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Oui Oui les menuisiers nazis existent encore ! [Dieter]

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Message posté : Dim 25 Nov 2012 - 20:35 Message
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*Bop Bop Bop … Bop * C'est à peu prés la sonorité que réalisait Gregory Williams à l'aide de sa bouche. Douce lutte contre l'ennuie de la matinée et un réveil trop brusque, il patientait de cette façon en observant les chiffres des étages défiler dans l’ascenseur de l'Alexander Building. 37E, 38e ils défilaient à une allure tranquille que le directeur de la fondation Rhodes tentait de rythmé de claquements de langue bruyant. Un passe temps comme un autre dirons nous. D'ailleurs, il aurait sûrement continué plus longtemps si, un léger coup au ventre ne l’avait pas arrêté dans sa concert. Le ventre rentré par réflexe et le souffle coupé, il tourna rapidement la tête vers l'origine de ce coups bas qui trouva sa source dans le regard d'une Andrea désespérée. Sans un mot, juste dans un soupir, il roula des yeux en guise de réponse à sa garde du corps. La pécore le suivait tout les jours depuis déjà une semaine. Date à laquelle les attentats de Pyramide Plaza avaient eu lieux et où d'ailleurs il avait failli y passer si la texane ne l'avait pas sauver. Mauvais souvenir, maintenant que sa protection était assurée il fallait aller de l'avant. Notamment le plus important : Son bureau.

Depuis que son magnifique fauteuil tout cuir, que son bureau en érable japonais … En fait depuis que l'ensemble de son mobilier au prix si extravagant et au confort à la limite de l'insolence avait disparus dans un tourbillon de flamme, il s'était retrouvé obligé de déplacer l'ensemble de ses affaires dans un des buildings voisins. Dans un simple bureau de sous-direction. A peine 37 m² pour une imitation plancher. Non il fallait y remédier et c'était pourquoi il se dirigeait maintenant pour la première fois depuis les tragiques événements sur les lieux du drame. L’ascenseur s’arrêta à son nouveau plus haut niveau le 97e, exactement 3 étages plus bas que le tas de ruine béant dans la grande tour de verre. Gregory fut le premier à s'engouffrer hors de la cage suivit par sa petite escorte composée de gorille banals et de sa finalement chère Andrea. En quelques slaloms à travers les différents bureaux il atteint rapidement la cage d'escalier faussement condamné aux employés. Il suffit de quelques minutes pour qu'enfin il n'ouvre la porte sur l'étage maudit. A ouverte elle laissa s'engouffrer un vent violent sur les différent visiteurs. Couvert de bâches plastiques, les murs de béton noircis par l'ancienne chaleur, un mastic gris moche sur les fissures encore apparente et surtout face à eux la grande déchirure qui donnait vue sur les 300 mètres de vide -Trace de l'ancien vol en éclat des baies vitrée, aujourd'hui à peine protégé par une simple bande jaune aux écrits noirs '' Do not pass ''- Sans le moindre doute ils étaient bien au bon endroit.. D'un réflexe face au froid mordant des hauteur, Gregory resserra sur lui même son Trench-coat noir et emmitoufla son son menton dans son écharpe grise. Peut être aurait même t-il finalement décidé de repartir si le chef de chantier ne l'avait pas accosté en lui attrapant rapidement la main de sa paluche grasse et moite.
Moshieur Williams, un pléshir de vous voir ichi ! Contraint et forcé le milliardaire lui serra, un air un peu dégoutté tant l'homme qu'il avait en face de lui ressemblait à un porcelet surmonté d'un casque jaune. Effet largement accentué par l'horrible cheveux sur la langue que se trimbalait le pauvre homme. Mais bon l'important n'était pas là et il ne réagit pas pour ne pas perdre de temps et puis au fond ce pauvre homme ne devait pas être méchant. La visite commença et fier de lui Piggy – Puisque c'est ainsi que Gregory surnomma l'homme dans ses pensées – présenta rapidement l'évolution des choses. De tout les cotés on enjambait des tas de bois, de poutres et de barres de fer. Un marteau piqueur rendait la conversation difficile et il était bien impossible de suivre la marche de chaque ouvriers tant chacun semblait pris dans son travail – Que ça soit par conscience professionnelle ou juste parce qu'il n'en avait rien à faire de la présence de leur patron. Voir si il savait qui il était.
Gregory suivait, mais n'écoutait que d'une oreille, les seules choses à peu prés intéressantes qui ressortait de cette conversation pour lui étaient finalement la durée estimée des travaux : 43 longs très très longs jours avant qu'il ne retrouve le bonheur de son 100e étage. Mais il fallait de toute façon rester positif. Il fallait toujours être positif. Et le bon coté de cette rénovation imprévue n'était pas à sous estimé. Une chose lui avait toujours déplus dans son ancien cadre de travail quelque chose à ne pas sous estimer. La couleur des murs ! Son prédécesseur avait en effet réalisé l'erreur de prendre un horrible revêtement bois bordeaux pour tout un pan de mur. Avez vous déjà essayez de travailler avec un mur bordeaux qui vous regarde ? Et bien c'est impossible et il ne laisserait pas ça se reproduire. Coupant Piggy dans son élan d’explications sur les nouveaux système de sécurités installés. Il leva l'index devant lui imposant un silence devant l'air béat du chef de chantier.


Juste dites moi où je peux trouver le menuisier … Ou celui qui s'occupe du bois en tout cas.

L'envie de plaire à son nouveau boss, Piggy chercha du regard son travailleur du bois à travers la masse grouillante de maçon et autres hommes du bâtiment. Avant de pointer le doigt sur un maigrichon dans un coin de l'étage. Un maigrichon qui fixait le petit groupe. Qui fixait même Greogry pour être plus précis. D'un regard fixe, sans un clignement de paupière pour le rompre. Un regard presque flippant. Tout en gardant les yeux sur lui, Gregory se pencha vers l'oreille d'Andrea.

Je vous paris 100 $ qu'il est gay et non psychopathe.


