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La femme de glace, l'homme de bois et la mer.

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Message posté : Mar 5 Fév - 12:21 Message
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C’était bon de se réveiller dans des draps chauds avec un être aimé contre soi. La respiration calme et le corps immobile, Luka dévorait du regard un Dieter encore endormi. Malgré ses cernes, il semblait plus jeune et plus fragile que Klaus ne l’avait jamais été. Depuis qu’ils étaient sur ce bateau tout allait mieux, mais avant Dieter lui avait semblé souffrant comme torturé par quelque chose qu’il n’arrivait pas à exprimer, pendant plusieurs jours il ne l’avait même pas touché. Ca et d’autres choses l’avait rendu si inquiète à son sujet qu’elle avait fini par être obsédé par son étrange comportement. Plusieurs jours elle s’était demandé quoi faire pour qu’il aille mieux, elle avait fini par penser à lui montrer son bateau hyperboréen. Pour l’éloigner un peu des obligations et n’être que tous les deux. Puis ce qui ne devait être qu’un week-end c’était transformé à sa demande en vacance, elle aurait dit oui à n‘importe quoi. Aujourd’hui c’était son anniversaire et même si elle était heureuse d’être avec Dieter pour ce jour-là, cette date lui rappelait aussi que le temps passait. Son bonheur était sucré-salé, mais elle sourirait. Du bout des doigts elle frôla sa joue un peu râpeuse puis elle se leva. Sans rien enfiler sur son dos elle partit rejoindre la cuisine, une vraie cuisine qui n’avait rien à voir avec celle de son appartement à terre. Ici elle avait tout ce qu’elle voulait, elle n’avait pas à cogner chez Eliane pour cuire une tarte.

D’une armoire elle sortit une sorte de casserole où elle fit fondre du chocolat noir. Pendant que celui-ci fondait, elle coupa des bananes, des pommes et des tranches d’ananas, elle déposa ça dans trois bols et dans un quatrième mit des fraises qui avaient coûtés assez cher, mais elle avait tellement d’y goûter. D’un meuble réfrigérant elle sortit une crème chantilly qu’elle avait faite la veille. Dans deux derniers bols elle mit le sucre et le chocolat. Le bol de chocolat dans les mains elle régla sa thermorégulation afin d’éviter que le chocolat durcisse. L’ensemble de ses préparations fut posés sur un plateau et elle posa deux piques en acier pour se servir. Pour terminer elle pressa des oranges pour remplir de jus une carafe qu’elle rajouta au plateau avec deux verres. Soudain soucieuse de son apparence elle laissa le plateau un instant et se rendit dans sa salle de bain. Après rapide examen elle donna juste un coup de brosse à sa chevelure qui chatouillait à présent ses épaules et se rinça les mains. Dans la cuisine elle partit récupérer son plateau avant de rejoindre Dieter.

Il était déjà redressé sur le lit éveillé et Luka lui offrit un grand sourire sincère. Vers le pied de lit elle agita sa main et une sorte de table surgit du sol pour s’élever en lévitant jusqu’à ce qu’elle secoue sa main une seconde fois à hauteur du matelas. Elle posa le plateau dessus et se glissa pressée dans le lit. Avec tendresse elle embrassa Dieter du bout des lèvres.

- Bonjour mon amour, tu veux du… j’ai oublié ton café, désolée, souffla-t-elle avec un sourire penaud avant de l’embrasser une nouvelle fois pour se faire pardonner. Je vais le chercher.
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Message posté : Mer 6 Fév - 11:03 Message
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Le cauchemar n’était pas fini. Il ne faisait même sans doute que commencer, mais au moins prenait-il une pause pour l’heure. Ils avaient récidivé, l’avant-veille de son départ en mer : un coup dans le dos, un coup en traître, une piqûre dans le cou et il était de retour sous l’autorité absolue de ses bourreaux. Au moins n’avaient-ils plus cherché à le payer. Maigre victoire, mais victoire tout de même. Il n’arrivait pas à s’en réjouir. Cela ne changeait rien à sa situation. Ici par contre, à l’abri sur le rafiot qui avait emmené Luka sur le territoire américain, tout était différent. Personne ne pourrait l’enlever. Personne ne pourrait lui faire dire ce qu’il n’avait pas envie de dire. Ils étaient seuls, juste elle, juste lui, juste eux deux, et cela pendant deux semaines entières – deux semaines où elle n’apprendrait rien, strictement rien des activités de l’UNISON. Elle avait profité la veille qu’ils s’étaient rapprochés des côtes pour contacter ses supérieurs et poser ses congés, après quoi lui-même avait laissé un message sur le répondeur de son professeur pour prévenir qu’il n’assisterait pas au cours mais poursuivrait les exercices par lui-même. Cela l’avait libéré d’un tel poids… toutes ses barrières avaient cédé. Il s’était effondré à l’issue d’une très longue nuit, épuisé mais heureux.

Il en avait un sourire de satiété aux lèvres quand une odeur de chocolat le tira de sa torpeur. C’était quelque chose d’inhabituel pour lui, il y a encore quelques mois, une confiserie de luxe que les Feuerbach ne s’accordaient que rarement, mais il devait s’avouer, au vu de l’eau qui lui montait à la bouche, qu’il y avait d’ores et déjà pris goût. C’était le matin. Ses paupières paresseuses papillonnaient pour s’habituer aux rayons solaires qui baignaient la chambre d’une lumière chaleureuse. Sa main tâta la couche à ses côtés, mais il était seul. Logique. Le chocolat ne se fondait pas tout seul. Un gargouillis sonore lui rappela qu’il avait faim, lui aussi, et pas seulement faim de sa peau laiteuse ou de ses lèvres roses. Prenant son courage à deux mains, il prit appui sur ses coudes et se redressa péniblement pour tenter de se réveiller pour de bon. Il en était à se frictionner vigoureusement le visage quand le petit pas de son Hyperboréenne se fit entendre sur le seuil de la chambre. Il leva les yeux et cette vision réussit là où ses efforts physiques peinaient à le maintenir éveillé.

Elle était nue. Intégralement vêtue de son costume d’Ève, elle lui portait un plateau rempli de bonnes choses. Il força son regard à se fixer sur son grand sourire, mais il ne pouvait s’empêcher de penser aussi à ses seins et au duvet de son sexe. Sa propre intimité, à peine voilée d’un pan de couverture, s’en trouva agitée.

« C’est toi mon café », minaudait-il en la retenant par les épaules pour prolonger le baiser.

