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Come and save me — ft. Raphaël

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Message posté : Sam 13 Jan 2018 - 20:49 Message
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Contre toute attente, il ne se formalisa pas du surnom dont l’affubla Alice. Au contraire, il pouffa franchement de rire, au point qu’il préféra arrêter son geste plutôt que de risquer de lui faire mal ou de planter l’aiguille à côté.

Ne vous excusez pas ma chère, au contraire. Vous m’appeliez ainsi avant, quoique je n’en ai jamais su la raison”.

Et ne risquait pas de l’apprendre maintenant, si elle-même ne se souvenait pas de la plaisanterie qui allait avec. C’était probable, d’ailleurs. Peut-être que Victoria pourrait lui répondre? L’Olympien n’aimait pas les questions qui restaient sans réponse, et il avait envie de résoudre ce mystère avant d’oublier, et de s’en rappeler quand les deux demoiselles auraient passé l’arme à gauche.

Eh bien à l’heure actuelle, votre esprit ne me semble pas le plus plaisant des endroits, non. Mais j’ai bon espoir qu’un jour, vous vous y sentiez parfaitement bien”.

Il avait presque terminé. Ses points n’étaient probablement pas parfait, mais au moins, ils étaient réguliers et feraient leur office.

Ah, vous voyez, que vous vous souvenez. Eh bien considérez l’animal charmant, même avec son inconstance. Qui suis-je pour juger, d’ailleurs? Je suis sûrement pire que lui… Alors comme ça, vous l’appeliez le serpent-caillou? Pour moi, c’était Steve. Oh, et il y a eu Gary ensuite. Vous savez, celui qui est venu juste après, qui donnait l’impression que son squelette avait été posé par-dessus ses chairs?

L’Olympien ne s’étonnait pas de ces mots qui semblaient presque sortir tout seul de la bouche de la jeune femme. En revanche, il s’en réjouissant, car c’était là le but de la manoeuvre.

Je vous accorde que vous ne pourriez pas vous souvenir de tout. Vous vous êtes endormie à un moment, par ma faute, je le crains. Disons que nous étions encerclés de drones et qu’user de mon caducée me semblait être la meilleure solution pour reprendre la main. J’ai parié que vous étiez immunisée, mais enfin, j’ai perdu pour cette fois”.

Il reposa enfin fil et aiguille, après l’avoir convenablement fermé. Au vu de l’emplacement de la blessure, et des risques de coups, accrochages, ou qu’en savait-il, il se prépara aussi à lui faire un pansement, et prépara le matériel nécessaire.

Ah oui. Ca je peux le comprendre. L’envie de profiter de son bonheur encore un peu, parce qu’on sait que bientôt, on sera triste. Et plus on repousse cette tristesse, et moins on a envie de l’affronter. Parce qu’on sait. On sera triste. Alors on la repousse et… Vous avez besoin de l’affronter, Alice. Vous avez besoin de parler de Casey”.
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Message posté : Dim 14 Jan 2018 - 1:16 Message
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Hm, il allait falloir que je me remette la main sur l’explication de ce petit surnom, absolument. J’étais prête à parier que l’histoire qui se glissait là-dessous n’était guère recommandable. C’était l’intuition qui parlait.
La mémoire, elle, se taisait toujours. Quelle ingrate.

Oh. Il y avait sûrement une explication très raisonnable – ou non – et logique – ou non.

L’honnêteté de la divinité concernant mon esprit me surprit autant qu’elle m’apaisa, de façon tout à fait étrange, je devais bien l’avouer. Pourquoi m’entendre dire ces choses que je savais, ces convictions qui me détruisaient autant qu’elles me permettaient de vivre ou survivre, me semblait agréable ?
Mon honnêteté brute et naturelle me faisait supposer que j’appréciais que l’on me rende la pareille, un peu, en se montrant vrai.

L’espoir fait vivre, n’est-ce pas ce que vous dites ici, ironisais-je pourtant.

J’étais Alice parce que j’étais folle. Comme une incarnation vivante de l’aliénation dans toute sa splendeur. Mes délires étaient une part intégrante de mon identité, et en étant tout à fait lucide, je savais que je m’y accrocherais toujours. Ces insanités qui me hantaient était comme un moyen de me protéger de la déchéance totale.
Si l’on ôtait cette partie d’Alice, que restait-il derrière ?

Mais passons, puisqu’Hermès poursuivait le récit que j’avais entamé. Je fronçais les sourcils tandis que le souvenir de cette envie impérieuse de m’endormir à un moment des plus inappropriés me revenait, tiré d’un recoin quelconque de ma mémoire mise à mal par les mots de Raphaël.
Puis, alors même qu’il finissait son ouvrage – droit, régulier, douloureux, Raphaël brisa le peu de calme que j’avais réuni autour de moi. La couverture du déni, voilà ce dont il me privait en cinq petites lettres. Presque par réflexe, je me dématérialisais à l’autre extrémité de la pièce, les mains levées devant moi comme pour me défendre d’ennemis imaginaires.

Ne… Ne prononcez pas ce nom, sifflais-je, et la fureur se disputait à la peine pour prendre le pouvoir. Je vous interdis de le prononcer.

