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Un vieil ennemi - Camille Saint-Clair

 
Message posté : Jeu 11 Juin 2015 - 22:13 Message
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Un vieil ennemi


(Le vendredi 12 juin)

"Je ne suis pas mécontent." Ces cinq mots tombèrent de sa mouche comme l'huile de la bouteille, qu'il versait sur le contenu d'un bol. Une cuillère vint rapidement tourner le liquide ambré et le mélanger à l'ensemble de la crème qu'il préparait."Ce n'est qu'un plan, à peine un croquis, mais... j'ai entendu, tu sais, quand tu as parlé d'un véhicule. Je me suis dit que je pourrais t'en faire un, aussi. En plus du reste" Aleksandr se tut. Il laissa sur la table, sous les yeux de Camille, les quelques plans - déjà très détaillés - qu'il avait élaborés à partir de la suggestion initiale de son mec-à-lui et des quelques orientations qu'il avait pu glâner ici et là.

Ce matin-là, il connut les doux transports que la joie donne lors des occasions où la simplicité rencontre le génie, qui nichait moins dans ces plans que dans les gestes de Camille. Tous deux finirent le petit-déjeuner en parlant du véhicule et de certains projets de vacances qu'ils prendraient quand Aleksandr serait revenu de son premier voyage dans l'espace. Une quinzaine de jours en Orient, pourquoi pas ? En attendant, l'Amiral proposa qu'ils s'offrissent un week-end à la campagne, expression figurée pour préciser qu'il lui plairait de prendre un peu de temps libre loin de Star City avec Camille.

...

Plus tard dans la journée, Aleksandr revint de la Tour de la Paix avec de bien curieuses informations. Les tribulations d'un criminel nécromancien, en ville, probablement une femme, le chagrinait, puisqu'elles évoquaient en lui le souvenir d'Abigaïl. Cette demoiselle rencontrée quelques mois plus tôt avait-elle opté pour le sentier du vice et du crime, finalement ? Il se promit de mener sa propre enquête, quitte à impliquer Adrian, qui était, de tous ses amis et ses proches, le plus adapté pour ce genre d'investigations. Il ne connaissait nul mystique si raisonnablement instruit de son art, encore qu'il avait entendu parler de l'ouverture d'une herboristerie étonnante, dans le quartier du Front de mer.

Il se promit d'en parler à Camille pour obtenir son avis, mais le jeune homme n'était pas chez eux. Il n'arriva qu'en fin d'après-midi, trouvant Aleksandr occupé à lire, assis sur l'un des fauteuils du salon. Cette vision toute bourgeoise de l'individu fut rapidement dissoute dans une tempête de mouvements quand le légionnaire invita Saint-Clair à s'asseoir tout contre lui un moment. Là ils échangèrent un peu avant de se séparer, comme à regrets, pour s'asseoir l'un près de l'autre mais sur des fauteuils différents, quand Basile vint réclamer un peu d'attention. Ce chien avait acquis très vite la conviction qu'il ne pourrait évincer Camille et s'il enviait le privilège qu'avait ce dernier de coucher dans le lit de son maître, il le considérait comme un autre animal de compagnie sous ce toit et le tolérait indifféremment. Il avait eu la même attitude à l'égard d'un chat qui prenait ses habitudes dans la bâtisse - encore qu'il essayât de temps à autres de parlementer, de négocier, de s'ouvrir à lui de ses canines habitudes.

Aleksandr s'ouvrait d'ailleurs à son jeune ami, évoquait le criminel nécromantique et l'herboristerie mystérieuse quand des bruits se firent entendre ailleurs dans le bâtiment. Quoique la distance étouffât ces bruits, il était aisé de deviner qu'on brisait les vitres ailleurs, dans l'ancien entrepôt. Aussitôt sur ses gardes, Basile suivit le vif mouvement d'Aleksandr et grogna. Mais à peine le légionnaire s'était-il levé que les fenêtres les plus proches volaient en éclat."Qu'est-ce que..." Mais il n'eut pas le temps d'achever sa question que déjà plusieurs individus – des mercenaires, sans doute ? - faisaient irruption dans la pièce par ces mêmes fenêtres. Basile partit d'un grognement lupin.

Carson Electronics, malheureuse usine désaffectée, se voyait prise d'assaut par une escadre d'individus solidement équipés et dangereusement armés. Les trois parties du bâtiment n'étaient pas épargnées, à l'exception du duplex à vivre, plus isolé. Le sanctuaire était inconnu des agresseurs, mais pour combien de temps ? La cible était claire, toutefois, et Aleksandr y songeait déjà : c'était lui qu'on visait. Il ne pouvait imaginer une seconde que Camille fût l'objet des convoitises de ceux qui, jusque-là, s'étaient contentés d'entrer par effraction dans sa propriété. Ils en avaient très certainement après ses plans, après ses carnets de note, après ses disques durs ! Après ses prototypes aussi, peut-être ?

