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Une Nuit

 
Message posté : Sam 6 Juin 2015 - 20:46 Message
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6 juin 2015

— Pas mal.


Commenta sobrement Andrew en achevant de compter son butin de la soirée, torse nu dans le vestiaire — si l’on peut dire — du personnel, au New Star. L’adolescent n’était visiblement pas trop perturbé par la différence abyssale de carrure entre Vincent et lui-même mais à regarder le dit butin, la raison en devenait rapidement évidente. D’abord, les pourboires de la soirée étaient considérables et ensuite, les billets étaient suivis d’une demi-douzaine de numéros de téléphone, griffonnés sur des serviettes en papier, collectés au fil des tables, et qu’Andrew venait de rentrer consciencieusement dans le répertoire de son iPhone.

Il reposa son téléphone, enfila un tee-shirt et une veste puis jeta un coup d’œil à sa montre.

— Tu prends l’métro ? Toujours pas d’voiture ?

Comme parfois, Andrew avait remplacé son grand ami Jason au New Star. Il faisait de la sorte quelques soirées, ici et là, quand l’artiste ne pouvait pas se libérer d’un vernissage quelconque dans une galerie underground et c’était toujours pour lui l’occasion d’arrondir ses fins de mois et de gonfler son carnet de bal. Dragueur un jour, dragueur toujours, Andrew avait rapidement compris que la cordialité commerciale d’un bon serveur avait parfois des avantages tout personnels.

Il était tard, le bar était fermé, rangé, nettoyé et les deux employés précédaient la patronne à la sortie. Ils la saluèrent et se retrouvèrent dans la rue, par une belle nuit de printemps qu’Andrew, évidemment, jugea trop fraîche. Le ciel était clair pourtant et aucune brise n’agitait les arbres. Les deux jeunes hommes commencèrent à marcher.

— J’ai vu ton mec à la télé, l’autre jour.

Il suivait parfois l’actualité de la Légion des Étoiles, par un intérêt vague ou rêveur, et le physique de jeune premier de Thunder rendait ce passe-temps d’autant plus agréable.

— Franchement, avec ce sourire, il devrait trop jouer dans des séries.

C’était un beau compliment — mais quand on savait qu’Andrew considérait que tout le monde aurait dû jouer dans des séries ou des films, ou encore poser pour des peintures semi-abstraites déstructurées.

— Vous partez toujours, l’année prochaine ?

L’un des piliers du charme d’Andrew — et de l’abondance de son répertoire téléphonique — était sa mémoire phénoménale lorsqu’il s’agissait de retenir les petits détails de la vie des gens, même ceux qu’il ne voyait, comme Vincent, qu’une fois tous les deux mois. À chaque fois, il reprenait la conversation comme s’il leur avait toujours voué un intérêt — ce qui, du reste, était le cas la plupart du temps.

— Vous pourriez faire un truc genre Auberge Espagnole. Ou un road trip. Ça f’rait un super scénario : deux jeunes hommes beaux et passionnément amoureux se transforment peu à peu en adultes sur les routes de l’Europe. Entre le roman de formation et le porno chic, un film par Andrew Pennington.

Des mains, le réalisateur en herbe mima l’écran de cinéma. Il avait l’air d’avoir une idée très précise de ce futur Teddy du Festival de Berlin.

— Scène d’ouverture. C’est le soleil brûlant des premiers jours de septembre sur une route déserte de la Sicile. Jace Roberts, vu de trois quart, est penché torse nu sur le moteur fumant d’une voiture arrêtée sur le bas côté. Il se redresse, couvert d’huile de moteur. Vincent regarde l’horizon, une main au-dessus des yeux. On entend une musique de cordes. Noir. Chambre d’auberge. Le lit grince…

Une sorte d’explosion interrompit cette description prometteuse alors que les deux jeunes gens longeaient une série de résidences étudiantes, plongées dans le calme. Andrew sursauta, jeta un regard à Vincent puis autour de lui. D’un ton parfaitement catégorique, il dit :

— C’était un coup de feu.

Il ne posait pas la question. Les coups de feu, il en avait entendus plein et il les reconnaissait tous. Il était même à peu près sûr de pouvoir deviner le type d’arme. Hélas, le coup de feu avait résonné et il était difficile de savoir de quelle direction il était parti. Ils n’eurent bientôt plus à se poser la question cependant : une demoiselle échevelée émergea d’une ruelle entre deux résidences et se jeta dans les bras de Vincent.

Faut dire qu’il était plus rassurant, comme ça, de prime bord.

— Ils sont… ils ont… ils vont…

Sans hésiter, Andrew eut un réflexe qui pouvait paraître étrange, pour un type de sa carrure : il se plaça entre la ruelle et la jeune fille, comme s’il voulait faire rempart de son corps — et c’était le cas — les yeux fixés sur l’obscurité. Il n’eut donc pas la chance de voir la fille essoufflée s’évaporer entre les bras de Vincent et le tourbillon disparaître dans l’air de la nuit.

C’était une belle nuit d’été à Star City.
 
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Message posté : Dim 7 Juin 2015 - 12:26 Message
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    Cela faisait quelques jours que Vince avait reprit ses services au New Star. La Boss lui avait bien dit qu’il pouvait attendre encore un peu, mais il avait insisté. Il n’était pas question de continuer à se lamenter sur son sort. Et puis, ça allait un peu mieux. Bon, il avait rajouté de nouveaux scénarios à ses cauchemars, mais il n’était plus à sa près. Et entre ses entraînements divers, ses révisions et ses devoirs (plaisirs) de petit ami, Vincent finissait souvent complètement vidé la tête enfoncée dans son oreiller, prêt à plonger dans un profond sommeil. Malgré tout, il était content d’ajouter son travail à ses longues journées. Ca lui faisait du bien de revoir des gens, de les entendre parler de choses légères, de leurs problèmes de collocation (oui, ça sent le traumatisme) de leurs parents, de leurs petit(e)s ami(e)s, de leurs exams, de leur boulot… Tout cela l’aidait à faire une pause dans la vie un peu compliquée qui était la sienne. Dans les « vestiaires », le jeune homme enfila un tee shirt « civil », bleu clair, avant de jeter les quelques petits mots qu’il avait reçu. C’était important de ne pas se montrer trop inaccessible quand on avait ce genre de boulot, sinon, les pourboires en pâtissaient. Mais jamais Vincent ne gardait les traces de son succès après le service. Plus depuis qu’il sortait avec Jace en tout cas, et même un peu avant que leur situation soit bien officielle. Cela devait en attristait certaines, mais la plupart aimaient le goût du défi et renouvelaient leurs essais. Cela dit, en toute honnêteté, Vince trouvait cela plutôt flatteur.

    – Pourquoi j’prendrais une voiture ? Y a plein de transports à Star City. En plus, maintenant je sais voler, môssieur. répliqua-t-il gentiment.

    Certes, son vol n’était pas parfait et il l’empêchait notamment de brûler ses affaires, sacs de cours, vêtements et portefeuilles. Donc au final, ce n’était pas pratique. Et puis il avait encore un peu de mal à gérer les courants aériens que les bâtiments de la cité des étoiles rendaient traîtres. Mais bon, Andrew n’avait pas besoin de connaître ces détails.

    Andrew, c’était un pote de Jason qui le remplaçait de temps en temps au bar. Un artiste lui aussi. Carrément original. Au début, Vince avait eu du mal à bien saisir le personnage… Bon, en toute sincérité, il avait encore du mal. Mais il s’y était habitué et commençait même à l’apprécier. Ca ne voulait pas dire qu’il comprenait tous ses délires d’artistes, mais c’était amplement suffisant pour que leurs conversations ne soient pas un calvaire. De fait, faire un bout de chemin avec lui ne lui posa aucun problème. La référence à Jace fit sourire Vincent qui, encore une fois, se sentit fier d’avoir Jace Roberts en petit ami. Bien sûr, le fait qu’il soit un super héros ne comptait aucunement dans les raisons qui faisaient qu’ils étaient ensemble, mais maintenant, le barman en tirait une certaine fierté.

    – Nan… les séries, sauver le monde… ça serait trop. Il n’aurait plus de temps pour moi.

    Et cela relèverait du crime. Sérieusement.

    – Ouaip. Normalement j’aurais la réponse officielle de la fac à la fin du mois pour savoir dans quelle université j’irai. Mais dans tous les cas, ça devrait être bon. Ma demande à été acceptée.

    Si l’idée l’avait modérément enthousiasmé au début, aujourd’hui, il s’en réjouissait réellement. Quitter Star City quelques temps avec son homme ne pourrait leur faire que du bien. Et ça se voyait dans son intonation enthousiaste et dans son sourire. Un sourire qui éclipsait encore mieux les mauvais souvenirs de ces dernières semaines. D’ailleurs, il commençait à ne presque plus en montrer les signes. Mais cela ne l’aida pas davantage à comprendre ce qu’Andrew essayait de lui dire.

    – Porno… hey, calme tes ardeurs, Spielberg. lança-t-il non sans sourire.

    Mieux valait éviter de préciser que même après plusieurs mois de relation, les choses étaient toujours aussi torrides entre eux. Plus encore peut-être… et plus complexes, assurément. Mais là encore, les détails ne concernaient pas le réalisateur Pennington. Vince se contenta donc de rire à la scène d’ouverture décrite par son compagnon de route. Un détail l’intrigua cependant. Sa culture cinématographique européenne étant relativement (très très limitée), une question s’imposa :

    – D’ailleurs, qu’est-ce qu’elles ont les auberges espagnoles ?

    Mais il ne saura pas tout de suite (peut-être jamais) ce que les auberges espagnoles avaient de particulier car un coup de feu retenti. Vince avait bien compris que c’en était un. Sans en entendre tous les jours, ce n’était pas la première fois que ses oreilles captaient un tel bruit. Aussitôt, il se figea et leva la tête, alerte, pour essayer de déterminer la cause de cet éclat. Ca venait d’une ruelle. De là d’où provint une jeune fille qui tomba dans les bras de Vince. Il la retint de ses bras forts et doux pour l’empêcher de tomber.

    – Qu’est-ce qui vous arrive ? Est-ce que ça va ?

    Mais pour toute réponse, il obtint un courant d’air qui remplaça le corps de la demoiselle et qui se dissipa, telle une brume insaisissable. Elle s’était volatilisée. Littéralement.

    – Que… ?!
    Vince se redressa et observa les alentours, essayant de trouver une explication. Peut-être s’était-elle déplacée quelque part. Comme lui le faisait lorsqu’il se changeait en cendres. Mais il ne la vit nulle part. ni elle, ni son espèce de brume.

    – Elle a disparut… fit-il remarquer à Andrew.

    Mais le silence qui avait suivit ce phénomène mystérieux et inquiétant fut de nouveau bouleversé par un coup de feu… puis un autre. Quelque chose n’allait pas.

    – Ok, je vais voir ce qui se passe. Toi reste là et appelle les flics.

