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Miss Mégalo et Cadavre Gentleman

 
Message posté : Ven 24 Juil 2015 - 20:41 Message
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Anton s'avança dans l'entrepôt, lissant distraitement le col de sa chemise. Il observa un instant l'allure qu'il avait sur l'une des vitres du bâtiment. Cela faisait longtemps qu'il n'avait pas pris la peine de s'habiller correctement. Enfin, qu'il n'avait pas pris la peine d'habiller son propre corps correctement. Quand il était au Necropolitan il n'y voyait pas vraiment l'intérêt et quand il avait eu le corps d'Abigaïl... Cela avait été un véritable casse-tête. Comment réussir à afficher une certaine prestance sans trop de féminité ? Et le tout en évitant de passer pour une sorte de lesbienne garçon-manqué. Cela n'avait pas été simple. D'ailleurs il n'avait sûrement pas réussi à apparaître clairement menaçant. Il se demandait comme faisait sa soeur avec son mètre soixante dix et sa carrure de poids plume.

Oh il n'était pas une brute lui-même. Loin de là même, mais il était plutôt content de son apparence physique, en avait toujours été content. Cela faisait du bien de se sentir comme un gentleman à nouveau, de ne plus seulement prétendre l'être, mais de ressentir à nouveau ce qu'il était censé être. Il attendait calmement que Shahren le rejoigne. Il avait décidé de tenter un nouveau type d'expérimentation. Qui cette fois-ci ne devrait pas impliquer de monstres en tout cas. Bien entendu, Abigaïll refusait qu'il ne sorte seul, surtout pour aller aux docks récupérer la scientifique. Mais voilà, Anton avait envie d'aller au restaurant et pas en compagnie d'Abigaïl pour une fois. Non, il voulait voir comment réagirait Shahren, si elle était capable de se conduire correctement en société. Être un scientifique mégalomaniaque était une bonne chose, après tout il était bien placé pour le savoir. Mais qu'était Mr Hyde sans son docteur Jekyll ? Il fallait afficher au monde un visage amène, leur faire croire qu'ils n'étaient que des moutons.

Il n'était pas fou au point de venir sans protection. Il pouvait sentir la présence de l'un des esprits de sa soeur, un fantôme qui le suivrait toute la soirée. Elle avait aussi insisté pour qu'il prenne un golem avec lui. Seulement, Cancer n'était pas vraiment discret. Aussi avait-il opté pour Irina. Cette dernière était suffisamment élaborée pour pouvoir tenir tête à n'importe qui. Seulement, il ne voulait pas imposer la présence de l'infirmière à Shahren. Aussi dès qu'il avait posé le pied en dehors du carrosse hanté de sa soeur, sa créature avait marché plusieurs mètres derrière lui. Vêtue d'un jean et d'un sweet à la capuche rabattue, elle était difficilement reconnaissable et les gens ne feraient pas attention à elle.

L'idée de voir la jeune femme bien habillée au lieu de sa blouse ou des haillons avec lesquels elle était venue au Necropolitan et qu'il avait découpé avec ses ciseaux d'ailleurs, pourrait être une vision ravissante. Mais ce qu'il apprécierait le plus, ce serait sans aucun doute de la voir en dehors de son élément. Lorsqu'elle avait été attachée à sa table d'opération, elle n'avait montré aucune peur, mais ils n'avaient pas vraiment discuté dans des circonstances tout à fait normales. En fidèle homme de son époque, Anton sortit une montre à gousset de sa poche et regarda l'heure.

Il avait fait une réservation dans un restaurant. Après avoir fait part à la scientifique de son projet bien entendu. La convaincre n'avait clairement pas été une chose aisée. Mais de toute façon elle ne devait pas manger beaucoup de choses saines dans son repère. Lui non plus d'ailleurs au Necropolitan et sûrement qu'elle ne choisirait pas des mets très raffinés où qu'ils aillent. Le restaurant ne serait de toute façon trop huppé. Anton avait choisi intelligemment, le propriétaire était un client du Necropolitan. S'il y avait un accident il se révèlerait probablement conciliant. De toute façon il savait que le lieutenant de chair de la Moisson venait chez lui. Ce qui devrait leur offrir une certaine tranquillité.

S'ils n'arrivaient pas trop en retard. Pas qu'il soit nerveux en aucun cas. Mais il avait un besoin inhérent de contrôler tout ce qui allait se passer. Et il aurait aussi pu prendre un verre au Necropolitan. Le laboratoire de Shahren était désolant par son absence de breuvage plus fort que de l'eau. Alors voilà qu'il attendait, calmement, sachant très bien qu'elle le voyait, qu'elle savait qu'il était là. Et puis il n'attendait que depuis quelques minutes, lui-même étant en avance.

En fait, elle n'était pas du tout en retard. Si ce n'était dans l'esprit distordu d'Anton qui avait hâte de pouvoir plonger ses crocs dans son repas. Et bien d'autres choses évidemment, bien d'autres choses. Quoiqu'il en soit, ils devraient prendre un taxi ou le métro jusqu'au restaurant qui se trouvait en centre-ville, dans le quartier des théâtres.
 
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Message posté : Sam 25 Juil 2015 - 9:48 Message
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Plantée devant son miroir, Shahren se répétait pour la centième fois que cette idée était parfaitement ridicule et qu’elle n’aurait pas dû se laisser convaincre. Qu’est-ce qu’une sortie de ce genre pourrait bien lui apporter sur un plan scientifique ? Allait-elle trouver une réponse à ses travaux dans le fond de son assiette, en discutant de… Et de quoi, d’ailleurs ? Elle doutait qu’ils puissent parler boulot dans un lieu public, alors à quoi rimait cette invitation ? Anton avait essayé de lui expliquer mais les concepts évoqués lui étaient passés totalement au-dessus de la tête. Shahren n’était jamais sortie en tête à tête avec qui que ce soit et le vivait très bien. Elle ignorait même comment se comporter et ce qu’elle avait pu trouver sur le sujet l’avait consternée. Pourquoi s’encombrait-il avec cette perte de temps s’il voulait seulement retrousser sa blouse de scientifique ? Elle avait finalement abandonnée quand il avait argué que ce serait « une expérience » intéressante. Shahren n’aimait pas se retrouver dans le rôle du cobaye, mais au fond, quel mal pouvait-il y avoir là-dedans ? Peut-être qu’elle apprendrait de nouvelles choses qui lui serviraient.

Si elle n’avait pas eu ses puces, elle en serait au moins à sa troisième crise d’angoisse. Devant son miroir, elle se sentait juste vide, avec la certitude qu’il manquait quelque chose. Pas sur elle, non, même si elle avait dû choisir ses vêtements toute seule. Adam était encore parti quelque part, sûrement en mission. Il se rendait de plus en plus disponible pour SHADOW, abandonnant petit à petit sa Maîtresse qui aurait pu très mal le vivre si Anton n’était pas aussi présent. Shahren avait donc dû chercher elle-même une tenue adaptée pour la soirée, dans sa garde-robe qui n’était pas si imposante que cela. Elle finit par opter pour une robe rouge qui lui évoquait la couleur du sang sur les dalles blanches de son laboratoire. Elle lui arrivant à mi-cuisse et était bouffante. Quant au reste, elle ne possédait pas de bijoux mais sur l’image qu’elle avait sous les yeux, la fille en avait un qui lui descendait dans l’échancrure des seins et elle avait l’impression que, sans, l’effet serait moindre. Elle s’en fabriqua donc un en ethereum, avec ses initiales en guise de pendentif. Rien d’imposant, mais elle n’avait aucune autre meilleure idée. Elle choisit des escarpins noirs ont le talon lui éviterait de devoir se dévisser le cou pour regarder Anton, plus grand qu’elle d’une dizaine de centimètres. Heureusement, elle savait marcher avec, ce qui lui éviterait d’avoir l’air ridicule.

Après s’être maquillée un peu, avoir renoncé à mettre de la poudre et tout le reste puisqu’elle n’arrivait pas au même résultat que quand Adam s’en occupait, elle se contenta d’un peu de rouge, d’un trait sous les yeux et d’un peu de mascara. Elle mettait la touche finale quand son système l’informa d’une intrusion. Elle jeta un œil et vit Anton sur l’écran. Elle consulta l’heure, constata qu’il était en avance et choisit d’attendre, principalement parce que la sensation de vide dans sa poitrine la perturbait énormément. Ce soir-là plus que jamais, elle avait conscience du pouvoir de ses puces inhibitrices et ne savait si elle devait s’en réjouir ou, au contraire, le regretter.

C’est une mauvaise idée, songeait-elle, faisant pour la énième fois le tour du laboratoire. Pourquoi Adam n’était-il pas là pour lui expliquer comment tout ça se passait ? Ah oui, parce qu’il ne supportait pas Anton… Elle fut tentée d’appeler Devon, son « père » adoptif, celui qui lui avait donné son nom de famille, mais elle se voyait mal lui parler de ce genre de choses à lui alors que même son cousin ignorait tout de sa…relation ? avec Anton Faust.

Elle inspira finalement, sachant pertinemment que ce n’était pas la peur qui la maintenait loin de la porte mais une sorte de lâcheté. Elle prit un petit sac à main assortis à sa robe où se trouvait son portable en cas d’urgence, sa carte d’identité au nom de Shahren Matvieiv et sa carte de banque reliée à son compte à SHADOW. Suite à ses recherches, elle avait appris qu’elle ne devrait normalement pas en avoir besoin mais Anton avait-il fait quoi que ce soit de normal depuis leur première rencontre ? Elle était loin de toutes ces conneries sociales, elle n’en comprenait pas les trois quart.

Shahren sortit donc pour rejoindre Anton, essayant de ne pas avoir l’air aussi perdue et mal à l’aise qu’elle l’était en réalité. La porte secrète s’ouvrit sur elle et avant toute autre chose, elle activa le protocole de sécurité en vigueur pour les moments où elle n’était pas présente. Puis elle se tourna vers Anton, qu’elle trouva vêtu très élégamment. Ces habits lui allaient bien, même si elle le trouvait plus beau en monstre ou avec une blouse blanche.

Le noir, c’est pour cacher les traces de sang ? demanda-t-elle en souriant. On devrait avoir des blouses noires, en fait…

La couleur lui allait bien, tranchant avec son teint pâle et ses cheveux blonds clairs. Le contraste sur Shahren, du rouge avec sa peau quasiment transparente, en était presque vulgaire. Les mains dans le dos, serrant son sac, elle coula un regard vers Irina.

Si j’avais su que c’était un rendez-vous à plusieurs, j’aurais amené Adam.

Même si, au fond, elle savait que le M. X. était dans le coin, qu’il garderait un œil sur elle parce qu’il ne pourrait pas s’en empêcher. C’était rassurant, mais elle aurait aimé avoir le contact familier de sa main d’ethereum dans la sienne, principalement parce qu’elle ne savait pas quoi faire de ses membres ans l’absolu.

L’ordinateur ne m’a pas signalé de véhicule, comment êtes-vous venu ? Si elle savait… Je peux sortir ma bentley du garage, j’ai le permis. Enfin, je ne l’ai jamais passé mais j’ai le morceau de papier qui m’autorise à conduire, alors on peut considérer que je l’ai non ?

Mais elle était un danger public sur la route, ce dont Anton se rendrait vite compte s’ils optaient pour cette solution de transport.
 
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Message posté : Sam 25 Juil 2015 - 12:44 Message
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Anton posa son regard sur Shahren dès qu'elle fut visible, un léger sourire apparaissant sur ses lèvres. Un sourire de prédateur, de carnassier, mais pas pour autant dénué de charme. Quoiqu'il en soit, il était heureux de constater qu'elle n'avait pas pris son invitation à dîner à la légère. La connaissant, il avait eu peur qu'elle ne se mette en tête que ce n'était que futilité, que ce n'était rien d'important, seulement une de ses lubies. Si elle savait qu'il cherchait à savoir s'il y avait un tant soit peu de classe en elle, suffisamment pour qu'il puisse la présenter non pas seulement comme une collègue, mais peut-être comme un peu plus. Parce que contrairement à la scientifique, le nécromancien ne comptait pas passer toute sa vie dans les profondeurs d'un laboratoire.

Il avait envie de dévorer la vie. Et pourquoi pas de la dévorer elle tant qu'il y était. Il lui fit un baisemain. Sûrement qu'elle n'y serait pas habituée, mais il venait d'une autre époque. Ses quelques semaines de vie en tant que citoyen du vingt et unième siècle n'avaient pas encore chassé toute son éducation. "Vous êtes ravissante. Et non, le noir est juste une couleur élégante et imposante. Elle attire l'oeil aussi, les couleurs sombres ont cet effet là. Mais je dois admettre que face au rouge de votre robe, je ne doute pas que serez au coeur de toutes les attentions." Il ne savait  pas encore s'il pouvait considérer cela comme une bonne chose. Elle était à lui. Même s'il ne lui dirait pas en face car il savait qu'elle risquait de protester. Il ne comptait pas perdre tant de temps dans cette femme pour se la voir dérober par un malotru. Quoiqu'il n'était pas certain que quiconque s'intéresse longtemps à elle mis à part lui si elle parlait incessamment de sang. "Je suis certain que votre robe est plus apte à être tachée de sang que mon costume."

"Irina ne se joindra pas à nous pour le dîner. Elle n'est là qu'en guise de protectrice, si la situation venait à dégénérer. Être à l'extérieur à un coût. Nous devons s'assurer que nous survivrons une rencontre avec un criminel, ou pire, un vigilant ou un Légionnaire." Enfin lui survivrait forcément, Shahren par contre, c'était une autre histoire. "Elle n'interviendra qu'en cas de besoin, ne vous inquiétez pas vous serez le centre de mon attention."

Il lui offrit son bras, ne sachant pas trop si elle comprendrait l'invitation d'ailleurs. Il faudrait qu'il demande à Abigaïl s'il n'y avait pas quelques films qu'elle pourrait lui conseiller pour que Shahren en apprenne un peu plus sur le monde extérieur. C'était incroyable, elle semblait plus étrangère au monde alors qu'il avait été un fantôme pendant deux siècles. Quoiqu'il en soit, il l'entraîna en dehors de l'entrepôt dans les rues des docks. Le fantôme, invisible les suivait et plus loin, Irina, tête baissée, capuche rabattue. Il avait pris le chemin le plus court pour rejoindre les artères principales de la ville et trouver un taxi.

"Je ne suis pas venu en voiture non. En carrosse. Que j'ai emprunté à ma soeur. Malheureusement un tel véhicule n'est pas des plus discrets lorsque l'on s'aventure dans les zones les plus animées de Star City. Surtout quand le cocher n'a pas de tête." Il lui lança un regard, voulant voir sa réaction. "Les spectres qu'invoque ma soeur sont encore plus éloigné des règles du vivant que nos créations. Ils sont constitués d'énergie magique pure, mais sont toutefois capable d'être tangibles. Bien entendu il y a quelques inconvénients, ce pourquoi je trouve des êtres tels que Cancer largement supérieurs."

Car le golem ne craignait rien. Il pouvait franchir une ligne de sel et le fer ne le forçait pas à se dissoudre. Alors que pour le Dullahan, le barghest ou d'autres créatures invoquées par Abigaïl... C'était une toute autre histoire malheureusement. Il héla un taxi, qui fut sûrement surpris de trouver des gens aussi bien habillés dans un endroit comme les docks. En bon gentleman, Anton ouvrit la portière à Shahren et prit place à l'arrière du véhicule à ses côtés par la suite. "A l'affamé" Lâcha-t-il dans un français approximatif en donnant la carte du restaurant où figurait l'adresse.

L'endroit était géré par un individu pour le moins étrange... Toad. Un cuisinier de diner qu'Anton avait tué lui-même quelques mois plus tôt. Quoique non, c'était le garde du corps d'Anna Leblanc qui l'avait abattu. Quoiqu'il en soit, Abigaïl avait dû ressentir des remords car elle l'avait réanimé tout comme elle avait réanimé Sally. Un revenant, indépendant de sa volonté, mais stable. Il avait ouvert son propre restaurant avec une avance d'Abigaïl. Et cela fonctionnait plutôt bien. On aurait dit que mourir avait eu un effet bénéfique sur sa cuisine. A moins que cela ne soit le fait qu'il possédait enfin des ingrédients de qualité et le fantôme d'un chef cuisinier réanimé par Abigaïl. Le zombie et le spectre ne s'entendaient pas, mais ils faisaient du bon travail tous les deux.

Surtout, ils savaient qui était Anton et ce dont était capable sa soeur : les renvoyer tous deux dans la tombe. "L'endroit est charmant. Je suis certain que vous allez apprécier la nourriture. Je suppose que c'est Adam qui cuisine pour vous en temps normal ? J'espère que vous avez une bonne alimentation." Riche en viande surtout. Quoi de meilleur ? Le taxi finit par ralentir et Anton paya la course. En cash. Il n'avait pas encore de véritable identité, seulement de l'argent liquide donc. Mais largement de quoi se permettre un tel repas. Normalement c'était l'amant d'Abigaïl qui donnerait à Anton son identité. Un frère venu rejoindre sa soeur après que cette dernière eut développé son propre commerce aux Etats-Unis. Pratique, non ?

Une fois arrivée à l'intérieur, une serveuse les emmena jusqu'à une table pour deux. Derrière la vitre, qui leur permettait d'observer les passants s'ils le désiraient. Le restaurant était intéressant, mais loin d'être magnifique. Il était très rouge d'ailleurs. "Vous comprenez l'objectif de cette expérience, non ?" Lança-t-il en attendant que la serveuse revienne avec les menus.
 
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Message posté : Sam 25 Juil 2015 - 15:40 Message
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Shahren murmura un « merci » devant le compliment, mais fut ravie de ne pas s’y attarder puisqu’elle ignorait ce qu’elle était supposée répondre ou même faire. Le même problème se présenta lorsqu’il déposa un baiser sur sa main. Elle fronça mais heureusement pour lui, elle avait déjà vu quelqu’un d’autre agir de cette manière en la personne de Raphaël et savait que c’était une manière assez vieillotte de saluer une femme. Ce qui pouvait se comprendre venant d’Anton, puisqu’il était assez âgé en réalité, selon son propre aveu. Plusieurs siècles… Shahren s’était demandé ce que ce serait, de vivre aussi longtemps, mais n’était pas certaine que cela lui convienne. Elle verrait bien si elle tombait malade un jour ou qu’elle sentait la fin venir.

Mh, je vois… Même si compte tenu du fait que ni la Légion ni l’UNISON ne connaissent nos visages, nous devrions être tranquilles de ce côté-là.

Contrariante ? Oui, un peu. Mais elle voulait bien admettre pour les criminels. Être agressé pouvait arriver à n’importe qui, surtout qu’a priori, les deux scientifiques n’avaient pas l’air dangereux. Shahren avait une barre d’ethereum dans son sac au cas où elle aurait eu besoin de se modeler une arme et elle se doutait qu’Adam veillait dans les environs, mais elle devrait s’en contenter et faire confiance à Anton pour le reste. Confiance… Quel mot étrange.

Un carrosse avec un cocher sans tête ? releva-t-elle en haussant un sourcil, sans comprendre dans un premier temps pourquoi il tenait son bras dans cette position. S’ils n’avaient pas croisé deux filles, plus loin, qui se tenaient de la même manière, elle n’aurait probablement jamais compris. Voilà qui a le mérite d’être original. Mais j’ai l’impression que votre sœur est une femme avec des goûts spéciaux. Ce qui n’était pas une critique, Shahren elle-même n’était pas dans la moyenne sur ce plan là. Vous me le montrerez, un jour ?

Elle était assez curieuse, peut-être même y ferait-elle un tour ? Mais il avait raison, pour sortir en ville, cela manquait de discrétion. Cela au moins, Shahren le savait si bien qu’ils optèrent finalement pour un taxi. La scientifique n’aimait pas l’idée qu’un inconnu conduise sans qu’elle ait le pouvoir de l’arrêter si besoin était mais elle décida de prendre sur elle, tout en gardant le chauffeur à l’œil, juste au cas où.

A l’affamé ? Ce n’est pas prometteur pour un nom de restaurant…

Son cousin étant français d’origine, Shahren connaissait un peu cette langue. Elle avait commencé à l’apprendre quand il lui restait quelques parcelles de naïveté.
Le trajet ne fut pas très long. Anton lui ouvrit à nouveau la portière, un geste auquel elle était habituée avec Adam et peut-être l’une des seules choses qui ne la perturbait pas dans toute cette soirée. Ils arrivèrent devant l’établissement et cette fois, quand Anton lui tendit le bras, elle comprit immédiatement et s’en saisit. Elle apprenait vite…

Charmant ? Elle observa la façade. Elle n’avait pas d’assez bonnes notions pour juger du lieu, aussi y échappa-t-elle en lui répondant. Oui, enfin, cuisiner c’est un grand mot. Disons qu’on mange pour subvenir à nos besoins mais je n’ai jamais pris de réel plaisir à déguster quelque chose, c’est une perte de temps.

Ce qui en disait long sur la soirée à venir. Elle espérait qu’ils n’allaient pas rester quatre heures autour de plats étranges. Shahren était la reine de la malbouffe mais comme elle mangeait souvent un jour sur deux voir sur trois, quand elle y pensait, elle paraissait presque anorexique. Un style de vie pas très sain, somme toute.

Ils s’installèrent à une table pour deux. Il alla jusqu’à lui tirer sa chaise, la laissant perplexe devant cette coutume.

Vous voulez la vérité ? Pas vraiment. Enfin, j’ai compris que vous cherchiez une expérience sociabilisante avec moi mais je ne comprends pas pour quelle raison vous en éprouvez le besoin. Notre parfaite entente sur un plan scientifique, intellectuel et physique n’a pas l’air de suffire, ce qui est un peu décevant puisque je considère que c’est une perte de temps dans l’avancement de nos projets, mais je me trompe peut-être… Après tout, je ne suis jamais sortie auparavant. Enfin, au Cirque des Damnés, mais je veux dire, je n’ai jamais été au restaurant avec quelqu’un ni quoi que ce soit de ce genre, je ne connais pas les règles en vigueur, je me sens étrangère à tout ça.

C’était peut-être compliqué à comprendre pour quelqu’un qui avait eu le temps de se sociabiliser mais ça n’avait jamais été le cas de Shahren. D’ailleurs elle en était psychologiquement incapable puisque sociopathe, mais cela, Anton n’avait pas l’air de le comprendre. Bah, elle pouvait bien jouer le jeu tant que ça ne devenait pas une habitude. Elle trouverait quelque chose pour qu’il lui rendre la pareille.

Je ne sais pas ce que je dois choisir sur la carte, je ne suis même pas certaine de connaître un seul de ces plats, je ne sais pas quelle boisson va avec quoi, ça m’a toujours semblé futile. Je ne sais même pas de quoi on va discuter puisqu’il faut être discret dans un lieu public et que je nous vois mal parler de golems de chair et d’abomination.

Elle avait l’air de bouder un petit peu mais c’était surtout parce qu’en bonne maniaque du contrôle, elle avait du mal à ne pas savoir toutes ces choses.

Mais bon, vous le saviez déjà et vous y avez tenu, alors j’imagine que vous avez une idée derrière la tête.

Shahren baissa les yeux sur le menu et, comme elle s’y attendait, n’avait aucune idée de ce qui était mangeable ou de ce qu’elle apprécierait. Le plus souvent quand elle mangeait de la viande, elle ne prenait même pas garde à l’animal, c’était « le machin avec la sauce brune » ou la pizza, l’asiatique, ce qui se commandait rapidement. Adam faisait tout pour elle, allant même jusqu’à l’habiller. C’était presque miraculeux qu’elle n’ait oublié aucun vêtement dans l’entreprise et qu’elle ait tout mis dans le bon ordre. Oui, c’était à ce point, mais son esprit était concentré sur des choses bien plus importantes…
 
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Message posté : Sam 25 Juil 2015 - 17:04 Message
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Elle avait raison sur le fait que les super-héros et les agents gouvernementaux ne connaissaient pas leurs visages. Pour le moment. Ce qu'il savait lui, c'est que Shahren pourrait se révéler être une bombe à retardement une fois en publique. Il ne savait pas si elle serait véritablement capable de se comporter correctement, si elle n'allait pas commettre une multitude d'erreurs et les emmener dans une situation pour le moins inconfortable. Une situation où ils auraient besoin de révéler leurs véritables visages et par conséquent, risquaient bien d'avoir de mauvaises surprises.

Bien entendu, cela elle n'était pas prête à lui dire. Elle comprenait qu'elle n'était pas faite pour le monde extérieur, pour le moment. Mais à quel point la discrétion était importante ? Anton ne savait pas si elle le comprenait parfaitement et c'était un risque qu'il ne pouvait prendre pour un partenariat régulier.

"Abigaïl  a des goûts bien à elle, oui. Comme tous les membres de notre famille. Elle a d'ailleurs grandement apprécié votre cadeau de la dernière fois. Qui sait peut-être que vous pourriez un jour vous entendre toutes les deux."

Il exagérait. La nécromancienne avait certes accepté la femme marquée du message de Shahren, mais de là à ce qu'elle éprouve de la gratitude ou daigne s'intéresser à elle... C'était une autre histoire. Elle avait plutôt été impressionnée par ce qu'ils avaient réalisé sur Cancer. Bien entendu le monstre était toujours colossal, mais maintenant il était beaucoup plus létal et résistant. Seulement, comme il s'y attendait, Abigaïl avait pointé le principal défaut de leur création : Anton perdait du contrôle sur ses monstres. Ces derniers se retrouvaient mêlés à l'éthéréum ce qui donnait à Shahren une certaine emprise. L'idée d'avoir une scientifique dénuée de tout pouvoir mystique influant sur la force armée de la Moisson ne plaisait pas vraiment à Abigaïl. Heureusement Anton l'avait rassurée, en lui parlant de Shahren et de ce qu'elle pourrait leur apporter. Mais cela n'avait été qu'une seule bataille de gagnée pour lui.

L'Affamé n'avait pas le meilleur nom pour un restaurant, peut-être. Anton appréciait le jeu de mot, comme sa soeur d'ailleurs. Car le restaurant venait rejoindre un petit groupe d'établissements qui appartenaient à la Moisson ou y étaient liés. D'ailleurs il y avait des chances qu'Anton devienne manager ici. Il ne pouvait pas décemment se permettre d'exercer en tant que médecin. Pas alors que ses techniques dataient de deux siècles, tout comme ses connaissances. Bien entendu, il pouvait opérer en des temps records grâce à sa sarkomancie... Mais il doutait que ce soit ce qui soit attendu de lui à cette époque. S'il devait opérer des gens, cela seraient sûrement des criminels. En attendant, Abigaïl l'utiliserait sûrement pour administrer certaines structures. Bizarrement, elle n'avait pas évoqué le bordel qu'elle voulait créer, the Night of the Loving Dead, dans leur discussion.

"Le fast food... Un fléau et un délice d'où je viens. Vous n'avez pas idée de la chance que vous avez vis à vis de la nourriture. Vous vous plaignez des conservateurs et des colorants, mais honnêtement, j'ai trouvé cela remarquable. Au moins vous n'avez plus à passer des heures dans la cuisine où à faire extrêmement attention à la façon dont vous conservez vos aliments. Vous auriez des surprises si vous saviez à quel point quelque chose peut pourrir."

Surtout dans la demeure d'un nécromancien.

"Mais aujourd'hui, je vais vous montrer quelque chose de différent. Le fast food manque un peu de raffinement. Je ne critique pas l'ensemble du goût, mais vous êtes incapables de saisir la subtilité de chaque ingrédient. Le tout forme une masse graisseuse. Appétissante, car le corps réclame du gras du sucre et du sel. Mais nous allons un peu stimuler votre palais."

La carte n'était pas exceptionnelle bien entendu. Mais Anton se doutait bien qu'un rien pourrait changer les choses. Et puis le chef local était français. Enfin, celui qui était mort. Tead était tout ce qui se faisait de plus américain et responsable de certains des plats les moins raffinés. Anton avait apprécié la cuisine française à une époque. Quand il était vivant. Même si les rapports avec la France n'avaient pas été des plus amicaux en l'époque.

"Je suis donc le premier homme à vous inviter au restaurant." Il posa le menu un instant pour lui sourire."Ce type de rapprochement social vous dépasse, je le comprends bien. Vous n'avez pas envie de créer de lien social avec qui que ce soit et je ne vous le demande pas. Mais je sais que les idées se présentent sous les formes les plus incongrues et que pour les provoquer, il faut savoir sortir de sa zone de confort. Votre laboratoire donc. Et nous pourrons discuter d'autres choses des golems oui. Quoique même si nous en parlions, je doute que qui que ce soit ne se pose de questions. Il y a tant de gens étranges à Star City."

Il parcourut le menu du regard. Il avait envie de viande, mais il devait réfléchir aussi à ce qu'il allait choisir pour Shahren. "Le mot d'ordre principal est à mon sens de se faire plaisir, de satisfaire vos appétits et vos pulsions. Mais si vous ne savez pas quoi prendre, laissez-moi le soin de vous guider, d'accord ? Vous me remercierez plus tard, j'en suis certain." Il avait l'impression de sortir une fille des quartiers pauvres de Londres pour tenter de la faire entrer dans la haute société, ou bien simplement dans son lit. Oui, cela il l'avait déjà fait.

"Ce qui est important, c'est d'apprécier tout ce que la vie a à nous offrir. Voyez-là comme une pomme gigantesque. Il faut en prendre la plus grande bouchée, pas juste se cacher dans le trognon avec les autres vers." L'image n'était pas plaisante, mais n'était-ce pas ce qu'ils étaient ? Des parias qui dévoraient la pomme de l'intérieur. Non, Anton en voulait aussi l'extérieur rouge et luisant. "Afficher un visage humain est aussi un exercice très enrichissant. Il vous donne un point de vue fantastique sur nos futurs cobayes et sur les façons dont nous pouvons les utiliser, les améliorer." La serveuse arriva et Anton se fendit d'un sourire affable. Elle semblait nerveuse. Peut-être savait-il à qui il avait affaire.