Certainement pas à ses icônes et à ses harengs frais endormis dans le frigidaire... Mais ces hommes, pour violents et organisés qu'ils fussent, n'étaient que les muscles d'un antagoniste dont la tête restait à définir. Qui les avait missionnés là ? Rien ne trahissait leur commanditaire, ni leurs uniformes, ni leurs armes, ni leurs cagoules de lycra noir. Aleksandr l'ignorait et pourtant, il connaissait ce félon, cet ennemi encore invisible, ce digne adversaire qui prenait d'assaut son domicile. Une vieille connaissance venue d'Europe, qui avait longtemps rongé son frein avant de frapper l'Amiral là où ce dernier s'y attendait le moins.
 
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Message posté : Lun 15 Juin 2015 - 17:49 Message
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À la différence de son narrateur discret qui n’avait pas vu que le nouveau sujet s’était lancé, Camille, lui, attentif comme toujours, menait auprès d’Aleksandr une vie que d’aucuns auraient pu qualifier de studieuse, si l’adjectif n’avait pas évoqué à l’esprit des images bien plus calmes et bien plus livresques que les combats mystérieux livrés par l’agent de l’UNISON à des créatures étranges et des sorciers mal intentionnés. Il était en tout cas devenu rapidement évident que Camille avait trouvé un emploi à la hauteur de ses talents et même, quoiqu’il ne l’avouât jamais, un peu au-dessus de ceux-ci, peut-être, parfois.

Ce soir-là, il rentrait soucieux comme souvent, l’esprit plein des détails d’une affaire encore en cours, qui couvrait son bureau de sinistres photographies, et, comme souvent, ses soucis se dissipèrent un peu quand, chaussures et chaussettes ôtées, après s’être approché avec sa grâce à la fois improbable et ordinaire, il venait se lover contre Aleksandr. La chaleur du Russe le comblait et d’autant plus que l’époque n’était pas si lointaine où elle était maintenue sous le boisseau.

Ils discutèrent, Camille abandonna le fauteuil pour trouver le sien, Tybalt grimpa sur ses genoux et, armé de sa tablette numérique, le jeune homme entreprit de consulter les derniers résultats des compétitions de skateboard. Le calme était entier dans le salon quand un vitrier décida de se lancer dans du marketing sauvage. En une infime fraction de seconde, les redoutables réflexes de Camille prirent le dessus — plus vite encore que les redoutables réflexes de Tybalt, que son courage tout félin poussa à prendre généreusement en charge la défense du recoin le plus reculé et le mieux dissimulé du duplex.

Un homme qui n’avait rien demander à personne fut accueilli par un jet d’iPad 2 droit entre les deux yeux. Et Camille prit la poudre d’escampette. Cette sage décision reposait sur l’analyse la plus raisonnable de la situation, fondée elle-même sur bien des années d’habitude. D’un, Aleksandr n’avait nullement besoin de sa protection : les balles le traversaient et lui traversaient les murs. Le Russe serait bien plus encombré de sa sollicitude qu’elle ne lui serait utile. De deux, si Camille était sûr de ses capacités, il ne doutait pas non plus des propriétés perforantes des projectiles de ses adversaires et il avait besoin d’une force de frappe sinon équivalente, du moins semblable.

À défaut de pouvoir atteindre en toute sécurité le sanctuaire où ses meilleures armes, et les plus personnelles, étaient rangées, il se contenterait de celles qu’il avait, comme à son habitude, dispersées un peu partout, avec l’esprit de précaution qu’il le caractériserait toujours et que les mauvaises langues appelleront de la paranoïa. C’était cette même paranoïa, jointe à ses réflexes surhumains, qui expliquait que Camille ne fût pas surpris d’être aussi inopinément l’objet d’une attaque milicienne. Il s’y attendait, comme il s’attendait à une invasion d’extraterrestres, à un virus zombifiant ou à un complot intergouvernemental. Le pire arrivait toujours et on n’était jamais trop prudent.

Camille avait plongé derrière un fauteuil, s’était jeté dans le couloir et avait rejoint une chambre à coucher, sa chambre à coucher, leur chambre à coucher, déjà investie par deux hommes armés jusqu’aux casques. Ceux-ci, qui n’appréciaient guère, c’était évident, l’hospitalité française, décidèrent aussitôt d’ouvrir le feu. Fort heureusement, leurs décisions étaient d’une lenteur désespérante pour un Camille qui s’était déjà jeté au sol pour tacler le premier. Lorsque celui-ci chuta, le jeune homme récupéra adroitement le poignard qu’il portait à la cheville et l’expédia dans l’épaule du second, que l’émotion poussa alors à mitrailler le plafond. Une seconde plus tard, il était assommé.

