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Aide-toi, le ciel t'aidera ▬ Camille

 
Message posté : Mar 31 Mar 2015 - 19:08 Message
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Trinité n'avait pas énormément gagné en célébrité depuis qu'il était arrivé à Star City, mais Ezio ne s'en plaignait pas vraiment. Il n'aspirait pas à devenir l'un de ces Supers dont les noms étaient sur les lèvres de tous les jeunes – et moins jeunes – de la ville. Non, il souhaitait simplement remplir la tâche qui lui avait été confiée, même s'il n'y arriverait certainement pas avant sa mort. Il était quasiment impossible de pouvoir éliminer toute trace des criminels sur cette planète, mais ce n'était pas pour autant que le trentenaire baissait les bras : il voulait garder une forme d'espoir, sans quoi il était vain, voire inutile, de continuer à vivre. Considérer que le mal supplantait le bien, ce serait fatal, Ezio en était persuadé.

C'était pour cette raison que plusieurs soirs par semaines, l'Italien continuait de revêtir la tenue de l'Opus Dei et de prendre la lance – véritable relique Chrétienne – pour aller combattre le crime et propager la bonne parole. Les sentiments inspirés par le Seigneur étaient toujours aussi présents, il lui suffisait de sortir dans la rue pour sentir quelque chose – ou plutôt quelqu'un – le guider dans la bonne direction. Trouver les criminels, le confronter, leur proposer d'obtenir la rédemption, puis s'ils la refusaient, les expédier là où ils seraient avec leurs semblables : en Enfer. C'était toujours une issue qui navrait véritablement le prêtre, mais malheureusement les gens refusaient souvent de voir la vérité en face et continuaient à considérer qu'ils avaient affaire à un rigolo qui n'était pas sérieux. Ils ne comprenaient pas que leur âme était damnée et que seule l'absolution pourrait les sauver. Pas dans ce monde bien sûr, mais la vie éternelle était plus importante que celle sur Terre.

Ce soir-là, il était donc vêtu avec la tenue pratique qui lui permettait de se mouvoir sans être entravé dans ses mouvements, prêt à intervenir. Debout dans la rue, il patienta quelques instants jusqu'à ce qu'il se sente guidé vers un quartier de la ville en particulier. Ses années d'entraînement aidant, il employa sa maîtrise du parkour afin de se rendre sur les lieux en empruntant les toits et d'autres passages moins fréquentés qui lui évitaient de tomber sur des civils ou des policiers qui pourraient tenter de l'arrêter – ou le reconnaître. Après tout, Ezio n'agissait pas à visage couvert, la seule chose qui changeait du prêtre qu'il était le jour – hormis sa tenue – c'était la croix tracée sur son front et son nez. Rien qui ne permettait vraiment de le rendre méconnaissable, contrairement à ce que les inventeurs des comics voulaient nous faire croire avec leurs paires de lunettes et leurs houppettes dignes de figurer dans le livre des records.

Sa route s'arrêta non loin d'un magasin, ou plutôt d'une épicerie. Il avisa un groupe de jeunes qui se tenaient non loin de là et les suivit du regard. Il s'était posté plus haut, sur le toit d'un immeuble de trois étages et dominait donc bien la scène. Le groupe se dirigea vers la ruelle d'à côté et s'approcha d'un autre homme, flanqué de deux gros bras, puis des mots s'échangèrent. De son emplacement, Ezio n'entendait rien, mais il reconnut les gestes qui se faisaient : ils échangeaient de la drogue. Au final, les adolescents quittèrent la ruelle et le trentenaire descendit de son perchoir pour atterrir dans la ruelle, non loin des dealers. Ces derniers ne semblaient pas avoir remarqué la venue d'un type louche, selon les dires de leurs prédécesseurs, mais lorsqu'il s'approcha d'eux, il leur fut difficile de rater l'évident.

« Hey, gars, t'es paumé ? »

Ce n'était pourtant pas une question aimable, rien que la gestuelle de l'homme suffisait à le montrer. Mais peu importait, Ezio n'était pas venu ici pour se faire des amis. Sa lance à la main, il s'arrêta à quelques dizaines de mètres d'eux, les toisant d'un regard calme.

« C'est plutôt vous qui semblez être perdus. »
« Quoi ? »

Avant même que la discussion ne soit réellement entamée, Ezio savait que les hommes allaient refuser de collaborer. Ils étaient perdus, définitivement. Les deux hommes aux côtés du dealer semblaient comprendre que le type qui venait de leur tomber dessus n'était pas forcément le plus gentil qui soit, pas à cet instant présent du moins. La manière dont il se tenait montrait bien qu'il était ici dans une intention moins louable que celle de leur proposer de venir à la prochaine messe qu'il donnerait. D'ailleurs, l'un des deux hommes aperçut la lance dans la main de Trinité.

« Hé ! Il est armé, on le bute ! »

Sauf qu'ils n'avaient pas des armes de mêlée : les deux hommes tirèrent des armes de poing de leurs vestes et les dirigèrent vers Ezio avant d'appuyer sur la gâchette. Fort heureusement, le prêtre s'y attendait et put reculer pour se mettre à l'abri, juste à temps.
 
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Message posté : Jeu 2 Avr 2015 - 12:18 Message
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— Une fois en plein cœur, c’est vrai, mais les autres à côté de la cible, on dirait…

La nouvelle recrue jeta à son évaluateur un regard aussi navré que si ce dernier venait de le traiter d’infâme pignouf. Camille Saint-Clair secoua la tête.

— Vous avez une caméra ?
— Pardon ?
— Une caméra, pour des ralentis.

Le jeune homme tentait de faire preuve de toute la patience dont il avait le secret mais son intégration à l’UNISON mettait son esprit d’indépendance à rude épreuve. Même si l’organisation savait s’assouplir un peu pour accueillir des agents dignes de ce nom et que l’habitude de gérer des équipes aux expériences professionnelles et aux cultures nationales fort diverses avait rendu la hiérarchie beaucoup plus perspicace que celle des forces armées traditionnelles, le cas Saint-Clair n’était pas de tout repos.

Mais Camille avait promis à Aleksandr de se réformer, il s’était promis à lui-même de cesser de fuir en avant et il avait trop risqué afin de se trouve à l’UNISON pour échouer à cause de son tempérament. L’instructeur soupira et disparut pendant quelques minutes avant de revenir avec une petite caméra. Camille s’en empara et partit l’installa vers la silhouette en carton qui attendait à l’autre bout du stand de tir. Un exercice bien puéril mais auquel Camille se prêtait. Tous les agents de terrain, même les enquêteurs, devaient passer des tests d’aptitude.

Ainsi, le Français avait maîtrisé l’instructeur en arts martiaux en vingt-trois secondes — puis deux instructeurs en cinquante secondes et trois en une minute. Il avait sagement répondu à toutes sortes de questions sur la géographie de Star City, avec succès, sur le droit américain, avec un succès beaucoup plus mitigé, sauvé même de l’échec par quelques coups de chance, et à d’autres du même genre sur des domaines relatifs à son futur emploi. Les exercices de tir étaient le point final d’un long processus.

Camille revint au poste de tir. Et tira. Vidant le chargeur. Il désigna ensuite la caméra. L’instructeur soupira, partit détacher l’appareil et entreprit de visionner le petit film au ralenti. Sa mâchoire se décrocha petit à petit à mesure qu’il voyait les balles passer, les unes après les autres, sans s’arrêter, dans le même trou, exactement.

— Euh… C’est…
— Je peux y aller ? Je dois acheter des salsifis*.

(*J’aurais peut-être dû prévenir que ce message contiendrait ce genre de propos d’une rare violence.)

L’instructeur hocha la tête et, quelques dizaines de minutes plus tard, Camille arpentait le centre-ville de Star City à la recherche d’une épicerie qui lui inspirât confiance. Il évitait par habitude les grandes surfaces et, quoique ses talents culinaires ne fussent pas à la hauteur de la réputation internationale de son pays en la matière, il était de plus en plus soucieux d’offrir à Aleksandr, qui cuisinait si volontiers pour lui, des expériences gustatives un peu plus élaborées que les plas de pâtes. C’était pourquoi il s’était mis en tête de cuisiner des salsifis — en voilà un qui ne mesure pas son erreur.

Après un bon quart d’heure à arpenter les rayons d’une épicerie sous le regard ponctuellement soupçonneux d’une vieille dame chinoise, Camille en ressortit avec cette invention si typiquement américaine qui constitue un défi jeté avec une perpétuelle violence à la face du bon sens et de la décence humaine : le sac en papier brun sans anse.

Aide-toi, le ciel t'aidera ▬ Camille Groceries-in-brown-paper-bag
(Comme ça. C’est révoltant.)

Il n’avait pas fait quatre pas qu’il entendit des coups de feu. Ni une, ni deux, Camille fourra son sac en papier dans les bras d’une passante qui n’en demandait pas tant et qui dut se retenir d’éternuer parce que les feuilles de poireaux (je vous avais prévenu, c’est violent) lui chatouillaient les narines. Pendant ce temps, le jeune homme se précipitait pour déboucher dans une ruelle où un prêtre armé d’une lance se cachait derrière une benne à ordures pour échapper aux tirs de trois malfrats.

Normal.

En voyant un témoin se profiler à l’horizon de leur crime, le chef du trio offrit la conclusion poétique d’une profonde méditation :

— Putain, fils de pute, c’est la merde, vas-y, on se barre.

Si fait.

Camille hésita une fraction de seconde à poursuivre les trois énergumènes mais il jugea plus charitable d’assister le religieux armé. S’approchant de lui à pas prudents, histoire de ne pas se faire perforer à coups de lance — savait-on jamais, les curés, ça pouvait être nerveux —, Camille demanda :

— Vous allez bien, mon père ? Ils vous ont, euh… agressé… ?

