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Des mystères, du sang et des meubles en kit

 
Message posté : Mar 1 Sep 2015 - 18:37 Message
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— Tuez-le.
— Quoi ? Maintenant ? Pourquoi ?

La Femme du Capitaine avait raccroché. Son ordre avait ému considérablement l’assemblée. Lindman, par exemple, n’avait aucune envie d’être tué et ses deux gardiens, quoiqu’ils n’éprouvassent aucun scrupule à écourter les jours de ce professeur qui leur était de toute façon assez peu sympathique, étaient suspicieux devant un pareil revirement. Lindman, c’était celui qu’il avait fallu tenir en vie, tant qu’il pouvait servir aux affaires ; si maintenant on voulait le tuer, c’était que les affaires devenaient délicates. En bons hommes de main, ils savaient que les restructurations économiques touchaient souvent le petit personnel.

— On est pas des meurtriers.
— Enfin, si.
— Ouais, mais quand même.
— Quand même.
— Ouais.

La Femme du Capitaine se massa l’arrête du nez.

— Écoutez, la Légion prend d’assaut la Marianna et on a déjà buté un Légionnaire, peut-être deux. On est tous complices alors maintenant, c’est le moment de nettoyer.
— Je suis Thunder de la Légion des Étoiles ! Posez vos armes et aucun mal ne vous sera fait.
— Jace… !
— Merde !

S’exclamèrent en même temps Lindman et l’un des hommes de main. Ce dernier, assisté par son secourable collègue, mit Jace en joue et les balles s’écrasèrent bientôt sur un bouclier électrique. L’appel du Capitaine à sa Femme avait attiré l’attention cyberpathique du jeune héros et, dès lors, il n’avait plus eu aucune difficulté pour localiser les trois énergumènes et leur otage dans les étages de l’immeuble, au deuxième, précisément, dans un petit appartement qui ne devait pas trouver facilement à se louer.

Un éclair jaillit du bouclier et frappa le mur derrière les deux hommes. De là, il rebondit, reforma Thunder. D’un coup de pied, il assomma un homme. Le second tourna son arme vers lui, Jace lui attrapa le poignet, le tordit, tira l’homme près de lui et pivota pour le faire rouler par dessus son épaule et le projeter au sol. Le premier se relevait, il fut frappé avec la paume de la main. Quand les deux furent étendus en même temps, Thunder les couvrit d’un dôme électrique qui les menaçait d’électrocution s’ils tentaient de se relever.

Les souvenirs lui étaient revenus.

La Femme du Capitaine, si elle était impressionnée, n’en laissa rien paraître. Elle n’avait pas sorti d’arme mais elle regardait fixement Thunder et, d’une voix calme, elle dit :

— On a déjà tué vos deux associés, on vous tuera aussi.

Il y eut une violente fluctuation dans le dôme électrique.

— Hé, oh…
— Faudrait voir à se calmer un peu, s’il vous plait.

Vincent était mort ? Jace n’y avait jamais cru, il ne le croirait pas ce soir-là. On ne survivait pas à Fuzon pour se faire zigouiller à l’improviste par des trafiquants de drogue et d’antiquités. Et Gustav ? Sa réputation au sein de la Légion le précédait. Non, sans doute, ils étaient tous les deux vivants. Il fallait de la détermination, il fallait de l’héroïsme, il fallait… Une gerbe d’éclairs sortit du dôme qui maintenait les deux hommes prisonniers et s’élança par la fenêtre : elle tourbillonnait, grossissait, traversait le ciel de Stockholm, pour s’abattre sur le port, sur le pont de la Marianna et y prendre la forme d’un second Thunder, tandis que le premier fixait toujours la Femme du Capitaine d’un regard calme et solide.

— Rendez-vous. La résistance est inutile.
— Viens me chercher.

Et la peau de la femme se teinta de gris. En moins d’une seconde, elle était devenue entièrement métallique. Jace haussa un sourcil. Voilà qui était fâcheux. À tout hasard, un second éclair sortit du dôme et il vint frapper la Dame de Fer. L’électricité courut sur tout son corps mais elle n’en parut pas affectée. Tant pis : il faudrait en venir aux mains. Jace s’élança et donna un crochet du gauche. Ses doigts s’écrasèrent sur le métal. La Dame de Fer riposta d’un coup de poing dans le torse, Jace fut projeté à travers la pièce jusqu’à heurter le mur.

— Attention ! C’est une mutante !
— Sans… blague…

Loin de là, sur le pont du navire, où la panique avait suivi l’utilisation d’une arme mal maîtrisée, Jace cherchait du regard Vincent et Gustav. Dans l’appartement, Jace évitait surtout la Dame de Fer, le temps de trouver une solution. Heureusement, sous sa forme métallique, elle n’était pas très rapide et, en bondissant, le jeune homme se soustrayait facilement à des attaques dangereuses. Bientôt cependant, lasse de ce jeu où elle ne pouvait avoir l’avantage, la Dame de Fer s’arrêta près de Karl et posa une main sur le crâne du professeur ligoté.

— Tu te rends où je le broie. On va faire un échange. Tu me parais un otage plus utile.

En une fraction de seconde, Jace réfléchit. S’il se constituait prisonnier et qu’elle devait fuir, elle serait obligée, à ce qu’il en voyait, de reprendre une forme humaine et alors, sans doute, elle ne résisterait pas à une attaque électrique et soudaine. Elle prendrait ses précautions à n’en pas douter mais elle serait vulnérable. Ce qui fallait surtout, c’était avoir un avantage de surprise.

Le jeune homme hocha la tête. Le bouclier électrique se dissipa, absorbé par les prises de l’appartement. En réalité, il voyagea jusqu’au rez-de-chaussée, émergea dans le salon d’un couple du troisième âge et reforma un troisième Thunder, qui dit en suédois :

— Légion des Étoiles, opération en cours. Ne vous inquiétez pas.

Et quelques étages plus haut :

— Laissez-le partir et je me rends.

La Dame de Fer baissa la main et trancha les liens de Karl. Le professeur, tétanisé un instant, finit par murmurer :

— Jace…
— Partez, professeur. Ne vous inquiétez pas pour moi.
 
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Message posté : Mer 2 Sep 2015 - 13:42 Message
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    Le froid qui régnait dans ces eaux était à la fois une bonne et une mauvaise chose. Mauvaise, car la puissance de Vincent diminuait à chaque seconde, occupée à maintenir son corps au chaud. Bonne parce qu’avec ce froid, il était facile de repérer la chaleur de Gustav : c’était comme voir la lune dans un ciel sans nuage depuis un point non éclairé. Après, il fallait nager. C’était une autre affaire. Vince été allé se baigner une seule fois depuis son retour mais il n’était pas resté longtemps dans l’eau. La sensation était devenue tellement étrangère. Son corps savait comment faire, mais ses mouvements étaient beaucoup moins fluides qu’avant, marqués par des petites hésitations sans doute renforcées par la violence de son feu intérieur qui se battait pour repousser le froid envahissant. Ce ne fut donc pas un plongeon facile, mais Ash n’abandonna pas et n’économisait pas son énergie pour atteindre Gustav. Il finit par l’attraper par le bras et s’empressa de le tirer tout en commençant à nager vers le haut. Le muté sentait la fatigue gagner du terrain et le froid commençait à se faire sentir. Mais il continua, jusqu’à ce que son visage se retrouve à l’air libre, ainsi que Gustav.

    – kof-kof…

    Quant au tireur, depuis qu’il avait fait exploser la moitié de son navire, il n’avait pas traîné et s’était empressé de prendre la poudre d’escampette, toujours armé de son espèce de canon miniaturisé et de son téléphone. Il était arrivé sur la passerelle lorsqu’un éclat de lumière le força à se retourner. En voyant Thunder, il s’empressa de descendre sur les quais pour s’enfuir en espérant que le héros s’occupe plutôt de secourir ses amis que de lui.

    Menés par Vincent, les deux baigneurs arrivèrent au bord du quai. Le pyromancien parvint à les hisser tout deux pour qu’ils se retrouvent au sec, mais il n’avait presque plus de force. Ce n’était cependant pas son souci principal car il avait remarqué que Gustav était inconscient. Heureusement, il n’était pas en manque d’air car il respirait. Il fallait dire que Vince n’avait pas traîné pour le repêcher. Par contre, sa respiration était faible et on voyait et entendait qu’il avait du mal à inspirer.

    – Qu’est-ce qui vous arrive, Gustav ?

    Ignorant son corps qui lui réclamait un peu de repos ainsi qu’un peu de chaleur, Vince se pencha au dessus du Légionnaire et l’examina. Les bras de Gustav étaient un peu brûlés, de même que son torse désormais dépourvu de vêtement. L’impact d’un tir à gros calibre était évident et le jeune homme fut assez surpris de le voir encore en vie. Assurément, ce bonhomme était solide comme un roc. N’empêche qu’il ne se réveillait pas et qu’il avait l’air blessé, même si, d’un point de vue extérieur, il ne voyait rien. Les dommages étaient peut-être internes. Vincent se redressa et balaya les quais du regard lorsqu’un mouvement attira son attention du côté du navire. Des yeux bleus électriques se distinguaient dans la nuit. Le muté leva un bras.

    – Jace ! Jace par ici !

    L’inquiétude était évidente dans sa voix. Il ne savait pas trop quoi faire et craignait que ces gestes soient plus dangereux que salvateurs pour le Légionnaire blessé. Jace pourrait l’examiner plus efficacement et savoir ce qui lui arrivait, il pourrait aussi prévenir les secours… Sauf s’il ne se rappelait toujours pas comment utiliser ses pouvoirs. Là, ils auraient des ennuis… Mais d’ailleurs, ils en avaient déjà car. A une centaine de mètre devant lui, le long du quai Vince vit des phares s’allumer et entendit le moteur d’une voiture gronder. Au volant : le capitaine qui avait posé son arme sur le siège passager et qui avait repéré les deux hommes qui venaient de remonter. Il devait fuir… mais il était également en colère. La peur qu’avaient fait apparaître les premières secondes de sa confrontation avait fait place à une rage grandissante. Sans hésiter, il écrasa la pédale d’accélération et fonça sur les deux Supers. Autant faire d’une pierre deux coups.

    Vincent, de son coté, était incapable de bouger, ou du moins, il le pourrait, mais sans Gustav. Il n'avait plus assez de forces. Voyant que le véhicule fonçait sur eux, il agit par instinct et se mit devant son compagnon blessé pour le protéger autant que possible de l'impact. Et il attendit de se faire percuter en priant...

 
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Message posté : Jeu 3 Sep 2015 - 22:54 Message
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Karl fixa Jace. Puis se leva et partit. La Dame de Fer ne le retint pas. Les premières passes d’arme l’avaient convaincue qu’elle avait un net avantage sur le super et tenir en otage le fils du Commander lui paraissait un gage évident de sûreté. Elle s’approcha de lui et posa une main sur ses cheveux : le geste n’était pas affectueux, bien sûr, parce qu’il suggérait surtout qu’elle pouvait lui broyer le crâne si d’aventure il faisait le moindre geste pour s’enfuir.

— En avant. On va gagner le fourgon et tu vas conduire.

Jace se laissa diriger, comme une marionnette, en espérant que Karl serait véritablement en sûreté. Maintenant, il lui fallait réfléchir à une solution pour neutraliser cette adversaire qui résistait à ses coups autant qu’à ses pouvoirs. Du feu ? Il ne savait même pas quel était son point de fusion. De la glace ? Ce serait peut-être plus efficace. Alors qu’ils quittaient l’immeuble, l’esprit de Jace parcourait les fichiers de la Légion suédoise pour trouver les supers qui seraient les plus à même d’affronter efficacement sa geôlière.

De l’autre côté de la ville, sur le port, en un bond gigantesque, le jeune héros atterrissait aux côtés de Vincent et Gustav. Son regard se porta sur Vincent, d’abord, malgré tout, même si le pyromancien, des deux, paraissait le mieux portant, avant de le poser sur Gustav, qui n’avait pour sa part pas fière allure. Il allait analyser les blessures internes du petit homme quand une voiture commença à leur foncer dessus, avant de caler aussi net.

Un faux contact, sans doute, mais ce n’était qu’une résolution temporaire de la situation. C’était une chose de neutraliser la voiture assassine, c’en était une autre de gérer le canon portatif. Jace s’était redressé et il s’interposait désormais entre Vincent, Gustav et l’arme. Le problème, c’était que l’arme en question était expérimentale et que si Jace pouvait comprendre les machines, c’était qu’elles se ressemblaient plus ou moins. Toute l’intelligence du monde ne suffisait pas à combler un manque de connaissances et ce machin-là, le Phénix en aurait pu décrire les rouages sans savoir exactement ce qu’il devait lui faire.

Une seule solution : quand on ne pouvait pas se défendre, mieux valait attaquer. L’électricité contenue dans l’air se concentra au-dessus du capitaine de navire qui commençait à viser et la foudre tomba à côté de lui alors qu’il tirait. C’était un spectacle impressionnant, même pour les nerfs les plus solides : il sursauta et le tir fut dévié. Il partit démolir un peu plus la coque du vaisseau. Jace profita de la surprise de son adversaire pour s’élancer en même temps vers lui. Au corps-à-corps, il craindrait moins l’arme révolutionnaire de son ennemi et, surtout, il pourrait doser plus finement son électricité et l’attaquer directement sans craindre de le tuer avec une surcharge.

Face à la tendre moitié de son capitaine Haddock de l’Apocalypse, l’autre Thunder n’en était rendu si loin. Il avait atteint un fourgon et la Dame de Fer réalisait que son plan comportait une faille minuscule cependant. Pour continuer à menacer Jace, il lui fallait le toucher mais il était difficile de s’installer dans un véhicule en maintenant le contact. Ils se tenaient donc là, sur la chaussée, elle, tout en métal, la main sur lui, avec ses cheveux blonds et le sourire sarcastique qu’il ne parvenait pas à réprimer.

— Bon, bon, bon. Et maintenant, on fait quoi ?
— OK. Faites-moi confiance.

Enfin, il parlait surtout à Vincent. Le combat au corps-à-corps, comme souvent avec Thunder, avait été bref mais si le capitaine et son gros-petit canon était étendu sur le sol avec la moustache frisée, la situation demeurait critique. La navire menaçait de prendre l’eau et on l’évacuait, sans plus songer à la marchandise. En revanche, les héros, réduits à un état de faiblesse apparent, ne manquerait pas de susciter l’hostilité des criminels. Fuir était plus séduisant quand on pouvait s’offrir le luxe d’éliminer d’éventuels poursuivants : Gustav inconscient, Vincent épuisé et Jace au four et au moulin offraient une cible facile.

Jace avait paré au plus pressé. D’abord, il avait déployé un bouclier électrique assez vaste qui les couvrait, en les séparant du quai, mais qui ne tiendrait pas longtemps contre l’assaut de plusieurs armes automatiques. Or, l’hypothèse n’était pas à écarter. Ensuite, il avait pensé à la stratégie. Il avait besoin d’un soutien pendant qu’il s’occupait de Gustav. Son regard se posa sur Vincent.

— J’suis désolé, mon cœur, va falloir que je te redonne des forces et ce s’ra pas super agréable mais c’est pour ton bien. T’es prêt ?

Et quand Vincent lui donna son assentiment, Jace glissa une main sur la peau nue de Vincent, sur son ventre. Le jeune homme fut très vite rempli d’énergie : c’était comme une décharge d’adrénaline mais en beaucoup plus efficace : Jace dissipait sa fatigue en manipulant son système nerveux et en le régénérant en partie. Le processus, quand il prenait une ou deux minutes, était à vrai dire plutôt agréable, mais en concentré en quelques secondes, il donnait l’impression d’être réveillé très brusquement par des sirènes, une lumière vive et une odeur forte. Il crispait les muscles avant de leur permettre de fonctionner à nouveau.

Jace retira sa main et répéta :

— Désolé.

Puis il se concentra sur Gustav et posa les deux mains sur le torse nu du Légionnaire. Son cas était plus grave mais, avec du temps, l’Américain comptait bien pouvoir le régénérer.
 
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Message posté : Ven 4 Sep 2015 - 1:18 Message
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    Le grand Thunder arriva à la rescousse même si sa première intervention ne fut pas des plus impressionnantes et se contenta de couper le moteur de la voiture. Le résultat était là et Vincent n’avait pas gagné de nouvelles blessures potentiellement mortelles.

    Cela dit, ils n’étaient pas encore tirés d’affaire. Gustav était toujours dans un mauvais état et il avait besoin de soins plus localisés que ce que Vincent pouvait procurer. Problème : les trafiquants n’allaient pas tarder à leur tomber dessus. Le temps de quitter le navire, de se regrouper et de retirer la sécurité de leurs armes. Jace déploya son bouclier électrique, mais c’était seulement pour gagner du temps. La configuration du terrain – métaphore sportive forever – ne laissait pas beaucoup de marge de manœuvre : Ash allait devoir s’occuper de l’équipe adversaire. Mais d’abord, il fallait qu’il reçoive un petit coup de boost. Ce que Jace annonça.

    – T’inquiète pas, ça va aller ! assura Vincent avec assurance.

    Parce qu’il avait vécu pire. Mais il ne s’étala pas dessus. Jace s’en doutait bien. Vincent n’avait pas envie de revenir sur ces souvenirs. Il se redressa donc et laissa Jace faire opérer son électricité. La sensation fut brève mais intense. Chacune des cellules de son corps semblait prise de spasmes violents qui le crispaient de toute part. Un brusque frisson anima son corps. Vincent avait l’impression qu’il venait de se réveiller en tombant depuis son lit moelleux et douillet dans une piscine d’eau froide… et électrique.

    – Wouah ! il s’ébroua pour se remettre du choc. Y-a-pas-d’mal souffla-t-il entre les dents.

    Mais il n’avait pas de temps à perdre. Le jeune homme s’avança donc vers le bord du bouclier de Jace. Il ne savait pas exactement à quel point la décharge du mutant avait pu le booster, mais il se sentait vraiment en forme. Assez, d’ailleurs pour oser une contre attaque à distance. Le jeune homme se concentra sur l’arme que tenait l’homme en tête de file. Un grand baraqué avec une barbichette et un front plissé. Il tenait un pistolet mitrailleur qui mit une seconde à brûler sous le regard insistant de Vincent. Aussitôt, le dealer lâcha son arme en hurlant mais Ash enchaîna en levant les mains. Aussitôt, les flammes quittèrent l’arme à feu pour former un arc de cercle afin de bloquer le quai et de les isoler de leurs agresseurs. Lorsque la ligne fut tracée, Vincent exécuta un mouvement vers le haut pour que les flammes forment un mur.

    – Ouvre le bouclier pour me laisser passer. Mais si tu peux, reforme-le après, au cas où.

