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Appartement de caractère. Idéal investisseurs

 
Message posté : Dim 13 Sep 2015 - 17:47 Message
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14 septembre 2015

— Hmpf…

Camille se redressa dans un mouvement élégant — bien sûr — et d’un geste de la main, il rabattit en arrière les mèches de cheveux qui lui barraient le regard. Jace se releva à son tour. Les deux jeunes hommes étaient en sueur. Jace se massait l’épaule.

— Ça va ?
— Tu gagnes tout le temps.
— Désolé.

Le Français traversa la pièce pour attraper, sur le banc, sa bouteille d’eau. Après en avoir vidé la moitié, il souligna :

— Si tu utilisais ton électricité, tu l’emporterais toujours.

Jace haussa les épaules.

— Ça n’a pas l’air d’aller.

Jace haussa les épaules.

— Tu sais, si tu es malheureux…

Jace haussa les épaules.

— … peut-être que tu devrais penser à toi.
— Qu’est-ce que ça veut dire ?
— Ça veut dire…

Camille s’interrompit. Pente savonneuse. Mais le Français avait, avec ses proches, des habitudes de franchise qui parfois n’étaient pas sans douleur.

— Ça veut dire que s’il y a chez Vincent des choses qui ne changent jamais et qui t’ont toujours déplu, qu’il ne fait pas d’effort, c’est peut-être que tu devrais aller voir ailleurs. Qu’il ait traversé des épreuves, ça ne t’oblige pas à endosser le rôle du saint sacrificiel.

Et vlan.

Jace fixa Camille d’un regard noir. Après un moment de silence, le Phénix lâcha :

— T’sais quoi, il est vraiment temps qu’on quitte cet endroit, Vincent et moi.

Et le corps électrique explosa pour s’enfuir par les prises de la salle, revenir à l’étage, gagner la salle de bain. Cet après-midi là, Vincent et lui avaient des appartements à visiter. Parce que Camille s’était montré, comme à son ordinaire, d’une patience exemplaire, mais qu’à Carson Electronics, ils n’étaient pas chez eux. Parce que Vincent avait une vie à reconstruire. Parce que c’était logique.

Dans la douche, Jace avait envie de pleurer. Depuis la nuit de Stockholm, ses espoirs vacillaient. Il s’était dit que Vincent irait mieux. Il n’avait pas imaginé revivre, encore, les erreurs du passé. Et pourtant, un jour Vincent était revenu au milieu de la nuit. Le jogging pour calmer une migraine, le jogging qu’il avait fait seul, comme par hasard, l’avait porté, comme par hasard, au Palais Beaudrie, et comme par hasard, c’était au Palais Beaudrie qu’il prévoyait se rendre encore, pour s’entraîner.

Avec un alchimiste.
Dont il ne savait pas grand-chose.

La déception de Jace avait été immense. Il avait regardé Vincent, les secondes s’étaient écoulées en silence, il avait dit « d’accord » et ils n’en avaient plus jamais reparler. La frustration de l’adolescent était impossible à peindre. Voir Vincent renouer une énième fois et si naturellement avec son ancien amant aurait suffi à lui faire de la peine. L’entendre bâtir des projets comme des évidences avec ce même homme lui paraissait cruel. Constater que Vincent s’engageait sur le même chemin qui les avait conduits droit à l’été le plus horrible de leur existence était insupportable.

Aussi Jace le supportait.

Il se sentait trahi, méprisé, négligé, et il ne disait rien. Il avait cherché un moyen d’expliquer le comportement de Vincent par ses aventures en Fuzon et il n’en avait trouvé aucun. Les compétences de ce Louis, ou peu importe comment il se faisait appeler désormais, Jace ne les niait pas. Zell était parti. Les migraines avaient disparu. La question n’était pas là. La question, c’était l’éternel recommencement des mêmes erreurs et de mêmes indélicatesses.

Il y avait certains jours où Jace était content de partir en mission, pour ne pas rester à Carson Electronics. Le reste du temps, il ruminait la colère et la frustration qu’en bon super-héros, en parfait Jace Roberts, il n’exprimait pas. Il était en colère contre Vincent, en colère contre ses erreurs passées, en colère contre son silence autour de Zell à son arrivée, en colère contre sa décision de s’entrainer avec son ancien amant. Il était en colère Camille, contre sa franchise, contre sa simple présence, toujours si calme, si pleine de jugements silencieux, contre cet imbécile d’oiseau allemand et muet qui embellissait les nuits du Français. Il était en colère contre ses parents, si incapables de rassurer leur fils, en colère contre ses amis, à qui il ne disait rien et dont il attendait pourtant les conseils, en colère contre lui-même.

Il ne songeait pas à quitter Vincent, parce que son amour n’était diminué en rien : il le croyait simplement de moins en moins partagé. C’était dans leurs étreintes, souvent, qu’ils avaient scellés leur réconciliation et qu’ils s’étaient le mieux et le plus vivement témoigné leur affection. Maintenant qu’ils en étaient privés, Jace avait l’impression de voir leur relation sous un jour nouveau — ou un jour ancien, celui de ses débuts difficiles et de tous leurs malentendus. Mais en dehors de Vincent, il n’avait plus aucune vie à lui.

Alors c’était tout naturellement qu’ils avaient décidé de chercher un appartement pour tous les deux. Le salaire de Jace le permettait amplement. Il y avait tout de même une espèce de contrat tacite qui voulait que Vincent ne vivrait pas à ses crochets. Sorti de la douche, Jace se sécha rapidement, piocha au hasard dans le dressing et ne tarda pas à s’envoler depuis le toit de Carson Electronics. Vincent le rejoindrait au premier appartement, avec la liste et le trousseau de clés de l’agence. Ils les visiteraient et essaieraient de faire un choix, rapide.

L’insouciance qu’il avait retrouvé pendant deux ou trois heures à Stockholm s’était évanouie mais Jace, malgré tout, était redevenu un adolescent. Il était incapable de conserver le silence lointain, indifférent, qui avait été le sien devant l’adversité, pendant tout l’été et peu après le retour de Vincent. Il était facile de voir qu’il contenait sa colère et sa tristesse. Il fuyait la conversation mais ses regards ou son visage, souvent, parlaient pour lui.

Il riait parfois, parfois il jouait et, souvent, il discutait librement avec Vincent : dans ces moments-là, il se disait qu’il faisait erreur et que sa peine n’était pas si considérable. Mais il y avait peu de journées à passer sans un brusque silence de la part de Jace, au détour d’une conversation ou d’une phrase malheureuse, quelques minutes de froideur, des excuses de la part du blond et un renouvellement de sa tendresse. Malgré tout, il protégeait Vincent et, plus que la colère encore, c’était la honte et la culpabilité qu’il éprouvait.

Donc, l’adolescent blond qui se posait devant un immeuble un peu ancien mais somme toute bien entretenu du District Est avait les nerfs à fleurs de peau. Il venait tout juste de se fâcher avec la seule personne à qui il avait jusque là parlé un peu franchement et il attendait l’homme qu’il aimait à la passion vînt le rejoindre, pour sentir encore une fois combien ils s’étaient éloignés l’un de l’autre.

Ce fut donc un sourire forcé qu’il adressa au Vincent qui débarquait.

— Salut.

Jace ne fit même pas un geste pour l’embrasser.

— Il est temps qu’on s’trouve un endroit, parce que Camille commence vraiment à me taper sur le système.

Difficile à juger pour Vincent, tant le Français semblait mettre un point d’honneur à le croiser aussi rarement que possible et à ne lui adresser que quelques mots polis et évasifs. Le seul qui se comportait normalement, dans cette histoire, c’était Tybalt, que tout le monde caressait pour se consoler — sauf Julian, qui le caressait parce qu’il aimait ça.

Jace pénétra dans l’immeuble. Son ton se fit un peu plus léger — et sincèrement, avec ça — quand il demanda :

— Ça s’est bien passé, ce matin ? Tu dis si y en a pas qui sont pas sympas avec toi. J’viendrais les voir à la récré et tout.

L’adolescent jeta un coup d’œil aux boites aux lettres.

— Troisième étage, c’est ça ?
 
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Message posté : Dim 13 Sep 2015 - 20:05 Message
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    – Le district Est ? Mais c’est loi ! En plus, c’est le plus exotique ! Toi, t’es pas assez exotique. Toi il te faut du classique !
    – Les prix sont très raisonnables. Ce n’est pas si loin que ça. Et on n’a encore rien décidé.

    Il n’avait rien dit sur la partie du « classique ».
    – Mais j’veux qu’vous r’veniez chez nouuuuuuus !

    Jason souriait depuis le bar. Vincent aussi, depuis les cartons qu’il transportait. Holly était assise au comptoir et essayait de défendre sa cause à grands renforts d’arguments trouvés sur son smartphone. Mais si elle semblait déterminée, le muté savait bien que ce caprice n’était pas si important que ça. D’ailleurs, elle avait dit « chez nous » et Vincent avait la nette impression que ce nous renvoyait à elle et Jason, et non pas à elle, Jason et Vincent et Jace.

    – Mais on a pas validé votre décision d’abord !
    – Parce qu’on doit vous demander votre avis ?
    – Ben oui, t’avais pas remarqué ?

    Vincent lança un regard noir à son collègue. Autant des fois il modérait vachement Holly, autant d’autres fois il l’encourageait dans sa folie.

    – Ecoutez, Jace et moi on a besoin d’être tous les deux. Avant on vivait avec vous. Maintenant on vis avec Camille… et son chat. Faut qu’on fasse notre nid aussi.
    – Donc tout va bien avec Jace ?

    Bon sang, des fois, il détestait la perspicacité de son amie.

    – Ca va…
    – Ohoh…

    Holly resta silencieuse. C’était grave. Son regard était plus lourd encore que celui de cette mal coiffée de Méduse.

    – Ca va, j’vous dis. On a juste… pas encore repris toutes nos marques… Mais ça va venir.