La mâchoire de Camille se contracta légèrement. Le sol était couvert de débris de verre, à cause des vitres cassées, et lui, toujours pieds nus, sentait les morceaux s’incruster dans sa peau. Rapidement, il devait calculer s’il valait la peine de les enlever et de remettre des chaussures, ou bien si tout cela prendrait trop de temps et qu’il devait plutôt s’emparer d’une arme pour retrouver Aleksandr et aviser avec lui de la marche à suivre.

L’amour, qui n’est pas toujours le meilleur stratège, le poussa vers la seconde solution. Il se pencha pour récupérer un revolver à la hanche de l’une de ses victimes, un revolver sur l’autre et, ainsi armé, tenta une incursion dans le couloir. Dehors, ça mitraillait sec. Les coups de feu de Camille qui avançait, eux, étaient plus parcimonieux. Uniques, à chaque fois, un pour chaque adversaire, deux quand il avait affaire à un opiniâtre, le premier le plus souvent dans un genou, qui explosait, le second au poignet.

Le mutant essayait surtout de ne pas trop réfléchir. C’était un exercice délicat, et même une méthode qui lui avait demandé beaucoup d’entraînement, que de se laisser porter par ses instincts, pour donner le plus de champ à ses pouvoirs, ceux-là même qui assuraient sa survie et son efficacité. Ne pas s’interroger sur l’identité de ces agresseurs. Ne pas élaborer des hypothèses. Avancer. Tirer. Trouver Aleksandr.
 
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Message posté : Lun 15 Juin 2015 - 23:00 Message
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 « Camille ! » s'écria-t-il en voyant le jeune homme se fendre d'un geste d'une rare violence et s'échapper dans les profondeurs de leur domicile – qui n'avait rien d'un Versailles ou d'un Castral Roc. Il lui fut toutefois impossible de le suivre, l'urgence était ailleurs. Son chien ne ferait pas long feu s'il demeurait là, à ses pieds, en posture d'attaque et quoiqu'il ne doutât point du courage qui flottait dans ces poils de feu, de sable et d'ombre, il savait l'animal incapable de résister aux tirs nourris de toutes ces armes automatiques. Il s'abaissa donc jusqu'à toucher le sol de ses genoux, saisit Basile au collet et tous deux disparurent dans le sol, happés par la gravité tandis qu'Aleksandr leur faisait profiter de son aptitude à l'intangibilité. Ils atterrirent dans les sous-sols de l'usine, là où les deux propriétaires avaient aménagé ce que d'aucuns nommeraient un sanctuaire.

Il sut tomber avec assez de maîtrise pour s'épargner une vilaine chute, tandis qu'il préserva son chien d'un même tracas. Posant la lourde masse canine devant lui, il lui intima l'ordre de ne pas quitter cet espace encore à l'abri des troubles qui frappaient le rez-de-chaussée. Dans le relatif confort de cet asile, le chien n'aurait d'autre choix que d'attendre des nouvelles de son maître. Ce n'était pas de gaieté de cœur, mais il se laissa convaincre, et déjà le vieux russe se précipitait vers un ordinateur allumé et en lien permanent avec le Soussanine. Là, il espérait pouvoir contacter ses hommes et les informer de la situation – critique, à l'évidence – qu'il connaissait chez lui. Quelques clics suffirent à lui arracher un soupir de dépit et de rage. Quelque chose brouillait les réceptions et les communications, l'empêchait de contacter l'extérieur. Ces crétins, là-haut, avaient certainement prévu l'éventualité d'un lien entre le domicile de l'Amiral et les structures qui, à l'extérieur, dépendaient de lui. Affligé par cet constat sinistre, il eut la très pénible impression d'être planté là comme un cul-de-jatte, incapable d'agir comme il le devrait pour reprendre sa marche. Pestant contre ce fâcheux contre-temps, il fut bien vite calme à nouveau, car il avait l'expérience du crime et de ce genre d'adversaires. Il s'étonnait même que l'électricité ne fût pas déjà coupée !

