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Le règne de Cléopâtre

 
Message posté : Dim 7 Juin 2015 - 0:18 Message
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Le règne de Cléopâtre


Vendredi 5 juin

« […] Au début du siècle, à Alexandrie, une grande tombe d’albâtre a été découverte comme vous pouvez le voir sur cet extrait vidéo. » dis-je en montrant l’écran qui se trouvait derrière moi. « Cela peut donner une idée de ce que fut celle de Cléopâtre, qui est aujourd’hui recouverte par les eaux de la méditerranée, hélas.
Marc Antoine met lui-même fin à ses jours avec son épée. Il est conduit agonisant auprès de Cléopâtre et s’éteindra dans ses bras. La reine, sachant que sa fin est inéluctable, se prépare à une mort digne du dernier des pharaons. Cependant, de nos jours, la mort de la célèbre reine d’Égypte est toujours entourée de mystères. Beaucoup de spécialistes s’accordent à dire qu’elle aurait été victime d’une morsure de serpent. Il est fort probable qu’elle ait été mordue par un cobra, dont la morsure est difficile à détecter. C’était un moyen d’exécution largement employé à Alexandrie. Selon Galien, le célèbre médecin grec qui a assisté à l’exécution de prisonniers à qui l’on posait des cobras sur la poitrine, note que la morsure d’un tel reptile entraîne une mort très rapide.
Le cobra aurait donc évité à Cléopâtre d’être exhibée enchaîné dans les rues de Rome et donc, d’être humiliée. La reine était fortement attachée aux traditions égyptiennes et donc, la morsure de l’uræus, le cobra pharaonique, lui confèrerait l’immortalité.
Le fils de Cléopâtre, Césarion, sera ensuite assassiné par Octavius et ses autres enfants seront envoyés à Rome.
L’Égypte, qui n’est à présent, qu’une des nombreuses provinces de l’empire romain, venait de perdre alors son dernier pharaon. Avec Cléopâtre, s’éteint l’une des plus grandes civilisations que le monde ai connu. Alexandrie, sa bibliothèque et ses riches palais, disparaîtrons dans les eaux bleues de la méditerranée et les grands temples d’Égypte seront désertés puis lentement recouverts par les sables. La langue disparaîtra. Mais Cléopâtre dont l’ambition fut à la hauteur de sa chute a marqué à jamais notre l’histoire.»


La conférence se termina par sont lot de questions habituelles auxquelles je répondis patiemment, dans la joie et la bonne humeur. Puis, mon assistante me fit signe qu’il était l’heure d’inviter les convives au buffet qui avait été dressé dans la salle adjacente à l’amphithéâtre, où je venais d’exposer la vie de Cléopâtre VII, à l’occasion de l’inauguration de la toute nouvelle exposition qui allait se tenir au musée historique de Star City, pendant les cinq mois à venir. « Mademoiselle Hawkins, ma charmante assistante… » commençais-je en désignant de la tête, la jeune femme blonde qui se tenait au fond de la salle à qui j’adressai un sourire radieux, avant de poursuivre : « …me fait vous dire que le musée historique vous invite cordialement à vous rendre au buffet situé dans la salle numéro trois. Nous pourrons continuer de converser autour de quelques victuailles, et naturellement, je vous invite cordialement à vous rendre dans la salle de l’exposition Égyptienne afin de voir par vous-même, les chefs d’œuvre venus tout droit d’Égypte. Je tiens à remercier Monsieur San Severini, le directeur du musée… » que je désignai d’un signe de tête également. Il fut salué comme il se doit par les spectateurs. « …et également Mademoiselle Mancini pour sa contribution et son investissement dans ce projet, sans qui cette exposition n’aurait pu être possible. » Je cherchai la jeune femme du regard dans l’assemblée. Je l’avais aperçue tout à l’heure… Mon regard balaya les spectateurs, puis se posa sur le visage de la délicieuse sicilienne. Sous les applaudissements de mon auditoire, j’invitai la jeune femme à me rejoindre sur l’estrade d’un geste avenant de la main. J’allais à sa rencontre sur l’estrade et lui tendis la main afin de l’inviter à se joindre à moi. Je lui chuchotai quelques mots à l’oreille afin de l’inviter à prendre la parole si elle le souhaitait, ne lui imposant rien, toutefois.

« Merci également à mes confrère du musée du Caire, qui ont eu l’amabilité de nous prêter quelques pièces de leur collection, ainsi que le musée du Louvre, pour sa contribution. » Une nouvelle salve d’applaudissements accueilli mes remerciement. « Maintenant, je ne sais pas vous, mais moi je meurs de faim, je vous invite donc à vous joindre au buffet, nous pourrons continuer cette conversation autour d’un verre de champagne. » J’invitai courtoisement la demoiselle à saisir le bras que je lui présentais afin de se joindre à moi, puis je descendis les quelques marches de l’estrade pour nous conduire dans la salle voisine et ainsi, initier le mouvement.

Les convives prirent tous la direction de la salle du buffet. Je m’arrêtai en route afin de saluer Monsieur le Maire, qui nous avait fait l’honneur de sa présence pour cette inauguration. Nous échangeâmes une poignée de main, je lui présentai mademoiselle Mancini, puis il nous fit part de ses impressions au sujet de la conférence. Il avait apprécié, semble-t-il. Puis il nous laissa car il était attendu ailleurs ensuite.

« Alors, qu’avez-vous pensé de cette avant-première ? » demandai-je à la jeune femme que je conduisais vers la table des victuailles. Un serveur s’arrêta à nos côté et nous tendis une coupe de champagne chacun.
 
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Message posté : Mar 9 Juin 2015 - 1:41 Message
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La flûte de cristal roulait entre ses longs doigts, dans un chuintement argentin. Son éclat abrutissant, dans le clair-obscur des francs éclairages, faisait écho à la richesse des mets choisis qui s’étalaient impudiquement sous leurs yeux. Là où le champagne pétillait, ses lèvres gourmandes venaient lécher la boisson, s’en délectant à l’envie ; La fraîcheur amère et sucrée roulait alors sur sa langue, et venait claquer dans sa gorge, comme un fruit trop acide. Elle avait tendu une main aérienne à Monsieur le Maire, dont elle avait gratifié la poigne d’un sourire éclatant, et d’un signe de tête poli lorsqu’il leur avait signifié qu’il lui fallait retourner à ses occupations, quoiqu’il ait grandement apprécié la conférence. Après quoi il l’avait conduite auprès d’un buffet, où un serveur bien intentionné – et certainement généreusement payé – leur avait proposé le Moët & Chandon doux à la saveur ronde et sirupeuse qu’elle dégustait dès à présent.

Il, c’était Raphaël, le conservateur du musée d’histoire de Star City qu’elle avait eu la chance et le privilège de rencontrer plusieurs mois auparavant, alors qu’elle s’était mise en quête d’une personne qualifiée pour lui fournir les faux certificats d’authenticité servant à légaliser son trafic. Un homme charmant et cultivé, un contact utile qu’elle appréciait à sa juste valeur – si tant est qu’il continue de servir ses intérêts. Mais la belle n’était guère avare en récompenses, aussi finançait-elle grassement les expositions qu’il lui plaisait aux frais de sa compagnie, et n’oubliait guère de lui octroyer une coquette prime destiné à acheter son silence. Et jusqu’à preuve du contraire, leur collaboration était d’une efficacité redoutable. À l’ombre de ses longs cils bruns, ses prunelles tournées vers son hôte s’étaient un instant illuminées de contentement, bien avant qu’un nouveau sourire – bien moins insincère – n’ourle ses lèvres vernies de rouge pourpre.

Si elle avait apprécié ? Plus encore ! Elle s’était littéralement délectée de ses mots, tandis qu’il leur présentait le règne – et la chute – de l’une des figures les plus emblématiques de l’Egypte antique. Cléopatre VII. Reine d’une nation sur le déclin, politicienne accomplie, érudite aux charmes redoutables ; Autant de qualificatifs pour exciter les esprits romanesques de certains historiens, mais aussi de jeunes femmes dont la force de caractère se puisait à l’envie dans de telles allégories. La conférence avait pris fin dans une ambiance bonne enfant, pendant laquelle Raphaël s’était laissé prendre au jeu des questions de son auditoire. Puis il s’était fendu d’un toast porté en son nom, et en celui du directeur du musée, l’avait invitée à le rejoindre sur l’estrade, lui glissant au creux de l’oreille qu’elle pouvait faire un discours, si elle le désirait.

Ne manquant jamais de promouvoir sa société, la jeune Mancini avait saisi l’opportunité pour chaleureusement remercier les visiteurs de leur venue, leur rappelant à quel point il était important de promouvoir l’art et la culture – ce qu’elle s’efforçait de faire via la branche … de sa société –, et qu’il ne pouvait y avoir de grande exposition sans généreux donateurs. Pour le présent, et pour les générations futures. Après quoi, non sans avoir accordé un dernier signe de la main à l’assistance, la Sicilienne avait glissé son bras sous celui du conservateur, se laissant conduire avec délice jusqu’à la salle de réception. « C’était… Enrichissant, glissa-t-elle en déglutissant une gorgée de champagne. L’auditoire était littéralement à vos pieds, je suis sûre que vous auriez pu leur raconter n’importe quoi, et ils y auraient crû… Moi comprise. Son rire tinta, cristallin comme du verre. C’était un demi-mensonge à dire vrai, puisque Giulia bénéficiait d’une culture générale bien plus que correcte. Je suis réellement heureuse de pouvoir finalement contempler cette exposition. Je n’aurais pas cru avec ce dont nous avions parlé la dernière fois – les tensions politiques au Moyen-Orient, si je ne m’abuse – que vous réussissiez à transférer des œuvres aussi sensibles… Comment êtes-vous parvenu à les convaincre finalement ? » Parce que pour ce qu’elle en savait, ce n’était pas gagné. Pourtant elles étaient bien là, des pièces d’une valeur exceptionnelle dont ils pouvaient jouir pendant cinq semaines. Elle avait d’ores et déjà l’intention d’y convier des enfants issus de quartiers populaires.