"Nous allons ouvrir avec un verre de rosé pour la dame et une pression pour moi. Et par pitié, pas de la pisse américaine. Pour ce qui est de l'entrée..." Il observa un instant Shahren. Elle avait besoin d'un peu de chair sur les os. "L'assiette de foie gras et le carpaccio de boeuf. Pour le plat principal, le magret de canard au miel pour elle, je me contenterais du tartare de boeuf. Une bouteille de vin rouge pendant le repas." Il n'avait commandé que de la viande crue, les vieilles habitudes étaient difficiles à chasser.

"Bien monsieur." Lâcha-t-elle avec un sourire avant de s'éclipser avec les menus. "J'espère ne pas mettre trop à mal votre désir de domination, mais je sens que vous n'êtes pas sur votre terrain. Vous verrez, vous ne regretterez pas." Il avait supervisé la création de la carte au Necropolitan en compagnie d'Abigaïl.

Dehors, dans une ruelle adjacente, une jeune femme blonde montait la garde. Irina était adossé au mur, les yeux baissés, veillant à ce que personne avec des intentions néfastes ne s'approchent du couple qui dînait tranquillement.

"Maintenant, parlez-moi un peu de vous. Vous avez déjà beaucoup de choses sur ma personne. Mais je dois dire que j'en ignore beaucoup sur vous. Mis à part que vous êtes la cousine de ce... Renan. Et que vous avez des puces dans votre cerveau qui vous permettent de gérer votre angoisse. Que ce serait-il passé sans elles ? Quelque chose me dit que nous ne serions pas arrivés si loin. C'est curieux, est-ce que vous vous considérez toujours comme la Shahren originelle avec ces choses là dans votre cerveau, ou bien comme une toute autre personne ? Les limites de l'identité sont parfois bien floues, j'en ai moi-même fait l'expérience lorsque j'étais mort."
 
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Message posté : Dim 26 Juil 2015 - 13:11 Message
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Shahren ne s’était jamais plainte des conservateurs et n’avait jamais porté un grand intérêt à ce qu’il y avait dans son assiette. En bon mercenaire, Adam prenait rarement le temps de faire la cuisine mais connaissait tous les bons take-over de la ville, aussi mangeait-elle parfois asiatique, parfois indien, parfois italien, mais souvent sans même connaître le nom des plats. Elle dédiait ce type de tâche au cyborg pour ne pas encombrer son cerveau avec des considérations inutiles. Elle était une généticienne et une nano roboticienne qui n’avait jamais eu d’intérêt à se préoccuper d’autre chose. Pourtant, Anton insistait et elle se contentait de l’écouter parler en jouant avec sa fourchette, l’air absorbé, avant de relever la tête.

Oui. En même temps, qui d’autre aurait pu ? Mes contacts masculins sur le long terme se sont toujours résumés à Adam, Devon et Renan. Le premier a été créé par moi et comme je n’ai jamais saisi l’intérêt d’un lien social quelconque, n’avait aucune raison d’agir de cette façon. Le second fait office de père d’adoption, il m’a appris quelques éléments sociaux mais il travaille autant que moi alors on n’a jamais vraiment l’occasion et quand bien même, je pense qu’il trouverait ça aussi futile que moi. Quant à Renan, dois-je vous faire un dessin ? Mon cousin me déteste parce qu’il se sent mis en danger par mon intelligence.

C’était du moins ainsi que Shahren voyait les choses. Si Renan la haïssait à ce point, c’était uniquement parce qu’elle représentait un danger à ses yeux. Pas tant pour SHADOW que pour sa position. A eux deux, ils auraient pu faire tellement de choses, mais leur caractère se ressemblait trop pour qu’ils puissent s’associer. Avec Anton, c’était différent. Le même génie mais surtout, le même genre de folie qui les poussait à se comprendre mieux que personne n’avait jamais pu le faire jusqu’ici. Shahren n’était pas une femme bizarre avec lui, ni une « tarée » comme on l’appelait souvent. Elle avait de la valeur et n’avait jamais eu conscience que cela lui tenait à cœur.

Je suis sortie de ma zone de confort, protesta-t-elle.

Quelques semaines auparavant, il n’aurait pas pu la faire sortir de son laboratoire et probablement, ne se seraient jamais rencontrés. Au fond, il n’avait pas tort. En sortant, en expérimentant de nouvelles choses, elle avait rencontré un partenaire scientifique (entre autre) plus que satisfaisant. Leurs chemins ne se seraient pas croisés autrement et quand bien même, la panique l’aurait condamnée à mort. Tandis que la… Ils dînaient au restaurant après avoir passé deux soirées ensemble à créer des monstres.

Si vous le dites… Je suis prête à essayer, dans l’intérêt de la science, mais j’espère que vous êtes patient parce que je n’y connais absolument rien et que ça risque rapidement de m’ennuyer.

Il avait voulu la sortir ? A lui d’assumer et de faire en sorte qu’elle ait envie de retenter l’expérience, non ? C’était peut-être un peu présomptueux de sa part mais puisqu’elle avait déjà fait l’effort de venir jusqu’ici, elle trouvait que c’était la moindre des choses.

Sur ce, la serveuse arriva et Anton commanda toute une série de plats. Si elle reconnaissait le nom des animaux, elle ignorait à quoi ils ressembleraient préparés de cette étrange façon. Du miel, avec de la viande, vraiment ? Avait-elle déjà mangé du canard ? Elle n’en avait pas souvenir et se maudit intérieurement de ne pas avoir prêté plus d’attention que cela à ces futilités.

Oh, non, ce n’est que de la nourriture après tout. C’est Adam qui a toujours commandé pour moi, je me faisais justement la réflexion que j’avais toujours mangé sans savoir ce dont il s’agissait exactement. Si ça se trouve, j’ai déjà goûté ces plats et je l’ignore. Je suis distraite sur les futilités, c’est presque aberrant.

Presque, parce qu’elle préférait se concentrer sur ce qui avait de l’importance. La serveuse s’en alla pendant qu’elle finissait sa phrase et Anton enchaina en lui posant des questions personnelles. Même s’ils avaient atteint un certain degré d’intimité, Shahren devait se montrer prudente à ne rien révéler au sujet de SHADOW… Ce qui était un peu compliqué puisque depuis son adolescence, elle y travaillait. Heureusement, il s’interrogeait sur des questions d’identité. Reposant finalement sa fourchette, essayant de garder ses mains inactives (mais sans grand succès puisqu’elle fit tourner le couteau sur la table) elle haussa les épaules.

Sans mes puces, je ne serais jamais venue jusqu’au Necropolitan puisqu’entre autre, je suis agoraphobe et paranoïaque. La foule m’angoisse, ainsi que les grands espaces, je n’y ai pas assez de contrôle et j’envisage toujours les pires scénarios possibles. Sans mes puces, je n’aurais pas pu m’installer dos à la porte par exemple alors que là, je m’en moque.

Ce qui la rendait imprudente, la preuve avec ce qui était arrivé au Necropolitan. Mais cela, elle n’en avait pas véritablement conscience et elle ne s’imaginait plus vivre sans ses puces de toute manière.

Sans mes puces, je n’aurais pas pu apprécier votre contact et vos caresses, parce que j’aurais été trop occupée à paniquer. Je n’ai jamais supporté qu’on me touche, Adam était l’exception, parce que le contact de l’ethereum m’apaise. Ceci dit votre intelligence vous donnait déjà un avantage. Puis vous aviez cette étincelle dans le regard, ça m’a plu. Alors peut-être que j’aurais fini par me calmer, qui sait ? Mais vous m’auriez tout aussi sûrement tuée avant.

Elle ne lui en voulait pas pour cela et n’en concevait aucune rancune. Après tout, s’il n’avait pas été tel qu’il était, elle l’aurait tué aussi pour l’avoir touchée.

Je suis la même, j’estime que je ne me définis pas par mes phobies. Elle semblait un peu vexée. Même intelligence, même efficacité, c’est tout ce qui importe. Le seul changement c’est que je peux désormais sortir, j’ai eu quelques expériences sociales. D’abord parce que Renan ne croyait pas que mes puces fonctionnaient… Il doute toujours de tout ce qui vient de moi de toute manière, il est agaçant. Ensuite pour l’une ou l’autre chose, j’ai même été à une soirée de charité donnée en l’honneur d’un charlatan, soi-disant neurobiologiste. Laissez-moi rire, il a dix ans de retard sur moi. Elle secoua la tête, consternée. Ce qui m’a permis de constater que l’on récompensait la médiocrité et la profonde stupidité. J’ai essayé de boire de l’alcool, j’ai été malade le lendemain. Je n’avais jamais eu une migraine pareille… J’ai essayé de danser parce que Renan m’a mise au défi et j’ai failli me faire agresser par un loup-garou alpha. Je ne sais pas pourquoi tout le monde a envie de me baiser, enfin, tout le monde, on se comprend. Comme si c’était tout ce que j’avais d’intéressant ! Elle avait véritablement l’air énervée par ce fait. Puis plus récemment, j’ai voulu rencontrer l’amante de mon cousin et j’ai fini dans la cave d’un psychopathe. Elle sourit, calmée. La seule expérience positive de mes excursions extérieures, je dois dire. J’ai l’impression que c’est ironique, non ?

Mais elle s’en contentait très bien.

Je ne sais pas trop ce que je peux dire d’autre sur moi qui ne concerne pas directement mes recherches. A dix ans j’ai été embarquée dans un programme secret de la CIA. Ma mère m’a plus ou moins vendue sans regrets mais je ne lui en veux pas, en fait je m’en moque. Elle était idiote, une inférieure, une femme banale. Puis j’ai rencontré Devon, mon père adoptif, qui m’a donné mon nom de famille et m’a tirée de la pour le compte de ses… Employeurs. Ils me donnent de l’argent pour que je mène mes recherches à bien et se moquent des méthodes que j’emploie, ce qui est un gros avantage quand on est une psychopathe dénuée de compassion. Je dois juste être discrète mais vous l’avez constaté vous-même, mon laboratoire est bien caché, bien équipé, je suis efficace… Enfin un peu moins quand vous êtes là. Avec ses appétits dévorants… D’ailleurs quand vous parlez des limites de l’identité, je suppose que vous évoquiez votre aventure en tant que Dévoreur, c’est cela ? C’est tout de même fascinant de se dire que vous étiez mort et pourtant, vous êtes là, dans un corps tout neuf qui a pourtant l’air d’avoir une trentaine d’année, comme moi, créé par magie. Je suis jalouse… Mais ça me permet de savoir ce qu’est la mort. Comment ça s’est passé ? Vous vous souvenez de l’endroit où vous étiez ? J’ai longtemps cru que mourir nous détruisait mais visiblement on peut conserver nos capacités mentales, c’est rassurant. Je détesterais perdre mon intelligence.

Vraiment beaucoup.
Shahren avait parlé longtemps et la serveuse était revenue avec les boissons et les entrées. Elle contempla le verre d’alcool d’un air un peu soupçonneux puis observa l’assiette de foie gras que l’on déposait devant elle. Il y avait de petits toasts avec, ainsi qu’une gelée colorée qu’elle n’identifiait pas. Devait-elle tout mélanger ? Elle fronça les sourcils, puis regarda l’assiette d’Anton.

La vôtre a l’air moins compliquée à manger que la mienne. Je suppose que le foie gras c’est la tranche au milieu mais qu’est-ce qu’il y a autour ?
 
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Message posté : Dim 26 Juil 2015 - 14:14 Message
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Ainsi donc le nécromancien était le quatrième homme dans la vie de Shahren. S'il éliminait Adam parc e qu'il n'était qu'une création bien pathétique par bien des abords et Renan parce que les deux cousins se détestaient, alors il ne restait plus que ce mystérieux Devon et lui-même. Le père adoptif de la scientifique n'était de toute façon pas très présent, ce qui faisait d'Anton, tout du moins aux yeux de  ce dernier, la seule figure masculine valable dans l'environnement de Shahren. Et à vraie dire, il appréciait grandement cette idée. Bien entendu, la pauvre ne pouvait pas vraiment se targuer d'être la seule figure féminine de la vie d'Anton. Pas avec Abigaïl. Mais elle était plutôt bien passé, en fait, il commençait à nourrir un semblant d'affection plus élevé pour la scientifique que pour sa propre arrière arrière arrière arrière petite fille... Il manquait sûrement quelques arrières.

Ce qui devait la placer en deuxième position, probablement. Mais Anton ne tenait pas à s'amuser à faire des listes toute la soirée pour savoir qui était le ou la plus important pour chacun. "Nombreux sont ceux qui se sentent menacer par le génie. Mon père a dû fuir sa demeure à cause de ses expérimentations,  chassé par une foule ignorante. Ce Renan a l'air bien particulier en tout cas." Car Anton savait qu'il s'intéressait à la magie, beaucoup. Et à sa soeur, beaucoup trop à son goût. Bien entendu, il n'était pas encore au courant qu'il allait bientôt être oncle et que sa soeur portait la progéniture du mutant. "Comme vous le savez déjà, cet individu m'insupporte quelque peu. Je crains qu'il n'attire des ennuis à ma soeur." Et Anton était jaloux, un peu moins maintenant qu'il avait Shahren pour jouer. "Mais il est tout à fait injuste qu'il vous traite de cette manière. J'espère qu'il ne se risquera pas à faire de même avec Abigaïl." Car si Shahren devait endurer les réflexions de Renan, ce n'était pas le cas d'Abigaïl et la nécromancienne pouvait se révéler excessive dans ses réactions. "Mais assez parlé d'eux !"

Après tout, ils n'étaient pas le sujet d'attention ce soir. Ils n'étaient que deux ombres qui leur avaient permis de se rencontrer. Quel étrangeté que de voir comment deux familles séparés par des décennies avaient retrouvé leur chemin l'une vers l'autre grâce aux facéties du destin. C'était à se demander si une force supérieure n'était pas à l'oeuvre.

"Oui, vous en êtes sortie. Mais je pense que j'y suis pour quelque chose, non ? Mais ne vous inquiétez pas, je suis prêt à vous apprendre ce que vous aurez à savoir sur le monde extérieur. Ce n'est pas si compliqué. Tout le monde ment, tout le monde essaye généralement de piétiner les autres et ceux qui ne le font pas sont considérés comme naïfs et finissent par se faire dévorer. Le mieux reste de s'occuper de ses propres affaires et de rester poli en toute circonstance." Les manières font l'homme. Anton détestait qu'on se répande trop en insultes, surtout sans bonnes raisons. Lui-même avait déjà eu des fautes de langage, surtout quand il se laissait aller à ses épisodes psychotiques. Mais il se considérait comme quelqu'un de raffiné malgré tout.

"Je trouve cela malheureux que vous considériez ce qui peut être considéré comme un plaisir comme une futilité. J'admets que nos avancées scientifiques sont essentielles pour le bien-être de ce monde, pour la science et qu'elles sont formidables. Mais même les dieux doivent prendre le temps de se saisir de ce que la vie a à offrir. Après tout, vous ne vous êtes pas trop plainte de nos étreintes ?" Bon, un peu. Après tout Anton était très insistant... "Chaque chose peut-être des plus agréables si elle est maniée avec grâce et équilibre. Je dois aussi admettre que j'aime savoir ce que je mange, me souvenir, cataloguer. C'est tellement plus agréables d'avoir le mot adéquat lorsque l'on parle de quelque chose."

Mais cela viendrait avec du temps. Il lui apprendrait les plaisirs de la gastronomie. Et si elle comptait se contenter de ses fast foods il devrait lui apprendre à faire semblant. Car si un jour il l'amenait à la demeure de sa soeur et que par miracle Abigaïl se trouvait être aux fourneaux... Par tous les enfers, mieux valait que Shahren sache tenir sa langue même si ce qu'elle ingurgitait la dégoûterait. C'était d'ailleurs le but caché de cette sortie, Anton était un gentleman, un homme de bonne famille, même si sa famille vivait maintenant dans des sous-sols sous un bar. Enfin plus pour longtemps, apparemment Abigaïl avait encore de nouveaux projets en vue. Surtout, il faudrait qu'elle arrive à se tenir. Avec une richesse retrouvée, la nécromancienne se montrerait de plus en plus digne de son rang passé et de celui qu'elle avait redécouvert. Descendants de la Duchesse du Crépuscule, voilà un beau titre, même si Anton était un gentleman, il ne se sentait par contre pas l'âme d'un noble. Sinon il aurait sûrement déjà troussé la comtesse sanglante.

Surtout que les puces semblaient être pour beaucoup dans l'attitude décontractée de Shahren. Qu'était le mieux à la table d'Abigaïl, une femme en train de paniquer ou une qui disait tout ce qu'elle pensait ? "Et bien je lèverais mon verre à ces puces encore une fois. Dire que sans elles je vous aurait sûrement tuée. Quoique je n'aurais pas gâché votre cerveau, il aurait sûrement fini dans l'une de mes créations et j'aurais fini par me rendre compte de votre intellect." Par contre, il aurait sûrement dû lui créer un nouveau corps. Peut-être avec plus de formes d'ailleurs. "Je vous aurais ramené à la vie. Qui sait, vous auriez même pu avoir la plastique d'Irina."

Il écouta attentivement ce qu'elle avait à dire ensuite. Le fonctionnement de ces puces, ou plutôt les conséquences de leur présence l'intéressaient vraiment. Mais il se rendait rapidement compte en entendant la jeune femme parler que ces petites machines l'avaient précipitée dans un tas de situations pour le moins dangereuses. Elle n'avait donc aucun instinct de survie avec ces choses là dans le crâne ? Cela pourrait se révéler dangereux... Surtout qu'Anton n'avait pas prévu de la surveiller constamment, mais il se demandait si cela ne serait pas nécessaire. Il devrait peut-être emprunter l'un des spectres d'Abigaïl. Invisible, intangible, infatigable. Car si elle se mettait dans de telles situations constamment... Un loup-garou ?

"Je suis donc la meilleure chose qui vous soit arrivée... J'en suis fort flatté, mais je ne peux que m'inquiéter sur l'effet qu'on ces puces sur vous. J'ai l'impression qu'elles inhibent aussi totalement votre instinct de survie. Je comprends que ne pas avoir peur de sortir dehors et d'interagir avec les autres est important mais... Vous étiez parfaitement calme sur ma table d'opération alors que je promettais de vous violer et vous découper. Ce qui était formidable." Sûrement était-il juste un peu déçu qu'elle ne soit pas naturellement privée de peur. Là cela aurait été formidable à étudier. "Je m'en voudrais qu'il vous arrive quelque chose. Quoique je devrais être capable de demander à ma soeur de vous réanimer en ce cas. Mais vous seriez alors de la viande froide. Ce qui serait dommage."

Par contre, ce qu'elle dit sur ses mystérieux employeurs n'était pas tombé dans l'oreille d'un sourd. Il aurait dû s'en douter. En restant enfermée dans son laboratoire, sans aucune source de revenue à côté, comment aurait-elle pu financer toute cette opération ? Lui-même devait compter sur l'aide financière d'Abigaïl, qui venait de ses activités illégales et des revenus du Necropolitan. Mêmes 'il était certain que la majorité était venue de la poche de Renan d'ailleurs. Sa soeur était-elle à nouveau une prostituée ? En tout cas, il se doutait que ce n'était pas le cas pour Shahren.

"Je suppose que ces mystérieux employeurs ont un lien avec votre cousin aussi ? Sinon rien ne vous obligerait à souffrir sa présence je suppose. Enfin, je me doute que cela ne me regarde pas. Mais j'ai moi-même des comptes à rendre. Nous n'avons jamais parlé d'à qui appartiendrait véritablement nos créations. Mais je peux vous assurer que si ma soeur se rend compte que mes talents de nécromanciens sont utilisés par d'autres personnes et peut-être même contre elle... Croyez-moi, cela serait une nouvelle désastreuse. Abigaïl m'a sorti de la tombe, mais elle peut très bien m'y remettre. En fait, je suis à peu près certain qu'elle peut y mettre n'importe qui."

Le visage d'Anton s'assombrit quand elle commença à lui parler de son après vie. Oh il s'en rappelait. Par bribes. Mais le peu dont il se souvenait suffisait à lui donner des cauchemars. "Je suis mort dans un incendie, vous n'avez pas idée de la douleur. Mais ce n'est rien comparé à ce qui m'a attendu de l'autre côté. Je sais qu'il y a plusieurs mondes, en fonction de différentes croyances. J'ai cru que j'allais finir en enfer, pour mes transgressions à l'encontre de ce clergé étroit d'esprit. Mais non, je crois que l'enfer aurait été préférable à l'endroit où j'ai atterri." Et il n'avait pas vraiment envie d'en parler. L'obscurité, le froid, le vide... L'absence de matière, la façon dont tout se mélangeait, le rire mauvais de Méphistophélès. Et puis la faim. Une faim exacerbée, exaltée qui le consumait, qui l'avait consumé pendant deux siècles. "Mourir n'est pas une expérience plaisante, mais l'esprit survit. Jusqu'à un certain point. Certains êtres avait intérêt à ce que je reste entier, mais d'autres s'effritent, ou se font dévorer. Honnêtement, j'ignore ce qui attend une athée telle que vous de l'autre côté. Mais si vous m'en laissez l'occasion, je m'arrangerais pour que cela ne soit que temporaire. Certains considèrent la morte-vie comme une torture, mais cela peut mieux valoir que ce qui se trouve de l'autre côté." L'Abîme, sombre et fascinante, un escalier d'oubli, des processions d'âmes et de morts vides de sens, des horreurs défiant l'imagination. Il aurait dû devenir fou cent fois. Il avait juste perdu son humanité à la place.

Ce sujet de conversation ne lui plaisait pas. Mais heureusement les plates firent leur apparition. Il regarda d'un air dédaigneux l'espèce de confiture de fruits rouges qui était dans l'assiette de Shahren. Ah, il préférait largement le confit d'oignon, ou bien un peu de sel seulement. "Laissez-moi faire. Vous n'avez qu'à goûter mon carpaccio en attendant."

Sans lui laisser le temps de protester il échangea les deux assiettes, lui présentant les lamelles de viande crue assaisonnées d'huile d'olive. Anton saisit un couteau, le fit danser entre ses doigts et trancha une partie du foie gras. "Vous pouvez tout mélanger, mais je pense que vous feriez mieux de goûter le foie gras seul pour commencer, pour vous faire au goût. C'est un mets très réputé en France, quoique j'ai cru comprendre qu'ici il était mal vu par certains dégénérés. Une chose importante avec le foie gras, c'est que ce n'est pas un vulgaire morceau de pâté ou de terrine. Il ne faut surtout pas l'étaler !" Anton plaça le morceau sur un toast, ajouta juste un morceau de sel et l'approcha des lèvres de Shahren. "Allez-y. Si vous n'appréciez pas je vous laisserais mon carpaccio. Enfin, si vous appréciez la viande crue..."

Lui adorait ça. Mais après tout, cela avait été son seul repas pendant des décennies. Cela et des âmes.
 
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Message posté : Lun 27 Juil 2015 - 16:18 Message
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En effet, si Anton n’avait pas été là, Shahren ne serait probablement pas sortie de son laboratoire pour dîner au restaurant. En fait, se rendait-elle compte, si n’importe qui d’autre l’avait invité, elle aurait décliné. Evidemment, au début, elle s’était montrée très réticente face à cette idée mais il était parvenu à la convaincre, ce qui relevait de l’exploit. Trouvait-elle cela agréable ? Pour le moment, son opinion était plutôt neutre, la suite de la soirée la ferait probablement évoluer, mais sur quel chemin ? Mystère. Comme souvent, quand il s’agissait d’eux.

A vous entendre, le monde n’est pas vraiment un endroit qui mérite d’être connu. Vous l’avez sûrement remarqué mais la discrétion, ce n’est pas mon fort. Je suis plutôt franche, c’est pour cela que généralement, on me laisse seule. Pour une fois que ça plait à quelqu’un… Je me demande qui de nous deux est le plus « bizarre ».

Elle mima les guillemets. Après tout, la normalité, tout comme la bizarrerie, restaient des concepts flous dépendant principalement des individus concernés.

Nos avances scientifiques me plaisent outre le fait qu’elles seront utiles à l’humanité. Pour moi c’est ce que la vie a de mieux à m’offrir, même si vous m’avez fait découvrir certains plaisirs…Nouveaux. C’est pour cela que j’ai accepté votre invitation, je me suis dit que j’avais peut-être quelques autres choses à apprendre, même si je doute de trouver une nouvelle vocation dans la nourriture. Mais bon, je ne serais pas mauvaise élève.

Elle allait essayer, que risquait-elle ? Peut-être une intoxication alimentaire, mais elle ne risquait pas de mourir d’une chose aussi triviale, ç’aurait été un comble…A moins qu’elle ne s’étouffe avec un aliment ? De quelle année datait la manœuvre d’Heimlich, exactement ?

Si vous le dites… C’était un peu le problème de ces crises, je perdais tout sens commun, tout moyen de raisonner, il est probable que vous ne vous en seriez pas rendu compte.

Et son cerveau aurait été perdu. Elle frissonna de dégoût à cette idée au point de ne pas relever la remarque sur sa plastique. De toute manière, Shahren n’était pas une femme superficielle, elle se moquait bien de son opinion au sujet de son corps, qui devait être assez à son goût vu la motivation qu’il mettait à lui enfoncer des choses dans ses orifices. Elle haussa finalement les épaules en l’entendant s’inquiéter à son sujet, concernant son instinct de survie quasiment inexistant depuis son opération cérébrale. Adam le lui avait répété une dizaine de fois mais Shahren avait choisi de penser que ce n’était pas si important. Elle l’expliqua d’ailleurs à Anton :

Certes mais votre exemple est mauvais puisque dans ce cas-là, ça m’a plutôt sauvé la vie, même si vous n’avez pas pu résister à l’envie de me « violer » malgré tout et que j’ai eu la langue tranchée par votre pouvoir de sarkomancie. Il faut admettre que ça aurait pu plus mal tourner… Mais je vois ce que vous voulez dire. Seulement, voyez, l’absence de peur inhibe mon instinct de survie mais me permet aussi de conserver mes facultés mentales en cas de situation dangereuse et donc de réagir efficacement. C’est un mal pour un bien, j’y vois des aspects bien plus positifs que négatifs. Même si elle parlait de leur rencontre avec un détachement effrayant. N’importe qui d’autre aurait été gravement traumatisé après une telle chose, mais pas Shahren. Vive la science. Vraiment, vous me réanimeriez s’il m’arrivait quelque chose ? C’est presque charmant comme suggestion. Elle était sincère, même si elle fronçait les sourcils en réfléchissant. Mais cela impliquerait de devoir obéir à votre sœur, je pense que ça ne me plairait pas d’être soumise à quelqu’un. J’ai déjà assez de Renan, je ne troquerais pas un geôlier pour un autre, si je peux dire.

Parce que le problème n’était pas exactement son cousin mais plutôt l’organisme en lui-même. Si elle mourrait, elle serait libre de son engagement, surtout si on lui rendait un nouveau corps, mais pour être soumise à une femme qui chercherait à contrôler tous les aspects de sa vie ? Autant rester morte, même si cela impliquait visiblement une série de tourments.

Et bien nos créations appartiennent autant à vous qu’à moi…Mais à nous, en tant qu’individus, pas en tant que les différentes organisations que nous pouvons éventuellement représenter. Loin de moi l’idée de vous encourager à faire des cachotteries à votre sœur, mais ne pourrait-elle accepter que nous ayons notre hobby ? Tant qu’il n’entre pas en conflit avec ses projets ou avec ceux de mes employeurs, je ne vois pas le problème. Il faudra se montrer un minimum discret pour laisser les miens en dehors de tout cela évidemment, mais bon… Rien de bien compliqué si votre sœur tient sa langue. Tout repose sur elle…

Et Shahren n’aimait pas cela, d’ailleurs cela se voyait. Heureusement, Anton parvint à la distraire avec le récit de sa mort et de son après-vie, que Shahren trouva véritablement fascinant. Brûlé vif, vraiment ? Elle sourit, mais n’expliqua pas pourquoi.

Sûrement le vide… Ou peut-être y a-t-il une partie de la mort dédiée aux créateurs ? Peut-être y atterrirais-je et deviendrais-je leur reine. Elle rit. Je ne sais pas, cela fait deux fois que vous évoquez l’idée de me ramener d’entre les morts mais j’y vois un traquenard. Je ne veux pas devenir comme votre Irina. Gardez mon corps si vous voulez en faire une poupée gonflable, je m’en moque, mais laissez mon esprit en dehors si c’est pour m’enfermer sous les ordres de quelqu’un.

Elle était sincère et les plats arrivèrent à ce moment, si bien qu’elle put s’étonner de l’étrange contenu de son assiette. Anton échangea rapidement les deux et Shahren se retrouva devant des lamelles de viande crues. Elle n’avait plus qu’à les couper pour les manger, ce qui lui semblait moins compliqué, aussi s’y mit-elle immédiatement. Ce n’était pas très goûteux ou même relevé, mais ce n’était pas désagréable à manger. Le manque d’assaisonnement faisait ressortir le goût de la viande qui fondait presque dans sa bouche. Jamais la scientifique n’en avait mangé avant et elle trouva l’expérience agréable, ce qu’elle fit savoir à Anton. Elle n’avait plus trop envie de récupérer son casse-tête culinaire du coup, mais accepta malgré tout de goûter ce qu’il lui tendait. Après une bouchée, elle grimaça. Elle avala malgré tout.

