« Est-ce nous ou les autres qui sont fous? » ft. Abigaïl/Anton Bouton_vote_off
AccueilFAQRechercherMembresGroupesS'enregistrerConnexion

« Est-ce nous ou les autres qui sont fous? » ft. Abigaïl/Anton Cadre_1« Est-ce nous ou les autres qui sont fous? » ft. Abigaïl/Anton Cadre_2_bis« Est-ce nous ou les autres qui sont fous? » ft. Abigaïl/Anton Cadre_3
Aller à la page : 1, 2  Suivant
 

« Est-ce nous ou les autres qui sont fous? » ft. Abigaïl/Anton

 
Message posté : Ven 10 Juil 2015 - 11:55 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

Invité
Invité

Anonymous
Invité

Invité
Personnage
Joueur
1er Juillet 2015 – Docks de Star City, laboratoire de Shahren.


Trois jours.
La scientifique attendait depuis ce qui lui semblait être une éternité. Elle qui, d’habitude, travaillait sans ressentir les affres du temps, comptait désormais les heures, un œil toujours rivé sur les caméras de sécurité qu’elle avait fait installer dans tous les docks, juste au cas où. C’aurait été plus simple pour elle si elle avait eu en sa possession une photographie d’Anton, elle n’aurait pas sursauté à chaque alarme de son système pour finalement se rendre compte que non, ce n’était toujours pas le Faust qui venait jouer, mais un pékin lambda qui s’approchait un peu trop de son territoire. Agacée, elle aurait voulu tuer tous ces imbéciles mais avec la dernière affaire de l’araignée géante et des raves party, mieux valait se faire discret quelques temps sur le meurtre massif. Elle avait déjà eu assez de policiers dans le secteur à son goût…

Elle se remémorait, à la place, des instants de leur dernière soirée tout en essayant de travailler, mais rien ne lui semblait intéressant ou assez stimulant. Elle ne songeait qu’aux monstres inachevés qu’elle avait vu, à la façon dont elle pourrait les améliorer, d’ailleurs elle avait réalisé plusieurs croquis qui trônaient en désordre sur son bureau. Heureusement, son cousin était occupé avec sa créature magique, alors il la laissait en paix. Oui…Elle avait la tête ailleurs depuis qu’elle était rentrée du Necropolitan, recouverte par un manteau gracieusement prêté par Abigaïl malgré ses menaces à son encontre. Sous la douche (parce qu’elle en avait grandement besoin) la scientifique avait réfléchis au sujet de la sœur Faust, sans parvenir à vraiment se faire une opinion. Elle n’avait pas apprécié son ton ni même ses mots, Shahren n’avait jamais aimé qu’on la prenne de haut ou qu’on se sente obligé de lui donner des autorisations pour ses projets. C’était l’une des principales raisons de son inimité avec son cousin. Si elle avait envie de travailler avec Anton, elle se passerait bien de l’aval de sa sœur. Pourtant, l’un semblait indissociable de l’autre et cela, Shahren l’avait remarqué. Mieux valait donc ne faire aucune remarque à ce sujet, elle avait bien remarqué le regard noir de son nouvel amant lorsqu’elle avait souligné sa différence de comportement depuis le moment où Abigaïl était entrée dans la pièce. La scientifique n’avait pas assez de notions en psychologie pour mettre un mot, un qualificatif adéquat, sur la nature de leur relation et elle s’en garderait bien. Au fond, elle s’en moquait même tant que ça ne parasitait pas leurs projets. Elle savait se montrer pragmatique : Est-ce qu’elle appréciait Abi ? Oui. Non. Peut-être. Elle ne la reverrait sûrement pas de sitôt, alors inutile d’y songer.

Elle se l’était répété pendant trois longs jours, soixante-douze heures à trainer plus que vraiment travailler, sauf quand elle abandonnait finalement pour reprendre son crayon à dessin. L’un de ses M. X. était revenu d’une mission avec son bras presque coupé en deux, ce qui en plus l’avait mise de très mauvaise humeur. Le réparer ne l’avait pas occupée assez longtemps, elle avait donc tenté d’avancer sur ses analyses pour le programme Pavlov puisqu’elle était censée être la cheffe de projet, et donc rendre des résultats, mais cela ne lui demandait aucune concentration. Elle évoluait, machinale, entre les différents appareils, parlait à peine à ses cobayes, ce qui finit par alarmer son M. X.

Maîtresse, vous êtes étrange depuis trois jours. Quelque chose ne va pas ?
Mh.

Ce fut sa seule réponse et ça ne lui ressemblait pas.
Puis, pour la énième fois, l’alarme de son système sonna, mais elle ne tourna même pas la tête, résolue à ne pas encore être déçue. Certes ils n’avaient convenu d’aucunes dates mais franchement, il aurait pu se déplacer dès le lendemain ! Elle le méritait. A moins qu’il ne lui ait menti, comme Sarah l’avait fait ? Oh, cette fois, elle n’attendrait pas un mois, ça non. Quitte à se disputer avec…

Maîtresse, il y a un homme qui semble rôder dans notre secteur. Il est peut-être juste perdu mais je le trouve suspect.

Suspect ?
La scientifique daigna tourner la tête de ses notes pour observer l’un des multiples écrans. La caméra fit un zoom et son cœur rata un battement, sous le coup de l’adrénaline. Quand même, c’est pas trop tôt ! Elle bondit sur ses pieds puis se figea en croisant son reflet dans la glace. Elle hésita en se remémorant leur premier échange. Il avait aimé son corps, il lui avait même fait porter une tenue qui ne laissait rien à l’imagination. Etait-ce cela qui lui avait plu, davantage que son intelligence ? Elle avait commencé à le croire au fil des heures écoulées loin de la fascination néfaste que son cerveau malade exerçait sur elle. Il avait peut-être juste eu envie de la baiser et avait enrobé cela en lui mentant ? Mais non… Il y avait eu une connexion entre eux, ils se comprenaient dans leur désir créatif. Ses yeux ne l’avaient pas trahie à ce point.

Actuellement, elle avait enfilé sa blouse de scientifique par-dessus ses sous-vêtements, comme elle le faisait très souvent par facilité. Shahren ne s’intéressait pas à ce qu’elle portait et quand elle devait sortir, c’était Adam qui lui préparait sa toilette. Evidemment, les boutons de sa blouse étaient fermés. Mais parfois, elle se contentait d’un débardeur et d’un pantalon assez large, surtout quand elle s’adonnait à la mécanique « à l’ancienne ». Allait-elle se changer pour cacher son corps un maximum ou resterait-elle ainsi ? Elle n’arrivait pas à se décider, aussi ne perdit-elle pas plus de temps.

C’est notre invité, Adam. Amène le moi, lui et ce qu’il aura apporté. Sans poser de questions.
Bien, Maîtresse, répondit-il, le visage fermé. Visiblement il était contrarié mais elle s’en moquait.

Puisque le M. X. avait zoomé sur son visage, Shahren n’avait pas vu de trace du Titan mais elle espérait bien qu’il l’avait avec lui d’une manière ou d’une autre.

Patiemment, elle attendit qu’Adam revienne avec Anton. Connaissant le M. X., il se serait contenté d’un laconique « Suivez-moi, ma Maîtresse vous attend » et lui aurait fait passer tous les protocoles de sécurité. Le laboratoire de Shahren se situait en sous-sol, dessous un entrepôt remplit des caisses et de conteneurs. Il fallait pénétrer dans l’un d’eux, taper un code, scanner son empreinte, pour pouvoir descendre jusqu’à elle. Et l’opération était répétée plusieurs fois (avec des variables : emprunte vocale, digitale, oculaire, biologique aussi avec un peu de sang), lui laissant ainsi le temps de bloquer toutes les issues si jamais il s’agissait d’un indésirable. Le couloir en béton qu’ils arpentaient pour le moment était d’ailleurs truffé de piège et elle fut tentée de vérifier s’il était vraiment immortel… Mais soupçonna que cela le mettrait dans de mauvaises conditions. Grâce à ses puces, elle n’avait pas « peur » de sa réaction, ne ressentait pas d’angoisse à l’idée de le contrarier ou même de lui montrer ses créations mais pour la première fois, elle eut conscience du vide que laissait ces morceaux de métal dans son cerveau.

Elle avait choisi de l’attendre en étant assise sur sa table d’opération, les jambes croisées. Cette dernière trônait au milieu d’une pièce blanche, très propre. Le mur du fond était tapissé par sept écrans et un processeur d’analyse et un clavier. Un écran montrait l’endroit où Anton avait rencontré Adam, un autre était en train d’analyser le sang du cobaye attaché sur la table où Shahren s’était assise. Les autres compilaient les données du Pavlov et effectuaient la mise à jour du programme créé par la scientifique pour répertorier tous les types de mutants et parvenir à recréer leur mutation. La pièce avait plusieurs portes en éthereum. L’une menait sur sa réserve de cobayes, l’autre sur sa fameuse cuve où elle se débarrassait des corps, que l’on pouvait voir d’ici d’ailleurs car elles étaient séparées par une vitre transparente. Une dernière menait aux quartiers privés de la scientifique, mais ils en resteraient loin pour le moment. A côté de la table, il y avait tout un attirail d’outil posé sur une tablette que l’on pouvait aisément bouger. Des scalpels classiques mais aussi de quoi souder, dessouder, couper de plus ou moins gros morceaux… Tous en ethereum, tous brillant d’un éclat légèrement bleuté.

Bonsoir, le salua-t-elle en accrochant son regard. J’ai failli attendre.

C’était un reproche à peine voilé, d’ailleurs une moue boudeuse fleurissait déjà sur ses lèvres. Elle aurait pu se lever pour l’embrasser, comme lui l’avait fait juste avant qu’elle ne parte, la dernière fois, mais elle resta résolument assise, sans se rendre compte que sa blouse remontait peut être un peu trop haut sur sa cuisse. Shahren n’avait pas conscience de l’intérêt qu’elle pouvait susciter physiquement parlant, elle ne cherchait même pas à être sexy, parce qu’elle ignorait comme faire et n’en avait jamais eu besoin auparavant.

Vous avez le droit de regarder, mais ne touchez pas à l’ordinateur, il est en train d’analyser le sang de notre ami, elle tapota la joue du garçon qui avait l’air d’avoir au plus une vingtaine d’année. Il était dans les vapes, ses cris l’avaient agacés alors elle l’avait sédaté. C’est un mutant, enfin je crois. J’en suis presque certaine mais on ne sait jamais, parfois ce sont des mystiques ou des créatures… Elle songea au Kitsune. D’ailleurs quand j’en aurais fini avec lui, vous pourrez avoir son cadavre. J’en ai gardé deux autres dans la chambre froide. Elle désigna d’un mouvement de tête la pièce avec la cuve, où il faisait assez froid. Je tiens mes promesses, comme vous le voyez…
 
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Ven 10 Juil 2015 - 18:48 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

Invité
Invité

Anonymous
Invité

Invité
Personnage
Joueur
Trois jours.

Trois jours où Anton s'en était pris à Irina de toutes les manières possibles dans le vain espoir de calmer ses pulsions.  La pauvre créature n'avait pas bronchée, notamment grâce aux modifications qu'il lui avait apportées. Mais quoiqu'il en soit, cela n'avait que légèrement calmé le sarkomancien qui passait la plupart de son temps libre à travailler sur de nouvelles créations quand il n'était pas en train de torturer de manière lubrique l'infirmière. Abigaïl avait elle-même captée la frénésie qui habitait maintenant son frère et elle avait presque failli en faire les frais. Heureusement que même dans son état d'excitation Anton n'oubliait qui détenait les clefs de la puissance dans sa famille.

Clefs qui ne l'intéressaient plus particulièrement de toute façon. Il avait toujours trouvé l'étude de la nécromancie fastidieuse de toute façon. Son père avait eu raison d'essayer de s'en éloigner, même si Abigaïl elle l'avait totalement embrassée. La rencontre avec Shahren avait conforté Anton dans l'idée que la sorcellerie devait profiter de l'avancée de la science, elle devait être complétée par cette dernière de la même façon qu'elle devait être étudiée. Il avait fait beaucoup de recherches, essayant de se mettre à niveau sur beaucoup de connaissances scientifiques qu'il avait délaissé. En tant que Dévoreur, se camoufler derrière sa force brute comme le faisait Abigaïl était facile, mais il était de nouveau Anton Faust. Il n'était pas un guerrier, il était un créateur, un dieu en devenir. La scientifique lui donnerait les clefs de son nouvel Eden qu'il partagerait généreusement.

C'était habillé avec son élégance naturelle qu'il arpentait les rues des docks, apparemment seul. Comme à son habitude et comme à l'habitude de sa soeur, la seule couleur qui constituait sa garde-robe était bien entendu le noir. Même s'il ne doutait pas que Shahren saurait lui fournir une blouse si le besoin s'en faisait sentir. Marcher dans ces rues dans son propre corps avait quelque chose de dérangeant. La dernière fois, c'était celui d'Abigaïl qu'il habitait, quand il avait son propre laboratoire dans le quartier. Un instant il s'imagina ce qu'il se serait passé s'il avait croisé Shahren alors qu'il contrôlait l'enveloppe charnelle d'Abigaïl. Son imagination s'emballa comme un de ses organes. Au bout d'un moment toutefois, il commença à se demander si sa ballade n'était pas vaine.

Et si la jeune femme lui avait menti tout du long ? Et si la seule chose qu'elle avait désirée était de s'éloigner de son emprise, de survivre à leur nuit au Necropolitan ? Non. Il était sûr de son charme et il l'avait senti quand il était en elle. Oui, il n'y avait pas de place pour un mensonge aussi cru. D'ailleurs l'apparition d'un sinistre individu le conforta dans cette idée. "Adam je suppose." Mais il n'y eut pas de réponse et Anton serra légèrement les lèvres. Il se tourna un instant vers le fantôme qui le hantait depuis son départ du Necropolitan. Ce dernier disparut aussitôt, allant prévenir les sbires de la nécromancienne de l'emplacement de son frère. Pour qu'ils puissent lui apporter Titan.

S'il avait cru que sa soeur était paranoïaque avec les esprits qui surveillaient le Necropolitan, les squelettes et goules qui courraient dans les murs, il avait été loin du compte. Tant de sécurité, tant de barrières entre elle et le monde extérieur. C'était presque un miracle qu'elle ait réussi à sortir et à venir jusqu'au bar d'Abigaïl ! Que craignait-elle finalement ? Que quelqu'un entre ? Ou bien que quelque chose sorte ? La question que devait se poser tout créateur sûrement. Mais de ce qu'il savait des prétendues névroses de la belle, il pensait qu'elle craignait plus l'extérieur. Après tout les monstres avaient plus eu tendance à l'exciter qu'autre chose.

Il lui adressa un sourire carnassier lorsqu'elle l'accueillit. Négligée. C'était presque une honte. Mais il remarqua surtout la façon dont le tissu de la blouse était relevé. Volontaire ? Peut-être, quoiqu'elle lui avait paru si candide lors de leur première rencontre, inconsciente des appétits sexuels de son bourreau. Mais si c'était le cas, alors elle apprenait vite. "Je devais me faire désirer. Et puis après l'autre nuit, j'ai supposé que vous auriez eu besoin de repos." Il lui lança un regard entendu.

Volontairement, Anton détacha son regard de la scientifique pour se porter sur l'ensemble du laboratoire et il commença à arpenter les lieux étudiant tout ce qui l'entourait. De ce qu'il avait compris, elle serait de toute façon plus flattée qu'il s'intéresse à ses travaux qu'à son corps. Et si ce n'était pas le cas, l'idée de jouer l'homme désintéressé ne ferait que lui donner l'ascendant. C'était là une chose qu'il appréciait tout particulièrement d'ailleurs. "Les mutants, une des grandes nouveautés de ce siècle. Vous n'imaginez pas ma surprise en les voyant apparaître. Sans parler des extra-terrestres. La génétique est une science formidable, malheureusement je ne suis pas né à la bonne époque pour en saisir toutes les subtilités. Ce qui ne m'empêche pas d'apprécier les capacités de ces erreurs évolutives que sont les mutants."

Tout était une erreur évolutive pour Anton. Après tout l'homme était le résultat d'un processus aléatoire, comme toutes les espèces vivantes. C'était son rôle à lui de créer des êtres parfait avec ces matériaux imparfaits. Unir dans la mort ce que la vie divise. Peut-être devrait-il confectionner à la scientifique un bouquet avec des organes récoltées sur les cadavres qu'elle lui offrait ? Un triple coeur était sûrement une offrande rare, surtout s'il était fonctionnel. "Je tiens mes promesses aussi." Il se tint devant elle, se demandant s'il devait lui rappeler la promesse silencieuse qu'il lui avait faite. Elle paierait pour ce qu'elle avait dit alors qu'Abigaïl était avec lui. Mais pas maintenant, ce serait trop simple, il préférait attendre... Savourer. "Titan est en chemin. Les minions de ma soeur doivent être en train de l'acheminer jusqu'ici. Vous n'imaginez pas la logistique nécessaire. J'espère qu'il parviendra à passer par la porte jusqu'ici. Vous semblez très au point sur la sécurité. Est-ce pour m'empêcher de repartir ?" Il lui sourit de manière décontractée avant de s'asseoir nonchalamment sur un siège.

"Je dois dire que vous avez une installation remarquable. Beaucoup plus moderne que la mienne, c'est peu dire. Mais bon, comme vous le savez je n'ai pas besoin d'autant d'instruments pour faire ce que je fais. Le grand bonhomme qui est venu me chercher est Adam c'est cela ?" L'équivalent masculin de son Irina en quelque sorte. En moins sexy selon ses propres critères bien entendu. "Qu'est-ce que vous désirez me montrer en premier ? Les cadavres ? Vos créations ? Votre métal ? Ce qu'il y a sous votre blouse ?"
 
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Ven 10 Juil 2015 - 21:43 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

Invité
Invité

Anonymous
Invité

Invité
Personnage
Joueur
J’ai de la ressource, provoqua-t-elle, faisant fi des conséquences.

Elle n’avait pas conscience de ce que cela pouvait impliquer ni de l’imagination dont Anton pouvait faire preuve dans ce domaine bien particulier. Elle était trop novice dans les plaisirs de la chair mais aucun doute qu’avec un professeur comme celui-là, elle allait rapidement s’améliorer.
Shahren observa Anton arpenter son laboratoire et en conçut un certain plaisir. C’était son antre à elle, son monde, son domaine et cette fois, elle se sentait reine. Elle se demandait si elle pourrait l’attacher comme il l’avait fait pour elle, jouer, peut-être le blesser ou l’ouvrir pour voir ce qui se cachait dans son corps d’immortel. Elle s’humecta les lèvres à cette idée, la vision de son torse déchiré par une incision en Y avait quelque chose d’étrangement érotique. (Mal)Heureusement, sa voix la ramena sur terre.

Des erreurs évolutives, vraiment ? Elle pinça les lèvres. C’est un point de vue intéressant…Moi je les considère plutôt comme une espèce supérieure, qui finira par éradiquer les gens désespérément normaux. C’est un cycle condamné à se répéter… Vous aviez déjà la théorie de l’évolution à votre époque ?

Shahren n’était pas douée en histoire. Elle était incollable dans bon nombre de domaines mais culturellement parlant, elle frôlait le niveau zéro, principalement parce que ça ne l’intéressait pas du tout.
Apprenant que Titan était en chemin, son regard s’illumina et elle fut impatiente de le voir arriver afin de faire sa petite démonstration à Anton. Elle coula un regard vers la porte et évalua de mémoire la taille nécessaire pour faire passer la créature. Heureusement, le laboratoire avait été créé pour que de nombreux spécimens très différents puissent entrer et sortir. Il avait été évoqué, à une époque, que Shahren s’adonne principalement à la robotique et elle ne comptait pas se cantonner aux nano-robots, même si son projet avait été avorté au profit de la génétique. Plusieurs cordes à son arc donc…

Oh oui ne vous tracassez pas pour cela, il y a la place pour ce cher Titan, le rassura-t-elle. Quant à la sécurité… Un fin sourire ourla ses lèvres. Nous verrons ce que la soirée nous réserve ? J’ai la fâcheuse tendance à séquestrer ceux que je trouve intéressant, mais il faut avouer que vous jouez dans une autre catégorie.

Cela dit, elle était sincère. Elle pourrait très bien se laisser aller à l’enfermer pour le garder auprès d’elle et l’utiliser comme elle le désirait. Heureusement, Shahren était une femme pragmatique et savait que les conséquences ne seraient pas enviables. Dommage…Elle poussa un petit soupir et revint à la réalité.

Oui, c’est mon Adam. On peut commencer par lui, c’est le tout premier M. X., je l’ai créé en 2002 même si à l’époque, je n’utilisais pas l’ethereum. Il est en constante évolution. Adam, enlève ton t-shirt veux-tu ?

Il s’exécuta immédiatement, adoptant son masque de mercenaire, ce visage absolument neutre qui cachait ce qu’il pensait de la situation. Il avait bien compris que quelque chose avait changé, trois jours auparavant et il commençait à saisir ce dont il s’agissait précisément.
Il avait conservé son physique de combattant. Bien tracé, rien ne venait gâcher la perfection de son corps grâce à son pouvoir de régénération. Même l’ethereum qui composait son bras semblait avoir fusionné avec sa chair.

Ceci est ce que j’appelle une mécha-greffe. Il s’agit d’un membre mécanique modelé dans le métal extra-terrestre dont je vous ai parlé la dernière fois, qui a la particularité d’être diamagnétique. Il possède une résistance d’à peu près dix tonnes mais c’est en cours d’amélioration. La mécha-greffe d’Adam est prévue pour se modeler au gré de ses besoins grâce à des puces présentes dans son cerveau. Il pense à l’arme qu’il désire et le métal se change de lui-même. Evidemment ce sont des séquences préprogrammées que j’ai modelées selon mes propres ondes cérébrales, il serait incapable d’utiliser une arme non répertoriée. Tout cet arrangement demande une cartographie cérébrale très précise, j’ai réussi à décrypter le cerveau humain, je sais où appuyer pour rendre le pire psychopathe aussi doux qu’un agneau, mais je préfère provoquer l’effet inverse…, gloussa-t-elle. J’ai donc mis au point des puces, qui lui permettent de faire ceci.

Elle claqua des doigts et le cyborg réagit immédiatement. Son bras devint une lame droite, puis courbée, ses doigts devinrent cinq fins couteaux acérés… Il continua les différentes transformations pendant une bonne minute, puis Shahren l’arrêta. Elle lui toucha le visage, attirant l’attention d’Anton sur son œil gauche.

Œil bionique, connecté à Internet et aux réseaux de…du monde, se rattrapa-t-elle en se rendant compte qu’elle ne devait pas évoquer SHADOW en nom propre devant Anton. Il enregistre tout ce qu’il fait, toutes les personnes qu’il croise, peut faire une recherche instantanée en reconnaissance faciale mais aussi détecter les variations thermiques, voir dans le noir…

Elle passa sa main sur la table où était rangé le matériel et décida de frimer un peu. Une portion du métal se détacha, formant une boule dans sa main qu’elle modela ensuite comme une longue lame au tranchant acéré. Elle pratiqua alors une incision au niveau de la poitrine d’Adam, plutôt large, assez pour dévoiler son cœur. Il ne broncha pas, habitué à la douleur, même si ses muscles se contractèrent. Shahren invita Anton à s’approcher et lui dévoila l’organe en ethereum. Il ne pulsait pas comme un cœur organique mais avait les mêmes fonctions, en mieux.

Le cœur humain a du mal à supporter une opération comme celle-là, il a tendance à lâcher. Malgré sa particularité, je n’ai voulu prendre aucun risque, je lui ai donc installé un organe de ma conception, entièrement mécanique. Je peux vous montrer la réplique en dehors de la cage thoracique, vous verrez mieux. Insensible aux balles, infatigable et en plus de cela…

Sous leurs yeux, la plaie se referma toute seule.

…doté d’une régénération dont j’ai boosté les caractéristiques. Je peux lui couper un bras, il repoussera en une dizaine de minutes.

