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Tonnerre sous les tropiques | Adriel  Categorie_1Tonnerre sous les tropiques | Adriel  Categorie_2_bisTonnerre sous les tropiques | Adriel  Categorie_3
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Tonnerre sous les tropiques | Adriel

 
Message posté : Dim 20 Sep 2015 - 22:01 Message
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La ligne d’horizon s’éloignait en frissonnant, s’arrachant le ciel et la mer dans des esquilles d’or et de pourpre. Elle observait le jour mourant se mirer dans le creux des flots miroitants, et le soleil se lover dans leurs seins, comme un enfant dans le sein de sa mère. Son reflet trouble fusait dans l’eau cristalline, d’un éclat de jade tendre qu’elle ne savait que trop bien. Le ponton sur pilotis craquait sourdement sous le poids de chacun ses pas. Et à l’écho de son gémissement indiscret, le reflux des vagues sourdait autour d’elle une lamentation languissante. Les vagues à la crête mousseuse roulaient du lointain jusqu’aux abords des falaises escarpées, où elles venaient se jeter en mugissant avant d’éclater en gerbes houleuses, nimbant, pour un instant, l’air de minuscules perles de sel. Il exhalait de cette toile chamarrée une senteur agressive d’iode et de coco, qui s’entremêlait avec délice sur sa peau doucement hâlée, à ses cheveux cuprifères qu’accrochaient grains de sable et éclat de coquille, porté par un vent taquin. Il soufflait par bourrasques, emportant avec lui des fragrances lointaines de l’Océan Indien qu’elle inspirait à plein poumons, et soulevait le revers fluide de son paréo de lin.

Bali. Île d'Indonésie située entre les îles de Java et de Lombok. La plus occidentale des petites îles de la Sonde. Il n’y a pas une semaine de ça, elle n’aurait même jamais songé à s’y rendre, aujourd’hui elle se dressait, seule et comblée, sur le ponton d’une villa privée hors de prix dans le creux d’une crique naturelle, à l’abri des regards et des aléas du quotidien, avec pour seuls témoins le crépuscule naissant et les étoiles qui commençaient à se jouer de la lumière diurne. La Mère Montagne, nimbée d’une aura flamboyante, appesantissait son regard dur sur elle comme sur le reste de l’île, les écrasant de son immensité grondante, à cette heure pourtant calme comme une mer d’huile. Pour la première fois en des semaines, peut-être même des mois, Andrea pouvait respirer, oublier un instant ses responsabilités, pour ne se préoccuper que d’elle. Que d’eux.

Depuis sa promotion au grade de Sergent – survenue des mois après la fin des événements de la zone 21 –, la jeune femme n’avait pas eu un instant à elle, allant de formations en réunions, de réunions en formations, et au terme d’un apprentissage poussé, elle avait finalement succédé au Lieutenant Roy Shepherd, prenant ainsi la tête de l’Escouade Silver, et des habilités qui accompagnaient son nouveau rang. Sensiblement différent de celui qu’elle occupait jusque-là, ses interventions avec l’escouade s’étaient peu à peu raréfiées, son nouveau travail consistant essentiellement à coordonner les équipes sur le terrain. Un état de fait qu’elle n’avait guère vu d’un bon œil, surtout depuis que la charge de travail, et le temps qu’elle y consacrait, avait doublé. Maigre consolation, son salaire aussi s’était vu enfler, lui permettant de grossir son compte en banque sans avoir le temps d’en profiter. Quant à Adriel, prit entre les deux feux de ses projets et de ses obligations, il n’avait plus eu l’impression de passer un seul instant avec elle depuis leurs retrouvailles. Littéralement happés par leurs vies, ils semblaient en avoir oublié leur vie commune, dont le spectre flottait encore, d’or et de pierreries blanches, à son doigt.

C’est pourquoi ils avaient décidé qu’il était temps pour eux de prendre des vacances. De faire un break, de s’éloigner du rythme infernal de leurs existences pour se recentrer sur ce qui comptait réellement à leurs yeux, et qu’ils n’avaient que trop laissé de côté. L’idée avait émané de lui, lorsqu’il lui avait annoncé l’avant-veille qu’elle pouvait faire ses valises dès le soir parce qu’ils partaient le lendemain pour Denpasar, la capitale. Si Andrea s’était dans un premier temps montrée réticente à l’idée de partir sur un coup de tête, il s’était finalement avéré que c’était exactement ce dont il avait besoin, et il ne lui avait guère fallu plus de temps pour accepter de prévenir l’administration de l’UNISON de son départ imminent. L’on avait bien tenté de contester qu’elle n’avait pas la possibilité de prendre des vacances sans poser au préalable un préavis d’un mois, mais la jeune femme avait tôt fait de rappeler au secrétaire qu’en plusieurs années de bons et loyaux services dans l’organisation, elle n’avait jamais pris de congés. Et l’affaire s’était tassée dans des bougonnements, la libérant finalement de ses devoirs pour une poignée de jours. Des jours goût de liberté qu’elle comptait bien chérir.

Surtout que le Golden Boy n’avait pas lésiné sur les moyens pour rendre leur séjour le plus divin possible. À commencer par la résidence qu’ils allaient occuper, entièrement autonome et parfaitement coupée du monde. Faite de bois flotté et de voilures immaculées, de bassins extérieurs et intérieurs et de transats moelleux. De l’ombre des palmiers et de la large corbeille de fruits qu’ils trouvèrent fraîchement dressée lorsqu’ils arrivèrent. Comble du bonheur, Andrea n’avait à s’inquiéter d’aucune piqûre d’aucun nuisible équatorial et pouvait profiter de son séjour en toute quiétude en songeant qu’il était parfois bon d’être de sang ultime et la petite-amie d’un milliardaire fou d’amour. Un éclat de voix que la texane ne connaissait que trop bien l’interpella, et elle se retourna à demi pour mirer l’arrivant un tendre sourire aux lèvres. Le bruit gourd de ses pas faisait écho aux grincements du vent s’engouffrant entre les planches de bois, alors qu’il s’approchait d’elle entraînant dans son sillage une odeur de fraîchement lavé.

« Elle était bonne ? » Lui lança-t-elle lorsqu’il fut à portée de voix. Par un étrange réseau sous-terrain, il avait semblé qu’ils disposaient à profusion d’une eau de source délicieusement tiède. Elle attendit qu’il soit à proximité, venant se lover contre son épaule nue dès qu’elle le put, et déposa un baiser à la naissance de sa clavicule et un autre dans le creux de son cou. « Tu t’es surpassé mon amour, souffla-t-elle finalement. C’est absolument sublime. » Et encore, c’était un euphémisme ; Car il n’y avait pas de mots pour décrire la beauté de l’endroit et la magie de l’instant. En revanche, s’il se plongeait dans les yeux luisants de la métisses Ultime, Adriel pourrait avoir un aperçu très clair de son ressenti à l’idée de se trouver là avec lui, dans le mélange d’amour veiné d’excitation que le soleil couchant faisait poindre dans ses yeux. Ç’allait être les plus beaux instants de sa vie, même si elle ne le savait pas encore.
 
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Message posté : Dim 20 Sep 2015 - 23:35 Message
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Tonnerre sous les tropiques !



L’eau froide ruisselait sur ses traits tirés avant que le Golden Boy ne masse son visage de ses mains épaisses… Les heures de vol comme ses nombreuses veilles au chevet de son armure avaient accumulé une fatigue visible sur ses traits, une fatigue qu’aucun repos n’avait su évacuer depuis bien trop longtemps. Les ruissellements de l’eau froide sur son derme clair avaient le mérite d’apaiser le tourments de ses muscles sollicités par de trop nombreux efforts comme par les rigueurs d’une vie de fou, passée à la tête de tant et tant de projets aussi dissemblables que nécessaires à l’évolution du monde où son couple avait élu domicile. Un couple qu’il n’avait que trop abandonné ces derniers mois, ces dernières semaines, alors que ses retrouvailles avec la belle texane faisant chavirer son cœur avaient suffi à lui faire comprendre combien elle était son essentiel. Combien elle était son univers…

Le flot d’eau cessa dès l’instant où il activa les mécanismes de la luxueuse douche. La Villa qu’ils occupaient les coupait du monde et il n’avait pas lésiné sur les dépenses pour leur offrir un cocon tranquille pour se retrouver… Rattrapés par leurs vies de fous comme leurs existences de dingues, les deux amours en étaient presque venus à se perdre de vue. Si bien qu’il leur fallait réagir pour ne pas commettre des erreurs irrémédiables. Ces vacances sur une île tropicale reconnue comme étant l’une des plus romantiques destinations du globe se faisaient l’écho des paroles du Golden Boy alors qu’ils s’étaient ouverts l’un à l’autre, il y a de cela des mois. Une moelleuse serviette tentait d’éponger l’eau fraiche trempant sa blonde crinière. Adriel ne manqua pas de bien vite quitter les lieux pour perdre son regard bleu acier sur les lignes de l’horizon. Son regard s’accrocha sans peine à la silhouette de sa belle et il ne tarda guère à se vêtir pour partir à sa rencontre. Un ample bermuda en jean et une chemise de lin blanc ouverte sur son torse l’habillèrent à la va vite. Une tape de ses doigts à la poche renfermant un présent qu’il comptait lui offrir en ce jour et le Marchand de Mort d’arpenter le ponton d’un pas uniquement dirigé vers les retrouvailles avec l’amour de sa vie.

" Un peu trop… Tiède! " Lâcha t’il avec une moue mutine en réponse à son interrogation. A croire que le capitaine d’industrie ne jurait que par le blanc et le noir dans ses choix. Chose curieuse pour un personnage se réclamant de bien trop nombreuses nuances de gris. Le vent terminait de sécher sa toison d’or, soulevant ses longs cheveux blonds dans une joyeuse anarchie. Il accueillit son tendre amour au creux de ses bras, frissonnant à ses lèvres parcourant sa peau et l’étreignant avec toute la force de l’affection qu’il pouvait bien lui porter. Un sourire ourla ses lèvres à sa remarque et il se fit un devoir de déposer un menu baiser dans ses cheveux sombres. Douce mélodie, sa voix vint lui murmurer en retour : " Je ne vois là rien de plus sublime que la merveille partageant chaque jour mon existence… ! " Il ne se départit guère de son sourire en plongeant son visage vers celui de la jeune femme, s’emparant de ses lèvres de la plus douce des façons qui soit. L’étreinte de ses bras se fit plus intime sur la courbure de ses hanches et il n’y avait plus qu’eux dans ce décor propice à la romance, nimbés des effluves iodées de l’océan et bercés de la tendre mélodie des vagues se brisant presque à leurs pieds. " Et puis… Tu n’as encore rien vu… ! " Souffla t’il avec son sempiternel air mutin peignant ses traits, adressant à son amour une moue à mi-chemin entre l’ardent désir de tout lui révéler dans l’instant comme l’appréciation d’être seul dans la confidence. Il n’avait pas encore choisi son instant, mais cette île paradisiaque saurait lui indiquer le bon moment. Celui où il poserait un genou devant elle et où il lui formulerait d’une voix chancelante sa demande… Pour l’heure, il l’enserrait de ses bras comme de son affection et portait au loin son regard, vers les lueurs du jour mourant se moirant de mille feux sur la surface décousue de l’océan. Dans les cieux progressivement teintés d’encre, l’éclat des étoiles se faisait témoin de leur silencieuse union. Adriel n’aurait su dire combien de temps il resta figé à étreindre la belle texane, à s’abreuver de sa force comme à se ressourcer à son tendre contact. Une douce parenthèse aux allures d’éternité… Et, finalement, le jeune de pencher vers elle ses lèvres pour les déposer sur sa tempe et lui murmurer sur le ton du plus pur secret : " Que dirais-tu donc de dîner ? "

Ses prunelles d’un bleu d’acier se plongèrent dans les océans sinople de son amour et en étreinte vint à se modifier alors qu’il entreprenait, tendrement, de soulever la belle de terre. Ainsi portée dans ses bras, sa peau nue apposée contre la sienne, Andrea ne semblant pas réellement avoir voix au chapitre de leur future destination. D'un pas tranquille, Adriel remonta donc le ponton vers leur luxueuse villa, prenant grand soin de délicatement étreindre la belle alors que sa tête se posait tendrement contre la sienne dans un doux contact. Toute l’affection du Golden Boy fou d’amour se retrouvait dans cette douce façon de transporter sa belle, sous le roulis des vagues comme le vent tiède du soir. La marche ne fut pour lui qu’une formalité et ils se trouvèrent bien vite au porte de leur petit royaume désormais illuminé. Une infinité de demi noix de coco se trouvaient apposées à même le sol. Emplies d’eau, elles accueillaient autant de flottantes bougies qu’il leur était permis pour plonger les lieux dans une lueur tamisée du plus bel effet. Si le Golden Boy avait profité de l’absence d’Andre pour se livrer à pareils préparatifs ? Mieux valait rester évasif à ce sujet. Le mystère ne convenait il pas à la pérennité de leur couple ? Pas le moins du monde… Qu’elle lui pose la moindre question et il ne serait guère en mesure de lui mentir. Il en était ainsi depuis qu’ils s’étaient livrés l’un à l’autre, en toute honnêteté…

" La couche de sa majesté est avancée… ! " Lui sussura t’il avec ce ton suave qu’il ne réservait qu’à elle. Ainsi donc, ce qui s’apparentait à la pièce à vivre de leur villa s’était vu agrémenté d’une foule de moelleux coussins au sol, de quoi leur procurer un nid soyeux où se perdre l’un au contact de l’autre. Face à cette place improvisée, une table basse se trouvait couverte de mets… Des mets pour le moins insolites au vu de leur destination : il y avait là les plus fins plats de la gastronomie Italienne. Comme lors de leur parenthèse amoureuse dans le Star Park, Adriel s’était débattu pour faire acheminer les plats gastronomiques préférés de son amour. Cette fois, ils lui furent préparés par l’un des plus grands chefs étoilés… Transi d’amour, le Golden Boy ne lésinait jamais sur les frais lorsqu’il était question d’Andrea. " J’espère que ça ira… " Toujours ce semblant de crainte, cette peur de ne pas être à la hauteur ! Il y avait toujours un semblant de frayeur au sujet de sa belle, de cette peur de ne pas être à la hauteur ou quoi que ce soit d’autre… Elle s’envola vite lors qu’il déposa le mirifique texane sur les coussins et prit rapidement place à ses côtés. " Tu sais que je pourrais bien faire ça tout le reste de ma vie… N’est-ce pas ? " Avança t’il en la surplombant de sa masse, se penchant doucement au-dessus de sa silhouette pour caresser le bout de son nez de l’arrête du sien. Un fugace baiser plus tard et le Golden Boy de reprendre avec cette moue badine qui lui était propre : " Mais j’ai comme l’impression que tu as faim de bien autre chose… " Un sourire et son regard de se porter sur des bouchées d’aubergines à la parmesane. Qu’elles soient les meilleures au monde n’y changerait rien, Adriel ne manquerait guère de les trouver un peu fade : rien au monde ne saurait remplacer la saveur de ces instants passés avec elle.
 