Et bien ce…Carpaccio, comme vous dites, me plait davantage que cette chose au goût bizarre. Je le garde, je n’ai rien contre la viande crue de toute manière. Je n’ai pas beaucoup de principes en matière de cuisine, tant que ça se mange et que ça remplit son office nourricier… Je me moque de l’origine. Si ça a un goût acceptable, c’est un plus.

Elle tendit la main vers le verre de rosée et leva son verre. Trinquer, elle connaissait.

Nous devions lever nos verres pour mes puces inhibitrices, si je ne me trompe pas ? Qui ont permis une collaboration que j’espère fructueuse dans le futur…

Jamais Shahren n’aurait cru s’entendre un jour avec quelqu’un au point de pouvoir l’inclure dans ses projets. Elle qui se croyait unique, qui aimait tout contrôler, qui refusait souvent d’admettre l’intelligence des autres, avait trouvé une sorte de miroir en Anton Faust. Un dépravé diablement imaginatif, un médecin boucher au style opératoire irrésistible. A eux deux, ils feraient de grandes choses, Shahren en était convaincue. Si, toutefois, personne ne venait se dresser sur leur chemin comme une sœur envahissant ou un cousin agaçant. A moins que ça ne soit une organisation mécontente. Shahren ne dormait presque plus pour mener tous ses projets de front, même si son corps était habitué à peu pour bien fonctionner. C’était son rythme à elle.

Elle mangeait vite, par habitude et s’obligea à ralentir le rythme en voyant qu’Anton dégustait son plat avec une lenteur affolante. Elle ne se goinfrait pas non plus, mais lui prenait bien son temps. D’ailleurs, elle avait fini qu’il n’était pas encore à la moitié.

Mh je vois qu’il va falloir s’armer de patience… Elle sourit. Ca se boit bien ce vin, ce n’est pas traitre au moins ? demanda-t-elle en avalant une nouvelle gorgée d’alcool. Elle qui ne buvait d’ordinaire que de l’eau, elle doutait que tout se passe sans encombre, même avec un verre.
 
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Message posté : Lun 27 Juil 2015 - 19:09 Message
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"La discrétion a beaucoup d'avantages et certains inconvénients je l'admets. Toutefois, pour des gens comme nous, qui sont incapables de vivre parmi nos semblables. Enfin, je parle des humains ennuyeux et normaux, elle a à mon sens bien plus d'avantages. Bien entendu, vous n'avez pas le même problème que moi, mais il existe des êtres ou des entités qui sont infiniment plus puissantes que moi et qui pourraient prendre ombrage de mes activités. Je ne compte pas arrêter mes expérimentations pour autant, ni me priver de sortir au restaurant avec une femme magnifique et intelligente à mon bras. D'où l'intérêt de la discrétion à mon sens. Le monde a beaucoup d'intérêts, de petits plaisirs et je m'en voudrais de ne pas pouvoir m'en saisir."

Même si bien entendu il s'était toujours trouvé plus charmé par la possibilité de découper des cadavres, de les recoudre ensembles et de créer des monstres. Non, pas des monstres. Son objectif ultime était de créer une nouvelle race d'immortels, de non-morts qui pourront changer la face du monde. Qui pourront lutter avec une efficacité remarquable contre les extra-terrestres comme les dieux. Il rendrait à l'humanité le contrôle de son existence, corrigerait les imperfections chez ses semblables. Qui de plus apte à l'accompagner que Shahren ?

Car après tout, Anton avait beau être un nécromancien vieux de deux siècles, un ancien monstre, il restait un homme. Il ne pouvait tout accomplir seul et il restait sujet à ses pulsions. Plus ou moins mordantes, plus ou moins puissantes... C'était le gentleman, le docteur Jekyll qui voulait emmener Shahren au restaurant, profiter de sa compagnie, voir jusqu'où s'étendaient ses limites de la compréhension de la société, en apprendre plus sur elle.  Mr Hyde lui, ou le Dévoreur, se serait contenté de la baiser sur la table devant tout le monde.

Mais bien entendu, tout était question de discrétion.

"On peut apprécier de nouvelles choses sans en faire une vocation pour autant." Lâcha-t-il avec un sourire. "Même si je dois dire que vous faire jouir pourrait être ma vocation oui." Il avait lâché cette phrase un ton plus bas, pour que personne ne l'entende mis à part elle. Un sourire carnassier était apparut sur ses lèvres. Est-ce que le gentleman laissait déjà place à la bête ? Non, car il se reprit tout de suite. "J'apprécie la bonne chère, j'apprécie la bonne compagnie, bien entendu je suis capable de vivre sans, alors que si on me prisait de mes chères expérimentations... Mais pourquoi m'en priver alors que j'ai l'occasion de tout avoir ?"

Car c'était bien là l'état d'esprit d'Anton.  Il voulait tout avoir. Profiter de tous les plaisirs de la vie. Heureusement qu'il avait laissé son passé de fêtard en même temps que le corps de sa soeur. Mais il avait profité intensément des largesses de son ancienne petite-amie. S'il pouvait considérer Anna Leblanc ainsi.

Ce qui importait, c'était que Shahren donne du sien, qu'elle montre qu'elle était capable de survivre à une soirée en société sans trop attirer l'attention. Ce serait un premier pas pour qu'il puisse la faire entrer de manière plus permanente dans sa vie. Oh il ne parlait pas de mariage. Mais comme la scientifique avait pu le comprendre au-travers des propos du nécromancien, l'opinion de sa soeur était extrêmement importante pour lui. Abigaïl devrait apprendre que Shahren était hors de sa portée et que si elle s'en prenait à elle ce serait vraiment... Déplorable. Mais pour cela, il devait s'assurer que la scientifique soit présentable. Déjà que la première rencontre avec la nécromancienne n'avait pas brillé par la classe qui se dégageait de Shahren.

Elle faisait des efforts en tout cas. Il l'admettait sincèrement. Déjà, elle s'était habillée de manière convenable et élégante. Maintenant elle s'apprêtait à goûter les plats qu'il avait choisi pour elle.  Personne n'était arrivé avec des fourches et des torches pour chasser les deux scientifiques fous. Dire que tout cela pouvait bien tenir à des puces.

"Vos crises d'angoisse avaient l'air considérablement graves. Je suis heureux de ne pas avoir face à moi une femme complètement paniquée et incapable de tenir une conversation. Mais j'ai bien peur que nous ne sous-estimiez quelque eu l'importance de l'instinct de survie. Vous avez raison, vos puces vous permettent de garder la tête froide dans des situations où vous paniqueriez en temps normal. Mais est-ce qu'elles ne vous privent pas aussi de l'adrénaline ?"

C'était là l'un des plus grands défauts de ses golems. Ils étaient cliniquement morts. Leur balance hormonale était complètement morte. Ce qui expliquait aussi pourquoi ses créatures étaient par exemple incapable de se reproduire ou d'évoluer d'elles-mêmes. De même, sans peur, elle ne connaissaient pas l'instinct, elles pouvaient se laisser tuer facilement sans même s'en rendre compte. Si c'était intéressant pour un guerrier obéissant, cela avait d'autres inconvénients malheureusement.

"J'ai parlé de vous réanimer moi-même. Je n'ai pas besoin de ma soeur pour cela. Bien entendu, Abigaïl a ses talents pour ramener les morts à la vie. Mon approche est un peu plus chirurgicale mais le résultat est le même. Et puis, n'allez pas croire que tous les morts-vivants sont soumis à des nécromanciens, c'est une bien triste erreur. J'ai une petite fille, enfin une arrière arrière arrière arrière petite fille qui est morte. Abigaïl l'a réanimée et maintenant Sally est capable de mener une vie à peu près normale. Tant que tout le monde croit qu'elle a les mains froides à cause d'un métabolisme lent de problèmes de circulation. Quoiqu'il en soit, elle conserve son libre-arbitre."

Bien entendu, Abigaïl pouvait contrôler Sally si elle le désirait, tout comme elle pourrait usurper le contrôle de Cancer ou d'Irina à Anton. Mais cela ne tenait pas au fait que c'était la nécromancienne qui avait ramené Sally. Non, cela découlait juste de la puissance d'Abigaïl. Largement supérieure à ce qu'Anton avait jamais pu imaginer lorsqu'ils étaient arrivés à Star City.

"Je dois vous avouer que je créais des monstres avant tout pour mon plaisir personnel, mais aussi parce qu'Abigaïl me le demande. Bien entendu, à ses yeux ils ne sont que des outils, mais c'est elle qui me fournit la matière première." Grâce à la Moisson. Les cadavres aurait dû se faire rare à force, mais la nécromancienne avait une technique plutôt rodée. Entre les clochards et junkies qu'elle prélevait de temps à autre dans la rue, les morts récents qu'elle faisait sortir de leurs tombes après leur enterrement à la barbe et au nez de tous, Anton pouvait espérer des morceaux intéressants. Et il y avait toujours les criminels qui voulaient se débarrasser de leurs victimes. Une fois mêlé à une création d'Anton, difficile de reconnaître un mafieux. Mais toutefois, il ne fallait pas se montrer trop envieux, cela risquait d'attirer l'attention ce qui n'était jamais une bonne chose.

"Tant que nous ne tenterons rien contre Renan, Abigaïl ne dira aucun mot. Mais elle demandera sûrement à utiliser certaines de nos créations. Bien entendu, cela permettra aussi de les voir à l'oeuvre." Et de récupérer plus de matière première probablement.

"Je suis désolé de voir que vous n'appréciez pas le foie gras toutefois." Il finit le toast dans lequel elle venait de mordre. "Mais je suppose que vous voir apprécier un carpaccio est déjà une évolution plutôt saine aux vues de ce que vous devez ingurgiter dans votre laboratoire. Ne vous méprenez pas, j'aime aussi ce que vous autres américains servez dans tous vos fast food." Après tout, il était le Dévoreur. Même Abigaïl malgré tout son raffinement avait déjà ingurgité plus de hot dog au chili qu'elle ne voudrait l'admettre. "Personnellement, je n'ai que faire de l'origine non plus, le goût oui. C'est ce qui compte. Surtout quand on est immortel me diriez-vous." Il ne risquait pas de mourir d'une intoxication alimentaire, contrairement à elle. "Avez-vous déjà goûté de la viande humaine ?" Demanda-t-il sur le ton de la conversation.

Il leva son verre de bière. "A vos puces et bien entendu à la femme dans laquelle elles sont aussi." A nouveau ce sourire carnassier sur ses lèvres. Quelle femme en même temps ! Qu'elle soit rassurée, il n'avait jamais été question de la raccompagner gentiment jusqu'à son laboratoire à la fin du restaurant pour en lui offrir qu'un chaste baiser. La soirée en se terminerait pas. Mais point de révélation, ils n'en étaient encore qu'à l'entée.

"J'apprécie chaque bouchée. Sinon pourquoi se donner la peine de manger de la nourriture goûteuse ?" Elle avait dévoré le carpaccio comme... Lui quand il était encore un monstre. "Vous ne devriez pas boire votre vin si vite. Ce n'est que du vin, certes, mais ce dernier peut se révéler traître." Alors que sa bière à lui était inoffensive, pour un foie aussi endurci que le sien. Même si elle ne se mariait pas très bien avec son foie gras, qu'il réussit finalement à terminer.

Sûrement pour le plus grand plaisir de Shahren. Même si elle devrait encore attendre qu'on les débarrasse et qu'on leur apporte la suite. Anton s'en rendait compte, cela risquait bien d'être le repas le plus long de l'existence de la scientifique.
 
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Message posté : Mar 28 Juil 2015 - 12:40 Message
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Elles l’étaient.

Mais Shahren ne tenait pas à s’appesantir sur ces mauvais souvenirs. Ces crises n’avaient jamais posé de véritables problèmes dans son existence, jusqu’à ce que son cousin se voie pousser des ailes. Avec sa folie des grandeurs et sa foutue tendance à la prendre de haut en tablant que de toute façon, à cause de ses angoisses, elle ne pourrait pas réagir, il avait fallu qu’elle agisse. Même si le déclencheur avait été l’enlèvement de la larve, qui avait manqué de rater à cause d’une crise de panique. Lassée d’être taxée d’incapable, Shahren avait pris les devants en acceptant finalement qu’Adam opère son cerveau, en suivant précisément ses indications. Ils avaient répété la manœuvre un millier de fois avant qu’elle ne se laisse faire et l’expérience avait été plus que pénible. Heureusement, tout ça était derrière elle. Ses puces étaient en place et allaient y rester.

Et non j’ai toujours des poussées d’adrénaline, j’en ai eu dans votre cave d’ailleurs. Je n’ai plus peur mais je peux toujours être excitée ou agacée, je peux toujours m’énerver, et tout cela provoque des montées d’adrénaline. Quand j’ai cru que vous n’étiez qu’un boucher de bas-étage ça m’a vraiment mise en colère. Je n’ai rien contre un peu de culot mais tout de même… Heureusement, vous avez rectifié la méprise.

Et on pouvait l’en remercier.

Ah, vous avez des enfants ? releva-t-elle en arquant un sourcil.

Ce n’était pas un problème en soi, simplement jamais Shahren n’avait pu concevoir l’idée d’en avoir elle-même. Evidemment, moins de quelques jours plus tard, un événement allait lui faire reconsidérer ses positions mais jamais elle ne portrait de bébé, sauf si on ne lui en laissait pas le choix mais celui qui parviendrait à l’en convaincre n’était pas né. De toute manière, elle avait toujours pris garde à ce qu’aucun accident n’arrive et comme elle n’utilisait jamais de préservatif, elle s’était implantée un petit dispositif dans le bras, qu’elle rechargeait tous les ans et qui faisait office de pilule contraceptive.
Mais là n’était pas la question, en fait ce n’était même pas ce qu’elle aurait dû relever.

Et bien c’est plutôt une bonne nouvelle. Vous verriez un inconvénient à ce que je rencontre cette Sally pour lui poser quelques questions sur son statut ? Juste au cas où…

Elle ne comptait pas agresser la jeune fille ou quoi que ce soit de néfaste. Shahren était simplement curieuse de rencontrer une femme normalement morte et qui pourtant, était animée. Anton était plus ou moins pareil mais de ce qu’elle avait compris, son statut était particulier et son corps était bien vivant, tandis que Sally était un cadavre animé, mais doté de libre arbitre. Affaire à étudier plus en profondeur, donc. En espérant qu’Anton ne la croit pas animée de mauvaises intentions.

Si ce n’est qu’une histoire de matière première, je peux aisément vous en fournir. Ce ne sont pas les corps qui manquent…

Shahren était fournie d’une quantité assez importante de cobayes, surtout depuis qu’elle avait lancé le Pavlov. Certes, tous ne repartaient pas les pieds devant mais pour qu’elle en vienne à installer une cuve à dissoudre les corps dans son labo, on pouvait aisément imaginer la quantité de corps qu’elle avait détruit et allait encore réduire à néant. Quand elle voyait ce qu’Anton pouvait faire avec un seul cadavre (à savoir un très beau chien) elle était presque certaine de pouvoir le fournir suffisamment.