    Lui ne comptait pas abaisser son mur de flammes mais deux précautions valaient mieux qu’une. Une fois dehors, le jeune homme se précipita vers le mur de feu qu’il venait de créer et bondit à travers tout en se dirigeant vers une des voitures qu’il avait fait exploser plus tôt, elle était encore en flammes. Son arrivée fut accueillie par une surprise générale, suivie par un mouvement de recul alors que le pyromancien feinta en faignant de faire avancer sa barrière enflammée. Cela lui laissa le temps de sprinter et de bondir pour rouler près de la voiture. Là, il pu absorber les flammes toutes fraiches et regagner en puissance. Le jeune homme se redressa. On lui tira dessus. Un coup, deux coups, trois coups… ça commençait à piquer. Il se changea donc en cendres et entreprit de jouer au loup. Trois hommes tombèrent à la mer. Un autre glissa sur des cendres mouvantes et rapides et se cogna la tête. Restait le barbu mécontent qui avait sorti le couteau. Vince attrapa la main agressive et la maintint à distance pendant quelques secondes avant d’utiliser son élan pour l’envoyer faire un bond de dix mètres pour retomber sur le capot de la voiture du capitaine.

    Manque de bol, il restait en fait encore un ennemi qui s’était glissé jusqu’à la voiture pour sortir l’arme expérimentale et la pointer sur Vincent. Le muté alla se changer en cendres lorsqu’un bruit détonna. L’arme déraillait… ou le type s’était planté de manipulation. Qu’importe, Vincent se transforma en cendre et fila derrière l’homme pour reprendre forme humaine et l’assommer. Le silence de la victoire fut rapidement balayé par le murmure des sirènes des pompiers. La fumée provoquée par les explosions et autres feus avaient dû attirer l’attention. Il n’allait pas s’en plaindre. Le jeune home revint vers son mur de feu qu’il réabsorba. Les veines nouvellement crées étaient en train de finir de se résorber lorsqu’il arriva au niveau des deux Légionnaires.

    – Tu t’en sors ? Comment ça s’est passé avec Karl ? T’y es encore ? les corps multiples de Jace rendaient les évènements assez difficiles à suivre pour lui, Vince n’était même pas sûr que le blond se soit divisé en plusieurs corps Tu veux que j’y aille ?

    Peut-être que Thunder bis avait bien besoin d’un coup de main car, s’étant rendu, il avait dû libérer les hommes de main de ses dômes éclectiques. Les sbires étaient alors venus de chaque côté de la voiture afin de le braquer de leurs armes à feu, prêt à tirer au moindre signe d’hostilité pendant que la patronne faisait le tour pour s’installer.

    Cela dit, Thunder bis bis (si mes calculs sont bons) était peut-être déjà sur le coup… sauf si le couple du troisième âge qu’il avait surpris posait des problèmes. Ne sous-estimons pas l’esprit guerrier des vieux vikings.

 
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Message posté : Sam 5 Sep 2015 - 15:10 Message
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Heureusement que Thunder avait entrainé ses pouvoirs médicaux à la Tour de la Paix : il y avait pris l’habitude de traiter les physiologies atypiques et, en découvrant celle de Gustav, il s’en félicita. Deux cœurs, trois poumons, ce qui devait être des sortes de petits cerveaux un peu partout, un système sanguin particulièrement développé : l’anatomie du petit homme était spectaculaire. Une chose paraissait évidente à Thunder : Gustav n’était pas humain, pas même mutant. Pour le reste, mystère.

Heureusement, le jeune homme n’était pas tout à fait perdu. Il y avait des organes qui, de toute évidence, auraient dû fonctionner et fonctionnaient mal, des cerveaux secondaires, faute d’un meilleur terme, qui avaient cessé de transmettre des ordres à la partie du système sanguin qu’ils contrôlaient. Il y avait des veines ou des artères ouvertes. Hémorragies internes. Les blessures étaient moins considérables qu’il ne l’avait craint, en voyant le trou béant dans la coque du navire, mais elles exigeaient de Thunder beaucoup d’attention.

Alors il fit abstraction de ce qui l’entourait et il fallait qu’il eût en Vincent une confiance immense pour ne pas surveiller lui-même ses arrières. De l’autre côté de la ville, en revanche, c’était bien Thunder qui surveillait Thunder. Perché sur toit, Thunder regardait Thunder qui pensait à Thunder concentré sur Gustav tandis que la Dame de Fer tenait sa tête. La situation, naturellement, était délicate. Si Thunder sauvait Thunder en intervenant, c’est-à-dire en éliminant les deux malfrats armés, la Dame de Fer tuerait Thunder. En soi, ce n’était pas très grave, quoique le choc de cette mort pût, à cause de sa douleur, interrompre quelques secondes le traitement de Gustav et, surtout, offrir quelques secondes de répit à la Dame de Fer pour grimper dans le fourgon et…

Thunder, au sol, se mit à jauger sa geôlière. Pouvait-elle sous cette forme manœuvre facilement un véhicule ? C’était douteux. Ses mouvements étaient lents et gauches. Elle se déplaçait comme un robot rouillé. Jamais elle ne pourrait utiliser le levier de vitesse, l’embrayage ou le volant dans une course poursuite, si elle restait métallique. Lui permettre de fuir, n’était-ce pas, alors, la meilleure solution pour pouvoir la neutraliser ? Le raisonnement n’était pas très intuitif mais il convainquait les deux Thunder. Restait Thunder, qui s’occupait de Gustav.

J’espère que vous avez bien suivi.
Il faudra faire un résumé à la fin. C’est la rentrée, j’évalue vos compétences.

Gustav, cependant, était tiré des affaires. Thunder entendit la sirène des pompiers. Les fonctions vitales du héros étaient préservées. Son état n’était pas critique. Il pouvait se permettre d’interrompre ses soins quelques secondes. Alors Thunder se retourna vers Vincent, qui s’était finalement défait de leurs nombreux adversaires.

— Karl est libéré. Il est…

À une cabine téléphonique, en train d’appeler la Légion, pour dire que Thunder avait été capturé par une dame métallique, une histoire que personne, évidemment, n’eut du mal à croire. Thunder — pas celui-ci, l’autre — pas celui de la Dame de Fer (en bas, pas en haut) mais celui du port — on se concentre — n’eut aucun mal à repérer l’appel. Tandis que la Légion relevait grâce à Karl les coordonnées de Thunder (vous savez lequel), Thunder (l’autre) relevait les coordonnées de Karl.

Il donnait à Vincent le nom de la rue, les coordonnées GPS et le numéro de la cabine téléphonique, autant d’informations dont il était peu probable que le pyromancien eût seul l’usage, dans la mesure où il ne connaissait pas Stockholm. Puis Jace glissa :

— T’inquiètes pas, ça va aller. Va le protéger.

Une déclaration qui demeura cryptique pendant quelques secondes, jusqu’à ce que Jace pâlisse d’un coup, pousse un violent gémissement de douleur et se tiennent la tête entre les mains. Et pour cause : à quelques kilomètres de là, on venait de lui broyer la tête d’une poigne de fer, parce qu’un autre Thunder avait tenté de libérer Thunder en expédiant une nouvelle fois deux malfrats au tapis. Le corps mutilé du Thunder sacrifié tomba au sol dans une flaque de sang avant de se mettre à crépiter et de se transformer en électricité, tout près du second Thunder, ou plutôt le troisième, dans l’ordre chronologique, qui lui aussi, sur la chaussée, n’avait pas l’air au mieux de sa forme.

Profitant de la détresse du héros qu’elle venait de tuer-mais-non, la Dame de Fer reprit forme humaine et s’élança vers le volant du fourgon. Les éclairs du cadavre de Thunder, presque invisible désormais en sa chair, rejoignaient le corps du troisième Thunder, qui recouvrait peu à peu de la douleur qui avait frappé en même temps toutes les incarnations du jeune homme. Au port, Jace n’avait pas le même avantage mais il était habitué à la mort et il commençait déjà à ravaler sa douleur.

Heureusement, les secouristes, une fois arrivés, avaient naturellement afflué vers Gustav. Les multiples battements de cœur du Légionnaire les laissaient un peu perplexes mais Jace se releva et commença à donner quelques explications utiles. Le troisième Thunder, promu second, se relevait pour sa part et prenait son envol. Il avait un fourgon à attaquer par surprise.
 
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Message posté : Dim 6 Sep 2015 - 18:53 Message
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    A son grand soulagement, Vincent pu constater que Jace avait réussi à stabiliser l’état de Gustav. Les secours n’auront donc pas à accomplir de funeste constatation. Le Phénix lui apprit également que Karl allait bien et lui donna ses coordonnées mais, avant que Vincent se transforme et s’envole, Jace émit d’inquiétants gémissements. Aussitôt, le muté fonça vers lui et posa les deux mains sur les épaules du blond en se plaçant devant lui et en l’examinant pour essayer de comprendre la source de sa peine. Etait-ce le contrecoup de ses pouvoirs de guérison ? Non, c’était autre chose… comme si la douleur ne venait pas de son corps… d’un autre corps donc ?

    – Jace ?! Qu’est-ce qui se passe ?!

    Le muté déglutit. Il avait une petite idée : les choses se passaient mal du côté d’un des doubles de Jace. Il devait souffrir le martyr… ou pire. D’un côté, Vincent n’avait pas envie de savoir, d’un autre, le fait de ne pas savoir lui faisait bouillir les entrailles, et ce n’était pas une bonne chose, contrairement à ce que la chaleur sous-entendue pourrait faire croire. Malgré tout, Jace semblait se remettre, même si cela ne rassurait pas tellement le pyromancien, ça lui permettait de comprendre que la situation n’était pas si grave et que la priorité passait donc à ce brave Karl qui, après tout, était la raison de leur présence ici. Ce fut un peu à contrecœur que Vincent s’écarta – après avoir brièvement caressé les épaules de son petit ami du bout des doigts – et se transforma pour prendre son envol en direction des coordonnées précises que Jace lui avait transmises. Vincent atterrit dans la rue en question, juste à côté de la cabine utilisée par Karl qui continuait de s’agiter au téléphone.

    – …il faut vous dépêcher, il est en danger, cette femme est…*
    – Professeur Lindman ?

    Le concerné leva la tête soudainement inquiet. Qu’est-ce qui allait lui arriver maintenant, pensait-il. Assurément, ces derniers jours n’avaient pas été de tout repos pour lui et il avait dû s’habituer à un certain degré de danger. Il examina Vincent d’abord avec crainte, puis avec curiosité. Heureusement pour tous les deux, son anglais n’était pas mauvais du tout, la barrière de la langue fut donc vaincue.

    – Professeur, je suis Vincent… L’ami de Jace…

    La compréhension commença à s’afficher sur le visage du chercheur.

    – Seigneur *


    … … …


    Dans son véhicule, la Dame de fer n’était pas contente. Non seulement elle conduisait vite et mal, mais en plus, elle téléphonait au volant. Sous sa forme humaine donc, parce que sinon, ni le volant, ni le levier de vitesse et ni le téléphone ne survivrait longtemps. En parlant de survie…

    – Bära ! J’ai besoin de toi ! Lindman s’est enfui, il en sait trop. Retrouve-le, fais ce qu’il faut et disparaît un moment. Nous allons devoir rester sous les radars pendant un moment…*

    Cet appel téléphonique destiné à envoyer un tueur chevronné sur la piste de ce pauvre vieux Karl passé, la Dame de fer laissa son portable tomber sur le siège passager avant de porter toute son attention sur sa fuite. Car, comme elle venait de le dire, il était temps de disparaître. Elle se concentra donc sur sa conduite… ainsi que sur les alentours, car les Thunder, ça vous tombait dessus comme les champignons.


    … … …


    Cinq minutes d’émerveillement exprimé parfois en anglais parfois en suédois plus tard :

    – …c’est merveilleux, vous défiez tous les principes de l’équilibre élémentaire supposé régir toute vie sur Terre. Techniquement, il est impossible que l’eau de votre corps subsiste lorsque votre feu brûle, de fait, vous survivez sans l’un des éléments fondamentaux à toute forme de vie connue…
    – C’est génial… Maintenant, on pourrait se concentrer sur votre sécurité ?
    – Et bien sûr, il y a toutes les théories de la sympathie élémentaire que vous magnifiez à merveille !

    Autant parler dans le vide. Vincent décida de laisser tomber et de se contenter d’avancer en essayant de traîner Lindman par le bras sans lui faire mal. Les deux progressaient dans un quartier qui, du point de vue du jeune homme, craignait un peu. En tout cas, ce n’était pas super bien éclairé. Vincent essayait de le diriger vers le centre ville où il avait à peu près repéré des endroits stratégiques comme la gare, le commissariat et bien sûr le QG de la Légion. Lindman, pour sa part, ne semblait pas si inquiet que ça pour sa survie. Il avait certes demandé des nouvelles de Jace – brièvement – mais il s’était bien vite intéressé à la situation de Vincent. Encore un qui en savait un peu trop sur les théories élémentaires pour son bien. Le pyromancien le soupçonnait tout de même d’être un peu en état de choc. Cela lui permit de faire preuve de compréhension et de ne pas lui faire savoir qu’il n’appréciait pas tellement son implication dans les tortures que Jace s’était auto-infligées. Leur déplacement se déroula donc relativement bien. Karl se laissait traîner docilement. Ils se retrouvèrent donc dans une rue commerciale modeste et déserte. Lindman dissertait sur la possible vérification d’une théorie venant d’Afrique subsaharienne pendant que Vincent continuait de le faire avancer lorsqu’une ombre sauta d’un toit pour atterrir sans égratignure devant eux.

    Gustav ?

    Un grognement se fit entendre.

    Ah ben non.

    L’ombre se redressa. Karl se tût. Il se mit à transpirer. Vincent le lâcha.

    – T’es vachement grand toi. commenta Vincent, un peu moins rassuré qu’il ne l’aurait voulu.

    L’homme, non, l’ours qui lui faisait face posa un pas devant eux. Il devait facilement dépasser les deux mètres. Et que du muscle. Et… oh ! Des grosses dents ! Des griffes !

    En suédois


 
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Message posté : Lun 7 Sep 2015 - 19:39 Message
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— Ça va.

Ah oui, ça, c’est sûr, ça avait l’air.

— Va chercher Karl.

Lui allait dévaliser une réserve d’aspirine. En fait, à peine Vincent parti, une fois Gustav entre les mains capables de secouristes chevronnés, Jace s’était transformé en électricité pour s’envoler dans les airs. Le meilleur moyen de stabiliser la douleur et le traumatisme d’une mort était de réunir le plus de corps en un seul — non, le Phénix n’était pas parti s’organiser une partouze pour se remettre de ses émotions. À la place, c’était moins amusant, il traversait en volant la capitale suédoise, alors même que l’autre Thunder surveillait le fourgon.

Il n’avait rien manqué de l’appel téléphonique. En plein vol, le premier Thunder — celui du port — bifurqua, laissa son second lui seul à la tâche où il avait prévu de le seconder, pour tenter de retrouver Vincent, à qui on allait rendre, c’était évident, une visite peu agréable. De toute façon, la Dame de Fer était déjà perdue. Monter dans le fourgon avait été une erreur fatale dont elle ne pourrait pas se tirer. La preuve : le feu venait de passer rouge juste sous son nez.

D’un coup, le fourgon cessa de fonctionner. Tous les contacts électriques avaient été corrompus. Quasi au même moment, la foudre s’abattit sur le véhicule, mais au lieu de se répandre uniformément, elle se concentra sur l’habitacle avant, sur lequel elle s’était en quelque sorte refermée. Des éclairs traversèrent la Dame de Fer. La foudre se résorba en un Thunder debout devant le fourgon. La conductrice était inconsciente.

La filature pendant un moment avait été nécessaire, pour s’assurer de bien doser cette attaque qui eût été sinon mortelle pour la fugitive. Thunder avait étudié, en volant au-dessus du fourgon, la physiologie de sa proie. Il n’avait pas de seconde chance : un peu trop de courant et la Dame de Fer pouvait être blessée grièvement ou, pire, mourir, point assez et elle aurait le temps de se transformer pour redevenir une ennemie impossible à vaincre. Il avait fallu de la précision et Thunder n’avait frappé que lorsqu’il avait été sûr de son coup.

Dans le même, une partie de son esprit avait contacté la Légion et plus précisément l’équipe assemblée par Gustav avec l’aide de l’UNISON. Des agents des deux organisations devaient être en train de ramasser les deux malfrats humains ; d’autres, désormais, se dirigeaient vers le fourgon pour capturer la Dame de Fer. Sur le port, de la même façon, on mettait aux arrêts les victimes d’Ash. Restait l’adversaire d’Ash lui-même, ce mystérieux Bära.

Thunder était tenté de porter à lui ses deux corps mais il tenait à surveiller la Dame de Fer. Une physiologie plus résistante qu’il ne l’avait calculée pouvait la conduire à se réveiller avant l’arrivée des agents de l’UNISON qui seraient capables de la maîtriser. Alors, à sa grande frustration, il laissa un seul de ses corps, le premier, qui était parti depuis le part, se rendre aux coordonnées qu’il avait communiquées d’abord à Ash.

C’était une cabine téléphonique. Elle était déserte. Thunder se posa à côté d’elle. Alors qu’il promenait son regard autour de lui, une jeune femme blonde l’aborda en ces termes :

— Vous êtes un héros. Trop sexy.
— Oui.

Sourire Thunder.

— Enfin, je veux dire, oui, je suis un héros. Vous n’auriez pas vu pa…
— On peut prendre une photo ?
— C’est que…

Un regard un peu coupable de l’adolescent tomba sur l’avenant décolleté de son interlocutrice.

— Bien sûr.

Attention ! N’allez pas croire qu’on convainc Thunder à coup de tétons. Pendant qu’il passait un bras — professionnelle — autour des épaules de la jolie demoiselle, le jeune héros connectait son esprit à toutes les caméras de vidéosurveillance des environs, celles du trafic et des distributeurs de billets principalement, pour déterminer précisément le chemin emprunté par Vincent. Tout progressistes que fussent les pays nordiques, ils n’échappaient pas à la règle de l’Occident : on y était constamment bien surveillés.

Alors que la Suédoise écrasait un baiser équivoque sur la joue de son nouveau héros favori, non sans lui murmurer juste après son numéro de téléphone à l’oreille, Thunder acheva d’établir sa trajectoire. Un dernier sourire pour faire fondre son admiratrice, qui se consolerait de son absence en twittant sa bonne fortune, et le jeune homme s’envola, laissant derrière lui un soupir énamouré poussé par la Suédoise.

Moins chanceux, les agents de l’UNISON qui avaient débarqué en force pour encercler le fourgon et arrêter une Dame de Fer qui n’opposa, à l’opération, ni résistance ni conscience, les agents, donc, se faisaient mitrailler par quelques journalistes, que les divers événements des deux ou trois dernières heures avaient finalement mis sur la piste des opérations. Et alors que la foudre tombait à côté d’un ours mal léché dans cette belle soirée de Stockholm et qu’un héros au physique du jeune premier s’y matérialisait pour faire régner l’ordre, la justice et les sourires séducteurs, un hélicoptère d’une chaîne nationale tournait au-dessus du combat déjà entamé, pour ne rien perdre d’une action en cette ville si inhabituelle.
 
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Message posté : Mar 8 Sep 2015 - 1:18 Message
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    – Je suis sûr qu’on peut juste discuter, toi et moi. Il n’y a aucune raison que tu utilises tes griffes et moi mes flammes…
    – Grrrrrrrrrr
    – Tu parles pas anglais, pas vrai ?
    – Grrrrrrrrrrrrrrrrr !!!
    – Tu parles pas du tout, pas vrai ?
    – GRWWWWAAAAAAARRRRRRRR !
    – Evidemment.

