La mort, ce secret qui appartiendra à tout le monde ▬ Abigaïl - Page 2 Bouton_vote_off
AccueilFAQRechercherMembresGroupesS'enregistrerConnexion

La mort, ce secret qui appartiendra à tout le monde ▬ Abigaïl - Page 2 Cadre_1La mort, ce secret qui appartiendra à tout le monde ▬ Abigaïl - Page 2 Cadre_2_bisLa mort, ce secret qui appartiendra à tout le monde ▬ Abigaïl - Page 2 Cadre_3
Aller à la page : Précédent  1, 2
 

La mort, ce secret qui appartiendra à tout le monde ▬ Abigaïl

 
Message posté : Dim 12 Juil 2015 - 19:36 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

Invité
Invité

Anonymous
Invité

Invité
Personnage
Joueur
Abigaïl n'avait que des connaissances de base en génétique. C'était Anton le scientifique. Si un jour elle avait caressé le désir de devenir médecin, cela faisait bien longtemps qu'elle l'avait abandonné. D'abord à cause de la pression paternelle et sociale. Mais maintenant surtout parce qu'elle s'épanouissait dans l'apprentissage de la magie. Ses pouvoirs se révélaient à elle toujours plus forts, porteurs de dizaines de possibilités insoupçonnées. Où pouvait se trouver se pouvoir si ce n'était dans son sang ? Bien entendu un apprentissage assidu était nécessaire. La nécromancienne avait passé de nombreuses heures à parcourir ses livres de sorts et d'autres grimoires. Mais le talent était là et il se trouvait dans son sang. C'était la seule possibilité. Le sang portait les traits les plus forts d'une famille d'une génération à une autre. Abigaïl se demandait d'ailleurs si ses descendants auraient pu acquérir sa capacité innée de voir les morts. Elle devrait en parler à Sally.

"Ah du sang bleu. Je dois dire que je n'ai jamais du s'il y avait une véritable différence portée par les nobles. Je dois dire que je n'en suis pas vraiment une moi-même. J'ai juste reçu une bonne éducation." Elle sourit à la comtesse. Qu'est-ce que cela avait dû être rageant pour elle de voir la noblesse s'écraser devant la bourgeoisie pour finalement ne plus signifier grand chose de nos jours.

"Yohann n'était pas un noble, Victor juste un médecin. Enfin, si mon frère et moi avons du sang princier il vient de notre côté maternel. Mais comme je l'ai dis, celui-là n'a rien d'humain." Du sang de fée de la cour unseelie. Prenez un sang lié au force de la natures, puis torturez-le, noircissez-le avec les ténèbres de la mort. Distillez en lui une pointe de ténèbres. Vous avez alors le sang qui courait dans les veines des jumeaux Faust. Sang qui mélangeait à celui du premier nécromancien avait accordé à Abby et Anton leur plus grande facilité à apprendre la nécromancie. "Le courage n'est pas en question. Surtout que nous vider de notre sang n'aurait pas un fort impact sur nos capacités. Je pourrais m'ouvrir les veines et vous inviter à vous baigner avec moi si vous le désireriez. Mais je n'ai pas tendance à offrir ce genre de services même à mes amis. En tout cas pas gratuitement."

Seul Dante Visconti avait récupéré un fragment du sang d'Abigaïl. En échange de quoi elle avait récupéré les ossements d'Anton. Autant dire que c'était là à ses yeux une marchandise inestimable, car sans cela elle n'aurait pas pu ressusciter son frère. Mais qu'aurait la comtesse à lui offrir en échange d'un tel bain sanglant ? Surtout qu'elle semblait bien plus encline à se baigner dans le sang d'Anton que dans le sien. "Bien entendu vous préférez peut-être celui de mon frère. Ce dernier semble très épris de votre beauté. Ce qui est compréhensible. Sûrement pourrait-il trouver quelque jouissance à l'idée que vous vous immergiez dans son sang."

"Cela ma soeur, je l'ignore. Je n'ai jamais tenté l'expérience. Qui risquerait de ne pas être forcément aussi plaisante que dans vos bouches à vous deux."

Il n'avait pas dit non, il essayait juste de faire monter les enchères. Sûrement. Mais la nécromancienne n'avait pas peur. Elle était presque certaine que Marishka n'était pas sérieuse dans ses propos. Mais si elle voulait vraiment prendre un bain dans du sang de nécromancien, il lui faudrait se montrer convaincante et sûrement bien plus aimable qu'elle ne l'était... Ou alors il faudrait y mettre le prix. C'était une femme aisée, voir même riche. Mais Abigaïl ne courrait plus après l'argent. Même s'il n'y en avait jamais trop. Surtout pour ses vastes projets.

Anton eut un sourire contrit quand elle mentionna Velkan. Clairement il ne serait pas seul avec la comtesse. Ce qui faisait grandement perdre de l'intérêt à sa visite. Quoique si cela signifiait juste que Velkan serait là pour regarder, alors Anton ne s'en offusquerait point. Mais il pensait plus que c'était une assurance pour Elisabeth qu'il ne se passerait rien entre elle et lui, que ce soit de gré ou de force. "Et bien, un soir donc. De toute façon ma soeur et moi-même avons plutôt des habitudes nocturnes. Les morts-vivants préfèrent l'obscurité. Pour la plupart en tout cas. Vous n'aurez qu'à passer un soir de votre choix. En théorie je serais dans mon atelier et si ce n'est pas le cas, Abigaïl pourra toujours vous tenir compagnie."

Le frère de la nécromancienne avait pris quelque peu l'habitude de découcher. Ce qui ne gênait pas Abigaïl. Au contraire. Elle avait plus de temps pour elle de cette façon, pour s'occuper de ses problèmes personnelles ainsi que de la gestion de tous les jours de la Moisson et du Necropolitan. D'ailleurs elle avait prévu de s'agrandir et n'avait que trop retardé ses projets ces derniers temps. Encore une fois elle se demanda si Elisabeth pourrait faire une bonne recrue. Oh avec son charme et son plaisir pour les trahisons elle pourrait être un véritable atout. Malheureusement, cela la rendait aussi dangereuse.

"Je suppose que les liens que nous partageons toutes deux avec nos compagnons sont indescriptibles et incompréhensibles." Abigaïl eut un léger sourire, comme si elle ne croyait pas un mot de ce qu'elle disait. "Mais je ne crois pas que la nature ait quoique ce soit à voir avec mon état. La nature n'a pas grand chose à voir avec quoique ce soit quand il est question des circonstances de notre naissance à Anton et moi-même j'en ai bien peur. Et puis je ne suis pas femme à aimer croire au destin ou à quelque entité de ce genre. On a essayé de me faire croire que des tourments qui m'étaient infligés étaient la volonté de Dieu. Alors qu'ils n'étaient finalement que les choix d'un seul et unique homme."

La nature, le destin, dieu. Tout cela c'était se cacher pour pouvoir jouer l'hypocrite, se décharger de ses responsabilités. Abigaïl tenait son pouvoir de son sang, d'elle-même. De ce fait, elle ne servait qu'elle-même, ses intérêts, ses alliés, sa famille. C'étaient les choix de ses ancêtres qui avaient amené à sa naissance. Pas un quelconque grand dessein.

"Vous êtes une très belle femme et vous le savez. Mon frère n'en est que plus sensible à vos belles paroles. Je connais Anton, c'est un coureur de jupons notoire." Elle lui caressa la joue d'un geste tendre alors qu'il restait parfaitement immobile. "Ne nous mentons pas, nous sommes toutes deux des femmes importantes qui aimons diriger. D'où la tension entre nous deux." Est-ce qu'Abigaïl intimidait l'immortelle ? Elle l'espérait et ce même si elle n'avait pas pu faire étalage de ses pouvoirs. "Vous êtes une femme remarquable." Mais une mégère, eut-elle envie d'ajouter. "Par conséquent vous êtes dangereuse et oui, probablement menaçante. Ce qui me laisse m'interroger sur l'objectif du petit jeu que nous jouons depuis le début de cette conversation. Cherchez-vous mon amitié, celle de mon frère ou au contraire simplement à vous distraire ? Je dois dire que vous êtes maîtresse dans l'art de dissimuler vos intentions."
 
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Lun 13 Juil 2015 - 0:06 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

Invité
Invité

Anonymous
Invité

Invité
Personnage
Joueur
Ainsi, elle n'était pas noble ? C'est pour cette raison que Marishka ne ressentait rien de vraiment « majestueux » chez elle et qu'elle lui rappelait étrangement ces jeunes femmes qui lui étaient envoyées alors qu'elle était encore comtesse. Elle ne fut toutefois pas spécialement étonnée d'apprendre que les Faust n'étaient pas totalement « normaux » et qu'ils possédaient du sang qui n'était pas humain. C'était parfaitement logique si l'on se basait sur les pouvoirs qu'ils semblaient avoir en leur possession. Ou du moins, si la vantardise de la nécromancienne était justifiée. Il fut bien évidemment question d'argent, ou du moins de paiement en échange de son sang. Tout d'abord, Marishka avait prononcé ces paroles d'un ton léger et sans penser à mettre ce projet sur pied, mais maintenant qu'elle y songeait sérieusement, ce serait quelque chose à tenter... Son regard s’appesantit sur Anton au moment où celui-ci confirmait les dires de sa sœur : si elle souhaitait quelque chose de sa part, elle devrait en payer le prix et elle ne serait pas forcément satisfaite de ce que cela provoquerait. Un léger soupir lui échappa.

« Pensez-vous ? J'ai vécu suffisamment longtemps pour explorer les coins les plus sombres de l'âme humaine. Enfin, vous n'êtes plus vraiment des humains semble-t-il. » Ses yeux clairs se glissèrent sur Abigaïl. « J'ai lancé cette idée sur un ton de plaisanterie, mais plus j'y songe et plus je trouve l'idée alléchante. Cependant, la perspective d'un paiement me laisse sceptique. J'espère que vous ne faites pas allusion à un vulgaire financement en dollars. Je trouve cela si... grossier. J'aurais espéré quelque chose d'un peu plus original. » Elle haussa les épaules. « Quant à la personne qui se dévouerait... je dirais que tout dépend de celui qui m'en demandera le moins. Et de celui qui serait le moins gêné de me voir prendre ce bain. »

Puisqu'il semblait évident qu'elle n'attendrait pas d'être tranquillement toute seule dans sa salle d'eau. Marishka n'avait plus de pudeur depuis bien longtemps. Après avoir passé des années à laisser ses caméristes la vêtir et la laver, elle avait trouvé parfaitement normal de se dévêtir devant Velkan ou d'autres individus qui la côtoyaient. Ce n'était pas de la séduction, ni même de la provocation, mais simplement une habitude inhérente à ses origines.

Elle avait bien évidemment remarqué la réaction d'Anton lorsqu'elle avait parlé de Velkan qui l'accompagnerait. Qu'espérait-il ? Qu'elle vienne seule pour qu'il puisse s'amuser à la torturer, voire la tuer pour se servir de sa chair pour ses créations ? Élisabeth avait beau être vaniteuse, elle préférait tout de même ne pas songer à la possibilité qu'il puisse espérer obtenir autre chose d'elle. Malgré son âge avancé, la comtesse n'avait eu que peu d'amants et depuis toujours le sexe lui apparaissait plus sale et repoussant que tout ce que le nécromancien pouvait bien faire dans son laboratoire – ou même que ses précieux bains de sang. Alors, elle s'en tiendrait à l'idée qu'il puisse décider de la tuer pour se servir de ce corps qu'il complimentait et créer une nouvelle créature qui le divertirait, non plus par sa verve, mais par sa plastique.

Quoi qu'il en soit, peu lui chalait que la nécromancienne considère sa relation avec son protecteur supérieur à la sienne. Elle avait eu le temps de rencontrer des personnes encore plus vaniteuses qu'elle, il en faudrait donc beaucoup plus pour réussir à la vexer ou à l'irriter sérieusement ! Elle écouta donc patiemment ce qu'Abigaïl avait à lui dire avant de daigner répondre. Un sourire ourla ses lippes tandis qu'elle sirota sa boisson avant de formuler une réponse d'un ton calme.

« J'ai eu le temps de m'entraîner, voyez-vous. Vous m'avez dit ne pas être de noble naissance, mais pour ma part, j'ai été éduquée depuis mon enfance afin de devenir une comtesse digne de ce nom. Vous seriez surprise de constater à quel point les nobles sont enclins à tromper leurs interlocuteurs. La dissimulation des intentions est donc primordiale. » Elle battit des paupières avec calme avant de reprendre. « J'aime me distraire. Je ne vous cacherais pas que je m'ennuie grandement. Ce siècle est beaucoup moins divertissant que les anciens et les moyens de se changer les idées sont de plus en plus compliqués à dénicher. » Elle soupira exagérément. « J'étais venue ici pour cette raison, mais depuis le début de notre conversation... je ne pourrais vous dire précisément. Votre frère m'est très agréable... et pas uniquement à cause des compliments qu'il m'offre, même si j'y suis sensible, mais je dois avouer que vous m'intriguez. » Son regard inquisiteur se posa sur elle. « Vous n'êtes pas femme à vous laisser impressionner par des détails aussi stupides que l'apparence de votre interlocutrice. Tout comme vous ne semblez pas me craindre. Habituellement, les gens qui connaissent ma véritable nature se méfient de moi, mais vous... je me pose encore la question. » Elle pencha légèrement la tête sur le côté. « Et je me demande aussi pour quelle raison vous m'avez accueillie à votre table ? Pour le simple plaisir des yeux de votre frère, ou pour autre chose ? »

Elle avait plus ou moins esquivé la question, mais peu importait : Marishka n'était pas femme à se dévoiler aussi rapidement, elle avait beau ne plus avoir de pudeur, en ce qui concernait ses pensées, c'était très différent !
 