Oh je ne tenterais rien contre mon cousin. Je ne l’apprécie pas, il me tape sur les nerfs, parfois j’ai envie de lui arracher la tête, mais le tuer signerait mon arrêt de mort aussi sec. Mes employeurs ne plaisantent pas vraiment avec ce genre de choses et comme il est plus ou moins supposé être mon supérieur hiérarchique… Je sais, c’est risible, mais que voulez-vous. Ses capacités sociales font de lui un meilleur meneur, il paraît.

Elle roula des yeux, pour souligner à quel point elle trouvait cet état de fait absolument ridicule.

On ne peut pas tout aimer, n’est-ce pas ? répondit-elle en souriant. Mh, j’avoue que non. Du sang, oui, mais pas de la viande. Ça ne m’est jamais vraiment venu à l’esprit. Quel goût cela a-t-il ?

Parce que vu sa réflexion, la scientifique aurait mis sa main à couper qu’il avait déjà goûté de la viande humaine et pas qu’un peu. Serait-elle contre l’idée de tenter l’expérience ? Pas le moins du monde, puisqu’elle n’avait aucun des tabous habituels que l’on trouvait en société. Pour elle, un corps humain n’était jamais que de la viande à découper, même si elle la faisait dissoudre plutôt que de la manger. Elle but une nouvelle gorgée de vin.

Ah oui ? Je ne me souviens pas de la dernière fois où j’ai été saoule, juste du mal de tête qui a suivi. Vous me raconterez, si cela arrive encore ? Je suis curieuse.

Et Adam s’était montré plutôt évasif même si elle avait bien une idée sur ce qui était arrivé puisqu’elle s’était réveillée nue dans le même lit que le cyborg, avec une migraine atroce. La serveuse vint débarrasser leurs assiettes et Shahren la suivit du regard, se demandant si elle pouvait menacer le cuisinier pour que cela ait plus vite. Après son entrée, elle n’avait déjà plus vraiment faim, habituée qu’elle était à se contenter de peu, à la sauvette. Pourtant elle ne dit rien, et fini son verre qui n’était pas si rempli que cela, au final.

J’espère que votre autre choix aura un goût moins bizarre que le premier, dans le pire des cas je vole votre assiette à nouveau ? D’ailleurs, vous perdez autant de temps par jour pour vos repas ou vous faites une exception ce soir ?

Ce n’était pas agressif ni même plaintif, Shahren se posait réellement la question. S ça devait se passer comme cela souvent, elle allait devoir arrêter de dormir pour rattraper le temps perdu autour d’une assiette.

Puis je ne mange pas qu’au fast food, souvent on prend des plats à emporter dans des restaurants mais je serais incapable de vous dire lesquels, j’ai les brochures quelque part mais c’est toujours Adam qui commande. C’est Adam qui s’occupe de tout, même de m’habiller normalement, cela m’évite de perdre du temps en futilités et je peux concentrer mon cerveau sur ce qui importe. Vous faites tout vous-même ?

Plus probablement, il se servait d’Irina…
La serveuse revint en apportant une bouteille de vin rouge et les servit tous les deux. Puis elle apporta les plats. Perplexe, Shahren observa le sien avec l’impression qu’elle avait déjà vu cette viande quelque part. La lumière se fit enfin dans son esprit après qu’elle en eut coupé un morceau pour le mettre en bouche.

Oh je la connais celle-ci ! J’en ai déjà mangé, mais d’habitude il y a du riz sauté avec, je crois que c’est asiatique mais ne me demandez pas de quel pays exactement. Et une autre sauce aussi, ici c’est plus sucré je trouve. Quelle drôle d’idée.

Il fallait avouer qu’elle n’était pas très adepte du sucre, elle n’en mettait même pas dans son café. Elle prit soin de couper sa viande en enlevant le côté gras, avec lequel elle fit un petit tas dans un coin de son assiette. Elle jeta un œil à ce que contenait celle d’Anton et elle sourit en coin.

C’est une obsession la viande crue, décidément. Etrange pour quelqu’un qui vient d’une époque où les conservateurs n’existaient pas… Vous mangez votre viande humaine comme cela aussi, en petit steak ?

Elle rit, finalement assez contente de son plat chaud même si elle trouvait la viande de canard un peu trop forte à son goût. Elle se demandait si sa tendance à tout manger cru venait du fait qu’il était mort une fois, si c’était un reste de son côté Dévoreur ou s’il aimait simplement cela sans raison particulière.
Ce qui aurait été un peu moins amusant…
 
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Message posté : Mar 28 Juil 2015 - 17:58 Message
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Les puces ne semblaient donc n'avoir que des avantages. En théorie. Les expériences sur le terrain subies par Shahren prouvaient bien que ce n'était pas parfaitement au point. Sinon elle n'aurait pas finie dans ce genre de situations sur une base régulière. Il allait encore une fois devoir s'assurer que tout se passe bien et qu'elle ne meurt pas trop rapidement et pas trop loin de lui. Le cerveau se dégradait rapidement et s'il ne pouvait pas intervenir rapidement, ce serait la catastrophe. Heureusement, il avait déjà Jack, le chien-creux qui gardait le laboratoire pour lui. Mais ce n'était pas le genre de gardiens qu'on pouvait avoir une fois dehors. Peut-être devrait-il se résoudre à laisser l'un des spectres de sa soeur la hanter et lui faire des rapports réguliers. De cette manière, Anton saurait toujours ce qu'elle faisait et comment la trouver.

Ce qui devrait éviter qu'on ne la retrouve morte dans une benne à ordure un matin parce qu'elle serait aller insulter le caïd du coin ou aurait révélé à un vigilant qu'elle expérimentait sur des innocents. Ce genre de choses.

"Vous m'avez mis en colère ne me traitant de boucher de bas étage." Il bu une nouvelle gorgée de bière. "Après tout, c'est comme si je vous traitais de vulgaire infirmière, ou de simple médecin de banlieue." Bien entendu, pour l'infirmière, il l'avait déjà affublée du costume et baisée dedans. Autant dire qu'il appréciait de l'avoir dans son équipe médicale. Elle était tellement plus vivante qu'Irina. Ce qui n'était pas compliqué. "Mais oui, j'ai rectifié la méprise. Laissons de côté le début de cette première soirée. J'ai largement préféré la façon dont elle s'était conclue."

Il adressa un sourire entendu à Shahren. Elle devait s'en souvenir aussi. Son intelligence lui avait offert un délai, c'était certain, mais il devait avouer que c'était surtout son lien avec Renan qui lui avait permit de sortir du Necropolitan. Si elle n'avait pas été la cousine de l'amant de son frère, Anton l'aurait sûrement gardée pour lui, dans les profondeurs de son laboratoire. Elle aurait pu transmuter de l'éthéréum là. Bien entendu, améliorer Cancer aurait été beaucoup plus compliqué. Mais de toute façon, il était trop tard pour ça. Elle avait sa forme de liberté et il ne comptait pas la lui ôter. Tant qu'elle continuerait de participer à toutes ses petites expérimentations et qu'ils partageraient des projets communs en tout cas.

"Des enfants... Non, pas directement. Enfin, apparemment j'ai eu un fils. Disons que j'ai maintenant des descendants. Une descendante, Sally et elle est morte. J'ai eu un bâtard si vous voulez tout savoir. Je ne me rappelle plus avec qui par contre. Ce gosse a eu le bon sens de survivre et s'il n'a pas eu beaucoup de descendants au cour de l'histoire, une branche s'est maintenue jusqu'en 2015, pour se terminer avec Sally." Les Faust n'avaient jamais brillé par leur fertilité, sauf quand il était question de jumeaux apparemment. Mais Anton n'aurait pas été surpris que la plupart des femmes et des hommes qui descendaient de lui aient été stériles ou bien aient eu une fertilité extrêmement basse. Le coût de la nécromancie, comment donner la vie quand on marchait déjà main dans la main avec la mort ? Sa soeur était elle-même affublée de cette tare familiale. "Mais vous pourrez ausculter Sally, oui. Enfin, c'est une médecin elle-même, je suis certain qu'elle l'a déjà fait elle-même et elle pourrait toujours vous transférer les résultats. Même si je suppose que vous préfèrerez prendre note de son état par vous-même." Est-ce que l'idée que sa maîtresse ausculte son arrière arrière arrière petite fille zombie le gênait ? Non, cela aurait même plutôt l'effet contraire. On était Anton Faust ou on ne l'était pas.

"Les cadavres ne sont pas vraiment un problème. Ma soeur a beaucoup de façon de se les procurer. C'est aussi une question de devoir. Abigaïl est aussi en quelque sorte ma supérieure hiérarchique." Surtout qu'il ne pouvait plus la trahir maintenant qu'il était son lieutenant de chair. de toute façon il n'en avait pas spécialement envie. C'était grâce à elle qu'il pouvait enfin marcher parmi les mortels. Quel dommage qu'il ait dû attendre deux siècles avant qu'elle ait la puissance nécessaire pour parvenir à le ressusciter. Surtout que s'il ne l'avait pas emprisonnée et possédé son corps, elle n'aurait probablement jamais débloqué toutes ces nouvelles capacités. "Je me dois de lui fournir des monstres. Mais la majorité de mes créations restent dans mon caveau pour le moment. Je me demande si elle ne compte pas relâcher toutes ces créatures un jour en même temps sur Star City, qui sait... Mais rien ne nous empêche de travailler sur des projets plus personnels, avec l'éthéréum notamment. J'ai bon espoir que nous pourrions créer une sorte de chair métallique mort-vivante avec suffisamment de temps et d'expérimentations."

Il souriait calmement à l'idée de créatures comme Cancer arpentant les rues de la ville. Il faudrait qu'elles soient suffisamment puissantes pour résister face aux super-héros qui pullulaient. Ou bien peut-être devrait-il envisager avec Shahren un programme de conversion, d'assimilation de certains mutants dans leur projet. Leur propre Légion de héros morbides et dévoués à leur cause.

"Nous devrons être discrets aussi vis à vis d'Abigaïl d'ailleurs. Ce n'est pas uniquement qu'elle est une meilleure meneuse d'homme, ce dont je ne suis pas certain, mais elle est infiniment plus puissant que moi." Il avait deux siècles de retard maintenant qu'il avait été séparé du Dévoreur surtout. "Bien entendu elle ne s'en prendrait pas directement à son frère jumeau, pas après tout le mal qu'elle s'est donnée pour me ressusciter. Mais bon, elle ne l'a pas fait que par pure générosité."

Il engloutit le reste de sa bière avant de se fendre de son éternel sourire carnassier.

"Elle craignait ma forme spectrale. Celle que j'utilisais pour dévorer les vivants. Comme les morts d'ailleurs. Je n'ai mangé que de la viande humaine crue d'ailleurs. Le goût n'est pas si particulier, proche du porc par bien des aspects je pense." Ce qui était logique génétiquement parlant. "Mais si vous voulez, je pourrais un jour essayer d'en préparer de manière un peu plus raffinée. Certaines personnes qu'on peut absorber la force de ses ennemis de cette manière. Il nous faudrait une cible de choix, au cas où. Je ne tiens pas à vous voir abrutie si nous dévorons ensemble le cerveau d'un abruti."


Ainsi donc, elle voulait découvrir les affres de l'ivresse ? Anton était plutôt un expert dans ce domaine. Surtout quand il avait dérobé le corps de sa soeur. Il avait eu tendance à boire ses dîners. Du whisky principalement. L'ombre de son père le hantait à l'époque. Encore aujourd'hui. Mais il était plus résistant. Après tout, il faisait dix bons centimètres de plus que sa soeur et avait une carrure plus développée que la frêle nécromancienne. Autant dire qu'il tenait mieux l'alcool.

"Je vous en parlerais oui. Mais je ne garantis pas que je saurais me retenir si vous me tombez dessus ivre morte." Lâcha-t-il avec un sourire. Une promesse de viol lâchée sur le ton de la plaisanterie mais infiniment sérieuse. Sauf si elle lui donnait sa bénédiction. Ce dont elle était capable. "Mais apprécions d'abords notre repas avant de passer à ce genre de considération, voulez-vous ?" Il comptait bien faire la bête à deux dos avec Shahren alcool ou non. Tiens, un monstre à deux dos pourrait être une création intéressante.

"Le magret de canard est une viande plutôt savoureuse à mon sens. Mais j'ai encore pris de la viande crue dans mon cas. Mais non préparée de la même façon. Enfin vous verrez, je vous ferais goûter les deux dans tous les cas. Et non, je ne prends pas toujours autant de temps pour manger. Mais nous sommes au restaurant ma chère. Nous empiffrer pour repartir le plus vite possible serait mal vu et serait aussi un gâchis considérable. Il faut savoir savourer. Quel serait l'intérêt sinon ? Il y a du plaisir dans l'expectation et l'attente."

Sinon il n'aurait pas mis en place tout son stratagème de la dernière fois pour qu'elle se mette à genou pour lui. Il aurait utilisé une méthode plus drastique et rapide.

"Le miel sûrement. Je ne suis pas vraiment un adepte de la nourriture asiatique. Pour le moment tout du moins. La cuisine du Necropolitan est assez classique. Pour répondre à votre question précédente, Abigaïl et moi-même avons un cuisinier sur place, autant dire que nous ne nous occupons jamais de faire la cuisine nous-mêmes. Pour ce qui est de m'habiller. J'aime le faire moi-même. Irina n'a pas de sens du goût ou quoique ce soit, tout au plus elle m'aide à les enfiler, mais pas à choisir mes vêtements. Surtout que je prends un certain plaisir à pouvoir enfin m'habiller convenablement en homme après avoir été coincé dans un corps de femme pendant un mois. Vos gardes robes sont tellement plus compliquées."

Il planta la pointe de sa fourchette dans le steak tartare et la tendit à Shahren. "Vous voulez goûter ? J'ai pris goût pour la viande crue alors que j'étais le Dévoreur. Je pense. Mes souvenirs de cette époque sont un peu confus. Je ne mangeais que cela à l'époque. Et des âmes. Mais je suis incapable de me souvenir du goût de ces dernières. Aussi je me contente de viande rouge et crue. Je suis un grand carnivore." Qui aurait douté du contraire ? Après tout elle l'avait prise pour un boucher au départ.

"Et le steak tartare est assaisonné. Par contre, si nous devons manger de la viande humaine, je me sentirais obligé de la faire cuire. Je ne suis pas très au point en médecine moderne, mais j'ai compris que si nous mangeons ceux de notre propre espèce, les risques sanitaires sont plus importants. Il n'y a pas de barrière inter-espèce entre les microorganismes qui pourraient se trouver dans la viande et nous-mêmes. Alors qu'en pensez-vous ? Vous continuez avec le magret ou vous voulez de mon tartare ?"
 
