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Hiemalis acies vita iam fugatur [Raphaël]

 
Message posté : Mar 23 Juin 2015 - 15:36 Message
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Même s’il me les avait très tôt dévoilés et que la découverte de sa transformation en dragon laissait présager d’une immense source de pouvoir ; avant notre épopée dans les caveaux de la villa vénitienne, je n’avais pas vraiment idée de la véritable étendue des pouvoirs de mon compagnon. Je l’avais toujours soupçonné de posséder une puissance hors du commun, mais notre aventure de la veille venait de révéler un nouveau potentiel que ni lui, ni moi ne saurions estimer ; bien que lui, soit, sans doute, plus à même que moi d’évaluer le poids de son héritage. Cependant, l’origine de sa mémoire remontait suffisamment loin pour appartenir au premier des dragons, soit une créature susceptible de pouvoir rivaliser avec les dieux, plus ancienne que mon père lui-même. Cette partie de l’Histoire m’était méconnue et je comptais bien l’éclaircir en allant lire les archives de la bibliothèque de l’Olympe. Il y avait même fort à parier que cette histoire soit relatée dans la collection privée de mon père.

Un léger sourire sur mes lèvres fit réponse au rire de Dante qui affirmait avec ironie qu’il comptait accroître encore sa puissance. Mais avant qu’il ne démente cette soif que je ne lui connaissais pas encore, j’aurais trouvé naturel le fait qu’il veuille éprouver par le feu, ses nouvelles capacités. Quand à vouloir les voir grandir, encore et encore… si je n’avais rien contre l’idée dans l’absolu, j’étais tout de même sceptique. Dante ne m’était encore jamais apparu sous ce jour là ; pour la simple et bonne raison n’était pas de ces magiciens avides de pouvoirs, ce qu’il me confirma aussitôt. Il était à l’aune d’une nouvelle destinée qu’il s’apprêtait à embrasser, et pour l’heure, il avait encore un bel avenir devant lui pour en faire l’expérience, à Star City, à Gobelia dont il était désormais le souverain, ou ailleurs. « Et quel programme ! » dis-je, lui adressant un sourire moqueur.

J’ignorais encore que mon aimé puisse nourrir un quelconque intérêt pour la quête de l’éternelle jeunesse. Compte tenu des récents évènements, je trouvais presque légitime que la question se posa présentement, sur les dérives du fleuve de notre conversation, en complément de celle de l’immortalité. Si son esprit était désormais immortel, nous ne pouvions en dire autant de son corps, qui tôt ou tard, subirait tout de même les affres du temps. Ses interrogations n’étaient pas des moindres puisqu’elles me taraudaient tout autant. A la différence que de mon point de vue, la perspective était complètement différente.

Il était effectivement en mon pouvoir de lui conférer l’immortalité ainsi que l’éternelle jouvence. Mais, même pour le dieu des roublards et des menteurs, le fils préféré du dieu suprême, entreprendre pareil blasphème à l’égard du maître incontesté de l’Olympe, comportait quelques risques non négligeables. Si je pouvais déjouer et contourner certaines règles, haut la main, celle-ci, je ne pouvais l’enfreindre sans en subir moi-même les lourdes conséquences. Et je risquais bien plus que de devoir écourter mon séjour sur terre. S’il n’y avait pas grand-chose qui puisse m’effrayer ici bas, la seule chose que je redoutais tout de même était le courroux terrible de mon père. Au mieux encourrais-je l’interdiction formelle de fouler la Terre et le bannissement de l’Olympe si par chance, Zeus daignait à se révéler d’une extrême clémence à l’égard de ma trahison, au pire, serais-je répudié puis châtié pour l’éternité ! Et qui sait ce qu’il adviendrait de Dante dans cette affaire ? Je fus presque pris d’un haut le cœur et un voile passa devant mes yeux lorsque les méandres nébuleux que constituaient mon esprit à cet instant menacèrent de me happer dans une sournoise et insidieuse réflexion, digne d’un scénario de drame antique. Un sourire d’auto-dérision poignit au coin de mes lèvres tandis que je me surprenais moi-même de mon égarement. Me raccrochant aux traits juvéniles de mon compagnon que je caressai du regard, je chassais rapidement cette folie et me re-concentrais sur l’objet premier de notre discussion.

Le parallèle que j’avais fait avec Flamel afin de nuancer son propos, n’était pas complètement anodin, bien que je ne lui avouasse pas vraiment être à l’origine de la trouvaille du célèbre alchimiste, qui, hélas pour lui, avait échoué dans sa quête d’immortalité. En revanche, son élixir de longue vie, à défaut de le rendre immortel, avait stoppé son vieillissement. Il comportait certains défauts, mais c’était une très belle réussite en soit, pour un mortel. Je savais que Dante était un brillant alchimiste, et cette anecdote lâchée comme cela, l’air de rien, ne visait pas du tout à le décourager, bien au contraire ! C’était une manière plus ou moins subtile d’insinuer que d’autres avant lui avaient déjà mené des recherches à ce sujet, que l’un d’entre eux avait effleuré la solution du doigt, pour n’en citer qu’un seul, dans le but de lui suggérer qu’il pourrait sans doute essayer d’explorer cette voie par lui-même. Sa réponse, aussi succincte soit-elle, rejoignit le fond de ma pensée. En revanche, je n’avais pas perçu la lueur d’espièglerie dans son regard, qui bien souvent, trahissait ses intentions. Tout comme je ne l’avais pas ouvertement mis au défi de le faire. Je ne pouvais décemment le faire. En était-il seulement capable ? Avait-il les connaissances alchimiques suffisantes pour se lancer dans une telle quête, qui avait occupé une bonne partie de la vie de ses prédécesseurs ? Je ne relevais pas, dérivant sur un autre sujet qui le désarçonna, de toute évidence.

Je portai nonchalamment la tasse de thé à mes lèvres. Celui-ci avait refroidit, mais n’avais rien perdu de la subtilité de son arôme. J’avais demandé cela de la manière la plus naturelle du monde, comme si je m’étais enquis du temps qu’il faisait dehors. Même s’il s’agissait d’une boutade de la part de Dante, à la base, j’étais bien placé pour savoir qu’un fond de vérité se nichait souvent au creux des meilleures plaisanteries. Les humains étaient par définition, éphémères, il était donc normal qu’ils cherchent à procréer afin de perpétuer leur espèce. D’autant plus que Louis, de par sa condition de magicien, et maintenant de dragon ancestral, était très attaché à son lignage, or, depuis que je le connaissais, même si je commençais à être bien briefé au sujet de sa famille, il n’avait jamais fait cas de sa descendance. Simple omission de sa part, ou désintérêt pour l’instant ? Il rappela à mon bon souvenir la triste issue de son mariage, marqué par le décès de sa femme, ajoutant une autre question à la liste. « Et…n’as-tu jamais envisagé d’en avoir ? » demandai-je, en toute innocence, sur le ton égal de la conversation, le couvant d’un regard bienveillant. Quand bien même cela l’intéresserait, je n’aurais pas été surpris qu’il en éprouva le désir à un moment donné de son existence. Si le fait d’avoir des enfants, pouvait apparaître problématique pour la plupart des humains, pour diverses raisons, d’engagement ou autre, en ce qui me concernait, j’avais une vision bien différente de la chose. Je n’avais aucune arrière pensée, ni ne portai aucun jugement à ce propos.

Selon moi, la conversation s’allégeait à mesure que les choses s’éclaircissaient. Beaucoup de choses restaient de l’ordre de l’inconnu concernant Dante et l’évolution de sa psyché, mais nous avions l’éternité, si l’on peu dire, pour les découvrir. La perspective de son immortalité m’affranchissait d’un poids certain, pesant sur mes épaules, et atténuaient certaines de mes craintes, nées avec mes sentiments pour lui, sans toutefois complètement les effacer. « Ce que j’en p… ? » commençais-je avant de m’exclamer, faussement outré. « Fuir ! » Je reposai brusquement ma tasse sur la table, tout en laissant libre cours à mon hilarité. Puis reprenant un air un peu plus sérieux, je baissai d’un ton, puis poursuivis : « Quel genre d’amant crois-tu que je suis pour songer à cela ? » Je plongeai mes prunelles flamboyantes dans les siennes. S’il m’avait piqué au vif, je n’étais cependant nullement vexé, et je m’en amusais, du reste. Mon sourire s’élargit.

« Je n’ai pas fui devant le dragon de l’île Lyrique. J’ai donc le regret de te dire, Votre Majesté, que je ne compte pas non plus le faire devant le roi des gobelins, même s’il s’agit du dragon le plus vieux de la création. » Aussi ancien et puissant soit-il, j’étais tout de même un dieu, il ne fallait pas l’oublier. Je pris sur moi l’envie de le lui rappeler, compte tenu de l’endroit où nous nous trouvions, mais mon regard était on ne pouvait plus éloquent. On n’était jamais trop prudent. « Quelles que soient tes origines, cela ne change rien à mes yeux. » Ni sur ce qu’il représentait pour moi, ni sur ce que j’éprouvais. J’étais certes le dieu des menteurs, mais mes sentiments pour lui étaient authentiques. En doutait-il ? « Pourquoi fuirais-je ? M’as-tu pris pour un couard ?» demandai-je d’un ton provocateur. « Aurais-je des raisons de le faire ? »
 
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Message posté : Ven 26 Juin 2015 - 18:04 Message
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 « Je suis moins désireux d'avoir des enfants que d'avoir la possibilité de transmettre un héritage que j'ai moi-même reçu. » Cette phrase résumait tout. La question même de la filiation importait plus au magicien que l'acte même de la transmission. Le but premier de la procréation, à savoir la perpétuation de l'espèce, lui était étranger. Trop éduqué, trop élevé, trop même civilisé, que restait-il en lui de la bête, de l'animal, du mammifère, de l'hominidé même ? Rien qu'un vieux dragon que le sens aigu de son rang et de sa race pousserait à frayer sur des chemins d'aventures épiques. Il n'était aucune place pour l'enfantement, dans le programme qu'il s'était défini en venant à Venise, et même auparavant, quand il s'était mis en tête d'échapper pour toujours à la menace de la mort. La quête de l'éternelle vie, de l'éternelle jouvence, de l'immortalité n'était-elle pas d'ailleurs la négation même du goût de la transmission ?

L'homme mortel, périssable, enfante pour faire passer à de plus jeunes mains ce qu'il veut voir durer à travers les âges – en ce sens, d'ailleurs, la famille apparaît comme l'avatar même de ce besoin, de cette intrinsèque fonction vitale et spirituelle. Chercher l'immortalité n'était qu'une façon de nier l'existence même de se besoin, de le museler, de le réduire à la portion congrue et, pire encore, de le refuser. C'était choisir de se soustraire à sa condition d'être mortel pour épouser une autre qualité, un autre statut, un autre niveau d'existence.

Ce refus de la procréation relevait moins du banal refus de la responsabilité que du désir conscient et assumé d'atteindre un degré supérieur d'être, né de l'intuition primordiale d'avoir été conçu pour l'apothéose et par l'immensité. Dante ne se le figurait point encore, mais il gravissait peu à peu les marches d'un escalier qui le conduirait si haut qu'il toiserait bientôt avec mépris est condescendance les héros de la légende, les dieux, les divins et même l'Ombre, qui pourtant était son chef. Leurs jacasseries déplorables seraient vaines à ses yeux, quand il serait devenu ce que plusieurs siècles furent nécessaires à préparer. Son thé toutefois, qu'il contemplait avec passion, ne lui révélait rien de ces réflexions terribles.  « Il est vrai qu'avec toi, faire des enfants sera difficile. Mais nous essaierons, n'est-ce pas ? »

L'humour n'était qu'un moyen comme un autre de passer la main de cette conversation qui, sans le bouleverser véritablement, soulever en lui des réflexions intéressantes.

Raphaël avait pourtant dit quelque chose qui le blessa profondément. N'était-il que son amant ? Ce terme ne revêtait plus aujourd'hui le sens qu'il couvrait autrefois. S'il désignait dans la littérature l'amoureux, le langage courant ne conservait que la définition physique d'une relation entretenue entre un homme et une femme qui ne se concertent qu'à l'occasion de galanteries échangées dans l'intimité. Il y avait là sans doute une défaut d'interprétation, une brèche qui se creusait. Dante refusa de s'y engouffrer. Il n'avait aucune raison de douter des sentiments qu'il avait pour Raphaël et ce dernier, divin et modelé par des siècles d'immortalité, ne raisonnait très certainement pas comme lui. Ce fossé lui était apparu plusieurs fois et pourtant, il ne lui avait jamais été très difficile d'y dresser un pont où circuler, aller, venir, retourner, revenir... il ne doutait pas d'y réussir encore, et s'il devait échouer, toute défaite n'était pas définitive à ses yeux. La question même de l'éternité, de toute façon, viendrait remettre en cause les sentiments qu'ils avaient l'un pour l'autre, dans un sens comme dans l'autre. « Je n'ai aucune raison de douter de toi, c'est vrai. Je suis même assez surpris, pour ne rien te cacher. Un dieu tel que toi aurait eu mille occasions de profiter de moi et de passer à quelqu'un d'autre. Il faut croire que j'ai su t'attacher par des liens... solides. » Ce dernier mot lui parut impropre à définir la clarté de l'amour qu'il nourrissait pour Raphaël.

Ce dernier jamais ne saurait mesurer l'ampleur de cet attachement.  « Pour ma part, si ça t'intéresse, je le vis plutôt bien. C'est encore tout chaud et tout frais, paradoxalement, mais je suis plutôt content, en vérité, de tout ce que j'ai découvert. C'est un bel aboutissement, non ? » Il avait encore, tout près dans sa mémoire, le souvenir des gorgones et du combat qu'ils durent mener contre elles. Pareil affrontement lui avait imposé de faire preuve de ruse et d'ingéniosité. Cette aventure comptait déjà au rang de ses préférés !  « Je songe aux méduses, là, et je me demande : crois-tu que leur mort sera remarquée, là-haut ? » Là-haut désignait évidemment l'Olympe. Il se doutait bien que Raphaël l'aurait compris malgré son geste de l'index pour désigner le ciel.
 
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Message posté : Sam 27 Juin 2015 - 9:46 Message
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La réponse de Dante me fit sourire. De toute évidence, si la question de l’enfantement ne l’avait pas encore effleuré dans sa vie de mortel, elle pourrait alors se poser, tôt ou tard si sa nouvelle condition d’immortel ne venait potentiellement changer la donne. A moins que, comme il l’avait suggéré en plaisantant, il soit contraint d’assurer lui-même sa descendance dans l’espoir de pouvoir continuer à transmettre son héritage, en quelque sorte. En cela, son statut d’immortel nouvellement acquis était précaire, car si son esprit était désormais éternel, son corps en revanche, ne l’était pas encore. J’avais insidieusement tenté de lui souffler une idée, en vain, puisqu’il n’avait pas eu besoin de moi pour prendre de l’avance, à mon insu, et qu’il s’était déjà mis en quête de l’éternelle jouvence.

Quant à moi, j’avais une notion de la transmission de mon héritage bien différente de celle du commun des mortels. Je n’éprouvais pas ce besoin de perpétuer mon espèce pour la simple et bonne raison que j’étais issu de la grande famille des Olympiens et que j’étais immortel. En tant que dieu, j’avais naturellement engendré d’autres dieux, fruits de mes premiers amours de jeunesse ; mais ils n’étaient en aucun cas nés d’une volonté de procréer ni de perpétuer quoi que ce soit. J’avais cependant transmis mes connaissances à ceux de mes descendants qui avaient décidé de marcher dans mes pas, tandis que j’avais laissé les autres libres de prendre des directions complètement différentes. Cependant, la transmission, me concernant, ne s’arrêtait pas là. Contrairement aux autres Olympiens, ma proximité avec les humains faisait de moi un cas particulier, puisque je continuais de disséminer des bribes de mon savoir ça et là, avec parcimonie, à chacun de mes séjours sur terre. En revanche, je n’avais pas besoin de procréer pour cela, et je m’en abstenais surtout, car il aurait été fort malvenu de voir naître un demi-dieu sur terre, alors qu’aucun Olympien n’étais sensé en fouler le sol, ni même du bout de ses sandales ailées, sans autorisation expresse du dieu suprême.

Je ne prenais pas de très grands risques de ce côté-ci, ceci dit. Car comme me le fit remarquer Dante, il ne fallait pas qu’il compte perpétrer sa descendance directement avec moi. « Difficile, mouih.» acquiesçais-je en riant. Impossible tu veux dire, biologiquement parlant, du moins, pensais-je en le sondant du regard. « Essayer… ? Oui, bien-sûr. » répondis-je, le plus naturellement du monde, sans me défaire de mon sourire amusé. Sans doute lui serait-il difficile de déceler s’il s’agissait là de mon habituelle nonchalance, ou si, tout comme lui, j’avais décidé de faire de l’esprit. En réalité, tout était limpide comme de l’eau de roche pour moi. Si je n’étais pas en mesure de lui donner directement ce qu’il désirait, il y avait naturellement d’autres moyens de procréer. « Si c’est là ce que tu souhaites… Mais nous avons désormais l’éternité pour… essayer. » ajoutai-je, le regard brillant d’une lueur d’espièglerie. Car qui dit immortalité, dit éternité, naturellement.

Si je me fichais bien que le caractère désuet de certains de mes propos fasse parfois sourciller et je ne me rendais pas toujours compte de l’impact que pouvaient avoir ces mots, qui pour moi étaient naturels et lourds de sens. Si Dante s’était mépris sur le terme que j’avais employé pour définir mes sentiments à son égard, il n’en montra rien, bien au contraire. « Surpris dis-tu ? » m’amusai-je de constater. « M’attacher… » Je me laissai aller à mon hilarité. « Cela n’a rien à voir avec mon caractère divin. N’importe quel humain aurait pu être tout aussi volage. Tu aurais pu, toi aussi, passer à autre chose, si tu l’avais voulu. N’est-ce pas ? Pourtant, tu ne l’as pas fait non plus. » Je fis tourner ma tasse du bout des doigts. « Tu as su m’atteindre, oui. » admis-je. « En plein cœur ! C’est certain.» Plutôt que de m’attacher, disons qu’il avait su me conquérir et m’apprivoiser afin que je daigne rester à ses côtés de mon propre chef. Je lui avais moi-même remis les liens qu’il tenait dans ses mains, dans son cœur, ce fameux jour où il avait découvert ma véritable nature et où je lui avais avoué ne pas avoir envie de partir. « Tu n’as pas besoin de m’attacher tu sais. » dis-je en souriant, amusé par le caractère possessif contenu dans ses propos. Était-ce volontaire ? Je ne m’en offusquai pas, du reste. Je m’étais bien fichu de devoir quitter la terre. Celui que je n’avais pas eu envie de quitter ce jour là, au prix de mon secret divin, c’était lui. « Parce que je t’aime. » Cet attachement n’avait fait que s’amplifier depuis, se resserrer et se nouer plus étroitement encore et je devinais dans ses dires que la réciprocité était vraie, même si effectivement, j’étais incapable d’en mesurer l’étendue.

« Oui. Je pense aussi que tout cela est très intéressant. Honnêtement, je suis agréablement surpris que tu aies trouvé toutes les réponses à tes questions ici… et ailleurs… Tout comme le fait que tu te retrouves avec un tel… bagage, si tu me passe l’expression. Tout cela est on ne peut plus enrichissant, pour toi… comme pour moi d’ailleurs. » Même s’il avait sans doute encore beaucoup à faire, notamment à Gobelia et qu’il lui faudrait très certainement un temps plus ou moins long d’acclimatation aux nouvelles données qu’il avait acquises. « Je me réjouis de découvrir avec toi les souvenirs susceptible de découler de cet héritage. »

Quand aux gorgones… « Je ne pense pas. Toutes les créatures magiques ne sont pas répertoriées là haut. Les sœurs de Méduse le sont car ce sont de puissantes créatures immortelles. De ce fait, elles sont confinées sur l’Olympe. Les portails permettant d’accéder à la terre étant condamnés, je suis le seul à pouvoir traverser les dimensions. » Ce qui n’était pas tout à fait vrai. Zeus, Poséidon et Hadès le pouvaient également. En tant que messager des dieux, j’étais cependant le seul à avoir une dérogation pour le faire, lorsqu’une mission m’incombait sur terre.
« De plus, j’ignore depuis combien de temps ces gorgones étaient là, ni depuis combien de temps elles y étaient, et encore moins d’où elles provenaient. Mais à mon humble avis, cela devait bien faire quelques décennies. Sans doute sont-elles nées sur terre d’ailleurs. D’ailleurs, il est curieux d’avoir rencontré des gorgones dans la demeure de tes ancêtres. Armide avait un différent avec ces créatures ? »
 
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Message posté : Mar 30 Juin 2015 - 23:31 Message
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 « Pas que je sache, mais pourquoi serait-ce curieux ? Ma famille a traité avec de nombreux êtres magiques ou mystiques ou mythologiques par le passé, alors que sont trois malheureuses gorgones en fin de compte ? » Ses lèvres s'animaient plus que de coutume. Les fléchissements de Raphaël et ses affirmations l'avaient copieusement raffermi dans la conviction qu'il se faisait de vivre avec lui quelque chose de tout à fait spécial qu'il ne vivrait avec aucun autre. Si d'aventure l'Olympien venait à disparaître, connaîtrait-il la félicité qu'il se voyait servir sur un plateau dans les bras et les yeux d'aucun autre ?

Au gré des réminiscences mémorielles qui l'accablaient parfois, depuis le six mars, et qui se bousculaient par moment, littéralement, au portillon de ses pensées depuis qu'il avait ceint la couronne, Dante se souvenait des amours d'antan qui égayèrent la longue lignée de ses aïeux. Il ne put s'empêcher de rougir à l'évocation silencieuse du premier d'entre eux. Renaud s'imposait à lui comme le souvenir d'une passion dangereuse, mortifère, terrible, et pourtant, il l'assumerait encore aujourd'hui et bien malgré lui, puisqu'il savait que ces sentiments n'étaient pas nés en lui, mais s'y étaient introduits avec toute la virulence d'un météore. Mais par chance, ces vagues successives se heurtaient aux falaises de sa personnalité et de son tempérament.  « Je pense qu'elles ont dû un beau jour se mettre en quête d'une source sûre de puissance magique et j'imagine que ce caveau abandonné et sans défense leur a semblé un bon compromis entre la nécessaire discrétion des lieux et le capital disponible sur place... peut-être ont-elles vu le jour en Grèce et ont-elles voyagé jusqu'à Venise par les rives de la mer Adriatique ? Tu connais mieux les trajets possibles que moi, non ? » Discrète allusion à ses attributions de dieu des voyageurs.

Ce formidable GPS qu'était Raphaël saurait très certainement quel fut le chemin employé par les trois braves sœurs. Mais était-il bien nécessaire pour eux de s'y intéresser encore ? Ces trois bêtes malfaisantes n'ennuieraient plus personnes. Mortes et en pièces détachées grâce aux bons soins de Raphaël, les sœurs de la mort de pierre n'ennuieraient plus personne à Venise, comme ailleurs. Autant laisser au passé ces trois entités qui n'appartenaient qu'à lui. Dante repoussa devant lui sa tasse. Il n'y avait plus de thé, hélas, mais l'heure s'était avancée. Ne devraient-ils pas regagner l'hôtel et s'apprêter pour l'heure prévue au restaurant ?

 « En tout cas, je compte bien profiter de notre séjour à Venise pour des vacances bien méritées. » Et il pesait ses mots. Depuis qu'il était arrivé en Europe, il n'avait pas eu une seule minute de répit, pas un seul instant pour lui-même, pas un seul moment à consacrer au repos. Il tira son porte-feuille de la poche de son veston et alla pour en tirer quelques billets.  « Après tout, cette ville est toujours une véritable douceur pour mes yeux comme mes oreilles... t'ai-je dit que j'en garde toujours d'excellents souvenirs, à chacun de mes voyages ? C'est une destination que j'apprécie entre toutes, pour te dire... encore que je sois bon public, j'ai bon souvenir de la plupart de mes voyages, sauf peut-être du dernier que j'ai fait au Japon, il y a plus de sept ans... mais le pays du soleil levant n'est pas vraiment responsable de cette fâcheuse expérience. Nous pourrions y aller, un jour, qu'en dis-tu ? Histoire de laver ma mémoire de cette vilaine souillure. »

L'idée même de prévoir un tel voyage lui permettait aussi d'oublier un instant qu'il devrait consacrer plusieurs séjours de plus ou moins longue durée en Gobelia, où il vivrait ce qui s'annonçait moins comme des vacances que comme une série d'épreuves à relever. Et s'ils disposaient de l'éternité pour vivre, justement, ils ne manqueraient jamais de temps pour aller partout où Dante le désirerait – il était fort probable que Raphaël eût déjà été partout au monde, ce qui était à la fois impressionnant et amer, en quelque sorte !  « Peut-on regagner l'hôtel ? J'aimerais me changer avant d'aller au restaurant. Il faut aussi que je téléphone à ma tante. » Ce n'était pas tout à fait par plaisir, mais bien par devoir qu'il informerait Melissande de l'accomplissement de son périple et de l'issue de son pèlerinage sur la terre de ses ancêtres. Il redoutait d'ailleurs d'engager avec elle une interminable discussion téléphonique qui les mettrait en retard pour le repas.
 
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Message posté : Ven 3 Juil 2015 - 1:23 Message
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Je n’avais pas spécialement de réponse à lui fournir concernant la présence des gorgones dans le caveau de la famille Visconti. Ces créatures étaient là, indépendamment d’une quelconque volonté divine. L’origine de leur présence devait être autre, et sans doute Armide était-elle la mieux placée pour le savoir. « Tu me poses une question, je t’apporte une réponse. fis-je remarquer avec le sourire. J’avais cependant noté au passage la teinte rosée qu’avaient prises ses joues. Etait-ce du à la soudaine réminiscence d’un souvenir lié à l’un de ses ancêtres ? A Armide elle-même ? Il n’en dit rien, mais je ne pu m’empêcher de le sonder d’un regard soupçonneux. « Oui, elles ont put parvenir ici de bien des façons, les routes sont nombreuses. » répondis-je avec le sourire, tout n’était qu’une question de moyen de transport. « Effectivement, le hasard a pu les conduire ici, tout comme elles auraient pu convoiter le pouvoir spécifique de ton aïeule. Puisqu’elles puisaient leur magie de celle d’Armide si je ne m’abuse. »

D’ailleurs, à ce propos, si cette aventure avait levé le voile sur la réincarnation de Louis, cela ne résolvait pas tout à fait le mystère de l’attentat qui avait eu raison de lui. Qui étaient ces gens qui en avaient eu après lui et pourquoi ? Ils n’avaient pas encore expié pour leur crime ! Mes doigts se resserrèrent sur la anse de mon mug dont je vidais le contenu d’un trait avant de le reposer d’un geste vif sur la table.

Le patron de l’établissement nous interrompit un instant afin de s’assurer que tout se déroulait pour le mieux et nous demanda si nous désirions consommer autre chose. Sans lâcher Dante du regard, je m’enquis cette fois de la météo, afin de savoir si la pluie s’était arrêtée tandis que mon compagnon s’apprêtait déjà à régler l’addition. A la vue des billets colorés, le tavernier, s’absenta afin d’aller nous chercher la note. Dante me confia vouloir profiter de ses vacances dans les rues la douce Venise. Il ne m’avait pas encore fait part de tout ce que représentait cette ville pour lui mais… « Voilà qui est chose faite à présent. Raison de plus pour en profiter ! J’aime beaucoup cette ville également et cela fait quelques… temps que je n’y ai mis les pieds, je me ferais donc une joie de redécouvrir ses trésors à tes côtés. » D’autant plus que si ses ancêtres y avaient vécu autrefois, il partagerait certains de mes vieux souvenirs et allait sans doute connaître les lieux comme le fond de sa poche désormais. Mon regard s’illumina instantanément lorsqu’il évoqua Cipango qui était l’une de mes destinations favorites du moment. Je m’étais pris d’affection pour la culture de ce pays qui était bien différente de la mienne et de celle de la plupart des pays européens. Si Louis était marqué par les funestes souvenirs qu’il s’était constitué au pays du soleil levant, il n’était pas réticent de s’y rendre. D’autant plus que ce fut cette attirance commune pour l’exotisme japonais qui avait achevé de nous pousser dans les bras l’un de l’autre, après une formidable improvisation du chef d’orchestre sur cet instrument ancestral, lors de cette folle escapade nocturne au musée historique. « J’en dis que le hasard fait drôlement les choses ! Je vais devoir m’y rendre très prochainement pour le travail. Tu pourras te joindre à moi et nous en profiterons pour prolonger quelque peu notre séjour là bas. »

Comme il s’y attendait, la conversation téléphonique de Dante avec sa tante s’éternisa. Cette dernière avait tendance à tellement parler qu’il était toujours difficile de l’éconduire lorsqu’elle s’y mettait. Au prix de m’attirer le courroux de l’un, comme de l’autre, voyant l’heure du repas avancer, je m’étais permis de délester Dante de son téléphone et de couper court à la conversation en expliquant à la douce Mélissande, comme je m’étais amusé à la nommer, qu’il ne fallait pas qu’elle soit trop pressée d’en savoir de trop dans l’immédiat, auquel cas elle n’aurait plus rien à se mettre sous la dent ensuite. J’avais naturellement mis les formes et les convenances pour la baratiner comme je savais si bien le faire, afin de lui faire entendre qu’elle aurait naturellement la suite de l’histoire lorsque nous aurions fini de dîner, voir le lendemain matin, si Dante était trop fatigué pour la rappeler dans la soirée.

***

Après que Dante eu satisfait la curiosité de sa tante, nous profitâmes des jours suivants pour nous détendre et profiter de la clémence que voulu bien nous accorder la météo pour flâner dans Venise à travers ses ruelles étroites, ses petits ponts ainsi que les embarcations qui faisaient tout son charme. Nous ne nous mêlions pas trop aux touristes lambdas, préférant et de loin arpenter les chemins de traverse à travers lesquels il nous était impossible de nous perdre, compte tenu de mon sens de l’orientation hors pair.

Il n’y aurait pas de quoi s’éterniser sur notre séjour en amoureux à Venise, s’il n’y avait eu cet autre incident, lorsque nous étions sortis de la basilique San Marco. J’avais naturellement repéré quelques pickpockets qui faisaient leur beurre en détroussant les touristes peu vigilants. « Fais attention à tes affai… » avais-je murmuré à Dante avant de sentir une main qui n’était pas la sienne, à un endroit où elle n’avait rien à y faire. Mon regard flamboyant se détourna du visage de mon aimé et j’attrapais à la volée l’avant bras de cet impudent qui avait osé essayer de me faire les poches. Un bruit de pétard étouffé retentit et le voleur apparu à cet instant devant moi. « Il semblerait que… » commençais-je à l’intention de Dante, sur le ton de l'ironie. J’eus tout juste le temps de croiser le regard ébahit de mon agresseur, doté d’un don de téléportation peu commun et sans doute peu habitué que quelqu’un parvienne à l’intercepter, que…

Dé :
Réussite : Il me repoussa violemment.
Échec : Il disparaît de nouveau dans un léger pouf sonore et m’entraîne avec lui.

Dé 2 si réussite à dé 1 :
Réussite : Disposant visiblement d’une super force, il parvint à se dégager de mon étreinte.
Echec : Pas de chance pour lui, je suis plus fort que lui, il ne parvient pas à se dégager.

Tout s’accéléra soudain. Je fus quelque peu surpris par la force surhumaine qu’il déploya pour se dégager de mon étreinte. Il me bouscula avec violence, me contraignant à reculer de quelques mètres sur les dalles lisses du parvis de la basilique. « Hey ! On se calme ! » lui dis-je sur un ton serein. Mais son regard à lui, trahissait d’avantage la panique d’avoir été découvert, et il n’avait pas du tout l’air prompt à discuter. Les iris du jeune homme n’étaient pas sans me rappeler ceux de Dante lorsqu’ils prenaient cette lueur dorée que j’affectionnais particulièrement. Celles de l’italien se teintèrent de gris clair tandis que sa pupille se dilatait à la verticale afin de former une fente. Si j’avais pris le temps de m’attarder sur ces détails, notre altercation n’avait duré que quelques secondes à peine, avant que son poing ne rencontre douloureusement ma mâchoire. La violence du choc fut telle qu’elle aurait indéniablement brisé la nuque de n’importe quel être humain normalement constitué. Je reculais une nouvelle fois d’un pas, perdant légèrement l’équilibre, sous le regard de Dante, et celui abasourdi du jeune homme, qui hésita à s’enfuir, visiblement surpris de mon incroyable résistance.

Cependant, ma soit disant résistance était mise à mal. Ma mâchoire me faisait mal et ma lèvre inférieure s’était fendue à l’impact. Pour mon plus grand déplaisir, le pickpocket avait réussi à attirer l’attention des badauds sur nous. Je lâchais ma prise.
« Qu’est-ce que… qu’est ce que tu m’as fait ? Maudit sois-tu ! Va au diable ! » pesta-t-il en italien avant de cracher par terre à mes pieds. Il se tenait l’avant bras dont les muscles étaient désormais tétanisés. Je soutins son regard avec aplomb. « C’est comme cela que l’on t’as enseigné la politesse ? » demandai-je avec raillerie. Ce petit génie semblait doté d’un don de téléportation peu commun. Il jura une nouvelle fois en reculant, puis fit volte-face avec sans doute, la ferme intention de s'enfuir dans les escaliers du parvis de la basilique, mais il se heurta à Dante, tandis que, un goût fortement ferré en bouche, j’essuyais ma lèvre inférieure du revers de la main, caressant l’arrête douloureuse de ma mâchoire comme pour estimer l’étendue des dégâts, toujours aussi peu habitué à ressentir la douleur là où elle n’aurait pas du se manifester, si j’avais été parfaitement invulnérable. Même si une fois encore, il n'y avait aucune gravité dans ce que d'aucun qualifierait d'égratignures, je n’arrivais décidément pas à m’y faire.

Mais il y avait plus intriguant pour l’heure ! Le pickpocket venait temporairement de troubler la quiétude retrouvée de notre séjour en amoureux, mais aussi étonnant que cela puisse paraître j’étais plutôt satisfait de la rencontre que je venais de faire. Lorsqu’il m’avait frappé, j’avais remarqué à la base du cou de mon agresseur, un symbole tatoué qui m’était on ne pouvait plus familier, et qui me rappelait étrangement le symbole qu’arborait autrefois la Guilde des Voleurs. Qui aurait cru que je reverrais cet emblème ici, à Venise, après si longtemps ? Était-ce une simple coïncidence ?
 
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Message posté : Ven 3 Juil 2015 - 1:23 Message
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Message posté : Sam 4 Juil 2015 - 14:04 Message
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Visiter Venise était toujours un plaisir. S'en lasserait-il jamais ? Connaîtrait-il ailleurs pareille félicité ? Il n'y avait qu'en cette cité qu'il se sentait véritablement chez lui. Star City deviendrait bientôt sa demeure, sa maison, son domaine, il s'y intégrerait tout à fait, il y régnerait comme un maître ombrageux, silencieux, absolu, tel le parfait agent de l'Ombre qu'il deviendrait, dans le respect continu de ses objectifs, mais en attendant, saurait-il jamais considérer la cité américaine comme autre chose qu'un nid de frelons où imposer sa loi, comme un puits de boue où le tri s'avérait constamment nécessaire, où le fracas tumultueux des vagues, le cri impénitent des vents, l'horreur maléfique des flammes se conjuguent incessamment pour nuire à la quiétude d'une vie tranquille ?

Star City était depuis si longtemps la cible de toutes les manifestations criminelles du continent Américain qu'il semblait grotesque de la savoir parmi les villes les plus peuplées et les plus actives. Car c'était une chose de connaître et tolérer l'existence des supers, mais n'en était-ce point une autre d'accepter de vivre dans un environnement constamment affligé des turpitudes de tel vilain, de tel malfrat, de tel névrosé sociopathe ayant du goût pour la domination mondiale ? Ce constat, triste et laid, persuadait le magicien que le bon peuple de Star City n'était qu'un ramassis de moutons, pire d'agneaux tout juste frais pour la tonte. Il ne laisserait donc pas à ses rivaux l'occasion d'amasser plus de laine que lui. Toutefois, loin de le laisser à ces consciencieuses réflexions, la basilique Saint-Marc l'émerveilla tant et si bien qu'il fut tout d'abord surpris par l'événement qui vint colorer la sortie. Un pickpocket s'en prenait à Raphaël !

L'image ne manquait ni d'humour ni de saveur, et naturellement un sourire se porta aux lèvres du magicien qui observa la scène avec assez de distance pour en dessiner les contours et les fils blancs longtemps à l'avance. Ce malheureux voleur recevrait son paquet et tous deux pourraient repartir de leur côté tandis que la police vénitienne faisait son office. C'était sans compter sur les facéties d'un hasard complice du destin, bien entendu. Ce larron n'était toutefois pas n'importe quel voleur des rues. Il semblait doté de facultés intéressantes, de facultés assez terribles pour non pas inquiéter Raphaël mais au moins lui opposer une résistance de nature à le retarder. La surprise naissait toujours du constat d'impuissance de son compagnon, encore que le mot fût mal choisi et sans doute.

Mais la scène devint moins amusante quand Dante fut indirectement pris à partie par le voleur, qui le bouscula, le heurta dans sa tentative de fuite. À la faveur toutefois de l'événement, quelques touristes, un vigile et trois policiers qui passaient là, non loin, et dont c'était le rôle d'anticiper ce genre d'événements et d'y réagir promptement, s'intéressèrent à ce qui se passait, là, sous leur nez. Les touristes crièrent au vol. Thief ! Voleur ! 贼 ! Dieb ! Tjuv ! 泥棒 ! Les noms d'oiseaux fusèrent en toutes langues et bien sûr, les vigiles intervinrent ensuite, pour se précipiter et sécuriser la zone, comme essayer d'attraper le bougre de brigand.

Celui-ci toutefois parvint à réchapper de leurs mâchoires, tel le petit poisson de la fable d’Ésope. La police eut plus de chance, puisqu'elle parvint à l'attraper, sans toutefois réussir à le maintenir. Dante, coincé par la présence de la foule des témoins potentiels, se résignait à ne rien faire dans l'immédiat, sinon glisser à l'oreille de Raphaël ces quelques mots :  « Ne veux-tu le suivre jusqu'à un endroit plus discret ? » Il y aurait eu mille raisons pour justifier ce choix. La vengeance, la curiosité, etc. Ce voleur venait d'attaquer son patron divin, après tout ! Il aurait été plus que normal que Raphaël nourrît le souhait d'en apprendre davantage sur ce petit pourvoyeur de larcins. Ils s'éloignèrent à leur tour du parvis de la basilique et s'il put paraître étonnant que les vigiles ne s'intéressassent guère plus à eux, Dante ne s'en formalisa guère : il aurait détesté être le centre d'attention quand l'anonymat leur aurait permis de, très vite, retrouver la trace de ce larron. Plus loin sur la place, il confia ce sentiment à Raphaël :

 « J'imagine que nous pouvons ignorer la case « dragon qui vole au-dessus de Venise pour repérer le voleur », n'est-ce pas ? » Il aurait peut-être pu le faire de nuit, mais à quoi bon ? La cible s'était probablement échappée par un trou de souris pour se terrer dans un coin en attendant que l'attention des forces de l'ordre, dans la zone, se portasse ailleurs. Raphaël aurait peut-être plus de succès s'il le cherchait seul, d'ailleurs, mais tout dépendrait de ce qu'il comptait faire. Dans une ville comme Venise, ces petits larcins, ratés ou réussis, étaient monnaie courante, après tout, mais l'Olympien était peut-être, comme son père, susceptible ?
 
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Message posté : Mar 7 Juil 2015 - 1:11 Message
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J’avais été surpris par les capacités de cet individu des plus intéressants. Si je n’avais réagit autrement, c’était uniquement par souci de ne point attirer l’attention sur nous, plus que de raison, dans un lieu aussi fréquenté. Par un heureux hasard, de mon point de vue, le pickpocket s’en était pris à moi, mais du sien en revanche, il avait fait un fort mauvais calcul. Il n’était pas né le voleur qui réussirait à faire mes poches à mon insu !

J’étais parvenu à encaisser l’attaque du brigand, non sans y laisser quelques plumes. Ravi de la découverte que je venais de faire, je ne cherchai pas à le retenir plus longtemps. Il avait heurté Dante dans sa tentative de fuite avant de semer les vigiles avec une facilité déconcertante. La police vénitienne intervint ensuite pour tenter de l’appréhender.

Je cherchai un mouchoir dans ma poche afin d’essuyer ma main ainsi que ma lèvre ensanglantée, puis je ejoignis Dante qui me souffla quelques mots à l’oreille. Le voleur avait pris ses jambes à son cou et les filets de la police ne tardèrent pas à se refermer sur lui. Les yeux rivés sur la scène je répondis, amusé : « C’est inutile. » Et pour cause ! Le voleur en question ne se laissa pas capturer et il venait même de se volatiliser sous le nez de la police.
« Autant essayer d’attraper un courant d’air ! » dis-je sur un ton léger. Nos pouvoirs avaient ce point en commun. Il était presque aussi difficile à attraper que moi. Cette pensée me fit sourire. « J’ai beau être rapide, je n’ai pas encore la faculté de me téléporter. » Enfin, pas exactement de cette manière.

J’emboîtai le pas de Dante, et lorsque nous nous fûmes suffisamment éloignés de la basilique, je répondis à ce dernier en riant : « Oui, sauf si tu tiens expressément à faire parler de toi ici. Et puis, as-tu seulement un quelconque moyen de le repérer ? De sentir sa présence ? » Je connaissais le flaire redoutable de Dante pour la détection d’objets magiques. Encore aurait-il fallu que ce jeune homme en portât sur lui. S’il n’était qu’un simple pickpocket, hormis quelques portefeuilles et quelques petits objets de valeurs, je doutais qu’il puisse avoir ce genre d’objet sur lui. J’ignorais encore l’étendue du flaire du dragon, mais je me doutais qu’un gardien du seuil aussi ancestral que lui était très certainement capable de sentir tout objet de valeur. Quoi qu’il en soit, il était mieux placé que moi pour le savoir, pour l’heure. « Il ne m’a rien dérobé, je n’ai donc aucune raison de le poursuivre, même si je dois avouer que ses aptitudes particulières m’intriguent. » Si ce jeune impudent appartenait effectivement à la Guilde des Voleurs, j’allais devoir refaire toute son éducation, car il s’était montré bien cavalier à vouloir jouer les gros bras !

Je n’étais pas aussi susceptible que mon père, excepté lorsque l’on me mettait au défi, et Dante en savait quelque chose. La seule raison qui me motivait réellement à retrouver la trace de ce voleur, était ce symbole que j’avais noté à la base de son cou, qui me laissait supposer que la Guilde des Voleurs existait toujours, au XXIème siècle. Cela m’amusait grandement de constater que nombre d’humains à travers le monde vouaient non pas un cul-te à l’illustre déesse des foyers, mais se rassemblaient encore sous les couleurs de la Guilde que j’avais fondée quelques décennies auparavant. Quelle aubaine ! Si cette guilde avait subsisté, j’allais probablement bientôt me fendre d’un petit séjour en Grèce pour aller faire honneur à mes nouveaux fidèles. Seulement, j’ignorais où se trouvait leur nouveau repère, étant donné que le précédent fut détruit pendant la seconde guerre mondiale. Une idée saugrenue était déjà en train de germer dans mon esprit retord.

Dante et moi-même poursuivîmes notre chemin, et lorsque nous nous fûmes suffisamment éloignés de la place, j’hésitai à lui faire part de cette excitante découverte et d’avantage d’aller au bout de l’idée qui s’égrenait déjà dans mon cerveau et qui me poussait à vouloir l’impliquer, dans une certaine mesure. Je n’avais encore jamais parlé de ce genre d’affaires à mon aimé, mais compte tenu de ma nature, il devait bien se douter qu’il ne s’était épris du dieu le plus innocent de l’Olympe. Cependant, il ne m’avait encore jamais questionné à ce sujet pour l’instant, et je m’étais bien gardé de lui en parler.
« Je n’ai pas envie de gâcher mes vacances à poursuivre un voleur de bas étage. J’ai d’autres projets pour l’instant. » dis-je, le gratifiant d’un sourire charmeur qui en disait long. « Je suis plutôt du genre à croire au destin. L’avenir me dira si nos chemins sont amenés à se recroiser. Je ne m’inquiète pas trop pour cela. » En revanche, j’étais grandement tenté de lui proposer de m’accompagner en Grèce. Je préférais ne rien dire pour l’instant. Nous avait eu sont lot de découverte ces jours-ci. Il n’y avait pas d’urgence en ce qui me concernait, et je préférais remettre cette conversation à plus tard.

FIN

 
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