C’était sans doute ça. Le soir venu, ce bon père débonnaire avait dû décider d’aérer un peu sa lance et hop, on avait décidé de lui mettre des pruneaux. Pendant que Camille se souciait du croisé des temps modernes, les trois dealeurs avaient arrêté leurs courses quelques encablures plus loin et regrettaient amèrement leur amour du tabac, en essayant de reprendre leur souffle. Le patron décréta :

— Faut appeler l’gang. C’t’une question d’réputation. On va pas laisser Jean-Paul II nous faire des emmerdes, quand même.
 
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Message posté : Jeu 2 Avr 2015 - 17:54 Message
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Un florilège d'insultes franchit les lèvres du dealer, poussant forcément Ezio à détourner brièvement son attention d'eux pour observer les environs et essayer de trouver la source de ce blasphème, mais cela permit aussi aux délinquants de s'enfuir. Loin d'être contrarié, le trentenaire laissa le nouvel arrivant s'approcher de lui, posant les yeux sur son visage pour constater qu'il s'agissait apparemment d'un jeune homme. Curieux qu'il vole au secours d'un religieux alors que les jeunes de cette ville avaient plutôt l'air de mépriser la religion et tout ce qui s'en approchait ! Enfin, c'était ce qu'Ezio avait remarqué suite à ses dernières discussions avec des personnes de cet âge. Quoi qu'il en soit, l'inconnu semblait s'inquiéter pour lui, l'Italien se contenta donc de le rassurer.

« Absolument pas. Enfin, pas directement. Je les ai abordés le premier. »

Pour leur prouver qu'ils empruntaient le mauvais chemin et qu'ils devaient se débrouiller pour obtenir le pardon du Seigneur en acceptant d'expier leurs péchés et de gagner le ciel. Mais le prêtre n'était pas certain que cet argument fasse son effet sur son interlocuteur, aussi préféra-t-il garder ses paroles pour lui.

De toute manière, les délinquants avaient profité de cette arrivée inopinée pour s'enfuir, ou plutôt tenter de s'enfuir comme de légers éclats de voix leurs arrivaient encore. Ils devaient certainement s'être arrêtés plus loin, persuadés que les tirs qu'ils avaient dirigés contre Ezio suffiraient à effrayer ce dernier. Mais c'était bien mal connaître l'Italien ! Il ne lâchait pas l'affaire avant qu'elle ne soit résolue ! Le regard clair du religieux se détourna donc du nouvel arrivant pour sonder la zone avant de secouer la tête : il ne pouvait pas agir avec un civil dans les parages, ce serait prendre le risque de le blesser et il ne le souhaitait pas. Bien sûr, Ezio était loin de se douter que l'homme en question était une personne entraînée... Son attention se reporta sur l'adolescent.

« Je suis désolé, je ne vais pas pouvoir rester avec vous. Je suis ici pour nettoyer les rues de cette ville du crime qui les gangrène et malheureusement, ces trois hommes en font partie. Vous devriez vous éloigner, rentrer chez vous. Inutile d'appeler la police, je sais ce que je fais. »

Ezio ne cherchait pas à le dissuader de faire son devoir de citoyen, mais il était convaincu de pouvoir gérer efficacement ce problème. Après tout, il avait combattu des démons et des créatures des Enfers, ce n'était pas pour plier le genou face à de simples dealers de drogue !

Offrant un hochement de la tête de remerciement à l'inconnu, le trentenaire quitta son coin de mur, faisant glisser la lance sur le côté et la plaçant dans son dos afin de pouvoir se libérer les mains et escalader un petit muret qui se trouvait à leurs côtés. Il lui permettait de se hisser sur une autre plate-forme qui donnait une vue imprenable sur les ruelles parallèles. De quoi surveiller n'importe qui ou n'importe quoi, puis aussi une manière de dissuader le jeune homme de le suivre – sauf si celui-ci possédait les mêmes capacités que lui, mais Ezio n'avait pas de raison de s'en douter. Il avança rapidement sur le sol en macadam avant d'apercevoir les hommes qu'il visait : ils se tenaient dans une ruelle non loin de là, l'un d'entre eux avait un téléphone collé à une oreille et lorsque l'Italien sauta au sol pour les rejoindre, il raccrocha brutalement avant de lever la main pour le désigner d'un doigt qu'il voulait menaçant.

« Tu perds ton temps, mec ! J'ai appelé l'gang, ils vont tous débarquer, tu vas regretter d'avoir débarqué ici ! »

Les menaces n'effrayaient pas vraiment Ezio qui glissa une main dans son dos pour récupérer la lance qui attendait sagement. Ce n'était pas qu'une simple lance, son bout saignait en permanence, le sang du Christ qui avait un effet dévastateur sur les forces démoniaques. Mais ce n'était pas le cas de ces hommes, eux, Ezio se contenterait de leur offrir l'absolution, puis la mort. Quel que soit leur choix.

« Où est ton pote ? »
« De qui parlez-vous ? »
« L'gars qu'est venu t'aider avant ! »
« Ce n'est qu'un simple citoyen de cette ville, vous devriez plutôt vous inquiéter de votre sort. Vous avez beaucoup péché, vous devriez vous repentir, sinon vous finirez en Enfer. »
« Gars ! J'sais pas d'où tu sors, mais l'Enfer et ces conneries, ça n'existe pas ! »

Mais l'Italien n'eut pas le temps de développer une réponse digne de ce nom : des coups de frein se firent entendre, rapidement suivit de claquements de portières avant que plusieurs silhouettes ne débarquent non loin de là. Ce n'était pas le gang au complet, loin de là, mais juste une voiture qui se trouvait non loin de là. Ils repérèrent rapidement la silhouette du prêtre qui, il fallait l'avouer, ne se fondait pas spécialement dans la masse, puis dégainèrent une fois de plus leurs armes de poing pour faire feu dans cette direction. Ezio avait reculé dès qu'il avait vu les armes être tirées de leurs étuis, aussi les projectiles continuèrent leur course pour se ficher dans le mur en face, manquant au passage de toucher quelqu'un d'autre...
 
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Message posté : Jeu 2 Avr 2015 - 19:13 Message
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— Certes.

Nettoyer les rues du crime. Camille avait connu des témoins de Jéhovah moins belliqueux. Méditant sur la nature du prosélytisme qui s’accomplissait lance à la main, le jeune homme laissa Ezio lui fausser compagnie, en ne le suivant d’abord que du regard. C’était qu’il avait des salsifis à cuisiner, lui, et des promesses à tenir. N’avait-il pas assuré à Aleksandr qu’ils passeraient plus de temps ensemble ? S’il se mettait à suivre de musculeux curés dans les méandres des ruelles mal famées de Star City, le Russe pourrait finir par mettre en doute sa volonté de construire une relation solide.

Camille entendit des crissements de pneus. Avec un soupir, il sortit son téléphone portable et composa le numéro de son cher et tendre, tout en se dirigeant à grands pas vers l’origine du son.

— C’est moi. Je suis tombé sur un truc un peu suspect, je serai peut-être un peu en retard pour dîner.

Un premier coup de feu retentit et Camille se mit à courir.

— Promis, je t’invite au restaurant pour me faire pardonner.

Pour l’heure, il devait raccrocher, parce qu’il venait de débouler devant un gros 4x4 rutilant aux vitres teintées, qui avait vomi ses malabars remontés sur la chaussée. Une balle frôla Camille, qui commençait à croire qu’une certaine malchance le poursuivait. Un type de deux mètres par deux mètres par deux mètres — ou à peu près — le saisit par le col.

— Qu’est-ce qu’tu fous là, Cendrillon ?
— Cendrillon ?
— Ta gueule. Qu’est-c’tu fous là ?
— Je ne peux pas répondre à votre question si je ne dois pas parler, vous savez.

À côté, un autre type s’énervait.

— Mais où c’qu’il est passé, ce putain de témoin de Jéhovah ?
— À vrai dire, j’étais en train d’acheter des salsifis.
— Quoi ?
— Je sais, je sais. Je me rends compte désormais que c’était probablement une erreur.
— Démontez moi ce putain de Jésuite !
— On ne peut pas être à la fois témoin de Jéhovah et Jésuite.
— Hein ? Qu’est-ce qu’il me veut, lui ?
— Il veut des salsifis.
— Des quoi ?
— Je crois.
— Mais qu’est-ce que tu me parles de salsifis ?
— Ah oui au fait : vous ne devriez pas garder un couteau dans votre ceinture, n’importe qui pourrait s’en saisir.
— Ta guewwaAaaaAAAAaAaAAAAAh ! !!

On devrait toujours se méfier des prestidigitateurs de rue. Camille venait de s’emparer du couteau à cran d’arrêt de celui qui le tenait par le col et il le lui avait planté dans le biceps. Du coup, l’homme était en train de beuglé mais cette bruyante démonstration de sa douleur fut brutalement interrompue quand le Français lui décocha un coup de poing dans la pomme d’Adam.

Pendant que son armoire à glace essayait de réapprendre à respirer, Camille lança son couteau droit dans la main du second type, celle qui tenait l’arme.

— WaaaAAaAaaAAAaaah ! !!

Dit-il à son tour, en lâchant son pistolet, avant de rejoindre les bras de Morphée parce qu’un talon bien placé venait de percuter sa tempe. Camille ramassa le pistolet et n’eut le temps que de se retourner vivement pour voir d’autres voitures, même marque, même modèle, foncer sur lui à toute allure. Les autres passagers du premier véhicule s’étaient lancés à la poursuite du prêtre. Soucieux de ne pas laisser un religieux — même armé d’une lance — seul aux prises avec de si sinistres individus, Camille tira trois coups de feu. Tout trois atteignirent leur cible : c’est-à-dire que trois des pneus de la première voiture éclatèrent. Celle-ci fit une violente embardée qui la jeta contre la seconde et les deux véhicules partirent s’écraser, l’un contre une borne à incendie, l’autre contre un lampadaire.

Il y avait plus discret, certes, mais Camille avait paré au plus pressé. Il baissa son arme tandis que les deux véhicules restant s’arrêter dans un dérapage contrôlé. Cette fois-ci, nul doute que les hommes du gang sortiraient pour tirer d’abord et se poser des questions ensuite. Le Français se détourna donc pour rejoindre à son tour la ruelle par où les premiers dealers avaient d’abord disparu, où Ezio les avait rejoints et où les deux derniers passagers de la première voiture les avaient tous poursuivis.

À quelques kilomètres de là, dans l’arrière-salle d’un restaurant assez peu fréquenté, un homme levait un regard irrité de sa pizza et répéta :

— Comment ça, on se fait dézinguer ?

La femme aux cheveux courts qui lui faisait face se gratta la nuque avant de reprendre la parole d’un ton timide :

— Ben oui, chef. Par un minet pas coiffé et un curé armé d’une lance.

Le chef en question soupira puis marmonna :

— Je déteste cette ville…
 
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Message posté : Jeu 2 Avr 2015 - 21:33 Message
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Des cris se firent rapidement entendre et Ezio ne put s'empêcher de se demander si le jeune homme rencontré dans la ruelle l'avait écouté ou suivi. Il venait ici pour s'occuper des délinquants, mais certainement pas pour mettre d'autres personnes dans les ennuis ! Son regard se dirigea brièvement vers la zone d'où provenait un cri, cependant l'arrivée de nouveaux adversaires l'obligea à se concentrer sur la situation actuelle. Il fit face aux trois hommes – armés évidemment – qui se présentèrent devant lui. Leur démarche, leur manière de parler, tout en eux indiquait qu'ils baignaient depuis toujours dans l'univers des gangs et du crime. Leurs âmes étaient totalement souillées, il n'y avait malheureusement plus grand-chose à faire pour eux, si ce n'est de les tuer et d'éviter qu'ils ne salissent d'autres âmes encore pures.

« Stop, t'nous as assez fait courir. »
« Des armes à feu, vraiment ? »
« Quoi ? T'voudrais autre chose ? »
« Pourquoi pas quelque chose de plus... personnel ? Je ne suis qu'un simple prêtre, vous l'avez dit. Est-ce que je vous fais peur ? »

Ezio n'était pas totalement stupide, il savait parfaitement que face à une balle, il n'aurait absolument aucune chance de s'en sortir ! Il était ici pour débarrasser les rues de Star City de sa vermine, mais il devait le faire tout en restant en vie. Jusqu'à présent, l'Italien avait eu de la chance : il n'avait jamais été grièvement blessé et seules quelques légères cicatrices témoignaient de ses précédentes sorties. Il ne pouvait décemment pas se présenter à l'hôpital avec une balle dans le ventre et en disant ce qu'il faisait de ses soirées – et mentir était impossible pour des raisons évidentes. Il y avait bien l'aumônier de la cathédrale de la ville qui était présent pour de grosses blessures, mais Ezio préférait éviter de l'ennuyer lorsqu'il en avait la possibilité.

Les provocations du prêtre furent suffisantes pour inviter les hommes à lâcher leurs armes à feu et à se diriger vers lui en dégainant des couteaux à cran d'arrêt. Assez gros, mais comparés à une lance, la détente était beaucoup moins vaste et ne leur permettrait pas de remporter la victoire, du moins si Ezio s'y prenait bien.
Quelques échanges se firent, l'Italien n'eut aucune peine à repousser leurs assauts, mais il entendit rapidement un gros bruit peu rassurant se produire non loin de là. Un accident de la route ? Il y avait eu plusieurs coups de feu avant, ce qui signifiait que les criminels tiraient sur quelqu'un d'autre. Forcément, la pensée d'Ezio se dirigea vers le jeune homme rencontré juste avant : il n'avait pas dû suivre ses conseils et se retrouvait pris dans une chose qui ne le regardait pas. Fuir le combat n'était pas dans ses habitudes, cependant le trentenaire préférait cela à abandonner un inconnu qui était venu vers lui parce qu'il s'inquiétait pour sa santé.

« Mes excuses. »
« Quoi ? »

Ezio leva brusquement sa lance, expédiant un coup avec le bout non tranchant, en plein dans le visage de l'homme face à lui. Celui-ci émit un gémissement douloureux avant de reculer d'un pas en portant ses mains à son visage, lâchant son arme par la même occasion. Profitant de l'effet de surprise, le prêtre fit volte-face pour se diriger vers la zone d'où provenaient les bruits, mais à peine après avoir fait trois ou quatre pas, une silhouette se dessina devant lui et il reconnut le jeune homme rencontré juste avant. Et bien, il était plus résistant qu'il n'en avait l'air ! Même si Ezio n'était pas vraiment du genre à se baser sur le physique des gens pour les jauger.

« J'espérais que ce ne soit pas sur vous qu'ils tiraient. » Il jeta un coup d’œil en arrière. « La situation risque de se corser, très légèrement. » C'était un euphémisme. « Je présume que vous savez vous en sortir convenablement. »

Ce n'était pas une question, après tout, s'il avait réussi à venir jusqu'à cette zone en esquivant les attaques des types qui leurs couraient après, c'était bien la preuve qu'il était compétent, non ? Quoi qu'il en soit, le prêtre n'eut pas le temps de s'étendre davantage sur ce sujet : les deux autres hommes se tournaient déjà dans leur direction, cherchant leurs armes à feu rangées quelques secondes plus tôt. Sans perdre de temps, l'Italien glissa sa main libre jusqu'à une petite sacoche accrochée à sa taille et en tira quelques shurikens présentés sous la forme de croix religieuses qu'il expédia en direction des hommes. Ils allaient avoir mal, c'était évident et comme Ezio visait les mains, ils devraient être tranquilles quelques instants.

Malheureusement, derrière eux, de là où l'inconnu venait, des éclats de voix étaient déjà audibles : le reste de la compagnie n'allait pas tarder à venir ! Levant les yeux vers le petit garage qui se trouvait face à eux, le trentenaire désigna l'endroit.

« Prendre un peu de hauteur nous permettrait d'organiser un peu la défense. »
 
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Message posté : Sam 4 Avr 2015 - 0:08 Message
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La situation allait même d’autant plus se corser que derrière eux, les voitures déversaient sur la chaussée une petite dizaine de gorilles plutôt remontés.

— Certes.

Camille suivit des yeux les shurikens. Avec un flegme tout britannique, il murmura :

— Il va falloir que je relise les lettres pastorales de l’archevêque du coin, j’ai dû rater quelques paragraphes.

Il voulait bien avoir fréquenté plutôt les mosquées que les cathédrales ces dernières années mais il était après sûr qu’aucune bulle papale n’avait préconisé l’emploi des armes blanches et de la baston généralisée dans la gestion paroissiale depuis son départ de Paris. Il dut cependant laisser ce point de catéchisme de côté : l’heure était à la retraite bien organisée. Camille hocha donc la tête et il prit son élan pour bondir, poser le pied sur la gouttière, rebondir et atterrir sur le toit du garage, avec une agilité… pour le moins troublante.

Perché là-haut, Camille attendit que le prêtre le rejoignît et fit observa :

— Le combat est très déséquilibré, ce n’est pas très juste pour eux…

Il disait ça parce qu’il avait encore une arme à feu dans la main. Et il était très sérieux.

— Ceci étant dit, mon père, si je suis sûr que vous avez de fort pieuses raisons pour éborgner les malfrats de passage à coups de shurikens stylisés, je me permets de vous faire remarquer que votre principal problème, ce serait plutôt la police. Je veux bien que les civils soient généralement indifférents au remue-ménage urbain mais tout cel manque un peu de discrétion…

D’ailleurs, les deux hommes abandonnés dans la ruelle eurent tôt fait de repérer les oiseaux perchés et de les mettre en joue pour tirer — en tout cas, c’était ce qu’ils avaient prévu de faire mais les humains étaient toujours d’une consternante lenteur et le Lucky Luke français ouvrit le feu avant eux. Camille tira deux balles qui laissèrent mystérieusement ses cibles indemnes. Mais quand les criminels tentèrent de faire feu, le canon de leur arme explosa : Camille avait logé une balle dans chacun d’eux.

Le jeune homme soupira :

— Amateurs…

Des sirènes avaient commencé à monter au loin et elles se rapprochaient de plus en plus. Quelques secondes plus tard, Ezio et Camille purent entendre des crissements de pneus. Le Français, au cas où, souligna l’évidence :

— Ils désertent avant l’arrivée de la police. On ferait mieux d’en faire de même.

Le jeune homme désigna une échelle de sécurité sur l’immeuble d’en face. La ruelle n’était pas très large et il avait eu un petit aperçu des talents de son improbable acolyte en matière d’escalade urbaine : le saut ne poserait sans doute pas de grandes difficultés. Camille prit son élan alors que les deux hommes, dans la ruelle, détalaient pour échapper aux policiers, il bondit pour franchir la distance, s’accrocha à l’échelle et se hissa à la force des bras, avant de se rétablir sur les barreaux et de progresser, aussi vite que possible, vers le toit de l’immeuble.

Là-hau, la police ne risquait pas de les apercevoir et fort heureusement : en contrebas, trois voitures s’étaient arrêtées et des hommes en uniforme commençaient à arpenter les lieux. Il n’y avait plus personne à arrêter cependant : même les victimes de Camille et d’Ezio avaient été récupérées par leurs associés. Ce n’était pas plus mal, songea Camille, qui n’était pas certain que sa participation aux événements de la soirée fût très bien vue de ses nouveaux employeurs.

— Vous auriez peut-être dû opérer à visage couvert. Des prêtres, il n’y en a pas une infinité à Star City et ces gens-là chercheront probablement à se venger.