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Message posté : Mar 28 Juil 2015 - 19:30 Message
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Shahren écouta avec attention l’histoire d’Anton au sujet de sa descendance accidentelle, qu’il avait providentiellement retrouvée à Star City. Elle ne put s’empêcher de sourire en apprenant que la jeune fille était médecin, sûrement un peu plus à la pointe que son ancêtre mais possédait-elle cette étincelle de folie ? Pourrait-elle se révéler intéressante ? Shahren échafaudait déjà quelques projets à son encontre, rien de bien méchant évidemment, sauf si elle se révélait insupportable. De quel jumeau tiendrait-elle le plus ? Elle espérait que ce ne serait pas d’Abigaïl.

J’ai toujours préféré faire les choses par moi-même, du moins tant que je n’ai pas pu juger de l’intelligence de mon vis à vis. Qui sait, Sally se révélera peut-être intéressante ? Mais d’ici à ce que je m’en sois assurée, je ne ferais confiance qu’à mes données.

Sans fausse modestie.

Oh je comprends bien votre position, je pense que nous partageons un peu la même après tout. Avec un parent en supérieur hiérarchique que l’on ne peut pas vraiment se permettre de défier, quelle que soit la raison. Je suppose que la vôtre tient davantage de l’affection fraternelle qu’autre chose.

Et son ton laissait clairement comprendre qu’elle trouvait cela très étrange, principalement parce qu’elle-même était fille unique et que sa seule famille n’avait pas été d’une loyauté exemplaire. Il n’y avait que Jack, son père, qui s’était bien comporté avec elle, la chérissant comme un petit génie, mais hélas il était mort trop tôt. Elle avait toujours son cerveau dans un bocal d’ailleurs, en souvenir. Elle se demandait si Anton serait capable de le réanimer… Mais elle préféra ne pas poser la question. Pas immédiatement, principalement parce qu’elle craignait la réaction de Renan si elle s’avisait de faire une telle chose, et aussi celle de Jack. Elle n’était pas certaine que l’ancien Officier le prenne bien…Elle se mordillait la lèvre inférieure tandis qu’Anton changeait de sujet, lui expliquant la menace que pouvait représenter Abigaïl pour eux. Décidément, ce n’était vraiment pas au goût de la scientifique mais elle s’abstint de tout commentaire. Elle avait bien compris qu’il ne valait mieux pas s’immiscer dans leur lien, même si Anton avait l’air de dire qu’elle ne l’avait pas ramenée uniquement par bonté fraternelle.

Je vois… Vous n’avez jamais su vous tenir, en fait. Taquinerie. Et bien faisons en sorte de continuer à nous amuser sans vexer personne… Je me moque qu’elle utilise nos créations pour semer le chaos, je trouve principalement du plaisir à créer, l’utilisation m’importe peu.

C’avait toujours été ainsi, surtout depuis qu’elle travaillait pour SHADOW. Elle ne s’intéressait pas à l’utilisation faite de ses M. X. par Renan ou par d’autres, tant qu’ils n’étaient pas détruits. D’ailleurs depuis l’initiation du programme, un seul d’entre eux avait connu un sort funeste en rencontrant l’agent Parker, ce qui avait entamé l’obsession qu’avait la scientifique pour la jeune femme.

Si on suit votre logique, c’est votre cerveau que je devrais dévorer pour ne rien risquer… Elle rit et but une nouvelle gorgée de vin. Je suis sure que vous seriez délicieux. Puis, après une moue :Vous ne savez pas vous retenir, que je sois ivre ou pas… Quelle différence cela ferait-il ? J’espère simplement que je n’aurais pas un trou de mémoire. Je compte sur vous…

Elle prit une nouvelle bouchée de son plat, qui était déjà entamé à bonne moitié. Elle sentait que son estomac était plein, elle n’avait plus faim depuis l’entrée, mais Shahren n’avait jamais été pour gâcher quoi que ce soit.

Savoureuse ? Mh… C’est une façon de voir. Je la trouve bizarre, mais ça se laisse manger, c’est moins écœurant que le magret de tout à l’heure.

Elle avait fini son assiette.

C’est vrai que tout est plus compliqué pour une femme… S’habiller, se coiffer, se maquiller, c’est un vrai cauchemar. Heureusement que j’ai Adam qui s’en occupe lorsque c’est vraiment important, même si ce soir j’ai choisi ma robe toute seule mais ça a été un calvaire. J’ai dû chercher sur Internet, enfin je vous passe les détails. Je me demande si j’aurais aimé être un homme… Elle réfléchit sérieusement à la question. Après tout ce n’est qu’un sexe non ? Et socialement, ça a l’air plus simple. Pas que socialement d’ailleurs, mais j’aurais peut-être eu des appétits comme les vôtres et me serais laissée distraire de mes recherches par l’une ou l’autre paire de fesse, ç’aurait été ennuyeux. Le pire, c’est qu’elle le disait le plus sérieusement du monde. Enfin, j’aime quand même mon corps. J’y suis habituée, ce serait ça le plus ennuyeux dans un éventuel changement. Elle pencha légèrement la tête sur le côté en le fixant. Vous qui avez tout testé, qu’est-ce que vous en pensez ? Enfin, je suppose que vous n’aimez pas le corps des femmes, sauf pour vous introduire dans leurs orifices, mais en tant que Dévoreur, comme cela était-ce ? Je pensais qu’il s’agissait d’une sorte d’esprit… Pourtant vous aviez besoin de manger, donc ça ressemble plus à un monstre ? Elle soupira. Quelle déception que vous ne le soyez plus. Oh ç’avait l’air d’être affreux mais par curiosité, j’aurais vraiment adoré voir ce que ça donnait.

Même si ç’aurait probablement été la dernière chose qu’elle aurait vu de sa vie.

Je goûterais bien le vôtre, accepta-t-elle en ouvrant la bouche alors qu’il lui tendait un morceau avec sa fourchette. Elle mâcha, en pleine réflexion sur ce qu’elle pensait du goût. Pas mauvais. Mais j’ai préféré le carpaccio tout de même.

Elle but la fin de son verre de rouge et, comme elle n’avait plus rien à manger, se resservit.

Il vaut peut-être mieux la faire cuire en effet, avec toutes ces maladies qui courent. Enfin, évidemment, on testera avant. Je ferais une sélection sur mes prochains cobayes pour voir lequel mérite d’être mangé, il faudra définir un certain nombre de critères… Notamment sur la mutation, qui sait, cela peut influer sur la viande. Sur son goût en tous cas, elle était quasiment certaine de ne pas pouvoir « attraper » une mutation en la mangeant. Ce serait un comble tout de même. Oh vous savez ce qui pourrait être amusant ? Faire un repas avec de la viande d’humain normal, de mutant, de sorcier et d’une créature magique, pour tester les différences de goût et leur effet sur notre organisme. C’aurait déjà un peu plus d’intérêt…

Et là, elle ne râlerait pas de rester aussi longtemps à table. Même si, au final, à force de discuter, elle ne s’ennuyait pas vraiment.
 
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Message posté : Mar 28 Juil 2015 - 20:37 Message
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Honnêtement, Anton ne savait pas vraiment si Sally se laisserait faire, si elle serait d'accord pour se faire auscultée par Shahren. Peut-être dans l'espoir de trouver une solution à son problème de zombie ? Seulement, on n'était pas dans un film. Une météorite radioactive ou un virus n'avait pas réanimé cette pauvre fille. Mais bel et bien son arrière arrière arrière grand tante. S'il y avait une solution ce serait dans la magie noire. Malheureusement, Abigaïl ne partageait pas seulement de son sang avec Sally pour pouvoir la ressusciter complètement comme elle l'avait fait avec lui.

Le nécromancien n'était d'ailleurs pas très proche de sa descendante. Enfin, pour le moment. Il avait toujours espoir que les choses s'arrangent. Sinon il ne se serait pas amusé à retrouver la trace de ses descendants. Cela l'avait pris sur le moment, il avait voulu réunir toute la famille Faust. Finalement il avait réussi, mais c'était sa soeur la matriarche, la marraine de cette étrange mafia morte-vivante. Il n'allait pas s'en plaindre. Après tout il s'amusait beaucoup plus dans son laboratoire, ou celui de Shahren, que derrière un bureau à coordonner les actions de la Moisson.

"Je lui en parlerais donc. Bien entendu je ne garantis pas qu'elle sera d'accord. Je ne peux pas la forcer. " Et cela passerait forcément par Abby aussi. On n'exhibait pas des morts-vivants sans qu'elle ne soit au courant. Bien entendu il n'y avait aucune raison pour qu'Abigaïl s'oppose à cet examen, mais la nécromancienne était encore plus maniaque du contrôle que son frère jumeau.

"Et bien entendu ma soeur aura son mot à dire. Elle est à la tête de la famille après tout." Même s'ils étaient nés en même temps, à peu près. Elle restait la plus puissante. Anton ne s'en préoccupait pas. Ou plutôt préférait ne pas y penser. Pendant longtemps elle avait été son pion, maintenant elle lui était supérieure par bien des aspects. "Mais oui, j'aime ma soeur, je ne le cacherais pas. Il est difficile pour moi de décrire exactement notre lien. C'est comme si nous étions deux moitiés d'une même personne, séparées à la naissance." Même si ces deux moitiés s'unissaient parfois à nouveau. Mois maintenant qu'Anton avait Shahren et Abigaïl son jouet. "Pour vous dire, notre lien est tel que c'est ce qui m'a permis de revenir parmi les vivants. En tant que fantôme, puis maintenant en tant que vivant. Bien entendu la magie a aidé, mais sans ce lien primordial, cela n'aurait servi à rien."

Ressusciter les gens n'était pas une chose aisée. Toutefois, si une personne pouvait un jour arriver à un tel niveau de maîtrise de la mort, cela serait Abigaïl. Mais redonner la vie était l'inverse de ce que faisait un nécromancien qui avait plus tendance à se nourrir de la mort, à en tirer son énergie magique. Difficile de savoir quelles seraient les conséquences si Abigaïl décidait de jouer les filles de Dieu en ressuscitant tous ceux qu'elle pouvait. Les jumeaux avaient déjà du mal à comprendre les conséquences du retour d'Anton. Pour eux, pour le Dévoreur, pour Méphistophélès, pour le monde entier. Pour Shahren, elles étaient plutôt évidentes toutefois. Et oui, il ne pouvait pas se retenir. Enfin, il ne se débrouillait pas trop mal en publique pour le moment. Il aurait très bien pu lui demander de multiples faveurs depuis le début du repas, ou s'éclipser avec elle dans les toilettes du restaurant. Quoique cela aurait diablement manqué de classe.

Il préférait ronger son frein. "Que dire ? Je plaide coupable. Mais nous pourrons étudier mon incapacité à me tenir un peu plus en profondeur après le repas si vous voulez." Il engouffra un nouveau morceau de viande crue avant de boire une gorgée de vin rouge.

"Et mon cerveau n'est pas sur le menu. Mais merci pour le compliment. Je suis sûr que le vôtre ne ferait que me rendre plus intelligent." Il savait qu'elle adorerait ce compliment. Shahren était l'une des rares femmes qui préférait qu'on parle de son intellect que son physique et le pensait vraiment. De toute façon, il appréciait les deux, ce n'était pas une surprise. "Si vous avez un trou de mémoire, je vous raconterais tout ne vous inquiétez pas. Même si je suis certain que le système de surveillance de votre laboratoire enregistrera tout, non ? Comme ça vous aurez un souvenir pour la postérité." Quoiqu'il n'était pas certain qu'il y ait des caméras à l'intérieur. Mais cela ne l'aurait pas surpris. Peut-être avait-elle même regardé ce qu'il lui avait infligé la dernière fois. Pas le genre d'images à mettre dans toutes les mains.

Il croisa les mains en souriant quand elle commenta une nouvelle fois ses préférences culinaires. Il prenait son temps. Presque intentionnellement. Le but était de voir comment elle se conduisait en société. S'il ne la stressait pas un peu, s'il ne la gênait pas un peu, il lui faciliterait trop les choses. Cela fausserait le résultat de l'expérience. Même si apparemment, une fois son assiette terminée il ne lui restait plus que la bouteille de vin à engloutir.

"Au moins vous savez ce que vous préférez maintenant. Cela facilitera le choix des plats pour la prochaine fois. C'est ainsi que l'on se bâti des préférences et des goûts. Par l'expérimentation. Je n'aurais jamais su que je préférais la viande crue..." ou humaine "si je ne l'avais jamais goûtée. De même que je sais que je préfère être un homme qu'une femme."

Pour dire il avait expérimenté les deux. Même s'il n'avait jamais vraiment eu la psyché d'une femme, seulement le corps. Mais il était certain qu'avec le temps, il se serait féminisé probablement. Le cerveau d'Abigaïl restait essentiellement féminin et cela aurait fini par impacter l'esprit qui s'y trouvait, sur le long terme. A vraie dire, ce qui lui manquait le plus, c'étaient les pouvoirs de sa soeur. Même si certains de ses serviteurs avaient refusé de le servir, la puissance brute à la disposition de la nécromancienne était saisissante. Bien entendu, il y avait beaucoup d'inconvénient à être Abigaïl Faust... Et à être une femme en général. Mais Shahren les énonçait déjà assez bien pour lui. "Vous avez fait un bon choix pour la robe. Après je ne sais pas si généraliser uniquement les différences entre les hommes et les femmes à leur anatomie serait vraiment valable." Même s'il appréciait ce dont il était doté. Jamais il ne s'était essayé à coucher avec un homme quand il était dans le corps d'Abigaïl. L'idée le répugnait, sûrement car il ne trouvait aucune attirance dans le corps d'un homme contrairement à celui d'une femme. Et puis il avait eu la petite Anna. "Mais sûrement auriez-vous été plus distraite que vous ne l'êtes maintenant."

Heureusement qu'il était là pour l'arracher quelques instants à son travail et la faire haleter lorsque c'était nécessaire. "J'aime votre corps aussi, pour des raisons évidentes." Après tout il était à lui, enfin presque à lui... Mais il n'y avait presque pas de différence. Ses pensées lubriques disparurent et son visage s'assombrit alors qu'elle parlait du Dévoreur. Il prit une nouvelle bouchée de viande.

"Être le Dévoreur est... Une sensation particulière. Enivrante. C'est comme si vous vous retrouviez dans le corps d'un grand félin avec seulement des agneaux autour de vous. Mais il y a un inconvénient... La faim." Au moins pouvait-il se considérer comme rassasié maintenant qu'il était en vie, alors qu'avant. "Dans tous les domaines, prenante, envoûtante. C'est comme si elle se saisissait de chaque fibre de mon être, m'obnubilait. Vous n'avez pas idée. Le goût de la chair, le plaisir que j'avais à mordre, à assouvir le moindre de mes désirs." Quand il s'était saisi d'Irina sous sa forme de Dévoreur, quand il l'avait inséminée . Cela avait été un tel moment ! La pauvre petite créature avait été terrorisée et cela avait été un miracle qu'elle ne meurt pas pendant l'acte. Mais même avec les souvenirs confus qu'avait Anton, il se souvenait de ça.

