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Même les mafieux ont des affaires de cœur

 
Message posté : Lun 10 Nov 2014 - 0:16 Message
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8 novembre 2014

— C’t’une fabrication russe. Une édition vachement limitée, ça coûte une blinde.

Non, Abban n’était pas en train de parler de la dernière paire de baskets tellement confidentielle et rare qu’on ne pouvait même pas vraiment dire qu’elle fût à la mode. Assis en tailleur sur le lit de Lorenzo Mancini, l’Irlandais explorait l’un des trois seuls domaines dans lesquels il eût des connaissances véritablement encyclopédiques, celui qui n’était ni la mode masculine, ni la cuisine. Abban parlait d’armes.

Il n’y avait sans doute rien d’intuitif à admettre que le jeune homme aux traits fragiles qui n’aimait guère la violence fût l’un des meilleurs spécialistes des armes à feu au sein du Cartel de Star City, mais la réputation du Passeur, dans le domaine, n’était plus à faire. Depuis que les jumeaux Mac Aoidh s’étaient emparés d’une casse d’armes de la Veidt, l’expertise d’Abban en la matière n’avait cessé de s’affirmer. Cesar ne s’était pas trompé, qui lui avait offert ses deux pistolets lasers.

Ni les Mancini, qui lui avaient confié l’entraînement de Lorenzo. Et Abban prenait son rôle très à cœur. D’abord, parce que sa réputation de professionnalisme n’était pas surfaite. Dans sa vie privée, Abban Mac Aoidh était peut-être incapable de tenir le cap, mais au travail, c’était une autre histoire. Son métier, avec ses nombreuses facettes, et malgré les liens qu’il entretenait malgré lui avec des domaines qu’il abhorrait, Abban l’aimait et le soignait, tout autant que la cuisine du Malachi Road.

Lorenzo était donc entraîné et bien entraîné. En la matière, Abban faisait preuve d’un systématisme et d’un perfectionnisme qui auraient rappelé aux commis du Malachi Road les interminables successions d’expériences culinaires des jours de fermeture, quand il fallait cuire, encore, et encore, et encore les carottes, pour être sûr d’obtenir le résultat le plus abouti. Lorenzo avait le droit parfois à sa propre version des carottes. Pour Abban, on ne tirait bien que lorsque l’on tirait dans le mille. Sur une cible mouvante. Depuis une plateforme mouvante.

Et on ne savait bien ce qu’était une arme à feu que lorsque l’on avait tout appris sur toutes les armes à feu. Lui qui n’était pas un grand théoricien tenait au moins à ce que son élève eût une connaissance pratique des « modèles les plus courants » — une expression qui, chez l’Irlandais, paraissait recouvrir les éditions « vachement limitées » des mitraillettes russes les plus obscures, du genre que Lorenzo n’était pas prêt de croiser dans les rues de Star City, à moins de tomber sur une escouade du FSB qui aurait sérieusement perdu son chemin.

L’épreuve carotte du jour consistait en un apprentissage des caractéristiques d’une dizaine d’armes automatiques, dont les informations techniques les plus spécialisées paraissaient être gravées dans la mémoire d’Abban. Ainsi qu’il l’avait expliqué à Lorenzo, savoir se servir de ses propres armes était une étape cruciale. Le niveau supérieur était cependant de savoir ce que feraient et ne feraient pas les armes des autres, pour calculer convenablement les avantages et les inconvénients.

Fort heureusement pour la santé mentale de Lorenzo, Abban avait de trop cuisants souvenirs de ses années forcées sur les bancs de l’école — aussi épisodiquement qui les eût fréquentés — pour imposer à qui que ce fût des heures de leçon. Et puis, au fil du temps, Lorenzo était devenu un ami, alors le temps un peu formel de ses instructions, le temps du Passeur au travail, qu’il avait adopté dans les premiers temps, avait fini par se muer en une conversation un peu plus vivante entre deux jeunes gens qui, même s’ils venaient de milieux entièrement différents, partageaient désormais un même univers : celui du Cartel.

Abban jeta un coup d’œil à la Machmontre.

— Ah, désolé, faut qu’j’vérifie un truc.

Le jeune homme posa la tablette sur laquelle il avait fait défiler les images et les fiches techniques des armes du jour. Puis il ferma les yeux. Depuis le temps, Lorenzo était sans doute habitué à la manière toute personnelle qu’Abban avait de vérifier des trucs. Parfois, l’Irlandais disparaissait purement et simplement, d’un coup. D’autres fois, il laissait son regard vagabonder à des kilomètres de là. Il avait donné à Lorenzo des explications succinctes sur le fonctionnement d’une partie de ses pouvoirs, des explications qui, comme nombre d’explications d’Abban quand elles ne concernaient pas, justement, la mode, les armes ou la cuisine, avaient été plutôt nébuleuses et difficiles à suivre.

Quelques secondes plus tard, Abban rouvrit les yeux, sortit un téléphone portable, composa de mémoire un numéro et déclara bientôt :

— Passeur. C’est pour elle.

Silence.

— Bonjour Madame.

Il n’y avait qu’une seule personne dans le monde qu’Abban Mac Aoidh appelait « Madame » et c’était elle qui lui avait offert ses fameux pistolets.

— Le paquet est en mouvement.



Hmm hmm.



Oui, Madame.


Et Abban raccrocha. Il resta un instant un peu pensif, avant de secouer la tête.

— Désolé, c’était… Le travail. J’reviens, j’vais juste vérifier un truc.

Et Abban disparut. Comme d’habitude. Cinq minutes plus tard, il faisait son apparition à côté de l’escalier central, toujours un peu songeur — le temps que ses yeux fissent le point sur Virgilio, qui avait encore échappé — mais de peu — à un arrêt cardiaque.

— La vache, jamais tu utilises les portes ?
— Désolé. Je visais la chambre de Lorenzo, j’ai été un peu… Distrait.

Virgilio haussa un sourcil dubitatif. C’était bien la première fois qu’il voyait Abban rater sa cible à la téléportation.

— Ça va ?
— Oui, c’est juste… C’est rien.
— J’peux faire quelque chose pour toi ?
— Pardon ?

Il avait dit ça un peu brusquement. Un peu trop, se rendait-il compte à présent. Virgilio parut un peu surpris.

— Relax, je disais ça comme ça.

Abban hocha la tête.

— Écoute, tu sais où me trouver, si jamais…

Et sans finir sa phrase, Virgilio partit en expédition vers les cuisines. Si jamais quoi ? Abban le regarda disparaître dans l’escalier central, avant de rejoindre la chambre de Lorenzo, plein de perplexité.

— J’ai croisé ton frère. Virgilio.

Très intéressant, Abban. Après Lorenzo, Virgilio était le membre du clan Mancini qu’Abban connaissait le mieux. Question d’âge, sans aucun doute, et de centres d’intérêt communs. L’Irlandais s’approcha de l’une des fenêtres, dans la chambre de Lorenzo, le téléphone portable toujours à la main, qu’il faisait désormais tourner machinalement entre ses doigts.

Si jamais quoi ?

— Il est sympa, ton frère.

Fit remarquer Abban à la fenêtre.

— Tu sais s’il a quelqu’un ?

Abban écarquilla les yeux. Est-ce qu’il avait vraiment dit ça ? Et il n’allait même pas pouvoir accuser la Pierre Orphique. C’était sorti tout seul, formulation à haute voix de ses rêveries sans objet. Il savait très bien à qui il s’adressait. Mancini. Italien. Catholique. L’Irlandais fit volte-face et s’empressa de rattraper le coup — ou d’essayer — en débitant d’une voix nerveuse :

— Ouais, non, désolé, oublie ça, j’voulais pas dire, c’était pas, sérieusement, c’était juste comme ça, j’essayais pas du tout de voilà. J’suis juste un peu, ça fait longtemps et tout, t’sais que c’est, on délire dans ces cas-là, hein, bon. Tu lui en parleras pas, hein ?

Lorenzo venait apparemment d’échapper à une nouvelle série de quizz sur les semi-automatiques de fabrication israëlienne.
 
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Message posté : Dim 16 Nov 2014 - 20:28 Message
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C'était un samedi, en pleine après-midi, et Abban était plus ou moins en train de le torturer. Si Lorenzo appréciait à sa juste valeur le professionnalisme du jeune Irlandais, il n'en restait pas moins dubitatif. A quoi est-ce que ça allait lui servir de connaître sur le bout des doigts toutes ces armes ? Des armes, il en avait deux et pour le moment, il ne comptait pas s'acheter une armurerie complète. Il doutait même de voir un jour le quart de ce que le Passeur lui montrait et même si ça devait arriver, est-ce qu'il se souviendrait de quoi que ce soit ? Probablement que non... Il devait devenir le nouveau Don, pas un mercenaire Russe sur-équipé. Et pourtant, malgré ses doutes, Lorenzo ne se plaignait pas et écoutait, parfait élève qu'il était. Abban avait beau être plus jeune que lui, il avait su se tailler une bonne réputation et le jeune Italien savait donc qu'il n'aurait servi à rien de se plaindre. S'il voulait atteindre le même niveau et protéger les siens, il allait devoir faire des efforts. Et ça, ça impliquait autant d'explorer des tombes d'extraterrestres que d'apprendre à utiliser toutes les armes de la planète. Dure vie que voilà...

Heureusement, avec ses très nombreuses activités, Abban se montrait parfois dissipé, prenant la poudre d'escampette en se téléportant Dieu seul savait où ou alors, en portant son regard en des lieux éloignés. Lorenzo ne savait pas vraiment comment il faisait pour vivre une vie aussi agitée, mais il n'avait pas les pouvoirs de l'Irlandais. Il n'en avait d'ailleurs pas, de pouvoirs. Oh, il ne s'en plaignait pas et il faisait son maximum pour compenser doucement ce manque, mais il se demandait parfois ce que ça aurait pu donner, s'il était né mutant, comme Giulia. Lorsque l'Irlandais disparut pour aller vérifier un truc, Lorenzo ne put s'empêcher de sourire pour lui-même en secouant la tête. Se levant, il se dirigea alors vers un coin de sa chambre pour farfouiller dans un bureau. Certains auraient pu trouver surprenant qu'il vive toujours au domicile de ses parents, mais comme il était un jour censé prendre la succession de son père, c'était à ses yeux le mieux à faire. De toute façon, sa chambre restait un lieu que peu de monde voyait, autant parce qu'ils n'avaient rien à y faire que parce que Lorenzo se méfiait de certaines réactions des gens. Découvrir sa collection d'ours en peluche pouvait effectivement provoquer l'hilarité et même si le jeune homme assumait pleinement ses goûts et ses passions, il n'en demeurait pas moins qu'il avait une position à assurer.

Évidemment, lorsque l'Irlandais apparut à nouveau dans la chambre en mentionnant avoir croisé Virgilio, Lorenzo ne put s'empêcher de se demander où il avait bien pu se rendre. Cette question s'effaça toutefois face à la surprise qui le saisit avec les propos qui suivirent. L'Italien n'était pas sans savoir qu'Abban n'était pas attiré par les femmes et même s'il connaissait très bien la position de sa famille sur ce point, lui-même l'acceptait sans difficulté. Abban était tel qu'il était et il ne servirait à rien de porter un jugement là-dessus. Cela étant dit, s'il commençait à porter son intérêt sur Virgilio... Toutefois, les excuses qui suivirent mirent en lumière un tout autre problème, encore que Lorenzo n'avait pas la moindre idée de ce que ça pouvait être.

« Je ne lui en parlerais pas, ne t'inquiète pas. Je sais qu'il t'apprécie et que tu l'aimes bien, alors ça serait stupide. »

Souriant, Lorenzo revint près du lit sur lequel il s'installa, le regard rivé sur Abban, cherchant à comprendre ce qui pouvait poser problème.

« Tu m'as l'air un peu sur les nerfs en ce moment. J'imagine qu'avec tout le boulot que tu fais, c'est normal, mais tu devrais aussi penser à te poser, parfois. T'as jamais pensé à partir en vacances ? »

Comme s'il pouvait laisser sa sœur, son restaurant, sa voiture et tout le reste pour aller se prélasser sur une plage au soleil... On était toujours en droit de rêver, évidemment, mais il n'y avait pas beaucoup de chance pour que le Passeur se pose. Cela dit, avec un rythme de vie comme le sien, il n'allait malheureusement pas vivre très vieux...

« Tu sais, Abban, si tu as quelque chose sur le cœur, on peut en parler. Je t'ai rarement vu aussi... ailleurs. Je suis pas un curé mais tu n'es pas sans savoir que le secret est une règle primordiale pour ma famille. La confiance est importante et si tu es dans ma chambre, c'est pas pour rien. Alors, je ne sais pas trop ce qu'il peut se passer mais je vois très bien que quelque chose ne va pas. Qu'est-ce qu'il t'arrive ? »
 
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Message posté : Lun 17 Nov 2014 - 16:08 Message
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Abban poussa un soupir de soulagement pas vraiment discret. Il se voyait déjà jeté à la porte des Mancini — un drame pour les affaires, et puis, Virgilio, il n’avait pas tellement envie de le voir s’éloigner. C’était un bon ami qu’il ne valait pas de perdre pour un petit moment d’égarement.

Lorenzo souligna l’évidence. Abban était sur les nerfs. D’un autre côté, les seuls moments où Abban n’était pas sur les nerfs, c’était quand il se trouvait sous l’emprise d’un sédatif puissant — et comme il avait peur des médicaments, autant dire que ça n’arrivait pas souvent. D’ailleurs, en ce moment précis, l’Irlandais se promenait dans la chambre de son ami et attrapait tout ce qui se tripotait — livre, stylo, bibelot quelconque — pour le tripoter. Le reposer. Passer à la suite. Recommencer.

— Des vacances ? Ça va pas, t’veux ma mort, sérieux ?

Il ne manquerait plus que ça.

— Genre, j’ai jamais compris c’que les gens peuvent bien foutre en vacances. En plus, l’sable, ça gratte. Y a rien à faire. Puis j’ai la peau délicate.

Abban avait besoin d’activité. Un besoin compulsif d’activités, même : ne pas tenir en place était chez lui tout à la fois un pouvoir mutant, un état d’esprit et un besoin physiologique.

— En plus, faut qu’on prépare l’menu de .

Ce serait la première grande fête traditionnelle que le Malachi Road traverserait et, aux yeux d’Abban, un moment important pour la réputation du restaurant. Depuis des semaines, il se documentait studieusement sur cette fête qui ne parlait pas beaucoup à son esprit d’Irlandais mais qui lui paraissait de plus en plus importante aux yeux des Américains. Pas question de rater le coche.

Le jeune homme rouvrit la bouche pour se lancer dans une description-diversion de tous les nombreux préparatifs qu’une pareille occasion exigeait de lui, ce qui empêcherait — si tout se passait bien — Lorenzo de poser des questions compromettantes. Mais l’Italien le devança et le Passeur fut bien contraint d’arrêter de jouer avec un stylo pour l’écouter. Avec un soupir, il le reposa, haussa les épaules et lâcha, avec une résignation toute adolescente :

— Rien.

Il avait servi des mensonges plus convaincants. D’ailleurs, Lorenzo ne devait pas avoir l’air très convaincu, parce qu’Abban répéta :

— Non mais rien, j’t’assure.

Sauf qu’il le disait comme s’il avait envie de parler, alors, forcément, après quelques secondes de silence et un nouveau soupir, l’Irlandais avoua :

— J’suis fatigué. Puis un peu… euh…

Abban fixa la silhouette d’un arbre par la fenêtre, se racla la gorge et admit :

— En manque.

En un sens, c’était un exploit et un net signe d’amélioration. Par le passé, quand il avait ressenti la pression de ses instincts charnels, il était sorti dans les bars, s’était laissé draguer par à peu près n’importe qui, avait fini la soirée dans des hôtels miteux avec des inconnus peu recommandables et était rentré honteux et endolori chez lui. Maintenant qu’il s’était décidé à s’occuper d’Aishlinn, qu’il avait résolu de consulter une psychothérapeute et qu’il lui arrivait même de se confier, à doses homéopathiques, à Alex, Abban parvenait à contenir son besoin pathologique et jamais satisfait d’affection masculine. Quant à le vivre bien, c’était encore un progrès devant lui.

— Elle m’a encore d’mandé d’le faire.

C’était un peu obscur, parce qu’Abban, en parlant, n’avait pas encore décidé de ce dont il voulait parler. Il fixa Lorenzo un moment, puis partit le rejoindre sur le lit, quitta ses chaussures et s’assit en tailleur à côté de lui, avant de reprendre à voix basse :

Elle

Il avait insisté sur le pronom, pour que Lorenzo sût bien qu’il parlait de Cesar.

— … trouve que mes capacités s’raient mieux employées si j’étais… Si j’m’occupais de, tu sais… Nettoyage.

Et elle n’était pas la seule à le penser. Ni à le lui proposer. Un tireur accompli qui pouvait s’introduire dans les meilleures des panic rooms, c’était du pain béni. Sauf que le pain béni était très, très réticent.

— J’me dis, un jour, elle arrêt’ra d’mander et j’aurais moins l’choix.

Et alors, il ne savait pas ce qu’il ferait.

— Puis à côté, y a not’ père, puis j’ai des ennuis avec un matos, puis les missions, puis ‘resto, et quand j’rentre, j’suis juste crevé, et les seuls mecs qu’j’rencontre, maintenant, c’est d’vieux mafieux flippants, c’est juste trop la loose.

Son commis de cuisine n’avait d’yeux que pour lui et l’un des garçons qu’il avait rencontrés au skatepark ne cessait de lui proposer des activités dont la diversité trahissait un intérêt certain, mais ça, Abban n’était pas assez lucide pour le comprendre.

— Toi, t’as Lena, et personne te d’mande d’zigouiller des PDGs récalcitrants. Sérieux, mec, t’as trop d’la chance.
 
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Message posté : Lun 8 Déc 2014 - 22:26 Message
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Assis sur son lit, Lorenzo ne quittait pas Abban du regard, le suivant à travers la pièce alors que l'Irlandais attrapait tout ce qui semblait être à sa portée. Heureusement, il n'y avait rien de compromettant dans la pièce, mais quand même ! La réaction d'Abban à ses propos fit toutefois rire Lorenzo tant elle semblait spontanée et naturelle.

« Tu dois bien être l'une des rares personnes à ne pas vouloir de vacances. Et puis, je ne te parlais pas forcément d'aller à la mer... »

Après tout, il y avait bien d'autres façons de passer ses vacances, non ? Pourquoi nécessairement aller à la plage, bronzer au soleil ? Il était vrai que Lorenzo n'aurait pas trouvé Abban déplacé dans ce genre de décor, mais visiblement, se promener sur les plages de sable en maillot de bain et en compagnie de surfeurs musclés, ce n'était pas son truc. Surprenant. D'un autre côté, il regardait Virgilio, du coup... Il fut ensuite question de fête traditionnelle et de menu tout aussi traditionnel, mais pour Lorenzo, ce n'était pas l'intérêt actuel de la discussion. Ils pourraient parler de ces choses-là à bien d'autres moments. Évidemment, comme à son habitude, Abban ne répondit pas, niant l'existence d'un quelconque problème. C'était prendre Lorenzo pour un idiot, parce que même s'il n'avait pas une formation de profiler, il voyait très clairement que l'Irlandais n'était pas dans son assiette.

Mais quoi qu'il en soit réellement, Abban fit par avouer la vérité. Il commença par évoquer qu'il était fatigué, ce qui n'avait rien de surprenant, vu qu'il refusait tout simplement de prendre des vacances. Pour l'autre souci, cela pouvait sembler compréhensible, même si pour le coup, Lorenzo ne pouvait pas vraiment l'aider... La suite fut d'un tout autre genre et si l'Italien ne comprit pas de suite de ce dont parlait Abban, il finit par saisir les références au travail du Cartel. On lui demandait de tuer quelqu'un, ce qui pouvait sembler compréhensible, parce qu'un tueur téléporteur, c'était quand même vachement efficace. Le souci, c'était qu'Abban ne le désirait pas et ça aussi, on pouvait le comprendre. Tuer, ce n'était pas anodin. Ignorant la dernière remarque du jeune Irlandais, Lorenzo afficha un sourire sur ses lèvres.

« Tous les mafieux que tu rencontres ne sont pas vieux et flippants. Enfin, j'espère que tu me vois pas comme ça. » Il marqua un instant de pause avant de reprendre. « Mais tu vois, ce que je disais reste valable, il te faut des vacances. Je te parle pas forcément de partir bronzer à la plage, mais juste de prendre du repos. Être crevé en rentrant chez toi, à ton âge, c'est vraiment pas bon signe. »

C'était vrai, ça. Il n'avait que vingt ans, alors s'il était juste crevé en rentrant chez lui, ça commençait plutôt mal pour son avenir. Sa vie d'adulte commençait à peine et même s'il avait déjà tout construit, il pouvait encore avoir beaucoup à faire.

« Tu devrais apprendre à te poser et trouver un loisir calme. Le restaurant, c'est super-cool, c'est certain, mais bon, faut avouer qu'il y a quand même des trucs plus calmes ! » Souriant une fois encore, comme pour montrer que ce n'était qu'une discussion amicale, Lorenzo reprit. « Pour ton autre problème, je suis de ton côté. Si tu n'as pas envie de le faire, rien ne t'y oblige. C'est évident qu'avec tes capacités, tu serais la personne idéale pour faire ça, mais personne ne peut t'y obliger. Il y a des gens dont c'est le travail. Même nous, on ne fait confiance qu'aux professionnels. » En effet, si tous les membres de la famille savait tuer, quand il s'agissait de remplir des contrats, les Mancini faisaient systématiquement appel au même individu. « Je pense qu'elle espère pouvoir te faire changer d'avis, mais je ne suis pas certain qu'elle te forcera à le faire. Ça irait à l'encontre de ce qu'elle est censée faire. »

Il ne fallait effectivement pas oublier que si la César était à la tête du Cartel, c'était avant tout pour maintenir l'union des criminels autour d'un but commun, pas pour les diriger comme une reine suprême du crime. Que ce soit le Mandarin ou les Mancini, tous la suivaient parce qu'elle pouvait leur apporter quelque chose de plus que ce qu'ils pourraient avoir seuls. Mais si elle commençait à aller trop loin, elle pouvait très certainement perdre ce soutien et alors, quelqu'un d'autre la remplacerait à la tête du Cartel. Cela n'était pas près d'arriver, mais dans ces conditions, il était peu probable qu'elle oblige quelqu'un comme la Pie, Black Manta ou le Passeur à aller à l'encontre de ses principes. Bien entendu, le jeune âge du Passeur pouvait avoir tendance à laisser croire qu'on pouvait mieux le manipuler, mais il ne devait pas céder.

« T'inquiète pas pour ça, ça ira bien. Et si jamais tu le sens pas, je peux toujours t'apporter mon aide. »

Il y avait ensuite encore d'autres problèmes évoqués par Abban, comme par exemple son père ou des problèmes plus techniques, mais Lorenzo décida d'éclaircir autre chose. L'Irlandais avait effectivement dit quelque chose qui l'avait fait tiquer et Lorenzo se demandait bien d'où il pouvait sortir des idées pareilles.

« Tu as parlé de Lena... Qu'est-ce que tu entendais par là ? Parce que Lena est juste une amie... »

Est-ce que quelqu'un lui avait raconté des choses ou alors, est-ce qu'Abban s'était fait des films tout seul ?
 
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Message posté : Mar 9 Déc 2014 - 12:35 Message
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Pendant un instant, Abban se demanda si explorer des souterrains ensorcelés au fin fond de l’Irlande avec un mage et sa jumelle comptait pour des vacances, et puis il jugea que selon les critères de Lorenzo, probablement que non. Avec un soupir, Abban se déplaça sur le lit pour caler son dos contre le mur. Prendre du repos. Il n’avait pas pris de repos depuis… Il ne savait pas trop. Ce qui comptait ou non. Sans doute depuis l’apparition de ses pouvoirs, même s’il n’était pas capable de faire consciemment le lien entre son besoin de bouger toujours — littéralement — et ses aptitudes mutantes.

Il fit tout de même un effort d’imagination.

— Ouais, j’pourrais…

Qui s’arrêta bien vite. Il ne savait pas trop ce qu’il pourrait faire. Pour lui, se reposer, c’était s’allonger dans un lit et dormir : même s’il aimait beaucoup ses chats, qui étaient assurément des experts en la matière, il se voyait mal en faire à son tour son activité principale. Un geste évasif de la main prouva qu’il n’était pas très inspiré par cette perspective, mais le simple fait de vouloir l’envisager témoignait bien qu’il n’y était pas opposé.

La suite aussi fut écoutée avec attention, et Abban hocha la tête par intervalle, alors que Lorenzo lui rappelait en quelque sorte qui il était.

— Ouais, non mais t’as raison.

Là, il avait l’air un peu plus convaincu.

— J’ai t’jours du mal à m’dire que j’suis plus, genre, l’cambrioleur en bas d’l’échelle, comme à Dublin. ‘Fin, j’veux dire, sur l’terrain, aux réunions, avec les autres, j’joue mon rôle, y a pas d’problème, et j’sais c’que j’fais, tu vois.

Le professionnalisme du Passeur n’avait pas peu contribué à son excellente réputation au sein du Milieu.

— Mais dans ma tête, j’suis toujours un peu l’gamin qui tâtonne.

Alors qu’un certain nombre d’opérations dépendait de sa participation, que des informations ne circulaient que par lui et que ses ressources financières étaient devenues considérables. Mais tout cela s’était passé vite, très vite, parce que Star City offrait à un métahumain comme lui des opportunités d’une toute autre ampleur que Dublin, parce que César et Thabo avaient eu l’œil pour son talent, parce qu’il s’était trouvé au bon endroit au bon moment, et l’image qu’Abban se faisait de lui n’avait pas forcément suivi aussi promptement les mêmes étapes.

Il hocha une nouvelle fois la tête et répéta avec conviction :

— T’as raison.

Il poussa un soupir soulagé et de toute évidence, ça allait déjà un peu mieux. Son regard se posa sur Lorenzo et il lui adressa un sourire de remerciement qui ne tarda pas à se transformer en sourire amusé, quand son ami fit l’innocent.

— Geeeenre…

Même si Abban savait désormais que Virgilio avait un peu grossi le trait en décrivant la relation entre Lena et Lorenzo comme une torride passion sexuelle, l’Irlandais était toujours convaincu qu’il y avait anguille sous roche.

— On m’la fait pas, à moi.

On la lui faisait totalement.

— Virgilio m’a dit qu’Lena et toi, c’tait une affaire qui roule.

Il avait même été un peu plus enthousiaste que cela.

— Moi j’l’ai rencontrée, Lena, tu vois, pour discuter et tout, et…

Abban se rendit compte un peu tard que sa démarche pouvait être mal prise par son ami. Il tenta de se rattraper.

— C’tait pas pour espionner, hein.

Non, du tout.

— Question d’curiosité, puis on sait jamais, tu vois. ‘Fin bref…

Oui, bref.

— Elle est bien mignonne, quand même, j’suppose.

Ce n’était pas vraiment son domaine d’expertise.

— Et puis elle a l’air à fond. OK, p’têtre pas à fond, mais bon, elle est un peu chelou, faut dire, c’est pas facile d’savoir, mais elle trouve que t’as des yeux sexy et tout, c’t’un bon début.

D’accord, Lena n’avait peut-être pas utilisé le mot « sexy », mais Abban faisait la traduction à sa sauce.

— Vas-y, mec, j’suis sûr qu’elle te plait !

Tant qu’on ne s’intéressait pas à sa jumelle, Abban voyait toujours ce genre de choses avec beaucoup de bienveillance.

— Tu d‘vrais passer à l’étape supérieur. T’sais, tu l’emmènes voir un truc cool, hors du commun, elle a l’air d’bien aimer la découverte, alors, genre escapade romantique, tu vois, ni vu ni connu, elle s’doute de rien, tu lui dis des jolies choses…

Même si Abban n’était pas trop sûr de que ce Lena pouvait considérer comme des « jolies choses ». Peut-être que si Lorenzo lui récitait par cœur le manuel technique du dernier grille-pain de chez Bosch, elle tomberait follement amoureuse.

— … et là, paf, baiser au clair de Lune et l’affaire est dans l’sac. Bien ou bien ?
 
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Message posté : Jeu 11 Déc 2014 - 2:00 Message
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Lorenzo laissa apparaître un sourire sur ses lèvres lorsque son ami évoqua le fait qu'il avait toujours du mal à se faire à sa nouvelle condition. Il était vrai que le Cartel Rouge n'était pas réellement une organisation et de ce fait, il n'y avait pas véritablement une hiérarchie stricte. Cela ne changeait rien au fait qu'à implication égale dans une autre organisation, Abban aurait pu occuper un poste haut placé, avoir de nombreux hommes sous ses ordres et se faire beaucoup d'argent. S'il avait été Italien, il aurait même pu travailler avec eux. Mais quelque part, Lorenzo se doutait que le jeune homme n'aurait pas accepté. Il semblait en effet avoir d'autres objectifs, même s'ils restaient vraiment très flous pour l'Italien.

La discussion ne put toutefois pas continuer sur le même sujet, parce qu'il fut alors question de toute autre chose. Et visiblement, Abban ne le croyait absolument pas... Quoi, parce qu'on ne pouvait pas être ami avec une jeune et jolie femme sans que tout le monde se mette à imaginer des choses bizarres ? Il était bien ami avec Abban sans qu'Abban ne veuille faire des trucs avec lui ! Enfin, il espérait. Ou pas, parce que si l'Irlandais ne voulait pas, ça voudrait dire qu'il n'était pas beau et ce n'était jamais plaisant de s'entendre dire ce genre de choses.

« Virgilio t'a dit... Pourquoi ça ne m'étonne pas. »

Lorenzo roula des yeux avant de pousser un soupir. Il commençait à avoir l'habitude des tendances à l'exagération de son frère, mais il n'aurait pas pensé qu'il puisse en faire profiter les autres. Bien entendu, au vu de la situation avec Lena, il aurait du se douter que Virgilio se ferait des idées, surtout que Lorenzo ne lui avait pas encore vraiment parlé de la jeune femme... Peut-être aurait-il du le faire plus tôt, mais là, c'était un peu trop tard.

« Tu devrais faire attention à ce que peut raconter Virgilio. Il a souvent tendance à enjoliver les choses. »

Ce n'était toutefois pas le plus inquiétant, parce qu'Abban annonça ensuite qu'il avait rencontré Lena. Bon, alors là, ça devenait presque flippant... De quelle manière est-ce qu'ils avaient pu se rencontrer ? Ce n'était pas comme s'ils fréquentaient les mêmes univers, au propre comme au figuré. Question de curiosité... Donc Virgilio avait parlé, un peu trop, et Abban avait voulu vérifier par lui-même. C'était décidément pire que d'avoir des agents du FBI sur le dos ! Et qu'est-ce que Lena avait donc bien pu révéler à l'Irlandais ?

« Que j'ai des yeux sexy ? »

C'était tellement bizarre comme remarque que Lena pouvait très bien avoir dit quelque chose de ce genre. Mais de là à savoir ce que ça pouvait bien signifier dans sa conception du monde, c'était carrément autre chose. Cela dit, il n'en fallait sans doute pas plus pour qu'Abban se fasse à son tour des idées... Il allait falloir clarifier les choses, de manière aussi nette que possible.

« Je te l'ai dit, Lena n'est qu'une amie. Je ne vais pas nier le fait qu'elle soit mignonne mais... » Ce n'est même pas sa véritable apparence, alors est-ce que ça compte ? « Elle n'est pas Italienne, de toute façon. »

Et même pas Terrienne, en plus, mais comme Lorenzo ne savait pas ce qu'Abban pouvait savoir de tout ça, il préférait ne rien dire pour le moment. Il la trouvait chelou, ce qui laissait entendre qu'il avait déjà pu remarquer à quel point elle était différente, mais ça ne voulait pas dire qu'il savait tout.

« Je ne sais même pas ce qu'elle pourrait trouver hors du commun... Ou plus hors du commun que ce qu'on a déjà vu. Mais bon, de toute façon, je ne sais pas. Je l'aime bien. Elle est gentille, même si elle est... différente. Elle m'aide sur... certaines choses et je lui en apprends d'autres. Ce n'est pas toujours simple de se comprendre, mais voilà, elle n'est qu'une amie. Je ne la vois pas autrement, quoi que Virgilio ait pu te dire. »

Lorenzo afficha un sourire, se demandant à lui-même s'il pourrait ne serait-ce qu'envisager l'idée de quelque chose avec Lena... Elle était différente, physiquement, et elle était différente, mentalement. Elle ne voyait pas le monde comme lui et elle ne pensait pas comme lui. Elle avait sa propre conception de l'univers et une façon de réfléchir et de penser totalement inhumaine. En plus, elle n'était sur Terre que de manière temporaire, alors de toute façon... Non, définitivement, c'était impossible à concevoir.

« Pourquoi tu es allé t'imaginer qu'elle pouvait me plaire, d'ailleurs ? Et je crois que les escapades romantiques et les baisers au clair de Lune, ce n'est pas vraiment ma tasse de thé... »

Ça n'était effectivement encore jamais arrivé, même si rien n'empêchait que ça se produise un jour... Lorenzo n'en savait rien, mais ce n'était pas une raison pour l'imaginer. Ce n'était pas parce qu'il collectionnait les ours en peluche qu'il allait se comporter de cette manière... Il savait jouer de ses charmes, mais il n'était pas non plus un grand romantique.
 
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Message posté : Jeu 11 Déc 2014 - 18:24 Message
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— Ah bah ça, pour pas être Italienne, elle est pas Italienne, j’t’le fais pas dire !

Moins italiennes qu’une extraterrestre, c’était les Allemandes.

Abban écouta tout de même les justifications de l’accusé — avec une moue dubitative, comme si Lorenzo avait été en train de pédaler dans la semoule devant le tribunal, après avoir été pris la main dans le sac. Abban avait très tôt appris, à son grand désespoir, que les garçons, ça draguait les filles : il suffisait de voir la foule de crétins qui gravitaient autour de sa sublimissime jumelle. L’amitié pure et innocente que tentait de lui vendre Lorenzo ne le convainquait pas du tout.

— Hmouaaaiiis…

Un sourire amusé se dessina sur les lèvres du Passeur. Les mitraillettes russes étaient désormais bien loin.

— Bah, c’pas difficile à imaginer, sérieux. Genre c’est le truc complètement improbable.

Abban se mit à compter les bonnes raisons que Lena avait de plaire à Lorenzo sur ses doigts.

— 1. Elle est mignonne. ‘Fin, c’toi qui l’dis, j’te crois sur parole. 2. Elle t’aide. 3. Elle est différente. Différente, c’est cool. Au cas, elle a un p’tit côté, genre, flippant, puis on sait pas si elle a pas des tentacules dans la tête pour t’aspirer le cerveau, mais à part ça…

Détails que ces inquiétudes !

— … c’est quand même fun. J’veux dire… Y a plein d’meufs super chiantes, soporifiques et tout, et là, c’est quand même méga dans la nouveauté.

Évidemment, de la part de quelqu’un qui était sorti avec Wildcard, les critères de sélection d’un(e) partenaire ne pouvaient pas être « sans histoire et de bonne famille ». Abban aimait l’exceptionnel, il aimait ce qui bousculait les codes d’une société dont il avait toujours incarné la marge et c’était la raison pour laquelle il se trouvait à son aise dans le Cartel. Tout Irlandais catholique qu’il fût, Abban n’avait jamais partagé les préjugés de son milieu d’origine. Dans son cas, c’eût été de toute façon se tirer une balle dans le pied.

— 4. C’est pas simple. Tant mieux. Le simple, c’est chiant, on s’ennuie vite.

Abban baissa la main, assez fier de sa petite démonstration. Pour lui, la preuve était faite : Lorenzo et Lena, c’était une affaire en route, même si ça pouvait prendre un peu de temps. Et non, il n’était pas en train de vivre une histoire d’amour par procuration — allons donc, quelle drôle d’idée…

— Puis elle t’aime bien, elle aussi, t’vois. Des yeux sexy, j’te dis. Elle a pas tort.

Lorenzo était un joli morceau, mais Abban jugea préférable de ne pas entrer dans les détails de ses propres appréciations en la matière.

— Et pour l’coup, ça veut bien dire qu’ses critères sont pas complètement différents des nôtres. Franchement, j’suis sûr qu’t’as une touche. Ou qu’elle a une touche. Dépend comme tu vois la chose.

Lorenzo lui avait bien dit qu’il ne voyait pas la chose, justement, mais un Mac Aoidh, c’est têtu.

— Puis t’sais, les escapades et tout, ça a l’air naze quand on pratique pas, et une fois qu’on s’y met, c’pas si mal que ça.

Le sourire d’Abban s’effaça un peu, alors que ces pensées le ramenaient à une époque révolue, mais l’Irlandais n’avait pas vraiment le tempérament de ruminer le passé — ruminer le présent, c’était déjà bien assez suffisant. Alors il chassa ses souvenirs et finit par hausser les épaules.

— M’enfin, t’vois les choses comme tu veux, hein. D’façons, c’pas toi qui décides.

L’Amour est un oiseau rebelle, etc.

— C’la dit, on est d’accord, Virgilio a pas mal d’imagination, j’me suis rendu compte de ça. Il enjolive, c’est son tempérament méditerranéen.

L’Irlandais qui n’était pas le dernier pour raconter des histoires parfois curieusement rocambolesques et arranger un peu les faits avait lancé ce stéréotype avec un grand sourire faussement innocent.

— Qu’est-ce tu veux, tout l’monde peut pas avoir le réalisme, l’pragmatisme, que dis-je ? L’authenticité d’un Mac Aoidh !

Tout cela avait opportunément détourné la conversation de ses propres problèmes et Abban n’était pas pressé de l’y ramener, alors, sans laisser le temps à Lorenzo d’en placer une, il se fit fort de reprendre la conversation sur le sujet Lena.

— Bon, bref, t’es content, au moins ? C’cool d’avoir juste une amie

Genre.

— … comme ça. T’sais quoi, tu devrais l’emmener en voyage.

Dixit celui qui n’envisageait pas une seule seconde de prendre des vacances. Fais c’que j’dis, pas c’que j’fais.

— J’veux dire, OK, Star City, c’est cool, c’est pittoresque, y a plein d’trucs à voir, OK, elle a la télé et elle a l’air d’la regarder pas mal, m’enfin, y a plein d’choses à voir sur Terre. L’Italie, par exemple. T’pourrais l’emmener en Italie. J’y suis jamais allé, mais ça a l’air cool et la bouffe est géniale.
 
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