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My crazy girl friend

 
Message posté : Dim 23 Aoû 2015 - 22:25 Message
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Le 21 juillet 2015, en fin d'après-midi

Christopher se rendait au bowling où travaillait sa meilleure amie - la pimpante Bree – et, pour la toute première fois, il n'y allait pas seul. Au bout de son bras alors qu'il traversait la rue, il y avait un très beau jeune homme. Plus petit que lui, mince, aux traits anguleux, aux cheveux longs et aux yeux gris incomparables. Leurs doigts enlacés ne laissaient aucune place à l'imagination quant à leur relation. Ni les regards qu'ils se lançaient. Ils étaient complètement et irrémédiablement fous amoureux l'un de l'autre.

Ça faisait quoi... deux mois qu'ils étaient ensemble ? - Izzie aurait pu le lui dire avec l'exactitude des minutes mais son frère n'avait pas compté. Ce n'était pas non plus comme s'il allait un jour raconter à ses enfants : 'Quand j'ai rencontré votre père, tel jour de tel mois mois telle année, bla bla bla'. Au pire, ses gosses potentiels demanderaient à leur tante – qui aurait eu tout le temps nécessaire pour confectionner un journal de bord exhaustif de la vie sentimentale de leur papa, puisque c'était un sujet qui avait tellement l'air de la passionner.

Quand Christopher avait parlé à Andrew de lui présenter ses amis, il était sérieux. Il avait vraiment l'intention de le faire. Ils avaient juste un mal de chien à trouver un moment pour les rencontres. Enfin, non, soyons honnêtes : ils avaient juste eu du mal à se motiver pour préférer une sortie en ville plutôt que des batifolages dans les draps. Les ado et leurs hormones...

Mais maintenant qu'il était dehors, à l'air libre, maintenant qu'Andrew tenait sa main et lui racontait un autre fait sensé être absolument passionnant à propos d'un artiste connu de lui seul (ou presque), Christopher se sentait heureux comme jamais. Bree allait tellement l'adorer. Il n'aurait pas à faire la conversation tellement son amie et son mec étaient bavards tous les deux. Ils allaient sûrement s'exciter à propos de choses obscures et rire ensemble dès les premières minutes. Il ne pouvait pas en être autrement. Même s'il présageait un spectacle un peu trop bruyant pour ses oreilles mieux habituées au calme, il avait hâte de voir ça.

Ce serait aussi un peu bizarre, mine de rien. Parce que Bree était sans doute la personne à avoir constaté sa dépression du plus près, après sa rupture avec Jace. Il lui avait confié beaucoup de choses. Ses idées les plus noires. Des idées définitives, en quelques sortes. Des idées dont on ne revenait pas.
Alors, lui présenter Andrew, lui montrer à quel point il était heureux maintenant, à quel point sourire lui était facile... Il avait l'impression que son nouveau bonheur minimisait la souffrance qu'il avait ressenti par le passé. Il avait l'impression que sa douleur n'avait été qu'une illusion. Il se sentait bête de l'avoir ressenti. D'avoir pensé que le fait que Jace le jette était la fin du monde.
Et puis, il savait cependant que Bree ne se moquerait pas de lui et de sa détresse d'alors. Elle saurait que tout avait été vrai, honnête. Elle l'avait ramassé à la petite cuillère. Elle avait récolté son cœur en mille morceaux et l'avait un peu empêché de tout jeter à la poubelle. Elle lui avait promis que la douleur de la dévastation serait passagère. Qu'un jour viendrait de nouveau où quelqu'un le rendrait heureux et où le fait qu'il vive serait important pour quelqu'un. Elle l'avait peut-être formulé avec moins de clarté et de poésie – parce que Bree était plutôt du genre cash pistache – mais le sens était intact.

Le bowling était en vue de l'autre coté de la rue. Bree ne savait pas que Christopher venait lui rendre visite ce soir. Elle serait sûrement ravie de le voir se pointé à l'improviste – ce n'était tellement pas dans ses habitudes – et surtout de découvrir le 'cadeau' qu'il lui amenait. Arrêtant Andrew à sa hauteur, il libéra sa main de la sienne pour prendre son visage d'ange en coupe et le fixer dans les yeux. Une barbe très légère rendait le jeune homme plus mature depuis quelques jours. Il ne savait pas encore s'il allait la laisser pousser un peu plus ou pas. C'était encore un test. Bref ! Ses iris azur brodées d'argent dans celles de son compagnon, il prit une grande inspiration par le nez avant de faire un dernier point : « Bon ! On y est. N'oublie pas ce que je t'ai dit, hein ? Elle est tout l'inverse de moi. Elle parle énormément et de tout. En fait, elle est un peu sans gêne mais tellement mignonne quand elle s'emporte pour des broutilles. Je t'ai dit qu'elle ne pouvait pas la boucler deux minutes ? Sérieusement, elle a toujours un truc à commenter. Et elle ne prend pas de gant. Mais elle va t'adorer. Je t'interdis de trop l'aimer, hein. Parce qu'elle est jolie. Enfin, si on aime les furies blondes. Mais bon, tu verras, elle est cool. » Après cet avertissement complètement décousu, Christopher sourit timidement à son petit-ami et se pencha sur lui pour déposer un long baiser amoureux et sage sur ses lèvres.

Quand le petit couple traversa la rue pour entrer dans le bowling encore un peu vide à cette heure-là, main dans la main, un autre employé – habitué à voir Christopher là – les salua d'un signe de tête et d'une réflexion enjouée : « Ah bah, il existe pour de vrai ton mec. C'est Bree qui va être contente. Elle est... euh... Où elle est passée ?! Yoh, Bree ! Y a ton pote. »
Vêtu d'un pantalon noir, d'un pull bleu et de son blouson de cuir, le jeune Peck ne portait pas son foulard. La luminescence du MEGAS rayonnait sous la peau de son cou exposé. Il ne la cachait plus depuis qu'il était avec Andrew. Ce dernier la trouvait belle et il aimait l'entendre dire. Comme il aimait les baisers que son ami déposait sur sa peau pour en suivre la délicate ligne, dans l'intimité.
 
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Message posté : Mar 25 Aoû 2015 - 17:02 Message
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— … et donc, du coup, elle a changé la manière de concevoir sa pigmentation, dans une recherche plus tournée vers l’intensité lumineuse des couleurs que vers le chaos formel et l’exploration des structures asymétriques. T’as quand même un vachement joli p’tit cul.

Andrew croisa le regard de Christopher.

— AH ! Ah, maintenant, tu m’écoutes, hein ? ‘Spèce de petit satyre, va.

C’était le monde à l’envers. D’ailleurs, Andrew se pencha en arrière, histoire de mater les fesses de son petit ami, et il concéda dans un murmure :

— Mais c’est vrai que t’as un vachement joli p’tit cul. J’parie que tout l’monde le sait dans ce bowling. J’parie que tout l’monde en a après mon mec. Heureusement que j’suis viril et que j’fais peur.

Bien sûr Andrew.

Ils avaient atteint l’autre côté de la chaussée et le jeune homme eut le droit à bien des recommandations et à un baiser. Il s’était préparé à sa rencontre. Pas vraiment pour l’aspect social et psychologique, à vrai dire, parce qu’Andrew aurait été capable de faire la conversation à un croquemort dépressif un jour de pluie. Il ne s’inquiétait pas de rencontrer Bree et il appliquait à cette rencontre à peu près la même philosophie qu’il avait pour la drague : si ça passait, tant mieux, sinon, Christopher avait d’autres amis dont il saurait se faire apprécier. L’optimisme d’Andrew était une machine sans bouton d’arrêt.

En revanche, depuis que Christopher lui avait parlé de Bree, Andrew avait acheté une boule de bowling au magasin de sport et s’était entrainé en pleine nature, sur l’une des plages rocheuses que personne ne fréquentait jamais, à l’extérieur de Star City. Ça avait été une riche idée, parce que le premier de ses lancers avait foré un trou de trois mètres dans la falaise voisine, qu’il avait dû creuser une demi-heure dans le sable grossier pour trouver la boule après le deuxième et que le troisième avait eu raison de celle-ci. Trois boules de bowling plus tard, Andrew était parvenu à doser sa force et il avait fait un essai dans un autre bowling de la ville. Sans enchaîner les strikes, il arrivait à ne pas démolir le matériel : il était paré à tout.

Ils pénétrèrent dans l’établissement et aussitôt, les narines d’Andrew s’agitèrent. Depuis que son odorat avait pris des proportions surhumaines, le jeune homme ne pouvait s’empêcher de humer ses nouveaux environnements. Peu à peu, il apprenait à tirer autant — et même plus — d’informations des odeurs, nouvelles ou familières, que des images ou des sons. Tout lui était sensible, même ce qui, pour les autres, n’avait pas d’odeur : il sentait les quilles comme il sentait Bree — non, ce n’est pas une insulte. Il l’entendait, aussi, quelque part. C’était presque systématique, maintenant : quand il entrait dans une pièce, tous les rythmes cardiaques sautaient à ses oreilles.

Un employé les apostropha, Andrew lui décocha un sourire rayonnant — dix contre un qu’il piétinait d’impatience d’aller sur la piste — et il glissa à Christopher :

— T’as vu, j’existe vraiment.

En d’autres termes : Christopher avait parlé de lui. Ce n’était pas la première qu’on le lui suggérait et, franchement, il allait finir par croire que l’ancien Alpha ne faisait que ça.

— T’as dit quoi ? Que j’étais canon et sexy ?

Appréciation subjective, au demeurant : Andrew n’était certainement pas fait pour les couvertures des magazines de jeunes filles. Pas très grand, vraiment pas musclé, c’était un charme fragile, nerveux, solaire que dégageait le jeune artiste. Il savait que certains et certaines appréciaient son physique et qu’il rebutait celles et ceux dont les rêves étaient peuplés de musculeux plombiers à la mâchoire rectangulaire. Ça ne le préoccupait. Il connaissait son charisme.

En attendant Bree, Andrew se plaça devant Christopher.

— C’est fou ça, t’as pas l’ai trop stressé. C’est plus que fou, mec : c’est suspect.

Andrew se hissa sur la pointe des pieds pour pouvoir approcher ses lèvres de l’oreille si lointaine de Christopher et murmura :

— J’vais finir par croire que j’te procure trop d’endorphine et que ça te monte au cerveau.

Si ses souvenirs étaient bons, c’était l’hormone, euh, la substance, enfin le truc, là, qui se dégageait pendant l’orgasme. À peu près. Il n’avait pas été très, très attentif pendant les cours de biologie.

— Peut-être que faudrait, genre, te sevrer.

Les talons de l’artiste touchèrent à nouveau le sol et Andrew esquissa une moue faussement songeuse.

— Ouais, j’vais réfléchir à ça. Un peu d’calme dans ton lit. Pour que tu te reposes et tout.

Cela dit, tandis qu’Andrew était occupé — encore une fois — à chauffer son mec, avec le secret espoir de revenir s’introduire nuitamment dans le bowling pour faire l’amour sur les pistes bien cirées (on n’est pas sérieux quand on a dix-huit ans), Bree était sortie de sa cachette. Andrew lâcha donc la main de Christopher et se décala pour se poster à côté de lui, l’air sage comme une image.
 
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Message posté : Mar 25 Aoû 2015 - 20:09 Message
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    – Excusez-moi, mademoiselle… Ces chaussures ne sont pas bien cirées.

