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Les drogues sont un défi à l’esprit ▬ Livia

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Message posté : Sam 27 Avr 2013 - 20:44 Message
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La seule activité régulière de Jay était de combattre au Circus. C'était devenu une habitude et le trentenaire avait du mal à s'en passer, un peu comme une drogue. Ces combats lui permettaient d'évacuer toute la colère et la frustration qu'il pouvait emmagasiner au cours de ses journées et autant dire que lorsque vous étiez un raté aussi complet que Jay, ces frustrations étaient aussi nombreuses que les poux sur la tête d'un clochard.
Ce soir ne faisait pas exception. Venu avec ses frangins comme toujours, le combattant avait décidé de prendre part à un combat à mort. Ce n'était pas tous les jours qu'il se lançait ce défi, mais de temps en temps, Jay appréciait de frôler la mort. Il avait beau se dire qu'un jour il finirait par faire bien plus que la frôler, c'était plus fort que lui, ce sentiment de danger était aussi excitant qu'un bon joint. Une drogue bénéfique en un sens, si l'on occultait le fait qu'il risquait sa peau et qu'elle finirait aussi par avoir la sienne. Chacun avait ses petits travers.

L'adversaire contre qui il était tombé était sacrément coriace. Les paris penchaient tous en sa faveur d'ailleurs, seuls quelques personnes qui appréciaient le risque - dont les frères de Jay - pariaient pour ce dernier. Mais ce n'était pas le genre de choses qui inquiétait l'américain, il se contrefoutait de savoir que tout le monde serait bien plus heureux de le voir crever à cet instant, ce qui l'intéressait c'était le combat en lui-même. Comme à chaque fois qu'il se battait, Jay essayait de se couper du public, le plus entendre les cris et se concentrer uniquement sur son adversaire. Pourtant, sans réellement savoir pourquoi, un visage dans la foule l'interpella. Celui d'une nana, une gamine peut-être bien, une gonzesse qu'il avait déjà vu plusieurs fois en tous les cas. Elle était souvent au Circus et semblait particulièrement attirée par les combats. C'était du moins toujours là qu'il la voyait : lorsqu'il était dans l'arène.
Son frangin amateur de dope lui avait brièvement parlé d'elle, c'était apparemment la gamine à la patronne - de ce qu'il avait cru comprendre - et elle vendait des saloperies à tout le monde. La drogue, Jay n'aimait pas. Ou alors seulement les trucs légers qui suffisaient à vous faire décoller un peu, mais sans vous démolir le cerveau. Déjà qu'il n'en avait pas beaucoup, s'il le flinguait avec ces conneries.... L'idée de lui causer un peu lui effleura l'esprit, avant que le poing de son adversaire ne lui frôle le visage et ne le rappelle à la réalité.

Il avait gagné son combat. Évidemment, sans quoi il ne serait plus là. Cet affrontement avait été rude, il avait pas mal de blessures, mais rien de mortel. Son attention se reporta sur la gonzesse qui le fixa un instant avant de s'éloigner, est-ce qu'elle le mettait au défi de la suivre ? Peut-être, peut-être pas, toujours est-il que le trentenaire décida d'aller la retrouver. Ramassant au passage un morceau de torchon pour essuyer le sang qu'il avait récolté – et perdu – le combattant quitta la zone où il se trouvait pour se diriger vers la zone où la jeune femme s'était éclipsée. Que comptait-elle faire ? Vendre sa connerie à d'autres ? L'idée le contraria étrangement, c'était à cause de cette garce que ses frangins avaient la cervelle complètement flinguée et qu'ils étaient dépendants de ces cochonneries. Bien décidé à mettre fin aux activités de la gamine, Jay la chercha du regard.

Elle ne se trouvait pas très loin de là, il ne lui fallut que quelques instants avant de lui tomber dessus. Elle était seule et Jay ne se priva pas de l'aborder à sa manière. Après s'être débarrassé du torchon qu'il tenait à la main en le jetant sur le côté, l'américain s'approcha d'elle avant de lui donner un – léger – coup au niveau de l'épaule. Suffisamment fort pour qu'elle comprenne qu'il n'était pas là pour déconner, mais pas assez pour lui faire mal cependant.

« Alors, tu comptes vendre ta connerie à des crétins assez cons pour te l'acheter ? » Il renifla d'un air désapprobateur, lui faisant clairement comprendre qu'il n'approuvait absolument pas son petit commerce. Se penchant légèrement vers elle, le trentenaire poursuivit. « Toi et moi, faut qu'on cause. »

Histoire d'appuyer ses dires, il lui envoya un nouveau coup au niveau de la clavicule. Toujours aussi léger, mais la pression était suffisamment forte pour être désagréable. Elle avait beau être la gamine de la patronne, Jay s'en contrefoutait. Que cette sale gosse s'imagine pouvoir se faire du fric sur le dos de ses frangins n'était pas acceptable. Il ne comptait pas lui faire arrêter totalement son commerce, après tout, les autres, il s'en foutait ! Non, ce qu'il voulait c'était qu'elle arrête d'en vendre à ses frangins.

« Va falloir arrêter de vendre tes saloperies à mes frangins, sinon je crois que ça va mal se passer entre nous. »

Elle avait vu de quoi il était capable, qu'elle soit une gonzesse n'y changerait rien. Quoique, si. Elle encaisserait beaucoup moins bien.
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Message posté : Dim 28 Avr 2013 - 11:51 Message
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Il n'y avait aucun endroit que Livia appréciait d'avantage que le Circus. Elle y avait grandis, connaissait par coeur le moindre de ses recoins. Dans ce lieu était né de secrètes ambitions, à l'instar des secrètes dépravations, au nez et à la barbe de sa mère, parfois avec sa bénédiction. Elle aimait sentir l'excitation morbide du public face aux combattants, au sang répandu, à la mort administrée avec une violence déchaînée. Et elle aimait surtout assister aux combats, se faufiler dans la foule compacte jusqu'à la barrière de sécurité, dominant le trou qui faisait office d'arène. Elle s'appuyait sur les morceaux de métal et son regard perçant fixait ses combattants favoris pour la durée de leur prestation. Généralement, ils ne la remarquaient pas au milieu de tout ce monde et c'était tant mieux. Lorsqu'ils avaient terminé, il lui suffisait de retourner à son petit trafic. Les deux poches intérieures de sa veste en cuir étaient remplies par des pax de marijuana et, parfois, de Meta-X qu'elle vendait presque à cent dollars l'unité dans ce genre de soirée. La production n'avait pas encore atteint son degré maximal, si bien qu'il était parfois nécessaire de faire des économies pour fournir les clients réguliers présents sur la liste dorée de la jeune César. Le prix était un moyen de décourager pas mal et d'orienter vers des drogues plus conventionnelles. Une poignée de main, un baiser échangé sur la joue, un rapprochement. Un billet pour un sachet plastique plein de substance illicite. Une discrétion nécessaire, car on ne sait jamais qui pouvait se trouver dans la foule. Si l'entrée était contrôlée, la sécurité n'était pas non plus infaillible. La paranoïa sauve des vies.

Ce soir, comme deux fois par semaine, les combats étaient à mort. C'étaient les jours favoris de la princesse criminelle, qui ne manquait jamais une occasion de voir un cadavre rougir le sol sableux de l'arène. Cette fascination aurait du la mettre mal à l'aise, et au fond elle savait qu'il y avait un problème avec son comportement, sans toutefois agir pour changer. Quand on est élevée au sein du Cartel Rouge, il y a forcément des séquelles. Depuis qu'elle avait tué l'un de ses anciens amis pour l'avoir trahi, une espèce de tabou s'était effondré. Elle avait connu, ressenti l'expérience. Elle se souvenait dans les moindres détails des sensations qu'elle avait éprouvé, avant, pendant et après. Depuis ce jour, elle était monté d'un cran sur l'échelle de la violence. Fermant ses paupières une seconde, elle cru bon de revenir à la réalité car la drogue ne se distribue pas toute seule. Ses poches n'étaient qu'à moitié vide, et elle devait écouler son stock, passer au coffre, avant de pouvoir profiter de la soirée. Elle slalomait entre les corps suants aux pupilles dilatées, saluait ceux qu'elle connaissait, s'arrêtait parfois pour discuter. Non loin des barrières de sécurités, une voix au micro annonça les deux prochains combattants et, reconnaissant un nom qu'elle appréciait voir se produire, elle délaissa un peu ses activités pour s'approcher et observer.

L'adversaire du jour était particulièrement grand, avec une musculature impressionnante. Visiblement il savait s'en servir et n'incarnait pas le stéréotype du balourd tout en muscle mais qui n'avait pas un neurone de fonctionnel. C'était un combat à main nue qui promettait d'être intéressant. L'affrontement était serré et la plupart des parieurs avaient misé contre Jay en pensant remporter la mise. Il avait pourtant fais ses preuves mais on le pensait incapable de vaincre un tel adversaire. Beaucoup se basaient sur le physique plus que sur les statistiques pour parier et c'était une erreur fréquente, qui avait tendance à enrichir l'entreprise familiale. Livia était mitigée, quoi que si elle avait pu parier ç'aurait été sur Jay. Une sorte de pressentiment, elle avait tendance à faire confiance à son instinct. Son regard ne quittait pas Jay, elle retenait son souffle à chaque fois qu'un coup l'atteignait et expirait à chaque fois qu'il le rendait. Au terme d'une petite demi heure de spectacle, il sortit finalement victorieux du combat, provoquant une vague de mécontentement chez les uns, et une joie intense chez les autres. Surtout du côté de ses frères, qu'elle voyait en face d'elle. Elle les gratifia d'un signe de tête.
C'est alors qu'il reprenait son souffle que Jay leva le regard vers elle. Leurs yeux se rencontrèrent, un léger sourire naquit sur les lèvres de Livia, qui disparut soudain de son champ de vision, une étincelle dans les yeux. Avait-elle envie qu'il la suive? Ou s'éclipsait-elle justement pour éviter cela? Elle n'avait rencontré qu'un seul autre combattant qui avait ses faveurs et elle avait du couper court assez rapidement. Elle se demandait si, avec celui la, les choses seraient différentes.
Jay était couvert de sueur, de sable et de sang, il respirait la sauvagerie. Se faufilant dans la foule, elle s'éloigna de la pièce principale pour emprunter un couloir où elle s'arrêta. Comme si son subconscient avait décidé pour elle. Elle avait de la drogue en poche et presque du double en argent. Elle n'avait pas peur pour sa marchandise, elle n'avait pas peur tout court d'ailleurs. En le voyant arriver, elle sentit son bas-ventre se contracter. Mais il ne l'aborda pas vraiment comme elle s'y attendait. La bousculant à l'épaule, comme un petit caïd des rues, il lui demanda si elle comptait encore vendre sa "connerie". Livia fronça les sourcils, mettant deux secondes à comprendre qu'il parlait de la drogue qu'elle avait en poche. « Chacun son job. Qu'est ce que ça peut faire? » demanda-t-elle, surprise. Le Circus était une organisation criminelle, où on organisait certes des combats clandestins mais où, parallèlement et c'était logique, la drogue circulait dans les couloirs. Livia n'était pas la seule parmi les Centurions présents à en faire le commerce. Ce soir ils étaient trois au sein même du Circus, et d'autres écumaient les clubs habituels de la ville.

La bousculant à nouveau, il l'informa qu'il voulait lui parler et manifestement ce n'était pas la discussion agréable qui aurait peut-être fini sur un rapprochement, qu'elle attendait. Déchantant, elle l'écouta lui ordonner d'arrêter de vendre de la drogue à ses frères. Livia était effectivement leur dealeuse sur place, certains tournaient avec des substances plus lourdes que le cannabis. Elle ne posait pas de questions, se contentait de donner ce qu'on lui demandait en échange d'argent. Comme elle l'avait dis, c'était son travail. « Ils ont quel âge tes frères, mon mignon? Je crois qu'ils sont assez grands pour savoir ce qu'ils veulent faire de leur fric. C'est leur problème, pas le tien ni même le mien. » Il la toisait d'un regard à glacer le sang, qui promettait que la situation dégénèrerait vite si elle ne disait pas amen à tout. Sauf que ce n'était pas le genre de Livia, de se laisser impressionner pour si peu. Elle savait de quoi il était capable, pour l'avoir vu se battre cinq minutes plus tôt et même s'il s'était rapidement nettoyé, il portait les traces de son combat, et le sang de sa victoire. C'était ces tâches, qui attirait son regard. Pourtant elle n'était pas effrayé, c'était même totalement l'inverse. Ce genre de détails l'excitait, et elle ne le cachait pas. « Et si mon business t'emmerde, t'es pas obligé de venir au Circus. Si tu respectes pas les règles de la maison, tu dégages, un point c'est tout. Ce que tu fais es pas plus glorieux que moi, quand on y regarde. Tu défonces des gueules, parfois tu tues, pour te défouler et te faire du fric. Moi au moins je leurs fais passer un bon moment... » Elle avait sortit sa tirade assez sèchement, comme exaspérée. Puis, d'un coup, elle changea de ton. Elle lui sourit, un peu aguicheuse, et retint sa main alors qu'il allait encore la bousculer. Il ne s'attendait sûrement pas à ce geste, raison pour laquelle elle avait pu y parvenir. Lui serrant le poignet, elle lui murmura: « Je crois que tu ne sais pas à qui tu t'adresses, mais comme j'aime bien ce que tu fais...On va passer pour cette fois. »
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Message posté : Dim 28 Avr 2013 - 16:12 Message
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Qu'est-ce que ça pouvait lui faire ? Elle le faisait bien rire, mais apparemment parlait sérieusement. Jay lui indiqua donc qu'elle était comme un parasite pour ses frangins, mais l'annonce ne sembla absolument pas la troubler. La jeune femme lui renvoya l'excuse habituelle en plus visage : l'âge de ses frères. Certes, ils étaient tous les trois bien plus âgés qu'elle et étaient logiquement assez matures pour pouvoir prendre des décisions seuls. Sauf que quiconque connaissait la fratrie Lane, savait parfaitement que ces trois imbéciles n'auraient pas été capables de choisir la couleur de leur bagnole seuls. Ils n'avaient aucune logique, aucune capacité de jugement et se laissaient porter par leurs envies. La drogue était addictive et ils ne se maîtrisaient pas suffisamment pour mettre un terme à leur consommation. Jay était persuadé que si son aîné avait suffisamment d'argent pour se droguer à longueur de temps, ce serait ainsi qu'il passerait toute sa courte existence ! Il fallait donc y mettre un terme, d'une manière ou d'une autre et comme l'américain avait trop de « respect » pour les siens, la solution passait obligatoirement par Livia.

La bravache gamine osa en plus lui laisser entendre qu'elle l'invitait à dégager si les règles de l'endroit ne lui convenaient pas. Ce terme le faisait doucement sourire, Gula ne lui avait-il pas dit quelques jours plus tôt, que le Circus n'avait justement aucune règle ? Chacun faisait ce que bon lui semblait et c'était là tout ce qui intéressait la plupart des personnes ici présentes. Il s'apprêta à le lui faire savoir d'une nouvelle pichenette, mais la gamine osa lui retenir la main en serrant de sa petite poigne. Même si elle avait eu une force hors du commun pour une femme, sa prise ne rivaliserait jamais avec celle des autres combattants. Espérait-elle réellement le faire arrêter ses attaques en agissant de la sorte ? Il renifla d'un air agacé, totalement hermétique à son sourire. Les gonzesses l'horripilaient trop pour qu'il puisse réagir positivement à ce type de comportement. Misogyne au possible.

« Prends-moi pour un con. J'sais que t'es la gamine de la patronne, mais j'vois pas ce que ça change à la situation. » Croyait-elle l'effrayer en lui donnant son patronyme ? « Faut savoir gamine, soit t'es la mioche d'Atia et tu vas te cacher dans ses jupes et t'arrête de jouer à la grande, sois t'es simplement une nana du Circus et tu te comportes comme une adulte. Tu peux pas être la mioche de la patronne et une gonzesse qu'on respecte. »

Pas avec lui en tous les cas. Pour le moment, il ne la voyait que comme l'emmerdeuse qui poussait son frère à se droguer toujours plus. Si elle voulait devenir le rejeton de la patronne, soit ! Mais dans ce cas leur discussion prendrait fin et il ne la verrait plus que comme une sale gosse qui courrait se planquer dans les jupes de sa mère au moindre problème. Est-ce qu'il allait chialer et se coller derrière ses frangins dès que quelqu'un le bousculait un peu ? Non. C'était pour cette raison qu'il ne respectait pas ceux qui agissaient de la sorte. Secouant brutalement sa main pour la retirer de celle de la jeune femme - le contact physique était uniquement autorisé dans les combats - il ne recula pas pour autant.

« Y'a pas de règles au Circus, tu crois que parce que tu me dis de dégager je vais te laisser tranquille ? Tu crois au Père Noël gamine. Et nous compare pas, toi et moi on a rien à voir. » Il martela cela en lui donnant une nouvelle – légère – tape sur l'épaule. « Mes frangins sont trop cons pour piger que ta merde leur défonce le cerveau et c'est pas leur fric tu vois, c'est le mien qu'ils dépensent. Alors si, ça me regarde ! » C'était l'entière vérité, il était le seul à bosser à côté et c'était ses combats qui rapportaient les suppléments. Toute cette drogue lui appartenait donc dans la logique des choses. « Si tu veux leur faire passer un bon moment, tu ferais mieux de te recycler dans un autre domaine, tu peux aussi bien écarter les cuisses pour eux, c'est moins toxique et en plus t'en profiteras même, tu vois, c'est tout bénef pour toi. En plus t'en a l'allure et le comportement. »

Venait-il de la traiter de catin ? En gros, oui. L'idée qu'elle puisse se vexer ne l'effleura même pas une seconde, au fond, il s'en fichait tout simplement. Jay avait subtilement évité de parler du fait qu'il tuait aussi sans se soucier de l'état de ses adversaires, mais c'était un petit luxe qu'il s'offrait. Le combattant se redressa pour reculer légèrement, considérant la discussion comme proche de la fin. Si elle refusait, il se débrouillerait pour qu'elle comprenne qu'elle avait tout à gagner à l'écouter et si elle acceptait, il n'avait plus rien à faire ici.

« Maintenant tu le sais, vends plus ta merde à mes frangins ou je peux t'assurer que tu ne pourras même plus espérer te recycler dans la prostitution. » À comprendre qu'il lui arrangerait le portrait à sa manière. « C'est pigé ? »

C'était une gonzesse, étrangement quelque chose lui disait que la réponse serait négative.
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Message posté : Lun 29 Avr 2013 - 14:09 Message
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Visiblement Jay pensait être dans son droit et comptait bien obtenir une promesse de la part de la dealeuse: celle de ne jamais plus fournir ses frères en drogue. S'il était venu plus calmement lui expliquer la situation, lui dire que ses frangins usaient son propre fric pour la payer, peut-être qu'elle aurait accepté de leurs refuser sa marchandise. Ou peut-être pas...Livia avait tendance à se moquer de ce que les autres pouvaient bien faire pour payer leur consommation, ou de ce qu'ils en faisaient par la suite. Ca ne la regardait pas. Si elle devait être la baby-sitter de tout le monde...Puis quoi, il était pas assez balèze pour protéger son fric? Mais visiblement il ne le comprenait pas et continuait de s'acharner sur elle, avec ses grands airs, avec la violence macabre qui se dégageait de lui. Elle sentait cette chaleur pulser contre sa peau, si près d'elle...A deux doigts de craquer. D'exploser. De l'engloutir dans un flot de douleur. Elle avait en elle une pulsion, une pulsion qui la poussait à tout faire pour que la rupture se produise. Juste pour voir. Juste par curiosité. Elle le regardait, plus préoccupé par ses gestes que par ce qu'il disait. La tension dans son corps était palpable, et l'hypnotisait. Surtout que, ce genre de discours, elle le connaissait par coeur. Tu peux pas être la fille de la patronne et la meuf qu'on respecte. Sa propre mère le lui avait déjà dis. Tu ne peux pas te reposer sur ton nom. Livia l'avait bien compris, et était arrivée à un équilibre entre les deux. Beaucoup avaient cessé de la voir comme la gamine d'Atia, car sa mère lui avait retiré sa protection quand elle avait plus ou moins onze ans. Bien sur, si on l'enlevait, si on s'en prenait à sa fille pour l'atteindre, elle allait riposter si Livia n'était pas en état de le faire, et uniquement dans ce cas. Depuis quelques années, en effet, elle attendait de sa fille qu'elle sache se défendre, qu'elle puisse infliger elle-même la punition digne d'un acte de rébellion, humilier son adversaire pour lui faire passer l'envie de recommencer. Elevée à la dure, contrairement à ce que beaucoup pensaient, son argent, son prestige, Livia l'avait acquis toute seule et c'était de notoriété publique, pour quiconque s'y intéressait. Atia n'interviendrait que si sa fille était battue, vaincue, si on la tuait, si on la mettait en prison, si on la blessait suffisamment gravement. Mais les problèmes, les guerres entre gang, la flicaille qui s'en prenait aux Centurions, tout cela, c'était à Livia de gérer. A Livia d'avoir des contacts. A Livia de se monter son propre cercle. Certes, le patronyme César en imposait, mais elle était tellement plus, depuis qu'elle avait pris la tête des Centurions...Jay faisait partie des petits cons qui la sous-estimait.
C'était comme ça qu'elle gagnait la plupart de ses batailles.

Il continuait de la bousculer, vexé qu'elle ose les comparer, lui conseillant finalement de finir pute, sans doute une carrière qui lui irait mieux, selon ses dires. Elle ne voyait pas en quoi elle pouvait bien en avoir l'allure, vu ce qu'elle portait. Elle ressemblait plutôt à une grunge, mais elle ne releva pas. Il était sûrement trop con ou trop peu au fait des cultures jeunes pour faire la différence. Ce genre d'insultes glissaient sur elle comme du beurre dans une casserole chaude, de toute façon. Si elle avait du perdre du temps à répliquer à tous les mecs qui l'avaient traité de pute...Elle y serait encore.
Il termina en la mettant en garde, comme de quoi si elle continuait à vendre de la drogue à ses frères, elle le paierait très cher. Elle imaginait assez bien ce qu'il voulait dire par la. Plus qu'un simple passage à tabac, Jay devait être le genre de gars à penser que, pour briser une meuf, il suffit de l'humilier en la violant. Il serait sûrement surpris de ce qu'elle était capable d'encaisser sur ce plan, d'ailleurs elle eu un petit sourire en coin en pensant à ses vices. « Me tente pas, tu m'excites. » répliqua-t-elle, passant sa langue sur ses lèvres, ce qui l'énerva manifestement beaucoup. Ou l'exaspéra, elle ne savait pas trop. Elle se demandait comment s'en tirer sans avoir à appeler à l'aide et donc perdre ce duel, en quelque sorte. Comme de coutume, Livia était armée de deux lames, une dans sa botte, une dans sa poche, mais les deux étaient pour l'instant inaccessible si rien ne détournait l'attention de Jay. Et elle su comment y parvenir en voyant une veine dans son cou pulser si fort qu'elle était à deux doigts d'éclater. Il était en colère, il avait le sang chaud. Il suffisait de l'énerver assez, d'éviter le premier coup...Bien sur c'était risqué, c'était même une folie, surtout qu'il pourrait quand même répliquer par la suite, la rattraper, lui faire payer. Mais elle ne voyait que cette solution pour s'en tirer avec un certain honneur. « Non plus sérieusement, t'es pitoyable, en fait, tu sais? T'es pas capable d'empêcher tes frères de te voler ton fric, alors tu viens t'en prendre à leur dealeuse, plus jeune, plus faible physiquement. Faut croire que la vraie vie c'est moins simple que dans l'arène. Quoi, quand ya plus d'un adversaire, tu flanches? J'ai ptet l'air d'une pute, mais toi, la, t'a juste l'air d'une merde. » Ce petit jeu l'amusait et la proximité du danger, comme souvent, l'excitait. Pendant sa petite tirade, elle l'avait regardé droit dans les yeux et en avait profité, ainsi, pour occuper son regard, le temps de mettre ses deux mains dans ses poches, comme pour prendre une pause plutôt nonchalante. La droite s'était déjà refermé sur son poignard. Elle se demandait où elle devait frapper exactement, si elle voulait ou non le tuer. Une montée d'adrénaline lui donna l'impression de s'envoler, et elle frissonna alors qu'elle vit le poing du combattant décoller vers son visage...
Pour frapper le mur.

Elle n'avait eu qu'à se baisser et, à portée, elle enfonça son arme dans son flanc le plus fort qu'elle pu. L'élan l'avait pas mal aidé, et elle ne s'attarda pas dans cette position. Elle sauta en arrière, trébucha, mais se retint au mur in extremis. C'aurait été dommage de gâcher un si beau mouvement. Le toisant de haut -enfin au second degré parce qu'il était vraiment plus grand qu'elle- elle lui cracha: « T'apprendra que si on me respecte ici, c'est pas parce que ma mère s'appelle Atia César. C'est parce que je suis Livia, et peu importe mon nom de famille. Je suis peut-être pas capable de gagner un combat singulier sur un plan physique, mais j'ai suffisamment de cervelle pour ne pas en avoir besoin. » La vue du sang qui gouttait lentement sur le sol contracta son bas ventre, et sa vue se troubla, alors qu'elle sentait monter en elle une sensation par trop familière. Hélas, elle n'avait pas le temps de se rouler un joint pour contenir la pulsion violente, haineuse, qui lui venait et qui pouvait lui coûter cher. La dernière fois, elle avait révélé son nom à un ennemi. En le droguant, elle était parvenue à le lui faire oublier -enfin elle le pensait puisque personne n'avait débarqué au Circus et qu'aucun autre entrepôt n'avait été attaqué- mais ce genre de faute était impardonnable. Sans parvenir à se calmer, donc, elle continua. « Alors la prochaine fois qu'il te prend l'envie de jouer à la brute avec une fille, choisis en une autre. Pauvre merde. Fils de pute. Tu traites tes frères de crétin, mais eux au moins ont le bon sens de se montrer respectueux avec leurs supérieurs. » Farouche, l'effet de surprise et la douleur devait s'être atténué, et il allait sûrement vouloir se venger. Hélas le couloir n'était pas vraiment fréquenté et s'arrêtait sur un cul de sac. Enfin, sur une porte qui menait à la remise et qui était, somme toute, un cul de sac.
C'était bien parti.
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Message posté : Lun 29 Avr 2013 - 18:05 Message
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Ce n'était qu'une stupide garce et Jay n'arrivait pas à comprendre ce qu'elle pouvait bien avoir de si intéressant aux yeux de ses frangins. Enfin si. Sa manière de tout ramener au sexe – puisque c'était le cas selon ses critères – lui rappelait Earl et sa libido incontrôlable. Nul doute que cette nymphomane devait typiquement être son type de femme. Mais na manière dont elle se comportait avait plutôt le don d'énerver Jay et il ne le cachait pas. Le combat précédent l'avait déjà bien échauffé et maintenant cette gamine lui parlait comme s'il était le dernier des demeurés. Impulsif, il l'était à n'en pas douter, mais les critiques de Livia glissaient sur lui sans le toucher. Pitoyable, navrant, débile, c'était exactement ce qu'on lui servait à longueur de temps, un peu comme elle se faisait traiter de putain en somme. Il n'y faisait plus attention et de toute manière, l'avis d'une garce ne lui importait pas. L'américain la fixait avec irritation, mais non en raison de ce qu'elle disait, simplement parce qu'elle refusait de garder sa merde pour elle. Sale teigne. C'était plus fort que lui, il fallait qu'elle ferme sa gueule et Jay ne résista pas à l'envie de lui envoyer un bon coup en plein visage.

Seulement Livia devait s'en douter, peut-être qu'elle se faisait frapper plus souvent qu'il n'y paraissait. Toujours est-il qu'elle parvint à s'esquiver et le poing de Jay frappa le mur sans qu'il ne sente quoi que ce soit. L'adrénaline et la colère avaient déclenché son don sans qu'il ne s'en rende compte, c'était le type de choses qui se produisait lorsqu'il s'énervait au point de ne plus se contrôler. La gamine s'éloigna de lui et bien qu'il avait remarqué qu'elle l'avait frôlé de près, son insensibilité ne le renseigna pas sur le fait qu'elle venait de le planter avec son arme. Connerie de don à double tranchant. L'américain pivota aussitôt pour lui faire face alors qu'elle le toisait pour l'insulter et se la jouer. Comme si elle pouvait être respectée à son âge, ce n'était qu'une gamine qui devait être sortie des jupes de sa mère depuis quelques années à peine. Pas de quoi se forger une véritable réputation. Et une fois de plus, elle lui servait le coup de l'intelligence, à croire qu'elle n'avait que ça en bouche ! Il n'était pas futé, il savait juste frapper, mais Jay en était parfaitement conscient. Si elle s'imaginait lui apprendre quelque chose, elle se plantait en beauté. Aux dernières paroles de Livia, Jay se contenta de lui décrocher un regard hostile avant de rétorquer sur un ton toujours aussi énervé que précédemment.

« Ma mère c'est pas une pute, c'est une salope : t'as pas besoin de payer pour la troncher, un peu comme toi apparemment. » Si elle comptait l'énerver en s'en prenant à sa mère, c'était raté malheureusement. « Tu t'imagines que t'es leur supérieure ? T'es encore plus conne que je le pensais, s'ils viennent te voir c'est juste parce que tu te comportes comme une pétasse et qu'ils préfèrent te reluquer que d'aller mater les autres crétins de dealers. »

C'était l'entière vérité, Earl lui avait bien dit qu'il préférait aller chez elle parce qu'elle se comportait comme une allumeuse et il venait d'en avoir confirmation. Jay s'apprêtait à approcher d'elle lorsqu'il glissa machinalement sa main sur son t-shirt pour sentir quelque chose de poisseux sous ses doigts. En baissant les yeux, il constata que son flanc était teinté de rouge et c'est uniquement à ce moment qu'il réalisa que la garce avait profité de la proximité pour le planter avec son arme. Aussitôt, il ne se contrôla plus. Se faire blesser dans l'arène par des autres combattants ne le gênait absolument pas, mais se faire planter par une petite conne avec qui il ne faisait que discuter, ça c'était typiquement ce qu'il ne pouvait pas accepter. Sa mâchoire se contracta sous le coup de la fureur.

« Espèce de salope ! »

Les mots doux fusaient entre eux. Sans lui laisser le temps se s'esquiver, il se planta sur le chemin qui menait à la seule sortie et s'approcha d'elle pour la saisir par la chevelure avant de lui tirer la tête en arrière. Au début, il n'avait absolument pas prévu de se montrer violent avec elle, mais là, c'était elle qui venait de le provoquer. Elle l'avait planté cette garce ! Cette pensée le fit tirer un coup sec que la chevelure de la jeune femme avant qu'il ne glisse sa main autour de la gorge de Livia.

« Et t'arrive encore à causer autant lorsque t'as plus d'air sale garce ?! »

Il serre, encore et toujours, maintenant la pression et l'accentuant même. Elle ne devait plus pouvoir respirer et il se fichait bien qu'elle riposte. Après quelques instants, Jay constata qu'elle risquait d'y passer s'il persistait et à contrecœur il lâcha sa gorge avant de la projeter en arrière pour qu'elle s'écrase contre le mur. Il cracha sur le côté en signe de mépris – ayant la politesse de l'éviter – avant de lâcher quelques mots.

« Ça c'est juste parce que t'es la fille d'Atia, tu vois, j'sais aussi respecter mes supérieurs. T'as beau être intelligente, si tu peux pas causer, vaut mieux savoir se battre. T'es au Circus, pas au parlement grognasse. »
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Message posté : Mar 30 Avr 2013 - 11:01 Message
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Encore des insultes, qui glissaient à nouveau sur sa peau sans même craqueler la surface de sa carapace. Livia se fichait pas mal du regard des autres tant que ses affaires tournaient et tant qu'elle avait le respect de ses Centurions. Le reste pouvait tout aussi bien se gagner par la menace, par la peur. Elle avait pour cela des amis plus que convainquant, et elle regrettait que ni Jayce, ni Tomas, ni même Suzaku ne soient présents dans ce couloir. Ils auraient mis une bonne raclée à Jay et il serait cloué au sol, la gueule en sang. Elle voyait déjà la scène, elle aurait rajouté un bon coup de doc martens en plein visage avant de poser son pied sur sa cage thoracique et lui lâcher un sympathique discours un peu humiliant, avant de se retirer en espérant qu'il ai retenu la leçon tout en restant sur ses gardes au cas où un rappel serait nécessaire. Ainsi procédait Livia, comptait sur ses deux bras armés, car elle n'avait pas le talent de sa mère pour les arts martiaux, au grand damne de cette dernière. Chacun sa méthode, elle n'en serait pas moins redoutable, avec le temps. Si Atia lui avait appris qu'il ne fallait pas accorder sa confiance et qu'il valait mieux toujours compter sur soi-même, Livia avait su s'entourer d'hommes qui ne pouvaient la trahir, car ils partageaient les mêmes vices et elle les acceptait malgré leurs tares mentales irréversibles. Elle les protégeait, et leurs offrait un moyen d'exprimer leurs pulsions sans le moindre risque vis à vis de la police. Que demander de plus?

Mais ce n'était pas ce qui importait pour le moment car aucun Centurion ne faisait mine de prendre ce couloir -et pourquoi l'auraient-ils fait de toute façon- ce qui rendait toute aide extérieure peu probable. Livia devait se démerder toute seule et c'était pour cette raison qu'elle avait poignardé Jay. Elle avait remarqué que son combat l'avait affaibli et, même si elle n'avait pas la force nécessaire pour enfoncer jusqu'à la garde un poignard dans un corps humain, une blessure supplémentaire ne pouvait être que bienvenue. La perte de sang le ferait peut-être vaciller, lui offrant une occasion de s'éclipser avant que la situation ne dégénère. Même si Livia n'aimait pas fuir, n'aimait pas perdre une partie, il était parfois plus sage, plus intelligent de tirer sa révérence, du moins temporairement. Si le cinéma lui avait appris quelque chose, c'était bien ça. Sauf qu'à la différence des méchants habituels, sa vengeance à elle serait ourdie rapidement, sans qu'aucun signe ne le laisse présager et le coup frappé serait si fort qu'elle en obtiendrait la victoire. A nouveau il l'insulta, et se précipita vers elle pour l'attraper par les cheveux. Elle ne pouvait de toute façon aller nulle part et la résistance qu'elle opposa, quoi que farouche à ses yeux, n'était que ridicule à ceux du combattant confirmé. Elle avait obtenu ce qu'elle voulait: Il était en colère, sauf qu'il n'était pas handicapé plus que cela visiblement. Glissant sa main autour de sa gorge, il se mit alors à l'étrangler.

Une autre qu'elle aurait paniqué, aurait essayé de se débattre. Mais pas Livia. Elle restait calme, et avait fixé son regard profondément dans le sien. Le truc, c'est qu'elle était habitué à ce genre d'exercice extrême, entraînée à force de coucher avec un vrai sociopathe. Alors elle emmagasinait le peu d'air qu'elle pouvait à chaque lampée, le gardant un maximum avant de l'expirer. A un moment, il se mit à serrer beaucoup trop fort, coupant l'arrivée du gaz salvateur. Cela aussi, était déjà arrivé. Elle avait déjà perdu connaissance à cause d'un étranglement prolongé et l'avait reprise en se faisant baiser. Du coup, plus qu'une façon de lui donner une leçon, ça constituait tout bonnement un préliminaire qui, pour ne pas être habituel, était tout de même fréquent. Seulement, Jay n'alla pas jusqu'à lui faire perdre connaissance, bien que des étoiles dansaient devant ses yeux. Il la lâcha, la repoussa et elle trébucha pour tomber sur le sol, à demi affalée. Elle inspira avec discrétion une grande goulée d'air, puis une autre, et serra le poing. C'avait au moins eu le mérite de la ramener sur terre. Sa pulsion commençait à refluer. « Chacun ses... » Elle avait la voix rauque, elle s'éclaircit la gorge puis reprit: « Chacun ses talents. C'est pour ça que tu resteras toute ta vie une petite frappe et moi...Pas. » Elle toussa encore, mais ne montrait aucune trace de frayeur, tout comme quand il l'étranglait. Elle était calme, et n'avait pas cessé de le regarder dans les yeux. Se redressant pour s'assoire, elle continuait de le toiser. Elle n'était pas vraiment en position de force, mais c'était ainsi qu'elle agissait toujours. « Le truc que tu comprends pas...C'est que même si j'arrête de vendre à tes frères ce qu'ils veulent, ils trouveront un autre dealer. Sûrement un autre gars, dans la rue. Un mec qui leurs vendra une came de qualité médiocre, et ils feront une overdose avec cette merde. Ou alors ils se feront arrêter par les flics, seront obligés de balancer et très vite on voudra leur peau. Tandis que moi...Moi je sais que ce que je fournis, c'est pas de la merde. Je sais aussi que les flics ne m'atteindront pas. Et comme je fais pas crédit, ils auront rien sans blé, au contraire de certains, moins scrupuleux, qui finiront par leurs casser tous les os du corps pour récupérer du fric sur intérêt. » Elle marqua une légère pause. « On appelle ça le moindre mal. Et on essaie pas te tuer le moindre mal, on se montre plutôt accommodant, avec. A défaut. » Pendant sa tirade, Livia s'était relevée. Son regard brillait, ce qui tenait d'avantage d'une excitation physique que mental. Son corps avait réagis d'instinct à ce qu'il prenait désormais comme un préliminaire. Sauf que c'était pas trop l'ordre du jour. « Mais puisque tu y tiens, on peut conclure un marché. Je m'arrange pour contrôler la consommation des gamins qui te servent de frangin, et pour être informée directement s'ils essaient de se fournir ailleurs. Toi en échange...Tu bosses pour moi. » Voila une proposition des plus inattendues, mais Livia avait ses raisons. L'air de rien la loyauté qu'il avait envers sa famille était une qualité rare. Plus que cela, sa force physique pouvait être utile, de même que sa rage lui plaisait. On n'a jamais assez de contacts de ce genre, et elle préférait le compter dans ses alliés.
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Message posté : Mar 30 Avr 2013 - 15:39 Message
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L'étranglement ne l'avait pas laissée indemne et c'était une vision qui contentait beaucoup Jay. Fermer la gueule d'une gonzesse dans son genre, c'était sans prix et il sentait encore une sensation de justice et de satisfaction l'habiter. Mais la gamine n'en avait pas terminé, elle reprenait à peine sa respiration qu'elle commençait déjà à piailler. Aussitôt, l'expression satisfaite du trentenaire se mua en une contrariée tandis qu'il la dévisageait d'un air hostile. Pourquoi tu ne fermerais pas ta gueule deux minutes ? Une prière muette et totalement inutile, elle lui balança une fois de plus une remarque en prétextant qu'elle monterait les échelons tandis qu'il restait au ras des pâquerettes. Et alors ? Jay ne visait pas les sommets, le sol lui convenait très bien et de toute manière, il n'avait pas le pied marin ou aérien. Monter dans les hautes-sphères, c'était surtout prendre le risque de trébucher et se vautrer des dizaines de mètres plus bas, il préférait sa stabilité. L'ambition, ce n'était pas son truc et il avait cessé de rêver à une meilleure vie dès qu'il avait été en âge de comprendre qu'il venait d'une famille de ratés, soit deux minutes après sa venue au monde. Peut-être que pour Livia c'était un signe de manque d'intérêt, mais il s'en contrefoutait, son but n'était pas de lui plaire.

Après s'être redressée, la gamine continua de plus bel pour lui balancer que si elle ne vendait plus rien, ses frangins iraient voir ailleurs. C'était probable, mais eux, il s'en chargerait. Les Lane n'iraient plus acheter leur drogue au Cartel et par conséquent, Jay pourrait s'en donner à cœur joie. Il avait déjà dissuadé d'autres petites frappes de vendre leur came à ses frères lorsqu'ils vivaient encore à Houston, ce n'était pas près de changer. Quant aux flics, ils se démerdaient plutôt bien à ce niveau. Puis franchement, la consommation de drogue c'était bien la dernière chose qu'ils avaient à craindre ! Avec tous les vols qu'ils avaient effectués, la fratrie Lane avait de quoi passer plusieurs années à l'ombre alors la dope, c'était le cadet de leurs soucis ! Hermétique comme à chaque fois qu'une femme essayait de le résonner, il s'apprêtait à lui tourner le dos en lui disant que la prochaine fois, il se montrerait moins accommodant, mais elle balança quelque chose qui le retint. Sur le coup, Jay crut qu'il avait mal compris. Bosser pour elle ? L'idée était si... Ridicule, qu'il avait du mal à imaginer qu'elle puisse réellement lui avoir proposé une telle chose. Il ne parvint pas à s'empêcher de rire d'un air à la fois moqueur et amusé.

« Bosser pour toi ? Et puis quoi encore ! Je fais pas dans le baby-sitting désolé. »

À la rigueur, bosser pour une gamine ne le gênait pas franchement, mais disons qu'il connaissait le groupe « d'amis » de Livia et que ce n'était pas du tout le type de personnes qu'il avait l'habitude de fréquenter. Des mioches qui jouaient aux grands, un peu comme lui lorsqu'il était encore à Houston, sauf que maintenant, il ne jouait plus dans cette catégorie. Puis il fallait avouer que le côté dévergondé de Livia l'emmerdait beaucoup lui aussi, il n'avait aucune envie de la supporter tous les jours pour se faire remballer ou parler comme s'il était le dernier des demeurés. Il avait déjà son boulot de cariste pour ça.

« Tu crois que je vais m'amuser à jouer avec toi et tes petits copains juste pour que tu me fasses cette faveur ? Tu me prends pour quoi ? Tu crois franchement que j'ai tellement de temps à perdre ? »

À ses yeux, le petit gang de Livia n'était là que pour occuper la gamine en attendant qu'elle soit capable d'assumer un rôle plus important au sein du Cartel. Le Cartel d'ailleurs, Jay n'avait pas franchement de lien avec lui, mis à part les combats du Circus, il ne se mêlait jamais des affaires de ce groupe. S'il avait accepté d'y entrer c'était uniquement parce que son aîné l'avait poussé à signer lorsque la proposition lui avait été faite parce qu'il se démerdait dans les combats. Mais franchement, se mêler davantage à la vie du Cartel ne l'intéressait pas réellement. Il toisa Livia du regard, songeant que bosser pour elle serait certainement le synonyme de moqueries quotidiennes qu'il n'aurait pas la patience de supporter. Au moins dans l’arène même si les gars ne l'appréciaient pas, ils le respectaient. Serait-ce le cas avec elle ? Il en doutait.

« Que ce soit clair, j'm'en fiche d'être un raté jusqu'à la fin de ma vie, j'rêve pas de grandeur moi. Je prends ce que j'ai et le reste, je m'en branle. » Ça avait le mérite d'être clair. « Le Cartel j'y suis juste pour le Circus, j'ai pas envie de rentrer dans vos merdes et de te devoir quelque chose. Si t'espère que je serai à ta botte juste pour que tu me fasses cette faveur, tu te fous le doigt dans l’œil et jusqu'au coude gamine. » Il souffla d'un air impatient avant d'ajouter quelques mots. « Je suis peut-être un loser, mais j'ai ma fierté, j'ai aucune envie de jouer le caniche d'une gosse pourrie et gâtée, si t'espérais que j'allais t'obéir au doigt et à l’œil en me proposant ça, tu te plantes en beauté. Je suis pas un de tes copains qui tortille du cul à la moindre attention de ta part. »

Il ne refusait pas sa proposition cela dit. Disons simplement qu'à ses yeux, les gars qui bossaient pour Livia le faisaient uniquement parce qu'elle se comportait comme une allumeuse avec eux et vu ce qu'il venait de dire, elle comprendrait certainement que lui, il s'en moquait totalement. Jay avait beau ne pas être compliqué, il avait tout de même une parcelle de fierté.
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Message posté : Mar 30 Avr 2013 - 17:00 Message
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La meneuse des Centurions s'attendait plus ou moins à ce genre de réponse. Elle ne se targuait pas de bien connaître le combattant mais se doutait qu'il ne serait pas hyper emballé par sa proposition vu la façon dont il la traitait depuis le début. Elle commençait à se demander si toute son animosité était due uniquement au fait qu'elle fournisse ses frères en drogue ou s'il y avait autre chose derrière. Il la prenait pour une gamine, et la sous-estimait visiblement. C'était le cas d'énormément de personnes, qui ne pensaient pas une adolescente de dix sept ans capable de diriger un trafic de drogue, un gang, et de s'imposer au dela de son sexe, de son âge et de son nom de famille. Elle avait pourtant mené quelques actions d'éclats, et parmi ses semblables, elle était respectée. Dans le milieu, on la connaissait, on acceptait sa suprématie et si ce n'était pas le cas, on encourait sa vengeance, on risquait de servir d'exemple pour tous les autres. Livia avait été à bonne école et ne laissait absolument rien passer. A dix sept ans, elle aurait pu avoir un casier judiciaire effrayant, si on l'avait arrêté et si elle s'était mise à table. C'était le résultat d'une éducation au sein d'un milieu criminel, d'une mère qui voulait absolument assurer la survie de leur famille, de leur entreprise. Trop jeune...L'âge de Livia était autant une force qu'une faiblesse. Elle allait encore devoir démontrer à quelqu'un que les Centurions n'étaient pas une bande de gamins pourris gâtés par leurs parents qui faisaient mumuse en attendant d'hériter du fric et des institutions, sûrement pour tout dilapider ensuite dans des soirées hors de prix. Non. Ils étaient sérieux et étaient bons dans leur domaine. Livia avait encore des choses à apprendre, comme chaque personne au cours de sa vie, même à la toute fin. Elle faisait des erreurs, elle les assumait, et tentait de les réparer dans la mesure du possible. Elle avait ses vices, ses travers, mais n'en était pas moins une fille hors du commun. Une fille à qui on pouvait donner du "chef" sans se sentir rabaissé, sans se sentir ridicule. Tout cela, elle devrait le lui démontrer, s'il daignait fermer sa gueule et l'écouter. Mais non, au lieu de ça, il préférait avouer qu'il était un raté, un loser qui ne visait pas haut dans la vie et qui se contentait de combattre, parce que ça lui rapportait des bonus financiers non négligeables ainsi qu'un petit défouloir, si pas légal, au moins plus sécurisé. Et à nouveau, elle se fit insulter. De gamine. D'allumeuse aussi. A croire qu'elle tenait ses hommes par le cul. Elle ne couchait jamais qu'avec un seul d'entre eux...Mais c'était détail. Levant les yeux au ciel, elle rétorqua: « Est-ce que tu sais au moins de qui et de quoi tu parles? Quand je t'écoute parler, j'ai l'impression d'avoir dix ans et de jouer avec un flingue chargé qui peut me péter entre les mains. » Elle n'était pas vexée, juste excédée. Elle n'avait rien à prouver à ce type, mais tenait tout de même à mettre les choses au clair.

« Qu'est ce que tu sais de moi? Qu'est ce que tu sais du gang des Centurions? En dehors, évidemment, des rumeurs que tu peux avoir entendu ou des clichés tout fait dans ta cervelle...Rien du tout, c'est bien ce que je me disais. Tu nous prends pour des gamins débiles qui jouent aux grands criminels et à qui on file un peu de boulot pour passer le temps? Tu crois que ma mère, que chacun des membres du Cartel, investirait de l'argent pour nous permettre de nous développer si on n'était pas sérieux? Tu crois quoi, que parce qu'on manque pas de blé on le jette par la fenêtre? Redescend sur terre. » A présent sur ses deux jambes, elle faisait des gestes en parlant, faisant ressortir le sang italien qui coulait dans ses veines. Non pas par colère, mais parce qu'elle parlait avec une certaine véhémence. « Depuis que je m'occupe du trafic de drogue, on a doublé les bénéfices du Circus dans ce domaine et je compte bien à ce qu'on parvienne à les tripler. Parce qu'on est peut-être jeune, mais on se sert de nos talents respectifs et de la connerie des gens, qui ne soupçonnent jamais les adolescents. On se sert de notre cerveau et, pour certains, de nos muscles. T'a envie de nous juger sur les apparences? T'a envie de croire que parce que nos parents sont riches, ont est pourris gâtés? Que parce qu'on a, pour la plupart, pas vingt ans, on est pas capable de tenir la distance? C'est ton problème, mais laisse moi te dire une chose, Jay Lane. » Elle le toisa à nouveau, droit dans les yeux, les bras croisés. « Bosser pour moi, c'est pas faire du baby-sitting et c'est pas une partie de rigolade. Si tu conviens pas, tu dégages, tout simplement. Chaque membre des Centurions, chacun des gars ou chacune des filles qui portent le tatouage, l'ont mérité. Ils ont prouvé leur talent, leur dévouement, leur implication, leur loyauté. J'ai voulu être sympas avec toi, parce que je trouve que t'a un certain potentiel même si t'a genre trois fois mon âge, que tu te comportes comme un vrai connard et que t'a pas un pet d'ambition, mais t'en prend pas à quelque chose que tu ne connais pas, que tu ne comprends pas. De quoi t'a peur? Qu'on se foute de toi parce que t'es sous les ordres d'une fille de presque dix huit ans? Tomas en a vingt et un, c'est un vrai dur, un mec dangereux comme t'en a peut-être jamais croisé. Pourtant il voit pas de problèmes à bosser pour moi. Tu sais pourquoi? Parce que moi je respecte ceux qui bossent à mon service. Parce que je les accepte comme ils sont, avec leurs qualités, leurs défauts, leurs vices. Parce qu'on est soudé, parce qu'on s'entre aide, comme une famille. Parce que y'en aura jamais un qui osera balancer un autre pour sauver sa peau. Parce que quand je suis avec eux, je sais que j'ai rien à craindre, qu'ils me protègeront non pas parce que je suis la fille d'Atia César, mais parce que je suis leur chef, leur amie, et qu'ils me respectent. »

Prise dans sa lancée, elle ne s'arrêtait plus et ne savait même pas s'il l'écoutait encore. « Et pas parce que je leurs donne mon cul, comme tu as l'air de le penser. J'aime le sexe, c'est mon droit. Je couche avec qui j'en ai envie, mais je me sers pas de ça pour m'assurer des loyautés. Si ça te gêne, je confirme, tu peux dégager et t'oublie ce que je t'ai proposé. Le truc tu vois...C'est que j'aime bien ce que tu fais. J'aime bien ta façon de défoncer la gueule de tes adversaires, j'aime bien le fait que tu ais pas vraiment une conscience à ce sujet. J'aime bien te voir couvert de sang, qu'est ce que tu veux... » Elle haussa les épaules, pas embarrassée pour un dollar et surtout d'une franchise désarmante, comme à son habitude. Livia n'avait honte de rien et ne se laissait jamais faire. Fermer sa gueule? Elle connaît même pas l'expression. « Chacun son kiffe, j'ai pas honte de le dire! Si j'veux que tu bosses pour moi, c'est parce que tu vaux quelque chose, sinon je m'embarrasserais pas, sinon j'aurais déjà hurlé depuis bien longtemps, tracasse pas que j'aurais attiré l'attention et que tu aurais payé cher de t'en être pris à moi. Sauf que ni ma mère ni personne ne saura jamais rien de ce qui vient de se passer. Parce que je vaux mieux que ça, et parce que j'ai cessé d'aller pleurer dans ses jupes depuis que j'ai plus ou moins six ans. » Depuis qu'elle s'était prise une bonne claque et avait été repoussé par sa mère, qui voulait la voir s'endurcir. Elle n'avait plus versé une seule larme devant Atia ni même émit la moindre plainte. « Et, au passage, on devrait peut-être aller voir le Doc' parce que tu saignes toujours et que j'aurais l'air un peu conne si tu te vides de ton sang pendant qu'on discute. Enfin j'dis ça, c'est toi qui voit. »
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Message posté : Mer 1 Mai 2013 - 13:44 Message
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Ce qu'elle piaillait ! Dès qu'elle commença à déblatérer ses explications, Jay décrocha. C'était typiquement le style de comportement qui avait le don de le fatiguer. Il avait une sainte horreur des monologues, ce qui était encore pire lorsqu'il était tenu par une femme. Au départ, l'américain fit son possible pour essayer de l’écouter, mais dès qu'elle commença à vouloir se justifier pour expliquer qu'elle avait mérité sa place, il détourna son attention d'elle et laissa son esprit vagabonder autour de lui. Ses justifications, il s'en tamponnait totalement. Tant mieux pour elle si tout le monde lui baisait les pieds parce qu'elle était la plus douée dans son domaine. Tant mieux si elle réussissait là où tout le monde échouait. Jay s'en contrefoutait, il ne se fiait pas aux remarques des autres pour se forger sa propre opinion, il préférait largement le voir seul. Et pour le coup, depuis le début de leur discussion Livia avait agi comme une sale gosse pourrie et gâtée à vouloir balancer qui elle était pour le faire pisser dans son froc. Elle lui apparaissait donc bien comme une gamine parce qu'elle agissait comme telle pour le moment. Si elle avait envie qu'il la considère comme une adulte – chose qui devait lui être certainement égal – elle n'avait qu'à se comporter comme telle.

Il reporta son attention sur elle et la voyait toujours bouger les lèvres dans un flot de paroles qui arrivait comme un brouhaha à ses oreilles. Pourvu qu'elle ne dise rien d'utile, parce qu'il avait décroché dès la seconde tirade ! Ce ne fut qu'après un haussement d'épaules qu'elle commença à laisser le flot de paroles se tarir. Il soupira d'un air à la fois agacé et soulagé en se disant qu'il faudrait instaurer une règle qui interdisait aux gonzesses de parler autant. Bordel, avec tout ça elle allait lui foutre une putain de migraine. L'américain détourna une dernière fois son attention d'elle avant que des paroles n'arrivent enfin à ses oreilles. Du sang ? Il en avait presque oublié cette blessure. Décidant qu'il était temps de se reconnecter à la réalité, Jay porta sa main à son flanc, il ne sentait toujours rien.

« Ouais.... J'sens rien. » Connaissait-elle la teneur de son don ? Peut-être bien, au fond il s'en fichait. « J'ai pas écouté la moitié de ce que tu racontes. Bordel, faut arrêter de piailler autant, on se croirait dans un poulailler, ça devrait être interdit de causer autant. T'as de la chance que personne ait décidé de te couper la langue pour que tu la fermes deux minutes ! »

Au moins ça avait le mérite d'être clair, elle pigerait que tout ce qu'elle venait de raconter avait été totalement inutile, mais d'un autre côté, à quoi s'attendait-elle ? Déjà qu'il avait du mal à l’écouter lorsqu'elle se contentait de lui dire quelques mots, en se lançant dans un pareil discours, il ne pigeait pas ce qu'elle cherchait. C'était con, peut-être qu'elle avait dit des trucs intéressants, mais à trop déblatérer elle noyait le plus intéressant. Jay était un homme sommaire, il ne s'emmerdait pas à essayer de comprendre et démêler un flot de paroles, il fallait aller à l'essentiel ou il se faisait chier et lâchait l'affaire, tout simplement ! Peut-être que ça lui servirait de leçon, ou peut-être bien qu'elle s'en moquait de se faire écouter et que son petit plaisir c'était de s'entendre parler. Il n'en serait pas étonné.

« Je m'en fous des preuves que tu pourrais me balancer, tu l'as dis toi-même, je suis qu'une petite frappe sans ambition et je me tamponne de ce que les autres pensent de toi. » Il essuya machinalement sa main sale sur son pantalon déjà souillé du sang de son précédent adversaire. « Tout ce que je vois, c'est que tu t'es comportée comme une petite conne qui pète plus haut que son cul avec moi et que t'as agi comme une allumeuse. T'es peut-être pas comme ça en temps normal, mais tu l'as fait été moi alors c'est tout ce que j'retiens. Si ça te plaît pas, t'as qu'à t'en prendre à toi et arrêter de me faire chier. »

Sans ajouter plus de détails, Jay se détourna d'elle. Allait-elle suivre ? Ça ne changerait pas grand-chose pour lui qu'elle le fasse ou non. S'éloignant d'un pas tranquille, il laissa son don se désactiver seul. Aussitôt, une douleur l'élança à l'endroit où l'arme l'avait entaillé, mais ce n'était rien de bien insupportable. La lame devait simplement avoir touché les premières couches de l'épiderme, rien de bien grave. Jay emprunta le couloir qui menait à « l'infirmerie » qui était plutôt un mouroir où les blessés graves en passe de crever étaient apportés. Il y avait déjà du monde et l'américain ne s'embêta donc pas. La blessure n'était pas mortelle, il attrapa un morceau de tissu propre – rapidement salit par ses mains souillées – avant de le glisser sous son t-shirt pour endiguer le sang qui coulait. C'était plutôt sommaire comme « soin », mais le Circus n'était pas une cour de récréation. Sans même savoir si Livia était là, il lâcha quelques mots à son intention.

« J'pourrais envisager de faire un essai pour voir si t'es pas aussi gamine que t'en as l'air, mais faudrait peut-être que je sache ce que t'attends de moi. Pas question que je joue à ton caniche de décoration. »

Pivotant sur lui-même, il jeta un coup d’œil derrière lui pour voir s'il ne parlait pas dans le vide.
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Message posté : Jeu 2 Mai 2013 - 14:11 Message
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Livia avait fini son monologue. Habituée à être écoutée, ne fus-ce que par politesse ou dans l'espoir qu'elle dise quelque chose de compromettant, elle ne s'était même pas rendue compte que Jay ne lui prêtait pas cette oreille attentive qu'elle espérait. Elle avait gaspillé du temps, de la salive et des calories pour rien. Il se fichait pas mal de ce qu'elle avait à dire et ne prenait en considération que ce qu'il avait pu constater par lui-même. Hors, il la voyait comme une gamine pourrie gâtée et comme une allumeuse. Si elle comprenait le second terme de par ses réactions, elle ne saisissait pas en quoi le premier était d'application. Certes, elle lui avait dis qu'il ne savait pas à qui il s'en prenait. Par la, elle voulait bien sur dire qu'elle était la fille de la patronne mais, par extension, la meneuse du gang des Centurions, une dealeuse, une fille intelligente qui avait des qualités non négligeables, de même que des amis qui pourraient lui défoncer la gueule en deux coups de cuiller à pot, s'il s'avisait de la malmener ou tout simplement qu'elle le décidait, si l'envie subite la prenait de voir du sang couler. Elle lui signifiait son nom pour être reconnue en tant qu'elle même plus qu'en tant que fille d'Atia, mais visiblement il n'avait pas saisi la subtilité, ce qui n'était pas étonnant. A sa manière de se comporter, Livia le voyait comme un balourd mal dégrossit. A croire que c'était le lot de tous les combattants du Circus. A chaque fois qu'elle se découvrait un intérêt pour leur violence, elle ne trouvait pas derrière la froide intelligence, le calcul, l'esprit torturé et malsain, qu'elle espérait y voir. Seul Tomas avait, visiblement, ces qualités ce qui expliquait sans doute leur relation privilégiée. Les autres, les gens comme Psycho, comme Jay, étaient des artistes mais manquaient d'esprit. Si elle n'avait rien contre les gens impulsifs, en revanche ce type de gars...Et bien c'était une autre affaire. A croire que leur cerveau était parti en vacance pour une durée indéterminée. Ou qu'ils n'en avaient jamais eu, dans le genre défaut de naissance on fait difficilement pire...

Il la planta gentiment sur place, pour aller à l'infirmerie du Circus, après qu'elle lui eu fait remarqué qu'il saignait et qu'il risquait peut-être de tomber la sans rien y comprendre. Livia aurait bien voulu en rester la, mais refusait à lui laisser le dernier mot, si bien qu'elle le suivit. C'était peut-être idiot, mais, à son sens, il n'avait pas à lui clouer le bec ni même à essayer. C'était elle qui décidait quand une conversation se terminait, et de quelle façon. Elle le regarda se soigner sommairement à l'aide d'un chiffon rapidement devenu crasseux. S'il n'attrapait pas une merde, genre infection, tétanos ou dieu seul savait quoi d'autre, c'est qu'il avait un bol de cocu. Pourtant elle ne dit rien à ce sujet. Chacun sa merde.
Se souvenant manifestement qu'il n'était pas seul, il se tourna vers elle et lui proposa de faire un essai, pour peut-être passer outre les apparences. Livia ne retint même pas son ricanement. « Quand je t'écoute, j'ai l'impression que tu me fais une faveur. Trop aimable... » Elle secoua la tête. Au fond, elle avait déjà pris sa décision depuis un moment. Livia n'était pas du genre à courir derrière une potentielle recrue, ni même à lui lécher le cul pour le convaincre de sa bonne foi. Ce gars n'avait pas d'argent, pas de nom, pas d'influence, il avait juste des muscles dont certes il savait se servir, mais elle ne manquait toutefois pas de gars comme lui. Il avait des valeurs, très peu mais en avait, qu'elle appréciait mais il avait commis trop d'erreurs. Il aurait du sauter sur l'offre qu'elle lui présentait, au lieu de quoi il avait préféré la prendre de haut. Tant pi pour lui. « Tu sais quoi? Moi, au final, je te rendais service en te proposant ce deal. Mais visiblement t'es pas intéressé, et honnêtement je n'ai pas de temps à perdre avec toi. Si t'a envie de penser que je suis une gamine qui a besoin d'un baby-sitter, que je suis une allumeuse, libre à toi. Tu seras pas le premier, tu seras pas le dernier. » Elle essayait de faire des phrases courtes, avec des mots pas trop compliqué, pour qu'il ne se détache pas trop rapidement. « Ceci étant dis, ma mère m'a appris un truc un jour, c'est que quand quelqu'un nous manque de respect, il est nécessaire de lui faire rapidement comprendre son erreur. » Elle lui sourit, mais ce rictus n'avait rien d'avenant. « Du coup, je te dis à bientôt, Jay. » Sauf que la prochaine fois, elle ne serait pas seule pour l'affronter. Il y verrait certainement une preuve de lâcheté, mais Livia n'en avait rien à foutre. Si le bruit courrait qu'elle avait été agressée sans répliquer, elle perdrait de sa crédibilité et cela, elle se le refusait. Ainsi, Jay ne serait rien de plus qu'une démonstration de force, un exemple, afin de faire réfléchir les prochains qui ne verraient en elle qu'une fille faible que quelques coups à l'épaule peuvent faire flancher.

L'air de rien, elle lui fit un petit signe de la main et lui tourna le dos pour s'en aller. Retourner aux activités qu'il avait interrompu, certes quelque peu frustrée mais elle saurait faire passer tout cela en temps voulu. Puis elle avait besoin d'un join et de se vider les poches. Elle n'avait jamais aimé se balader avec trop de liquides. Voyant qu'un homme d'une trentaine d'année lui faisait signe, elle sourit, un sourire commercial, et alla vers lui pour le saluer. Elle savait d'avance ce qu'il voulait, car c'était un habitué. Une première poignée de main lui donna l'argent nécessaire un paiement et, quelques mots échangés plus tard, une seconde lui offrit sa consommation. Se perdant dans la foule, Livia s'abîma dans sa routine sans cesser de penser à ce qui était arrivé, aux élancements sur son cou et à la façon dont elle ferait entrer sa leçon dans le crâne du combattant.

And that's all....?
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Les drogues sont un défi à l’esprit ▬ Livia

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