Lui s’inquiétait moins. Il avait un physique relativement passe-partout. Mais il suffirait au gang de faire le tour des paroisses pour mettre la main sur Ezio.

— Enfin, je dis cela, mais peut-être que vous n’êtes pas un vrai prêtre. Peut-être que ça fait partie du costume.

Après tout, lui se déguisait bien plus ou moins en chat. Chaque vigilant avait le droit à ses petites lubies vestimentaires.

— Auquel cas, on peut dire que vous avez le sens du pittoresque. Ceci étant dit, on devrait peut-être s’éclipser : les policiers ne sont pas toujours très malins mais ils pourraient avoir l’idée de quadriller le secteur ou de boucler le quartier. Il s’agirait qu’on descende des toits avant de se retrouver coincés.

Parce que tous les immeubles ne communiquaient pas entre eux et ils allaient bien devoir retrouver le plancher des vaches.

— Au fait, je m’appelle Camille.

Et chez le chef, l’ambiance était de plus en plus maussade.

— On a perdu deux voitures. Le minet a blessé deux types et le curé un. Puis y a des flingues qui ont explosé dans les mains des autres. On aurait pas dû acheter chinois.
— Je veux un nettoyeur du Cartel. Si on peut même plus compter sur ses gros bras…
— Un nettoyeur, vous êtes sûr ?
— Mais pas trop cher, quand même.

 
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Message posté : Dim 5 Avr 2015 - 22:14 Message
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Comme Ezio l'avait soupçonné, il avait bel et bien affaire à quelqu'un doté de pouvoirs. Il avait suffisamment côtoyé d'humains doués dans le parkour et les autres sports de ce genre, pour savoir que l'agilité de son binôme du soir n'avait rien de naturelle – ou du moins de liée à un entraînement. Mais cela ne lui posait pas le moindre problème : contrairement à ce que de nombreuses personnes pensaient, les religieux n'étaient pas hostiles à tous les métahumains, Ezio en côtoyait même assez souvent, que ce soit à l'église ou dans son rôle de Trinité.
Il rejoignit donc rapidement le jeune homme de l'autre côté – avec moins d'agilité que lui, mais tout en se débrouillant sans trop de mal – puis haussa les épaules d'un air qui se voulait rassurant.

« Ne vous inquiétez pas, la police, j'en ai l'habitude. »

Il savait qu'en tant que vigilant, Ezio était normalement considéré comme un criminel au même titre que ceux qu'il pourchassait, mais il ne se voyait pas comme tel ! Et quand bien même la police déciderait-elle de le prendre pour cible, il ne s'inquiétait pas spécialement : jusqu'à présent, il ne la croisait jamais puisqu'elle arrivait toujours après son départ. Si un jour il devait être arrêté, ce serait le désir du Seigneur et le prêtre l'accepterait sans mal : jamais il ne se défendrait face à des policiers. Excepté lorsqu'il s'agissait de ripoux qui cherchaient à nuire aux citoyens et non à les protéger, bien sûr.

Le trentenaire ne dit rien lorsqu'il vit les armes de deux hommes exploser, mais il soupçonna son binôme d'en être responsable. Il était compliqué de deviner les pouvoirs des gens qui se trouvaient autour de vous, mais du moment qu'ils n'étaient pas utilisés pour le mal, Ezio s'en fichait pas mal. Il ne possédait pas de réelle curiosité dirons-nous. Un trait de caractère acquit à force d'entendre les secrets des autres !

Ils quittèrent donc les lieux comme la police arrivait et Ezio emboîta le pas au jeune homme, veillant toujours à faire preuve de silence et d'agilité pour éviter le moindre incident. Il restait concentré en permanence, même si cela faisait de nombreuses années qu'il avait appris à maîtriser cette compétence. Disons qu'il ne considérait jamais rien comme acquit. C'était l'avantage – ou le désavantage, tout dépendait des points de vue – d'être génétiquement humain.

Ce n'est que lorsque le jeune homme reprit la parole pour lui offrir quelques conseils et pensées. Oh, il avait souvent entendu des gens lui conseiller d'agir à visage couvert, mais ce serait comme de ne pas assumer ce qu'il faisait. Or Ezio voulait que les gens puissent le voir dans les yeux avant de rencontrer le Seigneur – ou son adversaire éternel. Il secoua légèrement la tête.

« Et moi Trinité. Ou père Ezio, tout dépend du lieu de notre rencontre. » Ce qui répondait à la question concernant son véritable métier. « Je n'agis pas pour mon compte, mais pour celui du Seigneur. Peu m'importe d'être reconnu, même par les autorités. J'assume ce que je fais, me cacher serait à l'opposé de ce que je souhaite donner comme sentiment. » Même si ce n'était pas forcément très clair. « Et ne vous souciez pas de mon anonymat, en général les gens qui voient mon visage n'ont pas l'occasion de vouloir me retrouver. » Il marqua une légère pause avant de préciser un point. « Du moment qu'il s'agit de criminel. Vous n'avez rien à craindre de moi. »

Bon, vu ses capacités, il était peu probable qu'il puisse le craindre ne vérité, mais c'était une manière de parler. Ezio ne voulait pas que l'homme s'imagine qu'il allait pouvoir s'en prendre à lui ! Quoi qu'il en soit, les policiers continuaient de vaquer dans les environs, ils allaient rapidement trouver les douilles tombées au sol lors des premiers tirs, une raison suffisante pour quadriller le quartier et les empêcher de s'en-aller comme il le disait. L'Italien hocha la tête avant de préciser un nouveau point.

« Je suis tout à fait d'accord avec vous, mais sachez que j'ai abordé ces hommes parce qu'ils empoisonnent la ville avec leurs substances. Je suis bien décidé à les mettre hors d'état de nuire ce soir. Je vais donc chercher l'un des hommes et le forcer à me dire où se trouve le quartier général de son groupe, vu qu'apparemment ils sont bien organisés. » Il posa les yeux sur le visage de Camille. « Si vous avez le moindre problème contre les vigilants, je vous conseille de prendre une autre route que la mienne. Sinon, vous êtes le bienvenu pour me prêter main forte si vous vous en sentez capable. »

Ce n'était pas qu'Ezio prétendait qu'il n'était pas capable de le faire, mais parfois les gens n'avaient simplement pas envie. Quelle que soit sa décision, l'Italien s'en satisferait, il ne perdrait pas de temps à le persuader du contraire. Mais avant que le jeune homme ne puisse répondre, des éclats de voix assez proches – en bas de l'immeuble où ils étaient – se firent entendre et Ezio invita donc Camille à passer devant. Il valait mieux quitter les lieux immédiatement et continuer de bavarder ensuite ! De plus, cela lui laisserait le temps d'y réfléchir.

Pendant ce temps, le chef du gang avait fait appeler un nettoyeur qui, coup de chance pour eux, se trouvait non loin de la zone où les coups de feu avaient été tirés. Cependant, conscient que la police n'allait pas tarder à débarquer, il déclara qu'il retrouverait les hommes plus loin et que ces derniers devaient se débrouiller pour attirer les cibles dans cette zone-là. Le rendez-vous fut communiqué aux membres du gang qui s'empressèrent de s’exécuter, attendant que les deux loustics ne descendent de leur perchoir pour les retrouver et les rejoindre.

Cela ne tarda pas à arriver, après avoir réglé la question de la participation ou non de Camille, le duo se retrouva dans une ruelle à l'écart de la zone où la police enquêterait bientôt. Le prêtre désigna une direction à son binôme et s'empressa de l'emprunter, vérifiant qu'il ne tomberait pas sur une embuscade au passage. Aussi doué soit-il, il n'était pas invulnérable ! Quelques instants plus tard, ils débarquèrent dans une sorte d'arrière-cour pour apercevoir deux membres du gang qui les désignèrent du doigt avant de s'enfuir dans une autre direction. Ils ne donnaient absolument pas l'impression de vouloir être suivis, mais peut-être était-ce le cas justement ?
 
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Message posté : Lun 6 Avr 2015 - 12:20 Message
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Les déclarations du religieux étaient pour le moins ambiguës et le regard de Camille resta quelques secondes plongés dans celui d’Ezio, à essayer d’y démêler ses hypothèses de la vérité. Lentement, il murmura :

— Je vois…

Il ne voyait pas du tout. Certains vigilants exécutaient leurs proies sans hésiter, d’autres se contentaient de les ficeler à des lampadaires en attendant la police et ceux-là se distinguaient des super-héros par leurs méthodes d’enquête rien moins que légales. Et le père Ezio, que voulait-il dire quand il prétendait que les criminels n’avaient pas l’occasion de le revoir ? Parce qu’il les faisait passer de vie à trépas ou parce qu’il les expédiait indirectement en prison pour de longues, longues années ?

Partagé entre l’une et l’autre hypothèse, la première le froissant et la seconde ne le gênant guère, Camille inclinait plutôt à refuser la proposition d’un prêtre qui était possiblement un tueur en séries avec des conceptions toutes personnelles. Hélas, il n’eut pas le temps de s’exprimer : on venait à eux et le plus sage était, pour l’heure, de fuir. Camille suivit son acolyte du soir et ils quittèrent le toit de l’immeuble, s’engagèrent dans des ruelles et parvinrent enfin à une arrière-cour.

Deux hommes survinrent et les pointèrent du doigt, avant de détaler.

— Tout cela est quelque peu suspect, il vaut mieux nous tenir sur nos g…

Camille s’interrompit pour empoigner en plein vol un poignard qu’on avait lancé droit dans leur direction. La combinaison de cette adresse improbable et de ces réflexes surhumains ne laissait plus aucun doute sur la métahumanité du jeune homme.

— … ardes.
— Messieurs.