Une main caressante se posa sur sa joue, mais il détourna son regard amoureux pour découvrir ce qu’elle lui avait apporté – des fruits, pour l’essentiel. Il n’aurait pas été contre quelque chose de plus consistant, mais après tout aucun des deux ne travaillerait aujourd’hui et cela donnait si bon goût à leurs salives respectives. Ce jour-ci était censé être le dernier, celui où ils s’amarreraient sur une jetée mis à leur disposition à Star City pour reprendre leur vie quotidienne. Ils n’avaient même pas pris le chemin du retour, mais s’enfonçaient au contraire un peu plus à chaque fois dans les eaux chaudes du sud. Il y avait tout de même quelque chose qu’il comptait faire ce jour-là, une petite attention qui lui tenait assez à cœur pour que (oh miracle !) il ait pensé à prendre le matériel avec lui avant d’embarquer. Il se pencha alors au creux de son oreille, alors qu’elle s’apprêtait à entamer le petit-déjeuner, pour lui susurrer ces quelques mots :

« J’ai quelque chose pour toi. Ferme juste les yeux et laisse-toi faire. »

Elle obéit, à son plus grand plaisir, et quand il lui prit la main pour la relever elle se laissa guider à travers les différentes pièces du navire, jusqu’à la salle de bain. Là il l’abandonna face au miroir, la priant à nouveau de ne pas tricher, et s’absenta un instant pour aller fouiller dans sa valise. Là, soigneusement camouflé entre deux livres d’exercice, se trouvait un petit paquet de journaux dont il extirpa un magnifique pendentif en saphir. Il resta une seconde à admirer ses reflets bleutés à la lumière solaire, tentant de se rappeler comment il se mariait avec les yeux de Luka. Il le découvrirait bien assez tôt, après tout. Le sourire aux lèvres, il retourna sur ses pas pour remettre le bijou à la place qu’il n’aurait jamais dû quitter, au cou de son Hyperboréenne. D’un doux baiser dans le cou, il lui indiqua qu’elle pouvait rouvrir les yeux et clama d’une voix grave l’évènement du jour :

« Joyeux anniversaire, Sol’ukah. »

Il avait même réussi à ne pas trop écorcher la prononciation.
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Message posté : Jeu 7 Fév - 20:44 Message
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Dieter lui demanda de fermer les yeux et parce qu’elle avait une confiance absolu en son homme elle le fit sans se poser de question. Il lui attrapa la main, elle aurait reconnu la main de Dieter entre mille, quoique dernièrement grâce à ses soins sa paume s’était considérablement adoucie, mais sa pression restait la même et sa taille ne changerait jamais. Docilement elle le suivit, sans même ouvrir les yeux elle comprit ou il la menait à cause des matières sous ses pieds, des odeurs de chocolat sur le chemin et celle de leurs gels douches dans la salle de bain. Au moment où il lui demanda de ne pas tricher elle eut un petit sourire amusé. Non, non, elle ne ferait pas ça bien sûre, ce ne serait pas correct. Elle le sentit s’éloigner d’elle à cause du courant d’air qu’il provoqua. Patiemment elle l’attendit, elle était un peu impatiente de savoir ce qu’il lui réservait, mais elle était déjà heureuse qu’il n’ait pas oublié son anniversaire. Ca ne pouvait qu’être que pour ça.

Quand elle le sentit revenir, elle sourit de nouveau et quand elle sentit quelque chose glisser à son cou elle sursauta légèrement. Si c’était ce qu’elle pensait… Un baiser dans le cou lui donna la permission d’ouvrir ses yeux et elle n’hésita pas. Il était là autour de son cou, le cadeau de ses parents, son collier, son saphir… Cette petite chose qu’elle avait du sacrifier pour survivre. Sa main gauche remonta pour agripper le bout du bout des doigts. Oui c’était bien lui… Ses yeux s’humidifièrent sous l’émotion. Faisant volte-face elle s’agrippa au cou de Dieter pour l’embrasser très très longtemps tout en pleurant.

- Merci, merci, merci, pépia-t-elle le regard plein de reconnaissance. J’ai envie de te montrer quelque chose, fit-elle soudainement. Le souvenir de ses parents lui avait donné une idée.

Ce fut à son tour de lui attraper la main pour l’entrainer dans leur chambre. En entrant elle se rendit compte que malgré qu’elle y ait frôlé la mort, elle s’y sentait bien mieux que chez eux. C’était lumineux, confortable et il y faisait bon contrairement à leur appartement du centre. Doucement elle poussa Dieter sur le lit, un baiser sur le front et elle partit ouvrir une sorte de chevet. Pour éviter d’avoir les cheveux dans la bouche en mangeant, elle attrapa un élastique pour se les attacher en un chignon vite fait, puis attrapa son organiseur rangé dans le même tiroir. Sur le mur en face sur lit elle appuya sur un endroit et une sorte de tiroir s’ouvrit ou elle déposa son organiseur qui fut réintégré dans le mur, une projection d’écran apparut alors. Après ça elle rejoignit vite Dieter dans lit ou elle s’allongea sur le ventre les chevilles croisées et relevées pour faire face à l’écran. Du bout des doigts elle ouvrit un dossier à l’écran, la photo paysage d’une jeune femme aux longs cheveux blond polaire et aux yeux bleus apparut.

- C’est ma maman, fit-elle un sourire nostalgique aux lèvres avant de piquer une fraise pour la tremper dans le chocolat et le porter à sa bouche.

Ce n’était pas mauvais du tout songea-t-elle en savourant. D’un geste de doigt sec de gauche à droite elle passa après un petit moment à la photo suivante. Un homme blond entre la vingtaine et la trentaine physiquement mais au regard millénaire était assis tranquillement sur une chaise en bois. L’air faussement exaspéré l’hyperboréenne leva les yeux au ciel.

- Et là toujours aussi sérieux, mon papa. Si tu lui décroches un sourire c’est un quasi miracle, il y a qu’avec maman qu’il sourit tous le temps.

C'était de simple souvenir, mais elle avait envie de les partager avec Dieter. A défaut de les rencontrer en vrai il connaîtrait au moins leurs visages.
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Message posté : Dim 10 Fév - 12:55 Message
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Ses yeux étaient vraiment du même bleu, réalisa l’Allemand tandis qu’elle les écarquillait en découvrant son « cadeau », et ils étaient brillants d’émotion, renvoyant à l’éclat de la pierre sous les lumières hyperboréennes de l’habitacle. Il avait été bien inspiré de dépoussiérer un peu le bijou avant le départ, un toussotement d’irritation aurait pu ternir le charme de la scène. Gagné par l’euphorie de sa compagne, il commençait à laisser un sourire béat s’épanouir sur son visage quand elle se retourna d’un seul coup pour s’accaparer ses lèvres. Il y répondit avec passion, tout contaminé qu’il était par le flot d’émotion qui se déversait d’elle, mais l’élan se figea quand il sentit l’humidité de ses joues dégouliner sur les siennes. Elle pleurait. Ce n’était pas prévu et il s’en sentit toute chose. Sa main qui lui pressait vigoureusement l’épaule durant l’étreinte glissa sur ses pommettes pour éponger le trop-plein de sensibilité, mais son regard piteux était lui aussi sur le point d’éclater en larme. Il voulut ouvrir la bouche dès qu’elle la libéra, mais elle le devança en le couvrant de remerciement dont il ne savait s’il les méritait. Il la laissa faire pourtant, parce que la voir ainsi lui réchauffait le cœur. Parce qu’il ne voulait pas gâcher la scène avec ses remords ou ses regrets.

Elle était comme une petite fille quand elle l’entraîna avec lui en sautillant pour retourner dans la chambre à coucher. Elle aussi avait quelque chose à lui montrer. Elle le poussa avec tendresse sur le lit (un vrai lit ! il en avait oublié la sensation d’avoir autre chose que des ressorts dans son dos) et s’éloigna vers un meuble encastré dans le mur. Elle lui tournait le dos, de biais. Le galbe de ses cuisses rebondissait en d’adorables petites fesses, pour se prolonger avec la ligne superbe de son dos. Il déglutit. Il n’avait pas l’habitude de la nudité, en dehors des moments érotiques, mais il n’osait demander à Luka de se recouvrir. Elle était trop parfaite pour se cacher, et ils étaient trop seuls pour ne pas en profiter. Il regrettait juste que ses émois soient si difficiles à camoufler, quand lui-même ne portait même pas un caleçon.

Elle avait redressé ses cheveux, révélant l’excroissance de sa nuque. Il fronça les sourcils, songeur, en se demandant si le bijou ne lui était pas destiné lui aussi d’une quelconque manière. Il était de la même pierre que le collier, et le croissant de lune cuivré qui le surmontait lui rappelait celui qui lui décorait la cheville. Il ne pouvait détacher son regard, curieux, tandis qu’elle s’avançait vers l’avant, tirer des compartiments cachés dans la paroi apparemment lisse pour y glisser son organisateur et faire fonctionner un écran plus beau encore que celui d’un cinéma. Il sursauta, mais se détendit quand elle vint se coucher à ses côtés. Calquant ses mouvements sur les siens, il prit la seconde pique métallique et trempa un quartier de pomme bien juteux dans le chocolat, quand l’image lui apparut.

Un visage long, creusé mais d’une grande majesté. Un regard intense. Ses cheveux… il n’avait jamais vu un tel blond avant Sol’ukah, ils étaient si beaux, si longs, si fins, ils volaient dans le vent. Sa pomme en resta suspendue à mi-chemin, et il s’en fallut de peu pour qu’il laisse dégouliner le chocolat sur les draps blancs. La maman de Luka, la maman de sa Luka. Il en avait un sourire rêveur, quand l’image s’effaça pour laisser place à un très bel homme au regard dur, autoritaire. Instinctivement sa tête s’affaissa dans ses épaules, comme pris en faute sous les yeux d’un homme admirable, absolument admirable.

« Ta, ta maman… elle devait être quelqu’un d’exceptionnel pour faire sourire un homme comme ça, articula-t-il difficilement, la gorge nouée d’émotion. La mienne, je… je sais pas. Elle était toujours si dure, on était tout gamins quand le père est parti, c’était pas toujours facile pour elle. Mais ils étaient très beaux à leur mariage. (Il eut un sourire nostalgique, suivi d’un petit rire.) Moins beaux que tes parents, mais très beaux quand même. C’est dommage que je peux pas te montrer, tu verrais comme ils étaient fiers dans leurs beaux habits. J’avais une photo, mais elle est restée… là-bas. »

Là-bas, en 1941, dans les dortoirs de l’Ordre de Thulé. Cette image, il ne verrait plus jamais autrement qu’en souvenir – souvenir d’un homme qu’il avait à peine connu, d’une femme qui les avaient porté son frère et lui comme elle le pouvait, et elle n’y pouvait pas grand-chose. Il posa sa pique dans un bol et chassa cette pensée de son esprit d’un baiser sur la tempe de sa compagne. Il ne manquait plus qu’il se mette à pleurer le jour de son anniversaire !
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Message posté : Dim 10 Fév - 20:23 Message
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La photo de son père affichée elle piqua une rondelle de banane qu’elle trempa de la chantilly avant de porter le tout à sa bouche. C’était léger et frais, elle adorait. Ce soir elle avait envie de manger hyperboréen, elle avait prévu les ingrédients, du lapin, un peu de daurade, du concombre, du melon, de l’avoine entre autre. Sur le bateau il restait également quelques épices qu’elle n’avait pas pu manger pour se nourrir étant trop forte en grosse quantité, mais qui en petite dose dans un plat irait très bien. Habituellement elle ne cuisinait pas aussi sophistiqué et les ingrédients étaient un peu cher, mais c’était son anniversaire, elle pouvait se faire plaisir quand même ! Elle allait passer à la photo suivante -une photo de Sul’eika le plus ancien des membres de sa famille- quand Die se mit à parler .La tête légèrement penché vers lui elle l’écouta avec l’attention extrême qu’elle lui donnait toujours. Il lui parla de sa maman comme quoi elle devait être exceptionnelle pour faire sourire un homme comme son père. C’était vrai qu’elle avait son caractère même si personne ne semblait plus doux qu’elle au premier abord.

Mais aussi doux soit le compliment pour sa maman, la difficulté avec laquelle il s’exprimait lui comprima la poitrine et lui fit mordiller la lèvre. Il souffrait. Il vint à parler de sa mère, de son père, de la photo qu’il avait perdue et qu’il ne pourrait jamais lui montrer. Luka savait déjà que seule la mère avait élevé Dieter, Klaus lui avait déjà dit. Dieter riait en disant qu’ils étaient beaux, mais elle savait qu’il n’était pas sincère ce rire. Elle savait aussi que ce n’était pas juste la nostalgie qui le torturait ainsi, elle n’avait pas de preuve concrète, mais elle le sentait au plus profond d’elle-même. Tout comme le fait que ce n’était pas ses études le véritable problème. Comment avait-elle put y croire une seule seconde ? Il n’était jamais aussi détendu que quand il partait étudier, elle l’avait remarqué, mais elle avait tellement peur d’être la cause de sa déprime qu’elle avait dit n’importe quoi. Die lui embrassa la tempe et elle se mit à pleurer et cette fois ce n’était pas de joie. La mélancolie de Die déteignait sur elle et la quasi-certitude qu’il lui ait menti la chamboulait.

- Dit moi ce qui ne va pas Dieter, dit-elle la voix basse avant d’essayer de parler plus normalement. Et ne dit pas que ces tes cours, tu n’es jamais aussi bien que quand tu y vas je le vois. Dit-moi je t’en prie, même si c’est moi. S’il te plait explique-moi, je sais que quelque chose ne va pas, je le sens c’est comme ça. Tu sais si je pleure ce n’est pas parce que je ne peux pas supporter, c’est parce que je ne veux pas être mis de côté. Tu m’as soutenu quand je n’allais pas bien, je peux le faire aussi, je te promets je ferais tout ce que je peux, toujours, insista-t-elle en ayant enfin le courage de le fixer. S’il te plait mon amour.

Sa main s’approcha du visage de Dieter pour le frôler du bout des doigts. Le regard de Luka était suppliant. Cette fois elle voulait la vérité et pas un mensonge rassurant. Les mensonges ça portaient malheur dans un couple, tout le monde savait ça en Hyperborée.
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Message posté : Lun 11 Fév - 19:39 Message
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Pourquoi ne parvenait-il pas à cacher ses émotions ? Plein de personne le faisaient tous les jours, ça ne devait pas être si compliqué… et pourtant. Les yeux bleus de Luka se posaient sur lui et d’un seul coup elle lisait comme dans un livre ouvert. Il baissa les yeux avec une moue coupable, incertain de ce qu’il devait dire. Évidemment ce n’était pas ses cours : il avait été trop heureux d’acquiescer quand elle le lui avait demandé, mais la vérité c’était que les livres d’exercice représentaient un de ses rares moments de sérénité. Tant qu’il réfléchissait mathématique il ne pensait à rien d’autre, et ça, ça ça n’avait pas de prix. Un peu comme la caresse de ses doigts fins sur ses joues rasées de l’avant-veille, c’en était presque douloureux tellement c’était bon.

« C’est pas toi, répéta-t-il en toute sincérité en glissant sa main sur son poignet. T’es la plus belle chose qui m’est arrivée, je te le jure. »

C’était eux, avait-il envie de dire, eux et leur chantage, eux et le dilemme qu’ils lui imposaient. C’était lui, lui et sa faiblesse. C’était son égoïsme à vouloir continuer à vivre avec elle, même sur un mensonge, mais ça il ne pouvait pas le lui dire. Ça se saurait, il n’avait jamais su mentir et la première question qu’ils avaient posé, quand il s’est retrouvé à nouveau prisonnier la veille du départ, c’était s’il avait parlé à quiconque de leur rencontre. Il avait été bien heureux de ne pas avoir eu à hésiter avant de secouer énergiquement la tête. Mentir à sa Luka, c’était risquer de la perdre ; leur mentir à eux, c’était manquer de tout perdre. Y compris la vie, sa vie avec Luka.

« J’étais juste en train de penser, éluda-t-il, se redressant en position assise, j’étais juste en train de penser que je sais même pas où ma mère a été enterrée. Je lui ai même pas dit au revoir. On devait se revoir pour Noël, on rentrait toujours pour Noël et pour Pâques quand on pouvait. J’étais en train de penser qu’on a dû lui dire que j’étais mort et qu’on a même pas pu lui donner un bout de moi pour se recueillir. (Il frissonna.) C’est horrible, non ? de se dire que, que si je vis cette vie avec toi, si… si je recommence les études, si je mange des fruits au chocolat dans un joli bateau et-et crois-moi je t’échangerais pour rien au monde, je me sens tellement bien avec toi… que si je vis cette vie c’est parce que l’Ordre m’en a d’abord volé une autre. »

Au ton de sa voix il comprit que ce n’était même pas faux. Cela faisait partie de son mal-être, de ses regrets les plus égoïstes : il détestait l’Ordre, il haïssait ces gens qui lui avaient volé son frère, sa mère, son métier. L’avenir qu’il se destinait à Stuttgart avec une femme qu’il n’aurait peut-être pas aimé autant que Sol’ukah, mais qu’il aurait chéri quand même, de même les enfants qu’elle n’aurait pas manqué de lui donner. Son humanité… sa tranquillité d’esprit et son innocence. Était-ce si ingrat de sa part d’admettre que la magie lui avait apporté plus de tourments que de bienfaits ? À l’époque comme au XXIème siècle, c’était toujours des mystiques qui l’avaient le plus meurtri.
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Message posté : Mar 12 Fév - 0:58 Message
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Ce n’était pas elle, il lui jura, il ne pouvait pas lui mentir comme ça, pas avec cette lueur sincère dans le regard, non ce n’était pas possible. Elle devait le croire, lui faire confiance, comme elle n’avait toujours fait. Il lui expliqua que c’était son passé volé qui le rendait ainsi, que l’Ordre lui avait volé sa vie et c’était la vérité. Ils étaient en décalage, s’il n’avait pas été là maintenant elle se serait retrouvée toute seule. Mais il avait perdu sa vie sa mère, Klaus, elle aussi avait perdue tout ça, mais elle l’avait plus ou moins choisie. C’était sans doute ce sui faisait toute la différence. Il lui assurait qu’il l’aimait, mais l’Ordre lui avait fait tant de mal c’était intolérable. Si seulement elle avait su à l’époque elle les aurait exterminés.

De nouveau elle sentit les larmes couler sur ses joues, elle était à fleur de peau. C’était si triste. C’était sincère. Et pourtant ce n’était pas tout, sa déprime avait commencé plus tôt, il lui avait menti une fois en disant que c’était l’école, elle s’en rendait seulement compte à cette seconde. Son étrange attitude avait commencé après l’accident de voiture dont il lui avait parlé. Un accident de cet envergure ne pouvait pas le chambouler ainsi, quelque chose n’allait pas elle le savait. Son visage plongea dans ses mains, elle ne savait quoi faire, mais elle avait le pressentiment qu’il ne lui disait pas tout, aux fond de ses tripes elle le sentait.

Mais elle n’osait pas le traiter de menteur, elle ne pouvait croire qu’il avait mentit au sujet de sa mère, elle avait peur de le blesser, mais elle savait, oh oui elle savait qu’il lui cachait quelque chose et ne qu’il ne lui disait pas tout. En Hyperborée elle s’était souvent fié à son instinct, ici elle l’avait provisoirement perdu en se retrouvant immergée dans une culture différente, mais Dieter c’était différent, lui elle le connaissait bien. A son tour elle se redressa et elle le prit dans ses bras avant d’embrasser son cou.

- Die tu n’as pas besoin de me mentir, pas pour ce genre de chose, je t’aiderai à trouver la tombe de ta mère et nous irons si cela peut te faire du bien, qu’importe le prix je trouverais. Même si elle devait remettre son collier en gage, même si elle devait trouver un second job. Dis-moi toujours la vérité, pour moi il n’y a rien de pire que de ne pas savoir ce qui te fait du mal, vraiment. Quand tu souffres, je souffre. Tu es le seul en qui je peux avoir confiance véritablement, si je te perdais… non je ne préfère pas imaginer ce serait trop atroce. Si je pouvais faire souffrir l’Ordre de Thulé autant qu’il t’a fait souffrir je le ferais. Tu n’es pas un objet, lui souffla-t-elle dans le creux de son oreille sérieuse avant de poursuivre plus cajoleuse. Tu as toujours été adorable et tu es très intelligent. Bien plus que moi… Non ne dit pas que c’est faux. Je suis cultivé et c’est tout. Toi tu feras des machines volantes, car tu veux faire ça je le sais. Je demanderais à Maxime de nous emmener voler un jour, ce sera bien. Bref quoi qu’il t’arrive, quel que soit tes pensées, n’hésites jamais à m’en parler. J’ai des ressources, je ferais toujours du mieux que je peux.

Son discours était bizarre, mais elle essayait de le rassurer, mais aussi de l’interroger tout en évitant de le traiter de menteur. Elle se sentait maladroite, mais si il y avait quelque chose de plus grave et qu’il ne lui disait pas maintenant elle sentait qu’elle allait lui en vouloir. Alors elle tentait le tout pour le tout. Elle lui embrassa la tempe comme il le lui avait fait plus tôt.
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Message posté : Mar 12 Fév - 14:34 Message
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Une main lui entourait l’épaule, une autre s’était posée sur sa poitrine. Le sourire timide sur son visage n’était pas forcé quand les lèvres humides de Sol’ukah déposèrent un baiser dans son cou : il aimait ça. Il aimait sa douceur, sa passion et ses tendres attentions. Elle était si délicate, si prévenante malgré sa force surhumaine – jamais avant elle il ne s’était abandonné en toute confiance dans les bras de quiconque. Pas même ceux de sa mère. Combien de temps lui avait-elle survécu ? Depuis combien de temps ses os blanchissaient-ils dans un ossuaire anonyme ? il secoua la tête : ce n’était qu’un caprice, un caprice de plus qui en serait inévitablement suivi d’un autre. Elle le gâtait trop, ce n’était pas bien : ils ne pouvaient quand même pas retourner en Allemagne comme ça, juste pour le plaisir de fouiner dans tous les registres funéraires à la recherche d’une sépulture qui n’existait sans doute plus. Les examens d’entrée des écoles d’ingénieur étaient dans quelques mois, si comme son professeur l’affirmait il avait vraiment une chance de les réussir du premier coup il ne pouvait se permettre de se disperser. Seulement il ne s’agissait pas de ça.

Il tourna vers elle un regard interdit, un regard qui masquait sa peur sous l’incompréhension. Elle ne savait pas ce qu’elle disait. Elle ne savait pas ce qu’elle lui demandait, il se le répéta et se le répéta à l’infini, mais elle insistait si lourdement. Il tenta de rester de marbre mais ses mots le touchaient droit au cœur. Il n’était pas une chose. Il n’était pas un outil. Il se mordit les lèvres pour ne pas pleurer, pour continuer à la regarder à la dérobée, à écouter ses promesses, ses promesses d’avenir. Voler. Créer ce qui volerait un jour. Elle le connaissait si bien, peut-être mieux que lui-même, cela lui arracha un sourire embarrassé. Cela le laissa plus vulnérable que jamais à la dernière salve.

Il s’était levé d’un bond, rejetant le baiser d’un geste un peu brusque. Il lui tournait le dos. Il ne voulait pas qu’elle voit la sueur froide sur son front, ses pupilles dilatées par la peur, sa gorge qui déglutissait difficilement. Il y avait d’autres signes qu’il ne pouvait pas cacher. Le tremblement de ses jambes, le tressautement de ses épaules en faisait partie. Il avait froid, et aucun courant ne pourrait lui servir de bouc-émissaire dans cet espace clos. Il se sentait comme fiévreux mais ne couvait aucune maladie. Seule la culpabilité le rongeait.

« T’es plus en Hyperborée, lâcha-t-il d’une voix blanche en secouant la tête. Les gens sont pas tous jeunes et beaux, et sages, et généreux, s’ils se disent pas tout c’est qu’ils ont leurs raisons. La vérité c’est tellement moche. Ça fait tellement de mal. Ceux qui savent rien sont plus heureux que ceux qui savent trop, on te l’a jamais dit ? Ils vivent plus longtemps. Tu-tu les aides pas en disant tout. Tu les mets en danger. Tu peux pas tous les protéger. »

Elle ne pouvait pas le protéger. Pas comme ça, pas en lui parlant de tout ce qu’il lui arrivait, pas en le forçant à faire de même. Il ne voulait pas la voir. Il ne voulait pas la trahir. C’était le jour de son anniversaire, pourquoi est-ce qu’il fallait qu’elle gâche tout ? Il avait tellement envie que tout s’arrête, mais que pouvait-elle pour lui ? Que pouvait-elle pour lui, sinon l’enfermer à double tour dans une prison de l’UNISON ? Il n’était pas un objet. Il tenait à la vie, une vie trop fragile à son goût. Il avait des sentiments et ces sentiments le menaient à sa perte.
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Message posté : Mar 12 Fév - 15:44 Message
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Et soudain il se redressa alors qu’elle tentait de l’embrasser et cela lui serra le cœur. Et les mots qui suivirent ne firent qu’empirer son mal-être. Son regard était fixement posé sur Die, mais elle n’osait pas bouger, elle s’osait mêmepas se défendre car il n’avait pas complétement tort. Ils n’étaient pas en Hyperborée ici, elle le savait. Mais fallait-elle pour autant qu’elle cède à la barbarie ? Il parlait de ne pas tout dire au gens… Mentir était compliqué pour elle, pas impossible mais avec sa moitié elle n’en avait pas envie. Cela lui ferait vraiment bizarre. On ne lui avait jamais dit non que le savoir était nuisible, au contraire, son peuple cherchait toujours la connaissance, c’était leur destin de chercher, de comprendre et de transmettre, rien n’était plus important pour eux. Die à présent lui parlait de danger, il disait qu’elle mettait en danger les gens. Elle ne comprenait pas comment. Elle ne voyait pas de quoi elle était responsable. De nouvelles larmes se mirent à couler sur ses joues brûlantes de honte, elle détestait ne pas comprendre. Les paroles de Dieter étaient comme un message codé dont elle n’avait pas la clé. Elle se sentait risible.

Par ses ancêtres comme son amant tremblait, il tremblait comme le jour de leur rencontre. Il avait peur. Oui, c’était ça il était terrorisé. Il parlait de ses paroles dangereuses, qu’elle ne pouvait pas protéger tout le monde et il était terrorisé, Luka savait qu’elle y était presque, que si elle insistait il pouvait craquer et tout lui avouer, mais si elle faisait ça il risquait de se fâcher vraiment contre elle. Elle ne voulait pas finir fâcher avec lui, c’était horrible. Mais ne pas savoir ce qui le rendait aussi malheureux et apeuré ça la rendait folle aussi. Une nouvelle salve de sanglot lui secoua la gorge, elle devait avoir le nez et les yeux tout rouges. Elle ne savait pas ce qui serait le pire, ne rien faire, faire semblant de ne rien remarquer ou le forcer à tout avouer. Quel était le plus égoïste dans tout ça ? Elle n’en avait aucune idée. Son dernier discours était comme un aveu, il se passait quelque chose et elle comme une idiote n’était pas capable de deviner quoi toute seule.

Dans un soudain accès de pudeur elle remonta ses genoux contre ses petits seins et plongea sa tête contre ses cuisses. Les yeux fermés et songeuse elle resta immobile laissant s’installer un silence de plus en plus pesant. Ce n’était sans doute pas une bonne idée, mais elle avait trop peur pour parler. Après un moment elle ne trouva qu’une chose à dire qui ne semblait pas risquer de tout faire exploser. Sans relever sa tête, elle récita sa litanie.

- Pardon, pardon… Je savais pas, je jure, je ne voulais pas mettre des gens en danger. Je sais que je ne peux pas protéger tout le monde, je n’ai pas pu vous protéger à l’époque. Je sais, je sais, mais j’veux essayer, fit-elle sachant qu’elle était en train de déraper. J’peux pas fermer les yeux, ça te plait peut-être pas, c’est p’tete même égoïste, j’sais pas, j’suis pas parfaite, j’aimerai, j’aime pas être imparfaite. J’sais que je pige rien à ce monde, que je suis déphasée. Je ne sais pas quoi te dire. Je ne sais pas si ce que je dis est bien. Je sais pas si j’ai le droit, mais tu me fais peur. Je vois que t’as peur de quelque chose, mais je n’arrive pas à savoir quoi. J’ai pas le droit de te forcer, je le sais, bien sûre que je le sais, mais je ne sais pas si me taire est mieux. Je…

Vraiment elle racontait n’importe quoi et s’il se mettait à lui hurler dessus elle l’aurait mérité. Elle était vraiment trop naïve et elle était vraiment trop stupide. Ses larmes n’arrêtaient pas de couler, elle allait finir par se transformer en fontaine.
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Message posté : Sam 16 Fév - 0:21 Message
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Il en avait dit trop ou pas assez. Il le savait, il en était conscient, mais sa sensibilité à fleur de peau n’était pas faite pour subir une telle pression. Il craquait, ou plutôt était sur le point de craquer : dans le silence pesant de leur chambre il n’attendait que la mise à mort, le soufflet qui lui remettrait les idées en place. Il ne voulait pas que l’UNISON le prenne, il ne voulait qu’ils cherchent dans son passé, qu’ils découvrent ce qu’il avait fait. Il ne voulait pas collaborer, racheter une dette dont il n’avait jamais voulu par un travail qui le révulserait. Il voulait juste être Dieter, Dieter le menuisier, Dieter l’étudiant, peut-être un jour ingénieur. Juste Dieter et Luka. Seulement il ne pouvait plus y échapper.

Le temps s’étirait cependant, et rien ne venait. Dans son dos seul un froissement de tissu lui indiquait que son amante avait changé sa position sur le lit. Pourquoi ne criait-elle pas ? Pourquoi ne s’était-elle pas relevée le secouer comme un prunier jusqu’à qu’il lui dise tout ? Pourquoi ce silence… il déglutit difficilement, mais s’empêcha de se retourner. Si elle voulait ses réponses qu’elle aille les chercher. Il ne lui ferait pas le plaisir de l’aider à se détruire. Son poing se serrait d’une rage irrationnelle contre son inaction quand enfin elle parla.

La bouche entrouverte il l’écouta, soufflé par le ton repentant de ses paroles. Quand est-ce qu’il avait dit que c’était elle la fautive ? Tout le long, réalisa-t-il en fermant les yeux douloureusement. Il n’était qu’un idiot, un bougre d’idiot qui n’était bon qu’à blesser, qu’à trahir celle qu’il aimait. Elle était plus forte que lui. Elle était si bonne, si généreuse, si gentille, qu’y pouvait-elle s’il n’était pas à la hauteur d’une telle grandeur d’âme ? Sa gorge tremblait, c’était si douloureux d’entendre ses suppliques, ses hésitations, ses doutes. Il aurait préféré un coup de poing, un ultimatum, des menaces. C’était un langage qu’il comprenait, un langage auquel il avait appris à obéir. Là elle lui laissait la bride lâche et il ne savait qu’en faire.

Il ne savait qu’en faire jusqu’à ce qu’il entende les sanglots. Sa tête se tourna de quelques degrés sur le côté, juste assez pour apercevoir du coin de l’œil sa silhouette prostrée. Elle pleurait. Elle pleurait, comme il n’avait jamais voulu la faire pleurer. Aussitôt il détourna les yeux, mais c’était trop tard. Ses propres larmes lui montaient aux yeux. La mort dans l’âme il lui fit face pour de bon, avançant quelques pas timides jusqu’à ramper sur le lit, l’entourer de ses bras et la bercer. Il ne voulait pas la faire pleurer.

« C-c’est ton anniversaire, sanglota-t-il à son tour, secoué par la scène. Je devais te rendre heureuse, pas te faire pleurer. Je suis nul. Je suis tellement nul, Schatzle, désolé. Pleure pas s’te plaît. (Doucement il poussa son visage contre sa poitrine, où son cœur battait la chamade. Il ne pouvait masquer ses tremblements dans sa position, mais il était de toute manière trop tard pour cela.) Je m’étais promis de te donner tout ce que tu voulais aujourd’hui. S-si c’est vraiment la vérité que tu veux dis-le, je te la donne. Promis. Crois juste pas que ça va aider ou que ça va te rendre heureuse. Ça va juste rendre les choses tellement… tellement compliquées. »

Il n’arrivait même pas à déterminer à quel point, mais si c’était la seule chose qui pouvait l’apaiser il lui serait impossible de refuser. Pas ce jour-là. Pas après avoir vu ses larmes. Tant pis pour les conséquences, il lui dirait tout et ce serait fini. Tout serait fini, absolument tout. À ses traits on aurait cru qu’il avait vu la mort en face.
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Message posté : Sam 16 Fév - 15:56 Message
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Le lit s’affaissa légèrement sous le poids de Die qui la rejoignait en rampant et quand ses bras l’enfermèrent contre lui, elle frissonna un bref instant d’appréhension. Il était tellement fâché contre elle. Elle l’avait senti. De nouveau elle faillit geindre des excuses, mais son amant pleurait comme elle. Comment avait-elle put croire une seule seconde qu’il allait lui faire du mal ? C’était Dieter, pas le fou dans la ruelle qui lui avait écrasé le sein dans sa main, ni la blonde dans le musée qui lui avait pété le bras. Entre deux sanglots son Dieter s’excusait et elle se sentit encore plus bête de le faire pleurer. Les jeunes amants se sentaient bête de pleurer ainsi alors qu’aujourd’hui ils étaient tous les deux et que c’était son anniversaire. Dire qu’à peine quinze minutes auparavant elle pleurait de joie. A présent il lui suppliait de ne pas pleurer et elle aurait voulu lui faire plaisir, mais c’était trop dur. L’hyperboréenne se sentait comme déchirée. Dieter était son rocher, mais lui aussi elle était incapable de le protéger, lui aussi il lui mentait. Elle s’en voulait, mais lui en voulait aussi.

Molle comme une poupée de chiffon elle se laissa bercer, puis elle le laissa poser sa tête sur son poitrail. Instinctivement elle posa son oreille, c’était bruyant, mais aussi moite et tendre. Son bras glissa autour de sa taille et elle s’accrocha tandis qu’elle écoutait avec attention ses derniers mots. Il lui laissait le choix, un choix terrible, elle enfouit son nez contre le torse de Die pour se cacher. Elle réagissait comme une enfant face à la difficulté, sa vie n’avait jamais été aussi compliquée. Pourquoi c’était si douloureux ?

- Je veux faire le bon choix, que ceux qui me soit supérieur me guident, pria-t-elle à voix basse. Je suis peut-être naïve, mais toi aussi tu t’inquiètes beaucoup trop parfois, souffla-t-elle hésitante. Je… Je ne serais peut-être pas plus heureuse, ce sera peut-être compliqué, mais tu seras moins seul. Ça te ronge, je le vois, pardon, mais je te connais depuis plus longtemps que tu me connais.

Peut-être qu’il ne la pensait pas capable de l’aider, mais elle ne le laisserait jamais seul quoi qu’il arrive. Quoi qu’il arrive, elle le jurait sur ses ancêtres et jurer sur ses ancêtres ce n’était pas n’importe quoi, si tu te parjurais tu pouvais bien être maudit. Se moquer des morts était un sacrilège. Sans lâcher elle glissa son autre main sur la nuque de Dieter pour lui coller courageusement son front contre le sien. Regard à regard, elle ne pourrait pas se dérober et lui non plus.

