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Dépaysement spatio-temporel. (PV Dieter)

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Message posté : Mer 7 Nov 2012 - 14:59 Message
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La foule se pressait pour entrer et sortir du musée en une masse compacte et bruyante. Il y avait des vieux, des jeunes, des enfants, beaucoup d'enfants... De grands yeux éberlués observaient tout cela en silence, la silhouette à qui appartenait ces deux yeux là restait adossée à une colonne et n'osait pas s'approcher. Ou plus précisément parfois elle tentait quelques pas hésitante, puis revenait brusquement sur ses pas à reculons. Luka se sentit ridicule, mais visiblement pour entrer il fallait effectuer une sorte de rituel et elle tentait de le décrypter afin de pouvoir le répéter. Soudainement elle inspira un bon coup, elle pensait avoir compris, elle devait s'avancer, faire la queue jusqu’à arriver à l'espère de petit comptoir ou se tenait une femme en uniforme. Ça c'était facile, vraiment, elle pouvait y arriver, elle le fit, on la détailla un peu. Le rouge lui monta au joue, ses vêtements étaient un peu étranges comparés aux autres, c'était peut-être ça. Plus haut dans la rue elle avait vu des affiches avec des photos (en panne, elles ne s'animaient pas) et sur ses photos elle avait vu une machine ultimé. L'étonnement l'avait envahis, elle devait y absolument jeter un coup d’œil. C'était pour ça qu'elle était là. Peu à peu la queue s'était réduite, la jeune Ultimé arriva enfin à la caisse où elle dégaina un des billets qu'elle avait pris à son médecin. Souriante elle récupéra son entrée, mais oublia complètement de récupérer sa monnaie. Une fois à l'intérieure elle abaissa sa capuche. Puis sans plus de délicatesse elle fourra le papier que lui avait donné la dame dans la poche comme elle avait vu bien des habitant de la ville le faire.

Elle entendit des enfants courir et s'écarta pour les laisser passer, elle les suivit du regard encore toute chamboulée de ce petit miracle. Elle vit leur mère les rattraper et leur faire une fessée légère. Cela la choqua, ses parents n'avaient jamais levé la main sur elle. Malgré tout son désir, elle se retint d'agir. La scène ne semblait choquer personne, c'était probablement normal ici. Il était grand temps de s'aventurer dans les allées pour retrouver l'objet ultimé. Distraitement elle observa les œuvres extérieures. Plus tard elle prendrait le temps de s'y pencher. L'objet ultimé lui serait peut-être plus utile. Depuis qu'elle avait quitté son médecin il y a une heure, elle errait sa sacoche en cuir contre elle. Elle n'avait aucune idée d'où aller et cette image lui avait semblait être comme un signe du destin. Elle ne mit pas longtemps à trouver l'objet en question et il y en avait un autre à côté, protégé par un vitre en verre. La blonde grimaça déçue. Elle posa sa main sur le verre et un bruit strident lui fit mal aux oreilles, puis une voix grave s'approcha, elle tourna juste son visage vers la voix. Le restant de son corps était lui tétanisé. La voix provenait d'un homme massive à la peau noir, elle fronça les sourcils très surprise par la couleur de sa peau. Elle recula pour se plaquer contre la vitre. Était-ce un homme? Ou autre chose?


- Mademoiselle veuillez me suivre jusqu'à la sortie...
- Mad, répéta avec le plus grand mal l'hyperboréenne qui n'avait absolument rien compris.

L'homme répéta sa phrase, Luka fronça encore plus les sourcils et se mordilla la lèvre inférieure. Puis comme si sa voix ne grondait pas assez, l'homme se mit à agiter ses bras vers une direction. Elle fixa avec attention l'endroit qu'il indiquait, mais elle ne voyait rien de particulier là-bas, à part une dame toute courbée et à la peau fripée. Mais elle était malade! Pourquoi on ne la soignait pas? Luka était horrifiée, mais ne bougea, elle n'était pas soigneuse et n'avait aucune potion avec elle pour aider. C'était triste, mais elle ne pouvait rien faire. L'homme lui attrapa le bras, surprise elle se laissa faire et se laissa mener vers la sortie. La raison de son interpellation restait un mystère, mais comme elle ne pouvait pas le comprendre autant se laisser faire. Une fois dehors il la lâcha, elle attendit, mais rien ne se passa. Il la laissa tout simplement en plan pour retourner à l'intérieur. Luka désira le suivre, mais il la repoussa. A cet instant là elle comprit, elle ne devait pas avoir le droit d'entrer dans ce genre d'endroit là, mais pourquoi l'avoir fait rentrer alors. Leur sécurité ne devait pas être au point. Elle chercha un instant à comprendre ce qui n'allait pas, puis la raison se fit évidente: elle était une étrangère, rien de plus. Les hyperboréens aussi en accueillant les allemands, leur avaient refusé l'accès à certain lieu.

De nouveau elle se retrouvait en train d'errer sans savoir quoi faire. Parfaitement au hasard elle s'avança dans une direction. Mal à l'aise elle avait son regard scotché au sol, elle avait envie d’intimité mais ne savait pas du tout ou en trouver. Elle n'était visiblement pas en Allemagne et n'avait aucun moyen de communiquer avec cette peuplade là. Plus de doute elle était perdue et c'était beaucoup plus difficile que prévu. Elle ne connaissait pas leurs langues, ni leurs coutumes, elle avait bien vu à l'endroit ou elle avait été soigné le drôle de regard que lui avait lancé les soigneuses quand elle avait toqué sur une étrange machine pour vérifier si elle était creuse. Cela ressemblait à un coffre, mais cela ne s'ouvrait pas, cela affichait des informations, elle avait fini par comprendre. Luka n'était pas stupide, juste que tout ça c'était l'inconnu pour elle. Mais son air curieux la faisait passer pour folle, elle s'en rendait bien compte. C'était si dur de prouver la méprise. Pour la première fois de sa vie, elle regretta son caractère impulsif. Un souffle d'air s'échappa de ses lèvres sous l'effet de la lassitude et l'instant d'après elle percuta un quelqu'un. Elle releva le menton pour s'excuser en hyperboréen -mauvais réflexe-, mais se rendit rapidement compte qu'elle avait en face d'elle son sauveur. C'était un miracle, c'était le frère de Klaus. Qui l'avait déjà probablement oublié à cause d'un sort, il essayait déjà de la contourner, mais avant qu'il ne put elle agrippa fermement à lui. Rapidement elle lui parla en allemand
.

- Dieter, vous ne vous rappelez peut-être pas de moi, mais je suis une amie de Klaus... Sol'ukah. J'ai besoin de votre aide. Je ne parle pas leur langue...

Ses phrases étaient simples alors pour le moment elle ne s'en sortait pas trop mal malgré ses lacunes en allemand. Sa situation était trop complexe, elle avait préférée éviter de dire qu'elle le connaissait assez bien aussi. Patience était de rigueur dans son cas. Il était plus prudent de faire semblant de s'être juste croisé une fois. C'était triste, mais c'était le mieux à faire. Luka était totalement heureuse de le trouver, d'ailleurs elle ne pouvait s'empêcher de sourire. Un sourire emplit de chaleur et de bonheur. Klaus n'était peut-être pas loin. Puis même si Klaus était plus loin, Dieter était un gentil garçon, un peu timide certes, mais adorable quand même. Elle avait envie de l'embrasser sur la joue, mais elle ne pouvait pas, il ne se rappelait probablement pas qu'ils avaient failli devenir frère et sœur.
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Message posté : Mer 7 Nov 2012 - 19:49 Message
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L’instant d’avant il y avait un monte-charge. Ouvert dans la précipitation, il avait été refermé tout aussi rapidement : sa porte bâillait négligemment tout contre son verrou. Puis il y eut ce bruit métallique. L’instant d’après le sas descendait d’un cran et la porte chavirait. Elle menaçait de se claquer quand une main la bloqua. Après la main suivit un pied, puis un corps qui s’extirpait prudemment du réduit. Sa poitrine se soulevait dans un souffle haletant, ses yeux vrillaient de tout côté, inquiets, à l’affût. Le couloir paraissait cependant désert, jusqu’à présent. Par réflexe une main se porta sur son épaule, où était épinglée la croix gammée. Ça avait été dès le premier jour un honneur de la porter, peut-être bien le seul aspect que Dieter ait apprécié de son engagement dans l’Ordre, mais elle ne lui attirerait que des ennuis ici. Il avait bien vu, là en bas, la rapacité des regards qui se portaient sur elle. Il n’avait peut-être jamais appris que l’allemand (le souabe c’était différent : il l’avait dans le sang), mais il savait reconnaître une langue ennemie quand il en entendait une. Où il se trouvait et comment il avait atterri là, il n’en savait foutrement rien, mais il n’avait pas vraiment envie de s’éterniser pour le seul plaisir de le découvrir.

Encore fallait-il la trouver, la sortie, et de préférence avant qu’eux ne le trouvent. Tapi contre le mur il évoluait pas à pas, la main sur sa ceinture où pendait un poignard. Aucune arme à feu – l’Ordre les avait en mépris, ce n’était bon que pour les soldats ordinaires. En attendant le soldat ordinaire, on lui apprenait à se défendre. Lui il savait tout juste par quel bout tenir la lame, et encore : seulement si c’était la même prise que pour éplucher les patates. Il n’en était pas bien sûr. Ça s’épluchait pas vraiment, un ennemi. Ça allait se voir direct, qu’il avait jamais fait ça : tuer, menacer, se battre. Peut-être bien qu’il ferait mieux de s’en débarrasser tout de suite, de lever les bras bien haut et de se rendre. Il y avait bien une règle quelque part sur les droits des prisonniers, non ? sauf qu’ils voudraient savoir comment il était arrivé là, du coup, et lui n’en savait rien. Ils allaient à coup sûr le prendre pour un espion. Il en avait carrément l’air, de fait : l’espion le plus pathétique que le Reich ait jamais porté, mais un espion quand même. Même s’il découvrait quelque chose, il n’aurait personne pour recueillir l’information et la transmettre au Führer. Du gâchis, en somme. Alors s’il pouvait au moins sauver sa peau, c’était toujours ça de pris.