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Lun 13 Juil 2015 - 13:54 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

Invité
Invité

Anonymous
Invité

Invité
Personnage
Joueur
La magie transcendait la chair et le sang. Elle transcendait la mort et d’une certaine façon avait effectivement dépouillé les jumeaux de leur humanité. Mais de façon différente. Anton avait été un véritable monstre. Une créature de cauchemar qui ne possédait plus aucune trace de compassion, d’empathie pour ceux qui avaient été ses semblables. Il avait dévoré les chairs de ses ennemis et d’innocents, il avait recouvert ses griffes de leur sang et à chaque fois, il ne pouvait le nier, il avait apprécié ça. Parfois des réminiscences de sa vie de Dévoreur venaient frapper le nécromancien. Il s’éveillait en sueur, un goût de sang dans la bouche, ne désirant que se saisir d’une vie et de la prendre.

Pour Abigaïl, c’était plus subtil encore car son humanité ne lui avait pas été arrachée d’un coup brutal. Non, elle la perdait encore aujourd’hui, petit à petit. Fut un temps elle se considérait comme une justicière. Elle aidait les âmes en peine à trouver le chemin de l’au-delà, elle leur accordait la vengeance tant désirée en traquant leurs assassins, leurs adversaires, en les aidants à accomplir leurs dernières volontés. Cette femme était morte quand Abigaïl avait acquis son phylactère. Devenir immortelle l’avait sûrement éloignée du commun des mortels, plus qu’elle ne l’était déjà. Beaucoup la considèreraient désormais comme une liche plutôt que comme une humaine. Si elle l’avait voulue, elle aurait pu abandonner toute discrétion, se présenter comme un cadavre ambulant. Mais elle était plus vaniteuse qu’elle n’aimait le laisse croire. C’est pour cela qu’elle affichait toujours un visage humain, sa beauté naturelle. Elle s’était même rajeunie de quelques années par rapport à l’âge physique qu’elle était censée afficher.

Leur sang était déjà au quart non humain. Leurs pouvoirs comme les conditions de leur naissance n’avaient clairement pas arrangé les choses. Oui, le sang de la nécromancienne et de son frère possèderaient des propriétés magiques. Est-ce que Marishka pouvait en tirer parti ? Peut-être.

« Qu’y a-t-il de mal avec la poursuite de biens matériels ? Elle forme la base de nos existences. Je ne suis pas une religieuse ou une croyante dans l’âme, j’aime prendre le plaisir où il se trouve, profiter de mon existence charnelle. »

Bien entendu elle ne faisait pas que cela. Elle préparait une pseudo-apocalypse avec sa Moisson. Tout cela demandait beaucoup de fonds. Mais Abigaïl avait déjà la certitude de récupérer une somme coquette avec son pacte avec Renan. L’immortalité pour quelques millions. Il s’en sortait remarquablement bien. Mais qu’avait-il eu d’autre à lui offrir de toute façon ?

« Mais ne vous inquiétez pas. Je n’exigerais rien de tel de vous. Ce serait vous faire honte. Bien entendu si bain il y a, je fournirais le sang moi-même. Mon frère ne possède pas toutes mes capacités ce qui rendrait la logistique bien compliquée. Et le connaissant il ne demanderait en échange que le plaisir d’une nuit de débauche à vos côtés. »

Le nécromancien eut un léger sourire. « Tu ne me connais que trop bien, Abigaïl. Mais en effet, me vider de mon sang ne serait pas des plus agréables. Je n’en mourrais pas, mais les conséquences seraient plus gênantes pour moi que pour ma sœur. » Car contrairement à elle, Anton n’avait pas maîtrisé le sortilège du siphon de vie. Il ne s’y intéressait même pas d’ailleurs, préférant arpenter les avantages de sa sarkomancie pour palier au problème de la régénération. Abigaïl elle n’aurait qu’à se saisir d’un pauvre hère et à drainer son essence vitale pour se remettre d’aplomb. Une vie pour une vie. Le plus simple des échanges. « Et ne vous inquiétez pas, je saurais me contenir en vous voyant nue. » Ajouta Abigaïl.

Elle savait apprécier la beauté d’une femme, mais est-ce qu’elle y trouvait une certaine substance sexuelle ? Si elle avait été parfaitement honnête, sûrement aurait-elle hésité dans sa réponse. Beaucoup de nouveaux éléments avaient laissé la nécromancienne quelque peu perturbée de ce côté-là. Peut-être à cause de ses années d’emprisonnement ou bien à cause  de la présence d’Anton dans son corps pendant quelques semaines. La mémoire musculaire laissait-elle place à une mémoire libidineuse ? Mais contrairement au Dévoreur, Lady Death savait parfaitement se contrôler.

« Je pense plus profiter de votre lien avec Morana pour assouvir un ancien désir. Rencontrer une déesse de la mort. » En quelque sorte ce qu’elle aspirait à devenir. Bien entendu, Morana était une divinité païenne, avec beaucoup moins de fidèles que le dieu chrétien ou même le Diable. Mais c’étaient ces entités qui fascinaient le plus la nécromancienne. « Me tenir à vos côtés pourrait m’assurer que la déesse ne décide pas de prendre offense de ma présence ou des questions que j’aurais à lui poser. » Des requêtes même. « Mais c’est uniquement si vous acceptez de vous porter garante pour moi. Un choix que vous devez sûrement longuement considérer. Vous ne prendrez pas le risque d’offusquer celle qui vous a donné l’immortalité, non ? » Elle sourit, bien heureuse  de ne dépendre de personne pour ce qui était de ses pouvoirs.

Bien entendu ce n’était pas totalement exact. Dans le sens où elle dépendait maintenant de ses pouvoirs pour vivre. Mais personne ne pouvait les lui retirer… Sauf l’Archimage bien entendu. Elle devrait l’approcher un jour. Sous une personnalité civile, dénuée de magie, juste pour étudier le personnage, pour tenter de le comprendre. Mais cela attendrait, Elisabeth avait toute l’attention d’Abigaïl en cet instant. Voyager dans les mondes des morts ? C’était presque un rêve. Macabre certes, mais un rêve tout de même. Elle savait qu’elle en avait le pouvoir, sans même jamais l’avoir utilisé. Après tout elle avait voyagé jusqu’à Spectrebois aux côtés d’Anton et de Rosamund, même si en théorie ce monde se trouvait dans sa tête à elle. Restait à voir si la promesse d’un bain dans le sang d’Abigaïl Faust soit suffisante pour que l’immortelle consente à un tel voyage.

Mais après tout, cela serait une distraction. Et n’était-ce pas ce que recherchait la comtesse d’après ses dires ? Est-ce qu’Abigaïl tenait là plus qu’un simple accord mais peut-être une compagne pour ses aventures dans différents royaumes des dieux de la mort ? Peut-être. En temps normal elle aurait jeté son dévolu sur Rosamund. Mais la sorcière était en Europe et n’avait pas semblé très enthousiaste à l’idée de voyager dans de tels mondes. Marishka était plus liée à la mort, avait déjà tutoyé des dieux, ou tout du moins s’était gagnée leurs faveurs. Cela serait un allié de poids.

« Je n’en doute pas. Vous êtes une femme raffinée, comme on n’en fait plus. Mon père m’a offert une éducation tout à fait respectable, me permettant d’avoir un mariage dans la haute bourgeoisie anglaise. Hélas, mon mari n’a pas trop apprécié que je ne réanime des cadavres. » La tyrannie des hommes, toujours à vouloir dire aux femmes quoi faire. Même si pour le coup, c’était pus la tyrannie des vivantes sur les morts. Anton eut un léger sourire lorsqu’elle annonça qu’il lui était agréable.

« Mon frère est très prolifique quand il en vient à la beauté des femmes. La vôtre n’a pu qu’éveiller son âme de poète. » Ainsi qu’un autre organe assurément.

« Quelle réputation tu me donnes Abigaïl. Ne puis-je point apprécier la beauté de la comtesse et la douceur de sa compagnie sans me faire traiter de satyre par ta personne ? » Lança-t-il, faussement offusqué.

« Mais non, aussi belle soyez-vous, je ne me laisse pas intimider pour si peu. Vous m’intriguez. Notamment grâce à votre pacte avec une déesse de la mort. C’est peu commun. » Abigaïl serait-elle capable d’accorder ses faveurs et l’immortalité à une personne de son choix à l’avenir ? Elle l’avait déjà fait à Renan d’un certain côté, en lui offrant un phylactère. « Après ne vous détrompez pas, je me méfie de vous. La différence est que je ne pense pas que vous puissiez me faire grand mal. Pas sans vous compromettre dangereusement. » Abigaïl ouvrit la paume de sa main, laissant apparaître un crâne fantomatique. L’un des nombreux spectres qu’elle avait sous son contrôle. « Je contrôle la mort et les morts-vivants. Qui sait, je pourrais même vous emprunter votre Velkan avec ma magie si je le désirais. Mais je ne le ferais pas, car vous m’intriguez ma chère comtesse. Vous représentez une sorte d’idéal. Une immortelle, mais discrète, très discrète. Je ne savais même pas que vous étiez en ville avant votre arrivée au Necropolitan. Alors que vous êtres la comtesse Báthory ! »

Elle referma le poing et l’ectoplasme se dissipa, faisant disparaître le fantôme. Apparemment Abigaïl était très fière de sa démonstration. « Dites-vous que vous me distrayez autant que je vous distrais. Enfin, en supposant que venir discuter avec mon frère et moi-même a quelque peu chassé votre ennui quotidien. »
 
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Mar 14 Juil 2015 - 14:33 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

Invité
Invité

Anonymous
Invité

Invité
Personnage
Joueur
La quête de bien matériels valorisants, était l'un des loisirs primordial pour Marishka. Elle aimait posséder de belle chose et savait donc que l'argent était nécessaire et même inévitable. Cependant, cela ne l'empêchait pas de considérer que la magie devait être séparée des choses plus « normales ». Acheter un bain de sang de nécromancien avec ses propres deniers – ou plutôt ceux de son époux – lui semblait donc hors de propos. Elle préférait encore refuser une pareille perspective, bien qu'alléchante, plutôt que de se rabaisser à ce niveau. Pourtant, Anton parvint à se montrer encore plus vexant que sa jumelle. Une nuit de débauche à ses côtés ? Elle imaginait aisément qu'il s'agirait davantage d'un rapprochement physique que d'une soirée d'abus en tous genre. La prenait-il pour une vulgaire catin qui écartait les cuisses pour le premier venu dans l'espoir d'obtenir quelque chose en échange ? Certainement pas ! Même avec son époux leurs rapports étaient relativement rares et elle refusait qu'il lui fasse des présents après une nuit passée ensemble. Certains parleraient de stupidité, elle, de son côté, voyait cela comme un profond respect pour sa propre personne. Son regard se fit légèrement plus froid lorsqu'elle observa alternativement les deux Faust.

« Il est effectivement préférable que vous vous proposiez. Je ne suis pas une vulgaire catin, je n'ai pas l'habitude d'échanger mes faveurs contre quelque chose, je les donne gracieusement ou je les refuse. » Le ton était légèrement moins aimable et caressant. « Et les femmes m'ont toujours laissées de marbre. J’avais l'habitude que mes caméristes me voient dans cette situation. »

Au moins les Faust comprendraient qu'ils avaient affaire à une femme dont la vanité n'avait d'égal. Même lorsqu'elle était dans le besoin, Marishka avait toujours fermement refusé d'utiliser son physique avantageux, plutôt mourir de faim ou ne pas pouvoir se laver que de laisser le premier homme venu poser sa main sur elle. Toujours est-il qu'elle savait se montrer professionnelle et que la perspective de ce bain de sang de nécromancien avait quelque chose de plaisante. Elle pesa donc le pour et le contre de la suggestion d'Abigaïl. Morana n'était pas exclusive, elle acceptait de rencontrer d'éventuels nouveaux fidèles et Élisabeth avait déjà servi d'intermédiaire par le passé. Cependant, se porter garant demandait une forme de confiance et ce n'était pas le genre de la maison. Elle jeta un coup d’œil à Velkan qui lui rendit son regard : nul besoin de parler pour se comprendre. Son attention se reporta sur Abigaïl.

« Vous faire rencontrer Morana ne pose aucun problème. Je l'ai déjà fait par le passé. Mais me porter garante demander une certaine confiance. J'ignore pour quelle raison vous souhaitez la rencontrer et je ne tiens pas à ce que vous tentiez de lui faire du mal ou à lui manquer de respect alors que je me suis portée garante. »

Autrement dit : elle ne comptait pas le faire si elle ne savait pas ce que la nécromancienne comptait faire ! Élisabeth comptait bien informer Morana de ce que la blonde lui dirait comme ça si elle décidait de changer le contrat, la déesse saurait qu'elle n'y était pour rien. Qui plus est, peut-être que cette dernière refuserait de la recevoir ou de lui parler et Marishka ne tenait pas à contrarier celle à qui elle devait sa vie éternelle.

Lorsque les Faust revinrent sur les habitudes du frère et la hongroise ne fut guère étonnée d'apprendre qu'il était encore plus prompt à soulever les jupes qu'elle ne le pensait. Il était tout simplement hors de question qu'elle laisse un tel homme la toucher, ou même la frôler. Elle ne souhaitait guère récolter toutes les saletés qu'il ramasserait sur d'autres souillons moins regardantes qu'elle. Un sourire poli ourla ses lippes.