Abandonnant l'ordinateur, il se rua vers le placard où il rangeait son équipement. Point le temps pour une préparation tactique de longue haleine ! En hâte il saisit Baba et Yaga, et glissa cette dernière à sa ceinture, pour plus de confort. Puis, en suivant le chemin des escaliers qui menaient au niveau supérieur, il saisit dans sa poche ce petit objet qui ne le quittait jamais, cette sphère dont Camille possédait la jumelle. L'aurait-il d'ailleurs en sa possession à cet instant-là ? Aurait-il l'intuition de la garder à la main pour en percevoir les vibrations qui imprimeraient en eux la communauté de leurs sensations réciproques ? Il espérait ainsi rassurer son mec-à-lui mais sans une parfaite synchronisation, cette balle de métal n'était qu'un jouet stupide. Aux crochets d'un râtelier d'arme il trouva un sabre qu'il saisit de sa main libre. Ainsi paré, plus rien ne le retenait ici – espérer divertir les brouilleurs ennemis relevait d'un doux rêve qu'il n'avait pas les moyens d'accomplir et de réaliser. Monter et porter l'assaut jusqu'au cœur des lignes adverses, qu'il entendait se répandre dans tout son chez-lui, chez-eux, chez-nous. Ces bruissements intolérables ouvraient en lui les tonneaux du vin de la colère. Que n'était-il pas capable de se démultiplier pour opposer à ces mercenaires une force égale en nombre et supérieure en ruse et malice !

Pour autant ces derniers n'étaient pas des imbéciles, et parmi eux quelques-uns avaient remarqué la fuite en-dessous de l'Amiral, et déjà certains s'affairaient à trouver les accès au sanctuaire sous le sol, qu'ils n'avaient trouvé sur aucun des plans disponibles de l'usine – Aleksandr et Camille firent bien les choses en aménageant ces sous-sol. Leur entraînement toutefois, et leur détermination, ne tardèrent pas à les mettre sur la piste et la porte verrouillée en haut de l'escalier résonna bientôt des coups répétés qu'on y portait dans l'espoir de la faire céder. Un percepteur n'aurait pas frappé avec plus de virulence à la porte d'un contribuable récalcitrant ! Aleksandr interrompit son ascension et alla trouver refuge, à couvert, au coin du mur, là où il pourrait cueillir les premiers venus qui oseraient passer la tête par l'encadrement de cette porte. Il tiendrait sa ligne et ne faillirait pas. Ces hommes se trouvaient entre l'Amiral et sa cible – Camille – après tout ! Ils n'y pouvaient rester sans s'exposer aux conséquences d'une telle posture.

La porte fut bientôt mise à bas et les premiers intrus furent accueillis par les tirs experts qu'Aleksandr décochait à leur endroit. Les tirs des lasers heurtèrent surtout les équipements du premier des mercenaires, mais à force de répétition, les effets tranquillisants, doux euphémisme, se feraient rapidement sentir et se propageraient à l'ensemble du corps de cette première cible.
 
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Message posté : Mar 16 Juin 2015 - 21:21 Message
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Tout agile que Camille fût, tout adroit et tout expérimenté, ses pieds le faisaient souffrir. Chaque pas, à la course, enfonçaient plus profondément les éclats de verre dans sa chair et la précision de sa démarche s’en ressentait. Il en restait certes très supérieur à n’importe lequel des adversaires qui avaient envahi Carson Electronics et les tirs du Français furent pendant un moment ravageur, alors qu’Aleksandr entamait sa sortie du sanctuaire, mais les adversaires, eux, étaient nombreux et, somme toute, mieux équipés que lui.

Après deux minutes de progression, Camille, qui avait atteint l’atelier et laissé derrière lui une dizaine de corps inanimés, se retrouva entouré par quatre hommes en armes. Ceux-ci devaient être sûr de leur avantage, et de l’évidence de la situation, parce qu’ils ne firent pas feu. Camille s’immobilisa. Derrière lui, il avait laissé des traces de pas ensanglantées. Lentement, il baissa les armes.

Dans d’autres circonstances, il aurait tenté le coup. Il était même pratiquement sûr, malgré son état, de pouvoir abattre les quatre hommes s’il s’y décidait. Mais il y en avait d’autres dans l’atelier et à ceux-là, il n’échapperait pas. Par acquis de conscience, son regard balaya rapidement la vaste pièce. Peut-être qu’un enchaînement improbable d’actions pouvait le tirer de ce pétrin. Alors que ses pouvoirs d’analyse marchaient à plein régime, il donnait les premiers signes de reddition. Finalement, son esprit revint bredouille et il dut s’avouer défait.

Il ouvrit les mains et les deux revolvers tombèrent au sol. L’un des quatre hommes, qu’il fallait supposer le plus gradé, ou le mieux payé, ou quoi que ce fût qui servît à former la hiérarchie de ces gens-là, pressa le talkie-walkie fixé à son épaule et déclara :

— Bêta neutralisé.

Une voix beaucoup trop grésillante pour être le moins du monde identifiable répondit :

— Sécurisez-le et évacuez-le.

L’homme fit un signe à un de ses acolytes, tandis que des tirs commençaient à résonner en direction du sanctuaire. Il fallut à Camille tout le sang froid de longues années d’expérience pour ne pas tenter l’impossible et ne pas expédier ces quatre-là, dans un futile espoir de secourir son compagnon. Le préposé à la sécurisation s’avança, le fouilla, le priva de sa propre sphère et lui retira même sa ceinture. Puis il se recula et fit un signe de tête.