    L’homme était un client bedonnant particulièrement désagréable. Et pour cause : c’était un habitué qui venait toutes les semaines, le même jour, à la même heure pour enchaîner ses strike. Or il venait d’en louper deux. Que Dieu protège le Starbowl.

    – Très bien, monsieur, je vais vous en donner d’autres.
    – J’espère bien.

    Pour un joueur presque pro, il pourrait au moins acheter ses propres chaussures. Mais cela devait certainement réclamer trop d’entretien. De l’autre côté du comptoir, Eddie, une blonde plus grande et plus âgée que Bree profita du fait que monsieur pas content tourne le dos pour l’imiter en faisant la grimace. Cela suffit à faire sourire la petite blonde. Il n’en fallait pas beaucoup. Dans cet endroit, la moindre distraction, même ridicule, était la bienvenue. Parfois, Bree se surprenait à rêver de voir le gang des Fables débarquer avec des flamands roses et crier au monde entier : « Nous déclarons le tournoi de croquet ouvert ! Qu’on nous amène des hérissons » Vous direz alors qu’ici, c’est un bowling et qu’on n’y joue pas au croquet, mais Wildcard vous répondrai : "justement !" Et tout le décalage de ce groupe de criminels prendrait son sens.

    Un beau rêve.

    En attendant, Bree alla chercher de nouvelles chaussures. Des nouvelles de chez nouvelles en plus, toutes neuves et encore dans leur boîte. Le patron était très clair : toujours traiter les habitués comme des rois. Qui était-elle pour essayer de combattre la monarchie ?

    – Donne, c’est bon, je m’occupe du gros tas.

    Eddie était arrivée dans la remise et elle semblait d’assez bonne humeur pour quelqu’un qui se proposer d’approcher l’espace vital d’un des types les plus cons du bowling. Y avait baleine sous gravillon. Bree la soupçonna de lui préparer une farce.

    – Pourquoi tu…
    – Yoh, Bree ! Y a ton pote.

    Soudain la concernée se figea et fit des yeux ronds, interrogateurs, à Eddie qui lui répondit par un grand sourire. Aussitôt, le visage de Bree s’illumina et elle fourra la boîte à chaussures neuves dans les bras de sa collègues avant de filet comme une fusée et de sauter/glisser par-dessus le comptoir avant de piéger Christopher dans u étaux de bras et de mains affectueux. Très affectueux.

    – CHRIIIIIIS !!!! Qu’est-ce que tu fiches là !

    La théorie la plus probable était qu’il avait envie de faire du patin à glace. On l’aura compris, ceci était une question purement rhétorique. Accusons le coup de l’émotion.

    – Attends ! immédiatement, elle s’écarta, mais sans lâcher Chris qu’elle tenait toujours à bout de bras Tu devais venir ? J’ai oublié ? Non tu ne m’as rien dit ! Attends, tu viens sans prévenir, maintenant ! Et tu te laisse pousser la moustache ?! Oh, mon petit Chris devient un grand !!!

    Et c’était reparti pour un câlin.

    Il fallait espérer qu’Andrew ne le prenne pas trop mal parce que Bree était quelqu’un d’hyper tactile. Enfin surtout avec les personnes qu’elle appréciait. Les autres, elle évitait de les toucher, sinon, ça se finissait mal pour elles. Or, Chris, Bree l’adorait. On pouvait difficilement faire plus différent d’elle, mais la jeune femme s’était immédiatement attachée à lui. Tout chez ce garçon lui donnait envie de lui faire de le prendre dans ses bras. Même les ours en peluche ne lui faisaient pas autant d’effet. Chris, c’était son bébé… son petit frère adoptif et officieux et elle le surprotégeait… a sa façon, d’ailleurs. On ne comptait plus le nombre de fois où elle l’avait poussé dans les bras de tel ou tel joli garçon. Et la moitié ne jouait même pas dans la même équipe que lui.

    A côté de ça, la demoiselle était une combattante redoutable et une tueuse sans pitié.

    L’univers avait un goût prononcé pour les paradoxes – ou bien c’est juste moi.
    – Et tu as amené un garçon en plus !

    Enfin, la petite blonde se détacha de Chris pour examiner son compagnon : Andrew. Pas spécialement viril comme garçon, mais y avait bien plus désagréable à regarder. Et puis il était avec Chris était c’était tout ce qui comptait. Du coup, elle n’hésita pas à prendre ce garçon dans les bras. Sa manière à elle – et aux Américaines les plus affectueuses (true story) – de dire bonjour.

    – Salut ! Moi c’est Bree.

    Au cas où il n’aurait pas tout suivi. Ou au cas où la voix surexcitée de la jeune femme aurait percé les tympans du brun.

    Après l’avoir libéré de son étreinte affectueuse et sociable – alerte euphémisme – Bree se recula un peu pour l’examiner et aussi pour examiner Chris. Celui-ci semblait rayonner. Et pas uniquement à cause des manifestations physiques de ses étranges pouvoirs. D’ailleurs, il n’avait pas pris la peine de les cacher. La fin de son célibat signifiait-il qu’il s’était débarrassé de tous ses complexes ? Est-ce que ça voulait dire que ce garçon l’y avait aidé ? Peut-être avait-il des pouvoirs lui aussi ? Cent autres questions défilèrent dans l’esprit de la jeune femme dynamique, mais elle n’en n’oublia pas ses manières. Qui l’eut cru ?

    – Je veux un rapport détaillé, vous allez tout me raconter. Enfin toi surtout, Andrew. Chris m’a parlé, un peu, mais j’arrivais à peine à lui arracher des rumeurs. Enfin j’imagine que tu le connais bien là. Allez vous installer au coin bar, je vais vous chercher à boire. Même chose que d’habitude ? demanda-t-elle à Chris.

    Elle prit également la commande d’Andrew et fila au bar échanger son post avec son collègue. Tous savaient que Bree était particulièrement excitée quand elle avait des amis qui venaient et qu’il valait mieux la laisser passer du temps avec eux, sinon elle devenait vite fatigante. Et en plus, quand on la laissait faire, elle devenait encore plus efficace au boulot alors que son côté grognon, cynique et soupe au lait disparaissait proportionnellement au degré d’affection qu’elle éprouvait pour les amis en question. Autant dire que les négociations furent brèves et efficaces. En plus, Bree avait un argument de poids car avant l’arrivée de Chris et d’Andrew, elle bossait avec Eddie qui plaisait à tous les mecs du bowling. Ca aide.

    Deux minutes plus tard, elle avait préparé les trois boissons et les posa directement devant chacun avant de s’accouder au bar et de se pencher vers les deux garçons.

    – Je vous écoute.

    Son ton était exagérément sérieux et elle regardait Andrew avec une pointe de gourmandise – pas sexuelle évidemment, c’est une Lady… elle ne couche pas avec les mecs de ses potes… enfin des potes qu’elle aimait vraiment. Peut-être que Chris allait regretter d’être venu finalement… Un peu.

 
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Message posté : Ven 28 Aoû 2015 - 15:17 Message
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Christopher rougit quand Andrew se mit à l'embêter en faisant remarquer qu'il avait parlé de lui. Oui, bon. Il avait peut-être dit deux ou trois trucs sur son petit-ami à Bree (et involontairement aux autres employés qui étaient assez prêts pour l'entendre – et le comprendre malgré ses bégaiements). Ou huit-vingt-trois trucs. Bon, la question n'était là ! Il lui donna un petit coup de pied sur le mollet et détourna la tête.
Andrew se plaça devant lui et commenta le fait qu'il n'avait pas l'air stressé par cette rencontre. Il avait raison. Mais c'était normal non ? Il serait en présence des deux personnes avec lesquelles il se sentait le plus détendu : son petit-ami et sa meilleure amie. Comment pourrait-il en être autrement.

Il crut que son copain se mettait sur la pointe des pieds pour venir l'embrasser mais non, il voulait juste lui murmurer d'autres taquineries à l'oreille. Le vilain. Ses suppositions le firent pouffer. Même si Christopher était très trèèèèèèèès loin de s'en plaindre, c'était le plus souvient Andrew qui initiait les caresses qui conduisaient à leurs galipettes. Alors l'entendre dire qu'il allait l'en sevrer était drôle et quelque part irréaliste. « Comme si tu étais capable de rester au calme dans notre lit » susurra-t-il en réponse avec un demi-sourire malin.

Le légionnaire allait lui réclamer un baiser quand un cri strident l'en empêcha. Il se tourna à temps pour voir une furie blonde sauter par dessus le comptoir et plonger dans ses bras. Il accusa le coup avec l'indifférence de sa force colossale et rendit l'étreinte affectueuse à sa meilleure amie qui avait déjà enclenché le mode intarissable. C'est vrai qu'il ne l'avait pas prévenue mais c'était uniquement parce qu'il ne voulait pas que son téléphone déborde de sms excité toute la journée (et les précédentes). Quoi ?! Comment ça, la moustache ? Mais c'était une barbe d'abord. Elle était encore très légère. C'était juste un test. Izzie disait que ça lui donnerait l'air plus adulte. Et comme il était dans son optique de changement... Enfin bref.

Il supporta les câlins avec délice, un sourire accroché aux lèvres. Les gens dont il supportait le contact physique était rare. Bree en faisait largement partie. Le héros la regarda ensuite prendre son petit-ami dans ses bras pour le saluer avec toute la chaleur dont elle était capable. Il lui en fut reconnaissant, même s'il ne s'était attendu à rien d'autre de sa part. « Bree, c'est Andrew » glissa-t-il de sa voix douce tendit que la blondinette survoltée se présentait joyeusement. Il se demanda ce qu'elle vit au moment où elle se recula pour les observer tous les deux. Un couple assorti ? Ou plutôt l'inverse ?

Christopher ouvrit le bras en direction du bar pour inviter Andrew à le précéder. Ils ne sortaient pas aussi souvent que les autres couples sans doute – parce que le jeune Peck était allergique aux êtres humains – mais il se comportait toujours de manière extrêmement gentlemanlike quand ils allaient quelque part. Il hocha la tête pour signifier à Bree qu'il prendrait la même chose que d'habitude – c'est-à-dire un sirop de citron vert. Il n'était pas fan du sucré mais l'acidité lui plaisait beaucoup.

Il s'installa au comptoir à coté de son mec et, pendant que la blonde s'affairait à la préparation des boissons, il lui jeta un regard silencieux sous-entendant 'Je t'avais dit qu'elle était cool'. Bien sûr, Andrew n'était pas obligé de l'apprécier. Mais quand même, ce serait sympa qu'ils accrochent un petit peu. Plongé dans les yeux gris de son bel amant, Christopher se laissa aller suffisamment longtemps pour oublier qu'ils n'étaient pas seuls et il se pencha vers lui pour déposer un gentil baiser sur ses lèvres.
Il n'arrivait pas à croire à quel point il avait déjà changé depuis qu'il fréquentait assidûment cette petite boule d'énergie positive. Il bégayait moins quand il était forcé de prendre la parole avec des personnes qu'il ne connaissait pas. Il ne se dépêchait dans les couloirs de la Tour par crainte de croiser quelqu'un qui voudrait discuter. Il sortait sans son foulard et ne se sentait pas dévorer par l'envie de cacher la luminescence du MEGAS quand quelqu'un posait trop longtemps ses yeux dessus. Bree avait raison. Le petit Christopher devenait grand. Et c'était grâce à ce petit être humain qu'il avait devant lui, adorable, attentionné, patient et solaire.

