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L'angoisse des nuits sans étoiles

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Message posté : Jeu 5 Juil 2018 - 0:36 Message
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ϟ Âge : 29
ϟ Sexe : Masculin
ϟ Date de Naissance : 19/09/1989
ϟ Arrivée à Star City : 25/04/2014
ϟ Nombre de Messages : 8337
ϟ Nombre de Messages RP : 910
ϟ Crédits : Hedgekey
ϟ Célébrité : Francisco Lachowski
ϟ Âge du Personnage : Antédiluvien
ϟ Statut : /
ϟ Métier : Fondateur et patron secret de la Rose des vents ; propriétaire de Fragonard - Parfums et cosmétiques ; propriétaire du Jardin du Dragon
ϟ Réputation : Niveau 6
ϟ Signes particuliers : Cheveux indisciplinés, bruns. Yeux chocolats, étirés. Peau hâlée. Lèvres pleines, grande oreilles. Grande taille. (193 cm). Grands pieds. (Pointure 45)
ϟ Pouvoirs : ♦️ Dragon (Ω)
♦️ Clairvoyance mystique (Ω : reconnaissance et identification des êtres et objets magiques)
♦️ Cœur de Feu (II : immunité et soin par le feu)
♦️ Magie des dragons (Strun Bah Qo, )
♦️ Cérébropyre (VI : super-intelligence, super-mémoire, bouclier de protection mentale, réseau de projection mentale)

♦️ Voyage dimensionnel (III)
♦️ Failles dimensionnelles (I)

♦️ Divination élémentaire (Ω : hydromancie, pyromancie)
♦️ Maître du feu (Ω : pyrokinésie, œil d'Héphaïstos IV, météores d'Héphaïstos IV)
♦️ Maître de l'eau(Ω : aquakinésie, griffes de Borée IV, frisson de Borée IV)
♦️ Maître de l'air(Ω : aérokinésie, fouet d’Éole IV, spirale d’Éole IV)
♦️ Maître de la terre(Ω : géokinésie, fléau d'Hadès II, rupture d'Hadès IV)

♦️ Maître des Potions (Ω : dont élixir de Jouvence, hystérie collective, potion de soins, potion d'anthropomorphisme, venin de Cronos, sérum de vérité, potion de résistance, antidote universel)
♦️ Maître de l'Hermétisme (Ω)
♦️ Mithridatisation (Ω)

♦️ Morguse (IV : robe, capuchon, gants, bottes)
♦️ Oeil de Pravladon (I : négation de la magie)

♦️ Gobelins (Torgnole, Châtaigne, Coquillard, Golodon, Sakashima, Napoléon, Tatie Musaraigne, Tali'Koris, Ishaï, Carcasse)
ϟ Liens Rapides :     


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L'angoisse des nuits sans étoiles




L'Amour est plus fort que la Mort, c'est ce qu'on se répète sans cesse depuis que Salomon l'a dit : ce mystérieux pouvoir serait illimité ; la surabondance des œuvres cinématographiques et littéraires qui s'appuyaient sur ce ressort, est l'hommage le plus évident de la masse des égarés à l'écho des paroles du sage.

À l'automne, un soir, en ces dernières années, Paris s'ouvraient aux quatre vents de la tempête ; l'orage malmenait l'Europe depuis plusieurs semaines. Les cœurs en étaient lourds. La pénombre enveloppait le faubourg Saint-Germain, où le noir et le sombre se partagent le décor. Des voitures, allumées déjà, roulaient, attardées par l'heure des derniers verres, des dernières pintes, des premiers crimes. L'une d'elles s'arrêta devant le porche de ce qui fut autrefois un hôtel particulier ; le cintre était encore surmonté de l'écusson de pierre, aux armes de l'antique famille des comtes d'Ascalon, savoir : d'azur, à l'étoile abîmée d'argent, avec la devise : « Comme je trouve », sous la couronne retroussée d'hermine au bonnet ducal. Les battants de la porte s'écartèrent pour laisser passer la voiture qui s'installa dans la cour avec toute la nonchalance du pachyderme qui s'en va boire à la rivière.

