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A reason to believe - Abigaïl Categorie2_1A reason to believe - Abigaïl Categorie2_3
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A reason to believe - Abigaïl

 
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Message posté : Jeu 28 Mar 2019 - 20:12 Message
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Cartel Rouge
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Noélie A. Inagawa
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A reason to believe - Abigaïl 181024121903977341

ϟ Âge : 25
ϟ Sexe : Féminin
ϟ Date de Naissance : 23/12/1993
ϟ Arrivée à Star City : 24/07/2018
ϟ Nombre de Messages : 593
ϟ Nombre de Messages RP : 346
ϟ Doublons : Thalia Cristobal, Cassandra De Matteo, Jia Li Zhao
ϟ Crédits : gif & vava par Renan (♥) ; code Sio
ϟ Célébrité : Yuko Suzuhana
ϟ Âge du Personnage : 26 ans
ϟ Statut : Célibataire
ϟ Métier : Chanteuse dans le groupe Borderland / développeuse web / wakagashira de l'Otaku-Kai
ϟ Réputation : Niveau 3
ϟ Signes particuliers : • Incroyablement bavarde
• Sort toujours apprêtée jusqu'au bout des ongles
• Cheveux très longs, parfois méchés de bordeaux, turquoise ou rose, au rythme de ses envies et de ses concerts

ϟ Pouvoirs : • Compréhension innée des langages informatiques
• Hackeuse née
• Analyste niveau III (données et informations en tous genres, expression corporelle, détection du mensonge, calculs de probabilités et analyse situationnelle)
• I.A. (Inori)
• Book My Life
• Lentille connectée (connectée à Inori, interface d'informations, reconnaissance faciale)
• Implant neuronal (transmission d'instructions à Inori, bouclier psychique, bouclier magique)
• Drones de surveillance (connectée à Inori et donc à Noélie)
• Egide : Shiru (bouclier physique, réflexes améliorés, formation en protection rapprochée), Totsuka (Artefact : Ōtenta-Mitsuyo, grenades fumigènes, shurikens explosifs, maîtrise du ninpō no ken)

• Téléporteur de costumes 2.2
ϟ Liens Rapides :
1 rose de Susan ♥️ 2 roses de Lukaz ♥️ 1 rose de Mikhaïl ♥️ 1 rose de Natalia ♥️ 1 rose de Zeke ♥️
Cette rencontre-là avec Abigaïl Frankenstein a commencé, finalement, dans ma chambre, lorsque je lui ai envoyé un message après mon entrevue avec Lady Satan. Avec sa mère, apparemment. Assise sur un banc du quartier du Centre, il m’a fallu un temps infini pour concilier les souvenirs que j’avais de la nécromancienne avec ce que j’avais appris. Associer ses sourires et sa mélancolie presque… Douce, au monstre qui m’a enlevée, donnée en spectacle, menacée et poussée lentement mais sûrement vers un accord dont je n’ai jamais voulu. Associer celle qui a pris le temps de recouvrir la vivante que je suis d’un plaid qui traînait dans mon salon avant de s’esquiver à celle qui côtoie une rousse démoniaque.

J’ai retrouvé mon calme, depuis ce presque appel au secours. La déception s’est évanouie, laissant place à une froideur qui ne me ressemble pas. Et puis, est venue la colère, l’incompréhension, la déception de nouveau. J’ai l’impression que je n’arrive plus à réfléchir correctement, depuis que je suis ressortie de cet endroit infernal. L’impression aussi d’être injuste envers la nécromancienne. Elle n’a rien demandé à personne, n’avait certainement pas à tout me dire sur elle. Heureusement, j’ai fini par reprendre le dessus. Je veux lui laisser le bénéfice du doute. Vraiment. Mais je sais déjà que la Noélie qu’elle rencontrera cette fois sera sensiblement moins enjouée. J’ai du mal à sourire comme il faut, ces derniers temps. Allez savoir pourquoi. Oh, Lady Satan n’a pas totalement piétiné cette partie là de moi, c’est juste que pour une fois, ça me demande un effort conscient de ne pas oublier que tout n’est pas noir, que je peux encore m’en tirer d’une pirouette. Je suis en sécurité, pourtant, presque. Il y a cette mèche de cheveux, mais elle ne peut pas l’utiliser pour me nuire. Je dois recommencer à penser intelligemment. Vraiment. Mais avant ça, je crois bien que j’ai besoin de faire le point.

Elle a fini par me répondre et on a prévu de se retrouver aujourd’hui. Je ne voulais pas l’inviter chez moi, avec cette histoire de sanctification et aussi un peu par précaution, alors j’ai cherché longtemps où nous pouvions nous voir. J’ai fini par dégotter un endroit approprié. C’est comme ça que j’ai atterri dans ce parc, à battre la mesure du pied presque frénétiquement, un véritable concentré de nervosité, d’agacement, d’inquiétude et de peur. Tout ça à la fois. Le sourire qui habille mes lèvres est plus forcé qu’autre chose. Je crois. Je ne sais pas vraiment. Une partie de moi reste heureuse de la revoir. J’ai apprécié ma rencontre avec elle. J’ai apprécié ce qu’elle était, qui elle était. J’ai eu ce petit feeling qui me fait dire que c’est une personne que j’aimerais garder près de moi, comme j’ai pu l’avoir avec d’autres. J’ai toujours eu une confiance aveugle dans mes ressentis, et là, je me demande à quel point le fait qu’elle soit un cadavre pourrait me tromper.

Je suis habillée en noir, avec une large ceinture rouge sombre. Mes cheveux sont attachés en un chignon serré, les baguettes qui s’y croisent rouges également. Mon maquillage est plus sévère qu’habituellement, mais c’est juste parce que je sors d’un rendez-vous professionnel. J’ai changé mes escarpins pour des bottes confortables avec des talons autrement plus bas, avant d’arriver ici, mon sac à main jeté sur mon épaule. Et j’ai la trouille. Je déteste l’admettre, mais j’ai la trouille. Mon coeur bat trop fort parce qu’en remarquant Abigaïl approcher, j’ai le souvenir d’une autre sorcière, de mon cauchemar personnel, qui se superpose à elle. Je cherche des points communs qui n’existent probablement pas. Je souris. Gauchement. Timidement, peut-être. Mais j’y arrive au moins.

Abigaïl, je la salue en forçant mon ton à prendre ses habituelles intonations enjouées.

Un effort conscient, mais bon. Est-ce que ça serait étrange si je regardais par dessus mon épaule ? Je viens de rajouter une préoccupation supplémentaire à la liste : est-ce que je fais exactement ce que Lady Satan attend de moi, en me tournant vers la seule personne capable d’entendre ce qui m’est arrivée et de se défendre seule en cas de besoin ? Je me sens nulle, en plus. Dans les quarante et quelques noms que j’avais demandé initialement, la nécromancienne avait sa place. Tout comme Mikhaïl, par exemple. Mais j’ai dû faire des choix.

Comment ça va ? Et tes colocs ? C’est vraiment… Vraiment gentil de ta part, de bien avoir voulu venir.

Je me sens tellement idiote, c’est insupportable. J’ai dit que je lui laissais le bénéfice du doute, quand même. Oui, ou non ?

Je n’ai pas rencontré ton frère, mais j’ai vu une autre membre de ta famille, récemment, j’ajoute prudemment, le regard fixé sur elle. Enfin, elle m’a dit qu’elle était ta mère, en tout cas, mais comme j’ai pour parti de ne pas croire tout ce que Lady Satan me raconte, je complète en serrant les dents.

Adieu la subtilité. Apparemment, je ne pouvais pas me retenir plus longtemps. La colère peut-être un peu de retour ? Oh, bordel, je n’en sais rien. Je ne sais plus grand chose en ce moment, il faut dire.
 
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Message posté : Jeu 28 Mar 2019 - 22:54 Message
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Abigaïl Frankenstein
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Living Dead Girl
ϟ Âge : 27
ϟ Sexe : Féminin
ϟ Date de Naissance : 18/12/1991
ϟ Arrivée à Star City : 05/01/2019
ϟ Nombre de Messages : 113
ϟ Nombre de Messages RP : 58
ϟ Doublons : Evelyn Wormwood, Lawrence Chastel
ϟ Crédits : Creepy Crawly
ϟ Célébrité : Taylor Momsen
ϟ Âge du Personnage : 234 ans
ϟ Statut : Célibataire morte
ϟ Métier : Thanatopractrice, chanteuse
ϟ Réputation : Niveau 0
ϟ Signes particuliers : Une cicatrice en forme de Y sur la poitrine, dernier témoignage de son autopsie. Des cheveux presque blancs et une peau pâle, presque glacée au toucher.
ϟ Pouvoirs :
- Maîtrise de la nécromancie XXX
- Maîtrise de l'ostéomancie V
- Maîtrise de la carnomancie VI
- Moisson de vie III
- Communication avec les morts III
- Psychopompe VI
- Phylactère III
- Vigor Mortis V
- Forme spectrale V
- Vol spectral I
- Deuil (faux magique)
- La Fossoyeuse (pelle magique)
- Avatar des cimetières (serviteur)
- Désespoir (cheval de la Mort, serviteur)
Recevoir un message de Noélie avait fait plus plaisir à Abigaïl que celle-ci ne l’aurait imaginé. Et cela même si elle avait dû batailler violemment pour réussir à lui répondre. La nécromancienne avait d’ailleurs fini par demander à Piper, sa colocataire elle aussi nécromancienne mais bien vivante, d’écrire pour elle. Le seul ordinateur de leur petit foyer ne supportait pas les interférences éctoplasmiques émises par le fantôme d’Abigaïl et ce même s’il habitait un corps.

Noélie aurait pu retourner à sa vie en chassant de son esprit tous les souvenirs de leur rencontre. Abigaïl ne lui en aurait pas voulue, elle l’aurait même comprise. Contrairement à elle, Noélie avait le choix d’ignorer les monstres qui se tapissaient dans l’obscurité, d’ignorer qu’il y avait quelque chose après la mort. Ce n’était pas facile, mais avec le temps elle y serait parvenue, surtout maintenant que les espions de Lady Satan n’hantaient plus son domicile. Mais elle avait choisie de la recontacter, ce qui signifiait que la chanteuse aux origines nippones n’avait pas fait une croix sur ses relations avec les représentants de la morte-vie. Ce qui ravissait Abigaïl au plus haut point.

Jusqu’à ce qu’elle se retrouve face à Noélie. La nécromancienne avait pris soin de venir seule. Ce qui était un véritable défi pour elle. Tous les esprits errants qui se rendaient compte qu’elle pouvait les voir et les entendre avaient tendance à la suivre pour qu’elle puisse écouter leurs lamentations pour accomplir leurs dernières volontés. Ils n’osaient pas faire cela quand elle était Lady Death, mais Living Dead Girl n’avait pas la même notoriété chez les morts. Quoique certaines rumeurs commençaient à circuler. Sous son identité civile, elle n’avait l’air que d’une médium parmi d’autres avec un goût vestimentaire monochrome que certains auraient qualifiés de douteux.

Au premier coup d’œil, elle avait toutefois remarqué que quelque chose semblait être différent et ce même si Noélie donnait parfaitement le change. Son ton était toujours aussi enjoué. Mais Abigaïl imaginait que la chanteuse était le genre de personne à pouvoir dire bonjour de cette façon à n’importe qui, par exemple à chaque personne qu’elle croisait en randonnée dans les bois ! C’étaient les mots qui la trahissaient. Ou plutôt leur absence. Noélie était étrangement laconique.

« Noélie, je suis contente de te voir. » Commença la nécromancienne avec un sourire discret.

Elle ne s’était pas installée sur le banc, préférant faire face pour le moment, les mains dans les poches de manière désinvolte. Si elle avait été vivante, ses épaules auraient probablement trahis une certaine tension, mais à cet instant, le corps de Lily lui faisait plus l’effet d’une marionnette sans fils qui ne tenait debout que par sa rigidité naturelle.

«Ils vont bien. Pourquoi aurais-je refusé ? » Demanda-t-elle toujours aussi calme, sans une once de soupçon dans la voix.

Il y en avait dans son esprit, mais la nécromancienne cherchait avant tout à mettre Noélie à l’aise. Quelque chose la dérangeait. Mais Abigaïl ne savait pas quoi. Peut-être que la chanteuse avait réalisé que traîner avec un cadavre ambulant n’était pas normal et qu’elle voulait mettre à un terme à cette ébauche d’amitié. Mais pourquoi chercher à la contacter dans ce cas ?

« Un autre membre de ma famille… »
Commença Abigaïl sans vraiment comprendre, mais en craignant le pire. Elle pensa à son père ou son grand-père. Ils étaient officiellement morts, mais ce n’avait jamais été une garantie chez les Frankenstein-Faust.

Le nom de Lady Satan franchit les lèvres de la jeune femme. La main de la nécromancienne se crispa.

« Oh. »

Noélie n’avait pas de problème avec la partie cadavre ambulant, nécromancienne suprême ou même avec le fait qu’Abigaïl chevauchait littéralement le cheval de la Mort. Non. C’étaient les enfers. Toujours les enfers.

« C’est compliqué. » Commença Abigaïl en baissant les yeux, sans trop savoir ce qu’elle pouvait ajouter.

Déballer toute son histoire ? Toutes les origines de sa sinistre famille ? Comment son grand-père avait vendu son âme au Diable ou que son père avait appelé les puissances infernales pour sauver sa femme quand ses pouvoirs de nécromanciens et son savoir de médecin lui avaient fait défaut ? Abigaïl repensa à ce qui s’était passé au Pandémonium, quelques mois plus tôt, quand Evelyn l’avait invoqué et que la nécromancienne lui avait cédé les ténèbres qui avaient été cachées en elle. Un cadeau empoisonné.

« Je suis désolée. Je ne pensais pas qu’elle ferait quoique ce soit. Je… Tu vas bien ? Qu’est-ce qu’elle a fait ? Tu… Tu n’as pas vendue son âme ? »

Est-ce qu’Evelyn avait approché Noélie par sa faute ? Parce qu’elles s’étaient croisées ? L’Antéchrist avait pris soin de ne pas se mettre la nécromancienne à dos jusqu’à présent. Mais Abigaïl ne s’était pas souciée des vivants avant. Sauf peut-être de Renan, mais il était plus que capable de se débrouiller seul. Même face à la fille du Diable.

Noélie, c’était une autre histoire. Peut-être qu’elle n’avait pas le choix d’ignorer les ténèbres finalement. Peut-être qu’Abigaïl l’avait entraînée dans un monde un peu plus sombre en essayant de l’aider. Elle avait placée ses mains dans son dos et devait faire attention à ne pas se broyer les doigts. Etait-ce de la haine qu’elle ressentait à nouveau ? Peut-être. Mais contre sa mère adoptive ou contre elle ?

 
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Message posté : Jeu 28 Mar 2019 - 23:27 Message
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Noélie A. Inagawa
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A reason to believe - Abigaïl 181024121903977341

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Je dois bien avouer que sous la peur et le reste du bazar émotionnel qui m’habite, il y a un petit peu de joie. Ce petit moment où on se rend compte que voir quelqu’un qu’on connaît donne envie de sourire. Sans toute cette histoire avec Lady Satan, j’aurais sûrement été heureuse comme tout que la nécromancienne accepte de continuer à se mêler de ma vie de personne très vivante malgré le fait que nous venons presque de deux univers différents. Opposés ? Sauf qu’il y a toute cette histoire et que les retrouvailles me paraissent donc douce-amère. Je m’en veux un peu de ça, mais je ne peux pas me contrôler de bout en bout.

Oh, je ne sais pas ! Tu sais, nos existences sont quand même très différentes, tu avais peut-être… Mieux à faire, je réponds doucement, presque distraitement, avant d’attaquer le vif du sujet.