Il allait caresser sa joue quand il se rendit compte que les verres étaient arrivés et que son amie les observait depuis l'autre coté du comptoir, les coudes sur le plateau, alors il piqua un fard à la place et retira sa main de la jambe de son copain, non sans détourner la tête pour observer avec un intérêt trop grand pour être sincère ce qui se passait du coté des pistes de bowling.

C'est vrai que c'était lui qui avait voulu les présenter mais – comme chacun sait – il n'était pas doué pour faire la conversation. Alors la lancer... Et puis, il venait de confronter les deux personnes les plus bavardes du système solaire. Elles allaient bien trouver un angle d'ouverture.
 
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Message posté : Jeu 3 Sep 2015 - 19:39 Message
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Les bowlings n’étaient pas des lieux aussi sûrs que la propagande télévisuelle avait tenté de le lui faire croire : la preuve, c’était qu’on venait de tenter de le tuer en l’étouffant. C’était donc le sombre dessein derrière les réductions destinées aux étudiants qu’on distribuait par kilos de tracts sur les parvis des bâtiments du campus, à chaque rentrée. Au Starbowl, tous les soirs, on charriait les cadavres des infortunés étranglées par l’affection psychopathe d’une petite blonde sous amphétamines et quelqu’un venait collecter les organes. Fort de cet excellent scénario de film d’horreur, Andrew serra Bree dans ses bras parce que, comme chacun sait, il n’était pas spécialement pudique.

Un jus d’ananas plus tard et Christopher, confus, avait arrêté de le tripoter au bar — tout se perd — parce que Bree les scrutait. Andrew réprima mal un sourire amusé en constatant la confusion de son compagnon qui lui soufflait de le culbuter séance tenante sur le comptoir pour lui montrer que le regard des autres avait parfois son charme mais, gentleman aussi à sa manière, il renonça à cette idée pourtant séduisante pour se retourner vers Bree qui ne l’était pas moins. À coup sûr, s’il avait mis les pieds dans ce bowling avant de rencontrer Christopher, il aurait dragué sans hésiter cette belle jeune femme, comme il draguait, parait-il, à peu près tout ce qui bouge.

Désormais, il était très sage.

— Ben, écoute, déjà, il prend toute l’eau chaude. J’pense qu’on peut commencer par parler de ça. C’est gentil d’faire notre thérapie de couple. Ensuite, on parlera de comment il me contredit devant le tamagochi.

Pur mensonge : d’abord les réserves d’eau chaude de la Tour de la Paix ne s’épuisaient pas, parce que le bâtiment était bien pensé, ensuite s’ils devaient les épuiser, c’était plutôt parce qu’Andrew avait tendance à faire preuve d’un zèle que d’aucuns auraient jugé coupable quand il s’agissait de laver son compagnon en long. En large. Et en profondeur.

— Donc, des rumeurs, hein ? Moi qui espérais qu’il se vanterait à tout le monde de mon sex appeal, j’suis vachement déçu.

Il avait dit ça en souriant.

— Merci pour le verre.

Machinalement, Andrew s’assura que le dessous de verre était bien parallèle à la ligne du comptoir. Il était peut-être un peu stressé, au fond.

— Ouais, bref. Moi j’parle de lui à tout le monde, il va devenir super célèbre, si ça continue. En tout cas, on est d’accord qu’il est vachement grand. C’est dommage que la mode du disco soit passée, j’aurais pu mettre des semelles compensées, ça aurait été pratique pour l’embrasser. À la place, j’suis obligé d’lui développer une scoliose, c’est pas une super technique.

Andrew se pencha vers Christopher et glissa :

— Si tu veux pas qu’on parle de toi à la troisième personne et qu’on commence à échanger nos anecdotes sur comment t’es adorable, va falloir te lancer dans la conversation, mec.

Une manière de lui suggérer qu’il pouvait s’exprimer sans crainte, puisqu’il était bien entouré.

— Non, sérieusement, j’suis content d’te rencontrer, Bree. Que t’existes, aussi. Enfin, j’veux dire, j’pensais pas que t’étais son ami imaginaire, hein. Même si apparement, le mec là-bas, il pensait que j’étais le copain imaginaire. Juste, j’suis content que Chris ait de super potes pour se plaindre de moi quand il me trouvera trop chiant ou je sais pas.

Il avait fini son compliment comme une boutade mais, quelque part, il le pensait. Il ne voulait pas être le seul confident de Christopher parce qu’il imaginait bien que Christopher aurait aussi besoin de se confier sur leur couple et il lui paraissait très sain que le jeune homme eût des conversations avec des amies proches.

— Bon, qu’est-ce tu veux savoir ? Faut qu’j’me présente ? J’m’appelle Andrew Pennington, j’ai dix-huit ans, j’suis né à Nairobi, au Kenya, mais mes parents sont Américains et moi aussi. Hmm… J’bosse à droite à gauche, mais là surtout dans une boutique de sport, vers Chinatown, à faire d’la vente. J’suis peintre, sinon, dessinateur, de couverture, d’illustrations, de bandes-dessinées. Et réalisateur, mais ça, c’est plus un projet. J’aime bien l’cinéma et la peinture, en fait, principalement, puis aussi un peu la sculpture et l’architecture, et la littérature, et la chorégraphie, et… ‘Fin voilà, c’genre de choses, quoi.

Il avait dit ça rapidement, d’un air désinvolte, comme s’il gribouillait de temps en temps trois Garfields sur un coin de cahier pour se distraire et sa liste donnée en passant ne rendait pas justice à ses talents considérables pour le dessin et la peinture.

— Sinon, hmm… J’aime bien faire du sport même si, euh, ouais, ça s’voit pas des masses. J’suis un méta, parait qu’c’est important ici et qu’i’ faut dire ce genre de choses. Une des raisons pour lesquelles j’fais pas trop d’sport, d’ailleurs, parce que mes pouvoirs sont pas supers pratiques dans ce contexte. Rapport à la force et tout. J’aime bien sortir. J’suis maniaque. Très.

Trop.

— Voilà. J’sais pas, t’as pas genre, un interrogatoire ? Avec un détecteur de mensonges et un portrait chinois ? Tu peux lire dans les lignes de ma main, aussi, s’tu veux. Elle est propre.
 
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Message posté : Ven 4 Sep 2015 - 0:20 Message
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    Le regard de Bree jouait au pingpong et passait d’Andrew à Chris à une vitesse assez remarquable. Chris était tellement touchant à la façon dont il regardait son petit ami. La jeune fille se rappelait de leur première rencontre où elle l’avait trouvé misérable après sa rupture avec son ex… Peut-être que le brun faisait partie de ces personnes qui avaient besoin d’une moitié pour survivre. La blonde ne se voyait pas tellement comme ça et estimait que ce serait une faiblesse… pour elle en tout cas. Les autres, elle s’en fichait un peu. Mais voir Christopher aussi heureux lui faisait tout de même chaud au cœur. Elle s’était vraiment attachée à lui. D’ailleurs, que ferait-elle si jamais cette histoire-là se finissait par un échec ? Déjà, elle aurait sûrement envie de castrer Andrew… Heureusement pour lui, et pour les ongles de la mutante, les choses n’en n’étaient pas encore là. Loin de là, même.

    – Ah, j’étais sûr que dans l’intimité, ce garçon était un véritable tyran. Ca me rassure un peu, quelque part, mais d’un autre côté, j’ai de la peine pour toi.

    Taquiner Christopher devait certainement faire partie de ses activités préférées alors si Andrew se désignait comme compagnon d’armes, elle allait en profiter. Et pour l’instant, ce pauvre Chris était relégué à la troisième personne. D’ici peu, il allait certainement regretter d’avoir amené son homme ici. Bree, en tout cas, n’allait pas lâcher le morceau d’ici peu. Et avec de la chance, ça ennuierait assez Chris pour qu’il se décide à intervenir et qu’il fasse entendre sa grosse voix. Bree rêvait d’entendre cette grosse voix qui n’était encore qu’une légende lointaine dans son esprit. Oui parce que théoriquement, c’était possible, mais en vrai, est-ce qu’il en était capable ? Moralement, psychologiquement et tout ?

    – Oui des rumeurs seulement… désolée. Enfin si ça peut te rassurer, je ne l’avais jamais autant entendu parler mais tu penses bien que ça ne suffisait pas pour remplir un télégraphe.

    Rassurez-vous, lecteurs émus par la détresse de Chris, chaque coup d’estoc verbal n’était frappé qu’avec amour et tendresse… et citron vert, donc.

    – Pas de quoi. C’est la moindre des choses, grâce à toi, il est venu me voir sans que j’ai à le supplier. Tu as ma reconnaissance éternelle.

    Grand sourire Colgate envoyé à pleine puissance sur Chris, même s’il ne disait rien.

    – J’avoue que pour ça j’ai trouvé une parade : je lui saute dessus et je sors les ongles pour m’accrocher comme un koala, mais j’avoue que je ne suis pas bien lourde, donc ça ne doit pas être trop dur pour son dos. Tu devrais lui demander d’acheter un marche pied, ce serait la moindre des choses avec ce qu’il t’inflige.

    La malédiction de la petite taille, Bree la connaissait bien. La différence avec Andrew, c’était qu’elle ne sortait jamais assez longtemps avec le même mec pour s’inquiéter de sa colonne vertébrale.

    Pendant qu’Andrew conseillait son compagnon, Bree tendit la main et alla tester la barbe naissante de Chris d’un air appréciateur… sans bien sûr lui laisser le choix. C’était sa punition pour rester aussi silencieux. Bon, pour sa défense. Il était vrai qu’elle parlait beaucoup, et apparemment, Andrew aussi. Mais quand même !

    – Bah… elle haussa les épaules d’un air faussement dégagé j’suis là pour ça. Pis j’sais qu’il serait perdu sans moi, maintenant. Tiens déjà, j’suis sûre qu’il ne survivrait pas à Noël si j’était pas là. Pur les cadeaux et tout…

    Elle exagérait. Evidemment. Un peu. Mais bientôt, les choses sérieuses se présentèrent car Andrew se présenta vraiment. Bree posa alors un coude sur e comptoir et le menton dans sa main pour l’écouter. Non. Pour boire ses paroles avec l’attention d’un chef d’entreprise en plein entretien d’embauche.

    Pennington, c’était bourgeois comme nom. Né au Kenya… ça donne une touche d’exotisme, bon pour ouvrir les horizons de Chris. Bosseur. Cool, il va de l’avant et se débrouille. Chinatown ? – Bree se redresse un peu, intéressée. Un artiste ? Pourquoi pas ? Un peu rêveur peut-être, mais Chris l’était un peu aussi. Ca devrait le rassurer un peu. Un méta ? – elle lève les sourcils – intéressant aussi. Quel pouvait être son pouvoir… – elle le détailla un peu – sûrement un truc mental. Ah ben non. Il sortait ? Parfait pour faire sortir Chris de son cocon ! Maniaque ? Vraiment ? Il n’en n’avait pas l’air. Enfin pour ce qu’elle en savait…

    – Un interrogatoire ? C’est vrai je peux ? elle avait demandé ça à Christopher… mais elle n’attendit pas vraiment sa réponse C’est quoi ton type de musique ? Ton film préféré ? Tu aimes les animaux ? Est-ce que tu ronfles ? Est-ce que Chris ronfle ? T’es maniaque comment ? C’est comment le Kenya ? Pourquoi t’es parti ? Tu penses quoi de Star City ? Pourquoi t’as choisi de vivre ici ? Tu ne trouve pas que Chris devrait s’habiller en costard de temps en temps ? C’est quoi ton plat préféré ? Républicain ou Démocrate ? T’es pour les armes à feu ? C’est qui ton Super héros préféré ? Comment il s’appelle ton Tamagotchi ? Tu penses que Chris devrait se laisser pousser les cheveux ? C’est quoi ton signe du zodiaque ? T’es plutôt thé ? café ? chocolat chaud ? Tisane ? Et t’en penses quoi de…

    Je m’arrête là parce que mes doigts on un peu de mal à suivre le rythme de Bree mais seuls Andrew et surtout Christopher pourraient vraiment l’arrêter… ou au moins la faire ralentir.