    Il l’espérait de toutes ses forces.

    – Hmmm…
    – Hmmm…

    … … …

    Plus tard, après avoir fini de mettre en place le New Star pour la journée et le soir à venir, Vincent sauta dans un tram pour se rendre jusqu’au District Est, à l’adresse où il devait retrouver Jace. Il aurait pu y aller en volant, mais Crystal Maiden lui avait piqué ses vêtements made in Fuzon et il n’avait pas envie de renouer avec ces vieilles et involontaires habitudes de nudiste.

    La rentrée se passait bien… dans son ensemble. Les cours, c’était pas encore ça. Être dans une salle de classe ou même un amphi le perturbait toujours un peu. C’était tellement… Enfin il y avait un trop gros décalage avec ce qu’il avait vécu cet été. Au lieu de lire quelques manuels, de faire la fête et de bosser pour mettre de l’argent de côté, le jeune homme s’était battu avec des créatures élémentaire, avait été torturé, a vécu une guerre et tant d’autres choses trop incroyable et/ou horribles pour être partagées avec ses camarades de cours. Et en eux-mêmes, les cours n’étaient pas simples, il avait du mal à s’y remettre et avait l’impression d’être plus lent que les autres. Mais déjà, dès la fin de la première semaine, ça commençait à aller mieux. Sauf qu’avec la recherche d’appartement en cours, les lectures qu’il devait suivre pour se maintenir à niveau, les services qu’il accumulait pour se faire du fric et sa relation avec Jace qui était assez tendue, le jeune muté pouvait remercier son endurance surhumaine de l’avoir préservé d’un burnout. Et aussi, il se défoulait. Il avait recontacté Katya afin de reprendre ses leçon de boxe, ça lui faisait énormément de bien. Ca et le fait qu’il se levait tôt pour aller courir et se maintenir en forme… à défaut d’avoir une vie sexuelle épanouie. L’étudiant espérait vraiment qu’emménager dans un nouvel appartement avec Jace allait arranger les choses. C’était peut-être un peu bête de mettre tous ses espoirs sur ça, mais il était à court de solutions. Et aussi, la vie à Carson Electronics n’était pas toujours très simple. Il tomba donc rapidement d’accord avec son homme lorsqu’il le retrouva.

    – Salut. pas de baiser, pas d’étreinte. Soit. Ah bon ? Qu’est-ce qui s’est passé ?

    A dire vrai, Vincent ne savait plus du tout quoi penser de Camille. Le muté avait l’impression que le Français cherchait à l’éviter depuis qu’il était revenu de Fuzon. Alors certes, au tout début, Vincent s’était montré à fleur de peau, près à tout brûler et il y avait de bonnes raisons de l’éviter, mais en ce moment, il se demandait s’il n’y avait pas autre chose…

    – Ca été. J’ai eu qu’une seule heure de cours. J’suis content d’avoir relu les réglementations de transport de…

    Voilà une conversation solide qui unissait un couple ! L’étudiant décida de changer de sujet.

    – Bref, ça était. Après j’ai aidé Jason à mettre le bar en place. Y a fallut revoir quelques trucs avec l’éclairage.

    Hmmm… ça aussi c’était pas terrible comme sujet.

    – Ouaip. Je crois. Par contre, me demande pas de te répéter le nom du propriétaire. Monsieur Svolech… quelque chose.

    Son séjour en Suède n’avait pas tellement changé ses compétences linguistiques. Surtout que là, c’était un prénom d’Europe de l’est… enfin il lui semblait. En tout cas, c’était déjà mieux comme conversation. Enfin plus léger. Un début.

    – L’entrée est bien éclairée et les boîtes aux lettres ont l’air en bon état.

    Ca aussi, c’était une conversation solide. Et appropriée, en l’occurrence. Les deux jeunes hommes commencèrent ensuite à grimper les escaliers. Jusqu’à ce que Vincent s’arrête entre le premier et le deuxième étage. Il se tourna ensuite vers Jace en affichant une expression mystérieuse.

    – Y a un truc qu’il faut d’abord tester dans ces escaliers.

    Ca sentait le guet-apens. Et en effet, Vincent se pencha pour embrasser Jace. Sans lui lécher les amygdales, Vince maintint une certaine intensité dans ce baiser. C’était à peu près le seul contact que les garçons se permettaient depuis la Suède. Et même, le pyromancien avait l’impression qu’ils se raréfiaient. Il n’osait pas trop insister de peur de frustrer Jace – sa propre frustration étant déjà bien présent. Mais il essayait quand même d’atteindre un certain quota. Il avait besoin de se sentir proche de son petit ami, et c’était, pour l’instant, le seul moyen qu’il avait à sa disposition. Aucun des deux n’avait essayé de renouveler un rapprochement plus charnel depuis leur retour de Suède.

    Lorsque le baiser fut fini, Vince se redressa timidement, mais il resta tout près du blond. Le muté poussa un long soupir de satisfaction.

    – C’est bon. J’les aime bien.

    Sourire.

    – Et toi aussi… enfin, je t’aime.

    Hyper maladroit. Sourire gêné.

    – Désolé, c’est pas…

    Abaissement de regard. Sa main vint caresser celle de Jace, espérant qu’elle allait l’accueillir.

    – Allons-y.

    Mains enlacées ou séparées, ils finirent de grimper les escaliers. Dans el couloir du troisième étage. Une porte s’ouvrit en grinçant pour se claquer lorsque les garçons passèrent devant. Au temps pour l’accueil chaleureux. Malgré tout, ils arrivèrent à destination et sonnèrent. Un quinquagénaire à la dentition trouée mais au sourire charmant (c’est possible) leur ouvrit.

    – C’est pour l’appartement ? Oui ? Allez-y, entrez, entres. Bonjour. Vous n’avais pas eu de mal à trouver ? Allez-y avancez.

    Et après avoir serré la main du propriétaire, ils avancèrent le long du couloir pour se trouver dans un séjour. Vincent avait déjà repéré deux cafards.

 
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Message posté : Dim 13 Sep 2015 - 20:33 Message
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— Rien, il est juste… Chiant. Tu sais, c’est Camille.

« Chiant » n’était pas l’adjectif que l’on collait spontanément au Saint-Clair. Froid, désagréable, brusque, peut-être mais enfin… Et il était difficile d’imaginer qu’on pût se disputer avec lui sans raison. Camille était direct et souvent peu compréhensif mais il n’était pas chamailleur : ses disputes touchaient toujours des sujets importants. Jace, cependant, n’avait aucune envie de s’étendre sur le sujet. Puisqu’il ne pouvait pas parler à Camille sans avoir son soutien, alors il ne parlerait à personne.

La conversation s’engagea mal et ce fut en silence que les deux garçons montèrent les escaliers. Vincent était passé devant et le regard de Jace était fixé sur ses fesses. Il ne se permettait plus ces marques d’intérêt que lorsqu’il croyait que Vincent ne les surprenait pas. Il n’avait aucune envie sérieuse de retenter l’expérience de Stockholm alors il préférait faire comme si la sexualité, entre eux, n’existait plus.

Évidemment, ça ne marchait pas toujours et, par exemple, quand Vincent se retourna et se pencha pour l’embrasser, les mains de Jace se serrèrent sur le tee-shirt de son petit ami et sa langue vint jouer avec celle du muté. Le baiser ne fut pas très chaste et, quand leurs lèvres se séparèrent, le regard de Jace était chaud. Mais il le détourna aussitôt et ne répondit à Vincent qu’avec un sourire timide.

Il l’aimait. Jace serra la main de Vincent. Évidemment qu’il l’aimait. Camille était idiot, c’est tout. Ils gravirent le reste des marches et se retrouvèrent devant Monsieur S. Le couloir était interminable et très large mais les pièces, elles, étaient exiguës : tout l’espèce était occupé par cette travée inutile. Dans la cuisine, aucun équipement et l’évier avait connu des jours meilleurs. Le salon n’était pas très mal, si l’on exceptait la porte démontée qui était appuyée contre un mur.

Jace la fixa. Il fixa Vincent. Ils fixèrent Monsieur S. Monsieur S. battit des cils comme s’il ne voyait pas de problèmes et les guida vers la chambre unique, où l’on pouvait faire rentrer un lit d’un mètre quarante sur un mètre quatre-vingt dix et sans doute rien d’autre. La salle de bain était un miracle d’ingéniosité : il en avait fallu beaucoup pour faire rentrer une cabine de douche qui exigerait de Vincent qu’il perdît les muscles de ses épaules, les toilettes, le lavabo et le chauffe-eau. Il y avait une prise et un tuyau pour la machine à laver mais de sa vie, Jace n’avait jamais vu de machine à laver qui pouvait rentrer là.

Ils étaient de retour dans le salon.

— Vous voyez que c’est idéal pour une première installation.

Le regard de Jace suivait quelque chose d’invisible sur les murs. Il y eut un moment de silence puis le Phénix déclara brusquement :

— On vous recontactera.
— Vous voulez déposer un dossier ?
— On va réfléchir.
— C’est libre tout de suite.
— Sans blague.

À cours de réponses diplomatiques, Jace entama une retraite en bonne et due forme en direction du couloir gigantesque puis par la porte. Alors qu’ils descendaient les escaliers, Monsieur S. lançait derrière eux :

— Vous n’avez même pas vu le local à vélos !
— On en fait pas.

Dans la rue, Jace lâcha la main de Vincent pour récupérer la pochette dans laquelle l’étudiant avait conservé les petites annonces imprimées depuis le site de l’agence.

— Non mais sérieux, fais voir ça. Date de construction : 1980. Mon œil.

Jace classa l’annonce derrière toutes les autres.

— Mec, t’aurais vu le système électrique derrière ces murs, c’était flippant. Tu branches un rasoir et l’immeuble prend feu, sérieux. Pas qu’on puisse pas gérer ça mais quand même…

Ça et les cafards.

— J’parle même pas d’la douche. C’est dommage, le proprio aurait bien besoin d’un loyer pour se racheter des dents.