    Vincent n’aimait pas cette histoire. Mais il n’avait pas non plus aimé la tristesse et la panique qui avaient animé le regard de cette pauvre fille avant qu’elle ne disparaisse. Maintenant, il devait faire quelque chose, obtenir des réponses, n’importe quoi. Mais sans qu’Andrew soit blessé. L’étudiant ne supporterait pas qu’un de ses amis, ou même qu’une simple connaissance amicale comme Andrew se fasse tuer. Sans attendre de réponse de la part d’artiste, le barman fonça dans la ruelle. Au bout, il y avait un croisement, mais des sons violents l’aidèrent à choisir son chemin. Il y avait des cris maintenant. Des filles gémissaient, de peur, de souffrance même, et des hommes criaient, agressifs. La course de Vincent le mena dans la cours d’un jardin où il vit une fille assez semblable à celle qu’il avait tenue se débattre tandis que deux hommes, entre la vingtaine et la trentaine, essayaient de la maintenir au sol. L’un d’eux avait une arme, mais sa proie se débattait tellement qu’il n’arriva pas à la viser.

    – Noon ! Pitié !!! Laissez-nous !

    Elle fut reçue par une insulte qui lui ordonnait de se taire. Au même moment, un autre coup de feu fut tiré. Il venait de la maison qui était attachée au jardin. Une fenêtre fut la victime du coup de feu. Et à l’intérieur, d’autres altercations avaient lieu. Les bruits indiquaient encore que des hommes agressaient des jeunes filles. La colère anima Vincent et ses deux poings s’embrasèrent.

    – Hey !

    Les deux mecs s’arrêtèrent. De même que la fille qui leva la tête vers Vincent. Sa lèvre saignait, mais ce n’était pas ce qui était le plus étonnant. Elle ressemblait comme deux gouttes d’eau à celle qu’il avait tenue dans les bras une minute plus tôt.

    – Lâchez-la !

    Pour toute réponse, le type armé lui brandit son arme. Mais la jeune victime ne le laissa pas faire et lui administra un coup de pied juste avant que l’autre la frappe au visage. Vince en profita pour envoyer une poignée de flamme vers le mec armé. Il avait visé sa main pour lui faire lâcher son arme, mais il le toucha à l’épaule. Bon, tant pis, ça suffirait. L’homme se mit à hurler et à gesticuler pour éteindre les flammes. Ce que Vince ferait après s’être occupé de l’autre. Le pyromancien fonça sur celui-ci.

 
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Message posté : Lun 8 Juin 2015 - 15:28 Message
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— Euh. Ouais, on va faire ç…

Andrew n’eut pas le temps de finir sa phrase que Vincent partait en trombe vers la ruelle dont les coups de feu étaient partis. Le jeune homme poussa un soupir, jeta un regard à droite, jeta un regard à gauche, et disparut. Presque littéralement : il s’était élancé au pas de course lui aussi, sauf que son pas de course à lui dépassait les cent kilomètres heures. Et donc, même s’il avait emprunté un détour pour éviter de « croiser » Vincent, il arriva avant le jeune homme sur les lieux du drame et pénétra aussitôt dans la maison, jugeant que le pyromancien déboucherait sur le jardin et s’occuperait de ce dont il fallait s’occuper.

À part quelques meubles qui faisaient piètre figure, la maison était vide et Andrew supposa qu’elle devait être ordinairement inoccupée. Dans le salon éclairé seulement par la lune et les lampadaires voisins, au milieu de la poussière, une jeune femme se débattait pour échapper à deux hommes la menaçaient d’une arme. La jeune fille était en tout point semblable à la première et quelque chose dans la scène laissa Andrew perplexe. L’heure cependant n’était pas à la réflexion et il s’interposa entre les hommes et la jeune fille.

— Laissez-la partir.
— Dégage, gamin, c’est pas tes affaires.
— Bob ! Elle s’enfuit !

Derrière Andrew, la jeune femme avait profité de la diversion inespérée pour prendre ses jambes à son coup. Les deux hommes, ignorant l’adolescent, se lancèrent aussitôt à sa poursuite — tout du moins, ce fut ce qu’ils entreprirent, avant de se heurter, littéralement, à un Andrew très, très, très solide, qui s’interposa entre eux à la porte. Le choc renvoya l’un d’eux en arrière, à la renverse sur le plancher, l’autre aussitôt braquer son arme sur l’intrus.

— Je serais vous, je ne ferais pas ça. Faut se méfier des ricochets.
— Abruti…

L’homme baissa son arme tandis que l’autre se relevait.

— Elle s’est volatilisée maintenant.

Un juron violent monta du jardin. L’intervention de Vincent avait permis à la troisième femme de s’enfuir à son tour. Andrew fronça les sourcils. Son regard s’arrêta à la Croix de Saint Pierre qui servait de pendentif aux deux hommes.

— Et merde…

Le jeune homme disparut en trombe pour surgir dans une bourrasque, entre Vincent et ses propres ennemis. Il leva de chaque côté les mains en signe d’apaisement (et mieux valait ne pas tester sa résolution).

— Vous êtes des Chasseurs de l’Ordre de Saint Pierre.

On braquait trois armes sur lui.

— Nous ne vous voulons aucun mal. Nous ne savions pas qui vous étiez et ce que vous faisiez.
— Vous les avez laissées s’échapper.
— Et croyez bien que nous en sommes désolés.

Andrew jeta un regard insistant à Vincent.

— Tous les deux.
— Baissez vos armes.

L’homme qui dirigeait la troupe et qui ne devait pas avoir beaucoup plus de vingt-huit ou vingt-neuf ans, s’avança vers Andrew et Vincent. Au premier, il demanda :

— Comment savez-vous qui nous sommes ?
— Vous portez la Croix. J’ai beaucoup entendu parler de Frère Basile.

Aussitôt les quatre hommes (si je compte bien) se signèrent et regardèrent pieusement le sol. Après un instant de silence religieux, Andrew osa reprendre la parole.

— Qu’est-ce qu’elles étaient ?
— Des harpies.

Comme si cette conversation était encore parfaitement normale, l’adolescent esquissa une moue dubitative.

— En Amérique du Nord ? C’est quoi, la grande migration ?

Le chef le prit un peu de haut en soulignant :

— C’est le vingt-et-unième siècle. Les vampires prennent l’avion et les harpies les paquebots.

Le moine soupira et rangea son arme sous sa ceinture, à l’arrière de son pantalon.

— Je suis le Frère Supérieur Bob, voici Frère Kenny, Frère Josh et Frère Brad. On peut savoir ce que vous êtes ?
— J’m’appelle Andrew et lui, c’est Vincent.
— Non, il veut dire : le genre de choses que vous êtes.

La mâchoire d’Andrew se contracta légèrement.

— Vous n’êtes pas humains.
— Si.

Frère Josh eut un rire amer.

— Les humains n’envoient pas des flammes.
— Et ils ne courent pas à toute vitesse.
— Du calme, mes frères, du calme.

Sous ses airs vaguement diplomates, Bob n’avait pas l’air moins méfiant que ses comparses, lorsqu’il observait Vincent et Andrew.

— Nous avons autre chose à faire cette nuit. Quant à vous, veillez à ne plus vous mettre sur notre chemin.

Andrew hocha la tête. Les quatre hommes suivirent la direction de Bob et partirent par la ruelle. Le silence retomba dans le jardin, tandis que l’adolescent fulminait intérieurement. Il sembla soudain se rendre compte que cette conversation et ses talents à la course avaient peut-être ruiné sa couverture d’artiste inoffensif aux yeux de Vincent. Se retournant vers son nouvel ami, il marmonna d’un ton embarrassé :

— Longue histoire…
 
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Message posté : Lun 8 Juin 2015 - 20:57 Message
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    Le pyromancien eut à peine le temps d’amorcer son premier coup de poing qu’une silhouette familière lui fit barrage : Andrew. Mais que faisait-il ici ? Le poing toujours fermé, Vince observa ce qui se passait et écouta… sans être sûr de vraiment comprendre. Il voyait bien les croix qui ornaient les cous de ces types, mais vu la façon dont ils se firent le signe de croix, le muté les prit un peu pour des fanatiques. Et savoir qu’Andrew connaissait un « frère » assez impressionnant pour rabattre le caquet de ceux-là n’était pas non plus très rassurant. Vincent enchaînait les regards perplexes, que ce soit en direction de ces types ou en direction d‘Andrew. Aucun ne lui expliqua cependant ce qui se passait. Il daigna tout de même accorder deux secondes aux flammes restantes sur le bras de celui qu’il avait attaqué pour les éteindre mentalement. Ensuite, il comprit que les filles qu’ils avaient croisées étaient des « harpies » et que ces types ne voulaient pas retomber sur eux. Lorsqu’ils se retrouvèrent seuls, Vince fixa Andrew en quête d’explication, mais celui-ci se fit désirer.

    – Ok… alors résume-la !

    Il n’y avait pas vraiment de colère dans sa voix, surtout de la surprise et un peu de frustration peut-être, celle d’être resté dans l’ombre sans que personne ne daigne lui expliquer ce qui se passait.

    – C’étaient qui ces types ? Pourquoi est-ce qu’ils tiraient sur des filles ? dans le feu de l’action, Vince n’avait pas bien vu que les filles en question étaient en tout point identiques C’est quoi des harpies ? Et pourquoi tu n’as pas dit que t’avais des pouvoirs ?

    Parce que pour sa part, Vincent ne cachait pas spécialement cette information. Tout le monde au bar le savait, des employés aux habitués et le muté était persuadé que Jason s’en vantait aussi pendant ses vernissages. Bref, Andrew le savait aussi et l’étudiant ne comprenait pas pourquoi il n’en n’avait pas parlé. Il fallait dire que s’il comprenait l’utilité des super-héros, il avait plus de mal avec le concept d’identité secrète qu’il jugeait inutile.

    – Et désolé, mais non, je ne suis pas désolé ! Ces types ont agressé des filles sans défense. Elles les ont suppliés de les laisser. J’crois même que celle qu’on a croisé dans la rue est morte.

    Il était assez secoué. Un peu indigné surtout. Indigné qu’Andrew ne se soit pas davantage indigné de cette situation. Indigné que ce jeune homme qu’il croyait connaître, assez pour le penser… « normal » même si maintenant il n’utilisait plus trop ce terme, ne se soit pas davantage indigné devant de telles actions. Parce que le jeune homme était certain que ce qu’il avait vu était mal. C’était pour cela qu’il n’avait même pas hésité à intervenir. Alors il s’emportait un peu, mais il se calma, là. Et attendit que son collègue occasionnel lui donne une explication. Mains avant que l’amateur de cinéma ne réponde, une petite voix émana de la maison.

    – Ils sont partis ?