    D’un geste brusque, Vincent poussa Karl sur le côté. Le professeur atterrit au sol sans trop de douceur. Et ce fut tant mieux car, se faisant, il évita de recevoir de plein fouet le colosse bestial qui venait de leur foncer dessus. Ash, par contre, ne le loupa pas. Mais il s’était transformé avant de se faire toucher, si bien qu’au contact de ce mastodonte, son corps s’éparpilla sans mal. Il se recomposa derrière son agresseur avant de lui foncer dessus, le forçant à se reculer encore un peu. Le pyromancien cherchait à l’éloigner de Karl… Et qu’est-ce qu’il faisait celui-là d’abord à ne pas bouger ?! Agacé, Vince reprit une forme humanoïde et se tourna vers le professeur.

    – Oui, je sais, j’ai les cendres fascinantes, on verra ça plus tard. Maintenant, BOUGEZ !

    Cette fois, le chercheur décida de se relever et de s’éloigner le plus rapidement possible. Pendant ce temps, un bruit commençait à résonner dans le ciel : celui d’un hélicoptère qui traînait dans les parages. L’appareil attira l’attention du colosse griffu qui poussa un hurlement à faire trembler vos orteils. Pour le coup, l’hélicoptère rappliqua. Bon, apparemment, les reporters Suédois sont aussi fous que les Américains. C’était rassurant de savoir que l’inconscience était un symptôme international. Vincent se dit qu’il devrait essayer de neutraliser ce type avant que les choses dégénèrent et que d’autres témoins se ramènent. Vu le bestiau, ça risquerait de faire des victimes. Pas de bol, quelqu’un d’autre arriva. Ah non, ce n’est qu’un éclair. Ca ne risquait rien ça. Vince sentit le courage lui revenir. La présence de Thunder le revigorait mieux qu’un brasier fuzonique.

    –Tu tombes bien, j’me demandais comment j’allais lui mettre une muselière. lança-t-il, sincèrement rassuré en jetant un œil à Thunder. Quelque chose sur le visage du blond attira son attention et fit froncer ses sourcils cendreux Faudra faire gaffe, j’crois que ton rouge à lèvres lui plaît…

    Sans en ajouter d’avantage, le pyromancien s’élança sur l’adversaire, motivé par une colère qu’il reconnaissait comme étant irrationnelle mais qu’il ne parvenait pas à chasser. Autant s’en servir. Des étincèles explosèrent entre ses particules de cendres alors qu’il rasait le sol pour faire perdre son équilibre au musclor griffu. Cette stratégie lui valut un coup de griffes qui ne lui fit rien, un grognement rageur et un peu de bave. Mais il était parvenu à lui faire plier le genou. Maintenant, le… mutant – c’était un mutant ça ? – se concentrait sur lui. Tout agacé qu’il pouvait l’être, Vincent prit tout de même garde de ne pas trop blesser son adversaire. Il fallait dire aussi que celui-là avait un cuir assez résistant. Pour un peu, Ash aurait l’impression d’essayer de tailler le cuir d’une Vouivre avec ses ongles. Or, c’était une chose quasi impossible. Ash s’acharna donc et multiplia les manouvres pour déséquilibrer son adversaire tout en essayant de l’éloigner de Jace et de Karl. A distance, Jace pourrait sans doute utiliser ses pouvoirs pour assommer le monstre. Malheureusement, celui-ci collait Vince de près. Il était plus rapide qu’il en avait l’air cet ours. Le muté pourrait aisément s’éloigner en allant encore plus vite, mais des voitures étaient en train de s’approcher pour entourer l’aire de combat, réduisant ainsi sa marge de manœuvre… sauf dans une direction. Après avoir sauvé une partie de ses cendres de la mâchoire baveuse et pleine de crocs de son ennemi, Vince se propulsa dans les airs à une dizaine de mètres du sol. Là, techniquement, le colosse ne pourrait pas l’atteindre. Manque de bol, il en profita pour foncer sur un flic qui venait de sortir de sa voiture. Vince réagit par réflexe et fila s’interposer entre eux. Arrivé au niveau du policier, il reprit forme humaine et le plaqua au sol pour le protéger de son corps. Après tout, sa peau était devenue plus solide maintenant, il pourrait certainement résister à… Quoique, ce machin avait de sacrée griffes… et de sacrés crocs.

    Vincent oublia complètement le rouge à lèvres qui avait planté sa marque sur la joue de Jace et espéra que ce dernier pourrait faire quelque chose pour stopper l’instoppable ours de Suède avant qu'il ne blesse quelqu'un... le pyromancien inclus.

 
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Message posté : Mer 9 Sep 2015 - 11:43 Message
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— Mon rouge à lèvres ?

L’heure était grave : Vincent avait sombré dans la folie. C’était inévitable : les maux de tête n’étaient que les signes avant-coureurs d’hallucinations qui deviendraient bientôt violentes. Ou alors il le rêvait en femme. C’était un message pour qu’ils fissent un détour par le Brésil avant de rentrer aux États-Unis. Ou alors…

— WWAAAAARRRRR !

Jace choisit sagement d’éluder le problème. Pour l’heure, Vincent se débrouillait plutôt bien avec l’ours et, s’il ne semblait pas remporter sur lui de victoire solide et définitive, tout du moins parvenait-il à l’occuper. La priorité était donc d’évacuer Karl, pour qui on s’était donné tout ce mal et que les événements des derniers jours laissaient dans un état second, spectateur impuissant et sans doute à demi-conscient d’une existence devenue soudaine bien plus trépidante que ses fouilles archéologiques et que ses cours à l’université.

Thunder se précipita aux côtés de celui qui avait été moins qu’un ami et un peu plus qu’un associé. Karl avait compris que la fuite était une excellente solution mais il n’était pas très rapide. Thunder posa une main sur son épaule.

— Jace…
— Oui, je sais. Va falloir se presser.

Une énergie nouvelle remplit le professeur qui se mit à courir plus vite et Thunder le guida jusqu’à un porche où les agents de l’UNISON ne manqueraient pas de venir bientôt le retrouver. Tant que l’ours ne se faisait pas la malle dans le centre-ville de Stockholm, Karl ne risquait plus rien. D’ailleurs, les voitures des forces de l’ordre commençaient déjà à réduire le périmètre des combats. Des policiers et des agents de l’UNISON sortaient de leur voiture — au grand dam de Vincent, qui dut faire rempart de son corps.

Alors que l’ours s’élançait sur le pyromancien et le policier, des coups de feu retentirent : les autres agents tiraient sur la bête. L’adversaire ne parut pas durement affecté mais il y eut, c’était net, un grognement de douleur et un mouvement de recul. Ce dernier devint plus évident quand une intervention plus spectaculaire se joua : une immense toile électrique venait de se déployer brusquement devant l’animal. Peut-être était-ce une peur purement instinctive, peut-être était-ce un reste de compréhension rationnelle : en tout cas, l’ours gigantesque fit quelques pas en arrière, conscient du danger que cette énergie représentait.

Thunder se matérialisa devant lui.

Il ne fut pas le seul. Une violente bourrasque de vent passa dans la rue et un blizzard étrangement localisé déferla sur l’ours, qui tituba, avant de prendre une forme humaine, derrière l’animal. Une femme d’une quarantaine d’années, aux traits sévères et à la peau pâle, se tenait là, avec un costume d’héroïne : la Légion suédoise avait reçu les transmissions de Thunder et, une fois la sécurité de Gustav assuré, l’arrestation de la Dame de Fer menée à bien et la zone portuaire protégée de nouvelles velléités criminelles, une partie de ses héros s’étaient portés sur le dernier théâtre des opérations.

Un homme — ou une femme — en super-armure descendit du ciel à son tour. Ils étaient quatre, désormais : Ash, qui pouvait libérer le policier, Thunder, dont les cheveux s’étaient transformés en une cascade électrique et crépitante, Icewoman, qui ne paraissait nullement impressionnée par la colosse qui lui faisait face, et le Seigneur de l’Acier, dont l’armure était heureusement mieux conçue que son surnom héroïque. Sans compter la vingtaine de policiers et d’agents de l’UNISON.

Le silence et l’immobilité s’étaient abattus sur le combat. Seul le bruit de l’hélicoptère qui filmait la scène et la retransmettait sur de grandes chaînes d’informations suédoises troublait l’observation tendue des forces en présence. L’ours, finalement, prouva qu’il était bien un mutant : son dos s’affaissa, sa silhouette commença à changer et, alors qu’il poussait de longs cris de douleur, il se changeait petit à petit en humain. C’était un spectacle assez répugnant, très différent des métamorphoses élémentaires, qui faisait craquer les os et la chair. Il aurait pu se battre contre chacun des héros pris individuellement, sans doute, mais contre tous à la fois, c’était la défaite ou la mort assurée. Mieux valait montrer patte blanche.

Finalement, il n’y eut plus au sol qu’un petit homme chauve, de cinquante ans passés, nu et tremblotant. Il lui était inutile de déclarer sa reddition. Celle-ci était évidente. En suédois, le Seigneur de l’Acier déclara, d’une voix métallique qui s’échappait du casque complet de son armure :

— Au nom de la Légion des Étoiles et de la Couronne de Suède, je vous arrête. Toute résistance est inutile.

Thunder, qui n’avait pas précisément les mêmes prérogatives légales que les Légionnaires du cru, après avoir échangé un regard entendu avec Icewoman, se tourna vers Vincent pour suggérer :

— On devrait rentrer au QG. J’suppose qu’on pourra donner nos dépositions à l’agent d’l’UNISON qui coordonne là-bas. Si on passe par tous les flics ici, ça prendra des plombes, le temps qu’i’ décident qui a juridiction ou un truc dans l’genre.