Je n’ai pas envie de mentir, pas envie de faire semblant que tout va bien quand une grosse partie de moi va mal. Je remarque distraitement que la mention du nom de la sorcière démoniaque crispe l’une de ses mains. C’est un bon signe, peut-être ? Ou alors simplement le signe qu’elle n’aurait pas voulu que je sois au courant pour ce que j’en sais. « Oh ». Hm, oui, oh. Je me sens tendue. Effet magique d’avoir mentionné celle qui est devenue ma plus grand ennemie. Et de s’entendre répondre que c’est compliqué, aussi. Je pince les lèvres. Ça, je veux bien le croire, je songe, avant de me répéter une fois de plus que je suis censée lui laisser le bénéfice du doute. Elle n’a rien fait, rien tenté, ne m’a pas menacée, enfin juste une fois, mais c’était ma faute. On ne choisit pas sa famille. Mais elle la côtoie, cette famille, non ? Même si c’est compliqué.

Désolée de quoi, je lâche presque sèchement, avant de me reprendre et de me forcer à inspirer profondément. Excuse moi. C’est… C’est injuste de ma part de… Enfin, c’est difficile.

Difficile pour moi de me contrôler, de ne pas céder à l’émotionnel. J’ai envie de laisser libre cours à ma colère, parce que je n’ai pas vraiment pu le faire envers la principale intéressée, mais ce serait proprement injuste. Peut-être. De la même façon que Susan n’y est pour rien si Lady Satan décide de s’en prendre à moi, Abigaïl ne peut rien faire puisqu’elle n’est pas sa mère. Je ramène mes jambes contre moi sur mon banc, machinalement. Je crois que je recommence à avoir envie de pleurer, sauf que je ne le fais jamais devant quelqu’un d’autre. Même devant elle, je me suis retenue, j’ai attendu d’être seule. En tout cas, la nécromancienne a vraiment l’air désolée. Je n’ai pas l’impression qu’elle me ment, mais je ne sais pas à quel point je peux m’y fier.

Je ne sais pas comment elle a fait, au juste, j’explique d’une voix distante. J’ai repris connaissance… Quelque part. Un genre d’ensemble de cryptes ? Elle voulait juste s’entretenir avec moi. Me demander de tenir mon amie en laisse, et me montrer ce qui risquait d’arriver si je… Je n’étais pas obéissante. Me montrer ce qui se passerait si j’arrivais par hasard à la détruire, aussi. Apparemment, une certaine Varvara a des vues sur moi.

Je ris, avec une certaine amertume. Comme si c’était possible, il faut être raisonnable. A l’heure actuelle, c’est hautement improbable. Et mes objectifs ont changé, d’ailleurs.

Je n’ai pas vendu mon âme. Je t’ai déjà dit qu’elle n’était pas à vendre, et j’avais tes conseils en mémoire. J’ai décidé de te faire confiance, même si… Enfin, même si j’ai découvert quelques petites choses grâce à cette invitation de ta mère. Tu n’avais pas à me raconter ta vie à la première rencontre, donc j’essaye d’être raisonnable.

Je baisse moi aussi les yeux. Je n’arrive plus à m’arrêter de parler, même si je sais que je risque d’être blessante.

Je crois qu’une partie de moi est en colère quand même, mais ce n’est pas rationnel, ce n’est pas bien, ce n’est pas ta faute, quoi qu’elle en dise. Je n’arrive juste pas à gérer le fait qu’elle… Elle aurait pu faire n’importe quoi. N’importe quoi. Je suis là à te parler juste parce qu’elle était d’assez bonne humeur pour me laisser repartir sur mes deux pieds, ou parce que je l’intrigue, à ce qu’elle en dit. Je sais bien que ce n’est pas parce que j’ai réussi à négocier cet accord, elle m’a laissée le négocier.

Je relève les yeux, me relève tout court d’ailleurs. J’ai les traits figés, parce que c’est ça ou effectivement me mettre à verser les larmes que j’ai trop souvent retenues.

A quel point c’est compliqué ? Elle avait l’air de te connaître vraiment, quand elle parlait de toi. De… De tenir à toi. Est-ce que tu m’as menti, la dernière fois ? Est-ce que tout ça fait partie d’un de ces plans tordus ? Aide moi, Abby, parce que je te jure que je n’arrive même plus à réfléchir avec le bordel qui couve dans ma tête. Je n’arrive plus à m’entendre penser, c’est insupportable.

Bizarrement, cette demande ne sonne pas comme une supplique, elle est prononcée avec la même voix distante, encore, pendant que je croise les bras contre moi, les doigts serrés sur ma taille, crispés, même.
 
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Message posté : Ven 29 Mar 2019 - 22:42 Message
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Abigaïl Frankenstein
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ϟ Âge : 27
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- La Fossoyeuse (pelle magique)
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- Désespoir (cheval de la Mort, serviteur)
Abigaïl réfléchit brièvement à ce qu’elle aurait pu avoir de mieux à faire. La liste des possibilités n’était pas bien longue. Son travail officiel ne lui demandait que peu de temps, grâce à ses dons. Un simple toucher permettait d’arrêter la décomposition et avec l’aide occasionnelle d’Anton, elle n’avait aucun mal à restaurer tous les défunts qui lui étaient présentés. Il y avait sa carrière musicale. Mais celle-ci semblait maintenant inextricablement liée à Noélie maintenant.

« Non. C’était en haut de ma liste. » Souffla-t-elle.

Cela le restait, malgré les traits de Noélie, son ton, tout ce qui transmettait son trouble. Abigaïl n’avait jamais été douée pour interpréter les émotions des vivants. C’était même tout le problème. Les morts lui parlaient avec beaucoup plus de netteté. Sauf pour la chanteuse. Peut-être à cause de cette chaleur qui se dégageait d’elle, de cet engouement qu’elle avait démontré lors de leur nuit passée ensemble à discuter. Un engouement qui manquait terriblement dans sa voix.

« Ne t’excuse pas, je comprends. »

Elle savait ce que signifiait rencontrer un démon, quel que fut le visage qu’il revêtait. Qu’est-ce que Lady Satan avait bien pu lui dire ? Qu’avait-elle pu lui faire ? Qu’avait-elle pu lui montrer ? Des choses terribles rampaient dans les cryptes du Pandémonium. Des choses qui pouvaient peupler les songes de cauchemars et faire trembler des hommes comme des enfants. Abigaïl en savait quelque chose, car elle était l’une de ces choses, ou l’avait été et comme sa mère adoptive, elle en avait collectionné d’autres.

« Varvara… »

Une pointe de haine monta dans l’esprit d’Abigaïl et se diffusa dans les chairs mortes qu’elle habitait. Il lui fallut toute sa retenue pour ne pas laisser sa rage s’incarner plus encore. Elle pouvait pâlir plus encore, laisser la mort la saisir toute entière et illustrer cette sombre émotion qui la gagnait. Abigaïl ne haïssait pas les démons. Même après tout ce que Méphistophélès avait fait. Ils existaient. Ils étaient le reflet sombre de l’humanité et les haïr revenait à haïr les cyclones et les maladies. Mais elle ne pouvait tolérer l’image de Noélie entre les griffes de Malphas, en train de jouer les poupées dans ses jeux infâmes. Peut-être parce qu’elle avait de même fut un temps.

Abigaïl réalisa à cet instant que tout ce qui terrorisait Noélie, tout ce qui était à l’origine de sa souffrance, elle aurait pu le trouver chez elle, quelques années plus tôt. Les ténèbres qu’elle avait héritée de l’Antéchrist pas sa mère avaient beau l’avoir quitté, cela n’effaçait pas le souvenir de ce qu’elle avait fait en tant que Lady Death.

Il y avait toujours une lueur d’espoir. L’âme de Noélie était toujours la sienne. L’emprise de Lady Satan sur elle n’était donc pas totale. Des négociations étaient possibles. Evelyn adorait les négociations. Autant qu’Abigaïl les détestait. Elle se taisait. Laissait la jeune femme continuer à parler, à déverser tout ce qu’il y aavit en elle. Cela ressemblait presque à une juste punition, un châtiment divin. Noélie victime de machinations dont la nécromancienne aurait pu orchestrer.

Une juste punition que d’entendre Noélie dépeindre l’impuissance qu’Abigaïl a infligée à d’autres. Ce qu’elle a subie elle-même. Les souvenirs glissèrent dans son esprit. Ceux d’une chapelle loin de tout. La morsure des liens sur sa peau, quand la mort ne pouvait pas encore la préserver de la douleur. Quand elle n’était qu’une marionnette, une poupée à la merci d’un homme sinistre. Comme devaient l’être les poupées de Malphas. La nécromancienne restait plantée là. Tel un épouvantail en noir et blanc. Elle écoutait, elle imaginait et se noyait dans ses propres pensées, sans savoir quand le flot de paroles de Noélie s’interromprait. Elle se sentit coupable d’avoir envie de disparaître. De chasser toutes ces émotions dans un vent de mort. Un claquement de doigt et elle n’aurait pas besoin d’en savoir plus, elle n’aurait plus besoin de ressentir. Un claquement de doigt et elle ne serait pas si différente que ça de la fille du Diable.

Mais elle ne fuît pas et se tint toujours là quand Noélie se leva. Elle plaça ses mains sur les épaules de la jeune femme et s’attendit à la voir reculer, fuir ce contact trop froid pour être normal.

« C’est compliqué. Mais je vais te raconter. Asseyons-nous. S’il te plaît. »

Abigaïl parla avec une voix douce, presqu’un murmure. Délicatement elle entraîna Noélie avec elle sur le banc, la faisant s’asseoir à ses côtés, sans trop l’approcher pour autant. Elles n’étaient plus insouciantes sur un canapé à discuter de leurs différences avec une fascination réciproque.

« Je suis désolée qu’elle t’ait infligé cela. » Qu’elle t’ait montré le monde dont je suis issu, ne put s’empêcher de penser la nécromancienne. Un soupir glissa entre ses lèvres peintes en noire pour masquer leur pâleur sépulcrale. « Je suis née il y a longtemps. Lady Satan est plus ancienne encore. Ce n’est pas à moi de te raconter son histoire et je n’en sais pas grand-chose. Ce que je sais, c’est qu’elle est à l’origine de plusieurs longues lignées occultes d’Angleterre. Les plus tristement célèbres sorcières de toutes les îles britanniques doivent descendre d’elle. C’est mon cas. Je ne sais pas si elle est ma grand-mère, mon arrière grand-mère ou si elle est plus ancienne encore, je sais juste qu’à un moment son sang a coulé parmi mes ancêtres. Ce n’est pas ma mère pour autant. Mais ce serait mentir que de te dire qu’il ne s’agit que de cela, un lointain lien de parenté. »

Abigaïl s’était imaginée trembler, plonger ses phalanges dans le bois du banc. Il n’y a que l’immobilité cadavérique qui lui est propre. Comme aucun être vivant ne pouvait en être capable. Pas même Lady Satan. Sa poitrine ne se soulevait plus que pour alimenter son flot de paroles.

« Ma mère est tombée malade quand elle était enceinte de mon frère et moi. Mon père était médecin et nécromancien, mais il ne put rien faire pour elle. Alors il se tourna vers des puissances plus sombres encore. Lady Satan a répondu à son appel. Parce que ma mère était sa descendante et qu’en elle se trouvait une noirceur qu’elle y avait caché. Une noirceur qui devait être transmise de mère en fille jusqu’à ce qu’elle souhaite la récupérer. Elle a prit possession du corps de ma mère et d’une certaine manière nous a donné naissance à moi et mon frère. »

Elle ne nous a pas élevé pour autant, faillit-elle ajouter avant de se reprendre. Il n’était pas temps de se chercher des excuses.

« J’ai grandit en ignorant tout cela. Puis il y a quelques années, mon corps a été complètement détruit. Il ne restait plus que mon esprit. J’ai voyagé en enfer, puis dans d’autres mondes, jusqu’à me laisser flotter dans le néant. J’y serais restée je pense. Mais Lady Satan m’a appelée. Elle voulait récupérer la noirceur dont j’avais héritée et je n’ai été que trop heureuse de la lui céder. Mais c’est aussi cet appel qui m’a fait revenir dans le monde des vivants, qui m’a permis d’imaginer tout ça. »

Cette nouvelle vie qu’elle menait. Ce corps qu’elle habitait. Ces morts qu’elle avait réanimés non pas pour la servir, mais parce qu’elle avait envie de leur compagnie et qu’eux avaient envie de la sienne.

« C’est son influence chez les vivants qui m’a permis de me reconstruire un semblant de vie une fois que j’ai pris possession du corps de Lily. Elle se considère comme ma mère, au moins adoptive et d’une certaine manière… C’est vrai. »

Son sang avait coulé dans ses veines, dans celles de Lily, même terriblement dilué. Sauf que ce sang était figé, glacé et qu’il n’empoisonnait plus ni le cœur, ni l’esprit de la nécromancienne. Une bien maigre consolation.

« Il y a tout un monde de monstres qui existent en retrait et j’ai un pied dedans. Un pied dans la famille de Lady Satan. Je suis désolée qu’elle t’ait infligé cela. »

Mais cela ne changeait rien à ce qu’elle était. Abigaïl ressentait malgré elle l’envie de défendre ce qu’elle était, cette famille macabre et infâme. Peut-être parce que c’était la seule famille qu’elle avait ? Ou parce qu’elle devait trouver de la fierté dans ce qu’elle pouvait quand on était une abomination aux yeux du monde.

« Je… Je ne sais pas quoi te dire. Je ne sais pas comment t’aider à oublier tout cela. J’ignore quel accord elle t’a forcée à passer, mais je peux t’aider à t’en défaire. »

Elle avait déjà fait ployer un diable. Elle pourrait le faire une seconde fois. Même sans armée. Peut-être. Abigaïl retint un léger rire. Quelle sotte. Elle qui avait vraiment crû qu’Evelyn laisserait tranquille Noélie une fois ses ombres chassées. C’était elle qui avait peint une cible sur le dos de la chanteuse, qui l’avait fait sortir du lot à n’en pas douter.

La Mort pouvait au moins toucher brièvement les âmes de ceux qui échapperaient à l’enfer. Contrairement au Diable. Il devait être jaloux.
 
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Message posté : Dim 31 Mar 2019 - 19:48 Message
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Noélie A. Inagawa
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A reason to believe - Abigaïl 181024121903977341

ϟ Âge : 25
ϟ Sexe : Féminin
ϟ Date de Naissance : 23/12/1993
ϟ Arrivée à Star City : 24/07/2018
ϟ Nombre de Messages : 593
ϟ Nombre de Messages RP : 346
ϟ Doublons : Thalia Cristobal, Cassandra De Matteo, Jia Li Zhao
ϟ Crédits : gif & vava par Renan (♥) ; code Sio
ϟ Célébrité : Yuko Suzuhana
ϟ Âge du Personnage : 26 ans
ϟ Statut : Célibataire
ϟ Métier : Chanteuse dans le groupe Borderland / développeuse web / wakagashira de l'Otaku-Kai
ϟ Réputation : Niveau 3
ϟ Signes particuliers : • Incroyablement bavarde
• Sort toujours apprêtée jusqu'au bout des ongles
• Cheveux très longs, parfois méchés de bordeaux, turquoise ou rose, au rythme de ses envies et de ses concerts

ϟ Pouvoirs : • Compréhension innée des langages informatiques
• Hackeuse née
• Analyste niveau III (données et informations en tous genres, expression corporelle, détection du mensonge, calculs de probabilités et analyse situationnelle)
• I.A. (Inori)
• Book My Life
• Lentille connectée (connectée à Inori, interface d'informations, reconnaissance faciale)
• Implant neuronal (transmission d'instructions à Inori, bouclier psychique, bouclier magique)
• Drones de surveillance (connectée à Inori et donc à Noélie)
• Egide : Shiru (bouclier physique, réflexes améliorés, formation en protection rapprochée), Totsuka (Artefact : Ōtenta-Mitsuyo, grenades fumigènes, shurikens explosifs, maîtrise du ninpō no ken)

• Téléporteur de costumes 2.2
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Hm, est-ce que je dois trouver du réconfort dans le fait que je suis sur le haut de la liste d'Abigaïl ? Il y a quelques jours, j’aurais dit oui. Là, c’est une question en suspens. Je me pose la même concernant la réaction de la nécromancienne quand je mentionne Varvara et ses bonnes idées. Je ne sais pas trop quoi en penser. Je sais juste que de l’évoquer m’a ramené aussitôt les images de ce que j’ai vu dans sa chambre. Des choses que je n’ai même pas envie de nommer. Comme si en parler pouvait leur donner corps. Ah, voilà que je deviens superstitieuse, on aura tout vu.