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Message posté : Lun 21 Sep 2015 - 18:56 Message
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À l’écho du vent qui cueillait entre ses longs doigts disparates les mèches mellifères de ses cheveux, les bras puissants du Golden Boy se saisirent de son corps avec une infinie douceur, comme la corolle d’une fleur calfeutre en son sein la fragilité de son gynécée. Et ainsi enchâssée, pour mieux se nourrir de son étreinte, elle perdit son visage dans le repli d’une chemise de lin, tandis que des lèvres – d’un baiser aérien – venaient caresser la cime de sa chevelure, et se plut à sentir sous la pulpe de ses doigts cette chair aimée qui s’horripilait à son contact. Un sourire mutin se fit l’écho de la galéjade de son compagnon, et ne se vit lui offrir, pour toute réponse, qu’un tendre baiser qui, comme une virgule, allait signer le début de la suite de leur soirée. Une soirée qui, à ses dires, s’annonçait plus merveilleuse encore qu’elle ne saura le penser ; Innocence de n’être pas mise dans la confidence, la jeune femme accusa cette information comme l’une des sempiternelles facéties de son compagnon, à cela près qu’il y avait dans ses yeux un éclat qu’elle ne lui connaissait pas, mais qu’elle ne décela, ni n’interpréta immédiatement. Charmée par l’écho que sa voix creusait dans les vagues miroitantes, elle ne répondit que d’un sourire attendri, plongeant ses prunelles dans celles du jeune homme, avant de retrouver le creux ombragé de ses bras, comblée et apaisée.

Bercée par le chant des lames et des battements sourds du cœur d’Adriel, Andrea se complaisait dans le spectacle du coucher de soleil depuis leur jetée privée. Il y avait dans cette lumière mordorée qui mordait leurs peaux unies d’un éclat à nul autre pareil, illuminant sans chauffer leurs chairs se délectant de sa caresse, une vision latente comme si le temps avait daigné suspendre son cours pour leur laisser le temps de jouir de l’instant présent. Mais dans cette lumière qui nimbait ses prunelles teintées de jade, aux pupilles dilatées, un empressement certain à l’idée de voir mourir le jour présent pour espérer en goûter un nouveau en sa compagnie. Et ce paradoxe enfoui au fond d’elle ne savait lui retirer entièrement l’excitation de s’arracher à leur étreinte pour précipiter la suite des événements ; Que la retenait, alors ? Peut-être était-ce le contact lénifiant de ses bras autour d’elle, peut-être le souffle qu’il glissait au creux de son oreille ? Peut-être était-ce le spectacle terrible et sublime de l’astre diurne se lovant dans le creux du ressac incarnate, à la mousse pourtant plus blanche que le plus blanc feu d’une neige vierge ? Peut-être tout ça à la fois ?

Ils y restèrent une éternité, et le temps repris sa course ; Au jour succéda la nuit, engloutissant les yeux miroitant dans la pénombre d’un crépuscule flamboyant, au soleil firent écho les étoiles, et une lune haute et minuscule vint finaliser, comme un coup de pinceau sur une toile de maître, le chef d’œuvre de leur instant. Elle en aurait presque oublié d’exister ; Pourtant, d’un murmure, Adriel vint en un instant dissipé le rêve qu’il avait subrepticement laissé s’immiscer entre eux, les rappelant à des considérations beaucoup plus terre-à-terre, à l’instar de la faim qui avait tout doucement commencé se faire entendre, sans qu’elle ne le remarque vraiment. Ou ne veuille vraiment le remarquer. La métisse Ultime s’était apprêtée à entrouvrir les lèvres pour répondre à son interrogation lorsque ses jambes délaissèrent sous elles le ponton de bois flotté. Le cri de surprise qu’elle avait étouffé s’était alors aussitôt mué en risette amusée alors que, se blottissant dans le creux des bras du milliardaire, Andrea lui soufflait, tout à lui : « Ai-je seulement bien le choix ? »

Elle dut rapidement convenir qu’il n’en était rien, bercée par la marche régulière de son compagnon, qui la portait jusqu’au creux de la luxueuse mansarde qui était leur pour le restant de leurs vacances, comme si elle ne pesait rien. Le spectacle qu’elle y trouva la laissa muette de stupeur et de fascination ; Elle vit dans l’éclat des chandelles le reflet des étoiles, dont la lumière terne s’insinuait par les lattes d’un toit ouvrant, comme une myriade de flammes flottant sous ses yeux. « Tu as fait tout ça… seul ? » Murmura-t-elle d’une voix chevrotante. Elle peinait à refouler l’émotion qui la submergeait, bien vite balayée par le son de sa propre voix. Non, car il y avait des choses qui méritaient de rester enracinées dans la magie de l’instant, et celle-ci en faisait définitivement partie. « Non, oublie. » Souffla-t-elle finalement en détachant son regard des soleils qui luisaient sur son chemin, déposant un baiser sur la courbe de sa mâchoire.

Esquivant avec prudence les flammes qui léchaient l’air avidement, Adriel se fraya finalement un chemin jusqu’au creux d’une couche de coussins composites qui leur offrait, à même le sol dans un creux aménagé à cet effet, une gangue de douceur dans laquelle elle se lova avec plaisir sitôt qu’il l’y eut déposée. Elle le remercia d’un regard taquin et langoureux, laissant planer sur les mots qu’ils n’échangèrent pas l’idée de faire bien plus que dîner dans le sein de leur nid savamment aménagé par ses soins, même si il ne s’agissait plus, dès lors qu’elle eut senti l’odeur si singulière des plats qu’il avait fait acheminer, sa préoccupation première. Curieuse, elle souleva l’aluminium fumant qui recouvrait un plat de verre d’où émanait l’odeur qu’elle n’eut aucun mal à reconnaître, et souffla d’un air amusé et attendri, mais ne chercha pas à savoir comment il s’était procuré de tels mets ; C’était Adriel, et pour ce qu’elle en savait, rien ne lui était impossible, encore moins lorsqu’il s’agissait d’elle ; Il le lui avait démontré maintes et maintes fois, jusqu’à traverser la frontière américano-mexicaine, ivre d’amour et d’alcool, pour l’empêcher de se mettre en danger – même si ça avait eu tout l’effet inverse.

Elle se lova un peu plus dans les oreillers lorsqu’il se pencha sur elle, plongeant ses prunelles diaphanes dans celle, incandescentes à la lumière des bougies, de son aimé. « Tu es fou, tu le sais, ça ? Susurra-t-elle en déposant un baiser au creux de ses lèvres, qui s’agitaient de bien trop d’inepties. C’est parfait, Adriel... Conclut-elle, mettant un terme à ses questionnements. Tout est absolument parfait. Je ne pourrais pas rêver de plus bel instant. Sauf… » Elle se pencha pour saisir du bout de la fourchette d’une bouchée fumante, qui fondit littéralement sur sa langue. Fermant les yeux pour mieux profiter de l’instant, Andrea gémit de plaisir. « Mmh… Oui, là c’est parfait. » Et d’ouvrir ses yeux pour scruter l’air – la frustration ? – qui planait sur le visage de son amant, et aussitôt de se pencher pour déposer un nouveau baiser au creux de ses lèvres, comme pour s’excuser d’une taquinerie qu’elle n’aurait pas encore commise. « Merci pour tout mon amour, et bon appétit. » Et leur appétit fut bon, du moins le fut-il pour elle qui succomba, spécialité après spécialité, jusqu’à l’instant où ses lèvres épousaient la dernière bouchée d’un Tiramisù exceptionnellement frais – à cette occasion, elle ne manqua pas de lui demander où se cachait le chef qu’il avait dû enlever pour pouvoir leur offrir si fabuleux dîner, mais n’obtint guère la réponse qu’elle attendait.

Ils profitèrent d’une fin de repas calme, parlant peu mais qualitativement, en prenant le plaisir de finir de siroter le Sassicaia qu’il avait pris soin, par elle ne savait quel moyen, de faire acheminer directement d’Italie. Puis ils ne parlèrent plus vraiment, engourdis et enivrés, épuisés de leur voyage et blottis dans les bras l’un de l’autre, jusqu’à ce qu’enfin une question qui vaille la peine d’être posée ne vint s’immiscer entre les lèvres de la texane : « Je pourrais mourir à cet exact instant, et ne rien regretter, souffla-t-elle amusée. Si tant est que je ne sache pas ce que me réserve demain ! C’était malheureusement, en partie le cas. Elle se redressa sur un coude, dardant ses prunelles claires dans celles de son petit-ami et un sourire mordu creusa son visage de fossettes rougies par le vin. D’ailleurs, rappelle-moi, on a prévu quoi demain ? » Une façon comme une autre de relancer la conversation – et de languir ce que leur préparait le jour qui allait naître.
 
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Message posté : Mar 22 Sep 2015 - 0:23 Message
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Tonnerre sous les tropiques !


Quelques rides d’expression vinrent strier la commissure de ses lèvres alors que l’amour de sa vie lui destinait ces œillades langoureuses prélude leurs ébats les plus intimes… L’envie de s’unir encore et toujours à la jeune femme, de se délecter de ses courbes délicieuses comme de s’abreuver de tout ce qu’il y avait de plus passionné et de plus jouissif dans l’acte d’amour lui effleura –évidemment- le cœur comme les sens mais le Golden Boy parvint à garder contenance alors qu’il surplombait de ta sa musculeuse masse le corps de son amour pour fugace autant qu’amoureux baiser. Il connaissait suffisamment Andrea pour savoir que rien ne pouvait tenir sur son passage lorsque se présentait de la cuisine Italien et se rasséréna en songeant qu’ils auraient tout loisir de profiter l’un de l’autre lors de leurs vacances. Vint l’instant où son tendre amour avança sa supposée folie et le Propriétaire de Veidt Enterprises d’esquisser un sourire mutin en déclamant avec ce ton badin qui n’appartenait qu’à lui : " Oui, j’ai entendu parler de cette théorie… ! " Et le Golden Boy d’étirer son plus franc sourire aux teintes charmeuses avant de se laisser tomber de tout son poids sur ce qui serait leur cocon de complicité pour quelques instants magiques que leurs existences de fous ne leur laissait guère le soin de savourer.

D’abord, il passa un temps certain à observer la jeune femme se délecter des plats qu’elle aimait tant… Le Spectacle d’une Andrea aussi vorace que ravie était toujours pour lui un semblant de réconfort, tout comme pouvait l’être cette innocente expression qu’arboraient ses traits lorsqu’elle découvrait les surprises dont il était capable pour elle. Le petit cube en font de sa poche fut alors comme brûlant contre sa peau, comme si un semblant de peur animait le jeune homme qui s’apprêtait à lui proposer l’éternité à ses côtés. Mais pas avant qu’il n’eut diné en la plus charmante compagnie qui soit. Alors, Adriel se fit l’écho de l’appétit de sa compagne, dévorant tout autant qu’elle le faisait en agrémentant l’échange des plats de ces plaisanteries douces amères dont il avait le secret. Arrivé au désert, il en était à un rapide calcul mental pour déterminer toutes les calories qu’il avait bien pu absorber et se définit presque une légère séance de Cross Fit matinale pour éliminer ce qu’il avait la faiblesse de considérer comme des excès. Il en allait ainsi pour le Marchand de Mort : le moindre plaisir coupable devant entrainer un semblant de flagellation pour compensation. La faute à une éducation par une main de fer toute acariâtre !

" Il y a bien des choses que je pourrai regretter…! " Lâcha t’il de cette voix trainante qui peignait bien souvent ses sentences les plus graves. Mais à défaut d’un sinistre faciès, il dirigea vers son tendre amour un sourire aussi conquis que porteur de serments éternels : " Tout particulièrement celles que je n’aurai guère eu le temps de faire avec toi ! " Pour ce qui est du reste… Bah, il pourrait bien se faire à l’idée de laisser les changements de ce monde entre les mains des autres, quand bien même il s’estimait être la personne la plus capable qui soit. Un sourire à l’attention d’Andrea se fit écho à ses questionnements sur le lendemain et le Golden Boy ne tarda pas à l’enfermer dans l’étreinte tendre de ses bras pour la plaquer tout doucement contre son cœur battant à l’écho du siens. " Est-ce là de la curiosité que je perçois ? ! " Souffla t’il avec son sempiternel air mutin peignant ses traits, déposant dans le même temps se lèvres dans la chevelure de son tendre amour. Et ses phonèmes de doucement resurgir à nouveau : " Ou bien une certaine forme d’impatience ? " Que ce soit l’une ou l’autre, il pourrait bien vivre avec cela mais il était toujours plus intéressant de forcir le trait. Une œillade appuyée et son regard bleu acier ce perdant dans les océans sinoples de son aimée plus tard, le propriétaire de Veidt Enterprise lui murmura sur ce ton qu’il ne destinait qu’à elle : " Je m’en voudrai de te gâcher toute surprise… "

Il cajola de son nez celui de sa belle avant de tendrement plaquer ses lèvres sur les siennes pour un baiser qui e voulait sceau à toute autre question. A dire vrai, le jeune homme ne savait pas lui-même s’il pourrait se garder vendre la mèche sous les insistantes questions de la jeune femme. Cette dernière l’aurait probablement compris alors que son aimé lui adressait ce sempiternel second baiser faisant suite à toute délicate attention de sa lippe. Ainsi se figèrent ils mutuellement dans une étreinte silencieuse, Adriel appréciant ce simple contact qu’il avait l’impression de redécouvrir chaque jour, au point d’en retomber amoureux chaque jour… De ses yeux clairs, Adriel fixait l’une des nombreuses chandelles dans son champ de visions, ses sens s’enivrant de la respiration d’Andrea autant que du roulis des vagues et de la saveur des embruns. S’il trouvait cette flammèche plus attrayante que toute autre ? Il n’aurait su le dire… Tout juste lui évoquait elle par sa danse sous le vent des tropiques l’aspect chancelant de leur existence comme de ses ambitions.

" C’est un euphémisme de dire que le moment est mal choisi… " Initia t’il avant de se couper de lui-même pour se fendre d’un raclement de gorge, de ceux qu’il pouvait bien servir lorsque se profilaient de douloureuses déclamations. Il ne quitta guère des yeux les vacillements de la maigre bougie alors que sa voix brisait de nouveau le relatif silence de leur nid amoureux : " Mais c’est quelque chose dont je dois te parler… Alors que nous sommes loin de tout. " Loin de la mauvaise influence de Star City, loin d’oreilles indiscrètes comme de l’enfer de leurs existences. Cela faisait écho à tout ce que les deux amants avaient bien pu échanger au soir de leurs retrouvailles et il était temps pour Adriel d’aborder ce sujet. De confus brouillons inachevés, son projet avait mué en solide et florissante application industrielle porteuse d’un immense potentiel.

