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Le taureau d’airain : déconvenues et chaleur du dragon. Cadre_cat_1Le taureau d’airain : déconvenues et chaleur du dragon. Cadre_cat_2bisLe taureau d’airain : déconvenues et chaleur du dragon. Cadre_cat_3
 

Le taureau d’airain : déconvenues et chaleur du dragon.

 
Message posté : Lun 22 Juin 2015 - 12:56 Message
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Trop facile. Suite à sa petite rencontre avec deux membres du Gang des Fables, Léon avait exploité les infos qu'il avait put récupérer. Jefferson Witchy, il avait posé un nom, complet cette fois, sur un ancien de la famille au taureau. Qui plus est, cet homme, que Léon n'avait vu qu'une fois, et qu'il avait prit pour un très vieux monsieur comme les autres, avait été l'un des hommes les plus forts du monde dans les années 60... Comment les Lockwood avaient put passer à côté de ça ? Visiblement, certaines familles trahissaient leurs devoirs en portant les cristaux, enfin, certainement. Léon enrageait toujours face à son ignorance, mais avait finit par retrouver la piste du cristal du taureau. Bien sûr, Wildcard n'était pas étranger à cette réussite, et le jeune lion éprouvait une certaine reconnaissance envers lui. Même si Léon n'aimait pas être redevable, il ne fallait pas être chien tout de même !

Après sa rencontre avec le squelette, le jeune lion avait récupéré toutes les informations pour traquer la descendance de ce Jefferson. Quelques visites dans des mairies, pour les registres de naissance, quelques rencontre provoquées chez les fonctionnaires trop respectueux du secret professionnel... Dans un sens, Léon était bien content que ces chiens de Vichy soient venus en Amérique : il n'avait pas eut trop à voyager ainsi. Et, après quelques semaines, il avait récupéré un nom : Tracy Witchy, tout récemment renommé Tracy Smith. La pauvre petite chose avait payé une fortune pour changer totalement de nom, mais cela n'avait pas suffit. C'était la plus jeune descendante connue, alors cela ne pouvait être qu'elle. Elle avait bien des parents, enfin un père, et des grands parents même, tous à l'hôpital, ou en maison de retraite, tous inaptes à garder le cristal.
La jeune fille, elle, depuis quelques temps déjà, travaillait dans un magasin de vêtements, au nord de New York. Pour ne rien arranger, il lui arrivait de faire des heures supplémentaires, pour l'inventaire notamment. Ainsi, le jeune lion n'avait eut qu'à la suivre, discrètement, un soir, tard, alors qu'elle rentrait chez elle. Il l'avait ensuite poussé dans une ruelle sombre, enfilant rapidement un gant au passage, juste avant de l'interroger.
"Léon, balbutia-t-elle d'une voix paniquée, je, je, t'en pris..."
Le jeune lion l'avait interdite de crier, sous peine de connaitre un bien funeste destin... Oh, bien sûr ! Dans tous les cas, il allait la tuer, mais la pauvre proie n'en savait rien, elle. Ce dernier, la tenant solidement, l'avait plaqué contre un mur.
"Où est-il ? répéta-t-il d'une moue menaçante et tordue par la colère.
-Je l'ai donné, répondit-elle d'un souffle stressé. J'ai, en apprenant ce que tu as fait, j'ai préféré m'en débarrasser. Léon... je t'en supplie..."
A ces mots, la jeune femme tourna la tête, et ferma les yeux avec crainte. Mais, d'un coup, une brutale douleur la prit à l'épaule. Léon, dont le visage resta terne et vide de toute empathie, venait de planter une de ses griffes dedans, lui arrachant un cri de douleur qu'il étouffa en plaquant une main sur sa bouche.
"Comment a-tu osé ? ajouta-t-il avec une colère dédaigneuse et supérieure. Tu avais des devoirs envers cette pierre !"
Il retira sa main, lui laissant tout le loisir de répondre. Il l'avait déjà jugé coupable, oui. Cette possibilité de se défendre n'était que simple courtoisie. Trop gentil ce lion tout de même...
"J'ai eux peur ! répondit-elle en tombant en larme. Tu...tu, ce que tu as fait est ce qu'il pouvait nous arriver de pire. T'en rend-tu compte ?"
Sa faute, mais bien sûr. En cet instant, l'envie de la tuer était grande. Mais il fallait résister : il ne savait pas encore ou cette inconsciente avait laissé le cristal du taureau.
"Où est-il ?
-Dans une petite herboristerie au centre ville de Star City, répondit-elle avec résignation et douleur, au Jardin du Dragon. Je crois que le propriétaire est un sorcier.
-Bien..."

Le jeune lion laissa alors descendre, lentement, sa griffe dans la chair, découpant petit à petit le muscle de la pauvre femme. Cette dernière, hurlant, avait une main posé sur la bouche, ne lui laissant ainsi aucune chance d'alerter qui que ce soit.
S'en suivit une rapide séance de torture, où Léon planta ses griffes un peu partout. D'abord les membres : ils étaient simples à saigner, et ne renfermaient aucun organe vital. Ensuite, le tronc : il contenait bien des merveilles, comme l'estomac qui, une fois percé, répandait sa bille acide sur tous les autres organes. Seulement, bien souvent, Léon se loupait, et assénait un coup fatal, sur le cœur notamment, en cherchant à l'atteindre. Mais là, il toucha au but, et la pauvre proie, dont les entrailles étaient peu à peu mordues par l'acide, hurla toutes les larmes de son corps, avant de s'évanouir de douleur. Le jeune lion put alors s'attaquer à sa dernière cible : le coup. Une entaille, net, profonde, et précise.
Le sang se répandit, et le jeune fauve, laissant le corps tomber, put partir. En général, lui, il achevait ses victimes rapidement. Mais, là, c'était une membre de familles protectrice, et loin d'être innocente qui plus est. Elle l'avait bien mérité.

Voilà qui était fait. Pendant les jours suivants, Léon n'efforça de rendre visite à toute sa petite familles, père comme grands parents, tous atteints de graves maladies qui les clouaient à un lit d'hôpital. Ce Jef, lui, était déjà mort. Tant pis.
Une fois tous tués, il put enfin rentrer à Star City. Direction : le Jardin du Dragon.

******

Facile à trouver. Après tout, ce sorcier avait caché son commerce derrière une simple herboristerie. Poussant la porte qui donnait sur la boutique, le jeune lion ne semblait pas particulièrement tendu. Pas plus que d'habitude du moins. Après tout, les sorciers n'étaient pas ses ennemis, seuls les membres de familles protectrices l'étaient. Et si cet homme n'en faisait pas partie, Léon n'avait aucune raison de montrer les crocs. S'il n'en faisait pas partie, le jeune fauve et ce magicien étaient même alliés. Léon ayant toujours une certaine forme de respect envers la magie, était même venu sans ses griffes. Un reste lui venant de ses ancêtres certainement.
Débarquant dans la boutique, il jeta d'abord un rapide coup d’œil tout autour de lui. Une herboristerie tout ce qu'il y avait de plus classique. En ce début de soirée, il n'y avait plus aucun client. Ce n'était pas plus mal. Non loin, un jeune homme semblait remettre de l'ordre dans les rayons. Un employer, ou le patron. En soit, tenir un petit magasin ne devait pas demander beaucoup de mains. Alors, de là à penser que le patron était seul dans la boutique, il n'y avait qu'un pas.

S'approchant d'un pas décidé de cet homme, Léon ne prêta pas attention aux herbes qui trônait tout autour de lui. Il n'avait que faire des tisanes, des infusions, et des autres herbes médicinales qu'il pouvait trouver ici. Sa cible était le cristal, et rien d'autre.
"Excusez-moi, lâcha-t-il d'une voix protocolairement plate dès qu'il fut arrivé au niveau du vendeur. Je suis à la recherche d'une pierre ancienne, et un ami brocanteur m'a dit que je pouvais la trouver chez vous. A tout hasard, n'auriez vous pas... un coin brocante ici ?"
Barbant, et fatiguant. La courtoisie, cela s'appelle apparemment ainsi. Après tout, le jeune lion ne pouvait pas arriver et dire "Salut toi. Donne moi le cristal du taureau et plus vite que ça.", pour repartir la seconde suivante, pierre en poche. Il fallait les formes, et Léon s'efforçait de les mettre. Non, il ne s'excusait pas, mais signalait juste qu'il était là, et qu'il cherchait quelque chose...
 
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Message posté : Mar 23 Juin 2015 - 23:11 Message
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Ce début de soirée s'annonçait sous la protection des plus diligentes étoiles. Dante quitterait bientôt sa boutique pour aller retrouver, au palais, son très cher Raphaël, et pour aller préparer, avec lui, un repas sous le signe de la gastronomie du pays du soleil levant. Il se hâtait donc de tout terminer. Pour autant, quand ce client de dernière minute l'aborda, il comprit aussitôt qu'il en aurait pour plus longtemps que l'ordinaire prévoirait. Ses yeux se plissèrent et se durcirent. Il devait néanmoins rester courtois."Je vous demande pardon ?" Il secoua la tête et son cou amorça un geste de recul. Un souvenir lui revint.


[…]
Quelques jours plus tôt, dans cette même boutique, Dante n'était pas là. Occupé ailleurs, ce fut Leo qui reçut la visite d'une demoiselle qui ne dit rien de son identité et se présenta comme la détentrice d'un objet très précieux qu'elle souhaitait vendre ici, au meilleur prix qu'elle ne débattrait pas, et le plus vite possible. Le sphinx, quelque peu rétif à l'idée de prendre l'initiative d'une transaction en lieu et place de son patron et maitre, le magicien, expliqua qu'il n'était qu'un employé et qu'il n'avait aucun pouvoir de décision en la matière. Il proposa néanmoins à la demoiselle soit d'attendre l'arrivée du propriétaire, soit de laisser ses coordonnées pour que Dante pût la contacter à nouveau. Elle fut hostile à cette possibilité et préféra attendre, mais Dante n'arriverait que plusieurs heures plus tard. Passablement contrariée, elle convint alors de laisser l'objet gratuitement, refusa de donner son identité et abandonna ainsi le malheureux sphinx plus perplexe que jamais. Encore une lubie bien humaine ! songeait-il avec mépris. Quand le magicien arriva, plusieurs heures après cet événement, il lui fit le récit de cette improbable acquisition et lui remit le coffret contenant la pierre. Dante l'examina et comprit aussitôt ce qu'il avait entre les mains. Cette pierre n'était pas n'importe quel caillou trouvé dans la forêt de Watson.
[…]

Dante observait l'intrus avec une attention particulière. La coïncidence des événements n'était pas anodine. L'homme était plus petit que lui et sa corpulence n'avait rien qui fût imposant. Il se dégageait toutefois de lui une certaine aura de violence et d'autorité. Ce regard sombre et perçant lui paraissait plus dangereux que la pointe d'une lance grecque. Cette bouche dure et ourlée de fines lèvres lui semblait prêtre à mordre. Il portait sur lui les marques d'une tension qui devait être permanente. Ses blonds cheveux achevaient le portrait d'un jeune homme qui dissimulait sa colère derrière les dehors d'une constance empruntée. Dante haussa instinctivement les épaules. Il n'était pas lui-même une montagne de muscle, mais avait toujours la hauteur suffisante pour toiser son client depuis les cimes – oh, allons, n'exagérons rien ! Le magicien avait senti l'odeur particulière de la magie attachée à la pierre déposée par hasard par la demoiselle quelques temps plus tôt. Il découvrait autour du jeune homme un parfum sembable. Le lien fut fait aussitôt et se trouva donc renforcé. "Il n'y a pas de coin brocante, ici. Vous n'êtes pas dans n'importe quel boui-boui de bas étage et je vous prierai de ne pas me mentir." Quoique sa voix exprimât de la colère, elle gardait le même ton tranquille qu'il conservait aux fureurs sombres et muettes qu'il connaissait parfois.

"Votre ami brocanteur n'existe pas, ne me racontez pas d'idioties ! Vous ne cherchez pas une pierre ancienne, vous cherchez un cristal qu'une personne, une femme, a déposé ici il y a très précisément six jours. Il est en ma possession, et je sais très précisément ce qu'est cette pierre ancienne." Il pointa du doigt la porte avec véhémence. "La sortie est là si vous continuez à me mentir. Parlez franchement et vous pourrez rester." Il se tourna ensuite vers le comptoir et s'y dirigea. Implicitement, Léon devait le suivre s'il comptait poursuivre la conversation. "Voulez-vous racheter cette pierre ? Un peu tard pour la fête des pères, non ?" Son visage s'adoucit d'un sourire qui n'avait rien de sympathique. Léon découvrait ainsi que non seulement Dante n'était pas le premier brocanteur venu, mais qu'en plus il était possible qu'il en sût beaucoup plus qu'il n'apparaissait sur les cristaux et sur lui-même... encore que le doute demeurerait entier : la fête des pères étaient une célébration récente et tout juste passée dans l'année, après tout !

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Message posté : Mer 24 Juin 2015 - 1:41 Message
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"Je vous demande pardon ?"
Excuse, pardon, que c'était lassant ! Il voulait en finir, et vite. Inutile de faire mine de ne rien savoir : Léon récupérerait le cristal, de gré ou de force.
Mais, Léon changea d'attitude lorsque le vendeur passa de l'incrédulité, à une sorte de colère ligotée. Plissant légèrement le yeux, le jeune lion resta sur la défensive, comme tout le temps après tout.
"Il n'y a pas de coin brocante, ici. Vous n'êtes pas dans n'importe quel boui-boui de bas étage et je vous prierai de ne pas me mentir."
Cesser de mentir ? Mais volontiers ! Léon se moquait de s'excuser, ou d'inventer un mensonge crédible. Il n'était pas discret plus que nécessaire, persuadé qu'il aurait ses proies au sprint final. Oh, il ne tuait pas à tous les coins de rue. Ça, s'était simplement du bon sens. Pour le reste, il s'en moquait des formes.
Exceptés lorsque ces dernières le piquait. Il pouvait très bien lui faire comprendre qu'il savait pour les cristaux, sans, pour autant, être aussi sec. Un ton tranquille ? Certes. Mais Léon voyait bien la vérité, fine, qui s'y cachait derrière, et ce n'était que plus agaçant.
"Votre ami brocanteur n'existe pas, ne me racontez pas d'idioties ! Vous ne cherchez pas une pierre ancienne, vous cherchez un cristal qu'une personne, une femme, a déposé ici il y a très précisément six jours. Il est en ma possession, et je sais très précisément ce qu'est cette pierre ancienne."
Il savait ? Fort bien. Alors qu'il parle ! Léon n'avait pas de temps à perdre, et le peu de patience qui lui restait venait de son respect envers la magie. Si ce vendeur n'avait pas été un magicien, Léon lui aurait déjà mit quelques chose sous la gorge pour qu'il parle. Il n'avait pas ses griffes ? Certes. Mais il savait être inventif.
D'ailleurs, ce doigt tendu vers la porte entama, encore un peu, les nerfs du jeune lion. Qu'il aurait aimé avoir ses gants pour le découper en tranche ! Cela aurait un peu calmé ce magicien. Si les Lockwood avait toujours été de loyaux partisans de la magie, Léon n'a jamais comprit comment ses ancêtres avaient put supporter le dédain et le ton hautain des magiciens. Ils se croyaient sortis de la cuisse de Jupiter ces gens là ? Le jeune lion finissait par le croire...
"La sortie est là si vous continuez à me mentir. Parlez franchement et vous pourrez rester."
Baissant légèrement la tête, Léon commençait à sentir la colère l'envahir. Il laissa alors le vendeur aller jusqu'au comptoir, seul. Il pensait être suivit ? Dommage. Léon n'était pas un petit chien bien dressé. De seconde en seconde, ses muscles, déjà tendus, tressaillaient un peu plus. Ses poings, serrés, étaient à deux doigts de saigner.
"Voulez-vous racheter cette pierre ? Un peu tard pour la fête des pères, non ?"

Dans la seconde qui suivit, le poing de Léon fusa, s'écrasant dans une armoire vitré à côté. S'en était trop. D'où le hasard se permettait-il ce genre de boutade ridicule ? Son père. Ah. Ah. Léon riait jaune. En soit, ce vendeur n'était certainement pas au courant. Mais tant pis. C'était trop, trop pour que Léon encaisse gentiment. Sentant les débris de verres pénétrer dans la chair de sa main gauche, Léon eut rapidement le poing en sang. S'était chaud, rouge, et d'une texture qui le calmait. Pour lui, c'était comme se mordre l'intérieur de la joue, en plus efficace. Poussant encore un peu, il rendit plus profonde ses plaies, tandis qu son souffle devint de plus en plus bruyant. Il ne souffrait pas, non. Il était comme un bélier près à charger, comme un lion près à bondir sur sa proie.
"Parler franchement, reprit-il d'une voix ténébreusement coléreuse, assez fort pour que le vendeur entende. Je n'attends que cela !"
D'un coup, il retira sa main, se coupant un peu plus au passage. Et, dans le mouvement, il fit tomber l'armoire. Simple détaille cela !
Commençant à retirer les petit bout de verre du bout des doigts, il avait relâché un peu son poing, laissant filtrer une lueur brune et puissante. Par la même, il commença à s'approcher du comptoir, d'un pas lent et menaçant.
"Seulement, mentir, ça plait aux gens, parait-il. Ils appellent ça la courtoisie, j'appelle cela des foutaises !"
Son ton était sec, et sans apparence cette fois. Cet homme, tout magicien qu'il était, avait piqué le lion au vif, si bien que ses mots ressemblaient plus à un grognement qu'autre chose.
Ayant finit de retirer le gros du verre, il porta alors la main à la bouche, tâtant légèrement le sang, tant avec les lèvres que du bout de la langue. En quelques secondes, une lueur jaune savane jaillit d'ailleurs de sa bouche. Au cœur de sa langue, on pouvait voir distinctement un cristal de cette même couleur, encré dans une sorte de cratère, et tenue par des filins de chair.
"Donc je m'en passerais sans problème : j'ai mieux à faire. Je veux le cristal du taureau. Maintenant ! Votre prix sera le mien. Toutefois, si votre démesure vous pousse à en demander trop, nous régleront cela autrement. Je déteste me faire doubler !"
Bien que s'affairant à lécher ses plaies, plus par plaisir que par nécessité d'ailleurs, Léon n'en avait pas pour autant perdu la qualité de sa diction. Il était clair, sombre, menaçant, et sec. Retirer les formes ? Fort bien. Peut-être ce vendeur le regrettait-il déjà d'ailleurs.

Arrivant alors au niveau du comptoir, le jeune lion avait les lèvre teintées d'un rouge sang persistant.
"Et ce n'est pas un cadeau."
A ces mots, il planta un bout de verre, qu'il avait gardé dans sa main droite, sur le comptoir, se tranchant alors la paume. Du sang ! Que c'était bon, beau !
"Vous ferriez mieux de surveiller vos paroles : pour certains, la fête des pères n'est qu'une sottise n'ayant, au même titre que Noël, perdu toute sa magie que bien trop tôt. Je ne crois plus aux petits lutins artisans ni au traîneau magique qui volent dans le ciel. Je ne crois pas qu'il existe dans l'image altruiste et gentille qu'on veut le donner en tout cas. Et je ne me complaît plus à donner des babioles, de quelque nature qu'elle soient, à mon géniteur. J'ai mieux à faire, et cela pourrait même lui plaire..."
Venger sa mort était un bien meilleur cadeau que de poser un bouquet sur sa tombe. D'ailleurs, Léon ne se recueillait jamais dessus : il portait sa croix sans discontinuer depuis 4 ans. Alors à quoi bon ? Le deuil ne serait terminé qu'une fois le sang des coupables répandue par terre. Guérir le sang, par le sang. Purifier ces familles protectrices, perverties jusqu'à la moelle, pour reconstruire le tout sur des bases solides.

Brûlant de conviction, Léon frappa un grand coup sur le comptoir de la main gauche, en traversant même le bois. Pour autant, il ne laissa transparaître aucune surprise, puisqu'il n'en ressentit pas pour un sous. Il n'en était plus au niveau de s'extasier face à la puissance des cristaux, et s'attendait presque à obtenir ce résultat. Mais un comptoir abîmé ainsi qu'une armoire cassé n'était pas grand chose. Il pouvait faire bien pire, et si cet homme n'avait pas été un magicien, il ne s'en serait pas privé d'ailleurs.
Le fixant, dans les yeux, avec une force et une rage s'en précédant, Léon imaginait déjà ses griffes plantées dans le corps de ce vendeur. S'était réjouissant comme idée. Appétissant et alléchant. Tout magicien qu'il était, il ne l'aurait pas volé !
 
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Message posté : Ven 26 Juin 2015 - 1:12 Message
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Comme il s'y attendait, Léon eut une réaction particulièrement violente. Son poing serré vint s'écraser contre la vitre d'une armoire qui, dérangée d'avoir été tirée de son profond sommeil, se répandit en mille petits cris et mille éclats de verre. Ceux-ci glissèrent et tombèrent au sol, sur le précieux carrelage. Mais la main du coléreux client demeurait en place contre l'armoire et sa vitre brisée. Quel personnage étrange et si facilement irritable ! Dante eut un sourire contrarié, une moue déplaisante. Ainsi donc il ne s'était pas trompé. Mais le bonhomme retira sa main et la violence du geste fit tomber l'armoire. L'agacement n'excuse pas tout ! Dante jeta sur Léon, dont il connaissait le prénom, un regard où le courroux naissait comme la flamme au cœur du volcan. Si ce jeune imbécile désirait faire des démonstrations furieuses, ils pourraient être deux. Heureusement, le sphinx s'était absenté. Dante pourrait gérer seul le comportement inadmissible de ce freluquet. Était-il même préférable qu'ils fussent seuls ? Certainement. La violence de ce jeune homme étant touchante. Celle du dragon serait terrible. Il le vit donc palabrer avec toute la conviction d'un crétin persuadé d'être sans son bon droit et, devant tant d'effronterie, Dante roula des yeux. La goutte de trop fit déborder le vase de sa patience quand il vit son beau comptoir saccagé par le poing du jeune homme. « Vous êtes passionné, Léon, mais vous êtes loin de me... persuader. » Trop occupé qu'il était à la manifestation de sa colère, le jeune homme blond n'avait pas vu glisser sur le sol deux long serpents verts, deux lianes produites à l'appui des plantes qui décoraient les coins de la boutique. Celles-ci s'enroulèrent autour de ses chevilles et, très vite, le suspendirent en l'air, tête en bas, tandis que d'autres ramifications attaquaient les genoux, les coudes et les poignets de Léon. En moins d'une minute et en dépit de ses gigotements, il se trouva très rapidement prisonnier de chaînes végétales toujours plus serrées autour de ses membres. Dante était à présent certain d'avoir son attention. Il était à présent venu le moment de reprendre la conversation. Il caressa d'une main le bois fendu du comptoir. Ce douloureux contact l'emplit d'amertume.  « D'abord, sachez que vous devrez payer pour cette armoire, pour ce comptoir, et pour tous les ingrédients perdus dans le processus... » En effet, Dante venait de constater que le contenu de l'armoire s'était répandu sur le sol. Là des feuilles, la des herbes, là des pots déchirés dans la marre de substances mélangées... un vrai capharnaüm. Cela ajouta à son désarroi comme à son courroux.

Léon se débattait. Il n'appréciait certainement pas d'être ainsi ligoté. Qui aimerait, d'ailleurs ? Dante fit se resserrer les liens qui le retenaient par mesure de prudence.  « Vous n'avez aucune idée du danger que vous encourez, là, entre mes mains. Tortiller du lierre n'est que la moindre de mes capacités. Contrairement à vous, je n'ai pas besoin de vociférer pour donner la preuve de ma... dangerosité. » Comme pour illustrer son propos, un véritable collier de verdure vint ceindre son cou et y appliquer de dangereuses pressions. Mais Dante ne tuerait pas ce jeune effronté. Il était à vrai dire bien plus apitoyé que courroucé. Il connaissait les sombres méandres qui conduisirent Léon jusqu'à lui. Et ses souvenirs remontaient aussi loin que le Moyen Âge, s'agissant de la famille Lockwood... mais cela, évidemment, le blondinet ne pouvait que l'ignorer. Il ne pouvait savoir ce que Dante lui-même savait. « Vous voulez le cristal du taureau ? Pourquoi ? Qu'est-ce que cette pierre représente pour vous ? » Tout cela, Dante le savait déjà. Il savait même bien plus qu'il n'en dirait encore, et bien plus que Léon lui-même en savait. Pour autant, il ne lui révélerait pas tout ce jour. Il hésitait, toutefois, sur ce qu'il dirait ensuite. Ce gamin l'avait énervé. Il éprouvait un curieux désir, l'étrange besoin de lui faire mal. Mais il devinait que les douleurs physiques seraient bien vaines, en comparaison des souffrances psychiques et intellectuelles qu'il savait pouvoir lui causer. En lui révélant par exemple la véritable identité du meurtrier de son père. L'idée même d'ainsi ravager les pensées de Léon le séduisit. Pour autant, il y résista. Ce n'était que partie remise ! Mais en se conduisant comme il l'avait fait, Léon s'était fait le débiteur du magicien, qui se repaierait en jouant avec lui.

 « Vous avez vous-même déjà un cristal, non ? Et ce cristal est étroitement lié à une certaine tragédie familiale... je le devine à votre irritation quand j'ai évoqué la fête des pères. Le sujet est-il sensible ? Allez, je vous aide. Je sais déjà beaucoup de vous, alors autant être honnête avec moi... n'est-ce pas ?  »
 
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Message posté : Ven 26 Juin 2015 - 17:06 Message
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Léon. Ce nom, prononcé par le vendeur, résonna dans la tête du jeune lion pendant quelques instants. Comment connaissait-il sont prénom ? Etait-ce un membre de famille protectrice ? En cet instant, cet idée ne fit, dans la tête du jeune homme, qu'un tour. C'était forcément ça ! Il connaissait les cristaux, il connaissait le prénom du porteur au lion, alors il était un ennemi ! Sentant la colère monter en lui, le jeune fauve s'apprêtait à répondre, d'une réponse des plus acides et corrosives, d'une réponse mordante en sanglante. Mais cela, c'était sans compter sur ces lianes, qui, d'un coup, le pendirent en l'air, par les pieds, la tête en bas. Et ses gesticulations ne le libérèrent pas. Au contraire, c'était comme si ses mouvements aidaient les autres ramifications à lui saisir les poignets, finissant ainsi de l'immobiliser.
« D'abord, sachez que vous devrez payer pour cette armoire, pour ce comptoir, et pour tous les ingrédients perdus dans le processus... »
Ne répondant même pas, Léon avait autre chose à faire. Résistant de toute ses forces à la puissance des lianes, il chercha alors d'où cela pouvait bien venir. Des plantes, dans les coins de la pièce, des décorations bien utiles au demeurant. Jaugeant rapidement la force qu'elles avaient, Léon constata, à sa plus grande peine, qu'une approche frontal, et un arrachage en bon et due forme, lui coûterait bien un bras. En soit, s'il n'avait pas eut le choix, le jeune fauve s'y serait résolut : mieux valait perdre un membre que la vie. En cet instant, il était en infériorité, et ce vendeur -ou plutôt ce magicien- pouvait le tuer à tout moment. Léon le savait, et se refusait à rester dans cette position. Heureusement, il avait une autre option...
« Vous n'avez aucune idée du danger que vous encourez, là, entre mes mains. Tortiller du lierre n'est que la moindre de mes capacités. Contrairement à vous, je n'ai pas besoin de vociférer pour donner la preuve de ma... dangerosité. »
Le cristal du gémeau. Celui-ci, en revanche, il prenait, bien souvent, soin de le cacher, afin que sa lueur ne traverse pas ses vêtements, avec des bandages, ou des pansements. La raison était toute simple : son activation prenait bien trop longtemps, et n'en était que rallongée lorsque Léon avait du mal à se concentrer. Pour autant, le jeune lion voulait que l'effet de surprise reste total.

Dès qu'une liane vint entourer dangereusement son coup, il cessa de se débattre. Le temps pressait il le savait. Pour autant, il devait attendre que le cristal du gémeau ait terminé de s'activer. Il ne pouvait pas se permettre de pester après sa lenteur : sa vie était en danger. Et, quand il s'agissait de cela, Léon était capable de tout. Il pouvait même cesser de hurler, et se concentrer, un peu comme un moine qui méditait. Bon, là, il n'en restait pas moins tendu et alerte. Mais, le connaissant, le niveau de décontraction qu'il pouvait atteindre était déjà très bien pour lui. Il ne pensait qu'à une chose : survive, survie, survie ! Dire que c'était devenu une obsession pour lui était bien trop léger même. Fermant les yeux et respirant aussi profondément que possible, il se laissa pendre, là. Il était à découvert : il le savait. Mais cela était le prix à payer pour un pouvoir aussi, efficace. Il était insaisissable, ou, du moins, presque.
« Vous voulez le cristal du taureau ? Pourquoi ? Qu'est-ce que cette pierre représente pour vous ? »
Elle représente l'ennemi, tout comme toi ! Mais c'est aussi quelque chose à protéger, cacher, et qui ne peut rester entre n'importe qu'elle main. Se répétant cela dans sa tête, Léon ne s'en portait que mieux. Rester focalisé sur son objectif, voilà ce qui l'aidait à se concentrer. Un but, une proie, une cible, seule, unique, et rien d'autre. Petit à petit, Léon respirait de plus en plus profondément. Son souffle ressemblait presque à un grognement étouffé, un de ses bruits qu'un fauve endormit pouvait lâcher. Un léger grognement involontaire, qui fit, tout de même, légèrement trembler la verrerie présente dans la pièce.
« Vous avez vous-même déjà un cristal, non ? Et ce cristal est étroitement lié à une certaine tragédie familiale... je le devine à votre irritation quand j'ai évoqué la fête des pères. Le sujet est-il sensible ? Allez, je vous aide. Je sais déjà beaucoup de vous, alors autant être honnête avec moi... n'est-ce pas ? »

La seconde qui suivit, Léon avait la tête à l'endroit. Il était debout, juste derrière le vendeur. La colère provoquée par ses paroles le prirent alors, pile au bon moment. D'un coup sec et nerveux, il enfonça, de nouveau, sa main gauche dans le comptoir, une autre partie cette fois, pour finalement en arracher une sorte de pieu d'un mouvement unique et rapide. Dans la foulée, il l'enfonça dans l'épaule du magicien, tandis que son premier corps disparaissait, juste avant de retourner le vendeur vers lui, d'un coup sec. Enfin, il laissa échapper un bref et puissant cri, qui projeta le corps, par dessus le comptoir cassé, sur plusieurs mètres.
"Que savez-vous exactement sur moi ? lâcha-t-il sèchement, d'un trait, sans tergiverser une seule seconde de plus."
Sur sont torse, bien caché sous des bandages, le cristal du gémeau brillait toujours. S'il lui fallait plusieurs minutes pour créer un nouveau corps, Léon pouvait le garder à découvert. Cela diminuait un peu le temps d'activation, ce qui était toujours ça de prit.
Plus de manières, plus d'enrobage classieux pour jouer au plus malin. Cet homme se pâmait d'en savoir long sur le lion, et ce dernier détestait cela. Si, dans un sens, il se moquait de s'imaginer en danger, il ne pouvait supporter que quelqu'un puisse remonter jusqu'à Alina au travers de lui. Lui, était capable de se défendre, pas elle. Si, au début, il ne considérait pas cet homme comme un ennemi, à présent, la chance pour que ce soit un magicien envoyé par les autres familles protectrices était trop grande. Il était dangereux, mais pouvait tout aussi bien en apprendre beaucoup à Léon.
 
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Message posté : Ven 26 Juin 2015 - 21:18 Message
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Le magicien le reconnaissait lui-même. Ce coup de théâtre était imprévu. La douleur dans son épaule fut terrible, et la blessure grossière, inquiétante, dangereuse, aussitôt répercutée sur la propre épaule de son agresseur qui ne s'en tirerait pas à si bon compte ! Mais son rugissement fut d'une violence si grande que Dante se vit projeter à travers la boutique, comme un vulgaire fétu de paille. Il s'écrasa contre une armoire de bois, fixée au mur, qui l'accueillit avec toute la rugosité de son vernis. Ce choc fut terrible, mais le plus à plaindre n'était peut-être pas le magicien. Ce jeune homme s'était attiré la fureur du dragon, dont les yeux rayonnaient d'une lumière rougeâtre quand il se releva. Le sang coulait de son épaule, et plusieurs bleus apparaîtraient bientôt à divers endroits de son corps.

Quelle pitié qu'il ne fût en plein air ! Il aurait montré à ce chaton qu'on ne provoque pas le lion impunément. « Vous n'avez donc rien compris ! » Il étendit la main vers le jeune homme et aussitôt deux lianes vinrent fouetter son flanc gauche et sa joue droite. C'était ainsi qu'il traiterait le lion si ce dernier refusait d'entendre raison et de lui parler dans le calme et la bonne volonté. Deux autres coups de ces fouets improvisés s'abattirent sur lui. Mais Dante n'en resterait pas là. « Je parlerai avec vous quand vous serez calmé ! » Et quand donc le serait-il ? Ce jeune homme semblé pétri de la chair même de la colère. Il lui paraissait taillé du bois de la fureur. Il était donc urgent pour lui d'intervenir pour ramener Léon à de plus sereines dispositions. Il s'élança donc vers lui en dépit de la douleur terrible qui lui déchirait l'épaule, et, au passage, appuya sa riposte du concours des plantes animées tout autour de Léon. Puis, au passage, il saisit des bocaux dont il ôta les capuchons et les couvercles, pour finalement jeter le contenu, pêle-mêle, droit au visage de l'intrus. Le cocktail fut explosif. Dans un concert de tourbillonnements, les poudres s'associèrent pour noyer la figure de Léon d'un nuage grossier, dont l'impact fut immédiat : aussitôt inhalé ces poudres attaquèrent le système nerveux du jeune lion pour, peu à peu, l'affaiblir puis l'endormir.

Le caractère hâtif de la préparation en faisait l'imprécision, la dose était donc anormalement forte ! Il ne fut pas étonnant de voir l'animal lutter, en vain, pour finalement tomber au sol dans un fracas terrible. Il était assommé pour longtemps, mais avant d'approcher, Dante s'assura qu'il ne risquait plus rien. Quand il fut tout à fait certain que le sommeil avait pris dans ses bras Léon et pour longtemps, le magicien s'offrit le luxe d'un cri sinistre. Son épaule lui faisait atrocement mal. Quelle plaie ! Et quel désordre ! Plusieurs bras supplémentaires seraient les bienvenus pour tout nettoyer. Il se rua sur le téléphone. Dans la minute, les gobelins apparaissaient à ses côtés. Leo ne tarderait pas.

Il leur confia pour mission de tout nettoyer tandis que lui-même s'occuperait d'abord de son épaule, puis de son agresseur. Châtaigne fut d'avis qu'on le tuât sur le champ. Torgnole préférait une solution plus distrayante que la pudeur m'oblige à taire. Dante ne se fia ni à l'avis du premier, ni à l'idée du second, et choisit d'aller sans plus attendre guérir son épaule. Il se précipita dans l'arrière boutique, trouva l'armoire où il rangeait les soins d'urgence, et se saisit d'un petit bocal de crème. De ses quatre doigts il en appliqua une belle lampée directement sur ses épaules. Le froid contact de l'onguent l'électrisa. Effaré, il ne put que subir l'immédiate reconstruction des chairs déchirées et l'expulsion des éclats de bois qui s'étaient logés dans son épaule. Moins de trois minutes suffirent, mais il fallait encore prendre soin de cette blessure refermée, et appliquer des bandages ainsi qu'une pommade cicatrisante. Il le fit avec empressement, comme pour mieux oublier au plus vite ce fâcheux incident. Il se fit aider du sphinx, car c'était plus pratique, et toléra assez mal les regards de ce dernier sur cette blessure.

Il y voyait des signes d'une condescendance toute hellène, pourtant le regard de Leo puisait moins son intensité dans sa gouaille que dans ses inquiétudes.Trop occupé de réfléchir à la question Léon, Dante était aveugle aux inflexions des regards du sphinx qui, sur lui, depuis quelques temps, changeaient. « Va préparer le lit pour notre invité. » Leo haussa un sourcil dubitatif. Il alla pour répliquer, mais Dante le devança.  « Ne discute pas. Et prévoit de quoi sangler cet imbécile. » Il tenait à ne prendre aucun risque. Il se fit même fort de préparer un sédatif assez puissant pour tenir le lion suffisamment affaibli pour qu'ils puissent être dans l'incapacité de s'énerver encore. Tout était près quand Léon manifesta des signes d'éveil, alors Dante n'attendit pas une seconde et administra le sédatif qui maintint le jeune homme dans un état de presque-léthargie, tandis qu'il pouvait toujours remuer dans le lit, légèrement, et voir, entendre, parler. Dante était assis à ses côtés. Ils étaient seuls dans l'arrière-boutique – Leo et les gobelins nettoyaient encore, une heure à peine avait passé.

 « Enfin vous vous éveillez. » La voix de Dante n'était pas menaçante. Il vit toutefois qu'à la moindre mauvaise pensée, la situation tournerait au vinaigre. Heureusement, Léon était trop sédaté. « Je dois vous avouer que je suis assez surpris. Je savais qu'un jour nous nous rencontrerions, mais je n'imaginais pas que ce serait... dans de telles circonstances. » Ses propos étaient mystérieux. Il choisit de les éclairer sans attendre.  « Laissez-moi plutôt vous expliquer qui je suis... »

Ce qu'il fit. Pendant près d'une demi-heure, il conta pour Léon les liens tenus qu'entretint sa famille, à travers l'histoire, avec les Lockwood et les différents porteurs des cristaux. Il tut néanmoins ce qu'il savait précisément du jeune homme pour ne rien faire qu'expliquer les raisons de sa grande connaissance de la magie des pierres du zodiaque. Et de conclure ainsi :  « Je ne compte pas garder le cristal du taureau pour moi, il vous revient. Mais vous devez bien comprendre que je n'ai pas été placé sur votre chemin sans raison... »
 
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Message posté : Sam 27 Juin 2015 - 1:51 Message
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Son épaule aussi saignait. Soit. Léon s'en était à peine rendu compte. La douleur n'était pas un problème pour lui. Ca faisait mal, certes. Mais, en cas de danger, le jeune lion savait faire abstraction. Il avait autre chose à faire. S'en tirer en vie par exemple.
En revanche, les yeux rayonnants du vendeur le frappèrent d'une hésitation certaine. Etait-ce une bête plus féroce encore ? Possible. Et le jeune fauve détestait cela. S'il n'appréciait pas à s'avouer vaincu, il aimait encore moins l'être réellement. Et tout puissant était le lion, Léon savait, tout de même, que certaines magies pouvaient dépasser la sienne... C'était mauvais, très mauvais.
« Vous n'avez donc rien compris ! »
Mais bien sûr... Si Léon avait fait une erreur, c'était en sous-estimant son adversaire, et pas autrement. Tracy avait on ne peut plus raison : c'était un magicien. Et si le jeune lion en croyait l'instinct qui le prit aux tripes, un magicien de grande envergure même. Pour autant, le jeune fauve avait comprit de quoi il en retournait : il était tombé sur un sorcier qui le connaissait. Et tous les enjeux que cela entraînait, tournait dans la tête de Léon à une vitesse folle. S'il en savait tant, c'était qu'il avait croisé des protecteurs, des gens qui auraient dit du mal du porteur au lion, au demeurant.
Et tous ce mal, le vendeur l'exprima d'une main tendu vers le jeune Lockwood. Il était là pour lui...

Forcément... Trop hésitant, le jeune lion ne remarqua pas la première liane, qui s'abattit, d'un coup, sur son flanc gauche. Comme si cela allait l'arrêter ! Se reprenant, le jeune lion laissa ses doutes de côté, pour se concentrer, de nouveau, sur l'attaque de ce sorcier. Ne réagissant cependant pas assez vite, il sentit une seconde liane le frapper au visage. Mais, tournant rapidement sur lui même, le fauve récupéra la liane dans la main gauche. Résistant, le jeune lion n'était pas prêt de lâcher prise. Il la tenait, et pour longtemps. Esquivant les deux autres lianes comme il put, Léon n'en lâcha pas pour autant la première. Au contraire, cette dernière lui offrait un appui, ainsi qu'une résistance, qui lui permirent d'atteindre une plus grande motricité vertical. Il prenait appui dessus pour sauter plus haut, parant alors les lianes du plat des chaussures. La première parade réussit. Mais la seconde échoua, et la liane le frappa violemment dans le tibias. De là à imaginer que l'os avait cédé, il n'y avait qu'un pas... Mais Léon ne s'en soucia pas, comme toujours.
« Je parlerai avec vous quand vous serez calmé ! »
C'était loin d'être finit, si bien que Léon ne se paya pas le luxe de répondre. Voyant une foule de lianes se précipiter vers lui, Léon tira celle qu'il tenait jusqu'à une vitre, qu'il brisa d'un coup de poing. Récupérant un gros bout de verre, s'entaillant au passage un peu plus, il commença à trancher les lianes d'une main, s'appuyant à l'une d'entre elle de l'autre. Certes, elle tirait, et n'était pas très stable. Mais on s'y faisait volontiers. Seulement, le jeune lion déchanta vite lorsqu'il vit que deux lianes poussaient dès qu'il en coupait une. L'hydre de Lerne, Léon y pensa, forcément. Seulement, cela ne le fit absolument pas rire. C'était compliqué. Et il ne fallait pas être un génie pour dire qu'il ne s'en sortirait pas.
Mais, au moment même où il songea à se laisser attraper, pour utiliser, de nouveau, la dual-distance, et fuir, il sentit un étrange mélange s'échouer sur son visage. Il ne savait pas ce que c'était, mais l'odeur était âpre, forte, et agressive. Le nuage ainsi formé par les poudres l'empêchèrent même de voir les lianes, qui lui balancèrent quelques bon coup bien placés. Bien sûr, Léon eut le réflexe de retenir sa respiration, mais trop tard. Le produit était efficace, forcé de le reconnaître. Le jeune lion sentait déjà le sol se dérober sous ses pieds. Il se sentait piégé, cruellement enfermé derrière des barreaux qui se formèrent devant ses yeux. Titubant, il chercha donc à rejoindre la sortie, d'un pas hésitant et gauche. Ses yeux, globuleux et fatigués, fixait, avec une once de panique, la porte. Son souffle, rauque et bruyant laissait transparaître une légère panique. Il était piégé. Et, après quelques pas, il s'écroula au sol, à bout de force.

******

A son réveil, Léon était allongé son un lit. Et, à peine eut il fait tremblé une paupière, qu'il sentit quelque chose lui piquer le bras. Ouvrant les yeux brutalement, le jeune lion chercha à se relever. Mais il était sanglé. Jetant ensuite un coup d'oeil sur son bras piqué, il vit une seringue plantée dans sa chair.
"Non !"
Cherchant à se débattre, il fit scintiller le cristal du bélier. Mais trop tard. Une bonne partie du liquide avait déjà été inoculé, et Léon en sentait bien ses effets. Ses paupières s'alourdirent, si bien que les garder ouvertes devinrent un défi, en soit. Le reste de ses muscles, eux, se décontractèrent lentement, et ce à un point tel que Léon en paniqua. Se débattant comme il pouvait, il ne s'était jamais détendu ainsi, jamais, si bien qu'il avait le sentiment de sentir son corps mourir peu à peu...
Levant des yeux tremblants sur celui qui tenait la seringue, il reconnu le magicien. Lui ! Qu'avait-il en tête ?
« Enfin vous vous éveillez. »
Ca, le jeune lion n'en était pas certain. Laissant tomber ses yeux dans le vide, il cessa de gesticuler. Sur le coup, Léon avait totalement oublié la colère. Il était plus qu'évident que ce n'était pas la bonne option pour sortir d'ici en vie. Mais comment faire ?
« Je dois vous avouer que je suis assez surpris. Je savais qu'un jour nous nous rencontrerions, mais je n'imaginais pas que ce serait... dans de telles circonstances. »
Il le savait ? Quoi ? Luttant, Léon avait déjà du mal à garder les idées claires. Mais tout ça était bien trop flous et puissant pour lui. Il était piégé, sans échappatoire : voilà ce qu'il voyait. Et, même si ce sorcier n'avait, peut-être, pas l'intention de le tuer, le jeune fauve détestait remettre sa vie entre les mains du hasard. Il était impuissant. C'était le mot, et peut-être ce qui faisait le plus peur à Léon. Manquer de puissance, c'était mourir.
Jetant un coup d'oeil sur son torse, le jeune lion tombait dans une incrédulité et un mutisme impressionnant. Il n'arrivait plus à activer ses cristaux. C'était à peine si un peu de chair se disloquait. Alors de là à parler de brillance...
« Laissez-moi plutôt vous expliquer qui je suis... »
Quel choix avait-il ? Aucun. Écoutant alors le sorcier d'un air ailleurs, le jeune lion priait juste pour que ce dernier daigne le laisser en vie. Qu'il était tombé bien bas...

« Je ne compte pas garder le cristal du taureau pour moi, il vous revient. Mais vous devez bien comprendre que je n'ai pas été placé sur votre chemin sans raison... »
Il en savait long, il fallait l'admettre. Mais, Léon, passant rapidement sur tout ce que le magicien raconta en une demi-heure, s'arrêta sur ses derniers mots. De quoi parlait-il ? Tout était confus, diffus, flous. Léon recouverts de sueurs froides, cherchait à se calmer. Mais trop de doutes en lui rodait encore. Il allait lui laisser le cristal du taureau? Etait-il donc un allier ? Le jeune lion l'espérait bien. Seulement, trop de doutes planait encore sur cet homme. Comment en savait-il autant ? Ses ancêtres avaient croisés ceux du lion, certes. Mais était-ce une raison pour connaitre son prénom, à lui ? Ou même pour se permettre des répliques étrange et mystérieuses comme celle qu'il venait d'utiliser ?
Qui était-ce à la fin...
Léon, décontenancé, peinait à garder un peu de pudeur. Il était perturbé, et cela se voyait comme le nez au milieu de la figure. Il était sans défense, dans tous les sens du terme.
"Je me moque, reprit-il d'une voix lente et soufflée, de ce que les miens ont fait, par le passé. Je, je sais très bien, de quoi il en retourne. Mais, puisque vous insistez, pourquoi me ligoter, la où nos ancêtres étaient en bon termes ?"
Si ses mots étaient peut-être, emprunt d'une certaine rancoeur, sa voix, elle, ne l'était pas. Il était simplement trop fatigué pour lui donner la moindre nuance.
"Vous ne voulez, pas garder, le cristal, et je le veux. On devrait, pouvoir s'entendre. Laissez le moi, et je m'en irais. Vous n'entendrez, plus jamais parler de moi."
Dans sa voix, aucune marque de supériorité, ou presque. Il était sincère, montrant presque patte blanche, pour pouvoir s'en sortir indemne. Cet homme avait clairement fait allusion à des informations sur Léon lui même. Et si les infos sur les autre protecteurs intéressaient le lion, imaginer que ce magicien puisse en avoir sur lui même inquiétait un peu le fauve. Cela ne lui disait rien qui vaille, alors autant rester loin de cet homme.
"Déjà, libérez-moi. Que pourrais-je bien tenter dans cet état ?"
De la sincérité, et rien que cela, était trouvable dans sa voix. Il était fatigué, éreinté, commençant presque à se sentir gêné par la douleur. Et pourtant, ce n'était pas dans ses habitudes... De là à l'imaginer blême, et tremblant, il n'y avait qu'un pas.
Pour le première fois depuis une éternité, Léon se sentait étrangement vide. Non, il n'avait pas envie de tuer quelqu'un, et tout le problème était là. Il était juste hésitant. Et quand bien même aurait-il eut envie de faire couler le sang, il n'était pas en état de faire quoi que ce soit. Il ne savait pas à quoi s'en tenir, et n'était pas en position pour frapper pour dissiper ses doutes.
Sans rage, il n'était rien, ou presque.
 
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Message posté : Dim 28 Juin 2015 - 1:01 Message
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L'éveil du lion fut difficile, mais Dante s'y attendait. Il s'y était préparé. Pour cette raison, il ne réagit pas en voyant Léon se débattre. Il le laissa faire jusqu'à pouvoir répliquer et lui faire le récit de l'histoire commune de leur famille à chacun. Sans le savoir, le magicien avait anticipé les questions du guerrier, mais d'autres se présentaient déjà. « Vous ne devriez pas moquer ce que vos ancêtres ont fait. Sans eux, vous ne seriez pas là pour en parler avec moi. » Dante tolérait volontiers l'impulsivité des propos du jeune homme, mais il veillerait à lui imposer le respect de ceux qui le précédèrent dans l'histoire. Un sourire égaya son visage. Il comprenait la détresse et le désarroi de Léon.  « Si je vous ai sanglé de la sorte, c'est que je craignais un réveil agressif de votre part. Mais je constate qu'il n'en est rien. Laissez-moi vous libérer de ces liens.. » Dante fit mouvement autour du lit pour ôter les sangles qui retenaient Léon en le maintenant allongé. Il ne prenait ce faisait aucun risque, puisque le puissant sédatif serait toujours actif et tiendrait le lion en respect une heure au moins encore. Toutefois, en libérant Léon, il lui donnait des gages et des preuves de sa bonne foi. Il vint se rasseoir à côté de lui.

 « Le cristal vous revient, comme j'ai dit. Vous quitterez cette boutique avec la pierre dans votre poche, c'est une certitude. » Ce point-là n'était pas même à discuter. Léon, porteur des cristaux, retrouverait sa légitime propriété. Dante ne serait pas celui qui s'y opposerait. Tout au contraire : il savait avoir bien plus à gagner en cédant ce qu'il désirait à ce jeune homme, plutôt qu'en s'opposant à lui frontalement. Car Dante nourrissait depuis longtemps un projet hérité de ses ancêtres. Les premiers à être entrés en contact avec les Lockwood s'étaient dévoilés à eux comme magiciens et avaient ainsi bénéficier du respect des porteurs pour la caste mystique. Ils avaient même par le passé collaboré et, de temps à autre, au gré des humeurs populaires, les ancêtres de Dante avaient protégé les ancêtres de Léon de la fureur, des torches et des fourches. Il n'allait pas répéter au jeune homme ce qu'il lui avait déjà dit. Néanmoins, il pouvait apporter quelques précisions. « Voyez-vous, Léon, je vous surveille et depuis très longtemps. J'ai toujours gardé l’œil sur vous et votre famille, et je peux dire sans prétention vous avoir épargné quelques ennuis ici ou là. Cette protection était gratuite, rassurez-vous, je n'attends nul paiement singulier en retour. Rien que votre gratitude. » Comme toujours et comme souvent, le dragon savait se faire mystérieux. Sa générosité dissimulait sûrement quelque chose. Mais quoi ? Quel était ce secret que les lèvres du magicien gardaient muet comme la tombe où Léon n'irait pas ce soir ? L'énigme demeurerait entière pour le moment. « Cela ne fait pas de moi votre protecteur, non. Je ne tiens pas ce rôle, vous n'en avez pas besoin. Mais votre destinée m'intéresse, car je peux vous apporter beaucoup. Autant que vous-même pouvez m'apporter, je dois dire. » Il choisit d'être direct et franc, ce qui pouvait trancher avec ses paroles précédentes. Encore qu'il demeurait bien nébuleux. Chaque nuage se dissiperait en son temps, soyez sans crainte ! Dante, assis sur sa chaise, attrapa une chemise de vélin posée non loin et l'ouvrit. Il en tira des documents en grand nombre.

 « Toutes ces feuilles sont mes souvenirs et réflexions consignés sur le papier, qui vous concernent, qui concernent votre père, qui concernent tout ce que j'ai pu apprendre et connaître de vos pérégrinations. Je vais les conserver pour le moment. En revanche, celles-ci... » Il présenta d'autres feuilles, plus récentes, plus fournies en informations. Elles ne portaient pas qu'un ensemble de textes écrits, mais également des croquis et des esquisses aisément identifiables. Dante les fit passer sous les yeux de Léon avant de les remettre à l'abri de la chemise dont il noua la corde. « Ce sont là des informations précieuses que vous pourrez emporter avec vous. Elles vous mettront sur la piste de tous les autres cristaux. Considérez ceci comme un autre gage de ma bonne volonté. » Il pouvait paraître étrange que ce dragon se montrât si généreux avec ce chaton sédaté. Pourtant un plan génial était à l’œuvre. Il ne restait plus qu'à voir si Grominet se montrerait digne de ce qu'on pouvait attendre de lui.
 
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Message posté : Dim 28 Juin 2015 - 3:47 Message
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« Vous ne devriez pas moquer ce que vos ancêtres ont fait. Sans eux, vous ne seriez pas là pour en parler avec moi. »
Levant des yeux globuleux en haut de leurs orbites, Léon fut éblouit par une lumière qui filtrait par une fenêtre. Néanmoins, il remarqua que le Soleil avait légèrement baissé. Un peu moins de deux heures étaient passées. Mais, dans tous les cas, séquestré ou pas, le jeune lion détestait qu'on lui fasse la leçon. Bien sûr qu'il ne s'en "moquait" pas, à proprement parlé. Mais il fallait admettre que, sur le coup, cela lui faisait une belle jambe ! Tout amis que leurs ancêtres étaient, le fauve n'en restait pas moins sanglé sur un lit, et savoir comment les Lockwood avaient put copiner avec les aïeux de ce magicien, ne l'aidait guerre à se sortir de là. Sur le coup, oui, ces infos n'avaient que peut d'intérêt, si ce n'était qu'elles confortèrent, un peu, le jeune homme d'en l'idée qu'il n'allait pas mourir. Après tout, si le sorcier voulait le tuer, il l'aurait fait depuis bien longtemps. Et s'il voulait le torturer, il se serait déjà mit à l'oeuvre.
« Si je vous ai sanglé de la sorte, c'est que je craignais un réveil agressif de votre part. Mais je constate qu'il n'en est rien. Laissez-moi vous libérer de ces liens.. »
Et, dans la foulé, il le libéra. Respirant un grand coup, Léon n'en restait pas moins endolori, et éreinté par le sédatif. Ses mains entaillées, lui faisaient étrangement mal, tout comme son épaule, et sa jambe. Que lui arrivait-il ? Fébrile, il se redressa, tandis que Dante retourna s'asseoir. Léon, assit sur le côté du lit, dos à lui, était éprit par des puissants vertiges, manquant presque de le faire tomber, alors même qu'il n'était pas debout. Dans sa jambe, il sentait l'os fissuré pincer la chair, lorsqu'il appuyait. Ses mains, tremblantes, avaient, tout de même, arrêtées de saigner. Son épaule, en revanche, semblait infectée... La saisissant d'une main, Léon chercha à presser sa jambe de l'autre. Au passage, ses paumes en étaient, elles-mêmes, moins douloureuses. Mais cela faisait mal, tellement mal. L'air de rien, Léon n'avait pas développé, lui-même, une forte résistance à la douleur. Le cristal faisait tout pour lui. Seulement, là, ce dernier se taisait cruellement.

Ne se retournant pas, le lion blessé cherchait à garder un minimum de pudeur, certainement... Il était perdu, épars tant dans son allure que dans ses yeux. Une bête, plus chétive que sauvage.
« Le cristal vous revient, comme j'ai dit. Vous quitterez cette boutique avec la pierre dans votre poche, c'est une certitude. »
Au moins, c'était déjà ça. Si cela ne s'était pas passé, à proprement dit, comme prévu, le jeune lion en sortait avec un cristal. Et sans sa dignité...
Ne résistant plus, Léon sentait que ses idées allaient un peu mieux. C'était déjà bien... Plus pratique pour converser...
« Voyez-vous, Léon, je vous surveille et depuis très longtemps. »
Rien qu'à ses mots, Léon écarquilla brutalement les yeux. Comment était-ce possible ?
« J'ai toujours gardé l’œil sur vous et votre famille, et je peux dire sans prétention vous avoir épargné quelques ennuis ici ou là. Cette protection était gratuite, rassurez-vous, je n'attends nul paiement singulier en retour. Rien que votre gratitude. »
Quoi ? Avait-il donc assisté à l'assaut ? Dans ce cas, pourquoi ne pas lui avoir prêté main forte ? Etait-il avec eux ? Non. Sans vraiment pouvoir l'expliquer, Léon le sentait. Alors, pourrait-il l'aider à retrouver les coupables ?
Tournant d'un coup la tête, le jeune lion perdit, un instant, son regard dans le vide, éprit par un vertige. Retombant à moitié sur le lit, il se récupéra gauchement, juste avant de se tourner entièrement, comme il put, s'asseyant alors en tailleur, avachit sur lui même, en face de Dante.
De tous temps, certaines choses lui échappaient. Certains "détailles", qui étaient bien trop simples. Etait-ce lui ?
« Cela ne fait pas de moi votre protecteur, non. Je ne tiens pas ce rôle, vous n'en avez pas besoin. Mais votre destinée m'intéresse, car je peux vous apporter beaucoup. Autant que vous-même pouvez m'apporter, je dois dire. »
Lui proposait-il une alliance ? Peut-être bien. En tout cas, ça y ressemblait. Etonnamment, cela pâma le jeune fauve d'une satisfaction certaine. Il avait à y gagner, assurément. Toute la question était : qu'allait-il y laisser ?

Cet homme était dangereux : il l'avait montré précédemment. Mais, à présent, Léon ne savait plus vraiment que penser de lui. Allié ? Ou ennemi ?

Récupérant une chemise en vélin, il en sortit des documents.
« Toutes ces feuilles sont mes souvenirs et réflexions consignés sur le papier, qui vous concernent, qui concernent votre père, qui concernent tout ce que j'ai pu apprendre et connaître de vos pérégrinations. Je vais les conserver pour le moment. En revanche, celles-ci... »
Son père : le mot était dit. Savait-il alors ? Sentant la question lui brûler la langue, Léon fut rapidement refroidit par un haut le coeur. Certainement un effet secondaire du sédatif. Mais, cherchant à récupérer les papiers, il manqua de s'étaler, de tout son long, au sol. Finalement, il se rattrapa, lui et le peu d'honneur qui lui restait, pour retourner s'asseoir, comme si tout était prévu.
Qu'avait-il écrit sur ces pages ? Avait-il des informations sur Alina ? Plus que jamais, Léon avait tout intérêt à faire copain/copain avec le magicien.
« Ce sont là des informations précieuses que vous pourrez emporter avec vous. Elles vous mettront sur la piste de tous les autres cristaux. Considérez ceci comme un autre gage de ma bonne volonté. »
Un instant interloqué, Léon finit par allonger un large sourire sur son visage. Enfin, aussi large que le permettait ses faibles muscles imprégnés de sédatif. Etait-il sérieux ? Ca, Léon allait l'apprendre rapidement, si effectivement, il lui laissait les papiers. Mais, s'il ne blaguait pas, c'était énorme. Il lui donnait, en une seconde, ce que Léon cherchait pendant 4 ans. C'était facile en fait ! Si Léon n'avait pas été sédaté, il aurait laissé sa joie s'exprimer plus largement.

Mais, tout inconfortable cette situation fusse-elle, elle montrait bien une chose on ne peut plus ironique. Et, Léon semblait, en dépit de son état, étonnamment en confiance.
"Et bien, reprit-il d'une voix toujours aussi soufflé en touchotant les sangles. Heureux de voir que je suis devenu, à vos yeux, un homme qui fait plus que vociférer pour montrer sa dangerosité."
Les mots étaient judicieusement choisit, forcément. Même si Léon se retrouvait dans un bien piteux état, si le vendeur avait agit ainsi, c'était qu'il le considérait comme une menace. Et ça, le jeune lion n'en était pas peu fière.
"Quand à vous, ajouta-il en bougeant lentement ses mains devant ses yeux, je dirais que vous m'apparaissez comme un homme sachant allier savoir et force. Avec un truc comme ça, vous devriez vous estimer heureux de ne pas m'avoir fait dormir pendant des jours !"
Devant ses yeux, ses mains, tremblantes, se dédoublaient. Il avait toujours mal, ce qui n'arrangeait rien, si bien qu'il pressa, de nouveau, ses blessures rapidement.
Sincère. Il rendait à César ce qui était à César, voilà tout. Si Léon détestait à se sentir inférieur, il pouvait s'accommoder d'un sentiment d'égalité, au besoin. Et là, il le faisait même sans mal.
Sa voix, toujours soufflée, n'était toutefois plus saccadée. Loin de sentir l'effet du sédatif s'évaporer, il avait juste cessé de se battre contre. Il était dans un état peu enviable, et même à la merci de cet homme, mais s'il l'acceptait, c'était déjà plus supportable, et moins contraignant. L'énergie qu'il ne mettait plus dans le combat, il l'ajoutait à sa parole.

"Qui êtes-vous à la fin ? enchaîna-t-il avec une certaine incrédulité, tout en relevant ses yeux globuleux sur le magicien. Un mirage, ou une quelconque mauvaise blague des autres protecteurs ? Je ne crois à au destin, et le hasard ne fait jamais de si gros cadeaux. Si ce que vous dites est vrai, vous mettez fin à 4 ans de chasse, et vous le savez certainement, non ? Mais, tout brutal et ingrat que j'ai pus vous paraître, je vous en serez reconnaissant, bien entendu. Seulement, une dernière question : qu'attendez-vous de moi ? Que me cachez vous encore ?"
Sa dernière phrase : simple rhétorique. Mais Léon voulait s'assurer que le magicien jouait carte sur table -et jusqu'au bout- avec lui. Même si, sur le coup, la théorie du rêve lui parut plus que possible. Allait-il se réveiller, un matin ? Avec l'idée de se rendre au Jardin du Dragon dans la journée ? Cela lui parut plus que probable.
Ce sorcier, bien trop parfait pour être vrai.
Dante, rêve ou réalité ?
 
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Message posté : Mar 30 Juin 2015 - 23:31 Message
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 « Tout le monde voit dans ma générosité des pièges et s'interroge : que veut le magicien ? Que désire-t-il et pourquoi agit-il ainsi ? C'est très flatteur, voyez-vous, d'être ainsi la source des incompréhensions de mes contemporains. »

De toute évidence Léon n'aurait pas connaissance des clefs de compréhension de cette brève remarque liminaire. Il était toutefois surprenant de l'entendre mettre en cause celui qu'il avait attaqué chez lui, celui qui l'avait dominé et l'avait finalement attaché à un lit et endormi au moyen d'un sédatif. Penché sur lui, Dante l'invita d'un geste de la main à se calmer. Il ne gagnerait rien à se remuer et à s'agiter, sinon le lent épuisement qui le conduirait à nouveau au sommeil et pour longtemps.  « Calmez-vous. Le sédatif agit encore et vos blessures sont toujours préoccupantes. Laissez-moi d'ailleurs régler cette question... » Dante prit sur la table de chevet une petite boîte de bois verni dont il tira une petite pierre toute lisse, noire comme le jais, brillante comme la nuit sans nuage. C'était comme s'il tenait dans sa main un petit bout de l'univers. Il s'agissait pourtant d'une petite pierre enchantée, fort courante en vérité, mais méconnue et souvent sous-estimée. Il prit la main du jeune homme et y glissa, d'autorité, la pierre.

Avant qu'il pût contester ou protester, la pierre disparut comme dissoute dans la peau de Léon et le corps de celui-ci irradia tout entier d'une lumière formidable, qui courait de sa main jusqu'aux autres extrémités de son corps. Le prodige fut immédiat : les blessures physiques s'étaient envolées, il n'en aurait même aucune cicatrice. Rien, là, sur son corps, ne venait prouver qu'il s'était battu, quelque peu, avec Dante quelques dizaines de minutes auparavant. Assez fier de lui, Dante ferma la boîte et la rangea dans le tiroir du chevet. Avec un peu de chance, aucune autre pierre de ce type ne serait nécessaire jusqu'au départ de Léon. « Là, ne vous sentez-vous pas mieux ? Vous êtes tout neuf ! Et cette vilaine blessure à l'épaule n'est qu'un souvenir et ne vous causera aucun ennui. » Une infection n'aurait pas été fatale, mais il était sans doute préférable d'avoir évité le pire. S'il avait d'ailleurs parlé à Léon des informations qu'il détenait sur lui et sur les autres porteurs, pour orienter sa chasse, ce n'était pas pour le jeter dehors sans l'avoir remis totalement d'aplomb.

 « Moi, je ne suis rien qu'un magicien soucieux de vous voir réussir et d'honorer les liens anciens qui touchent et assemblent nos deux familles. Nous ne nous sommes jamais rencontrés jusque-là et pourtant, nous nous sommes souvent croisés, sachez-le ! C'est d'ailleurs pour cette raison que j'en sais tant pour vous, mais aussi parce que votre père était un homme honorable soucieux du respect des serments passés. » Il appuya son regard dans les prunelles flamboyantes de Léon. Cette fois, s'il évoquait son père, ce n'était pas pour le piquer au vif, mais bien pour le rassurer. Dante tenait en très haute estime le père de Léon, quoiqu'il n'eût jamais de relation élaborée avec lui. Il ne l'avait rencontré que deux fois, par le passé, il y a... fort longtemps. Le jeune homme n'était alors qu'un petit garçon. Mais déjà les Lockwood étaient une famille ô combien fascinantes, comme ils le furent d'ailleurs et de tous temps. Mais l'heure n'était pas au récit de tout ce que Dante savait des Lockwood et de leur histoire ancestrale. Il disposa la chemise de vélin sur le chevet près du lit et se leva.  « Il existait entre les vôtres et les miens, autrefois, un pacte, un accord qui s'est étendu sur de très nombreuses générations. Il me plairait de le tirer de la tombe, ce pacte, voyez-vous ? Mais n'allez pas croire que j'exige quoi que ce soit de vous.

Tout au plus réglera-t-on la question des dégâts dans la boutique, mais plus tard. Reposez-vous encore, et prenez le temps, si vous le souhaitez, de consulter ce petit dossier que j'ai fait pour vous. Vous m'en direz des nouvelles. »
Et vous comprendrez que je ne suis pas indigne de confiance. Dante fit un signe de la tête et un sourire avant de laisser Léon à ses pensées, à sa fatigue, à sa petite convalescence, en quelque sorte. Il demeurerait toujours dans l'arrière boutique, mais assez loin du lit, assis à un bureau sans fin où s'étalaient grimoires et parchemins. Il tenait très fortement à laisser à Léon le temps de digérer tout ce qu'il venait d'apprendre.
 
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Message posté : Mer 1 Juil 2015 - 16:42 Message
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« Tout le monde voit dans ma générosité des pièges et s'interroge : que veut le magicien ? Que désire-t-il et pourquoi agit-il ainsi ? C'est très flatteur, voyez-vous, d'être ainsi la source des incompréhensions de mes contemporains. »
Évitait-il sa question ? Sur le coup, Léon le crut. Mais, encore une fois, ses propos étaient tellement mystérieux qu'ils en firent douter le lion. Pour lui, peut-être bien qu'il y répondait sans sourciller ! Mais le fauve, de son côté, n'avait pas toutes les clés pour comprendre, c'était évident. Cela, dans un sens, poussait Léon à se poser toujours plus de questions. Ce magicien, tout dangereux qu'il était, pouvait tout aussi bien renforcer le jeune lion, et y en était conscient. Et si Léon n'était pas du genre à baisser les bras facilement, il savait lorsque la confrontation brute n'avait plus d'intérêt. Très souvent, cette dernière lui montrait, d'ailleurs, avec qui il était bon de s'allier.
Songeur, le jeune lion commençait à s'emmêler avec toutes ses questions. Qu'il détestait avoir à se creuser le cerveau ainsi ! Pour lui, ce genre de cas était infiniment plus barbant. Quant à son état, il demeurait infiniment plus perturbant...
Il avait mal. Pourquoi ?
« Calmez-vous. Le sédatif agit encore et vos blessures sont toujours préoccupantes. Laissez-moi d'ailleurs régler cette question... »
Ces mots, accompagnés d'un geste de la main, étaient étonnamment condescendants. Léon n'appréciait pas vraiment cela. Mais il ne pouvait guerre se permettre de le lui faire savoir... Tant la douleur que la fatigue le clouaient, pieds et poing liés. Se contentant de se tourner légèrement, Léon n'en vit même pas Dante lui prendre la main. Et, avant que le jeune fauve ne puisse réagir, une pierre reposait sur sa paume. Ce demandant, un instant, si ce n'était pas celle du taureau, il vit cette question s'effacer lorsque le caillou se disloqua dans sa chair. Sans tarder, sa peau se mit d'ailleurs à briller. Se demandant, un instant, si ce n'était pas l'alliage organique du bélier, Léon remarqua vite qu'il ne pouvait toujours pas user de ses cristaux, craignant alors instantanément ce qu'on lui avait fait. Il n'aimait pas vraiment être sujet de choses qu'il ne comprenait pas. C'était le meilleur moyen pour se faire tuer. Mais, relativisant un instant, il se dit que, si ce sorcier avait voulut l'éliminer, il ne se serait même pas réveillé. Et ce fut pile à ce moment là que les blessures du jeune homme commencèrent à se refermer. Les entailles sur ses mains commençaient à disparaître. Sa jambe lui faisait moins mal, et il en était de même pour son épaule. Rapidement, tous fut gommé. Surprenant. Tout surpris qu'il était, Léon n'en était pas moins reconnaissant. Il fallait admettre que voir la douleur disparaître était plus qu'agréable. Seul bémol, l'effet du sédatif était toujours là...
« Là, ne vous sentez-vous pas mieux ? Vous êtes tout neuf ! Et cette vilaine blessure à l'épaule n'est qu'un souvenir et ne vous causera aucun ennui. »
"Merci, répondit-il d'un ton encore engourdie par la fatigue."
Dans sa voix, aucune animosité. Il était presque timide à l'idée de remercier ainsi. Mais qu'ajouter de plus à cela ? Tout avait été dit, en un seul mot.

« Moi, je ne suis rien qu'un magicien soucieux de vous voir réussir et d'honorer les liens anciens qui touchent et assemblent nos deux familles. Nous ne nous sommes jamais rencontrés jusque-là et pourtant, nous nous sommes souvent croisés, sachez-le ! C'est d'ailleurs pour cette raison que j'en sais tant pour vous, mais aussi parce que votre père était un homme honorable soucieux du respect des serments passés. »
Son père... En temps normal, Léon avait tendance à s'énerver dès qu'on parlait de lui. Mais là, il n'en fut rien, à la plus grande surprise du fauve d'ailleurs. Il n'eut même pas à en juguler : la rage n'était tout bonnement pas venu. Sentant le regard, profond et empli de tant de choses, du magicien percer ses yeux, Léon ne savait pas vraiment décrire ce qu'il ressentait. Il fallait aussi préciser qu'il quittait rarement -pour ne pas dire jamais- la colère en général. Alors, pour lui, cette situation était plus qu'insolite. Etait-ce du respect ? De la confiance ? Non ! Non...
« Il existait entre les vôtres et les miens, autrefois, un pacte, un accord qui s'est étendu sur de très nombreuses générations. Il me plairait de le tirer de la tombe, ce pacte, voyez-vous ? Mais n'allez pas croire que j'exige quoi que ce soit de vous. »
Devait-il le croire ? Certainement... Gardant le regard posé sur la chemise que Dante venait de poser, Léon n'attendait qu'une chose : pouvoir fouiller dedans. Mais, en soit, mieux valait se méfier plutôt que de se jeter dessus... non ?
« Tout au plus réglera-t-on la question des dégâts dans la boutique, mais plus tard. Reposez-vous encore, et prenez le temps, si vous le souhaitez, de consulter ce petit dossier que j'ai fait pour vous. Vous m'en direz des nouvelles. »
Faisant passer, d'un signe détendu et décomplexé, la mais par dessus son épaule, Léon ne semblait pas gêné pour un sous.
"Ce genre de désagrément n'est que le cadet de mes soucis, répondit-il. Mais si vous y tenez, ça sera fait."
Il n'était pas à un sous près. Et s'il s'était décidé -et forcé- à travailler, c'était bien pour pallier à ce genre de désagrément sans sourciller. Si, bien sûr, pouvoir partir, après une bagarre, sans avoir à débourser un centime était une perspective plaisante. Mais Léon avait bien trop à faire, pour se perdre dans des démêler judiciaires. Alors, il n'était pas du genre avars, prenant cela pour des frais comme les autres.
Quant au tact que le magicien avait mit dans ses propos, il l'apprécia. Il se montrait plus délicat, calme, et moi condescendant, que précédemment, ce qui pâma de jeune fauve d'une certaine satisfaction. Dante n'était pas supérieur au lion, égal tout au plus. Et cela le fauve en été persuadé, de cela comme du fait que le sorcier s'était, à présent, mit sur un pied d'égalité avec lui.
Observant Dante s'éloigner, il adressa un léger, et engourdit, sourire en coin. Il était rare de le voir relever les lèvres, sans pour autant pour montrer les crocs. Aussi Léon espéra que Dante apprécie ce geste à sa juste valeur. Il n'allait pas le gratifier de cela tous les jours non plus ! Mais il fallait admettre que cet homme en avait fait beaucoup, soignant même le fauve après un combat qui les avait opposés ! Non, le moment était mal choisit pour faire les tatillons.

Alors, dès que Dante fut assis à son bureau, assez loin, Léon se jeta sur le dossier, manquant presque de perdre l'équilibre en ce faisant. Le sédatif était gênant, bien trop pour le jeune fauve ne se permettre quoi que ce soit... En commençant à lire d'ailleurs, il remarqua que sa vu peinait un peu. Fermant alors fort les yeux, il finit par les rouvrir, collant définitivement les mots à la page de papier. Lisant ainsi avec assiduité, le jeune homme ne pourrait dire combien de temps avait passé. Pour autant, il n'était pas totalement absorbé par sa lecture. Du coin de l'oeil, il surveillait le magicien. S'il se posait des questions vis-à-vis de la confiance à lui offrir, il ne lui en avait pas encore donné. Nuance. Méfiance est mère de sûreté. S'il tentait quelque chose -de le tuer par exemple-, le jeune lion ne pourrait, sans doute, rien faire. Mais, il ne savait pas... Ça le rassurait, bêtement certainement...
Lisant, à une vitesse folle, Léon passait, et repassait sur les même lignes. Ignorant la fatigue, il cherchait à tout retenir. Simple principe de précaution. Après tout, il ne savait pas ce que l'avenir lui réservait. Alors, autant il pouvait survivre en perdant les fiches, et donc s'en sortir avec les infos s'il les retenait, que sans sa tête...et bien... tout était juste perdu. S'il cherchait à oublier qu'un jour, quelque chose le coucherait définitivement, il préférait éviter d'être mit à genoux en attendant. Tous, il y avait tous des ces pages. Léon n'en revenait pas. Alina était même mentionnée, alors cela semblait vrai. Bien sûr, ce n'était, peut-être bien, pas parfait, permettant à deux ou trois cristaux de passer entre les mailles du filet. Mais c'était déjà génial. Une avancée bien plus importante, que tout ce qu'il avait put faire par le passé, attendait Léon. Et cela, ça rendait les effets du sédatif encore plus cruels... Le fauve avait envie de se télé porter, là, maintenant, tout de suite. Il n'avait pas de temps à perdre. Mais, dans cet état, il ne pouvait pas faire grand chose...juste attendre...
Ce sorcier et lui étaient il vraiment lié par leurs familles ? Probable, fort probable même. Après tout, Léon savait que sa famille était lié à la magie. D'après certaines légendes, c'était même cette dernière qui avait permis aux Lockwood de perdurer. Dante était-il d'une famille allié à la maison au lion ? Petit à petit, l'idée prenait sens dans la tête de Léon. Il était fort. Et si une bête sauvage était redoutable seule, et ne l'était que plus en meute. Seulement, Léon n'avait jamais trouvé une personne à sa hauteur, jusqu'à maintenant du moins...
Tout semblait le dire ! Tout ! Il avait tout ce qu'il fallait pour le croire. Léon n'en revenait pas. Le hasard certainement. Mais Dante en savait beaucoup, beaucoup trop pour ne pas avoir eut à faire à un Lockwood par le passé. La loyauté, les faits d'armes, il savait tout, et déjà beaucoup ! C'était donc vrai. Relevant brutalement le regard vers le bureau, Léon resta un instant, à dévisager le magicien, avec surprise. Il n'espérait, pas un seul instant, tomber sur ce genre de phénomène dans une simple herboristerie ! Mais, rapidement, il se reprit : il n'avait aucune envie d'attirer son attention.

Pour autant, il n'en avait pas finit avec lui. Dante parlait bien, remarquablement bien même. Sa langue semblait forgée sur fer du Serpentaire, et sa sagesse, trempé dans le vase du Verseau. Léon, lui, n'était pas une perle pour le bien parler, user des bons mots, au bon moment. Mais il frappait comme il le fallait. Et il avait tout de même un certain instinct qu'il l'écoutait toujours. Il pouvait croire ses paroles, mais n'était pas du genre à laisser quoi que ce soit au hasard. Il avait bien trop à faire, tant avec Dante que face aux autres porteurs. Dante en savait beaucoup... et tenait, apparemment, en très haute estime le défunt père Lockwood. Alors, en savait-il plus sur l'assaut dont ils avaient été victime ? Il en savait tellement sur les porteurs, qu'il ne pouvait en être autrement. Léon avait ses cibles, alors il lui fallait, à présent, ses instruments de torture. En savoir plus ! des détailles, quelques chose ! Il avait forcément plus ! Après tout, il allait torturer ces chiens, c'était certains. Mais des outils physiologiques lui permettrait toujours de les faire souffrir d'avantage, tout en évitant de les perdre trop... précipitamment dirons-nous. Des détailles, tant sur le soir de l'assaut, que sur le reste, et il pourrait tout faire. Il en jubilait !
Se relevant d'un bond, chemise en main, Léon déchanta, cependant, rapidement, lorsqu'un violent vertige le prit. Maudit sédatif ! Se rattrapant gauchement, le jeune lion manqua de tomber. Mais, il était stable, enfin, à peu près. Respirant un grand coup, il retint une brutalement nausée, juste avant de faire un pas vers Dante. La torture, du corps, et de l'âme. Un petit ami à torturer devant eux ? Un quelconque cloporte à détruire sous leur yeux ? Leur empire, à dynamiter ? Le pire à leur montrer ? Léon voulait tout... tout ! Il en oubliait la fatigue, le vertige, et marchait, à pas compté et titubant, vers Dante. Une occasion en or, et Léon ne voulait pas la laisser passer. Quitte à voir le destin lui faire un fleur, autant en tirer un maximum ! Irradiant d'un grand sourire pervers, Léon ne se souciait plus de rien. Ni sont état, ni le reste. Et la chute tant attendu arriva, mais ce n'était que le cadet de ses soucis. Se relevant, il reprit : après le bruit généré, autant y aller franchement !
"Dites m'en plus, reprit-il tandis que sa lèvre inférieure, pincé lors de la chute, saignait abondamment. J'ai besoin de détailles, aussi minime soit-il ! Grace à vous je peux les retrouver, mais à présent, je veux les faire souffrir. Seulement, un corps meurt si vite, là où l'âme saigne, sans jamais disparaître... Je prend tout, et m'en servirait à ma guise. Et, bien entendu, serais prêt à tout en retour. Je suis doué en torture du corps, mais j'espère en apprendre plus de vous sur celui de l'âme."
La lecture l'avait revigoré. Ça avait réveillé son instinct. Il en voulait plus, et était prêt à tout pour ce faire. Et si sont état le rendait inapte à attaquer tout suite, il pouvait toujours peaufiner son plan d'approche avec le sorcier. Dante était un génie ! Un personne qu'il fallait mieux avoir dans ses amis que dans ses ennemis !
 
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Message posté : Ven 3 Juil 2015 - 22:30 Message
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Dante s'amusa un peu de constater que l'enthousiasme débordant de Léon l'avait poussé à bondir hors de son lit, tandis le sédatif se rappelait à son bon souvenir et le frappait d'un soudain vertige. Il lui avait pourtant dit de se tenir tranquille ! Mais le jeune homme n'en faisait qu'à sa tête. Assis à son bureau, l’œil égaré sur Léon, mais le regard tourné vers un livre ouvert devant lui, le magicien demeura silencieux, inquiet toutefois de savoir ce que manigançait l'animal.

Que cherchait-il à faire ou à prouver ? Ne préférerait-il pas se reposer et attendre que les effets du sédatif ne se dispersassent ? Il dirigea ses pas vers Dante et ce dernier attendit le moment opportun pour relever sur lui des yeux étrangement calmes. Il ne craignait pas le lion, dont la torpeur l'empêchait d'être une véritable menace. Et si les douleurs physiques entraînées par de réelles blessures indifféraient le porteur du cristal du lion, Dante avait encore plusieurs cartes à jouer, bien à l'abri de sa manche, pour rappeler à son client qu'il n'était pas chez lui et devait donc garder une attitude exemplaire. Les pas du lion semblaient hésitants. Il finit par tomber, mais Dante ne bougea guère de sa chaise. Il vit le sang rougir la lèvre éclatée et entendit les paroles passionnées de Léon. Celui-ci lui parla d'une traite et d'un souffle, comme si sa vie en dépendant. Il s'en amusa intérieurement. Il posa son stylo-plume et repoussa la feuille de notes qu'il avait près de lui. S'allongeant sur le dossier de sa chaise, il bascula en arrière et contempla le jeune blond avec des yeux d'une infinie patience.

 « J'admire votre enthousiasme, Léon, mais... n'avez-vous pas tout lu dans le dossier que je vous ai laissé ? Pour chacune de vos cibles, il y a trois paragraphes désignant leurs faiblesses potentielles. Leurs goûts sociaux, culturels, etc, tout ce qui peut servir à les attaquer indirectement, à faire pression sur eux sans les toucher frontalement. Le genre même de torture que vous semblez réclamer d'apprendre de moi. » Il ne s'attarderait pas sur le caractère très embarrassant de la discussion puisqu'il était évident qu'entre eux, la pudeur n'existait plus, pour ce qui était des activités criminelles. Dante, après tout, venait de partager des informations récoltées au fil des années sans aucune autorité ou compétence légale pour y procéder. Et Léon l'avait agressé comme le jeune effronté qu'il était, alors bon ! Les choses ne pouvaient être plus claires : tous deux appartenaient au monde de la pègre, chacun à sa manière.

 « Ne vous emballez pas. Nous aurons mille occasion de nous entendre, de collaborer, d'agir ensemble au mieux de vos intérêts. »

Car ceux-ci concordaient, le dragon le savait. Ce n'était pas qu'il avait un don de prescience, ce n'était pas qu'il lisait l'avenir dans les écailles des crotales, ce n'était pas qu'il possédait les runes divinatoires des druides celtiques. Ce dragon-là se fiait moins à d'hypothétiques prédictions qu'à la fiable valeur de prévisions logiques et déterminées par ce bougre de sagouin qu'on nomme le « concours des circonstances ». Il tourna sa chaise pour faire totalement face à Léon. « En attendant, j'insiste, il vous faut vous reposer et vous remettre. Le sédatif est encore actif et si vous jouez ainsi avec vos nerfs, ils finiront pas vous lâcher. Dois-je vous mettre moi-même au lit ? » plaisanta-t-il avec vigueur. Dante ne tenait pas particulièrement à border Léon, ni même à le materner, mais il s'y résoudrait sans peine si ce dernier se montrait déraisonnable. Et si d'aventure il s'y voyait contraint, il n'hésiterait pas à forcer Léon à la raison, par exemple en l'accablant d'une terrible migraine contre laquelle il ne pourrait rien que s'incliner et suivre les conseils du magicien. À couvert et sans le dire, mais pour la bonne cause, on lui pardonnerait ce mensonge ! Il espérait ne pas avoir à en arriver là. Il serait d'ailleurs fâcheux pour lui d'avoir recours à pareille méthode de persuasion : il n'y avait plus qu'à espérer que Léon se montrerait raisonnable.

Ce dernier aurait tout le loisir d'exulter quand il se réveillerait d'une sieste méritée, quand il se relèverait du lit, libéré des effets du sédatif. Il pourrait rugir, grogner et quitter la boutique pour se mettre en quête de ses proies et revenir une fois ses quêtes accomplies. Nul doute alors que les deux hommes auraient beaucoup à se dire ! Et cette fois le lion ne ruinerait rien, dans la boutique.  « Allez, je ne vous quitte pas, personne ne vous fera rien pendant que vous vous reposerez. N'avez-vous pas confiance en moi ? » La question était sans doute risquée, mais Dante se riait des périls et des dangers.
 
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Message posté : Sam 4 Juil 2015 - 0:01 Message
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« J'admire votre enthousiasme, Léon, mais... n'avez-vous pas tout lu dans le dossier que je vous ai laissé ? Pour chacune de vos cibles, il y a trois paragraphes désignant leurs faiblesses potentielles. Leurs goûts sociaux, culturels, etc, tout ce qui peut servir à les attaquer indirectement, à faire pression sur eux sans les toucher frontalement. Le genre même de torture que vous semblez réclamer d'apprendre de moi. »
Relevant légèrement les sourcils, Léon était un brin... étonné. Il lui avait donc tout donné ? Comme ça ? D'un coup ? C'était beaucoup trop facile ! Ce brutal coup de froid l'avait comme, stoppé, net.
Non ! Ce n'était pas possible. Il cachait forcément autre chose ! Tout le monde cachait des choses ! Et lui, il donnait tout, sans rien demander en retour ? Il aurait put vendre ses infos à prix d'or. Mais il les avait simplement donnés. Etrange...
Bien sûr qu'il avait tout lu, et il pouvait presque tout retranscrire à l'oral, comme ça, d'un coup.
« Ne vous emballez pas. Nous aurons mille occasion de nous entendre, de collaborer, d'agir ensemble au mieux de vos intérêts. »
Ah voilà ! Collaborer... qu'entendait-il précisément par là ? C'était la porte ouverte à tous les abus, ça. Et Léon n'était jamais abusé, jamais ! Enfin, il y veillait. Attendez... "vos" ?!
Etant resté statique pendant beaucoup trop longtemps, Léon commençait à sentir le vertige grandir. Ca tournait...tournait...tournait ! A croire que cela ne s'arrêterait jamais. S'appuyant alors contre un mur tout proche, le jeune lion chercha à souffler un peu. Foutu sédatif.

« En attendant, j'insiste, il vous faut vous reposer et vous remettre. Le sédatif est encore actif et si vous jouez ainsi avec vos nerfs, ils finiront pas vous lâcher. Dois-je vous mettre moi-même au lit ? »
Eclatant d'un brutal et sinistre rire, Léon, tête basse, n'avait put se retenir. Certes, il était mal, mais les propos du magicien l'aidèrent à voir la vie en rose. C'était ridicule ! Lui, faire craquer ses nerfs ? Non ! Ils étaient bien assez solide, entraîné par ces quatre dernière années. Lui, se laisser border ? Et puis quoi encore ! Ca, il n'y avait que sa domestique -ou son père- qui le faisait. Et, ils étaient morts...
Relevant d'un coup sec le regard vers Dante, Léon s'apprêtait à reprendre, mais ce dernier fut plus rapide.
« Allez, je ne vous quitte pas, personne ne vous fera rien pendant que vous vous reposerez. N'avez-vous pas confiance en moi ? »
Est ce qu'il lui... forçait la main ? Léon n'aimait pas ça, et ce même si sa solution était la seul vraiment réalisable. Mais, il tiqua bien plus lorsque le sorcier parla de confiance. Risible, ou minable.
"Non, répondit-il d'une voix platoniquement glauque. Et avouez : vous ne me faites pas confiance non plus. Ce genre de truc, ce n'est que des conneries, que l'Homme à trouver pour donner l'impression qu'il est civilisé. Mais, en réalité, la confiance n'existe pas."
Plus, du moins. Léon, tendu, semblait bien plus amers qu'en colère. Dès qu'on lui parlait de confiance, il ne pouvait se résoudre à en céder. A une époque, il avait donné la sienne à ceux qu'il appelait ses "confrères". Il avait donné sa vie, et ce en se fiant aux paroles de son père. Les familles protectrices, honneur, dévotion, devoir, savoir... du vent ! Il avait battit sa vie sur une relation de confiance, et un de ses "camarades" étaient venu, un beau jour, la lui reprendre du bout de ses poignards. Et ce dernier avait perdu la vie au bout des griffes du lion. Destin qu'ils méritaient tous...tous ! Ils étaient tous dans le même sac de nuisibles.
Depuis ce jour, Léon avait vu le concept de confiance s'évaporer devant ses yeux.

"Je n'ai pas le temps, enchaîna-t-il. Ce n'est pas que votre lit me déplaise, mais je ne peux pas me le permettre. Vous qui avez des pierres étranges qui soignent instantanément, dites moi que vous avez un truc pour annuler les effets du sédatif !"
Dans sa voix, un peu de colère, peut-être. Mais là, elle était mêlée à de nombreuses autres choses. Des choses que, lui-même, il n'identifiait pas.
Perdant étrangement son regard dans le vide, le jeune lion semblait songeur.
"Si vous aviez confiance en moi, précisa-t-il. Vous me quitteriez, sans hésiter, pour retourner à votre boutique, qui doit être dans un bien bel état d'ailleurs. Vous ne me faites pas confiance, et c'est normal. Je tacherais de m'en sortir, avec ce que vous avez eut la gentillesse de me donner. Mais ne m'en demandez pas trop."
Il pointa, hasardeusement, du doigt une direction. Vers la boutique. De la pièce d'à côté, émanait encore du bruit. Des amis qui rangeait sans doutes.
"Parmi eux, en arrivant, dites-moi, combien ont voulu me tuer ? Tous ? Avouez. J'ai voulut vous tuer aussi, simple formalité rassurez vous. Mais, vous, vous n'en avez rien fait. Et, si, aujourd'hui, je vous dois certainement la vie, vous n'en devenez pas, pour autant, blanc comme neige à mes yeux. Je vous ai agressé, et vous... m'aidez ?"
Il leva la main vers sa tête, comme pour la prendre, comme si cela lui faisait mal.
"Ce n'est pas logique ! cria-t-il. Alors, conclut-il plus calmement en baissant sa main, je ne vous fais pas confiance, pas plus que je ne leur fait confiance. Simple principe de précaution."
Pas, logique c'était ça. Dante était, pour le jeune fauve, un mystère bien trop épais pour être ignoré. Et sa question bien trop suspecte pour ne pas attirer l'attention du lion. Allait-il le saigner comme un porc lui aussi ? Si, dans un sans, Léon était plus résistant qu'à l'époque, il n'apprécierait tout de même pas de repeindre le sol d'une cave de ses entrailles.
"Filez-moi quelque chose contre votre foutu sédatif, et vite. Après on pourra...collaborer. Et je ne sis pas chien vis-à-vis des dettes que je contracte : je vous assure."

Pour autant, Léon n'était pas étranger à toute forme d'alliance. Lui, il gardait juste ses ennemis près de lui, et ses amis... aussi. De quoi lui tenir chaud, certes. Mais Léon aimait bien plus la fureur d'un brasier ardent que le froid de la sagesse infinie.
 
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Message posté : Sam 4 Juil 2015 - 16:49 Message
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Ce jeune homme prétendait-il présager des pensées du magicien et déclarer à sa place ce qu'il en était vraiment ? Le magicien désapprouvait les propos que le lion tenait, car à ses yeux la confiance demeurait une force terrible et formidable sans laquelle la trahison n'avait rien de spectaculaire. Faisait-il confiance au jeune homme ? Assurément, et pour la bonne raison qu'il n'avait pas besoin d'être un docte savant de l'âme humaine pour deviner que le jeune homme face à lui était prévisible, car d'une personnalité trop entière et trop intégrale pour s'ouvrir de failles inattendues. Alors en un sens, il n'avait pas besoin d'avoir confiance en Léon pour savoir que ce dernier agirait toujours dans le sens que dictaient ses gestes et ses paroles. Pour l'heure en tout cas, Dante estimait le lion droit dans ses bottes et bien dans ses baskets. Mais puisque ce dernier s'échinait à démontrer que la confiance n'était plus de ce monde, qu'elle était l'apange des faibles d'esprit, le magicien s'arma de patience et s'apprêtait à rétorquer pour apaiser les propos de Léon quand ce dernier reprit la parole et la garda pour longtemps.