Un homme de trente-cinq ans, en deuil et au visage pâle comme l'azur des montagnes de l'Est, en descendit, suivi bientôt par nul autre que Dante, dont les traits apparaissaient alors tels qu'ils sont aujourd'hui. Sur le perron de l'hôtel, quelques serviteurs attendaient ; ils élevaient des flambeaux, affichaient la mine contrite des mauvais jours. Sans les voir, sans même les saluer, le comte d'Ascalon gravit les marches et entra, son invité sur les talons. Aidé de Dante, il dut faire un effort pour monter les blancs escaliers qui conduisaient, depuis le rez-de-chaussée, jusqu'à cette chambre où, le matin même, il avait couché sa maîtresse dans le dernier lit qu'elle occuperait jamais, un cercueil de velours et de violettes.

Elle se nommait Victoire et mourut de détresse. Avec la douceur d'une caresse nuptiale, la porte tourna sur le tapis. Félicien d'Ascalon souleva la tenture et Dante put observer la chambre. Tous les objets étaient à la place où la « comtesse » les avait laissés la veille. Rien n'était différent. La Mort, subite, avait foudroyé. À la manière de l'éclair, dont le cri ne se fait entendre que plus tard, elle frappa dans l'instant. La nuit dernière, Victoire s'était évanouie en des joies si profondes, s'était perdue en de si exquises étreintes, que son cœur, brisé de délices, avait défailli : ses lèvres s'étaient brusquement mouillées d'une pourpre mortelle. À peine avait-elle eu le temps de donner à son amant un baiser d'adieu, dans un dernier sourire, sans une parole, puis ses longs cils, comme des voiles de deuil, s'étaient abaissés sur la nuit de ses yeux, nuit promise à l'éternité des ténèbres sans éveil.

Félicien avait aussitôt suspecté un empoisonnement. La journée sans nom était passée. Vers midi, le comte avait subi l'affreuse cérémonie du caveau familial avant de congédier au cimetière la noire escorte des proches, des parents, des amis, des parasites. Il s'était alors renfermé, seul avec l'ensevelie, entre quatre murs de marbre, il avait tiré la porte du mausolée sur lui, pour se soustraire au monde des vivants et ne rien connaître plus que le silence des morts. Quelques bâtons d'encens brûlaient sur un trépied, devant le cercueil, concession docile aux fantaisies d'un prêtre zélé. La couronne lumineuse des cierges, au chevet de la défunte, l'étoilait d'une auréole indicible. Félicien demeurait debout, songeur, avec l'unique sentiment d'une tendresse sans espérance. Il resta tout le jour et peu à peu se laissa contaminer par les parfums de la colère. L'encens chassait en lui toute paix. L'odeur l'enivrait. Sur les six heures, quand vint le crépuscule, il quitta le lieu sacré. En scellant le sépulcre, il arracha de la serrure la clef de métal, et, se haussant sur la plus haute marche du seuil, il l'avait jeté doucement dans l'intérieur du tombeau. Il l'avait lancée sur les dalles intérieures par le trèfle qui surmontait l'oblongue portail. Pourquoi ? Il prenait là la résolution mystérieuse de ne plus revenir.

Sur le chemin de son hôtel, il alla à la rencontre de Dante et l'entraîna avec lui. Maintenant, il revoyait la chambre veuve. La croisée, sous les draperies de cachemire mauve brodé d'or, était ouverte ; un dernier rayon de soleil, timide et finissant, illuminait, dans un cadre de bois ancien, le grand portrait de la trépassée, de celle qui n'habiterait plus de sa joie les pièces de l'immeuble. Fébrile, le comte regarda autour de lui, la robe jetée, la veille, sur un fauteuil ; sur la cheminée, il montra les bijoux, le collier de perles, l'éventail à demi-fermé, les lourds flacons de parfum qu'elle ne respirerait plus. Dante s'en approcha avec prudence. Sur le lit d'ébène aux colonnes tordues, resté défait, auprès de l'oreiller où la place de la tête adorée et divine était visible encore au milieu des dentelles, Félicien aperçut le mouchoir rougi de gouttes de sang où sa jeune âme avait battu de l'aile un instant. En quelques mots, le comte résuma l'événement. Son cœur se serrait. Le piano ouvert supportait une mélodie inachevée, à jamais. Les fleurs indiennes cueillies par elle, dans la serre, et qui se mouraient dans un vieux vase de porcelaine, frémissaient.
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Message posté : Jeu 5 Juil 2018 - 10:24 Message
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ϟ Signes particuliers : Cheveux indisciplinés, bruns. Yeux chocolats, étirés. Peau hâlée. Lèvres pleines, grande oreilles. Grande taille. (193 cm). Grands pieds. (Pointure 45)
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♦️ Clairvoyance mystique (Ω : reconnaissance et identification des êtres et objets magiques)
♦️ Cœur de Feu (II : immunité et soin par le feu)
♦️ Magie des dragons (Strun Bah Qo, )
♦️ Cérébropyre (VI : super-intelligence, super-mémoire, bouclier de protection mentale, réseau de projection mentale)

♦️ Voyage dimensionnel (III)
♦️ Failles dimensionnelles (I)

♦️ Divination élémentaire (Ω : hydromancie, pyromancie)
♦️ Maître du feu (Ω : pyrokinésie, œil d'Héphaïstos IV, météores d'Héphaïstos IV)
♦️ Maître de l'eau(Ω : aquakinésie, griffes de Borée IV, frisson de Borée IV)
♦️ Maître de l'air(Ω : aérokinésie, fouet d’Éole IV, spirale d’Éole IV)
♦️ Maître de la terre(Ω : géokinésie, fléau d'Hadès II, rupture d'Hadès IV)

♦️ Maître des Potions (Ω : dont élixir de Jouvence, hystérie collective, potion de soins, potion d'anthropomorphisme, venin de Cronos, sérum de vérité, potion de résistance, antidote universel)
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♦️ Mithridatisation (Ω)

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Au pied du lit, une fourrure noire, de petites mules de velours oriental, sur lesquelles brillait une boucle de perles brodées ; c'était les derniers objets que toucha la peau de la morte. Tombé à genoux, Félicien s'en approcha. Dante interrompit sa dévotion : il était préférable que le comte ne touchât rien.

«  C'est la pendule.  » Félicien en avait brisé le ressort à l'instant même de la mort de Victoire, pour qu'elle ne sonnât plus d'autres heures. «  Elle est partie... mais où ? Et vivre, maintenant ? À quoi bon ? C'est absurde...  » Sans prêter attention aux soupirs et aux plaintes du comte, qui s'abîmait en des pensées inconnues, Dante examina les pantoufles.

«  Six mois se sont écoulés depuis ce mariage... C'était à l'étranger, tu sais ? Au bal d'une ambassade, où je l'ai vue pour la première fois. Oui. Cet instant si précieux ressuscite devant mes yeux. Je vois tout, c'est distinct. Elle est là, radieuse ! Nos regards se croisent. Je l'ai reconnue intimement, nous devions nous aimer à jamais...  »

Les sanglots barbouillaient sa voix d'une couleur pathétique. «  Les propos décevants, les sourires assassins et observateurs, les insinuations marécageuses... toutes les difficultés que le monde suscite pour retarder l'implacable bonheur de ceux qui s'appartiennent, tout s'est évanoui devant moi, dans la tranquille certitude que j'eus d'elle et qu'elle eut de moi.

Victoire est venue à moi, lassée des fades cérémonies de son entourage, contrariée des pitres inconstances, elle a simplifié ainsi d'auguste façon les démarches banales où se perd le temps précieux de la vie.
  »

Dante feignit de l'écouter, mais Félicien ressassait ce qu'il avait déjà raconté dans la voiture : les premières paroles de feu, l'indifférence aux appréciations d'autrui, pareilles à la volée d'oiseaux de nuit qui rentrent dans les ténèbres, les sourires échangés cent fois, l'ineffable embrassement. Dante avait compris l'étrangeté de la nature de ces deux êtres doués de sens merveilleux et terrestres, exclusivement.

Les sensations en eux s'étaient prolongées durant six mois, avec l'inquiétante intensité des feux sauvages. Ils s'y oublièrent eux-mêmes à force d'en éprouver les rigueurs passionnées.

«  Durant la messe, j'ai entendu parler de l'âme, de l'Infini, de Dieu même, mais ces idées-là restent voilées à mon entendement. Victoire n'y entendait rien, nous nous ressemblions. Nous n'en avions pas besoin. La foi de nos contemporains aux choses surnaturelles... ce n'était qu'un sujet de vagues étonnements. Nous ne nous en préoccupions pas, comment aurions-nous pu condamner ou justifier ?  »

Dante comprenait bien que c'était là une des causes de l'isolement qu'ils s'imposèrent aussitôt leur union, dans ce vieux et sombre hôtel, où l'épaisseur des jardins et des murs amortissait les bruits du dehors, de ce monde qui leur était étranger.

Là, les deux amants s'ensevelirent et se noyèrent dans l'océan des joies languides, des perversions où l'esprit se mêle à la chair mystérieuse. Ils épuisèrent la violence des désirs et goûtèrent sans relâche aux frémissements et tendresses des sentiments éperdus.

«  Mon cœur ne battait que pour elle.  » En eux, le corps n'était rien sinon l'extension de l'esprit, qui le pénétrait ; leurs formes s'intellectualisaient, les baisers et les mailles brûlantes les enchaînaient dans une fusion idéale, dans un éblouissement long et chaleureux. La mort de Victoire rompait le charme. L'accident, hasardeux ou criminel, les désunissait, jetait le froid sur l'hôtel et dans le cœur de Félicien. Leurs bras jamais plus ne s'enlaceraient : cette certitude lui creusait l'âme d'une plaie sanguinolente.

«  Quelle ombre me l'a prise ? Qui a osé interrompre le concert de notre union dans le cri d'une corde qui se brise ?  » haletait-il. Dante ne daigna pas lui répondre. Il observait la chambre avec toute la méticulosité du naturaliste qui se penche sur la fourmilière, pour ne manquer aucun des nombreux détails de ce tableau funèbre.

Les heures passèrent. La nuit sur Paris avançait son manteau bleu ; du dehors aucun des murmures de la ville ne leur parvenait. Ils se taisaient encore et n'avaient plus échangé un seul mot. Qu'auraient-ils pu dire ?

Félicien n'avait à la bouche que le chapelet de ses plaintes, Dante se concentrait sur la tâche que le comte lui avait confiée dans la voiture. De vaines palabres auraient ici fait l'effet d'insultes à la mémoire de la défunte, à la dignité du maître des lieux. Le silence convenait à l’œuvre du dragon.
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Message posté : Dim 8 Juil 2018 - 9:13 Message
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« Victoire ? » Ce nom, prononcé tout bas, provoqua le tressaillement de Félicien, qui s'aplatit de tout son long contre les boiseries du mur, tout près de la fenêtre. Il avait cru voir, dans l'ombre et la lumière de la nuit, l'image d'une reine marchant avec mélancolie dans l'exil ; une étoile dessinait l'agrafe de diamant de sa tunique de deuil, ou était-ce Vénus perdue au fond de l'azur, comme le comte perdu au fond de ses pensées ? Se dressant, il regarda autour de lui. Jusqu'alors imprécise, la lueur qui éclairait les objets dans la chambre bleuissait désormais les ténèbres.

Une veilleuse apparaissait, comme une étoile égarée, perdue dans les vapeurs de l'encens et dans les dentelles de l'iconostase, reliquaire familial de la défunte. Dante s'approcha du triptyque, d'un vieux bois précieux, qu'il trouva suspendu, par sa sparterie russe, entre la glace et le tableau. Un reflet des ors de l'intérieur tombait, vacillant, tremblotant, sur le collier, parmi les joyaux de la cheminée. Saisissant de beauté, le plein-nimbe de la Madone en habits de ciel brillait, rosacé de la croix byzantine dont les délicats et rouges linéaments se fondaient dans le reflet et ombraient d'une teinte de sang l'orient ainsi rallumé des perles.

L'objet n'était pas somptuaire, mais il gardait à part lui cette impression de merveilleux, d'impénétrable volupté. Félicien crut nécessaire d'expliquer : « Depuis l'enfance, elle a plaint, de ses grands yeux, le visage maternel et si pur de l'ancienne mère du Christ... elle ne pouvait lui consacrer qu'un amour superstitieux, routinier. C'était naïveté. Souvenir d'une éducation quelconque et religieuse... » Le comte, à la vue du reliquaire, touché des douloureux rappels jusqu'au plus secret recoin de son âme, se précipita et souffla la lueur sainte sous l’œil préoccupé du dragon.

À tâtons, dans l'ombre, il étendit sa main vers une torsade et sonna. Pendant que Dante s'affairait, un serviteur parut : c'était un vieillard vêtu de noir, coiffé d'un crâne chauve et le visage rongé par d'antiques rouflaquettes. Il tenait une lampe, qu'il posa devant le portrait de la comtesse. Lorsqu'il se retourna, un frisson parcourut son échine à la vue terrifiante de son maître penché sur le lit défait. Félicien souriait comme si l'ordinaire colorait la nuit. « Alain, ce soir, nous sommes accablés de fatigue, la comtesse et moi... tu serviras le dîner vers onze heures. Nous le prendrons dans la chambre. »

Le serviteur hocha la tête, mais ses yeux trahissaient l'effroi que lui inspirait cette façon. Il ignorait encore que le comte avait résolu de s'isoler avantage, dès le lendemain, puisqu'il congédierait tous les autres serviteurs à l'exception d'Alain, qui devrait leur remettre les gages de sept années avant de n'avoir plus accès à l'hôtel qu'une fois par semaine, pour l'entretien.« Tu fermeras la barre du portail à minuit et tu allumeras un flambeau dans le couloir. Nous ne recevrons personne à l'avenir alors tu nous suffiras. » Le vieillard tremblait. Il regardait son maître attentivement et n'y discernait qu'une résolution morbide. Alain porta son regard sur Dante mais ce dernier n'échangea avec lui qu'un haussement d'épaules. Félicien n'en était pas à sa première lubie. Le serviteur s'éclipsa.

« Ton intuition était bonne. Du poison est impliqué. »

Le comte alluma un cigare. Il se pénétrait de l'existence rêvée qu'il projetait, dans la mémoire de sa chère maîtresse. « La complicité des domestiques n'est pas à exclure. Tu ne devrais pas les congédier. » Dante savait qu'il ne serait pas entendu dans un premier temps. Il connaissait Félicien assez influent pour s'assurer de la bienveillance d'acteurs qui joueront le rôle qu'il leur attribuerait. La mort de Victoire obscurcissait déjà son jugement. Le comte se créerait un mirage terrible si Dante ne réussissait à découvrir les causes de ce décès. Il vivrait dans l'inconscience du trépas de sa bien-aimée.

Il ne pourrait que la trouver toujours présente, inévitable, tant le souvenir de sa délicieuse compagne habiterait encore le vieil hôtel. Les lubies du comte touchaient peu le dragon : il avait eu le temps d'observer l'extravagance des êtres et les hasards de la bizarrerie. Cependant Félicien comptait parmi les pions d'un plus vaste échiquier. Dante n'entendait pas tolérer qu'il se perdît dans les divagations du soir. Il devrait arracher de son coeur le poison du deuil et rendre à d'Ascalon toute la maîtrise de ses esprits.
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