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Which Witch

 
Message posté : Lun 20 Fév 2017 - 15:01 Message
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20 février 2017, tard le soir, comme d'habitude.

Atia et Keith étaient de nouveau partis pour une ballade en voiture. Encore une fois pour voir Dante Visconti en personne. C'était amusant, d'habitude, la César et le mystique ne se voyaient pas si souvent que cela et se contentaient de consultations assez espacées. Mais la situation avait changé, les besoin d'Atia également. Ce soir, ils avaient rendez-vous avec madame Otambo en personne. La criminelle n'avait jamais eu affaire à cette prêtresse vaudoue et avait dû se contenté de ce que la rumeur en disait, ainsi que bien sûr de ce que Dante lui-même en disait. Un avis déjà plus pertinent. Autrement dit, la dirigeante du Cartel était prête à croire qu'elle ne venait pas ici pour rien. La fille d'Augustre César n'était pas une mystique, la magie, les dieux, les démons, elle y croyait plus ou moins. Après tout ce qu'elle avait vu, elle ne pouvait pas nier leur existence, ce serait là complètement stupide, mais de là à leur accorder une importance cosmique et omnipotente, non. Elle seule dirigeait sa vie et les influences externes pouvaient aller se faire foutre. Mais la magie était une force comme une autre, comme l'était la science, la mutation, la médecine... alors si elle pouvait constituer un atout capable de l'aider, Atia n'allait pas se prier, quitte à bouffer un cœur de cheval encore frais.

Déjà, elle avait accompli sa propre part de préparatif. Chercher un maximum d'informations sur le précédent propriétaire de sa chère Kasai no Burēdo. Une quête délicate qui l'avait conduite à faire quelque chose qu'elle aurait préféré éviter en demandant de l'aide au Mandarin. Mais c'était mieux que l'alternative... Malheureusement, l'aide en question fut aussi mystérieuse que le reste du personnage, mais non moins utile. Il n'avait fait que donner des informations indirectes. C'en était suivi une petite course poursuite dans les égouts de Chinatown avec un homme lézard des plus rapides. Le jeu de chat et de la souris fut assez éprouvant pour la César mais elle n'avait rien lâché... contrairement à la souris pleine d'écailles qui, elle avait perdu plusieurs membres... avant de les voir repousser au fur et à mesure. Bref, ce fut épique et assez requinquant. Un terrain de jeu un peu plus naturel aurait sans doute remporté la palme du confort mais elle 'n'était pas une duchesse et elle n'avait pas hésité à se salir les mains... comme le reste. Cette quête fut cependant récompensée par une vieille ceinture de samouraï ayant apparemment appartenu à l'homme qui l'intéressait. Si avec ça, leur séance de spiritisme n'avançait pas, la César sera assez motivée pour trancher la tête de quelqu'un. Sans doute celle de cet homme lézard. Qui sait, peut-être qu'elle repoussera toute seule.

Ce fut un peu avant une heure du matin que la voiture de la César s'arrêta dans la rue du Sunshine, juste devant un homme qui attendait dehors, devant l'entrée d'une ruelle prêt de l'établissement qui était leur destination finale. Monsieur Visconti en personne. Avant de sortir, Atia donna quelques indications à son garde du corps.

– Je te laisse surveiller la rue. Fais aussi quelques tours pour vérifier qu'aucune mauvaise surprise nous tombe dessus. question de sécurité, on ne savait jamais. Et surtout, la César voulait rester très discrète sur toute cette affaire qui la touchait personnellement.

Son garde du corps acquiesça et elle put sortir, portant la relique récupérée soigneusement pliée dans une boîte en carton simple. Après avoir fermé la portière derrière elle, elle s'avança vers Dante.

– Bonsoir, monsieur Visconti. J'espère ne pas vous avoir fait attendre trop longtemps.

Il avait dû être arrivé plus tôt que l'heure prévue car elle-même avait deux minutes d'avance. La ponctualité, en affaires, c'était quelque chose d'important. Qu'on la respecte ou non, elle était porteuse de signification. Aussi, la César tenait à respecter les pratiques suivie par ses associés.

– J'ai fais l'acquisition d'un objet qui devrais nous aider. Mais je ne vous en dis pas plus ici. Nous devrions rentrer. Je vous laisse mener, vous êtes sans doute plus familier que moi avec les lieux et sa propriétaire.

Après tout, c'était lui qui avait suggéré qu'ils devraient rencontrer cette experte. Et puis Atia se doutait un peu que pour mener les activités que cette madame Otambo semblait mener, il fallait sans doute avoir une personnalité toute particulière. La César préférait donc laisser monsieur Visconti montrer l'exemple quant à la manière d'aborder leur rendez-vous. Elle suivrait alors du mieux qu'elle pourrait. En espérant bien sûr que madame Otambo soit coopérative et surtout utile, sans quoi, des arguments un peu plus virulents seraient employés. Et puis Kasai no Burēdo adorait le sang. Peut-être que celui d'une sorcière lui ferait plaisir... Dans tous les cas, la lame restait prête à sortir et à tailler dans le vif, actuellement bien à l'abri dans le corps meurtri de la cheffe du Circus.
 
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Message posté : Lun 20 Fév 2017 - 17:04 Message
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«  Suivez-moi.  » Dante avait salué Atia quand celle-ci apparut près de lui, sous l’œil lumineux d'un lampadaire, pour une rencontre nocturne des plus insolites. Sunshine, c'était une boutique « new age » comme il y en avait tant d'autres, où l'on trouvait un vrai fourre-tout, entre les bougies, les herbes, les charmes, les fétiches, les gris-gris, les tarots et autres marchandises ésotériques de plus ou moins bonne qualité. Mais Sunshine, c'était aussi la couverture d'un temple vaudou très actif en ville, où la patronne, Madame Otambo, faisait office de mambo. C'était elle qu'ils venaient rencontrer. Dante n'avait pas eu trop de mal à la persuader d'arranger l'entretien de ce soir ; le Dragon endormi n'était pas de ces gens à qui il est aisé de refuser une faveur, surtout quand on compte parmi ses débiteurs.

Or c'était précisément ce qu'était Madame Otambo et quand cette dernière reçut plus tôt dans la semaine une lettre portée par un gobelin et signée de la main de Dante Visconti, elle comprit très rapidement qu'il lui serait impossible de lui refuser ce qu'il demandait et pour cause : elle dépendait bien trop de la protection de la Rose des vents pour garder ses petites affaires et notamment son temple vaudou à l'abri du regard des autorités municipales. Nul doute qu'une petite visite de l'inspection sanitaire, pour ne citer qu'elle, condamnerait à tout jamais ces lieux au silence, et les fidèles de Madame Otambo se trouveraient alors orphelins sans plus aucun lieu pour se rassembler et faire... eh bien, ce qu'ils font d'ordinaire dans les coulisses du magasin... probablement des trucs louches et que la morale réprouve.

«  Je ne sais pas si vous connaissez Madame Otambo, mais elle peut être assez... agaçante. Elle parle beaucoup. Cela m'amuse, personnellement, mais j'en connais plus d'un qui s'irrite à trop l'entendre bavarder...  » Dante espérait que la César saurait se montrer patiente à l'égard de leur hôtesse. Celle-ci les accueillit d'ailleurs avec des grands sourires... et de grands gestes de ses bras maigres.

«  Vous êtes en avance, mes chéris... j'étais en pleine méditation, mon âme était projetée loin dans les Caraïbes où je discutais avec un bigorneau...  » Pour d'obscures raisons, elle promenait autour d'elle un cortège d'odeurs marines, comme si elle avait trempé ses cheveux dans un bain de vase ou dans une casserole pleine de moules frémissantes. Elle était d'ailleurs coiffée d'une drôle de toque où s'entassait des ossements et des fleurs séchées. «  Arrête tes bêtises. Nous ne sommes pas là pour t'écouter prêcher les esprits du marais ou nous parler du baron Samedi. Allons au fait, mon amie et moi n'avons pas de temps à perdre.  » Il appartiendrait à Atia de se présenter si elle le désirait mais Dante avait estimé ce détail superflu et il avait bien dit à Madame Otambo que son « amie » viendrait en anonyme.

«  Tu ne m'avais pas dit qu'elle serait si jolie, ton amie... encore qu'elle a la face toute tranchée de cicatrices... hum, je devrais lui proposer une cure d'escargots de Floride... oh, non, ma belle, pas pour les manger, non, tu les fais glisser sur ton visage pendant tout une nuit et au petit matin, tu retrouves ta peau de bébé... ça te dit ? Non ? Tant pis...  » Elle s'inclina devant Atia, dans une révérence bizarre et désarticulée, puis invita ses deux invités à la suivre à travers l'arrière-boutique et jusqu'au temple où elle accomplirait son petit rituel.

«  Bon, il faudra me pardonner le désordre... je n'ai pas eu le temps de tout ranger depuis la dernière... petite fête qu'on a eue.  » L'arrière-salle et le temple en effet se trouvaient envahis par le chaos et c'était à croire qu'une tornade avait tout dévasté sur son passage. Il y avait même au sol des grenouilles ensommeillées et Dante crut même distinguer, sur une meuble, la promenade discrète d'un hérisson dont les piquants auraient été limés... une vision des plus étranges. «  Alors, qu'avez-vous pour moi mes chéris ?  »

Madame Otambo s'installa sur un fauteuil immense – et comme elle était fluette, il paraissait plus grand encore ; tout autour d'elle, le temple n'était visible qu'aux totems et autres symboles vaudous – sans eux, on aurait pu croire qu'elle les avait entraînés dans un grenier où s'entassaient les vieilleries d'une famille un poil bizarre. Avec Dante dans le rôle du fils et Atia dans le rôle de la fille, nul doute que la partie s'annonçait amusante...
 
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Message posté : Lun 20 Fév 2017 - 21:24 Message
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Décidée à accomplir ce qu'elle était venue accomplir, Atia suivit docilement monsieur Visconti qui la guida jusqu'à leur destination. Le tout en lui partageant une information capitale pour se préparer psychologiquement à interagir avec madame Otambo.

– Je ferai de mon mieux pour me montrer patiente, dans ce cas.

Et elle le pensait vraiment. Cependant, on pouvait quand même comprendre dans sa voix qu'il y avait une petite chance pour que sa patience légendaire soit faillible. La César fera de son mieux pour prendre sur elle, mais elle n'était qu'humaine, au final. Elle espérait juste qu'elle n'aurait pas à taper du poing sur la table et que l'excentrique spécialiste qu'ils allaient consulter leur fera l'honneur de concentrer ses bavardages sur l'affaire qui les amenait. Un minimum.

Autant dire que le premier contact passa assez mal. En entendant le discours de shootée que leur hôtesse leur accorda, la paupière de la César tressaillit légèrement. Un sourire un peu figé répondit au visage malgré tout accueillant de la folle. Le plus dur fut de reprendre une respiration normale, mais Atia fit de son mieux. Son esprit se concentrait de toutes ses forces sur des éléments concrets : Monsieur Visconti avait ce qu'il faisait, c'était lui qui avait suggéré de venir ici, il devait sans doute avoir d'excellentes raisons et une toute confiance en cette femme. Ne – pas – tirer – une – gueule – de – vingt – pieds – de – long. Entendre Dante brusquer un peu la sorcière l'aida un peu, la César put même reprendre le contrôle de son corps et de son visage pour offrir un sourire presque poli à madame Otambo. Mais ne lui en demandons pas plus pour le moment. De fait, Atia ne se présenta pas, n'y voyant pas la peine. Et puis, si cette femme ne la reconnaissait pas d'elle-même, c'est qu'elle ne méritait probablement pas de figurer dans son carnet d'adresses. Enfin, la suite de la soirée le déterminera. En espérant que les « compliments » ne soient pas systématiques.

La maîtresse des lieux tenta de vendre une de ses mixtures à la Caesar, mais de toute évidence, le visage de cette dernier suffisait à exprimer la négation. Elle eut le bon goût de ne pas insister et de finir par passer à des choses sérieuses. Ils pouvaient enfin en venir à leurs affaires. Sans même perdre de temps à observer l'espèce de grenier dans lequel ils se trouvaient ou encore de complimenter la prêtresse sur sa décoration, la dirigeante du Cartel entra dans le vif du sujet.

– Nous sommes là pour déterminer si vous pouviez m'aider à en apprendre plus sur un esprit apparemment lié à...
– A vous, j'imagine... votre âme me semble toute retournée... il y a donc quelque chose qui vient la chatouiller, n'est-ce pas ?

La criminelle répondit avec un sourire un tout petit peu crispé. Mais elle était encore calme. Et puis, être interrompue ne la gênait pas plus que cela... tant que cela venait de quelqu'un qui pouvait mériter son estime et surtout qui avait quelque chose à dire.

– C'est un peu plus indirect que ça...

Sur ce, Atia pencha un peu le cou sur le côté. Là où la peau s'exposait, la poignée de son fidèle katana émergea lentement, comme s'il s'étirait lentement après une bonne nuit de sommeil. Sans hésiter, la César s'en empara et, délicatement, tira dessus pour faire sortir son arme.

– L'esprit en question hanterait cette arme. Qui elle-même m'est... très liée.

En guise de réaction, Madame Otambo fit des yeux ronds presque exorbités. La César n'aurait pas été étonnée d'apprendre qu'ils étaient tous deux en verre.

– Nom d'un crocodile laqué ! Voilà un bien bel objet ! Oh, mon ami, vous ne m'apportez pas des broutilles ! Hohohohoooooo...

Elle s'employa alors à approcher les mains du katana. Comme il fallait bien passer par là, Atia consentit à la laisser faire. Étrangement, voir cette mystique tripoter son trésor lui procurait moins de fierté que la révérence qu'avait manifesté Dante. Cependant, le ton et surtout le contenu expert qu'utilisa la Otambo aida grandement à faciliter cette épreuve.

– Elle est très ancienne, je le sens... et quelle caractère. Haha, je suis sûr que même un dragon aurait du mal à la mater, celle-là. Pourtant, elle est passé entre plusieurs mains, ouiiii. Expertes, viriles, puissantes, raffinées, parfois mais toujours des main dignes et guerrières. Mais je suis étonnée que notre très respecté monsieur Visconti n'ait pas réussi à en percer tous les mystères. Quelque chose vous a donc fait obstacle ?

Là, c'était la partie un peu plus théorique. Et si Atia la comprenait dans sa généralité, elle préféra laisser Dante expliquer la situation. D'abord parce que c'était grâce à lui que le diagnostique avait été fait, et ensuite parce qu'il avait plus l'habitude d'échanger avec la sorcière qu'Atia. En tout cas la César fut bien rassurée de constater qu'à défaut d'être une femme de classe, Madame Otambo semblait connaître son affaire.

En espérant tout de même qu'elle n'ait pas l'idée de les badigeonner tous les trois de bave de crapaud...
 
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Message posté : Lun 20 Fév 2017 - 23:54 Message
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Dans la vie, Madame Otambo appréciait deux choses plus que toutes les autres : les gros calibres et les bretzels. Atia ne lui apportait ni Beretta 92 FS ni panier de pâtisseries alsaciennes, mais une arme admirable qu'elle prit entre ses mains et observa longtemps. Bien qu'elle n'en donnât pas l'air, la prêtresse mania le katana avec grande précaution et grande minutie, pour mieux l'observer dans le détail, pour mieux la scruter et se pénétrer de son aura magique.

Pendant quelques minutes, Dante expliqua avec précision quel était l'objet que Madame Otambo tenait entre ses mains et surtout, il décrivit tout ce qu'il avait appris du Kasai no Burēdo, notamment il fit le récit complet du déroulement du rituel qu'il avait pratiqué sur Atia lorsqu'elle était venue le voir, la première fois, au Jardin du dragon.

La prêtresse l'écouta attentivement et ce faisant, elle manipula le katana comme un enfant qui s'amuserait à singer le samouraï qu'il aurait vu au cinéma et le dragon, qui comprit que la César ne pourrait tolérer longtemps ces fantaisies, et qui lui-même n'avait que peu de goût pour les enfantillages de la mambo, pressa celle-ci de se garder sa concentration et d'aller tout de suite à l'essentiel. Elle parut se ratatiner dans son fauteuil et dans un éclat de rire, elle usa de la pointe du katana pour trancher le haut de sa paume.

Elle rendit avec délicatesse son arme à Atia avant d'annoncer : «  Montre moi ce que vous avez dans la boîte. Et... voyons un peu qui donc est ce bonhomme de poussière... attention mes chéris, ne bougez pas, vous risqueriez un coup d'griffes... ou un coup d'patte !  » Elle bondit hors de son siège et se précipita vers une étagère où s'alignaient des bocaux à la contenance suspecte. Entre les araignées sèches, les crânes de souris, les feuilles de laurier rose et la poudre de têtes réduites, il n'y avait que l'embarras du choix pour s'empoisonner l'esprit en visions de cauchemar...

La mambo saisit un fétiche de bois portant le vévé de papa Legba, qu'elle frotta de sa main sanguinolente. «  J'en appelle à toi, mon chéri, esprit des bayoux et grand messager ! Viens voir ton petit café à la crème...  » Quelques secondes de silence parurent suspendre à ces mots toute la folie du monde et pourtant l'on vit bientôt Madame Otambo s'agiter d'une quinte de convulsions très violentes. Un vent glacé tourbillonna dans la pièce et les lumières que diffusaient mille chandelles s'assoupirent soudain – il n'en resta bientôt plus qu'une dizaine pour les éclairer.

Sur une table, la prêtresse vint brûler dans une coupelle de terre cuite un trio d'ingrédients qui propagèrent aux narines du dragon et d'Atia un atroce parfum d'égout. Rien d'étonnant à cela puisqu'elle brûla de la poudre d'excréments d'alligator, le foie sec d'un cochon et la tête d'un vautour. Otambo jeta le fétiche dans la coupelle et les flammes disparurent... sans pour autant que s'arrêtât la combustion des ingrédients ! «  Passe ta main dans la fumée, ma jolie ! Laisse jaillir cette âme enfermée dans ton corps et qui n'est pas la tienne... oh, oui ! Tend la main pour papa Legba ! Il ne te fera pas de mal... enfin, je ne crois pas...  » dit-elle dans un ricanement.

Mais elle échangea un regard avec Dante et ce dernier intervint : «  Notre hôtesse sait bien que si je vous vois ne serait-ce qu'éternuer, elle perdra l'usage d'une main. Et qu'il serait dommage, pour elle, de ne plus pouvoir se gratter là où...  » Mais la prêtresse lui coupa sèchement la parole, d'une voix où fleurait la frustration. «  D'accord, d'accord, d'accord ! Ma douce, pose tes mains sur la table et plonge tes yeux dans la coupelle...  » Dante observa Atia et hocha la tête.

«  Allez-y. Vous ne risquez rien.  » Madame Otambo, de l'autre côté de la table, sautillait comme une grenouille égarée sur un poêle chauffant et agitait une sorte de hochet de bois, de chiffons et d'ossements. Elle récitait des formules et bientôt, devant Atia, apparaîtrait l'âme d'un homme qui partageait avec elle au moins un point commun... le fameux katana.
 
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Message posté : Mar 21 Fév 2017 - 14:42 Message
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Ce qui radoucit un peu l'humeur d'Atia concernant madame Otambo, en plus de ses propos relativement justes et intéressants, c'était qu'en dépit de sa fantaisie, elle maniait son arme avec un certain respect et même une expertise particulière. C'était un peu rassurant. Quoique, la voir jouer au « samouraï » comme un enfant prépubère fut assez agaçant. La César faillit lâcher un commentaire mais elle vit la sorcière se couper exprès et cela l'incita à se retenir ; elle n'avait certainement pas agit de la sorte sans une bonne raison. Et puis, Kasai no Burēdo aimait le sang... Atia pouvait presque frémir rien qu'en voyant le liquide sombre perler sur la main de leur hôtesse. Si cette femme pouvait lui apporter ce que sa lame désirait, pourquoi l'en empêcher ? En tout cas elle sembla s'activer car elle demanda à voir ce que la criminelle avait amené. Celle-ci s'exécuta et lui tendit la ceinture qu'elle avait durement récupérée. Après quelques sautillements, danses, hoquets, et tentatives de cuisine toxique plus tard, les choses commençaient à se concrétiser. Du moins autant que ce qu'Atia pouvait percevoir, en bonne néophyte mystique qu'elle était. L'avertissement de Dante arriva bien aux oreilles de la quadra et celle-ci assena un regard assassin à la vieille, lui signifiant clairement que si elle essayait de la tromper, elle se chargerait elle-même de lui trancher la main, avec les dents s'il le fallait.

Cet avertissement silencieux accompli, la Caesar s'exécuta, posa les mains sur la table et contempla le contenu de cette coupelle. Un vrai bijou pour les yeux comme pour le nez. Mais en dehors de cela, rien ne se passait. Bon. Atia fut à deux doigts de commencer à tapoter les siens sur la table pour marquer son impatience lorsque la coupelle commença à trembler, toute seule, et qu'une épaisse fumée se mit à s'élever de la mixture. Au dessus de la table, un nuage se formait jusqu'à adopter les contours d'une silhouette : celle d'un samouraï, avec toute la panoplie qui allait. L'ombre nuageuse ne bougeait pas, se montrant ni agressive ni sympathique. Les contours de son visage étaient impossible à percevoir, même ceux que son casque daignait laisser voir.

– Oh ben dites-moi, Papa Legba nous a gâtés...
– Que faut-il faire à... présent ?

Mai la réponse vint pendant qu'Atia posa la question. Dès qu'elle prit la parole, le fantôme de fumée posa ce qui devait être son regard sur elle. Bien qu'il soit impossible de voir ses yeux, la César ne pouvait pas ignorer la sensation d'être observée, au plus profond d'elle-même. Le froid qui avait envahi la pièce sembla la pénétrer jusqu'aux os. Cela ne se calma pas lorsque cet être fantomatique se mit à parler d'une voix d'outre tombe. Il parlait en japonais.

– Flûte, mon dictionnaire indien est resté chez mon coiffeur !
– Chut ! ordonna la César qui pouvait comprendre le japonais si on ne lui gueulait pas dans les oreilles.
[Japonais] – ...qui n'est pas digne de manier Kasai no Burēdo tu as fait honte à cette arme et maintenant vois ce qu'elle fait... essayer de revenir à moi qui suis mort...

Entre les connaissances linguistiques d'Atia qui n'étaient pas parfaites et la voix de cet esprit qui semblait se clarifier ou se dissiper sans raison, il était difficile de bien comprendre ce qu'il voulait dire là.

– Pourquoi le son est comme ça ? demanda-elle en pensant à une télé mal réglée.
– Des parasites magiques probablement. Star City est une ville très active, vous savez. Y a même un nexus magique dans l'coin. Papa Legba fait de son mieux, mais vous savez, la communication n'est pas toujours facile avec les morts. C'est comme pour mon abonnement de téléphone, y a des coins où ça capte pas du tout...

Exaspérée, Atia jeta un regard interrogatif à Dante, moins pour lui demander de faire taire cette folle mais plutôt pour l'interroger et savoir s'il pouvait faire quelque chose à ce sujet ? Ou si elle devait faire quelque chose ? En attendant, la César garda ses mains bien comme il fallait sur la table. Elle faisait également de son mieux pour écouter ce que cet esprit lui disait mais ça n'était pas facile. En plus, ce qu'elle comprenait l'interloquait. Mais l'esprit n'avait pas l'air de la laisser poser ses questions, il semblait presque aussi bavard que madame Otambo.
 
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Message posté : Mar 21 Fév 2017 - 20:24 Message
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Atia posa les mains sur la table. Quelques minutes après, la coupelle s'agita de tremblements et de son contenu s'éleva une épaisse fumée noire, qui bientôt prit la forme d'un homme accoutré de sa panoplie de samouraï. Il n'était qu'une esquisse, une silhouette à peine suggérée par les contours fumeux, mais le casque, les éléments de l'armure et le long sabre ne laissaient que peu de doute... ainsi que la langue qu'il employa. Dante reconnut et comprit le Japonais.

Tout comme Atia, il regretta qu'il lui soit si difficile d'émettre des propos plus cohérents et plus intelligibles mais, selon la mambo, c'était à cause des nombreuses interférences mystiques qui polluaient la scène magique de Star City. « Conneries ! » aurait rétorqué le dragon s'il avait été impulsif et vulgaire.

Si le samouraï ne parlait pas plus clairement, s'il suivait le cours d'une conversation erratique et distordue, c'était à cause du peu de soins de Madame Otambo qui, de toute évidence, n'assurait pas ici les services qu'elle prétendait pourtant facturer « rubis sur l'ongle » - car le prix de son aide, ce soir, était bien sûr la protection du dragon. Celui-ci d'ailleurs s'approcha d'elle et lui saisit la main, interrompant sa danse, et sa transe. Elle l'observa avec l’œil rieur mais déchanta très vite. «  Quel est le souci, mon chou ? Je donne le meilleur pour vous là, je fais au max...  »

Mais le dragon lui coupa sèchement la parole et un instant, sa voix couvrit tout le reste dans le temple. «  Fais mieux !  » Madame Otambo baissa les yeux sur sa main, que serrait Dante, et constata avec horreur que sa peau changeait de consistance et prenait l'apparence de la pierre. Elle émit un hurlement semblable au cri de la belette qui se fait dévorer vivante par les fourmis des marécages. La transmutation gagnait peu à peu son poignet et son avant-bras.

La mambo paniquait. «  D'accord, d'accord ! Je vais faire le nécessaire...  » couina-t-elle en haletant d'une panique viscérale. Sa chair reprit des couleurs et Dante lâcha sa main. Madame Otambo se précipita sur une commode, ouvrit un tiroir et en sortit une paire de ciseaux de bronze. Elle revint vers la table, se pencha sur la coupelle, inspira profondément une lampée de fumée noire puis saisit une mèche de ses longs cheveux.

Elle la coupa et la jeta sur le contenu grésillant de la coupelle, ce qui provoqua, ans un crépitement d'étincelles bleuâtres, un surcroît de ce brouillard gris dont la silhouette du samouraï se nourrissait pour prendre forme. La prêtresse, tombée à genoux, suffoquait un peu, mais elle leva sur Dante un regard inquiet, presque suppliant. Puis, à quatre pattes, elle fredonna une prière et sa transe reprit.

Le spectacle était assurément pathétique, mais ce qu'elle fit donna au samouraï de fumée l'énergie nécessaire à un discours clair et parfaitement compréhensible. Ils l'entendirent ainsi et découvrirent que l'arme d'Atia était habitée depuis toujours par une force guerrière mystique douée d'une volonté propre et qui, par goût certain pour les héros, s'attachait toujours à l'âme et au corps de son porteur, pourvu que celui-ci fût spécial.

Cette force avait reconnu Atia comme digne d'elle, jusqu'à un certain point, et jusqu'à un certain moment ou pour une raison ou une autre, la César avait ainsi perdu la « confiance » du katana qui lui refusait la dignité de porteur. L'arme cherchait à retrouver son ancien maître, le seul de la lignée qui lui parût digne d'elle. Ainsi devant eux s'élever en quelque sorte le spectre de cet homme que le Kasai no Burēdo souhaitait retrouver, pour réunir l'arme et le seul guerrier que celle-ci estimait légitime à la manier.

Dante avait écouté en silence et quand quelques instants passa sans que la silhouette de fumée ne dît plus un seul mot, il suggéra : «  Vous pouvez lui poser des questions, Atia... tant qu'il est parmi nous, tant que la mambo maintient le lien, ce spectre est obligé de nous répondre.  » Et de toute évidence, Madame Otambo n'avait aucun intérêt à briser le lien prématurément... sauf, bien sûr, dans l'hypothèse où elle désirait perdre progressivement l'usage de ses membres supérieurs et inférieurs, pour n'être plus qu'un tronc de femme.
 
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Message posté : Mer 22 Fév 2017 - 12:27 Message
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La petite scène entre Dante et Otambo fut assez secondaire pour Atia qui ne leur accorda pas toute son attention, préférant se concentrer sur ce que l'esprit enfumé essayait de leur dire. Bien évidemment, la terreur que hurla la sorcière la laissait complètement indifférente. La César nota juste que la poigne de monsieur Visconti semblait être la source de cette crise de panique mais ne parvint pas à voir en quoi elle consistait exactement. Ce qui comptait, c'était le résultat : la prêtresse vaudou redoubla d'efficacité et le spectre ce fut plus visible, mais surtout plus compréhensible.

Ainsi, Atia comprit que son katana la boudait suite à... quelque chose qui avait dû entacher cette confiance. La criminelle déglutit. Il ne lui était pas difficile de deviner la nature de cette raison. La réponse lui semblait automatique, comme si ses tripes la lui criaient. Cependant, elle ne détourna pas les yeux, déterminer à corriger le tir, mais surtout à retrouver le plein contrôle de Kasai no Burēdo... et de son propre corps, bien sûr. Dante l'encouragea à prendre des initiatives en posant des questions, lui assurant que l'esprit y répondrait. Elle hocha la tête et s'exécuta aussitôt. Elle parla en anglais, ne se posant même pas la question de la barrière de la langue. Une question qui était sans doute peu pertinente pour une créature spirituelle, de toute façon.

– Comment est-ce que je peux récupérer mon lien avec Kasai no Burēdo ?
[Japonais] – Kasai no Burēdo est un katana capricieux. Et il n'accorde de l'importance qu'à la force guerrière. Un duel sera la seule manière de prouver votre force et de récupérer son respect et son pouvoir.
– Un duel avec qui ?
[Japonais] – Avec celui qu'elle estime digne.
– Autrement dit... vous ?

Pas de réponse. Atia prit ça pour un oui. Mais il restait des détails techniques assez importants à régler. Le où et le comment notamment.

– Mais vous êtes mort. Comment ?

Un rire guttural accueillit son début d'interrogation.

[Japonais] – Tu ignores vraiment tout des pouvoirs de ce katana, n'est-ce pas ? Sache qu'elle saura te montrer la voie. Pour peu que tu parviennes à le lui demander.

Et dire qu'Atia avait l'habitude de se foutre de la gueule de Yoda. Elle aurait bien aimé que le petit guide vert remplace ce spectre énigmatique aujourd'hui.

– Et comment faire pour vous trouver ?

Pas de réponse. Cela dit, la César avait l'impression que le spectre souriait, sans savoir pourquoi, ce qui était assez inquiétant. D'autant plus que madame Otambo s'interrompit dans sa danse pour lâcher un : Oh oh... d'inquiétude

Sur ce, les étincelles bleues devinrent rouge et crépitèrent encore plus furieusement. La mambo se mit soudainement à pousser des cris hystériques, partagés entre la peur et la douleur tout en se tortillant au sol, comme possédée. Le visage d'Atia exprima une réelle inquiétude alors qu'elle sentait que quelque chose d'assez désagréable allait arriver. En l'occurrence, le corps fumeux de l'esprit se décomposa et passa à travers le sien avant d'exploser pour former une espèce de tempête de fumée et d'étincelles dans la pièces. En passant, la fumée provoqua de vive douleurs chez la César. Et pour cause, ses cicatrices la brûlaient comme si elles étaient chauffées à blanc. Elles en avaient l'air en tout cas.

Il s'agissait de l'épreuve de la douleur. Mais pour que celle-ci puisse être menée à terme, il faudra encore que madame Otambo survive assez longtemps pour maintenir la présence spirituelle active, sans quoi, les risques seraient mortels pour Atia. Et c'était mal parti pour la sorcière qui, sans assistance finira sans doute par périr...
 
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Message posté : Mer 22 Fév 2017 - 15:26 Message
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Dante avait depuis longtemps cherché le moment opportun pour éliminer Madame Otambo. Il ne détestait pas la prêtresse vaudou, il n'avait même aucune raison de lui en vouloir, et, à la vérité, en dépit de ses fantasques comportements, elle était même plutôt utile, dans son créneau – un peu comme le dentiste qu'on déteste mais qui fait un excellent travail. Cependant le dragon s'était toujours demandé comment la batracienne – c'était ainsi qu'il la surnommait – donnerait à voir les gestes de l'agonie et du trépas.

Il avait vu, en Louisiane, des mambos succomber aux pires supplices avec toujours beaucoup d'extravagance : le spectacle en valait la peine. Malheureusement, comme une anguille en perpétuel mouvement, Madame Otambo s'était toujours débrouillée pour s'arracher à la mort, comme la souris qui se fraie un chemin hors des mâchoires du tigre, comme la belette qui s'échappe de la gueule du tyrannosaure... Dante ne pouvait hélas se détourner du supplice de la mambo. La sûreté d'Atia César en dépendait.

Dans un premier temps, il s'arrangea pour que l'air, dans le temple, demeurât respirable, en organisant le déplacement des masses d'air de sorte que la fumée fût dispersée sans stagnation, en spirales évolutives. Il aurait été bien stupide de mourir là tous intoxiqués parce que la prêtresse n'avait aucune maîtrise de ses pouvoirs ! Dans releva donc la prêtresse. « Un instant, ma chère, avant de mourir... » Il appuya le plat de sa main sur son front et celle-ci quitta aussitôt sa transe. Leurs yeux se captèrent pour ne plus se lâcher. Des rayons aux ramifications infinies s'échappèrent de la paume du magicien pour s'imprimer en lignes blanches et bleues, lumineuses et profondes, sur le crâne et le visage d'Otambo.

Celle-ci vivait une expérience hors du commun, puisqu'elle intégrait le Cérébropyre, cette connexion extra-sensorielle qui reliait les initiés à l'omniscience du dragon. Plus encore et violemment, ce dernier prit le contrôle de la prêtresse, dont les yeux s'effacèrent pour n'être plus que deux billes enflammées.


Jamais Madame Otambo ne connut expérience plus exaltante. Elle ne pouvait en profiter activement, elle n'était plus libre de ses mouvements, mais elle se plaisait à baigner, littéralement, dans l'intelligence flamboyante du dragon et découvrait d'ailleurs avec délice quel feu habitait celui qui ne serait plus jamais le même à ses yeux. Elle se dressa aussitôt et par ses narines s'enfuit la fumée qui l'avait investie. La mambo reprit sa danse, alors, marionnette que dominait Dante, et à travers elle ce dernier fit le nécessaire pour qu'Atia fût à l'abri d'un mauvais coup du sort.

Otambo n'était qu'une flûte entre ses mains, et sa bouche soufflait les notes qu'il choisissait, pour chanter l'incantation d'une mélodie destinée à maintenir le lien qui tenait le spectre dans ses chaînes. Signe de sa réussite, la fumée s'éclaircit et leurs poumons s'accommodèrent de ce changement avec grand soulagement.  « Réponds aux questions qu'on te pose, esprit ! Tu peux rire de mes ordres, mais tu ne peux te moquer de ceux qui te sont supérieurs ! » La prêtresse n'était plus que la bouche de la loi du dragon et son timbre se teintait des couleurs volcaniques d'un autre voix, qui n'était pas la sienne.

 « Papa Legba et Maman Brigitte te l'ordonne ! Sois clair et précis, où tu seras servi en cassolette au baron Samedi ! Il te dévorera ! » Ce disant, Otambo s'agenouilla près d'une corbeille qu'elle ouvrit et dont elle tira la mue d'une couleuvre. Elle en croqua un morceau, qu'elle avala, et jeta le reste dans la coupelle.

La peau sèche s'enflamma aussitôt.  « Reçois mon offrande, Damballa ! Et joins-toi à moi pour obliger ce spectre à nous répondre ! » Nul ne saurait jamais si l'esprit recevrait la collation ni dans quelle mesure ceux-ci participaient véritablementau rituel de la prêtresse, mais en tout cas ces procédés nouveaux, que Dante était allé chercher dans la mémoire crasseuse de la mambo, obligèrent l'esprit à se montrer cette fois plus coopératif.

Il devait d'ailleurs bien reconnaître qu'en dépit de l'allure farfelue de leurs méthodes, trop pétries de l'ambiance marécageuse et putride, les prêtres vaudous maîtrisaient une façon très efficace de faire parler les morts.
 
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Message posté : Jeu 23 Fév 2017 - 10:30 Message
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Le mode de cuisson interne que subissait Atia ne lui permit malheureusement pas d'admirer tous les efforts de Dante pour assurer sa survie. A vrai dire, la criminelle ne pensait pas à beaucoup de choses en cet instant, ni Dante, ni Keith, son garde du corps, ni même sa fille ne lui venait à l'esprit. Seule la douleur l'habitait. Parce que la César comprenait que cette douleur là n'était pas le fruit du hasard, qu'elle avait un but : la tester, tout comme les flammes et les coups de marteaux venaient donner sa forme à une lame, la souffrance venait dans le but d'acérer sa volonté. En plus violent, elle en avait parfaitement confiance. Ses gémissements de douleur n'avaient donc pas pour but de se lamenter sur son sort. Ce n'était pas le genre de la maison. Ils exprimaient plutôt la lutte qu'elle menait contre cette douleur. Abandonner reviendrait à s'allonger au sol en position fœtale et gémir ou encore se tordre de douleur. Là, elle tenait encore sur ses jambes, à genoux certes, mais elle ne se laisserait pas tomber comme une poupée de chiffon. Au contraire, elle ferait tout pour se relever. Et le fait que madame Otambo n'ait pas brisé le lien – grâce à Dante – aida beaucoup.

Rappelé à l'ordre par la prêtresse vaudoue et son offrande (donc par Dante), l'esprit samouraï se calma. La douleur qu'il générait également. Les étincelles qui peuplaient sa fumées se firent moins virulentes. Et dans ce calme somme toute relatif, Atia parvint à « voir » au delà de la douleur qui la vrillait. Des images et des sensations qui n'étaient pas les siennes s'imposèrent à son esprit, outre passant les protections dont elle bénéficiait à ce niveau. Sans doute parce que son âme était plus impliquée que son cerveau dans cette connexion mystique. Ce qu'elle vit fut un mélange brouillon de souvenirs, de scènes de batailles ou encore de duels assez flous, de paysage, de discours, de joie, de colère... et de violence. Pendant ce temps, son corps avait récupéré le contrôle de lui-même et elle s'était relevée, appuyée sur la table qui supportait déjà le rituel de la mambo. La voix de l'esprit décida de résonner de nouveau dans toute la pièce, à travers cette spirale de fumée spirituelle qui tournait autour d'eux, modérée par la magie venteuse de monsieur Visconti.

[Japonais] – Viens me trouver quand le soleil couchant arbore son éclat le plus flamboyant. Elle saura te montrer la voie.

Sur cette conclusion, la fumée commença à se dissiper, laissant derrière elle l'odeur de pourriture provoquée par les combustions de la sorcière. Atia resta appuyée sur la table, penchée en avant pour reprendre sa respiration. La disparition de l'esprit avait fait disparaître la douleur qu'il lui avait assénée. Son corps donnait l'impression de s'être détendu d'un coup, cependant, sa peau sembla dégager de la vapeur, comme s'il venait de sortir d'une séance de sauna. Une petite odeur de chair brûlée, fort désagréable pour des narines humaines, se dégageait également d'elle. Malgré cela, malgré son souffle coupé, la César semblait satisfaite. Elle releva la tête pour regarder monsieur Visconti et un sourire victorieux s'affichait sur son visage balafré.

– Je sais où son corps se trouve. Il me l'a montré. déclara-t-elle, ravie mais épuisée.

Pour tout dire, elle ne serait pas contre un petit tonique post possession spirituelle, si une telle chose existait. La César jeta donc un œil à leur hôtesse, qui peut-être aurait quelque chose à suggérer, ou bien même un commentaire philosophique à émettre. Cela dit, la sorcière avait l'air bizarre. Plus que ce qui semblait être ordinairement le cas.

– J'ai loupé quelque chose ?
 
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Message posté : Jeu 23 Fév 2017 - 16:10 Message
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Quand Atia déclara qu'elle savait où le corps du samouraï se trouvait, parce que « lui-même » le lui avait montré, Dante s'arracha à la connexion de Madame Otambo au Cérébropyre et celle-ci s'effondra au sol, dans un concert de convulsions terribles. Il se précipita à ses côtés et la prit dans ses bras, geste paternaliste et bienveillant, et coinça dans sa bouche le premier objet dur qu'il trouva, afin d'y bloquer sa langue – ainsi la sotte ne s'étoufferait pas en l'avalant.  « J'ai dû intervenir pour... accroître l'efficacité de notre amie. » Hélas, l'intervention avait un prix et si le dragon s'était maintenu plus longtemps à la tête des faits et gestes de la mambo, celle-ci n'aurait été rien de plus qu'un légume une fois libérée de l'emprise du Cérébropyre.

La connexion, pour être durable, ne pouvait s'improviser : un rituel impliquant le Mirari était un passage obligé ; malheureusement, même dans ces cas-là, le lien télépathique ne pouvait permettre au dragon d'investir l'esprit des connectés sans risque pour ceux-ci, tant la psyché d'un dragon prend de place et d'espace, littéralement. C'était comme verser les eaux du Pacifique dans un petit ballon de plastique : au bout d'un moment, l'explosion guette, menace, et paf ! Heureusement pour elle, la prêtresse ne finirait pas en bol brisé de Chocapic.  « Elle s'en remettra. Elle a connu pire et, croyez-moi, je l'ai déjà trouvée dans de plus graves états. »

Il se souvenait notamment d'avoir trouvé en Floride Madame Otambo aux prises avec un alligator géant et, plus précisément, d'avoir dû l'arracher au ventre et aux mâchoires du reptile crocodilien. Dante se releva et tourna le regard sur les environs. L'air obéit à son injonction silencieuse et dispersa les reliquats de fumée noire et crépitante, pour retrouver son apparence – et sa légèreté – ordinaire. Les odeurs nauséabondes demeuraient fortes et présentes, mais peu à peu se dissiperaient. Voilà qui serait plus respirable ! Puis, il installa Otambo sur un fauteuil et se rapprocha d'Atia.  « Est-ce que tout va bien ? »

Ces opérations étaient toujours éprouvantes, pour les mambos comme pour les « clients », mais il ne voulait pas paraître insulter la César en la couvant d'une bienveillance qu'elle pourrait prendre pour de la condescendance. Sous le fauteuil où la prêtresse psalmodiait des mots incompréhensibles – parce qu'elle avait encore un truc dans la bouche – Dante remarqua l'osier d'une bouteille ronde et noire. Il s'en saisit et sans réelle précaution, brisa la bague de cire. Sur la table, il la poussa vers Atia.

 « Vous devriez boire ça. C'est du rhum. » Et rien de tel qu'une bonne lampée de l'alcool des pirates pour chasser l'écume d'un rituel vaudou. Dante montra l'exemple en portant la bouteille à sa bouche.  « Rien ne remplacera une bonne nuit de sommeil, cela dit. Pour vous, comme pour elle... » ajouta-t-il en observant la folle ordonnatrice des festivités, qui s'endormait ou presque. Il s'en rapprocha pour ôter de sa bouche le chausson qu'il y avait fourré.

 « Puisque vous savez où le corps se trouve, j'imagine que vous savez quelle est la prochaine étape de votre guérison... mais prenez votre temps. Vous ne le sentez peut-être pas encore, mais ce que vous avez vécu là, c'est autre chose qu'un tour de passe-passe des charlatans de Louisiane, qui soufflent dans un crapaud pour vous lire l'avenir. Attendez-vous, dans les prochains jours, à quelques migraines carabinées. » Il arborait un grand sourire en revenant vers elle, près de la table.  « Par chance, je vends d'excellentes tisanes contre les maux de tête. Ainsi qu'une grande variété de thés de la relaxation... Si vous le désirez, je peux vous faire un prix de gros ! »
 
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Message posté : Jeu 23 Fév 2017 - 19:12 Message
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– Ce n'est pas moi qui vous en tiendrais rigueur. déclara Atia qui se trouvait plutôt contente, quoique épuisée, du résultat escompté.

Cela dit, elle nota au passage que Dante semblait capable de prendre le contrôle des autres et il s'agissait pile du genre de pouvoir qui venait déchaîner la paranoïa de la César. Si monsieur Visconti n'avait pas été son allié, elle aurait certainement envoyé ses tueurs pour lui régler son compte. Voire-même Orion, tant qu'à faire. Le chasseur l'avait bien aidée récemment et elle savait qu'il appréciait s'occuper de proies difficiles... Mais pour l'heure, en dépit de ses inquiétantes capacités, Dante n'offrait aucune raison de douter de lui. La criminelle se concentra donc pour retrouver son souffle tout en restant appuyée sur un meuble, elle quitta a table d'invocation pour s'adosser sur une commode, en évitant de trop regarder ce qui l'ornait. Elle aurait aimer s'allonger par terre, dehors, dans l'herbe, si possible, pour apprécier l'air pur et la fraîcheur qui l'aideraient à se remettre de ce qui venait de lui arriver mais elle se retint, désireuse de conserver les apparences, un peu par fierté, sans doute, mais aussi parce qu'elle voulait faire le point sur ce qui venait de se passer et ce qu'elle venait d'apprendre. Finalement, l'état de madame Otambo lui importait peu mais elle lui était assez reconnaissante de son aide pour ne pas lui souhaiter du tord. Même si Dante avait une bonne part de responsabilité dans l'issue positive de cette drôle d'expérience.

– Je vous crois, cette femme est un phénomène. J'hésite même à l'inviter au Circus pour venir assurer le spectacle. ce qui était là un compliment.Même si une telle situation pouvait potentiellement mener à une mort violente pour la mambo, au moins, le divertissement serait au rendez-vous, c'était presque certain.

Pour en revenir à la présente situation et à ce qui venait de se passer Dante veilla au confort de la sorcière avant de venir s'inquiéter de l'état de la Caesar. Celle-ci répondit d'un hochement de tête à l'affirmatif assez énergique pour être convainquant. Trop peut-être pour ne pas lui donner des vertiges. Et si elle choisit ce mode de réponse, s'était parce qu'elle avait encore le souffle coupé et qu'elle était en train de le reprendre. Décidément, c'était comme si elle avait enchaîné des brasses très rapides dans une longue piscine. En moins humide et plus brûlant, certes. Et aussi, après une compétition de natation, généralement, on ne buvait pas de rhum. La César s'empara de la bouteille et but une bonne rasade au goulot. Ça ne valait pas de la vodka, mais elle n'allait pas faire la princesse, c'était mieux que rien.

– Pourquoi ? Vous n'aviez pas une rave party à me montrer après ça ? Je suis déçue. avoua-t-elle cyniquement mais d'un ton doux, presque enjoué.

Malgré son état, Atia était d'excellente humeur, c'était une « bonne » fatigue qui l'envahissait. Bien sûr, elle n'oublia pas – et monsieur Visconti, très professionnel, le lui rappela – la raison de tout ceci.

– Ne vous inquiétez pas, même si je le voulais, je ne pourrais pas m'y rendre tout de suite. Son corps se trouve en Asie et je ne peux pas quitter le pays comme ça sans m'organiser un peu.

En fait si, techniquement, elle le pourrait, rien ni personne ne pouvait lui imposer cette restriction mais elle préférait. Avec sa situation et tout ce qu'il y avait à faire pour le Cartel, une absence de plusieurs jours sans justification et surtout sans instructions risquerait de créer le chaos. C'était peut-être ce qu'ils désiraient chez leurs ennemis et même dans la rue, mais ils ne pouvaient pas se le permettre dans leurs rangs. Atia ne pouvait se le permettre.

– En tout cas, je vois que vous ne perdez pas le nord. constata la César avec un sourire amusé.

Un regard vers la prêtresse lui indiqua qu'elle serait hors service pour tout le reste de la nuit. Autant dire que son aide ne serait pas très utile. Pourtant, Atia avait des questions à poser. Encore. Et elle n'était pas tout à fait en état de marcher sans se casser la figure. Entre la douleur de son corps en temps normal, celle provoquée par ce rituel et ses migraines et vertiges, mieux valait ne pas tenter le diable. Et elle serait prête à enfoncer une canne dans la gorge de celui qui oserait lui en suggérer une. Heureusement, Dante n'était pas forcément inculte dans le registre spirituel.

– C'est donc un duel qui m'attends. Avec l'esprit d'un samouraï, rien que ça. Vous auriez pas des conseils à donner pour combattre des esprits ?

Une image mentale vint à elle, celle d'un ring sur lequel elle se trouverait en face d'un esprit gris incorporel, Dante serait derrière elle à lui agiter une serviette au visage et lui gueuler des conseils à la manière d'un coach. Si seulement les choses pouvaient être aussi simples qu'un combat de boxe.

– Quoique je suppose qu'un brin d'honneur sera exigé. Les codes samouraï et tout et tout...
 
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Message posté : Jeu 23 Fév 2017 - 22:18 Message
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«  Jamais...  » concéda-t-il avec un sourire. Dante n'était pas de ces petits esprits qui se laissent aisément distraire et qu'on peut éloigner de leurs objectifs. Il était là à l'initiative d'Atia César et restait donc concentré pour mieux l'aider et, en un sens, l'aiguiller, au besoin. Répondre à ses questions, il le pouvait et s'y plaisait même – c'était encore le rôle qu'il préférait. Atia aurait donc à affronter l'esprit d'un ancien samouraï, pour gagner le respect de son katana si spécial. Un « programme » que d'aucuns percevraient avec crainte et même de légitimes inquiétudes.

La fille d'Auguste ne manifestait pourtant ni trouble ni appréhension à l'idée qu'elle devrait bientôt, en Asie, affronter un adversaire bien différent de ce qu'elle avait pu connaître, dans les arènes du Circus Maximus. «  Pour être honnête, je ne suis pas certain de la validité des conseils que je pourrais vous donner. Les combats prennent toujours des allures curieuses, dans le cadre de ces quêtes initiatiques...  »

Dante connaissait trop bien le goût des vieux maîtres, des dieux et des « puissances » pour les énigmes, les métaphores et les constructions symboliques. Tel qui croit qu'au bout de ses poings se trouve la force suprême se découvre bientôt contraint aux exercices de l'esprit et creuse ainsi le trou de son incompétence...

«  Vous aurez sans doute à l'affronter mano a mano, mais je ne serais pas surpris si le chemin vous réserve d'autres types d'épreuve... des épreuves d'un genre plus spirituel ou ésotérique. Avez-vous vu le dernier Indiana Jones ? Je ne compte pas l'infâme quatrième.  » C'était un fait : à ses yeux, le dernier opus de la série, concernant le « Crâne de cristal », n'existait pas.

«  Dans le film, le professeur Jones, pour accéder au Graal, doit passer trois épreuves... le souffle de Dieu, que seul passera le pénitent... le nom de Dieu, que seul passera celui qui marche dans le nom de Dieu... et enfin le saut de la foi, la dernière épreuve... Bref, autant de « combats » métaphoriques comme on en voit souvent dans les parcours initiatiques... Je sais de quoi je parle, l'alchimie s'est tout entière construite sur une métaphore impossible.  » Transformer le plomb en or, tout à la fois promesse et mensonge, tout à la fois invitation et destination.

«  S'agissant de combattre les spectres... les fantômes, en général... Bien évidemment, les armes conventionnelles sont inefficaces. Vider le chargeur d'une arme dans la tête d'un esprit est parfaitement inutile. En revanche, les armes blanches, celles en fer surtout, sont remarquables... la plupart du temps. Je peux vous faire parvenir une liste de tous ces détails qu'on prend pour de vieilles légendes, comme la traînée de sel, mais qui ont un fond de vérité.  »

Dante connaissait une nécromancienne qui n'aurait sans doute pas apprécié qu'il distribuât ainsi des « permis de tuer les fantômes » - ce qui, en un sens, était une formulation trompeuse. Cependant, il ne voyait aucun mal à partager un peu de ses connaissances avec Atia et, surtout, il ne s'était pas engagé pour la protection des populations mortes ou spectrales...

Si Atia avait eu pour ennemi un panda, il aurait peut-être éprouvé quelques réserves, étant donné que ces pauvres bêtes n'étaient plus très nombreuses sur la planète... et lui-même pouvait se montrer compatissant à un sort proche du sien... mais s'agissant des vieux spectres d'anciens samouraïs ? Fi !

«  Et bien sûr, s'il s'agit d'un guerrier du japon, il faut s'attendre, comme vous le dîtes, à certains codes et à un certain... protocole. Vous devriez questionner le katana... si c'est possible.  » Dante ne comprenait pas très bien la nature du lien qui s'était créé entre l'arme et sa propriétaire. Il ajouta encore avec humour : «  Je peux aussi vous vendre des tisanes adaptées pour les différentes étapes de la méditation...  »
 
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Message posté : Ven 24 Fév 2017 - 21:43 Message
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Une grimace faillit surgir sur son visage en apprenant que Dante doutait pouvoir la conseiller judicieusement sur ce qui allait lui arriver. Apparemment, si la César comprenait bien, personne ne pourrait vraiment lui expliquer ce qui l'attendait. Ce genre d'épreuve devait changer en fonction des situations voire-même des individus. Super. La voilà qui devrait affronter quelque chose sans pouvoir se préparer convenablement. Elle ignorait même si l'affrontement aurait lieu physiquement ou... bref, elle allait marcher en territoire inconnu. Paradoxalement, elle savait dans quelle direction marcher. Ce qui était en soit une considérable amélioration de la situation.

– Alors dans ce domaine aussi, l'originalité prime. Décidément, c'est une mode atemporelle de vouloir se faire remarquer.

Alors que le conformisme était si rassurant, quelque part. Enfin, Atia n'allait pas non plus s'en plaindre. Si le monde n'était pas peuplé d'originaux, elle serait la première à s'emmerder. Elle serait même la première à se trouver chiante. Cela dit, le caractère prévisible des choses ne manquait pas de rassurer. L'inconnu faisait parfois peur. Heureusement, elle était une César et s'en accommoderait bien. En tout cas, ça n'allait pas la faire reculer, loin de là.

Quoique...

– Donc il pourrait tout aussi bien me demander de faire un concours de marelle ?

Auquel cas, le plus simple serait de trancher la gorge d'Atia sur-le-champ.

Elle exagérait bien sûr, mais cela prouvait qu'elle n'aimait pas (du tout) l'idée de voir son destin reposer entre les mains de quelqu'un d'autre. Même d'un mort. Même d'un katana mystique. Une César incapable d'exercer le moindre contrôle sur sa vie et son destin... ultime décadence. Heureusement, Dante bénéficiait quand même d'informations pratiques quoique vraisemblablement basiques sur les esprits et sur les manières de les repousser. Ces conseils firent également sonner quelques cloches dans la tête de la criminelle (comme diraient les English Speakers). Elle se rappelait avoir entendu parler de personnes qui s'amusaient à courir après les fantômes et autres démons pour le sport, ou par sens d'un « devoir supérieur ». Le plus souvent, c'étaient de bons samaritains mais une part de leurs activités était assez illégale pour en lier certains aux gangs. Peut-être cherchera-t-elle à creuser un peu plus cette voie.

En tout cas, elle espérait de plus en plus que cette fameuse épreuve reste classique et surtout fidèle à la voie du samouraï. Si les choses restaient dans ce domaine, elle devrait s'en sortir. Théoriquement. Après tout, ses capacités physiques étaient actuellement bridées. Aussi, de mémoire de Caesar, elle n'avait encore jamais affronté de mort.

– Elle n'a jamais été très bavarde. Disons qu'on n'a pas vraiment communiqué jusque là. C'est plus des sensations qu'elle m'envoie. Et non pas des mots.

Et puis surtout, ces moments de connexion émotionnelles étaient assez rares. Atia avait passé beaucoup de temps à s'entraîner au kendo avec Kasai no Burēdo pour essayer de communiquer avec elle d'une manière ou d'une autre. Mais rien à faire. A part se sentir conne, la guerrière n'avait rien obtenu. Les seules fois où il y avait eu un semblant d'échange, c'était pendant les combats. Surtout les combats intenses. Ceux qui étaient dangereux et opposaient Atia à des adversaires coriaces. A l'époque où elle avait fait monté le Circus, le sabre et elle avaient partagé plusieurs de ces prises de contact, ce qui avait d'ailleurs grandement contribué à la soif de combat de la fille d'Auguste. Mais le temps et les affaires étaient devenus plus exigeants... Assurément, cela l'amènera à poser de nouvelles questions à l'esprit du samouraï.

– Allez, je vais vous en prendre des tisanes. Vous êtes sûr qu'elle n'affectent pas les sens ? Je ne veux pas que mes hommes croient que je me drogue.

Voilà qui répondait sans doute à certaines rumeurs sur la César. Pourtant, elle n'avait jamais touché à ce genre de chose. Peut-être qu'un ou deux pétards avaient touché ses lèvres dans sa vie, mais pas plus. Son entraînement exigeait qu'elle prenne soin de son corps. Ainsi, sans se pomponner ni se mettre des crèmes hydratantes sur la tronche, Atia traitait son corps avec un soin qui l'empêcher de l'exposer à des substances psychotropes. C'était mieux pour diriger le Cartel, aussi. Certains n'avaient sans doute pas le même avis, d'ailleurs, la criminelle se demandait souvent quelle came Wildcard pouvait bien consommer, mais c'était là la ligne de conduite qu'elle avait choisie.

Et peut-être que madame Otambo ferait bien de prendre exemple sur elle car la sorcière n'avait pas l'air bien réveillée dans son fauteuil. Atia avait l'impression de voir une cliente régulière d'une fumerie d'opium.

– Je lui dois combien à votre avis ? demanda-t-elle après l'avoir fixé quelques secondes.

A vrai dire, Atia se demandait surtout si elle n'avait pas besoin d'un seau d'eau froide sur la tête, mais bon, les originaux, il fallait se plier à leurs règles. Ça avait l'air encore plus vrai avec les adeptes de la magie.
 
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