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Par une nuit d'orage - PV Shaïna

 
Message posté : Lun 17 Juin 2019 - 7:15 Message
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Dans une petite rue du quartier de Little Italy se trouvait une porte. Habituellement fermée par un système de code, ce dernier avait récemment été abimé par un incident quelconque impliquant deux ou plusieurs supers. La porte avait aussi été un peu abimée, mais elle était restée entière et se fermait toujours. Sauf que l’on n’avait qu’à la pousser pour entrer.

Derrière la porte se trouvait une sorte de petit préau débouchant sur une cour. A la gauche, à l’intérieur de dit préau une autre porte codée –intacte, cette fois, permettait d’accéder à des habitations, mais le plus intéressant se trouvait sur la droite. Sur la droite se trouvait une petite pièce, plus grande qu’un placard, mais peut-être pas assez pour avoir été une ancienne loge de concierge.

L’homme qui s’occupait de faire le ménage dans l’immeuble y laissait par ailleurs son nécessaire : des produits d’entretien principalement, plus un seau et quelques « outils » comme un balai et une serpillère.

Charlie, qui avait découvert l’endroit trois jours plus tôt, réussissait néanmoins à l’aménager de façon confortable quand elle s’y trouvait : elle pouvait y allonger son sac de couchage et poser son sac à côté d’elle dans le même temps. Le local n’avait visiblement pas été squatté depuis un moment et sentait le propre. Comble du luxe enfin, une troisième porte donnant sur la cour débouchait sur des petites toilettes : rien de folichon, mais elles étaient plus ou moins propres, pas à la turc et disposaient même de leur propre lavabos.

Consciente d’avoir trouvé une perle rare, Charlie se montrait par ailleurs discrète et partait généralement aux premières lueurs du jour. Certes, elle prenait le risque de se faire chiper l’endroit, mais son cagibi aussi pratique soit-il ne méritait pas non plus qu’elle y reste cloîtrée toute la journée.

Pour l’heure toutefois, elle était contente de s’y trouver et le fut d’autant plus quand elle entendit le premier roulement de tonnerre annonçant la venue de l’orage. Relevant un instant la tête, comme pour mieux en profiter, elle esquissa un sourire en tournant une page de son livre, dans lequel elle se replongea ensuite grâce à une petite lampe, dite frontale, qu’elle avait sur la tête.

Le cagibi en effet n’avait qu’un inconvénient : la lumière ne s’y allumait que lorsqu’on ouvrait la porte que Charlie préférait maintenir fermer pour ne pas apeurer ses voisins. Que voulez-vous, tout ne pouvait pas être parfait…

En parlant d’imperfection d’ailleurs, Charlie dû suspendre le geste de sa main se dirigeant vers le paquet contenant la nourriture qu’elle s’apprêtait à ingérer lorsqu’elle entendit le bruit de la porte donnant sur rue qui s’ouvrait.

Elle se tendit alors en tendant l’oreille, aux aguets, sans bouger, tout en croisant les doigts pour qu’il ne s’agisse que de l’un des habitants qui rentraient chez lui. L’intrus ne s’en contenta malheureusement pas et fini par ouvrir la porte, tombant nez-à-nez sur elle (ou presque : vue qu’elle était assise, il fallait baisser le regard en protégeant ses yeux, puisqu'elle projeta involontairement la lumière de la lampe vers le propriétaire de l’autre nez en redressant la tête). Une fois qu’elle se fut elle-même habituée à la lumière qui avait jaillit sur eux, Charlie pu par ailleurs détailler l’autre, qui s’avéra être une femme.

Une petite brune pas très épaisse. Un peu comme elle.

- Tu veux des cacahouètes ? Lui demanda-t-elle alors avec une petite voix finalement pas certaine d’avoir envie de partager son repas avec une inconnue.

Si la nana habitait l’immeuble, Charlie risquait de passer un mauvais moment, voir de se faire virer comme une malpropre alors qu’il pleuvait averse, ce dont elle se rendait compte maintenant que la porte était ouverte. Aussi lui semble-t-il préférable d’agiter le drapeau blanc.

- Je m’appelle Charlie, précisa-t-elle ensuite, toujours avec sa mine un peu contrite de gamine innocente prise la main dans le sac.

Elle réalisa ensuite que l’autre n’habitait peut-être pas là ni nulle-part en fait et que ce faisant elle pourrait très bien risquer de la prendre au mot et de squatter son cagibi en mangeant ses cacahouètes. Vue la loi de la jungle qui régnait dans le quartier, ce serait toutefois, peut-être aussi, un moindre mal…
 
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Message posté : Lun 17 Juin 2019 - 15:46 Message
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Ceux qui ont un chez soi ne se rendent pas compte de la précarité dans laquelle elle se trouve, lorsqu’au petit matin vous ne savez pas si vous aurez un toit pour vous protéger la nuit suivante. Commence alors un véritable parcours du combattant pour trouver un coin pour squatter, quitte parfois à se contenter de très peu. Jamais simple quand on doit faire face aux guéguerres intestines entre squatteurs, aux gangs qui viennent parfois revendiquer un territoire, ou aux flics qui viennent faire une descente pour faire le ménage, quand ce ne sont pas des propriétaires furieux qui vous foutent dehors à coup de pied dans le cul. Encore l’été était presque là, il y a avait donc toujours comme dernier recours de dormir à la belle étoile, sous un porche, ou sur un banc public.

Pour le coup elle se retrouve dans une belle galère, virée de son squat par un groupe d’excités du bulbe. Dans ces conditions, mieux vaut prendre la tangente pour éviter les problèmes. Sauf qu’elle se retrouve à la rue, sans trop savoir où aller, errant comme une âme en peine sans but précis. Après une recherche infructueuse, elle se résout à trouver un coin à l’extérieur, mais le soir, la chaleur lourde et moite laisse augurer d’une mauvaise surprise, qui ne tarde pas bien longtemps. Quelques éclairs zèbrent le ciel avant que des trombes d’eau ne lui tombent dessus la trempant de la tête au pied en quelques minutes alors qu’elle traîne du côté de Little Italy. En désespoir de cause, elle tente de pousser les portes à proximité, dans l’espoir de trouver un coin au sec, mais les portes sont fermées, usant sa patience alors qu’elle est à bout de nerfs. Jusqu’à ce que par miracle une porte s’ouvre si brusquement qu’elle manque perdre l’équilibre et se retrouver étendue sur le sol de béton. Mais pas le temps de s’appesantir, l’ouverture donne sur une petite cour, avec 3 portes. Celle de gauche dispose d’un digicode, les deux autres semblent être des portes de service, vers un local ou les caves. Parfait, si l’une d’elle est ouverte elle pourra s’y réfugier.

Elle ouvre donc la porte de droite par hasard, pour se retrouver éblouie par la lumière qui s’allume brusquement. Le temps pour sa vue de s’adapter à cette luminosité et son regard se porte vers le bas, sur une silhouette, pour être éblouie de nouveau par la lumière vive d’une lampe frontale. Le temps de lâcher un juron bien senti, et de percevoir une petite voix… lui proposant timidement des cacahuètes…

Un petit bout de femme est assis à même le sol, bouille ronde d’adolescente, emmitouflé chaudement dans un sac de couchage. A première vue, elle parait bien jeune, peut-être même encore mineure, une gamine à la rue. Donc le lieu est déjà occupé, c’est bien sa veine, mais pour le coup elle aurait pu tomber sur bien pire, genre un gras du bide aviné et puant. D’ailleurs, elle a connu des situations bien plus inconfortables à s’entasser dans un cave sentant la pisse et pour le coup, le local, bien que petit, sent bon le propre et il y a largement la place pour deux.

Sa voix rauque cassée par les excès s’élève en réponse aux présentations.


Shaïna, c’est cool chez toi.

Elle laisse tomber son sac à dos sur le sol, indiquant par la même qu’elle compte bien s’installer au moins pour la nuit et qu’elle n’a pas l’intention de demander la permission. Elle ferme la porte pour couper l’air froid qui pénètre dans la pièce et en préserver la douce chaleur, ce qui a pour effet de la plonger de nouveau dans le noir, d’où la frontale de la gamine… logique. Elle entreprend alors de se déshabiller car elle est trempée de la tête au pied et elle risque de chopper une pneumonie si elle ne se change pas rapidement. La présence de la gamine ne semble pas la déranger le moins du monde, la pudeur ne semblant pas faire partie de ses priorités, même si cela aurait été surement différent si des yeux masculins s’étaient posés sur elle. Elle enlève donc son blouson de cuir noir, son sweat à capuche tout aussi noir, son tee-shirt blanc avec un symbole anarchiste imprimé en rouge vif, ses docs usées jusqu’à la moelle, son jean moulant troué plus que de raison et ses sous-vêtements eux aussi trempés pour se retrouver nue comme un ver.