Un homme pas très épais en nœud papillon se présenta à l’autre bout de l’arrière cour. Machinalement, il ajusta ses boutons de manchette.

— Très impressionnant.

Camille rangea le poignard à sa ceinture.

— Permettez-moi de me présenter. Je suis Jacobin Fletcher. J’ai été employé ce soir pour rétablir les affaires de Monsieur O’Malley.
— Depuis quand les Grecs travaillent pour les Irlandais ?
— Votre nationalisme est consternant. Je préfère me penser comme un homme cosmopolite. Auriez-vous l’obligeance de me rendre mon poignard ?
— Donné, c’est donner. Reprendre, c’est voler.
— Je vois.

L’homme rajusta son nœud papillon.

— Je dois vous avertir que je ne suis pas tout à fait humain et qu’en trois secondes, je peux vous ôter la vie.
— Je dois vous avertir que moi non plus et que trois secondes, c’est une éternité.
— Il semblerait que nous soyons dans une impasse.
— Je dirais plutôt que c’est une arrière-cour.
— Vous êtes Britannique ?
— Vous êtes perspicace.
— Je reconnais le flegme des gens de votre nation.
— Un homme du monde, disiez-vous.
— Mon père…

Le regard de Fletcher se porta sur Ezio.

— Vous avez de troublantes habitudes pastorales. Croyez-bien que je suis navré d’avoir à vous tuer ce soir mais je suis sûr que vous accueillerez la mort avec toute la fermeté d’âme d’un véritable chrétien et ce n’est pas pour moi une médiocre consolation.
— Bon, sinon, on se bat ou bien ?


— Comme…
— … vous…
— … voudrez…
— … jeune…
— … homme.


La voix du nettoyeur s’était dédoublée. Et ce n’était pas la seule : l’homme s’était séparé en une seconde en deux, puis en quatre, puis en huit. Et la demi-seconde suivante, un coup de feu résonna. La balle de Camille atteignit l’homme qui se tenait à l’endroit où le premier Fletcher s’était tenu, en plein épaule. Le corps tomba à la renverse et se dissipa presque aussitôt en poussière, sans que les sept autres parussent affectés. D’ailleurs, l’un d’entre eux se dédoublait une nouvelle fois pour rétablir leur nombre.

— Ne cherchez pas…
— … l’original…
— … dans cette affaire…
— … nous sommes tous…
— … à égalité.


Camille poussa un soupir et sortit de la main libre le poignard qu’il venait de récupérer.

— Moi qui ai toujours voulu jouer dans Matrix.

Beaucoup plus bas, dans un italien un peu approximatif mais somme toute compréhensible, il murmura :

— Il faudra trouver une issue rapidement. S’ils ont des armes à feu, ça s’annonce très mal…

Camille plissa les paupières. Fletchers esquissèrent un geste vers l’intérieur de leur veston — et Camille se mit à charger, en tirant de nouveaux coups de feu. Sa tactique était simple : l’exiguïté du théâtre du combat jouait en faveur de son agilité et, vraisemblablement, de celle d’Ezio. Si Fletcher était armé en revanche, leur infériorité numérique rendrait tout combat à distance catastrophique. Mieux valait se jeter dans la mêlée, même seul contre huit, que d’attendre de se faire transformer en passoire.
 
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Message posté : Lun 6 Avr 2015 - 14:41 Message
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L'endroit dégagé était beaucoup trop suspect et visiblement, Camille était considéré comme le danger primordial puisqu'il fut celui visé par le nouvel arrivant. Ce dernier était très bien habillé, présentait plutôt bien et semblait parfaitement à l'aise dans cette situation. Le trentenaire s'immobilisa, lance prête à être utilisée si jamais quelqu'un débarquait soudain. Il resta silencieux durant le bref échange des deux hommes qui semblaient tous deux être des métahumains. Parfois, le prêtre se disait qu'il n'était pas fait pour une ville comme Star City : les gens normaux devaient se sentir inférieurs et inutiles. Fort heureusement, le religieux combattait les forces du mal, celles des Enfers et non les personnes dotées de pouvoir. Enfin, en général.

Lorsque l'homme s'adressa à lui, Ezio resta silencieux. Il était habitué aux remarques liées à son rôle de prêtre, mais habituellement elles étaient moins... amicales ? Ce n'était pas vraiment le terme, disons simplement que les gens le prenaient pour un fou plutôt qu'un religieux, alors que cet homme semblait le considérer comme un prêtre, ne serait-ce qu'en raison du titre dont il le gratifiait.

Sauf que le moment était à l'action plutôt qu'à autre chose. L'homme se dédoubla, montrant qu'il était réellement métahumain – et expliquant qu'il pourrait les tuer sans peine d'après ce qu'il disait – et Camille tira aussitôt son arme à feu pour l'attaquer. Visiblement, les doublures n'étaient pas des clones, mais plutôt des doubles qui s'évaporaient au lieu de « mourir ». Très bien ! L'Italien était bien décidé à se débarrasser d'eux pour pouvoir régler le problème du reste du gang – sans quoi il risquait réellement d'avoir des ennuis comme l'avait souligné le jeune homme. Ce dernier tira à nouveau sur l'homme et Ezio profita de ce bref moment de battement pour se rapprocher de l'homme, ne jugeant pas utile de répondre à Camille étant donné que l'action se lançait bien.

La lance du prêtre faisait partie intégrante de son corps, du moins c'était devenu le cas après un rude entraînement. Utilisant son agilité pour se rapprocher du premier Fletcher en essayant d'esquiver d'éventuelles balles, puis asséner un premier coup à l'homme. Ce n'était pas une véritable personne puisque dès que la lame ensanglantée toucha le corps de la cible – le transperçant – il disparut comme le précédent. Tant pis. L'Italien ne baissa pas les bras pour autant : il recula pour essayer de sortir de la ligne de mire d'un Fletcher qui pointait son arme vers lui et lorsqu'il fit feu, le bruit et l'air dégagé par le projectile furent suffisant pour qu'Ezio comprenne que ce n'était pas du flanc. Ils avaient beau se dédoubler et pouvoir disparaître au lieu de mourir, leurs armes semblaient vraiment palpables et donc dangereuses !

Sans perdre davantage de temps, le trentenaire glissa ses mains jusqu'à la sacoche qui contenait les fameuses croix shurikens et en tira quelques-unes qu'il prépara au lancement. Ezio ne voyait pas bien ce que faisait Camille pour la bonne et simple raison qu'il était concentré sur sa tâche : il ne perdait pas son énergie et sa concentration à veiller sur les autres personnes présentes autour de lui. Ce n'était pas sans raison qu'il travaillait généralement en solitaire : veiller sur un autre individu demandait beaucoup de temps et de sérieux et l'Italien ne voulait pas assumer cette tâche. Après quelques secondes mises à profit pour s'armer, Ezio quitta son abri – un renfoncement dans le mur – pour se jeter à nouveau dans la bataille qui promettait d'être animée. Il lança les shurikens en direction de la cible la plus éloignée, celle qui tenait une arme à la main et les armes de jet s'enfoncèrent dans le bras de l'homme. Ou de la doublure. Impossible de le savoir : la personne avait bien l'air blessée et en position de défense, mais ce n'était pas pour autant qu'il ne s'agissait pas d'une doublure puisqu'elle n'était pas morte.

Les autres compétences d'Ezio ciblaient les créatures démoniaques et comme ce n'était pas le cas de cet homme, il se concentra principalement sur le combat au corps-à-corps. Il avait une lance qui, bien qu'elle était s'utilisait à petite distance, restait un moyen de combattre au corps-à-corps, contrairement au revolver ! Trinité s'empressa donc d'expédier un nouveau coup en direction du Fletcher le plus proche, bardant son torse d'attaques visant à taillader sa peau et éventuellement, à le blesser au point de l'handicaper. Ezio ne voulait pas le tuer du premier coup, il voulait lui offrir la rédemption avant de le faire – sans quoi ce serait un meurtre et non un geste pour le divin – mais la situation restait très compliquée, pour ne pas dire dangereuse !
 
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Message posté : Lun 6 Avr 2015 - 21:31 Message
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Fort heureusement, Camille n’avait pas besoin que l’on veillât sur lui. Plus le combat durait, plus il semblait que Fletcher était le plus mal en point. Les doubles se dissipaient, d’autres se reformaient mais les problèmes du nettoyeur s’accumulaient. D’abord, les armes étaient bien réelles et bien palpables, comme Ezio l’avait remarqué, et Camille n’avait pas tardé à récupérer un second pistolet sur l’une de ses victimes. C’était là que ses pouvoirs révélèrent toute leur efficacité : il visait instinctivement, il était ambidextre, il ne ratait jamais sa cible — toutes qualités redoutables pour deux mains armées engagées contre de multiples adversaires. Ensuite, Ezio et Camille avaient rapidement porter le combat au corps-à-corps et, pour ceux qui avaient vraiment besoin de viser avec un revolver, le désavantage était considérable. Enfin, les pouvoirs de Camille étaient économes tandis que ceux de Fletcher étaient dépensiers : si le second avait besoin d’énergie pour se dédoubler, le Français, lui, économisait son énergie en n’exécutant jamais que les mouvements nécessaires et les plus efficaces. Sur la longueur, l’avantage du nombre devenait de plus en plus théorique.

D’ailleurs, malgré les dédoublements successifs, les Fletcher étaient de moins en moins nombreux. Les huit de départ avaient cédé la place à six combattants à temps plein, qui ne furent bientôt plus que quatre et enfin deux : un qui se changea en poussière quand Camille lui tira une balle en plein cœur et l’autre qui faisait face à Ezio. Brusquement, ce dernier Fletcher retourna son arme contre lui et se fit exploser la cervelle, pour disparaître à son tour. Camille baissa ses armes. Tout mutant qu’il était, il avait quand même le souffle court et, en sueur, il n’était pas fâché de voir le combat se terminer. Il était aisé cependant de juger à sa respiration profonde et régulière, et au sang froid qu’il affichait, que, comme Ezio, il jouissait d’un long et rigoureux entraînement physique.