« Je suis ravie qu'apprendre que vous vous contentez d'apprécier sans arrière-pensées. Ce serait une perte de temps et je suis certaine qu'un homme aussi important que vous doit être très demandé. »

Autrement dit : il pourrait se brosser pour la toucher. Présenté de manière polie et même agrémentée d'un compliment pour ne pas le vexer. Pas trop du moins, mais aussi vaniteuse soit-elle, Marishka doutait qu'un coureur de jupons comme lui puisse se désoler de ne pas avoir obtenu plus qu'un sourire de sa part. Il irait se consoler dans les bras d'une vampire peu regardante et l'oublierait dans la foulée. Elle connaissait les hommes comme lui et ce n'était pas sans raison que le sexe dit fort ne l'intéressait que pour son argent.

Fort heureusement, la discussion sérieuse reprit le dessus. Élisabeth la regarda avec neutralité tandis qu'elle mêlait démonstration et menaces voilées. Lui emprunter Velkan ? Qu'elle tente donc ! Dans sa vanité, la comtesse était certaine que le vampire saurait lui résister sans le moindre mal, elle préféra donc laisser passer la provocation en se contentant de la fixer calmement. Ce n'est qu'à la fin de la discussion qu'un nouveau sourire apparut sur les lèvres de la hongroise.

« Effectivement, vous êtes divertissants. Suffisamment pour que je revienne ici ? Je l'ignore encore. Même si je ne me fais pas remarquer, j'ai tout de même de nombreux contacts dans le milieu. » Même si tous n'étaient pas très fréquentables, comme l'Archidémon. « Vous n'êtes pas la première nécromancienne que je rencontre, ni la première femme capable d'utiliser les morts. J'ai vécu en Louisiane de nombreuses années, le vaudou est très intéressant lui aussi. » Et encore, c'était peu de le dire. « Cela dit, vous avez souligné un point important : je suis discrète. Je n'aime pas me faire remarquer, hormis en tant que femme. J'ai appris de mes erreurs et je doute que cette fois-ci, mon ancien rang de comtesse parvienne à m'épargner la prison. Or, je ne compte pas passer le reste de ma très longue vie enfermée. » Elle l'observa quelques secondes. « Mais vous semblez avoir une vie bien plus agitée que la mienne. »

Du moins, depuis qu'elle était devenue madame Wilkinson – même si elle ne portait pas son nom. Avant, elle n'avait pas vraiment à se plaindre et elle n'irait pas juste dire que cette époque lui manquait, mais presque.
 
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Mar 14 Juil 2015 - 17:25 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

Invité
Invité

Anonymous
Invité

Invité
Personnage
Joueur
Ainsi donc Anton et Abigaïl venaient d'offusquer la comtesse. Elle aurait dû s'en douter. Après tout il y avait fort à parier qu'une personne avec une si forte opinion d'elle-même n'ait jamais pensé à ajouter la couche à son troc. Bien entendu, Abigaïl trouvait que c'était peut-être bien de la fierté mal placée. Oh cela faisait qu'Elisabeth se faisait d'autant plus désirer qu'elle devait avoir des rangs de prétendants qui feraient tous leur possible pour pouvoir atteindre le boudoir de la comtesse. Mais pour Abigaïl, le désir était une force puissante en ce monde, une force dont on pouvait jouer. C'était une force qui parfois s'élevait même au-dessus de la mort. Combien de fantômes s'attardaient à cause d'un amour perdu qu'ils n'avaient pas pu consommer ? Le désir devait être utilisé comme un outil et la nécromancienne l'avait appris à ses dépens. Bien entendu, il y avait une différence entre le faire pour le plaisir ou quand on avait un autre objectif en tête. Elle repensa à ses années en tant que prostituée. Elle n'avait pas eu le choix, cela avait été une question de survie.

Elisabeth était bien chanceuse de ne jamais s'être trouvée dans cette situation. Mais elle devrait faire de sa beauté une arme, une marchandise si elle voulait aller jusqu'au bout de ses désirs. Ainsi le voyait Abigaïl. Son corps bien que lui appartenant était un outil. Bien sûr, elle se fourvoyait sûrement. Mais peu de choses étaient encore sacrées pour la nécromancienne. Surtout pas la pureté de son corps. On la lui avait ravie trop de fois. Anton s'autorisa un léger sourire, comme s'il se gaussait d'avoir offensé leur interlocutrice. Ou bien était-il simplement entrain de cacher sa déception et sa frustration ? Peut-être... Abigaïl n'aurait pas été surprise si son frère s'amusait à reproduire les traits de la comtesse sur l'un de ses golems en utilisant son ascendance sur la chair morte.

" Je suis heureuse de savoir que je n'éveillerais aucun appétit chez vous." Lâcha Abigaïl. Elle aurait presque pu se sentir vexée. Mais ne sachant même pas quels appétits éveilleraient chez elle le corps d'une femme, elle ne savait pas trop quoi en penser. "Et il ne fait aucun doute que vous n'êtes pas une femme de petite vertu. Je pointais juste ce que je sais motiver mon frère."

"Mais il y a tellement plus d'intérêt à gagner la chose qu'à l'acheter." Lança le nécromancien. "Même si c'est pour l'acheter avec du sang."

Les détails de leurs accords n'étaient toutefois pas tous au point. Abigaïl fournirait le sang pour le bain mais elle ignorait avec certitude ce que cela impliquerait. Devrait-elle s'y immerger en même temps que la comtesse ? L'idée de prendre un bain de sang avec elle lui apparaissait comme difficilement platonique malgré ses dires. En fait elle s'imaginait plus sur le côté en train de verser son hémoglobine dans une baignoire. Pour la remplir en entier il lui faudrait aussi des ressources. Combien de litres pouvait-on extraire d'un corps humain, cinq, six ? Et Abigaïl n'était pas bien forte. Mais ces détails techniques pourraient être vus plus tard. Le plus grand inconvénient était ce que désirait obtenir la nécromancienne : une entrevue avec une déesse.

"Je compte bien aller rencontre la déesse dans sa demeure. Pas juste avoir une entrevue avec elle. Je pense avoir les moyens de franchir les barrières entre les mondes. Vous me servirez de compagne et d'interprète dans ce voyage." Après tout, une déesse de la mort slave ne devait pas forcément parler anglais. "Insulter ou affronter la déesse ne m'intéresse pas le moins du monde. Je ne suis pas suffisamment folle pour faire de tel." Elle savait surtout ne pas encore en avoir le pouvoir. Un jour peut-être. "Au contraire j'ai quelque chose à lui proposer. Une offre, peut-être pas très différente de celle que vous avez avec elle." Lui fournir des âmes en échange de pouvoirs. Bien entendu, Abigaïl ne comptait devenir la championne d'aucune divinité si ce n'était la mort elle-même. Pourrait-elle tisser des pactes avec n'importe quel dieu de la mort ? Cela valait sûrement le coup d'essayer. Morana serait la première, Hadès peut-être le second ? Puis il y aurait aussi Hel. Abigaïl n'avait pas oublié le loup divin et ses déboires face à lui.

Quelles garanties Abigaïl pouvait-elle donner à Marishka ? Trop peu. Mais une femme aussi pleine de ressources devait avoir bien des moyens d'assurer ses arrières. Abigaïl ferait de même pour s'assurer qu'elle ne tomberait pas dans un piège tissé par la déesse et sa comtesse immortelle. Cela serait pour le moins malheureux. Heureusement qu'elle possédait beaucoup de ressources. Et notamment Deuil, la faux se révèlerait probablement utile.

Anton eut un sourire affable quand elle parla de ses arrières pensées. Abigaïl sourit elle aussi, mais pas pour cacher quoique ce soit contrairement à son frère. Elisabeth n'était pas dupe, elle devait savoir à quoi pensait le nécromancien depuis le début. Sinon il ne se serait pas autant répandu en compliments et il suffisait de voir quel portrait Abigaïl en avait dépeins. D'ailleurs le sarkomancien risquait de vouloir prendre sa revanche sur sa soeur pour cela d'une façon ou d'une autre. Ou alors il irait se calmer sur la petite scientifique dont il s'était entiché. Une chose était claire : il ne mettrait pas la comtesse dans son lit. Ce n'était pas du genre à abattre Anton bien longtemps. La ville était emplie de belles femmes. Il en trouverait bien une qui ne lui poserait pas tous ces problèmes.

Et puis la conversation ne tournait pas de toute façon qu'autour des désirs du jumeau de la nécromancienne. C'était Abigaïl qui menait la discussion. Elle était Porte-Mort de la Moisson et si Anton était son frère bien-aimé, il n'en était pas moins que son lieutenant. "J'ose espérer que le Necropoiltan vous aura suffisamment diverti pour faire de vous une cliente régulière... D'ailleurs nous proposons d'autres services que simplement les boissons et la musique vous savez." Elle pouvait lui fournir du sang si elle le désirait. De vierge même. Abigaïl inspectait scrupuleusement les femmes qu'on lui apportait d'Europe de l'est.

Abigaïl pinça toutefois les lèvres lorsqu'on mentionna le vaudou. "Pratique barbare. Je ne dois pas mes pouvoirs à de quelconques esprits, à des danses ou des chants. Uniquement à moi-même." Ce qui faisait sa fierté. Ne pas dépendre d'un quelconque dieu, esprit, démon... Seulement de son sang et de son esprit. "Une vie derrière les barreaux n'est pas enviable." Elle en savait quelque chose, ayant été prisonnière d'une chapelle, d'un cercueil et d'un asile. "Surtout pour nous. Mais oui, ma vie est quelque peu mouvementée. Je ne me contente pas que de gérer le Necropolitan. J'ai d'autres établissements qui ouvriront probablement dans peu de temps. Même si je doute qu'ils soient dignes de votre rang." Qu'irait faire la comtesse dans un bordel ? "Et puis je suppose que vous avez entendue parler de la Moisson." Son existence n'était pas un secret dans ceux qui marchaient dans les voies de la mort et c'était le cas d'Elisabeth et de Velkan. "J'en suis la dirigeante. Ce qui implique de très nombreux ouvrages. Mais pour des raisons évidentes nous devons rester discrets et la plupart des gens doivent ignorer jusqu'à l'idée de notre existence." C'était le cas pour le moment. Aucun Archimage n'était venu toquer à la porte du Necropolitan. Aucun membre de l'Opus Dei non plus. Quoique sûrement inviterait-elle un jour le vigilant Trinité à boire un verre. Pour le plaisir de le narguer. "Nous pourrions avoir l'utilité d'une personne telle que vous. Mais vous devez avoir tellement d'autres choses à faire de votre côté."

Quoiqu'elle avait clam s'ennuyer. Alors peut-être qu'Abigaïl pourrait trouver là une recrue. Bien entendu Velkand aurait sûrement plus d'intérêt dans l'avancement de la cause des morts-vivants. Même si les deux individus semblaient plus adeptes de l'adage : "pour vivre heureux, vivons cachés." Se lier à d'autres mages ou créatures pourrait leur sembler dangereux.
 
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Mar 14 Juil 2015 - 22:35 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

Invité
Invité

Anonymous
Invité

Invité
Personnage
Joueur
Visiblement, le message était bien passé et Élisabeth retrouva donc son calme. L'idée d'être considérée comme une femme de petite vertu l'avait toujours mise hors d'elle. En vérité, sa réputation lui importait plus que tout le reste. Ce n'était pas tellement le faire de faire quelque chose qui la dérangeait, mais le fait que les gens pensent qu'elle puisse faire quelque chose. Elle but une petite gorgée de son verre pratiquement vide avant de lever ses yeux clairs vers Anton. Un sourire beaucoup plus avenant et enthousiaste se dessina sur ses lèvres. Marishka donnait presque l'impression qu'elle était à nouveau sensible au charme du nécromancien.

« Nous sommes d'accord sur ce point : gagner quelque chose est bien plus intéressant que l'acheter. » Son sourire s'accentua. « Surtout lorsque la chose en question est hors de portée. L'obtenir n'en est que plus valorisant. »

Ses prunelles scrutèrent le visage d'Anton en attendant sa réaction, même si elle donnait l'air de s'en moquer. Marishka était comme beaucoup de femmes : elle aimait que les choses se passent quand elle le souhaitait et où elle le souhaitait, mais la perspective de tout perdre la contrariait beaucoup. Les compliments du Faust étaient jugés comme agréables et même si elle ne comptait pas donner suite, l'idée de ne plus y avoir droit, était un peu frustrant. Peut-être avait-elle été trop sèche dans sa réponse précédente ? Dans le doute, la hongroise préférait le caresser dans le sens du poil pour s'assurer qu'il ne se montrerait pas distant lors de leurs prochaines rencontres – car elle ne doutait pas une seule seconde que cela se produirait.

Abigaïl reprit les rênes de la discussion en lui expliquant ce qu'elle avait en tête : converser face-à-face avec la déesse Morana et pouvoir lui faire une offre qui l'intéresserait. Marishka se demandait quoi, mais elle le saurait une fois sur place puisqu'elle servirait d'interprète comme la nécromancienne le suggérait. La déesse parlait une vieille langue des pays slaves et Élisabeth en parlait plus d'une dizaine, autant dire que ce serait une simple formalité.

« Je vois. Très bien. Je vais entrer en contact avec elle afin de lui expliquer tout ce que vous venez de me dire, puis je vous tiendrai au courant pour vous dire quand elle souhaitera vous rencontrer. Notez bien que même si je me porte garante pour vous, si vous déviez du programme que vous venez de me présenter, vous serez la seule à en pâtir. »

Autrement dit, elle gagnerait franchement à se montrer respectueuse et à ne pas chercher à se jouer de Morana. Cependant, aussi puissante soit-elle, Abigaïl serait tout bonnement stupide de se lancer dans une telle folie ! Mais Élisabeth ne la connaissait pas assez pour dire si elle en était ou non capable. Son regard resta dirigé sur elle tandis qu'elle parlant du Necropolitan. D'autres services en plus des boissons et de la musique ? Voilà qui l'intriguait ! L'immortelle avait toujours apprécié les divertissements originaux et la mort ne l'effrayait pas, il n'était donc pas improbable que ces possibilités lui plaisent.

« D'autres services ? Et de quel genre ? Je vous avoue avoir du mal à imaginer cela. »

Et elle n'était pas certaine de vouloir tout imaginer. La sœur avait l'air plutôt « normale », mais vu les inclinaisons d'Anton, il n'était pas impossible qu'elle parle de choses qui dépassaient largement ce qu'elle recherchait. Quoique, dans un groupe fermé, elle pourrait peut-être se laisser aller à des loisirs qui ne lui traverseraient même pas l'esprit en temps normal. En tous les cas, le vaudou ne semblait pas enthousiasmer la nécromancienne, mais Élisabeth n'en était pas vraiment étonnée. Les mages étaient relativement sectaires à leur manière.

« Vous devez vos pouvoirs à vos ancêtres plus qu'à vous, non ? » Elle pencha la tête sur le côté, prenant un air sot alors qu'elle la provoquait simplement. « Vous êtes une véritable femme d'affaires en somme. Mais pour que vous disiez qu'ils ne seront pas dignes de mon rang, quelque chose me laisse penser que ce n'est rien de très... valorisant ? Je ne sais pas si le mot est vraiment adapté. » Peut-être que la sœur avait les tendances du frère finalement ? « J'ai vaguement entendu parler de la Moisson, en effet. Velkan m'en a fait état à quelques reprises, mais je n'ai jamais poussé plus loin. » Elle marqua une pause. « Cependant, détrompez-vous : depuis que j'ai laissé le journal que je gérais aux bons soins de Velkan, je n'ai malheureusement plus énormément d'occupations intéressantes à la disposition. Toutefois, il se trouve que l'idée de rejoindre un groupe ne m'a jamais semblé très attrayante. Vous n'êtes pas la première à proposer une pareille chose. » Une jeune scientifique très vaniteuse lui avait tenu le même discours. « Mais je n'aime pas dépendre de quoi que ce soit ou de qui que ce soit. Et malheureusement, les obligations inhérentes à l'appartenance d'un groupe sont souvent orientées dans cette direction. Sauf si vous agissez différemment ? »

Elle ne disait pas non, mais elle n'acceptait pas pour autant. Tout dépendrait de la suite de la conversation.
 
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Mer 15 Juil 2015 - 15:21 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

Invité
Invité

Anonymous
Invité

Invité
Personnage
Joueur
Elisabeth était pleine de contradiction et clairement aurait pu confondre quelque peu Anton. On ne pouvait saisir quelque chose hors de sa portée, seulement la désirer, fantasmer sur sa possession. Mais si on arrivait à obtenir cette chose, c’était qu’elle n’était pas hors de sa portée justement. Bien entendu cela ne pouvait être qu’une façon de parler mais le nécromancien se demandait si elle ne le mettait pas au défi. Voulait-elle qu’il la courtise ? Qu’il lui offre de la romance et des présents dans l’espoir de pouvoir la faire sienne ? Oh il ne doutait pas qu’elle puisse apprécier les compliments, les attentions et tout ce dont il pourrait s’acquitter pour s’approcher d’une femme aussi belle. Mais il doutait que pour lui il n’y ait autre chose qu’une vaine quête. Si la couche de la comtesse était un Graal, c’était sûrement l’un de ceux qu’on ne pouvait jamais atteindre. Un objectif métaphoriques, impossible à approcher. Ce qui comptait c’était la beauté de sa quête, pas son achèvement.

Mais le nécromancien ne croyait pas à ce genre de choses. Il aimait pouvoir profiter de son prix, pouvoir mordre dans les plaisirs de la vie, prendre ce qu’il désirait et non pas se contenter de le contempler. Tout le romantisme, toute la spiritualité il la laissait à Abigaïl. Ce qui comptait était la chair, ses plaisirs physiques. Il avait vu ce qu’il y avait de l’autre côté du voile entre les vivants et les morts. La seule chose qui l’intéressait c’était la satisfaction de ses pulsions.

« Bien entendu. Mais n’importe qui finirait par se lasser d’un objectif qui se fait de plus en plus distant, d’un Graal impossible à atteindre. » Il eut un léger sourire. Non, il n’était pas dupe et surtout pas un adepte de la perte de temps. Mais il était un gentleman, poli, raffiné quand il le fallait. Pas quand il assouvissait ses pulsions avec une certaine scientifique, non. En cet instant il se devait de l’être.

« Le désir s’étiole quand il n’est pas alimenté convenablement j’en ai bien peur. Heureusement que les objets qui le suscite ont tendance à se succéder. »

Autant dire que si Elisabeht continuait à se dérober bien trop longtemps à ses avances, alors il se trouverait une autre femme à courtiser. Ou simplement à consommer. S’attarder sur l’étiquette et la courtoisie n’était pas toujours nécessaire. Abigaïl avait haussé un sourcil à la remarque de son frère. Il était étonnant de le voir se considérer perdant aussi tôt. Quand il avait été le Dévoreur il n’aurait pas hésité à prendre de force ce qu’il désirait. Marishka en l’occurrence. A moins que justement, son désir ne soit pas suffisamment important ? Difficile à dire avec un être aussi lunatique. La nécromancienne, si elle avait été naïve, aurait même pu croire que son frère devenait raisonnable.

« Je ne compte pas défier Morana. Si je ne suis pas certaine qu’elle puisse me tuer, je ne doute pas qu’elle soit capable de me retenir dans son au-delà si elle le désirait. J’ai déjà passé suffisamment de temps retenue contre mon gré. Je ne tiens pas à renouveler l’expérience. »

Et encore elle n’était pas certaine de ce dont était capable ou non la déesse dans son propre monde. Trouver et détruire un phylactère ? Elle avait des agents, Marishka et Velkan en étaient la preuve. Qu’est-ce qui l’empêcherait de se servir d’eux pour retrouver l’artefact et l’utiliser pour détruire la nécromancienne ? Son âme serait très prisée, Abigaïl n’en doutait pas. Mais elle savait aussi qu’elle n’aurait probablement pas une après-vie des plus agréables. Si le Diable mettait la main sur son âme elle serait torturée jusqu’au Jugement Dernier. Un dieu de la mort d’un autre culte ? Ils ne devaient pas beaucoup apprécier une nécromancienne qui leur dérobait des âmes. Quant à l’Abysse, cet espace sans véritable dieu, ou en tout cas pas de ceux qui demandaient des cultes, elle deviendrait un monstre. Comme le Dévoreur. Elle espérait que son surnom ne deviendrait pas la Fornicatrice du fait de ses ébats avec un certain mutant.

De toute façon, elle avait trop à faire ici pour s’amuser à mourir ou à être prisonnière d’une déesse. La Moisson devait s’étendre dans la ville, comme un parasite, une créature dont on ne soupçonnait pas l’existence bien qu’on en vit les symptômes. Les gens étaient si prompts à oublier les disparitions des laissés pour comptes, à ne pas voir les signes. Surtout qu’Abigaïl voulait que la propagation se déroule de la manière la plus discrète possible. De manière souterraine, loin des yeux de la Légion, de l’UNISON et de bien d’autres. Seul Trinité pourrait assister à l’ascension de la Moisson. Mais c’était une torture aux yeux d’Abigaïl. Une torture parmi bien d’autres qu’elle lui infligerait pour lui faire payer des crimes commis par un de ses prédécesseurs.

« Je me considère comme une bergère avec les morts-vivants de la ville comme mes braves agneaux. » Un peu comme un prêtre finalement. Elle s’autorisa un léger sourire à cette idée. « Disons que je sais que la discrétion est essentielle, aussi je ne veux voir personne en train d’attirer l’attention sur la communauté non-morte de Star City. Je m’arrange donc pour leur fournir ce dont ils ont besoin. Des cerveaux pour les zombies, du sang pour les vampires. » Elle montra d’un signe de la main le verre de Velkan. « Des âmes, des corps et bien d’autres choses. Bien entendu, je n’empêche personne de chasser et je sais qu’il y a de la compétition. » Notamment le Cirque des Damnés, même si Raphaël semblait plus prompt à encourager la débauche et le plaisir que la survie contrairement à la nécromancienne. Peut-être était-elle immortelle depuis trop peu de temps encore.

« Ce sont les services que je peux fournir. Bien entendu il y en a d’autres. Je peux faire disparaître des corps, réunir des gens par-delà la tombe. Tout ce qu’il faut c’est avoir de quoi payer, ou bien d’avoir les faveurs de la Moisson. » Elle fit un signe à Anton qui sortit une pièce dorée, où était gravée un crâne souriant. « Ces pièces sont hantées. Et échangeables contre des faveurs. Il suffit de murmurer ce qu’une personne désire. Que ce soit la mort de quelqu’un, la réapparition d’une autre personne, de quoi nourrir sa bête intérieure et la Moisson s’en chargera. » Anton donna la pièce à Marishka avec un large sourire.

« Les pièces accordent des faveurs et ne sont données que par moi-même où mes lieutenants. Je conseille de ne les utiliser qu’en cas extrêmes. Car elles sont échangées contre les faveurs, elles ne servent pas juste qu’à les appeler. Pour ce qui est des ressources les plus classiques, les morts viennent généralement directement au Necropolitan et payent d’une manière ou d’une autre pour les obtenir. Gardez la pièce, considérez-là comme un cadeau. » Les pièces du Passeur. Une référence à Charon qui amenait les âmes jusque dans la demeure d’Hadès. Si Marishka voulait du sang de vierge, elle pouvait se contenter d’un chèque. Si elle avait besoin d’une faveur plus originale, elle avait toujours cette pièce. La première de beaucoup ? Peut-être. Certains individus avaient reçu ces artefacts hantés sans même savoir d’où ils étaient issus.

La question était de savoir si Elisabeth allait faire regretter sa générosité soudaine à Abigaïl. Apparemment oui… « Est-ce que nous sommes vraiment redevables à nos ancêtres ? Je suis née de la façon dont je suis née tout simplement. Oui, cela fut pendant des circonstances exceptionnelles. Mais cela ne change pas que mes pouvoirs n’appartiennent qu’à moi. Personne ne peut me les retirer. » L’Archimage pouvait bien les sceller, mais elle veillerait à ce que cela n’arrive pas, quitte à s’échapper dans un autre monde. « Je suppose que Morana peut vous retirer votre immortalité si jamais vous la décevez ? » Abigaïl sourit. Voilà la différence. Abigaïl n’était l’animal de compagnie d’aucune divinité. « Certaines personnes trouvent un attrait charnel dans la mort… Je ne ferais qu’offrir quelques services à ces parias aux mœurs douteuses. » Elle-même ne couchait pas avec des morts, même pas avec ses golems contrairement à son frère. Cela ne l’empêchait pas d’offrir de tels services à ceux qui le désiraient.

« Vous auriez tout su de la Moisson, cela aurait signifié que l’un de ses membres n’aurait que trop parlé. » Ce qui signifiait un trépas douloureux pour cette personne. « La majorité des gens qui rejoignent la Moisson reçoivent des ordres. Je ne peux pas le nier. Mais beaucoup ont une certaine liberté. Après tout, Anton est le Lieutenant de Chair et chargé de créer des monstres, des armes pour nous servir. Je sais que surveiller constamment ses agissements serait vraiment peu intéressant. » Abigaïl joignit les mains devant son visage, réfléchissant. « Vous êtes belle, vous savez parler élégamment. Je ne tâche pas que si j’avais pu vous ajouter à ma cour je l’aurais fait sans hésiter. Mais vous êtes au-dessus de cela, non ? Par contre vous avez quelque chose qui me manque terriblement. » Et elle ne parlait pas de la beauté ou de la vertu. « Vous faites partie de la haute société de Star City. Vous côtoyez des gens qui ont des moyens qui me seraient utiles, qui pourraient avoir l’utilité des services que j’offre. Des gens que je ne peux que difficilement approcher. » Même si elle venait de récupérer des fonds conséquents en échange du phylactère de son amant, elle savait que son visage était connu par certains de la haute société. Le visage de la pauvre fille qui s’était faite abattue lors du braquage d’un gala de charité. « Vous pourriez démarcher ces personnes au nom de la Moisson. Je vous laisserais beaucoup de marge. Après tout c’est plus votre domaine que le miens. Mais si vous voyez que l’un de vos semblables… » Façon de parler, Elisabeth était vraiment unique… « Pourrait être intéressé par une discussion avec un trépassé, par la disparition d’une personne gênante, qui sait même par une nuit avec une vampire vous l’aiguillez dans la bonne direction. Discrètement bien entendu. En échange de cela, vous aurez ma protection en tant que membre de la Moisson. Protection que je peux bien entendu étendre à Velkan. Et personne n’a jamais eu à se plaindre de cette protection. » Elle caressa la joue d’Anton dans un geste presque maternel.
 
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Jeu 16 Juil 2015 - 0:05 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

Invité
Invité

Anonymous
Invité

Invité
Personnage
Joueur
Marishka ne fut guère surprise de constater que le nécromancien rebroussait chemin en essayant d'esquiver ses « avances ». Soit, elle n'irait pas jusqu'à se montrer insistante. Elle avait souvent des conversations qui se bornaient à des discussions ciblant un objectif précis sans que la flatterie ou la séduction ne s'en mêle. Les rencontres avec l'Archidémon en étaient un parfait exemple ! Elle esquissa donc un sourire amusé avant de pencher la tête sur le côté pour répondre d'un ton léger.

« Vous devez avoir raison. Tout le monde n'est pas capable de tenir le rythme, il est normal que des abandons se produisent. Au moins seuls les forts et les gagnants subsistent. »

De la provocation ? Clairement ! Elle sous-entendait clairement qu'Anton n'était pas de la race des gagnants. Oh, ce n'était pas par désir de le pousser à la courtiser – elle avait compris qu'il refusait cette idée et ne s'en vexait pas – mais uniquement pour se venger de laisser entendre que quelqu'un puisse la remplacer. Elle était unique et il ne trouverait jamais mieux qu'elle – et cela même si, quelques instants plus tôt, elle avait elle-même pensé qu'il pourrait se trouver un substitut.

Abigaïl reprit la discussion pour lui expliquer qu'elle n'allait pas s'en prendre à Morana et le sujet fut donc réglé aux yeux de la comtesse qui allait se renseigner auprès de la déesse pour savoir lorsqu'elle pourrait les recevoir. Quant au reste... Marishka ne fut pas spécialement étonnée de l'entendre se présenter comme une bergère désireuse de garder le secret et l'anonymat sur leur communauté. Cependant, ce rôle était relativement présomptueux : il faisait d'elle la « reine » des créatures originales après tout ! Or, il se trouvait que la hongroise ne comptait pas obéit aux décisions d'une femme qui s'auto-proclamait régente de leur communauté et elle savait que Velkan penserait de même. Bien évidemment, ce n'était pas ainsi que la nécromancienne avait présenté les choses, mais c'était de la sorte que la comtesse sanglante l'interprétait. Elle resta malgré tout silencieuse et écouta avec attention la suite, saisissant la pièce tendue par Anton avec un sourire de remerciement. Son regard se posa dessus alors qu'elle se demandait si tout cela l'intéressait réellement. Difficile d'y répondre sans avoir écouté les explications jusqu'au bout !

Elle aborda le sujet très épineux de la haute société, laissant entendre que Marishka pourrait aiguiller les personnes intéressées vers la Moisson si jamais elle en croisant, mais la hongroise savait ce qu'elle risquait en retour. Les gens parlaient toujours et que ferait-elle si un jour quelqu'un prétendait qu'elle parlait de magie, de vampires, de morts-vivants et de choses de ce genre ? Sa couverture était la chose la plus importante qu'elle possédait. Un léger soupir lui échappa, son regard se glissa sur Velkan. Elle ne devait pas nier que la fois où il avait été grièvement blessé l'avait sérieusement inquiétée. L'époque et la situation les avaient forcés à le laisser dans un mauvais état durant quelques temps et la hongroise s'en souvenait encore : elle ne souhaitait pas réitérer tout cela. Une protection ne serait pas de trop, même si elle ignorait jusqu'à où Abigaïl pouvait aller pour les aider. Après un léger soupir, elle glissa à nouveau son regard vers la nécromancienne et répondit enfin.

« Votre protection ? Mais jusqu'à où peut-elle aller ? Comprenez bien que si j'ai pu conserver mon secret aussi longtemps, c'était pour la bonne et simple raison que je ne parlais de mes... particularités, à personne. Même Velkan, les gens ne l'identifient jamais comme un vampire, juste un homme distant, voire asocial. » Elle sourit légèrement. « Si je commence à parler de toutes ces choses, je crains que les gens ne bavardent entre eux et que mes secrets soient éventés. Oh, bien sûr, je peux me débrouiller pour charmer les gens qui veulent me nuire, mais ce sera beaucoup de difficultés pour vous faire plaisir. » Par charmer, elle pensait plutôt à hypnotiser, mais c'était son secret. Pour le moment. « Cependant, il est vrai que la haute-société s'intéresse souvent à la magie. Vous seriez étonnée du nombre de femmes qui m'ont déjà parlé de la comtesse Báthory. » Un sourire amusé se plaça sur ses lèvres. « Cependant, vous avez raison : je dépends de Morana. Elle peut me retirer mes pouvoirs, tout comme je peux dépérir si je n'ai pas mes bains de sang, mais c'est quelque chose que vous soupçonniez, n'est-ce pas ? » Ce n'était pas vraiment un secret vu sa légende. « Je dois souvent me procurer du sang. Remplir un bain est particulièrement difficile, surtout lorsqu'il concerne des vierges. J'ignore si c'est la présence de votre charmant jumeau qui rend cette denrée aussi rare, mais je peine de plus en plus à combler ce vide. » Elle offrit un sourire à Anton avant de regarder Abigaïl. « Alors, si cette entente peut me permettre de trouver quelque chose pour arranger ces difficultés. »
« Je peux aussi m'en charger. » Pour la première fois, Velkan avait parlé. Une voix rauque et teintée d'un fort accent. Marishka passa sa main sur son bras.
« Velkan me fournit actuellement, mais je n'aime guère l'idée qu'il enlève ces jeunes femmes alors que la ville regorge de défenseurs désireux de jouer les héros. Je tiens à le garder aussi longtemps que possible à mes côtés voyez-vous. » Ce qui était normal. « Mais pour le reste, j'aime compter sur mes talents. Même si la disparition des corps pourrait être envisageable. » Son regard se glissa à nouveau sur Anton. « Ne voudriez-vous pas des corps de jeunes femmes pour vos créations ? Seulement les plus belles si cela a de l'importance pour vous. » Une manière de le mêler à cet accord. « Ou devrais-je utiliser ma pièce pour ces services ? »

Il subsistait toujours un dernier détail qui avait son importance : Marishka avait réellement compris qu'Abigaïl souhaitait devenir « la reine » de leur « espèce » et elle souhaitait s'assurer que ce ne serait jamais le cas. La comtesse avait sa fierté et l'idée de ne plus avoir son rang était suffisamment insupportable pour qu'elle ne s'inflige pas encore cette contrariété.

« Je me pose toutefois une question : vous vous présentez comme la bergère désireuse de protéger la communauté à laquelle nous appartenons, mais est-ce que bien bergère que vous vous imaginez, ou plutôt en Reine ? »

La raison de cette interrogation était certainement assez évidente pour ne pas être précisée.
 
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Jeu 16 Juil 2015 - 20:14 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

Invité
Invité

Anonymous
Invité

Invité
Personnage
Joueur
Anton élargit son sourire à la remarque de Marishka, avalant aussitôt une gorgée de bourbon. Il n'essayait pas de cacher son malaise, mais le frère de la nécromancienne n'était pas un homme tendre ou patient, loin de là. Mais surtout, comme tout Faust se respectant, c'était un homme fier. Titiller une telle bête n'était d'ailleurs pas une bonne chose, Abigaïl en ayant fait les frais elle-même. Après tout elle avait dû affronter le Dévoreur à Falkenberg et elle n'imaginait pas ce qu'il lui aurait fait subir si jamais il avait réussi à prendre l'ascendant, avant que son corps de monstre ne soit détruit. Le frère d'Abigaïl avait deux personnalités pour elle. Celle d'un Anton gentleman, calme, presque attentionné, c'était le médecin qui travaillait de manière consciencieuse, qui profitait de son travail mais qui restait hanté par les exploits de ses ancêtres et son désir de les dépasser.

Et puis il y avait l'autre Anton. Le Dévoreur. Celui qui ne vivait que pour son propre plaisir, que pour consumer tout ce qui l'entourait. C'était l'Anton qui pouvait apparaître à cause de l'alcool, ou dans d'autres circonstances plus sombres. C'était l'homme qui infligeait des souffrances inutiles à ses cobayes, qui violait sans répit celles qui tombaient sous sa coupe. Anton Faust et le Dévoreur, deux individus tellement entremêlés qu'ils en étaient presque inséparables. En séparant son frère de l'essence du Dévoreur, Abigaïl avait découvert que le monstre n'avait pas été rajouté à la psyché de son frère, ce n'était pas l'esprit d'Anton qui avait été placé dans le corps de l'horreur. Non, le monstre avait été créé à partir de la part sombre de son âme. Même si la nécromancienne avait désiré les séparer complètement, elle ne l'aurait pas pu.

Marishka par ses mots risquait bien d'éviter ce côté bien moins tendre du nécromancien. Un côté dominateur, impulsif et destructeur. Heureusement il n'oserait pas se conduire de cette manière face à eux, pas en la présence d'Abigaïl. Elle était parfois la seule à pouvoir lui faire entendre raison lors de ses crises monstrueuses. "Oh, croyez-moi, il n'y a aucun rythme qui me soit trop élevé." Son sourire était carnassier, son intonation presque grondante. Il posa son verre, ne détachant pas son regard de la comtesse. "Ma dame, vous êtes d'une beauté remarquable mais cela vous le savez. Vous ne faites que vous délecter de mes compliments depuis le début de notre discussion et vous pouvez être certaine que le gentleman en moi n'est que trop heureux d'abreuver votre élégance des paroles qu'elle mérite grandement. Toutefois..." Il laissa traîner ce mot, comme une menace, comme une promesse. "Si vous vous en prenez à mes capacités et ce même uniquement à demi-mots, vous seriez surprise de ce dont je suis capable. Je m'en voudrais de devoir vos voir abandonner à cause de la passion et du désir que vous aurez éveillé. Des actes qui vous seraient impossible à arrêter, comprendre ou manipuler." Là, là, Abigaïl retrouvait non pas le Anton qui avait grandit avec elle mais celui qui avait été dans son sillage après son arrivée à Star City. Elle retrouvait le Anton qui avait susurré de belles paroles à Anna Leblanc. Le Anton qui avait massacré le Chevalier Blanc ou encore un alien perdu dans les rues de la ville. Abigaïl en eut presque un frisson qu'elle masqua bien entendu à la perfection. Elle imaginait les traits de son frère ses tordre, ses doigts devenir griffes, sa mâchoire donnant naissance à des rangées de crocs acérés. Ses yeux se feraient prunelles ardentes, brûlant de désir et surtout de faim.

"Il y a des forts et des gagnants que même vous pourriez avoir du mal à endurer. Je me voudrais de vous faire perdre votre grâce de part mes actes." Et il ne parlait pas de la torturer ou d'en faire un cobaye. Il voulait la faire femme avant d'en faire une comtesse. Abigaïl savait très bien par quel moyen. Son frère souriait d'ailleurs toujours, ignorant superbement Velkan quoique puisse être la réaction de ce dernier face à ses paroles. Le nécromancien avait l'air parfaitement détendu et c'est ce qui faisait sûrement toute la beauté de sa tirade. Il venait de promettre à Marishka une nuit de débauche qu'elle ne pourrait même pas supporter selon ses dires comme s'il venait de lui proposer d'aller au cinéma en sa compagnie.

Abigaïl toussa légèrement, pour reprendre le fil de la conversation. Voir le Dévoreur réapparaître dans l'attitude de son frère ne lui convenait que trop peu. Qui sait ce dont serait capable Anton s'il ne récupérait rien que la moitié des pouvoirs de la bête qu'il avait été ?

"Veuillez pardonner l'ardeur de mon frère. Apparemment votre beauté l'a clairement marqué." Elle foudroya Anton du regard, comme pour lui intimer de calmer ses désirs ardents. Mais il continuait de fixer Elisabeth, souriant, imperturbable. "Ma protection peut aller plus loin que vous ne l'imaginez. J'ai ramené mon propre frère d'entre les morts." Même s'il semblait quelque peu l'oublier en cette soirée. "J'ai retrouvé ma petite nièce et ai fait de même pour qu'elle puisse se venger de ses assassins. C'est sans parler de tous ceux qui ont un abri au Necropolitan. Je ne suis pas une femme ingrate. Ceux qui me servent ou même ceux qui cherchent simplement un refuge n'ont jamais eu à le regretter." Sauf Tommy aux os ensanglantés, quoique finalement il avait à son tour été ressuscité par Anton. Elle pensa à l'officier de la pénombre. Mais le genre de services qu'elle lui offrait ne s'apparentait pas à de la protection et ne conviendrait sûrement pas à Elisabeth. "Ceux qui vous menaceront disparaîtront. Complètement. On ne retrouvera même pas leurs cadavres. Ou alors d'autres deviendront fous, assaillis par des fantômes... Qu'une foule ou un vigilant ne décide de s'en prendre à vous ou à Velkan et je les réduirais en cendres. J'ai croisé un prêtre-guerrier lors de mes pérégrinations à Star City. Malgré la toute puissance de son dieu, je n'ai eu aucun mal à le crucifier dans une église, au-dessus des cendres de sa congrégation." Cinquante âmes chrétiennes maintenant prisonnières de Deuil. "Dussiez-vous fuir Star City je pourrais vous fournir un moyen de transport capable de traverser les murs, de voler et de se fondre dans le ciel nocturne." Le Dullahan lui avait permis de s'échapper sans problèmes d'une morgue.

"Je pourrais parler longtemps de tout ce que je peux faire pour vous protéger." Mais elle avait l'impression que cela ne serait jamais assez. Elisabeth était une survivante, ce qui l'empêchait d'accomplir des actes dangereux ou risqués, car elle savait à quel point les répercussions pouvaient être terribles. "C'est à vous de manier vos secrets avec subtilité. C'est vous qui connaissez bien mieux que moi les ficelles de la haute société, comment s'arranger pour que les gens vous écoutent sans qu'ils ne risquent de se retourner contre vous. Le chantage me semble être un atout adéquat. Je pourrais utiliser des spectres pour espionner vos cibles potentielles de manière à ce que vous ayez tous leurs petits secrets en mains si cela peut vous rassurer." C'était ce qu'elle faisait déjà avec certains mystiques de la ville. Un fantôme hantait la boutique en face du Jardin du Dragon. Un autre un appartement dans le même bâtiment que celui d'une certaine musicienne. Sans parler de toute la communauté mystique dans son ensemble. Abigaïl avait été prise au dépourvu par un mage une fois. Cela n'arriverait plus.

"Les vierges sont une denrée rare à notre époque. Mais j'ai mes fournisseurs." Un certain mutant notamment. C'était d'ailleurs surprenant que la comtesse n'ait jamais fait appel à ce genre d'individus. Abigaïl réfléchissait aussi à une autre technique. Chargé quelques spectres de posséder des jeunes filles. Les faire monter dans le premier bus à destination de Star City à l'insu de leurs parents. Puis les attendre tranquillement. Quand l'attaque spectrale aurait cessée, elles se trouveraient dans leur nouvelle famille : la Moisson. Ou plutôt, le cheptel de la Moisson. "Si c'est du sang de vierge que vous voulez, je saurais comment m'en procurer."

"Des corps sont utiles, quels qu'ils soient. Les femmes ont tout de même moins d'attraits une fois morte. Mais quitte à profiter d'un corps vivant, je préfèrerais le vôtre. Je l'imagine magnifique sous tous ces vêtements." Et il but une nouvelle gorgée de bourbon. Abigaïl eut un léger soupir.

"Le sang, la disparition des corps... Nous pouvons vous le procurer en échange simplement d'argent. Pour ce qui est de la pièce, ne l'utilisez que si vous avez vraiment besoin de mon aide ou de celle de mes sbires." Par exemple si elle se faisait attaquer par un légionnaire qui l'avait découverte et qu'elle aurait besoin de le tuer et de le faire disparaître. "Si vous jouiez le rôle d'émissaire de la Moisson, la plupart de ces services pourraient toutefois être gratuits." Surtout si Marishka présentait à Abigaïl des gens capable de financer la Moisson sans même le savoir. Qui sait, elle pourrait peut-être lui fournir un mari riche ? Malgré ses deux-cent trente ans, la nécromancienne risquait de ne pas rester veuve toute sa vie.

Son sourire s'élargit d'ailleurs à la remarque de la comtesse. Craignait-elle pour son titre ? Une comtesse devrait pourtant avoir besoin d'une reine aux yeux d'Abigaïl. "Je n'ai aucun désir de régner sur les vivants, immortels ou non, si c'est ce qui vous inquiète. Régner sur les morts c'est une autre histoire." Elle avait un jour eu l'idée de changer son nom de scène par the Death Queen à la place de Lady Death alors qu'elle observait une luciole derrière la fenêtre de sa chambre. "De toute façon, la façon dont je constitue une cour autour de moi, dont je réunis le peuple des cimetières fait de la réponse à votre question une évidence. Mais je n'aurais pas l'arrogance de me porter comme supérieure à votre personne." Même si elle en était convaincue. Abigaïl aussi savait mentir. "Et je ne désire pas non plus m'accaparer tous les morts vivants. Ceux qui ne désireront pas profiter de ma protection n'auront pas à me considérer comme une reine ou comme quoique ce soit." La référence à Velkan était évidente. La question était de savoir si Elisabeth avait compris ce qu'Abigaïl lui offrait : la possibilité de ne pas avoir à plier le genou devant elle, même à l'avenir. Une offre à saisir. Car si la comtesse se dressait contre elle, Abigaïl ne ferait aucun quartier et offrirait la dépouille ranimée d'Elisabeth à son frère.
 
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Jeu 16 Juil 2015 - 23:19 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

Invité
Invité

Anonymous
Invité

Invité
Personnage
Joueur
Dès qu'Anton commença sa réplique, Marishka sentit qu'il avait changé de comportement. Ses yeux se plissèrent légèrement tandis qu'elle écoutait le discours qu'il tenait. En temps normal, elle aurait simplement calmé les ardeurs de son interlocuteur en lui faisant vertement comprendre qu'il ne pouvait même pas rêver lui baiser les pieds tellement leurs rangs étaient différents, mais quelque chose la poussa à ne pas agir ainsi. Une aura inquiétante se dégageait du nécromancien et Élisabeth se demanda sincèrement s'il pourrait faire passer ses pulsions avant les intérêts de sa sœur. Car il apparaissait évident que leur collaboration serait mise à mal si jamais son jumeau obtenait ce qu'il souhaitait en lui forçant la main. Le regard clair de la comtesse se teinta d'une contrariété clairement visible : elle était irritée qu'il puisse émettre une pareille idée, mais aussi impressionnée, autant l'avouer. Pour la première fois depuis longtemps, Élisabeth Báthory était intimidée par quelqu'un. Cependant, il était hors de question de l'avouer et de laisser Anton penser qu'il avait pris l'ascendant sur elle, par ailleurs Velkan ne manqua pas de réagir en se redressant sur son séant, près à voler dans les plumes du nécromancien. Il s'en fallut de peu, Marishka parvint à le retenir en posant une main ferme sur son bras, mais sans quitter Anton du regard.

« Vous avez certainement raison. Autant garder cela pour quelqu'un de plus qualifié que moi. »

Elle ne doutait pas une seule seconde qu'il puisse y avoir des dizaines de femmes prêtes à se faire traiter comme de vulgaires souillons, mais pas elle. Histoire de chasser les désagréables pensées qui lui étaient venues en tête, puis se débarrasser de cette inquiétude étrange, elle préféra se concentrer sur Abigaïl qui semblait aussi avoir considéré l'intervention de son jumeau comme... déplacée. Un peu agacée par ce retournement de situation, la blonde darda brièvement ses prunelles sur Anton et soutint son regard pour lui faire comprendre qu'il se trompait lourdement sur son cas. Elle était quasiment certaine de pouvoir utiliser son hypnose sur lui s'il tentait quoi que ce soit – ce qui n'arriverait jamais s'il n'était pas suicidaire. Toujours est-il que les exemples lancés par la nécromancienne étaient très intéressants : ils lui permettraient de pouvoir étendre son influence sur la ville, même si elle ne visait pas le même objectif qu'Abigaïl, tout en s'assurant une certaine sécurité. Jusqu'à présent, elle avait trop craint pour son identité civile et n'avait jamais osé jouer à la comtesse sanglante sans être certaine que personne ne puisse la prendre sur le fait. Cela engendrait un certain stress et elle en était lassée. Une protection qui lui tiendrait lieu de filet de sécurité si elle trébuchait un jour, était donc très attrayante.

Toujours est-il qu'elle savait parfaitement comment s'y prendre pour manipuler les gens et obtenir leurs petits secrets, elle n'avait donc nul besoin de l'aide de spectres ou d'autres créatures de ce genre. Si Abigaïl lui demandait des gens fiables, elle en trouverait et sans l'aide de personne – si ce n'est Velkan, bien évidemment. Elle retrouva donc son sourire avenant.

« Je pourrai me débrouiller seule. Les siècles aidant, j'ai réussi à me forger un certain talent de manipulation. Les gens ont tendance à aimer parler de leurs petits secrets s'ils pensent qu'ils ont affaire à une potiche. Je suis certaine d'obtenir plus de secrets que vous ne pourriez l'imaginer. Je n'ai pas ouvert un journal à potins sans raison ma chère. » Elle avait de la ressource à ce niveau et même Anton ne pourrait le nier. « Je souhaitais simplement être assurée qu'en cas de problème inattendu, je n'aurai pas à fuir de Star City pour avoir voulu vous rendre ce service. Mais si vous m'assurez votre protection telle que vous la décrivez, je ne vois aucune raison de refuser. »

Ses informations et ses contacts en échange du sang de vierge et de la disparition des corps, c'était un bon accord. Mais une fois de plus, Anton la provoqua en parlant de son corps. Ce n'était plus les compliments sous-entendus du début de leur conversation, toutefois il en faudrait bien plus pour vexer ou intimider Élisabeth. Elle était fière de son anatomie et la perspective qu'un homme puisse la voir dénudée ne l'avait jamais contrariée. Bien sûr, vu les menaces voilées d'Anton, la hongroise n'irait plus jusqu'à l'inviter à un pareil spécial et elle fut même soulagée que ce soit sa jumelle qui se charge du bain de sang. Malgré tout, elle lui offrit un sourire charmé.

« Je félicite votre imagination, quel dommage que vos ardeurs soient trop prononcées pour quelqu'un comme moi. Mais je suis certaine que vous saurez trouver satisfaction ailleurs. »

C'était lui qui avait dit qu'elle ne pourrait pas résister face à lui et à ses ardeurs, autant exploiter ça pour elle, non ? C'était étrange que les choses tournent de la sorte. Au début de la conversation elle l'avait considéré comme charmant et avait même imaginé pouvoir lui concéder un baiser, mais à présent... elle craignait plutôt qu'il se montre trop pressant si elle le laissait obtenir quelque chose. La hongroise reporta son regard sur Abigaïl au moment où elle proposa clairement le contrat avant de lui expliquer ce qu'elle comptait faire en tant que « bergère ». Il fallait encore voir si elle se tiendrait à ce qu'elle venait de dire. Un sourire ourla à nouveau les lèvres de la blonde tandis qu'elle hochait légèrement la tête avant de lui répondre.

« Le contrat me convient, oui. Mes contacts en échange de tout cela. L'argent peut être pisté et j'ai un époux assez attentif.... » Elle préférait donc offrir ses services à la place. « Et vous pourrez bien vous auto-proclamer Reine des morts-vivants si l'envie vous en prend, mais j'espère que vous vous en tiendrez à ce que vous dites. J'ai déjà eu à subir le désir de domination d'un Roi, je ne compte pas réitérer la chose avec une femme. Mais si cela ne me concerne pas... ou Velkan, peu me chaut. » Elle coula un regard vers Anton. « Je suis certaine que vous ferez un parfait prince consort. »

Même si Abigaïl n'avait pas répondu au sujet du lien qui l'unissait à son jumeau, Élisabeth était toujours convaincue de ce qu'elle avait avancée. Et visiblement, la nécromancienne était plus apte à résister qu'une simple comtesse, comme quoi les choses s'arrangeaient d'elles-mêmes !
 
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Ven 17 Juil 2015 - 19:50 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

Invité
Invité

Anonymous
Invité

Invité
Personnage
Joueur
Abigaïl préférait ne pas se mêler de ce qui se jouait entre son frère et la comtesse. Clairement l'équilibre des pouvoirs dans leur conversation venait de basculer de manière alarmante. Jusqu'à présent, la comtesse avait mené la danse en faisant entrevoir ses faveurs au nécromancien en échange de ses compliments. Mais maintenant qu'Anton s'était senti provoqué, qu'il avait montré la face sombre de son être. Les choses étaient bien différentes. Certaines femmes pouvaient apprécier un homme autoritaire, presque cruel comme le jumeau de la nécromancienne, mais clairement Elisabeth ne faisaient pas partie de celles-ci. Après tout, elle n'avait rien d'une femme soumise qui serait tombée dans les bras d'Anton juste parce qu'il avait révélé sa force de caractère et la noirceur de son âme. Elle ne cherchait pas un mâle dominant, surtout un qui pouvait la violer ou la tuer s'il ne se contrôlait pas.
 
Un choix sage assurément. Mais Anton n'était pas aussi terrible qu'il paraissait. Tout du moins aux yeux d'Abigaïl. Peut-être parce qu'elle avait toujours été en mesure de le calmer et ce même alors qu'il était le Dévoreur. La relation qu'elle avait avec lui donnait l'ascendant à la nécromancienne. Ascendant qu'elle ne se privait pas d'utiliser pour éviter que son frère en brûle la chandelle par les deux bouts et se retrouve rapidement en prison ou pire. En seulement un mois dans le corps de la nécromancienne il avait réussi à s'attirer l'animosité d'une jeune légionnaire et d'une agente de l'UNISON. De quoi serait-il capable sans la supervision de sa soeur dans son propre corps ?
 
Mais elle ne voulait pas s'immiscer dans sa relation avec Elisabeth, si on pouvait qualifier cela de relation, tant que cela ne gênait pas ses affaires à elle. De toute façon il se contentait de regarder la comtesse avec son air de prédateur tandis qu'elles parlaient affaire.
 
"Je ne doutais pas que vous auriez vos propres atouts et techniques pour éviter que le secret de votre existence ne soit révélé trop facilement et que vous ayez toujours l'ascendant sur vos contacts." Ce qui laissait à Abigaïl une pensée : quel ascendant la comtesse sanglante chercherait-elle à avoir sur elle ? Quels secrets allait-elle essayer de traquer ? Son plus grand point faible, à cette table était Anton. Si le sarkomancien se laissait charmer alors il pourrait révéler certains secrets. Pas l'emplacement du phylactère d'Abigaïl, vu que ce n'était connu que d'elle seule. Mais rien que révéler son existence ne serait pas une bonne chose.
 
"Vous n'aurez à fuir Star City qu'en cas extrême. Ou bien si vous cherchez à me fausser compagnie à moi. Mais je doute que cela n'arrive. Après tout un tel accord serait profitable à nous deux n'est-ce pas ? Et si un jour vous décidez de vous arrêter nous pourrons tout d'abord en parler calmement entre personnes civilisées." Car la nécromancienne n'était pas dupe. Marishka ne la servirait pas pour l'éternité, enfin, ne serait pas sa partenaire pour l'éternité. Même si elle rejoignait effectivement la Moisson. "Vous auriez donc un statut particulier dans la Moisson. Une liberté qu'aucun de mes longtemps n'aurait. Vous serez notre visage dans la haute société, son égérie si je peux dire." Mais pas celle d'un parfum, non, mais bel et bien d'une sorte de secte vénérant la Mort en elle-même et à travers toutes ses incarnations divines. "Votre appartenance à ma communauté sera connue de la face sombre de la communauté mystique. Cela devrait vous éviter quelques inconvénients vis à vis d'autres groupes." Tous savaient ce qu'Abigaïl avait fait à la secte du chaos avec l'aide de Rosamund. Même si la musicienne s'était faite plus discrète que la nécromancienne. Les forces de l'ordre avaient retrouvé un véritable charnier. Maintenant le bâtiment qui servait de base à la secte appartenait aussi  à la Moisson et était rénové pour devenir le bordel d'Abigaïl. Quant aux âmes des satanistes... Elles étaient toutes prisonnières de Deuil. De quoi faire réfléchir à deux fois toutes les autres sectes de mages noirs de la ville. Bien entendu, il était essentiel que l'Archimage et la Légion ignorent l'existence de la Moisson le plus longtemps possible. Ou qu'ils se révèlent parfaitement incapables d'en identifier les membres.
 
"Vous savez, avec de l'entraînement, je suis certain que vous seriez capable de supporter mon imagination." Lâcha Anton. Apparemment il n'en avait pas fini de jouer avec la comtesse. Essayait-il délibérément de se montrer grossier pour la poussée dans ses retranchements ? C'était toujours la face sombre du sarkomancien qui était aux commandes. Son Mr Hyde. Comme si être le descendant de l'équivalent du docteur Frankenstein ne suffisait pas. Mais même si la comtesse ne devait pas être habituée à entendre des sous-entendus de ce genre sur une base régulière, Abigaïl espérait qu'elle n'eut pas les oreilles trop chastes et s'en offusque au point de quitter le Necropolitan. Surtout qu'elle n'était pas certaine qu'Elisabeth accepte d'être membre officielle de la Moisson. Mais qu'elle chercherait plutôt à obtenir un statut spécial. "Assez, Anton. Nous sommes en train de discuter de chose sérieuses."
 
"Oh mais moi de même ma chère soeur. D'ailleurs je vous laisse à votre discussion. Si la comtesse désire me faire l'honneur de sa présence, la possibilité de voir mes créations tiens toujours." Il se redressa avec son éternel sourire aux lèvres puis malgré tout ce qu'il avait dit, il offrit une révérence à Elisabeth en plus d'un nouveau baisemain. "Je vous souhaites une bonne nuit, j'ai malheureusement beaucoup de travail et je n'ai fais que par trop le repousser."
 
Quelques instants plus tard, Abigaïl se trouvait seule à la table face à son interlocutrice et au silencieux Velkan. Cela aurait pu être une position de faiblesse, mais la nécromancienne n'avait pas besoin de son frère, surtout pour ce qui concernait la Moisson. Il était effectivement beaucoup plus utile en tant que Lieutenant de Chair, à créer des monstres, qu'en train d'essayer de gagner les faveurs de la comtesse. Cette dernière risquait de devenir bien trop précieuse à Abigaïl. Même si la nécromancienne devinait qu'elle chercherait toujours à échapper à son emprise. Pourrait-elle négocier à Morana la fidélité de sa championne ? C'était difficile à imaginer. Surtout qu'Abigaïl aurait besoin d'abords d'élaborer le rituel qui lui permettrait de voyager dans un autre monde.
 
"Bien, nous avons donc un accord." Même s'il resterait de nombreux détails techniques à régler. Déjà Abigaïl faisait entrer la comtesse dans son jeu, dans la toile de ses contacts. C'était l'essentiel. Surtout si elle voulait augmenter son influence dans toutes les couches de la société de Star City. Que ce soit dans les quartiers pauvres où elle nourrissait les goules et transformait les clochards en morts-vivants ou dans la haute où ses services se feraient bien différents. "Je ne tiens à prendre comme sujets que ceux qui le veulent vraiment." Au début tout du moins. Mais Velkan était un ancien vampire. Pas de ceux qui pouvaient vraiment nécessiter la protection de la Reine des Morts. Ceux qu'Abigaïl protégeaient étaient plus les décomposés, les zombies, revenants. Les vampires qu'elle employait étaient pour beaucoup des nouveaux nés, créés par des vampires plus anciens qui les avaient rejetés, abandonnés dans les rues. Des erreurs qui n'atteindraient sûrement jamais la prestance du compagnon de Marishka. Ceux-là trouveraient dans la Reine des Morts une mère et une protectrice. Un jour peut-être la comtesse accepterait de ployer le genou devant elle. 

Mais pas ce soir. Abigaïl n'en avait cure. Même si son immortalité était jeune, elle savait être patiente. Contrairement à Marishka elle avait de l'ambition, mais surtout du pouvoir. L'immortalité n'avait jamais été un but, seulement un outil pour atteindre ses objectifs. "Êtes-vous donc prête à rejoindre la Moisson ?" Et à accepter Abigaïl comme sa supérieure, même si cela ne serait jamais dit, même si pour Elisabeth cela ne serait sûrement pas le cas. Elle ne voyait probablement qu'un pacte, un accord. Grand bien lui en fasse. Pour la nécromancienne, la comtesse sanglante rejoignait sa cour. Quoi de plus normal pour la championne d'une déesse de la mort ?
 
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Lun 20 Juil 2015 - 14:14 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

Invité
Invité

Anonymous
Invité

Invité
Personnage
Joueur
Dans l'esprit de Marishka, si elle acceptait effectivement d'apporter son aide à Abigaïl, ce n'était pas dans le but de la servir et encore moins pour envisager de le faire éternellement. Non, ce n'était qu'une manière de se divertir et de se changer les idées. Elle prenait les choses au sérieux, mais pas au point d'envisager qu'Abigaïl puisse réellement faire quelque chose d'intéressant avec son groupe. Des mégalomanes, elle en avait rencontré des tas au cours de sa longue existence ! Aucun n'avait réussi à atteindre son but et quelque chose lui disait que ce serait la même chose avec cette blonde. Elle se montrerait trop bravache et l'Archimage s'occuperait d'elle, ou alors elle vexerait la mauvaise personne et se ferait tuer. Tout simplement. Le fait qu'Anton puisse s'intéresser à elle avait un bon côté, en quelques sortes. Elle pourrait peut-être parvenir à l'attirer suffisamment de son côté pour s'assurer une forme de fidélité ? Après tout, s'il avait déjà trahi sa jumelle par le passé, il était logique de douter que cela puisse se reproduire, non ? Et si elle devait passer par un flirt plus poussé, ma foi, ce serait envisageable – même si elle préférait l'éviter. Une manière plaisante de lui montrer qu'aucune femme de la supplantait ! Mais, fort heureusement, ils n'en étaient pas encore là.

« Nous verrons. »

Marishka n'était pas femme à se reposer sur un groupe, elle préférait dépendre d'une seule personne, hormis elle : Velkan ! Le vampire ne la trahirait jamais, contrairement à d'autres. La comtesse n'avait pas de confiance à gaspiller et elle était certaine que si l'Archimage, ou un plus gros adversaire, tombait sur le dos de la blonde, cette dernière n'hésiterait pas à la sacrifier si elle pouvait sauver sa vie en échange. Assurément, pour rivaliser avec elle, la blonde allait devoir développer ses capacités pour pouvoir parer si un jour leurs échanges devenaient plus musclés. Du moins, si l'on pouvait parler de muscle au vu de leurs carrures respectives.

Anton se mêla à nouveau de la discussion en lui suggérant un entraînement pour résister à ses avances. La bonne blague. Si elle devait s'entraîner à quelque chose, ce serait tout sauf à ça ! D'ailleurs Abigaïl lui rappela qu'ils étaient ici pour parler sérieusement et non pour s'amuser à se lancer des sous-entendus graveleux qui ne finiraient de toute manière sur rien. Car en effet, Élisabeth était toujours obstinément fermée à l'idée d'échanger quoi que ce soit d'autre que des paroles valorisantes avec ce nécromancien. Malgré tout, la comtesse resta fidèle à elle-même en esquissant un sourire poli et faussement ravi suite au baisemain de l'homme.

« Vous me reverrez prochainement dans ce cas. Bon courage pour votre travail qu'il me tarde de contempler. »

Elle était en grande partie sincère puisqu'elle se demandait réellement ce qu'un homme tel qu'Anton pouvait réaliser dans son atelier. C'était davantage la curiosité qui la motivait à accepter cette invitation que quoi que ce soit d'autre. Même si la compagnie et le « charme » de l'homme avaient été agréables au début, tout avait rapidement été gâté par sa petite démonstration de domination qui l'avait beaucoup contrariée. L'homme qui la supplanterait n'était pas encore né, ni mort ! Elle lui ferait comprendre avec le temps et il finirait par lui manger dans la main comme tous les représentants du sexe dit « fort ».

Son regard se reporta alors sur Abigaïl au moment où celle-ci lui expliquait qu'elle n'obligerait personne à être son sujet s'il ou elle ne le souhaitait pas. Peut-être. Ou peut-être pas. La blonde avait souvent employé les mensonges par omission et elle ne faisait donc qu'une confiance très limitée à cette femme. Les créatures féminines étaient sournoises et bien plus dangereux que leurs homologues masculins qui étaient trop francs la plupart du temps. Assurément, Marishka se méfiait davantage de la nécromancienne que de son frère. Un sourire amusé ourla les lèvres de la comtesse.

« Je crois. Plus ou moins. Comprenons-nous bien : je n'ai jamais juré fidélité pour l'éternité à votre groupe. Si la lassitude venait à s'installer, je m'en irai après vous en avoir informée et je n'accepterai aucun refus, ni aucune tentative de manipulation. » Le ton de sa voix était très calme. « Je suis immortelle et je ne compte pas passer toute ma très longue vie à vous satisfaire. Vous avez des objectifs qui sont certainement très intéressants pour vous, mais qui m'apparaissent comme irréalisables. Et si vous veniez à abuser de ma gentillesse, vous comprendriez que les femmes ont bien d'autres atouts que la magie. »

Elle avait certainement un compagnon quelque part qui pourrait être sensible au charme de la comtesse. Cette dernière s'amuserait d'ailleurs à faire une petite enquête là-dessus, de manière à assurer ses arrières si jamais la nécromancienne essayait de l'abuser. Elle comprenait alors que même après deux siècles et demi d'existence, elle était bien loin de lui arriver à la cheville en matière de manipulation.
 
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Lun 20 Juil 2015 - 17:36 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

Invité
Invité

Anonymous
Invité

Invité
Personnage
Joueur
Le départ d'Anton allait sûrement rendre l'échange quelque peu plus sain. Ou bien précipiter la fin de cette rencontre pour le moins surprenante et pleine de potentielle. Abigaïl n'appréciait pas de voir Marishka minauder auprès de son frère. Cela ne lui rappelait trop que la relation contre-nature que ce dernier avait entretenu par-delà la tombe avec la jeune Anna Leblanc. Elle aussi se fendait de ce genre de sourires. Sauf qu'à l'époque c'était le nécromancien qui manipulait la jouvencelle. Ici, Abigaïl craignait que ce soit le contraire. Qu'essayait donc de faire la comtesse sanglante ? De monter Anton contre elle ? De s'en faire un allié au cas où les choses tourneraient mal entre elles ? Peut-être qu'énumérer les trahisons multiples entre les deux jumeaux n'avait pas été une bonne idée. Surtout si cela avait donné l'impression à la blonde de pouvoir s'immiscer entre eux. Car cela, Abigaïl ne le permettrait pas.

Et il y avait difficilement plus dangereux qu'une nécromancienne jalouse. Au moins dans ce cas là, Anton n'aurait pas à utiliser le corps de sa soeur pour conclure un quelconque acte charnel avec Elisabeth. Mais tout de même, si elle trouvait de la beauté dans les traits et les manières de son interlocutrice, la lubricité perverse d'Anton en devenait lassante. Mais surtout, cela ne devait en aucun cas devenir une faiblesse de la Moisson ou d'Abigaïl... Clairement, elle devrait se montrer prudente. Peut-être avait-elle invité un serpent dans son jardin.

Mais quel serpent ! Ce dernier lui serait véritablement utile pour de multiples projets. Même si elle doutait de jamais pouvoir lui faire confiance ou le contrôler. La manipuler serait d'autant plus difficile qu'elle était probablement plus rodée qu'elle aux manigances et trahisons. On trouvait la puissance où on pouvait apparemment.

"Je n'avais pas vu mon frère dans un tel état depuis longtemps." Ce qui était faux, la seule différence était qu'Elisabeth ne s'était pas retrouvée dès le départ sur la table d'opération du sarkomancien. Ce qui l'avait soustrait à une conclusion plus charnelle à leur entrevue. "Vous savez vraiment y faire avec les hommes." Sous-entendu, elle-même ne savait pas comment faire. Ce qui était un semi-mensonge. Bien entendu, Abigaïl n'avait jamais été une séductrice hors pair, loin de là même. A Londres elle avait même était une épouse plutôt pathétique, subissant plus qu'elle n'agissait dans la chambre à coucher. Toutefois, elle se rattrapait et si elle n'avait pas le charme ou le doigté de Marishka, elle trouvait ses chances autre part. Mais elle avait tout intérêt à ce que la comtesse la sous-estime sur cet aspect là aussi.

Apparemment les hommes joueraient le rôle de pièces à prendre dans le petit jeu qui se jouerait entre les deux immortelles. Restait à savoir quels hommes et dans quel mesure Marishka essaierait d'avoir l'ascendant sur Abigaïl et inversement... Déjà elle rejoignait la Moisson, ce dont la nécromancienne ne pouvait que se réjouir malgré les risques. Après tout la comtesse n'avait aucun intérêt à alerter l'Archimage, pas avec ce qu'Abigaïl savait sur elle et sur ses bains sanglants.

"Nous avons un accord, je ne vous ai pas demandé votre servitude complète pour l'éternité. Si je la désirais je devrais me résoudre à vous tuer et vous réanimer. Dans ce cas là je n'aurais plus à me méfier. Mais rien ne laisser supposer que j'y parviendrais. Et puis de toute façon, quel serait l'intérêt ? Vous êtes plus intéressante vivante j'en suis certaine." Quoique la morte-vie serait un autre moyen de fixer la beauté d'Eslisabeth dans le temps, sans plus qu'elle n'ait besoin de bain de sang. Mais ses sourires et ses caresses seraient sûrement moins chaleureuses. Quoique... Et dire qu'Abigaïl se considérait comme frigide parfois.

"Lorsque vous en aurez assez vous pourrez simplement partir. Ou bien me laisser une chance de modifier notre accord et de trouver un nouveau terrain d'entente. Je ne doute pas que notre relation sera amenée à évoluer et notre pacte aussi."

Surtout si elle essayait de lui voler la fidélité d'Anton. Dans son esprit, Abigaïl ne pensait à aucun autre être que la comtesse aurait pu lui dérober. Renan n'était que son amant après tout et elle ne pensait pas du tout à lui, plutôt aux morts-vivants qui constituaient sa cour. Sally serait d'un intérêt limité pour Marishka et les autres étaient liés par magie à la nécromancienne. Non, le seul véritable risque était Anton et son appétit démesuré pour les femmes. Peut-être qu'elle devrait le laisser passer plus de temps encore avec sa petite scientifique, peut-être que Shahren parviendrait à calmer les ardeurs du Dévoreur.

"Je ne compte pas abuser de vous. D'aucune manière. Et mes objectifs ne sont pas forcément ceux que vous imaginez. Que croyez-vous, que je vais amener l'Apocalypse ? La fin des temps ? Que je libèrerais des hordes de monstres pour conquérir ce monde ?" Oh elle y avait pensé, mais elle savait que ce serait irréalisable. Entre l'Archimage et la Légion, Abigaïl préférait opter pour une approche plus pernicieuse. Après tout Hadès avait déjà tenté une approcher directe et échoué. Elle devrait lui rendre visite d'ailleurs, voir ce qu'elle pourrait tirer de ses enseignements. Il y avait toujours un intérêt à brosser un dieu dans le sens du poil.

"Pour le moment, je souhaite juste développer mon influence sur la ville. Offrir un refuge aux morts qui ne peuvent pas passer de l'autre côté, ou ne veulent pas passer de l'autre côté. Une ville sous la ville. Pour cela il me faut des moyens, des gens influents dans la paume de ma main et c'est pour ça que j'ai besoin de vous." Même si elle devrait faire attention à ce que ces individus deviennent vraiment des pantins de la Moisson et non pas ceux de la comtesse. "Les armées de morts, je laisse ça aux impatients et aux idiots. Je compte bien prendre mon temps." Après tout, elle avait l'éternité devant-elle.
 
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Lun 20 Juil 2015 - 21:01 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

Invité
Invité

Anonymous
Invité

Invité
Personnage
Joueur
« Allons donc... »

Marishka avait beau être extrêmement vaniteuse, elle n'était pas stupide pour autant. Anton était un séducteur plus qu'un amateur de femmes de qualité. Il aurait levé la jupe de n'importe quelle catin s'il en avait l'occasion, quitte à lui mettre un sac en poubelle sur la tête. Il ne l'avait pas « charmée » ainsi parce qu'elle s’appelait Élisabeth Báthory ou parce qu'elle était comtesse. Non, il ne devait que voir la possibilité d'assouvir ses pulsions comme il l'aurait fait avec Velkan si ce dernier avait été un homme.

Toujours est-il que la hongroise ne fut guère étonnée de constater que la nécromancienne lui expliquait qu'elle ne chercherait jamais à la manipuler ou à l'obliger à la servir si elle souhaitait stopper leur accord. À moins de la transformer en zombie à son service bien évidemment... la bonne blague. Un sourire amusé ourla les lèvres de la blonde alors qu'elle imaginait Morana envoyer l'un de ses champions – peut-être Velkan – pour faire comprendre à cette nécromancienne que personne ne lui dérobait ses fidèles. Elle avait beau être consciente que la comtesse n'était pas une femme forcément très puissante avec ses pouvoirs, la déesse slave savait tout de même que l'immortelle était dotée d'autres capacités tout aussi intéressantes.

« Ce serait amusant à voir. Vous auriez quelques surprises. »

Elle pouvait apparaître comme bravache, mais au final, Abigaïl ignorait beaucoup de choses la concernant. Elle ne saurait pas ce que la blonde pouvait lui réserver et se montrerait soit imprudente en tentant le coup, soit prudente en préférant se contenter de ce qu'elle avait déjà.

Quoi qu'il en soit, la Faust semblait avoir accepté de la laisser vivre sa vie, voire de réviser leur accord si la comtesse n'y trouvait plus de satisfaction. De belles paroles, mais Élisabeth n'y croirait que le jour où elle verrait cette situation se dérouler. Marishka espérait pour elle que la nécromancienne était consciente qu'à son âge, elle avait de nombreux contacts au moins aussi puissants qu'elle, voire davantage – comme l'Archidémon Raphaël par exemple. Au pire des cas, elle s'en mordrait les doigts pendant que la hongroise se gausserait de son malheur. Qui avait dit que les femmes ne pouvaient pas être détestables entre elles ?

L'immortelle resta silencieuse alors que son interlocutrice reprenait la parole pour lui expliquer qu'elle préférait se contenter d'offrir un refuge plutôt que de rêver de grandeur. Un nouveau sourire ourla les lèvres de la blonde alors qu'elle penchait la tête sur le côté pour la contempler comme si elle avait affaire à une personne qui la prenait pour une idiote – ce qui était certainement le cas, d'ailleurs.

« Voyons, vous comme moi avons vécu assez longtemps pour être consciente que les gens rêvent de grandeur ou de tranquillité. Moi par exemple, j'aspire à l'anonymat pour vivre en paix et aussi longtemps que possible. Mais vous... vous créez un groupe au nom évocateur et j'ai du mal à vous imaginer comme une femme juste discrète. Pas au sein de notre monde du moins. » Donc de celui des immortels ou de la magie. « Mais nous verrons avec le temps. Nous en avons assez toutes les deux. En attendant, je crois que nous arrivons au terme de notre discussion. Sauf si vous avez quelque chose d'autre à ajouter ? » Elle l'interrogea du regard. « Considérez que notre accord débutera dès que je vous enverrai le premier poisson pêché dans la mare. Une manière de vous montrer ma bonne volonté. » Elle esquissa un sourire. « Nous nous reverrons certainement sous peu : je vais revenir pour voir de quoi votre frère est capable et je suis à peu près certaine que vous serez aussi de la partie. »

Une manière comme une autre de lui faire comprendre qu'elle avait bien senti la contrariété de la sœur d'Anton. Élisabeth n'était pas naïve : elle avait conscience que les sœurs étaient au moins aussi possessives que les épouses ou les petites-amies, voire davantage. Abigaïl devait être consciente des faiblesses de son jumeau et au fond, si tel était le cas, Marishka s'en réjouirait. Voir la nécromancienne chaperonner leur prochain rendez-vous signifierait qu'elle la considérerait comme une rivale, ou quelque chose d'approchant. Oh, oui, elle avait hâte d'en arriver-là, ne serait-ce que pour vérifier jusqu'à quel point la blonde face à elle avait peur d'elle. En attendant, elle patienta jusqu'à ce qu'Abigaïl reprenne la parole ou les salue.
 
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Mar 21 Juil 2015 - 16:33 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

Invité
Invité

Anonymous
Invité

Invité
Personnage
Joueur
Abigaïl ne pouvait savoir avec certitude ce que la comtesse pensait véritablement de son frère. Qu’elle le trouve charmant l’aurait surprise. Surtout lorsqu’il avait révélé la partie la plus entreprenante et sombre de son caractère. Peut-être le voyait-elle comme une sorte de monstre ? Une âme damnée au service de la nécromancienne ? Ce n’était pas totalement faux, mais il était bien plus que cela, plus raisonné que ne pourraient le laisser entendre ses appétits apparemment déraisonnés. Anton avait réussi à rester discret au dix-huitième alors qu'il construisait de nombreux golems. Il avait réussi à charmer une jeune femme alors qu’il était désincarné, un spectre. Il y avait autre chose au sarkomancien que ses désirs et du sadisme. Une certaine élégance quand on savait comment la susciter sûrement.
 
Mais qu’elle soit rebutée ou non, cela ne changeait pas l’impression qu’avait la nécromancienne : si Marishka pouvait lui subtiliser la fidélité d’Anton elle le ferait. Ce qui ne serait ni bon pour elle, ni pour la Moisson. Le nécromancien devait lui créer de nouveaux monstres pour elle et non pas pour quelqu’un d’autre. Déjà qu’il pactise avec la scientifique pouvait apporter plus de gêne qu’autre chose.
 
« Je n’en doute pas. Après tout je serais particulièrement déçue si jamais il n’y en avait pas. » Et puis de toute façon Abigaïl cherchait à s’attirer les faveurs de Morana, en espérant que la déesse serait plus ouverte d’esprit que sa championne. Si elle accordait à Abigaïl ce qu’elle désirait elle pourrait récupérer des âmes. Au moins autant que ce que devait lui apporter la comtesse sanglante pour rester jeune. Mais la nécromancienne se demandait si la déesse ne serait pas aussi sournoise et irascible que sa championne.
 
Dans ce cas cela compliquerait fortement les choses.
 
De toute façon, Abigaïl ne comptait pas dévoiler ses plans à son interlocutrice. Elle ne lui faisait pas le moins du monde confiance et malgré ce qu’Elisabeth pourrait penser, elle n’était pas stupide. Peut-être trop sûre de ses capacités, en effet, mais n’était-ce pas le cas de tous ? Abigaïl surtout n’était pas seule, elle avait la Moisson derrière elle. Un ordre de mystiques dévoués à la mort qui renaissait de ses cendres. Quelque chose qui ne serait bientôt plus à prendre à la légère.
 
« J’ai été discrète plus longtemps que vous ne l’imaginez. Mais en effet, je ne suis pas seulement cela. J’ai de l’ambition. Ce qui ne signifie pas pour autant que je souhaite vouloir voir tous me servir. » Oh elle voulait s’élever au-dessus des masses, brouiller la limite entre l’humain et le divin. Tout cela à cause d’un loup qui l’avait jugée indigne d’être une déesse. Il ne faisait aucun doute que si elle révélait ses véritables objectifs à Marishka cette dernière tenterait de l’en empêcher. Si elle ne supportait déjà pas Abigaïl en tant que reine des morts-vivants, que penserait-elle d’une déesse ? Mais chaque chose en son temps. « Et ne croyez pas que j’ai créé la Moisson, je l’ai tout juste ressuscitée. Elle existait bien avant ma naissance et malgré mon immortalité je ne serais pas surprise qu’elle existe encore bien longtemps après ma disparition. » Avec de la chance parce qu’elle aurait quitté ce monde pour un autre qu’elle aurait créé elle-même. « Je n’ai rien à ajouter. Ce fut un échange pour le moins intéressant. Vous n’aurez qu’à me faire savoir quand vous serez prête pour vous baigner dans mon sang et quand vous pourrez me mener jusqu’à votre déesse. » Car même si Marishka rejoignait la Moisson en tant qu’émissaire, cela ne signifiait pas qu’Abigaïl avait oublié leur premier accord. « Qui sait, je suis très occupée. »
 
Abigaïl avait surtout bien des moyens de surveiller ce qu’il se passait au Necropolitan et ce sans avoir besoin d’être présente physiquement. L’endroit était encore plus hanté qu’un cimetière et chaque esprit venait faire des rapports à l’oreille de la nécromancienne. Certains surveillaient toujours Anton, c’était ainsi qu’elle avait sue pour Shahren et évité que son frère ne la tue. Ce qui aurait pu mettre à mal sa relation avec Renan.
 
« En tout cas, ce fut un plaisir de vous rencontrer. De même pour vous Velkan. »
 
Et elle les laissa partir. Abigaïl ne resta pas longtemps seule, elle ne l’était jamais vraiment. Le Darach vint s’asseoir à ses côtés une fois la comtesse et le vampire partis. Son plus fidèle conseiller se révèlerait sûrement essentiel dans la lutte entre les deux femmes.
 
En espérant que cette dernière ne vienne pas ébranler la Moisson ou les projets d’Abigaïl.
 
Revenir en haut Aller en bas

 
La mort, ce secret qui appartiendra à tout le monde ▬ Abigaïl
 
Page 2 sur 2Aller à la page : Précédent  1, 2Revenir en haut 
La mort, ce secret qui appartiendra à tout le monde ▬ Abigaïl - Page 2 Cadre_6La mort, ce secret qui appartiendra à tout le monde ▬ Abigaïl - Page 2 Cadre_7_bisLa mort, ce secret qui appartiendra à tout le monde ▬ Abigaïl - Page 2 Cadre_8


La mort, ce secret qui appartiendra à tout le monde ▬ Abigaïl - Page 2 Cadre_1La mort, ce secret qui appartiendra à tout le monde ▬ Abigaïl - Page 2 Cadre_2_bisLa mort, ce secret qui appartiendra à tout le monde ▬ Abigaïl - Page 2 Cadre_3
 Sujets similaires
-
» Une nuit qui prend tout son sens [Hentaï PV Kaine] [Terminé]
» [UPTOBOX] Le Jeu de la mort [DVDRiP]
» [UPTOBOX] Les 6 épreuves de la Mort [DVDRiP]
» Uptobox Le Jeu de la mort 2 [DVDRiP]
» Hentaï

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
La mort, ce secret qui appartiendra à tout le monde ▬ Abigaïl - Page 2 Cadre_6La mort, ce secret qui appartiendra à tout le monde ▬ Abigaïl - Page 2 Cadre_7_bisLa mort, ce secret qui appartiendra à tout le monde ▬ Abigaïl - Page 2 Cadre_8
Sauter vers: