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SPOILER ALERT : I'm about to spit fire

 
Message posté : Mer 26 Aoû 2015 - 1:49 Message
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Dante se souciait peu de l'équilibre du combat. Il se souciait peu de faire des prisonniers. Son modus operandi était d'une simplicité monstrueuse : ôter toute vie à tous les membres de l'ordre de Cadmus, à toutes les personnes qui avaient caressé l'espoir de lui ôter la sienne. Il observait avec une parfaite discipline la loi du Talion. Œil pour œil, dent pour dent. Aucun n'en réchapperait, Dante balayait le canyon dans ses grandes largeurs et les malheureux qui espéraient trouver refuge loin à l'extérieur, en fuyant la gorge étroite, se voyaient rattrapés par un déluge de flammes, de griffes et de dents. Un hasard terrible présidait au choix des victimes, choix qui n'en était pas vraiment un : tout homme et toute femme qui passaient à sa portée s'offraient à sa vindicte, s'offraient à son courroux, car les cris et les supplications ne faisaient qu'ajouter à l'excitation meurtrière qui naissait à la pointe de ses cornes et rayonnait jusqu'au bout de sa queue. Ses ailes claquaient dans l'air à chaque instant, marquant le rythme d'une symphonique macabre et frémissante. Quelques membres de l'ordre, parmi les moins fripons et les moins sensibles, cherchaient à répliquer. Armés, ils tiraient sur lui en désespoir de cause : il volait trop vite, il était trop loin, le feu gênait leur sens balistique. Quelques balles perdues ricochèrent sur ses écailles, certaines y imprimant des douleurs et des souffrances semblables au poinçon d'une aiguille sur la peau d'un enfant lors du premier vaccin ; une peccadille vite ignorée par un dragon en colère. Car la colère le guidait tout autant qu'elle lui donnait l'énergie nécessaire aux contorsions qu'il opérait pour ne s'éloigner toujours que très modérément du canyon. Torrents de flammes et cascades de coups démultipliaient la violence du geste. De la geste de Dante, dragon furieux qui inscrivait cette page du récit de sa vie en lettres de feu sur le livre de terre, de pierre et de corps massacrés que devenait le canyon à mesure que coulaient les minutes.

***

Dans la grotte, toutefois, une toute autre partie de cartes se jouait, si j'ose dire, car nos deux gobelins se trouvaient en présence d'un troisième qui achevait de leur conter le récit de sa capture par l'Ordre de Cadmos. Une version plus longue de l'histoire aurait fait perdre du temps à nos aventuriers blanc et rouge, comme à notre aimable lecteur, aussi m'en tiendrais-je à une version sommaire, distancée et prudente : après avoir été longtemps vécu dans l'errance et le désarroi, Coquillard avait été capturé par l'un des sbires de l'Ordre, et s'était vu attaché aux menues tâches du quotidien. Depuis qu'il y avait dans la grotte un œuf de dragon, il en était, en quelque sorte, la nourrice. Préposé aux soins de l’œuf, il ne quittait presque jamais cette pièce, qui faisait office de nid.

« Et encore heureux, on m'force pas à l'couver, z'imaginez ma tronche de cake sur cet œuf d'écailleux ? J'aurais l'air plus fin qu'une pelure de banane sur la tête d'un singe. »

Torgnole ne le quittait pas des yeux. L'histoire contée par le gobelin confirmait bien qu'ils appartenaient à la même famille. Coquillard était un Maison-Rouge, comme lui. Mais il semblait bien moins perturbé de retrouver un parent que ne l'était Torgnole. Châtaigne s'était rapproché de l’œuf, intrigué, distant, respectueux. Il demanda, fébrile comme un lapin par temps de chasse et heureux comme larrons en foire : « Il y a un autre dragon ici ? » Coquillard parut surpris – à moitié. « Un autre ? J'sais pas moi, j'en connais qu'un, alors y'en a un, pas un autre. » Châtaigne bondit et se rua sur lui. Il l'attrapa par le cou, le secoua sans raison apparente et le questionna comme le coq annonce le nouveau jour. « Où ça ? Dans la grotte ? » Coquillard disparut et reparut quelques mètres plus loin. « Eh ! Faut te calmer sur les queues d'furet hein ! T'es bête ou quoi ? Dans la grotte, le dragon il s'rait vite fait bien fait coincé. Il est dehors. » Ce fut Torgnole qui, sortant de son mutisme, manifesta un grand étonnement. « Dehors ? » Et Coquillard de répondre, naturel, comme s'il pissait dans un coin : « Bah, ouais, dehors ! Où tu veux qu'ça vole un dragon ? Dites, vous êtes pas un peu foldingo ? »

***

À l'extérieur, toutefois, les explications de Coquillard auraient été plus éclairantes. Car on entendit bientôt, au-dessus des cris, des récriminations, des coups de feu et des ordres jetés au vent en désespoir de cause par les rares membres de l'ordre qui demeuraient consciencieux, un rugissement qui n'était pas le rugissement de Dante. Celui-ci, qui observait avec suspicion le petit manège d'un rouquin qui n'était autre que Raphaël et dont il ne comprenait pas vraiment qu'il s'amusât à jouer le jeu de la contorsion douloureuse. Il dut toutefois remettre à plus tard ces préoccupations : un autre dragon noircissait le canyon de son ombre. Un dragon de plus petite taille. Un dragon femelle. Un dragon agressif. Un dragon qu'il devrait tuer.

À moins d'être tué lui-même. Un combat de titan s'engageait. Il n'en resterait qu'un. Dante serait celui-là.
 
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Message posté : Sam 12 Sep 2015 - 21:25 Message
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Je portais la main à mon omoplate douloureuse et je sentis un liquide chaud et poisseux du bout des doigts. Du sang... Parfait ! La balle n'avait pas traversé ; ce qui voulait dire qu'elle était toujours logée à l'arrière de mon épaule. Je jetais un coup d'œil à la texture visqueuse et rougeâtre qui maculait mes doigts, puis essuyais nonchalamment ma main sur mon treillis avant de me redresser. La douleur vive et grinçante au soulèvement de mes côtes fracturées lors de l'effort me fit grimacer, mais je me relevai, non sans peine, haletant. Mes prunelles azurées, rivées sur l'instrument de mort que l'ordre de Cadmos avait osé pointer sur Dante, virèrent au bleu sombre, reflétant la colère qui avait soudainement achevé de me gagner. Je l'avais contenue jusque là, afin de laisser à Dante le loisir de savourer lui-même sa vengeance. Mais ce n'était pas seulement la sienne et il était hors de question que je laisse pareille chose se reproduire. Il n'y aurait pas de steak de dragon au menu de ce soir ! Du moins, pas de celui que je chérissais.

Le ciel s'assombrit soudain. Mais je n'avais qu'une idée en tête pour l'instant, fixe, tout comme mon regard qui ne s'était pas détaché de ce qui fut une tente à la toile claire, quelques instants avant que le dragon ne descende incendier le canyon. Une expression mêlée d'effroi et de soulagement se lisait sur le visage des derniers rescapés qui tentaient de réactiver l'Arme destructrice et un sourire carnassier étira les lèvres de ce maudit Bénédict lorsqu'il reposa son regard sombre sur Dante, dont l'attention avait probablement été retenue par le rugissement de la créature qui venait de faire son entrée en lice. Moi en revanche, je n'avais pas levé le nez car j'avais d'autres préoccupations plus urgentes.

Même si mes blessures ralentissaient considérablement mes déplacements, je n'en restais pas moins le dieu messager le plus rapide que l'Olympe ai connu. J'était donc inexorablement plus rapide que les derniers pécores que Dante n'avait pas encore carbonisés. D'un revers de la main, je fis disparaître un fidèle de l'Ordre dans la dimension du feu où il serait ainsi dévoré vif par les flammes pour l'éternité. Mon agilité et ma furtivité, alliées à ma vitesse de déplacement, même amoindrie, me permis de me glisser derrière un autre survivant à qui je fis une clef de bras avant de lui briser la nuque de mon bras valide. Le tout ne dura que quelques secondes à peine et aucun son n'eut le temps de franchir la barrière de ses lèvres qu'il s'écrouait au sol comme une vulgaire poupée de chiffon. Un autre qui, de toute évidence, connaissait Orson, le vrai Orson, se tenait à côté de l'arme de destruction massive qu'il avait réarmée... "Putain Mec ! Qu'est ce que tu fous ? Qu'est ce qui te prends ?" Je m'approchais lentement, très lentement cette fois-ci, le visage calme, mais mon regard perçant le faisait trembler de tous ses membres. "N'approche pas ! Reste où tu es !" Il eut tout juste le temps de cligner des yeux que j'étais derrière lui pour lui susurrer à l'oreille : "Sinon quoi ?" Je ne le touchais pas, mais il se mit à réciter une prière en latin avant d'amorcer discrètement le mouvement qui enclencherait un deuxième tir meurtrier, sauf que son bras passa au travers d'un mini portail qui se referma à la hauteur de son coude. Son membre fut envoyé dans une autre dimension. "Shttt !" soufflais-je derrière lui en lui apposant une main dans le dos tandis que sa bouche s'était ouverte et sa face était déformée par la douleur. Son cri fut étouffé lorsqu'il se pétrifia sur place. Et comme si cela ne suffisait point, je fis voler la statue en éclat d'un coup de poing.

Je m'occupai d'exterminer les derniers survivants pendant que Dante était aux prises avec ce gros dragon vert dont un brouillard verdâtre et nauséabond émanait de sa gueule aplatie. Mais un humain manquait encore à la liste funèbre. Ce maudit prêtre.

Le dragon muni de défenses chargea Dante. Le brouillard tombait peu à peu, recouvrant le sol d'une couche de fumée épaisse comme de la poix. J'en profitai pour démanteler l'arme de destruction massive. Le Hacker me verrais faire qu'il se moquerait très certainement. Grimaçant de douleur, je défonçais le canon à coups de pied. J'avais senti le matériau se déformer quelque peu à chacun de mes impacts, mais globalement, il était assez résistant. Le tintement singulier de l'arsenal de Bénédict retentit dans le brouillard et je vis briller le tranchant de son épée lorsque celui-ci m'attaqua avec. Je reculais d'un bond. Cette épée m'avait attiré l'œil quelques minutes plus tôt, lorsqu'il nous avait rejoints. Le pommeau et la garde, pour le peu que j'en avais vus, m'avaient parus anciens. Cette lame pouvait très bien être une pourfendeuse de dragon ! Mais pour l'heure, il était mon adversaire, et j'aurais tôt fait de me débarrasser de lui, tandis qu'un autre combat se déroulait entre deux créatures légendaires au dessus de nos têtes.

 
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Message posté : Sam 12 Sep 2015 - 23:47 Message
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Cet autre dragon était hideux. Laid comme un pou ! Ses écailles étaient pointues, verdâtres, partiellement crasseuses. Ses ailes étaient larges et par endroit abîmées, trouées, griffées. Ses lourdes pattes semblaient manquer d'aise au déplacement. Sa queue n'était guère longue. Mais le pire restait sa face écrasée comme la tête d'une vilaine tortue emboutie contre un mur. Dante n'avait jamais vu d'autres dragons, et cette première rencontre était une déception grandiose. Serpent, phacochère, tortue enragée, difficile de choisir, la tête de la dragonne couvrait tout un univers de laideurs conjuguées. Les deux monstres se firent face et se tournèrent autour un moment.