Il y a des lettres qui dansent devant mes yeux, des lettres couchées sur un morceau de papier. Un adieu qui n’en est pas un, qui m’avait brisé le cœur et ruiné l’esprit, impitoyablement. Il y a des traits, des cheveux roux ou peut-être blonds. Il y a la rancune, l’envie de vengeance, dévastatrice, que je maîtrise parce que je ne veux pas devenir la traîtresse.
Duo de cauchemars brisé par la défection de celle que j’appelais une amie.
De fugaces impressions que je refusais soudain de ramener à moi.
Je secouais la tête, et de coléreux, mon ton se fit suppliant.

Raphaël, je ne peux pas parler d’elle. C’était une erreur, c’est une erreur. J’ai peur de ce que je ferais si vous vous entêtez à poursuivre sur cette route là.

C’est l’effroi qui me saisissait lorsque je touchais du doigt l’océan de tristesse qui avait pris possession de moi dans ce passé, verrouillé à double tour au fin fond de moi. L’envie de fuir. Par tous les saints, j’hésitais lorsque je regardais la divinité.
J’hésitais un court, très court instant. Fort étrangement, j’avais le souffle court et le cœur battant. L’envie de rester et d’entendre se heurtait à cette voix qui me hurlait que je n’étais pas prête à raviver les réminiscences d’une trahison inattendue.

Ne le faites pas. Je ne resterais pas là à vous entendre l’évoquer.

A ma grande honte, c'était l'ébauche d'un gémissement qui franchit mes lèvres.
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Message posté : Dim 14 Jan 2018 - 16:13 Message
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Sa réaction, quand il prononça le nom de Casey, fut immédiate. Elle se téléporta, fort heureusement pas très loin, il se voyait mal expliquer à Lukaz qu’il l’avait malencontreusement perdu en la traumatisant d’un ton léger, et se terra dans un coin. De toute évidence, il y était allé un peu fort. Pouvait-il lui en vouloir? Pour lui aussi, l’annonce avait été douloureuse, même avec son coeur d’Olympien habitué au chagrin et à la perte.

Sans se départir de son calme, il se leva. Il n’avait pas eu le temps de finir son bandage, et une partie pendouillait encore de son bras, menaçant de se dérouler d’un instant à l’autre. Oh, cela ne l’inquiétait pas plus que ça. Ce n’était qu’un bandage qu’il pouvait facilement refaire. Son bras, au moins, était recousu.

Pardonnez-moi, je ne voulais pas vous brusquer”.

Ses excuses étaient prononcées d’un ton le plus sincère possible, et pour une fois, il l’était. Raphaël en savait assez pour déduire qu’Alice était plus que fragile psychologiquement, et il n’avait aucune envie de la plonger plus ou moins volontairement dans une seconde crise. Il fit un pas dans sa direction, mais s’arrêta, comme pour jauger sa réaction. Toujours se montrer prudent, quand on approchait d’un animal blessé. Encore plus quand la blessure n’était pas visible.

Je ne parlerais plus d’elle, pour ce soir en tout cas, de ça, vous avez ma parole. Mais vous savez… vous avez le droit, d’être triste. Vous avez le droit d’être en colère. Vous avez le droit de l’aimer, ou de ressentir n’importe lesquelles des émotions que vous êtes en train de ressentir à l’heure actuelle. Cela ne fait pas de vous une folle, ou un monstre, que de ressentir tout ça à la fois. Cela vous rend simplement humaine”.

Il avait profité de son discours pour se rapprocher d’elle. Il avait fait deux pas, il en fallait encore une petite dizaine pour qu’il puisse la toucher.

Rien n’est plus dur à combattre que le genre d’affliction dont vous êtes atteinte. Vous allez gagnez, parfois, perdre aussi, sans doute. Vous allez devoir apprendre à être indulgente avec vous même ma chère Alice, mais aussi avec les autres. Nous ne parlerons pas d’elle ce soir, ni les autres soirs avant un moment si c’est ce que vous voulez. Je vous promets même que je n’évoquerais pas son nom avant que vous le fassiez. Mais un jour, vous devrez affronter son souvenir. Je vous laisserais, en revanche, décider du jour et l’heure, cela vous irait-il?

Il s’était encore avancé, il pouvait presque la toucher maintenant. Comme il était aussi plus grand qu’elle, il posa un genou à terre pour que leurs regards puissent se croiser sans qu’elle n’ait besoin de se tordre le cou.

Je ne voulais pas vous blesser, je vous assure. Je cherche simplement à vous aider. J’avouerais que parfois, cela va me conduire à des maladresses”.

L’Olympien tendit une main, la posa sur le bras d’Alice. Sans forcer, sans geste brusque, cette main passa sur son épaule, et il l’attira contre lui.
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Message posté : Lun 15 Jan 2018 - 0:39 Message
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Les excuses de Raphaël ne me touchaient que peu. Je savais qu’il était plus difficile de m’atteindre lorsque je perdais pied, certes. Je savais qu’il fallait que je me calme, que je le laisse finir de m’enrouler mon bras lésé. Je le guettais avec frayeur, pourtant, alors qu’il se rapprochait de moi, tout en parlant.
J’entendais une tentative d’apaisement autant que de potentiels mensonges, à l’origine de la peur qui s’agitait dans mes yeux. J’avais l’impression d’être une proie devant un prédateur décidé à la réduire en pièces, et je me coulais tout contre le mur dans mon dos, avec le souffle court.

