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Evelyn Wormwood

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Message posté : Dim 8 Oct 2017 - 17:12 Message
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Informations Personnelles
ϟ Nom : Wormwood
ϟ Prénoms : Evelyn
ϟ Sexe : Féminin
ϟ Âge : 35 ans officiellement, plus de quatre siècles en réalité
ϟ Date de Naissance : 31 octobre 1982 officiellement, 1554 en réalité
ϟ Lieu de Naissance : Los Angeles officiellement, le comté d'Essex en Angleterre en réalité
ϟ Nationalité : Américaine
ϟ Orientation : Bisexuelle
ϟ Métier : Co-directrice de la société familiale, héritière de la même entreprise
Administration
ϟ Avatar : Alexandra Breckenridge
ϟ Crédits : Moi-même
ϟ Pseudo : Creepy Crawly
ϟ Âge réel : 25 ans
ϟ Parlez-nous de vous : Pas grand chose à direqui ne l'a pas déjà été
ϟ Comment avez-vous connu le forum ? Je le connais depuis un bon moment
ϟ Que pensez-vous du forum ? J'y reviens, ça en dit long.
ϟ Quelques conseils à donner ? Cela faisait un moment que je n'avais pas fait de fiche, mais c'est vrai que demander les liens rapides pour l'inscription est pas forcément utile
Dossier Médical
ϟ Description Physique : De taille relativement moyenne et de corpulence parfaitement adéquate, Evelyn est grâce à ses traits fins ce qu’on peut appeler une belle femme. Certains pourraient trouver à redire à sa peau trop pâle et comme toutes les créatures vaniteuses, elle trouvera toujours des aspects de son physique à critiquer, même si elle reste convaincue et de sa beauté. Les éléments les plus saisissants de son physique restent toutefois ses cheveux d’un rouge sombre et son regard. La couleur des premiers fait penser à quelque chose d’artificiel, mais il s’agit bien de leur aspect naturel, ou plutôt surnaturel car renforcé par son sang démoniaque. Si par le passé elle changea parfois de couleur de cheveux, elle ne les apprécie jamais autant que lorsqu’ils ont leur teinte originelle. Son regard est l’autre élément que les gens ont tendance à remarquer. Ses yeux marrons n’ont rien d’exceptionnel mais elle arrive à donner au moindre coup d’œil une intensité saisissante qui lui permet sans mal d’attirer l’attention des hommes. Certains pourraient y discerner une lueur de sagesse, une sorte de vieillesse occulte qui s’est installé dans ses pupilles au fil des siècles.
Evelyn fait de son corps une véritable arme pour arriver à ses fins et cela se traduit par sa façon de se conduire, de se déplacer, de parler. Bien souvent tout est langoureux et délicat, évocateur de plaisirs à venir. Elle n’hésite pas à faire usage de tout ce qu’elle peut pour se montrer suggestive quand elle le désire et sa garde robe en temps qu’Evelyn Wormwood possède autant de vêtements corrects que d’autres parfaitement indécents. De manière générale, elle projette l’aura d’une prédatrice en puissance, d’une femme débordante d’assurance qui sait exactement ce qu’elle veut et comment l’obtenir. Certaines couleurs, le noir et le rouge, sont des éléments récurrents de sa garde robe. Elle n’affectionne pas particulièrement les bijoux, préférant laisser son assurance et son allure évoquer son statut social, même si elle ne rechigne jamais à arborer quelque talisman occulte s’il lui confère un avantage sur son auditoire.


ϟ Particularités :
ϟ Description Mentale : La vie d’Evelyn a été forgée par ses traits de caractère prédominants : un hédonisme puissant et une ambition démesurée. Elle est après tout la fille du Diable et tous les péchés capitaux viennent trouver une certaine forme d’expression en elle. C’est une femme qui raffole des plaisirs terrestres, quels qu’ils soient et qu’on imagine difficilement faire preuve s’ascétisme. Après tout, elle n’attend aucune récompense spirituelle après sa mort. Mais elle sait aussi réfréner ses pulsions au besoin quand cela peut servir son ambition. L’orgueil est probablement le péché qui l’a le plus modelée et elle désire toujours s’élever parmi les puissants de ce monde. Une chose qui n’est vraiment valable à ses yeux que s’il y a à ses côtés des gens pour la vénérer. C’est pourquoi elle a toujours eu tendance à s’entourer de sorcières, de démons mineurs et d’acolytes et si par le passé elle a vécu de nombreuses années en retrait pour parfaire sa maîtrise des arts noirs, elle apprécie bien plus le temps qu’elle a passé en compagnie de ses convents de sorcières ou super-vilains démoniaques qui la voyaient comme une inspiration. Se faire désirer, être admirée est quelque chose dont elle raffole et c’est pour cela que la perte de ses pouvoirs est aussi amère pour elle.
L’amertume est aussi l’un des éléments clefs de sa personnalité et a même donné naissance à son nom d’emprunt : Wormwood. C’est une femme qui sait se montrer acide, revancharde et toxique. Ceux qui lui ont fait du tort viennent bien souvent à le regretter et elle n’est pas adepte de la loi du talion. Pour elle, un affront doit être payé au centuple et ses ennemis ne doivent avoir aucun moyen de se relever et constituer une menace à nouveau. Ce n’est pas pour cela qu’elle est complètement dénuée de sentiments humains, ces derniers sont très présents dans l’élaboration de ses désirs. Mais sa compassion et sa pitié sont embryonnaires et elle est de ces immortels qui ne se sont jamais laissé gagner par la mélancolie et encore moins les remords. Il lui sera possible d’épargner des servants l’ayant déçu, mais pas l’ayant trahi toutefois. Bien sûr, il va de soit que pour elle, la dignité et la vie humaine n’ont pas très grande valeur. Tout comme l’honneur ou l’honnêteté. Après tout, son géniteur est le Prince des Mensonges et on ne vit pas aussi longtemps sans être capable de mentir parfaitement et de vivre chacune de ses identités comme une parfaite petite actrice.
Enfin, s’il lui arrive de trouver du plaisir dans la cruauté, la corruption et la souffrance des autres, elle fait son possible pour ne pas laisser emporter et se conduire comme n’importe quel démon lâché sur Terre. Ce qui compte avant tout, c’est de parvenir à ses fins, retrouver ses pouvoirs et toute sa gloire passée, faire de la Terre son petit terrain de jeu. Ce qui ne sera pas possible si elle laisse libre court à tous ses désirs. Ce n’est que par un équilibre parfait entre sa part humaine et démoniaque qu’elle compte parvenir à faire régner le mal.
Super Dossier
ϟ Groupe et raisons : Evelyn est indépendante et à la tête de son propre groupuscule : le Hell Club. Peu connus, ils se spécialisent depuis longtemps dans des actes de barbarie, de débauche et surtout dans le recèle de créatures démoniaques, de plaisirs interdits et d’artefacts infernaux. Evelyn aime à pouvoir toucher à tout ce qui attrait à son héritage diabolique et espère probablement s’élever en tant que marraine de l’occulte et du démoniaque. Super-vilaine jusqu’au bout des ongles elle n’est pas connue comme raffolant des alliés mais reste toujours ouverte d’esprit si cela peut servir ses intérêts.

ϟ Pouvoirs et capacités : Maîtrise de la nécromancie
Evelyn a étudié auprès de nécromanciens de renom lorsqu’elle se trouvait à la Scholomance, ainsi qu’avec certains des démons dont ils pouvaient tirer leurs pouvoirs. Elle est donc capable d’utiliser ses pouvoirs occultes pour ranimer les morts. Il ne s’agit en rien d’une résurrection car ceux qu’elle ramène ne sont que des cadavres ambulants, dénués d’intelligence mais parfaitement dévoués à la nécromancienne et prêts à obéir au moindre de ses ordres. La sorcellerie qui les anime n’a qu’une durée limitée et si jamais Evelyn devenait inconsciente ou s’éloignerait trop, ils redeviendraient de simples corps pourrissant. Ces zombies ont toutefois l’avantage de ne pas ressentir la moindre douleur et d’être animé par un appétit impie pour la chair des mortels ainsi que pour leurs cerveaux.

Maîtrise de la démonologie
Les rites permettant d’invoquer les démons n’ont aucun secret pour Evelyn, même si ses pouvoirs ont grandement décru ces dernières années. Elle possède toutefois les connaissances et la puissance nécessaire pour pouvoir invoquer des démons dans des cercles d’invocation et communier avec eux. Le démon invoqué n’est pas présent sous forme physique, surtout s’il est puissant et ne pourra exister en dehors du siècle. Evelyn pourra toutefois toujours marchander des informations ou des âmes avec lui ou lui offrir un hôte humain à posséder. Le démon lui restera fidèle tant qu’elle parviendra à le contrôler et pourrait tenter de se retourner contre elle. Il faut aussi noter qu’il peut être banni, exorcisé et sera renvoyé en enfer s’il ne se trouve pas dans un cercle d’invocation ou bien dans un hôte qu’il possède.

Âme démoniaque
En tant que fille du Diable, Evelyn possède une âme mêlée à une essence démoniaque immortelle. Cette dernière vient nourrir son corps et son esprit comme aucune âme mortelle ne pourrait le faire, lui offrant une forme d’immortalité qu’on peut trouver chez des nombreuses créatures surnaturelles plus ou moins semblables à Evelyn. Cette immortalité toutefois ne la présage que du passage du temps, lui permettant de ne pas vieillir et de garder un corps et un esprit dans la force de l’âge. Les maladies peuvent toujours la frapper sans parler d’autres accidents et il faut aussi noter que posséder une âme démoniaque n’est pas sans inconvénient. Evelyn se voit en effet frappée d’une grande faiblesse lorsqu’elle se trouve en sol consacré et est sensible à certains rituels pouvant frapper les démons.

Caliban, démon familier
Caliban est comme tout familier de sorcière, un démon mineur chargé de sa protection. Il a été choisi spécifiquement par le Diable et envoyé sur Terre pour veiller sur sa fille et l’accompagner dans son apprentissage de la magie noire. A une époque il était capable de prendre n’importe quelle forme, mais ses pouvoirs ont décru comme ceux de sa maîtresse, même si sa loyauté est restée indéfectible. Sous sa forme originelle, il est une créature cauchemardesque et grotesque, un représentant authentique de ce que l’enfer est capable d’engendrer. Mais c’est une forme qu’il arbore peu voir même quasiment jamais. En tant que démon familier, il a plus pour habitude de se déguiser en animal pour accompagner sa maîtresse de manière discrète. Le lien qui l’unit à sa maîtresse est d’ailleurs l’un des plus forts du monde démoniaque et elle peut l’invoquer sans mal, d’ailleurs il a été plusieurs fois banni par le passé pour être toujours invoqué de nouveau par Evelyn.
Changeforme : Caliban est un métamorphe accompli, capable de prendre diverses apparences animales. Si autrefois il pouvait prendre forme humaine, ce n’est plus le cas et il se contente de celles d’animaux liés d’une manière ou d’une autre aux forces du mal. Son apparence de prédilection est celle d’un rottweiler au pelage sombre qui ne quitte quasiment jamais Evelyn. Mais il est aussi capable de se changer en rat, corbeau ou en d’autres créatures de petite taille.
Lien psychique : Caliban et Evelyn sont liés par magie noire et par un échange de sang et d’autres fluides qui s’est opéré au fil des siècles. Si bien que la sorcière est capable de voir et d’entendre à travers son familier. Il lui suffit alors de méditer pour communier avec lui et tout ce que voit Caliban, tout ce qu’il sent, entend est alors vécu par cette dernière quelque soit la distance. Evelyn ne peut toutefois pas s’exprimer par sa bouche ou ce genre de choses, Caliban est toujours conscient de la présence de sa maîtresse dans son esprit ou non.
Télékinésie : Caliban bien qu’étant un démon mineur possède des pouvoirs surnaturels et peut donc influencer le monde physique par la simple puissance de son esprit. Ses pouvoirs de télékinésie ne sont pas des plus puissants, mais ils lui permettent de déplacer des objets sans mal, de pousser des gens ou ce genre de choses. Il ne pourra pas soulever des choses de plusieurs tonnes ou arrêter des balles bien entendu, mais cela lui permet d’influencer le monde tout en gardant son camouflage de simple animal.
Protection du familier : Le rôle d’un familier est de protéger son maître et de l’accompagner dans son usage de la magie noire. Caliban n’est pas qu’une sorte de poche de sang de démon ambulante ou un espion pour Evelyn, il la renforce par sa simple présence. Ainsi, quand le démon est aux côtés de sa maîtresse, il lui offre une protection mentale, venant empêcher toutes les intrusions dans son esprit, les pensées de la sorcière devenant inaccessibles. Bien sûr, certaines attaques particulièrement violentes peuvent malmener cette protection et cela ne protège pas Evelyn de toutes les manipulations ou illusions. Seulement de ceux qui pourraient être tentés de lire ses pensées.


ϟ Surnom et costume : Le costume de Lady Satan a connu de nombreuses variations, car Evelyn aime à changer régulièrement son apparence. Récemment, avec la perte de ses pouvoirs, elle ne peut plus apparaître sous forme démoniaque ou changer suffisamment son apparence pour ne pas être reconnue. Aussi un demi-masque de diable rouge est venu parfaire son attirail. Pour le reste, elle se vêtit principalement de cuir noir, tout en laissant de quoi stimuler l’imagination de ses interlocuteurs visible et raffole aussi des lourdes capes noires. Ses cheveux sont laissés libres ou ramenés en un chignon élégant mais elle n’altère jamais leur couleur lorsqu’elle revêt cette identité. Après tout elle n’est pas la seule rousse de Star City et espère bien que ses adversaires ou alliés regardent autre chose que sa tête vu la façon dont elle s’habille.
Informations Complémentaires
Evelyn parle plusieurs langues apprises à la Scholomance et au cours de sa longue vie. Dont bien entendu l'anglais, le latin, mais aussi le français, l'allemand, le grec, l'espagnol et l'italien.
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Message posté : Dim 8 Oct 2017 - 17:13 Message
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Historique
Eve naquit vers la fin du Moyen-Âge, dans le comté d’Essex, en Angleterre. Depuis la création du Pacte par Simon le Mage, les sorcières locales avaient vu leurs pouvoirs décroître de génération en génération alors qu’il devenait impossible aux démons et aux esprits infernaux de marcher librement sur terre pour leur offrir leurs pouvoirs et les accompagner lors des sabbats. Ces femmes étaient de moins en moins nombreuses aussi, surtout depuis que l’église s’était mise en tête de les éradiquer et que l’Inquisition ravageait l’Europe. Pour une sorcière brûlée, dix innocentes périssaient sur les bûchers, mais cela ne changeait pas un fait : il devenait de plus en plus risqué de pactiser avec les ténèbres des enfers et d’y survivre.

Le Grand Rite (1554)

Ces femmes décidèrent alors de tenter un grand rite, un rituel qu’elles n’avaient jamais osé accomplir pour tenter d’inverser le cours de chose, de dédier l’Angleterre aux forces de l’enfer et de regagner tout leur pouvoir. Leurs familiers leurs racontaient que partout en Europe les démons étaient bannis et les convents massacrés. Les sorcières d’Essex se rassemblèrent toutes la nuit du trente-et-un octobre, là où le voile entre les monde était le plus fin pour invoquer le Malin lui-même. L’époque où ce dernier marchait parmi les hommes était révolue depuis des siècles et elles savaient qu’il lui faudrait un hôte, un avatar pour parvenir à se joindre à elles et faire de l’Angleterre le royaume de la sorcellerie. Elles avaient choisi pour cela la plus jeunes d’entre elle, une jouvencelle nommée Mary et encore pucelle, donc la pureté ne pourrait qu’attirer à elle le seigneur des ténèbres. Toutes les sorcières d’Essex, ainsi que les survivantes de convents d’autres régions d’Angleterre et même d’Europe se réunirent donc pour joindre leurs voix dans une supplication infernale, la plus terrible invocation qu’elles n’eues jamais tenter.
Ce fut à la fois un échec et une réussite. Un échec pour les sorcières, car jamais le grand rite ne leur rendit leurs pouvoirs passés, mais une réussite car le prince des mensonges se retrouva en effet sur la Terre Prime, comme cela avait été le cas par le passé, avant l’érection du Pacte, habitant le corps de la jeune et frêle Mary. Mais son arrivée eut un coût des plus terribles. Toutes les sorcières présentes furent calcinées par les flammes infernales, leurs âmes condamnées à l’enfer sans aucune chance de rédemption. Les ténèbres du Diable teintèrent la terre du bois où il se trouvait qui resterait un refuge pour les créatures du mal pendant des siècles durant. Mais il était là, sur la Terre Prime, un monde qu’il ne pouvait rêver de conquérir, de substituer à son adversaire à cause du Pacte et de l’Archimage. Un simple mot de ce dernier pouvait le renvoyer dans en enfer, aussi le Prince des Mensonges lança l’une de ses grandes machinations, utilisant ses pouvoirs infernaux pour mettre enceinte Mary dans une parodie de l’immaculée conception. Puis il abandonna ce corps si frêle pour retourner à son trône infernal avant que la pauvre pucelle ne soit consumée par sa présence comme les autres sorcières. Il envoya toutefois l’un de ses démons resté dans le comté d’Essex, arborant la forme d’un bouc noir, retrouver Mary et la guider jusqu’à un couvent.


Le Couvent (1554 – 1567)

La possession, rien qu’éphémère, avait grandement chamboulé la pauvre femme, qui apparut clairement folle aux nonnes. Celles-ci prirent toutefois cette âme égarée sous leur aile, surtout lorsqu’elles se rendirent compte qu’elle portait en elle un enfant. Mary passa les derniers mois de son existence entouré de femmes qui vivaient une existence à l’opposée de celle qu’elle avait convoité au sein du convent, sans que son esprit fracturé ne puisse se rendre compte de l’ironie de la chose. Elle mourut en couche, donnant naissance à une petite fille qui fut nommée Eve par les bonnes sœurs. Sûrement ces dernières avaient elles senties que quelque chose n’allait pas dans cette grossesse, ou dans cette enfant qui ne hurla pas à sa naissance et laissa très tôt entrevoir les prémices d’une chevelure écarlate. Peut-être qu’avec un tel nom, elles espéraient la rapprocher de Dieu et la sauver. Ce fut bien évidemment vain.
Le couvent ne se trouvait même plus en terre consacrée. L’invocation des sorcières d’Essex à proximité avait damné toute la région. Eve y grandit selon les préceptes du dieu unique des chrétiens, coupée du monde, comme un cancer au milieu des fidèles de l’adversaire de son géniteur. De rares évènements poussèrent les sœurs à se méfier d’elle et à se tenir écartée de cette enfant qui semblait en savoir trop, manquer cruellement de compassion et dont la simple présence les mettait mal à l’aise. Ce fut à sa treizième année qu’Eve quitta le couvent. Un homme tout habillé de noir vint la chercher, prétendant être son père et l’époux de la défunte Mary. Il aurait cherché son enfant partout dans le comté et avait enfin retrouvé sa trace. Les sœurs ne furent que trop heureuses de se débarrasser d’Eve et l’offrir sans rechigner au démon. Car l’étranger était la même créature qui avait autrefois menée l’enfant au couvent. Il avait été chargé de veiller sur Eve et la menait à la prochaine étape qui ferait d’elle une arme pour le Malin sur la Terre Prime. Une créature qui ne pourrait pas être aussi facilement bannie que ses agents infernaux.


La Scholomance (1567 – 1577)

Le démon s’appelait Caliban et fit quitter à Eve le comté d’Essex tout comme l’Angleterre. Ils voyagèrent en Europe jusqu’aux Balkans et il profita du chemin pour lui enseigner à lire et à écrire. Elle était une enfant intelligente et avide de connaissances et elle fut ravie de découvrir que Caliban la menait à un endroit dont elle ne soupçonnait même pas l’existence : une école, la Scholomance. Fondée par le Diable lui-même, il s’agissait d’un château perdu au milieu des montagnes, formant sorciers, nécromanciens et démonologues depuis des siècles. A mi-chemin entre le monde des mortels et les enfers, les portes de l’école qui s’ouvraient autrefois une fois par an, ne le faisaient plus que rarement. Ce fut le cas pour Evilyn qui pénétra dans la forteresse où sorcières, démonologues et démons se firent ses précepteurs pour les années à venir. Lorsqu’elle en sortit, c’était une femme faite, accomplie dans les arts noirs et plus éduquée que la plupart de ses semblables. Les années lui avaient fait quitter l’adolescence et elle affichait une grande beauté renforcée par sa chevelure d’un rouge sombre que les nonnes lui faisaient autrefois cacher pudiquement.


Retour en Essex (1577 – 1580)

Bien sûr, le monde n’était pas encore prêt pour les femmes éduquées et qui plus est maniant des pouvoirs d’origines infernales. Eve en savait par contre déjà plus sur ses origines et sur les raisons de son existence. Elle rentra en Angleterre et s’installa dans les bois qui l’avaient vu naître. Là, sur cette Terre encore entachée de l’influe ce de son géniteur, elle se créa un convent. La chose fut assez aisée, il suffisait de faire venir à elle des jeunes femmes curieuses, intelligentes ou simplement désireuses de s’émanciper de leurs pères ou de leurs maris et de leur offrir pouvoir et savoir. Les bois recommencèrent à vibrer au rythme des tambours des sorcières et des sabots des démons lors des sabbats. Eve alla même jusqu’à débaucher quelques unes des bonnes sœurs qui l’avaient élevées, faisant d’elles des suppôts de Satan et du couvent un repaire d’adoratrices du Diable, tout cela au nez et à la barbe de l’église. La sorcière vivait dans une chaumière perdue dans les bois, vivant de ce que la forêt et ses pouvoirs obscurs lui apportaient. Bien sûr, elle était loin de sustenter la graine de l’ambition que son père et les professeurs de la Scholomance avaient plantée en elle. Aussi, accompagnée de Caliban qui était devenu en quelque sorte son démon familier, elle abandonna le comté d’Essex, plaçant son convent entre des mains de confiance, pour se rendre à Londres à la recherche de plus d’âmes à corrompre.


Londres (1581 – 1587)

Ce fut la première fois qu’elle fut confrontée à autant de monde. Bien sûr, elle avait traversé quelques grandes villes avec Caliban sur le chemin de la Scholomance, mais vivre à Londres était différent. La jeune femme commença par vendre ses charmes dans un établissement sans prétention. Lors de ses ébats elle prélevait des cheveux de ses compagnons de lits pour ensuite les envoûter et en faire ses esclaves. Rapidement, l’étrange femme aux cheveux rouges ne fut plus une simple prostituée mais bel et bien la mère maquerelle du bordel. Son influence commençait à se répandre dans les quartiers de Londres et les sectes d’adorateurs du démon se multipliaient avec en leur centre le bordel d’Eve. La jeune femme se montra trop ambitieuse et de moins en moins discrète alors que son influence grandissait et irrémédiablement, elle fut trahie par des hommes qu’elle avait initiés aux arts noirs. Ces derniers en avaient assez d’être commandés par une femme et s’arrangèrent pour que la sorcière fasse face à plusieurs chefs d’accusation qui auraient dû l’amener au gibet. C’était sans compter sur ses propres capacités de manipulation. Eve resta coupable, mais parvint à suffisamment influencer le juge pour être condamnée à la transportation plutôt qu’à la corde. Durant les jours en cellule qui précédèrent son départ pour les colonies, elle utilisa des démons familiers à son service pour prévenir ses suivantes de la trahison dont elle avait fait l’objet. Les gentlemens démonologues avaient négligé le fait qu’Eve ne les avait pas formé qu’eux à la magie noire, mais que c’était aussi le cas de nombre prostituées, servantes ou femmes honorables qui s’occupèrent d’exercer la vengeance de leur maîtresse. Eve partit vers les colonies avec l’assurance que les âmes des traîtres l’attendaient déjà en enfer.
Si son voyage fut terrible, il lui offrit l’occasion de méditer sur ce qu’elle avait accompli en Angleterre et sur la facilité avec laquelle elle avait été trahie et chassée par ses semblables. Bien sûr, elle aurait dû quitter son pays natal tôt ou tard. Son sang démoniaque lui offrait une longévité inégalée par les humains et à une époque où on mourrait relativement jeune, son apparence aurait fini par attirer l’attention. Les colonies lui offriraient probablement l’occasion de prendre un nouveau départ et peut-être d’accomplir ce qu’elle avait toujours voulu réaliser en Essex et à Londres : créer un pays dédié au Malin et aux forces des Ténèbres.


La Colonie Perdue (1587 - 1590)

Eve arriva sur l’île de Roanoke en 1588 aux côtés de nombreux colons et dès le départ des navires elle s’occupa de corrompre les habitants de la colonie. Son procédé ne fut pas très différent de celui qu’elle avait déjà mis en place à Londres, si ce n’est qu’elle ne fut pas obligée de se prostituer et se maria même pour la première fois à l’un des colons. Elle utilisa la peur inhérente des colons vis-à-vis des natifs pour pousser certaines femmes à se tourner vers elle en cherche de soutien. Elle offrit des remèdes à certaines d’entre elles et de fil en aiguille elles devinrent des sorcières à leurs tours. Des démons invoqués commencèrent à errer dans les bois alentours, se joignant à Eve lors des sabbats. Les hommes commencèrent à leur tour à se joindre à elles et la colonie commençait à devenir ce qu’Eve avait toujours désirée créer.
Hélas, cela ne fut que de courte durée. Les chamans de la tribu des Croatoans se rendirent compte du mal qui avait gagné leur île et ils armèrent leurs guerriers de protections mystiques et des sortilèges pour lutter contre les sorciers et leurs maîtres infernaux. Les escarmouches se multiplièrent et de nombreux colons commencèrent à périr. Eve réalisa que la colonie était condamnée quand elle se rendit compte que les guerriers étaient insensibles à ses sortilèges et avaient réussi à détruire certains de ses démons familiers. Mais elle était bien décidée à ne pas laisser son travail être vain. Elle réunit tous ses adeptes au milieu du village pour lancer un grand rituel qui les protègerait des indiens. Ceux qui se méfiaient de la sorcière et voulaient être débarrassés d’elle étaient devenus trop peu nombreux et étaient trop effrayés pour intervenir. Eve trompa alors les colons de Roanoke et sacrifia leurs vies et leurs âmes dans un vaste rituel qui renforça considérablement ses pouvoirs occultes. Le corps de la fille du Diable muta terriblement et elle prit pour la première fois de son existence une forme démoniaque. La sorcière devenue démone s’envola et quitta la colonie, laissant aux indiens le soin de s’occuper des morts ainsi qu’un mystère aux anglais qui reviendraient sur l’île.


La cabane dans les bois (1590 – 1684)

Eve passa les années suivantes relativement seule, uniquement en compagnie de son démon familier. Pendant un temps, elle usa de sa forme démoniaque nouvellement acquise, du pinacle de sa puissance infernale pour terroriser quelques populations de natifs américains. Elle déversa sur eux maladie et maléfices et facilita sans même le vouloir l’implantation des colons européens. La démone allait d’une île à une autre et s’aventura même sur le continent pour finalement trouver refuge dans les collines de Nouvelle Angleterre une fois qu’elle fut lassée du sang et du chaos.
Là, elle expérimenta de nouveau sur les arts noirs, sur ce qu’elle avait appris à la Scholomance des années plus tôt et sur ce qu’elle avait découvert depuis. Parfois son esprit quittait son corps pour aller vagabonder jusqu’en enfer où elle se délectait des tourments subis par les gentlemen démonologues ou bien encore les damnés de Roanoke avant de revenir dans la chaumière qu’elle s’était bâtie dans les bois. Un lieu de vie qui n’était pas sans rappeler celui qu’elle avait eu en Essex, bien loin du faste de Londres ou de la vie dans la colonie. Les visiteurs étaient rares aussi peupla-t-elle peu à peu les bois de spectres infernaux et de démons. Parfois elle créait des épouvantails et y plaçait le cœur battant d’un voyageur pour en faire un gardien, ou bien se contentait de façonner quelque monstruosité dans la boue pour ensuite lui donner vie avec quelques gouttes de son sang démoniaque. Pendant un moment, entouré de ses serviteurs elle atteignit une quiétude qu’elle n’avait plus connue. Vêtue plus que de haillons et prenant peu soin d’elle, les quelques villageois qui venaient jusqu’à sa chaumière ne voyaient en elle qu’une vieille harpie déclinante, même si les mois devinrent des années et les années des décennies.


Premier passage à Providence (1685 - 1690)

Tout changea lorsqu’à la fin du siècle, un homme se présenta à sa porte. Il ne s’agissait pas d’un villageois apeuré qui désirait quelque sortilège pour punir l’amant de sa femme, mais d’un français éduqué et élégant nommé Philippe Leblanc. Un homme qui désirait communier avec les puissances infernales et qui par sa simple présence réveilla en Eve une soif de pouvoir qu’elle avait cru disparue à tout jamais. Elle devisa avec lui et accepta de lui enseigner ses secrets s’il lui jurait fidélité et ils se marièrent lors d’une messe noire officiée par un démon invoqué par Eve pour l’occasion. En quittant sa masure, la sorcière se rendit compte que pendant toutes ces années, elle avait été prisonnière d’une sorte d’apathie surnaturelle qui était l’œuvre de spectres de chamans amérindiens qu’elle avait massacré et qui avaient tenté de la rendre inoffensive. L’ambition de Philippe lui avait permis de réveiller la sienne et dès qu’elle en eut le temps, elle invoqua des chiens infernaux qui se chargèrent de mettre en pièce les âmes inopportunes.
A Providence, Eve partagea ses pouvoirs avec Philippe et lui donna plusieurs enfants, initiant ainsi une famille qui influencerait grandement la ville. Elle n’aimait pas particulièrement sa progéniture, remarquant qu’ils tenaient plus de son père que d’elle et qu’il devait y avoir tout au plus une goutte de sang démoniaque en eux. Probablement que l’influence du Diable ne suivait-elle pas les lois de la génétique. Elle officia lors du rituel qui donna à son époux la férocité d’une bête, faisant de lui un loup-garou assoiffé de sang.


Le Loup-garou et la sorcière (1690 – 1719)

Sûrement les Leblanc auraient-ils pu finir par régner sur la ville si cela n’avait pas été pour l’intervention du révérend Matters. Philippe fut obligé de fuir et Eve l’accompagna, sachant ce que lui réserveraient les habitants de la ville si jamais ils lui mettaient la main dessus. Après tout, l’arrivée de cette fille rousse venue de nulle part et ayant épousé un parti aussi convoité que Philippe Leblanc avait déjà attiré suffisamment l’attention en son temps. Leurs enfants étaient jeunes, mais subsisteraient, elle n’en doutait pas.
Le loup-garou et la sorcière fuirent vers l’ouest, changeant de vie lorsqu’il devenait trop dangereux de rester au même endroit. Philippe finit par mourir de vieillesse comme n’importe quel homme alors qu’Eve était toujours la même, épargnée par le passage du temps. Les gens l’avaient oublié à Providence et elle y retourna, toutefois déguisée, pour voir que ses descendants étaient de simples humains dégénérés qui utilisaient à peine les savoir de leur génitrice. Dépitée par ce qu’elle avait engendré elle se demanda un instant si son propre père ressentait la même chose à son égard et décida de tenter une nouvelle expérience.


La Diablesse du New Jersey (1720 - 1735)

Eve s’installa dans le New Jersey, dans le petit village de Pine Barren sous le nom de Déborah et épousa un homme du nom de Japhet Leed qu’elle jugeait capable de l’engrosser et de subvenir un temps à ses besoins. A chaque naissance, elle observait l’enfant pour voir s’il possédait quelque marque de son ascendance infernale pour à chaque fois se révéler déçue. Ce ne fut que lorsqu’elle tomba enceinte pour la treizième fois qu’elle sentit en elle la présence démoniaque. Cet enfant serait un diable prophétisa-t-elle. Certains penseraient alors qu’elle maudissait cet enfant car elle en avait assez de donner naissance, mais c’était tout le contraire. C’était celui qu’Eve avait attendu tout ce temps. Les sorcières d’Essex, les démonologues de Londres, les colons de Roanoke, les spectres et démons de Nouvelle Angleterre et même sa famille de Providence s’étaient révélés des partenaires plus que discutables qui avaient tous fini par la trahir ou disparaître. Seul Caliban était resté fidèle, mais il n’était qu’un démon et pouvait par conséquent être banni par un prêtre assez doué ou par l’Archimage lui-même. Son enfant lui, le Diable du New Jersey était tout autre chose car comme elle, il était né dans ce monde ci et non en enfer. Autant dire que malgré son apparence ignoble et les hurlements des sages femmes, elle en tomba aussitôt amoureuse. Il s’envola et se cacha dans les bois. Chaque nuit, Eve alla à sa rencontre pour lui déposer à manger. Puis treize jours après sa naissance, quand elle lui avait déjà fait dévorer ses frères et sœurs ainsi que son père, elle déclara qu’il était temps pour elle, Caliban et son nouveau fils de quitter le New Jersey et d’aller trouver un endroit plus propice à leurs projets.


Le Calme avant la tempête (1735 - 1775)

Les années qui suivirent furent particulièrement calmes pour Eve et son fils. Loin de quitter la région, elle s’installa avec son enfant dans les bois près d’un petit village lui-même non loin de New York. Il lui arrivait de quitter son domicile pour se rendre jusqu’à Providence City, observant depuis son anonymat ce qu’était devenue la famille Leblanc. Force était de constater que si une certaine malignité entachait toujours ces individus, le sang démoniaque avait été considérablement dilué, déjà qu’il était loin de s’exprimer avec autant de force que dans le Diable du New Jersey.
Il fut d’ailleurs le centre de l’existence d’Eve pendant les décennies qui suivirent. Plus bête qu’homme en apparence, elle lui apprit à faire usage de ses dons impies pour se cacher de la vue des humains, pour les désorienter et pouvoir les traquer avec aisance. Son enfant restait terriblement sauvage et elle savait qu’il serait toutefois incapable de vivre caché parmi la société des hommes comme elle avait pu le faire. Cela n’avait pas d’importance à cette époque, dans la contemplation de sa plus grande création, Eve ne pensait plus véritablement au reste du monde. Il arrivait bien entendu que des villageois viennent à leur masure et elle échangeait avec eux pour obtenir certaines denrées rares. De la même façon elle continuait à communier avec les enfers, amassant des âmes, des serviteurs démoniaques invisibles ainsi que quelques artefacts qu’elle conservait dans un coffre dans sa masure.


No hell like a demoness scorned (1775 - 1781)

Bien sûr, toute situation aussi idyllique ne pouvait durer. Eve s’était absentée quelques jours pour se rendre à Providence City y rencontrer des sorcières locales qui semblaient requérir son aide et pouvaient lui fournir de quoi la distraire. Les tensions entre britanniques et patriotes américains étaient à leur comble et le conflit avait déjà commencé à dégénérer en véritable guerre. Et il fut force à Eve de constater que malgré sa vie recluse, elle n’était pas épargnée. Des démonologues anglais avaient survécu à Londres et formé un Hellfire Club. Ils avaient interrogé des démons et retrouvé la trace de leur ancienne maîtresse. Cela leur avait pris du temps, mais ils savaient que le jeu en valait la chandelle car où se trouvait Eve, résidaient des puissances infernales. Les sorcières de Providence City n’étaient qu’un leurre pendant que le Hellfire Club accompagné de mercenaires hessianspillaient la masure de la sorcière. Ils avaient réussi à bannir Caliban et les démons serviteurs, seul le Diable du New Jersey leur avait opposé une véritable résistance. Toutefois, il n’avait pas été de taille seul et blessé, il s’enfuit dans les bois. Quand Eve revint sans avoir rencontré les sorcières, elle retrouva ses trésors dérobés, son fils disparu et ses démons vaincus.
Si les actes des britanniques leur permit de mettre la main sur quelques grimoires et artefacts, ils eurent aussi pour effet de pousser Eve à rejoindre la guerre d’indépendance du côté des américains. Elle retrouva les soldats hessians et les massacra sous sa forme démoniaque, les prenant par surprise. L’un d’eux fut décapité dans le combat et elle le réanima par nécromancie, plaçant une essence démoniaque puissante en son sein. Ce cavalier sans tête alla semer la terreur parmi les rangs de ses anciens alliés. Les démonologues du Hellfire Club reconnurent l’œuvre d’Eve et concentrèrent leurs forces contre le cavalier, ce qui laissa à la fille du Diable le soin de déchaîner tous ses sortilèges contre eux. Car toute sa puissance ne résidait pas dans les artefacts de la cabane et elle s’assura que les démonologues paient le prix fort pour leur acte de transgression. Leur sort ne fut pas plus enviable que celui de leurs aïeux. Certaines personnes évoquèrent cette femme rousse qui pénétrait dans les campements la nuit tombée, ceux qui tentaient de l’interpeler étaient frappés d’effroi et elle laissait derrière elle mort et désolation. Cette American Witch comme l’appelaient les soldats ne fut toutefois jamais aussi célèbre que les véritables héros de cette guerre comme le Patriot.


Hellriders (1781 - 1861)

La recherche fut vaine mais poussa Eve à se diriger vers l’ouest et à se forger une nouvelle identité alors qu’elle arrivait dans des villes inconnues. Invoquer de nouveau Caliban n’avait pas été une chose difficile et le démon avait désormais la forme d’un étalon qui lui servait de monture. L’ouest était encore la frontière de la civilisation occidentale et un endroit où la démone n’eut aucun mal à s’épanouir. Un temps elle se fit simple voyageuse, avant de s’installer dans un village pour y fonder un bordel ou bien simplement semer le chaos en manipulant ceux qui s’y trouvaient déjà. Puis quand elle avait rassasié ses envies de souffrance et de chaos elle continuait sa route sur son cheval noir jusqu’à une autre destination. Rapidement, elle eut la réputation d’être une sorte de bandit et loin de s’en défaire, Eve embrassa totalement ce statut en se créant une bande de hors la loi. Il ne s’agissait pas de simples bandits, mais des pires crapules qui avaient trouvé la mort ces dernières années. Elle avait extirpé leurs âmes damnées de l’enfer pour les placer dans leurs corps pourrissants et avait invoqué pour eux des cavales infernales ou réanimé des chevaux faméliques. Ils prirent le nom de Hellriders et semèrent un temps la terreur dans l’ouest sauvage, sans se soucier du fait que la civilisation approchait peu à peu.


Meilleurs ennemis (1862 - 1890)

Ce fut à cette époque qu’Eve fut confrontée pour la première fois directement à l’Opus Dei. Le Vatican avait envoyé certains de ses prêtres guerriers traquer les Hellriders et ceux-ci avaient compris que les cavaliers damnés devaient leur existence à la sorcière qui les accompagnait. Leur seule erreur fut de croire qu’Eve n’était qu’une simple sorcière justement. Un seul prêtre survécu et réussit à faire un rapport au pape, chose qu’Eve n’apprit que bien plus tard. Car l’Opus Dei n’était rien en comparaison de l’adversaire qu’elle finit par croiser à la seconde moitié du XIXème siècle. La fille du Diable se retrouva face à l’Archimage lui-même en la présence du chaman Black Crow. Ce dernier n’eut aucun mal à renvoyer les Hellriders à leur tombe et à bannir toutes les horreurs infernales que la sorcière invoqua. Tout comme les prêtres avaient dû fuir face à elle, Eve se retrouva obligée de fuir pour éviter de voir ses pouvoirs magiques scellés ou pire…
Il était clair qu’elle ne pouvait pas affronter un tel adversaire directement. La puissance magique de l’Archimage surpassait la sienne, mais elle était bien plus fourbe et ne se souciait guère des dommages collatéraux. Reprenant une identité humaine elle prétendit s’appeler Eileen Wormwood. C’était la première fois qu’elle utilisait ce nom de famille qui faisait référence à l’amertume qui l’habitait depuis la disparition de son fils que du tourment apocalyptique qu’elle se plaisait à incarner. Mais non contente de redevenir un cancer pour l’humanité, elle utilisa ses pouvoirs infernaux pour instiller la haine et la peur dans le cœur des hommes et principalement des soldats, des sentiments négatifs qui se dirigeaient vers les amérindiens et qui culminèrent sous la forme du massacre de Wounded Knee. Rien ne dit qu’un évènement aussi tragique n’aurait pas eu lieu sans son influence, mais sûrement qu’Eve accéléra les choses. Elle venait d’apprendre une grande leçon : elle pouvait manipuler les hommes pour en faire une arme sans avoir besoin de leur offrir une part de ses pouvoirs, uniquement en jouant sur leurs bas instincts et leurs peurs.


Freakshow (1891 - 1920)

Avoir vaincu, présentement indirectement et vraisemblablement sans en être vraiment responsable, n’offrit pas à Eve la satisfaction qu’elle aurait pu attendre. Si son orgueil démesuré la poussait à s’imaginer comme architecte de la chute d’un Archimage, elle avait au plus accéléré les choses et surtout, elle se souvenait toujours de la défaite écrasante qu’il lui avait infligée. Mais Black Crow décédé, elle n’eut aucun mal à rappeler Caliban des méandres de l’enfer et reprit sa route dans le grand ouest. Force était de constater que ce dernier n’était plus aussi sauvage et que les Hellriders n’y auraient pu leur place, surtout alors que les églises semblaient se trouver partout au plus grand dam de la sorcière. Elle trouva toutefois un lieu propice aux hérétiques et où elle se fit une petite place : le Cirque. Et en l’état plus particulièrement une foire aux monstres.
C’était une expérience fascinante alors qu’elle rencontrait des êtres hideuses en apparence mais à l’âme bonne et généreuse alors qu’elle était tout le contraire. Certains des membres de la Foire étaient habités par une haine palpable qu’elle fit fructifier par des pactes et des sortilèges. Il ne fallut pas longtemps pour qu’elle prenne la tête de la Foire alors qu’elle n’était avant cela qu’Evilyn la voyante. Elle se rendit même compte que le lieu était propice pour tenter certains humains avec des plaisirs exotiques, qu’il s’agisse de succubes ou de gourmandises et de récolter des âmes en échange. Voilà une monnaie qui ne perdait jamais de sa valeur en enfer et la sorcière avait toujours quelques dettes avec ceux d’en bas après avoir semé la haine dans l’esprit des soldats américains. Il lui fallut plusieurs années pour s’en acquitter mais réussit sans mal à y parvenir avec l’aide du cirque. Si ses camarades remarquèrent que leur cheffe ne vieillissait pas, ils n’en disaient rien. Avec les talents de meneuse de la sorcière et surtout ses sortilèges, ils connaissaient une aisance qu’ils n’avaient point connue depuis longtemps et elle tenait à l’écart ceux qui pourraient venir les menacer. La foire infernale eut de beaux jours et malgré quelques attaques de chrétiens zélés qui les voyaient comme des monstruosités, tout se passa pour le mieux.
D’une certaine manière, Evilyn la diseuse de bonne aventure et grande maîtresse des arts noirs (tel était son nom de scène) avait trouvé là une sorte de famille, où les mortels rejetés par la société et les démons vivaient dans une certaine harmonie. Mais même cette famille ne valut pas grand-chose lorsque la foire s’installa à Los Angeles et que l’ambition débordante de la fille de Satan reprit le dessus.


Fright Night (1920 - 1960)

Le cinéma était en pleine ébullition et Eve avait rapidement compris que rien de ce qu’elle pourrait faire ne permettrait à sa foire de rivaliser face à une telle prouesse. Les monstres fictifs (qui pour la plupart étaient bien réels) commençaient déjà à prendre d’assaut l’écran et le monde des acteurs et réalisateurs était rempli de traîtrise, de débauche et de désir. Un milieu parfaitement adéquat pour la fille du Diable. Charmer un réalisateur par quelques sortilèges ne fut pas compliquer, tout comme l’utiliser comme homme de paille pour lancer des films qui défrayèrent la chronique. Eve s’essaya quelques fois actrice dans des rôles discrets mais dû se faire violence pour ne pas être une star. Le mensonge était chose aisée pour elle et qu’était-ce être acteur si ce n’était mentir sur qui on était ? Mais elle était amenée à traverser les âges et elle avait fait trop d’efforts pour ne pas se retrouver dans les livres d’histoire pour finir bêtement immortalisée par une pellicule.
Elle se fit donc impressario, réalisatrice, scénariste, mais tout cela à distance, en utilisant des gens plus talentueux qu’elle et en les tournant dans la bonne direction… Ou bien en utilisant les puissances infernales pour aller au-delà des réticences et de l’intégrité des gens. Eve se retrouva rapidement à la tête d’un studio spécialisé en film d’horreurs et au cours des décennies qui suivirent, son entreprise toucha à d’autres modes de divertissement. Elle lança notamment une série de comics horrifiques pour contrer la mode de ceux d’espionnage ou racontant la vie de véritables super-héros. Il y eut même une collection qui fut interdite car elle se concentrait sur les histoires de véritables super-vilains et notamment sur une certaine Pandemonia et les Superfiends qui terrorisaient Los Angeles à l’époque. Il faut noter que les dessins plutôt suggestifs ou carrément grossiers pouvaient aussi avoir froissé les sensibilités de l’époque. Certains de ces comics seraient toutefois devenus collectors de nos jours. Bien qu’ayant abandonné la Foire, Eve ne l’avait pas oubliée et embaucha même plusieurs de ses anciens camarades dans ses films, jusqu’à ce que la mort vienne tous les chercher. Soit naturellement, soit parce qu’ils avaient voulu faire chanter la sorcière en menaçant de dévoiler ses petits secrets.


Pandemonia et les Superfiends

C’était à cette même époque, alors que celle prénommée Eileen Wormwood dirigeait sa petite société appelée Feary Tales, qu’un gang bien particulier s’épanouit à Los Angeles : les Superfiends et leur terrible cheffe, Pandemonia. Cette femme habillée de rouge avec des cornes et une allure des plus provocatrices n’était nulle autre qu’Eve qui inspirée par des individus comme Jazzy avait décidé de s’essayer à la vie super-héroïque, ou plutôt super-criminelle. A ses côtés se trouvaient des engeances ténébreuses, des monstres qui s’étaient alliés à elle ou bien qu’elle avait elle-même invoqué ou créé.
Les objectifs des Superfiends étaient pour le moins variés et la presse ne réussit jamais véritablement à les cerner. Ils pouvaient se montrer vénaux et cambrioler une banque, ou bien désacraliser une église. Ils étaient régulièrement impliqués dans des attaques qui semaient le chaos ou la terreur sans faire de véritables victimes mais aussi dans des assassinats grotesques. C’était presque comme s’ils s’entraînaient, qu’ils touchaient à tout ou bien qu’ils voulaient simplement attirer l’attention.
Ce qu’ils firent, car le groupe de criminels de l’occulte affronta autant des gangsters fatigués de leurs interférences que des justiciers qui tentaient de les arrêter. Parmi ces derniers se trouvèrent plusieurs envoyés de l’Opus Dei qui semblaient bien faire la connexion entre la meneuse des Hellriders d’il y a presque cent ans plus tôt et Pandemonia. Les Superfiends devinrent presque une sorte d’icône de la contre-culture alors que des sectes sataniques se mettaient à les idolâtrer et que les déguisements les représentants pullulaient à Halloween. Il y eut une légère diminution de leur activité durant la seconde guerre mondiale, certains soldats allant même jusqu’à raconter que les super-criminels démoniaques avaient affronté les japonais lors de certaines batailles. Mais rien ne l’a jamais avéré.
L’existence de ce groupe de criminels prit fin aussi subitement qu’il avait commencé, presque du jour au lendemain. Les gens attendaient leur prochain méfait dans le journal, avec un mélange de crainte et d’impatience, mais ce dernier ne vint jamais et avec l’invasion d’Hadès dans les années soixante, tous les regards se tournèrent vers l’est et vers Star City. Personne ne fit attention à la petite rubrique nécrologique indiquant le trépas d’Eileen Wormwood qui léguait toute sa fortune à un fils dont presque personne n’avait jamais entendu parler.


Retour à Providence (1960 - 1990)

L’ennui avec l’immortalité, c’est qu’on ne pouvait pas rester trop longtemps au même endroit. A une époque où la photographie était moins développée et où les nouvelles voyageaient moins, il était bien plus aisé de se cacher. Il suffisait de changer de village et on pouvait presque vivre deux vies à seulement quelques kilomètres l’une de l’autre. Mais le monde avait changé et Eve avait dû se résoudre à des moyens plus drastiques. Cela faisait déjà une dizaine d’années qu’Eileen Wormwood ne voyait presque plus personne et vivait en recluse. Certains l’avaient cru défigurée ou folle, alors qu’Eve préparait simplement sa nouvelle existence, s’assurant que tout serait parfaitement en place légalement. L’un des ses enfants, un fils qu’elle avait conçu durant ses années à Los Angeles lui succéderait à la tête de l’entreprise, bien que ce soit elle qui continuerait à tirer les ficelles, toujours. Il ne lui manquait qu’une destination et lorsqu’elle eut appris l’invasion d’Hadès, elle sue qu’elle devait retourner à Providence City, devenue Star City. Le désespoir et la destruction l’appelaient, tout comme les souvenirs de son fils favori.
Car aucun de ses enfants n’avait jamais égalé la puissance brute et infernale qu’avait incarné le Diable du New Jersey. Avec l’attaque d’Hadès, le nombre de vigilants et chasseurs de créatures mystiques avait grandement augmenté. Certains des informateurs que la sorcière avait déployés sur la ville peu avant son arrivée l’informèrent que des individus de ce genre avaient vraisemblablement retrouvé la piste de son enfant. Après tout ce temps, il n’aurait jamais quitté le New Jersey et Eve se demanda à quel point son fils était lié à cette terre. Bien plus qu’elle ne l’avait été à l’Essex, assurément. Dans le sillage d’Eve, vinrent certains des démons qui lui servaient dans l’industrie cinématographique. Déplacer tous les studios Feary Tales n’était pas une option, mais serait envisagé sur le long terme.
La sorcière avait choisi pour base d’opération un hôtel délabré, anciennement appelé Hôtel Cortez, qui avait abrité quelques crimes saugrenues et qui demanda des ressources considérables pour être remis à neuf. Officiellement, elle n’en fit jamais l’acquisition, tout se faisait au nom de l’entreprise familiale et certaines personnes s’imaginaient qu’il s’agissait d’un décor de film jusqu’aux rénovations. La rousse fit de la bâtisse une véritable forteresse pour elle et ses minions. Tous ceux qui y vivaient lui avaient juré fidélité ou faisaient parti des employés de son fils. Certaines créatures de la nuit étaient de Star City et s’étaient placées sous la protection de la sorcière après avoir été poruchassées par les vigilants.
Accompagnée de certaines monstruosités de confiance, dont l’éternel Caliban, Eve extorqua des informations aux chasseurs de monstres qui pourchassaient son fils et finit par retrouver sa trace elle-même. Durant tous ces siècles, il avait toujours hanté les bois autour de son lieu de naissance, utilisant sa sorcellerie pour se camoufler aux yeux de tous. Leurs retrouvailles ne furent point larmoyantes, mais une sorte de lien impie les unissait, celui d’une mère à l’engeance démoniaque à laquelle elle avait donné naissance très probablement.


Lady Satan (1990 -2009)

Eve passa ses premières décennies à Star City sans se créer d’alter ego public digne de ce nom. Elle avait été trop présente à Los Angeles en temps qu’Eileen Wormwood et laissait la scène à son fils. Tout au plus se faisait elle passer pour une escort de luxe, ce qui justifiait probablement le fait qu’elle pouvait loger dans un lieu semblable à l’hôtel Cortez renommé l’hôtel Milton. Ce fut en temps que super-criminelle qu’elle brilla le plus, même si ses débuts furent difficiles. Contrairement à Los Angeles, Star City possédait une communauté de criminels dotés de capacités hors du commun particulièrement développée à travers le Cartel Rouge. Loin de vouloir s’en faire des ennemis, Eve et ses Superfiends se tint à distance des ces individus et leur laissa les activités illégales les plus communes pour se concentrer sur quelques niches infernales.
Pandemonia n’était toutefois plus et Eve avait opté pour le pseudonyme de Lady Satan, pour s’éloigner un peu des comics érotiques et horrifiques qui avaient été publiés par sa maison d’édition par le passé. Loin de reprendre les activités erratiques des Superfiends de Los Angeles, elle se montra bien plus concentrée. Elle utilisa ses pouvoirs et ses connexions pour familiariser l’insertion de démons dans la vie de Star City ou pour se faire l’intermédiaire de pactes entre certains individus aux dents longues et les engeances infernales. Elle sponsorisa quelques créatures monstrueuses ou tueurs en série pour favoriser la peur et la misère, après tout, elle restait la fille du Diable. Les entités démoniaques commençaient à graviter autour d’elle, ce qui était loin de lui déplaire et elle ouvrit même un club de strip-tease où la plupart des danseuses étaient des succubes ou bien possédées par ces dernières. Ses engeances allaient même jusqu’à affronter quelques groupes catholiques pour les saboter de l’intérieur et telle une araignée elle tissait sa toile d’humains et de démons à travers la ville.
Lady Satan et les Superfiends étaient des criminels plutôt connus, notamment pour leurs cambriolages de banque, kidnapping, sacrifices humains etc. Tout ce qui pouvait faire pencher la ville dans les ténèbres. Les affrontements avec les super-héros furent nombreux et certains membres du groupe périrent. Lady Satan s’assura d’éviter toute confrontation avec l’Archimage, sachant très bien que comme Black Crow à l’époque, elle ne pourrait gagner face à lui de manière brute. Aussi elle utilisait des leurres pour qu’on ne lui mette jamais la main dessus. Les affrontements avec les forces de l’église, costumées ou non, mandatées par le Vatican ou non, étaient eux aussi fréquents. Ils se calmèrent un temps quand les Superfiends participèrent à la lutte contre le Terminus, mais reprirent de plus belle par la suite.


L’exorcisme (2009)

Ce fut en 2009 que tout changea pour Eve. Elle connut sa plus amère défaite. Des membres du clergé réussirent à la prendre par surprise, vainquant ses Superfiends et la faisant prisonnière. Loin de vouloir la tuer, ces individus appartenant à une secte religieuse désiraient sauver son âme en la purifiant. Ils ne faisaient clairement pas partie de l’Opus Dei, car ces derniers savaient depuis longtemps qu’elle était la fille du Malin et que son âme ne pourrait jamais être sauvée. Mais l’exorcisme eut des effets pour le moins inattendus sur Eve.
Elle eut l’impression qu’on lui déchirait l’esprit en deux. Ses parts humaine et infernale étaient intimement entremêlées, elles ne faisaient qu’un et l’une ne pouvait exister sans l’autre. Elle n’était pas une femme possédée par un démon, mais bel et bien la fusion parfaite de ces deux principes. Loin de la libérer de toute emprise infernale, l’exorcisme eut pour seul effet de la plonger dans un profond coma alors que son esprit et son essence luttaient pour rester intacts. Bien sûr, l’inconscient ne vint la saisir qu’après plusieurs heures d’atroces souffrances. Les membres de la secte ne savaient que faire et sûrement perdirent-ils trop de temps à tergiverser car le reste des Superfiends, menés par le New Jersey Devil retrouvèrent leur trace.
Le corps inanimé mais toujours en vie d’Eve fut ramené à l’hôtel Milton où il resta ainsi, privé de toute conscience pendant des années. Les enfants de la sorcière, qu’il s’agisse de son fils vieillissant à la tête de l’entreprise ou d’humains plus récents s’assurèrent que tout soit fait pour que leur mère reste en vie. Le Diable du New Jersey resta à son chevet pendant plusieurs mois jusqu’à ce que poussé par la frustration et se sentant abandonné par sa génitrice une nouvelle fois, il ne retourne hanter les bois qui l’avaient vu naître. Les Superfiends privés de leur meneuse finirent par se dissoudre, leurs membres se faisant éliminer par la Légion ou des vigilants. Ceux qui ne l’avaient pas été disparurent après l’invasion Grue, profitant du chaos pour s’offrir une nouvelle existence.
La progéniture d’Eve s’assura que l’empire de leur mère reste plutôt stable. Les studios Feary tales étaient toujours en activité, alternant les films d’horreurs, les slashers et autres productions. Même leurs filiales de musique, comics ou films pornographiques restaient à flot avec plus ou moins de difficulté. Une des filles d’Eve, Lily avait repris la tête de son club à succubes et tous finirent par tomber dans une sorte de routine pendant plusieurs années. Seul Caliban, le démon familier d’Eve restait à son chevet, sans jamais la quitter, s’assurant par la même occasion qu’aucun individu ne vienne tenter de finir ce que les fidèles du Dieu Unique avaient tenté d’accomplir.



Highway to Hell
L’exorcisme avait en quelque sorte fonctionné, mais il avait envoyé la totalité de l’esprit d’Eve en enfer, car séparer sa part humaine de celle démoniaque était impossible. Ses souvenirs fragmentés par le voyage, les esprits infernaux ne purent que s’interroger sur sa nature et elle conserve peu d’informations sur ce qu’il s’y est réellement passé. Parfois elle a des souvenirs qui s’imposent à elle sous forme de flash intenses des tortures qu’elle a pu subir, ou de celles qu’elle a infligé, des plaisirs interdits qu’elle a pu goûter… Car les feux de l’enfer l’ont peu à peu restaurée, malgré certains abus qu’elle subit aux mains des démons (jusqu’à ce que ces derniers se rendent compte de qui elle était et qu’elle soit capable de prendre sa revanche). Elle y retrouva d’ailleurs un bon nombre de ses anciennes connaissances. Mais se reconstruire, souvenir par souvenir, fragment d’âme par fragment d’âme lui prit des années et ce ne fut qu’au bout de six années (certains iraient jusqu’à dire six ans, six mois et six jours) qu’elle fut capable de se présenter devant Lucifer pour être renvoyée jusqu’à son corps inanimé. Ce dernier accepta, mais pas gratuitement, après tout sa fille n’était qu’un outil parmi tant d’autres. Eve contracta une dette d’âmes semblable à celle qu’elle avait souscrire pour obtenir les pouvoirs nécessaires pour influencer l’armée américaine contre Black Crow. Le montant n’en serait que bien plus élevé et les choses se révélèrent bien plus complexes qu’elle ne l’avait imaginée.


Back in black

Même de retour parmi les vivants, son esprit restait fragile, instable et son corps s’était lentement atrophié même si les bons soins autant occultes que médicaux dont il avait profité l’avaient maintenu en état. Il fallut plusieurs mois à Eve pour retrouver une apparence physique digne de ce nom, pour réapprendre à parler, à marcher. Aux premiers jours, le simple fait de se concentrer trop longtemps était un véritable calvaire. Mais toute douleur physique était bien faible en comparaison de ce qu’elle avait subi en enfer.
Eve rassembla ses fidèles et sa famille. Nombre des Superfiends s’étaient cachés ou étaient morts. Il en allait de même pour des sorcières qu’elle avait formée elle-même, des démons qu’elle avait invoqués et même son fils favoris. Celui qu’elle avait mis à la tête de son entreprise était toujours aussi fidèle, manquant cruellement de l’ambition nécessaire pour s’opposer à sa mère. Une grande chance pour Eve qui la saisit pour reprendre les rênes du pouvoir. Tous les contacts que possédaient les Wormwoods, Lady Satan et tous les alter egos d’Eve se mirent en branle pour lui ériger une nouvelle vie. De nouveaux papiers d’identités, certificats de naissance ou de scolarité. Elle devint Evelyn Wormwood, la petite fille d’Eileen Wormwood, se faisant ainsi passer pour la propre descendante de son fils. On lui inventa des études en Europe pour justifier son absence aux côtés de son père et les papiers et justificatifs nécessaires faisaient leur apparition grâce à un savant mélange de magie noire, de pots de vin et de chantage.
Lorsqu’elle émergea de sa retraite dans l’hôtel Milton, elle était une nouvelle femme, mais aussi relativement faible. Nombre de ses pouvoirs avaient disparus et ses connaissances mystiques semblaient avoir régressées à un état embryonnaire. Son potentiel était toujours là, celui d’une digne héritière du Diable. Mais il n’était que cela, du potentiel et elle devrait prendre le temps de se reconstruire avant de pouvoir être digne de ce qu’elle était avant. Ce qui ne l’empêcherait pas de jouer un peu avec les habitants de Star City, elle avait après tout une dette d’âmes dont elle devait s’acquitter. Et le Diable n’était pas tendre avec les mauvais payeurs, même s’ils étaient de la famille.
Durant les dernières années, Evelyn reconstruisit son identité de super-criminelle. Elle fit de son ancien club de strip-tease un repaire de vice pour des individus lambda, mais surtout pour les criminels et les engeances démoniaques de la ville. Ces derniers formant d’ailleurs la majorité de la clientèle. Elle prit soin de tisser de nouveaux pactes avec des individus prometteurs et se mit en tête de se former une nouvelle équipe de Superfiends et un nouveau convent de sorcières qu’elle réunirait sous un seul nom : le Hell Club. Resterait à voir comment la Star City moderne supporterait ce retour de la fille du Malin en son sein. Car après six années de retraite, les appétits d’Evelyn Wormwood sont plus que jamais prêts à se déchaîner.
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Message posté : Lun 9 Oct 2017 - 11:32 Message
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On se demande qui c'est avec un tel personnage !
Et bien bon retour du coup ! Je ne m'attendais pas à te revoir si rapidement, ni même avec un tel personnage (je pensais que tu changerais de registre pour nous faire la fameuse femme-araignée/autre animal cracra ), mais apparemment tu étais bien inspiré
Encore une fois bon retour !
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Ich will dass ihr mir vertraut, ich will dass ihr mir glaubt, ich will eure Blicke spüren, jeden Herzschlag kontrollieren. Ich will eure Stimmen horen, Ich will die Ruhe storen. ♦️ ©️ Rammstein



Message posté : Lun 9 Oct 2017 - 13:12 Message
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Merci ! ^^

J'ai failli revenir bien plus tôt pour être honnête. Mais passer du temps un peu loin de tout ça aide (certaines personnes avaient raison à ce sujet, j'aurais sûrement dû les écouter plus tôt), notamment pour voir ce qu'on veut jouer et comment. Et puis on ne change pas une équipe qui gagne :p
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Evelyn Wormwood

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