Relevant rapidement sa nuque sous un soupir de sa protectrice. Il remercia le porcelet pour se diriger vers l'homme qu'on lui avait présenté. Dans un geste qu'il voulait amical – Pour un fois … Enfin après tout ce type allait faire l'ensemble de son bureau autant éviter de se le mettre à dos – il lui tendit même la main en se présentant.Gregory Williams je suis votre patron et j'aimerais bien discuter de deux trois … détails avec vous. Incompréhensif, le PDG observa alors sa main suspendue en l'air pendant une bonne minute avant de la retirer dans sa poche avec en fond un ricanement d'Andrea qu'il entendait d'ici. Le menuisier n'avait pas bougé. En fait il le fixait toujours. Pas dans les yeux mais juste sous sa nuque. Bien qu'il commençait à s’impatienter Gregory se retint et prit une grande inspiration qu'il relâcha directement avant de poser sa main sur l'épaule du maigrichon.

Non sérieusement si vous êtes gay dite le moi. Ce n'est pas un problème mais je ne suis pas de ce bord.
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Message posté : Lun 10 Déc 2012 - 23:58 Message
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C’était inespéré, vraiment. Après une bonne semaine de démarchage intensif à la recherche d’un travail, Dieter avait commencé à se rendre à l’évidence que personne n’avait besoin d’un ouvrier illettré dans cette ville et qu’il valait mieux pour lui laisser tomber pour se concentrer sur les cours prodigués par Mr. Nicholas (ou faire des ménages comme Sol’ukah, mais il n’avait pas encore osé passer le pas : à son époque comme à la leur, c’était un de ces rares domaines où on se fiait plus aux femmes qu’aux hommes). Puis il y avait eu ce coup de fil impromptu, alors qu’il s’apprêtait à sortir les poubelles. De l’autre côté l’attendait une voix chuintante, à peine intelligible, qui dut se répéter plus d’une fois avant de se faire assez comprendre pour que l’Allemand mette un visage sur le charabia sans queue ni tête – à savoir celui d’un petit gros un peu maniéré qui menait d’une main de fer de glaise une entreprise de rénovation dans le bâtiment. C’était l’une des rares bonnes adresses auxquelles il avait sonné, comme s’était plu à le répéter à l’infini le bonhomme quand il s’était présenté, mais qui avait ses effectifs au complet et manquait de marge pour s’encombrer de personnel excédentaire, il fallait comprendre, mais il comprenait n’est-ce pas ? S’en était suivi tout un discours sans nul doute (in)intéressant mais dont il n’avait pour ainsi dire saisi que l’aspect pratique : laisser ses coordonnées au cas où, parce qu’il avait l’air d’un brave type après tout, et qu’il aimait faire affaire avec les braves types comme lui.

Réalisant tout d’un coup que le « cas où » était arrivé drôlement plus vite que prévu, Dieter interrompit le monologue incompréhensible de son interlocuteur pour annoncer qu’il mettait sa veste et arrivait aussi vite que possible, au siège social même, pour en discuter. En guise de discussion, il y trouva un contrat qu’il fit mine de lire, pour la forme, mais au bas duquel il apposa sa signature en toute confiance, en « brave type » qu’il était. Son nouveau patron et partenaire d’affaire avait l’air particulièrement ravi, mais qui ne l’était pas de trouver un ouvrier capable et disponible au moment adéquat ? au fait, il commençait sur l’heure.

Pyramid Plaza… un centre de la haute finance, à quelques pâtés de maison du campus universitaire où lui et Sol’ukah s’étaient trouvés. Il avait plus ou moins évité le quartier dans ses prospections, jusqu’à présent – trop riche, trop moderne, se martelait-il, pour proposer du travail à un simple artisan comme lui. Une fausse bonne raison comme une autre, somme toute, soudain bien fragile en regard de sa toute nouvelle affectation. Il y avait le fait que c’était un peu trop proche à son goût du complexe sinistre où on l’avait invoqué, mais maintenant qu’il y était il ne reconnaissait en rien les rues marchandes dans lesquelles il avait erré dans la panique la plus totale. Non, c’était quelque chose de plus profond, de plus subtile, une sensation étrange qui le démangeait de plus en plus au fur et à mesure qu’il approchait des trois tours de la Fondation Rhodes. Telles trois géantes de verre et d’acier, celles-ci le toisaient du haut de tout ce qui lui manquait : richesse, orgueil, modernité, gloire. L’une d’entre elles, éborgnée à son sommet par un attentat une semaine plus tôt (il se souvenait maintenant de ces terribles images à la télévision), n’attendait pourtant que les petits soins de la minuscule fourmi qu’il était.

Toute cette immensité l’écrasait littéralement. Il planta ses yeux au sol, pour cesser d’y penser, mais le malaise demeurait – et allait même en s’agrandissant alors qu’il pénétrait dans le bâtiment à la suite des ouvriers. On leur fit signer des papiers en échange d’un badge, sorte de clé pour passer le sas qui menait aux ascenseurs. La température était agréable, contrôlée, ni trop chaude ni trop froide, mais il y avait quelque chose dans l’air, comme une atmosphère indéfinissable qui l’étouffait sans l’étouffer. Devant les coups d’œil inquiet du contremaître, il se forçait cependant à simuler un rythme de respiration naturel, mais cela ne rendait pas pour autant les couleurs à son visage. La porte de l’ascenseur se referma et ils commencèrent à monter. Haut, très haut, toujours plus haut. Les chiffres défilaient et l’air reprenait sa texture ordinaire. Au moment de pénétrer sur son nouveau lieu de travail, quand l’altitude et les courants d’air faisaient frissonner les autres, le menuisier de Stuttgart avait recouvré la totalité de ses moyens. Il fut l’un des rares à demander à passer sa pause de la mi-journée sur place, partageant la collation d’un collègue pour n’avoir pu prévoir la sienne propre.

Très vite il avait retrouvé le rythme et les réflexes de dix ans dans le travail du bois. On lui avait montré le devis, les plans, quelques exigences de qualité où les fiches de vocabulaire spécialisé de Mr. Nicholas prouvèrent toute leur utilité. Il était dans son élément, définitivement, et un simple coup d’œil à l’agencement des lieux lui suffit pour se donner un avant-goût d’un potentiel à concrétiser. De ses outils, de ses mains, de la sueur de son front. C’était toujours plus authentique. Cela allait être superbe, sans nul doute possible, et peut-être même assez beau pour que son patron songe à un engagement ferme sur le long terme. Ce serait le rêve.

Le temps passait et la fourmilière humaine avait trouvé sa vitesse de croisière, entre grincement de scie et tressautement de marteau-piqueur. Plus rien ne semblait pouvoir ébranler la concentration du travailleur au bois, tout occupé préparer avec amour des pièces d’une grande qualité, au touché infiniment agréable avant même d’être polies et sculptées dans leur forme définitive. Alors il y avait eu cette démangeaison. Une sensation étrange à la base de sa nuque, comme un nerf fatigué de rester inerte. Il le gratta distraitement, mais cela ne l’apaisa qu’un instant pour la faire reparaître à un autre endroit, plus vive, presque brûlante. Il avait chaud. Sa gorge s’était d’un seul coup asséchée, et cela bien qu’il s’était régulièrement hydraté à la bouteille d’eau laissée à sa disposition. Fiévreux ? il fit mine de racler la sueur de son front pour prendre sa température, mais cela n’avait rien de physiologique. Son regard vrilla, presque malgré lui, à travers la foule de travailleurs pour se fixer sur un groupe qui n’avait rien à y faire. Son patron. Une femme. Un homme. Sa vue se brouilla et d’un seul coup il n’y avait plus que cet homme.

Et bientôt il n’y eut plus même l’homme.

Des ombres. Non, pas des ombres, des fantômes, des spectres ternes, sales… non, pas vraiment sales : impures oui, mais pas souillés. Tout n’était question que de contraste. Elle servait de contraste. Elle irradiait tout, faisait ressortir la médiocrité de la condition humaine. La sienne… son regard s’était posé sur lui, un regard glacial, hostile. Non, pas hostile : défiant. Intrigué aussi. Elle l’avait vu. Elle s’approchait. Il n’osait plus bouger, plus d’un poil, plus d’un cil, quand au-dedans la peur lui retournait les tripes. Parce qu’il était différent. Elle le savait, il le savait. Il n’était pas juste terne. Il était sale. Souillé. Marqué. La silhouette qui la portait était elle aussi marquée, mais de la même manière. Ni de la même nature. Moins profond, moins intrusif. Différent. Elle avait porté sa main vers lui, comme dans un rêve. Une main qui lui agrippa l’épaule.

La vision s’effondra aussi brusquement qu’elle était apparue. Le brouhaha ambiant du chantier reprit ses droits et le menuisier, ses esprits. Il secoua la tête, hagard, perdu, comme sorti d’un long rêve. L’altitude, peut-être, ce n’était pas sain de travailler de si longues heures si loin de la terre ferme. Un peu d’eau le requinquerait peut-être. Il allait chercher sa bouteille quand il réalisa d’un seul coup qu’une part de son délire s’était insidieusement infiltré dans la réalité. Une main lui tenait l’épaule. À l’autre bout de la main, un homme au costume intemporel, élégant et fier, le regardait droit dans les yeux. Il lui parlait. À lui et à lui seul.

« G-gay ? répéta-t-il sans comprendre, les yeux exorbités par l’étrangeté de la situation.
– Moshieur Forbac nous vient d’Europe de l’Esht, vint à sa rescousse une voix reconnaissable entre mille, dont la silhouette porcine se positionna juste derrière l’homme en costume. Shon vocabulaire est un peu limité mais shon travail est exchellent, vous verrez, Moshieur Williams, vous verrez, des mains d’or que nous avons là. Vous ai-che montré les portes coupe-feu que nous avons retenues pour vous ? Très très bonne qualité, Moshieur Williams, vous ne sherez pas déchu, venez, venez. »

Il aurait dû se carapater, profiter de la diversion, faire le mort. Le bref mais plus qu’éloquent regard noir de son supérieur ne laissait que peu de mystère quant à la place qui était la sienne, bien en-dessous de celle de son interlocuteur. Mieux valait passer pour un idiot plutôt que pour un insolent. Seulement la démangeaison ne l’avait pas quitté, pas totalement du moins. Ces yeux qui voulaient se baisser et faire profil bas dérivèrent de leur propre volonté de leur trajectoire pour se fixer sur un point invisible, un peu en-dessous du nœud de cravate. Il y avait là comme une anormalité, quelque chose qui y était sans y être. Un frisson le parcourut de part en part, et il eut un mouvement de recul. Son pied heurta alors une planche abandonnée en biais, manquant de le faire trébucher, ce qui ne serait encore qu’un détail insignifiant si ses lèvres n’avaient pas craché au passage l’un des plus beaux exemples de la langue… allemande :

« Scheiße. »

Voilà qui ne sonnait plus très slave.
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Message posté : Jeu 13 Déc 2012 - 0:28 Message
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Bizarrement, Gregory sentait d'un seul coup comme un doute sur le pari qu'il venait de réaliser avec Andrea. Sa main toujours sur l'épaule de l'homme, il l'observait comme on observait un mur. Une face sans réaction, sans rien de palpable ou d'humain. La théorie du psychopathe prenait d'un seul coup tout son sens et le milliardaire commençait à grincer des dents en se disant qu'il aurait finalement peut être préféré l'idée de la main au cul. Ce type lui donnait de légers frissons, il était flippant pour tout dire et qu'il tente de partir comme si la poigne de l'homme n'avait jamais existé n'arrangeait pas les chose. Enfin, il ne devait pas être si terrible que ça et quand bien même Gregory aurait voulu prendre ses jambes à son cou, le simple rappel de son bureau temporaire minable et la vision de ce coloris bordeaux monstrueux l'obligeait à garder prise sur le menuisier. Il aurait le bureau de ses rêves coûte que coûte ! Au final sa ténacité paya car, le petit ouvrier commença enfin à balbutier quelques syllabes. C'était toujours ça de pris et le patron ne doutait pas une seule seconde qu'il finirait pas avoir ses réponses. Parti pour recommencer le tout depuis le début avec cet homme un peu paumé, il se laissa pour autant coupé par un groin qui passait par là pour son plus grand plaisir. Il écouta Piggy avec le plus grand intérêt, un peu comme si il écoutait les paroles d'un guide touristique tchèque expliquant la beauté d'un musée de la poterie Biélorusse. En fait loin de ces portes coupe-feu qui, à n'en pas douter, serait grandement efficace lorsqu'une nouvelle son bureau se ferait ravager par quelques dizaine de kilos d'explosif. Ce que le chef de chantier racontait de plus passionnant était les deux trois détails qui correspondaient au menuisier. Mr Forbach, Europe de l'est, main d'or ? Voilà qui était intéressant, plus que des détails de bâtiment en tout cas. L'envie soudaine de plus détailler encore le dis Slave vint finalement le chatouiller et de Piggy son regard se détourna pour retomber sur un menuisier toujours silencieux et toujours …. glauque.
Quand vous êtes en société, quand vous êtes dans un groupe de discussion, dans la norme votre regard se porte instinctivement vers deux choix, les yeux de vos partenaires, où au contraire leur esquive maladroite. Le menuisier lui prouvait une troisième échappatoire, puisque son regard était de nouveau plongé droit sur Gregory, non pas vers son visage mais bien vers ce qui semblait être son thorax. Il ne savait pas vraiment comment réagir, les humains classiques – si l'on peut les appeler comme ça – était d'une simple à comprendre et à analyser. Les fous eux, étaient un sujet plus délicat. Contrôler la masse avait de tout temps été plus simple que de contrôler l'unité.
Ainsi il le grand Williams, l'homme , le mystère que beaucoup se plaisaient à simplement qualifier d'enfoiré pour se simplifier la vie se trouvait lui même déconcerté. Cruelle ironie du sort.
C'était une rencontre du troisième type et le menuisier semblait – au moins s'était rassurant – tout aussi déconcerté par lui. Au point qu'il finisse même par reculer comme dans un mouvement de défense pour finir par s’emmêler les pieds. Ce petit rien déboucha enfin sur quelque chose d'humain. Une injure. Mais pas n'importe laquelle. Une injure aux sonorités germanophones, aux intonations de mensonges coupables.
Gregory ne mit pas de temps à le noter et ce détail lui apporta enfin ce dont il avait besoin. Une voie à suivre, un comportement à adopter. Mais il ne se sentait pas de continuer alors que Babe – Oui il aimait changer de temps en temps – traînait toujours dans ses pattes.
Comme par hasard ce fut vers Andrea qu'il se tourna immédiatement, un magnifique sourire, deux yeux charmeurs et abattus, et des sourcils relevés pour lui transmettre son message. Il avait un service à lui demander. C'était à croire qu'elle suivait le milliardaire depuis maintenant un peu trop longtemps – bien que ça ne fasse qu'une semaine – car elle avait apparemment bien compris la demande de son sale gosse de quarante pige comme elle disait. En simple réponse, elle pinça les lèvres, croisa les bras et émit un léger hochement négatif de la tête pour exprimer son désaccord.
Loin de se désarçonner Greg poussa la chose un peu loin jusqu'à tordre son visage dans une grimace ridicule – et faite pour ça – qui était sensée représenter un chien battue. Elle soupira, posa sa main sur son visage et en levant les yeux au ciel elle prit enfin la peine de s'avancer vers le petit groupement. Une magnifique présentation de communication non verbale.

Monsieur. Je suis chargé de la sécurité de monsieur Williams et je pense être plus apte à observer ces …. Portes coupe-feu. Si vous voulez bien me les montrer.
Elle tira le bras de Piggy qui commença à râler de ne plus pouvoir jouer les sangsues. Quand enfin elle réussit à arracher le bouffi au costume trois pièces et à l'emporter avec elle, elle lâcha un regard qui devait rappeler à Williams qu'il lui en devait une. Lui, lui répondit avec un simple sourire …. et un croisement de doigt.
Mais maintenant les choses intéressantes arrivaient. Enfin seul à seul avec le menuisier, il pouvait enfin exercer sa petite enquête tranquillement et pour ça quoi de mieux que le contre-pieds.


Du habst einen großartigen Akzent für einen Kommunisten !
''Vous avez un magnifique accent pour un communiste ! '' Le clin d’œil et le cliché étaient voulus. Il voulait le faire réagir et c'est pourquoi il continua dans la langue de Goethe pour les questions qui suivirent.
Non, sérieusement, vous n'êtes pas des pays de l'est, même si vous étiez bilingue. Ça s'entend directement, à la simple prononciation de ce petit mot qu'est Scheiße. Alors vous allez m’expliquer pourquoi cacher une nationalité reconnue pour celle qui ferait penser à un immigré. En fait non. Vous allez tout m’expliquer ! Du début à la fin de votre petite histoire et pourquoi vous me fixez comme ça. Je veux bien être l'idole des jeunes de Wall street, mais je ne pense pas qu'un menuisier parlant difficilement anglais, si vous ne faites pas semblant, ne lise le Financial Times. Il s’arrêta observa autour de lui. Apparemment personne ne se souciait d'eux. Par contre il put avoir le plaisir sans fin de voir une Andrea au bord du suicide alors qu'un chef de chantier passionné lui postillonnait dessus à l'autre bout de la pièce. Et surtout vous allez me dire ce que vous comptez faire avec mon bureau ! Car si une seule chose me gêne. Vous allez le payer. Cher !


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Message posté : Mar 8 Jan 2013 - 3:39 Message
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Le regard de l’Allemand se releva juste à temps pour apercevoir un éclair de satisfaction dans les yeux de l’homme en costume. C’était bref et intense, mais surtout pas très rassurant : il avait à la longue appris à se méfier des gens qui s’intéressaient de trop près à sa petite personne. Même quand il n’y avait apparemment aucune raison particulière. Surtout dans ces cas-là, en fait. Il cligna une ou deux fois des yeux, l’air interdit, tandis que l’inconnu se détournait de lui pour consulter sa compagne, un grand sourire aux lèvres. La langue américaine n’était peut-être pas son fort mais le langage des moues, lui, était universel et celui-ci ressemblait à s’y méprendre au manège de tante Renate quand elle rappelait à l’oncle Hans qu’il faudrait penser à nettoyer la chaudière ou racheter du bois de chauffage. Cela voulait en général aussi dire que ç’allait bientôt être à lui de s’y coller, contre une poignée de marks pour la santé de la vieille mère et les études du p’tit Klaus. Il sentit malgré lui son échine se raidir quand la femme céda et attira le chef de chantier et ses chuintements à l’écart sous un prétexte qu’il ne comprit pas et ne voulait même pas comprendre. Son œil inquiet se contentait d’observer de biais, tel un animal pris au piège, cet homme de pouvoir qui le toisait d’un air triomphant.

Son expression se figea quand ce dernier lui adressa la parole dans un allemand impeccable. Trop parfait pour être vrai, en fait, un peu dans le style du bourgmestre quand il faisait un discours grandiloquent devant du beau monde (en presque pire parce que même lui il avait un petit accent régional qui ressortait en fin de phrase). Cela sonnait artificiel, mais surtout insultant passé la première surprise. Son visage s’assombrit bientôt pour se déformer en une grimace vexée, comme piqué au vif par les insinuations. Une veine battait frénétiquement son front quand il retrouva la parole pour cracher sa version des faits :

« Je suis pas un communiste, grogna-t-il, boudeur, profondément blessé par la méprise. Je suis Allemand, de sang allemand et fier de l’être, j’y peux rien si l’autre con fait pas la différence. Moi je lui ai dit que je venais de Stuttgart, et votre bureau je lui ferai que du bien. Je connais mon travail, Monsieur, j’ai fait ça dix ans et dans un très bon atelier. On a même eu un contrat pour les Hohenzollern-Sigmaringen. Vous devez même pas savoir qui c’est, ici, mais ce sont pas des faciles je peux vous le dire. Alors si vous êtes bon prince vous faites comme eux : vous dites ce que vous voulez ou vous me laissez bosser en paix, mais vos menaces vous les gardez pour vous. »

Un instant, tout dans sa fureur, Dieter resta droit, inflexible, presque défiant dans sa position. Cela ne dura qu’une seconde, le temps qu’il réalise que l’homme en question venait de parler de son bureau. Aussitôt son expression se déconfit jusqu’à prendre une teinte écarlate. Il ne savait pas même le nom de ce type, pourtant il avait dû l’entendre aux infos. Il avait peut-être aussi vu son visage, mais il avait pas de mémoire pour ça en général. De toute façon rien que le costume ou l’attitude de son propre patron aurait dû le mettre sur la piste.

« L’a-l’altitude, s’excusa-t-il piteusement avec un semblant de rire nerveux bientôt éteint, tandis qu’il se tassait sur lui-même. Ça, ça me réussit pas je-je crois, je… vous parlez très bien allemand. »

Il tenta de sourire, mais sa bouche de traviole était aussi criante de maladresse que sa flatterie vaseuse ou ses excuses inexistantes. La démangeaison demeurait, mais la trouille qui lui prenait les tripes accaparait assez son esprit pour l’ignorer encore un instant (tout comme la question qui y avait trait et qu’il se voyait mal expliquer comme cela… avec un peu de chance, son effronterie la lui avait déjà fait oublier).
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Message posté : Lun 1 Avr 2013 - 3:56 Message
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Ah l’Allemagne, l'Allemagne. Pays de la saucisse, de la bière du Tirol et des berlines à moteurs débridées. Cliché ? Peut être mais au final peut être pas si faux que cela ? Après tout un cliché doit bien trouvé son origine quelque part, non ? Enfin, enfin bien que Gregory jouait sûrement – même au sein de son propre esprit – avec ces divers idée reçues, il était aussi sûrement vrai qu'il soit l'un des plus aptes à pouvoir les démentir dans toute cette ville. Sa relation avec la Germanie avait commencé il y a bien des années de ça, alors qu'il n'était encore qu'un mini Williams pas plus grand que trois pommes. Ses parents, dans leur bonté qui lui est restée légendaire, avaient alors décidé que l'éducation de la dernière progéniture mâle de la famille devaient se faire dans un cadre un peu plus strict et surtout sans émotions que Star City. Ainsi et pour faire court une école privée de Zurich allait parfaitement à cette idée.

Là bas le petit Gregory avait pu s'ébattre dans la joie et la bonne humeur des uniformes et de la langue allemande qu'il avait appris à la perfection, ne manquant jamais de se faire claquer les doigts à coup de règle lorsque sa prononciation n'était pas parfaite. Douce époque.
Alors certes tout cela aurait pu s’arrêter à son retour aux États-Unis, mais hélas que faire quand votre destin vous dirigent vers la finance et que la terre bavaroise se trouve être l'un des pôles financiers de la triades européenne.
Bon après, il fallait tout de même reconnaître quelques qualités évidentes aux Allemands. Déjà pour ce qui est de faire quelque chose parfaitement, aux détails près et sans attendre. Bref ces gens là savaient bosser et le fait que ce soit bien un homme de ce type – et il suffisait de l'entendre beugler pour ne pas en douter – qui s'occupe de son bureau le soulageait.
En fait il aurait même très bien pu repartir maintenant. Après tout si ce monsieur avait eu un contrat pour les Hohenzollern-Sigmaringen, alors je vous le demande de quoi pouvait il bien avoir peur. Non plus sérieusement c'était bête mais ce petit élan de fierté et de passion qui était ressorti de la voix du menuisier surprit grandement le PDG, allant jusqu'à ce qu'il se dise, en ne serait qu'une fraction de seconde, qu'il pouvait être tranquille quant au meuble sur lequel il allait poser les pieds pour encore – il l’espérait – quelques années.

Hélas trois fois hélas pour le jeune menuisier de Stuttgart – on dirait presque un titre de conte n'est il pas ? - Ce dernier, si il avait su impressionner son patron par un sursaut de confiance venait quasiment aussitôt de se morfondre en excuse bidons et autres rattrapages de dernière minute. Ce n'était donc qu'une erreur ? Dommage, bon ça ne changeait pas grand chose au final, mais pour le coup, Gregory revint sur son choix de partir l'esprit tranquille, après tout si d'un coup il venait aussi facilement de récupérer le dessus psychologique et bien pourquoi s'embêter alors qu'il pouvait être le chat devant la souris et qu'il pouvait trouver réponse à cet intriguant personnage tout en étant sûr que son bois serait bien travaillé et le tout sans finalement se faire incendier par un Prussien un peu caractériel.
Étape une, finir de lui faire croire que ce qu'il avait dis pouvait avoir une quelconque importance.


Alors soit votre fierté allemande est tellement mal placée que vous devez sûrement être à demi autrichien soit vous avez vraiment besoin de ce travail. Alors dites moi mon bon amis, que ce passe t-il si je décidais de vous virer. Là maintenant, comme ça. Gibt es mehr Wurst nicht ?


Étape deux, maintenant qu'il craint – normalement – chaque battement de cil, lui redonner un poil de confiance et l'interroger. Jouer au bon et au méchant flic en une personne en fait. Une sorte de schizophrénie qui ne devait trouver un écho que dans l'esprit du milliardaire.


Bon oublions ça … Je crois que je vous ai posé une question non ? Alors dites moi ce qu'un allemand incapable d'enchaîner deux mots d'anglais fait sur mon chantier ? Et est ce que je peux vraiment vous …


Vous voyez dans les films policier, souvent on voit le héros beau et ténébreux sous ses Ray-Ban et son blouson de cuir qui interroge seul à seul un suspect dans une pièce à l'éclairage foireux. Et bien c'est ce sont bien des films, dans la réalité, il y a toujours dans ce genre de moment un collègue un peu grassouillet en uniforme taché qui vient vous proposer un donuts en plein milieu d'une question fatidique. Gregory n'était pas flic, pas plus que Dieter n'était un coupable, mais la scène se trouvait être la même.


Monshieuuur Williamshh. Nous avons fichnis achvec les portches. J'espreche que Monshieur Forbac ne vous à pas déranché. Vous voulez peut êtrche auttre chose ?


Et oui Piggy lui même qui revenait à la charge, traînant derrière lui une Andrea l'air à la fois désolé de en pas avoir réussi à plus le retenir et en même temps heureuse de s'en débarrassé. Cette fois s'en était assez. Le Pdg voulait ses réponses et cet idiots commençait un peu à le bousculer à vouloir décider pour lui de ce qui le dérangeait ou non. Méprisant comme il savait le faire, le milliardaire se retourna et fixa le chef de chantier, un grand sourire au lèvre et une pointe d’énervement dans le regard.


Actuellement, je parle avec monsieur Forbac et avec lui seul, actuellement monsieur Forbac est voyez vous Allemand et actuellement monsieur Forbac ici présent connaît sûrement mieux son métier que vous. Allez savoir peut être connaît il même mieux le votre que vous même.


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Message posté : Dim 14 Avr 2013 - 20:59 Message
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Les yeux s’écarquillaient d’un cran, mais la bouche restait hermétiquement close. C’était son premier jour de travail dans cette ville (et dans ce siècle) et il était parvenu à rattraper en ces quelques minutes septante ans d’abstinence en matière d’insolence. Certaines références lui échappaient bien sûr (il ne voyait pas ce que l’Autriche et les saucisses venaient faire là-dedans), mais le message général était d’autant plus clair qu’elle était prononcée dans une langue qu’il comprenait de longue date. L’allemand, mais aussi le « client froissé ». Il était dommage que comprendre ne voulait pas dire parler – comme son allemand avait des accents souabes, son langage d’affaire manquait de nuance et de diplomatie. Qu’y répondre, d’un autre côté ? Si on le renvoyait il repartirait (avec sa paie du jour, on lui devait au moins ça) pour reprendre sa recherche d’emploi et ses cours d’anglais. Cette proposition d’embauche était trop belle pour être vraie, de toute manière, s’il avait dû se jeter par la fenêtre à chaque fois qu’on lui avait promis la lune et offert la boue il serait revenu plus d’une fois d’entre les morts.

Alors il fit ce que son oncle lui avait toujours conseillé de faire face aux divas du bâtiment : fermer son clapet et attendre qu’elles s’époumonent d’elles-mêmes, mais surtout ne pas baisser les yeux. Il pouvait être rouge, avoir le visage fermé, la gorge serrée, il n’allait pas lui faire le plaisir de flancher. Il gardait une certaine dignité dans la vie civile, à défaut de parvenir la conserver quand on le menaçait de mort. L’approche semblait payer puisque l’homme s’adoucissait (en apparence du moins), mais ce n’était que pour donner un tour plus menaçant à sa réflexion. Son échine se raidit, secouée d’un frisson, mais l’homme d’affaire n’eut pas le temps d’aller jusqu’au bout de sa pensée qu’une voix pâteuse laissa traîner son accent impossible sur son chemin. Au regard qui se coula vers l’inopportun, le menuisier de Stuttgart comprit que la colère avait changé de cible. Ce n’était pas forcément une bonne nouvelle pour lui, du reste. Le client était le client, mais c’était le patron qui distribuait la paie en fin de mois. Perdre un client c’était perdre un contrat, perdre un patron c’était renoncer à tous ses contrats. Il ne comprenait même pas un mot de ce qui se disait. Juste ce Forbac, Forbac, Forbac qui revenait sans cesse, pourquoi pas corbaque quand ils y étaient ? Déjà qu’on le prenait pour un bolcho, il ne voulait pas être un oiseau de malheur.

« Feuerbach, lâcha-t-il d’une petite voix, s’attirant les regards des deux hommes. Intimidé il s’arrêta un moment, puis précisa sa pensée de quelques expressions anglaises toutes faites apprises auprès de Mr. Nicholas : Mon nom est Dieter Feuerbach. J’apprends l’anglais. Je suis débutant, mais j’ai de l’expérience professionnelle. Je suis menuisier. (Il marqua une pause, puis ajouta en allemand,) Je comprends pas trop ce qui se passe mais j’ai rien voulu cacher. Je suis pas fort en langue mais je m’y connais en bois. C’est vrai. Dites-moi juste ce qu’il faut faire et je le fais. »

La commissure de ses lèvres se contracta dans un sourire qui se voulait apaisant. Il ne voulait pas d’histoire, bon sang ! la dernière chose qu’il voulait c’était être le centre d’un pugilat – ou de perdre la place sur un malentendu, mais cela revenait au même… non ?
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Message posté : Mar 30 Avr 2013 - 20:41 Message
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Le petit menuisier allemand venait d'un coup sec de reprendre bien du poil de la bête. Lui qui était depuis le début de cette histoire, plutôt effacé, voir totalement absent. Voilà que d'un seul coup il se permettait d'intevernir dans une conversation qui le regardait directement pour en plus y mettre le petit grain de sel qu'il avait parfaitement le droit de placer. Et pour cause, que devait il y avoir de pire que d'entendre son nom de famille, celui que l'on porte depuis si longtemps, celui qui nous représente, se faire écorcher massacrer dans tout les sens possibles.
Il fallait donc tout autant avouer que Gregory et Piggy tenait la conversation à la limite de parler pour lui. Non en fait Gregory parlait actuellement pour lui sans la moindre gêne.
Mais que voulez vous, c'est un de ses sales défauts. Le pire c'est qu'au fond de son être, il ne le pense pas à mal. Il a simplement appris que le monde s'était structuré d'une façon très simple, celle de l'échelle hiérarchique et sociale. Plus vous êtes haut plus vous pouvez en placer une, celui qui est en bas à la magnifique liberté de le faire mais à ses risques et périls.
Simplement voilà, Gregory qui lui se trouvait au firmament de cet ensemble complexe n'était pas de ceux qui jugeait au ramage et au plumage, préférant de loin les et les idées. Attention n'allez pas comprendre là qu'il était défenseur de la veuve et de l'orphelin. Non voyez simplement que Gregory est un homme qui aime utiliser sa place pour écraser celui qui l’excède au plus haut point, surtout quand il peut faire jouer un faibles plus méritant.
Ainsi en avait été avec Piggy et aucun des trois hommes n'avaient d'ailleurs loupé les actions en place. Sûrement que si le menuisier s'était tu, cette histoire en serait restée là. Gregory aurait bravé Piggy du regard de lui répondre quelque chose, le chef de chantier aurait bien compris sa place et surtout n'ayant pas envie de la perdre n'aurait pas lâcher un traître mot et se serait effacé et le Feuerbach aurait retrouvé ses bouts de bois, avec la haine de son patron certes, mais tout autant sous l'aura protectrice du patron de son patron.
Mais il n'en avait pas été aussi simple et la fierté allemande avait fait son retour. A croire que ce Dieter ne savait pas vraiment ce qu'il faisait par ses quelques mots. Car oui, il déstabilisait l'ensemble de ce petit procédé expliqué plus haut et Piggy s'en retrouvait blessé au plus profond de son être. Imaginez, ce type le ridiculisait devant Williams et ça alors que le proprio semblait déjà l'avoir à la bonne. En plus voilà qu'il se mettait à parler dans la langue de cet homme laissant le responsable qu'il était à l'écart de toute conversation.

Bien sûr monsieur Feuerbach je comprend votre point de vue aucun problème et n'ayez aucune crainte à ce sujet nous ne vous en demandons pas plus.
Répondit d'ailleurs le milliardaire de son plus bel accent germain.
Blessé dans son estime de petit chef, le conducteur de travaux ne pouvant laisser passer cet affront, il fallait qu'il réaffirme son autorité et cela passa par sa main poisseuse lourdement posée sur l'épaule du petit menuisier alors que Gregory semblait vouloir continuer à discuter sous couvert de la langue de Goethe.


Monshieur Feuerbach donc … She vous pris de m'excusher pour cette erreur et de bchien chouloir reprendre le chravail. Che m'occuperais des modalités afchec monshieur Williams. Mais pour l'inshtant lui et moi avchons beaucoup de chose à régler.


Et ce fut la goutte qui faisait déborder le vase à grande cascade. Loin d'aimer ces rapports de hiérarchie stupide, Gregory s'y était pourtant habituer. Il s'était habituer à voir un diriger plusieurs même si cela n'était que rarement mérité. Les places de cadre étaient, hélas, bien trop souvent distribuées au hasard de certains envieux de pouvoir en manque de confiance. Mais de là à ce que ce type en question, celui qui lui collait les bottes depuis son arrivée pour des stupidités, l'utilise comme argument afin de diriger son petit monde ! C'en était trop et Gregory ne laisserait pas ça se dérouler ainsi. Et il allait le faire avec panache et classe, il allait le faire en parlant avant de réfléchir, à sa manière, qu'importe les conséquences. Il se tourna vers le chef des travaux, l'air las et soupirant. Et d'un ton nonchalant et fatigué quelques mots qu'il rêvait de prononcer se libérait.

Vous êtes viré …
Ni plus ni moins, juste ça et un manque de réaction total sur un visage détendu et inexpressif au maximum alors que Piggy lui commençait à laisser apparaître un sourire disgracieux.
Voyshion Monshieur Williams que racontez vous là ?
Le pauvre avait sûrement envie de se rassurer, envie de croire en une boutade de son patron, mais hélas pour lui son ton ne laissait rien transparaître quant à sa volonté.
Écoutez, on ne va pas en parler trois heures. Vous aurez vos indemnités, votre entreprise aura son argent comptant et je ferais une beau compte rendu de bilan comme quoi ce n'est pas pour des raisons professionnelles que vous avez perdu le chantier. Ce qui n'est pas faux.

Excédé par ce qu'il entendait Piggy, tourna au rouge vif sous le regard presque désolé du milliardaire qui commençait presque à regretter son choix. Ce type n'avait après tout rien fait et n’espérait que faire son travail. Mais non, décidément il ne supportait pas l'idée de se le traîner à chaque passage de routine sur son futur lieu de travail. Le conducteur de travaux pointa alors l'arrogant et excentrique milliardaire du doigt et lui cracha à la figure ce qu'il avait à lui dire.

Les mots imbécile, gosse de riche, incapable, trop confiant, sans respect furent prononcés. Gregory prenait sans relever le ton, sans rien dire. Pouvait il vraiment lui en vouloir ? Et puis au final combien de fois ce pauvre homme avait il dû vouloir dire ce genre de chose aux hommes de l’espèce du milliardaire ? Au moins là, il pouvait se défouler. Contrairement à ce que l'on croyait, Williams n'était pas homme à se venger pour ce genre de détail, sinon il aurait été de la trempe de ceux qui le fatiguait justement autant.
Finalement Piggy partit dans toute sa fierté alors que l'ensemble du chantier venait de se stopper en regardant la petite scène. Tout ça était maintenant réglé mais un détail subsistait, le chantier se trouvait naturellement maintenant sans la moindre direction et Gregory savait qu'il allait encore falloir des lustres avant de trouver un remplaçant et pendant ce temps là son bureau n'avancerait pas. Il y avait bien les assistants … Mais non aucun de ces types ne prendraient le risque de se frotter à Williams après ce qui venait de se passer, trop heureux de leur situation intermédiaire.
Soudain son regard plein de réflexion se reposa sur le petit menuisier et il se souvint de ses dires. Au final pourquoi pas ? Il n'avait pas grand chose à perdre. A son tour il plaça sa main sur l'épaule de Dieter et l'air tellement naturelle il le regarda avec un grand sourire


Bravo Monsieur Feuerbach. Vous êtes maintenant l'auto-entrepreneur de Feuerbach Construction, entreprise affilié à Rhodes Contract. Vous pouvez être fier de vous et vous pouvez passer aux bureau de mes secrétariat pour l'officialisation, l'immatriculation de votre entreprise de gestion de travaux.


N'ayez pas peur, vous avez plein d'assistants pour vous aider et en plus en tant qu'auto-entrepreneur affilié vous aurez un magnifique salaire.
Puis d'un ton plus menaçant et plus bas il prononça quelques mots alors que sa main cherchait la sienne pour conclure cet accord implacable.
Vous pouvez bien sûr refuser, mais ça ne serait vraiment pas dans votre intérêt croyez moi.

Menace en l'air ? Peut être. Dans tout les cas Gregory ne laissait pas le choix, preuve en était il venait d'attraper la main de l'Allemand dans l'envie de la serrer comme le faisait des gentlemans venant de trouver un accord. Et pourtant à peine avait il frôlé sa peau, qu'une décharge lui glaça le sang. Un instinct protecteur, une ombre qui hantait maintenant son regard … L'ombre vivant criait dans sa cellule. Il resta bloqué quelques seconde la bouche entre-ouverte et sans finir son mouvement de base il retira sa paluche, préférant la lever à son visage.


Je crois que vous n'avez vraiment pas le choix monsieur Feuerbach.



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Message posté : Jeu 30 Mai 2013 - 18:28 Message
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L’Allemand hocha la tête, pas vraiment rassuré par la tournure des évènements (son patron lui avait lancé un regard noir comme la nuit) mais au moins assez pour ne pas se sentir le droit de se décomposer sur place. Reprendre le travail, il ne demandait pas mieux à vrai dire, mais surtout de se débarrasser de ces deux pots de colle qui l’avaient propulsé au cœur d’un champ de mine auquel il ne comprenait pas grand-chose, pour ne pas dire rien du tout. Il en était à se chercher une porte de sortie à la dérobée quand la bombe éclata en trois mots sibyllins : le chef de chantier était en feu. Cela ne voulait certainement pas dire ce que ça voulait dire, mais à en juger par les quelques têtes ahuries qui s’étaient relevées autour d’eux c’était tout sauf bon pour eux. Après une tentative minable de le prendre à la rigolade, l’Américain explosa en injure plus qu’éloquentes par leur ton, à défaut d’être limpides sur leur contenu, toutes concentrées sur le client. Une minute plus tard il claquait la porte sur un silence de mort. Son menuisier, toujours trop proche de l’œil du cyclone à son goût, n’affichait plus qu’une gamme bien pauvre de couleur, toutes tirant sur le délavé.

Son regard croisa celui du milliardaire, auquel il se sentit obligé de répondre par un sourire contrit et un haussement d’épaule timoré. Grave erreur : une poigne de fer agrippa aussitôt cette épaule pour ne plus la lâcher, et le sourire de l’homme d’affaire se fit carnassier. Auto-entrepreneur, Feuerbach Construction, Rhodes Contract, immatriculation, salaire. Il ne comprenait qu’un mot sur deux (pourtant prononcés dans sa langue) et l’idée d’ensemble lui faisait déjà sortir les yeux des orbites. Qu’est-ce que c’était donc pour une histoire ? il avait à vrai dire un peu peur de comprendre… et ses pupilles se dilatèrent un peu plus quand, juste après avoir souligné son intérêt à accepter les clauses du contrat en s’emparant de sa poignée de main, un frisson glaçant les traversa tous deux. L’espace d’une seconde Dieter se sentit renvoyer septante-et-un ans (ou deux semaines et demi ?) en arrière, face au corps hurlant de Meinhoff. Sa voix était encore un peu pâle quand il hocha gravement la tête.

« B-bien sûr Herr Williams. Tout ce que vous voulez, Herr Williams. »

Sa main tremblait un peu, mais son regard ne flanchait pas. Au fond de lui il se demandait tout de même dans quelle galère il avait bien pu s’embarquer.
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Oui Oui les menuisiers nazis existent encore ! [Dieter]

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