- Je veux savoir Dieter, je t’en supplie.
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Message posté : Dim 24 Fév - 23:38 Message
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Dieter aurait aimé être fort. Un homme fort regardait la mort en face – lui ne pouvait qu’à peine soutenir le regard de son amante, et seulement parce qu’elle l’empêchait de se dérober. Elle avait de la poigne, plus que lui, et il en était réduit à crisper sa propre main sur la chair rose de son bras pour se donner du courage. Une autre qu’elle aurait pu souffrir d’un tel attachement, mais c’était à peine si ses ongles égratignaient la peau inaltérable de l’Hyperboréenne. Ses yeux étaient troubles et il tremblait malgré lui. Plusieurs fois il ouvrit la bouche, plusieurs fois il la referma. Ses lèvres avaient marmonné des excuses incompréhensibles, des mots d’amour dépourvus de sens, sans que sa gorge serrée ne parvienne à leur donner vie. Les vibrations se mouraient d’elles-mêmes. Sa respiration avait pris un rythme saccadé, comme un asthmatique en manque d’air. Il ne se tenait plus seulement à Luka pour se rassurer, mais s’assurer qu’elle ne le lâche pas. Qu’elle le laisse maintenant et il tombe. Il avait tellement peur qu’il n’aurait qu’une seule chance, un seul élan pour que tout s’arrête. Ensuite il ne pourrait plus.

« Y’a jamais eu d’accident, avoua-t-il d’un seul coup, sans prévenir, d’un ton aussi neutre que possible. C’était plus facile d’en parler comme si ça concernait quelqu’un d’autre. Y’a jamais d’accident, y’a jamais eu de contrat. C’était de la connerie. C’était un piège. Un-une connerie de piège, et je… et ils… ils m’ont posé des… (Les tremblements augmentaient, mais il tenait bon. Il prit pris une profonde inspiration pour s’empêcher d’éclater en sanglot. Il ne pouvait s’arrêter là.) Ils m’ont posé des questions. J’avais pas le choix, je voyais rien, je pouvais pas bouger, y’avait de la magie partout. J’avais peur, Luka. »

Sa voix prenait des accents hystériques, et soudain il n’en put plus : il brisa ses liens pour se jeter sur elle, les mains en étau sur ses omoplates, le menton par-dessus l’épaule, le nez enfoui dans ses cheveux blonds. Il avait besoin de la sentir contre lui, poitrine contre poitrine, d’éprouver son soutien et la force de son étreinte. Il avait si peur, maintenant encore.

« Faut appeler Dana, sanglotait-il avec la force du désespoir, sans pouvoir la lâcher, faut l’appeler, faut appeler Dana, faut lui dire… lu-lui dire, elle, elle est en danger. Ils savent Luka. Merde Luka, ils SAVENT. »

Ce dernier mot il l’avait hurlé, dans le silence absolu de la cabine, dans un dernier soubresaut de fureur. Ses lèvres tremblaient mais plus aucun son n’en sortait, pas même pour se plaindre. La pression de ses doigts, de ses bras se relâchait d’elle-même. Il n’avait plus même la force de se tenir. Son regard torve s’éteignit et il ne se sentit même pas partir tandis qu’il s’effondrait sur lui-même, inerte. C’était trop pour lui, tout simplement.
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Message posté : Lun 25 Fév - 1:50 Message
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Les doigts de Dieter étreignaient si fort son bras, pas assez pour lui faire du mal, mais jamais il ne s’était aussi désespérément accroché à elle. Cette peur qu’elle lui sentait était terrifiante, mais elle ne se découragea pas. De toute façon ce n’était pas à elle d’être courageuse elle le sentait bien et si seulement elle avait pu elle aurait tout donné à son tendre. Le ton presque détaché après plusieurs essais ratés il commença enfin son discours. Il lui parla d’accident, elle comprit de suite duquel il lui parlait, parce que c’était à partir de cette instant qu’il avait commencé à être bizarre. L’accident n’avait alors jamais existé, alors quoi ? Pas de contrat non plus, elle déglutit, c’était étrange, mais elle était plus inquiète que fâchée pour le moment. Les premiers mots prononcés la suite vint plus rapidement. Un piège, avec des gens lui posant des questions, lui forçant à répondre. Luka finit par comprendre, comme dans les films son Dieter avait été kidnappé mais pourquoi donc ? Pourquoi ?

Soudain Die la serra fort dans ses bras, leurs poitrines se compressèrent l’une contre l’autre. Habituellement elle aurait été excitée par ce rapprochement, mais là ce n’était pas le cas. Raide comme une planche, elle serra Dieter contre elle et caressa tendrement son dos se voulant rassurante. Pauvre Dieter, oh son pauvre Dieter et elle qui n’avait rien vu, elle qui se croyait coupable. Mais quel égocentrisme ! A présent elle le tenait aussi fort que lui le faisait. Elle ferma les yeux et écouta la fin. Dana… Elle se mit à rougir. Son amie l’avait prévenue de ne rien raconter à personne, mais Sol’ukah le soir même avait lâché à Die le secret. Maintenant des gens affreux et fous savaient. Die avait raison elle était en danger, il s’en voulait, elle le sentait, mais pourtant c’était elle la première coupable du drame. Si seulement elle avait su tenir sa langue comme lui avait demandé Dana. Die avait raison, elle était complètement naïve. Ce monde-là était plein de monstre il fallait qu’elle se le rentre une fois pour toute dans la tête. Die hurla de fureur et puis il devint mou, mou comme une poupée de chiffon. Luka n’eut aucun mal à le retenir contre elle.

- Dieter ?

Ses yeux se rouvrirent terrorisés. Il ne répondait pas. D’abord l’allonger, elle le sentait encore respirer et son cœur battait. Il n’était pas mort, tout allait bien, du moins elle l’espérait. Une fois allongé convenablement, ce dernier rouvrit les yeux et sa poitrine s’agita brusquement de soulagement. Luka s’effondra sur lui, tête contre son torse, main sur son cou et son visage, infiniment douce, infiniment aimante.

- Je t’aime et je les tuerais, souffla-elle le ton ferme. Plus jamais. Je suis désolée. Je suis là...

Elle posa ses mains à côté de son visage et s’appuya dessus pour lui baiser le front. Elle s’était déjà montrée inutile tant de fois, comment le rassurer ? Et si elle ne pouvait rien faire ? Cette éventualité la fit frissonner de la tête au pied. Ses promesses lui semblèrent tellement vaines. Ses joues s'enflammèrent. C'était tellement creux ce qu'elle disait, elle n'avait pas la moindre certitude. C’était trop compliqué ce monde, chez elle, il n’y aurait jamais eu de tel problème et à cet instant elle aurait pu lui demander de devenir son époux pour le faire sourire sans qu’elle ait l’impression de lui mentir. Doucement elle reposa sa tête et ses mains sur son torse. Ses yeux se fermèrent et elle ne savait vraiment pas quoi dire, elle qui habituellement avait toujours les mots. Le temps sur ce bateau lui sembla soudainement suspendu comme un peu de repos avant la prochaine secousse. Comment être certaine d’avoir la force de l’affronter? De nouveau elle voulait fuir, en amenant Dieter avec elle, elle aurait souhaité ne plus jamais revenir en arrière, mais ce ne serait pas une vie et elle n’était pas certaine que ça rende Dieter heureux. Son allemand avait des rêves et il avait travaillé tellement dur pour les réaliser.

