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L'assassin, l'enfoiré et la Texane [Andrea]

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Message posté : Jeu 1 Nov - 4:07 Message
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A tout homme important advient aussi bon nombre de dangers et si cette règle s'appliquait déjà fortement pour ceux qui utilisait leur influence pour le bien total et ce dans la sympathie, elle empirait fortement quand l'homme visé se trouve être un antipathique multimilliardaire président de l'une des plus grandes multinationales au monde. Vous ne voyez pas de qui je parle ? Allons cherchez un peu, ouvrez la presse financière et engagée. Fouillez et dénichez ce grand brun cible d'autant de critiques que d'éloges. Vous vous approchez ? Allez un peu de précision, excentrique et qualifié d'imprévisible il a aussi souvent droit aux plus belles rumeurs sur ses folies. Une idée ? Gregory Williams ? Bien trouvé. C'était en effet de lui dont je parlais. Le Président de la Fondation Rhodes se trouvait en effet en ce moment même dans une belle panade. Les rumeurs allaient bon train et c'est alors qu'il s'affairait dans son bureau à décrypter les derniers rapports de productivité à coup d'aspirine qu'il eu l'appel qui changea la donne.
Affalé sur son fauteuil de cuir les doigts entrain de masser ses tempes face à un amoncellement de papiers indéchiffrables pour le commun des mortels, il ressentit sa migraine passagère revenir d'un coup sec alors que la sonnerie de son téléphone trancha dans le calme ambiant de son bureau.
Réveillé de ses songes bondés de statistiques, il s'étira en laissant craquer sourdement ses os et d'une main guidé à l'aveugle il parvint enfin à dénicher le sans fil caché sous la paperasse. Un soupir passé il le colla à son oreille et se laissa guider par sa secrétaire qui lui annonçait l'appel de l'un des dirigeant haut placé de l'UNISON. Que pouvait bien lui vouloir cette bande de protecteurs de l'humanité désœuvrés. Sûrement encore lui soutirer quelques négociations sur les équipements que la Rhodes Contract s’efforçait de leur créer. Toujours plus pour toujours moins cher, enfin … Sans attendre il lui demanda avec un merci à peine audible de faire suivre l'appel et de là sortir des mots un millier de fois répétés.


Bureau de Gregory Williams, lui même à l'appareil que puis je faire pour vous ?

Bizarrement la conversation ne fut pas ce qu'il attendait et elle arriva même à l'intriguer assez fortement pour qu'il finisse par se lever continuant d'écouter et de parler en faisant les cents pas à travers l'immense pièce qui lui servait de lieu de travail. Ce n'est au final qu'après bien des détours entre les différents fauteuils et tables basses qu'il remercia son interlocuteur et qu'il raccrocha d'un air désespéré. Le regard perdu dans le vide il s'écroula dans le canapé le plus proche et fixa l'immense baie vitrée qui donnait directement sur Pyramide Plaza. L'hiver approchait et un ciel gris mordant de froid s'était abattu sur la population de Star City. Et dire qu'il venait d'apprendre que dans cette masse grouillante de vie se trouvait actuellement quelqu'un qui désirait ardemment sa mort. Quelqu'un voire même plus, peut être même toute une organisation. L'UNISON ne savait pas, le peu qu'ils avaient réussit à gratter venait d'informateurs à droite à gauche qui étaient parvenus à sortir aux derniers moments que la tête du directeur de la Rhodes était actuellement à prix, à très bon prix même et apparemment les chiens étaient lâchés. Aux dernières nouvelles des bas fonds le premier chasseur frapperait aujourd'hui même et c'était pourquoi pour une fois ces super flics allaient servir à quelque chose.

Son interlocuteur lui avait en effet demandé d'être serein, après tout ce n'est pas comme si sa vie était en jeu. Non il fallait qu'il reste calme, l'UNISON allait lui envoyer un protecteur. Restait à espérer vu qu'ils ne semblaient pas enclin à lui envoyer tout une brigade que ce dernier serait au moins un agent d'élite, le meilleur des meilleurs, quelqu'un en qui il pourrait avoir confiance.
Légèrement déstabilisé il passa sa main sur son visage pour tenter de se réveiller au cas où tout cela ne serait qu'un mauvais rêve, mais rien n'y faisait, il était bien dans la réalité. Sa main chercha frénétiquement le téléphone qu'il avait envoyé valser quelques secondes plus tôt et lorsqu'enfin il mit la main dessus, il bombarda la touche d'appel direct à son secrétariat. A peine les tonalités arrêtées et sans laisser une seconde à sa pauvre employée qui n'avait rien demandé, il lâcha sèchement ses ordres.


Faites doublez la sécurité de l'immeuble, on n'entre que sur présentation d'un badge. Vérifiez tout mes rendez vous de la journée et rappelez moi pour faire un topo. Ah et faite moi apportez un whisky et sans glace … La bouteille même.

Ses indications données il raccrocha directement sans attendre la réponse. D'une légère impulsion il laissa son cou craquer une nouvelle fois avant de se relever. Bien qu'il n'avait plus trop l'esprit à ça, déjà qu'il ne l'avait pas énormément, la Rhodes n'attendait pas et il lui restait une bonne cinquantaine de rapports à éplucher pour son plus grand bonheur.
Allez très cher protecteur ne te fait pas attendre et tente d'arriver avant qu'il y passe et surtout : Sais ce que tu fais.
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Message posté : Jeu 1 Nov - 22:34 Message
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    Sa voiture était à l’arrêt, laissant au calme d’une matinée tranquille le ronron chaleureux d’un moteur. Le pot d’échappement laissait derrière lui des traînées cotonneuses, vibrantes, comme suspendues dans le ciel de givre par d’invisibles filins. Le chauffage faisait tourner la turbine plus que de raison, mais malgré les vingt-cinq degrés de l’habitacle, Andrea ne put réprimer un frisson en fouillant dans son sac de cuir glacé pour dénicher le dossier que son supérieur, Revolver en personne, avait pris soin de lui confier la veille au soir. Sur la couverture rouge vif, inscrits en lettres noires, son nom et le numéro d’identification de la mission qui l’attendait. MP24.09 – 1. Mission de protection, en date du vingt-quatre novembre. Niveau 1. Une mission de haute importance, puisqu’il s’agissait de jouer les garde du corps auprès d’un PDG renommé dont le nom lui avait de nouveau échappé, la presse économique ne l’intéressant guère, et n’ayant encore pris le temps de jeter un œil sur le contenu de la pochette qui lui avait été confiée. Le commandant Colt l’avait d’emblée informée que le nombre d’effectifs en activité ne permettait pas d’envoyer une escouade d’agents sans manifestation préalable du tueur à gage, c’est pourquoi on l’avait envoyé elle, par mesure de précaution, au siège de la fondation Rhodes. L’immense Pyramid Plaza.

    Andrea jeta un œil au premier polycopié de la pochette, où le visage d’un bel homme lui rendait son regard d’un azur perçant. Le nom lui revint soudainement, comme au sortir d’un rêve flou et oppressant, et les bribes de renseignements qu’elle avait sur la cible s’emboitaient enfin entre eux comme les pièces d’un immense puzzle. Cet homme s’appelait Gregory Williams. Il était devenu PDG de l’un des plus grandes multinationales des États-Unis à seulement trente-huit ans, écrasant sur son passage ses concurrents et, disait-on, ses collaborateurs. Des rumeurs toujours plus satiriques portaient à la presse les on-dit de ses excentricités, et bien que rien n’ait jamais eu de fondement véritable, Gregory Williams semblait aimer laisser traîner derrière lui un léger relent d’esclandre. La presse à scandale se faisait toujours un délice de ses faits et gestes et ce même si personne, au fond, n’avait jamais rien su de son quotidien. Il ne paraissait au fond rester de lui qu’un savant sillage d’apparences. Un point cependant retenait son attention puisque clamé d’une seule voix par la presse spécialisée ; Williams était acide, imbu de lui-même, cynique. Il n’avait pour compagne que la finance, et pour amante l’argent. Tout ce qu’elle adorait chez un homme.

    Dans un sourire amer, Andrea s’attaqua à l’étude du tueur présumé, qui la laissa pantoise et passablement excédée. ‘Étude’ était, en effet, un bien grand mot, puisqu’il s’agissait, en tout et pour tout, de vagues indications sur son passé – actes d’une extrêmes sauvagerie dont il se serait vanté auprès de ses complices – et d’un portrait-robot dont les traits dessinaient vaguement ce qu’on pouvait trouver de plus commun lorsqu’il était question de tueur à gage. Type caucasien, blond, avoisinant le mètre quatre-vingt-dix. En somme, rien qui ne lui permettrait de savoir qui il était avant qu’il ne soit là. Deux informations seulement avaient de la valeur et ce dans la vingtaine de pages que constituaient le dossier ; Il avait fait de la prison, et il était supposément affilié au SHADOW. L’agent poussa un soupir léger, jetant un coup d’œil à l’extérieur de sa voiture, autour de laquelle commençaient à affluer les véhicules de fonction de la Rhodes. Dix heures n’allaient pas tarder à sonner, et c’était à cette-heure précise qu’elle était attendue par le PDG. Andrea glissa la chemise dans sa sacoche de cuir, attrapa son gilet pare-balle, et glissa son holster sous son blazer avant d’ouvrir la portière. De loin, elle remarqua un attroupement monstre d’employés mécontents s’étant de toute évidence retrouvés bloqués devant les portes de verre de la société, devant laquelle des hommes de main montaient la garde et empêchaient quiconque de passer. À ça Andrea déduisit que le mot avait été passé du PGD à la société sécuritaire en charge du Pyramid Plaza, qui s’était sentie obligé de précéder dans ses démarches l’UNISON en demandant pro forma que chacun présente son badge à l’entrée du bâtiment. À cette mesure plusieurs faiblesses. Un badge se falsifiait aisément, et était d’autant plus inévitablement faux que l’information sur la mise à prix de la tête de Gregory Williams avait été dévoilée dans l’ombre. Ensuite, cette mesure ne devait être prise que depuis quelques trente minutes, tout au plus. Autant dire que le tueur pouvait très bien déjà se trouver dans l’enceinte, avant donc que ne soit mise en place cette mesure drastique. Enfin, elle se promettait d’expérimenter elle-même la dernière faille dans le système de sécurité de Monsieur Williams.

    Prestement, Andrea contourna le bâtiment, traversant une vaste pelouse méticuleusement entretenue pour accéder aux locaux à l’arrière du bâtiment, tels que les locaux électriques, et orduriers. Les règles de sécurités strictes exigeaient des dessinateurs-projeteurs au moins trois échappatoires en cas de catastrophe, accidentelle ou naturelle. La coutume voulait que l’une d’entre elles se situe près du local à poubelle… Comme elle s’y attendait, entrer fut un jeu d’enfant, puisque c’est tout juste si on lui lança un regard quand elle traversa le hall, s’approchant à pas de loup de l’accueil où une jeune femme tirée par quatre épingles lui indiqua le bureau de Monsieur Williams au « centième étage, deuxième porte à droite ». Elle se fichait de qui pouvait bien être Andrea, ou de ce qu’elle voulait au PDG. Elle ne prit même pas la peine de l’annoncer. La jeune femme poussa un soupir, aussi sonore que lourd de sens : le système de sécurité était de toute évidence défaillant. Terriblement défaillant. Elle appuya sur le bouton d’appel sous les yeux circonspects du personnel qui, de toute évidence, n’était pas habitué à voir des étrangers au service s’infiltrer dans les locaux. On parlerait assurément dans son dos sitôt qu’elle se retrouverait seule, ce qui lui apprenait au moins une chose : Si le tueur était déjà là, il était embusqué ou sous couverture. De la même façon, dans l’ascenseur, tous les regards convergeaient vers elle ; il fallait dire qu’en jean et bottes, la jeune femme faisait tâche dans le paysage monochrome de la grande société, et c’était des éclats d’œil méfiants qu’elle croisait dans les œillades des employés de la Rhodes. À croire que c’était elle qu’on prenait pour la tueuse, si la rumeur avait déjà filtrée que la tête du grand patron était mise à prix.

    L’agent trouva sans mal le bureau du PDG, qui se trouvait être aussi luxueux qu’élégamment sobre. Design, eut été plus juste. Dans une grande goulée d’air, Andrea tapa trois coups à la porte de verre fumée, laquelle laissa se dessiner la silhouette mouvante de Gregory Williams. Il l’invita à entrer, d’une injonction étouffée par l’épaisseur de la porte blindée. Prenant son courage à deux mains, la femme tourna la poignée et poussa la porte, posant le pied dans le cabinet le plus richement décoré qu’elle n’avait jamais vu. Elle en étouffa un juron, scrutant autour d’elle comme une enfant dans un magasin de jouets. Lorsque son regard se posa sur l’homme qu’elle avait en charge de protéger, la première chose qui la frappa était la bouteille de whisky à moitié vide qui trônait devant lui et qui, couplée à son air d’alcoolique débraillé, lui fit se demander pourquoi elle n’avait pas refusé la mission quand elle en avait encore l’occasion.

    Enfin, elle porta son regard de jade dans les prunelles d’azur de l’homme mais, à son grand dam, à sa plus grande surprise, n’y trouva aucun soulagement. Pas l’ombre. Elle n’y vit qu’une amère déconfiture.

    Les présentations étaient faites.
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Message posté : Jeu 1 Nov - 23:58 Message
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Le fait de savoir, sa durée de vie raccourcie d'un seul coup peut avoir bien des effets sur les hommes. Certain vont se débattre jusqu'à leur dernier souffle, d'autres vont se laisser glisser doucement dans la nostalgie de leurs souvenirs décidés à accepter leur sort. Gregory Williams lui était un cas à part, à peine s'était il retrouvé assit sur son fauteuil de cuir face à son bureau enseveli sous la paperasse qu'il avait lâché un profond soupir de fatigue. Car oui il était fatigué, fatigué de toutes ses histoires qui le rongeaient petit à petit. La Rhodes, son ex femme, sa fille, la presse, les politiques, les manifestants et maintenant un assassin. S'en était trop et quitte à devoir en finir dans la journée autant que ça soit à sa manière. La bouteille de Whisky arrivait tant mieux, maintenant il fallait se défaire de se tas de responsabilités qui lui gâchait déjà bien assez la vie. Tant pis pour l'allure de toute façon il n'était pas prêt de sortir d'ici. D'un geste sec et rapide comme si une douleur allait se faire ressentir il desserra le nœud de sa cravate et ôta les deux premiers boutons de sa chemises laissant enfin sa gorge respirer l'air frais et ventilé de son bureau. Cela étant fait restait le travail en lui même. Bien sur il n'avait pas du tout l'esprit à se mettre à répertorier ces dossiers pourtant urgents et surtout confidentiels. Enfin confidentiels au final qu'est ce que cela voulait dire si il quittait ce monde ce soir. Sa conscience professionnelle lui indiquait de rendre ses remarques dans la soirée, pas de faire l'ensemble du travail lui même. Voilà une pensée salvatrice qui résolut amplement le problème posé. Le téléphone toujours dans la main il rappela une nouvelle fois sa secrétaire qui devait se sentir pousser des envies de massacre, à la différence que ses motivation à elle n'étaient pas pécuniaire mais plus … personnelles.

Mademoiselle Lawson, ma bouteille s'il vous plaît. Ah et trouvez moi un analyste de la Rhodes Investment un peu désœuvré et envoyez le moi.

Une demie heure passa tranquillement et la bouteille se descendait à un rythme régulier tranché par un ou deux cigares de temps en temps. L'agent ne s'était toujours pas fait connaître alors qu'il devait arriver aux alentours de dix heures. Ah belle preuve de professionnalisme, bravo à l'UNISON. Si sa mort intervenait à dix heure une, il se serait fait un plaisir de le rappeler à Gabriel Colt. Enfin mis a part le détail que dans ce scénario, il n'aurait été qu'un simple cadavre incapable de parole. Son esprit commençait finalement vraiment à se brouiller et sa capacité de réflexion avec. Son allure ne s'était pas arrangée et maintenant le personnage publique avait laissé place au vrais Gregory Williams, débraillé dans un costume à dix milles dollars, avachi dans du cuir à observer sans rien dire son plafond. Son seul ami du moment, l'alcool avait pris le dessus sur son bureau et ses papiers avaient fini par voler sur les cotés. Un portrait peu reluisant qu'allait découvrir la personne qui toquait enfin à la porte. Sans attendre Gregory se leva, une leur d'espoir venait de se réveiller en lui et il se voyait déjà à brailler gentiment avec le sosie de Bruce Willis dans une franche camaraderie alors que ce dernier viendrait juste de planter sur un pique la tête du fou qui avait osé penser pouvoir le tuer. Nonchalant et surtout titubant il s'approcha tranquillement de la porte qu'il ouvrit rapidement.
Déjà bien attaqué par le whisky qui comme vous l'aurez compris avait finalement eu raison de sa volonté, Gregory releva un sourcil lorsqu'enfin son protecteur entra dans son bureau. Accoutré comme l'individu lambda ce n'était pas le jumeau de Rambo attendu qui franchit le seuil mais bien une jeune femme aux allures un peu frêle. Dépité et comme si l'UNISON s'était décidé à le tuer, il se décida à laisser l'alcool parler pour lui.


Désolé mais je ne crois pas avoir commandé de pizza vous avez du faire erreur le bureau du vice président est en face. Je le sais amateur de calzone.

Enfin … Entrez !


Sans même réfléchir et sans accorder plus d'attention que ça à son décevant garde du corps Gregory retourna à son délicieux fauteuil qui l’appelait comme étant son meilleur amis en cette foutue journée. Quoi qu'il fasse, il était bloqué avec elle et la congédier ne servirait à rien, au moins on pourrait dire qu'il avait passé ses derniers instants en charmante compagnie. Car il fallait bien lui rendre cet hommage, elle avait bien plus de charme que Stallone.


J'en oublie la politesse, je suis Gregory Williams, enchanté.
Lâcha t il avec un mouvement de main qui ne représentait rien. J’espère que vous êtes paré j'aimerais éviter de mourir aujourd'hui. Au moins le bon coté des choses c'est que c'est la Rhodes qui fournit les équipements de l'UNISON. Je suis au moins sur que vos jouets ne déraillerons pas quand on en aura besoin.

Whisky … ? Dit il en tendant la bouteille alors qu'il descendait un énième verres.

Franchement il ne savait pas quelle image de lui il donnait, ou plutôt il le savait très bien mais il s'en foutait royalement. Au point où il en était cela ne changeait plus grand chose et si la curiosité ne l'avait pas poussé sûrement n'aurait il pas décoché plus de mots que ce qu'il venait de sortir.


Alors dites moi ! Qui veut ma mort et pourquoi ? Que savez vous de ce mystérieux tueur et même sur son commanditaire ça m'intrigue. Surtout pour que ça soit l'UNISON qui s'en occupe.


A parler de son propre décès Gregory se tendait, ses muscles se crispaient et son regard déjà trouble retombait dans le vague. Il pouvait tout accepté tout enduré cela ne posait pas de problèmes à proprement parler. Seuls comptaient son travail et sa fille et il ferait tout pour les protéger, mais si il mourrait qui se chargerait de cette lourde tâche à sa place. Stressé il eu même un sursaut quand, à peine sa phrase finit un Bonjour timide traversa la pièce depuis la porte.
La surprise passée, il réagit directement en se levant de sa chaise le bras tendu quand il vit sa garde du corps finalement bien réactive dégainer son arme droit vers l'intrus le doigt sur la gâchette.


On se calme ! On se calme. C'est un collègue je l'ai fais demander.

Excusez la et ne cherchez pas à comprendre. J'ai là une belle pile de rapports, alors vu que vous êtes analyste et bien vous les prenez vous vous installez dans l'autre bureau au fond de la pièce et vous me rendez un résumé dans la soirée. Si vous faites correctement votre travail et que ce qui se passe dans cette pièce ne ressort jamais au grand jour je vous promet une belle prime de fin de mois pour que vous gâtiez vos enfants à Noël.


Un vertige provoqué par le mélange sulfureux d'adrénaline soudain et d'alcool l'obligea à se laisser tomber à nouveau lourdement dans son fauteuil et ce mal de tête obsédant qui lui avait gâché son début de matinée réapparut pour compléter le tableau. Une bien mauvaise journée se profilait et il aurait été dommage que même les migraines ne viennent y ajouter leur touche délicate. La tête entre ses mains et accoudé à son bureau, il se força à lentement regarder de nouveau sa protectrice et vient alors l’idée qu'il ne connaissait même pas son nom.

Alors qu'elle est le programme mademoiselle … ?
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Message posté : Ven 2 Nov - 1:34 Message
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    Un relent d’alcool lui monta au nez, comme l’exhalaison fébrile d’un homme au crépuscule de son désespoir. Comme la plupart, il avait trouvé adéquat de boire pour oublier, réflexe à la fois stupide et ingérant, ce qui ne semblait pas gêner l’intéressé pour deux sous. Deux sous, c’était d’ailleurs son apparence ; Cravate desserrée, chemise déboutonnée laissant entrapercevoir les marbrures rougeâtre de son cou, bouteille d’alcool pendant au bout de la main qui ne tenait pas la porte. Il leva vers elle des yeux vitreux, et Andrea pensa avec circonspection qu’il était presque assez rond pour lui coller une main aux fesses en guise de bienvenue. Mais en dépit des apparences, Andrea se voulait être une garde du corps exemplaire et, laissant ses à priori de côté, offrit à l’homme un sourire qu’il eut tôt fait d’arracher de son visage, dans un grimace haineuse. Une livreuse de pizza. Sérieusement. Elle voulut mettre ça sur le compte de l’alcool et voulut passer outre. Elle entra en ôtant son blazer, un dédaigneux sourire aux lèvres. « Délicat. Très fin, vraiment. »

    Sans attendre qu’on l’y invite – Car Gregory Williams était de toute façon déjà visiblement bien assez éméché pour ne pas s’embarrasser des politesses –, Andrea sa vautra en face de lui dans l’un des nombreux canapés de cuir qui décoraient le bureau. À vue de nez, chacun devait coûter plusieurs milliers de dollars, et en dépit du charme qu’ils conféraient à la pièce, ils n’en étaient pas moins désagréablement froids, et affreusement rigide. Un peu comme lui, pensa-t-elle avec un sourire sardonique en posant les yeux sur le PDG, vautré dans son siège comme un pauvre ivrogne à son bar. Alors qu’elle jetait un œil dans la pièce autour d’elle, la voix éraillé du président s’éleva de nouveau, hésitante, non pas du fait de la gêne, mais du fait de l’alcool qui avait peu à peu altéré ses facultés mentales et motrices. Il titubait, bégayait presque, mais était toujours adroit pour se resservir un nouveau verre, qu’il ne tardait jamais à vider.
    « Eh bien, enchanté Monsieur Williams. La politesse voudrait que je sois ravie de faire votre connaissance, mais ce n’est pas vraiment le cas pour l’instant. Elle lui sourit avec une douceur angélique, qui contrastait adroitement avec l’amertume de ses propos. Parée ? Disons que j’ai un flingue, et que je sais m’en servir. Aussi, s’il devait vous arriver quelque chose, nous convenons tout deux que ce serait la faute de vos… Jouets ? Elle repoussa d’une main la bouteille qu’il lui tendait. J’évite de boire en service, ça me donne faim. »

    Elle l’observa attentivement remplir puis vider un énième verre, se demanda vaguement si l’empêcher de se tuer lui-même faisait partie du contrat. Au rythme effréné où descendaient les verres, Andrea songeait, non sans amusement, qu’au mieux, il ferait un coma éthylique, au pire, une cirrhose du foie. Ses yeux scrutaient le PDG attentivement, se demandant quels problèmes il essayait de cacher sous l’alcool, quand on savait que ce genre d’homme recevait plusieurs menaces de mort par semaine. Assurément, il devait y avoir plus que ça. Pour lui, elle n’espérait pas qu’il soit si fragile. Pour l’économie, aussi. « Nous n’avons que très peu d’informations concernant l’identité de la personne qui a accepté le contrat pour lequel votre tête est mise à prix. C’est tout juste si nous savons à quoi il ressemble. Nos pistes convergent vers un reclus de justice relâché depuis peu, un ancien dealer qui aurait tôt ou tard croisé la route de l’organisation criminelle de l’ombre, le SHADOW. Il semblerait que l’Ombre veuille votre mort, mais j’ignore la raison puisqu’il ne m’est pas important de le savoir. Je dois empêcher que vous mourriez, rien de plus, rien de moins. » Quand elle remarqua qu’il avait de nouveau tendu la main vers sa bouteille pour se servir un verre, Andrea saisit le goulot et avala le fond cul sec, sous le regard d’acier inquisiteur du PDG. Ç’avait été un réflexe idiot, mais le seul qui lui était venu à l’idée pour que Gregory Williams ne lui claque pas dans les mains, étouffé dans son vomis ou pire. « Si vous voulez de plus amples informations, vous pourrez vous en référer à mon supérieur. » Un ‘bonjour’ timide résonna dans l’entrebâillement de la porte, qui s’était ouverte dans un couinement crispant. Heureusement pour le malheureux inconnu, Andrea n’avait pas la gâchette facile, quoiqu’elle soit meilleure au tir que la plupart des agents de l’UNISON, sachant à la fois réagir promptement, et viser juste. C’est ainsi qu’avant même que le PDG ait pu esquiver un mouvement, que le moindre mot ne franchisse ses lèvres, Andrea avait bondit sur ses jambes, dégainé son arme, ôté la sécurité et maintenait en joue ce que Gregory appela bientôt un « collègue ». « Collègue ou pas, le prochain qui passe cette porte sans s’être fait annoncer, et sans avoir tapé, je lui troue la peau. » Cracha-t-elle avec amertume, indifférente à l'air terrorisé du gratte-papier. Sans attendre de réponse de la part de quiconque, et alors que le directeur mettait son analyste au travail, Andrea regagna sa place comme si de rien n’était. Si ce n’est son renfrognement évident. Sourcils froncés, moue haineuse, elle se rappellerait de sa visite chez le multimilliardaire. Une vraie partie de plaisir. Ce foutu alcoolique avait réussi à la mettre complètement en rogne. « Mademoiselle Parker. Andrea Parker. Le programme de la journée ? Voici les règles du contrat: on ne court pas, on ne joue pas, on ne mange pas sur les meubles, on arrête de se souler, énuméra-t-elle en prenant la nouvelle bouteille qu’il s’apprêtait à ouvrir, aucun bruit, ce qui inclut pleures et jérémiades. Soyez invisible et nous nous entendrons à merveille. »

    La jeune femme avait peut-être été un peu crue, mais elle n’avait jamais été réputée pour son caractère affable, et gérait en général mal les critiques. À plus forte raison quand elles étaient gratuites et teintées d’une misogynie à faire pâlir bon nombre de féministes. Au fond, elle se fichait bien de ce qu’il pouvait raconter à son supérieur, si l’envie l’en prenait. Gabriel la connaissait bien après tout, elle et son sale caractère. Exaspérée du regard inanimé du milliardaire, Andrea préféra se lever, faire quelques pas dans le bureau pour finir par scruter des yeux le ciel par les immenses baies vitrées de la pièce. De lourds nuages avaient commencé à s’amonceler au creux ciel, dessinant dans le lointain des arabesques de cendres parfois zébrés de mauve d’un éclair fracassant. Un orage à venir et coincée avec l’un des hommes les plus insupportables de cette ville. Un homme, en tout cas, qui avait réussi à se la mettre à dos en moins d’un quart d’heure… Un record ! Andrea scrutait avec soin les toits environnants à la recherche d’un éventuel sniper placé en embuscade pour mettre fin à la triste et pâlichonne vie de Gregory Williams. C’eut été dommage de mourir si bêtement, bien qu’elle soit presque persuadée d’être assez rapide pour lui éviter une blessure mortelle. L’envie, après, était ailleurs.

    Andrea s’était laissée bercée par la promesse que demain serait un autre jour, mais sitôt qu’elle commençait à retrouver son calme, le son de sa voix s’éleva de nouveau.

    Elle soupira.

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Message posté : Mer 7 Nov - 14:33 Message
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Si vous demandez aux gens ce qu'ils pensent et savent de Gregory Williams, vous avez bien des chances de toujours avoir les même réponses et pour cause Gregory traitait chaque personne qu'il pouvait rencontrer de la même manière, dans le dédain le plus totale. Ce n'était pas qu'il se moquait d'eux - enfin pas à ce point là - mais dans un égoïsme purement négocié, il refusait de laisser quelqu'un entraver ses envies et besoins du moments, eux qui guidaient son extravagance et qui lui permettaient tout les jours de garder la tête hors de l'eau, loin de cette dépression qui le guettait à tout moment. Partant de là, il avait rapidement appris que le meilleur moyen pour se débarrasser de quelqu'un n'était autre que de bien lui faire sentir qu'il n'y avait pas de place pour deux et que ce n'était sûrement pas lui qui lâcherait l'affaire. Sarcasme, cynisme, arrogance déplacée … Des détails qui frôlaient bien souvent avec la méchanceté gratuite et qui en plus de confirmer ce que chacun savait sur lui faisaient fuir assez facilement toute personne un peu trop intrusive.

Cette Andrea Parker n'était en tout cas pas de ce sang là. Par fierté féminine ou par fanatisme envers l'Unison elle semblait prête à tenir tête au PDG de la Rhodes voire même jusqu'à jouer son propre jeux. N'avait elle pas vider entièrement une bouteille quelques secondes plus tôt ? Elle même ne s'était elle pas prêtée au sarcasme et surtout n'avait elle pas pris un malin plaisir à le comparer à un gosse ? Pris à revers Williams soupira sans chercher à combattre et il s'accrocha à ce qui lui restait l'alcool toujours l'alcool qui lui ne le trahirait pas. Quitte à devoir supporter un tel fardeau pour finalement y passer autant que ça soit dans un bonheur même factice.
Sans un mot il s’affala de tout son long sur son bureau, les bras croisés, la tête enfouie entre eux il observait calmement sa protectrice finir son discours tout en jouant avec sa nouvelle bouteille qui ne tarda pas à se faire embarquer par les mains crochues de cette mère poule.
Aucune réaction ne se laissa voir, il restait là calmement à la regarder alors qu'elle faisait les cents pas dans ce bureau qui en nécessitait sûrement une bonne centaine d'autre pour seulement en faire le tour. A travers la grande baie vitrée, elle observait la skyline du quartier des affaires encadrée par un orage qui venait à peine d’apparaître. Le calme était d'un coup omniprésent et seul le bruissement des papiers qui se tournaient et se retournaient sous les mains de l'analyste tranchait dans ce bureau du centième étage. Gregory soupira encore une fois, il s'ennuyait. Si elle ne lâchait rien autant tenter un effort pour repartir sur de bonne base, au moins ses chances de survies augmenteraient.


C'est du pare balle quinze centimètres d'épaisseur renforcé avec des nano- fibres de carbone. Il faudrait un obus pour démolir cette vitre.


Il ne la regardait même pas, préférant à une discussion en face à face une activité plus passionnante, telle que créer une pyramide de stylo. Mais l'envie de ne pas plus pourrir cette journée était vraiment présente. La dose d'effort ne serait simplement pas la même à fournir et Andrea l'apprendrait amèrement, avec lui c'était soit une demie guerre où quelques piques seraient lancées ici et là soit un affrontement total où Gregory n'hésiterait pas à s'enfoncer pour le simple plaisir de le gagner. La situation étant posée il lui restait maintenant à tester les limites de sa gardienne, histoire de voir jusqu'où pourrait il pousser ce besoin vorace de créer des problèmes aux autres pour oublier les siens ou pour simplement attirer leur attention. D'un geste vif et délié pour son taux d'alcool actuel il arracha la bouteille des mains de l'agent avant d'en faire sauter l'opercule dans une éclaboussure qui jeta sur le bureau quelques gouttes du précieux cinquante ans d'age. La bouteille écartée de tout danger il se réappropria le téléphone et rappela encore et toujours sa secrétaire.

Mademoiselle Lawson, c'est encore moi. Alors on va dire trois pizzas. Je vous laisse le choix mais au moins une quatre fromages. Et dites leur de se bouger un peu. Mademoiselle Parker a faim quand elle boit en service. Sur ces mots il donna une petit impulsion permettant à son siège de se tourner vers la dite mademoiselle Parker qui le regardait, il lui semblait, avec une moue de désespoir. Vous êtes là pour ma protection non ? Le jour ou j'ai besoin des alcooliques anonymes je vous rappellerais promis. En plus Texas hein ? Oui j'ai reconnu l'accent. Ne venez pas me faire croire que la picole ça ne vous connaît pas. Dans votre pays arriéré c'est bien la seule chose qui doit vous rester. Allez si comme vous le dites c'est le Shadow qui veut ma peau, c'est pas vous qui allez me sauver. Alors autant mourir avec un bon verre.

Suivant ses mots il sortit d'un de ses tiroirs un deuxième verres magnifiquement travaillé, gravé au nom du Whisky qu'il s’apprêtait à déguster. Sans plus de commentaire, il le colla au sien et versa le liquide brun dans une cascade tremblante qui ne s’arrêta qu'une fois la mi hauteur atteinte. D'une main précise et comme s'il touchait de l'or, il repoussa du bout des doigts le second verres qui ne tarda pas à se présenter face à la jeune femme. Le sien quant à lui se vida d'un trait rapide sans même attendre la réponse de sa protectrice.

Bon et sinon à part que vous êtes une rabat-joie de première et que vous venez du pays des pécores ... A cet instant il s’arrêta net. Chose étrange pour lui, il se rendit compte ne pas encore vraiment avoir observer sa garde du corps alors que c'était bien toujours son premier réflexe dès que qu'il croisait quelqu'un. Décidé à réparer cette erreur, il la regarda de haut en bas analysant le moindre de détail de sa coiffure à ses vêtements, l'apparence donnait souvent une idée très nette de la personne. Il le savait bien assez. Et apparemment que vous en êtes vous même une. Y a t-il certaines choses dont j'aurais utilité à savoir sur vous ? Je ne sais pas moi, mari décédé ou même mieux femme cocu. Peut être un frère malfaiteur ? Oui vous empestez la femme brute et forte, sûr d'elle même et qui est parvenue à garder une vie dont elle est fière sans jamais avoir plié le genoux face à l'adversité. Celle qui cache derrière ses prises de paroles franches plus de squelettes dans ses placards que j'en traîne moi même.

Il se retourna une nouvelle fois vers son bureau et rattrapa de nouveau son single malt dont il se resservit une bonne lampée. Son regard se perdait à travers la pièce, l'analyste au travail qui faisait semblant de ne pas écouter, un espace énorme peut être un quart de l'étage au minimum, des meubles de cuir et de bois, des tableaux de maîtres. L'ensemble de la décoration filtrait entre moderne, luxe et sobriété et pourtant il n'y faisait même plus attention. A vrais dire il avait arrêté de s'émerveiller là dessus au bout de son troisième jours de travail. Gregory était ainsi, il se lassait de tout et de rien plus rapidement que nul autre. Il avait toujours ce besoin de sang neuf, de nouveauté à se mettre sous la dent pour le sortir de sa routine et c'est là que la texane intervenait. Intrigante, plutôt peu habituelle dans ses manières, elle donnait totalement loisir au PDG de la Rhodes qui finalement voyait apparaître au milieu de toute cette histoire un amusement et un intérêt inattendu malgré le fait que sa vie rentre en ligne de mire.
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Message posté : Mer 7 Nov - 19:53 Message
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    Elle posa ses doigts sur la vitre, et la chaleur de ses mains y laissa des traces des buées. Mentalement, elle analysa les informations sur la composition des plexiglas et dut convenir que Gregory avait raison, aucune balle normale ne pourrait parvenir à percer cette coque. Aucune balle normale. Mais que savait-on des ressources dont disposait le SHADOW ? Et surtout lui, qu’en savait-il ? Ses yeux se posèrent sur l’ivrogne penché sur sa table, occupé à empiler minutieusement stylo après stylo qui se trouvait sur son bureau, suant et tremblant de voir son œuvre s’affaisser dans un crissement plastique, comme si sa vie en dépendait. Andrea avait souvent côtoyé la mort, dont au moins une fois de très près, elle savait mieux que personne ce que ça faisait d’avoir une épée de Damoclès au-dessus de la tête, de n’être pas sûre de voir demain. En réalité, c’était son quotidien, et elle y était habituée. Mais que devait-il ressentir, lui ? Était-ce la première fois ? Avait-il déjà ressenti la morsure glaciale d’un canon sur sa tempe ? De toute évidence, il ne se sentait pas bien et trouvait légitime de se morfondre dans l’alcool en balançant à tout va des remarques piquantes dont elles seules savaient encore lui rappeler qu’il était encore lui-même, et sûrement le plus gros enfoiré qu’elle n’avait jamais connu. Mais si sa réputation l’avait précédé, Andrea trouvait que l’homme jouait un peu trop bien son rôle de milliardaire hautain, dédaigneux, égocentrique et fier. Ce zèle inhumain qui avait fait sa renommée devait forcément cacher quelque chose de plus profond, car la jeune femme se refusait d’admettre que quelqu’un puisse naturellement être aussi pourri. Sans bouger, elle l’observa s’emparer de la bouteille avec une vive lenteur et l’éclat vitreux dans ses yeux lui rappela combien il était déjà soul. Elle leva les yeux au ciel, décida de ne pas tenir compte. Après tout, c’était son foie…

    Les mains de PDG s’emparèrent du combiné du téléphone, dans lequel il cracha de vagues ordres sur une commande de pizza, ainsi qu’une remarque bien sentie qui lui arracha, il fallait l’avouer, un sourire amusé. D’autant que c’est l’instant qu’il choisit pour se tourner vers elle, d’un air résolument provocateur qu’elle ignora d’un regard fuyant, au fond duquel brillait cependant une lueur amusée. « Je suis là pour vous empêcher de mourir. Il n’a jamais été convenu que ce soit parce que vous étiez menacé par le SHADOW ou parce que vous mettiez une ardeur déterminée à foutre votre vie en l’air, alors même que nous ne sommes pas sûrs qu’elle soit menacée. Enfin, qu’importe… » Elle marque une pause, doutant qu’aucun de ses propos touchent l’homme, de près ou de loin, ou qu’il y accorde un quelconque intérêt. La jeune femme sourit aux remarques qui suivirent sur le Texas – et directement sur elle-même –, sans relever et les essuya d’un revers de main, bien déterminée à ne pas rentrer dans le jeu de Gregory, plaçant en lui l’espoir vain qu’il se lasse de piquer le rat en cage dorée qu’était Andrea, coincée avec lui. Sans y croire. Le peu de temps qu’elle avait passé avec cet homme à l’égo démesuré suffisait à lui faire savoir qu’il était infiniment borné, et qu’il devait la voir comme une espèce d’attraction capable d’égayer sa journée, et guère plus. Braquant ses yeux de jade dans les siens, elle prit place face à lui, tendit la main vers le verre qu’elle but d’un trait, laissant la chaleur de l’alcool l’étreindre toute entière. Nouveau roulement d’yeux à sa remarque sur les pécores, à laquelle elle ne réagit pas. Après tout elle avait effectivement été élevée dans une ferme, elle assumait. « Hé bien… Pas de mari décédé, ni de mari tout court, pas d’enfants, pas de frère assassin. Parents divorcés. Logement miteux, comme vous devez vous en douter. Avant je travaillais au FBI. Une vie tout ce qu’il y a de plus banal, désolée de vous décevoir. Elle lui sourit, se servit et avala un nouveau shot de whiskey. Je ne vous retourne pas la question, il m’a semblé vous savoir jalousement avide d’exclusivité sur votre vie, et c’est tout à votre honneur. » Elle offrit à l’homme un franc sourire, qu’on aurait pu penser forcé eu égard à la gentillesse de Gregory envers elle, mais ce n’était même pas le cas. En fait, il commençait franchement à la dérider. « Allons Monsieur Williams… Nous allons passer une journée, voire plus – mes condoléances –, ensembles… Que diriez-vous de repartir sur de bonnes bases ? » Elle se leva et, de sa démarque chaloupée, fit quelques pas dans l’immense pièce qui, à elle seule, devait faire trois fois son appartement. « Il doit bien y avoir quelque chose à faire ici, ses yeux retrouvèrent de nouveau ceux de l’homme, même les pécores savent s’amuser, vous savez. Quoique vous ne dussiez pas en fréquenter beaucoup. » Elle lui offrit une œillade, appuyée d’un séduisant sourire en coin, sa voix tomba presque dans un murmure. « Et si vous ne voulez pas… Et bien dommage. » Ses yeux se plissèrent doucement, ses prunelles glissèrent sur la moquette à ses pieds. Elle prit appui contre le montant d’acier de l’une des baies vitrées, observant la lente avancée des voitures dans les bouchons matinaux.

    Elle ne savait pas s’il allait accepter, ou s’il comptait l’envoyer paître d’une remarque bien placée, bien que cette dernière supposition soit plus que probable. Andrea n’aurait pas dit qu’elle s’en fichait, mais quitte à être enfermée avec lui, elle aurait préféré que tout se passe pour le mieux. Même si, elle doutait d’avoir le droit à ce privilège. Encaisser, rentrer dans son jeu… Était-ce là tout ce qu’elle pouvait faire ?
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Message posté : Ven 9 Nov - 19:12 Message
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Affalé sur son bureau, la tête posée nonchalamment sur son bras lui même posé sur son bureau, Gregory continuait de regarder les allers et venus de sa garde du corps. Il écoutait attentivement chaque parole, il analysait chaque mot et se confia à son instinct. Quelque chose ne tournait pas rond et même soûl il s'en rendait bien compte. Andrea cachait bien son jeu, mais des années à côtoyer les gens sans chercher à se faire aimer, des années à jouer la neutralité et la distance, avait appris au PDG à connaître et reconnaître les forces et les faiblesses. C'était un peu ça son super pouvoir à lui et pour ce coup il restait persuadé que la jeune femme pouvait compter plus d'un squelette dans son placard. Sûrement un lourd secret, quelque chose d'énorme et d'imprécis, enfin quoi qu'il en soit il le découvrirait, il devait le découvrir, sans quoi sa curiosité insatisfaite finirait de le consumer. Pour le moment elle se prenait au jeu, non pas à celui du réplique à réplique, ce qui était bien tout à son honneur, mais à celui qui se tramait en dessous. Un plus subtil plus délicat à saisir. Elle ne tentait pas de le contrecarrer, au contraire elle prenait plaisir à ce qui semblait presque être une imitation.
Il fallait même croire qu'elle prenait les devants, jouant de sa séduction, d'un sourire charmeur pour laisser glisser l'esprit masculin de Gregory vers les bas fonds, tout du moins c'est ainsi qu'il le comprenait.

Hélas pour elle, il n'y avait qu'un Gregory sur cette terre et c'était sûrement bien assez suffisant. Unique et inimitable avec l'espoir d'être implacable, son orgueil s’étouffa pour une fois face à l'intrigue et au vent de fraîcheur que la demoiselle lui apportait. Sans cette attirance soudaine, sans l’apparition d'un passe temps enfin valable à ses yeux. Sûrement l'aurait il envoyer paître rapidement et ça que sa vie soit en jeu ou non. Mais non ainsi elle voulait s'occuper et bien soit. Ils allaient s'occuper. Mais en bon enfoiré, Gregory allait user et abuser de son pouvoir le plus simple de la journée : C'était à elle de le suivre et non le contraire. Dans un étirement digne d'un félin empaillé, il se releva et alla s'épauler sur la baie vitrée, le regard posé sur la jeune femme qui ne semblait absolument pas impressionnée par l'immensité de Pyramide Plaza qui s'étendait sous ses yeux.


Vous vous voulez vous occupez et bien alors suivez moi .

Sans un mot de plus il claqua dans ses mains et se décolla du verre en titubant légèrement. Sans rien demander il arracha son trench-coat d'un porte manteau proche et l'enfila rapidement. Paré à lutter contre le froid et la pluie qui commençait calmement à claquer les parois de l'Alexander Building, il décocha un sourire moqueur à Andrea et avança calmement vers sa porte qu'il ouvrit d'un geste sec avant de disparaître derrière le verre teinté. Le bureau soudainement vide n'en fut pas pour autant silencieux puisque sa voix teintée de touche narquoise résonna dans tout l'étage.


Et pour contrer la rumeur mademoiselle Parker, je ne suis aucunement avare des détails de ma vie. Je suis même un livre ouvert mais pour qui le mérite. Suivez moi peut être aurez vous la chance de mieux me connaître … Si vous valez le coup bien sûr.


Son équilibre moins précaire qu'il ne le pensait parvenait à soutenir sa marche rapide à travers les couloirs du centième étage et il ne fit une pause qu'arrivée au niveau du hall d’ascenseur où les secrétaires de la caste dirigeante de la Rhodes s'affairaient derrière leurs bureaux. L'air décontracté il fit un léger quart de tour sur lui même et pointa son doigt vers une rouquine à lunette qui sursauta devant le regard de son patron.

Mademoiselle Lawson, je suis de sortie donc les pizzas et bien gardez les. Faites vous un repas entre secrétaires et mettez ça sur mon compte. Déviez tout mes appels je ne suis pas présent de la journée et puis bref … Faite votre boulot.

Sans attendre il appuya sur le bouton de l’ascenseur qui ne tarda pas à arriver dans un ding agaçant. En deux pas il était à l’intérieur et son doigt martela la touche du toit. Les bras croisés il observait calmement Andrea le rejoindre en arborant son plus beau sourire alors que les portes se refermaient sur eux. Les yeux rivés sur l'affichage des étages qui défilaient, Gregory souriait déjà de sa petite idée. Un hélico l'attendait toujours sur le toit de l'immeuble et il se trouvait toujours à sa disposition pour ses voyages d'urgence. La destination il ne la connaissait pas encore mais aucun doute n'était permis. Voilà qui mettrait un peu de piment dans sa journée.

Dans son bureau l'analyste lui continuait à trier le fouillis de son patron en le maudissant. Coup de chance, ce dernier sortit et le laissa libre de se balader dans tout ce luxe laissé à sa disposition. Un bon whisky par ici, le fauteuil du grand patron par là et le tout payé pour vivre ce petit moment. Que demander de plus ? Ah un cigare, les célèbres cigares cubains de Gregory Williams. Sûrement trop occupé à picoler le pauvre n'y avait pas touché de la matinée. A la seule idée de fumer ce petit bout de tabac qui valait de l'or l'analyste se sentit frémir et de deux doigts délicats il en arracha un de leur boite si bien mise en avant sur le bureau de chêne massif. Qui aurait pu deviner la malheureuse réaction en chaîne qui suivit. Libéré par un mécanisme fourbe et masqué, un ouragan de flammes dévora l'ensemble de l'étage. Laissant les vitres exploser dans un artifice de verre, détruisant luxe, mobiliers et hommes dans un nuages noir qui provoquait maintenant la panique sur Pyramide Plaza où son ombre menaçante s'étalait.
La question était simple qu'en était il maintenant de Gregory et Andrea simplement quelques étages au dessus et dans quel situation s'étaient ils encore retrouvés.
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Message posté : Sam 10 Nov - 15:49 Message
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    Andrea n’aurait jamais cru devoir céder aux caprices de cet enfant gâté, mais comme il semblait l’avoir si finement déduit, l’agente d’élite était contrainte à le suivre, et ce au gré de ses envies, ce qui ne devait pas être pour lui déplaire. Sourire aux lèvres, elle passa son manteau et sortit à la suite de l’homme, qui prenait de toute évidence un malin plaisir à vouloir la faire tourner en bourrique. Ce qui était dommage, une vraie perte de temps, au fond, puisqu’elle était sans aucun doute à ce jeu-là aussi joueuse que lui. Et l’était d’autant plus qu’elle avait compris son manège, et était bien déterminée à ne pas s’y laisser prendre. Alors qu’ils marchaient dans les labyrinthiques couloirs, la jeune femme observait sa démarche hésitante, se demandant, vaguement amusée, où il comptait l’emmener, pour quoi faire et surtout s’il y arriverait. Et après une demi-bouteille de whiskey, elle était déjà étonnée qu’il parvienne à tenir debout. Elle-même tenait excellemment bien l’alcool, pour une raison qu’elle ignorait. « Si je vaux le coup… Ce sera à vous de me le dire. » Sourit-elle doucement, les mains au fond des poches.

    À sa suite, elle pénétra dans la cage d’ascenseur et l’observa marteler le bouton du toit – Là son idée se développait dans l’esprit d’Andrea, et elle se demandait si c’était une bonne idée de quitter le siège de la Rhodes sans en informer ses supérieurs – avec une impatience tout à fait charmante. Un autre aspect de l’homme se dessinait sous ses yeux, et elle eut l’impression farouche que l’impatience n’était pas seulement une passade mais bien une facette entière de sa vie. Impatient. Seul, puisqu’il avait ce goût si distinct pour faire le vide autour de lui, et elle-même avait eu le loisir de le savourer. Qui était Gregory Williams ? Les étages défilaient sur le cadran digital sans discontinuer, elle n’en sentait même pas le passage. Elle aurait presque pu fermer les yeux et se délecter.

    Jusqu’au moment où tout prit fin.

    D’abord rumeur lointaine, le bruit de la déflagration se propagea jusqu’à leur parvenir dans un grondement terrifiant, comme le râle d’une créature immense et indistincte. La cage d’ascenseur, malmenée par l’onde de choc due à l’explosion, fit une embardée sévère qui les projeta tous les deux au sol. Une fois stabilisée, ils eurent cependant le bonheur de constater que les câbles tenaient bons en dépit de la chaleur infernale des flammes qui crépitaient faiblement autour d’eux léchait les parois de la cabine. Et, bien qu’ils soient suspendus à quelques deux cent mètres du sol, et prisonniers d’une cage d’acier qui pouvait chuter d’un instant sur l’autre, l’un comme l’autre pouvait s’estimer heureux de ne pas avoir été dans ce bureau au moment inadéquat. Pour le moment, ils étaient en vie. Et plongés dans une pénombre abyssale. D’une main tremblante, Andrea saisit la barre qui ceignait les parois et se hissa doucement. Si tous les deux n’avaient pas été plongés dans le noir complet, Gregory aurait pu aisément remarquer à quel point sa garde du corps était d’une pâleur mortelle, et bien que sa voix soit assurée, elle tremblait qu’un geste maladroit de leur part ne les précipite au fond de la gorge de béton.


    « Je vous entends respirer, vous soufflez comme un bœuf. Rien de cassé ? La respiration rauque de l’homme était courte et précipitée. Elle se pencha près de lui, assez pour sentir l’exhalaison alcoolique de son souffle. De toute évidence, le tueur était là bien avant moi. Une chance que nous soyons partis à temps. » Chance, chance. Tout était relatif. Les groupes électrogènes de secours qui allaient se mettre en place d’un instant à l’autre ne pourraient pas soulever la cage, tout juste quelques lumières s’allumeraient elles pour les éclairer. Comme pour confirmer sa pensée, une pâle DEL bleue emplit la cage de son éclat éthéré, donnant au métal froid un éclat de mort, et à l’instant une lueur scénique digne d’un mauvais thriller. Elle distingua le visage de Gregory que toute verve semblait avoir quitté, quoiqu’elle ne doute pas un instant qu’il la retrouverait bien vite. Une fois sortis d’affaire. La jeune femme sortit son téléphone de sa poche avec l’espoir de pouvoir joindre la base. Pas de réseau. « Il faut qu’on sorte, conclut-elle en rangeant son smartphone. On ne peut pas se permettre d’attendre les secours. » C’était une affirmation, et au regard incompréhensif du PDG, Andrea se sentit obligée de pointer son doigt vers le toit de la cage, où se démarquait imperceptiblement les limites d’une trappe. « Désolée monsieur Williams, mais je crois que nous n’avons guère le choix. » Elle ôta son blouson, qu’elle laissa choir à ses pieds, boutonna son holster et, glissant près de Gregory, se hissa sur la barre de métal qui grinça sous son poids. D’un coup sec, elle fit sauter la plaque et, jetant un regard amusé au milliardaire, rehaussé d’un facétieux sourire en coin, – « N’en profitez pas. » – se hissa, puis s’extirpa, sans aucun mal par l’ouverture béante. À l’intérieur de la cabine vacillante, Gregory ne pipait mot. Elle s’agenouilla près de l’ouverture, lui fit signe de lui rendre sa veste. « Pensez d’ores et déjà à une destination où nous serons tranquilles pour attendre les autres agents. Maison de campagne, ou quelque chose du genre. Nous ne pouvons pas rester ici. »

    L’agente dévissa la lampe torche adjointe à son semi-automatique et la braqua les murs de béton autour d’elle, qui lui renvoyait la lumière et l’écho de sa respiration d’une noirceur huileuse. Ils n’étaient pas très loin de l’étage suivant, et une échelle crasseuse les y conduirait sans mal, mais elle douter que cela plut au milliardaire. Sans un mot, Andrea glissa la lampe torche entre ses lèvres, tendit les mains par la trappe pour aider le PDG à monter, lui demandant de bien vouloir attendre sur la cabine qu’elle sécurise le couloir. Quatre à quatre, Andrea grimpa les échelons, ouvrit délicatement les portes et s’y glissa tant bien que mal. Bien que l’ensemble du bâtiment ait été privé d’électricité, il ne lui fut pas compliqué de vérifier que le couloir fut vide. Elle ouvrit la porte en grand et se tourna vers Gregory. « Vous pouvez venir, c’est bon. »

    Avec les ascenseurs en rade, le seul moyen pour eux de rallier le toit serait de passer par les escaliers. Après l’attentat perpétré à l’encontre de Williams, ils enverraient des agents après eux. Malheureusement, un tueur se baladait dans le bâtiment. Un tueur assez intelligent pour placer une bombe indétectable au nez et à la barbe de tout le monde : Ils ne pouvaient pas rester, et ne resteraient pas.
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Message posté : Sam 10 Nov - 22:07 Message
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Les yeux à demi fermés, un goût de sang glissant dans sa bouche et une odeur de fin du monde voilà qui réveilla le milliardaire après que l'explosion les ait cloué dans une apesanteur instable. La chaleur soudaine, les oreilles bourdonnantes ses repaires n'étaient plus les même dans son propre immeuble et alors qu'il tentait lui même d'attraper une prise en gigotant frénétiquement le bras en l'air il commençait à se rendre compte de ce qui venait d'arriver. Une fois debout le soudain mélange d'adrénaline et d'alcool bouscula sa vision des choses et dans une illumination digne d'un fanatique, il fut presque apeuré lorsque le visage d'Andrea apparut dans l'éclat aux reflets d'acier de la lumière de secours. Le choc ne dura que quelques secondes et sûrement l'aurait il insulté de tout les noms pour lui avoir fait une telle peur si sa frousse ne s'était pas redirigé vers les, finalement pas si épaisses que ça, plaques de métal recouvertes de faux parquet qui les séparaient du sol. Ses idées se remettaient difficilement en place, mais finalement ce qui n'apparaissait que comme un bourdonnement sonore nuisible finit par se trier dans son esprit comme les mots et les paroles tout aussi nuisibles de sa protectrice.

Un peu secoué. Le bon coté de l'alcool c'est qu'il atténue la douleur remettons mes fractures à demain.

Sans répondre elle sortit d'on ne sait où un smartphone qui retourna à sa place tout aussi vite dans un geste facile à comprendre : Aucun contact avec l’extérieur ... Pour elle tout du moins mais ça nous y reviendrons. Sortir ? La déduction laissa ricaner le directeur qui aurait finalement pu donner cette idée de lui même. Vraiment fallait il être un génie pour se dire que rester dans une cage d'acier pendante n'était pas une bonne idée. Sa vie venait d'être mise en jeu et bien que cette Parker commençait à lui plaire, ce genre de sentiment n'entrait en compte dans une situation de crise. Très cher Rambo de mes songes où es tu réellement passé ? Toi au moins tu l'aurais déjà sortis d'ici et lui aurais payé une bière fraîche.

Pourtant une chose ne lui parvenait pas à l'esprit dans la suite logique de sa gardienne : Ne pas attendre les secours ? Très bien et comment allaient t-ils faire pour sortir ?
La réponse ne tarda pas quand face à un regard mixant l'incompréhension et le manque d'envie de comprendre, l'agente de l'UNISON fixa d'un doigt victorieux la trappe de secours. Coupant un " Vous vous foutez de moi " qui n'aurait su tarder de sortir, Andrea montra bien que le choix n'était permis et que pour ce coup là c'était au PDG de suivre le jeu de sa garde du corps. Au final résigné et fataliste, Gregory accepta tacitement l'idée et c'est par un réflexe de soutient qu'il maintint la barre de métal où l’aventurière montait. Une trappe envolée, une remarque maligne, un regard taquin sur des formes plus qu'appréciables et une veste redonnée plus tard, voilà que lui même attrapait la main qu'on lui tendait pour monter sur la cage branlante sous leurs poids et leurs gestes. Les ordres furent clairs et l'aurait il voulu qu'il n'aurait pas pu les parer. Sans un mot il l'observa monter dans la pénombre ambiante les barreaux avec une facilité déconcertante. De nouveau seul son esprit continua de s'éclaircir voilà deux bonnes minutes qu'il cherchait comme on lui avait demandé une planque convenable. En vain, il passait le plus clair de sa vie et de son temps dans cette même tour et rien ne l'en faisait bouger … Enfin si il y avait bien … Mais non ! Non il ne pouvait se décider à aller là bas. Et pourtant plus le temps passait et plus cette destination lui semblait inévitable. Soupirant face à la fatalité, il accueillit finalement plutôt gaiement la voix d'Andrea qui lui indiquait que c'était son tour de salir son costume à quelques milliers de dollars sur les murs crasseux de ce puits sans fond.

C'est avec comme plus grande peine un essoufflement qu'il finit par arriver en haut. Une obscurité totale était tombée sur ce couloir et aucune fenêtre ne donnait le moindre carrée de lumière. Bonne nouvelle, il avait arpenté sans cesse ces étages et sans le moindre doute il pouvait les reconnaître. D'ailleurs une question le taraudait. Combien de temps exactement était il resté bloqué dans cette foutue boite de métal. L'Alexander Building comptait presque mille-deux-cent employés et bien qu'un plan d'évacuation rapide avait été mis en place, il fallait au moins bien vingt minutes pour le vider entièrement. Vingt minutes, cela voulait dire bien des choses, bien des conséquences, notamment que si l'assassin s'était rendu compte qu'il avait manqué sa cible, il avait maintenant eu tout le temps pour repartir à sa recherche. Pourtant aussi importance soit elle, ce n'est pas cette idée qui perturba en premier le PDG. L'ai contrarié, il arracha de sa poche son propre téléphone qui, même un peu secoué, semblait toujours fonctionner.


Tout les étages au dessus de mon bureau sont des appartements et des zones de vie. Mon appartement est celui du dernier étage. Je reconnais cet endroit, nous somme au 107e. Piscine, sauna et hammam pour les résidents. Lâcha t-il naturellement son regard sur l'écran qu'il tapotait frénétiquement. Ses manipulations finies il monta l'appareil à hauteur de son oreille et sous le regards qui semblait plus qu'interloqué d'Andrea il continua à lui parler alors que la tonalité commençait déjà à résonner. Ne me regardez pas comme ça ! Rhodes Contract possède quelques satellites de communication qu'elle loue à l'ONU. J'ai le droit à quelque privilèges … Son explication n'était pas finie qu'il leva une main d'excuse vers sa protectrice alors qu'enfin une voie résonnait à l'autre bout du sans fil.

Oui James . Écoute je crois que mon portable va rendre l'âme mais écoute … Je suis en vie ok. Je vais très bien sort un communiqué là dessus et appel l'UNISON j'ai quelqu'un de chez eux là avec …
Un grésillement et la communication se coupa. Agressé par un léger coup de jus Williams lâcha violemment l'appareil qui venait de rendre l'âme en ayant au moins finit d'accomplir sa mission. Par réflexe il se mit à la secouer tout en se retournant vers Andrea. Sa première inquiétude résolue, il pouvait maintenant sortir d'ici

Je connais bien cet étage, la natation … Un passe temps tout ça. Enfin l'escalier se trouve à l'autre bout de l'étage. On va devoir prendre cette porte qui nous fera passer par les vestiaires, ensuite l'espace piscine olympique et pour finir un petit détour par la salle de remise en forme avant un dernier couloir. Je vous … Sa phrase n'était pas finie qu'il sentit que quelque chose n'allait pas comme si son instinct lui indiquait qu'Andrea allait d'une minute à l'autre lui sauter à la gorge. Quoi ? L'appel ? Attendez vous rigolez vous savez combien de personnes veulent ma place ? Ça se trouve ils étaient déjà entrain de se réunir pour décider qui serait mon remplaçant et personnellement je préfère mourir une bonne fois pour toute que de revenir d'entre les morts pour une lutte de pouvoir inutile.

L'air faussement désolé et comme si son comportement était totalement justifié le PDG haussa les épaules avec une moue moqueuse. Et tout en gardant son air de clown il avança au milieu de l'obscurité vers la porte précédemment citée.


Je vous laisse ouvrir la marche. Ah et j'ai réfléchis à un endroit en sécurité. Vous en avez de la chance pour notre première rencontre, vous allez déjà rencontrer mes parents. En route pour le Manoir Williams.


La main sur la poignée il se retourna brusquement vers sa protectrice. Son visage n'était qu'à quelques centimètres du sien et sa voix n'était qu'un murmure soutenue par l'odeur du Whisky qui heureusement commençait à se tasser sous l'effet du temps et de l'adrénaline omniprésente.

Franchement, de vous à moi je crois que j'aurais préféré voir celui qui veut ma peau qu'eux. Mais vous décidez donc après vous.
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Message posté : Dim 11 Nov - 18:41 Message
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    C’était avec un imperceptible soupir de soulagement qu’elle avait observé le milliardaire lui obéir sans rechigner. À salir une costume qui devait valoir plusieurs fois le salaire de toute sa vie, Andrea s’était déjà vue batailler pour lui faire comprendre qu’il leur était vital de quitter le bâtiment au plus vite, et que c’était le moyen le plus salissant, certes, mais le plus sûr et le plus rapide. À son grand étonnement – Comme quoi le mystère Williams recelait encore quelques surprises – Gregory s’était prêté au jeu avec une facilité déconcertante et, en moins de quelques secondes, essoufflé et couvert de traces huileuses noires, il se tenait silencieusement à ses côtés. Ses yeux opalescents jaugèrent le milliardaire d’une risette amusée, élargie par l’air passablement irrité qu’affichait son visage, et elle ne pouvait s’empêcher de se demander ce à quoi il pensait vraiment. Oh oui, Monsieur Williams… On aurait tous les deux préféré passer une meilleure journée, avec de meilleures personnes. Encore que… Doucement, la jeune femme passa sa main sous son blouson de cuir, sortit son arme dont elle ôta la sécurité, et exigea de l’homme qu’il reste derrière elle, et surtout silencieux. Mais il semblait qu’Andrea ait oublié à qui elle avait affaire. Les lèvres tremblantes, elle se retourna pour le voir cracher des informations dans le creux de son téléphone grésillant, comme si sa vie en dépendait, alors que sa vie, en vérité, dépendait du temps qu’il perdait maintenant. Dépassée, l’agente leva les yeux au ciel, sourde aux excuses qu’il lui servait comme si elles étaient absolument justifiées, et qu’il s’attendait à ce qu’elle les comprenne et accepte. « Qui chauffera votre place quand vous serez mort ? Persiffla-t-elle. Si votre ligne est sur écoute, on peut nous repérer. S’il nous a repérés, il est peut-être déjà en route. Vous êtes traqué, veillez à ne pas l’oublier. Moi aussi je compte bien voir demain. »

    Prudemment, Andrea le suivit jusqu’à la porte dont il avait parlé quelques secondes plus tôt, celle qui, au détour d’un dédale de salles de remise en forme, les conduirait jusqu’à l’escalier de service, et de là au toit où, comme elle s’y était attendu, un hélicoptère les attendait pour les conduire à la destination choisie par Gregory : Le Manoir Williams. « Je suppose que c’est un grand honneur.Un demi-sourire ourla ses lèvres, tandis que ses prunelles se plantaient dans les siennes. Elle s’approcha de lui, si près que leurs nez se frôlaient presque. N’ayez crainte, murmura-t-elle, vous aurez sans doute très bientôt l’occasion de le voir, votre tueur. » Dans un sourire carnassier, la belle s’éloigna puis contourna le milliardaire pour prendre les devants de leur échappée. La double porte de verre poussée, ils se retrouvèrent dans les ‘vestiaires’, méandre insalubre de cases grisonnantes numérotées de chiffres noirs à moitié arrachés. D’un doigt sur les lèvres, elle intima Gregory au silence, se baissant régulièrement pour intercepter un mouvement entre deux rangées de casiers. Quand elle fut certaine qu’ils soient seuls, elle sortit et passa son téléphone au milliardaire. « Appelez votre pilote, indiquez lui la destination et dites-lui de se tenir prêt. Je crois que nous n’avons pas avoir beaucoup de temps pour filer. » Au petit trot, ils traversèrent les vestiaires, vides, dans lesquels un vague relent humide flottait encore, bien que les pompes aient arrêtées de tourner. Du fond de l’eau translucide de la piscine olympique, des lueurs bleutées s’agitaient au grès des remous impassibles de l’eau. Il n’y avait pas un seul bruit, sinon le clapotis sourd des vaguelettes sur le marbre rose et le grès. L’exhalaison moite des effluves de chlore vint lui chatouiller les narines, mêlées aux vapeurs d’alcool du souffle chaud de Gregory Williams dans son cou. Elle fit rapidement le tour de la pièce mais, là encore, personne ne les attendait. D’un vague geste de la main, elle invita le PDG à la suivre, souriant de la tranquillité qui les entourait. Soucieuse aussi, d’y voir là le reflet du calme avant la tempête.

    Au bout d’un labyrinthique lacis de salles de sport, Andrea distingua les contours lumineux d’une porte de service qui donnait, comme l’avait suggéré le PDG, sur le couloir conduisant aux escaliers internes. Andrea poussa la porte rouillée qui s’ouvrit dans un grincement sonore, dont les échos allèrent percuter les murs de béton, se perdant dans l’immensité crépusculaire de la centaine d’étage qui s’étalaient sous leurs pieds. Penchée par-dessus la balustrade, scrutant inlassablement la pénombre, Andrea se félicita de ne pas être sujette au vertige. Aucun bruit ne leur revenant, elle en conclut qu’ils étaient seuls.
    « Ça devrait être bon… Encore quelques étages et nous serons sortis d’affaire. » Comme pour alléguer ses propos, un éclat lumineux vint frapper leurs visages, du reflet d’une vitre ouverte un peu plus haut. Un soupir rassuré s’extirpa d’entre ses lèvres entrouvertes, à l’idée de quitter cet enfer ténébreux. Ils allaient grimper les marches qui les séparaient du toit. Ils y étaient presque. Encore quelques pas et…

    Et la balle fusa. Claqua comme une gifle.
    Ricocha. Assourdissante.

    La douleur irradia son bras, du creux de ses reins au bout de ses ongles. Ses nerfs hurlaient. Pour la première fois de sa vie, elle sentit la brûlure de sa chair qui s’ouvrait comme un fruit mûr, s’arrachait. Elle vit du sang couler le long d’une balafre. Imprégner sa chemise, sa veste, dégoutter le long de sa main. Sur le sol poussiéreux. Instantanément, deuxième balle. De son bras valide, Andrea poussa Gregory de la trajectoire du tueur, lui hurla d’aller dans l’hélico, ce qu’il fit sans demander son reste. Accroupie derrière le pan de béton, Andrea tira trois balles de son six-coups là d’où elle avait vu la lumière de l’automatique poindre et disparaître. Un juron étouffé lui parvint malgré les résonances lancinantes des échanges de balles. D’un bond, elle traversa les trois mètres qui la séparaient de la porte et se précipita à l’extérieur. Émergée à la lumière du plein jour qui lui arracha les yeux, l’agente se jeta dans le cockpit de l’hélicoptère que Gregory avait fait maintenir ouvert et ordonna le départ immédiat. En moins d’une minute, ils avaient décollé, et chaque seconde qui passait mettait plus de distance entre eux et Pyramid Plaza. À son grand dam, le tueur ne se montra pas.
    « Merde… Vous allez bien monsieur Williams ? » La jeune femme se tortilla sur son siège pour ôter son blouson et sa chemise, indifférente aux regards qu’on posait sur elle, pour enlever de sa chair la balle qui y était restée fichée, et qu’elle arracha d’un geste sec, en réprimant un gémissement. Balle perforante. Le projectile aurait dû la transpercer et atteindre le PDG. Elle en garderait peut-être une cicatrice. La jeune femme repassa sa chemise et se tourna vers Gregory en la boutonnant. « Vous devriez prévenir vos parents de notre arrivée. Son regard intercepta celui du PDG, qui s’attardait sur la tâche sanglante à son épaule. C’est trois fois rien. Je me soignerai là-bas. Elle passa le casque que lui tendait le pilote. Dans combien de temps y serons-nous ? »

    La douleur commençait déjà à s’atténuer, mais son visage semblait d’une pâleur mortelle. Elle espérait que la route ne soit pas longue jusqu’au dit manoir, et qu’ils bénéficieraient là d’un peu de temps pour récupérer. Il lui faudrait en outre prévenir le Commandant Colt, une fois sur place, pour qu’il leur envoie des renforts. Par le rétroviseur, elle observa le visage de Gregory Williams.
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Message posté : Mar 13 Nov - 2:27 Message
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Loin de se prendre la tête aux remarques d'Andrea, Gregory se contenta tout simplement de lever les yeux au ciel. Comme si une texane pouvait comprendre quelque chose au monde de la haute finance. A croire que les bouseux ne se rendaient vraiment pas compte que la pression à supporter valait bien le prix de sa vie. Sans donner suite à la conversation il se contentait de sourire ou d’acquiescer aux paroles de sa pécore de partenaire chez qui finalement il trouvait un je ne sais quoi qui lui plaisait bien. Le charme rural à n'en pas douter. Ainsi et sans peur ou presque il avançait entre les casier slalomant à travers les serviettes sales dans un silence glauque. Ainsi donc la belle Andrea trouvait un honneur à visiter le manoir Williams. Dure était la réalité et bientôt elle allait s'en rendre compte. Lui même savait être un enfoiré, on lui avait assez répété pour qu'il espère croire le contraire ; Alors que dire quand on sait que son père était le même au détail prés qu'il était pire que lui. Plus froid, plus droit et brut, sans plaisir ou joie il ressemblait plus à démarcheur de pompe funèbre à la parole tranchante et implacable qu'à un homme. Et sa mère, que dire de sa mère, bourgeoise enrichie par son mariage elle s'était vu pousser des ailes de reine depuis les puis les champs de pétrole de son propre père, dans son Arkansas natal. Maintenant qu'il y pensait peut être que son dédain pour les campagnard du Mid-West lui venait de là ? Enfin, la petit fuite continuait et bien qu'il sentait presque un canon de DesertEagle sur sa tempe Grégory se sentait bizarrement plus pensif aux vautours qui allaient bientôt tirer partie de l'attentat pour le déstabiliser … Mauvaise journée, qu'heureusement son regard posé jean moulé améliorait d'un coup à ses légers retours à la réalité. D'ailleurs c'est un regard innocent qui suivit le contemplateur lorsque l'agente se retourna pour lui ordonner d'appeller son pilote. Paradoxe quand tu nous tiens ...

Je croyais qu'il fallait que je me taise ! Faudrait choisir … Lâcha t-il le téléphone déjà à l'oreille. John, vous n'avez pas quitter l'immeuble j’espère ? Non ? Parfait au moins je sais pourquoi je vous paye, faite tourner les pales on arrive … Le manoir Williams John le manoir …

Vite fait bien fait il coupa la conversation et jeta l'appareil aux mains de sa propriétaire, son devoir accompli. La suite se fit simple, avancer encore et toujours à travers le dédale monstrueusement cliché d'une piscine qui à elle seule donnait son ambiance bien particulière à la scène, Peut être auraient ils mieux fait d'y rester car c'est une fois l'étage quittée et dans les escaliers que des balles fusèrent. Ses souvenirs et images de ce moment restent encore assez flous : Des éclats de vitre, le bruit perçant des impacts, le cri horrifiant d'Andrea touchée et sa main qui sans qu'il ne comprenne se qui se tramait le repoussait contre la rambarde avec une force qu'elle ne laissait prévoir. En effet sous le coup de l'action la chique du milliardaire fut coupée et sans chercher il courra en titubant les pas qui lui restaient avant d'arriver essoufflé devant la porte de service du toit. Avec des gestes précipités et titubant il s'écroula dos au métal froid alors que les coups de feu continuaient leur symphonie. Pour le coup et étrangement, il repensa à sa garde du corps qui venait tout de même de le sauver et il ne pouvait pas rester insensible à cela et bizarrement il faut croire qu'il s'était un peu attaché à elle vu qu'il ressentait … De la peur, de la crainte qu'elle n'y passe même. Pourtant alors qu'il la voyait encore se battre son instinct reprit le dessus et il accourut à l'hélico alors qu'un ciel déchiré entre orage et soleil dominait les grattes-ciels.

Il continua à courir l'hélico tournait déjà et une fois jeté sur les banquettes, il arracha des mains de son pilote le casque qu'il lui tendait, crachant dans le bruit assourdissant d'attendre encore un peu. Patience émérite fut récompensée puisque dans un soulagement il put voir la pécore sauter aux cotés du dit John en beuglant l'ordre de décoller. Oui il allait bien et c'est sans savoir pourquoi qu'il répondait par de simples gestes de la tête, sa voix ayant disparue face à la jeune femme. Même la voir en soutien gorge ne le fit pas réagir. En fait il fallait bien une balle à demi écrasée sur une simple égratignure pour que le PDG revienne à lui même et se mette à gueuler.


Ohhh. Mais vous faites quoi là ! On a des hopitaux pour ça ! Et .. Et pourquoi vous n'êtes pas blessée où est le sang ?

Apparemment, elle s'en fichait, ou peut être simplement le bruit vorace de l'appareil en vol qui masquait ses paroles. En tout cas l'agente ne parut pas plus que ça déstabilisée et reparlait même des détails de leur arrivée. Au final elle dû capter son regard que l'on pourrait dire de What the Fuck puisqu'avec un grand sourire elle laissa passer ça pour un bleu et ça malgré sa pâleur visible.

Au moins ils étaient en sûreté et Gregory dévoré par l'envie d'un lit se secoua la tête abandonnant toute question pour le moment. En fait seule une le frappa assez pour qu'il se permette de se la poser. Pourquoi son fidèle pilote le pointait il avec un revolver alors qu'il pilotait d'une main ? Finalement c'était bien étonnant qu'il soit resté alors qu'un plan d'évacuation général était lancé. La réponse à cette question qu'ils auraient peut être dû se poser était bien simple le Shadow avait tout prévu le Shadow l'avait remplacé. Décidément protectrice efficace Andrea plaça un magnifique coup de pied sur le bras armé qui dériva au moment du tir fracassant qui ricocha dans le cockpit. D'un réflexe Gregory se jeta sur sa banquette ne subissant qu'un assourdissement pesant alors que la gravité semblait déjà avoir perdu ses droits tant l'appareil hors de contrôle se baladait au dessus de Pyramide Plaza. Sans savoir pourquoi et dans un élan courageux Gregory s'accrocha au fauteuil du pilote et jeta un œil au devant observant la bataille qui s'y tenait. Sûrement trop occupé à se battre les deux adversaires en avait oublié qu'il était dans un enfin de plusieurs tonnes à quelques centaines de mètre d'altitude et la cause était visible puisque les commandes se baladait librement. Comprenant la gravité de la situation à la vue des fenêtres de son propre immeubles s'approcher dangereusement, Gregory se jeta dessus et tritura le joystick comme un gamin devant un jeux vidéos. En fait toute son expérience de pilote ne tenait qu'à ses consoles de grand gamin.
Finalement le pire s'évita par miracle et au lieu de prendre la tour de face, l'engin se détourna quelques minutes avant la collision. Autant dire que le milliardaire lâcha malgré la situation un rire nerveux libéré par sa fierté d'avoir sauver leurs vie. Mais voilà Gregory un hélico ce n'est pas qu'un cockpit et d'un coup sec il se retrouva de nouveau à terre accroché à une barre métallique pour ne pas se retrouver happé par le vide. Au son de l'acier battant l'acier, du carbone contre le verre et le béton, il devina l'origine de ce brusque chavirement. Les pales du monstre des airs déchiquetaient dans leur rotation infernale un nouvelle étage de l'Alexander Building.
Apeuré et sentant sa fin proche alors que seul sa poigne le retenait, il chercha du regard où pouvait bien en être sa chère campagnarde.
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Message posté : Mer 14 Nov - 2:04 Message
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    À la lumière du terne reflet, Andrea s'était sentie happée dans une absente contemplation. Sa blessure ne lui faisant déjà guère plus mal - Et aussi fou que cela semble, il lui semblait même qu'elle commence déjà à cicatriser -, la belle avait commencé à ressentir le contre coup du stress et de l’adrénaline, à ressentir la légère torpeur post-traumatique qui étreignait son esprit d'un murmure soporifique. Bien décidée à profiter de la tranquillité du voyage pour récupérer des forces, Andrea arracha le casque de ses oreilles, puis cala sa nuque sur son appui-tête, guignant une dernière fois le visage absent de Gregory dans le rétroviseur sale. Il fallait en convenir, bien que se l’avouer soit une douleur en soi, le P.D.G était un homme extrêmement séduisant. Et elle n’en trouvait que plus dommage qu'il se conduise comme l'enfoiré que tout le monde le pensait être. Dommage. Alors qu'elle s'apprêtait à fermer les yeux, laisser son esprit s'offrir le luxe d'un abandon plus que mérité, une question traversa l'esprit de la femme.

    Que regardait-il ? Ses yeux d'un bleu métallique s’étaient figés dans une expression d’incompréhension mêlée de stupeur. Et l’œil du canon de 36 lui rendait son regard d’un éclat d’amère victoire. Réactive, son pied botté alla s'écraser sur l'avant-bras du pilote qui hurla, un cri perçant enchevêtrant savamment la rage et la douleur. La balle de l'arme qu'il avait en main ricocha sur le métal du cockpit, sifflant aux oreilles du milliardaire qui eut le bon réflexe de se jeter au bas de la banquette, mains sur la tête. Ah se planquer, ça, il savait faire. Andrea darda ses prunelles dans celle de l'ombre, qui lui renvoyait son regard haineux d'un rictus douloureux, tenant en écharpe son bras, cassé par le pied de l'agente comme une brindille de bois sec. Elle vit l'éclat vif-argent du poignard avant d'en distinguer la lame effilée s'abattant sur elle. Acte futile puisque, au grand dam de son adversaire, la lame glissa sur sa peau comme sur du marbre. Andrea saisit puis tordit sans ménagement le poignet valide de l'homme qui se démena tant qu'il pût entre les puissants bras de l'ultime, avant de renoncer. La femme ne comprit trop tard ce que signifiait l'abandon pour un agent du SHADOW; À l'écume blanche qui ourla ses lèvres, à l'éclat insolant de ses yeux révulsés, au râle de mort qui s'échappait de sa gorge rongée par le poison. Du cyanure. Elle lâcha sèchement le col de l'homme, allait tourner son regard vers Williams. Quand le sol céda sous ses pieds.

    C'était comme si la gravité s'était retournée d'un coup. Pendant leur lutte, Andrea n'avait que peu remarqué les voltiges de l'engin aéroporté, laissé pour le coup aux mains d'un homme qui ne devait jamais avoir touché autre manette que celle qu'il avait entre les jambes. Les pales de l'hélicoptère en quasi chute libre raclaient allègrement les vitres de l'Alexander Building dans un hurlement strident à lui dresser les cheveux sur la tête. Avec une lenteur mortelle, elle vit glisser le corps inanimé de l’agent par la double porte restée ouverte, mais ses yeux qui suivaient le mouvement s’arrêtèrent sur Gregory, dont les jambes battaient le vide frénétiquement. Son cœur se glaça.
    « TENEZ BON », lui hurla-t-elle pour couvrir le chaos sonore qui coulait autour d’eux. La priorité était de les stabiliser. Des deux mains, elle ramena à fond le levier de pas cyclique vers elle, sentant à chaque à-coup les soubresauts de l’aéronef sous ses doigts. Elle n'avait pas piloté depuis des années, et si des flashs lui revenaient spasmodiquement, elle aurait été bien incapable de se souvenir de la procédure à adopter en cas de collision avec le siège d'une multinationale dont le PDG lui-même était piégée avec elle. À défaut de solution de secours, Andrea activa les rotors anticouples qui secouèrent la carcasse d'acier avant de l'immobiliser dans un presque équilibre plutôt relatif, à quelques centaines de mètres du sol. Précautionneusement, la femme relâcha la manette, consulta les altimètres qui, à sa grande surprise, s'étaient stabilisés. À l’arrière, Greg tentait de se hisser tant bien que mal dans le poste de pilotage. Une fois l’homme tracté et mit en sécurité, la belle se permit un gros, un énorme, soupir de soulagement. Le cœur battant, la poitrine soulevée de halètements angoissés, l'adrénaline pulsant ses veines, sourdant de ses tempes, Andrea tourna les yeux vers Gregory, ouvrit même la bouche pour parler. Mais que dire ? Qu’ils étaient en sécurité ? Déjà vu. Que ça allait aller ? Elle n’en était pas sûre. Qu’elle était contente qu’il aille bien ? Elle n’en était pas sûre, et il l’enverrait bouler. Au fond, il n’y avait rien à dire.

    Ses paupières fermées sur le vert anis de ses yeux, l'agente secoua la tête d'un air de refus, détourna son regard de l'homme.
    « Position 4-10. Répondez. Demande autorisation de départ. Je répète. Demande autorisation de départ. » Andrea ajusta le casque sur ses oreilles, ses doigts frôlant le panneau de contrôle pour régler la fréquence, dont le grésillement aigre lui donnait la migraine. Du fond de ce qui semblait être un puits sans fond, la voix hésitante d’un employé du poste de contrôle lui donna l’autorisation de décoller. Aussitôt après, elle changea le canal pour celui que réservait l’UNISON à ses routes aériennes, y déclina sa situation, sa position, l’endroit où elle comptait se rendre, et demanda à ce qu’on envoie des hommes à Pyramid Plaza, où le besoin d’un encadrement gouvernemental se faisait plus que sévèrement ressentir. « Fermez la porte, s’il vous plaît. » Les mots glissaient d’entre ses lèvres et tombaient dans le bruyant silence. Lourds. Pesants. La porte fermée les coupa entièrement de l’extérieur, où des cris incessants leur parvenaient de la foule amassée au pied des tours. Passivement, elle se tourna vers le milliardaire : « Venez à côté de moi, je vais avoir besoin de votre aide. Les lèvres pincées par la douleur, Andrea tira à fond le manche de l’hélicoptère pour lui faire prendre de l’altitude. Prenez le plan, là à vos pieds. Elle désigna la carte froissée placée sous le siège du copilote. Vous allez nous conduire jusqu’au manoir. C’est dans vos cordes ? »

    En d’autres circonstances elle aurait souri. Peut-être ce serait-elle laissée aller à un éclat de rire. Mais la douleur était trop vive. Brûlante.

    Andrea se languissait d’arriver.
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Message posté : Ven 16 Nov - 22:37 Message
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Les saccades de l'hélico se faisaient déjà bien sentir et au fur et à mesure que les pales luttaient contre la façade de verre son équilibre se perdait pour le laisser déraper vers ce qui s'apparentait de plus en plus à un crash inévitable. Toujours simplement retenu par sa poigne, Gregory sentait les roulements s'accentuer laissant dangereusement pencher l'hélico vers la perpendiculaire. Il sentait, il savait que ses doigts glissaient doucement et bien qu'il refusait de le croire le moment tant redouté finit par arriver. N'en pouvant plus sa main lâcha le peu qui le maintenait dans l'appareil et d'un coup sec il se sentit happé par le vide en une fraction de seconde. Réflexe de survie, il réussit finalement à se raccrocher à la limite de l'ouverture pendant que le reste de son corps se balançait au rythme de ce vol pour le moins secoué. De ce point vue panoramique il pouvait au moins apprécier le moment présent à sa juste valeur. Que ça soit les éclats de verres qui tombaient en pluie sur lui, le bruit infernal de l'engin qui l'avait sûrement déjà totalement rendu sourd ou même cette vision invraisemblable d'une foule de curieux massée sur Pyramide Plaza le regard tendu vers cette scène unique l'ensemble resterait gravé dans la mémoire du PDG. Et quoi de mieux pour rendre un souvenir vraiment inoubliable qu'un cadavre roulant droit vers soit même. Gregory resta impassible quelques secondes à tenter de comprendre comment le corps de son faux pilote fonçait vers lui, mais au final la réponse ne lui tenait pas tant que ça à cœur et c'est en relâchant ses propres prises qu'il réussit à l'éviter. Il se raccrocha directement à ce qu'il trouvait alors que subitement l'appareil retrouvait sa stabilité loin de la grande fissure qu'il venait de creuser dans l'Alexander Building. Une seconde passa où un certain calme reprit sa place. Sûr que l'hélico n'allait pas chuter encore une fois dans un nouveau retournement de situation, Gregory s’efforça à se tracter une bonne fois pour toute dans la carlingue ; En vain. En fait il fallut attendre qu'Andrea réagisse pour qu'avec une facilité déconcertante il se retrouve enfin en sûreté. Étalé de tout son long contre la paroi froide, il savourait pleinement de sentir son poids tenir autrement que par sa seule force. Un souffle agité, les muscles engourdis, ses yeux croisèrent ceux de sa garde du corps. Aucun mot n'avait sa place ici et cette soudaine proximité se laissait comprendre à travers le regard au point que le PDG avait envie de lâcher un rire nerveux face à la situation.

Pourtant rien n'arriva et sans qu'aucun des deux ne réagissent ils se retrouvèrent côte à côte dans le poste de pilotage. Les mains tremblantes, Gregory reprenait petit à petit conscience de ce qui l'entourait et de ce qui venait de se passer. Sa vie avait été réellement mise en jeu et loin des menaces qu'il recevait par tonnes chaque jours, celles là s'étaient montrées plus que réaliste et surtout le shadow s'était montré plus qu'efficace. Dans son esprit se succédaient tout les ressentis possibles, il était – Et c'était pourtant bien rare – déstabilisé. La voix d'Andrea résonna finalement le ramenant à la réalité. Un Williams n'abandonne pas, un Williams n'est jamais défait et aussi puissant soient ils, ce groupuscule criminel allait l'apprendre à ses dépens. Son sourire habituel reprit sa place et il acquiesça à la demande d'Andrea qui se présentait pour le moment comme la seule personne de confiance dans son entourage, bien qu'elle en fasse désormais partie sûrement contre son grès.


Je pense en être capable. Vous savez ce qu'on dit sur les femmes et les cartes.

Son visage se tourna face à celui d'Andrea et son sourire mêlant fierté et sarcasme se transforma dans un petit ricanement ajustez d'un regard confiant. Apparemment la blague n'avait pas fait mouche – étonnant – et sans en paraître frustré Gregory replongea dans les voies aériennes.
Et oui mademoiselle Parker bienvenue dans mon monde. D'ailleurs appelez moi Greg. La politesse n'a jamais été mon fort.

En marmonnant il suivit du bout de l'index le chemin vers le manoir Williams avant de pointer victorieusement la colline aux lanternes. D'un coup de stylo bille bleu il entoura rapidement la position actuelle et la position du manoir avant de placer la carte bien en vu sur le tableau de bord. Sa mission ici était finie et il laissa lourdement sa tête se poser sur l'appui tête premier confort.
Le cadran de l'hélico marquait à peine 11h30 et la fatigue avait déjà pris le dessus. A moitié comateux il se laissa porter dans l'appareil encore un peu branlant qui avançait à travers Star City.
Totalement autre part et relâché il fixa quelques minutes Andrea sans s'en rendre compte et lorsque celle ci se retourna enfin vers lui, un pincement de lèvre rapidement remarqué le sortie une nouvelle fois de sa torpeur en agitant sa curiosité maladive endormie par les événements.


Votre blessure … Vous avez mal ? C'est sûrement moi qui suit étrange mais que vous sortiez d'une fusillade avec un bleu m'intrigue légèrement. Une explication ?
Oui il n'y avait rien à dire de plus. La pécore était définitivement intrigante et recelait plus de surprises qu'à première vu. Pour le coup Bruce Willis pouvait bien aller se rhabiller et ça ; Ça posait une nouvelle question. Une fois que je serais mis en sécurité je suppose que vous partirez. Alors autant que je vous le dise maintenant. Vous êtes une campagnarde je vous l'accorde mais au moins vous savez faire votre job.

Malgré le taudis volant dans lequel ils étaient le voyage ne dura qu'une dizaine de minutes et heureusement. Sûrement n'aurait il pas pu supporter vraiment plus. En tout cas ce fut se que se dit Gregory quand au cœur de la pelouse du parc de la demeure familiale il vit l'état réel de l'engin. Pales tordues, éraflures, carrosserie enfoncée. La façade de l'immeuble ne l'avait pas épargné et voilà qu'il était bon à remplacer. L'épave faisait d'ailleurs bien pâle figure face au gigantesque manoir à l'architecture anglaise. Les vieilles pierres avaient vu bien des générations de Williams, mais pour le coup se fut les employés de maison qui sortir au devant de ce brouhaha obsédant. A peine Gregory s'était il légèrement rapproché que l'un deux, un chauve un peu bouffi et en costume, s'avança à sa rencontre en lui serrant chaleureusement la main de ses deux grandes paluches.


Monsieur Williams on regardait la télé. On a tout vu en direct et quelle peur pour vous. Vos parents ne sont pas présents en ce moment mais vous pouvez bien entendu rester ici autant de temps que vous le désirez.

L'air heureux Gregory posa sa main sur l'épaule du bouffi. A vrais dire cet homme l'avait vu grandir et ce genre de chose vous liait que vous le vouliez ou non. Amusé par la panique de l'homme il le remercia et le rassura une dizaine de fois sur le chemin et seulement au seuil, il repensa à sa protectrice présente tout autant à leurs cotés.

Allons Carl ne vous occupez pas de moi. Je connais les lieux. Occupez vous plutôt de mademoiselle Parker et parvenez à tout ses besoins. Elle le mérite au moins autant que moi. Dit il alors que son regard se plantait une nouvelle fois dans ces yeux verts qui le fixaient tout autant. Enfin … Pour une texane.
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Message posté : Mer 28 Nov - 21:30 Message
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    La ville défilait sous eux, mais ses yeux irrémédiablement fixés sur un point, au loin dans l’horizon, n’avaient cure de s’émerveiller de l’étendue de la métropole. Loin derrière eux, le siège de la Rhodes brûlait comme un feu de paille et bien que n’étant plus qu’un point noir dans son rétroviseur, la foule, les forces de l’ordre, et les camions de pompier s’amassaient toujours plus au pied du building, jadis fier porteur de la réussite de son PDG, aujourd’hui tas de ruines fumantes. Elle était fatiguée, et souhaitait voir venir le moment du repos et de l’abandon. Elle voulait un bain chaud, brûlant, mousseux, une sieste, un café, son canapé et son laptop. Que n’aurait-elle donné pour être déjà chez elle. Elle tourna doucement son regard vers son protégé, qui la guignait pareillement la bouche béate de torpeur. Ses yeux s’étaient plantés dans sa plaie, et la fouillait avidement avec le désir impatient de comprendre. Toujours comprendre, et sans même qu’il ait besoin d’ouvrir la bouche, Andrea savait d’ores et déjà ce qui lui brûlait les lèvres. Elle avait déjà éludé sa question la première fois mais, bien décidée à garder sa particularité pour elle, fendit son visage d’un sourire acerbe. « Ça pique un peu, avoua-t-elle en coulant son regard dans le sien. Et j’aimais les épinards, quand j’étais gosse. Ses paupières à demi-fermées laissaient l’ombre de ses cils obscurcir ses prunelles, dont la couleur, à l’éclat taquin, brillait d’un vert sombre et lénitif. Et bien… En vérité je dois attendre que les renforts de l’UNISON arrivent pour pouvoir partir. Je dois m’assurer que vous soyez en sécurité. Elle glissa un soupir entre ses lèvres étirées d’un sourire doux. La mine désemparée mais le cœur léger, elle se laissa aller à un roulement d’yeux sans équivoque. J’imagine que venant de vous, c’est un compliment. Je vous en remercie, Monsieur Williams. »

    Un sourire en coin, elle détacha ses prunelles de celles du multimilliardaire pour reporter son attention sur la ligne de conduite. Murés dans un silence reposant, il ne leur fallut pas plus d’une dizaine de minutes pour enfin parvenir à discerner, au loin, la large tâche verte que la pelouse Williams formait depuis les cieux. D’un coup d’œil, elle indiqua à Gregory de se tenir fermement, que l’état de l’appareil ne permettrait pas nécessairement le choc d’un atterrissage, mais force lui fut de constater que le coucou valait mieux que les engins qu’elle avait été habituée à piloter. C’est, presque sans une secousse, qu’elle se posa sur le moelleux de la pelouse, mettant fin, enfin, à leur cauchemar. Andrea coupa l’alimentation, ferma les yeux pour goûter au calme de la sécurité, respira à plein poumon l’air chargé de l’exhalaison humide et agressive de l’herbe fraîchement coupée. Le déclic de la porte près d’elle lui informa que le milliardaire venait de quitter l’aéronef, et c’est sans plus attendre, qu’à sa suite, elle s’extirpa hors de l’appareil, les jambes flageolantes, l’estomac noué. Passant son blouson pour cacher aux regards de tous le chemisier ensanglantés et l’ecchymose noirâtre qui avait commencé à tracer ses sillons dans la chair d’Andrea, la jeune femme emboîta le pas du milliardaire jusqu’au-devant du manoir où ses yeux se posèrent comme si, pour la première fois, elle envisageait le paradis. C’était indécent de luxe et d’ostentation.

    La voix chaleureuse du majordome – Pourquoi fallait-il qu’il y ait toujours un majordome ? – l’arracha de sa contemplation défiante. En quelques pas, elle traversa la pelouse pour se placer aux côtés de Gregory, chez qui elle remarqua, pour la toute première fois, une marque d’affection envers quelqu’un. À peine croyable. Elle fut d’autant plus étonnée quand les prunelles du PDG se tournèrent vers les siennes, quand son sourire cueillit le sien à la fleur de ses lèvres, et elle le suivit des yeux lorsqu’il prit congé d’eux, la laissant entre les mains d’un valet grassouillet qui, aux dires du riche héritier, devait parvenir à tous ses besoins. Andrea, qui n’aurait jamais cru connaître ce privilège, se vit rassurée quand, du haut de son mètre quatre-vingt, Carl lui suggéra de la suivre et de le laisser s’occuper de tout. Docile, l’agente le suivit dans les recoins de l’immense résidence, jusqu’au fin fond d’un dédale de couloirs, où une porte ouvragée s’ouvrit comme par miracle sur la plus belle chambre dans laquelle elle n’avait jamais posé le pied. Un lit à baldaquin – Sur lequel elle aurait nourri l’espoir de se jeter à corps perdu, juste pour s’assurer de son intangibilité – qui devait trois fois sa propre couche, des meubles authentique style victorien. « Et cette porte, là, vous conduira à la salle de bain, où, je ne doute pas, vous désirerez prendre un peu de repos. » conclut enfin le majordome. Elle le remercia chaleureusement, il lui pria de faire comme chez elle juste avant de disparaître derrière le battant de la porte.

    Un rapide coup d’œil à son téléphone lui apprit que les renforts seraient là dans plus d’une heure, ce qui lui laissait largement le temps de prendre un peu de repos. Gregory lui-même n’ayant pas prévu de se réfugier chez ses parents, il était pour le moment en sécurité et Andrea rassurée, pouvait se permettre de lâcher du lest sur sa surveillance. Après s’être assurée que l’odieux milliardaire ne viendrait pas l’enquiquiner une fois sous l’eau, d’un coup de verrou bien placé, Andrea laissa choir ses vêtements en piteux état sur le sol de la salle de bain. Un rapide coup d’œil dans le mur-miroir lui apprit que son état, qui n’en laissait pas moins à désirer, n’était pas aussi déplorable qu’elle aurait pu le croire. Bien sûr, son visage blafard était cerné, et de grosses mèches de cheveux collaient bien à son front moite, ses lèvres exsangues tremblaient encore de l’adrénaline et de la fatigue. Mais elle avait connu pire. Les yeux rivés sur la tâche noire qui prenaient une bonne partie de son bras, et de son épaule, Andrea laissa glisser ses doigts sur la boursoufflure saillante, en réprimant une grimace. La blessure n’avait rien de plus superficiel, et si le sang avait arrêté de couler, sa coagulation poisseuse dégoûtait la femme qui ne rêvait de rien de moins que de sentir le délicat toucher du savon sur sa peau. La salle de bain était d’une finesse incomparable, et ce dans les moindre détails. En son centre trônait une baignoire parfaitement rectangulaire de granit noir massif, dans laquelle, sitôt effleurés, deux robinets d’argent se mirent aussitôt à cracher une eau brûlante, qui vint frémir et clapoter sur ses rebords abrupts. Des orteils hésitants caressèrent l’eau pour s’assurer de la température, puis ce fut au fuselé d’une jambe, à la rondeur d’une fesse, à la courbe d’un sein, enfin, de s’immerger dans le fluide salvateur. Dans un soupir conquis, Andrea laissa son corps barboter à fleur d’eau, sentant ses muscles se détendre les uns après les autres, sa peau se débarrasser des impuretés, son corps s’apaiser, porté par la chaleur indicible des vapeurs d’eau. Elle en oublia la menace. Elle en oublia ses problèmes. Elle en oublia Gregory, songea que la prochaine fois qu’elle verrait son séduisant visage, ce serait à la une d’un journal. Et si elle se forçait à admettre que c’était pour le mieux, la belle ne savait s’empêcher de trouver ça dommage. En définitive, c’était un homme… Intéressant. Sa propre pensée lui arracha un soupir, ourlé d’un sourire. Sourire qui persista après qu’elle se fut savonnée et ait posé pied à terre. Après qu’elle ait arrangé les boucles ruisselantes qui cascadèrent sur ses épaules, passé ses vêtements, non sans une grimace de dégoût – Dieu qu’elle avait hâte de rentrer chez elle ! – et qu’elle fut sortie de la luxueuse chambre d’ami, laissant couler avec l’eau de la baignoire l’affreux souvenir de cette journée.

    Voilà plus d’une heure qu’ils étaient arrivés, et maintenant que la séparation semblait imminente et inévitable, Andrea supposa qu’il était temps de faire ses adieux au multimilliardaire en bonne et due forme. Elle ne mit pas plus de quelques minutes à le trouver – sur les avisés conseils d’une gouvernante – et c’est penché sur une assiette garnie qu’elle le trouva lorsqu’elle poussa la double porte de la cuisine. « Vous venez d’échapper à une tentative d’assassinat et votre premier réflexe est de manger ? Soupira-t-elle, non sans une pointe d’ironie. Captant son regard lourd de reproches – Quelque chose à mi-chemin entre « Vous m’emmerdez » et « Cassez-vous ». Peut-être se méprenait-elle, mais elle en doutait - Andrea sourit de plus belle. Ils arrivent dans moins de dix minutes, vous n’aurez plus à me supporter longtemps. Je venais juste vous dire au revoir. »
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Message posté : Jeu 29 Nov - 1:16 Message
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D’après des masses de psychanalystes aux noms plus germaniques les un que les autres, l'adulte est irrémédiablement lié à l'enfant qu'il était. Vous savez le complexe d'Oedipe ce genre de choses. Mais si au moins une de ces théories plus ou moins véridiques aux yeux du milliardaire lui avait plu c'était bien celle de la madeleine de Proust. Idée fumeuse selon laquelle un adulte serait pris d'un bien être rêveur quand sa vie croise un doux souvenir de son enfance. Foutaise ! Les souvenirs de son enfance il les avait devant lui, il les touchait à chaque secondes depuis son arrivé sur le domaine familiale. Des roches grises des murs à l'anglaise au bois fendant qui habillait les fenêtres, rien n'avait bouger depuis que le mini Gregory avait fait ses premiers pas dans le manoir familial. Certains domestiques même se trouvait encore ici, à croire que la demeure Williams était un espace hors du temps. Tout ces détails, chaque meubles, chaque couloirs lui rappelaient des souvenirs. Mais contrairement à ce cher Marcel, lui ce n'était pas dans une complète béatitude qu'il s'écroulait mais dans des souvenirs … dérangeants. Ça ne l’énervait pas, ça ne le terrifiait pas, il n'y avait là aucun traumatisme vraiment notable si ce n'est le classique de l'enfant riche délaissé. Rien d'inconscient, mais il ne pouvait décemment pas y prendre du plaisir. Il n'avait que grandit ici, rien de plus. C'était un manoir comme un autre à la différence prés qu'il le connaissait sur le bout des doigts et qu'il portait son nom. Il s'était d'ailleurs toujours trouvé bizarre par rapport aux autres sur ce sujet, il entendait toujours des gens parler avec une affection ou un dégoût sincère d'objets et de lieux dont la perte aurait été une monstruosité ou une libération. Réactions que le milliardaire n'avait jamais comprise. Et puisqu'il haïssait par dessus tout l'incompréhension, pour une rare fois de sa vie il avait réellement tenté de se mettre à leurs places. Mais en vain.

Le manoir aurait il pu brûler devant lui que ça ne lui aurait fait ni chaud ni froid. La seule idée qu'il lui venait en tête à imaginer cette situation était toujours la même. S'asseoir dans l'herbe, allumer une de ses chères marlboro et rester pour le simple spectacle fascinant de flammes plus hautes qu'il n'en avait jamais approchée. A croire que face à la madeleine de Proust venait lutter le je-m'en-tape Gregoryen. Oui Proust était selon lui un idiot à moins que l'idiot ne soit lui, chose à voir.
Enfin et contre son gré il déambulait seul dans ces couloirs, repensant à toute cette histoire théorique, comme si l'attentat était déjà bien loin. Sale, aux vêtements déchiquetés et brûlé il marchait silencieusement à travers les salons de réceptions et les chambres. Son esprit était vide, rien ne lui faisait envie. Cette fuite, cette action l'avait bien secoué, mais quel bonheur, quel coup dans sa routine monotone. Et dire maintenant il se retrouvait à passer de ce pur moment de vie à ce lieux qui ne sentait que l'ennuie. Il était las. Seul quelque chose le sortait un peu de sa torpeur : Andrea. Il se demandait se qu'elle faisait, ce qu'elle pouvait bien penser. Intrigante petite pécore, elle avait eu une réaction inattendue face au directeur de la Rhodes. Certes il n'avait eu de cesse de pousser un peu plus la provocation mais c'est toujours avec subtilité qu'elle réagit. Intrigante petite campagnarde … Avec un assez jolie fessier maintenant qu'il y repensait.
C'est peut être au bout de trois quarts d'heure qu'autre chose le tira de sa recherche de nouveautés et de distractions. Son ventre gargouillait. Se laver, se changer qu'importait cela ? Il n'y avait rien d’intéressant à le faire pour le moment … Du temps perdu. Mais un casse dalle par contre ! Voilà qui était bien plus intéressant dans l'esprit du milliardaire.
Pris d'une soudaine motivation il se dirigea directement à la cuisine la plus proche. Vaste salle à l'inox brillant et au bois rustique, il y trouva tout son bonheur dans l'immense frigo et dans le placard plus grand qu'une buanderie. Pain, beurre, jambon, frites au micro-onde et steak à peine brûler composèrent face à lui une assiette plus qu'alléchante à laquelle il s'attaqua de bon cœur, jusqu'à ce que son calme et sa tranquillité ne soit perturbée par un intruse à la voix de crécelle.
Sa protectrice était finalement bien plus intéressante dans ses pensées – apparemment idéalisée – qu'en face de lui. Même ses formes semblaient plus .. Enfin bref.


D'habitude j'évite de boire pendant les attentats. Ça me donne faim. Lâcha t-il encore une frite à la bouche un bon souvenir lié la phrase. D'un geste de la tête il désigna même une chaise libre à coté de lui alors que la super flic lui faisait ses adieux. Et là bizarrement un certain manque d'envie de la voire partir sonna dans la tête de Gregory. Comme si la chose sonnait fausse. Comme s'il n'avait pas encore vraiment imaginer devoir la lâcher. Il ne dit rien pendant quelques secondes. Fixant la femme sans réagir totalement pris par réflexion. Au final ça ne devait sûrement être qu'une passade, une nostalgie de ce grand moment d'aventure qu'avait été cette matinée. Si c'était bien l'attentat qui avait provoqué chez lui tout cet intérêt. Dans tout les cas il se sentit obligé de la remercier - à sa façon -

Vous êtes une véritable pécore ! Autoritaire, vulgaire et j'en passe. Mais dans tout les cas, je me suis trompé vous valez bien mieux qu'une livreuse de pizza. Vous savez quand même conduire un hélico.
Allez retournez chez vous. Vous êtes libre de votre fardeau.


Et c'est ainsi qu'ils se quittèrent …

****

… Pour mieux se revoir. En effet le lendemain de toute cette mésaventure, un mystérieux livreur Dominos martela la sonnette de l'agente d'élite qui devait encore prendre un repos bien mérité de si bon matin. Et pourtant il n'avait pas grand chose à donner. Ni un colis ou même une lettre. Mais bien un carton de quatre fromages encore chaud où l'on pouvait voir quelques mots d'écrits sur un papier cartonné accroché à la boîte.


Citation :


Je remercie toujours mieux à distance qu'en face.

411 Road en sortant d'Ashton. Les Écuries Horseman. Demandez Roy Sanders il vous expliquera tout mieux que moi. C'est le box 114 si je me souviens bien. Faites y attention je l'ai appelé Single-Malt.

Encore une fois merci.

Gregory Williams.

Ps 1 : Oui j'ai fais exprés de vous faire livrer à 7 heures du matin.

Ps 2 : Ah et on m'a appelé hier après-midi pour m'annoncer que je serais sous protection le temps de l'enquête. J'ai naturellement demandé à un peu de continuité et voilà comme par hasard que vous je vous attends demain à Pyramide Plaza à 9 heure. J'ai toujours ce que je veux Mlle Parker.

Ps 3 : Vous restez une pécore.


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L'assassin, l'enfoiré et la Texane [Andrea]

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