L’adolescent esquissa un sourire. Comme souvent, son humeur alternait entre la légèreté et l’angoisse amère. Ils s’engagèrent dans la rue tandis qu’il consultait rapidement les adresses des autres annonces, pour se rendre à la plus proche.

— T’es sûr que tu veux qu’on participe à 50/50 ? Parce que je sais pas, si on allait à 80/20, on pourrait se rapprocher du centre et prendre un truc plus cool.

Jace n’avait pas insisté quand ils avaient commencé à choisir sur Internet. Son salaire était très confortable — sa super-intelligence rendait ses travaux d’optimisation ultra-rapides et ultra-performants et il était bien payé. Il aurait pu sans problème quadrupler sa participation aux frais. Mais enfin, il comprenait l’exigence d’égalité de Vincent. Simplement, cette première visite, concrètement, l’avait refroidi.

— ‘Fin, j’suis sûr qu’les suivants sont mieux.

L’adolescent referma la pochette.

— Ils sont pas trop vexés, Holly et Jason, qu’on retourne pas vivre là-bas ?

C’était la première fois qu’ils abordaient le sujet. Ils avaient décidé de se trouver un appartement à tous les deux, comme cela. Plus précisément, Jace avait dit « faudrait qu’on se trouve un appart » et aucun des deux n’avait osé rentrer dans les détails du pourquoi et du comment ils ne retourneraient pas chez Holly et Jason, de peur de mettre les pieds dans l’un des nombreux plats qui pavaient désormais le chemin de leurs conversations.

Mais maintenant, le moment de la décision approchait et il était difficile de ne pas penser à cette alternative toute simple.

— Parce que bon, c’est pas trop tard. Si toi t’avais envie de vivre avec quelqu’un d’autre que moi.

Une formulation maladroite.

— J’veux dire, avec d’autres personnes, en plus que moi. Des personnes qui vivraient avec nous. Enfin bref, tu vois quoi, une coloc. Si tu voulais une coloc. Ce serait toujours possible.

Parce qu’il fallait regarder les choses en face : il ne rendait pas Vincent heureux.
 
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Message posté : Dim 13 Sep 2015 - 21:41 Message
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    Ca n’allait pas être possible. A moins de transformer l’appartement et de… non, même pas. Ca n’allait pas être possible. Ils visitèrent toutes les pièces pourtant, mais entre la sale de bain, la chambre et les cafards… c’était mort. A la limite, que la cuisine soit pourrie, ce n’était pas grave. Vince était le seul à manger de toute façon. Mais leur réponse était évidente. Ils n’avaient pas besoin de se concerter. Pour le coup, un seul échange de regards les mit d’accord. Les deux Supers quittèrent les lieux.

    – Ptet qu’on aurait pu installer notre chambre dans le local vélo. blagua-t-il.

    En tout cas, ce taudis – et future lieu sinistré, apparemment – avait eu le mérite de les rapprocher un peu. Un peu. Dehors, ils récupérèrent leur main respective.

    – Oui on aurait pu gérer. Je serais devenu super barbu, mais on aurait géré.

    Restons sur une note de bonne humeur. Avant que l’orage n’arrive, car Jace revint sur un sujet supposé clos.

    – Tu cherches des embrouilles, Roberts ?

    Avec son air de caïd qui n’aurait pas impressionné Travolta dans Grease, Vincent s’avança pile en face de Jace. Son visage affichait une malice évidente tandis qu’il enchaîna sur un ton de voyou du dimanche.

    – Les négociations sont closes. On pourra éventuellement les rouvrir les mois où tu voudras mettre du chauffage, petit frileux. Et même là, on n’ira pas plus haut que du 60/40.

    Si ça, ce n’était pas un beau compromis.

    – Alors on garde espoir et on continue. Ce n’est que le premier qu’on voit. Y en aura d’autres des ruines.

    A un moment, bien avant ses pouvoirs, avant Jace, il avait essayé de voir s’il pouvait déménager. Histoire de quitter la maison de la fratrie. Parce qu’au final, ce n’était pas toujours tiptop quand on avait une petite amie. L’ambiance pouvait rendre les relations compliquées. D’ailleurs, ça lui en avait bousillé une. Rien de très sérieux, heureusement, mais quand même. Bref, Vincent avait regardé plusieurs endroits et était tombé sur beaucoup, beaucoup d’endroits où il n’aurait même pas laissé un chien dormir. En même temps, tout seul, avec un salaire de barman étudiant, il n’aurait pas pu aller loin. Là, leurs chances étaient doublées. Autant de raisons de positiver. Ca, et aussi le fait qu’un trop grand pessimisme serait redondant dans la situation actuelle. J. et V. se mirent en route.

    – Oh tu sais, Holly a failli piquer sa crise, mais j’pense qu’elle s’en remettra. A mon avis, elle est bien contente d’être toute seule avec Jason. Pis Jason, tu le connais, toutes les situations lui conviennent.

    Au final, leur couple avait « profité » de leur perte de l’été pour se rapprocher encore davantage. Si bien qu’ils étaient plus amoureux que jamais. Comme quoi, un séjour dans un plan élémentaire pouvait avoir de bonnes conséquences pour certains couples. Ce n’était pas le cas pour le leur, loin de là. D’ailleurs, Jace venait de suggérer que Vincent ne voulait pas vivre seul avec lui.

    – Quoi ?

    Vincent s’arrêta et se tourna vers Jace. Jace s’arrêta et reformula sa suggestion. C’était guère mieux.

    – Non, je…

    Il était un peu confus. N’était-ce pas Jace qui avait dit qu’ils devaient se trouver un appart ? Ou bien le pyromancien avait mal compris ? Non, c’était leur situation, pas vrai. Leurs problèmes… Comme leur absence de vie sexuelle, les traumatismes de Vincent, ceux de Jace, le rapprochement de Vincent et de Dante… le choix était là. L’étudiant s’avança vers son petit ami, son pas était clairement hésitant.

    – C’est ce que toi tu veux ? Ne pas vivre juste avec moi ? J’avais suggéré de retourner chez Holly et Jason juste une fois, peu de temps après son retour sur Terre mais c’est tout. Je voulais juste retrouver un peu… un peu de normalité, mes habitudes et tout. En vrai je… c’est toi que j’veux. Juste toi. Toi et moi. Avec un chez nous… ptet un animal de compagnie, si t’as envie, mais sinon, juste nous.

    C’était le rêve… mais peut-être n’était-ce qu’une utopie ? Le Kansasais baissa la tête et reprit d’une plus petite voix, honteuse :

    – Après, je… j’comprendrais qu’tu voies pas les choses pareil. Vu qu’on… enfin, on… c’est compliqué…

    Il déglutit, il faisait bien sûr référence à leur abstinence craintive. Car ils avaient manifestement peur de réessayer et de revivre un nouveau fiasco qui empirerait les choses.

    – M’enfin… moi j’pense… que ça ira ptet mieux si… si on s’rapproche encore plus. Tu vois ? Si on arrive à avoir plus… d’intimité.

    Son regard inquiet luttait pour ne pas se faire suppliant. Vincent s’arrêta là et attendit la réponse de Jace. Maintenant, il fallait qu’il sache si le blond voulait vraiment faire ça. Chercher un appart, vivre tous les deux. Surmonter les obstacles qui s’empilaient dans leur vie. En tout cas c’était ce que Vincent voulait, même si le chemin était difficile voire douloureux, il s’en fichait.

 
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Message posté : Dim 13 Sep 2015 - 22:53 Message
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Et voilà.

Il aurait dû se taire.

Parfois, Jace regrettait son ancienne disposition d’esprit, celle adoptée entre la disparition de Vincent et l’effacement de sa mémoire à Stockholm, et qui lui permettait d’adopter un contrôle presque total sur ses émotions, du moins en apparence. Désormais, il avait plus de propension au bonheur et à la joie, mais plus aussi à la peine et ses inquiétudes s’exprimaient malgré lui.

Son regard ne soutint pas longtemps celui de Vincent. La vérité, c’était qu’il ne savait pas lui-même précisément ce qu’il avait voulu dire. Est-ce qu’il voulait vivre avec Vincent ? Oui, sans doute. Il le fuyait de temps à autre, désormais. Ça ne voulait rien dire. C’était juste… C’était parce que…

L’adolescent ouvrit la bouche pour répondre et les mots restèrent coincés dans sa gorge. Il referma la bouche. Il y eut quelques secondes de silence pendant lesquelles l’adolescent observa la chaussée et puis il dit :

— J’veux pas vivre avec d’autres gens. Ils comprennent pas.

Une réponse, il en avait bien conscience, pour le moins obscure. Les mains enfoncées dans les poches, Jace esquissa une moue nerveuse avant de lâcher sa bombe :

— Camille, tout à l’heure, il a dit, ‘fin suggéré, il a dit que j’devrais t’quitter.

La suggestion du Français avait certes été un peu plus nuancée que cela mais, en substance, Jace n’avait pas tort.

— Parce que tu r’tournes voir ton ancien amant, parce qu’tu recommences à m’exclure de tes entraînements, que tu r’commences à aller voir des alchimistes qu’on sait pas trop ce qu’ils font alors que c’est comme ça qu’on s’est retrouvés dans la merde, et tout.

Bon, pour le coup, c’était Jace qui s’exprimait, plutôt que Camille. Lui s’était contenté d’une remarque générale mais le blond s’abritait un peu lâchement derrière son ami pour formuler ses propres reproches.

— Il dit qu’tu m’fais souffrir d’une façon que…

Jace soupira. Il était trop intègre pour jouer à ce petit jeu-là si longtemps. Alors le jeune homme secoua la tête.

— Nan, je dis que ces trucs-là, ça a rien à voir avec le fait de revenir de Fuzon. Qu’c’est juste… Toujours comme ça, quoi. J’suis la femme qu’attend au port pendant que tu fonces en pleine tempête avec le mec vers qui tu te tournes systématiquement quand t’as des problèmes sérieux et avec lequel…

On s’éloignait franchement de la question de l’appartement. Ce n’était peut-être pas plus mal mais Jace s’interrompit et il prit une profonde inspiration. Il passa une main sur son visage avant de murmurer d’un ton fatigué :

— Désolé. C’est pas l’endroit ni l’moment d’parler de ça.

Et comme il évitait apparemment le sujet avec beaucoup de soin depuis tout ce temps, il devait sans doute considérer qu’il n’y avait ni de bon endroit ni de bon moment pour l’aborder.

— Tout c’que j’voulais dire, c’est que je t’aime et que même si… Même si les choses se passent mal, même si on s’touche plus, même si j’ai l’impression qu’tu t’éloignes de moi, même si j’en veux à la Terre entière pour tout et n’importe quoi, ça change rien à ça, et au fait qu’j’veux vivre avec toi, qu’j’veux pas qu’on soit séparés l’un d’l’autre et j’veux pas qu’on ait à faire bonne figure devant d’hypothétiques colocs les soirs où ça va pas.

Et les soirs où ça n’allait pas, c’était un peu tous les soirs, ces derniers temps. Jace n’avait aucune envie de s’asseoir avec Holly et Jason et de sourire ou de forcer à Vincent à sourire, le matin, quand la nuit avait été peuplée de cauchemars. Il voulait que leur foyer soit au moins un endroit où ils pouvaient tomber les masques.

Ce qui passait, apparemment, par une discussion franche en plein milieu du trottoir. Une grand-mère s’arrêta près d’eux avec son caddie pour les courses.

— Dites donc, les jeunes, vous n’avez pas l’impression de prendre toute la place, par hasard ?

Jace regarda la vieille dame comme si elle venait de parler chinois.

— Oh, tu m’as pas l’air bien futé, toi.
— Pardon ?
— C’est bien ce que je disais.

La mamie soupira avant de reprendre
lentement
son chemin.

Elle maugréait tout en marchant :

— C’est la drogue et la télévision, ça, ça abrutit. Ah, à mon époque, quand on allait à l’école en sabots dans la neige, c’était pas…

Et la voix chevrotante de la désobligeante ancêtre s’éloigna, alors que Jace, de son côté, marmonnait :

— ‘Tain, même le voisinage craint. Jamais il va le louer, son appart pourri, le mec. ‘Fin j’espère. Même pas sûr que ce soit très légal, son affaire. En fait, j’me demande si on devrait pas…

Et le blond s’embarqua dans ce qui promettait d’être un discours-fleuve sur la législation immobilière de Star City et qui était destiné à occuper le silence pesant que sa déclaration un peu trop honnête avait fait naître.
 
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Message posté : Lun 14 Sep 2015 - 0:57 Message
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    Quel charmant trottoir. C’était l’endroit parfait pour une discussion à cœur ouvert. Enfin si on oubliait les vieilles dames pressées et désireuses de marcher bien au milieu du trottoir.

    Vincent encaissa le discours de Jace du mieux qu’il pu. Il baissait les yeux lorsque l’embarras l’envahissait. Il les faisait ronds lorsqu’il entendait quelque chose d’étonnant, comme le fait que Camille Saint-Clair pouvait toujours mener une conversation sérieuse et qu’il en savait apparemment assez sur leur couple pour donner son avis à Jace. Vince eut l’impression que le Français prenait largement le parti du Légionnaire sans prendre le temps de voir comment lui il allait. Enfin ce n’était pas important, principalement parce que, quelque part, Vince pensait que Camille n’avait pas tord. Jace devrait le quitter. L’oublier même. Parfois, Vincent se surprenait à espérer que le cerveau du Super connaisse un effacement de fichier plus définitif… auquel cas il n’aurait plus qu’à s’éloigner de lui et le laisser vivre sa vie, loin de leurs soucis dramatiques qui auraient de quoi inspirer des feuilletons à l’eau de rose. Il fronça aussi brièvement les sourcils lorsque Jace mentionna Dante. Encore. Décidément, ce sujet-là reviendrait sans cesse. Lui qui croyait que c’était derrière eux… de la même façon qu’il ne se rendait plus malade à imaginer Jace travailler en équipe avec son ex, son tout premier amour, son meilleur ami aussi. Objectivement, Christopher accumulait plus de « mauvais points » que Dante. Mais là encore, le pyromancien ne dit rien. Ce serait puéril, mesquin et il ne le penserait pas entièrement. Alors il digéra toutes ces nouvelles du mieux qu’il put. Par contre, le détournement de conversation ne passa pas.

    – Stop. Arrête, on… Pas de changement de sujet s’il te plait. Tant pis pour le prochain rendez-vous, je… on doit en parler… en plus, on est partis tellement vite du premier appart qu’on a largement le temps. Viens. Il nous faut du café. OK, il me faut du café.

    Parce que mine de rien, enchaîner une heure de cours pendant laquelle ses méninges avaient travaillé à 100%, une discussion avec Holly et Jason, plus en forme que jamais, un voyage au district est, une visite éclair dégoutée et une discussion aussi intense que celle-ci, c’était difficile. Vincent entraîna donc Jace dans un coffee shop où il put faire le plein avec le mocha adéquat ainsi que la dose de sucre. Assis à une table face à face, la première gorgée brûlante avalée, Vincent planta son regard dans celui du Phénix et se lança.

    – Ok, je… bon… dans l’ordre… Ne dis pas que je retourne voir mon ancien amant, ça me donne l’impression de commettre un adultère. Dante Louis est mon ami et il se trouve qu’on a toute une spécialité élémentaire en commun. Je ne vais pas le voir pour te tromper, simplement parce que je l’apprécie et qu’il peut m’aider. De la même façon que je prends des cours avec Katya… D’ailleurs ça m’étonne que tu ne sois pas plus jaloux d’elle, elle me donne souvent des tapes sur les fesses. Il fallait bien le motiver, ce petit Ensuite… c’est le seul alchimiste que je vois en ce moment… Yorkes, la Baronne et compagnie… je ne les ai pas revus depuis que je suis revenu et je ne compte pas changer ça. D’ailleurs, si ça peut te rassurer, j’en ai un peu ma dose des alchimistes, donc pas de soucis, je ne les retrouverais pas de mon plein gré. Et aussi…

    L’étudiant fit une pause pour lâcher son gobelet en carton et saisir la main de Jace.

    – J’comprends qu’en ce moment t’aies l’impression qu’on s’éloigne… surtout sur le plan charnel, c’était le cas de le dire Mais tout ce que je fais aujourd’hui, c’est… c’est pas pour prendre mes distances avec toi, au contraire, c’est… c’est pour être avec toi. La fac, je n’y vais plus pour moi, mais aussi pour nous, pour obtenir un diplôme qui me permettra de construire une vie avec toi. Mes entraînements… j’les suis pour devenir plus fort et… être en mesure d’empêcher le monde de nous séparer le monde… essayons plutôt les mondes Et l’appart… j’espère que tu réalises que si on cherche un appart, c’est pas pour que je me tienne loin de toi.

    Il souriait, non sans tristesse. Vincent essayait désespérément de rassurer Jace dont la détresse – qui n’était pas nouvelle – avait l’air magnifiée par la distance qui les séparait dans leur lit. Le muté leva la main de Jace, toujours emprisonnée dans la sienne, et l’embrassa.

    – Je suis désolé que tu aies cette impression que je t’abandonne pour vivre ma vie dans mon coin alors que ce n’est pas le cas et qu’en plus, ce n’est pas moi qui sauve le monde huit fois par semaine en costume hyper sexy.

    A ses yeux, Vincent se voyait nettement mieux en femme désespérée attendant le retour et la survie de sa moitié pendant que celui-ci faisait la guerre… ou pêchait des crevettes, ça revenait au même.

    – Moi j’en suis qu’à une fois par semaine, et j’sais pas si on peu appeler mon froc un costume… tenta-t-il de plaisanter. Ce n’est pas comme ça, tu vois ? Enfin pas pour moi… après, j’sais pas… j’suis encore assez nouveau avec tout ça. Le monde des Supers, les pouvoirs, les responsabilités, tout ça… j’essaie juste de trouver mes repères et de surmonter mes… traumatismes ? tortures ? psychoses ? difficultés. Ca fera bientôt un an… qu’il avait ses pouvoirs, qu’il fréquentait Jace… mais j’me sens toujours aussi paumé. Des fois, j’ai l’impression que j’sais pas trop c’que j’fais. Mais j’t’assure que j’apprends de mes erreurs… que je ne jouerais pas deux fois avec le feu façon de parler Et aussi… tu as ton mot à dire, mon cœur. Pas que pour l’appart, pour tous mes choix… ils t’affectent aussi, je crois. Alors si tu veux que je fasse quelque chose, dis-le-moi. Parce que là, je vois pas comment j’pourrais t’prouver davantage que je tiens à toi et que… je ferais tout pour toi.

    Assumer sa sexualité, risquer sa vie pour lui, s’allier à un mentaliste psychopathe, affronter des démons et essuyer la tentative de meurtre d’une admiratrice un peu trop dévouée n’était apparemment pas suffisant. Mais Vincent était encore prêt à faire plus… toujours plus.

    Aaaaah, l’amûûûr…

 
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Message posté : Lun 14 Sep 2015 - 9:16 Message
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— Et qu’est-ce que j’peux… qu’est-ce que j’peux vous servir ?

La serveuse du coffee shop regardait Jace comme si ça suffisait à avoir un orgasme. L’explosion médiatique du Phénix, pendant les deux mois de l’été, multipliait les situations de ce genre. Jamais il n’avait été aussi populaire et l’air souvent triste et pensif qu’il avait affiché devant les objectifs du monde entier avait aidé à rendre son image de jeune premier toujours souriant plus complexe et plus intrigante. On ne comptait plus les admiratrices persuadaient que Jace trouverait à leurs côtés la consolation et le repos du guerrier.

— Hein ? Euh, rien. Merci. Merci beaucoup.

Et ce « merci beaucoup » prononcé machinalement, pour compenser sa distraction, fut interprété de manière toute personnelle, si bien que lorsque la serveuse confia son café à Vincent, elle glissa aussi son numéro de téléphone à Jace. Ces espoirs durent rapidement décliner lorsqu’elle se mit à observer, à la dérobée, la conversation de toute évidence intime des deux garçons qui n’étaient pas que des amis.

La conversation, pour l’instant, tenait plutôt du monologue mais Jace était désormais si expressif que son silence n’avait rien du mystère. Toutes les tentatives d’humour de Vincent se heurtèrent ainsi à un mur, le couplet sur Louis n’eut même pas le droit à un regard du blond qui se borna à fixer les touillettes arrangées artistement dans un gobelet en carton mais le reste, rapidement, attira à la fois les yeux bleus de Thunder et des sourires timides : il n’avait pas soustrait sa main à celle de Vincent et, même, il la caressait du pouce.

Lorsque Vincent eut fini de parler, il n’y eut pas une seconde de silence et Jace s’empressa de glisser :

— J’t’aime.

Ça, la serveuse l’avait bien vu et, du coup, elle fourrait rageusement un décaféiné dans la main d’un homme d’affaires fatigué qui n’avait pourtant rien fait à personne.

— J’suis désolé d’être jaloux, mais…

Il avait bien conscience que sa réaction avait quelque chose d’ironique, dans la mesure où Megastar travaillait constamment à ses côtés et où il ne se passait pas un jour sans qu’une fille, et plus souvent qu’il ne l’aurait cru un garçon, ne l’arrêtât dans la rue pour lui faire des avances admiratives. Mais de ce point de vue, les deux situations étaient fort différentes : il avait connu Vincent, ils s’étaient rapprochés, il avait dû s’absenter pendant une semaine et, pendant cette semaine, Vincent avait couché avec Louis. Alors si techniquement il ne s’agissait pas d’un adultère, Jace, lui, l’avait toujours perçu de cette manière.

— Par l’passé, souvent, tu m’as parlé de grand-chose autour de tes pouvoirs, t’es allé voir plein d’autres gens et j’ai jamais été que périphérique dans tes entraînements. Et à chaque fois, c’était la même excuse, pour me protéger, pour qu’on soit un couple normal, ce genre de trucs. Mais des fois, sérieux, j’ai l’impression que le feu t’intéresse plus que moi. Et je sais… je sais que c’est pas vrai et tout. J’veux pas donner l’impression que j’me rends compte tout ce qu’t’as fait pour m’retrouver. T’aurais pu rester là-bas, t’aurais pu dev’nir puissant là-bas, dans ton élément, et c’est vers moi qu’t’es revenu, et…

Jace haussa les épaules.

— Et voilà. Mais le truc, c’est qu’tout l’monde sait qu’t’avais disparu, c’était dans les actualités et tout, et ton ami, là, j’sais pas où il était. J’dis pas ça pour être méchant. J’dis ça parce que la Légion, c’est plein d’élémentaires, c’est plein d’pyromanciens, à Star City et dans les autres QGs, c’est plein d’alchimistes aussi, de tout c’que tu veux. J’essaie pas d’t’imposer ma famille mais ça m’a fait bizarre quand quasi ton premier réflexe pour reprendre les choses en main, ça a été de t’tourner vers ce type. J’trouve ça dangereux, stratégiquement, et puis j’trouve ça…

De sa main libre, Jace attrapa une touillette et se mit à la malmener sans pitié, pour passer sa nervosité.

— Y a tous ces gens qui nous ont dit qu’on était ensemble par sympathie élémentaire et tout. OK, admettons que ça joue. Si Machin et toi, vous partagez une sympathie élémentaire de feu, du même élément, ben j’suis quoi, moi, dans l’tableau ? J’ai l’air bien con avec ma petite électricité. J’veux dire, on était ensemble, et t’as couché avec lui, et…

Jace retira sa main pour pouvoir couper la touillette en petits morceaux. (J’espère que vous appréciez mon symbolisme phallique.)

— D’accord, on était pas ensemble, de ton point de vue et puis… et puis on s’en fout. Juste, ben, j’sais pas… J’ai l’impression que si j’fais des reproches, j’suis un monstre, parce que… parce que t’as beaucoup souffert, et j’sais ça, et tu d’vrais faire comme tu veux, comme tu t’sens à l’aise. Et j’me dis, c’est pas possible, c’est tout bloqué, j’peux pas t’parler de problèmes comme ça après cet été. C’est, genre, indécent, en fait. Mais au bout du compte, j’me dis, si c’est pas grâce à moi qu’tu vas mieux, si déjà les migraines c’est pas moi qui ai résolu, si tu m’touches plus, si c’est tout lui qui fait, qui aide, qui t’entraine à surmonter, si dans tous les gros, gros problèmes du moment, je sers à rien, bah… Bah il me reste rien.

On s’est rencontré, t’étais en panique, j’t’ai aidé. Et j’ai l’impression qu’ç’a a duré, quoi, un mois ou deux, même pas, qu’ensuite, très vite, t’as trouvé des gens plus utiles que moi. J’t’ai cherché pendant deux mois, j’ai jeté des dizaines de corps au bûcher, j’ai parcouru le monde entier, j’me suis gravé un poème à la con sur les os, j’me suis fait…


Une seconde, deux secondes.

— … ‘fin bref, tout ça, ça a servi à rien. J’ai rien réussi. Tu reviens, tu souffres, c’est pas moi qui t’aide. T’as des problèmes avec tes pouvoirs, c’est pas vers moi qu’tu tournes. J’t’en veux mais en vrai, faut voir les choses en face, t’as raison : ça fait longtemps qu’j’te sers plus à rien dans c’domaine. Au lit non plus, manifestement. Et la dernière fois qu’t’étais coincé avec le sexe, c’est vers Louis qu’tu t’es tourné aussi. Du coup…

Jace déglutit péniblement.

— Du coup, j’ai l’impression d’être en train d’perdre sur tous les fronts.
 
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Message posté : Lun 14 Sep 2015 - 13:09 Message
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    Un bunker aurait sûrement été plus propice à l’intimité pour une telle conversation, mais on faisait avec les moyens du bord. Ainsi, Vincent observa le numéro de téléphone qui venait d’être adressé à Jace et le lui tendit d’un air amusé. Autant prendre ce genre de choses avec le sourire, maintenant.

    C’était à son tour d’écouter Jace alors il écouta. Au début, il se permit même de boire une ou deux gorgée de café tout en écoutant, mais à la fin, il en avait oublié sa boisson. Son regard était planté dans celui de son petit ami alors qu’il essayait de le comprendre, et surtout de trouver une solution à sa détresse évidente. Vincent n’arrivait cependant pas à ne pas penser que le blond se montrait injuste… mais il se rappela rapidement qu’il n’était pas le seul à avoir souffert physique de cet été. Jace aussi avait eu sa part de torture. La seule différence était que le Super avait subi cela de son propre chef. Et le Légionnaire ne réalisait pas qu’en rappelant cela, il donnait plus d’arguments à Vincent pour le tenir éloigner de ses histoire de feu. Quand Jace essayait de se mêler de cette partie de sa vie, il en souffrait. Comment le pyromancien pouvait-il le laisser s’en approcher après tout ce qu’il avait déjà vécu par sa faute ? Mais ce qui l’incita surtout à agir, ce fut la dernière déclaration du mutant. Le barman se leva alors et déplaça sa chaise pour se retrouver juste à côté du jeune héros. Ensuite, sans lui demander son avis, il se pencha vers lui, posa la main à l’arrière de sa tête pour maintenir le baiser qu’il lui donna alors.

    Même s’il prenait soin d’utiliser le moins de langue possible, histoire de ne pas se donner en spectacle, Vincent maintint un certain niveau de passion. Il voulait rappeler à Jace qu’il le désirait toujours autant malgré les inconvénients qui parsemaient leurs rapports. Du côté du comptoir, malgré sa frustration la serveuse ne put s’empêcher de sentir un soupçon de désir au milieu de son dépit. Lorsqu’il interrompit le baiser, Vince resta encore tout près du visage de son petit ami. Celui-ci pouvait voir les flammes discrètes mais bien présentes qui habitaient le regard de l’étudiant, preuve tangible de la passion qu’il nourrissait pour lui.

    – Est-ce que tu as l’impression de perdre quelque chose, maintenant ?

    Sa voix était un peu essoufflée, émue aussi, mais il la garda basse, discrète.

    – Tu me sauves tous les jours, Jace… Tu n’en n’as peut-être pas l’impression, mais le matin, quand je me lève et que je te vois, tu me sauves la vie. Quand je vais dans la salle de bain et que je vois ta brosse à dents, tu me sauves la vie. Quand on n’est pas ensemble et que tu m’envoies un message, tu me sauve la vie. Le soir, quand je sens ton odeur dans mon lit, tu me sauves la vie… Ca, personne d’autre ne le fais. Au quotidien, c’est toi mon héros. Sans toi, je serais en boule dans mon coin à essayer de me remettre de la différence de température entre ici et là-bas. Tu ne le vois peut-être pas, mais je me tourne constamment vers toi. Le reste, ce sont des problèmes ponctuels que d’autres m’aident à résoudre parce que…

    Il fit une pause. La suite allait être délicate à formuler, et à entendre aussi. Il éloigna un peu son visage et laissa sa main quitter la chevelure de son mec pour se poser sur sa jambe, plus près du genou que de la cuisse. Maintenir le contact était indispensable, en tout cas pour Vincent qui carburait à la chaleur humaine. Malgré tout, il baissa légèrement la tête lorsqu’il reprit :

    – Je sais que tu as fait des trucs de dingue cet été… j’connais pas tout, évidemment. J’suis sûr que tu ne m’as pas encore tout raconté et… c’est pas grave, j’attendrai. J’espère qu’un jour tu me raconteras, mais j’attendrai. Le truc, c’est que malgré tes efforts… quelqu’un en a toujours souffert : toi. Les autres… Yorkes, Dante… c’est moins difficile pour eux, moins… douloureux. J’sais que tu pourrais faire l’impossible pour moi mais, mon cœur… Tu ne peux pas tout faire. Toi, le feu, ça te brûle, ça te… tue. Comment est-ce que tu veux que je te force à t’en occuper avec tout ce que ça te fait ? Je me déteste déjà assez de te faire supporter tout ça alors je vais pas prendre le risque de te faire du mal à nouveau. J’me fiche que tu te régénères ou que tu partages ta douleur avec tes corps. Je ne te laisserai pas souffrir à cause de moi.

    Son absence l’avait déjà fait pourtant. Mais par définition, il n’avait rien pu en faire. C’était peut-être difficile à avaler pour Jace, mais Vincent préférait que le mutant souffre d’une impression de distance que d’une flamme qui lui carboniserait les os.

    – Et pour Dante…j’crois que tu exagères un peu beaucoup Ce n’est pas lui qui m’a envoyé dans le plan élémentaire. Lui m’a toujours donné de bons conseils, il m’a toujours…

    Il s’arrêta. Faire la liste des exploits de Dante n’était certainement pas une bonne stratégie.

    – J’sais pas si tu veux que je te présente mes excuses pour avoir couché avec lui. J’pourrais sans doute pas le faire. C’est vrai que maintenant, je regrette les conséquences, je regrette ce que ça te fait. Si j’avais le choix, je remonterais dans le temps et j’effacerais ça. Mais là où je t’en veux à toi c’est quand tu penses que j’pourrais retourner vers lui juste parce que… parce qu’on ne le fait plus tous les deux.

    Il avait du mal à croire que Jace pouvait sérieusement penser ça. Vincent estimait lui avoir donné toutes les preuves de fidélité dont il était capable. Il avait refusé les avances d’un éromancien, l’intervention du mec qui les avait surpris dans la douche, et à chaque fois qu’il croisait une fille qui lui plaisait, il pensait à Jace… ou en tout cas il se forçait à penser à Jace. Bon, il restait un garçon donc son imagination divaguait un peu, mais dans les faits, jamais il n’avait donné à Jace de raison de douter de sa fidélité. Sauf avec Dante, effectivement, à une époque où Vincent avait perdu tous ses repères, où Jace avait disparu sans laisser de trace, sans être joignable, sans donner le moindre signe de vie…

    – C’est toi que je veux. murmura-t-il Toi et personne d’autre. Et même si j’étais capable de le faire avec n’importe qui d’autre sauf toi, je n’en ferais rien. Tu… Je suis à toi, mon cœur. Rien qu’à toi.

    En vrai, Vincent avait du mal à concevoir une vie entière sans plus aucune relation sexuelle. C’était un coup à devenir champion de scrabble. Plus sérieusement, sa main retrouva celle de Jace qu’il força à abandonner ses projets de destruction de touillettes. Il n’ajouta rien d’autre et se contenta d’attendre les réactions de Jace. Le regard de l’étudiant était plein d’amour et de détermination, il essayait de rassurer son mec qui était empli manifestement de doutes. Pendant ce temps, un de leur portable se mit à vibrer avec insistance. Un de leurs rendez-vous immobiliers était en train d’essayer de les joindre, mais Vincent ne lâcha pas la main de Jace et attendait sa réponse en continuant de le fixer tendrement.

 
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Message posté : Lun 14 Sep 2015 - 22:19 Message
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Si tout cela paraissait relever de l’évidence pour Vincent, il n’en allait pas de même aux yeux de Jace qui, chaque jour, constatait qu’il n’avait en rien contribué au retour de son compagnon, que ce compagnon souffrait sans qu’il lui parût possible de l’aider, que ce fût pour la chair ou pour l’esprit, et qu’il ne recherchait pas son aide pour maîtriser ses pouvoirs et surmonter ses difficultés. Dante, c’était la goutte d’eau qui faisait déborder le vase et, à la rigueur, elle était négligeable. Alors Jace fixa Vincent avec l’énergie du désespoir et, sans doute, il y avait bien des phrases qui ne lui plaisaient guère dans ce qu’il entendait, mais au moins, il ne partait pas en claquant la porte.

Ça ne lui plaisait pas d’entendre que Vincent s’obstinerait à l’exclure de ses problèmes pyromantiques et ça ne lui plaisait pas d’apprendre que le jeune homme ne comptait pas s’excuser d’avoir couché avec Dante. Mais les assurances de Vincent étaient déjà un grand pas en avant et Jace hocha lentement la tête avant de la poser sur l’épaule de son compagnon, pour regarder la rue, par la fenêtre du coffee shop, tandis que le téléphone portable vibrait toujours.

— J’vais lui répondre.

Et le téléphone arrêta de vibrer tandis que Jace engageait une conversation avec un propriétaire. Plutôt : il obligeait le téléphone du propriétaire, via les tours relais, à moduler une réplique exacte de sa propre voix et recevait directement dans son cerveau les réponses à l’autre bout du fil. Il n’avait plus de téléphone portable depuis longtemps. Il envoyait des SMS en pensant et conversait de la même manière.

Ce qui ne l’empêchait bien sûr nullement de parler en même temps à Vincent.

— J’sais qu’j’suis injuste. J’sais qu’être jaloux, c’est vraiment… c’est grotesque, quoi, dans la situation actuelle. Franchement grotesque. J’peux pas m’en empêcher. C’est juste, le méga-mage trop puissant de la mort qui tue qui maîtrise le feu qu’a plus d’expérience de moi et qui t’initie à tes pouvoirs et au sexe, ça fait beaucoup à accepter, tu vois. Même si… Même si j’étais là un peu avant et tout. Quand même.

De la part d’un héros internationalement connu qui dirigeait sa propre équipe de Légionnaires sur-médiatisée à dix-huit ans, ce complexe d’infériorité avait quelque chose d’un peu étrange.

— Mais j’te crois. Quand tu dis que… T’es qu’à moi. J’te crois. J’veux juste… On peut pas séparer la vie des pouvoirs, tu peux pas m’protéger de tes pouvoirs et moi t’avoir dans ma vie. Ou réciproquement. J’veux dire, c’est un peu comme si j’rentrais tous les soirs, j’te disais jamais comment j’me sens et c’que j’ai fait à la Légion. Ce s’rait… Pas cool. J’crois qu’on peut trouver un juste milieu entre toi qui vas souvent voir ailleurs pour avoir de l’aide et moi qui me… qui… enfin tu vois.

Les ampoules électriques du coffee shop grésillèrent pendant quelques secondes puis reprirent leur intensité ordinaire.

— J’veux qu’on parle. J’veux qu’on décide à deux. Pas forcément, tu sais, qu’on dissèque l’horreur en permanence. Mais qu’on parle du futur, surtout. Des pouvoirs et du reste. J’veux savoir comment tu t’entraines avec Dante. J’peux… accepter, supporter que t’ailles le voir. D’façon, j’t’interdirai pas des trucs, c’est clair, c’est pas comme ça qu’ça marche. J’suppose qu’avec le temps, j’apprendrai à pas être jaloux. Toi, tu l’es pas de Chris, ‘fin j’ai pas l’impression. Puis Chris, il a un mec. Chelou, le mec, d’ailleurs, ‘fin bref. Mais j’ai besoin d’être impliqué. Au moins un peu. J’suis pas un idiot, j’suis même un expert en pouvoirs élémentaires, finalement. P’têt pas dans l’fonctionnement interne des tiens mais dans leurs applications, dans leurs utilisations en équipe, dans les stratégies sur le terrain. J’suis une pointure dans l’domaine, tu sais ?

Jace s’interrompit. Et il laissa entendre un rire bref avant de se redresser et de secouer la tête.

— Ouais, d’accord, j’avoue, j’me vante parce que ça m’stresse. C’est nul mais j’voudrais qu’tu m’admires, un peu. Mais surtout… Que tu comprennes. Les Phénix, à la base, c’est un électromancien, une hydromancienne et un géomancien. Tu crois qu’ils étaient là pour quoi, les mecs ? Que j’ai choisi Oceania et Chton juste parce qu’ils sont sympas ? J’les ai… ‘fin, tu leur dis pas, hein, mais j’les ai étudiés sous toutes les coutures. Pour savoir ce que c’était qu’un pouvoir élémentaire. J’suis pas alchimiste, j’suis pas magicien et ouais, sans doute, objectivement, j’ai fait des choses complètement cinglées cet été pour te récupérer, mais j’suis pas juste ton copain de dix-huit ans qu’il faut protéger. Alors… ouais, nan, j’peux pas tout faire, c’est sûr. Mais si tu veux devenir un héros qui intervient dans l’monde réel, au milieu des civils, j’peux quand même t’aider pas mal.

L’adolescent — pardon, le Grand Thunder, Alpha Leader, la Foudre qui Tombait des Cieux, le petit prodige du Kung-Fu — serra fort la main de son amoureux.

— Viens, j’ai dit qu’on était un peu en retard à cause de la circulation, on peut encore visiter le suivant.

Sans lâcher la main de Vincent, il l’entraina en dehors du coffee shop et, tandis qu’ils étaient sur le trottoir, il commença prudemment :

— Pour le reste, pour le truc, euh… Pour le, ‘fin, le sexe, tout ça.

Tout ça.

Bien sûr, les joues de Jace rosirent.

— Ben, si le problème c’est d’être touché et tout, et puis… si ça fait qu’empirer parce qu’on stresse plus on repousse ça… j’me disais, peut-être, une solution, ce serait de… ‘fin, j’dis ça comme ça, c’est pas que… enfin, tu vois… juste, voilà, quoi…

C’était parfaitement limpide. Heureusement que Thunder donnait aux Phénix des instructions plus claires que ça, sans quoi, le monde avait du souci à se faire. Jace baissa la voix et souffla :

— Tu pourrais t’occuper d’moi.

Oui, il s’offrait avec un altruisme exemplaire pour le bien de leur couple.

— T’sais, c’est toi qui fais, toi qui décides. Et si y a un moment où tu l’sens bien, ben tu, euh… guides ma main. Ou tu viens entre mes lèvres. Ou tu m’prends. Fin voilà quoi. Et en attendant ben… Tu t’occupes de moi, ouais. Comme ça, on réapprivoise en douceur. J’me dis qu’ç’a pourrait marcher.

D’ailleurs, à Stockholm, tant qu’ils s’en étaient tenus à ça, les choses s’étaient bien passées. Assurément, Jace allait avoir des difficultés considérables à ne pas se montrer trop participatif mais c’était sans doute mieux que rien.

— Après, bon, c’t’une suggestion comme une autre, hein… Moi j’dis ça, c’est pour aider.

Brave garçon.
 
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Message posté : Mar 15 Sep 2015 - 0:53 Message
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    Tandis que Jace s’occupait de répondre au propriétaire, Vincent posa la tête sur celle de son voisin et l’écouta. Il s’attendait à ce que seule sa voix le rassure et lui fasse du bien, mais en vérité, ce qu’il disait était aussi plutôt sympa à entendre. Drôle aussi, un peu. Il n’en montra rien bien sûr, mais Vince ne put s’empêcher de faire une remarque sur Louis. Mais il baissa bien le ton pour que personne d’autres que le Phénix ne l’entende.

    – Quand même. Et d’ailleurs, techniquement, tu m’as initié à bien plus de choses que lui.

    Par rapport au sexe, bien évidemment. Mais Vincent préféra ne pas entrer dans les détails. De la même façon qu’il ne voudrait jamais savoir comment, précisément, Jace avait pu faire l’amour avec ses précédents partenaires.

    De toute façon, là n’était pas la question et il continua d’écouter tout ce que Jace lui disait. Ce qu’il voulait vraiment. Ce qu’il pouvait faire pour lui. A aucun moment, Vince n’avait songé à se passer des conseils et leçons de son héroïque de petit ami. C’était même mieux. Utiliser ses pouvoirs pour se battre dans un plan élémentaire était bien différent de jouer au Super dans cette ville. Alors l’étudiant hocha la tête pour confirmer ce que Jace lui disait. Qu’il était un pro et qu’il pouvait lui apprendre des tas de choses.

    – A aucun moment je n’ai voulu esquiver mon professeur préféré. répondit-il d’un air complice, en faisait clairement allusion à la tête blonde posée sur son épaule.

    Il avait rassuré Jace, ou en tout cas, il en avait l’impression. Les deux garçons avaient aussi un peu partagé ce qu’ils avaient sur le cœur. En tout cas, Vincent se sentit un peu plus léger. Assez pour suivre Jace vers de nouvelles déceptions… ou de bonnes surprises immobilières. Il suivit le Légionnaire sans lui lâcher la main, l’autre ayant bien pris soin de s’emparer de son café, et ils sortirent. Dans la rue, Jace aborda un sujet toujours aussi personnel. L’impudique ! Mais le barman ne s’en formalisait pas, à vrai dire, il était en train de repenser à ce que Jace avait dit un peu plus tôt sur ses compétences, sur le fait que Vince ne faisait jamais appel à lui pour résoudre ses graves problèmes, et il pensait au sexe. Bien entendu. Au final, le muté était en train de mettre au point une hypothétique solution à leur problème.

    – Ton sacrifice héroïque sera le plan B, alors… déclara-t-il avant de s’arrêter un instant pour se tourner face à son petit ami parce que je crois que je viens d’avoir une idée. Une idée de génie, je dirais, même…

    Et sans super intelligence, voyez-vous ça. Le truc, bien sûr, comme ils ne l’avaient pas encore essayée, cette idée n’était que théorique. Mais Vincent connaissait les capacités de son petit ami et ne doutait aucunement de lui. Il n’y avait pas de raison pour que cela ne marche pas… sauf de son côté peut-être… encore une fois. Cela dit, chaque chose en son temps. Le plus urgent était d’arborer un air mystérieux juste avant d’embrasser son petit ami sans lui laisser le temps de prendre la parole. L’échange terminé, le pyromancien apporta de très vagues précisions :

    – Mais on essaiera tout ça quand on aura trouvé notre appart. Histoire de fêter ça.

    Non, les enfants, ceci n’est pas du chantage… juste un usage licite de l’art de la motivation.

    – Si ça peut te rassurer, t’es l’élément principal du plan A. Et si ça marche, tu ne pourras plus dire que tu m’aides jamais à surmonter mes gros problèmes. Parce que, monsieur, il se rapprocha un peu plus de son petit ami, armé d’un air provocateur, la suite fut énoncée à voix basse, juste pour les oreilles de Thunder ne pas pouvoir faire l’amour avec toi, c’est un problème.

    Sur cette mise en appétit enthousiaste, Vincent s’écarta, sans lâcher la main de son compagnon.

    – On va voir cet appart ?

    Et y ils allèrent

    … … …

    – Oh-mon-dieu ! Je n’arrive pas à croire que Jace Roberts est en train de visiter mon appartement !

    Eux non plus. En tout cas, ils n’arrivaient pas à croire que cette femme puisse autant monter dans les aigus. Janice, de son doux prénom – et elle insistait pour qu’ils l’appellent ainsi – était une femme dans la bonne trentaine. Mince, élégante, avec de longs cheveux noirs attachés en une natte sophistiquée. Elle était vêtue d’un tailleur très classe et savait assurément choisir les bons accessoires et les bonnes chaussures pour se mettre en valeur. A côté de ça, et Vincent le voyait parce qu’avec la fac, il avait un peu l’habitude des vêtements de luxe, ceux de Janice étaient bon marché. Elle ne devait pas être excessivement riche mais savait rester élégante. C’était quelque chose qu’il admirait. Par contre, il aurait préféré que le volume sonore soit aussi maîtrisé que le reste.

    – J’ai presque honte de vous le montrer. Vous qui avez grandi dans la Tour de la Paix. Enfin, peut-être que c’est un autre style que vous recherchez. Je ne vais pas vous mentir, c’est un peu vieux. Mais on a tout refait. Mon mari travaille dans le bâtiment. Tout est presque neuf. Il n’y a eu que deux locataires depuis les travaux de rénovation. Enfin, deux ! Un couple qui n’est pas resté longtemps car ils voulaient se rapprocher du centre ville et une femme qui n’est restée à Star City que pour un an. Donc vous voyez, c’est comme si c’était neuf. La cuisine est équipée et fonctionnelle. Bon, elle n’est pas très grande mais je n’en n’ai eu que de très bons échos. D’ailleurs, c’est moi la première à l’avoir essayé et mon mari avait bien aimé mon gratin ! Sinon, pour l’emplacement, on est donc près du pont Lincoln et vraiment pas loin de la Croisette et de Chinatown. Bon par contre, la première station d emétro est à 10 bonnes minutes de marche. Mais vous n’en n’avez pas besoin bien sûr ! elle s’adressait principalement à Jace, mais elle avait l’amabilité de ne pas oublier Vincent Et monsieur à l’air d’avoir de très bonnes jambes. Pour les murs, on a surtout choisi des couleurs clairs pour donner de la lumière à l’appartement. Comme vous pouvez le voir, il n’y a qu’une seule fenêtre et la vue n’est pas un paysage de rêve, mais je trouve qu’on ne s’en est pas trop mal sortis. Ah et aussi, comme vous pouvez le voir, c’est un appartement qui ressemble beaucoup à un studio, mais les réglementations ont chipoté et entre la taille de l’ensemble, de la salle de bain, et avec la mezzanine, la ville l’a catalogué comme appartement. D’ailleurs, la salle de bain…

    Etait effectivement d’une taille honorable. Elle était deux fois plus grande que celle qu’ils avaient partagée avec Holly et Jason. Et la douche était un appel à l’orgie. Le reste de l’appartement n’était pas mal non plus. L’entrée donnait directement sur la cuisine qui longeait le mur de gauche jusqu’à celui de la salle de bain qui formait une alcôve. En face de la cuisine et après le petit mais assez large couloir qui servait d’entrée, on tombait sur ce qui devait être la salle de séjour et/ou la salle à manger. Celle-ci n’était pas excessivement grande, mais elle était sympathique. Janice n’avait pas menti, les couleurs qu’ils avaient choisies rendaient le tout très clair. Parce que niveau éclairage, c’était limite. Ils avaient une seule fenêtre, large et haute, certes, d’ailleurs, tout l’appartement était plutôt haut. Et la vue donnait sur… une ruelle avec en face un mur en brique sans fenêtres… c’était… un style… Au moins, personne ne pourrait les épier. Et enfin, la chambre, accessible via des escaliers tous sympathique. La mezzanine était située à l’opposée de la cuisine et formait une pièce qui faisait office d’étage. Elle était légèrement plus petite que celle de Vincent à Kane Street mais cela restait convenable. Dans l’ensemble, pour une personne, cet endroit offrait beaucoup d’espace. Pour deux, cela offrait un endroit plus douillet.

    Vincent regardait partout avec un avis de plus en plus positif. Le seul souci majeur qu’il voyait étant la voix désagréable et particulièrement active de Janice. Et aussi, il pourrait peut-être craindre que l’endroit soit trop petit pour eux deux. Mais c’était dans leur prix, c’était presque neuf… C’était aussi pas terrible au niveau de l’emplacement. Mais Vince savait qu’il aurait pu trouver pire dans le district est. Et il ne pensait pas tellement à la dangerosité du quartier qu’à la distance qui le séparait de la fac. Dans tous les cas, c’était carrément mieux que ce qu’ils avaient vu avec monsieur S.

    A voir ce que Jace en pensait.

 
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Message posté : Mar 15 Sep 2015 - 21:17 Message
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— Allez, dis…

Encore un étage.

— C’est quoi ton idée de génie ?

Vincent était parfois cruel. Depuis qu’il avait professé son illumination sexuelle dans la rue, Jace essayait tant bien que mal de déterminer la nature de l’idée en question mais son petit ami restait de marbre devant ses yeux suppliants et ses menaces vides, si bien qu’ils débarquèrent dans le second appartement pour une visite sans que le blond fût plus avancé.

La visite fut consciencieuse — bien moins rapide que celle du premier appartement. Jace mit une attention particulière repérer les éventuels défauts du système électrique. Il n’était pas de première jeunesse mais il n’y avait rien de critique. Il faudrait acheter quelques lampes pour ne pas sombrer dans la dépression en plein hiver mais ce n’était pas comme s’ils payaient vraiment l’électricité et puis, de toute façon, ils n’étaient pas non plus des hommes d’intérieur, sauf quand il faisait nuit ou mauvais et alors la vue ne changeait pas grand-chose.

Au fond, Jace était bien un peu frustré de ne pas pouvoir mettre son salaire à contribution et offrir à Vincent un endroit plus spacieux et plus lumineux mais il comprenait sans peine les exigences du jeune homme. Ils échangèrent un regard et le Phénix prit une profonde inspiration avant de s’atteler à une tâche difficile.

— On…
— … pour l’isolation des combles, mais évidemment, c’est à la charge de la copropriété et de toutes façons les travaux ne sont pas prévus pour tout de suite. Vous comprenez, on a refait la rampe de la cage d’escalier — vous avez vu, c’est du beau bois, n’est-ce pas, on a décidé de faire les choses bien — il faut dire que quand on a commencé à vouloir installer un ascenseur…
— Euh…
— … Mrs. Arrington qui habite deux étages au-dessus a prétexté que les réglementations municipales n’étaient pas vraiment claires et on a dû…
— S’il vous plait ?
— Oui ?
— On va le prendre. Enfin, on peut déposer un dossier.

Jace rouvrit la pochette et sortit un dossier tout prêt, dont les premiers documents étaient constitués par ses derniers relevés bancaires. La propriétaire baissa les yeux, releva les yeux vers Jace, baissa les yeux, releva les yeux et décréta :

— Oh, ça devrait aller.

L’adolescent lui répondit par un sourire.

— Alors, qui va dormir dans la mezzanine, qui va prendre le salon ?
— Pardon ?
— Quoi ?

Silence.

— Ah, euh. On dort tous les deux dans la mezzanine. Ensemble.

Silence.

— Oooooooh.

*

— 123 centimètres. Et demie. Disons 123.

Jace se redressa et lâcha le bout de mètre pour permettre à Vincent de le rembobiner. Ils avaient rapidement signé le bail et Jace avait aussitôt émis sa proposition-phare, celle qu’il couvait secrètement au fond de lui depuis qu’ils avaient convenu de prendre un appartement ensemble : fabriquer lui-même les meubles. Pas tous et pas au début, parce que ça prendrait du temps, mais au fur et à mesure. Alors ils relevaient les dimensions de l’appartement, pour être certains que l’atelier de menuisier du Phénix, à la Tour de la Paix, n’accoucherait pas d’un canapé surdimensionné.

Au moins, une chose était certaine : la table-basse qui se transformait en billard rentrerait dans le salon, même s’il n’était pas très grand. Jace prévoyait toute sorte d’aménagements ingénieux pour économiser l’espace. Depuis la veille, en tout cas, le Légionnaire paraissait d’excellente humeur. L’effet combiné de la conversation à cœur ouvert et de l’appartement trouvé avait allégé son moral et il avait retrouvé le sourire qu’il avait brièvement arboré à Stockholm.

— C’est con mais j’me sens, t’sais… Tout adulte, quoi. C’est notre premier vrai appart, en fait. On pourrait même, peut-être, genre, ouvrir un compte commun, pour le loyer et les courses, tu sais.

L’idée lui paraissait terriblement romantique.

— ‘Fin j’dis ça, j’dis rien.

En attendant, il contemplait la mezzanine.

— Le lit rentre là-haut, c’est sûr, mais l’amener jusqu’à là-haut, ça peut être un peu chaud. Faudra prévoir des cordes, pour le hisser par-dessus la rambarde, plutôt qu’le passer par l’escalier. Dix contre un que flemmard comme t’es, l’matin, tu vas t’laisser couler en cendres depuis là-haut jusqu’à la salle de bain, hm ?

Depuis que Vincent était réveillé, ce matin-là, Jace l’abreuvait de récit sur leur futur commun : comment Vincent organiserait la salle de bain, comment Vincent irait se coucher, comme il regarderait les matchs de football, comment il relèverait le courrier. À l’entendre, il n’y aurait rien que le jeune homme ne ferait pas de façon remarquable et tous les voisins vivraient suspendus à l’espoir de chacune de ses apparitions, dans le hall commun, dans les escaliers, dans le local à poubelles.

Jace s’assit sur les marches du petit escalier qui menait du salon à la mezzanine. Des étincelles crépitèrent entre ses doigts et des éclairs lents et torsadés en jaillirent bientôt qui dessinèrent dans les airs un plan de l’appartement.

— Là, j’vois bien une grande étagère qui couvre tout l’mur pour ranger les fringues, assez étroite mais longue, haute, pour gagner d’la place, avec un chemin lumineux quelque part, dans un caisson en bois, pour qu’on perde pas d’la place non plus avec de l’halogène. Là, un canapé, pour deux la plupart du temps, mais j’réfléchis à un système qui pourrait s’développer quand on a des invités. L’truc, c’est la table, j’sais pas trop comment, mais p’têtre une suspension au plafond c’est possible, parce que c’est haut. Elle pourrait descendre avec un pivot central et si on s’y prend bien, ça laisserait pas d’marques. Et aussi…

Et Jace se lança dans une description de la meilleure manière de meubler une salle de bain pour y stocker tous les produits de beauté qu’ils ne possédaient de toute façon pas, sauf la fameuse crème pour le visage de Vincent, dont il ne fallait pas parler, parce que Vincent, c’était un bonhomme, un vrai.
 
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Message posté : Mer 16 Sep 2015 - 19:24 Message
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    Il ne dit rien. Vincent garda le secret aussi longtemps que possible. Bon, en toute honnêteté, ce fut très difficile. D’ailleurs, pendant la visite, Vincent n’avait pas pu s’empêcher de s’imaginer en train de faire l’amour avec Jace à chaque recoin de l’appartement. Ces images avaient certainement contribué à l’impression positive qui en était ressortie. Cependant, l’étudiant faisait de son mieux pour modérer ses espoirs, il craignait d’être trop déçu en cas d’échec… non, rester positif ! L’échec était inenvisageable. Et puis de toute façon, tout se passait bien pour l’instant. Regardez ! Les voilà qui signent le bail !

    … … …

    Jace était bien enthousiaste. A vrai dire, Vincent aussi se sentait tout léger à imaginer ce que leur appartement donnerait une fois meublé. Le Légionnaire avait manifesté l’envie de créer lui-même le mobilier. Etant un grand admirateur de la fameuse table basse qui se transformait en babyfoot – et non en billard, môssieur J’oublie ce que je dis – l’étudiant était certain que le résultat serait à la hauteur. En deuxième position après la vie en elle-même venait les interactions sociales, les passages « forcés » de Holly qui viendrait prendre un café, lui raconter sa vie ou encore le torturer mentalement pour avoir des détails sur celle du pyromancien. Les visites de Jason, toujours prêt à donner son avis en termes de décoration et à les menacer de leur offrir une œuvre de sa composition pour « embellir leur repaire », les soirées qu’ils pourraient faire. Leur Noël. Leur Thanksgiving. Les soirées pizzas. Quel bel avenir !

    – J’sais pas si t’es au courant mais j’ai un copain qui peut se dédoubler et voler et moi j’suis assez costaud quand j’suis en forme. J’suis sûr que ça sera pas si chaut que ça.

    Entre la super force qui se manifestait lorsque son feu intérieur était au maximum et les nombreuses capacités de Jace, Vincent ne s’inquiétait pas pour les soucis techniques de leur emménagement. Ils n’auraient presque pas besoin d’aide, d’ailleurs. Mais ce serait louper l’occasion de passer un bon moment avec leurs proches.

    – Eh j’suis pas si mou que ça le matin !

    La réflexion se voulait pleine de sous entendu, mais Vincent était trop fier pour ne pas avoir été vaguement vexé par ce commentaire relativement vrai sur ses habitudes matinales. Il réagissait parfois comme un enfant quand on s’attaquait à son image de mâle viril et invincible. Autant dire que son système de défense était plutôt contreproductif. Toutefois, il avait la rancune difficile, Vincent se concentra sur le plan et les innombrables projets que lui soumettait Jace. Pendant ce temps, le muté pensait aux siens…

    En numéro trois, après la vie en elle-même et les activités sociales, Vincent pensait surtout à tout ce qu’ils pourraient faire tous les deux dans cet appartement. Quelles positions ils pourraient adopter, quand ils pourraient le faire, comment. Leurs limites seraient clairement moins contraignantes qu’en collocation dans un appartement aux murs fins. Et cette nouvelle liberté était enivrante… d’ailleurs elle ne tarda pas à placer ces perspectives en première position. Il était temps d’essayer sa solution. Le jeune homme prétexta un problème technique pour se rendre à la salle de bain.

    – T’es sûr que ça irait ? Moi j’verrais plutôt une étagère verticale sur le côté…

    Détail que tout cela. Vincent voulait surtout en profiter pour enlever son tee shirt et se retrouver torse nu avant de revenir vers les escaliers où Jace était toujours assis, concentré sur son plan électrique.



 
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Message posté : Mer 16 Sep 2015 - 20:23 Message
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Message posté : Jeu 17 Sep 2015 - 1:31 Message
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Message posté : Jeu 17 Sep 2015 - 15:03 Message
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