Une étrange fumée verdâtre s'échappait des mâchoires de cette ennemie nouvelle. Dante flaira un venin dangereuses et se promit de n'offrir aucune partie de son anatomie à la morsure de la vilaine femelle. Il ne lui claquerait pas la bise, à cette-là, c'est évident ! Il esquiva un coup de patte au détour d'un rapprochement et se fendit d'une mandale. De par sa taille, il dominait la gueuse, mais il n'irait pas fanfaronner : ne connaissant pas son adversaire, il ne pouvait prétendre savoir d'avance comment la battre à plate couture. Un second engagement se profila, cette fois Dante ne l'esquiva point. Il dévia la mâchoire horrible de côté et la maintint loin de lui, loin de son cou, loin de ses bras. Dans la continuité de son mouvement, il alla plaquer la bête contre la plus proche paroi du canyon.

Le choc fit résonner la zone du cri terrifiant de la dragonne. « Sois raisonnable, bon sang ! » Dante hurlait dans la langue des princes écailleux, mais la dragonne ne parut pas souhaiter lui répondre. Il était évident qu'elle le comprenait. Le sortilège qui la maintenait sous la coupe des membres de l'Ordre de Cadmos la privait de tout libre-arbitre, de toute facultés cognitives en vérité : elle n'était plus qu'une arme au service d'une volonté, une arme lancée à l'assaut du grand dragon qu'était Dante Visconti ; elle ne s'arrêterait qu'une fois l'écailleux réduit à néant. Partant de là, le programme était clair et net, il faudrait tuer cette mégère draconnique et en finir une bonne fois pour toute avec ces crétins de pourfendeurs de dragons.

Les pattes serrées aux épaules de la dragonne, Dante la contraignit à la chute, mais elle parvint à se remettre en vole. Il chassa l'importune d'un jet de flammes – même s'il se doutait bien qu'elle serait comme lui immunisée au feu. Pour autant, la forme gigantesque du dragon inquiéta son adversaire et celle-ci s'éleva dans le ciel. Dante l'y rejoignit. Elle voulait danser, la gueuse, elle aurait droit à la danse de sa vie ! Les ailes claquèrent, les pattes s'écharpèrent, les gueules beuglèrent. Dans le ciel du désert, jamais on ne vit semblable lutte à mort.


***

« On est pas des foldingos ! » Coquillard ne savait trop quoi faire de ces deux ploucs. Il ne comprenait pas très bien à quoi ils jouaient. Il se gratta la tête et y délogea une puce, qu'il porta à sa bouche. De son autre main, il se gratta le ventre avec un brin d'impatience. Il les laissa donc à leurs conciliabules et se rapprocha de l'eau. « Eh ? Tu fais quoi ? » s'écria Torgnole en se précipitant sur lui. Le gobelin barbu partit d'un éclat de rire. « Oh, oh, oh ! Du calme, cousin ! Faut bien que j'm'occupe de c'pauv' tit père pendant qu'vous messez bas tous les deux ! » Coquillard n'allait pas laisser deux crétins faire les zouaves près de l’œuf dont il avait la charge. Après tout, non seulement il avait l'ordre d'y veiller, mais il s'était pris d'affection pour cette grosse pierre écailleuse. Et ça changeait tout.

***


La folle carcasse de la dragonne tomba dans le canyon, et sa dépouille souleva un torrent de poussière à travers les larges couloirs pierreux. Dante s'abattit sur elle et vint s'assurer qu'elle ne se relèverait pas. Quand il fut bien certain de sa mort, il put constater autour de lui que pas un seul fuyard n'avait échappé à sa vindicte : l'ensemble des membres de l'ordre de Cadmos... n'était plus qu'un souvenir. Toutefois et très rapidement, Dante remarqua un dernier combat qui devait prendre fin : il opposait un homme armé d'une épée et un rouquin qu'il reconnut sans peine – et qu'il distingua avec aigreur, en voyant qu'il était couvert d'un sang qui s'était échappé de certaines de ses propres blessures. Dante ne réfléchit pas plus d'une seconde. Une faille rocheuse ouvrit sous le maître de l'ordre de Cadmos une crevasse où il s'écroula de surprise et de terreur. Son épée demeura toutefois à la surface.

Dante la jeta au loin du bout de son pied. L'odeur même de la lame l'indisposait. Il regarda dans le trou l'homme qu'il condamnait à l'oubli et sans un mot, il referma la crevasse. Il s'avançait vers Raphaël. « Je te croyais invincible. C'est le rouquin qui a la peau fragile, ou bien... tu m'expliques ? »
 
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Message posté : Dim 13 Sep 2015 - 12:46 Message
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Dans l'épais brouillard qui nous entourait, j'avais du mal à discerner tout ce qui se jouait au dessus de nos tête, mais je gardais tout de même un œil dessus. Si je n'étais pas physiquement de taille à arrêter un dragon, j'avais tout de même plusieurs cordes à mon arc pour intervenir si les choses tournaient en la défaveur de Dante. Pas de cuisse de dragon non plus au menu de ce soir, je l'avais décrété !

Le brouillard piquait les yeux, rendait l'air irrespirable et brûlait la peau, mais cela n'avait pas l'air de chagriner Bénédict qui me chargea brutalement de sa lourde épée à deux mains. "Espèce de traître !" grogna-t-il. Il était plutôt agile et je notais à ses déplacements ainsi qu'à la position de ses mains sur la garde qu'il était un bon escrimeur. J'esquivais la lame d'un bond, sautant sur le large canon de l'arme militaire qu'il pourfendit de son épée comme si celle-ci était aussi consistante qu'une motte de beurre mou. "Wow ! Il marchera moins bien maintenant !" fanfaronnais-je, déclenchant un nouvel accès de fureur chez mon adversaire.

"- Je n'ai plus besoin de ça ! Seule cette lame suffira à en venir à bout, quand Izma l'aura défait !

- Hmmm ? Voyez-vous cela !"

J'esquivais une nouvelle fois la lame, dans une contorsion souple, semant quelques gouttes de sang par terre. La douleur me fit grimacer. C'était beau de rêver ! Croyait-il sincèrement que son dragon de pacotille pouvait rivaliser avec Dante ? Et quand bien même, croyait-il une seule seconde que j'allais lui laisser la moindre chance de l'approcher ? Même pas en rêve !

Au dessus de nous, la bataille faisait rage et un cri terrifiant retentit dans tout le canyon, bientôt rejoint par un grognement de Dante. Je risquai un coup d’œil dans sa direction, pour m'assurer qu'il avait la situation bien en main, mais le prêtre ne cessait de m'assaillir de coups d'épée que j'esquivais très habilement, malgré le ralentissement que m'imposaient mes blessures. Le prêtre ne me laissait aucun répit, même si à mes yeux, il se montrait particulièrement lent. De plus, il commençait à s'énerver :

"C'est tout ce que tu sais faire Orson ? Espèce de lâche ! Traître ! Blasphémateur ! Tu répondras de tes actes devant dieu !
- Quel dieu ? Ne me fait pas rire !" dis-je avec le sourire cette fois-ci. L'autre vit rouge et se rua sur moi.

Le brouillard verdâtre se dissipa soudain et fit place à un nuage de poussière qui nous enveloppa tous deux, mais cela n'avait pas stoppé mon assaillant pour autant. Il surgit de la poussière devant mes yeux et j'arrêtai de justesse sa lame du plat des deux mains à un centimètre de mon crâne. Une mèche de cheveux roux tomba au sol et reprit sa couleur initiale. "Qui es-tu ?" beugla Bénédict.
Une de mes mains tremblait en soutenant la lame de la pourfendeuse qu'il essayait d'abattre sur moi. Soit il possédait une force certaine, soit j'étais en train de faiblir à cause de la balle logée dans mon épaule. Ou peut-être un peu des deux ! "C'est un peu tard pour les présentations, non ? Mais puisque bientôt tu ne seras plus, je vais te faire une confidence. Je suis un dieu !" L'autre éclata d'un rire tonitruant. Je l'accompagnai d'un sourire et en profitai pour le repousser d'un coup de pied dans le thorax. "Incroyable hein ?!" Ses yeux roulèrent dans leur orbites lorsqu'il recula, surpris, puis il bascula à la renverse dans une faille rocheuse qui venait de s'ouvrir sous ses pieds. Je le regardai s'effondrer avec mépris. "Tu as de la chance de ne pas appartenir à mon panthéon, sinon je te jure que nous nous serions retrouvés dans l'Erèbe, toi et moi. Je me serais fais une joie immense de te faire visiter les lieux ! " Dis-je d'une voix sans timbre. La mine sombre, je tournais la tête vers le seul endroit où il restait encore âme qui vive, et mon regard retrouva son éclat et sa légèreté lorsque je perçu l'approche de ce jeune homme au regard brillant de cette lueur dorée que j'affectionnais tant.

Je pris une profonde inspiration et du contenir une nouvelle grimace douloureuse lorsque mes côtes se soulevèrent au dessus de mes poumons. Je me contentai d'afficher un visage impassible, tandis que Dante repoussait la lame pourfendeuse de dragon du bout du pied. La crevasse qu'il avait ouverte se referma et il prit place devant moi, me dévisageant de son regard doré inquisiteur, que je soutins sans ciller. "Il faut croire que le roux ne me réussit pas trop" répliquais-je sur le ton de la plaisanterie. "Ce n'est rien. Une égratignure. Je ne sens déjà plus rien ! " mentis-je avec aplomb, trop empressé de changer de sujet. Il me serait difficile de me dérober cette fois-ci, j'en avais conscience. Je ne me démontais pas. Cependant, je ne repris pas mon apparence d'origine afin de minimiser ma blessure. Le sang avait tendance à moins sauter aux yeux sur une veste gris foncé que sur la chemise claire que j'avais revêtue ce matin. "Alors comme cela, tu as un faible pour les roux ?" ajoutai-je, l'air de rien. Je reculai d'un pas et pivotai pour contempler l'étendue des dégâts, éloignant mon épaule de la vision du jeune homme.

Toutes les issues du canyon étaient effondrées, le canyon lui-même était en feu et comportait en plus d'une carcasse de dragon, de nombreux corps calcinés, cadavres, et autres statues de pierre. L'entrée de la grotte avait été bouchée d'un éboulement. "Châtaigne et Torgnole sont toujours à l'intérieur ?" demandai-je, recouvrant une once de sérieux, comme si cela allait suffire à détourner l'attention de Dante. Je sous-entendais naturellement qu'il serait peut-être temps d'aller les chercher. Puis, me tournant de nouveau vers Dante : "Et puis... Je suis curieux de voir ce qu'il y a dans ce coffre !" ajoutai-je avec le sourire, comme si rien d'autre n'avait d'importance. Mais avant même qu'il n'ai eu le temps de répondre, je m'étais déjà détourné de lui pour m'avancer vers l'entrée de la grotte. Un portail dimensionnel s'ouvrit dans l'éboulis. "Après toi !" dis-je, l'invitant à traverser
 
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Message posté : Dim 13 Sep 2015 - 13:50 Message
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Dante écoutait Raphaël qui plastronnait, mentionnait l'Érèbe et se faisait une joie de voir le dernier maître de l'Ordre de Cadmos se perdre pour toujours dans la faille que le magicien referma sur lui. Toutefois ce dernier n'était guère d'humeur à partager cette joie fanfaronne et triviale : son rouquin de compagnon saignait, d'un sang rouge comme la colère qu'il sentait poindre en lui, lame nichée au creux de ses reins, promesse de fureurs explosives dans un avenir très proche. Ce sang lui était insupportable. Le voir ainsi répandu autour des plaies de Raphaël et sur le sol des environs rappelait à Dante l'atroce souvenir de sa main pétrifiée. Déjà à l'époque s'était posée la question de l'invulnérabilité de l'Olympien mise en défaut ; ne lui avait-il pas alors promis de régler cette question au plus vite et au mieux ?



Il avait beau rappelé qu'il était un dieu, son allure n'avait rien de divin, là, sous sa perruque rousse et ses balafres. En d'autres circonstances, sans doute que le magicien aurait trouvé très séduisant ce regard d'un vert immaculé, ce corps splendide et ces blessures viriles. Il questionna Raphaël. Les réponses de celui-ci furent terribles, prévisibles, inimitables. Ses plaisantes badineries donnaient à sa nonchalance un caractère insensé, et l'inimitable intonation de sa voix passait même la transformation physique qu'il avait opérée en adoptant l'apparence d'Orson. Toutefois les oreilles du magicien furent hermétiques à tout endormissement charmeur.



Dante demeurait silencieux, impassible, à l'exception du coin de ses yeux qui plissaient dangereusement. L'Olympien espérait sans doute s'en sortir d'une pirouette verbale, mais cette fois, il ne pourrait se dérober. « Châtaigne, Torgnole et le coffre attendront. » Il n'avait d'ailleurs pas besoin du portail dimensionnel ouvert par Hermès pour pénétrer la grotte, il lui suffirait de tailler une nouvelle porte dans la roche. Il était pour l'heure hors de question qu'il laissât Raphaël dans le doute : il ne lâcherait pas l'affaire et l'Olympien devrait compter avec son entêtement. « Pourquoi m'as-tu menti ? » questionna-t-il soudain, au débotté, amorçant une conversation des plus incongrues au milieu du carnage. Il se souciait peu des corps massacrés, des carcasses calcinées, de la dépouille du dragon que les flammes rongeaient encore par endroit.



Il s'en occuperait plus tard, du grand nettoyage. Ininterrompu, il poursuivit d'une traite qui le laissa pantelant. « Je sais que tu es un grand garçon Raphaël et que tu es trop vieux pour que je te fasse la leçon. Tu es un dieu, s'opposer à toi est une folie et pourtant, crois-bien qu'il me faut du sang froid, là, pour ne pas te faire la démonstration de ta puérile stupidité. Vu l'effet d'une simple balle dans ton épaule, imagine s'il me prenait l'envie de t'écraser entre les falaises de ce canyon ! Qui sait ce que cet homme aurait pu te faire car enfin, admets-le ! Tu l'esquivais peut-être habilement mais vu ton état... non, je n'ose imaginer quelle mort stupide aurait attendu l'Olympien peut-être le plus imprudent que je connaisse... »



Sauf qu'il ne connaissait qu'un Olympien, évidemment. Mais ces propos comme sa voix nerveuse trahissait sa vive et terrible émotion. Il s'était assuré du silence de Raphaël en levant un doigt qu'il vint poser sur les lèvres du rouquin. Il ne le retira qu'en reprenant la parole. « Je ne veux pas savoir pour quelle obscure raison tu n'as toujours pas retrouvé ton invulnérabilité, à vrai dire je suis trop ému, trop en colère pour saisir le souvenir de tes premières explications à Venise... je ne vais pas te faire un sermon, mais il est hors de question que tu t'exposes à des dangers tant que tu ne seras pas redevenu invincible. Je t'aime et je t'interdis de vouloir négocier cette condition. » Le regard de Dante était éloquent. Il y avait fort à parier que même la plus infime des provocations de Raphaël aurait mis le feu aux poudres de la conversation.


***


Dans la caverne, Châtaigne et Torgnole s'étaient échinés à convaincre Coquillard d'écouter leur proposition. Ils le libéraient et le conduiraient à leur maître, le dragon-magicien, qui pourrait s'occuper très précautionneusement de l’œuf de dragon. Le gobelin barbu s'étonna de se voir ainsi offrir la liberté et naturellement il s'en inquiéta et éprouva une vive méfiance, qui se traduisit par quelques œillades suspicieuses et quelques remarques fleuries et truculentes. Cela donnait quelque chose comme : « Ouais m'enfin si vot' messire l'est pas net moi j'le pulvérise façon tas d'sable, faut pas m'chercher des poux dans les rognons ! » C'est ainsi qu'après plusieurs minutes d'intense rhétorique gobeline, les trois spécimens s'étaient mis d'accord pour transporter l’œuf hors de la caverne quand les combats auraient cessé. Mais étant donné qu'elle était vide des membres de l'Ordre, il ne coûtait rien de rapprocher déjà ce trésor de la sortie. « Z'avez qu'à m'suivre les touristes, je connais l'coin comme ma trogne, on va pas s'perdre, parole de Coquillard ! »
 
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Message posté : Dim 13 Sep 2015 - 21:13 Message
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Ce n'était pas tout à fait la joie qui m'avait transporté à la disparition prématurée de ce chien de l'ordre de Cadmos, mais en tant qu'olympien, je ne pouvais décemment me laisser aller à d'avantage d'húbris, même si une voix au fond de moi me dictait que la mort de celui-là n'était pas assez violente et qu'il méritait châtiment plus grand. Je m'étais contenté de laisser échapper ma colère et ma haine en persifflages inutiles, avant que Dante ne me tire de ma torpeur. Nous étions là pour exterminer ces mécréants qui avaient décimé ses ancêtres. C'était chose faite désormais. Il ne restait plus que lui et moi. Plus rien n'avait d'importance à présent. Hormis... que ce n'était pas sa re-transformation en humain qui lui donnait cet air taciturne, en revanche il avait l'air en colère... après moi. Et je savais pertinemment pourquoi, même si je fis mine de rien.

J'étais sensé être invulnérable, aussi, une blessure par balle n'était pas sensé m'atteindre. Au meilleur de ma forme, elle aurai ricoché et m'aurait probablement laissé un bleu qui se serait rapidement résorbé. Aussi essayais-je de paraître le plus naturel et le plus détendu du monde, même si je savais pertinemment que je n'endormirais pas le jeune homme avec mon habituelle désinvolture, qu'il commençait à savoir décrypter, le bougre ! Les ruses simples et classiques ne prenaient plus, il devenait un adversaire redoutable, ce qui n'aurait été pour me déplaire, dans d'autres circonstances.
Ce jeu là était dangereux et même si j'aimais particulièrement jouer avec les cordes sensibles de ses émotions pour le taquiner, il y en avait une dont je me méfiais particulièrement, car elle était tranchante si je ne la faisais pas vibrer correctement.

Je m'étais une fois de plus montré imprudent et bien-sûr, cela n'avait pas échappé à l'œil inquisiteur du dragon. Ma blessure sanglante semblait bien plus l'affecter que toutes les autres que je m'étais faites jusque là, bien plus que la pétrification partielle dont j'avais été victime lors de notre petit séjour à Venise, qui lui avait déjà mis la puce à l'oreille. J'avais réussi à apaiser ses craintes et sa colère ce jour là, par un habile tour de passe-passe, mais aujourd'hui... il me faudrait plus que Châtaigne et Torgnole comme prétexte, légitime qui plus est, pour me soustraire à son courroux et ma tentative pour l'entraîner sur un terrain de jeu nettement moins houleux ne prit pas.

Dante était furieux et son regard trahissait sa détermination qu'il confirma aussitôt verbalement, d'un ton sans équivoque. Il n'était pas question de rejoindre les gobelins pour l'instant. Autant dire que ça sentait clairement le roussi et cela n'avait rien à voir avec l'odeur des chairs calcinée qui brûlaient encore dans le canyon. "Plait-il ?" répondis-je du tac-o-tac, un sourire innocent aux lèvres avec l'air de ne pas comprendre son refus. Quitte à jouer au con, autant le jouer jusqu'au bout, non ? Ma mauvaise foi ne me mènerait nulle part, c'était couru d'avance. J'allais devoir me montrer beaucoup plus persuasif que cela pour le raisonner.
C'était tentant. Très tentant. Et tellement facile !
Mon sourire se figea et mes prunelles accrochèrent celles du magicien qui étincelaient encore des restes de cette délicieuse lueur dorée.
Trop facile !
Je fermai les yeux à son accusation. Mon sourire s'étira, coupable. Je détournai la tête. Je n'avais pas envie de céder à la facilité, ni de tricher... Non! Pas avec lui.

"A quel prop... ?" Il y avait pas mal de choses sur lesquelles je lui avais mentis, mais mes intentions avaient toujours été louable envers lui. J'étais le dieu des menteurs, on ne se refaisait pas. Il ne me laissa même pas terminer de formuler ma question qu'il enchaîna sans même prendre le temps de respirer, pour m'accabler de reproches avec un débit nerveux et impressionnant. "Il en faut bien plus pour me... " mais sa voix couvrait la mienne et il ne me laissait pas en placer une. Je comprenais son inquiétude, à la teneur de ses propos que je sentais vibrer dans les trémolos de sa voix, tandis qu'il était saisi d'une vive émotion qu'il me communiquait.

"Louis... je..." en profitai-je pour tenter de lui exposer les arguments de la défense, tandis qu'il s'interrompait pour reprendre son souffle, mais il barra ma bouche de son index pour me faire taire. Il ne le retira que pour me laisser entendre son dernier plaidoyer qui acheva de me faire culpabiliser, et même pire encore ! Il se tu et son amour déclamé aux allures de reproches me laissa sans voix un court instant. Ses mots raisonnaient encore à mes oreilles et me faisaient un drôle d'effet, me touchaient et me retournaient même. Ils y trouvaient l'écho de mes propres pensées, de mes craintes et de mes sentiments partagés. Si je n'en avais pas déjà été pourvu, il me serait sans doute poussé des ailes aux pieds. Je restais un moment à soutenir son regard où la colère n'attendait qu'une étincelle de ma part pour exploser.
Je recouvrais peu à peu ma physionomie olympienne à mesure que mes traits s'adoucissaient, la surprise passée. Quelques mèches brunes tombèrent sur mon front et le sourire que j'affichais était des plus sincère à présent. "Je t'aime Louis." lâchai-je, simplement. C'était pour cette raison que j'étais là, ici, aujourd'hui; et cela valait tout les arguments du monde.

Je laissai une nouvelle fois le silence s'installer avant d'ajouter : "Tu comprends donc qu'il est pour moi hors de question de te laisser t'exposer à des dangers en restant les bras croisés. Surtout quand on sait qu'ils ont décimé les tiens, et ils t'ont déjà tué une fois... Et si je n'avais pas dévié ce canon tout à l'heure..." Il suffisait de voir le trou qu'il avait laissé dans la roche pour se faire une vague idée de ce qu'il aurait fait du dragon. Rien que d'y penser, cela me filait la nausée et ravivait cette fureur que j'avais nourris tous ces mois durant à l'égard de ce Benedict ! "Aussi puissant et ancestral soit devenu ton esprit, tu n'en es pas moins un mortel Louis !" Il savait de quoi je parlais, il était mieux placé que quiconque pour le comprendre, car ses états d'âmes, je les partageais. Mais je me faisais d'avantage de souci pour lui que je ne m'en faisais pour moi. Nous étions aussi irrécupérables l'un que l'autre. "Alors que je suis un dieu, immortel qui plus est ! " du moins, je l'étais. Mais cela relevait du détail pour moi, aussi insignifiant qu'un rhume. Il ne s'agissait que d'un léger contretemps qui serait réglé lorsque j'aurais tenu mon engagement auprès de mon frère. Je retrouverais mon invulnérabilité, tôt ou tard. Mais j'avais tardé pour de nombreuses raisons et Apollon avait un léger avantage sur moi et, bien que je ne lui en avais jamais rien dit, il était au courant de mes petites magouilles sur terre et savait que le dragon était en possession de la Lyre. Je le soupçonnais également d'avoir deviné la nature la relation que j'entretenais avec Dante. Je pouvais duper Apollon, mais pas dans tous les domaines.

Je me rendis compte en prononçant ce mot : "immortel" que cela sonnait faux quand je vis l'étincelle dans le regard de Dante. Il avait raison, j'étais complètement inconscient, car même si j'avais découvert la douleur et les blessures ces quelques derniers mois, je ne me rendais pas vraiment compte du fait que certaines d’entre-elles puisse m'être fatales. Je ne vieillissais toujours pas et le venin n'altérait pas ma longévité. En revanche, il abaissait mes défenses immunitaires et ralentissait ma vitesse de cicatrisation. D'après les recherches que j'avais faites sur ce venin, je survivrais probablement péniblement, à une balle reçue en plein cœur, mais si j'étais broyé, déchiqueté ou brûlé, rien n'était moins sûr que je m'en sorte.
"C'est plus long et plus compliqué qu'il n'y parait." m'empressais-je d'ajouter. Pour un mortel. Pour moi, Venise, c'était comme hier. "Mais ce n'est pas important. Qu'est-ce qu'une malheureuse blessure par balle devant tout cela ?" dis-je en désignant notre œuvre commune, malgré tout. "N'avons nous pas mis fin à des siècles de massacre ? " dis-je, pour tenter de l'apaiser. "Et puis... je m'en sors mieux qu'eux non ?" risquais-je sur un ton plus léger.
 
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Message posté : Dim 13 Sep 2015 - 23:54 Message
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« Ne sois pas ridicule. Quelques aïeuls tués ici ou là en mille ans, ce n'est pas des siècles de massacre. Ils m'ont tué une fois, certes, et j'en suis revenu. Qui sait, je leur dois peut-être ce surcroît de pouvoir ! Mais ne détourne pas la conversation. Je suis peut-être mortel, mon corps peut peut-être disparaître, mais que crois-tu ? Que je l'ignore ? Que je ne sais pas que l'âge nous séparera tôt ou tard ? »

Il toisa Raphaël un moment. S'il y avait de la colère dans ses propos, c'était bien de la détresse qu'on voyait au fond de ses yeux qui retrouvaient leur teinte naturelle, brune comme le chocolat gourmand qu'on ramena un jour des Amériques, pour le plus grand bonheur des gourmands européens. Ses yeux brillaient, comme si des larmes s'apprêtaient à couler. L'émotion se fait parfois nerveuse comme les câbles d'une centrale. « Je ne le sais que trop bien. Tu n'es pas le seul à avoir perdu quelque chose, le six mars. Je suis sur le point d'achever la formule d'un élixir de longue vie stable, qui sera la découverte alchimique de ce siècle, alors ne viens pas me parler de fragilité quand par amour pour toi j'explore des secrets d'une profondeur jusque-là inexplorée. » Nicolas Flamel avait emporté avec lui le secret de la Pierre philosophale, et tous les alchimistes qui s'étaient risqués sur le chemin de la recréation d'un philtre d'immortalité s'y était brûlé les doigts et les yeux, parfois littéralement. Hermès était, de tous les dieux grecs, réputé pour être le plus proche des humains. Comprendrait-il alors ce qu'était ce sentiment et pourquoi le cœur du dragon battait si fort pour lui ?

Les dieux grecs avaient fait leur temps, connu leur heure de gloire et s'étaient désormais retirés sur l'Olympe – pour la plupart. Ce jour prouvait la vulnérabilité d'Hermès et consacrait Dante comme le vainqueur de l'Ordre de Cadmos ; pourquoi diable Raphaël esquivait-il encore la réalité quand tout semblait désigner ses faiblesses et l'urgence de son état général ? « Tu n'as aucune excuse et tu le sais. Occupons-nous de finir ce que nous avons commencé ici et rentrons. Je te donne jusqu'à l'automne pour retrouver ton invulnérabilité. Si tu ne te charges pas de récupérer le Caducée, moi, je le ferai. » Cette petite révélation ferait sûrement son petit effet. Raphaël n'avait jamais révélé à Dante cette possession divine, ne lui avait jamais montré cet artefact. Mais le magicien n'était pas stupide ni né de la dernière pluie. Il avait lu, enfant, des textes sur la mythologie grecque – sa préférée, évidemment – et avait vu les représentations d'Hermès. Pétase, sandales ailées, Caducée. Où donc était ce bâton inimitable ? Il nota la surprise de son aimé et leva la main pour empêcher toute interruption.

« Non, ne dis rien. Les Olympiens ont laissé une trace dans l'Histoire du monde et il y a au moins douze poteries et trois statues qui te représentent avec le Caducée. Tu ne vas pas faire mentir les archéologues, n'est-ce pas ? » En tant que conservateur du musée historique de Star City, il s'exposait-là à un risque terrible. Dante entendit du mouvement derrière la porte rocheuse qui barrait l'entrée de la caverne. Il devina l'arrivée prochaine des gobelins et les vit même à travers le portail qu'ils empruntèrent, d'ailleurs, pour se retrouver devant Dante et Raphaël. Sauf qu'ils étaient trois et portaient un drôle de butin. Aussitôt Dante oublia Raphaël pour s'approcher de l’œuf de dragon. Il y posa une main fébrile et déglutit. Était-ce seulement possible ? « Où... où avez-vous trouvé ça ? » Torgnole répliqua le premier. « C'était au fond de la grotte. Avec lui. » Lui, c'était Coquillard. Dante l'observa un moment, silencieux et pénétrant. Le gobelin barbu n'en menait pas large et plissait les yeux – il n'avait pas vu le soleil depuis longtemps. « Et qui es-tu, toi ? » Le gobelin se présenta. À la couleur de sa peau, Dante fit une rapide déduction.

« Tu es le mystérieux parent de Torgnole, à ce que je vois... » Coquillard répondit avec la verve que Dante ne connaissait pas encore. « Ouais il paraît qu'lui et moi on est sorti du même navet... » Voilà qui décrivait l'incipit d'un conte formidable et passionnant. Dante désigna l’œuf d'un signe de la tête. « Et d'où vient cet œuf ? Du dragon... ? » Coquillard nia du chef. « Euh pas vraiment... elle a jamais trouvé d'cavalier pour le ball, cette gueuse-là... puis en même temps, qui qu'aurait voulu d'une face de pet pareille hein ? Même les dragons, ça fait la fine bouche sur la gazelle... ouais, non, cet œuf, je sais rien d'son origine hein, on m'l'a amené un jour et on m'a dit : tu t'en occupes ! Alors j'm'en suis occupé, ouais, c'est que j'pouvais pas désobéir, hein... » Dante remarqua les bracelets aux poignets du gobelin. Il se détacha de l’œuf et vint s'agenouiller devant Coquillard dont il saisit les bracelets entre ses propres mains. Quelques secondes plus tard, ces deux bijoux qui le retenaient prisonnier vibrèrent intensément et se brisèrent. Ils tombèrent au sol, le gobelin était libre – il n'en revenait d'ailleurs pas.


« Eh c'est quoi l'arnaque messire dragon d'la générosité ? » Il en perdait même son latin. Dante s'était relevé et l'observait avec un sourire tranquille. « Il n'y a pas d'arnaque. Tu es libre. Tu peux venir avec nous, si tu veux, mais rien ne t'y oblige. » Coquillard le regarda droit dans les yeux et fit la grimace. « Ouais, bon, bah dans ce cas messeigneurs, j'vais pas m'attarder dans l'coin, sauf vot' respect... pour l'type qui saigne là, y'a d'quoi l'bander dans l'infirm'rie. Moi j'me tire, mais on s'reverra, ouais, c'est clair. Adios les craignos ! » Et dans l'instant, Coquillard avait disparu. Dante ne sembla guère s'en formaliser. Il était trop absorbé par ce qu'il venait de récupérer. Un œuf de dragon ! Quel trésor inestimable... Mais Raphaël lui était plus précieux encore.

« Tu voulais aller voir le coffre, je crois ? Allons-y. Châtaigne, Torgnole, vous gardez l’œuf ici. Et récupérez-moi l'épée du maître de l'Ordre. Golodon en fera quelque chose. »
 
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Message posté : Lun 14 Sep 2015 - 19:38 Message
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Un rictus étira mes lèvres malgré moi. Moi, ridicule ? Il en avait de bonnes ! Voilà qu'il tentait de minimiser la réalité à présent. J'avais mis au point avec lui cette douce vengeance sur l'ordre de Cadmos; je savais à quel point cela comptait pour lui; ce que la fin de ces chiens représentait; toute cette souffrance qu'ils avaient inscrite dans sa lignée, dans sa chair; même s'ils n'avait été qu'une poignée de ses aïeuls à être concernés. Les faits étaient là, il était le dernier ! Et voilà que maintenant, il allait me faire croire que tout cela était insignifiant à ses yeux ? Qu'il leur devait même son pouvoir ? Foutaises !

Les coins de mes lèvres s'affaissèrent et mon regard se durcit. Je sentais la colère doucement m'envahir lorsque Dante tira très précisément sur la corde sensible de mon antique instrument et mit en mots ce qui me rongeait de l'intérieur depuis notre dernier séjour à Venise, ainsi que sur ce que j'avais toujours su, depuis le premier jour où j'avais senti mon cœur s'emballer pour lui. S'il voulait m'infliger le coup de grâce et me faire sortir de mes gonds, il ne pouvait pas mieux s'y prendre ! Je serrais les dents afin de retenir l'expression de cette folie qui soudain s'était emparée de moi et m'enflammait tout entier.
Il était le seul à réussir à me troubler au point de me contraindre à laisser tomber le masque d'insouciance que j'avais l'habitude d'arborer et que j'essayais tant bien que mal de conserver depuis quelques minutes. Mon sourire s'effaça complètement tandis que les sombres nuages ombrageant mon regard, présage d'un terrible orage sur le point d'éclater, cédèrent leur place à un ciel maussade et pluvieux. Ma gorge s'était nouée et toute ma belle éloquence s'était soudainement envolée. Qui l'eut cru ? Le masque acheva de s'effriter tandis que l'émotion gagnait mes traits lorsque, consterné, je croisais une nouvelle fois le regard brillant de mon aimé. La vibration atteignit son paroxysme lorsqu'elle étreignit mon cœur. Je ne trouvai pas l'air qui manquait à mes poumons lorsque je voulu prendre une inspiration. Le regard de Dante me tuait et sa détresse résonnait à l'unisson avec la mienne. Il me faisait tourner la tête, c'était indéniable. Mon amour pour lui luttait en permanence avec le peu de raison qu'il me restait encore et qui me contraignait à me conformer à mes obligations familiales qui m'interdisaient de le conduire sur l'Olympe et d'outrepasser les lois divines pour lui concéder l'immortalité sur le champs.

Les battements de mon cœur oscillaient dangereusement. "Par amour pour moi..." répétais-je après lui, à mi-voix, abasourdi. Mon regard s'embua. Je souris instinctivement pour chasser l'émotion violente qui me submergeait malgré moi. Je réduisis la distance qui nous séparait et déposai un baiser sur ses lèvres. "Tu es sérieux ?" demandais-je dans un souffle. Puis un autre. "Tu es complètement fou !" Puis je m'emparais de ses lèvres charnues à pleine bouche. Connaître la réciprocité et l'intensité des sentiments de mon aimé me réchauffait le cœur et alimentait mon ardeur, redoublée par cet aveu qu'il venait de faire au sujet de l'élixir de longue vie, qui ne pouvait me faire plus plaisir et dont je ne mesurais que trop bien la portée. Il avait fini par suivre les traces de Flamel et je m'en réjouissais. Bien que je sache l'entreprise risquée, je le pensais réellement capable de réussir là ou bon nombre de ses pairs avaient échoué et je ne pouvais que vivement l'encourager sur cette voie, car l'alchimie était la seule voie sur laquelle je pouvais l'aiguiller sans risquer d'enfreindre un quelconque Pacte, ni de colère divine. Et en cas d'échec, j'étais là pour veiller sur lui et assurer ses arrières. Mais il n'échouerait pas. Je le savais.
Par Zeus, ce que j'aimais cet homme !

Mais les réjouissances furent de courte durée et il n'en avait pas encore fini avec ses reproches, qu'il recommençait à me sermonner comme un enfant, ce qui m'amusa jusqu'à ce ces derniers prennent des contours d'ultimatum. Mon sang ne fit qu'un tour et mon sourire à peine retrouvé se figea de nouveau. Tu te fiches de moi ! Furent les mot silencieux je retins de franchir la barrière de mes lèvre. C'était entre autre ce qu'il pourrait lire dans mon regard où tendaient à revenir de sombres nuages et si je m'abstins de tout commentaire pour l'instant, c'était uniquement par amour pour lui, afin de lui épargner des paroles abrasives qui auraient coupé court à toute discussion, car c'était malgré tout, toujours le premier réflexe qui me venait lorsque l'on se mêlait de mes affaires. D'autant plus qu'il était indirectement concerné. Je pris sur moi.
Mais Dante se fourvoyait. Il y avait tant de choses qu'il ignorait encore à mon sujet. Même si je m'ouvrais progressivement depuis que je partageais sa vie, j'étais encore relativement discret sur beaucoup de sujets me concernant, ainsi que sur ma vision de la vie, qui était considérablement différente de celle des mortels. Quoi que, nous avions désormais plus de points communs à ce sujet depuis qu'il avait récupéré les esprits de tous ses ancêtres. Il m'était plus aisé de m'ouvrir à lui de ces choses là.
Je lui contais volontiers des anecdotes familiales, ou confirmais ses questions sur certains points mythologiques, mais dans l'ensemble, je parlais peu de la relation que j'entretenais encore avec les miens, ou encore de mon rôle et de mes attribution divines.
Voilà ce que ses derniers mots jetés au visage me faisaient réaliser. "Bien-sûr que non, quelle idée !" répondis-je, sans doute un peu plus sèchement que je ne l'aurais voulu. J'étais contrarié.

Je détournais la tête vers les gobelins qui venaient de nous rejoindre par le portail que j'avais ouvert. Il semblait que Torgnole et Châtaigne avaient trouvé le gobelin qu'ils cherchaient, du moins, c'est ce que je supposais, ce qui fut ensuite confirmé, ainsi qu'un œuf de dragon. L'élocution de Coquillard me fit tout de même sourire malgré les nouvelles préoccupations qui faisaient fluctuer mon humeur. Ce dernier mentionna d'ailleurs une infirmerie à l'intérieur de la grotte. Un coup d'œil à mon t-shirt en lin suffit à rendre compte de l'état de la blessure qui continuait de saigner et qui maculait le tissus du vêtement jusque sur le devant. J'actionnai mes doigts et constatai que je commençais à sentir mon bras s'engourdir d'ailleurs.
Par amour pour moi, Dante cherchait l'élixir de longue vie et moi, par amour pour lui, j'explorais le phénomène inverse, c'était le monde à l'envers ! Ce constat me fit ironiquement sourire.

Je croisais une nouvelle fois le regard de Dante qui me suggérait d'aller voir le coffre à l'intérieur. J'acquiesçais du chef et franchi le portail que je laissai ouvert derrière nous, pour l'instant. "Par là !" A la première intersection, je pris à droite. C'est là qu'il m'avait semblé voir l'infirmerie tout à l'heure. Je fouillais les étagères à la recherche des bandages dont Coquillard avait parlé. Puis je retirais ma chemise et je peinais à retirer mon t-shirt à cause de mes côtes douloureuses et de la blessure par balle. "Je crois que je vais avoir besoin d'aide. La balle est toujours logée à l'intérieur."

"Ne te mets pas en tête d'aller chercher le Caducée. C'est inutile. Il n'est ni sur Terre, ni dans une quelconque dimension parallèle comme la Lyre de mon frère." lâchai-je, au débotté. "Crois-moi que si j'avais pu le récupérer pus tôt, je l'aurais fait." Aussi étonnant que cela puisse paraître, je n'étais pas très à l'aise avec l'idée de lui avouer cela. Les affaires de l'Olympe, n'avaient toujours regardé que les olympiens, mais après ce qu'il venait de m'avouer, je me sentais redevable de quelques explications. "Mais il est actuellement en la possession d'Apollon." Il y avait peu de chance que le magicien ne se satisfasse que de cette simple explication, aussi, lui coupai-je la parole si d'aventure il s'était risqué à la prendre : "Oui, je sais. C'est curieux. Mais, nous avons conclu un marché. Je suis un gardien de la Lyre, et je dois veiller sur elle tandis que lui, veille sur mon Caducée... jusqu'à nouvel ordre."
 
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Message posté : Mer 16 Sep 2015 - 22:21 Message
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Ce baiser n'aurait pas pu plus mal tomber. Dante était couvert de poussière, tout comme Raphaël, qui par ailleurs était suant comme un tonneau crevé ! Toutefois le magicien laissa faire et encouragea même l'Olympien par de discrètes réactions : là un mouvement des lèvres, là un mouvement des mains, là une impulsion des épaules. Au carnage succédait la violence d'une suite de baisers voraces. Toutefois les événements suivants vinrent quelque peu refroidir la chaleur retrouvée. Dante n'ignora rien du brutal changement d'attitude de Raphaël, qu'il vit sans doute réprimer des réactions d'une rare intensité. Quelle importance ?

Ils avaient tous deux de fortes personnalités, les heurts étaient parfois inévitables. La contrariété de l'Olympien était touchante. Dante suivit Raphaël à travers le portail. Il ne disait rien. Dante et lui se trouvèrent bientôt dans l'infirmerie. La balle était donc toujours logée à l'intérieur, ce qui expliquait les crispations douloureuses et les saignements. Dante entreprit donc d'aider Raphaël, pour les premiers soins. Il n'y avait là rien parmi le nécessaire aux préparations alchimiques urgentes, aussi devrait-il se contenter de l'aider comme l'aurait fait n'importe quel infirmier de campagne. Distraitement, il écouta les remarques et recommandations de Raphaël. Il se contenta de hocher la tête et d'ajouter : « Apollon, qui ne doit pas me porter dans son cœur, je suppose ? » Encore que le dieu solaire aurait sans doute peut-être un soupçon d'admiration pour le musicien émérite qu'il était du temps du vol de la divine lyre, non ?

Mais sans le savoir, Raphaël venait de lâcher dans la mare un pavé dont les vagues déchaîneraient des raz-de-marée d'insoupçonnable force. Sans mot dire, Dante comprenait donc que l'instrument avait été l'objet d'un marché entre les deux frères. Mais comment Apollon avait-il obtenu le Caducée ? Fallait-il croire qu'il était à l'époque en dehors des possessions propres d'Hermès ? Absurde, les Olympiens planaient là-haut depuis des lustres, et l'épisode de la lyre... Dante eut soudain l'intuition que l'artefact tutélaire du dieu messager avait été subtilisé par le dieu solaire quand le premier, absent de l'Olympe, l'y avait laissé. C'était une intuition fulgurante, que justifiait peut-être par ailleurs la bénédiction d'Hermès... ironie du sort, non ? Il n'y avait pas trente six mille solutions car, après tout, qui s'amuserait à voler le dieu des voleurs, sinon son propre frère ? Puisqu'Apollon détenait le Caducée, c'était à lui que Raphaël devrait s'adresser pour retrouver son bien et se guérir du venin du serpent – afin de retrouver son immortalité. Plus tard dans l'année, quand Dante s'offrirait le luxe de voyager par lui-même entre les dimensions, un coup de théâtre au panthéon des grecs allait retentir avec plus de férocité que le plus tonitruant des coups de foudre de Zeus. Dante en avait terminé avec l'épaule de Raphaël. Il n'avait rien dit mais conclut néanmoins d'un baiser sur le bandage serré :

« Jusqu'à l'automne, Raphaël. » Puis, il fut le premier à quitter l'infirmerie. Retrouver le chemin ne fut pas difficile, sous le patronage d'Hermès, dont le sens de l'orientation excédait la moyenne du genre humain. Avait-il d'ailleurs vraiment parcouru tous les chemins de la terre ? Parvenus devant la porte du coffre, Dante s'étonna par l'extraordinaire rigidité qu'elle offrait à l’œil. Comment avaient-ils installé là semblable dispositif ? Tout était si rudimentaire, dans ces galeries rocheuses, et voilà qu'ils découvraient une porte à faire pâlir d'envie les banques les mieux protégées au monde. Toutefois la faiblesse de celle-ci ne serait ni son lourd verrou, ni ses gonds inexorables, mais bien les murs qui l'encadraient : les parois rocheuses des galeries ne résisteraient pas à la magie géomantique d'un dragon qui ne supportait guère qu'on se jetât de la sorte en travers de son chemin.

Dante éleva ses mains, il formait une drôle de croix face à la porte, et à ses quatre coins la roche trembla, se fendit, et tomba en cailloux pulvérulents. Étant donné l'état de Raphaël, il ne voulait pas que celui-ci se fatiguât en ouvrant un autre portail dimensionnel. Quelques instants de magie plus tard, la porte tomba en arrière, ouvrant sur une grosse pièce ronde et sombre, qu'éclairait à peine une lampe branchée sans doute sur un groupe électrogène ailleurs dans les cavernes. Dante se hissa sur la longue plaque métallique – sur la porte – et franchit le seuil de ce coffre-fort. Ce qu'il y découvrit lui coupa le souffle. Il y avait peu d'objets, mais quels objets !

L'un d'eux en particulier attira son attention. Il s'approcha avec prudence, respect et considération. « Je ne sais pas comment ils ont fait mais... si cette lance est bien celle de Saint-Georges comme le désigne ce symbole sur la caisse de bois... alors l'épée du maître de l'Ordre était peut-être... » Il se tourna vers Raphaël, son regard affichait tout à la fois convoitise et euphorie. « J'ai envie de dire, mon cher... jackpot ! »
 
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Message posté : Dim 20 Sep 2015 - 2:39 Message
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Je me contentai pour l'instant des premiers soins prodigués par Dante pour arrêter mon hémorragie, le temps que nous rentrions à Beaudrie où je pourrais recevoir des soins magiques plus appropriés et plus efficaces. Si je me contins de grimacer, ma chaire elle, me trahit lorsqu'elle frémit douloureusement sous ses doigts. Je ne bronchais pas.

Sa question au sujet d'Apollon me dit sourire. Cela faisait un moment que j'essayai de me fondre parmi les humains, et j'étais heureux, sincèrement, de pouvoir partager ma vie ainsi que mon secret divin avec Dante. Je n'aurais jamais cru cela aussi aisé. Mais il fallait le lui reconnaître c'était parce qu'il n'était pas un être humain comme les autres. Cependant, je n'étais pas cet idéal compagnon qui pouvait introduire innocemment son bien-aimé mortel auprès de ses frère divins sans redouter quelques représailles de leur part, pour la simple et bonne raison que j'étais un hors la loi aux yeux des miens et je redoutais plus que tout le jugement de mon père s'il venait à en avoir vent.

Si j'étais discret au sujet de mes relations avec ma famille auprès de Dante, il en allait de même dans l'autre sens. Je n'avais rien dit à mon frère, ni même à aucun autre olympien, au sujet de la relation que j'entretenais avec le magicien car il était mon jardin secret.
Mon frère en savait déjà beaucoup trop sur mes escapades terrestres suite au vol de la lyre et je lui étais reconnaissant d'avoir gardé cela pour lui jusqu'à maintenant. Cette rivalité permanente qui nous opposait n'avait d'égal que notre complicité fraternelle et il était de mes frères, celui dont je m'étais toujours senti le plus proche. Cependant, ce qu'Apollon savait de mon marivaudage, c'était uniquement ce qu'il avait vu, grâce à ses dons divinatoires. Et par chance, ceux-ci n'avaient plus la portée d'autrefois, depuis que les dieux n'avaient plus le droit d'interagir avec les mortels. Apollon ne pouvait voir sur Terre. En revanche, il pouvait toujours avoir des prémonitions à mon sujet, puisque j'étais un dieu et que je continuais régulièrement de me rendre sur l'Olympe pour remplir mes fonctions divines. Il m'avait d'ailleurs mis en garde à plusieurs reprises concernant le dragon avant l'épisode de la Lyre, sans que je ne susse jamais ce qu'il avait effectivement vu. Depuis, il ne m'en parlait plus. Il fallait dire que j'évitais soigneusement le sujet, quand je n'évitais pas de le croiser lui, tout simplement. Je ne souhaitais pas m'exposer inutilement à son regard scrutateur.

"Les légendes à son sujet sont fondées. Quiconque le défie, s'expose à sa mauvaise foi. Mon frère est un très mauvais perdant." Et c'était peu de le dire ! "Rappelle-toi l'histoire de Marsyas..." Cela datait, mais cette histoire était conté dans les récits mythologiques. Apollon n'avait pas beaucoup changé depuis, même s'il s'était quelque peu assagit en vieillissant. Non seulement il avait fait écorcher vif ce satyre qui l'avait défié, mais il avait également châtié celui qui n'avait pas arbitré en sa faveur. J'osais espérer que ce simple exemple suffirait à faire prendre conscience à Dante, du genre de dieu qu'était mon frère et que, dans notre intérêt à tous les deux, il valait mieux pour lui ne pas s'y frotter au risque d'encourir pareil châtiment.
Il était de notoriété olympienne qu'Apollon n'eut aucune considération ni aucune pitié pour les êtres qu'il considérait comme une engeance inférieure et, même s'il aurait sans doute reconnu son mérite au brillant musicien qu'était Louis, il n'aurait probablement eu aucun scrupule à le sacrifier sur l'autel de sa vanité si d'aventure ce dernier se serait heurté de plein fouet à sa susceptibilité, tout comme il s'était heurté à celle d'Aetius, digne serviteur de son précédent maître. Je ne pourrais tolérer qu'Apollon touche à un seul de ses cheveux et je serais inexorablement contraint de défier ce dernier si cela venait à se produire. Inutile de préciser que je préférais éviter d'avoir à en arriver là. Je n'étais pas peu fier d'avoir détourné le courroux du dieu, ainsi que son désir de vengeance, en endossant la responsabilité de l'échec de la mission et en lui proposant réparation, via ce marché insensé que nous avions conclu ensemble.

En croisant le regard chocolat de mon aimé dont je sentis la chaleur et la douceur du baiser guérisseur se diffuser dans mon épaule à travers le bandage qu'il terminait de serrer, je n'en éprouvais toujours aucun regret. J'avais, certes, concédé ce sacrifice de taille mais j'avais également tiré mon épingle du jeu, pour ses beaux yeux. Le jeu en valait la chandelle ! Et lorsque la partie avec mon frère serait terminée, j'en serais le grand vainqueur. "Je pense effectivement qu'il t'as considéré comme une menace. Sinon, il n'aurait pas déployé tous ses gardiens pour défendre l'île Lyrique." répondis-je avec un sourire heureux, me remémorant avec amusement nos péripéties. "Mais tout cela appartient au passé. Le seul point sur lequel il avait raison..." commençai-je, le regard teinté d'une lueur d'espièglerie avant d'avouer : "Tu t'es révélé comme un adversaire redoutable." pour mon frère, mais également pour moi. J'avais longuement été tiraillé entre ma mission divine et Louis ce jour-là, avant de céder à ce dernier bien plus que ma Lyre; je lui avais également cédé mon cœur.

Je caressais son visage d'un regard alanguis, mais Dante, ponctua son dernier élan affectif d'une remarque désagréable qui me piqua une nouvelle fois au vif. Il était buté et je devinais à sa piqure de rappel que rien de ce que je pourrais dire ne le ferait changer d'avis aujourd'hui. Mon sourire s'élargit cette fois-ci. Je laissai dire et lâchai prise. Tergiverser sur le sujet ne servait à rien. Il n'avait de toutes façons aucun moyen de se rendre sur l'Olympe alors qu'avais-je donc à redouter ? A moins qu'il n'ai parmi ses connaissances un autre voyageur dimensionnel dont il ne m'aurait parlé ? "Oui, bien-sur." répondis-je en soupirant, comme si je cédais finalement à sa requête, recouvrant ma nonchalance habituelle en enfilant ma chemise ensanglantée. Ce n'était pas vraiment de la mauvaise foi. Récupérer le Caducée faisait partie de mes priorités. Mais la monnaie d'échange que je préparais pour mon frère n'était pas encore au point.

Je lui emboîtai le pas dans les allées sinueuse de la grotte. "Et qu'en est-il de cet élixir de longue vie alors ? Pourquoi ne m'en as-tu pas parlé ?" demandai-je sur le ton de la conversation, dissimulant parfaitement mon enthousiasme tout en guidant le magicien dans les couloirs sombres. Nous ne tardèrent pas à nous retrouver devant cette porte gigantesque faite en un acier peu commun. C'était à se demander comment et surtout pourquoi ils avait fait installer cette porte digne du plus gros coffre fort d'une banque réputée. Ces engins avec de multiples sécurités m'amusaient vraiment. De vrais petits bijoux de technologie et d'engrenage sensibles, réglés aussi minutieusement que les mécanisme complexes d'une horloge. Toute cette technologie qu'il était si aisé d'enrayer d'un minuscule petit grain de sable... Dante ne perdit pas de temps en tergiversions et tandis que j'analysais la porte, il fit directement usage de sa magie pour défoncer les parois de la grotte. Je laissai échapper un léger rire : "Efficace !" dis-je en le rejoignant sur la porte couchée au sol. "Tu ferais un bon braqueur amour. Mais il va falloir travailler un peu ta discrétion." ajoutai-je avec un sourire complice. Plaisanterie ou pas ? Allez savoir ! Je n'avais jusqu'alors jamais encouragé Dante à embrasser mon vrai métier d'aucune manière que ce soit. Je ne lui parlais pas trop de ce genre d'activités que j'exerçais dans la plus grande discrétion en plus de mon travail officiel de Conservateur de Musée Historique.

La pièce contenait quelques vieilles lames constituant un trésor potentiel pour un musée. Il y avait là diverses pièces datant des premier siècles du calendrier humain qui mériteraient d'être expertisées afin d'être correctement datées et d'en définir l'exacte provenance. Certaines m'avaient l'air plus travaillées, faites d'un meilleur acier, et devaient par conséquent être plus récentes. A vue d'œil, ces pièces devraient plutôt bien se monnayer et feraient couler de l'encre, pour le bonheur de quelques historiens. "Des pièces de musée..." Mais Dante attira mon attention sur une lance tout à fait fascinante et singulière. Je m'approchai de la caisse, observai avec attention la croix que j'identifiais aussitôt comme étant celle de Georges de Lydda, puis mon regard s'attarda sur la lance sur laquelle figurait aussi cette estampe : "Fais-voir ? " dis-je en la lui prenant des mains. "Ne te blesse pas avec ça, cela pourrait t-être fatal. Si je ne m'abuse, elle ressemble à la lance qui a mis à terre le dragon de Silène en Syrie et effectivement... mais il semblerait qu'elle ai subit quelques modifications... si c'est le cas, il est fort probable que la lame de Bénédict soit Ascalon. Oui." En voyant le regard flamboyant de Dante, je n'eus aucun mal à deviner le sentiment qui l'animait. Un véritable gardien du seuil ! Cela m'amusait. "Ne t'emballe pas trop vite amour, il faudrait vérifier avant d'en avoir la certitude." Et je n'avais pas l'intention de tester l'arme pour en avoir le coeur net, aussi, préférai-je la méthode plus... laborieuse des chercheurs. "Je peux les éprouver avec les instruments du musée." Bien entendu, il n'était pas question de laisser traîner ces armes ni de les exposer dans un quelconque musée, il en allait de la sécurité de mon aimé. Nous étions tous deux d'accord sur le fait qu'elles seraient en lieu sûr en notre possession.
 
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Message posté : Jeu 24 Sep 2015 - 1:36 Message
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Dante connaissait mieux qu'aucun autre l'histoire de Marsyas, puisqu'elle était rappelée à tous les jeunes musiciens, pour leur enseigner les bienfaits du travail et de l'humilité. À l'époque, toutefois, quand son professeur la lui avait racontée, le jeune homme qu'il était n'avait aucune idée de l'existence des Olympiens. Il n'aurait jamais cru à pareille farce, et pourtant voilà qu'il se trouvait dans le désert en compagnie du messager des dieux grecs, et qu'il s'était mis dans le nez du dieu solaire, d'Apollon, le docte et rayonnant fils de Zeus. L'avertissement était clair : le jumeau d'Artémis était à la fois retors et mauvais perdant. Son mauvais caractère et les mises en garde d'Hermès, toutefois, n'étaient pas de nature à conduire Dante à plus de prudence.

Il n'irait pas défier sottement Apollon et n'agirait pas comme le plus stupide et le plus sot des gobelins. Après tout, ce magicien-là n'était pas un berserker, mais bien un dragon capable d'accomplir de grandes choses. Dante avait déjà volé la lyre divine, il existait donc, dans tous les cas, un contentieux entre lui et l'Olympien. Raphaël d'ailleurs soulevait sans le dire une étrange contradiction dans le comportement du dieu solaire : pourquoi n'était-il pas intervenu lui-même pour protéger la lyre, une fois celle-ci entre les mains du musicien ? Pourquoi n'être pas descendu sur terre pour reprendre son bien et châtier l'impudent ? Dante avait compris avec le temps que le Pacte, qu'il ne nommait pas, empêchait sans doute Apollon d'agir à sa guise. S'il ne pouvait descendre sur terre, nul doute qu'il emploierait d'autres expédients pour retrouver la propriété de son instrument. Dante attendait depuis les assassins, mais ceux-ci tardaient à se montrer. Dante avait souri à la remarque de Raphaël. Celui-ci connaissait les talents objectifs du dragon-mage, mais en vérité, connaissait-il tous les ressorts de cet esprit profond comme les océans insondables ?

À la question qui concernait l'élixir de longue vie, Dante répondit avec un brin d'humeur : « Je souhaitais te ménager une surprise. Déjà que je ne peux fêter ton anniversaire, faute de date de naissance, il faut bien que je sois inventif, pour trouver les cadeaux appropriés... » Puis, ils arrivèrent devant la porte du caveau et Dante rit de bon cœur à la réflexion de Raphaël, qui le trouvait fort peu discret. Dante lui opposa un raisonnement parfaitement génial ou parfaitement absurde. « En vérité, c'est la solution la plus discrète ! Si d'aventure quelqu'un trouvait la porte ainsi détruite, il tournerait son enquête vers de vulgaires sapeurs, et non vers un voleur plus aguerri comme toi. » Bien entendu, il manquerait, sur place, les traces des explosions et les impacts des détonations. Qu'importe ! En partant, il scellerait cette caverne et ce canyon après avoir réuni toutes les dépouilles et toutes les preuves de l'existence de l'ordre de Cadmos dans cette grotte, où il incendierait le tout, pour ôter de l'Histoire jusqu'au souvenir de cette verrue insupportable. Une fois à l'intérieur du grand coffre-fort, Raphaël parut douter de ce qu'affirmait Dante. Ce dernier ricana.

« Crois-moi, j'ai du flair pour les objets magiques, et par ailleurs en tant que dernier des dragons, je sais reconnaître la pire des menaces qui soit. Quel dommage que l'autre gobelin soit parti si vite, j'aurais volontiers posé quelques questions... Aucune importance, je prends la lance et je prends l'épée. Elles seront à l'abri au palais, et personne ne pourra jamais s'en servir contre moi. » Dante s'éloigna de la caisse et se rapprocha d'autres objets. Il y en avait peu, en fin de compte, mais il ne faisait aucun doute que ce trou à rat abritait quelques trésors inestimables. « C'est fou. L'ordre de Cadmos aurait pu se refaire une santé financière en vendant certaines de ces babioles. Regarde ce tableau ! C'est la reine de Chypre, Caterina Cornaro... l’œuvre est de Titien ! Si c'est l'original, cela veut dire que le tableau exposée dans la Galerie des Offices à Florence est une copie... » Il serait parfait dans le salon des oiseaux. Dante possédait déjà le cadre idéal, il suffirait d'en ôter la croûte pâle qui l'ornait. « Il faut croire que la piété des maîtres de l'ordre primait leur avarice. Avec ce tableau, par exemple, ils auraient pu se payer un hôtel particulier sur la colline aux lanternes à Star City, et le jardin tout autour... enfin, peu importe. C'est à nous, maintenant. »

Dante et Raphaël disposèrent du butin comme ils le souhaitèrent. Il ne restait plus qu'à nettoyer le canyon. Et demeurait la question de la carcasse du dragon mort. En regagnant l'extérieur, Dante s'ouvrit à Raphaël d'une idée qui lui parut intéressante : « Crois-tu pouvoir ouvrir un portail entre ces lieux et le parc du palais Beaudrie, et le maintenir ? Ce serait fort pratique, pour y déplacer ce qui nous intéresse, et s'assurer que ce cadavre-là, cette dépouille géante, ne tombe entre de mauvaises mains. »
 
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Message posté : Sam 26 Sep 2015 - 0:36 Message
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La raison pour laquelle Dante n’avait pas été ennuyé par mon vindicatif frère solaire était simple, c’était uniquement parce que j’avais baratiné ce dernier au sujet de mes intentions vis-à-vis du magicien, et que le dieu était persuadé de me tenir sous son joug. Officiellement, pour Phébus, j’officiais toujours en tant que gardien de la lyre et il était persuadé obtenir réparation de l’affront subit. Peut-être même savourait-il une revanche millénaire contre moi. Cela ne me surprendrait pas. Du moins, c’était ce que je pensais.
Apollon ne connaissait que trop bien mon esprit retord et avait fait renforcer la sécurité autour de son palais, s’attendant très justement à ce que je tente de lui dérober le Caducée à la première occasion. Il n’attendait qu’un faux pas de ma part, je le savais. Je n’avais pas l’intention de lui faire ce plaisir. Il m’avait d’ailleurs avisé à ce sujet l’autre jour, qu’à la moindre entourloupe de ma part, notre père serait mis au courant de mon marivaudage terrestre. Comme à chaque fois que la situation lui échappait, il fallait qu’il aille en référer au Très Haut ! A croire qu’il soit incapable de régler nos différents tout seul !
Je n’avais jusqu’à maintenant, rien tenté pour le dissuader et je jouais volontairement profil bas, m’interdisant de le provoquer inutilement, même si cela me démangeait grandement. C’était notre grand jeu, depuis la nuit des temps. Je prenais mon mal en patience, le temps de mettre au point une Lyre digne de ce nom à lui échanger contre mon Caducée, ou de mettre sur pied un plan infaillible pour le récupérer sans me compromettre.
C’était sans compter les caprices de mon bien-aimé qui m’imposait à présent une échéance. Respectable, même si le fait qu’il me l’impose me déplaisait. Cela sonnait quelque part comme un défi à relever, même si je ne pensais pas avoir grand-chose à craindre de ses menaces, aussi redoutable soit-il, comme je venais justement de l’avouer. Ce n’était pas vraiment le magicien ni le dragon qui m’inquiétait. C’était d’avantage ce qu’il provoquait chez moi. Une fois encore, il venait d’égrener le doute au pied de l’arbre de mon assurance divine inébranlable. Je chassai cette sotte pensée d’un sourire d’auto-dérision et me focalisai sur autre chose de plus… réjouissant. Comme, la mise au point de cet Elixir de longue vie par exemple !

Je laissai échapper un rire. Les fêtes d’anniversaire faisaient partie des coutumes qui m’avait toujours amusé et j’aimais à me prêter au jeu de ce besoin qu’avaient les humains de commémorer ces instants de leur propre vie. « Je suis né autrefois, tu sais ! » répliquai-je amusé. J’avais bénéficié tout comme lui du miracle de la naissance. Et cet état de fait était invariable, que l’on soit un humain, ou un dieu. « Le calendrier a quelque peu changé depuis, je te l’accorde… » En faisant quelques calculs, sans doute pourrais-je lui fournir une date approximative, s’il y tenait vraiment. Mais ma date de naissance n’était pas vraiment le sujet de la conversation. « Tu peux te féliciter, c’est plutôt réussi ! » avouai-je. Mais Dante n’avait pas l’air d’humeur à s’étendre sur le sujet.

Il se dérida lorsque nous atteignîmes la porte du coffre. « Mouih ! Je ne suis pas convaincu que les sapeurs emploient ce genre de méthodes pour ouvrir un coffre fort. Encore faut-ils que les enquêteurs aient du temps à perdre pour venir fouiner ici. Surtout pour enquêter sur une organisation officieuse dont il ne reste plus aucun membre désormais, dans un lieu présumé secret, que nous avons nous-mêmes eu peine à trouver. Aucun risque ! » répliquai-je avec aplomb. Certes, leurs familles, s’ils en avaient, auront sans doute la disparition d’un être cher à déplorer, mais si TheRealProphet avait fait son travail correctement, il n’y avait plus aucun moyen pour eux de remonter jusqu’aux chevaliers de l’Ordre de Cadmos, ni aux informations que Dante et moi détenions. L’affaire de ces étranges disparitions, si elle inquiétait du monde, serait classée sans suite, faute de preuves et surtout, faute de pistes à suivre.

Loin de moi l’idée de remettre en question le flaire draconique légendaire de Dante qui était sans appel. Il avait été capable d’identifier mon équipement divin, je n’avais aucun doute sur ce qu’il avançait à propos de la lance de Saint Georges que je reconnu également en tant que telle. « A la bonne heure ! » approuvai-je en souriant. « J’aimerais toutefois les observer lorsque nous serons rentrés.» dis-je. Cela sonnait d’avantage comme une requête de la part de l’historien. « Si tu n’y vois pas d’inconvénient, naturellement ! » Il m’intriguait de connaître la composition de cette arme et de savoir ce qui la distinguait d’une lance normale tout comme ce qui faisait qu’elle soit si redoutable pour un dragon. Sans doute que ces observations et ces recherches pourraient intéresser Dante également. « Tu ne trouves pas tout de même curieux qu’ils aient gardé ce gobelin comme… serviteur ? » sachant qu’ils tuaient des dragons. D’ailleurs, le fait qu’ils en aient apprivoisé un était tout aussi surprenant et improbable que le fait de découvrir ici un œuf. « Pourquoi l’Ordre de Cadmos se seraient-ils embarrassés d’un œuf de dragon alors qu’ils cherchaient les anéantir ? »

Dante faisait le tour de la grotte comme un enfant lâché au milieu d’un magasin de jouet à l’approche de noël. « Si tu savais le nombre de copies qui agrémentent les galeries des musées ! Certaines pièces sont trop fragiles pour être exposées à la lumière et aux yeux de tous, d’autres trop dangereuses pour que le risque soit pris de les exposer à la vue du tout venant, sans compter les œuvres en transit entre les différents musées. Toutes ces œuvres sont remplacées par des copies de bonne facture et le visiteur novice n’y voit que du feu. Et je ne parle même pas de celles qui circulent sur marché noir qui est on ne peut plus florissant ! » Et je savais de quoi je parlais, car je travaillais avec une puissante famille sicilienne de Star City en la matière.
J’avais reposé la lance et je m’approchai à présent de Dante, qui observais le tableau de Titien avec envie : « Une expertise le dirait, mais je suppose que ton flair encore une fois, ne te trompe pas sur la valeur de celui-là. Oui, celui de Florence est une copie. » confirmai-je à son oreille dans un murmure. Et cela faisait deux siècles que l’original avait disparu des marchés légaux des œuvres d’art. Je comprenais mieux pourquoi à présent. Je laissai échapper un rire à sa remarque et ne pu m’empêcher d’ajouter sur le ton de la plaisanterie : « Je me doute que tu aurais été ravi de les avoir comme voisins ! »
Je détournais le regard sur les vieilles épées sur lesquelles je ne m’attardais pas, puis soulevai un vieux bout de tissus poussiéreux qui recouvrait quelques joyaux qui ne manqueraient pas d’attiser un peu plus encore l’avidité du dragon. « Ceux-ci aussi sont originaux, je présume ? » dis-je en montrant à Dante, la couronne d’’or, ornée de pierres précieuses et de perles, dont une copie était actuellement exposée au château de Prague. « L’originale était sensée être conservée dans un endroit secret par un ordre monastique dans la chapelle de Saint-Venceslas… » La suite devait nous apparaître comme une évidence désormais. Nous savions de quel ordre il s’agissait. « Avec ça, ils auraient également pu faire construire une piscine au cœur même de leur hôtel particulier. »

Après avoir fait le tour de la grotte, nous retrouvâmes Torgnole et Châtaigne à l’extérieur avec leur œuf de dragon. Un rapide tour d’horizon suffisait pour se rendre compte qu’il ne serait pas possible de repartir par les routes dites normales, vue que le seul accès praticable en voiture était éboulé et que nous n’avions plus de véhicule à notre disposition puisque Dante avait mis le canyon à feu et à sang. Il ne restait plus que les carcasses embrasées des véhicules qui se consumaient encore au cœur d’épais nuages de fumée ébène nauséabonds, aux fragrances de caoutchouc brulé. Et qui plus est, nous étions désormais trop chargés pour envisager de partir à pied. Mais cela ne me posait pas particulièrement de problèmes puisque notre issue était pour moi une évidence.
« Si je peux ? » demandais-je avec ironie. « Certes, je suis blessé mais tout de même ! Ai-je vraiment l’air si… » vulnérable ? Le mot resta coincé au fond de ma gorge, refusant de sortir. Je le compensais toutefois en ouvrant un portail dimensionnel donnant sur le palais Beaudrie ; que les gobelins pouvaient déjà emprunter pour rentrer ; et par lequel nous allions pouvoir faire quelques allers-retours pour transporter notre butin. De plus, une dépouille de dragon était un trésor inestimable sur Terre, puisqu’il n’en restait pour ainsi dire plus dans cette dimension. D’autant plus qu’il serait une ressource alchimique intéressante et rare. Mais cette carcasse ne serait pas aisée à transporter pour deux hommes flanqués de deux gobelins. J’avais beau avoir plus de force que la plupart des êtres humains, je ne pensais tout de même pas être en mesure de soulever cette bête, même au top de ma forme. Il me suffirait simplement d’ouvrir un autre portail sous lui et de le laisser choir. « Le dragon, j’en fais mon affaire. » dis-je adressant à Dante un regard entendu.

Nous traversâmes le portail tous les quatre pour atterrir dans le hall du palais Beaudrie, pour le premier voyage. Les secousses dues au voyage étaient moindres du fait de la faible distance à parcourir. Je ne fis donc pas usage de ma super vitesse comme les autres fois. Châtaigne tenait fermement l’œuf de dragon entre ses petits bras. Nous fîmes les quelques voyages nécessaires, puis, je déposai mon chargement dans un coin du hall, puis m’arrêtai à la hauteur de Dante en me dirigeant de nouveau vers le portail. « Tu as une préférence pour entreposer le dragon ? » L’entreposer dans le jardin n’était, à mon sens, pas l’idée du siècle, surtout à Star City, où il serait rapidement repéré par quelques Super Fouineurs volants, à qui il aurait pris l’idée de survoler la villa.
 
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Message posté : Sam 26 Sep 2015 - 1:19 Message
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« Tant que c'est l'historien et non le voleur qui les observe, je n'ai rien à dire, tu te feras plaisir. » Taquin, Dante appuyait volontiers sur les pistons de la trompette d'Hermès, dont il soufflait les notes au gré de leur conversation. Mais la question sur le serviteur gobelin rappela à Dante qu'il avait laissé filer Coquillard et qu'il le regrettait un peu.

C'était plus fort que lui : dès qu'il voyait un gobelin, il lui fallait s'attacher ses services. Les rescapés de la Terre Prime n'y suffisait guère, d'ailleurs, puisqu'il avait ceint son front de la couronne de Fragonie, projetant d'établir son empire sur l'immense Gobelia, patrie d'origine des gobelins ou ces créatures et les hommes vivaient en harmonie, dans une autre dimension, sous d'autres latitudes planaires. Ce gobelin-là, bien sûr, était par ailleurs un parent de Torgnole : cela ne faisait aucun doute, Dante l'avait deviné, perçu et même senti. Autant de raisons qui ajoutaient à sa déception. « Curieux ? Je ne pense pas. Gobelins et dragons ont toujours fait bon ménage. S'ils avaient dans leur ménagerie une congénère femelle et un œuf, il ne paraît pas invraisemblable d'y découvrir un gobelin. » Raphaël d'ailleurs manifesta la question qui venait d'elle-même aux lèvres de Dante. Il la tut donc et s'empressa d'y répondre, car la solution à ce problème curieux lui semblait évidente.

« Pour les mêmes raisons qui ont poussé le sénateur Palpatine à s'approcher du jeune Anakin Skywalker ; pour le corrompre et s'approprier son pouvoir. Autrefois, on élevait des chiens pour chasser leurs cousins les loups, n'est-ce pas ? Ce devait être la même chose ici : ce dragon était envoûté, il servait l'ordre comme une brave bête de guerre ; probablement a-t-elle tué d'autres de mes semblables à travers le monde... je le devine, en tout cas, elle se battait trop intelligemment pour une créature soumise au joug d'un si puissant enchantement, d'une si féroce emprise psychique. » Il pesait ses mots. Dominer par l'esprit un dragon n'était pas donné aux premiers télépathes venus. Cela exigeait du talent et de la ressource. « Ainsi l’œuf... ma foi, as-tu remarqué qu'il n'était qu'un fossile ? Nul dragon n'en sortirait, en l'état... » Il devint pensif. Il existait sûrement un moyen d'arracher l’œuf à son sommeil de pierre et déjà dans l'esprit du magicien germait l'idée d'un plan génial qui impliquerait une certaine scientifique, un certain démon et une forte dose de culot.

Distraitement, il écoutait les commentaires de Raphaël, souriait avec politesse et complicité, mais son esprit était ailleurs, loin dans les prémices d'une machination qui aboutirait à la naissance d'un jeune dragon qu'il considérerait comme la chair de sa chair, comme son enfant. Naturellement la couronne dévoilée par Hermès attira son attention et le dragon flaira la valeur colossale du bel objet qu'il exposerait volontiers dans son antre. Son goût pour l'or et les trésors empestait le vieux reptile avare. Il était d'ailleurs de caractère trop bien trempé pour songer seulement à changer dans un sens ou dans l'autre.

***

Dans le canyon, il ne resta bientôt plus rien que les restes suspects d'un incendie de cause inconnue. Toutes les dépouilles, toutes les carcasses, tous les corps avaient été entassés dans la grotte, dans le repère de l'Ordre que Dante, Raphaël et les gobelins avaient pillé avec méthode, de façon systématique et rigoureuse. Rien ne serait laissé au hasard. Raphaël ouvrit de grands portails sur la dimension fuzonique et les membres de l'ordre, ainsi que leurs effets inutiles, y disparurent, pour toujours et à jamais consumer dans les flammes du plan du feu.

Puis, Dante provoqua les secousses terreuses qui provoquèrent l'effondrement de la grotte ; son entrée fut scellée et le canyon ne devint plus qu'un énième lieu hostile et sauvage du désert de Sonora. Il y avait quelque chose d'effrayant dans l'insistance de Dante à rayer tout souvenir de l'ordre de Cadmos. Dans sa mémoire, il vivrait éternellement, bien sûr, mais là, sur la terre prime, c'était à peine s'il demeurait une trace de son passage dans ce désert. Il y avait bien les corps laissés près de la station service, mais même eux n'échappèrent point à la vindicte éradicatrice du magicien.

***

Au palais Beaudrie, dans les jardins, Dante contemplait la carcasse du dragon et le butin de guerre. L’œuf et la carcasse du dragon. Il n'était pas encore certain de ce qu'il ferait de cette dernière. Il laissa aux gobelins le soin de gérer la grosse pierre ovoïde. Golodon en reçut la garde, et se vit investi de la responsabilité de ménager un réceptacle à la mesure d'un tel trésor.

À Raphaël qui fermait le portail liant le désert et ces jardins, Dante déclara : « Je te laisse ma part du butin pour ton plaisir d'historien mais souviens-toi que c'est dans le salon des oiseaux que je veux voir accroché le tableau de Titien, comme je te l'ai dit... » Une vraie matrone, ce dragon. « Enfin, avant toutes choses, tu passes par l'infirmerie. Hors de question de te laisser une minute de plus dans cet état. »
 
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Message posté : Mer 30 Sep 2015 - 12:22 Message
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J’étais peut être le dieu des voleurs, mais je n’étais pas cleptomane pour autant. Enfin, pas pour tout. Contrairement à Dante je ne possédais pas ce besoin maladif de posséder à tout prix. Je volais pour la forme, pour le sport, pour le plaisir de pouvoir marchander ensuite, mais très rarement pour mon propre compte. Force était de constater que nos différences étaient complémentaires, ce qui m’amusait.
Sa réflexion sonna comme une douce provocation à mon oreille et me fit sourire. « L’historien ne fait pas le voleur, n’est-ce pas ! » D’autant plus que je connaissais la malédiction qui planait sur les trésors du dragon et il ne m’était pas encore venu à l’idée de me risquer à le défier pour voir si elle s’appliquait également à l’être divin que j’étais. Pour l’heure, il pouvait dormir sur ses deux oreilles, je n’en éprouvais aucune envie.

La théorie de Dante sur la manipulation du dragon par les membres de l’ordre de Cadmos se tenait. C’était astucieux et judicieux. A leur place, j’aurais peut-être agit de même, peut-être même pire. Cependant, comme je n’étais contraint par aucun dogme, ma vision peu manichéenne du monde différait de la leur. A mes yeux, les humains agissaient parfois de manière incompréhensible car j’aurais juré que l’aversion de ces gens pour ceux qu’ils considéraient comme des démons n’aurait pu les pousser à commettre de tels actes blasphématoires vis-à-vis de leur religion. « La faim, justifie les moyens, hein ? » C’était mon leitmotiv. Ce n’était donc pas moi qui allais dire le contraire. En revanche, les humains avaient tendance à faire plus de façons. « Parfois le comportement humain m’échappe ! » Je haussai les épaules. Peu importe ! Pour l’œuf, « Si ce n’est qu’un fossile… », vue le trésor que nous venions de découvrir… « …, il ne devait être qu’une pièce de plus à leur collection de vieilleries. Un trophée sans doute. Ou une quelconque relique destinée à leur dieu. » Cependant, si je continuais de faire l’inventaire du butin que nous avions sous les yeux, Dante avait l’air ailleurs.

***

Le portail donnant sur le ciel du canyon se referma. L’immonde carcasse du dragon faisait à présent tache dans le décor au milieu de la somptueuse pelouse du jardin du palais Beaudrie. Dante, que j’avais laissé dans le hall tout à l’heure, m’avait rejoint dehors. « Et voilà pour la livraison du dragon ! Une petite signature ici s’il vous plait ! » dis-je sur le ton de la boutade, en dégainant un morceau de papier replié de la poche arrière de mon pantalon, faisant tomber au passage la photo de Dante que j’avais trouvée dans les affaires de Scott. « Oops ! » Je ramassai la photo tandis que le magicien se laissait aller à me donner ses directives comme il l’aurait fait pour les gobelins ou encore Léo. « Il avait un faible pour toi, semble-t-il. » dis-je sur un ton léger, en secouant la photo sous son nez avant de la remettre dans ma poche arrière, comme si je n’avais rien écouté de ce qu’il venait de me dire à propos du tableau de Titien, dans le salon des oiseaux. Cela n’avait aucun rapport avec la choucroute, je le savais. Dante avait simplement été la cible d’Orson. Point. Je ne savais pas ce qui m’avait pris de dire cela. La reine de Chypre ne m’en était pas témoin, elle ne s’en sentirait nullement offensée et patienterait encore avant d’être conduite au salon.

A mesure que le ton de Dante se faisait plus ferme et directif, ma nonchalance refaisait de nouveau surface et mon sourire s’élargissait. « Dis-donc toi ! Tu n’aurais pas été chef d’orchestre dans une autre vie ! » dis-je avec effronterie en laissant glisser ma main valide sur sa taille. Même si j’avais saisi le sens sa délicate intention sous ses propos paternaliste, je ne pu m’empêcher de répliquer, par simple esprit de contradiction : « L’infirmerie devra pourtant attendre car j’ai tout d’abord rendez-vous à la salle de bain. » Je ne comptais pas me dérober à ses soins très longtemps, c’était d’ailleurs dans mon intérêt, mais je pensais qu’il était inutile de lui faire un dessin de la situation. Nous étions tous les deux dans un état déplorable et une bonne douche me semblait particulièrement indiquée et prioritaire. J’effleurai ses lèvres avant d’ajouter sur un ton taquin : « Alors comme ça… les rouquins te font de l’effet ? » Voilà que je remettais ça. Non, ça n’était pas tombé dans l’oreille d’un sourd ! Puis, sans lui laisser le loisir ni le temps de répondre, je cherchai de nouveau le contact de ses lèvres. Lorsque je les trouvai, la métamorphose opéra de nouveau, comme une ultime provocation. Mes yeux virèrent au vert et ma chevelure foncée se mit à flamboyer. Un sourire angélique vint souligner mon regard étincelant et lascif qui présageait le témoignage de mon amour par de voluptueuses et vigoureuses promesses, tandis j’accrochai le regard gourmand de mon aimé, plus provocateur que jamais. Puis finalement, je me dérobai pour prendre le chemin de palais.



FIN

 
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