D’un geste de son arme, l’homme de tête indiqua à Camille la direction à prendre et ils l’escortèrent à l’extérieur. Camille traversa l’atelier tous yeux et toutes oreilles ouverts. S’il était le Bêta, c’était que les mercenaires venaient pour Aleksandr — à moins que Tybalt et Basile, en vagabondant dans le voisinage, se fussent faits déjà de coriaces ennemis. Qui étaient-ils ? Que voulaient-ils à l’Amiral ? Il y avait un spectre si large de possibilité que ces interrogations-là devaient être futiles.

Dehors, il y avait deux fourgons, trois 4x4 et d’autres hommes en armes. Le bruit de l’assaut avait-il alerté le voisinage ? L’UNISON ou la Légion étaient-elles en chemin ? Sans ménagement, Camille fut poussé dans l’un des fourgons qui ressemblait fort à ceux qui servaient à transporter des prisonniers. Et là, il comprit que l’assaut, somme toute, avait été bien préparé.

Le fourgon était entièrement vide, sauf le dispositif qui en occupait le fond, sur la paroi qui séparait l’arrière de la cabine avant. Le dispositif était une camisole de force, à peu près. La camisole était en acier. Elle était faite pour y enfermer un homme mais l’enfermer totalement et empêcher le moindre de ses mouvements. On pouvait y respirer et y cligner des yeux, mais c’était tout. Elle était faite pour lui.

Le rythme cardiaque de Camille s’accéléra. S’il se laissait enfermer là et qu’on essayait de le tuer, il n’aurait plus aucune esquive. S’il essayait de fuir à l’instant, ses chances étaient médiocres, peut-être même mauvaises, mais elles existaient tout de même. Et il restait la troisième possibilité, la plus étrangère au caractère qu’il avait forgé au fil des années : une confiance entière. Une confiance entière en l’homme qui partageait sa vie et qui viendrait le libérer. Une confiance qu’il n’avait jamais eue pour personne, qu’il n’avait jamais montrée à personne.

Une seconde avait passé. On le poussa un peu plus. Camille ferma les yeux. Fit un pas en avant. S’assit là où on lui dit de s’asseoir. Et une à une, les étreintes de métal se refermèrent sur lui. Il sentit ses muscles emprisonnés. Ses articulations bloquées. Ses pouvoirs contraints. Sa tête fut la dernière à être retenue. Et c’était fini. Il ne pouvait plus bouger. C’était la sensation la plus insupportable qu’il eût jamais connue. Même la torture était incomparable. Son esprit tournait à vide. Les portes du fourgon se refermèrent et il n’y avait rien à penser, aucun geste devant lui, aucun horizon pour être.

Il ne restait plus qu’Aleksandr.
 
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Message posté : Mer 17 Juin 2015 - 15:26 Message
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Par la barbe qu'il n'avait pas, Aleksandr aurait volontiers juré qu'il n'avait connu pareil émoi depuis... depuis des lustres, en vérité !

Quelle joie de les voir achopper sur la difficulté qu'il leur causait ! Pétri de cette jubilation toute guerrière, de cette émotion qui défigure la mâle soldatesque, le Légionnaire observait la plus stricte ténacité. Il était impossible de le déloger et les mercenaires ne le comprirent qu'avec beaucoup de retard. Le premier d'entre eux se vautra dans l'escalier, faisant honneur, sans doute, à ce vieux proverbe antillais dont la fin m'échappe et dont le début m'est trop obscur pour être ici retranscrit avec fidélité. Très vite affaibli, très vite entravé, il chuta avec toute la grâce d'une dinde de Noël prête à se faire plumer. Sa maladresse entraîna avec lui le deuxième et les jurons courroucés du troisième. Le quatrième, c'est plus méchant, se mit en quête de renforts.

Conscient que l'escalier fourmillerait bientôt de la présence hostile de ces ennemis imprévus, Aleksandr eut la bonne idée d'user de son environnement pour compenser l'infériorité numérique notoire qui caractérisait malheureusement sa situation. Remarquant le passage d'un tuyau tout près des marches de l'escalier, il ne chercha pas même à retrouver dans sa mémoire ce qu'était précisément cette canalisation. Avec sa pistole calibrée à pleine puissance, il tira droit sur ce conduit, en un point unique matraqué résolument d'un rayon-laser continu. Le produit de cette surchauffe soudaine apparut en moins d'une minute : le tuyau se fendit et un large filet d'eau chaude vint couvrir l'escalier de sa myriade de gouttelettes. Continu, le jet surprit les assaillants mais leur étonnement ne devait précéder aucune blessure particulière.