Il en était encore à peser le pour et le contre quand une sonnerie, aussi brève que stridente, le raidit sur place. Avait-on donné l’alerte ? mais c’était trop court. Des échos de voix lui parvenaient d’un peu plus loin, une conversation dont le ton n’avait rien en commun avec un quelconque état d’urgence. Cela avait même plutôt l’air… cordial. Intrigué malgré lui (et ne voyant de toute manière pas beaucoup d’autres alternatives), l’homme se laissa prudemment guider vers elles, jusqu’à une ouverture masquée par un rideau. Écartant un pan du bout des doigts, il colla son œil contre l’ouverture et observa les environs. C’est là qu’il la vit.

La lumière. La vraie, la bonne lumière de Dame Soleil, pas ces fichues blafardises claustrophobiques. Elle donnait directement sur une étrange vitrine où s’entassaient un bric-à-brac de caisses et de machineries bizarres. Les larmes lui montèrent aux yeux, cela lui semblait une éternité qu’il n’avait plus vu un tel spectacle. Il avait presque oublié à quoi cela ressemblait… il mourrait d’envie de se précipiter dehors, de rire et de goûter à la caresse du jour sur sa peau pâle. Malheureusement, alors qu’il plissait les yeux pour mieux voir, son moral chuta de trois crans quand se détachèrent deux silhouettes entre lui et la sortie. Un homme, plutôt jeune. Une femme, plutôt âgée. Ils étaient habillés de manière étrange, dans un style qu’il n’avait jamais croisé nulle part ailleurs. La femme n’était peut-être même pas une femme, malgré ses longs cheveux grisâtres ramenés en chignon. Il ou elle portait un pantalon noir peu seyant à une dame de sa catégorie d’âge. Cette vision le perturbait, si bien qu’il ne flaira pas immédiatement le véritable danger. L’homme s’était retourné. Il se dirigeait droit vers lui, le pas sûr. Le rythme cardiaque de l’Allemand s’accéléra, il avait bloqué sa respiration. Il était mort, mort. Où qu’il traîne son regard, il n’avait nulle part où se cacher. Nulle part.

Alors il fonça. Il fonça droit devant, bousculant sans ménagement et l’homme et la garçonne. La travestie hurlait, et si une autre sirène couvrait sa voix stridente il l’entendit tout de même. Il se retourna un instant, pour la voir se débattre parmi le brol qu’elle avait fait tomber dans sa chute. C’était bien une femme, plus de doute possible. C’était pas bien ce qu’il avait fait, sa mère l’avait pas élevé comme ça. Il ouvrit la bouche pour bafouiller un mot d’excuse, quand une seconde sonnerie le rappela à l’ordre : il n’avait pas le temps pour ça. Il ne fallait aucun cas qu’on le rattrape. Il se mit à courir.

À courir au hasard, à courir sans comprendre. Il y avait des gens dans la rue, trop de monde, beaucoup trop de monde. Que des civils, c’était déjà ça, mais des civils qui s’arrêtaient, qui le regardaient, qui le montraient du doigt. Nazi. Il surprit le mot dans un éclat de voix, et immédiatement il tenta de couvrir la croix gammée sur son épaule. C’était trop tard, malheureusement, beaucoup trop tard. Il voulut changer de trottoir pour fuir le délateur, manquant de se faire écraser par un véhicule qui arrivait à toute vitesse. Il s’était pris le visage entre les mains, mais si le frein fit un bruit de tous les diables le choc ne suivit pas. Lentement il écarta les doigts pour affronter l’engin de mort, tétanisé. Il ne connaissait pas le modèle, rien ne ressemblait à rien de ce qu’il avait connu. Quand le conducteur commença à klaxonner, il se rappela des autres menaces qui le dardaient de toutes parts. Il reprit sa course.

Le paysage changea, tout d’un coup, passant du béton au gazon. Il y avait moins de voiture, là, moins de danger. Le cadre lui paraissait de même plus familier, moins hostile, et peut-être plus à même d’offrir un refuge à un piéton en fuite. Il y avait toujours tellement de monde. Des jeunes, surtout, de plus en plus de jeunes. Ils le toisaient, ils riaient, ils l’interpelaient. Il en venait à raser les bâtiments, en espérant éviter ainsi les regards. Que s’attendait-il à percuter l’un d’entre eux au tournant ? il n’avait jamais eu de chance dans la vie, jamais. Il commençait à s’essouffler, et trébucha lorsqu’il voulut repartir. La poigne qui le retenait était forte, étrangement forte. Surtout en contraste avec le visage poupin qu’il découvrit à l’autre bout. Le visage d’une femme qui l’appelait par son nom. Une femme qui parlait allemand. Une femme qui connaissait Klaus.

« Klaus ? hallucinait-il, le souffle court, les yeux écarquillés par la surprise. Vous-vous connaissez Klaus, il est… »

Il aurait voulu demander comment il allait, où est-ce qu’il se trouvait, mais des voix s’approchaient de leur position et lui coupaient toute envie de parler. Plus tard, oui, plus tard il demanderait d’où elle connaissait Klaus et comment elle l’avait retrouvé, lui. Un bref instant il songea que peut-être son frère était parti à sa recherche, qu’il avait tout mis en œuvre pour le retrouver et que ces gens qu’il croyait ennemis n’étaient qu’un des nombreux exemples du manque de discernement du cadet en matière d’amitié. Peut-être, ou peut-être pas. Il ne voulait pas prendre de risque, mais au moins la fille avait de beaux yeux. Des yeux dépourvus de vice.

« Aidez-moi, la supplia-t-il paniqué au plus haut point. Mademoiselle, s’il vous plait aidez-moi. S’ils me trouvent je suis mort, faut nous cacher. Vite. »

Les voix se faisaient de plus en plus fortes, de plus en plus proches. Son regard sur le qui-vive croisa une porte, sur le côté, et il fit signe à la femme de le suivre. Quand il chercha à l’ouvrir, cependant, elle était déjà verrouillée. Il était définitivement perdu, et sa nouvelle alliée avec.
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Message posté : Mer 7 Nov 2012 - 20:56 Message
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- Oui, oui je connais Klaus... assura-t-elle le regard franc.

Oh comme Dieter avait l'air paniqué. Elle ne comprenait pas pourquoi, vraiment, c'était si triste. Elle aurait voulu l’apaiser, mais elle ne savait pas comment s'y prendre car elle n'avait pas la moindre idée du pourquoi de son état. Peut-être que si elle le prenait dans ses bras, non ça ferait trop bizarre. Il ne la reconnaissait pas, elle ne pouvait pas faire ça. Elle allait devoir tout reprendre à zéro, il lui faudrait se montrer patiente, elle essaierait. Même si se serait probablement dur de ne pas embrasser Klaus tout de suite en le voyant. Comme ses lèvres lui manquaient et ses grandes mains. Les siennes étaient si fines en comparaison. Puis ses yeux si clairs, les moindres détails de sa beauté s'imposèrent à son esprit et elle entendit presque sa voix. Désespérément en manque elle tenta de trouver dans les traits de Dieter un peu de Klaus. Elle survola son nez délicat, sa petit bouche pulpeuse, ses yeux ronds et sa chevelure châtain filasse. Mis à part le couleur des yeux elle n'arrivait pas à leur trouver de points semblables marquants.

Ses pensées furent coupées par la suite du discours de Dieter. Il était tellement paniqué qu'elle tenta un sourire rassurant. Visiblement il l'avait à peine entendu, elle aussi avait besoin de lui, mais pas autant que lui... La suite la frisonner et grimacer. Qui voulait bien vouloir du mal à Dieter? La violence n'était pas inexistante dans sa société, mais elle était vraiment rare et concernait des individus isolés. C'était souvent la passion, quasiment jamais prémédité. Vraiment, celui qui voulait du mal à Dieter avait probablement tort, Dieter était si gentil, il ne lui avait jamais rien dit de méchant. Bien sûre qu'elle allait l'aider dans la mesure du possible. Il fallait juste qu'il lui dise comment car elle n'avait pas d'idée. Ce monde était vraiment étrange, violent, plein de règles stupides et malpropre aussi, elle avait vu plein de déchet à même le sol. Alors qu'elle allait le questionner pour lui demander comment elle pouvait lui être utile, il lui ordonna de la suivre ce qu'elle fit sans poser de question. Elle faisait complètement confiance à Dieter, pas par naïveté, juste parce qu'elle n'avait que lui pour le moment. Elle fit enfin attention à de voix qui se rapprochaient et elle comprit que c'était eux que l'allemand fuyait.

Alors qu'elle jetait un regard en arrière par dessus son épaule, pour voir si elle repérait un visage, elle perçut un bruit de ferraille. Son regard saphir glissa de nouveau sur Dieter, il essayait d'ouvrir une porte extérieur grâce à un outils, une sorte d'extension. Elle ne savait pas son nom précis (il n'y en avait pas en Hyperborée), mais elle avait compris à l'hôpital ou elle avait séjournée que cela servait à ouvrir la porte. Ici elle ne s'ouvrait pas toutes seules, ou du moins pas partout. Peut-être était-ce un problème de force que le frère de Klaus rencontrait? Les extérieurs étaient faibles, elle l'avait rapidement découvert, dans leurs ébats Klaus se fatiguait relativement facilement quand il devait la soulever. Cela ne la gênait pas, elle s'y était habituée. Puis bien sûre elle avait lu les rapports médicaux après leur départ, elle connaissait bien la biologie extérieure. Les hyperboréens avaient pu réparer les problèmes bénins comme les problèmes de vue sur l'un des membres de l'expédition allemande, mais ils n'avaient pas pu faire grand chose d'autre. Les autres faiblesses étaient indues à leur race. Enfin bref elle s'approcha de Dieter afin d'ouvrir très facilement la porte. Ce fut à peine si elle sentit une résistance, pourtant le fer était visiblement tordu. Délicatement elle posa une main sur le dos de Dieter, pour le faire entrer à l'intérieur.


- Entrez, dit-elle avant de le suivre.

Délicatement elle referma la porte, d'ailleurs elle ne voulut pas rester en place, elle dut s'adosser contre pour qu'elle ne bouge pas. Elle fixa attentive la petite pièce où à présent ils se trouvaient cela semblait être une sorte de petit réduit ou ils entreposaient des outils pour le jardin. Avec surprise elle reconnut une pelle un accessoire archaïque, qu'elle avait vu dans un de ses livres, les hyperboréens l'avait aussi utilisé. D'autres outils lui était familier, mais ce n'était pas le moment d'étudier tout ça. Il y avait beaucoup plus important, il y avait Dieter et ses problèmes.

- Ou sommes nous Dieter? Pourquoi vous en veulent-ils? Et puis qui sont-ils d'abord? Klaus m'a dit que vous étiez quelqu'un de bien, je ne comprend vraiment pas.

Sol'ukah ne mentait pas, Klaus lui avait vraiment dit que son frère était un type bien. Elle aurait voulu s'approcher pour être plus rassurante et plus tendre, mais la porte allait s'ouvrir autrement. Intérieurement -obligée de rester immobile comme une potiche- elle fulmina un peu, elle n'aimait pas ça, mais c'était pour la bonne cause. Avec elle derrière même si les extérieurs tentaient d'ouvrir, ils croiraient la porte fermée car elle ne risquait pas de bouger d'un pouce. Le regard brillant d'énergie et le cœur plein de courage elle poursuivit le ton ferme et décidé.

- Je ne laisserais personne vous faire du mal, dites moi seulement ce que je dois faire et je ferais tout mon possible je vous assure.

Oui il suffisait de lui décrire, d'elle-même elle ne pouvait rien proposer, mais en écoutant ses conseils elle pourrait probablement l'aider, du moins elle espérait. Klaus allait lui en vouloir si elle laissait quelqu'un lui faire du mal. Et même sans Klaus, elle n'avait pas envie que Dieter meure, elle tenait un peu à lui quand même. C'était tellement triste qu'il ait tout oublié. Mais elle pourrait lui montrer, elle avait quelques images dans son organiseur et même des enregistrement avec Klaus. Grâce à ça elle espérait qu'il ne la prendrait pas pour une folle, alors même si au départ elle n'avait pas prévu de les montrer à Dieter, elle le ferait si c'était nécessaire en excluant les passages trop intime. Théoriquement elle n'était pas certaine d'avoir le droit de parler de l'Hyperborée, mais si elle montrait juste de simple photo à deux et qu'elle expliquait qu'elle ne pouvait pas en dire plus, elle espérait que cela passerait. Alors qu'elle voulait jeter un coup d’œil à l'extérieur, elle remarqua que malheureusement le local n'avait pas de fenêtre, elle grimaça un peu embêtée.
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Message posté : Ven 9 Nov 2012 - 16:20 Message
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Dieter cligna des yeux, par deux fois, son regard se portant tour à tour sur ses mains et celles de l’amie de Klaus. Avait-il donc perdu toute sa vigueur dans ce monde étrange ? ses jambes ne lui avaient pourtant pas fait défaut, au moment de courir, et quelques cals témoignaient encore d’une poigne tout ce qu’il y avait de plus honorable. Un début de réponse s’esquissa quand son attention glissa sur l’état de la porte, qui n’avait définitivement pas été ouverte par des moyens conventionnels. Le sang quitta instantanément son visage et ses yeux s’agrandirent de stupeur, mais une main dans son dos le sortit de sa torpeur. Monstre ou pas, la femme venait de lui offrir une chance inespérée de s’en sortir. À la réflexion d’ailleurs, il ne tenait pas tellement à ce qu’elle fasse à son dos ce qu’elle avait fait à la porte – ce qui ne manquerait pas d’arriver s’il tentait de lui échapper.

Il se précipita donc à l’intérieur sans demander son reste, se plaquant contre une armoire de rangement sans plus oser bouger. Pas même pour respirer. Son regard apeuré se fixait sur la porte, que bloquait la poupée à la force d’un char d’assaut. Ses yeux à elle roulaient à travers la pièce encombrée avec un petit éclat de curiosité, comme indifférente au véritable danger. Lui ne l’était pas. Les poils de sa nuque se hérissaient, et soudain la force brute de la demoiselle lui semblait rassurante à côté des ombres qui se mouvaient de l’autre côté. C’était eux, oui, eux – sans aucun doute possible. Ils venaient pour lui, pour le reprendre et l’emmener il ne savait où. Sa gorge tremblait, mais il réussit à ne pas gémir. Quand les voix et leur sombre aura s’éloignèrent, à son grand soulagement, il s’effondra littéralement, laissant glisser son dos le long du support pour s’asseoir à même le sol, haletant.

Il ne releva la tête qu’au moment où la femme se remit à parler, le bombardant de questions auxquels il ne savait trop que répondre. Elle n’avait pas l’air d’y comprendre plus que lui, finalement. Le vague espoir qu’elle ait été envoyée par Klaus pour le récupérer s’effondrait de lui-même. C’était stupide, de toute manière, son frère n’avait aucun moyen de savoir ce qui lui était arrivé et où il allait atterrir. Il brillait cependant tant de sincérité, tant d’altruisme dans son regard. Elle ne ressemblait pas à cette folle furieuse d’Ingrid Hoffmann et à sa bande d’amazones assoiffées de sang. Il y avait au contraire dans sa voix rocailleuse une douceur qui le toucha au-delà des mots. Ce furent pourtant eux qui le ramenèrent sur terre, dans sa dernière déclaration. Avec épouvante il réalisa que c’était à lui qu’on confiait le commandement des opérations. À lui, pauvre menuisier de Stuttgart et larbin de service de sorciers déglingués. Le monde lui sembla tout d’un coup ne jamais avoir tourné aussi mal, mais voilà : ils étaient seuls au monde.

« On est en territoire ennemi, lâcha-t-il d’un souffle, tentant tant bien que mal de se montrer à la hauteur d’une tâche qui le dépassait de loin. Je sais pas c’qu’ils me veulent, mais vaut mieux pas le savoir. Ce sont des ennemis, ils s’en contrefoutent que je sois un brave type ou un salopard au pays, je suis ennemi pareil pour eux. F-faut partir, disparaître et-et-et… et rejoindre l’Allemagne je suppose, enfin si c’est possible. »

Dans le genre plan de génie, il gagnait le gros lot : c’était peut-être joli sur la papier, mais il n’avait absolument aucune idée de la manière de le mettre en pratique. Il ne savait même pas où il était, ou si le Reich avait des soutiens sur place pour superviser leur retour au pays. Même s’il y en avait, de toute façon, il aurait bien du mal à les trouver : pas le genre de statut qu’on criait sous tous les toits. Disparaître, se dénicher un petit trou où se terrer en attendant de voir comment ça évoluerait, ce serait déjà pas si mal. Sa main se porta d’elle-même sur la croix gammée, encore et toujours elle, mais c’était l’uniforme tout entier qui le désignait comme cible mouvante. Dieter prit une profonde inspiration pour se donner du courage et annonça clairement leur premier objectif :

« Me faut des habits civils. Vous savez où on peut en trouver ? j’ai pas trop eu le temps de, euh, repérer les lieux, je crois que c’est comme ça qu’on dit. Un vestiaire, un entrepôt, ça fera l’affaire je suppose. Enfin vous voyez ce que je veux dire, mademoiselle… »

Lui avait-elle révélé son nom, seulement ? Dans sa panique, il n’en avait pas écouté la moitié.
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Message posté : Ven 9 Nov 2012 - 22:20 Message
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Dieter était comme une épave au sol, ce qu'il y avait dehors à sa poursuite devait vraiment l'inquiéter. Luka n'essaya même pas d’imaginer à quel points ses gens devaient être dangereux pour inspirer cette terreur à l'Extérieur. C'était probablement des monstres. Non, il ne fallait mieux pas imaginer, cela risquait d'entamer son courage. Pour une fois elle préférait le réconfort de l'ignorance. Ce serait plus simple à gérer. L'hyperboréenne était un rat des bibliothèques, pas une guerrière et même si les Extérieurs étaient faibles, elle se rappelait des sorciers de l'Ordre de Thulé, ils n'étaient pas tous faibles. C'était peut-être de ces gens là qui poursuivaient Dieter, il fallait se méfier si c'était le cas. Nerveusement elle se frotta les poignet. Dieter devait lui dire ce qu'ils devaient faire elle n'avait aucune idée. Il s'expliqua enfin, ils étaient en territoire ennemis... Ennemis? Comme avec le peuple Serpent? Elle frissonna, non ils ne pouvaient pas être aussi terribles, quelques soient ses ennemis. Un Hyperboréen n'aurait jamais souhaité la mort d'un chic type juste parce que c'était un ennemi, ce monde là était complètement fou. Retourner en Allemagne, elle aimait ce plan car c'était là-bas que vivait probablement Klaus.

- Bonne idée, il faut retrouver Klaus là-bas. Ils nous aidera, non? Peut-être prendre l'avion? Je sais ou se trouve l’aéroport... On peut prendre l'avion, mais je ne sais pas combien ça coûte, j'étais venue ici avec un docteur c'est lui qui a payé. C'est relativement rapide.

Ici dans ce monde tout tenait du relatif, car dans son monde c'était tellement différent. Mais l'avion lui avait rappelé certaine machine hyperboréenne en plus gros. L'île était petite, ils n'avaient pas besoin de transporter autant de personne à la fois dans son pays. La terre germanique, c'était là ou était né Klaus, et Dieter aussi vu qu'ils étaient frères. Mille fois elle approuvait cette idée là. Si Dieter aurait lu dans ses pensées, il l'aurait probablement pris pour une gamine, mais 70 ans c'était très long. Il ne pouvait pas comprendre, il n’avait pas perdu son frère, il était reparti avec lui. Il y avait une seconde partie au plan de Dieter. Trouver des vêtements civils. Civils? C'était un mot qu'elle ne connaissait pas... Du coup elle ne comprenait pas ce qu'il voulait dire. Visiblement ils devaient trouver des habits civils dans des vestiaires ou des entrepôt. Grimaçante elle avoua sa profonde ignorance.

- Sol'ukah, c’est mon prénom. Ça ira très bien. Je suis désolée Dieter, l'allemand n'est pas ma langue maternelle, je ne comprend pas le mot civil, expliquez-moi, Elle se sentit rougir un peu. Je ne connais pas plus l'endroit que vous voulez trouver, je ne sais pas du tout ou chercher, mais si vous voulez je peux aller faire un tour pour repérer les lieux. Restez là, je vous promet de revenir? Vous me faites confiance?

Brièvement il lui expliqua le sens de civil et l'autorisa à faire un tour. Avec un sourire rassurant, elle lui promis de faire au plus vite. Elle ne savait pas du tout combien de temps elle prendrait alors pour exécuter sa mission alors pour le convaincre qu'elle reviendrait, elle lui confia sans crainte sa sacoche. Il y avait des affaires précieuses à ses yeux dedans. Son organiseur, le livre de Klaus entre autre... Et quelques trucs plus futiles comme un mascara hyperboréen où une brosse assez spéciale. Avec précaution elle ouvrit la porte et sortit le cœur battant. Par où allait-elle commencer? Football. C'était un sport extérieur, elle l'avait vu à la télé de son hôpital, il fallait sûrement un vestiaire pour se changer afin de pratiquer ce genre d'activité. Rapidement elle s'approcha d'un couple de jeune Extérieurs et souriante elle répéta juste le mot en ajoutant please (cela était une formule de politesse que son médecin lui avait vite appris). Les jeunes gens lui indiquèrent une direction et au bout d'une dizaine de minute elle finit par trouver. Elle rentra dans un bâtiment assez grand comme elle avait vu à la télé en forme d'ovale.

Par chance elle trouva très rapidement un vestiaire. Elle fracassa un cassier, elle n'avait pas prévu à la base d'agir seule, mais c'était au final plus logique. Dieter était en danger, il valait mieux qu'il reste caché. Voler, elle était en train de voler et elle le savait très bien, mais elle n'avait pas le choix. Malheureusement les vêtements qu'elle avait sous les doigts semblaient féminin. Les cachant habillement sous son manteau, elle chercha à la recherche du vestiaires des hommes. Elle péta un cassier, c'était beaucoup trop grand, elle le remarquait au premier coup d'oeil, elle défonça la porte d'un nouveau cassier. Ah la ça devrait aller, elle cacha de nouveau le tout sous son manteau. Elle avait pris du poids soudainement, mais c'était sans doute plus discret que de les porter à bout de bras. Elle revint sur ses pas, la démarche rapide car pressée. Une fois devant le local à jardinage qu'elle avait défoncé elle frappa en murmurant son nom. La porte s'ouvrit et elle relâcha tout les vêtements par terre avant de s'adosser de nouveau contre la porte.



- Ça vous va?
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Message posté : Sam 24 Nov 2012 - 12:22 Message
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S’il n’était pas déjà aussi exténué, Dieter se serait littéralement étranglé. Prendre l’avion ? Retourner en Allemagne en avion ? mais elle voulait les faire tuer : jamais la Luftwaffe les laisserait passer comme ça, peu importait le prix qu’y mettrait leur passeur ! et encore fallait-il qu’ils ne se soient pas fait descendre bien avant par les Alliés eux-mêmes. Il secoua mollement la tête, par petits à-coups nerveux, pour rejeter la proposition : vu la situation, même les illustrations héroïques des aviateurs de Der Adler le feraient plus frissonner que rêver. De toute façon, il était encore trop tôt pour y penser. Une chose à la fois, c’était déjà assez compliqué comme ça. Pour lui comme pour Sol’ukah. Où est-ce que son frère avait bien pu se dégoter cette belle bringue d’Aryenne au drôle de nom, il se le demandait bien. Sans doute au nord, Finlande ou Islande : Klaus lui avait dit qu’on y parlait des langues exotiques et que les femmes y avaient la blondeur des Valkyries. Il disait la même chose de l’Hyperborée, d’un autre côté, mais tout ce qu’ils y avaient trouvé c’était un désert verglacé où broutaient quelques rennes faméliques. Elle n’avait pas l’air bien dégourdie, mais au moins elle ne cachait pas, comme certains, son ignorance derrière un discours méprisant. Au contraire, la manière dont elle lui quémandait sa confiance, comme quelque chose qui n’avait rien d’acquis, lui pinça le cœur. Il était resté si longtemps chez les fous qu’il en avait oublié ce que c’était que l’entraide, dans la vie civile.

« Euh, bah oui, bien sûr. Je vous fais confiance, je veux dire. (Il n’avait guère d’autres choix, de toute manière.) Civil c’est, c’est civil quoi… pas militaire. Vous comprenez, militaire, soldat, armée ? Svastika ? (Il désigna l’insigne sur son uniforme et le barra d’un grand geste, avant de sentir le rouge lui monter au visage devant la naïveté de son explication.) Écoutez Sol’ukeg, on va juste prendre c’qu’on trouvera, tant que ça ressemble plus à ce qu’ils ont qu’à ce que j’ai ça passe. Enfin j’espère, je… (Sa gorge se serrait et sa voix se fit un murmure plaintif.) Je vous fais confiance, s’il vous plaît, trouvez-moi juste quéque chose pour être discret. Je veux pas qui me prennent. »

Pitoyable, voilà ce qu’il était, mais qu’y pouvait-il ? il n’était pas soldat, même s’il en portait l’uniforme – rien mais absolument rien ne l’avait préparé à ça. Qui pouvait bien écouter les consignes d’un meneur aussi minable ? mais elle le faisait, avec le sourire en plus. Elle lui promettait de faire vite, lui confiait son sac en garantie. C’était plus qu’il n’en méritait. Il esquissa un pâle sourire de reconnaissance en réceptionnant le bagage et lui souhaita bonne chance. En quelques instants il se retrouvait à nouveau seul avec lui-même, un poids sur les genoux comme seule preuve de ce qu’il venait de vivre.

L’homme du Reich ferma les yeux, prenant une longue inspiration pour calmer ses nerfs à vif. Il se trouvait en sécurité là, du moins pour quelques temps au moins. Il savait qu’il aurait dû en profiter pour prendre un peu de repos, mais il n’y parvenait pas vraiment. Ce refuge tant espéré commençait à lui faire l’effet d’un piège à rat, dès lors qu’il réalisa qu’il n’y avait qu’une seule porte d’accès. Si quelqu’un le trouvait avait Sol’ukah… ou si elle avait menti sur ses intentions. Il frissonna et serra un peu plus sa prise sur le sac. Il devait lui faire confiance, il le lui avait promis. Cela ne se faisait pas de revenir sur sa parole. C’était mal. Elle lui faisait confiance, elle : elle lui avait laissé ses affaires. De toute façon à qui il pourrait bien se fier, sinon à elle ? il n’avait même pas confiance en lui, alors autant attendre.

C’était cependant plus facile à dire qu’à faire, dans ce petit réduit mal éclairé où chaque craquement de bois lui raidissait l’échine et lui bandait les muscles. Ses phalanges blanchissaient à force de serrer trop fort les affaires de l’inconnue et le temps s’étirait lentement, comme un serpent vicieux dont le corps s’écoule au ralenti vers une morsure inéluctable. Ses mains le démangeaient, il savait qu’il allait devenir fou à rester à rien faire. Alors, après un coup d’œil inquiet à la porte, toujours désespérément close, il se décida. Calant la sacoche entre ses deux jambes, il en défit précautionneusement la fermeture pour l’ouvrir et plonger un regard méfiant, puis une main curieuse à l’intérieur. Le fond était tapissé d’un tissu très doux et délicat, dont il retira ses sales pattes dans un sursaut de honte sitôt effleuré. Il ne manquerait plus qu’il se trahisse en le tachant. Il tomba alors sur une étrange pierre, lisse et douce comme les joues d’un bambin – mais surtout tiède. Elle s’anima à son contact, comme mue de sa propre volonté, et dans un hoquet de surprise il se retira immédiatement et jeta le sac aussi loin que possible. Il n’aurait pas dû, il le savait, il le savait, oh que oui il le savait : il violait l’intimité d’une femme surpuissante dont il ignorait tout, et ça ne pouvait que mal tourner. Elle n’était peut-être pas sorcière elle-même mais ce truc, là, il était pas net. Ça allait sonner l’alerte, ou se venger, ou le manger, ou quelque chose de pas drôle : il était mort, mort, mort ! fini la confiance, fini la protection rapprochée après un truc pareil.

Il attendait sa dernière heure arriver, paralysé par la peur, mais elle ne venait pas. Au contraire, la relique se rendormit d’elle-même, aussi paisiblement qu’elle s’était éveillée. À la réflexion, l’énergie qu’elle dégageait n’était pas malveillante. Juste curieuse, comme lui. Prudemment il se releva pour récupérer l’objet, remettant en place les quelques effets qui s’étaient éparpillés dans le feu de l’action. D’étranges petits boitiers, essentiellement, dont il ne chercha même pas à deviner l’usage par crainte de réveiller un nouvel artéfact. Moins longtemps il les toucherait, mieux il se porterait. Puis, il y avait un livre. Une couverture cartonnée, au touché familier. Un sourire nostalgique passa sur le visage de Dieter, tandis qu’il ramassait l’ouvrage. Son frère aussi faisait cartonner ses livres, chez un petit artisan de Stuttgart qui n’en demandait pas plus qu’une poignée de marks. C’était nécessaire pour qu’ils durent, à ce qu’il disait, même si l’idéal restait la reliure – ses amis bourgeois le lui avaient bien fourré dans le crâne. Ses livres magiques ils étaient reliés, d’ailleurs, dans les règles de l’art. C’était un grand, maintenant, avec des lectures de grand aux finitions soignées. Presque malgré lui il se surprit à l’ouvrir, à orienter l’objet vers la lumière pour déchiffrer la page de titre.

Origines Ariacae.

Le livre faillit lui échapper des mains, mais il le rattrapa à temps. Le sang avait quitté son visage et il restait là, interdit, les yeux fixés sur cette énigme insoluble. Pourquoi, entre tous, avait-il fallu que ce soit celui-là ? le sien… le seul qu’il ait jamais possédé, et encore que par l’entremise d’un vol odieux. Sous le titre il y avait une dédicace, signée Klaus. Son Klaus, il aurait pu reconnaître son écriture, son style, sa fibre romantique entre mille. « À ma rose des glaces, dont l’éclat pâlit jusqu’aux rivières de feu / Une fièvre m’enlace, son remède se terre au fond de vos yeux / Vous sans qui ce voyage n’eut été le même, je vous dédie ce poème. » Un poème d’amour, il avait fait de Penka un gage d’amour. À sa rose des glaces… une bouffée de colère l’empourpra un instant, quand une hésitation lui traversa l’esprit, et c’était frénétiquement qu’il tourna les pages jusqu’à celle qui portait le numéro 23. Son coin inférieur gauche était cependant intact, à son grand soulagement : il n’y avait aucune trace de la tache de gras qui l’avait souillée à sa première lecture, et rendu si frileux à remettre l’ouvrage en place. C’était l’exemplaire de Klaus, pas le sien. Il n’aurait pas supporté que son frère se soit séparé de l’unique héritage qui les reliait encore au profit d’une amourette quelconque. Ç’eut été trop douloureux, comme si son existence n’avait rien signifié pour lui. Qu’il pouvait céder cette partie de son histoire à une Eisrosen qui lui aurait fait tourner la tête, sans aucun regret, sans aucune pensée pour un frère disparu.

La tache était absente, cependant, et ce livre n’était qu’un double utilitaire qui avait perdu sa raison d’être, offert à une femme apparemment exceptionnelle. Sol’ukah était plus qu’une amie pour Klaus, et sans doute de même en sens inverse pour qu’elle ait conservé le souvenir sur elle. Ses yeux à lui se perdirent malgré eux sur le texte désormais familier, qu’il redécouvrait, mot après mot, ligne après ligne, comme une berceuse sans âge qui lui redonnait du courage. Ses lèvres se mouvaient, sans qu’un son sorte de sa bouche, comme récitant une prière à la vie ordinaire d’un menuisier sans histoire, un artisan qui déchiffrait la nuit les livres de cours de son frère.

Soudain un petit coup à la porte, suivi de son nom, le sortit de son état second. Il n’avait qu’à peine levé la tête que déjà la silhouette de Sol’ukah se dessinait dans l’embrasure, une silhouette grosse qui accoucha à ses pieds de son butin. Il n’avait pas bougé, pas d’un poil, sinon que sa tête s’était relevée et la dévisageait, la bouche entrouverte. Il avait toujours le livre en main.

« Je-je suis désolé, bafouilla-t-il quand il s’en rendit compte, refermant l’ouvrage pour le ranger précipitamment dans le sac à ses pieds. J’aurais pas dû, j’ai, je… il est tombé et je… m-merci. »

Le visage rouge de honte, il fourra la sacoche dans les bras de sa propriétaire et attrapa au hasard un pantalon et un haut dans le tas de vêtement, sans plus oser affronter le regard de la « rose des glaces ». À petits pas obliques, il s’éloigna avec les habits pour trouver un peu d’intimité derrière une drôle de machine à quatre roues qui occupait le centre de la petite pièce. Mort de honte ou pas, il lui fallait maintenant se fondre dans la masse s’il voulait survivre à cette mésaventure.
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Message posté : Sam 24 Nov 2012 - 20:09 Message
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Son livre, son précieux livre était dans les mains de Dieter, elle faillit se mettre en colère. C'était si gênant, si malpoli... Comment avait-il osé fouiller dans ses affaires? Elle lui faisait confiance, elle. Puis elle se rappela de nouveau qu'à ses yeux elle n'était qu'une inconnue. Une soi-disant amie de son frère... Enfin maintenant il avait probablement sa preuve, il ne pouvait pas avoir raté sa dédicace en première page et rien que cette pensée la rendit aussi rouge que lui l'était d'avoir été surpris. C'était tellement intime, c'était les mots qui lui avait écrit Klaus, ils n'étaient qu'à elle. Des vers amoureux, il ne pouvait plus ignorer à présent qu'ils avaient été amant et Luka aurait aimé pouvoir en parler à Klaus avant son frère. Immobile elle fixait sans voir Dieter ranger son livre et s'excuser, car elle pensait à trop de chose pour s'en soucier vraiment. Puis enfin le poids de son sac dans ses bras l'a ramena à la réalité. Ses yeux saphirs suivirent attentifs la silhouette de Dieter jusqu'à ce qu'il disparaisse pour se changer derrière une espèce de gros véhicule.

Son regard se baissa alors au sol et en effet les vêtements homme qu'elle avait lâché n'y étaient plus. Se baissant elle attrapa le pantalon de femme pour le poser sur une étagère. Tournant le dos elle retira son pantalon, ses chaussures et enfila l'étrange vêtement au tissus bleu marine un peu rugueux, pas très agréable et c'était un poil trop grand, mais elle allait devoir s'en contenter pour le moment. Elle n'avait pas trop le choix, la sécurité du petit frère de Klaus prévalait toutes ses futilités. Délicatement elle retira son manteau et enfila une veste noir assez simple mais cintré fait dans un tissus beaucoup plus chaud et doux que son bas. Ce manteau là ne lui remontait pas jusqu'en haut du cou et on pouvait donc voir son beau saphir briller sur le tissus noir de son col roulé. Il ne lui restait plus qu'à remettre ses bottes noires qui ne se différenciaient pas tellement de certain modèle extérieur qu'elle avait put voir. Dieter devait se changer entièrement alors il n'avait pas fini. Luka profita de ce supplément de temps pour plier son pantalon en cuir et le ranger dans sa grosse sacoche. Son manteau lui ne tiendrait pas, son sac était déjà trop plein, elle le garderait plié sur son bras. Comme ça, elle venait de le reprendre et de l'installer sur son avant-bras. Attentive au bruit, elle remarqua qu'elle n'entendait plus de frottement de tissus.


- Dieter, vous êtes prêt? interrogea-t-elle doucement.

Le frère de Klaus sortit de sa cachette, visiblement il l'était prêt. Les vêtements étaient pour lui aussi un peu trop grands. Cela la fit sourire un peu et elle le désigna d'un geste ample du bras.

- Les gens de ce pays sont pour beaucoup trop gros, pour moi aussi c'est trop grand.

Peut-être mangeaient-ils trop? Ou ne bougeaient pas assez? Mais dans la foule, elle avait repéré bien des gens en surpoids alors que c'était extrêmement rare à Ultima Thulé. Cela l'avait marqué, les surpoids étant le plus souvent lié à un désordre émotionnel là ou elle était née, elle avait tiré la conclusion d'une population bien malheureuse et mal dans sa peau. Il y a fort longtemps son peuple aidait ses populations et plus elle les observait, plus elle se demandait si cela avait été vraiment raisonnable de les abandonner. Trêve de réflexion, elle n'avait pas le temps, il était temps pour eux de sortir. Mais encore fallait-ils savoir ou se rendre, l'idée de l'avion n'ayant pas eut l'air de l'enthousiasmer des masses plus tôt.

- Maintenant ou devons-nous aller? Il nous faut aussi de l'argent de ce pays. J'en ai un peu... 30 do-llarees, mais c'est tout je ne sais pas ce que ça vaut. Désolée de ne pas pouvoir plus vous aider, mais c'est votre monde pas le mien.

Elle grimaça consciente de ne pas sembler très débrouillarde à toujours attendre les directives de son frère allemand. Mais si ils étaient en danger, le moindre faux pas pourrait leur être mortel. Alors elle ne voulait pas faire croire qu'elle savait ce qu'elle faisait alors que pas du tout. C'était plus raisonnable de dire la vérité. Moins flatteur pour elle, mais plus sage pour rester en vie et en un seul morceau.
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Message posté : Mer 5 Déc 2012 - 21:55 Message
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Il n’était qu’un triple idiot, doublé d’un goujat. Comment avait-il pu faire ça à la seule personne qui lui avait tendu la main dans cette galère ? À l’abri dans l’étroit interstice qui séparait l’engin du mur du fond, l’Allemand se maudissait encore pour son geste de malheur en débouclant nerveusement sa ceinture. Elle ne s’était pas encore jetée sur lui pour lui désosser le crâne, c’était déjà ça, mais cela ne voulait pas dire qu’elle lui pardonnerait aussi facilement. Il ne payait rien pour attendre, et il n’avait pas intérêt à faire un seul faux pas à partir de maintenant. Débarrassé du ceinturon, il entreprit de déboutonner sa veste puis de défaire son pantalon, à l’aveugle ou presque : le réduit, déjà mal éclairé, ne lui laissait plus qu’un maigre filet de lumière pour le guider dans ses gesticulations. Déposant ses affaires dans un coin, il fouilla à tâtons l’autre à la recherche de les habits civils. La texture ne lui était pas familière, mais elle lui semblait solide et utilitaire. Sans doute s’agissait-il de vêtements de travailleur.

Un tintement métallique lui indiqua que quelque chose était tombé d’une poche, mais il préféra ne pas s’en préoccuper pour l’heure. Il était autrement plus urgent de déterminer s’il avait aussi à se débarrasser de sa chemise ou pas. Sa main palpait frénétiquement le tissu, à la recherche d’une broderie qui aurait pu marquer son origine, mais pour l’instant rien de tel ne croisait sa paume. Par prudence il enfila par-dessus le drôle de maillot de corps que lui avait apporté Sol’ukah, tout en se demandant s’il était bien sage de masquer un sous-vêtement par un autre, mais le problème était qu’il n’avait aucun veston à disposition. Se balader en chemise n’avait de toute manière rien d’anormal, ici, à en juger par le nombre de personnes débraillées qu’il avait croisé dans sa fuite. Cela le gênait un peu, mais c’était sans doute le prix à payer pour se fondre dans la masse. Remontant le pantalon, qu’il avait laissé jusque là bâiller à mi-cuisse, il y fourra du mieux qu’il put les pans de ses deux hauts et le referma dessus. Même ainsi bourré, malheureusement, le bas flottait encore sur des hanches qui ne le retenaient qu’à peine. La ceinture ornementale qui l’entourait ne comportait pas assez de degrés pour lui être d’une quelconque utilité. Il faillit la retirer quand il se rappela son poignard, qui était resté accroché à l’uniforme nazi.

Accroupi, il tâta le sol pour le retrouver, mais c’est sur un tout autre objet que ses doigts tombèrent dans un premier temps : un tout petit disque métallique, à peine plus large que son pouce. Une pièce de monnaie, comprit-il bien vite, sans doute ce qui avait glissé de sa poche. C’était pas un Pfennig, ça c’était sûr, la texture ne lui était pas le moins du monde familière. Il allait peut-être enfin savoir dans quel merdier il s’était embourbé, au final, il suffisait de l’orienter vers ce rai de lumière, juste là, et…

Le fugitif se pétrifia, soudain incapable de faire un seul geste – pas même celui de laisser tomber la pièce. Ses pupilles dilatées par l’obscurité et la peur fixaient, ahuries, la figure argentée frappée sur la monnaie. Ce n’était pourtant pas tant cet aigle, qui tenait d’une serre des flèches et de l’autre une branche feuillue, qui l’inquiétait. L’aigle était un noble animal qui décorait sa poitrine et sa boucle de ceinture. Non, c’étaient les mots qu’il déchiffrait, dans les coins supérieurs et inférieurs, qui le plongeaient dans cet état trouble.

Bon sang, comment un demi-dollar américain avait bien pu se trouver là ? cette bande de sauvages étaient jusqu’à présent resté bien sages dans leur coin, aux dernières nouvelles. Pourtant il ne voyait pas comment expliquer autrement des mots tels que « America » ou encore « Half dollar ». À moins qu’il ne nage juste en plein délire.

La voix de Sol’ukah le rappela brusquement à la réalité. Il se releva d’un bond, fourrant la pièce mystère dans sa poche, et sortit pataud de sa cache en se tenant les hanches pour ne pas laisser glisser le pantalon. Elle n’avait pas meilleure allure, avec sa tenue de garçonne qui la bouffait de toute part. Pour la discrétion ils repasseraient. Son visage s’assombrit, mais il n’osa pas annoncer de vive voix ses craintes. Elle avait fait du mieux qu’elle avait pu, après tout, il ne restait qu’à espérer que ça serait suffisant jusqu’à ce qu’ils trouvent mieux. Il préparait son esprit à leur première sortie dans leurs nouveaux habits, s’astreignant au calme quand il avait envie d’hurler, quand quelque chose dans le discours de sa sauveuse érafla douloureusement ses nerfs à vif.

« Mon monde ? répéta-t-il avec humeur. Je ne sais même pas dans quelle connerie de pays je me suis fourré, et c’est mon monde ! Depuis quand est-ce qu’on se refourgue des dollars en Europe – merde. (Il envoya un coup de pied rageur dans la machine, lâchant un instant le pantalon qui retomba sur le bas du bassin. Gêné, il le rattrapa en s’excusant.) Une seconde. »

Il repartit derrière l’engin, reprenant cette fois sa ceinture militaire pour l’emporter avec lui. Après un moment d’hésitation, il en détacha l’étui du poignard et tendit le reste à la femme, pour qu’elle se ceintre elle aussi, tandis qu’il testait la boucle de sa nouvelle acquisition. Là où elle le seyait le mieux, il pinça d’une main le cuir entre le majeur et l’index, afin d’en marquer l’emplacement, tandis que de l’autre il manipulait prudemment l’arme pour apposer une petite incision, de la dimension approximative des autres trous. Il déposa l’arme sur le capot du véhicule et vérifia la réussite de l’opération : impeccable ! Idéalement il lui faudrait encore couper un peu de cuir excédentaire, mais il préférait laisser ainsi plutôt que de risquer de saloper le travail. Calmé par l’activité manuelle, il reprit plus sereinement le cours de sa pensée, vérifiant tour à tour sa mise et celle de sa compagne.

« Faudra cacher la boucle sous votre… robe, lâcha-t-il, faute de meilleur terme pour désigner la chemise de nuit qui lui servait de haut au-dessus de ses habits d’homme. La croix gammée restait discrète, en-dessous de l’aigle, mais il préférait ne pas prendre de risque. On va, on va sortir donc… et nous éloigner. Vite, mais sans courir, pas attirer l’attention quoi. Éviter de parler aussi. Tant qu’on sera pas en lieu sûr, je veux dire… l’allemand ça court pas les rues ici, vaut mieux pas qu’ils fassent le rapprochement. D’accord ? (Il réfléchit, au cas où il aurait oublié un détail, avant de s’en rappeler un de taille en apercevant un très beau bijou à son cou désormais plus dégagé.) Pour l’argent… je suppose qu’on pourrait en voler, mais on s’est sans doute déjà assez fait remarquer comme ça. Alors si vous avez des… objets de valeur dont vous pouvez vous séparer, ce serait le plus simple. Vous n’êtes pas obligée, crut-il bon de préciser, mais… j’ai pas trop d’autre idée. »

Il grimaça un sourire gêné, honteux de profiter à nouveau de la générosité de cette amie de Klaus – mais avait-il seulement le choix ? ses propres affaires étaient invendables, toutes marquées de symbolique martiale. Il se promettait de la rembourser dès qu’il le pourrait, peu importait le moyen. Le reste avait l’air bon, à première vue. C’était en tout cas ce que faisaient les parachutistes des mini-récits de Der Adler quand ils étaient lâchés en territoire ennemi : s’éloigner du point de chute, se fondre dans la masse, brouiller les pistes. Bon, eux avaient aussi des missions à remplir, mais s’il pouvait déjà se garder en vie ce ne serait pas plus mal. Prenant une grande inspiration, il s’approcha de la porte en attendant que Sol’ukah la rouvre pour suivre leur plan bateau. Ils l’approfondiraient au besoin quand le moment sera venu.
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Message posté : Jeu 6 Déc 2012 - 18:17 Message
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Va savoir pourquoi Dieter s’énerva contre elle, mais il le fit et cela lui serra le cœur et lui noua la gorge. Les cris elle détestait cela, surtout quand ils étaient dirigés contre elle. Luka eut envie de se défendre, de jouer à celle qui aurait le dernier mot, elle n'était pas le genre de fille à se laisser marcher sur les pieds, mais alors là pas du tout. Elle avait beaucoup de caractère pour une hyperboréene, elle tenait ça de son père, c'était un peu à cause de cela qu'ils se fâchaient tous le temps. Les deux bougres se ressemblaient beaucoup trop. Puis les mots, après le ton montèrent à son cerveau, c'était étrange ça. Comment se faisait-il qu'il ne sache pas le nom de l'endroit ou il se trouvait? C'était bizarre, vraiment, même elle savait. Elle pouvait même se positionner sur une carte, c'était culturellement parlant qu'elle était perdue.

Puis vint le coup de pied qui la fit sursauter sur place, elle le fixa avec de gros yeux surpris et recula même d'un petit pas. L'éléphant effrayé par la souris, c'était ridicule, elle s'en rendit vite compte et se reprit. Il n'y avait aucun moyen qu'il lui fasse du mal, Dieter n'était pas un grand magicien, Klaus lui avait dit. Malgré tout ce raisonnement logique elle se sentit tendu. Toute cette histoire commençait à lui peser. A bord de son bateau elle avait failli connaître la mort à cause de la faim, son médecin lui avait fourré sa langue dans sa bouche et maintenant elle se faisait gronder par Dieter. Elle serra les dents, elle devait rester calme jusqu'à ce qu'elle retrouve Klaus et Dieter avait beau s'être montré un peu rude il restait tout de même son meilleur moyen de vite retrouver son amant.

Il lui demanda de patienter et il disparut derrière le véhicule où il avait laissé son costume. Il revint avec une ceinture qu'il lui tendit. Luka méfiante malgré elle l'attrapa du bout des doigts. Elle l'enfila la fermant au dernier cran, son pantalon tenait mieux à présent. C'était gentil, le geste apaisa un peu sa nervosité. Ses yeux à présent fixaient curieux le travail qu'effectuait Dieter sur sa propre ceinture, c'était pas bête. Quand il eut finit il se tourna de nouveau vers elle et leurs yeux se croisèrent un court instant, ses yeux bleus étaient le seul point de ressemblance avec Klaus. Il lui donna de nouveaux conseils et l'écoutant elle boutonna sa veste de bas en haut. Puis il expliqua leur maigre plan, marcher pas trop vite, pas parler. Ok ça c'était bon. Soudain il fit une pause comme si il cherchait une idée. Timidement il commença à expliquer qu'ils pouvaient peut-être voler, mais que ce n'était pas une brillante idée, Luka était plutôt d'accord. Le vol cela lésait toujours quelqu'un et faire du mal à quelqu'un s'en sans soucier, c'était affreux. Pour le moment Luka pensait encore en bonne Hyperboréenne.

Puis il vint au fait en parlant d'objet de valeur qu'ils pourraient vendre, automatiquement sa main se porta à son pendentif qui à part sentimentalement en Hyperborée n'avait pas tellement de valeur. Mais ici son médecin lui avait fait la remarque que le bijou devait coûter cher. Il lui avait même demandé si elle était une princesse, terme qu'elle ne connaissait pas du tout. Il avait essayé de lui expliquer la «monarchie», mais cela lui avait semblé trop étrange. Comment un seul homme pouvait s'accaparer tous les pouvoirs sans que personne ne dise rien? Elle avait compris néanmoins que les reines -les épouses- et les princesses -les filles- étaient très riches et portaient souvent de somptueux bijoux très chers. C'était comme ça qu'elle avait compris que son saphir devait coûter cher ici, elle n'avait vu aucune femme avec d'aussi gros alors qu'en Hyperborée c'était courant. C'était un cadeau de sa mère, mais il fallait se montrer réaliste ici elle avait besoin d'argent. Même en étant rationnelle le bijou restait son dernier lien avec sa famille alors c'était douloureux. Il semblait honteux de lui demander ça. Mais elle comprenait, c'était vraiment le seul moyen, tous se payait ici même un toit -ou la nourriture-, c'était si triste.


- Je crois que je veux bien, enfin je sais pas trop, c'est un cadeau de ma mère et mon père, je ne les reverrais plus jamais. Je voudrais savoir si... si ici. Si je pourrais le récupérer un jour, si c'est possible ou si je le perdrais pour toujours.

Luka se sentait bizarre, elle n'avait pas envie de s'en séparer sans certitude aucune de pouvoir le récupérer, c'était beaucoup trop dur pour elle. Dieter lui expliqua qu'il ne savait pas, que dans son pays un tel système existait mais qu'ici il ne savait pas, mais il lui promis de chercher. Luka opina, ne donnant pas de réponse définitive, elle verrait lorsqu'ils seraient sûres. Il s'approcha d'elle enfin de la porte. Ils devaient partir à présent, quitter ce lieu et se fondre dans la foule. Elle ouvrit tranquillement la porte et une fois à l'extérieur elle attrapa le bras de Dieter avec son bras libre. Elle restait vexée par son ton sec, mais elle n'avait pas du tout envie de risquer de le perdre à cause d'un bain de foule. L'allemand se raidit sous son geste. Elle le gênait? Puis elle se souvint de l'étrange pudibonderie excessive des étrangers. Elle leva ses yeux saphirs vers lui et s'expliqua avec un sourire rassurant.

- Pour ne pas vous perdre, c'est tout. Cela serait bête, ne soyez pas gêné.

Elle se retint d'ajouter qu'il ressemblait ainsi à un petite garçon, enfin de peu, ça la démangeait tout de même. Son regard était ambiguë à la fois rassurant mais au fond de ses prunelles se cachaient également un soupçon de reproche, il avait lu sa dédicace. Elle allait pas lui sauter dessus, il le savait très bien. Klaus n'étais pas aussi coincé, encore elle le comparait. Mais c'était vraiment étrange, ils étaient tellement différents. Dieter lui répondit une phrase au sens un peu sibyllin, elle n'y accorda peu d'importance et ils commencèrent à marcher pour s'éloigner. Luka tenta de calquer sa tenue sur un jeune couple qu'elle croisa. Au bout d'une dizaine de minute quasi silencieuse, la verdure s’effaça pour de nouveau faire face au gris et au brouhaha des véhicules extérieurs. Par ses ancêtres comme c'était bruyant, les vitres et les murs devaient être insonorisés, comment s'endormir sinon ou réfléchir avec un tel vacarme, Luka ne voyait pas.

Au tout début ils errèrent dans les rues parfaitement au hasard dans le seul but de s'éloigner , de disparaître. Mais au bout d'un moment Luka fut bien obligé d'admettre qu'ils allaient devoir voir plus loin et parler. Sinon comment allaient-ils faire pour trouver un endroit ou se poser. Ils n'allaient pas errer toute la journée et dormir à la bonne étoile. Décidée à avoir une réponse Luka tendit ses lèvres roses vers l'oreille du frère de Klaus, elle n'avait pas besoin de se mettre sur la pointe des pieds, il la dépassait à peine.


- Comment s’appelle l'endroit dont vous m'avez parlé pour mon bijou? Pour le repos on peut trouver une sorte de maison de repos, ici ça s’appelle un «hôtel».

Le dernier mot fut prononcée en américain car elle ne savait pas comment il se disait en allemand. En deux mois les étrangers n'avaient pas utilisés ce terme là, elle en était certaine, en 70 ans elle avait eut le temps d'apprendre par cœur tout ce qui se savait dans la langue allemande. Un homme la bouscula un peu sans dire un mot d'excuse et elle tourna son regard vers lui les sourcils froncés. Elle remarqua alors une boutique de livre qu'elle avait raté pour avoir parlé à Dieter à cet instant précis. Cela l'inspira. Elle augmenta un peu la pression sur le bras de Dieter pour le stopper, essayant de ne point y aller trop fort tout de même. A nouveau elle se pencha vers lui pour lui murmurer sa nouvelle idée.

- Attendez Dieter. Un magasin de livre, ils ont peut-être des dictionnaires ou des livres d'apprentissage. Ici on parle «américain», le docteur qui m'a emmené ici me l'a expliqué. Entrons. 30 dollars suffiront peut-être et nous pourront nous faire comprendre sans nous trahir.

Pour ne pas le forcer elle le lâcha, mais décidée elle entra dans la boutique à la devanture en verre émeraude ou il y avait écrit «Barnes&Noble». Une fois à l'intérieur elle attendit de voir si Dieter l'avait suivit, ses yeux se contentant de glisser sur le décor. Une foule de monde se pressait. Il y avait beaucoup de livre, mais pas seulement. Il y avait pas mal de machine et beaucoup de chose lui étaient inconnues.
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Message posté : Dim 6 Jan 2013 - 21:02 Message
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La famille, c’était sacré. Vraiment. Dieter se sentait monstrueux, même dans les moments les plus durs sa mère s’était bien gardé de revendre l’alliance de son père – quel droit avait-il d’imposer ça à une parfaite inconnue ? À bien y penser, il aurait encore préféré qu’elle lui crache dessus, lui et sa solution de la honte. Il aurait eu moins de remords à voler des gens dans la rue. C’était ce qu’aurait fait quelqu’un qui aurait eu des couilles : peu importait les risques, pourvu que la fille gardait ses joyaux et le sourire. Lui il était juste bon à rosir et à baisser les yeux, comme un enfant pris en faute. Le plus humiliant c’était qu’elle ne rejetait pas sa proposition. Elle demandait si ce serait définitif. Klaus allait le tuer quand il apprendrait ça. Au moins ce n’était pas un cadeau à lui, ne put-il s’empêcher de songer en s’empourprant de plus belle. C’était honteux de penser ainsi, mais comment s’interdire de penser ?

« Pfandhaus, lâcha-t-il, plus sec qu’il ne l’aurait voulu. Je sais pas si ça existe ici, mais chez moi ça s’appelle le prêt sur gage. Si vous rendez l’argent à temps, ils vous rendent l’objet, sinon ils le vendent. Mais je sais pas si ça existe ici. Désolé. »

Peut-être aurait-il dû au moins grimacer un sourire d’excuse, histoire d’adoucir la requête, mais à vrai dire il ne s’en sentait même pas le droit. Ce ne serait que pure hypocrisie, car cet argent ils en auraient bientôt besoin, pour se payer une planque ou un passeur, et c’était pas avec son demi-dollar qu’ils iraient bien loin. Le visage aussi fermé que lui-même, elle avait hoché la tête pour se retourner vers la porte comme il était convenu. Son pas était encore un peu hésitant quand il la suivit, la gorge serrée d’angoisse, et s’il tentait de gagner en assurance (au moins en apparence) l’éclat de l’extérieur sur ses pupilles dilatées minait ses efforts et contribuait à rendre sa démarche un peu gauche. Il n’était pas et ne serait jamais un soldat, ni même un aventurier comme Klaus. Il n’arrivait même pas à simuler le courage, à défaut d’en avoir. Ses yeux vrillaient à la recherche d’un danger invisible, tapi derrière un arbre ou caché derrière une colonne, jusqu’à se figer en un sursaut quand il se sentit saisi au bras. Son regard coula vers l’agresseur, mais ce n’était que Sol’ukah qui s’excusa d’un sourire rassurant. Elle ne voulait pas le perdre. Il se demandait bien comment. À la lumière du jour elle lui paraissait plus atypique – pour ne pas dire attirante – encore que dans le réduit.

« Je manquerais mal, marmonna-t-il en rosissant, avant de jeter de nouveaux coups d’œil aux alentours pour s’assurer que personne ne les observait. En-en avant. »

Sa directive ressemblait plus à un jappement apeuré qu’à un ordre, mais il ne donna pas moins le signal du départ. Un pied s’avança, l’autre suivit, l’un après l’autre leurs pas les éloignait de l’abri de fortune qu’ils s’étaient déniché pour avancer au hasard à travers les allées pleines de jeunes gens. Ils s’agglutinaient en groupe en débattant bruyamment dans leur langue ou s’étaient assis sur un banc pour grignoter un morceau ou relire des notes. Ils en croisèrent même deux collés l’un à l’autre, visiblement en train de compter fleurette, suite à quoi il surprit la prise de sa compagne de fortune sur son bras devenir plus ambiguë. Par miracle il parvint à ne pas se raidir plus encore, mais son regard se porta encore plus loin pour ne pas croiser le sien. C’était l’amie de Klaus, il n’avait pas à se conduire comme ça. Et elle non plus, mais ça il ne se risquerait pas à lui dire. Pas après avoir vu ce qu’elle avait fait à la porte.

Au moins personne n’avait l’air de leur prêter attention. Il avait bien dans un premier temps surveillé du coin de l’œil ceux qui se trouvaient autour de lui, mais à part un ou deux clins d’œil coquins ou regard attendri tout semblait indiquer qu’ils s’étaient fondus dans la masse. Il ne commença cependant à se détendre qu’à partir du moment où le gazon laissa place au béton. Ils s’éloignaient. Ils s’éloignaient. Il espérait juste ne pas retomber sur son point de départ, mais il en doutait. Ils n’avaient pas pris la même direction. Personne ne les regardait. Il était sain et sauf, pour l’heure. L’Allemand ferma les yeux et poussa un discret soupir de soulagement, juste avant que Sol’ukah reprenne la parole.

« Pfandhaus, répéta-t-il à voix basse, encore incertain que la langue allemande soit la bienvenue ici. Et je sais ce que c’est, un hôtel. On a le même mot. »

De là à savoir si c’était une bonne idée, il en doutait. Ces gens-là, qui qu’ils étaient, devaient se douter qu’il n’avait nulle-part où aller. Du coup l’hôtel, c’était logique et ils auraient plus qu’à le cueillir. Ce serait trop bête, arrivé là, puis toute façon une chambre c’était cher, et ils n’avaient pas beaucoup d’argent, et Klaus allait le tuer s’il apprenait qu’il avait emmené son Eisrosen à l’hôtel ! tout ça il n’avait pas envie d’y réfléchir maintenant. Ils étaient encore trop proches de leur point de départ à son goût pour ça. Il allait continuer quand la main de la femme le retint. Il se demandait si elle avait conscience de sa force ou juste peur qu’il s’enfuie en courant.

« Des livres ? » hallucina-t-il quand elle lui fit part de son intention, mais elle avait déjà quitté son bras pour se fourrer dans le magasin.

C’était bien une amie de Klaus, pour croire que tout s’apprenait dans les livres. Trente dollars, qu’est-ce que ça pouvait bien valoir ? Pas une maison mais peut-être bien du pain pour quelque temps. Après, c’était son argent. Lui il n’avait rien, à part un demi-dollar, des vêtements volés et des tarés aux fesses. En plus il ne faisait pas très chaud quand on restait sur place, exposé au vent. Après un moment à être resté planté sur place, il trottina à la suite de sa sauveuse et pénétra dans la chaleur du magasin.
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Message posté : Dim 6 Jan 2013 - 23:15 Message
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Tellement de chose, de son, de couleur… Son regard papillonnait à gauche, à droit sans jamais se stopper ou plutôt y parvenir. Sans que rien ne l’impressionne vraiment, elle se demanda si il y’a 1000 ans ou 2000 ans son peuple avait ce niveau-là. Si les extérieurs étaient juste moins évolués ou si les Ultimes avaient pris une direction radicalement différente. Elle avait déjà repéré les écrans qui lui semblaient une version juste moins évolués de leur projection tactile. La porte derrière elle s’ouvrit et elle se retourna pour sourire à Die qui lui faisait face. Elle jeta un coup d’œil plus sérieux sur les alentours. Elle pointa du doigt un panneau et elle se pencha vers Die pour s’expliquer.

- Le troisième pictogramme ressemble à un dessin de livre et indique le fond, j’imagine qu’il faut avancer un peu pour trouver ce qu’on veut. Vous allez bien ? Allez un peu de courage, croyez-vous que vos ennemis auront l’idée d’entrer ici.

C’est que Die semblait si pâle, sa dernière réplique avait presque été malgré elle un brin moqueuse. Klaus n’hésitait jamais, son frère était vraiment tous le contraire. Grimaçante elle se rendit compte que ses paroles avaient été un peu rude peut-être, alors elle reprit la parole plus douce et avec un sourire d’excuse.

- Désolée, je n’ai jamais eu d’ennemis. Suivez-moi s’il vous plait.

C'était si dure à envisager qu'on veuille la mort de Dieter. Elle ne parvenait pas à estimer le danger à sa juste valeur, l'Hyperborée était trop différente. Penaude elle commença à s’avancer précipitamment vers le fond de la boutique où elle trouva comme prévu les livres. Mais où pouvait se trouver les dictionnaires cela était la bonne question. Déjà c’était probablement des ouvrages plutôt épais. Elle observa les couvertures terriblement chatoyante et différente. En Hyperborée elles se ressemblaient presque toutes seul l’écriture ou la couleur du cuir qui servait de reliure changeait. Il y avait bien de petit livre et des grands, mais beaucoup trop de grand. Ils ne pouvaient pas tous être des dictionnaires. Elle attrapa un livre au hasard, mais il était complètement en anglais.

- A quoi ressemble un dictionnaire chez vous ? Je vois beaucoup de dessin sur vos livres… Ont-ils un sens ? Chez moi les couvertures sont plus simples.

Dieter pouvait peut-être l’aider, elle l’espérait. Ils gagneraient du temps, en attendant elle tirait régulièrement des livres dans des rayons différents pour vérifier si par chance elle ne tombait pas sur le rayon. Les textes qu’elle voyait défiler sous les yeux lui étaient tous incompréhensibles. Par contre les couvertures l’attiraient avec leurs dessins différents. Elle soupira un peu désolée d’avancer si lentement dans ses recherches.
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Message posté : Dim 13 Jan 2013 - 18:23 Message
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Un magasin de livre, à Stuttgart, ça vendait des livres. Ici il ne savait pas trop ce que c’était censé être, mais cela ne ressemblait en rien à ce qu’il connaissait et avait l’habitude d’appeler « livre ». Il était à deux doigts de tirer sa sauveuse par la manche pour lui signifier qu’elle s’était visiblement trompée et qu’il valait mieux continuer, mais cette dernière n’avait pas dit son dernier mot. À dire vrai le dessin qu’elle lui indiquait avait bien la forme d’un livre, même s’il n’en avait jamais vu d’aussi coloré dans son pays. Ça ne lui inspirait pas confiance, tout ce barda : trop de monde, trop de bruit, trop d’espace parsemé de bizarreries sur lesquelles il n’arrivait même pas à mettre un nom. Si c’était un livre qu’elle voulait, ils pourraient bien se dégoter un petit bouquiniste miteux ou n’importe quoi d’autre, mais pas ce grand bazar à l’orientale. Seulement elle piqua son orgueil avant même qu’il ait pu ouvrir la bouche.

« Je vais bien, se rebiffa-t-il, vexé. On va où vous voulez. »

Elle dut sentir son humeur, car elle lui présenta des excuses avant de l’inviter plus poliment à la suivre. D’un discret soupir il accepta, il lui devait bien ça et elle marquait un point : personne n’irait le chercher dans ce foutoir. Si elle croyait vraiment que ça pourrait les aider, eh bien soit : il ne demandait qu’à y croire. Ce n’était pas comme s’il avait une solution de rechange à proposer, quand bien même s’acharnait-elle à penser qu’il connaissait mieux le terrain qu’elle-même. Klaus ne lui avait donc jamais dit que les seuls livres que son grand frère avait jamais ouverts, c’était ses manuels d’école ? L’immensité de ces rayonnages lui donnait juste la nausée.

« Chez moi aussi, grimaça-t-il, tout aussi perplexe qu’elle. Y’a bien les riches qui font dorer leurs livres mais pas… enfin ils ont plus de goût. Klaus les achetait « tout nus » et les faisait cartonner, comme… (Il faillit une seconde évoquer Penka, mais aussitôt la dédicace lui revint en mémoire et le rouge lui monta aux joues. Mauvaise idée.) C’est pas chez moi ici, toute façon, rappela-t-il, embarrassé. Je reconnais rien. Désolé. Les dictionnaires chez moi, en tout cas, ils étaient plus épais que ce que vous avez en main. Quand ça tenait en un seul livre ils appelaient ça « petit ». »

Il s’était demandé pourquoi, quand il était encore aux études, sans jamais oser poser la question, et c’est en râlant que son frère avait répondu à cette vieille énigme : le superbe dictionnaire que sa famille lui avait offert pour son entrée à la grande école ne lui servait plus à rien, trop incomplet. La référence, à son niveau, c’était maintenant le Deutsches Wörterbuch en trente-deux volumes des frères Grimm. Il avait appris le même jour qu’ils avaient écrit autre chose que des contes, mais là n’était pas la question. Il espérait juste que l’amie de Klaus n’était pas aussi pointilleuse sur la « qualité de ses sources », sinon c’était son collier tout entier qui allait y passer.

Cela ne les avançait pas beaucoup, en attendant. Gêné de rester planté là à rien faire, il commença à son tour à se balader devant les rayons, les yeux sur des couvertures qui n’avaient pas plus de sens pour lui que pour elle, quand une des illustrations accrocha son regard. Il avait déjà vu ce symbole quelque part, à l’hôtel de ville de Stuttgart, quand sa mère avait été invitée en sa qualité de veuve de guerre. C’était leur nouveau drapeau, qu’on lui avait dit, un « machin » d’après-débâcle dont tout le monde se moquait. Il lui rappelait plus de mauvais que de bons souvenirs, mais quand il le prit dans les mains il lut « English-German/Deutsch-Englisch » et se dit que ce devait être ça.

« Sol’ukeh ? appela-t-il en ouvrant la brique pour commencer à chercher. Il… est un peu daté je crois, ça doit faire dix ans qu’on utilise plus ce drapeau, mais la langue ça change pas si vite, alors… (Les sourcils froncés de concentration, il laissait glisser son doigt sur les pages en marmonnant chaque terme jusqu’à trouver le bon.) Pfandhaus. Pa… pa-awn… ici. Lisez plutôt vous-même. »

Il ne savait même pas comment prononcer ce barbarisme. Ni lequel choisir d’ailleurs, le dictionnaire proposait à la fois « pawnshop » et « pawnbroker’s ».
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Message posté : Dim 13 Jan 2013 - 23:58 Message
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Luka avait bien comprit que ce n’était pas l’Allemagne mais tout de même, il n’avait pas vécu en autarcie, elle si, complétement coupé du monde. Malheureusement ça elle ne pouvait pas vraiment lui expliquer ou il allait juste la prendre pour une cinglée. L’hyperboréenne soupira imperceptiblement tout en écoutant la fin de propos de l’allemand. Il n’avait pas l’air d’en savoir beaucoup plus qu’elle, quelle belle bande de désorientés ils faisaient tous les deux. Un sourire attendrit effleura ses lèvres, mais il disparut rapidement. En attendant tout cela n’arrangeait pas vraiment leur affaire. Ils restaient coincés au point de départ, à fouiller les rayonnages à l’aveuglette. Bon tant pis ils finiraient bien par tomber dessus. Ca leur prendrait juste un peu plus de temps. Ils se séparèrent Luka partit vers un côté et Die d’un autre. Rien ne l’inspirait jusqu’à ce qu’elle tombe sur un livre de cuisine visiblement. Certain plats avaient l’air très alléchants, mais la plupart lui semblaient franchement dégoûtants et dégoulinant de graisse.

Bientôt elle entendit Klaus… Non Dieter l’appelait, il ne prononçait pas très bien son prénom, elle avait déjà du mal à lui apprendre la première fois. Il était toujours le même et malgré ses quelques duretés cette pensée la rassura. Un ancien souvenir lui revint en mémoire. Le songe la fit sourire. Elle voulait vite retrouver Klaus, entendre de nouveau son rire. S’approchant de Dieter elle remarqua le gros livre qu’il avait dans les mains. Dieter lui expliqua que le livre était un vieux mais qu’il irait très bien. Il chercha le terme qu’ils leur faisaient défaut. Quand il l’eut trouvé elle chercha dans sa sacoche son organiseur et sans le sortir complètement elle ouvrit un logiciel, elle écrivit le terme et sa définition, le mot fut rangé dans un nouveau dictionnaire.


- Cherchez le mot "où" puis reposez-le, si nous ne trouvons pas le lieu, nous userons notre argent pour de la nourriture, c’est sans doute prioritaire. Non une carte également, nous ne nous y retrouverons jamais sans. Cherchez le mot "carte" aussi.

Dieter s’exécuta, elle nota le mot également qui se disait where. Le mot carte se disait map. Dieter reposa le dictionnaire, ils demandèrent à un vendeur ou était les cartes. On leur montra et ils en prirent une de Star City qu’ils payèrent 10 dollars à la caisse puis ils sortirent affronter cette ville inconnue. A plusieurs personnes ils demandèrent ou se trouvait le lieu de prêt sur gage dans cette ville. Quelqu’un fini par leur répondre et ils finirent par s’y rendre à pied. Ils mirent un moment mais ils finirent par trouver. Là-bas Luka échangea son collier contre une assez épaisse liasse de billet qu’elle rangea dans sa sacoche. En sortant à la première librairie qu’ils croisèrent ils se payèrent leur dictionnaire. Maintenant ils s'en sortiraient...
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Dépaysement spatio-temporel. (PV Dieter)

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