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Staff Training

 
Jeu 16 Juil 2015 - 11:59 Message

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***

16 juillet 2015

Le grand talent de Leila Chakir était de saisir les opportunités qui eussent paru aux autres les plus indifférentes. C’était l’été. Comme à l’ordinaire, l’actualité s’était ralenti. Bientôt, ce serait le mois d’août, le Congrès et le Sénat cesseraient de siéger, les articles politiques perdraient de leur force et, pour la Nouvelle Aube, un autre rédacteur en chef y aurait vu une période de vacances, un temps de mer calme, où il aurait fallu patienter en attendant le retour du vent.

Leila, elle, ne répugnait pas aux petits sujets. Elle savait que la mission du journal pouvait être tout aussi bien remplie par des articles sans importance que par les grands reportages engagés. Depuis que Noctis l’avait libérée et lui avait confiée la direction de la Nouvelle Aube, Leila n’était plus journaliste : elle était politicienne. Et elle savait la force d’un article sur les vacances gâchées d’une petite fille mutante que les colonies refusaient d’accepter. Aucun fond, que des larmes. Mais les larmes étaient efficaces.

C’était ce qu’elle expliquait, cette nuit-là, à Lee. Comme souvent, le propriétaire du journal était venu après tous les autres, quand les locaux étaient vides ou presque. On l’apercevait, parfois, en plein jour, traverser les bureaux de la rédaction. Les mieux informés savaient qu’il les possédait, ils savaient qu’il avait fondé le journal, mais cette idée paraissait si improbable aux autres, quand ils considéraient les traits juvéniles de l’Asiatique et sa présence fantomatique, qu’ils la repoussaient pour la plupart comme une affabulation. Toutes sortes d’autres hypothèses couraient à son sujet : c’était le neveu adoptif de Leila, ou bien un amant plus jeune qu’elle, ou bien un informateur.

Ce soir-là, la rédaction était presque déserte. En traversant les bureaux, Lee n’avait pas paru prêter la moindre attention à l’employé — ou le stagiaire, il ne savait pas trop — qui travaillait sur un ordinateur. Il n’avait même pas posé de questions à Leila à son sujet. Elle était libre d’engager qui elle le souhaitait. Lui se contentait, parfois, de placer un fidèle de la Nova, quand les circonstances l’exigeaient mais, pour l’essentiel, il avait une grande confiance dans les décisions de sa collaboratrice.

Leur entretien, ce jour-là, dura plus de deux heures et puis Lee, finalement, se leva et quitta le bureau, tandis que Leila se penchait sur les derniers dépêches. Quelle heure était-il ? Onze heures, peut-être minuit passé. Les rues des quartiers du centre étaient encore parcourues par bien des passants et, dans les grands immeubles, les fenêtres de bureau n’étaient pas rares à être encore éclairées. Lee longea les postes de travail, finit par tirer une chaise roulante et s’assit à côté de Dylan.

Il jeta un coup d’œil à son écran.

— J’ai entendu que notre nouvelle application sortirait bientôt.

Pour tablette. La Nouvelle Aube ciblait particulièrement les jeunes adultes et Leila avait eu à cœur de rendre le journal disponible et ergonomique sur tous les supports modernes. La nouvelle application était la grande tâche qu’elle avait confiée à Dylan.

— Leila a l’air de penser que ce sera un succès.

Personne n’appelait Leila Chakir par son prénom, au sein de la rédaction.

— Je vois qu’elle vous fait travailler tard.

Lee parlait peu, d’ordinaire, aux journalistes de la Nouvelle Aube. Ce n’était pas une marque de désintérêt mais plutôt de prudence. Dans une certaine mesure, il fallait tenir les activités du journal et de la Nova séparées, pour que le premier ne fût pas victime de la réputation de la seconde. Rares étaient les membres de la Nova à savoir que la Nouvelle Aube leur était acquise et l’inverse était plus vrai encore. Par stratégie, il arrivait même à Leila de commander un article condamnant les actions du groupe révolutionnaire.

— Vous vous appelez Dylan, c’est ça ?

C’était moins une question qu’une affirmation. Lee avait cueilli ce nom à même l’esprit de l’adolescent qui lui faisait face.

D’une voix songeuse, il remarqua :

— Vous devez être sacrément doué pour que Leila vous ait embauché aussi jeune. D’ordinaire, elle est plutôt difficile dans le choix des employés.

Quand on considérait que le propriétaire du journal dépassait à peine la vingtaine, c’était l’hôpital qui se moquait de la charité.

— Vous êtes humain, c’est ça ?

Cette question qu’on aurait posé dans nulle autre rédaction ou presque était cruciale dans un journal pro-méta comme la Nouvelle Aube. Dans l’équipe, les humains, au sens où l’entendait Noctis, les non-méta, se comptaient sur les doigts d’une seule main.

L’Asiatique, qui avait promené les yeux un peu partout sur le bureau de Dylan, finit par relever son regard noir et perçant vers le jeune homme.

— Ça ne vous pose pas trop de difficultés ? Vous n’avez pas du mal à vous intégrer avec les autres ? Je sais que certains sont parfois un peu… sectaires.

Ben voyons.
 
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Jeu 16 Juil 2015 - 16:08 Message

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Pour certains, vacances étaient synonyme de soleil, plage, mer, amusement, et tout autre chose qui pouvait se faire en plein air. Star City était incroyablement bien situé pour ce genre d'activités. L'Océan Atlantique était à portée, des fleuves se jetaient dans la ville. La métropole savait bien exploiter ce côté-là. Fêtes en bord de mer, Yachts, Aquatoria, et j'en passe. Tant d'occupations et pourtant rien ne me tentait. Mis à part être cloîtré à l'intérieur, je ne faisais rien de mon temps libre. Mais qu'est-ce qu'il y avait à faire en même temps ? Pour moi, pas grand chose. Si ce n'était travailler. Voilà ce dont les vacances sont synonymes pour moi. Depuis que j'avais obtenu ce job à la Nouvelle Aube, ce qui était plutôt récent, je ne pouvais plus glander pendant des journées entières. Habituellement, je travaillais à la maison ce qui était beaucoup plus facile pour moi. Mais ça, c'était en période scolaire. Les cours me forçaient à bosser le soir à domicile même s'il arrivait que je me rende aux bureaux. Cette fois, je ne pouvais pas y échapper. Il n'y avait plus de cours et j'étais bien obligé de travailler dans les locaux. Du moins, un certain quota d'heures, puisque le reste, je pouvais le faire chez moi. Tout ce qui importait était les résultats. Tant qu'ils étaient là, je pouvais le faire à ma manière. Enfin, en restant dans les limites qu'on m'avait fixées. Je ne pouvais pas non plus désobéir à ma directrice, Mme. Chakir.

Ces derniers temps, on m'avait confié la tâche de mettre au point l'application du journal pour iPad. Une grande avancée nécessaire puisque cette technologie s’immisçait de plus en plus dans la vie de tous les jours. Il était courant que les foyers possèdent au moins une tablette, il était logique que la Nouvelle Aube s'importe sur ce terrain pour toucher plus de personnes et surtout plus de jeunes. La vente d'iPad subissait une hausse exponentielle de ce que j'avais vu sur le marché. Les dirigeants du journal avaient dû le remarquer, ce qui expliquait pourquoi on m'avait assigné cette tâche. Un lourd fardeau pour les épaules d'un jeune homme comme moi. Du point de vue extérieur bien évidemment. Sinon, c'était un jeu d'enfant. Avec ce qu'on nous apprenait à l'HIT et les connaissances personnelles que j'avais pu acquérir sur Internet, c'était aisé de mettre au point une application de la sorte. Et puis cela me permettait de rajouter des fonctionnalités qui ne peuvent être présentes habituellement. Les tablettes possèdent bien de nombreuses options, comme le fait d'être tactile ou encore le changement d'orientation lorsqu'on tourne l'iPad. De cette manière, je pouvais rendre le journal beaucoup plus dynamique et intuitif.

Ce n'était qu'une question de jours avant de l'application soit totalement finie. La date de lancement approchait elle aussi, mais je serais dans les temps. Il ne me restait plus que quelques détails à régler, puis de le présenter à Mme. Chakir pour avoir des retours et modifier si besoin est avant le jour J. Tout était ergonome et adaptatif, il ne me restait les derniers préparatifs à mettre en place notamment le design. Après tout, j'étais aussi en partie graphiste et pas seulement développeur. On m'avait tout de même donné une base d'interface sur papier. Je devais la retranscrire et je pouvais la modifier s'il y avait besoin. Le backend était opérationnelle, il restait plus qu'à finaliser le frontend : ce que l'utilisateur verra.
Cette fois, je n'avais pas le choix. En plus des horaires obligatoires dans les bureaux, je n'avais pas de iPad chez moi. J'étais obligé de travailler ici pour pouvoir tester l'application et être ainsi plus efficace. Casque sur la tête, musique à fond, je me concentrais sur ma tâche et seulement elle. J'avais remarqué être plus performant avec un fond sonore. Et de cette façon, je n'étais pas obligé d'entendre toutes les discussions, si on avait besoin de me parler, il suffisait de venir me voir. J'étais si bien concentré par ce que je faisais que je ne vis pas le temps passer. Obnubilé par la réussite, je voulais que tout parfait. J'étais si minutieux, je n'avais pas envie d'échouer. On m'avait confié cette responsabilité, malgré mon jeune âge, alors je n'avais pas le droit d'abandonner ou de proposer un produit buggé et non-performant. J'y étais presque, il ne restait que quelques lignes de code à rentrer pour attendre cet objectif. C'est à ce moment-là que je sentis quelque chose au-dessus de mon épaule. Comme une présence, et j'entendais comme un murmure.

    « Wow ! » Criais-je en sursautant, faisant tomber mon casque par terre. « Ça va pas la tête de surprendre les gens comme ça ! C'est comme ça qu'on t'a appris à dire bonjour ? » Je me baissais pour ramasser le casque, avant de reprendre : « Ouais, l'application du journal pour iPad est presque finie. Je pense la proposer demain s'il n'y a aucun souci. »


Oui, parce que maintenant que j'avais été distrait, j'avais perdu le fil. Je devais retrouver à quelle ligne de code j'en étais, ce qui impliquait de survoler les milliers qu'il y avait. Une perte de temps qui aurait pu être évité, mais c'était les aléas du métier. Et puis d'abord, qui était-il ? Il semblait guère plus vieux que moi, de ce fait, je l'avais automatiquement tutoyé. Il avait une apparence encore plus fragile que la mienne, surtout qu'il était bien plus petit. Je ne me souvenais pas l'avoir déjà croisé dans les locaux de la Nouvelle Aube. Un nouveau peut-être ? Ou alors il travaillait ici depuis un moment, je n'avais simplement jamais eu l'occasion de le voir. Ce qui semblait logique puisque je ne passais pas tellement de temps ici comme la plupart des employés, ce n'était que du temps partiel après tout.
Il m'intrigua tout de même. Leila ? Venait-il d'appeler la patronne par son prénom ? C'était bien la première personne que j'entendais référer à elle de cette façon. Est-ce qu'il la connaissait ? Il fallait être assez proche d'elle pour utiliser son prénom. Il souleva néanmoins un fait intéressant. Je me levais quelques instants pour regarder la fenêtre, découvrant avec stupéfaction qu'il faisait déjà nuit. Je me ruais sur mon téléphone pour vérifier l'heure, il était quasiment minuit. Quel imbécile...Je n'avais même pas vu le temps passer. Ce n'était pas du tout la faute de ma patronne, j'aurais dû partir il y a bien longtemps.

    « Mme. Chakir a raison. Cette application va permettre de toucher un plus grand public, la Nouvelle Aube va gagner en importance avec cela. Et puis cela va plaire aux gens, le côté tactile offre un certain plaisir et de la simplicité. La population pourra accéder avec plus de facilités aux articles et plus rapidement. » Mes yeux se rivèrent sur l'ordinateur, je lançais la sauvegarde des fichiers avant de reprendre ma conversation avec l'inconnu. « D'habitude, je ne travaille pas aussi tard, mais avec le casque, j'étais dans mon petit monde. Je n'avais même pas remarqué qu'il faisait nuit. Mais bon, l'application est quasiment finie alors ça en vaut la peine non ? »


Un petit son de confirmation m'avertit que la sauvegarde était terminée. J'éteignais l'ordinateur après avoir débranché mon disque dur et l'avoir rangé dans mon sac à bandoulière. Je pourrais finir de travailler dessus chez moi, il n'y avait plus besoin de tester puisque tout était fonctionnel. Avec cette application, je me ferais sûrement un nom dans le domaine. Si je commençais déjà à obtenir de la renommée, quand je serais adulte, je pourrais choisir mon chemin parmi une multitude de voies. Qu'est-ce que ça sera après l'HIT ? USNet ? Qui sait, si je me faisais déjà remarquer grâce à cette application, cela pourrait m'en ouvrir la porte. Je souris rien qu'à y penser.
L'inconnue, quant à lui, était toujours à mes côtés. Il connaissait apparemment mon nom. Peut-être avait-il lu mon dossier ? Ou alors tout simplement le badge que je portais, ça semblait logique. Quoique, il était retourné. Quel idiot, je l'avais encore mis à l'envers. Je m’attelais à le remettre en place, tandis que l'homme me bombarda de question. Je n'eus pas le temps de répondre qu'il enchaînait les interrogations. La plus perturbante restait celle sur mes origines. Pourquoi me demandait-il si j'étais humain ? Après tout, ce n'était pas comme si je travaillais dans une société pro-méta. Il me rappela au combien j'étais normal et si fier de l'être. Si seulement j'avais pu naître dans une famille de mutants...Je n'avais pas eu cette chance, mais d'un autre côté, je ne pouvais pas blâmer mes parents qui étaient tout pour moi.

    « Yup, je m'appelle Dylan. Je suis passionné d'informatique depuis tout petit, j'étudie à l'HIT. J'imagine qu'elle a vu en moi du talent et une opportunité. J'avais déjà fait plusieurs travaux en étant au lycée, ça a été suffisant pour me faire entrer ici. Sinon effectivement, je suis qu'un simple humain, ça se voit tant que cela ? Mais ça n'influence en rien mon travail, je ne me sens pas spécialement exclu par les autres. À vrai dire, c'est plutôt moi qui ai tendance à m'isoler, d'habitude je bosse chez moi. Et puis si j'ai été embauché, c'est aussi parce que je soutiens les intentions du journal et son point de vue sur les mutants. Je pourrais être qualifié de pro-héros, mutant, enfin, tu vois le genre. J'espère que ce n'est pas un problème si je te tutoies d'ailleurs ? Tu ne sembles pas beaucoup plus vieux que moi, je trouverais bizarre de vouvoyer quelqu'un dans ma tranche d'âge. Mais bon, tu as quand même appelé la patronne par son prénom. Tu la connais personnellement ? Au fait, je ne t'ai pas demandé...Tu t'appelles comment ? »


C'est vrai ça, il connaissait mon prénom, mais le sien m'était totalement inconnu. En attendant, je finissais de ranger mes affaires pour débarrasser le bureau. Mes parents devaient se faire un sang d'encre à l'heure qu'il était. Il faut dire que j'étais tout sauf du genre à sortir le soir. Pour le moment, ma mère ne m'avait pas encore bombardé d'appels, ce qui ne serait tarder. Mais d'abord, j'étais curieux de savoir à qui j'avais à faire.
 
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Jeu 16 Juil 2015 - 17:42 Message

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Quand Dylan sursauta de surprise, Lee ne cilla pas. C’était une réaction qu’il était à peine capable de concevoir. Lui savait où était Leila, savait où était Dylan, et les femmes de ménage aux étages en dessous, et les avocats qui travaillaient tard sur un gros dossier à l’étage du dessus. Il les sentait dans son esprit, comme il sentait les murs, les objets, tout à portée de pensée. La surprise se présentait toujours, pour lui, bien différemment ce qu’elle était pour le commun des mortels.

En silence, il suivit les préparatifs de Dylan du regard. Aussitôt, le développeur adopta avec lui un ton familier mais Lee ne s’en formalisa pas. Les civilités auraient été des formalités superflues qui l’auraient tenu éloigné de ce qui l’intéressait vraiment : cet humain qui venait travailler là, dans le repère des pro-métas. Depuis la mort de Charlie Lane, la célèbre avocate qui avait été son amie la plus proche, Lee ne côtoyait presque plus d’humains. Jamais il n’avait vécu plus séparé du monde qu’il entendait renverser.

Les explications ne tardèrent pas à pleuvoir. Les mains enfoncées dans les poches, les yeux posés sur Dylan, comme s’il mesurait le moindre de ses gestes, Lee écouta silencieusement sa présentation. Il y eut quelques secondes de silence, après, et il finit par murmurer :

— Lee. Je m’appelle Lee.

Pas très original mais c’était le seul nom asiatique qui lui était venu à l’esprit, lors de sa dernière réincarnation, quand il avait découvert ses nouveaux traits et, depuis, il s’y était attaché.

— Viens, je t’accompagne dehors. C’est dangereux, la nuit, seul, Star City.

Bon, quand on le regardait, lui, on ne sentait pas spécialement plus en sécurité. Il se tourna néanmoins vers l’ascenseur.

— Leila est une amie. Quand elle a voulu fonder le journal, je n’ai pas hésité à financer.

C’était un mensonge — et Lee mentait comme il respirait. Il n’avait connu Leila qu’après avoir décidé de fonder La Nouvelle Aube et leur amitié, si toutefois leur étroite collaboration pouvait porter ce nom, n’était venue que plusieurs mois après. Mais Chakir et lui avaient reconstruit la vérité, une fois de retour aux États-Unis : elle avait été libérée grâce à ses propres relations de la prison où on l’avait tenue, elle avait décidé de fonder un journal et elle avait trouvé elle-même des investisseurs.