 
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Message posté : Sam 5 Sep 2015 - 0:18 Message
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Quand Andrew commença à plaisanter à propos du fait qu'il prenait toute l'eau chaude, Christopher fut partagé entre la consternation et le rire. Et c'était quoi cette histoire de tamagochi, d'abord ? Le jeune homme pouffa et cala quelques secondes son front contre l'épaule de son petit-ami pour contenir un éclat de rire.
Il avait vu juste : Andrew et Bree avaient été fabriqués dans le même moule.

Les deux furies enchaînèrent sur sa grande taille et il roula les yeux en entendant la suggestion du marche-pied. Il n'était si grand que ça. Bon, un peu quand même mais c'était surtout les deux autres qui étaient petits. Ça pouvait difficilement être de sa faute. Et puis, Christopher avait appris à apprécier la petite stature du kényan. Quand il posait ses avant-bras sur ses épaules et croisait les poignets sur sa nuque pour se pencher sur ses lèvres, le jeune Peck se sentait fort. Il se sentait bien. Il était aussi plus grand que Jace mais la différence n'était pas aussi notable et puis, ce n'était pas du tout la même chose. Le blondinet avait une aura qui aurait terrassé des colosses. Celle d'Andrew, bien que rayonnante, était humble et discrète.

Christopher fut tiré de ses considérations par l'avertissement que lui glissa son amoureux. Hein ? De quoi la troisième personne ? Ah, oui. Ses oreilles se teintèrent de rouge. Il n'aimait pas trop que le gringalet l'appelle 'mec'. Peut-être qu'un jour, il le lui dirait. Ça faisait trop impersonnel. Il appelait tout le monde comme ça. Christopher aurait préféré avoir une appellation qu'il n'aurait pas à partager.

Mais qu'est-ce que Bree était en train de raconter encore ? Quoi Noël ? Heeeeey. A quel moment est-ce qu'il avait donné son accord pour être le souffre-douleur de ces deux diables-là ?! Il allait secouer la tête d'un air navré quand il en fut empêché par les doigts de son amie qui caressa sa joue, sans doute pour éprouver sa nouvelle barbe de quelques jours. Sa peau se creusa d'un sourire au moment où il se mit à sourire et fit mine de vouloir mordre les doigts de la demoiselle.

Il écouta son copain se présenter avec la même attention que Bree, comme s'il ignorait ce qu'il avait à dire le concernant. Le portrait était fidèle. Il était soulagé qu'Andrew se soit tenu aux choses socialement présentables, délaissant les autres choses qu'il aimait de façon plus personnel. Il pouvait être assez direct quand il le voulait. Et encore, Christopher ne savait pas qu'il avait osé dire à son oncle – qui n'était autre que le célèbre archimage Adrian Pennington, que son petit-ami le traitait comme un dieu au lit. Il serait mort de honte.

Le légionnaire eut un sourire tendre quand son copain admit être maniaque. Bree ne soupçonnerait jamais à quel point. D'ailleurs, sans détendre sur Christopher, disons qu'il l'influençait un peu. Quand son amie avait amené les verres, le Peck avait veillé à ce que le bord du sous-verre soit bien parallèle au bord du comptoir, parce qu'il savait que ce genre de choses pour ennuyer les personnes souffrant de TOC. Il ne le faisait pas à chaque fois mais il essayait d'y penser. Après tout, ça ne coûtait rien.

Quand Bree se lança dans sa série de questions avec un enthousiasme grandissant, Christopher crut à tord qu'elle allait s'arrêter d'elle-même. Au bout de la huitième question, il réalisa que c'était de son amie dont il parlait et qu'il n'y avait aucun espoir que ça arrive. Alors, dans un mouvement trop vif pour être intercepté, il plaqua la paume de sa main droite contre la bouche de la blondinette et maugréa : « Calmos, blondinette. Premièrement, je ne ronfle pas. » Il ne tourna pas la tête vers Andrew pour s'assurer de ce fait. En fait, il n'en savait rien mais comme il avait longtemps dormi dans la même chambre que sa grande sœur, il se disait qu'elle ne se serait pas gênée pour le lui faire remarquer depuis le temps. C'était le genre de choses qu'Izzie adorait commenter. « Deuxièmement, qu'est-ce que je ferais en costard ? » En vérité, les costumes noirs, chemise blanche et cravate lui donnaient encore plus de charmes. Son visage aux traits fins étaient encadrés avec beaucoup d'élégance par ses longues mèches d'ébène et ses yeux, incroyablement bleu et argent, étaient encore plus remarquables. « Troisièmement, mes cheveux sont très bien comme ça. » Cette fois-ci, il tourna la tête vers Andrew pour se rassurer et passa une main nerveuse dans ses cheveux pour les rejeter en arrière et mieux exposer sa vue. C'était inédit. D'habitude, il tirait plutôt dessus pour les faire descendre jusqu'à son nez dans le but de se dissimuler derrière. « Et toi alors, ça t'arrive de te peigner avant de sortir de chez toi le matin ? C'est quoi cette crinière ? Après, tu oses commenter mon style vestimentaire... » La garde-robe de Christopher ne comportait que des jeans et des t-shirts. Et son blouson en cuir qu'il prenait pour aller partout. Izzie lui avait acheté un ou deux pulls élégants mais, à l'exception du bleu col en V qu'il avait mis le soir de sa rencontre avec Andrew, il n'en avait jamais porté un seul.

« Ne rentre pas dans son jeu, Drew. Elle travaille sûrement pour la CIA ou je ne sais quelle organisation. Si tu savais le nombre de renseignements qu'elle m'a déjà soutiré avec son harcèlement hebdomadaire... » Christopher se pencha vers son petit-ami dans l'idée de venir déposer un baiser complice sur ses lèvres mais un sursaut inexplicable de pudeur le poussa à abandonner en chemin. A la place, il retira sa main de la bouche de la blondinette et lui pinça le nez avant de refermer ses doigts autour de son verre pour prendre une gorgée de sirop.
 
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Message posté : Dim 6 Sep 2015 - 10:22 Message
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Andrew était ravi de constater qu’il était d’un calme olympien. On lui avait souvent reproché sa nervosité ponctuelle, entrecoupée de longs épisodes rêveurs, mais, ce soir-là, en se comparant à l’amie de Christopher, il croyait pouvoir affirmer en toute bonne foi qu’il était un être posé et serein que les vicissitudes de l’existence n’atteignaient guère. Il y eut une avalanche de questions heureusement interrompues par Christopher. Non que l’interrogatoire, du reste, déplût à Andrew, mais bien que sa mémoire était mise à trop rude épreuve.

— Tes cheveux sont parfaits, beau gosse.

Un sourire amusé se dessina sur les lèvres du Kenyan. Voir Christopher se rassurer à son regard et chercher le compliment qui lui confirmerait qu’il était l’homme parfait, c’était fort agréable. Andrew le préférait sans barbe, parce que c’était plus doux, mais on ne pouvait nier qu’elle lui allait bien et si Christopher aimait se vieillir un peu, le Kenyan n’avait pas d’objection sérieuse. Les costumes-cravates ne lui plaisaient guère — trop éloignés de son propre imaginaire. Le style vestimentaire de Christopher, pour banal qu’il fût, correspondait au sien et lui convenait parfaitement.

Le Légionnaire n’avait pas de souci à se faire.

— Ouais mais tu vois, déjà qu’j’viens d’un pays lointain potentiellement plein de terroristes, faut qu’j’montre patte blanche, sinon, j’vais m’faire coffrer.

Andrew avala une gorgée de son jus de fruit.

— Alors, on va vois si j’me souviens bien…

Il se mit à compter les questions sur ses doigts.

— J’aime le jazz, le post-rock, la world music et le classique. J’suis plutôt instrumental que chant, en fait, même si ça m’dérange pas d’entendre de la musique chantée. J’suis pas trop pop-rock, ce genre de trucs, ni opéra, quand même.

Mon film préféré, c’t’Hiroshima, mon amour, c’t’un film français d’Alain Resnais, mais j’vais pas trop la ramener sur ça, parce que c’est sans doute pas le bon pays.


Les Américains n’aimaient pas trop qu’on leur rappelle leurs propres meurtres de masse.

— J’adore les animaux. D’ailleurs, j’suis vegan, j’mange pas d’animaux, j’les exploite pas et tout. J’en ai pas chez moi, parce que c’est pas pratique, mais des fois ça m’arrive de bosser dans des refuges.

J’ronfle pas, ‘fin j’crois, ni Chris. J’crois qu’des fois i’ grince des dents mais j’suis pas sûr. C’t’un petit nerveux, sous ses airs de grand baraqué tout calme.

Le Kenya, c’est varié. J’suis né à la capitale, et à cause du siège de l’ONU, c’est particulier. Plus cosmopolite, plus développé. Ça reste pauvre puis c’est difficile à gérer, si t’as un peu de conscience, quand t’es un Blanc, là-bas. Le poids d’l’histoire, tout ça. Mais c’est sûr, ça m’manque vachement. J’suis attaché à mon pays.


Malgré sa nationalité officielle, il ne se considérait pas Américain.

— C’est mes parents qu’ont bougé pour venir au siège de l’ONU à New York, quand j’avais seize ans, et puis ben, j’ai suivi. Eux, ils voulaient rentrer au pays, j’sais pas. Quand j’ai fini l’lycée, j’voulais prendre un peu d’indépendance, me lancer dans l’art, j’voulais une ville moins… une ville aussi diverse que Star City, quoi. Avec beaucoup d’histoire. New York aussi, c’est bon, mais en vrai, j’avais pas trop envie d’vivre avec mes parents. I’ sont super cools et tout, mais juste, au bout d’un moment, faut voler d’ses propres ailes. Star City, c’pas trop loin d’New York, c’était un bon compromis pour tout l’monde. C’est cool comme ville, en tout cas. Cosmopolite. J’aime beaucoup.

En plus, il y avait des Légionnaires canons qu’on pouvait draguer pendant les soirées. Que demander de plus ?

En tout cas, Andrew avait sciemment éludé la question sur sa maniaquerie.

— J’aime pas les costars, ça fait trop bourgeois, j’aime bien comme Chris s’habille, même si j’préfère quand i’ s’habille pas du tout.

J’adore les falafels, quand c’est bien cuisiné, avec des navets au vinaigre et du fattouche.


Brave petit.

— Ni Républicain, ni Démocrate. Plutôt Green Party, même si ici, ça sert pas à grand-chose. Du coup, nan, j’suis pas pour les armes à feu. C’t’un truc qui m’échappe complètement dans la mentalité d’ce pays, j’avoue.

Et ce n’était pas le seul.

— Pas d’super héros préféré.

Il avait dit cela rapidement, pour ne pas s’arrêter sur le cas Megastar.