Et pendant ce temps, je continue de dire ce qui me trotte dans la tête, ou une partie au moins. Je m’entends parler sans savoir ce que j’espère ou ce que j’attends… Qu’elle me dise qu’elle n’a rien à voir avec Lady Satan ? Je n’y croirais pas, je sais ce que j’ai vu, et si je commence à douter de mes capacités, je suis mal. Qu’elle m’apprenne qu’elle est bien sa fille mais n’a plus de contact avec elle… Quelle blague. Non, je veux la vérité, celle que je m’attends à obtenir, au fond. Je veux qu’elle avoue ce qu’on m’a forcé à entendre au détour d’une conversation, alors que j’étais à la merci d’un monstre. Alors je me lève et je demande de l’aide, à cette sorcière avec laquelle je me suis sentie tellement à l’aise l’espace d’une nuit et qui me fait un petit peu peur aujourd’hui. C’est ridicule. J’ai supporté tout ce qu’elle m’a expliqué sur son monde, mais rajoutez-y une pincée de lignée démoniaque, et je tremble comme une enfant effrayée ? Est-ce qu’elle le sent quand elle pose ses mains sur mes épaules et que je dois me forcer à ne pas reculer, raidissant plus encore ma posture.

Entendre que je vais avoir des réponses est suffisant pour que je me rassois, la laissant m’entraîner sur le banc que je venais de quitter. Je me laisse tomber dessus, en prenant garde à ne pas être trop près d’elle. Je ne m’en sens pas forcément capable. Je ferme les yeux et me force à inspirer et expirer paisiblement avant de reprendre une observation attentive, laissant sa voix dérouler son histoire dans un silence prenant. Je cherche quelque chose, une émotion à laquelle me raccrocher, mais il n’y a que son immobilité, anormale, angoissante, pour me répondre. Alors je me contente d’écouter, à défaut de mieux. Un mélange d’effroi, de compassion et de colère s’empare peu à peu de moi. Des ressentis qui n’ont rien à voir les uns avec les autres, qui me rendent folle, à se battre pour savoir qui aura le droit de s’exprimer par ma bouche.

J’ai imaginé des choses, de mon côté. Que la nécromancienne reste une praticienne d’une magie considérée noire par delà les âges, et que ceux qui se ressemblent s’assemblent. Qu’elle avait, peut-être, trouvé en Lady Satan une oreille attentive et une mère plus qu’acceptable. Malgré tous les griefs que j’ai contre mon ennemie, je suis intimement convaincue qu’elle aime sa fille. Elle n’a juste pas la même notion de l’amour que nous… Et je suis presque aussi certaine qu’elle se servirait d’elle sans hésiter. J’ai imaginé un monstre et une victime, tour à tour. J’ai imaginé l’entre deux, mais je me sens mal quand je me rends compte que je n’avais pas imaginé qu’elle devait en partie sa nouvelle vie à cette femme là. Ça me révulse, quelque part.

J’apprécie quelqu’un qui est là grâce à Lady Satan ? J’avais envie de la revoir alors qu’elle a porté une partie d’elle si longtemps… Qu’elle a un pied dans sa famille. Je serre et desserre les poings en réfléchissant attentivement. Instinctivement, j’ai la conviction que ce que je vais répondre est important. Pour elle, pour moi, pour nous. Que ma réaction a un sens important. J’aimerais dire que je suis capable de passer outre tout ça d’un claquement de doigts, que j’ai la grandeur d’âme nécessaire pour voir qu’elle ne m’a pas voulu de mal, qu’elle n’a pas sciemment attiré l’attention de sa mère sur moi, que sa relation avec elle ne change rien. Je n’arrête pas de répéter que je suis douée compartimenter et c’est vrai, habituellement, mais je me demande si je n’ai pas atteint mes limites. Je me le demande très sincèrement, en la regardant fixement, à chercher quoi dire, quoi faire qui ne sonne pas comme une fin de non recevoir.

Je ne veux pas oublier, je souffle plutôt, avec une froideur née de ma colère. Je ne veux surtout, surtout pas oublier ce qu’elle m’a fait. Ce qu’elle a fait à mon amie. Je veux juste calmer les conséquences mais pas faire semblant que ça n’est pas arrivé. Je ne suis pas du genre à m’écraser devant l’adversité, Abigaïl.

Je dois avoir l’air d’une folle. Peut-être. De toute façon, je suis folle. Je ne suis pas partie en courant malgré ce qu’elle m’a avoué.

Je ne devrais pas t’en vouloir de ne pas la fuir, au fond. C’est ta famille. C’est ta famille, je répète, comme pour achever de m’en persuader. C’est sûr, j’aurais préféré que tu me dises que tu n’avais plus aucun rapport avec elle. Le reste, le rôle qu’elle a joué dans ta vie, c’est presque facile à accepter à côté du fait que, pour ce que j’en sais, tu as peut-être partagé un repas avec elle la semaine dernière.

Je m’entends rire en sachant que ça ne véhicule aucune joie.

Je devrais partir, Abby. Si j’étais raisonnable, je serais déjà loin, non ? C’est plus prudent… Comment est-ce que je sais que tu ne vas pas courir tout raconter à ta mère juste après ça ? Comment je sais qu’elle n’est pas déjà en train de regarder ? Comment je suis censée accepter ça ?

Les coudes appuyés sur mes cuisses, je finis avec le visage dissimulé derrière mes mains. Envie de pleurer, encore, bordel.

Sauf que je ne sais pas trop pourquoi, mais mon instinct m’a dit que je pouvais avoir confiance en toi, la première fois, et il ne m’a jamais trompée. Sauf que je n’ai pas envie de ne plus te revoir. Sauf que je n’ai pas envie de te juger sur ton ascendance alors que je côtoie des gens qui ont fauté à tour de bras en fermant les yeux là dessus.

Je déglutis péniblement. Je continue encore et toujours à respirer le plus calmement possible.

J’ai peur de me tromper sur toi. De voir des choses qui n’existent pas, de me rendre compte que je me suis trompée sur toute la ligne et que tu te moquais de moi depuis le début, je murmure.

Un aveu honteux qui sort avant que je n’ai eu le temps d’y réfléchir vraiment. J’essaye de me reprendre. Il faut vraiment que j’arrête de me laisser aller comme ça.

L’accord n’est pas si terrible en soi. Je ne l’agresse pas et elle fait pareil, pour moi et vingt-cinq autres personnes de mon choix. Je n’ai presque rien donné en échange, j’ajoute d’un ton évasif.

Le fait est que c’est ce que la responsable de tout ça aimerait me faire croire mais je suis persuadée qu’il me manque un élément capital dans cette histoire. Elle compte probablement s’en servir bien avant que je ne trahisse notre petit marché, non ?
 
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Message posté : Lun 1 Avr 2019 - 22:52 Message
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Abigaïl Frankenstein
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Living Dead Girl
ϟ Âge : 27
ϟ Sexe : Féminin
ϟ Date de Naissance : 18/12/1991
ϟ Arrivée à Star City : 05/01/2019
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ϟ Doublons : Evelyn Wormwood, Lawrence Chastel
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ϟ Célébrité : Taylor Momsen
ϟ Âge du Personnage : 234 ans
ϟ Statut : Célibataire morte
ϟ Métier : Thanatopractrice, chanteuse
ϟ Réputation : Niveau 0
ϟ Signes particuliers : Une cicatrice en forme de Y sur la poitrine, dernier témoignage de son autopsie. Des cheveux presque blancs et une peau pâle, presque glacée au toucher.
ϟ Pouvoirs :
- Maîtrise de la nécromancie XXX
- Maîtrise de l'ostéomancie V
- Maîtrise de la carnomancie VI
- Moisson de vie III
- Communication avec les morts III
- Psychopompe VI
- Phylactère III
- Vigor Mortis V
- Forme spectrale V
- Vol spectral I
- Deuil (faux magique)
- La Fossoyeuse (pelle magique)
- Avatar des cimetières (serviteur)
- Désespoir (cheval de la Mort, serviteur)
Le regard de la nécromancienne se perd un instant dans le vide après son récit. Elle voit des fantômes au milieu du parc. Des silhouettes embrumées qui flottent au milieu des vivants. Mais pour une fois, elle ignore s’il s’agit de véritables spectres, ou de songes conjurés par l’histoire qu’elle vient de livrer à Noélie. Parfois, elle croit discerner un visage qu’elle connaît. Une mère qu’elle sait être la sienne, la vraie. Une amie qui a disparue, happée par les affres du temps ou quelque chose de plus sinistre encore.

Elle se tourne vers Noélie qui lui répond, qui insuffle un peu de sa vie dans son existence. Une vie teintée d’angoisse et de terreur. Une vie froide et emplie de colère, s’imagine Abigaïl. Une vie si différente de celle qu’elle a admirée en secret sur un canapé quelques semaines plus tôt.

« Je comprends. C’est juste que… » Elle cherche ses mots. Celle qui s’est tenue en enfer et qui a laissé son armée des morts déferler sur les légions de Méphistophélès. Celle qui a voulu plonger Star City dans les ténèbres quand ses enfants s’étaient révélés mots-nés. La voilà qui cherche ses mots. Car elle assiste pour la première fois aux conséquences de la peur que les gens comme elle peuvent instiller. Ou alors c’est simplement la première fois qu’elle la remarque. Qu’elle la regrette. « Je n’aime pas te voir, te savoir comme cela. Je sais ce que c’est que d’avoir peur. Je sais quelles horreurs recèlent les enfers et ce que la connaissance de leur existence peut apporter. J’aurais juste aimé te l’épargner. »

Pourquoi Lady Satan ne l’a-t-elle pas laissée en paix ? Pourquoi ne l’a-t-elle pas reléguée à la horde des âmes anonymes qui arpentent ces rues ? Abigaïl ne peut s’empêcher de s’interroger, si Evelyn a fait tout cela à cause de la colocataire ou bien à cause de ce que la nécromancienne a fait. Est-ce que la démone sait ce que pense Abigaïl de Noélie ou bien a-t-elle sous-estimé la rancœur qui croit dans le cœur inanimé de la morte ? De la rancœur et de la peur. Car les mots de Noélie lui font imaginer le pire. La chanteuse va s’en prendre à la fille du Diable. Et elle va perdre. Plus que le sommeil. Plus que ce qu’elles avaient.

« Non. Elle a eu son rôle à jouer dans mon histoire. Mais nous ne sommes pas proches comme ça, Noélie. »


Plus qu’il le faudrait toutefois. Elle ne dîne pas tous les soirs à l’hôtel particulier d’Evelyn Wormwood, mais elle a participé aux célébrations du solstice d’hiver. Elle a mangé de la chair humaine en compagnie des monstres qui la considèrent comme sa sœur. Il lui arrive de rôder au Pandémonium. Et elle sait qu’il ne servait à rien de se promettre qu’elle ne le ferait plus à l’avenir. Elle y retournerait. Son regard se pose à nouveau sur Noélie. Mais peut-être pour d’autres raisons.

Comment Noélie pouvait lui faire confiance alors ? Les mots de la jeune femme résonnent dans l’esprit de la nécromancienne. Pour une fois elle ignore ce qui est exactement mort, ce qu’il y avait entre elles et que Lady Satan avait détruit. L’instinct de Noélie l’a poussée à lui faire confiance, celui de la nécromancienne la pousse à s’approcher de cette lumière, de cette chaleur qui émane de la vivante.

« Mais je vais la revoir, je le sais. Elle et moi, de bien des façons, nous appartenons au même monde. J’aimerais pouvoir te dire que je ne la reverrais jamais, que je suis prête à abandonner complètement cette partie de mon existence. Mais comme tu le dis, ce n’est pas possible. »


Un sourire triste glissa sur les lèvres de la nécromancienne. Un simple contact et elle pourrait tuer Noélie, l’amener jusqu’à Varvara et exiger que le Duc des Enfers retire tous les souvenirs de ce qui s’était passé au Pandémonium de son esprit. Alors Abigaïl la ressusciterait. Elle se hait d’imaginer une telle chose.

« Je ne cherche pas à te tromper Noélie. Jamais. Mais ce ne sont que des mots et je ne sais pas comment le prouver. Sache juste que si tout cela est trop dur pour toi, je comprends et je te laisserais en paix. »

La nécromancienne l’a menée jusqu’à un monde de ténèbres, elle ne lui a montré que les bons aspects, la beauté du Désespoir et les histoires étranges d’une mort-vivante. Lady Satan n’a fait que compléter le tableau, écarter les zones d’ombres. Si le résultat est trop difficile à supporter pour Noélie, Abigaïl ne peut que la laisser retourner à sa vie.

Mais pas si cette vie appartient désormais à l’Antéchrist. Les poings de la nécromancienne se ferment une nouvelle fois. Son regard s’abîme dans le vide.

« C’est extrêmement généreux de sa part. »
Grince-t-elle entre ses dents. Son corps s’anime de nouveau et de véritables expressions courent sur son visage. « Tu n’as pas presque rien donné en échange de cela, Noélie. Je la connais, elle ne fonctionne pas comme ça. Dis-moi ce qu’elle a exigé, s’il te plaît. Il faut que je sache. »

Abigaïl a bien conscience de ne pas être en position de faire des demandes. Noélie a son âme, mais elle a pu perdre bien plus. La nécromancienne doit savoir. Savoir si elle devra ressusciter Lady Death une dernière fois.
 
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Message posté : Mar 2 Avr 2019 - 13:42 Message
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Noélie A. Inagawa
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A reason to believe - Abigaïl 181024121903977341

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Je n’aime pas avoir peur, moi non plus. C’est un sentiment que j’ai si peu connu. Mais depuis huit mois, le doute et la peur sont là dans mon existence. Jusque là relégués au second plan, ma dernière rencontre me force à réévaluer ma vie et sa pérennité. De bien grands mots pour dire que j’ai peur de faire le faux pas de trop. Celui qui me mènera dans la tombe. Mais peut-être pas pour toujours. Un instant je me demande si, sur ma requête, Abigaïl Frankenstein me ramènerait si je n’ai pas eu le temps d’aller au bout de mes projets. Un instant, puis je me souviens que je ne veux pas de ça. Je ne veux pas admettre ma faiblesse. Je ne veux pas être une âme en suspens que l’Enfer et la Mort se disputent. Je veux être plus, je veux être forte, je veux devenir quelqu’un qu’on ne peut malmener à sa guise.
Mon coeur malmené crie plus jamais ça.
Mon esprit rationnel me dit que ce n’était pas la dernière fois, pas même la première. Mais que cela me donnera l’impulsion nécessaire pour grandir, mûrir et me protéger seule. Jusqu’à pouvoir attaquer, à ma façon. Subtile, tranquille, féroce, aussi. Je veux devenir tout ça.
Pour l’instant, je me demande surtout pourquoi Abigaïl accorde de l’importance à ce que je ressens. Pourquoi une nécromancienne comme elle, qui ne me connaît qu’à peine, se soucie de moi ? Je souris avec une hésitation perceptible. Il n’empêche que celui là n’a rien de forcé, contrairement à ceux qui ont précédé.

Je te crois. Je pense que je te crois, au moins.

Mon sourire s’évanouit comme il est venu : en un claquement de doigts.

Je ne savais pas vraiment ce que c’était. La peur et l’impuissance. Enfin, l’impuissance, ça n’était pas la première fois, mais là… J’aime contrôler ce qui m’entoure et je n’avais de contrôle sur rien. Presque même plus sur moi-même. Je ne veux plus jamais me sentir impuissante devant elle. Ou devant quelqu’un d’autre.

Ah, saine colère qui me tiraille, une colère que je me moque qu’elle transmette à sa charmante mère, pour le coup : l’intéressée le sait déjà. Elle l’a vue et elle s’en est amusée. J’aimerais beaucoup rire de son impuissance à elle, à mon tour. Mais que faudra-t-il pour faire plier le genou à une force de la nature comme elle ? Susan a essayé et elle a échoué malgré ses pouvoirs. Je n’ai que ma petite tête comme arme. Mais j’ai un avantage. Pour certaines choses, je suis capable de penser comme mon ennemie. Pas toutes. Pour certaines, j’espère ne jamais le faire. Pour le reste… Je crois bien que je suis prête à noircir un peu celle que je suis pour ce but là. Pas pour la détruire. Juste pour détruire cet accord et pouvoir malgré tout arpenter mon monde en étant certaine qu’elle ne peut me nuire, plus jamais. Je ne sais juste pas du tout comment je vais pouvoir en arriver là.

En attendant, je suis rassurée d’entendre qu’elles ne sont pas assez proches pour partager des repas ou tout autre chose de ce genre. Attristée d’apprendre que cela ne l’empêchera pas de la revoir. Même si je sais… Qu’elles sont du même monde, un monde que je n’ai que touché du doigt. Un monde que je ne comprendrais jamais parfaitement. Un monde qui me fascine, autant qu’il me rebute à présent. J’ai toujours eu un goût certain pour l’inconnu. Mais cet inconnu a des griffes si acérées et des crocs bien longs. Il veille dans l’obscurité, guettant les faux pas et les occasions de nuire. J’ai l’impression d’avoir en face de moi un monstre tentaculaire que je ne fais qu’apercevoir. Dont je ne connais pas toute la cruauté, la dangerosité. Est-il utile de dire que je m'en contrefous, pour une fois ?

Alors est-ce que je veux lui dire de partir ? Est-ce que je veux la voir me tourner le dos ? Je la regarde tandis que le silence s’étire entre nous dans un petit instant d’éternité. Comme si le temps avait ralenti. Oh, je me trouve vraiment trop théâtrale, mais c’est parce que je sens confusément que les décisions que je prends aujourd’hui sont de celles qui changeront ma vie. Comme quand le Docteur Mind, super-vilain de son état, est venu me tendre une main impérieuse pour m’attirer dans son univers criminel. Comme quand Tesla a investi ma chambre pour me soutirer les informations qu’il lui manquait et me faire sentir que j’étais à sa merci. Comme quand Lady Satan m’a enlevée à mon quotidien plein de gaieté et de légèreté malgré les épreuves pour me plonger dans le marasme de son existence. Comme quand j’ai demandé à une jeune femme si elle était au courant qu’elle était extrêmement morte.

J’hésite aussi parce qu'Abigaïl est difficile à lire, à analyser. Elle est tellement froide, et dans ce moment difficile, ses traits se figent au lieu de s’animer. A tel point que je me demanderais presque si elle ressent vraiment, ou si elle s’y essaye maladroitement. Et puis je revois ce sourire un peu triste qu’elle avait en affirmant qu’elle ne pouvait tourner le dos à ce monde, son fichu monde fait de morts et de démons, de magie et de pouvoir. Et puis je vois ses poings qui se serrent et j’entends, enfin, une colère grinçante dans sa voix. Les gens mentent. Les gens jouent de leurs expressions, tentent de faire croire ce qu’ils souhaitent. Ils le font presque tous, mais j’ai appris à voir au travers.

Je ne vais pas commencer à douter de moi aujourd’hui. Et douter de la sincérité d'Abigaïl, c’est renier ce que je suis, mettre en doute ma nature à moi. Pas aussi extraordinaire qu’une sorcière démoniaque ou une nécromancienne légendaire, peut-être. Bien suffisant. La ligne de mes épaules se détend. Un peu. Lentement. Comme si j’avais peine à lâcher prise. Comment fermer la porte au nez de la rage qui m’anime, qui me tient debout, m’empêche de sombrer dans le désarroi ? Je ne peux pas. Je ne peux pas retrouver ma joie de vivre d’un claquement de doigts, pas si tôt. Mais ça viendra. Et avec elle aussi, ça devra venir. Parce que je ne ferais pas une croix sur cette femme là. Pas maintenant. J’ai accepté un tueur à gages, je sers un maître qui a pris des vies plus d’une fois. J’ai admis moi-même que j’aurais pu apprécié la présence malsaine de Lady Satan. Je peux faire confiance à une mage comme elle. Non seulement je peux, mais je vais le faire. Sous conditions.

Je… Comprends. Intellectuellement parlant, je comprends. Je ne te demande même pas d’abandonner une partie de toi. C’est comme si tu me demandais de… Cesser de respirer. Cesser de décortiquer les autres comme s’ils étaient tous une part d’un grand projet. Mais je ne veux pas que tu me demandes d’en avoir la pleine conscience.

Je soupire en m’agitant un peu. Je suis plus mal à l’aise que je ne veux le faire croire. Le doute, encore. Ce doute que j’exècre au plus haut point. Le vivre une fois, c’est une fois de trop.

Si tu peux éviter de ramener ton lien familial avec elle sur le tapis… On peut même éviter d’en parler tout court, si c’est plus simple pour toi. Je ne dis pas que je vais oublier toute cette… Colère, ni la peur, mais je vais essayer. Et je me souviendrais que ce n’est pas ta faute, surtout.

Ceci dit, je suis peut-être bien gentille, mais je sais qu'Abigaïl a perdu le droit de m’entendre parler de mes projets concernant sa mère. J’écarte cette pensée pendant que je l’observe en me demandant si sa colère pourrait lui attirer des ennuis. J’imagine que non. Je ne vois pas en quel honneur elle irait la signifier à sa mère. Que ça l’énerve, c’est une chose, mais pourquoi s’ennuyer à se mettre en conflit avec une partie de son univers pour une mortelle qu’elle connaît depuis une poignée de secondes, à son échelle ? Aucune fichue raison. Donc, je suppose que je peux bien lui dire. Sauf que j’ai honte d’admettre que je ne comprends pas le pourquoi du comment de la requête de Lady Satan. Et que cette ignorance me poussera peut-être à ma perte. Moi, ou quelqu’un d’autre, pour ce que j’en sais.

Pourquoi tu veux savoir ? Qu’est ce que ça change, pour toi ? Je… je ne sais pas si j’ai envie de te le dire.

Je pince les lèvres et me rend compte avec surprise que j’ai les larmes aux yeux. Mais sérieusement ? Avec tout ce qui se passe dans ma tête, c’est le fait de ne pas savoir ce dans quoi j’ai mis les pieds qui va me faire craquer. Je m’interromps, surprise, et détourne vivement le regard, levant les yeux vers le ciel pour ravaler ma détresse. Non, non, et non, c’est hors de question. Je ne vais certainement pas commencer à pleurer devant elle. Certainement. Pas.

Sa demande n’a pas de sens, pas à mes yeux. Ce qui veut simplement dire que je n’ai pas compris à quoi ça lui servirait, ce qui me fait peur, et honte et… Et je veux savoir avant ce que tu comptes faire de cette information.

Je parle d’un ton heurté, à nouveau, sec. Et sans la regarder.

Presque rien ou pas, ce qui est fait est fait. Je ne vois pas ce que ça change. Personne ne peut changer le passé, sauf si en plus d’être la meilleure amie de la Faucheuse, tu trimballes un appareil à remonter le temps dans ton corps. Et j’ai fait le choix qui me déplaisait le moins. Les autres… les autres étaient trop difficiles à imaginer.

Une courte pause avant que je ne conclus d’une voix plus basse.

Ce choix-là n’engage que moi, et c’est ce qui m’importait le plus.

J’aurais pu la renseigner sur Susan. Je l’ai envisagé sérieusement, j’ai même envisagé de le proposer moi même. Mais je ne suis pas prête, au fond. Je suis assez égocentrique pour que seuls mes proches m’importent. Mais pas suffisamment pour ne pas être loyale à leur égard. Peut-être qu’un jour Abigaïl fera partie de ces gens que je suivrais n’importe où sans réfléchir. Malheureusement, ma colocataire n’en fait plus vraiment partie, elle. Pas parce que je n’ai pas confiance ou que je lui en veux, oh que non. Juste parce que si elle décide de reprendre sa lutte contre sa tortionnaire et que je la suis, je condamne vingt-cinq victimes potentielles, maintenant. Ça mérite de réfléchir aux chances de succès.
 
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Message posté : Sam 6 Avr 2019 - 18:51 Message
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Abigaïl Frankenstein
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Living Dead Girl
ϟ Âge : 27
ϟ Sexe : Féminin
ϟ Date de Naissance : 18/12/1991
ϟ Arrivée à Star City : 05/01/2019
ϟ Nombre de Messages : 113
ϟ Nombre de Messages RP : 58
ϟ Doublons : Evelyn Wormwood, Lawrence Chastel
ϟ Crédits : Creepy Crawly
ϟ Célébrité : Taylor Momsen
ϟ Âge du Personnage : 234 ans
ϟ Statut : Célibataire morte
ϟ Métier : Thanatopractrice, chanteuse
ϟ Réputation : Niveau 0
ϟ Signes particuliers : Une cicatrice en forme de Y sur la poitrine, dernier témoignage de son autopsie. Des cheveux presque blancs et une peau pâle, presque glacée au toucher.
ϟ Pouvoirs :
- Maîtrise de la nécromancie XXX
- Maîtrise de l'ostéomancie V
- Maîtrise de la carnomancie VI
- Moisson de vie III
- Communication avec les morts III
- Psychopompe VI
- Phylactère III
- Vigor Mortis V
- Forme spectrale V
- Vol spectral I
- Deuil (faux magique)
- La Fossoyeuse (pelle magique)
- Avatar des cimetières (serviteur)
- Désespoir (cheval de la Mort, serviteur)
Un sourire, c’était un début. Il trouva un écho sur les lèvres de la nécromancienne, bien qu’intimement teinté de tristesse. Les mots de Noélie étaient un début aussi. Elle pensait la croire. C’était déjà cela. Combien de gens n’auraient pas pris la peine de l’écouter, de lui parler après avoir contemplé les atrocités qui avaient lieu au Pandémonium ? Abigaïl détourna le regard, observant distraitement ses mains. C’était une habitude étrange qu’elle avait prise depuis son retour parmi les vivants, peut-être parce que ces mains lui étaient encore un peu étrangère ou au contraire parce qu’elles pouvaient toujours réanimer les morts, charrier les énergies mystiques délétères de la nécromancienne. Une armée des défunts pourrait marcher dans les rues de Star City et déferler sur le club démoniaque, envahir ses profondeurs. Abigaïl les connaissait, elle savait où se trouvait la chambre de Varvara, elle savait où se trouvait le portail vers les enfers et elle avait une idée de comment tout détruire. Mais elle ne pouvait pas faire cela, même pour Noélie. Après tout ce n’était qu’un début et le sourire avait déjà disparu.

« Je comprends… C’est… Sa spécialité. Mais c’est fini. Je peux t’aider à ne jamais te sentir comme cela face à elle si tu veux. Un peu tout du moins. »


Abigaïl eut envie de prendre la main de Noélie dans la sienne, peut-être de lui transmettre un peu de ce pouvoir qui lui avait permis de faire trembler les enfers autrefois. Mais elle se retint. Il était encore beaucoup trop tôt pour ce genre de contact, pour ce genre de geste. Elles étaient plus étrangères maintenant qu’elles ne l’avaient été sur le canapé de la chanteuse quelques temps plus tôt. Alors même que Noélie savait presque tout sur l’histoire de la nécromancienne.

Presque tout. Abigaïl ne voyait que trop bien les similitudes qui s’esquissaient entre elle et Lady Satan quand Noélie en parlait. Infliger l’impuissance ? Oui, elle l’avait fait et ne pouvait chasser les images qui lui revenaient à l’esprit. Son plus grand regret était peut-être ce qu’elle avait infligé à l’ex-femme de Renan. Kailee était devenue une gêne terrible quand elle avait commencé à enquêter sur la nécromancienne. Si elle avait découvert ce qui se tramait vraiment au Necropolitan et à Gallows End, si elle avait découvert l’existence de la Moisson et qu’elle en avait parlé, alors l’équilibre entre la vie et la mort aurait été perturbé. Sauf que ce n’était pas pour ces raisons qu’Abby s’en était prise à elle, qu’elle avait fait de son corps une marionnette. C’était par jalousie. C’était toujours mieux que par jeu, comme pour Varvara, mais la nécromancienne ne pouvait que se reconnaître dans ce qui avait terrorisé Noélie.

Abigaïl se rendit compte de son égoïsme quand Noélie recommença à parler. Le plus simple, le plus juste aurait été qu’elle quitte sa vie, qu’elle disparaisse complètement pour qu’elle n’ait plus à se souvenir de Lady Satan quand elle la verrait. L’Antéchrist avait empoisonné leur relation et si Abigaïl voulait sauver la vie de Noélie, son existence quotidienne, repousser les ténèbres, alors elle aurait dû partir. Lui donner une chance de retrouver un quotidien qui n’était pas hanté par les démons et les goules. Un quotidien où elle n’aurait pas peur de se réveiller au Pandémonium dès qu’elle fermerait les yeux. C’était la chose juste à faire. Malheureusement, la mort ne l’était pas.

« Je comprends et je te promets de ne pas en parler, de ne pas la mentionner. » Ce qui était assez ironique étant donné que Lady Satan avait occupé une part importante de chacune de leurs conversations. « Je ne peux faire disparaître ce lien, je ne peux le renier complètement, mais il n’est pas important. Je te le promets. Mes pouvoirs, ce que je suis… Cela vient de la mort, pas des enfers. »

Avait-elle vraiment besoin de le préciser ? Noélie verrait-elle seulement la différence ? Ses goules et zombies étaient différentes de celles de Lady Satan, ce n’était pas la même magie qui les réanimait, mais celle d’Abigaïl était tout aussi sinistre à sa façon.

« Si tu ne veux pas en parler, nous n’avons pas besoin d’en parler. Mais il faut que tu me promettes quelque chose Noélie. » Abigaïl fit une pause, réfléchissant un instant avant de continuer. « Si jamais cela devient trop dur. Si jamais tu ne peux plus voir que Lady Satan quand tu poses les yeux sur moi… Dis-le-moi, s’il te plaît. »

Alors elle disparaîtrait. Parce qu’elle ne voulait pas être source de peur dans la vie de Noélie. Peut-être aussi parce qu’elle voulait garder le souvenir de cette femme qui s’était endormie sur son épaule quelques heures avant le lever du soleil. Plutôt que le souvenir d’un regard empli de rage et de peur.

La nécromancienne ne disparaîtrait toutefois que si elle était certaine que cela préserverait son amie. Que si elle était certaine qu’Evelyn ne ferait pas à nouveau irruption dans sa vie et viendrait la tourmenter. Ce pacte, cet accord… Elle ne le comprenait pas. Pourquoi est-ce que la fille du Diable ferait preuve d’une telle générosité ?

« Cela change toute, Noélie. J’ai besoin de savoir que tu ne crains rien. J’ai besoin d’être certaine que ce monde que je t’ai montré ne va pas t’engloutir quand j’aurais le dos tourné. »


Elle ne voulait pas que son âme finisse entre les griffes d’Evelyn, elle ne voulait pas même que la jeune femme ne meurt. L’attachement qu’Abigaïl ressentait était encore frêle, mais elle ne pouvait l’ignorer. Lady Satan ne pourrait pas l’ignorer non plus et plus que tout, la nécromancienne craignait ce que sa mère adoptive pourrait exiger.