" Tu te souviens lorsque l’on a pour la première fois franchement parlé de… L’Armure ? " Toujours ce semblant d’hésitation à parler de cette création dans quelques endroits neutres tant il ne souhaitait pas la voir tomber entre de sombres mains par le seul fait de sa négligence. Mais, un court silence plus tard, l’alter-ego civil de Megatron prit de nouveau la parole : " Je t’avais parlé de façonner le réacteur qui l’alimente pour une application civile. Une véritable révolution énergétique à même de changer la donne, de casser les prix comme d’offrir à tous l’accès au confort sans pour autant ravager la planète… J’y ai beaucoup réfléchis, j’ai cherché comment y parvenir et… Je crois que je suis arrivé au compromis idéal pour un lancement. " Ça lui venait d’un ancien pote de lycée, le genre un peu hippie mais un type bien. Pas la peine de rentrer dans les détails pour l’instant. Dans ce projet, il était la caution technique de toute façon. " Sauf que… Je ne veux pas que ce soit estampiller Veidt Enterprises. Il y aurait trop de… Conflits d’intérêts. " Pour ne pas dire d’opportunités de voir tous les requins de sa société chercher à profiter du projet pour des application élitistes et militaires là où il le destinait grand public et d’application civile. " Même mon argent pose problème... Gagné sur la vente d’armes, l’on pourrait argumenter que ma Société m’a permis l’innovation et qu’elle mériterait la primeur de la création. " Ses yeux toujours rivés sur la petite flamme, Adriel raffermit un peu plus autour d’Andrea l’étreinte de ses bras. " J’utiliserai celui l’argent de Leonel... Celui qu’il a géré avec sa start-up avant de… " Mourir… Il déglutit avec difficulté à l’évocation de la mort de son frère, quand bien même il savait que ce n’était pas vraiment son frère. Et, finalement, le Golden Boy d’entamer la dernière ligne droite de sa demande toute particulière : " Je ne peux pas franchement me permettre de créer une société à mon nom pour cette application là mais rien ne m’empêche de la prendre en main si le Propriétaire me tends les rênes. Alors… Que dirais tu de fonder la société qui offrira au monde l’avenir de l’énergie renouvelable ? " Tu parles d’un romantique…
 
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Message posté : Mar 22 Sep 2015 - 21:28 Message
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À la lumière d’une nuit pleine et aveugle, la saveur de leurs baisers, et le miel de leurs regards avait un instant laissé planer sur ses songes l’envie d’une étreinte prolongée au sein de l’écrin de douceur qui devait être leur nid pour la soirée, et certainement pour une partie de la nuit. Mais la sourde et chaude envie qui avait pris racine dans son bas-ventre s’était rapidement vue balayée par des considérations bien plus terre-à-terre, ne laissant derrière elle qu’un relent doux et amer d’envie mêlée d’inassouvissement. Car la faim et la gourmandise, auxquelles, tout Ultime qu’elle soit, Andrea n’était pas étrangère n’avaient pas tardé à se manifester, et Adriel avait de toute façon tôt fait de répondre à son assertion sur sa prétendue folie par l’une de ses badineries habituelles, entérinant l’heure venue de se rassasier après une matinée plus qu’épuisante. Et en vue d’une journée qui n’allait pas moins l’être.

Elle se devait de l’admettre, Adriel avait raison lorsqu’il parlait des actes manqués qu’il pourrait être amené à regretter ; Si taquine eut été la réflexion de la jeune femme, et si délicieux eut été l’instant du repas passé en sa compagnie et de ce qui l’avait précédé, Andrea languissait de ce qui s’annonçait pour leur journée du lendemain – et pour toutes les journées à venir – et sur laquelle le milliardaire prenait un malin plaisir à garder le secret. Aussi esquissa-t-elle un sourire tout à la fois coupable et amusé lorsqu’il vint la plaquer contre son torse, l’accusant faussement d’impatience et de curiosité, un état de fait à laquelle elle pouvait difficilement ne pas plaider coupable ; Plus encore que l’idée de mourir à ses côtés, l’idée de vivre avec une perpétuité d’aventures emplissait son cœur d’une douce extase. Mais jugeant la pensée trop sombre pour la beauté de l’instant, la jeune femme la laissa minutieusement de côté pour mieux s’oublier dans leur délicieuse entrevue.

Celui des bras de son compagnon qui se refermaient délicatement autour d’elle dans un enlacement tendre et protecteur, celui de ses lèvres qui furetaient dans les boucles de ses cheveux, celui de son souffle chaud et alcoolisé contre sa peau. Ce même souffle qui, quelques instants plus tard, venait se mêler aux siens dans un ballet chaud et humide de suavité et de douceur. « Les deux ! Je dépéris de ne pas savoir, souffla-t-elle conquise et en plongeant son regard brûlant dans celui d’Adriel, une fois descellées leurs lèvres, mais si tu me dis que ça vaut la peine d’attendre, alors j’attendrai. » Une éternité. Et ainsi s’appesantit-elle sur le revers musculeux de son épaule, se délectant des saveurs de leur retraite paradisiaque et de sa peau pour un moment de calme et de repos. L’alcool faisant son effet, la métisse Ultime se laissa bientôt submerger par une vague doucereuse de torpeur qui ne tarda pas à se muer en franche somnolence, portée par la lumière chevrotante des bougies qui se consumaient, et du reflux des vagues sur la berge proche.

Lorsqu’elle perçut finalement le ton grave de la voix du Golden Boy, au sortir d’une songerie floue, Andrea sentit son cœur se serrer. Elle voulut esquisser un mouvement de recul, pour mieux plonger son regard dans celui d’Adriel et capter les émotions que trahissait son intonation, mais se retrouva tout à la fois prise dans l’étau de ses bras et dans ses propres craintes, qu’elle n’osait réellement quitter, par peur de ne plus jamais en retrouver le chemin ; Oh, elle ne savait que trop bien son raclement de gorge et ses intonations gênées, elle le savait depuis qu’elle l’avait connu à la fac il y avait des années de cela. Et venant de lui, ça n’augurait souvent rien de bon. Elle garda cependant le silence, tendue mais à l’écoute de ce que sa confession allait bien pouvoir impliquer pour eux. La jeune femme crut l’espace d’un instant qu’il faisait référence à la discussion qu’ils avaient eu le jour où elle avait appris qu’Adriel Veidt et Megatron ne faisaient qu’un, mais il lui apparut rapidement qu’il n’en était rien.

Il lui évoqua péniblement l’armure et les applications qu’il y voyait au civil, et elle se remémora à ce titre de la métaphore judicieuse qu’il avait employé lors de leur conversation, dans laquelle il voyait l’armure comme un emballage, et le réacteur comme le cadeau qu’il voulait offrir au monde. Elle avait trouvé l’imagine judicieuse, et se souvint aussi du dilemme que lui imposait la mise sur le marché d’une énergie propre, de l’implication de son nom à la réputation houleuse, de son entreprise non moins populaire et des dérives qu’il ne voulait pas voir occasionnées. Et elle se souvint également sans mal de sa frustration à ces évocations, et sa propre impuissance à lui apporter son aide, à apaiser ses tourments. Aussi ne comprit-elle pas immédiatement pourquoi, à mesure qu’il parlait, ses traits se peignaient d’une fulgurante fébrilité, que ses yeux brillaient d’excitation, alors que le sujet était grave, et que ses souvenances l’étaient tout autant.

Oui, elle avait vu l’ombre de Leonel passer dans les yeux de son frère, et savait la douleur qu’appelait à lui le souvenir du disparu ; Même pour elle qui ne les avait que brièvement connu, les réminiscences des frères d’Adriel restaient teintées de souffrance, car par-delà sa propre peine, elles étaient synonymes de sa perte. Une perte qu’elle ne voulait plus jamais avoir à connaître. Fort heureusement, ce n’était pas l’information qui accapara le plus son attention… « Quoi ? », murmura-t-elle. Les yeux écarquillés, Andrea se détacha doucement du torse de son compagnon, les lèvres entrouvertes mais bien incapable d’articuler un mot. Résignée, la métisse Ultime se leva finalement pour se dégourdir les jambes et accuser le coup de la demande – qui avait au moins eu l’avantage de l’arracher parfaitement à sa somnolence, car elle n’avait jamais été si alerte.

Il lui fallut quelques minutes pour apprécier et arranger ses pensées, diffuses et confuses jusqu’à ce qu’enfin, déambulant entre les flammèches, la jeune femme darde ses prunelles opalescentes dans celles de son petit ami. « Je ne sais pas quoi répondre Adri, c’est plutôt… Inattendu, comme proposition. Enfin, je veux dire… Elle s’arrêta un instant, suspendant son phrasé. Tu penses vraiment que je suis la personne pour ça ? » Question de confiance, ou de capacités, il lui fallait en avoir le cœur net. Car, de tout ce qui avait jamais pu traverser l’esprit d’Andrea, fonder une société ne faisait pas partie. Non qu’elle s’en sente incapable, mais il n’en avait jamais réellement été question jusqu’à ce jour.

Cependant fiévreuse, elle s’approcha de nouveau du Golden Boy cueillant ses mains dans le creux des siennes, et s’accroupit auprès de lui. « Est-ce que ça ne risque pas de poser des problèmes, vis-à-vis de mon statut, de notre relation ou… Qu’on ne va pas essayer de nous mettre des bâtons dans les roues ? Qu’on ne va pas considérer que, malgré tout, c’est du conflit d’intérêt, que… Elle soupira finalement pour laisser place à sa réelle crainte. Tu penses que ça peut marcher ? » Mille autres questions lui brûlaient les lèvres, et parmi elles, ce qu’impliquait le fait qu’elle prenne la tête d’une telle société et la façon dont elle allait pouvoir le justifier auprès de ses supérieurs. Pour le reste, elle avait confiance en lui et en son jugement, et elle... Elle ne serait finalement qu’un prête-nom. Mais un prête-nom qui avait besoin de croire en la pérennité d’un tel projet entre ses mains. S’il croyait en sa réussite, alors elle-même n’en douterait pas un instant.

Les yeux plongés dans ceux d’Adriel, Andrea resta suspendue à ses lèvres la peur au ventre, en l’attente du jugement décisif qui allait – ou n’allait pas – faire d’elle l’égérie du dessein de toute une vie.
 
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Message posté : Mer 23 Sep 2015 - 0:10 Message
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Tonnerre sous les tropiques !


Dans une sempiternelle répétition d’une affligeante banalité, le Marchand de Mort étira l’un de ses sourires badins à la remarque témoignant de l’impatience relative de sa compagne… Ce fut, comme de coutume, rapidement suivi de la fugace crainte de ne pas être à la hauteur, d’avoir beaucoup trompé parlé et su susciter l’attente pour un résultat finalement désespérant. De bien négatives pensées qui ne tardèrent pas à quitter l’esprit du milliardaire excentrique alors que son tendre amour se lovait plus encore tout contre lui. Si leur passion lui paraissait aussi sincère que ce qu’ils voulaient bien s’offrir au quotidien, alors Adriel n’avait guère à craindre pour le déroulement du reste de leur escapade tropicale. Un soupire expia ses mots intérieurs alors qu’une nouvelle fois, le cubique fourreau enfermant le témoin de leur possible union sembla comme brûler sa peau depuis le fin fond de sa poche…

Et leur complice instant de s’écouler avant que le Golden Boy ne formule donc le fonds de sa pensées, la prime appétence de ses ambitions dans le monde des affaires… Il était conscient que ce n’était pas forcément le meilleur moment ni même le meilleur endroit, mais il ne pouvait se livrer comme il serait amené à le faire sans avoir totalement ouvert son cœur comme sa vie à la jeune femme. Tous deux s’étaient jurés de ne plus se dissimuler des choses alors Adriel prenait son serment à cœur. Quand bien même il gardait intimement chevillé au corps le plus lourd secret de son existence. Il était encore trop tôt pour celui-là, beaucoup trop tôt… Son exposé terminé, la réaction de la belle texane lui apparut bien moins vive que celle à laquelle il s’était attendu. Il accompagna du regard son mouvement visant à se décoller de lui et eut toute les peines du monde à ne pas chercher à conserver ses mains sur sa taille lorsque la mirifique jeune femme se leva comme pour se dégourdir les jambes et l’esprit. Un brin penaud, le Golden Boy resta donc seul au sol à river ses yeux d’un bleu métallique sur les pas de son tendre amour. S’il n’y en eut guère une éternité, c’est bien ce qu’il se figura avoir vécu alors que l’amour de sa vie s’adressait de nouveau à lui.

" Adri…? ! " Hoqueta t’il avec surprise face à ce surnom pour le moins incongru qui lui fit ouvrir grand les yeux et dévisager la jeune femme comme si elle venait de déblatérer la pire des insultes. Oh, bien sûr, il écouta tout ce que la sublime jeune femme eut à lui dire et il comprit ses doutes. Mais il y avait toute une partie de son esprit –si ce n’est un esprit dans son entier- qui ressassait sans cesse ce nouveau surnom. Adri… Adri… Adri… Ça lui renvoyait inévitablement l’image d’un petit roquet qu’une amie –disparue avec pertes et fracas depuis sans qu’il n’ait jamais reçu la moindre nouvelle- avait jugé bon de baptiser Dridri pour l’emmerder. Ce qui avait très bien marché au demeurant… Et puis, sans qu’il ne sache réellement pourquoi, çà lui renvoyait l’image d’un vieux garçon, aussi. Heureusement qu’il parvenait désormais à parfaitement se faire se chevaucher deux ou plusieurs types de pensées dans une mosaïque complexe pourtant parfaitement claire à ses yeux. Comme quoi une mutation pouvait avoir de bien nombreux aspects aussi disparates que surprenants. Mais l’on digresse et l’on en oublierait presque qu’Andrea en avait terminé de ses questions qui en appelaient tant d’autres. Adriel n’en avait pas attendu moins que cela et il lui adressa un menu sourire avant de finalement lui adresser de ce timbre si particulier : " Non mais… Adri… A.D.R.I… " De toute évidence, il n’était réellement pas friand de ce surnom qu’il espérait plus imputable à une langue qui fourche qu’à une habitude nouvelle. Dans la folle hypothèse où il aurait à régulièrement endurer ce nouveau sobriquet, il y avait fort à parier que ce ne serait pas sans la mélodie des cris et le contrepoint des grognements. " Sérieusement ? ! " Avança t’il sur un ton qui ne laissait place à aucune colère mais bien à une badinerie certaine. Après tout, le Golden Boy savait manier ce genre d’humour comme de rhétorique pour donner de l’air à une situation complexe. Ce ne l’était pas réellement ici, mais il n’avait pas pu s’empêcher de simplement… Etre lui-même ? Ses bras s’animèrent doucement pour l’aider à se redresser et enfermer une nouvelle fois les mains d’Andrea au creux des siennes. Dans ses yeux bleus pétillant luisait un regard porteur d’une infrangible détermination et le Golden Boy l’enlumina plus encore d’un sourire qui se voulait rassurant.

" Je pense qu’il n’y a personne de plus capable que toi pour cela… " Insista t’il d’une voix forte et assurée. Nul doute en son cœur et tous les traits de son visage affichaient une irrémédiable confiance en la jeune femme qu’il mirait de ses yeux d’un bleu métallique. Du dos de sa main, il vint rabattra une mèche de ses cheveux pour découvrir plus encore son visage et poursuivit avec cette bien belle assurance : " Je ne peux pas faire tout çà sans toi… Parce que tu… Tu es à l’origine de tout çà… " C’était peut être lourd à entendre, mais ce n’en était pas moins assez lourd à dire. Au point de voir la mâchoire du Golden Boy se contracter un instant avant qu’il n’englobe dans sa large paume la douce joue de son amour. Et Adriel de doucement poursuivre : " Je ne pourrais jamais assez te dire combien tu m'as chamboulé, et combien tu m'as changé. En m'aimant, tu as fait de moi un homme, Andrea. Un homme qui ne se soucie pas que de lui et de son commerce douteux… Et pour ça, je te serais éternellement reconnaissant ! " Il lui adressa un sourire, franc et lumineux, et fut tenté de l’embrasser. Mais il y avait encore bien des choses à dire… " Ce Cadeau au Monde… Il est peut-être de mon cru mais il vient tout autant de toi. Et c’est pour cela que je veux leur offrir avec toi ! " Dans l’esprit du Golden Boy, il ne pouvait en être autrement… En partageant sa vie, Andrea l’avait changé à ce point et tous devaient le savoir. Evidemment, cela ne solderait pas tout et des critiques pleuvraient toujours. Mais au fond de lui, le Marchand de Mort pensait qu’ils seraient à même de triompher de tout. Tant qu’ils seraient ensemble.

" Andrea, regardes-moi… " Il lui opposa son faciès rude mais parcouru de ce sempiternel sourire amusé qui laissait penser que le Golden Boy était le seul au courant d’une plaisanterie particulièrement drôle. " Ai-je l’air de penser que çà ne peut pas marcher ? Ai-je l’air effrayé ? " Pas un instant. Mais il pouvait comprendre qu’elle le soit car elle n’avait pas été élevée à la mamelle de ce milieu de requins financiers. Il y avait maintenant des années que le Golden Boy nageait dans cette mare et qu’il en était devenu l’un des plus gros poissons. Il se savait capable de tout dans ce milieu et c’est bien pour cela qu’il entendait la protéger à sa manière. " Je ne te demande pas d’être omniprésente et sur tous les fronts. Il y a bien des propriétaires comme des fondateurs qui ne s’impliquent que peu dans les affaires de leur société… " Il en connaissait bon nombre. De l’importance d’avoir un carnet d’adresse bien rempli. Ses bras se nouèrent autour de la taille de la jeune femme. " Je ne suis peut-être pas mon Grand-Père, mais je suis persuadé que je reste capable de transformer ce que je touche en or... " Jusque-là, il n’avait eu que trop peu de choses à construire à partir de rien et c’était un défi qui plaisait assez à Adriel. Ses bras plaquèrent tendrement la belle contre son torse. " J’ai juste besoin que tu donnes l’impulsions. Ensuite –et comme pour tout- la gravité fera le reste… " Et par gravité, il n’entendait rien d’autre que lui-même ! Ses lèvres se posèrent délicatement sur celles de son tendre amour et il lui offrit un baiser amoureux aussi long qu’il lui fut possible. Sa respiration retrouvée, ses pupilles claires se plongèrent une nouvelle fois dans les océans sinoples de son amour. Et le Golden Boy de murmurer : " Tu as pour toi tout le temps de la réflexion… Et puis… Que dirais tu d’un tour en ville pour admirer temples et feux d’artifices afin d’évacuer toutes ces émotions ? " Après tout, n’étaient-ils pas des semblants de touristes lambda ?
 
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Message posté : Jeu 24 Sep 2015 - 0:22 Message
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Andrea avait fait le choix d’ignorer les remarques de son cher et tendre sur le surnom qu’elle avait choisi de lui attribuer, se contentant de lui lancer un regard exaspéré, au creux duquel surnageait sans conteste un éclat mauvais qui n’appartenait qu’à elle. Elle s’était bien gardée de s’empourprer, comme elle le faisait lorsqu’elle était contrariée – et quoiqu’elle ait choisi de n’en rien dire, elle l’était assurément –, tout comme elle avait préféré détourner ses prunelles des siennes dans un roulement d’yeux équivoque. Elle aurait fort bien pu arguer que c’était déjà le surnom qu’elle lui donnait lorsqu’ils étaient à la fac – comprendre, avant qu’il ne devienne un connard prétentieux trop bien pour ses pitoyables attentions – mais à quoi bon ? Adriel avait toujours su tourner en dérision ce genre de marques et si la jeune femme s’en trouvait bien souvent piquée au vif, elle ne s’en formalisait en définitive pas tant que ça. Car elle l’aimait profondément, ce connard prétentieux, et ce sale caractère qui était sien. Et s’il lui fallait partager sa vie avec lui, il allait aussi lui falloir faire l’impasse sur ce genre de choses, ou les adopter. Et elle n’avait pas dit son dernier mot…

Ses mains subitement transies de froid dans le creux des larges paumes du Golden Boy, la métisse Ultime accrocha son regard, se délectant de chacun de ses mots, comme d’une corde à laquelle se raccrocher, tandis que ses pensées l’avaient plongée dans un chaos de sentiments contraires. Excitation de l’entreprise, fébrilité de voir finalement le projet aboutir et arriver à son terme, chamboulement de sa vie, de leurs vies, mais aussi peur d’échouer, crainte d’un univers qu’elle ne connaissait pas, et de ce qui se nichait dans ses profondeurs, peur des requins de la finance, peur des nuisibles des médias,… Et dans cette tempête, un seul phare, celui des yeux d’Adriel qui l’emplissait d’une confiance nouvelle. Il lui avoua qu’il ne voyait personne de plus capable qu’elle pour faire aboutir le travail de toute sa vie, allant même jusqu’à prétendre qu’elle en était – dans une certaine mesure – l’initiatrice, en lui ayant permis de devenir une meilleure personne, et à cette remarque, un sourire ému ourla les lèvres de la jeune femme. Peut-être le pensait-il le plus sincèrement du monde, en tout cas en avait-il l’air, et quelque chose au fond d’elle voulait croire en lui. Même si l’enjeu était d’une importance capitale.

Alors elle ferait fi des basses critiques et des obstacles. Ses mains se pressèrent doucement dans celles de son compagnon, et un nouveau sourire naquit sur son visage qu’elle inclina d’un air approbateur, plus tendre, plus résignée à puiser en ces mots le courage de se lancer, avec lui, dans cette entreprise. Elle plongea son regard dans le sien, comme il le lui demandait, et y lut force et détermination, souriant lorsqu’il lui promit qu’il serait derrière elle à chaque étape de la création et de la gestion. Elle acquiesça lorsqu’il lui affirma, comme elle s’en doutait, qu’elle n’aurait à s’occuper de rien dans les faits, et ne servirait que d’image à la société. Elle se blottit finalement contre son torse lorsqu’il lui demanda si une sortie lui ferait du bien, au sortir d’un doux baiser qui devait par son acte, clôturer leur discussion. Mais au fond, quoiqu’elle ne le lui dise pas, la décision d’Andrea était déjà prise – pour ce qu’elle croyait en lui, et ce qu’elle croyait en son projet. Elle était déjà prise si elle ne menaçait en rien sa carrière, ou sa réputation ; Deux choses à laquelle la jeune femme s’était fermement attachée.

Plongeant ses prunelles dans celles de l’homme, elle soupira doucement d’un air conquis et apaisé : « Oui, je pense que ça ne peut que nous faire du bien. Le trop plein d'émotions fortes, pas bon pour mon cœur... », le taquina-t-elle. Peut-être goûterait-il à sa blague, peut-être pas ? Elle en aurait presque oublié où elle se trouvait et pourquoi ils se trouvaient là. En dehors de toutes leurs considérations économiques, ils restaient avant tout un couple de touristes venus pour se ressourcer et refaire le point sur leur relation après des mois de travaux acharnés. Quoi de mieux alors pour s’aérer l’esprit que de s’imprégner de nouvelles saveurs, de nouvelles expérience, de nouvelles cultures ? C’est donc docile qu’elle se laissa aveuglément guider hors de leur luxueuse villa, puis au-travers de la ville par un Adriel fin connaisseur, et découvrit à ses côtés mille merveilles que recelaient Bali et son chef-lieu Denpasar. Si bien d’ailleurs, qu’elle en oublia presque la conversation qu’ils avaient eu un peu plus tôt dans la soirée. Presque, parce qu’au fond rien ne savait lui faire entièrement refermer la porte qu’avait ouvert le milliardaire en lui exposant la possibilité d’être celle qui porterait son projet aux yeux de tous. Rien, vraiment ? Pas tout à fait. Et la suite des évènements allait en convenir.
 
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Message posté : Jeu 24 Sep 2015 - 20:07 Message
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Tonnerre sous les tropiques !


Au cœur de tous les propos que le Golden Boy avait bien pu tenir à son tendre amour, il n’y avait pas la moindre trace de mensonge… Terminé des faux semblants comme des basses manipulations, Adriel s’en tenait à la stricte sincérité de ce serment qu’ils s’étaient murmurés. Au fond de lui, il avait toutefois quelques réticences face à la teneur de son propos. Il ne voulait pas dissimuler la vérité à Andrea, ne pas lui mentir sur le fait que le entreprise serait risquée et qu’elle les mènerait surement à être attaqués. Plus encore, il ne voulait pas qu’elle se perçoive comme un simple « prête nom », quand bien même ce pouvait être le rôle qui serait le siens. Face à la dimension dangereuse comme exposée de leur entreprise commune, Adriel voulait se mettre en première ligne et laisser la jeune femme en retrait de ce monde des affaires qu’elle ne connaissait comme n’appréhendait que trop peu. Mais ce n’était pas vraiment le moment de partir sur une discussion stratégique sur les différents aspects économiques de leur démarche. Ils auraient tout le pour cela une fois qu’Adriel aurait reçu sa réponse et il était grand temps pour eux de se comporter comme les deux touristes qu’ils étaient venus singer. Quand bien même une dernière phrase de la part de son tendre amour chaussa sur ses traits un masque désolé avant qu’il ne murmure à sa belle en retour :

" Je suis désolé pour çà… " A croire qu’il n’était pas franchement au fait de l’humour de sa chère et tendre… Ou bien tout le contraire alors qu’il lui présenta bien vite un visage badin en l’invitant à prendre sa suite pour les mener vers les merveilles de Denpasar. Ainsi, tous deux enfourchèrent t’il le petit scooter à disposition pour se rendre dans la « grande » ville, Adriel insistant pour que la jeune femme chausse sur sa tête un casque, quand bien même il ne lui servirait à rien en cas de chute… Il ne leur fallut pas longtemps pour se retrouver cernés de cette dense foule d’autochtones comme d’occidentaux venus, comme eux, profiter de quelques jours de paix sur l’île paradisiaque. L’un des mauvais aspects de l’île, mais aussi l’un de ses avantages lorsque l’on jouissait de la mondiale renommée du Marchand de Mort : ici, les gens ne prêtaient aucune attention à lui, trop occupés à vivre leur existence et à profiter de l’instant. " Viens… " Souffla t’il à son tendre amour en lui tendant une main qu’il espérait bien voir saisie au vol. Et voilà donc le couple vagabondant dans la relative fureur balinaise. Autour d’eux et malgré le crépuscule, c’était un véritable déluge de couleurs comme de senteurs alors qu’ils déambulaient entre des échoppes proposant des mets locaux aussi colorés qu’épicés. Des femmes hurlaient à qui voulait entendre qu’elles vendaient différentes variétés de fleurs plus chamarrées les unes que les autres alors des enfants apostrophaient les touristes pour les attirer vers différentes échoppes d’artisanat local, probablement tenus par leurs parents… Pas franchement tout ce qu’il y a de plus patient au quotidien, Adriel laissa pourtant la magie des lieux opérer sur lui et il prenait plaisir à suivre sa belle vers les divers endroits qui soulevaient son intérêt. Des roupies indonésiennes plein les poches, il ne rechignait sur aucun achat et dédiait même l’un de ses bras à porter tout ce que sa belle voulait bien acheter. Alors qu’ils restaient figés, enlacés, devant un spectacle de marionnettes traditionnelles, le Golden Boy céda aux suppliques d’un gamin leur proposant des rouleaux de riz vapeur sucré de noix de coco et d’un autre condiment qui suscita son hilarité lorsque le môme lui indiqua ses propriétés. " Il dit que c’est drôlement aphrodisiaque ! " Ricana t’il à son tendre amour en couvrant vaguement les clameurs de la foule face à la virtuosité des marionnettistes au sommet de leur art. Comme s’il avait besoin de cela de toute façon ! Et le temps de suivre son cours dans cette parenthèse enchantée que le Propriétaire de Veidt Enterprises aurait souhaité voir se prolonger à l’infini. Les vivas de la foule saluant la fin du spectacle traditionnel, Adriel finit par intimer à son tendre amour de le suivre pour quelques destinations inconnues.

" Une surprise… " Argua t’il pour susciter la curiosité de la belle texane et la faire suivre avec moins de réticence. Un brin de marche pour les éloigner de « l’usine à touristes » que pouvait bien être le cœur de Denpasar et le couple américain de se retrouver aux portes d’un beau jardin parcouru de nombreux sycomores et jujubiers. Ou du moins ce qu’Adriel pensait être pareils arbres alors qu’il n’avait rien d’un botaniste ! Aux portes du jardin, le Golden Boy se fendit d’une maigre argumentation avec ce qui semblait être un gardien avant de lui graisser la patte d’un équivalent de trois salaires moyens mensuels balinais. Soit l’équivalent d’un ticket de métro pour le milliardaire excentrique. Si ce n’est moins. Et le Gardien de se transformer en un semblant de mielleux Guide les faisant pénétrer dans l’un des plus beaux endroits du patrimoine balinais. " C’est le Bajra Sandhi… Un Temple Balinais, mais qui ressemble furieusement à un équivalent de Jakarta. J’y étais allé étais allé une fois, lors d’un voyage d’affaire. Ou d’une conférence… " Dans celui de Jakarta, s’entends. Sauf qu’il devait à l’époque être ivre car il ne se souvenait que trop peu de la visite. Ah, l’alcool… " D’ordinaire, on ne peut le visiter que le jour mais… Tu sais comme je peux me montrer persuasif parfois ! " Pyrokinésie, Phytokinésie, Contrôle du Magnétisme… Des foutaises que tout çà ! Le meilleur des super pouvoirs reste de loin l’argent ! Dans les jardins dédiés au sport bordant le Temple, ils croisèrent quelques scolaires en plein exercices. Le Parc n’était pas interdit une fois la nuit tombée Et le couple de finalement pénétrer dans l’Utama Mandala : le bâtiment principal.

Ils ne s’attardèrent guère dans le rez de chaussée de la bâtisse où sommeillaient les boutiques à touristes et autres éléments de consommation Assurant la survie de l’endroit. Leur visite le mena presque directement au second étage où les attendait l’exposition phrase des Balinais à travers les âges, exposant des figures d’un peuple qui avait longtemps souffert. Des portraits aussi divers qu’équivoques rendus plus fort encore à la lumière d’un grand nombre de bougies à la flavescente lueur. Et autour d’eux, guère plus que le silence pour une expérience pouvant se décrire comme un brin mystique mais particulièrement poignante. " Il faut que je te montre quelque chose de merveilleux… " Et le Golden Boy de prendre une nouvelle fois son aimée par la main pour l’attirer à sa suite dans un escalier en colimaçon. A l’orée des dernières marches, il se fit même fort de lui murmurer : " Fermes les yeux… " En espérant qu’elle s’exécute alors qu’ils se trouvaient arrivés à destination. Les larges mains du Marchand de Mort enserrèrent la taille de sa belle et la guidèrent jusqu’au au muret délimitant ce semblant de terrasse. Et, enlaçant la texane en se plaçant dans son dos, Adriel lui murmura un maigre : " Tu peux les ouvrir maintenant… " Et, sous leurs yeux, la panorama de Denpasar s’écoulait dans toute sa splendeur, lumineux et fourmillant d’une activité nocturne débordante alors que le vent aussi salé qu’iodé venait balayer leurs visages. Conquis par la vue tout autant que par cette âme sœur avec qui il la savourait, Adriel l’enlaça plus fort encore, déposant un baiser à la naissance de son cou en savourant l’instant. Il ne pensait guère pouvoir vivre plus beau moment et espérait bien qu’il en était de même pour Andrea. Quand bien même il souhaitait le rendre plus beau encore. Le petit cube dans sa poche brûlait toujours plus sa peau et le Golden Boy pensait le moment idéal pour poser LA question… Il referma donc ses doigts sur le précieux trésor et son cœur se mot soudainement à tout rompre. Jusqu’à ce que des cris ne commencent à monter des places balinaises bondées de touristes…
 
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Message posté : Sam 26 Sep 2015 - 1:37 Message
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C’était sur un sourire entendu qu’ils avaient quitté leur palace pour rallier le centre de Denpasar, laissant derrière eux – pour un moment – leurs graves considérations ; Des considérations qui, quoique mêlées des galéjades dont seul Adriel avait le secret, ne quittaient jamais vraiment son esprit. Par égard pour eux, néanmoins, la jeune femme s’efforçait d’y songer le moins possible et avait même fait l’effort de les ranger dans une boîte spirituelle qu’elle avait scellée, et qu’il lui était interdit d’ouvrir avant leur retour dans la ville des supers. Avant quoi, plus d’escouade d’intervention, plus de Star City, plus d’entreprise ne devait parasiter ses pensées ; Il ne devait plus y avoir qu’eux, leur couple, leur avenir, les délicieuses vacances qu’ils s’étaient octroyés et les splendeurs que recelait Bali.

Elle s’était laissée charrier sur un scooter – moyen de transport typiquement balinais, avait-il argué – zigzaguant à travers les boyaux de la ville, mais ils avaient rapidement convenu de délaisser leur moyen de transport aux abords de la capitale pour en écumer à pieds le cœur palpitant et noir de monde. Passée l’heure tardive, et les touristes affluaient et effluaient encore en masse, tant d’ailleurs que les rues en dégorgeaient et semblaient même littéralement battre de vie. C’était comme si la ville ne dormait pas, ni ne s’apprêtait à le faire ; Il y avait çà des échoppes pittoresque dont les couleurs chatoyantes attiraient son regard, là des éclats de lanternes hautes qui nimbaient le ciel d’encre de flammes moirées. Ici encore des tentures colorées qui se jouaient des lumières valsant sur la chair de fruits exotiques, dont les exhalaisons embaumaient l’air, et se plaisait à narguer le piquant des épices et graines chamarrées des étals. Entre deux phonèmes chantants, elle n’hésitait pas à harasser Adriel de questions dont elle écoutait à peine les réponses, car déjà assaillie par d’autres interrogations plus impérieuses encore que sa curiosité enflammaient. Rien n’était laissé au hasard, aucun regard, un rire ou sourire, aucun son, ou aucune odeur, aucune sensation, rien qui ne s’imprime en elle au fer rouge, durablement ancré dans ses souvenirs. Et ses doigts entremêlés à ceux de son compagnon, Andrea se délectait de chaque instant et découvrait avec un plaisir palpable les mystères et merveilles d’un univers qu’elle ne connaissait pas.

Mais au fond, aucune échoppe, aucun roulé à la coco, fut-il aphrodisiaque, ni spectacle de marionnette ne surpassait le plaisir d’être à ses côtés, plongés dans l’anonymat d’un bain de foule, d’un microcosme de l’autre bout du globe où ils n’étaient rien, ni personne. Sinon eux. C’est pourquoi son regard se perdait bien souvent dans le sien, pourquoi ils s’accrochaient d’un baiser au détour d’une rue ou d’une terrasse. Pourquoi elle ne posa pas de question lorsqu’il lui prit la main, l’entraînant à sa suite hors du centre alors qu’il lui semblait qu’ils venaient à peine de l’aborder. Sur leur chemin, les rues bondées s’étaient peu à peu vidées tandis la nuit sombre affermissait sa poigne sur la ville ; Le bourdonnement lointain, assourdissant, des places avait peu à peu laissé place à la sérénade nuptiale de quelques insectes nocturnes, et à la chaleur moite des places et des chalands avait succédé une fraîcheur piquante qui ne manqua pas de lui arracher un frisson – lequel se retrouva par ailleurs gratifié de la veste du Golden Boy épousant ses épaules rafraîchies. Un geste qui n’était pas sans lui rappeler quelques souvenirs, bien qu’il n’y ait sûrement accordé qu’une bien piètre attention.

Ils étaient rapidement arrivés auprès de ce qu’elle identifia comme étant un temple, et elle s’étonna un instant à l’idée de pouvoir se rendre dans un tel lieu en pleine nuit. Il s’avéra qu’elle avait raison avant même qu’elle n’ait l’idée de le lui demander : il s’agissait bien d’un temple, et s’ils étaient libres de déambuler où bon leur semblait entre les statues et les arbres élancés du jardin qui le bordait, dont les ombres s’étiraient largement à la faveur de quelques maigres loupiotes, la bâtisse en elle-même leur était interdite. Du moins en théorie. Mais s’il était une chose qu’Andrea avait apprise, c’est qu’aucune porte ne restait éternellement fermée devant le Golden Boy et, en moins de temps qu’il n’en fallait pour le dire, le gardien des lieux leur ouvrait la marche à l’intérieur du Barjha Sandhi, en se fendant d’une visite hésitante, dans un anglais plus trébuchant encore. Au pouvoir de persuasion que lui évoquait Adriel, la jeune femme ne répondit qu’un « Mmh » laconique, tout à la fois captivée par la magie des lieux qui n’abritaient qu’eux pour l’espace d’une nuit, et sceptique quant aux méthodes douteuses qu’employait parfois le Golden Boy pour arriver à ses fins ; Mais qu’y pouvait-elle, c’était les siennes ! Et si elle ne les approuvait guère, Andrea se faisait fort d’en profiter, comme un plaisir coupable chevillé au corps.

À peine eut-elle l’impression de pouvoir s’imprégner du mysticisme des lieux fleurant l’encens que son compagnon l’enlevait encore, saisissant une main frêle dans sa large poigne et laissaient derrière eux l’histoire balinaise en l’entraînant à sa suite dans un colimaçon de bois sombre. À sa demande, la métisse Ultime ferma les yeux, curieuse mais confiante quant à la destination qu’il désirait leur faire rallier et se laissa guider tant bien que mal. Elle comprit être arrivée à destination lorsqu’une bourrasque caressa la courbe de son visage et souleva le revers de sa robe de lin blanche, laissant folâtrer une mèche mordorée contre sa peau tannées par le soleil. Sur un mot du milliardaire, Andrea ouvrit les yeux, découvrant finalement le spectacle d’un panoramique à couper le souffle. Souffle qu’elle retint d’ailleurs pendant quelques instants, alors que ses yeux se perdaient sur le paysage qui semblait s’étirer indéfiniment sous son regard, alors que les lèvres d’Adriel se perdaient dans sa nuque, que ses bras l’enlaçaient tendrement. Un sourire et un soupir émus s’insinuèrent entre ses lippes tandis qu’elle se reposait contre le torse de son compagnon : « C’est tellement beau… » Murmura-t-elle. Et elle ne parlait pas tant de la vision qui s’offrait à eux que de l’instant. En dehors de quoi, rien sinon le silence. Car il n’y avait au fond, vraiment rien de plus qui vaille la peine d’être ajouté.

Pourtant il y eu cet instant, ce murmure froid dans le calme. Un sentiment qu’elle n’avait encore jamais ressenti jusqu’alors ; Suivis de cris d’horreur qui se firent écho les uns des autres. Des frissons lui parcoururent l’échine, d’autres horripilèrent la peau de sa nuque et elle ouvrit les yeux qu’elle venait de fermer, plus très certaine d’avoir rêvé ce qu’il lui semblait avoir perçu. L’air des sirènes dans le lointain lui confirmèrent en un instant qu’elle n’avait rien halluciné: quelque chose était bien en train de secouer le centre-ville qu’ils venaient de quitter. « Tu as entendu ? C’était affreux… Souffla-t-elle en se tournant vers Adriel. Plus pour elle que pour lui, bien qu’elle l’ignore encore. Que penses-tu que ce soit ? » Et comme pour répondre à sa propre question, l’agente fit un pas en avant, se penchant à travers l’embrasure pour espérer apercevoir quelques agitations dans le lointain. Et elle, alors que son regard scrutait toujours l’horizon, d’ajouter : « Peut-être que nous devrions aller jeter un œil, tu ne penses pas ? Cela pourrait être n’importe quoi… Elle s’arrêta un instant, le souffle court. Non, sourit-elle d’un air désolé en se tournant vers lui, déformation professionnelle, pardonne moi… » Et son mea culpa était on ne pouvait plus sincère ; Après tout, n’avait-elle pas été formée – pour ne pas dire formatée – à se trouver interpellée par de tels événements ? Toujours est-il qu’elle se fit fort d’ignorer son instinct pour plonger son regard dans les prunelles d’acier de l’homme de sa vie. L’éclat qu’elle y lut était indescriptible. « Adriel, ça va ? »
 
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Message posté : Dim 27 Sep 2015 - 15:24 Message
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Tonnerre sous les tropiques !


A la cîme du Barjha Sandhi, Adriel se laissa totalement aller à savourer la magie de l’instant. Ses yeux dévoraient le panorama de la ville ne dormant guère, bercée par bien des lueurs comme agitée de bien des mouvements de foule, alors que sa peau rêche se gorgeait de la chaleur de son tendre amour autant que de la douceur de son derme de pêche. Ses bras noués autour de cette silhouette frêle qu’il savait si forte, le Golden Boy s’enivrait de son parfum comme de la mélodie de sa respiration rythmant les agitations de la cité en contrebas. Progressivement, cette dernière faisait place à toute la magie de l’instant pour progressivement disparaitre et ne plus les laisser qu’eux. Simplement eux deux. Voilà pourquoi il avait insisté pour qu’ils s’éloignent de Star City pour quelques jours. Afin de couper avec leurs vies démentes comme pouvoir vivre de ces instants magiques qui ne pouvaient appartenir qu’à eux. Pas de regards indiscrets comme moralisateurs ici, ni même de venimeuse parole indiquant à l’un qu’il faisait une erreur de croire en l’autre. Simplement eux face à toute la beauté comme la pureté de leur relation. Puisse-t-elle durer à jamais comme toujours les combler.

" Je vais tâcher de le rendre plus beau encore… " Souffla t’il dans un murmure qui se voulait presque imperceptible. Peut-être bien qu’Andrea ne le percevrait guère tant l’instant se suffisait à lui-même et qu’il n’y aurait point dû avoir la moindre interférence à leur silencieuse contemplation coupable. Pourtant, le Golden Boy entendait bien enchanter plus encore leur instant en dévoilant le petit cube qu’enserraient ses doigts dans le secret de sa poche, après avoir posé un genou à terre face à sa belle. Un brin théâtral, certes, mais l’on n’échappe pas aux plus rudes clichés de la culture américaine lorsque l’on est un des plus pur produit de son système ! Mais, alors que le Marchand de Mort semblait enfin avoir trouvé suffisamment de courage en lui pour initier son geste, il fut proprement interrompu une série de cris des plus déchirants.

Et, soudainement, cette impression d’être survolé par une glaciale chape de plomb. Ses doigts se raidirent et laissèrent choir le précieux présent au plus profond de sa poche alors que le propriétaire de Veidt Enterprises jetait un regard terne sur le lointain. Un murmure de terreur semblait parcourir la ville et il fut bientôt contre balancé par les hurlements de diverses sirènes criardes autant qu’alarmantes. Il ne fallait guère être sur place pour comprendre qu’un sinistre vent de panique avait envahi un quartier entier et que la peur ne tarderait pas à enserrer toute la cité. A la prime question de la mirifique texane, Adriel se contenta d’un simple hochement de tête, plongeant plus encore ses yeux bleus sur le panorama lui faisant face en plissant ses paupières, comme s’il pensait pouvoir affuter sa vision et ainsi discerner le pot aux roses. Mais toutes ses silencieuses observations ne lui furent d’aucun secours. " Je ne sais pas… " Répondit t’il l’inquiétude chevillée au corps. Connaisseur du contexte mondial, des factions révolutionnaires comme de bien des enjeux géopolitiques, Adriel voyait son esprit traversé d’une diversité de scénarii plus inquiétant les uns que les autres. Alimentant son semblant de paranoïa naissante, les attentats du 12 octobre 2002 assaillirent sa mémoire. Pourtant, il n’avait pas discerné la moindre détonation dans la quiétude de la nuit désormais métamorphosée en grandissante torpeur. Torpeur qui se communiqua maladivement au Golden Boy…

Sans qu’il ne puisse réellement dire pourquoi, Adriel sentit ses épaules frémir face à la situation et progressivement s’agiter de tremblements alors qu’il ne parvenait pas à décrocher son regard du théâtre des horreurs naissantes. Successivement, bien des blessures qu’il eut à endurer au cours de son existence vinrent à assaillir ses sens. La morsure du Komodo à son épaule, la sensation de ses côtes brisées par le poing de pierre de la Gargouille Grise, les chairs de son bras brulées par la surcharge électrique imposée par le Météorologue ou encore le poignet cassé par la force implacable de cet Alien affronté ivre sur le territoire mexicain. Autant de désagréable souffrance qui assaillirent de concert sa conscience flageolante et qui horripilait sa peau face à l’horreur de se sentir incroyablement vulnérable comme de ne point être en mesure de pouvoir aider comme changer les choses. Ou comment mêler dans un même corps un sentiment de culpabilité héroïque à la plus pure crainte égoïste ?Et la voix d’Andrea de faire office de phare dans les ténèbres qui s’étaient formées, l’extirpant progressivement de cette hébétude apeurée dans laquelle il s’était muré. Il étreignit plus étroitement les doigts de son amour en tentant de retrouver de la contenance face à elle. Guère plus qu’une illusion de confiance sereine dans sa voix lorsqu’il chercha à lui déclamer pour la rassurer : " Ça va, ça va… " Mensonge, mais il n’était pas nécessaire de l’avouer. Cela serait probablement plus que visible de toute façon…

" On… On devrait rentrer… " Argua t’il avant de se rendre compte que leur chemin les emmènerai inévitablement sur les lieux du drame ou du moins à proximité. Après tout, leur seul moyen de locomotion se trouvait au cœur de cette usine à touristes et ils avaient besoin de lui pour rentrer. L’escalier en colimaçon derrière et l’exposition sur le peuple balinais dépassée, Adriel ne fut pas surpris de constater que leur « guide » de fortune avait disparu. La chose ne l’inquiéta pas vraiment et ils se dirigèrent vers les rues pour constater un semblant de chaos ambiant. Il ne fallait pas être très observateur pour voir que tous ces gens se dirigeaient dans une direction opposée à la leur. Une première patrouille de police leur passa devant, sirènes hurlantes, avant qu’ils n’en croisent une deuxième en approchant de la place bondée où ils avaient profité du spectacle de marionnettes. Et, bien malgré lui, cela fit tiquer Adriel alors qu’il serrait sa main autour de celle d’Andrea. " C’est étrange… " Conclut il en regardant la patrouille se rendre dans une direction opposée à la première. Dans l’hypothèse d’un attentat ou bien d’une attaque, les faits devaient être concentrés en un point unique où convergeraient les forces de l’ordre… Alors, pourquoi se dispersaient elles en tous sens ? Ne souhaitant pas réellement envoyer son couple dans la gueule d’un hypothétique loup, Adriel se figea sur place et extirpa son smartphone de très haute technologie de sa poche pour questionner avec un aplomb certain : " Recherche World Wide, Articles et Vidéos, Mots Clés : Bali ! "

A l’écran, une représentation binaire du faciès de V.I.S.I.O.N lui indiqua l’avancement de sa recherche. Avec une connexion directe à la constellation de satellite Veidt Zipsat, Adriel disposait d’une connexion à internet ultra-rapide, capable de télécharger des MP3 en quelques secondes. Ou, dans le cas présent, de faire du tri dans la « Twittosphère » pour y décerner des réactions « en direct » sur les évènements tragiques qu’ils étaient en train de vivre. En moins de quelques secondes, c’est une véritable mosaïque de photos, vidéos et maigres articles qui inondèrent l’écran. " Il y a un truc qui cloche… " Nota le Golden Boy après une rapide analyse. Du bout de son index, il désigna plusieurs photos à l’attention d’Andrea pour exposer son point de vue sur la tragédie : " Regardes… Ces monuments-là ne sont absolument pas proches ! " Autrement dit, le drame n’était en rien centralisé et les responsables avaient frappé à plusieurs endroits. Dans leur dos, un véhicule de Police était à l’arrêt des hommes en étaient sortis précipitamment, arme au poing. Adriel les avait remarqués du coin de l’œil mais il était plus occupé à décortiquer les différents clichés défilant sous ses yeux. Comme ses sens le lui avaient indiqué au sommet du Barjha Sandhi, ce n’était pas le fruit d’une série d’explosion. Mais alors… Un cri rauque semblable à un feulement surgit non loin, d’une des ruelles attenantes. " C’était quoi… ? " Souffla le Golden Boy avant que des cris et des coups de feu ne l’interrompent. Et ne les plonge progressivement du rêve dans le cauchemar ?
 
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Message posté : Lun 28 Sep 2015 - 17:58 Message
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Ses yeux clairs perdus dans la pénombre opaque de la nuit, Adriel semblait absent. Loin, si loin d’elle. Abîmé dans les profondeurs de ses songes, sans doute peinait-il même à percevoir le son de sa voix, et au fond d’elle, Andrea se demanda l’espace d’un instant à quoi il pouvait penser. Songeait-il à quelques évènements dont lui seul avait connaissance ? Se remémorait-il des expériences douloureuses passées à Bali ? S’inquiétait-il du soudain vent d’agitation qui planait sur l’ibu kota de la province balinaise et qui semblait les avoir glacés jusqu’au sang ? Il lui fallut quelques instants – quelques instants d’une crainte grandissante – pour revenir auprès d’elle, serrant un peu plus sa main dans le creux de la sienne en signe qu’il avait entendu ce qu’elle venait de lui dire. Sa voix qui tentait de la rassurer résonnait d’un phonème voilé, et la jeune femme n’était nullement dupe, pour ce qu’elle connaissait son compagnon ; Quelque chose au cœur de la ville venait de naître, et les circonstances n’étaient pas anodines, quoiqu’aucun ne l’admettrait ni ne voudrait l’admettre. Pour toute réponse, la jeune femme entremêla ses doigts à ceux de son compagnon et pressa sa main avec délicatesse, les lèvres doucement pincées.

« Oui, tu as raison, rentrons… » Souffla-t-elle, comme si elle eut soudain peur d’être entendue. Une chape de plomb s’était abattue sur leur soirée, et avec elle les prémisses d’une nuit agitée. Et pas forcément dans le bon sens du terme. Ils quittèrent le Barjha Sandhi sans plus de cérémonie, retraversant le parc empli d’arbres fruitiers et repassant devant l’alcôve du gardien qu’ils saluèrent d’un léger signe de tête. Le retour jusqu’en ville ne fut guère plus animé, vaguement rythmé de quelques échanges sans grand intérêt sur la qualité de l’air ou sur celle, parfois misérable, des routes et peu ou prou rien de plus avant qu’ils n’atteignent le cœur des rues marchandes. Là, c’était un concert de sirènes, dont les échos retentissaient jusque dans le lointain, jusqu’à disparaître dans une cacophonie de cris et de précipitation. Si les voitures des forces de l’ordre semblaient s’éparpiller aux quatre coins de la ville, il n’en était pas de même pour les civils qui, comme un seul être, s’évertuaient à quitter le cœur de ville pour rallier la périphérie, se précipitant sur leurs – ou sur d’autres, pas même à eux. Ils échangèrent un regard entendu lorsque les doigts d’Adriel serrèrent ceux de sa compagne, et elle-même acquiesça silencieusement de la tête lorsqu’il évoqua que le mouvement de foule était étrange.

À la faveur de la technologie Veidt, il ne leur fallut que quelques instants pour accéder au web et aux migres informations dont ils pouvaient déjà disposer, alors que l’attaque – ou quoi que ce soit d’autre – venait seulement de se produire. Toujours silencieusement, les sourcils froncés qu’elle observa les clichés que lui indiquait Adriel, s’approchant au plus près pour espérer discerner quelque chose au creux de photos numérisées de téléphones portables souvent d’une pièce qualité. « Tu as raison, c’est étrange…, conclut-elle. Quoique ce soit, ça a frappé simultanément dans plusieurs endroits. Et regarde ces clichés, indiqua-t-elle, pas de traces d’explosion, pas de traces de balles. Je me demande ce qui a pu… » Mais elle fut interrompu dans son propos par un bruit singulier. Un bruit qui n’avait rien à envier à un quelconque film d’horreur, et qui lui retournant les sangs. Un frisson qui nimba ses épaules et courut le long de sa colonne vertébrale, enfonçant ses crocs glacés dans sa nuque, et s’y accrochant fermement. Elle jeta un regard médusé au Golden Boy : « J’en sais rien. Ça avait l’air tellement bestial… » Ils n’eurent guère besoin d’échanger leurs pensées pour comprendre l’origine de ces attaques. Restait à déterminer quelle était leur nature. Animaux sauvages échappés d’un zoo ou libérés intentionnellement ? Créatures créées pour semer le chaos et frapper un coup dur en s’attaquant à des vacanciers ? Pour la jeune femme, aucune piste n’était à écarter et elle traitait chacune d’elles avec une attention particulière. Et bien malgré elle.

Sans qu’ils s’en rendent bien compte, ils avaient d’ores et déjà dépassé leur scooter et s’était aventuré dans le centre-ville, où un périmètre commençait à être bouclé. Quelques patrouilles campaient çà et là, probablement à attendre des instructions pour gérer la menace. L’un des agents, qu’elle identifia rapidement comme étant le supérieur des autres, parlait dans un walkie-talkie, et semblait suer à grosses gouttes ; C’est du moins ce qu’il lui sembla à la distance à laquelle elle se trouvait. Cueillant entre ses mains le téléphone du Golden Boy, qu’elle avait interrogé du regard, la métisse Ultime demanda à V.I.S.I.O.N une traduction succincte des propos qu’ils tenaient. Elle leur indiqua que huit civils étaient à terre, ainsi que deux agents. Mais ce n’était pas la seule information qui vaille son intérêt. « Les égouts, interrogea-t-elle son compagnon du regard, pourquoi auraient-ils besoin de surveiller la proximité des égouts ? » Si c’était un animal sauvage, il n’avait pas pu s’y rendre seul, ça ne tenait pas. Elle glissa son regard sur les civils qui évoluaient toujours vers la périphérie de la ville, elle aperçut l’horreur sur leurs visages et la détresse des forces de l’ordre face à une menace qui semblait – de très loin – les dépasser. Et au fond d’elle, Andrea ne savait souffrir ces images de désespoir sans ciller : elle était tout autant la compagne d’Adriel qu’un agent de l’UNISON. Et elle pouvait leur venir en aide. Mais pas seule, pour quoique ce soit qui implique leur couple, elle avait besoin de son aval. Elle tourna un visage assombri vers son compagnon, qu’elle darda de ses prunelles opalines qu’une lueur surnaturelle surnageait. « Je suis désolée mais il faut que j’y aille Adriel. Je sais ce pourquoi on est là, ajouta-t-elle en détournant le regard, mais… Ces gens souffrent et.... Et il fallait qu’elle les aide. Tu devrais rentrer, ça peut être dangereux. » Et elle risquait de toute évidence moins que lui. Se hissant sur la pointe des pieds, elle plaqua ses lèvres aux siennes et les en détacha presque aussitôt. Puis elle resta, un instant, à observer son visage – et au plus profond d’elle, elle avait bien moins peur de ce qui se trappait dans les égouts que de la réaction de son compagnon.
 
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Message posté : Mer 30 Sep 2015 - 17:13 Message
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Tonnerre sous les tropiques !


Ces nombreuses scènes de panique comme de chaos… Cela avait toujours le don de lui retourner les boyaux. S’il avait désormais l’habitude des spectacles de charniers comme des nombreuses horreurs que l’on pouvait associer à l’emploi des équipements produits par sa florissante multinationale, Adriel trouvait toujours dans le trépas quelque chose de plus définitif et salutaire que l’horreur et le désespoir visible dans les yeux de ceux qui, par la peur avaient tout perdu. Par sa faute. Quand bien même ce n’était pas sa faute pour l’heure –quoi que- et que ce point de vue pouvait prêter à débat comme à controverse. Mais, ce n’était clairement pas le spectacle le plus réjouissant qui lui eut été donné de voir. Ni même celui qu’il avait espéré pour cette soirée qu’il espérait douce en la tendre compagnie de l’amour de sa vie. Et, finalement, la jeune femme d’intercepter à sa manière une des communications des forces de l’ordre locale –en lui subtilisant sans ambages son téléphone de haute technologie pour jouir des propriétés incroyable d’une V.I.S.I.O.N toute acquise à la cause de la belle- pour se faire un avis sur la question. Avis qu’elle ne tarda pas à soumettre à un Adriel circonspect face aux méthodes employées.

" En stratégie militaire, c’est souvent la voie la plus discrète pour atteindre un objectif… " Souffla t’il en réponse à ses interrogations sur les égouts. Et niveau stratégie militaire, autant dire qu’il s’y connaissait –que ce soit grâce au fait d’être le plus gros pourvoyeur d’équipement de mort au monde comme par le fait de partager l’ensemble les connaissances d’un « frère »trépassé ayant fait de brillantes classes chez les NAVY SEALS- et pensait donc son analyse pertinente. Si bien qu’il continua : " C’est une voie de déplacement discrète et qui peut permettre un afflux assez conséquents de fantassins sans éveiller les soupçons de la surface… Surtout dans un pays du tiers monde où les dispositifs de surveillance ne s’étendent pas ou peu aux sous-sols. " Déjà qu’ils avaient un peu de mal à gérer la surface… Main englobant son menton, le Golden Boy enchaina sur le même rythme. " Et puis, çà a le mérite d’être cartographié… Et de potentiellement converger vers un même point une fois passé l’ensemble des entrées… " Il jeta un regard sur une bouche d’égout proche, pensant qu’elle n’aurait aucun mal à permettre à quelque être que ce soit aux allures humanoïdes de s’y faufiler. Et, finalement, le Marchand de Mort de conclure : " Pour des « Blitz » avec repli immédiat, c’est une voie d’acheminement idéale avant de disparaitre dans un semblant de labyrinthe. Enfin… Moi c’est par là que je passerai ! "

Pour des résultats plus que probants, il en était horriblement convaincu. Dans le chaos alentours, il commença à voir venir la suite des évènements et rumina silencieusement lorsque cela se produisit. Et, bien malgré lui, il se mit à soupirer en marmonnant : " Tu dois forcément y aller, hein… ? " Une perspective qui ne l’enchantait guère, comme celle de la voir disparaitre des jours entiers sur des théâtres d’opération qu’il ne savait que trop dangereux. Pourtant, il ne pouvait éternellement se dresser face à sa vocation comme face à sa nature, surtout depuis qu’il avait conscience qu’elle était probablement la plus à même de gérer avec efficacité ce genre de situations. Quand bien même elle tombait sur des adversaires aussi infâmes qu’improbables… Il encaissait mal le fait qu’elle lui demande de fuir et d’attendre que les choses se tassent. Comme s’il pouvait décemment rester les bras croisés en attendant qu’elle règle la situation, étreint par l’angoisse de ne pas savoir à quoi l’amour de sa vie pouvait bien avoir à faire. Un semblant de rage au ventre, il se demanda si elle pensait réellement qu’un maigre baiser comme celui qu’elle venait de lui offrir suffirait à le plonger dans le mutisme comme dans l’acceptation silencieuse de la situation. " Et bien… Vas donc sauver le monde et botter le cul des méchants… "

Aussi incroyable que cela puisse paraitre, Adriel ne plongeait pas dans le pur scandale et semblait purement accepter le fait de voir la jeune femme disparaitre sous terre à la recherche de quelques créature surnaturelles. A l’attention d’Andrea, un semblant de moue résignée –comme s’il avait compris que toutes ses gesticulations et autres argumentations ne serviraient guère à la convaincre- avant qu’il ne la serre dans ses bras pour un nouveau baiser. Quelques instants plus tard, le Golden Boy déglutissait avec difficulté en voyant la jeune femme desceller une bouche d’égout à l’abri des regards, dans une ruelle à l’écart. Et avant qu’elle ne se précipite d’elle-même dans la gueule du loup, Adriel s’agenouilla près du conduit béant pour lui offrir un dernier baiser en lui murmurant : " Je t’aime… " Et la jeune femme de finalement disparaitre dans les entrailles de la ville en descendant une à un les échelons rivés à même le conduit de béton armé, disparaissant dans la sombre torpeur des égouts alors que son petit ami lui adressait pour ultime parole : " Fais attention… ! " Et le Marchand de Mort de se retrouver seul dans cette ruelle peinte de pénombre. Il ne lui fallut guère plus d’un instant pour dégainer son smartphone et questionner V.I.S.I.O.N à la volée : " Ma voiture personnelle est arrivée dans nos locaux de Jakarta ? "

" Elle y a été déposée ce matin à 10:00, dans son conteneur, comme prévu. "

" Parfait… Alors démarre-la ! "

" Démarrage initialisé. Distance Jakarta – Denpasar : 962.6935km. Temps de trajet estimé à 18 minutes et 3 secondes. "

" Compte à rebours lancé… ! " Lâcha le jeune homme à la flavescente crinière en activant le chronomètre de sa montre –hors de prix- avant de jeter un nouveau coup d’œil face à la bouche d’égout lui faisant face. Il avait peine à croire qu’Andrea ait pu croire qu’il ne tenterait pas de s’impliquer dans la chose. Il allait s’impliquer, mais à sa manière, et en continuant à préserver le seul secret qui demeurait encore en lui et la jeune femme. Adriel ferma un court instant les yeux et les rouvrit presque aussitôt. Dans le conduit, face à lui, une copie parfaite de son être s’agrippait aux barreaux de l’échelle, prête à descendre dans les entrailles de la ville pour suivre la courageuse texane. " Tu sais… ? " Souffla l’originale à la face de son parfait reflet. " Je sais ! " Et ce dernier de descendre deux à deux les échelons pour se jeter à la poursuite de l’amour de sa vie. Pas vraiment fier de son stratagème ni de ses feintes, Adriel avait au moins le mérite de préserver son corps d’origine. Scrutant les magnifiques aiguilles de sa montre, le Golden Boy prit la suite de son double trois minutes après que ce dernier n’ait disparu. Pieds trempés par les eaux usées une fois sa descente achevée, le Marchand de Mort étira un sourire en voyant que son double avait pris soin de lui indiquer sa direction et il se lança à sa suite en prenant soin de faire le moins de bruit possible. Au premier embranchement venu, Adriel trouve une nouvelle fois une indication sur la direction à prendre. Il forma, néanmoins, un autre double de lui-même qui partit dans la direction inexplorée. Et il en fut ainsi dans ce labyrinthe sous-terrain, alors que le propriétaire de Veidt Enterprise prenait soin de jeter un coup d’œil régulier à son compte à rebours, pestant sur le temps passant trop lentement, jusqu’à ce qu’une plainte n’attire son attention.

* * * * * * *

A la poursuite d’Andrea dans les méandres des égouts de Denpasar, le double d’Adriel ne semblait pas faire grand cas de la discrétion mais pensait néanmoins soin de remplir ce rôle de « petit poucet » que lui avait affecté la conscience commune de son créateur pour lui laisser une trace afin qu’il puisse plus discrètement suivre le duo une fois reformé. Même s’il partageait l’esprit de l’original, la doublure avait toutefois l’impression qu’il ne respectait pas franchement l’amour de leur vie en la flouant ainsi. Ces pensées en tête, il fut alors surpris par une ruade et beugla plus qu’à son tour : " Woo Woo WOO ! " Se débattant pour ne pas succomber à ce que son instinct lui indiquait être une attaque, la copie songea soudaine qu’il pouvait tout simplement avoir été surpris par Andrea dans la pénombre et se mit donc à avancer : " C’est moi ! C’est moi ! " En espérant qu’il n’avait pas fait preuve d’une erreur de jugement. Quand bien même son existence éphémère n’était pas la plus précieuse de la horde en marche…
 
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Message posté : Dim 4 Oct 2015 - 14:34 Message
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Les yeux toujours rivés sur les images qui défilaient devant ses yeux, Andrea voyait le fardeau du devoir peser un peu plus sur ses épaules à chaque instant, à chaque sanglot, à chaque cri de terreur, à chaque sirène qui s’égosillait dans le lointain. Jusqu’à ce qu’elle soit obligée de détourner les yeux de la douleur et de l’horreur. Jusqu’à ce qu’elle décide que ç’en était de trop, pour elle, et pour eux, de supporter ça. Jusqu’à ce qu’elle se ferme. Il n’était plus temps de compassion, mais de réaction et Adriel venait justement d’apporter la lumière sur quelques-unes de ses interrogations, et les suppositions que ces réponses amenaient n’étaient pas sans inquiéter la jeune femme ; Pour une raison qu’elle n’était pas bien à même d’identifier, quelque chose lui soufflait que les auteurs des crimes n’en étaient pas à leur coup d’essai et qu’ils savaient exactement ce qu’ils faisaient et vers quoi ils allaient. Ils s’étaient longuement préparés pour frapper au bon endroit, au bon moment, et avec une justesse terrible. De surcroît, la méthodologie avancée par Adriel laissait entendre qu’une organisation quasi-militaire était à l’œuvre – c’était d’ailleurs le mot qu’il avait employé –, mais là encore elle s’y connaissait trop peu en géopolitique indonésienne pour pouvoir attribuer ce qu’elle qualifiait désormais d’attentats à une organisation, quelle qu’elle fut. Mais quand bien même, qu’advenait-il alors du feulement qu’ils avaient perçu il n’y avait pas plus d’une poignée de minutes ? Simple coïncidence ? Peu probable, à ses yeux.

« Je vois… » Marmonna-t-elle, le visage assombri. Toute Ultime qu’elle fut, Andrea n’aimait guère l’idée de s’aventurer dans des boyaux sombres et méconnus au-devant d’un danger dont elle ne connaissait pas bien la nature. À bien des égards, la situation ne lui rappelait que trop les faits de la zone 21, et il allait s’en dire qu’elle n’appréciait pars la tournure que prenaient les événements. Après tout, elle pouvait tout à fait se tromper, et se trouver au milieu d’une guerre qui n’était pas la sienne, ou faire face à un ennemi qui la dépassait de loin. À cette pensée, le visage d’un alien en armure s’imposa à elle, et un frisson d’horreur lui secoua brièvement les épaules. Non, elle n’aimait définitivement pas la façon dont les choses se présentaient. Mais avait-elle bien le choix ? « Je suis un agent des nations unies, je dois protéger les populations civiles. » Prononça-t-elle cette phrase, ou le voulut-elle ? Voulut-elle d’ailleurs le convaincre lui, ou se convaincre elle-même ? Elle n’en sut trop rien. Ce qu’elle sut, en revanche, c’est qu’elle porta une main tendre au visage dru de son compagnon, et soupira douloureusement à ses mots. Oh, elle percevait sans mal l’amertume qui sourdait de la pique qu’il lui lançait, mais comprit aussi sa résignation et son acception de la situation en ce qu’elle était. Du moins dans les faits, car elle connaissait Adriel sûrement plus que n’importe qui et, en ce qu’elle le connaissait, la jeune femme savait qu’il n’allait rester pas les bras croisés à attendre qu’elle gère seule la situation. Après tout, elle-même ne le ferait pas.

Tout ce qu’elle espérait, au fond d’elle, c’était qu’il l’écoute et ne prenne pas trop de risques inconsidérés. Mais là encore, avait-elle bien le choix ? Elle souffrit de ses bras qui semblaient s’enrouler autour d’elle pour la dernière fois et prit finalement le chemin de la bouche d’égout la plus proche, descellant sans mal la plaque de fonte qu’elle glissa derrière un pan de mur, avant de glisser elle-même par l’embouchure qui venait de s’ouvrir à elle. Elle sourit maigrement de voir le Golden Boy s’agenouiller auprès d’elle pour lui déposer un nouveau baiser sur les lèvres, et lui répondit non sans une pointe d’inquiétude : « Je t’aime aussi… » Et sur un regard, Andrea descendit méticuleusement les barreaux qui s’enfonçait dans les profondeurs de Denpasar. Au bout de quelques secondes, elle avait atteint le plancher des égouts, hauts d’une hauteur d’homme, et la voix d’Adriel lui parvenait une dernière fois, dans une sommation de faire attention à elle. Pour toute réponse, elle maugréa un « toi aussi fais attention » qu’il ne dut guère percevoir et commença son avancée dans le dédale égoutier.

Plus encore que l’odeur, c’était la pénombre qui était insoutenable. L’eau – dont elle n’osait imaginer la couleur et la consistance – lui arrivait mi-mollet et la glaçait jusqu’au sang, mais rien ne l’angoissait plus que les ténèbres opaques qui l’entouraient et dans lesquelles elle ne discernait rien. Elle avançait en tâtonnant le long d’une berge étroite, glissant ses doigts le long des murs humides, poisseux par endroit, attentive au moindre bruit. Sursautant au moindre craquement. Pourtant, jusque-là, rien ne méritait ses inquiétudes en ce qu’elle ne percevait rien de plus que les couinements de quelques rongeurs apeurés, sa propre respiration, et le débit de l’eau qui s’écoulait dans le canal sans discontinuer. Lorsqu’elle considéra qu’elle ne parviendrait pas à découvrir quoique ce soit en restant plongée dans le noir, Andrea matérialisa dans le creux de sa paume une flammèche d’énergie cosmique qui nimba les murs d’une tangible lumière bleutée. Et dissipa aussitôt son malaise.

Jetant un coup d’œil derrière elle, la métisse Ultime espérant un instant qu’elle n’avait encore croisé aucune intersection, vu que le canal n’en présentait pas encore aussi loin que porte son regard. Car s’il y avait eu trace de passage dans les égouts, le flot devait l’avoir emporté ou ils avaient dû emprunter un autre conduit, parce qu’Andrea ne percevait rien qui laisse supposer que quelqu’un – ou quelque chose – y ait transité, et il lui avait semblé qu’une éternité s’était écoulée avant qu’elle n’atteigne le premier embranchement. Embranchement qui tomba d’ailleurs à point nommé lorsqu’un bruit de course lui parvint du bout du canal qu’elle venait d’emprunter ; Etouffant la flammèche dans le creux de sa paume, la jeune femme se glissa au coin de l’intersection et retint son souffle. Au bruit des pas qui s’acheminaient vers elle, l’individu était seul et de forte carrure. Ce qui n’avait rien de très inquiétant, si tant est qu’il s’agisse d’un homme tout ce qu’il y avait de plus non-mutant, et c’est d’ailleurs ce qu’elle espéra lorsqu’elle surgit de son revers de béton pour l’intercepter, tentant le tout pour le tout. Il s’agissait bien d’un homme, nul doute là-dessus. Du sien à dire vrai. « Adriel ?! Souffla-t-elle en projetant un éclat d’énergie dans le creux de sa main, illuminant le visage de son compagnon. Tu m’as suivie ? Tu m’as fait peur… »

Sur cette déclamation, ses sourcils se froncèrent au-dessus de ses yeux assassins, qu’elle planta dans ses prunelles d’acier. « Tu m’as suivie, l’admonesta-t-elle, une lueur inquiète dans le regard. On ne sait pas vers quoi on se dirige Adriel, ça pourrait être n’imp… Soupir. Résignation. Peu importe. » Elle préférait le savoir auprès d’elle qu’à essayer d’agir en solitaire. Au moins, s’il était à ses côtés, elle pouvait espérer le protéger. Après lui avoir recommandé à la prudence, la jeune femme se remit à déambuler dans le conduit, talonnée de près par le milliardaire. La corniche ne leur permettant guère de se tenir côte-à-côte aussi fallait-il évoluer en file indienne, et à ce propos la jeune n’avait pas vraiment laissé le choix à son compagnon que de passer au-devant. Et peu importe s’il le prenait mal. Il leur sembla qu’une éternité s’était écoulée avant qu’ils ne trouvent enfin de quoi alimenter leurs assertions. « C’est quoi ça ? » Ses yeux ne savaient s’en décrocher, incubant toute l’horreur de la vision qui leur faisait face : face à eux, cinq profondes entailles couraient le long des murs du canal, jusqu’au plafond, où elles se perdaient dans les ténèbres environnantes. Voilà au moins qui avait l’avantage d’étayer la piste du feulement. Mais repoussait d’aussi loin celle des forces armées.
 
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Message posté : Mar 6 Oct 2015 - 21:20 Message
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Tonnerre sous les tropiques !


Seul le bruit blanc de l’eau croupie fendue par ses pas montait aux oreilles du parfait double d’Adriel. Bien plus que le feulement précédent, ce silence avait pour mérite de rendre la situation particulièrement inquiétante. Par la totale absence de toute indication, la copie du Golden Boy se prenait à imaginer une situation pour le moins alarmante, peignant mille portraits de dangers plus graves les uns que les autres. Rien ne restait plus puissant que le propre pouvoir de suggestion de l’esprit humain… Heureusement, le double du Marchand de Mort suivait un authentique phare dans ces ténèbres puantes. Une lueur céruléenne, un éclat bleuté moirant les parois humides et souillées de ces véritables boyaux taillés à même la terre. Face à la lueur, le calque d’Adriel fut d’abord frappé d’inquiétude avant de constater que nul cri ne venait attester ses pires craintes. Se fit finalement le lien avec ces flammes extraordinaires que lui avait, jadis, exposé Andrea, un soir où il avait bien failli la perdre à jamais par la force de son extraordinaire stupidité.

Un gout rance vint parcourir sa bouche à ce douloureux souvenir qui mettait en exergue cette insondable peur s’établissant comme étant sa plus grande : celle de la perdre ! Quoi de plus normal donc que de voir les sens de la parfaite copie d’Adriel s’alarmer lorsque la lueur azurée vint à subitement mourir sous ses yeux, alors qu’il avait eu à forcer l’allure pour ne pas perdre des yeux sa belle. Face à l’inconnu, la crainte fut démultipliée mais le Golden Boy se retrouva bien vite assaillie et désarmé face à la poigne de… Son tendre amour ? Surprise et soulagement furent donc au rendez-vous pour un clone temporaire tout heureux de retrouver leur toute belle. Surprise qu’il retrouva dans la voix de la mirifique texane, alors qu’une lueur bleutée dévoilait soudainement ses traits peints d’un semblant de sourire désolé. Il fut plus désolé encore lorsque la jeune femme lui indiqua qu’il lui avait fait peur, quand bien même elle était surement bien plus à même que lui d’ignorer toute peur. Sur ce point, le temps qui passe jouait peu à peu pour lui, néanmoins. Réunis, les deux amants se redressèrent tant bien que mal sans se fendre d’une étreinte, ce n’était guère le moment idoine. Et le Golden Boy factice de finalement se trouver tout ce qu’il y a de plus mal à l’aise face aux admonestations de la jeune femme, bredouillant simplement à la manière d’un enfant pris sur le fait : " Je suis désolé, je ne voulais pas… " T’effrayer ? T’inquiéter ? Ces mots ne quittèrent guère sa gorge car ils n’auraient eu aucun sens ainsi prononcés désormais. Le fait que la jeune femme eut cherché à en finir avec cette discussion aurait dû l’encourager à faire de même. Mais il est des situations où le Marchand de Mort ne peut s’empêcher de jouer d’un peu de rhétorique :

" C’est justement parce que l’on ne sait pas vers quoi l’on va que je devais être avec toi… " Prononça t’il sans une once d’hésitation dans la voix. Et le jeune homme d’immédiatement poursuivre : " Je ne suis peut être pas ce qu’il y a de plus qualifié pour te seconder mais… Tu pourrais avoir besoin de moi… Pour certaines choses ou je ne sais quoi… Et puis je ne peux pas rester les bras croisés alors que tu affrontes mille dangers ! " Des propos qui faisaient écho à son envahissante manie de toujours souhaiter la suivre lors d’investigations diverses et variées. Depuis le Mexique, Adriel craignait sans cesse pour l’amour de sa vie lorsqu’il la savait sur le terrain. Et finalement, le Golden Boy de parvenir à conclure : " Si çà doit mal tourner, promis je disparaitrai ! " A ceci près que le double du Golden Boy n’employait pas là le sens figuré. Et le couple amoureux de s’en retourner vers ses investigation après qu’Adriel eut fait silence suite à la demande de prudence de son tendre amour.

Tous deux poursuivirent donc l’exploration de ces lieux lugubres, ne perturbant la torpeur ambiante que de leurs pas aussi feutrés que possibles. Cà et là, le parcours les obligeait à plus de prudence, une étroite corniche les obligeant à passer l’un après l’autre sur une portion à risques. Mais tous deux évoluèrent sans dommage, semblant puiser force et confiance dans la présence de l’autre. Des sentiments qui habitaient tout autant les pensées de l’original lancé à leur trousses. De tous temps Adriel était lié à ses doubles par un semblant de lien empathique et il percevait de plus en plus clairement leurs émotions. Que ce soit celles de sa copie épaulant Andrea comme de l’ensemble des autres clones qu’il avait dispersé à chaque intersection comme laissé en sentinelles sur ses pas. Par cette politique de dispersion, Adriel quadrillait plus ou moins la zone, assurant ses arrières et sécurisant un peu son avancée. Qu’un double tombe sur les responsables du chaos ambiant et il serait probablement exécuté sans sommation. Une souffrance qu’identifierai immédiatement l’original et qui lui indiquerait la position de leurs cibles. Au fil du temps et à force d’expériences, le Golden Boy en était venu à trouver des applications diverses et variées à ses pouvoirs originaux. Sans toutefois parvenir à clairement les exposer à Andrea… Un brin de culpabilité vint à s’immiscer en lui lorsqu’il posa ses yeux sur la silhouette de la belle jeune femme, surplombant dans l’ombre et en silence le couple qu’elle formait avec l’une de ses copies perdue dans la contemplation d’une haute paroi se dressant dans la pénombre humide.

" Je ne sais pas… Mais çà… Ca ne vient pas d’un mammifère… ! " Lâcha la copie d’Adriel en passant sa paume sur les larges traces de griffures zébrant le mur lui faisant face. Une griffe kératinisée se serait brisée ou limitée sur un matériau aussi rude que celui composant la paroi. Probablement que celle qui était à l’origine de cette trace était faite d’un os tout ce qu’il y a de plus dur et rude ! Mais quelque chose d’autre chiffonnait également Adriel dans la disposition des traces. " C’est étrange, souffla t’il en touchant du bout des doigts l’une des deux marques les plus extérieures. C’est disposé comme si cette… Chose avait un pouce opposable. " Surnaturel ! Et l’analyse du double d’Adriel de se couper d’elle-même lorsqu’un cri plus semblable à une plainte vint briser le silence des égouts, sur un timbre rappelant grandement le feulement qu’ils avaient précédemment perçu.

Lentement, le silence reprit son droit dans l’atmosphère poisseuse et puante des égouts de Denpasar, alors que le double d’Adriel dévisageait Andrea avec un semblant d’inquiétude au creux du regard. A leur gauche, un sombre boyaux s’enfonçait plus profondément encore, en pente douce, dans les entrailles de la terre. Le cri avait semblé en venir et les deux amants s’appesantirent d’un long regard qui en disait bien long. Ils se devaient d’aller voir et –avec toute la galanterie du monde- le double du Golden Boy laissa la jeune femme ouvrir la marche. Courage, fuyons ? Point du tout en ce tunnel sombre et poisseux d’une eau immonde et aux parois parcoures d’une foule de griffures de tailles différentes. Et, enfin, le calque du Marchand de Mort de fendre le silence d’un murmure : " Andrea… Depuis quand n’avons-nous pas croisé un rat ? " Lâcha t’il en observant alentours pour, effectivement, constater qu’il n’y avait pas trace du moindre rongeur. Comme s’ils avaient abandonné cet endroit, fuyant une présence prédatoriale… Et le fond de l’égout de progressivement se transformer en semblant de torrent alors que de nombreuses langues d’eaux venaient à l’abreuver pendant que les deux amoureux continuaient de l’arpenter. Loin derrière eux, l’original se scindait une nouvelle fois en regardant le chronomètre de sa montre. Leurs pérégrinations semblaient toucher à leur fin alors qu’un roulement de chute d’eau montait progressivement à leurs oreilles. De vagues lueurs orangées moiraient peur à peu le tunnel de reflets cuivrés, autorisant d’Adriel à poser un regard interloqué sur une silhouette rampant tant bien que mal dans les flots qui semblaient presque le porter.

" Il est blessé… ! " Annonça t’il sans réellement faire attention à l’intonation de sa voix, s’élançant à la suite du pauvre homme exsangue. Mais un détail se mit à chiffonner la copie du Golden Boy éclaboussant tout de sa course : pourquoi diable les blessures de cet homme semblaient elles ressembler à des impacts de balles ? " Ma Main ! " Feula t’il à l’homme qui allait chuter dans le vide. Le clone ne parvint guère à le secourir, non sans savoir s’il avait de lui-même trébuché ou bien si c’était l’œuvre de son tendre amour. Quoi qu’il en soit, les yeux bleus de la copie du Marchand de Mort accompagnèrent l’homme dans son interminable chute jusqu’à des eaux démontées. Et, soudainement, les eaux de plus encore s’agiter alors que des mâchoires disproportionnées se refermaient sur le corps qui n’opposa que peu de résistance. Pour quelqu’un d’exsangue, l’homme colora fortement le bassin en rouge ! : Pour çà qu’on nous dit de ne pas balancer nos animaux exotiques dans les chiottes, songea le Golden Boy sans réellement parvenir à distinguer l’origine du massacre mais en trouvant tout cela relativement crade quand même. Et la légende urbaine du crocodile dans les égouts de se cheviller à son esprit. Sauf que des animaux à sang-froid ne pouvaient survivre dans la pénombre…
 
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Message posté : Sam 24 Oct 2015 - 21:45 Message
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Dans sa vaine tentative de raisonner son amour, Andrea s’était avouée vaincue. Si elle avait un jour réussi à lui faire entendre raison, c’était un temps depuis longtemps révolu, aussi ne s’étonna-t-elle qu’à moitié de sa présence dans les boyaux de Denpasar, alors même qu’elle lui avait recommandé la prudence au cœur du trouble de la situation. Ainsi était-il, emporté et parfois même inconscient. Inconscient des capacités de sa petite-amie, et de l’amour qu’elle lui portait. Au fond, une pensée venait lénifier ses craintes, et c’était celle de le savoir auprès d’elle ; Peut-être au plus près de la tourmente, mais peut-être aussi au plus près de pouvoir être sauvé si le besoin se présentait. Non qu’elle n’ait pas confiance en lui, loin de là ! Au Mexique, il s’était après tout montré d’une redoutable efficacité, mais voilà, ils ne savaient pas à quoi ils avaient à faire, et elle savait qu’il était bien plus vulnérable que lorsque protégé dans sa gangue de métal. Tout du moins le pensait-elle. Le fait qu’il se trouve auprès d’elle prouvait au moins qu’il n’était pas ailleurs – là encore, le pensait-elle – à prendre des risques inconsidérés. Et s’il devait y avoir un quelconque danger, la jeune femme se ferait de toute façon fort de s’interposer, au péril de sa vie.

Elle balaya les excuses qu’il lui présentait d’un tendre regard, comprenant aisément ce qui pouvait l’avoir poussé à la rejoindre dans le dédale sinueux des égouts. Elle-même n’aurait guère pu souffrir de le laisser faire face au danger seul, et ce même si elle n’avait pas été dotée d’une incroyable robustesse et même si elle ne savait pas exactement ce vers quoi ils allaient, la jeune femme était rassérénée de savoir qu’il lui promettait de filer si jamais les choses venaient à mal tourner, même si elle espérait du fond du cœur que ce ne fut pas le cas. Le croyait-elle lorsqu’il lui disait ça ? Peut-être, même si quelque chose lui chuchotait que son tendre amour ne lui disait pas tout sur ce qui était en train de se dérouler et sur ce qu’il avait prévu pour y faire face. Il accepta sans rechigner de fermer la marche, face à l’invitation silencieuse de la métisse Ultime qui fit fort de leur éclairer la voie d’une flambée d’énergie cosmique.

Rien ne vint plus troubler le calme ambiant, du reflux de l’eau nauséabond qui s’écoulait dans des entrailles plus profondes encore, des couinements des rongeurs, du bruit lointain de la circulation qui leur parvenait au travers des ouvertures éparses qui ponctuaient leur chemin et leur permettaient de disposer d’une grège lumière, jusqu’à ce que ses yeux ne se posent sur une singularité du mur qu’ils s’efforçaient de longer avec discrétion. D’un silencieux accord, ils se penchèrent quelques instants pour analyser les larges balafres qui avaient entaillé la pierre brute du boyau, premier indice probable sur ce à quoi ils avaient affaire. Adriel lui suggéra qu’il ne devait pas s’agir d’un mammifère, sans quoi ils auraient retrouvé des reste de griffes à même le sol, et Andrea s’était assurée que ça ne soit pas le cas en s’y penchant. Mais le plus étonnant restait l’effroyable constatation du Golden Boy, lorsqu’il laissa supposer l’idée que la créature, quelle qu’elle soit, semblait disposer d’un pouce opposable. Et ça, c’était tout bonnement impossible, à moins qu’il ne s’agisse d’un hybride humanoïde... Autant dire que l’idée ne la réjouissait guère.

Elle n’eut cependant pas le temps de s’appesantir sur le sujet, car le jeune homme fut coupé au beau milieu de son explication par un cri retentissant. Un cri qui lui retourna l’estomac, mais retomba dans les abysses silencieuses aussi vite qu’il en avait jailli, ce qui ne laissait que peu planer le doute quant au devenir du pauvre hère dont il était issu. D’un échange de regard, ils convinrent qu’ils n’avaient désormais guère d’autre choix que de s’élancer dans le tunnel qui s’ouvrait face à eux, suivant méticuleusement les longues estafilades qui lacéraient les murs, de plus en plus nombreuses, et de plus en plus profondes. Au bout de quelques minutes, la voix d’Adriel fendit le silence et ses craintes, amenant du bout des lèvres une réflexion plus que sensée. Non, ils n’avaient en effet pas croisé un seul rampant depuis ce qui semblait être une éternité, ce qui ne présageait rien de bon. Et venait largement étayer la thèse du prédateur tapi dans la pénombre, qui s’était profilée dès qu’ils avaient entendu l’affreux feulement du moment de l’attaque.

Et c’était d’autant plus vrai que son petit-ami venait de s’élancer dans le flot de plus en plus démonté, s’exclamant qu’un blessé s’y trouvait. Blessé qu’elle ne repéra que quelques instants plus tard, lorsqu’elle emboîta le pas du milliardaire et suivant une piste incarnate. « Adriel ! » S’exclama-t-elle. Elle arriva juste à temps pour voir le corps gémissant disparaître au creux d’une chute d’eau, et pour saisir le bras de son compagnon et le tirer à elle, l’empêchant ainsi de basculer dans le vide à son tour. Et juste à temps pour voir le malheureux englouti par une gueule béante et bardée de dents acérées, dans une gerbe de sang. Elle en eut le cœur au bord des lèvres. « Merde…, cracha-t-elle en se retournant. Tu crois que c’est ça qui… ? » Qui est la cause de toute cette agitation ? Mais si tel était le cas, qu’est-ce qui pouvait expliquer que ça n’ait pas été découvert, ou que ça n’ait pas attaqué avant ? Et surtout, comment est-ce que ça aurait pu frapper simultanément à plusieurs points ? « Si c’est le cas, il ne peut pas y en avoir qu’un… » Souffla-t-elle finalement pour exprimer sa penser. Mais après tout peut-être n’était-ce qu’une vague coïncidence ?

La jeune femme se pencha doucement au-dessus du vide, pour espérer distinguer une forme dans maelstrom noir d’encre, non sans écouter les recommandations d’Adriel qui le lui déconseillait. Malheureusement pour elle, et pour lui, la créature fut plus rapide ; Assez vive et leste pour bondir des flots dans des éclats écumeux, et ramper sur le rebord de pierre avec une agilité serpentine, assez pour refermer sa gueule avec force sur le bras de la métisse Ultime et les faire basculer, l’attirant à sa suite au creux des lames noirâtres. Sa bouche entrouverte n’exclama aucune surprise, aucun cri, bien moins que ses yeux en tout cas, qui ferrèrent ceux du Golden Boy dans un appel au secours silencieux alors qu’elle tombait dans le vide et était happée par les eaux.

Dans les ténèbres omniprésentes et impénétrables, Andrea s’était attendue à être déchiquetées dans l’instant – ce qui aurait été une aubaine pour elle – mais loin s’en fallait ; La créature n’avait pas un instant desserré son étreinte, se contentant de la traîner à sa suite dans un labyrinthe de canaux inondés dont elle aurait été bien incapable de retrouver le chemin, ce qui laissait à entendre qu’elle était douée de conscience et savait parfaitement où elle se rendait. Elle avait tenté de se libérer de son emprise, mais force était de constater que l’eau entravait ses mouvements, et l’être faisait preuve d’une force redoutable. Ce qui ne l’inquiétait pas outre-mesure, puisque les dents n’avaient guère pu perforer sa peau. Ce qui la terrifiait dans la mesure où elle commençait cruellement à manquer d’oxygène. Ses poumons et sa gorge brûlaient, ses membres s’engourdissaient et son esprit alla en s’obscurcissant sans qu’elle sache bien s’il s’agissait de sa conscience qui commençait à défaillir ou juste la noirceur alentours qui allait en s’opacifiant.

Sans doute un peu des deux, puisqu’elle sentit à peine son corps toucher la terre ferme et être porté vers une destination inconnue, ne souffrant que du flot d’air froid qui gonflait sa poitrine enflammée. Et elle ne sentit guère plus de chose lorsqu’elle fut enfin déposée, si ce n’était un souffle chaud et fétide sur son visage et une vive lumière blanche qui eut tôt fait de la faire plonger vers une inconscience où surnageait, écœurante, une forte exhalaison de formol…
 
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