— J’ai pas vraiment de Tamagotchi. ‘Fin, j’en ai eu un, y a longtemps, j’me souviens plus trop. Ou alors c’est Chris, mon Tamagochi, j’sais pas. P’têt. En tout cas, ses ch’veux sont bien. J’suis capricorne, j’suis né l’premier janvier. J’aime bien le thé et les tisanes, mais j’suis pas trop café.

Voilààà.


En dehors de quelques oublis stratégiques, il s’en était bien sorti. Il reprit une gorgée de son verre pour se remettre de ces réponses.

— Bon, et toi ? Ça t’plait le bowling, là ? Tu viens d’Star City ? Comment t’as connu Chris ? Comment…

Andrew s’interrompit. Ses narines remuèrent. Un type qui venait d’entrer sentait fort l’eau de Cologne — beaucoup trop fort pour le nez si sensible de l’adolescent. Andrew pressa le poignet contre son nez, pour humer sa propre peau, une technique qu’il avait vu sur des sites pour parfumeurs. Ce n’était pas toujours très efficace mais il n’avait rien de mieux pour se prémunir contre les violentes nausées qui naissaient parfois de ses pouvoirs.

— … désolé… Nouveau pouvoir.

Depuis qu’il était à Star City, il parlait beaucoup plus librement de ces choses-là. De la main qui ne tenait pas son verre, il chercha celle de Christopher pour la serrer doucement.

— J’sais plus c’que j’disais. Ah, ouais. C’est quoi tes projets pour l’avenir ?

 
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Message posté : Lun 7 Sep 2015 - 16:01 Message
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    Ils étaient vraiment trop mignons. Bree était à deux doigts de leur demander de prendre la pose le temps de les prendre en photo avec son portable. Mais ce n’était que partie remise. En tout cas, elle avait bien remarqué que Christopher faisait preuve d’une retenue aussi touchante qu’exaspérante. Andrew était son petit ami alors s’il voulait l’embrasser, il en avait le droit. Des couples d’adolescents se bavaient sur le museau tous les jours, ici. Alors quitte à assister à ça, autant que ce soit avec des gens qu’elle appréciait. Et pour l’instant, Andrew restait dans cette catégorie. Par contre, elle lança un regard insistant à Chris en voyant qu’il s’était ravisé dans son élan amoureux-affectueux. « Mais vas-y ! » lui intimait-elle silencieusement. Heureusement pour Chris, l’attention de la blonde se recentra rapidement sur Andrew car il commença à répondre à ses questions. La jeune femme reprit sa pose de : je bois tes paroles, mec.

    Le profil d’Andrew était relativement atypique. En tout cas, c’était loin d’être un gars terne et superficiel. En même temps, Bree voyait mal Christopher avec le genre de mec qui correspondait à la définition d’un kéké. Mais pour le coup, cet Andrew, il était assez original. Déjà par son histoire, mais aussi par ses goûts et apparemment sa personnalité. Et surtout, il savait qui il était. En tout cas il en donnait l’impression. Ca, c’était parfait pour le grand-mais-petit Christopher. Bree accommoda les réponses d’Andrew avec des réactions plus ou moins expressives. Des haussements de sourcils surpris. Des hochements de tête appréciateurs. Des « oh » silencieux. Des sourires adressés à Chris et autres « hm » approbateurs. Le reste était une question de goût et même si elle avait conscience que ce type était différent d’elle, cela ne la dérangeait pas. La différence, c’était même mieux. Par contre, c’était dommage qu’il ne se joigne pas à elle pour forcer Chris à mettre (ou à essayer de mettre) une cravate. Elle était persuadé qu’un tel spectacle serait à la fois attendrissant, amusant et spectaculaire. Avec sa grande taille, Chris pourrait presque devenir un top model. Mais bon, elle trouverait bien un plan B pour amener son ami à rejoindre la catégorie de prestige des James Bond.

    – Coooool !

    Elle était contente que ce gars ait accepté de jouer le jeu en lui répondant à toutes ses questions. Il aurait tout aussi bien pu l’envoyer balader ou encore perdre ses moyens. Ce n’était donc pas une chiffe molle. Il n’y avait pas besoin de préciser que la blonde en fut très contente.

    – Bah moi y a pas grand-chose à dire. J’suis d’ici. Pur produit local. Blonde au naturel. Pour Chris…

    Elle s’interrompit car elle venait de voir ce qui avait interrompu Andrew dans son retour d’interrogatoire : il avait l’air malade. La jeune femme l’observa d’un air surpris tout en jetant à Chris de réguliers coups d’œil pour chercher une petite explication. Mais rien ne vint. Lorsqu’Andrew présenta la cause de cette coupure, la jeune femme haussa les sourcils. Et comme bien souvent, elle déclara la première chose qui lui vint à l’esprit :

    – Tu as le pouvoir d’avoir la gerbe ? demanda-t-elle avec une réelle surprise plutôt que par moquerie.

    Parce que sérieux, si c’était le cas, ce serait le pouvoir le plus nul de la Terre.

    Cependant, comme ce sujet là semblait un poil sérieux, elle n’insista pas dans sa curiosité et laissa à Andrew le temps de répondre ou d’éluder. Pour sa part, elle accorda une réponse à ses interrogations précédentes.

    – Mouais, c’est cool. Au moins je vois des gens. Même si y en a un paquet qu’il faudrait enfermer… ou dresser. J’pas vraiment d’projet… mais j’me plait bien ici. Qui sait. Ptet que j’deviendrai calife à la place du calife.

    Le Starbowl n’était peut-être pas l’endroit le plus épanouissant de la Terre, mais il avait le mérite d’offrir une couverture stable ainsi que des horaires relativement flexibles pour qu’on qu’elle réussissait à communiquer avec son supérieur. En plus, détail non négligeable, l’endroit était un peu excentré, ce qui pouvait offrir pas mal d’avantages dans certains cas… Honnêtement, l’idée de rester travailler ici pendant que sa vie de criminelle continuait de son côté ne lui dérangeait pas le moins du monde. Cela dit, si demain on la virerait, elle s’en ficherait un peu et trouverait bien autre chose. Elle était plutôt débrouillarde, comme fille. Bree n’afficha donc aucune ambition digne des plus grands et se contenta d’un sourire insouciant avant de proposer aux garçons d’aller se faire une petite partie éclair pendant qu’elle ferait semblant de bosser un peu.

    – Ca vous dirait de jouer une ptite partie ? Juste le temps que je range au moins ce que j’étais censée ranger aujourd’hui. Comme ça, quand vous reviendrez, j’pourrais aussi vous resservir à boire, ça donnera l’impression que je travaille un peu. Et Chris, t’as l’droit d’l’embrasser, t’sais ! J’en ai vu et fait d’autres, soit pas timide. En plus, on dirait que t’es en manque.

    Elle exagérait, évidemment. Mais toutes les excuses étaient bonnes pour taquiner son Chrisounet.

 
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Message posté : Jeu 10 Sep 2015 - 3:34 Message
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Ses joues rosirent un peu quand Andrew confirma que ses cheveux étaient bien comme ils étaient. On aurait pu croire, depuis le temps qu'ils étaient ensemble, qu'il se serait habitué – parce que son mec semblait avoir fait un sport du lancer de compliments sur le physique de Christopher – mais non. Chaque fois, ça le prenait par surprise et lui donnait une bouffée de chaleur. L'ignorance de sa beauté participait sans doute à son charme. C'est ce qu'on disait dans les livres en tous cas.

Sa mâchoire se décrocha presque en entendant Andrew répondre aux questions de Bree dans l'ordre. Enfin, il supposa que c'était dans l'ordre. Honnêtement, il aurait été incapable de se rappeler de la première question déjà. Mais c'était sans doute parce qu'il connaissait la furie depuis longtemps et qu'il savait quand être attentif parce que c'était important et quand décrocher pour reprendre son souffle parce qu'elle partait dans un délire stérile par lequel elle n'attendait pas réellement sa participation.

Hiroshima, mon amour. Christopher l'avait regardé après qu'Andrew lui ait dit que c'était son préféré dans une conversation par mail. Pour lui, ce n'était qu'un vieux film français en noir et blanc à la construction très étrange et qu'il n'était honnêtement pas certain d'avoir bien compris. Il s'était donc abstenu de faire tout commentaire à ce propos. S'il avait du choisir un film préféré, il aurait probablement choisi Memento, des frères Nolan. Le montage par ordre chronologique inversé l'avait complètement sidéré. Et puis, c'était le seul film où il n'avait pas réussi à deviner le fin.

La tendance vegan d'Andrew avait posé un sérieux cas de conscience à Christopher qui n'était pas prêt à se passer de viande. Sans doute pourrait-il le faire par amour si son copain le lui demandait mais il aimait trop le goût d'un bon steack pour s'en passer de manière volontaire. Quoique, d'une manière générale, il n'en mangeait pas aussi qu'il le voudrait parce que la viande restait quand même assez chère.

Nop. Son mec ne ronflait pas, c'était exact. Il poussait parfois des petits soupirs de satisfaction qui le poussaient à se demander de quoi il pouvait bien être en train de rêver mais pas de nuisances sonores incontrôlées, heureusement. Hein ? Comment ça il grinçait des dents ? Christopher leva les yeux au plafond quand il se fit accuser d'être un grand nerveux. Jugement totalement infondé bien sûr...

Le légionnaire n'arrivait pas à imaginer les parents d'Andrew. Pas du tout. Avaient-ils sa petite taille ? Sa désinvolture ? Son coté aventureux ? Comme ceux de Bree, en fait. Est-ce qu'ils parlaient beaucoup ? Qu'est-ce qu'ils disaient que leur fille se coiffe avec le pied de son réveil ? Christopher se demanda ce que les gens croiraient deviner de ses parents à lui. Peut-être qu'ils imagineraient des ombres presque effacées sur le mur. Ce serait vrai pour son père en quelques sortes, qui faisait pratiquement comme si ses enfants n'existaient pas. Quant à sa mère, hé bien, ce serait plutôt un fantôme. Le jeune homme se contentait de dire « elle est morte » quand on lui posait la question. C'était mieux que « elle s'est suicidée en se pendant au lustre de la cuisine devant mes yeux quand j'avais deux ans ».

La remarque sur le goût d'Andrew pour sa nudité ramena heureusement Christopher sur un terrain plus joyeux. Il ouvrit la bouche pour protester en silence et donna une petite tape sur le coté de la jambe de son copain. Non mais sérieusement, il n'avait pas honte de dire des choses pareilles avec autant de naturel. Et comment ça c'est un tamagochi ? Il pouffa et secoua la tête de gauche à droite d'un air faussement exaspéré.

Ce fut au tour de son copain de commencer à poser des questions à la blondinette et quand il demanda comment elle l'avait connu, Christopher se figea un instant et planta ses yeux bleu et argent dans ceux de son amie, la priant intérieurement d'éluder. Il n'avait pas envie qu'elle balance qu'il déprimait tellement à la suite de sa rupture avec Jace qu'elle l'avait plus ou moins rencontré au moment où de bien sombres pensées le faisaient penser au suicide. Ça aurait l'air complètement ridicule même si c'était très sérieux à l'époque.
La main d'Andrew trouva la sienne sur sa jambe et Christopher le rendit son étreinte.

Heureusement, Bree ne le balança pas. Elle réagit plutôt sur le froncement de nez qu'Andrew avait eu quand un mec qui s'était apparemment baigné dans de l'eau de Cologne avait ouvert la porte d'entrée du bowling. C'était un peu stressant ce nouveau pouvoir d'odorat. A chaque fois qu'il revenait d'une séance de sport ou que Chris avait une raison quelque chose de transpirer – je ne vous fais pas un dessin, aheum – il se disait qu'Andrew devait être super dégoûté par l'odeur.

Cela dit, ça ne l'empêcherait pas de faire une partie de bowling comme Bree le leur avait suggéré. Au début, Christopher avait eu un mal de chien à empêcher le déclenchement de son pouvoir du contrôle de l'énergie cinétique pour rectifier les trajectoires des boules. Ce n'était pas qu'il voulait consciemment tricher. C'était un genre de réflexe de vouloir faire bien les choses. Il pouvait jouer comme un humain normal maintenant. Il était même passé de joueur médiocre à joueur honorable.

Le jeune homme délassa ses chaussures et les posa sur le bar en levant un sourcil pour mettre au défi Bree de faire une blague sur sa pointure. Il avait un peu (beaucoup) honte d'avoir de grands pieds et la blondinette adorait le torturer avec ça apparemment. C'était marrant les conversations par la pensée qu'ils avaient ce soir. Elle en l'ordonnant presque d'arrêter de jouer au prude et de rouler un patin à son mec et lui d'arrêter de plaisanter à propos de son 11 de pointure. Mais bon, arriva ce qui devait arriver. Christopher sanctionna sa dernière malice. « Ouais, c'est ça, va ranger. Faudrait pas que ton boss s'aperçoive qu'il te paye à harceler les petits-copains de tes clients. » Il lui tira la langue et, équipé de chaussures adéquates, il prit la main d'Andrew pour l'entraîner avec lui en direction des pistes. C'est vrai qu'il était en manque. C'était un peu pour ça qu'ils passaient plus de soirées dans le lit qu'à l'extérieur en société. Les oreillers n'avaient pas d'yeux à lever au plafond en les voyant se manger le museau non-stop pendant des heures. Les êtres humains, c'était différent.

Christopher choisit la piste du bout de la salle pour être tranquille avec le kényan et, avant même de lancer la première boule, il l'attrapa par la taille pour l'embrasser amoureusement. Tant pis si Bree regardait depuis le bar. Il relâcha ensuite son mec et ouvrit le bras en direction du rack pour l'inviter à commencer. Tout en se laissant tomber sur la banquette en plastique dur, étendant ses longs bras de part et d'autre du dossier, il glissa : « Elle est cool, hein ? Une vraie pile électrique. » Christopher secoua la tête en repensant à toutes les conneries que la blondinette lui avait déjà sorti ce soir. « Elle me fait tellement rire. Faut toujours qu'elle ait des idées farfelues. T'aurais du voir les premiers temps de notre rencontre quand elle essayait de me trouver un copain, c'était n'importe quoi. » Rien que le souvenir était hilarant. « Je t'explique même pas le nombre de conseils de drague bizarres qu'elle m'avait donné. Comme tu peux l'imaginer, j'ai jamais réussi à en utiliser aucun. » Christopher, draguer un inconnu ? C'était à peu près aussi probable que de voir un pingouin en bikini faire du surf à Hawaï sur une planche à repasser rose à pois multicolores.
 
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Message posté : Dim 13 Sep 2015 - 15:30 Message
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Andrew secoua la tête.

— Nan, j’ai juste un odorat super développé. Entre autres.

Et franchement, c’était beaucoup plus utile qu’il ne l’avait cru. Quand ses sens avaient commencé à s’étendre au-delà des perceptions ordinaires de la nature humaine, Andrew avait d’abord été traumatisé. Mais presque aussitôt, ses pouvoirs s’étaient stabilisés et aujourd’hui, il vivait dans un monde étrange, où son cerveau prêtait attention à des sensations normales et à des perceptions plus précises, plus nombreuses ou plus lointaines. Il s’était habitué en quelques dizaines de minutes à son ouïe surdéveloppée et il n’avait pas fallu beaucoup plus de temps pour apprivoiser son odorat.

Bien sûr, il devait apprendre — apprendre à reconnaître les odeurs, apprendre à jauger les distances, apprendre à décomposer les parfums pour savoir à quoi il avait affaire. Mais son corps ne souffrait pas comme celui d’un mutant dont les gènes se transformaient encore une fois. La magie, dans l’ensemble, lui était douce. Il y avait des crises — des migraines affreuses provoquées par des sons trop divers, des nausées violentes suscitées par des odeurs désagréables — mais ces crises n’étaient que rarement spectaculaires.

Il ne savait pas pourquoi ses pouvoirs se réveillaient. Il ne savait pas qu’à Star City, entouré par les forces du mal, sa destinée de Prince Charmant frémissait en lui. Il ne se doutait pas que l’amour de Christopher, comme un beau conte de fées, accélérait le développement de ses aptitudes magiques. Il avait beau savoir ce qu’il était, à force de rencontrer des créatures magiques qui tentaient de le précipiter dans un mauvais Disney, Andrew n’y réfléchissait pas sérieusement, pas constamment, et il ne s’attendait pas à chaque instant à voir sept nains, un tapis magique ou un chandelier parlant débarquer dans son salon pour l’entraîner sur la piste d’une vilaine sorcière.

Et puis le sujet du pouvoir fut rapidement éludé, alors il n’y réfléchit pas ce soir-là non plus, il retrouva rapidement son calme en écoutant les réponses de Bree. Que la jeune femme ne pensât pas à quitter le bowling ne le choquait guère : Andrew n’avait rien de carriériste. À ses yeux, un travail, c’était fait pour avoir de quoi manger et se payer un endroit où dormir. En dehors de cela, il préférait s’investir dans l’art et ses loisirs. Son métier à lui n’avait rien de palpitant et il lui convenait très bien.

La jeune femme avait à faire ; le couple se dirigea vers la piste, après avoir récupéré des chaussures. Un baiser plus tard, Andrew regardait Christopher avec des yeux brillants. Il ne l’aurait jamais cru si démonstratif en public. Il fallait croire que la timidité du Phénix fondait quand même un peu à son contact.

— Ouais, elle est cool !

Andrew s’empara d’une boule.

— T’as l’don pour t’entourer de p’tites nerveuses, hein. Entre ta sœur, à c’que tu dis, Fran et elle, ça fait une sacrée brochette. Heureusement qu’j’suis un mec calme et zen pour compenser tout ça…

Ben voyons.

— … sinon, t’s’rais complètement épuisé à la fin d’tes journées.

Sur quoi, Andrew se tourna vers la piste. Il s’était entrainé à lancer des boules de bowling sans défoncer le bowling mais quant à jouer vraiment sur une piste, c’était encore une autre histoire. Quelques exercices et des vidéos sur Youtube formaient toute sa science en la matière. Il s’élança néanmoins, avec application, et, non sans une certaine maladresse, il envoya sa boule. Premier exploit : le bâtiment resta debout. Second exploit : les chaussures qu’il avait louées n’avaient pas fondues. Troisième exploit : la boule n’était pas partie dans la gouttière.

À ce point de notre histoire, amis lecteurs, il faut que je précise que je n’ai jamais mis les pieds dans un bowling de toute ma jeunesse existence et qu’à part la Wii et Big Lebowski, j’ignore entièrement comment ces machins-là fonctionnent.

Toujours est-il qu’Andrew, lui, renversa trois quilles. Ce n’était pas très spectaculaire. Le jeune homme enfonça les mains dans les poches et pivota pour faire face à son ami.

— J’suppose qu’ça pourrait être pire. Vas-y, montre moi comment on fait.

Il céda la place à Christopher et, à partir du moment où le Légionnaire se releva, Andrew ne prêta pas la moindre attention à l’exécution technique dont celui-ci lui donnait l’exemple, puisque son regard fut constamment fixé sur les fesses de son petit ami. Et c’est ainsi qu’ils se relayèrent pour une partie qui ne fut pas franchement la plus épique de l’histoire du bowling.

Christopher menait largement au score quand Bree les rejoignit. Lorsque la jeune femme arriva près de lui, Andrew commenta tranquillement :

— J’me fais défoncer.

Il parlait du bowling, bien entendu.

— C’t’un truc d’Américains, d’façon, pas étonnant qu’il ait l’avantage.

Lui aussi était Américain, techniquement, mais il en parlait toujours en étranger.

— Si on faisait du football, du vrai football, ça s’passerait pas comme ça. Mais vous et vos sports chelous. T’en fais, toi, Bree ? Genre, t’emmène Chris faire du footing ? Hé ! T’l’as déjà emmené faire du shopping ? Ça doit être trop, trop chou à voir, Chris dans un magasin de fringues.

Ils ne s’y étaient pas essayés, depuis qu’ils se connaissaient, parce que ni l’un ni l’autre n’avait les moyens d’une séance d’emplettes de pur plaisir.

— J’l’imagine trop en train de choisir des trucs immondes et informes pendant que quelqu’un d’autre le force à porter des vêtements qui l’mettent en valeur.

Le regard gris d’Andrew se posa une nouvelle fois avec une lueur appréciative et un brin lubrique sur le corps de son petit ami.

— Même si ça doit être difficile de pas le rendre canon.

On se concentre, Andrew.

— Ouais, donc, c’est quoi tes loisirs, quand t’es pas au bowling ? Musique, t’aimes ? Ciné ? Soirées ? J’parie qu’tu dois avoir un succès fou en boite de nuit.

Et Andrew ne songeait pas que ce compliment sur le physique avenant de son interlocutrice pouvait inquiéter Christopher.
 
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Message posté : Dim 13 Sep 2015 - 18:39 Message
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    – Mais c’est parce que j’harcèle les gens qu’ils reviennent. répondit-elle d’un air digne.

    Et pour se venger de la remarque de Chris, elle lui offrit un regard éloquent des plus choquants en posant les yeux sur les chaussures qu’elle lui amenait – que dis-je, les palmes ! – puis sur l’entrejambe du jeune homme, puis dans ses yeux. Voilà qui allait lui rabattre son adorable caquet.

    Maintenant, il fallait faire semblant de bosser. Cela allait réclamer un peu de subtilité. Elle profita de la venue d’un client – venu poser une simple question à un de ses collègues – pour l’interpeler et lui demander s’il voulait à boire. Par chance – mouhahaha – il avait soif. Et d’un verre. Maintenant, subtilité ! Bree alla voir son chef d’équipe.

    – J’prends une pause !
    – Quoi ?!
    – J’ai dit : je prends une pause ! répéta-t-elle, plus fort.

    En voilà une qui allait avoir du mal à gravir les échelons. Cela dit, ils commençaient à la connaître maintenant. Cette annonce ne lui valu qu’un simple soupir exaspéré.

    – Ok ! Mais tu cireras les pistes.
    – Okidoki !

    Ca, c’était de la négociation. Bree pouvait maintenant enfiler ses chaussures de jeu pour rejoindre les garçons. Apparemment, Chris défonçait Andrew.

    – Ah, ben tant mieux ! répondit-elle spontanément d’un air affectueux.

    Elle ne parlait pas du bowling, bien évidemment.

    – T’inquiète, je vais t’aider à rattraper ça ! J’me mets avec toi. Tu joues le premier lancé, je joue le second.

    Car, comme chaque joueur de bowling invétéré le sait, à chaque tour, il est possible de lancer deux fois sa boule ou une autre, pour ceux qui n’ont pas envie d’attendre que la première revienne. J’en connais un qu’il faudrait sortir un peu (sans jugement, je n’ai par exemple jamais skié de ma vie).
    – Du sport ? Ben oui, j’supporte les idiots qui viennent souvent ici. Y en a pas mal. Sinon j’cours un peu, j’fais un peu de danse. Ah et oui, je fais du shopping. C’est un sport. surtout les jours de soldes, mutante ou pas, les griffes étaient requises Et figure-toi que j’ai déjà réussi à y amener Chris. C’était pas gagné, et c’était pas un franc succès non plus. Ledit Chris en était sûrement complètement traumatisé, d’ailleurs Et maintenant qu’il t’a, je pourrais le conseiller sur ses sous-vêtements sexys, pour te faire la surprise. J’pense pas qu’il demande à sa sœur. Mais j’peux me tromper. Isobel est super ouverte.

    Elles ne s’étaient jamais rencontrées, mais Bree adorait déjà Isobel. Probablement parce que, de ce qu’elle savait d’elle, elle traitait Christopher exactement comme elle aurait traité son frère imaginaire. Bien entendu, tout ce qu’elle disait, c’était uniquement pour embêter le pauvre brun. Bree lui offrit un sourire trop amical pour être sincère. En l’occurrence, c’était une façon pour lui rappeler qu’elle l’aimait même si elle disait des trucs qui pouvaient le gêner. Sans aucune gêne – on ne change pas une équipe qui gagne – elle alla prendre une boule pour la lancer. En bout de piste, elle se mit en position afin de viser. Bien évidemment, cette étape ne se fit pas vraiment en discrétion.

    – Allez, voyons voir si on arrive à égaliser avec Pieds-de-Sasquatch

    Lancé… roulé… Oh ! Plus de quilles ! La force de l’enthousiasme, certainement. Maintenant, un peu de sérieux. La jeune femme revint sur le banc, en face d’Andrew – elle fit de son mieux pour prendre le plus de place possible afin de « forcer » Chris à s’asseoir à côté de son homme – et entreprit de répondre aux questions de l’Etatsunien d’origine Kenyane.

    – Alooors… Ciné j’aime bien, les films d’horreurs surtout. Pas ceux qui sont gores, juste ceux qui font vraiment flipper, genre horreur psychologique… ça ça me fait avaler mon bol de popcorns en moins de deux. D’ailleurs, j’aime les popcorns sucrés… pas toujours facile à trouver. Musique, j’aime bien les rythmes hip hop et pop, mais j’suis pas très concert. Entre danser et dévorer la star des yeux, je ne sais jamais quoi faire et c’est un dilemme Et j’adooore les boîtes de nuit. Par contre, je ne sais pas pourquoi, j’ai vachement de mal à y traîner Chris.

    Elle accompagna ce commentaire d’un regard faussement noir adressé au concerné qui, bien sûr, n’avait rien demandé à personne. Enfin si, techniquement, en la faisant rencontrer son copain, il devait certainement être en manque de souffrance psychologique.

    – Et sinon t’as raison, je me débrouille pas trop mal.

    Ignorant que cela pourrait peut-être gêner Chris, Bree ponctua cette phrase d’un regard aguicheur. C’était bien sûr pour rire. Jamais elle n’oserait essayer de piquer le mec de Chris. Elle savait déjà trop bien ce que le petit (grand) donnait quand il était en rupture. De plus, son ignorance trouva son explication dans la phrase suivante :

    – D’ailleurs ! Maintenant que t’as un copain ! Chris, c’est pour toi Je vais pouvoir aller au Machine avec vous ! Je manque de potes gays. T’es obligé de dire oui, Chris ! Rappelle-toi, tu me l’avais promis.

    Ce qui, dans les faits, était faux car c’était elle qui avait décrété que ça se passerait comme ça et pas autrement. En toute démocratie, bien sûr.

 
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Message posté : Mer 16 Sep 2015 - 3:31 Message
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S'entourer de petites nerveuses ? Effectivement, c'était peut-être un des pouvoirs encore cachés du MEGAS. Les trois principales femmes de sa vie, Bree, Franziska et Isobel, étaient aussi patientes, calmes et discrètes qu'un bâton de dynamite auquel on aurait allumé la mèche. La palme revenait quand à la première qui, avec sa tignasse de lionne, était la plus sauvage de toutes.
Christopher pouffa un peu quand son copain se qualifia de 'zen'. Étonnamment, ce n'était pas le premier adjectif qui lui serait venu à l'esprit. Avant, il y avait au moins 'insatiable', 'adorable' et 'passionné'. Quant à l'épuisement en fin de journée... Hé bien, il fallait se rapporter au premier adjectif cité dans la phrase précédente pour comprendre que l'idée était complètement irréaliste tant qu'ils seraient ensemble.

Christopher alla s'installer sur la banquette en plastique moulée tandis qu'Andrew se dirigeait d'un pas décidé vers la piste, une boule à la main. Il n'était pas sans savoir que le petit brun s'était entraîné à ne pas démolir le bowling d'un lancer malheureux. Il contrôlait sa force au quotidien, quand ils s'étreignaient par exemple, mais il n'avait jamais trop essayé de pratiquer un sport où la retenue serait de mise. Même s'il avait toute confiance en son petit-ami pour réussir à donner une vitesse normale à la boule qu'il envoya sur le parquet, les yeux de Christopher devinrent tout de même entièrement argentés, signe qu'il pouvait faire usage du contrôle de l'énergie cinétique à tout moment. Il aurait suffit qu'il imprime sa volonté sur la boule pour la faire stopper net sa course, peu importait sa vitesse. Il en n'eut pas besoin et ses iris reprirent rapidement leur teinte azur.

A ce point de notre histoire, j'aimerais plussoyer le joueur du dessus quant au scandale qu'est la non-pratique, même ponctuelle, du bowling par le joueur qui vient encore avant. Il faudrait trouver un gentil (et canon si possible) bouliste pour l'initier car je pense qu'on ne fait pas que jouer au palet dans sa nouvelle contrée.

Trois quilles, c'était pas mal, pour un premier essai. Surtout que personne n'était mort dans la manœuvre et que le bâtiment était toujours debout. Christopher sourit en retenant sa plaisanterie et se leva. « J'te montre mais, normalement, c'est à toi de rejouer là. » Il se dirigea vers le rack. « Alors tu vois, déjà, faut tenir la boule comme ça... Tu mets ces doigts-là dans ces trous-là... » Captant que ce qu'il venait de dire pouvait prêter à d'autres images que son copain envisageait sûrement, il leva un sourcil. « On est dans un lieu public. Concentre-toi, babe. » Il esquissa un nouveau sourire et poursuivit : « Et donc, tu prends juste un peu d'élan et tu essayes de faire glisser la boule vers l'avant, en donnant un petit mouvement du poignet comme ça. » Quand le légionnaire lâcha la boule, elle fila parfaitement droit mais ne renversa pourtant pas les deux quilles se trouvaient aux extrémités. Faisant volte-face, Christopher s'aperçut que le regard de son petit-ami devait être fixé sur ses fesses. Il vint s'asseoir à coté de lui sur la banquette en riant un peu. « T'as rien écouté du tout ». Le frêle héros récolta quand même un rapide baiser sur la bouche et ils continuèrent de lancer des boules – avec plus ou moins de succès.

En entendant le laïus sur le football européen au moment du retour de Bree, Christopher se retint de lever les yeux au plafond. Il fallait toujours qu'Andrew souligne à quel point c'était le seul sport qui mérite qu'on le considère comme tel. Avant un lancer, il prêta oreille à ce que racontaient les deux jeunes gens. Il se demandait bien quel genre de danse pouvait pratiquer une agitée de la vie comme Bree. Il se prépara à tirer... eeeet l'idée de le conseiller en sous-vêtements sexy lui fit complètement foirer son tir. La boule atterrit dans la gouttière après avoir fait un gros POC sur la piste cirée, ce qui ne manqua pas de lui attirer le regard noir du responsable au comptoir. Whoops !

Il plissa les yeux en regardant Andrew l'accuser de ne pas savoir choisir ses vêtements. Quoi ? Jeans/t-shirt, c'était un style qui avait fait ses preuves. C'était pratique et confortable. Et vite enlevé, ce qui n'avait donc aucune raison de déplaire à son compagnon gourmand. Et puis, il n'avait pas besoin de faire les magasins. Isobel, en diva de la mode, débarquait chroniquement pour lui refiler des vêtements qu'elle lui avait acheté. Les expéditions shopping avec Bree étaient toujours beaucoup trop dangereuses. La blondinette courrait vers tous les présentoirs, attrapait des cintres de manière visiblement aléatoire et lui fourrait tout dans les bras pour qu'il aille essayer. Après quoi, elle le tripotait dans tous les sens pour s'assurer que ça lui allait, faisant fi de son air désespéré et de ses incitations à quitter le magasin. Le pire, c'était les fois où la furie se liguait avec une vendeuse contre lui qui roucoulait ses compliments avec un professionnalisme qui prêtait à soupçons. Il ne comprenait pas trop pourquoi mais les femmes ne tarissaient pas d'éloges au sujet de sa jugulaire luminescente.

« Bree... » couina-t-il quand son amie en remit une couche au sujet de sa pointure. « Mes pieds ne sont pas si grands que ça... » Il essayait de s'en convaincre mais ses palmes lui avaient toujours fait honte. Christopher alla s'asseoir sur la banquette à coté d'Andrew et étendit naturellement son bras sur le dossier, dans le dos de son compagnon. Il ne le touchait pas mais il en avait envie. Pendant que Bree faisait un strike, ses doigts effleurèrent distraitement ses cheveux longs.
La furie mal peignée était de retour et railla de nouveau son meilleur ami en parlant du mal qu'elle avait à le traiter en boîte de nuit. Oui, quelle étrangeté ! C'est vrai que c'était tellement agréable de se faire refiler tous les mecs qui passaient – parfois même des hétéros – alors qu'il était incapable de leur décrocher deux mots ensuite. La diablesse.

Le regard aguicheur de Bree pour son petit-ami le laissa perplexe. Il retira son bras du dossier. Bien sûr, il savait que c'était un jeu pour la blondinette. Il savait qu'elle n'essayerait jamais de lui piquer son copain. Et pourtant, il se sentit quand même menacé par ce geste tout simple qu'il était incapable de faire lui-même. Le flirt. Quelle discipline compliquée.
Christopher roula les yeux. « J'ai jamais promis un truc pareil. Arrête de te faire des discussions toute seule dans ta tête, je vais devoir te faire interner. » Il se leva et prit tout son temps pour lancer. Ses yeux se changèrent en argent liquide et la boule se mit à décrire des cercles très étranges sur la piste, allant d'avant en arrière et inversement, après de percuter une quille qui fit tomber toutes les autres.

« Je reviens, soyez sages » Déclara-t-il d'un ton entendu avant de se diriger vers les toilettes pour soulager sa vessie et se rafraîchir un peu le visage. Cette rencontre était plus éprouvante que ce qu'il avait envisagé.
 
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Message posté : Sam 19 Sep 2015 - 13:50 Message
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Christopher avait aimablement appris à Andrew la manière de glisser ses doigts dans des trous et le Kenyan se promit de le remercier avec toute la chaleur qu’une pareille pédagogie méritait assurément, plus tard, quand le temps et le décor le permettraient. Pour l’heure, il enchaîna les lancers en attendant Bree et si l’activité n’était pas entièrement désagréable, elle manquait tout de même, à ses yeux, d’un côté véritablement sportif. Sans doute le jeu gagnait en intérêt quand on développait sa technique.

Le blonde était de retour et Andrew put reprendre un sport qu’il préférait : la discussion. Tandis qu’ils échangeaient, les deux nains sous cocaïne conversaient de Chris et du reste.

— Ouais, alors, j’te préviens, les strings, c’pas trop mon délire. Un jockstrap, en revanche, c’est jamais sans charme.

Et Andrew, tout en manipulant sa grosse boule bien lisse, glissa un regard pensif vers son compagnon. Il y eut un petit silence dans la conversation et puis il lança sa boule, renversa quelques quilles avec la plus grande indifférence et revint s’asseoir aux côtés de Bree qui, décidément, avait de riches idées.

Ils étaient en train de discuter boite de nuit en s’échangeant des sourires, parce que les vieilles habitudes ont la vie dure, quand Christopher se leva pour les abandonner. Le Phénix n’avait pas l’air fâché mais il y avait comme une pointe d’inquiétude dans sa voix. Le sourire d’Andrew disparut alors qu’il le suivait du regard. Christopher disparut dans les toilettes et le jeune homme murmura :

— Merde.

Il se décala de quelques centimètres, sur le banc, pour introduire entre Bree et lui une distance diplomatique qui n’échappait pas, espérait-il, à Christopher, quand celui-ci reviendrait.

— J’crois qu’il est, euh…

Andrew esquissa une moue songeuse et risqua :

— Jaloux… ? Ouais, non. Ou instinctivement. J’sais pas.

Il détourna le regard de la porte des toilettes pour le poser sur Bree.

— Toi tu l’connais mieux qu’moi, à certains égards. Il est jaloux, Chris ? Genre, ça peut l’saouler, qu’on parle de boites de nuit et de dragues ? Et qu’on s’souris ? J’sais pas, parce que…

Andrew avait l’air beaucoup plus inquiet que l’intonation de Christopher aurait dû l’y inviter. C’était qu’il se reprochait les doutes éventuels que son compagnon pouvait nourrir. Depuis qu’il lui avait révélé, après New York, les détails souvent sordides de sa vie sexuelle beaucoup trop précoce et beaucoup trop remplie, Andrew craignait que Christopher eût de solides soupçons — et il aurait du mal à les lui reprocher.

— Des fois, il me pose des questions et tout. ‘Fin, il est pas… Il est super classe, ‘fin gentil, tu vois ? J’veux dire, lui, il a pas tellement d’expérience et tout, moi, j’suis un gros dragueur, j’étais, j’veux dire, avant, et il pourrait être super stressé mais…

C’était du Andrew typique : il connaissait Bree depuis moins d’une heure et il lui faisait déjà une confiance de principe, une confiance presque aveugle qui reposait exclusivement sur l’amitié que Christopher portait à la jeune femme, et, en conséquence, il cherchait auprès d’elle des conseils sérieux, parce qu’Andrew éprouvait, comme à l’ordinaire, le besoin constant que quelqu’un guide son existence.

Il parlait, donc, il parlait et il parlait.

— … il est vachement cool, mais des fois, quand même, genre, il s’inquiète de pas être assez expérimenté, j’veux dire au lit, ou d’être trop calme, ce genre de choses. Là, il avait pas l’air bien. Il avait pas l’air bien, hein ? J’trouve qu’il avait pas l’air bien.

En ce moment, c’était surtout Andrew qui avait l’air d’avoir besoin d’un calmant et d’une séance de psychothérapie express.

— J’devrais l’rejoindre aux toilettes. Lui dire des trucs rassurants. Qu’est-ce tu f’rais, toi ? T’es douée avec les garçons ?

Et cette fois-ci, sa question ne concernait pas la séduction sur la piste de danse. En la matière, Andrew n’avait besoin — hélas, songeait-il désormais — d’aucun conseil.

— Chris, c’est mon premier copain. ‘Fin mon premier vraiment copain. ‘Fin mon premier vrai compagnon. Le seul qui compte vraiment et tout. La première relation normale que j’aie jamais eu avec un mec. Ou une meuf, d’ailleurs, à c’compte-là.

Ce qui laissait entendre qu’il trainait le souvenir d’innombrables relations anormales et, à en juger par son anxiété évidente, celles-ci n’étaient pas affaires de simple incompatibilité de caractère.

— Et des fois, euh… J’sais pas trop comment m’comporter. J’veux pas faire foirer parce qu’j’souris trop aux filles ou parce que… j’sais pas. J’veux qu’il soit content, qu’on s’marie et qu’on adopte un Terre-Neuve.

Et ce n’était pas une manière de parler mais des projets très concrets, pour Andrew. Le jeune artiste était passionné et il voulait faire du poney sur un chien géant avec la bague au doigt.
 
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Message posté : Lun 21 Sep 2015 - 19:05 Message
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    En bonne combattante de la vérité et de la justice – L.O.L. – Bree s’empressa de contredire Christopher par rapport à ses raquettes de pieds. Elle hocha donc vigoureusement la tête pour lui signifier son désaccord, mais elle n’insista pas plus, Chis étant assez complexé comme ça. La blonde préférait se contenter d’aborder ses « complexes » avec humour et légèreté pour essayer de lui faire comprendre que ce n’était pas important et qu’il était ridicule d’en faire tout un plat. Mais elle n’insistait pas trop. Pédagogue, la vipère ! Dans la même optique, elle lui répondit par la suite :

    – Ton silence avait validé ma déclaration. Et n’essaie pas de me faire passer pour une folle, sinon je m’arrange pour qu’on partage la cellule. T’es bien trop sage pour que ça soit normal… Les médecins trouveront ça louche.

    Cette fille était une adepte du GNQ (Grand N’importe Quoi), mais ça, Christopher le savait bien.

    Inconsciente de la crise existentielle qui fit son apparition dans les esprits des deux garçons complexés chacun à leur façon, Bree observa la piste de bowling avant de porter son attention sur Chris qui déclara vouloir vider sa vessie. N’y voyant absolument rien de louche, la jeune femme se contenta de hocher la tête avant de le voir partir. Une fois seule avec Andrew, elle se tourna pour reprendre leur conversation lorsque le brun lui montra une nouvelle facette de sa personnalité.

    – Quoi ?

    Elle avait du mal à comprendre ce qu’elle entendait. Etait-ce normal dans la relation qu’entretenaient les deux garçons ? Le Christopher qu’Andrew était en train de lui dépeindre lui semblait bien différend de celui qu’elle connaissait. Du moins de celui qu’il était devenu, parce qu’au début, on pouvait dire qu’il était en mile morceaux. Elle était cependant bien placée pour savoir que les gens pouvaient se montrer sous des jours totalement différends selon leurs interlocuteurs, mais elle n’arrivait pas à imaginer Chris de la sorte. Le grand brun aux veines d’argent lui semblait tellement honnête… à fleur de peau même. S’il avait eu un problème aussi grave que ce que sous entendait Andrew, Bree espérait qu’il l’aurait exprimé. Cela dit, les interrogations d’Andrew l’intriguèrent fortement, elle réfléchit donc sérieusement à la question.

    – J’sais pas si on peut dire qu’il est jaloux… Craintif serait ptet le mot le plus approprié. Mais pas dans le sens où c’est une petite chose sans défense, hein ! Il est plus solide qu’il en a l’air. elle espérait qu’Andrew avait déjà compris ça, en tout cas, Christopher était revenu de loin depuis sa première rencontre avec Bree, celle-ci était donc persuadée qu’il était plus fort que ce qu’il laissait croire C’est juste qu’il manque de confiance en lui… ptet un peu dans les autres aussi, j’sais pas trop. Mais si c’est le cas ça doit être inconscient parce que je trouve qu’il s’attache très facilement.

    Trop peut-être. Le regard de la blonde se fit un peu lourd, l’espace d’un court instant. La relation de Chris et d’Andrew avait rapidement évoluée, elle en avait conscience. Chris n’avait pas mis longtemps à se sentir proche de ce garçon. C’était la plus grande qualité de l’étudiant… mais aussi son plus gros point faible. Parfois, Bree se surprenait à songer à l’ironie de sa propre amitié avec Chris. Ils ne seraient assurément pas aussi proches si ce dernier savait tout ce que la blonde était capable de faire. Est-ce qu’Andrew, lui aussi, avait des secrets aussi gros et aussi terribles dans son placard ? Cela, l’empoisonneuse était incapable de le dire, mais elle sentait qu’il tenait vraiment à son ami et cela l’incita à lui accorder un bout de sa confiance.

    – A mon avis, c’est dur de le saouler, mais ça peut lui faire un peu peur. Si ça le saoulait, j’l’embêterais pas avec ça. Christopher faisait partie de ce rare cercle de personnes qui échappaient complètement à la froide cruauté de la demoiselle Après, ma technique personnelle, c’est de l’embêter pour le rassurer. Mais si tu veux lui faire une séance de câlins et de paroles rassurantes, tu peux y aller. Par contre, les toilettes, c’est pas terrible niveau intimité, faudrait plutôt que vous alliez au bout du couloir après les accès aux toilettes, juste devant la porte de sortie de secours, c’est plus tranquille et personne n’y va.

    Même si, comme l’avait justement fait remarquer Andrew, Bree connaissait Chris depuis plus longtemps, elle ne se permettait pas de lui dire ce qu’il devait faire ou ne pas faire avec lui. La blonde se contentait de lui donner son avis et de les laisser ensuite voir eux-mêmes comment ils allaient régler leurs « problèmes ». Andrew avait de la chance qu’elle apprécie vraiment Chris, sans quoi, la peste qu’elle était n’aurait sans doute pas hésiter à faire ce que certaines filles au lycée appelaient : « foutre la merde ».

    – Après, s’tu veux mon avis, faut pas trop stresser tout seul dans ton coin. Ca ne rassurera pas vraiment Chris, au contraire. Si y a des trucs qui t’inquiètent vraiment, faut lui en parler cash et pas essayer d’étouffer le poisson en le dorlotant. Ca aurait l’effet contraire. parce qu’il était sensible, ce cher Christopher, rappelons-le. Sinon, pour le rendre heureux, déjà, tu devrais arrêter de te dire que tu devrais changer pour lui faire plaisir. être cash, donc. S’il t’aime, c’est pour toi, pas pour une version imaginaire de toi. Alors tant que tu reste toi-même et que tu fais des efforts pour le rassurer j’vois pas pourquoi il s’rait pas content.

    Bree Elfström, mutante assassine adepte du kung fu et conseillère sentimentale à ses heures perdues.

    – C’est un grand garçon, mais c’est aussi un gros bisounours qui a besoin d’amour. Le reste, il s’y fera je pense… et il pourrait ptet même l’apprécier ou au moins arrêter de s’inquiéter pour certains trucs. C’pour ça que j’continue de l’embêter avec le shopping, les boîtes et tout.

    La chieuse en puissance avait donc un plan. C’était bon à savoir… ou pas, selon les points de vue.

    – Mais c’est quand même cool que tu te fasses du souci pour lui. Ca veut dire que tu t’en fous pas. Après, à mon avis, il le sait déjà. Par contre, faudrait éviter que vous psychotiez tout les deux en même temps… Ca serait mauvais pour le Terre-Neuve

    Et petit à petit, elle repartait sur une note plus légère. Tout en levant la tête e temps en temps pour voir si Christopher revenait ou si quelqu’un lui avait sauté dessus. Après tout, ce bowling mariait dangereusement les gens ennuyeusement ordinaires et les cas soc’ de compétition…

 
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