— Disons que je suis le proprio. Mais c’est elle qui gère la boutique, vraiment. Je ne fais que passer, de temps en temps. Les relations publiques, ça n’est pas trop mon domaine.

Comme souvent, les réponses de Lee n’avaient rien d’innocentes. En annonçant d’entrée de jeu qu’il était le propriétaire du journal, il cherchait à mettre Dylan mal à l’aise. La manipulation était chez lui une seconde nature et il savait pertinemment que lorsque ses interlocuteurs avaient l’impression d’avoir commis une maladresse sociale, ils se révélaient beaucoup plus facilement.

Ils entrèrent dans l’ascenseur et la cabine se mit aussitôt à descendre les nombreux étages qui les séparaient de la rue. Sans sac à dos, sans blouson, Lee ne paraissait pas avoir sur lui ni clés, ni portefeuille, ni papier d’identité. Et de toute évidence, ça ne l’inquiétait pas.

— J’avais un ami qui étudiait au HIT, jadis.

Les portes de l’ascenseur s’ouvrirent sur le grand hall de l’immeuble. Le jour, les réceptionnistes guidaient là les visiteurs vers les différentes firmes qui occupaient les étages. La nuit, il n’y avait que le gardien qui surveillait les écrans, tandis que deux autres, là-haut, devaient faire leur ronde. En passant devant lui, Lee adressa un signe de tête à l’homme.

— Il voulait concevoir des super-armures pour les héros, des armes, ce genre de choses. Une vocation intéressante. Mais les médias, c’est bien aussi. Alors, comme ça…

Ils passèrent les grandes portes vitrées qui donnaient sur la rue et une bouffée d’air chaud, malgré la nuit, arriva à eux, alors qu’ils quittaient le havre climatisé de l’immeuble. L’été régnait sur Star City et la ville ne devait son atmosphère supportable qu’à la proximité de l’océan. Dans la rue, si ce n’était pas la même foule que le jour, si l’on pouvait marcher sur les larges trottoirs sans être bousculé, il y avait encore de nombreux passants.

— … tu travailles à la Nouvelle Aube par conviction ? C’est bien, on a besoin de jeunes politisés. Surtout chez les humains. Histoire de pas faire trop sectaire, justement.

Ce qui sous-entendait qu’humain, lui, il ne l’était pas.

— D’un autre côté, si tu parles pas aux collègues, ça perd de sa force…

C’aurait pu être un reproche mais il l’avait dit avec un demi-sourire.

— Quand j’étais plus jeune, j’étais comme toi, cela dit. Caché derrière mon écran, réfugié dans mon atelier, sans vraiment parler aux gens. Je veux dire, je sortais, des fois, le soir, tu vois, mais ce n’est pas pareil.

Des sorties mouvementées et sulfureuses qui avaient fait les choux gras de la presse à scandales quand elle avait découvert les pratiques atypiques du jeune Neutron-Grey.

— Mais les autres journalistes sont un peu plus vieux que toi, ça aide pas. Si tu veux, je connais un club mutant, avec pas mal de jeunes. Pas loin d’ici. Pas très loin d’ici, en tout cas. C’est pas exactement, totalement légal, disons un peu underground, voilà, mais c’est sympa. Tu fais quoi ce soir ?

Et à la manière dont le propriétaire de la Nouvelle Aube scrutait son interlocuteur à chaque question, il était difficile de ne pas se dire que ce petit interrogatoire était une sorte de test.
 
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Ven 17 Juil 2015 - 0:21 Message

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Lee. Prénom assez répandu dans la communauté asiatique. Dès lors qu'il se présenta, cela me rappela les nombreux acteurs ayant le même prénom que lui. La plupart jouant dans des films de Kung-Fu, c'était là le cliché que l'Occident avait cultivé en assimilant les arts martiaux à l'Asie. Du coup, je m'imaginais toute une scène dans ma tête quand il proposa de m'accompagner à l'extérieur. Finalement, peut-être qu'il n'échappait pas au stéréotype. Je ne devais pas non plus oublier toutes ces questions liées au fait que je n'étais qu'un Humain. Et si ce n'était pas son cas ? Après tout, on était dans un journal pro-méta. Beaucoup d'employés en étaient, j'étais même un des rares à ne pas l'être. Au fond de moi, je le vivais assez mal, mais je ne pouvais blâmer personne. Ainsi était la vie, je n'avais pas eu la chance de venir au Monde avec des dons. Je devais faire avec. Et puis cela ne faisait pas tout, il y avait bien des super-héros sans capacités seulement du talent - et parfois de l'argent -.

    « Merci de me raccompagner. C'est vrai que Star City n'est pas sûre la nuit, surtout quand on est qu'un humain ahah. »


Par conséquent, nous prîmes la direction de l'ascenseur. Tant mieux s'il faisait le chemin avec moi, même s'il n'avait pas forcément l'air impressionnant cela me rassurait de ne pas être seul. Lee appuya sur le bouton de la machine, et le temps qu'elle arrive, il continua de parler. Puis vint la révélation. L'information eut du mal à être traitée par mon cerveau. J'avais entendu les mots, mais j'avais du mal à y croire. Il me fallut quelques secondes pour réellement comprendre ce qu'il avait dit. Le propriétaire de la Nouvelle Aube ? Et moi qui le tutoyais depuis tout à l'heure et lui parlais comme s'il était quelqu'un de familier... Intérieurement, je mourrais d'envie de me cogner la tête contre le mur, mais je réussis à garder en partie mes émotions renfermées. Néanmoins, un sourire forcé me trompa. En plus, il devait avoir une fortune pour financer tout ceci. Pourtant, il n'était guère plus vieux que moi. Est-ce que ça venait de lui-même, ou de sa famille ? Il était clair à présent que nous n'appartenions pas à la même caste, mais ce n'était pas pour autant que nous ne pouvions pas parler et s'entendre.
Un long silence s'installa jusqu'au départ de l’ascenseur. L'Asiatique le rompit en évoquant un ami à lui qui avait aussi étudié à l'HIT. Il ne devait être que de quelques promotions avant moi, peut-être que j'avais même eu l'occasion de le croiser. Malheureusement, il ne révéla pas son nom, impossible pour moi de savoir si j'avais eu vent de lui. Cependant, il me fit part des projets qu'il avait. Super-armures, armes, autres outils pour héros. Ce n'était pas si différent de ce dont je voulais faire. Mais mon travail actuel pouvait porter à confusion.

    « À vrai dire, j'aimerais faire des choses semblables. Pas forcément des armures ou des armes. Je suis spécialisé en informatique et en intelligence artificielle. Je touche un peu aux nanotechnologies. Le fait que je sois à la Nouvelle Aube aujourd'hui n'a rien à voir avec mon ambition. Juste que comme tu le dis, c'est par conviction et que j'adore programmer. »


Toutes ces allusions à ma nature humaine et à la possibilité que je sois rejeté ou que l'entreprise soit « sectaire » commençaient à me perturber. Où voulait-il en venir avec tout cela ? Je ne comprenais pas vraiment, et je restais perplexe face à ses propos. Il marqua un point pour mon asociabilité, même si cela ne se voulait pas critique négative au vu du sourire qu'il affichait. Ma mère me disait aussi que je ferais mieux de me sociabiliser un peu et de parler avec mes collègues. Qui sait, je pourrais faire des rencontres intéressantes, si j'y mettais du mien.
Nous étions maintenant au pied de l'immeuble, dans la nuit et la chaleur encore étouffante malgré l'heure tardive. Lee m'avoua avoir été comme moi dans le passé, quand il était plus jeune. Pourtant, il ne semblait pas si vieux que cela. Mais il avait raison. Je devais briser cette barrière que j'avais placée entre le monde et moi si je voulais réellement avancer.

Qu'est-ce qui allait se passer à présent ? On était dehors, est-ce qu'on se séparait ici ? Est-ce qu'il me ramenait jusqu'à chez-moi pour être sûr qu'il ne m'arrive rien ? Même si cela pouvait sembler bizarre de se faire ramener par son « boss ». Depuis qu'il avait avoué être le propriétaire, il y avait un certain malaise de ma part. Je n'arrivais plus à me détacher cette idée. Au lieu de le voir comme le frêle inconnu, je voyais à la place le grand patron. Bien qu'il ait précisé ne rien gérer, il n'en était pas moins le détenteur de la Nouvelle Aube. Pour couronner le tout, il me proposa de sortir. Il était minuit, qu'est-ce que je pourrais faire aussi tard ? Rien. Rentrer chez moi et dormir. Ou alors le suivre dans son club underground, pas très légal. Savait-il que j'étais mineur ? Je n'avais pas envie de partir avec lui pour au final me faire refouler à l'entrée. D'un autre côté...Je n'étais jamais allé dans ce genre d'endroit. C'était peut-être l'occasion de dépasser mes angoisses. Et puis j'avais bien mérité de faire la fête, j'avais travaillé toute la journée et fini - à quelques lignes de codes près - l'application. Le pour et le contre avaient été pesé. J'étais décidé.

    « Je te préviens, je suis jamais sorti. Mais cela va me faire du bien de m'éclater un peu et rencontrer de nouvelles personnes. Est-ce que ça pose problème si je n'ai que dix-huit ans ? On ne va pas me refouler à l'entrée de ton club ? Si c'est bon, on peut y aller. »


Glissant ma main dans ma poche arrière, j'attrapais mon téléphone. Ma mère devait avoir fini son service à l'hôpital et n'allait pas tarder à rentrer. Je préférais la prévenir que je risquais de ne pas encore rentrer et qu'elle ne devait pas s'inquiéter. Elle sera sûrement très heureuse à la vue de ce message, pour une fois que son fils sort.
Aussitôt fait, je le rangeais au même endroit. Je fixais à présent Lee. Pour le problème de l'âge, une carte d'identité pouvait toujours se falsifier. Je préférais tout de même être sûr qu'il n'y ait pas de complications à cause de ça. Mais de toute façon si ce club n'était pas très légal, peut-être n'y avait-il aucune vérification de faite. Dans tous les cas, je devais attendre Lee. Je n'avais aucune idée où se trouvait l'endroit, je ne pouvais donc pas ouvrir la marche. Je me demandais par la même occasion quel genre de club cela pouvait être. Boîte de nuit ? Bar ? Ou bien autre chose...Je ne savais pas ce qu'il se faisait la nuit à Star City. Le fait que ça soit un club mutant m'intéressait particulièrement. Même si je devais faire attention de ne pas m'attirer d'ennuis, car je serais sans défense. Mais avoir une copine mutante semblait plutôt excitant.

    « D'ailleurs Lee, tu es un mutant ? »


La question à un million.
 
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Ven 17 Juil 2015 - 11:12 Message

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Un second Zachary. Ce fut l’idée qui vint à Lee, quand il entendit Dylan exposer ses projets. Un geek du HIT, qui admirait les héros, regrettait de n’en être pas un et qui voulait construire des armes fabuleuses. Un jeune homme qui n’avait pas encore découvert le monde par d’autres fenêtres que celles de son ordinateur. Cette idée fit naître en lui une sorte de mélancolie. Zachary avait disparu et, quand bien même, il appartenait à un passé lointain, celui de Chase Neutron-Grey, celui du sage héritier d’une famille héroïque.

Comme souvent, à mesure qu’il conversait avec Dylan, ses pensées devenaient de plus en plus mêlées. À la curiosité manipulatrice, que d’aucuns auraient jugé malsaine, et même dangereuse, se joignaient des sentiments pour ainsi dire plus respectables : il éprouvait de la sympathie pour cet humain qui se plongeait sans hésiter dans un univers qu’il aurait pu juger hostile, par ce jeune homme qui, à bien des égards, ressemblait à ce qu’il avait été lui-même et ce qu’il était parfois toujours.

— Tu devrais en parler à Leila, de tes projets. Souvent, la Nouvelle Aube, c’est très… Je sais pas comment dire, je suis pas philosophe, mais disons qu’il y a des métas par nature et des métas par, euh… artifice ou technique, tu vois. Mais finalement, tu peux être dans une situation semblable si tu as un super-équipement, des améliorations technologiques, je sais pas, des trucs dans le genre, et si tu as des super-gènes.

Ce reproche qu’il adressait à son propre journal, il l’avait aussi pour la Nova, même s’il avait été celui qui avait dicté l’idéologie des deux organisations. Plus il y réfléchissait, plus il comprenait que son programme excluait des êtres qui, comme le Corbeau, comme d’autres avec elle, menaient une vie radicalement différente du reste des humains, tout en étant, physiquement, en tout point semblable à eux. La métahumanité n’était peut-être pas seulement une question de matière, de patrimoines génétiques, de capacités innées ou gravées dans la chair, mais aussi un état d’esprit, une force de caractère et de conviction qui poussait à se séparer du monde tel qu’il allait.

Lee repoussa ces problèmes complexes qui l’entrainaient sur le terrain peu familier des méditations philosophiques pour revenir à des préoccupations plus simples et plus immédiates. Il haussa les épaules quand Dylan lui annonça son âge.

— Si tu m’accompagnes, personne te refoulera nulle part. Et surtout pas là-bas.

Une déclaration un peu étrange — et pleine de certitude, comme l’était souvent Lee. À sa décharge, il est vrai que peu de choses résistaient à sa volonté.

Soudain, un taxi s’arrêta devant eux. Lee ne l’avait pas héler. Pourtant, de toute évidence, il les attendait. L’Asiatique fit un signe à Dylan pour qu’il l’y précède et il s’assit à côté de lui. Sans indication, le chauffeur démarra et il paraissait beaucoup trop absorbé par la route pour les écouter ou même les entendre.

La dernière question de Dylan fut accueillie avec un demi-sourire.

— Ah. Vaste problème.

Un problème insoluble.

— Disons plutôt que je suis un psi. Mais très franchement, ma forme matérielle est… Disons que mon corps est une production de mon esprit, plutôt que l’inverse. Une production inconsciente, certes…

Parce qu’il n’avait jamais exercé de contrôle sur l’aspect que son corps revêtait à chaque réincarnation même si, selon son compagnon Lukaz, ses traits et ses caractéristiques physiques répondaient souvent à des frustrations informulées.

— Mais tout de même. C’est compliqué.

À vrai dire, il n’essayait pas de botter en touche : il était sans doute l’un des êtres les moins faciles à cerner, pour ce qui était de la nature, qu’il connût.

— Disons juste que si une guerre se déclenchait là soudain sous nos pieds, tu seras nulle part plus en sécurité que près de moi. Alors le club, ça devrait aller. Même si tu sors pas souvent.

Le taxi quittait le centre-ville de Star City pour gagner le District Ouest, longer les zones les plus résidentielles et atteindre une zone commerciale puis, derrière elle, celle des entrepôts.

— En tout cas, tu devrais pas t’inquiéter de ton âge, d’être refoulé à l’entrée des clubs, de… Je sais pas. Il faut suivre ses désirs. Tu peux pas regarder les mutants de loin, travailler dans un journal sans parler en personne, en te disant juste que si tu essayais, tu te ferais refoulé parce que t’es trop jeune ou que t’as pas les bons chromosomes. C’est ici.

La dernière précision avait été donnée à Dylan plutôt qu’au chauffeur, parce que celui-ci s’était déjà arrêté devant un entrepôt. Il ne portait aucun signe lumineux, rien qui indiquât qu’un club s’y était installé, mais des jeunes gens fumaient et discutaient dehors et de la musique montait par la porte ouverte. Lee quitta le taxi sans se soucier apparemment de payer et, quand ils furent descendus tous les deux, la voiture redémarra comme elle était venue. Le chauffeur ne garderait aucun souvenir de cette course.

Parmi les clients qui fumaient, il y avait quelques-uns qui ne se seraient pas fondus dans la foule. Une jeune femme avait des épines tout le long de la colonne vertébrale, qui perçaient un vêtement déjà léger. Un garçon avait dix doigts à chaque main. Lee se planta devant le videur, un colosse de deux mètres cinquante, deux mètres soixante peut-être, aux muscles imposants.

— Salut Richie.
— ‘Soir, gamin.
— J’ai vu qu’t’exposais dans l’centre-ville.
— Sur cent dix mètres carrés.
— C’est cool. Ça se vend bien ?

Richie haussa ses immenses épaules.

— Ça viendra.

Lee désigna Dylan d’un mouvement de tête.

— C’est Dylan. Un pote. On peut rentrer ?

De très haut, Richie fixa Dylan. Avant de s’écarter d’un pas.

— Bien sûr. Amusez-vous bien.


Ils pénétrèrent dans le club. Une musique électronique, striée par les lumières artificielles, résonnait de plus en plus fort. Lee bifurqua vers la gauche pour s’arrêter devant une sorte de comptoir où une femme d’une trentaine d’années patientait, en faisant une réussite aux cartes, un exercice que ses nombreux tentacules rendaient particulièrement rapides.

Quand ils approchèrent, elle releva des yeux d’un vert serpentin vers Lee.

— Bonjour, mon cœur.
— Salut Medusa.

Medusa considéra Dylan à son tour. Elle émit un petit sifflement, comme un reptile.

— Bah alors. On a changé d’mec ?
— Nope. Lukaz est occupé, ce soir, c’est tout.
— T’as raison, faut toujours essayer c’qu’y a d’autres dans le menu.
— N’importe quoi. C’est un ami, c’est tout. Il a un sac à déposer.

L’un des tentacules de Medusa déchargea Dylan de sa besace tandis qu’un autre appliquait un tampon sur le dos de sa main.

— Merci, Med’.
— Attends. J’ai un problème avec mon ordi, à la maison. Quand j’essaie de télécharger le dernier épisode de Game of Thrones, ça se bloque et y a plein de fenêtres qui…
— J’passe voir demain, OK ?
— Merci. T’es un ange.

Lee adressa un grand sourire à la tentaculaire mutante.

— C’est ce que tout le monde dit.

Quand on ne le traitait pas de psychopathe mégalomane, toutefois.

Ils se détournèrent du comptoir, Lee se rapprocha de Dylan et se mit à dispenser des conseils à ses yeux essentiels.

— Déboutonne le haut de ta chemise. C’pas en t’habillant comme une nonne qu’tu vas emballer les meufs. Ou les mecs. Ou les autres. Prends pas les cocktails que tu connais pas au bar, ça pourrait être toxique pour ton métabolisme. Interroge pas les gens sur la nature de leur mutation, ça les vexe. Et essaie de pas trop te camer.

Enfin, ils pénétrèrent sur l’immense piste de danse.
 
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Ven 17 Juil 2015 - 15:47 Message

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Parler de mes projets à Mme. Chakir ? Je ne voyais pas tellement le rapport entre mon boulot à la Nouvelle Aube et mes plans. Certes, une catégorie de super-héros ne possédait aucun pouvoir et se basait sur leurs simples talents comme le combat au corps-à-corps, les armes, et pourquoi pas des armures. Si je devais en être un, ça serait grâce à des artifices technologiques créés par mes soins - à moins d'avoir de l'argent pour se payer des grands scientifiques -. En quoi la patronne de la Nouvelle Aube pourrait m'y aider ? En tout cas, cela méritait de lui en toucher un mot. Après tout Lee était le propriétaire et il devait savoir tout un tas de choses dont je n'étais pas au courant. S'il me conseillait de voir son amie, alors c'est que je devrais le faire. Pourquoi pas demain lorsque je lui présenterais l'application finie et fonctionnelle, glisser quelques mots dans la conversation. Mais j'étais loin d'avoir la trempe d'un super-héros. Tout ceux n'ayant pas de pouvoirs, mais qui combattent le crime, ont des traits similaires : courage, sens du devoir, combativité, talent au combat. Même si on me mettait une super-armure sur le dos, pas sûr que je puisse faire grand chose, peureux comme je suis. Qui sait, peut-être qu'un jour les choses seront amenées à changer. Déjà que je faisais un grand pas aujourd'hui en acceptant d'aller dans un club mutant avec Lee, un jeune homme que je venais à peine de rencontrer. Je n'avais peut-être autant jamais pris de risques de toute ma vie.
L'Asiatique me rassura quant à mes inquiétudes. Mon âge ne posait apparemment aucun problème, parce qu'avec lui, je ne me ferais jamais refouler. Comment ça ? Qu'entendait-il par là ? Il avait tellement d'influence dans la ville qu'il pouvait entrer partout ? Ou alors étais-ce lié à ma dernière question...était-il un méta ? C'est alors qu'un taxi s'arrêta devant nous. Pourtant, je ne me rappelais pas avoir vu Lee en appeler un. C'était bizarre, surtout qu'on put monter dedans sans que le chauffeur s'en souci réellement. On ne lui avait même pas donné de destination qu'il avait commencé à conduire. C'était étrange, surtout qu'on put monter dedans sans que le chauffeur s'en souci réellement.

J'étais dans l'incompréhension la plus totale, jusqu'à ce qu'il réponde à mon interrogation sur son origine. Mon hypothèse n'était pas tout à fait exacte. Ce n'était pas un mutant, mais un psi. J'en avais rapidement entendu parler, apparemment, ils possédaient des pouvoirs mentaux. Ce qui pouvait expliquer le coup du taxi. Il me perdit totalement en parlant d'esprit et de forme physique. Son corps n'était pas son corps ? Je fronçais les sourcils, tendant de le suivre tant bien que mal dans son explication.

    « Hum...ça m'a l'air compliqué en effet. En tout cas, ça me rassure si tu es aussi puissant que tu le dis, je n'ai rien à craindre en te suivant alors. J'imagine que c'est grâce à tes pouvoirs que si je t'accompagne, je ne me ferai pas refouler ? Et le taxi aussi ? »


Je me demandais bien quel genre de pouvoir de l'esprit il pouvait avoir. Je ne savais pas grand chose sur cette catégorie de méta, les scientifiques non plus d'ailleurs. Mais si on en croyait ses explications, et que je serais vraiment en sécurité si une guerre éclatait, il devait être redoutable. Dire que je n'étais qu'un simple humain, si c'était un super-vilain, il pourrait m'écraser à tout moment. D'un côté, cela me rassurait, de l'autre cela me faisait froid dans le dos. Je jetais un léger coup d’œil par la fenêtre, on avait quitté le centre-ville pour aller à l'Ouest de la ville. Une bien drôle de coïncidence quand on sait que j'habite à Kingston. Est-ce que Lee le savait ? L'avait-il lu dans mes pensées ? Pouvait-il lire dans les pensées ?
Le mystérieux propriétaire reprit la parole pour m'offrir une critique. Je ne le prenais pas mal, au contraire. Il n'avait pas tort, ma mère me disait à peu près pareil à longueur de temps. Je ne faisais pas d'effort pour aller vers les autres, en revanche, j'en faisais pour rester isolé. J'acquiesçais simplement tout en souriant pour approuver ce qu'il disait. Il n'y avait pas grand chose à redire. Juste après cela, il m'annonça que nous étions arrivés. On se trouvait dans une zone d’entrepôts, je ne sais exactement où dans le district Ouest. Il y avait quelques jeunes par-ci par-là en train de fumer et l'on pouvait entendre de la musique s'échappait par une porte ouverte. Une fois sorti du taxi, le chauffeur repartit sans un mot n'attendant même pas son paiement. C'était clairement l’œuvre de Lee, je ne voyais pas comment cela serait possible autrement. J'attendis que le jeune homme ouvre la marche. On passe devant toute une foulée de mutants, tous aussi impressionnant les uns que les autres. Mes sentiments se battaient entre émerveillement et peur. Jusqu'à ce que Lee s'arrête devant un colosse. Définitivement, la peur. Je ne me vanterais plus jamais de mesurer un mètre quatre-vingts. Face à cet homme, je n'étais qu'un hobbit. Mais comme Lee me l'avait assuré, on passa sans problème Richie.

    « Ce colosse, moi qui croyais être grand. Mais il a l'air sympa en tout cas. On est passé grâce à tes pouvoirs, ou parce que tu le connais ? »


Ainsi, on pénétra dans le fameux club. Je ne pus retenir un « Wow » de sortir de ma bouche. Musique éléctro, des lumières dirigées un peu partout, et un monde fou. C'était donc à ça que ressemblait une boîte de nuit ? Finalement, je n'avais pas de quoi avoir peur. Je me sentais même étrangement bien. Lee m'amena jusqu'à ce qui ressemblait à une réserve. La femme derrière le comptoir avait plusieurs tentacules rattachés à son corps et elle s'en servait avec une agilité déconcertante pour faire de la cartomagie. Son nom ? Médusa, ce qui collait parfaitement avec son apparence mutante. Je fus totalement déstabilisé lorsqu'elle me confondu avec le copain de Lee. Attend, copain ? Lukaz ? Bien qu'hétérosexuel, je ne pus m'empêcher de rougir face au propos de la femme. Je ne me serais pas douté une seule seconde que Lee était homosexuel. En tout cas, je confiais mon sac à Medusa. Je ne prêtais guère attention à la suite de leur conversation, regardant les messages de mon téléphone. Ma mère avait répondu à mon SMS, elle venait de rentrer à la maison. Elle me précisa de faire bien attention, et de sortir couvert. Je m'empressais de ranger mon téléphone, ayant du mal à croire ce que je venais de lire. Lee s'approcha alors de moi, et commença à me donner de nouveaux conseils. Décidément, je ne comptais plus combien il m'en avait donné ce soir. Mais il avait l'air de s'y connaître, alors bon. Il n'empêche que je fus légèrement vexé quand il critiqua mes habits, mais je me mis à exécution en déboutonnant.

    « Comme ça, c'est bon ? Je devrais peut-être enlever mes lunettes non, ça fait pas un peu coincé ou intello ? Rassurant sinon, ça relève de la survie pour un humain de venir ici. J'vais essayer de m'adapter, ça ne m'a pas l'air trop compliqué. »


À vrai dire, ça l'était. Je n'avais jamais été dans un club, je n'avais jamais dansé et je m'étais rarement bourré. C'était une expérience nouvelle pour moi, mais ça devrait aller. Je pourrais y survivre, en tout cas, j'espère. Je me posais quelques instants pour expirer un bout coup et me détendre. Avec cette attitude, je n'irais pas bien loin sinon. Lee ne perdit pas de temps pour rejoindre la piste de danse, m'emportant avec lui par la même occasion. Des débuts gênants, mais je finis par m'accorder avec le rythme. Finalement faire de la guitare allait me servir à quelque chose, même si je ne savais pas danser, il suffisait de suivre la musique. En regardant aux alentours, je pouvais voir les mouvements des autres et me calibrer sur eux. Même si cela ne semblait pas forcément fluide, cela donnait un truc potable. Qui aurait cru que je finirais un jour dans un club comme celui-ci et que je m'y amuserais. Certainement pas moi, mais j'y étais. Tout ça grâce à Lee. Je venais à peine de le rencontrer et pourtant, il m'avait aidé et fait faire des choses qu'en temps normal, je n'aurais pas fait. Avec lui, je me sentais en sécurité dans cet endroit. Tant que je restais à portée de lui tout... Attendez. Où était-il ? Je ne le voyais plus. J'avais dû me faire emporter par le mouvement de la foule. Tout d'un coup, je me sentais moins à l'aise. Dans un mouvement brusque, je sentis mon corps entrer en contact avec un objet non-identifié avec vivacité.

    « Oups, désolé. » je vis alors valser devant mes yeux un gobelet, et je ne sais comment je réussis à l'attraper au vol. « Ce n'est pas passé bien loin, on a eu chaud ! Tiens »


Je me tournais légèrement pour tendre le gobelet à la personne que j'avais bousculé dans ma maladresse. Dès lors que je vis son visage, le mien passa au rouge en quelque seconde. Une jeune femme avec les yeux d'un rouge vif. Je ne savais plus où me mettre à présent, surtout quand elle me sourit pour récupérer son verre. Pitié Lee, où es-tu ? Je peux faire face à tout sauf une femme, saleté de timidité.
 
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Sam 18 Juil 2015 - 12:01 Message

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Lee avait éclaté de rire — un rire léger et insouciant.

— Y a pas besoin de pouvoirs pour pas se faire refouler dans les nightclubs : il suffit d’être habitué. Et de parler aux gens. Tu vois…

Il avait soigneusement éludé la question du taxi qui, lui, avait bien été appelé par ses pouvoirs. Depuis des années, c’était ainsi que Chase, puis Alex, puis Lee se déplaçait à Star City. Son esprit guidait un chauffeur à lui et la mémoire du chauffeur était purgée de cette course après son départ. Les allées et venues du jeune homme avaient ainsi toute la discrétion souhaitée. Même s’il avait finalement appris à conduire et à bien conduire — et ça n’avait pas été une partie de plaisir —, il préférait encore recourir à ses anciennes méthodes.

Les deux jeunes gens s’éloignaient des vestiaires et Lee fut obligé de hausser la voix pour se faire entendre, par-dessus la musique de plus en plus forte à mesure qu’ils approchaient de la piste de danse et, de l’autre côté, des enceintes énormes au-dessus desquels trônait un DJ que l’on n’apercevait que difficilement.

— … y a des gens, comme Richie, auxquels on parle pas souvent. Les videurs, les femmes de ménage, les chauffeurs de bus. Mais connaître les gens et leur être sympathique, c’est s’ouvrir pas mal de portes.

C’était une petite partie de la vérité. Si Lee était si bien accueilli dans le club, c’était aussi qu’il était un champion de la métahumanité, que ceux qui ne le trouvaient pas sympathiques pouvaient au moins le craindre, que les arrières-salles du vaste entrepôt étaient un lieu de rendez-vous de la Nova et, qu’en somme, il était là en territoire conquis. Il ne mentait pas à Dylan pour autant : la sociabilité, comme il l’avait appris petit à petit, grâce à Lukaz, grâce à Charlie et à Abban, était un instrument parfois tout aussi puissant que les plus ravageurs des pouvoirs.

Lee aimait peu danser. C’était Lukaz, aussi, qui lui avait appris à le faire et, depuis, il lui arrivait de se risquer sur la piste du Seraphia, le night-club qu’il possédait au centre-ville de Star City. Il avait conservé, dans nombre de ses goûts et de ses comportements, la réserve maladroite du geek qu’il avait été. Sur la piste de danse du club mutant, ce soir-là, après quelques mouvements, il s’éclipsa bien vite, à la recherche de visages connus. Comme souvent chez lui, le choix de leur destination avait eu plusieurs motifs : immerger Dylan dans le monde mutant n’avait été que l’un d’entre eux. Rencontrer des membres de la Nova, entretenir le réseau, en avait été un autre.

Une partie de son esprit restait fixé sur le jeune technologue cependant. Pour un humain et un néophyte, un pareil club pouvait être dangereux. Lee rejoignit les banquettes en cuir dépareillées qui longeaient les murs de l’entrepôt et il se laissa tomber à côté d’un jeune homme à peine plus vieux que lui, qui observait les danseurs, affalé dans son siège. Dès qu’il tourna les yeux vers Lee, le jeune homme se redressa et prit une attitude grave, presque comme un soldat qui vient d’apercevoir son officier.

— Ça fait un moment que j’attends des nouvelles…
— Oui, monsieur…
— M’appelle pas Monsieur.
— Oui, pardon, c’est juste, ça avance, mais ils sont un peu, vous comprenez…

Le regard noir de Noctis se posa sur son interlocuteur.

— Est-ce que tu es en train de me dire que tu ne peux pas mener à bien la mission que je t’ai confiée ?

Le jeune homme pâlit dans la demi-pénombre du club.

— Si si. Bien sûr que si. C’est juste que le sénateur retourne chez lui, pendant les vacances. C’est plus difficile. Et puis c’est compliqué. Y a beaucoup de choses à apprendre.
— Je veux qu’il soit remplacé avant la nouvelle session parlementaire. Si tu as du mal à apprendre tes leçons, je les graverai moi-même dans ton cerveau. C’est clair ?
— Ou-oui. M’sieur, j’veux dire chef, j’veux dire…
— On en reparlera plus tard.

Noctis se releva : un vent de panique avait soufflé dans l’esprit de Dylan et il était temps de secourir cette brebis égarée. Le télépathe fendit la foule et, curieusement, sans s’en rendre compte eux-mêmes, les danseurs se séparaient pour le laisser passer, avant de reprendre leurs positions. Il ne tarda pas à arriver à côté de Dylan, qui fixait une demoiselle tout en combattant, à ce qu’il semblait, une attaque d’apoplexie.

— Bonsoir, Lee.
— Salut, Scarlet.

L’intéressée fit un signe de tête vers Dylan.

— Il est à toi ?

La question était ambiguë. Pour un observateur extérieur, elle semblait identique à celle qu’avait posée Medusa, quand elle avait cru voir en Dylan le nouveau petit ami de Lee. L’Asiatique, lui, savait que Scarlet lui demandait si Dylan était un membre de la Nova. Le mentaliste secoua la tête.

— Faut l’excuser, il sort pas souvent. Il te trouve super jolie, en tout cas.

Scarlet esquissa une moue songeuse et se mit à détailler Dylan de la tête aux pieds, ouvertement, un peu comme le boucher jugeait une bonne pièce de bœuf.

— Tu m’offres un verre ?

Cette fois-ci, c’était Dylan qu’elle s’adressait. Lee posa une main dans le dos de l’étudiant et le poussa un peu en avant.

— Vas-y, c’est ton jour de chance.

La main de Scarlet se referma sur celle de Dylan et elle l’entraina vers le bar.
 
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Sam 18 Juil 2015 - 17:32 Message

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Encore et toujours, cette remarque de parler aux gens. Je crois que c'était rentré dans mon esprit à présent, psi ou pas. Même moi, je me le disais, et parfois, je m'imaginais des conversations avant de les engager. Mais à chaque fois, c'était toujours la même chose : au dernier moment, je rebroussais chemin. À maintes reprises je m'étais épris d'une fille, et je pensais à comment l'aborder, faisant des dizaines de scénarios dans ma tête. Pour au final ne jamais rien lui dire et la voir partir. Je n'y pouvais rien, c'était ma nature. Tout le monde me demandait de faire des efforts, mais c'était beaucoup plus facile à dire qu'à faire. Eux, ils n'avaient pas ce problème-là. Après pour Lee, cela semblait différent. Il avoua avoir été comme moi quand il était plus jeune, c'est peut-être ce qui le poussait à me venir en aide de la sorte. Même si on s'était rencontré, il y avait à peine une heure, j'avais l'impression d'avoir déjà tissé des liens avec lui. Est-ce que je pouvais le considérer comme un ami ? En général, un ami ça vous donne des conseils et des critiques. Ce qu'il faisait depuis le début de la soirée.
Au début, on aurait cru à un poisson au milieu de requin sur la piste de danse. Mais au fur et à mesure, le poisson prenait de l'ampleur pour s'adapter à son environnement. Je commençais à prendre goût à tout ceci. Pourquoi avais-je refusé tant de soirées au lycée ? Où j'en serais aujourd'hui si j'avais brisé cette barrière des mois auparavant ? Mieux vaut tard que jamais comme le disait le dicton.

J'avais peut-être pris confiance à moi et m'étais fondu dans la masse de personnes sur la piste de danse, mais je déchantais rapidement quand je vis que Lee n'était plus autour de moi. C'est vrai ça, il m'avait dit que tant que je restais avec lui, je ne risquais rien. Un humain, seul, au centre d'un club de mutant. Le moindre faux mouvement pouvait me porter préjudice, même si je ne voulais pas le faire exprès. Je savais ô combien j'étais maladroit lorsque je commençais à stresser. La preuve : je venais déjà de bousculer quelqu'un par inadvertance. Par chance, je réussis à rattraper le verre avant qu'il ne finisse au sol. Je fus moi-même étonné de mes réflexes, mais c'était plus de la chance qu'autre chose. Et puis je m'étais donné tout ce mal pour rien : le gobelet était vide. Il n'empêche que je le rendis à son propriétaire. Ou devrais-je dire sa propriétaire. Quelle était la probabilité pour que la personne que je bouscule soit une femme ? Certes, logiquement d'une sur deux, mais quand bien même. Déjà que j'étais en état de panique juste avant, là, c'était le summum. Finalement, je ne me sentais pas aussi bien que cela. Jusqu'à présent, je n'avais pas réellement pensé à ma timidité, mais maintenant...Je n'arrivais pas à me sortir cette pensée de la tête. Une spirale infernale, plus j'y pensais, plus je stressais.
On aurait dit que Lee avait entendu mon appel de détresse. L'Asiatique ne tarda pas à se montrer alors que j'étais en mauvaise posture pour me venir en aide. Dès lors qu'il engagea la discussion avec la jeune femme, cela me permit de reprendre mon souffle et de me calmer. J'entendis le nom de la demoiselle, Scarlet. Décidément, il connaissait tout le monde dans ce club. Il devait sûrement être un habitué, ou alors il détenait cet endroit de la même façon qu'il avait la Nouvelle Aube.

Enfin calme. L'intervention de Lee me permit de reprendre mes esprits. Je reprenais même des couleurs. Je posais mon regard sur le jeune homme et son interlocutrice. Une nouvelle fois, je fus pris pour le petit ami. Déjà deux fois ce soir. Cette fois, Lee ne prit pas la peine de répondre et fit un simple signe de la tête. Mais il ne perdit pas de temps pour passer à autre chose, et parla de moi. Il ajouta même que je la trouvais jolie. Hein ? Est-ce que c'était une tactique pour faire en sorte que je lui parle ? Ou alors il pouvait vraiment lire les pensées, parce que depuis tout à l'heure, c'était ce que j'étais en train de me dire. Je devais être rouge à coup sûr, je pouvais le sentir. J'étais tellement gêné que j'eus ce fameux tic de remonter mes lunettes avec mon index. Je ne savais plus où me mettre. Finalement, il n'était pas venu me secourir, mais m'empêtrer encore plus dans cette situation. La jeune femme se mit à me regarder de haut en bas, comme si elle était en train de me juger. C'était assez dérangeant, j'avais l'impression d'être dans un étalage et qu'elle se demandait si elle allait m'acheter ou non.
Le jugement tomba. Contre tout ce que j'aurais pu imaginer, elle me proposa de m'offrir un verre. Attendez...Ça veut dire que j'avais un rencard ? Intérieurement, c'était la joie. D'un autre côté, c'était la première fois qu'une chose pareille m'arrivait. Je n'eus même pas le temps d'y réfléchir que Lee me poussa vers elle. Scarlet agrippa ma main pour m'amener avec elle.

    « Pourquoi pas alors. Mais il rigolait Lee tout à l'heure, il disait ça pour m'embêter. »


Alors que je me faisais entraîner vers le bar, je me retournais pour jeter un regard noir à l'asiatique. Mais en y réfléchissant, il m'avait offert ce moment sur un plat d'argent. Seul, je n'y serais jamais arrivé. La grimace se transforme en sourire, et je levais mon pouce en sa direction. D'ailleurs, mon cerveau ne comprit que maintenant que Scarlet tenait ma main. C'était une sensation bizarre, comme de la chaleur provenant de l'intérieur de mon corps. Un sentiment de bien-être, agréable. On avait rapidement traversé la piste pour arriver devant le bar. Il restait un siège de libre, galanterie oblige, je l'offris à la jeune femme avant de me caler sur le comptoir. Celle-ci me sourit avant de s'asseoir.

    « Moi c'est Dylan. Du coup Scarlet, tu vas prendre quoi ? » Dis-je en lui tendant la carte des cocktails.

    « Hum...Je ne sais pas encore. Et toi mon mignon ? »

    « Une tequila sunrise. À vrai dire, c'est le seul que je connais parmi toute la liste. »


Je me rappelais parfaitement ce que Lee m'avait dit en entrant dans le club. Ne pas consommer un cocktail que je ne connais pas ou qui parait bizarre, ça pourrait me tuer. Ne pas questionner les mutants sur leurs origines, ça les met en rogne. Mais je n'avais rien d'autre en tête que cette question : est-ce que Scarlet est une méta ? Ses yeux rouges vifs pouvaient en être la preuve, même si elle pouvait très bien porter des lentilles. Elle se rapprocha de moi pour jeter un coup d’œil sur la carte que je tenais à présent. Avec son doigt, elle me désigna un cocktail au nom imprononçable. Du coup en appelant le barman pour commander, je me contentais de lui pointer la boisson dans la liste en demandant en plus la mienne.

    « Alors, Lee a dit que tu n'as pas l'habitude de sortir. Tu as quel âge au fait ? »

    « Ouais, c'est vrai. Je ne suis pas vraiment habitué des clubs comme ça, mais j'aime bien. Euh, j'ai dix-huit ans. »

    « T'es un petit peu plus jeune que moi. Et puis sinon, on peut y faire de belles rencontres, n'est-ce pas ? C'est vrai ce que Lee m'a dit tout à l'heure sur ce que tu penses de moi ? »

    « Ouais, il disait la vérité. Enfin, je ne lui ai pas directement dit, mais le fourbe a dû le voir dans ma tête... Maintenant que c'est dit, voilà. T'es très jolie. »


Je détournais mon regard sur la fin de ma phrase pour éviter de croiser le sien. Je n'avais encore jamais dit ça à personne, encore une fois, c'était l’œuvre de Lee. Est-ce qu'il essayait de me caser ? Je commençais à y croire. Mais est-ce que Scarlet agissait de son propre chef, ou est-ce que c'était l'asiatique qui pouvait la contrôler ? Il n'avait pas explicitement avoué ses pouvoirs, mais c'était possible pour un psi. Enfin, peut-être.
Je perçus un léger rire de la part de la jeune femme par rapport aux derniers mots que j'avais prononcé. Le barman revint avec nos deux cocktails. Je sortais de ma poche l'argent nécessaire pour le payer avant de siroter ma tequila. Le verre de Scarlet était des plus étrange, je n'avais jamais vu quelque chose de similaire. Il ne valait mieux pas que j'y goûte. La mutante semblait l'apprécier, alors tant mieux. Cette dernière, après avoir pris quelques gorgées, posa son verre et rapprocha son visage du mien. J'eus la mauvaise réaction de faire un mouvement en arrière, gêné par son approche.

    « Bah alors Dylan, il ne faut pas être timide comme ça. Aie confiance en toi un peu. »


Avec sa main, elle me prit par le menton pour me rapprocher et posa les lèvres sur les miennes. Je n'en revenais pas. C'était la première fois que j'embrassais quelqu'un - ou plutôt que je me faisais embrasser -. La sensation était indescriptible. Je n'en revenais même pas, est-ce que c'était un rêve ?
 
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Sam 18 Juil 2015 - 18:31 Message

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Lee suivit du regard Dylan qui s’éclipsait pour gagner le bar, en compagnie de Scarlet — ou, pour être tout à fait juste, Scarlet qui tractait un Dylan partagé entre l’euphorie et l’attaque de panique. Il répondit à son sourire. Il savait Scarlet entreprenante et parfois assez directe : c’était ce qu’il fallait, sans aucun doute, à un jeune homme comme Dylan, que Lee voyait mal prendre les devants. Il espérait simplement que son nouvel ami ne se ferait pas des idées trop romantiques sur les projets de la demoiselle qui, très probablement, ne cherchait qu’un compagnon d’une nuit — dans le meilleur des cas.

L’Asiatique poussa un soupir de nostalgie. Combien de soirs, à l’âge de Dylan, avait-il été ainsi harponné, dans sur la piste du Machine, au centre-ville, par quelque homme aux idées précises et combien de fois, beaucoup plus volontaire et enthousiaste que Dylan, avait-il répondu à des avances qui s’étaient ensuite concrétisées ? Sa vie nocturne avait été bien mouvementée. Il regrettait l’absence de Lukaz. Avec son compagnon, il aurait pu faire des choses. Trouver quelqu’un pour les faire avec eux.

Tant pis.

Lee calma ses hormones — pas beaucoup plus vieux que Dylan, et typiquement masculin malgré toutes ses étrangetés, il se laissait souvent emporter par ses désirs juvéniles. Il n’y céderait pas ce soir, pas avant de retrouver Lukaz du moins : avec son compagnon, Lee voulait tout expérimenter, sans lui, ces choses-là devenaient bien fades. Il promena le regard autour de lui, tandis qu’à quelques mètres de là, Scarlet, après une conversation rapide, prenait les choses en main et embrassait Dylan.

Peut-être était-il temps d’abandonner l’aspirant technologue ? Il n’avait pas besoin de guide pour passer à la vitesse supérieure, sans doute, et quand même il se montrerait hésitant, Scarlet se ferait fort de l’entraîner vers… Lee ne savait pas trop où. Il supposait que quelque part dans l’entrepôt, ou aux alentours, les mutants qui fréquentaient le club plus assidument que lui avaient aménagé des endroits pour consommer les désirs nés dans la danse et l’alcool. Il les imaginait mal patienter, le temps de reprendre le métro, de rejoindre le centre-ville et de se déshabiller dans leurs chambres étudiants, leurs studios mal équipés ou leurs colocations.

— Tu danses ?

Une jeune femme venait de se glisser à côté de lui.

— Pardon ?
— Tu es tout pardonné.

Elle lui prit la main pour l’entrainer plus loin sur la piste. Lee la retira. Il la fixa dans les yeux. Un peu froidement, il dit :

— Tu sais qui je suis ?
— Pas encore, mais peut-être que tu pourrais me le faire découvrir…
— Jayna.

Une autre fille venait de se glisser près de celle qui devait être son amie. Jayna marmonna :

— T’vois pas qu’j’suis occupée ?

L’autre fille murmura quelque chose à l’oreille de Jayna, dont l’expression se décomposa. Elle se mit à se tordre nerveusement les doigts et, d’une voix où la peur pointait, elle commença à se répandre en excuses. Lee leva la main pour l’interrompre.

— Pas grave.

Il se détourna et quitta la piste de danse, pour s’installer au bar, quelques sièges de Dylan et Scarlet, là où une place venait de se libérer. Comme à son ordinaire, il commanda un soda, parce qu’il ne buvait jamais d’alcool, et il se mit à la boire par petites gorgées, en regardant les mutants et les mutantes — mais les mutants, surtout, enfin les plus agréables à l’œil — s’agiter sur la piste de danse.

Non loin de lui, entre le siège qu’occupait Scarlet et le sien, des voix commençaient à monter cependant, qui troublaient sa paisible contemplation. Une discussion un peu alcoolisée était en train de se muer en dispute. D’ailleurs, le barman avait disparu : il était probablement allé appeler Richie. Dans un club comme celui-ci, où les clients pouvaient avoir des aptitudes exceptionnelles, chaque montée de ton était traitée avec sérieux.

Deux gars d’une vingtaine d’années, peut-être un peu plus, avec une coiffure à la mode, et des vêtements à la mode, et une carrure de jeunes athlètes, se reprochaient avec une élocution approximative d’avoir empiété sur les plates-bandes l’un de l’autre. Lee suivit du regard une fille qui s’éloignait en levant les yeux au ciel : elle était l’objet de la dispute, sans doute. Le premier garçon poussa le second en arrière et un son strident, aussitôt, retentit dans tout l’entrepôt, couvrant la musique. Une dizaine de bouteilles, sur les étagères du bar, explosèrent aussitôt et le miroir se fendilla.

Le DJ coupa la musique. Un silence de plomb retomba sur les clients, qui avaient arrêté de danser.

— Vas-y, t’es vraiment trop con, on va s’faire j’ter, maintenant.
— C’est moi qu’tu traites de con sale fils de pute ?
— Vas-y, qu’est-ce t’as dit là ? D’où tu traites ma mère ?

Lee avait pivoté sur son siège et il observait la discussion. Le premier garçon changeait peu à peu d’aspect : il semblait que sa peau se recouvrait d’un métal argenté. Autour du second, l’air paraissait onduler, comme le début d’un mirage, dans le désert, quand le soleil tape fort et que la chaleur est lourde.

Une fille quitta la petite troupe qui commençait à se former autour d’eux pour faire un pas en avant et dire, d’une voix aussi apaisante qu’elle le pouvait :

— Et, les mecs, calmez-vous. Richie va débarquer et vous voulez pas avoir d’emmerdes.

Le second garçon la regarda fixement et la fille, presque aussitôt, porta les mains à son oreille avec une grimace : elle était assaillie par un son qu’elle était la seule à entendre. En attendant, Lee ne levait pas le petit doigt et Scarlet, elle, paraissait tout à fait indifférente à cette altercation. Égoïste comme elle l’avait toujours été, tout ce qui l’intéressait, c’était de motiver Dylan à quelque chose de plus qu’un baiser.
 
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Sam 18 Juil 2015 - 23:07 Message

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Mécaniquement, mes mains se crispèrent pour sur mes cuisses empoignant ces dernières avec ferveur. C'était une expérience toute nouvelle pour moi, j'avais du mal à me contenir. C'était un plaisir auquel je n'avais encore jamais goûté, et ça ne sera certainement pas la dernière fois. Maintenant que j'y avais touché, j'en voulais plus. Le baiser fut brisé par Scarlet qui se retira, sourire aux lèvres, pour retourner boire son verre. Quant à moi, je reprenais mon souffle encore sous le choc. Je redressais légèrement mes lunettes qui avaient été déstabilisées par le contact. À mon tour, j'attrapais mon verre pour porter celui-ci à ma bouche et prendre une gorgée. Je nageais en plein inconnu, mais c'était comme une mer de bonheur. Tout ce que je faisais ce soir, je ne l'avais encore jamais fait. Nouvelle expérience sur nouvelle expérience, ça ne s'arrêtait plus. Mes parents, et Lee, disaient bel et bien la vérité. Il suffisait juste de s'ouvrir un peu, d'être assez courageux pour se laisser entraîner vers l'inconnu. Et voilà le résultat, un flux de sensations nouvelles et agréables.
Mais maintenant, le baiser avait apporté un léger blanc. Cela ne faisait pas si longtemps qu'il s'était terminé, mais tout de même. Il fallait que je brise la glace. Lui parler, en apprendre plus sur elle. En général, les femmes adoraient parler d'elle, surtout quand on les écoute. Mais parler de quoi ? Surtout pas de ses pouvoirs ou de ses origines. Lee avait dit que les mutants détestaient ça en général. Je ne préférais pas tenter le diable, pas alors que j'étais allé si loin.

    « Alors, tu traînes beaucoup dans des clubs comme celui-ci ? Qu'est-ce que tu fais en dehors de ça ? »

    « Je viens souvent dans ce club, et plein d'autres endroits pour les mutants. Je m'y sens à l'aise, moi-même. Pas besoin de se cacher derrière un masque, tu vois ? On peut agir librement. Sinon, je bosse dans la vente. Rien de bien important. Et toi, tu nous sors d'où ? »

    « Ah, je vois. Au début, je me sentais plutôt mal à l'aise ici, mais au final, je m'intègre plutôt bien. C'est Lee qui m'a trainé ici, je n'aurais jamais pensé à venir sinon. J'suis encore étudiant, informatique, intelligence artificielle, des trucs de geeks. »


Cela pouvait se voir à mon accoutrement assez représentatif, on frôlait le cliché du geek avec les lunettes, la chemise, et le T-shirt de science-fiction. Mais apparemment des gens appréciaient ça, sinon Scarlet ne m'aurait pas invité au bar. Auparavant, j'aurais dit que c'était de la simple pitié. Je n'avais aucune confiance en moi avant, mais ça s'était un peu amélioré. Aujourd'hui, je croyais en moi. J'avais une chance inouïe avec cette jeune femme, une chance que je ne pouvais pas rater. Je m'en voudrais toute ma vie sinon. Déterminé, j'attrapais mon verre et le finis d'un trait. La jeune femme arbora un sourire amusé, elle devait savoir que j'avais fait ça pour l'impressionner. Mais c'était aussi pour me donner du courage. On n'allait pas passer toute la soirée au bar. Je glissais ma main droite jusqu'à la sienne, avant de lui dire :

    « Est-ce que tu viens danser ? »


Elle ne répondit pas par des mots. Elle prit les devants une nouvelle fois en m'embrassant tout en se levant. Apparemment, c'était un oui. Je la guidais jusqu'à la piste de danse où la foule était encore excitée et nombreuse. Je me mis alors à suivre de rythme de la musique, regardant la belle demoiselle dans les yeux. Cette dernière me rejoint et se colla presque à moi pour se déhancher de haut en bas. Wow. Cela devenait vraiment intense. J'avais toujours du mal à y croire, je vivais un rêve éveillé.
L'atmosphère était chaude, on était de plus en plus emporté par la musique. Cela faisait déjà plusieurs minutes que Scarlet et moi dansions, et elle me chauffait ouvertement. Peut-être serait-il temps de passer à l'étape supérieure ? D'accélérer un peu ? À mon avis, elle ne refusera pas. Au contraire, elle ne devait attendre que ça. J'attendais l'occasion parfaite pour passer à l'action, mais le destin précipita les choses. Comme s'il m'avait entendu et m'offrait une opportunité. La musique venait de stopper, précédée par un cri strident. Instinctivement, je me couvris les oreilles pour me protéger de ce bruit insupportable. Par peur, j'attrapais la main de Scarlet. C'était une façon de me rassurer, mais aussi de m'assurer qu'elle n'aurait rien. De ce qu'on pouvait entendre, une bagarre était en train d'éclater au niveau du bar. On avait bien fait de le quitter quelques minutes auparavant. Les choses se gâtaient, c'était l'occasion que j'attendais. Je m'approchais d'elle pour lui murmurer à l'oreille :

    « Ça te dit qu'on aille dehors, ou dans un endroit plus calme ? Ça risque d'être le bordel ici. »

    « Tu te dévergondes dis-moi ! J'ai cru que tu allais jamais le proposer. Allez, suis-moi. »


Avec sa main, elle guida mon bras autour de sa taille avant d'engager la marche. Elle avait l'air de savoir où elle allait. Elle avait dit être habituée aux endroits comme celui-ci, est-ce qu'elle était adapte des coups d'un soir ? Fort probable au vu de son attitude et de comment elle prenait le taureau par les cornes. On repasse du côté du bar, là où deux hommes étaient en train de se livrer à une dispute puérile. Lee n'était pas loin, quand son regard croisa le mien, je lui fis un clin d’œil. J'espérais pour lui qu'il n'y ait aucun problème, mais de toute façon si la situation dégénérait, il sera sûrement la personne la plus en sécurité.
Scarlet nous fit revenir à l'entrée, puis emprunter un long couloir qui menait à plusieurs salles. L'endroit était apparemment bien équipé pour ce genre de « demande ». Paré à toute éventualité, tant mieux. Sur le chemin, on croisa Richie. Si j'étais les deux mecs de tout à l'heure, je me ferais vraiment petit. Je ne savais pas quels étaient ses pouvoirs, mais je n'avais pas réellement envie de les connaître. Rien que sa carrure en était un. Mais là n'était pas le plus important. Scarlet poussa une porte, dévoilant un endroit plutôt bien loti. Elle m’agrippa par le col, j'avais l'impression que son regard flamboyant me consumait entièrement. D'un mouvement rapide, elle me fit valser sur le canapé.

    « Est-ce que tu as ce qu'il faut ? »

    « Euh...merde. » Je tapotais chaque poche de mon pantalon, mais c'était sans espoir. Ce matin en me levant, je n'aurais jamais cru que j'allais finir là et je n'avais donc pas pris de préservatifs.

    « Hey mon chou, calme-toi. Regarde, t'inquiètes pas. »


D'un claquement de doigts, elle fit apparaître une capote. Ne me demandait pas comment, simple tour de magie ou pouvoir ? Je n'avais pas tellement le temps de m'en préoccuper, Scarlet commença à venir sur moi.

**********

Remontant mon pantalon, zippant ma fermeture, je me redressais du canapé. Scarlet était encore allongée dessus. Pour une première fois, c'était plutôt sauvage. La jeune femme m'avait aidé et guidé lorsque je lui avais avoué ne l'avoir encore jamais fait auparavant. Ce moment restera à jamais gravé dans mon esprit. Quant à la demoiselle, je ne savais pas si j'avais réellement à la hauteur. Elle qui pouvait être considérée comme un Don Juan était loin d'être à son coup d'essai, qui sait peut-être qu'elle était même experte. En tout cas, je ne préférais pas trop y penser, sinon j'aurais plein de remords et m'en voudrais pour ne pas avoir fait ce qu'il fallait. Je me tournais quelques instants pour attraper mon téléphone qui était à même le sol. Si elle le voulait, je lui donnerais mon numéro. Sinon, tant pis.

    « Scarlet, tu veux mon numéro pour se revoir un de ces quatre ? »


Je sentis un dernier baiser dans le bas de mon cou avant de me retourner et de voir une pièce vide. Soit, c'était non alors. Peut-être que je n'avais pas été aussi bon que je croyais. Mais il n'était pas question de commencer à culpabiliser sur ça. Pour moi, ça avait été grandiose. Alors peu m'importe. Récupérant mes affaires, je retournais dans la partie animée du club. Je passais devant Medusa, hésitant quelques instants à récupérer mon sac, avant de continuer à l'intérieur pour rejoindre la piste. Mais avant, je fis un tour au bar. Il fallait que je trouve Lee, s'il était encore là. Mais surtout, qu'est-ce qu'il s'était passé après la querelle de tout à l'heure ?
 
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Dim 19 Juil 2015 - 10:48 Message

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Dylan s’éclipsait et Lee lui suivit du regard. À son clin d’œil il répondit par un demi-sourire, satisfait. Combien de fois s’était-il lui aussi laissé entrainé dans des arrières-salles, où il finissait attaché et en nombreuse compagnie ? La soirée de son nouvel ami ne serait sans doute pas aussi mouvementée mais c’était tout de même une excellente chose. D’aucuns auraient trouvé qu’en matière d’initiation, une première fois dans une pièce d’un ancien entrepôt avec une quasi inconnue n’était pas l’idéal mais Lee préférait l’extraordinaire aux romances mielleuses des séries pour adolescents.

Il reporta son attention sur le bar. Entre les deux jeunes, le ton montait mais bientôt la silhouette immense de Richie se découpa au-dessus des clients. La foule se fendit et le videur se posta devant les deux mutants.

— C’est quoi ce bordel ?

Le ton baissa brusquement. Les deux belligérants commencèrent à se répandre en excuses et en explications nerveuses que l’alcool rendait incompréhensibles. Par dessus, la musique reprit et, bientôt, les autres clients se désintéressèrent de la conversation pour retourner à la piste de danse ou à leurs consommations. Lee sortit son téléphone portable et composa un message à l’intention de Lukaz. Vaguement, son esprit continuait à surveiller Dylan : il sentait l’anxiété mêlée au désir, le désir se muer en passion et la passion engendrer le plaisir. Le message à Lukaz se fit un peu plus explicite.

Puis une voix monta à côté de lui.

— Chef, on a un p’tit problème…

Lee rangea l’appareil et tourna le regard vers une jeune femme dont les yeux, les ongles, les cheveux et les dents étaient tous d’un noir profond. Il plissa les paupières, son regard se porta sur l’un des murs de l’entrepôt et il hocha la tête. Descendant du tabouret sur lequel il était perché, il suivit la Nova jusqu’à une arrière-salle, un salon privé où trois autres jeunes gens en encadrait un quatrième, qui prenait un air décontracté.

Lee s’assit sur le fauteuil qui faisait au canapé semi-circulaire sur lequel la petite troupe s’était installée. L’un des jeunes s’anima et s’exclama aussitôt :

— C’est un flic.
— Hm.

Celui du milieu ne se désarma pas.

— N’importe quoi. Franchement, les mecs, vous êtes paranos. Et c’pas la manière de traiter un frère.
— Tu sais qui je suis ?
— J’sais pas, Jet Li ?
— Je suis Noctis.

Le policier présumé fut aussitôt parcouru d’un frisson. La réputation de Noctis le précédait et, pour les policiers qui enquêtaient parfois sur la Nova, elle était bien sombre. Noctis se pencha en avant, posa les coudes sur les genoux et croisa les mains. Non loin de là, le plaisir qui montait en Dylan et Scarlet s’approchait de la jouissance, alors que la femme à côté de Lee murmurait :

— On le tue ?

Lee secoua la tête.

— Pas cette fois.
— Parait qu’tu peux lire dans les pensées.

Le silence retomba dans la pièce. C’était par télépathie que Lee s’adressait désormais à l’agent.

* Je sais qui tu es, d’où tu viens. Ton grade, ton numéro de badge, ton commissariat. Tes souvenirs, tes peurs, tes aspirations, tes petits désirs inavouables, tes fautes, tes inquiétudes. Ton adresse, et celle de tes parents, et celle de ta sœur. Tu es comme un livre pour moi, ouvert et prêt à être jeté à l’autodafé. *

Et tandis que les corps de Dylan et Scarlet s’alanguissaient dans la satisfaction du plaisir consommé, l’esprit de Lee investissait celui du policier, le défaisait et le reconstruisait. Aucun des Novas n’osait parler. Ils n’étaient pas tous conscients de la conversion à l’œuvre. Quelques secondes plus tard pourtant, le policier se leva et quitta la salle. Lee se releva à son tour.

— On l’laisse partir ?
— Oui.

Le jeune homme avait l’air déçu.

— Levez le camp. On abandonne le club.
— On prévient les autres ?
— Witch est occupée avec un ami à moi. Enfin, elle vient de finir, elle partira d’elle-même. Poly est déjà parti. Vous quatre, vous sortez par derrière. Les autres ne savent rien. La police va bientôt arriver.
— On va pas les laisser aux flics, quand même ?
— Parfois, nos adversaires ont besoin d’une fausse victoire pour détourner leur regard de leurs défaites. Ici, ils ne trouveront que de vagues suspicions, un peu de drogue et des repris de justice. Rien d’important. Nos amis sacrifiés s’en tireront à bon compte. Maintenant, partez.

Et personne ne songea à discuter l’ordre. Pendant que Lee quittait lui-même la salle et traversait la piste de danse pour partir à la rencontre de Dylan, le policier converti, sans qu’il en eût conscience, à la cause de la Nova, passait le coup de fil qui précipiterait une descente de la police. À peine Lee eût trouvé Dylan qu’il l’attrapa par le poignet et l’entraîna de l’autre côté de l’entrepôt, où ils passèrent une porte de sécurité.

— Vas-y avoir une descente des Stups, vaut mieux filer. Tu t’es bien amusé ?
 
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Ven 7 Aoû 2015 - 19:48 Message

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“Le bonheur est éphémère, il passe sans s'arrêter, il s'attarde parfois, l'espace d'une illusion, mais rares sont ceux qui savent le retenir, le garder. Il est si fragile, si vulnérable, il suffit de trois fois rien pour l'effrayer, le voir fuir à jamais.” C'était actuellement ce que j'étais en train de penser. Tout s'était passé si vite. Le temps d'un instant, j'étais en extase, mon corps entier était parcouru d'une joie intense, et l'instant d'après je me retrouvais seul dans cette arrière-salle d'une boîte de nuit, me rhabillant. Pouvait-on rêver de cela, pour une première fois ? Je m'imaginais toujours cela comme dans les films, je rencontrais une fille, on apprenait à se connaître, on tombait amoureux, et...Ce qui arriverait, arrivera. Là, j'étais tombé sur Scarlet « par hasard », et en quelques minutes à peine on s'était retrouvé ici, à consommer l'acte primaire du plaisir. Certains disaient qu'il fallait otu faire pour que ce moment soit inoubliable, fantastique, du moins pour une première fois. Certains vont jusqu'à se préserver jusqu'au mariage, être sûr d'avoir la bonne personne. Mais je ne me sentais pas coupable le moins du monde, je ne regrettais rien. J'en étais même heureux, fier. Je n'aurais jamais cru pouvoir séduire une femme comme celle-ci, comme quoi les conseils de Lee étaient vrais. Il suffisait que je m'ouvre, que j'aille vers les gens, que je sois sûr de moi, et j’avancerais réellement. Je ne resterais pas éternellement le petit développeur à la Nouvelle Aube, je ne serais pas non plus adolescent pour toujours. J'avais fais la connaissance du propriétaire de ce web-journal il y avait à peine quelques heures, et voilà qu'à présent ma vie était changée. Il avait complètement bouleversé la monotonie de mon quotidien, me traînant dans un club et jouant les entremetteurs. Quel étrange personnage, me venir en aide alors que nous nous connaissions pas. Ma mère me rabâchait une partie de ses propos à longueur de journée et il avait suffit de Lee pour que je me bouge vraiment. Ce n'était que le début, au fond de moi je voulais continuer sur cette voie. Mais est-ce que j'y arriverais ?

Seul, je regagnais la salle principale du club. La musique était revenue depuis tout à l'heure, l'ambiance était toujours la même. Le problème avait donc été réglé, sûrement par Richie. Est-ce qu'il y avait eu affrontement ? Je ne crois pas, l'atmosphère ne serait pas aussi détendue et festive. Mais je ne devais pas perdre de vue le fait que c'était un club mutant, peut-être appréciait-il les combats ? Lee avait lui-même dit que l'établissement n'était pas très légal, alors s'il y avait des combats illégaux, ça ne m'étonnerait pas...
Traversant le bar, je cherchais du regard Lee. Il était difficile de retrouver quelqu'un dans un tel amas de personnes, mais quelque chose me disait que c'était lui qui allait me trouver. Je n'avais pas eu de détails sur ses pouvoirs de Psi, mais je pouvais m'en faire une idée. Pouvait-il trouver quelqu'un, un genre de Google Maps pour humain ? Sa nature m'intriguait au plus haut point, à la fois mystérieux et captivant. J'aurais aimé naître avec de tels pouvoirs, malheureusement, j'étais le plus banal des humains. Perdu dans mes pensées, entraîné par le mouvement de la foule, je sentis une pression sur mon poignet. Quelqu'un me tira, j'eus du mal à voir son visage au début sur la piste de danse, mais je pus distinguer Lee une fois plus loin. Il m'amena de l'autre côté de l'entrepôt, au niveau d'une porte de sécurité. Je n'avais rien dit sur le moment, il devait avoir une bonne raison pour agir de la sorte. Il me dévoila cette dernière après avoir passé la sortie. Les stups ? Comment ? Pourquoi personne n'a réagi s'il va vraiment y avoir une descente ? Comment peut-il le savoir ? Encore plus de questions autour de Lee, mais j'étais sûr d'une chose : il fallait le croire.

    « Pour m'être amusé, ça, je me suis bien amusé oui ! D'ailleurs, merci. C'est grâce à toi, je t'en dois une maintenant. J'aurais bien aimé avoir son numéro pour la revoir, mais bon. Ce n'est pas grave de toute façon, j'ai compris que ce n'est pas autant compliqué que je me l'imaginais. »


Un petit peu de confiance en soi, et les résultats se faisaient déjà sentir. J'avais hâte de réitérer cela, cette fois par moi-même. J'avais eu l'aide de Lee ce soir, la prochaine fois, je devais me débrouiller seul. Maintenant, il fallait partir. Je n'avais pas envie de passer la nuit en prison, même si c'était peu probable de se faire prendre en étant aux côtés de l'Asiatique. Je tapotais alors ma poche. Puis l'autre. Et le haut de mon corps. Mon sac ! Comment avais-je pu l'oublier... Il était à l'entrée, dans la remise gardée par Medusa. J'étais passé juste devant pour retrouver Lee. Quel imbécile. J'y avais pensé en plus, mais j'avais préféré attendre pour ne pas le perdre au milieu de la foule. Mais là, c'était problématique. J'avais tout dedans. Les clés de la maison, des affaires et surtout : le disque dur externe qui contenait l'application pour la nouvelle Aube. Il y avait d'autres projets personnels à l'intérieur, mais ils étaient moins importants. Je ne pouvais pas me permettre de le laisser là, j'en avais besoin. L'application était finie, je devais la remettre à Leila demain. Que faire ? Je ne me voyais pas tout recommencer, et comment ferais-je pour expliquer ce retard ? Non, partir n'était pas une option. Si les stups venaient, ils allaient sûrement tout saisir. Je ne pourrais même pas revenir demain pour récupérer mon sac, parce qu'il sera à la police. Dans ce cas-là, je ne pouvais faire un trait dessus. Même si je me rendais dans leurs locaux, je me ferais questionner. Il était évident que si mon sac était là, j'étais là moi aussi. Fais chier...

    « Merde, Lee... Je viens de penser, mon sac à bandoulière. Il faut que je le récupère ! Il y a le disque dur avec l'application dedans et puis j'ai besoin des autres trucs qu'il y a à l'intérieur. Le laisser n'est pas une option, attends-moi, je vais faire vite ! Tu peux aussi partir, c'est comme tu veux. Mais moi, j'y retourne pour le récupérer. »


Sans plus tarder, je retournais dans le bâtiment. Par chance, j'avais tenu la porte alors que je parlais avec Lee. J'avais bien fait, car sinon je n'aurais pas pu rentrer à cause du système de sécurité. Je devais me dépêcher, je ne savais pas quand les stups allaient arriver. Il fallait que je traverse la piste de danse au plus vite. Une question me tourmentait : devais-je les prévenir ? Encore une fois si Lee ne leur avait rien dit, c'est qu'il devait avoir ses raisons. Il n'empêche que cela me démangeât, qu'adviendrait-il de Scarlet ? Est-ce qu'elle était déjà partie ? Je n'avais pas envie qu'elle se retrouver emprisonnée. Pareil pour Richie et Medusa. Ils semblaient être de gentilles personnes, mais ils se trouvaient au mauvais endroit, au mauvais moment. Je pouvais les prévenir, est-ce que ça serait ma faute s'ils finissaient en prison ? En sachant que j'aurais pu les avertir...Un véritable dilemme. En y réfléchissant, j'avais déjà traversé une grande partie du club. Je parcourais le couloir menant jusqu'au hall d'entrée. Le pire endroit s'il y avait une descente, puisque ça serait les premières personnes appréhendées. Peut-être que j'en ferais partie, peut-être pas. J'étais à présent devant Medusa, épuisé par la course que j'avais faite jusqu'ici.

    « Salut, je pourrais récupérer mes affaires s'il te plaît ? Je vais filer... » Je marquais un temps d'arrêt, d'hésitation, avant de reprendre : « Peut-être que tu devrais aussi. »


À l'aide d'une de ses tentacules, elle récupéra mon sac tout en écoutant ce que je lui disais. Elle était perturbée par mes propos, ne sachant pas où je voulais en venir. Je ne préférais pas en dire plus, car je devais déjà me sauver moi-même. Ni une, ni deux, je pris ma bandoulière et je filais de l'autre côté de l'entrepôt, là où Lee devrait être en train de m'attendre. Pour le moment, aucune sirène de police ne se faisait entendre. Mais en même temps, est-ce qu'ils allaient débarquer en prévenant de cette façon ? Je n'avais pas envie de savoir. J'étais essoufflé, mais je ne m'arrêtais pas. Cela faisait bien longtemps que je n'avais pas couru de cette façon. Le plus dur était de se frayer un chemin au travers de la piste de danse. Déjà que se déplacer à l'intérieur était compliqué, mais en allant vite, cela relevait presque de l'impossible. Je commençais à en voir la fin, le couloir menant jusqu'à la sortie se dessinait peu à peu. Quand je me fis bousculer dans tous les sens. Gauche, droite, en arrière, en avant, j'avais l'impression d'être un ballon. Il y avait des cris, de l'affolement. Je croyais savoir ce qui était en train de se passer : la descente des stups. Je ne pouvais pas échouer si près du but, et même si je tombais, je me relevais. Déjà parce qu'il ne valait mieux pas rester au sol dans ces conditions, car cela impliquait de se faire piétiner. Mais surtout parce que je devais retrouver Lee s'il était toujours là, ou au moins rejoindre la porte de sécurité pour m'enfuir. La lutte fut ardue, mais j'y arrivais. La poignée de la porte était à portée de main. Personne ne s'était dirigé vers cet endroit, une chance pour moi. Peut-être n'était-il connu que par les habitués, ou les dirigeants ? En tout cas, j'étais sain et sauf. Pour le moment. Qu'est-ce qui me disait qu'il n'y aurait pas un groupe d'assaut derrière cette porte ? Si jamais Lee avait préféré partir pour éviter les ennuis. Le seul moyen de le savoir était d'ouvrir, peu importe ce qui arriverait. Tout en poussant la porte, je m'écriais :

    « Cours, Forrest ! Cours ! »


Mon côté geek qui refait surface au pire moment. Si Lee était là, cela s'adressait à lui. Il comprendrait sûrement ce que je voulais dire par là, qu'il fallait prendre ses jambes à son cou maintenant que j'eusse le sac. Mais c'était aussi pour me motiver et ne pas m'arrêter dans ma lancée. Mes jambes me faisaient mal, mon souffle était saccadé et mon rythme cardiaque, élevé. Pas question pour autant de faire une pause, il fallait fuir.
 
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Dim 9 Aoû 2015 - 15:05 Message

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Il avait laissé Dylan partir, sans le suivre, à l’intérieur du club. Pour être honnête, on ne pouvait pas dire que la panique le saisissait. Cette descente, en quelque sorte, il l’avait autorisé, en laissant le policier reconverti partir avec la volonté de mettre un terme aux fêtes clandestines de ce club-là. C’était une manière d’endormir la méfiance de l’ennemi, d’abord, c’était ensuite un excellent moyen de faire avancer son nouveau fidèle dans les rangs de la SCPD, à un grade plus élevé où, plus tard, il se révèlerait plus utile. Et puis, il forçait les fidèles de la Nova à se couper du commun des mutants, il leur faisait sentir leur différence et leur responsabilité. Cette décision de Lee, comme bien d’autres, n’avait rien eu d’anodin : il était un coup d’échecs compliqué, où se mêlaient bien des manœuvres psychologiques.

La tumulte ne tarda pas à monter de l’entrepôt. S’il s’était concentré, Lee aurait pu compter les policiers qui convergeaient vers le bâtiment. L’effort, cependant, était inutile. Aucun agent des forces de l’ordre ne pouvait avoir le dessus sur lui et aucune prison banale n’était capable de le retenir. Dylan surgit au pas de course. Lee lui emboita le pas. Il aimait bien courir — la course de fond, surtout, comme la nage de longue distance. Il avait pratiqué ce sport-là depuis toujours et, au fil des réincarnations, il continuait à s’y adonner. C’était un bon moyen de penser. Les efforts prolongés libéraient l’esprit. La musculation, au contraire, le laissait vite — il fallait compter, vérifier les poids, les séries, les répétitions. Une attention fastidieuse qui interrompait le cours des pensées.

Il courait pour courir. Au début, il avait bien songé que la fuite et l’adversité le rapprocheraient de Dylan, comme il était inévitable, et que cette soirée pourrait peut-être solidifier le début d’une amitié qu’il désirait à moitié pour elle-même, parce que le geek en bien des manières lui rassemblait, et à moitié pour garder un œil ouvert dans le milieu des humains pro-mutants. Et puis il avait continué à courir pour la beauté du geste. La descente des Stups, un peu improvisée, leur avait laissé le champ libre et, à n’en pas douter, une bonne partie des mutants du club avait dû, comme eux, grâce à leurs pouvoirs ou des moyens plus conventionnels, se soustraire aux forces de l’ordre.

Cinq minutes plus tard, ils s’arrêtaient. Ils avaient traversé une friche industrielle, qui s’étendait derrière l’entrepôt, en longeant deux autres hangars, eux entièrement inoccupés et, à les voir, depuis de nombreuses années sans doute. De vieux rails de chemin de fer, qui avaient dû, jadis, servir à convoyer des charriots au châssis étroit jusqu’aux chaines de montage, quand ces industries lourdes étaient encore prospères près du centre des villes, étaient désormais envahis par les herbes folles. Un chat errant traversa la friche à pas rapides, contrarié par la présence de ces deux visiteurs. La lumière de la lune, et le lointain éclat d’immeubles, à deux cents ou trois cents mètres de là, de l’autre côté d’une avenue, là où la civilisation reprenait, éclairaient ce décor lugubre ou poétique, selon les imaginations.

Pas trop essoufflé, Lee jeta un coup d’œil vers l’entrepôt. De là où ils étaient, ils ne voyaient pas grand-chose et ils n’entendaient presque rien. Tout ce dont ils pouvaient être sûrs, c’était que personne ne venait à leur poursuite. Lee se fendit d’un sourire.

— Bah on pourrait dire que t’as brûlé des calories, ce soir…

Il faisait allusion tout à la fois à la rencontre avec Witch et à leur course loin de la police.

— Plus sérieusement, encore un des nombreux exemples de ce que les mutants vivent, aujourd’hui. Si ça avait été des gosses de riche dans un club humain du centre-ville, j’peux te dire que les Stups seraient pas arrivés comme ça.

Ce n’était pas tout à fait même si l’interprétation de Lee passait sous silence bien d’autres activités criminelles de la soirée.

— Bon, après, à part les vrais dealers, les autres devraient s’en sortir sans trop d’encombre. Au pire, ceux qu’auront un peu trop consommés se retrouveront à ramasser les papiers de Star Park en travaux d’intérêt généraux. T’inquiètes pas pour Scarlet, en tout cas. Elle est difficile à attraper.

L’un des nombreux talents qui l’avaient d’abord recommandée à l’attention de Noctis.

— Ça a du bon et du mauvais. J’suis désolé mais j’crois pas qu’elle ait de téléphone. C’est pas vraiment quelqu’un qu’on contacte.

Lui aurait pu le faire, sans difficulté, par télépathie, mais sa sympathie naissante pour Dylan n’allait pas jusque là.

— Allez, j’te raccompagne chez toi, cette fois-ci. Ce serait con que tu finisses cette soirée en te faisant agresser par des loosers au coin de la rue.

Il prit en marchant le chemin de l’avenue qui se déroulait devant eux.

— Alors, du coup, dans l’ensemble, tu penses quoi de ta soirée ?
 
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Mar 18 Aoû 2015 - 19:16 Message

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Il était là, derrière la porte. La lumière de la lune l'éclairant tel un messager. Néanmoins, je ne pris pas le temps d'admirer la beauté de la situation - et par ailleurs le fait que Lee était encore présent -. Je galopais, courant comme je n'avais jamais couru auparavant. À vrai dire, à aucun moment dans ma vie, j'avais eu une réelle raison pour courir. Le cours d'éducation sportive à l'école ne comptant bien évidemment pas, surtout lorsqu'on s'introduit dans le système du lycée pour se faire des mots d'absence. Je regrettais amèrement de ne pas avoir participé à cette matière. Je n'avais rapidement plus de souffle, mais on ne pouvait pas s'arrêter. Nous n'étions pas encore assez loin de l'entrepôt. Il fallait se mettre en sécurité avant de pouvoir se stopper. Courir était une activité vraiment épuisante, mais parfois salvatrice. Lee s'était joint à moi dans ma démarche. Ce qui me faisait penser : pourquoi adopter cette allure effrénée ? Le propriétaire de la Nouvelle Aube n'avait-il pas dit être apte à pouvoir nous protéger même si une guerre éclatait juste à côté de nous ? Effectivement, cela ne m'était pas venu à l'esprit. Mais dans le feu de l'action, l'adrénaline s'emparant de mon corps, je n'avais pas réfléchi. D'un autre côté, il courrait à mes côtés. Peut-être que cela l'amusait ? Je ne savais pas vraiment, mais je continuais à galoper. Maintenant que j'étais lancé, je n'allais pas m'arrêter avant d'être en sécurité.

Une demie-dizaine de minutes avait passé. Ce n'était pas mon impression, on aurait dit que j'avais couru bien plus longtemps. Je ne savais pas si on était assez loin, mais je n'en pouvais plus. Lee s'arrêta, je fis de même. Il n'avait pas l'air très essoufflé, alors que moi, je souffrais. Il fallait vraiment que je me mette à faire du sport, au moins du footing pour entretenir mon corps. Parce que là, cela faisait pitié à voir. On avait dépassé plusieurs entrepôts désaffectés, la nature avait repris le dessus sur une partie des environs. Les rails sur l'ancienne voie de fer étaient à peine distinguables à cause de la végétation. Au moins, on était assez loin. Je ne voyais même plus l'entrepôt duquel nous nous étions enfuis. C'est alors que je perçus un bruit inconnu. La peur s'empara de moi, je fis un bond en m'exclamant. Tout ça pour quoi ? Un stupide chat qu'on avait dérangé et qui avait déguerpi. Cela aurait très bien pu être un policier, ou pire ! En tout cas, je rigolais suite à ce malentendu. Avoir peur d'une petite bestiole, on ne pouvait pas dire que j'étais très courageux. Lee rompit le silence. Sa remarque était plus que vraie, mais je remarquais qu'il n'avait pas dit « nous ». Est-ce qu'il voulait parler d'autre chose que ce sprint ?

    « Oh mon dieu, je crois que j'ai fait du sport pour un mois-là, c'est sûr. J'en peux plus ! Et toi, tu n'es même pas essoufflé. Veinard. » Je me redressais, reprenant mon souffle. « Tu as bien raison, je doute que les forces de l'ordre seraient intervenues dans un club de la haute. Mais que veux-tu, c'est comme ça...C'est ce que veut changer la Nouvelle Aube non ? Les mentalités, enfin, tu vois le genre. »


Après, cela faisait bien des années que les humains avaient connaissance des métas. Peut-être même bien plus. Je n'étais pas très bien calé en histoire, un sujet qu'Adrian se ferait plaisir d'aborder si on en lui parlait. Il est vrai que de nos jours, beaucoup de groupes anti-mutants voyaient le jour. Je ne savais pas pourquoi, je n'arrivais pas à me mettre à leurs places. Qu'est-ce que ça pouvait bien leur faire qu'il y ait des gens différents ? Qu'est-ce que cela changeait ? Oui, ils sont capables de voler, de contrôler le feu, de faire des trucs dépassant l'imagination, et alors ? C'était de la jalousie, de la haine sans réels fondements. C'était malheureux, mais on ne pouvait rien faire. Il y en aurait toujours pour contester, pour attiser l'animosité.
Cependant, les stups n'étaient pas là pour rien. Drogues, alcools, plusieurs délits avaient été commis ce soir. Je n'étais certainement pas le seul mineur à me trimballer dans le club. Après je n'avais pas eu vent d'autres agissements punissable par la loi, et je ne préférais pas m'en rendre complice. Maintenant qu'on était tiré de là, pas besoin de se torturer l'esprit avec ce genre de choses.

    « Difficile à attraper...À rattraper surtout. Je crois que je m'en suis douté quand je l'ai vu, ce n'est pas grave maintenant. J'aurais passé un très bon moment, c'est déjà ça. J'imagine que si elle voudra me revoir, j'en entendrais parler. Mais j'en doute. »


J'avais hésité à parler de Scarlet à Medusa. J'aurais pu lui laisser un mot qu'elle lui aurait remis, ou même mon numéro. Mais si elle s'était éclipsée sans rien dire, elle devait avoir ses raisons. Peut-être avait-elle vu arriver la police ? Drôle de coïncidence qu'elle disparaisse peu avant qu'ils arrivent. Peut-être simplement un concours de circonstances. En tout cas, je tâcherais de ne jamais oublier son visage. Mais si elle ne faisait rien pour me revoir, je ne chercherais pas à lui courir après ou à la contacter. Je ne voulais pas me faire de faux espoirs ou vouloir attraper quelqu'un d'aussi tangible que le vent. Bizarrement, j'étais prêt à recommencer. Cela me surprenait, je ne connaissais pas cette facette de moi-même.

    « Si ça ne te dérange pas, allons-y alors. Pas de détours par un bar mutant, hein ? » Dis-je en rigolant. « Une soirée palpitante, et tumultueuse. Je ne crois pas m'être autant amusé. Je te l'ai déjà dit, mais encore merci. Je crois que ça me plaît, j'ai envie de repasser une soirée comme celle-là. Si tu connais d'autres boîtes, je veux bien que tu m'en parles. J'ai jamais réellement profité, j'ai des choses à rattraper, je crois ! »


Je ne comptais pas en abuser, bien sûr. Mais se faire plaisir de temps à autre, sortir pour s'amuser. Cela me permettait de m'évader du stress quotidien, de voir du monde. Parfois, il fallait savoir, se lâcher, se divertir. Franziska voulait toujours m'obliger à aller en ville, à faire la fête. Elle sera étonnée quand j'accepterais maintenant ! En tout cas, si Lee pouvait m'amener dans d'autres endroits comme celui-ci, cela me ferait le plus grand bien. Pas forcément des boîtes de nuit, mais voilà. Quelque chose qui pourra me permettre d'aller vers les autres, de m'ouvrir à l'inconnu. Après, je ne savais pas ce qu'il en pensait. Est-ce qu'il voudra me reparler ? Me revoir ? Je pouvais le considérer comme un ami, au vu de ce qu'il avait fait pour moi aujourd'hui, mais est-ce que c'était réciproque ? Je n'osais pas lui demander, ce n'était pas une chose dont on parlait.
En parlant, on avait dépassé la zone industrielle. On en était à présent sorti, et on se retrouvait à longer une route moyennement éclairée par des lampadaires. Une ambiance glauque, digne des films d'horreur. Je me demandais pourquoi il n'avait pas appelé un taxi comme précédemment. Mais après tout, je n'habitais pas si loin que ça. Je ne savais pas trop où l'on était, mais je logeais à Kingston. De ce que j'avais vu lors du trajet en taxi, on avait rejoint l'Ouest de la ville. On ne devait pas être trop éloigné. Enfin, j'espérais.

    « Au fait, on est vers où ? J'habite à Kingston, vers Cheyenne Street. Est-ce qu'on a emprunté le bon chemin au moins ? J'ai un sens de l'orientation pitoyable, alors je te fais confiance. Sinon, tu fais quoi dans la vie Lee ? On a surtout parlé de moi, mais pas trop de toi. »


C'est vrai ça, j'avais déballé mon sac, mais je n'en savais pas grand chose sur lui.
 
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Mer 19 Aoû 2015 - 18:34 Message

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Lee haussa les épaules quand Dylan souligna son endurance.

— J’aime bien courir. Bon, après, j’suis plutôt coureur de fond que sprinteur. Ça vide la tête. C’est… Utile.

Chase Neutron-Grey avait grandi avec une pratique sportive intense exclusivement tournée vers la maîtrise de ses propres pouvoirs. Son oncle avait toujours considéré que des aptitudes aussi vastes que les siennes exigeaient un irréprochable contrôle de soi et il avait incité Chase à s’adonner à des sports il est vrai peu spectaculaire et peu faits pour lui donner une carrure de playboy mais pour le moins utiles : la course de fond, la nage de fond et le yoga formaient les trois piliers du programme. Selon les corps que ses réincarnations lui fournissaient, il arrivait à Noctis de pratiquer la musculation mais, avec Lee, il était persuadé que ce serait parfaitement utile et même nuisible au charme fragile de son physique asiatique.

Alors que Dylan s’inquiétait de la direction qu’ils empruntaient, Lee pointa un panneau au loin.

— C’est une station de métro, tu te repéreras sur la carte.

Finalement, dans une grande ville comme Star City, on n’était jamais vraiment perdu tant qu’on pouvait trouver une ligne souterraine. Tout le reste n’était qu’une question de persévérance et nombre de correspondances. Alors qu’ils se dirigeaient vers les escaliers, Lee réfléchissait à la réponse qu’il allait donner à Dylan. Il aurait pu lui dire qu’il était informaticien et ingénieur robotocien mais entre ces deux spécialités et ses pouvoirs mentaux, il était à craindre que le jeune homme passionné de héros fît le rapprochement avec feu Chase Neutron-Grey.

Du reste, sa fortune n’avait pas grand-chose de légal.

— Disons que je suis explorateur.

Pas un mensonge : une petite partie de la varité.

— J’ai la chance d’avoir hérité de beaucoup d’argent et j’ai décidé qu’au lieu de chercher à faire prospérer encore ce qui était déjà amplement suffisant, j’allais essayer de mener une vie intéressante et utile. Le côté utile, c’est soutenir des initiatives comme la Nouvelle Aube. Le côté intéressant, c’est de voyager. Je voyage un peu partout dans le monde.

C’était presque fidèle à sa réalité. En réalité, il avait hérité de beaucoup d’argent et déposé des brevets lucratifs et fait trafic de technologies inconnues dans son monde auprès de groupes criminels et siphonné des transactions financières ultra-rapides d’infimes quantités d’argent grâce à des virus bien placés, très discrets et dont le rendement était considérable. Et il voyageait plutôt dans d’autres dimensions que dans le monde. Détails que tout cela !

— Je vais surtout dans des endroits qui sont peu explorés. Je découvre la culture des gens, quand il y en a, j’apprends les langues, ce genre de choses.

Et c’était bien une partie de ses motivations d’explorateur du Multivers. Il retirait certes un bénéfice substantiel de ses aptitudes à ramener des matériaux et des technologies inédites mais, au fond, ce qui le poussait à passer de monde en monde, c’était le plaisir de la découverte. Il était simplement beaucoup plus actif que sa description de simple observateur ne le laissait entendre.

Ils descendirent les escaliers de la bouche de métro. Lee dédaigna les distributeurs de billet et se contenta de passer les portes automatiques qui s’ouvrirent sans qu’il eût présenté le moindre titre de transport. Médée, la super-intelligence artificielle qu’il avait développée, avait infecté la gestion des transports en commun de la ville. Grâce au bracelet robotique qu’il portait, elle repérait sa position et facilitait les rares déplacements qu’il faisait en métro.

Une fois sur le quai, il jeta un œIl aux horaires. Deux minutes d’attente.

— Donc, ouais, je connais d’autres clubs. Y a le Machine mais je doute que ça t’intéresse…

C’était le plus célèbre club gay de Star City, où Chase, jadis, avait passé des soirées… animées. Il se garda de parler du Seraphia, le nightclub dont il avait pris le contrôle après sa première réincarnation, et dont la réputation sulfureuse aurait pu mettre Dylan trop facilement sur la piste de ses activités criminelles.

— J’sais pas, faudrait qu’on en reparle un jour. J’t’enverrai un mail où tu pourras me contacter et on verra pour s’organiser une sortie, un soir.

L’enthousiasme de Dylan qui découvrait les plaisirs du danger lui faisait chaud au cœur et sa proposition, pour une fois, ne contenait aucune arrière-pensée.

— Tant qu’ça nuit pas à ton travail, bien sûr. Mais faut s’amuser de temps en temps, pas vrai ?

Il supposait que Dylan n’allait pas se transformer du jour au lendemain en serial nightcluber incapable de se lever le matin.

— Quand est-ce qu’il finit, ton stage, à la Nouvelle Aube ? Tu comptes faire quoi, après ?

Il ne savait pas si Leila avait décidé de créer un poste permanent pour Dylan et, à vrai dire, ça ne rentrait pas dans le genre de choses dont il s’occupait.
 
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Mer 19 Aoû 2015 - 23:42 Message

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Apparemment, Lee appréciait la course, peut-être même que c'était un de ses passe-temps. Sous ses airs de frêle asiatique, on ne dirait pourtant pas qu'il s'adonnait à quelconque exercice physique. Toujours se méfier des apparences, je devais y être habitué avec lui maintenant. Je l'avais pris pour un collègue alors que c'était mon véritable boss, et il s'était révélé être un psi. Alors je ne devais plus être étonné à présent. Peut-être que je devais m'y mettre moi aussi, pas forcément pour me vider la tête, mais pour avoir une endurance convenable. Aujourd'hui, j'avais Lee pour me raccompagner. Mais seul, dans le même scénario, je ferais mieux d'être capable de courir sur de longues distances. On ne savait jamais ce qui pouvait arriver dans des ruelles sombres ou des endroits malfamés, avec toutes les agressions dont on entendait parler aux informations cela ne nous rassurait pas vraiment. Rapidement, Lee dissipa les inquiétudes que j'avais sur le chemin emprunté. Nous nous dirigions vers une station de métro. Cela me rassura puisqu'il y avait un arrêt non loin de Cheyenne Street, encore faudrait-il que ça soit la même ligne de métro. Même si j'en doutais puisqu'on n'était pas loin de Kingston, comme l'avait dit l'Asiatique je verrais bien sur la carte.
J'avais finalement osé questionner Lee sur sa vie, ce qu'il faisait en dehors de se pavaner en boîte de nuit et de posséder la Nouvelle Aube. Je ne savais pas grand chose sur lui, à vrai dire, il avait dû m'écouter parler de moi toute la soirée. Je me demandais même si je ne l'avais pas trop ennuyé, mais après tout, il était venu de son plein grès. Je me rendais compte que je lui en avais raconté beaucoup sur moi, pourtant ce n'était pas très réciproque.
Finalement, il répondit à ma question. C'était un explorateur, si j'en croyais ses dires, car à la tournure de sa phrase, ce n'était pas tout. Il avait apparemment une certaine somme en banque qu'il n'avait pas souhaité renflouer avec des investissements. En revanche, il s'était servi de son argent pour soutenir des projets comme celui de la Nouvelle Aube, en soit des œuvres caritatives. Il en faisait aussi usage pour voyager dans le monde découvrir de nouvelles cultures, des trésors de la vie. Je ne m'en serais jamais douté, il avait vraiment bon fond. Je comprenais pourquoi il m'avait « pris sous son aile ». Il était peut-être fortuné, il était bien loin de tous ces bourges. Lui, il avait la main sur le cœur.

    « Explorer, voyager...Tu dois en voir de belles choses, de beaux paysages, des civilisations bien plus avancées sur le plan humain que nous, urbains. Je crois qu'un jour, je ferais le tour du monde. Mais ça, ce n'est pas pour tout de suite. En tout cas, que tu te serves de ta fortune pour venir en aide à des groupes comme la Nouvelle Aube, c'est généreux de ta part. Tu soutiens les activités pro-mutantes en général, ou seulement ce journal web ? »


Les deux seuls lieux dans lesquels je m'étais retrouvé avec lui étaient des établissements mutants. Une coïncidence ? C'était lui-même un psi, donc il n'y avait pas à en faire tout un plat. Il soutenait la cause, car il en faisait partie, tout simplement. Arrivé aux escaliers, je les descendais tout en me tenant à la barre. Une fois en bas, les portes automatiques s'ouvrirent à l'arrivée de Lee, devant mes yeux ébahis. Ses pouvoirs de psi affectaient aussi les machines ? Puissant, vraiment. Moi, j'utilisais ma carte. Je préférais rester dans la normalité, et puis j'avais un abonnement illimité au mois. Quelques mètres plus loin, on arriva sur les quais. Il n'y avait pas un chat, littéralement. C'était vide, en même temps à cette heure-ci, c'était plus qu'ordinaire. Au même moment, nous regardions le panneau d'affichage. Seulement deux minutes, un timing presque parfait. Lee en profita pour me parler d'une boîte de nuit appelée Machine. À vrai dire, cela ne me parlait pas du tout et en plus, il précisa que cela ne risquait pas d'être mon genre. Je restais plutôt perplexe quant à cette remarque, qu'insinuait-il ? Je n'avais pas très bien compris et je ne préférais pas demander.

    « Ouais, de toute façon, tu sais où me trouver. Je suppose que pour mon adresse mail, il te suffit de demander à Mme. Chakir ? Sinon, je peux te l'écrire sur un bout de papier. Tu dois te douter que mes soirées soient plutôt libres, alors je ne pense pas qu'on aura un problème de ce côté-là pour organiser une autre sortie. » Vérifiant l'heure sur mon téléphone, je reprenais : « Ne t'inquiète pas pour le travail, c'est les vacances donc j'arrive parfaitement à gérer tout ça. Cela se corse lorsque les cours reprennent, mais tout étudiant connaît ça ! Et puis comme tu dis, toujours rester chez moi, à réviser, à travailler, il faut savoir se changer les idées. T'es plutôt doué pour ça, j'ai l'impression. »


Au contraire de moi, je n'avais pas besoin de le préciser. Pour moi, s'amuser voulait dire jouer à la console et regarder des films. Pas exactement la définition du divertissement, enfin pour moi ça l'était. Mais je me rendais bien compte qu'il y avait des merveilles là dehors, qui n'attendait que moi. Lee m'avait fait y goûter. J'avais loupé tant de choses. Pourtant, des actions simples pour les autres jeunes.
L'arrivée du métro et l'ouverture de ses portes m'extirpèrent de mes pensées. J'avais commencé à me perdre dans mon esprit alors que j'étais en pleine discussion avec mon ami et qui plus est, il m'avait posé une question. Qu'est-ce que je ferais plus tard ? Qu'est-ce que j'envisageais pour mon avenir ? En voilà une bonne interrogation. Ingénieur en informatique semblait plutôt vaste, et à vrai dire, je commençais à m'ouvrir à de nouveaux domaines qui me passionnaient. Je n'étais plus réellement sûr de mon futur. Tout en y réfléchissant, je passais les portes pour m'asseoir dans un compartiment avec quatre sièges.

    « Normalement, c'était juste pour ma première année. Mais au final, ça s'est prolongé sur les vacances et normalement sur toute la durée de mes études à l'HIT. Donc pour le moment, je n'ai pas vraiment pensé à un autre travail. Après, j'ai toujours pensé devenir ingénieur en informatique, je bidouille pas mal chez moi. Mais j'ai découvert les cours sur l'intelligence artificielle, les nouvelles technologies, je ne sais plus exactement ce que je souhaite faire. Il y a tant de choix, j'ai peur de faire le mauvais. J'ai encore le temps de toute façon, je verrais bien ce qui m'attire au final après mes études. »


Tant que je ne finissais pas derrière un bureau, à ne rien faire si ce n'est de la paperasse. J'adorais penser, faire cogiter mes méninges et travailler mes mains pour modifier des objets. La plupart du temps ce n'était pas forcément des choses légales, comme mon HackingDevice, mais parfois plus utilitaire pour le foyer.
Une fois que le métro eut démarré, je regardais la carte présente juste au-dessus de nos têtes. Comme je le pensais, il n'y avait que quelques arrêts avant Cheyenne Street. Une dizaine de minutes, probablement moins. Je jetais un coup d’œil dans le wagon. Il y avait quelques personnes isolées, pour la plupart des sans-abris cherchant seulement un endroit chaud où se reposer. J'enlevais mon sac pour le déposer sur mes genoux et éviter d'écraser son contenu contre le siège. J'en profitais pour vérifier son contenu et m'assurer que le disque dur avec l'application était bel et bien là. Heureusement, rien n'avait disparu, rien n'était abîmé. Je le refermais et machinalement, je remontais mes lunettes à l'aide de mon index avant de croiser le regard de Lee. Maintenant que j'y pensais, il était à peine plus vieux que moi. En tout cas, il le paraissait. C'était un explorateur, certes, mais il devait bien avoir étudié quelque chose ?

    « Et du coup, toi, tu fais des études ? Ou tu en as fais ? Je me demande ce que tu as pu étudier. »


Il fallait bien tuer le temps qu'il nous restait jusqu'à ma station. D'un autre côté, cela m'intéressait de savoir.
 
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Jeu 20 Aoû 2015 - 22:22 Message

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Oui, voilà, il demanderait son adresse à Chakir. Techniquement, Médée l’avait déjà récupérée mais Lee s’abstint de tout commentaire.

— Après, t’sais, sortir en boîte de nuit, c’est fun, mais tous les soirs, c’est pas trop ça non plus. ‘Fin, je suppose que y a des gens qui aiment mais au bout d’un moment, on tourne en rond.

Lee avait besoin de distractions variées. Très variées. Inhumainement variées. Comme d’autres mondes.

— Mais pour répondre à ta question, ouais, j’suis un peu impliqué dans la cause méta. Enfin, pas que. C’est les discriminations qui me saoulent, de manière générale. J’aide des associations de lutte contre le racisme ou l’homophobie, des programmes pour promouvoir l’avancée des femmes dans la science, ce genre de choses.

La morale de Lee avait une souplesse coupable et ses activités étaient pour l’essentiel sanglantes et criminelles mais ses principes, eux, étaient solides et des plus progressistes. L’Asiatique était un féministe convaincu, un ardent défenseur du mélange des cultures et, évidemment, les problèmes qui touchaient aux orientations sexuelles le concernait au premier chef.

— Tu vois, grandir comme un mutant psi gay avec les yeux bridés, ça aide à voir les choses différemment. T’es toujours un peu à côté de la plaque et au bout du compte, tu te demandes si la plaque est pas juste trop petite pour accueillir tout l’monde.

C’était une métaphore maladroite — et la raison pour laquelle Chakir s’occupait du journal, non lui. Son truc, ce n’était pas les mots, sauf quand il fallait lancer une pique à un adversaire sur le champ de bataille. Lee était un stratège, non un organisateur. Il avait un peu menti, parce qu’il était né Blanc et ce ne fut qu’après sa première réincarnation, sous les traits de l’Afro-Américain Alex, qu’il avait l’expérience du racisme. Mais l’idée était là.

— Et encore, j’ai eu la chance d’avoir du pognon. J’veux dire, j’me suis fait traiter d’monstre, de pédale ou de Chintok, mais moins que si j’avais grandi pauvre dans un quartier pourri de New York, tu vois.

Il emboita le pas à Dylan et s’assit en face de lui, dans la rame de métro. Il haussa les épaules.

— Après, j’dis pas qu’il faut forcément cumuler les marginalités pour s’engager, hein. Ni qu’il faut s’engager dans toutes les causes. J’sais pas, genre, j’ai jamais fait une gay pride, tu vois. Je choisis mes combats.

Et son combat principal, c’était celui pour la métahumanité, même s’il aimait penser que la Nova incarnait l’ensemble des valeurs progressistes qui lui étaient chères.

Noctis jeta un coup d’œil au plan des arrêts, alors que son nouvel ami l’interrogeait sur ses études. Il secoua la tête.

— L’école, c’est pas trop mon truc.

Son regard revint sur Dylan et il esquissa un sourire.

— J’suis plutôt autodidacte.

C’était un bel euphémisme mais il avait l’avantage d’être né dans une plus des grandes familles de technologues du monde et d’avoir grandi au Bigsby Building, un haut lieu de la science et de l’ingénierie.

— Comme t’as remarqué, je tiens pas en place, alors écouter des cours que j’ai pas forcément choisi, pas pouvoir décider quand ça s’arrête ou que ça continue, ça me frustrerait. J’préfère lire des bouquins ou des articles, comme ça j’le fais quand et comme je veux. Bon, du coup, ça laisse pas mal de lacunes, parce que y a personne pour me forcer à m’intéresser à des trucs qui me motivent. Entre toi et moi, mieux vaut pas m’faire passer un quizz sur l’histoire, parce que ça serait la catastrophe.

Ce qu’il ne disait pas, c’était que non seulement il n’avait pas fait d’études mais qu’il n’avait à vrai dire jamais été scolarisé, passé la primaire. Ses pouvoirs étaient apparus très tôt et ils avaient été immédiatement des plus puissants, alors son oncle l’avait gardé enfermé dans le Bigsby Building, le temps d’être absolument sûr qu’il les contrôlerait. Chase n’en était sorti que vers seize ans et il n’avait jamais réintégré un cursus normal. Son oncle Jack et sa sœur ainée Tesla avaient essayé de lui fournir une éducation semblable à celle des jeunes gens de son âge mais, comme toujours chez les Neutron-Grey, les sciences, la robotique, l’astrophysique, y avaient tenu beaucoup plus de place que l’histoire, la littérature ou la sociologie.

— T’sais, tu devrais pas t’inquiéter d’faire le mauvais choix, dans tes études. D’abord, tu peux toujours changer après, ensuite, c’est pas parce que t’as un diplôme dans tel domaine que tu vas faire juste ça toute ta vie. Et puis… J’sais pas, y a toujours plus de choses à faire avec tel truc qu’on t’apprend en cours que ce qu’on te dit. Si y a bien quelque chose qu’on a appris, ces dernières années, c’est qu’y a pas de limites au invention. T’as l’air motivé, tu devrais pouvoir te débrouiller avec n’importe quoi.

La liberté en toute circonstance : tel était le principe de Noctis.

 
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Ven 21 Aoû 2015 - 17:19 Message

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Lee marqua un point. Ce n'est pas parce que j'avais goûté aux boites de nuit que j'y retournerais tous les soirs. Je n'allais pas abandonner du jour au lendemain mes passe-temps, ce qui faisait de moi l'adolescent que j'étais aujourd'hui. Mais dorénavant, je saurais comment m'amuser et me laisser aller. Il n'y avait pas que dans les jeux vidéos et la musique que je pouvais prendre du plaisir, ce dont je ne m'étais jamais douté jusqu'à aujourd'hui. Une révélation à laquelle je ne m'attendais pas, ayant toujours eu une aversion pour cela. Peut-être parce que j'étais jaloux ? Ma mère me disait toujours de tester avant de détester une chose, elle avait bien raison.
L'Asiatique n'était pas seulement impliquée dans la défense des droits des métas, mais plus généralement de toutes les discriminations qu'il pouvait y avoir : sexe, ethnie, croyance, et sûrement d'autres. Un véritable fervent de la cause. J'étais impressionné. Il était vraiment bon, j'avais rarement croisé des personnes comme lui. Des principes admirables que je respectais moi aussi. Je n'étais certes pas un activiste comme, mais j'aidais comme je pouvais. Je ne comprenais pas pourquoi les gens pouvaient s’horrifier que leur voisin préfère coucher avec des hommes, en quoi cela les regarde ? De quel droit veulent-ils s’immiscer dans la vie d'un inconnu, de l'obliger à agir comme ils le souhaitent ? Se limiter à la race, à l'orientation, et ce genre de chose, c'était d'une absurdité sans nom. Quand je regarde un homosexuel, un catholique, une femme noire ou forte, ce que je vois, c'est une personne. Et rien d'autre.

On pouvait comprendre que la vie de Lee avait dû être plutôt mouvementée. Il n'avait d'ailleurs pas mentionné son orientation sexuelle. En tout cas, je l'avais supposé quand on m'avait pris à plusieurs reprises pour son petit-ami. Est-ce qu'il jouait sur les deux tableaux ? Cela ne me regardait pas, mais beaucoup de gens sont malheureusement homophobes. Moi, j'étais seulement différent de par ma mentalité. Mais lui, c'était aussi sur le plan physique. S'il avait été dans un lycée public, il aurait souffert énormément. L'argent pouvait s'avérer utile parfois.

« C'est sûr, grandir avec des différences peut-être pénible. Je n'ai pas connu ça, mais je sais que certains milieux sont beaucoup moins tolérants que d'autres. J'aimerais pouvoir faire autant de choses que toi pour aider, mais je n'agis qu'à la Nouvelle Aube. Comme tu l'as dit, ce n'est pas parce que je suis caucasien que je vais me retenir de m'engager contre le racisme, si j'en ai envie. Tout dépend de ce que chacun veut faire, l'impact qu'il veut avoir. La seule différence que j'ai, c'est d'être un geek. C'est plutôt mince, mais j'en ai vu des pas mal au collège et au lycée. Parfois, les gens sont blessants sans même s'en rendre compte, c'est affligeant. »

J'en avais bavé et encore, heureusement que je suis grand. C'était la seule chose qui faisait reculer les p'tits teigneux qui voulaient s'en prendre au geek timide, la tête de turc. J'avais subi un nombre incalculable de blagues de très mauvais goût, passant du croche-patte à la cafétéria, au renversement accidentel de smoothies sur ma chemise. Des enfantillages, pour résumer. La mentalité était beaucoup plus mature à l'HIT où je ne subissais aucune pression. J'avais enfin trouvé ma place.
Lee n'appréciait pas l'école. De ce qu'il disait, il avait arrêté très tôt et se limitait à apprendre ce qui l'intéressait en lisant des livres ou des articles. Un choix comme un autre, que je respectais. Je devais supporter plusieurs matières qui ne m'attiraient pas pour réussir mes études, mais après cela pouvait toujours me servir. Au contraire de Lee, je n'avais pas une fortune. Je devais obtenir un diplôme, me trouver un bon boulot pour gagner ma vie. Je ne pensais pas qu'il aurait choisi cette voie s'il n'avait pas autant d'argent.

« Je comprends ton point de vue, chacun ses choix. Cela ne me dérange pas d'assister à un cours que je n'apprécie pas, parce que je me dis que ça me servira peut-être. Mais c'est cool que tu sois autodidacte, c'est pas à la portée de tout le monde de se débrouiller tout seul pour apprendre. Moi, je continue parce que j'ai besoin d'un diplôme. C'est ça qui m'ouvrira la plupart des portes. »

J'avais déjà réussi à obtenir une bourse pour venir étudier à l'HIT sans payer les frais d'inscription. Obtenir mon diplôme avec la plus grande mention était mon prochain objectif. Beaucoup d'entreprises importantes n'acceptent aux entretiens que les premiers de leur promotion. Si je voulais avoir un boulot décent, ou au moins qui me plairait, il fallait que je travaille dur. Plus j'aurais de bonnes notes, plus j'aurais un vaste choix pour mon avenir. D'ailleurs, Lee me réconforta au sujet de mon futur. Certes, je pouvais toujours changer en cours de route, mais cela me ferait perdre des mois, voire des années. C'était surtout cela que je redoutais. Le fait de changer de voie ne me posait pas de problème, puisque cela m'apporterait plus de connaissances. De toute façon même si j'obtenais mon diplôme en informatique, je pourrais me diriger sur l'intelligence artificielle. Lee n'était pas le seul autodidacte. De nos jours, on trouvait à peu près tout sur internet. Il n'était pas compliqué d'apprendre seul notamment quand il s'agissait de programmation ou qui s'en rapprochait. Et puis je n'intégrerais sûrement pas une entreprise à un poste important, je monterais les échelons au fur et à mesure. Il y avait tellement de firmes implantées à Star City qui touchaient plusieurs domaines qui m'intéressaient.

« En tout cas, tant que cela touche aux technologies, je pense que je serais dans mon élément. À partir du moment où c'est quelque chose qui me plaît, j'apprends vite. J'espère juste que je ne serais pas planté derrière un bureau avec de la paperasse, ou pire condamné à faire des photocopies et apporter le café. Déjà, je me sens bien à la Nouvelle Aube. On me confie des responsabilités alors que je suis encore jeune. Et puis dans le pire des cas, je lancerais mon business et je construirais des p'tits trucs. »

Pour le coup, je devrais « légaliser » mes bidouillages. Je ne pensais pas être en mesure de commercialiser mon HackingDevice, mis à part sur le marché noir. Mais ce n'était pas mon objectif de fournir ce genre d'outils à n'importe qui. Si j'avais eu des pouvoirs, je me serais vu dans le camp des super-héros. Peut-être devrais-je explorer des technologies en particulier ? Imaginez un peu, Dylan Trevino, fournisseur d'équipements pour super-héros. Cela sonnait rudement bien !
En parlant de sonnerie, le métro venait de s'arrêter à un arrêt. Me penchant pour regarder à l'extérieur, je pus voir le nom de la station. Il n'en restait plus que deux avant d'arriver à Cheyenne Street. Notre conversation risquait d'être écourtée.
 
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Sam 22 Aoû 2015 - 15:22 Message

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— T’es pas obligé de t’engager partout, de toute façon. Faire un truc pour une cause, c’est avancer vers l’ouverture d’esprit pour toutes les autres. Parait que ça s’appelle l’intersectionnalité ou un truc comme ça. C’est d’jà bien qu’tu sois à la Nouvelle Aube, c’est pas forcément facile, j’suppose, d’être l’un des seuls humains dans un environnement comme ça.

Bien sûr, la plupart du temps, les humains ne se sentaient pas humains : ils se sentaient comme tout le monde et c’était les mutants qui étaient renvoyés à leur propre statut mais, à la Nouvelle Aube, ou bien dans un nightclub comme celui qu’ils venaient de quitter, la situation inversée pouvait s’avérer difficile. Leila s’assurait bien entendu que personne ne souffrît d’intolérance dans son journal mais les discussions à la machine à café, quand elles concernaient les affres d’une vie de méta, devaient sans le vouloir laisser Dylan sur le carreau.

Peut-être qu’en fréquentant des humains comme lui, les projets de Lee s’adouciraient. Le mentaliste avait toujours été sensible à l’influence de ceux qui lui étaient proches et si sa volonté était solide, elle n’en était pas pour autant inflexible. Pour l’heure cependant, la discussion roulait sur des sujets plus courants. Alors que le métro repartait de l’arrêt où il venait de s’arrêter, Lee suggérait :

— Tu devrais viser les start-up. C’est là où on t’confiera des responsabilités le plus rapidement, où tu t’retrouveras avec des problèmes intéressants et concrets à régler, avec l’obligation d’innover et tout. Dans une grande boîte, à moins de faire de la R&D pure, et encore, tu vas surtout vérifier des trucs, établir des protocoles de qualité, ce genre de choses, et c’est sans doute pas c’qu’y a d’plus excitant. Dans une start-up, y a tout à construire. Et puis ça peut rapporter pas mal d’argent.

Lee n’était apparemment pas si déconnecté du monde de l’entreprise que son parcours scolaire et professionnel inexistant, à l’en croire, semblait le suggérer.

— Après, c’est clair que c’est plus risqué. Si la boite s’effondre, tu t’retrouves sans rien. C’est sûr qu’les grosses firmes, elles licencient aussi, mais moins souvent, puis c’est toujours des références que tout l’monde connait sur ton CV, si tu veux t’faire embaucher ailleurs. Les start-up, si les futurs employeurs en ont pas entendu parler, bah tu t’retrouves juste à devoir justifier de tes capacités. Mais après, voilà, si t’aimes prendre les risques et qu’t’es motivé, c’est un environnement plus épanouissant.

Et puis, avec un bon diplôme, les employeurs même les plus classiques garderaient un œil sur le curriculum vitae de Dylan.

— D’façons, en sortant du HIT, tu risques pas d’avoir trop d’problèmes.

L’école était réputée.

Le métro s’arrêta encore une fois puis repartit.

— Mais juste, j’pense c’est bien d’avoir une idée déjà d’ce que t’as envie d’faire, même si tu commences, là. Parce qu’en matière de technologies, y a plein de projets qui s’montent vachement tôt, dès les années dans les écoles d’ingé. Genre, t’as qu’à voir Facebook, par exemple. Ce s’rait con d’passer à côté d’un truc intéressant juste parce que tu voulais être prudent et commencer par finir tes études.

Surtout qu’il était possible de mener plusieurs projets de front et, apparemment, à en juger par l’implication de Dylan dans la Nouvelle Aube, le jeune homme n’avait pas de difficultés à supporter ce genre de charge de travail.

— Ça te parle un peu, les affaires, la bourse, les entreprises, le financement des projets, ce genre de trucs, ou pas du tout ?

Il y avait des inventeurs et des informations, lui le premier d’ailleurs, quand il avait l’âge de Dylan, qui ne s’intéressaient guère à ce genre de questions et qui, par conséquent, se retrouvaient souvent à travailler pour d’autres, quelque talentueux qu’ils fussent, faute d’avoir été capable de mettre en place tous les aspects les plus pratiques et les plus concrets de leurs propres projets.

— Y a p’têt des cours sur ça, au HIT, remarque.

Il savait que dans certaines écoles d’ingénieur, les élèves recevaient des formations minimales en business, en droit et en création d’entreprises. C’était la mentalité américaine : chacun devait pouvoir entreprendre.

— D’ailleurs, c’pour ça que c’est une bonne idée d’sortir, aussi, en fait. Quand tu veux monter une affaire, faut pas que des informaticiens et des ingénieurs. Des gens différents, c’est une bonne manière d’avoir plusieurs points de vue. Ou au moins d’tester si tes idées et tes inventions, elles parlent aux profanes. Genre que tu te retrouves pas à pondre des programmes impossibles à utiliser quand on a pas avalé un manuel d’informatique. C’est toujours l’danger.

L’application pour le journal serait d’ailleurs un bon test : elle permettrait de voir si Dylan savait allier l’ergonomie de l’interface à la qualité technique de son programme.
 
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Sam 22 Aoû 2015 - 20:19 Message

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Des start-ups, aussi appelées jeune pousse. Le nom que l'on donne à une jeune entreprise. Elles ont souvent un potentiel de croissance conséquent, ce qui les rend enclines à des levées de fonds ou autres financements très avantageux. C'était une idée intéressante, il est vrai qu'en rejoignant une structure fraîchement établie, je pourrais avoir un poste à responsabilités. D'un autre côté, avec de bonnes notes, je pouvais aisément accéder à des sociétés comme la fondation Rhodes ou Veidt Enterprises. Des compagnies avec un chiffre d'affaire gargantuesque qui pourrait m'assurer un avenir fleuri. Avec elles, j'étais sûr de me faire un nom rapidement. Mais après, cela pouvait vite devenir fastidieux. Ces entreprises devaient avoir des centaines, voire des milliers, d'employés. Les postes importants étaient déjà occupés, il fallait donc commencer en bas pour gravir les échelons au fur et à mesure. C'était une valeur sûre pour jouer sur le long terme. Alors que la start-up, c'était à double-tranchant. Si je misais sur la bonne firme, je pouvais gagner gros. Au contraire, il suffisait de miser sur la mauvaise, et ça serait du temps et de l'argent de perdu. Comme Lee l'avait dit, mon CV serait plus embelli avec un nom reconnu mondialement qu'avec celui d'une start-up. De toute façon, pour gratiner mon CV, j'avais tout un tas de projet mené en parallèle de mes études. Si cela ne suffisait pas, je pourrais même montrer ce que je faisais à la Nouvelle Aube. Ce stage n'était pas qu'un moyen de me faire un peu d'argent, mais aussi de gagner en expérience et d'avoir des bases dans l'environnement professionnel.

« Les start-ups, c'est à double-tranchant. Si je me lance, il faudra que j'aie confiance en mes collègues et que je les connaisse bien. Si à la fin de mes études, je n'ai pas trouvé d'amis avec qui en lancer une, j'irais sûrement dans une grosse entreprise. Histoire de me faire quelque bases, de voir les rudiments dans les firmes internationales. Après, je pourrais créer ma propre start-up si je trouve la bonne équipe, ou même en freelance. De cette façon, j'aurais pu me faire un nom et avoir un certain carnet de clients. Ce n'est pas comme si j'étais limité aux niveaux des options. Avec mes connaissances et mon savoir-faire, je ne devrais pas avoir de problème. »

Il ne fallait pas oublier que l'HIT était une école réputée. Considérée comme le MIT de Star City, elle est même préférée à l'USC dans plusieurs domaines. J'avais d'ailleurs hésité entre ces deux écoles, et mon choix se serait sûrement porté sur l'Université de Star City si je n'avais pas eu de bourse pour l'institut technologique. La chance m'avait souri. L'HIT collaborait même avec plusieurs grandes firmes, ses laboratoires de biochimie et de biologie étant très avancés. Peut-être même que durant mon parcours scolaire, je pourrais intégrer une de ces sociétés. Cela m'éviterait d'avoir à chercher à la fin de mes études. Mais ce n'était que des suppositions.
Facebook, le fameux réseau social. Mis en place sur le campus de la prestigieuse Harvard, au début réservé pour les étudiants de cette université. Un simple projet crée par des jeunes génies, je n'en étais pas si différent. Mais à dire vrai, je n'avais pas une idée aussi phénoménale que celle-ci. Pas pour le moment en tout cas. Peut-être que cela viendra, j'espérais. En revanche, je n'étais qu'un débutant dans les domaines cités par Lee. Des matières économiques, ce qui n'était pas mon fort. Comme beaucoup, j'avais des bases grâce au lycée et les matières dîtes du tronc général à l'université. Mais ce n'était pas mon fort...

« Je t'avoue que si j'ai choisi l'institut technologique, c'est pour une raison. J'ai des bases, mais très brièvement. Ce ne sont pas des matières qui m'intéressent, même si on est parfois obligé de les apprendre. Elles doivent aussi être en cours optionnel, peut-être. Mais je ne serais pas du genre à les prendre, pourquoi ? Tu penses que cela pourrait m'aider si je veux créer ma propre entreprise, lancer une start-up ? »

Cela semblait l'explication la plus logique. Si je voulais lancer ma boîte, je devais avoir des connaissances dans ces domaines pour obtenir des fonds, investir. La bourse me semblait attrayante, mais pas pour les mêmes raisons que la plupart des gens. C'était un challenge comme un autre. Est-ce que je serais capable d'entrer dans un système comme Wall Street, et rediriger des cours de l'action ? Ce n'était pas pour faire un nouveau crash boursier, tout simplement un défi. J'appréciais les relever, mais après il fallait éviter les autorités. D'un autre côté, cela permettait de mettre à nu des failles de sécurité. Je l'avais fait à maintes reprises, et certaines entreprises étaient prêtes à payer cher pour qu'on leur délivre une zero day vulnerability. Un métier existait même pour traquer ces failles et les vendre au plus offrant, pas forcément au plus juste.
Le métro passait un nouvel arrêt. Ma station était la prochaine, heureusement une distance conséquente nous en séparait. J'aurais le temps de discuter encore un peu avec Lee.

« Et puis je peux tomber sur des personnes avec le même objectif que moi, la même envie. Si je rencontre quelqu'un qui travaille dans la communication, l'économie, cela pourrait me faire un pilier pour bâtir ma start-up. Je ne l'avais pas vu de cet œil, mais tu as raison. En plus de pouvoir tester mes inventions, bien sûr. Voir ce que le public apprécie, serait prêt à acheter. Une sorte d'étude du marché, au plus proche des citoyens. » Sortant mon téléphone, je vis l'heure tardive. Mon réveil déjà réglé, je désespérais en voyant qu'il me restait actuellement trois heures de sommeil. « Pour les programmes impossibles à utiliser, je suis au point ahah. J'en fais souvent les frais avec mes parents, alors je suis habitué. Je fais en sorte de toujours faciliter l'utilisation de l'outil, car si ça ne convient pas au client, cela peut être très performant, cela ne se vendra pas. Sinon, désolé de devoir écourter cette conversation. Mon arrêt est le prochain. Ravi de t'avoir rencontré Lee, c'était enrichissant. »


Souriant, je tendais ma main vers lui. Ce n'était qu'une question de temps avant que le métro s'arrête à la station et que je doive descendre. Je ne savais pas s'il voulait m'accompagner jusqu'au bout, ou si cela suffisait. Après lui avoir dit au revoir, je me levais et m'avançais vers les portes qui ne tardèrent pas à s'ouvrir. Regardant Lee une dernière fois, je lui fis un signe de la tête avant de sortir du transport et marcher jusqu'aux escaliers. Il ne me faudrait pas plus de cinq minutes pour rejoindre la maison, à allure normale. Je comptais probablement courir pour arriver plus vite, et esquiver de potentiels psychopathes. Qui plus est, je devais protéger l'application que je présenterais demain. Je ne savais pas encore comment, puisque j'allais probablement être dans un état déplorable à cause du manque de sommeil. Au point où j'en étais, je pouvais faire une nuit blanche pour fignoler les derniers détails.

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