— Nous aurions dû nous en douter.

Le jeune homme promena un regard circulaire dans l’arrière-cour.

— Le premier était probablement déjà un double. Avec un pouvoir pareil, Fletcher, le vrai, si c’est bien son nom, doit être tranquillement à l’abri du danger. À moins bien sûr que l’original ne meure comme ses doublures…

Avec les pouvoirs humains, on pouvait s’attendre à tout.

— Quoi qu’il en soit, le combat n’a pas été très discret et les forces de police, somme toute, ne sont pas très loin. Empruntons un chemin intérieur.

Camille rangea derrière sa ceinture, sous son sweat, les deux pistolets qu’il avait récupérés et se dirigea vers une petite porte métallique qui donnait sur l’arrière-cour. Il fouilla dans sa poche pour en tirer l’un des trombones qu’il avait presque toujours sur lui, arme fort innocente si on le fouillait mais redoutable entre ses mains. Rapidement, il força la serrure — à vrai dire, s’il avait eu la bonne clé, il n’aurait sans doute pas été moins rapide. Les deux hommes purent pénétrer dans une cage d’escaliers qui descendaient.

— Ça doit mener aux caves et celle-là, au hall.

Déclara Camille en désignant une autre porte. Il referma derrière eux et ne se précipita pas pour ouvrir la seconde. À la place, une fois la lumière allumée, il sortit son téléphone et chargea Google Maps. Il agrandit la zone où ils se trouvaient et examiner la disposition des immeubles.

— Dans un même quartier, tous les immeubles devraient avoir à peu près le même âge et on peut supposer qu’il y a des portes de service sur les ruelles, pour la sortie des poubelles. En passant par là, on devrait minimiser notre exposition à l’extérieur et les risques de se retrouver nez-à-nez avec la police ou un membre du gang. Notre adversaire a été assez bavard pour qu’on se permette de ne pas les filer eux et de remonter directement à la source. Soit c’est bien O’Malley qui l’a engagé et le problème sera réglé, soit c’était un mensonge et O’Malley devrait avoir une idée de qui lui en veut à ce point pour jeter des victimes mécontentes sur une fausse piste.

O’Malley était un petit boss local qui opérait principalement dans le trafic de stupéfiants et de licences pour les débits de boissons. Il donnait aussi dans l’alcool et les cigarettes non taxées. Camille ne lui avait jamais prêté beaucoup d’attention mais, en super-héros consciencieux, le Français tenait un répertoire personnel des criminels locaux.

— En sortant de la zone, on pourra renverser la dynamique.

À l’entendre, ce n’était pas la première fois qu’il jouait au chat et à la souris — de fait, Camille avait été souvent des deux côtés de cette traque urbaine, chat ou souris, selon les nécessités de la mission.

— Ça vous convient, comme plan ? Évidemment, je vous accompagne. Je ne suis pas sûr de partager vos, disons, objectifs ou vos méthodes, mais je crois que de toute façon, il est de mon propre intérêt désormais de résoudre cette affaire. Je vois mal nos amis me laisser en paix si je décide de me replier.

Camille n’était pas un franc idéaliste et, sur le terrain, il se montrait pragmatique et adoptait le compromis quand cela s’avérait nécessaire. Si les méthodes supposément expéditives du prêtre froissaient un peu sa sensibilité, Trinité demeurait malgré tout son allié de circonstance et, de toute évidence, un allié fort efficace : il aurait tort de s’en priver.
 
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Message posté : Lun 6 Avr 2015 - 23:55 Message
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La fin du combat fut rapidement expédiée et le dernier Fletcher disparut de la même manière que les autres. Il s'agissait sans aucun doute d'un clone, ou d'une doublure, mais pas de l'original. En tous les cas, Ezio n'avait jamais vu d'humain mourir de la sorte ! Quoi qu'il en soit, ce n'était plus ce qui pressait : ils devaient trouver l'endroit où le gang se terrait et régler définitivement la question. Tout de même essoufflé suite à l'effort fournit, le prêtre prit quelques secondes pour se remettre d'aplomb alors que le jeune homme disait tout haut ce qui devait certainement s'être produit. D'un côté, c'était normal : qui irait se battre directement en possédant un pareil don ? Surtout face à deux personnes qui semblaient apparemment capables de tuer efficacement et rapidement.

Une fois de plus, l'Italien laissa Camille prendre le problème à bras-le-corps vu qu'il semblait plus au courant que lui au sujet des habitudes des policiers. En temps normal, lorsque le trentenaire les entendait arriver, il se contentait de terminer ce qu'il avait à faire avant de s'enfuir en passant par les toits, jusqu'à rejoindre son église où il retrouvait son rôle de prêtre catholique sans le moindre casier judiciaire. Il laissait donc le jeune homme crocheter la serrure d'une porte donnant sur la courette où ils étaient, puis le suivit à l'intérieur avant de promener son regard sur les environs. Ezio ne connaissait ni l'endroit, ni la technique employée par son binôme. Il n'avait jamais eu de téléphone portable et n'utilisait donc pas les technologies pour remplir ses missions. Camille par contre semblait bien plus à l'aise dans ce domaine-là.

L'exposé présenté par le jeune homme convenait à l'Italien qui acquiesça d'un hochement de la tête avant de poser ses yeux sur lui. Il était habitué à ce que les méthodes qu'il employait ne conviennent pas aux gens qu'il côtoyait, mais ce n'était pas un problème à ses yeux. Il souhaitait uniquement remplir l'objectif donné par le Seigneur et non passer ses nerfs en tuant de parfaits innocents. Si cela ne tenait qu'à lui, il n'aurait jamais agi ainsi, mais il en allait de son devoir et de son honneur de prêtre.

« Votre plan me convient parfaitement. Quant à mes méthodes, ne vous inquiétez pas, elles sont bien rodées. Je vous demanderais d'ailleurs de me laisser m'occuper de ces hommes. Je ne souhaite pas les tuer, mais bien leur offrir la rédemption. Mais je dois pouvoir leur parler avant, alors il sera question de les neutraliser si nous en arrivons là. Pour le reste, je m'en chargerai seul. »

Ce n'était peut-être pas très clair aux yeux de Camille, mais pour Ezio ça l'était et c'était tout ce qui importait ! L'homme se détourna donc de son interlocuteur et le laissa leur indiquer le bon chemin pour quitter cet endroit sans risquer de tomber sur les personnes qui leur couraient après. Malgré tout, l'Italien se demandait ce que cet homme pouvait bien faire de ses journées pour décider d'aider un prêtre vengeur à remplir ses objectifs... certainement pas un policier vu ce qu'il disait d'eux ! Allez savoir, au fond peu lui chalait.

Ils se retrouvèrent donc rapidement à l'air libre et comme Camille semblait connaître l'homme concerné, ils avaient un certain avantage. Quoi qu'il en soit, grâce à l'aide de ce nettoyeur qui avait d'ailleurs raté son boulot, le duo pouvait remonter à la source et s'occuper des personnes responsables de tout ce remue-ménage. L'Italien ne développa pas vraiment ce qu'il comptait faire, mais espérait juste que son binôme n'allait pas contrarier ses plans. Son aide était appréciée cela dit et lorsqu'ils arrivèrent non loin du bâtiment qui était censé abriter le chef du gang – une petite pizzeria parfaitement banale – ils purent constater que pas mal de jeunes du gang marchaient dans les environs. Ezio regarda le français.

« Nous sommes visiblement attendus. Et nous ne passerons pas inaperçus. » Enfin, surtout lui. « Je présume qu'il doit être dans l'arrière-salle ? Vous semblez plus au courant que moi de ces détails... » Il marqua une pause en regardant le bâtiment. « S'occuper des têtes pensantes sera suffisant. Les personnes en dessous seront perdues, il suffira de les mettre entre de bonnes mains ensuite. Comme en appelant la police avant de partir. » Ce qui limiterait les morts. « Je vous propose de faire une diversion de telle sorte à ce que vous puissiez jeter un coup d’œil à l'intérieur, histoire de vérifier que nous sommes au bon endroit. Sauf si vous connaissez déjà les lieux ? Dans ce cas, nous pourrions directement entrer. Je connais de techniques pour neutraliser sans avoir à tuer. »

Vu que cela semblait poser problème au jeune homme – chose qu'Ezio pouvait parfaitement comprendre cela dit, comme expliqué plus haut, il n'y prenait aucun plaisir de son côté non plus !
 
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Message posté : Mer 8 Avr 2015 - 10:52 Message
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Leur offrir la rédemption ? À coup d’encensoir clouté et de tabernacle explosif ? Si Camille ne craignait pas de se retrouver face à un carnage, il aurait sans doute trouvé la situation cocasse. Dire qu’en ce moment, un peu partout à Washington, de très sérieux politiciens évangélistes devaient discuter, dans les couloirs du Congrès ou de la Maison Blanche, du grave problème posé par l’intégrisme musulman. Si leurs cibles de ce soir étaient de toute évidence des criminels endurcis, Camille ne pouvait s’empêcher de se demander qui d’autres, aux yeux de son associé de quelques instants, avait besoin d’une pareille rédemption. Les prostituées ? Les adultères ? Les protestants ? Les homosexuels ? Les athées ?

Camille chassa ces pensées. Pour l’heure, le problème d’Ezio était aussi, bon gré mal gré, le sien et il ne voyait d’autres solutions que de suivre le prêtre. Ils se mirent donc en route, passant de bâtiments en ruelles et de ruelles en bâtiment, jusqu’à atteindre le quartier où O’Malley opérait. De lui, Camille ne savait pas grand-chose. En tout cas, ils ne s’étaient pas de trompés d’endroit, c’était certain. Le jeune homme secoua la tête quand Ezio l’interrogea sur la disposition des lieux.

