au sujet non seulement de la femme anthropophage (la mauvaise personne en question était-elle Renan ?) mais également sur la demeure, qu’il ne tarda pas à lui faire sommairement visiter. Un squelette, vêtu d’un costume, ouvrit la porte et la scientifique fut presque vexée de le voir se mouvoir sans le moindre muscle. Ah, la magie… Cette facilité. Presque immédiatement, deux chiens semblables à Jack (mais tout de même différents dans les détails) vinrent se frotter sur les jambes d’Anton.

Il se porte bien. Il ne me quitte pas, sauf quand vous êtes là. J’ai hâte de le montrer à mon cher cousin. Peut-être que ça l’inspirera pour se montrer plus aimable ? J’ai bien aimé recevoir ce cadeau, je me demande si c’est parce que cela venait de vous ou si c’est plutôt une appréciation générale.

En tous les cas, elle ne risquait pas d’avoir quoi que ce soit d’agréable venant de son cousin dans les prochains jours, que du contraire.

Dois-je y voir un honneur ?

Elle lui sourit, taquine, s’imaginant lui rendre la pareille en lui offrant également l’une de ses créations. Même si, objectivement, elle n’avait rien d’aussi adorable que Jack le chien et en matière de serviteur, il était déjà rôdé ! Peut-être devrait-elle tenter d’insuffler de la vie à l’ethereum, pour créer de petits golems ? Tout en réfléchissant à cette idée, elle suivit Anton dans le couloir menant à la salle à manger, qu’elle observa d’un œil vague, rien n’attisant son attention. Il l’emmena ensuite dans le salon, lui proposant un verre qu’elle accepta volontiers. Peut-être que ça l’aiderait à sortir de son état un peu comateux ? Il lui servit un liquide ambré tiré d’un bar, qu’elle voulut boire cul sec et avec lequel elle manqua de s’étouffer. Elle était en train de recracher ses poumons quand Irina fit son entrée en portant un plateau, une bouteille de vin et deux verres. Elle était toujours aussi morte, mais désormais habillée comme une servante qui n’avait pu se confectionner sa tenue qu’avec une fin de rouleau bon marché.

Je ne suis pas contre l’idée de changer de vêtements. Le sang commence à me gratter un peu, entre mes cuisses aussi d’ailleurs.

Elle allait développer son propos par le menu (ragoutant non ?) mais Anton ne put s’empêcher de l’embrasser à nouveau. Elle se laissa faire, y mettant même du sien, mais pour une fois, elle le repoussa un peu, se dégageant au mieux de son étreinte puisqu’elle s’était assise sur le canapé.

C’est l’idée de titiller l’un ou l’autre orifice tout en cuisinant qui vous met dans cet état ? Voyons, laissez-moi me changer et me rafraichir un peu au moins. Je me sens poisseuse.

Et pas qu’un peu.

Mais je refuse de vous laisser aller en cuisine sans moi, je suis certaine que vous en profiterez pour tricher et contaminer ma viande d’une manière ou d’une autre pour remporter notre pari, accusa-t-elle très sérieusement. Alors montrez-moi le chemin de la douche et laissez cette Alex s’occuper du repas…

Oui, de la douche et non du bain. Shahren n’en avait jamais pris un seul de toute sa vie, préférant la rapidité et le côté pratique de la douche. Elle n’avait pas des heures à perdre dans une baignoire ! Evidemment elle n’avait pas la moindre idée de ce qu’on pouvait y faire d’agréable et peut-être ne le découvrirait-elle pas de sitôt. Tout allait dépendre d’Anton et de sa capacité à la convaincre.

Et restez avec moi tout du long. Après tout c’est de votre faute si je suis dans cet état, la moindre des choses serait de m’aider à me laver.

Elle avait dit cela le plus naturellement du monde et elle suivit Anton dans les escaliers pour se rendre dans une pièce d’eau. Une fois à destination, elle enleva la robe qui lui servait plus d’accessoire que de réel vêtement et la laissa sur le sol. Quant à son sac, elle l’avait laissé dans le salon, avec les deux verres de vin, convaincue d’y revenir plus tard. Les marques qu’il avait réalisées sur son sternum étaient encore bien visibles et la piquèrent quand elle alluma l’eau de la vieille douche vers laquelle il l’avait menée. D’ailleurs elle n’avait rien avoir avec celle que possédait Shahren, le bac étant constitué d’une baignoire.

Il faut que je tienne mes cheveux pour ne pas trop les mouiller, si vous voulez bien vous donner la peine de m’aider avec le savon… Ce serait aimable.

Il fallait l’avouer, elle pensait surtout pragmatique en disant cela, ne se rendant pas vraiment compte du côté très tendancieux de ses mots. Douce inaptitude sociale…
 
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