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Promenons-nous dans les bois ... [Dante Visconti]

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Lun 15 Mai - 22:42 Message | (#)



La mort était là, toute la forêt avait changé. C'était indéniable. Elle avait souffert à un point que les évènements seraient à jamais marqués dans son écorce, aussi sûr qu'elle était de nature divine, ces atrocités avaient habilement marquées son bois et ses feuilles. Un être horrible lui avait du mal, brûlant sa chair et la laissant se faire détruire, avec, comme seule secours, un pauvre petit bonhomme tout de branches et de mousses.

Ce n’était pas le feu le meurtrier, seulement l’outil de celui qui avait commis ce sacrilège. Quelque chose avait sciemment laissé ses flammes envahir l’océan de verdure, sans un regard ni un égard pour les habitants de ce sanctuaire. Slimane était le dernier à y vivre, avec les animaux et les arbres. Le dernier homme à respecter la nature et le dernier à la vénérer comme au premier jour.

Alors, je vous laisse imaginer sa colère, quand ses amis se firent ronger par ces bêtes rouges. C'était un carnage, le genre de choses à mener un sain d'esprit à la folie et c'est ce qu'il se passa d'ailleurs. Une armée de créatures végétales sortirent se confronter à la lumière du jour, chantant pour ceux coincés derrière, frappant de désespoir les passants pour les réveiller à leurs douleurs.

Les secours mirent du temps à venir. Le scientifique, après avoir roué de coups des innocents, jusqu'à la mort, avait fui pour observer sa maison rendre l'âme. De loin, le spectacle était magnifique, très coloré, à la manière d'un coucher de soleil. Le sang qui maculait ses poings le rendait lourd. Je crois qu'il n'était pas fier de ses actes, peut-être même qu'il regrettait de s'être déchainé sur ces pauvres adolescents.

Mais, c’était légitime après tout. Une vie contre une vie. Le monde civilisé avait poignardé l’ancien, qui ne pouvait alors que répliquer, avec leurs minables forces, dans l’espoir idiot de rétablir l’équilibre. Tout était une question d’équité, d’équilibre. Ses sbires, à peine âgés de quelques mois, avaient fini par se faire capturer par la police. Et, comme toujours, ils avaient fini en papier ou en table. Voilà le respect qu’avaient les humains pour ce qui n’était pas comme eux. Slimane, lui, était de nouveau seul.

Sa solitude rendait sa balade mystique, alors qu'il replongeait ses pieds nue dans les cendres de son foyer. Le Pot de fleurs avait résisté aux assauts de la colère écarlate, heureusement d'ailleurs. Les dégâts auraient été irréversibles, et le botaniste ne se serait pas relevé d'une perte aussi importante. Bientôt, des civils allaient venir inspecter son terrier, répertorier les dommages et faire semblant d'apporter des solutions. Comme toujours, ce manège ridicule allait rassurer la ménagère et ses enfants, qui, ayant fait son devoir d'habitant, ira savamment nourrir sa plante et fumer de l'herbe, en s'auto-félicitant de son implication dans l'écosystème de la planète.

À cette pensée, un peu dénuée de sens, j'en conviens, l'hybride serra ses fausses dents. Des copeaux de bois tombèrent des coins de sa bouche, lesquels, contractés, faisaient éclore des petites fleurs de rage. Que c'était difficile d'être le seul à connaitre la réalité, à affronter les vrais problèmes de l'existence. Les autres étaient des idiots, tout simplement et n'étaient pas capable de s'intéresser à ce qui n'était pas leur petite personne.

Le vent s’infiltra dans les cavités de sa gorge, lui retirant un raclement désagréable. Sa peau lui piquait un peu, et il se gratta tout en continuant sa marche funèbre. Ici et là, des troncs éventrés par une force brute. Là-bas, des énormes traces d’un appareil gigantesque.

Sa maison était devenue une foire, où tout le monde se pressait de rajouter une minuscule graine d’étrangeté. Mais non, lui souffla docilement la fleur, ce n’est pas ça. Ses pétales brillaient d’un éclair de malice, insaisissable pour un œil distrait. Les sens de Slimane, poussés à leurs maximums, lui permirent de discuter avec sa compagne :

— Dis-moi tout, ma sœur. Que dois-je comprendre de ces signes ?

— Ils proviennent de l’être que tu recherches, du monstre qu’il te faut punir, fils. De ses ailes gigantesques, il a pourfendu ma famille pour s’envoler dans les airs. Et, dans une gerbe de son puissant cou, il a tué mes ancêtres. Eux, si forts, capables de résister aux plus dur des orages et des tempêtes, n’étaient que des feuilles mortes sur son passage.

Un rire doux s’échappa d’elle, comme si elle racontait une blague. Comme si rien n’avait de sens et qu’elle pensait que tout était un jeu, ou, pire, un spectacle qu’il fallait applaudir. La plante humanoïde s‘approcha de sa tige, et, d’un geste précis, l’arracha pour venir l’enraciner à son front.

Au contact de sa peau rugueuse, son amusement se fit plus grand. Pour la première fois de sa vie, la tulipe allait pouvoir bouger, voir un peu le monde. Si ce n’était pas une grande journée pour elle ! Slimane, lui, toujours enfermé dans sa douleur, n’était pas aussi heureux de s’enticher de cette fillette.

C’était pourtant nécessaire, car, deux jours plus tard, elle revient le voir. Le Géant Vert était en train de replanter savamment de la végétation, quand, coquine, elle vient lui piquer l’œil en se pliant.

— Viens, glissa-t-elle, les roses du bosquet là-bas m’ont dites où trouver la créature. Tu dois te dépêcher sinon tu vas peut-être la manquer ! Son rire cristallin reprit, alors que son compagnon courait, sans s’arrêter, vers la direction souhaitée.

Tout menait à croire que la bête était revenu faire du mal à l’âme Sylvaine. Mais, la surprise fut grande en arrivant dans la clairière. Loin de tomber sur un démon à l’apparence inimaginable, et au nom imprononçable, à la manière d’un Grand Ancien de Lovecraft, c’était un frêle humain que les bosquets découvraient, méditant.

— Que devons-nous faire, fleur ? Ce n’est pas le monstre de nos pensées, mais seulement un vulgaire garçonnet.

— Son corps sent les nôtres, sa peau est recouverte de petits bouts de nous. S’il n’est pas le destructeur, il est au moins un tueur de bourgeons ! Cette information ne suffit-il pas à alimenter ta colère, homme-arbre ?

Pour toute réponse, elle n’entendit que le grondement mauvais de Slimane. Ses yeux se rétrécirent dans leurs orbites, son écorce craqua sous la tension de ses muscles surnaturels, et, dans un bond colossal, il se projeta en avant en sifflant la langue de ceux qui savent. Des lianes se déplacèrent, silencieuses, vers l’ennemi pour le contenir alors que, à la manière d’une brute épaisse, le botaniste se préparait à le frapper d’un coup magistral.
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Dante Visconti

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Mar 16 Mai - 12:57 Message | (#)


Dante comprenait volontiers le goût des anciens Celtes pour les forêts. Ces peuples aujourd'hui disparus, fondus dans les sables du temps et depuis des lustres absorbés dans la matrice implacable d'autres peuples – les vainqueurs – avaient toujours considéré les forêts comme de véritables sanctuaires à l'état de nature ; ainsi en était-il de Brocéliande, de Dodone, et d'autres forêts qui peuplèrent nos légendes et nos mythologies. Watson n'avait pas l'envergure de ces illustres aînées, mais elle abritait la colline des Lénapes et d'autres lieux riches d'une histoire immémoriale.

Très souvent, à la manière des sanyâsâ indiens, de même que les ascètes bouddhiques, Dante se retirait dans la forêt, pour y trouver son repos, car le monde n'entre jamais dans ces temples aux milles colonnes de bois.

Goûtant ces longs périples, ces randonnées merveilleuses à travers la chevelure de la terre, pour se trouver parmi les arbres comme leur égal, eux dont les cimes frôlent la voûte du ciel et dont les racines touchent à l'empire des morts. S'il s'estimait leur semblable, par les jeux curieux de la perspective personnelle, ce n'était pas par l'analogie physique, mais par la comparaison temporelle : nombre de ces arbres étaient plusieurs fois centenaires, et lui-même était un si vieux dragon...

Moins ouverte que la montagne, moins fluide que la mer, moins subtile que l'air, moins aride que le désert, moins obscure que la grotte, mais fermée, enracinée, silencieuse, verdoyante, ombreuse, nue et multiple, secrète, la forêt s'étendait autour de lui, majestueux exemple de ces cathédrales de verdure que la main de l'homme n'avait point encore jetées aux rebuts de l'histoire.

Dante ne craignait pas de s'enfoncer dans ce lieu d'angoisse et de sérénité, ambivalence entretenue par l'obscurité sombre de la fin du jour quand, sous la feuille, les rayons du couchant peinent à creuser leur chemin. Il était venu seul. Il n'avait pas besoin d'escorte pour marcher parmi les arbres. Dante avait-il pour eux quelque respect ? C'était peu dire. Ses yeux d'alchimiste voyaient dans l'arbre la réunion de tous les éléments, puisque l'eau circule avec la sève, puisque la terre s'intègre à son corps par ses racines, puisque l'air nourrit ses feuilles, puisque le feu jaillit de son frottement.

Il était un arbre, cela dit, qu'il n'avait pas prévu de rencontrer, ce soir-là, tandis qu'il marchait en quête de plantes fraîches pour sa pharmacopée. Le Géant vert, fort discret, jeta contre lui des serpents feuillus et ligneux. Ceux-ci menacèrent de le ligoter ; ils s'enroulaient autour de lui quand Dante comprit ce qui le menaçait.

La nature mutante du... bio-terroriste avait empêché le dragon de le repérer d'assez loin. Pour autant, il avait bien trop de bouteille et d'expérience pour se laisser surprendre comme un malheureux lapin pétrifié par la lumière des phares d'une voiture. Sorti en tenue, vêtu donc de Morguse, Dante échappa aux chaînes de verdure comme au coup du Géant vert, en disparaissant devant lui, brume noire qui voleta à quelques mètres de distance. Là reparut Dante, dans un tourbillon de fumée, sourcils froncés, moue contrariées, sur la défensive.

 « En voilà des manières... » Il n'eut cependant point le temps de finir sa phrase que déjà son hôte – car le Géant vert s'estimait sûrement être le roi de ces bois – l'attaquait encore. Dante esquiva une fois de plus. Conscient que seule une démonstration de force inclinerait peut-être l'agresseur à la raison, il déploya tout autour de lui quatre lunes enflammées.  « Nous ferons donc à ta manière ! Attaque, et par ta faute, ce coin de la forêt sera dans une heure un immense bûcher ! »

Les flammes à ses côtés déployèrent leurs corolles infinies, entourant le dragon de pétales rouges et menaçantes. Les lunes gravitaient à ses côtés, lentes et rondes. La chaleur s'élevait dans toute la clairière, mais le dragon n'en avait cure : il avait côtoyé la gueule des volcans et leur haleine de soufre. Slimane l'attaquait sans sommation, il répliquerait coup pour coup, quitte à mettre un terme prématuré à la carrière de l'imprudent criminel.

Conscient qu'il était là dans un milieu par nature hostile, puisque le Géant vert régnait sans partage sur la forêt, sur ses arbres et ses plantes, Dante resta sur ses gardes. Il ne craignait pas pour sa vie, mais l'esprit de son agresseur, noueux comme la souche d'un vieux chêne, dissimulait peut-être une fort désagréable surprise...
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Mar 16 Mai - 23:02 Message | (#)


Une terreur sauvage s'empara de Slimane, le genre de sentiment ancré dans les brins complexes de l'ADN, un élément, si effrayant, que tout son organisme se mit à le protéger, en tentant de l'adapter à cette situation : impossible pour un homme au corps de bois. Peut-être que sa peur irraisonnée du feu lui venait effectivement de son changement physique, mais, il était plus probable que c'était son esprit qui s'amusait de lui, essayant vainement de combiner l'être-pour-soi et en-soi de la chimère végétale.

Son adversaire dégageait une puissance peu commune, et toute la végétation alentour sembla se rétracter, essayant d’exposer au minimum leurs membres rachitiques à la chaleur des lunes ardentes. Ce n’était plus une hypothèse à remettre en question : l’humain qui se tenait devant le professeur devait être la créature qui avait fait tant de mal à sa maison. L’homme-arbre resta béat devant ce spectacle de lumière, ne sachant comment réagir aux actions de l’étranger.

D’un seul souffle, s’il le souhaitait, il pouvait faire de ce magnifique univers des cendres. La prudence était de mise, pour ne pas attiser sa colère et son feu intérieur. Le problème étant que le démon avait déjà fait du mal à la forêt, qu’il avait déjà marqué son empreinte dans son organisme. Et pour cela, il fallait le punir, lui rendre la monnaie de sa pièce pour espérer qu’une telle tragédie ne se reproduise plus jamais.

Il me semble avoir oublié de parler de son cri. Car à la lueur des sphères magiques, Slimane avait poussé un hurlement, à peine ressemblant à celui que pourrait prononcer une gorge humaine. L’air avait infiltré son cou, pour en ressortir dans une parodie de rugissement animal aux relents d’humanité qui rendait ce beuglement tout simplement ignoble. Difficile à décrire un son de cet acabit, mais un sentiment de bête blessée en ressortait, peut-être même était-ce sa manière d’exprimer sa peine et sa frayeur.

Ses jambes le firent naturellement reculer, loin de la fournaise des ces boules mystiques. Les brindilles qui le recouvraient se mirent à frémir, puis, elles essayèrent de se trouver une place dans l’armure de bois, se cachant maladroitement. La raison l’emporta tout de même sur le corps, et, le botaniste tenta de parler de sa voix la plus compréhensible.

Il faut savoir que cela faisait un bon bout de temps que sa bouche n'avait pas prononcé les mots de ses semblables, plus habituée à former ceux des plantes. Alors, pour bien articuler, il prit une pause à chacune de ses phrases. Rajoutons sa lenteur naturelle, et vous obtenez un paresseux essayant de discuter avec un dragon, ridicule petite image, n'est-ce pas ?

« Tu. Toi. Tu. C’est toi ! »

Au premier abord, ça ne semblait pas du tout compréhensible. Cependant, les pensées du botaniste étaient bien claires. Le monstre qui avait fait du mal aux siens étaient devant lui, et maintenant, le voilà qu’il menaçait de nouveau son repaire.

« Tu. Oses. Tu oses revenir ici ? Tu ne crois pas que ... Euh … Que tu n’aies pas déjà fait assez de mal aux arbres et aux fleurs ? »

Le langage devenait plus clair, à mesure que sa mâchoire reprenait sa position d’origine et que Slimane se concentrait sur sa diction. Sa façon de parler était tout de même hasardeuse, et son positionnement physique général ne faisait qu’augmenter le malaise de cette scène. Il ne savait clairement pas comment réagir et se sentait complétement perdu :

« Tu es un être ignoble qui a fait du mal à la nature. Tu ne mérites pas d'être ici, tu ne devrais pas fouler cette terre de tes pieds sales. Pourquoi es-tu revenu ? Pour observer les vies que tu as brisées ? »
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Dante Visconti

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Mer 17 Mai - 22:42 Message | (#)

Dans un premier temps, le vieux dragon ne comprit pas très bien ce que lui reprochait le Géant vert. Il ne voyait pas très bien où ce dernier voulait en venir et son élocution, d'abord, lui donna quelque peine. Quels reproches lui étaient adressés, au juste ? Et que signifiaient ces attaques personnelles ?

Le Géant vert le connaissait-il, par ailleurs ? Dante n'avait pas souvenir qu'ils eussent jamais entretenu quelque commerce ensemble. Sans résorber ni les lunes enflammées à ses côtés ni rien perdre du contrôle qu'il exerçait sur le feu dont il s'entourait, le dragon demeura méfiant et sur ses gardes.

Après quelques instants de silence, conscient que laisser traîner sa réponse donnerait peut-être à son vis-à-vis des raisons d'attaquer, il prit la parole : « Je viens ici toutes les semaines ou presque, quand je suis à Star City. Je ne vois pas pourquoi je me priverais de la quiétude qui règne en ces lieux... d'ordinaire. »

De toute évidence, la forêt n'était plus de tout repos, quand le Géant vert s'y trouvait et s'y manifestait ! Dante le soulignait non sans ironie, mais il réfléchissait à toute vitesse. Si le bio-terroriste l'accusait avec aplomb et se montrait si résolu, ce n'était certainement pas sans de bonnes raisons ; bien qu'il fût connu pour ses actes violents, il était aussi connu pour savoir choisir ses ennemis et s'il avait désigné Dante, c'était certainement que, d'une façon ou d'une autre, Dante avait agi en ce sens...

Il comprit assez vite l'objet des accusations du Géant vert et identifia l'événement incriminé.  « Tu fais certainement référence au dernier incendie qui a frappé la forêt, plus tôt dans l'année. Contrairement à ce que tu sembles croire, je ne suis pas venu pour réitérer. Comme auparavant, je n'use là du feu que pour me défendre d'une agression. Ce soir, la tienne. Si tu restes donc tranquille, rien ne brûlera autour de nous. »

La maîtrise du dragon sur l'élément feu était si virtuose qu'il n'aurait besoin d'aucun effort spécial pour concentrer ses flammes en des lieux nullement susceptibles de propager aux buissons, aux fougères ou aux arbres leur morsure insupportable. Un instant, il songea à consentir un compromis en éteignant les sphères à ses côtés, mais il se ravisa. Il n'avait aucune raison d'accorder sa confiance au Géant vert – ce dernier avait tiré le premier, après tout !

Dante eut un geste évasif de la main.  « Depuis que je suis à Star City, cette forêt n'a pas de meilleur ami que moi. Contrairement à toi, qui en est devenu le défenseur à la suite d'un accident hasardeux, j'ai œuvré à sa préservation dès mon installation en ville, il y a fort longtemps. Garde pour toi les leçons d'écologie. Je n'ai pas attendu les hommes pour reconnaître l'importance du respect dû à la Nature. » Glissant sur le côté, il réunit les quatre lunes en une seule dont il s'enveloppa.

Il s'était élevé à quelques mètres du sol, marchant sur l'air aux moyens des bottes de Morguse, sa tenue de magicien. Dante observa l'homme-arbre et fut sensible à sa peine. Ses traits n'avaient rien de commun aux êtres humains, mais lui-même était un vieux dragon et savait s'attacher aux détails pour se faire une opinion des transports qui agitaient le malheureux criminel.

Il comprenait son trouble et sa colère. Il ne s'excuserait pas, toutefois, d'avoir agi comme il le fit.  « Plus qu'aucun autre, tu devrais savoir qu'après l'incendie la forêt renaît plus forte et plus vivante que jamais. Libre à toi de m'attaquer et de mourir. Mais tu préféreras peut-être te montrer raisonnable et écouter ce dragon. Il te dira pourquoi il a dû balafrer ta bien-aimée. »

L'offre n'était-elle pas honnête ? Et l'honnêteté avait-elle cours, auprès d'un être dont l'humanité s'était transformée et dans sa chair et dans son esprit ? Par un étrange caprice du destin, le Géant vert était peut-être, à Star City, l'être qui s'approchait le plus de ce qu'était le vieux dragon : un « homme » à l'écart des hommes, à la différence près que si lui avait fait le choix de se faire homme pour vivre parmi eux, Slimane Filali avait fait le choix de refuser son humanité pour s'offrir à la Nature tout entière.

Équinoxe étrange entre deux êtres opposés par toutes les apparences...
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Jeu 18 Mai - 15:14 Message | (#)


La discussion allait bien devoir s’engager, on dirait. Slimane n’avait pas eu de chance, son adversaire était beaucoup plus coriace qu’il ne l’aurait voulu. Sa position était difficile à définir, les flammes lui faisaient peur, cependant, son devoir remportait le combat final. La raison pouvait parfois gagner sur son contraire. Notre bonhomme reprit donc à reprendre un peu de sa contenance devant le brasier infenrale. Bien sûr, les dégâts possibles de ces lunes rouges continuaient à effrayer le Géant Vert.

« Tu sembles croire que le fait de se défendre justifie de tuer. Je te laisse imaginer ce qui me dérange dans tes propos. »

Sa voix était un peu tremblante, sûrement un mélange de colère et d’appréhension. Son ton était un peu moins posé qu’il ne l’aurait voulu, tant pis. La réponse de Dante attisa de nouveau sa rage, qui semblait s’être dissimulé bien au fond de plusieurs couches de frayeur.

Ce monstre se prétendait protecteur de la forêt, de sa forêt. C’était déjà extrêmement insultant, mais, en plus, il se permit de juger le passé du botaniste. À croire que c’était depuis son accident que sa passion pour la nature était née. Et non, ce n’était pas le cas. Depuis tout jeune, Slimane avait eu un amour dévorant pour les plantes et les arbres, et il passait des jours entières à les étudier et à les observer. Depuis sa venue au monde, il n’avait censé de les vénérer et de tenter de les préserver.

Qui avait tenté de prévenir les autorités compétences du désastre imminent ? C’était lui, lui et encore lui. Alors, comprenez bien que ces simples paroles suffirent à lui faire pousser un cri de rage, plus animal qu’humain, envers celui qui se permettait de le ridiculiser ainsi.

« Tu ne sais rien de moi, ne parle pas en mon nom ni en celui de la forêt ! J’étais à peine sorti de ma mère que je nourrissais les fleurs de cet endroit, peux-tu en dire autant ? Il est vrai que depuis ma transformation, ma relation avec l’univers a changé, mais ce n’est pas cela qui fait de moi un protecteur de la Terre. C’est ma personnalité, les qualités que les probabilités m’ont données. Peux-tu en dire autant ? Es-tu capable de discuter avec un sapin ou un chêne ? Es-tu seulement capable de réfléchir à tes actions, démon ? »

Les mots s’enchaînaient dans sa tête, se rencontraient et explosaient dans une cacophonie sonore. Impossible pour lui de se calmer, ni d’arrêter de parler. La nouvelle tirade de son compagnon ne l'aida pas à se relaxer

Alors oui, celui-ci s’était élevé du sol et en imposait beaucoup plus. Mais ça ne suffisait clairement pas à étouffer le feu intérieur du scientifique, qui aurait pu lui sauter encore une fois si l'occasion se présentait encore.

« C’est cela ton argument ? Mais c’est totalement idiot ! Tu te rends compte de ce que tu dis ! Depuis quand détruire serait une manière de rendre la forêt plus belle ? C’est le temps qui lui donne sa magie, qui magnifie les troncs et les pétales. Ce que tu as fait est monstrueux, tu as retardé l’éclosion de la magnifique rose de Watson, sous prétexte qu’elle sera encore plus brillante des centaines d’années plus tard ? »

A mesure que ces phrases se débitaient, il entendit le rire de Coquine, la petite tulipe qui se baladait sur son front.

« Mais je suis le seul à être raisonnable nom de Dieu ! Tu te dis à l’écoute de la nature, mais tu es le premier à la brûler pour te protéger ! Ferais-tu pareil avec un humain ? Si tu es bien ce que tu dis, prépare-toi à parer ma prochaine attaque avec le corps frêle d’un enfant, lâche. Les doubles standards ne devraient pas s’appliquer aux différents êtres vivants, encore plus venant d’un homme qui se dit dragon et sage. »

Peut-être qu’il aurait dû mesurer son expression, adoucir sa façon de parler. Mais c’était bien trop à supporter pour lui. Ce genre de cas, c’était le but de sa vie, et la raison pour laquelle il détestait avec puissance les hommes. Tout le monde tournait en ridicule le vieil homme à la peau d’écorce, pour autant, avait-il tort ?
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Dante Visconti

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Ven 19 Mai - 20:57 Message | (#)

Au cri de rage du Géant vert, Dante comprit que ce dernier serait difficile à raisonner. Quelle importance ? En un claquement de doigts, tout aurait pu prendre fin pour le pitoyable homme-tronc. Le vieux dragon se montrait étonnamment patient. Il ne renâclait pas même et pourtant, les insultes et les injures de son interlocuteur ne manquaient ni de sel ni de culot. Le toupet de la grande brindille ne connaissait donc aucune limite !

Ce lémure des forêts connaissait-il la modération et la prudence ? Probablement pas. Dante haussa les épaules et roula des yeux : il pouvait en dire autant, sinon plus, puisqu'il arpentait le monde – les mondes – depuis bien plus longtemps que Slimane et ce dernier n'avait sans doute pas fait, au cours de sa si courte vie, plus d'un millième de ce que le dragon avait pu faire, lui, pour la préservation des espaces naturels.

Le Géant vert avait donc la tête dure, au sens propre comme au sens figuré, de toute évidence ! Voilà qu'il le trait d'idiot et voilà qu'il l'invitait courtoisement à se défendre... ce dernier était-il fou ?

Dante ne laissa pas Slimane finir sa dernière phrase. Les flammes autour de lui s'étaient dispersées ou plutôt, elles s'étaient réunies en lui-même. Ses yeux, d'ordinaire d'un pur noisette – couleur si rare et si délicieuse, rougeoyèrent comme le météore qui fend le ciel à la nuit tombée.

Sa peau toute entière rayonna d'un éclat de géhenne, et le corps tout entier de Dante se fondit en une masse toujours plus large, toujours plus grande, toujours plus grosse. Sous les yeux du Géant vert, le dragon prit forme et bien qu'il fût fils des séquoias et des grands chênes, Slimane dut se sentir minuscule comme le buisson d'aubépine ou la touffe de bruyère, quand il vit s'élever devant lui ce reptile.

Long comme deux baleines bleues. Sans ménagement, Dante saisit alors le bio-terroriste entre ses griffes et, d'un coup vif de ses deux ailes, prit son envol. Il ignora les plaintes et les jérémiades du Géant vert, pour ne reprendre la parole qu'une fois loin dans le ciel, loin au-dessus de la forêt qui s'étendait sous eux, tapis d'une infinie beauté.

 « Tu es peut-être un arbre, mais il te manque la sagesse de la feuille et la patience de l'écorce. Je ne prends pas la menace à la légère. Prends garde au péché d'orgueil. D'autres ont eu avec moi bien moins de chance que toi. » La voix de Dante avait changé. Elle était bien plus profonde, bien plus terrienne, elle semblait jaillir de sa gorge comme les flots de lave coulent de la bouche du volcan qui s'éveille. C'était la voix de la Terre, quand elle s'exprime en craquant sa surface comme on remue ses lèvres avec colère.

 « La nature a survécu à la chute de météorites qui a bouleversé la face du monde. J'ai survécu à cette catastrophe. Tu es libre de vociférer, mais tes leçons de morales sont malvenues. » Dante amorça un virage et Slimane put constater qu'ils se rapprochaient de la colline des Lénapes.

 « Tu vois ce tumulus ? Je pourrais t'y planter et t'y laisser mort, brûlé, calciné. Certains diraient que ce serait « rendre un service » à la communauté. Tu me reproches de m'être battu pour survivre... mais n'est-ce pas ce que tu fais toi-même ? Ne te bats-tu pas pour survivre, et pour qu'Elle survive ? » Par « Elle », il entendait la forêt et plus généralement la Nature. À près d'une dizaine de mètres du sol du haut de la colline, Dante jeta Slimane et ne le rejoignit qu'après un très long virage. Il se posa devant lui, dans un vacarme assourdissant, et avança jusqu'à menacer de peut-être l'attraper tout d'un coup dans sa si grande gueule.

 « Tu n'es qu'un enfant. Les hommes que j'ai combattus ce jour-là répandaient dans la forêt des substances chimiques d'une rare toxicité. Si je n'avais pas brûlé l'intégralité du périmètre, cette pollution aurait infiltré les sols, contaminé les nappes phréatiques, et condamné à la mort un plus large espace de la forêt. Aurais-je dû laisser faire ? Aurais-je dû les observer de loin en pleurant tous les dieux ? » Il éclata d'un rire énorme, d'un rire homérique pareil au tonnerre qui gronde.

 « J'ai coupé la branche pour sauver le tronc et si c'était à refaire, je n'agirais pas autrement. Si tu n'as pas l'intelligence de reconnaître que j'ai agi pour le plus grand bien, pour la sûreté de la forêt tout entière... eh bien c'est décevant. Peut-être n'es-tu pas digne des pouvoirs que le hasard t'a confiés. »
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Ven 19 Mai - 23:34 Message | (#)



Spoiler:
 

La scène avait clairement dérapé. Les deux orgueils des protagonistes se frappaient, se cognaient, mais, aucun des deux ne voulaient se soumettre à la raison de l’autre, c’était tout à fait compréhensible.

Dante, de son côté, avait la puissance d’un Dieu vivant, et, Slimane, n’était qu’un pauvre scientifique au corps endommagé et aux pouvoirs primaires. Pour autant, il se maintenait défenseur de la nature, plus que toutes les créatures magiques et spirituelles de cet univers.

Erreur ou non, son implication était-ce qui motivait sa nouvelle vie, ce qu’il croyait être inscrit dans son ADN. S’incliner ainsi ne lui était pas permit, tout simplement parce cela allait contre tout ce qu’il croyait.

Bien sûr que, à sa manière, le démon avait des propos qui étaient cohérents. Et c’était aussi le cas du Géant Vert, qui, lui, se plaçait à un point de vue bien autre que de l’humain ou de la bête céleste : vantardise suprême, il lui semblait pour autant avoir toujours raison dans ce débat houleux.

Pour autant, la puissance des deux êtres uniques étaient bien différentes, à un point qui ne faisait aucun doute sur le gagnant d’un potentiel combat. L’étranger prit sa véritable apparence, celle à la fois monstrueuse et magnifique des dragons des légendes.

D’un seul mouvement, il se saisit de l’homme et prit son envol dans les airs. Le dernier tentait bien de se défendre, essayant vainement de redescendre sur terre. Un arbre dans le ciel, ce n’était pas naturel après tout. Mais toutes ses tentatives ne servaient à rien dans ses griffes, aussi faible qu’un insecte sous une loupe, Slimane ne pouvait qu’espérer ne pas finir en plusieurs morceaux.

Mais l’espoir ne fait pas tout. Une chute aussi longue, même avec une écorce aussi dure et résistante que la peau du botaniste, ne pouvait finir que mal. Au contact du sol, une partie de son dos se déchiqueta sous l’impact, répandant le sang du super-vilain à plusieurs endroits. Ainsi, une trainée de ce liquide vert représentait le chemin qu’il avait parcouru, à travers sa maison et les arbres qu’ils côtoyaient au quotidien.

Ce n’était pas mortel, cependant, les blessures étaient plus graves qu’une simple bagarre avec des voyous de bas-quartier. Son bois se craquela un peu partout, à mesure qu’il crachait des gémissements de douleur. L’organisme de la chimère tentait bien de trouver une solution, de s’adapter le plus rapidement possible pour le réparer, mais, ce n’était clairement pas suffisant pour le laisser conscient.

À mesure que ses deux yeux se fermaient, il entendit Dante, au loin, continuant de l’apostropher de sa voix grave. Peut-être pensait-il qu’il aurait pu résister à un coup de cette force ? Les années passées à se battre avec des entités gargantuesques avaient probablement émoussé ses sens, troublant sa capacité à raisonner ses coups en fonction de son adversaire.

Car, c’était bien une chute de près de quatre étages que venait de vivre l’impuissant homme de bois. Là, enfoncé dans la terre et les racines, il se sentait bien, bizarrement soulager de pouvoir se reposer parmi les siens. Il sentit ses membres s’aventurer dans le sol, comme lors de son précédent combat, avec le Bâtisseur.

La Terre le rappelait à elle, pour lui redonner des forces et le protéger du monde extérieur. Deux ans, Slimane avait déjà passé deux ans en son sein, d’abord prisonnier à cause de ses actes, il en avait profité pour réfléchir à sa situation et son positionnement face à l’humanité.

Quand il disparut complètement, seul résidait le rire de Coquine, qui, miraculeusement encore accroché à son front, coulait en sa compagnie.

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Promenons-nous dans les bois ... [Dante Visconti]

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