Je m’accrochais à ses mots, dont le sens m’échappait par instants, pour ne pas disparaître ailleurs, loin de lui et de la sécurité de ses appartements, tandis qu’il franchissait un pas à la fois. C’était aller contre tous mes instincts, à l’heure actuelle, le seul effort que je pouvais fournir. Il s’agissait simplement de rester là, de le laisser temporiser, tenter de m’apaiser.
Quelques battements frénétiques de mon cœur plus tard, la divinité se retrouva à genoux devant moi. Je cherchais ses yeux pour m’y ancrer.

Il fallait que je me répète sans cesse qu’il ne voulait jamais qu’aider cette pauvre folle qu’il avait recueilli, Hermès, car je n’étais pas tranquille. Preuve s’il en était, le violent sursaut qui me saisit lorsqu’il posa sa main sur mon bras.
Personne ne me touchait, jamais. Personne ne m’avait touchée, sauf… Sauf Casey et Lukaz. Je refusais l’intimité du contact à tous les autres, parce qu’il soulevait d’autres souvenirs douloureux, en moi. Je savais ce que le docteur avait fait à ma sœur, mais dans toutes ces interrogations qui me torturaient il y en avait une qui se faisait souvent son chemin. Que m’avait-il fait à moi, précisément ?
Pourtant, je ne bougeais pas. Et je ne résistais pas lorsqu’il m’attira contre lui, quoi que je respire sans doute un peu trop vite. Je le laissais me cajoler en essayant de détendre mes muscles raidis par l’angoisse.
Jusqu’à ce quelque chose finisse par se dénouer en moi, et que, timidement, avec une hésitation que je supposais perceptible, je passe mes bras graciles autour de lui.

Elle m’a laissée, je soufflais tout doucement, à peine un murmure qui vibrait pourtant de la souffrance immense que l’idée m’inspirait. Je ne me souviens même pas vraiment d’elle, mais ça fait pourtant tellement mal.

Mes membres retombèrent tandis que je me laissais aller dans l’étreinte de Raphaël, sans que mon rythme cardiaque ne ralentisse pour autant. Un apparent abandon qui dissimulait bien mal mon envie de partir d’ici, de ne pas lui offrir une chance de me bousculer plus dans mes habitudes.

Encore plus que de me remémorer ma mort. Je ne peux pas, vous comprenez ? Je ne peux pas la laisser revenir, parce qu’elle m’a détruite un peu plus après m’avoir offert de me sauver un peu. Que ferez-vous si le jour et l’heure que vous attendez ne viennent jamais ?

C’était la dernière chose que je lui demandais, pour le moment. Bizarrement, même si le contact me remuait quelque peu, je me sentais mieux. La patience dont il faisait preuve était réconfortante.
Même si ce qu’il me demandait, cette indulgence qu’il réclamait, je ne saurais jamais l’offrir. Je ne me voilais pas la face quant à mes déviances, le danger que je représentais. Je ne pouvais pas me pardonner ces choses, juste vivre avec tant bien que mal en me détestant un peu pour cela – tout en m’y accrochant comme à une part inestimable de mon identité.
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Message posté : Lun 15 Jan 2018 - 14:18 Message
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Au début, Alice resta raide comme un piquet dans ses bras. Le geste était risqué. Ils n’étaient ni amis, ni proches, de simples connaissances, tout au plus. Et puis la jeune femme n’avait sans doute pas les mêmes idées que lui sur le rapprochement physique. Pourtant, sans doute poussée par la détresse, sans doute fatiguée, physiquement et émotionnellement, il sentit ses bras se resserrer sur lui. Un geste timide, qu’il ne releva pas, pour ne pas la brusquer.

Je comprends. Je vous assure que je comprends. Cela vous paraîtra sûrement cruel, ou creux, mais le temps guérit beaucoup de choses. Pour l’instant, pensez à elle, même à l’idée de son souvenir, doit sans doute vous déchirez le coeur. Mais viendra un jour où cette douleur que vous ressentez ne sera qu’une petit piqûre désagréable, et vaguement douloureuse”.

Il desserra son étreinte au bout d’un moment, bien après qu’elle lui ait posé sa dernière question, mais il garda ses mains sur ses épaules, et ses yeux plongés dans les siens. Qu’elle paraissait frêle et fragile, recroquevillée dans ce coin de son appartement, avec ce bandage qui pendouillait de son bras, et surtout, avec cet air de détresse absolue peint sur le visage. Elle était peut-être plus âgée que les orphelins qu’il récupérait habituellement - d’ailleurs on aurait pu arguer que son âge quasi “adulte” l’excluait de sa protection, ce à quoi Raphaël aurait répondu d’un geste obscène et inapproprié - mais elle semblait tout aussi perdu que les gosses qui dormaient dans l’une des chambres d’ami.

Sachez, ma chère, que je suis une divinité des plus patientes. Ironiquement, il semblerait que j’ai également plus foi en vous que l’inverse”. Pour un dieu, n’était-ce pas un comble? Il esquissa un sourire pour elle, et retira ses mains de ses épaules pour s’occuper de son bras, et finir d’enrouler le bandage. “Je vous aiderais. Je vous apprendrais comment vous sauvez vous même. Ainsi, même si les gens partent, pour une raison ou pour une autre, vous saurez tout de même vous débrouillez. Cela ne signifie pas que vous ne devez pas vous entourer d’amis, que vous devez rester seule dans votre coin, et ne comptez sur personne. Je vous apprendrais à vous débrouiller, et ces gens qui entreront dans votre vie vous aideront, à la hauteur de leurs moyens, sur une partie du chemin”.

Raphaël bloqua le bandage au niveau de son poignet. Il n’avait pas emmené de bout de sparadrap avec lui, alors il garda ses doigts à leur place pour maintenir le tout en place.

Venez finir votre thé. Ensuite, peut-être devriez-vous aller vous reposer un instant, je peux vous donner un anti-douleur également. Cela vous conviendrait-il?
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Message posté : Lun 15 Jan 2018 - 18:26 Message
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Le temps et moi, nous avions toujours eu une relation particulière, à savoir qu’il glissait sur moi sans jamais m’atteindre. Une autre de ces bizarreries que j’avais déjà remarquées. Parfois j’avais l’impression qu’il conservait mes névroses tout autant que mon apparence juvénile. Dans ces conditions, étais-je condamnée à ne pas évoluer ? Etait-ce la raison pour laquelle mes émotions s’exprimaient intensément, mes chagrins grignotaient mes souvenirs et mes colères prenaient le pas sur tout le reste en un claquement de doigts ?
Evidemment, ce raisonnement ne franchit aucunement la barrière de mes lèvres, alors que Raphaël me tenait contre lui. Je ne pleurais pas mais c’était tout comme. Plus tard, je m’évanouirais sans doute de terreur en songeant qu’un homme, presqu’inconnu qui plus est, avait posé ses mains sur moi.
La fatigue m’avait jusque là empêchée de prendre mes jambes à mon cou.

N’ayez pas foi en moi. Je finirais par vous décevoir, lâchais-je comme une évidence. C’était précisément cela : une certitude.

Ses mains s’affairèrent à achever le pansement qu’il avait commencé à déposer sur ses points bien nets. Je me focalisais volontiers sur cette tâche quelque peu ennuyante, plutôt que de chercher son regard encore un peu.
Malgré mes réticences, j’acquiesçais lentement de la tête, tandis qu’il me délivrait ses conseils, renouvelait son souhait de m’aider à me débrouiller seule.

J’ai toujours vécu seule, avant Lukaz, je soufflais, soudain. Je savais faire, j’ai toujours su faire, et c’était plus simple, quelque part. Chez moi, personne ne risquait rien. Chez moi, il n’y avait que Wonderland et ses créatures. Je n’aurais jamais dû venir ici en premier lieu, mais il avait besoin d’une amie… Et j’ai dit oui.

Je titubais jusqu’à la place que j’avais occupée avant de perdre un peu pied, oublieuse du fait que seule ses doigts maintenaient son bandage en place. Je me sentais presque droguée, en vérité, déphasée. Je repoussais le thé, un peu tiède, et m’installais dans le creux de mes bras, la tête sur le comptoir, les yeux clos.

Tout le monde se portait mieux quand Alice n’était qu’Alice, enfant perdue du Pays des Merveilles, ajoutais-je.

Peut-être que je n’aurais jamais dû naître, que ce je ne sais quoi qui m’avait donné une conscience aurait mieux fait de s’abstenir. Néanmoins, de cela j’étais heureuse. Ma vie en huis clôt, dans le Monde Onirique, avait le mérite de l’extrême simplicité.

Hm, cela me convient parfaitement, murmurais-je, à moitié endormie.

Je finis par sentir mes muscles noués se détendre, juste avant que je ne m’endorme sur place, en toute simplicité.
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Message posté : Lun 15 Jan 2018 - 21:22 Message
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Raphaël ne s’embêta même pas à assurer à Alice qu’il était difficile à décevoir. Quand il s’agissait de ses petits orphelins, il était leur supporter le plus ardent, leur défenseur le plus farouche. Il aurait combattu quiconque leur aurait cherché des noises avec une langue acérée, ou un poing dans la mâchoire, s’il avait fallu en arriver là. Il n’essaya pas de la rassurer, parce qu’il savait qu’il aurait perdu son temps. Elle n’avait pas envie d’être rassurée.

Alors l’Olympien la laissa parler, et la suivit gentiment jusqu’au comptoir. Bien obligé, il maintenait toujours son bandage en place. Il ne se permit aucune réflexion, jusqu’à la presque dernière, prononcée alors qu’elle venait de poser sa tête dans le creux de ses bras.

Je ne sais pas. Il me semble que les gens que nous avons sauvés à l’aéroport se porte mieux parce qu’Alice n’était pas à Wonderland”.

Il ne poussa pas plus sa réflexion. Alice était en train de s’endormir, et Raphaël n’était pas rustre au point de gâcher cet instant. Il resta immobile près d’elle encore quelques minutes, le temps de s’assurer qu’elle dormait bien, puis il entreprit de la porter jusqu’à un lit.

Cela commença par la périlleuse étape qui consistait à la décoller de son siège, sans la faire tomber, ni la réveiller. Des gestes prudents et lents firent l’affaire, et il put bientôt la soulever, la tête de la blonde calée contre son épaule. Il se dirigea sans hésitation aucune vers sa propre chambre, dont il n’avait qu’une utilité limitée - en tout cas pour des choses aussi inutiles que le sommeil - mais se retrouva bien vite confronté à un autre problème. La porte était fermée, et il avait les mains prises.

Ah, voilà donc les raisons de ma chute. Une demoiselle endormie, et une porte close” marmonna un peu trop dramatiquement l’Olympien.

Mais à voix basse, ceci dit. Il ne tenait vraiment pas à réveiller Alice. Un claquement de doigt régla le problème, et il passa un portail qui le fit atterrir de l’autre côté de la porte. La blonde demoiselle endormie termina sa course sur le lit, recouvert d’une couette épaisse et moelleuse, la tête enfoncée dans une pile d’oreillers. Raphaël sortit sans un bruit pour regagner son salon. Tout l’appartement, à sa propre exception, semblait endormi. Et puis il lui vint une pensée.

Hum… J’espère que Psychí et Anástasi ne sont pas dans sa chambre”.

Drôle de surprise au réveil. Dans le doute, il décida de se mettre à la recherche des deux serpents mystiques.
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Message posté : Mar 16 Jan 2018 - 17:57 Message
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Je me retrouvais en plein cœur de Wonderland, face à face avec la Reine de Cœur. Sa mine était bien trop réjouie pour que je ne sois pas en danger. Sa majesté faisait partie du rare contingent de personnes qui me haïssaient, dans ce monde qui était mien. Lorsqu’elle s’amusait de quelque chose, c’était très généralement à mes dépends. Lorsque son charmant minois s’éclairait d’un sourire, je finissais par saigner et souffrir.
Que dire, dans ces conditions, de ces éclats de rire ? Ils avaient de quoi soulever une instinctive répulsion, réveiller cette envie de fuir fasse à la promesse de douloureux moments à venir.

Alice, notre douce Alice, de retour au pays ? Quel beau cadeau tu me fais là.

Sa voix aigüe m’agressait les oreilles. Je plissais les yeux tandis qu’elle s’approchait. Je voulus bien évidemment reculer, mais il s’avéra rapidement que je ne pouvais pas. Mon mouvement fut stoppé net par les vrilles de rosiers qui s’y étaient enroulées, plantant vigoureusement leurs épines acérées dans ma chair.

Que me veut donc Sa Majesté ? Est-ce que votre jolie couronne vous manque ? Votre tête vous semble-t-elle trop légère ?
Amuse toi, Alice. Amuse toi bien et regarde bien derrière toi, dans tes rêves et tes éveils. Profite de tes derniers instants de tranquillité.

Je fronçais les sourcils. Pas à cause des propos menaçants de la Reine, quoi que je me demande en quel honneur elle m’adressait ces avertissements, plutôt parce que je venais de me souvenir que j’étais censée être sur Terre, dans l’appartement de Raphaël. Peut-être aussi parce que les vrilles étaient étrangement tièdes sur l’un de mes bras.
Cette fausse note suffit à me réveiller en sursaut, en même temps que ma panique. Il y avait un serpent orange vif enroulé autour de mon bras droit. Mais le pire, ça n’était pas ça. Le pire, c’était que j’étais couchée dans un lit qui n’était pas le mien, dans une chambre qui n’était pas la mienne. Que je m’étais endormie dans la chambre d’un homme. Un vrai de vrai.
Dieu tout puissant. Je me dématérialisais à l’autre bout de la pièce, serpent toujours cordialement lové sur ma peau, avec le souffle court et les yeux dans les siens.
Hm.
Après mûre réflexion, sa petite tête à quelques centimètres de la mienne était tout à fait suffisante pour paniquer.
Trop de raisons valables.

Raphaël, appelais-je pitoyablement d’abord puis une seconde fois, plus forte.

La divinité se faisant désirer, je tentais une approche envers la bestiole à écailles qui me contemplait toujours sans bouger.

Je… Bonjour ? Puis-je vous être utile ?

On avait vu plus stupide que de parler à un serpent, non ? Peut-être qu’il me répondrait, comme Cheshire ?
Malheureusement, la tâche semblait être un échec, pour le moment. Sa langue darda hors de sa bouche, que j’imaginais sans peine pourvue de crochets dignes de ce nom. Je manquais m’évanouir et poussais un couinement fort inapproprié. J’aurais volontiers fui sauf que j’allais juste emmener la créature dans mon sillage, laquelle semblait étrangement… câline ?

HERMÈS !

Je crois que votre serpent m’aime un peu trop ? Ah, et, comment se fait-il que j’ai dormi dans votre lit ?
J’espérais qu’il n’avait pas dormi avec moi. La pensée me tira un nouveau geignement et je manquais m’évanouir pour de bon. Je n’étais plus une demoiselle respectable.
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Message posté : Mar 16 Jan 2018 - 20:42 Message
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Quand on y pensait, heureusement que Hermès n’avait pas besoin de dormir. Il avait un milliard de choses à faire. Enfin, bon. Il disait un milliard. Il était évidement qu’il exagérait. D’un autre côté, n’importe quel parent d’un bambin de moins d’un an qui passait sa nuit à hurler vous aurait dit qu’il aurait préféré le milliard de choses à faire plutôt que l’enfant qui pleurait toute la nuit. Egalement fort heureusement pour lui, à défaut d’avoir réellement des milliers de choses à faire, Hermès avait eu dans les bras un bon millier d’enfants. Pas tous les siens, précisons-le dès maintenant.

Au final, il se retrouva à calmer les pleurs du bébé, à le nourrir, et à changer sa couche, et quand il ne faisait pas ça, il s’occupait des cauchemars d’un autres. Pas une seconde à lui. Fort heureusement, des secondes, il en avait des milliards de milliards de milliards devant lui, alors il n’était pas plus perturbé que ça.

Ne te goinfre pas, personne ne va te piquer ton assiette, même pas moi” se moqua gentiment l’Olympien face à l’un des gamins - petit frère de Jeff, 9 ans, capable d’avaler un bol de céréale en approximativement 6 minutes - et distribua les tartines à ceux qui en voulaient.

Le matin, au réveil des enfants, sa cuisine prenait des allures de réfectoires doublée d’un champ de batailles. Toujours fort heureusement - tant d’heureux hasards en une seule réponse - Hermès avait de très bon réflexes, au point de pouvoir sauver les tartines avant qu’elles ne s’écrasent du proverbial mauvais côté.

Alors forcément - et c’était bien le premier malheureusement de toute cette histoire - il n’entendit pas les touts petits cris d’Alice, couverts par ces gosses, certes pas tellement bruyants, mais nombreux. En revanche, il l’entendit quand elle hurla son nom divin. Et heureusement - les heureuses coïncidences étaient de retour - Callie, pas vraiment réveillée, était là, tout comme Jeff, ce qui lui permit de filer vers sa chambre.

Ah, je savais bien que tu n’étais pas loin! Allez, viens par là, tu vois bien que tu l’inquiètes”.

Une main tendue, que le serpent renifla avec curiosité, et quelques secondes de battement avant qu’il ne se décide de passer d’un bras à l’autre. Il monta sans hésiter le long du bras de son maître, s’enroula autour de ses épaules, et termina sa course en frottant sa tête écailleuse contre son menton à la barbe mal rasée.

Pardonnez-moi, j’ai réussi à mettre la main sur l’autre, mais pas sur lui. Il est pourtant très repérable. Avez-vous bien dormi? Comment va votre bras?

Il grattouilla le menton du serpent pendant qu’il se frottait allègrement contre son propre menton barbu. Tout allait bien, n’est-ce pas? Dans son monde en tout cas, c’était parfaitement normal.

Vous avez faim? Il doit rester des tartines. Je peux vous refaire du thé si vous voulez”.
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Message posté : Mer 17 Jan 2018 - 10:01 Message
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Hermès finit tout de même par arriver, alors que j’étais au bord de la crise des nerfs. Pas que la scène ne semble le troubler plus que cela, ceci étant. J’eus bien envie de lui dire qu’à la réflexion, j’allais partir loin d’ici me terrer dans la honte la plus totale, mais j’étais presque hypnotisée par le spectacle qu’il offrait.
Vous avez faim, soif, mal quelque part ?
Oh, au fait, bien dormi dans mon lit.
Seigneur dieu.

Je… Euh… Le serpent n’est qu’une partie du problème, je le crains, essayais-je donc d’expliquer dignement en baissant les yeux vers mes bras.

Lesquels étaient parfaitement intacts. Dieu soit loué, l’interlude avec la Reine de Cœur n’avait été que ce qu’il semblait être : un cauchemar de plus. Il n’aurait plus manqué qu’elle soit prête à me coller au train. Par acquis de conscience, je jetais un coup d’œil derrière moi, pour n’y découvrir qu’un mur parfaitement solide et normal. D’apparence normale, corrigeais-je avec un regard suspicieux.
Qui savait ce que les murs pouvaient dissimuler ?

Le bras va bien.

Ce qui n’était pas tout à fait vrai, si l’on considérait le fait que j’avais plutôt très mal et que la chose me lançait, mais à l’heure actuelle, ce menu de détail était loin, très loin, sur la liste de mes problèmes.

J’ai bien dormi. Enfin, plus ou moins mais… Mais j’étais dans votre lit.

Pause. Puis, supposant que l’incompréhension régnait toujours, j’insistais d’une voix tremblante :

Votre. Lit. A vous. Avec votre serpent – comme si cela changeait quelque chose – Et vous êtes…

Je le dévisageais en silence, d’une façon que j’imaginais des plus stupides.

Vous êtes un homme. Ça n’est pas convenable.

L’exclamation sortit avant que je ne puisse la retenir. Je me faisais l’effet d’une ingrate, à protester de la sorte, d’autant qu’un gentleman n’allait pas laisser une demoiselle dormir sur le comptoir de sa cuisine, mais tout de même. Les chambres d’amis existaient précisément pour ça.
Le rouge me monta fort inconvenablement aux joues, évidemment. Je n’étais jamais capable de garder contenance dans ce genre de situations qui ne m’étaient heureusement guère familières.
Je me rendis vaguement compte que j’avais reculé jusqu’à me retrouver presque incrustée dans le mur, à alterner entre le serpent qui se frottait joyeusement contre son maître, et les yeux bleus du dit maître.

Je vous remercie d’avoir pris soin de moi, bien entendu, n’allez pas croire que je ne vous suis pas reconnaissante, enfin vous voyez, je reste polie et je sais que rien ne vous y obligeait et que je n’étais pas tout à fait moi-même hier, mais vous comprenez, je ne… Je. Mon dieu. C’est la première fois que je dors dans la couche d’un membre du sexe opposé.

Noooon, la gêne extrême et le début de panique que je ressentais n’étaient pas perceptibles du tout, n’est-ce pas ?
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Message posté : Mer 17 Jan 2018 - 18:52 Message
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Un immense sourire ornait le visage de Raphaël, pendant qu’il grattouillait allègrement son serpent, et on aurait même pu faire remarquer que le serpent en question donnait l’impression de sourire de contentement également. Autant dire que l’Olympien ne voyait pas le moindre problème dans la situation, et ne comprenait donc pas le moins du monde pourquoi elle semblait aussi déterminée à rentrer dans le mur. Comme son bras semblait aller bien également, Raphaël devait avouer qu’il comprenait de moins en moins le problème, aussi prit-il le parti

Oui, effectivement” glissa-t-il juste après son premier constant qu’elle avait dormi dans son lit.

Quand elle insista, il garda toujours la même expression polie. Autre temps, autre moeurs, il ne voyait pas du tout où était le problème dans l’histoire. Même quand elle précisa obligeamment qu’il était un homme. Ca oui, il était au courant. Il avait vu son pénis encore ce matin. Non pas que les organes déterminaient le sexe. Son enfant Hermaphrodite en était la preuve vivante.

Alice, ma chère, loin de moi l’idée de dénigrer vos arguments mais… vous réalisez que je n’ai pas dormi avec vous, n’est-ce pas? Je vous ai… simplement installé dans un lit que je n’ai pas utilisé moi-même depuis…” Courte pause. Très mauvaise idée de parler de durée comme ça, vu sa capacité notoire à perdre toute notion du temps. “Un très long moment. Je ne dors pas, vous savez?

Il se garda bien, en revanche, de préciser qu’il s’était allègrement envoyé en l’air dans ce même lit un certain nombre de fois. Mais enfin, les draps étaient propres, alors ce n’était pas réellement un problème.

Je puis vous assurer ma chère que vous n’avez rien fait d’autre que dormir dans ce lit, et qu’à l’exception notable de Psychí, vous étiez seule dans cette pièce. J’étais à côté, toute la nuit, je peux vous le promettre. Si cela peut vous rassurer, regardez-vous, vous êtes toujours habillée”.

Sous-vêtements inclus. Enfin, si elle en portait. Encore une fois, Raphaël n’était pas allé vérifier, puisque les seuls contacts physiques qu’il s’était permis avaient été très chastes.

Votre seul péché a été de profiter d’une bonne nuit de sommeil. Maintenant, je vous propose de profiter d’un petit-déjeuner copieux. Les enfants sont encore dans la cuisine mais si vous préférez être seule, je peux vous apporter un plateau, ou bien vous ramener chez Lukaz”.

Peu importait où vivait le voleur à l’heure actuelle. Quoiqu’il était quasi certain que ce n’était pas Fallaen, situé en pleine zone occupée.
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Message posté : Jeu 18 Jan 2018 - 17:27 Message
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J’oubliais fort souvent que j’avais un léger problème de décalage entre les mœurs d’aujourd’hui et ma propre philosophie de vie. Evidemment, Raphaël ne comprenait guère mes inquiétudes. Je continuais pourtant à le regarder avec de grands yeux étonnés, si ce n’était peut-être vaguement effrayés.

Mais c’est quand même votre lit ! m’exclamais-je en réponse à ses arguments si ordonnés.

J’étais effectivement habillée, mais là n’était pas le problème. Ça ne se faisait pas, voilà tout. Il n’y avait pas à retourner le problème dans tous les sens pour le concevoir, si ?
Sans doute que si, à la réflexion. Il y avait un gouffre entre nos mondes.

Vous… Je… Enfin… Mais… Laissez tomber.

Je soupirais et lâchais l’affaire tout à coup, disparaissant du champ de vision d’Hermès pour réapparaître en plein milieu d’une scène d’apocalypse.
Tous. Ces. Enfants.
Bon, certes, il n’y en avait pas tant que ça, mais suffisamment pour que je reparte d’où j’étais venue aussitôt, atterrissant sur Raphaël d’une façon, qui, pour le coup, était fort inconvenante. Visiblement, j’avais oublié la partie où il m’annonçait que les enfants étaient encore dans la cuisine.
Surtout, je n’imaginais pas que la divinité entretenait une garderie au complet dans son appartement.

Les enfants, désolée, c’était dangereux, je suis dangereuse, vous voyez ?

Les mots sortirent plus ou moins dans l’ordre, je crois, tandis que je rétablissais une distance adéquate entre Hermès et moi (comprenez un espace de l’ordre d’une pièce entière, à vrai dire).

Je crois que j’aurais probablement dû rentrer à la maison, finis-je par lâcher plus intelligiblement. Je pourrais les traumatiser.

J’étais un peu de celles dont on faisait les cauchemars, après tout, même si depuis ma presque mort Mara semblait avoir disparu et ne me parlait plus guère. Encore une perte que j’avais dû subir, bien que celle-ci soit un secret relativement bien gardé. Même Lukaz n’avait pas vraiment demandé après elle, je crois.

Je ne veux pas traumatiser des enfants, déjà que je n’apprécie guère de laisser ma marque sur les adultes.

Je soupirais alors que des souvenirs de certaines scènes – dont certaines qui s’étaient soldées par la mort des dits adultes – me revenaient. Pourquoi était-ce ces mémoires indésirables qui s’accrochaient à moi plutôt que des bonnes choses ? Cela allait de soi, c’était en admettant que de bonnes choses se cachent là-dedans.

Je ferais sans doute mieux de vous laisser là, j’ai déjà bien assez profité de votre hospitalité et de vos bons soins, ajoutais-je.

Ce faisant, je m’inclinais bien bas, surveillant du coin de l’œil que la divinité ne se rapproche pas de trop. Savait-on jamais ?
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Message posté : Jeu 18 Jan 2018 - 21:04 Message
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Un bel exemple de l’expression “dialogue de sourds” se jouait dans la chambre de l’Olympien de bon matin. Alice persistait à vouloir lui expliquer en quoi il n’était pas convenable qu’elle dorme dans son lit, même seule, même toute habillée, et alors même qu’il avait clairement établi qu’il n’en avait pas besoin, et lui persistait à lui signifier qu’il ne voyait vraiment aucun souci. Se serait-elle sentie mieux s’il avait pris soin de lui vendre le meuble avant qu’elle n’aille y dormir? Ou si elle avait dormi dans une autre pièce ? Un lit d’ami lui aurait-il mieux convenu? Que d’intéressantes théories…

Comme vous le souhaitez ma chère”.

Sauf qu’il parla dans le vide, parce qu’Alice venait purement et simplement de disparaître. Attitude des plus grossières…. sauf si elle n’était pas volontaire, évidemment. Et surtout, elle revint aussitôt. Tel un yo-yo, ou alors elle était peut-être attachée par un élastique? L’Olympien comprit rapidement que la raison de son émoi était tout autre, et qu’elle ne l’avait soit pas entendu, soit pas compris, quand il avait parlé des enfants dans la cuisine.

J’ai cru le comprendre hier oui. Rassurez-vous, à moi, vous ne pourrez pas faire grand chose”.

Il ne l’ajouta pas, mais si elle craignait de blesser les enfants, mieux valait, en effet, qu’elle reste loin d’eux. Et s’il garda cette réflexion pour lui, c’était pour ne pas la blesser et aussi, comme il l’avait signifié la veille, que l’esprit avait cette tendance à confirmer ce qu’il savait déjà. Lui dire franchement qu’elle risquait de les blesser risquait de provoquer la prophétie.

Vous n’avez été aucun dérangement pour moi, de ça, soyez assurée. Et je doute que vos capacités auront traumatisées les enfants, de ça aussi, soyez assurée. Si vous désirez rentrer, je n’oserais pas vous retenir. Si vous n’y voyez pas d’inconvénient, je vais vous accompagner. Lukaz a encore mon casque”.

Et accessoirement, il pourrait s’assurer qu’elle arriverait bien à bon port. Avantage non-négligeable. Un claquement de doigts, et il ouvrit un portail vers le Red Night. D’après ses estimations, c’est là qu’il avait le plus de chance de trouver le voleur.

Vous voulez passer en première?

Il l’invita d’un geste du bras à ouvrir la marche, avec un grand sourire, et un serpent qui s’enroulait paresseusement autour de ses épaules pour loger sa tête dans ses cheveux.

Sachez que si vous avez besoin de moi, vous n’aurez qu’à m’appeler pour recevoir mon aide. Littéralement. Je réponds à toutes les prières qu’on m’envoie”.

Précision utile, n’est-ce pas? Si elle l’avait su dès le départ, peut-être qu’il n’aurait pas eu à écumer la ville de long en large à sa recherche lorsque Lukaz était venu lui demander son aide.
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Come and save me — ft. Raphaël

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