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Le travail est la plaie des classes qui boivent ▬ Caitlyn

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Mikhaïl Yarochenko

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Mer 9 Nov - 10:36 Message | (#)

La reprise d'un travail « normal » ne s'était pas déroulée sa heurts, Jay l'avait rapidement compris. Il avait presque espéré que tout se passerait normalement et qu'il n'aurait pas à subir les humeurs d'un patron qui pouvait se montrer trop présent ou encore de collègues qui décideraient de tester sa patience. Pas qu'il mourait d'envie de garder ce boulot, mais disons que c'était pratiquement sa seule et unique chance pour conserver sa liberté et qu'il n'avait pas l'intention d'avoir perdu son temps en compagnie du Major, du juge et de l'emmerdeuse notoire qui lui avait été refilée entre les pattes. Il s'était donc appliqué autant que possible, ce qui lui avait permis de résister près d'un mois avant de craquer. Le texan avait fait son possible pour rester éloigné des autres employés histoire de ne pas leur donner de raison de se plaindre d'eux, mais lorsqu'un type avait commencé à le titiller en essayant de tester ses limites, disons qu'il avait craqué.

Ce crétin avait jugé bon d'insister pour savoir si Charlie Lane était sa frangine ou si c'était un simple hasard d'avoir le même nom de famille, puis il était allé jusqu'à lui demander si « c'était un bon coup », remarque qui avait purement et simplement fait perdre le contrôle au texan. Le poing de celui-ci s'était écrasé sur le nez du crétin avant même qu'il n'ait le temps de terminer sa phrase et lui avait brisé dans un magnifique craquement qui aurait ravi les amateurs du Circus Maximus ! Bien sûr, la suite avait été moins « cool » lorsque le patron avait débarqué dans la cour pour l'enguirlander alors que l'autre emmerdeur se tordait de douleur sur le sol en pleurant comme un bébé, tenant son nez qui pissait le sang. Il avait bien évidemment fallut appeler une ambulance qui l'avait emmené aux urgences et l'employé serait absent durant un bon moment ce qui n'avait fait qu'ajouter à la contrariété du patron.

Ce dernier avait été à deux doigts de le virer, mais conscient qu'il avait quelque chose à gagner dans cette affaire – la justice américaine lui offrait un petit pécule pour accepter d'employer un type en réinsertion – il avait finalement décidé de suspendre sa paye et de lui interdire de mettre les pieds ici jusqu'à ce que son responsable se pointe pour régler ce bordel. Il avait donc appelé le Major Colt qui avait visiblement décidé de déléguer ces emmerdes à la chieuse fan de pâtisseries puisque Jay avait été invité à se rendre sur son lieu de travail le mercredi neuf novembre en début de matinée pour un entretien avec son employeur et cette nana – dont le nom lui échappait déjà. Très franchement, cette histoire ne l'enchantait pas du tout et il avait été à deux doigts de ne pas se rendre sur place au moment cité, mais changea d'avis à la dernière seconde. S'il n'y allait pas, il risquait de tout perdre et peut-être même de le regretter plus tard. Mieux valait assurer ses arrières en faisant preuve de bonne foi, qui à ce que son employeur actuel refuse de le reprendre. Au moins personne ne pourrait prétendre qu'il ne ferait aucun effort !

C'est donc à reculons qu'il se pointa devant son lieu de travail, pile à l'heure du rendez-vous. Le pick-up qu'il avait récupéré avait aussi mauvaise allure que le précédent, mais c'était amplement suffisant pour l'utilité qu'il en avait – ou que ses frangins en avaient quand ils l'utilisaient. Il était fringué comme à l'accoutumée, preuve que ses efforts avaient tout de même des limites, puis il se rendit jusqu'à l'entrée où la gonzesse attendait déjà. Pas très étonnant, vu qu'il était arrivé à l'heure exacte, ils auraient été en retard si elle avait traîné encore un peu.

Mine de rien, cette approche n'était pas dénuée d'arrière-pensée. Il espérait qu'en débarqua juste avant la discussion avec le patron, elle n'essayerait pas de lui farcir la tête avec ses conseils de merde ou de lui tirer les vers du nez ! Mais bon, avec les nanas comme ça, il fallait s'attendre à tout. En tous les cas, il espérait pour elle qu'elle n'avait pas décidé de faire copain-copain avec lui, parce qu'il n'en avait pas l'intention de son côté. Au lieu de lui offrir un charmant sourire et de la saluer tout en la complimentant sur sa tenue – qu'il ne regarda même pas – Jay entra aussitôt dans le vif du sujet :

« Bon, on s'grouille comme ça c'est réglé et qu'on peut s'barrer. J'compte pas moisir ici juste pour faire plaisir au juge. »

Au moins ça, c'était dit. Bien sûr, il ne songea pas une seule seconde à lui demander comment elle allait, ni si elle avait des conseils à lui donner pour savoir ce qu'il devait faire ou ne pas faire ! Jay ne se donna même pas la peine de savoir si elle allait bien ou si elle avait eu d'autres tracas, ni même de s'excuser de lui avoir fait perdre son temps en venant ici. Toutes des marques de politesse n'étaient, à ses yeux, que de l'hypocrisie. Il s'en foutait d'elle, elle aussi, alors à quoi bon jouer les faux-semblants en essayant de copiner ? Il n'avait jamais eu d'amis en dehors des membres de sa famille – et encore – et ne voyait donc aucune raison de commencer à jouer les hypocrites maintenant.

Malgré tout – et principalement parce qu'elle se trouvait entre l'entrée et lui – il attendit qu'elle fasse le premier pas. Tant que c'était pour entrer et pas pour se rapprocher de lui !
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Mer 9 Nov - 23:55 Message | (#)

Le major Colt était comme de l’urticaire : c’est quand on pensait s’en être enfin débarrassé qu’il refaisait subitement surface pour vous pourrir votre programme.

Les premiers jours qui avaient suivi sa rencontre avec Jay Lane, Cait avait régulièrement échangé avec le commandant pour déterminer quelles étaient ses marges de manœuvre avec le texan. A la suite de quoi, elle avait régulièrement tenté d’entrer en contact avec « l’homme en cours de réintégration » afin de lui proposer toutes sortes d’activités – elle avait rencontré un succès que Gabriel avait qualifié, sourire en coin, de « timide ». Elle avait répondu merdique. Elle suivait malgré tout son employeur et avait des retours plutôt positifs de sa part, et décida donc de laisser Jay prendre ses marques tranquillement. Le major lui ficha la paix sans sourciller. Si elle était un peu vexée de ne pas pouvoir faire plus, elle devait malgré tout avouer que ça l’avait arrangé. Son double-emploi était plus exténuant qu’elle l’avait escompté, et encore, elle n’avait jamais pensé à ajouter à l’équation les suites de sa rencontre-café avec Jonas Cooper.

Depuis la discussion avec son patron, Caitlyn avait été prise d’un élan de motivation – qui l’avait jusqu’alors quitté depuis plusieurs mois. Elle s’était remise à dessiner régulièrement, en solitaire pour commencer, croquant tout et n’importe quoi. Elle suivait également quelques chaînes d’amateurs et de professionnels sur YouTube dans l’espoir de se perfectionner. Si Jonas lui permettait d’intégrer une formation professionnelle comme il l’avait laissé entendre, elle ne voulait pas avoir l’air gourde, laisser passer sa chance et pire encore, le décevoir. Elle s’était donc échinée chez elle, sacrifiant des heures de sommeil déjà lourdement plombées par le Pandémonium. Elle officiait au Daily Herald tous les matins, de 5h à 9h30, pour que la distribution du courrier se fasse le plus en amont possible dans la journée. Elle travaillait ensuite au club de 21h à 3h du matin. Son rythme morcelé, décalé, faisait qu’elle fonctionnait plus par siestes que par temps de repos continu. Si elle avait d’abord bien supporté le rythme, elle avait nettement moins bonne mine après plusieurs semaines : son teint était terne, elle avait des rougeurs, les traits tirés et les yeux pochés.

Elle comatait dans son canapé, en chien de fusil, son chat dans le creux des cuisses et des feuilles crayonnées leur servant de couvertures, quand son téléphone sonna subitement sur le coup des 15h. Ses doigts tâtonnèrent et elle hésita bien quelques secondes avant de répondre d’une voix pâteuse au major, qui annonça joyeusement qu’il avait besoin d’elle le lendemain. Ou plutôt que Jay avait besoin d’elle, selon lui. Dubitative de prime abord, Caitlyn tendit quand même l’oreille aux explications. Gabriel était volontairement évasif mais elle perçut qu’il y avait eu une histoire de débordement au travail, soldée par un malencontreux coup de poing. Jay avait été convoqué.

« Vous voulez que j’y aille moi… ?
_Je ne sais pas. Qu’est-ce qui serait le mieux ? »
Jay serait à coup sûr absolument ravi de la voir. Pas dit toutefois qu’il ne préférerait pas le commandant qui était à l’origine de tout ce foin… Elle n’en savait rien. Mais elle avait accepté tout ça, et s’y était accrochée mordicus même quand le mercenaire avait tenté de l’en dissuader. Il était temps d’assumer.
« J’irai. Dîtes moi juste l’heure… »

Et c’est comme ça qu’on se retrouve un beau mercredi matin plantée devant un bâtiment quelconque, humant bon le ciment et la transpiration ! Cait était venue plus tôt à son travail pour quitter le journal sur le coup des 8h et arriver ici un peu en avance. Pas de signe de Jay, aussi elle avait décidé de l’attendre près de l’entrée. Elle avait croisé des gars qui la regardèrent d’un drôle d’air, se demandant sûrement ce que pouvait foutre une nana chez eux. Enveloppée dans un bomber, son café brûlant serré contre sa poitrine, elle retournait dans sa tête les quelques éléments portés à sa connaissance. Jay avait frappé un type, un collègue de travail. Pourquoi ? Est-ce qu’il en avait marre d’être là ? Il avait pourtant accepté le rdv, il n’aurait pas pris cette peine s’il voulait simplement se tirer de là. Le patron ne s’était pas plaint de son tout nouvel employé jusqu’alors, même s’il avait noté qu’il ne s’intégrait pas à l’équipe. Vu ce que Jay lui avait dit à leur première rencontre, elle n’avait pas été surprise… Du coup, est-ce qu’il avait été provoqué, pour se mettre à cogner d’un coup ? Il devait savoir qu’un comportement comme celui-là pouvait le faire licencier en un claquement de doigt… Est-ce qu’il regrettait, désormais ? Est-ce qu’il avait peur ? Elle ne le voyait pas se mettre à pleurer au fond de sa baignoire, le jet de douche crachant son eau sur sa tête pleine de tristesse. Ça, c’était sa spécialité à elle.

Elle pourrait toujours le lui demander directement. Ses yeux sombres remarquèrent le pick-up qui avait connu de meilleurs jours – mais au moins il avait un véhicule – ainsi que son propriétaire, à qui elle adressa un sourire. Il avait la même allure que la fois précédente, ne lui faisant pas regretter de ne s’être pas déguisée pour cet entretien. Elle portait un simple chemisier noir sur un pantalon palazzo rouge, très large, qui avait le mérite de ne pas frôler et frotter ses cuisses encore à vif.

« Salut Jay. » Commença-t-elle tandis que de son côté, il attaquait directement sur l’objet du jour. Le juge était encore sur ses lèvres, logique, il devait se sentir constamment surveillé – ce qui était un peu le cas. Elle hocha simplement la tête pour confirmer, comprenant qu’il n’avait certainement pas envie de traîner dans le coin plus que de raison. Après une gorgée de café brûlant, exhalant de larges volutes blanches, elle se rapprocha de l’entrée et posa sa main libre sur la poignée. Son geste s’arrêta là. Elle tourna la tête dans sa direction et prit cette fois le temps de l’étudier. Face à sa précipitation, elle réalisait qu’elle n’avait pas pris le temps de saisir quelques signes d’évidence… Est-ce qu’il avait les yeux bouffis de quelqu’un de triste ? L’air contrarié – plus que d’habitude ? Vexé ? Est-ce qu’il s’en foutait ? Est-ce qu’il craignait la suite ? Est-ce que… « Ça va, toi ? » Question qui pourrait sembler bateau, mais elle ne l’avait pas soufflé avant de passer directement à autre chose. Non, elle tenait toujours la poignée et ses yeux en amande étaient dans ceux bien plus clairs de Jay, puis balayèrent modestement son visage.

Elle n’avait pas besoin de tout savoir sur les événements, elle en connaissait d’ailleurs déjà les grandes lignes. Toutefois il lui serait utile, et il était même indispensable à ses yeux, de connaître les motivations du geste. Cait n’avait jamais eu l’esprit rigoriste de l’homme de loi – l’échec de ses études de droit n’était un choc pour personne – et ses propres errances prouvaient qu’elle accordait de l’importance aux circonstances, plus qu’aux actes. Voilà qui lui permettait de vivre avec l’idée d’avoir tué accidentellement deux personnes : elle avait utilisé ses pouvoirs pour gagner un match qu’elle avait besoin de remporter ; elle avait effrayé Bruce Cooper pour Heather, sa meilleure amie. Si elle s’en tenait aux faits, elle avait simplement assassiné par deux fois. Elle avait besoin du contexte pour s’arracher à ce constat glacé.

« Est-ce que c’est toi qui a commencé ? » Elle ne connaissait pas l’ensemble de ses capacités, mais le portrait qu’elle avait lui laissait croire que Jay se sortirait aisément de n’importe quelle bagarre. « Il t’a insulté ? » Ce n’était pas le commencement de toute bonne bagarre virile, ça ? Elle réalisa soudain qu’elle pouvait donner l’impression de l’interroger, et détourna donc la tête pour pousser la poignée et franchir le seuil. Maintenant qu’ils marchaient, Jay ne risquait plus de se sentir prisonnier de ses questions.

« Je m’attendais pas au coup du fil du major. Ça avait l’air d’aller pour toi, ici. » Une manière détournée de lui demander s’il se plaisait à son travail, ne serait-ce qu’un peu. Maintenant qu’ils étaient à l’intérieur, quelques regards curieux et plus ou moins aimables se posèrent sur eux. De loin, Cait repéra le panonceau qui indiquait le bureau du patron des lieux et s’y dirigea d’un pas décidé. Elle n’avait pas de talons qui claquent fièrement à chaque pas, seulement des bottines à la semelle trop lisse pour ne pas couiner sur le sol, mais elle semblait quand même assurée. Ils longèrent le bureau où les attendaient un grand bonhomme ventripotent – sans doute le patron – ainsi qu’un autre, un jeune, qui avait des boules de coton enfoncées dans le pif. « Ah, super. » Elle aurait préféré que la ‘victime’ ne soit pas là ! « Tu l’as pas raté… » Susurra-t-elle doucement, avant de l’inviter à passer devant pour taper à la porte.
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Mikhaïl Yarochenko

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Jeu 10 Nov - 20:10 Message | (#)

Il songea que son plan – si subtil et si habile – allait porter ses fruits en la voyant avancer la main vers la poignée avant de s'interrompre. Et bien ? Elle préférait être en retard et l'interroger plutôt que de se magner les fesses pour qu'ils rejoignent le patron et le plaignant dans son bureau ? Franchement, il ne comprendrait jamais rien aux gonzesses, à croire qu'elles avaient un mode de fonctionnement tellement anarchique qu'il était impossible de prédire ce qu'elles allaient faire. Peut-être même qu'elles ne devinaient pas elles-mêmes ce qu'elles allaient faire avant que ce ne soit le cas. Toujours est-il qu'elle ne le noya pas sous les questions, fort heureusement, mais se contenta de lui demander comment ça allait. Bah quoi, c'était lui qui avait tapé sur l'autre, pas le contraire, ce qu'il s'empressa de souligner :

« C'pas moi qu'a pris un poing dans la gueule. »

Ce qui signifiait donc que tout allait bien et qu'il n'avait pas à se plaindre. Bien sûr, même s'il n'allait pas bien et qu'il était à deux doigts de rendre l'âme, le texan refuserait toujours de l'admettre. Fierté mal-placée ! C'était d'ailleurs ce qui lui avait valu tant d'engueulades avec Charlie : elle voulait les aider, mais ils s'y refusaient. Les choses n'allaient certainement pas changer maintenant qu'il se retrouvait avec une inconnue sur le dos, ce serait même pire parce qu'elle n'avait pas de lien familial à brandir pour justifier ses incessantes visites et tentatives pour le remettre sur le droit chemin. Mais elle ne semblait pas encore l'avoir compris.

Lorsqu'elle enchaîna pour savoir qui avait commencé avant d'émettre une hypothèse pour justifier le début de la dispute, Jay se renfrogna. Comme elle le comprit au même moment, il ressentait une sorte de pression qui s'installait au fil de ses interrogations. Dans deux minutes, elle allait sortir une lampe de sa poche pour lui foutre en pleine tronche et lui hurler dessus en lui ordonnant de lui répondre. Sauf qu'il ne le ferait pas. Le texan avait la mauvaise habitude de se refermer comme une huître dès que quelqu'un avait la mauvaise idée d'essayer de le presser comme un citron ! Il la laissa donc passer devant avant de lui emboîter le pas et de hocher la tête tandis qu'elle lui parlait du Major. Là non plus elle n'obtint aucune réponse puisqu'il n'avait pas l'intention de lui confier le fond de sa pensée concernant ce travail. La vérité, c'était qu'il n'aimait pas bosser ici, mais qu'il avait bien compris que c'était sa dernière chance, alors il fermait sa gueule et subissait en silence. C'était ce qui faisait depuis des décennies, pourquoi est-ce que la situation changerait maintenant ?

Ignorant les regards qui se portaient sur eux, Jay regarda droit devant lui et s'arrêta lorsqu'elle fit un commentaire à propos de l'état de l'autre type. Son expression ne changea pas d'un iota, mais il s'accorda une réflexion lancée d'un ton neutre :

« Et encore, j'l'ai pas frappé fort. »

Elle le savait très bien, il aurait pu lui faire exploser tout le crâne et se débarrasser définitivement de lui s'il l'avait souhaité ! Mais ce n'était pas le cas. Poussant la porte du bureau, il y entra et relâcha la poignée sans prendre garde au fait que l'huis risquait de se refermer dans la tronche de la jeune femme derrière lui. Le patron leva les yeux vers l'horloge accrochée au-dessus de la porte avant de les reporter vers les nouveaux arrivants, lâchant une remarque d'un ton laconique :

« Vous êtes en retard. »
« Ouais. »

Aucune raison de nier, ils étaient en retard et il assumait totalement. Le patron soupira avant de leur désigner les chaises disposées devant le bureau et Jay s'y installa sans piper mot. Attendant que Caitlyn fasse de même, le ventripotent personnage reprit la parole tout en appuyant ses avant-bras sur le bureau pour se pencher légèrement en avant.

« Bien. Mademoiselle, enchanté, je suis Ed Sullivan, le propriétaire de cette entreprise et le patron de monsieur Lane. Voici monsieur Carter, la victime. »
« Victime.... »
« Un problème ? » Jay haussa les épaules et il enchaîna donc : « Comme vous le savez, une bagarre a éclaté récemment, concernant ces deux messieurs et déclenchée par monsieur Lane. À l'heure actuelle, monsieur Carter n'a pas encore décidé s'il portait plainte ou non, mais c'est une possibilité qu'il envisage. Dans ce cas, il semble évident que monsieur Lane sera renvoyé. » Son attention se posa sur lui. « Vous avez quelque chose à dire ? À nier ? »
« Nan. »

Simple, clair et concis. Dépité, le patron tourna la tête vers la jeune femme, attendant certainement à ce qu'elle fasse une remarque permettant d'avancer un peu dans leur entrevue.
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Ven 11 Nov - 16:51 Message | (#)

Jay n’avait pas pris de coup, ce qui laissait donc entendre que c’est bel et bien lui qui avait commencé à cogner. Et une fois semblait avoir été suffisante pour se débarrasser du gêneur. Toutefois, cela ne voulait toujours pas dire qu’il était le premier à avoir débuté les hostilités stricto sensu. Cela resterait toutefois de l’ordre de la supposition puisque le texan s’enferrait dans le silence… Pourquoi ? Est-ce qu’il avait honte ? Rien ne le laissait croire dans sa physionomie, fermée et foutrement illisible. Est-ce que par essence il respectait une sorte d’omertà ? La tactique consistant à rester délibérément silencieux peu importe la pression pouvait se révéler efficace, certes, mais si et seulement si l’ennemi n’avait pas de balle contre lui. Or, de ce qu’elle avait compris, il y avait des témoins de l’altercation – et un nez cassé comme preuve finale. Est-ce qu’il se rendait compte que ça pouvait mal tourner ? Est-ce qu’il en avait seulement quelque chose à foutre… ?

« Je veux juste te donner un coup de main. » Lança-t-elle à tout hasard, assez certaine de se prendre un ‘j’ai pas besoin de ton aide’ en retour. Ou bien du silence, tiens, pour pas changer de registre. Elle eut quand même un soupçon d’espoir à sa remarque sur le gars, qui avait vraisemblablement pleurniché sans que Jay frappe si fort que ça. Ils allaient bientôt en avoir le cœur net. Inspirant profondément, elle lui emboita le pas et esquiva de justesse le retour de porte, faisant un pas sur le côté en pénétrant l’huis. Elle aurait bien foutu un petit coup de genou dans le derrière de Jay, rien que pour lui signaler que c’était un enfoiré d’égoïste, mais elle se contint au vu du côté un peu solennel de l’entretien à venir. Ses yeux sombres tombèrent d’abord sur le frappé, qui jeta un regard coléreux dans la direction du Lane, puis s’attardèrent sur le patron qui les accueillit en posant le ton de l’entretien, soulignant leur retard. Il se positionnait déjà comme le grand juge de l’affaire.

« Bonjour. » Ça lui arrachait un peu la bouche d’être polie après avoir été hélée comme une malpropre, mais maman Cunningham lui avait quand même donné une éducation bon chic bon genre – il en restait pas grand-chose, cela dit. Elle poursuivit sans hésitation. « C’est ma faute. J’ai voulu échanger avec Jay avant de venir ici. » Certes, elle était venue en avance pour cela alors que Jay s’était pointé pile à l’heure. Il n’empêche que s’ils avaient filé droit au bureau, ils seraient dans les temps.

Caitlyn s’installa à la place désignée aux côtés de Jay, et cacha une grimace en s’asseyant, baissant la tête. Le bandage qu’elle avait autour des cuisses tirait désagréablement sa peau, elle l’avait probablement trop serré. Cela expliquerait les fourmillements dans les pieds. Elle résista à l’envie de passer la main à l’intérieur de son pantalon pour arranger tout ça, et préféra plutôt commencer sur de bonnes bases.

« Caitlyn Cunningham, enchantée. » Répondit-elle en écho avant d’ajouter d’un ton égal. « Le major Colt vous a prévenu je suppose, mais il m’a donné sa délégation pour notre échange. » C’est-à-dire que, normalement et pour cet entretien, elle parlait en son nom. Ce type devait être fou.

Elle guigna du côté de Jay qui avait réagi à la dénomination de « victime ». Quand on voyait le dit-Carter, avec son coton dans le nez auréolé de sang séché, la sueur qui lui perlait du front, ses grosses cernes et sa peau tachetée, on pouvait effectivement le qualifier comme tel… Mais il n’avait pas besoin du texan pour susciter une forme de pitié. Le patron, Ed de son petit nom, exposa la situation en des termes qui se voulaient objectifs mais où transparaissait déjà son opinion sur la question. Il y avait eu bagarre, et c’était la faute de Jay. Il y avait même une petite menace de dépôt de plainte. Le Carter devait probablement attendre des excuses en bonne et due forme. Ou davantage. Dans tous les cas, ça s’engageait pas très bien, avec l’autre buté qui avait aligné trois mots – littéralement – depuis qu’ils étaient entrés dans ce bureau. On la regarda, en retour Cait posa son café sur le rebord de la table.

« Je ne crois pas qu’on puisse parler de bagarre. Jay a frappé monsieur Carter, et il s’est écroulé. » Sans doute vexé dans sa belle virilité, ce dernier se redressa dans sa chaise avec une fierté mal dissimulée. Il avait d’un coup l’air nettement moins au bord de la mort.
« Monsieur Sullivan, arrêtez-moi si je me trompe mais je ne crois pas que vous ayez eu à vous plaindre de Jay durant les semaines où il a travaillé pour vous.
_En effet.
_Vous avouerez même qu’il a plutôt tendance à rester éloigné des autres, et à faire son travail sans chercher les ennuis. Il ne se lie pas, et je dirai même qu’il n’est jamais le premier à engager une conversation. » Ce n’était pas un portrait particulièrement flatteur, et c’était volontaire. Si elle s’amusait à dire que c’était l’employé le plus jovial de la Terre, ils passeraient pour des guignols. En mettant en avant son comportement de solitaire, elle comptait bien renverser la vapeur. Ou essayer du moins.
« Et c’est là que je ne comprends pas, pourquoi Jay se mettrait à frapper monsieur Carter – un coup, et un seul coup qui l’a mis au tapis – sans raison valable ? Et en admettant qu’il a soudain eu un accès de rage, pourquoi s’arrêter après un vague coup de poing dans le nez ?
_C’est n’importe quoi ! » Ah, la ‘victime’ se réveillait. En colère, il écarquillait légèrement les yeux. Caitlyn remarqua le blanc vitreux qui entourant ses prunelles vertes.
« Il m’a roué de coups cet..Cet animal !
_Vous ne seriez pas là pour gémir si c’était le cas. »

Elle planta ses yeux en amande sur Ed, qui eut l’air soudainement très absorbé par les coins de son bureau. Quand Jay avait été embauché, l’UNISON avait eu l’obligation légale d’exposer le profil de l’employé. Il savait donc parfaitement que le texan était un méta-humain capable de méticuleusement broyer tous les os de celui qui viendrait l’emmerder. En l’occurrence, l’emmerdeur avait l’apparence d’un mec paumé à la peau jaunâtre. Cait venait de remarquer ce détail. Elle avait d’abord cru que c’était la lumière blafarde du bureau, mais après avoir jeté un coup d’œil à Jay près d’elle, puis au patron, elle avait constaté qu’il avait un teint bien différent. Ce détail, joint aux autres – les cernes, la sueur, la vilaine peau et la susceptibilité – lui donna confiance pour enchaîner avec une certaine fermeté.

« Voilà ce qu’il en est. Monsieur Carter a approché Jay et l’a volontairement provoqué. Jay a agi de façon trop virulente, bien évidemment, mais il s’est défendu. Juste ce qu’il faut pour que l’attaque verbale de monsieur Carter cesse. » Elle avait beau avoir l’air sûre d’elle, en vérité, elle tâtonnait. Jay devait en être parfaitement conscient vu qu’il ne lui avait rien dit. Elle jouait aux devinettes, en rajoutant volontiers une couche. « C’est bien ça, Jay ? » Elle n’attendit pas plus de deux secondes pour porter le dernier coup, et être sûre de ne pas être interrompue par les deux hommes de l’autre côté de la table. « Je crois que les problèmes d’alcool de monsieur Carter ne sont pas étrangers à ce comportement belliqueux. » Il était dangereux d’entrer sur ce terrain, mais le gars venait de blêmir. S’il était effectivement alcoolique, ce n’était sans doute pas intelligent de l’acculer ainsi. Caitlyn n’y pensait pas. Elle avait toujours été trop rentre-dedans et franche pour se soucier des conséquences et se méfier. De toute manière, ce gars n’allait pas lui sauter à la gorge là maintenant, non ?
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Ven 11 Nov - 23:00 Message | (#)

Les civilités ennuyaient profondément Jay : il était convaincu que si son patron ne l'avait pas encore renvoyé, c'était simplement parce qu'il s'était attiré les bonnes faveurs de l'UNISON en acceptant d'embaucher un criminel qu'ils surveillaient. Et parce qu'il touchait une prime pour le fait, évidemment ! Mais l'entente avait été compliquée depuis le début : même si le texan travaillait plutôt bien – sans s'appliquer ou se dépasser pour autant – il n'entrait pas suffisamment dans le moule au goût du patron. Ou peut-être que c'était juste son passé de « délinquant » qui coinçait, allez savoir. Les conditions importaient peu, la seule chose qu'il savait c'était que ce type se passerait volontiers de lui ! Toutes ces politesses ne servaient donc à rien, si ce n'est à noyer le poisson et retarder le moment décisif.

Il resta donc obstinément silencieux, suivant l'échange qui se faisait entre la gonzesse et le patron. Jay ne manqua pas de remarquer la position de coq aux abois que son « rival » emprunta en voyant sa virilité remise en doute et il ne dissimula pas le soupir que cela lui inspira. Par contre, il devait admettre que la brune s'en sortait relativement bien. Est-ce qu'elle avait été avocate dans une autre vie ? Cette pensée lui rappela stupidement Charlie et sa manière de trouver les bons mots, un pincement au cœur inattendu se manifesta aussitôt et il détourna le regard sans véritable raison – du moins de l'extérieur. Bordel, cette rencontre commençait vraiment à lui porter sur les nerfs ! Il fut d'ailleurs à deux doigts de tout envoyer paître et de dire à la gonzesse de prévenir le major qu'il se présenterait devant les portes de la prison dès le lendemain ! Mais même là-bas il trouverait quelqu'un pour lui parler de sa frangine.

L'irritation grimpa d'un niveau lorsque l'autre emmerdeur eut le culot de prétendre qu'il l'avait roué de coups. Si c'était vraiment le cas, il aurait fini à la morgue et pas à l'infirmerie ! En vérité, Jay estimait même s'être vraiment contrôlé sur le coup, quelques mois plus tôt il lui aurait pété toutes les dents et tous les os du corps. Comme quoi, l'UNISON avait finalement eu un point positif sur lui – même s'il doutait que le major le voit de la sorte ! Finalement, il daigna briser son silence au moment où la gonzesse lui demanda si elle avait bien deviné, lâchant un « Ouais. » laconique. À son grand étonnement, c'était le cas. Est-ce qu'elle avait trouvé un témoin providentiel ? Oh, il y avait plusieurs autres types autour d'eux, mais aucun ne l'appréciait vraiment, même si certains semblaient neutres à son sujet. Il doutait simplement qu'ils viennent d'eux-mêmes pour expliquer ce qu'ils avaient vu. Non, elle avait peut-être deviné, tout bêtement.

Le Carter fut finalement démasqué. Jay savait que ce type buvait comme un trou, il était déjà arrivé au boulot en sentant la bibine, mais il n'en parlerait pas pour autant. Un soupir lui échappa alors qu'il voyait le coq déplumé se redresser sur son séant une fois la surprise passée :

« C'est faux ! Je ne suis pas alcoolique, vous délirez. » Il jeta un regard noir à Jay. « C'est juste un mensonge qu'il a inventé pour justifier le fait de taper sur la gueule d'un innocent ! »
« J'ai rien dit, t'emballes pas. »
« C'est facile à dire, on n'en a pas la preuve ! »
« Toi non plus. »
« Il suffit, s'il vous plaît ! » Le patron se pencha en avant. « J'ignore si monsieur Carter est alcoolique, mais même s'il y a eu provocation – ce dont nous ne sommes pas sûrs – il n'y a aucune raison de répondre en frappant. Vous admettrez que si tout le monde réagissait comme ça, ce serait l'anarchie ! »
« J'ai rien dit, il m'a frappé sans raison je vous dis ! »
« Bien sûr. »
« Très bien, alors qu'a dit monsieur Carter ? »

Jay marqua un temps d'arrêt, il n'avait aucune envie d'en parler, pas même pour sauver son emploi. Il savait que s'il commençait à parler de Charlie devant ces gens, la discussion finirait forcément par tourner autour d'elle et Jay préférait encore finir en taule plutôt que d'en arriver là ! C'était d'autant plus vrai que personne dans cette pièce ne savait réellement ce qui s'était passé « à cause » d'elle. Si le major avait été là, il aurait peut-être deviné que la source de cette dispute découlait de Charlie, mais il était absent, donc tant pis pour l'UNISON et son programme de merde.
Devant le silence du texan, le patron haussa les épaules.

« Je ne peux rien faire de plus si vous n'avez aucun argument à confronter à ceux de monsieur Carter. » Lequel eut un léger rire.
« Visiblement les négociations c'est pas de famille. »

Cette remarque fut suffisante pour que Jay comprenne un nouveau sous-entendu lancé à propos de Charlie. Le sourire qui ourla les lèvres de Carter au même moment en témoignait et sans se soucier du fait qu'ils étaient ici pour démêler le sac de nœuds, Jay esquissa le geste de se redresser. Visage fermé, il avait bien l'intention de l'empêcher définitivement de recommencer de genre d'insulte !
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Sam 12 Nov - 15:45 Message | (#)

Malheureusement, Caitlyn n’avait aucun témoin à sortir miraculeusement de sa manche. Elle aurait aimé, au moins une fois dans sa vie, plaider telle les plus grandes avocates du barreau et faire entrer la personne clé, celle qui renverse la vapeur, estomaque le juge, fait hurler l’opposition et pleurer l’accusé. En lieu et place de ce scénario digne des meilleures séries télévisées, les voici dans un quatuor bien triste : un alcoolique vociférant, un peut-être-ex-délinquant avare en mots, un patron dépassé et une élève en droit pas foutue de valider sa première année. Le grand débat qu’elle avait pu imaginer dans son esprit fertile prenait désormais plus des allures de règlements de comptes type café du commerce.

« Nous n’en sommes pas sûrs ? Votre employé tremble, a la jaunisse et une haleine à faire tomber les mouches et vous refusez de voir qu’il a un problème avec l’alcool. Par contre, cela ne vous dérange pas de considérer que Jay l’a frappé sans raison alors qu’il n’a jamais témoigné d’un tel comportement dans vos murs. »

Elle se garda bien de poser le mot ‘injustice’. Fallait pas pousser mémé dans les orties, elle sentait déjà bien qu’ils évoluaient sur une corde raide. Sans compter que cet argumentaire ne servirait plus à grand-chose dans les secondes à venir, vu comme la discussion se profilait. En effet Ed, dans sa volonté d’objectivité – Cait aurait plutôt dit qu’il s’agissait de curiosité mal placée, mais soit, elle était sans doute mauvaise langue – demandait à présent le contenu de l’offense. Le Lane ne lui avait rien révélé sur le sujet et elle craignait que face à deux personnes supplémentaires, il conserve encore plus obstinément le silence.

Les méninges de Caitlyn remuaient dans le vide. Qu’est-ce que cet idiot de poivrot avait pu lui dire ? Depuis leur première rencontre, Jay lui avait paru… Susceptible. Cependant, il n’avait jamais fait mine de lever la main sur elle – et elle savait bien qu’il n’aurait pas été arrêté dans ce geste sous prétexte qu’elle était une femme. Alors, quoi ?

Carter se permit de rire, arrachant un regard mauvais à Cait qui le détailla derrière ses paupières plissées. Il lâcha une phrase qu’elle ne comprit pas : il délirait, maintenant ? Toutefois ces quelques mots qui n’avaient aucun sens firent réagir Jay, elle le sentit se mouvoir près d’elle, comme s’il allait se lever. Pour partir ? Pour lui péter ce qui lui restait de nez ? L’une comme l’autre de ces réactions marqueraient la fin de la négociation, et le renvoi manu militari du texan de l’entreprise. C’était son unique certitude dans l’affaire. Aussi, elle étendit le bras devant le plexus de Jay et lui barra la route. Ses doigts frôlaient le tissu de sa veste, au niveau du palpitant. Avec un peu de chance, il avait suffisamment horreur du contact pour ne pas lui arracher le bras dans son élan. Elle lui jeta un coup d’œil qui se voulait rassurant, sans réaliser qu’elle avait davantage l’air de s’inquiéter sincèrement. Le tonus reprit la jeune femme quand elle s’adressa finalement à Carter, qui lui inspirait de moins en moins de sympathie. Pour rester polie.

« Qu’est-ce que vous voulez dire par là ? Vous pourriez développer votre pensée pour moi, pour nous ? » Fit-elle en guignant du côté de l’employeur qui, visiblement, ne savait pas plus qu’elle de quoi il en retournait.

Carter prit un air buté, sans prendre la peine de la regarder. Ils avaient tous décidé de ne pas décocher un mot de réponse aujourd’hui ! Mais, au moins, il la fermait maintenant. Elle retira doucement son bras qui entravait Jay, lui sourit maladroitement, une moue d’excuse sur les traits, puis elle tenta de recoller les morceaux. Jay n’avait pas apprécié l’évocation de la « famille ». De ce qu’elle savait, ses frères n’étaient pas des parangons de patience et ils avaient l’agressivité facile. Le major Colt lui avait brièvement expliqué avoir été accueilli, un jour, par un coup de boule de l’aîné – un certain Seth. Cela situait à peu près le niveau et ce que pensaient les Lane de la tractation de manière générale. Alors, si les Lane se ressemblaient tous en termes de négociation : ils n’aimaient pas ça, ou s’en foutaient clairement.

La remarque de Carter n’avait donc aucun sens ! Il laissait entendre que contrairement au reste de sa famille, Jay ne savait pas négocier. Or, ils étaient tous des quilles en la matière, non ? A moins que… Les lèvres de Caitlyn s’entrouvrirent quand elle comprit, enfin. Quelle gourde… ! Elle ferma un instant les yeux et secoua la tête. Il y avait bien une Lane qui était douée, terriblement douée dans l’exercice. La fameuse Charlie, dont le nom était connu et admiré par n’importe quel avocat en herbe. Elle se souvenait maintenant très bien avoir évoqué cette sœur trop tôt disparue, et du regard dont Jay l’avait gratifié alors même qu’elle n’avait rien dit de méprisant, bien au contraire. Si ce Carter s’était amusé à titiller Jay sur ce terrain… Ce dernier ne l’aurait pas permis. Il avait sûrement réagi, et probablement pas avec un discours conciliant. Un coup de poing en travers de la guerre paraissait tout indiqué. C’était de la spéculation bien sûr, mais elle n’avait rien de mieux sous le coude pour le défendre. Elle espérait ne pas se tromper, et plus encore, que Jay ne lui en voudrait pas (trop).

« Puisque vous n’avez pas le cran d’assumer ce que vous avez dit, je vais le faire pour vous. » Piquer son ego pour qu’il se dévoile, c’était encore la meilleure tactique. Sur le ring, elle avait souvent la même approche : elle s’économisait en début de combat en tapant à une puissance modérée, mais elle frappait souvent, harcelant littéralement son adversaire. « Vous parlez de Charlie Lane. » Elle jaugea Carter. L’éclair de culpabilité et de surprise qui traversa son regard morne la convainquit. « Je ne ferai pas l’affront de répéter ce qui a été dit. » Ce qui l’arrangeait, vu qu’elle n’en savait foutrement rien. Cela dit, ni Ed, ni Carter ne le savaient, ça. Le patron semblait un peu désarçonné. Il connaissait visiblement le nom, qui devait titiller sa mémoire, sans parvenir toutefois à l’identifier. Cait poursuivit donc d’un ton qui fleurait l’indignation. « C’était une brillante avocate et une femme admirable, c’est une honte d’évoquer sa mémoire comme vous l’avez fait. Et vous devriez avoir honte, monsieur Carter, au lieu de fanfaronner.
_Carter, qu’est-ce que c’est que cette histoire ?
_Je n’ai rien dit de mal !
_Vous avez poussé Jay volontairement dans ses retranchements en évoquant un drame familial, c’est mesquin. C’est à chier, vous n’avez pas de figure.
_Tu vas la fermer oui ! J’en ai rien à foutre de cette pute crevée !
_Calmons-nous…!
_Un ivrogne, un menteur et un salaud, ça fait beaucoup pour un seul type ! »

Elle avait sans doute donné la « pichenette » de trop. Carter était plus rapide qu’elle ne le pensait, pour un pochard de première. Il ne prit même pas la peine de contourner le bureau pour lui prouver toute sa fière virilité, et passa directement par-dessus dans un saut qui manquait de précision et de grâce. Il atterrit lourdement contre les cuisses de Caitlyn, qui vit les étoiles. Un écran blanc lui passa devant les yeux face à cette douleur stridente et paralysante, elle entendit des cris, les beuglements de cet enfoiré sans parvenir à distinguer les mots les uns des autres. Elle savait se défendre. Il lui fallait juste le temps de se remettre, de respirer, c’était l’affaire d’une poignée de secondes. Cait eut quand même le réflexe d’élever ses deux avant-bras pour protéger son minois, au cas où il ait la bonne idée de la frapper au visage d’ici là.
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Mikhaïl Yarochenko

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Sam 12 Nov - 21:23 Message | (#)

Jay était habitué à ce que les gens privilégient leurs employés plutôt que lui, même s'il savait bien que ce type n'était pas beaucoup pus ancien que lui dans l'entreprise. Cependant, le texan ne s'était jamais vraiment intéressé à leurs histoires ou à leur passé, il ignorait donc totalement si ces gars-là avaient des liens hors du boulot – voire au travail, allez savoir ! Il se fichait donc pas mal de l'entendre râler sur une éventuelle injustice puisqu'il ne songeait qu'à une seule chose : casser la gueule de ce type ! Malheureusement, avant qu'il n'ait eu le temps de se lancer, Jay fut retenu par une gonzesse un peu trop bravache à son goût. Lorsqu'elle lui barre la route de son bras, il lui décrocha un regard assassin qui devait – normalement – l'inviter à retirer ce barrage improvisé avant qu'il ne lui brise comme une allumette. En vain. Elle avait vraiment l'air de croire qu'elle s'en sortirait indemne, sauf que le texan était du genre rancunier lorsqu'il était question de sa famille. Si elle l'empêchait de fermer la gueule de ce con, c'est qu'elle était comme lui, ni plus, ni moins !

Lèvres pincées, le trentenaire hésita un bref instant avant de reculer. Inutile d'attaquer maintenant, il avait perdu l'effet de surprise, autant attendre pour voir s'il comptait s'excuser ou en remettre une couche ! La patience n'était pas son fort, mais à moins de devoir cogner sur la gonzesse à ses côtés, il n'avait pas spécialement le choix dirons-nous. Ses mains se refermèrent donc sur les malheureux accoudoirs des sièges qui dégustèrent à la place du Carter qui continuait à arborer son air de jeune coq. Sa prise se raffermit encore davantage lorsqu'il entendit la gonzesse lâcher le nom de sa sœur, ce qui lui valut aussi un regard mi-surprit, mi-contrarié. C'était stupide, mais Jay détestait entendre quelqu'un lui parler d'elle. Ça le rendait mélancolique et il haïssait ce sentiment. Mais visiblement, ce prénom avait aussi de l'effet sur Carter qui perdit sa superbe alors que la gonzesse en remettait une couche. Pourtant, tout dérapa lorsqu'il traita sa frangine de « pute crevée », c'est à ce moment que Jay vit rouge. Vraiment rouge. Il se redressait au moment où l'emmerdeur notoire achevait son discours par des insultes et que le coq déplumé se jetait sur elle.

Jay ne parvint pas à l'attraper au moment où il passa par-dessus le bureau pour s'écraser sur elle comme s'il comptait la ratatiner sous son poids. Mais dès qu'il tenta de la frapper, le texan n'eut qu'à baisser le bras pour l’attraper par les cheveux et le tirer brutalement en arrière, lui arrachant un cri de douleur. De son côté, le patron s'était levé pour reculer jusqu'à se coller contre le mur derrière son bureau, une pochette à documents placée devant lui comme un bouclier. Mais Jay se fichait de lui, à ce moment précis il voyait simplement le crétin qui avait osé insulter sa famille et surtout sa sœur à plusieurs reprises ! La prudence aurait voulu qu'il l'empêche simplement de la frapper et en reste là, mais il ne résista pas à l'envie de lui filer une correction au passage en profitant du fait qu'il tenait ses cheveux entre ses doigts pour lui éclater le visage contre le côté du bureau qui se trouvait juste là. Le bruit fut sourd et peu agréable, mais Jay ne s'arrêta pas pour autant, il recula à nouveau son visage avant de le frapper contre une dernière fois, puis relâcha ses cheveux. Le gus tomba par terre, à plat ventre et le texan profita de sa position pour lui expédier un beau coup de pied dans les côtes avant de se pencher pour pousser sur son épaule et le retourner afin de pouvoir saisir son col.

« Monsieur Lane, arrêtez ! »

Mais Jay ne l'écoutait pas, l'entendant à peine. Carter se débattit comme il pouvait, secouant les mains comme s'il tentait de se débarrasser de mouches ou d'insectes qui l'importunaient. Mais le texan était légèrement plus résistant que ces petits animaux puisqu'il ne lâcha pas prise.

« Lâche-moi espèce de taré ! » Il expédia un coup de pied qui atteignit Jay en pleine jambe, mais celui-ci l'ignora. « Famille de tarés ! »

Il ne comprenait pas qu'il n'arrangeait rien en continuant à insulter le siens, mais tant pis pour lui ! Encore plus énervé, Jay tira sur ses vêtements – les faisant craquer au passage – jusqu'à le redresser sur ses jambes, puis lui en colla une nouvelle dans la tronche. Cette fois-ci, Carter lâcha un profond gémissement et se débattit avec la vigueur d'un animal blessé, expédiant malencontreusement un coup de coude dans la lèvre du texan qui se fendit sur ses dents. Comme ses pouvoirs n'étaient pas actifs, il ne cicatrisa pas sur-le-champ, mais se soucia peu de ce détail.

Malheureusement, Jay n'eut pas l'occasion de se défouler davantage puisque des gars qui sirotaient leurs cafés dans le couloir non loin du bureau avaient entendu les bruits de lutte et venaient de débarquer dans la pièce. L'un d'entre eux s'interposa entre les deux hommes alors que deux autres les séparait en les tirant dans une autre direction, puis un dernier se rapprocha de la gonzesse pour l'aider à se relever.

« Allons, calmez-vous tous, c'est une réunion professionnelle, pas un combat de boxe ! »
« C'est à lui qu'faut l'dire alors ! »

Pour le coup, ce n'était pas lui qui avait entamé les hostilités !
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Dim 13 Nov - 19:47 Message | (#)

Son siège s’était renversé sous son poids conjugué à celui de Carter, et Caitlyn sentit son échine heurter douloureusement le sol. Qu’est-ce qu’il pensait faire, cet espèce d’idiot dégénéré ? Lui exploser la tronche devant son patron ? Même dans l’hypothèse où il était son chouchou, il aurait du mal à conserver son emploi dans ces conditions. Dans un élan assez mauvais, elle souhaita presque qu’il lui foute une beigne. S’il pouvait lui coller un petit œil au beurre noir ou lui fendre la lèvre, ce serait facile de l’enfoncer ensuite avec une preuve pareille. C’était mesquin, mais n’était-ce pas aussi le jeu ? La pensée fugitive que Jonas aurait un regard préoccupé et attentif à son égard s’il la voyait blessée lui traversa l’esprit, et lui procura un plaisir fugitif dont elle eut un peu honte. Elle ferma les yeux pour accuser le choc à venir mais soudainement, le poids sur ses cuisses s’allégea considérablement jusqu’à disparaître entièrement. Le frottement provoqué contre sa peau lui tira tout de même un gémissement incontrôlé, puis elle roula sur le côté, s’extirpant ainsi de la chaise et de la scène d’affrontement.

Elle recula à l’aveuglette et sur les fesses jusqu’à buter contre un mur, ferma un instant les yeux pour récupérer son souffle et ses esprits quand un craquement soudain la fit sursauter. Elle vit alors le visage du pauvre type aplati contre le bureau, et fut témoin du second aller-retour contre la surface. Elle avait l’habitude de voir les traits se déformer à l’impact, mais c’était très étrange de se retrouver soudainement dans le rôle de spectatrice. Assise à même le sol, elle était pile au bon niveau pour voir la bouche rouge de sang de Carter s’éclater contre le rebord de la table, et elle fut presque certaine qu’un petit bout blanc – une dent probablement ? – voltigea au sol lors de la rencontre. Son cœur tambourina contre sa poitrine, saisi d’un pic d’adrénaline.

C’est la supplique d’Ed qui la ramena brusquement à une forme de réalité. Bien sûr que Jay allait arrêter. Il avait seulement besoin de se défouler, d’évacuer une tension que Caitlyn connaissait très bien. Carter passait un sale quart d’heure, mais il n’allait pas mourir pour quelques coups. Elle le voyait qui respirait et essayait de se débattre, assez vainement. Il avait pris la dose, Jay allait s’arrêter maintenant. Elle le vit le retourner, le frapper encore, visiblement de plus en plus en colère. Il n’allait pas le tuer, si ? Hagarde, Cait entrouvrit les lèvres pour parler au moment même où celles du texan s’ouvraient. En jaillit des gouttelettes de sang qui s’écrasèrent contre son menton et sur le sol. Dans un réflexe étourdi, elle passa sa langue sur sa bouche.

Quatre gars pénétrèrent soudain l’huis. Elle songea, un vague sourire amusé aux lèvres, que ça faisait beaucoup de testostérone dans une seule petite pièce. Tu débloques. Les cachetons qu’on t’a refilé sont trop forts, ressaisis-toi. Elle se laissa redresser par l’un des types venus à la rescousse. Alors que Jay beuglait quelque chose, elle clopina jusqu’au bureau et y récupéra son café fermé, miraculeusement épargné par l’échange de coups. Elle le termina en une longue gorgée, remerciant le ciel, il était encore chaud. Elle se sentit brusquement revigorer.

« C’est un fanimaal, z’avez vu ce qu’il fa fait ?! Ça s’passera pas comme ça !! »

Le pauvre type avait bien perdu une dent. Il avait les lèvres tellement enflées qu’elles pendouillaient tristement sur son menton, lui donnant une prononciation risible. Caitlyn se planta devant lui et résista à l’urgence de le gifler.

« Faites-vous une fleur et fermez-la un peu, vous êtes ridicule.
_Reprenons la discussion calmement.
_Y a plus de discussion qui tienne, monsieur Sullivan. » S’il croyait qu’il allait encore mener les débats après cette exposition de couardise, il se mettait le doigt dans l’œil bien profondément. « Merci messieurs, vous pouvez sortir, s’il vous plaît. » Les secouristes guignèrent dans la direction de leur patron puis, prudemment, relâchèrent les deux écharpés.

« Monsieur Carter n’est pas apte à échanger, et il fait preuve d’une mauvaise foi telle qu’on ne peut rien tirer de plus de cette histoire. Est-ce que vous maintenez la suspension de Jay Lane ? » Interrogea-t-elle d’un ton froid, en plantant ses yeux sombres sur le visage du patron. Celui-ci, pris de court, bégaya un faible.
« Et bien c’est-à-dire, il faut réfléchir aux éléments apportés, et puis…
_Je vais vous dire ce qui va se passer. Soit vous reprenez Jay en faisant en sorte que lui et monsieur Carter n’aient plus à se croiser. Soit vous lui trouvez un autre travail.
_Quoi ? Mais c’est…
_Votre devoir d’employeur. Vous avez signé un contrat avec l’UNISON, essayez de vous souvenir de tous les petits caractères. En l’absence de faute grave de la part de Jay, vous avez l’obligation de le garder dans vos effectifs le temps du contrat, ou bien de lui trouver un travail qui lui convienne pour un niveau de rémunération équivalent.
_Ils viennent de se frapper !
_La faute grave ne peut être constatée que par un juge. » Elle pivota pour à nouveau faire face à Carter, et lui planta l’index dans le pectoral. « Si vous portez plainte Carter, entendez bien ça : je vous colle un procès au cul. Et croyez-moi, les juges raffolent des histoires de mecs bourrés qui frappent des nanas. Ils en bouffent tous les jours des craignos comme vous. » La fureur déforma ses traits, mais il ne répliqua pas.

C’était de l’intimidation pure et simple. Elle s’en foutait. Sa grande sœur Mery, habituée à évoluer dans le milieu macho du droit, dirait simplement qu’il s’agissait d’une « négociation ».

« Qu’est-ce que vous décidez ?
_Maintenant… ?
_Vous avez suspendu son salaire. Vous pensez qu’on a que ça à faire d’attendre ? » Il vira au rouge, elle ne savait pas bien si c’était à cause de la colère ou de la honte. « Au cas où ça vous échapperait, il mange, lui aussi. Principalement grâce au salaire que vous versez. »

Si ses arguments fonctionnaient ou pas, elle n’en servait rien. Alors qu’elle avait fait preuve d’une assurance ferme jusque-là, elle jeta un coup d’œil timide en direction de Jay. Elle se sentait nulle, elle n’avait pas réussi. Il devait lui en vouloir, et ça la peinait plus que ce qu’elle avait anticipé.

« Il… Il faut que je remette de l’ordre ici. Que je consulte mon associé. » Mon avocat. Il voulait dire avocat, elle en était certaine. Un soupir lui échappa malgré elle. « Je prendrai ma décision cet après-midi, sans faute. Pouvez-vous me fournir votre CV, au cas où ? » Au cas où oui, sale merde. Elle glissa un regard en direction de Jay. Il n’avait pas de pochette ou de porte-documents sur lui.

« Vous pourrez les laisser dans la boite aux lettres aujourd’hui. Merci d’être venus, miss… ? » Elle ne répondit rien, il déglutit et proposa un sourire de façade. « Et Jay. Au revoir. »

S’il pensait qu’elle allait se fendre d’une politesse… ! Tant pis pour la bonne éducation de maman Cunningham. Elle ouvrit la porte brutalement et quitta les lieux la première, à courts pas rageurs. Pourquoi ça n’avait pas marché, hein ?! Une petite voix dans sa tête lui murmurait que ce n’était pas fini. Et que même si c’était le cas, c’était peut-être pour le mieux. A l’évidence Jay n’était pas très heureux, ici. Néanmoins elle savait bien que cette pensée-ci n’existait que pour la consoler. Ce n’est qu’une fois à l’extérieur, quand un coup de vent lui fouetta le visage, que Caitlyn se sentit un peu moins dégoûtée. Elle trifouilla dans une poche pour sortir son paquet de cigarettes, en cala une entre ses lèvres et l’alluma en se mettant dos au vent. De là, elle put voir Jay arriver. La mine déconfite, elle secoua doucement la tête.

« Je suis vraiment désolée. » Il en avait sûrement rien à faire. Elle avait un taff, et elle n’avait même pas su… « J’ai merdé. »
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Mikhaïl Yarochenko

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Dim 13 Nov - 23:18 Message | (#)

Jay fut presque déçu de voir qu'il ne lui avait cassé qu'une dent au lieu de l'empêcher – définitivement – de cracher son venin sur les autres. Mais c'était pour cette raison qu'il n'avait pas activé ses pouvoirs : parce qu'il savait qu'il risquait de perdre le contrôle et de lui exploser, littéralement, le crâne s'il poussait trop loin. Malheureusement, il en fallait davantage pour lui faire fermer sa bouche et le crétin et remit une couche, obligeant la gonzesse à intervenir pour lui dire de la fermer. Suite à cela, elle négocia tant bien que mal avec son patron, mais Jay doutait sérieusement qu'elle en tirerait quoi que ce soit. En fait, il fut même étonné de l'entendre dire qu'il réfléchirait à la situation au lieu de lui annoncer son renvoi direct. Comme quoi, une gonzesse pour faire tampon, ça pouvait servir !

Tout cet échange eut tôt fait de le lasser et il écouta à peine ce qu'ils disaient sur la fin. Ses oreilles censuraient la moitié de la discussion, ne laissant passer que quelques mots sans intérêt. Ce n'est qu'au moment où il entendit son prénom dans la bouche de la gonzesse, puis de son patron qu'il sortit de ses pensées. Son regard croisa le sien alors qu'elle semblait gênée par la situation.... certainement parce qu'il l'avait déçue et qu'il savait qu'elle ferait un rapport négatif au major. Peut-être même qu'elle savait qu'il allait se retrouver en prison à cause de cette histoire ? Au fond, c'était sans importance !

Ses prunelles claires se glissèrent sur le visage du patron qui semblait presque coupable et gêné, puis se détourna aussitôt. Jay fut tenté de la laisser partir seule de son côté et de s'échapper par une autre issue pour avoir un peu la paix avant le verdict final, mais il considéra que c'était ridicule. Autant assumer ce qui venait de se passer et avoir une réponse claire ! Lâchant un soupir, le texan quitta le bureau sans un mot pour les deux autres, puis rebroussa chemin jusqu'à regagner l'entrée du bâtiment. Sans grande surprise, le trentenaire trouva la gonzesse en train d'attendre devant la porte à fumer une cigarette. Elle avait l'air... déçue ? Mais pas contre lui. C'était assez bizarre, il ne put s'empêcher de la dévisager comme si elle était folle. Un peu. Fronçant les sourcils en l'entendant parler, il soupira finalement tout en glissant ses mains dans les poches de sa veste. Approchant de quelques pas, le texan laissa tout de même une bonne distance de sécurité entre eux deux.

« J'vois pas d'quoi tu causes. T'es p't'être un peu conne, mais t'es une gonzesse donc ça s'justifie. 'Fin, j'vois pas où t'as merdé, c'pas la première fois qu'un truc comme ça s'produit et les fois dernières, j'me faisais virer. Là par contre j'suis... suspendu, ou autre chose du genre, j'sais pas trop. Enfin, ça s'passe mieux on va dire. »

Ce n'était pas des paroles destinées à la rassurer ou à la consoler, c'était juste la stricte vérité. Le simple fait qu'il lui annonce ça en disant qu'elle était conne parce que c'était une femme montrait bien qu'il n'avait pas envie d'être aimable ou conciliant. Jay s'éloigna à nouveau d'elle en observant les environs, l'ignorant superbement. Il n'avait pas activé ses pouvoirs au cours de cette dispute et sa lèvre l'élançait donc légèrement, mais c'était étonnamment rafraîchissant. Ça lui rappelait un peu l'époque où il n'était encore qu'un mec lambda avec des pouvoirs pas trop développés. Et puis, ça lui montrait qu'il n'était pas tout-puissant et qu'il ne devait pas oublier où était sa véritable place ! Il avait cherché à gravir les échelons et se retrouvait dans une merde pas possible, la conclusion n'était donc pas difficile à faire : il ne pouvait pas réussir dans les hautes-sphères.

Après une brève observation des environs qui ne lui apprit strictement rien – si ce n'est que son pick-up était encore ici – il jeta un nouveau coup d’œil à la jeune femme.

« Arrête d'te laisser biler par ces conneries. Personne a crevé d'avoir perdu un emploi, puis au pire j'vois pas c'que ça va changer à ta vie. P't'être que t'auras un rappel parce qu't'as pas réussi à faire correctement ton boulot, mais t'vas pas en crever. » Il soupira. « Sans compter qu't'as certainement droit à une marge de manœuvre. Genre une boulette pour deux ou trois trucs réussis. »

Et comme il était habitué à être la marge d'erreur, autant dire qu'il s'en fichait pas mal de ce qui arriverait. Jay avait appris depuis belle lurette qu'il ne devait plus espérer grand-chose de la vie et que ses frangins – et jadis sa frangine – étaient les seuls à pouvoir l'aider. Détournant le regard pour observer son vieux pick-up, le trentenaire reprit une dernière fois la parole :

« Bon, c'bon du coup ? J'peux m'barrer et j'vais devoir attendre d'avoir le verdict du patron et du juge ? »
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Lun 14 Nov - 22:05 Message | (#)

Se retrouver comme ça l’un en face de l’autre, à se regarder en chiens de faïence, ça avait un petit quelque chose de surréel et de presque risible. En silence elle s’interrogeait, et se demandait si cette fois Jay n’allait pas lui demander le plus fermement du monde de ne plus jamais se mêler de ses affaires. Elle ne savait pas bien pourquoi cette pensée la peinait, après tout, qu’est-ce qu’elle en avait à foutre ? Jay semblait être le moins concerné de l’affaire alors qu’il était question de sa potentielle perte de job, comme si ça n’avait in fine pas la moindre espère d’importance. Limite elle donnait l’impression de se faire davantage de mouron pour son avenir proche. Alors même qu’elle s’était mentalement convaincue – bien en amont de ce rendez-vous – de conserver des distances de sécurité, et de ne pas s’investir émotionnellement, la voilà qui se retrouvait déboussolée et abattue. A croire que c’était sa famille à elle qu’on avait insulté, et que c’était son boulot qui s’en trouvait menacé.

À sa manière bien à lui, le texan mit en évidence le grotesque de la situation et souligna que celle-ci n’était pas si désespérée, voire même qu’elle dénotait d’une amélioration par rapport à ce qu’il avait connu jusqu’alors. Elle ne savait pas si c’était vrai. Le dire, en tout cas, c’était… Gentil ? En quelque sorte. Et si on omettait l’insulte gratuite qu’il avait servie en début de phrase. Caitlyn lui pardonnait, pour ce coup-ci, et ne lui gueulerait pas dessus. Une bonne partie de sa salive avait déjà été employée contre l’autre imbécile de Carter, de toute manière.

Tirant de longues lattes sur sa cigarette, elle l’observait. Il était plus facile de le contempler discrètement maintenant qu’il lui présentait son échine – encore ! Elle allait finir par en connaître tous les détails, de la tension qu’elle devinait entre ses omoplates à la descente en « V » de ses reins, que les vêtements ne cachaient pas complètement. À quoi est-ce qu’il pensait, maintenant ? Elle sursauta légèrement quand il s’adressa à nouveau à elle, et fut d’autant plus surprise par ses propos. Il relativisait, ce qui était bien sûr le meilleur moyen pour atténuer quelque peu le choc de la rencontre mais… Il ne parlait pas de lui, mais d’elle. Il voulait la rassurer ? C’était surprenant, et peut-être qu’elle délirait mais… C’était agréable, et ça le regorgeait d’un espoir un brin naïf. En fin de compte, elle n’était peut-être pas si inutile, et lui aussi indifférent ? Les rêves ne font de mal à personne.

« Merci. » Souffla-t-elle à l’adresse de son dos, maintenant qu’il s’intéressait à nouveau à sa vieille carlingue. Elle souriait, désormais. « Et aussi pour tout à l’heure… Je ne veux pas savoir si tu avais juste l’intention de le dérouiller quoiqu’il arrive. Tu m’as quand même évité de prendre quelques coups. » Après tout, il aurait pu laisser Carter lui emplâtrer la tête puis s’occuper de le corriger ensuite : d’une pierre deux coups. Il ne l’avait pas fait, elle ne pouvait qu’être reconnaissante.

« Par contre, tu étais vraiment obligé de commencer en disant que je suis conne comme toutes les femmes ? » Le ton était légèrement bougon, mais sans plus. Elle se demanda, subitement, s’il pensait que Charlie l’avait été elle-aussi. Conne. Non… Sûrement pas. Est-ce qu’elle avait vu juste à propos de cette sœur disparue ? Elle pensait que oui, mais elle n’interrogerait pas Jay. Elle était loin d’être suffisamment intime avec lui pour se permettre d’aborder à nouveau des souvenirs à l’évidence douloureux. « Elles t’ont fait quoi, les femmes, pour que tu les aimes autant ? »

Elle n’espérait pas de réponse, elle craignait même qu’il se referme à nouveau comme un coquillage à qui on aurait tiré un jet de citron. Elle s’empressa donc de poursuivre avec conviction, tout en progressant dans sa direction. Le malheureux lui demandait s’il pouvait partir, et elle eut soudain l’impression d’être la maîtresse gardienne du temps de ses ouailles – oh, ce petit pouvoir qu’elle avait !

« Mais tu sais, ce n’était pas du bluff, tout à l’heure. Il doit vraiment te trouver un autre travail s’il ne te reprend pas, c’est dans son contrat. » Ed Sullivan pouvait toujours faire mine de l’ignorer. Le major avait beau être une espèce d’oiseau à plumes froufroutant, elle était certaine qu’il n’hésiterait pas à faire pression sur le patron si celui-ci manquait à ses devoirs. « Et, tu as raison. Je ne vais pas en crever si ça foire… Mais ça me fait quand même vachement plaisir de réussir avec toi. » Pas sûr qu’il prenne bien ce genre de ‘déclaration’ qui avait tout de suite des airs de vœu pieux, Caitlyn en avait d’ailleurs parfaitement conscience puisqu’elle enchaîna, d’un ton joueur. « Je suis peut-être conne, mais je suis aussi d’une grande générosité, tu vois. »

Quitte à ce qu’il regrette de l’avoir réconforté – si, il l’avait fait – elle avala le reste de distance qui les séparait en quelques pas trottés, non sans avoir jeté son mégot dans une poubelle après l’avoir écrasé sous sa semelle. Elle se planta à moins d’un mètre de lui, une risette sibylline sur sa bouche corail.

« C’est pas encore bon, non. Il s’attend à ce qu’on laisse tomber l’affaire gentiment, mais il n’en est pas question ! » Le rottweiler Cunningham avait de nouveau flanqué ses dents dans une proie, et elle ne risquait pas de la lâcher de sitôt. « Tu as le CV qu’il a demandé, chez toi ? » Elle ne savait pas si c’était l’UNISON qui s’était chargé de le confectionner, ou si c’était Jay, ou encore si le document n’existait même pas… Cela dit, ce dernier scénario ne l’effrayait pas. « Sinon, il faut qu’on t’en fasse un. Tu as gardé tes anciens contrats, tes fiches de paie ? On pourrait recontacter tes anciens employeurs, et être proactifs, le juge sera content si tu te laisses pas porter et que tu prends des initiatives. » Tout en blablatant, elle s’était tout naturellement rapprochée du pick-up de ce très cher Lane – bah quoi, sur un malentendu ça passe, non ?
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Mikhaïl Yarochenko

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Lun 14 Nov - 23:47 Message | (#)

« J'l'ai pas fait pour toi, j'lui en aurais collé un d'toute manière. »

Parce qu'il était important que ce soit clair entre eux et cela même si elle lui avait dit qu'elle ne voulait pas le savoir ! De toute manière, suivre les instructions ce n'était pas son truc, alors... Puis il allait mieux être honnête plutôt que de la laisser croire qu'il avait cherché à être gentil avec elle alors qu'il se contentait de réagir aux insultes adressées à sa famille – et plus précisément à sa sœur.

Mais elle ne le comprendrait certainement pas. Après tout, ils n'avaient aucun point commun et qui plus est, elle ne comprenait pas comment la famille Lane fonctionnait. Il n'y avait qu'à entendre la question qu'elle lui adressait à propos de l'insulte glissée dans ses paroles « rassurantes ». Si elle espérait obtenir une discussion sans gros mots, c'était qu'elle croyait au Père Noël ! Jay ne prit même pas la peine de lui répondre, de toute manière c'était une question rhétorique, tout comme ce que les femmes pouvaient lui avoir fait. Une gonzesse ne comprendrait pas. Pas à moins d'avoir grandi à leurs côtés – et encore ! Charlie persistait à croire qu'il pouvait avoir du succès auprès du sexe faible alors que Jay savait très bien les pensées qu'il leur inspirait. Il n'y avait qu'à voir les regards qu'elles lui décrochaient ! Non, une gonzesse ne pourrait pas comprendre, justement parce qu'elles le voyaient toutes comme un gros raté sans envergure. Pourquoi tendre le bâton pour se faire battre ? Il avait assez dégusté pour ne pas fournir de munitions à une nana qui jouait les ingénus.

Le silence sembla d'ailleurs porter ses fruits puisqu'elle embraya sur un sujet plus sérieux, lui soulignant qu'elle n'avait pas bluffé au sujet de son travail et qu'il en aurait un nouveau si jamais ce patron-là décidait de le virer. Bah, ce serait du pareil au même. Au pire des cas, il devrait simplement rouler un peu plus loin – ou plus près, à voir – mais il ne se rendrait pas au boulot de gaieté de cœur. Comme tous les citoyens de cette ville à n'en pas douter !
Un soupir lui échappa au moment où elle parlait de réussir avec lui ou encore de sa grande générosité. Lui décrochant un regard interrogateur, Jay ne se gêna pas pour exprimer le fond de sa pensée :

« Déjà, c'pas parce qu't'as réussi à éviter qu'me retrouver avec une faute grave sur l'dos qu't'as réussi. J'veux pas t'décourager, mais t'as pas l'air d'capter qu't'es qu'au début d'l'affaire. Alors, on verra dans quelques mois s't'as pas lâché l'affaire avant. » Et c'était l'optimiste de la famille ! « S't'as d'la générosité à refiler, t'as qu'à aller filer d'la bouffe dans les foyers d'sans abri ou pour les petits chiens. »

Qui étaient largement plus mignons que la fratrie Lane ! Les chiots, pas les sans abri, bien évidemment.
Mais visiblement la gonzesse semblait bien décidée à s'accrocher comme une moule à son rocher étant donné qu'elle se planta à ses côtés, un sourire moqueur – ou du moins il l'interpréta comme tel – collé aux lèvres. Elle voulait le CV maintenant ? Parce qu'elle s'imaginait réellement qu'il avait un truc comme ça chez lui ? Sérieusement ? Quant aux anciens contrats et aux fiches de paie... inutile de préciser que si elles existaient encore, il ne savait absolument pas où aller les dénicher. Sauf dans la maison Lane – et encore. Avec une moue peu motivée, il régla le problème :

« J'sais pas. J'ai pas d'secrétaire pour ranger mes papiers, alors p't'être qu'oui, p't'être qu'non. » Simple et concis. « On verra ça plus tard, l'temps qu'retrouve toutes ces conneries. »

Autant dire qu'il comptait bien se laisser porter ! Sans lui laisser le temps de répondre, Jay contourna le véhicule pour ouvrir la porte – non verrouillée – côté conducteur et s'installa derrière le volant. Il leva les yeux vers elle pour vérifier qu'elle allait bien s'en-aller, mais constata avec effroi qu'elle se dirigeait vers l'autre portière. Sans hésiter, le texan se pencha du côté passager pour essayer de fermer le verrou, mais il avait oublié que ce pick-up fonctionnait avec une boîte manuelle et se récolte le levier de vitesse dans les côtes sans réussir à empêcher l’envahisseur d'ouvrir la portière. Avant qu'elle ne s'installe sur sa main posée sur le siège, Jay se redressa pour s’écarter, la laissant remporter la manche.

« En général on demande avant d'rentrer chez les gens. Fous pas ta merde partout. »

Ce qui était un comble vu l'état de la voiture : canettes usagées qui traînaient par terre, emballages de nourriture rapide qui décoraient le tableau de bord et odeur de vieille cigarette qui flottait dans l'air. Il y avait même quelques taches suspectes sur les sièges, mais mieux valait ne pas se poser de questions. En silence, il démarra le véhicule et conserva le même mutisme tout le long du trajet jusqu'à ce qu'il l'arrête devant une vieille maison qui tombait à moitié en ruine. Le palace Lane ! Coupant le contact, il jeta un regard rapide à sa passagère.

« J'te préviens, si les autres sont là et te dégagent, tu t'démerdes ! »

Au moins avait-il la politesse de la prévenir, qu'on ne dise plus qu'il ne savait pas se comporter en société !
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Mar 15 Nov - 14:57 Message | (#)

Jay s’était peut-être rendu compte qu’il avait à nouveau rendu la jeune femme un peu trop enthousiaste et volontaire, et ce peut-être même malgré lui. Alors il eut beau remettre en doute sa motivation et la rediriger vers les bonnes œuvres, Caitlyn conserva son grand sourire plein d’énergie. Telle la moule embrassant son rocher, en effet, ou le rottweiler accroché à son bout de viande – oui, c’était Jay le viandu – elle n’escomptait pas lâcher l’affaire et l’abandonner. Il fallait qu’elle prenne garde à ne pas s’essouffler en route, mais elle avait de la volonté à revendre. Aussi, Cait ne fit pas mine de prendre un coup au moral quand il avoua de but en blanc qu’il ne tenait pas, tel un bon garçon soigneux, une pochette où il classait religieusement ses papiers importants.

« C’est pas plus tard, c’est aujourd’hui qu’il faut agir ! » Lança-t-elle à l’adresse de son dos, parce que le bougre avait déjà pris la poudre d’escampette.

Il allait pas filer comme ça sans demander son reste, si ? Oh que si… ! Prenant rapidement sa décision, Caitlyn avala en deux enjambées la distance qui la séparait de la portière et l’ouvrit à la volée. Le Lane, à moitié affalé dans sa tentative de fermeture du pick-up, n’avait pas anticipé assez vite le toupet de la Cunningham. Ils apprendraient à se connaître, avec le temps. Le minois victorieux, elle grimpa dans la voiture et manqua de peu de poser les fesses sur les doigts du texan – contact qu’il aurait sans doute apprécié au plus haut point.

Effectivement, sa maman serait peu fière de voir sa fille grimper dans une carlingue pareille, et en plus, de s’y imposer sans rien demander. « Tu vas pas faire des manières, si ? » Ils étaient déjà si proches qu’ils n’allaient pas se faire l'affront de l’échange de politesse, allons !

Cait referma la portière et cogna ses pieds dans des canettes, des bouteilles en verre qui roulèrent au démarrage de la voiture, associées à quelques mégots écrasés et emballages de fast-food. Du talon, elle poussa le tout sous le siège et s’installa plus confortablement, une jambe repliée sous elle. Ses doigts saisirent la ceinture, qu’elle tira et qui lui resta dans les doigts. Telle une gamine venant de faire une connerie, elle jeta un bref coup d’œil inquiet vers Jay qui s’occupait de la route – et jaugeait peut-être le risque qu’il prenait à l’abandonner sur une aire d’autoroute ? – puis, jugeant qu’il n’avait rien remarqué, elle fourra l’objet du délit vers les sièges arrière.

« Tu veux pas mettre de la musique ? »

Elle jeta quelques coups d’œil à son téléphone pendant le trajet et envoya plusieurs messages, ne forçant pas Jay à discuter avec elle. Il ne faudrait pas qu’elle abuse de son ‘hospitalité’, après tout ! Cait s’occupa également en observant par la fenêtre, qu’elle nettoya un peu en frottant sa manche contre la vitre. Le nez presque collé contre elle, elle vit les paysages défiler et devenir de plus en plus tristes et désolés. Ils parvinrent finalement devant une maison délabrée et sinistre, qui possédait un jardin pas entretenu et servant de débarras à tout un fatras de carcasses de véhicules, de meubles cassés et de détritus.

Quand ils s’arrêtèrent elle posa la main sur la poignée, mais s’interrompit à l’avertissement de Jay. Elle arqua un sourcil surpris. « Les autres ? Tu parles de tes frères ? » Elle les connaissait par leurs prénoms, et le major avait dit quelques mots sur chacun. Lui-même ne s’était jamais particulièrement intéressé à ses trois hommes de l’entourage du mercenaire. « Je suis sûre que ça va bien se passer. »

Sans lui laisser l’occasion de contester son affirmation, elle sortit et repoussa la portière des fesses une fois dehors. Ses pieds s’enfoncèrent légèrement dans la bouillasse, il avait plu récemment. Il faisait froid, plus froid qu’en ville… Elle serra contre elle les pans de sa veste, l’humidité était pesante et planait une odeur dérangeante. Plutôt que de s’y attarder, elle marcha résolument vers l’entrée du château. Devant la porte, Jay lui indiqua que c’était ouvert et elle la poussa, s’aidant de son épaule pour la déplacer : un tas de manteaux et de packs de bières vides encombraient l’entrée. La maison lui parut d’abord complètement déserte, mais après qu’elle eut fait quelques pas le parquet grinça sous son poids et alerta un homme assoupi dans le canapé, qui se redressa brusquement et fit sursauter Cait. Elle avait reculé par réflexe et percuté quelque chose – Jay ? – avant de lâcher un petit rire face à sa crucherie.

« Pardon. Bonjour ! Je suis Cait. »

Le type était plutôt mignon, si on y regardait bien. Il avait de beaux yeux bleus, malheureusement cachés sous des cheveux d’un blond sale. De bonne stature, les traits fins, le lien familial entre lui et Jay était évident. Earl avait le regard encore alourdi par le sommeil et sembla chercher dans les tréfonds de son cerveau : « Merde, est-ce que j’ai ramené cette fille à la maison hier soir ? » Ses yeux vitreux tombèrent finalement sur son petit frère, et une lueur de surprise, puis de perversité évidente, passa dans ses billes bleues. Surtout quand Cait enchaîna en se retournant vers Jay :

« Tu as une chambre ? Il y a des chances qu’on y trouve plus facilement ce qu’on cherche ? »

L’imagination du Lane battait son plein et acheva vraisemblablement de le réveiller. Il était maintenant bien assis – du moins aussi bien que le permettait le brave canapé – et son regard passait de l’un à l’autre, avec un sourire mauvais sur les lèvres. Celui de Cait parcourut rapidement la pièce : c’était réellement un grand foutoir, de tout et n’importe quoi.

Un bordel qui lui faisait un peu penser à celui qu’elle mettait avec ses sœurs et son frère, quand ils habitaient encore tous sous le même toit. Certes, leur intérieur fut plus riche et ‘frais’, notamment parce que leur mère les mettait de corvée de nettoyage toutes les semaines, mais le bordel ambiant lui était familier. Depuis qu’elle était seule et qu’elle n’avait plus sa mère sur le dos, son intérieur avait également pâti de sa tendance à s’éparpiller… Elle traînait à faire la vaisselle et la poussière, laissait tomber ses affaires en se déshabillant le soir, et avait globalement la flemme de ranger. Aussi, elle ne se formalisa pas de marcher dans une boite de pizza vide et d’enjamber un teeshirt, sans doute porté plusieurs fois au vu du fumet qui s’en dégageait, pour rejoindre un carton où s’entassaient plusieurs papiers. Celui-ci avait attiré son attention dès le début. Malheureusement, quand elle s’accroupit tout près, elle trouva majoritairement des publicités et des amendes, jetées là négligemment. Quand elle mit les doigts sur un courrier tâché de ce qu’elle espérait être de la sauce tomate, elle plissa le nez.

« Qu’est-ce qu’on fait ? On fouille partout ou bien tu as des… Pistes ? »

Elle guigna du côté d’Earl, en se disant que, tiens, ça faisait toujours une paire de mains supplémentaires. Cait n’hésita d’ailleurs pas à l’inclure dans leur chouette chasse aux trésors.

« On cherche les fiches de paie de Jay, tu peux nous filer un coup de mains ? » Ah, elle avait tout à fait le sentiment d’avoir demandé un truc énorme ! Toutefois, Earl ne l’envoya pas bouler et répondit plus tôt, d’un ton qui transpirait la lubricité.
« Je peux faire plein de choses, avec mes mains… » Woah ! Les lèvres de Caitlyn s’entrouvrirent de stupeur, mais sa latence ne dura que quelques secondes. Après un rire clair, elle secoua la tête et souffla :
« Tu veux pas farfouiller dans ce carton, avec ses jolies mimines que tu as ? »

Elle ignorait qu’Earl, tout comme Seth, ne savait pas lire. Néanmoins il saurait reconnaître une fiche de paie, non ?
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Mikhaïl Yarochenko

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Mer 16 Nov - 10:40 Message | (#)

Si elle était persuadée que les choses allaient bien se passer, c'était qu'elle ne connaissait pas les autres Lane ! Seth avait formidablement bien accueilli le Major la dernière fois qu'il était passé après tout ! Enfin, Jay espérait simplement que son aîné ne s'amuserait pas à recevoir tous les représentants de la loi, ou affiliés, de la même manière. Fort heureusement, il y avait fort à parier que le côté féminin – bien que très caché – de la brune plaide en sa faveur. Ou pas. Ils verraient bien si Seth et Terry étaient présents – Earl étant quantité négligeable.

Il sortit donc du véhicule, ignorant la décharge qui leur tenait lieu de jardin d'agrément, puis se dirigea vers la porte tout en signalant à la gonzesse qu'elle était toujours déverrouillée. Ce n'était pas comme s'il y avait la moindre chose à voler à l'intérieur après tout ! Pénétrant dans la demeure à sa suite, il lâcha toutefois un grognement contrarié lorsqu'elle recula brusquement pour lui rentrer dedans. Elle se croyait dans une maison de film d'horreur ou quoi ? Le texan jeta un coup d’œil en direction du salon avait de reconnaître la silhouette d'Earl qui devait faire la sieste ici après une soirée beaucoup trop arrosée. Soupirant, il ne suivit pas trop l'échange qu'il y eut entre eux, ne remarquant guère le regard louche que son frangin lui adressa, puis se contenta de répondre à sa nounou lorsqu'elle le questionna sur sa chambre.

« Nan, j'dors dans l'caniveau devant la maison. J'm'amuse pas à stocker des foutus papiers dans ma chambre, c'pas vraiment la place. »

Cela dit, rien ne semblait à sa place dans cette maison, pas même le frangin qui roupillait sur le canapé ! D'ailleurs, celui-ci n'avait certainement pas entendu la réponse de Jay puisqu'il l'avait lâchée en observant les environs – pour vérifier que les deux autres n'étaient vraiment pas là – et d'une voix assez basse.

Constatant finalement qu'ils étaient bien juste à trois, le trentenaire se dirigea à son tour vers le salon où Cait progressa péniblement. Le bordel était légion et les boîtes vides qui traînaient sur le sol donnaient une vague idée de la perception que les Lane avait de la gastronomie. Inutile de dire qu'un bon coup de nettoyant et plusieurs semaines d'aération ne feraient pas de mal à cette pièce, voire à la maison ! Mais ils n'étaient pas ici pour ça, c'est pourquoi le texan se contenta-t-il de balayer les environs du regard comme si une flèche magique allait clignoter au-dessus du meuble où se trouvaient les fameuses fiches de paie. Mais non, le décor restait obstinément le même, les obligeant à retourner la maison de fond en comble s'ils voulaient espérer dénicher ces papiers.

Earl était très intéressé par la nouvelle arrivante, ou plutôt par la vue qu'elle lui offrait, ce qui le poussa forcément à se montrer relativement entreprenant. Trop aux yeux d'un Jay qui n'avait aucune envie de voir la parade nuptiale de son frangin une énième fois ! S'il voulait draguer cette gonzesse, qu'il attende au moins qu'il se soit tiré d'ici ! Surtout qu'elle ne semblait pas franchement décidée à le calmer efficacement – avec sa réponse, dans deux minutes il retentait sa chance ! Avisant une boîte de pâtes chinoises bizarres – encore un truc d'Earl – à moitié vide, Jay la saisit avant de la balancer en direction de son aîné qui, au passage, eut droit à une douche épicée.

« Hé ! »
« Arrête de roucouler, tu m'files la gerbe. Attends au moins qu'j'me sois barré avant d'lui sauter dessus, j'ai pas envie d'avoir la nausée. »

Il se fichait bien qu'elle ne soit pas satisfaite de ce qu'il venait de dire ! Leur tournant le dos alors qu'Earl se rapprochait de la gonzesse pour effectivement fouiller dans le carton, Jay se demanda si elle était au courant que le dragueur raté ne saurait pas faire la différence entre une fiche de paie et une facture – les deux avaient des chiffres après tout. Hésitant quelques secondes, il reprit la parole.

« Les fiches de paie c'est avec plein de chiffres, pas juste quelques-uns. »
« Beaucoup de zéros surtout ? »
« Juste dans tes rêves. Ou alors devant. » Au moins elle pigerait qu'il ne savait pas lire ? « Y'a p't'être des trucs dans la chambre d'la vieille. Elle collectionnait ces conneries, soit-disant pour les ranger, mais j'crois pas qu'elle sache c'qu'c'était. »

Ils n'avaient pas sorti leur côté bordélique d'une pochette surprise ! La mère Lane était plus occupée à se droguer seule ou avec ses aînés plutôt qu'à ranger sa maison et s'occuper convenablement de ses mioches. Laissant les deux amoureux en duo, Jay s'éclipsa en direction du couloir pour gravir un escalier en sale état et déboucher dans le corridor du haut. Quelques secondes plus tard, il rentrait dans une pièce encombrée et sentant le renfermé et d'autres odeurs peu agréables, puis avisa plusieurs cartons pleins de papiers. En fouillant en surface, il dénicha une fiche de paie, mais c'était la seule du lot. Visiblement, soit elle avait bouffé toutes les autres, soit leur mère avait une vision du rangement vraiment différente du dictionnaire !
Fort de sa trouvaille, il préféra tout de même rester en haut quelques instants, ne tenant pas franchement à redescendre pour trouver son frère en train d'essayer de perpétrer son espèce !
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Mer 16 Nov - 19:11 Message | (#)

Elle se retint de justesse de répliquer qu’il devait probablement dormir dans sa voiture, vu l’état de la caisse. Il avait beau lui répondre peu aimablement, il ne l’avait pas insulté et si elle entendait mettre la main sur ses papiers, Cait avait besoin de sa coopération. S’il se vexait, il irait ronchonner dans son coin et elle se retrouverait bien idiote, plantée au milieu de ce salon, dans un quartier qu’elle ne connaissait même pas. Elle se retrouverait à implorer Earl qu’il la ramène, et c’était peut-être pas la meilleure idée du siècle pour passer une après-midi tranquille. Alors, elle la boucla pour cette fois-ci. Elle lui montra quand même qu’elle était en colère en retirant vivement les manches de sa veste, et en la balançant presque rageusement sur le canapé – ah ah, ça vous en bouche un coin, le texan, hein ? A dire vrai, Jay ne paraissait même pas la regarder et c’est plutôt Earl qui la guigna avec une espèce d’intérêt louche au fond des yeux. Intérêt sitôt puni par un vol de pâtes jaunes qui vinrent tâcher le malheureux, et le canapé qui n’avait franchement pas besoin de ça. Caitlyn s’était reculée pour ne pas recevoir de projections, et joignit bientôt son indignation à celle d’Earl.

« Hé ! C’est quoi ton problème ? »

Tant pour ce lancé de chinoiserie que pour son appréciation de l’échange, genre, ils lui fileraient la nausée ? Il avait l’air et la manière de vexer son entourage, ce bien-aimé petit-frère. Pour sa défense, Cait ne savait rien du penchant certain d’Earl pour les plaisirs de la chair. Elle avait même une petite affection naissante pour lui, ne serait-ce que parce qu’il se rapprocha docilement du carton désigné pour les aider. Cet élan de bonne volonté la mettait dans de meilleures dispositions, et elle le remercia d’un sourire. Elle les observa ensuite curieusement l’un et l’autre pendant l’échange.

« Il y aura bientôt tout plein de zéros derrière aussi, si tu ne boxes pas tes collègues. » Une petite pique gentillette, il avait bien mérité de se faire taquiner un peu lui-aussi !

Enfin, était-ce réellement possible de n’avoir jamais vu une fiche de paie de sa vie ? D’après son dossier, Jay avait maintenant trente-cinq et il était le plus jeune des frères. À vue de nez, Earl devait avoir deux, à trois années de plus… Pouvait-on ne jamais avoir travaillé à presque quarante ans ? Ou alors il ne s’occupait pas du tout de ses papiers… Ou encore n’avait pratiqué que des activités illégales… Elle ne savait pas quelle option était la plus valorisante du lot.

Toujours est-il que même en ayant jamais eu de fiche de paie dans les mains, c’était marqué en gros, en haut du papier. C’était pas bien compliqué de reconnaître… La réalisation dessina un léger « o » sur les lèvres corail de Caitlyn. Il ne savait peut-être pas lire ? Ses yeux défilèrent à nouveau sur l’intérieur des Lane. Quel genre de parents laissaient leurs gamins sans une instruction de base ? Et puis, est-ce qu’ils avaient toujours vécu ici ? Jay lui laissa un indice sur le sujet en indiquant que la « vieille » avait sa propre chambre à l’étage.

« Votre mère ? » Earl répondit d’un simple hochement de tête. « Elle vit ici ?
_Pas en ce moment. »

Jay s’était déjà esquivé vers l’étage quand elle reçut sa réponse. Elle aurait été curieuse de voir quelle maman avait engendré ces garçons-là. Elle n’aurait pas plus d’explication… Pour le moment. Cait s’agenouilla après avoir déblayé du pied le plancher, et sortit tous les papiers du carton sur lequel elle avait jeté son dévolu. Elle confia une pile à Earl et s’occupa de la sienne, tout en engageant la conversation avec ce Lane qui avait l’air plus bavard.

« Tu es… Earl, c’est bien ça ?
_Ouep, à ton service. » Elle adressa un sourire amusé au beau parleur.
« Tu bosses aussi dans le bâtiment ?
_Non, je suis… Dans le business, avec nos deux autres frères.
_Le…Business ?
_C’est pas des choses qu’on raconte à une jolie dame, je veux pas t’ennuyer. »

Elle secoua la tête avec un léger rire et reporta son attention sur son tas de feuilles. Earl allait moins vite qu’elle, mais il eut la main plus chanceuse. Après un instant, il lui tendit un papier jaunit aux coins abîmés.

« Ça ?
_Bingo ! Merci. » Elle la plia soigneusement et la mit de côté, avant de lever la tête en entendant le plancher grincer au-dessus d’eux.
« Je vais voir là-haut, je reviens. »

Et alors qu’elle s’éloignait, elle sentit très bien le regard attentif d’Earl la suivre. C’est dingue comme deux hommes de la même famille pouvaient être différents… ! En prenant garde où elle mettait les pieds, elle grimpa les marches menant à l’étage et avisa le sombre corridor sur lequel elles débouchaient. Elle appuya sur l’interrupteur, mais les ampoules étaient claquées depuis longtemps. A l’aveuglette, elle poussa la première porte qu’elle trouva sur sa droite. C’était une chambre très encombrée, qui sentait fort l’alcool et la sueur. Les rideaux étaient tirés. Elle était restée sur le seuil mais la seule ouverture de la porte fit bouger une masse gigantesque étendue sur un matelas à même le sol. Un grognement caverneux s’échappa du colosse vautré par terre, encore plongé dans un demi-sommeil.

« Pardon ! »

Elle avait rapidement refermé, le cœur battant et une grimace aux lèvres. C’était ridicule de réagir comme cela mais… C’était étrange. Cait avait la sensation d’avoir mis les pieds dans une intimité sclérosée depuis longtemps, et quand même bien elle n’avait rien appris de concluant, elle se sentait prise dans une toile d’histoires dont elle ne maîtrisait ni le commencement, ni la fin. A petits pas hébétés, elle rejoignit une autre pièce d’où lui provenaient quelques bruits, et y trouva Jay.

« Tu as mis la main sur quelque chose ? » Elle remarqua les cartons alignés, combien d’années se trouvaient entassés là-dedans ? Jay en avait extrait une feuille facilement reconnaissable. « Ça nous en fait deux ! » Déclara-t-elle joyeusement, alors qu’ils étaient vraiment très loin du compte. « Il faudrait trouver au moins les douze dernières. Laisse-moi t’aider. » Sans trop toutefois lui laisser l’occasion de protester, elle le contourna et s’installa en tailleur devant l’un des cartons. « Je n’ai pas vu si vous avez un ordinateur ? Ton cv, tu l’as en numérique ou juste papier ? » Et bien oui, elle pensait toujours qu’il avait religieusement tenu un curriculum à jour, qui n’attendait plus qu’eux pour être recopié ou imprimé !

« Je crois… Que j’ai réveillé l’un de tes frères, par accident. » Commença-t-elle sans le regarder. « Il était dans la première pièce en haut des escaliers. Je n’ai pas fait exprès ! » Ah, on aurait presque dit qu’elle avait huit ans, là. Elle se reprit et continua d’un ton qui se voulait détaché. « Il avait l’air encore un peu endormi, alors j’ai juste refermé. » Affaire classée ? « J’ai un peu discuté avec Earl, en bas. Il avait l’air content de te donner un coup de main. » Caitlyn ne faisait pas exprès de se mettre à parler ainsi, de tout et de rien. C’était chez elle très naturel d’engager la conversation dès lors qu’elle aspirait à connaître Jay, autrement que sur les quelques lignes qu’elle avait eu l’occasion de lire. Elle était confortable avec le silence – tant qu’elle n’était pas seule, car cela, elle en avait horreur – mais déjà que le texan se montrait réservé, ils pouvaient passer des mois à se côtoyer sans échanger plus de trois mois à la suite. Elle espérait, peut-être naïvement, que cela change. « Vous avez toujours vécu ensemble, tes frères et toi ? »
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Mikhaïl Yarochenko

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Jeu 17 Nov - 14:30 Message | (#)

Visiblement, la compagnie d'Earl n'était pas suffisante pour la gonzesse puisqu'elle déboucha rapidement dans la chambre de la vieille alors que Jay fouillait des cartons plus pour faire style que par réelle envie de dénicher les fameuses fiches de paie. Il grogna pour la forme, secouant la feuille qu'il tenait à la main avant de la poser sur le lit débraillé. Il préférait éviter de savoir ce qui s'était passé là-dedans, sans quoi il ne mettrait même plus les pieds dans cette pièce ! Lorsqu'elle chiffra les feuilles manquantes, le texan ne chercha pas à dissimuler son manque de motivation en lâchant un profond soupir. Franchement, les CV ne servaient à rien ! Il n'avait pas une tronche à se faire employer et c'était tout ce qui comptait. Il ne croyait pas une seule seconde que qui que ce soit se donnerait la peine de l'embaucher juste parce qu'il avait un bon CV ou un nom typiquement américain – sauf s'il envisageait de devenir journaliste au Daily Planet.

Au moment où elle lui demanda s'ils avaient un ordinateur, le texan lui décrocha un regard sceptique. Elle parlait sérieusement, ou elle déconnait là ? Est-ce qu'elle croyait réellement que les Lane avaient un ordinateur alors qu'ils vivaient dans un tel taudis ? C'était à peine s'ils avaient le téléphone, alors.... Jay ne s'était mis au portable que très récemment lorsqu'il avait dû être joignable en permanence pour son groupe, donc autant dire qu'il ne saurait même pas allumer un ordinateur. Alors, en avoir un ou l'utiliser.... Soupirant légèrement, il répondit tout de même en reportant son regard sur les cartons :

« Pas d'ordi, j'crois qu't'as pas capté où t'étais. » Simple remarque, ce n'était pas une critique. « J'sais pas. J'crois qu'y l'avaient fait à l'UNISON, j'ai pas fait d'CV moi-même. »

Ce qui n'était pas très dur à deviner cela dit. Inutile de préciser que le texan avait autre chose en tête que de rédiger un papier lui permettant d'obtenir un nouveau travail !
Lorsqu'elle reprit la parole pour l'informer du fait qu'elle avait réveillé l'un de ses frangins, Jay lui jeta un coup d’œil. Dans la première pièce en haut des escaliers ? Certainement Seth. De toute manière, Terry n'était pas un lève-tard. Jay avait toujours été étonné de constater que le futé de la famille était aussi celui qui avait la vie la plus « normale », à savoir avec des horaires pratiquement normaux. Toujours est-il que ce n'était pas bien grave, Seth avait dû se rendormir dans la foulée et ne se souviendrait certainement pas de ce qui venait de se passer. Il haussa donc les épaules, se concentrant à nouveau sur les cartons alignés devant eux, en saisissant un qu'il posa sur le lit avant d'en retourner le contenu avec sa main. Malheureusement pour lui, la gonzesse continuait à parler et Jay dût se retenir pour lui lâcher un « Ferme-là » bien sobre. Au final, ses prunelles se posèrent sur le visage de la jeune femme avant de répondre :

« Ouais. » Simple, concis. « T'as vu Seth. Vaut mieux qu'y dorme encore, l'est pas toujours de bonne humeur. » Jay n'avait jamais su le cerner totalement. « Pis ça va, t'es pas morte d'l'avoir réveillé. Au moins l'était tout seul. »

Et il n'était pas le cul à l'air à dormir à moitié à côté de son matelas ! Non, il ne parlait pas d'expérience !
Le carton était plein de saletés, mais aucune fiche de paie en vue. Sans perdre de temps, il le laissa retomber au sol avant d'en traîner un nouveau vers lui pour le fouiller et dénicher une feuille roulée en boule au fond. Après l'avoir sortie, il l'ouvrit et l’aplatit autant que possible en la lissant contre sa cuisse. Plusieurs taches suspectes étaient visibles dessus, mais ce n'était pas bien grave.

« Mais t'fais pas d'films. Earl veut pas aider, l'est pas content d'donner un coup de main. Il a juste vu qu't'étais une meuf, donc y va faire l'sympa parce qu'y s'imagine qu'il a une chance d'tirer un coup, c'tout. » Au moins c'était franc et honnête. « L'prends pas pour toi, mais dès qu'un truc avec des seins passe sous son nez, l'est obligé d'essayer d'draguer. Et va pas m'faire croire qu'y t'a pas balancé des bons sous-entendus. »

Qu'il préférait ne pas entendre d'ailleurs. Après avoir vérifié le reste du carton, Jay constata qu'il n'y avait plus aucune autre feuille et le laissa tomber par terre lui aussi, puis tendit la fiche à la gonzesse.

« Là. On est vraiment obligés d'en trouver autant ? Sérieux. Y m'avaient rien demandé d'ce genre quand j'les ai croisés pour l'premier boulot. » Les agents de l'UNISON. « Pis, j'sais pas c'que t’espère faire en venant ici pour aider, mais j'te conseille vraiment pas d'faire copain-copain avec mes frangins, t'es pas du tout leur genre. »

Sauf si l'on considérait qu'Earl essayerait d'en faire sa future conquête, bien évidemment. Il était hors de question que sa « nounou » se tape son frangin, conflit d'intérêts oblige !
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Le travail est la plaie des classes qui boivent ▬ Caitlyn

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