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Nunc est bibendum

 
Message posté : Ven 30 Jan 2015 - 0:07 Message
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    « Dans une boîte de nuit » fit hausser les sourcils de Vincent. Pour lui, les rencontres dans ce genre d’endroit menaient généralement sur un moment plus intime. Et en prenant en compte les craintes apparents de Camille à ce sujet, s’il avait déjà franchit ce cap avec l’homme concerné, c’était déjà une bonne chose. Mauvaise interprétation bien sûr, comme le prouvera la suite de l’histoire. Mince, les choses n’étaient donc pas si bien partie que ça. Mais alors ils ont fait quoi en boîte ? Ah oui, Camille danse super bien – paraît-il – ça devait être ça le lien. Et puis, le mutant était bien du genre à faire partie de ceux qui mènent une discussion philosophique en toute circonstance. Peut-être que leur rencontre fut éclairée sous ce jour-ci. Quoique, en écoutant le récit du Français, le barman se faisait une image un peu floue de ce fameux Aleksandr, il avait l’air particulier comme garçon. En tout cas, même en ne connaissant pas tous les détails, l’étudiant trouvait qu’il avait un comportement ambigu. Cela dit, Camille semblait rester objectif dans son jugement, alors il ne le remit pas en question... sauf à la fin quand il conclut que ça vie telle qu’elle était n’était pas si mal que ça. De la part d’un mec qui venait de lui proposer de demander son copain en fiançailles, Vince trouvait que cela manquait de conviction. Malheureusement, le barman dut répondre à l’appel du verre en détresse. Armé d’une balayette, d’une éponge et d’un chiffon prévu à cet effet, il partit desservir sa justice.

    – Alors, quel match on a essayé de rejouer pour causer tout ça ? lança-t-il avec bonne humeur. Quelques rires sincères accueillirent son arrivée salvatrice.
    – Jeff s’est pris pour Tiger Woods
    – Non ! C’était Jimenez... pfff... ils m’écoutent pas. J’ai beau boire pour me faire entendre, ils m’écoutent pas...
    – Ah j’connais ça... ma coloc’ aussi elle ne m’écoute pas trop. Pourtant, j’arrête pas de lui dire qu’il y a des golfeurs qui viennent au bar.

    Nouveau rires. Jeff se prit d’affection pour Vincent et passa un bras autours de son cou lorsqu’il eu terminé de récolté les morceaux de verre.

    – Ouais, tu comprends toi... t’es sympa... Dis-voir, t’es mignon, toi... c’est toi le barman mignon que les filles n’arrivent pas à choper ?
    – Jeff ! et les rires se changèrent en gloussements rouges écarlates.
    – J’sais pas... on est tous mignons derrière le bar. C’t’un peu un critère d’embauche...
    – Ca, ça veut dire que c’est toi... ben pourquoi tu veux pas avec mes copines, elles sont mignonnes, pourtant !

    Là, tout de suite, elles essayaient plutôt de ne plus avoir de visage, tellement elles étaient embarrassées.

    – Oui, elles sont très charmantes, vraiment jolies. Vraiment.

    Le coup d’œil qu’il assura à ces demoiselles rendit leur teint rouge modeste

    – Mais s’tu veux vraiment savoir pourquoi, j’peux te le dire, mais c’est un secret.
    – Vas-yyyyy, tu risques rien. J’cafterais pas. Allez, dis-le-moi à l’oreille.

    Et Jeff ressera un peu plus son étreinte pour forcer Vincent à approcher son visage. Le sourire du barman s’élargit, malicieux. Jeff sentait l’alcool, mais ce n’était pas grave. Le pyromancien s’approcha tout de même de l’oreille de son nouveau meilleur ami pour lui murmurer la réponse. Dans son état, le bonhomme devrait avoir une réaction marrante.

    – Mon ptit ami serait un peu vexé, tu vois ?

    Jeff hocha la tête, puis laissa Vincent retrouver sa posture initiale, sans le lâcher. Puis il réfléchit. Et la lumière arriva. Aussitôt, Jeff retira son bras, si rapidement qu’il en perdit son reste d’équilibre pour se retrouver par terre, allant au delà de ce que Vince avait prévu. Mort de rire, comme tout le monde autours de cette table, il observa Jeff se relever pour finalement reprendre place sur une chaise. Le footballeur en profita pour finir de débarrasser la table

    – J’vous resserre quelque chose ?
    – Oui... la même !
    – Ca marche.

    Et il s’éloigna en sachant que Jeff allait sûrement leur répéter ce qu’il venait de lui dire. Encore que...peut-être que ça serait trop embarrassant pour lui et qu’il raconterait autre chose. En tout cas, ça avait valu le coup. De retour au bar, Vince jeta les débris de verre, rangea son matériel de sauvetage, se lava les mains et entreprit de préparer la commande qu’il venait de prendre. Un rapide regard vers la table d’Helen et C.C. lui indiqua que Camille avait profité de la crise pour s’éclipser vers eux, évitant ainsi les réactions de Vincent. Celui-ci songeait encore à son histoire, cet Aleksandr... c’était difficile à dire comme ça, il faudrait qu’il les voit ensemble pour se faire une idée sur le potentiel de leur relation. Quand bien même, serait-il capable de le juger ? Là, c’était une autre histoire... Peut-être que s’il demandait à Jace de venir et de surveiller le rythme cardiaque de cet ancien militaire ? Bien sûr, ces silencieuses stratégies lui permettaient d’oublier un instant la folle idée que son ami lui avait avancée. Jason s’y mit aussi en arrivant.

    – Je savais pas qu’il était aussi compliqué Camille. En même temps, nos conversations se sont limitées à l’art.
    – C’est vrai que les artistes sont des gens simples.
    – Touché...
    – Ca m’embête, j’sais pas si j’suis de très bon conseils pour lui...
    – En même temps, s’il vous a vus Jace et toi, faut pas s’étonner s’il s’attend à ce que tu sois un pro...
    – Oui, c’est vrai que j’ai tellement maîtrisé le truc avec Jace...
    – Y a qu’à voir le résultat...

    Le regard de Jason était moqueur mais aussi attendri. Il n’hésitait jamais à utiliser des adjectifs grandiloquents pour qualifier la relation de Vincent et Jace. D’habitude, il les gardait pour les œuvres de ses artistes préférés... Avec un sourire en coin, le pyromancien alla servir la table de Jeff, encore embarrassé par ses récentes bourdes. En voilà un qui ne s’amusera plus à essayer de caser ses amies.

    ... ... ...

    Le bar se remplissait et désemplissait au rythme de la soirée. Au bout d’un moment, Helen et C.C. se levèrent pour prendre congé, terminer la soirée ailleurs ou simplement rentrer chez eux. Après tout, on était en pleine semaine, il devait bien exister des étudiants raisonnables en ce bas monde. Se demandant si Camille allait les suivre, Vincent lui lança un regard inquisiteur. Ils allaient bientôt fermer, mais ce soir, dans la lignée de la politique imposée par Jason, Vince ne ferait pas partie de l’équipe de rangement et pourrait rentrer plus tôt. Ou aller ailleurs si le Français était inspiré. Après tout, ils n’avaient pas fini leur conversation. Mais il était hors de question de lui imposer quoique ce soit. Même s’il s’inquiétait un peu de l’humeur défaitiste et dépitée que son ami, amoureux de son chat, avait mentionnée plus tôt.

    – Alors ? Elle a pu te caser ou c’est encore une affaire en cours ?

    Plus sérieusement, il reprit :

    – J’ai bientôt fini, encore dix minutes. Si tu veux m’attendre ou... c’est comme tu veux.

 
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Message posté : Ven 30 Jan 2015 - 11:32 Message
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La discussion ne repartit pas, avec Helen et C.C., sur ses futures et très hypothétiques conquêtes, ni sur la désolation perpétuelle de sa vie sentimentale. Ce qu’il avait confié à Vincent d’Aleksandr lui avait amplement suffi et le jeune homme craignait un peu qu’à trop parler de ces choses, le manque qu’il ne ressentait pas si cruellement que cela devînt plus grand, l’absent plus désirable et la tristesse plus profonde. Parler d’Aleksandr ne l’avait pas vraiment aidé à se convaincre qu’il y avait là une opportunité à saisir : ses doutes s’étaient conservés ; simplement, l’envie de le revoir avait grandi. En somme, l’opération n’avait pas été profitable.

En quelques mots, ils parlèrent des circonstances de leur rencontre puis la conversation roula sur des sujets et d’autres, les études d’Helen, principalement, les derniers films au cinéma, les expositions du moment. Puis le couple s’éclipsa et Camille rejoignit Vincent. Il ne répondit que par un sourire à la boutade du barman, pour éviter de relancer le sujet, puis hocha la tête quand celui-ci proposa de l’attendre.

— On peut aller chez moi, après, si tu veux. Il y a un thaï qui fait à emporter pas très loin de mon immeuble, je t’invite : ça te récompensera de ton dur labeur de la soirée.

Ce fut ainsi qu’une petite heure plus tard, Vincent fut accueilli par un bruyant et rauque :

— Mrrooooaaaooo.
— Bonsoir, Tybalt.

Camille avança précautionneusement face à son chat, pour empêcher l’animal de s’enfuir dans les couloirs et, dès que Vincent fut rentré, il referma soigneusement la porte.

— Il a des envies d’exploration, parfois, mais pas tout à fait le niveau, je crois, pour affronter les chiens des voisins.
— Mro.
— C’est pas grave, tu as d’autres qualités. Donne, je vais te débarrasser.

La phrase ne s’adressait pas à Tybalt mais bien à Vincent, qui portait leur repas du soir.

— Donc, bienvenue chez moi.

Puisque Camille était un être de paradoxe, son appartement contredisait toujours certains aspects de sa personnalité. Toutes militaires que fussent une grande partie de ses activités, l’ordre, chez lui, n’avait rien de celui d’une caserne : ce n’était pas le cas, sans doute, mais des livres, des stylos, des prospectus ou des jaquettes de DVDs trainaient ici et là, sans parler des jouets du chat. Tout dégradant que fût son métier de strip-teaser aux yeux de certains, l’appartement ne suggérait en aucun cas l’indigence sociale. Il n’était pas immense, mais la première pièce unique, qui regroupait le salon, la cuisine et la salle à manger, la chambre à côté, la salle de bain au-delà, tout était, ici à Star City, dans l’un des quartiers du centre de la ville, bien au-dessus des moyens d’un danseur exotique.

Une bonne partie des murs était couverte d’étagères et les étagères étaient chargées de livres, de disques et de films. L’arabe, le français et l’anglais s’y disputaient à parts égales, secondés par l’allemand, puis par deux ou trois autres langues de la péninsule arabique ou de l’Europe de l’Est. Un pareil intérieur donnait beaucoup plus de consistance à cette information vague que les gens devinaient généralement à son accent, du moins quand l’anglais était à eux aussi une langue de naissance : que Camille appartenait à la grande bourgeoisie. Son éducation avait été à l’avenant.

Entre les étagères, enfin, il y avait de temps à autre quelques skateboards. Camille retira ses chaussures.

— Je t’en prie, mets-toi à l’aise.

Son premier réflexe fut évidemment de verser des croquettes au chat — lequel devint aussitôt beaucoup plus silencieux. Puis il entreprit de sortir le repas.

— Table ou canapé ? Canapé. C’est la décadence de la jeunesse.

Assis sur son canapé en tailleur, Camille piochait donc bientôt aux baguettes dans un pot qui abritait un plan qui n’avait probablement de « traditionnellement thaïlandais » que le nom sur le restaurant. En tout cas, on s’en doute, le Français maniait les baguettes comme les artistes martiaux dans les films de kung-fu. Les mouches n’avaient qu’à bien se tenir.

— Bon…

Sur le trajet et dans le restaurant, en attendant leur commande, ils avaient parlé de tout et de rien, un simple bavardage dont l’aspect inoffensif avait beaucoup soulagé Camille. Le Français se décida tout de même à aborder l’éléphant dans la pièce.

— Je suis désolé si j’ai pas très bien réagi quand on parlait de ma vie. Tout à l’heure. Je sais que c’est pour aider, et tout. C’est juste, globalement, de ce côté-là, si ce n’est pas l’idéal, je ne suis pas non plus, tu sais, en grande souffrance. Et je préfère éviter de trop y réfléchir. C’est sans doute un peu lâche, mais enfin…

Camille pointa Vincent d’une baguette.

— Toi, en revanche, mon cher, tu réfléchis beaucoup trop. Quand on vous voit, Jace et toi, c’est difficile de ne pas penser que c’est l’homme de ta vie. Et inversement. De vôtre côté, il n’y a pas d’ambiguïté, c’est le moins qu’on puisse dire.

Et Camille donna un conseil qui était peut-être le propre, dans sa sincérité, des métahumains doués de super-réflexes :

— Il faut savoir suivre son instinct.

Le sien, en d’innombrables circonstances, en raison de ses pouvoirs, était infaillible et Camille, dans ses mouvements, sur le terrain, sinon dans la vie, avait appris à suivre, précisément, cet instinct, cette sensation parfois ténue mais véritable du moment à saisir, de la bonne chose à faire — ce que les Anciens avaient appelé le kairos.
 
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Message posté : Ven 30 Jan 2015 - 21:22 Message
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    Non, Camille n’allait pas échapper aux questions/conseils/suppositions de Vincent en suivant sa collègue Helen hors de se bar. A la place il l’invita chez lui. C’était de bonne guère. De toute façon, Camille était sur la liste des personnes qui pouvaient venir au bar pour commander sans avoir à se ruiner. Non que la ruine menace le Français, d’après ce qu’on pouvait voir de son chez lui. Vince ne se plaignait pas de l’appartement qu’il partageait avec Jason, Holly et Jace. Il était grand, il était pratique... et c’était tout. Celui du mutant semblait beaucoup plus et bien... en tout cas il ne correspondait pas à ce que Vincent aurait associé à des strip-teasers. Cela dit, la question ne l’avait jamais empêché de dormir. L’étudiant se contentera donc de penser qu’il s’agissait là d’un appartement typique d’un agent secret. Afin, ce n’était pas non plus la nature exacte du Britannique... si ? Un peu ? Le dimanche, après la messe ? On s’en fiche.

    – Enchanté Tybalt.

    Le peu de connaissances littéraires de Vincent lui permettait tout de même de deviner la référence de ce nom... Un peu sinistre peut-être ? Faudrait qu’il se remette à jour... Ou pas, y avait plus urgent. Comme manger. Car Vincent n’avait que très légèrement dîné avant d’attaquer son service. Et maintenant, son ventre commençait à se plaindre. C’était sans doute pour cette raison que Tybalt le regardait d’un mauvais œil, d’ailleurs.

    – Sympa, chez toi.

    Le barman s’était peut-être attendu à voir un appartement qui reflèterait la grâce et la précision dont faisait preuve Camille, probablement avec de l’ordre, aussi. Mais la réalité ne contrastait pas trop avec l’image que Vince se faisait de son ami. Et la diversité des origines des livres, cds et films qu’il examina un peu une fois que son hôte l’eut débarrassé de leurs victuailles correspondait bien à l’aspect nomade et voyageur que le pyromancien avait assimilé au style de vie du mutant. Quelques croquettes et négociations géographiques plus tard, les deux garçons se retrouvèrent sur le canapé, baguettes en main prêts à attaquer leur repas. Avant sa venue à Star City, Vince n’avait jamais mangé avec des baguettes. C’était pas dans le style traditionnel de la famille Nash. Oh il savait que ça se faisait évidemment, d’où la terreur qui s’était déployée en lui lors de sa première soirée « chinoise » en ville, quelques années plus tôt. De multiples raviolis perdus et quelques leçons plus tard, le jeune homme avait appris à manier les instruments pour se nourrir sans semer de la nourriture partout. Tybalt devrait se contenter de ses croquettes. Bien sûr, Vincent était loin d’avoir la grâce de son voisin de canapé. Ni même de partager son comportement intuitif.

    – Ouais ben c’est pas facile de suivre ses instincts... Ou de les écouter, j’sais pas. T’sais je... j’veux pas entrer dans les détails, mais quand je suis avec Jace, y a tout qui fonctionne à cent à l’heure. Mon cerveau, mon cœur... et j’te parle même pas du...

    Non, en dépit de son travail de strip-teaser et de ses performances cinématographiques, Camille ne lui semblait pas prêt à entendre ce genre de détails. Ironique, non ?

    – Enfin, voilà. Et alors si j’écoutais mes instincts, ils seraient primaires et lui et moi on serait tout le temps à poil, collés l’un à l’autre. C’pour ça que j’pense que c’est trop tôt pour... Enfin, l’idée me dérange pas non. Tu m’dis ça et j’imagine et ouais c’est beau sur le tableau mais. Y a rien qui a été facile avec nous. Le début, le milieu... maintenant ça va je pense mais j’aimerais que ça soit... parfait tu vois ? J’ai pas envie de faire de connerie ou de le faire fuir ou quoique ce soit de ce genre...

    Or il en était encore au stade où il lui arrivait de craindre de peiner son petit ami juste en lui demandant s’il voulais bien lui passer le sel. Il fallait dire que, de son point de vue, Vincent accumulait les bourdes. De plus... il commençait à s’inquiéter de ce que ses amis disaient parfois, comme quoi s’était bien allé vite entre eux. Car oui, ce fut rapide. Mais intense. Quelques baguettées de riz plus tard, Vince secoua la tête pour réorienter le sujet sur Camille, sans trop le forcer, bien sûr.

    – Ecoute, j’veux pas te forcer à faire quoique ce soit, c’pas mon truc. Mais si tu veux l’avis de quelqu’un qui est amoureux, j’peux te promettre que c’est génial et que ça mérite toutes les gamelles du monde. Alors t’enferme pas avec ton chat et fonce... Sans vouloir t’offenser, Tybalt.

    Le chat leva la tête de sa gamelle, observa Vincent un court instant avec un regard qui semblait indigné « mais d’où qu’il me parle, celui-là ? » puis retourna à ses croquettes.

    – Au fait, les amis, c’est pas sensé se laisser dans des situations « pas idéales ». On veut toujours le meilleur pour eux. La preuve, t’essaies de me convaincre de demander mon mec en fiançailles. Alors laisse-moi essayer de t’aider. J’dis pas que j’ai raison hein ? j’suis nul pour ça. Mais j’peux pas te laisser seul avec ce chat, il te tire vers le bas.

    C’était largement exagéré comme le montrait son geste théâtral qui, cette fois, attira le regard et le miaulement de l’animal. Parce qu’ils sont vaniteux au point de paraître mignon quand ils sont critiqués. Sales bêtes.

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Message posté : Ven 30 Jan 2015 - 22:36 Message
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Toute compliquée que fût la vie sexuelle de Camille et quelque indifférence que le jeune homme cultivait à cet égard la plupart du temps, l’évocation d’un Vincent et d’un Jace collés l’un à l’autre, dans la suante nudité d’une passion dévorante, laissa les baguettes du jeune homme suspendues au-dessus du pot de nouilles. Camille fixa Vincent une seconde, deux secondes avant de détourner brusquement les yeux et de se remettre à manger, même si son estomac s’était du coup un peu noué.

Il était beaucoup trop perturbé pour ne pas laisser la discussion dérailler de nouveau vers le catastrophique sujet de ses amours inexistantes. Tybalt pris à partie ne parvint à pas dissuader Vincent, grâce à ses yeux pourtant adorables, de torturer son esclave humain-distributeur de croquettes et Camille enfonça ses baguettes droit dans les nouilles.

— Arrête.

Tybalt avait sauté sur la table basse pour s’y asseoir et fixer Vincent et Camille d’un regard évidemment accusateur — question de principe.

— J’ai compris que tu trouvais mon existence pourrie et fade, et que je suis lâche de pas aller draguer un mec aussi clair que les oracles de la Pythie de Delphes et peut-être que j’irai tenter ma chance et me prendre un mur avant de revenir dans mon appartement sympa, vide et froid mais en attendant, si tu pouvais arrêter de retourner le couteau dans la plaie, ça serait beaucoup plus amical, si tu veux mon avis.

Et vlan.

Cela dit, ce n’était pas la première fois que Camille remballait Vincent — le Français avait une manière toute particulière et pour le moins récurrente d’exprimer ses mécontentements. Ce n’était certes pas la facette la plus attachante de son caractère, mais elle avait une heureuse contrepartie qui, comme d’habitude, ne mit pas plus de cinq secondes, chronomètre en main, pour se manifester : il avait la repentance facile.

— Désolé.
— Mrou.

Le jeune homme poussa un soupir.

— Je sais que ce n’est pas méchant. Et je trouve ça… Touchant. Que tu veuilles me, je ne sais pas, disons décoincer. Mais tu n’es pas le seul. Toi, Helen, les autres…

Parce que Camille, des amis, il en avait beaucoup — qui ne se croisaient pas souvent mais qui n’en peuplaient pas moins son existence.

— … à la fin, j’ai l’impression que les gens me considèrent comme un type triste et frustré. Et je le suis un peu, c’est sûr. Triste, parce que j’ai l’impression que c’est encore une partie de la vie normale que je n’arriverai pas à avoir. Frustré parce que… Je suppose parce que je suis un homme, que j’ai vingt-quatre ans et que ma testostérone me joue des tours.

Par exemple, l’image de Vincent et de Jace était toujours imprimée dans un coin de son cerveau.

— Tu veux la fin de mes nouilles ? J’ai plus faim…

Camille tendit son pot à son voisin.

— Il y a un texte de Rilke sur la peinture qui dit aussi que les êtres humains vivent sur des îlots trop séparés les uns des autres, que parfois ils sautent pour se rejoindre mais qu’alors, le plus souvent, ils se ratent. Nach diesem mühsamen Wechsel ebenso weit sind — Eines vom Anderen — wie worher.
— Rou.

Tybalt bondit de la table basse pour se réceptionner sur les genoux de Camille, s’y rouler en boule et se mettre à ronronner bruyamment. Camille entreprit de caresser son chat. Jamais chat n’avait été mieux caressé, évidemment.

— Je ne crois pas que les choses doivent être parfaites. Je ne sais pas si c’est parce que je suis raisonnable ou parce que ma vie est trop cassée, trop éloignée de ce que j’avais rêvé, et que l’idée d’une vie parfaite, possible, et révolue avant d’avoir existé, serait plutôt une amertume qu’une espérance. Parfois, je crois qu’en acceptant de se noircir, on accepte de sacrifier quelque chose d’autre, quelque chose de commun et d’agréable, quelque chose de partagé, non tant parce que cette chose-là devient impossible à obtenir mais parce qu’on devient soi-même incapable de la rechercher, de le percevoir, dans l’obscurité trop épaisse où l’on a appris à vivre, et…

Camille s’interrompit. Il esquissa un sourire triste et secoua la tête.

— Désolé. Je parle par abstraction. Je vais réfléchir à ce que tu m’as dit.

Ce n’était pas une promesse qui l’engageait beaucoup, c’était certain, mais à l’entendre, il était difficile de demander plus à Camille. D’un ton qu’il voulait un peu plus léger, le jeune homme rappela :

— Tu devrais mettre ton portable à charger. À tous les coups, si j’en juge par ce que tu m’as dit, vous faites du sexting, je m’en voudrais de manquer ça.

Et Tybalt ronronna encore plus fort.

Quel pervers, ce chat.
 
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Message posté : Sam 31 Jan 2015 - 18:30 Message
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    Essayez d’aider vos amis et ils seront reconnaissants. Bien sûr.

    – Ok...

    Tête écarlate baissée sur son riz, Vincent se concentra sur son repas le temps que Camille retourne son sablier. Effectivement, les phases de franchise du Français n’étaient pas de vrais moments de gaieté. Lorsque la douche se fit moins froide, Vince releva la tête pour écouter les excuses et les explications de son hôte. Mais comme le reste de son discours sur le sujet, il donnait envie de faire quelque chose pour l’aider à sortir de cette situation. Car même si ce n‘était pas une « grande souffrance », ce n’était apparemment pas la grande joie non plus. Cela dit, l’étudiant ne comptait plus insister au risque de se faire rembarrer. Enfin juste une dernière fois. La tête de nouveau penchée sur son repas, mine de rien.

    – N’empêche que tu parles toi-même de couteau et de plaie. Faut pas s’étonner si tes potes essaient de t’aider à la refermer. Chez moi, pour soigner les blessures de ce genre, faut éventuellement enlever le couteau, et ça se fait pas tout seul.

    Puis sur un ton moins sérieux :

    – ‘fin bon, j’vais arrêter la métaphore parce que j’suis pas très doué pour ce genre de trucs. J’crois que ça m’travaille de vivre avec un artiste.

    Et pour finir d’enterrer le sujet tabou du Français, Vince accepta ses nouilles avec un « t’es sûr ? » qui ne parvint pas à cacher entièrement l’enthousiasme du sportif affamé. Son appétit était manifeste, quoique légèrement entravé par son manque d’efficacité avec les baguettes. Les excuses rapides du mutant l’avaient vite fait revenir. Par contre, il s’interrompit lorsque Camille fit référence à un nom et une langue que l’étudiant ne connaissait pas. En bon américain dépourvu de connaissances linguistiques, il déclara :

    – Désolé, j’comprends pas un mot de Russe.

    Voilà qui risquait de rendre ses éventuelles études en Europe amusantes. Mais pour le moment, les explications de Camille restèrent nébuleuses, et abstraites, assurément. Le barman avait l’impression de se retrouver devant un rébus japonais. Le regard perdu qu’il lança à son ami fut assez bien interprété. Sans vouloir remettre en doute les propos ni l’intelligence du Français, le pyromancien se demandait si son absence de vécu lui permettrait de comprendre ce qu’il ressentait. Tout d’un coup, demander des conseils amoureux à Camille lui semblait très ironique. Le Kansasais ne se fit donc pas prier pour passer à autre chose.

    – Ah oui, t’as raison.

    Pour le chargeur.

    Après avoir posé son plat sur la table basse, Vincent se leva pour brancher son téléphone. Se faisant, il répondit à la blague de Camille, car enfin, il n’allait pas le laisser se moquer de son couple.

    – Et on n’est pas très sexting. Dans le genre, si ça t’intéresse, on est très conventionnels.

    Ce qui voulait à la fois tout et rien dire. Le tout sans vraiment s’approcher de la vérité. Ce que Jace faisait avec son électricité n’avait rien de conventionnel et ce que Vince faisait, de manière général, avec Jace était tout sauf ordinaire, de son point de vue encore fraichement bisexuel. Une fois son appareil mis en charge, il revint sur le canapé tout en jetant un coup d’œil à Tybalt. En voilà un qui n’avait pas l’air malheureux du tout.

    – En plus, j’vois pas trop l’intérêt d’allumer l’autre à distance si on peut pas en profiter dans l’immédiat. Mais j’dis ptet ça parce qu’à ce niveau, y a pas besoin de texto pour qu’on se donne envie...

    Mais il n’allait pas non plus trop en dire, même si Camille semblait intéressé par le sujet. Pour passer du coq à l’âne, Vincent enchaîna :

    – C’est sans rapport mais j’aimerais avoir ton opinion professionnelle...

    Dans le contexte, on pourrait croire que Vincent allait demander des cours de strip-tease afin de combler son héroïque petit ami. Pourtant le sérieux qui s’était installé dans le regard de l’étudiant ne confirmait pas cette perturbante théorie.

    – Si t’étais confronté à un... c’est quoi le terme déjà ?... ah oui ! ... un mentaliste, comment tu te défendrais ?

    Une question qui, manifestement s’adressait à l’agent Saint-Clair.

 
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Message posté : Sam 31 Jan 2015 - 18:57 Message
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— Allemand. Rilke est un poète du… Enfin bref, c’était de l’allemand.

Et cette précision culturelle donnée, la page des sentiments fut tournée. La suite logique en était évidemment la page de la sexualité et Camille regretta presque aussitôt sa plaisanterie quand Vincent répondit, moitié sérieux, qu’il préférait profiter de Jace en chair et en os. Le Français resta silencieux : il ne parlait jamais de ce genre de choses, en tout cas pas si légèrement. L’allusion qu’il avait faite avait épuisé toutes ses aptitudes en matière de gauloiseries et s’il ne les réprouvait pas, elles le laissaient un peu désemparé.

Heureusement, cette page-là fut tournée aussi. Après l’amour, la guerre. Normal. Du tac-au-tac, Camille répondit :

— Une balle dans la tête et tu poses des questions après.

Puis il tourna le regard vers Vincent et fronça les sourcils. Un peu perplexe, il demanda :

— C’était une vraie question ?

Apparemment : Vincent avait l’air très sérieux. Pourquoi diable son ami avait-il pu être confronté à un mentaliste ? Pendant un instant, Camille se demanda si cela avait un quelconque rapport avec Jace et avec son couple, puisque c’était ce dont ils avaient parlé.

— Tu as peur que quelqu’un joue avec vos sentiments ?

En tout cas, il n’était pas pressé de répondre à la question. Il fallait dire qu’elle ne le mettait pas très à l’aise. Vincent n’avait pas eu l’air de beaucoup approuver son mode de vie ni ses choix de carrière, lors de leur aventure souterraine, pas plus, du reste, que sa vision du monde et, depuis, le sujet de ses activités paramilitaires n’avait jamais été abordé.

Camille secoua la tête.

— Je ne sais pas trop quel genre de réponses tu attends, mais…

Le jeune homme soupira et décida d’écarter ses hésitations.

— Si ta question est dans l’absolu, pour des cas de vie ou de mort, alors la réponse est assez simple. On ne se défend pas contre un mentaliste. On le neutralise ou on le fuit. Les méthodes pour le neutraliser dépendent beaucoup de type de pouvoirs mentaux. De leurs effets et de leur ampleur. Je suppose que tu parles des télépathes, hein ?

Les télékinésistes ne posaient pas de problème stratégique spécifique — sauf les micro-télékinésistes, évidemment.

— Contre un mentaliste lambda, généralement, l’effet de surprise suffit. On frappe plus vite, assez fort pour que la douleur brouille son esprit à lui et ensuite on l’assomme ou on l’élimine. Après, la technique de base, une fois capturé, repose sur l’injection permanente de psychotropes pour l’empêcher de penser clairement et on les interne dans des asiles-pénitenciers, en isolement.

Joyeux.

— Si le mentaliste est très doué ou simplement très entraîné, c’est plus compliqué. Si tu peux prévoir la rencontre, le mieux est de recourir à des solutions mécaniques. Des robots. Pas forcément des choses très évolués, mais des bombes à sédatifs, des gaz soporifiques, ce genre de choses.

Ou de bombes normales, si le but n’était pas la capture.

— Si c’est une rencontre imprévue, c’est… Très compliqué. L’une des techniques de base est d’anticiper ce type de rencontres et de prévoir un protocole très strict et très simple. Toute déviation à ce protocole doit être traitée comme une pensée extérieure implantée par le mentaliste et on doit y résister comme à une pulsion néfaste. Tout le protocole est tourné vers l’élimination du mentaliste. Pour les agents armés, d’une balle dans la tête. Ensuite, on prévoit de faire reposer la décision sur un évènement de hasard. On détermine une série de événements hasardeux en fonction des environnements et dès que l’événement se produit, dans l’environnement donné, on tire. Du coup, ça tient plus du réflexe que de la pensée et c’est moins facilement contrôlable.

Le protocole avait beau être « très simple », il avait tout de même l’air d’exiger un entraînement rigoureux — et d’avoir toujours à sa disposition une force létale à portée de main.

— Après, ce que je te dis là, ça vaut jusqu’à un certain point. Si ton mentaliste, il est du niveau Chase NG ou approchant, je ne suis pas sûr qu’il y ait beaucoup de solution. Tu te heurteras toujours à un bouclier télékinésique, dans le meilleur des cas, et dans le pire des cas, tes pensées seront manipulées de façon si profonde et si subtile que les questions ne se poseraient même plus. C’est pour ça que la plupart des services de renseignement essaie de placer les mentalistes connus sous haute surveillance, mais c’est une tâche impossible. Alors on protège plutôt les organisations, en compartimentant les informations, que les individus. Si tu veux, c’est un peu comme…

Camille réfléchit un instant.

— Les objets. Je crois que ça ne viendrait plus à l’idée d’aucune organisation sérieuse que de construire un prototype très précieux, par exemple, et de le laisser dans une seule pièce. Ou même de le finir, avant la production en masse. Entre les téléporteurs et les passes-murailles, même avec tous les systèmes de sécurité qu’on veut, c’est bien trop dangereux. Alors on sépare les composants ou on introduit de l’autodestruction, systématiquement. Mais in fine, les opérations sont de vastes parties de poker.

Évidemment, les mentalistes surpuissants et les téléporteurs inconnus des forces de l’ordre, ça ne courait pas non plus les rues.

— J’ai comme l’impression que tu ne demandes pas ça pour ta culture personnelle, cela dit…
 
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Message posté : Sam 31 Jan 2015 - 23:59 Message
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    Le footballeur hocha la tête. Oui c’était une vraie question. Pile le genre d’interrogation qu’il n’aurait jamais imaginé exprimer il y a quelques mois. Le genre de question qui maintenant, faisait partie de son quotidien. Ou presque. Alors oui Jace l’avait rassuré, oui Noctis n’avait pas forcément sous entendu qu’il allait repasser dans l’année. Mais depuis décembre, Vincent ne pouvait entièrement chasser certaines pensées. Comme celle qu’il pourrait apparaître à tout instant. La première fois qu’il était retourné dans les vestiaires depuis l’ordalie, Vince avait eu du mal à se mettre à l’aise et à ne pas imaginer le mentaliste débarquer et dévisser le cou de tout le monde.

    Alors il écouta très attentivement les réponses en essayant de ne pas se braquer devant la violence apparemment nécessaire. D’une certaine manière, cela lui rappelait les séances de chasse que son père et son oncle avaient essayé de mettre en place en tant qu’activité familiale. Le petit Vincent de l’époque avait eut beaucoup de mal à apprendre le sort qui attendait ces pauvres lapins. Celui de ce soir s’abstint d’avoir les yeux larmoyants de compassion et de sensibilité. Là, il ne s’agissait pas d’une boule de poil aux grandes oreilles qui, à l’occasion, demandait « quoi d’neuf docteur ? » mais d’un psychopathe. Malheureusement, la réponse de Camille ne l’aida pas beaucoup au final. Les « protocoles » qu’il mentionnait semblaient vraiment extrêmes et ils devaient demander un entraînement beaucoup plus intense que celui que Vince suivait. Et bien sûr, pour couronner le tout, comme il s’agissait d’après Jace du mentaliste le plus puissant de la planète, les chances de succès devaient certainement descendre à zéro. Rassurant. Le teint du barman se fit de plus en plus pâle. L’appétit le quitta. Et en plus, il ne savait pas s’il devait dire toute la vérité à Camille. S’il avait bien compris, moins de monde se doutait que Chase NG était un criminel, moins ils couraient de risque. Mais il ne pouvait pas ne pas répondre à ses questions. Déjà, Vincent Nash n’aimait pas mentir.

    – T’as entendu parler du bâtiment de philosophie de l’université ?

    Manifestement, la question faisait plus référence à sa destruction du mois dernier qu’à un quelconque colloque consacré au dernier philosophe à la mode.

    – J’y étais... Un mentaliste appelé Noctis a voulu me dire bonjour. Du coup il a explosé le bâtiment. Sans même enlever sa chemise.

    La facilité avec laquelle Noctis avait déployé un tel niveau de puissance continuait d’horrifier le pyromancien. Lui qu’une minuscule explosion tout juste capable de redécorer la salle de la Muse vidait de toutes ses forces.

    – Parallèlement, c’est le même gars qui avait piégé et torturé Jace dans un immeuble en feu en novembre.

    De fait, son escapade souterraine avec des créatures mutantes lui semblait bien reposante, avec du recul.

    – ‘fin voilà, j’sais pas ce que ça donne niveau puissance, mais ça m’a l’air assez gros tout ça. Jace s’entraîne de son côté pour... sécuriser son esprit, je crois. Ca a l’air de marcher.

    Même si ce n’était pas forcément une bonne chose d’après l’état dans lequel certains de ces entraînements laissaient le jeune Alpha.

    – Mais du coup moi j’sais pas trop comment orienter mes entraînements. J’me vois mal apprendre à cramer une personne en une fraction de secondes. J’ai déjà utilisé mes pouvoirs pour blesser quelqu’un... c’est pas le truc le plus agréable.

    L’odeur du para militaire cannibale rôti le hantait parfois. Ce souvenir était d’ailleurs un argument de taille pour le convaincre de suivre Jace dans son entrée dans le monde des végétariens. Pourtant, si Noctis se révélait être une menace... d’après ce qu’il avait compris, le mentaliste ne leur voulait pas vraiment du mal. Cependant, ses méthodes étaient violentes et le fait était que Vincent le pensait tout à fait capable de tuer sans éprouver le moindre remord.

    – D’un autre côté... même si je me changeais en bombe atomique, ça me servirait à rien si j’peux pas m’défendre. Il m’a pas l’air d’être le genre à attendre qu’on vienne sonner à sa porte pour se mettre au boulot...

    Après avoir reposé ses mets thai, délicieux au passage, malgré son soudain manque d’appétit, Vincent appuya la tête contre le dossier du canapé en observant le plafond. Ca n’était pas le thème de la soirée, évidemment. Il venait tout juste de pensé à ça en se rappelant que Camille avait une certaine expérience et qu’elle pourrait peut-être le servir. Mais à par aller dans le sens emprunté par Jace et l’encourager à développer une contre-attaque puissante et quasi instantanée, cette conversation ne l’avait pas trop fait avancer. Au moins, il voyait le problème d’un point de vue certainement plus réaliste que celui que ce que son rassurant petit ami avait avancé. Mais apprendre à exploser par réflexe ne lui plaisait pas du tout. Il s’imaginait déjà réduire une salle de cinéma en miettes juste pour avoir eu peur d’une méchante dame en noire cachée dans un placard (faudrait que je le revoie d’ailleurs, celui-là...). Le jeune homme poussa un long soupir avant de relever la tête et de poser les yeux sur Camille. Génial. Maintenant il s’en voulait d’avoir bousillé le peu d’ambiance qu’ils avaient installée.

    – Mais bon, comme tu dis, on peut pas faire grand chose. Un peu comme les tornades... A part éviter de se mettre dans son passage...

    La conversation le déprimait. Mais il n’arrivait pas à s’en décoller. Pour essayer de se vider la tête, l’étudiant se leva et fit le tour de la pièce pour s’arrêter sur la bibliothèque musicale de son ami. La littérature n’était pas sa tasse de thé et n’étant pas un expert du cinéma (Holly s’appliquait à changer ça, mais laborieusement), Vincent espérait trouver quelque chose qui lui inspirerait une conversation moins déprimante. Et bien sûr, il faisait encore de son mieux pour ne pas penser à la première question que Camille avait posée pour rire. Car oui, il avait peur qu’un cinglé s’amuser avec ses sentiments et ceux de Jace. Ce Noctis lui semblait déjà trop impliqué dans l’évolution sentimentale de son petit ami...

 
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Message posté : Lun 2 Fév 2015 - 15:18 Message
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Camille avait hoché la tête à la question sur le département de philosophie. L’affaire avait fait la une de quelques journaux et, de toute façon, le super-héros bien caché qu’il était se tenait régulièrement au courant de l’actualité criminelle ou simplement extraordinaire. De sorte que le nom de Noctis était loin, lui aussi, de lui être inconnu. Il laissa cependant Vincent développer pleinement ses explications : l’affaire était d’importance et Camille n’avait pas besoin d’avoir déjà été amoureux pour s’imaginer combien les angoisses de son ami à l’égard de Jace devaient être insupportables.

Lorsque Vincent se releva pour arpenter la discothèque, Camille était toujours plongé sans ses réflexions. Il finit par se relever à son tour et se poster à côté de son invité, les mains dans les poches de son jean, tandis que Tybalt, injustement chassé des genoux si accueillants de son maître, en profitait pour s’étendre de tout son long sur les deux places abandonnées et laissées chaudes. Il y en avait décidément qui arriver à tirer leur épingle même des jeux les plus éprouvants.

— Écoute, si tu veux en croire mon expérience, et sache que je ne dis pas ça pour minimiser la situation, mais les psychopathes, ça ne court pas les rues. C’est un peu comme les purs fanatiques ou les fous furieux. C’est la manière dont on décrit les gens vus de l’extérieur mais ça n’est pas toujours très proches de la réalité.

Voilà qui résonnait un peu avec leur altercation avortée, lors de l’une de leurs premières rencontres, sur la pertinence du terme de « terroriste ». D’ailleurs, pour éviter que Vincent ne se braquât, Camille s’empressa de développer :

— Même les gens qui nous paraissent abominables et dont les exactions relèvent de la folie ont des intérêts, la plupart du temps, des raisons, des attachements. Bien sûr, il y a toujours des créatures magiques, des esprits élémentaires, ce genre de choses, qui sont plus… monomaniaques. Enfin, il paraît. Moi, à part une vampire, une fois, je n’en ai jamais rencontré aucun.

Et les vampires — plus les zombies, certes, mais ceux-là n’avaient pas eu l’air de beaucoup réfléchir —, c’était presque familier.

— Ton Noctis, là, je le connais un peu. De réputation. Je sais qu’il gère au moins un nightclub dans le centre ville, le Seraphia. Enfin qu’il le gère en sous-main, il y a des hommes de paille. Je sais qu’il a d’autres intérêts, des contacts avec certaines organisations criminelles en ville. Et peut-être la Nova, aussi. C’est quelqu’un qui commence beaucoup à faire parler de lui. Parfois en duo avec un voleur qu’on appelle Solar et qui était déjà dans le jeu depuis un moment.

Les informations n’étaient pas très précises et les super-vilains ne manquaient pas à Star City : Camille ne s’était jamais penché personnellement sur le cas Noctis. Il se fondait surtout sur les rumeurs et quelques éléments plus solides mais, depuis le temps, il avait appris en la matière à distinguer le bon grain de l’ivraie.

— Ce que je veux dire, c’est que manifestement, il est préoccupé par sa situation sociale et qu’il ne fera pas n’importe quoi pour arriver à ses fins, quelles qu’elles soient. Il a d’autres facteurs à considérer. Et puisqu’il n’a pas revendiqué ses actions contre vous, que ça ne fait pas partie de sa réputation dans le Milieu pour l’instant, je crois qu’on peut parier sans trop de risque qu’il préférerait que ça reste relativement confidentiel. Les moyens de vous protéger ne sont peut-être pas uniquement matériels, mais plus, disons, de l’ordre de la… politique. En gros.

Et en bon agent de renseignement, Camille savait que le revers du secret, la publicité, était souvent une arme puissante.

— Peut-être qu’il a supposé que l’affaire resterait entre vous deux. Que vous étiez fusionnels, que vous seriez trop traumatisés, trop impliqués personnellement pour laisser des gens s’immiscer dans votre vie. Mais si vous vous entourez, si ça devient très compliqué de vous approcher sans s’exposer à une recherche constante et indiscrète, alors, pour protéger ses autres intérêts, il pourrait reculer. Jace est déjà à la Légion et c’est assez dissuasif. Mais ces derniers temps, on le voit un peu moins dans les médias…

Et pour cause : afin de préserver Vincent d’une attention médiatique dont il supposait que l’étudiant la jugerait indésirable, le Légionnaire s’était fait moins présent à la télévision, sans pour autant en disparaître entièrement.

— Et toi, évidemment, tu es complètement sous les radars. J’imagine que ça ne te réjouit pas tellement mais il est bien possible qu’une interview à deux pour un journal ou une émission soit un excellent moyen de vous préserver, d’une part. Et d’autre part, lancer, mais sans vous impliquer personnellement, une enquête d’envergure sur… Je ne sais pas, son club, la Nova, une autre de ses activités. Ça l’occupera. Parfois, quand l’adversaire est trop puissant, les voies pacifiques sont de loin les meilleures.

Combien d’hommes d’État redoutables étaient tombés à cause d’un scandale sexuel ou financier fabriqué de toute pièce, plutôt qu’en raison d’une cabale à l’intérieur de leur propre parti ou d’une révolution populaire ?

En tout cas, Camille imaginait sans peine que cet exposé plutôt bien informé des diverses circonstances du monde criminel ne laisserait pas Vincent sans question à propos de ses activités à lui. Il y avait de la marge entre être un agent de renseignement mercenaire et un guide du Milieu. Le Français jeta un coup d’œil à son ami et glissa prudemment, pour se justifier :

— Disons qu’il m’arrive aussi parfois de revêtir mon costume de super-héros…

Littéralement, d’ailleurs.

— … alors je me tiens au courant.
 
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Message posté : Mar 3 Fév 2015 - 20:47 Message
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    Les propos de Camille n’arrivèrent pas totalement à rassurer Vincent. Ils accompagnaient de plus ou moins près les raisonnements que l’étudiant avait lancés depuis quelques mois. Les psychopathes ne couraient pas les rues et avaient leurs raisons. Oui peut-être et tant mieux... mais est-ce que ces raisons étaient justement raisonnables pour tous. Sans doute que les deux cannibales qu’Anna et lui on affrontés pensaient que leurs actions suivaient une logique et pouvait se justifier. Tout cela était subjectif. De même que la morale en général ainsi que la justice. Mais était-il rassurant de savoir que d’autres individus, dotés pour certains de pouvoirs extraordinaires avaient des opinions divergents ? Dans ce cas, savoir qu’à leurs yeux leurs actions se justifiaient était une maigre consolation. Pour sa part, Vince ne se sentait pas capable d’accepter ce que ces deux cinglés dans les bois avaient fait, pas plus que ce scientifique dans les souterrains qu’ils ont explorés avec Camille. Et assurément, il ne pardonnerait jamais à Noctis d’avoir fait ce qu’il avait fait à Jace, car rien ne pouvait justifier cela. Vincent sentait que le Français essayait de le faire relativiser, mais ce n’était pas une franche réussite. La solution que lui proposait le mutant, si c’en était une, ne semblait pas très dissuasive aux yeux de l’étudiant.

    – Alors tu veux qu’on aille devant les caméras avec Jace, main dans la main, et qu’on prévienne le monde à propos d’un méchant mentaliste qui s’appelle Noctis ?

    Il simplifiait à l’excès la suggestion que son hôte venait de faire. Cela dit, le barman n’était pas sûr de comprendre ce qu’il avait voulu dire. Les jeux de politiques et échanges de balles héros/vilains lui étaient encore peu connus. Certes, il avait eu quelques cours de communication, mais en général, cela se cantonnait au marketing. Et comme Vince était du genre à ranger tel domaine dans telle case, il évitait de comparer des trucs qui lui semblaient carrément éloignés.

    – J’suis pas sûr que ça soit le bon plan... Enfin je sais pas... ptet que Jace a déjà prévu quelque chose mais on n’en a pas trop parlé...

    En fait si, un tout petit peu. D’après ce qu’il avait compris, Jace avait passé le flambeau à ses collègues de la Légion et le mieux était qu’ils (les deux garçons) en sachent le moins possible.

    – Et je sais pas si ce Noctis est si raisonnable que ça. Sinon ça veut dire que pour lui, torturer mon mec c’est genre la base de sa stratégie... et je trouve pas ça très rassurant. manifestement, rien que d’en parler, Vincent perdait des couleurs... et son appétit, de toute évidence Mais c’est vrai qu’il n’est pas revenu... J’sais pas, ptet que son espèce de test l’a convaincu ou un truc du genre et qu’il va nous laisser tranquille...

    Car la façon dont Vincent s’était comporté semblait avoir ravi le mentaliste sur le coup. L’étudiant ne savait toujours pas si c’était une bonne chose ou non. Le fait qu’un type comme ça approuve son évolution ne le rassurait pas forcément. Cela dit, le footballeur était content de savoir que son ami possédait quelques informations, plus que Jace peut-être. A moins que son petit ami ne préfère le ménager. Cependant, quelques informations pourraient être utiles effectivement, ne serait-ce que pour rassurer l’étudiant, futur éleveur d’ulcères.

    – D’ailleurs, est-ce que tu sais quel est son but ? Et euh... c’est quoi la Nova ?

    Le nom lui disait quelque chose. Cela se mélangeait entre les longs discours de Holly et les publicités alimentaires. Mais avant de voir sa lanterne s’éclairer sous l’effet de la magie Camille, Vincent s’étonna un peu de constater que son hôte en sache autant sur un tel sujet.

    – T’es vachement calé en tout cas.

    Puis vint l’explication. Camille était un super héros. Les yeux de Vincent prirent la forme de soucoupes.

    – T’as... t’as un costume ? J’t’imaginais plutôt en... j’sais pas en genre de James Bond. Ou en Bruce Lee.

    Mais pas en combinaison jaune, bien sûr. Accessoirement, il était intéressant de constater que l’étudiant se montrait plus curieux que désapprobateur. Les activités de son Alpha de poche et son uniforme de Thunder – qui le mettait particulièrement en valeur – devaient l’avoir un peu décoincer à ce sujet. Sans parler de certaines rencontres comme celle avec ce Noctis qui avaient commencé à lui faire comprendre l’utilité des Super Héros.


 
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Message posté : Mer 4 Fév 2015 - 15:58 Message
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— Non et en même temps, c’est pas ce que j’ai dit.

Ah, on ne critiquait pas impunément les idées de Camille, non mais !

— Vous faites une interview sans parler de lui mais juste pour que les gens pensent à vous. Attirer l’attention sur soi, c’est parfois très dissuasif pour ceux qui agissent dans l’ombre. Le contenu de l’interview importerait peu, d’ailleurs. Après, c’est vous qui voyez…

Camille s’abstint en tout cas de commenter le rapport éventuel de la raison et de la torture — cette dernière lui évoquait des souvenirs fort peu agréables de certaines de ses missions et, pendant une fraction de seconde, son regard se perdit dans le vide, avant que la révélation de ses activités de super-héros ne lui attirât la curiosité de Vincent. Un peu embarrassé, il répondit laconiquement :

— Oui, j’ai un costume.

Avant d’enchaîner sur un autre sujet.

— La Nova, c’est une organisation… Enfin, non, disons un mouvement pro-mutant. Pro-métahumain. Si tu veux, c’est un peu à la pensée pro-méta ce que l’IRA est à l’indépendantisme irlandais. Après, il y a beaucoup de gens qui s’en revendiquent et certains font des choses très… traditionnelles, en un sens. Manifestations, tracts, pétitions, ce genre de trucs. Mais les rumeurs commencent à circuler sur des interventions plus musclées et, parfois, le nom de Noctis revient. Au début, j’avais compris que c’était une sorte d’idéologie suprémaciste métahumaine mais je crois que c’est un peu plus compliqué que cela. Plus une sorte… d’anarchie sataniste. Je veux dire, sataniste au sens philosophique, évidemment.

Évidemment — sauf que tout le monde n’était pas forcément très au fait de ce que le satanisme philosophique pouvait bien être. D’ailleurs, même s’il s’agissait d’une description particulièrement adéquate à la pensée de Noctis, Noctis lui-même eût été bien incapable de comprendre cette étiquette.

— Je vais essayer de me pencher d’un peu plus près sur la question. Voir si je trouve des choses. Bref…

Camille jeta un regard à Vincent et soupira.

— Ça te perturbe, cette histoire de costume, on dirait ? C’est une question d’anonymat, tout simplement. Et de gadgets, un peu. Je ne peux pas me permettre d’intervenir à visage découvert.

Le jeune homme hésita un instant.

— OK, je te montre.

Il s’éloigna de Vincent pour approcher de sa bibliothèque la plus massive, retira trois livres côte à côte sur leur rayonnage et pressa le panneau de bois qui servait théoriquement de dossier au meuble. Une partie du panneau coulissa pour révéler un bloc digital sur lequel Camille pressa sa main. Une fois ses empreintes vérifiées, le Français recula de deux pas. La partie avant de la bibliothèque avant d’un centimètre et tout le meuble coulissa à son tour vers la gauche, pour révéler ce qui avait été un double fond, lequel contenait un double fond, une collection de douze petites triangles tous identiques et quelques armes.

— Je te préviens, je l’enfile pas. Ça ferait bizarre et puis c’est un peu, euh… Très près du corps, disons.

Très, très près du corps. Un strip-teaser pudique.

— La matière du costume est résistante, pour permettre les glissades sur le béton, par exemple, ou les tuiles de toits, sans se blesser. Pour les prises un peu acrobatiques. Il y a des fines tiges de métal dans les avant-bras pour parer les coups d’armes blanches. Les triangles s’accrochent les uns aux autres, en se superposant et ça fait comme deux oreilles de chat, parce que, euh…

Les joues de Camille rosirent légèrement. Il se sentait un peu ridicule en expliquant l’esthétique du costume à haute voix.

— … c’est le thème du costume, un peu. Hmbref… Chaque triangle est un projectile. Deux exemplaires de chaque projectile, un par oreille.

Le jeune homme désigna les triangles les uns après les autres en énumérant les fonctions.

— Explosif léger, sédatif, traceur électronique, tranchant, fumigène, décharge électrique. Là…

Il désigna les yeux en amande de la cagoule.

— Il y a des lentilles en forme… ben, d’yeux de chat, évidemment. Elles se polarisent en fonction de la luminosité. Elles permettent de ne pas être ébloui en plein soleil et voir la nuit. À l’intérieur des gants…

Camille prit l’un des gants du costume et l’enfila. Il crispa ses doigts et les relâcha : cinq griffes rétractiles d’un centimètre chacune sortirent du bout des doigts.

— Voilà. Pour le combat, pour ouvrir certaines choses, parfois pour escalader. Très solides.

Un nouveau mouvement de main et les griffes disparurent. Camille retira le gant et le rangea à sa place.

— Voilà. C’est tout.

Comme si chaque particulier avait ce genre de tenue chez soi — pour les grandes occasions. Camille pressa un bouton et en quelques secondes, la bibliothèque avait repris son apparence normale et le jeune homme rangeait les trois livres à leur emplacement.
 
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Message posté : Mer 4 Fév 2015 - 22:34 Message
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    – Excuse-moi, monsieur le roi des interviews.

    Si Camille s’était montré moins gêné avec l’histoire de sa performance d’acteur, Vincent se serait peut-être permis une blague sur ses potentielles aptitudes devant une caméra. Mais le barman préféra s’abstenir, en plus la conversation était trop sérieuse. L’idée de passer à la télévision, main dans la main avec Jace lui semblait encore plus ridicule que celle de le demander en fiançailles.

    – Oh... ouais c’est pas non plus dans mes projets.

    Vincent ne s’était pas battu contre ce satané blog pour voir des journalistes lui planter un micro sous le nez et une caméra en plein visage. Certes, il sortait avec Jace Roberts, certes, il avait des pouvoirs, certes, il s’entraînait à les utiliser, mais Vince avait tout de même espoir de mener une vie un minimum normale. Oui normale, ce mot qui justement passait pour un gros mot pour la plupart de ses amis, Jason en tête. Enfin bon, si cela permettait d’éviter à ce que Jace finisse en pâté pour ascenseur... il allait lui en parler. En attendant, le barman écouta les explications du Français qui, décidément, en savait long. Et en l’écoutant parler de ce « Nova », Vincent ne pouvait s’empêcher de repenser à ces choses que Noctis avaient dites. Son discours ressemblait pas mal avec ce qui devait motiver ce groupe. Cependant, il y avait un détail qu’il ne comprenait pas. Timidement, le footballeur leva une main, comme pour poser une question au milieu d’un cours.

    – Pardon... c’est quoi le « satanisme philosophique » ?

    Il avait une petite idée pour le satanisme, ayant reçu une éducation religieuse assez complète. Mais le terme « philosophique » suffisait à rendre l’expression aussi complexe qu’un proverbe chinois rédigé en hébreux. Et en général, les connaissances philosophiques de Vincent étaient comparables aux restes du bâtiment universitaire qui était consacré à cette matière. L’étudiant avait en général des considérations plus matérielles. Il essayait notamment d’éviter d’attirer des ennuis à ses amis.

    – Hey, t’embête pas, hein ? J’veux pas que tu prennes de risques pour nous.

    Loin de lui l’idée pourtant vraisemblable d’un héroïsme sincère et solidaire, Vincent comparait la proposition de Camille à celle qu’un ami pourrait faire en déclarant être prêt à se rendre chez un ex hyper violent pour récupérer un tee-shirt. En plus dangereux. Alors que paradoxalement, si la situation était inversée, il aurait lui aussi proposé son aide. Même si en l’occurrence, en termes de récupération d’informations, il était loin d’être aussi doué que Camille. Et manifestement, il était également loin de disposer des mêmes moyens. Avec une expression qui devait lui donner l’impression de voir Tybalt se lever sur ses deux pattes arrière pour faire des claquettes, le barman observa la présentation technique du costume de son ami. La cachette secrète, les gadgets, la matière, les armes, tout cela semblait, aux yeux de Vincent, sorti tout droit d’un film d’espionnage. Le costume de Jace lui semblait tout d’un coup d’une simplicité extrême. Là, il avait l’impression de voir une oeuvre de son artiste de colocataire produite suivant une inspiration de Cat’s Eyes (un des anime préféré de Jason). Lorsque le Britannique termina, son invité demeura silencieux un moment.

    – Wow... euh... ok... et ton sous-marin personnel, il est où ?

    Le barman du Kansas exprime son malaise comme il peut.

    – Désolé... c’est juste que... j’m’attendais pas du tout à ça. T’as l’air de prendre toute cette histoire au sérieux. J’veux dire, j’savais que tu avais de l’expérience, un passé et qu’à l’occasion tu boxais des espèces de monstres zombies, mais là... Comment ça se fait que tu sois pas dans la Légion ?

    Parce qu’un homme qui disposait d’un costume dissimulé dans un placard secret, ça semblait rentrer pile dans le moule. En fait, du peu qu’il savait, Vincent avait l’impression de se trouver devant une version masculine et européenne du Corbeau. Bon, certes, il n’avait jamais rencontré l’héroïne, mais comme apparemment son petit ami était le neveu de la justicière masqué, il s’était renseigné un peu. Au passage, même si cette situation était, pour Vincent, assez étrange, elle avait le mérite de lui faire oublier l’affaire Noctis. Autre constatation intéressante : il se montrait beaucoup moins dubitatif et désapprobateur qu’auparavant. En fait, une minuscule (faut pas non plus abuser) partie de son esprit était en train d’imaginer le costume qu’Ash pourrait porter.

 
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Message posté : Jeu 5 Fév 2015 - 20:14 Message
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— Le satanisme philosophie, c’est une sorte d’antichristianisme. À la base, c’est conçu comme une religion de la chair, mais ça peut fonctionner comme une philosophie. C’est hyper-individualiste, plutôt anarchique, adepte de l’œil pour œil, dent pour dent, chacun est maître dans sa demeure, ce genre de choses. Hmm… Ça prône le fait que le bien est dans la chair, dans la diversité de la nature, y compris dans le mal et les monstruosités, du point de vue des autres. C’est très sexuel, aussi. Matérialiste. Athéiste. Ça considère les péchés capitaux comme des vertus, surtout l’orgueil. Après, je ne suis pas non plus très spécialiste, hein. Mon domaine à moi, c’est plutôt l’Islam, évidemment.

Pourquoi « évidemment », mystère, mais la quantité de livres en arabe dans la bibliothèque de Camille témoignait de sa familiarité avec le Moyen Orient. Sans songer que cette dernière phrase pouvait laisser croire qu’il était lui-même musulman, non qu’il s’en fût soucier, Camille procéda donc à la démonstration de son costume et obtint la réaction que l’on a lue.

La première question de Vincent fit naître sur ses lèvres un sourire mi-amusé, mi-triste. Aleksandr avait un gros sous-marin, lui. Mieux valait sans doute ne pas partager cette information, qui éclairerait un peu trop Vincent sur l’identité du célébrissime Légionnaire. La seconde question, elle, balaya le sourire.

— Ah.

Vaste problème.

— J’ai essayé. Une fois. D’entrer à la Légion. C’était il y a longtemps.

Flashback !
Ou pas.

— Bon, pas si longtemps que ça. Après le lycée. Je voulais être un super-héros. Venger la veuve et l’orphelin. Un Jace, un peu, en quelque sorte. Je suis allé aux quartiers de la Légion à Paris et Lady Eiffel m’a fait comprendre que je n’étais pas le bienvenue.

Maintenant, il se rendait bien compte de combien cet incident avait été puéril et de combien son destin avait tenu à peu de choses.

— À l’époque, j’ai pris ça très personnellement. Plus tard, on m’a appris que personne ne se sentait le bienvenue avec elle, mais c’était trop tard, ma vie avait pris un tout autre chemin et… Maintenant, il faut être honnête, je ne suis plus vraiment le candidat idéal. Un passif un peu trop chargé. Mais je fais ça quand même, parce que… Je ne sais pas. C’est une sorte de rédemption, peut-être.

C’était une explication un peu rapide des raisons qui le retenaient de rejoindre la Légion. Pourtant, tous les Légionnaires n’avaient pas des passés irréprochables et la rédemption, la Légion était tout à fait prête à l’offrir à qui faisait ses preuves. Avec le costume qu’il planquait derrière son Kierkegaard, des preuves, Camille devait avoir l’opportunité d’en fournir souvent. Mais il y avait tout le reste qu’il ne pouvait pas dire : la DGSE et la CIA. Tant qu’il était agent double, et il n’y avait pas d’apparence que ce rôle dût jamais finir autrement que par sa mort sans doute prématurée, Camille n’avait guère des perspectives limitées.

Le jeune homme quitta ces sombres pensées et reprit d’un ton qu’il voulut plus enjoué.

— Bref !

De toute façon, il ne cachait pas un hélicoptère en kit sous son lavabo, alors il n’avait plus rien à montrer.

— Donc, toi, tu t’entraines. Indépendamment de Noctis, tu y songes, à emboiter le pas à ton futur époux ?

Il y tenait : on ne prive pas facilement un Français de ses rêves romantiques.

— Tel que je te vois, tu dois déjà pouvoir casser des noix de coco entre tes pectoraux…

D’ailleurs, le regard de Camille se posa sur les deux pectoraux et il y eut un petit silence pensif. Puis le Français détourna le regard et se prit d’un intérêt soudain pour la couverture de son édition de la Maladie à la mort, en allemand.

— Du coup, je suppose que ça concerne principalement tes pouvoirs. Dans tous les cas, c’est bien. Pratiquer, ça aide à être en phase. Si jamais tu cherches quelqu’un pour… hmm…

Réflexion faite, leurs pouvoirs respectifs concernaient des domaines si radicalement différents que Camille ne voyait pas très bien quelle assistance particulière il pourrait apporter à Vincent dont Thunder, un élémentaire lui-même, ne serait pas plus expert.

— Hmoui, en fait, je ne suis pas sûr de pouvoir être très utile pour les pouvoirs eux-mêmes. Je ne sais pas, peut-être que sur le crime, les forces en présence, les stratégies ? Mais encore une fois, Jace sait ça encore mieux que moi.

Comment ça, Camille faisait un petit complexe d’infériorité en se comparant au jeune Légionnaire qui avait réussi précisément ce qu’il avait désiré accomplir sans y parvenir ? Pourtant, Jace, lui, n’avait pas des oreilles de chat.
 
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Message posté : Jeu 5 Fév 2015 - 23:02 Message
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    – Ca ressemble au profil...

    En toute honnêteté, Vincent n’avait pas trop écouté ni compris le discours de Noctis. Entre sa peur et sa colère, le pyromancien avait eu du mal à se montrer très attentif en dehors des informations qui les concernaient directement Jace et lui. Mais l’idée d’anarchie et la morale douteuse que le mentaliste avait invoquée semblaient correspondre à ce que décrivait Camille. Tout cela n’avait rien de bien rassurant. Le sujet était d’ailleurs tellement lourd que l’étudiant ne fit même pas attention à la parenthèse islamique du mutant. Un fait qui pourtant n’aurait pas manqué d’attirer son attention en temps normal. Et l’exposé sur le costume de chat finit de noyer le poisson si bien que le sujet de l’hypothétique appartenance religieuse de Camille risquait d’attendre encore un peu. D’autant plus qu’à sa question/blague sur l’existence d’un éventuel sous-marin, le Français avait répondu avec un sourire que le barman considéra comme étant très mystérieux. En fait, mieux valait ne pas obtenir de réponse... c’était sûrement ce que ce sourire voulait dire, non ? Et si on commençait à interpréter les choses, allons-y pour déchiffrer la réponse apportée à la question de Vince sur la Légion. Réponse directe. Phrases courtes, très courtes. Un rythme un peu étrange. Ca sentait le sujet difficile.

    – Ah...

    Parfaitement. Après avoir essayé de donner quelques conseils dans un registre sentimental, Vincent n’avait pas forcément envie de se risquer à tenter la même chose sur un thème héroïque. Ca sentait la douche froide. Cela dit, Camille semblait ouvert sur le sujet car il finit par développer sa réponse. C’était bon signe, non ? Bien sûr. Un agent secret dont la panoplie rendrait James Bond vert de jalousie ne pouvait pas être quelqu’un de contradictoire. N’est-ce pas ? Allez on tente... ou pas. Car la conversation vira sur l’éventualité d’une vie héroïque pour Vincent, le tout enveloppé d’un sous-entendu pas du tout subtil qui rappelait que Camille était persuadé que Vincent et Jace allaient se retrouver devant l’autel.

    – On peut dire que tu lâches pas le morceau... c’est un trait de caractère européen ?

    Petite boutade accompagnée d’un sourire. Quoique la question sur les européens était en partie sérieuse (à 60%).

    – Ouais, c’est pour contrôler mes pouvoirs. En fait j’prends tous les conseils. T’as bien fréquenté une sorte d’écoles pour Supers, non ?

    Ce n’était pas parce que Jace bénéficiait également d’une grande expérience en la matière que Vincent allait se permettre de refuser d’écouter les avis des autres. Pour avoir vu Camille en action, l’étudiant le savait tout à fait capable. Même si le Français venait à répéter ce que Jace lui disait, Vince était persuadé que cela ne pourrait pas lui faire de mal. Par contre, l’objectif en soit sous entendu par le mutant n’était pas forcément celui auquel pensait le barman.

    – Mais non j’veux pas être Légionnaire. T’es fou, j’arrive à peine à faire un cauchemar sans risquer de brûler mon copain alors sauver des gens sans y mettre le feu, ça me paraît compromis.

    Et bien évidemment, il ne parlait même pas de l’utilisation de ses pouvoirs en mode offensif. Il l’avait fait un un soir. Ses pouvoirs avaient failli cramer Anna et avaient brûlé un homme au troisième degré. Bon, certes, cet homme avait essayé de les tuer pour les manger, mais quand même. Et puis sérieusement... lui en héros ? Non... Vincent s’entraînait seulement pour apprendre à se défendre et ne plus être complètement impuissant si jamais un super-vilain venait/revenait lui chercher des noises, pour protéger ceux qui sont dans son entourage, que ce soit de ses propres pouvoirs ou de menaces externes. Et puis, s’il continuait à suivre Camille dans ses aventures urbaines, il fallait bien qu’il apprenne à survivre à une armée de zombies. Plus sérieusement, Vincent réfléchit à cette idée. Après plusieurs secondes de silence, il avoua :

    – J’sais pas, je... j’ai juste envie de protéger Jace. Ca me tue de le voir partir en mission et de pas pouvoir le défendre sur le terrain. Mais les héros, c’est tellement pas mon truc. C’est vrai quoi, tout le monde devrait être un héros sans avoir de costume, non ? Tu vois quelqu’un en danger, tu fais quelque chose ! T’as des pouvoirs, ben tant mieux ! J’veux dire j’comprends pas pourquoi faut en faire un secret...

    Manifestement, il s’adressait à la mauvaise personne.

    – Enfin toi, t’as une situation particulière, j’imagine. à peine Et puis j’suis sûr que tu pourrais réessayer avec la Légion. T’as déjà le costume. Et là tu dois avoir plus d’expérience qu’avant, ça ne peut que jouer en ta faveur.

    Evidemment, l’étudiant n’était pas neutre. Après tout, Camille lui avait déjà sauvé la vie.

    – Mais c’est pas mon univers tout ça... et puis je trouve ces histoire de pseudonymes ridicules. Mes colocs m’ont surnommé Ash à cause de mes pouvoirs... Noctis aussi a fait ce jeu de mot... J’arrive pas à ne pas avoir l’impression que c’est une espèce de jeu stup...

    Soudain, une pensée traversa l’esprit de Vincent. Il s’interrompit en plein milieu d’une phrase et observa son hôte. Celui qui venait de lui montrer son costume caché... basé sur le thème du chat. Après un silence gêné, le barman reprit la parole, sur un ton désolé :

    – T’as un pseudo, aussi ?

    Désolé genre, « désolé de t’avoir potentiellement insulté ». Pas désolé du genre : « tu as un surnom ? toutes mes condoléances... »

 
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Message posté : Jeu 5 Fév 2015 - 23:37 Message
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— Je suis opiniâtre, ça fait partie de mon charme.

Un jugement qui n’était pas universellement partagé — et particulièrement pas par ceux qui s’étaient un jour retrouvés entre Camille et l’objectif de sa mission. SI le jeune homme se montrait pour le moins versatile dans ses loisirs, s’il ne restait jamais au même club sportif plus d’une ou deux séances, dans bien d’autres domaines de l’existence, il faisait preuve d’un caractère acharné. Généralement, celui-ci s’exprimait sur le terrain — mais en imaginant Vincent et Jace à l’autel, Camille découvrait de seconde en seconde son côté romantique. Bientôt, il écrirait le scénario d’un Disney avec son ami pour héros.

D’un hochement de tête, Camille confirma les fondamentaux de sa scolarité, non sans préciser toutefois :

— Mais les pouvoirs sont souvent très différents les uns des autres. Il n’y a pas forcément beaucoup plus de raison que deux mutants se comprennent mieux qu’un mutant et un humain. En tout cas, pour les aspects techniques.

Pour les problèmes de relations sociales, de regard des autres, de réactions de la société, ça, il n’en savait trop rien, mais grâce au ciel, ses pouvoirs étaient à peu près invisibles pour le commun des mortels. Seules les personnes au regard bien exercés, certains anthropologues scientifiques, des chorégraphes, des entraîneurs sportifs, bref, des spécialistes des corps et des mouvements, étaient capables de deviner en le voyant bouger qu’il n’était pas un humain normal. La plupart du temps, Camille se fondait sans difficulté dans la foule.

La position de Vincent sur les super-héros fut écoutée d’un air songeur et en tout cas pas le moins du monde réprobateur. À vrai dire, Camille n’était même pas certain que, libéré des contraintes que faisaient peser sur lui et son gouvernement, et celui des États-Unis, il eût tenté de rejoindre la Légion. En quelques années, son opinion sur l’organisation et la pertinence de son rôle dans les affaires du monde avait sensiblement évolué et il était loin d’avoir les mêmes certitudes que par le passé.

L’embarras de Vincent qui termina brutalement son envolée en butant langue la première contre la délicate question du pseudonyme fut accueilli par un sourire amusé — comme quoi, Camille n’était pas toujours susceptible.

— Cat Sìth.

Ce qui n’était pas très explicite et d’ailleurs, il précisa :

— Rien à voir avec Star Wars, au cas où tu te poserais la question.

C’eût été une drôle d’antinomie.

— C’est un chat fée de la mythologie écossaise. Enfin, celtique. Cat Sìth est le roi des chats et, parfois, il vole les âmes des morts qui ne sont pas enterrés assez vite. Mon école était en Écosse. Ceci explique cela.

Pas tellement. Il y avait sans doute des références plus joyeuses et rassurantes qu’un chat noir psychopompe pour servir de pseudonyme de super-héros. En tout cas, l’univers imaginaire de Camille était bien rôdé, de son chat dont le nom faisait référence à une tirade shakespearienne à la référence celtique quelque peu érudite de son nom héroïque. Lui trouvait qu’il y avait en la matière une forme de poésie — un argument auquel il devinait d’avance que Vincent ne serait pas très sensible — mais il eût concédé volontiers que, la plupart du temps, les super-héros manquaient quelque peu d’imagination.

— Peu importe. Tu sais, les pseudonymes, les costumes, c’est aussi un moyen d’organiser son existence. Opérer sous un faux nom, c’est distinguer ce qui appartient au super-héros et ce qui relève de la personne privée. Dans les renseignements, ça fait partie de ce que l’on appelle les techniques de compartimentation. Pour éviter de s’investir trop psychiquement et de subir des contrecoups. Ça permet aux gens de se retrouver une fois leur tâche accomplie. Je suppose que ça parait un peu abstrait, vu de l’extérieur, mais je t’assure que c’est souvent très utile. Pas infaillible, évidemment, mais très utile.

Jace lui-même avait souvent parlé de la distinction qu’il faisait ou ne parvenait pas à faire entre Jace Roberts et Thunder.

— Et puis regarde, ce n’est pas toujours une question de secret. Le Commander ou Jace, ou les NG, ont des surnoms, parfois des costumes, mais leur véritable identité est connue de tous. L’anonymat, c’est un autre débat. Quant au fait que tout le monde devrait être un héros…

Camille réfléchit quelques secondes à la manière la plus judicieuse de présenter les choses.

— Eh bien, ce sont deux choses un peu différentes que de venir en aide à ceux que l’on croise en difficulté dans la rue, comme les héros du quotidien, et que de rechercher systématiquement ceux qui sont en difficulté pour les aider, que d’en faire une mission. Comme les super-héros. Et puis… Je comprends que tu puisses éprouver des difficultés à l’idée de rendre tes pouvoirs offensifs, mais songe aussi que l’héroïsme, ça ne se limite pas à lutter contre le crime. Imagine combien tes pouvoirs seraient utiles pour contrer les incendies, par exemple. Un peu comme l’armée, qui combat, mais qui intervient aussi en support aux ONGs lors des catastrophes naturelles. Je suppose qu’il y a plusieurs manières de comprendre son rôle. Jace est combattant, c’est la référence que tu as. Moi aussi. Peut-être la majorité des super-héros. Mais pas tous.
 
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Message posté : Ven 6 Fév 2015 - 22:59 Message
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    Vincent eut une expression dubitative devant la répartie de son hôte. « charme » n’était pas été le terme qu’il aurait utilisé pour le décrire. Mais comme il se trouvait sous le toi du Français, le barman choisit de laisser ses délicates chevilles d’homme-chat enfler comme elles le désiraient. En parlant de chats, ils en avaient d’autres à fouetter, comme les pouvoirs du pyromancien.

    – Ouais j’comprends, mais j’voulais dire que t’as dû côtoyer des gens qui avaient des pouvoirs un peu comme les miens donc tu dois avoir une idée de comment ils s’y sont pris. Paraît que j’ai pas l’exclusivité du feu.

    Cette dernière constatation n’avait d’ailleurs rien d’une plainte adressée à l’univers pour ne pas avoir fait de lui un spécimen unique et donc incompris de tous ses pairs. C’était même un fait plutôt rassurant. Le jeune homme n’avait cependant pas encore rencontré d’autre pyrokinésiste. Un fait qui commençait à devenir une sorte de manque car maintenant qu’il avait un peu progressé – de son avis de néophyte – avec ses pouvoirs, il aimerait bien avoir l’avis d’autres personnes un peu plus calées sur le sujet. Mais en attendant, il allait se contenter de ce qu’il avait sous la main. Un Jace et un Camille, c’était déjà beaucoup. Les avis de Thunder et de Cat... quoi ?

    – Cat-sit ?

    Et en plus le Français venait l’embrouiller avec Star Wars. Ok, Vince avait vu les films, mais de là à s’en servir comme point de comparaison...

    – Y a des chats dans Star Wars ?

    Là pour le coup, il devrait peut-être les revoir car si tel était le cas, ça voulait dire qu’il s’était endormi devant. Techniquement, c’était tout à fait possible de la part du Kansasais. Cela dit, la question de sa culture populaire un poil bancale (dans ce domaine) n’était assurément pas la plus importante. Le barman écouta donc les vraies origines de ce titre et se demandait à quel point un chat voleur d’âmes mortes pouvait être maléfique et si cela voulait dire que Camille s’adonnait à ce genre d’activité... Après tout, le Britannique disposait déjà d’un chat en chair et en os. Vince jeta un discret coup d’œil intrigué à l’animal mais celui-ci semblait continuer d’ignorer tout ce qui se passait autours de lui. Ca a l’air sympa la vie de chat, tout de même. Toujours sur le thème de la vie héroïque, l’étudiant eu droit à un nouveau discours sur la séparation que ces êtres devaient faire afin de réguler leur vie. Jace lui en avait un peu parlé même si Vincent n’était pas sûr de comprendre. Pour lui, Jace était Thunder et Thunder était Jace. Ok, Jace était peut-être un peu plus Jace que Thunder. Quand Vincent l’embrassait, il n’embrassait pas Thunder, mais Jace. En même temps ce n’était pas Thunder le héros qui le rendait heureux mais bien Jace . D’un autre côté, c’était un peu grâce à Thunder que Jace et lui s’étaient rencontrés. Bref, tout cela semblait un peu complexe et Vince préférait simplifier les choses en se disant que tout le monde avait plusieurs facettes. Lui était Vincent l’étudiant, le footballeur, le barman, le frère (plus ou moins d’un point de vue symbolique), l’ami, le colocataire... Mais il comprenait que l’héroïsme était quelque chose de particulier qui devait comporter de multiples difficultés. La preuve étant son sentiment passé à leur égard. Et maintenant le voilà qui discutait de ça calmement avec un strip-teaser comme s’ils parlaient de la programmation du cinéma. Cela dit, Vincent ne serait pas Vincent sans ses petites blagues.

    – Alors tout à l’heure tu me voyais casser des noix de coco avec les pec’ et maintenant tu me vois en pompier, t‘es très imaginatif, Saint-Clair...

    Le sourire provocant de l’étudia se mua ensuite en une mine trop sérieuse pour être vraie. Le timbre de sa voix fit de même.

    – Pour l’instant, je n’arrive qu’à les utiliser pour presser des oranges. Jace adore ça...

    C’était une blague évidemment, Vince ne s’amusait pas à utiliser son corps pour nourrir ou abreuver son petit ami... en tout cas pas de cette manière. Plus sérieux, il finit par revenir sur le sujet des super héros après s’être de nouveau assis. Camille avait réussi à calmer ses angoisses, si bien que le besoin de bouger et de faire quelque chose pour dissimuler ses émotions n’était plus aussi pressant.

    – J’sais bien que ce n’est pas que ça... J’ai déjà sauvé mon copain d’un immeuble en feu... mais je sais aussi que parfois, y a pas le choix. Quand on s’était retrouvés face à ces monstres dans les tunnels... fallait que je me défende. Et si on n’était pas tombés sur Sarah, je me serais probablement fait tuer.

    Avant, dans une autre vie, Vincent aurait été extrêmement perturbé d’avoir été sauvé et protégé par des cheveux qui s’étaient amusés à imiter Indiana Jones et son fouet.

    – Et puis y a eu Noctis... Ok, au final il ne s’est pas passé grand chose et je n’ai pas eu à me battre... tout simplement parce que je ne pouvais pas, aussi, mais si ça avait été un vrai malade ? Ca fait quatre mois que j’ai mes pouvoirs, je ne m’en sers même pas pour jouer les héros ou je ne sais quoi et je me suis déjà retrouvé cinq fois face à face avec un danger imminent. Le dernier en date, il a faillit planter mon copain et j’ai rien pu faire !

    Certes, Jace avait eu tout le loisir de neutraliser la menace, mais Vincent, en bon mâle protecteur, s’en voulait encore de ne pas s’être montré plus... ben héroïque justement. Ce point touchait manifestement le barman qui se montra bien concerné.

    – Jace est un héros... ça j’pourrais pas le changer... même si j’le voulais. Et des fois Presque tout le temps j’pense à ce qu’il affronte et... j’suis même pas capable de le protéger de ma petite sœur...

    Bim, nouveau sujet. Un gros morceau aussi. Camille l’avait certainement déjà remarqué le soir même. Mais le footballeur n’avait pas spécialement envie d’en parler.

    – C’est ptet con et... j’sais pas... macho de dire ça mais... J’me sens nul de pas pouvoir protéger la personne avec qui je sors. J’ai pas envie d’être un super-héros, j’aimerais juste... défendre mon mec.

    Il baissa alors les yeux, un peu honteux de lui. Jace ‘n’avait besoin de personne pour se défendre. Il avait déjà son équipe, son père, la Légion... Pourtant cela ne l’empêchait pas de recevoir des blessures comme celles qu’il arborait avant son voyage en Russie. Cela ne l’empêchait pas de se mettre dans des états bizarres et flippants après une séance d’entraînement pour protéger son esprit. Tout cela, Vincent ne le supportait pas. Plus exactement, il ne supportait pas sa propre impuissance, son incapacité à changer tout ça. Alors il s’entraînait... pour se donner bonne conscience peut-être. Pour avoir l’impression de faire quelque chose d’utile. Pour le coup, il repensait à ces stages dont Jace lui avait parlé. Peut-être allait-il s’inscrire.

    – Désolé, j’dois te déprimer là.

    Vince fit appel à son sourire commercial qui lui valait un certain succès au bar. Etrangement, le jeune homme avait retrouvé quelques sensations au niveau de l’estomac. De bonnes sensations. Il reprit sa boîte de nouilles.

    – Toi tu devrais retenter ta chance... Enfin si c’est ton truc. Quitte à porter cette combinaison. Attention, je dis pas qu’elle n’est pas bien, elle a l’air très... confortable. Enfin je sais pas, c’est un peu dommage que tu restes seul de ton côté. Au fait, tu fait quoi quand tu porte ton costumes ? Tu ne chasse pas les souris, tout de même ?


 
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