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Message posté : Jeu 11 Juin 2015 - 2:06 Message
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Cette avant première était une réussite, et nous pouvions d’ores déjà, mademoiselle Mancini et moi-même, nous délecter des premiers retours de nos hôtes sur le fruit de notre collaboration. Après voir remercié et salué chaleureusement monsieur le maire, je levais ma flute de champagne à l’intention de la jeune femme, en vue de porter un toast. Armé de mon plus beau sourire, je trinquais avec la belle, au succès de l’exposition, qui je l’espérais, s’inscrirait dans la durée, tout comme les deux précédentes. Je portai également la coupe de champagne à mes lèvres, tandis que la jeune femme me faisait part de ses premières impressions. « Que de flatteries ! » répliquai-je en riant. Toutefois, je n’en attendais pas moins de sa part. J’avais toujours su captiver mon auditoire depuis mon plus jeune âge. C’était le moins que l’on puisse dire ! J’étais à peine sorti du berceau que je plaidais déjà ma propre cause auprès de mon père, le dieu suprême de l’Olympe, au sujet du différent qui m’avait opposé à mon frère Phébus, qui m’avait alors accusé d’avoir volé ses bovins. J’avais l’art et la manière de présenter les choses, et même mon père s’était laissé subjuguer par mes remarquables talents d’orateur. Par ailleurs, mon choix d’avoir embrassé la couverture du métier de conservateur de musée lors de ce séjour-ci sur terre, n’était pas complètement anodin. J’étais plus qu’à l’aise pour disserter en public et je connaissais mon sujet sur le bout des doigts. Et pour cause ! J’avais traversé les âges, et même sans avoir vécu en Égypte à cette époque, qui n’avait pas entendu parler de Théa Philopator, alias Cléopâtre VII, la plus grande reine d’Égypte ? L’histoire que j’avais contée aujourd’hui, s’appuyait essentiellement sur des hypothèses basées sur les preuves historiques et scientifiques retrouvées par les archéologues humains. Je ne m’étais permis de rajouter que quelques petites anecdotes sans grande importances, n’ayant aucun impact direct sur l’Histoire, ne souhaitant pas attirer sur moi plus que nécessaire, l’attention de mes confrères historiens qui se feraient une joie de monter au créneau afin de démentir mes théories, qui n’étaient autre que des témoignages, en l’occurrence. Je prenais toujours garde à ne point trop en dire par instinct de conservation du secret sur mes origines.

« Ce n’est pas dans mon intérêt de m’épancher en balivernes et je doute fort que l’historienne que vous êtes soit du genre à croire à n’importe quoi. Je me trompe ? » Mon regard brillait d’un éclat malicieux. « Je n’ai fait que mon travail... » ajoutai-je, feintant la modestie à la perfection. En plus d’être bon orateur, j’étais aussi très bon acteur. Cependant, ma réputation me précédait et mon érudition, malgré mon apparence de jouvenceau, n’était plus à prouver auprès de mes pairs. Ce n’était pas pour rien que je secondais déjà le directeur du musée historique après avoir fini mon cursus universitaire depuis trois ans seulement – pour ce qui était de la version officielle -, et ce dernier m’accordait toute sa confiance. Je me joignis au rire cristallin de la jeune femme qui n’était autre que la commanditaire de cette remarquable exposition, mais pas seulement. Notre relation ne se limitait pas cela. En plus de financer grassement certaines acquisitions du musée, Miss Mancini n’était pas avare en dollars en ce qui me concernait, en échange des certificats d’authenticité que je lui fournissais pour ses œuvres contrefaites.

« Oh ! C’est très simple. » Je jetai d’ailleurs un rapide coup d’œil autour de nous et profitai du fait qu’aucune oreille indiscrète ne soit à proximité pour me rapprocher d’elle et lui murmurer à l’oreille : « Ce sont des copies. » Je repris une distance convenable, observant sa réaction avec le plus grand sérieux, tout en trempant mes lèvres dans la flute de champagne. Je la dévorais du regard, tout en savourant avec délice le chatouillis provoqué par les bulles éclatant contre mon palais, puis le goût sucré resté sur ma langue après avoir avalé une gorgée. Mes lèvres s’étirèrent ensuite en un sourire un soupçon moqueur. Je n’avais pu m’empêcher de la taquiner. « En vérité, j’ai de bons contacts avec mes confrères dans les autres musées outre atlantique. Les convaincre n’a pas été chose aisée, je dois le reconnaître, compte tenu des évènements regrettables de 2011. » mentis-je avec aplomb. Cela avait été un jeu d’enfant ! « Cela dit, il ne s’agissait que de quelques pièces, ne constituant pas la partie la plus volumineuse de la collection - celle-ci venant du Louvre - comme les bijoux ayant appartenu à Cléopâtre par exemple. Certes, leur valeur n’est pas des moindre, d’autant plus qu’ils constituent un héritage historique inestimable pour l’Égypte. Compte tenu des tensions régnant là-bas, comme vous le soulignez, j’ai suggéré à mon confrère de mettre en sécurité ces pièces ici, à Star City. Après une longue discussion, nous somme parvenus à un accord et il finalement accepté ma proposition. » Je me gardais bien de dévoiler à mon interlocutrice les réels arguments que j’avais réellement employés, même si, je n’en doutais pas, elle saurait les apprécier à leur juste valeur. Je préférais toutefois garder mes talents de persuasion secrets, comme l’ensemble de mes pouvoirs, du reste. Même si de nos jours, à Star City, l’anormalité était légion, je ne tenais pas à figurer dans le catalogue 2015 des supers au risque d’attirer l’attention. De plus que l’archimage m’avait à l’œil, et qu’il n’était pas rare de le croiser dans le musée. « Il y a de nombreux musées à travers le monde, mais vous n’êtes pas sans savoir que c’est un milieu très fermé, surtout celui des conservateurs. Tant que les pièces restent dans le circuit des musées, il n’y a pas grand-chose à craindre. Hormis si elles sont dérobées pendant le transfert. Mais j’ai veillé à ce que cela n’arrive pas. » dis-je sur un ton léger.

Nous fûmes interrompus par d’autres invités venant nous faire part de leurs impressions sur l’exposition et je du répondre à quelques questions supplémentaires au sujet de l’illustre reine d’Égypte, puis l’une de nos interlocutrice demanda : « Avez-vous prévu d’autres évènements autour de cette exposition pour les jours à venir ? »
Je jetai un regard complice à ma collaboratrice, puis répondis : « Cette conférence aura lieu toute les semaines, pendant toute la durée de l’exposition, qui débutera officiellement lundi. Nous avons également prévu quelques journées destinées aux enfants, avec un parcours pédagogique adapté, corrigez-moi Giulia, si je ne m’abuse… » J’avais une vision de l’ensemble du programme, mais je n’avais pas toutes les dates en tête. C’était mon assistante qui gérait mon planning. D’autant plus que Giulia m’avait fait part de son souhait d’organiser quelques autres évènements particuliers autour de cette exposition qui lui tenait visiblement à cœur, et dont nous devions discuter d’ailleurs.
 
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Message posté : Mar 16 Juin 2015 - 2:37 Message
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La réception battait son plein. L’odeur délicate et alléchante des mets faisait l’écho des discussions sucrées de leurs convives, que Giulia écoutait d’une oreille distraite. Sa flûte roulant toujours au bout de ses doigts longs et délicats, elle se laissait conduire par son hôte distillant çà des saluts, là des sourires polis à l’attention des connaissances qu’elle parvenait à repérer dans la foule. En d’autres circonstances, elle se serait arrêtée pour se faire rappeler à leur bon souvenir, mais aujourd’hui une seule personne devait accaparer son attention ; Un charmant conservateur de musée avec lequel la Sicilienne avait des questions de grande importance à régler.

« Si fait », répondit-elle poliment à la question qu’il lui posait sur son incrédulité, l’accompagnant d’un sourire ravissant. Il la connaissait assez, depuis assez de temps, pour savoir que la Sicilienne n’était pas en reste culturellement parlant. L’Histoire était un de ses domaines phares, au même titre que l’était l’Art, car elle estimait entièrement l’impact de l’un sur l’autre. En outre, si ça n’avait pas été le cas, la Mancini aurait fait une bien piètre consultante. Or, elle était tout à fait réputée pour ses compétences dans son domaine. « Comme le tout un chacun, et vous le faites fort bien. Mais vous l’avez dit, assez compliments ! » Elle avait dissimulé son sourire au creux de son verre, tournant ses prunelles sur l’assistance bruyante qui évoluait autour d’eux. De compliments, la belle n’était pas avare. D’argent non plus. Ni même de temps. Pour ainsi dire, Giulia n’était tout simplement pas avare de sa personne, surtout lorsqu’il était question d’affaires qui comptaient à ses yeux. La transmission de l’Histoire en était une, son commerce florissant en était une autre.

« Oh ? » Elle s’était instinctivement penchée vers lui lorsqu’il lui avait avoué qu’il avait été très simple de faire venir les œuvres depuis l’Egypte, goûtant à son souffle au creux de son oreille. La simplicité était une donnée qui l’étonnât, tant il lui avait semblé que le conservateur se trouvait dans une impasse, même si le temps qu’il employait laissait entendre qu’il avait trouvé une solution. « Oh ! S’exclama-t-elle finalement, d’un air faussement outré. Vous êtes un taquin Monsieur Mercury. » Et d’une œillade, et d’un rire léger, elle s’en alla puiser l’inspiration dans un canapé qui passait à portée de main gourmande. Murmurant un remerciement au serveur qui s’était arrêté auprès d’elle pour qu’elle pioche allègrement dans les amuse-gueules, elle se tourna finalement vers son hôte qu’elle gratifia d’un des sourires en coin dont elle avait le secret. Ce n’était pas nouveau, mais elle avait appris à l’apprécier Raphaël, même si leur premier échange avait été… musclé ?

L’homme se rattrapa finalement en lui expliquant qu’il avait pu rapatrier les pièces grâce à ses contacts qu’il ne fut pas aisé de convaincre, ce dont elle ne doutait nullement ; Après tout, elle avait elle-même éprouvé quelques difficultés à se rendre au Moyen-Orient dernièrement ou à en faire venir des pièces. C’est pourquoi elle répliqua d’un air grave : « Oui, j’entends bien… » Elle écouta la suite pendue à ses lèvres, déglutissant de temps en temps quelques gorgées de champagne – lequel commençait à se vider d’une bien cruelle façon – et acquiesçant d’un léger signe de tête le reste du temps. « C’était en effet la plus sage décision, sourit-elle, d’autant que les choses semblent aller de mal en pis. Or, vous savez mon implication envers l’Art – comme envers le plus démunis. Elle appuya ses dires d’un coup d’œil entendu et d’une gorgée d’alcool. Ceci dit, je suis heureuse que vous ayez réussi à lui faire entendre raison. Ç’eut été dommage de passer à côté d’une si remarquable collection ! » La remarque sur les transferts et les risques qui y étaient associés, lui arracha un sourire amusé – quoique la situation ne s’y prête pas du tout. Mais elle était fort bien placée pour savoir de quoi il était question, puisqu’elle-même avait fait appel à des professionnels à de nombreuses reprises pour s’emparer de pièces à revendre, ou simplement à reproduire. La Mancini choisissait cependant exclusivement des collections privées, justifiant ses exactions par l’envie de faire profiter au monde de ces trésors cachés à la vue de tous. Une bien belle philosophie pour une criminelle. « Ah le larcin, plaie de de l’Histoire ! » Susurra-t-elle enfin avec malice.

Les invités ne cessaient d’aller et venir, les interrompant – parfois de façon très discourtoise – au milieu de leur conversation pour interpeller le conservateur sur le déroulement de l’exposition, et les événements à venir qui y étaient associés. Un autre de leurs sujets d’intérêt. Se perdant l’espace d’un instant dans les pensées des innombrables choses dont ils avaient à discuter, elle réagit maladroitement à son brutal retour sur terre lorsqu’il l’interpella. « Oui ! Oui, absolument. Dans un peu plus de quinze jours, si je ne me trompe pas dans les dates, une fois l’affluence de la nouveauté passée. Un flux de visiteurs qui allait s’annoncer continuel pour les premiers jours. Ça concernera surtout les écoles élémentaires des quartiers de Little Italy et de Lincoln, les plus défavorisées, mais si j’ai de la demande pour d’autres établissements, ça peut tout à fait s’étendre à d’autres quartiers, peut-être en modulant un peu le budget ? »

Elle jeta un regard interrogateur à son hôte, puisque c’était l’une des nombreuses choses dont ils avaient à faire mention en cette délicieuse soirée. La jeune femme n’avait jamais été très douée pour manipuler les chiffres, autrement elle ne se serait pas payé les services d’un comptable, bien plus compétent qu’elle dans le domaine. Mais pour ses associations, elle était capable de débloquer des fonds, souvent largement financés par des clients à l’air en échange de ses… services. Mais qu’importait la façon quand le résultat était là ? « Encore qu’entre les interventions à venir et les frais d’assurance…, glissa-t-elle au conservateur. Enfin, nous trouverons ! Nous nous sommes toujours débrouillés n’est-ce pas ? Un sourire confiant aux lèvres, la Sicilienne choisit d’évoquer un souvenir pour égayer la conversation. Oh, souvenez-vous de l’incident de l’exposition sur Le Samourai à travers les âges ! J’ai bien cru que nous ne nous en sortirions jamais ! Les japonais sont vraiment durs en affaire… » C’était peu de le dire. Ils avaient dû avoir recourt à des trésors de négoces, si tant est que Raphaël s’en souvienne.
 
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Message posté : Mer 17 Juin 2015 - 21:30 Message
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En compagnie de la plus ravissante des siciliennes, je me prêtais volontiers au jeu des mondanités de rigueur, saluant ici et là, chacun de nos convives, dont certains étaient d’emblématiques figures de Star City. J’étais à l’aise comme Poséidon dans son océan et je jouais mon rôle à la perfection, le plus naturellement du monde. La prudence était de rigueur naturellement, mais ne me demandait pas d’effort particulier, même si je savais que lors de ce genre d’évènement, il était coutumier que nos faits-et-gestes fussent susceptibles d’être épiés avec minutie par quelques commères de renom qui cherchaient désespérément à se mettre quelques croustillants potins sous la dent, tout comme cette journaliste du Daily Star Online venu couvrir l’exposition, et qui était certainement à l’affut d’un scoop à sensation que je ne comptais pas lui fournir ce soir. Les seuls faits qu’elle aurait à relater concerneraient la réception du jour, ainsi que la réussite de cette avant première. A moins que ne survienne un quelconque incident. Nous n’étions jamais à l’abri de rien, à Star City.

J’avais profité d’un instant d’intimité, si l’on peut dire, avec ma partenaire pour me livrer à quelque badinage d’un goût douteux. Pour quelqu’un trempant dans des trafics illégaux contre son gré, j’étais plutôt détendu au point même d’en plaisanter. Depuis le temps que nous collaborions ensemble, Mademoiselle Mancini commençait certainement à me connaître. Et si elle ne parvenait sans doute pas à complètement me cerner, du fait que je donnais toujours l’impression de ne jamais rien prendre au sérieux, elle avait au moins appris à ses dépends que je n’étais jamais en reste de plaisanteries. En revanche, je lui accordais qu’il était toutefois difficile de savoir lorsque je blaguais ou non. La jeune femme me rabroua gentiment avant de prendre ses aises dans un sofa non loin de là. Sans me défaire de mon sourire, je la suivis du regard tout en buvant une nouvelle gorgée de champagne. Je me rapprochai également du serveur qui tendait un plateau de savoureux mets à ma collaboratrice et piochai un petit feuilleté fourré au caviar dont je me délectai avec ravissement.

« Oui effectivement. » acquiesçais-je avec le sourire. Je connaissais bien-sûr les penchants pour l’art de mademoiselle Mancini, et j’avais déjà eu l’occasion de la croiser lors de galas dédiés à des œuvres de charités, comme celui qui avait eu lieu en fin d’année, où j’avais retrouvé mon ami qui officiellement nous avait quittés, Louis d’Ax. Pour ce qui était de sa satisfaction de constater la réussite de ce projet que nous avions monté tous les deux, je me contentai de lui adresser un sourire radieux en guise de réponse. Si elle avait émis des doutes ou des réserves quand au fait que je parvienne à obtenir les trésors du Caire. Moi en revanche, je n’en avais jamais douté une seconde, même si je lui avais laissé entendre le contraire. Si elle savait !
Elle ne manqua pas de rebondir sur l’allusion dissimulée dans mes explications à propos du transfert, et, lorsque l’on savait dans quoi la jeune femme trempait, son affirmation pouvait paraître on ne pouvait plus effrontée. Je ne m’en offusquai pas du reste, et mon sourire, s’il pouvait paraître de convenance, reflétait réellement mon amusement, car je jubilais tout autant qu’elle dans cette histoire. « Comme vous dites ! »