Il fut de bien courte durée, mais ces quelques secondes servies sur un plateau suffirent à l'Amiral qui put se positionner mieux encore et faire un savant usage de sa maîtrise martiale des armes de poing, qu'il maria somme toute très habilement à son intangibilité, si bien qu'après quelques lestes mouvements de droite, de gauche et de revers, il fut au sommet de l'escalier, vainqueur et maître de la situation. Un instant il s'arrêta pour constater que son chien l'avait suivi et semblait décidé à le suivre. Il sourit dans un soupir. L'animal tressaillait de colère."Tu trembles, Basile, mais tu tremblerais bien davantage si tu savais où je..." Hélas, il n'eut pas l'heur d'achever sa phrase. La porte, qu'il avait refermée, résonna de trois coups sévères, dont les fatalistes accents ne lui disaient rien de bon. Une voix se fit connaître rapidement. "Cessez le combat, Amiral, votre ami est capturé."

Huit mots dont l'atroce parfum lui donna la nausée. Il interrompit son geste et n'actionna point la poignée. La voix poursuivit, plus menaçante encore, inspirée très probablement de la voix des agents du standard téléphonique des bureaux provinciaux du Trésor Public. "Baissez vos armes, rendez-vous, aucun mal ne lui sera fait. Vous avez cinq minutes." Cette générosité surprit le vieux slave. Ce lieutenant suivait-il des ordres précis ? Improvisait-il ? Aleksandr avait déjà quitté la porte pour revenir vers son chien et le traîner en toute hâte jusqu'à l'extrémité du sanctuaire, là où il était certain de trouver une issue vers l'extérieur. Lors de la construction ou plutôt de l'appropriation de Carson Electronics, les deux hommes s'étaient efforcés de réfléchir et de parer à toutes les urgences, à toutes les situations. Aleksandr, lui ne fuirait pas, mais Basile, en revanche, fidèle chien de Suvorov, recevait déjà ses ordres. "Va à la quincaillerie, ou à la tour de la Paix, trouve quelqu'un." Une caresse, un gémissement de plus et déjà le chien s'échappait avec, coincé dans son collier, un bout de papier froissé où l'Amiral, en hâte, avait griffonné quelques mots.

Il regrettait de ne pouvoir, lui aussi, quitter, par là, sa redoute - qui aurait pu être sa prison, s'il n'avait été ce qu'il était. Il aurait pu sortir, gagner l'extérieur, revenir chez lui avec des renforts, et cueillir ceux de ses assaillants qui seraient sottement restés là. Il n'en fit rien toutefois, coincé qu'il était par la terrible menace qui pesait sur Camille, dont il ignorait la situation et dont il devait s'assurer au plus vite. Revenu près de la porte, il abandonna son sabre et même la petite sphère, pour ne plus garder qu'une pistole rangée dans son dos, coincée dans son pantalon, sous la chemise qu'il portait débraillée. "Je sors." Il ouvrit la porte. Un comité d'accueil l'attendait et il eut le déplaisir de voir pas moins d'une dizaine de canons pointés sur lui. Ces gens-là ne faisaient pas dans la dentelle, selon toute vraisemblance, mais Aleksandr s'y attendait. L'assaut avait été trop prompt, trop violent pour être le fait d'une poignée d'hommes ! L'un d'eux s'avança vers lui. Il le devança et reprit la parole.

"Ce n'est pas encore ma reddition. Je veux le voir." Quelqu'un s'avança vers lui, une seringue à la main. Il fit non de la tête. Il avait prévu cela. "Aucune aiguille ne me percera, et vous le savez. Ni seringue ni fléchette tant que je ne l'ai pas vu." Il se refusa à nommer Camille, incertain de ce qu'ils savaient sur lui, et par habitude. Il vit l'un d'eux communiquer à voix basse et s'interrogea. Ce sédatif qu'on lui proposait indiquait très clairement que sa vie n'était pas, pour le moment, menacée.



 
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Message posté : Jeu 18 Juin 2015 - 11:08 Message
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Il galopait, Basile, toute langue dehors, toutes oreilles couchées, l’œil fixe et déterminé, dans les rues de Star City. Comme ils avaient vu des choses plus étranges, les passants ne s’en souciaient guère. On s’en écartait cependant, parce que les chiens comme ceux-là, c’est bien connu, ont souvent la rage. Basile, fort heureusement, ne se souciait pas de la médisance publique. Comme le meilleur soldat de l’Amiral qu’il était — il se plaisait à le penser —, il accomplirait sa mission contre vents et marées et avec le secret espoir qu’il n’y aurait ni vents, ni marées.