Elle est très maigre, formes féminines peu marquées, os saillants, trop pour qu’elle n’ait pas des problèmes de malnutrition. Sa peau est très pâle, et de nombreux tatouages pour la plupart sombres s’inscrivent sur son corps frêle. Le plus marquant est un serpent noir qui couvre tout son dos en arabesques hypnotiques, sa gueule finement dessinée et très réaliste semblant jaillir du creux de ses reins pour vous mordre. Difficile aussi de ne pas voir les traces de piqures et les hématomes sombres dans les creux de ses bras, signes manifestes de la junkie consommant des drogues dures en injection à intervalle régulier. Ses cheveux sombres, sont trempés et collent sur un visage émacié dont les yeux clairs sont soulignés par des cernes profonds. Les traits sont fins, elle pourrait peut-être être jolie si elle se remplumait un peu et prenait soin de son apparence.

Elle se débrouille pour étendre du mieux possible ses vêtements et sort de son sac un tee-shirt blanc trop grand pour elle qu’elle enfile en mode chemise de nuit. Elle sort aussi un sac de couchage rapiécé et qui a apparemment bien vécu, et s’installe à côté de sa nouvelle colocataire, sans vraiment lui demander son avis.

L’autre a proposé des cacahuètes, alors elle participe au pot commun en sortant une moitié de cheeseburger dans son emballage d’origine. Va savoir où elle l’a trouvé par contre, possible que ce soit dans une poubelle…

Mais la priorité maintenant qu’elle est au sec, c’est la clope pour se détendre et évacuer le stress d’une journée éprouvante. Elle sort un paquet et en tend une à l’autre.


Une clope ?
 
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Message posté : Lun 17 Juin 2019 - 19:22 Message
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Charlie esquissa un léger sourire quand l’inconnue lui donna son nom –en signe de paix ? et fut également soulagée de voir qu’on ne la mettait pas dehors.

Un certain malaise la gagna en revanche quand l’autre jeune femme s’installa d’office à côté d'elle sans lui demander quoi que ce soit. Cela pouvait paraître paradoxal, parce qu’elle ne le lui aurait probablement pas refusé, si elle avait demandé, pas en la voyant trempée jusqu’à l’os, mais elle n’aimait pas quand on passait outre ce genre de politesse. Elle ne l’aimait pas de façon générale et elle l’aimait encore moins dans ce genre de circonstance… ça commençait comme ça et puis et puis après on vous prenait votre sac ou vos pompes sans rien vous demander non plus puisque de toute évidence, on pouvait se le permettre. Sa façon de faire réveilla donc une certaine anxiété chez elle qui la cloua un moment sur place sans qu'elle ne tente de faire ou d'ajouter quoi que ce soit.

Le cagibi était assez vaste pour deux, c’était vrai, mais le partager ainsi avec l’éclairage relativement limité qu’offrait sa lampe avait aussi quelque chose de presque intime qui renforça son malaise.

Sauf qu’elle n’avait pas tout vu… et en même temps ça n’allait pas tarder, puisque Shaïna commença à enlever ses vêtements. Évidemment, Charlie pouvait comprendre le sweat, voir le T-shirt et pourquoi pas le pantalon et les chaussures. A sa place néanmoins, elle aurait probablement au moins gardé ses sous-vêtements. Quoique. A sa place, elle n’aurait peut-être rien enlevé du tout. La nudité des autres ne la gênait pas outre mesure –bien qu’elle n’en ait pas forcement une grande habitude non plus, mais elle n’aimait pas se dénuder elle. Elle liait ça directement à ses cicatrices dans la direction desquelles elle regarda brièvement comme pour s’assurer qu’elles restaient dissimulées par ses vêtements, mais elle se demandait si le lien n’était pas plus profond. Pas qu’elle aurait été abusée ou un truc du genre, mais plus comme le reflet d’une habitude qu’elle aurait eu à chercher à tout prix à dissimuler les parties d’elle qui l’embarrassaient soit qu’elle en ait honte, soit qu’elle en ait peur, soit qu’elle se soit persuadée que leur exposition risquerait d’entraîner son rejet. Car elle en avait bien quelques-unes dans ce genre là.

Quand elle se déridait, elle pouvait paraître cool et tout ce qui allait avec. Bien dans sa peau aussi et curieusement bien dans sa vie –même si depuis le Terminus, certains jours n’étaient pas loin de remettre tout ça en cause. Pourtant, il y avait clairement des choses qu’elle avait eu du mal à accepter à propos d’elle-même et d’autres sur lesquelles il lui faudrait encore travailler un moment. Mais n’était-ce pas le propre de chacun ?

Charlie sourit à cette pensée. * Surement*. C’était le propre de l’humain, en tout cas. Du moins le pensait-elle. Son sourire s’agrandit alors encore, puis disparut quand son regard se porta un instant sur le corps très maigre de sa compagne.

Elle-même avait maigri pendant sa convalescence, mais pas à ce point. Jamais à ce point. Elle en éprouva pour le même coup une bouffée de compassion pour la jeune femme, qui, malgré les apparences et selon toute vraisemblance, était plus jeune qu’elle et qu’elle cessa du coup un peu de voir comme une intruse voir comme un danger.

Après avoir regardé à nouveau dans une autre direction –cela paraissait plus convenable, elle revint par ailleurs à sa compagne, mais pas pour s’appesantir sur son sort : ses tatouages avaient attiré son attention. Au grand damne de ses parents, elle les avait toujours aimés et avait même projeté un temps de s’en faire un le jour où elle serait majeure. Elle n’atteignit toutefois sa majorité qu’une fois à Star City et n’osa jamais vraiment franchir le cap. Elle n’avait pas peur de la douleur –enfin, si quand même un peu, mais plus que le tatouage s’infecte à cause des conditions dans lesquelles elle vivait.

Sans compter que ça coûtait une petite somme.

Par chance, la jeune femme ne resta pas nue. Elle enfila au contraire rapidement un T-shirt en guise de chemise de nuit et sortit aussi son propre sac de couchage.

Elle déposa par ailleurs un reste de cheese burger à côté de ses cacahouètes ce qui émue et fit sourire Charlie tout à la fois. C’était bon signe aussi. Signe que ce n’était pas un mauvais bougre, juste quelqu’un d’endurci et peut-être aussi d’un peu trop abimé par la vie.

- Merci, dit-elle alors.

C’était bête, mais elle était toujours touchée quand ceux qui avaient le moins s’avéraient capables de partager le peu qu’ils avaient. Parfois même bien plus que les autres. Pas qu’elle ait sombré dans une vision un peu simpliste du monde avec des gentils pauvres qui s’entraident et des méchants riches qui continuent à s’enrichir aux dépends des autres –quoique, parfois… elle n’en était pas loin non plus, mais c'était le genre de geste la touchait toujours. Ça lui redonnait confiance dans l’humanité et ça renforçait aussi son envie de se battre et de se donner à 100% pour l’aider à aller mieux.

- Une clope ?

Charlie fit non de la tête et la remercia quand même.

En réalité, elle aurait préféré qu’elle s’abstienne de fumer à l’intérieur, mais l’orage grondait toujours dehors et elle voulait éviter de la braquer en se montrant « reloue ». Après tout pour beaucoup, fumer était cool et ne pas le faire ou faire suer ceux qui essayaient l’était beaucoup moins. La fumée ne la dérangeait en outre pas plus que ça.

Elle garda ensuite un instant le silence en recommençant à manger des cacahouètes, puis ne put s’empêcher de se remettre à parler.

- Tes tatouages, demanda-t-elle alors, ils ont un sens particulier ?

Elle avait lu quelque part que ce n’était pas forcement une question à laquelle les personnes tatouées aimaient répondre ou du moins qu’ils n’aimaient pas donner cette réponse à n’importe qui, mais qu’importe. Cela avait éveillé sa curiosité et Charlie résistait rarement à celle-ci.

Elle pensait aussi que quand on connaissait les gens on hésitait davantage à leur faire du mal et se dit par conséquent que si elles pouvaient faire un brin de connaissance, peut-être qu’elles passeraient une meilleure nuit.
 
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Message posté : Lun 17 Juin 2019 - 23:31 Message
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Visiblement l’autre ne fume pas, mais à bien y regarder elle n’est peut-être pas si jeune qu’elle a pu le penser au premier abord. Peut-être qu’elle est même plus vieille qu’elle, car malgré ses traits juvéniles et sa bouille ronde, elle a quelque chose dans le regard de plus ancien, de plus profond.

Quoiqu’il en soit elle allume sa clope et tire dessus avec une satisfaction évidente. Il faut dire que la journée a été éprouvante nerveusement.


Putain, celle-là elle fait vraiment du bien.

Elle pioche aussi dans le paquet de cacahouètes. Cacahouètes, cheeseburger, çà c’est du repas !

Le silence s’installe alors, les deux femmes piochant à tour de rôle dans le paquet, silence brisé uniquement par le craquement des cacahouètes sous les dents, et le grondement sourd de l’orage qui sévit encore au dehors. Elle commence tout doucement à sécher et à se réchauffer, et même si le commun des mortels considérerait le confort du local exigu comme plus que spartiate, elle se sent bien dans cet endroit éclairé uniquement par la lueur d’une lampe frontale.