J’avalai la dernière gorgée de mon champagne, serrant de nouvelles mains, souriant à de nouveaux visages qui venaient par moment nous interrompre dans notre conversation afin de quémander des compléments d’information. La jeune femme se joignit à moi pour confirmer mes dires. « Tout à fait. » répondis-je à ma collaboratrice, puis me tournant vers la femme qui nous avait interrompus : « Si vous souhaitez obtenir le programme, adressez-vous à Mademoiselle Hawkins, mon assistante. » Je lui désignais la jeune femme d’un signe de tête. Cette dernière était en grande conversation avec le directeur du musée historique ainsi que notre confrère, propriétaire du musée d’art Kirby. « Merci bien, je vais y aller de ce pas. Merci encore pour votre remarquable travail, Monsieur Mercury, Mademoiselle Mancini. » Elle nous salua tout deux d’un signe de tête, puis s’éloigna. Puis, me tournant vers Giulia, je repris sur le ton de la conversation : « Le budget ? Ce n’est pas vraiment un problème… » J’interceptai le serveur d’un signe de main. Ce dernier récupéra nos flutes de champagne vide et nous en proposa de nouvelles, plus fraîches et plus pétillantes. « Je vous remercie mon brâve. » Je m’installai cette fois à côté de la jeune femme afin de trinquer avec elle. « Nous avons déjà établit un budget prévisionnel avec votre comptable. Je n’ai pas directement traité avec lui, mais c’est moi qui ai signé les documents. » dis-je avec le sourire, portant la nouvelle coupe de champagne à mes lèvres, puis je repris, de mon ton solennel de conférencier : « Le musée dispose déjà d’une plage horaire réservée aux scolaires, le mercredi, pour les expositions permanentes. Une enveloppe est déjà allouée pour les visites guidées de ce jour-là. Nous devrions réussir à répartir le restant du budget pour l’exposition ainsi que celui alloué par le musée pour subvenir à cette demande, si jamais d’autres établissements scolaires en faisaient la demande.» Elle fit bien de me rappeler les assurances. J’étais à l’aise avec les chiffres et la négociation commerciale, mais je n’étais pas très au fait de toutes les formalités administratives qui étaient gérées par mon assistante. C’était entre autre, l’un des côté de la modernité que je détestais. Il y avait de cela pas si longtemps de cela, sur mon échelle du temps, ce qui pouvait représenter une éternité pour un humain, nous ne nous encombrions pas avec toutes ces futilités. « Oui, je n’en doute pas. Pour tout ce qui est formalité, Kate, mon assistante, nous arrangera cela et nous sortira les documents en bonne et due forme. Elle a toute ma confiance. »

La jeune femme rappela à mon bon souvenir l’exposition sur le Samourai à travers les âges, l’une des toutes premières expositions que nous avions organisée ensemble et qui rencontra un franc succès. « Oui, il est vrai que cela n’a pas été une mince affaire. » ajoutais-je en riant. J’en gardais un très bon souvenir. « Les japonais sont quelque peu…pointilleux. » admis-je. La négociation à l’origine de l’exposition, je l’avais menée avec la jeune femme, avec laquelle je m’étais rendu au Japon lors de notre toute première collaboration. Parlant parfaitement le japonais, je m’étais beaucoup amusé à jouer les interprètes, interprétant non seulement ses propos, tout en négociant en sous texte dans la même conversation. « Il faut dire que vous êtes tout aussi dure en affaire qu’eux. La négociation était serrée. » Ce fut une négociation subtile à deux niveaux pendant laquelle, j’étais parvenu à faire passer mon caprice, à l’insu de la sicilienne, celui de pouvoir exposer un koto ancestral qui n’avait jusqu’alors jamais franchi les frontières de Cipango. Ce souvenir charriant avec lui d’autres délices liés à ce koto m’extirpa un léger rire, pouvant être associé à ce que je m’apprêtais à dire : « Fort heureusement, l’incident qui est survenu au musée durant l’exposition n’a eu aucune incidence sur les pièces de cette exposition. » La venue impromptue de Quirk n’avait affecté que l’étage réservé au paléolithique, fort heureusement. Mais naturellement, en apprenant la nouvelle, les japonais étaient montés au créneau, et il avait fallu jouer des pieds et des coudes pour leur assurer que les pièces prêtées étaient en sécurité. « Je me rappelle de cette histoire d’assurance et de caution que nous avions du verser, d’un montant exorbitant en guise de garantie pour maintenir l’exposition jusqu’à son terme. Une chance qu’aucun autre incident n’ai eu lieu entre temps ! Il faut dire que suite à cela, nous avons fait le nécessaire pour renforcer la sécurité du musée. »

Après trois coupes de champagne et que j’eusse le sentiment d’avoir salué et discuté avec à peu près tous les convives, j’interceptai l’un des serveurs à qui je donnais quelques consignes afin de faire monter quelques victuailles ainsi qu’une bouteille de champagne dans mon bureau. Je tendis ensuite la main à la jeune femme afin de l’inviter à se relever : « Que diriez-vous de faire un tour de l’exposition avec moi avant que nous n’allions parler affaire dans mon bureau ? Nous y serons plus à l’aise pour…discuter. » dis-je, agrémentant mon geste d’un sourire charmeur. Il n’était peut-être pas judicieux pour moi de continuer à m’abreuver de champagne. J’avais le sentiment de moins bien tolérer l’alcool humain depuis mon petit accident dans la dimension lyrique de mon frère.


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Message posté : Lun 22 Juin 2015 - 2:36 Message
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« Si elle a la vôtre, alors elle a toute la mienne, sourit-elle. Nous reparlerons de ça si l’occasion se présente. » La Sicilienne déglutit une gorgée d’alcool, renouant plaisamment avec le fil de la discussion. Elle fut ravi d’apprendre qu’il pensait possible de pouvoir concilier avec toute nouvelle demande de la part des établissements de la ville ; L’idée d’organiser des visites avait rapidement fait des émules, et il n’était pas impossible qu’elle soit approchée d’ici la fin de la semaine. Mais ce sujet ayant été évacué, ce n’était guère le moment d’y songer, aussi rebondit-elle sur les propos de son interlocuteur qui ventait ses prédispositions en négoces. Une charmante rougeur enflamma ses joues.

« Une femme dans un monde d’hommes, pensez-vous ! Il a bien fallu que j’apprenne à mordre. » Et elle dévoila son plus beau sourire, le plus carnassier. Car c’était peu de le dire ; La place de la femme dans la société mafieuse était loin d’être enviable et la sienne n’y avait pas fait exception. Elle différait, certes, de celles qu’avaient pu connaître ses aînées, et elle avait réussi à se faire sa place dans le monde des affaires. Mais quelle place ? Jamais elle ne pourrait prétendre de gérer les affaires familiales, c’était une tâche échue à ses frères. Quand bien même était-elle la plus apte à le faire. Sa condition ne le lui permettait pas. « Ne m’en parlez pas… Les conséquences sur nos affaires avec le Japon auraient été catastrophiques. On aurait pu tirer un trait sur De l’ère Meiji à l’ère Heisei de la fin d’année. » Une micro-exposition relatant la fin de la politique d'isolement volontaire Sakoku et le début de politique de modernisation du Japon. Ils l’avaient évoqué à la suite d’un repas d’affaire où ils avaient discuté du franc succès de leur dernière exposition, et de la façon dont ils pourraient en tirer parti. « Ou se satisfaire des collections privées. » Ce qui n’était pas un mal en soit, mais qui n’avait pas tout à fait la même saveur qu’une collection publique, et qui ne leur permettait guère de développer leurs relations à l’international.

Elle éclata de rire lorsqu’il mentionna l’incident qui était alors survenu. « Oh oui, je ne m’en souviens que trop bien ! S’exclama-t-elle. Je crois n’avoir jamais autant espéré que la soirée se passe de la façon la plus ordinaire possible. » Dans la ville des supers, les incidents n’étaient pas rares, et si des mesures avaient été mises en place pour lutter efficacement, c’était bien parce qu’ils avaient dans un premier temps eu lieu. « Et pourtant, enchaîna-t-elle, c’était votre remplaçant qui assurait la dernière conférence – la seule à laquelle j’ai pu assister étant donné que les autres coïncidaient mal avec mon voyage d’affaire à Séoul. Un homme charmant, mais guère éloquent… Moins que vous en tout cas. Elle agrémenta le compliment d’une œillade entendue. Si le sujet ne m’avait pas tenue éveillée, je pense que j’aurais pu m’endormir. Sans vouloir vous vexer naturellement ! » Loin d’elle l’idée de vouloir moquer l’adjoint de son délicieux hôte, ce n’était guère dans ses manières. Même si il était vrai que l’homme, d’un certain âge, n’était pas d’une vivacité éclatante, elle l’appréciait et le respectait profondément. « Finalement, on peut dire que l’incident nous aura été… bénéfique ? » Et un clin d’œil finit d’agrémenter son propos.

« Oh, je ne dis pas non. Soit l’alcool me monte à la tête, soit la réception se fait plus bruyante de seconde en seconde. » Elle ne rejetait ni l’une ni l’autre des hypothèses. Il était vrai que le fil des conversations allait bon train. Elle parvenait çà à intercepter un rire éclatant ou haut-perché, là une bribe de conversation mondaine et sans grand intérêt. De temps en temps, elle entendait parler de l’exposition et elle tendait l’oreille pour quérir les ressentis des convives. Mais à mesure que le temps s’écoulait, la ferme emprise de la migraine sur ses tempes s’était vue croître et ronger peu à peu sa concentration. Finalement c’était les dents effilées d’un étau qui s’étaient refermées sur elle, et venait sourdre à chaque éclat de voix comme un coup de burin dans son crâne. Glissant sa main délicate dans celle de Raphaël, Giulia se laissa guider au travers de l’exposition, commentant et conversant des vitrines sur lesquelles son regard s’arrêtait. La visite dura un instant ou une éternité, jusqu’à en tout cas que son regard, comme son esprit, ne se figent totalement.

Une sculpture de lapis-lazuli, ciselant amoureusement des formes généreuses et des traits lourds mais reconnaissables entre tous. Des orbites serties de lazulite qui semblaient étinceler. Et son souffle lui fut cruellement arraché. « C’est une beauté, murmura-t-elle conquise, et le reflet des joyaux anima la flamme dans ses yeux, la plus pièce qui m’ait été donnée de voir, je pense. Elle jeta un regard entendu à son interlocuteur, avant de le reporter amoureusement sur la caryatide. La représentation est étonnante, regardez ! Sa voix vibrait d’excitation. Non pas belle, contrairement à toutes les autres pièces qui représentaient une Théa Philopator idéalisée, mais charismatique. Magnétique, précisa-t-elle. Beaucoup d’auteurs antiques avaient insisté sur sa magnificence, qui pour certains frôlait le divin. Mais plus encore s’étaient appesantis sur son charme, son charisme qu’agrémentait une puissante aura de séduction, qu’une voix envoûtante et qu'un esprit acéré ne savait que mieux encore mettre en valeur. Plus que la Reine, au mythe, c’était à la Femme que l’œuvre rendait hommage, avec une ardeur telle qu’elle se sentait profondément émue. Quelle souveraine était-ce, réellement. Cette exposition lui rend tout à fait hommage. J’aurais bien levé mon verre pour vous porter un toast mais… » Mais elle n’en avait plus, et la soif commençait à parcheminer sa gorge. Elle avait volontairement laissé la phrase en suspens, ourlant ses lèvres du sourire amène et un brin taquin qu’il lui connaissait bien. C’était ainsi entre eux !


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Message posté : Jeu 25 Juin 2015 - 0:53 Message
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J’ignorais si l’alcool pouvait être tenu pour responsable de la couleur rosée qui pimenta les joues de la jolie sicilienne, ou si elle devenait tout à coup plus sensible à mes flatteries. Quoi qu’il en soit, ce détail ne m’avait pas échappé et je me félicitais de cette déshinibition soudaine. Je détournai les yeux tandis qu’un léger sourire étira mes lèvres à ses propos. Cette gêne soudaine était feinte naturellement. J’avais moi-même eu l’occasion d’expérimenter le coté revêche de la demoiselle, qui avait effectivement fait preuve de fermeté et de détermination afin de m’obliger à collaborer à ses trafics peu légaux. Trouvant la situation toute aussi intéressante qu’amusante, je ne lui avais pas opposé beaucoup de résistance. Je m’étais montré docile, afin d’observer sa manière de faire, et je devais avouer que je prenais encore un malin plaisir à me laisser mener par le bout du nez. Pour combien de temps encore ? Difficile à dire. J’étais joueur et je comptais laisser planer l’illusion le temps que le jeu en vaudrait la chandelle.

« Les clichés ont la vie belle ! Les hommes ont tendance à sous-estimer ce que d’aucuns qualifieraient de sexe faible. » C’était un bien triste constat d’ailleurs. Cette discrimination était hélas encore bien ancrée dans les mentalités contemporaines de certaines communautés. Compte tenu du caractère bien trempé de la sicilienne, je ne doutais pas une seconde de la piquer au vif en tenant pareil discours. « Savez-vous pourquoi ? » demandais-je, d’un ton professoral mais enjoué. Même si mon léger sourire ne m’avait pas quitté, qu’elle se rassure, je n’étais pas du tout de cet avis pour la simple et bonne raison que ces considérations étaient typiquement humaines. D’où je venais, le sexe n’avait pas d’importance sur la place de l’individu dans la société. Une déesse avait tout autant de légitimité et de pouvoirs qu’un dieu. « Les hommes ont toujours été effrayés de ce qu’ils ne comprennent pas et de ce qui leur est étranger. » C’était un constat de tout temps, et l’Histoire l’avait maintes fois illustré. « Et surtout… » Je réduisis la distance qui me séparait de l’oreille de la jeune femme vers laquelle j’inclinais légèrement la tête afin de lui susurrer à l’oreille, l’œil brillant d’un éclat de malice : « …ils ont peur de l’emprise redoutable que peut avoir une femme sur eux. Pour peu qu’elle sache faire bon usage des armes… naturelles en sa possession. » Comme pour étayer mes dires, mon regard impudent vagabonda jusqu’à son décolleté, avant de remonter lentement le long de son cou et de se fixer à nouveau sur les traits délicats de son visage. En reprenant une distance convenable, je poursuivis, un sourire en coin : « D’ailleurs, Cléopâtre l’avait très bien compris… ce qui fit d’elle l’illustre reine d’Egypte Antique que nous honorons aujourd’hui. »

La conversation repris son cours et l’évocation de l’incident de fin d’année qui avait froissé mes confrères japonais n’était plus qu’un souvenir bien qu’il ai couté quelques centaines de milliers de dollars au musée. J’avais été contraint de me rendre au Japon de toute urgence suite à cela, et effectivement, mes conférences avaient été assurées par mon collaborateur, monsieur Matthews, un homme d’une quarantaine d’années bien tassées, historien brillant, spécialiste de l’Asie orientale, dont l’élocution plus académique n’était, de toute évidence pas tout à fait au goût de mademoiselle Mancini. « Oh vraiment ? » m’étonnais-je avec amusement, jouant parfaitement de fausse modestie. « Monsieur Matthews est pourtant un brillant académicien. Je vais finir par croire que vous me flattez encore une fois. » plaisantai-je en riant. « Vous ne me vexez pas du tout. En revanche, je suis ravi que mon style peu conformiste vous plaise. Pour tout vous dire, il n’est pas toujours aisé de nager à contre courant afin de bousculer les conventions établies depuis des lustres. Et tout à fait entre nous… » Je baissai d’un ton et me rapprochai une nouvelle fois de son oreille afin de lui faire une confidence : « … sans vouloir dénigrer qui que ce soit, je trouve les exposés magistraux, pompeux et d’un ennui mortel ! » En ce qui me concernait, j’étais plus proche de mon auditoire que j’aimais interpeler régulièrement et avec qui j’aimais interagir, ponctuant mes exposés d’anecdotes diverses, saupoudrées d’un trait d’humour quand le sujet le permettait. J’avais une manière très personnelle de narrer les faits, et je visais à rendre le tout vivant et agréable, ce qui déplaisait à bon nombre de mes pairs trop académiques, qui voyaient d’un œil critique les libertés que je me permettais. Ce qui les énervait d’autant plus, était que j’étais naturellement brillant et juste, malgré mon jeune âge – je passais pour un érudit – que chacune de mes conférences faisait salle comble, et que les résultats pour le musée historique étaient au rendez-vous.

« On peut dire cela oui. Oh ! A ce propos, j’ai déjà commencé à travailler avec Akatsu-san sur cette nouvelle exposition que je compte aborder sous un angle légèrement différent de la précédente. » Takeshi Akatsu était le conservateur du musée de Shibuya, à Tokyo. « Je vous réserve quelques surprises. » dis-je, lui adressant un clin d’œil espiègle.

***

La jeune femme ne se fit pas prier pour m’accompagner dans la galerie dédiée à l’une des reines les plus charismatiques que la terre ait connue. Les convives, tous occupés à converser autour du buffet avaient déserté les salles du musées. J’en profitai pour entraîner la jeune sicilienne dans mon sillage et nous nous éclipsâmes en toute discrétion. Ainsi, nous pûmes retrouver un instant de calme flânant parmi ces pièces chargées d’histoire. Je m’improvisai guide afin de lui présenter avec passion chacune des pièces de collection qu’elle n’avait sans doute pas encore pris le temps de contempler, m’attardant sur celles qui faisaient s’illuminer son regard admiratif, la questionnant, puis répondant avec précision à ses interrogations tout en prenant garde à ne point trop en dire.

La jeune femme se figea devant le clou de la collection, pour mon plus grand plaisir. Elle avait sans doute vu cette pièce parmi les photos que je lui avais présentées dans le dossier, mais la photographie ne servait pas du tout cette pièce d’exception, qui avait du lui paraître alors bien fade et insignifiante. La caryatide de lapis-lazuli qui retint toute l’attention de la jeune femme mesurait près d’un mètre de haut. Elle était avait été remarquablement bien conservée et les restaurateurs avaient sur lui rendre tout son éclat d’antan. Je gardai volontairement le silence afin de laisser la jeune femme quelques instant à son émois, jusqu’à ce qu’elle prenne la parole la première. « N’est-ce pas ? » répliquai-je avec le sourire. « Elle a été retrouvée dans le tombeau immergé de Cléopâtre et est effectivement très différente de toutes les représentations égyptiennes de cette époque. Cette pièce fait polémique depuis longtemps car les historiens ne sont pas tous d’accord sur sa datation. Une sculpture de lapis-lazuli de cette taille est d’une rareté sans précédent. Les tentatives de datation de cette pièce on démontré qu’elle relèverait de l’époque des Sumériens, soit quelque milliers d’années avant l’avènement de la dernière reine d’Egypte, ce qui est tout bonnement impossible, vous en conviendrez. A moins que le sculpteur qui l’ai faite n’ai été une sorte d’oracle ayant eu une vision prémonitoire. Mais les scientifiques réfutent cette théorie. Le mystère reste donc entier aujourd’hui, et des études sont toujours en cours afin de déterminer sa provenance. » racontais-je avec passion. Je jetai un regard en coin à la jeune femme dont le regard brillait, puis esquissai un sourire presque gêné. « Excusez-moi, je parle trop. »

Je levais de nouveau mes prunelles azur sur elle, la gratifiant d’un sourire charmeur, puis je me saisi de nouveau de sa main pour l’entraîner vers une porte au fond de la galerie, verrouillée. « Venez ! » J’adressai un signe de tête au surveillant de la salle posté là, puis empruntai la porte grâce à mon passe droit. Je guidai la jeune femme à travers les différentes salles du musée simplement éclairée des veilleuses de sécurité, jusqu’à atteindre l’ascenseur conduisant à l’étage inférieur où se trouvait mon bureau. Je laissai la jeune femme pénétrer dans mon antre qu’elle connaissait bien, puis refermai la porte derrière elle. La pièce était assez grande et très sobrement meublée. En son centre s’érigeait un bureau en bois foncé devant lequel était entreposé un fauteuil visiteur. Le mur du fond était constitué d’une armoire de classement et de quelques étagères remplie d’objets en cours d’étude. Sur la droite, la porte donnant sur un petit vestibule était fermée. Une immense fenêtre donnant sur une vision nocturne du Star Park se dressait sur la gauche entre une réplique d’une très célèbre toile de Botticelli représentant un de mes amours de jeunesse et un buste sculpté de Praxitèle. Deux divans en cuir se faisaient face sous la fenêtre, séparés par une petite table en verre sur laquelle était posée un seau de glace contenant une bouteille de cet excellent champagne que nous avions dégusté plus tôt, ainsi que deux flûtes et un plateau comportant un assortiment de victuailles.

« Je vous en prie, faites comme chez vous. » Je débouchai la bouteille de champagne un peu trop vite et la mousse s’échappa du goulot et...

Dé :
0 réussite : du champagne gicla sur Giulia.
1 réussite : du champagne coula sur ma veste, puis sur la table.
2 réussites : du champagne coula le long de la bouteille, puis sur la table.

« Navré ! Vraiment ! » Je contrôlais mes réflexes hors du commun afin de ne pas me précipiter trop vite sur l’un des verres.


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Message posté : Jeu 25 Juin 2015 - 0:53 Message
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Message posté : Mar 30 Juin 2015 - 3:59 Message
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Discuter avec Raphaël était toujours un plaisir, et elle ne le dissimulait guère. Le conservateur, non content de partager ses idées et ses goûts, était doté d’un esprit acéré qu’il était vivifiant de côtoyer. Malgré sa jeunesse, sa réflexion était sans pareille, et il savait tout à la fois jouer de charme et de provocation. Depuis le début de leur collaboration, Giulia n’avait pas un seul instant regretté le choix de l’avoir approché, et impliqué, fusse de façon peu conventionnelle. Et bien malgré lui.
Tout du moins le pensait-elle.

Elle lui avait lancé un regard en coin, courroucé, à la mention du sexe faible, mais s’était penché néanmoins vers lui lorsqu’il avait abaissé la voix, répondant ainsi à sa propre question. Elle avait étouffé une exclamation outrée lorsque le regard du conservateur s’était permis de folâtrer sur la courbure de ses seins. Avec un mouvement de recul, elle avait dardé ses prunelles pers dans celles de Raphaël et avait soufflé un « Vous êtes un goujat, monsieur Mercury ! » qui n’avait rien de convaincu, ni de convainquant. Et pour conclure, elle lui avait adressé du bout des lèvres un rictus amusé, et certifié la galéjade d’un clin d’œil complice. Jouer les prudes, Giulia savait le faire sans aucun mais aucun des deux n’étaient dupes, et elle ne ressentait guère le besoin de maintenir le masque avec lui ; La Sicilienne avait depuis longtemps compris que les armes dont l’avait parée la nature étaient faite pour être utilisée pour elle, et non contre elle. Elle s’y était dès lors employé avec application, et ça l’avait jusque-là plutôt bien réussi. Et puis… Les décolletés n’étaient-ils pas justement faits pour susciter l’intérêt ? « À Cléopâtre ! » Et en l’honneur de la Reine des Reines, Giulia avait levé son verre de champagne.

La conversation avait continué bon train, dans le flot des éclats de voix des visiteurs que l’alcool semblait désinhiber. Ils s’étaient épanchés sur le cas du Professeur Matthews où elle avait confié dans un gloussement un tantinet grisé, qu’elle le flattait peut-être bien encore. À dire vrai, c’était faux ; Giulia avait été la plus sincère du monde en ce qui concernait l’associé de Raphaël, et elle l’était tout autant lorsqu’elle lui dit qu’il lui rendait l’Histoire plus passionnante qu’elle ne l’avait jamais été. Nulle flatterie ne couvait sous ses dires, même si le champagne commençait doucement à faire son office et troubler son jugement. D’autant qu’il avait mis le doigt sur quelque chose qu’elle ne connaissait que trop bien : de la difficulté de bousculer les conventions établies. Dans un nouvel éclat de rire, elle avait accueilli la confidence qu’il lui glissait au creux de l’oreille et acquiescé vigoureusement. Cependant, en bonne professionnelle, elle recouvra aussitôt son sérieux lorsqu’il évoqua l’exposition qu’ils préparaient pour la fin d’année. La date se profilait doucement, au loin, mais en coulisse, on travaillait plus que jamais. « Des surprise, hein ? Elle plissa les yeux d’un air faussement suspect. Allons bon… Vous allez finir par m’intriguer. Le renflement du verre passa sur ses lèvres qu’étirait un sourire doux. Vous transmettrez mes respects à Akatsu-san, conclut-elle finalement, nous lui devons beaucoup. » Et c’était peu dire.

***

Docile, la jeune femme avait accepté de le suivre dans les galeries, le laissant se faire guide pour elle. Elle put apprécier les œuvres dont il lui avait mille fois parlé, celles, même qu’elle avait financé parfois en tirant de sa propre poche. Mais nulle photo, nul dossier ne rendait hommages aux pièces que son hôte était parvenu à faire rapatrier. Et parmi celles-ci, joyau entre les joyaux, la caryatide s’imposait comme la plus belle, la plus attractive, la plus précieuse.

Raphaël se fit fort de la lui présenter au mieux, n’omettant pas que des doutes planent sur sa provenance et sa datation exacte, ce qu’elle acquiesça d’un grave signe de tête, et rétorqua : « Ne vous excusez pas, voyons. Vos mots sont un baume pour l’esprit, souffla-t-elle conquise. Il y avait, dans sa voix, ce même éclat passionné. Elle détacha avec peine ses prunelles de la statue pour les tourner vers le visage de Raphaël. Peut-être un jour m’apprendrez-vous la véritable histoire de cette caryatide ? » Et de glisser sa main dans le creux de la sienne, dans une œillade entendue, se laissant entraîner dans le dédale d’un musée à la nuit tombée, jusqu’au creux d’un bureau qu’elle ne connaissait que trop bien. La Sicilienne apprécia de retrouver la fraîcheur et le parfum si caractéristique du conservateur, laissant plaisamment glisser son regard curieux sur les objets en cours d’étude qu’elle estima avec un sourire. Sur son invitation et en le remerciant, Giulia alla retrouver le creux du fauteuil de cuir qu’elle avait pour habitude d’occuper, pas mécontente de pouvoir délasser ses jambes fuselées, alourdies d’enivrement et d’être restée trop longtemps debout.

Mais c’était sans compter sur l’humeur de la soirée, et le goulot taquin d’une bouteille de champagne qui dégorgea un peu trop d’alcool, dans un pop sonore. L’écume mousseuse trouva refuge dans le revers de…

    Réussite : son décolleté,
    Échec : sa robe fuseau,


… imbibant profondément le tissu de sa robe hors de prix. Pour éviter d’en mettre sur les canapés de cuir, elle se leva brusquement. Un peu trop, puisque l’alcool lui monta soudain à la tête, l’étourdissant l’espace d’un instant. Elle bafouilla : « Non, nous vous inquiétez pas, voyons. Ce n’est jamais qu’un peu de champagne. Un sourire amusé vint agrémenter le regard qu’elle lui lança. Si vous aviez quelque chose pour essuyer, en revanche... ? » N’importe quoi ferait l’affaire, si tant est que ça puisse absorber le surplus de liquide qui commençait à s’insinuer contre sa peau avec un pétillement froidement désagréable.
 
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Message posté : Mar 30 Juin 2015 - 3:59 Message
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Message posté : Jeu 2 Juil 2015 - 2:58 Message
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De toute évidence, il n’y avait pas que mes conférences qui étaient peu conventionnelles. Mon comportement désinvolte bousculant également les convenances et la bienséance faisait parfois jaser dans le milieu mondain. En plus d’être beau parleur, il était de notoriété publique que je fusse un séducteur. Je ne m’en cachais pas, du reste. Cela était comme une seconde nature chez moi. En revanche, si je m’amusais des ragots les plus farfelus qui pouvaient circuler à mon sujet, du fait que je prenais un malin plaisir à charmer le tout venant, personne n’avait encore de preuve tangible à se mettre sous la dent concernant mes réelles fréquentations.

Mon charme divin n’avait d’égal que ma franchise. Sans honte aucune, je glissais à ma collaboratrice mon point de vue concernant les atouts dont la nature avait pourvu les femmes, qu’elle savait fort bien mettre en valeur, du reste. Si elle fit mine d’être froissée, son sourire en coin trahissait toutefois son amusement. Je me laissais aller à rire lorsqu’elle ne manqua pas de me remettre gentiment à ma place. « Vous trouvez ?» répondis-je en riant. Je ne cherchai même pas à démentir. Je ne m’en offusquai pas le moins du monde. Nous trinquâmes ensuite à Cléopâtre qui me servit subtilement d’alibi pour justifier mon écart de conduite totalement assumé.

Je gardais le suspens concernant les surprises que je réservais pour la prochaine exposition sur l’histoire passionnante du pays du soleil levant et mon teaser avait fait son effet et suscitait déjà l’intérêt de la jeune femme. « C’est exactement l’effet escompté ! » avouais-je avec un sourire taquin. Il était cependant prématuré pour en dévoiler d’avantage. Même si elle décidait de se montrer insistante, j’étais résolu à jouer le jeu du silence, dans la joie et la bonne humeur. « Je n’y manquerais pas. » de faire passer le message à mon collaborateur japonais.

***

Nous restâmes quelques longues minutes devant la caryatide devant laquelle je m’emballais quelque peu, mais avec modération toutefois ; m’en tenant scrupuleusement aux théories soutenues par le commun des historiens contemporains, ainsi qu’aux résultats scientifiques des analyses menées sur cette merveille. Tandis que j’invitai la jeune femme à me suivre, ses dernières paroles au sujet de cette somptueuse sculpture en lapis-lazuli sonnèrent comme une invitation à la confidence. Je souris. Elle ne croyait pas si bien dire. J’étais l’illuminé, qui avait osé proposer la théorie du sculpteur clairvoyant, mais n’ayant aucune preuve tangible pour étayer cette théorie, elle avait naturellement été rejetée par mes pairs. « Qui sait ? » répondis-je avec malice. Était-ce là véritablement le souhait d’un historien en quête de réponses voulant relever le défi, ou bien une taquinerie de la part d’un dieu de l’Olympe qui en savait bien plus qu’il ne voulait en dire ?

J’avais entraîné mademoiselle Mancini dans mon bureau afin de pouvoir converser avec elle en toute liberté, sans prendre le risque d’être épié par des oreilles indiscrètes. A peine l’eus-je invitée à prendre ses aises, qu’elle avait tout naturellement pris place sur le divan, comme les fois précédentes. J’ignorais si je devais tenir l’alcool pour responsable de ma brusquerie, mais le bouchon de champagne fit une embardée, délivrant le contenu doré et pétillant de la bouteille qui inonda la robe de la sicilienne. On aurait pu croire que je me sentais un peu gauche de n’avoir pas empêché cette effusion de champagne. Peut-être que l’alcool était effectivement en train de me monter à la tête également. Je m’étais excusé avec mon naturel sourire nonchalant lorsque la jeune femme s’était levée avec précipitation, puis j’avais reposé la bouteille sur la table. J’accrochai un instant son regard amusé qui trouvait naturellement écho dans le mien. « Oui, bien-sûr ! »
Je me dirigeai à l’opposé de la pièce, vers la porte fermée à clef du vestibule que j’ouvris en toute hâte et en toute discrétion. J’avais été de toute manière trop rapide pour que quiconque n’ai pu déceler quoi que ce soit.
Je disparu quelques secondes dans la petite pièce renfermant un placard, entre autre, contenant quelques costumes de rechange, prévus pour palier à ce genre d’incident, en l’occurrence, ainsi que lorsque j’improvisai un déplacement de dernière minute, ou encore lorsque je décidai de me rendre au musée par mes propres moyens. Les vêtements humains avaient tendance à se désintégrer à Mach 1. Derrière le fond du placard était dissimulé un coffre, dans lequel je disposai généralement mes effets divins, lorsque je choisissais la voie des airs pour me rendre au musée. Comme aujourd’hui.

Je revins avec une petite serviette éponge blanche que je tendis à la jeune femme. « Tenez. J’ose espérer que cela fera l’affaire. Je suis d’une maladresse ce soir !… » J’allais ensuite chercher une boîte de mouchoir dans un des tiroirs de mon bureau afin d’éponger la table également, récupérant au passage, dans ce même tiroir, une chemise en cuir brun contenant les quelques documents que la jeune femme convoitait. Je posais celle-ci sur le coin du bureau avant d’aller m’affairer sur la petite table où je remplis cette fois les deux flutes sans autre débordement. « Ce doit-être l’émotion. » lâchais-je au débotté, sans me défaire de mon sourire. « Vous m’avez troublé. Est-ce que ça va aller ? Vous voulez une autre serviette ? Je suis navré, j’ai quelques tenues de rechange, mais je n’ai pas de robes. » dis-je en plaisantant. Compte tenu de notre différence de taille, je doutais de toutes façons, que quoi que ce soit m’appartenant puisse lui seoir.
 
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Message posté : Ven 10 Juil 2015 - 4:01 Message
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Elle l’avait observé se lever, puis avait dirigé son regard sur la large tâche sombre qui tendait à s’étendre, tirant entre ses longs doigts fins le tissu de sa robe pour minimiser le contact avec sa peau. En moins d’une fraction de seconde, il était reparu à ses côtés – c’était d’ailleurs à croire qu’il ne les avait jamais quittés – et lui tendait un petit carré blanc. Giulia, en saisissant la serviette dans le creux de ses mains, le remercia du regard et d’un sourire, s’affairant à essuyer le surplus d’alcool sur son vêtement hors de prix. Elle doutât que le pétillant abîme réellement les mailles de la flanelle dont était composée sa robe, mais dans le doute l’emmènerait dès le lendemain au pressing. Sans qu’elle y apporte un attachement particulier, la Sicilienne était une femme ordonnée et précautionneuse, d’elle-même et de ses biens. Levant ses prunelles pers vers lui, les lèvres toujours tordues d’un sourire amusé, la jeune femme tenta de rassurer son hôte tant qu’elle le pouvait. « Ça ira, ne vous en faites pas. Une fois son œuvre finie, elle plia consciencieusement le carré de serviette éponge et le posa sur la table basse, côté sec contre le verre qu’elle ne voulait pas entacher. Elle aurait de toute façon fait un petit détour par le pressing, cette matière ne supporte guère les traitements… conventionnels. »

Dans un mouvement souple, qui ne justifiait d’aucun commentaire, la jeune femme cueillit entre ses mains la précieuse chemise marron écornée, et la glissa aussitôt dans son sac sans même prendre la peine d’en vérifier le contenu. Car elle savait très bien ce qu’elle dissimulait dans son revers, c’était, après tout, la raison même de sa présence ici. Cinq certificats seulement, cette fois-ci, se trouvaient au cœur de la pochette pour une valeur estimée à plus de cinq cent millions de dollars ; Deux attesteraient de l’authenticité d’œuvres méconnues de Francis Bacon, un certifierait un Klimt hors-de-prix, les autres se chargeraient de faire foi de deux François Bricq à l’hyperréalisme troublant. Non, elle n’avait guère besoin de vérifier le contenu de la pochette, car elle savait – ou croyait savoir – que Raphaël ne se risquerait pas à jouer avec de telles sommes d’argent. Ou tout du moins, elle l’espérait pour lui. Mais après tout, il n’avait jamais trahi sa confiance, et alors que les choses fonctionnaient pour le mieux entre eux, elle ne voyait pas la raison qui pourrait le pousser à vouloir se jouer d’elle.

Par réflexe, elle tourna et retourna néanmoins son anneau enchanté autour de son doigt, reposant sa confiance sur sa capacité à la protéger. Sans savoir néanmoins que de tels artifices ne fonctionnaient que sur les êtres humains normaux, et que le conservateur, malgré son air et ses manières, n’en était pas tout à fait un. Giulia accueillit la galéjade d’un rire clair, détournant ses yeux sombres des reflets sanglants de la bague pour les planter dans les iris azuréens de son hôte. « Ça doit être ça oui, souffla-t-elle dans une confidence charmante. Il paraîtrait que je fais cet effet aux hommes. Le charme méditerranéen sans doute. » Giulia s’amusait de ses origines, dont elle n’était pas sans tirer une certaine fierté. Mais malgré le sang qui coulait dans ses veines, la jeune femme était bel et bien américaine, née et élevée sur le territoire de la Liberté, et n’avait jamais vu sa Sicile chérie où le nom des Mancini avait été largement décrié. Mais ça, elle n’en avait bien sûr jamais rien dit. « Je pense que ça ira, ne nous inquiétez donc pas tant ! Rit-elle. Elle entrouvrit les lèvres un instant, puis les étira dans un sourire amusé lorsqu’il se désola de n’avoir guère de quoi lui permettre de se changer. À n’en pas douter, une grave faute Raphaël ! Le rabroua-t-elle faussement. Mais plus sérieusement, je sais que vous disiez ça sur le ton de la badinerie, mais si vous aviez quelque chose pour que je la mette à sécher le temps de notre échange… Je ne vous en serai que plus reconnaissante encore. » Elle avait dit cela d’un ton humble, non faussé celui-là. Pour une personne toujours tirée à quatre épingles comme elle, ça n’en serait que plus gênant de se présenter avec des vêtements souillés, et plus désagréable encore de sentir contre sa chair échaudée par l’alcool le tissu humide. Quant à la reconnaissance qu’elle avait pour lui,… Elle devait admettre qu’il lui était d’une aide inestimable.

Elle se dévêtit lorsqu’il revint quelques instants plus tard, lui tendant une chemise quelques trois fois trop grande pour elle, qu’elle passa avec un soupir de contentement. Le contact frais du coton et l’odeur propre du col la ravirent au plus haut point, de même que le pan adéquat qui folâtrait sur ses cuisses, juste assez longue pour cacher ce qu’il lui fallait ; Sans doute ignorait-il son amour pour les longues blouses, dont elle se parait dans le creux de son intimité, lorsqu’elle laissait son propre art s’exprimer au sein de son atelier. Elle n’y était jamais que plus à l’aise, sans doute parce qu’elles lui rappelaient une place qu’elle ne tiendrait jamais vraiment au sein des affaires et au sein de sa famille. Comme un pied-de-nez à son statut de femme. Délaissant ses hauts talons, la Sicilienne étendit sa robe face à la fenêtre entrouverte puis revint s’installer sur l’un des canapés de cuir, pour continuer de converser avec son hôte. « Puisqu’il nous semble avoir délaissé le cadre formel de nos affaires, parlez-moi de vous. Un sourire ourla sa lippe rosée. Comment vous portez-vous ? » Hors du cadre de leurs affaires officielles, entendait-elle.
 
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Message posté : Mer 15 Juil 2015 - 10:59 Message
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Je me contentais d'un sourire entendu envers la sicilienne dont je venais maladroitement de ruiner l'habit. La jeune femme s'empara aussitôt de la pochette contenant les certificats que j'avais falsifiés pour elle. La pochette contenait quatre feuillets signés de la main de conservateurs différents, des confrères, attestant l'authenticité des œuvres de Bakon et de Bricq. Je prenais toujours mes précautions afin qu'il ne soit pas aisé de remonter jusqu'aux petits trafics dans lesquels mademoiselle Mancini m'avait impliqué. Ainsi, en faisant signer les certificats par des pairs, je nous garantissais une certaine sérénité car il était ainsi plus aisé de brouiller les pistes.
Le cinquième certificat que la sicilienne attendait, était celui attestant l'authenticité du Klint, qui lui, était signé de ma propre main. Il ne figurait pas avec les autres dans la pochette de cuir dont la jeune femme, ne pris même pas la peine de vérifier le contenu. Elle me faisait aveuglément confiance, de toute évidence, ce qui me fit sourire, à la fois amusé et flatté par cet excès de confiance qu'elle me témoignait. A tort ?

Je ne visais aucunement à la biaiser, ni à la trahir pour l'instant, et je comptais lui remettre ce document, comme convenu. Enfin presque. Mais pour l'heure, nous avions plus urgent à gérer.
Je plaisantais sur la situation que je semblais prendre à la légère, comme beaucoup d'autres d'ailleurs, et mon aveu joueur fut accueilli avec amusement chez la jeune femme en qui je décelai une potentielle partenaire pour un jeu d'une toute autre nature.
Dans une négociation commerciale, existait toujours ce rapport de séduction, plus ou moins conscient entre le vendeur et l'acheteur, qu'il s'agisse du produit de la négociation ou du négociateur lui-même avec sa victime, et cela, la sicilienne l'avait bien compris. Je l'avais toujours laissée mener la danse jusqu'à maintenant, prenant un malin plaisir à me prendre au jeu de l'homme conquis, sur lequel elle exerçait son pouvoir sans modération. Je m'en amusais en réalité. La demoiselle était on ne pouvait plus charmante et séduisante, c'était indéniable ! Mais elle jouait également sur mon terrain de prédilection sans le savoir. Nous avions bien plus de points communs qu'elle ne semblait le penser. Et c'était en cela qu'elle me plaisait. La jolie plante n'était pas la seule à être consciente de son charme méditerranéen.

Continuant à jouer parfaitement la comédie du conservateur sous le charme, un nouveau sourire étira mes lèvres. Je détournai subrepticement le regard comme si je n'assumais pas tout à fait les propos troublés que j'avais pu formuler plus tôt. Balivernes ! Cependant, en parfait acteur, même désinhibé, il n'était pas aisé de deviner que je bluffais. Plus qu'un trouble, ce qui m'animait en réalité, était d'avantage la liesse de ce petit jeu, qui prenait une nouvelle dimension sous les effets notoires de l'alcool. "Je ne vous le fais pas dire!" admis-je, reposant mes prunelles azurée sur son joli minois. "C'est bien ce que je disais... redoutable !" dis-je en riant. Et elle l'était sans doute, qui plus est.

La jeune femme semblait, elle aussi, prendre d'avantage ses aises, et je me réjouissais qu'elle daigne enfin m'appeler par mon prénom. Pour toute réponse, je la gratifiais d'un sourire charmeur. J'avais très vite tenté d'abaisser cette barrière afin de réduire la distance sociale qui nous séparait, mais jusqu'alors, Giulia m'avait semblée se montrer plus ou moins réticente à l'idée, sans pour autant ne m'en avoir jamais fait part. Je ne m'en étais pas offusqué. J'avais pleinement conscience de la familiarité et de la proximité que cela impliquerait dans notre relation. C'était souvent un gage de rapprochement pour la plupart des humains et elle avait sans doute préféré maintenir une distance correcte entre nous par souci de professionnalisme. Cela ne m'empêchait pas de revenir à la charge de temps en temps, tout comme avec mon assistante, à qui j'avais très vite donné un surnom, bien que celle-ci se refuse toujours à ce genre de familiarité avec moi. Je n'en avais cure. C'était entre autre ce qui faisait jaser dans mon entourage professionnel, en plus de ma désinvolture et de mon érudition vis-à-vis de mon jeune âge, ce qui m'avait collé cette réputation d'anticonformiste dans le milieu.

Ma boutade fut accueillie avec sérieux et ce fut au tour de la jeune femme de me surprendre. Mon sourire se figea sur mes lèvres tandis que mon regard naviguait sur son visage afin d'évaluer le sérieux de son propos. Un éclat de malice s'alluma dans mes yeux. Je décidai de la prendre au mot et mon sourire s'élargit de nouveau. "Bougez-pas." Je m'en retournai dans le petit vestibule afin de jeter un œil à ce que je pouvais lui donner à se mettre. Je me saisi d'une chemise blanche, d'une marque hors de prix, tout ce qu'il y avait de plus classique. "Peut-être que ceci pourra..." commençai-je avant de tourner la tête. Je découvris alors la jeune femme en sous-vêtements dans le bureau par la porte du vestibule laissée ouverte. Mon regard s'égara un instant sur les courbes féminines de son corps. Je sentis la chaleur enflammer mes joues malgré moi. Amusé par cette situation des plus cocasse qui aurait sans doute provoqué quelques élans de jalousie chez un certain dragon, je souris. "... vous convenir en attendant." terminai-je à mi-voix. Il aurait été fort malvenu que quelqu'un fasse irruption dans mon bureau à cet instant, car la situation se prêtait tout à fait à nourrir l'imaginaire des esprits les plus retords.

Amusé, je ne me démontais pas. Je traversai la pièce afin d'aller déposer délicatement la chemise sur les épaules de la jeune femme. La scène n'était pas dépourvue de sensualité et la proximité nouvelle avec la jolie sicilienne aurait sans doute pu ajouter à mon trouble, si celui-ci n'avait été feint. J'étais grandement tenté de déployer mes armes afin de jouer avec elle à ce petit jeu de séduction, mais je savais pertinemment que la température risquait de grimper de quelques degrés dans ce bureau si je me mettais à lui sortir le grand jeu. Et pour l'heure, je m'en abstins. Je préférais encore la laisser mener la danse et continuer de lui laisser croire à l'emprise qu'elle exerçait sur moi afin de revenir au sujet qui m'intéressait. Car après tout, nous étions là pour parler affaire, à la base, non ?

Ma main effleura son épaule lorsque je relâchai la chemise. Après l'avoir enfilée, elle se déroba afin d'étendre sa robe sous la fenêtre entrouverte. "Voulez-vous que je fasse mander mon assistante afin de vous faire parvenir une tenue plus... adéquat et plus sèche ?" J'étais persuadé que Kate aurait dans son agenda, les coordonnées de quelques magasins et qu'elle saurait dénicher une robe pour mademoiselle Mancini, même à une heure aussi tardive.

Je m'installai dans le deuxième canapé en cuir, en face d'elle. Je souris une nouvelle fois, moins franchement cette fois-ci. "Ma foi, plutôt bien... hormis que...." commençai-je sur un ton gêné. "Je m'interroge sur ces œuvres que vous me faites authentifier. Je dois l'avouer. J'ignore qui sont vos acheteurs, mais vous savez... si elles venaient à être de nouveau expertisées, l'œil aguerri d'un expert verrait probablement la supercherie, d'aussi bonne qualité que soit la contrefaçon, certificat ou pas." Je n'étais pas du tout frileux, contrairement à ce que je voulais lui faire croire. Bien au contraire. Cependant, étant censé être un honnête homme au dessus de tout soupçons, je me plaisais à jouer les victimes innocentes. Je plongeai mon regard azuré dans les yeux de la jeune femme : "N'avez-vous pas peur que les originaux refassent surface un jour ? Mais peut-être êtes-vous en leur possession ?" Un moyen comme un autre de prendre la température de l'eau, afin de voir si mademoiselle Mancini était ouverte a la discussion. L'alcool l'y aiderait peut être. Je versais du champagne dans les deux coupes sans en renverser une goute à coté cette fois-ci.

 
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