La Tour de la Paix, ce n’était pas la porte d’à côté, et la quincaillerie lui parut une bien meilleure option. Une rue à gauche, une rue à droite, un feu rouge grillé, des conducteurs mécontents, une rue à gauche, une rue à droite, une poubelle bien achalandée hélas délaissée et Basile déboula devant les portes closes du magasin en pleine nuit. Qu’à cela ne tienne : il y avait toujours des issues dans les bâtiments de l’Amiral. Bon an mal an, l’Animal se fourra à l’intérieur, gagna l’atelier et se mit à regarder avec une circonspection un peu inquiète tout autour de lui.

C’était bien.
Et maintenant ?

Comme tout chien intelligent et fidèle, Basile avait longuement observé son maître. Il gratta les portes d’une armoire, gratta et gratta encore, gratta tant et si bien qu’il les ouvrit et, du bout du museau, fit tomber à terre un communicateur qu’il suffisait maintenant d’activer. Facile. Basile se mit à presser nerveusement sa patte sur le petit objet, hélas peu fait pour l’habileté canine, et à aboyer, en offrant ce qui constituait, à son humble avis, la meilleure imitation de l’air d’autorité qu’avait si souvent l’Amiral.

Les fourgons étaient en train de quitter Carson Electronics. Aleksandr avait demandé à voir Camille et, en effet, il l’avait vu. Il n’en avait pas vu grand-chose, certes : le regard de son compagnon, seulement, au fond de son carcan d’acier, un regard triste et navré, et qui pourtant conservait un calme serein. Il avait bien fallu céder à la seringue. Il était évident que l’exécution de Camille n’était pas une perspective lointaine et que toute résistance, que l’intangibilité ne rendrait pas inutile, abrégerait la carrière pourtant prometteuse de l’agent.

Les fourgons avaient quitté Carson Electronics. Il laissait derrière un Tybalt tremblant, qui poussait dans le bâtiment vide et dévasté des miaulements aussi inquiets qu’inquisiteurs, des plans inachevés, et une vidéo de skateboard qui tournait en boucle sur l’écran fendu d’une tablette numérique. Quelques secondes après le départ des fourgons, pourtant, une voix s’élevait au milieu des débris.

— Contacte le Soussanine. Mets-le en alerte rouge. Ou… Je ne sais pas. L’équivalent.

Et la silhouette disparut.

Les fourgons s’éloignaient aussi rapidement que possible des zones urbaines les plus résidentielles, pour rejoindre l’une de ces vastes plaines d’entrepôt qui couvraient chaque district. Ils venaient de passer un croisement quand ils s’arrêtèrent en même temps, d’un coup. Les batteries étaient à plat. Ce n’était pas un événement commun. Les mercenaires étaient bien entrainés. Aussitôt, ils se déployèrent.

Un périmètre de sécurité fut établi autour des deux véhicules. À l’intérieur de chacun, deux gardes surveillaient les prisonniers. Ces mesures furent dérisoires. Du ciel parfaitement clair, la foudre tomba brusquement, s’abattit sur les fourgons, les enveloppa, s’insinua dans les interstices et assomma dans des éclairs trop précis pour être naturels chacun des quatre gardes. Et puis, à l’intérieur des fourgons, les éclairs se concentrèrent, se modelèrent à toute vitesse et deux Jaces apparurent.

Oui.
Quand on demande l’aide de la Légion, je fournis le Légionnaire que je connais le mieux.

Le premier se pencha sur Aleksandr et souffla :

— Désolé, Amiral.

La Belle aux Bois Dormants fut tirée de son sommeil par une stimulation électrique sans doute un peu douloureuse mais assurément efficace.

Le second examina les mécanismes qui retenaient Camille et entreprit de les forcer.

— Heureusement qu’y a des gens comme moi pour surveiller les communications même les plus bizarres.

Les aboiements d’un chien, en plein milieu de la nuit, retransmis sur le réseau de la Légion, avaient tranché dans le monotone de la surveillance cyberpathie que Thunder y consacrait toujours. Il avait fait en une seconde toutes les déductions qui s’imposaient, localisé Basile, visité Carson Electronics, pris de l’altitude et repéré les fourgons. Dehors, une voix forte monta :

— Les prisonniers ! Ils font évader les prisonniers !

Alors que Camille se massait la nuque en remerciant Jace, un autre Jace soufflait à Aleksandr :

— Le Soussanine est alerté.

Et les deux Jaces se fondirent à nouveau dans de violentes tornades électriques qui quittèrent les fourgons, pour s’étendre, grossir et former un immense bouclier autour des deux véhicules, où les balles des mercenaires vinrent s’écraser inutilement.
 
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Message posté : Jeu 18 Juin 2015 - 23:50 Message
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"C'est inutile." L'Amiral adressa un copieux sourire au Légionnaire qui venait de faire cette théâtrale apparition, et qu'il reconnut comme étant le célèbre et inimitable Thunder. Pour expliquer ce prodige et cette interruption, il faut revenir un moment en arrière, quand Aleksandr feignit d'accepter les conditions de ses ravisseurs pour mieux les duper.

Et tout comme il sut tromper son entourage, au XIXème, en usant de tous les artifices qu'il avait appris au théâtre, le vieux légionnaire, aguerri aux pires situations, sut manoeuvrer ses ennemis du jour avec assez d'habileté pour qu'ils le crussent endormi. Plus jeune - objective façon de parler - il avait été déjà aux prises avec des bandits désireux de le capturer. Ce ne serait pas la première fois ! En revanche, la nouveauté, là, c'était Camille, sa présence et les entraves qu'elle représentait. Mais par chance, son chien fidèle avait accompli sa mission, tel le messager de Marathon, et les renforts arrivés le réjouissait. Le fils du Commander n'était pas le dernier de ses plus illustres compagnons, sous la bannière étoilée."Le langage des chiens appartient donc à la longue liste de vos aptitudes." Le sourire d'Aleksandr fendit son visage d'une expression de joie indicible. Basile était peut-être, de tous ses compagnons, le plus éloigné par la génétique et pourtant, il se sentit plus proche de lui que jamais, à cet instant où il découvrait qu'une fois de plus il faisait la preuve de sa loyauté. Plus que jamais le meilleur ami de l'homme tenait sa place et son rang - il lui appartenait donc, à présent, d'être à la hauteur de ce digne honneur que lui avait fait Basile.

Mais à l'extérieur, une voix déjà s'élevait pour alerter tout le monde. Aleksandr apprit que ses hommes étaient prévenus - ils se mettraient très certainement en route au plus vite. D'ici là, toutefois, l'intervention de Jace les contraignait à une lutte qu'ils n'étaient pas certains d'emporter rapidement. Ce dernier, dédoublé, forma au-dessus d'eux un dome d'électricité luminescente. Aleksandr ignorait ce que Thunder avait en tête, ce qu'il désirait accomplir, mais il comprit que le premier but de ce déploiement était de protéger le Légionnaire et l'agent de l'Unison. L'heure était sombre, et pas seulement parce que de lourds nuages s'amassaient dans le ciel, et pas seulement parce que déjà quelques gouttes de pluie tombaient ici et là. L'averse bientôt frapperait la zone de ses mille et unes gouttelettes d'eau.

Désarmé, Aleksandr regretta de n'avoir pu emporter avec lui ses pistoles. Mais il y avait des limites à ce que lui-même était capable de feindre et de donner à croire en usant des artifices du théâtre de boulevard. Il se tourna vers Camille et le prit dans ses bras."Te voir comme ça... c'était insupportable." Il aurait volontiers préféré connaître les souffrances que réservaient autrefois les Torquemada aux suspectés d'hérésie."La prochaine fois, tu restes avec moi, d'accord ?" dit-il dans un sourire quand ses lèvres vinrent écraser celle d'un jeune français pour lequel une prison spéciale avait été aménagée. S'il était resté avec lui, dans leur chez-eux, Aleksandr aurait pu le traîner dans le sous-sol, tout comme le chien, après tout, mais à quoi bon ressasser un passé immédiat ? L'instant semblait plus important. Les mercenaires prétendaient d'ailleurs l'investir avec toute la résolution de leur engagement à servir la personne responsable de tous ces tracas."Ne restons pas là, attendre est inutile." Il remarqua les corps inconscients de plusieurs hommes autour d'eux et nota la présence de leurs armes. Il s'en approcha. "Prends ça." Il tendit un pistolet pour Camille et lui-même empoigna l'un d'eux. L'arme en main l'étonna. Elle ressemblait à un vulgaire M92F, à un Beretta des plus courants, et pourtant... La conception était très certainement artisanale, à en croire l'étroitesse du manche et les lignes du canon. Mais l'Amiral compterait moins sur les balles de cette arme que sur son utilisation dissuasive – car il était après tout le stratège qui avait prophétisait la primauté de la baïonnette, du contact, sur la balle, chose folle. Le dôme électrique l'empêchait de voir autour d'eux. Il distinguait néanmoins des formes et reconnaissait la rue où ils se trouvaient.

"Jace, suis mes déplacements !" Le but était simple – et rappelait étrangement un certaine scène de Mass Effect II. Il marcherait droit vers les bâtiments afin d'en gagner les trouées et les recoins, là où la supériorité numérique de l'ennemi ne serait pas un problème pour lui. Aleksandr n'était toutefois pas certain que le trajet serait paisible : tout protecteur que fût le bouclier de Thunder, comment réagirait-il aux ripostes de leurs adversaires ? Sans plus attendre, l'Amiral se mit en marche.
 
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