Il pestait contre le temps, se targuait d'impatience, et réclama un soin contre les effets du sédatif. Il existait effectivement un philtre capable de lui redonner dans la minute toute sa vigueur d'autrefois, mais à quoi bon ? Léon n'était pas là pour tester toutes les boissons disponibles à l'usage dans la boutique, et il avait déjà tant absorbé de préparations alchimiques diverses qu'il y avait un risque à le gaver d'autres choses encore. Mélanger les médicaments était rarement une bonne idée ! Léon risquerait de voir pousser sur ses épaules des champignons et ses ongles se couvrir de pustules bleues. Dante refusait de prendre une telle responsabilité. Le jeune homme s'énerverait tout seul, puisque le magicien refusait encore de quitter le silence dans lequel il se murait. Mais ce n'était pas vraiment parce qu'il n'avait rien à dire, mais bien parce qu'il désirait entendre Léon jusqu'au bout faire le récit de ses incompréhensions. Il y avait du mystère, dans le comportement de Dante, ce dernier ne le nierait pas. Pour autant, il ne se laisserait pas insulter sous son propre toit. Toujours assis, il posa sur Léon un regard digne et profond comme le Pacifique, quoique ses yeux ne fussent point bleus, mais de la belle couleur du chocolat. « Je regrette, Léon, mais je ne peux rien vous donner de plus. Tout ce que j'ai à vous offrir concernant les autres porteurs se trouve dans la chemise que je vous ai déjà cédée. Il s'y trouve assez d'informations pour que vous puissiez les traquer, les débusquer, et les tuer. »

Le programme était simple, c'est pourquoi il était également imparable. Dante n'aurait pas d'ailleurs l'audace de suggérer quoi que ce fût pour l'exécution de tel ou tel autre des porteurs. C'était l'affaire de Léon et d'aucun autre. « Je vais faire venir la pierre du taureau. Châtaigne ! » hurla-t-il finalement, mais il n'était pas devenu fou. Dante claqua des doigts et presque aussitôt un gobelin à peau beige et cheveux blancs en bataille apparut devant le bureau. « Oui messire d... » Mais Dante l'interrompit opportunément. « Va me chercher le cristal tout nouvellement acquis, s'il te plaît. » D'abord désorienté le gobelin répondit rapidement avant de disparaître comme il était venu :  « Tout de suite messire ! »

Dante hocha la tête et tourna son regard vers Léon. Le lion n'était pas au mieux de sa forme et pourtant il demeurait impressionnant. Pour autant, cela ne suffirait pas à fléchir la position du dragon.  « Ne me demandez pas davantage, il faut savoir laisser le temps au temps. Si vous vous précipitez, vous échouerez comme vous avez manqué d'échouer ici et vous jetant tête baissée dans la bataille. » Ce qu'il avait d'ailleurs fait très précisément contre l'individu qui lui donnait à présent tous les outils pour réussir à rassembler tous les cristaux. L'ironie du sort est toujours savoureuse ! Mais Dante aurait pu être tout autre et s'il n'avait pas été le dragon-mage qu'on connaît, sans doute aurait-il succombé face à Léon, et ce dernier aurait alors été face à un mur, dans une véritable impasse. Il ne devait pas l'oublier. Déjà Châtaigne réapparaissait.  « Et voilà ! » Il déposa dans les mains du magicien le coffret qui contenait le cristal du taureau. « Merci Châtaigne, retourne aider les autres. » Le gobelin ne se fit pas prier, s'inclina et partit. Dante contempla un instant le vide laissé par la téléportation de la créature avant de regarder à nouveau Léon. Ce dernier ferait-il sa tête de mule ? Il y avait fort à le parier. Il se leva donc et lui tendit le coffret.

 « Tenez, c'est à vous. Si vous n'avez pas confiance en ma parole, vous pourrez toujours vous fier aux actes. Je vous conseille de vous rallonger et d'attendre que la fatigue vous passe, mais libre à vous de partir sur le champ. N'oubliez toutefois pas la chemise. Pour ma part, j'ai du travail, et je pense que nous aurons à parler très prochainement. Mais en attendant, souvenez-vous que la patience est la première des vertus que devrait posséder l'homme qui veut voir la réussite d'un projet. » Dante n'avait pas pour prétention de moraliser le discours qu'il adressait à son interlocuteur, mais ce dernier ne s'offenserait pas d'un conseil glané gratuitement et sans rien demander. Il inclina la tête et fit mouvement, à nouveau, vers ce fauteuil où il reprendrait le travail en espérant que Léon ne chercherait pas à le contraindre. Il détesterait d'avoir à hausser le ton pour sermonner les caprices d'un lionceau mal élevé.
 
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Message posté : Sam 4 Juil 2015 - 19:38 Message
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Le regard que Dante posa sur Léon avait quelque chose de... d'étrange. Il était de la profondeur des abysses, et de la dignité d'un lion. Un lion, un confrère. Autant de confiance à placer en lui, mais autant de risque derrière. Non ! Léon n'y arrivait décidément pas. La confiance, c'était du vent. Quelque chose face à quoi il avait claqué la porte, et qu'il ne laisserait jamais rentrer, de nouveau.
« Je regrette, Léon, mais je ne peux rien vous donner de plus. Tout ce que j'ai à vous offrir concernant les autres porteurs se trouve dans la chemise que je vous ai déjà cédée. Il s'y trouve assez d'informations pour que vous puissiez les traquer, les débusquer, et les tuer. »
Il n'avait pas foncièrement tort. Mais...ça collait pas ! Il avait forcément gardé quelque chose sous le coude, par simple précaution ou à de bien tristes fins ! Mais... cette situation était juste improbable !
Mais soit. S'il ne voulait pas tout donner, Léon n'avait plus le coeur à insister. Il ferrait avec ce qu'il avait. C'était déjà plus que suffisant !
« Je vais faire venir la pierre du taureau. Châtaigne ! »
Sursautant d'un coup lorsque le sorcier leva le ton, Léon se mit, d'instinct, sur la défensive. Que faisait-il ? Posant, d'un coup, ses yeux sur les doigts du magicien, lorsqu'il les claqua, ce dernier baissa rapidement son regard vers la créature qui apparu. Minuscule. Un gobelin, enfin, l'idée que Léon s'en faisait. Méfiant, le lion chercha d'où il pouvait bien venir. Venait-il d'à côté ? Peut-être bien. Tout le problème était que le fauve ne connaissait pas ses intentions. Fébrile, le jeune homme craignait une quelconque réaction hostile. Il n'était pas en état de se battre, pas sans y laisser la vie du moins... Et là, même une microbe de ce genre pouvait lui faire la peau ! Mais il déchanta rapidement...
« Oui messire d...
- Va me chercher le cristal tout nouvellement acquis, s'il te plaît.
- Tout de suite messire ! »

Quoi ? C'est...c'est tout ? Pourtant, le gobelin semblait avoir réagit, et pas que positivement, à la demande. Seulement, il n'en avait rien dit... Comment pouvait-il être aussi... aussi... ah ! Ce genre de soumission, ça débectait Léon au plus au point. Ce gobelin avait laissé son honneur sur le pas de la porte, visiblement.
Celui de Léon ? Il était là...voyons !

« Ne me demandez pas davantage, il faut savoir laisser le temps au temps. Si vous vous précipitez, vous échouerez comme vous avez manqué d'échouer ici et vous jetant tête baissée dans la bataille. »
Posant un regard inquisiteur sur Dante, Léon crut, un instant, que c'était un reproche. Mais, étrangement, il n'en perçu rien. C'était comme si sa voix était vide, étonnamment emplie d'aucune arrière pensé. Comment réagir ? Etait-ce, un conseil avisé ? Une certaine forme d'inquiétude ? Un conseil pour qu'il reste en vie ? Quoi !
« Et voilà !
- Merci Châtaigne, retourne aider les autres. »

Réfléchissant, Léon n'en avait même pas vu Châtaigne réapparaître. A peine l'avait-il vu, qu'il était déjà repartit. Que lui prenait-il ? Il devait être plus vigilant.
Posant un regard impatient sur le sorcier qui avançait, le jeune fauve savait, toutefois, ce qu'il y avait dans la boite qu'il tenait. Le cristal du taureau. Enfin !
« Tenez, c'est à vous. Si vous n'avez pas confiance en ma parole, vous pourrez toujours vous fier aux actes. Je vous conseille de vous rallonger et d'attendre que la fatigue vous passe, mais libre à vous de partir sur le champ. N'oubliez toutefois pas la chemise. Pour ma part, j'ai du travail, et je pense que nous aurons à parler très prochainement. Mais en attendant, souvenez-vous que la patience est la première des vertus que devrait posséder l'homme qui veut voir la réussite d'un projet. »
Prenant la boite, tout en sondant, d'un regard fixe, les yeux du magicien, Léon était presque tenté de le croire. Mais, patience, certes. Il était bien disposé à patienter, pour lui offrir, ne serait-ce, qu'un brin de confiance. Il n'avait pas le choix. Plus du moins. La solitude ne lui avait pas apporté grand chose, après tout, là où Dante en avait fait tant. Ravalant amèrement son orgueil, Léon ne pipa mot. Tout avait était dit non ?
Laissant son créditeur retourner à son travail, le jeune lion fit dos au mur auquel il s'appuyait, pour finalement glisser dessus. Une fois assis, il posa chemise et coffret juste à côté de lui, assez proche pour qu'il puisse sentir, tant leur présence que si quelqu'un venait les prendre. Au passage, il entrouvrit le second, et reconnu la lueur singulière des cristaux du zodiaque. Qui plus est, elle était grise. Le taureau : c'était ça!

Il avait donc à faire. Mais, juste, juste deux minutes : c'était plus prudent. C'était d'ailleurs pour cela qu'il n'avait pas prit la peine de retourner au lit. Pour une simple pause de ce genre, un mur était amplement suffisant. Il n'allait pas dormir : hors de question. La main posée sur ses acquisitions, il comptait simplement attendre, là, Dante dans le coin de l'oeil. Un bon compromit non ?
Mais, de seconde en seconde, il fut de plus en plus dur de résister. Il sentait quelque chose le prendre. Qu'est ce que c'était ? Voulant se relever, pour couper net à cette diablerie, il sombra avant, impuissant.

******

Un rêve. Ou pas. Il revivait, tout, tout, tout ! La douleur, le mal, la crainte, la peur. Il revivait cela comme l'humain qu'il était comme le gamin qu'avait fait cette foutu organisation de famille protectrices. Il était faible, faible, tellement faible ! S'en était assez ! Insupportable. Combien de temps cela allait-il durer ? Il ne pouvait rien, rien faire. Rien ! Douleur, peur, d'où cela venait-il ? Sang, sang, sang !

******

Retombant d'un coup sur le sol de l'arrière boutique, lorsqu'il sortit du manoir avec rage, Léon poussa comme un cri, entre la fureur, la colère, et, et, et quoi d'autre ? Des choses, peut-être. D'ailleurs, les murs en avaient certainement tremblés, mais soit. Le sol, lui, que Léon embrassait avec passion, avait bringuebalé comme un vulgaire paravent. Revenant à lui, le jeune fauve, dont les cristaux brillaient de nouveau, jeta un rapide coup d'oeil vers Dante, juste avant de récupérer son due, pour finalement se mettre à marcher vers le fond de la pièce.
Quelques secondes plus tard, il n'était plus là. Le cristal du Gémeau s'était réveillé dans son sommeil.

******

Après quelques usages de son cristal, Léon était de retour chez lui. Alina dormait : tant mieux. Laissant, d'un air désintéressé, ses trouvailles sur son bureau, le jeune fauve se précipita dans la salle de bain. Là, il s'aspergea abondamment le visage, mêlant alors l'eau avec le sang qui coulait toujours de sa lèvre. Il s'observa, quelques instants, dans le miroir. Comment ? Comment cela avait-il put arriver ? Il nageait en plein délire. Certes, cet homme et lui étaient liés par leur passé familial, mais comment avait-il put replonger là dedans si rapidement? La famille, ce pour quoi il avait donné sa vie, et ce qui avait manqué de la lui ôter...
Perplexe, Léon resta là un moment, juste avant de balancer un coup de poing dans la glace. Sans grande surprise, cette dernière se brisa, ajoutant un peu sang dans l'éviter, comme sur le mur.
Calme. Calme ! Il y avait forcément une solution. Perturbé, le jeune fauve en avait même délaissé ses meurtres en attente. Que faire face au sorcier ? Risquer ? Ou fuir ? Perdu, Léon enrageait, mais calme... calme !!!

Sortant rapidement une bouteille d'alcool à brûler, le jeune fauve en badigeonna ses plaies. Ses dernière cessèrent de saigner, plus brulées qu'autre chose.. Ensuite, il essuya le sang. Enfin, il ouvrit un placard, prit puis mit ses gants, et disparut, comme il était venu.
Il avait à faire cette nuit. Et la lune, pleine, allait vite passer du blanc sinistre, au rouge sang.

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