Would you care for a cup of tea, lass ? Bouton_vote_off
AccueilFAQRechercherMembresGroupesS'enregistrerConnexion

Would you care for a cup of tea, lass ? Cadre_1Would you care for a cup of tea, lass ? Cadre_2_bisWould you care for a cup of tea, lass ? Cadre_3
 

Would you care for a cup of tea, lass ?

 
Message posté : Dim 26 Avr 2015 - 22:22 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

Invité
Invité

Anonymous
Invité

Invité
Personnage
Joueur
Anton était appuyé contre la voiture, observant tranquillement ce qui se passait à l’autre bout du parking. Il avait pris un rythme nocturne ces derniers temps, ce qui lui convenait beaucoup mieux. Déjà à Londres, près de deux siècles plus tôt, ses professeurs de l’école de médecine avaient été inquiétés par les veilles prolongées de leur étudiant. S’ils avaient su que c’était là la dernière chose à propos de lui dont il fallait avoir peur. Ils auraient mieux fait de s’inquiéter de ses passions macabres, de ses moments de débauches où il descendant dans les bordels ou allait conter fleurette à quelques filles de bonne famille. C’était une tragédie que la mort l’eut fauché aussi jeune. Mais il avait eu sa part de plaisirs dans la vie, encore plus depuis qu’il était revenu parmi les vivants.

Et contrairement à sa sœur il n’avait pas peur d’utiliser tous les moyens à sa disposition. Ce qui incluait Anna Leblanc et la fortune qu’elle pouvait mettre à sa disposition. Lady Death avait laissé place au Dévoreur dans les rues de la ville, un être plus pragmatique et sombre qui n’avait que faire de la justice des morts. Ce qui l’intéressait, c’était de pouvoir faire avancer ses expériences. Il détestait de prendre du retard et d’être gêné… Depuis qu’il avait rencontré cette Légionnaire gênante au cimetière aux lanternes, il avait décidé de prendre les devants. Son réseau d’informateurs fantomatiques surveillait ses affaires. Ils savaient bien qu’il rester dans les alliés d’un nécromancien, surtout quand celui-ci avait réussi à revenir du monde des morts.

Quelle ne fut pas sa surprise de savoir que sa sœur avait bien plus attiré l’attention qu’il ne l’avait pensé de prime abord. Sûrement était-ce d’ailleurs dû à ses apparitions. Il était la créature qui avait combattu un alien dans les rues de la ville, ou qui avait fait face aux côtés de policiers fantômes à un démon. Cela avaient été de belles journées pour un mort, mais elles ne valaient rien en comparaison de ce qu’il avait depuis son retour. Et il ne comptait laisser personne lui prendre sa nouvelle vie. S’il devait encore s’assurer de la neutralité de la Légion, il devrait prendre des mesures radicales pour ce qui était de l’UNISON.

Identifier la personne en charge n’avait pas été difficile. Pas avec les moyens qu’Anna pouvait mettre à son aide. Mais il avait décidé de régler le problème à sa manière, histoire de montrer très clairement à cette femme, Rebekha Lawson. Une brave petite femme moderne, chose à laquelle l’ancien gentleman et psychopathe anglais avait encore besoin de s’habituer. Mais bon, il était lui-même dans un corps de femme. Même s’il avait un peu modifié la tenue de sa sœur. Après tout, il était le Dévoreur, pas Lady Death. Un costume noir même sur un corps de femme lui convenait mieux. Quant à son visage, il avait opté pour un masque de chirurgien. Peut-être qu’une fois que les années auront passé, il se serait suffisamment familiarisé avec sa féminité nouvelle acquise pour se laisser aller à des tenues d’un autre genre. Mais pour le moment, il faisait avec l’identité qu’il avait conservé pendant deux siècles. Ils lui semblaient déjà loin temps où il était plus bête qu’homme.

Avoir un fantôme en train de suivre Rebekha n’était pas compliqué. Il aurait d’ailleurs pu se contenter de laisser un de ses sbires hanter sa demeure jusqu’à la rendre folle. Mais il préférait mettre les choses au clair et pour cela rien ne valait un golem de chair. La créature était emmitouflée dans un grand manteau sombre, une capuche rabattue sur son crâne couturé de cicatrices. Une véritable œuvre d’art celui-là. Plus petit que certaines des créations d’Abigaïl, il avoisinait tout de même le mètre quatre-vingt, mais surtout il possédait une musculature effrayante. Anton avait même vissé des plaques de métal à certaines parties du corps pour le rendre plus résistant aux balles. Un véritable engin de siège, voilà ce qu’il avait créé, un tank funéraire.

Le golem attendait à l’entrée du parking souterrain. De cette manière, une fois que Rebekha ferait surface, il lui bloquerait la sortie. Pour le reste, Anton avait fignolé son piège en venant lui-même en compagnie de quelques ossements. Il avait d’ailleurs façonné un tibia pour en faire le pommeau d’une canne. Il se sentait presque dans la peau d’un lord, des seins en plus.

Son valet était un patchwork de cadavres et ses bons amis des fantômes soumis à sa volonté. Mais c’était largement suffisant pour accueillir une demoiselle du standing de Rebekha Lawon, il en était certain. Le nécromancien fit tournoyer sa canne entre ses doigts. Cela allait être une bonne soirée.

 
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Mar 28 Avr 2015 - 9:58 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

Invité
Invité

Anonymous
Invité

Invité
Personnage
Joueur
Rebekha n’avait pas dormi depuis vingt-neuf heures et commençait à le ressentir. Ses membres étaient endoloris à force d’être restés dans la même position. Assise devant son écran, à tapoter ses touches de ses doigts gantés de cuir, tournant manuellement les pages des dossiers étalés sur son bureau. Elle était en recherche pour éclaircir l’étrange affaire qu’on lui avait confié. Ou plutôt, la série de cas bizarres. Des profanations de sépulture, des disparitions de cadavres, la police locale avait mis du temps à se rendre compte qu’ils avaient probablement un mystique mal intentionné sur les bras. Rebekha, elle, rongeait son frein depuis la première fois où elle avait vu le gros titre dans les journaux. Elle était allé trouver l’enquêteur en charge de l’affaire, lui avait expliqué ce qu’elle pensait avoir compris du suspect et la nécessité de passer la main. L’agent spécial Lawson avait beau ne pas être une spécialiste en magie, elle connaissait les bases et on ne pouvait faire que du mal avec autant de cadavres.

Rebekha n’avait pas encore réalisé de lien entre ces vols de cadavre et d’autres évènements, comme ces policiers fantômes qui combattent un démon dans les rues de Star City ou une créature étrange, impossible même, selon les témoins, qui affronte un alien. Les dossiers étaient sur son bureau, elle les parcourait, mais rien ne lui permettait d’établir une liaison. L’un des analyses de l’UNISON était en train de comparer la liste des cadavres disparus avec d’éventuelles manifestations surnaturelles, mais Rebekha n’avait pas encore les résultats et ne les aurait sûrement pas avant le lendemain matin. Pouvait-on se servir d’un cadavre pour invoquer un démon ? Peut-être un réceptacle… Il fallait qu’elle interroge l’expert en magie du département. Elle aurait aimé le faire par téléphone mais l’homme excentrique était relativement anti-technologie. Elle se résolut donc à aller le voir en personne, oubliant même de vérifier quelle heure il pouvait bien être. Elle prévint Anderson de l’endroit où elle se rendait, il leva le pouce pour signifier qu’il avait compris sans pour autant raccrocher avec son interlocuteur. Mesure de prudence élémentaire quand on est un agent du gouvernement : Toujours donner sa position à au moins un collègue, pour qu’ils aient un point de départ en cas de disparition. Ils pourraient ainsi gagner un temps précieux au cas où il lui arriverait quelque chose.
C’était son petit côté pessimiste.
Ou réaliste ?

Le soir. Elle découvrit qu’il faisait nuit en sortant des bureaux pour aller récupérer sa voiture dans le parking et se rendre en plein centre-ville, où vivait Barnabé de Monteil. Elle doutait que ce soit son véritable nom, elle doutait même de son âge exact. Elle tourna un moment dans le quartier jusqu’à finalement opter pour le parking souterrain non loin de son immeuble à elle. Elle prendrait l’air sur le chemin du retour, même s’ils vivaient à une dizaine de minutes à pied. Elle ferma la portière de sa voiture, la verrouilla, rangea les clés dans son sac et se mit à marcher vers la sortie.

Jubilation.

L’émotion la frappa de plein fouet mais elle ne laissa rien paraître. Elle avait l’habitude d’happer ainsi les sentiments de ceux qui se trouvaient autour d’elle. Pourtant, Rebekha était presque certaine que le parking était désert…
Elle s’approcha de la sortie. Une silhouette lui barrait le passage et son instinct d’agent se mit à hurler au danger. Ce n’était pas un pouvoir quelconque, juste un sixième sens né de sa paranoïa due à plus de dix ans de carrière en tant qu’agent fédéral. Elle voulut contourner la silhouette mais celle-ci l’en empêcha. Calant un soupir résigné entre ses lèvres, Rebekha finit par relever les yeux.

Excusez-moi, j’aimerai pa…

La fin de sa phrase mourut sur ses lèvres. Elle ne distinguait presque rien dessous cette capuche mais était certaine d’une chose : La créature devant elle ne dégageait pas une once d’émotion. Ce qui était anormal. Même le pire des sociopathes ressentait quelque chose, ne fus-ce que de la satisfaction à l’idée d’avoir coincé une proie, de l’excitation, n’importe quoi. Devant elle, il n’y avait que le vide, pourtant la créature se tenait bien là.
Elle fit un pas en arrière, laissant tomber son sac et sortant son arme de service. Ce qui lui barrait la route n’avait pas encore eu de gestes violents mais elle se sentait oppressée et savait qu’il n’était pas seul.

Je sens que vous êtes là, la satisfaction transpire par tous les pores de votre peau. Montrez-vous ! ordonna-t-elle. Et rangez votre…

Quoi ?
Si elle avait ne fus-ce qu’un peu de chance, c’était un androïde qui l’empêchait de passer. Cela aurait expliqué la capuche et le long manteau, après tout même à Star City, se promener avec un robot dans les rues manque de discrétion.
Mais Rebekha Lawson n’était pas réputée pour être quelqu’un de très chanceux.

Truc, acheva-t-elle, à défaut de mieux.
 
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Mar 28 Avr 2015 - 13:46 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

Invité
Invité

Anonymous
Invité

Invité
Personnage
Joueur

Le piège élaboré par Anton était en train de se refermer. Sa proie s’était aventurée dans ce dernier sans se douter de rien. C’était parfait. Après tout le nécromancien ignorait beaucoup de choses sur les capacités de la dite Rebekha Lawson. Il savait juste qu’elle enquêtait sur sa sœur, sur lui et que cela était problématique. S’il était convaincu de ne pouvoir périr dans ce combat, il fut rassuré de voir que sa création semblait intimidante.

Si cette femme possédait des capacités gênantes, elles n’étaient pas insurmontable apparemment. Sinon elle aurait aussitôt massacré la créature qui lui faisait face. Mais clairement, elle possédait un don. Comment aurait-elle pu capter la présence d’Anton autrement ? Il souriait, mais ce sourire était caché par le masque de chirurgien qu’il portait. Le nécromancien aurait pu paraître ridicule, si bien entendu il avait été seul.

« Mon truc… Je suis profondément déçu par votre manque apparent de vocabulaire et d’imagination. »

Le nécromancien sortit de derrière la voiture, marchant tranquillement sous les lumières blafardes du parking souterrain. Sa canne venait frapper le sol à chacun de ses pas, produisant un son répétitif et probablement horripilant. Mais Anton était là pour fixer les règles du jeu, pour montrer à Rebekha à qui elle avait à faire. De cette manière elle comprendrait rapidement qu’elle ferait mieux d’abandonner son enquête. Elle devrait convaincre ses supérieurs que Lady Death n’existait pas, que tous ces évènements n’étaient que des coïncidences et des affabulations.

« Il y a beaucoup de manières de décrire mon camarade ici présent, mais « truc » est bien pauvre de sens. »

Le golem de chair fit un pas en avant. Lentement, mais son attitude était clairement menaçante. Que Rebekha vide son chargeur sur lui, cela ne ferait que peu de différences. Le meilleur moyen de tuer une abomination était de la brûlée, le second de la décapiter, ou de la démembrer. Le cerveau avait pour seul utilité de produire des pulsions électriques pour traduire les ordres du nécromancien en mouvement.

« Vous avez face à vous le mélange parfait de l’occulte et de la science. Une œuvre d’art. Je pourrais presque me sentir vexé que vous dénigriez mon travail de cette manière. »

Mais son ton était tout sauf vexé, il était amusé et grandement satisfait. Ce qu’il cherchait, c’étaient de soupçons de peurs chez Rebekha. Anton était un psychopathe qui voulait voir ses victimes trembler, il voulait voir la terreur sur leurs visages quand ils comprenaient ce à quoi ils faisaient face. La mort elle-même. Ou tout du moins était-ce ainsi que se considérait le nécromancien. Ce petit plaisir lui avait été refusé lors de sa dernière rencontre avec un super. Jack O’Lantern était intervenu et avait empêché Anton Faust de satisfaire ses pulsions morbides. Mais cette fois-ci, il avait le plaisir de constater qu’il était parfaitement seul avec Rebekha. Pour le moment du moins.

« Vous pouvez m’appeler le Dévoreur, bien que certains m’appellent Stitcher ces derniers temps. Ce qui est plus adéquat à ma situation actuelle. »

Il ignorait totalement le fait que l’agente de l’UNISON était armée. Il ne craignait pas plus les balles que ses créatures. Le phylactère veillait, quelque part, à ce que le corps d’Abby ne meurt pas.

« Bref, vous n’avez pas besoin de vous présenter, je sais parfaitement qui vous êtes, miss Rebekha Lawson. Je suis venu, en toute cordialité, vous demander de cesser toute investigation à propos des disparitions de cadavres récentes ou anciennes. Vous pouvez aussi tout oublier sur celle que l’on surnomme Lady Death. Il n’y a là que du vieux et de toute façon j’ai peur que vous vous enfonciez dans des eaux bien trop profondes pour vous. Vous allez perdre pied, ce n’est qu’une question de temps. Considérez que je suis là pour vous sauver de la noyade. »

Après tout, Anton Faust était un gentleman.

 
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Jeu 30 Avr 2015 - 18:18 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

Invité
Invité

Anonymous
Invité

Invité
Personnage
Joueur
Rebekha recula d’un pas pour avoir un meilleur champ de vision. Elle voulait voir la femme qui lui parlait, tout comme la silhouette silencieuse lui barrant le passage. Elle ignorait lequel était le plus dangereux et suivit son instinct en pointant finalement le canon de son flingue vers celle qui marchait avec une canne. Elle était trop tranquille, déterminée mais aussi visiblement amusée par son ignorance. Quand l’homme masqué fit un pas vers elle, elle recula et changea à nouveau de cible.

Restez où vous êtes, ordonna-t-elle clairement en détachant chaque syllabe.

Mais elle avait le sentiment qu’il ne lui obéirait pas, encore plus après avoir entendu les explications du Dévoreur auto-proclamé. D’ailleurs, pourquoi un adjectif masculin pour une personne qui avait visiblement une voix féminine ? Et un corps, il ne pouvait cacher ses formes, pourtant l’attitude collait davantage à un homme… Etrange. L’idée de la possession ne lui vint pas immédiatement.
La femme parlait de création, d’un parfait mélange entre l’occulte et la science. Rebekha ne put s’empêcher de faire un lien avec l’affaire sur laquelle elle travaillait pour le moment. Cette personne était-elle responsable des disparitions de cadavres ? Elle l’imaginait mal mettre la main dans la boue pour creuser, elle devait probablement avoir des serviteurs. L’agent de l’UNISON la classa immédiatement dans la catégorie des narcissiques, mais était-elle une psychopathe ou simplement une originale ? Elle n’avait aucune preuve que cette femme ait commis un crime violent et elle n’avait pas encore vu ce que cachait le manteau noir de la création silencieuse.

Elle écouta ses revendications et ne put s’empêcher de sourire, amusée. C’était nerveux. Seul une sociopathe narcissique pouvait parler aussi calmement à un agent fédéral armé en exigeant qu’il se retire d’une enquête suspecte au risque d’amèrement le regretter. Elle aurait pu lui rire au nez, mais elle sentait au plus profond d’elle-même qu’elle était mortellement sérieuse. Elle avait déjà eu cette impression auparavant, avec les vrais monstres. Les pires menaces sont celles proférées avec calme… Elle sentait qu’elle ne plaisantait pas, mais elle ne pouvait décemment pas la laisser s’en aller, ni même accepter ses conditions.

Comme elle n’allait pas tirer dans l’immédiat, Rebekha relâcha son bras, ce qui détendit ses muscles parcourut par des spasmes nerveux. Tenir un flingue en position de tir fatigue énormément et quand on n’est pas prêt à se servir d’une arme, inutile de s’en encombrer. Son mentor le lui avait appris. Cependant, elle ne la rangea pas dans son holster. Gardant un œil sur le « truc » injustement nommé, elle se tourna vers celle qui s’adressait à elle, essayant de capter son état d’esprit. Mais la grande satisfaction qu’elle ressentait, certainement due à la réussite de sa petite mise en scène, l’en empêchait. Elle occultait tout le reste.

Je vous remercie pour cette considération… Son ton marquait clairement l’ironie. Mais je pense que vous êtes une personne suffisamment intelligente pour savoir qu’il ne suffit pas de coincer un agent de l’UNISON dans un parking à deux contre un pour la convaincre d’abandonner une affaire. Que du contraire, c’est plutôt le type de démarche qui a tendance à motiver. Vous le saurez pour la prochaine fois, Dévoreur.

Elle avait soigneusement noté dans son esprit le nom de Lady Death, qui lui était familier. Mais elle ne pouvait pas laisser sa mémoire agir dans l’immédiat, risquer de se perdre dans les méandres de ses neurones tout en étant menacée dans un parking n’était pas une très bonne idée.

Alors dites-moi, continua Rebekha, sans manifester de peur bien qu’une boule lui nouait le ventre. Elle n’avait rien d’une agent d’intervention. Elle savait se défendre mais elle était plus une cérébrale qu’autre chose. Si cette personne était, comme elle le soupçonnait, un mystique… Elle était foutue et son arme serait probablement inutile. que fait-on ? Vous vous en allez gentiment maintenant que votre message est délivré et que je vous ai donné ma réponse, en promettant de revenir au moment où je m’y attendrai le moins pour que je vive dans l’angoisse et la peur de mon ombre ou vous passez à l’action tout de suite ? Cliché pour cliché… Elle fit un geste vague de la main, pour appuyer son propos condescendant.

Feindre l’assurance, ne pas se poser en victime, attendre et se tenir prête. Son téléphone était à portée, dans son sac. Elle n’avait qu’à appuyer sur un seul bouton pour lancer un signal d’alerte. En espérant avoir le temps… La tension courait dans tous ses muscles et elle se faisait violence pour ne pas trop regarder la création silencieuse. Comme si un coup d’œil de trop risquait de lui être fatal.
 
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Ven 1 Mai 2015 - 1:50 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

Invité
Invité

Anonymous
Invité

Invité
Personnage
Joueur

Voir la femme hésiter entre les différentes cibles qui s’offraient à elle était délectable. Ce n’était pas comme si cela aurait la moindre incidence. Anton doutait qu’un si petit calibre pu exploser le crâne de l’abomination et la tuer définitivement. De la même façon, la mort ne serait pas au rendez-vous pour le nécromancien. Pas à moins que par miracle l’UNISON n’ait son phylactère entre les mains. Ce qui n’était pas le cas, après tout, même lui ignorait l’emplacement de l’objet renfermant la mort de sa sœur.

Une balle lui aurait causé une quantité négligeable de souffrance toutefois. Il aurait pu en être amené à drainer l’énergie vitale de Rebekha pour régénérer les blessures. Mais cela ne servirait pas ses intérêts. Le Dévoreur voulait mettre fin à l’enquête de l’UNISON, il voulait que l’attention soit détournée de sa personne. La légion n’était pas du genre à traquer une personne par pure vengeance, ils allaient vers la menace la plus pressante. Anton n’était pas une menace pour Star City, pas pour le moment. Par contre, une fois que les rouages de la machine gouvernementale qu’était l’UNISON étaient lancés en direction de sa personne, il avait besoin de les stopper. Quoi de mieux que d’en effrayer l’un des engrenages ? Avec une pièce en moins, la machine serait bien moins implacable qu’elle ne l’apparaissait.

Il devait admettre une chose, c’est que cette femme ne se laissait pas facilement impressionner. Ce qui n’était pas étonnant, mais compliquait la tâche du nécromancien. Peut-être que de révéler le visage de sa créature, couturé de cicatrice, ferait son effet. Toutefois, si Anton était convaincu de sa propre supériorité et du bienfondé de ses actes, il était aussi un fin manipulateur. Abattre toutes ses cartes maintenant ne servirait pas sa cause, loin de là. Mieux valait laisser à l’horreur de la situation le temps de se révéler par soi-même. On n’instillait pas une terreur durable en quelques secondes, c’était un travail long et nécessitant une précision chirurgicale.

« J’ai bien peur que vous ne compreniez pas la gravité de la situation si ma présence vous motive. »

En ignorant superbement l’interdiction de bouger qu’elle avait formulée, Anton continua à avancer. Après tout, il était en apparence parfaitement désarmé, si ce n’était sa canne. Hélas, ce genre d’objet était une bien piètre protection contre les balles. Est-ce que Rebekha allait mettre ses menaces à exécution ? Est-ce qu’elle allait lui tirer dessus ? Cela lui permettrait de jauger la personne à qui il avait affaire. Anton lui se devait d’afficher un calme olympien, un détachement inhumain. Il envoyait de cette manière un message : « je  n’ai pas peur, je suis intouchable ».

« Ce qui m’en vient à considérer que mon message n’a pas véritablement atteint sa destination, pas avec l’impact que j’avais espéré. Ce qui rend d’ailleurs vos propositions parfaitement inacceptable. Bien que je pourrais me laisser à une pointe de magnanimité, ou au contraire  à une débauche de violence sans pareil. »

La canne tournoya entre les mains graciles d’Abigaïl, tout ça sous l’impulsion d’Anton.

« Je pourrais m’amuser à vous terroriser, ou vous tuer. Mais je ne suis pas stupide même si en effet vous pourriez me considérer de cliché. » Un sourire carnassier se dessina sur ses lèvres, indétectable sous son masque de chirurgien.

« Que je vous tue et quelqu’un d’autre prendra votre place, avec sûrement bien plus d’ardeur. Quoi de plus acharné qu’un homme cherchant à venger l’un de ses semblables ? Je me voudrais de déchaîner de telles passions. »

Rebekha pouvait sans mal remarquer l’accent anglais d’Anton. Ce dernier ne faisait aucun effort pour le camoufler et il était encore plus prononcé que celui de sa sœur.

« Pour ce qui est de la peur et de l’angoisse. Ma foi, cela me semblent être là des réactions appropriées. Vous n’avez aucune idée de ce à quoi vous avez à faire n’est-ce pas ? Peut-être aurais-je dû vous laisser patauger dans votre enquête un peu plus longtemps avant de faire mon apparition. »

Il envoya un ordre silencieux à sa créature. Cette dernière se débarrassa en quelques gestes de ce qui cachait son visage. C’était là clairement un des morceaux de corps les plus faisandés de la collection d’Anton. Le cerveau était frais, mais la tête, couverte de cicatrices et au teint verdâtre avait connu de meilleurs jours. Le nécromancien s’était même amusé à jouer les dentistes en remplaçant les gencives et les lèvres de son golem de chair par des pointes de fer acérées.

« J’espère que vous appréciez le spectacle. Car voilà ce que j’offre à ceux qui se dressent contre moi. Non pas une mort rapide, mais cela ! Une vie éternelle dans une prison de chair. Je pourrais utiliser votre propre carcasse pour massacrer votre famille, vos amis, si le désir m’en venait. Mais je suis aussi un homme de science qui sait remarquer une once d’intellect quand il en croise chez une personne. A moins que vous ne désiriez découvrir la véritable définition du mot « peur ». Je ne peux que vous inciter à accepter ma proposition. Arrangez-vous simplement pour que l’enquête que vous menez soit arrêtée. Je suppose que cela doit être dans vos cordes. »
 
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Ven 1 Mai 2015 - 10:39 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

Invité
Invité

Anonymous
Invité

Invité
Personnage
Joueur
Son interlocutrice se trompait : Rebekha avait pleinement conscience de la gravité de la situation tout comme elle savait que se mettre à genoux, pleurer et supplier pour sa vie ne servirait pas à grand-chose. Sans compte qu’elle avait un peu plus de fierté que ça…La confiance qui irradiait de cette femme était déstabilisante et forcément le fruit de pouvoirs en adéquation avec sa condition. Rebekha avait un net désavantage comparé à beaucoup d’agent et, pour cette raison, elle évitait généralement les enquêtes de terrain. Elle observait les scènes de crime mais elle ne participait que rarement à l’arrestation des suspects, à moins que son instinct ne lui souffle que ce soit indispensable ou qu’elle ait vu quelque chose dans ce sens grâce à sa psychopathotactie. Elle avait reçu un entrainement, à cette distance elle ne raterait certainement pas sa cible, mais elle ne pouvait tirer sur quelqu’un qui se contentait de parler. Après tout, le Dévoreur ou peu importe comme elle voulait être appelée, n’avait pas eu de gestes violents à son égard.
Pas encore.
Oui, pas encore. Elle était persuadée que cela viendrait, si pas de sa part à elle, au moins de son mystérieux sbire.

Rebekha aurait aimé répliquer, elle avait beaucoup de choses à lui dire, mais elle fut coupée nette dans son élan lorsque la création dévoila son vrai visage. Son cerveau mit plusieurs secondes à appréhender ce qu’elle avait sous les yeux, comme si sa raison essayait vainement de se protéger contre l’horreur de la situation, contre le grotesque, l’ineffable.
Le visage du monstre était fait de plusieurs morceaux de chair, chacun dans un état de décomposition différent, chacun d’une couleur de peau différente. A cause de sa mémoire, l’agent de l’UNISON savait qu’elle n’oublierait jamais, jamais ce qu’elle venait de voir, qu’elle en ferait des cauchemars, parce que ce genre d’horreur ne devait pas exister. Et pourtant…
Pourtant, elle parvenait à dresser un profil ou au moins une base. Ce n’était pas une tueuse en série classique, elle n’avait pas qu’un seul type de victime. C’était probablement une scientifique détraquée, comme il en fleurissait tellement depuis plusieurs années. Une personne prête à tout pour atteindre ses objectifs, sans aucune considération morale. Prenait-elle son pied en découpant des gens pour les assembler ou était-elle simplement pragmatique ? Là se situait la frontière entre sociopathie et psychopathie. Elle aurait la réponse en touchant un objet qui lui appartenait, comme l’instrument dont elle se servait pour créer ses créatures. Mais ce n’était visiblement pas au programme.

Tout comme, visiblement, le Dévoreur prenait son pied devant son petit effet. Rebekha déglutit, lentement, prit une inspiration par la bouche en espérant que l’odeur de la chair en décomposition ne viendrait pas chatouiller son estomac, puis essaya de compartimenter ce qu’elle avait sous les yeux, pour se concentrer sur la menace imminente. Celle qui avait des mots pour s’exprimer. Celle qui contrôlait ce… Zombie ?
Définitivement, un mage noir, un espèce de nécromant.
La science ne ramène pas les gens à la vie.

Vous avez raison, me tuer ne servirait à rien, répondit Rebekha en tentant de contrôler sa voix. Elle se débrouillait plutôt bien, mais une fascination morbide la poussait à regarder cette espèce de zombie. Mais votre intervention prouve que votre narcissisme prend le pas sur votre jugement. Cette affaire n’était pas prioritaire, on m’a demandé un avis, un profil, mais il y a d’autres criminels bien plus dangereux dans le collimateur de l’UNISON. Vous étiez… Une espèce de passe-temps, une détente, pour relâcher un peu la pression sur un dossier moins grave, quoi qu’intriguant.

Le mettre en colère pour le pousser à commettre une erreur, pour se sortir de cette situation et appeler des renforts, voilà le plan de Rebekha. Ses mains gantées de cuir serraient d’une part la lanière de son sac à main tandis que l’autre tenait toujours la crosse de son arme, le long de sa jambe. Plus elle parlait, plus elle parvenait à faire abstraction de la créature et pus sa voix gagnait en assurance.

Si vous étiez resté à l’écart, votre dossier aurait probablement été ensevelit sous la masse. Après tout, vous n’avez tué personne. Enfin…Pas officiellement. Combien de temps aurait-on mis à s’en rendre compte ? Si tant est qu’on l’ait fait. Non, décidément, c’était une bien belle erreur.

D’ailleurs, elle-même le lui disait.
Enfin… Il ? Elle avait remarqué que son interlocuteur (ou trice ?) se présentait au masculin. Il ne féminisait pas les adjectifs, il se qualifiait « d’homme de science » portait des vêtements visiblement masculins, avec un accessoire qui l'était tout autant. La canne était passée de mode depuis plus d’un siècle, hormis pour les excentriques mais la majeure partie du temps, elle était utilisée par les hommes. Cachait-il (ou elle ?) son visage pour brouiller les pistes ? Après tout, c’était surtout les courbes de son corps et la finesse de ses mains qui avait mis Rebekha sur la voix de la femme, mais si c’était plus complexe que cela ? Elle songeait immédiatement à une expérience ratée, mais comment savoir ? Sa curiosité insatiable était prête à toutes les folies pour comprendre ce mystère qui, sans ça, allait l’obséder jusqu’à ce qu’elle parvienne à le résoudre.
Les cas de troubles de la personnalité multiple étaient rares, les vrais en tous cas…
Par contre, les possessions…C’était plus commun, avec les mystiques, leur propension à jouer parfois avec des forces qu’ils ne comprennent pas ? Fantôme ou démon ? Rebekha avait déjà rencontré un de chaque, son impression était ici un peu différente.
Comme toujours en pleine réflexion elle se mordillait la lèvre inférieure. Signe trompeur.

Vous savez très bien que je ne peux pas arrêter une enquête une fois qu’elle est lancée. Ce n’est pas comme ça que cela fonctionne, ici. Je ne peux pas simplement classer le dossier, mes supérieurs me demanderont une raison et je ne pourrai pas en trouver une qui soit valable, tout comme je ne pourrai pas leur mentir. Certains d’entre eux sont des mentalistes, ils le sauraient immédiatement.

Mensonge, car Rebekha possédait un bouclier mental assez puissant et qu’utiliser ses pouvoirs de cette manière était illégale, mais son interlocuteur (mettons au masculin puisqu’il se présentait comme un homme) n’avait pas à le savoir. Il pourrait même douter, après tout on ne peut être certain de rien.

Et si vous décidez de me faire du mal, de me transformer en…Comment appelez-vous cela ? Je suppose que vous avez un terme plus précis et plus adéquat que « camarade » ou « œuvre d’art » ? Bref, si vous me faites subir ce genre de choses, comme vous l’avez deviné, quelqu’un prendra ma place et si l’histoire se répète, ce sera au tour de la Légion d’intervenir. Quelqu’un, un jour, vous attrapera, même si vous êtes certain du contraire. Et ce jour-là, on vous renverra d’où vous venez.

Où que ce soit, même au sens strictement géographique. Pour avoir un accent anglais si prononcé, il ne devait pas être aux Etats-Unis depuis longtemps. Elle nota de consulter les crimes du même genre commis partout en Angleterre. Cela allait prendre du temps mais c’était un début de piste, plus que ce qu’elle avait en rentrant dans le parking.

Alors nous pouvons partir dans une longue traque ou vous avouez votre défaite ici et maintenant. C’est pour ça que vous êtes venu ? Les cadavres ne sont pas assez intelligents pour flatter correctement votre ego. Vous êtes en mal de chair humaine, de cerveau en fonctionnement, qui puisse penser librement et admirer votre œuvre…

Ce n’était pas vraiment une question, elle en aurait mis sa main à couper. Même si, en l‘occurrence, elle essayait de le faire parler, pour détourner suffisamment son attention afin qu’elle appuie sur cette touche d’urgence sur son portable. Ensuite elle n’aurait plus qu’à attendre l’arrivée des renforts, afin de l’arrêter. Elle aurait peut-être dû agir devant lui mais elle craignait qu’il ne prenne la fuite. Même si ç’aurait été plus prudent pour elle, Rebekha voulait l’arrêter avant qu’il ne fasse plus de dégâts. L’image de l’abomination hantait ses pupilles. Combien de cadavres avaient été nécessaire ? En avait-il tué certains de ses mains ? Elle devait arrêter ça au plus vite.
 
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Ven 1 Mai 2015 - 15:43 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

Invité
Invité

Anonymous
Invité

Invité
Personnage
Joueur

Pendant un instant, Anton cru bien qu’il était parvenu à ses fins. Le visage de la créature n’était pas des plus aisés à supporter. C’était une abomination, ce qui avait d’ailleurs donné le nom usuel de la créature. Même si ces derniers temps le nécromancien préférait l’appellation de golem de chair. Il y avait là une image qu’il appréciait grandement. Quoiqu’il en soit, ce qu’il venait d’offrir à l’agente de l’UNISON ‘était offert à peu de gens. Contempler ainsi son œuvre, le miracle qu’avaient amenés la nécromancie et l a médecine. Des heures de travail se dressaient là devant Rebekha, dans tout leur horreur. Une créature implacable, un soldat totalement dévoué qui craignait peu de choses, si ce n’était le feu. Le feu… Le souvenir de sa dernière créature, le Fossoyeur et de la façon dont il s’était fait détruire lui revint en mémoire. Rebekha n’était pas la première gêneuse qu’il rencontrait, loin de là. Mais elle, il ne la laisserait pas contrecarrer ses plans, il ne la laisserait pas s’immiscer dans son œuvre.

Quant à celle qu’il avait croisée au cimetière aux lanternes. Cette pauvre petite justicière ferait mieux de prier pour ne plus jamais se retrouver sur la route du Dévoreur.

L’amusement d’Anton fut toutefois de courte durée. D’une part à cause de ses souvenirs de cette rencontre inopportune au cimetière, mais aussi par ce que sa victime du soir s’était mais en tête de déblatérer. Il avait lâché sur le ton de l’humour qu’il n’aurait pas dû se présenter à elle, mais il semblait bien que cela ait en effet constitué une véritable erreur. Il n’en montra rien. Aucun signe de son énervement ne devait transparaître. Il était le Dévoreur, une créature séculaire et patiente, un fléau pour les vivants qui ne se laissait pas aussi facilement prendre à contre pied. Il ne devait montrer aucune émotion, car c’était là le commun des mortels. Mais pour dire la vérité, Rebekha avait réussi à l’irriter. Ce qui n’était pas une bonne chose avec Anton.

« Une erreur… Peut-être. Mais pour qui ? Vous tenez donc si peu à la vie pour me provoquer de cette manière ? J’admets que quand on considère l’échelle la plus élevée, d’autres gens de l’UNISON se jetteront à mes trousses si je vous tues. Mais je pense qu’il faut vous remettre les pieds sur Terre, que vous considériez les conséquences pour vous avant de vous répandre en vains discours. »

Son ton était un tantinet plus agressif, il continua de s’approcher pour finalement commencer à marcher autour de Rebekha. Un peu comme s’il était en train de la jauger, ou bien tel un prédateur autour de sa proie, attendant le signal de la curée.

« Vous ne pouvez peut-être pas classer le dossier, mais je sais que vous êtes capable de temporiser, de refréner votre passe-temps. Après tout, si ce n’est qu’un dossier secondaire, quelque chose à laquelle vous ne prêtait que peu attention, il est si facile de tout retarder. »

Elle pouvait mentir aussi. Essayer de gagner du temps car elle avait peur de finir en un amas de chair sanguinolente, d’expirer ici, dans un parking souterrain, entourée seulement de monstres.

« Un terme plutôt adéquat serait golem de chair. Même si je dois avouer que peu de gens on eut l’occasion de débattre sur la sémantique. Vous m’exaspérez déjà Rebekha Lawson. Ce qui n’est pas une bonne chose. Vous n’avez aucune idée de ce à quoi vous avez à faire encore une fois. Peu de gens sur cette planète sont capable de me renvoyer d’où je viens. »

L’Abysse. L’Abysse obscure, grouillante et froide. Cet univers de ténèbres, ce néant qui dévorait tout, consumait tout. Une force inextinguible, aussi vieille que la création qui n’avait que faire de l’individu, qui n’avait que faire de l’âme. Elle ne laissait derrière elle que des cendres, des ruines et des ténèbres. Toujours plus de ténèbres.

« Je n’ai pas besoin d’admirateurs. » C’était faux. Anton était un homme de spectacle, il aimait qu’on l’adule, qu’on fasse son éloge constamment. Mais il était aussi le Dévoreur. Le Dévoreur n’était pas adoré, il était craint. Il était une chose, pas un homme. Malgré ce qu’il clamait, le Anton qui faisait face à Rebekha n’était pas le Dévoreur, il était autre, il était un scientifique et un nécromancien ayant volé un corps de femme. Et il perdait patience. Il savait ce qu’elle était en train de faire, elle voulait lui faire perdre patience, elle voulait lui faire commettre une erreur. Elle voulait instiller le doute dans son esprit. « Je n’ai besoin que de calme pour mener à bien mes travaux. J’en ai juste assez des cloportes intempestifs tels que vous dont les esprits étroits sont incapable de comprendre à quel point ils sont infimes et sans importance dans tout ce qui se joue autour d’eux. Vous êtes une distraction Rebekha Lawson, rien de plus. Une distraction de mon œuvre, de mon travail. Je devrais vous tuer ici et maintenant, pour faire un exemple. Mais comme vous l’avez compris, je veux vous utiliser pour m’éviter d’autres retardements. »

Il fit une pause, reprenant quelque peu son calme. Il ne devait pas laisser la faim le prendre, il ne devait pas laisser le sadisme qui sommeillait en lui se manifester. Transformer Rebekha en une mélasse de sang, chair et os avait peu d’intérêt pour le moment.

« Excusez-moi, je crois que je ne suis que trop sujet à l’emportement ces derniers temps. Regardez ce que des gêneurs tels que vous causez… Vous me faites perdre mon calme. Je vais sûrement vous paraître d’une arrogance sans nom mais vous ne pourrez jamais m’attraper, me mettre derrière les barreaux ou quoique ce soit d’autre. Votre traque est vaine. Vous ne ferez qu’y perdre votre santé mentale si ce n’est votre vie. Alors laissez tomber, je sais que c’est dur, admettre qu’il y a des choses hors de votre portée. Mais vous ne m’avez pas l’air complètement stupide malgré votre étroitesse d’esprit. »

Devait-il abattre une autre de ses cartes ? Il hésitait. Pourquoi ne pas invoquer le Dullahan ? Peut-être qu’un carrosse spectral mené par un homme dénué de chef ferait son effet. Mais si le golem de chair n’avait pas suffit, il en doutait. Il pourrait la forcer à monter dedans et fuir vers d’autres lieux.

« Pendant que vous y êtes, vous pouvez ranger votre arme. Elle ne vous servira strictement à rien. »
 
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Sam 2 Mai 2015 - 14:12 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

Invité
Invité

Anonymous
Invité

Invité
Personnage
Joueur
Les conséquences pour elle ? Rebekha ne les ignorait pas. Comment l’aurait-elle pu, puisqu’elle les avait juste sous les yeux et que cela lui faisait horreur. Même si elle tentait de contrôler ses émotions, elle avait été affectée par la vision de l’abomination. Son esprit avait toujours du mal à appréhender que l’on puisse faire cela à un autre être humain. Pourtant, plus rien n’aurait dû l’étonner. Après toutes ces années, Rebekha aurait dû être blasée mais c’était sans compter son extrême empathie. Heureusement, le golem de chair tel que nommé par son interlocuteur, ne semblait pas ressentir d’émotion, donc ne devait pas véritablement être conscient de son supplice. Cela poussait l’agent de l’UNISON à ressentir un certain espoir.
Cela et le fait qu’ils soient dans un parking public. Elle n’osait toutefois pas espérer que quelqu’un vienne récupérer sa voiture à cet instant précis. Elle craignait trop d’impliquer un innocent dans ses affaires.

Ç’aurait pu être facile si je ne vous avais pas rencontré, répondit-elle avec un sourire légèrement condescendant. Hélas vous avouerez que le golem de chair, vos prétentions, vos menaces… Il y a de quoi titiller la curiosité d’un agent de l’UNISON.

Etait-elle idiote de l’avouer ? Peut-être, mais le faire parler lui en apprenait davantage sur lui et elle s’en servirait dans son profil pour l’appréhender. Elle savait qu’elle n’oublierait rien de cet entretien, pas la moindre petite ride expression autour de ses yeux, les plis de ses vêtements, sa façon de marcher, de parler, son accent, la manière dont son masque de chirurgien lui cachait une partie du visage, la position de ses mèches de cheveux… Tout comme elle n’oublierait pas la moindre cicatrice du golem. Sa mémoire était à double tranchant. Comme une vidéo, elle serait capable de passer la séquence en avance rapide, de mettre sur pause, d’agrandir en se concentrant sur un détail, mais elle en ferait des cauchemars, elle le savait.
Du moins si elle survivait assez longtemps pour aller se recoucher un jour.
Après tout, elle était de moins en moins sure d’avoir affaire à quelque chose qu’elle était capable d’appréhender.

Elle sourit d’un air entendu quand il affirma ne pas avoir besoin d’admirateur. C’était un mensonge tellement flagrant qu’elle n’avait besoin ni de sa formation de profiler ni de ses pouvoirs pour s’en rendre compte. Le Dévoreur avait été classé au bout de deux phrases dans la catégorie des narcissiques et sa mise en scène prouvait qu’il aimait se donner en spectacle, donc avoir un public. Pour susciter l’admiration ou la crainte… Ou les deux ? Peu importe, ils n’allaient pas discuter sémantique toute la soirée.

Oh, vraiment, murmura-t-elle après son emportement. Immédiatement après, il s’excusa, allant jusqu’à affirmer qu’elle lui faisait perdre son calme.

C’était avouer qu’elle avait un certain pouvoir sur lui.
Si elle le poussait encore un peu, elle aurait le temps de glisser la main dans son sac.

Des tas de choses sont hors de ma portée, cela ne m’empêche pas d’essayer de les attraper. Si j’abandonnais à la première difficulté, il y aurait beaucoup trop de psychopathes dans les rues de Star City. Mon job c’est justement de risquer ma vie pour que le plus grand nombre soit en sécurité, expliqua-t-elle tout en rangeant son arme dans son holster.

Il avait raison et elle le sentait, même si elle n’en avait aucune preuve. Lui mettre une balle ne servirait à rien. Dans le meilleur des cas, elle rebondirait sur un bouclier. Malheureusement, dans cette ville, les flingues étaient de plus en plus inutiles, tout juste bon à vaguement rassurer leur porteur. Leur donner l’impression de ne pas être totalement nu alors qu’une grande partie d’entre eux le sont. Désarmés face à la magie ou même la mutation.

Puis vous avouerez que si je vous disais maintenant « d’accord j’abandonne » vous ne me croiriez pas sur parole. Vous êtes narcissique mais pas stupide. Impulsif, oui. Maniaque du contrôle, très certainement. Mais pas stupide, non.

Elle prit sur elle de ne pas réinstaller une distance de sécurité entre eux si bien qu’elle ne bougea pas d’un pouce quand il s’approcha d’elle. Il voulait de la proximité ? Soit. Elle jeta un rapide coup d’œil à ses gants pour s’assurer qu’ils étaient toujours bien en place et qu’aucune parcelle de peau n’était visible à la jointure de sa veste avec ses poignets. Elle ne voulait pas toucher quoi que ce soit lui appartenant, pas maintenant. A la moindre occasion, elle lui déroberait un objet pour l’étudier. Mais pas là, pas devant lui.

Est-ce que vous éclaireriez mon esprit étroit sur « tout ce qui se joue autour de nous » ? Parlez-moi de votre œuvre, Stitcher. Je suis sure qu’elle ne se limite pas au découpage et à la couture… dit-elle en désignant le golem de chair d’un coup de tête.

Elle misait sur le fait qu’il ne pourrait pas s’empêcher de se vanter et que, grâce à cela, elle en apprendrait davantage. C’était une ruse commune, mais parfois les tours les plus simples sont ceux qui fonctionnent le mieux.
 
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Sam 2 Mai 2015 - 17:53 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

Invité
Invité

Anonymous
Invité

Invité
Personnage
Joueur

Elle avait raison, toute cette mis en scène avait sûrement plus éveillé la curiosité de Rebekha alors qu’elle devait l’effrayer. Mais Anton ne désespérait pas, loin de là. Il était convaincu d’avoir réussi à semer la graine de la peur et s’il ne pouvait pas forcer l’agente à abandonner l’enquête aujourd’hui, ce n’était pas grave. Il avait encore du temps. Beaucoup de temps… Il ferait ses recherches, traquerait ses collègues, ses proches, sa famille. Alors il suffirait de voir pendant combien de temps encore Rebekha Lawson réagirait en tant qu’agente de l’UNISON et non pas en tant qu’humaine. Combien de temps le devoir, la soif de vengeance éventuelle feront face à une terreur sourde et insidieuse.

« Vous parlez en tant qu’agent de l’UNISON. C’est très bien, mais derrière votre travail, derrière vos fonctions, il y a une femme, une petite femme. Une femme qui peut avoir peur, qui peut souffrir, qui peut mourir. Une femme douée d’un instinct de survie, de choses qui la hantent une fois la nuit tombée. Elle possède même peut-être une famille, des amis, des proches… C’est à cette Rebekha Lawson que je m’adresse, c’est à elle que j’essaie de faire comprendre ce qui est en train de se passer. Je vous offre une opportunité de préserver cette femme là, tout ce qu’à à faire l’agente de l’UNISON c’est de tirer quelques ficelles. »

Les choses étaient claires comme ça. Mais il avait tout de même perdu son calme quelques instants avant et c’était impardonnable. Il était Anton Faust, peut-être pas le monstre parfaitement insensible qu’il avait réussi à incarner par le passé, mais il ne devait pas se laisser aller de cette manière. Surtout pas quand il avait un tel pouvoir entre les mains.

Le regard de Rebekha, ses réflexions vis-à-vis de son épisode colérique glissèrent sur lui sans l’impacter cette fois-ci. Il s’était fait piéger une fois, cela n’arriverait plus. Son esprit se devait d’être implacable, celui d’un scientifique. S’il ne se tenait pas à sa propre rigueur, s’il se laissait avoir par la bassesse de son humanité retrouvée, il n’atteindrait jamais son glorieux objectif.

« Vous avez vos objectifs, j’ai les miens, quel dommage qu’ils entrent en conflit. Mais sachez que si je me suis allègrement servi dans les trépassés de la ville, je n’ai pas pour autant moissonnés les vivants. »

En fait, s’il prenait en considération ce qu’avait accompli Abigaïl, c’était même le contraire. Les incursions dans les morgues et les cimetières étaient une chose, mais ceux qui avaient péri sous les mains de la nécromancienne et de son frère avaient beaucoup à se reprocher. Enfin, sauf pour ceux morts en Europe, mais cela, Rebekha devait l’ignorer. Après tout, Abby avait affronté des aliens et des démons dans la rue pour protéger d’autres personnes. Elle avait massacré les villageois en Allemagne, mais ces derniers étaient sous le contrôle d’un autre sorcier. Cela avait été un moment exaltant pour le Dévoreur. Voir sa chère sœur enfin laisser libre cours à sa puissance, enfin devenir ce qu’elle était censée être. S’il avait réussi, si le dragon n’avait pas détruit son corps, elle aurait été sa reine dans le monde qu’il avait prévu de bâtir. Cela aurait été magnifique… Mais le destin lui avait craché au visage. Il était un scientifique, un humain, de retour avec des objectifs glorieux, mais n’impliquant plus la destruction de mondes entiers… Hélas.

« Mais je suppose que votre morale étriquée ne fait pas la différence. Tout comme je suppose que vous avez raison… Vous n’abandonnerez pas, pas tout de suite. J’ai hameçonné votre curiosité, vous avez envie de me mettre derrière les barreaux, vous avez besoin que je sois derrière les barreaux. Vous avez besoin de savoir qu’aucune de mes créations ne pourra menacer des innocents. Mon objectif n’est pas de menacer des innocents, loin de là… Enfin, je sais que vous n’allez pas vous arrêter, pas aussi facilement. Mais je sais aussi que si vous continuez, arrivera un moment où vous me supplierez. Vous me supplierez de réitérer la proposition que je vous ais faite ce soir. Vous me supplierez de disparaître de votre vie si vous arrêtez l’enquête. »

Rebekha lui avait fait perdre son calme une fois et pour cela elle allait en payer le prix fort. Il allait agir de manière méthodique et chirurgicale, mais il détruirait la vie de cette femme si elle n’abandonnait pas véritablement.

« Mon œuvre est bien trop complexe pour vous, j’en suis sûr. Mais je suis prêt à la mettre au service de votre destruction. Je repousse constamment les limites entre la vie et la mort, je flirte avec l’immortalité. Je suis un créateur qui s’approche pas à pas du divin. Vous me croyez vain, vous me savez narcissique, mais je doute que vous sachiez ce que vous avais fait en refusant ma proposition, en me forçant à me répandre en menaces. »

Il montra son golem de chair d’une main.

« Ce que j’avais initialement en réserve pour vous ne sera finalement que le moindre de vos ennuis. Croyez-moi. »
 
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Dim 3 Mai 2015 - 14:35 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

Invité
Invité

Anonymous
Invité

Invité
Personnage
Joueur
A l’intérieur, Rebekha bouillonnait littéralement. Elle avait déjà reçu des menaces, à son encontre et à celle de sa famille. Surtout à ses débuts au FBI dans la lutte contre le crime organisé. Jamais elle n’oublierait ses déboires avec la mafia russe… Peut-être était-ce une des raisons sous-jacente qui expliquait qu’elle n’avait jamais cherché à fonder une famille, alors qu’elle adorait les enfants. Rebekha aurait aimé être mère mais c’était incompatible avec ses fonctions, elle en était persuadée. Elle refusait de mettre un petit être en danger juste pour la satisfaction de l’avoir mis au monde. Déjà que c’était difficile, d’avoir sa grand-mère… La vieille dame était malade, elle avait des faiblesses au cœur qui la forçait à prendre pas mal de médicaments. Elle imaginait sans peine sa réaction devait le golem de chair. Dans le meilleur des cas, elle serait terrassée par la crise cardiaque.
Elle préférait ne pas envisager le pire des scénarii.

L’agent ne laissa rien paraître mais intérieurement, sa résolution n’en était que renforcée. Elle ne pouvait laisser cette personne agir en toute impunité. Combien d’autres familles menacerait-elle ? Qui verserait des larmes par sa faute ? Qui souffrirait ? Non… Rebekha n’avait jamais été égoïste et c’était pour cela qu’elle n’avait pas hésité à sortir dans les rues de Londres pour aider durant l’invasion. Elle l’avait payé chèrement mais au fond, elle ne le regrettait pas.
Tout comme elle ne regretterait pas de souffrir afin de mettre Stitcher en prison.

Vous appelez ça avoir une morale étriquée ? Ce n’est pas parce que pour le moment vous ne vous êtes contentés que des cadavres que cela fait de vous une personne honorable. Mettez-vous à la place des familles.

Mais elle savait que c’était vain. Si ses déductions étaient justes, Stitcher, il était un sociopathe narcissique et ne ressentait aucune empathie pour ses semblables. Jamais.

Ses promesses doucereuses de terreur firent glisser un frisson glacé le long de sa colonne vertébrale. Elle ne répondit pas tout de suite, le laissant terminer son laïus. A la fin de ce dernier, alors qu’elle s’apprêtait à répliquer, son portable sonna.
C’était une chance inespérée. Elle regarda l’homme au corps de femme et lui sourit, faussement.

Vous permettez ? C’est la sonnerie du bureau. Si je ne réponds pas, ils risquent de se poser des questions.

Elle n’attendit pas la réponse. Dans le pire des cas, l’appareil lui serait arraché, détruit et elle… Bah. Elle priait pour que ce soit Harris. Ils avaient une phrase codée pour ce genre de situation, afin d’informer l’autre d’un danger sans que le danger en question n’ait conscience d’avoir été repéré.

Oui ? dit-elle simplement dans l’appareil.

Elle répondait normalement en donnant son nom de famille. Le « oui » était le code. Elle était certaine que l’agent avait compris (ou du moins elle en nourrissait le fervent espoir) même s’il continua à lui parler normalement. Il lui expliquait qu’ils avaient un nouveau cas de disparition assez suspecte et inexpliquée d’adolescents mutants. C’était le troisième en six semaines et aucun d’eux n’était encore réapparu.

J’arrive tout de suite, il faut que je termine une discussion avant.

Elle raccrocha, rangea son portable dans son sac et sourit à l’homme qui la menaçait toujours par sa présence.

Je pense que nous sommes dans une impasse… Mais pour le moment, j’ai plus urgent. Les vies de gamins encore biens vivants sont en jeu. Alors si vous voulez bien être assez aimable pour me laisser passer… J’ai bien reçu votre message, je vous promets même d’y réfléchir.

Oh ça, penser à lui, elle le ferait, Rebekha n’avait aucun doute là-dessus. Mais son opinion ne changerait pas, elle était déterminée. Il était sur sa liste et ce soir, il lui avait donné bien plus d’indices que depuis le début de cette affaire. 8 fois sur 10, c’est le narcissisme qui perd les criminels en série.

Elle fit un pas en direction de la sortie du parking, donc vers le golem de chair. La créature la dégoûtait toujours autant, elle espérait que cette chose ne la toucherait pas pour l’empêcher de passer. Qu’allait-il faire ? Accepter qu’elle s’en aille ? La retenir ? L’enlever carrément pour mettre ses promesses à exécution ? Avec un peu de chance, si Harris faisait vite (et s’il avait bien compris) les renforts seraient là dans les dix minutes.

Mais tellement de choses peuvent arriver sur un laps de temps si court…
 
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Dim 3 Mai 2015 - 16:42 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

Invité
Invité

Anonymous
Invité

Invité
Personnage
Joueur

Est-ce qu’Anton se considérait comme un meurtrier ? En fait, il n’en avait rien à faire. La vie de ceux qu’ils ne connaissaient pas ne l’intéressait pas. La survie du médiocre, de l’innocent, du banal et du moyen n’était que vide de sens. Ce qui comptait c’était ce que les gens avec le véritable talent, avec le génie étaient capable de faire. C’était d’être un être capable de remettre les lois de la nature en question. Il avait été capable un jour d’apporter la fin sur ce monde et maintenant il essayait de le sauver. Il était un paradoxe apportant mort ou vie selon ses critères torturés. Mais une chose était certaine : Stitcher ou Dévoreur, aucun des deux n’avait rien à faire du bien être de la masse.

« Je n’ai attaque aucune famille pour le moment. Mais rendez-vous compte, si vous me compliquez l’accès à ma matière première, n’êtes-vous pas celle qui me pousse vers de nouvelles sources ? »

Il n’était pas stupide et quand il avait prélevé des vivants pour obtenir les organes les plus frais, il l’avait fait dans le surplus de population. Des clochards, des junkies, ivrognes et criminels. Des petites frappes qui avaient cru qu’ils avaient effectivement affaire à une femme aussi une fois. Il avait tellement savouré leurs hurlements quand le scalpel s’était enfoncé dans leurs chairs. Mais Anton n’avait choisi ces personnes que parce que personne ne viendrait les pleurer, personne ne viendrait les chercher. Il aurait pu dire à Rebekha qu’il faisait probablement un meilleur travail qu’elle à épurer les rues. Mais mieux valait qu’elle continue de croire qu’il ne travaillait que sur des cadavres, les disparitions pouvaient être du fait de quelqu’un d’autre. Et puis ces gens n’étaient de toute façon que des cadavres en devenir.

« Ces gens doivent bien mourir un jour de toute façon. Peut-être que je devrais tout de suite passer à l’étape suivante et donner à leur mort une toute nouvelle signification en les faisant participer à mon projet. Mais bien entendu, je leurs dirais avant de récolter leurs organes que c’était votre idée que je me tourner vers les familles. »

Quant à se mettre à la place des familles… Les Faust ne comprenaient que trop bien à quel point cette dernière pouvait être à la source de nombreux débordements. Victor Faust avait renoué avec la tradition nécromantique de la famille pour sauver sa femme enceinte. De ce fait, il avait condamné ses enfants à toujours voir et entendre les morts. Même après son trépas, Anton s’était refusé à reposer en paix. Il s’était acharné à rester aux côtés de sa sœur, il avait tout fait pour rester à ses côtés, acceptant de n’être qu’un spectre désincarné pendant trop de temps… Il avait prévu d’en faire sa reine, sa souveraine. Mais quand elle l’eut trahi, eu lieu de la condamner, de détruire son esprit, il lui créa une vie parfaite, une vie qu’elle méritait. Banale certes, mai où elle pourrait être heureuse. S’il parvenait à ses fins, aucune autre famille ne serait jamais séparée par la mort, ils seraient unis dans la mort ! Mais cela Rebekha ne pouvait pas le comprendre, elle ne pouvait pas non plus comprendre que ces sacrifices étaient peu de choses vis-à-vis de ce qu’il proposait au monde.

« Répondez. »

C’était là une perturbation qu’il n’appréciait guère. Il savait que l’on pouvait faire de nombreuses choses avec ce genre de téléphone. Mais apparemment elle n’avait prévenu personne. Ce qui n’empêchait pas le nécromancien de se montrer méfiant.

« Vous faites bien d’y réfléchir. Mon offre ne durera pas éternellement. Si je me rends compte que vos investigations à mon égard s’intensifient, j’espère que vous serez prête à en accepter toutes les conséquences. »

Il ne pouvait pas juste marcher pour s’en aller. Elle serait capable d’essayer de le capturer. Ce qui serait vain, tellement vain. Anton appela l’un de ses serviteurs, ou plutôt l’un de ceux de sa sœur. Si le barghest avait refusé de le servir, le Dullahan ne faisait pas ce genre de distinction. Une forme sombre se dessina dans un coin du parking, sortant d’un mur. Des bruits de sabots retentirent et à mesure que le spectre s’approchait, ses traits devenaient bien plus distincts. Le cocher sans tête approcha le carrosse à proximité d’Anton.

Le golem de chair abandonna presque aussitôt Rebekha pour aller ouvrir la porte à son maître. Le nécromancien fit un pas en direction du véhicule avant de se retourner, tout en faisant tournoyer sa canne entre ses mains.

« Quand j’en aurais fini avec vous, vous n’oserez même plus éteindre la lumière, croyez-moi sur parole. »
 
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Dim 10 Mai 2015 - 11:24 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

Invité
Invité

Anonymous
Invité

Invité
Personnage
Joueur
Son offre pouvait bien durer jusqu’à la fin des temps, Rebekha était déjà résolue à ne pas l’accepter. Elle ne pouvait décemment pas laisser ce genre de criminels courir en liberté dans les rues de Star City. S’il Voulait s’en prendre à elle, Rebekha prendrait les mesures nécessaires. Et s’il osait toucher un seul des cheveux des personnes qu’elle aimait, alors sa détermination n’en serait que renforcée. Elle refusait d’abandonner et il était probable que son obsession cause sa propre perte…

Elle se retint de répliquer qu’elle ne dormait plus dans les ténèbres complets depuis bien longtemps, parce qu’elle avait trop vu, trop vécu, pour encore parvenir à le supporter. Elle contempla le carrosse avec une certaine surprise, notant méthodiquement dans sa mémoire chacun des détails afin de pouvoir expliquer précisément à son contact magicien ce qu’elle avait vu ce soir : Un golem de chair réalisé à partir de bouts de cadavres, un homme (ou une femme ?) avec une canne et un masque qui se faisait appeler Stitcher et enfin, un cocher infernal qui venait le chercher en calèche. Ils disparurent dans les ténèbres, laissant Rebekha dans le parking. Elle frisonna, n’ayant pas eu conscience jusque-là à quel point l’ambiance s’était rafraîchie. Elle se frotta les bras et expira lentement tout l’air retenu jusqu’ici dans ses poumons. L’agent avait conscience d’avoir échappé de peu à un sort funeste, même si elle ne comprenait pas par quel miracle exactement ce sociopathe narcissique avait décidé de la laisser en vie. Sans doute un excès de confiance.
Il le paierait cher, elle se le jura.

Rebekha voulut avancer vers la sortie mais ses jambes la lâchèrent. Elle se rendit compte qu’elle avait vraiment eu peur. Elle se rattrapa à un poteau au moment où un 4x4 noir fit un dérapé non loin d’elle, éclairant le parking de sirènes silencieuses rouges et bleues. Harris en sortit. Il avait compris le message.
Elle ferma les yeux, soulagée.

Qu’est-ce qui s’est passé ?
Un gars… Ou une femme je sais pas, c’était bizarre. C’est lui qui vole les cadavres, il n’est pas humain, débita-t-elle très vite.
Okay, on rentre.
Non, les gosses…
Rebekha, y’avait rien. Je t’ai dit ça au cas où il t’écoutait.
Tu dis pas ça pour me ménager hein ?
Non.

Elle savait qu’il mentait. Elle le sentait mais elle n’avait pas envie de le confronter. Pour une fois, elle préférait céder la main. Elle avait donné un profil approximatif pour l’autre affaire, on lui fournirait bien assez tôt les nouveaux éléments. Pour l’heure, elle devait noter tout ce qui était arrivé ce soir puis se rendre aux Jardins du Dragon pour obtenir, espérait-elle, des réponses à ses questions.

And that’s all ?
 
Revenir en haut Aller en bas

 
Would you care for a cup of tea, lass ?
 
Page 1 sur 1Revenir en haut 
Would you care for a cup of tea, lass ? Cadre_6Would you care for a cup of tea, lass ? Cadre_7_bisWould you care for a cup of tea, lass ? Cadre_8


Would you care for a cup of tea, lass ? Cadre_1Would you care for a cup of tea, lass ? Cadre_2_bisWould you care for a cup of tea, lass ? Cadre_3

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Would you care for a cup of tea, lass ? Cadre_6Would you care for a cup of tea, lass ? Cadre_7_bisWould you care for a cup of tea, lass ? Cadre_8
Sauter vers: