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Tout se paie un jour

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Message posté : Jeu 31 Jan 2013 - 18:44 Message
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Les gongs étaient bien placés. Il le savait déjà, mais par acquis de conscience il avait pris son mètre pour vérifier. Tout s’encastrerait à merveille. Il se surprit à laisser courir distraitement ses mains calleuses sur l’ossature de bois, flattant amoureusement les rebords soigneusement sculptés dans un style classique, épuré, noble à bien des égards. C’était du bon boulot, quelque chose dont il pouvait être fier. Cela lui avait demandé un peu d’imagination et pas mal d’esquisse, mais il était arrivé à un résultat plus qu’acceptable. Il lui suffit de prendre un peu de recul pour en convenir : à un ou deux détails près (il avait dû adapter les dimensions de l’encadrement supérieur à la disposition des lieux), son ouvrage était une réplique fidèle de la photographie fournie par les Newman. Il ne lui manquait plus que les dernières finitions. Il les avait déjà préparées et même fait livrer par un confrère contre rémunération. Les planches qui compartimenteraient les espaces de rangement, les deux tiroirs, et enfin et surtout la porte. Si l’encadrement s’était présenté comme un casse-tête technique, c’était avec elle qu’il avait pris le plus de plaisir. Le bois était d’excellente qualité, un parfait équilibre entre souplesse et solidité, et le modèle demandé était d’un bon goût incontestable.

Il était en train de la déballer, vérifiant scrupuleusement qu’aucun à-coup n’avait altéré son œuvre, quand le tempo d’une musique classique lui fit lever la tête. C’était son téléphone, qu’il avait laissé dans sa veste, posée sur une chaise un peu plus loin. Interrompant pour l’heure ses activités, il se précipita vers le mobile et jeta un œil sur l’écran. Il ne connaissait pas le numéro, mais il n’y répondit pas moins de son ton le plus formel.

« Feuerbach ? », se présenta-t-il, une nuance d’hésitation dans la voix.

***
C’était pour un nouveau contrat. Un homme répondait à l’une de ses petites annonces, apparemment assez riche, il voulait un lit sur-mesure pour la résidence secondaire qu’il venait d’acquérir dans le Marina. Lui qui s’était promis de freiner sur les contrats pour se concentrer sur ses cours, Dieter devait admettre que celui-là était particulièrement alléchant et les délais exigés plutôt raisonnables. C’était presque trop beau pour être vrai – presque parce que le client voulait le rencontrer dès le lendemain, jour qu’il avait déjà prévu de consacrer à Luka pour un pique-nique dans les collines au sud de la ville. Une journée merveilleuse, dont il gardait un souvenir enchanté tandis qu’il descendait maintenant les rues bordées de villas cossues de ce quartier du bord de mer.

M. Aorrel l’attendait devant le numéro 16, comme convenu. Nonchalamment appuyé contre sa voiture de luxe, ce grand blond, fin, habillé de vêtements classiques, présentait plutôt bien, si ce n’était la teinte inquiétante que prirent ses yeux quand il croisa le regard de Dieter. C’était un sorcier. Il en croisait parfois dans cette ville, mais il n'aimait jamais vraiment. De toute manière il était trop tard pour reculer, alors l’Allemand se contenta de serrer les dents tandis que l’autre éteignait vivement sa cigarette industrielle. Une poignée de main, cordiale, fut échangée, et on l’invita à rentrer pour discuter affaire.
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Message posté : Ven 1 Fév 2013 - 10:10 Message
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Deux écrans étaient allumés, ainsi elle pouvait surveiller l’homme dans son entièreté physique ou simplement son visage. Juste le nécessaire pour surveiller qu’il ne fasse rien de ses pieds et de ses mains, juste assez pour pouvoir scruter ses émotions. Eve ne pouvait s’empêcher de trouver des allures de rats à sa victime, pas forcément très gros, ni très beau, les cheveux fillasses, le teint relativement terne, toujours aussi soumis, mais peut-être dormait-il encore. Elle allait devoir vérifier. Sa petite tête d’ange se pencha sur un micro ou elle s’exprima sans la moindre trace d’hésitation.

- Etes-vous réveillé Monsieur? fit sa voix transformée en une plus mature par l’ordinateur.

Son regard s’attarda une derrière fois paranoïaque sur les mesures déployées pour garder leur prisonnier. Sur les vidéos qu’Eve avaient visionnées l’homme avait un pouvoir très semblable à l’ombre de l’avis à tous, elle en avait donc conclu qu’une absence de d'ombre suffirait à le garder en place. La pièce était donc vide et sérieusement éclairée et son homme se trouvait attaché cotre le mur debout. La pauvre chose n’avait le droit qu’à son ombre et à un confort sommaire. Ses yeux étaient bandés par mesure de discrétion et de sécurité.

- Est-t-il réveillé ? demanda-t-elle hors micro. Si il ne donne pas signe de présence d’ici trente secondes, réveillez le avec votre talent Hugo je vous en saurais gré, fit-elle un brin moqueuse.
- Il l’est, répondit calmement l’homme qui avait donné rendez-vous à leur client.

Hugo était grand et fin, il ressemblait à une asperge, blond aux yeux bleus Eve s’était dit qu’il conviendrait parfaitement pour accueillir un nazi. Il ressemblait à un aryen. Ses convictions avaient peut être évolué depuis son retour, mais elle n’en savait rien et ça coûtait rien. Comme la clope ça ne coûtait pas grand-chose et ça donnait un air décontracté à Hugo qui était habituellement raide comme un I. L’homme en face d’elle donna finalement signe de vie. La vampire activa de nouveau le micro pour poursuivre l’interrogatoire.

- Avez-vous une vague idée de la raison de votre présence ici ? demanda-t-elle avant de désactiver le micro pour se tourner vers son apprenti. Surveillez ses pensées et répétez-moi tout.

Quelle chance de fou que son maître de chantier Dieter Feuerbach ait été un fuyard de l’Ordre de Thulé. Il lui était tombé tout cuit dans le bec, elle n’avait presque rien eu à faire mis à part en arrivant tomber sur son nom en consultant les dossiers de Star City. Bien sûre elle avait dû aussi demander des informations complémentaires sur sa nouvelle vie à une équipe d’infiltration. Mais au fond ce n’était pas grand chose, elle avait vraiment beaucoup de chance.
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Message posté : Ven 1 Fév 2013 - 13:34 Message
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Discuter affaire. C’était la dernière chose dont il se souvenait distinctement : M. Aorrel avait parlé de discuter affaire. La suite n’était qu’un magma flou de douleur et de sensation bizarre. Sa tête lui tournait. Elle pesait lourd sur ses épaules, mais bien moins que son corps courbaturé de part en part. Il ne lui obéissait plus, pas même pour le retenir quand il s’était effondré tête la première contre le parquet, pas même pour frissonner quand il avait senti des mains le manipuler dans son dos. Une voix lui avait susurré à l’oreille de s’endormir, sans autre effet cependant que de lui révulser les yeux. Une aiguille s’était plantée dans son cou, et le monde était devenu noir.

Lorsqu’il émergea, un battement de cil plus tard ou du moins en avait-il l’impression, tout avait changé. Il faisait toujours aussi noir, sa tête pesait toujours aussi lourd et son corps l’élançait douloureusement, mais les lieux n’avaient plus rien en commun avec le hall d’entrée d’une villa de luxe du Marina. Ils étaient « chargés ». L’air charriait des résidus de magie qui lui brouillaient les sens, ou du moins son dernier, celui qui s’activait en présence de quelqu’un de différent. Une sangle lui contractait le thorax, le maintenant debout contre un mur glacial qui lui torturait le dos. C’était à peine s’il avait la place pour respirer. Des démangeaisons aux extrémités (mains et pieds) lui indiquaient qu’elles avaient subi le même sort. Seule sa tête pendait lamentablement, de biais, le menton presque sur la poitrine. Le poil dru d’une barbe naissante raclait ses vêtements à chaque inspiration. Au moins n’était-il pas nu. Quelque chose lui obstruait la vue, sans doute un bandeau. Il en sentait le poids sur son nez.

Une voix, mécanique, inquiétante, brisa le silence qui régnait jusqu’alors. Une seconde il se pétrifia, la peur au ventre, mais on ne faisait que lui demander s’il était réveillé. Il avait donc dormi. C’était étrange, il ne s’en souvenait pas. Tout se brouillait dans sa tête. C’était comme s’il avait manqué une étape importante. Était-il vraiment éveillé, ou rêvait-il encore ? Sa nuque ankylosée lui faisait si mal, ce ne pouvait n’être qu’un cauchemar. Sa gorge tressaillit dans un vilain gargouillis et il fit basculer bougonnement sa tête de l’autre côté, mais il n’osa se manifester plus. Il aurait voulu se masser l’épaule, pour soulager le nœud qui s’y formait, mais la sangle le rappela vite à l’ordre.

Une seconde question suivit, et cette fois c’est son corps tout entier qui tressaillit. Qu’est-ce qu’il foutait là ? il aimerait bien le savoir. Non, en fait il n’était pas sûr de le vouloir. Il n’aimait pas ce qu’il sentait. Cela remuait bien des mauvais souvenirs. Cette salle. Cet homme. Leur aura. Ses lèvres tremblaient, mais aucun mot ne sortait de sa bouche. Il haletait, cherchait à se souvenir de comment il était arrivé là. Il devait venir pour un contrat. L’offre était intéressante, il ne pouvait pas refuser, il en avait besoin de cet argent, pour les études, et le collier de Luka, et… et il avait pensé pourtant que c’était presque trop beau, que ça s’enchainait si bien, que ça correspondait tellement à ses attentes. Quand est-ce que cela avait dérapé ? Quand est-ce qu’il aurait dû fuir ? Il avait bien tiqué en voyant les yeux de son futur client, mais il avait eu ce même rejet pour d’autres avant cela et personne ne l’avait enlevé jusqu’à présent. Une pensée le traversa qu’ils avaient juste cherché un naïf pour servir de sacrifice à un rituel maléfique. Ses jambes se contractèrent pour s’empêcher de se souiller, et il chassa l’horrible vision en secouant vivement la tête en signe de négation. Il préférait encore n’avoir aucune idée que celle-là.
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Message posté : Ven 1 Fév 2013 - 15:05 Message
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Cet homme n’était pas Nacht-Krieger, elle le savait ce n’était qu’un disjoncteur magique, un disjoncteur magique cependant qui avait traversé le temps et qui avait pour compagne une mystérieuse jeune femme agent à l’Unison. Eve avait deux buts très simples concernant cet homme, un vérifier s’il était un danger et si c’était le cas l’éliminer ; deux s’il était inoffensif l’utiliser. La réponse –ou plutôt la pensée- qu’il allait avoir à sa seconde question serait déterminante concernant son sort. Son ancien maître de chantier secoua négativement le chef, Eve leva ses yeux bleu marine vers Hugo le regard interrogateur.

- Il pense qu’il voulait juste pouvoir payer un collier à sa copine et ses études. Il se dit qu’il a été naïf. Il croit qu’il va servir de sacrifice humain, s’esclaffa Hugo avant de s’allumer une nouvelle cigarette. Il est mort de trouille.
- Rien sur l’Ordre de Thulé ou Shadow ? insista Eve sans le moindre sourire.
- Nada.

Eve pencha un instant la tête songeuse. Le sacrifice humain s’il se révélait inutile serait bénéfique car il éviterait du gâchis. D'une pierre deux coups, l’éliminer et réaliser un rituel. Mais pour le moment aucune de ses pensées ne la prédisposait à le sacrifier, elle ne le tuerait pas à la légère, il lui était bien plus utile vivant sur mort. Cependant elle devait être certaine de ne prendre aucun risque. Commettre des erreurs et mettre en danger l’organisation ne faisaient pas parti de ses droits.

- Il y’a autre chose d’assez bizarre déjà que tout à l’heure il a résisté à mon sort et là il ressent la magie. Il sait que nous pratiquons de la magie ici, il savait que j’étais un sorcier.
- Ah, fit sobrement Eve

C’était un peu intéressant, mais pas assez pour qu’elle le garde en vie si il en savait trop. Le garder en détention tout en l’utilisant serait monstrueusement compliqué à mettre en œuvre, beaucoup trop. La femme-enfant ratura une première question sur un calepin, gardant ses pensées pour elle-même elle passa à la seconde celle qu’elle avait prévu si aucun risque ne semblait finalement avéré.

- Savez-vous qui vous a invoqué et où ? souffla Eve dans le micro avant de le couper à nouveau.

En rien Eve ne précisait que c’était eux qui l’avaient invoqué, précisément pour le faire douter, n’être certain de rien. A vrai dire formulé ainsi elle pouvait n’être aussi bien qu’une organisation concurrente ayant eu vent de sa fuite et retrouvé avant leurs ennemis. Elle donnerait le moins de matière à son prisonnier, car même s’il avait l’air un peu naïf, l’objectif final de sa mission était trop attrayant pour faillir à cause de trop d'assurance.
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Message posté : Ven 1 Fév 2013 - 17:03 Message
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Un moment on le laissa mariner dans ses doutes, le cœur battant, les tripes nouées de trouille. Quelques gouttes de sueur perlaient sur son front, et il ne pouvait pas même les essuyer. Il se sentait moins que rien, moins qu’homme, moins qu’animal, incapable de bouger, de se débattre ou même d’anticiper sa fin prochaine. L’ombre elle-même semblait l’avoir abandonné. Il ne sentait pas sa texture familière, refuge de dernier recours qu’il n’utilisait pour ainsi dire jamais mais qui avait le don de le rassurer par sa seule existence. Il se sentait nu, faible, à la merci de ses bourreaux. Tout ce qui lui restait c’était la vue. L’autre vue. Celle qui s’affinait peu à peu tandis que ses autres sens s’engourdissaient. Un fugace instant, il crut sentir quelque chose l’effleurer, d’un toucher aussi léger qu’une plume. C’était juste avant que la voix reprenne son interrogatoire, affolant encore plus son esprit déjà au bord de l’explosion.

Invocation ? Pourquoi est-ce qu’elle parlait d’invocation ? Il songea au rendez-vous fixé par M. Aorrel au seize, Magnolia Street, mais il ne savait même pas si ce grand blond qui l’avait accueilli s’appelait bien Aorrel, et encore moins si cette maison était bien sa maison. Il avait ouvert la porte et… mais non, ça n’avait aucun sens, ils savaient tout ça. Pourquoi est-ce qu’ils posaient toujours des questions dont ils connaissaient déjà la réponse ? Qu’est-ce qu’ils lui voulaient ? Pourquoi lui, pourquoi toujours lui ? Qu’est-ce qu’il avait de si particulier à la… et soudain le mot « invocation » prit tout son sens.

Ils savaient. Ils ne l’avaient pas pris par hasard, ils savaient qu’il n’avait pas sa place dans ce monde, que quelqu’un l’avait rappelé des ténèbres où il errait sans but. Son visage perdit instantanément le peu de couleur qu’il lui restait. Avec le temps il avait fini par oublier, par occulter cet étrange intermède, par se convaincre que si on ne l’avait pas retrouvé depuis le temps, c’était peut-être que jamais on ne le retrouverait – et puis soudain l’angoisse resurgissait, plus aigüe que jamais. Il ne voulait pas y repenser, il ne voulait plus jamais y repenser, mais on lui posait une question et de sa réponse pouvait dépendre sa survie. Qui ? Où ? Il était perdu alors, il n’avait plus aucun repère, et la lueur d’avidité dans leurs yeux… leurs maudits yeux, leurs yeux pleins d’ombre. Leurs visages étaient flous, il ne voyait que les yeux et ces yeux criaient danger. À côté il se sentait presque en sécurité dans cette nouvelle prison. La magie qui l’imbibait n’était pas de celles qui souillaient. Ce n’était pas pour autant qu’il voulait y mourir. La voix attendait sa réponse, et il avait beau plisser son front de concentration il n’y parvenait pas. Aucun visage, aucun nom, rien, quelques éléments de décor tout au plus. Un magasin rempli de boîte en carton. Une vieille dame, habillée comme un homme. Des rues effrayantes, qui ne ressemblaient à rien de ce qu’il connaissait. Le regard des gens sur son uniforme. Luka. Non, Luka n’était pas floue. La remise où elle l’avait caché non plus. Ce n’était pas leur question. Ils s’en fichaient de ça. Qui ? Où ? Il y avait un pentacle au sol. Il y avait toujours des pentacles au sol, c’est la base des invocations, c’était même pas un souvenir. Il revoyait Meinhoff dans le sien, déjà à moitié inhumain. Il faillit hurler.

« Je sais pas, sanglota-t-il, secoué de spasme : je sais pas, je sais rien, j’arrive pas. S’il vous plaît me tuez pas. »

Il ne voulait pas mourir. Pas comme ça.
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Message posté : Ven 1 Fév 2013 - 20:19 Message
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D’abord un long silence comme si il ne comprenait pas sa question. Peut-être était-ce le cas, peut-être aurait-elle du faire traduire les questions en allemand (l’ordre ne manquait pas de germanophone), mais elle s’était dit que ça faisait trop Ordre de Thulé comme il la connaissait. Si elle avait évité c’était consciemment, inutile de revenir sur cette décision. Au pire elle s’expliquerait plus en détail, avec d’autres termes, il finirait tôt ou tard par saisir son message. L’homme du passé se mit soudainement à sangloter. Eve fit une moue dépitée, Hugo un sifflement de mépris. Franchement mis à part les mesures de sécurité nécessaires ils avaient bien traité ce paria, il aurait dû s’estimer chanceux et pas pleurnicher sur son sort. Enfin il pouvait ne pas savoir... Son invocation avait été une erreur, pas une préméditation, c’était possible que sur le coup il ait été aussi surpris que l’Ordre. La pathétique chose implorait maintenant la vie, assurant ne rien savoir. Sauf qu’Eve ne lui ferait jamais confiance sur parole, il avait trahi la cause peut-être pas véritablement deux fois, mais certainement au moins en baisant l’agent Unison.

- Il ne ment pas, il est complètement perdu, il a peur de nous parce qu’on en sait plus sur lui que lui sur nous. Il pense à son passé.
- Merveilleux, fit Eve avec un sourire ne détournant pas son regard de l’écran.

Tout ça c’était le mieux qu’elle puisse espérer, un froussard ne sachant rien et tenant à la vie. Maintenant restait à savoir s’il tenait plus à sa vie qu’à sa copine. Les observations ne donnaient pas l’impression d’un sentiment hypocrite, mais certain humain était des virtuoses pour mimer l’affection. Quand elle était jeune vampire –pas même trente ans- elle-même avait cru un menteur. Alors qu’elle le croyait soumis, il avait presque fini par prendre le dessus. D’un geste raide quasi mécanique elle appuya sur le bouton du micro.

- Vous n’allez pas mourir, vous allez même être libéré, annonça-elle atone avant de le laisser savourer le soulagement momentanément.

C’était la vérité, mais cela ne se ferait pas sans condition, elle avait un tas d’argument pour le faire céder, restait à savoir quels seraient les meilleurs. De nouveau elle ratura une question et nota sur une autre feuille quelques idées dans une colonne et quelques traits de caractère dans une autre. Quand elle eut finit elle annonça la couleur à Die.

- A moins d’être un doux naïf vous vous doutez sûrement que cette générosité ne sera pas sans prix, déclara-t-elle. Vous êtes bien en couple avec l’agent Unison Lucrèce Rosen ? C’est même certain en réalité, nous vous avons vu et vous vivez ensemble. Une femme très jolie, même sans être un homme je reconnais qu’elle est désirable. Je vais vous poser quelques questions sur sa profession dès maintenant et également à l’avenir. Vous allez me répondre, n’est-ce pas ? Sinon nous risquons d’être obligés de nous adresser directement à elle.

Son ton était d’un calme complet, mais ses paroles très claires. Soit il parlait, soit il assumait de mourir et d’être responsable d’un mauvais moment pour la jeune femme. Pauvre garçon il devait penser qu’ils passaient du coq à l’âne. Ne plus comprendre où ils voulaient en venir. Croire qu’il n’avait été convoqué que pour elle… En réalité l’Ordre s’intéressait de très près à la femme à la chevelure de neige depuis qu’Eve avait pointé des hasards plus qu’étonnant à son sujet. Le fait qu’elle soit de l’Unison ne gâchait rien au plaisir. c'était presque trop de chance. Dieter était le diamant brut qui s’il était bien taillé pourrait leur ouvrir de nombreuses portes.
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Message posté : Ven 1 Fév 2013 - 23:16 Message
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Il leva la tête, surpris mais encore secoué de spasme malgré les paroles rassurantes. Ils n’allaient pas le tuer ? Ils allaient le libérer, vraiment ? Il ne comprenait pas, il n’avait même pas réussi à donner la moindre réponse satisfaisante, alors pourquoi toute cette mise-en-scène si c’était ensuite pour le laisser partir ? Cela n’avait aucun sens, absolument aucun. Ses yeux effectuaient de petits mouvements précipités sur le bandeau, comme à la recherche d’une réponse qu’il ne trouvait nulle-part. Ses sanglots s’étaient taris d’eux-mêmes, écoulant doucement leurs rivières salées le long de sa figure creusée de soucis, mais il ne parvenait pas à dompter sa respiration haletante. La situation était encore trop stressante pour cela. On lui faisait cette promesse, mais on n’avait pas encore défait ses liens. Ils n’avaient pas plaisanté en tout cas, à ce niveau-là. Ils étaient tellement serrés, c’était à peine s’il sentait encore ses membres.

Son visage s’orienta d’un côté à l’autre, agité, angoissé. Il avait besoin de quelque chose pour fixer son attention, pour ne pas flancher, et un moment il chercha du bout du nez la position de la voix, pour se donner l’illusion d’avoir un vrai interlocuteur. Seulement il n’y avait rien là, un néant. Les présences étaient ailleurs. Elles se distinguaient d’elles-mêmes, maintenant qu’il était imprégné de la marque naturelle de la pièce. Un frisson lui traversa l’échine quand il réalisa qu’il y en avait juste dans son dos. Son regard aveugle vrilla momentanément vers la gauche, où il avait cru sentir une autre anomalie, mais aussitôt sa tête bascula du côté opposé. Ils allaient le libérer. Ils le lui avaient promis. Il ne pouvait pas gâcher ses chances bêtement comme ça, en les défiant par inadvertance.

La voix choisit ce moment pour reprendre la parole. Il hocha nerveusement la tête, quand elle évoqua un prix à payer, mais se pétrifia tandis qu’elle détaillait la nature de sa dette. Luka. Il s’attendait à tout sauf à elle, sauf à sa Luka. Qu’est-ce qu’elle avait à voir là-dedans ? C’était pas elle qui avait été invoquée, c’était pas elle qui s’était enfuie. Elle l’avait juste protégé, parce qu’il en avait besoin et qu’il le lui avait demandé, sans poser de question. Parce que c’était comme ça qu’elle était faite. L’UNISON, il avait toujours su que c’était une mauvaise idée, que ça n’allait leur attirer que des ennuis. Il n’avait cependant jamais imaginé que cela se passerait dans ce sens-là. Que ce serait lui, lui et son foutu passé qui la mettrait en danger elle. Il avait juste envie de pleurer. Ils ne pouvaient pas lui demander ça. Ils ne pouvaient pas exiger de lui de choisir entre vivre en trahissant ou trahir en mourant. Il voulait juste récupérer son collier à temps pour son anniversaire ! il voulait juste la rendre heureuse. Pas abuser de sa confiance.

« Qu-quel genre de question ? » se hasarda-t-il, timoré, encore incapable d’assumer l’un ou l’autre choix.
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Message posté : Sam 2 Fév 2013 - 0:22 Message
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- Il est amoureux, fit Hugo avec un fin sourire énigmatique avant même que l’homme réponde.
- Je vais devoir jouer ma méchante et faire peur alors? questionna faussement candide Eve.
- Probablement.
- Oh…

La vampire eut un sourire amusé. Le côté peu loquace, l’humour grinçant et l’efficacité de son apprenti l’agréait. Comme toujours elle avait bien choisi, bien sûre il était ambitieux, mais la tuer n’accélèrerait pas ses affaires, il était peu probable qu’il le fasse. Le blondinet savait très bien que son but n’était pas de lui mettre des bâtons dans les roues, il lisait les pensées, il savait. L’homme répondit, acceptant à moitié. Heureusement pour lui il ne lui avait pas opposé de non direct. La femme-enfant pas besoin d’être télépathe pour découvrir le dilemme qui le tiraillait.

- Il pense que peu importe le choix c’est la trahir, collaborer c’est lui mentir, ne rien dire c’est l’abandonner. Il n’a pas tort.

Eve n’ajouta rien et n’eut pas de sourire cette fois. Il était temps de se reconcentrer sur la suite. Le choix de la première question. Elle en avait noté plusieurs. L’équipe d’investigation avait souligné dans leur dossier le côté sociable de la jeune femme, le genre à entretenir des liens étroits avec ses collègues en très peu de temps en gros. Son chef de brigade une certaine Dana Taylor semblait terriblement jeune, pourtant elle gérait son équipe. C’était probablement une histoire de superpouvoir, ce genre de détail pouvait être fichtrement intéressant à savoir. Ils y avaient également ses découvertes au musée antique de Star City, concernant sa brève collaboration concernant les objets d’origines inconnu. l’Unison était bien capable de ne point vouloir confisquer par volonté de droiture. Peut-être qu’il y avait des choses intéressantes. Ou peut-être des détails sur ses autres collègues, leurs pouvoirs, identités et tout ce qu’elle aurait pu lui confier. Une dizaine d’autres questions lui traversèrent l’esprit, il y en avait tellement. Ses doigts glissèrent dans ses cheveux pour les ramener en arrière, il lui tombait dans les yeux et troublait sa concentration. D’une main vive elle ajouta encore quelques mots à sa colonne d’idée. Finalement elle se pencha vers le micro le regard brillant.

- J’aimerai par exemple que vous me parliez de la supérieure de votre compagne Dana Taylor, que savez-vous sur elle ? Dites-moi tout, j’ai tout mon temps, précisa-t-elle avec sarcasme.

Elle avait hâte de voir s’il lui répondrait ou pas, de toute façon avec son accord ou non Hugo serait très attentif à ses pensées. Ne pas jouer le jeu ajouterait juste un nouveau grief à son dossier.
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Message posté : Sam 2 Fév 2013 - 12:35 Message
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Dana. Le captif eut un pincement au cœur, c’était une fille bien, pour ce qu’il en savait, Luka la considérait comme une amie bien avant même de songer à intégrer l’UNISON. Lui-même aurait pu avoir envie de la connaître plus, si son métier ne le rendait pas méfiant de nature : il appréciait ses qualités humaines, mais de loin, tout ce qu’il savait c’est de la bouche de sa compagne qu’il l’avait appris. Soudain il réalisa qu’il en savait beaucoup trop pour son propre bien. Sa respiration se faisait laborieuse et il suait à grosses gouttes, les lèvres tremblantes. C’était pas ses secrets. C’était même pas un secret qu’on lui aurait confié directement, non, non, c’était une confidence sur une tierce personne qu’on lui avait révélé en toute confiance. Pourquoi elle lui avait raconté ça ? Que n’avait-elle pas pu se taire, comme la principale intéressée le lui avait demandé, qu’est-ce qu’il avait besoin de savoir tout ça ? Une bouffée de colère lui empourpra momentanément les joues, il ne lui avait rien demandé, rien, strictement, elle lui avait déballé ça comme ça dans la conversation, même sur le moment il ne trouvait pas ça très correct et maintenant… maintenant il ne voyait juste pas quoi faire.

Mentir ? il n’en avait jamais été capable. Cela se voyait tout de suite sur son visage, et il était trop secoué pour même chercher à en masquer les traits les plus flagrants. Ça ne passerait jamais, tout simplement, ils devaient déjà avoir compris à sa tête qu’il n’était pas ignorant. S’il avait eu un sens de l’honneur, un vrai, un comme chez les héros des récits de guerre, il se serait laissé torturer jusqu’à ce que mort s’en suive plutôt que de trahir. Il ne se sentait cependant pas l’âme d’un héros, ni même celle d’un soldat. Il était juste Dieter, Dieter le menuisier de Stuttgart. Il ne voulait pas mourir. Pas pour une femme qu’il ne portait pas plus que cela dans son cœur, une femme qui avait entraîné Luka dans une entreprise qu’il n’approuvait pas. Une femme qui les avait indirectement mis tous les deux en danger.

« Elle est Atlante, lâcha-t-il d’une toute petite voix. D-des sortes d’homme-poisson ou je sais pas quoi. Dana Taylor c’est pas son vrai nom. C-c’est, c’est… (Il plissa les yeux de concentration, pour tenter de revenir sur le nom que Luka lui avait lâché une fois, mais il avait beau essayer il n’y parvenait.) Je-je sais pas, m-mais elle a dit. Je souviens pas, c’est tout. Je sais juste qu’elle est personne importante pour son peuple. U-une princesse, c’est le mot qu’a dit Luka. Je sais pas plus. Je vous promets. Je la connais presque pas. »

Il en avait déjà dit beaucoup. Tout ce qu’il savait, ou tout ce dont il parvenait à se souvenir, c’était déjà de trop. Il baissa la tête, honteux, la mâchoire béant lamentablement contre son torse. Quoi qu’il dise, quoi qu’il fasse à présent, il ne reviendrait plus en arrière. Il avait parlé pour sauver sa misérable carcasse. Il avait trahi.
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Message posté : Dim 3 Fév 2013 - 0:29 Message
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Hugo faillit lui-même s’en décrocher la machoire, enfin failli, c’était quand même le genre à montrer aussi facilement ses émotions. Quasi une norme dans l’univers Shadow, jamais souriant, presque un cliché. Elle encore avait encore des raisons de faire la tronche à être coincé dans son corps de mioche pour l’éternité, mais eux parfois ils exagéraient. Enfin ce n’était pas le sujet, ce qu’ils entendaient était vraiment énorme, Eve sentit un frisson la parcourir. Dana Taylor une princesse Atlante, les autres allaient sacrément désenchanter d’avoir négligé le petit fuyard, ils allaient s’en mordre les doigts. Qui savait quels mystérieux secrets pouvaient avoir les Atlantes et les Ultimes comme la petite amie de son nouveau jouet ? Ce dernier point elle n’en n’était pas certaine, mais beaucoup de preuves s’accumulaient.

Si elle aurait été bêtement curieuse elle aurait demandé confirmation à l’allemand, mais il aurait pu faire le lien avec l’Ordre de Thulé, et puis elle ne voulait pas brusquer trop vite sa nouvelle bête, il risquait de renâcler si elle s’attaquait directement à sa chérie bien-aimé. Jolie chose qui s’était montrée imperméable aux télépathes malheureusement. Quel ait des pouvoirs n’étaient pas tellement étonnant, elle avait au moins probablement celui de l’éternelle jeunesse car elle avait au minimum 85-86 ans -si le frère Klaus les aimait très jeunes-. Eve après un long moment de jouissance personnel jaugea sa victime, il lui répondrait ou pas mais ce n’était pas important. Patiemment elle l’interrogerait, pour le presser comme un citron jusqu’au jour où il lui serait inutile, mais ça ce serait à ses supérieurs d’en juger.

- Il a été complètement sincère ?
- Oui, répondit Hugo laconique. C’est le jackpot, ne put s’empêcher d’ajouter son assistant.
-Un peu, approuva Eve stoïque en apparence. Mr Feuerbach merci de votre aide, fit-elle parodique. Vous allez à présent nous parler des collègues de Miss Rosen.

De nouveau il lui répondit le plus sincèrement possible. La suite se passa sans encombre, toujours il lui répondit, parfois il omettait un détail qu’il avait en pensée, mais c’était plus parce que la panique lui faisait perdre de ses moyens qu’autre chose. Une chose plairait particulièrement à son supérieur, le manuscrit sur le Peuple Serpent au musée antique de Star City. Sans trop de difficulté elle pourrait même le voler grâce à son pouvoir, sans qu’ils ne comprennent rien. Enfin elle apprit que sa copine avait aussi grâce à une relique Atlante une sorte de couteau invisible comme don. C’était mystérieux. Elle lui avait demandé une description de la relique, Hugo et elle ferait des recherches complémentaires c’était un peu flou. Quand elle eut fait le tour des questions auxquelles elle avait songé, elle termina sur un léger piège au sujet de Lucrèce Rosen.

- Et voilà c’est fini, c’était facile et vous n’avez même pas un bleu. Je vous conseille de trouver une excuse pour votre piteux moral ce soir et de ne jamais parler de notre rencontre à votre beauté exotique. Nous sommes puissants et autant qu’elle le soit en tant qu’agent de l’Unison elle a probablement ses points faibles comme tout le monde. Allez un sourire, vous allez bientôt pouvoir la serrer fort dans vos bras.

Lui murmurer que vous l’aimerez toujours et ne la trahirez jamais. Ah non pour ce dernier point c’était un brin trop tard.
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Message posté : Lun 4 Fév 2013 - 0:25 Message
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Il sursauta à l’appel de son nom, mais ne prit pas la peine de relever la tête. Il était trop occupé à serrer les dents pour ne pas éclater en larme. Jamais il ne s’était senti aussi minable, aussi indigne de l’amour que Luka éprouvait pour lui. Il avait trahi, il avait révélé à une bande de malades ésotériques la véritable nature de Dana Taylor, et tout ce qu’il arrivait à opposer à ça c’est de la rancœur envers son informatrice. C’était stupide. C’était lui qui avait craché le morceau, pas elle. C’était lui qui n’était même pas foutu de protéger ses arrières ou de se méfier des opportunités trop belles. Son visage se tordit en une grimace de dénégation quand la voix lui annonça la suite du programme, mais il savait déjà qu’il n’aurait pas la force de résister. Il était déjà traître. Il avait déjà mis une amie de l’élue de son cœur en danger de mort en révélant son secret. À quoi cela rimait-il encore de se sacrifier ?

Les noms défilèrent. Cela devenait à la fois plus douloureux et plus simple à chaque fois. Sa voix rauque, mécanique rapportait tout ce qui lui passait par la tête, de détails anodins à de véritables bombes à retardement. Parfois un nom ne lui disait rien. Il secouait la tête, presque soulagé, mais alors qu’on lui détaillait un peu plus avant sa fonction cela lui revenait et son moral chutait encore d’un cran ou deux. On l’interrogea sur les activités de sa compagne au musée, et il n’eut d’autre choix que de rapporter l’existence de son talisman et de ce manuscrit atlante dont elle parlait sans arrêt depuis quelques semaines. Quand la voix se déclara satisfaite il se sentait vide, sale, vain. Facile. Oui ç’avait été trop facile : il leur avait servi tout ce qu’ils voulaient entendre comme ça, sur un plateau d’argent, sans qu’ils n’aient rien à faire. Il n’avait même pas un bleu – un couteau dans le ventre ne lui aurait pas fait aussi mal que cette constatation. Il n’avait pas opposé la moindre résistance, il s’était juste couché comme un chien avant même qu’on le menace. Il n’était qu’une petite pute. Les larmes lui montaient aux yeux, mais il ravala un nouveau sanglot dans un sursaut d’orgueil.

Son regard injecté de sang se releva douloureusement dans la direction du haut-parleur, haineux par-dessous le bandeau. Sa gorge se serrait mais il ne répondit rien. Il n’arrivait pas à penser. Il y avait trop de colère en lui, et toute la colère était dirigée contre lui-même. Il avait trahi Sol’ukah, il avait abusé de la confiance qu’elle lui portait. Et il continuerait. Il continuerait parce qu’il était faible, qu’il n’avait pas son courage et sa force de caractère. Parce qu’il n’était qu’un homme et que tout ça ça le dépassait. Il n’avait même pas un bleu, même pas une trace de lutte. Comment pourrait-il encore prétendre l’aimer, la serrer contre lui sans rougir, alors qu’il bradait sa confiance contre des menaces intangibles ?

Un faible sifflement se fit entendre, et soudain il sentit sa gorge s’irriter. Il toussa deux ou trois fois mais sa tête lui tournait. Il finit par s’effondrer, le cou croqué dans une position plus qu’inconfortable. La suite n’était que néant.
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Message posté : Lun 4 Fév 2013 - 11:49 Message
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La chose en face de lui avait l’air de se haïr profondément songea Eve. Objectivement si il avait manifesté ne serait-ce qu’un peu de résistance, elle aurait pu ne pas le penser si lâche, mais seulement conscient que ni lui, ni sa copine ne s’en sortirait si il se taisait là maintenant. Mais seulement il n’avait pas manifesté la moindre petite résistance, n’avait pas tenté la moindre bravache. Des gens comme ça il en existait des tas, mais cela l’étonnait toujours un peu quand même. L’air dépité d’Hugo lui apprit vite que sa dernière pique n’avait pas vraiment fait mouche, elle pencha sa tête sur le côté et soupira.

- Vraiment rien ? insista-t-elle.
- Si, la fille son vrai nom c’est Sol-uu-ka. Le restant de ses pensées ne sont que des reproches envers lui-même.

Au moins une chose de confirmé, la fille n’était pas ce qu’elle prétendait. Comment pouvait s’écrire Sol-uu-ka exactement ? Elle l’écrivit à la sonorité faute de mieux. Tout ne se ferait pas en une fois, la prochaine fois elle tendrait d’autre perche et elle le ferait tant qu’elle n’aurait pas ses réponses. Bien que maintenant en y songeant le fait que Dana soit une Atlante était un sacré hasard aussi, n’avait-elle pas voulu prendre sous son aile une cousine éloigné? Selon divers renseignement elle parlait à peine américain en arrivant, aucune trace de son passé, c’était probablement pas en montrant ses diplômes qu’elle avait réussi à devenir agent. Voilà c’était fini, elle appuya sur un bouton qui envoya du gaz soporifique au petit menuisier allemand. Au bout d’une minute ou deux l’homme fut endormi, au bout de trois minutes un homme costaud pénétra la salle avec un brancard. Eve ramassa ses papiers et le rangea dans son petit sac à main en velours noir. Hugo lui ouvrit la porte pour rejoindre le couloir. Le brancard ou gisait endormi son homme était là, elle s’approcha le renifla discrètement, il sentait l’eau de Cologne. Il était vraiment anachronique. Une p’tite claque sur la joue et une plaisanterie sinistre.

- Un bon p’tit gars, on va le déposer dans la villa de ces humains en vacance.

Le baraqué dont elle avait complètement oublié le nom opina. Hugo c’était déjà allumé une nouvelle clope, à fumer autant il allait juste se bousiller les poumons, mais c’était son choix après tout. Après avoir mis le pauvre être dans le coffre, ils partirent. Une fois à la villa Hugo ouvrit avec un double des clés ayant été fabriqué et le baraqué traîna l’homme pour l’allonger sur un canapé. Eve s’installa assise auprès de lui et resta un moment comme ça songeuse à l’observer. En réalité elle avait les crocs, ils étaient temps qu’elle aille rendre visite à son minet, abîmer celui-ci aurait été laisser un indice. Oui il était temps de partir, de laisser une équipe de nettoyeurs effacer la moindre trace de leur passage. Mais avant elle avait encore une chose à faire. Elle ouvrit son sac et fouilla dedans. Elle sortit une liasse de billet qui contenait 4700 $ et le glissa dans la veste du Bosch. C’était le prix du collier, comme ça il ne pourrait pas se dire qu’il n’avait fait que rêver. Après ça elle se releva et rejoignit les autres pour partir.
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Message posté : Lun 4 Fév 2013 - 23:40 Message
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Il faisait nuit noire quand il reprit conscience, dans la semi-pénombre d’un salon inconnu. Le fauteuil était confortable sous ses épaules meurtrie, bien plus que ne le serait jamais le matelas de fortune qu’il partageait avec Luka. Il se sentait mal. Tellement mal, tellement las. Il referma les yeux, agité, avec le désir paradoxal de ne jamais se réveiller. Il avait fait un si long cauchemar. Réalité ou délire ? Il n’arrivait pas à le déterminer. Il s’en fichait bien, au final. Cela le retournait toujours autant. Peut-être que quelqu’un allait finir par venir, lui assurer que ce n’était qu’un malaise et qu’il pourrait bientôt rentrer chez lui. Ou peut-être pas. Cela lui avait semblé si réel, et tellement surréaliste à la fois. Il n’avait pas envie de rentrer. Il n’avait pas envie d’affronter le regard de sa compagne. Il n’avait pas envie de mentir.

Sans doute dut-il s’assoupir, car seule la sonnerie de son téléphone parvint à le tirer de son état semi-comateux. Pris de panique, il se mit à fouiller nerveusement sa veste, sentant un énorme paquet dans une poche avant de mettre la main sur l’objet vibrant. C’était Luka. Un nœud se forma dans sa gorge et un instant de trop il songea à faire le mort. La communication coupa, le laissant plus blanc que jamais. En voyant l’heure sur le cadran il comprit. Il aurait dû être rentré depuis plusieurs heures déjà. Aussitôt il composa le numéro de leur appartement, mais à deux reprises il tomba sur le répondeur – sans doute faisait-elle de même. En désespoir de cause il tenta le mobile que lui avait fourni l’UNISON, qui ne sonnait pas occupé lui.

« Schatzle ? »

Elle demandait une explication. La voix l’avait bien prévenu, mais il ne s’y était pas préparé. Son regard s’attarda autour de lui, dans cette maison vide et silencieuse. L’observait-on ? Peut-être. Probablement. Il ne pouvait lui dire ça, de toute manière. C’était de la folie, de la folie pure. Le bruit de moteur d’une voiture dans la rue lui donna l’inspiration du premier mensonge d’une très longue liste :

« J’ai été témoin d’un accident, débita-t-il précipitamment, après un long silence. Non non, je vais bien. Juste un peu secoué. Pas de mort, juste des blessés. Pas trop grave, non, juste impressionnant. Je vais bien, je t’assure. J’ai dû aller à la police pour témoigner. C’est jamais agréable, tu le sais ça. Ils m’ont offert du café. Oui, oui je sais je viens de voir l’heure, j’aurais dû… Je suis vraiment désolé. T’inquiète pas, je vais bien. Je rentre tout de suite. Bisous. Je… je t’… je reviens par le premier métro, promis. »

Il raccrocha. Il aurait voulu lui dire qu’il l’aimait, mais il n’y arrivait pas. Les mots étaient resté bloqués dans sa gorge. C’était si hypocrite, après ce qui s’était passé. Ce bobard, il était d’une stupidité crasse. Que dirait-il si elle voulait rendre visite aux victimes, à l’hôpital ? Ou qu’elle demandait des détails sur les circonstances de l’accident ? Il allait juste s’enfoncer un peu plus loin dans la mythomanie. À moins qu’il ne prétende ne plus vouloir y penser. Ce n’était pas faux, dans l’absolu. Sauf qu’il ne parvenait pas à chasser ces horreurs de son esprit.

Il glissa le mobile dans sa poche, puis se prit la tête entre les mains pour se masser les tempes. Se frotter les yeux. Faire le point. Il y avait un poids conséquent dans l’autre pan de son manteau. Quelque chose qui n’y était pas quand il était venu voir « M. Aorrel » au seize Magnolia Street. Prenant une profonde inspiration pour se donner du courage, il y plongea sa main pour en sortir une épaisse liasse de billets verts. Coupure de cent, les plus grosses qui existent. Mécaniquement il se mit à les compter. Il y en avait quarante-sept, le prix exact demandé par le prêteur sur gage pour récupérer le collier de Luka. Savaient-ils ? sans doute. C’était un nombre premier, cela ne pouvait pas correspondre à un tarif par question. On lui en avait posé beaucoup, mais jamais quarante-sept.

Encore une tentative d’intimidation. Celle de trop. Il avait envie de frapper. Il avait envie de tout casser, de vandaliser de fond en comble cette villa de malheur où on l’avait relâché – de déchirer ces billets de la honte sur l’heure et d’éparpiller les morceaux partout, de boucher leurs chiottes avec s’il le fallait. Il y avait cette violence en lui, cette violence qui grondait, ce besoin de présenter au moins une résistance symbolique maintenant qu’il avait les mains libres. Seulement il restait là, inerte, passif, incapable de mettre ses fantasmes à exécution. Il se releva, un peu raide, et marcha pas à pas vers une baie vitrée qui donnait sur un jardin d’ombre. Un instant il resta fixe, à toiser du regard son reflet fantomatique en faisant de la buée de son souffle, puis sa silhouette s’assombrit d’elle-même, une main tenant toujours la liasse dans son dos. Quand il reprit chair juste de l’autre côté, il la lâcha et se retourna brièvement pour apprécier son œuvre. Il avait bien calculé. La vitre coupait les billets à mi-chemin exactement, les maintenant entre deux mondes à la manière d’une sculpture abstraite. Qu’ils essaient de récupérer ça sans tout détruire, maintenant ! lui aussi avait son message à faire passer : Dieter Feuerbach pouvait bien se coucher comme une pute quand on le menaçait, mais il ne s’achetait pas. Jamais.
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Tout se paie un jour

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