« Ce n’est jamais presque rien avec elle. Tout a une signification. Elle joue à ce jeu depuis très longtemps, elle ne voit pas les choses comme toi, Noélie. Ce qu’elle a demandé peut lui servir demain ou dans un siècle, cela ne fait aucune différence pour elle. J’ai besoin de savoir, s’il te plaît. Au moins pour essayer de comprendre ce qu’elle peut bien avoir en tête. »

Pour préserver Noélie des machinations de la démone. Pour savoir ce qu’elle devrait exiger une fois qu’elle se rendrait au Pandémonium. Pour savoir ce contre quoi elle allait devoir marchander. Mieux valait le faire maintenant, quand cette relation brillait plus par son potentiel que par ce qu’elle était vraiment. Evelyn aurait moins de marge de négociation. Peut-être. Elle aimait parier. Abigaïl détestait cela.

« C’est ce qui m’inquiète… S’il te plaît Noélie. »

Les mains de la nécromancienne se posèrent sur celles de la jeune femme. Abigaïl réalisa son geste un peu trop tard et les retira vivement. Sa peau était glacée. Inhumaine. Monstrueuse. Il était encore beaucoup trop tôt pour cela.

 
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Message posté : Dim 7 Avr 2019 - 19:36 Message
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Cartel Rouge
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Noélie A. Inagawa
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A reason to believe - Abigaïl 181024121903977341

ϟ Âge : 25
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• Sort toujours apprêtée jusqu'au bout des ongles
• Cheveux très longs, parfois méchés de bordeaux, turquoise ou rose, au rythme de ses envies et de ses concerts

ϟ Pouvoirs : • Compréhension innée des langages informatiques
• Hackeuse née
• Analyste niveau III (données et informations en tous genres, expression corporelle, détection du mensonge, calculs de probabilités et analyse situationnelle)
• I.A. (Inori)
• Book My Life
• Lentille connectée (connectée à Inori, interface d'informations, reconnaissance faciale)
• Implant neuronal (transmission d'instructions à Inori, bouclier psychique, bouclier magique)
• Drones de surveillance (connectée à Inori et donc à Noélie)
• Egide : Shiru (bouclier physique, réflexes améliorés, formation en protection rapprochée), Totsuka (Artefact : Ōtenta-Mitsuyo, grenades fumigènes, shurikens explosifs, maîtrise du ninpō no ken)

• Téléporteur de costumes 2.2
ϟ Liens Rapides :
1 rose de Susan ♥️ 2 roses de Lukaz ♥️ 1 rose de Mikhaïl ♥️ 1 rose de Natalia ♥️ 1 rose de Zeke ♥️
Je ne suis pas surprise d’entendre la nécromancienne affirmer que Lady Satan s’est fait une spécialité des ressentis qu’elle m’a infligés. Et du reste. En revanche, j’ai un mal fou à imaginer que c’est fini, pour de bon. Je prévois de continuer, après tout. Je n’ai pas envie de me coucher, pas envie d’abandonner sur une défaite. Forcément, avec tout ça, la proposition d’Abigail ne tombe pas dans l’oreille d’une sourde. Je ne veux plus avoir peur, je l’ai dit.

Ça… Ça veut dire quoi, m’aider à ne pas me sentir comme ça face à elle, je demande avec une certaine prudence, le ton clairement hésitant.

Je n’ai pas envie de demander de l’aide. Je ne crois pas avoir envie de jouer de la façon dont la démone prévoit sans doute que je le fasse : en appelant la blonde à mon secours. D’un autre côté, j’imagine que demander ne coûte rien. Pas à moi, du moins. Ça n’engage à rien non plus. Normalement. Pour l’instant, nous avons d’autres choses à régler, j’imagine. Tellement d’autres choses.

Je pousse un soupir soulagé, discret, quand elle accepte de ne plus me parler de la garce qui lui sert de mère. Je suppose que ça importe. Pouvoir vivre la relation que je veux avec la nécromancienne sans l’ombre de Lady Satan au dessus de nous. Sans me voir rappeler ma fragilité au son d’un surnom que j’ai appris à haïr peu à peu ces derniers mois. Et un petit peu à admirer, à mon corps défendant. Le secret honteux que je dissimule à tout le monde, que j’essaye d’oublier moi-même. Ce n’est qu’un petit soupçon d’admiration de rien du tout, mais c’est déjà beaucoup trop pour que je me l’admette réellement. Alors je préfère ne plus l’évoquer, cette femme, sorcière, démone, peu importe. Le monstre dans le noir. Je préfère me contenter d'Abigaïl et de ses pouvoirs tirés de la mort. La mort, pas les enfers, je me répète intérieurement. J’observe la jeune femme dont elle possède le corps avec sérieux. Je comprends sa demande, même si bizarrement, ça me fait un petit peu mal d’imaginer devoir lui dire qu’elle est trop entremêlée à l’image de sa mère pour que je supporte encore de la regarder. Je me vois mal céder à ce genre d’extrémités, honnêtement. Vraiment, vraiment mal. Sinon, je ne serais pas là à essayer de remettre d’aplomb notre petit début de relation, où qu’elle aille. J’aurais supprimé toute trace d’elle dans ma vie et je serais passée à autre chose.

Peut-être que j’aurais dû le faire. Parce que si un jour je trouve le moyen d’atteindre mon objectif, je pourrais m’en prendre à sa mère adoptive. Ce n’est pas important, c’est facile à dire quand tout le monde va bien. Même si je ne compte pas essayer de bannir la sorcière de notre monde - qu’elle règne sur sa tripotée de monstres, je préfère largement - j’ai la ferme intention de lui rendre la monnaie de sa pièce. Peut-être qu’un jour, ce sera Abigaïl qui ne supportera plus de me voir ? Peut-être qu’elle m’en voudra. Et d’ici là, il y a de fortes chances pour que ce qu’on partage, quoi que ce soit par ailleurs, soit à un stade suffisant pour que ça la blesse. Si j’étais moins égoïste, je lui aurais juste dit que je ne lui en voulais pas à elle mais que nous étions dans des camps opposés. Sauf que… Sauf que je ne me sens pas capable de ça alors que je l’aime bien, cette femme. Sauf que je ne suis pas dans un camp opposé à elle ni à sa mère, je suis juste dans le mien. Et elle est du côté de la Mort, je suppose. Rien d’opposé à ça.

Je te le promets, j’accepte en retour sans trop de difficultés. Mais je sais que tu n’es pas elle. Et… Et je sais aussi que je suis capable de vivre avec tout ça. Vraiment.

Je suis capable de vivre avec n’importe quoi, à vrai dire. C’est ce que je fais le mieux : tout relativiser, tout remettre à sa juste place. Là, j’ai un peu de mal, mais en même temps, on ne parle pas d’un petit accident de rien du tout. Je me connais assez pour savoir que dans une, deux, trois semaines, je serais de retour à mon comportement habituel : la gaieté incarnée et l’insouciance comme ligne de conduite. Advienne que pourra, ça serait presque ma devise. Une fois que j’ai fait mon maximum, je n’ai plus qu’à faire avec le reste. Alors pourquoi je n’y arriverais pas avec Abigaïl ? Les mots restent de simples paroles prêtes à s’évanouir dans le vent comme les mémoires, mais ses actes, eux, ne m’ont pas trahie jusqu’ici, au contraire. La nécromancienne n’a pas cessé de me tendre la maiN.

Peut-être est-ce aussi pour cela que mentionner l’inconnue que représente cette mèche de cheveux me fait venir les larmes aux yeux : parce qu’Abby me connaît à peine mais semble accorder de l’importance à ce que j’ai vécu. Parce que la mort ne me paraît pas si froide, à cet instant, au contraire. Et parce que tout ce qu’elle dit, j’en avais vaguement conscience, mais qu’elle enfonce le clou en décrivant celle avec qui j’ai passé un marché. Parce qu’elle demande avec une inquiétude que j’entends et qui me semble sincère. Pourquoi ? On se connaît à peine alors pourquoi ? C’est quelque chose que je pourrais faire mais j’ai du mal à voir une femme de son âge se laisser aller à ce genre d’émotions pour une chanteuse qui n’a même pas trente ans et qu’elle a vu pour la première fois il y a cinq minutes, à son échelle. Ceci dit… Après tout, l’humanité n’a pas le monopole de l’impulsivité ou des émotions, je le sais. Je suis tellement perdue dans mes pensées que je sursaute quand ses mains se posent sur les miennes. Doucement, j’ai aussitôt retenu le mouvement, mais elle a déjà reculé. Pourtant, je crois bien que son impulsion, toute surprenante qu’elle soit, m’a fait plaisir. Et allez savoir pourquoi, mais ça achève la résistance tout à fait vaillante que je me menais contre mes larmes.

Je les sens couler sur mes joues avec une certaine horreur. Oh, non, non, et non. Ce ne sont que des pleurs, qui glissent en silence. Pas un sanglot pour les accompagner. mais même ça, ce n’est pas moi, et ça me donnerait envie de me mettre des claques. Je ne sais pas comment réagir, je sais juste que la nécromancienne attend une réponse que je ne suis pas sûre de vouloir donner, que je dois avoir l’air stupide autant que surprise et que j’ai une vague envie de fuir. Ce que je déteste pleurer. Vraiment. Je ne pleure jamais. Pas en public, rarement en privé aussi. Je n’ai même pas pleuré à la mort d’un de mes amis proches, au contraire. J’avais juste l’impression, sur le coup, de ne plus rien ressentir. Alors là… ? Quoi, qu’est ce que c’est que ce délire ? Et il faut que je réponde, vraiment, parce que ça va devenir bizarre.

Je crains toujours quelque chose, Abby. C’est une partie non négociable de la mortalité. Peut-être que demain je vais traverser au mauvais moment et me faire renverser, peut-être que je vais tomber malade et en crever, et j’en ai beaucoup d’autres, des peut-être. Mais plus venant d’elle, pas tant que je respecte mon marché, pas tant que…

Que je ne commence pas à chercher un moyen de m’en débarrasser définitivement, mais ça, ça restera entre moi et moi.

Je ne sais pas si c’est une bonne idée de te le dire, vraiment. Tant que c’est entre elle et moi… Elle ne doit pas pouvoir s’en servir de façon néfaste. Si ça se trouve, elle veut que j’en parle avec quelqu’un en particulier, quelqu’un qui se mettra dans les ennuis à cause de moi.

Je ne vois pas pourquoi elle voudrait que j’en parle à Abigaïl, ceci dit. Non ? Ou alors elle surestime clairement l’affection de la nécromancienne pour moi. Sauf si c’est moi qui la sous-estime. Mais quoi qu’il en soit… Elle a demandé et ça lui importe visiblement. Et elle m’a accordée beaucoup depuis le début de cette histoire. Alors quel mal y aurait-il à lui avouer ce que j’ai donné en échange de ma sécurité ? Rationnellement, aucun. Aucun, aucun, aucun, je me répète en entrouvrant la bouche, après avoir essuyé mes joues du revers de la main. Je déteste pleurer.

Elle… Elle m’a proposé trois choses pour payer, je finis par lâcher doucement. Une faveur, qu’elle pourrait demander n’importe quand. Des informations sur ma colocataire celle qui… Enfin, celle qu’elle a agressé au départ. Ou une mèche de mes cheveux.

Je me rends compte que je mordille nerveusement mes lèvres.

Je ne voulais pas avoir une dette envers elle sans savoir comment elle me la ferait payer et tout le pragmatisme du monde ne justifiait pas de trahir une amie donc je lui ai donné mes cheveux.

Je désigne la mèche plus courte que j’ai plaqué contre mon crâne à l’aide d’une pince, avec hésitation.

Je peux vivre avec le risque qu’elle s’en serve contre moi. Pas avec le reste. Ce n’est pas si grave, tu sais ? Enfin… C’est pour le mieux comme ça. Ce n’est pas à toi de t’inquiéter de ce qu’elle a en tête à mon égard, vraiment pas. En plus, il y autre chose que je dois te dire, je réalise tout à coup.

Je me sens rougir et je baisse les yeux, honteuse. J’avais complètement oublié cette histoire d’appartement. Mais d’un autre côté, ce n’était pas forcément ma priorité, après tout ce qu’il m’est arrivé. Même si je refuse qu’elle l’apprenne par erreur si sa mère adoptive ne m’a pas menti. Oh bon sang, je me sens vraiment nulle, mais d’un autre côté, je ne pense pas qu’elle m’en veuille.

Après… Après notre première rencontre, je ne voulais pas que… Qu’elle puisse introduire de nouveaux espions chez moi alors j’ai… Je… J’ai fait sanctifier mon appartement, j'explique avec un tout petit peu d’inquiétude. Je n’avais pas réalisé, enfin, je ne pensais pas que… Que ça te poserait problème, mais je n’y connais rien et elle a dit que ça t’empêcherait d’entrer aussi. Je suis vraiment désolée, si c’est le cas. Je n’ai pas réfléchi, je voulais juste protéger Susan et me protéger, et je n’imaginais pas du tout que ça puisse être néfaste pour toi.

D’un autre côté, j’aurais pu m’en douter cinq minutes, vu la très haute tolérance de l’église pour les sorciers de tout bord. Enfin, surtout ceux qui font mumuse avec des arts noirs par excellence sans doute, et défient la mort au passage.

C’était vrai ?

J’ai fini par oser demander d’une toute petite voix.
 
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Message posté : Lun 8 Avr 2019 - 22:45 Message
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Abigaïl Frankenstein
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- Avatar des cimetières (serviteur)
- Désespoir (cheval de la Mort, serviteur)
Abigaïl se retint de se mordre les lèvres. Un tic qu’elle n’avait pourtant jamais eu de son vivant. Était-ce quelque chose qu’elle avait hérité de Lily ? Une mémoire musculaire qui persistait même avec son cerveau mort et son fantôme passé de l’autre côté depuis des mois maintenant. La nécromancienne devait faire attention à ce qu’elle disait à son amie. Elle avait son propre accord avec les enfers. Tant qu’elle ne se dressait plus contre eux, ils ne pouvaient chercher à s’en prendre à elle, sa famille et surtout leurs âmes.

Il y avait toutefois une différence entre se dresser contre l’enfer et donner quelques conseils à Noélie pour l’aider dans ses rapports de voisinage avec l’Antéchrist. Celle-ci semblait d’ailleurs légèrement inquiète. Abigaïl se rendit compte qu’elle devait imaginer que la nécromancienne avait des solutions plus drastiques à lui proposer. Être un mort-vivant aidait pour traiter avec les démons. Les tourments qu’ils pouvaient infliger à la chair morte étaient plus limités.

« Lady Satan est une vieille créature. Moderne par bien des aspects, mais il y a toujours certaines règles qu’elle doit respecter. Comme ses pactes. Il y a de nombreux moyens de se protéger de ceux de son espèce. Enfin… Tant qu’on est raisonnable. Il y a beaucoup d’histoires de mages qui ont perdu vie et âme en pensant avoir la main mise sur leur démon et en se montrant imprudents. »

Abigaïl hésitait à lui parler du nom secret d’Evelyn. Elle savait qu’il existait, tous les démons en avaient un. Seulement elle ignorait quel pouvoir il aurait sur l’Antéchrist. Celle-ci était aussi humaine. Elle avait à la fois une âme et une essence démoniaque. C’était ce qui la rendait si difficile à éliminer aussi. Elle ne pouvait être exorcisée comme un vulgaire parasite infernal et elle ne pouvait pas non plus être bannie. Lady Satan était l’émissaire parfait des enfers sur la Terre Prime.

« Mais le plus simple est que tu ne la revois plus de toute façon. » Trancha finalement Abigaïl.

Elle ne voulait pas imaginer Noélie en train d’interagir avec Evelyn. C’était déjà un miracle qu’elle s’en soit sortie avec un aussi bon accord. Abigaïl sentit presque un frisson courir sur son échine. Ce qui était impossible. Ses nerfs étaient morts et seule une partie d’entre eux avaient été réanimés. Ceux qui lui permettaient de voir, de sentir, de toucher, de se mouvoir et de parler. Avoir un frisson ? Non. Pourtant elle ressentait quelque chose de sinistre. La certitude que Noélie avait donné plus à Lady Satan qu’elle ne le pensait. Que quelque part dans les profondeurs du Pandémonium, la mère adoptive de la nécromancienne était en train de rire à gorge déployée en pensant à ce qu’elle avait tiré de cette femme qu’elle avait traumatisé.

Cette sensation se mua peu à peu en colère alors qu’Abigaïl pensait une nouvelle fois à ce que Noélie avait dû subir. Il y avait de la culpabilité aussi, ancrée à son âme, tel un parasite qui distillait en elle ses effluents empoisonnés. C’était sa faute à elle. C’était parce qu’elle avait chassé les ombres de la démone qu’elle s’en était prise à Noélie. Abigaïl leva les yeux un instant, scrutant les environs. Il y avait des morts. Il y avait toujours des morts, semblables à ceux qui se mêlaient à ses souvenirs quelques instants plus tôt. Aucun touché par l’enfer. Même ceux dont l’humanité s’était effilochée au point qu’ils ne soient plus que des carcasses éthérées et vides.

« J’aurais tant aimé que tu n’aies pas à vivre avec tout ça. »
Murmura-t-elle.

Ses mains étaient envahies d’une sensation chaude, presque brûlante, là où elles avaient touchées celles de Noélie. Cette dernière pleurait et Abigaïl ne put s’empêcher de s’abîmer dans la contemplation de ces larmes qui coulaient sur ses joues. La nécromancienne réalisa qu’elle n’avait pas pleuré depuis des mois, depuis des années. Elle ne se souvenait plus quand pour la dernière fois elle s’était laissé vivre suffisamment pour ressentir quelque chose d’aussi intense, pour se laisser aller. Elle n’avait pas pris le temps de pleurer sa fille avant d’envahir les enfers.

« Je… »

Mourir. Noélie pouvait mourir à n’importe quel moment. Même si les démons se tenaient loin. Même si Abigaïl fermait elle-même les portes de l’enfer et détruisait le Diable. Elle pouvait trébucher et se rompre le cou. Elle pouvait s’endormir pour ne jamais se réveiller. Elle pouvait se prendre un coup de couteau dans une cellule après s’être fait embarquer par erreur. Maladroitement, la nécromancienne posa une main sur son épaule.

« Je ne veux pas que tu meures Noélie. » Jamais, peut-être. Mais la mort était naturelle. Malgré la terreur qu’elle inspirait. Malgré l’inconnu qui se dessinait dans son sillage. « Mais je sais que tu finiras par mourir. Je ne veux juste pas que cela soit à cause d’êtres comme moi, ou comme elle. »

Elle voulait que ce soit naturel. Elle voulait que Noélie puisse mourir dans son lit, âgée, un sourire aux lèvres. Ou même qu’elle puisse mourir au cours d’un accident de voiture. Tout. Plutôt que de mourir déchiquetée par des chiens infernaux, son âme traînée en enfer. Tout plutôt que de voir son corps brisé par un maléfice. Abigaïl avait vu trop de gens mourir ainsi. Elle savait à quel point ces morts n’avaient rien de naturel, rien de juste. Elle ne les voulait pas pour Noélie. Peut-être parce qu’elle ne pouvait s’empêcher de penser que cela serait sa faute si elle périssait ainsi.

« Je ne sais pas Noélie. Je ne peux pas deviner ce qu’elle cherche vraiment à accomplir tant que je ne sais pas ce que tu lui as donné. »

Abigaïl le devinait déjà. Déjà, elle imaginait tout ce qu’Evelyn pouvait accomplir, tout ce qu’elle pouvait infliger.

Une mèche de cheveux. Une simple mèche de cheveux. Inoffensive entre bien des mains. Sauf pour ceux qui maniaient les arts noirs. Lady Satan pouvait infliger mille tourments à Noélie avec ce morceau d’elle, ce lien vers son âme, vers sa vie. Elle pouvait la torturer, la changer en bête, la rendre folle. Abigaïl en avait été capable autrefois. Même aujourd’hui elle aurait pu accomplir des choses immondes avec cette mèche de cheveux. Créer une nouvelle Noélie, mort-vivante, à partir de ces cellules mortes et pourtant pleines de potentiel entre les mains de la nécromancienne.

« Je pense que tu as pris le meilleur choix. »


Non. Abigaïl n’était pas certaine de le penser. Elle aurait préféré que Noélie trahisse sa colocataire. Peut-être parce qu’égoïstement, elle ne la connaissait pas. Elle n’était qu’une anonyme dans la foule, contrairement à la chanteuse. C’était toujours plus facile quand ils n’avaient pas de nom. Pas de visages.

La chanteuse n’avait pas idée de ce qu’Evelyn pourrait lui infliger si elle trahissait son accord.

Abigaïl releva la tête. Qu’est-ce que Noélie avait à ajouter ? Qu’avait-elle donné de plus à Evelyn ? Si le sang de la nécromancienne aurait pu se figer plus qu’il ne l’était, il l’aurait fait. Mais il ne s’agissait plus de l’accord passé avec l’Antéchrist. Non, c’était une toute autre chose. Abigaïl ne avait pas pour autant si elle devait soupirer de soulagement ou plonger ses phalanges dans le bois du banc jusqu’à le réduire en miette. L’image d’un canapé, d’un verre de rhum et d’un plaid venait de se ternir dans son esprit, de s’effriter jusqu’à ce qu’il ne reste plus que des cendres amères dans son esprit.

« Je comprends et pour tout te dire, je ne sais pas ce qui se passera si j’entrais dans ton appartement. Je ne suis pas liée à l’enfer, je ne suis pas un démon… Mais l’église chrétienne ne considère pas vraiment les gens, les créatures comme moi comme des êtres qui méritent d’exister. »

Elle leva les yeux au ciel un instant.

« Mais je pense que c’est vrai. Je suis excommuniée par l’église depuis longtemps et celle-ci condamne ma magie, ce que je suis. Je ne pense pas que je pourrais entrer à nouveau dans ton appartement. Mais je comprends. Tu dois penser à toi et ta colocataire. Vous devez vous protéger. »


La colocataire pour laquelle elle avait abandonné une mèche de ses cheveux à la fille du Diable. La colocataire qui l’avait précipitée dans l’antichambre de l’enfer. A moins que cela ne soit sa rencontre fortuite avec cette fille morte qui voulait jouer les vivantes. Abigaïl savait déjà ce qu’elle allait faire. Récupérer les cheveux de Noélie.

Puis peut-être qu’elle aurait le courage de faire ce qui était juste et qu’elle la laisserait retourner à sa vie mortelle. Qu’elle lui donnerait une chance d’oublier qu’il y avait des monstres dans les ténèbres. Après tout ceux-ci ne pouvaient plus entrer chez elle maintenant.

Oui, c’était la seule chose juste à faire au final.

Les vivants avec les vivants, les morts avec les morts, les monstres avec les monstres.
 
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Message posté : Mar 9 Avr 2019 - 0:05 Message
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Noélie A. Inagawa
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A reason to believe - Abigaïl 181024121903977341

ϟ Âge : 25
ϟ Sexe : Féminin
ϟ Date de Naissance : 23/12/1993
ϟ Arrivée à Star City : 24/07/2018
ϟ Nombre de Messages : 593
ϟ Nombre de Messages RP : 346
ϟ Doublons : Thalia Cristobal, Cassandra De Matteo, Jia Li Zhao
ϟ Crédits : gif & vava par Renan (♥) ; code Sio
ϟ Célébrité : Yuko Suzuhana
ϟ Âge du Personnage : 26 ans
ϟ Statut : Célibataire
ϟ Métier : Chanteuse dans le groupe Borderland / développeuse web / wakagashira de l'Otaku-Kai
ϟ Réputation : Niveau 3
ϟ Signes particuliers : • Incroyablement bavarde
• Sort toujours apprêtée jusqu'au bout des ongles
• Cheveux très longs, parfois méchés de bordeaux, turquoise ou rose, au rythme de ses envies et de ses concerts

ϟ Pouvoirs : • Compréhension innée des langages informatiques
• Hackeuse née
• Analyste niveau III (données et informations en tous genres, expression corporelle, détection du mensonge, calculs de probabilités et analyse situationnelle)
• I.A. (Inori)
• Book My Life
• Lentille connectée (connectée à Inori, interface d'informations, reconnaissance faciale)
• Implant neuronal (transmission d'instructions à Inori, bouclier psychique, bouclier magique)
• Drones de surveillance (connectée à Inori et donc à Noélie)
• Egide : Shiru (bouclier physique, réflexes améliorés, formation en protection rapprochée), Totsuka (Artefact : Ōtenta-Mitsuyo, grenades fumigènes, shurikens explosifs, maîtrise du ninpō no ken)

• Téléporteur de costumes 2.2
ϟ Liens Rapides :
1 rose de Susan ♥️ 2 roses de Lukaz ♥️ 1 rose de Mikhaïl ♥️ 1 rose de Natalia ♥️ 1 rose de Zeke ♥️
Je me détends peu à peu en écoutant Abigaïl me répondre. J’avoue que j’étais un peu inquiète de savoir ce qu’elle entendait pas là, mais ce ne sont que des conseils. Des conseils que j’aurais pu trouver seule en me basant sur notre rencontre et ce que j’ai étudié de mon côté, certes, mais des conseils quand même. Bon, son dernier conseil me tire une grimace que j’essaye de dissimuler. Je ne veux pas lui mentir.

Ce serait le plus simple, oui, je réponds d’une voix adoucie.

Mais je n’ai jamais su céder aux solutions de facilité, même pour mon propre bien. Alors là… Quand on s’attaque à moi, il ne faut sûrement pas s’attendre à ce que je m’écrase. C’est juste que je suis assez intelligente pour prendre le temps d’y réfléchir avant, de peser chaque possibilité, de m’armer. Emportée mais pas impulsive, pas pour ça. Lorsque je suis en danger, je réfléchis un peu différemment. Heureusement. Je doute que Lady Satan aurait apprécié que je lui colle une gifle au milieu de son cabaret infernal à la noix.

Ce n’est pas ta faute, je réponds avec un petit sourire.

Pâle sourire en regard de mes larmes, mais celui là est encore une fois sincère : je lui reprochais ses non-dits, et encore, mais certainement pas les actes de Lady Satan. Ce n’est pas sa faute, et elle n’a pas à regretter que ce soit arrivé. Tout est propice à l’évolution, dans la vie. J’aurais préféré aussi que ça ne soit qu’un sale cauchemar, mais je ferais avec. Je souris de plus belle en l’entendant prononcer ce qui ressemble presque à un voeu pieux. J’aurais envie d’en rire tandis que je pose ma main par dessus celle qui est posée sur mon épaule. Je réponds tranquillement, sans même une hésitation, avec un peu de cette spontanéité et de cet enthousiasme qui me caractérisent au quotidien :

Je ne veux pas mourir non plus, tu sais ? Qui a envie que tout ça s’arrête ? Se battre pour sa survie, ça peut être difficile, mais chaque instant que je vole à la Faucheuse, c’est une victoire qui a un goût fantastique. Simplement, je sais qu’un jour ou l’autre, ça arrivera. C’est ce qui se passe pour la plupart des gens. Et je n’ai pas envie de m’en inquiéter, alors tu devrais essayer de faire pareil. Profite de ce qu’on a, c’est le plus important. Que ce soit naturel ou démoniaque, le résultat est le même à la fin. Et puis, quelqu’un m’a dit un jour que la mort n’est pas une question de justice.

Je souris en disant cela. Mais la suite est un peu plus hésitante car elle est un peu plus étrange à dire.

Mais pour toi, ça ne changera pas grand chose, non ? Si tu veux toujours me voir après, je serais contente.

Enfin, si j’existe encore après ma mort. Mais ça serait sans doute bizarre, surtout si j’ai bien vieilli dans le processus. Oh, il sera toujours temps d’y penser. Si ça se trouve, je vais périr par Lady Satan interposé dans trois mois, alors… En attendant, je suis dans l’attente - un peu fiévreuse et certainement tourmentée - de sa réaction quand à l’objet de mon pacte. l’entendre dire ce que j’ai pensé moi-même me soulage infiniment, plus que je ne l’aurais pensé : je ne cherche pas souvent l’approbation dans mes actes, au contraire, mais là, on touche à des choses tellement inédites pour moi.

Je suppose aussi. Je sais que ça peut lui servir contre moi si je brise notre marché, et j’imagine que ça ne sera probablement pas joli, mais… Bon, quoi qu’il arrive, si j’en suis rendue là, ça aurait mal tourné pour moi alors à quoi bon résister ?

Je préfère ça à d’autres choses. Je crois qu’au fond, pour ce qui est de ce que je pourrais subir à cause de mes cheveux, je préfère être ignorante : il y a probablement de quoi faire quelques cauchemars. Là, au moins, je n’ai rien à anticiper. Je suis déjà bien angoissée par le fait qu’il y a peut être autre chose derrière cette demande.

Et par l’aveu que je viens de faire à la morte-vivante. J’ai le coeur qui bat et je me sens plus que minable en l’entendant me répondre. Bon sang, j’ai même honte, et pourtant ça ne m’arrive pas si souvent. En plus, j’ai l’impression que ça fait quelque chose à Abby. Oh, mais je suis stupide : forcément. A sa place, je serais probablement plus que blessée. Je passerais à autre chose, mais je serais blessée, avant de comprendre le pourquoi du comment. J’ai l’impression d’avoir fait une terrible erreur. J’ai de nouveau envie de pleurer, si j’ai seulement arrêté à un moment.

Abby… Je… Je suis vraiment désolée, je balbutie. Je te promets que je ne savais pas. Je n’avais même pas imaginé… Je n’y connais tellement rien.

Mais est-ce que ça aurait changé quelque chose ? Est-ce que je n’aurais pas quand même agi ? Je n’en sais rien, et ça fait tout aussi mal.

Il doit bien y avoir quelque chose à faire ? Non ? Je ne… J’ai envie que tu puisses revenir chez moi. Que l’église aille se faire voir avec ses idées arriérées. Tu n’es pas…

Tu n’es pas maléfique ? Ça, je n’en sais rien. Mais ce n’est pas ce qui importe.

Peu importe ce que leur dieu et l'église en pensent. Je ne suis pas une de ses fidèles et je ne le serais jamais, et pour ce qui me concerne, tu n’as fait que m’aider alors que je ne suis pas grand chose.

J’attrape une de ses mains entre les miennes sans réfléchir, le regard presque suppliant. Je me suis rapprochée, aussi, quelque part pendant que je parlais.

Je m’excuse. J’aurais dû réfléchir, mais tu es tellement gentille avec moi que je n’y avais même pas pensé une seconde. Je trouverais une solution. Et s’il n’y en pas d’autres, je trouverais un moyen de rompre la sanctification.

Je m’entends parler avant d’y avoir vraiment réfléchi. Au fond, je n’en ai pour l’instant plus besoin, pas plus que Susan. Puis, si Abby peut faire le ménage dans les non vivants qui peuplent mon appartement, ce serait aussi bien. Je parle sans plus pouvoir m’arrêter, à cause de ça. Même si je suis capable de faire avec, je ne tire aucun plaisir des blessures que je peux infliger aux autres, pas quand je ne les ai pas souhaitées. Et là ce n’est clairement pas le cas.

Je te l’ai déjà dit : moi, je ne condamne pas ta magie. Je ne te condamne pas, toi. Sinon, j’aurais fui après ma rencontre avec elle. Mais je n’ai pas peur de toi.

Même avec tous mes doutes, même avec ma rancoeur, même avec ma colère, je crois que je n’avais pas peur d’elle. J’avais peur de me tromper. Peur d’avoir été stupide. Mais je n’avais pas peur qu’elle me fasse du mal physiquement parlant. Pourquoi, comment ? Je ne sais pas trop. Peut-être que je suis simplement idiote. Ça expliquerait en tout cas que je conclus mon bavardage inquiet par une question qui me paraît pitoyable, après avoir lâché la nécromancienne :

Tu ne vas pas partir ?

Pitoyable, vraiment. Une enfant coupable. Mais je n’ai pas envie qu’elle parte. Au nom de conseils musicaux, de ma subtilité défaillante, d’un verre de rhum partagé, d’une soirée canapé, d’un séjour en prison. Au nom de ses sourires un peu étranges et de son rapport si particulier à la mort. Au nom du peu qu’on a partagé, finalement… Et de tout ce qu’on pourrait partager encore. J’aime les différences de chacun, et Abigaïl est plus exotique que beaucoup de ceux que j’ai pu rencontrés dans ma vie. J’adore tout autant partager, socialiser, je m’épanouis dans mon rapport aux autres, mais quand en plus j'ai l'impression d'être en train de découvrir quelque chose de tellement inédit... Mais ce serait me mentir de dire que ce n'est que cela. C'est cela et plus, même si je ne sais pas vraiment ce que ce plus voudra dire.
 
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Message posté : Sam 13 Avr 2019 - 15:26 Message
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Abigaïl Frankenstein
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Living Dead Girl
ϟ Âge : 27
ϟ Sexe : Féminin
ϟ Date de Naissance : 18/12/1991
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ϟ Doublons : Evelyn Wormwood, Lawrence Chastel
ϟ Crédits : Creepy Crawly
ϟ Célébrité : Taylor Momsen
ϟ Âge du Personnage : 234 ans
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ϟ Métier : Thanatopractrice, chanteuse
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ϟ Signes particuliers : Une cicatrice en forme de Y sur la poitrine, dernier témoignage de son autopsie. Des cheveux presque blancs et une peau pâle, presque glacée au toucher.
ϟ Pouvoirs :
- Maîtrise de la nécromancie XXX
- Maîtrise de l'ostéomancie V
- Maîtrise de la carnomancie VI
- Moisson de vie III
- Communication avec les morts III
- Psychopompe VI
- Phylactère III
- Vigor Mortis V
- Forme spectrale V
- Vol spectral I
- Deuil (faux magique)
- La Fossoyeuse (pelle magique)
- Avatar des cimetières (serviteur)
- Désespoir (cheval de la Mort, serviteur)
Ce n’était pas sa faute, non. Mais Abigaïl ne s’en sentait pas mieux pour autant. Elle avait toujours cette sinistre certitude que c’était sa rencontre avec Noélie, ce moment de complicité fugace dont avaient été témoins les ombres infernales de Lady Satan, qui avaient poussé l’Antéchrist à agir. Pendant des mois, celle-ci n’avait rient enté à l’encontre de la chanteuse, comme si son lien avec la fameuse colocataire était insignifiant. Puis elles s’étaient rencontrées et les horreurs qui hantaient la vie de la nécromancienne avaient fait intrusion dans celle de Noélie.

Sauf qu’elle n’était pas préparée pour cela. Elle n’avait pas les armes pour lutter contre cela. Contre les cauchemars, contre la vérité. Les adultes avaient tort. Il y avait bel et bien des monstres qui vivaient dans les ombres. Des monstres avec des crocs et des dents acérés et un esprit d’une perversité inégalée. Il y avait des monstres sous les lits, cachés dans les placards ou rôdant près des cimetières. Des monstres pour qui la mort n’avait pas beaucoup de signification.

« Je sais que tout doit mourir, Noélie. » Répondit Abigaïl avec un sourire fugace. « Je suis déjà morte plein de fois tu sais. »

Parfois, elle était même morte intérieurement, tout en restant en vie. Quand on lui avait annoncé que son père était décédé. Toutes ces nuits qu’elle avait passées en Italie, attachée, à se demander à chaque instant quand son tortionnaire la réveillerait avec un seau d’eau glacé ou un tison chauffé à blanc. La vie n’était qu’une succession de petites morts. Avec un grand gouffre obscur au bout. Sauf pour elle. Sauf pour Noélie peut-être.

« Je me demande qui a bien pu dire ça. » Lâcha Abigaïl. « Je veux juste que tu puisses mourir comme une humaine. Comme tu as vécu. Pas à cause de puissances infernales. »

Pourquoi ? Parce que c’était plus juste pour elle ? Parce que si Noélie mourrait écrasée par une voiture ou poignardée dans une ruelle cela ne serait pas de sa faute ? Cela ne serait pas parce qu’elle lui avait révélé l’existence des démons, des fantômes et des goules ? Abigaïl observe ses pieds un instant et ose à peine regarder Noélie quand elle parle à nouveau.

« Je pourrais. Mais je ne suis pas certaine que tu apprécierais. Revenir d’entre les morts, même de manière fugace, même si c’est juste pour parler, ce n’est pas toujours facile ou agréable. Je ne te ramènerais pas à moins que ne le veuilles. Que ce soit juste ton esprit ou toute entière tu sais. »

C’était ce qui faisait la différence entre Lady Death et Living Dead Girl. Peut-être. Quand Abigaïl avait ramené Gary, c’était parce qu’elle se sentait seule. Mais elle lui avait demandé, après, s’il voulait rester ainsi, une tête zombie, ou s’il voulait connaître le repos. Quoique dans son cas, le repos avait un goût de soufre. Tous les autres, elle leur avait demandé à chaque fois. S’ils voulaient cette vide de réprouvé, de paria, coincés entre la vie et la mort comme elle, ou s’ils voulaient simplement disparaître, reposer en paix. Si Noélie avait une mort paisible, si Abigaïl parvenait à amener son âme dans un bon monde. Elle n’était pas certaine qu’elle la ramènerait. Même si elle en aurait envie.

« Tant que tu n’enfreints pas ton accord avec elle, cela ne vaut pas grand-chose, oui. » Ou cela valait bien plus qu’Abigaïl ne l’imaginait elle-même. Lady Satan devinait peut-être des choses que la nécromancienne ignorait elle-même encore. « Tu ne comptes pas t’en prendre à elle ? »

Ce serait de la folie. Elle ne l’avait même pas vraiment imaginé. Mais maintenant qu’elle y repensait. Est-ce qu’Evelyn avait exigé ces cheveux justement parce qu’elle savait que tôt ou tard, Noélie briserait leur accord ? Avec un morceau d’elle-même entre les mains de l’Antéchrist, elle n’aurait aucune chance. Pas tant qu’Abigaïl ne l’ait récupéré toutefois. Même là encore, elle devrait l’en dissuader. Se dresser contre l’enfer, quand on n’était encore en vie, quand on n’avait beaucoup à perdre, c’était insensé. Elle-même ne s’y était résolue qu’une fois son monde tout entier réduit en cendres.

La morte s’était tournée vers la vivante. Affronter le visage de Noélie en pleurs était plus difficile qu’elle ne l’avait imaginée. Peut-être parce qu’elle savait qu’elle devait faire une croix sur cette vision, comme sur les autres moments qu’elles auraient pu partager. La jeune femme avait trouvé un moyen de se protéger des ténèbres. Permettre à Abigaïl de pénétrer chez elle, c’était créer une faille, c’était la mettre en danger. Tous les morts n’appartenaient pas aux Diables mais pouvaient toujours servir Lady Satan. Un peu comme elle.

« Ne t’inquiète pas Noélie. Cela ne me fait rien. Tu cherches juste à te protéger c’est normal. »

Est-ce qu’elle avait mal ? Ou est-ce que ce qu’elle devait ressentir, de la peine ou bien une sensation de trahison, était inhibé par l’absence de vie en elle ? Tous ces récepteurs qui restaient morts, tous ces courants électriques qui n’existaient pas. Parfois, Abigaïl avait l’impression de vivre dans un monde en noir et blanc. Parfois ce n’était pas plus mal. Peut-être qu’elle aurait la force de faire ce qui était juste finalement.

« Je ne suis pas certaine que ce soit une bonne idée tu sais. Si je peux venir chez toi, cela signifie que d’autres choses comme moi peuvent le faire. C’est te mettre en danger pour pas grand-chose. Au moins maintenant tu es protégée contre pas mal de choses, contre tout ce que Lady Satan pourrait envoyer après toi si elle trouvait une faille dans votre accord. Elle ou d’autres. »

A quoi bon si elles ne pourraient plus boire de verres de rhum sur ce canapé là ? Si Abigaïl ne pourrait plus déposer tranquillement un plaid sur ses épaules avant de disparaître dans la nuit ? Son appartement ne serait plus jamais hanté. Il n’y aurait pas de démon sous son lit prêt à l’emmener au Pandémonium pour devenir le jouet de Lady Satan.

« Noélie. Garde ton appartement consacré. » L’interrompt Abigaïl. « C’est une meilleure protection que toutes celles que j’aurais pu t’offrir. Je sais que tu ne condamnes pas ma magie. Mais c’est un maigre prix à payer pour garder tous les autres monstres dehors, non ? »

Elle avait posé les mains sur les siennes, une nouvelle fois. Noélie n’avait pas peur d’elle. Cela elle le croyait. Les démons l’avaient déjà utilisé par le passé. Elle avait été un pion des enfers et à jamais, sa magie, sa nature, restait enténébrée. Si ce n’était pas par le Diable, c’était par la Mort. Noélie aurait dû avoir peur d’elle. Noélie aurait dû la fuir dès leur première rencontre. Il n’y avait plus que des chemins tortueux et sombres pour son âme maintenant qu’elles s’étaient rencontrées.

Pourtant elle lui demandait de rester.

« Je… »

Tout le monde partait. Tôt ou tard. Ils étaient tous partis. Ils étaient tous morts. Il n’y avait bien qu’Anton qui restait à ses côtés. Noélie finirait par partir, finirait par mourir. Alors Abigaïl pourrait la ramener, pourrait la conjurer. Comme elle pouvait le faire pour sa famille, pour ses amis disparus, pour ses fidèles disparus. Mais elle ne le faisait pas. Parfois les choses devaient rester mortes. La seule certitude qu’avait Abigaïl, c’était qu’en restant avec elle, Noélie ne gagnerait qu’un trépas précoce. Des allers et retours entre la tombe et la mort. Jusqu’à ce que la nécromancienne oublie. Jusqu’à ce qu’elle se lasse.

« Je n’ai pas envie. Mais cela serait peut-être pour le mieux, non ? Ton appartement est protégé, ta vie et tes proches sont protégés. Tout peut s’améliorer Noélie. Tu peux vivre. J’ai déjà vécu. Ce que je fais… C’est un caprice. Si je reste, ce caprice pourrait t’être fatal. Il t’a déjà amené au seuil de l’enfer. »

Quand les morts revenaient, cela finissait toujours dans le sang et les pleurs. Abigaïl le savait. Pourquoi pensait-elle que cela serait différent cette fois-ci ? Le monde était différent. L’humanité était capable de merveilles et d’horreurs comme jamais. Mais cela ne changeait rien au fait qu’où que se trouve Abigaïl Frankenstein, la mort et le désespoir suivaient.
 
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Message posté : Sam 13 Avr 2019 - 23:56 Message
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J’ai vaguement conscience qu’Abigaïl est effectivement morte plein de fois, mais ça me laisse quand même une drôle d’impression de l’entendre dire. J’ai envie de lui demander ce que ça lui a fait, ce que ça lui fait d’être morte maintenant, mais je sais aussi que son rapport à ces décès sera probablement différent de c que j’imagine. Je hausse donc plutôt les épaules en essayant d’avoir l’air parfaitement sereine vis à vis des fameuses « puissances infernales ». Cruel échec, évidemment, puisque leur mention me met clairement mal à l’aise. Mais ça ne m’empêche pas de répondre :

Ça ne changerait rien. Je ne suis pas sûre de préférer à ça le coup de couteau du voisin du dessus qui était parfaitement normal.

Au moins, si ce sont les Enfers qui m’emportent, je ne serais pas spécialement surprise. Je m’y attendrais presque, en fait, avec mes bonnes idées. Je sais que si je choisis de résister, la possibilité devient une éventualité bien plus présente. Je m’y suis préparée, ceci dit. J’ai accepté ce risque, au nom de ma fierté. Quelle idiote. Je me rapproche un peu d'Abigaïl et cherche son regard pendant qu’elle continue de parler en fuyant le mien. Je n’aime pas la voir étrangement gênée comme cela, et j’arrive encore à y penser malgré le bazar qui se joue sous mon crâne. Etrange. Je me demande bien pourquoi ses sentiments m’importent autant que les miens, là, maintenant.

Je ne savais pas. Je ne sais pas trop ce que je voudrais, pour l’instant, je crois. J’ai vécu vingt-six ans à penser que la mort équivalait à un game over, alors tu bouleverses un peu mes certitudes. Mais je ne crois pas que je veux te demander de me ramener. J’aurais l’impression de me servir de toi.

Je hausse les épaules comme si ça ne me touchait pas particulièrement. Je ne me pose jamais ce genre de questions habituellement, mais au vu du gouffre de puissance que représente la nécromancienne, ça me paraît capital qu’elle puisse être certaine que je ne veux pas continuer à la fréquenter par intérêt. Je ferais les choses très différemment si j’essayais juste de tirer mon épingle du jeu, promis. J’en suis à peu près là dans mes réflexions quand elle me questionne sur mes intentions vis à vis de Lady Satan. Avec un air de gamine prise en faute, je secoue la tête vivement. Mensonge, que je rectifie aussitôt :

Je ne compte pas m’en prendre à elle à moins d’avoir plus de chances de gagner que de perdre. Et je ne veux plus la faire disparaître. Le résultat qu’elle m’a fait entrevoir avait l’air trop… Dangereux.

Je soupire. J’avoue qu’une partie de moi a toujours envie de se dire qu’elle s’en moque, de lâcher sur le monde les horreurs que Lady Satan garde en laisse. Mais le reste de ma personne, à savoir celle qui utilise la cervelle dans son crâne pour penser, celle qui arrive encore à réfléchir au delà des émotions si vives qui s’entremêlent dans ma petite tête, celle-là refuse de se laisser aller à de telles idioties. La Terre peut donc se rassurer, je ne vais pas la mettre en l’air pour un caprice. Youpi.

Si je n’étais pas encore en train de pleurer et de paniquer intérieurement à l’idée d’avoir peut-être fait fuir Abigaïl, je m’en réjouirais peut-être. Mais là, je suis juste capable de me dire que d’une façon ou d’une autre, elle doit mentir. Je suis certaine que ça ne lui fait pas rien. Je sais que ce n’est pas une bonne idée de chercher une solution pour qu’elle puisse revenir. Je veux dire, les failles potentielles qu’elle évoque m’apparaissaient déjà clairement au moment où j’ai décidé que j’allais faire en sorte qu’Abby puisse revenir partager une fin de soirée avec moi. Mais je m’en moque, en fait. Ça me paraît important de pouvoir partager ces petits moments de vie de la même façon qu’elle partage des petites choses de la mort avec moi. Comme un espèce de contrat tacite entre nous, sauf que ce contrat là, je le signe quand elle veut. Peut-être bien que j’ai fini par devenir folle, après des mois de pression trop intense, au fond ?

Je ne veux pas me protéger au point de ne pas pouvoir profiter de ce que je veux. De voir qui je veux, où je veux. A ce compte là, je retourne vendre mon âme et une petite éternité de servitude ou non à Lady Satan en échange de quelque chose de vraiment utile, je lâche, d’une toute petite voix. Je veux que tu puisses venir chez moi. J’en ai envie.

Même si elle insiste pour que je garde cet endroit consacré. Ça me fait me sentir assez misérable d’avoir besoin qu’un dieu auquel je ne crois pas surveille mon domicile pour être en sécurité. J’en ai vraiment assez de ça. Et vu ma gestion désastreuse de mes sentiments actuels, je serais capable d’aller sacrifier je ne sais qui dans mon appartement pour briser cette sanctification directement dans un geste de défi. Idiote.

Une idiote que l’hésitation d'Abigaïl pousse à secouer la tête dans une vive dénégation, ignorant tant bien que mal les larmes traîtresses qui se sont pointées dans ses yeux et refusent visiblement de cesser de couleur une bonne fois pour toute. Je ne trouve pas ça mieux qu’elle s’en aille. Même si je dois avouer que le fait qu’elle prétende que je ne suis qu’un caprice… Ça n’est pas forcément très agréable à entendre. En toute honnêteté, je comprends le raisonnement derrière, mais ça fait un peu mal malgré tout. Même si je le cache soigneusement. Ça me fait un peu peur, aussi. D’imaginer que le simple fait de l’avoir près de moi est susceptible de hâter un peu ma mort.

Si c’est moi qui l’accepte, ce n’est pas ton caprice, c’est le nôtre. Je… Je te crois si tu dis que c’est dangereux. Et ça me fait un peu peur, quand même, mais pas vraiment parce que je pourrais en mourir plus tôt que prévu. Tu as le droit de ne plus avoir envie de perdre du temps avec une femme comme moi, ça, je l’accepterais. Mais je ne veux pas que tu prennes ta décision en fonction de ce qui pourrait m’arriver. Toute puissante que tu sois, Abby, ça, c’est ma décision. Pas la tienne.

Petit à petit pendant que je parle, cette fois, mes larmes se tarissent. Parce que je prends cette décision, parce que je me rends surtout compte que je l’ai déjà prise ? Pourquoi je n’aurais pas le droit de continuer à côtoyer la nécromancienne, hm ? Je refuse. Encore ma fierté, peut-être, ou juste cette étrange affection que j’ai pour ce petit morceau d’extraordinaire dans la vie d’une femme presque ordinaire ?
 
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Message posté : Dim 14 Avr 2019 - 14:43 Message
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Abigaïl Frankenstein
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- Deuil (faux magique)
- La Fossoyeuse (pelle magique)
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- Désespoir (cheval de la Mort, serviteur)
Est-ce qu’il y avait une différence entre mourir à cause de la lame d’un homme ou déchiquetée par les griffes d’un démon ? Pour Abigaïl il y en avait une. Il y avait une différence dans ce qu’elle ressentait à proximité d’un fantôme mort de façon naturelle, ou tout du moins humaine, et un autre ayant succombé aux énergies mystiques, quelles que soit leur manifestation. Elle n’aurait su expliquer cette différence à Noélie. Ni même lui assurer qu’elle existait vraiment et que ce n’était pas un caprice de l’esprit de la nécromancienne. La plupart des morts que réanimait celle-ci à l’état de zombie avaient péri de manière naturelle. Elle se contentait de relever leurs carcasses, sans appeler leurs âmes. Mais ceux qu’elle croisait au Pandémonium, ceux dont les âmes étaient toujours là, prisonnières de Lady Satan. Ils avaient une saveur particulière pour elle.

Mais peut-être était-ce uniquement parce qu’elle avait failli les rejoindre.

« Je suppose que non. Je suppose que cela ne fait aucune différence à la fin. »

Noélie mourrait. Abigaïl n’aurait pas pensé avoir du mal à accepter la mortalité d’une humaine à nouveau. Elle avait vu tous ceux qu’elle aimait tomber. Certains avant même sa naissance. Son père, son frère, plusieurs fois, puis tous ceux qu’elle avait rassemblé à ses côtés. Tous finissaient par périr. Sauf pour les orphelins de la mort, comme elle et Anton. Mais ils étaient l’exception. Pas Noélie. Un jour. Peut-être lointain, Abigaïl devrait dire au revoir à cette Noélie là. Celle qui respirait et qui dégageait cette chaleur, cette vitalité qui semblait contaminer jusqu’au cœur immobile de la mort-vivante.

« Cela peut être la fin tu sais. Certains ne connaissent que le néant. Cela vaut mieux que certains autres mondes. C’est même mieux la plupart du temps. »

Est-ce que la félicité du Paradis ou les festins du Valhalla valaient vraiment mieux que l’oubli après avoir enduré toute une existence terrestre ? Abigaïl n’en était pas convaincue. Au contraire. Elle pensait que tous ces dieux, se nourrissaient de la foi et de la dévotion des âmes qui leurs étaient confiés. Le néant était prêt à accueillir tous les défunts, sans rien leur demander en échange. Il leur offrait la paix.

« Mais tu ne te servirais pas de moi. Je ne fais rien dont je n’ai pas envie tu sais. »

Mais il n’était pas encore temps de choisir quoi faire de l’âme de Noélie. Peut-être voudrait-elle devenir un feu follet dans les Terres d’Arcadie. Ou bien essayer de rejoindre le Paradis malgré tout. Il y avait aussi d’autres possibilités. Abigaïl n’avait jamais emmené d’âme dans le monde des rêves. Cela pouvait être possible. Même les songes, même les idées, pouvaient mourir après tout. Tout cela toutefois, c’était si elles parvenaient à éviter l’enfer.

« De mon expérience, il n’y a toujours plus à perdre quand on traite avec les démons. Ils n’ont aucune limite. Rien ne leur paraît trop horrible. Au contraire. Lady Satan est légèrement différente, je le sais, mais elle n’est pas forcément meilleure pour autant. »

Parfois Abigaïl pensait que l’humanité de sa mère adoptive la rendait plus terrible que n’importe quel autre Duc des Enfers. Elle comprenait la nature humaine comme ne le pourraient jamais ses semblables.

La nécromancienne observa un instant Noélie en silence. Elle ne pouvait que tenter de la dissuader. Rien d’autre. Il y avait bien quelques sortilèges, quelques choses qu’elles pourraient faire pour s’assurer que jamais que son amie ne tente de s’en prendre à Lady Satan. Mais elle ne pourrait se résoudre à les utiliser. Elle ne pourrait pas prendre sa place non plus. Elle ne pouvait plus faire la guerre contre les enfers. Son accord était trop précieux, trop fragile pour qu’elle le risque. Même pour Noélie.

Mais si Abigaïl avait compris de la nature humaine, c’est que la raison n’avait que peu de place dans les choix que faisaient les vivants. Leurs émotions étaient leur force, mais elles leurs faisaient commettre des erreurs. Abigaïl ne se souvenait que trop bien de ce qu’elle avait failli faire quand elle avait crû avoir perdu ses deux enfants. Quand le monde n’avait plus été que ce lieu terrible où la vie était synonyme de souffrance. Ces sensations étaient toujours là, au fond de son esprit. Elle se souvenait de la douleur, du désespoir. Comme ils lui paraissaient étranges et distants en comparaison de ce qu’elle ressentait en compagnie de Noélie. La vie était souffrance, mais elle était autre chose aussi ne pouvait s’empêcher de penser la mort-vivante. Elle était suffisamment autre chose pour la faire revenir de la tombe, à chaque fois.

« Ne plaisante pas avec ça. » Commenta Abigaïl avec un sourire triste et un ton doux. « J’ai envie de pouvoir revenir chez toi. Mais cela ne vaut pas ton âme. Cela ne vaut pas une éternité de servitude. »

Rien ne valait cela. Pas même une nécropole perdue dans un autre monde et des légions de serviteurs. Pas même le contrôle absolu sur la vie et la mort. Même si tout cela ne valait pas grand-chose par rapport à un canapé et un verre de rhum à l’instant.

« Notre caprice, oui. » Abigaïl savourait ces mots sans même vraiment s’en rendre compte. Depuis combien de temps n’avait-elle pas partagé une telle chose avec quelqu’un d’autre ? Ce tourbillon d’émotions qu’elle arrivait à peine à déchiffrer et qui la poussait à venir essuyer l’une des larmes de Noélie du bout du doigt. « Revenir parmi les vivants, jouer à l’humaine, à avoir une vie normale. C’est si différent de ce que je faisais avant, tu sais. »

Abigaïl Faust, Lady Death, n’existait que par devoir, que par ambition. Elle n’existait que pour rendre un père disparu fier, que pour surpasser son frère jumeau et peut-être aussi être capable un jour de conjurer l’esprit de sa mère. Elle en était capable depuis si longtemps et elle ne s’était jamais résolue à le faire.

Mais Abigaïl Frankenstein ? Oh. C’était si différent. C’était une soif d’expérience, de plaisir et de liberté qui la poussait à exister. C’était un simple caprice. Plus une nécessité, plus un devoir.

« J’ai envie de passer du temps avec toi Noélie. Je… Je crois que passer du temps avec toi, c’était ce que je cherchais en revenant. C’est juste que je ne suis pas habituée à faire les choses sans raison, sans penser aux conséquences. A faire des choses juste parce que j’en ai envie, même si cela risque de se terminer mal. Et j’ai peur que cela se termine mal pour toi. »

Pour elle. Pour tous ceux qu’elle avait ramenés d’entre les morts aussi. Elle pouvait presque entendre les hurlements de ses amis, de ses alliés à Erehwon, quand Méphistophélès avait consumé leurs essences et leurs âmes. Qui aurait pu croire que les morts-vivants pouvaient hurler aussi fort ? Abigaïl se sentait plus hantée que jamais et avait peur de voir Noélie s’ajouter à la cohorte de spectres qui la suivait. Ces spectres bien plus dangereux que ceux qu’elle conjurait. Ces spectres qui se lovaient dans son esprit.

« Mais peut-être que tu devrais garder ta protection quelques temps quand même. Nous pouvons nous voir autre part en attendant, comme ici. Juste le temps de voir si elle est vraiment nécessaire ou que Lady Satan te croit véritablement hors de sa portée. Après si tu le veux toujours, nous trouverons une solution. Tu veux bien ? »
 
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Message posté : Dim 14 Avr 2019 - 16:16 Message
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Noélie A. Inagawa
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A reason to believe - Abigaïl 181024121903977341

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• Book My Life
• Lentille connectée (connectée à Inori, interface d'informations, reconnaissance faciale)
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• Drones de surveillance (connectée à Inori et donc à Noélie)
• Egide : Shiru (bouclier physique, réflexes améliorés, formation en protection rapprochée), Totsuka (Artefact : Ōtenta-Mitsuyo, grenades fumigènes, shurikens explosifs, maîtrise du ninpō no ken)

• Téléporteur de costumes 2.2
ϟ Liens Rapides :
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Moi, de ce que j’en dis, le néant n’est sans doute pas si mal. En fait, c’est ce à quoi je me suis toujours attendue. J’ai déjà eu du mal à accepter que notre âme existe réellement, qu’il y a une partie de nous qui nous survit. Pour moi, avant ça, un humain n’était qu’une très jolie somme de connexions cellulaires et d’influx nerveux.

Dans ma tête, avant de te connaître et de… Enfin, d’avoir tous ces ennuis avec elle, je n’imaginais pas autrement les choses. Mourir, c’était juste… Disparaître. Mais ça me va très bien. Je crois ? Je n’en sais rien. Je ne suis pas du genre à avoir peur de l’inconnu.

La question était plutôt de savoir si je n’aurais pas quelques regrets à abandonner certaines personnes derrière moi. Mais j’y penserais bien quand j’y serais, ou peut être pas. Peut-être que d’ici là, j’aurais envie de m’accrocher un peu plus à une existence terrestre ou au contraire que je ne rêverais plus que de quitter ce monde. Il faut dire qu’il n’est pas toujours très charitable.

Elle n’est pas meilleure. Je m’en moque. Mais elle les tient en laisse. Et ça me va très bien. Je me fiche de ce que ses démons font aux autres tant qu’il me laisse tranquille et qu’ils ne touchent pas à ceux que j’aime. Je suis un peu… Je ne suis pas si gentille. Je suis plutôt égoïste, dans mon genre.

Je protège aussi bien ceux qui me sont proches que je serais capable de faire le choix d’abandonner quelqu’un entre ses mains. Ça ne serait que si je n’avais pas d’autres solutions, mais si c’était le cas, je le ferais. Je serais hantée quelques semaines par cet acte. Et je passerais à autre chose. Je ne sais pas trop ce que ça veut dire sur moi. Sûrement que ce n’est pas si étonnant que j’ai atterri au Cartel Rouge. Sûrement que ce n’est pas si étonnant de s’être entendu dire que Lady Satan et moi avions des points communs. Et d’avoir entendu la vérité là-dedans. Ça me dégoûte toujours autant, mais être honnête avec soi-même est aussi important que de savoir être honnête avec les autres. J’oppose au sourire attristé de la nécromancienne le mien, bien plus enjoué, même si ça doit donner un drôle d’effet avec mes yeux rougis et mes joues humides de mes larmes.

Mieux vaut en rire qu’en pleurer, non ? Et puis, je fais même les deux, je ris doucement.

Je suis un peu surprise que sa main se porte à une de mes joues, mais tellement absorbée par ce qu’elle dit, par le ton avec lequel elle a répété ces deux mots - notre caprice - qui me paraît… Agréable. Un peu attendrissant. Je me sens toujours perdue, anxieuse, en colère, mais seulement envers la seule personne qui le mérite. Lady Satan et pas sa fille, adoptive ou pas, lointaine ou pas, aimante ou pas. Abigaïl est redevenue celle que je commence à connaître : une nécromancienne qui s’est débarrassée de certaines responsabilités pour prendre le temps d’essayer de comprendre une femme qui a croisé sa route. C’est plus agréable. Et comme elle parle, je m’apaise petit à petit. J’ai envie de croire qu’elle ne va pas disparaître, comme un mirage n’ayant jamais existé.

J’ai envie de la croire quand elle se montre si raisonnable dans ses compromis, même si elle a peur de ce qui pourrait m’arriver. Charge à moi de lui prouver que ça ne doit pas nous faire obstacle. Je sais qu’elle est sincère dans ce qu’elle dit. J’ai tout de même encore un peu d’inquiétude à l’idée qu’elle ne disparaisse après aujourd’hui. Qu’elle refuse de me revoir, pour me protéger contre mon gré. Comme je le lui ai dit, si elle le faisait pour elle, parce qu’elle se rendait compte que vivre avec un petit machin si prompt à attirer les ennuis ne lui convenait pas, je comprendrais et j’accepterais. Je ne suis pas du genre à m’imposer : soit on m’accepte toute entière, soit on peut prendre la porte. J’en serais triste, mais j’accepterais. Mais si c’est pour moi qu’elle le fait… C’est très différent. Je suis adulte et capable de faire mes propres choix en toute connaissance de cause. Ce qui arrive ensuite, c’est mon problème avant d’être le sien. Quoi qu’il arrive.

Tu n’es juste pas habituée à te laisser aller. Je vis en faisant les choses comme je les souhaite depuis vingt-six ans, bientôt vingt-sept d’ailleurs. Et je ne m’en tire pas si mal que ça. Vraiment pas.

Je l’encourage d’un sourire.

Essaye de ne pas voir la peur mais plutôt le reste. On pourrait apprendre plein de choses l’une de l’autre. On pourrait juste passer de très, très bons moments ensemble. Je pourrais mourir à quatre-vingt ans sans qu’il ne se soit rien passé, et voilà. On ne sait pas de quoi demain sera fait, alors pourquoi perdre du temps à s’en effrayer ?

Mieux vaut prendre les choses comme elles viennent.

Surtout si tu as trouvé quelque chose que tu cherchais avec moi.

Ce qui me fait soit dit en passant un peu trop plaisir. Parce que c’est un moyen comme un autre de me réconforter, de me dire qu’elle ne va pas disparaître demain ?

Tu n’as pas à te sentir responsable de ce qui m’arrive. Mais va pour attendre un peu. Si elle ne fait rien, par contre, on trouvera quelque chose. Je te le promets, d’accord ?

Une promesse que je compte bien tenir. Attendre quelques jours ou quelques semaines pour être certaine que Lady Satan ne va pas poser ses valises de l’autre côté du palier pour m’attraper au passage, ça me va. Je peux y survivre. En attendant, je n’aurais qu’à trouver un autre endroit pour la voir. Ou bien aller chez elle, mais je ne vais pas vraiment m’inviter si elle ne me le propose pas, surtout avec la tripotée de colocataires un peu spéciaux qu’elle se traîne - oui, j’avoue, aller chez elle pour la première fois va réussir à stresser même la grande détendue que je suis.
 
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