Et les étincelles peu à peu laissèrent la place à des cheveux blonds.
 
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Message posté : Mer 9 Sep 2015 - 18:38 Message
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    Non, Vincent Nash n’était pas tombé dans la folie. Non Karl n’avait pas détruit ce qui lui restait de raison avec ses discours fascinés et ses citations de textes mystiques et/ou scientifiques gravés sur des pots de chambre en argile. Non la crainte que lui inspirait ce mutant plein de griffes, de crocs et de muscles ne lui avait pas donné des illusions. La marque de rouge à lèvres qui ornait la joue de son petit ami, il ne l’avait pas rêvée. Sans doute excitée à l’idée de rencontrer une de ses idoles (ou juste une personnalité héroïque très connue), cette tactile admiratrice au décolleté remarquable n’avait pas manqué de presser ses lèvres pulpeuses un maximum sur la chair de Jace afin d’y déposer une signature des plus visibles. En tout cas, c’est bien le genre de la maison. Et dire qu’avec certaines espèces, le marquage de territoire se faisait par voie urinaire… Enfin, s’il ne pu s’empêcher de s’en agacer, Vincent était parvenu à rester calme et à ne pas en faire tout un plat. Car, tout le monde le sait, la manière la plus saine de dominer sa jalousie naturelle est d’aller affronter un mutant griffu et de sauver des policiers.

    Cette histoire allait, de toute manière, prendre une fin définitive lorsque les agents des forces de l’ordre se permirent de tirer sur le fauteur de trouble baveur et grogneur de la rue. Blessé, l’ours mal léché se recula. Vincent pu libérer le policier qui avait failli finit en aussi mauvais état que ces saumons sauvages malchanceux qu’un coup de patte expert et de mâchoire experts entraînent vers un courant autrement plus funèbre. Le rescapé lui dit quelque chose, mais Vince ne saisit qu’un ton assez compatissant, peut-être un peu choqué aussi. Le jeune homme se contenta de hocher la tête avant de se tourner vers le colosse. Jace maîtrisait la situation maintenant. Et ils n’étaient plus seuls. La Légion des Etoiles scandinaves avait envoyé du beau monde. C’était fini.

    Ash se dirigea vers Jace et observa les homologues de ce dernier qui s’occupaient de mettre le vaincu au fer. Il les observa un moment. Mine de rien, il s’était un peu habitué à la « faune » héroïque de Star City et les profils qui se trouvaient là lui semblaient encore plus… intriguant. Sans doute l’attrait de la nouveauté. Toutefois, son intérêt restait principalement concentré sur Jace qu’il observait autant que possible à la dérobée. Il avait l’air remis cette fois. Son cerveau surhumain avait apparemment accompli un nouveau miracle. Se rappelait-il de tout, maintenant ? De tout tout tout ? Le pyromancien voulait lui poser la question mais il n’osait pas. En compagnie de tous ces héros, il avait l’impression qu’un certain professionnalisme était de rigueur. Cela n’empêchait pas la reine des glaces de le fixer sans ciller.

    – Vous n’avez pas froid ? sa voix l’était, mais son intonation n’était pas aussi glaciale.
    – Rarement. répondit-il avec un sourire sympathique.

    Elle hocha la tête. Vu la façon dont elle le regardait, elle devait bien en deviner la raison. De même que lui, en la regardant, savait intuitivement qu’elle était l’exact opposé de lui… d’un point de vue élémentaire. Autant dire qu’il ne tenait pas particulièrement à lui serrer la main. Sur cette entrefaite, Jace lui adressa la parole et Vincent eut une bonne excuse pour le regarder. Son regard resta sur ses étincelles qui dansaient sur sa tête jusqu’à laisser la place à ces cheveux blonds qu’il connaissait bien. Le jeune homme ne pu s’empêcher de sourire.

    – J’te suis.

    Et après un dernier salut solennel adressé aux Légionnaires Suédois, les deux stello citoyens s’envolèrent au QG.


    … … …


    – Savez-vous, exactement, quelle quantité de drogues vous avez détruite ?
    – Désolé, je n’ai pas compté… Il y avait tout un tas dans l’entrepôt… puis quelques coffres sur les quais… mais ils n’étaient pas plein, ils étaient en train de les décharger.
    – Bon, je suppose que Gustav aura un chiffre plus précis en tête…
    – Peut-être…

    Vince n’en n’était pas si sûr, mais il avait l’impression de ne pas être assez rigoureux et précis pour cet agent de l’UNISON. Celui-ci ne faisait pas vraiment preuve de patience non plus.

    – Vous avez fait des blessés ?
    – Quelques brûlés, mais rien de grave, je pense…
    – Des brûlés ?

    Apparemment, Vincent venait d’annoncer quelque chose d’aussi horrible qu’un génocide de chatons.

    – Ouais… enfin j’pense pas qu’ils auront besoin de greffe ou un truc du genre…
    – Vous ne pensez pas ou vous êtes sûr ?
    – Heu…

    Regard noir.

    – J’suis sûr !


    … … …


    Un miracle s’opéra certainement quelque part car l’agent de l’UNISON finit par libérer Vincent et ce dernier n’avait mis le feu nulle part entretemps. Le muté se retrouva enfin seul avec Jace… dans le même ascenseur qu’ils avaient pris plus tôt. Vince se sentait complètement vidé. Et le plus étrange était qu’il avait l’impression que ce débriefing était le principal responsable de sa fatigue.

    – J’crois qu’il faudra que je m’entraîne pour ce genre de choses… lança-t-il avec un sourire las avant d’observer Jace et de laisser une once d’inquiétude se dessiner sur son visage Ca va, toi ? Ta mémoire ?

 
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Message posté : Ven 11 Sep 2015 - 19:37 Message
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— Thunder, j’aurais besoin de votre dépo… Qu’est-ce que c’est ?

Le Phénix venait de tendre une clé USB à l’agent de l’UNISON.

— Ma déposition. Un film qui contient tout ce que j’ai vu, un dossier de cinquante pages avec des schémas et un résumé en deux pages. En suédois et en anglais.
— Euh…

L’agent de l’UNISON prit la clé et fixa Jace d’un air perplexe.

— Vous aviez une caméra ? Pour filmer.
— J’ai regardé.

Franchement, les gens ont de ces questions, parfois…

— D’accord.

De toute évidence, l’agent était dubitatif mais on ne contredisait pas le Phénix Leader, le fils du Commander et un héros devenu si célèbre si jeune de la même façon que l’on pouvait malmener un pyromancien dont la réputation n’avait pas beaucoup dépassé les frontières de Star City. Si Thunder savait donner des ordres sur le terrain et s’il avait conscience de son image médiatique, il ne mesurait pas encore tout à fait combien les actions des Phénix, les deux mois passés, et sa montée en puissance l’année qui avait précédé avaient pu affecter la manière dont d’autres professionnels se comportaient à son égard.

Il adressa un sourire à l’agent et, tandis que l’homme partait inspecter le contenu de la clé pour découvrir qu’elle contenait la déposition la plus exacte et la plus convaincante de l’histoire de la police, Jace rejoignait son petit ami retrouvé et, avec lui, l’ascenseur. L’adolescent avait l’air un peu étrange. Il avait recouvré ses souvenirs et ses aptitudes, de toute évidence, et la douleur du corps sacrifié était passé. Mais il semblait plus… léger. Et jeune, en un sens, comme si l’austérité et la résignation forcée qu’il avait cultivées pendant l’absence de Vincent s’étaient évaporées.

En s’effaçant, son cerveau avait retrouvé une configuration plus fondamentale et, pour se reconstruire, avait opéré un tri rapide entre les informations capitales et celles que l’on pouvait se permettre de supprimer. Il y avait eu quelque chose d’un peu aléatoire dans le processus : Jace n’avait plus aucune idée de son numéro de téléphone ni même de s’il avait un téléphone mais il se souvenait bien des résultats de baseball des dix dernières années. Il ne connaissait plus la ligne de métro la plus proche de Carson Electronics mais il avait la nette impression de pouvoir réciter l’œuvre complète de Docteur Seuss à l’endroit et à l’envers.

Il n’avait pas oublié les épreuves des semaines passées mais il avait fallu agir et, pour le bien de l’opération, pour son propre et prompt rétablissement, elles avaient été, en quelque sorte, digérées, de la même manière qu’à la disparition de Vincent, son esprit s’était reconfiguré pour se rendre capable d’affronter la souffrance et la solitude. Désormais, c’était à la vie que Jace s’attaquait et elle exigeait une disposition mentale différente : la mise à jour avait été installée sur une machine presque vierge et les données récupérées. Jace 3.0 fonctionnait fort bien.

— Les dépositions ? Bah, c’est facile, t’as qu’à me raconter précisément tes journées de temps en temps, c’est globalement la même chose.

Globalement, parce que l’adrénaline changeait beaucoup la manière dont on pouvait percevoir les situations.

— Mais t’inquiète, moi aussi, au début, j’avais du mal à tout me rappeler, à répondre exactement aux questions et tout. Là, au bout du compte, on s’en fout, parce que les preuves sont tellement accablantes que ça aura aucune importance. Mais des fois, la déposition, c’t’important. Mieux vaut faire ça bien.

S’entraîner n’était donc pas une mauvaise idée. Si Vincent voulait persévérer dans la carrière héroïque, le jour arriverait vite où il devrait témoigner devant un tribunal et les avocats de la défense, quand ils étaient compétents, se montraient bien moins tendres que les inspecteurs de l’UNISON trop rigoureux.

— T’as l’air crevé, mec. Moi, ça va.

Il était en pleine forme.

Comme toujours.

Les portes de l’ascenseur s’ouvrirent et ils s’engagèrent dans le couloir qui menait à leur chambre.

— Et ma mémoire… Je sais pas trop. J’suis presque sûr que je me souviens de tous les trucs vraiment essentiels, vraiment personnels, mais y a plein de petites infos qui m’échappent et que j’suis pas sûr de retrouver. Genre la date de mon anniversaire et du tien. Ce que je peux bien avoir dans ma garde-robe. Le nom du chat de Camille. Mais c’est pas important, j’apprendrai quand ce sera nécessaire.

Il lui aurait suffi de penser à Wikipédia pour savoir quand il était né, précisément, d’ailleurs.

— Y a des trucs que j’ai… assimilés. Enfin, j’sais pas comment dire.

Il ouvrit la porte de leur chambre. Toujours deux lits séparés.

— Au fait, tu veux qu’on reprenne le téléporteur pour rentrer ? J’pensais rester une nuit pour prendre des nouvelles de Gustav demain mais si t’as envie d’retourner à Star City, j’peux toujours laisser un corps ici.

Un pouvoir pratique mais un peu déstabilisant pour les interlocuteurs du jeune Thunder.

En attendant, le jeune homme s’assit sur l’une des chaises de la chambre et se débarrassa de ses chaussures.

— Une bonne douche, avant, quand même.

D’ailleurs, il avait toujours du rouge à lèvres sur la joue.

— Ouais, donc, j’disais. J’me souviens qu’avant j’avais mal tout l’temps, et ça a disparu. J’me souviens qu’j’étais traumatisé par tout ce qui est arrivé, cet été, et ça a disparu. Pas que je me rappelle plus des épreuves. Juste que je suis, genre, passé à autre chose. En gros. C’est difficile à expliquer.

L’adolescent haussa les épaules.

— Mais enfin, j’crois qu’y a pas trop de séquelles. Enfin, de séquelles négatives, quoi. P’têtre j’devrais me faire effacer la mémoire plus souvent, tu sais, genre ménage de printemps, pour remettre de l’ordre. Sérieusement, c’était flippant sur le moment mais là, j’me sens vraiment bien. J’ai envie de… faire plein de trucs. Des trucs cools, pas juste la Légion et le travail. J’fais du VTT, c’est ça ? J’crois. J’aimerais bien m’y remettre. Ou m’y mettre. Par exemple.

Il adressa un sourire enthousiaste à Vincent, qui se fit ensuite plus calme et plus doux.

— Et toi ? Est-ce que… Tu as trouvé ça éprouvant, aujourd’hui ? Tu veux en parler ?

Ce n’était pas parce que Vincent avait l’habitude des aventures rocambolesques et même traumatiques qu’il était nécessairement peu affecté par les événements du jour.
 
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Message posté : Ven 11 Sep 2015 - 22:41 Message
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    Il semblerait que Jace ne partageait pas les difficultés de Vincent en termes de déposition, mais ça, ce n‘était pas étonnant. On voyait bien la différence entre celui qui avait vécu presque toute sa vie dans ce milieu, qui avait été préparé à ça et celui qui s’y retrouvait plongé par la force des choses et qui faisait de son mieux pour ne pas se noyer dans les conséquences. Malgré tout, Vince s’en sortait bien mieux qu’à ses débuts. Maintenant, il avait une expérience qui lui permettait de prendre du recul, de relativiser. Il s’y ferait. Aux dépositions. Aux protocoles. Aux stratégies types en cas de situation d’urgence. Le jeune homme savait qu’un jour il serait capable d’agir indépendamment, de ne plus avoir à attendre que quelqu’un, Jace, Gustav ou un autre, lui explique ce qu’il fallait faire. Et déjà, il pouvait remarquer qu’il s’en sortait mieux qu’avant. Entre la maîtrise de ses pouvoirs et une plus grande habitude des situations dangereuses, il ne perdait pas autant ses moyens. Bravo à lui !

    – C’t’une excuse pour savoir tout c’que j’fais, on dirait. commenta-t-il en blaguant Mais ça peut s’faire… dès la rentrée j’te ferais des comptes-rendus.

    Car oui, il y avait une rentrée en perspective. Vincent avait décidé qu’il retournerait en cours. C’était à la fois un bon moyen de finir de reprendre pied dans son monde et aussi pour passer à autre chose. La vie continuait. Sa vie… leur vie. Suivre le cours… Avoir un diplôme et… la suite, on verra. Chaque chose en son temps, d’abord le premier pas, ensuite le second, puis le troisième et etc. La fac était au programme donc. Après tout, il avait survécu à une attaque d’homme-ours ainsi qu’à toute une investigation dans une contrée nordique.

    – Ouais, j’suis un peu… vidé. Même pas crevé, juste… besoin de calme… que la tension diminue.

    Car il en avait accumulé de la tension. Sur le terrain, à plusieurs reprises. Et surtout par rapport à Jace. C’était éprouvant de s’inquiéter constamment pour son homme. Alors oui, Thunder était sans doute l’un des héros les plus compétents de sa génération, mais n’empêche que le grand et beau Légionnaire s’était fait zapper le cerveau aujourd’hui. Et tandis que sa mémoire s’était vidée, le stress de Vincent avait grimpé en flèche. Heureusement, les spécialistes de l’UNISON l’avaient rassuré. Et la suite leur avait donné raison. Malgré tout, Vincent s’était inquiété. Beaucoup. Plus qu’il s’était inquiété dans la dimension fuzonique. Là-bas, c’était juste une question de survie. C’était bête, instinctif, presque animal. Ici… les choses étaient plus complexes. Parfois, le pyromancien se surprenait à regretter la simplicité du plan élémentaire. Le fait de ne pas avoir à constamment penser et soupeser les conséquences de ses moindres faits et gestes étaient incroyablement reposant. La période de réadaptation était donc loin d’être terminée.

    En attendant, ils arrivèrent à leur étage et Jace présenta un état des lieux de sa mémoire.

    – Tybalt serait certainement très offensé d’apprendre que tu as oublié son nom. répondit le muté d’un air qui n’était pas suffisamment détaché pour ne pas montrer son inquiétude.

    C’était quand même flippant de voir que la mémoire de son petit ami pouvait s’effacer comme une corbeille sur un bureau d’ordinateur.

    Quant à leur retour, Vincent était absolument du même avis que Jace. Gustav s’était révélé solide, mais il ne pouvait pas partir sans le revoir et s’assurer qu’il allait bien. C’était la moindre des choses. Après, le muté espérait que personne ne lui en voudrais de squatter comme ça.

    – Nan j’vais rester avec toi. Sinon, Gustav dira encore un truc du genre : « les jeunes, ça tient pas en place ».

    Il avait du mal à cacher son inquiétude vis-à-vis de l’état du Légionnaire. S’il avait agit plus vite ou différemment, il aurait peut-être pu lui éviter d’être blessé.

    En attendant, il entra dans la chambre et referma la porte qu’il verrouilla.

    – Bonne idée. répondit-il à propos de la douche.

    Il avait envie de la prendre avec Jace. De vérifier lui-même, par ses yeux, que le blond allait bien. Faire un petit débriefing personnel, en somme. Son imagination motivée et nerveuse en même temps se désactiva lorsque Jace lui reparla de l’état de son cerveau. Apparemment, sa « coupure » s’était révélée plutôt… bénéfique. Le muté eut un faible sourire. Il était content pour Jace. Dommage qu’il n’ait pas droit au même traitement. A la place…

    *....... ....... .. .......*

    Il y avait longtemps.

    Essayant d’être indifférent aux sensations désagréables qui se bousculaient dans sa tête, Vincent s’avança vers son lit et s’y assit pour enlever ses bottes. La référence au VTT l’amusa et il ne put s’empêcher de lever la tête vers Jace et de lui sourire, même si la migraine était encore à demi présente.

    – On pourra en faire quand on rentrera, si tu veux.

    Honnêtement, après une enquête comme ça, Vincent ne refuserait pas une petite escapade naturelle « simple » et reposante… même s’il devait pédaler pendant des heures et des heures. C’était une logique de sportif.

    Aux questions de Jace, Vince répondit par un long soupir. Il se passa les mains devant le visage avant de se pencher en avant, les avant bras posés sur ses genoux.

    – Ca va je… j’m’en veux pas mal pour Gustav… j’aurais ptet pu l’empêcher de se faire tirer dessus… j’sais pas… il avait beau retourner la scène dans sa tête, il ne savait pas vraiment comment il aurait pu faire… sauf en prenant sa place, bien sûr… un scénario qui lui semblait d’ailleurs préférable Sinon, j’sais pas, j’ai l’impression d’être à la masse. Le décalage horaire ptet. Pis j’ai pas mal vidé mes réserves… il parlait de son pouvoir J’sais qu’tu m’a rechargé mais ça m’fait quand même un peu bizarre… Et aussi… il leva une main et se massa lentement la tempe. Pas possible de dissimuler ce geste cette fois j’ai très mal à la tête. confessa-t-il à voix basse.

    Le jeune homme resta silencieux un moment. Le regard posé sur le sol. Une sorte de poids s’était installé en lui. Il n’avait pas tout raconté à Jace… Le mutant ignorait par exemple que son petit ami avec un invité à l’intérieur de son esprit. Il voulait lui dire… Avant aussi il le voulait, mais quelque chose l’avait toujours empêché de se confier… une sorte de boule. Maintenant, il n’y avait pas de boule… ou bien la culpabilité et le besoin de se confier étaient devenus trop importants… Il était temps… enfin pas tout de suite. D’abord, Vincent se leva et retira son pantalon de cuir artisanal pour se retrouver en boxer devant son homme. Il chercha son regard jusqu’à ce qu’il le trouve. Il voulait être avec lui, avoir un moment rien qu’à eux… mais il se sentait trop… tendu pour s’ouvrir.
    – Tu crois qu’tu pourrais utiliser ton trop plein d’énergie pour me masser un peu sous la douche. demanda-t-il sur un ton timide et un peu implorant ‘fin, si tu veux bien prendre ta douche avec moi. J’veux pas t’obliger à… à…

    A rester seul avec lui ? Techniquement, Jace avait déjà fait son choix.

    A se retrouver serrer comme des sardines dans une douche plutôt étroite ? Techniquement, les suédois avaient résolus des casse-têtes plus compliqués que ça. Avec un peu de bonne volonté, nos deux Supers devraient s’en tirer.

 
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Message posté : Ven 11 Sep 2015 - 23:28 Message
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— Tant mieux.

Jace posa un regard de leader — sexy, je sais — dans celui de Vincent.

— J’sais qu’si on était dans un film, j’te dirais que t’as fait tout ce qu’il y avait à faire et que tu dois pas t’en vouloir. Mais la vérité, c’est qu’il faut toujours s’en vouloir quand un camarade est blessé en intervention. Des fois on aurait pu agir autrement. Des fois c’est juste comme ça. Mais en tout cas, quand on s’en veut, un peu, raisonnablement, ça permet d’réfléchir à tout c’qui s’est passé, d’agir plus efficacement après et puis… C’t’une manière de sentir le danger. Y a des Légionnaires, à force d’enchaîner les interventions, ils ont plus trop conscience de ça. Qu’ils sont fragiles à cause de leurs pouvoirs. C’est mauvais pour eux et mauvais pour ceux qui les entourent. La culpabilité, c’pas toujours quelque chose à fuir. C’est comme la peur. Deux sentiments vachement désagréables mais souvent riches en informations.

Si Jace avait été un bon Alpha Leader, c’était parce qu’il n’avait pas une approche naïve ou trop idéaliste de la formation des héros. Pour lui, il ne fallait pas être un surhomme qui surmontait toutes les difficultés mais il fallait savoir composer avec ses faiblesses et garder le sens des réalités.

— Après, t’as arrêté les méchants, Gustav a survécu et il allait bien, ‘fin stable, quoi, pas gravement déplacé, quand j’l’ai confié aux secouristes. Même si c’est impressionnant d’voir un autre s’faire blesser, faut bien considérer qu’aujourd’hui, c’est une victoire.

Elle avait exigé beaucoup de travail et leurs vies avaient été souvent en danger mais Karl était sauvé et quelques responsables du trafic arrêtés. Il y aurait encore, sans doute, une longue enquête pour démanteler l’organisation et certains se glisseraient entre les mailles du filet mais les Légionnaires et Ash pouvaient être fiers du travail accompli.

— Normal qu’tu sois un peu fatigué. La recharge que j’t’ai fait, c’était pas du subtil. Ça booste un moment mais après, ton système se replie sur sa propre énergie.

En gros. Jace ne rentrait pas dans les détails. Il hocha la tête quand Vincent évoqua sa migraine mais s’abstint de poser la moindre question. Il y avait entre eux comme un accord tacite et l’adolescent avait appris à vivre avec le silence de son petit ami. Même si ce silence, ce soir-là comme en bien d’autres occasions, se faisait particulièrement pesant. Jace avait détourné le regard et il ne le reposa pas sur Vincent quand celui-ci ôta son pantalon de cuir. Il avait deux raisons à cela.

La première, c’était qu’il se souvenait bien que l’activité sexuelle avait été proscrite par son compagnon et, avec toute la bonne volonté du monde, Jace était un adolescent — un adolescent éternel, à en juger par sa physiologie — et sa frustration était désormais d’autant plus considérable que sa disposition mentale était redevenue plus simple. Lorsque Vincent était trop découvert, lorsqu’il était trop proche, la frustration devenait difficile à supporter.

La seconde raison résidait en un léger, microscopique, insignifiant détail qu’il avait laissé de côté en offrant sa réponse rassurante aux questions sur ses souvenirs. Il ne se rappelait pas de leur vie sexuelle, avant. Précisément parce que son cerveau avait cherché à le prémunir contre la douleur du manque et du rejet qu’il avait éprouvée quand Vincent s’était soustrait à ses désirs, à son retour de Fuzon, le rétablissement de sa mémoire avait laissé flotter quelque part dans son subconscient les détails de sa proximité physique avec son homme.

De sa vie sexuelle, il se souvenait qu’elle avait existé. Qu’elle avait été très agréable. Il se souvenait de Vincent et de ses autres partenaires, avant. Mais techniquement, concrètement, c’était pour tout dire un peu flou. Alors il essayait de ne pas trop y penser. En se disant que les souvenirs se reviendraient.

— Quoi ?

Il y eut un brin de panique quand Vincent l’invita à prendre une douche.

Le pyromancien avait réussi à trouver le regard de Jace et les yeux bleus électriques avaient perdu de leur calme et de leur sagesse.

— Euh… Ouais. Bien sûr. OK. Cool. Un massage. Parfait.

Est-ce que c’était une invitation ? Est-ce que Vincent voulait plus qu’un massage ? Est-ce qu’ils avaient l’habitude de le faire dans la douche ? Est-ce qu’il savait masser ? Jace retira très lentement ses chaussettes, en cherchant dans son esprit un indice sérieux pour répondre à ces graves questions mais, une fois ses pieds nus érotiquement dévoilés, il était toujours démuni. C’était fâcheux.

Il se leva. Toutes sortes d’image se présentaient à son esprit qui commençaient à l’émouvoir. Il tenta de les chasser. Maladroitement, il se débarrassa de son tee-shirt, retira son pantalon et fixa Vincent.

— Donc, la douche.

Direction la salle de bain. Il laissa Vincent rentrer dans la cabine en premier, pris pour sa part d’un intérêt aussi soudain qu’inexplicable pour un plafonnier très commun puis, après une profonde inspiration et une tentative infructueuse de se rappeler au moins comment les gens s’y prenaient dans les rares vidéos pornographiques qu’il avait pu regarder dans le passer, il fit à son tour tomber son boxer et se glissa derrière Vincent.

Quasi aussitôt, son regard tomba sur les fesses de son petit ami.

— Hmmm…

Ce ne fut pas la seule réaction que ça lui inspira.

OK, niveau discrétion, c’était raté. S’il ne s’approchait pas trop, Vincent ne se rendrait compte de rien. Timidement, Jace posa les mains sur les épaules de son homme et entreprit de le masser, avec une chasteté qui relevait d’un exploit de maîtrise de soi, tant son corps avait — de toute évidence — d’autres aspirations.

S’il n’était pas un expert du massage — ça (re)viendrait — Jace avait tout de même un avantage considérable : son pouvoir lui indiquait précisément où et comment appuyer. Il ne s’y trompait jamais et devançait la moindre demande de Vincent. Des épaules à la nuque, de la nuque au milieu du dos, du milieu de dos à la cambrure.

Et pendant ce temps, très sérieusement, il se demandait s’il ne ferait pas mieux de télécharger dans son esprit un porno bien noté sur Internet pour pallier sa nouvelle ignorance.
 
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Message posté : Sam 12 Sep 2015 - 1:18 Message
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    Il le rassurait. Jace le rassurait tout le temps. Vincent n’avait qu’à entendre sa voix, écouter ses paroles et il parvenait à relativiser et à alléger le poids qui pesait sur sa conscience. Jace l’avait toujours conseillé, depuis leur première rencontre. Le Kansasais avait sans doute besoin de ça, d’être rassuré. Il fallait dire que dans le genre, il était quelqu’un d’assez fragile… brisé même. Le blond aussi d’ailleurs. Tous les deux. La fine équipe. Le pyromancien l’écouta en le regardant droit dans les yeux et finit par hocher la tête pour marquer sa compréhension. Mine de rien ça lui ôtait un bon poids. Bien sûr, il y avait encore de la marge. Une douche en bonne compagnie serait bien utile. Vincent remarqua tout de même la surprise, peut-être la crainte de Jace. Il ne s’y était peut-être pas attendu. En fait, Vince voulait franchir un cap ce soir dans sa réadaptation. Il voulait se confier à Jace et… plus. Pas vraiment dans cet ordre d’ailleurs. Le jeune homme ne faisait pas les choses à moitié, mais ça, ce n’était pas nouveau. Lorsqu’il s’imposait un objectif, il en venait à bout. Or, ce soir, son objectif était assez important pour qu’il en atteigne un autre dans le même rythme. Le rapprochement physique et le partage d’une histoire difficile. Ça se valait. Peut-être… En fait il n’en savait rien. Vincent avait surtout besoin d’être avec Jace, de le sentir avec lui… en lui peut-être. Ou l’inverse. N’importe.

    Le trajet jusqu’à la salle de bain se fit en silence. Arrivé à destination, Vince se débarrassa de son ultime vêtement et activa la douche avant d’y entrer en se serrant un peu pour faire de la place pour Jace. Et il attendit. Les yeux fermés. Un mouvement et un son le prévinrent de l’arrivée du Légionnaire. Vince sourit. Etait-il nerveux lui aussi ? Sans doute… c’était la première fois qu’ils se retrouvaient tous les deux nus, aussi près l’un de l’autre, depuis le retour de Vincent. Le muté déglutit. Des mains douces et électriques se posèrent sur ses épaules et entamèrent leur tendre et efficace massage. Sous les doigts du prodigieux Thunder, Ash sentit ses douleurs musculaires et nerveuses lui échapper. La sensation de liberté ainsi crée se mêlait avec la tension sexuelle qui montait à mesure que ces mains salvatrices descendaient. Vincent gardait les yeux fermés.



 
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Message posté : Sam 12 Sep 2015 - 12:17 Message
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