    Aussitôt, Vince tourna la tête. Il vit alors, sur le pas de la porte, une petite fille qui ne ressemblait en rien à celles qu’ils avaient croisées ici. Celle-ci était déjà plus jeune. Elle ne devait pas avoir plus de 10 ans. Elle était d’origine afro-américaine et elle était humaine. Elle avait également l’air effrayée. Devant une telle détresse innocente, Vincent s’approcha d’elle. Mais à peine fit-il un pas que la petite eut un mouvement de recul. Elle ressemblait à un petit animal acculé. Le jeune homme adopta immédiatement une voix plus douce. C’est vrai que si elle l’avait entendu s’exciter de la sorte, ça n’avait pas dû lui donner une bonne impression.

    – Hey… je ne vais pas te faire de mal. Est-ce que tu vas bien ?

    Le visage à moitié caché derrière la porte, la petite observa Vincent, puis Andrew. Comme l’étudiant resta à sa place, elle prit confiance. Assez pour reprendre la parole en tout cas.

    – Vous n’êtes pas avec eux ? Les méchants avec leurs pistolets ?
    – Non, ne t’inquiète pas, on n’est pas avec eux… N’est-ce pas ? fit-il en se tournant vers Andrew.

    A vrai dire, Vince aurait bien besoin d’une confirmation lui aussi. Mais la petite en savait assez. Elle quitta sa « cachette » et fila vers Vincent pour s’accrocher à sa jambe. Le jeune homme baissa aussitôt la tête vers elle. Elle tremblait comme une feuille et avait l’air d’avoir de la fièvre, à moins que ce que le pyromancien détecte soit la chaleur de ses larmes.

    – Est-ce qu’ils sont avec l’Ogre ?
    – Le quoi ? cette fois il savait ce qu’était un « ogre » mais il se demandait si cette enfant faisait référence à un personnage issu de son imagination ou à quelque chose… ou quelqu’un de bien réel. Il s’agenouilla pour se trouver au niveau de la petite fille. Raconte-moi ce qui t’es arrivée… comment cela se fait que tu sois dans cette maison toute seule ?
    – J’étais pas toute seule… les trois dames qui se ressemblent, elles m’ont amené ici pour me protéger de l’Ogre. Il… il a tué mes parents…

    De nouveaux tremblements s’emparèrent d’elle et une nouvelle vague de larmes débarqua. La petite enfouit alors son visage dans le cou de Vince pour y pleurer. Le jeune homme contracta la mâchoire. Un tic qu’il avait parfois. Merci Jace. Il tourna ensuite le visage vers Andrew et, avec une voix plus calme et un peu triste, il reprit la parole.

    – Et cette histoire là, tu sais de quoi elle parle ?

 
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Message posté : Lun 8 Juin 2015 - 23:47 Message
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Andrew eut très volontiers fourni des explications à la fois exhaustives et apaisantes, si Vincent lui en avait laissé le temps mais, de toute évidence, l’étudiant ne paraissait pas décidé à lui laisser le bénéfice du doute. L’adolescent haussa un sourcil, mi-dubitatif, mi-contrarié. Il n’était pas un grand amateur des procès d’intention mais il dut remiser sa rancœur quand une victime plus réelle entra en jeu. Laissant Vincent s’approcher de l’enfant, Andrew promena son regard aux alentours, à mesure que la petite donnait les bribes de son histoire.

Un ogre. Voilà qui n’était pas rassurant. D’autant moins rassurant que les ogres, il ne savait pas si ça existait vraiment. Il n’était pas un spécialiste en bestiaire magique et il devait sa vague, très vague connaissance des harpies à l’une des innombrables histoires de son mentor. Il n’avait jamais été un vrai super-héros cependant, du moins pas à ses propres yeux, et certainement pas un expert dans ce genre de choses. Il se sentait du reste beaucoup trop jeune pour gérer de but en blanc une petite orpheline.

— Euh… Ouais. Non. Plus ou moins.

Le jeune homme se passa la main dans les cheveux.

— Les frères de l’Ordre sont… disons des chasseurs de monstres. Le truc, c’est que leur définition des monstres laisse pas tellement de place à la souplesse. T’es pas humain, tu tombes dans la catégorie. Et, bref, c’est comme partout, de ce que j’ai compris, tous les vampires sont pas des monstres et…
— Les vampires, ça existe ?

Crotte.

— Hein ? Nan. C’était un exemple comme ça.

Très crédible.

— Et donc, les frères se fondent sur les légendes, puis sur des documents accumulés par l’Ordre au fil des siècles, le truc, c’est que les légendes reflètent la plupart du temps la vision que les humains ont des autres êtres. Type, les harpies. Dans les légendes, elles ont pas le beau rôle, mais en vrai, difficile de savoir si c’est des êtres malfaisants ou bienfaisants. Ou si y a un peu des deux. En tout cas, c’est des sortes d’esprits de l’air. Des créatures élémentaires.

La petite fille fixait Andrew et elle ne savait pas trop s’il était en train de lui raconter un conte de fées un peu maladroit ou s’il lui manquait une case ou deux.

Ces connaissances et les quelques informations qu’il possédait sur l’Ordre, Andrew les tirait toutes de Captain Kenya, qui avait eu un jour maille à partir avec le fameux Frère Basile. L’adolescent s’était d’ailleurs sagement abstenu de préciser la source de sa familiarité avec l’Ordre, pour ne pas s’attirer l’inimitié des quatre moines aux méthodes musclées.

— Faut juste éviter l’affrontement direct avec les frères de l’Ordre, surtout quand on est un méta. Ça peut vite dégénérer. Pour ça que j’les brossais dans l’sens du poil. Quant à mes pouvoirs…

Le Kenyan n’eut pas la chance de finir sa phrase : un grognement sourd monta du bout de la ruelle. Il fit aussitôt volte face et put distinguer, dans l’obscurité, à contre-jour d’un lampadaire, la silhouette massive d’un homme — et même beaucoup trop massive pour être un homme. La créature faisait un peu moins de trois mètres et ses muscles boursoufflaient sa peau au mépris de tout bon sens anatomique.

La gamine poussa un cri et s’agrippa à Vincent comme si sa vie en dépendait. Perspicace, la petite.

— C’est… c’est… c’est…

Les deux apprentis héros n’eurent pas besoin qu’elle finît sa phrase pour deviner de qui il s’agissait. Sans hésiter une seconde, Andrew déclara :

— Protège-la. Essaie de pas trop t’éloigner. Les harpies devraient revenir, elles chercheront ici d’abord. Je vais essayer de m’occuper de lui.

Andrew fit quelques pas en direction de l’Ogre et l’Ogre d’Andrew.

— T’inquiètes pas pour moi.

Facile à dire. À vue de nez, on aurait juré que l’Ogre faisait vingt-trois fois le poids du courageux artiste. D’ailleurs, quand il s’élança, sa course pesante fit crisser le bitume. Plus il approchait, plus ils pouvaient distinguer facilement les traits distordus de son hideux visage, où la bave coulait d’une bouche largement ouverte et hérissée de dents. Ses vêtements en lambeaux étaient encore couverts d’un sang qui appartenait sans doute aux parents de la petite fille.

En pleine course, il élança son poing pour écrabouiller Andrew — et reçut un uppercut sous le menton qui l’envoya voler un bon mètre en arrière. Dans une bourrasque de vent, l’adolescent se lança à son tour en direction de l’Ogre, qui se relevait en titubant — juste à temps pour se prendre un crochet du droit et partir s’écraser brutalement contre un lampadaire qui se tordit sous l’échec. Un cri enragé retentit dans la nuit et Andrew se mit en position défensive.

Il avait raison : mieux valait s’inquiéter pour l’Ogre.
 
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Message posté : Mar 9 Juin 2015 - 21:35 Message
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    Des chasseurs de monstre… ça lui rappelait une de ces séries que Holly regardait tout le temps. L’étudiant s’était forcé à s’y intéresser pour avoir un sujet de conversation à l’époque où il était attiré par elle. Mais aujourd’hui, il en avait oublié jusqu’au titre. Pourtant, les explications d’Andrew lui faisaient penser à ça. Toujours à genoux avec la petite fille dans les bras, Vince tournait la tête pour observer l’amateur de cinéma tout en l’écoutant. Ce qu’il lui disait lui faisait froid dans le dos. Ces types tuaient des gens justes parce qu’ils n’étaient pas « humain » ? Ok, c’était sans doute ironique de la part de Vincent, mais celui-ci ne pouvait entendre une telle chose sans se sentir indigné. Après tout, son cercle de connaissance comportait un homme qui se transformait occasionnellement en dragon. Eh puis, il repensait aussi à ces minuscules créatures inoffensives en suie qu’ils avaient rencontrées à Providence avec Jace. Selon Andrew, ces fameux frères les auraient détruites elles aussi. C’était… monstrueux justement. Et il ne parlait même pas de ces femmes qu’ils venaient d’apercevoir. Malheureusement, il ne pu demander plus de détails, ni même apprendre quelque chose sur la nature et les origines des pouvoirs manifestes d’Andrew. Car un monstre fit son entrée. Sans y réfléchir, le jeune homme entoura la petite d’un bras et la souleva. Elle tremblait tellement qu’elle serait incapable de bouger, hors, il valait mieux ne pas rester là.

    Quoique, Andrew semblait décidé à tailler une bavette avec ce monstre.

    – Heu…

    Le jeune homme hésita. C’est vrai qu’il venait d’apprendre qu’Andrew avait des pouvoirs, mais cela ne voulait rien dire. Même lui qui en avait ne se pensait pas capable de tenir tête à un tel monstre. Cela dit, son attention fut attirée par un cri étouffée : l’enfant était terrorisée. OK, agissons par priorités, il devait la mettre à l’abri.

    – Soit prudent ! lança-t-il avant de se précipiter à l’intérieur de la maison.

    La maison était… vide. Presque. Bon, au moins il n se prendrait pas les pieds dans le tapis. Ne pas aller trop loin. Ok, mais ça limitait les perspectives. Cependant, d’après les bruits de combat qu’il entendait, le jeune homme jugea qu’il valait mieux éviter de rester trop près du jardin. Mais il trouvait aussi les murs de cette maison bien fins. Or cet « Ogre » faisait dans les trois mètres, et vu ses muscles, sa force devait être assortie. Et en espérant qu’Andrew dispose d’une puissance équivalente, cela ne diminuait pas moins les risques de se recevoir un contrecoup en plein museau. L’étudiant courut donc avec l’enfant dans les bras pour traverser la maison et se retrouva à passer la prote d’entrée, la porte principale, pour arriver de l’autre côté. Il fit quelques pas dans l’allée pour bien s’éloigner et reposa la petite fille par terre.

    – Hey, ça va aller, ne t’inquiète pas…
    – Il va manger le monsieur.
    – J’suis sûr qu’Andrew va… ça va aller. Mais je devrais peut-être le rejoindre.
    – NON !!! S’il-te plaît monsieur, me laisse pas !

    Il n’eut pas le cœur à la laisser comme ça. Mais d’un autre côté, il s’inquiétait vraiment pour Andrew. On ne se refait pas. Vincent tenta alors de rassurer la petite.

    – Ca va aller, je vais revenir, je te le promets. Je m’appelle Vincent au fait. C’est quoi ton prénom ?
    – Alessa… Tu l’promets, dis ?
    – Evidemment. assura-t-il avec son plus beau sourire avant de se relever pour aller vérifier que l’artiste allait bien.

    Mais à peine s’était-il retourné qu’une voix froide résonna dans l’allée. Une voix de vieille femme.

    – Oui… laisse la petite… laisse-la moi...

    Aussitôt, le jeune homme fit volte-face. Presque immédiatement, Alessa gémit et revint se coller derrière Vince. L’étudiant se retrouvait en face d’une vieille femme voûtée vêtue d’une vieille robe à dentelles noires. Elle avait un chapeau qui faisait penser à ceux que les grands-mères portaient dans les enterrements. Cette femme avait un sourire sadique que les rides rendaient encore plus inhumain… presque autant que ses yeux perçants et froids.

    – Vous êtes qui, vous ?!
    – Vous n’avez aucune idée de ce que vous tenez-là… Rentrez chez vous, toi et le prince charmant… Ce combat n’est pas le vôtre. Laissez-moi la petite… je ferai un bien meilleur usage du pouvoir qui sommeille en elle…
    – Je vais m’abstenir. Sans vouloir vous vexer, vous ressemblez trop aux méchantes dans les histoires pour enfants.

    Son horrible sourire s’étira encore. Si Vincent n’avait pas eu le plaisir de discuter avec un dragon apparemment décidé à le croquer, s’il n’avait pas affronté des cannibales, des zombies mutants, un Super assassin, un mort et des démons, il aurait probablement fuit en courant. A la place, ses yeux s’embrasèrent.

    – On dirait que mon ogre ne suffira pas… mais peut-être que les frères s’occuperont de vous…

    Cette femme avait un don pour parler en donnant l’impression qu’elle ne se souciait pas si vous l’entendiez ou non. Elle n’avait pas terminé sa phrase lorsqu’elle commença à partir. Vincent voulut la rattraper pour demander des explications, mais Alessa le tenait toujours fermement. L’étudiant « éteignit » ses yeux avant de se tourner vers elle.

    – C’est bon, elle est partie…
    – C’était qui ? Elle me fait un peu peur…

    Vu l’ampleur de ses tremblements, Vince devina qu’elle avait plus que peur.

    – Je ne sais pas… à moi aussi, elle m’a fait peur.

    Pourtant, il avait affronté pire, rencontré pire. Mais il ne pouvait pas se débarrasser de l’impression que cette femme était complètement maléfique. Vince n’était pas du genre à juger aussi radicalement au premier regard. Plus maintenant en tout cas. Mais cette femme lui avait fait penser à une autre créature qu’il avait rencontrée et qui entourée d’une aura bien maléfique : la lampade. Cependant, l’heure n’était pas à ressasser les mauvais souvenirs car les bruits du combat situé de l’autre côté de la maison s’étaient calmés.

 
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Message posté : Dim 14 Juin 2015 - 11:47 Message
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Et dans ce calme, Andrew refit son apparition dans les maisons, de la poussière sur les épaules. Il la chassa d’un revers de main et la fine pellicule grise tomba au sol, comme de la neige… de béton. Le combat avait été épique, sans aucun doute, mais le jeune homme n’en paraissait pas éprouvé le moins du monde : ni blessé, ni fatigué, autant que l’on pouvait en juger d’un rapide coup d’œil. Il massa tout de même sa nuque, un peu comme s’il avait passé une longue journée devant son ordinateur.

— C’est réglé.

C’était tout naturel. Il venait, lui le poids plume androgyne, de se défaire de trois mètres et au moins deux cents kilos de muscle.

— J’ai fini par l’assommer avec un réverbère, il s’est effondré par terre et puis il a disparu dans une sorte de nuage de fumée. Je sais pas trop.

L’adolescent promena un regard curieux tout autour de lui mais, et c’était peut-être le plus étrange, la maison en elle-même ne présentait rien de très remarquable. Après un soupir, il confessa :

— J’ai jamais rien vu de tel.

En même temps, son expérience n’était pas très vaste.

— Qu’est-ce qui s’est passé ? Vous êtes blancs comme des linges. C’est l’Ogre, ou bien… ?

Pendant ce temps, à quelques kilomètres de là, dans un 4x4 dernière génération, les quatre moines Chuck Norris attendaient à un feu rouge, avec toute la patience courtoise et civile qu’inspire la religion. Entre eux, la conversation allait bon train — et la dissedance aussi.

— On n’aurait pas dû les laisser.
— Nous avons déjà notre mission pour la soirée.
— En même temps, c’est pas comme si on allait les retrouver, ces harpies, maintenant. Elles vont se méfier.
— On leur a tendu un piège, on leur en tendra un autre.
— Tu parles qu’on leur a tendu un piège. On sait même pas pourquoi elles étaient là.
— Le gamin avait raison. Dans cette région, c’est pas courant.
— Faudrait savoir : c’est un gamin ou c’est un monstre ?
— Il y en avait un qui manipulait les flammes de l’enfer.

La voiture redémarra. Frère Bob, qui conduisait, s’engagea dans le carrefour.

— Chaque chose en son temps. S’il faut, on reviendra pour eux.
— C’est cette ville qu’il faudrait raser. Comme Sodome.
— C’est une décision qui n’appartient qu’au Seigneur. De toute façon…

Frère Bob n’eut pas le temps de finir son sermon : un trente-cinq tonnes heurta de plein fouet le 4x4 et, quelques tonneaux plus loin, les quatre religieux purent vérifier le bien fondé de leurs théories spirituelles et tenter de rencontrer leur créateur.

Le bruit des freins était monté jusqu’à la maison où Andrew apprenait les détails des aventures de Vincent et Alessa mais ce n’était pas une chose exceptionnelle, à Star City, que les courses nocturnes, et ils étaient trop loin pour mesurer l’ampleur de l’accident. Eux étaient plutôt occupés à réfléchir à la situation. Andrew avait bien sûr toute sorte de théorie qu’il gardait pour lui mais qui impliquait toutes une enfant élue par les Forces du Bien pour lutter contre les Forces du Mal, des pieux et un générique rythmé.

— On devrait aller à la Légion. Ou à l’UNISON.

Il s’accroupit devant Alessa.

— Là-bas, il y aurait des gens pour te protéger, tu serais en sécurité. Et puis ils te trouveraient à manger, un endroit où dormir, ce genre de choses.

Eux, ils n’étaient que deux jeunes, avec des super-pouvoirs, sans doute, mais pas vraiment de taille à s’occuper du super-problème que constituait une enfant. Andrew se redressa pour regarder Vincent.

— Il faudra traverser la ville et mieux vaut être sur nos gardes. Quelque chose me dit qu’on en a pas fini.

Dehors, les sirènes des secours retentissaient, qui se dirigeaient vers les lieux de l’accident. C’était trop tard pour les quatre religieux cependant, et le conducteur du poids lourd avait disparu mystérieusement.

— C’est loin, cela dit. On ne peut pas prendre le métro, et puis… Non, le mieux, c’est peut-être de les appeler et de se barricader ici en attendant.

Un vent glacial s’était levé dans la chaleur de cette nuit de printemps. Andrew frissonna mais, habitué à se montrer trop frileux, il n’y prêta pas garde.

— L’UNISON c’est peut-être mieux. Ils ont l’habitude des choses étranges. Ils ont même une division pour ça.

Sa mère en avait parlé, un jour, au dîner. Les volets de la maison claquaient. Le vent soufflait fort. Il hululait, dans la cheminée qui n’existait pas. Et même, si on se concentrait bien, on pouvait entendre au milieu des bourrasques, des voix qui murmuraient.
 
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Message posté : Dim 14 Juin 2015 - 18:14 Message
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    Andrew n’avait rien, pas un bleu, rien. Il n’avait même pas l’air fatigué. Vincent l’observa d’un air sincèrement étonné. Il n’aurait jamais pu vaincre un tel adversaire sans avoir gardé une trace physique d’un tel combat. Bon déjà, il aurait probablement fini à poil à cause de ses pouvoirs, mais ça l’aurait aussi certainement fatigué. Alors que là, il n’avait pas l’air plus éreinté que s’il avait fait la vaisselle. Toutefois, l’étonnement de Vincent était tempéré par la rencontre que l’étudiant et la petite Alessa venaient de faire. Le jeune homme sentait la chair de poule qui refusait de quitter ses bras. Il essaya tout de même de ne rien montrer. Il entreprit tout de même d’expliquer à Andrew ce qu’ils avaient vu et entendu.

    – Je crois qu’on vient de rencontrer une méchante sorcière…

    C’était pile le genre de phrase que le jeune homme n’aurait jamais pensé dire avec sérieux, en dehors d’Halloween dans sa vie, avant le 20 septembre dernier… On s’y faisait… à peu près. Le barman tâcha de faire un compte-rendu de ce qui s’était passé, appuyé par les impressions timides de l’enfant qui tremblait encore un peu mais qui semblait admirative devant Andrew. Il avait battu le vilain Ogre après tout…


    … … …


    – Tu as raison…

    Ce n’était clairement pas de son ressors, et quand bien même, Vince n’était pas un héros, même s’il s’entraînait, il ne souhaitait pas prendre de risque. D’autant plus que ça vie n’était pas la seule en jeu, il y avait celle d’Andrew et celle de cette enfant. Si l’assommeur d’Ogre avait été un Super Héros ou encore un agent expérimenté comme Camille, peut-être auraient-il pu essayer d’aider Alessa par eux-mêmes, mais là, ce serait trop risqué.

    – J’ai un ami qui travaille pour l’UNISON, je vais essayer de l’appeler.

    En cherchant le numéro de Camille, Vincent sentit ses cheveux remuer à cause du vent, mais il ne sentit pas le froid qui l’accompagnait, ou plus exactement, il n’y fit pas attention, concentré sur sa tâche. Cependant, il entendit la plainte D’Alessa qui tira sur son pantalon pour attirer son attention. L’étudiant baissa la tête pour voir ce qui n’allait pas.

    – J’ai froid.
    – Tu peux l’amener à l’intérieur pendant que j’appelle ? demanda-t-il à Andrew avant de pousser gentiment la petite à aller vers l’amateur de cinéma.

    Elle était plutôt intimidée mais consentit à le suivre tandis que Vincent attendait encore que son téléphone se mette au travail, tellement concentré sur ce qu’il allait dire qu’il ne fit pas trop attention aux volets claquants, ni au vent plus hivernal que printanier. Un vent surnaturel d’ailleurs, mais encore une fois, Vince ne voyait rien de suspect. Par contre, il réalisa que son appel ne passait pas. Et pour cause, il n’avait pas de réseau. Bizarre, il en avait tout à l’heure… Ils étaient dans le centre ville de Star City, c’était rare de ne pas capter… Tout en examinant son portable, essayant de relancer le détecteur de réseau, il interrogea Andrew d’une voix forte pour qu’elle entende depuis la maison.

    – T’as du réseau ? Je capte plus rien, moi !

    En fait, il n’y avait pas que le réseau qui bugait. Son téléphone commençait à se détraquer, refusant de passer d’un écran à l’autre, puis affichant la moitié d’une fenêtre et une autre moitié. Avant de se mettre à grésiller…

    – C’est quoi ce…

    Soudain, il réalisa qu’il n’y avait plus aucun bruit autour de lui. Un silence de mort occupait la rue. Le vent était encore là, mais se faisait silencieux, le murmure des voitures et de la vie urbaine avait disparu, complètement. L’étudiant n’entendait plus que les grésillements de son portable. Une goutte de transpiration se glissa le long de sa nuque pour rejoindre son dos. La chair de poule lui revenait, encore plus que tout à l’heure, face à la vieille femme bizarre. Puis, le barman réalisa qu’il n’y avait pas que des grésillements que son portable émettait, il y avait autre chose… une voix… Lentement, il leva son appareil pour l’approcher de ses oreilles. Il ne tarda pas à distinguer des voix par dessus le bruit de fond. Elles parlaient parfois dans une langue qu’il ne comprenait pas… à moins qu’elles parlaient toutes en même temps, se recouvrant les unes les autres, rendant le tout incompréhensible. Malgré tout, il parvint à saisir quelques phrases.

    – elle est avec eux… deux… ils veulent l'emmener… les empêcher… TUER !!!

    Le dernier mot avait été formé par un véritable cri qui surprit Vincent et le força à éloigner son portable qui ne tarda pas à cesser d’émettre le moindre son. Cette fois le silence était complet. Sauf que Vincent n’était plus seul dans l’allée. La maison était encerclée par des femmes vêtues de guenilles noires, leurs visages étaient recouverts par des capuchons qui ne laissaient voir que leur menton. Il y avait chez elles quelque chose qui faisait froid dans le dos, et Vincent commençait à faire confiance à ce genre d’intuition. Le jeune homme tourna sur lui-même. Le cercle qu’elles formaient était large et il y avait un gros intervalle entre chaque femme, laissant bien assez de place pour partir. Mais quelque chose lui disait qu’elles ne les laisseraient pas faire. Combien y en avait-il ? De ce qu’il pouvait voir, elles devaient encercler toute la maison… Soudain, elles n’étaient plus là où elles se trouvaient, près de la rue. Elles s’étaient avancées de quelques mètres. Sans bouger… Comme si elles avaient toujours été là… ou comme s’ils jouaient à un deux trois soleil… sauf que Vince ne s’était même pas retourné. L’étudiant eut un mouvement de recul. Le froid qui l’envahissait maintenant le fit oublier ses pouvoirs. Et quand bien même… que pourrait-il faire contre autant de personnes ? Il en voyait au moins cinq de ce côté… et elles étaient bien trop près. Vincent n’eut même pas l’idée de leur parler pour leur demander ce qu’elles voulaient. Il n’en n’avait pas besoin, ce serait comme parler à un ours sauvage… trop dangereux.

    Sans réfléchir, il fonça à l’intérieur de la maison et ferma la porte. Juste avant de s’enfermer, il vit qu’elles étaient maintenant devant l’entrée, assez proches pour frapper à la porte si elles le désiraient. Pourtant, elles ne bougeaient pas. Interloqué, Vinent ne termina pas ce qu’il venait de commencer et ne ferma pas la porte tout de suite. Cela donna le temps à l’une de ces « femmes » de relever son capuchon, montrant ainsi un visage scarifié et des yeux fermés, les paupières cousues.

    Cette fois, il claqua la porte.

    – Andrew ?!

 
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Message posté : Mar 16 Juin 2015 - 16:09 Message
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— T’es vraiment un Prince Charmant ?
— Plait-il ?
— La sorcière, elle a dit que tu étais un prince charmant.

Andrew laissa échapper un rire qu’il força même un peu, pour rassurer sa jeune amie, que Vincent lui avait confiée. Tous les deux, ils visitaient la maison. Même s’il n’y avait pas grand chose à voir.

— C’est une façon de parler. Tu sais, les vieilles sorcières, elles ne savent pas trop ce qu’elles racontent.
— Surtout que tu ressembles pas à un prince charmant…

Les enfants, c’était parfois vachement vexants.

— Déjà, t’es pas blond, ensuite, t’es trop petit, et puis t’as pas d’épée.
— Merci…
— De quoi ?
— Rien, laisse tomber.

Andrew s’arrêta devant la porte qui donnait à la cave.

— Il fait moins froid ici.
— C’est parce qu’on est à l’intérieur.
— Hmm… Peut-être.

Il n’en était pas persuadé. Depuis quelques minutes, il réfléchissait à la raison qu’avaient eue les prêtres pour choisir cette maison et en quoi, exactement, elle avait pu constituer selon eux un piège valable pour des harpies. Après tout, elle était ouverte aux quatre vents et, de ce qu’ils en avaient vu, ces créatures-là pouvaient se transformer en air. Aucune ne l’avait fait, cependant, avant de s’éloigner de la maison et, imaginatif comme il l’était, Andrew en venait à supposer que la maison fonctionnait bel et bien — mais de quelle manière, voilà ce qui était encore à découvrir.

Sans lâcher la main d’Alessa, il poussa la porte de la cave qui s’ouvrit en grinçant d’inquiétante façon.

— On va pas descendre, quand même.
— Nan nan, t’inquiète.

De sa main libre, il fouilla dans ses poches, sortit son téléphone portable et activa la fonction lampe de poche, pour éclairer l’escalier en bois qui descendait au sous-sol. Au pied des marches, on distinguait dans la pénombre, sur le sol, quelques motifs tracés à la craie, qui de loin ne faisaient pas beaucoup sens.

Il hésitait tout de même à descendre mais Vincent débarqua, paniqué. Il ne lui fallut pas longtemps pour expliquer qu’un réunion du troisième âge tout à fait suspecte se déroulait dans le jardin. Andrew plaça la main d’Alessa dans celle de Vincent et s’approcha d’une fenêtre. Il écarta légèrement un rideau, pour empêcher l’enfant de voir au-dehors, et se retrouva nez à pas grand-chose avec l’une des retraitées.

Le jeune homme fit un bond en arrière, le cœur battant, et d’une voix un peu tremblante, il observa aussi flegmatiquement que possible :

— Ah ouais. Je vois.

Cela dit, la situation n’était pas désespérée. Ils étaient encerclés, c’était un fait. Par des sortes de démons, pouvait-on à bon droit supposer. Mais les démons n’entraient pas.

— Restez-là, j’vais jeter un coup d’œil à la cave.

Aussitôt dit, aussitôt fait. Andrew disparut dans une bourrasque de vent — ou, en tout cas, une forme colorée traversa à toute vitesse le salon, descendit l’escalier de la cave et s’y arrêta. Deux secondes plus tard, la fusée faisait une nouvelle halte à côté de Vincent et Alessa.

— OK, sceptiques s’abstenir, mais je crois que la maison est bénie.

À Alessa, ça ne faisait ni chaud ni froid, parce que ses défunts parents ne l’avaient jamais emmenée au temple ni à l’église et que les bénédictions, elle, ça ne lui disait pas grand-chose.

— Il y a des prières en bas, des symboles, j’en reconnais pas beaucoup, mais il y en a que j’ai déjà vu quand je faisais des dessins d’ambiance pour des monastères dans une nouvelle publiée dans une revue punk-apocalyptique sur les… Enfin, bref, peu importe. Je crois que les moines ont fait ça. Je crois que c’est une espèce de cercle de protection.

Une Nuit Circle_of_protection_black

Enfin, surtout, il espérait.

— Alors, ça va peut-être paraitre crétin, mais si on attend l’aube… Enfin, je veux dire, tout va toujours mieux, dans les histoires, au lever du soleil et…

Andrew fit un bond, Alessa ouvrit des yeux ronds, Vincent fit ce qu’il avait envie de faire et le cheval secoua la tête.

Car il y avait un cheval dans le salon. Un beau cheval blanc, à la silhouette musculeuse et noble, qui attendait comme s’il avait toujours été là. Il fit quelques pas vers Andrew, qui fit quelques pas en arrière. Le cheval avança encore et il fourra des naseaux affectueux dans la main du Prince Charmant.

— C’est ton cheval ?
— Eeeeeuh…
— Il est beau.
— Ouais.

Andrew se décida à caresser l’encolure de l’animal. Avant de jeter un regard plein d’interrogations à Vincent.
 
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Message posté : Mar 16 Juin 2015 - 20:51 Message
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    Marcia Cherry était une femme pieuse. Âgée de cinquante années, fraîchement ménopausée, elle avait décidé de consacrée sa vie à Dieu après la mort de son mari, il y a trois ans. Bénéficiant d’un héritage conséquent, elle pouvait se permettre de rester dans la maison où elle avait vécu pendant la plus grande partie de sa vie. Même si le quartier avait bien changé depuis le temps. La plupart des voisins n’étaient plus aussi chaleureux. Certes, ils vous disaient toujours bonjour dès qu’ils vous voyaient, mais en dehors de cela… Ce qui l’attristait le plus était qu’aucun d’entre eux ne se proposait d’aller à l’église avec elle le dimanche. Une coutume qui se perdait beaucoup trop à son goût. Marcia était tolérante, pourtant. Consciente d’habiter à proximité de l’université, elle était toujours à l’aise avec les jeunes et ne haussait plus les sourcils en voyant certaines extravagances, que ce soit au niveau des coupes de cheveux, des tenues vestimentaires ou encore des tatouages ou des piercings. Cela ne l’empêchait pas de prier régulièrement pour leur âme. Mais notre sympathique veuve devait bien avouer que depuis que la maison à côté de la sienne était déserte, elle se sentait bien morose. C’était tout un côté de sa maison qui avait perdu la vie maintenant. Quand elle regardait par la fenêtre, elle n’y voyait plus des voisins allant au travail, grondant leurs enfants, jardiner, ou même simplement allumer leurs lumières. Récemment, elle y avait vu des prêtres et avait nourri l’espoir de retrouver des voisins avec qui elle pourrait partager sa foi, mais apparemment, cet espoir fut vain. Ce soir, cependant, quelque chose d’étrange se passait dans cette maison vide, d’ordinaire si calme que même les squatteurs n’osaient pas s’y installer. Bien évidemment, Marcia s’était couchée à 21 heures pile, et elle n’avait eu aucun mal à s’endormir. Réglée comme une horloge, ce genre de rituel s’accomplissait désormais automatiquement. Ce qui était moins automatique cependant, ce fut de se réveillée, alertée par des bruits violents, et de se lever pour voir ce qui se passait. Elle avait vu deux hommes se battre, mais l’un d’eux était incroyablement grand, alors elle s’était dit qu’elle avait rêvé. Mais après s’être frotté les yeux, elle avait compris qu’il s’agissait d’un super. Après s’être fait le signe de la croix, la veuve décida d’aller chercher son téléphone pour prévenir les autorités, mais lorsqu’elle revint à sa fenêtre armée du combiné, le combat s’était arrêté et il n’y avait plus personne. Intriguée, Marcia resta devant sa fenêtre, se tordant le cou pour essayer de voir ce qui se passait lorsqu’elle décida de changer de pièce pur avoir une autre vue sur la maison voisine. Là, elle vit un jeune homme et une petite fille discuter avec une vieille femme. Marcia avait tout observé, même si elle n’avait rien pu entendre. Elle était à la fois terrifiée et fascinée par ce qu’elle voyait, incapable de décrocher son regard de la scène… jusqu’à ce que plusieurs femmes en noir apparaissent soudainement autours de la maison. Là, elle fit un bond et lâcha le téléphone. La main sur le cœur, elle s’approcha encore pour mieux voir ces femmes s’avancer sans marcher vers la maison. L’enfant et le garçon étaient rentrés, tant mieux ! Mais qu’allaient faire ces femmes… Non, elle ne devait pas rester là à ne rien faire, elle devait appeler la police, tout cela n’était pas normal ! Mais en se retournant pour ramasser son téléphone, elle réalisa qu’une femme était avec elle… une de ces terrifiantes femmes. Marcia l’observa sans rien dire, la bouche ouverte, parvenant seulement à pousser des gémissements craintifs… elle tremblait comme une feuille. L’autre ne bougeait pourtant pas… sauf lorsqu’elle révéla son visage.

    Là, Marcia Cherry hurla de toutes ses forces avant de faire une crise cardiaque.


    … … …


    – Ca veut dire quoi ? Que ces choses ne peuvent pas rentrer ?

    Vincent était à la fois perdu et un peu paniqué. Il ne comprenait pas vraiment ce qu’Andrew lui racontait, l’apparition soudaine d’un cheval n’aida en rien, mais toute cette histoire avait l’air d’être liée à la magie… Bon sang, il détestait la magie. Sa mésaventure avec un sorcier vaudou chez la tente de Louis lui avait largement suffit. Sans parler de l’affaire du Bureau 16. Le seul truc qu’il en avait retenu, c’était que certains démons brûlaient très bien. Mais il n’était pas sûr que cela lui soit utile aujourd’hui.

    – Les femmes qui m’ont amenée ici disaient qu’elles ne pouvaient plus sortir…

    Le jeune homme n’eut pas le temps de s’interroger sur ce que cette information voulait dire concernant ces fameuses harpies. Il était occupé à essayer de trouver une issue. Fenêtre, porte de derrière…

    – On dirait que nous non plus, elles sont partout !

    La seule chose qui l’empêchait de paniquer vraiment, c’était de savoir qu’il devait tenir le coup devant Alessa. Ce n’était qu’une enfant, si les « adultes » venaient à perdre le contrôle, que lui arriverait-il ? Etrangement, le réflexe de Vincent était de protéger la petite, cela lui semblait tellement naturel qu’il n’y réfléchissait même pas.

    – Ok… Andrew, t’es fort, t’es rapide… Je vais essayer de briser leur encerclement. Tu vas porter Alessa et l’amener loin d’ici. Je vous…

    Mais il fut interrompu par un cri qui résonna jusqu’à eux : celui de Marcia Cherry.


    … … …


    La quinquagénaire tomba par terre, raide, les yeux ouverts et révulsés de terreur. La « femme » qui la dominait de sa taille resta immobile un instant à l’observer avant de lever doucement une main. Celle-ci fut entourée par une étrange fumée noire qui forma un poignard. Elle se baissa pour s’agenouiller devant le cadavre de Marcia pour retirer son cœur. Celui-ci en main, elle le porta près de son visage et lui murmura quelque chose. L’instant d’après, le cœur se remit à battre. Maintenant, elles allaient pouvoir lancer leur sort et affaiblir les défenses installées par ces idiots de prêtres.


    … … …


    – C’était qui ?

    Cette fois, elle pleurait. Les bras agrippés autours de la jambe d’Andrew, Alessa faisait de son mieux pour ne pas sangloter mais elle tremblait comme jamais. Vincent se sentait nauséeux. Ce cri venait de dressé les poils de ses bras. Il lui fallut quelques secondes pour pouvoir bouger la tête vers la fenêtre la plus proches. Elles étaient encore là, tout près. Mais elles avaient l’air d’attendre. Attendre quoi au juste ?

    – Ca venait de…

    Mais il fut interrompu par les fenêtres qui décidèrent d’exploser sous l’effet de bourrasques surnaturelles. Alessa poussa un cri, Vincent leva immédiatement les bras pour se protéger le visage. Il entendit ensuite la porte s’ouvrir avec fracas… Il ne comprenait toujours pas ce qui se passait, mais elles avaient l’air d’approcher. Le cheval fut le premier à réagir en quittant le salon pour aller à la cave. Après s’être demandé si les chevaux pouvaient descendre les escaliers, Vince décida de mettre ces interrogations de côté.

    – Vite !!!

    Ils n’eurent pas besoin de panneau d’indication pour se rendre tous à la cave pour fuir le vent maléfique qui envahissait la maison. La cave était grande. Vide. Ornée d’un magnifique cercle tracé au sol. Un cercle qui était blanc scintillant, presque comme le cheval du côté intérieur, et un peu noirci du côté extérieur. L’équidé se trouvait d’ailleurs au milieu du cercle qui était bien assez grand pour accueillir d’autres personnes. Andrew, Alessa et Vincent s’y rendirent et se retournèrent à temps pour voir une femme en haut de l’escalier de la cave. Puis en bas des marches. Puis, toujours sans laisser derrière elle aucun mouvement visible, juste devant le cercle. Sauf qu’elle n’était pas seule. Plusieurs de ces créatures les entouraient maintenant, de l’autre côté du cercle de protection. Alessa gémissait, Vincent était moite ce qui ne l’empêcha pas de s’avancer pour faire fasse à la première femme qui était apparue, sans quitter le cercle. D’un mouvement brusque et impressionnant il embrasa ses poings qui s’entourèrent de flammes menaçantes. Avec le ton adéquat, il lança :

    – Laissez-nous ou je vous brûle !

    Mais ses paroles ne semblèrent impressionner personne. Quoiqu’elles obtinrent une réponse… enfin si on pouvait appeler cela une réponse. Une nouvelle femme apparut, semblable aux autres, sauf qu’elle parlait, ou plutôt qu’elle murmurait quelque chose, mais Vincent n’arrivait pas à entendre ce qu’elle disait. Sans arrêter ses incantations, elle descendit les marches, lentement. Le pyromancien vit qu’elle tenait quelque chose dans sa main mais il ne pouvait distinguer ce que c’était. Toujours en alerte, prêt à incendier le moindre danger, il attendit, le cœur battant, jusqu’à ce que cette femme arrive en bas des marches et rejoigne les autres dans leur cercle. C’est alors que l’étudiant réalisa qu’elle tenait un cœur qui battait, de plus en plus faiblement tandis qu’il noircissait en rythme avec le cercle qui les protégeait…

 
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Message posté : Mer 17 Juin 2015 - 15:12 Message
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Tout.
Va.
Bien.

— Tout va bien.

Murmura Andrew, alors qu’ils étaient encerclés par des hordes de sorcières démoniaques et que l’une d’elle progressait vers eux, en affaiblissant leur défense, avec les restes d’une vieille dame pieuse et innocente dans la main.

— Tu vas voir. Il ne t’arrivera rien.

Franchement, il n’en était pas certain. Le futur qu’il était en train de s’imaginer pour tous les trois était plein de vivisections et de cruels rituels démoniaques mais quel besoin de le partager avec Alessa ?

— OK. On va tous monter sur le cheval et on s’enfuit comme ça. Pas vrai, le cheval ? T’es un super cheval magique, hein ?

Le cheval fixa Andrew d’un air chevalin. C’était forcément un cheval magique. Tout était magique dans cette histoire, et le cheval était sorti de nulle part, et il les avait amenés jusqu’au cercle de protection, alors forcément, forcément, il allait les sauver. Andrew souleva Alessa pour la poser sur l’animal, puis il s’approcha de Vincent, d’autorité le tira en arrière et — attention, ça va être très vexant — le souleva comme une gamine pour le poser à son tour sur le cheval.

Et il grimpa sur l’animal.

Les menaces de Vincent n’avaient fait ni chaud ni froid aux créatures et le cercle, bientôt entièrement noirci, ne tiendrait plus longtemps. Sauf que… Andrew n’avait jamais fait d’équitation. D’une. De deux, il ne savait pas trop comment les chevaux sortaient des caves. Déjà qu’il avait du mal à comprendre comment celui-ci y était rentré…

Bref, la question était épineuse. Les dernières lignes du cercle s’effacèrent enfin et le vent commença à emplir la cave. Mais il avait quelque chose de… Différent. Ce n’était plus le vent maléfique qui les avait chassés du salon et forcés à trouver refuge en sous-sol. C’était une brise fraîche, une brise marine aux fragrances d’olivier, une brise qui avait quelque chose d’ensoleillé. Un cri d’oiseaux se fit entendre et, parce que c’était l’évidence même, Andrew s’écria :

— Les harpies !

Et ça, c’était une bonne chose, pas vrai ?

Pas le temps de réfléchir. Andrew fit la chose qui lui paraissait logique, dans leur situation : il se pencha à l’oreille du cheval et murmura…

— Noro Lim, Asfaloth, Noro Lim.

Oui, ce petit va trop au cinéma.

N’empêche. Le cheval se cabra alors qu’entre Vincent et Andrew, Alessa s’agrippait de toutes ses forces — puis il s’élança dans la cave, pardon, dans la rue, qui s’étendait brusquement sous ses sabots. Le bitume défilait à toute vitesse mais cela n’empêchait pas des silhouettes obscures d’apparaître autour d’eux. Au loin, derrière, dans la maison vide, ils entendirent encore les cris perçants des oiseaux et les bourrasques de deux vents contraires arrachaient les volets.

— Noro Lim.


De fait, le cheval, que son nom fût Asfaloth ou non, allait de plus en plus vite. Parfois, il était douteux que les contrées traversées eussent beaucoup à voir avec Star City : depuis quelques secondes, la créature galopait à toute vitesse dans une forêt obscure, si dense que l’on n’apercevait moins les arbres qu’une ombre générale et oppressante, d’où perçaient, parfois, les discrets rayons d’une aube lointaine.

Trop occupé à regarder devant lui, occupation du reste dérisoire, parce qu’il ne contrôlait pas grand-chose, Andrew n’avait pas aperçu le changement qui s’était opéré chez Alessa. Depuis qu’ils avaient pénétré dans la forêt mystérieuse, l’enfant portait une robe lisérée d’argent et d’or, dont les tissus compliqués flottaient autour d’elles en une succession de plis et de replis qui paraissaient n’avoir jamais de fin. Elle avait l’air terrifiée toujours mais le port de sa tête avait quelque chose de plus noble.

Soudain, le cheval freina à toutes pattes et ses trois passagers roulèrent à terre, pour voir leur chute amorti par un tas de cartons vides qui attendaient, au petit matin prochain, le ramassage des ordures. Quand Andrew se redressa, il constata qu’ils se trouvaient dans une ruelle du centre — laquelle, il ne savait pas exactement, parce que sa géographie de Star City avait encore bien des lacunes — et que le cheval, comme les ombres, avaient disparu.

En revanche, l’une des harpies se tenait devant eux. Elle avait l’air faible, pâle plus qu’à l’ordinaire encore, et le souffle court. Instinctivement, Andrew s’interposa entre elle et ses deux compagnons de mésaventure.

— Nous avons défait les banshees.
— Euh… Cool. Merci. Votre cheval est…
— Le combat nous a affaiblies. Les sœurs doivent retourner au miroitement de leurs flots.
— Ah.

C’est pas faux.

— Toi et le fils de Fuzon, vous devez la guider à ce qu’elle doit.
— Je vous d’mande pardon ?

Mais ce n’était pas nécessaire : la harpie déjà s’était dissipée dans les airs.
 
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Message posté : Jeu 18 Juin 2015 - 21:47 Message
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    – T’es sûr que c’est une bonne idée ?

    Vincent ne maîtrisait pas la magie. Et aux dernières nouvelles, Andrew non plus. Cela dit, l’amateur de cinéma ne lui avait pas trop parlé de ses pouvoirs, donc allez savoir. N’empêche que ça n’inspirait pas confiance tout ça. Ok, le cheva avait l’air gentil et tout, mais…

    – Hey ! Hey… Heeeeey !

    Vincent n’avait pas – du tout – l’habitude qu’on le porte comme ça. Et honnêtement, ce n’était pas trop son délire. Alors depuis la dernière grande victoire de match à laquelle il avait activement participé, personne ne s’était amusé à le soulever comme ça. Et encore moins avec autant de facilité, mais ça, ça semblait être la marque de fabrique d’Andrew. Comme si le barman n’avait pas l’esprit assez confus comme ça. Une fois sur le cheval, il n’eut pas d’autre choix que d’éteindre ses flammes et de s’accrocher. Mais en voyant les femmes en noir se retourner à cause d’une intervention harpique, Vincent en profita pour lancer une poignée de feu en direction de celle qui tenait le cœur. Il n’était pas stupide, c’était un cœur humain, et cela expliquait peut-être le cri qu’ils avaient entendu quelques instants plus tôt. Son attaque désorienta la femme mais il n’eut pas le temps d’enchaîner ni même de voir ce qui allait se passer ensuite dans la cave car Andrew murmura à l’oreille du cheval. OK, c’était quoi cette histoire ?

    Pas de réponse, Epona s’était mis au galop. Le trio improbable se retrouva rapidement éloigné de la cave maudite, de la maison… mais pas des sorcières ni es courants d’air qui les suivirent. Une nouvelle « formule magique » et Andrew motiva le cheval à les transporter dans une espèce de forêt. N’étant pas aux commandes, Vince eut le temps de voir autours de lui. Ce n’était pas Star City… ce n’était peut-être même pas la forêt de Watson. Mais en même temps, ils allaient tellement vite. Juste avant de quitter la forêt pour un atterrissage en carton, Vincent remarqua qu’Alessa avait changé de style vestimentaire. Il faillit l’interroger mais ce fut à ce moment là qu’il se trouva projeté sur les cartons, avec les deux autres, donc une petite fille vêtue normalement de nouveau. Et telle une hôtesse de l’air, une harpie les reçut. Vincent se releva et aida la petite à faire de même avant d’écouter le charabia de la créature. Ce qui le rassura, c’était qu’Andrew ne comprenait rien non plus, apparemment. Mais on ne leur laissa pas le temps de poser des questions.

    – La guider à quoi ?

    C’était d’un clair. Mais pourquoi n’avait-il pas Dante sous la main pour bénéficier des sous-titres ? Le jeune homme décida cette fois de parler à la petite fille en direct, peut-être en savait-elle plus. Après tout, elle était avec les harpies au début. Le barman posa donc un genou par terre pour lui parler.

    – Alessa, est-ce que tu sais de quoi elle parle ?
    – Non… Elles parlaient déjà bizarrement quand elles m’ont cherchée chez mes parents… quand l’Ogre a…

    Mince, elle était en train de repenser à ses parents. L’émotion allait la rendre muette.

    – S’ile te plait, concentre-toi. Est-ce que tu te souviens de ce qu’elles voulaient faire après t’avoir amenée dans la maison où on t’a trouvée ?
    – Je ne sais pas… je crois… qu’elles voulaient créer une porte ou… je ne sais pas.

    Ses yeux brillaient dangereusement, le jeune homme décida qu’il devait s’arrêter et posa une main chaude et réconfortante sur la joue de la petite qui renifla bruyamment et continua sa lute contre les larmes. Vincent s’adressa ensuite à Andrew.

    – Pourquoi est-ce qu’elles ne sont pas plus claires ?

    Ca lui donnait presque envie de leur cramer les sourcils. Que devait-il faire maintenant avec cette enfant ? D’ailleurs, devait-il vraiment écouter ces harpies pour décider de son sort ? Harpie n’était pas un très joli mot en y réfléchissant, elles n’étaient peut-être pas bien intentionnées. Heureusement, Vincent avait une solution de recours, en espérant qu’il soit disponible.

    – Bon, cette fois, j’appelle un expert.

    Il sortit alors son portable et appela la cavalerie en espérant, à défaut de le voir rappliquer ses fesses d’ancien strip teaser, pouvoir entendre de précieux conseils. Par chance, ou peut-être simplement parce que les femmes en noir n’étaient plus là, il avait du réseau. Assez pour contacter Camille Saint-Clair.

 
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Message posté : Mar 23 Juin 2015 - 16:31 Message
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Andrew haussa les épaules, tout aussi désemparé que son collègue. Il était venu ce soir pour verser des mojitos, draguer des étudiants en psycho et brancher des joueurs de baseball bicurieux, pas pour sauver une petite fille magique des griffes ombreuses de sorcières maléfiques, à dos de cheval intermittent.

— C’te ville, j’te jure…

L’interrogatoire d’Alessa ne porta guère ses fruits. Andrew, pendant ce temps, s’était posté à une extrémité de la ruelle, pour pouvoir jeter des regards nerveux dans l’avenue principale où elle débouchait. Heureusement, il n’y avait rien à voir que le trafic continu des voitures de la métropole, les allées et venues des passants, bouteilles ou tacos à la main, les enseignes lumineuses, les super-héros qui volaient dans le ciel et tout le quotidien de Star City.

Ils n’étaient pas beaucoup plus avancés. Quand Vincent l’interrogea sur le style elliptique de leurs secourables interlocutrices, l’adolescent soupira :

— Je sais pas, c’est peut-être contractuel.

Lui s’inquiétait pour son cheval. Pour le cheval. Qui était un peu son cheval, pas vrai. À peine disparu, il lui manquait déjà. L’animal avait laissé une impression étrange dans son cœur, qu’il ne parvenait pas à effacer. Il fallut que Vincent reprît la parole pour qu’Andrew se secouât de ses pensées. Après un regard interrogateur au pyromancien, il le laissa composer un numéro, reprenant pour sa part l’inspection de la ruelle.

Quelques secondes d’explications téléphoniques et l’assurance que Camille arriverait bientôt étaient passées. Vincent, Andrew et Alessa s’étaient retranchés à une extrémité de la ruelle, pour pouvoir fuir facilement dans l’avenue, et ils observaient les passants. Pour détendre l’atmosphère, Andrew avait décidé de chanter un peu, l’une des comptines favorites de la petite. Il chantait assez bien et surtout, très, très juste. Manifestement, il avait travaillé comme baby-sitter, parce que son répertoire de chants pour enfants étaient inépuisables.


(Effrayant, je sais.)

Il en était à « Ba-Ba Black Sheep » quand une voiture effectua le créneau le plus impressionnant de l’histoire de la conduite, non loin d’eux. Un agent de l’UNISON en descendit.

— Hey, pas mal, l’expert. Il a un joli petit c…
— C’est qui ?
— Un ami de Vincent.

Andrew soupa d’un regard un peu moins qu’héroïque la démarche de Camille Saint-Clair, qui déboucha enfin dans la ruelle, serra la main de Vincent, serra la main d’Andrew et s’accroupit devant Alessa.

— Bonsoir, Alessa. On t’a cherché toute la nuit, tu sais.
— Qui ça, on… ?

Interrogea la gamine en s’agrippant à la main de Vincent, parce que tout de même, les gens qui avaient essayé de la trouver, jusque là, n’avaient pas été des plus recommandables.

— Moi et mes amis.
— C’est qui tes amis ?
— Des dames très gentilles. Tu voudrais les rencontrer ?
— Ben…

Alessa leva les yeux et interrogea du regard tour à tour Vincent et Andrew. D’une voix hésitante, elle risqua :

— J’sais pas trop…

Camille lui adressa un sourire bienveillant avant de se redresser, plus à l’aise à traiter avec les adultes que les enfants.

— On doit bouger. Les rues sont infestées de forces maléfiques, ce soir.
— Ah, du coup, c’est pas comme ça toutes les nuits ?
— Hmm…

Le Français haussa les épaules. Andrew marmonna :

— Super rassurant…
— Allez, en voiture.

Andrew prit l’autre main d’Alessa et les quatre regagnèrent le véhicule de Camille.

— J’peux monter devant ?
— T’es trop petite.
— T’es pas très grand non plus, hein, j’te signale…
— C’est moi le plus vieux, c’est moi qui monte devant.
— Vincent est vachement plus vieux que toi !
— Ça s’voit tant que ça ?
— Les enfants, arrêtez de vous disputer. Andrew, tu montes devant. Alessa, tu vas derrière avec Vincent.

Et une fois toutes les ceintures attachées, la voiture put partir.

— Vous auriez pas croisé un cheval, par hasard, en venant ?
— Pardon ?
— Non, rien.

Andrew poussa un soupir songeur. La voiture prit de la vitesse. Et encore. Et encore un peu.

— C’est pas limité en centre-ville ?
— On est suivis.

Le Kényan jeta un coup d’œil dans son rétroviseur. Rien.

— J’crois pas, nan.
— Regarde pas la route. Regarde les lampadaires.

Derrière eux, tous les lampadaires clignotaient. Cette fois-ci, la voiture accéléra pour de bon et se mit à filer à très vive allure dans les rues de la ville. Camille, évidemment, maîtrisait son véhicule à merveille.

— On va essayer d’atteindre le temple le plus vite possible.

Tant mieux. Parce qu’un immense nuage noir les suivait.
 
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Message posté : Dim 28 Juin 2015 - 17:07 Message
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    Vincent fut tellement rassuré de voir Camille rappliquer qu’il ignora le début de commentaire d’Andrew. L’agent de l’UNISON révéla être au courant de la situation d’Alessa. Décidément, le hasard faisait bien les choses. Cela dit, l’inquiétude de Vincent ne disparut pas pour autant. Si Camille était déjà au courant, ça voulait dire que la situation était grave… ce qu’il avait déjà compris en ayant rencontré ces espèces de sorcières en noir. Néanmoins, le Français parvint à remettre un peu d’ordre dans cette histoire et le groupe fit ce qu’il leur demandait. Vince et Alessa s’installèrent donc à l’arrière de la voiture que Camille redémarra pour les conduire en sécurité. Mais tandis qu’Andrew déployait un talent certain à se concentrer sur des détails futiles, Vince préférait en apprendre plus sur leur situation, surtout lorsqu’il apprit qu’ils étaient déjà poursuivis. Quoique, cette information en elle-même ne l’étonna pas tant que ça. Il n’était plus à ça près, ce soir.

    – Ok… Camille, tu pourrais nous résumer ce qui se passe ce soir ? demanda-t-il d’un ton pressant Je sais qu’on est à Star City, mais en général, les créatures magiques ne font pas la queue comme ça.

    Ce soir, on en était à un ogre, des chasseurs de surnaturel, des harpies, des mégères en noir, un cheval enchanté, sans parler de ce que pouvait être l’enfant qui attirait tout ce beau monde. L’étudiant aimerait beaucoup un peu de lumière dans ces noirceurs de scénario. Ce qui était fort dommage car la noirceur les collait de près sous la forme d’un nuage. En se penchant pour regarder par la fenêtre de sa portière, Vince vit que ledit nuage était juste derrière eux… et bien trop bas pour être innocent : il filait sur la route.

    – Ok… finalement, t’as encore un peu de temps avant de faire ton rapport.

    Effectivement, ce n’était pas tout à fait le moment pour discuter : le nuage était en train de cracher des espèces de formes nébuleuses qui se transformaient en cavaliers noirs. Chevaux et armures médiévales inclus, le tout en noir, donc. Et ils allaient assez vite pour rattraper la voiture. D’ailleurs, avant que Vince n’ait eu le temps de regarder de l’autre côté de la voiture, un de leurs poursuivants arriva au niveau de la fenêtre d’Alessa et la brisa avec une sorte de hache.

    – Aaaaaaaaaaaaaah !!!

    Le muté se figea un instant avant de voir une main sombre essayer de se faufiler pour attraper la petite qui se débattait et hurlait. Reprenant ses esprits, il ferma le poing et se concentra pour l’enflammer en embrasant l’air qui l’entourait. Aussitôt, il lança les flammes nouvellement crées d’un mouvement brusque et précis, passant son bras devant Alessa afin de ne pas la toucher. Son projectile enflammé atteignit sa cible qui s’éloigna aussitôt, s’évaporant sous l’effet des flammes. Mais bien vite, ils subirent une nouvelle attaque : du côté de Vincent cette fois. La fenêtre fut brisée par un coup de massue, mais cette fois, le pyromancien réagit immédiatement et créa une boule de feu afin de chasser ce nouvel ennemi. Une fois débarrassé, il se retourna du côté d’Alessa pour voir si un autre cavalier était là. Mais il n’y avait rien. Juste une petite paniquée, et sûrement un conducteur et un artiste dans tous leurs états.

    – Pourquoi est-ce qu’ils font ça ? Pourquoi ils veulent me faire du mal…

    Heureusement, sa peur ne se manifesta pas par des gestes violents, elle était juste moite et tremblait comme une feuille. Pas le temps de lui faire un câlin, cependant, Vince se pencha par la fenêtre pour voir s’il y avait d’autres ennemis. Personne…

    Et pour cause, devant la voiture, sept cavaliers se dressèrent sur la route, armés de lances et autres jouets tranchants/contondants. Ils étaient trop près d’eux. Même avec ses compétences de conducteur surhumain, Camille ne put les éviter. La voiture se retrouva frappée de toutes parts. Vincent n’eut pas l’occasion de voir la suite. Sa principale préoccupation fut de jeter un œil à Alessa et de voir si elle était attachée. C’était le cas. Brave petite. Il posa une main sur sa tête et la força à se baisser. Et lorsqu’il sentit que la voiture allait finir dans le décor, il se changea en cendres.


    … … …


    Sans trop savoir comment, il se trouvait sur le trottoir, à quelques centimètres de ses vêtements qui gisaient éparpillés. Lorsqu’il parvint à reprendre le contrôle de son corps, il se glissa entre ses fringues pour se rhabiller et se redressa afin de récupérer sa forme humaine. Juste à temps pour voir Alessa debout au milieu de la route, encerclée par trois cavaliers noir. Elle se tenait là, immobile, la tête levée. Elle ne tremblait pas. Pendant un instant, Vince resta figé, il sentait que quelque chose d’étrange arrivait. Mais en voyant les cavaliers noirs lever leurs armes, il amorça un mouvement pour foncer vers elle en commençant à se changer en cendres mais quelque chose de merveilleux se produisit : une lumière dorée émana du corps tout entier de la petite fille. Elle forma une aura brillante qui repoussa les cavaliers juste avant de se dissiper, laissant une enfant ordinaire mais fatiguée qui perdit connaissance. Après avoir observé la scène, bouche bée, Vincent se précipita vers elle, toujours sous sa forme humaine, et s’assura qu’elle allait bien. Cependant, il restait d’autres cavaliers dans le coin…

 
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Message posté : Lun 10 Aoû 2015 - 17:30 Message
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— Putain, c’est des Nazgûls !
— Les Nazgûls sont neufs.
— T’es sûr ?
— Je crois.

Et ce fut sur cette spéculation littéraire que leur course en voiture s’acheva avec perte et fracas. Andrew ne s’était pas attaché, petit indiscipliné qu’il était, alors il traversa le pare-brise, défoncé en cavalier et plia un lampadaire en deux. Camille, pragmatique devant l’éternel, quoiqu’il ne sût rien de la super-résistance de son passager, ne prêta aucune attention à cette mort censément certaine : il s’était faufilé avec une souplesse et une facilité déconcertante à l’arrière de la voiture, traversa les cendres, attrapa Alessa, la détacher, défonça ce qui restait de la portière d’un coup de pied et roula avec elle sur le bitume.

Andrew avait un peu le tournis et c’était la seule blessure qu’il éprouva de son accident. Ses vêtements étaient lambeaux ; sa peau était intacte. Il se redressa, chassa d’un revers de main les morceaux de verre qui le recouvraient et reporta son attention sur les cavaliers. Hélas pour lui, trois d’entre eux s’étaient détachés du groupe pour s’intéresser à son cas. Ils avançaient. Lentement. Lentement et même… Prudement ? Andrew avait l’étrange impression que les trois créatures le considéraient avec méfiance et circonspection et, franchement, c’était bien la première fois que ça arrivait.

À quelques mètres de là, Camille gisait inconscient. Il avait tenu Alessa dans ses bras et l’avait protégé de leur roulade sur le bitume à ses propres dépends. La petite fille était saine et sauve, d’ailleurs elle s’était déjà relevée mais elle se retrouvait sans protecteur : Vincent n’était plus qu’un tas de cendres, Andrew avait fort affaire avec ses propres adversaires et Camille ne bougeait plus. Elle fit d’abord la seule chose à laquelle elle put penser : elle se mit à courir mais sa fuite fut brève et, bientôt, trois cavaliers l’encerclaient.

Les quatre restant s’étaient séparés en deux groupes : deux s’approchaient de Camille pour vérifier s’il était bien mort ou, le cas échéant, l’achever. Andrew ne voyait rien de tout ça : ses trois nouveaux amis lui barraient l’horizon.

— OK, les mecs. On va s’calmer. C’que j’vous propose c’est que…

Ils ne devaient pas être disposés à négocier parce que l’un d’eux fit tourner son fléau et l’envoya droit sur Andrew, tandis que l’autre tenta de le trancher en deux du revers de son épais. Andrew esquiva la masse d’arme mais tomba droit contre l’épée. Il y eut un bruit d’acier froissé et la lame fut arrachée du pommeau avant de tomber, toute tordue, sur le trottoir.

— Ah ouais, tiens, j’étais pas sûr de survivre à ça.

Voilà qui était rassurant. Andrew fit craquer les os de son cou.

— OK, on négocie pas. Venez, on va s’expliquer.

Une lumière montait non loin de là : c’était Alessa qui repoussait ses propres adversaires, avec beaucoup plus de facilité qu’Andrew lui-même n’était en train de le faire. Pendant ce temps, deux cavaliers barrèrent la route à Vincent, qui tentaient de rejoindre l’enfant, chacun armé d’une double hache. Ils poussèrent chacun une sorte de soupir asthmatique plutôt inquiétant, avant de se mettre en marche, d’un pas pesant, vers le pyromancien.

Les doigts de Camille bougèrent. Puis ses paupières se soulevèrent. Et il vit trois hommes en noir, avec leurs lances au-dessus de lui, debout et prêts à le transpercer. Ses réflexes s’éveillèrent avant même qu’il n’eût réfléchi et il pivota sur lui-même, balayant les jambes de ses agresseurs, dans un mouvement que tous les danseurs de hip-hop lui auraient envié. La seconde suivante, il était sur ses deux pieds, tandis que les cavaliers, eux, se relevaient plus péniblement.

Il s’élança au pas de course vers Alessa, ignorant les multiples douleurs qui montaient de son corps. Il ne savait pas exactement ce qu’il allait faire mais ce qui était certain, c’était qu’il protégerait la gamine. Un immense soulagement s’empara de lui quand il entendit au loin et de plus en plus proche le bruit d’une moto qui arrivait à vive allure, un soulagement encore augmenté par le spectacle d’un cavalier volant — contre son gré — qu’Andrew avait propulsé de l’autre côté de la rue d’un upppercut particulièrement violent.

— Alessa. Alessa, tu m’entends ?

Une moto noir s’arrêta dans un dérapage brusque près d’eux et aussitôt, sa pilote bondit avec une force remarquable, atterrit, après un salto avant, entre Camille et les trois cavaliers redressés et trancha en deux, d’un coup du katana qu’elle avait porté dans le dos, la lance que l’une des créatures avait jetée sur Camille ou l’enfant. La femme ôta son casque de moto qu’elle laissa tomber au sol.

— Camille, tu sais, j’ai connu des coéquipiers plus reposants.
— T’en as mis du temps…
— Désolée de dormir la nuit.

Dans une bourrasque de vent, Andrew courut jusqu’aux côtés de Camille — pour se retrouver avec une lame de katana sous la gorge.

— Wow…
— Il est avec nous.

Anna reporta son attention sur les trois cavaliers qui se tenaient à distance du petit groupe.

— Salut. Vous êtes… ?
— Ma coéquipière à l’UNISON.
— Célibataire ?
— Sérieusement ?
— Je vous préviens, je peux pas emmener tout le monde sur ma moto.
 
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