Fait avéré. Par contre, elle n’avait jamais osé lui couper la tête, même si le M. X. affirmait qu’il avait déjà survécu à cela. Quoi qu’avec ses nouvelles puces, elle ne ressentait plus de peur à cette idée mais quelque chose arrêtait invariablement son bras. Peut-être le désir de ne pas gâcher tout ce travail, tout cet investissement ? Par pur égocentrisme ?

Evidemment il ne se classe pas dans la catégorie des monstres… Même si son œil et son bras mettent mal à l’aise, c’est plus subtil que le Titan, mais il n’en est pas moins une machine à tuer très efficace. Le meilleur sur le marché, je dirais.

Chacun son point de vue mais si Shahren l’avait créé, il était forcément parfait, inutile de tergiverser. Evidemment, des gens comme Renan trouveraient à y redire, mais elle savait que ce n’était rien d’autre qu’une mauvaise foi crasse. Lorsqu’on ne peut égaler un génie, on le jalouse. L’histoire de sa vie…

D’ailleurs j’ai isolé le génome responsable de la régénération, je me demande si on peut l’implanter dans un cadavre… A tenter, non ?

Elle imaginait d’ici le Titan, capable de régénérer, doté de son métal extra-terrestre qui le protègerait de plusieurs manipulateurs et magnétique et métallique, techniquement mort dont ne ressentant pas la douleur, arme mortelle de destruction obéissant à leur seule volonté conjointe. Oui… C’était beau. C’était grand, c’était même plus que cela. Shahren le voyait s’assembler sous ses yeux et elle se réjouissait d’assister aux ravages qu’il pourrait commettre. Elle comptait également le doter d’un œil bionique, afin que toutes ses actions lui soient retransmises directement dans le laboratoire. Ainsi, ils pourraient s’installer tranquillement, observer, se laisser aller à leurs éventuelles pulsions… Elle qui n’avait jamais mis les pieds dans un cinéma de sa vie, l’expérience s’en rapprocherait probablement.
Et cela vaudrait tous les films d’Hollywood.
 
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Ven 10 Juil 2015 - 22:37 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

Invité
Invité

Anonymous
Invité

Invité
Personnage
Joueur
Oh il n'en doutait pas un seul instant. L'étalagé de technologie qui se trouvait tout autour de lui montrait bien que Shahren avait de la ressource, au moins monétaire. Et il savait très bien que son imagination et son intellect macabre égalaient voir dépassaient les siens. Loin de lui de sous-estimer cette femme. Il n'y avait que dans les étreintes charnelles qu'il était convaincu d'avoir l'avantage. En bon stratège, cela serait d'ailleurs sûrement le moment où il choisirait d'imposer sa vengeance. Mais cela attendrait, il était là pour observer, pour s'ouvrir aux merveilles du vingt-et-unième siècle et de ce que le summum du progrès avait à lui offrir.

"Ah, une légère erreur de langage de ma part. Même si comme vous pouvez l'imaginer, je n'apprécie pas trop de considérer des individus qui se sont contentés de naître différemment comme supérieurs à ma personne." Il passa les mains derrière son crâne, un sourire arrogant sur les lèvres. "Disons juste que je considère la nature comme... Imparfaite. Grandement imparfaite. Cela concerne autant les humains que les mutants ou que les animaux. Ce que je veux dire c'est que j'aspire à une nouvelle ère de perfection, où les habitants de ce monde auraient été élaborés, pensés et créés par des esprits rigoureux, non par les méandres chaotiques de l'évolution." Quelle place avait la magie dans tout cela ? C'était encore un débat délicat qui l'opposait depuis très longtemps à sa soeur. Elle qui ne visait que le pouvoir alors qu'Anton visait le progrès général de ce monde. "Et non, je n'avais pas la théorie de l'évolution, pas elle de Darwin en tout cas, je suis plus vieux que lui. Mais j'ai commencé à rattraper mon retard bien avant d'être ressuscité. Oh pas quand j'étais mort, disons juste qu'il y a eu un moment où mon esprit a été capable d'emprunter un corps qui n'était pas le miens."

Enfin, pas totalement le sien. Après tout, Abigaïl et lui-même avaient partagé le même utérus, ils s'étaient étreints dans la matrice maternelle, ils étaient issus des mêmes cellules. Le corps de sa soeur n'était-il pas en partie le sien ? Et réciproquement. Après tout, c'était grâce à son sang à elle qu'il avait pu être ressuscité. "Celui de ma soeur pour être précis." Il n'avait révélé cette information que pour voir la réaction de Shahren a l'idée de le voir aux commandes du corps d'Abigaïl.

"Vous avez raison sur un point toutefois, une espèce vient toujours en supplanter une autre. Ce qui fait de la mort à mon sens une grande force de l'évolution. Créez une espèce capable de combattre la mort, d'évoluer d'elle-même, de choisir son évolution sans jamais mourir, alors peut-être que le cycle sera brisé et que nous toucherons la perfection."

Il n'avait jamais rêvé si loin auparavant. Il avait pensé améliorer l'humanité, créer une nouvelle race d'individus immortels et mort-vivants. Pas des zombies pathétiques, des goules sauvages ou des revenants mélancoliques. Non, des hommes impossibles à arrêter, une race immortelle. Mais maintenant qu'il voyait l'ouvrage de métal de Shahren, pourquoi se contenter de l'humanité ? Pourquoi ne pas créer une nouvelle espèce de fer et de mort ?

"Ne vous inquiétez pas, j'ai tout mon temps de toute façon. L'éternité même si je le désirais." Donc si elle désirait le séquestrer ici, elle devrait s'armer de patience. Ainsi qu'un moyen de repousser les fantômes et toutes les créatures qu'Abigaïl enverrait pour le retrouver. Elle devrait aussi pouvoir lutter contre Titan... A voir son Adam, il paraissait si petit à Anton, si peu horrifique. Etait-ce vraiment cela qu'elle avait utilisé à la place d'un homme avant qu'il n'entre en jeu ? Il espérait bien être un outil plus plaisant que cette carcasse immobile quand il était question des plaisirs charnels.

"Constante évolution, intéressant. L'un des principaux défauts de mes créations est qu'ils ne peuvent évoluer sans mon aide. Je peux fabriquer un nouveau membre, tordre et battre la chair, mais ils sont parfaitement incapable de choisir leur avenir. Un mal comme un bien." Mais apparemment, cet Adamn n'avait pas le même problème. Anton s'était approché, observant le bras métallique changer de formes. C'était fort intéressant, ainsi donc elle avait réussit à connecter ce métal à son cerveau grâce à des puces... Est-ce que cela serait le secret pour rattacher un brin de conscience à un individu réanimé par ses soins ? L'esprit était une substance à part entière pour le nécromancien, qui pouvait survivre au-delà du corps. Après tout sa soeur le prouvait régulièrement avec ses invocations de spectres. Mais pour ce qui était de le rattacher à un cerveau mort, c'était une autre question. Peut-être qu'avec l'aide de Shahren, en plaçant des puces "hantées" dans le cerveau il pourrait parvenir à un résultat plus probant ?

"Je dois dire que c'est formidable. Une telle capacité est majestueuse. Ce qui me fait me demander pourquoi vous ne vous en êtes pas tenue au métal. Pourquoi utiliser un corps humain comme base ? Vous avez besoin d'un cerveau c'est cela ?" Sûrement qu'elle n'avait pas réussie à recréer une intelligence artificielle capable de recréer les impulsions exactes du cerveau humain. Cela ne le surprendrait pas. De toute façon, il n'appréciait que modérément la robotique, il devait l'avouer. Le métal était un outil, pas une finalité. La vie se devait d'être organique, car de cette manière elle restait fluide, adaptable, souple. La chair pouvait grandir, pas le métal. "De telles séquences préprogrammées pourraient être utiles pour améliorer les capacités offensives de mes créations aussi." Par contre il n'aurait pas la même fluidité de forme que l'éthéreum.

L'oeil était intéressant aussi. Elle lui en avait déjà parlé de toute façon. Un nécromancien puissant pouvait projeter son esprit dans ses créations, mais Anton n'était pas encore arrivé à ce point. Peut-être quand il serait lassé de ce corps utiliserait-il celui de Titan sur sa compagne du moment ? Oh cela pourrait se révéler être une riche idée. Cela devrait attendre hélas. Le golem de chair était de toute façon en voie d'acheminement. Un large camion qui contenait la carcasse était en train d'entrer dans l'entrepôt de Shahren à ce moment même.

Cela attendrait, la scientifique était de toute façon en train de l'amener au coeur du sujet. Littéralement. Il s'était placé juste derrière elle pour mieux voir, collé contre elle même. Il sentait le tissu de la blouse contre ses vêtements et ne cachait pas son propre désir. D'ailleurs une partie de lui se demandait si elle était aussi stimulée par ses propres créations qu'elle l'avait été par les siennes. Sûrement, il pouvait sentir l'autosatisfaction dans sa voix.

"Remarquable. Vraiment. Vous êtes finalement arrivée au même résultat que la nécromancie ou même que ma sarkomancie sans avoir besoin de magie." Bien entendu, la science seule avait là deux siècles de retard sur sa magie. Le reste n'était aux yeux d'Anton que des gadgets, l'intérêt était d'avoir un guerrier quasi-immortel obéissant. En hôte poli il n'en dit rien, après tout il ne voulait pas vexer la scientifique. Surtout qu'elle piqua une nouvelle fois sa curiosité.

"La régénération..."

C'était là par contre quelque chose dont il était incapable, ou plutôt dont étaient incapables ses golems. "Voilà qui est véritablement intéressant. La chair morte est comme vous l'avez deviné incapable de cicatriser seule. Je dois user de ma magie pour réparer Irina lorsque je l'ai trop abîmée par exemple." Ce qui avait été le cas de l'infirmière réanimée il y avait encore peu. Anton n'avait pas été tendre ces derniers jours. "Un gène serait incapable de s'exprimer dans des cellules mortes. Mes procédés protègent surtout la chair, l'empêchant de pourrir, mais elle n'en est pas moins morte... Surtout d'un point de vue métabolique." Il avait potassé, plus qu'il ne l'admettrait. Anton Faust n'était pas du genre à perdre la face devant une femme, aussi savante soit-elle. "Mais avec ma nécromancie... Son fonctionnement primaire est de réanimer la chair morte, de manier les flux vitaux. Peut-être que je pourrais réactiver ce gêne, l'intégrer à un processus nécromantique et alors..."

Il tourna Shahren vers lui, la maintenant bien proche, plongeant ses yeux dans les siens. "Imaginez au-delà de la simple régénération des tissus. Imaginez de la génération. Une Génèse macabre ! Nous pourrons créer non pas de simples golems ou cyborg, mais des cancers ambulants. Une masse de chair et pourquoi pas aussi entremêlée de métal en constante croissance qui pourrait se greffer sur d'autres individus jusqu'à les assimiler."

Ce qu'il imaginait était une horreur bien pire que Titan. "En mêlant à cela vos puces et de relais nerveux, nous pourrions créer une matrice de chair nécrosée et métallique qui pourrait générer spontanément de nouveaux individus. Nous pourrions avoir notre propre Eve, la mère de toute une espèce. Il nous suffirait juste de placer nos schémas dans son cerveau, de la laisser produire la chair d'elle-même." Il passa ses doigts le long de la joue de la scientifique, espérant que ses paroles venaient d'éveiller son imagination. "Alors, qu'en dites-vous ?"
 
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Sam 11 Juil 2015 - 0:21 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

Invité
Invité

Anonymous
Invité

Invité
Personnage
Joueur
Je vois que l’on se comprend à la perfection, mon cher Anton.

Et cela l’emplissait de joie. Jusqu’ici, jamais personne n’avait pu appréhender ni même concevoir son désir de créer une nouvelle espèce. Certes, pour cela, elle s’était basée sur les humains déjà existant ou plutôt, sur les mutants, qu’elle avait améliorés avec sa propre technologie. Probablement, leurs points de vue divergeaient sur l’aspect de l’espèce, mais ils étaient d’accord sur un point : Des esprits rigoureux devaient en être à l’origine.
Les leurs, de préférence.
Même si Anton avait probablement pas mal de retard, peut-être trop pour être vraiment efficace à l’heure actuelle. Shahren ne doutait pas qu’il pourrait se rattraper, elle lui donnerait des leçons en accéléré et vu l’intelligence dont il avait fait preuve jusqu’ici, elle ne doutait pas qu’il maîtriserait bientôt les bases solides pour au moins se lancer dans cette aventure. Bien que, selon lui, il avait commencé à se rattraper en empruntant le corps de sa sœur. La scientifique arqua un sourcil, sans savoir ce qui était le plus perturbant : L’imaginer en femme ou appréhender en profondeur le concept de spectre. Evidemment elle savait que les fantômes existaient mais en bonne scientifique très axée sur la biologie, elle s’imaginait que son cerveau était la source de son talent. Une fois morte, son âme serait forcément de qualité plus médiocre… A moins que son cerveau n’ait une âme, lui aussi, et qu’il l’accompagnera coûte que coûte dans son dernier voyage ? Elle n’était pas suffisamment versée dans les arts magiques pour avoir une vision correcte des choses et poser la question lui donnerait l’air trop naïf. L’existence même d’Anton, si on y réfléchissait, ébranlait ses certitudes les plus profondes mais elle le vivait assez bien.

Ah oui… Vraiment ? Je vous préfère ainsi. Le corps de votre sœur n’est pas assortis à votre esprit.

Vraiment pas. Et pas uniquement parce qu’il lui manquait un morceau de chair entre les jambes. Abigaïl semblait trop froide pour le tempérament brûlant de son frère. Elle ne l’imaginait pas autrement qu’en homme, tout le personnage frôlait la perfection. Non, définitivement, ce corps était très bien pour lui, nul besoin d’un autre.

Puis les choses s’emballèrent.

Shahren présenta Adam sous tous ses aspects, commençant par sa capacité d’évoluer, enchainant sur sa mécha-greffe, son œil bionique, et le reste… Anton relevait le moindre de ses mots, visiblement enchanté et la scientifique n’en était que plus comblée. A cause de ses puces, elle n’avait pas à proprement parlé eu « peur » qu’il la rejette à cause de leur esthétique diamétralement opposée mais une pression s’ôta de sa poitrine en le voyant véritablement intéressé. Etait-ce cela, le soulagement ? Il aimait autant son cerveau que son corps, même si elle n’était pas dupe : elle avait senti son sexe contre sa cuisse au moment où elle avait ouvert Adam sans une once d’hésitation et qu’il s’était plaqué dans son dos, envahissant son espace vital d’une façon qui lui allait parfaitement. Qu’est-ce qui lui avait le plus plu ? Son geste sûr ou le cœur mécanique ? Peut-être le mélange des deux, peut-être le sang qui coulait entre ses doigts malgré la blessure déjà refermée d’Adam. Par habitude, elle suça l’hémoglobine, d’abord sur son index, tout en écoutant ce qui, aux yeux de beaucoup, relevait du délire psychotique.
Mais pas pour elle, non.

C’était hypnotique, envoutant, une sorte d’aveu de sa supériorité couplé à un projet qui défiait les lois de la Nature, du bon sens, de la déontologie…
Mais Shahren n’en avait jamais rien eu à faire de toutes ces choses stupides et ridicules. C’était pour cela qu’elle avait sa place dans l’organisation. Enfin, pour cela, et pour son incroyable intelligence créative.

Une bouffée de chaleur, un désir, des yeux brillants et ses lèvres entrouvertes, au point qu’elle en oubliait de nettoyer ses doigts. Plus que son imagination, les mots d’Anton éveillaient ses bas instincts. Elle effleura sa joue, le maquillant de rouge, trouvant le contraste avec sa peau presque vulgaire, mais plaisant.

Vous avez l’art et la manière de présenter les choses, souffla-t-elle.

C’était un euphémisme.

J’en dis que c’est de la folie, j’en dis que c’est normalement impossible. J’en dis que nous deviendrions des Dieux… Et j’en dis que oui, oui, mille fois oui, c’est la plus belle chose que j’aie jamais entendu de ma vie. Si nous y parvenons… Non, quand nous y parviendrons…

Elle posa sa main sur le cœur d’Anton, qui battait aussi vite que le sien, preuve d’une exaltation partagée. Elle aurait voulu le sentir directement entre ses doigts, battre contre sa paume, lui ouvrir à lui aussi le thorax, puis sucer son sang. Avait-il un goût de mort ? Etait-il rouge comme le sien ? Et si elle l’analysait, qu’y trouverait-elle ?

Ce serait faire de l’ethereum un métal organique, capable d’évoluer, de s’adapter, une domination d’êtres au cerveau générateur d’ondes gammas, qui pourraient se modeler selon leurs propres pensées, ni mort, ni vivant, mais transcendant jusqu’au cycle même de toute existence. Une immortalité quelque part entre deux états, une autogenèse. J’en dis que…

Hélas, l’alarme du laboratoire interrompit la scientifique sur sa lancée. Un bruit strident annonçant une intrusion. Des goules (même si Shahren ne pouvait mettre un nom sur les créatures) s’étaient approchées du conteneur de sécurité. Elles portaient des vêtements décontractés et scrutaient la paroi, sans doute à la recherche du moyen d’entrer. Shahren soupira puis claqua de sa langue, agacée. Elle s’adressa à l’ordinateur, un peu fort, ordonnant que le vacarme cesse et elle fut obéie. Mais c’était trop tard, bien trop tard, car le charme était rompu. Si bien qu’elle s’éloigna d’Anton pour aller vers l’ordinateur et commander l’ouverture à distance afin que ces êtres les rejoignent. Puisque Titan s’était animé, elle supposa qu’Anton avait choisi d’insuffler la vie à sa créature. C’était la seule consolation qu’elle avait de cette interruption. Rapidement, le géant fut avec eux après avoir traversé le couloir sécurisé, tout juste assez grand pour lui. Le haut de son crâne frôlait le plafond mais rien de bien gravissime tant qu’il tenait. Elle avait hâte d’y apporter sa touche…

La scientifique fut interrompue dans ses réflexions par une main baladeuse qui n’était ni celle d’Anton ni, définitivement, celle d’Adam. Elle n’appréciait pas beaucoup que l’on se permette de passer sous sa blouse, d’autant plus qu’elle ne portait que ses sous-vêtements noirs et que même si la magie de l’instant était retombée, la peau de ses cuisses restait sensible. Elle donna un coup de pied à l’aveugle dans le responsable, provoquant un cri de douleur, et croisa les bras sur sa poitrine, faisant fi des remarques tendancieuses de l’escorte du Titan. Abigaïl avait-elle fait exprès d’envoyer des êtres comme ceux-là, en guise de vengeance peut-être pour les quelques mots malheureux qu’avait pu avoir Shahren ? Ou commençait-elle à plaire à tous les monstres qu’elle pouvait rencontrer ? Non pas qu’Anton en soit un au sens physique du terme, mais elle se comprenait. Comment gâcher un moment. Ah ! Elle aurait bien lâché Adam sur eux. D’ailleurs, le M.X. s’était déjà tendu, prêt à briser le crâne du prochain qui aurait le culot de toucher à sa Maîtresse. Pour le premier, Shahren l’avait devancé de peu et, d’une main tendue, l’avait empêché de l’achever.

Sont-ils ici pour servir de matière première ou pouvez-vous les congédier afin que l’on retrouve un peu… D’intimité ? Ils manquent clairement d’intérêt en comparaison de Titan. Ils sont même affligeants…

Elle prononça le nom de la créature sur un ton câlin, le lorgnant avec une impatience non dissimulée qui n’avait absolument rien de lubrique. Sur son bureau, il était celui qu’elle avait le plus dessiné. Des projets, elle n’en manquait pas et vraiment, elle voulait le voir à l’œuvre.

Comme beaucoup de choses…

Elle caressa la chair morte de son bras, lorgnant vers Anton, dans l’attente d’une action.
 
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Sam 11 Juil 2015 - 12:22 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

Invité
Invité

Anonymous
Invité

Invité
Personnage
Joueur
Anton ne sourcilla pas alors que l'hémoglobine d'un autre venait maculer sa joue. Oh il aurait préféré que cela le sang d'une femme, celui de Shahren même. Après tout les fluides des hommes ne l'avaient jamais vraiment intéressé. Une goute de sang n'allait pas le repousser pour autant, en aucun cas. Son sourire était celui d'un prédateur qui savait très bien qu'il venait de leurrer sa proie dans ses filets. Comme si ses mots avaient été une toile et qu'il venait d'y attirer Shahren. Il avait presque l'impression de se trouver à nouveau au Necropolitan, juste avant qu'il ne se décide à la cueillir.
 
Cela ne voulait en aucun cas dire qu'il n'avait prononcé ces mots juste pour cela, juste pour l'attirer contre lui, pour qu'elle le touche. Non, il pensait chaque syllabe et il saisissait la grandeur de ce qu'ils prévoyaient de créer, de ce qu'ils allaient offrir à ce monde imparfait. Un goute de perfection qui viendrait s'étaler jusqu'à recouvrir la surface de la Terre, voilà ce qu'ils pourraient leur offrir. Deux dieux créateurs, deux humains s'élevant au-dessus de la masse pour venir tutoyer les cieux. C'était délectable, c'était parfait. Mais les instincts à peine contenus d'Anton prenaient eux-aussi le dessus. Il voulait ce corps qu'il devinait sous la blouse, il voulait ces lèvres si proches des siennes. Il voulait la voir se tordre de plaisir et de douleur sous son étreinte. Il voulait la consumer, la consommer, la dévorer...
 
Ce fut à peine si un grognement sourd ne s'échappa pas de sa gorge. Mais si ce fut le cas, il fut noyé par le bruit de l'alarme. Les poings du nécromancien se refermèrent rageusement lorsqu'il vit la scientifique rompre le contact, aller se précipiter sur ses écrans. Quel timing ! C'était à se demander si Abigaïl n'était pas en train de l'espionner en ce moment même et qu'elle avait décidé de jouer avec lui, de le faire rester sur sa sang. Il leva les yeux à la recherche d'un éventuel fantôme envoyé pour l'espionner, mais il n'y avait rien... Apparemment seul le destin était responsable de ce fiasco mémorable. Ce n'était que partie remise. Après tout il savait quel effet pouvait avoir Titan. D'ailleurs il projeta sa volonté dans le corps inanimé qu'il devinait au-dessus d'eux. Il pouvait presque voir par les yeux de ce corps mort et pourtant bien mobile. Des goules, elle avait envoyé des goules pour cette tâche ? Elle aurait pu au moins lui faire l'honneur d'utiliser le Darach pour amener Titan à bon port ! Mais non, des goules... Des créatures primitives et pathétiques. Leur seul avantage était de posséder des griffes capables de paralyser les membres de ceux qu'elles touchaient.
 
Bien entendu, Abigaïl raffolait de cette petite meute de nécrophages. Ils étaient ses plus braves soldats et lui étaient parfaitement fidèles, tout en restant suffisamment intelligents pour la couvrir de compliments si le besoin s'en faisait sentir. Compliments plutôt grossiers aux yeux d'Anton. D'ailleurs, il foudroya du regard les créatures voûtées qui eurent tôt fait d'envahir le repère de la scientifique comme la vermine qu'elles étaient.
 
"On vous apporte le gros tas, mister Faust."
 
Lui annonça l'une des goules. La capuche de son sweet-shirt masquait à peine les crocs protubérants et les yeux blanchâtres de la bête. Elle souriait. Les goules souriaient toujours, même quand on leur faisait exploser la tête. Les premières d'entre-elles qu'Abigaïl avait réanimées étaient médiocres et de véritables animaux, mais il voyait que leur intelligence se développait avec les pouvoirs de la nécromancienne. "Vous voudriez bien signer le refus ? On peut s'appuyer sur les fesses de la dame si vous voulez !" Un rire gras s'échappa de la bouche putride. Les goules avaient un appétit démesuré pour la viande, mais aussi pour ce qu'elles ne pouvaient pas faire. "Oh, quoique notre brave Benjamin Franklin a déjà les choses bien en mains."
 
Ah et elles adoraient prendre des noms de personnages historiques. Car tous finissaient en repas pour les goules.
 
"Je vais nous donner un peu d'intimité..." Anton avait vu rouge en voyant la main de la bête sous la blouse de Shahren. Ce qui se trouvait là-dessous était à lui désormais et à lui uniquement. S'il était prêt à accepter qu'elle continue de se faire prendre de temps en temps par une création aussi élaborée qu'Adam,  touchée par l'engeance de sa soeur ? Non, même pas en rêve. La magie noire commençait à irradier au-travers de ses poings et la goule qui lui faisait face recula de quelques pas. 
 
"Oh faut pas vous énerver monsieur Faust, on voulait pas vous déranger hein, c'était qu'une plaisanterie."
 
La créature trébucha sur un des sièges du laboratoire, avant d'aller ramper pour se cacher auprès des bêtes les plus calmes qui étaient restées autour de Titan. Celle qui avait touché Shahren était encore un peu sonnée par le coup de pied qu'elle venait de recevoir. Une sorte de fumée noire semblait s'échapper des mains du sarkomancien, manifestation de ses pouvoirs. La goule perverse tenta de fuir mais il appuya son pied sur son torse pour la plaquer au sol.
 
"Vous pourrez dire à ma soeur que son sens de l'humour est aussi stérile que son utérus." Ce qui ne la mettrait clairement pas de bonne humeur. "Ah et ce n'est pas monsieur Faust. C'est Docteur Faust, surtout pour vous raclures de pierres tombales." La main auréolée de fumée noirâtre plongea dans le crâne de la goule. Non, elle plongea au-travers de ce dernier. Anton put sentir le cerveau putride et racorni du mort-vivant dans sa paume. Il serra. Il y eut quelques convulsions. La goule finit par n'être plus qu'un cadavre inanimé, même si elle portait encore les marques de sa transformation en monstre. On ne pouvait plus vraiment deviner le cadavre de l'homme qui avait été utilisé pour la créer. Il lança la cervelle racornie et poisseuse en direction des autres goules.
 
L'une d'entre elles s'approcha pour l'observer et releva les yeux en direction d'Anton. "Serait-ce une pointe de défi dans ton regard créature ? Contrairement à ma soeur je n'apprécie pas l'insubordination chez mes serviteurs."
 
"Non, non. Loin de moi l'idée de vous défier monsieur..."
 
Le pied de Titan s'abattit sur la créature, la réduisant en une mélasse infâme d'os et de chairs putréfiées.
 
"Docteur. Docteur Faust."
 
Les autres goules hochèrent la tête et s'enfuirent sans demander leur reste. Courant à quatre pattes plutôt que de prétendre d'être encore humaines. Il les aurait bien toutes tuées, mais il fallait bien qu'elles puissent ramener le fourgon qui avait servi à amener Titan, non ? Et puis elles devraient faire un compte-rendu à Abigaïl. Histoire qu'elle sache que ce n'était pas parce qu'elle l'avait ressuscité qu'elle pouvait tout se permettre sur sa personne. Anton lissa le col de sa chemise, laissant quelques traces de sang noir dessus et sa magie nécromantique s'évanouit. Il n'y avait plus que la mélasse cérébrale sur ses doigts. Plus de fumée noire. Mais c'était une démonstration plutôt rare à laquelle venait d'assister Shahren. Il était un sarkomancien, il tordait la chair s'il le désirait, mais utilisait très rarement ses pouvoirs pour se battre. Même si cela avait plus ressemblé à une mise à mort en effet. Titan s'occupa de ramasser les cadavres des goules et laissa ses multiples gueules aux crocs multiples les ingurgiter.
 
"Veuillez m'excuser pour cette débauche de violence. Ce n'est pas dans mes habitudes." Il hésita un instant à la ver le sang de mort-vivant de ses mains, mais après tout, ne l'avait-elle pas maculé du sang d'Adam ? "J'espère que vous avez une bonne femme de ménage." Il désigna les traces où le pied de Titan s'était abattu. "Mais si ce n'est pas le cas je ferais venir Irina, elle s'en occupera."
 
Il s'approcha vers Shahren. La colère avait quitté ses traits pour laisser place à de la satisfaction. Il avait considérablement réduit la distance entre eux maintenant et sans plus de cérémonie, il le retourna, releva la blouse et examina son postérieur. "Elle ne vous a pas griffée j'espère. Les goules ont une sorte de venin magique dans leurs griffes. Il créait un engourdissement, une paralysie, une sensation de froid intense. Vous sentez ça ?"
 
Et là, comme s'il marquait son territoire après le passage du serviteur d'Abigaïl, il gifla les fesses de la scientifique. Le sang noir y laissa l'empreinte de ses mains. Le sarkomancien, content de lui, se redressa. "Non, cela n'a pas l'air paralysé." Il lança un regard bref à Adam, pour voir la réaction de ce dernier. Il avait Titan avec lui, si le serviteur de Shahren faisait des siennes, il aurait de quoi équilibrer maintenant.
 
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Sam 11 Juil 2015 - 14:32 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

Invité
Invité

Anonymous
Invité

Invité
Personnage
Joueur
Ces goules manquaient cruellement de style et Shahren ne parlait pas de leurs vêtements –vu son propre sens esthétique ç’aurait été un peu présomptueux. Elle les trouvait grossier et sans gêne, non pas qu’Anton se soit spécialement montré plus subtile lors de leur première rencontre mais il avait le cerveau pour se le permettre. Shahren se moquait d’être pelotée par un génie, elle y prenait même du plaisir. Ici ? Ce n’était absolument pas le cas et de très loin, elle considérait ces foules comme des êtres pires qu’inférieurs. D’ailleurs, le sarkomancien réagit très mal à l’affront que l’on venait de lui faire. C’était un euphémisme…Le premier criminel eut le plaisir de sentir la main d’Anton directement dans son cerveau, très rapidement transformé en bouillie. Spectacle qui, loin de la dégoûter, la fascinait. Le second fut écrasé par Titan, tout simplement, dans une démonstration de force brute ravageuse. Dans un cas comme dans l’autre, les corps étaient en piteux état et il s’en dégageait une odeur de pourriture que Shahren aurait pu trouver insupportable si elle n’avait pas été habituée à la sentir lui chatouiller le nez à longueur de temps. Quant à ce qu’elle pensait des actions d’Anton ? Jusqu’ici, aucun homme ne l’avait jamais défendue de son plein gré. Adam avait été conditionné pour mourir à sa place s’il le fallait, mais le sarkomancien aurait très bien pu se moquer que les goules de sa sœur la touche. Pourtant, il avait réagi, vivement et au quart de tour, faisant preuve d’une malveillance qui faisait frémir Shahren, dans le bon sens du terme. Se mordillant la lèvre inférieure, elle répondit:

Quel style, Docteur.

La débauche de violence n’avait jamais été un problème. Shahren trouvait un certain plaisir à voir le sang couler, en particulier lorsque c’était pour elle.

Adam va s’en occuper.

Aussitôt que la phrase fut prononcée, le M. X. se mit en action. Il ramassa à mains nues les morceaux de corps, les emportant vers la pièce qui contenait la cuve à dissoudre tandis qu’Anton la retournait, dévoilant ses fesses pour l’y frapper afin de vérifier qu’elle n’était pas victime de l’odieux poison des goules. De surprise, Shahren poussa un petit cri et sentit le sang des goules salir sa peau. Elle se retourna, les lèvres pincées, un reproche mourant au bord tandis que la pointe de la mécha-greffe d’Adam se retrouvait sous la gorge d’Anton. Pendant une seconde, le monde sembla s’arrêter de tourner. Shahren sentit que tout pouvait basculer, il ne manquait qu’un mot de travers, un geste inconsidéré. Si bien qu’elle se reprit, ordonnant d’une voix claquante :

Laisse-le, Adam. Il ne représente pas une menace.

Une déclaration qui pouvait sonner comme une provocation, même si ce n’était pas l’intention de la scientifique. Le M.X. la regarda droit dans les yeux, ils eurent un échange silencieux qui ne devait rien à la télépathie, simplement à une cohabitation de plus de dix ans. Ils lisaient l’un dans l’autre avec une facilité déconcertante. Une inclinaison du sourcil, le tressautement d’un muscle, un éclat dans le regard. Cela semblait naturel.
Il est dangereux.
Non, il ne me fera pas de mal. Pas vraiment, rien de définitif.
Ce n’est pas prudent.
Non, ça ne l’est pas, mais c’est ainsi. Je le veux. Je n’en ai jamais connu un seul comme lui.

Vexé.
C’est comme ça. Maintenant lâche le, avant que Titan ne t’écrase toi aussi, ce qui provoquerait une dispute dont je me passerais bien.
Je n’ai pas peur de lui.
C’est inutile, en effet. Mais il est mon partenaire. Tu n’as pas à lui obéir, ni même à le protéger, mais tu ne peux pas l’éliminer. Ni toi, ni personne.

L’éclat qui brilla à cette seconde dans les yeux d’Adam ne lui plut pas, pas du tout. C’était l’étincelle d’une possible rébellion qu’elle refusait d’accepter, même si les raisons étaient probablement nobles. Pourtant, les années de conditionnement firent leur effet et la mécha-greffe reprit sa forme originelle. Il se détourna sans un mot et retourna à son petit ménage.

Et je t’interdis d’intervenir, à moins d’un ordre contraire de ma part.
Bien, Maîtresse, articula-t-il froidement.

Anton saignait un peu, Adam en avait profité pour le blesser au cou en capitulant. Heureusement, le sarkomancien n’avait pas lâché le Titan sur sa création. Peut-être parce qu’il savait que Shahren le prendrait très mal ? Quelle que soit la relation entre les deux psychopathes, la scientifique ne lui pardonnerait pas s’il s’en prenait à son M. X., tout comme elle n’avait jamais pardonné à Renan ou à qui que ce soit d’autre. Ses créations étaient un morceau d’elle-même, les toucher, c’était comme la toucher et elle se considérait comme sacrée, future mère d’une nouvelle espèce qui prenait un tour nouveau avec les idées d’Anton. Elle se redressa d’ailleurs et s’approcha de lui, se laissant aller à cueillir son sang du bout de la langue. A nouveau, ils étaient très proches, leurs corps séparés uniquement par le tissu de leurs vêtements. La tension entre eux était palpable, mais c’était tôt… trop tôt. Ils avaient un Titan à peaufiner.

J’espère que vous ne lui en voulez pas. Il est conditionné pour me protéger et il a un seuil de tolérance assez faible pour la violence à mon encontre. Surtout que je ne lui avais pas expressément parlé de… Elle agita la main. Vous voyez.

Il n’y avait pas de raison particulière à cela, peut-être attendait-elle qu’il vienne à elle avant de mettre Adam au courant. Elle avait eu besoin d’un peu de temps et ne savait toujours pas si elle était sa partenaire, son amante, les deux, peut-être plus ? Tout était flou, mais elle ne s’en plaignait pas. A nouveau, elle mit un pas de distance entre Anton et elle, même si l’intérieur de ses cuisses était déjà brûlant, et se tourna vers le Titan.

Et si on s’occupait de toi mon tout beau ? demanda-t-elle à la créature qui ne réagit pas.

Shahren tendit la main en arrière et sentit un cube d’ethereum de sa réserve prendre une forme liquide pour ramper vers elle, remontant du sol jusqu’à toucher le bout de ses doigts, avant de s’y enrouler. Elle grimpa sur la table d’opération, offrant au mutant encore groggy une vue imprenable sur son sous-vêtement noir alors qu’elle plaçait ses talons de part et d’autre de sa tête pour être à la même hauteur que Titan. Le métal fut ensuite transféré sur le corps mort de la créature, suivant le schéma de pensée de Shahren. D’abord, elle réalisa le croisillon à la place de ses yeux, pour montrer clairement l’emplacement à Anton. Elle comptait y intégrer l’équivalent d’un œil, peut-être via une lueur rougeâtre (ou peu importe la couleur) qui lui donnerait un air encore moins humain ? Elle avait plusieurs possibilités, les croquis s’étalaient sur son bureau pour le prouver.

Ensuite, la matière s’écoula sur lui, jusqu’à former une armure liquide, bleutée, foncée, un peu brillante. Elle laissa apparaître chacun des orifices.

Ca, c’est la version semi couverte, je peux entièrement le couvrir, ce qui laissera moins de failles mais le rendra peut-être un peu moins terrifiant. J’aime bien ses orifices, ça fait son style.

Même si elle ne se rendait pas bien compte de l’interprétation qu’on pouvait faire d’une telle déclaration.

Sinon on se contente de protéger certaines parties, davantage pour l’aspect esthétique que vraiment pratique et on tente la fusion de ses cellules avec le gêne de régénération. J’ai synthétisé un sérum pour les opérations, à partir du pouvoir d’Adam, mais comme sa chair est morte, il me faudrait un échantillon pour me pencher là-dessus et trouver un moyen de les rendre compatibles.

Bien qu’elle allait laisser l’ordinateur faire une partie du travail, histoire d’avoir une base solide sur laquelle évoluer ensuite.

Et il me faudra aussi probablement quelques cours au sujet de la nécromancie et de la sarkomancie. Vous n’avez pas des traités sur le sujet ? Histoire que je connaisse les bases théoriques et puisse réfléchir concrètement, en éliminant d’office les pistes impossibles.

Grâce à sa super intelligence, Shahren assimilerait très vite les informations nécessaires à une optimisation de leur collaboration, à moins que de tels ouvrages n’existent pas ? Auquel cas, Anton devrait s’improviser professeur particulier.
 
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Sam 11 Juil 2015 - 15:13 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

Invité
Invité

Anonymous
Invité

Invité
Personnage
Joueur
Oh quel doux contact sur sa gorge. Voilà donc ce qu'il gagnait pour avoir donné la fessée à la maîtresse du pantin ? Le regard d'Anton ne quittait pas Adam, tout comme son sourire était incapable de quitter ses lèvres. Peut-être devrait-il faire une petite démonstration de son immortalité à l'assistance ? Hélas, la douleur elle serait bien présente, elle risquait de le gêner pour travailler. Surtout que son immortalité n'était pas aussi poussée que celle d'Abigaïl, il ne pouvait pas siphonner l'énergie vitale des autres et finirait par se vider de son sang et devoir réaliser une transfusion. Surtout que sans sang, une partie de son anatomie risquerait de ne plus fonctionner correctement. Au plus grand désespoir de Shahren il en était certain.

Aussi il se contenta d'assister à la scène, presqu'hilare dans sa tête. Il y avait de la tension entre la scientifique et sa création, ou tout du moins était-ce ainsi qu'il l'interprétait. Irina n'aurait jamais fait preuve d'une telle arrogance, ni même Titan, ou Silence, ou Massacre, ou Frankenweenie. En fait, aucun des golems de chairs n'aurait jamais été jaloux au point de prendre spontanément la défense de leur maître. Bon, Silence était un cas particulier, il appartenait à Abigaïl uniquement et se révélait hors du commun. Quoiqu'il en soit, voilà qu'il se trouvait dans une situation mortelle pour la première fois depuis sa résurrection. Cela l'excitait grandement. Si Adam lui avait laissé la marge de manoeuvre nécessaire, il lui aurait intimé de maintenir le couteau sous sa gorge pendant qu'il s'occupait de lui montrer qu'il comptait donner à sa maîtresse bien plus qu'une simple fessée. Mais cela serait indigne d'un gentleman tel que lui.

"Pas une menace..." Sa voix trahissait une fausse indignation, mais il la chassa d'un éclat de rire. "Je suis désolé de vous annoncer cela de but en blanc ma chère, mais votre pantin n'est pas plus une menace pour ma personne. J'ai déjà rampé en dehors de la tombe une fois, celui qui m'y remettra n'est pas près d'exister."

Car Abigaïl était la moitié de son âme, son phylactère presque. Si elle avait la main mise sur sa vie, elle était aussi la main secourable qui l'empêcherait de périr, c'était elle qui lui promettait l'éternité. Mourir ici aurait été incommodant, mais pas définitif. Surtout que cela n'aurait pas été vraiment mourir. Mais peut-être devrait-il donner une leçon à cet individu exécrable ? Peut-être devrait-il lui montrer de quoi était capable Titan ? Non, là encore cela ne serait pas civilisé. Il préférait se contenter d'une méthode plus fourbe. Comme placer de manière possessive ses mains sur la croupe de Shahren alors qu'elle venait lécher la plaie sur son cou. Le regard du nécromancien ne quittait pas le cyborg, comme s'il cherchait à le provoquer, à le narguer. Est-ce qu'Adam se révèlerait être une gêne ? Peut-être. Anton devrait réfléchir à cette possibilité, réfléchir à ce qu'il arriverait si jamais il devait un jour se débarrasser de tous les rivaux qui entouraient la douce scientifique. Même si elle ne le prendrait sûrement pas avec un sourire. Lui aussi n'aimait pas qu'on abîme ses créations.

"Peut-être faudra-t-il que vous augmentiez ce seuil alors. Je ne suis pas un jouet contrairement à lui. Mais ça vous le savez." Il n'était pas tendre. Il était possessif, dominateur, jaloux au possible. Même si ce n'était pas volontaire, il y avait toujours une forte chance qu'il lui fasse mal. Mais elle aussi. Il se souvenait encore de ses ongles dans son dos. Une bonne chose qu'elle n'ait pas amené son pantin jusqu'au Necopolitan lors de leur première rencontre. Clairement les choses se seraient passées de manière beaucoup moins délectables pour eux deux. Le nécromancien devait reprendre ses esprits, arrêter de vouloir marquer son territoire sur ce corps. L'empreinte de sa main s'y trouvait déjà. Il était là pour travailler. L'amusement viendrait après.

Il devait toutefois avouer qu'il aurait pu apprécier de se trouver sur cette table d'opération en cet instant. Mais Anton se contenta de se laver les mains pour en laver les restes de sang noir, puis s'approcha à son tour de Titan. Il fit le tour de sa création. Elle était encore plus impressionnante ici que suspendue aux crochets dans les profondeurs du Necropolitan. Sûrement parce qu'il y avait plus de place pour en admirer tous les détails, plus de lumière aussi. Il fit courir sa main le long des muscles et membres entremêlés. La chair morte frémissait sous ses doigts. Insérer toutes les mâchoires dans le corps avait été long, très long. Surtout qu'il ne voulait pas juste qu'elle puisse mordre, mais aussi avaler. Aussi avait-il aussi placé de multiples oesophages, tous se réunissant en un unique estomac. Cela impliquait que le squelette était particulièrement original. Cela lui avait pris du temps cela aussi. Le résultat n'en était-il pas saisissant ? Surtout maintenant qu'il pouvait voir le métal courir le long de la créature, le recouvrant par endroit, laissant les gueules avides libres de mordre par d'autre.

"J'aime beaucoup les orifices. Les vôtres plus que les siens. Quel dommage qu'ils soient couvets d'ailleurs."

Pourquoi leurs conversations finissaient toujours par tourner autour des orifices de la scientifique ? Oh oui... A cause de lui. En tout cas, le spectacle était particulièrement dégoûtant. Voir les gueules émerger de l'armure de métal, comme autant de pustules. Personne n'avait jamais dû faire face à un tel monstre, c'était assuré. Sa simple vue allait donner des cauchemars aux Légionnaires, il en était certain.

"Je peux vous fournir un morceau de sa chair, mais je ne suis pas certain que cela serait très utile. Il est constitué de dizaines de personnes. Si c'est une compatibilité génétique qu'il vous faudra, cela va se révéler atrocement compliqué. Toutes ces personnes n'auraient jamais pu être liées ensembles par simple science, il y aurait eu des rejets. C'est ma magie qui a permit leur assemblage. Il faudrait que votre sérum soit universel, ou bien au moins adapté à la chair morte."

Il préleva toutefois un morceau de chair qui vint former une boule vivante entre ses doigts. Un petit cancer macabre, de la peau, des chairs, des nerfs. "Mais nous pouvons commencer sur un élément mineur, peut-être qu'après je pourrais le faire se propager dans le reste de l'organisme une fois qu'il sera compatible avec des cellules mortes."

Un cancer... Peut-être qu'Anton devrait-il renommer ainsi la créature. Titan était un mot impressionnant, mais il ne faisait pas honneur à l'aspect malsain de la structure, seulement à sa taille. Et c'était plus que cela, bien plus que cela. Entre ses deux bras colossaux, la multitude d'autres plus petits sur son torse. Avec les gueules, le métal qui le recouvrait. C'était un tout autre être. Même le Typhon de la mythologie grecque aurait fait pâle figure en comparaison. Il lui manquait peut-être un visage, mais Shahren allait le doter d'un oeil mécanique, cela serait tout ce dont ils auraient besoin. Il jongla distraitement avec le kyste dans sa main.

"Des traités de nécromancie ?" Il eut un léger sourire. "Vous n'en trouverez pas, ma soeur ne vous les prêtera pas. Surtout aux vues du lien que vous avez avec votre cousin. Elle lui est utile grâce à ses pouvoirs, parce qu'elle a des connaissances qu'il n'a pas. Pas qu'un simple grimoire puisse lui faire de mal, mais elle est prudente." Voir même froussarde. "Le principe de base est plutôt simple. Jouer avec la mort, utiliser la magie pour remplacer la vie. Bien entendu, d'un point de vue biologique c'est... compliqué. Disons que la magie remplace toutes les fonctions vivantes, les influx nerveux, les échanges cellulaires. Elle empêche la nécrose, mais peut aussi la provoquer ou l'accélérer. Ma méthode est plus pointue. Je m'intéresse au tissu plutôt qu'à l'individu dans son ensemble. C'est plus compliqué, car le plus simple avec la nécromancie est d'utiliser l'âme pour réanimer le corps."

Ou des fragments de l'âme comme pour les zombies, seulement des mécanismes primaires. Les revenants qu'invoquait sa soeur étaient bien différents. "Lorsque je créais un golem, j'unis toute la chair entre elle, mais la réanimer serait presque impossible avec des moyens nécromantiques classiques. J'utilise donc de l'électricité pour envoyer des impulsions nerveuses dans tout l'organisme, pour réveiller chaque membre, pour unir la chair. Puis ma volonté et ma sorcellerie prend le relais. C'est assez abstrait, je le conçois. Disons juste que j'arrive à transcender la limite de l'individu par l'utilisation de la sorcellerie et de la science combinées. Si je n'utilisais que la sorcellerie, je ne m'ennuierais pas de doter mes créatures de cerveaux ou de systèmes nerveux. Ces derniers servent à retransmettre ma volonté à tout l'organisme."

Il s'était approché de Shahren, modelant légèrement son kyste pour en faire une araignée de chair qu'il laissa courir le long de la jambe de la scientifique. Sa destination était évidente. "Disons que je manipule la chair morte en mimant les règles du vivant avec ma volonté. Mais j'ai beaucoup plus d'imagination."
 
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Sam 11 Juil 2015 - 19:40 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

Invité
Invité

Anonymous
Invité

Invité
Personnage
Joueur
Cela reste à voir.
Peu de choses stimulaient davantage Shahren qu’un défi et Anton avait l’art pour lui en lancer, l’air de rien. Pourrait-elle le remettre dans sa tombe ? Elle y songeait, mais uniquement à condition qu’il puisse en sortir à nouveau car elle ne comptait pas perdre si facilement cet être exceptionnel qu’elle n’avait pas eu conscience de rechercher jusque-là. Même les psychopathes ont besoin de compagnie…L’idée la tentait, elle devenait un peu trop joueuse et limite inconsciente depuis la pose de ses puces, mais elle savait déjà qu’elle ne passerait pas à l’acte car sa vengeance risquait d’être terrible et d’impliquer des orifices que Shahren préférait savoir vierge jusqu’à sa mort.
Mieux valait se concentrer sur la raison première de leur alliance, à savoir la création de monstres et, par extension, peut-être d’une espèce supérieure. Shahren comptait commencer par Titan, si bien qu’elle grimpa sur la table d’opération pour être à bonne hauteur pour sa démonstration. Recouvrir Titan de métal tout en laissant ses orifices visibles rendait plutôt bien et ajoutait même à l’horreur qu’il pouvait inspirer. Le processus ne mit pas plus d’une minute, tant la scientifique maîtrisait cette partie de son pouvoir. Elle n’avait jamais envisagé les implications guerrières, le fait qu’elle aurait pu se transformer en agent efficace si elle l’avait désiré. Mais ce n’était pas le cas, elle se sentait bien, dans son élément. Elle resterait une cérébrale et mettrait son talent au service de leur nouvelle cause. Du point de vue de la scientifique, Titan était désormais sublime, mais elle savait que la majorité des gens pensaient toujours de manière opposée à la sienne. Elle avait fini par le comprendre : Ce qu’elle aimait, un autre le détesterait forcément.
Sauf dans le cas d’Anton.

En fait théoriquement et d’habitude, je travaille directement par le cerveau. Une mutation passe obligatoirement par-là, du coup je stimule la zone en question et cela déclenche le pouvoir. Un être humain lambda n’utilise pas plus de 15% de ses capacités mentales mais c’est différent pour un mutant, en fonction de sa mutation, j’ai pu remarquer que certaines zones obscures du cerveau étaient en activité. Enfin, je dis obscure, mais j’ai cartographié les différents cortex depuis longtemps… Elle eut un geste vague de la main pour signifier que ce n’était pas le plus important. Dans le cas de Titan, soit on lui implante un cerveau central avec un système nerveux complet, sans garanties que cela fonctionne puisque vous me dites que des extraits de différents individus ont été utilisé dans sa création et qu’en prime si j’ai bonne mémoire, vous m’avez dit qu’il en avait plusieurs…Notez je peux répéter l’opération, mais il faudrait alors les coordonner. Rien d’impossible, simplement d’autres solutions existent peut-être, dans un régistre plus optimal. Je peux, par exemple, trouver un moyen pour que toutes ses cellules assimilent le sérum, mais ça va demander pas mal de travail et des recherches plus poussées.

Ils avaient de toute façon le temps de voir venir et il était certain qu’une soirée n’aurait pas suffi à tout mettre en place.

Ou alooooors ajouter une cellule qui se reproduira dans la chair morte, comme un parasite, s’en nourrissant et évoluant à son contact, porteuse du gêne de la régénération…Reste à voir si on part sur du pur organique ou sur des nanorobots, ou sur un mélange des deux ? La nano-techno-biologie, j’adore.

Elle aimait transcender les genres, après tout.
Et pour cela, elle aurait aimé en apprendre davantage sur les deux arts magiques pratiqués par les jumeaux Faust. Hélas, Anton l’informa qu’il était peu probable qu’Abigaïl se sépare d’un de ses ouvrages et Shahren était d’accord avec cette opinion, surtout qu’elle ne semblait pas spécialement la porter dans son cœur. Leurs deux premières phrases échangées s’étaient bien déroulées mais comme dirait son cousin, il fallait rarement plus de trois minutes pour avoir envie de lui arracher la langue. Pourtant, elle ne comprenait pas ce qu’elle avait pu dire de mal… Vraiment pas.
Tant pis.

Elle écouta donc son professeur lui faire la leçon sur les bases de la nécromancie. Sur le fond, elle comprenait le concept, associant l’énergie magique à une « forme d’énergie inconnue » qu’elle devait étudier en profondeur. Shahren était persuadée que la science et la magie n’étaient que deux mots pour désigner une même chose qui s’exprimait de manière différente en fonction des individus. On pouvait donc forcément reproduire les effets de l’énergie nécromantique d’une manière ou d’une autre. Toute à sa réflexion, elle sursauta quand quelque chose lui remonta le long de la cuisse. Elle n’avait même pas remarqué qu’Anton jouait avec un kyste depuis tout à l’heure… C’était son problème, lorsqu’elle réfléchissait trop intensément, elle perdait le sens des réalités. La chose s’agrippa à l’intérieur de ses cuisses, jusqu’à toucher son intimité. Elle releva lentement la tête vers Anton.

Je le constate, surtout dans certains domaines bien précis…

Bien qu’en comparaison avec sa propre expérience, n’importe qui était imaginatif en matière de sexe. Mais Anton semblait mettre un point d’honneur à ce que toutes leurs discussions scientifiques se soldent par au moins un orgasme. Non pas qu’elle s’en plaignait, mais il manquait un peu de rigueur. Si elle avait fréquenté des enfants par le passé, elle aurait pu y trouver une analogie, mais ce n’était pas le cas. Même lorsqu’elle avait dix ans, Shahren semblait avoir sauté le stade de l’enfance et elle était de toute façon dépourvue d’instinct maternel. Quoi que son comportement avec ses créations, ses M. X., pouvait peut-être s’y apparenter.

Le morceau de chair arraché au Titan semblait avoir pris vie, quoi que contrôlé par le sarkomancien. C’était assez fascinant comme procédé, cela la poussait à avoir envie de plus.

Vous voyez c’est précisément pour cela que j’aurais aimé en apprendre plus sur votre art. Vous êtes capable de réaliser des choses que je n’imagine même pas, et si vous devez tout me montrer nous allons y passer du temps… Je vous rappelle que contrairement à vous, je ne suis pas immortelle.

Et elle n’avait jamais vraiment cherché à l’être même si techniquement, avec son sérum de régénération, elle pouvait empêcher le vieillissement de ses cellules. Adam était beaucoup, beaucoup plus âgé qu’il n’en avait l’air et elle-même n’avait pas tellement vieillis depuis la conception du sérum. Jusqu’ici, l’immortalité ne l’avait pas vraiment attiré, mais vu leurs projets, elle allait avoir besoin de plus d’une vie…

Qu’est-ce que vous comptez faire avec cette chose ? Vous manquez cruellement de rigueur, décidément…

Un reproche qui ne venait pas du fond du cœur et cela l’énervait peut-être encore plus que le reste. Il l’empêchait de se concentrer à cent pour cent, elle n’avait jamais été esclave de ses pulsions auparavant mais depuis qu’ils discutaient, construisaient un avenir hypothétique d’abord sous forme de mot et, bientôt, elle l’espérait, de manière concrète, elle ne parvenait pas à contrôler sa libido. Son bas-ventre était en feu depuis qu’il avait pénétré dans la pièce, la situation ne s’était guère arrangée lorsqu’il avait tué ces goules pour la « venger » ni même quand elle avait goûté son sang, qui lui semblait normal et rouge, comme celui d’un être humain. Shahren devait se mettre dans le crâne que ce corps avait été recréé parfaitement à l’identique et accepter que quelqu’un en soi capable, que ce quelqu’un ne soit pas elle… Même si cela blessait son ego.
Elle secoua la tête. Il la perturbait, personne n’avait jamais réussi à contrer sa concentration, pas même l’agaçant archidémon qui apparaissait parfois au milieu de son laboratoire. Elle espérait qu’il n’aurait pas le mauvais goût de venir maintenant et songea qu’il fallait vraiment qu’elle fasse installer des protections magiques. Quoi que c’était un coup à le vexer et ce n’était pas non plus une excellente idée…
Les hommes.
Surtout ceux qui ne l’étaient pas au sens conventionnel…
 
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Sam 11 Juil 2015 - 20:51 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

Invité
Invité

Anonymous
Invité

Invité
Personnage
Joueur
Un large sourire apparut sur les lèvres d'Anton alors qu'il observait sa petite création en train d'escalader tranquillement la jambe de la jeune femme pour venir disparaître sous sa blouse. C'était une vision délectable, surtout qu'il savait très bien ce qui allait arriver par la suite et que peut-être, enfin, lui pourrait se concentrer sachant qu'il prenait aussi "soin" de sa partenaire de laboratoire au même instant.

"Travailler sur le cerveau d'un golem de chair risque de s'avérer quelque peu limité. C'est un élément essentiel, mais qui outrepasse assez rapidement son utilité. Titan en possède plusieurs en effet. Six ou neuf de mémoire. Ils servent surtout à ce qu'il puisse utiliser tous ses appendices et ses mâchoires bien entendu. Rien de plus inutile que des dents qui ne peuvent pas mordre, n'est-ce pas ?"

Un nécromancien avait toujours besoin de cerveaux, surtout quand il travaillait sur des golems. Il avait surtout eu besoin de cervelle fraîche lorsqu'il avait essayé de réunir l'esprit et le corps dans ses expériences passées. Maintenant c'était plus pour s'assurer le bon fonctionnement de ses créations. Il fit d'ailleurs quelques essais, ordonnant mentalement à certaines des mâchoires de se refermer, actionnant les bas au milieu du torse. Mais il veillait aussi à ne pas perdre son contrôle sur sa petite main de chair. Cela aurait été particulièrement dommage, surtout avec les idées qui naissaient dans son esprit à chaque instant qui passait.

"Du coup, je ne me suis pas beaucoup intéressé à la question." Elle allait le trouver négligeant, assurément. Voir même brouillon. Mais pourtant le résultat était là. Anton aimait travailler de manière instinctivement, comme tout bon sorcier qui se respectait c'était sa volonté, ses impulsions qui donnaient coeur à sa magie. "Après, j'ignore s'il a réellement besoin de pouvoir modeler l'éthéreum. Est-ce qu'il n'y aurait pas un moyen plus simple de relayer votre volonté à vous en lui ? De cette manière vous pourriez vous occuper de changer la configuration du métal à distance. Cela rajouterait une participation active, mais cela permettrait aussi d'utiliser vos capacités cérébrales supérieurs. Après, bien entendu, réinstaller tout un réseau neuronal est possible. Mais comme vous le dites, cela prendra du temps."

Répondant à un ordre silencieux, la bête monstrueuse s'allongea sur le sol du laboratoire. Anton monta en un saut élégant sur sa créature, marchant au milieu des crocs et des bras. "Les vertébrés ont un système nerveux dorsal comme vous le savez. Face à la complexité de la chose, j'ai préféré lui en créer un double. De cette manière, si un héros s'acharne dans son dos pour le paralyser, le résultat sera pour le moins limité." Ses mains s'approchèrent de l'une des bouches, qui commença à sortir de la chair, comme une sorte de ver. Shahren put voir la mâchoire, l'oesophage et bien entendu une colonne vertébrale. "Si je le fais ramper, nous pourrions accéder à l'un des cerveaux. Vous pourrez faire un test avec vos puces dans ce cas."

Avoir accès aux organes du golem était un élément de conception important. Cela lui faisait gagner un temps fou. Toujours. Ses premières créations devaient parfois être ouvertes et déchiquetées pour qu'il puisse atteindre l'intérieur. Tout reconstruire prenait du temps. Le cerveau finit par émerger à son tour, enveloppé dans une sorte de poche de peau, du sang coulant de la plaie et sur les mains d'Anton qui faisait ramper la colonne vertébrale en dehors de Titan.

"Pour ce qui est du sérum, je pense que je pourrais tenter une technique de substitution. S'il fonctionne, alors les cellules mortes commenceront à proliférer. Tel un cancer. Je pourrais les contrôler, utiliser leur croissance pour les faire remplacer les anciennes. Cela pourrait même mettre fin à la disparité génétique de Titan. Il serait uni même dans son génome. Bien entendu, c'est si vous pouvez faire fonctionner votre sérum dans des tissus morts, enfin, dans des tissus réanimés par nécromancie. Nous pouvons essayer dès maintenant aussi si vous le désirez. Je ne pense pas que nous ayons besoin de parasite. Enfin, pas tout de suite."

Il réfléchit un instant, se redressant de son puits de chair bouillonnante. Il en avait presque oublié sa petite araignée de chair ! Elle continuait sa descente de toute façon. "Par contre, si nous pouvons créer un vecteur capable de transférer notre chair organo-métallique morte, cela ferait un bon mode d'infection. Titan pourrait devenir vecteur d'une maladie qui transformerait des humains en sorte de morts-vivants d'éthéreum. Qu'en pensez-vous ? Après tout, un cancer redirige les vaisseaux sanguins de l'organisme pour s'irriguer. Ne pensez-vous pas que nous devrions le renommer Cancer d'ailleurs ? Le commun des mortel craint tellement cette maladie d'ailleurs."

Son sourire s'élargit quand elle remarqua enfin le petit cadeau qu'il lui avait fait plus tôt. Oh cela allait être amusant ! Enfin il tenait la possibilité de jouer avec elle, de se venger pour sa remarque face à Abigaïl. Shahren n'était pas sa possession, il ne pouvait lui imposer sa volonté aussi simplement qu'à Irina, mais il savait qu'il avait une certaine emprise sur elle. Sur certaines parties de son organisme. Mais elle en avait une aussi, même si elle ne s'en rendait pas compte.

"Mais je compte passer du temps avec vous, beaucoup de temps avec vous même. On ne peut créer une nouvelle espèce en un soir. Et puis vous avez des connaissances scientifiques qui m'échappe, je l'admets. Il n'est que normal que vous ne puissiez comprendre toute l'étendue de ma sorcellerie. "

Il était descendu de Titan. Le serpent de chair et de vertèbres continuait d'osciller en de hors du golem. Comme s'il cherchait de la nourriture, mais surtout parce qu'Anton laissait le cerveau à disposition de Shahren pour les modifications à suivre.



"Si vous n'en pouvez plus. Vous devrez simplement me convaincre d'arrêter. Mais je ne me contenterais pas de mots bien entendu, vous vous en doutez. Il faudra vous montrer imaginative. Essayer de me tuer ne servirait à rien aussi." Il s'adossa confortablement dans le fauteuil, maculant de sang les accoudoirs. A voir la bosse au-niveau de son pantalon noir, ce qu'il attendait d'elle en cas de reddition était évident. Le voilà le pervers dominateur, qui semblait incapable d'accepter l'égalité de Shahren. Dans leurs jeux sexuels.

"Bien entendu, je sais que ce genre de jeu risque de vous faire perdre du temps. Aussi je ne peux que vous encourager à commencer tout de suite l'opération. Que diriez-vous de voir comment vous vous débrouillez pour insérer les puces dans le cerveau de Titan que j'ai dénudé pour vous ? Je ferais sortir les huit autres après coup."
 
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Sam 11 Juil 2015 - 23:23 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

Invité
Invité

Anonymous
Invité

Invité
Personnage
Joueur
Je n’ai pas besoin d’un cerveau capable de réflexion, juste de sa mécanique primaire et cela semble être fonctionnel sur Titan. Normalement je devrais parvenir à provoquer une réaction avec la stimulation adéquate.

Elle possédait des appareils assez semblables à des stylos mais dont le bout ne servait pas à écrire, plutôt à envoyer des décharges d’une intensité très contrôlée dans une zone bien déterminée. L’engin possédait plusieurs pointes, dont certaines étaient assez fines pour stimuler deux neurones très précisément. Shahren avait créé elle-même cet outil, ceux existant manquant cruellement de précisions. Elle possédait également des lunettes grossissantes, comparables à celles d’un microscope mais bien plus pratiques puisqu’elle pouvait les poser sur son nez pour travailler efficacement à très petite échelle. Tout ce matériel, elle allait en avoir besoin et le rassembla donc sur la tablette proche de Titan tandis qu’Anton continuait ses propositions.

Je pensais plutôt à des séquences préprogrammées, comme dans le cas d’Adam, que l’on pourrait déclencher à distance puisqu’il n’a pas d’esprit, ni de capacité d’analyse, c’est vous qui le contrôlez… Il faudra dresser une liste de tout ce dont il pourrait avoir besoin de faire avec le métal sur son corps afin de parer à un maximum d’éventualités. Après on peut également se contenter du mode armure, je fixerais alors le tout de manière définitive, directement à sa peau. Vu sa stature, il ne devrait pas perdre en souplesse ou en agilité…

C’était aussi l’intérêt de la puce, en diffusant une certaine fréquence d’onde gamma, Shahren pourrait faire en sorte que l’ethereum reste relativement souple pour que Titan puisse bouger à sa guise sans devoir incorporer des articulations, comme s’il portait une seconde peau, mais qu’ils puissent décider de solidifier l’ensemble au cas où il aurait à se protéger d’une rafale de balles par exemple ou d’une attaque quelconque de ce style. Pour l’instant, son métal avait une résistance de 10T, un très haut taux de fusion et était diamagnétique. De belles qualités, mais il conservait encore quelques faiblesses qu’elle devrait corriger assez rapidement. Du moins l’espérait-elle.

La discussion dériva alors sur la régénération et un moyen d’infecter d’autres êtres afin qu’ils deviennent comme Titan. Shahren essaya d’imaginer des morts vivants d’ethereum. Serait-elle capable de les contrôler, grâce à son affinité avec le métal ? Deviendraient-ils ses serviteurs et pourrait-elle les manipuler à sa guise ? Conserveraient-ils leur libre-arbitre, leur esprit, ou seraient-ils dénués de tout, au mieux un bloc de chair animé ? Elle songea à cette nouvelle race dont il avait parlé tout à l’heure, tout en observant le cerveau se balancer au bout de la colonne vertébrale. Elle allait avoir besoin d’une modulation sur ordinateur et de toute une batterie d’analyse avant de pouvoir y opérer avec succès.

Cancer, c’est très joli. Je pense qu’à terme, nous pourrions arriver à tout cela, mais ça va nécessiter un certain nombre de…

Elle s’interrompit brutalement tandis qu’Anton commençait son petit jeu malsain.
 
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Dim 12 Juil 2015 - 0:07 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

Invité
Invité

Anonymous
Invité

Invité
Personnage
Joueur
Ainsi donc même la structure primitive du cerveau pouvait suffire ? Dans ce cas il n'avait aucune raison de dire non à Shahren. Titan n'en sortirait que grandi. Même si le nécromancien n'était pas sûr qu'intégrer l'éthéréum à sa création ne la compromette pas. N'était-il pas en train de donner à Shahren du pouvoir sur sa plus belle oeuvre ? Bah, ce qui comptait c'était la Moisson avant tout, que Titan soit capable d'accomplir ce pourquoi il avait été conçu avec la plus grande efficacité. Semer le terreur à Star City, écraser les passants sous ses pas, dévorer les masses et même affronter et abattre des super-héros. Oui, cela serait formidable. Le voir en action serait un véritable délice, une cerise sur le gâteau. Pour une fois le nécromancien n'aurait pas besoin de se trouver sur place. Ce qui signifiait qu'il n'aurait pas à se mettre en danger.

Pas qu'il craignit de mourir. Mais il y avait de pire destins pour un sorcier quand on arpentait les rues de Star City avec le coeur empli de mauvaises intentions. Comme par exemple son jeu macabre avec Shahren. Oh il se délectait de l'expression sur son visage. C'était véritablement formidable. Elle était presque devenue sa muse. Mais pas de celles qu'on imaginait, qu'on observait de loin. Non, c'était là une source d'inspiration qu'il pouvait consommer, qu'il pouvait travailler au corps, qu'il pouvait pétrir de ses doigts. Ou plutôt des doigts de Titan le cas échéant. Même si cela ne serait plus le nom du colosse de chair pour très longtemps d'ailleurs. Pouvait-on d'ailleurs considérer que Shahren venait de récupérer un cancer dans l'un des lieux les moins appropriés possible ?

 
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Dim 12 Juil 2015 - 11:44 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

Invité
Invité

Anonymous
Invité

Invité
Personnage
Joueur
Facile à dire, pour lui. Shahren était comme une enfant découvrant les merveilles que pouvaient receler un magasin de bonbon, sans avoir conscience que cela se terminerait invariablement sur une crise de foie. Elle voulait rester professionnelle, mais il ne lui en laissait aucune occasion avec ses jeux malsains. Ils ne pouvaient rester dix minutes dans la même pièce sans que cela dégénère, ils allaient devoir trouver un compromis, mettre des règles en place, au moins pour avancer dans leurs projets. Auxquels cas ils resteraient bloqués au même stade éternellement… Et même si pour Anton, ça n’avait que peu de signification, Shahren ne comptait pas perdre son existence en débauche sulfureuse. Cela ne l’avait jamais été l’un de ses centres d’intérêt, elle ne comprenait pas comment tout avait pu changer en l’espace d’une simple rencontre. Elle qui n’avait jamais pu aborder la psyché humaine et avait toujours fait preuve de détachement… Se retrouver ainsi presque esclave de son corps la dérangeait profondément. Mais c’était ainsi, Anton voulait jouer et il faisait preuve d’imagination, surtout lorsque ses plans étaient contrariés.

Mais qu’y pouvait-elle exactement s’il n’était pas au fait des exigences de la technologie ? Sa médecine avait deux siècles de retard, le concept même de neurone devait lui sembler abstrait. Il était un artiste-boucher, elle préférait l’extrême précision. Elle ne lui en voulait pas, non, elle mettait cela sur le compte d’un bafouillage. Après tout, ils venaient de se rencontrer, ils commençaient seulement à s’appréhender. Un jour peut-être se comprendraient-ils d’un regard, comme Adam et elle, mais cela prendrait du temps. Beaucoup de temps.

J’aimerais pouvoir y jouer, Docteur mais ce sont là les impératifs technologiques. Si vous aviez daigné attendre… Peut-être plus tard ?

Ils étaient partis pour un long, long moment, elle en était convaincue. Puis elle parvint à l’emprisonner, mais elle allait comprendre à ses dépens qu’un Faust a plus d’un tour dans son sac.

Alors elle fit ce qu’elle avait à faire. Elle appela Adam, qui s’avéra être déjà dans la pièce, dans un état oscillant entre le choc et la rage. Son conditionnement avait encore prouvé son efficacité : il n’était pas intervenu puisqu’elle ne lui avait pas donné l’ordre contraire. Mais à nouveau, il s’était montré prévoyant car il tenait une seringue dans sa main et elle reconnaissait le liquide rosé du sérum d’ici.

Sois un amour Adam… Je crois qu’un corps humain lambda ne peut pas survivre à l’esprit tordu du Docteur Faust.

Il s’approcha et lui fit l’injection en moins de cinq secondes. Elle voyait dans son regard qu’il aurait préféré partir, être n’importe où ailleurs, même en train de prendre le thé avec Renan, qu’il détestait pourtant. Mais il allait rester, parce qu’il se passait exactement ce qu’il avait craint dès le départ : Les puces lui faisaient perdre tout sens commun, l’empêchaient d’avoir peur et donc muselait son instinct de survie. Tout pourrait trop vite dégénérer, alors même si ça le répugnait, même s’il en aurait des cauchemars, il resterait.
Mais pas si proche, non. Il retourna près de la cuve, s’occupant de dissoudre les corps en trop.
 
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Dim 12 Juil 2015 - 13:42 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

Invité
Invité

Anonymous
Invité

Invité
Personnage
Joueur
 
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Dim 12 Juil 2015 - 22:51 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

Invité
Invité

Anonymous
Invité

Invité
Personnage
Joueur
 
Revenir en haut Aller en bas

 
« Est-ce nous ou les autres qui sont fous? » ft. Abigaïl/Anton
 
Page 1 sur 2Aller à la page : 1, 2  SuivantRevenir en haut 
« Est-ce nous ou les autres qui sont fous? » ft. Abigaïl/Anton Cadre_6« Est-ce nous ou les autres qui sont fous? » ft. Abigaïl/Anton Cadre_7_bis« Est-ce nous ou les autres qui sont fous? » ft. Abigaïl/Anton Cadre_8


« Est-ce nous ou les autres qui sont fous? » ft. Abigaïl/Anton Cadre_1« Est-ce nous ou les autres qui sont fous? » ft. Abigaïl/Anton Cadre_2_bis« Est-ce nous ou les autres qui sont fous? » ft. Abigaïl/Anton Cadre_3
 Sujets similaires
-
» Mes yeux ne sont pas si bas... regarde un peu plus haut ça marchera peut-être mieux entre nous. (suite) //+18// //HENTAÏ//
» [UPTOBOX] Les Charlots en folie : À nous quatre Cardinal! [DVDRiP]
» À nous les garçons [DVDRiP]Comédie
» [UPTOBOX] Madame Irma [DVDRiP]
» [UploadHero] La Folie des grandeurs [DVDRiP]

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
« Est-ce nous ou les autres qui sont fous? » ft. Abigaïl/Anton Cadre_6« Est-ce nous ou les autres qui sont fous? » ft. Abigaïl/Anton Cadre_7_bis« Est-ce nous ou les autres qui sont fous? » ft. Abigaïl/Anton Cadre_8
Sauter vers: