The Second Coming - Page 2 Bouton_vote_off
AccueilFAQRechercherMembresGroupesS'enregistrerConnexion

The Second Coming - Page 2 Cadre_1The Second Coming - Page 2 Cadre_2_bisThe Second Coming - Page 2 Cadre_3
Aller à la page : Précédent  1, 2
 

The Second Coming

 
Message posté : Sam 31 Jan 2015 - 16:16 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

Invité
Invité

Anonymous
Invité

Invité
Personnage
Joueur
Le Légionnaire ignorait s’ils devaient être ou non optimistes quant aux chances de succès de l’opération. Vincent obtiendrait-il les réponses qu’il cherchait et l’assurance que l’incident ne se reproduirait plus ? Si Jace était persuadé que l’on pouvait toujours, in fine, neutraliser les grands méchants en chair et en os qui arpentaient le monde en tout sens, s’il croyait que même le fameux Noctis ne serait pas toujours hors de portée de la Légion, il ne pouvait s’empêcher d’être plus réservé devant les perspectives ouvertes par des dimensions lointaines et, autant qu’il pouvait le comprendre, si radicalement différentes de la seule qu’il connût.

Pour l’heure cependant, il s’abstint de partager ses doutes avec Vincent : la motivation de son compagnon était encore trop récente et sans aucun doute trop fragile pour être exposée au caractère aléatoire de l’entreprise. Il laissa donc la discussion rouler sur le sujet Wilfrid. Quand Vincent justifia le comportement de l’alchimiste en lui supposant l’inexpérience, Jace hocha la tête.

— J’suis pas vraiment fâché contre lui, hein. Juste, ça m’a saoulé. Mais globalement, ça a l’air d’être un assez chic type. Pas des masses doués, niveau relation sociale, mais finalement assez dans son monde pour être tolérant à tout le reste, alors d’un côté, c’est cool.

Ils descendirent les escaliers qui mentaient au métro et s’installèrent sur des sièges en plastique. Jace sentit un frisson agréable descendre son échine alors que son esprit percevait la vibration électrique des lignes encore en fonctionnement. C’était la seule chose qu’il appréciait dans le métro — le reste de ce monde souterrain, chez un mutant volant comme lui, réveillait de vagues sensations de claustrophobie.

Observant les lumières au plafond, Jace écouta assez serein les débuts de l’approche de son compagnon, sans se douter de rien. À la première question, il répondit :

— C’est sûr que mieux vaut confronter plein d’avis différents, ça nous aidera à nous faire une idée. Y a quand même l’air d’avoir des écoles bien dogmatiques dans l’domaine, et nous, comme on s’y connait pas trop, la diversité, ça nous aidera à nous faire un avis.

Il était un peu surpris que Vincent ne lui eût jamais parlé de ce mage mystérieux. Jace tourna les yeux vers son petit ami. Et le silence de celui-ci sur la question prit rapidement beaucoup, beaucoup plus de sens. SI le visage de l’Alpha conserva une neutralité pour tout dire assez suspecte, une immense vague de colère et de jalousie monta rapidement en lui. Après trois secondes, il détourna les yeux. La panique vint s’ajouter à la colère et à la jalousie.

Louis était un magicien — plus doué que lui, infiniment, pour aider Vincent sur son nouveau chemin. Plus doué que lui en tout, puisque Vincent avait l’air de se servir de lui comme la pierre de touche de ses grandes expériences. C’était avec Louis qu’il confirmait sa sexualité. Avec Louis qu’il confirmait ses pouvoirs. Et Dieu seul savait quoi encore, puisqu’encore une fois, Jace avait la cruelle impression que son compagnon lui délivrait les informations au compte-goutte.

L’adolescent récupéra sa main.

— C’est bien, à chaque fois j’en apprends un peu plus sur lui…

Traduction : « tu ne me dis jamais toute la vérité ». L’ampleur des confidences qu’il devait se faire l’un à l’autre à propos de tierces personnes était l’un des plus grands points de divergence entre les deux jeunes gens et le cas Louis était assurément le plus problématique de leur relation.

— Il a l’air doué dans tous les domaines, en tout cas.

La phrase beaucoup plus assassine qui avait brûlé ses lèvres avait été « il a l’air d’être un expert en matière d’initiations » mais il était quand même parvenu à se retenir. Mieux même : alors qu’il avait l’impression que son estomac ne se dénouerait jamais plus, Jace déclara sans ironie aucune :

— J’espère qu’il pourra répondre à tes questions.

Autrement dit, il donnait son corps. Mais Vincent s’était-il attendu au contraire ? Jace avait un bien trop grand sens du devoir et du sacrifice de soi — un sens névrotique, même, aux yeux de certains de ses amis — pour écouter la violence de ses angoisses. Aussitôt, toujours sans regarder Vincent, sans même se tourner vers lui, l’adolescent rajouta :

— J’vais voir c’qu’y a au distributeur, j’ai faim.

Il n’avait pas faim. Il n’avait pas mangé depuis ce matin, cela dit, mais il avait attribué son manque d’appétit à l’appréhension de la soirée. Une fois encore, il n’y fit pas attention. Tout ce qu’il cherchait, c’était une excuse pour s’éloigner de Vincent sans avoir à avouer qu’il avait envie de rester tout seul sous sa couette, de pleurer et de mourir de honte, à cause de ces sentiments si peu nobles, si peu dignes d’un super-héros, qui le rongeaient en ce moment.

Jace se leva donc, gagna le distributeur et entreprit de regarder un à un dans tous les articles, les mains enfoncées dans les poches de son blouson. Et quand il avait fini toutes les rangées, il recommençait au tout début. De toute façon, ce n’était pas ça qu’il voyait : ce qu’il voyait, c’était Vincent avec un type dont il ne savait rien, encore et encore.
 
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Sam 31 Jan 2015 - 23:04 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

Invité
Invité

Anonymous
Invité

Invité
Personnage
Joueur
    Il devrait être habitué à force. Donner une douche froide à son petit ami et le voir frissonner puis se renfermer dans un silence, derrière un mur qui semblait impossible à démolir. Vincent vit le visage de son amour se figer comme du ciment. Il fut à peine surpris de sentir sa main se refermer dans le vide. Ce froid auquel il fut sensible ne fit qu’acérer les réponses de l’Alpha. Des réponses que Vince trouva acérées. Sans doute parce qu’il se sentait déjà misérable.

    – Jace...

    Il voulait le prendre dans les bras. Retirer ce qu’il venait de dire. Ce n’était qu’une idée. Il n’y connaissait rien en fait. Louis n’en savait probablement pas plus que ce Pennington. Mais c’était fait, et son Jace était redevenu sauvage au point de se détourner de lui pour aller chasser. Devant un distributeur, certes, mais en connaissant les caractères imprévisibles de ces machines, on pouvait assimiler cela à de la chasse. Le regard du pyromancien suivit tristement le départ de son compagnon. L’envie de le rattraper était forte. Pourtant si Jace s’était éloigné, c’était qu’il voulait peut-être un instant de solitude et de tranquillité, pour digérer la chose. Car Vince n’était pas dupe, sa suggestion avait bien était prise comme une espèce de pilule hérissée de piques.

    Seul sur son siège en plastique, Vincent se força à quitter Jace des yeux. Il fallait maintenant réfléchir à la stratégie à adopter. Un repli ? C’était toujours envisageable. Bien sûr, cela ne règlera en rien la question, qu’elle soit élémentaire ou affective. Le jeune homme voulait laisser à son compagnon le temps de faire le tri dans ses pensées et sentiments, mais la tension qui se créait en lui commençait à le rendre fou. Il faisait de son mieux pour être honnête avec Jace. Tout le temps. Preuve à l’instant en lui faisant part de cette idée qui, il le savait depuis le début, passerait difficilement. N’était-il pas normal de vouloir l’équivalent en retour. N’y tenant plus, il se leva et se dirigea vers son petit ami. Celui-ci semblait complètement absorbé par le choix qu’offrait le distributeur. Le chasseur serait-il devenu le chassé ? Voyant qu’il n’arriverait pas à faire revenir l’Alpha sur Terre en restant là sans rien faire, Vince glissa doucement ses mains sur la taille de son homme pour les nouer au niveau du nombril. Son torse calé contre le dos du héros, Vincent poursuivit son approche en posant le menton sur l’épaule de sa proie. Approcher le Jace sauvage était devenu tout un art.

    – Parle-moi...

    Sa voix était douce, propice à la confidence. Mais légèrement implorante.

    – T’as qu’un mot à dire et j’oublie cette idée toute suite.

    Ses lèvres timides effleurèrent le cou du jeune Légionnaire.

    – Je ferais n’importe quoi...

    Nouveau baiser au cou, un peu moins chaste. Vincent commençait à se dire que Jace avait peut-être simplement besoin d’être rassuré. Mais le barman ne s’aventura pas à aguicher davantage son compagnon. La sympathie élémentaire lui semblait être une arme trop déloyale. A la place, il tenta quelque chose en faisant une déclaration qui lui semblait pétrie d’évidence à ce stade de leur relation. Mais l’affaire Louis exigeait peut-être certains rappels.

    – Tu dois le savoir maintenant, mais... je t’appartiens...

    Voilà, c’était dit. Ca sonnait un peu ridicule maintenant, pourtant le footballeur sentait toutes les cellules de son corps frémir d’approbation. Lentement, pour ne pas brusquer le Jace sauvage (ne jamais brusquer le Jace sauvage), Vincent le fit se retourner pour lui faire face. Parce qu’il commençait à être jaloux de ce distributeur qui bénéficiait de tous les regards de son petit ami. Bon, voilà. Jace était face à lui. Maintenant le pyromancien n’en menait pas large.

    – Et c’est toi le meilleur dans tous les domaines.

    Bon, peut-être pas pour ouvrir des portails inter dimensionnels ni pour préparer une potion magique, mais ça ne comptait pas tout ça. Pas vraiment en tout cas. Pas pour Vincent. Et pendant ce temps là, le métro fit son arrivée. Mais l’étudiant n’était pas pressé et pourrait aussi bien attendre le prochain si cela pouvait aider Jace à se mettre dans la tête qu’il n’avait rien à craindre.

 
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Sam 31 Jan 2015 - 23:39 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

Invité
Invité

Anonymous
Invité

Invité
Personnage
Joueur
Sous les mains de Vincent, sous le sweat de Jace, les abdominaux du jeune homme se contractèrent légèrement, sans qu’il fût possible de savoir si cette crispation était un signe de réticence, de soulagement ou même de vanité. En tout cas, Jace n’essayait pas de s’enfuir. Sans doute parce qu’il n’avait pas envie de paraître plus ridicule encore et mesquin qu’il ne se sentait déjà. Comme souvent, l’esprit de l’adolescent était tiraillé entre ses idéaux, ses convictions, son sens du devoir, ses peurs, ses désirs et ses inquiétudes.

Lorsque les lèvres de Vincent frôlèrent son cou, le Légionnaire sortit les mains de ses poches pour les poser sur celles de son petit ami. L’étudiant restait le seul à parler. Le métro arriva alors qu’il cherchait le regard de Jace.

— … viens…

L’adolescent se dégagea, prit la main de Vincent et l’entraina à l’intérieur d’une rame déserte, sauf à compter le jeune qui, les écouteurs vissés aux oreilles, écoutait de la musique les yeux fermés — à moins qu’il ne fût en train de dormir. Jace, qui n’était finalement pas si difficile à capturer qu’un Leveinard sauvage en plein Parc Safari (vous le sentez, mon traumatisme d’enfance ?), s’installa sur l’un des sièges d’un carré de place, Vincent à côté de lui et, grand rebelle qu’il était, il posait un pied sur le rebord du siège d’en face.

Sa main serra un peu plus fort celle de Vincent.

— Je devrais.

Le métro redémarra.

— Le savoir. Mais je le sais pas.

Jace appuya la tête contre la paroi du métro et laissa son regard suivre le défilement des câbles dans les tunnels. Se savoir six pieds sous terre ne l’aidait pas beaucoup à relativiser la situation : le Légionnaire avait besoin du ciel au-dessus de sa tête ou tout du moins de l’apercevoir par une fenêtre.

— J’ai mal au ventre. Enfin, pas au ventre. Tu vois, quoi.

Combien de stations les séparaient encore du centre-ville ? Jace décolla la tête de la paroi pour jeter un coup d’œil au tracé de la ligne, au-dessus d’eux. Trop. Il reprit sa position.

— Un jour, t’auras un problème de plomberie et tu me diras qu’il est plombier. Et puis le chien sera malade et il sera véto. J’suis sûr qu’il est doué avec les animaux, aussi. C’est con, hein. J’suis con. J’ai l’impression que tu me mens alors qu’en fait, tu me mens pas vraiment. J’ai l’impression qu’tu m’as trompé, alors qu’en fait, on était pas ensemble.

Station suivante. Portes ouvertes, portes fermées, redémarrage.

— J’suis tellement hypocrite, en fait. J’dis qu’j’m’en fous, qu’j’suis tolérant et mature, et en fait, j’suis qu’un ado, un pauvre mec qui fait un ulcère parce qu’on approche trop de son copain.

Station suivante. Le type aux écouteurs quitta son apathie pour sortir. Ils étaient seuls.

— En vrai, t’as envie d’le voir. Qu’est-ce que j’donnerais pas pour être un super magacien…

Un ton plus bas, Jace compléta :

— Qu’est-ce que j’donnerais pas pour avoir été plus convaincant et qu’t’aies pas eu besoin d’aller voir ailleurs…

Les stations étaient de plus en plus rapprochées à mesure qu’ils pénétraient dans le centre-ville.

— Aussi loin qu’j’me souvienne, j’ai voulu être un super-héros. Quand j’ai fait mes crises d’épilepsie et qu’on a dit que ce s’rait jamais possible, j’étais tellement déprimé qu’j’voulais plus manger. Ça me rongeait d’être dix fois en-dessous d’l’homme que j’voulais être. Et maintenant, j’arrive pas à pas être jaloux, j’arrive pas à pas être en colère, j’arrive pas à pas être triste, et quand j’me dis que j’dors jamais, que j’vais penser à ça tout l’temps, tout l’temps, tout l’temps, j’ai envie d’me forer le crâne avec une perceuse électrique pour qu’ça sorte de ma tête.

À part ça, évidemment, le Leveinard se portait très bien. Vincent avait déjà eu, à l’occasion, un aperçu de la personnalité quelque peu névrotique de son compagnon mais jamais elle ne s’était exprimée si brutalement. Quand il se rendit compte lui-même de ce qu’il venait de dire, Jace pâlit à vue d’œil. Sa main abandonna celle de Vincent, son pied redescendit au sol et il redressa sa tête.

— Façon d’parler, évidemment.

Il en avait de drôles, des façons de parler, lui…

— J’veux pas que t’ailles pas le voir. Si t’allais pas le voir, j’saurais qu’c’est à cause de moi et j’me sentirai minable pour l’reste de mes jours. D’façon, l’fait même d’savoir qu’t’y as pensé, ça m’rend malade et j’ai honte, alors franchement, un peu plus, un peu moins, autant qu’ça serve à quelque chose.

La prochaine station, c’était la leur.

— Des fois, n’empêche, j’me dis, tu dois tellement regretter d’pas sortir avec lui. Ou Holly. Ou… J’sais pas. N’importe.

Le métro s’arrêta.
 
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Dim 1 Fév 2015 - 14:02 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

Invité
Invité

Anonymous
Invité

Invité
Personnage
Joueur
    Ce métro fut donc le bon. Enfin celui qu’ils prirent. Une fois installé, Vincent écouta les explications de son petit ami non sans ressentir une certaine satisfaction personnelle et vaniteuse en constatant que celui-ci lui faisait une crise de jalousie. Mais bien vite, la situation lui sembla beaucoup plus flippante que ça. Les propos violents tenus par son compagnon lui hérissèrent les poils sur les bras. Stupéfait, Vince laissa son Jace sauvage (ou Leveinard, même si Pikachu me semble un titre plus approprié et que dans certaines versions, ces bestioles sont hyper chiantes à attraper) récupérer sa main. L’Alpha eut beau essayer de relativisé ses propos, Vince n’en demeura pas moins choqué.

    – Ne parle plus jamais comme ça...

    Un nœud commençait à se former dans l’estomac du barman. Il n’avait peut-être pas une imagination particulièrement fantaisiste, mais cela ne l’empêcha pas de visualiser l’horreur que venait de peindre son petit ami. Vincent commença alors à comprendre que les angoisses du blond étaient peut-être plus profondément ancrées que ce qu’il pensait. A croire que le jeune héros avait était piégé sous une couche de doutes et de peurs en permanence. Cette idée perturbait grandement le footballeur qui se demandait alors ce qu’il pourrait bien faire pour rassurer son voisin. N’était-il pas son petit ami ? Ne lui avait-il pas prouvé son amour ? N’avait-il pas mis en avant le caractère unique et incroyable de leur relation ? Ou bien toutes ces belles tentatives avaient lamentablement échoué... Le jeune homme avait l’impression d’être retourné à la case départ. Pendant ce temps, le métro les avait menés à destination. Silencieusement, Vincent et Jace sortirent de la rame. Les mains enfoncées dans les poches, l’étudiant attendit qu’ils remontent à la surface pour essayer de reprendre la discussion. La gravité des doutes de son compagnon combinée à l’atmosphère un peu étouffante du métro avait mis ses émotions à fleur de peau. Une fois à l’air libre, Vince se dirigea contre un mur recouvert d’affiches de concerts, soirées et autres évènements festifs et/ou culturels. Il se tourna ensuite pour faire face à son adorable paranoïaque.

    – Tu sais, au début j’étais vachement jaloux de ton ex, Chris. C’était ton premier... et ton meilleur ami et il fait partie de ton équipe. Tu le vois presque tous les jours et avant, je flippais pas mal. J’me disais qu’il y avait toujours une chance pour que tu retournes vers lui. J’imagine à peine ce que vous devez vivre dans votre boulot mais ça doit sûrement être intense par moment et... bon, je me faisais des films. Toujours un peu d’ailleurs, mais moins. Car j’ai compris que... ce qu’on avait s’était spécial. Pour toi comme pour moi, unique. Pas seulement d’un point de vue sexuel, mais quand je te regarde et quand tu me regardes, je sais que, non je sens que j’pourrais jamais ressentir ça avec quelqu’un d’autre.

    C’était ce genre de constat qui lui permettait d’approuver les théories de ses amis, comme quoi ils étaient faits pour être ensemble. Sa relation avec Jace était tellement hors catégorie qu’elle évinçait sans difficulté celles que Vincent avait pu avoir ou désirer par le passé. Il planta son regard dans celui de l’Alpha.

    – Je ne regrette rien, Jace. Sauf peut-être de ne pas arriver à te convaincre là. En tout cas j’veux que tu saches que personne ne compte autant que toi. Et ça me touche que tu sois un peu jaloux, mais tu dois avoir confiance en moi... en nous. C’est normal d’avoir ce genre de pensées injustes, mais faut les dépasser.

    Vincent s’approcha de son petit ami et posa une main sur sa joue pour la caresser délicatement. Le jeune homme sentait l’ironie qui les regardait de loin, après tout, qui était celui qui a piqué une crise dans un aquarium parce qu’une meuf a osé poser un regard trop gourmand sur le fessier de son blond ? Bien sûr, la situation n’était pas comparable, Jace n‘avait pas couché avec cette guichetière et celle-ci n’exigeait pas un minimum de secret.

    – Je ne vais pas te mentir, Louis est quelqu’un que j’aime bien.

    Et pour contrebalancer la douche froide qu’une telle affirmation pouvait enclencher, Vincent se rapprocha en posant les mains sur la taille de l’Alpha et en se collant un peu contre lui.

    – Mais je n’ai jamais envisagé de sortir avec lui. Ni avec qui que ce soit d’autre depuis que je suis avec toi.

    Même à l’époque où Vincent n’avait pas encore avoué l’intensité de ses sentiments pour Jace, il était hors de question de le quitter pour se fourrer dans les bras d’un ou d’une autre.

    – Je n‘ai qu’un seul cœur, et il est déjà pris. Alors tant que tu l’accepteras, je serais à toi... seulement à toi. Tu... tu es plus que mon amour, Jace...

    Vincent déglutit. Ce qu’il s’apprêtait à dire allait encore une fois sonner comme une réplique de conte de fée ou encore de comédie romantique en manque d’inspiration. Pourtant c’était la stricte vérité. Une vérité qui effrayait énormément l’étudiant car ses implications lui semblaient titanesques. Et que la part raisonnable et réaliste de son cerveau ne cessait de lui rappeler, comme ce bon vieux Wilfrid, que cela ne faisait que quelques mois qu’il connaissait le Légionnaire. Mais n’était-il pas devenu évident qu’il y avait eu coup de foudre ?

    – Tu es ma vie. Et il m’est impossible de te laisser tomber, ni même d'en avoir envie.

    Pas même pour une geek excitée, une ex petite amie pompom girl, une super héroïne mystérieux aux pouvoirs perturbants ou encore un homme dragon qui soignait les mulots.

 
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Lun 2 Fév 2015 - 14:52 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

Invité
Invité

Anonymous
Invité

Invité
Personnage
Joueur
Le regard que Jace posa sur Vincent était franchement craintif. Il avait entendu ses propres propos aller trop loin, beaucoup trop loin, beaucoup plus loin que ce qu’il avait souvent pensé. Comme Vincent l’avait découvert dès les débuts de leur relation, l’adolescent n’était pas toujours un expert de l’introspection et il s’était toujours débrouillé pour ne pas affronter des problèmes psychologiques que d’autres eussent très vite considéré comme sérieux. Le rythme de vie militaire qui avait toujours été le sien, des journées bien remplies où la fatigue empêchait toujours de vraiment penser à soi, avait évidemment était des plus propices à cet art de l’évitement et, dans l’ensemble, les Roberts, plus préoccupés par les symptômes purement physiques des difficultés de leur fils, dans le sillage de ses crises d’épilepsie, l’avaient trouvé simplement un peu trop sérieux pendant sa jeunesse, sans s’en soucier d’avantage.

Lorsque les deux jeunes gens regagnèrent la surface, Jace inspira profondément le bon air pollué de la ville. Il leva par instinct les yeux au ciel et eut un petit sourire timide en le découvrant, là, au-dessus des immeubles, plutôt que le béton des couloirs et des tunnels du métro. Puis son regard descendit vers Vincent et il parut essayer de se faire tout petit.

Rapidement d’ailleurs, Jace baissa le nez. De son point de vue, Vincent était en train de lui exposer combien il avait été moralement supérieur à lui en acceptant qu’il continuât à fréquenter Christopher, qu’il voyait toujours, avec lequel il parlait et accomplissait des missions. Ce point était accordé : Jace trouvait Vincent infiniment plus tolérant, plus courageux, plus noble, plus valeureux qu’il ne s’imaginait jamais pouvoir l’être.

Il y eut une pause ; Jace fut bien obligé de relever les yeux. Le prénom de Louis fut à nouveau accueilli par une drôle de crispation dans son estomac et Jace se colla instinctivement à Vincent.

— J’t’aime.

La voix de Jace avait été à peine audible. Heureusement que Vincent était tout près de lui.

— J’sais pas pourquoi toi tu m’aimes. Ça m’fait flipper. Les autres, ils sont…

L’adolescent secoua la tête. Conscient qu’il allait répéter son couplet d’autodépréciation du métro et que Vincent allait encore avoir peur, il jugea plus constructif d’éluder la liste de ses angoisses.

— J’suis désolé si j’arrive pas à réagir, euh… bien. Avant toi, j’étais toujours un peu loin. Des gens. Toujours un peu froid, à l’intérieur, tu sais. Ou fatigué. J’veux dire, pas déprimé, pas, genre, dépressif. Dans la vie de tous les jours, avec les potes, tout ça, c’était cool. Mais y avait pas, tu sais, d’grandes émotions. Les copains, ils étaient toujours fourrés avec des meufs, avec des histoires compliquées, genre les feux d’l’amour, et moi, j’avais l’impression d’être en pierre. Maintenant…

Sa relation avec Christopher, en soi, avait constitué une nette amélioration, mais c’était parce que Jace partait de très loin.

— Maintenant, tout brûle, tout est important, tout vit. Avant, j’pensais juste avec ma tête, ‘fin, en gros. Maintenant, j’pense aussi avec mes tripes, avec mon… ma… euh…

Jace rougit et haussa les épaules.

— … tu vois, quoi. Et… et… T’es tellement, euh… tellement important pour moi, tellement là, tellement tout, que j’me dis, c’est pas possible que moi, j’te fasse un truc pareil. Moi, j’veux qu’on s’marie, j’veux qu’dans quarante ans on prépare notre retraite en Floride, j’veux qu’tu m’obliges à signer l’carnet d’correspondance d’Ally parce que tu voudras jamais engueuler notre fille, ‘fin tu vois, des trucs comme ça, des trucs complètement fous, trop rapides, trop tout. Et c’est génial, j’veux dire, c’est carrément trop génial, tu vois ? Quand les gens ils parlent de nous, qui disent qu’on est faits l’un pour l’autre, mais mec, j’me sens super fier. J’me dis, ouais, ma vie, maintenant, c’est mieux qu’Coup d’foudre à Notting Hill. Et des fois, j’ai l’impression qu’t’es plus…

L’adolescent chercha quelques secondes le mot approprié.

— Circonspect ? Ou… Quand les gens, ils nous complimentent, genre, des fois, t’as l’air gêné, ou même anxieux. Quand on parle d’l’avenir, c’est souvent super vague. Et Louis, j’sais pas… Dans ma tête, Louis, c’est l’mec que tu connais pas trop, tu vas chez lui, tu lui rends des fringues et crac, vous couchez ensemble. Ça t’ressemble tellement pas, que j’me dis qu’ça a dû être vachement plus spontané avec lui, plus évident, ou que… Ou qu’y a tout un morceau de toi qu’en fait je vois pas et qui un jour viendra m’retourner l’estomac. Et…
— Regarde moi ces deux pédés.

Hé oui. On ne peut pas se tripoter à la longueur de RP dans les rues de l’Amérique sans s’exposer parfois à des rencontres désagréables. Alors que Jace, réfugié dans les bras de son petit ami, déballait une fois de plus tous ses sentiments, un groupe de jeunes-à-capuche, une dizaine peut-être, qui promenait son ennui dans les rues du centre-ville en cette heure tardive, avait découvert les deux jeunes gens.

— Alors les tarlouzes, on vient s’enculer dans les allées…

Jace était de toute évidence touché par cette poésie vespérale. Il se détacha de Vincent, se retourna vers le groupe de jeunes, fit un peu en avant et articula avec un calme tout héroïque, retrouvé en un clin d’œil.

— Foutez-nous la paix. On cherche pas les emmerdes, on a pas envie de…
— J’parie qu’c’est toi qui fait la femme, Boucles d’Or.

À la faveur de l’obscurité peut-être, aucun des jeunes gens ne l’avait reconnu.

— Sérieux les mecs, vous êtes des clichés ambulants…
 
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Lun 2 Fév 2015 - 19:20 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

Invité
Invité

Anonymous
Invité

Invité
Personnage
Joueur
    Vincent n’avait pas pris l’exemple de Christopher pour montrer à quel point lui avait réussi à dépasser le cap des appréhensions de ce genre. Pas du tout. En tout cas, telles n’étaient pas ses intentions. Son but était de prouver que lui aussi connaissait ce genre de choses, toujours un peu d’ailleurs. Il rêvait parfois puérilement de se retrouve seul sur le terrain de football avec Christopher et d’enchaîner sur lui quelques plaquages. Et pas de ceux plus charnels qu’il réservait à son petit ami. Vince comprenait dans une certaine mesure ce que Jace ressentait et c’était cela qu’il avait essayé, maladroitement – comme à son habitude – d’exprimer. L’étudiant faillit secouer son compagnon comme une bouteille de chantilly lorsqu’il l’entendit s’interroger sur les raisons de son amour. Devait-il les lui citer ? Vincent avait commencé dans la voiture de Yorkes en prouvant à celui-ci que leur relation ne pouvait pas tenir dans une espèce de formule alchimique élémentaire. Il n’hésiterait pas à approfondir s’il le fallait. Mais les explications de l’Alpha prirent un détour plus profond qui absorba entièrement l’attention du footballeur au point de l’empêcher de remarquer la venue d’un groupe de jeunes manifestement amusé par le couple. Les deux garçons se décollèrent l’un de l’autre. Aussitôt, Vincent ressentit une immense antipathie à l’encontre de ces mecs qui venaient de gâcher un moment intime. Pas intime comme ce qu’ils sous-entendaient, mais très intense tout de même. Cela rentrait pile dans le genre d’évènement que le barman avait craint au début de leur relation « officielle ». Mais ce soir, le jeune homme en ressentait surtout un grand agacement. On était bien loin de la petite admiratrice de Jace qui s’était innocemment étonnée de voir son héros en compagnie d’un autre garçon. Là, c’était clairement stupide. Jace tenta de calmer le truc et Vincent décida qu’il valait mieux le laisser faire. Il avait l’habitude de gérer les abrutis au bar mais il n’était pas forcément le plus diplomate. Et puis le mutant avait une expérience héroïque qui le prédisposait presque au rôle. Malheureusement, ces messieurs n’étaient pas d’humeur raisonnable ce soir.

    – Hou ! La princesse s’offusque... Mais que fait son prince charmant ?

    La réplique s’adressait évidemment à Vincent. Et évidemment, elle fit rire les autres flèches.

    – Remarque, il est pas très grand le prince, il doit lui manquer son cheval... sauf s’il s’en sert pour autre chose.

    Très fin. Devant autant d’esprit, Vincent posa une main sur l’épaule de Jace pour l’inciter à s’en aller. Mais c’était sans compter sur la ténacité de ces jeunes ennuyés de la vie.

    – Ah ben non, restez ! Ça fait longtemps qu’on a pas vu de pédés. Vous pourriez ptet nous montrer comment vous vous sucez, qu’on s’marre un peu...
    – Sûr que vous devez être plus doués que nous...

    Le mot de trop. Celui qui, miracle, n’était pas sorti à la seconde où ces nuls étaient arrivés. Ceux-ci n’apprécièrent pas du tout qu’un homo les remballe comme ça. Cette fois les rires goguenards firent place à des regards bien menaçant. Mais le petit doigt de Vince lui soufflait que c’était de toute façon ce que ces génies avaient prévu dès le départ.

    – Hey pédale, tu viens d’me manquer de respect là. Tu vas t’excuser et tout de suite.
    – Laisse-moi récapituler: pédés, pédale, enculés, Boucle d’or... si la politesse était ton truc tu serais déjà en train de t’excuser.

    L’étudiant avait conscience que cela ne servait à rien de discuter avec ces types. Leur raisonnement manquait totalement de logique. Et à voir la façon dont ils avaient approché les deux garçons, leurs intentions n’étaient certainement pas pacifistes. Celui qui paraissait à cheval sur le respect s’approcha encore de Vincent. Le barman parvenait à sentir son souffle.

    – Ca t’plait de me faire passer pour un con devant mes potes ? Alors écoute-moi, princesse. Si tu veux que ta pute et toi vous... putain c’est quoi ça !?

    Racaille numéro un fit un pas en arrière quasi immédiat en voyant le regard de Vincent s’embraser, au sens littéral. Le pyromancien n’avait pas, mais alors pas du tout apprécié que cet abruti insulte son petit ami. Là, c’était la goute d’eau. Le muté luttait cependant pour ne pas déchaîner ses pouvoirs. Ce qui ne l’empêchait pas d’avoir une main dans sa poche de jean, refermée sur le briquet qu’il traînait toujours avec lui. Sans quitter l’autre idiot des yeux, il s’adressa à son compagnon.

    – Jace ? Je suis très calme là. Mais j’propose que tu leur sortes ton petit discours de la Légion pour qu’ils aillent circuler ailleurs.

    Avec un peu de chance, ces clowns n’insisteraient pas en comprenant qu’ils avaient affaire au fils du Commander. Ça avait déjà marché une fois quand Clarisse s’était fait des amis. Il fallait espérer que cela se passe aussi bien ce soir. En tout cas, il l’espérait pour ces gars parce que Vince n’était pas certain d’arriver à se maîtriser au point de ne pas les blesser.

 
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Lun 2 Fév 2015 - 22:33 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

Invité
Invité

Anonymous
Invité

Invité
Personnage
Joueur
Jace était pour le moins déstabilisé. On l’avait pris à partie bien des fois et avec toutes sortes de raison : parce que les gens étaient bourrés, parce qu’ils n’aimaient pas les mutants ou encore l’autorité que représentait la Légion mais c’était la première fois que l’homophobie motivait une pareille agression. C’était normal, en un sens : avant Vincent, il n’avait jamais été très démonstratif en public. Il aurait dû s’y attendre pourtant, prévoir le coup, et comme ça, il n’aurait pas été désemparé devant ces jeunes-là.

Parce que c’était dans son esprit deux choses bien différentes que de se servir de son statut de Légionnaire pour défendre l’honneur des super-héros ou même la Légion et que de l’employer pour une cause toute personnelle et avec laquelle la Légion n’était pas liée. Vincent en tout cas s’en sortait très bien et Jace aurait tout le loisir de se montrer admiratif plus tard. Quand il songeait que le jeune homme n’avait pas accepté d’exposer leur relation ainsi depuis très longtemps, Jace était une nouvelle fois sidéré par la rapidité de ses progrès, dans ce domaine-là comme dans bien d’autres.

En revanche, sa suggestion de ressortir « le petit discours de la Légion » ne lui paraissait pas tout à fait à propos. Jace secoua la tête.

— J’crois pas que…
— ‘Tain, v’z’êtes vraiment des monstres…

De toute évidence, ils ne l’avaient pas reconnu — l’eussent-ils fait, l’allusion de Vincent à la Légion, son prénom utilisé par l’étudiant, auraient été relevés. Jace imaginait sans peine les commentaires lestes et désobligeants que le paradoxe, dans leurs esprits étriqués, entre son statut de Légionnaire héroïque et sa sexualité pouvait enfanter. Le plus simple était peut-être de désamorcer la situation avec un peu d’intimidation.

Alors, froidement, Jace répondit :

— Oui.

Il fit un pas en avant — et la seconde suivante, les jeunes observaient les yeux ronds une tornade électrique, un écheveau d’éclairs qui tournoyaient à toute vitesse sur eux-mêmes. On faisait difficilement plus spectaculaire et la perspective d’une électrocution vraisemblablement mortelle était un argument de poids, même pour des jeunes aux perspectives limitées. Passé l’ébahissement, ils s’entreregardèrent et partir en courant, d’un commun et tacite accord. Probablement allaient-ils ennuyer des citoyens moins redoutables que le couple qu’ils venaient de rencontrer.

Près de Vincent, Jace reprit forme humaine. Il se retourna vers son petit ami et interrogea, l’air pas très sûr de lui :

— Tu crois que… C’était correct ?

Jace n’était pas spécialement contre jouer un peu de ses pouvoirs pour parvenir à une résolution relativement pacifique d’un conflit qui aurait pu rapidement s’envenimer et il avait très tôt compris, sur le terrain, que les éclairs avaient pour principale vertu d’être dissuasif. Selon lui, avec bon nombre de petits criminels et de caïds sans envergure, l’intimidation et l’esbroufe étaient amplement suffisantes.

— J’voulais pas, tu sais, mêler la Légion à ça. J’veux dire, c’était mon problème. C’t’une question de… J’sais pas, si j’étais flic, j’sortirais pas ma plaque pour ça, tu vois ?

De toute évidence, Jace était tout de même un peu perturbé par cette scène.

— En tout cas, t’étais super zen. Bref… Peut-être on devrait rentrer. On pourra reparler à la maison, ce sera un peu moins glauque. Et puis il fait froid.

Évidemment, ce dernier point n’était peut-être pas très sensible pour Vincent mais, en plein milieu de la nuit d’hiver, Jace préférait amplement faire un débriefing à l’intérieur. Ils se remirent donc en marche pour atteindre l’appartement de Jason et Vincent (et Holly, et Jace).

Jace resta silencieux d’abord, repensant à l’incident. Après quelques secondes, il se mit à sourire. Puis à rire.

— Il doit lui manquer son cheval… Trop drôle. Sérieux, c’était tellement typique. T’sais, c’est un peu, genre, leur vie elle est scriptée, un truc comme ça. Hmbref…

Finalement, Jace était plus perplexe que traumatisé par cette expérience. Cette attitude-là était si éloignée de sa façon de penser et il l’avait trouvé si primaire qu’il ne pouvait s’empêcher de la regarder plutôt en ethnologue qu’en victime. Un peu plus sérieusement, il reconnut tout de même :

— N’empêche, on a d’la chance de pouvoir tenir tête…

Selon lui, dans leur cas, cela ne relevait pas tellement de courage : leurs pouvoirs à deux étaient particulièrement impressionnants et ils n’avaient pas risqué grand-chose. Tout le monde cependant, il en avait bien conscience, n’avait pas cette chance.

— Une fois, y a un journal gay, genre, t’sais, journal d’informations, hein, pas euh… Journal pour adultes. Bref. Ils m’avaient demandé une interview et j’avoue, j’ai dit non, ça m’gênait un peu et tout, mais peut-être que c’est un peu ma responsabilité. D’un autre côté, j’me dis qu’c’est pas en faisant la une de Queer Magazine ou je sais pas que ça changera quelque chose pour des crétins pareils…

Généralement, Jace n’utilisait les médias que pour promouvoir les actions de la Légion et, de temps à autre, faire une campagne de prévention de la violence. Il tentait d’éviter cependant de mêler ses conceptions politiques personnelles à son statut de Légionnaire. Jace finit par hausser des épaules. Il n’avait pas vraiment la tête de penser à ça, là, maintenant.

D’une voix gênée, il tenta de revenir sur le sujet qu’ils avaient abordé avant l’interruption.

— Pour tout à l’heure, j’veux pas… Que tu t’inquiètes. J’veux pas être chiant, et le passé c’est le passé, et puis tu… Je sais pas. J’me fais des angoisses pour rien, faut pas faire attention…

 
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Mer 4 Fév 2015 - 13:19 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

Invité
Invité

Anonymous
Invité

Invité
Personnage
Joueur
    La discrète manifestation des pouvoirs de Vincent ne passa pas inaperçue et sembla faire son petit effet sur ces types. Lesquels ne tardèrent pas à trouver un nouvel adjectif pour qualifier le couple qu’ils venaient embêter. Jace joua le jeu et fit une démonstration encore plus impressionnante. Vincent aurait songé que l’Alpha préfère utiliser son statut et se contente de s’identifier pour amener ces gars à se tirer, mais il préféra une méthode plus directe. Même si elle leur valu une réaction qui n’aurait probablement pas été bien différente si ces mecs avaient croisé Godzilla. Le barman en ressentit un léger pincement au cœur. La fuite de ces perturbateurs faisait écho avec les pensées que son statut de muté lui avait inculqué. A savoir que, d’un certain point de vue, il n’était pas très humain, voire même monstrueux si on devait croire l’attitude de ses parents. Vince fit abstraction de ces désagréables souvenirs et se concentra sur le présent : à savoir féliciter son héros pour avoir fait fuir les vils manants. Cela commença par un sourire rassurant.

    – T’as été parfait.

    S’en suivit une petite explication sur le rôle de la Légion. Apparemment, il y avait divergence d’opinion. Mais ce n’était pas comme si Vincent avait passé sa vie à réfléchir au statut et à la politique d’une équipe de super héros.

    – Ben j’pensais que ça rentrerait dans le cadre. ‘fin si on avait croisé des personnes se faire agresser comme ça, j’pense que tu serais intervenu quand même. C’est pas parce que c’est toi que tu mérites pas le soutien d’un super héros... Sauf si vous faites pas dans la défense contre les crimes homophobes... Bon, OK, là y a pas eu crime... mais la prévention c’est important aussi non ?

    Cela dit, il parlait de cela sans non plus y mettre toute sa conviction. Ce n’était pas un sujet qui lui tenait particulièrement à cœur et au final, seul le résultat importait. Qu’ils aient réglé le problème sans passer par la Légion, c’était une très bonne chose en soit. Là, l’esprit pragmatique et la logique de Vincent venaient juste embêter son petit ami afin de mieux comprendre son univers. Et puis, il était vraiment persuadé que s’ils avaient été témoins de ce genre de scène, Jace aurait sortit sa cape. Agir en simple citoyen était toujours possible mais malheureusement, les arguments pouvaient parfois manquer de punch. Et pour ce genre d’individu, cela ne suffirait pas.

    – T’sais, j’étais pas zen du tout. J’essayais surtout de me contrôler. Quand ces mecs t’ont insulté, j’avais vraiment envie de leur coller mon poing dans la figure...

    Et quand on parlait de contrôle, on faisait aussi bien allusion au langage des poings qu’au langage des flammes. En tout cas, lui estimait qu’il aurait pu mieux faire. Déjà en prenant un peu plus rapidement la défense de son petit ami. Mais lui aussi avait été pris de cours. Il avait certes imaginé ce genre d’incident au moment même où les choses avaient commencé à être sérieuses entre Jace et lui. Mais à part la fuite et la honte, le barman n’avait rien « prévu » dans une telle situation. Là, ces alternatives lui avaient semblé impossibles. Incapable de s’empêcher de revivre la scène en se demandant ce qu’il aurait pu faire pour se montrer plus... héroïque ( ?), le jeune homme emboîta le pas de son compagnon afin de rentrer chez eux et éviter ce genre de désagrément. Encore que pour ce soir, les chances voudraient qu’ils aient la paix. Mais l’argument de la température hivernale était déjà plus convainquant. Lui ne trouvait pas leurs répliques si drôles que ça. Peut-être parce qu’il avait déjà entendu des propos loin d’être flatteurs à l’égard des homosexuels. Entre ses frères et les membres de son ancienne fraternité, les oreilles de Vincent avaient entendu nombre d’insultes. Le fait qu’elles puissent s’adresser à lui aujourd’hui ne l’enchantait pas spécialement... Du coup, il ressentait une sorte de culpabilité et de honte un peu étrange dont il n’arrivait pas à se débarrasser. Le footballeur avait l’impression qu’il devait faire quelque chose pour compenser, pour se faire pardonné d’avoir silencieusement approuvé de tels propos. D’abord, sa main retrouva le chemin de celle de son partenaire. Fuck les imbéciles. Ensuite, il écouta attentivement les propos de son Légionnaire personnel et considéra la question.

    – Tu peux toujours en parler avec la Légion et voir si cela ne leur pose pas de problème. Après, ça dépend de ce que tu voudras dire, mais je pense pas qu’ils t’en voudraient si tu rassurais les lecteurs gays. Et même, avec ta réputation... ça changerait ptet pas grand chose, j’en sais rien, mais ça pourrait toujours influencer à petite échelle, ouvrir les esprits... éviter qu’un ou deux gosses deviennent ce genre de crétins... Bon pour eux, c’est ptet trop tard mais... J’pense que ça serait utile, un peu... ce serait déjà pas mal, non ?

    Loin de lui l’idée de jouer les agents et de pousser son compagnon à donner une interview pro gay. Lui-même ne se sentirait sans doute pas prêt à faire une telle chose. Bon, de toute façon, personne ne s’amuserait à lui demander une interview alors... quoique, Amy... non, c’était ridicule. Et puis il ne saurait pas quoi dire et serait trop timide. Bref, il était hors de question de pousser son homme à faire une chose dont lui-même serait incapable. Alors il se contenta de lui donner son avis. Pareil pour la suite... Mais il laissa un petit silence s’installer après les derniers propos de Jace, qu’il accueillit simplement en hochant la tête. L’étudiant profita cependant du reste du trajet pour réfléchir. Une fois arrivés en bas de leur immeuble, il avait trouvé une réponse adéquate.

    – Tu sais... j’crois qu’on peut pas trop m’empêcher de m’inquiéter pour toi. Ca doit faire partie du package et du coup j’peux pas t’aimer sans avoir peur pour toi.

    Pendant ce temps, ils ouvrirent la porte et montèrent les escaliers.

    – Et j’serais un piètre petit ami si je ne faisais pas attention à toi... même aux choses chiantes.

    Le sourire du pyromancien rendit soudainement ces « choses chiantes » aussi adorables que des chatons. Et ce ne serait pas si éloigné que ça de la réalité. Une part de lui-même, vaniteuse, à n’en pas douter, était très satisfaite de savoir que son homme était jaloux.

    – J’pense qu’il ya des choses qui iront mieux avec le temps... quand tu comprendras que t’es le seul qui compte. Et j’compte bien te le faire comprendre un jour.

    Chapitre 1, introduction : ouvrir la porte de leur appartement.
    Chapitre 2 : plaquer son Jace contre le mur du couloir et l’embrasser fougueusement sous prétexte de vérifier l’ampleur de la sympathie qu’ils éprouvaient l’un pour l’autre.

 
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Mer 4 Fév 2015 - 15:32 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

Invité
Invité

Anonymous
Invité

Invité
Personnage
Joueur
Du point de vue de Jace, le sujet n’était absolument réglé mais ce ne serait certainement pas lui qui irait le remettre sur le tapis. Il se reprochait déjà de ne pas avoir su contenir sa jalousie, dans le métro, de ne pas l’avoir exprimée en des termes plus neutres, dans le wagon, et de ne pas avoir esquivé les explications, dans la rue. En un sens, l’irruption de la bande des jeunes avait été salvatrice : elle lui épargnait d’épiloguer. Il n’était que trop content de discuter d’un tout autre sujet — ses possibles entrevues avec la presse spécialisée, par exemple.

— Bah, sur ce point-là, c’est pas trop un problème de Légion. J’veux dire, j’pense pas que l’fait qu’j’sois bi, ce soit particulièrement nuisible à la Légion. Au contraire, c’est même plutôt un bon signe de diversité.

Surtout que sa vie personnelle ne prêtait guère le flanc au genre de critiques de moralité qui avaient pris pour cible, l’année précédente, Chase Neutron-Grey. Jace avait tout du gendre parfait.

— Non, c’est juste, j’étais pas convaincu de l’utilité, mais à la rigueur, tu vas m’dire, si ça marche pas, j’aurais rien perdu à essayer. Pt’être j’étais juste pas près. C’est sans doute ça. J’vais voir.

Il redoutait un peu les questions trop privées qui pouvaient venir à l’esprit de pareils intervieweurs et se promit de consulter d’autres articles du même genre au préalable, pour se faire son idée. Quant aux premières remarques de Vincent sur le rôle de la Légion dans une agression homophobe, Jace devait bien avouer qu’elles portaient.

— Et pour l’reste, t’as raison, j’avais jamais vu les choses comme ça. Juste, j’me disais, j’ai pas envie qu’les gens disent que j’me sers de mon rôle dans la Légion pour résoudre mes problèmes. C’est pas pareil quand c’est moi ou quand c’est les autres. Mais ouais, j’aurais pu suivre ton conseil.

Sur quoi, ils étaient arrivés au pied de l’immeuble et s’engageaient dans les escaliers. Hélas pour Jace, la discussion revint à son sujet principal. L’Alpha était un peu calmé, cependant, assez pour conserver une neutralité de façade et puis Vincent reprenait le sujet en termes assez vagues pour que l’adolescent pût s’abstenir, sans avoir l’air par son silence trop suspect, espérait-il, d’y répondre. Il se contenta d’un rapide sourire et, quelques secondes plus tard, se retrouva coincé entre Vincent et le mur.

Là, il ne réfléchissait plus beaucoup. Sa langue partit sans attendre à l’assaut de celle de Vincent tandis que ses mains agrippaient la ceinture de l’étudiant pour le retenir tout contre lui. Quand il ne fut que trop évident que cette précaution était parfaitement inutile, elles remontèrent sous son haut, glissèrent dans le dos et caressèrent sa chute de reins, puis le haut de son dos, tandis que Jace, un peu inconsciemment (mais juste un peu), faisait quelques mouvements de bassin pour le moins suggestif.

— Alors comment ça s’est p…

Jace frôla la crise cardiaque. Alors que Vincent se reculait, il arrangea tant bien que mal ses vêtements, passa une main dans ses cheveux pour les aplatir et adopta l’air le plus innocent possible devant Holly, qui achevait sa phrase avec un demi-sourire.

— … assé.

La jeune femme croisa les bras.

— Vous êtes vraiment intenables, tous les deux.
— On était juste en train de… C’était pour… Vincent m’aidait à…
— Je vois, je vois.

Jace essaya de remonter le plus discrètement possible sa braguette.

— Donc ?
— Donc, je disais, vous êtes partis depuis un moment et je me demandais comment ça s’était passé, là-bas.

La question avait le mérite de calmer l’ambiance. Jace jeta un regard à Vincent et entreprit une première réponse, le temps pour son compagnon de trouver ses propres mots.

— C’était… Profitable, je crois. Pour faire le point.

La réponse restait vague, parce que l’adolescent ne savait pas si Vincent souhaitait partager leur aventure alchimique avec Holly, dont l’enthousiasme pour ce genre de mystères était parfois un peu encombrant. Holly hocha la tête.

— Jason a fait dîner, il en reste à réchauffer. Vous avez mangé ?

Jace secoua la tête et quelques minutes plus tard, ils se retrouvaient en face de Holly et Jason, avec chacun devant soi une généreuse part de lasagnes. C’était à Vincent de raconter son histoire, après laquelle vinrent les inévitables questions de Holly — et les remarques plus posées et circonspectes de Jason.

— Je reviens.

Jace se leva pour aller aux toilettes. Dès qu’il fut hors de portée d’oreille, Jason désigna son assiette d’un geste de la tête.

— Tu vois, je t’avais dit.

Holly observa l’assiette et hocha la tête. Jason reporta son regard sur Vincent.

— Il mange vraiment pas beaucoup, tu sais. Depuis trois ou quatre jours. Presque rien, même. Il fait de la charpie avec ses plats, ça fait illusion, mais au bout du compte…
— Jason a une amie comme ça.
— Avais.

Quelle ambiance.

 
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Mer 4 Fév 2015 - 21:48 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

Invité
Invité

Anonymous
Invité

Invité
Personnage
Joueur
    Fougueusement, c’était ça le truc en trop. Maintenant, Vincent était incapable de s’arrêter pour reprendre son souffle et laisser son petit ami tranquille. Collé à sa pile électrique préférée, Vincent se laissa emporter et tandis que ses lèvres et sa langue essayaient de fusionner avec celles de Jace, une main entreprit de lui caresser le cou puis les cheveux, aaah mince, ça belle coiffure... Une autre voyageait successivement entre le torse du blond et sa braguette. Puis vint Holly, envoyée par le ciel pour séparer ces deux âmes perverses. Ou pour les nourrir... Non, faire sa curieuse, c’était l’explication la plus plausible. L’Alpha lui offrit une réponse vague mais le regard qu’il avait lancé au barman lui fit comprendre que c’était à lui de décider de ce qu’ils pouvaient partager. Cruel dilemme. Parler avec Holly et Jason de l’existence des plan élémentaires et se retrouver piégé dans un raz de marée de questions et d’hypothèses un million de fois plus farfelues que tous les fantasmes qu’avait pu avoir Wilfrid Basil Yorkes, ou bien manger des lasagnes tranquillement. Dur.

    Choisissant d’opérer via un système de priorités, Vincent attendit d’engloutir deux bonnes bouchées de lasagnes avant de partager les résultats de leur soirée avec ses colocataires. Sans entrer dans les détails, et éviter ainsi une nuit de théories fantaisistes, il leur parla d’un alchimiste qu’ils avaient rencontré et qui pourrait éventuellement leur donner un coup de main pour comprendre ce qui s’était passé. Holly et Jason se montrèrent naturellement enthousiastes et partirent dans un rallye d’hypothèses moins excentriques que s’ils avaient entendu parler de sympathie alchimique. Mieux valait attendre d’en savoir plus et surtout d’avoir des informations solides avant d’en parler. C’était un peu comme Pythagore, fallait le comprendre avant de l’expliquer. En gros. Le débat fit une pause lorsque Jace s’excusa. Automatiquement, Vincent jeta un coup d’œil à l’assiette de son voisin. Évidemment, il avait remarqué que son petit ami avait un appétit très limité ces derniers temps. Mais au final, l’Alpha se nourrissait quand même, et puis il ne montrait aucun symptôme inquiétant propre à l’anorexie ou un déséquilibre alimentaire de ce genre. Le jeune homme tenta donc de rassurer ses amis qui, bien évidemment, étaient en train de se faire des films.

    – Hey, il n’a ptet pas très faim... les lasagnes, c’est bourratif.

    Merci monsieur le nutritionniste en herbes. Plus raisonnable, cependant, il écouta les arguments de ses colocataires et leur répondit, toujours à voix basse :

    – Et il va très bien, je vous assure. Il pète le feu, comme d’habitude...

    Vincent ne l’avait pas connu autrement. Sauf peut-être au début de leur relation, à l’époque où Jace dormait encore... Mais maintenant qu’il voyait les choses sous cet angle, le jeune homme se mit à flipper un peu lui aussi. Sauf que l’anorexie n’était pas forcément le diagnostique qui lui venait en tête et il le regrettait un peu. L’accident en Sibérie avait vraiment transformé Jace. Son corps, son énergie, sa fertilité... Un de ses « problèmes » les plus étranges était survenu à retardement... peut-être que les effets secondaires continuaient à s’enchaîner et que cela affectait son petit ami. Après tout l’Alpha n’avait déjà plus besoin de dormir. Jouant inconsciemment avec des lasagnes qu’il regardait sans voir, Vince laissait l’inquiétude l’envahir. Quelques secondes plus tard, il reposa sa fourchette.

    – Vous faites chier...

    Bien sûr, il n’était pas en colère. Pas vraiment. L’étudiant avait surtout peur. Il se leva donc de table et décida d’aller vérifier la théorie de ses amis. Lui-même n’avait pas fait attention, sa technique de l’autruche était bien rodée maintenant. Et puis, ces derniers jours, Vince avait eu l’esprit un peu inondé. Lorsqu’il se retrouva devant la porte de la salle de bain, le jeune homme s’abstint de l’ouvrir mais tendit l’oreille... avant de toquer à la porte :

    – Jace ? Ca va ? Est-ce que je peux rentrer ?


 
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Jeu 5 Fév 2015 - 19:12 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

Invité
Invité

Anonymous
Invité

Invité
Personnage
Joueur
C’était peut-être l’un des moments les moins héroïques de sa jeune existence de super-héros : adossé au mur, Jace regardait les toilettes et les toilettes regardaient Jace. Il y était allé plein d’espoir, pourtant, conquérant, même. Il avait pensé aux chutes du Niagara. Peine perdue. Il était certes ravi de se savoir préservé ad vitam aeternam du redoutable problème des fuites urinaires mais désormais, les publicités pour les dragées Fuca, il le sentait, auraient pour lui toute la violence d’une cruelle ironie.

Ainsi donc, Jace regardait les toilettes et les toilettes regardaient Jace quand Vincent frappa à la porte. Il savait. Son terrible secret gastro-urinaire était découvert. Pour quelle autre raison son petit ami viendrait-il soudainement s’inquiéter de l’état de son transit ? Jace quitta son mur avec un soupir et ouvrit le verrou pour laisser Vincent entrer. Il referma la porte derrière lui.

— Je suis pas anorexique.

Déjà que Vincent, depuis son envolée sombrement lyrique dans le métro, devait le croire suicidaire fini, Jace préférait parer aux hypothèses les plus sordides. Vincent, qui palpait régulièrement et fort scrupuleusement le corps de l’Alpha — pour des raisons médicales, n’en doutons pas —, devait bien le savoir. Tout de même, le jeune homme mit un point d’honneur à apporter la preuve par l’image en soulevant son sweat et son tee-shirt.

— Tu vois, on voit pas mes côtes ni rien.

En revanche, on voyait très bien ses abdominaux et ce n’était sans doute pas la meilleure solution pour s’assurer de la pleine concentration du Vincent des villes. Jace laissa retomber ses vêtements. La décence était sauve (pas pour longtemps, rassurez-vous).

— J’ai pas faim, c’est tout. Et pas soif. Et mes ongles poussent plus, je crois. J’suis pas sûr non plus d’avoir besoin d’aller chez le coiffeur avant un moment, mais faudrait qu’je vérifie. ‘Fin bref, à part ça, tout va bien. C’est cool, on va faire de sacrées économies…

Et pourtant, la perspective de tous ces bons et beaux dollars économisés en n’achetant pas les paquets de pâtes qui eussent ordinairement entretenu ce corps d’athlètes qui faisait la joie ponctuelle des guichetières d’aquarium n’avait pas l’air de le réjouir. Même si Jace n’avait jamais été un grand amateur de la table, même s’il s’était toujours nourri par méthode plutôt que par plaisir, il voyait sans peine quel plomb dans l’aile venaient de prendre ses relations sociales.

— J’pensais qu’c’était l’stress, alors j’me suis forcé à manger un yaourt au bifidus actif, mais ça a rien fait.

L’adolescent haussa les épaules.

— Bon, bref, super glamour, je sais. Au moins, c’est pas trop, trop grave.

Mais il savait bien que la même question qui agitait son esprit devait retourner en cet instant celui de Vincent : où cela s’arrêterait-il ? Et si son sang arrêtait de circuler et qu’il devenait tout froid ? S’il se retrouvait bloqué sous sa forme électrique ? S’il ne vieillissait jamais et que Vincent, lui, allait dépérir, puis leurs enfants, puis leurs petits enfants, puis… ?

— C’est juste super space, de pas avoir envie de trucs aussi basiques. J’peux manger, mais c’est juste, tu vois, se forcer, c’pas super agréable. Pareil pour l’eau. La seule chose que j’ai envie d’boire, c’est ton…

Euh…

— Oui, enfin bon, ça, c’est différent.


Au moins, il y avait une catégorie de besoins physiques de Jace qui ne cessaient de s’exacerber.

L’adolescent désigna le mur et, par-delà, le salon d’un geste de la tête.

— Sont toujours là-bas ? J’ai pas des masses envie de répondre à des questions, encore. J’veux dire, j’ai rien contre eux, hein, mais ce soir, là, ça commence à faire beaucoup.

Entre la perspective qu’une incompréhensible créature née dans un plan parallèle non-matériel — s’il avait bien compris — pût revenir transformer l’homme de sa vie en torche humaine perpétuelle, l’idée que Vincent allait chercher les sages et pénétrants conseils de Louis et son affrontement infructueux avec les WC, Jace ne se sentait pas le courage de satisfaire la curiosité de Holly. Cela dit, il allait bien falloir à un moment ou un autre sortir de la salle de bain : dormir dans la baignoire n’était probablement pas une option pour Vincent. Principalement parce que de baignoire, il n’y en avait point. (Enfin, je crois. J’en mettrais pas ma main à couper.)

— On pourrait pas, genre, se cacher ici un moment ? Prendre une douche. Toi et moi. Promis je t’électrocute pas. Comme ça, toi et moi, on devient pas des cas d’école pour le reste de la soirée. D’façon, tu leur en as déjà dit assez, y a pas besoin de rentrer encore plus dans les détails.

Il soupçonnait prêcher un converti : Vincent lui avait semblé plutôt évasif dans ses réponses à ses colocataires.
 
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Jeu 5 Fév 2015 - 21:37 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

Invité
Invité

Anonymous
Invité

Invité
Personnage
Joueur

    – Je sais.

    Évidemment, c’est ce qu’il avait dit aux deux autres. Jace ne pouvait pas être anorexique. Entre son énergie inépuisable et son corps toujours aussi... hum... bon, je vous passe les détails sinon vous allez encore dire que mon personnage est un obsédé. Bref, Jace Roberts se portait très bien, c’était évident. Le truc, c’est que son corps était un peu particulier. En tout cas, Vincent avait bien remarqué que les côtes et tout l’abdomen du blond étaient en parfaite santé alors pour éviter de s’égarer entre ces tablettes que tous les chocolats suisses enviaient, l’étudiant se joignit à son petit ami pour rabaisser les tissus. Les explications vinrent et comme le barman s’en était un tout petit peu douté – il aurait bien aimé se tromper d’ailleurs – le corps de son compagnon continuait d’évoluer en direction d’une autonomie surhumaine... pour ne pas dire inhumaine. Le visage de l'étudiant se crispa légèrement, mais il ne dit rien. Le faux enthousiasme que l’Alpha manifesta en pensant au bien être de son portefeuille ne dupait pas beaucoup le footballeur, Jace prenait la chose un peu mal. Lui aussi d'ailleurs. La situation l’attristait un peu... car il avait toujours peur de perdre son petit ami de cette façon, l’abandonnant au profit d’un pouvoir et d’une condition unique qui l’éloignait petit à petit des petites choses qui rythmaient la vie humaine. Vince prit donc le temps de faire son deuil. Plus jamais il ne pourrait faire plaisir à son homme en lui préparant un bon petit plat. Car le pyromancien aimait cuisiner... et il adorait faire plaisir... Alors si on ajoutait Jace à l’équation et qu’on rayait le tout, on lui enlevait une sacrée source de satisfactions. Sauf peut-être celle qui se limitait généralement à leur chambre. La remarque le fit rougir un peu... et lui rappela que lui, du coup, ne pourrais jamais goûter à son petit ami de cette façon... Qu’il aurait aimé s’être montré plus courageux au début de leur relation pour s’y aventurer. Doucement et d’un ton rassurant en dépit de son regard un peu triste, Vincent répondit aux interrogations du Légionnaire. Cela commença également en posant une main bienveillante sur son ventre.

    – Hey... on fait c’que tu veux. Bien sûr qu’on peut rester là.

    En espérant que les deux autres n’aient pas de besoins urgents.

    – Tout ce que tu veux...

    Et leur dissimulation fut entamée par une preuve de leur union dans l’adversité. Vincent prit délicatement son petit ami dans les bras. Pour le rassurer. Et pour se rassurer lui-même. Un peu. Une de ses mains lui caressait le dos tandis que l’étudiant laissait son esprit s’éloigner de tout ce qui ne concernait pas ce corps qui respirait – pour le moment ? – contre lui. Jason et Holly ne le dérangeaient pas mais il ne voulait pas tout leur dire. Il jugea d’ailleurs que c’était là une sage décision. Mais il n’aimait pas mentir et contourner la vérité pouvait être éreintant. Et puis, Jace avait raison. Ce n’était pas comme si leur soirée avait été tranquille.

    Après un long câlin, Vincent se détacha pour embrasser tendrement son compagnon. Un baiser très chaste en somme. Parce que ça collait à l’ambiance. Et aussi parce que c’était mieux avant de se risquer à prendre une douche avec l’équivalent humain d’une centrale électrique. L’étudiant n’avait pas peur cela dit, il avait totalement confiance en Jace. Et sans avoir des pulsions suicidaires, il se disait que mourir nu en compagnie de la personne qu’on aimait ne devait pas être la mort la plus désagréable au monde. Le baiser terminé, Vince déclara simplement :

    – C’est parti pour la douche, alors !

    Sur ces mots, il lui décocha un tendre sourire avant de se retourner et fermer le verrou de la porte pour se garantir un minimum d’intimité. Toujours face à la porte, le jeune homme se libéra de son tee-shirt (oui parce que chez lui, avec ces amis, il n’avait pas besoin de faire croire qu’il craignait les limites de leur isolation thermique). Le pantalon subit le même sort, mais cette fois face à Jace. Soudain, une voix leur parvint depuis le couloir. Holly s’inquiétait. Vince la rassura immédiatement et brièvement en se contentant de lui dire qu’ils prenaient une douche. Le jeune homme se tourna ensuite de nouveau vers son homme.

    – J’te laisse contrôler le débit et la température de l’eau. J’ai l’habitude de prendre des douches plutôt froides.

    Econome jusque sous la douche, oui. D’ailleurs, en vêtements aussi il était économe en cet instant. Il ne lui restait plus que son boxer et ses chaussettes. Ah non, juste le boxer, maintenant. Après avoir posé ses vêtements sur le lavabo, Vince se glissa dans la douche, retira le dernier rempart de sa nudité et le lança sur la pile avant de s’emparer de la main de son compagnon et de l’amener à lui. La partie délicate allait commencer. Comme les pouvoirs de Jace l’empêchaient apparemment de se lâcher en compagnie d’autres personnes dans un milieu aquatique, Vince devait faire de son mieux pour ne pas trop exciter son compagnon. Et cela allait commencer en évitant de trop s’exciter lui-même. Pas facile. Lui nu. Jace nu. Douche. Dure soirée. Nu. Nu. Nus... cela faisait trop de paramètres compromettants. En plus la douche n’était pas grande. Il était difficile de ne pas être un peu serrés. Pour faire bonne figure, Vincent regardait Jace dans les yeux. Remarque, ce n’était pas une vision dépourvue d’intérêt sexuel... loin de là. Bonus d’aide : la récente « évolution » de Jace. Le barman posa une main protectrice sur la joue de son compagnon avant de lui demander :

    – Comment tu te sens ?

    Connaissant l’état de santé perpétuellement impeccable de Jace Roberts, il n’était pas difficile de deviner que la question se situait à un niveau personnel, psychologique, moral, métaphysique... tout ce qui pouvait potentiellement peiner le jeune Alpha. Pendant ce temps, l’eau se mit à les arroser d’une de leurs très rares douches. La seule qu’ils avaient « prise » ensemble datait de la fois où Vincent avait eu besoin de se mettre sous l’eau froide pour arriver à se remettre de la tornade Clarisse.

 
Revenir en haut Aller en bas

 
The Second Coming
 
Page 2 sur 2Aller à la page : Précédent  1, 2Revenir en haut 
The Second Coming - Page 2 Cadre_6The Second Coming - Page 2 Cadre_7_bisThe Second Coming - Page 2 Cadre_8


The Second Coming - Page 2 Cadre_1The Second Coming - Page 2 Cadre_2_bisThe Second Coming - Page 2 Cadre_3

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
The Second Coming - Page 2 Cadre_6The Second Coming - Page 2 Cadre_7_bisThe Second Coming - Page 2 Cadre_8
Sauter vers: