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La politique est une affaire de politesse | Jonas

 
Message posté : Sam 10 Sep 2016 - 23:00 Message
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« Vous ne semblez pas comprendre, madame, que la situation est d’une extrême gravité… Sans ce papier, vous n’avez aucun droit à résider sur le territoire. »

Solveig resta de marbre, fixant l’homme de son regard calme. Ses prunelles coulissèrent brièvement sur l’horloge murale, qui affichait péniblement onze heures et demie. Elle avait faim, elle avait faim et l’homme l’ennuyait autant qu’il était possible d’être ennuyée par un employé des services d’immigration. On l’avait convoquée pour lui signaler que certains papiers manquaient à son dossier et qu’il était envisageable qu’on la renvoie en Norvège. Des attestations, des certificats, ou que savait-elle encore ? De toute façon elle avait déjà oublié. Et de toute façon, elle ne repartirait pas, quoiqu’il arrive ; C’était ici que Lady Death avait besoin d’elle, c’était ici qu’elle demeurerait. Avec amertume, elle maudit la mystérieuse organisation du consort de la Porte-Mort, pas même capable de fournir des documents convenables. Puis elle se maudit elle-même, d’avoir voulu précipiter les choses, persuadée qu’elle ne se trouverait pas actuellement dans l’embarras si elle s’était elle-même occupée de se pourvoir de papiers américains. Un soupir franchit la barrière de ses lèvres. Les yeux de l’homme s’étrécirent jusqu’à n’être plus que deux fentes noires de rage.

« Ah ça vous fait soupirer ? Ses joues s’étaient empourprées, ses prunelles avaient viré au sang. Je vous ennuie peut-être ? Si vous voulez, je peux vous libérer et voir comment vous vous débrouillez sans carte verte. »
« Excusez-moi. Son ton glacial ne rehaussait que plus son accent à couper au couteau qui, quoiqu’elle parle un anglais parfait, trahissait largement ses origines scandinaves. Ce sont des papiers difficiles à obtenir, il faut du temps à l’administration norvégienne pour régler la situation. »
« Vous prenez ça à la légère ? Réalisez-vous que vous vous… »

Ses pensées s’étaient égarées. Oh ce n’était guère le jour pour planifier un tel rendez-vous, car la journée s’annonçait particulièrement longue pour la jeune femme. En vue des élections municipales qui avançaient à grands pas, Solveig avait été chaleureusement conviée à un gala organisé par l’un des candidats, un dénommé Gerald Wallace dont elle observait les inclinaisons politiques de loin. Il était le fer de lance d’une organisation apolitique qui se vouait à la régularisation du libre arbitre méta-humain, arguant que les supers devaient voir leurs actions limitées. Au regard de son environnement familial, ce n’était guère étonnant qu’elle soit invitée à un événement tel que celui-là, c’est pourquoi elle avait volontiers accepté d’y représenter son père. Joakim Dødbarn était un notable norvégien, à la tête d’une florissante entreprise immobilière et un ardent défenseur du OSTMEIR, le traité d’Oslo pour la Régulation de l’Identité Métahumaine. Quoi de plus normal que sa fille, résidente aux Etats-Unis, apporte son soutien au candidat prônant des idées similaires ? On aurait pu croire qu’elle s’en fichait, mais force était de constater que ce n’était pas le cas : moins de supers dans les rues, c’était moins de supers à se mettre en travers de la route de la Moisson.

« … vous et votre fille. Je pourrais vous faire quitter le pays d’un claquement de doigt. J’ai juste à signer ce papier et à l’envoyer aux bonnes personnes. » Elle sortit de ses pensées au moment où il lui mettait la feuille sous le nez. Elle la considéra un instant avant de tourner son regard, agacé, vers le visage de l’homme.
« C’est quoi ça ? Je dois signer ? Rétorqua-t-elle les sourcils froncés. Ecoutez, pour le moment je ne peux rien faire de plus. Allez en informer votre supérieur. Silence. Quoi, c’est pas vous le secrétaire ? » Ajouta-t-elle avec le tout à trac qui lui seyait tant.
« Je suis un agent fédéral ! » Rugit-il. Son virage vira au pourpre.

Aïe.

*
* *

Agent fédéral, pensa-t-elle avec amertume. Après avoir déposé sa coupe de champagne sur le plateau d’un serveur qui peinait à se faufiler parmi les invités, Solveig jeta un coup d’œil à l’écran de son téléphone. La soirée commençait tout juste, inaugurée après un discours plus qu’éloquent du candidat qui avait laissé place à une salve généreuse d’applaudissements. Ses partisans n’avaient pas lésiné sur les moyens pour faire du meeting un haut-lieu de Star City, et il n’y avait pas à douter que le gala soit essentiellement organisé pour récolter des fonds pour la campagne municipale – laquelle se trouvait loin d’être terminée, contrairement à ce qu’elle pensait de prime abord. Il fallait dire aussi que la prise d’otage qui avait eu lieu dans son quartier de campagne avait grandement fragilisé ses finances, mais avait d’autant plus légitimé son programme aux yeux de ses adhérents. Elle-même – ou plutôt son père – avait fait un gros chèque pour soutenir le projet de Gerald Wallace, et c’était pour représenter ce don qu’elle se trouvait dans une salle bondée, entourée d’individus qu’elle ne connaissait pas, qui la regardait d’un œil alourdi de questions et dont la moyenne d’âge frôlait la soixantaine.

Après quelques poignées de mains et de mots échangés auprès des rares personnes qu’elle reconnaissait, la jeune femme était allée s’installer dans un coin de la pièce – où elle avait décidé de passer le reste de sa soirée à siroter de l’excellent champagne en prêtant l’oreille aux racontars. Qui sait ce qu’il était possible d’apprendre ?
 
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Message posté : Lun 12 Sep 2016 - 12:41 Message
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Depuis qu'Heather n'était plus là, Jonas avait tendance à trouver les soirées de gala particulièrement ennuyantes. Il n'avait plus personne avec qui partager ses pensées à propos de telle ou telle personne et même si Casey, sa sœur cadette, se montrait particulièrement agréable, ce n'était pas la même chose. Cependant, arriver seul à ces soirées était souvent une mauvaise idée. Soit les gens s'imaginaient que vous étiez en froid avec votre famille et vous cuisinaient à ce sujet pendant toute la soirée, soit ils pensaient que vous étiez à la recherche de madame Cooper et entreprenaient d'essayer de vous refiler leur fille célibataire et désespérée. C'était pour cette raison qu'il avait un jour – ou plutôt un soir – opté pour sa mère en lui proposant de l'accompagner, mais après avoir constaté qu'elle se transformait en entremetteuse au contact de jeunes femmes dites « de bonne famille », le Cooper avait décidé que ce serait la seule et unique expérience du genre. Bien sûr, elle avait tenté de l'accompagner à nouveau, mais Jonas s'était montré ferme et elle avait fini par abandonner le combat. Évidemment, le fait de laisser sa mère seule chez eux ne l'enchantait pas ! Même s'il n'était pas pétris d'amour pour elle, elle restait sa mère et il n'avait pas envie de la rendre malheureuse, mais s'il devait choisir entre subir ses gênantes tentatives d'approche avec d'autres familles et la voir lui faire la tête quelques jours, il n'allait pas hésiter longtemps !

C'était pour cette raison que Jonas avait décidé de proposer à sa sœur cadette de l'accompagner. Les récents événements s'étant déroulés au Daily Herald alors qu'elle était présente, l'avaient grandement chamboulée et Jonas espérait bien que cette soirée lui changerait un peu les idées. Ce n'était pas tous les jours que des criminels reconnus attaquaient les locaux du quotidien avec autant de facilité, le trentenaire comprenait donc l'état d'esprit dans lequel sa sœur devait se trouver, même si lui-même se montrait plus distant par rapport à cette histoire.

Toujours est-il que la soirée était donnée en l'honneur de Gerald Wallace et même si Casey n'était pas aussi dévouée que les autres Cooper à la cause du CODE, elle avait appris à faire bonne figure et à donner l'illusion. Ainsi donc, la jeune femme avait enfilé une tenue parfaite pour l'occasion, alliant la simplicité – ce n'était pas une soirée où il fallait en mettre plein les yeux – à la modernité et arborait une belle robe dans les tons crème. Jonas quant à lui n'avait pas le problème typiquement féminin de devoir sélectionner la bonne toilette et avait simplement enfilé un costume de bonne facture qui présentait bien.

La soirée débuta donc par un discours de la part du candidat qui faisait visiblement l'unanimité, puis ensuite était venu le moment du serrage de main et des discussions plus ennuyantes. Casey n'aimait pas spécialement jouer la potiche en restant accrochée au bras de son frère jusqu'à ce que celui-ci considère qu'ils avaient rempli leur devoir et pouvaient s'en-aller, cependant elle se plia à ce rôle durant quelques longues – très longues – minutes. Un peu de changement sembla enfin possible lorsqu'elle aperçut non loin d'eux une jeune femme mince et aux traits visiblement slaves. Son regard s'attarda quelques temps sur elle avant qu'elle ne tire sur la manche de Jonas lorsqu'ils se retrouvèrent seuls :

« Qui est cette femme là-bas. » Elle la désigna d'un geste du menton et Jonas lui jeta un bref coup d’œil.
« Je crois que j'ai entendu parler d'elle. Enfin on m'a montré sa photo, du moins si c'est bien elle. » Un sourire ourla les lèvres de Casey.
« On essaye de te la refiler ? »
« Ne sois pas stupide, c'est un homme d'affaires qui connaît visiblement son père. Dødbarn je crois, un des pays de l'est. »
« Et la fille est mariée ? » Jonas la regarda avec lassitude.
« On s'en fiche, c'est sa famille qui nous intéresse, pas le reste. Je crois que son père a des idées qui collent parfaitement à celles du CODE, je me demande même s'il ne fait pas partie d'un mouvement de ce genre dans leur pays. »
« Allons donc la voir, elle est toute seule la pauvre ! »

Avant qu'il ne puisse lui expliquer que les gens cherchaient souvent à s'isoler lorsqu'ils n'avaient pas envie de parler aux autres, Casey avait déjà lâché son bras pour se diriger vers la jeune femme. Arborant un sourire agréable et sincère, la jeune femme se planta aux côtés de la demoiselle avant de lui tendre la main.

« Mademoiselle Dødbarn je crois ? Casey Cooper, je suis la sœur de l'éditeur du Daily Herald. » Jonas arrivait à ses côtés au même moment. « Que voilà justement ! » À son tour, le trentenaire offrit sa main à la norvégienne.
« Bonsoir, j’ai beaucoup entendu parler de vous, surtout depuis le début des campagnes pour les élections. » Les gens avaient tendance à glaner des voix partout où ils pouvaient. « Si on ne m'a pas raconté n'importe quoi, vous êtes visiblement une habituée des candidatures de ce genre ? »

Anti-Super et hostiles à tout ce qui représentait ce que le CODE méprisait en somme. Mais dans ce genre de soirée, il était primordial de ne jamais dire les choses aussi franchement.
 
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Message posté : Mer 14 Sep 2016 - 18:49 Message
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Solveig n’était guère friande de soirées du genre. Elle savait que c’était pourtant une partie intégrante de son éducation, et du rôle qu’elle avait à tenir tant dans le monde du dessus que dans celui du dessous. Mais c’était plus fort qu’elle ; Elle n’appréciait pas ce genre d’ambiance où le faste rivalisait du luxe, elle ne se sentait pas l’égale de ces hommes et ces femmes influents qu’elle voyait virevolter dans la salle, elle n’aimait pas le message qu’ils portaient. Et s’il ne s’était agi de son père, et s’il ne s’était agi de passer pour un citoyen normal, s’il n’avait pas été question de réputation et couverture, sans doute se serait-elle abstenue d’y participer. Car l’infuse-fiel ne se nullement concernée par la menace que représentaient les super. Nullement ? Ce n’était pas tout à fait vrai ; Etant elle-même une super, si elle avait dû se sentir visée par les propos tenus par le candidat conservatiste, elle voyait d’un trop bon œil la possibilité de voir les actions héroïques entraver les projets de la Moisson pour se permettre de rester dans l’ombre. Après tout, ne faisait-elle pas vraiment partie des seuls à pouvoir effectivement agir ?

Mais loin de ces considérations, son esprit divaguait, son regard se faisait lointain, observant les visages rieurs ou graves des invités alors que le flux des conversations lui parvenait par vagues indistinctes. C’était tout. Faire acte de présence, serrer quelques mains, échanger quelques mots avec l’homme de la soirée et partir, se faisant aussi discrète au départ qu’à l’arrivée. Une ombre traînant dans son sillage la promesse d’un don à plusieurs milliers de dollars. C’est ainsi perdue dans ses pensées qu’elle fut surprise par l’arrivée impromptue d’une femme qu’elle ne reconnut pas immédiatement. S’il était vrai que son air lui disait quelque chose – quelque chose de vague, à peine plus qu’une réminiscence – elle ne fut en mesure de pleinement la replacer que lorsqu’elle décida de se présenter. Casey Cooper… Cooper. Daily Herald. La famille était connue pour adhérer pleinement aux idées du CODE que supportait Gerald Wallace, et le journal était réputé pour son côté conservateur et ses prises de position très sévères sur les actions métahumaines.

Etonnement, ce n’était pas pour cela qu’elle s’y était intéressée de prime abord : il s’agissait avant tout d’un excellent quotidien dédié à l’économie et à la politique, deux domaines qui l’intéressaient particulièrement – même si elle se mettait tout juste à appréhender le modèle américain. Un sourire ourla la lippe de Solveig dont le visage, jusque-là morose, sembla soudain s’animer. Ses prunelles s’agitèrent d’une flamme intéressée, alors qu’elle tendait sa main libre pour serrer celle de Casey Cooper, puis celle de son frère.

« Jonas Cooper, je présume ? » Demanda-t-elle par pur acquis de conscience. Si ses souvenirs étaient exacts, Bruce Cooper était mort quelques mois auparavant dans un attentat. C’était son fils qui avait pris la tête du journal à sa suite. « Beaucoup entendu parler de moi ? Et dire que j’essayais de me faire discrète ! » Rit-elle.

Si on excluait le fait qu’elle commençait à travailler pour un journal important de Star City, avec son accent à couper au couteau, sa haute stature et la spécificité de ses traits scandinaves, il était peu probable qu’elle passe inaperçu. Et ce même si elle faisait tout pour. Comme se terrer dans le fin fond d’une salle bondée, en espérant que la soirée passe sans qu’on la remarque et qu’elle puisse retourner chez elle pour profiter de sa fille. Mais là encore, il n’avait pas fallu y compter. Son sourire s’élargit lorsque l’homme mentionna son habitude des mouvements politiques du genre.

« Vous êtes bien informés. » Elle marqua une pause, laissant son regard s’appesantir quelques instants dans celui de Jonas. « La Norvège a été adopté il y a plusieurs années de cela un projet de loi donc vous avez peut-être entendu parler, le OSTMEIR. Nous sommes les seuls en Europe à proposer un mode de contrôle de l’activité super. Résultat ? Les incidents liés à l’entreprise super ont été diminuées de presque 63%. Des résultats exceptionnels. » Les chiffres étaient exacts, s’il tenait à les vérifier de lui-même. Solveig ne pouvait pas le nier, la politique menée par le gouvernement avait été une réussite, même si elle avait été synonyme d’une perte d’une partie du libre-arbitre de plusieurs dizaines de super-héros actifs. Leur contrôle était désormais ultra-réglementé, tandis que l’action des individus jugés « sensibles » était tout simplement interdite. Et ce n’était pas seulement des vies humaines qui avaient été préservées, c’était aussi un projet qui représentait des milliards d’économies de couronnes norvégiennes. L’argent jusqu’alors réservé à la reconstruction était désormais alloué à la recherche et à l’éducation. « C’est pourquoi mon père a décidé de soutenir le projet de Gerald Wallace, nous savons le bien que ce genre de constitution peut apporter. »

Même s’il n’était en général pas bien vu qu’il y ait des financements étrangers, c’était techniquement Solveig qui fournissait l’argent, et elle disposait de papiers américains.

« Mais dites-moi monsieur Cooper, enchaîna-t-elle après avoir déglutit une gorgée de champagne, êtes-vous là en tant qu’éditeur du Daily Herald ou en tant que membre du CODE ? »


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Message posté : Ven 16 Sep 2016 - 12:14 Message
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Jonas ne fut pas spécialement surpris qu'apprendre qu'elle essayait de sa faire discrète : elle était nouvelle en ville et venait d'une famille qui était plus assimilable aux « méchants » de Star City qu'aux défenseurs des Supers ! Inutile de préciser que dans une mégalopole où les individus de ce type étaient portés aux nues, les gens comme la norvégienne n'étaient pas forcément les bienvenus. Au-delà de cela, il y avait aussi le fait que malgré les multiples origines des habitants du continent, la plupart des citoyens des États-Unis d'Amérique étaient racistes. Surtout à l'égard des européens. Alors, oui, elle était peut-être un peu trop blonde et trop hostile aux Supers pour pouvoir parfaitement s'intégrer dans la masse et cela justifiait amplement son désir de discrétion.
Mais ce soir, elle était plus ou moins entourée d'amis, même s'il était évident que de simples idéaux politiques n'allaient pas lui remplir son carnet d'adresse.

Toujours est-il que le rapide discours qu'elle lui tint avait de quoi impressionner ! Jonas n'avait jamais douté qu'une réglementation des Supers rendrait la vie de tout le monde plus agréable et plus sécurisée, malheureusement il savait aussi que c'était un avis que la majorité des habitants de cette planète étaient loin de partager ! Les collants et les capes étaient visiblement plus seyants qu'un costard de politicien. Cependant, Jonas ne pouvait pas vraiment leur en vouloir : lui-même avait parfois du mal à adhérer au comportement ou au style d'un candidat alors qu'ils étaient du même côté. Fort heureusement, dans le cas de Gerald Wallace, c'était plutôt positif : le candidat semblait prêt à gagner le titre de maire. Et dans le pire des cas, peut-être que Lilian Holland s'en sortirait mieux ?

Lorsqu'elle reprit la parole pour l'interroger sur sa présence, Jonas commença par hausser légèrement les épaules. Son regard se détourna brièvement de la demoiselle pour se promener sur les environs avant qu'il ne réponde en reposant ses prunelles sur son minois.

« Un peu des deux je dirais. Le Daily Herald soutient la candidature de monsieur Wallace et en tant que membre du CODE je le fais aussi, forcément. » C'était plus ou moins leur candidat officiel après tout. « Disons que l'orientation politique du journal a été décidée par feu mon père et que j'ai décidé de la conserver pour des raisons évidentes. Qui plus est, si vous avez un peu entendu parler du Herald, vous devez savoir que son programme correspond parfaitement à ce que nous suggérons comme solutions pour réduire le nombre de dommages collatéraux que subissent les habitants de Star City. »

Il pouvait avoir l'air de réciter un discours préparé, mais la vérité c'était qu'il se contentait de parler normalement. Les années passées à subir les explications et les remontrances de son géniteur avaient fini par le pousser à parler pratiquement comme un politicien. Et c'était d'ailleurs ce que beaucoup de monde lui reprochait, mais il n'allait pas changer sa manière d'être simplement pour leur faire plaisir, non ? Surtout que Bruce l'avait élevé de la sorte pour le préparer au rôle qui serait le sien – ce qui faisait très religieux d'un certain point de vue !

Casey esquissa un sourire amusé. Elle n'était pas très friande des réunions politiques comme elle les appelait, mais cela lui permettait tout de même de sortir un peu pour prendre l'air. La trentenaire sirota tranquillement son verre, saluant de temps en temps les personnes qui passaient non loin, pendant que Jonas reprenait la parole du même ton calme.

« Je dois vous avouer que je ne suis pas un spécialiste en politique européenne. Je savais que la Norvège était en avance sur nous par rapport à la réglementation des Supers, mais je n'avais pas les chiffres en tête. Cependant, je suis certain que monsieur Wallace si. » Il aimait appuyer son discours sur des faits avérés. « Est-ce la raison de votre présence à Star City ? Le fait que vous souhaitiez être discrète m'a poussé à penser que vous aviez peut-être envie d'éviter de trop être remarquée par les opposants, mais je peux totalement me tromper. » Il haussa les épaules. « Enfin, je ne veux pas avoir l'air trop indiscret, si vous préférez garder ça pour vous, il suffit de le dire. » Casey rigola légèrement.
« Il a l'habitude d'être remballé ! » Elle haussa les épaules lorsque Jonas la regarda. « Et sinon mademoiselle Dødbarn, votre mari est dans les environs ? »

Une question assez peu discrète pour se renseigner sur son éventuel célibat, qui lui valut d'ailleurs un nouveau regard lourd de sens de la part de son frère !
 
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Message posté : Mar 20 Sep 2016 - 23:50 Message
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Au sein d’une soirée qui s’annonçait particulièrement acrimonieuse, la présence de Jonas Cooper s’avéra une agréable surprise. Un vent d’air frais. Et ce n’était pas seulement parce que sa sœur et lui étaient de trente ans en-deçà de la moyenne d’âge des invités de Gerald Wallace ! C’était parce qu’il était intéressant ; Intéressant par les idées qu’il portait, intéressant par son statut social, intéressant par le média qu’il éditait et qui, elle le savait, était fortement suivi… Et tout aussi influent. Finalement, passer la soirée en sa compagnie était plus agréable que de se terrer dans le creux d’un meeting, à siroter des petits fours et descendre du champagne. Ou l’inverse.

« Oui, en effet je connais le journal pour l’avoir feuilleté à plusieurs reprises. Mon père m’a très tôt initié aux arcanes de la finance, même si j’ai plutôt laissé ça à mon frère cadet. Elle marqua une pause, déglutissant une gorgée de champagne. J’y avais plus ou moins décelé une directive politico-éditoriale, même s’il est parfois difficile de lire entre les lignes. »

Bon, il fallait avouer que le Daily Herald ne cachait guère son alignement à l’égard des organismes agissant aux côtés des supers. L’UNISON, et son homologue en collants, étaient des cibles privilégiées, ce qui n’était pas pour lui déplaire ! Si elle partageait leurs idées, c’était surtout parce qu’elle y voyait l’opportunité de limiter les actions des super-héros, lesquels avaient une fâcheuse tendance à se mettre en travers de la route de l’organisation mortifère qu’elle servait. Une mesure comme l’OSTMEIR n’aurait aucune répercussion pour la Moisson, en ce qu’ils travaillaient déjà dans l’illégalité. Mais ne plus avoir à se soucier de la Légion serait une aubaine pour diversifier leurs actions.

« C’est très probable ! Ce genre de gala ne réunit pas des notables pour le plaisir de leur présence… Sinon je ne serais pas là, ajouta-t-elle sur le ton de la confidence, alors qu’un sourire amusé ourlait ses lèvres. Alcool ou aisance, sa langue s’en trouvait particulièrement déliée. Oui et non, répondit-elle à sa question. Disons que c’est la raison de ma présence en ces lieux mais je réside aux États-Unis depuis le début de l’année. Mutation professionnelle. »

Ce n’était qu’un demi-mensonge. En réalité, elle était venue à la demande de Lady Death, après leur rencontre et lorsqu’il s’était avéré que la Moisson avait retrouvé des bases solides. Bien sûr, il avait fallu construire une raison pour justifier sa présence sur le sol américain et le travail s’était naturellement imposé comme un motif valable. C’était l’excuse qu’elle fournissait de façon systématique – par soucis de cohérence.

« Mais vous marquez un point, plus je me fondrai dans le paysage, mieux ce sera. Elle se pencha doucement vers son interlocuteur. Le climat n’est pas des plus propice depuis le début des élections, alors mieux vaut éviter de laisser sous-entendre qu’on soutient ce genre de programme. Notamment à cause de mon métier, l’entreprise dans laquelle je travaille se trouve plutôt de l’autre côté de la barrière, si vous voyez ce que je veux dire. »

La plupart des journaux avaient des opinions très tranchées sur la question des supers, et la plupart étaient ouvertement en faveur de ce fléau de la société qu’ils représentaient. À dire vrai, elle n’était même pas certaine de pouvoir citer un autre journal que le Herald qui soit contre le système d’auto-justice qui sévissait dans les rues de Star City au nez et à la barbe des autorités compétentes. Au-delà de ses propres desseins, elle trouvait le système dangereux pour les dérives qu’il pouvait occasionner. Peut-être que si elle avait été une citoyenne lambda, elle se serait inquiétée, elle aurait milité aux côtés des membres du CODE. Peut-être même de Normality. Mais elle se devait de faire profil bas.

« Oh ! Je ne suis pas mariée, s’exclama-t-elle. Enfin, je l’ai été, mais nous avons divorcé il y a de ça quelques années. » Ce qui lui semblait être une éternité. S’il n’y avait plus de manque, la tendresse de son ex-mari lui manquait parfois mais elle savait que ç’avait été un mal nécessaire. « Mon métier n’est pas des plus… Comment dire… Compatible avec une vie de couple. Je suis correspondante de guerre. Les déplacements, ce genre de choses. » Une rougeur irradia doucement ses joues.

Ou peut-être était-ce son appartenance à une organisation qui les mettait tous les deux en danger ? Oui, bien entendu. Si elle avait pu, elle aurait aussi tenu sa fille en-dehors du système, elle lui aurait offert une vie normale, elle l’aurait confiée à son père. Il l’aurait élevée, et elle n’aurait jamais eu la crainte de voir sa vie bouleversée. Si elle avait pu. Mais Anja avait un destin, et son destin était de reprendre le flambeau de sa mère lorsqu’elle quitterait ce monde. Elle en avait fait le serment, et rien ne comptait plus à ses yeux que les serments.
 
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Message posté : Mer 21 Sep 2016 - 13:29 Message
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Jonas ne fut pas très surpris de l'entendre dire qu'elle avait laissé les finances à son frère cadet, il imaginait assez aisément le père de la jeune femme ressembler à Bruce Cooper et jamais ce dernier n'aurait accepté que ses filles, aussi intelligentes soient-elles, puissent se mêler des affaires de ce genre. Cependant, si elle se trouvait ici, c'était certainement la preuve que son père lui faisait totalement confiance, ce qui n'était pas vraiment le cas de Bruce avec ses filles. Peut-être que les norvégiens étaient plus en avance sur ce plan ?

Il l'observa en silence alors qu'elle répondait à sa remarque sur sa présence ici et il ne put s'empêcher de sourire d'un air amusé. Lui aussi n'aurait pas été là s'il n'avait pas été question de politique ! Mais c'était assez rare de croiser quelqu'un qui admettait aussi facilement ce genre de choses. Toujours est-il que la situation de la jeune femme semblait assez commune : une mutation professionnelle, une nouvelle vie à débuter, un peu comme lui-même après la mort de son père, sauf qu'il n'avait pas eu à changer de pays. Quelque chose qui n'était pas facile à appréhender, mais la norvégienne semblait plutôt bien le prendre, à moins que son air détendu ne soit qu'une façade ? Jonas devait avouer qu'il était intrigué par cette histoire, surtout qu'elle semblait mettre en avant le fait que ses employeurs étaient plutôt à l'opposé de ses idéaux. Ce n'était pas banal et cela ne devait pas être très facile à vivre tous les jours non plus, autant dire qu'il n'aurait pas aimé être à sa place !

Casey scrutait la jeune norvégienne d'un regard intéressé et un sourire plus sincère ourla ses lèvres lorsqu'elle entendit parler d'un divorce. Ce n'était pas franchement l'expression normale face à une telle annonce, mais Jonas espérait que leur interlocutrice mettre cela sur le fait qu'elle donnait l'air de bien le prendre et d'avoir fait son deuil. Avant que sa cadette ne s'amuse à exercer ses talents – discutables – d'entremetteuse, le trentenaire répondit :

« Il est souvent difficile de coupler une vie privée épanouie avec un travail prenant. En tous les cas, il semblerait que ce soit un problème récurent dans le milieu des affaires. » Même si elle avait dit qu'elle n'y travaillait pas. « Et j'imagine effectivement qu'avec un tel emploi, vous devez passer plus de temps sur le terrain que chez vous. Tout le monde ne peut pas se satisfaire de rentrer chez soi le soir et ne pas y trouver toute sa famille. » Il haussa les épaules. « L'essentiel c'est que vous trouviez ce qui vous convient. »

Il se garda de préciser que tout le monde n'était pas fait pour la vie de couple, ou elle risquait bien de penser qu'il militait aussi contre le mariage et les enfants ! Il était vrai que tous les Cooper actuels étaient célibataires ou veufs, donc autant dire qu'ils n'étaient pas le meilleur exemple qui soit dans ce cas de figure. Préférant revenir sur un sujet moins personnel – et stopper les tentatives de Casey – le trentenaire embraya assez rapidement sur la suite :

« Vous venez de dire que vous êtes correspondante de guerre, mais que votre entreprise est plutôt à l'opposé de vos idéaux... vous travaillez pour le Daily Star ? Ou un autre quotidien de ce type ? Je vous avoue que je suis plus qualifié en journalisme économique ou politique que dans le reste comme vous l'avez deviné. » Il faisait référence à son ressenti par rapport au Herald. « J'imagine que ça ne doit pas être un emploi facile à vivre et à appréhender. »

La guerre n'avait rien de réjouissant et même si le Daily Herald devait parfois parler des catastrophes qui causaient des morts, cela n'avait strictement rien à voir avec la situation dans laquelle la jeune femme devait se retrouver lorsqu'elle partait en mission dans un pays en guerre. Le trentenaire n'avait rien d'un soldat ou d'un homme de terrain, ce n'était pas son éducation donc autant dire qu'il avait du mal à imaginer ce qu'elle devait vivre. Soit dit en passant, Jonas était d'ailleurs assez étonné d'apprendre qu'elle était de cet acabit : elle n'avait pas vraiment le style d'une femme de terrain dans cette tenue-là. Mais tout devait être une histoire de contexte.
Toujours attentif, il reprit la parole :

« Et vous êtes venue à Star City pour votre travail alors ? C'est une étape en attendant d'aller sur le terrain dans un autre pays, ou vous êtes sur les reportages concernant les Supers ? Je ne voyais pas ça comme une histoire de guerre, mais sait-on jamais.... » Il eut un sourire amusé. « D'ailleurs, vous ne craignez pas que votre présence ici puisse vous causer du tort si vous ne tenez pas à attirer l'attention ? Si ça vous arrange, vous pouvez toujours nous jeter le contenu de votre verre au visage avant de partir, ça vous fera gagner en popularité auprès de nos détracteurs. »

Il n'avait pas vraiment sérieux et espérait simplement qu'elle ne prendrait pas cette remarque au pied de la lettre, bien que ce serait assez original comme conclusion pour une première conversation !
 
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Message posté : Jeu 22 Sep 2016 - 15:08 Message
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Jonas semblait comprendre son point de vue sur la vie de famille. Peut-être était-il ou avait-il été dans le même cas ? Comme il l’avait relevé, ce n’était pas rare qu’un travail prenant – en particulier dans ce genre de domaine – ne soit pas adéquat pour mener une vie de famille au sens traditionnel du terme. Et le moins qu’on puisse dire, c’est que sa famille n’avait rien de traditionnel. Superficiellement, on pouvait penser qu’il s’agissait du modèle type de la famille bourgeoise, mais lorsqu’on grattait un peu la surface, on réalisait rapidement que la réalité était bien différente. Fort heureusement, peu de personne étaient aptes à regarder derrière le voile, ce qui leur permettait de conserver une image trompeuse mais intacte.

Elle l’observa rebondir sur sa réponse et un sourire léger ourlait ses lèvres. Étonnamment, elle prenait un certain plaisir à converser avec lui et – dans une moindre mesure – avec sa sœur cadette. Le courant semblait bien passer même si elle savait qu’il ne s’agissait probablement que d’une façade. Destinée à en apprendre plus ? Il n’était pas impossible qu’il l’ait simplement interpellée pour entamer la discussion – et au vu de l’animation de la soirée, ç’eut été compréhensible – mais comme elle l’avait relevé, les invités n’étaient pas là pour le plaisir de la compagnie de l’autre. Souvent, il y avait autre chose et même si, la plupart du temps, c’était des détails anodins, il y avait ces quelques fois où l’intérêt était motivé par un but bien plus grave, et bien plus troublant. Mais loin de ces considérations, Solveig continuait de darder avec attention le trentenaire, sirotant de temps en temps son champagne – lequel commençait à atteindre des niveaux dangereusement bas – et picorant des amuse-gueules lorsqu’ils passaient à sa portée.

« Oui, c’est assez récurrent, confirma-t-elle. Disons que j’ai pas mal d’exemple, dans mon entourage… Mais lorsque ça devient douloureux pour les deux, il vaut mieux savoir tourner la page. Après je ne dis pas que ça ne me manque pas, ce serait un mensonge. Mais c’est ainsi. » Conclut-elle d’un air qui n’avait pourtant rien de défaitiste.

Un sourire nostalgique ourla ses lèvres, celui-là le plus sincère du monde. Oui, avoir quelqu’un à ses côtés lui manquait, car il n’y avait rien de pire que la solitude. Bien sûr, elle avait sa fille, sa famille même si elle se trouvait loin, et elle avait trouvé dans l’organisation qu’elle servait un foyer de substitution. Et même si son travail, ou plutôt ses travaux, occupaient tout son temps, elle aimerait parfois pouvoir rentrer chez elle et savoir la présence d’un être aimé à ses côtés. D’un soutien.
D’un refuge.

« J’ai été récemment embauchée par le WCOC. Ils sont moins orientés que le Daily Star, mais certains de leurs plus éminents journalistes ont des inclinations pour le moins marquées. » Comme Amy Davis qui, si elle n’approuvait pas ses idées, était reconnue par la norvégienne pour ses qualités professionnelles. « Oui, ce n’est pas facile tous les jours. Elle s’arrêta quelques instants, l’air grave. Étonnement, on pourrait croire que la difficulté vient du fait de survivre dans un danger constant. En réalité, c’est d’être confronté à la nature humaine. »

Elle secoua doucement la tête, comme pour désapprouver en silence les conflits qui souillaient les sols d’Afrique et du Moyen-Orient. Sans parler des autres. L’Homme était un monstre, un monstre portant un masque de civilisation ; C’est pourquoi elle n’avait aucune culpabilité à aller contre sa prolifération. Les morts se nourrissent des vivants, les vivants détruisaient les morts. C’était grâce cet équilibre que la vie proliférait et elle était fière de pouvoir agir dans ce sens. Néanmoins, elle changea rapidement de sujet pour rebondir sur les questions qu’il lui avait posé.

« Je n’oserais pas salir votre costume, rétorqua-t-elle dans un éclat de rire. En plus tout le monde nous regarderait, on penserait à une rupture et… Nous ne voulons pas faire la une des tabloïds, n’est-ce pas ? Mais merci de la proposition, j’en prends bonne note, finit-elle de glisser dans une œillade amusée. Regagnant son sérieux, elle lui répondit néanmoins : Mais non, je ne suis pas venue ici pour les Supers. Disons que j’ai eu une opportunité en or et que je l’ai saisie. C’est d’autant plus vrai que ça me permet de jeter un œil aux affaires de mon père aux Etats-Unis et je pense que vivre à l’étranger peut être une expérience importante pour ma fille. Alors je prévois de rester quelques années, peut-être plus. »

Peut-être qu’elle y restera jusqu’à la fin de ses jours – à plus ou moins long terme. Peut-être qu’elle quittera le pays parce que Lady Death nécessitera sa présence ailleurs. Peut-être qu’elle retournera en Norvège. Elle n’en avait vraiment aucune idée pour l’heure, mais sa situation était plus que correcte, son salaire plus que conséquent, et la disposition de Gallows End et d’Erehwon lui permettait d’intervenir pratiquement aux quatre coins du globe.

Autant dire qu’il y avait peu de chance qu’elle quitte un jour le sol américain.
 
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Message posté : Jeu 22 Sep 2016 - 21:20 Message
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Tout le monde pouvait regretter certaines décisions, mais l'essentiel était qu'il y ait davantage de côtés « pour » que de « contre » et cela semblait être le cas dans la décision de la norvégienne. Jonas la comprenait amplement pour la bonne et simple raison que lui-même avait mis fin à une relation très prenante – et quasiment vitale. Ce n'était pas une histoire d'amour, ou alors sur le plan fraternel vu qu'il s'agissait de sa sœur jumelle, mais selon lui, la situation était la même. Il regrettait souvent sa décision lorsqu'il rentrait chez lui après une longue journée et que sa sœur n'était plus là pour l'accueillir et lui raconter sa journée, tout comme il regrettait de ne plus avoir ses soirées juste avec elle. Un vide parfois difficile à accepter, mais qui était nécessaire pour le bien-être de tout le monde et Jonas était convaincu que Solveig devait penser la même chose de son côté.

« Si toutes les décisions étaient faciles à prendre, ça se saurait. Il y aura toujours des bons et des mauvais côtés, l'essentiel étant que vous vous sentiez mieux dans cette situation-là qu'auparavant. C'est le signe que vous avez fait le bon choix. Enfin, je vois les choses de la sorte. »

Peut-être qu'elle le prendrait pour un type bizarre, mais Jonas s'en fichait. Le fait était qu'il avait pris une décision qui avait choqué plus d'une personne, dont sa sœur de sa mère, mais qu'il ne le regrettait pas. Pas trop. Il était certain que la jeune femme devait avoir vécu la même chose : l'incompréhension de ses proches, les gens qui cherchaient à la faire changer d'avis... etc. Mais elle avait tenu bon vu qu'elle était devant eux, signe qu'ils devaient avoir affaire à une femme de caractère !

Elle le démontra en expliquant qu'elle avait été embauchée par le WCOC et qu'elle semblait prête à se battre pour sa place. Ou c'était ainsi que Jonas interprétait ses paroles : on s'engageait rarement dans une telle carrière et dans une telle société sans avoir envie d'être reconnu pour son travail ! Mais peut-être qu'il présumait de ses objectifs ? Au fond, ce n'était pas si important vu qu'il était peu probable qu'elle soit intéressée par un poste au Daily Herald étant donné qu'ils n'étaient pas vraiment axés sur la guerre, donc ses objectifs ne le regardaient pas vraiment.

« Je présume que vous faites référence à Amy Davis ? Je l'ai croisée à quelques reprises, mais il est vrai qu'elle a tendance a beaucoup orienter ses reportages. Comme tout le monde, j'imagine qu'il est impossible de se montrer totalement objectif, même si je déplore qu'elle ne se penche pas pour regarder de l'autre côté de la barrière de temps en temps. » Ses paroles n'étaient pas amères cela dit. « Cela dit, je vous crois sur parole, la nature humaine peut parfois décourager. Sauf si vous avez la chance de tomber sur ces rares personnes qui sont foncièrement bonnes. Même si elles deviennent de plus en plus rares, malheureusement. Je vous souhaite bon courage en tous les cas. »

Lui-même ne se considérait pas comme quelqu'un de fondamentalement « bon », au contraire même. Il n'avait pas hésité à renseigner un groupe extrémiste pour leur donner l'occasion de tuer l'individu qui nuisait à sa famille, tout en sachant parfaitement que d'autres personnes – innocentes elles – seraient prises dans cette vengeance. Non, Jonas Cooper n'avait rien d'une bonne personne, il était même tout l'opposé !

Lorsqu'elle reprit la parole pour parler des bienfaits qu'un changement de pays pourraient avoir, il fut étonné de l'entendre parler d'une fille. Elle avait parlé d'un divorce, mais il n'avait pas songé qu'elle pouvait avoir un enfant à charge. C'était assez surprenant que le père laisse sa fille partir dans un autre pays sans se plaindre de ne pas avoir droit de la garder tous les deux week-ends ! Sauf si le divorce avait été prononcé à cause de maltraitances, allez savoir. Avant qu'il ne puisse répondre, Casey intervenait déjà :

« Votre fille ? Oh, je n'avais pas compris que vous étiez mère. Quel âge a-t-elle ? Sans indiscrétion. Ne vous sentez pas obligée de répondre si vous ne voulez pas, mais j'ai toujours adoré les enfants et il y en a si peu dans mon entourage, ce n'est pas avec mon frère que je vais pouvoir en parler. » Le ton n'était pas hostile cela dit, mais plutôt taquin.
« Tu n'as qu'à t'inscrire sur un club de rencontre, peut-être que tu auras l'occasion d'en élever dans quelques années. »
« Très drôle. » Il reporta son regard sur la journaliste.
« J'ai cru comprendre que la Norvège et la Suède avaient d'excellents systèmes éducatifs, j'imagine que ça doit être assez déstabilisant pour elle, non ? Mais vous avez raison, changer de pays ne peut faire que du bien. Qui plus est, l'Amérique est un tel melting-pot que vous visiterez le monde sans sortir de la ville ! » Chose qui ne le dérangeait pas, bien au contraire. « Et si vous vous installez pour quelques années, vous envisagerez de participer plus activement à la politique suivant le maire qui sera élu ? » Il esquissa un sourire. « Ce n'est pas une question piège je vous rassure, mais de la simple curiosité. »

Ce qui était la pure vérité !
 
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Message posté : Ven 23 Sep 2016 - 17:17 Message
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Solveig n’avait pas pris le soin de répondre à l’américain quant à ses décisions personnelles. Tout avait été dit ; elle savait qu’elle avait fait le meilleur choix pour sa fille, pour elle, pour sa carrière et pour la Moisson. Bien sûr, elle se gardait bien de préciser ce dernier point, se contentant d’approuver les propos de son interlocuteur d’un signe de tête, qu’illustrait un sourire en coin entendu. Puis il y avait cet éclat dans son regard ne laissait que peu de doute. Oui, maintenant elle en était certaine : Jonas avait vécu quelque chose de similaire. Loin d’elle l’idée de lui faire ressasser d’éventuels mauvais souvenirs. Elle préféra changer de sujet.

« En effet, c’était elle que j’avais en tête. Elle sourit. Après loin de moi l’idée de remettre en question ses capacités, c’est une journaliste très compétente. Notre avis diverge seulement sur cette question. Mais bon, chacun est libre de penser ce qu’il veut après tout ! »

C’était un fait et, au fond, Solveig ne jugeait personne. Elle jugeait simplement que son avis prévalait sur celui des autres, ce qui était fondamentalement différent ! Ceci dit, la conscience professionnelle de la jeune femme ne pouvait qu’approuver les dires de de l’éditeur du Daily Herald ; Certes, l’impartialité absolue était un fantasme, elle n’existait que dans l’esprit des penseurs. Qui pouvait se targuer d’être parfaitement objectif ? C’était triste à dire, car relater l’information avec objectivité était le propre du journalisme, mais elle-même devait l’admettre : on n’était jamais parfaitement neutre.

La conversation repartit sur un ton plus léger qui laissa à la norvégienne apprécier le verbe de son interlocuteur. Elle ne manqua pas d’être amusée de voir que la jeune sœur de Jonas n’avait pas manqué l’occasion de rebondir sur le sujet de sa fille.

« Ne vous inquiétez pas, rassura-t-elle Casey. Solveig n’avait aucun mal à parler de sa fille dans le civil, bien au contraire. Être mère était l’un de ses plus grands accomplissements et l’enfant était sa fierté. Anja aura quatre ans en octobre prochain. Puis, elle ajouta, se tournant vers Jonas : du coup elle n’est pas encore entrée dans le système scolaire. Bien sûr c’est un nouveau pays alors c’est forcément un nouvel environnement, une nouvelle langue, mais bon à cet âge-là les enfants sont très adaptables. »

Bien sûr, certains changements étaient plus marquants que d’autres. Aussi n’était-il par rare que sa fille la questionne à propos de son père, ou éprouve un manque à ne plus l’avoir dans son entourage. Après leur divorce, c’était Solveig qui avait eu la garde de l’enfant – étant issue d’un milieu social plus propice à son bon développement. Puis elle était partie aux Etats-Unis en lui assurant qu’il l’aurait pendant les vacances, et il avait accepté même si cela l’obligeait à tracer un trait sur ses droits de visite sur Anja. Sauf s’il était prêt à payer un billet d’avion le prix fort !

Parfois, Solveig culpabilisait d’avoir arrachée sa fille à son père. Mais comme l’avait si bien relevé Jonas, toutes les décisions n’étaient pas simples à prendre et la norvégienne savait qu’elle avait fait le bon choix. Lorsque vint la question de ses choix politiques, la jeune femme prit quelques instants pour réfléchir à sa réponse, essayant de se considérer la plus neutre possible.

« C’est possible oui. Si des mesures sont prises et qu’il ne s’agit pas simplement de langue de bois, bien entendu, précisa-t-elle après une courte pause. Cela impliquerait donc que le climat soit plus favorable aux individus qui portent des idées comme les notre, parce qu’à l’heure actuelle… Je n’ai pas envie de mettre ma carrière tout juste naissante en péril. »

Elle avait appuyé ses propos d’un regard évocateur. Les Etats-Unis ne fonctionnaient pas de la même manière que l’Europe, et il était souvent mal vu d’afficher ouvertement ses idées politiques au sein de son entreprise. Le modèle consumériste avait aussi eu la lourde tâche de délester les employés de leurs acquis sociaux, et il était devenu aussi simple de mettre fin à contrat que d’arracher les ailes d’un insecte pour l’empêcher de voler. Or, la jeune femme avait besoin de voler pour continuer à pourvoir au bien-être de sa fille.

« C’est déjà assez compliqué de se faire une place aux Etats-Unis quand on vient d’Europe. Et puis – au risque de paraître égoïste – dans un milieu comme le journalisme, c’est important d’avoir des relations. Quoi de mieux que de les piocher dans le milieu politique ? Elle s’arrêta quelques instants, comme prenant conscience de la rudesse de ses propos. Faussement gênée, elle éclata d’un rire nerveux parfaitement maîtrisé. Pour quoi je passe ? Vous devez me prendre pour une arriviste ! »

Elle n’y avait jamais vraiment songé, mais au vu de ce qu’elle disait depuis leur entrevue, c’était ce pourquoi elle devait passer. Au fond, ce n’était pas entièrement faux mais la norvégienne n’avait encore jamais envisagé les choses de cette façon-là.
 
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Message posté : Ven 23 Sep 2016 - 21:56 Message
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« Tout à fait. Que son avis soit contraire au mien ne me donne pas de raison pour dénigrer son travail. Prétendre qu'elle ne mérite pas sa célébrité et sa réputation serait faire preuve de mauvaise foi. »

Et même si Jonas avait beaucoup de défauts, la mauvaise foi n’en faisait pas partie. Il avait toujours admis la compétence de ses « adversaires », qu'ils soient journalistes ou Super. Le Commander était un parfait exemple : Jonas admettait sans mal qu'il était compétent et doué dans son rôle de protecteur, mais sans officialisation il se classait dans la catégorie des personnes qu'il ne pouvait pas apprécier.

La discussion reprit à propos de la fille de la norvégienne et un sourire conquit ourla les lèvres de Casey. Cette dernière avait toujours apprécié les enfants, même si elle ne participait pas énormément aux galas de charité pour les orphelins, préférant se rendre sur place pour proposer son aide. Si la fameuse Anja avait été ici, Jonas était convaincu que la demoiselle serait partie s'occuper d'elle et aurait suggéré à sa mère de la lui confier pour la soirée histoire de se changer les idées. Mais en l'absence d'enfant sur lequel passer ses envies de maternité, Casey se débrouillait comme elle pouvait : en discutant avec la mère !

« Anja, c'est un très joli prénom. Et quatre ans, j'imagine que ce doit être la meilleure période ! Je trouve que c'est une bonne chose que vous l'ayez gardée avec vous jusqu'à cet âge, les enfants qui vont trop vite à l'école doivent ressentir un manque je pense. »
« Je pense plutôt que ça leur permet de s'adapter rapidement à la vie en société. Comme mademoiselle Dødbarn le souligne : ils sont très adaptables. » Casey le dévisagea comme s'il venait de dire une horreur.
« Je ne pourrais pas me séparer de mon enfant aussi tôt ! C'est horrible. »
« Je suis sûre que tu les garderais jusqu'à leur majorité auprès de toi. » La jeune femme haussa les épaules.
« Vous avez raison, ils sont très adaptables, mais j'imagine que vous devez aussi être soulagée de l'avoir avec vous. »

Elle faisait référence au fait qu'elle venait de changer littéralement de lieu de vie, d'environnement et très certainement d'amis vu que ces derniers ne vivaient plus dans la même ville qu'elle. Ni sur le même continent en vérité. Cela dit, Jonas estima que sa sœur devenait un peu trop indiscrète, ce qui arrivait souvent lorsqu'elle se liait d'affection pour quelqu'un. Le fait que la norvégienne soit mère de famille, orientée comme eux sur le plan politique et surtout, approximativement du même âge que Casey poussait cette dernière à la voir comme une éventuelle amie. Parfois, Jonas se disait que sa sœur était beaucoup trop naïve pour appartenir aux Cooper : elle risquait de souffrir beaucoup.
Quoi qu'il en soit, le trentenaire préféra répondre aux autres questions de la jeune femme :

« Vous avez raison, il est inutile de ruiner vos chances de pointer dans le journalisme de guerre à cause de belles paroles d'un candidat qui ne mettra rien en pratique. C'est en partie pour cette raison que je n'ai pas soutenu officiellement un candidat : plusieurs me semblent prometteurs et je ne veux pas que mon aide perde sa crédibilité si mon favoris n'est pas élu. » Ce qui pouvait lui donner l'air d'un profiteur qui mangeait à tous les râteliers, mais ce n'était pas le cas. « Alors, ne vous inquiétez pas, je ne vous prends pas pour une arriviste, bien au contraire. De nos jours, on ne devient rien sans bonnes relations. C'était valable il y a une trentaine d'années et mon père l'a prouvé, mais à l'heure actuelle je crains que sans vous montrer prudente et habile dans la sélection de vos relations, vous ne vous compliquiez grandement la tâche. »

Lui-même n'avait pas trop eu l'occasion de choisir ce qu'il voulait faire puisque son géniteur avait d'ores et déjà tracé la voie des Cooper, mais s'il avait été dans le cas de la jeune femme face à lui, il aurait très certainement agi avec plus de prudence. C'était toujours bon de ne pas être connu comme le loup blanc après tout ! Loin de lui sembler mesquine ou profiteuse, il trouvait plutôt que la norvégienne était intelligente.

« Je vous proposerais bien mon aide ou mon soutien, mais je crains qu'il ne vous porte plus préjudice qu'autre chose, malheureusement. En tous les cas, si un jour vous avez besoin d'informations ou d'un coup de pouce, vous n'aurez qu'à me passer un coup de téléphone. J'ai pas mal de contacts à travers le monde et en Amérique, ça pourrait vous aider pour vos débuts ici. » Il esquissa un sourire. « Et personne ne saura qui vous a aidé. »
 
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Message posté : Dim 25 Sep 2016 - 13:16 Message
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Solveig avait incliné la tête d’un air d’approbation, tandis qu’elle déglutissait le fond de sa coupe de champagne. Oui, Amy Davis était une journaliste compétente, et la norvégienne appréciait sans aucun doute de travailler avec elle. Mais elle était aussi l’incarnation d’un problème américain, à ses yeux presque aussi grave que libre port d’arme ou la mainmise des lobbies sur l’économie ; Elle faisait partie de ces personnes qui semblaient mettre les Supers sur un piédestal, qui chantaient leurs louanges lorsqu’il aurait fallu les considérer avec plus de méfiance, les voir comme des bombes à retardement. Il fallait cesser de les glorifier et de placer, chaque jour, la vie de centaines de personnes entre leurs mains car ils n’étaient pas fiables. Plus encore, Solveig avait tendance à croire que la concentration de super-héros dans les rues de la ville n’avait d’autres effets que d’y attirer les criminels. La preuve en était ; La Norvège avait vu son taux de criminalité drastiquement baisser depuis que les activités métahumaines avaient été contrôlées et règlementées. Pourquoi ? La raison était on ne peut plus simple : les super-vilains n’y voyaient plus de challenge.

Et elle aurait pu étayer ses dires par des faits ! Encore il y a peu, la jeune femme avait lu un article concernant une prise d’otage d’un quartier électoral. L’individu en cause était un anarchiste sans autre désir que de se confronter au porte-parole de la Légion et qui avait été prêt à retenir captifs plusieurs civils pour cela. D’aucuns auraient pu trouver la jeune femme hypocrite pour tenir un tel discours alors qu’elle-même était une super qui agissait pour une organisation criminelle – même si elle ne défrayait pas la chronique, de par la discrétion de ses actions. Mais dans l’esprit de Solveig, ses agissements n’étaient pas assimilables à du crime organisé, elle n’agissait que dans l’intérêt d’un monde chaque jour consumé par la surpopulation et qui se dévorait lui-même. Elle agissait à maintenir l’homéostasie de la vie et de la mort.

Alors qu’un serveur passait à sa portée, elle déposa sa coupe de champagne vide et en cueillit une nouvelle, qu’elle fit quelques instants rouler entre ses doigts en prêtant attention à l’échange entre le frère et sa sœur.

« Votre frère a raison, c’est important pour son développement qu’elle puisse interagir avec d’autres enfants… Même si ça inclut de devoir me séparer d’elle plusieurs heures par jour ! Rit-elle doucement. Et puis ça l’occupe, la sortir de son environnement lui évite de ressentir le manque : on ne voit pas le temps passer lorsqu’on est en bonne compagnie ! Une remarque qui valait presque pour elle. Ceci dit, vous avez raison, si elle n’était pas là je ne sais pas ce que je ferais. »

Et à dire vrai, elle ne préférait pas y penser. Avoir Anja auprès d’elle était une chance, et elle en était consciente même si maintenant qu’elle s’était bien intégrée à sa vie civile, la norvégienne se sentait moins dépaysée. Cependant, il y avait toujours ce mal-être au fond d’elle, cette impression latente de ne pas être totalement à sa place ; Une irone lorsqu’on avait plusieurs fois quitté sa patrie pour des pays bien plus dangereux que les steppes norvégiennes ! C’est juste qu’elle n’en était jamais partie aussi longtemps, même s’il y avait toujours eu la perspective qu’elle n’y retourne jamais. Désormais, les Etats-Unis d’Amérique était son chez elle, et celui de sa fille.

Un sourire confiant étira les lèvres de la jeune femme à la réponse de Jonas. C’était rare de croiser quelqu’un avec la même façon de penser que soi. « C’est le problème éternel des politiques, beaucoup de promesses et peu d’actes en définitive. Et ce même si les idées sont là ! » Elle marqua une pause, laissant son regard couler sur les invités. Quelques regards curieux se tournaient vers eux, mais la plupart semblaient à peine remarquer leur présence. « Nous nous entendons bien là-dessus. Mais comme vous l’avez dit, avoir de bonnes relations est essentiel pour évoluer dans la société, c’est pourquoi j’essaie d’apporter ma pierre à l’édifice de la façon la plus discrète possibles. »

Loin d’elle l’idée d’aller parader publiquement pour affirmer son soutien à tel ou tel candidat ! En aucun cas elle ne voulait être fiché car, comme l’avait relevé son interlocuteur, dans le monde actuel il fallait savoir faire preuve d’une grande prudence dans le choix des entrées de son carnet d’adresses. C’est pourquoi elle se contentait de soutiens financiers, d’une vague présence aux galas et de quelques mots échangés avec des notables. Un sourire gêné ourla la lippe de la jeune femme lorsque Jonas avança qu’il pouvait lui apporter son soutien de temps à autre, si elle en ressentait le besoin et s’il en avait la possibilité. Le tout de la façon la plus anonyme qui soit.

« Eh bien je ne sais pas quoi dire, répondit-elle alors qu’un liseré rougeoyant nimbait ses pommettes. Si ce n’est merci, et ce serait avec grand plaisir. Elle inclina doucement la tête pour appuyer ses propos. Si elle s’était attendue à cela ! Mais dites-moi… Loin de moi l’idée d’être indiscrète monsieur Cooper, mais vous avez piqué ma curiosité. Vous laissez sous-entendre que me savoir de connivence avec vous me serait préjudiciable. Puis-je en savoir la raison ? Si vous préférez taire les raisons, je ne m’en sentirais pas vexée le moins du monde ! Je conçois qu’il puisse s’agir d’un sujet délicat. »

Et c’était le plus vrai du monde. Par ailleurs, pour montrer sa bonne foi, la jeune femme laissa une risette confiante éclore à ses lèvres.
 
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Message posté : Dim 25 Sep 2016 - 16:35 Message
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Casey imita la norvégienne en prenant une nouvelle coupe de champagne après avoir abandonné la sienne sur le plateau et Jonas songea qu'elle risquait d'être pompette avant la fin de la soirée étant donné qu'elle avait une tolérance très limitée à ce genre de boisson. Mais Casey savait se tenir, surtout lorsqu'il s'agissait d'une soirée donnée en l'honneur d'un politicien influent ! Il ne manquerait plus que sa propre famille se mette à saborder sa réputation et Jonas pourrait tout abandonner !

Toujours est-il que la jeune femme semblait parfaitement en accord avec ce que le trentenaire avait dit à propos de l'éducation des enfants. Même si'l n'en avait pas lui-même, Jonas avait une idée assez arrêtée sur ce point et il y avait fort à parier que s'il avait un jour des descendants, ils seraient « invités » à filer tout doux et bien droit sous peine de sanction ! Ce qui était assez ironique sachant qu'il avait lui-même dû subir la quasi-tyrannie de son géniteur et ne l'avait pas spécialement bien vécu, mais il était fréquent que l'on reproduise les erreurs de ses parents, non ? Cependant, étant donné qu'il n'avait pas l'intention de fonder de famille, la question ne se posait pas. Le fait de savoir que sa jumelle possédait des gènes mutants l'avait grandement ébranlé et il ne souhaitait pas découvrir du jour au lendemain qu'il en avait aussi en sommeil et que ses rejetons en hériteraient. Même si ce serait un avantage politique pour les Cooper – personne ne les accuserait encore d'être contre ces individus – il n'avait pas envie de devoir coupler ses idéaux à une vie de famille compliquée.

« Et bien je vous trouve tout de même très courageuse ! »

Il fut presque étonné qu'elle n'insiste pas en demandant si ce n'était pas préférable de faire un petit-frère ou une petite-sœur à sa fille tant Casey pouvait se montrer curieuse lorsqu'il s'agissait d'enfants. Fort heureusement, contrarier leur charmante interlocutrice ne semblait pas venir à l'esprit de la jeune femme. D'ailleurs le sourire de cette dernière semblait plutôt laisser penser qu'elle était assez satisfaite de l'échange, ce qui était réciproque ! En vérité, c'était relativement surprenant de trouver quelqu'un qui s'entendait aussi bien avec eux, surtout en considérant que les Cooper avaient tendance à être mal vus en raison du caractère... peu conciliant de l'éditeur. Ce dernier esquissa d'ailleurs un sourire amusé.

« Discrétion n'est pas vraiment synonyme de Star City. Ici, dès que vous participez à ce genre de soirées vous risquez d'attirer l'attention sur vous. Après, il est vrai qu'avec les élections vous aurez certainement la chance d'être tranquille vu que les candidats seront au cœur des articles. » Il hocha la tête. « Nous verrons bien ce qu'il en sera dans quelques mois, après les élections. »

Ce qui serait plus ou moins agréable suivant le politicien élu !
Le trentenaire remarqua d'ailleurs le sourire gêné de la jeune femme et se demanda si c'était le manque d'envie qui la poussait à agir comme ça, ou simplement de la gêne « naturelle ». Il doutait sincèrement pouvoir effrayer une jeune femme comme elle, mais sait-on jamais. Ce n'était pas parce qu'elle venait d'une famille connue en Norvège qu'elle se sentirait à l'aise ici !

Mais elle accepta, à son grand étonnement, allant même jusqu'à lui demander pourquoi il songeait qu'un lien entre eux pourrait lui être préjudiciable. C'était une question assez logique si elle venait d'arriver à Star City, aussi le trentenaire n'hésita pas à lui répondre franchement – un sourire accompagnant ses paroles :

« Oh, non. Ce n'est pas délicat et si vous habitiez ici depuis plusieurs années, vous seriez au courant comme n'importe qui. Alors, ne vous inquiétez pas, votre question est légitime. » Il prit quelques secondes pour réfléchir. « Disons simplement que le nom « Cooper » est souvent affilié à la cause anti-supers et au Daily Herald. Les gens voient uniquement les liens qu'on a avec le CODE, la plupart ne doivent même pas savoir que le journal est davantage axé économie que ça. » Il haussa légèrement les épaules. « Qui plus est, nous sommes à une soirée sur fond politique, si des gens racontent qu'ils nous ont vu parler, ils pourraient même avancer le fait que je vous ai incitée à nous soutenir et vous passerez pour une femme sans grande volonté. Il ne faut pas grand-chose pour lancer une rumeur comme vous l'avez souligné. »
« Qui plus est, Jonas est réputé comme quelqu'un d'assez... peu conciliant, alors les gens seront étonnés qu'il se montre aussi aimable avec lui. Qui sait, peut-être que dans deux semaines vous serez présentée comme sa nouvelle conquête. » Jonas la regarda.
« Ça, par contre c'est toi qui invente. »
« J'admets, mais je participe à mon niveau. Je lis plus les magazines people que les journaux politiques. »

Elle offrit un sourire léger à la norvégienne.
 
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Message posté : Lun 26 Sep 2016 - 12:35 Message
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Solveig adresse un sourire ravi à la jeune sœur de son interlocuteur. Elle savait que ses choix de vie n’avaient pas toujours été très bons pour Anja, alors pourtant qu’elle avait toujours mis un point d’honneur à ne jamais la mettre en danger. La séparation de ses parents avait été un traumatisme, son déménagement dans un autre pays en avait été un autre. Pourtant l’enfant s’était adaptée à sa nouvelle vie et même bien plus vite que sa mère. Même si son père lui manquait toujours et qu’elle demandait souvent quand est-ce qu’elles rentreraient dans leur grande maison en Norvège.

« C’est en effet en partie ce sur quoi je comptais. Elle sourit tranquillement. Après les élections, je pourrais voir quelle attitude adopter pour me fondre dans la masse. C’est triste à dire, mais j’ai vraiment l’impression que la vie privée et les faux pas n’ont pas leur place dans la vie publique. D’ailleurs, je trouve le phénomène encore plus marquant aux Etats-Unis. » Précisa-t-elle distraitement.

Sainte terre des émissions de télé-réalité ! S’il était une chose qu’elle ne pouvait pas nier, c’était la différence de fonctionnement entre sa patrie natale et les Etats-Unis. L’Europe faisait grand cas de la liberté d’expression et c’était particulièrement le cas dans les pays scandinaves ce qui pouvait parfois donner lieu à des débordements. Mais, à ses yeux, ça valait toujours mieux que de ne rien pouvoir dire sous peine d’être marqué, étalé et décortiqué sur les réseaux sociaux.

Contrairement à ce qu’elle aurait pensé, l’éditeur du Daily Herald consentit à répondre à sa question, ce qu’il justifia par le fait qu’il s’agisse de précisions de notoriété publique. Elle l’écouta sans mot dire, mastiquant un flan miniature qu’elle venait de faucher d’un plateau qui passait à sa portée. Il lui précisa ce qu’elle avait d’ores et déjà un peu deviné au cours de sa conversation avec lui, à savoir ses inclinations politiques. En revanche, ce qu’elle ignorait, c’était qu’il s’agisse d’un fait publiquement connu et que cela lui desservait vraisemblablement. Etait-ce pour cela qu’il l’avait plusieurs fois mise en garde dans le choix de ses relations ?

« Oh, je vois ce que vous voulez dire… C’est très difficile de se départir d’une étiquette qui nous est accolée, surtout si elle la catégorisation s’est faite en amont. Et c’était visiblement le cas, puisque Jonas avait mentionné son géniteur dans le choix de la ligne éditoriale du Daily Herald. Solveig déglutit une nouvelle gorgée de champagne. C’est étrange…, ajouta-t-elle pensivement. Je suis là depuis plusieurs mois, pourtant je n’en avais encore jamais entendu parler. Ou peut-être n’y ai-je pas fait attention. Elle haussa les épaules nonchalamment. À dire vrai je fais peu de cas de ce genre de on-dit… »

C’était on ne peut plus vrai. Au civil, Solveig se désintéressait profondément des rumeurs qui pouvaient courir sur telle ou telle personne, si bien qu’elle n’était jamais au fait des actualités qu’elle jugeait inutiles à son travail, ou à sa double-vie. Politique et économie étaient les deux seuls sujets qui l’intéressaient vraiment. En revanche, la situation était bien différente au sein de la Moisson ; L’organisation était un nid de vipère, et Solveig tirait une partie des ficelles. Si ses hommes étaient d’une fidélité absolue envers la Porte-Mort, ce n’était pas le cas de certains membres de la Cour Pâle, qui estimaient que Lady Death n’avait pas sa place à la tête de l’organisation. Ils jugeaient que son frère, un mâle qui n’entretenait pas de relations avec un métahumain, était bien plus apte à diriger, une défiance envers leur Reine qui lui était intolérable.

Alors elle avait placé ses pions au sein de la Cour Pâle, minutieusement, et elle avait écouté ce qu’il s’y chuchotait. Inutile de préciser que son petit réseau avait clairsemé les rangs des détracteurs d’Abigaïl, même si certains continuaient résolument de lui échapper,…

« Ah les rumeurs… Elle leva les yeux au ciel. Autant empêcher une rivière de couler, comme qui dirait. Elle balaya de nouveau la salle du regard. Vous savez, au vu des regards que l’on tourne vers nous, si ragot il doit y avoir, je crains que ce ne soit déjà lancé. J’ai tendance à croire que les gens qui s’intéressent véritablement prennent le temps de regarder par-delà le voile. Et puis pour le moment, je suis une anonyme, je doute que notre échange attise les bruits de couloir. »

S’ils étaient amenés à se revoir, elle ne parierait pas autant là-dessus, mais la question n’était pas vraiment à l’ordre du jour, même si Solveig appréciait étonnamment sa compagnie. C’est pourquoi la remarque de sa jeune sœur la surprit d’autant plus. Aussi étrange que cela lui paraisse, l’homme qui se trouvait face à elle n’avait vraiment pas l’être d’être apprécié.

« Et bien… Si ça peut vous rassurer, je vous trouve parfaitement agréable ! Rit-elle doucement. Mais allez savoir, je suis peut-être peu accommodante moi-même sans le savoir. »

Et qu’importe ce qu’on pouvait dire sur lui, la norvégienne appréciait la conversation. Comme elle l’avait précisé, elle n’écoutait pas les commérages.
 
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Message posté : Lun 26 Sep 2016 - 17:18 Message
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Jonas ne put retenir un sourire en l'entendant parler d'un manque de vie privée ou d'anonymat en Amérique. Pour avoir un peu voyagé et rencontré pas mal d'étrangers, il ne pouvait que l'approuver. Les américains n'étaient pas du genre discrets, ce n'était pas sans raison que leurs voisins européens les percevaient souvent comme « le porte bruyant et peu subtil » que tout le monde avait. Bien sûr, c'était une généralité, de la même manière que les américains pensaient que les français ne connaissaient pas l'existence des douches, mais ces idées reçues étaient toujours basées sur des faits. Il haussa légèrement les épaules avant de répondre.

« Les américains n'ont pas vraiment le même concept de la vie privée que les européens, c'est un fait. Que mon père refuse de parler de sa vie privée avait souvent provoqué un tollé, certains l’accusaient de cacher des choses. En Amérique, lorsque vous voulez avoir une vie privée réellement privée, vous avez souvent l'air suspect. Mais comme vous êtes étrangère, vous aurez l'avantage de la culture. Ou alors les gens partiront avec une idée reçue que vous ne ferez que renforcer. » Le ton était toutefois léger, signe qu'il plaisantait. « Plus sérieusement, vous avez raison : le nouveau continent ne connaît pas vraiment la discrétion. »

Cela dit, comme elle semblait assez discrète de nature, Jonas avait bon espoir qu'elle puisse réussir à être tranquille si elle ne se mêlait pas d'affaires trop médiatisées. Cela dit, il ne se vexa pas lorsqu'elle souligna le fait qu'elle n'avait jamais entendu parler de ce qu'il venait de lui expliquer : c'était plutôt une bonne chose en vérité. Après, il fallait être honnête, les journaux avaient largement d'autres sujets de discussion pour ne pas se concentrer sur l'éditeur du Daily Herald qui, de doute manière, vouait un véritable culte à la discrétion et l’anonymat de sa vie privée. À l'instar de la norvégienne, Jonas veillait à ce que les gens ne se mêlent pas de ce qui ne le regardaient pas et les contrats de « discrétion » qu'il faisait signée à ses plus proches fréquentations en était la preuve.

Il était donc plutôt satisfait de voir qu'elle ne s'y intéressait pas et qu'elle ne se souciait pas de savoir ce que la presse racontait sur telle ou telle personne ! C'est avec un léger sourire qu'il répliqua :

« Oh, c'est normal que vous n'en ayez pas forcément entendu parler. Vous savez, les journaux ont des choses bien plus intéressantes à raconter que tout cela. Disons qu'il y avait eu un pique d'activité à un moment à cause d'une affaire concernant mon père et c'est à ce moment que les quotidiens s'en étaient donnés à cœur joie, mais à l'heure actuelle je pense qu'ils ont épuisé tout le filon. »

Et Jonas doutait être un sujet suffisamment passionnant ou intéressant pour que les journaux s'amusent à publier un nouvel article sur lui ! Ce qui devrait rassurer la demoiselle, même si elle avait visiblement remarqué des regards qui n'avaient pas retenu l'attention du trentenaire. Casey ne se gêna guère pour contempler les alentours en scrutant les visages des gens qui les entouraient, puis elle sourit légèrement.

« Qui sait, peut-être que vous deviendrez la future madame Cooper dans les journaux à potins ? »
« Les journaux à potins ne sont pas conviés ce soir Casey. Mais je devrais peut-être t'envoyer parler à monsieur Wallace pour contrecarrer la rumeur, qu'en penses-tu ? » Une moue se dessina sur le visage de la jeune femme.
« Sans façon. Si déjà, trouve-moi un jeune de mon âge. Mignon de préférence. » Jonas soupira avant de reporter son regard sur la norvégienne.
« Vous êtes bien aimable et si cela aussi peut vous rassurer, vous n'avez rien d'une personne peu accommodante. Au contraire, vous êtes bien plus ouverte d'esprit que tous les gens que je côtoie habituellement et c'est pour cette raison que notre discussion est restée paisible. J'ai du mal à me montrer avenant quand mes interlocuteurs rejettent en bloc mes idées et tentent de m'imposer les leurs. »

Ce qui arrivait bien plus souvent qu'on ne le pensait ! Casey le confirma en hochant la tête avant de siroter son verre. Jonas glissa finalement une main dans la poche intérieure de sa veste et en tira une carte de visite avec son nom et un numéro dessus, puis le tendit à la demoiselle.

« Pour le cas où vous auriez besoin de mon aide un jour. »

Comme il l'avait suggéré quelques instants plus tôt. Elle avait eu l'air intéressée par cette possibilité, alors autant lui en donner les moyens avant d'oublier !

Spoiler:
 
 
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Message posté : Mar 27 Sep 2016 - 10:51 Message
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La discussion l’avait tellement accaparée qu’elle avait à peine vu que la soirée commençait doucement à toucher à son terme. Ainsi disait-on que le temps passait plus vite lorsque l’on se trouvait en bonne compagnie ? Solveig ne pouvait qu’approuver ! Progressivement, la musique enjouée et patriotique qui les avait accueillis avait adopté des sonorités légères et paisibles, et la salle qui réceptionnait le gala s’était progressivement vidée, si bien que le brouhaha avait rapidement laissé place à un murmure lénifiant. Des poches de convives s’étaient étayées dans la réception, et si les serveurs déambulaient désormais, c’était plus pour nettoyer les cadavres de flutes à champagne que pour pourvoir les convives en mets et en boisson. Prêtant toujours l’oreille à ce que lui disait son interlocuteur, la jeune femme jeta un regard à l’horloge suspendue, qui affichait vingt-trois heures trente. Il allait falloir mettre un terme à leur charmante entrevue si elle voulait espérer rentrer avant minuit ; Presque comme une Cendrillon horrifique, sauf que les chauffeurs de son carrosse mortifère n’étaient pas des souris mais des morts-vivants.

Car elle était attendue ailleurs. Sa journée n’était pas encore terminée alors que la fatigue commençait à poindre le bout de son nez, alors que ses yeux commençaient à piquer, alors que l’alcool qui pulsait dans ses veines laissait une torpeur délicieuse envahir son esprit.

« Espérons oui… Après je me dis aussi que c’est une question d’habitude. Elle haussa les épaules. Mais vous avez de la chance que les choses se soient calmées, ce n’est jamais bon un acharnement médiatique qui perdure. »

Et il devait avoir duré assez longtemps pour qu’elle en ait entendu parler, ce qui n’était pas rien. Bien sûr, elle savait très bien de quel évènement il parlait. L’attentat qui avait visé Bruce Cooper avait défrayé les chroniques, ayant eu des échos jusque dans le monde politique et financier outre-Atlantique – c’était à cette occasion qu’elle l’avait appris. Si elle-même n’y avait prêté aucune réelle attention, son père n’avait pas manqué de le relever, affirmant qu’il s’agissait probablement d’un acte pro-super. À l’époque, elle n’avait pas compris ce qui lui permettait d’affirmer cela. Maintenant, les choses lui semblaient beaucoup plus claires.

La boutade de Casey arracha un sourire amusé à la jeune femme. Ce serait bien la première qu’elle ferait la une des journaux et elle n’était pas certaine que de telles rumeurs plaisent à tout le monde. À commencer par elle, qui n’appréciait pas que sa vie soit étalée en public, même s’il ne s’agissait que de rumeurs. Solveig était de nature discrète. Les propos de Jonas élargirent un peu plus le sourire de la norvégienne, qui éclata finalement d’un rire exténué.

« Vous êtes un fil flatteur monsieur Cooper ! » Le taquina-t-elle. Elle lui avait parlé assez longtemps pour comprendre qu’il n’était guère du genre flagorneur. Réservée, elle récupéra la carte de visite qu’il lui tendait, elle glissa précautionneusement dans sa pochette. « Si le besoin s’en fait ressentir, je n’hésiterai pas, assura-t-elle. Puis, après quelques instants, elle ajouta : merci pour cette soirée, c’était une agréable rencontre. Il va me falloir y aller, mais j’ose espérer que nos chemins se recroiseront prochainement. Monsieur Cooper, Mademoiselle Cooper. » Salua-t-elle en inclina doucement la tête en guise de salut.

Puis, laissant frère et sœur, la norvégienne se dirigea vers la sortie du gala. Voilà au moins une soirée à laquelle elle ne regrettait pas d’être venue !
 
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