Mais maintenant il n'était qu'un homme. Un génie peut-être, mais ses appétits, même s'ils devaient sembler impressionnants pour Shahren, n'étaient rien comparé à ceux qui l'animaient autrefois. La pauvre n'aurait jamais survécu au Dévoreur. Elle ne l'aurait de toute façon pas apprécié. Anton avait été tellement obnubilé par ses pulsions, par la faim, qu'il avait abandonné toute considération pour la science et ses créations à ce moment de sa vie. Il n'avait été que faim et désir. Dénué de tout masque de civilisation.

Il la laissa goûter sa chair. Enfin, le steak tartare. Ce dernier fut bientôt englouti par Anton alors qu'il parlait de leur futur banquet. "Et bien je crois que nous avons prévu notre prochain dîner. Je devrais pouvoir me renseigner auprès d'Abigaïl pour la viande de mystique, elle ne doit pas être difficile à trouver. Il y a toujours quelques illuminées qui sont convaincus qu'ils peuvent survivre face à nous. Mais j'ai bien qu'elle ne soit quelque peu faisandé. Je m'arrangerais pour en trouver de la fraîche. Nous retrouver avec les pouvoirs de nos plats serait vraiment amusant je pense." Même si finalement, ceux dont ils étaient déjà dotés étaient déjà formidables en soit. Bien que cruellement macabres.

Anton essuya ses lèvres, son assiette vide et se servit à nouveau du vin. La bouteille était presque vide. "Est-ce que vous désirerez un désert ? Je suis toujours partant pour une gâterie, mais je suppose que vous avez déjà été considérablement chamboulée par rapport à vos habitudes."
 
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Message posté : Mer 29 Juil 2015 - 11:43 Message
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Parce que vous vous encombrez de mon accord, maintenant ? plaisanta-t-elle en vidant ce qui devait être son troisième verre de vin.

Peu habituée à l’alcool, ses yeux commençaient à la trahir un peu, elle le sentait. Shahren n’était pas morte saoule pour autant, elle avait juste l’impression d’être légère, plus détendue que d’habitude. Heureusement pour eux, elle semblait avoir l’alcool joyeux.

Vous avez raison, c’est en expérimentant que l’on découvre ce que l’on préfère. Moi par exemple, j’ai commencé en créant des prothèses, puis je me suis découvert une passion pour le cerveau humain en essayant de décrypter la clé des pouvoirs mutants. Mais je n’aurais certainement jamais l’occasion d’essayer d’être un homme. Elle haussa les épaules. Tant pi.

Au fond, elle n’avait émis cette idée que comme ça, sur le coup. Certes, elle était sérieuse mais elle n’allait pas s’imposer un changement de sexe juste pour le plaisir d’essayer. C’était trop trivial, elle avait plus important à faire.

J’aime votre corps aussi. Ce qui est étonnant, puisqu’il est dépourvu de métal…Vous devriez être trop chaud, trop vivant pour moi. Ironique non ? Elle gloussa. Glousser sérieusement ? Il faut croire que je me trompais sur mes goûts. Je devrais expérimenter à plus large échelle…

Elle ne parlait pas spécialement du sexe, même si l’idée lui avait traversé l’esprit. Mais elle ne coucherait pas avec n’importe qui, il fallait soit un cerveau équivalent au sien, soit un morceau d’elle-même. C’était le strict minimum, tout le reste mériterait juste de figurer dans leur banquet de chair humaine.

Je vois… Vous étiez donc insatiable. Ce doit être beau à voir mais affreux à vivre, surtout si l’on vous sert de nourriture.

Pragmatique, comme toujours, Shahren ne s’effrayait pas de la perspective de rencontrer ce monstre. Elle aurait même été assez curieuse, tout en sachant pertinemment qu’elle y aurait laissé la vie… Ce qui ne la gênait pas et ce n’était pas à cause de ses puces. L’idée de mort la gênait uniquement parce qu’elle n’avait aucune certitude concernant ce qu’elle y trouverait après et elle refusait de perdre sa magnifique intelligence pour quelque chose d’aussi trivial qu’un décès.

Ce pourrait être un repas… Amusant ? Vous devriez inviter votre petite fille Sally, je pourrais en profiter pour la rencontrer.

Après tout, si Abigaïl était inclue dans le schéma, autant qu’ils ne se retrouvent pas à seulement trois autour d’une table, une perspective que Shahren n’appréciait pas vraiment. Elle ne savait pas cerner la nécromancienne et le fait qu’elles soient aussi maniaques du contrôle l’une que l’autre n’arrangeait rien. A moins d’un miracle, des tensions allaient subsister entre les deux femmes.

Elle fronça légèrement les sourcils.

Ah, une gâterie, c’est comme cela qu’on dit ? Décidément, vous ne pouvez pas laisser mes orifices en paix plus d’une heure. Elle rit. Un dessert, vraiment ? Je n’y tiens pas plus que cela, je ne suis pas vraiment branchée sucré… Et je n’en prends jamais. Mais bon, si vous tenez à me faire découvrir une nouvelle chose, pourquoi pas. Tenez, je vais les choisir pour nous.

Une idée qui avait l’air de particulièrement l’amuser alors même qu’elle n’y connaissait rien. La serveuse revint avec la carte des desserts et Shahren s’y pencha. Du très classique, des glaces, des petites pâtisseries, mousse au chocolat, tiramisu, sorbets, Shahren hésita un moment puis finalement choisi au hasard en fonction du nom qui sonnait le mieux dans sa tête.

Mmmh… Une mousse au chocolat et euh… Vous n’avez pas un dessert à la viande crue ?

La serveuse la regarda comme si elle débarquait d’une autre planète.

Je ne crois pas madame, bredouilla-t-elle.
Bon et bien ajoutez un peu de chacune de vos glaces, comme ça on goûtera.
Bien. Un café ?
Non, il me reste du vin.

Elle s’éloigna après avoir repris les menus et noté ce qu’Anton prendrait en boisson. Ils arrivaient au bout de la bouteille, autant ne pas gâcher.

Vous voyez, j’aurais essayé… Vous pensez que la viande crue avec du sucre pourrait bien passer ? La voilà qui inventait des desserts bizarres. Il faudra goûter.

Les desserts arrivèrent et la serveuse les posa au milieu de la table. La coupe de mousse au chocolat était assez imposante et surmontée de crème fraiche, quant à la coupe de glace, elle n’avait rien à lui envier. Il y avait au moins sept ou huit boules, toutes de couleur différente. Cuiller en main, la scientifique hésitait visiblement entre les deux et le dilemme semblait ardu…
 
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Message posté : Mer 29 Juil 2015 - 19:08 Message
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Son accord n'importait pas... Pas vraiment. En fait non. Il n'avait aucune idée de l'importance qu'il accordait à ce que pensait Shahren de leur relation, de ses jeux pervers et de ce qui pourrait finalement se rattacher à du viol. Elle n'avait aucune gêne vis à vis de la chose, elle voyait plus les actes du nécromancienne comme des distractions plutôt que des offenses ou des crimes. Peut-être était-ce pour cela qu'il l'appréciait tant. S'il l'avait voulu, il aurait pu se sectionner la main sous la table avec un simple sortilège et la laisser courir jusqu'à l'entrejambe de Shahren. Il aurait même pu laisser Irina se glisser sous la table et s'en occuper elle-même. Il se serait contenté d'observer, en souriant, Shahren lutter. Comme la dernière fois lorsqu'ils étaient dans le laboratoire finalement.

Mais n'allait-il pas finir par la laisser ? Ou plutôt par la briser ? Pas mentalement, plutôt physiquement d'ailleurs. Le sérum de régénération avait été nécessaire la dernière fois et s'il savait se faire plus tendre, il avait toujours ces appétits. Non, il se retiendrait s'il le fallait, pendant un temps. Pour éviter d'accélérer le trépas de la scientifique.

"Voyons, si ce n'est qu'un organe qui vous manque c'est vite réglé." Lâcha-t-il avec un sourire entendu. "Je pourrais vous armer et même vous prêter Irina si vous le désirez !" Il pourrait même lui prêter la sienne, sous la promesse qu'elle lui la rende, après tout Anton y tenait. Est-ce que les images qui défilaient dans son esprit lui plaisaient ? Comment aurait-il pu en être autrement de toute façon. Même si au souvenir de ce qu'elle avait fait avec l'éthéréum, il devrait se méfier de ce que pourrait tenter Shahren une fois dotée d'un tel membre. Il ne voudrait pas avoir à se montrer violent avec elle. Pas plus que de nécessaire en tout cas.

Mais il ne se faisait pas de fausses idées. Si jamais ils se trouvaient dans son laboratoire, elle aurait l'avantage avec tout le métal aux environs. Non, il devrait faire attention. Heureusement qu'elle prenait plus soin à contenter ses désirs que lui à prendre en considération les siens. Quoiqu'il considérait sûrement les devancer avant même qu'elle ne les formule.

"Beaucoup sont ceux qui ont connu une fin horrible sous mes crocs. Certains ont subi des assauts bien plus cruels. Pauvre Irina, vous auriez dû voir dans quel état elle était de son vivant. Heureusement que vous êtes une femme beaucoup moins impressionnable." Quoique l'infirmière mort-vivant ne pouvait plus se plaindre de toute façon. Elle était son jouet. Et dire qu'elle avait portée une petite horreur dans son ventre avant qu'Abby ne la lui arrache sauvagement.

Enfin apparemment le Dévoreur allait reprendre du service aux côtés de Shahren. Sauf que cette fois-ci, ses plats seraient un peu plus raffinés et préparés avec soin. Peut-être devraient-ils carrément engager un cuisinier. Anton venait d'une époque où un homme n'avait pas besoin d'apprendre à faire la cuisine aussi ne s'y était-il jamais consacré. Et ce n'était pas auprès de sa soeur qu'il allait apprendre de toute façon. Quant à Shahren... Il ne préférait même pas l'imaginer en train d'essayer de cuisiner. Après ce qu'elle lui avait raconté sur ses habitudes culinaires, cela serait une catastrophe.

"Je ne sais pas si Sally se joindrait à nous, mais je lui en parlerais. En tant que mort-vivante elle devrait avoir développé un goût plus développé pour la viande et en particulier celle des humains. Mais j'ai bien peur qu'elle ne cherche à s'attacher désespérément à son humanité."

Chose qui n'amenait jamais rien de bon. L'humanité d'Abigaïl l'avait fait stagner. Ce n'était que quand elle avait accepté la monstruosité de son frère, ses propres ténèbres qu'elle avait avancé, qu'elle l'avait dépassé. Anton faisait de même, se complaisant dans la monstruosité qu'il était devenu, qu'il redevenait. Vouloir rester humain c'était renier sa puissance pour des codes moraux arbitraires.

Et Anton n'avait aucune morale. Enfin, pas beaucoup. Il sourit en voyant que Shahren avait compris son allusion. Même si elle ne fit que la commenter sans véritablement la mettre en pratique. Quel dommage ! Il aurait bien aimer la voire passer sous la nappe, cela aurait été un changement de situation plutôt amusant. Après tout, c'était lui qui avait plus tendance à lancer les hostilités, face aux provocations de la scientifique bien entendu. Même si elle ne se rendait pas compte de ce qu'elle faisait en général. Ah, il se sentait presque comme un violeur accompagné d'une victime atteinte du syndrome de Stockholm. Oui, Anton révisait ses termes de psychologie aussi.

"Je ne laisserais jamais vos orifices en paix. Mais il y a des façon plus amusantes que d'autres de les utiliser. Je dois dire que simplement vous nourrir pour le moment m'a quelque peu laissé sur ma faim, si je peux me permettre ce jeu de mot." Une gâterie n'aurait pas été de refus dès lors, mais pas forcément de celles que la scientifique allait commander.

D'ailleurs il fut plutôt agréablement surpris de la voir prendre le menu et choisir les desserts. Se serait-elle prise au jeu ? Ou bien n'était-ce que l'alcool qui la faisait agir ainsi ? Car il voyait bien que les verres de vins l'influençaient beaucoup plus qu'ils ne l'influençaient lui. Après tout il avait un foie particulièrement entraîné et en bonne santé. En fait, si jamais il en ressentait le besoin, il pouvait même s'en greffer d'autres pour éviter des complications lors de ses soirées de beuveries. Mais cela donnait envie au nécromancien de voir jusqu'où pouvait aller la scientifique, jusqu'à quel point d'ébriété elle pouvait se rendre sans révéler leurs projets à tout le monde ou bien commettre une quelconque faute sociale.

"Je prendrais un café pour ma part." Il laissait ainsi à Shahren le reste de la bouteille. Mais s'il se montrait raisonnable, une part de lui était en train de hurler. La part la plus sombre aurait bien commandé une nouvelle bouteille de vin. Aurait fait boire Shahren, encore et encore, jusqu'à ce qu'elle ne devienne plus qu'une petite marionnette incapable de se défendre. Puis il aurait filmé tous les immondices qu'il lui aurait fait subir et se serait assuré qu'Adam soit le premier à les visionner par la suite. Oui, c'est ce qu'il aurait fait s'il laissait libre court à la noirceur et la folie qui sommeillaient en lui. Mais pour le moment, c'était le gentleman qui avait les commandes, tant mieux pour Shahren.

Même si le gentleman en question se trouvait face à des desserts colossaux. Alors qu'il savait très bien qu'il n'avait pas l'estomac nécessaire pour les engloutir et il doutait qu'il en fut différemment pour Shahren. Surtout qu'elle avait l'air plutôt amoureuse de son fond de bouteille de vin.

Peut-être aurait-il dû la faire boire dans le confort de son laboratoire avant. Mais non, la tête de la serveuse était bien trop amusante pour qu'il se prive d'un tel spectacle. Clairement la jeune femme avait peur de ces deux étranges individus. Il y avait de quoi.

"Honnêtement, même si j'ai un palais à toute épreuve, je préfère ne pas essayer. Pas tout de suite en tout cas." Est-ce que de la viande sucrée pourrait être bonne ? A ses yeux cela gâcherait surtout le goût de la viande fraîche, le goût du sang. Sa cuillère plongea dans la mousse au chocolat. C'était bon, mais définitivement pas ce qu'il préférait. Quitte à la manger, il aurait aimer la saisir de sa langue sur un support plus attrayant qu'une simple coupe bien évidemment.

"Pourquoi ce soudain désir de nous gaver de desserts ? J'aurais plus pensé que vous voudriez une autre bouteille de vin, vous semblez en apprécier le goût en tout cas." La glace était bonne aussi. Etait-elle en train de tester ses capacités de Dévoreur ?

"Vous hésitez. Mélangez les deux." Anton préleva de la glace et de la mousse dans sa cuillère pour la tendre à Shahren. Décidemment, il lui donnait la becquée avec une régularité effrayante ce soir. Pas qu'il s'en plaigne. Après tout c'était son expérimentation, lui qui menait les choses. Il lui aurait mis un bavoir s'il l'avait fallu. En tout cas il était amusant de la voir se plonger dans les desserts, ou au moins essayer, alors qu'elle s'était plainte de la durée du repas. Avait-elle peur de ce qui allait suivre ? Ce serait surprenant.
 
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