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Ignis Omnia Vincit

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Message posté : Mer 26 Sep 2018 - 15:06 Message
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L'Interdit

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Ignis Omnia Vincit




L’homme nu avançait à grandes enjambées, la brume dessinant d’étranges formes à son passage. La lumière irradiait vers l’Ouest. Les algues glissaient sous ses pieds humides et pourtant il ne tombait pas, il ne trébuchait pas, il continuait à marcher dans cet océan des Sargasses où les chimères rampaient à côté des souvenirs. Il piétinait les herbes gluantes de la mer l’air impassible, des éclats de rêves dans les yeux. L’eau était partout, dessous, dessus, dedans, sa langue goutait le sel et ses cheveux collaient à son cou et son front humides. Derrière lui, sans qu’il n’y jette un œil, un massif trou noir déchira le ciel sans un bruit. Sept bras d’obscurités envahirent les cieux, la nuit se fit plus sombre, plus dense...

Le sommeil d’Andrei fut troublé juste avant l’aube par un sifflement aigüe. Le jeune hongrois mal réveillé observa le soleil percer entre les immeubles de Star-City quelques instants avant de chercher l’origine du bruit strident qui lui perçait les tympans. L’homme enfila son boxer, son pantalon de toile noire, une chemise en lin blanche qu’il boutonna rapidement, négligeant les boutons du col, ouvrant sur son torse imberbe. Il attrapa son glock qu’il glissa dans sa ceinture et fila dans la pharmacie par l’escalier dérobé qui donnait derrière le comptoir. Le pharmacien grogna en replaçant ses cheveux machinalement : la porte d’entrée avait été fracturée et les runes anti-intrusion s’étaient activées. Andrei fit le tour de sa pharmacie et ne nota pas la disparition de quoi que ce soit. Il haussa les épaules en se disant que le son d’alarme avait dû effrayer les voleurs qui avaient détalé la queue entre les jambes.

Alors qu’il allait remonter se préparer pour la journée, Andrei jeta un œil vers la porte de la cave. Un peu de sueur perla sur son front quand il s’aperçut qu’elle était entrouverte. « Nom de… Ces fils de putes… » . L’alchimiste attrapa son arme à feu et relâcha la sécurité. La notion de droit de propriété chez les américains simplifiait les choses, il avait tout loisir pour se débarrasser de ceux qui avaient osé mettre un pied dans sa réserve, ou pis encore. Andrei dévala l’escalier et ouvrit la porte, brandissant son pistolet, tel un mauvais flic de série policière. Son visage habituellement si neutre et naturellement affable affichait désormais une mine contrariée, menaçante, il n’incarnait plus l’aimable petit pharmacien de quartier, il devenait l’alchimiste qu’on tentait de dépouiller.

« Mes mignonnes, je vous conseille de laisser tomber et de vous rendre. J’ai dans ce chargeur de quoi neutraliser un taureau en rut et empoisonner le plus coriace des serpents ! » Andrei ne mentait pas, il concevait ses propres balles et trempait leurs têtes dans une solution de son invention. Il ne s’était servi de son glock qu’une seule fois, dans les bois environnants la ville, pour se débarrasser d’un coyote enragé, la bête n’avait pas eu une belle mort… Mais ni taureau ni coyote ne répondirent à l’alchimiste qui se redressa et abaissa son arme. Andrei fit rapidement le tour des étagères, il n’y avait personne. Il se rapprocha de la porte dissimulée dans la cloison et pénétra dans son laboratoire secondaire, celui qu’il utilisait couramment quand il n’avait pas le temps d’attendre d’être rendu à celui des docks du Nord de la ville. Ses yeux en amandes firent le tour du labo et il fut d’abord soulagé de voir que tout était en ordre. Mais en rangeant son arme dans sa ceinture et en observant son bureau, il lâcha un juron.

Lorsque Andrei faisait des recherches, il consignait ses observations et avancées dans plusieurs carnets. Il en avait trois principaux : l’un étudiant l’alchimie au service des autres, l’autre consacré à l’alchimie délétère, et un dernier sur la Pierre, la seule l’unique… C’était ce carnet qui avait disparu de son plan de travail. Le jeune hongrois sentit son sang bouillir. Ce n’est pas tant qu’il n’archivait pas ses recherches sur support numérique planqué sur un disque dur et une puce chiffrée qu’il ne quittait jamais. Mais un autre s’était emparé de ses recherches, son savoir ! Les alchimistes se vouaient une concurrence intestine sur les recherches de la Pierre et étaient prêt à toutes les fourberies pour gruger leurs semblables. Il fallait absolument récupérer ce carnet, c’était non seulement indispensable, mais vital.

L’alchimiste referma et verrouilla les portes du labo et de la cave et sortit dans la rue sans attendre. Ce carnet qui contenait l’ensemble des schémas, alphabets, cercles runiques et analyses sur LA question qui obsédait les alchimistes renfermait aussi une immense partie de son histoire personnelle, entre les bas-fonds de Budapest ou Rome, et la vase de la lagune vénitienne.

Andrei surgit ainsi hors de son établissement qu’il scella par ses runes d’urgence. La situation était telle qu’il ne s’était pas plus préoccupé de son apparence que ça. Barbe de trois jours négligée, quelques épis rebelles à l’ordre de sa coiffure habituellement impeccable, chemise à moitié rangée dans le pantalon, sans cravate ni veste. Il attrapa son smartphone et après une série de pianotage frénétique, l’écran révéla un plan sur lequel se démarquaient trois croix bleues. Deux d’entre elles étaient derrière lui, dans la pharmacie, et la troisième évoluait vers le pont Jefferson. L’alchimiste fronça les sourcils, ses voleurs n’étaient pas loin, il se mit à courir à grandes enjambées vers l’Ouest, bien décidé à coincer ceux qui avaient osé le défier.

Quelques longues foulées plus tard, il s’arrêta pour regarder son smartphone. La croix figurant le carnet volé était proche, il observa minutieusement les passants autour de lui. Les gens se rendaient à leur travail, aucun n’avait l’air particulièrement suspect. Il zooma sur son appareil et observa le point vert qui le représentait. La croix bleue elle s’éloignait à pas mesurés derrière lui, retournant vers la pharmacie. Andrei se retourna, les yeux rivés sur son appareil, fit quelques pas nerveux, une main caressant la crosse de son arme dissimulée sous un pan de chemise et lorsqu’il fut certain de son coup, après avoir suivi sur plusieurs mètres l’individu qui allait sous des airs innocents d’enjôleur, il lui tapota l’épaule, l’autre main dans son propre dos, prêt à dégainer.

« Mon ami, je crois que tu as quelque chose qui m’appartient et je te conseille de me le rendre immédiatement avant que je ne m’énerve sérieusement. » Le ton de l’alchimiste était subtil, délicat, doux comme la soie, mais aussi terriblement menaçant, la colère se lisait sans difficulté dans son regard et les tremolos de son timbre.
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Andrei Velencei
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Message posté : Jeu 27 Sep 2018 - 12:34 Message
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Ignis Omnia Vincit



Le jeune homme avait pris un air maussade, qui ne lui allait pas très bien, comme un costume emprunté, dont les coutures n’étaient pas ajustées à l’esprit mutin et joyeux qui caractérisait d’ordinaire l’enchanteur venu d’un autre monde, d’une autre époque.

Il mâchait sans grande conviction un reste de pomme, lorsqu’il la rejeta à l’autre bout de la table, lâchant un soupir digne des plus grandes archives des télénovela..… Son projet n’avançait pas. Du moins pas comme il le souhaitait. Avec l’impatience d’un enfant, il se voyait déjà tisser une toile d’enchantement, reliant les mondes, pour apporter ce qu’il considérait comme étant essentiel à la bonne santé spirituelle des mondes. N’allez pas croire que son seul motif était la joie, la bonté, et l’entraide. L’enchantement peut parfaitement provenir de la peur, la crainte. L’enchantement est l’imaginaire qui prend pied dans la réalité. Aidan / Blake avait espéré, via ses œuvres d’art, le propager et ainsi apporter cette touche de magie qui manquait parfois à la vie.

Mais entre les batailles, les invasions, les complications et, il fallait bien l’avouer, son sentiment de solitude, il avait l’impression de stagner. Sa magie se développait, et avec elle les possibilités, mais qu’en faire ? Il lui manquait, depuis quelque temps, l’étincelle créative, l’envie, même, tout simplement, de créer. Peut importe, sculpture, peinture, il lui fallait faire quelque chose et se faire remarquer par une galerie. Il avait presque réussi, la dernière fois, quand il avait vendu une œuvre à une femme riche et raffinée, mais le conservateur n’avait pas voulu de lui dans ses galeries.

A l’autre bout de la table, la pomme roula avant de percuter gentiment le sucrier qui rêvait à sa façon, jouant avec des bonshommes de sucre, des poupées de caramel aux jupes de cassonade et collerettes d’amande… Il fut donc réveillé violemment par la pomme, et ronchonnant des paroles inaudibles, il réajusta son chapeau, faisant tinter la cuillère qui y était posée, puis se dirigea, l’air furibard, vers son créateur, histoire d’avoir une conversation salée avec lui.
Il s’agita, renversant beaucoup de sucre sur la table, devant un Blake médusé, qui assistait à une rebuffade muette de sa création. Il faut dire que le petit sucrier avait un sale caractère, mais servait aussi de conscience à Blake, le forçant parfois à prendre des décisions héroïques et agir sur le monde.

Dessinant sur la table, dans le sucre renversé, le petit sucrier exprima donc sa façon de penser à son « maître ». Ce dernier vit dont se dessiner un jeune homme, lui, qui sortait, partait affronter des dragons, sauver des enfants, ou les effrayer, il avait semble-t-il le choix. Pensivement, le jeune homme mangea le dragon de poudre blanche, avant de lâcher
« bon… soit.. Sortir. Faire de la magie. Aider les gens ou leur faire toucher du doigt l’enchantement… Je comprends. Mais dans quel but ? ».[/color] La clef de la magie, c’est la magie. Sa première et plus importante leçon. C’est comme courir, faire du sport, apprendre la musique. Il faut pratiquer l’Art, ou l’oublier et rester dans sa médiocrité…

Il prit donc une douche, s’habilla léger, t shirt, jean, pour profiter d’une journée ensoleillée. Chaque magie est différente. La sienne puisait dans sa propre condition physique. Aussi Blake s’entrainait depuis longtemps. Il avait connu un maitre d’arme exigeant, mais se contentait parfois comme ce matin d’enchainer les petites foulées, pour sentir le rythme du corps, avant de se caler sur le rythme du monde. Il y avait les habitués, sportifs, âmes délaissées, ivrognes, fêtards, ceux qui rentraient se coucher, ceux qui se levaient pour affronter une nouvelle journée. Blake ne se sentait pas attaché à ce monde, il lui manquait une ancre. Mais il aimait sa diversité. Relevant la tête, il aperçu un super en train de voler et lui fit un signe de tête, comme on salue un pompier. Une sympathie anodine. Anonyme.

Soudain une douleur à son épaule et à son bassin lui indiqua qu’il venait de percuter quelqu’un.
« oh.. p.. pardon je.. » mais la personne s’éloignait déjà à grandes foulées, sans même s’être excusé. L’énergie crépita quelques secondes au bout de ses doigts, mais il ne déclencha aucune ire vengeresse. Il se contenta de hausser les épaules et de reprendre son parcours.
C’est alors qu’un individu l’apostropha, lui tapotant l’épaule. Décidément, elle avait du succès, aujourd’hui, celle-ci.

« Mon ami, je crois que tu as quelque chose qui m’appartient et je te conseille de me le rendre immédiatement avant que je ne m’énerve sérieusement. »

Blake se retourna, appréciant chaque détail de la personne qui le menaçait. Il y avait une odeur. Peu définissable pour le moment. Certains mots avaient une odeur, pour le jeune enchanteur. Des mots chargés de pouvoirs, pour la plupart. Il ne savait donc pas à qui il avait affaire, mais il était à peu près sûr d’une chose : tôt ou tard, cette conversation serait épicée de mots de pouvoirs et de magie… Intéressant.
« je. Ne comprend pas… je n’ai pas grand-chose, ici, mais tout ce que j’ai m’appartient… ». Blake avait bien des défauts. Gamin. Farceur. Tête en l’air. Irascible. Hypersensible. Mais il n’avait jamais volé. Enfin. Techniquement. Il avait pu parfois persuader certains êtres de lui prêter ou « céder » des choses, mais ça n’était pas à proprement parler un vol… Du moins pas dans le carcan bien pratique de la morale élastique du jeune enchanteur.
Son interlocuteur avait l’air calme, mais dangereux. Et très séduisant, ce qui était une raison de le craindre supplémentaire.




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Message posté : Jeu 27 Sep 2018 - 21:44 Message
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« je. Ne comprend pas… je n’ai pas grand-chose, ici, mais tout ce que j’ai m’appartient… »

Quand l’individu fit volte-face pour lui répondre, Andrei sentit son énervement tomber. Il dégageait un charme certain, son visage paraissait plus étonné et rêveur que fourbe et traître. Le pharmacien se laissa même penser que c’était un vrai canon qu’il venait de déranger, sans doute pour rien. Déstabilisé, ce qui ne lui arrivait pas souvent, même si la fréquence des surprises était élevée à Star-City, Andrei observa son écran. Il zooma encore plus, quitte à remplir l’écran avec le point vert et la croix, marcha autour de son suspect et le dévisagea l’air intrigué. Sa méfiance roulait toujours dans le paysage de ses émotions en vagues orageuses, mais le coucher de soleil qui venait de se poser sur sa plage métaphorique tentait à apaiser le tout.

L’individu pouvait être armé, dangereux, il ne fallait pas se laisser berner par son magnétisme de mannequin, toutefois Andrei ne parvenait pas à croire son téléphone, aussi, il montra l’écran au jeune homme qui lui faisait face : « Alors j’imagine que tu sauras m’expliquer pourquoi la balise, qui représente mon carnet que l’on vient de me voler, te pointe ? »

Andrei avait gardé son air sûr de lui, mais intérieurement il était en proie à un doute certain. Pourquoi son ou ses voleurs reviendraient vers la pharmacie qu’ils vennait de cambrioler ? Avait-il des complices justement ? Allait-il se faire suriner alors que son attention est détournée par le séducteur de leur bande ? Andrei observa autour de lui, un sourcil légèrement relevé. Puis il s’aperçut que personne ne semblait guetter et il se détendit. Si ce type était son voleur, alors il s’en débarrasserait en quelques instants, pensa-t-il aux premiers coups d’œil avant d’observer le détail de ses épaules, son torse légèrement bombé, ce type s’entretenait, ça se voyait…

Andrei revu ses estimations à quelques poignées de secondes, le temps pour lui de déstabiliser son adversaire, récupérer son arme de poing et le neutraliser. Pour avoir observé les arènes des bas-fonds de Budapest, il savait que quelques secondes face à un ennemi mortel c’était déjà trop. En tant que shaman du chef local au comptoir vénitien, dans le temps, avant sa fuite pour Star-City, les occasions de menacer, voir tranquilliser plus ou moins définitivement la mauvaise graine, étaient régulières. Il n’aimait pas ça, piquer, empoisonner, tirer… Puis dans ce gars ce serait gâcher… Andrei secoua la tête. Lui qui raillait ses camarades de la pègre incapables de rester stoïques face à quelques roumaines bien roulées, il se retrouvait déchiré entre son sérieux d’Interdit et ses émotions primales. L’homme ne restait jamais qu’un singe évolué, que peut-on faire contre sa propre nature…

Le temps semblait passer au ralentit, mais du temps il n’en avait pas, soit c’était lui qu’il poursuivait, soit il devait passer à un suspect suivant. L’alchimiste tenta de se reprendre, montrant toujours son écran : « As-tu mon carnet ?! C’est tellement important… » Ce fut un échec total : la voix d’Andrei trahissait cette fois-ci son angoisse.

Il expira un bon coup, gardant un œil sur l’individu, le cercle runique tatoué dans la chair de son dos le brula un instant. Il devait parvenir à trouver la Pierre avant tous les autres, son âme en avait besoin… Il continua à expirer par longs souffles de nez tout en fixant son potentiel voleur.
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Andrei Velencei
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Message posté : Dim 30 Sep 2018 - 8:32 Message
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Ignis Omnia Vincit


Ce n’est pas tant le fait qu’on lui reproche un vol qui n’existait pas, qui perturbait le jeune enchanteur, mais plutôt l’aplomb et l’assurance dans le regard de son interlocuteur. Il avait l’air persuadé de ce qu’il disait. Et si, par le truchement d’un de ses enchantements, il avait spolié celui qui le tenait à présent en joue avec son regard ? Depuis quelques temps maintenant, il savait faire venir à lui via l’intermédiaire de ses atouts, un objet qu’il dessinait… Se pourrait-il qu’il se soit emparé de quelque chose appartenant à son accusateur ? Mais Blake avait beau chercher, il ne voyait pas quoi… Il y avait cette étrange boule de bowling, dont il avait hérité en pensant chercher une boule de cristal, mais elle n’avait pas l’air précieuse ni magique….

Il le regarda tourner autour de lui, et regarder son téléphone, ne comprenant pas la manœuvre… Puis, lorsque son vis-à-vis lui montra le téléphone, accompagnant son geste d’une phrase, il fut encore plus interdit.

« Alors j’imagine que tu sauras m’expliquer pourquoi la balise, qui représente mon carnet que l’on vient de me voler, te pointe ? »

Une balise sur un carnet ? Voila qui était peut commun. Même si Blake s’était fait au monde moderne, il ne connaissait pas encore toutes les possibilités qu’il apportait. Certains supers étaient même des sortes de parangons de la technologie, lui faisait faire tout un tas de choses incroyables… Était-ce le cas de l’homme qui le désignait comme voleur ?
Blake regarda l’écran, visualisant un point qui visiblement le pointait, lui…

« mais. je .. je comprend rien… ce truc me pointe, moi ? ».. Dans quel guêpier s’était-il encore fourré…

L’autre avait l’air nerveux et observait les environs. Prémices d’une attaque. Il savait reconnaitre ça. Son maitre d’arme le lui avait appris. Mais pourquoi ? Il n’y avait aucune raison… Et, sans savoir vraiment pourquoi, l’idée d’utiliser sa magie coercitive sur le jeune homme le répugnait.
« As-tu mon carnet ?! C’est tellement important… »

Sincérité. Désespoir… Il allait l’aider…

« je n’ai rien de tel, mais je peux t’aider à le retrouver ». Les vouvoiements avaient la vie dure, avec lui, car c’était autrefois son mode principal de langage, et il avait eut du mal à passer à une familiarité. Depuis, c’était l’inverse, il avait du mal à retrouver son langage ampoulé qu’on lui avait inculqué en tant que noble…. Ce temps était révolu. Autre lieu, autre époque.

Mais soudain, une sorte de lourdeur se fit sentir dans la poche de sa veste. Une lourdeur qui devait être présente depuis un moment.
Avec un air de stupeur, il plongea la main dans sa poche, déclenchant un réflexe nerveux de la part de son interlocuteur…
Il en ressortit un carnet, relié, lourd, et se remémora le moment ou il avait été percuté, peu de temps avant.

« je. Je te jures que je sait pas ce que ça fait la dedans.. Tiens… » il lui tendit le carnet, mais l’homme en face de lui semblait décontenancé, et pour le moins furieux. Ça n’avait pas l’air d’être le bon …

« Attend… j’ai été percuté par un individu tout à l’heure et… » trop tard.




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Message posté : Dim 30 Sep 2018 - 16:01 Message
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L’apparente innocence qui transparaissait de son voleur présumé désarmait Andrei. Le diable était-il manipulateur ? Lorsqu’un félon mentait, cachait quelque chose, cela se sentait, se savait, mais ici rien. Un expert en tromperie, ou bien un jeune homme de bonne foi. Le jeune hongrois voulait le croire, son propre appareil pouvait se tromper.

« je n’ai rien de tel, mais je peux t’aider à le retrouver »

Andrei nota que le personnage lui parlait sur un ton égal. Cela l’apaisa de se sentir sur un pied d’égalité avec cet étranger qu’il dérangeait finalement sûrement pour rien. Cependant, qu’il lui propose son aide pour le retrouver, piqua la curiosité de l’alchimiste : ils ne se connaissaient ni d’Eve ni d’Adam, le pharmacien avait-il à ce point brusqué le personnage que celui-ci, sous l’intimidation, cherchait à apporter son soutien par tous moyens ?

Andrei haussa les épaules et sourit : « Non, excuse-moi pour le dérangement l’ami, ma machine doit définitivement se planter, tu portes surement un truc qui la fait déconner, je suppose, peu importe, encore navré pour le dérangement ! »

L’alchimiste se retourna pour regarder vers le pont Jefferson. Ces salauds pouvaient être loin, tant pis si la traque durait des jours, il ferait appel à tous les groupes de malfrats, de flics corrompus, d’officiers empathiques, mais il mettrait la main sur ces types ! Plongé dans sa réflexion, il aperçu le passant qu’il avait dérangé saisir quelque chose dans sa poche, Andrei fit volte-face en un éclair, il attrapa le poignet de l’autre et plongea un regard électrique dans les yeux du modèle.

« je. Je te jures que je sait pas ce que ça fait la dedans.. Tiens… »

L’alchimiste observa le carnet qu’il tenait dans sa main. Son carnet. Il le lui arracha des mains et tourna les pages rapidement, une succession de citations latines traduites en anglais, comme les carnets qu’utilisaient les collégiens comme memento de leurs cours. Ce carnet ressemblait au sien mais n’était pas le sien, on l’avait dupé, encore. Andrei enrageait, il comprit rapidement que son traçage avait été déjoué quand il trouva au milieu du carnet une page déchirée de son véritable livre qui contenait la rune de pistage. Pour un profane, cette page n’aurait pas juré avec le reste du carnet couvert de symboles en tous genres, mais un alchimiste ou magicien aura compris de quoi il retournait… Andrei fulminait, la doute avait disparu pour laisser une colère froide, une haine verglacée envahir sa vision.

« Attend… j’ai été percuté par un individu tout à l’heure et… »

Marre des fumisteries, marre de se faire berner, il allait expliquer une bonne fois pour toutes à ses détracteurs qui il était, d’où il venait, et ce qui attendait ceux qui cherchaient à le tromper… Andrei ne sortit pas son glock, il n’alla pas trouver son tube d’acide, ni son couteau, objets qu’il avait de toute façon laissé à la pharmacie. L’alchimiste poussa celui qui semblait se moquer éperdument de lui et le plaqua contre le mur de brique rouge du pâté de maison situé à quelques minutes de sa pharmacie. Il le retint d’une main appuyée sur l’épaule et rapprocha son visage qui se faisait menaçant près de celui qui allait encaisser pour les autres : « Tu m’as bien eu, avec ton joli minois, c’est vrai que tu aurais pu en faire chavirer plus d’un, mais je vois clair dans ton jeu. Tes potes t’ont probablement laissé derrière pour me faire perdre mon temps avec le leurre, et ils ont bien réussi leur coup. »

Andrei caressa la crosse de son arme, mais il résista à la colère qui animait ses muscles, il la laissa rangée mais se rapprocha et pencha légèrement la tête, accentuant son côté peu empathique. « Déballe tout, et j’oublierai ton rôle dans le cambriolage de ma pharmacie. Ils t’ont laissé derrière, ils s’en foutent de toi, s’ils me connaissent un minimum, il savent que j’hésiterais pas à te briser plusieurs articulations et t’injecter quelques-uns de mes sérums pour te délier la langue, à moins que tu ne préfères une torture à l’acide ? »

L’alchimiste parlait rapidement, son souffle rauque, les poils de ses avant-bras découverts hérissés, l’œil mauvais. Emporté par la rage d’avoir perdu le carnet qui renfermait son savoir personnel, ses recherches, la prunelle de ses yeux, il baissa la garde. Peu importait, il le briserait entre son index et son majeur s’il le voulait, du moins c’est ce qu’il se laissa penser, en dépit de toutes ses analyses rationnelles précédentes…
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Andrei Velencei
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Message posté : Lun 1 Oct 2018 - 12:51 Message
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Les yeux verts pailletés d’or, si particuliers, du jeune enchanteur, scrutaient son « agresseur » avec une sincère curiosité. Il fallait être prêt, comme pouvait l’être les deux ennemis, pour remarquer ces détails saugrenus dans le regard de Blake. Cela devenait beaucoup plus visible lorsqu’il faisait usage de l’enchantement ou de ses autres tours, ce qui n’allait pas tarder, au vu de la tournure des événements.

A peine avait-il tendu le manuscrit à son interlocuteur, que ce dernier passa de l’espoir à une vindicte fulminant par tous les ports de sa peau. La menace était déjà présente dans l’air avant même que les paroles lui donnent une armure de guerrière, décidant d’attaquer, de sa froide résolution, le socle même d’une fragile association que Blake avait amorcé.
Plaqué avec violence sur le mur, il ressentit une douleur à l’épaule.

« Tu m’as bien eu, avec ton joli minois, c’est vrai que tu aurais pu en faire chavirer plus d’un, mais je vois clair dans ton jeu. Tes potes t’ont probablement laissé derrière pour me faire perdre mon temps avec le leurre, et ils ont bien réussi leur coup. »

Et pourtant, même au milieu de ce conflit, pour une raison qui lui échappait totalement, Blake se refusait à user de coercition. Il lui était assez facile, depuis quelques temps, à exercer un charme presque irrésistible, sur les animaux, les objets, les êtres… Mais concernant ces derniers, il avait une sorte de répulsion à le faire lorsque ce n’était pas nécessaire. Pas vraiment d’ordre morale, mais il avait tout simplement peur de trop y avoir recours, et de ne plus savourer les victoires qui narrent les amitiés ou les amours naissantes. Quelle valeur apporter aux relations si elles sont biaisées par la magie ?

Or, sans trop savoir pourquoi, il se doutait que l’homme qui le menaçait présentement était ou serait relié d’une façon ou d’une autre à sa vie. Une évidence ressentie déjà avec Nathan, ou, dans un temps beaucoup plus ancien, avec Dante, son mentor.
Il ne craignait plus vraiment les attaques magiques, mais il était tout autant vulnérable que quiconque aux armes blanches, aux balles, et a la violence. Il fallait coute que coute calmer le jeu.

Les bribes glanées entre les lignes de la fureur exprimée semblaient indiquer à Blake qu’il n’avait pas affaire à un profane. D’ailleurs, quand bien même le manuscrit semblait être un leurre, il n’était pas moins le reflet du vrai et semblait contenir des savoirs ésotériques certains.
La diatribe suivante de son agresseur le décida enfin à agir. Rester ici c’était se soumettre tôt ou tard à la vision d’un quidam trop curieux, voir, pire, à un journaliste. Blake avait déjà eu son heure de gloire sans avoir cherché à la connaitre, et il ne voulait pas spécialement que ça arrive à nouveau. Surtout pour un conflit aussi… personnel.

Il n’avait pas le temps de dessiner une porte, un portail, vu la proximité de l’autre homme. Il prit donc une carte au hasard dans sa poche. Ses atouts. Ce jeu particulier qu’il avait créé en arrivant à StarCity. Il lui suffisait d’un contact, dans sa poche, pour les activer, mais il n’avait aucun moyen de savoir ou ils allaient atterrir.

La sensation fut sans doute plus novatrice pour le grand et ténébreux alchimiste, mais pour Blake, ce fut comme une caresse familière. L’impression de glisser dans de la soie, un peu trop froide, avec la réalité qui glisse sur votre visage, votre peau, comme le ferait un rideau. Puis tout changea.

Et merde !

Mauvaise pioche, il commençait à reconnaitre ce lieu. Il l’avait dessiné un soir ou ses pensées n’étaient pas des plus joyeuses, mais avait décidé de garder l’atout. Dante lui avait un jour que tout, quelque part, existait. Et que son pouvoir de dessiner puis se rendre dans les lieux, n’était qu’un raccourci, une porte. Puis, un autre jour, il lui avait que lui-même créait ces lieux. Dans les faits, ça ne changeait rien. Il n’y était pas un démiurge, il ne contrôlait pas le résultat.
La carte devint glacée, dans sa paume, signe qu’un contact s’établissait. Or, maintenant qu’ils étaient tous les deux-là, il ne désirait pas de contact. Le mur derrière eux, contre lequel l’alchimiste l’avait poussé n’existant plus, les deux jeunes hommes tombèrent, Blake sur le dos.

Ouch.

Puisqu’il passait encore pour un voleur ou du moins leur complice, il ne fallut pas longtemps pour que l’autre agisse, troublant la vision de blake, qui se sentit nauséeux.
« Mauvaise idée… on est... Pas dans un monde sympa, ici…. Je … je sais pas si je peux nous en faire sortir dans cet état... je voulais juste pas de dommage collatéral ».

Il se releva tant bien que mal, tentant de puiser dans ses forces. Pour l’instant, il semblait grogui..
Autour d’eux se déployait ce que l’on pourrait décrire comme étant un monde d’encre. Les structures qui pouvaient passer pour des bâtiments semblaient plus liquides que solides, le ciel coulait de ses couleurs ternes sur un paysage en demi-teinte. Les arbres, tâches d’encres dont les feuilles en plein et déliés semblaient vouloir se diffuser dans le ciel, étaient parcourus de courant changeant et gémissant. Le vent semblait plutôt être un gémissement d’une quelconque créature mythique, ou un humain qui se lamenterait, mais d’une taille démesurée. Pas âme qui vive à perte de vue. A part de curieux oiseaux en origami, perdant du sang d’encre, bleue, noire, rouge, violette, dont les multiples gouttes formaient un étang…


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Message posté : Lun 1 Oct 2018 - 23:38 Message
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Andrei braquait ses yeux bruns, d’une profondeur et d’une unicité harmonieuses, dans ceux du passant. Ce vert… Si original, le hongrois pariait qu’il devait au moins poser pour des photographies, il y avait là de quoi vendre de beaux clichés sans user de logiciels de retouche. L’alchimiste regrettait le gâchis, mais s’il fallait se salir, il neutraliserait son voleur pour sa propre survie.

Cependant la rune dans sa chair commençait à brûler sérieusement, son détecteur de sixième sens personnel : quand de la magie se préparait ou se manifestait, le massif tatouage de rose des vents tatoué sur son épaule gauche s’abreuvait du pouvoir ésotérique, le buvant à grandes gorgées d’assoiffée, au lieu de puiser dans le sang d’Andrei. Et la divine brûlure répandit sa chaleur dans tout son corps, quitte à lui faire perdre conscience de la menace qu’il était en train de maîtriser. L’alchimiste reprit ses esprits, son adversaire n’était pas clair, il débordait de puissance. Sorcellerie, enchantements, Andrei ne savait pas de quoi il retournait, mais il se rendit compte que l’immobiliser de la sorte, alors que ce gars crépitait de magie, n’était peut-être pas l’idée du millénaire.

Andrei s’aperçut que le jeune voleur avait glissé sa main dans sa poche et semblait fouiller dedans. « Tu crois quoi toi ?! » Le pharmacien descendit sa main droite pour bloquer le poignet de son adversaire, trop tard.

Un profond sentiment nauséeux le prit, comme lorsqu’il empruntait les portails de Dante, et il serra ses poignes sur les épaules du voleur. La rue se déchira dans son regard, le sol se déroba, les murs, le soleil, les passants blasés d’un monde qui a tout vu, tout entendu, tout s’évanouit. Quel tour jouait son rival ? Quelle illusion se dessinait autour d’eux ? Quel monde les aspirait en son sein ? L’alchimiste hurla et se cambra lorsque le cercle runique surchargé enchâssé dans sa chair envoya une onde de choc de son cerveau aux profondeurs de son pelvis. Son corps se couvrit de sueur et c’est au travers les brumes d’un flash orgasmique qui se dissipait peu à peu qu’il devinait les nouvelles terres qui s’étendaient sous eux.

Littéralement sous eux. Andrei sentit la respiration du jeune homme contre son cou, et son buste qui se soulevait rapidement alors que l’alchimiste tentait de reprendre son souffle tant bien que mal. Il se redressa sur un bras, essuya son visage comme pour essuyer par le contact de ses doigts un mauvais rêve qui n’avait que trop duré. Le voleur l’avait berné, encore, cela devenait une habitude, Andrei ne pouvait plus le supporter. Il se releva et essaya d’attraper son glock dans son dos, le mouvement peu naturel le fit trébucher mais il récupéra son arme malgré l’impression de tanguer comme sur un navire en plein ouragan.

L’alchimiste se relevait en gardant un œil sur son adversaire, pistolet au poing. Un bouton de sa chemise avait lâché, il jura, regardant par terre instinctivement pour le chercher. Le sol paraissait bien étrange : sa texture était celui d’une prairie herbeuse mais sa couleur et son apparence renvoyaient plus au parchemin, au cuir beige tanné de quelque animal. Ce monde était angoissant, tout n’était… qu’encre. Il était splendide dans ce qu’il exprimait, que d’arabesques subtiles qui tapissaient l’horizon et de pénétrants ouvrages d’obscurité, mais Andrei aurait préféré ne pas faire partie de ce tableau fantastique. Ce n’était pas son monde, pas sa terre, pas sa Terre, le pharmacien sentit l’angoisse monter, l’angoisse d’être égaré là où il n’aurait jamais dû se perdre. Il attrapa son voleur par le col et le bouscula, plus par terreur que colère ou haine, l’arme braquée sur lui mais tremblant dans sa main moite.

« Mauvaise idée… on est... Pas dans un monde sympa, ici…. Je … je sais pas si je peux nous en faire sortir dans cet état... je voulais juste pas de dommage collatéral ».

Et là, l’incongru se produisit, Andrei, voyant que son rival ne tenait plus sur ses jambes, il lâcha son arme et se dépêcha de le récupérer par l’épaule. L’alchimiste puisa dans sa constitution d’ancien lieutenant de la pègre pour trouver la force de le redresser.

« Hey, doucement l’ami, même si je suis rongé par l’envie de te coller une balle entre tes deux yeux d’ange, j’ai besoin de toi pour nous ramener à bon port ! »
Andrei attendit patiemment que le jeune homme reprenne ses esprits. Ses émotions trop violentes, trop orageuses partaient à mesure que le souci pour le seul être humain respirant désormais à des lieues à la ronde le gagnait. Le lac près d’eux regorgeait de milles couleurs, mélange obscur d’huiles mélancoliques, sanglantes… Un frisson traversa la colonne d’Andrei, et ce n’était pas un résidu du pied qu’il avait pris lors du changement de monde, mais une sourde inquiétude. Il avait le vertige de ces mouvements inconnus, de ces reliefs chimériques, de ce vide empli de pensées, de songes peints au sang de seiche. Deux hommes perdus dans un désert de vie, seuls dans une immensité inconnue, deux colons improvisés pour un territoire qui n’était pas fait pour eux. Andrei observa son voleur qui reprenait des couleurs :

« Où sommes-nous ? Est-ce un piège ? Une prison ? Une échappatoire ? Ou… un cauchemar ? » Andrei murmura ces derniers mots tant la mélancolie de ces formes dégoulinantes appelaient vers le fond, les tréfonds d’une âme en peine.

L’alchimiste fit quelques pas en arrière et croisa les bras, après avoir récupéré et rangé son arme, attendant des réponses à une situation qui lui échappait désormais totalement.
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Message posté : Mar 2 Oct 2018 - 11:25 Message
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Etrange réconfort, que celui d’être deux, dans un monde sans vie. Etrange caresse, que celle des mots ouatés, si peu bruyants, loin du tumulte de la ville. Bien qu’angoissant, ce lieu avait aussi l’attrait de la mélancolie, dangereux attrait, poussant aux abandons les plus fous, mais dont les bras aimants vous réconfortent, comme une berceuse avant de dormir. Dussiez-vous dormir pour toujours…

Il sentit l’odeur de la magie exhaler du corps du seul autre être vivant à part lui. Une odeur épicée, raffinée. Cet homme maniait une forme particulière de magie, il en était sûr à présent. Il était difficile pour un praticien de reconnaitre une magie sans que celle-ci ne s’exerce sous ses yeux. Dante y arrivait, bien sûr, mais le dragon avait eu bien des siècles pour s’y exercer. Blake, quant à lui, ne s’y risquerait pas. De toutes manières, sa façon de circonvenir un sortilège était un peu expéditive, et brute, contrairement à ses propres mots de pouvoirs, qui demandaient imagination, subtilité et créativité. C’était d’ailleurs un sujet de plaisanterie récurent entre le dragon et lui. Son mentor le raillait lorsqu’il sortait « sa grosse épée de magie », et le titillait presque sur la complexité de certains enchantements qu’il mettait en œuvre « compliquant inutilement l’affaire », selon lui.

Son adversaire le pointait avec une arme, lui rappelant étrangement le duel qu’il avait vécu avec l’illusionniste, sur le toit d’un immeuble, pendant l’invasion et la défense de star city. Il avait animé l’arme de son adversaire, la retournant contre lui. Mais la désespérance dans l’attitude, la voix, cette espèce d’urgence, d’injustice, qu’il ressentait dans tout le corps de celui qui avait été spolié de son bien, le laissait bien interdit, incapable d’une telle fourberie…

L’inconnu agit avant que Blake ne fasse le grand écart mental entre ses différents modes de pensée. Il le soutint, empêchant l’enchanteur de flageoler sur ses jambes. Quel étrange adversaire, que celui qui s’enquiert de votre santé. Malgré la tension, Blake sourit. Un simple sourire, sincère, naïf, qui le caractérisait au milieu du chaos.

« Hey, doucement l’ami, même si je suis rongé par l’envie de te coller une balle entre tes deux yeux d’ange, j’ai besoin de toi pour nous ramener à bon port ! »

Blake hocha la tête. Il fallait se recentrer.

« bon. On se pose deux secondes… Je ne suis pas ton ennemi. Je ne sais rien du tout à propos de ce manuscrit. Je sais juste qu’une inconnue m’a bousculé et sans doute placé ce leurre dans ma poche. On sait bien tous les deux que la magie appelle la magie, aussi je ne pense pas que ce soit une coïncidence si ça tombe sur moi… encore… »
L’enchanteur leva les deux mains au ciel, signe de paix.

« je m’appelle Blake… Et je vais t’aider à retrouver ton bien… Tu as l’air d’y tenir énormément, je peux comprendre ce genre de choses… »
Blake allait répondre à la question suivante du bel inconnu, mais un bruit en particulier, un mouvement dans les ombres attira son attention, tous ses muscles soudain tendus, en prévision d’un combat.

Étrangement, la forme qui émergea du lac, se constituant petit à petit avec de l’encre, comme si elle coulait sur un corps humain, était, justement, bel et bien humanoïde. L’homme qui ressortit, vêtu d’encre poisseuse, avait les yeux vides, comme deux trous sans âme, et, bien que visiblement doté d’une conscience, il se contentait de gémir, rappelant étrangement le son entendu précédemment dans les arbres. Il se dirigea vers les deux hommes, visiblement pas pour leur proposer de prendre le thé… Deux tentacules d’encre sortirent de ses mains, et Blake n’avait aucune envie de connaitre leur effet sur eux.

Étant donné qu’il se sentait responsable, il se plaça entre la menace et le jeune homme qu’il avait embarqué malgré lui dans ce monde. Son épée de l’âme apparu dans sa main, brillante, au milieu de la nuit, chargé de la quintessence de ce qu’était l’enchanteur. Mais cela suffirait-il ?



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Message posté : Mar 2 Oct 2018 - 11:25 Message
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Message posté : Mar 2 Oct 2018 - 18:24 Message
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L’alchimiste écouta Blake, son visage se figeant dans une expression mêlant gêne et remord. Ainsi ce n’était pas son voleur, et sa version tenait debout, il n’en doutait pas un seul instant. Cela signifiait aussi qu’il avait menacé et violenté un innocent. Il mit lui-même le doigt dans le nœud de son problème moral : Andrei ne se considérait ni entièrement mauvais, ni totalement bon, ses intérêts étaient scientifiques, magiques, à la frontière des deux : alchimiques, mais en aucun cas il ne prenait plaisir à répandre la douleur et la mort. A présent, par sa faute, ses pulsions animales et vengeresses, Blake et lui se retrouvaient au beau milieu de nulle part, et pas un nulle part où l’on pourrait trouver des réponses dans le ciel, les étoiles, le relief, ou l’ambiance, un nulle part si étrange qu’Andrei s’y sentait minuscule, fragile, vulnérable.

L’alchimiste reçut le sourire comme un rayon de miel sur une brioche trop sèche, et son âme reprit elle-même quelques couleurs.

« je m’appelle Blake… Et je vais t’aider à retrouver ton bien… Tu as l’air d’y tenir énormément, je peux comprendre ce genre de choses… »

Blake… Un prénom original pour le jeune hongrois, il se présenta à son tour, conscient que l’autre et lui était désormais dans le même bateau, et serein, persuadé qu’il ne craindrait rien de lui. « Je me nomme Andrei. Andrei Velencei, pharmacien, et alchimiste, ce que je n’ai pas de mal à reconnaître quand je suis en présence d’un confrère, ou quelqu’un qui s’en rapproche. Ce que tu as fait là, pour sauver ta peau de mes instincts injustement meurtriers, c’est stupéfiant… »

Andrei, pour se racheter de son attitude de sauvage, et avoir cédé à la vague extatique sur le pauvre Blake décida d’expliquer la situation : « Ce matin on m’a cambriolé, on m’a dérobé mon carnet sur lequel je note l’avancée de mes observations et recherches sur un artefact alchimique de la plus haute importance pour… Et bien comme tout artefact, il est crucial quoi… »

L’alchimiste allait peut-être trop en dire, mais pouvait-il avouer que s’il avait besoin de la pierre philosophale, c’était pour purger et fixer une bonne fois pour toutes le cercle alchimique qui lui permettait de pratiquer cet art en puisant dans son sang et non la matière elle-même via des rituels complexes… Pouvait-il avouer de vive voix et se reconnaître également à lui-même, que l’usage de l’alchimie transmutante sans rituels lui corrompait l’âme ? Qu’il risquait de succomber à ses cauchemars à chaque usage ? Andrei n’en était pas certain et garda cela pour lui.

Lorsque le bruit survint, Andrei eu un éclair d’espoir, un autre être ! Qui s’évanouit rapidement quand il observa le lac. Il réalisa qu’il était démuni, il n’avait pas ses runes portatives, il n’avait que son arme de poing, il était débraillé comme s’il venait de sortir du lit, ce qui était plutôt le cas, en résumé : Andrei était désarmé. Il comprit que Blake, qui les avait conduits ici, se tendait et se préparait à combattre, une longue lame d’énergie à la main. Ainsi il tenait de l’invocateur, l’alchimiste fut réconforté de voir que s’il ressemblait à un oiseau tombé du nid, Blake était paré à toutes éventualité.

Un homme fait d’encre se dirigeait rapidement vers eux, ainsi en plus d’être inconnu ce territoire leur témoignait ouvertement son hostilité. Le bruit que laissait échapper la créature révulsait Andrei qui tint son glock braqué fermement vers elle, doutant de l’efficacité de son arme sur une telle chose. Le feu aurait été plus approprié, l’encre ça brûle, mais sans runes, il était cuit. Blake se positionna devant lui et l’alchimiste haussa les sourcils : s’ils se trouvaient dans une telle situation c’était sa faute, le jeune homme n’avait pas à prendre de risques pour lui. Andrei se décala et aperçut les tentacules d’encre qui s’approchaient d’eux, il tira deux fois. Les deux balles se perdirent dans la créature, confirmant les craintes d’Andrei. Il puisa dans son bien être magique précédent pour trouver de l’énergie. Cette créature ne les toucherait pas, et encore moins ce pauvre garçon qu’il avait dérangé honteusement.

L’alchimiste leva sa main désarmée et se concentra sur les tentacules, composés d’encre, d’huile, il savait ce qu’il pouvait faire pour déstabiliser le monstre. Andrei se concentra sur la transmutation moléculaire et si Jésus transformait l’eau en vin, lui il transforma l’encre, en eau. Les bras d’encres stoppèrent leur progression, dégoulinant au sol dans d’inoffensives flaques, quoi que salissantes. Mais un problème survint, la créature devait être composée de plusieurs litres d’encre, le cercle tatoué commença à puiser dans son sang. L’alchimiste rompit le lien transmutant et s’effondra au sol, épuisé par l’effort aussi intense qu’un marathon. Andrei comprit son erreur alors qu’il était proche de l’inconscience, sa réaction avait fini par remonter toute la créature jusqu’à s’attaquer à son corps, maintenir le lien l’aurait probablement tué… Il sentit sa tête heurter le sol parcheminé et dans le brouillard de son malaise il vit que l’homme d’encre avait perdu en carrure, c’était toujours ça… Il fallait maintenant compter sur Blake pour l’achever…
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Andrei Velencei
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Message posté : Mer 3 Oct 2018 - 11:29 Message
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Ignis Omnia Vincit


Il aurait du détruire cette carte au moment même ou il l’avait créé. Mais elle l’attirait, d’une certaine façon. Il était très mélancolique, avec un soupçon de désespoir, lorsqu’il l’avait créé, et de voir ce monde s’animer flattait sa si chère envie de tristesse… Mais jamais il n’avait prévu d’y entrer ou d’en faire venir quelque chose. Tout au plus trouvait-il intéressant de l’utiliser comme lieu de détention, voir comme écrin à un interrogatoire musclé.

Et voila qu’il y était pratiquement piégé, en ayant entrainé un autre avec lui.
Andrei Velencei, qui lui avait donné son nom, était donc un alchimiste. Il ne connaissait cet art qu’à travers Dante, qui maitrisait lui-même d’autres arcanes. Il ne s’était jamais essayé à cette discipline, qui demandait selon le vieux dragon une totale concentration et une précision à toute épreuve. Hors, de part sa nature, Blake s’adonnait à l’enchantement d’une façon beaucoup moins empirique. Sa magie était faite d’improvisation, de sentiments, d’art, et d’une part non négligeable de chaos. En vérité, plus il essayait de codifier ses sortilèges, moins ils étaient efficaces.

L’enchantement était puissant, mais imprécis. Du moins quand il s’agissait des êtres vivants et des concepts. Pour les objets, c’était au contraire d’une précision redoutable et pratiquement immuable. Cet Art se nourrissait, semblait-il, de ses propres contradictions.
Andrei avait donc été volé, comme il le lui avait dit. Un recueil, sur lequel il couchait ses pensées, ses recherches alchimiques. Blake pouvait sans peine imaginer ce que représentait ce recueil, et à quel point il pouvait être angoissant de le perdre. Il avait lui-même un artefact qu’il pensait à l’abri, et dont l’idée même de le perdre le rendait anxieux. Sa tapisserie, dans laquelle une partie de son âme était enfermée, et qui était garante de sa relative immortalité. Il ne vieillissait pas. Il ne vieillissait plus. Mais il pouvait mourir, être malade, prendre une balle en pleine tête ou même être fauché par une voiture… Simplement, il restait physiquement l’homme qu’il était aujourd’hui. Il se savait capable de tisser un enchantement lui permettant de reprendre le cours du temps. Il le ferait peut-être un jour, s’il rencontrait la bonne personne avec qui vieillir.

Ses pensées coururent, fugaces, touchant du bout de leur aile le lac de ses pensées, encore placide il y a peu. L’homme qui sortait de celui fait d’encre s’apprêtait à les attaquer. Blake allait trancher ces tentacules peu ragoutants lors qu’Andrei intervint, de la plus étrange des façons.
Alors que les balles se perdirent, sans effet, dans le corps de la créature, l’alchimiste fut beaucoup plus efficace avec sa deuxième action, semblant transformer la matière même dont était faite la créature. Elle perdit en masse, et en témérité. Blake était curieux, car si Andrei était un alchimiste, il avait toujours cru que cette discipline, très puissante, demandait une préparation préalable, et passait par des composants. Elle n’était pas propice aux improvisations. Andrei venait de lui démontrer le contraire, mais, semblait-il, cela lui avait couté. Un épuisement à la fois physique et mystique. Il s’inquiéta pour cet homme étrange, mais il avait un problème plus immédiat à régler.

Évitant une attaque, il en profita pour placer une botte en sixte, dans un style fluide mais peu enclin à la défense.

Lancer de dés :
1 succès :
la créature est blessée, mais encore vivante.
2 succès :
elle est totalement anéantie
Pas de succès :
l’effet est inefficace.


L'attaque porta ses fruit, et les plaintes de la créature devinrent cris de douleur. Elle n'était pas détruite pour autant, et semblait même se reconstituer à partir du décors. Ne connaissant pas les dimensions de ce lieu, cela pouvait être sans fin.. Il fallait agir différemment.

Cela allait lui en couter, mais devrait par ailleurs leur fournir à tout deux un peu de répits.
Empoignant fermement son épée, il la planta au sol, tel Excalibur. Nulle force ne pourrait l'en déloger. Autour de l'épée, et des deux jeunes hommes, s'étendit un sanctuaire, ou nulle magie hostile ou créatures mystiques ne pourrait pénétrer. Au milieu de ce décors gris et noir, la zone de lumière d'argent semblait avoir repoussé les ténèbres. L'herbe devint plus normale, plus verte, le sol plus solide. Il lui en couta, il transpirait, épuisé comme après une joute avec son ancien maître d'arme. Il tomba a genoux à côté d'Andrei.

"il faut.. je doit me reposer un peu... Et nous sortirons d'ici. On pourra partir à la recherche de ton artefact"
. mais le jeune alchimiste semblait à bout de forces..




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Message posté : Mer 3 Oct 2018 - 11:29 Message
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Message posté : Mer 3 Oct 2018 - 20:19 Message
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Andrei distinguait quelques bribes du combat dans sa propre torpeur. La créature avait sacrément été amochée par Blake, mais elle se servait du monde pour se reformer, se reconstituer. S’il leur fallait une preuve supplémentaire qu’ils n’étaient pas les bienvenus dans cette dystopie à l’eau de calamar, c’était bien celle-ci. L’alchimiste observa son acolyte enfoncer son épée d’énergie dans le sol pour les protéger. C’était efficace mais cela ne tiendrait pas éternellement. Il fallait foutre le feu à cette créature où leur sang servirait d’enluminures pour ce monde de peau et d’encre.

Lorsqu’il sentit Blake faiblir à son tour, il jura intérieurement : si le beau gosse lui claquait entre les doigts il pouvait dire adieu à son billet retour pour le monde des hommes, la terre bénie de Dieu, où il faisait si bon vivre, loin des cauchemars éveillés d’un artiste maudit.

Il fallait agir et vite, se sacrifier soi-même et espérer que l’autre puisse les tirer de l’impasse où ils se trouvaient plutôt que de périr dans l’inutilité la plus dramatique loin des siens, et surtout sans avoir pu récupérer son carnet et sa voleuse. Les femmes… Andrei n’avait aucune pensée misogyne, il eut seulement un grincement de dents sévère en songeant que si cette femme était incapable de faire ses recherches seules, il valait mieux qu’elle fasse autre chose de ses mains et son cerveau, au lieu de s’en prendre à d’honorables citoyens qui ne demandaient rien à personne…

Cette amertume redonna du cœur à l’alchimiste qui se redressa sur son séant. Il fallait agir, chaque seconde martelait cette phrase couronnée de l’impuissance de deux soldats de l’ésotérisme désormais à genoux.

Andrei attrapa son glock et vida le chargeur dans sa main. S’il leur fallait du feu, il leur donnerait du feu, rien de bien explosif mais tout de même de quoi préparer un petit feu d’artifice bien efficace. Il saisit son téléphone cellulaire et sortit une épingle de la manchette de sa chemise. Il entreprit de graver dans la coque métallique de l’appareil une rune simple dans un cercle stylisé : un triangle circonscrit dans son anneau. L’opération lui coûterait son téléphone mais il n’avait aucune pierre runique sur lui, tant pis. On se rachète un cellulaire, pas une vie. Il enleva ensuite une de ses chaussures dans lesquelles il glissa la poudre des balles et les douilles avec. Il couvrit le tout de sa chaussette, révélant son pied grec, conserva dans sa main gauche le téléphone qui servait désormais de pierre runique improvisée -et chère-, saisit la grenade tout autant improvisée dans sa main droite et se redressa, son pied nu foulant le sol doux de ce monde pourtant si froid.

Il observa le monstre fait d’encre, l’huile noire puisait dans le lac de couleur pour reformer la créature. Ses yeux vides appelaient ses proies vers l’étreinte de ses bras mortels. L’incarnation de la Dépression elle-même, obscure allégorie venue pour les anéantir. Elle qui avait été dérangée dans sa retraite en ce monde étrange. Un déclic se fit dans la tête de l’alchimiste qui observa un instant Blake, se pouvait-il que ce truc vienne de lui, ce monde de chagrin dégoulinant et ce monstre qui n’en est que l’expression ? Mais il fallait agir, c’était le moment : il jeta la chaussure remplie de poudre sur le monstre, et celle-ci atterrie mollement entre ses jambes. Andrei n’avait que peu de mérite, l’homme d’encre les toisait à trois mètres d’eux à peine.

« Pyr thalássion ! Midikón pyr ! Que le feu purifie la terre souillée ! » déclama Andrei d’une voix puissante et ferme avant d’éclater son téléphone runique par terre. Alors que le verre de l’écran explosa sur le sol irrégulier, la chaussure que fixait Andrei s’enflamma, crépita et explosa à la manière d’un pétard de farce et attrapes. La créature prit feu à son tour dans une mélopée de plaintes abrutissantes, et s’évapora dans des gerbes de flammes bleues et vertes.

Andrei contempla le spectacle sans rire, sans crainte, impassible, il faisait ce qu’il devait faire, cela ne méritait ni éloge, ni reproche. Il s’en retourna prêt de Blake pour prendre des nouvelles de son état. « Alors, mystérieux chevalier, on est remis de ses exploits ? Nan car je crois que… Qu’il faut… Rentrer » l’alchimiste tomba au sol, ventre à terre, il n’avait rien mangé depuis la veille, il fallait qu’il se nourrisse, de la viande, saignante, vite, il fallait retourner à Star-City sans délais. Andrei luttait contre ses étourdissements, la faim lui brulant le ventre, et son dos crépitant encore de magie. Quel spectacle devait-il donner, ainsi affaibli, une chaussure en moins, la chemise débraillée, le pantalon tâché d’encre… Il préféra ne pas y penser.
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Andrei Velencei
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Message posté : Jeu 4 Oct 2018 - 11:25 Message
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Ils avaient gagné tous les deux quelques moments de répit. Mais Blake savait aussi pertinament que son épée ne pourrait pas agir indéfiniment, surtout dans un environnement aussi changeant et imprévisible. Selon la théorie de Dante, tous les mondes, et leurs variations existaient, et les arpenteurs de mondes se « contentaient » de diriger leur pensée et leur corp vers un monde connu. Certains arpenteurs se renseignaient sur leur destination, et ne pouvaient d’ailleurs pas atteindre un monde dont ils ne connaitraient pas les spécificités. Blake avait longtemps cru faire parti de cette catégorie. Et puis, par accident la plupart du temps, comme lorsqu’il s’était retrouvé, totalement ivre, dans une version un peu musclée du Wonderland d’Alice, il avait découvert qu’il pouvait très bien se retrouver dans un monde totalement inconnu.

La vertigineuse pensée que, peut-être, ses propres désirs faisaient naitre un monde, ou en tout cas la possibilité d’un monde, était assez effrayante. Que se passerait-il s’il essayait de voyager alors qu’il était drogué ou en colère ? Le soir ou il avait créé cette carte, il s’était laissé allé au chagrin, à la solitude, à tout ce qui avait pu être gâché dans sa vie. Il aurait dû la détruire à l’instant même ou il avait parachevé sa réalisation, mais il était resté fasciné par la mélancolie esthétique qui s’en dégageait. Il était trop tard pour se demander si ce monde matérialisait les pensées destructrices ou tristes, ou si il existait en tant que tel, tourmentant les malheureux voyageurs s’y aventurant.

Avec sa curiosité maladive, Blake observa les gestes surs qu’Andrei employait à présent. Il allait assister à une manifestation de l’Art du jeune homme, et comme à chaque fois, danger ou non, Blake était fasciné de voir à l’œuvre une nouvelle magie. Il avait déjà vu les potions et runes explosives du dragon, mais jamais leur façonnage. Il avait déjà lui-même enchanté des boissons, des fioles et des boutons de portes, mais l’enchantement était bien différent de l’alchimie. Cette dernière, à en croire leur pratiquant, puisait aussi dans les forces scientifiques et donc était moins encline à se dissiper face à la rationalisation du monde. Tout le combat, et le désespoir de Blake venait de ça : le monde était désenchanté et il s’était donné comme mission de lui rappeler ce qu’était l’enchantement.

La démonstration de force d’Andrei fit mouche, à la fois dans le cœur de Blake, qui fut impressionné, et dans le cœur du monstre, qui n’y survécu pas.

« Alors, mystérieux chevalier, on est remis de ses exploits ? Nan car je crois que… Qu’il faut… Rentrer »

Blake lui sourit. Il ne se rendait pas compte à quel point il était séduisant à ses yeux. Son air dépenaillé, une chaussure en moins, débrayé, les cheveux en bataille, voila à quoi ressemblait son chevalier à lui, et il préférait mille fois cette vision à celle des chevaliers qui prêtaient allégeance dans la cour de son père d’adoption, et de ceux, plus modernes, qui prêtaient serment au barreau d’un tribunal. Il aimait les costumes, l’élégance, mais ce qui le faisait vibrer était cette part de vulnérabilité, de spontanéité.

Mais le chevalier s’écroula, terrassé par la magie et sa demande. Elle puisait visiblement dans es propres forces, tout comme, d’une certaine façon, ses propres entourloupent à la réalité.
Il se rapprocha de son camarade, le soutint, un bras placé sous ses aisselles, celui d’Andrei sur ses propres épaules. Il n’y avait nul structure sur laquelle dessiner une porte, mais il lui restait ses cartes. Blake hésita. Il connaissait Nathan, médecin et il avait une carte de lui. Mais il n’avait pas de nouvelles de ce dernier depuis quelques temps, et ses tentatives pour le joindre avaient été infructueuses. Il le savait vivant, mais sans doute occupé.

A la place, il fit défiler son jeu, et trouva son propre repaire, qui n’en avait que le nom. Son appartement était classique, relativement grand, mais une bonne partie était consacré à son atelier d’Art. Se tendant vers sa carte, il sentit cette dernière se cristalliser, et le froid caractéristique se fit sentir, provenant de la représentation qui portait sa signature. Les deux jeunes hommes atterrirent dans l’atelier-appartement de Blake, et se dernier renvoya son épée dans les limbes d’où elles venaient.

L’appartement était curieux, des peintures, des sculptures de chimères, d’hommes, de bêtes, de créatures s’étalaient ça et la, et un petit sucrier bien curieux vint, en sautillant, les « renifler ».
« je te présente Ihardïg , ma conscience un peu trop curieuse… » Se sachant hors de danger, Blake éclata de rire.

« je pensais que c’était son nom, avant de connaitre le magasin dont il est issu. Ikea donne bien des noms étranges à ses créations, alors ma fois, je l’ai gardé ».
Ihardïg sautillait autour d’eux, visiblement curieux de savoir quel ange tombé du ciel ou des enfers son maître avait ramené. Il renversait un peu de surcre autour d'eux, mais, contrairement à son habitude, n'essayait pas d'exprimer des idées en les dessinant dans la poudre blanche.

« On est en sécurité ici, on va pouvoir mettre en place un rituel pour trouver ton manuscrit… Mais d’abord, du thé ou du chocolat ? »
Il était presque aussi étrange de voir à quel point Blake semblait minimiser le danger qu’ils avaient bravé, que les lieux qui portaient d’une façon ou d’une autre, la marque de l’enchanteur… Un balais effrayé alla se planquer dans un coin pendant que Blake préparait du thé et du chocolat, attendant que son hôte choisisse. Regardant dans son coin, il vit que ce dernier se sentait mal à l’aise de sa tenue. Il savait qu'il avait besoin de manger, mais qu'il n'osait probablement pas demander, et il savait que le sucre apportait de l'énergie rapidement. Alors il apporta quelques gâteaux sur un plateau, comme si c'était naturel.

Les yeux de l’enchanteur s’illuminèrent brièvement de cette teinte particulière, et il prononça des mots qui avaient de curieux accents de soie effleurée, de Cotton ajusté, de velours brodé… Les vêtements d’Andrei s’ajustèrent, se reprisèrent, se nettoyèrent, et une nouvelle chaussure vint remplacer l’autre précédemment morte au combat, paix à son âme.
Ce genre de petit enchantement ne lui coutait guère, mais il était loin d’être aussi frais et dispos qu’il voulait bien le montrer. Sa main glissa sur une de ses sculptures, qui ressemblait étrangement à l’être qu’ils avaient combattu. Soupirant, Blake gouta à l’ironie de la chose, puis à sa propre tasse de chocolat… Il avait été obsédé par cette chose depuis quelques temps.. et voila qu’elle sortait d’un lac de mélancolie…

Il déchira la carte représentant le monde d’encre, ponctuant son geste :
« hors de question que je retourne un jour la bas… Je suis désolé, j’ai pris une carte au hasard dans ma poche, je ne savais pas ou nous atterririons… Je peux voyager un peu partout. Mais je ne maitrise pas ce que réserve le voyage…. Dis m’en plus sur ton artefact, je devrais pouvoir en faire une carte, et, avec ton aide, le retrouver… Alchimie et enchantement réunis, voilà qui n’est pas commun. »

En vérité, d'ou il venait, les deux disciplines se vouaient une compétition féroce, les clients étant souvent les mêmes. Un philtre d'amour, une potion de vérité. Les deux disciplines pouvaient y parvenir, mais les méthodes différaient. Les alchimistes avaient des résultats plus fiables, et pouvaient faire de plus grandes quantités. Les enchanteurs... improvisaient, comme souvent, et étaient sujets aux paradigmes et influences. Si on croyait en la science, ou si on n'y croyait pas, elle existait de toute façons. Par contre, pour la magie, et encore plus pour l'enchantement, la force des croyances locales renforçait ou au contraire minimisait son efficacité. Pas étonnant que les enchanteurs soient de plus en plus rares à fouler le monde. En fait, il n'en avait rencontré aucun depuis qu'il avait fuit son monde natal.


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Message posté : Jeu 4 Oct 2018 - 19:43 Message
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L’eau roula dans les cheveux de l’homme nu… Andrei était à bout de force, le ciel gris emplis de formes noires l’aveuglait. Les algues se collaient à son torse, cherchant à le happer, à le noyer dans la Mer des Sargasses… L’alchimiste respirait rapidement, il suffoquait, le monde vrillait autour de lui. Le néant se déversait en éclatante immensité dans les cieux, des formes flottantes, mouvantes avançaient vers lui, de sordides bras flottaient autours d’elles. Le jeune hongrois sentit Blake le soutenir, un roc solide, un piton inébranlable dans cette vallée mélancolique. L’eau de mer, dans ses yeux, ses oreilles, son nez, puis sa bouche, tous ses orifices se remplissaient d’eau. Un baptême ancestral, qu’il se refusait d’accomplir… Pas maintenant, c’était trop tôt…

Andrei sentit qu’ils voyageaient encore, le pic ésotérique lui fut plus que salvateur. Si l’aller lui avait donné un orgasme cérébral, le retour cessa le siphonage du cercle runique dont le mécanisme s’était emballé par un effort trop grand. Ses pairs les plus éminents parmi les savants italiens avaient conçus ce cercle dont il avait récupéré les plans, il ne savait pas s’il tenait plus du cobaye ou du patient zéro mais il avait accepté, par soif de connaissances, qu’il soit enchâssé dans sa chair. Puis il avait contacté le meilleur tatoueur de Rome afin de recouvrir les marques, les remplir, styliser le tout sous une splendide Rose des Vents qu’il observait parfois dans le miroir de sa salle de bain. Seulement le revers de cet outil runique se trouvait dans son combustible : son propre sang. En alchimie on connaissait deux branches : la branche runique et la branche chimique. Toutes d’eux combinées permettaient les transmutations extraordinaires des éléments dont les quatre majeurs étaient l’eau, le feu, la ter et l’air. Les quatre éléments étaient par ailleurs gravés sous leur symbole triangulaire respectif sur son anneau d’argent qu’il portait à la main droite. Cet anneau n’avait aucune propriété alchimique, il était revanche une ancre spirituelle pour Andrei qui avait pour toc de le tourner de façon à afficher le symbole le plus adapté à une situation. S’il était tourné vers le feu, il ne tarderait pas à le replacer sur la terre dès qu’il aurait repris parfaitement connaissance, une ancre fiable, la terre. Les transmutations extraordinaires formaient une forme de résultats accessibles pour un bon apprenti. À côté d’elles se posaient les solutions en tous genres : acides, sérums, poisons, potions, philtres d’amours… Andrei répugnait à utiliser ces derniers car il en connaissait la grande faiblesse : la désillusion. Nul charme n’est éternel, c’était là une règle supérieure aux lois de la physique… Et combien de clients lui avaient confié leurs remords, droguer la cible, la séduire, la ramener chez soit, la voir partir en hurlant le lendemain…

L’alchimiste s’accrochait au réel en retraçant l’arborescence de sa discipline. La déflagration magique due au voyage dimensionnel ne dura que quelques instants mais pour son corps en stase, son esprit en transe, c’était une renaissance. Les pulsations de son cœur éreinté repartirent de plus belles et tous ses sens se réveillèrent, sortant d’un puissant étourdissement. Andrei toussa et pris une longue inspiration.

Il était dans un appartement plutôt spacieux. La lumière du jour ne vint pas agresser ses yeux à son grand soulagement. Celle-ci était retenue par plusieurs étonnantes statues en tous genres, magnifiques sculptures, ainsi que des tableaux en tous genres, figuratifs pour l’ensemble de ce qu’il voyait, invitant toutes une galerie de personnages plus ou moins mystiques dans cet étrange salon.

« je te présente Ihardïg , ma conscience un peu trop curieuse… »

Andrei baissa les yeux et nota qu’effectivement un curieux petit objet se pavanait autour d’eux, cherchant sûrement à savoir quel était cet individu bizarre à moitié débraillé et ce qu’il faisait debout aux côtés de Blake. L’alchimiste sourit, hochant la tête vers le sucrier qui ne cessait de se répandre sur le sol, peu consciencieux du ménage de son maître. « C’est stupéfiant ! Et en même temps c’est le sucrier le plus expressif que j’ai pu rencontrer, les autres m’avaient laissé plutôt de marbre… » Andrei s’exprimait faiblement, mais le rire de Blake était contagieux, heureux, il réchauffait définitivement un morceau froid, calciné de son âme. « Alors salut à toi Ihardïg, fils d’Ikea, un honneur » L’alchimiste goutait à la douceur de la situation, pouvoir se moquer gentiment d’un distributeur de sucre qui semblait déjà plus brave que la moitié des malfrats de Star-City.

« On est en sécurité ici, on va pouvoir mettre en place un rituel pour trouver ton manuscrit… Mais d’abord, du thé ou du chocolat ? »

Le sourire de l’alchimiste trembla légèrement, il aurait volontiers dévoré un cochon entièrement s’il avait pu, mais le magicien qui les avait sauvés semblait si avenant et serviable qu’il ne se serait pas autorisé à l’embarrasser. « Un chocolat s’il te plait, puissant. » Andrei s’installa sur un canapé qui avait survécu à l’invasion artistique de l’appartement, une torpeur subtile le gagnait. Il regarda d’un air désespéré son pied nu et son pantalon tâché. Son cordonnier de Vérone et son habilleur de Venise l’auraient étripé sur place s’ils avaient pu contempler le massacre. L’alchimiste ferma les yeux, repensant à ses péripéties italiennes, il n’aurait pas osé appeler cela « le bon temps », mais une époque remplie de souvenirs, de parfums, d’enseignements.

Andrei entendit même quelques phrases, écho d’anciennes conversations qui sait ? Il réalisa que ce n’était pas son cerveau qui lui jouait un tour nostalgique, mais son hôte qui prononçait une formule. L’alchimiste était vidé, s’il fallait riposter à une attaque, il prendrait tout de plein fouet, à la merci totale de Blake. Mais le magicien avait d’autres plans. Andrei contempla ses vêtements se réparer et une chaussure apparaître. Un plateau supportant divers aliments avait été posé près d’eux. Il saisit une poignée de carrés de sucre et les avala sans demander son reste et en dépit des années d’éducations qu’il avait reçu par sa pauvre mère ainsi peu récompensée par un fils ingrat.

Il observa Blake déchirer la carte et acquiesça, il valait mieux que personne ne remette les pieds dans ce monde perdu. Andrei sourit et opina du chef au propos de son hôte : « Il n’y a pas de mal, je te dois milles excuses, nous n’aurions pas atterri là-bas si j’avais su me tenir… Pour ce qui est de l’artefact, je ne saurais te dire moi-même, nul ne sait à quoi il ressemble. Par contre mon carnet, par la grâce de Dieu nous en avons une page ici même, la page marquée. En l’état elle ne m’est d’aucune utilité, mais si tu en es capable, je crois en toi pour faire une de ces cartes atypiques. Le carnet en lui-même ressemble en tous point au leurre, au détail prêt que mes initiales sont gravées dans le coin droit de la quatrième de couverture. »

Andrei plongeait dans sa mémoire afin de réunir le peu d’éléments qu’il savait de son ouvrage… Il nota que Blake était plus exactement enchanteur, ce qui expliquait le sucrier animé et le balai qu’il avait cru voir se carapater du coin de l’œil. C’était là de la vieille magie, presque l’ancêtre de l’alchimie, en tous cas, bien antérieure aux premiers savants connus de son ordre. Il se souvenait d’une vieille folle de Roumanie à laquelle il commandait régulièrement du bois, elle laissait entendre qu’elle savait jouer avec le réel comme elle l’entendait, son truc à elle c’était les animaux, elle les possédait, en tous sens du terme posséder… Comme elle lui fournissait le meilleur bois de sapin d’Europe, il ne se préoccupait pas du reste, mais à présent qu’il se retrouvait à échanger avec un enchanteur, il regrettait de ne pas en savoir plus sur cet ordre aujourd’hui affaibli. Andrei buvait son chocolat et décida de partager son anecdote sur la vieille enchanteresse de Transylvanie… Il ajouta même qu’il lui avait appris à se servir d’un ordinateur fixe à écran cathodique qui s’évertuait à retransmettre les images d’un plan infernal. Cette magie était grisante, mais il ne regrettait pas tant de ne pas la connaître, l’alchimie rythmait sa vie depuis son adolescence après tout.

Il reposa sa tasse vidée en un rien de temps et sentit son ventre gargouiller, il détourna les yeux, rougissant de son manque de civilité impromptu, mais après tout ce n’était pas sa faute s’il avait faim !
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Andrei Velencei
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