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Les êtres perdus } Hillel

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Généralités
Feuille de RP
Dim 21 Mai - 13:55 Message | (#)

Cette renaissance, ce retour à la vie se faisait progressivement, lentement. Ce laps de temps qu’elle avait enduré seule, enfermée, tenue à l’écart de tout visage amical n’était pourtant pas si long au cœur d’une existence anormalement, magiquement prolongée. Qu’est-ce qu’une poignée de mois, une année dans la vie d’une femme potentiellement immortelle ? L’on pouvait rationaliser à l’envie cette expérience traumatique, la minimiser et en tirer à loisir des leçons implacables et injustes : n’en demeurait pas moins qu’elle avait vécu, et éprouvé au plus profond de sa chair, la solitude. La véritable solitude, celle teintée de la certitude que personne ne vous cherche, et que sans doute, on ne vous attend plus depuis longtemps.

Amaryllis se remettait lentement des privations, qu’elles soient d’eau, de nourriture, de soleil ou d’affection, mais avait acquis une vérité difficile à accepter : elle ne serait jamais plus « comme avant ». Quoi qu’elle fût, avec ses défauts impitoyables et ses qualités qui sauvent, ce n’était plus. Il n’était pas aisé de faire le deuil de soi, et elle l’éprouvait à chaque fois qu’elle croisait le reflet de son visage décharné dans le miroir. Elle avait terriblement maigri et sa peau, qui avait perdu de sa souplesse, s’étirait et se craquelait au contact direct de ses os. La vieillesse faisait son œuvre : elle n’avait pas encore la force, et n’avait pas rencontré l’occasion, de mettre en œuvre et utiliser le rituel qui lui permettait de traverser les époques. Aussi, s’ajoutait à sa fatigue générale, la cruelle morsure du temps qui passe.

Le bon Sallah mettait tout en œuvre pour la remplumer, confectionnant dans les fourneaux du manoir Pennington des plats plus appétissants et généreux les uns que les autres. Amaryllis, toutefois, ne mangeait qu’avec parcimonie et ne goûtait à tout que pour apaiser les tourments de ses compagnons. La nourriture ne lui apportait aucun réconfort, et vivre… Cela ne lui semblait plus aussi passionnant et trépidant qu’auparavant. Seule la vengeance alimentait encore son impulsion à se lever, mais le pacifisme prudent et concerné d’Adrian la freinait. A quoi bon continuer, si l’assassinat brutal de ses fils et de leurs familles, n’était pas puni ? Mateso et Dorian méritaient bien plus qu’une affaire classée sans suite, faute de preuves.

Ce n’était pas l’unique chose à laquelle la mambo pensait, mais c’était incontestablement un tourment qui ne la quittait pas, du matin jusqu’au soir. Il n’abandonnait pas même ses rêves. Il ne la quitta pas davantage à l’évocation de ce prénom, avec lequel bien des souvenirs entraient en résonnance : Hillel… Oui, elle se souvenait de lui. Ses traits, jusqu’à la fossette sur sa joue, la tonalité de sa voix, ses accès de colère, ses rires, sa capacité à bondir d’une idée à l’autre agilement, son histoire aussi, et son incapacité, tout comme elle, à se libérer de ses chaînes… Que celles-ci prennent la forme d’un passé encombrant, ou d’une mère. Une mère… En avait-elle été une pour lui ? Elle ne saurait plus l’affirmer avec autant d’aplomb qu’à l’époque.

Lorsqu’elle avait entendu, en laissant trainer une oreille dans la cuisine, ce prénom échappé des lèvres d’Adrian, elle ne saurait nier que son cœur s’était démené plus désespérément au creux de sa poitrine. Contrairement à ses deux enfants adoptés, celui qu’elle avait recueilli était bel et bien vivant et visiblement en forme. Elle n’avait pas cherché à contenir le sourire qui avait tordu, puis illuminé, son visage épuisé.

Elle ne voulait pas laisser l’opportunité de le revoir entre les mains du destin et de la chance : elle savait provoquer ces deux-là pour obtenir ce qu’elle souhaite. Néanmoins, elle ne se sentait pas encore de taille à le confronter, si tant est que le jeune homme soit dans cette disposition d’esprit et… Plutôt contrarié de la revoir soudainement. Elle n’entendait pas lui dire ce qu’il s’était passé, de crainte qu’il réagisse mal, se mette en danger, ou pire, se lance lui-même à l’assaut de son ravisseur. Elle ne voulait pas se mettre dans cette position, et se tenter : partir en croisade avec Hillel à ses côtés…Elle risquait d’apprécier l’idée, or, c’était dangereux, et injuste de fourrer ce garçon dans un tel péril.

Aussi, vous vous en doutez bien, elle ne s’était absolument pas attendue ni préparée à l’irruption surprise du jeune homme, au cœur du manoir dans lequel elle avait élu domicile. Vêtue d’une robe légère et orangée, elle possédait de nombreux voiles qui avaient le mérite d’étoffer quelque peu sa silhouette malingre. Ses cheveux, longs et frisés, étaient retenus par un foulard blanc noué autour de sa tête. Pour ne pas aggraver la pâleur maladive de sa peau normalement cuivrée, elle s’était mise à se maquiller pour apporter quelques couleurs à son teint. Si on oubliait sa maigreur et les cernes creusées sous ses yeux, il était possible de reconnaître l’Amaryllis d’antan. Jusqu’à cet air surpris, lèvres entrouvertes et geste suspendu en descendant les escaliers principaux de son « chez soi », lorsque son regard accrocha finalement son visage.

« Hillel… »
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Feuille de RP
Sam 10 Juin - 12:29 Message | (#)


Hopeless Wanderer - Mumford & Sons

En ce moment, c’était étrange dans l’esprit du jeune-homme. Il était bien, et pourtant son quotidien, ce n’était pas trop ça. Des petits soucis par-dessus d’autre petits soucis et d’autre encore… Mais il se disait que ça allait. Oui, il y a des périodes où ça peut être pire, là ça passait. Maman était complètement abrutie par ses cachetons, car de toutes façons je m’en prendrais des belles sans ça. Donc entre ma mère elle-même et en crise, ou le zombie… Je suis fatigué en ce moment, alors je préfère encore le zombie. Moi ça passe, si on oublie mes crises de nerfs aussi, car ça me travaille. Entre le taff avec Fred et Jake… Je ne sais même plus ce que j’aimerai faire. Allez à Sindey quelques jours. Mais non. Il faut payer le loyer, les courses, les médocs, gérer ma mère, gérer mes affaires, penser à dormir et pas trop me faire de soucis, … Je crois qu’en fait « ça va » car je suis en pilotage automatique. Ça pourrait être pire… J’ai pas le droit de lâcher prise maintenant, donc je me dis que je vais bien.

Et pour continuer à nourrir ce sentiment et se persuader que ce n’était pas catastrophique, il utilisa sa médecine naturelle. Adrian. Le temps s’arrêtait avec lui et il pensait moins. Hillel adorait passer du temps avec lui, Adrian était tellement loin de ce qu’il était et de sa vie que ça lui faisait un bien fou. Sans parler de l’aura apaisante qu’il avait, son détachement et son calme remplis de sagesse. Du moins, c’est comme ça que le voyait le jeune Australien. Sauf que aujourd’hui son ami avait du retard. Au final, ils ne se verraient qu’en fin d’après-midi, voire soirée. Adrian avait eu quelques imprévus. Pas de soucis pour Hillel, mais il lui demandait juste s’il pouvait l’attendre chez lui. Le ton de sa voix était déguisé, mais il était évident qu’une telle demande cachait un besoin et pas simplement un caprice. L’homme avait accepté. Il y avait du monde au manoir, donc aucun risque et si ça pouvait le détendre et l’empêcher de faire des conneries pour s’occuper.

Il était arrivé juste avant le goûter. Sallah lui avait ouvert et lui accorda de fouiller le frigo pour prendre un « goûter » tel qu’il l’avait demandé. Il posa son sweat sur le porte-manteau à l’entrée et courut dans la cuisine à toute vitesse grâce à sa ceinture magique. Un soda et un sandwich plus tard, il chercha son téléphone. Il tâta ses cuisses, ses fesses, puis son ventre. Dans son sweat. Il prit son casse-croute pour retourner dans l’entrée du manoir et fouiller les poches de sa veste. Ça le nourrirait au moins pour l’effort. La première poche était vide et tout en mordant sur son sandwich, il attaqua la deuxième quand soudain il entendit prononcer son prénom. Au début, ça n’avait l’air de rien. Un timbre de voix si familier comme un écho revenant du fond de ses souvenirs. Anonyme. Pas de signature, pas d’image, ni de nom, pas de visage. Juste une sensation agréable, très courte à peine une seconde qui s’est répandu de son coeur jusqu’au bout de ses doigts. Tout ça était à peine perceptible. Il était juste en alerte. Il se retourna alors surpris. Et la surprise n’était pas finie.

Il y avait une femme dans les escaliers. Il la dévisagea un moment. Le sentiment de souvenir était alors de plus en plus fort. Elle lui disait quelque chose au début et en quelques secondes, tous lui revint comme une violente vague de bonheur, de soulagement, de colère, et de peur. Il la reconnut. Il était resté immobile, comme coincé. « Oh putain ! » se mit-il enfin à hurler brusquement, en reculant avec précipitation. Il avait eu des gestes de panique, jetant son sandwich. Il était plaqué contre la porte tel un animal apeuré. Après le démon, voilà qu’il était face à des fantômes. Les larmes lui montèrent rapidement aux yeux alors qu’il la regardait toujours aussi effrayé, et le visage tordu d’une douleur inqualifiable. Il finit par poser une main sur sa bouche, pour retenir cette envie de pleurer comme un petit garçon qui retrouvait une mère. Il ne pouvait pas le croire. « T’es vraiment là ou je suis entrain de déconner grave ? » demanda t-il timidement, la voix tremblante. « Mais t’es morte bordel !!! Non mais c’est moi. Je deviens fou. Je deviens dingue comme elle » grogna t-il en se recroquevillant sur lui même. Il faisait référence à sa mère biologique atteinte de schizophrénie. Il angoissait souvent de devenir comme elle et, il pensait que c’était ce qu’il lui arrivait là. Il commençait à altérer la réalité. Il se tira les cheveux, comme s’il cherchait à s’arracher ses pensées de la tête. Franchement, j’avais pas besoin de ça. J’ai peur. J’ai encore cette horrible sensation que je m’échappe à moi-même.

acidbrain


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