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Let the Beauty Out • Thaliana&Dante

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Jeu 13 Avr - 12:03 Message | (#)

C’était presque étrange de revenir ici, d’y revoir des gens qu’elle côtoyait pourtant si souvent autrefois. Elle qui était habituée à rire, à battre des paupières, à enrouler sa main autour d’un bras, tant que le masque était souvent dur à enlever. Malgré tout, au fond d’elle-même, elle reste une agent de SHADOW. Mais aujourd’hui, après presque quatre ans loin des mondanités de Star City et des autres grandes métropoles américaines, Thaliana avait du mal à jouer à nouveau son rôle à la perfection. Les quelques mauvaises notes passaient néanmoins assez facilement auprès des autres. Après tout, elle n’avait pas évolué dans les hautes sphères depuis si longtemps ! Elle s’était cachée à l’autre bout du monde, loin des médias, avec cet homme qu’elle emmenait maintenant au bout de son bras. Les autres mâles en étaient perturbés. Finies les soirées où ils étaient les heureux élus. Les femmes, quant à elles, se demandaient certainement pourquoi la célèbre danseuse avait choisi un compagnon somme toute assez banal, bien que suffisamment beau garçon pour ne pas détonner. Il restait toutefois un outsider. Il ne faisait pas partie de l’aristocratie, de la haute classe sociale. Et elles lui jetaient des œillades tout à la fois curieuse et dédaigneuse, attendant plus son faux pas à lui qu’à elle.

En vérité, la réalité était toute autre. Thaliana n’avait pas disparu des écrans radars à cause d’une amourette digne des meilleurs soaps opéras, non. Elle avait voulu s’engager encore un peu plus au sein de SHADOW. Elle leur était maintenant dévouée tout entière, plus encore qu’auparavant. Jusque dans les moindres fibres et cellules de son être. Elle avait choisi de perdre son humanité pour devenir une arme. Et l’homme qu’elle trimballait à son bras n’était autre que son superviseur. Celui qui était chargé de la surveiller, de prendre les mesures nécessaires si des fois l’élémentaire venait à poser problème. Il avait fallu à Thaliana un peu plus de trois ans pour réussir à lui imposer un semblant de contrôle, pour apprendre à maîtriser les nouveaux pouvoirs qu’il lui conférait… mais il avait parfois ses mauvais jours et il l’agaçait à « parler » sans arrêt sous son crâne.

Et aujourd’hui était l’une de ces journées… ou plus précisément l’une de ces soirées. Thaliana et son compagnon s’étaient rendus à l’opéra Beaudrie pour assister à un spectacle et l’élémentaire avait décidé qu’il n’était pas d’accord. Il n’avait que faire d’entendre les chanteuses lyriques et les ténors à travers les oreilles de son hôte. En vérité, Thaliana le soupçonnait de ne pas apprécier d’autre musique que celle d’un incendie. Ou au moins celle du feu crépitant dans la cheminée. Il n’avait cessé de lui envoyer des images de son plan d’origine alors qu’elle essayait de se concentrer sur ce qui se déroulait sur scène en contrebas. Tandis qu’elle massait sa tempe droite, l’agent de SHADOW qui l’accompagnait lui avait maintes fois demandé si elle voulait rentrer, mais elle ne voulait rien en faire. Elle resterait jusqu’au bout. Elle n’allait pas laisser l’élémentaire dicter sa vie. Ses relations au sein de la haute société étaient importantes pour l’Organisation et il était temps qu’elle reprenne ses habitudes, sinon elle n’aurait plus aucune chance de réintégrer sa place.

Le spectacle terminé, tous se levèrent. Ceux qui avaient les billets les moins chers ne s’attardèrent pas, retournant vers le centre-ville pour aller dormir. Ceux qui, par contre, avaient payé le prix fort — ou bien s’étaient vus offrir des places — se dirigèrent vers le grand hall de l’opéra pour retrouver coupes de champagne et petits fours. L’élémentaire ne s’était pas calmé et Thaliana s’efforçait de sourire et de maintenir des conversations potables. Mais, au bout d’un moment, elle tapota le bras de son compagnon et se hissa sur la pointe des pieds pour venir lui murmurer quelques mots à l’oreille. Je vais aller prendre un peu l’air, je reviens. Seule, elle pourrait certainement mieux apaiser la créature et retrouver un semblant de calme. Elle ne sortit pas par la grande porte mais se dirigea vers l’une des petites terrasses dont était doté l’opéra. Elle s’approcha jusqu’à la rambarde en pierre et s’y accouda. La jeune femme défit les attaches de son chignon sophistiqué et laissa ses mèches blondes cascadées sur ses épaules dévoilées par la coupe de sa robe de soirée. Elle glissa ses doigts contre son cuir chevelu et dessina des petits cercles. Allez… Est-ce que tu pourrais au moins me laisser passer une soirée tranquille ? Ce n’est pas trop demandé, si ? Je sais que tu ne veux pas être là, encore moins sur ce plan d’existence… mais notre alliance nous approche des dieux, alors que tu n’étais qu’un parmi d’autres chez toi… L’élémentaire lui envoya une image de chaînes, celle qu’il lui transmettait à chaque fois qu’il voulait lui dire que tous les bénéfices de leur association ne pesaient pas dans la balance car il — ils — ne pouvait évoluer librement sur cette terre.