- On peut partir ou affronter c'est comme tu veux. Je te suivrais n'importe où.

Elle aurait aimé dire d'autre chose, mais elle ne s'en sentait pas digne. Elle n'était pas capable d'être assez forte pour qu'il lui fasse confiance.
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Message posté : Mer 27 Fév - 1:46 Message
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Il se sentait faible, vidé. Il avait tout dit ou presque, il n’y avait plus de secret, plus de retour en arrière. À travers le brouillard de ses yeux il percevait à peine l’air scandalisé de sa bienaimée. Il était couché. Il ne savait pas trop comment il en était arrivé là mais il était couché, et bientôt Sol’ukah se coucha sur lui. Elle ne le rejetait pas, elle ne le frappait pas. La douceur de ses caresses claquait comme une gifle sur sa culpabilité, mais les larmes qui lui montèrent aux yeux trahissaient plus le soulagement que la peine. La pression retombait et soudain il réalisait combien cela le pesait. L’incertitude aussi le pesait, mais pas de la même manière : il n’était plus seul. Il sentait sa force dans la fermeté de sa voix, des paroles d’enfant, des fanfaronnades touchantes de naïveté mais soutenues par une femme capable de soulever un poids lourd à main nue. Cette force, il la sentait s’insuffler en lui par son baiser, par le contact de sa peau laiteuse contre la sienne. Il n’y croyait pas (il avait toujours été du côté des sceptiques) mais voulait y croire, parce que sans ça il n’aurait plus qu’à se laisser mourir. C’était plus rassurant ainsi.

Sa main se souleva légèrement pour étreindre mollement celle de l’Hyperboréenne sur son torse, quand à son tour elle lui laissa le choix. Aussitôt il se raidit, indécis, perdu, ébranlé à la fois par la dureté du dilemme et par… autre chose. Son ton. Les mots qu’elle avait choisis. Était-elle sérieuse ? Pensait-elle ce qu’elle disait ? Ses sourcils tressautèrent, intrigués, et sa bouche s’entrouvrit. Peut-être n’était-ce que le coup des émotions, mais il avait cru y lire une déclaration d’amour, de dévotion – de quelque chose qui dépassait la simple relation charnelle. N’importe où. Les battements de son cœur s’accélèrent et une seconde il oublia la question. Son regard absent se perdait dans ses yeux bleus. Seul le contact froid du pendentif contre sa peau parvint à le rappeler à la réalité. Recommencer ailleurs c’était s’en séparer à nouveau pour avoir une mise de départ, compter chaque sou et espérer trouver vite un travail. C’était réduire à néant tout ce qu’ils avaient accompli depuis quatre mois. C’était se laisser voler une nouvelle vie, sans avoir la certitude que la suivante serait meilleure. De rage il serra les dents et secoua lentement la tête.

« Faut prévenir Dana, insista-t-il, aphone, dans sa propre forme d’héroïsme. Faut prévenir Dana et les autres. Le musée, faut protéger le manuscrit. Faut pas les laisser le prendre. Je suis désolé. (Il déglutit difficilement, mais il avait encore quelque chose sur le cœur.) I-ils ont voulu me payer mais j’ai pas pris l’argent, je te promets, je te promets que je l’ai pas pris. Le collier il est à toi, je l’ai payé avec mon travail, et je veux que tu le porte fièrement tellement que t’es belle avec lui. J’ai jamais voulu te trahir. Je t’aime trop pour ça. Je voudrais être plus fort, vraiment. Je suis désolé. »

Il grimaçait douloureusement, mais la manière dont il lui étreignait les doigts de la main était d’une tendresse amoureuse. Il l’aimait, vraiment, et regrettait de ne pas être assez fort pour la porter comme elle le portait.
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Message posté : Sam 2 Mar - 23:55 Message
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La main de Die chemina jusqu’à la sienne et leurs doigts s’emmêlèrent en silence. Ce contact évacuait un peu la tension de tous ses secrets dévoilés. C’était terrible au fond, mais pour l’instant ça allait encore, mais quand ils allaient devoir affronter les autorités ses choses-là, elle n’était pas certaine d’avoir les épaules. Elle ne s’était jamais attiré le moindre ennui en Hyperborée, personne n’avait jamais eu à lui reprocher. Mais quelques soit le choix de Dieter elle assumerait, pour son bien. C’était comme ça. Sans se montrer pressante elle attendit sa réponse. Il décida d’affronter et dire qu’il devait la croire courageuse. Elle ne l’était pas autant que lui ou du moins pas plus ça c’était certain.

Sol’ukah n’aimait vraiment pas faire des erreurs, affronter les conséquences la terrorisait toujours. Dana, le musée, l’Unison, elle allait devoir affronter tout ça. Perdre l’amitié de Dana l’inquiétait, mais elle le méritait, elle s’était si mal comportée. Son ignorance de ce monde était une bien piètre excuse. Elle se sentit déglutir. Dieter n’avait pas fini, il lui expliqua qu’on avait essayé de le payer, mais qu’il avait refusé, qu’il avait payé son collier qu’avec son travail, il lui jura. Il n’avait même pas besoin de lui dire en réalité, elle le savait. Elle se sentit rougir quand il lui souffla qu’elle était belle. En Hyperborée elle n’était pas plus belle qu’une autre et pourtant Die parvenait aisément à lui faire croire que si. Il lui jura qu’il ne voulait pas la trahir, qu’il l’aimait, qu’il aurait aimé être plus fort et qu’il était désolé. Luka se redressa un peu et posa un doigt sur la bouche de Die.

- Je sais, je sais… Je te crois. Moi aussi j’aimerai être plus forte, on aura qu’à apprendre ensemble. Doucement elle l’embrassa, c’était tellement doux et encourageant. Tu es fort je te jure, sans toi je n’aurais jamais eu de papier et je n’aurais pas pu porter plainte, j’aurai eu le peur tous le temps. J’ai moins peur avec toi, je serai perdue sans toi, avoua-t-elle.

Rougissante elle plongea son nez dans son cou pour le masquer un peu, pourquoi était-elle si pâle ? Tout ce qu’elle disait était vrai, peut-être qu’elle l’avait déjà dit, mais qu’importe Die avait tellement tendance à se mésestimer, que lui rappeler à quel point il lui était indispensable ne ferait pas de mal. Elle se redressa sur ses genoux et changea de programme sur l’écran, elle calcula rapidement une trajectoire puis s’allongea de nouveau contre Die. Comme un serpent elle enroula ses bras autour du sien.

- Dans 53 minutes on abordera une côte, je préviendrais l’Unison promis.

Ses lèvres se posèrent sur son épaule. De nouveau un silence, c’était si grave, elle s’en voulait tellement de n’avoir rien vu ou surtout rien compris, elle avait l’impression d’être indigne, d’être une mauvaise compagne. Ses parents se comprenaient tellement bien. Elle ne savait pas quoi faire, mais l’immobilisme l'effrayait encore plus que de se tromper.

- Que veux-tu faire ? glissa-t-elle la voix chevrotante. Je ferais tout, ce qui me rendrais heureuse pour mon anniversaire, je te jure que c’est vrai, c’est que tu le sois.
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La femme de glace, l'homme de bois et la mer.

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