C’est l’autre qui rompt la première le silence. Il faut dire que la junkie n’est pas vraiment du genre sociable. Elle apprécie la solitude, stygmate de sa vie passée, une vie forcée passée à l’écart des autres. Aussi quand elle est en groupe elle fait souvent en sorte d’être rapidement défoncée pour limiter au maximum les tentatives de socialisation. Ce qui fait qu’elle n’a pas d’amis, ni même réellement de connaissances.

En plus la question est stupide. Bien sûr que les tatouages ont un sens particulier, on se fait rarement tatoué un papillon sur le cul juste pour le plaisir. Après on regrette parfois certains décisions comme celle de l’amoureux transi qui se fait tatouer le nom de l’être aimé avant de se faire larguer. Mais le jour où on décide de se faire tatouer, il y a toujours une raison, même si certains pourraient la trouver futile ou stupide. D’ailleurs, les tatouages racontent parfois une histoire, car ils sont souvent le témoin d’événements qui ont profondément marqué leur porteur. Si son corps en est couvert, ce n’est pas pour rien, et chaque tatouage a une signification, mais les révéler c’est aussi se mettre à nu, dévoiler une part intime de soi, quelque chose de profondément personnel.


Ouais.

Réponse laconique, alors qu’elle tire de nouveau sur sa cigarette. En temps normal elle n’en aurait sûrement pas dit plus, tuant dans l’œuf la conversation naissante, mais cette fois-ci la dure carapace de la junkie se fissure, peut-être à cause de l’environnement rassurant du local, du plaisir d’être au sec bien au chaud, ou tout simplement la présence innocente auprès d’elle. Voire un mélange de tout çà…

Elle écrase le mégot de sa clope à moitié consumé comme si elle se rendait compte que cela dérange sa colocataire forcée, même si cette dernière n’a rien dit jusque-là. Elle se tourne alors vers l’autre et le regard clair crochète celui de la gamine, un regard où peut se lire une farouche détermination qui lui a sûrement permis de rester en vie jusque-là.


T'en as aussi ?

Elle se doute bien que la réponse sera négative, mais cette simple question, montre qu’elle porte un intérêt à son interlocutrice.

Lequel tu préfères ?

Elle a bien vu lorsqu’elle se déshabillait que l’autre la regardait, ou plutôt regardait ses tatouages avec attention, visiblement captivée par les formes sombres dessinées sur son corps.
 
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Message posté : Mar 18 Juin 2019 - 21:50 Message
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Putain, celle-là elle fait vraiment du bien.

Charlie esquissa un léger sourire. Elle n’avait jamais vraiment fumé, mais elle pouvait comprendre ce qu’elle voulait dire. Après tout, quand on a une journée difficile, le moindre petit plaisir –même nocif, revêt des airs de paradis sur Terre.

Après qu’elles se soient mises (ou remise en ce qui la concernait) à grignoter l’une et l’autre, elle tenta par ailleurs d’entamer la conversation à partir de ce qui avait attisé sa curiosité : les tatouages de la jeune femme.

La réponse de Shaïna à sa question fut toutefois effectivement plutôt laconique.

Charlie n’en prit toutefois pas ombrage. Elle savait après tout que certaines personnes n’aimaient pas parler de ça à n’importe qui.

T'en as aussi ?

Charlie secoua légèrement la tête, en signe de dénégation, avec léger sourire.

Elle l’ignorait, mais Shaïna avait vu juste.

- J’avais plus ou moins prévu de m’en faire faire un, une fois majeure, ajoute-t-elle alors, mais, finalement, l’occasion ne s’est jamais vraiment présentée.

Ce n’était pas tout-à-fait vrai, mais c’était plus simple de résumer les choses ainsi.

Elle savait par ailleurs que l’allusion à sa majorité ou peut-être le côté un peu mélancolique de ces paroles pourraient peut-être surprendre sa compagne.

Il était rare qu’on lui donne plus de quinze ou seize ans –quand on était généreux, et en général, ça lui convenait : les gens avaient tendance à associer la jeunesse à la candeur et à la fragilité, ça avait quelque chose d’attendrissant et, dans certains cas, ça endormait aussi la méfiance. Pas qu’elle fut particulièrement traitre de nature, mais, comme beaucoup à Star City, Charlie avait disons plus d’un petite secret.

Elle n’aimait pas mentir néanmoins. Même si ça devait lui faire perdre une carte –surtout dans un contexte aux enjeux relativement peu élevés, du moins, pour autant qu’elle puisse en juger jusque-là. Même si ça devait faire naître des doutes dans l’esprit des autres quant à sa santé mentale. Parfois même surtout si ça devait faire naître ces doutes. C’était un autre excellent camouflage, car qui écouterait une folle ? Qui écouterait et prendrait au sérieux une folle qui avait l’air d’une gamine et vivait dans la rue ?

Charlie sourit un petit instant, contente d’elle-même, et de cette magnifique blague qu’était devenue sa vie par bien des aspects.

Comme les supers étaient partout et qu’elle ignorait encore tout ou presque de la jeune femme, elle évita d’aller plus avant dans ces pensées. Certes, les intrusions télépathiques ne pouvaient être utilisées pour fournir des preuves, mais il y avait parfois des secrets qu’il valait mieux ne pas éventer. Preuve ou pas. Procès ou non.

Lequel tu préfères ?

La question de Shaïna la ramena un peu sur Terre ou du moins au moment présent.

Charlie marqua par ailleurs une petite pause le temps d’y réfléchir, ce qu’elle n’avait pas vraiment fait jusque-là.

- Le serpent peut-être ?

C’était le plus évident, mais pas que, c’était aussi un animal et un symbole qu’elle aimait bien et pas uniquement parce qu’il la ramenait à une partie de sa propre histoire.

C’était surement pour ça en revanche qu’elle le connaissait un peu et ne lui attribuait pas nécessairement la connotation négative qu’il continuait à revêtir aux yeux de beaucoup.

- C’est un jolie symbole, je trouve, du moins quand on se défait un peu de l’imagerie occidentale chrétienne.

- Et toi ?

Elle ne voulait pas vraiment savoir si elle aimait le symbole –elle supposait que oui, vue qu’elle se l’était fait tatouer, mais plutôt s’il y en avait un qu’elle préférait.

Elle ne chercha par ailleurs pas à relancer la discussion sur autre chose. Elle était, disons, momentanément allée un peu loin dans ses pensées pour le faire de façon aussi légère et spontanée qu'elle aimait le faire. Aussi s'abstint-elle pour le moment, le temps que son naturel revienne au galop.
 
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Message posté : Mer 19 Juin 2019 - 23:56 Message
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La gamine voulait un tatouage, mais n’est jamais passé à l’acte, ce qui ne l’étonne pas vraiment à vrai dire. En tout cas, l’évocation de sa majorité confirme ce dont elle se doutait, la brunette est plus âgée que son apparence le laisse paraître. Difficile de dire quel âge exactement, peut-être même qu’elle est plus âgée qu’elle.

Si un jour tu te décides, j’peux t’avoir un plan.


Il est peu probable qu’elle se recroise un jour à vrai dire, mais cela ne lui coûte rien de faire cette proposition. Par ailleurs, elle doute vraiment que l’autre franchisse le pas un jour.

La gamine préfère le serpent… pas vraiment étonnant à vrai dire et un léger sourire orne les lèvres fines de la junkie. C’est sûrement le tatouage le plus marquant de tous ceux qui ornent son corps, le plus impressionnant aussi. Bon, par contre, l’histoire sur l’imagerie occidentale chrétienne de l’animal que lui sert l’autre la laisse carrément dubitative.

Elle aussi préfère le serpent, même si pour le coup elle ne peut pas le voir puisqu’il est dans son dos ! Par contre ce choix n’a absolument rien à voir avec une quelconque croyance ou des bondieuseries niaises. Non, le serpent a pour elle une signification très particulière, et si aujourd’hui elle s’est affublé du patronyme Vyper lorsque hacke les réseaux, ce n’est pas pour rien.


Et toi ?

Moi aussi…

Elle reste un instant silencieuse, mais étrangement sa langue se délie de nouveau. Elle ne sait pas trop pourquoi, mais la présence de l’autre l’apaise plus efficacement qu’une dose d’herbe pour une raison qu’elle ignore.

Alors elle parle, elle qui d’habitude est avare en mot.


Sauf que j’peux pas le voir, c’est con !

Elle passe machinalement une main dans le bas de son dos, là où est tatouée la tête du serpent prête à jaillir pour mordre.


Mais c’est fait exprès.

Sa voix se fait plus basse, presque douloureuse alors qu’elle regarde le sol, comme si cette évocation ravivait une blessure encore vive.

Il est là pour me protéger, de tout c’que j’vois pas.

Elle soupire et secoue la tête comme pour chasser ses idées noires.

Putain, j’raconte que des conneries.

Réaction de celle qui n’a pas l’habitude de se révéler, de s’ouvrir aux autres, de montrer une certaine forme de fragilité. Son regard se fait fuyant, à l’extérieur l’orage s’est calmé, et un silence lourd et pesant s’installe dans le petit local.
 
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Message posté : Jeu 20 Juin 2019 - 15:07 Message
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- Si un jour tu te décides, j’peux t’avoir un plan.

Charlie sourit et acquiesça, signe qu’elle avait compris.

Qu’elles se revoient était effectivement incertain et en même temps, tant que l’une d’elles ne sortait pas la rue, c’était loin d’être impossible.

Charlie doutait toutefois elle-aussi qu’elle ait besoin de ce petit service. Depuis le temps, si se faire tatouer avait réellement été sa priorité, elle aurait surement trouvé un moyen de le faire d’une façon ou d’une autre. Malgré ou grâce à la situation dans laquelle elle se trouvait, la dérouille et elle fonctionnaient plutôt bien ensemble. Elle se sentait certes plus fragile et plus vulnérable depuis que ses créatures n’étaient plus là pour surveiller et couvrir ses arrières (entre autre chose), mais à part un sentiment de sécurité plus prononcé, elle n’avait pas la sensation de manquer de grand-chose et s’était toujours arrangée pour obtenir ce qui lui manquait le cas échéant, quitte à travailler ne serait-ce qu’une journée par-ci par-là.

Quoi qu’il en soit, la discussion se poursuivit ensuite sur le thème des tatouages et notamment de ceux de la jeune femme.

- Putain, j’raconte que des conneries.

- Je n’en ai pas l’impression, commenta alors Charlie après avoir grignoté une nouvelle poignée de cacahouète.

- J’avais ce genre de protection, moi-aussi, à une époque, dit-elle alors, même si, vue la façon dont la jeune femme avait conclu ses confidences, elle n’était pas certaine que le serpent veille effectivement sur elle. Ça aurait pu pourtant. Charlie avait en effet fini par apprendre que tout ou presque était possible dans cette ville. Même les tatouages protecteurs.

- Elle a disons qu’elle a fini par partir. J’ai toutefois bon espoir de la voir réapparaître un jour prochain, poursuivit-elle, la confiance et l’entrain succédant à une tristesse certaine teintée de mélancolie.

Charlie parlait par ailleurs de ses créatures. Shaïna n’avait toutefois aucune raison de le savoir et comme Charlie avait parfois la mauvaise habitude de ne pas expliciter ses propos, peut-être que ces derniers manquaient de sens ou de clarté.

Le silence retomba ensuite dans le local sans qu'elle ne cherche à donner plus de précisions sur ce sujet.

Si Amélia était plutôt d’un naturel bavard et pouvait parfois faire la conversation pratiquement toute seule, elle ne faisait toutefois pas partie de ces gens qui se sentent à tout prix obligés de combler les blancs quand la conversation s’arrêtait.

En outre, le contexte restait particulier. A sa façon, Shaïna avait un peu envahi son espace personnel et ce n’était peut-être pas les circonstances idéales pour se sociabiliser ou nouer de nouveaux contacts, même aux yeux de Charlie.

Elle laissa donc le silence s’installer, toute à ses pensées, sans forcément en percevoir le côté pesant, de même qu’elle se rendit surement compte après Shaïna que l’orage avait cessé.

Dommage. Elle soupira quand elle perçu ce point, alors qu’elle se demandait si elle pouvait reprendre son livre ou leur conversation. Était-ce le moment où elle devait reprendre du poil de la bête et tenter de marquer son territoire ? Sa bouche se tortilla légèrement tandis qu’elle réfléchissait. C’était peut-être le cas, d’autres l’auraient même surement fait, mais ce n’était pas forcement son genre à elle.

Elle aurait probablement aimé que Shaïna s’en aille et la laisse seule pour dormir, mais elle ne se sentait pas le cœur de la virer non plus.

- Je vais peut-être lire un peu, annonça-t-elle alors, après avoir repris son livre, mais je pense que je ne vais pas tarder à éteindre.

Elle ne savait pas trop ce qu’elle attendait comme réaction de la part de l’autre jeune femme. Qu’elle se lève et parte d’elle-même ? Qu’elle manifeste sa volonté de rester dormir ? Malgré sa préférence pour la première option, ça lui importait peu finalement et ce n’était pas plus mal : au moins elle ne serait pas déçue.

Elle esquissa par ailleurs un sourire en reprenant son livre, un ouvrage de vulgarisation scientifique parlant du vieillissement cellulaire, contre lequel, cadeau bonus du virus qui avait ravagé l’humanité de son monde, son organisme semblait immunisé. Ray, son partenaire, s’était en effet gentiment moqué d’elle en lui disant que ce genre de lecture ne cadrait pas forcement avec son personnage. Évidemment, il n’avait pas tort. Ça lui donnait même un petit côté Tiffany, mais elle aimait bien ce dernier et, par chance, si Z ou K se baladaient dans les rues en arborant leur costard noir, ils ne l’avaient pas encore croisé lorsqu’elle lisait. Quoi qu'il en soit, elle pensait souvent à lui quand elle lisait ce genre de livre et cette pensée renouvelée avait été à l'origine du son sourire.
 
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Message posté : Dim 23 Juin 2019 - 12:18 Message
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Cette gamine est vraiment bizarre. Elle commence à lui parler de protection, une protection qui serait partie et qu'elle espérait voir revenir un jour. Elle aussi a l'air un peu perchée, mais à bien y penser c'est le cas de nombreuses personnes dans la rue. Difficile de rester lucide et sain d'esprit dans cet environnement où la violence, le manque et le désespoir se croisent à tous les coins de rue. Sans parler de la drogue, de l'alcool, des excès divers et variés que les marginaux s'imposent en espérant rendre leur vie meilleure... ou tout au moins pour ne pas voir la merde qui les entoure.

Donc, elle classe la gamine dans la catégorie des gentiment timbrés. Le genre qui imagine des trucs délirant, qui rêvent d'un monde meilleur pour s'échapper de la merde dans laquelle ils sont plongés. Elle n'est pas de ce genre-là pour sa part, trop cartésienne, trop logique pour croire à ce genre de conneries, alors pour s'échapper, pour oublier, elle se drogue jusqu'à ce que son esprit perde complètement pied avec la réalité, se détruisant peu à peu dans le processus. Finalement, elle ferait peut-être mieux elle aussi de croire que son serpent veille réellement sur elle, créature d'un monde féerique et béni des dieux où tout le monde il est beau, il est gentil... bullshit...

Heureusement, l'autre ne développe pas. Heureusement, car elle a déjà du supporter les délires de mecs ou de nanas vraiment très atteints. Le genre qui vous file la migraine en moins de deux avec leurs histoires à dormir debout. Non, l'autre se tait, et un léger sentiment de malaise s'installe alors que les deux femmes restent mutiques, le seul bruit étant celui du craquement des cacahuètes ou de la mastication du cheeseburger. Repas loin d'être faramineux, tout juste suffisant pour faire taire un estomac lassé de crier famine à longueur de temps...

La gamine veut lire. Parfait, au moins elle va la boucler pour de bon, et de son côté, l'envie de parler est partie aussi vite qu'elle est venue. Elle s'étire en baillant. Finalement, çà n'est pas plus mal, elle est crevée.


Ouais, ben moi j'me pieute.

Elle s'allonge sur le sol dur et tourne le dos à sa colocataire forcée. Si l'autre s'imaginait pouvoir être tranquille, c'est râpé. Elle est bien ici, relatif sentiment de sécurité, la gamine ne semblant pas du genre à lui planter un coup de couteau dans le dos. Tant et si bien, qu'il ne lui faut que quelques minutes pour plonger dans un profond sommeil...


******************************************************************

Le réveil est brutal. La porte claque violemment contre le mur alors que la lampe du local s'éclaire dans le même temps, projetant sa lumière éblouissante. Elle se redresse comme un ressort, habituée à toujours rester sur le qui-vive même pendant son sommeil. Elle distingue une silhouette qui se détache de l'encadrement de la porte. Le temps pour ses yeux de s'habituer à la luminosité, et la silhouette se révèle être un homme. Taille moyenne, trapu et musculeux, latinos d'origine, crâne rasé et tatoué, tout comme ses bras nus. Il porte un débardeur blanc, un jeans délavé, mais le regard de la junkie se fixe sur l'arme qu'il tient en main, et sur l'auréole rouge qui s'égaye sur son flanc droit. L'homme est blessé, sûrement par balle et il est armé.

Lui aussi est ébloui et désorienté par la lumière, mais quand il voit les deux formes sur le sol, il pointe son pistolet dans leur direction en éructant en espagnol.


Joder, que haces aqui, no te muevas, no te muevas.

La junkie ne comprend strictement rien, mais elle est paralysée par la peur, peur de l'arme pointée sur elle, peur de cet homme qui semble paniqué, des gouttes de sueur perlant sur son front. Il regarde anxieusement au dehors par dessus son épaule, et referme la porte tout en les tenant en joue.

La lumière s'éteint tout seule, et elles peuvent entendre la respiration saccadée de l'homme. Il s'adresse de nouveau à elle, alors que le local est plongé dans le noir, en baissant la voix cette fois et en anglais.


Vos gueules les putes où je vous fume. Fermez vos putains de gueules !

Pas besoin de le répéter deux fois, la junkie n'est de toute manière pas capable de faire autre chose que de trembler comme une feuille... et à prier que la gamine ait vraiment des protecteurs qui surgiraient des murs pour venir les sauver...



 
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Message posté : Mar 25 Juin 2019 - 20:50 Message
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Évidemment, ses espoirs furent vains et « Shaïna », loin de lever gentiment le camp, s’installa au contraire pour la nuit.

Charlie de son côté suivit son plan, lu quelques pages de son livre puis éteignit.

Ni aussi sereine, ni aussi impudique que sa voisine, elle ne prit par ailleurs pas le temps de se changer et referma partiellement son sac sur sa silhouette toute habillée. Elle s’arrangea également pour enfiler ses deux bras dans les bretelles de son sac, version kangourou, puis se retourna elle-aussi et essaya de dormir.

Peu rassurée et incapable de se retourner comme elle le souhaitait sans que son sac ne lui pèse dessus de façon inconfortable, elle dormit mal et se réveilla plusieurs fois. A un moment, alors que le sommeil tardait à venir, elle hésita par ailleurs à fouiller dans le sac ou les poches des fripes de Shaïna. Pas pour lui voler quoi que ce soit, mais plus pour en apprendre un peu plus sur la demoiselle au demeurant peu loquace.

Elle finit toutefois par se rendormir, enserrant toujours son sac dans ses bras, le corps légèrement sur le côté, faisant dos à une Shaïna qui semblait toujours dormir dans une position à peu près similaire.

Finalement, elle parvient à s’endormir, plus profondément cette fois. Combien de temps, elle ne le su pas trop et n’eut en réalité le temps de se poser la question.

Shaïna et elle furent en effet réveillées par une nouvelle intrusion à la fois beaucoup plus violente et flippante que celle de Shaïna. Peut-être parce que cette fois-ci elle dormait ou parce qu’il s’agissait d’un homme. Papillonnant des yeux, dans l’espoir qu’ils s’adaptent plus vite à la lumière, pendant qu’il leur hurlait dessus, son cœur battant la chamade, elle se dit aussi qu’il n’avait pas besoin de crier pour qu’elles s’en aillent, puis que, tant qu’à faire ils auraient tous à y gagner aussi s’il parlait la même langue qu’elles.

Elle faillit malgré tout lever les mains en signe de paix et de coopération quand elle perçu enfin son arme, puis sa blessure. Juste avant que la porte ne se referme.

Un frisson lui parcouru alors l’échine tandis que sa conscience prenait pleinement la mesure du danger qui la menaçait. Puis de celui auquel lui semblait exposé.

Il avait peur comprit-elle rapidement. Non, il était paniqué. Autant sinon plus qu’elles. La deuxième série de mots qu’il prononça, pendant qu’elle faisait doucement glisser la fermeture de son sac et son chuchotement méprisable le lui confirmèrent.

Charlie n’était toutefois pas d’humeur à faire preuve de pitié ou de compassion. Au contraire. Elle n’avait pas aimé se faire réveiller de cette façon-là, elle n’avait aimé ni son ton ni ses menaces, sans compter qu’elle détestait quand on l’insultait surtout en suggérant qu’elle exerçait une profession qui n’était pas la sienne. Si elle faillit par ailleurs voir rouge et tenter le tout pour le tout en espérant que sa blessure l’ait suffisamment affaibli pour qu’elles puissent s’en sortir –quoi que, aurait-elle vraiment l’aide de Shaïna sur ce coup ? Elle parvint toutefois à se retenir à temps.

Malgré sa peur à lui. Même si la rage et la colère faillirent clairement prendre le dessus sur tout le reste. L’issue de ce combat était plus qu’incertaine et Charlie avait la sensation qu’elle n’avait aucune envie d’être mêlée à son histoire à lui. Surtout s’il devait y passer à cause d’elle ou de sa blessure. Elle s’inquiétait en outre finalement plus de l’identité de ses poursuivants et de leur proximité que du bonhomme lui-même.

Accessoirement, elle commençait aussi à trouver le noir dans lequel ils baignaient malsain et ralluma donc sa lampe. Elle fixa ensuite un moment l’homme en question, le toisant en silence, le regard bien immobile, l’oreille tendue par ailleurs vers les sons provenant de l’extérieur.

- Tu ne tireras pas, constata-t-elle ensuite avec un aplomb et une assurance calme dont elle ne prit toutefois pas le temps d’être fière.

Ce n'était même pas vraiment du bluff d'ailleurs. Elle en était sûre. Un homme armé qui veut vous tuer vous tire dessus. Il ne vous menace pas à deux reprises en chuchotant comme si sa vie dépendait de votre comportement.

- Tu vas plutôt nous laisser sortir. Parce que tu n’as aucune envie que tes petits amis entendent le bruit de ton arme.

Après ses paroles, également prononcée à voix basse par précaution, Charlie se glissa complètement hors du sac qu’elle commença à rouler à la vas-vite en prenant néanmoins soin de faire le moins de bruit possible, le tout sans quitter longtemps l’homme du regard, l’oreille toujours tendue. Elle faillit par ailleurs conseiller à l’autre de s’habiller, puis se dit qu’elle n’était pas sa mère et qu’elle était suffisamment grande pour savoir ce qu’elle avait à faire.

Malgré la tension qui régnait autour comme à l’intérieur d’elle, Charlie était par ailleurs déterminée à tout faire pour rester en vie … et à repartir en laissant le moins d’affaires possibles derrière elle. Cela pouvait paraître futile, sauf qu'elle avait réellement besoin du peu qu'elle possédait et n'avait aucune envie de voir sa situation se dégrader encore. Il lui semblait par ailleurs qu'elle en avait trop vue et trop fait pour mourir ici et maintenant et se raccrocha à cette idée avec toute la force, le sang-froid et la ténacité dont elle était capable. Contrairement à Shaïna, elle savait par ailleurs que si ses protections avaient été réelles, il ne lui suffisait malheureusement pas de le souhaiter ou d’en avoir besoin pour qu’elles réapparaissent. Elle devait donc se débrouiller seule et c’était ce qu’elle espérait faire.

Jusque-là d’ailleurs tout se passait plutôt bien. L’homme avait peut-être baragouiné quelques mots dans sa langue natale quand elle s’était mise à bouger, mais il n’avait pas tenté de l’en empêcher. A son grand soulagement. Elle avait beau sembler faire preuve d’une certaine forme courage ou d’inconscience, elle n’en avait pas moins conscience de la vitesse à laquelle une balle pourrait atteindre sa tête et mettre fin à ses jours. Pas la pire des morts. Quoi que. Si elle devait mourir elle souhaitait au moins que cela serve à quelque chose ce qui ne serait clairement pas ici.

*Mais je vais vivre* songea-t-elle pour se tirer de ses sombres pensées.

Les choses dérapèrent toutefois quand elle jeta un nouveau coup d’œil à Shaïna, comme pour savoir si elle la suivrait dehors, après avoir bouclé son sac.

A ce moment-là en effet, les bruits de la porte principale de l’immeuble que l’on venait d’ouvrir parvinrent jusqu’à eux et l’on entendit clairement un ou deux hommes entrer dans le bâtiment.
 
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Message posté : Mer 26 Juin 2019 - 16:18 Message
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Elle hallucine complètement devant l'attitude inconsciente de la gamine. Cette dernière ne s'en laisse en effet pas compter, semblant faire comme si l'arme pointée sur elles n'était qu'un vulgaire jouet ! Elle voudrait lui dire de se taire, d'arrêter de le provoquer, mais elle ne peut pas, paralysée par la peur, incapable de faire autre chose que de regarder tour à tour l'homme et la petite brunette qui le défie.

Contre toute attente, la manœuvre de la gamine fonctionne. Elle semble avoir vu clair dans la problématique qu'il rencontre. Effectivement, sa blessure et son empressement à les faire taire doit signifier qu'il est sûrement poursuivi par ceux qui l'ont blessé, et le bruit d'une détonation dans le petit local risque clairement d'attirer l'attention. Ce dont l'homme semble vouloir se passer.

Voyant la gamine ranger apparemment calmement son sac, elle parvient enfin à vaincre en partie sa peur. Elle se saisit de son propre sac, enfile pantalon, godasse et veste à l'arrache et fourre tout ce qui reste dans son sac à dos, pas vraiment le temps de se faire belle, ou de ranger soigneusement ses affaires. Surtout, elle reprend peu à peu espoir de s'en sortir sans encombres et l'attitude de la gamine lui insuffle un semblant de courage.

Pendant ce temps, l'homme écoute nerveusement à la porte, tout en les tenant en joue de son arme. Pas sur cependant qu'il accepte d'ouvrir la porte pour qu'elles puissent prendre la tangente...

Quoiqu'il en soit elles n'ont pas le temps de demander, que le bruit sec d'une porte qui claque résonne. Il ne leur faut pas longtemps pour comprendre qu'il s'agit de la porte principale de l'immeuble. L'homme blessé panique alors complètement et réagit violemment sous l'effet du stress et de l'épuisement physique dû à sa blessure.


Cabrona !

Il se tourne brusquement vers la gamine et la frappe violemment à la tempe avec la crosse de son arme. La pauvre tombe sous la force du coup, étourdie, un sang rouge s'échappant de la blessure ouverte. La junkie réagit instinctivement, ouvrant les bras pour accompagner la chute de l'autre, ce qui se traduit par sa propre chute. Elle se réceptionne sur le coccyx, ne peut réprimer un cri de douleur, mais au moins la chute de Charlie est amortie. La lampe frontale de la gamine est tombée sous la force du choc et s'est brisée sur le sol les plongeant de nouveau dans le noir, et elle est incapable de savoir ce que l'homme est en train de faire.

Moment de flottement alors que le silence s'installe brisé uniquement par les respirations sourdes et nerveuses des trois protagonistes.

Et l’enfer s'abat alors dans le petit local. Les détonations résonnent sourdes et puissantes à l'extérieur du local, un staccato nerveux et bruyant alors que les armes automatiques lâchent leurs projectiles de mort. L'homme blessé est littéralement criblé de balles, la force de l'impact le projetant contre le mur du fond. Il s'écroule à côté des deux femmes prostrées dans un coin, la junkie enserrant instinctivement la gamine encore désorientée par le coup qu'elle a reçu, pas seulement pour la protéger, mais surtout pour se rassurer elle-même alors qu'elle sent de nouveau la panique monter en elle.

La porte s'ouvre alors violemment sur deux hommes, armes encore fumantes pointées vers l'intérieur du local. La lumière s'allume brusquement, éblouissant les nouveaux arrivants, qui se protègent instinctivement du bras. Elle ne sait pas que faire, ses jambes sont en coton, elle tremble comme une feuille serrant avec force sa colocataire forcée. Mais il est dit qu'elle ne mourrait pas aujourd'hui, et la gamine non plus.

Contre toute attente, le premier homme n'est pas mort, malgré le sang qui s'écoule de ses nombreuses blessures. Il lui semble que tout se passe alors au ralenti. Le latino lève le bras qui porte son arme, elle peut voir les deux autres hommes qui distingue avec incrédulité l'arme pointée sur eux alors que leurs yeux s'habituent enfin à la luminosité. De nouveau le claquement sourd des détonations, et le latino vide son chargeur sur les deux autres avant d'expirer, à bout de force.

Le calme revient alors dans le local baigné de lumière et souillé de sang. Elle tremble de tout son être répétant de sa voix rauque en une étrange litanie.


Oh putain, oh putain...

La gamine est toujours à moitié consciente dans ses bras. Un puissant instinct de survie la pousse alors à se révéler, aidant l'autre à faire de même.

Faut qu'on se casse, bouge toi faut qu'on se casse...

Elle embarque comme elle peut les deux sacs, soutenant en même temps la brunette, l'idée de la laisser là, seule au milieu des morts ne lui ayant même pas traverser l'esprit. Elle enjambe les corps, secouant la gamine qui semble quand même dans un sale état. Du sang coule sur le côté droit de son visage, mais plus ennuyeux elle semble réellement être ailleurs, étourdie et à demi consciente du drame qui se joue.

Allez putain, sérieux aide moi, j'ai pas envie de crever ici...

************************************

Elle ne sait pas comment elle a fait pour se traîner jusqu'à cette cave, comment elle a fait pour se glisser avec la gamine à travers le vasistas entrouvert. Mais elle s'en fout, elles sont là, toutes les deux, dans le noir toujours. Elle est épuisée, aussi bien moralement que physiquement par l'épreuve qu'elles viennent de traverser.

Elle sort une clope de sa veste, et l'allume difficilement tant ses mains tremblent encore. Mais çà fait du bien. Elle espère juste que le coup sur la tête de la gamine n'est pas trop grave...
 
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Message posté : Mer 26 Juin 2019 - 19:17 Message
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Lorsqu’ils entendirent les deux hommes entrer, Charlie n’eut même pas le temps de se demander quoi faire qu’un objet contondant la frappât à la tête lui faisant presque immédiatement perdre connaissance, sans qu’elle n’ait le temps de bien comprendre ce qui lui arrivait.

Elle le savait pourtant… il ne fallait jamais tourner le dos ni, visiblement, détourner les yeux d’un ennemi.

L’erreur restait humaine et, pendant un petit lapse de temps, Charlie n’eut pas forcement conscience de la sienne ni de rien d’autre d’ailleurs. Elle loupa ainsi Shaïna qui l’aida à amortir gentiment sa chute puis le feu d’artifice qui commença juste après… et les épargna fort heureusement puisqu’elles étaient toutes les deux par terre. Dans leurs malheurs, en somme, la chance semblait avoir fini par se retourner en leur faveur.

Lorsqu’elle commença à reprendre connaissance par ailleurs, elle eut malgré tout conscience que quelque chose de terriblement violent était arrivé. Quoi elle ne savait pas et n’était pas en mesure de se poser la question. Sa tête tournait et elle ne savait plus très bien où elle était ni avec qui.

- Faut qu'on se casse, bouge-toi faut qu'on se casse...

Charlie s’accrocha sans se poser de question au propriétaire de la voix qui semblait également être la seule chose qui le permettait de continuer à mettre un pied devant l’autre sans repartir tourniquoter en comptant ses chandelles.

Quelque chose toutefois, dans son ton, ou dans ce dont elle se souvenait inconsciemment la poussa à prendre sur elle, à rassembler ses forces, et à s’exécuter suivant la brunette débraillée tout en s’appuyant sur elle quand elle sentait que ses vertiges risquaient de l’entraîner trop près du sol.

Bien qu’il semble qu’elle ait continué à avancer avec sa complice, Charlie avait parfois l’impression de ne vivre les choses de loin, sans être vraiment présente, soit qu’elle soit retombée dans l’inconscience par moment soit qu’elle soit là sans être là. Elle avait la sensation qu’un terme existait pour décrire ce qu’elle expérimentait, mais son esprit embrumé ne parvenait pas à le retrouver.

Malgré cette impression, quelque part, une partie d’elle avait suffisamment conscience du danger pour qu’elle s’accroche jusqu’à ce que Shaïna estime qu’elles soient en sécurité.

Une fois dans la cave, Charlie resta par ailleurs un moment là où la jeune junkie l’avait installée, retombant plus franchement dans l’inconscience. Quand elle revient ensuite à elle néanmoins, elle était davantage elle-même, davantage dans le présent et malheureusement aussi davantage présente dans son propre corps, lequel souffrait malheureusement d’un horrible mal de crâne qui lui arracha un léger « ssshh » tandis qu’elle baissait la tête et portait instinctivement la main vers sa tempe. Elle arrêta néanmoins son geste à temps soit avant d’y toucher. La dernière scène dont elle se souvenait vraiment et le coup qu’elle avait reçu venait de lui revenir à l’esprit et Charlie eu la présence de se dire que mettre ses doigts sur une blessure potentielle n’était pas une bonne idée. A moins de vouloir que ça s’infecte.

Il lui parut toutefois que c’était une bonne chose. Pas que ça s’infecte, mais qu’elle revienne ainsi à elle. Ca signifiait que ce n’était pas grave, non ?

Un foule de questions l’assaillirent par ailleurs. Où était-elle ? Que s’était-il passé ? Pourquoi faisait-il noir ? Où est ma lampe ? Est-ce qu’il y avait quelqu’un ?

Finalement, l’apparition d’un point rougeâtre incandescent, celui de la cigarette de Shaïna, lui confirma que oui, il y avait bien quelqu'un, avant qu’elle n’ouvre la bouche pour poser la question.

- Qui est là ? demanda-t-elle alors d’une voie blanche.

En posant la question, elle se souvint de la jeune femme. De son côté peu bavard, impudique, envahissant aussi. De ses doutes quant au fait qu’elle pourrait les aider face à… L’autre personne dont elle se souvenait. Elle avait des bribes de ce qui l’avait conduit ici, mais étaient-elles fiables ? Charlie dû prendre plusieurs respirations profondes pour ne pas céder complètement à la panique. Et si elle avait mal interprété les choses ? Si elle n’avait pas été amenée là par Shaïna mais par l’autre intrus, celui dont elle avait, d’une certaine façon, bravé les menaces. Ou bien encore par ses poursuivants ? Ceux dont elle ne savait rien. *Respire* s’intimida-t-elle alors, l’influx de sang qui suivit son nouvel élan de stresse renforçant par ailleurs la tenaille qui lui enserrait toujours le crâne.

- Où est-on ? demanda-t-elle ensuite. Et que s’est-il passé ?

Son ton était encore incertain et trahissait une forme d’inquiétude. Charlie ne faisait clairement pas la fière. Contrairement à l’incident précédent en outre, elle n’était même pas sûre qu’elle ait suffisamment de force pour se défendre si elle devait en avoir besoin. Quoi que… la force et le courage du désespoir parfois… Charlie s’était par ailleurs prouvée à elle-même, il y a quelque temps qu’elle était comme tous les animaux : acculée dans un coin sans aucune échappatoire, elle se mettait à mordre.

Une chance qu’elle en ait vue une un peu plus tôt. Ou pas ?

Refusant de céder inutilement à la peur et au désespoir, elle finit par ailleurs pas tâtonner autour d’elle, à la recherche de quelque chose d’utile, lorsqu’elle mit la main sur ce qu’elle reconnut comme étant son sac. Un large sourire illumina alors son visage, même si personne ne pouvait le constater, pendant qu’elle enserrait ce dernier comme s’il s’agissait d’un proche perdu de vue depuis longtemps en balançant légèrement le haut de son corps d’avant en arrière, sans même s’en rendre compte.
 
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Message posté : Mer 3 Juil 2019 - 16:26 Message
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La gamine est dans les vapes. Elle s'assure qu'elle respire encore normalement et l'allonge du mieux possible avant de se laisser glisser contre le mur pour s'asseoir. Son cœur n'est pas encore redescendu, il bat la chamade, et l'adrénaline dans ses veines n'a pas disparu. Alors elle sort une clope et commence à fumer pour essayer de se détendre.

Elle finit juste sa seconde cigarette quand l'autre commence à bouger faiblement. Ses premiers mots sont incompréhensibles, mais la suite est plus rassurante.


Qui est là ?

Elle écrase son mégot par terre, avant de répondre d'une voix basse.


C'est Shaïna.

Pas sur qu'elle se souvienne encore d'elle vu le coup qu'elle a pris sur la tête. La cave est plongée dans le noir, mais la lumière de l'aube commence à filtrer à travers le vasistas qu'elles ont emprunté pour atterrir ici, leurs silhouettes commençant à se dessiner dans la pénombre. La cave est un vrai capharnaüm, et elles ont du casser un truc en passant par le vasistas, tant elle a eu du mal à se glisser par la mince ouverture avec son fardeau sur le dos.

Mais le principal c'est qu'elles sont à l'abri, loin de la fureur qui a ravagé le petit local confortable. Trop idyllique pour que çà dure...

Elle a du sang sur elle, principalement celui de l'homme. Il faut dire que vu ce qu'il a pris dans le buffet, il a repeint les murs et tout ce qui s'y trouvait en rouge façon patchwork. Sûrement aussi le sang de Charlie, alors qu'elle la traînait tant bien que mal à travers les rues pour s'enfuir. Assez miraculeusement elle n'a rien, à part quelques contusions mineures.

Où est-on ?

J'en sais rien.

A deux pâtés de maison du local, mais elle ne sait plus vraiment dans quelle direction elle est parti et à vrai dire, quelle importance ?

Et que s’est-il passé ?

Elle soupire et tremble instinctivement en se remémorant le chaos qu'elles ont vécu.

On a failli crever je crois.

C'est même sur, une balle perdue et elles y passaient direct.

Elle s'approche alors de l'autre pour s'accroupir juste devant elle. La gamine a récupéré son sac et commence à se balancer bizarrement d'avant en arrière, surement à cause du contrecoup. Ce n'est pourtant pas le genre de la junkie de se soucier de quelqu'un d'autre que d'elle même. A vrai dire il est même assez surprenant qu'elle n'aie pas abandonné l'autre en arrière à son triste sort. Mais non, elle l'a traîné jusque là et pris des risques pour çà, donc c'est pas pour la voir tourner de l’œil maintenant et lui claquer dans les mains.


Hey, gamine, çà va ?

Elle approche lentement sa main du visage de Charlie...
 
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Message posté : Mer 3 Juil 2019 - 20:15 Message
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- C'est Shaïna.

Charlie se détendit un peu en entendant sa réponse et la voix de la jeune femme, dont elle se souvenait bien. Elle trouva aussi vaguement curieux d’être soulagée d’apprendre que celle qui l’avait perturbée dans sa petite routine de ces derniers jours se trouvait toujours à ses côtés… Comme quoi, les choses peuvent parfois évoluer très vite et de façon plus qu’inattendue.

Elle continua quand même avec ses questions et écouta sans un mot les réponses, plutôt succinctes, de sa compagne.

- On a failli crever je crois.

Charlie frissonna en entendant ses mots qui correspondaient un peu trop à ce que lui disait son corps. A son sentiment de peur et de faiblesse comme à sa tête qui la lançait.

- Je crois que je me suis cognée la tête.

Elle retrouva ensuite son sac et commença à se balancer lentement, perdue dans des pensées lointaines. Son esprit se souvenait mal, mais, d’une certaine façon, son corps, lui ne se souvenait que trop bien. Il se souvenait aussi que ce n’était pas la première fois qu’elle avait assisté à un genre de fusillade et, sans qu’elle ne s’en rende vraiment compte, elle se retrouva comme projeté dans l’après-première-fusillade qu’elle avait vécu, quand elle s’était retrouvée séparée de Joé, la seule personne qui semblait se soucier d’elle à l’époque, et de ses premières créatures, toutes tuées lors de l’ "opération".

Ce n’était pas de bons souvenirs. Ça l’avait même franchement traumatisée et à ce moment de sa vie Charlie tenait beaucoup de l’épave, non pas celle d’un ancien navire majestueux, mais plutôt de celle d’un petit radeau de fortune déjà branlant lors de sa mise à l’eau.

- Hey, gamine, çà va ?

Malgré le retour de ses souvenirs traumatiques, dont elle était pourtant sensée avoir guéri, Charlie perçu la voix de Shaïna au loin et sourit légèrement sans arrêter de se bercer en l’entendant l’appeler gamine. Joé aussi avait l’habitude de l’appeler ainsi. Chez lui, c’était affectueux et, se pourrait-il qu’il en soit de même pour l’autre jeune femme ?

Elle sourit en outre car elle avait l’impression de retrouver ce qu’elle avait longtemps pris comme une forme de protection : cette apparence juvénile, son air candide et parfois même innocent avec lequel elle était plus habituée à inciter les autres à faire preuve d’indulgence ou de compassion que de violence et de grossièreté. Cela pourrait paraître étrange, mais les incidents de ce type, Charlie avait plutôt réussi à les éviter.

Ce qui n’était pas ce qui la dérangeait le plus toutefois, même si… malgré la lenteur du geste de Shaïna, ses réflexions s’interrompirent brusquement quand son corps eu un brusque mouvement de recul lorsqu’il perçu son approche.

Charlie lâcha son sac par la même occasion et s’étala maladroitement sur le dos sur le fourbi qui encombrait la cave, son tournis revenant à la charge, suffisamment fort pour qu’elle ait besoin d’un peu de temps pour se redresser un peu. Une fois sur son séant, elle reprit par ailleurs la parole en regarda la jeune femme dont les rayons du soleil naissant lui permettaient désormais de percevoir les contours.

- Je suis désolée, dit-elle alors.

Et elle l’était réellement. Elle avait agi par réflexe et s’en voulu d’avoir ainsi interrompu ce qu’elle interpréta après coup comme un signe de sollicitude.

L’espace d’un instant, elle faillit par ailleurs repartir où elle se trouvait juste avant, dans ses souvenirs, son corps ayant même recommencé à esquisser un mouvement de balancement, avant qu’elle ne prenne sur elle pour le stopper.

Elle ressemblait à une gamine, mais elle n’en était pas une. Il était peut-être temps qu’elle se le rappelle et agisse en conséquence.

- Je ne suis pas comme ça d’habitude, dit-elle alors.

Une chance. Une chance aussi qu’aucun membre de Shadow n’ait été dans les parages pour la voir dans cet état.

- Mais je vais bien, assura-t-elle. Je crois.

Elle n’en était pas si sûre en réalité et aurait bien aimé pouvoir jeter un coup d’œil sur la plaie qu’elle avait à la tempe et qui, elle le sentait maintenant, continuait à saigner légèrement.

L’endroit n’était pas le plus indiqué pour ce genre d’opération toutefois et la faible luminosité du lieu ne permettait pas encore ne serait-ce qu’un rapide examen de la blessure.

- Par contre, je crois que j’aimerais sortir d’ici, dit-elle en essayant de se relever.

- Et toi ? Tu n’as rien ? demanda-t-elle, comme elle s’inquiéta finalement de l’état de la jeune femme et non plus seulement de sa petite personne.

Elle hésita ensuite à poursuivre en se mordant les lèvres, passa machinalement le revers de sa main sous l’un de ses yeux pour faire disparaître plus vite les traces de larmes qu’elle ne se souvenait plus d’avoir versée.

- Merci, lui dit-elle ensuite.

Elle ne savait pas trop pourquoi puisque les souvenirs de l’incident étaient encore flous, trop d’ailleurs pour qu’elle n’ait pas envie de lui redemander ce qui s’était passé, mais elle avait le sentiment de lui devoir ce petit mot qui ne coûtait pas grand-chose, mais qu’on oubliait trop souvent à ses yeux.

Elle esquissa par ailleurs un léger sourire qu’elle voulait encourageant, malgré la détresse qui se lisait encore dans ses yeux, puis parvint de peu à retenir les larmes qui menaçaient de dévaler à nouveau la pente de ses joues. Elle était émue cette fois par l’aide que la jeune femme lui avait ainsi surement apportée et chamboulée aussi parce qu’elle avait été assez dure pour penser qu’elle ne pouvait en attendre aucune de sa part.

- Je connais peut-être quelqu’un qui pourrait nous aider.

Ou plutôt l’aider elle, mais qui sait, si Shaïna venait avec elle, elle pourrait peut-être gagner un repas décent et une douche chaude…
 
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Message posté : Mar 16 Juil 2019 - 18:28 Message
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La réaction de la gamine est imprévue mais finalement peu surprenante et elle ne s'en offusque pas le moins du monde. Elle est un peu comme elle, animal sauvage laissé à l'abandon dans la rue. Dans ces conditions on se construit une carapace, on se replie sur soi, quitte à en oublier certaines bases de la socialisation. Elle aurait sûrement réagi comme elle.

Je suis désolée.

Elle éloigne sa main pour respecter la bulle d'intimité de l'autre et hausse les épaules.

T'inquiètes j'comprends...

...tu es un peu comme moi...

Je ne suis pas comme ça d’habitude.

Rire aurait été sûrement déplacé et elle en a pas vraiment envie. Surtout après ce qui vient de se passer. Mais pour le coup elle a du mal à croire l'autre. Elle a un grain c'est sur à se balancer comme çà. Mais elle est mal placée pour dire quoi que ce soit. Elle aussi à ses petits problèmes et ses méchants démons...

Et toi ? Tu n’as rien ?

Ça va, juste crade, mais bon çà m'change pas trop d'd'habitude.


Rire forcée qui ne convainc personne.

Merci.

Elle ne répond pas, mais malgré tout çà fait du bien. Se dire qu'on a été utile pour quelqu'un d'autre que pour soi même çà change un peu de d'habitude. Elle ne sait toujours pas d'ailleurs pourquoi elle l'a aidé. L'adrénaline sûrement, l'instinct de survie qui pousse aussi à sauver ses semblables, et sûrement le fait qu'elle se retrouve un peu en elle, gamine paumée dans un monde trop dur pour elle. Elle soupire en passant une main lasse dans ses cheveux en bataille.

Je connais peut-être quelqu’un qui pourrait nous aider.

Pour le coup, elle ne peut retenir une grimace. Aider, elle a ce mot en horreur depuis son adolescence. Tout le monde a voulu l'aider, mais au final ils n'ont rien fait d'autres que de l'enfoncer toujours plus profondément dans la détresse et la solitude, bouffée par la rancœur et la haine de l'autre. Alors quand on lui parle d'aider, la réaction ne tarde pas. La réponse est sèche.

Pas b'soin d'aide.

Elle se redresse et s'éloigne rompant le semblant d'intimité qui s'était installé entre elles. Pourtant la gamine a raison sur un point. Va falloir qu'elle bouge. Pas qu'elle risque grand chose dans cette cave visiblement abandonnée depuis un moment au vue de l’impressionnante couche de poussière. Mais y'a rien à grailler ni à boire ici, donc elles tiendront pas bien longtemps. L'aube annonce aussi le calme, et à priori personne n'a survécu dans le petit local pour témoigner de leurs présences.

Alors elle embarque son sac et se dirige vers le vasistas bien décidée à reprendre une vie normale, loin des gens et des emmerdes.

Sauf qu'elle hésite, soupire longuement et se retourne vers la gamine. Elle l'a ramené jusqu'ici et visiblement un truc en elle a décidé qu'elle n'allait pas la laisser crever dans cette cave.


Allez viens on bouge.

Va falloir qu'elle fasse quelque chose, car elle est en train de virer guimauve...
 
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Message posté : Ven 26 Juil 2019 - 7:06 Message
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Les réponses de Shaïna réussirent à lui parvenir de plus ou moins loin au milieu de sa petite crise de nostalgie sans qu’elle ne réagisse particulièrement à ce qu’elle disait, même si, quelque part, une partie d’elle enregistrait ses réponses qui, au demeurant, continuait à n’en dévoiler que peu au sujet de sa compagne de malheurs.

Si elle se renfrogna presque quelque peu lorsque celle-ci refusa sa proposition, elle se réanima en revanche lorsque Shaïna proposa de lever le camp.

Elle avait déjà émis la volonté de sortir de cet endroit, elle n’allait pas changer d’avis maintenant…

Elle emboîta donc plus ou moins le pas à Shaïna, veillant, elle aussi, à prendre son sac avec elle et se contorsionna à sa suite tant bien que mal pour regagner la rue où pointait déjà les premières lueurs de l’aube.

Se faisant, sa tête, lui rappela un instant que, si Shaïna n’avait peut-être pas besoin d’aide, ce n’était peut-être pas tout à fait son cas. Elle parvint toutefois à retrouver son équilibre, ce qui était déjà une bonne chose. L’air frais et la lumière de l’aube lui firent par ailleurs du bien et Charlie retrouva son sourire naïf presque comme par magie, un peu comme si sa détresse d’il y a peu était restée dans la cave.

Après avoir profité un instant pleinement du moment, elle emboîta par ailleurs le pas à Shaïna, se laissant un temps "promener" par celle-ci, avec que la situation n’atteigne les recoins encore intacts de son cerveau. Ça n’allait pas. Shaïna était peut-être en train de virer guimauve (bien, que, vue de l’extérieur Charlie ne perçu pas réellement le changement), mais il lui était impossible de devenir son acolyte. Pas quand elle l'était déjà, plus ou moins du moins, pour le compte de quelqu'un d'autre.

Comme pour la conforter dans cette idée, son regard croisa par ailleurs son reflet dans un vitrine et la fit piler net. Le problème ne venait pas tant de ses cheveux, aussi hirsutes que ceux d’un épouvantail, chose plutôt rare chez elle. Mais de sa blessure qu’elle voyait en face en quelque sorte pour la première fois et de la trace de sang évidente qui maculait son visage. Elle jeta alors un ou deux coups d’œil autour d’elles comme pour voir si quelqu’un s’en était rendu compte, mais leur sortie avait été trop matinale pour ça.

- Faut que j’arrange ça, dit-elle alors à l’attention de Shaïna en espérant qu’elle soit encore à portée de voix.

Elle sortit ensuite une petite trousse de son sac, se débarbouilla comme elle pouvait avec une lingette sans vraiment toucher à la plaie, se recoiffa et posa deux pansements à l'effigie des héros de la ville qu’elle avait acheté il y a peu parce qu’elle les trouvait cool et pouvait momentanément se le permettre. Et puis, parce que ça pouvait être utile aussi. Surtout même. Son minimalisme voulu, dans certains cas, s’accommodait en effet aussi de son côté geek ou du moins de son goût pour cette partie de leur culture.

Consciente, qu’elle avait surement l’air encore moins crédible ainsi, mais s’en souciant peu, elle se remit au niveau de Shaïna lorsqu'elles reprirent leur marche, afin de pouvoir lui parler.

- Tu sais, je crois que je vais mieux, dit-elle alors. Je vais peut-être avoir besoin d’un point ou deux points et je ne veux pas aller à l’hôpital, mais je pense vraiment connaître quelqu’un qui pourrait m’aider avec ça, dit-elle en désignant la plaie et les ravissant pansements qui la recouvraient désormais, au moins partiellement.

- Aussi, je ne sais pas où tu comptais aller ou ce que tu avais prévu de faire mais… elle hésita alors, chercha un temps ses mots, puis se lança. Je ne voudrais pas être un genre de boulet pour toi, tu sais....

Elle était plus ou moins sincère.

Même si dans les faits, pour être efficace, elle avait aussi besoin de faire cavalier seul.

Fraterniser dans un bouge de temps en temps était ok, mais elle voyait mal leur relation évoluer autrement et avait l’impression que celle-ci était en train de prendre un autre chemin aux yeux de Shaïna. Peut-être se faisait-elle un film. Surement même. Elle ne voulait pas la blesser en outre, mais elle avait aussi d’autres priorités, plaie à la tempe ou non.

 
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