— Je ne suis jamais venu ici. Mais on peut supposer que ça ressemble un peu à tous les restaurants du même genre. Vous avez raison : mieux vaut commencer par une diversion. Je repère le terrain et j’en profite éventuellement pour débusquer O’Malley.

Toute la question était pour Camille de savoir ce que le prêtre entendait par « s’occuper des têtes pensantes ». Il avait beau tourner et retourner le problème dans sa tête, il ne voyait pas dans l’esprit d’Ezio d’autres issues que l’assassinat pur et simple — ce que le religieux, donc, non sans ironie aux yeux de Camille, appelait une rédemption. Le Français n’était pas opposé par principe aux assassinats ciblés lorsqu’ils s’avéraient nécessaires mais il n’avait jamais tué lui-même que dans le feu de l’action et pour se défendre. Encore cela ne lui était-il pas arrivé très souvent.

Évidemment, il pouvait se contenter de livrer O’Malley à Ezio et, techniquement, il ne serait pas meurtrier. Cette casuistique-là cependant ne lui plaisait pas trop. Alors que le jeune homme s’approchait d’une gouttière pour escalader la façade d’un immeuble attenant à celui où se trouvait la pizzeria, il réfléchissait toujours au problème. Pouvait-il doubler Ezio en appelant les policiers dès qu’il serait sur place ? C’était une possibilité à vrai assez séduisante mais O’Malley pourrait fort bien se contenter de prétendre qu’il était là au mauvais endroit, au mauvais moment, à manger tranquillement une pizza, quand il s’était retrouvé pris dans les feux croisés d’une fusillade. Personne ne serait dupe mais il n’y aurait pas de preuve à son encontre.

Camille regrettait amèrement de ne pas avoir sur lui un kilo de cocaïne à fourrer dans les bras d’O’Malley. S’il avait eu plus de temps, il aurait été capable de préparer un coup monté. Pour l’heure, il se contentait de suivre strictement le plan, sans trouver de solution satisfaisante : une fois en hauteur, il passa par une fenêtre qui donnait sur un couloir des parties communes, traversa l’immeuble, en ouvrit une autre, évalua la distance avec l’immeuble voisin et le rejoignit d’un bond merveilleusement calculé. Là, il s’introduisit à nouveau dans le bâtiment.

Et le nettoyeur lui-même, d’ailleurs, qu’en faire ? Se contenterait-il de lâcher l’affaire si son employeur du jour se retrouvait dans l’impossibilité de le payer ? Ou bien jugerait-il que la question était devenue personnelle et qu’il devait régler le compte de ces deux adversaires coriaces, qui l’avaient vu à visage découvert, pour ne plus se soucier d’eux par la suite ? Le cas était véritablement inextricable. Jadis, Camille se serait contenté de disparaître, de changer de ville ou de pays. Mais il n’était plus un mercenaire nomade — il avait ses attaches à Star City, des amis, l’UNISON, Aleksandr surtout.

Il ne restait plus qu’à descendre jusqu’à la pizzeria. Elle occupait une partie du rez-de-chaussée du bâtiment mais ses locaux étaient évidemment séparés de la montée résidentielle. Cela dit, Camille avait bon espoir qu’une porte de service communiquât entre les deux parties de l’immeuble, ne fût-ce que pour permettre l’intervention facile des pompiers en cas d’incendie. Une fois au rez-de-chaussée, il ne fut d’ailleurs pas long à la trouver : par le local à poubelles, elle donnait sur un autre local à poubelles, celui de la pizzeria.

Prudemment, Camille ouvrit une nouvelle porte. Un petit couloir allait en direction de la salle, supposait-il, au bruit des conversations et des couverts qui en montait. Deux autres portes. Camille calcula qu’il devait y avoir une sorte de cellier et un bureau. Si O’Malley était présent, il serait soin dans la salle à dîner, soit dans le bureau — derrière l’une des deux portes donc. Il ne lui restait donc qu’à attendre les premiers signes de la diversion d’Ezio pour poursuivre plus loin son investigation.
 
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Message posté : Mer 8 Avr 2015 - 14:04 Message
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Le prêtre n'avait pas de raisons de penser que son interlocuteur était en train de réfléchir à un moyen de le court-circuiter pour éviter qu'il ne s'occupe du cas d'un délinquant notoire. Du moins, si l'on pouvait appeler un tel criminel de la sorte ! Ezio n'était pas contre la justice des hommes, il comprenait parfaitement qu'elle doive suivre un cheminement bien précis, cependant il savait aussi que de nombreuses personnes pensaient comme lui : la justice n'était pas toujours très juste. Un criminel de grande envergure pourrait s'en tirer sans la moindre sanction s'il achetait les bonnes amitiés, tandis qu'un simple petit revendeur de drogue récolterait la prison à perpétuité s'il tombait sur un mauvais avocat – et un bon procureur. Tuer ne lui plaisait pas, mais il le faisait parce que c'était malheureusement le seul moyen de permettre aux habitants de cette ville de vivre en paix. Certaines âmes étaient trop souillées pour être sauvées et les laisser moisir en prison n'était pas une preuve de clémence non plus. Aux yeux de l'Italien, il valait mieux mourir rapidement que d'agoniser en étant enfermé pendant des années entre quatre murs.

Il hocha donc la tête lorsque le jeune homme lui déclara qu'il allait repérer le terrain en attendant qu'il s'occupe de la diversion. Dans son esprit, la situation était limpide : ils allaient trouver un moyen d'être face-à-face avec le responsable de tout cela et s'assurer qu'il ne nuirait plus. Comment ? Ils le verraient une fois sur place, inutile de se monter l'un contre l'autre avant même d'avoir atteint son but.

Ezio s'éclipsa donc, s'approchant de la zone la plus éclairée du coin. La pizzeria était presque déserte, pourtant l'heure n'était pas très avancée. Même sans savoir de vie privée qui le poussait à passer ses soirées dans des bars du coin, le prêtre savait que les jeunes du coin aimaient particulièrement sortir en ville pour manger un bout entre amis. L'absence de clients signifiait certainement qu'ils étaient au bon endroit : les habitués devaient sans aucun doute être des membres du gang et s'occuper de surveiller l'endroit. Le regard clair du prêtre se promena sur les environs et il repéra un petit groupe de trois ou quatre personnes. Il s'agissait d'individus plus âgés que ceux croisés dans les ruelles quelques instants plus tôt, mais vu leur manière de se comporter, il était évident qu'ils étaient liés de près ou de loin à ce fameux gang.

Après avoir sondé les environs pendant quelques instants, l'Italien avait finalement repéré trois petits groupes disposés à des endroits stratégiques. Ils devaient vérifier les lieux de passage pour s’assurer que personne ne s'approcherait de la pizzeria sans qu'ils n'en soient avertis. Manque de chance, leurs assaillants du soir avaient de la ressource ! Ezio décida simplement de se montrer pour attirer l'attention avant de s'éloigner un peu pour obliger les membres du gang à le suivre. Là, il se débrouillerait pour les semer – par exemple en grimpant sur un immeuble assez haut pour se soustraire à leur vue – et reviendrait prêter main forte à Camille.

Le trentenaire s'élança : il tenait toujours sa lance à la main et fut rapidement remarqué par l'un des hommes qui interpella ses amis avant de le désigner. Ezio aperçut l'un des individus lever la main vers sa bouche, semblant tenir quelque chose, puis rapidement, les autres groupes se dirigèrent vers eux. Apparemment, ils s'étaient bien organisés et l'Italien veilla à avoir l'air surpris avant de se détourner pour se diriger vers une ruelle perpendiculaire. Aussitôt, les cris des hommes du gang s'élevèrent et le religieux nota qu'ils semblaient beaucoup plus assurés et excités qu'auparavant. Ils devaient certainement penser qu'ils venaient de prendre le dessus et ce n'était pas le prêtre qui allait les faire changer d'avis ! L'un des hommes resta légèrement en retrait, informant son patron – via un téléphone – qu'ils avaient repéré le religieux, mais que le gamin restait invisible. Le chef décida donc d'envoyer quelques hommes remplacer les groupes à l'extérieur du bâtiment, mais tout en conservant des gardes du corps à ses côtés – sait-on jamais !

Camille put donc constater que O'Malley se trouvait dans son bureau. Plusieurs hommes en sortirent et une jeune femme entra à la suite, il ne savait pas exactement combien de monde se trouvait là-dedans, mais il avait certainement pu entendre plusieurs voix masculines qui l'informaient du fait qu'il y avait au moins trois ou quatre individus masculins à l'intérieur. Le reste ? Sortis dans la rue ou à la poursuite du prêtre fuyard.

Ezio s'était d'ailleurs chargé d'attirer les hommes à une petite distance du bâtiment de leur patron, allant suffisamment doucement pour ne pas les semer, mais tout en restant hors de portée des balles qu'ils pourraient tirer. Il n'était pas question de rameuter de nouvelles patrouilles de police ! Après quelques instants de poursuite, l'Italien décida de mettre fin à la poursuite et sauta sur le toit d'un petit garage avant de se dissimuler dans l'ombre, laissant ses poursuivants passer à côté, puis rejoignant Camille dès que l'occasion se présenterait. Mieux valait rester prudent, il n'était pas immortel, loin de là !
 
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Message posté : Jeu 9 Avr 2015 - 20:27 Message
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Le remue-ménage ne tarda pas à se faire dans le couloir. Camille entendit des bruits de pas et, des quelques bribes de conversation qu’il parvint à comprendre, il en déduisit qu’Ezio avait attiré l’attention des groupes à l’extérieur. Le Français supposait bien que le patron du lieu ne se retrouverait pas sans protection mais ses renforts seraient en tout cas minimes et c’était surtout ce qui comptait. Il s’élança donc dans le couloir, débarqua dans le bureau sans hésiter et se retrouva nez-à-nez avec une arme à feu.