Thaliana poussa un soupir. Elle se retourna à demi quand elle entendit des pas dans son dos et ouvrit la bouche pour assurer à son compagnon que ça allait, qu’elle allait rentrer… mais ce n’était pas lui qu’elle découvrit avec elle sur la terrasse. C’était un autre homme, plus grand, avec la peau plus foncée, une silhouette un peu plus élancée et fine. Sa bouche entrouverte se transforma en sourire et elle mit un instant avant de le saluer. Bonsoir… Comment avez-vous trouvé l’opéra ? demanda-t-elle en espérant qu’il n’avait pas entendu son monologue.
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Dante Visconti

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Ven 14 Avr - 15:47 Message | (#)



Un jour tranquille, une soirée en paix – Dante n'en avait plus connu depuis des lustres. Une vague intuition lui murmurait qu'il n'en connaîtrait pas avant longtemps. Pourtant, cette journée avait bien démarré et jusque-là, aucun incident particulier n'avait retenu son attention. Tout était très ordinaire, et c'était pour lui un grand soulagement. Il se rendit, à quatorze heures, à l'opéra Beaudrie. Un de ses amis, Vitale Orsini, avait saisi l'occasion d'un concert à l'opéra pour sa fête d'anniversaire, et pour l'occasion, il offrait un superbe concert aux cinquante à cent convives qu'il comptait réunir.

Dante ne s'était pas fait prier et avait accepté l'invitation : il connaissait les Orsini depuis longtemps et même s'il n'avait jamais trempé, à leurs côtés, dans ces affaires douteuses qui firent leur fortune et leur renommée dans le monde de la pègre, le vieux dragon avait toujours entretenu avec eux d'excellentes relations, depuis leur arrivée à Star City et jusqu'à ce jour. Ils comptaient parmi les rares à connaître le secret de Dante – son éternelle jouvence – et s'étaient toujours montrés des amis fiables et fidèles. C'était donc tout le clan Orsini qui se trouvait à l'opéra ce soir-là, avec quelques pièces rapportées, comme Dante et quelques autres, des obligés de la famille Orsini pour la plupart.

À vingt heures trente débuta la représentation. Le concert était prometteur : pour son anniversaire, Vitale Orsini s'offrait Don Giovanni, chef-d’œuvre du répertoire et opus maximus de toute l’œuvre de Mozart. Un choix classique, pour un anniversaire très classique. Les nombreux convives se réunirent dans la grande salle de l'opéra et Dante se trouva coincé entre Bianca Orsini, la mère de Vitale, et... il ne connaissait pas cette jeune femme. Il s'agissait de Thaliana, mais sa tête ne lui disait rien du tout. Il la salua poliment et tourna son regard chocolat vers le rideau qui se levait sur une scène décorée trop richement à son goût. Le chef d'orchestre apparut, des applaudissements le saluèrent. Poliment, il s'inclina devant le public, remercia le clan Orsini et se tourna vers ses musiciens.

Le silence se fit, l'ouverture déclina les accents tourmentés d'une mélodie que Dante connaissait bien. Il n'est pas aisé de caractériser le génie de Mozart, qui échappe à toute définition. Sa maîtrise, faite de grâce, d'aisance et d'élégance naturelle, souffre peu l'examen. Il y a chez lui cette spontanéité qui se manifeste aussi bien dans le style le plus dramatique et l'accent le plus noble que dans la volubilité souriante et la tendresse légère. Ce privilège unique du génial autrichien est d'avoir su parler avec la même infaillibilité le langage de Don Juan et celui de Zerline – qu'ils entendraient bientôt chanter.

Bientôt, après l'entracte, vint la scène célèbre dite du Commandeur. On vit sur la scène apparaître l'homme de pierre, et la musique prit des accents de douleur sinistre. Le chanteur se dépassait. Tout autour de lui les figurants agitaient leurs sombres guenilles, donnaient à l'ensemble un air d'intemporel, de macabre, de lugubre. Leporello suppliait son maître, ce dernier ne voulait rien entendre. Il défia le commendatore. Celui-ci lui tendit la main, et la suite inévitable... La phrase chantée, terrifiée de Giovanni résonna tout autour d'eux, portée par la musique d'un orchestre génial : « Dond’escono quei vortici di foco pien d’orror ? » Dante savourerait longtemps l'écho de ce cri d'effroi.

Dans un second temps, c'est autour d'un buffet fort généreux que se retrouvèrent les convives. Le concert avait pris fin. Tous les invités portaient leurs plus beaux habits et même Dante avait cédé à la vanité d'un costume neuf et d'une toilette élégante ; il avait à cœur de ne pas dépareiller, autour de ces vieux ritals implantés à Star City depuis longtemps et qui donnaient une belle illustration de ce qu'est la mafia italienne, avec son arrogance et son raffinement. Aux poignets, des Patek Philippe, aux cous, des diamants de chez Cartier, et dans les sacs, des liasses de billets et peut-être des armes à feu. Rien que de très coutumier dans ce monde où l'écorce luxueuse dissimule un arbre à la sève violente.

Mais à les voir bavarder, rire, discuter, trinquer, grignoter, qui aurait pu imaginer que cette vieille dame en habit de deuil fût la mère d'un baron de la pègre ?

Qui aurait pu imaginer que cette jeune étudiante en littérature ancienne, à la prestigieuse université de Star City, fût responsable de tout un segment du marché clandestin des œuvres d'art en ville ? Ces choses-là, personne ne les évoquerait aujourd'hui. Personne n'aurait ce mauvais goût. La mafia, avec ses codes et ses règles, ses rituels et son étiquette, imprégnait ces gens au-delà même de leur peau, de leur sang, de leur moelle. Dante s'amusait beaucoup parmi eux. Il y voyait la survivance de cet esprit très italien de la « famiglia ducale ». C'était touchant.

Pour prendre l'air, Dante gagna l'une des terrasses et tomba nez à nez avec la même jeune femme qu'il avait côtoyé durant le concert. «  Admirable. Une prestation de haute qualité, ce qui est assez rare, aux États-Unis... sans doute parce que le chef d'orchestre est italien.  » Un sourire et il ajouta : «  Tout va bien ? Vous me semblez... distraite. N'avez-vous pas apprécié le concert ?  » Ton neutre, expression banale, conversation mondaine. «  Nous n'avons pas été présentés. Je suis Dante Visconti... le mystérieux propriétaire de l'empire des cosmétiques et parfums, Fragonard.  »

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Sam 15 Avr - 14:31 Message | (#)

En observant son visage, Thaliana se dit qu’il ne lui était pas totalement inconnu. Ils n’avaient pas été présentés, mais il lui semblait bien qu’il était celui qui était assis à côté d’elle durant l’opéra, du côté où son compagnon ne se trouvait pas. Elle retint un soupir, mais elle n’en pensa pas moins : elle allait devoir faire part de ça à SHADOW. Quand l’élémentaire s’amusait à lui faire vivre son propre enfer personnel, elle n’était guère utile à l’organisation. Moins à l’affut, moins attentive, moins efficace. Malgré cela, elle s’efforça de sourire et de ne rien laisser paraître. Il ne fallait en aucun cas que cet homme ne se doute de quoi que ce soit. Bien qu’il pourrait s’imaginer quelque chose très loin de la vérité. Même si les Hommes s’étaient habitués aux supers et à tout ce que ça impliquait dans leurs vies, certains avaient toujours un esprit très cartésien et rationnel. Peut-être serait-ce le cas de celui qui se trouvait en face d’elle sur la terrasse. Elle l’espérait du moins. Mais il y avait aussi, dans la haute société, des personnes qui s’adonnaient à l’ésotérisme… un peu comme Hitler à une certaine époque.

Admirable. Une prestation de haute qualité, ce qui est assez rare, aux États-Unis... sans doute parce que le chef d'orchestre est italien. Le sourire de la jeune femme se fit un peu plus sincère, même si la migraine ne la quittait pas. L’élémentaire grondait, sous son crâne. Il avait envie de se défouler, de faire brûler quelque chose, n’importe quoi. Sauf que dans cette carcasse humaine, il ne pouvait pas créer le feu. Et ça ajoutait à sa frustration. Thaliana se retint de porter ses doigts à sa tempe droite. Peut-être en effet… Bien que les Allemands se défendent également plutôt bien dans ce domaine. Elle était encore jeune quand elle avait déménagé pour les Etats-Unis avec ses parents… et l’Allemagne d’alors n’était clairement pas la même qu’aujourd’hui… mais néanmoins, elle restait toujours un brin nostalgique de sa patrie. Elle ne regrettait aucunement ce qu’elle était maintenant, le parcours qu’elle avait emprunté, mais elle aurait parfois aimé aller y faire un tour, découvrir ce que Berlin était devenue, à quel point elle avait changé depuis son départ.

Tout va bien ? Vous me semblez... distraite. N'avez-vous pas apprécié le concert ? Le sourire de la danseuse se fit un peu crispé. Ainsi, il avait remarqué quelque chose malgré ses efforts… est-ce que l’élémentaire sous son crâne, en plus de mettre à mal ses aptitudes d’agent de SHADOW, compromettait son talent d’actrice ? Peut-être aurait-elle dû attendre encore un peu avant de revenir « sur le devant de la scène ». Elle eut un mouvement vague de la main. Non non, pas du tout. Il était l’un des meilleurs auxquels j’ai pu assister. Elle marqua une courte pause avant de reprendre. Une migraine m’est tombée dessus, rien de plus… Désagréable, mais elle passera. Thaliana eut un sourire encourageant. Nous n'avons pas été présentés. Je suis Dante Visconti... le mystérieux propriétaire de l'empire des cosmétiques et parfums, Fragonard. Eh bien, ce jeune homme n’était pas n’importe qui. La moue de la danseuse se fit un peu plus assurée. Enchantée de faire votre connaissance, Monsieur Visconti. Thaliana Feuerbach, danseuse. Elle s’approcha de lui et lui tendit la main pour sceller les présentations.

Arrivée ainsi près de lui, elle fut obligée de se décrocher le cou pour maintenir le contact visuel : il faisait près de 30 cm de plus qu’elle et ce n’était pas rien. Elle lui arrivait à peine à l’épaule. Sa main engloba la sienne qui lui parut bien frêle tout d’un coup, même si elle se savait apte à combattre contre un homme de sa stature. Après tout, elle en avait déjà affronté des comme lui durant l’entrainement et même sur le terrain, quand c’était nécessaire. Sans se départir de son sourire, elle reprit. Peut-être m’avez-vous déjà vue en représentations… Il m’est arrivé de me produire sur la scène même de cet opéra… mais aussi ailleurs, un peu partout sur le continent. Ou peut-être pas d’ailleurs. Elle ne savait rien des goûts de cet homme, à part qu’il aimait l’opéra de qualité. Un point commun. Au-delà de ça, elle était dans le flou… et elle savait que le présupposer adepte des frivolités de beaucoup de riches serait peut-être une erreur. Elle eut un petit rire et repoussa une mèche de cheveux qui lui chatouillait la joue. L’élémentaire s’était un peu calmé sous sa caboche, mais elle le sentait attentif, sans qu’elle ne sache pourquoi. Prévoyez-vous de sortir une nouvelle gamme de produits prochainement ? Une conversation mondaine et banale, rien de plus. Il n’y avait aucune raison pour qu’il y ait plus. Elle devait juste donner le change jusqu’à ce qu’il soit une heure décente pour s’éclipser et rentrer.
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Dante Visconti

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Dim 16 Avr - 13:41 Message | (#)

Dante ne put empêcher un sourire de se former sur ses lèvres, quand Thaliana évoqua les dispositions « allemandes » pour la direction des orchestres.

Il hocha la tête, sans dire un mot de plus, puisqu'il était inutile de la contredire sur ce point, puisqu'il était vain d'entamer avec elle un débat vieux de deux siècles et toujours si stérile... la querelle des Italiens et des Allemands, inspirée des rivalités artificielles entre Gluck et Piccinni, entre Mozart et Cimarosa, entre Weber et Rossini, querelle qui culmina dans la confrontation topique, structurante pour l'imaginaire de l'opéra européen jusqu'à nos jours, entre les deux géants de l'art lyrique, Verdi, d'un côté, et Wagner, de l'autre, tous deux nés la même année, en 1813, et appelés à devenir les figures d'une hostilité réciproque idiote et fantasmée, qui fut d'avantage l'objet de leurs thuriféraires que le leur propre.

Méditerranée contre Germanie, une vieille histoire, une vieille sottise.

La petite demoiselle expliqua son air distrait par une migraine inopportune. Dante inclina la tête, compatissant, et termina d'un geste mesuré les présentations. Son sourire se fit toutefois plus taquin et pointu, à mesure qu'elle précisait la nature de son activité de danseuse, et le questionnait, enchaînant ainsi quelques banalités d'usage, dans les fêtes mondaines. Le vieux dragon n'était pourtant pas dupe. Il haussa les épaules.

«  Je crains, hélas, de ne pouvoir vous renseigner très précisément. Je laisse à des personnes plus compétentes que moi le soin de mener l'entreprise et de gérer sa politique commerciale. Je fais un piètre VRP, et une égérie à peine acceptable.  » Dante organisait, parfois, la mise en scène des grands mystères qui entouraient sa vie pour servir les intérêts de Fragonard, Thaliana aurait peut-être vu a trogne à la une de ces revues et magazines qu'on ne trouve qu'entre les mains de ce qu'on pourrait appeler, par anachronisme, l'aristocratie. «  Il me semble qu'au mois de juin, nous lancerons une gamme de soins intégraux, naturels et labellisés totalement, ce qui est une première mondiale. Il y a parmi les convives un membre de notre directoire, il saura certainement mieux vous en parler que moi.  »

C'était un mensonge. Dante suivait de très près les activités de l'entreprise, qu'il veillait comme le lait sur le feu, tant était grande son importance stratégique. «  Si vous le souhaitez, je vous ferai offrir un coffret complet en cadeau. Pour honorer vos talents et vos grâces. Je me souviens très bien vous avoir vu plusieurs fois, au cours de la saison. Des prestations remarquables...  » Un serveur passa près d'eux, portant sur un plateau quelques coupes d'un excellent champagne. Dante en prit une au passage.

Il continua : «  Flamboyantes. Vous êtes une étoile montante, ce n'est pas vous flatter que le reconnaître. Je me demande où vous mènera votre carrière. La tiède Antarès peut-elle devenir la brûlante Altaïr ?  » Il s'amusa lui-même de ce jeu des comparaisons. Il leva sa coupe en l'honneur de Thaliana. «  Sans doute. Vous brillez déjà de mille feux.  » Ses yeux se plantèrent dans les yeux de la danseuse et ne les quittèrent plus, quelques instants durant, assez longtemps pour y imprimer une expression silencieuse, une intuition subtile, un murmure vague, imprononçable, comme le chant de la vague qui se brise au rocher.

«  Où serez-vous, prochainement ? Si j'en ai l'occasion, je viendrai vous voir.  » Ce n'était pas comme si la vie d'un richissime rentier s'organisait autour d'un emploi du temps trop exigeant et il ne coûtait rien d'être galant homme auprès d'une délicieuse femme... surtout quand le prince est en fait un dragon et la princesse l'hôte d'un être de Fuzon. Thaliana jouait de malchance : son secret n'aurait pu échapper à Dante, qui connaissait trop bien le plan du feu, pour y avoir subi un séjour contraint et forcé de longues années, de longs siècles durant. Il n'existait pas une créature de ce plan élémentaire qu'il ne connût et sût reconnaître au premier coup d’œil, au premier coup de nez.

Thaliana n'avait pas la plastique d'un tel être, mais elle en avait certainement les parfums – que l'aimable lecteur me pardonne, je n'entends pas par là que Thaliana sentirait le soufre ou le charbon, puisqu'il s'agit d'odeurs magiques, non d'effluves olfactives.
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Lun 17 Avr - 12:23 Message | (#)

Une poignée de mains somme toute assez courte, mesurée. Il n’y avait là aucune démonstration de puissance comme pouvait parfois en faire démonstration les hommes. Bien que, souvent, c’était plus entre eux qu’ils s’adonnaient à ce genre de futilité. Ça aurait malvenu de broyer les phalanges d’une jeune femme. Surtout dans une soirée telle que celle-ci où tout n’était que distinction et politesse. Les bas-fonds étaient à un jet de pierre, juste à portée, mais ils n’avaient pas leur place à l’opéra. Un sourire, des épaules qui se haussent, il n’y avait rien de plus banal que cela. Mais il fallait bien donner le change. Thaliana avait disparu pendant trois ans, se coupant de l’aristocratie pour apprendre à maîtriser un peu près correctement l’élémentaire enfermé en elle. Elle se devait de faire attention aux apparences, aux illusions qu’elle projetait sur ceux qui étaient ses compagnons de soirée autrefois. Elle devait bien évidemment apparaître légèrement déphasée, comme elle était censée avoir été coupée des rumeurs qui secouaient la haute société… mais elle se devait aussi de faire cet effort pour se… remettre à niveau, si on pouvait dire. Alors oui, les conversations d’une banalité et d’une superficialité effarantes étaient nécessaires.

Je crains, hélas, de ne pouvoir vous renseigner très précisément. Je laisse à des personnes plus compétentes que moi le soin de mener l'entreprise et de gérer sa politique commerciale. Je fais un piètre VRP, et une égérie à peine acceptable. La jeune femme lui rendit son sourire. Vous êtes parfaitement acceptable, à mon humble avis. Après tout, il y avait clairement des mannequins moins exquis que Dante Visconti. Il me semble qu'au mois de juin, nous lancerons une gamme de soins intégraux, naturels et labellisés totalement, ce qui est une première mondiale. Il y a parmi les convives un membre de notre directoire, il saura certainement mieux vous en parler que moi. Thaliana entrouvrit ses lèvres fines maquillées d’un trait de rouge profond, dans une expression curieuse et fascinée.

Si vous le souhaitez, je vous ferai offrir un coffret complet en cadeau. Pour honorer vos talents et vos grâces. Je me souviens très bien vous avoir vu plusieurs fois, au cours de la saison. Des prestations remarquables... La danseuse pencha légèrement la tête, laissant quelques mèches blondes glisser devant son visage, dans un simulacre de gêne polie. Je serais ravie d’essayer ces nouveaux produits. glissa-t-elle malgré tout avant que son interlocuteur reprenne, distrait par le serveur et ses coupes. Elle en prit une également, qu’elle ne toucha pourtant pas tout de suite. Flamboyantes. Vous êtes une étoile montante, ce n'est pas vous flatter que le reconnaître. Je me demande où vous mènera votre carrière. La tiède Antarès peut-elle devenir la brûlante Altaïr ? Elle eut un petit rire et humecta à peine ses lèvres sur le bord de sa flûte alors qu’il trinquait en son honneur. Elle se savait bien tenir l’alcool, mais avec l’agitation de l’élémentaire, elle préférait ne pas tenter le diable.

Sans doute. Vous brillez déjà de mille feux. Il aurait fallu être dupe pour ne pas saisir une allusion dans ses paroles. La répétition des termes associés aux flammes était n’était certainement pas une coïncidence… mais comme pouvait-il savoir quoi que ce soit…? Thaliana décida d’ignorer les sous-entendus pour l’instant, bien que soutenant le regard de Dante. Elle se devait de garder le secret de sa nature, plus que toute autre chose, plus que toute autre personne possédant un don, des pouvoirs, une malédiction. Elle était un agent de SHADOW. Elle était une mutée. Elle était une arme, elle n’était plus un être humain. Personne ne devait savoir. Où serez-vous, prochainement ? Si j'en ai l'occasion, je viendrai vous voir. La voix du jeune homme la tira de ses pensées dans un battement de paupières. Vous m’en voyez flattée. Je vais me produire encore quelques fois en ville, pour des amis. J’ai été loin pendant bien trop longtemps. Il est temps de rester un peu à Star City et d’en faire profiter ses citoyens, ne pensez-vous pas ? Ça pouvait être la raison. Tout comme la danseuse pouvait avoir envie de se remettre doucement à niveau après cette longue période d’absence, malgré les quelques représentations qu’elle avait déjà faites depuis son retour. Trois ans sans se produire, ça n’était pas rien, surtout dans le milieu artistique. Pour l’instant, elle avait surtout dansé pour des représentations plus ou moins privées, pour des « amis » qui ne l’avaient pas oubliée malgré sa disparition… le temps de revenir correctement sur une scène plus grande.

La jeune femme avala une nouvelle mini-gorgée de champagne. Il y avait quelque chose chez cet homme qui commençait à la mettre mal à l’aise. Elle avait appris à observer les gens, à deviner leurs émotions, leurs intentions… mais avec Dante, elle ne parvenait pas vraiment à mettre le doigt sur ce que la chiffonnait. En fait, ce n’était pas vrai. Elle le savait. Mais elle ne parvenait pas à comprendre comment il pouvait savoir quoi que ce soit sur l’être qui était enfermé en elle, qu’on avait enfermé en elle. Ce passager clandestin, ce parasite qui était la cause de ses migraines. Elle finit par lui adresser un sourire et par se détourner légèrement pour profiter d’une brise qui passait sur la terrasse. Elle lui offrit son visage, fermant les paupières. L’air frais aide pour la migraine… laissa-t-elle échapper. J’imagine que votre nouvelle gamme de soins n’en offrira pas un naturel pour lutter contre les maux de crâne ? demanda-t-elle sur ce ton légèrement badin.
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Dante Visconti

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Mar 25 Avr - 0:08 Message | (#)

«  Ils auraient tort de se priver du privilège de votre présence en ville.  » Il avait glissé cette phrase, tout sourire. Il n'en pensait pas moins, mais de toute évidence son esprit s'attachait déjà à l'examen minutieux du spectre magique de la créature qu'il avait sous les yeux, sous la surface immédiate de cette délicieuse jeune femme.

Cet élémentaire ne le pouvait tromper, il en avait trop vus durant son séjour sur Fuzon – il en avait dévorés plus d'une fois, d'ailleurs. Ah, le temps lointain de la disette alimentaire, quand pour Survivre le jeune dragon dut s'en remettre à la nécessité, et manger ce qu'il pouvait trouver... une époque révolue, fort heureusement, depuis des lustres.

«  Le public américain n'est pas très cultivé, mais il a ses marottes.  » Dante l'avait constaté, dernièrement, à Star City, la haute bourgeoisie, celle qui réussit dans les affaires, dans l'immobilier, la classe des grands avocats, des grands patrons, des notables locaux, tous professaient un amour suspect pour la chose culturelle et plus particulièrement pour les expositions et les concerts, comme s'il y avait là un tropisme nouveau, comme si « aller à l'opéra et au ballet » devenait une mode incontournable, comme si cette aristocratie retrouvait ses fondamentaux, ses classiques, ces marqueurs sociaux qui la distingue de la populace.

Venir pour écouter Mozart ou pour admirer Thaliana n'était pas tant le gage d'un réel intérêt pour l'objet culturel que le symptôme d'un mépris de classe dont l'expression emprunte aux codes éculés de l'aristocratie historique. Quand elle évoqua sa migraine et la gamme de soins dont il venait de parler, la danseuse lui parut bien légère, mais il ne répondit pas tout de suite et se rapprocha du balcon.

«  L'air frais soulage en effet. Cela dit, je doute que les soins cosmétiques soient d'une quelconque utilité. En revanche, boire beaucoup d'eau et manger sainement...  » Allait-il verser dans la réponse facile, parler des cinq fruits et légumes quotidiens, évoquer tous les poncifs de l'hygiénisme ambiant ? Certainement pas et le croire, c'est mal connaître ce vieux dragon !

«  Mais il n'est nul besoin d'une quelconque crème ou d'un sérum qu'on prétendrait miraculeux pour venir à bout d'une migraine. La menthe poivrée fait des miracles. Et que dire de la camomille, de la valériane, de la mélisse, ou même de l'eucalyptus ? Toute une gamme d'infusions pour les maux de têtes, légers ou plus préoccupants.  »

Il se tut, affectant de rougir, comme s'il faisait mine de comprendre qu'il tenait un langage très décalé dans la bouche de ce personnage qu'il réservait aux soirées mondaines. Après avoir bu quelques gorgées de sa coupe, à peine deux, il poursuivit : «  Pardonnez-moi. Les « médecines douces », les soins par les plantes, c'est un de mes vices les plus indécrottables. C'est que j'ai une passion secrète pour toutes les herbes qui guérissent...  »

Chacun sa petite lubie ! Certaines vieilles peaux ont le tricot, certaines jeunes hommes ont la beuverie... Dante se montrait là original et somme toute très ennuyeux. Il couva Thaliana d'un regard empreint de malice.

«  Cependant, ces tisanes ne feront jamais qu'apaiser les symptômes de vos migraines. Pour les voir disparaître, il est essentiel de lutter contre les causes fondamentales. Si celles-ci sont profondes, il faut attaquer en profondeur. Dans ces cas-là, trop souvent, la seule médecine viable est de combattre le feu par le feu...  » Dante laissa glisser dans ses propres yeux un rayonnement brutal, comme l'arc soudain d'une flamme de jubilation.

Ce n'était plus tant à Thaliana qu'il parlait qu'à l'élémentaire, puisqu'il ignorait encore qu'entre la créature et la danseuse il y avait un fossé, et que l'union des deux êtres n'était qu'une symbiose étrange et pénétrante. Après quelques instants de sereine contemplation il détourna le regard pour embrasser l'immensité urbaine. Le quartier des théâtres n'était pas le plus laid de Star City. Dante aurait pu s'y installer, à la réflexion, s'il n'avait préféré les grands espaces de la colline.
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Mer 3 Mai - 16:36 Message | (#)

Ils auraient tort de se priver du privilège de votre présence en ville. Thaliana lui rendit son surire, même si elle était toujours perturbée par les mots qu’il avait employés. Elle savait que rien dans ses paroles, dans son attitude, avait pu trahir la présence de l’élémentaire en elle. Tout au plus sa migraine pouvait interroger quelque peu, mais rien de plus. Elle n’était pas en faute. Elle n’avait rien dévoilé de ce qu’elle était. Elle ne le ferait jamais. SHADOW était toute sa vie. Comment pouvait-elle seulement songer à les trahir juste parce que le jeune homme devant elle choisissait des termes précis pour parler d’elle ? Son regard dériva un instant vers l’intérieur de l’opéra, derrière Dante, comme si elle espérait que son agent attitré vienne la secourir de cette situation gênante.

Le public américain n'est pas très cultivé, mais il a ses marottes. Ses paroles la firent de nouveau tourner la tête vers lui. Thaliana avala une petite gorgée de champagne du bout des lèvres. Elle tenait plus que bien l’alcool, là n’était pas la question… mais elle ne voulait pas que l’élémentaire profite d’une potentielle faiblesse pour semer le désordre. C’était sa réinsertion dans le monde qui l’avait vue évoluer qui était en jeu ici. Elle avait déjà refait quelques apparitions, même quelques représentations, mais Thaliana sentait bien qu’ils n’étaient pas encore tout à fait prêts à lui pardonner sa disparition soudaine. Cela, je veux bien vous le concéder. Elle n’avait pas vraiment eu l’occasion de retrouver son Allemagne natale depuis qu’elle avait déménagé avec ses parents aux Etats-Unis, ni depuis qu’ils étaient morts et que son grand-père s’était chargé de son éducation et de la faire rejoindre SHADOW… mais Dante disait vrai. Le public américain ne possédait pas cet enthousiasme sincère que possédaient les Européens quand il s’agissait d’art, quelle qu’en soit la forme.

Le silence s’instaura pendant quelques secondes, après sa tentative de détourner le sujet sur un qui était plus innocent. Dante se rapprocha du balcon et donc d’elle. Elle lui jeta un regard en biais. Star City, avec d’autres villes, était réputée pour ses héros, ses vilains et ses métahumains neutres… Elle abritait nombre de personnes possédant des pouvoirs surhumains et elle n’avait aucune idée de comment les reconnaître quand ils étaient sous leur identité civile. SHADOW avait bien quelques dossiers, forcément, vu le nombre d’espions qu’ils possédaient… Mais, à cet instant, ils ne lui étaient d’aucune utilité, puisqu’elle ne pouvait pas savoir si la proximité de Dante pouvait lui être dangereuse ou pas. L'air frais soulage en effet. Cela dit, je doute que les soins cosmétiques soient d'une quelconque utilité. En revanche, boire beaucoup d'eau et manger sainement... La danseuse eut un petit sourire à sa remarque. Elle avait toujours pris soin de son corps, que ce soit en l’entretenant avec l’entraînement intensif ou bien en ne consommant que des aliments sains et qui n’étaient pas bourrés de pesticides ou autres produits chimiques. Même si elle n’avait été que danseuse, ça aurait été le cas. On n’atteignait pas son niveau en mangeant McDo ou kebab tous les soirs.

Mais il n'est nul besoin d'une quelconque crème ou d'un sérum qu'on prétendrait miraculeux pour venir à bout d'une migraine. La menthe poivrée fait des miracles. Et que dire de la camomille, de la valériane, de la mélisse, ou même de l'eucalyptus ? Toute une gamme d'infusions pour les maux de têtes, légers ou plus préoccupants. Elle le regarda un peu plus attentivement, notant les noms des plantes dans un coin de son esprit. Ses techniques ne lui étaient pas tout à fait inconnues, mais il fallait bien dire qu’elle n’avait jamais été réellement sujette aux migraines avant d’avoir l’élémentaire dans la peau… Et qu’au début de leur « partenariat », rien ne pouvait atténuer la douleur, pas même le pire des opiums. Le jeune homme se tut et Thaliana pencha légèrement la tête sur le côté. Il se dissimula un instant dans sa coupe de champagne avant de reprendre. Pardonnez-moi. Les « médecines douces », les soins par les plantes, c'est un de mes vices les plus indécrottables. C'est que j'ai une passion secrète pour toutes les herbes qui guérissent... Un rire cristallin échappa à la demoiselle. Il y a bien pires comme vices, ne vous excusez pas pour ça !

La malice sembla se propager à son interlocuteur. Cependant, ces tisanes ne feront jamais qu'apaiser les symptômes de vos migraines. Pour les voir disparaître, il est essentiel de lutter contre les causes fondamentales. Si celles-ci sont profondes, il faut attaquer en profondeur. Dans ces cas-là, trop souvent, la seule médecine viable est de combattre le feu par le feu... Pourtant, il y avait quelque chose de très sérieux dans ses paroles. Et, à nouveau, il parlait du feu. Thaliana battit des paupières, feignant de ne pas comprendre où il voulait en venir. Et, surtout, de ne pas avoir vu ce rayonnement dans ses prunelles. De nombreux médecins disent pourtant qu’il est difficile d’en connaître les causes exactes… Sa bouche se fit pourtant légèrement sèche à mesure qu’elle parlait. C’était certain, il savait quelque chose. Mais il ne pouvait pas connaître la présence de l’élémentaire en elle, c’était tout bonnement impossible. Thaliana s’en voulut presque de seulement penser ce mot. Dans une ville comme Star City, on apprenait vite que l’impossible n’était repoussé qu’aux limites de l’imagination — et des pouvoirs — de ses citoyens.

Finalement, Dante détourna le regard qu’elle avait soutenu avec un léger air hébété. Elle avala une nouvelle gorgée de champagne. Le brouhaha des discussions lui parvenait à peine depuis l’intérieur. Puis, n’y tenant plus vraiment, elle se tourna légèrement vers l’Italien. Qu’entendiez-vous par « combattre le feu par le feu » ? demanda-t-elle dans un froncement élégant de sourcils. Comment combattre la migraine par… une autre migraine ? Oui, elle jouait un peu les imbéciles, mais Thaliana Feuerbach la danseuse n’avait jamais été réputée pour ses traits d’esprit. Au contraire, c’était plutôt parce qu’elle avait une plastique exquise et qu’elle faisait une parfaite arm-candy, à rire aux blagues de ses cavaliers. Elle espérait malgré tout que le jeune homme dévoilerait un peu plus ce qu’il pensait savoir à son propos… Elle ne serait pas celle qui vendrait la mèche en premier. Elle en avait fait le serment quand elle avait décidé de devenir mutée pour SHADOW. Ne jamais révéler l’existence de ses pouvoirs et ne s’en servir que durant les missions.

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Dante Visconti

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Jeu 4 Mai - 1:16 Message | (#)

Elle était amusante, la délicieuse courtisane, la danseuse émérite, la belle Thaliana qui feignait de ne point le comprendre, et qui déployait des trésors d'artifice et de théâtre pour dissimuler une vérité impossible à cacher au vieux dragon.

La nature même de l'élémentaire, trop proche de ce qui fut trop longtemps le quotidien du reptile, ne lui pouvait échapper ; eût-elle possédé quelque subterfuge pour dresser des murs entre sa clairvoyance et l'essence de cet être extra-planaire, ce n'eût été suffisant à tromper être si puissamment vigilant.

Dante haussa les épaules. Connaître les causes exactes des migraines n'était pas de son ressort. Il se contentait d'évoquer les solutions qu'il connaissait en matière d'aromathérapie générale, plus précisément même en herboristerie.

Il aurait certes pu proposer à la danseuse une recette pointue de sa composition, dont il connaissait les effets magiques, pour l'aider à guérir cette flétrissure du crâne que peut être, hélas, une vilaine migraine, dont la pesanteur se voit sur les fronts ternis et même dans les yeux fatigués.

«  Je plaisantais tout simplement...  » dit-il, son sourire s'élargissant. Il s'abaissa pour n'être entendu que d'elle : «  ... et je taquinais l'élémentaire. Ne le prenez pas mal, c'était bien trop tentant.  »

Dante observa le visage de la danseuse et ce qu'il vit l'amusa tant qu'il s'exprima dans un fou rire. «  Ne le prenez pas mal. Vous pouviez difficilement me le cacher.  » Il tira un briquet de sa poche, l'alluma. La flammèche tremblota quelques instants, dans le vent, et s'étira pour former comme un lys, avant de se disperser dans les airs. La démonstration était éloquente. «  Soyez sans crainte, je sais me taire.  »

Il remit le briquet à sa place et l'air de rien, porta son regard au plus loin qu'il put sur les toits de Star City. Il n'avait aucune raison d'associer la migraine de Thaliana à la nature de l'élémentaire de feu, qu'il distinguait mal de son enveloppe charnelle et si subtil que fût son flair, il ne faisait aucune différence entre les deux entités qu'il confondait en une seule.

D'un doigt taquin, il tapota le bout de son nez. «  Il n'est rien qui brûle que ce nez ne sache reconnaître.  » Une façon plaisante de travestir un brin la vérité, puisque son flair ne concernait pas seulement les créatures magiques liées au feu. «  J'ai préféré être honnête. Il faut me pardonner ma taquinerie.  »

L'ennui était devenu, avec le temps, le pire ennemi du vieux dragon : il le combattait comme il pouvait ; par l'humour, le plus souvent, appliqué à toutes les situations et surtout, sans cesse renouvelé. Trop souvent les mêmes plaisanteries produisent les mêmes effets, et sans virage, sans mouvement, la vie se montrait bien trop l'égale de son reflet sur le miroir des années. Dante n'espérait pas susciter chez Thaliana ou la crainte ou l'apaisement, quoi qu'il en eut dit : peu lui importait son état, il s'était contenté d'évoquer un fait.

«  C'est que vous êtes un fleur rare. Mine et talent ne vont pas toujours de paire, hors vous êtes à la fois belle et douée dans votre art. Oublions le reste. C'est à peine un détail intéressant. Avez-vous faim ? Nous devrions nous rapprocher du buffet. Je me sens en appétit.  » Il fit mine de se retourner pour quitter le balcon mais ne bougea pas d'un poil. Il ne laisserait pas Thaliana seule et agirait avec elle en parfait galant homme, comme l'imposait et la décence et la courtoisie la plus élémentaire.

Elle le méritait bien, et lui-même ne s'était-il pas montré peu délicat, en agissant d'abord par insinuations, avant de révéler le pot-aux-roses ?
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