— Vous nous prenez vraiment pour des idiots.
— Navré de vous avoir vexée. Vous êtes… ?
— La garde du corps de M. O’Malley.
— Enchanté.

L’homme qui était assis derrière le bureau prit la parole avec un fort accent irlandais.

— Oui, oui, tout le monde est très poli. Est-ce qu’on peut enfin savoir ce que vous voulez à mes hommes ?
— Moi ? Rien de particulier. Je cherche juste à me défendre.
— Fais-le asseoir, Christy.

La jeune femme fit un geste du bout du canon et Camille prit place sur l’une des chaises en face du bureau.

— Le curé, il a commencé. C’est ce qu’on dit mes gars et je les crois.
— Peut-être mais moi, je ne suis pas un curé.
— Ça ne t’a pas empêché de bousiller deux de nos bagnoles, des flingues et quelques mecs. Pour un type qui ne faisait que passer, c’est un sacré palmarès.
— Je crois que nous sommes partis sur de très mauvaises bases.
— Sans blague.

Le talkie-walkie à côté devant O’Malley, sur le bureau, se mit à grésiller. Aussitôt, Camille bondit, roula sur le bureau, attrapa en passant un coupe-papier et se redressa derrière l’homme, la lame contre sa carotide. Les gestes, parfaitement coordonnés et tout à fait soudains, avaient pris la garde du corps de court. D’ailleurs, sa nervosité était palpable quand elle s’écria :

— Lâche-le, bordel, lâche-le.
— Vous n’êtes pas sa garde du corps, vous êtes sa fille. Vous avez des fossettes comme lui. Probablement héréditaires.
— Je sais quand même me servir d’un flingue !
— Si vous saviez vous en servir, je serais déjà mort.

O’Malley, lui, était beaucoup plus serein. Les mains posées bien à plat sur le bureau, il prit la parole d’un ton calme.

— Les enfants, on va pas s’exciter sur qui sait faire quoi. Je suis sûr qu’on peut trouver un moyen de se sortir de cette situation délicate. Entre adultes raisonnables. Qu’est-ce que tu veux, fiston ?
— Moi, rien de spécial. Pour moi, cette affaire sera bientôt finie. Celui qui a des intérêts dans l’histoire, c’est plutôt vous. Le curé, là, vous voyez, il a une méthode de confession toute personnelle et je crois qu’il veut vous faire passer de vie à trépas. Enfin, de vie à vie éternelle.
— Je mentirais en disant que ce n’est pas un sentiment réciproque.
— Personnellement, je trouve cela un peu excessif.
— Alors tu pourrais peut-être commencer par lâcher ton coupe-papier, tu crois pas… ?
— Soit.

Le dit coupe-papier traversa brusquement les airs pour se ficher dans le cou de la jeune femme qui poussa un cri perçant, avant de porter la main à sa plaie d’où giclait du sang. Pendant ce temps, Camille faisait pivoter le siège d’O’Malley et lui décochait un coup de coude pour l’assommer. Il avait repéré un mouvement sous le bureau et ne s’y était pas trompé : là, par terre, près des pieds du chef de gang, un bouton d’appel était dissimulé sur le plancher. Blesser la jeune femme avait été la seule solution pour l’empêcher d’intervenir tandis qu’il neutralisait O’Malley.

Sans attendre cependant, il bondit une nouvelle fois par dessus le bureau et vint s’agenouiller près d’elle. Malgré sa sollicitude, il commença par la soulager de son arme. Puis il entreprit de lui déboutonner le chemisier. La demoiselle protesta dans une espèce de gargouillis sanglant et Camille murmura froidement :

— Ne soyez pas ridicule.

Il retira le vêtement et, sans un regard pour la poitrine découverte qui, bien sûr, ne l’intéressait guère, il entortilla le tissu et le noua autour du cou de la femme.

— Vous aurez du mal à respirer mais vous ne saignerez plus. Il n’empêche qu’il vous faut des soins. Que vous appeliez vos associés ou une ambulance. Si vous me donnez des preuves solides et compromettantes contre votre père, je vous rendrai le talkie-walkie. Sans ça, je crains d’être obligé de vous laisser mourir.

Du pur bluff, évidemment mais Camille était bon comédien. Hélas, il craignait que sa tentative de résoudre (presque) pacifiquement l’affaire ne se heurtât à un retour trop prompt d’Ezio.
 
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Message posté : Ven 10 Avr 2015 - 0:06 Message
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Les hommes passèrent devant le garage où Ezio s'était abrité et ne semblèrent pas le remarquer. Cela dit, le prêtre avait assez souvent effectué ce genre de missions pour trouver cela facile. Trop facile même. Soit O'Malley engageait les pires hommes de la ville, soit ils faisaient exprès de lui laisser le champ libre. Rejoindre Camille aurait été dangereux si tel était le cas, cependant le laisser seul l'était tout autant ! L'Italien décida donc de prendre le risque de rebrousser chemin pour revenir à la pizzeria. De toute manière, s'ils étaient pris au piège là-bas, ils seraient plus efficaces à deux que séparés et isolés. La décision était donc prise !

Sautant au bas du tout, le trentenaire emprunta donc le chemin qu'il venait d'effectuer. Les éclats de voix ne lui arrivaient plus aux oreilles et lorsqu'il déboucha dans la rue qui donnait sur la pizzeria, ce fut pour constater qu'il y avait de nouveaux groupes aux intersections des autres ruelles. Le mieux était donc de faire un léger détour pour passer par l'autre côté et pour s'introduire par une fenêtre. Camille avait dû opter pour une route plus directe et plus sécurisée, mais l'Italien n'avait pas vraiment le temps de chercher le chemin emprunté par son acolyte. Il perdit donc quelques minutes à contourner le bâtiment – en prenant soin de ne pas être vu – avant de se retrouver sur le côté du bâtiment, dans une minuscule venelle où l'on trouvait quelques fenêtres avec des barreaux. Sauf une plus petite à laquelle des planches de bois étaient clouées, certainement en attente d'un remplacement de vitres.

Le religieux s'en approcha et appuya sa lance contre le mur avant de saisir les planches et de tirer dessus à plusieurs reprises. L'une finit par céder, puis l'autre et après quelques instants de travail, Ezio put récupérer sa lance pour pénétrer par l'ouverture de la fenêtre. Il n'y avait pas beaucoup de bruit à l'intérieur, juste des mouvements sur le côté qui semblaient venir de la salle où se trouvaient les tables. La fenêtre débouchait sur les toilettes des employés – il y avait plus glamour – et il était donc tranquille pour son approche. Poussant la porte, le prêtre se retrouva bientôt dans un couloir et de nouvelles voix lui arrivèrent aux oreilles. Celle de Camille semblait-il ? L'Italien se dirigea prudemment vers elle, écoutant ce qu'elle disait pour savoir s'ils allaient avoir des ennuis ou non. Il ne semblait pas que ce soit le cas, son débit était plutôt posé et assez calme. Malgré tout, Trinité se montra prudent lorsqu'il repoussa la porte – se plaçant sur le côté pour éviter un éventuel tir – avant de jeter un coup d’œil à l'intérieur.... pour voir Camille agenouillé aux côtés d'une demoiselle dévêtue en haut et saignant de la gorge. Et bien.

« Hum. »

Le regard clair du trentenaire se détourna du jeune homme pour se promener sur les environs. Il y avait simplement un homme installé derrière son bureau et visiblement assommé, puis la femme allongée au sol. Ezio referma l'huis derrière lui au cas où un homme de O'Malley – certainement l'individu assit – ferait demi-tour pour vérifier que tout allait bien. Après quoi, il posa sa lance de côté, en sécurité, puis s'agenouilla aux côtés de la jeune femme. Elle faisait peut-être partie de ce gang, mais ce n'était pas une raison pour la laisser dans la difficulté.

« Permettez ? J'ai des connaissances en la matière. »

Il n'avait pas de raisons de penser que c'était Camille qui l'avait volontairement blessé et donc, qu'il savait comment s'y prendre pour la soigner. Peut-être qu'il avait aussi eu le temps de faire autre chose entre-temps ? Comme appeler la police pour qu'elle vienne s'occuper d'arrêter O'Malley avant qu'un prêtre fou ne s'en prenne à lui. Ezio n'en savait strictement rien et c'était secondaire pour le moment. Si Camille lui permettait de regarder la blessure, il verrait ce qu'il pourrait faire pour elle, sinon il se contenterait d'enchaîner sur la suite.

« J'imagine qu'il s'agit de notre homme ? » L'Italien se redressa. « Vous saviez ce que j'allais faire en venant ici. Mais j'ai bien senti que vous n'approuviez pas mes méthodes. Sachez que je ne prends aucun plaisir à tuer, bien au contraire. Mais soyons lucides : la justice des hommes ne vaut pas celle du Seigneur. Avec de bons avocats et de l'argent glissé aux bonnes personnes, ce criminel sera de nouveau dans les rues d'ici quelques semaines, mois tout au plus. Et il recommencera. » Le ton de sa voix était légèrement attristé. « Il ne sert à rien de vivre pour faire le mal. Son départ causera de la peine chez certaines personnes, mais sauvera de nombreuses autres âmes égarées. Tous ces gens qui achèteraient la drogue que son gang vend. Est-ce que vous songez à ce que sa survie produira ? »

Il ne cherchait pas à le convaincre, juste à lui expliquer les raisons qui le poussaient à agir ainsi. Le regard du trentenaire se reporta sur sa lance qu'il saisit à nouveau, puis se posa enfin sur Camille.

« Dois-je m'attendre à vous voir vous dresser devant moi ? »
 
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